Le devoir, 19 octobre 2013, Cahier G
[" SOCIETE ACTION COMMUNAUTAIRE AUTONOME A Pl£aRlR Les groupes écologistes disparaissent, faute de financement Page 2 CAHIER THEMATIQUE G > LE DEVOIR Développer une ^ I solidarité internationale L 1^1\tLG BT La mission de renforcer la confiance des enfants Page 5 LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 Les organismes communautaires Famille : plus que de simples centres de services Dans les quelque 300 organismes communautaires Famille (OCF) qui existent au Québec, environ 90 000 familles trouvent chaque année conseils, solutions ou aide.Répondant aux besoins de parents démunis, mécontents ou isolés, ces organismes se révèlent être plus que des centres de services, mais bien des milieux de vie.ASSIA KETTANI Les situations qui mènent des familles vers un organisme communautaire Famille sont variées.«Récemment, une jeune mère a sorti un biberon dans un CLSC et s\u2019est fait montrer la porte, au nom de la promotion de l\u2019allaitement.Un autre parent d\u2019un petit garçon agité s\u2019est fait convoquer trois semaines après la rentrée en maternelle pour se faire dire qu\u2019il fallait consulter au plus vite \u2014 donc dans le secteur privé \u2014 alors qu\u2019il n\u2019en avait pas les moyens et que l\u2019école ne proposait aucune autre piste de solution», relate Louisane Côté, directrice générale de la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille, qui regroupe quelque 200 organismes au Québec.En marge des listes d\u2019attente, des portes fermées et des consultations inabordables, ces familles, parmi tant d\u2019autres, ont trouvé dans les OCF un lieu d\u2019accueil où «elles ne se sentent pas jugées».L\u2019action des OCF se décline de plusieurs manières, dont le premier niveau d\u2019action est un soutien «à l\u2019exercice du rôle parental».Leur credo?Donner aux familles des armes, le pouvoir d\u2019agir et de s\u2019engager, pour aller contre une tendance qui dépossède certaines familles de leurs moyens d\u2019action.En effet, Louisane Côté souligne la fragilité de certaines familles face au système de santé ou à la société.«Etre parent, c\u2019est recevoir continuellement la critique de tous les professionnels qui entourent les enfants.Et, quand un professionnel pose un regard critique sur des parents ayant peu de moyens, ceux-ci sont démunis pour y faire face.Ce regard normatif les empêche de se sentir en confiance par rapport au développement de leur enfant».Or, rappelle-t-elle, «il y a de multiples façons d\u2019éduquer les enfants, des cultures différentes et des conditions de vie différentes.Et tous les enfants n\u2019ont pas la même facilité d\u2019adaptation.» Des ateliers portant autant sur l\u2019encadrement que sur le développe- Ainsi, les OCF peuvent prendre le relais de services comme le CLSC ou laDPJ à travers une approche personnelle ment, le budget ou la séparation sont ainsi conçus pour que ces parents redeviennent des «acteurs dans le développement de leur enfant».Action collective Parallèlement, les OCF offrent également un moyen d\u2019action collective.Alors que plusieurs familles vivent les mêmes difficultés, rOCF leur permet de se regrouper pour trouver des solutions et répondre aux enjeux auxquels ils sont confrontés.Il peut s\u2019agir de faire des démarches auprès de la municipalité pour améliorer la sécurité d\u2019un quartier ou la salubrité d\u2019un parc, de développer la construction de logements sociaux ou d\u2019améliorer leurs conditions de vie.«Nous travaillons dans un objectif de développement social», avance Louisane Côté.Alors que de nombreuses familles ont du mal à remplir leur panier d\u2019épicerie, certains OCF ont trouvé des partenaires pour fournir des denrées ou organisent des cuisines collectives pour que les familles concernées repartent avec trois ou quatre repas santé à la maison.C\u2019est notamment le cas de la Maison de quartier de Fabreville, à Laval, où une banque de dépannage alimentaire, montée en partenariat avec des agriculteurs locaux, aide une centaine de familles aux deux semaines.«Quand cette Maison de quartier a été créée, il y a 31 ans, jamais je n\u2019avais pensé faire du dépannage alimentaire.Mais aujourd\u2019hui 21 % de la population du quartier est sous le seuil de pauvreté et nous n\u2019avons pas assez de denrées pour répondre aux besoins», explique la directrice de la Maison, Diane Vallée.Pour briser l\u2019isolement et donner confiance aux familles, l\u2019organisme propose avant tout un milieu de vie: pour les mères, les jeunes ou les tout-petits, la Maison offre des coups de pouce au quotidien, un lieu de répit et des moments de détente.Une garderie qui accueille les petits pendant que maman participe à un atelier, des rencontres où on peut partager sans complexes des expériences de vie, des activités de créativité ou / JT Un atelier de cuisine à la Maison de quartier de Fabreville SOURCE MAISON DE QUARTIER DE EABREVILLE de motricité, des séances de cuisine pour les ados, souvent tiraillés entre la malbouffe et l\u2019anorexie, des sorties aux pommes ou des restes sans enfant sont l\u2019occasion de tisser des liens qui sortent du cadre formel.Encouragés à devenir bénévoles, à animer des ateliers, à encadrer des activités ou à partager des expériences, les parents peuvent d\u2019ailleurs s\u2019engager activement au sein de l\u2019organisme.«Nous voulons éviter qu\u2019ils viennent comme consommateurs de services, mais plutôt qu\u2019ils prennent part à un milieu de vie.» Relais de service Ainsi, les OCF peuvent prendre le relais de services comme le CLSC ou la DPJ à travers une approche personnelle, notamment avec des mères qui ont du mal à communiquer avec les services sociaux.«Ce n\u2019est pas une intervenante du CLSC qui va s\u2019asseoir avec ces mères marginalisées et les prendre par la main pour les aider.Dans notre milieu de vie, nous avons la possibilité de le faire.Nous réussissons à créer des liens à travers des activités ludiques, des promenades ou des moments de détente.Et, quelques mois plus tard, ces mamans participent aux ateliers de stimulation précoce ou aux cuisines collectives», poursuit Diane Vallée.Un autre défi est celui d\u2019intégrer les familles immigrantes, compliqué par la barrière de la langue.Un phénomène nouveau à la Maison de Fabreville, mais bien réel, puisque 47 % des familles sont aujourd\u2019hui issues de communautés culturelles.«Beaucoup de mères déposent leur en- fant mais ne restent pas aux activités.» Pour briser la glace, les intervenantes ont recours à des approches discrètes, mais progressives, comme établir un contact visuel ou aider au déshabillage de l\u2019enfant, avant de les amener peu à peu à participer aux ateliers.«Des organismes comme celui-ci sauvent des vies», résume Josée, mère d\u2019un garçon atteint du syndrome de Gilles de La Tourette, qui était expulsé de toutes les garderies qu\u2019il fréquentait.Arrivée à la Maison de quartier de Fabreville il y a quatre ans, alors qu\u2019elle était monoparentale et sans emploi, elle a trouvé ce qui allait la sortir du gouffre : une porte ouverte.Collaboratrice Le Devoir Fragiles, les familles monoparentales La Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) invite à la prudence quant aux programmes de prévention précoce, qui surciblent les familles monoparentales, particulièrement quand elles sont à faible revenu.Même s\u2019ils partent d\u2019une bonne intention, ceux-ci peuvent s\u2019avérer néfastes, au final, envers les populations auxquelles ils veulent venir en aide.En 2000, par exemple, le gouvernement a annoncé l\u2019octroi de 22 millions de dollars sur six ans pour financer un programme destiné à de jeunes mères monoparentales en vue de prévenir les difficultés d\u2019adaptation sociale chez les enfants, en encourageant de saines habitudes de vie.En 2008, un nouveau fonds de 400 millions de dollars sur dix ans a été créé pour favoriser le développement des enfants de 0 à 5 ans en situation de vulnérabilité, en vue d\u2019une intervention dès la petite enfance, voire dès la grossesse.Mais, pour la Fédération, ces programmes de «prévention précoce féroce», mis au point par des «experts qui expliquent que, si un enfant n\u2019est pas stimulé à tel âge, il sera un décrocheur et un délinquant», contribuent à établir une corrélation entre ces situations familiales difficiles et l\u2019inaptitude à élever un enfant, explique Laurence Lagouarde, agente de recherche et de communication.«On part du principe qu\u2019une mère monoparentale n\u2019est pas en mesure d\u2019éduquer son enfant comme il faut.» Le résultat créé est celui d\u2019une stigmatisation systématique, à tel point que les familles monoparentales doivent «vivre avec des préjugés au quotidien».On parle constamment de populations «vulnérables», de faites «à risque» et de «transmission intergénérationnelle de la pauvreté» comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une maladie génétique.Le vocable «monoparenMe» est d\u2019ailleurs devenu synonyme de futur délinquant, à tel point que certains refusent cette dénomination.«Eya un travail énorme à faire sur le regard porté sur ces familles.» Les maternelles 4 ans ne font pas exception à la règle : destinées surtout aux familles dites vulnérables, elles risquent, selon la Fédération, de créer des ghettos scolaires et de coller, sur les enfants qui les fréquentent, une étiquette dévalorisante.Assia Kettani ACTIFS 4 000 ASSOCIATIONS 123 000 EMPLOYÉS 500 000 BÉNÉVOLES 1 000 000 DE MEMBRES PLUS DE 5 000 000 DE PARTICIPANTS CONSEIL QUÉBÉCOIS DU LOISIR 15 Oj^kJd www.Loisirquebec.com G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 20IS SOCIETE GROUPES ECOLOGISTES L\u2019environnement a perdu plus d\u2019un défenseur « Le sous-financement a atteint un stade critique » En 2001, le gouvernement du Québec a énoncé une politique d\u2019action communautaire visant à garantir la reconnaissance et le financement des organismes communautaires.De l\u2019avis de plusieurs, cette politique a donné de bons résultats.sauf pour les groupes écologistes.De fait, ceux-ci disparaissent comme neige au soleil, surtout depuis 2006.CLAUDE LAFLEUR Lorsque les 10 ans de cette politique [d\u2019action communautaire] ont été célébrés en 2011, le constat fait par l\u2019ensemble du mouvement communautaire a été que tous les secteurs ont fait des progrès ou, du moins, n\u2019ont rien perdu, raconte Bruno Massé, coordonnateur général du Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE).En fait, un seul a reculé: le secteur communautaire environnemental.La politique a donc été favorable à tous.sauf à nous!» Le RQGE regroupe les organismes communautaires qui oeuvrent dans le domaine de l\u2019environnement au Québec.«Ça fait 30 ans que nous existons, indique-t-il.Nous sommes là pour renforcer les groupes du mouvement écologiste en leur donnant des outils.» Le Réseau favorise en outre l\u2019échange d\u2019information entre les 88 groupes qui le composent et fait des représentations auprès du gouvernement et des différentes instances de l\u2019appareil gouvernemental.M.Massé déplore donc que, dans la politique d\u2019action communautaire qui devait garantir le financement des organismes communautaires, le secteur écologique a été le grand laissé-pour-compte.«Pire, poursuit Bruno Massé, après des coupes massives dans les rares programmes qui existaient en 2006, le sous-fi-nancement a atteint un stade critique.» Résultat: des centaines de groupes écologistes se sont éteints faute de financement, de sorte qu\u2019actuelle-ment, de la centaine qui existent encore, seuls une douzaine d\u2019entre eux disposent d\u2019un financement leur permettant de réaliser leur mission.«Nous estimons qu\u2019il y avait 300 groupes écologistes au Québec au lendemain des coupes de 2006, alors qu\u2019à présent il en reste une centaine», précise le coordonnateur du réseau.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Des centaines de groupes écologistes se sont éteints faute de financement.«Nous aussi, comme regroupement, nous avons passé au hachoir, poursuit-il, puisqu\u2019en 2005-2006 le gouvernement a aboli trois programmes qui finançaient les organismes comme le nôtre.» Ces programmes assuraient un financement modeste, note-t-il, mais qui permettait néanmoins au Réseau de survivre.«Nous avons alors été branchés au respirateur artificiel durant deux ans, explique-t-il, avant de bénéficier d\u2019un autre programme, un programme de défense collective des droits.» Par contre, il concède que les actions menées par les groupes écologistes n\u2019ont guère plu au gouvernement de Jean Charest.«Dans notre cas, c\u2019était probablement parce que les groupes écologistes brassent beaucoup la cage, admet-il, de sorte que le gouvernement libéral ne nous aimait vraiment pas! Non seulement a-t-on coupé notre financement mais également toute communication, puisque nous étions incapables de nous entretenir avec notre ministère vis-à-vis.Même au téléphone, c\u2019était vraiment très hostile à notre égard!» Il comprend en outre que, pour une économie axée sur les industries extractives \u2014 en particulier sur les gaz de schiste et le développement du Grand Nord \u2014 «c\u2019est sûr que ça dérange énormément lorsque des groupes bien organisés s\u2019y opposent».Le gouvernement libéral a par conséquent souvent entretenu des relations difficiles avec le secteur communautaire écologiste.«Mais, pour nous, la qualité de l\u2019environnement et le respect des droits humains sont fondamentaux, puisqu\u2019après tout tout le monde a le droit de vivre dans un environnement sain ! », d\u2019insister l\u2019écologiste.Bruno Massé affirme même : «Notre analyse est donc que les coupes qu\u2019on nous a infligées ont été de nature politique: on désirait nous faire taire ! » Espoirs ?Heureusement, le coordonnateur du Réseau québécois des groupes écologistes observe que, à la suite de l\u2019élection du Parti québécois, il y a un an, le secteur communautaire écologiste a une bien meilleure écoute.« Ça, c\u2019est certain, certain, dit-il avec soulagement, mais on attend encore les résultats.» Il évoque toutefois l\u2019urgence d\u2019obtenir rapidement du financement, «puisque, chaque mois, des groupes ferment leurs portes et ce sont toute une expertise et tout un savoir qui se perdent chaque fois.C\u2019est même vraiment tragique!», dit-il.Le Réseau a par conséquent fait des démarches auprès du ministre de l\u2019Environnement et proposé la mise en oeuvre d\u2019un plan de redressement.«Le printemps dernier, indique M.Massé, nous sommes parvenus à rencontrer le ministre Blanchet.Nous lui avons présenté un plan de travail.» «Notre objectif, poursuit-il, était de créer un comité mixte \u2014 formé de représentants du secteur écologiste et du gouver- nement \u2014 afin de développer des programmes.Voilà la bonne façon de faire avancer les choses, de faire avancer correctement un tel dossier.» Il rapporte que le Réseau a même reçu une réponse favorable.«Le comité était censé se rencontrer à cinq reprises, ce printemps et durant l\u2019été, afin d\u2019élaborer un plan qui serait présenté au ministre dès cet automne, précise M.Massé.Toutefois, ce comité n\u2019a jamais amorcé ses travaux!» Tout porte à croire que le gouvernement chercherait à se défiler, estime-t-il.«Bien sûr, il s\u2019est passé toutes sortes d\u2019événements entretemps, dont la tragédie de Lac-Mégantic, rappelle-t-il.Mais, à un moment donné, nous n\u2019étions même plus capables d\u2019obtenir la moindre réponse.» Heureusement, il est actuellement prévu que le Réseau des groupes écologistes rencontrera le ministre le 21 octobre, afin de mettre au point un nouvel échéancier.«Mais là, vous comprendrez que, dans le contexte politique actuel, on craint de passer sous le tapis.», lance un Bruno Massé un peu désenchanté.Collaborateur Le Devoir ERONT COMMUN DES PERSONNES ASSISTEES SOCIALES Il y a urgence en la demeure « Les banques alimentaires ne fournissent plus » Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ), qui œuvre depuis presque 40 ans dans le but de défendre les droits économiques, sociaux et culturels des plus démunis de la société, considère qu\u2019il est urgent de s\u2019attaquer aux inégalités sociales, sans quoi il pourrait y avoir une véritable crise.VICKY FRAGASSO-MARQUIS Les assistés sociaux ne peuvent pas subvenir à leurs besoins essentiels avec les prestations actuelles.Certains doivent jeûner durant plusieurs jours», a déploré la porte-parole de l\u2019organisme, Amélie Châteauneuf.Selon elle, la situation est alarmante présentement et une bonification des prestations est plus que nécessaire de la part du gouvernement québécois.«Plus le temps avance, plus les pauvres perdent de leur pouvoir d\u2019achat», a-t-elle exposé.Il y a urgence car, de 2004 à 2010, les prestations ont été indexées de moitié par rapport au coût de la vie.«Les gens ont perdu pendant ces années-là beaucoup de pouvoir d\u2019achat», a- t-elle précisé.En 2010, l\u2019indexation complète a été concédée par le gouvernement libéral.Or les prix des biens essentiels, comme le loyer, l\u2019alimentation et l\u2019électricité, ont augmenté de façon beaucoup plus importante que l\u2019indexation.Qui plus esL les banques alimentaires reçoivent de moins en moins de denrées.«Il y a une augmentation de la demande et une baisse de l\u2019offre.Les banques alimentaires ne fournissent plus», a regretté M\u201d® Châteauneuf.Selon la FCPASQ, il ne faut pas blâmer seulement le gouvernement qui est en place actuellement.«Ce n\u2019est pas seulement la faute du gouvernement péquiste.Les libéraux aussi n\u2019avaient pas indexé les prestations au coût de la vie», a estimé M\u201c® Châteauneuf.Les compressions Marois dénoncées Cela n\u2019empêche pas la porte-parole de critiquer vivement la décision de la ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, de couper les prestations d\u2019aide sociale de certaines personnes, dont celles qui ont des contraintes temporaires en matière d\u2019emploi.Cette dernière explique ces compressions par la volonté d\u2019intégrer ces prestataires au marché du travail.Certains travailleurs reçoivent donc un montant de 195$ par mois lorsqu\u2019ils suivent un programme d\u2019employabilité.Tous ces travailleurs vont rencontrer Emploi-Québec, qui veut «identifier les plus vulnérables et leur offrir des mesures adaptées à leurs besoins», selon le communiqué du ministère.Ce n\u2019est pas la bonne façon de régler le problème, selon la porte-parole du FCPASQ : «Il faut donner un montant minimal aux prestataires, c\u2019est cela qui va les encourager à vouloir entrer dans le marché du travail.» L\u2019organisme dénonce d\u2019ailleurs le fait qu\u2019il y a encore trop peu de programmes d\u2019employabilité disponibles pour la demande, qui serait élevée.«Il y a des listes d\u2019attente partout, et même dans les régions oû il n\u2019y en a pas, il pourrait y en avoir avec cette nouvelle mesure, a constaté M\u201d® Châteauneuf.Donc ce n\u2019est pas vrai de dire que la personne qui se fait couper son allocation aura nécessairement accès à un travail.» La FCPASQ prône, à court terme, l\u2019établissement d\u2019un «barème plancher» pour les prestations d\u2019aide sociale.Ce montant minimal devrait couvrir les besoins essentiels, comme la nourriture, le logement, les médicaments et l\u2019habillement.Il s\u2019agirait d\u2019une mesure inscrite dans la loi sur l\u2019aide sociale, qui interdirait aussi à tout gouvernement de diminuer les prestations.En fin de compte, l\u2019organisme souhaiterait qu\u2019un gouvernement mette en place un revenu social garanti universel.Chaque personne aurait donc un salaire annuel, qui serait fixé en fonction du seuil de faible revenu de Statistique Canada, établi à 23647$ pour l\u2019année 2012, avant les impôts.«Chaque personne devrait avoir une reconnaissance de son apport à la richesse collective.On pense que ce serait une bonne façon de répartir la richesse, a plaidé M\u201c® Châteauneuf.Ça ne toucherait pas seulement les assistés sociaux, mais un grand nombre de citoyens et citoyennes qui vivent dans la pauvreté», a-t-elle ajouté.Par et pour les assistés sociaux Le Front commun des personnes assistées du Québec est un organisme à but non lucratif qui réunit 32 groupes répartis dans toute la province.Les groupes locaux informent et encouragent l\u2019engagement, que ce soit pour suivre des formations ou participer à l\u2019organisation de moyens de pression pour faire valoir des droits.Les assistés sociaux ont aussi leur mot à dire dans l\u2019élaboration des positions et des actions du FCPASQ.«Dans toutes les instances, à l\u2019assemblée générale, duns les comités, ce sont elles qui ont le droit de vote.Ce sont donc elles qui prennent les décisions.Elles ont une place assez centrale dans le groupe», explique M\u201c® Châteauneuf.L\u2019organisme tient généralement quatre assemblées générales par année, dans lesquelles les membres déterminent les priorités et les revendications qui orienteront leurs actions au cours de cette période.Le FCPASQ a aussi pour objectif de combattre les préjugés qui perdurent envers les assistés sociaux.Par exemple, l\u2019organisme fait beaucoup de conférences dans les cégeps et les universités pour décrire la réalité de ces personnes.Il poursuit aussi cet objectif en formulant des plaintes contre certaines radios qui répandent des faussetés sur la situation des assistés sociaux.«Il y a eu beaucoup de radios qui ont été condamnées pour avoir tenu des propos inexacts ou méprisants sur ces personnes», a remarqué M™ Châteauneuf.Collaboratrice Le Devoir table de concertation des organismes ou service des personnes réfugiées et immigrantes Agir pour intégrer : i'action communautaire au cœur de i'intégration Crée en 1979, la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) regroupe 140 organismes communautaires à travers le Québec dédiés à la défense des droits et à l'intégration des personnes réfugiées, immigrantes et sans statut Partie intégrante de l'action communautaire automne, la TCRI est le plus important joueur non-gouvernemental au Québec en ce qui concerne l'intégration et l'offre de services à l'ensemble des nouveaux arrivants au Québec.Chaque année, quelques 60 000 immigrants et réfugiés bénéficient du soutien et de l'accompagnement des organismes du réseau de la TCRI à Montréal et dans la plupart des régions du Québec.Comme acteur social de longue date dans le domaine de l'action communautaire autonome et comme agent de transformation sociale, le réseau des organismes de la TCRI se démarque par ses pratiques interculturelles et son leadership dans les stratégies d'intégration des nouveaux arrivants au Québec.Il agit à travers différents volets spécifiques: employabilité, régionalisation, francisation, jeunes, femmes, protection des réfugiés, réfugiés référés par les Nations Unies pour réinstallation au Québec.Pour plus d'information : vwvw.tcri.qc.ca Depuis 1977, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec défend les droits économiques, sociaux et culturels des personnes exclues du marché du travail et qui vivent dans la pauvreté.IN Front commun des personnes assistées sociales du Québec À partir du 2 novembre, vous pourrez nous retrouver au 2000 boulevard Saint-Joseph Est, Montréal, H2H 1E4 T.514.987.1989 F.514.987.1918 sol@fcpasq.qc.ca www.fcpasq.qc.ca Au service de votre avenir \t\t \t\t \t\t 11\tiSW\t PARTENAIRES INCONTOURNABLES de la Réussite DES JEUNES www.rocqld.org VS Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 G 3 SOCIETE LESBIENNES, GAIS, BISEXUELS ET TRANSGENRES Le Conseil œuvre à établir la solidarité entre les communautés « Il faut arriver à dépasser la simple signature de pétitions en ligne» Le Conseil québécois LGBT est plus que jamais préoccupé par le respect des droits des gais, des lesbiennes, des bisexuels et des transgenres à l\u2019extérieur de nos frontières.Entrevue avec le directeur général.Steve Foster, qui désire développer une meilleure solidarité internationale dans le domaine.ETIENNE PLAMONDON ÉMOND Des lois répressives contre les homosexuels en Russie à l\u2019adoption de la loi autorisant le mariage de conjoints du même sexe en France, l\u2019année a été mouvementée sur la scène internationale en ce qui concerne les droits des gais, lesbiennes, bisexuels et transgenres.Au point où la défense de ces droits à travers le monde commence à devenir une préoccupation centrale du Conseil québécois LGBT.En entrevue.Steve Foster, directeur général du Conseil LGBT, finit par continuellement revenir sur ces questions.«A l\u2019international, ce qu\u2019on voit actuellement, c\u2019est qu\u2019il y a deux courants: il y a des avancées à bien des endroits, tandis qu\u2019il y a des reculs magistraux à bien d\u2019autres endroits, observe M.Foster.Les gains qu\u2019il y a eu, on s\u2019en réjouit.Mais, ce qui est dommage, c\u2019est qu\u2019on dirait que, parce qu\u2019il y a des gains à certains endroits, il y a d\u2019autres pays qui semblent se sentir dans l\u2019obligation de tout de suite vouloir mettre des choses en place pour restreindre ces droits, comme s\u2019ils ne voulaient pas que ça évolue comme partout ailleurs».Ce qui se passe à l\u2019étranger est loin de laisser de marbre le Conseil québécois LGBT.«Le Conseil, à l\u2019avenir, va vraiment porter une attention particulière à ce qui se fait à l\u2019international», affirme M.Foster.«C\u2019est difficile de pouvoir étendre notre action à l\u2019international, reconnaît-il, expliquant que les groupes communautaires LGBT du Québec survivent avec peu de financement.Par contre, je pense qu\u2019il y a des choses qui peuvent être faites par solidarité, comme écrire aux élus ou interpeller les instances.» D\u2019ailleurs, le Conseil québécois a été assez actif de ce côté durant la dernière année.Il a envoyé un message aux élus français pour leur rappeler comment le mariage entre conjoints du même sexe avait été entériné au Canada, un autre au Comité international olympique (CIO) à propos de la sécurité et des lois répressives de la Russie à la veille des Jeux de Sotchi, ainsi qu\u2019une missive demandant des éclaircissements au pape François par rapport à la légère ouverture qu\u2019il a manifestée à l\u2019endroit des homosexuels.«Il reste qu\u2019on est quand même limité dans notre capacité à intervenir tout le temps», admet M.Foster.La voix du Conseil québécois LGBT résonne sur plusieurs tribunes au Québec, au sujet de la controverse entourant les Jeux olympiques.L\u2019organisme s\u2019est prononcé contre un boycottage des compétitions, invitant plutôt les PEDRO RUIZ LE DEVOIR Un kiss in a été organisé le 9 septembre dernier, devant le consulat de la Russie, pour protester contre les lois antigais en vigueur dans ce pays.athlètes à rendre visible le drapeau arc-en-ciel et le grand public à boycotter les commanditaires des Jeux.D\u2019ailleurs, le Conseil québécois LGBT vient de rejoindre la coalition Bride House International, qui fait pression pour obliger les villes hôtesses de grandes compétitions sportives à tenir en marge une Bride House, comme lors des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et de Londres en 2012.«On a un levier médiatique qui permet aux médias de s\u2019intéresser à la cause.Le problème est que, une fois que les Jeux vont être terminés, il va se passer quoi ?On le voit dans d\u2019autres endroits du monde, comme en Ouganda, où on a tenté de rendre l\u2019homosexualité passible de la peine de mort.Les médias [d\u2019ici] ne s\u2019y sont pas intéressés.Ça devient plus difficile de sensibiliser aux réalités sur le plan international.» Bâtir des ponts Le conseil québécois LGBT a toujours pris la parole sur ce qui se produit au niveau international, mais il désire maintenant pousser la solidarité plus loin.«A partir de maintenant, on aimerait développer davantage notre intervention, ne serait-ce, pour le Conseil et d\u2019autres organismes LGBT du Québec, que de faire du parrainage d\u2019organisations qui existent à l\u2019échelle internationale, pour avoir un partage de connaissances.» Une façon de faire qui permettrait d\u2019approfondir la soli- darité entre communautés LGBT du monde, plutôt que de réagir à une urgence ou à une circonstance, afin de bâtir des ponts solides à long terme.«Il faut arriver à dépasser la simple signature de pétitions en ligne.Il faut aller plus loin que ça maintenant.» Ainsi, il entrevoit des possibilités de mieux connaître les réalités des communautés LGBT dans certains pays et des possibilités, pour elles, de partager leurs expériences, leurs expertises et leurs connaissances.Mais, précise-t-il, la démarche doit se réaliser dans une dynamique d\u2019écoute.«On a une tendance à militer au niveau international de la même façon qu\u2019on le fait dans nos propres pays, comme au Québec ou au Canada.Mais, des fois, on oublie l\u2019histoire et la culture environnante dans certains pays.» Intervenir au Canada Bour l\u2019instant, si la voix du Conseil québécois LGBT demeure restreinte dans l\u2019écho qu\u2019il peut avoir sur la scène internationale, il se fait un devoir d\u2019interpeller le gouvernement Harper, dont les positions sur les droits des gais, des lesbiennes, des bisexuels et des transgenres sont «à géométrie variable», selon M.Foster.«C\u2019est étrange, la façon dont le gouvernement Harper intervient, car il ne semble pas y avoir une cohérence dans son intervention au niveau des droits de la personne, dans le sens large du terme, et plus spécifiquement des droits LGBT [.].C\u2019est ce qui nous fait douter des réelles intentions du gouvernement en matière de droits de la personne.» Far exemple, le Conseil québécois LGBT s\u2019est réjoui de la sortie de John Baird, ministre des Affaires étrangères, lorsque celui-ci a dénoncé, cet été, les lois contre les homosexuels ayant été promulguées en Russie.N\u2019empêche, il demeure frais dans les mémoires, le moment où l\u2019ancien ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, avait avalisé, après une suspension de 24 heures, les subventions accordées à l\u2019organisme Crossroads, dont le site web décrivait l\u2019homosexualité comme un «péché» et une «perversion», qui est actif en Ouganda.«D\u2019un côté, le gouvernement semble vouloir défendre davantage les droits LGBT, mais, d\u2019un autre côté, on se retrouve avec des groupes qui font de la coopération internationale religieuse en allant dans des pays où, déjà, on a de la difficulté avec les droits LGBT.Ça ne vient pas faire avancer les droits», dit M.Foster.Le Conseil a aussi récemment manifesté son mécontentement de voir le gouvernement Harper laisser entrer au pays des conférenciers islamistes radicaux tenant des propos haineux envers les femmes et les personnes LGBT.Ces conférenciers n\u2019ont finalement pas eu de tribune par suite de l\u2019annulation de l\u2019événement, pour des raisons de sécurité, par le Balais des congrès de Montréal.«C\u2019est un autre défi qu\u2019on a, comme organismes du Québec et du Canada, de dire au gouvernement Harper d\u2019être cohérent.» Collaborateur Le Devoir L'ACA Panel-conférence dans le cadre de la Semaine nationale de visibilité de Faction communautaire autonome Sylvie Jochems professeure de travai social à l'UQAM Gabriel Nadeau-Dubois militant étudiant et chroniqueur radio Francis Fortier chercheur à l'IRIS QUANO ! Le mercredi 23 octobre, de 19h à 21 h30 (les portes ouvrent à 18h30) LIBU ! Petit Campus au 57 Prince Arthur Est à Montréal.BNTf^èB ^f^ATLUTB : 1 Sans et + (boisson en vente sur place) Petit buffet de grignotines offert INBOÇMATION / www.rq-aca.org ou www.facebook.com/rqaca ^Action Communautaire Autonome, C'EST ICI ET PARTOUT/ RQj ACA Québec»» Qu'est-ce que l'action communautaire autonome?Les organismes d'action communautaire\tMais pour être qualifiés d'autonomes, ces répondent aux critères suivants:\torganismes d'action communautaire doivent -\têtre un organisme à but non lucratif;\tégalement répondre aux critères suivants: -\têtre enraciné dans sa communauté;\t- être constitué à l\u2019initiative des gens de la communauté; -\tentretenir une vie associative et démocratique;\t\" poursuivre une mission sociale qui favorise la -\têtre libre de déterminer sa mission et\ttransformation sociale; ses orientations.\t'\tpratiques citoyennes; - être dirigé par un conseil d\u2019administration indépendant du réseau public.La Semaine nationale de visibilité de l\u2019action communautaire autonome (SNV-ACA) se tient chaque année aux environs du 23 octobre.Cette semaine thématique vise à rendre visible le travail exceptionnel des 4 000 regroupements et organismes d\u2019action communautaire autonome (ACA) présents partout au Québec.GRANDRASSEMBLEMENI JE SOUTIENS LE CüMMUNAUlAlfiE La Table et la CTROC invitent tous les secteurs de l\u2019action communautaire autonome à se joindre à ce rassemblement festif en portant leurs couleurs et leurs revendications.Unis pour être mieux reconnus et financés! Ensemble, marchons pour l\u2019action communautaire autonome! HEURE:11H30 L1EU:ÀQUÉBEC, Place Georges V AUTRES INFORMATIONS: www.jesoutienslecommunautaire.org JeSoutiensLeCommunautaire 24 0CT0BRE2013 % POUR L'EGALITE DE TOUTES LES FEMMES RALLIEZ-VOUS À LA FFQ : WWW.FFQ.QC.CA Fédération des femmes du Québec G 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 SOCIETE COALITION DES TABLES REGIONALES Des états généraux pour les 4140 organismes communautaires « De plus en plus de besoins et de moins en moins de financement » Les groupes communautaires se sont multipliés au Québec au fur et à mesure qu\u2019il leur incombait de répondre à des mandats plus nombreux et plus spécifiques.Au fil des cinq dernières décennies, l\u2019État a graduellement pratiqué des coupes dans plusieurs services publics, dont ces organismes ont hérité sans nécessairement avoir les moyens financiers et disposer des ressources appropriées pour les dispenser.Le temps est venu de tenir des états généraux pour trouver des pistes de solution aux impasses auxquelles est confronté le monde communautaire.REGINALD HARVEY La Coalition des Tables régionales (14 régions) d\u2019organismes communautaires (CTROC) pilote le projet d\u2019une consultation élargie, qui a été lancée le 23 septembre dernier et qui s\u2019échelonnera sur environ un an.Une pareille démarche englobe, selon des données gouvernementales, les 4140 organismes communautaires actifs au Québec en 2011-2012, auxquels 19 ministères ou, organisations de l\u2019appareil d\u2019État ont versé la somme de 478188199 $ au titre du financement; le ministère de la Santé et des Services sociaux a été de loin le plus important bailleur de fonds, leur ayant alloué un montant de 400118492$.Patricia Chartier, coordonna- trice à l\u2019interne de la Coalition, dresse un inventaire-synthèse des groupes visés par les états généraux: «Il est certain que la majorité de nos membres interviennent dans le secteur de la santé et des services sociaux, tout comme la plupart des organismes communautaires.De notre côté, on travaille beaucoup en fonction de la participation des membres de nos regroupements (environ 2000), mais on a élargi la démarche en demandant à plus de 4000 groupes de participer.On sait que ces gens sont très occupés, que c\u2019est très diversifié, mais on ne voulait pas être restrictif dans l\u2019approche de départ.Au final, notre objectif, pour le gros événement que sera la rencontre nationale, serait d\u2019obtenir 25 % de nos membres, donc autour de 500 organismes participants, ce qui se- rait assez représentatif de tout ce qui se passe.» Et qu\u2019en est-il des éléments déclencheurs mobilisant autant de monde autour d\u2019états généraux?«Ce sont tous les changements qui ont lieu, entre autres, dans les politiques sociales, mais aussi dans les pratiques; ils font en sorte qu\u2019il y a de plus en plus de groupes qui répondent à de plus en plus de besoins, mais en même temps il y a de moins en moins de financement.» Patricia Chartier soulève un autre aspect de la question moins bien connu, soit la fracture entre bénévolat et professionnalisme: «Quand on parle de sous-traitance, de^ délestage des responsabilités de l\u2019Etat, il faut tenir compte du fait que, de prime abord, les groupes communautaires étaient bénévoles, mais ils se sont tranquillement professionnalisés.Il n\u2019en reste pas moins que les conseils d\u2019administration, qui gèrent cela, sont demeurés bénévoles et qu\u2019il y a une vie associative qui est importante.» Elle enchaîne dans la même veine : «Il y a des enjeux qui en découlent, notamment sur la qualité des services, au moment où on délègue à ces organisations des responsabilités de plus en plus importantes : on veut que des bénévoles aillent don- ner des bains à la maison ou des soins de première instance aux personnes âgées et on entre à ce moment-là dans un autre domaine, qui relève davantage des soins professionnels.» 11 en résulte que «le mouvement communautaire a toujours fourni des services, mais on lui en demande de plus en plus et avec davantage de spécialisation.Il y a donc une sorte de glissement vers la professionnalisation et, en même temps, tous les groupes sont encore obligés de façon bénévole d\u2019avoir des conseils d\u2019administration, d\u2019avoir une vie associative, de tenir des assemblées générales», précise encore la coordonnatrice.11 y a là comme un mélange des genres sur le plan du service public.Et le secteur privé entre dans la mêlée pour ajouter à la confusion, comme elle le mentionne : «Il y a aussi les fondations comme la Fondation Cha-gnon, qui est une des plus importantes et qui travaille en partenariat avec l\u2019Etat; de leur côté, ils arrivent avec de l\u2019argent pour les groupes communautaires, mais avec des demandes très spécifiques d\u2019activités.» Et toutes les interventions communautaires se complexifient sur le plan de la bureaucratie administrative : «Il y a des pratiques gestionnaires de plus en plus complexes et des offres de financement qui émanent de sources plus nombreuses, avec des demandes spécifiques qui ne correspondent pas à la mission initiale des organismes.» Thématique retenue Les groupes sont invités à prendre position et à faire valoir leurs points de vue à partir des trois thèmes qui ont été retenus par la Coalition, en fonction des problèmes les plus courants qui se posent dans l\u2019action.Patricia Chartier en fait le tour: «Il y a tout d\u2019abord le volet des mobilisations et des revendications : les groupes, qu\u2019on le veuille ou non, font souvent face à des populations qui sont démunies, pour lesquelles ils vont revendiquer des droits.» En deuxième lieu ligure le sujet de la reconnaissance de l\u2019autonomie des organismes: «By a eu une politique du gouvernement dans ce sens-là, mais elle est plus ou moins appliquée; on veut que soit reconnue notre spécificité.» Et, troisièmement, les participants auront à se pencher sur tout l\u2019aspect des partenariats et du développement social: «Pour ces trois thèmes-là, on veut sortir les propositions prioritaires; on souhaite que les groupes arrivent avec des solutions qui peuvent nous orienter, parce que, finalement, on navigue quelque peu à vue à l\u2019heure actuelle; on est dans notre cour et on prend une décision, bien qu\u2019on échange des informations et qu\u2019on tisse des réseaux entre nous.» Pour atteindre cet objectif, il y a évidemment des étapes à suivre dans la tenue des états généraux : il y aura donc une première consultation auprès des organismes durant l\u2019automne ; par la suite, chaque région tiendra des rencontres de préparation au cours du printemps prochain, afin de dégager des pistes de solution en vue de l\u2019événement national prévu à l\u2019automne 2014.Entretemps, la Coalition a pris soin de préparer tout un coffre d\u2019outils à l\u2019intention des participants, disponible dans son site Internet: «Le principal élément, c\u2019est le cahier de participation : il est vraiment important parce qu\u2019il retrace l\u2019historique, pose des questions ouvertes et apporte des débuts de propositions.On y retrouve aussi un guide afin de savoir comment participer à cette démarche.» Collaborateur Le Devoir TABLE DE CONCERTATION EN IMMIGRATION Et 50 000 nouveaux arrivants s\u2019ajoutent année après année « Le fait d\u2019avoir un diplôme et de parler français ne garantit pas un emploi » Les politiques et les visages de l\u2019immigration se sont transformés dans les 30 dernières années.Mais les besoins en matière de logement, de travail ou d\u2019intégration scolaire sont encore et toujours au cœur des activités des organismes de la province œuvrant auprès des nouveaux arrivants.SARAH POULIN-CHARTRAND Fondée en 1979, la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRl) regroupe 140 organismes communautaires, répartis sur tout le territoire québécois.Ces organisations soutiennent ou défendent les droits des personnes réfugiées et immigrantes au Québec.Depuis la mise sur pied de la TCRl, les services en immigration ont énormément évolué dans la province.«Aujourd\u2019hui, la situation n\u2019a rien à voir avec celle d\u2019il y a 30 ans, confirme Stephan Reichhold, directeur de la Table.Les objectifs comme les politiques du Québec et du Canada ont changé, avec l\u2019accord Canada-Québec sur l\u2019immigration, en 1991, notamment.» Grâce à cet accord, le Canada donne au Québec les pouvoirs EN MOUVEMENT POUR ET AVEC LES FAMILLES V « Un mouvement qui déploie une gamme d\u2019actions dans l\u2019intérêt des familles du Québec.» 90 000 familles rejointes chaque année 200 organismes communautaires Famille î\tFédération québécoise des organismes \u2022 communautaires Famille www.fqocf.org REGIME DE RETRAITE des groupes communautaires et de femmes J JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le nombre d\u2019immigrants a augmenté au fil des années.relatifs à l\u2019intégration et à la francisation de ses immigrants, tout en transférant des budgets d\u2019immigration annuels à la province.Selon Stephan Reichhold, ces transferts de pouvoir ont permis de véritablement développer les services d\u2019immigration au Québec.«Le choix de la province a ensuite été de partager une partie des services avec les organismes qui œuvraient directement sur le terrain.» Le réseau des organismes en immigration s\u2019est donc beaucoup développé depuis les années 90.En 2011, rappelle Stephan Reichhold, le ministère de l\u2019Immigration a même décidé de se retirer complètement des services directs, ce qui a donné beaucoup de poids aux organismes communautaires.«Notre réseau a pour ainsi dire le monopole des services aux immigrants», résume le directeur de la TCRl.Des besoins mouvants Le visage de l\u2019immigration s\u2019est aussi beaucoup transformé dans les 30 dernières années.«Limmigration, dans les années 90 et jusqu\u2019au milieu des années 2000, était plutôt faible.Elle était Zill MIEUX DÉVELOPPEMENT DURABLE Autonomie - Solidarité - Respect de la nature Réseau\tqq groupes membres québécois des ° groupes\t30 ans de lutte écologistes\twww.rqge.qc.ca d\u2019environ 30000 ou 35000 nouveaux arrivants chaque année et le taux de rétention était lui aussi assez faible.On a donc voulu mieux sélectionner les immigrants.La province a en même temps commencé à manquer de main-d\u2019œuvre qualifiée et on a beaucoup misé sur une immigration de personnes qualifiées, qui parlaient majoritairement le français, en provenance de l\u2019Europe et du Maghreb.» Depuis quatre ou cinq ans, l\u2019immigration a grimpé à un peu plus de 50000 personnes par an.Ce changement de stratégie ne s\u2019est pas fait sans heurt, croit Stephan Reichhold.La décision de favoriser des immigrants instruits, scolarisés, ne s\u2019est pas accompagnée d\u2019une préparation adéquate de la société.«Personne n\u2019avait réfléchi à l\u2019impact à moyen terme.Personne au gouvernement ne s\u2019est demandé comment ces gens allaient s\u2019intégrer.On s\u2019est rapidement rendu compte que le fait d\u2019avoir un diplôme et de parler le français ne garantissait pas un emploi.» L\u2019enjeu du travail, ajoute Stephan Reichhold, en est un des plus importants auxquels font face les immigrants à l\u2019heure actuelle.Le récent projet de Charte des valeurs du gouvernement provincial ne réjouit pas non plus les organismes assis autour de la Table de concertation.Les immigrants sont préoccupés par ce qu\u2019ils entendent, rapporte le directeur de la TCRl.«C\u2019est un recul important, par rapport aux acquis aux dernières années.L\u2019intégration des immigrants se passait assez bien; les problèmes de racisme et de discrimination qu\u2019on voit apparaître sont inquiétants.» Nouvel emploi, nouveau logement Les organismes membres de la Table de concertation touchent à la vaste majorité des services dont les nouveaux arrivants ont besoin: recherche de logement, démarches administratives, francisation, etc.«Nos membres sont assez hétérogènes, résume Stephan Reichhold.Certains organismes travaillent avec des immigrants dans les cinq premiers jours de leur arrivée, alors que d\u2019autres of frent des services d\u2019aide à la recherche d\u2019emploi.Ce qui nous caractérise est que nous avons une approche globale.Une famille sera soutenue dans l\u2019intégration à l\u2019école autant que dans la recherche de meubles pour son logement ou lors de l\u2019ouverture d\u2019un compte bancaire.» La vaste majorité des organismes membres de la Table sont financés par le ministère de l\u2019Immigration et des Communautés culturelles.Portes ouvertes sur le Lac, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, par exemple, a pour but d\u2019augmenter le nombre d\u2019immigrants dans la région en facilitant leur intégration.L\u2019organisme vise aussi la rétention de ses immigrants et offre des services directement aux employeurs.A Montréal, le Carrefour d\u2019aide aux nouveaux arrivants a mis sur pied, parmi différents services, des projets scolaires dans des écoles multiethniques du quartier Ahuntsic, afin de créer des liens entre l\u2019école et les familles nouvellement arrivées.Si une des missions de la TCRl est de défendre les intérêts des personnes immigrantes, réfugiées ou sans statut, son autre mandat est de soutenir les organismes membres dans leurs plans d\u2019intervention.«Nous n\u2019intervenons pas directement auprès des personnes immigrantes, explique Stephan Reichhold.Nous faisons, par contre, beaucoup de formation auprès des intervenants de nos organismes membres, qui touche leurs pratiques dans un contexte de relations interculturelles.Nous suivons aussi de très près ce qui se passe comme projets de loi ou nouveaux règlements en matière d\u2019immigration, afin de faire valoir les intérêts des immigrants et des réfugiés.» Collaboratrice Le Devoir POUR UNE BONNE RETRAITE BIEN MÉRITÉE.www.regimeretraite.ca I RRFS-GCF@regimeretraite.ca I Tél.: 514-878-4473 LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 2013 G 5 SOCIETE ENFANCE « Nous faisons une différence dans la vie des enfants » Qu\u2019ils luttent contre le décrochage ou qu\u2019ils préviennent la violence, les organismes communautaires cherchent d\u2019ahord et avant tout à renforcer la confiance des enfants.MARIE LAMBERT-CHAN Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu\u2019une forêt qui pousse», affirme un proverbe africain.«Nous sommes la forêt», observe Odette Théberge, coordonnatrice au programme du Regroupement des organismes ESPACE du Québec (ROEQ).Les intervenants d\u2019ESPACE se rendent dans les écoles primaires et les milieux de garde pour outiller les enfants et les aider à faire face à toutes les formes de violence, mais aussi pour sensibiliser les parents et les éducateurs.«C\u2019est un travail de longue haleine, exécuté dans l\u2019ombre, mais nous sommes persuadés que nous faisons une différence dans la vie des enfants», poursuit-elle.Cette théorie des petits pas s\u2019applique aussi au Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage (ROCQLD), qui soutient plus de 15000 enfants, adolescents et parents chaque année dans douze régions de la province.«Beaucoup d\u2019enfants finissent par décrocher silencieusement, indique Mélanie Marsolais, directrice générale par intérim du ROCQLD.Fatigués d\u2019avoir toujours l\u2019air de ne rien comprendre, ils ne posent plus de questions en classe.Ces mises en échec quotidiennes sont très pénibles.Nous ne cherchons pas à faire augmenter leurs notes, mais à améliorer leur rapport à l\u2019école et à favoriser leur épanouissement.Pour ce faire, on doit gagner leur confiance et celle de leurs parents.Après, on cible de tout petits objectifs, de façon à ce que les enfants soient capables de les atteindre et accumulent ainsi des expériences d\u2019apprentissage positives.» Une question de confiance Le ROEQ et le ROCQLD ont plus de 25 années d\u2019expérience au compteur et leurs pratiques ont été validées plus d\u2019une fois par des chercheurs universitaires.A sa façon, chacun mise sur la confiance en soi des enfants, le ROEQ, en la renforçant, et le ROCQLD, en la rebâtissant.« On dit souvent aux enfants de ne pas accepter de bonbons d\u2019un inconnu ou de ne pas monter dans la voiture d\u2019un étranger, mais, ce faisant, on ne prévient que 15 % des situations de violence, rappelle Odette Théberge.Le reste du temps, ce sont des personnes connues et aimées de l\u2019enfant qui s\u2019en prennent à lui.Ces avertissements suscitent la peur et l\u2019insécurité, plutôt que la confiance en soi et l\u2019autonomie.» Les intervenants d\u2019ESPACE estiment que les enfants comprennent de quoi il est question quand on leur parle de violence et qu\u2019ils sont capables de mettre en action les stratégies de défense apprises.Au cours de l\u2019atelier, ils enseignent aux petits trois droits fondamentaux.«Ils ont le droit de se sentir en sécurité, fort intérieurement et libre», énumère Théberge.Puis suivent des mises en situation pour apprendre à dire non ou à demander de l\u2019aide, par exemple.On leur offre aussi un cours d\u2019autodéfense, où ils apprennent à donner des coups dans les tibias et à maîtriser le kiai, le cri de combat utilisé dans les arts martiaux.Selon Mélanie Marsolais, l\u2019estime et la JACQUES GRENIER LE DEVOIR L\u2019aide aux devoirs occupe une place privilégiée dans les interventions des organismes communautaires.confiance en soi sont des termes qui, avec le temps, ont acquis un côté banal, voire galvaudé.«Tout part pourtant de là et on le voit au quotidien dans la lutte contre le décrochage.Un enfant qui ne va pas bien à l\u2019école ne se sent pas compétent.Cet état d\u2019esprit entraîne la démotivation, l\u2019isolement et des problèmes de comportement.Certains enfants commencent à décrocher dès la troisième année du primaire.» L\u2019aide aux devoirs en français et en mathématiques occupe une place privilégiée dans les interventions des organismes communautaires.«Cette activité permet à nos accompagnateurs d\u2019établir une relation avec l\u2019enfant, explique M\u201c® Marsolais.Ils prennent le temps qu\u2019il faut pour lui faire vivre des réussites et pour lui démontrer qu\u2019il est important à leurs yeux.» Manque de financement et de reconnaissance Mélanie Marsolais et Odette Théberge sont catégoriques : leur plus grand défi est de trouver d^u financement.Un peu moins de 185000$ sont nécessaires au ROEQ pour lui assurer un fonctionnement de base adéquat.Ses 11 organismes ESPACE ont besoin de 3,5 millions pour remplir pleinement leur mission.« On reçoit à peine deux millions du ministère de l\u2019Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), qu\u2019on répartit entre 30 organismes reconnus, se désole de son côté M\u201c® Marsolais.En région, il y a encore trop peu d\u2019activités de soutien scolaire financées par le gouvernement.» La lutte contre le décrochage est pourtant une cause très populaire, en raison des appuis répétés du milieu des affaires.«Les organismes communautaires auraient pu en profiter, mais nous avons été noyés dans cette vague, affirme M\u201c® Marsolais.Nous n\u2019avons malheureusement pas des moyens financiers comparables à ceux de plus grandes organisations et nos actions ont moins de visibilité.» Odette Théberge revendique elle aussi une meilleure reconnaissance des efforts de son regroupement.«Ça fait tellement longtemps que nous existons, mais beaucoup n\u2019ont jamais entendu parler de nous, constate-t-elle.La prévention n\u2019a jamais été quelque chose de spectaculaire.» Collaboratrice Le Devoir Les centres de femmes sont une réponse féministe à l\u2019isolement « Elles ont peur d\u2019être malades, d\u2019être exploitées, de perdre leurs moyens » Au Québec, on trouve aujourd\u2019hui près d\u2019une centaine de centres de femmes.Issus du féminisme des années 1970 et fondés pour la plupart au début des années 1980, ils sont toujours en activité et d\u2019actualité, trente ans après leur création.EMILIE CORRIVEAU Entièrement gérés par des femmes, les centres de femmes sont fondés sur une approche féministe et visent l\u2019amélioration des conditions de vie des femmes.Leur mandat est triple : ils doivent offrir divers services, organiser des activités éducatives et proposer des actions collectives pour promouvoir l\u2019égalité des femmes ainsi que la justice sociale.Si, selon le milieu où ils sont implantés, ces centres répondent à une kyrielle de besoins différents, ils ont en commun de soutenir des femmes qui, autrement, se trouveraient isolées.Dès 1975 Premier établissement du genre à avoir vu le jour dans la région de la Capitale-nationale, le Centre-femmes d\u2019Au-jourd\u2019hui, situé à Sainte-Eoy, a été créé en 1975.Si, à l\u2019époque, il constituait surtout une solution de rechange aux maisons d\u2019hébergement, aujourd\u2019hui, son mandat s\u2019est beaucoup élargi.«Nous avons trois axes d\u2019intervention: violence, santé des femmes et lutte contre la pauvreté et l\u2019appauvrissement.Nos participantes ont en moyenne plus de 55 ans; ça oriente beaucoup nos activités», explique Isabelle Boily, coordonnatrice du centre.Incidemment, le vieillissement, l\u2019isolement, la pauvreté et le logement sont au cœur des préoccupations quotidiennes du Centre-femmes d\u2019Aujourd\u2019hui.«La peur de vieillir seule et pauvre, poursuit M\u201c® Boily, c\u2019est extrêmement présent.Les femmes ont peur d\u2019être malades, d\u2019être exploitées par la famille ou l\u2019entourage, de perdre leurs moyens.On fait beaucoup d\u2019activités en ce sens.» Par exemple, le Centre offre cet automne un atelier intitulé «Ma vie de femme».S\u2019adressant aux participantes qui ont le désir de raconter leur histoire, cet atelier vise à faire réfléchir les femmes sur leur parcours.Au terme de l\u2019activité, qui s\u2019échelonnera sur plusieurs semaines, un recueil rassemblant tous les récits sera constitué.Dans le même esprit, chaque semaine, le centre offre des ateliers sur toutes sortes de thèmes, de la plomberie à l\u2019économie en passant par la fabrication de cartes de Noël.Egalement, il propose des activités de cuisine collective ainsi que des ateliers créatifs pour permettre aux femmes dotées de talents artistiques de s\u2019exprimer par le biais d\u2019activités comme la broderie, le tricot ou la joaillerie.Le dimanche, histoire de favoriser la socialisation, il organise un brunch où on traite surtout de sujets légers.«Les dimanches, ce sont surtout des femmes plus isolées et plus démunies financièrement qui viennent manger avec nous.Ce ne sont pas les mêmes participantes qui fréquentent les groupes d\u2019écriture, par exemple.On répond à d\u2019autres besoins avec le brunch.Pour elles, ce re-pas-là, c\u2019est quelque chose d\u2019important», précise M\u201c® Boily.Autre région, autre réalité Du côté du Centre d\u2019éducation La Marie-Debout, situé à l\u2019angle des rues Sainte-Catherine et Jeanne-d\u2019Arc, dans le quartier Hochelaga-Maison-neuve de Montréal, la réalité est quelque peu différente.Comme c\u2019est le cas à Québec, l\u2019établissement montréalais se veut un milieu de vie où les femmes se rejoignent pour briser l\u2019isolement et mettre en commun leurs expériences.Toutefois, les participantes qui le fréquentent vivent certaines problématiques différentes.«La majorité de nos participantes ont entre 40 et 80 ans.Ce sont des femmes qui vivent seules pour la plupart.Leur niveau d\u2019éducation est varié; certaines sont sous-scolarisées.d\u2019autres ont eu une carrière mais sont à la retraite.Ça, c\u2019est assez commun dans les centres de femmes.Ce qui est particulier chez nous, c\u2019est que, étant donné notre situation géographique, nous sommes quotidiennement confrontées à la prostitution», explique Eabienne Mathieu, de La Marie-Debout.Alors que, il n\u2019y a pas si longtemps, les travailleuses du sexe n\u2019osaient s\u2019adresser au centre pour répondre à leurs besoins \u2014 souvent primaires \u2014 et y chercher du soutien, depuis quelques années, elles sont de plus en plus nombreuses à frapper aux portes de l\u2019établissement.«Au départ, cela a créé toute une commotion.Il faut bien comprendre que notre mission, c\u2019est d\u2019être un centre ouvert à toutes les femmes, peu importe l\u2019origine, l\u2019orientation, la langue, le travail, etc.Il a fallu trouver une façon pour que toutes les participantes, prostituées ou non, puissent se côtoyer sans malaise.On a entamé une démarche et on s\u2019est aperçu que plusieurs femmes étaient freinées par leurs peurs et leur méconnaissance du milieu.On a donc demandé aux participantes de nommer leurs peurs et on a répondu à leurs besoins.Une fois que cela a été fait, on s\u2019est mis à travailler sur la compréhension de la réalité des travailleuses du sexe.Cela a beaucoup aidé», souligne M\u201c® Mathieu.Rejoindre les immigrantes Si les centres de femmes ne vivent pas tous les mêmes réalités à travers la province, sauf rare exception, ceux-ci doivent tous conjuguer avec une problématique de plus en plus présente, celle de l\u2019ouverture aux immigrantes.«Nos participantes, ce sont pour la plupart des francophones et des Québécoises de souche.On constate que, autour de nous, il y a de plus en plus de femmes immigrantes, mais nous ne parvenons pas encore à les joindre», révèle M\u201c® Mathieu.Du côté de Québec, on pose le même constat: «Au cours de la dernière année, on s\u2019est beaucoup questionné sur l\u2019accessibi- Ht* Association des Orands-Parents du Québec Pour l\u2019amour de nos petits-enfants www.grands-parents.qc.ca Ligne d\u2019écoute : 514-745-6110 pour grands-parents en difficulté lité de notre centre, affirme M\u201c® Boily.On s\u2019est rendu compte qu\u2019il nous restait du travail à faire de ce côté, particulièrement en ce qui a trait à l\u2019accessibilité pour les femmes immigrantes.Nos portes leur sont ouvertes, ça, c\u2019est sûr.Mais, si elles ne viennent pas, peut-on réellement dire que nous leur sommes accessibles ?C\u2019est un questionnement qui nous préoccupe», indique M\u201c® Boily.Parmi les raisons susceptibles d\u2019expliquer la situation, notons que, à leur arrivée, les immigrantes sont généralement dirigées vers des groupes d\u2019accueil plutôt que vers des centres de femmes, même si ceux-ci sont susceptibles de répondre à certains de leurs besoins.La crainte de ne pas être comprise peut également être un facteur freinant pour les immigrantes.«Ça fait partie des défis d\u2019avenir, note M\u201c® Mathieu.On va devoir réfléchir aux façons de créer des ponts avec les communautés d\u2019accueil pour que les immigrantes puissent Regroupement des organismes ESPACE du Québec Prévenir toutes les formes de violence faites aux enfants Des enfants qui se protègent Des adultes informés et conscientisés Une enfance en sécurité et sans violence Programme éducatif pour les 3 à 12 ans Soutien Écoute téléphonique Sensibilisation auprès des adultes Collaboration avec les intervenants espacesansviolence.org 418 667-7070 Pour une enfance en securité et sans violence aussi fréquenter les centres de femmes.On va devoir trouver des moyens pour qu\u2019elles s\u2019y sentent bien et qu\u2019elles puissent réellement s\u2019intégrer aux groupes de participantes.Dans le contexte actuel, avec tout le débat sur la Charte des valeurs, je crois qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question sur laquelle on doit absolument se pencher.» Collaboratrice Le Devoir fcaC)q FEDERATION DES CENTRES D\u2019ACTION BÉNÉVOLE DU QUÉBEC 40 ans ({^action SénévoCe, ça sefêtel La Fédération des centres d'action bénévoles du Québec (FCABQ) invite la population à souligner l'importance de tous les acteurs du bénévolat à l'occasion de la Semaine de l'Action Bénévole (SAB) qui aura lieu du 6 au 12 avril 2014, d'autant plus que nous en serons à notre 40^ édition! Le 5 décembre prochain, la FCABQ dévoilera le thème et le visuel qui accompagneront les festivités entourant cette semaine de promotion et de reconnaissance de l'action bénévole au Québec.De plus, un cahier spécial 40^ SAB sera produit et fournira une rétrospective de tous les visuels et thématiques mis de l'avant depuis 1974.Depuis 1974, la Semaine de l'action bénévole est portée par la FCABQ et ses membres.Les 111 centres d'action bénévole jouent un rôle prépondérant en matière de promotion de l'action bénévole partout sur leur territoire.Puisque notre mission vise à contribuer au mieux-être de la population du Québec par la promotion, la reconnaissance et le développement des différentes pratiques de l'action bénévole, plusieurs municipalités, institutions publiques, partenaires économiques et élus régionaux joignent aussi leurs efforts à la tenue d'activités de reconnaissance.Pour en savoir plus sur la Semaine de l'action bénévole au Québec, visitez-nous au www.fcabq.orQ.6 < 12 ayriC20l4 Semaine de exaction SénévoCe G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 OCTOBRE 20IS SOCIETE TELEVISIONS COMMUNAUTAIRES Des bénévoles s\u2019activent « à donner nne voix à ceux qui n\u2019en ont pas » Pour une citoyenneté active, critique et télévisuelle Le 17 novembre prochain, la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec aura atteint 15 ans d\u2019existence.Ses membres, 43 entreprises réparties un peu partout dans la province, parfois depuis des décennies, font la promotion d\u2019une citoyenneté active, critique et, bien sûr, télévisuelle.ANDRE LAVOIE C> était une époque de manifestations et de manifestes, dont certains furent même lus à la télévision à heure de grande écoute.Au début des années 1970, le désir d\u2019expression des citoyens était immense et passait aussi par l\u2019écran cathodique.Le téléspectateur accédait déjà à un vaste choix de chaînes grâce à l\u2019arrivée de la câhlodistrihu-tion, et c\u2019est dans ce contexte que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a exigé des «câhlos» qu\u2019un espace communautaire soit disponible au sein du service de hase.Depuis ce temps, le paysage télévisuel s\u2019est modifié de façon radicale et les télévisions communautaires autonomes ont participé à cette évolution, en subissant aussi les contrecoups.Certaines entreprises de câblodistribution se sont désengagées de cette obligation, forçant le ministère de la Culture et des Communications (MCC) à soutenir ces initiatives locales, et ce, dès 1973.C\u2019est ainsi que des stations sont devenues autonomes par la force des choses, déterminées à faire entendre leurs concitoyens.De Gaspé à Saint-Raymond-de-Portneuf, en passant par Kamouraska et les îles-de-la-Madeleine, des bénévoles s\u2019activent «à donner une voix à ceux qui n\u2019en ont pas», déclare avec fierté Francine Beaulieu, directrice générale de la Fédération.Elle précise la portée de cette mission : «Nous rendons des services télévisuels aux citoyens pour qu\u2019ils soient visibles, pour qu\u2019on parle d\u2019eux et pour savoir ce qu\u2019ils font dans leur milieu.C\u2019est une tribune.» Pour passionnés Pour faire fonctionner cette télévision, chaque entreprise peut compter sur des passionnés du petit écran, parfois des jeunes rêvant d\u2019une carrière dans ce domaine, parfois des gens dans la force de l\u2019âge engagés dans leur collectivité, par- Les télévisions communautaires autonomes vivent elles aussi dans un environnement concurrentiel fois des retraités, dont certains vieux routiers de la télé.Une cohabitation féconde et nécessaire, selon Francine Beaulieu.«Ils proviennent tous du même milieu et ce sont souvent des gens instruits, qui n\u2019ont pas nécessairement un bagage technique mais une excellente culture et une grande expérience de vie.Les personnes plus âgées font d\u2019ailleurs d\u2019excellents mentors.La télé communautaire devient ainsi le reflet de sa collectivité.» La participation citoyenne s\u2019exerce donc autant dans le contenu des émissions que dans la manière dont elles sont conçues.Cet engagement, la nécessaire «huile de bras», précise Francine Beaulieu, ne permet toutefois pas aux télévisions communautaires d\u2019acquérir justement leur pleine et entière autonomie, y compris financière.C\u2019est d\u2019ailleurs une vague de fermeture de stations sans précédent qui a conduit à la naissance de la Fédération à la fin des années 1990, le CRTC ayant soulagé encore plus les câblodistributeurs de leurs obligations communautaires et imposé un cadre réglementaire parfois très contraignant, entre autres au sujet de la publicité.Budgets modestes Même si elles produisent et diffusent leurs émissions avec des enveloppes modestes (cer- taines stations affichent un budget total de 400000$, d\u2019autres, environ 30000$), les télévisions communautaires autonomes vivent elles aussi dans un environnement concurrentiel.Le MCC continue de soutenir les efforts des membres de la Fédération et le CRTC leur donne parfois accès à des fonds, dont celui destiné à l\u2019amélioration de la programmation locale (qui sera aboli en septembre 2014), mais les embûches sont encore nombreuses.Beaucoup de télévisions publiques ou commerciales ont dû prendre, à grands frais, le virage de la haute définition; l\u2019écueil est tout aussi important pour les télévisions communautaires.«Elles sont rares, les télés qui ont les sous pour ça, mais on ne peut pas se permettre de rater ce virage», souligne Francine Beaulieu.Elle rêve à voix haute d\u2019une télévision plus «décloisonnée», un mot dont la signification résonne fortement auprès de ses membres.«Ils veulent se développer mais ne peuvent le faire, à cause de lois trop rigides et d\u2019un financement trop bas, non récurrent.Par exemple, en matière de publicité, il n\u2019y a pas des fortunes à aller chercher, mais la réglementation actuelle ne nous permet pas des messages de plus de 15 secondes, et qui bougent.La coiffeuse du coin n\u2019a pas les moyens d\u2019investir dans une pub télé, mais plus de souplesse nous permettrait de rendre un service équitable entre tous les citoyens et les commerçants d\u2019une même localité.» En attendant ce décloisonnement tant espéré, les membres de la Fédération comptent bien célébrer les 15 ans d\u2019existence du regroupement de leurs forces, lors de leur congrès annuel, ce week-end à Québec.Certains d\u2019entre eux affichent un âge vénérable, dont Basse-Lièvre (41 ans), en Outaouais, ou Vents et marées (39 ans), dans Charlevoix, prouvant que «l\u2019huile de bras» n\u2019a pas manqué pour donner à leurs concitoyens une télé à leur image.Collaborateur Le Devoir f\tf EEDERATION DES EEMMES DU QUEBEC Pour et par les seules femmes Un forum décidera des prochaines orientations La Fédération des femmes du Québec (FFQ) tiendra le Forum des états généraux de l\u2019action et l\u2019analyse féministes, du 14 au 17 novembre à Montréal, pour déterminer de grandes orientations pour le mouvement féministe.MARTINE LETARTE Santé et bien-être, travail, économie et environnement, solidarité avec les femmes autochtones, stéréotypes, démocratie, intersection des oppressions, féminisme et nationalisme : voilà les grandes thématiques qui seront débattues lors du Forum de clôture des états généraux de l\u2019action et l\u2019analyse féministes, en oeuvre depuis deux ans.L\u2019objectif de la FFQ est d\u2019y déterminer les grandes directions à prendre pour aller vers la réalisation d\u2019un projet féministe de société.«Nous ne travaillons pas sur le train-train quotidien; nous avons de grandes ambitions», affirme Alexa Conradi, présidente de la FFQ.Pour l\u2019organisme, il s\u2019agit d\u2019un changement de dynamique.«Nous souhaitons déterminer de grands thèmes à placer au cœur du débat public pour mobiliser les femmes et la société, affirme M\u201c® Conradi.Pendant une longue période, on a travaillé à stopper des reculs, mais c\u2019est extrêmement démotivant.On souhaite maintenant se projeter dans un projet de société.» Pour certaines orientations, la FFQ s\u2019attend à de vifs débats.«C\u2019est sain et normal, croit M\u201c® Conradi.Le réseau féministe interpelle la moitié de la population.On ne peut pas penser que toutes s\u2019entendront.Je crois toutefois que certaines orientations rassembleront les femmes dans l\u2019unanimité.» De la santé à l\u2019environnement Les débats du Forum porteront entre autres sur la santé et le bien-être des femmes.«Les luttes du mouvement féministe ont amené des changements importants, indique Alexa Conradi.Les femmes ont entre autres plus de contrôle sur Que se passe-t-il lorsque le sexisme rencontre le racisme, l\u2019homophobie ou un handicap physique?leur corps, avec l\u2019avortement, et ont accédé au marché du travail.Toutefois, elles témoignent de beaucoup de pression et de surmenage.Elles sont plus nombreuses à vivre de la dépression et de l\u2019anxiété.» La FFQ croit que cela s\u2019explique par le fait que les femmes voient constamment leurs tâches se mqltiplier.«Par exemple, l\u2019Etat se déleste de certains rôles en matière de soins, et plusieurs femmes deviennent des proches aidantes», illustre M\u201d® Conradi.La pauvreté et la précarité seront aussi des réalités discutées.«Les femmes ont besoin d\u2019un diplôme de plus pour gagner le même salaire que les hommes et elles sont toujours les championnes des emplois à temps partiel et surnuméraires, indique M\u201c® Conradi.Pourquoi est-ce toujours ainsi 30 ans après que les femmes ont investi massivement le marché du travail?Nous regarderons entre autres la question de la valorisation du travail dans les secteurs d\u2019emploi où les femmes sont majoritaires.» La FFQ abordera également le thème de l\u2019économie et de l\u2019environnement.Présentes en grand nombre dans des domaines comme l\u2019alimentation, l\u2019éducation et la santé, les femmes sont aussi souvent sur la ligne de front de plusieurs problèmes sociaux, remarque la FFQ.«Les femmes ont développé une vue d\u2019ensemble sur la société, indique M\u201c® Conradi.Comment placer les besoins des êtres humains et la viabilité de la Terre au cœur de l\u2019économie, plutôt que de seulement se concentrer sur la production et la richesse ?Nous voulons que le mouvement féministe parti- cipe à la réflexion sur l\u2019économie d\u2019aujourd\u2019hui.» Thématiques La FFQ a l\u2019impression d\u2019assister à un retour en force de la sexualisation de l\u2019espace public et des stéréotypes sexistes, notamment dans les publicités, où la femme s\u2019occupe souvent des malades, du nettoyage et de la préparation des repas.Cet enjeu sera débattu lors du Forum.La démocratie est également l\u2019une des thématiques choisies.«Nous nous demandons si la corruption, la concentration du pouvoir et l\u2019affaiblissement de l\u2019Etat, qui renvoie plusieurs choses à la sphère privée par suite de la pression des marchés internationaux, feraient en sorte que les femmes ne voient plus l\u2019intérêt à participer à la politique, indique Alexa Conradi.Nous proposerons des transformations des formes démocratiques pour raviver l\u2019intérêt des femmes.» De plus, la FFQ cherchera quels gestes solidaires peut poser le mouvement féministe envers les femmes autochtones pour faire avancer leurs conditions de vie et leur droit à l\u2019autodétermination.L\u2019intersection des oppressions est un autre thème du Forum: que se passe-t-il lorsque le sexisme rencontre le racisme, l\u2019homophobie ou un handicap physique?Les femmes réunies se questionneront aussi sur les discours nationalistes.« Certains discours mobilisent les femmes dans l\u2019intérêt de la nation, comme lorsqu\u2019on dit que les femmes blanches ne font pas assez de bébés, donne en exemple M\u201c® Conradi.Sommes-nous à l\u2019aise avec ces types de discours?» Accessibilité Plus de 500 femmes sont inscrites jusqu\u2019à présent au Forum, un rassemblement non mixte.Pourquoi avoir exclu les hommes ?«Les hommes ont été invités à participer à plusieurs activités des états généraux de l\u2019action et l\u2019analyse féministes, indique Alexa Conradi.Nous avons échangé ensemble, mais le Eorum est un lieu décisionnel et c\u2019est important que les femmes aient le leadership dans les dossiers qui les touchent directement.Par la suite, les décisions seront partagées dans tous les milieux où les femmes œuvrent et tous pourront participer aux interventions pour faire avancer le projet féministe.» La FFQ invite toutes les féministes et les femmes ayant un intérêt pour les enjeux féministes à participer au débat.«Nous avons mis en place des mesures d\u2019accessibilité pour accueillir les femmes avec un handicap, précise M™ Conradi.Nous allons répondre aux différents besoins.Il n\u2019y a aucune raison pour que des femmes ne puissent pas participer au Eorum pour des motifs financiers ou logistiques.» Collaboratrice Le Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR La présidente de la Fédération des femmes du Québec, Alexa Conradi, lors de la Marche des femmes à Montréal, en 2010 Donne-toi de L'R! Il y a un centre de femmes près de chez toi.kwE Illustration Marie Dauverné L'R DES CENTRES DE FEMMES DU QUEBEC Partout au Québec, des femmes d'action se rassemblent pour changer le monde.www.rcentres.qc.ca (514) 876-9965 Au service des communeutÉs LGBTA ms3 2DI2 D'ACTIDNS POUR L'EGALITE CDNSEIL-LGBT.CA "]
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