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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2013-10-26, Collections de BAnQ.

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[" Gilles Daigneault raconte l\u2019héritage béton de Guido Page E 3 Textes, merlot, Nagano, le défi du renouvellement des publics Page es DEVOIR.LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 2013 Le réalisme poétique de Chasse au Godard d\u2019Abbittibbi d\u2019Éric Morin colle littéralement à l\u2019âme de la région FRANÇOIS LEVESQUE En décembre 1968, le cinéaste français Jean-Luc Godard fit un séjour à Rouyn-Noranda, cité abitibienne de forêts, de mines, et fière capitale du cuivre.Motifs de son passage en ces contrées nordiques?Procéder à une expérience mariant télévision et politique.De cette anecdote historique inusitée, le cinéaste Eric Morin a tiré Chasse au Godard d\u2019Abbittibbi, un premier long métrage de fiction qui, on ne saurait imaginer débuts plus appropriés, ouvre le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue (FCIAT) ce samedi.Concepteur de l\u2019émission Mange ta ville et réalisateur du documentaire musical Mutan-tès: daff,s la tête de Pierre La-pointe, Eric Morin, un Abitibien d\u2019origine, portait ce projet en lui depuis bien des hivers.«Je me souviens, quand j\u2019ai présenté mon premier court métrage Last Chance Kabaret au festival en 1998, j\u2019en parlais déjà.J\u2019avais eu un peu de presse à l\u2019époque et, dans les coupures de journaux que j\u2019ai gardées, on le mentionne», relate le cinéaste.L\u2019acteur Martin Dubreuil {Les 7 jours du talion) confirme la longue gestation du film.«J\u2019ai rencontré Eric il y a plus de dix ans pour le court métrage Décembre 1970 qui raconte.le passage en région éloignée d\u2019un cinéaste français connu.C\u2019est très semblable au niveau de la prémisse, mais le traitement est différent.On sentait vraiment qu\u2019il y avait quelque chose là-dedans qui touchait une corde sensible chez Eric, qui le faisait vibrer.» Tout vient à point, comme on dit, place donc à Chasse au Godard d\u2019Abbittibbi, qui s\u2019attarde aux destins croisés d\u2019un jeune couple formé par Michel (Alexandre Castonguay) et Marie (Sophie Desmarais) dans la foulée du débarquement chez eux de ce «réalisateur de réputation internationale» venu, de son propre aveu, donner la parole au peuple en braquant sur lui objectif et micro.Et Michel de se découvrir une soif de révolution locale, et Marie de s\u2019éveiller à son désir d\u2019un autre part, autre chose, indicible.L\u2019accompagnateur montréalais de l\u2019équipe française, Paul (Martin Dubreuil), agit auprès des tourtereaux comme un agent révélateur, puis perturbateur, en plaçant entre leurs mains une caméra, arme de réflexion massive s\u2019il en est Parti interroger les travailleurs forestiers, les femmes au foyer et les étudiants, le trio se meut en triangle amoureux.Confrontés aux rêves déçus des uns et aux aspirations des autres, Michel et ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR VOIR PAGE E 14 : ODYSSÉE Dans le film, la photogénie de Sophie Desmarais est magnifiée comme jamais auparavant.VOUS AVEZ ÉTÉ CHOISI POUR RECEVOIR NOTRE NOUVELLE CARTE DE CRÉDIT ! UNE OCCASION À NE PAS MANQUER ! UNE SEULE SIGNATURE, ET ELLE EST À VOUS ! Instructions pour un éventuel gouvernement socialiste qui souhaiterait abolir la fête de Noël Du 8 octobre au 2 novembre 2013 une création du Théâtre Aujourd\u2019hui Texte Michael Mackenzie Mise en scène Marc Beaupré Interprétation Sophie Desmarais et Luc Picard Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui 514 282-3900 theatredaujourdhui.qc.cQ Groupe financier Bell Hydro h.Québec LE DEVOIR 5506 E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE OCTOBRE 2013 CULTURE Quand Nosferatu s\u2019envole ailleurs Odile Tremblay Gabriel Thibodeau est un oiseau rare.Ils sont une douzaine de spécimens vivants, dispersés sur le globe avec leurs mœurs et leur langage.Ces créatures singulières évoluent entre un écran, un clavier et une baguette de chef.J\u2019ai nommé les compositeurs de partitions pour films muets.Comme ses confrères, Gabriel se promène souvent par monts et par vaux, à la direction d\u2019orchestre, entre Paris, Washington, Hong Kong, Bologne, Macao, etc.Sinon, à la Cinémathèque québécoise, le vendredi, sauf avis contraire, depuis 25 ans, le musicien improvise au clavier sur des œuvres de l\u2019ère muette.Il avait remplacé au départ un pianiste qui n\u2019aimait pas improviser.Deux semaines plus tard, c\u2019était l\u2019embauche: «A Vancienne, de gré à gré, sans contrat, payé à l\u2019acte.» On connaissait les Ciné-concerts que Gabriel Thibodeau dirige, en général offerts au bénéfice d\u2019une institution, ou comme événement marquant d\u2019un festival.A l\u2019écran défile alors un film muet, classique le plus souvent, tandis que dans la fosse un orchestre, sur une partition préécrite, superpose aux atmosphères et aux mimiques des acteurs une musique qui suggère ou accentue (c\u2019est selon) les rebondissements de l\u2019action.Ciné-concerts, soit, mais Montréal n\u2019avait jamais eu droit à son «concert cinématographique».On change l\u2019appellation.\u2014 Bonnet blanc et blanc bonnet, me direz-vous.Pure question de sémantique! Mais tout dépend de quel univers provient le producteur du spectacle.Car Gabriel entend mettre le concert en avant, à travers sa nouvelle société, sans négliger l\u2019impact du film.«Le cinéma muet bien fait est un «Quand la musique est bien elle devient cruciale pour la transmission des films» poème pour l\u2019œil», dit-il.Et la musique, un sonnet pour l\u2019oreille.Lundi soir, au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, est présenté Nosferatu, le vampire de F.W.Murnau (1922) interprété par l\u2019orchestre des Concerts cinématographiques de Montréal (des membres de l\u2019Orchestre métropolitain, de l\u2019OSM, etc.) sous la baguette de Thibodeau.n dirige, produit le concert avec le concours de la boîte Trouble Maker.Sa partition sera une première mondiale.«Je l\u2019ai terminée il y a une heure», me dit-il en m\u2019accueillant dans son loft.Toute neuve et chaude.Il me laisse écouter des bouts d\u2019enregistrement, avec dominance de cordes.Défilent sur le moniteur des images du mort-vivant aux ongles crochus sur le grand voilier.Celui-ci met le cap vers la ville imaginaire où la fiancée du héros attend l\u2019étreinte du plaisir et de la mort, rideau au vent.faite, \u2014Je dois aller vers lui.Il arrive! indique un carton, porte-voix de la jeune fille.Nosferatu, son ombre, son château, son pieu et les fantômes qui viennent à la rencontre des visiteurs de l\u2019autre côté du pont, est un chef-d\u2019œuvre du cinéma expressionniste allemand, précurseur de bien des œuvres d\u2019épouvante.Précisons que Murnau adaptait à travers lui le roman Dracula de Bram Stoker, situé dans la troublante Transylvanie, mais la veuve de l\u2019écrivain et ses descendants avaient interdit cette adaptation, prouvant ainsi leur mauvais goût.Il changea les noms des gens et des lieux, sans apaiser leur courroux.Rien de plus beau qu\u2019une partition musicale avec les notes en envol sur les portées et les annotations dans les marges.Celle que Gabriel a écrite pour Nosferatu est reliée en noir, livre sonore.Je la compulse avec émerveillement.«La meilleure façon de faire peur, c\u2019est en créant une atmosphère, comme le fait Murnau, me dit l\u2019hôte musicien.Le cinéaste allemand avait été décorateur de théâtre.C\u2019est autre chose que d\u2019être influencé par la télé.» Pour tout dire, Nosferatu avec orchestre devait marquer les festivités entourant le cinquantième anniversaire de la Cinémathèque québécoise.«Mais à Ottawa, ils nous ont dit que les festivités du cinquantième de la Place des Arts et de la Cinémathèque n\u2019étaient pas une priorité!» Dont acte ! Le compositeur est resté avec son travail amorcé depuis DU 6 AU 9 NOVEMBRE A 19 H 30 AU THEATRE Pour tous les publics à partir de 9 ans « L\u2019un des plus beaux moments de théâtre à vivre en ce moment.» Judith Sibony, Le Monde Joël Pommerat BILLETS 23 $ ET + Texte et mise en scène : Joël Pommerat Distribution : Alfredo Canavate, Noémie Carcaud, Caroline Donnelly, Catherine Mestoussis et Deborah Rouach Production : Théâtre National - Bruxelles T*\t^ THEATRE FRANÇAIS\t^ Redessiné par 2013-2014 613 947-7000 X620 CNA-NAC.CA/TF ticketmastenca 1-888-991-2787 (ARTS)\tD TRINITY TARIFS DE GROUPES 613-947-7000X384 CENTRE NATIONAL DES ARTS NATIONAL ARTS CENTRE ICI «i » RaDio-canaDa LeDroit PEDRO RUIZ LE DEVOIR Depuis 25 ans, Gabriel Thibodeau improvise au clavier sur des œuvres de Père muette.2011 sous le bras.Ça prend du temps pour composer la partition d\u2019un long métrage, quatre mois de travail étalés sur plusieurs années.«La musique devient le décor, le personnage, le deuxième ou le troisième degré de sens, l\u2019émotion.» Charlie Chaplin avait l\u2019art de créer les siennes.Bien d\u2019autres partitions originales se sont perdues.Certaines n\u2019ont jamais existé en tant que telles, chaque pianiste improvisant sa trame éphémère.Parfois, plusieurs versions sonores coexistent pour un même film.Grâce à l\u2019appui du festival Fantasia, qui l\u2019avait invité à se produire avec orchestre devant le Fantôme de l\u2019opéra et Metropolis, Gabriel a donc décidé de s\u2019autoproduire.Il lance la nouvelle Société des concerts cinématographiques, dont Nosferatu de- vient le ballon d\u2019essai.Le compositeur québécois espère mettre au monde quatre ou cinq concerts du genre par année, avec formule d\u2019abonnements.Sa société, il la voit déjà établie et admissible aux programmes d\u2019aide, en résidence à la Place des Arts, comme les Grands Ballets canadiens auxquels il collabore.Gabriel Thibodeau sait pouvoir atteindre deux clientèles : les mélomanes et les cinéphiles, et pourquoi pas le jeune public pour les œuvres muettes tissées d\u2019épouvante ou de fantastique ?« Quand la musique est bien faite, elle devient cruciale pour la transmission des films.» Il pourra puiser à volonté dans ses partitions personnelles \u2014 Gabriel en a écrit une douzaine, certaines avec l\u2019Octuor de France \u2014 également au répertoire des membres de sa minuscule confré- rie.Ses futurs invités, à travers si possible des réseaux d\u2019échange, il leur offrirait la scène.«Je vois ce qui se fait dans le monde, dit-il.On pourrait coproduire, faire participer Ennio Morricone.» Il a des yeux brillants, propulsé en orbite comme par la fusée de Méliès.Utopique, son rêve ?Pas du tout.Que vive ce projet dont Montréal serait le cœur battant, en images des temps jadis et musique inspirée ! Le mariage des arts, notre métropole s\u2019en est fait une spécialité.Il s\u2019inscrit dans nos couleurs culturelles en mosaïque.C\u2019est ce qu\u2019on fait de mieux: coller les arts d\u2019ici à ceux d\u2019ailleurs, ceux d\u2019hier à ceux d\u2019aujourd\u2019hui.Quand on s\u2019envole au-dessus de notre épaule.Allez, Gabriel, on y croit aussi ! otremblay@ledevoir.com UNE ŒUVRE SATIRIQUE ET PROVOCATRICE PORTÉE PAR UNE DISTRIBUTION MAGISTRALE! LE BALCON TEXTE JEAN GENET DRAMATURGIE ET MISE EN SCENE RENÉ RICHARD CYR UNE PRESENTATION ?)) SNC*LAWUJN MC ERIC BERNIER / STEPHANE BRETON / SONIA CORDEAU / KIM DESPATIS / BENOÎT DROUIN-GERMAIN / BERNARD FORTIN MARIE-THERESE FORTIN / ROGER LA RUE / MARIE-PIER LABREGQUE / SIMON LACROIX / JULIE LE BRETON / MACHA LIMONCHIK / BRUNO MARCIL VINCENT-GUILLAUME OTIS/DENIS ROY Théâtre du Nouveau NIonde\t\t\t À L\u2019AFFICHE DÈS LE 5 NOVEMBRE\tLES MARDIS À19H30\tTNM.QC.CA 514.866.8668\t4|S) EUE]* LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 20IS E 3 CULTURE>ARTS VISUELS L\u2019héritage béton de Guido Molinari La fondation dédiée au monstre sacré de l\u2019art québécois ouvre ses portes au public Près de dix ans après la mort de Guido Molinari, la fondation dédiée au monstre sacré de l\u2019art québécois ouvre ses portes au public ce jeudi 31 octobre.Le Molinari qui y est livré est du bonbon : le meilleur, celui des années 1960.JÉRÔME DELGADO ^ l\u2019ombre de la presque- Aautoroute Notre-Dame, à l\u2019angle des rues Sainte-Catherine et Darling, dans Ho-chelaga, l\u2019ancienne banque qui a appartenu à l\u2019artiste Guido Molinari, décédé en 2004, tient encore debout avec tput son lustre et sa robustesse.A compter de jeudi, les gens pourront enfin y avoir accès.La Fondation Molinari y tiendra ses expositions inaugurales, de peinture au rez-de-chaussée, de dessin à l\u2019étage.Entre un passé d\u2019art et d\u2019argent, l\u2019âme de l\u2019édifice où loge la Fondation Molinari a été préservée.Le coffre-fort, toujours là, sera investi à l\u2019occasion par des artistes.A entendre Gilles Daigneault, nommé à la direction de la Fondation en 2004, l\u2019endroit ne sera pas un mausolée tristounet.Au contraire, as-sure-t-il, il respirera la fierté et l\u2019ouverture de Guido.«Tu sais combien je l\u2019ai payée, ma banque ?racontait le peintre.Ils me Vont donnée.C\u2019était tellement pas cher que, pour que ça vaille la peine de faire un chèque, j\u2019ai acheté les deux maisons à côté.» «C\u2019était son humour, mais il y avait de la vérité là-dedans», commente Gilles Daigneault, amusé.Mémoire vivante, passionné et expressif, l\u2019ancien critique se plaît à défendre le leader de J\u2019abstraction géométrique.A coups de « Guido » et de quelques «Moli», sa connaissance du sujet est intarissable.«On veut rendre compte de cette belle aventure, cette contrainte que certains disaient absurde, l\u2019absence de formes.On montre comment Guido a eu une diversité étourdissante, le nombre de bandes, la qualité des contrastes, les répétitions.» Pour l\u2019expo de peintures, Daigneault a opté pour «l\u2019âge d\u2019or» de Molinari, resserré à la période 1964-1968.« Ce sont les grandes années, les bandes parallèles pareilles », disait-il, il y a quelques jours, lors d\u2019une visite d\u2019une expo en montage qui révélera les «points communs et de divergence» de neuf tableaux panoramiques.« Guido était le premier à dire que ça ne finissait plus, rappelle Daigneault.Ça respire.Comment il disait ça, Guido?Ça ne respire jamais de la même façon.Sa grande idée: une couleur en périphérie n\u2019est pas la même qu\u2019au centre.» Pour lui, l\u2019âge de Molinari rend cette période clé paradoxale.«Câline! on a l\u2019impression de parler d\u2019un monsieur à maturité.Sauf qu\u2019il a la jeune trentaine!» s\u2019étonnera toujours Gilles Daigneault.L\u2019expo de dessins proposera de retourner encore plus loin, avec des séries noir et blanc f PEDRO RUIZ LE DEVOIR Gilles Daigneault dans l\u2019atelier de l\u2019artiste.Pour l\u2019exposition, le directeur de la Fondation Molinari s\u2019est concentré sur «l\u2019âge d\u2019or» de Molinari, entre 1964 et 1968.exécutées entre 1953 et 1957.«On a l\u2019impression d\u2019un traité du dessin, comme s\u2019il avait vécu en raccourci et d\u2019avance toute son aventure picturale», note le commissaire.Musée de référence La Fondation Molinari a été créée à la demande de l\u2019artiste.Mourant, il avait réuni sa garde rapprochée, notamment des artistes (Sam Abramovitch et Torn Hopkins, aujourd\u2019hui décédés) et ses première et dernière compagnes (la théoricienne de l\u2019art Fernande Saint-Martin et Jocelyne Légaré).Dix personnes qui lui ont promis de veiller à la survie de son œuvre.Molinari a légué à la Fondation la quasi-totalité de sa collection personnelle, soit quelque 2000 pièces de lui et 200 titres d\u2019autres artistes.«Tout est à nous, s\u2019exclame Gilles Daigneault.Guido gardait ses trésors.C\u2019est nous qui prêtons aux musées.» Pensé comme un «musée de référence», à la fois centre d\u2019exposition et de recherche, l\u2019organisme n\u2019était pas silencieux jusqu\u2019ici.Quelques projets ont été montés, y compris à l\u2019intérieur de ses murs.La manière était officieuse.L\u2019officielle commence maintenant.«Il y avait tellement de travail, des centaines de dessins à classer, des livres, des es- V\ty\t\u2022 lampes, des toiles aussi.On est une toute petite équipe.Al-lons-y doucement et on ouvrira quand ce sera prêt», s\u2019était dit le directeur, engagé à temps partiel.« Colossalement riche, en oeuvres, et très pauvre», la Fondation fonctionne sans subventions.Elle a suivi les conseils de Molinari.«Pour refaire le toit, prenez un Ozias Leduc, allez le vendre», disait-il.«Ça ne paraît pas, mais il y a presque un demi-million de dollars dépensés pour remettre le bâtiment en état», confie Gilles Daigneault, qui sait qu\u2019à l\u2019avenir il faudra trouver des fonds pour financer les projets.Pas de rêve en couleurs : la mémoire de « Guido » passera par du concret et des programmations mettant à l\u2019affiche le travail d\u2019autres artistes.Souvent en relation avec Molinari, comme la série « en duo » à laquelle Cozic participera début 2014, sinon à travers des regards historiques, inusités.Gilles Daigneault compte rassembler les frères ennemis qu\u2019étaient Molinari, feu Yves Gaucher et Claude Tousignant, autour de leur admiration commune pour Barnett Newman, le pape du minimalisme pictural.Le directeur salive aussi à l\u2019idée de reconstituer L\u2019Actuel, la galerie de Molinari à la vie courte (1955-1957), mais riche en vingt exposi- tions de référence.Si, boulevard Notre-Dame, on roule vite, rue Sainte-Catherine on avance autrement.Le temps parfois semble même s\u2019être arrêté \u2014 l\u2019atelier de Molinari a été laissé tel quel, y compris pour l\u2019ar- moire-bottin téléphonique.Le renouveau sur son héritage, lui, viendra des expos qui naîtront derrîère ces murs en béton.Collaborateur Le Devoir FONDATION MOLINARI 3290, rue Sainte-Catherine Est, ouverte du jeudi au dimanche, www.fondationguidomolinari.org.DVoir > Des œuvres de Guido Molinari.ledevoir.com/culture/arts- visuels Guido Molinari en cinq dates 1933: Guido Molinari naît à Montréal.1965: The Responsive Eye, exposition phare sur l\u2019Op-art, au MoMA de New York; Molinari y expose Mutation vert-rouge (1964), aujourd\u2019hui conservée à la Fondation Molinari.Canada à la Biennale de Venise, avec un corpus similaire à celui qu\u2019expose aujourd\u2019hui la Fondation.1980: Il reçoit le prix Borduas, à 47 ans.2004: Molinari meurt à Montréal.1968: Molinari représente le photo: jacques grenier le devoir Gilles Daigneanlt, de critiqne à mémoire vivante Critique d\u2019art réputé, Gilles Daigneault a œuvré partout, notamment sur les ondes de Radio-Canada\u2014 «la belle époque de la radio culturelle», dit-il \u2014 et dans les pages du Devoir, dans les années 1980.Cet homme de lettres avait d\u2019autres intérêts au départ.Son doctorat, «La religion des poètes lyriques de l\u2019époque archaïque», le mène à s\u2019éta-, blir quatre ans en Europe.A son retour, le rapport Parent met fin à l\u2019enseignement du grec ancien et.à son plan de carrière.Par une série de circonstances, celui qui ne connaissait des arts visuels que le groupe de Pellan et de Léon Bellefleur est poussé à, l\u2019écriture dans Vie des arts.A partir de là, et en passant par une proximité avec la famille de l\u2019estampe autour de Graff, il devient incontournable.Il touche à tout, y corn- % K PEDRO RUIZ LE DEVOIR Touche-à-tout, Gilles Daigneault peut désormais se concentrer sur un seul sujet pris au commissariat d\u2019expositions \u2014 les trois éditions de la défunte triennale Artefact portent son doigté.Le chapeau de directeur de la Fondation Molinari le comble : il peut désormais se concentrer sur un seul sujet.m ESPACE Violette Chauveau, Prix de l\u2019interprétation féminine de l\u2019année 2012 - Montréal AQCT Quel texte! Quelle mise en scène! Quels comédiens extraordinaires! Bravo! Un des grands moments de la saison.Merci.Michel Bélair, Le Devoir Violette Chauveau a une fougue, une rage justesse de jeu particulièrement émouvantes.[Son] monologue de la fin est à couper le souffle.Marc Cassivi, La Presse Violette Chauveau et Jean-François Casabonne offrent une performance remarquable.La dernière scène est si troublante qu\u2019il ne faut surtout pas en parler.Elle est à recevoir dans le plexus.Louise Vigeant, RevueJeu.org Epoustouflante Violette Chauveau et solide Jean-François Casabonne.Une pièce forte et belle.Une grande réussite.David Lefevbre, montheatre.qc.ca Bdli ^transat Encore bouleversé, secoué, par Une vie pour deux.Texte, distribution, mise en scène admirables! Violette Chauveau est sublime, grandiose.Une rencontre au sommet entre une actrice et un personnage.À voir toutes affaires cessantes! Luc Boulanger, La Presse (sur Facebook) Ne ratez surtout pas Une vie pour deux! C\u2019est bouleversant.Violette Chauveau est au sommet de son art.Christian Saint-Pierre, Revue Jeu (sur Facebook) JH- 22 octobre jiî^ 02 novembre 2013 evelyne delà Chenelière alice ronfard JEAN-FRANÇOIS CASABONNE VIOLETTE CHAUVEAU EVELYNE DE LA CHENELIÈRE UNE PRODUCTION ESPACE GO V* ¦ DÊÜX PARTENAIRE DU SPECTACLE E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 2013 CULTURE.THEATRE CIRQUE Jean-Rock Gaudreault à contre-courant Avec La traversée de la mer intérieure^ le dramaturge poursuit son exploration d\u2019un théâtre populaire québécois CHRISTIAN SAINT-PIERRE T ^ SMfs pas dans l\u2019air J du temps, lance Jean-Rock Gaudreault.Je ne suis pas innocent, je le sais très bien, j\u2019en suis tout à fait conscient.J\u2019oserais même dire que je rame souvent contre tout ce qui est à la mode.» Né à Jon-quière en 1972, rtiomme écrit du théâtre pour les jeunes aussi bien que pour les adultes.De La raccourcie, sa première pièce, créée par le Théâtre les gens d\u2019en bas en 1997, jusqu\u2019à Une maison face au nord, produite deux fois en 2009, d\u2019abord par le Théâtre la Rubrique puis par la Compagnie Jean-Duceppe, le dramaturge n\u2019a cessé de se pencher sur des thèmes qui intéressent assez peu ses collègues.« J\u2019ai encore et toujours le goût d\u2019explorer le Québec, le sujet du Québec, explique-t-il.Je trouve ça de plus en plus rare dans notre dramaturgie.Le Québec des régions, le territoire, le terroir, peu d\u2019auteurs de théâtre osent en parler sans détour, sans métaphore, sans formalisme.Je juge essentiel d\u2019aborder ça de front.Le Québec me passionne, celui d\u2019aujourd\u2019hui aussi bien que celui d\u2019autrefois.La dialectique entre les régions et Montréal, ça m\u2019allume au plus haut point», raconte ce boulimique d\u2019actualité politique et économique.S\u2019il essaie d\u2019utiliser toutes ces sources d\u2019inspiration pour faire un théâtre qu\u2019il espère «original», il avoue qu\u2019à 41 ans, il lui arrive parfois «de [se] sentir dépassé par [son] époque».Ce sentiment d\u2019inadéquation avec la mécanique de son temps, c\u2019est précisément ce que ressent Rosaire Bouchard, le personnage principal de La traversée de la mer ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR S\u2019il essaie d\u2019utiliser toutes ces sources d\u2019inspiration pour faire un théâtre qu\u2019il espère «original», Jean-Rock Gaudreault avoue parfois «[se] sentir dépassé par [son] époque».intérieure, la nouvelle pièce de Gaudreault créée chez Duceppe.Pour incarner l\u2019homme de 70 ans, citoyen de Péribonka qui revient d\u2019un long séjour à l\u2019étranger qui lui a permis de faire le deuil de sa femme, et qui a maintenant l\u2019intention de briguer les suffrages lors de la campagne électorale provinciale qui s\u2019annonce immi- % LESXENDRES BLEUES DU 22 OCTOBRE AU 9 NOVEMBRE 2013 nente, la metteure en scène Monique Duceppe a fait appel à Michel Dumont.Pauline Martin et Marc Legault incarnent les fidèles complices du politicien, Pierre-François Legendre se glisse dans les habits d\u2019un jeune et dynamique stratège, le «Ti-Joe connaissant» que l\u2019état-major a délégué auprès du candidat.«Quand on reste sur sa position, fait remarquer Gaudreault, qu\u2019on défend sans cesse une idée ou une vision, le temps passe et tout à coup on se rend compte que les règles ont changé, que notre heure est passée.Rosaire, c\u2019est un politicien backbencher, un \u201cvieux Bleu\u201d.Alors que tout ce qu\u2019on voit dans notre dramaturgie, c\u2019est de la bien-pensance de gauche, j\u2019avais le goût d\u2019écrire un personnage de centre droit, un conservateur, mais progressiste, un peu comme les \u201cRed Tories\u201d en politique canadienne, des hommes politiques qui progressent, mais peut-être pas aussi vite que d\u2019autres.Cela dit, Rosaire se fait donner la réplique dans la pièce, il se fait sérieuse- ment \u201cchallenger\u201d.Il n\u2019a jamais été question pour moi de faire l\u2019apologie d\u2019un discours, mais bien de donner en toute honnêteté sa place à un homme que je vois comme un héros, un héros du quotidien.» Respecter le public Jean-Rock Gaudreault en a long à dire en ce qui concerne la manière dont le milieu théâtral québécois traite une partie de la population.«Je suis content d\u2019être joué chez Duceppe, pour des gens qui ne se reconnaissent peut-être pas dans les autres théâtres.Je sais qu\u2019il y a un jugement terrible dans le milieu sur Duceppe, mais je ne comprends pas qu\u2019on puisse considérer aussi durement une maison dont l\u2019obsession est le public.» L\u2019auteur croit ainsi qu\u2019il faut accorder plus de respect au public si on veut qu\u2019il fréquente le théâtre.«Aller au théâtre pour se faire dire qu\u2019on est de la marde, se faire \u201cblaster\u201d parce qu\u2019on est un banlieusard \u201cfucké\u201d ou encore parce qu\u2019on ne comprend rien â l\u2019urbanité, ce n\u2019est pas agréable du tout.Soyons clairs: j\u2019estime qu\u2019il y a delà place pour toutes les dramaturgies.Mon objectif est simplement de rééquilibrer le discours, de représenter d\u2019autres types de gens sur scène.Si on veut rendre le théâtre accessible au plus grand nombre, je pense qu\u2019il faut qu\u2019on réfléchisse collectivement sur la notion de public.» Vous aurez compris que Gaudreault prend un malin plaisir à imposer quelques clichés.pour mieux les déboulonner.«Les stéréotypes sont intéressants parce qu\u2019ils permettent au public de reconnaître un discours, ce qui m\u2019autorise ensuite â pousser la réflexion, â aller plus loin, â apporter des nuances et des rebondissements.Je suis heureux d\u2019arriver, tout en restant dans le plaisir, dans l\u2019humour, â aborder la politique et la réalité économique de la région, le choc des générations, les réseaux sociaux, et même l\u2019amour chez deux septuagénaires.» Collaborateur Le Devoir LA TRAVERSÉE DE LA MER INTERIEURE Texte: Jean-Rock Gaudreault.Mise en scène: Monique Duceppe.Au théâtre Jean-Duceppe du 30 octobre au 7 décembre 2013.Cordes sensibles Vague de cirque fait vibrer son âme foraine dans le Vieux-Port de Montréal FRANÇOIS LEVESQUE \\ A l\u2019issue d\u2019une tournée qui l\u2019a menée de Goose Bay à Gatineau en passant par Dieppe et Repentigny, la troupe madelinoise Vague de cirque a érigé son chapiteau dans le Vieux-Port de Montréal.Pour la troupe, cet interlude visait à regrouper et à peaufiner son spectacle Carrousel et cordes â linge, lancé l\u2019an dernier à Montréal Complètement cirque.Quatrième création de Vague de cirque.Carrousel et cordes â linge use de la mise en abyme en cela qu\u2019on recourt à l\u2019univers forain en guise de toüe de fond.Oscillant entre l\u2019absurde et le grinçant, la proposition met en scène huit artistes et s\u2019articule autour d\u2019un dispositif scénique ingénieux qui réinvente l\u2019ordinaire, à savoir la bonne vieille corde à linge.«On voulait retravailler certains numéros et les infrastructures du Vieux-Port étaient idéales, explique Noémie Ger-vais, cofondatrice de la troupe avec son conjoint Alain Boudreau (ce dernier est l\u2019pn des cofondateurs du Cirque Eloize).On a notamment fait appel â un directeur de jeu afin d\u2019atteindre une qualité d\u2019interprétation accrue.Ça été fragilisant pour les artistes, les acrobates, parce qu\u2019ils ont dû se mettre â nu, en quelque sorte, mais c\u2019était un beau défi et on est vraiment contents.» Afin de rentabiliser le loyer.Vague de cirque est en représentation jusqu\u2019au 2 novembre.« On a voulu vendre les billets â prix très abordables parce qu\u2019on s\u2019est rendu compte qu\u2019il y a peu de spectacles de cirque de bon niveau accessibles facilement pour les familles», signale Noémie Gervais, qui en connaît un rayon en la matière, la conciliation travail-fa- mille faisant en sorte qu\u2019elle s\u2019est entretenue avec Le Devoir tout en s\u2019occupant de sa marmaille : trois garçons de cinq ans, trois ans et six mois.Les enfants se trouvent d\u2019ailleurs au centre de la décision du couple de fonder une troupe ambulante à la manière des saltimbanques de naguère.De fait, de nos jours, on éprouve la nette impression qu\u2019il est plus facile pour les cirques québécois de traverser les océans que de sillonner le territoire.«C\u2019est le cas, confirme Noémie Gervais.Heureusement, on a le soutien du Conseil des arts et des lettres [CALQ].Avoir une troupe de cirque québécoise qui tourne en province, ça s\u2019inscrit aussi dans leur mandat et ils travaillent fort avec nous.Carrousel et cordes à linge est notre quatrième spectacle, et la formule commence â peine â porter ses fruits.Au début, les villes ne savaient pas trop quoi faire avec nous.Souvent, il n\u2019y avait pas d\u2019équipements adéquats, ou alors on attendait des girafes et des éléphants.Il y a eu de l\u2019éducation â faire, mais lâ, on sent qu\u2019on y arrive.On développe des partenariats avec les municipalités.» Après sa courte résidence dans le Vieux-Port, Vague de cirque remballera ses cordes à linges et reprendra la route, sa véritable maison, destination : la Floride.Pour sa toute première tournée hivernale, la troupe a en effet décidé de se donner une chance au soleil.Le Devoir CARROUSEL, ET CORDES A LINGE Au Vieux-Port de Montéral, jusqu\u2019au 2 novembre.MARIE EVE KINGSEY Carrousel et cordes à linge met en scène huit artistes et s\u2019articule autour d\u2019un dispositif scénique ingénieux qui réinvente l\u2019ordinaire.e.eJEAN-PAUL DAOUST «esPHILIPPE cyr SÉBASTIEN DAVID, JONATHAN MORIER ET JEAN TURCOTTE COLLtIORITEURS MARIE-ÈVE PAGEAU.THIERRY GAUTHIER SALLE JEAN-CLAUDE-SERMAIN THÉÂTRE D\u2019AUJOURD\u2019HUI 20D ConstffI tics crts et tics lettres\t\u201e Québec HH LES FINISSANTS DU CONSERVATOIRE ENTRENT E N SCEN E ÉSORDRE PUBLIC D\u2019EVELYNE DE LA CHENELIÈRE MISE EN SCÈNE CLAUDE POISSANT 0 U 25 OCTOBRE AU 2 NOVEMBR E 2013 THÉÂTRE ROUGE, 4750, AVENUE HENRI-JULIEN BILLETS: 11,50$ - ÉTUOIANTS 6,50$/SUR AOMISSION ETÀ LA BILLETTERIE DU CONSERVATOIRE WWW.CONSERVATOIRE.GOUV.QC.CA @ USINE-CCOM 5I4 52I-4493 A BRIMFUL \"^SHA RAVI &ASNAJAIN/WHY NOT THEATRE [TORONTO] THIS IS THEATRE AT ITS BEST - INTIMATE.AUTHENTIC.HILARIOUS.SPOILItHT TORlINnl l-SlEl Pi SPECTACLE EN ANGLAIS REPAS INDIEN SERVI APRÈS LE SPECTACLE ISSr maa-ssA:\" a\"«S- Hlï ll'üMIUH DBB\tIiDnom auËaB Conservatoire de musique et d'art dramatique Quebec El El CONSERVATOIRE d\u2019art dramatique de Montréal LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 20IS E 5 CULTURE Textes, merlot, Nagano Le virtuel et l\u2019événementiel appelés à la rescousse pour renouveler les publics STEPHANE BAILLARGEON Pour les vieux habitués, un concert de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal, c\u2019est un concert.Auto (ou métro), OSM, dodo.C\u2019est simple.Pour les plus jeunes, ça se complique.Un concert, c\u2019est un concert mais aussi une occasion de réseauter, de partager en ligne et de vivre une expérience enrichie.Disons: textes, merlot, Nagano.La preuve est encore servie ce samedi soir.La soirée débute à 19 h, dans la nouvelle Adresse symphonique, avec un cocktail dînatoire et un encan silencieux.Ken Nagano anime ensuite une causerie préconcert.Le maestro monte au pupitre une heure plus tard.Le programme de la série OSM éclaté lie trois œuvres.Teiresias, pièce pour six contrebasses de Jôrg Widmann, compositeur allemand né en 1973.Bogus Pomp, de Frank Zappa, «le plus symphonique des artistes rock».La 5'* Symphonie de Beethoven, l\u2019opus 67 que tout le monde croit connaître, vigoureuse depuis sa création il y a un peu plus de deux siècles.Pom, pom, pom, pom: «Ainsi le destin frappe à la porte.» Et puis après?Après, en fin de soirée, DJ Mistress Barbara fait danser tout le monde.Pas la peine de chercher des billets.Le guichet est fermé depuis des semaines pour cette soirée exceptionnelle organisée par le Club des jeunes ambassadeurs de l\u2019Orchestre.La salle devrait logiquement être bourrée d\u2019une belle jeunesse puisque c\u2019est précisément l\u2019objectif de ce concert bonifié au profit de la mission éducative de la prestigieuse formation.«Certaines de nos nouvelles approches cherchent à développer de nouveaux publics, mais ce n\u2019est pas neuf comme volonté, explique Marianne Perron, directrice de la programmation.Wilfrid Pelletier, qui dirigeait l\u2019orchestre dans les années 1930, en faisait une condition sine qua non.- il fallait développer et éduquer le public de la musique classique.A cette époque, on le faisait déjà avec les matinées jeunesse.Maintenant, l\u2019Orchestre donne des concerts dans les parcs, des concerts pop, organise la Virée classique, etc.La série OSM éclaté n\u2019est pas faite seulement pour tendre un hameçon aux 18-30 ans.Mais on pense que ce type de concert le week-end, suivi d\u2019une soirée avec DJ, peut i à ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL Les habitudes de consommations culturelles se transforment et rOrchesti*e symphonique de Monti*éal s\u2019adapte en variant ses propositions.L\u2019art des réseaux Denis Bertrand est expert-conseil en développement de public pour les arts de la compagnie de marketing et de publicité 50 Carleton, basée à Sudbury depuis sa fondation en 1978.Il consacre au sujet un blogue très instructif sur le site carleton.com.«Tout le monde cherche des solutions pour fidéliser sa clientèle et rejoindre de nouveaux publics, dit-il en entrevue au Devoir.B y avait très peu de ressources, même en anglais, au Canada.J\u2019utilise donc le blogue pour faire le point sur les tendances et les recherches.» Allons-y donc.Qu\u2019est-ce qui marche auprès des jeunes selon ce très rare savant de la chose ?Programmer.« Une compagnie en manque de public ne peut continuer à présenter la même chose.Tout en préservant l\u2019intégrité artistique, il faut donc savoir adapter son offre.B faut par exemple créer des événements autour des productions, des soirées.effectivement attirer plus de jeunes puisqu\u2019ils recherchent ce genre d\u2019expérience.» Le réel événementiel Le renouvellement des publics préoccupe presque tous les arts de la scène.L\u2019offre artistique augmente sans cesse alors que la concurrence de tous les écrans, petits et grands, se fait de plus en plus sentir.«Le renouvellement des publics passe beaucoup par l\u2019éducation», dit Pierre Vachon, directeur communications-marketing de l\u2019Opéra de Montréal (OdeM).Il rappelle que le défi des happenings.Souvent, les salles se contentent de recevoir les spectateurs en ligne et de les expulser une fois le spectacle terminé.Ce n\u2019est pas une expérience, ça.Si votre être cher vous traitait comme ça, vous abandonneriez très vite la relation.» Cibler.«B faut identifier son public et savoir rejoindre cette cible précise.Les jeunes ?C\u2019est trop large.B faut savoir lesquels.» Communiquer.«B faut commencer à parler sur les réseaux sociaux de ce qu\u2019on fait dès qu\u2019on commence à le faire.La responsabilité incombe à tous, artistes et employés, et pas seulement à l\u2019organisation.La vidéo est de plus en plus utilisée pour montrer les coulisses.Les arts vivants ont des leçons à tirer du cinéma, qui tourne des making of et les inclut dans les DVD.» Réseauter.«B faut laisser les jeunes parler aux jeunes.Bs utilisent beaucoup les textos pour partager et il faut de plus en plus les laisser diffuser pendant un événement.» Adapter.«B y a des limites à ce que les plus jeunes peuvent payer.B faut des billets à environ 20$.» sera au centre de la Conférence internationale de musique classique organisée à Montréal du 6 au 9 novembre par CINARS et l\u2019International Artist Managers\u2019Association (LAMA).«Notre noyau dur, primaire, naturel, a 55 ans et plus.Les études montrent qu\u2019au fond, le goût de l\u2019art lyrique se prépare dans les familles.C\u2019est la première donnée.Ensuite, il faut trouver toutes sortes de moyens pour convaincre les plus jeunes que l\u2019opéra c\u2019est bot, branché, passionnant.» L\u2019OdeM multiplie donc aussi les activités événementielles.La compagnie vient de lancer la série Liappening à l\u2019opéra, avec Artv, pour les 18-30 ans.Le 6 à 8 propose un cocktail avec DJ et des perfos live.Le mois dernier, des danseurs de Bollywood agrémentaient la soirée thématique liée à la production Lakmé.Près de 2300 ados de 12 à 17 ans vont assister à la générale de Falstaff dans quelques jours.«C\u2019est bien meilleur qu\u2019un show rock.Madonna ou Lady Gaga, dit M.Vachon.Bs suivent ça avec passion jusqu\u2019à une tonne d\u2019applaudissements.Finalement, on démontre qu\u2019aller à l\u2019opéra, ça peut être aussi excitant qu\u2019aller au Centre Bell.» Le virtuel réticulaire Pour les jeunes, l\u2019événementiel réel, c\u2019est bien.Mais le concert 2.0, c\u2019est mieux.L\u2019OSM a déjà sa page Face-book et le Club des jeunes ambassadeurs a la sienne propre, dédiée aux 34 ans et moins.Environ 2000 jeunes ont souligné son lancement officiel, le 22 août, pour entendre un concert spécial.Des leaders d\u2019opinion liés au Club servent à lancer les «buzz» OSM dans leurs réseaux personnels.Et pendant les concerts?«Nous ne l\u2019avons jamais encouragé, mais nous ne l\u2019interdisons pas non plus, répond M™ Ferra-gut, directrice marketing de l\u2019Orchestre.Pendant les nombreux concerts de la Virée classique, par contre, nous encourageons les interactions.Nous avons aussi été très ouverts pendant l\u2019OSM éclaté à L\u2019Arsenal, en 2011.Nous encourageons aussi le partage de photos par l\u2019entremise d\u2019Instagram pendant les concerts dans les parcs.» L\u2019OdeM songe à réserver des rangées pour les gazouil-leurs en direct pendant les représentations régulières.La compagnie va aussi utiliser sa générale de Falstaff An 7 novembre comme tremplin virtuel en invitant les jeunes blo-gueurs culturels, qui pourront «gazouiller, facebooker, instra-grammer» à qui mieux mieux, dit Pierre Vachon.«B faut engager un dialogue soutenu via Twitter, Facebook, ajoute-t-il.Nous publions tous les jours sur ces deux médias.Nous avons revampé notre site Internet il y a un an justement pour mettre en ligne du contenu, des extraits de répétitions, des vidéos de nos happenings, des entrevues avec les artistes, des liens vers l\u2019opéra dans le monde, etc.Nous sommes branchés sur l\u2019actualité lyrique.» Et ça marche?L\u2019OdeM revendique entre 1200 et 1300 abonnés de la tranche 18-30 ans, soit plus du quart du total des abonnements.«C\u2019est énorme et on voit en salle que le public rajeunit de plus en plus», dit M.Vachon.Lan dernier, pour la production Dead Man Walking, 40% des billets ont été vendus à un nouveau public.Avec Lakmé, on a haussé ce seuil à 60%.«Les réseaux sociaux nous aident aussi beaucoup à suivre finement l\u2019évolution de notre clientèle», dit le directeur.L\u2019OSM mesure également les effets positifs avec l\u2019augmentation des abonnements et de l\u2019achat de billets par les moins de 35 ans, qui composeraient maintenant un cinquième des salles régulières.«B y a un engouement pour l\u2019Adresse symphonique et les projets de M.Nagano, qui touchent énormément la communauté, conclut la directrice de la programmation.Mais les habitudes de consommation culturelle changent et il faut s\u2019adapter en offrant différents types de concerts, différents types d\u2019événements.» Textos, merlot, Nagano.Le Devoir StBVB Gagnon.U création québécoise la plus intense que - Luc Boulanger, La Presse\tpffirares et aussi troublants.ieSVlilVs^stau:\u2014tJnrruU .Marie-Claire Girard, Huffington Pos\tcteve Gagnon (.) C\u2019est un « La tiédeur,\t\"®^®3®otagerse S de «dieu» et de « reine », tout en j Sam dSrdCnB (.) untune auteur à suivre.» :\":Tess\"oSoS^^^^^^^^^ I - Philippe Couture, VOIR Québec! Conseil des Arts\tCanada Council du Canada\tfor the Arts Télé-Québec LE DEVOIR ' - MARIE CHOUINARD INNOVE ENCORE AVEC DEUX CREATIONS COMPAGNIE MARIE CHOUINARD HENRI MICHAUX: MOUVEMENTS Ea CYMNOPÉDIE5 Marie Chouinard 31 OCT.»l»2NOV.THÉÂTRE MAISONNEUVE iE SAISON 2013 2014 i ?NOUVEAU I Tarir jeunesse 30 ans et - DANSEDAN5E.CA laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 4559 PAPINEAU, MONTREAL / THEATRELALICORNE.COM / 514 523.2246 E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 2013 CULTURE>DANSE De signes, de gestes et de musique Marie Chouinard donne vie aux traits d\u2019encre d\u2019Henri Michaux et aux Gymnopédies d\u2019Érik Satie FRÉDÉRIQUE DOYON Il y a une part de mystère dans le geste créateur, devant laquelle Marie Chouinard s\u2019incline volontiers.Quand on lui demande pourquoi elle a ressorti de sa bibliothèque, pour en faire une œuvre chorégraphique en 2011, le livre Mouvements du poète et peintre français Henri Michaux, découvert il y a 20 ans, elle reste muette.«C\u2019est mystérieux», dira-t-elle simplement.Puis, au fil de rentretien, on se rend compte qu\u2019elle est plongée dans une réflexion sur la transmission vivante et dynamique de ses œuvres, qui trouvent de plus en plus preneurs.Son Sacre du printemps a été dansé par le prestigieux Ballet Gulbenkian du Portugal.Les Ballets de Monte-Carlo et le GôteborgsOperan de Suède ont repris l\u2019acte 1 de bODY_rEMIx/gOLDBERG_vA-RIATIONS.Entre autres.Cette réflexion l\u2019amène inévitablement à se pencher sur la notation chorégraphique.«Je m\u2019y suis beaucoup intéressée ces dernières années, même si je ne fais pas de notation par dessins, confie la grande dame de la danse québécoise.Ça devient essentiel quand on a de plus en plus d\u2019œuvres reprises ailleurs.» Henri Michaux: Mouvements, qu\u2019elle dévoile au public québécois cette semaine, n\u2019est pas né de cet intérêt, insiste-t-elle.Mais, rétrospectivement, la chorégraphe admet que le choix de ressortir le livre à ce point-ci de son parcours pour le mettre en corps et en scène porte peut-être le sceau inconscient de cette préoccupation grandissante.Dans cette pièce de groupe, telle une catharsis, les traits d\u2019encre dansants d\u2019Henri Michaux prennent chair sur scène.Preuve vivante que la mémoire du geste n\u2019a pas besoin de passer par des signes figés, si codés qu\u2019ils ne font sens que pour les experts.Les langages imaginés par Rudolf Laban et Irmgard Bar-tenieff au cours du siècle dernier, «c\u2019est illisible, s\u2019exclame Henri Michaux et les écritures Outre les textes purement poétiques, Henri Michaux a écrit des carnets de voyages, réels et imaginaires \u2014 il y raconte même ces incursions dans l\u2019univers des drogues \u2014, des recueils d\u2019aphorismes et de réflexion.Dès 1925, il s\u2019intéresse à la peinture et aux arts graphiques en général, qu\u2019il conjuguera à l\u2019écriture tout au long de sa vie.Il œuvre en quelque sorte pour combler le fossé qui existe entre toutes ces formes d\u2019écriture.Aquarelle, dessin au crayon, gouache, gravure, encre, tout y passe, y compris la calligraphie déployée dans Mouvements, publié en 1952.MARIE HELENE TREMBLAY LE DEVOIR En 35 ans de carrière, c\u2019est la quatrième fois que Marie Chouinard crée une pièce aussi étroitement liée à la musique.en riant Marie Chouinard.Ce sont des petits carrés, des points, des lignes.Il faut un cours de trois ans pour comprendre ces petits gribouillages qui n\u2019ont rien à voir avec le corps humain ! Tandis que, dans les dessins d\u2019Henri Michaux, je vois une tête, des bras.» La chorégraphe a accepté qu\u2019une de ses pièces.L\u2019après-midi d\u2019un faune \u2014 également créée à partir de traces visuelles, celles de Nijinski interprétant le faune \u2014, soit transcrite en notation Laban.Pour les autres, elle mijote son propre concept de notation.TANGENTE Laboratoire de mouvements contemporains LA CHUTE + IN MIXED COMPANY EMILY GURLTIERI &DPVIDPLBERT-TOTH/ PARTS MflBOUR_DflriSE DU 51 OCTOBRE RU 5 HOVEMBRE STUDIO HYDRO-QUÉBEC DU MOMUMEMT-riPTIOMPL qu\u2019elle nous dévoilera sous peu et qui repose entre autres sur l\u2019utilisation de la vidéo, comme le font la plupart des chorégraphes contemporains.«On filme le danseur qui parle du mouvement, comment il passe dans le corps, explique-t-elle à propos de l\u2019exercice de documentation, terme qu\u2019elle refuse puisque ses œuvres sont toujours vivantes sur les scènes du monde.Comme en musique, la partition ne suffit pas à interpréter une œuvre; il y a tout le travail de l\u2019oralité qui s\u2019ajoute.» Et depuis la pièce Chorale et le film Cantique nM, on sait l\u2019im- La notation Laban portance qu\u2019accorde la chorégraphe à la voix et au souffle.Sur scène, le livre du poète français se déploie intégralement dans la chorégraphie, «de la page couverture aux planches à dessins en passant par le poème au centre et jusqu\u2019à la postface en dernière page, décrit la chorégraphe.C\u2019est en faisant cette lecture que je suis arrivée à une œuvre.» Les danseurs incarnent littéralement les dessins projetés sur grand écran.Marie Chouinard avait déjà créé, en 2005, un solo pour l\u2019interprète Carol Prieur directement inspiré des planches à des- Plus complexe que son pendant musical à cause de la dimension spatio-temporelle de la danse, la notation chorégraphique remonte au Moyen Age.Le système le plus universel et le plus reconnu est celui conçu en 1926 par le théoricien hongrois Rudolf Laban.Ce dernier a construit son système autour des quatre éléments constitutifs du mouvement: espace, temps, poids et force.Mais chaque compagnie de danse développe ses propres procédés d\u2019écriture, et la vidéo reste le support le plus communément répandu pour enregistrer et réinterpréter une chorégraphie.sins de Mouvements.H sera aussi présenté en guise de prélude.De Stravinski à Satie En 35 ans de carrière, c\u2019est la quatrième fois que Marie Chouinard crée une pièce aussi étroitement liée à la musique.Il y a eu le Sacre du printemps, indissociable de la partition magistrale de Stravinski.Idem pour 24 préludes de Chopin.Si Marie Chouinard interprétait sa version originale de L\u2019après-midi d\u2019un faune sur des sons qu\u2019elle déclenchait elle-même, la rencontre du solo avec la musique de Debussy s\u2019est faite naturellement par la suite.«Dans ces cas, la musique s\u2019impose à moi, ôni-oVio.Jusqu\u2019à maintenant, ce sont des musiques très, très connues, comme si quelque chose dans mon système l\u2019avait absorbé profondément et que ça ressurgissait.en s\u2019associant aux neurones de la création», dit-elle en riant.Gymnopédies reprend à l\u2019enfilade les trois mouvements de l\u2019œuvre du même pom du compositeur français Erik Satie, alors que se succè- MARIE CHOUINARD dent les duos sur scène.«C\u2019est une musique qui laisse place au temps, à l\u2019intimité, à l\u2019espace», confie la chorégraphe.Une intimité qui a tout de suite appelé la forme du duo amoureux, érotique.Pour ne pas briser cette intimité, les danseurs interprètent aussi la musique au piano.«Aucun n\u2019avait joué du piano, même enfant.J\u2019ai embauché un prof C\u2019a été plus difficile qu\u2019on ne l\u2019avait imaginé, mais ça donne une qualité particulière» à la pièce.Pour une soirée de signes, de gestes et de musique, doublement inspirée par des artistes français.Le Devoir HENRI MICHAUX: MOUVEMEIVTS + GYMNOPEDIES Marie Chouinard.Le 31 octobre et les H et 2 novembre au théâtre Maisonneuve.DVoir > Un extrait de Henri Michaux: Mouvements.ledevoir.com/culture/danse ¦î'A ^ Sofia Asencio Societal Doctor Alonso - Catalogne INTRODUCTION À L\u2019INTRODUCTION 6, 7, 8 novembre 20 h Ë ', '9 NGS (\"NATIVE GIRL SYNDROME\") LRRP KRPMER DU 7 RU 10 NOVEMBRE STUDID HYDRD-QUÉBEC DU MOliUMEliT-liPTIOnPL tangente.ÛC Cd\t^monumentnational ^ *\t514-871-2224 Sylvaka Poirier Sônya^^tefàn \\ bande iiAer^ SALON-DOUBLE 30, 31 Qictobÿeet 1®* novembre*20 h CHORÉGRAPHES Sylvain Poirier, Sonya Stefan PSTERPRÈTES Pàtricia Iraola, Gabriel Painchaud, Isabelle Poirier fTÿ^^yivain Poirier, Aléssandra Rigano, Sonya Stefan, Peter Trosztmer SONYA STEFAN ET SYLVAIN POIRIER PHOTO BANDE INTERDITE CHOREGRAPHE ET INTERPRETE Sofia Asencio MISE EN SCÈNE Tomàs Aragay SCÉNOGRAPHIE ET ÉCLAIRAGES CUBE.bz En collaboration avec l\u2019Agora de la danse, le BUNKER (Liubliana) et le Teatro Pradillo (Madrid).Avec le soutien de la Generalitat de Catalunya, du Ministère de la Culture de l\u2019Espagne, de riNAEM et de l\u2019Institut Ramon Llull.SOFIA ASENCIO PHOTO JORDI BOVER BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL AGORA DE LA DANSE WWW.AGORADANSE.COM LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 20IS E 7 CULTURE»MÜSI0,IIE CLASSIQUE Les perles rares des ambassadeurs du chant québécois CHRISTOPHE HUSS Samedi dernier, nous examinions les nouveaux enregistrements des mélodies de Poulenc, où les prestations des Québécois Pascale Beaudin, Hélène Guilmette, Julie Boulianne et Marc Boucher surpassaient aisément celles de chanteurs bien plus connus.Cette excellence québécoise est plus largement reconnue que nous ne l\u2019imaginons ici.Parmi les originalités de l\u2019identité québécoise, il y a assurément cette étrange propension à «stari-ser» des chanteurs sans réelle carrière internationale, tout en méconnaissant la stature de nos vraies vedettes de l\u2019art lyrique.Certes, la notoriété de Marie-Nicole Lemieux, qui chantait au château de Versailles il y a deux semaines, ou de Karina Gauvin, qui incarne Armide de Gluck à Amsterdam, commence à se diffuser un peu au-delà du strict cercle des mélomanes.Mais qui a vraiment conscience que Jean-François Lapointe, baryton du Sague-nay-Lac Saint-Jean, vedette incontestée de l\u2019opéra français, vient de chanter Asas Alceste de Glu,ck à l\u2019Opéra de Paris; qu\u2019Etienne Dupuis foulait cette semaine la scène du Deutsche Oper de Berlin dans le rôle de Germont de La Traviata ; que Michelle Losier était, il y a deux jours encore, le Sesto de La clémence de Titus de Mozart au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, rôle qu\u2019elle reprendra à l\u2019Opéra de Vienne en mai 2014?De son côté, le ténor Frédéric Antoun est impatient de faire ses débuts au Royal Opera House de Covent Garden, maison londonienne mythique, où la mezzo Julie Boulianne, distribuée dans cinq productions au Metropolitan Opera en deux ans, fera aussi ses débuts cette saison.Cela paraît mirifique?Sachez qu\u2019on en oublie, du Pelléas de Phillips Addis (Ontarien, mais ex-membre éminent de l\u2019Atelier de l\u2019Opéra de Montréal) aux Proms de Londrps, à la présence de Marie-Eve Munger dans YElektra de Patrice Ché-reau à Aix, en passant par les carrières de Marianne Fiset, Antonio Figueroa, Aline Kutan et quelques autres.Ces prestations sur les scènes internationales ont parfois des échos sous forme de parutions discographiques.Les plus récentes ont la particularité de nous faire découvrir des oeuvres pour le moins inattendues.Parmi les originalités de l\u2019identité québécoise, il y a cette étrange propension à «stariser» des chanteurs sans réelle carrière internationale Jean-François Lapointe dans Le mage Dans une collection « Opéra français» du centre de promotion de la musique romantique française, le Palazzetto Bru Zane de Venise, voici Jean-François Lapointe, étincelant dans un opéra de Massenet jamais repris entre sa création en 1891 et sa résurrection çn novembre 2012 à Saint-Etienne.Le mage est un très remarquable opéra.S\u2019il n\u2019a pas fait carrière, c\u2019est probablement parce que, après Manon, Massenet osa renouer avec le genre du grand opéra, ce que le public n\u2019attendait pas de lui.Le mage est doublement passionnant, puisque l\u2019histoire s\u2019inspire de la légende de Zoroas-tre et que l\u2019intrigue fait penser à Aïda\\ Varedha, fille du grand prêtre Amrou (Jean-François La-pointe), est amoureuse du chef des armées Zarâstra, mais ce dernier en pince pour Anahita, reine, captive, du peuple qu\u2019il vient de vaincre ! Ce Mage spectaculaire est très bien distribué, avec, aux côtés de Lapointe, parfait d\u2019aura et de classe, la mezzo Kate Aldrich.la soprano Catherine Hu-nold et le ténor Luca Lumbardo.Direction ardente de Laurent Campellone d\u2019un opéra qui vaut très largement Lakmé et Ixs pêcheurs de perles.L\u2019objet, un livre-disque (Bru Zane Singulares ES 1013 - ISBN 978-84-939-6866-3), est d\u2019une qualité de présentation rare.Par contre, il faudra probablement le quérir sur des sites de vente en Europe (voir bru-zane.com).Frédéric Antoun dans Thésée Projet aussi original que Le mage, aussi bien réalisé et édité, Thésée est une tragédie lyrique en quatre actes de François-Joseph Gossec, créée à Versailles en 1782.Enregistré par l\u2019ensemble Les Agré-mens dirigé par Guy Van Waas pour l\u2019étiquette Ricercar, Thésée affiche dans le rôle-titre notre ténor Frédéric Antoun.Ouvrage lyrique tout aussi passionnant que Le mage, mais dans le registre baroque évidemment, Thésée de Gossec a également été ressuscité en 2012, cette fois à Liège et à Versailles.Comme il nous y a habitués, Gossec est un musicien brillant et efficace, dont la musique est très française par l\u2019emploi habile et généreux des vents.Face à l\u2019Eglé charmante de Virginie Pochon, Frédéric Antoun campe son personnage avec aisance et CYRILLE CAUVET Le baryton Jean-François Lapointe, ici en compagnie de ia mezzo Kate Aldrich dans Le Mage, est une vedette incontestée de i\u2019opéra français.son fameux timbre solaire.Le Palazzetto Bru Zane est aussi impliqué dans cette résurrection, mais le disque (2 CD RIC 337) sera plus facile à trouver ici, grâce au distributeur SRI.r Etienne Dupuis dans Usher House Dans la veine du «nouvel opéra américain pour tous», genre post-Menotti dont Jake Heggie est le modèle, le milliardaire compositeur Gordon Getty nous a déjà livré plusieurs ouvrages.Ce Usher House, opéra en un acte de 67 minutes d\u2019après La chute de la maison Usher d\u2019Edgar Allan Poe, est plutôt réussi, non essentiel, ipais agréable à écouter.Etienne Dupuis est un impeccable Roderick Usher dans ce premier enregistrement mondial, au sein d\u2019une distribution parfaite (le ténor Christian Elsner en Poe, la basse Phillip Eus en Doctor Primus et la soprano lisa Delan en Madeline Usher).Lawrence Foster dirige l\u2019orchestre Gulbenkian (Pentatone PTC 5186 451, distr.Naxos).Dominique Labelle dans Le roi et le fermier Dominique Labelle: soprano née à Montréal.Voilà une chanteuse d\u2019ici totalement hors de nos radars, malgré vingt ans de carrière, et qui chante pourtant la Comtesse des Noces de Figaro de Mozart sous la direc- tion d\u2019Ivan Fischer! L\u2019excellente Dominique Labelle est la vedette féminine d\u2019un opéra-comique en trois actes de Pierre-Alexandre Monsigny (1729-1817).Elle y succède à.Marie-Antoinette, qui voulut tenir le rôle de Jenny lors d\u2019une reprise à Versailles de ce Roi et le fermier (1762).Petite oeuvre bien troussée (nettement moins éminente que Thésée de Gossec), cette partition est défendue par l\u2019Opera Lafayette et son chef Ray Brown, qui sont allés jusqu\u2019à ressusciter l\u2019œuvre à Versailles.(Naxos 8.660322) Andréanne Faquin chez Antonio Farina Signalons enfin l\u2019apparition pleine de fraîcheur de la soprano Andréanne Paquin, récente récipiendaire de la bourse Guy Soucie, dans le disque Serenate na-politane d\u2019Antonio Farina (Pan Classics PC10287, distr.SRI), disque baroque d\u2019agrément pur, enregistré par l\u2019Ensemble Odyssée dirigé par Andrea Friggi.Faquin intervient, avec une voix idéale pour ce répertoire, dans deux sérénades napolitaines: Di Pausillipo in su l\u2019herbosa sponda et Sovra carro stellato.Le Devoir IT Voir > Des extraits vidéo \" de cinq grandes voix québécoises.ledevoir.com/ culture/musique CONCERT GALA Les Jeunes Ambassadeurs Lyriques Un après-midi inoubliable à passer avec 28 solistes d\u2019opéra de H pays et le Choeur classique de Montréal de 90 membres interpréteront les plus belles pages du repertoire d\u2019opéra.Dimanche 10 novembre 14h30 Salle Bourgie du Musée des Beaux-arts de Montréal Billets au tarif régulier : 35$ Tarifs réduits pour les étudiants et aux membres du MBAM (concerts et réception : 100 $) Renseignements et réservations : (514) 684-7287 THÉÂTREL20 @ CMAI L.COM Billeterie: 514-285-2000#429 en ligne : ebillet.mbam.qc.ca www.sallebourgie.ca 2013/2014 DE Buenos Aires LE TANGO PUR, SENSUEL ET ENVIVRANT m Acclame par la critique mondiale pour sa technique vertigineuse et son originalité ! shouuone )a[[e.ourae La Fondation Arte Musica présente VENDREDI 8 NOVEMBRE\\18h30 Tableaux en musique VENISE, MIROIR DU MONDE XVIII-21 Le Baroque Nomade (France) Jean-Christophe Frisch, chef etfiûte baroque Venise au XVii® siècle Portraits de femmes méditerranéennes Musique traditionnelle turque, improvisations et œuvres des compositeurs italiens CASTELLO, CIMAet ROSSI Dans le cadre de l\u2019exposition Splendore a Venezia MARDI 19 NOVEMBRE\\19h30 XAVIER DE MAISTRE HARPE Un récital unique! La harpe comme vous ne l\u2019avez jamais entendue.BRAHMS, DE FALLA, MOZART, PESCETTI, SMETANA En lien avec le Concours OSM Standard Life 6 ET 7 NOVEMBRE Théâtre Maisonneuve laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 Billets : 18,75$ à 35$ttc sallebourgie.caX 514-285-2000, option 4 MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présenté par E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 2013 CULTURE>MUSIQ,ÜE DU MONDE 14E FESTIVAL DU MONDE ARABE Constantinople au pourtour de la grande bleue YVES BERNARD Avant de se lancer sur les routes de la soie et de s\u2019imprégner des polyphonies corses plus tard en saison, Constantinople propose la quatrième édition de Carrefour de la Méditerranée, une série qui permet d\u2019inviter des artistes de grand calibre.Cette fois-ci, les Montréalais Kiya Tabassian et Didem Ba-sar reçoivent l\u2019oudiste Charbel Rouhana, la joueuse de ke-mamcheh Neva Ôzgen et le percussionniste Pezhham Akhavass pour une rencontre de création jeudi soir prochain à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts.Le directeur artistique Kiya Tabassian parle du concept: «Avec cette soirée, on souligne rapport des différentes traditions musicales, du Maghreb au Machrek, de Vest à Vouest de la Méditerranée.On revisite tous ces répertoires sans collage, et le fil rouge de ce concert est principalement la nouvelle création, à travers les compositions originales des artistes participants.Ce qu\u2019on veut faire, c\u2019est une recherche d\u2019identités multiples.Les cinq musiciens ont des racines dans certaines traditions, mais ils sont tous passés par différentes écoles.» A commencer par Charbel Rouhana.Oudiste, chanteur et compositeur parmi les plus réputés au Liban, il est issu de la musique orientale aussi bien classique que profane.«Dans ma façon d\u2019approcher l\u2019arrangement musical, j\u2019aborde plusieurs influences de la planète, mais je ne perds jamais de vue l\u2019empreinte orientale», nous disait-il en entrevue en 2008.Kiya Tabassian en rajoute : «C\u2019est un grand virtuose de i ¦ SOURCE FESTIVAL DU MONDE ARABE Les cinq invités de grand calibre de l\u2019ensemble Constantinople: 1.les Montréalais Kiya Tabassian et Didem Basar; 2.Charbel Rouhana, oudiste, chanteur et compositeur parmi les plus réputés au Liban; 3.le multi-percussionniste californien d\u2019origine persane Pezhham Akhavass; 4.le directeur artistique Kiya Tabassian.l\u2019oud.Il est ouvert au jazz, aux musiques du monde et à la musique classique contemporaine.Il connaît les écoles irakienne, égyptienne et maghrébine et les a toutes digérées.Quand il crée, on peut entendre tout ça, mais il s\u2019agit d\u2019une seule musique.C\u2019est un peu ça qu\u2019on veut recréer.» Et pour cela, les artistes sont bien choisis.La kanou-niste montréalaise Didem Basar, qui fait partie du Duo Turco, maîtrise les lignes de force de la culture turque du XVIIL siècle à nos jours, étant à l\u2019aise avec les genres tant sa- vant que traditionnel, populaire et mystique, ottoman ou contemporain.«On la connaît comme une grande interprète, mais je suis très content de mettre également en avant ses talents de compositrice.Elle a écrit quelques œuvres pour la soirée», dit Kiya Tabassian.De son côté, Neva Ôzgen vient également de la Turquie.Spécialiste du kemamcheh, une vièle à pique considérée comme l\u2019ancêtre du violon, elle est la fille d\u2019Ihsan Ôzgen, celui qui, selon Kiya, «a un peu redonné une nouvelle vie à l\u2019instrument».Bien que la pas- Æ\t-.M\tr- LA SOCIÉTÉ DE GUITARE DE MONTRÉAL ET LES GRANDS ÉVÉNEMENTS DE GUITARE PRÉSENTENT quintette avec le quatuor LA MUSE fondé par JrlÜiKKl VlXJUKARI COUSINEAU JEUX DE CARTES Boccherini, Giuliani, Piazzolla, Tedesco Samedi 2 novembre, 20h \u2022 Salle Bourgie du MBAM Billets : www.geguitare.com \u2022 (514) 285-2000 sion première de Neva Ôzgen demeure la musique classique turque, elle a aussi hérité de l\u2019esprit d\u2019aventure de son père et peut aller au-delà de sa culture première.Reste le multi-percussionniste californien d\u2019origine persane Pezhham Akhavass, qui remplace le gambiste Fahmi Elqhai, annoncé au programme du FMA.Maître du tombak, Akhavass a étudié des instruments indiens comme le tabla, le kanjira et le gatam.Comme les autres artistes de la soirée, il pourra s\u2019exprimer dans différentes formules, en solo ou avec l\u2019ensemble.Le répertoire sera mixte, d\u2019inspiration savante ou plus folklorique, principalement instrumental, mais parfois chanté par Charbel Rouhana ou Kiya Tabassian.Une façon d\u2019aborder également la poésie.Collaborateur Le Devoir A la salle Bourgie du Musée des beaux-arts, jeudi 31 octobre à 20 h.Renseignements : www.festivalarabe.corn EX MACHINA ET ROBERT LEPAGE I ¦ J' V MISE EN SCENE D'UNE INCROYABLE PRÉCISION - Frankfurter Allsemeine, Allemasne à propos de COEUR UNE OEUVRE ÉBLOUISSANTE - EL PAIS, Espagne à propos de PIQUE UNIBKPUe Québec S g\tMontréal @ CanadS ''T.!r.r.sr\u201d'ïfe H'* DU 18 27 OCTOBRE 2013 Estival interculturel du conte du Québec LE MARATHON DU CONTE Spectacle de clôture de la 12® édition Dimanche 27 octobre, de 12 h à 22 h, entrée libre Animé par Stéphanie Bénéteau et Nadine Walsh Une quarantaine de conteurs d'id et d'ailleurs se relaieront à pas contés pour construire conte par conte ce monde unique et merveilleux où la diversité de chacun.fait la richesse de tous.i2h Créations québécoises 1 Mathieu Lippé, Nadine Walsh, Jean-Marc Massie i3h Créations québécoises 2 Michel Faubert, Stéphanie Bénéteau, François Lavallée i4h Nouveaux visages du conte Richard Gamache, Geneviève Falaise, Isabelle Larouche, Carine Kasparian i5h Originaux et détraqués Patrick Courtois, Françoise Crête, André Lemelin, Dominique Breau i6h Misère et fortune Denis Gadoury, Benoît Davidson, Bernard Grondin, Robert Payant i7h Vraies menteries et fausses vérités Marie-Pier Fournier, André Vigneau, Danielle Brabant, Sylvi Belleau i8h Fées, sorcières et génies Amélence Darbois, Halima Hamdane, Francis Desilets, Eric Michaud i9h Contes du monde David Mérour, Michal Malinowski, Armelle et Peppo Audigane, Patrik Ewen 20h 21 h Contes et musique d'Afrique Frank Sylvestre, Hamed Hafiz, Gisèle Ndong Biyogo, Mariam Koné Contes coquins Isabelle Crépeau, Caro Lego, Céline Jantet, Christine Pageault Maison de la culture Frontenac 2550, rue Ontario Est ( ^ Frontenac) www.festival-conte.qc.ca Québecl 1^1 Canadian Heritage Montréal LE DEVOIR ^ de I Occupât01 du terntoi e \u2022 M mstere de la Culture et des Communications LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 2013 E 9 CULTURE.MUSIQUE AKOUSMA Dans la météorologie sonore de François Bayle FABIEN DEGLISE Le déterminisme, c\u2019est aussi ça: né à Madagascar, l\u2019électroa-cousticien français François Bayle, de passage cette semaine à Montréal pour le 10'\" festival des musiques numériques immer-sives, Akousma, a passé son enfance sur cette île de l\u2019océan Indien, dans un environnement hostile où de la sensibilité aux sons autour de lui a dépendu pendant longtemps sa survie.«Le son est porteur de signification, lance-t-il.Dans un monde sauvage, cette signification est cruciale.Il faut la rechercher dans les moindres recoins, dans toutes les intensités, y compris les moins perceptibles, comme dans le mouvement d\u2019un serpent, la vibration d\u2019un insecte.C\u2019est une question de survie.» Ceci explique un peu cela, mais également l\u2019obsession de ce créateur d\u2019envergure pour le détail, la complexité des assemblages sonores qui, au final, font toujours plus ou moins apparaître un peu la densité d\u2019une forêt tropicale, la dureté de la nature, la complexité de l\u2019adaptation aux éléments, mais également la poésie qui peut finir par se dégager de tout ça.«Ce sont des choses qui habitent ma pensée, tout cela nourrit les orages électriques qui forment cette pensée, pensée que fessaye de mettre en phrase dans ma musique», ajoute l\u2019artiste hors norme qui célèbre en 2013 le demi-siècle d\u2019une carrière sonore, prospective, exploratoire et expérimentale particulièrement prolifique dans l\u2019univers de l\u2019acousmatique.Si loin, si proche Ce champ de l\u2019expression artistique, avec ses modulations de fréquences électriques, ses sons de synthèse qui cherchent organiquement.PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019électroacoustique s\u2019adresse à l\u2019oreille naturelle en passant par des moyens techniques qui ne le sont pas.La finesse du matériau qui en découle prouve que l\u2019homme est capable de faire des choses extraordinairement inhumaines, croit François Bayle.dans un chaos apparent, à atteindre des points mélodiques, est à des années-lumière des tonalités musicales qui alimentent, avec leur paradoxale vacuité, les palmarès populaires.Mais il n\u2019en est pas totalement déconnecté.L\u2019écoute de 50 ans d\u2019acous-matique, un coffret qui réunit en 15 albums et près d\u2019une centaine de compositions cinq décennies de création de Bayle, ce pilier du Groupe de recherches musicales (GRM) de Pierre Schaeffer et élève de Karlheinz Stockhausen, en laisse entendre plusieurs preuves.Par fragments.Et ce, en laissant échapper ici une boucle sonore datant des années 60, un rythme des années 70, l\u2019étrangeté d\u2019une modulation datée de 1980, dont on trouve aujourd\u2019hui plusieurs résonances dans des pièces musicales pop-électro contemporaines et grand public.Assis dans le petit salon feutré d\u2019une auberge montréalaise, lui-même bercé par les sons de ville assourdis par une large baie vitrée, le compositeur ne s\u2019en étonne pas, même si, dit-il, tous ces «succédanés» présents dans le corpus pop adulte-contemporain de ses explorations sonores passées ne l\u2019intéressent pas vraiment.«Il faut des premiers, des explorateurs, qui finissent par baliser et aménager un territoire, lance-t-il.L\u2019électroacoustique s\u2019adresse à l\u2019oreille naturelle en passant par des moyens techniques qui ne le sont pas.La fi- nesse du matériau qui en découle touche davantage notre pensée et prouve en même temps que l\u2019homme est capable de faire des choses extraordinairement inhumaines.L\u2019électroacoustique a contribué à un énorme bouleversement.Qu\u2019une partie de ces bouleversements soient absorbés par d\u2019autres, médiatisés plus simplement et Le son est porteur de signification.Dans un monde sauvage, cette signification est cruciale.)) François Bayle, électroacousticien français fassent boule de neige est une suite normale des choses.» Et il ajoute: «Nos avancées sont discrètes.Leur média à eux est plus puissant.Il pollue plus que nous.» Et du coup, on y fqit plus attention.Ecouter Bayle aujourd\u2019hui permettrait donc de soupçonner un peu les lignes sonores des Bieber, Madonna, Timber-lake, Lady Gaga et Marie-Mai de demain, mais également de se frotter à un compositeur qui, dans son hermétisme créatif, n\u2019arrive pas vraiment à envisager cette contribution.«Les sonorités que l\u2019on fait émerger créent un domaine public, c\u2019est une évidence.Mais on n\u2019a pas conscience de ce que l\u2019on fait, ni de ce que cela va devenir.» Et ce n\u2019est peut-être pas plus mal ainsi.Le Devoir D Écouter aussi > Une rencontre sonore en mots et en sons avec François Bayle, ledevoir.com/ culture/musique Bruissement de violon et hommage à Stockhausen Il se défend, modestement, d\u2019en être le géniteur, mais tout le monde autour de lui ne cesse de le répéter : le principe de l\u2019Acous-monium, cet orchestre de haut-parleurs visant à rendre justice, sur scène, aux compositions électroacoustiques, c\u2019est François Bayle qui est derrière.« Cette recherche de l\u2019immersion dans le son, d\u2019autres Vont menée avant moi, tient-il à préciser./g n\u2019ai rien fait de plus que de poursuivre ce qui avait été fait, en mettant beaucoup de haut-parleurs dans un grand espace pour obtenir, dans un contexte d\u2019écoute en groupe, dans une salle.cette immersion que nous avions en studio.» L\u2019idée s\u2019est cristallisée quelque part en 1974.Elle va s\u2019incarner à nouveau samedi soir sur la scène de l\u2019Usine C à Montréal, où le compositeur se prépare à présenter deux de ses créations: ùs couleurs de la nuit, imaginée dans l\u2019urgence en 1982 et dont il va offrir une version inédite retravaillée l\u2019an dernier.Présentée comme un «bruissement violonistique», l\u2019œuvre va côtoyer Univers nerveux, composition qui rend hommage à Karlheinz Stockhausen, compositeur allemand qui a guidé Bayle dans ses premières explorations sonores.^ ft\t^ r LESK^ '\t- VIOlIONS ' DU ROY \u2014abao,eI\u201c14 LACHAPELLE DE QUÉBEC BERNARD LABADIE SAISON 2013.2014 Daniel Myssyk dirige Jupiter la 29 octobre 2013,20 h - Salle Pierre-Mercure O/ppOSŸUytKÉd Appassionata.ca 514 388.5876 Drame et victoire Avec la mezzo-soprano Geneviève Després Deux œuvres de Haydn encore jamais interprétées par [\u2019orchestre et le chœur avec quatre magnifiques solistes.PALAIS mOntcalm de./a 418 641 -6040 /1 877 641 -6040 LA CHAPELLE DE QUÉBEC CHANTE HAYDN Jeudi 14 novembre à 14h et vendredi 15 novembre à 20 h Palais Montcalm Samedi 16 novembre à 19h30 Maison symphonique de Montréal Bernard Labadie, chef / Hélène Guilmette, soprano Julie Boulianne, mezzo-soprano / Frédéric Antoun, ténor Tyler Duncan, baryton / avec La Chapelle de Québec \u2022Te Deum, Hob.XXIIIc: 2 \u2022Symphonie n°85 en si bémol majeur«La Reine» \u2022 Messe en si bémol majeur, Hob.XXII : 12 Theresienmesse ABONNEZ-VOUS! 20% DE REDUCTION laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 PARTENAIRE DE SAISON A QUEBEC a\" Hydro Québec PARTENAIRE DE SAISON A MONTREAL La Capitale Groupe financier LE DEVOIR VIOLONSDUROY.COM Cultiver l'éducation au Québec ans après le Rapport Parent Concert-benefice Carte blanche à Yannick Nézet-Séguin Le lundi 11 novembre 2013, 19 h Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau 20 $ étudiants 60 $ grand public 150 $ V.I.R (avec cocktail et reçu pour déclaration fiscale) Renseignements et billets : www.rapport-parent.uqam.ca Photo : Rémy Boily © Gouvernement du Québec (Les Prix du Québec).UQÀM E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 2013 SDE VISD Architecturer le regard d\u2019ombre et de lumière Alloucherie et Pocreau explorent les mutations urbanistiques à la Fonderie Darling PROJECTIONS Yafin Pocreau DEDALE Jocelyne Alloucherie Fonderie Darling 745, rue Ottawa, Montréal Jusqu\u2019au 8 décembre MARIE-ÈVE CHARRON Il est question d\u2019architecture et de lumière dans les expositions en solo de Jocelyne Alloucherie et de Yann Pocreau, deux artistes de générations différentes, à la Fonderie Darling.Les deux corpus d\u2019œuvres se répondent à un point tel que leur programmation concomitante semble avoir été préméditée, ce qui n\u2019est pas le cas.Cette coïncidence force le ravissement aussi parce que les deux pratiques se servent avec à propos de l\u2019architecture industrielle de la Fonderie Darling et, plus encore, rappellent un aspect de sa mission : s\u2019inscrire dans son quartier, le Faubourg des Récollets.Ni Alloucherie ni Pocreau ne font référence au quartier, mais les deux artistes explorent en un sens les mutations urbanistiques.Voyant plus que jamais son visage industriel se transformer, le Faubourg des Récollets \u2014 plus souvent appelé Griffintown \u2014 est emblématique de ces mouvements de la ville qui se revitalise, au gré des économies changeantes.Les compagnies de technologies numériques d\u2019abord, puis les forêts de condos marquent désormais le passage de ce quartier à l\u2019ère postindustrielle.Le travail d\u2019Alloucherie cul- GUY L HEUREUX Dans la grande salle, Jocelyne Alloucherie présente une adaptation de l\u2019œuvre Occident, de passage au Grand Palais à Paris en 2008.tive un ancrage avec le passé industriel.Dans la grande salle, elle présente une adaptation in situ de l\u2019œuvre Occident qui a été montrée en 2008 au Grand Palais à Paris.Ce sont des photos-sculptures, catégorie hybride que l\u2019artiste a développée dans les années 1980, qui font dialoguer des images à contre-jour d\u2019édifices et des modules verticaux, blancs, qui font office de cadre.Ces éléments architecto- niques instaurent une distance physique avec les images tout en les cadrant, c\u2019est-à-dire en dirigeant le regard sur elles.Cette dynamique se met en place au fil de l\u2019expérience, qui prend la forme d\u2019une déambulation devant le dispositif organisé le long d\u2019un seul mur.Les silhouettes noires effilées, pour beaucoup captées à New York, rappellent de façon générique le bâti industriel, ainsi présenté comme un sou- venir lointain.La rigidité verticale de l\u2019architecture se profile d\u2019ailleurs sur de grandes feuilles de papier, relativement fragiles, tandis que les sculptures, concrètes et présentes, se font, elles, repoussoir.Sur les plans perceptuel et métaphorique, une part du réel se dérobe et se drape de mystère.Cette rhétorique fonctionne grâce à une fine compréhension de l\u2019espace et de sa hauteur par l\u2019artiste.Les photos- sculptures, par leur forme et leur sujet, y font écho.Le reste de cette exposition, dont Sylvain Campeau est le commissaire, nous éloigne un peu de ce registre développé depuis des années par l\u2019^tiste, lauréate des prix Paul-Emile-Borduas (2002) etJean-Paul-Riopelle (2007).Alloucherie présente une œuvre inédite où elle intègre pour la première fois la vidéo.Il s\u2019agit de trois projections simultanées sur Projections d\u2019Alloucherie de vues de ruelles montréalaises.% M Diane T.Tremblay Déplacements papier encre installation 8 octobre au 3 novembre 2013 Aux derniers humains, 6950, rue St-Denis, Montreal, 514-272-8521 Metro Jean-Talon lOhSO a 23h en semaine (ferme le lundi) 9h30 a 23h les fins de semaine 22 octobre au 3 novembre 2013 Espace 514, Edifice Belgo, Galeries d\u2019art contemporain 372, Ste-Catherine ouest, Montreal, Metro Place-des-Arts 11h a 18h du mardi au dimanche Rencontre avec l\u2019artiste a l\u2019Espace 514 les samedis 26 octobre et 2 novembre de I5h a I7h dianettremblay corn / Info 514-774-7017 L\u2019exposition de Yann Pocreau se développe autour de l\u2019image d\u2019églises gothiques.Samedi 16 novembre à Québec LA COLLECTION WILLIAM S.PALEY Quelques places disponibles En préparation pour mars 2014 NEW YORK - PHILADELPHIE le Metropolitan Opera, le Carnegie Hall la Fondation Barnes.Le %eaux [détours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d un permis du Quebec niTAk GALERIE MICHEL GUIMSMT ^ ils:- 1 W PIERRE GAUVREAU Œuvres de 1978 a 2010 Tl octobre au 17 novembre Galerie Michel Guimont 273 rue St-Paul, Québec, Qc - 418-692-1188 vvvvvv.galeriemichelguimont.com t- 1700, rue WBtre-Dame Ouest Montre^fOuébec H3J 1M3 1700lâ^ste corn des surfaces verticales qui n\u2019accueillent plus la silhouette d\u2019édifices, mais plutôt des vues de ruelles à Montréal.Avec ces images en mouvement, de longs plans fixes qui invitent à la contemplation, l\u2019artiste révèle ces lieux somme toute peu fréquentés, des interstices urbains qui ouvrent parfois sur l\u2019intimité des gens.D\u2019ailleurs, des figures humaines apparaissent là où habituellement l\u2019artiste retenait des lieux désertés.Aussi, bien que le traitement minutieux de l\u2019image et du son tend à uniformiser les lieux, l\u2019œuvre cherche moins, comme par le passé, à épurer la forme; ces lieux de passage, l\u2019artiste les fait apparaître comme un milieu de vie.Motif gothique Dans les petites salles, l\u2019exposition de Yann Pocreau se développe autour de l\u2019image d\u2019églises gothiques.Habitué d\u2019élire pour sujet des lieux singuliers qu\u2019il investigue même de tout son corps, le photographe a cette fois mis de côté son appareil pour s\u2019approprier des images d\u2019anciennes cartes postales d\u2019église.Ces images, il les décline par diverses opérations dans l\u2019exposition ; elles apparaissent tour à tour dissimulées, grattées sur pellicule, superposées, fendues, agrandies et détruites.Délaissant la lumière naturelle qui constituait, tout autant que le bâti, son sujet, Pocreau se tourne ici vers la lumière artificielle, qu\u2019il vient littéralement sculpter et mettre en scène dans l\u2019espace, un choix qui est en parfaite cohérence avec le motif de la cathédrale gothique, dont l\u2019architecture se voulait justement un dispositif de magnification de la lumière.Ces lieux de culte sont aujourd\u2019hui davantage des lieux touristiques, d\u2019où les cartes postales, et leur image a besoin d\u2019artifices pour retrouver du lustre.Les interventions de l\u2019artiste sur les images, cartes postales originales ou reprographies, gomment, par prélèvements, les vues partielles d\u2019église.Dans l\u2019esprit de Gordon Matta Clark, à qui l\u2019artiste rend crédit, les trouées sont toutefois là pour faire surgir la lumière et, ce faisant, elles s\u2019avèrent plus révélatrices que destructrices.Les sources d\u2019éclairage, et les extractions matérielles qui permettent leur surgissement, sont révélées au grand jour, insinuant peut-être que ces images-lieux sont en fait des surfaces de projection, d\u2019idéaux et de fantasmes, préméditées par l\u2019humain.L\u2019exposition traite indirectement de la vocation changeante de certains lieux, comme celle par exemple de la Fonderie Darling, qui est passée d\u2019industrielle à culturelle.La représentation de lieux en chantier ou tombés en désuétude demeure donc une constante chez Pocreau.Or, ici, il fait davantage ressortir, par le mode de l\u2019installation, que l\u2019image elle-même procède d\u2019une construction.Cette exposition, de surcroît, confirme dans une lancée fructueuse l\u2019artiste dont la pratique encore jeune s\u2019ouvre déjà sur de nouvelles avenues fort stimulantes.Collaborateur Le Devoir T\\ Voir > Une galerie photos ^ des œuvres exposées à la Fonderie Dariing.ledevoir.com/culture/arts- visuels Louis-Pierre Bougie Un trait.Une œuvre Gravures, dessins, peintures Du mercredi au samedi, de 11 ha17h Pour les visites de groupe 438 384 1700 ;ree libre\t^ 23 octobre 2013-25 janvier 2014 11 OCTOBRE 2013-16 FEVRIER 2014 HENOIR mGAS PICASSO / / IA COLLECTION WILLIAM S.PALEY UN GOÛT POUR LART MODERNE n MÆTISS \u2022 1.AiNi'Mlii AUGU PARC DE^HAMPS-DE-BATAILtOUÉBEC 418 643-2150 /1 866 220-2150 / MNBA.QC.CA Musée national des beaux-arts du Québec Québec B H L'EXPOSmON EST ORGANISÉE PAR TNE MUSEUM OF MODERN ART, NEW YORK MoMA Secrétariat à la Cap/tA/e-Mat/ona/e Québec i l^Qiiébec Office du tourisme de Québec U LOEWS HÔTEL LE CONCORDE QUÉBEC\trix E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 2013 culture.de visu L\u2019art autochtone, entre dépossessions et appropriations BEAT NATION Musée d\u2019art contemporain Jusqu\u2019au 5 janvier NICOLAS MAVRIKAKIS Les expositions sur les arts aborigènes se multiplient.Cet été, au Musée des beaux-arts à Ottawa, avait lieu Saka-hàn (mot qui veut dire «allumer [un feu] » en algonquin), expo sur l\u2019art indigène international.L\u2019an dernier, la galerie Art mûr de Montréal proposait Baliser le territoire, une Manifestation d\u2019art contemporain autochtone.Depuis plus d\u2019un an circule Beat Nation: art, hip-hop et culture autochtone, événement en provenance de la Vancouver Art Gallery.Après The Powerplant Contemporary Art Gallery à Toronto, le voici à Montréal au Musée d\u2019art contemporain, dans une présentation installée par le conservateur Mark Lanctôt.L\u2019idée d\u2019une exposition consacrée uniquement à l\u2019art autochtone pourrait peut-être en gêner certains.Bon nombre de conservateurs ou de galeristes en art contemporain vous diront spontanément qu\u2019ils s\u2019intéressent à la qualité des œuvres et non à leur provenance ethnique.Bon nombre de personnes du milieu de l\u2019art vous diront ne pas plus s\u2019intéresser au fait qu\u2019une œuvre est faite par une femme, un Noir ou un homosexuel.«Pourquoi, dans les musées et les galeries, ne pas instaurer un quota d\u2019œuvres pour les femmes noires handicapées et lesbiennes ?», lanceront certains avec amusement.Que sur la scène internationale il y ait peu d\u2019artistes autochtones, noirs ou appartenant à des groupes minoritaires ou dominés politiquement et qu\u2019il y ait un net recul AVEC LAIMABLE PERMISSION DE LARTISTE Tsu Heidei Shugaxtutaan, part 1 & 2, 2011, Nicholas Galanin.RACHEL TOPHAM VANCOUVER ART GALLERY Survival and Other Acts of Defiance, 2012, Maria Hupfield.du nombre d\u2019artistes femmes starifiées est pourtant une question préoccupante.Le premier Noir à avoir été exposé dans le réseau international fut Jean-Michel Bas-quiat, et c\u2019était dans les années 80.Et encore de nos jours la situation ne semble pas si rose.D\u2019ailleurs, bien des artistes ne souhaitent pas trop insister sur leur origine aborigène ou régionale.Du côté canadien, ce n\u2019est que très récemment que des ar- tistes comme Brian Jungen ou Annie Pootoogook se sont fait reconnaître en dehors de nos frontières en ayant mis en avant leurs origines.Les questions que pose la décentralisation culturelle sont donc extrêmement importantes de nos jours.L\u2019inscription d\u2019une œuvre dans une expo d\u2019art aborigène est-elle un piège qui dévdorise la portée de cette œuvre qui, pour certains, serait montrée avant tout pour de bonnes intentions sociales ?Comment essayer de rendre compte avec justesse de ce qui se passe en périphérie des centres culturels dominants ?Est-il possible de juger de la valeur de cet art en dehors des critères du centre?Dans certains musées, fait-on des expositions d\u2019art aborigène juste pour se donner bonne conscience et pour obtenir des subventions gouvernementales pour, par la suite, ne plus s\u2019y intéresser?En 2007, alors qu\u2019il recevait le Prix du Gouverneur général, le peintre Alex Janvier faisait judicieusement remarquer comment nous vivons juste à côté d\u2019un tiers-monde que nous ne connaissons pas et que nous célébrons de temps à autre sans jamais nous y rendre.Un art différent?Alors est-il possible de tirer un bilan esthétique de cette exposition?En fait, les questions que se posent les artistes aborigènes contemporains sont très semblables à celles des autres artistes actuels.L\u2019appropriation de formes existantes semble être en effet une démarche particulièrement importante autant pour eux que pour tous les autres créateurs postmodernes.Dans Tautology, Duane Lin-klater transpose en néons un tableau de Norval Morrisseau et, dans Migrations, il transcrit tel quel sur les murs du musée et sans demande de permission pour les droits d\u2019auteur des paroles de chansons.Bear Witness s\u2019approprie des images hollywoodiennes.Nicholas Galanin grave dans le roc le logo des Indians, équipe de baseball de Cleveland.Je vous laisse le soin de poursuivre cette liste lors de votre visite de cette exposition.Les artistes aborigènes ont-ils copié cette idée d\u2019appropriation pour faire comme les autres créateurs ?Les artistes aborigènes, dépossédés de leur propre culture, vivent en fait, à un degré plus profond, ce que nous vivons tous dans notre époque postmoderne de mondialisation où il devient nécessaire de se réapproprier des codes culturels anciens en train de disparaître.De ce panorama, certains artistes tirent évidemment mieux leur épingle du jeu: Monkman, Galanin.Néanmoins, il est important de donner plus souvent les devants de la scène à des artistes qui ont, à l\u2019évidence, moins de visibilité que leurs collègues non aborigènes.Collaborateur Le Devoir T\\ Voir aussi > D\u2019autres \u201d œuvres tirées de l\u2019expo Beat Nation, ledevoir.com/ culture/arts- visuels CHIHULY UN UNIVERS À COUPER LE SOUFFLE -y s ,1 : \u2022\u2022 l.\u2019'/m r A' J/ V' - > : Mi maintenant OU JAMAIS! L'EXPOSITION SE TERMINE DEMAIN! « [L\u2019exposition] qu\u2019il faut voir.»\t« [Une] exposition unique en son genre » - L\u2019Express, Toronto\t- La Presse GRATUIT pour les enfants de 12 ans et moins Accompagnés d'un adulte.Non applicable aux groupes.Achetez vos biLLets dès maintenant sur acouperlesouffle.ca M Une présentation de MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL Bdl M SAQ AIR CANADA II M I Théâtre Les trois exils de Christian E.LA MAiSON DES ARTS C\u2019EST.ACCESSIBILITÉ I CRÉATIVITÉ PROXIMITÉ I DIVERSITÉ MAISON DES ARTS DE LAVAL iJî; 1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval 450 662-4440 I www maisondesarts laval ca Jeune public Fragile Cette exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec Dale Chihuly.Dale Chihuly, Mille Fiori (détail), 2012.Seattle, Chihuly Garden and Glass.Photo Terry Rishel Québec d a 1^1 Canadian Patrimoine Heritage canadien LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 2013 E 13 CULTURE >CINEMA Jean-Marc Vallée, de marge et de rage Son Dallas Buyers Club, pressenti pour la course aux Oscar, prend l\u2019affiche vendredi ODILE TREMBLAY Ces temps-ci, Jean-Marc Vallée parcourt les hauteurs de l\u2019Oregon avec l\u2019actrice Reese Witherspoon.Il a une grosse équipe à ses côtés et un best-seller à porter à l\u2019écran : Wild de Cheryl Strayed.Le livre retrace l\u2019exploit d\u2019une femme en crise de vie qui entreprend de marcher mille milles sur la piste du Pacific Crest Trail; rien de tel pour vous remettre les idées en place.Quant à Vallée, il conserve dans son giron ses collahorateurs et vieux amis d\u2019hier: Yves Bélanger à la caméra, Marc Côté à la supervision des effets spéciaux.Le cinéaste de C.R.A.Z.Y.a les deux pieds à Hollywood.Son film Dallas Buyers Club, accueilli à Toronto avec grand enthousiasme, primé aux Hollywood Film Awards, est pressenti pour la course aux Oscar, ne serait-ce qu\u2019à travers les performances de ses acteurs : Matthew McConau-ghey dans le rôle principal et Jared Leto dans un rôle de soutien.Mais peut-être aussi au scénario.Vendu pour ainsi dire partout, son atterrissage peut être qualifié d\u2019idéal.Comme le fut celui de Prisoners de Denis Villeneuve.Focus Features, qui pilote le film aux Etats-Unis, était derrière des oeuvres comme The Pianist de Roman Polanski, Milk de Gus Van Sant et Broke-back Mountain d\u2019Ang Lee, montées très haut aux Oscar.Dallas Buyers Club est donc entre bonnes mains.Le film prend l\u2019affiche le 1®\"^ novembre sur un nombre limité d\u2019écrans en Amérique du Nord (trois quand même à Montréal), Le réalisateur Jean-Marc Vallée (à gauche) au sujet de Matthew McConaughey (à droite): «Comme acteur, il avait faim.* mais le 22 du mois, il prendra sa pleine expansion à travers un grand nombre de salles de cinéma.Rappelons que, pour ce film, Matthew McConaughey, qui en avait assez de jouer les bellâtres ou les héros sans peur des films d\u2019action, a perdu 48livres (environ 22 kilos).L\u2019histoire (vécue) est celle d\u2019un électricien texan macho et borné, Ron Woodruff (McConaughey), qui s\u2019est découvert sidéen aux premiers temps de l\u2019épidémie.Remisant peu à peu ses préjugés, il se fera le champion des cures alternatives, ouvrira sa clinique privée aux cô- tés d\u2019une délicieuse transsexuelle Üared Leto, époustouflant) et fera mentir les diagnostics des médecins.A Toronto, Jean-Marc Vallée parlait de la difficile genèse de son film, qui lui tenait à cœur autant qu\u2019à Matthew McConaughey.«Comme acteur, il avait faim», dit-il simplement.Les scénaristes Melisa Wal-lack et Craig Borten ont rencontré des proches de Ron Woodruff.Ils avaient 25 heures d\u2019enregistrement, un article d\u2019époque sur Ron et son Buyers Club.Le scénario, avec aussi des personnages fictifs, s\u2019est bâti sur ce terreau.Jean-Marc Vallée avait tenté en vain de monter Dallas Buyers Club à Montréal avec un budget de 7 ou 8 millions, mais s\u2019était retrouvé le bec à l\u2019eau.«On a finalement travaillé avec un budget de misère: 4,8 millions, dont 3 millions offerts par un Texan.Le plateau s\u2019est déplacé à La Nouvelle-Orléans, pour obtenir les crédits d\u2019impôt de la Louisiane.Ça s\u2019est fait caméra à l\u2019épaule, sans circuit électrique, ni machiniste.En ajoutant ceux qui ont travaillé en post-production, la moitié de mon équipe était québécoise.Le film s\u2019est créé dans la marge, dans la rage.Café de Flore était plus propre, plus musical aussi.J\u2019avais alors 60 minutes de musique, et seulement 24 cette fois-ci.» Vallée, qui avait connu une expérience américaine moins agréable avec sa production anglo-américaine The Young Victoria en 2009, pour laquelle il n\u2019avait pas eu droit au montage final, dit adorer travailler dans des conditions de liberté.Son héros Ron Woodruff, auquel McConaughey prête ses traits, il le compare au personnage de Nicholson dans Vol au-dessus d\u2019un nid de coucou.«Il emmerde tout le monde, mais on l\u2019aime bien.C\u2019est un underdog.» Le cinéaste québécois a exploré dans ce film REMSTAR l\u2019ADN américain.«Matthew, qui est Texan, m\u2019a fait sortir de ma zone de confort.Il était sans cesse en mouvement.» Vallée a attrapé sans doute la bougeotte de son acteur, car il n\u2019a pas fini de s\u2019agiter.Son prochain film américain.Demolition, l\u2019histoire d\u2019un banquier dont la vie se disloque après la mort tragique de son épouse, devrait vraisemblablement être tourné en 2014.Il concocte aussi un projet français avec Tonino Benacquista en coscénariste et un projet québécois avec le producteur Pierre Even.Le Devoir Son théâtre, son cinéma TRIPTYQUE Péalisation : Robert Lepage et Pedro Pires.Scénario : Robert Lepage.Avec Frédérike Bédard, Lise Castonguay, Hans Piesber-gen.Image: Pedro Pires.Montage: Aube Foglia, Pedro Pires.Canada, 2013, 95 minutes.ANDRÉ LAVOIE On a longtemps dit que Robert Lepage pratiquait un théâtre d\u2019images, ce qui devait forcément le conduire au cinéma.Depuis Le confessionnal, encore à ce jour son film le plus réussi, il a souvent amené ses pièces sur grand écran, proposant une tension créatrice entre le monde de la scène et les impératifs du 7® art.Devant La face cachée de la lune, on avait du mal à croire que le jeu en valait vraiment la chandelle.Cette confrontation est féconde dans Triptyque, une variation d\u2019un spectacle-fleuve (Lyp-sinch) comme il les aime, associé dans cette démarche aty- M'lOKtv-7 :iw N J Frédérike Bédard trouve ici un rôle à sa mesure.pique (le film fut tourné sur quelques années) avec Pedro Pires (Danse macabre).D\u2019une galerie foisonnante de personnages sur scène, trois figures émergent à l\u2019écran, liées par le sang ou la maladie, chacune portant une blessure qui ne se refermera qu\u2019au contact de l\u2019autre.Pour établir ce rapprochement, il faut le regard mais aussi la parole, la langue, des éléments fragilisés (par des désordres psychiques ou physiolo- giques) ou complexifiés, puisque chez Lepage le monde ressemble à l\u2019ONU, car on y cause souvent plusieurs langues en même temps.Entre Québec, Montréal et Londres, nous assistons au dé- clin et à la renaissance de Michelle (Lise Castonguay, émouvante), une libraire à l\u2019équilibre mental fragile, de sa sœur Marie (Frédérike Bédard, enfin un rôle à sa mesure au cinéma), une chanteuse affligée d\u2019un cancer au cerveau, et de Thomas (Hans Piesbergen, glacial), un neurochirurgien d\u2019origine allemande étouffant entre son alcoolisme et un mariage en fin de parcours.Ils se croiseront parfois, forçant le destin pour se retrouver, scrutés dans leur implacable isolement, déambulant dans des espaces qui reflètent leur chaos intérieur.C\u2019est ainsi que la neige enveloppe Michelle et la Vieille Capitale, que les marteaux-piqueurs défigurent le quartier montréalais de Marie tandis que Thomas traverse Londres sous ses atours les plus aseptisés.Décliné en trois chapitres \u2014 la structure narrative n\u2019a pas la même complexité que Le poly-graphe ou Possible Worlds \u2014 Triptyque propose des portraits aux accents tragiques, tous agrémentés de la curiosité encyclopédique de son auteur.Car, comme toujours chez Lepage, et c\u2019est là une de ses forces, il sait amalgamer la grande culture et les références populaires, capable de faire cohabiter Michel-Ange et Claude Gauvreau, ou opposer les voluptés du jazz aux images criantes de vérité d\u2019une chirurgie au cerveau.Cette effervescence n\u2019est pas sans écueils, comme ces échappées vers l\u2019enfance de Michelle dont elle seule semble comprendre le sens.Elles portent tout de même la marque de ce brillant touche-à-tout, grand bricoleur d\u2019artifices et d\u2019artefacts culturels, qui croyait en avoir fini avec l\u2019industrie du film.Peu importe le moyen d\u2019expression, Robert Lepage n\u2019a souvent fait que cela: son cinéma.Collaborateur Le Devoir Du 1®'\" au 30 novembre, le Centre Phi présente RAD HOURANI SOUS TOUTES SES COUTURES ou 5 ANS DE CRÉATION UNISEXE Rad Hourani sous toutes ses coutures, c'est l'occasion unique de découvrir l'univers de Rad Hourani.Au programme: boutique, vêtements de Rad Hourani, vidéo, livre, expositions de photos et dessins, veston interactif et surprises.En spectacle: Pierre Lapointe, le 14 novembre (T® partie: Chris Garneau); Jacques Greene, le 29 novembre (T® partie: Mekele).Commissaire invité: Rad Hourani Commissaire : Phoebe Greenberg #PHIRAD Centre Phi - 407, rue Saint-Pierre (angie Saint-Paui), Vieux-Montréai - centre-phi.com phi ¦ TOUS LES i TOUS LES LiEUX DE L'ART E 14 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE OCTOBRE 2013 CULTURE >CINËMA A EXCENTRIS Une scène du film Héritage Le poids des traditions HERITAGE Réalisation : Hiam Ahhass.Scénario: Hiam Ahhass, Ala Hiehel, Nadine Naous, G.A.Wasi Avec Hafsia Herzi, Hiam Ahhass, YussefAhu Warda, AshrafBarhoum, Ruha Blal, Clara Khoury, Torn Payne, Khalifa Natour, Lina Soualem.Image: Antoine Héherlé, Montage: Guy Become.Musique: LoïcDury.155 minutes.ODILE TREMBLAY Pour son passage au long métrage, Tactrice palestinienne Hiam Abbass (vue dans La fiancée syrienne, Free Zone, Les citronniers, etc.) embrasse large en voulant tout raconter.Elle aborde le poids des traditions dans une famille palestinienne en Israël devant les rêves de modernité, les ravages de la guerre, les femmes accusées de tous les maux, battues et brimées, les fils à Tombre d\u2019un père trop fort.etc.Il y a beaucoup de personnages dans son film, trop de membres de la famille avec leurs problèmes et leurs secrets.N\u2019est pas le Thomas Vinterberg de Festen qui veut, ni l\u2019Arnaud Desplechin de Conte de Noël.Hiam Habbas n\u2019a pas encore le doigté pour tisser tant de fils d\u2019intrigues et aurait mieux fait de se concentrer davantage.Même si les bombes leur tombent sur la tête durant une guerre Liban-Israël non datée, un mariage est célébré dans la région magnifique du nord de la Gallilée.Mais alors que la santé du patriarche décline, ça se morpionne dans la famille.Ha-jar (Hafsia Herzi) s\u2019est amourachée d\u2019un Anglais et veut s\u2019enfuir avec lui, Ahmad trompe sa femme et s\u2019est associé avec des Israéliens pour remporter des élections municipales, ce qui lui vaut les huées de plusieurs, son frère est stérile, les sœurs veulent s\u2019émanciper, la mère (Hiam Abbass) cherche à les garder dans le giron des traditions, etc.De beaux plans aériens, un bruitage et une musique très réussis, les captivantes scènes du mariage ne font pas oublier les maladresses d\u2019une direction d\u2019acteurs inégale et d\u2019un scénario échevelé.Car en décrivant scolairement le drame de l\u2019un et l\u2019autre, la cinéaste égare la synergie du film, et on cherche en vain l\u2019émotion derrière tant de tragédies personnelles peu développées.Quant à la guerre qui ravage la région, elle est peu utilisée, sinon comme violent miroir des conflits intimes.Le passé d\u2019Hiam Abbass est partout, même dans sa difficulté à condamner la brutalité de certaines traditions, tout en penchant vers la libération individuelle.Si bien que la figure centrale d\u2019Ajar, à laquelle Hafsia Herzi peine à conférer le petit quelque chose de vraiment attachant, écartelée, comme la cinéaste, entre un berceau chéri et un futur excitant, a du mal à s\u2019incarner au soleil.Héritage possède ses qualités, mais une réserve excessive et une dispersion l\u2019empêchent de trouver son souffle.Le Devoir TRIPTYQUE un film de PEDRO PIRES et ROBERT LEPAGE tiff.toronto international film festival® SELECTION OFFICIELLE 2013 FILM D\u2019OUVERTURE FESTIVAL IV DU NOUVEAU CINÉMA l>0 iM Adaptation de l\u2019oeuvre théâtrale LiPSYNCH AVEC FRÉDÉRIKE\tLISE\tHANS BÉDARD\tCASTONGUAY\tPIESBERGEN RÉAUSATioN PEDRO PIRES ET ROBERT LEPAGE scénario ROBERT LEPAGE IMAGES PEDRO PIRES MONTAGE PEDRO PIRES ET AUBE EOGLIA DIRECTION ARTISTIQUE JEAN BABIN CHRISTIAN LÉGARÉ DAVID PELLETIER costumes JUDY JONKER N DOMINIQUE CHARTRAND PIERRE BERTRAND YANN CLEARY SYLVAIN BELLEMARE JEAN-PAUL VIALARD PRODUCTEUR DÉLÉGUÉ MAXENCE BRADLEY productrice LYNDA BEAULIEU PRODUIT PAR LES PRODUCTIONS DU 8= ART EN ASSOCIATION AVEC L\u2019OEPICE NATIONAL DU EILM DU CANADA Québec Canada CHRtSTM G PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE -EU CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINEMAS LesFilmsGhristal Rien à faire d\u2019autre.LES BEAUX JOURS De Marion Vernoux.Avec Fanny Ardant, Laurent Lafitte, Patrick Chesnais, Jean-François Stévenin, Fanny Cottençon, Catherine Lachens.Scénario: Marion Vernoux, Fanny Chesnel, d\u2019après le roman de cette dernière.Image: Nicolas Gaurin.Montage: Benoît Quinon.Musique: Quentin Sir-jacq.France, 2013, 94 minutes.MARTIN BILODEAU Dans Rien à faire, son meilleur film à ce jour, Marion Vernoux racontait le quotidien d\u2019une maman ouvrière au chômage (Valeria Bruni Tede-schi) qui, durant ses journées trop longues et improductives, unissait sa solitude à un cadre récemment mis à pied.Dix ans plus tard, la cinéaste, conjointe à la ville de Jacques Audiard {Un prophète), reprend le fil de son idée dans son sixième long métrage.Les Beaux Jours, tiré du roman de Eanny Chesnel, aussi coscénariste du film.Ici encore, il est question d\u2019un individu dépouillé de sa fonction, aux prises avec du temps à meubler.Eanny Ardant joue Caroline, une dentiste qui vient coup sur coup de perdre sa meilleure amie, emportée par le cancer, puis de prendre sa retraite abruptement.Nous sommes sur la côte de la Bretagne, où la rumeur de la ville et le bruit des vagues se confondent, et où le METROPOLE EILMS Fanny Ardant (ici avec Patrick Chesnais) n\u2019avait pas si bien exploité son charme fait de sex-appeal et d\u2019humour depuis Vivement dimanche.temps, conséquemment, passe plus lentement qu\u2019à Paris.Ses deux filles lui font cadeau d\u2019un abonnement dans un centre de loisirs et d\u2019éducation permanente pour les aînés.Caroline ne va pas apprécier immédiatement la faune des Beaux Jours.Mais elle va s\u2019enticher de Julien (Laurent Lafitte, une forte présence), l\u2019instructeur du cours d\u2019informatique de 25 ans son cadet, avec qui elle amorce une liaison interdite, à l\u2019insu d\u2019abord de son mari (l\u2019excellent Patrick Chesnais), puis au grand jour.Le «forfait découverte» des Beaux Jours ne pouvait pas mieux porter son nom.Ardant n\u2019avait pas si bien exploité son charme fait de sex-appeal et d\u2019humour depuis Vivement dimanche, opus ultime de son Pygmalion Lran-çois Truffaut.Caroline est à parts égales une femme forte et fragile.Ardant laisse voir sur son visage le combat de ces deux forces contraires, tandis que sa silhouette nous guide, tel un phare, dans une intrigue sentimentale pas toujours crédible, mais qui maintient le cap sur l\u2019essentiel, voire sur l\u2019existentiel : la renaissance à elle-même d\u2019une femme mûre qui n\u2019a plus d\u2019autre fonction sociale que celle de s\u2019appartenir.Collaborateur Le Devoir ODYSSEE SUITE DE LA PAGE E 1 Marie interrogent leurs destins respectijs.Partir ou rester?«Le passage de Godard a donné lieu à un non-événement, note Eric Morin.Dans le film, c\u2019est comme ça que je le traite.C\u2019est un prétexte.» Ce sont en effet Michel et Marie qui se trouvent au cœur du récit; eux, et ce questionnement lancinant qui hanta longtemps le cinéaste: partir ou rester?Marie vit ce dilemme de manière aiguë.«Marie, c\u2019est une rêveuse.C\u2019est quelqu\u2019un qui désire railleurs, l\u2019autre.Elle hrûle de désir, explique son interprète JL.M MARIE HELENE TREMBLAY LE DEVOIR Sophie Desmarais, Eric Morin et Martin Dubreuil Sophie Desmarais {Sarah préfère la course).Sa rencontre avec Paul va la placer face à ses désirs latents.De savoir Godard RODARYRODAR présenti Le nouveau thriller des Iproduciteurs de \u201clli\u2019orphellnat\u201d 'et \u201cLes yeilx de llulia\u201d \"Moody, % un Thriller d'un niveau supérieur.\" Roger Moore, Movie Nation la iliort ntjest pas toujours la fin JOSE CORONADO HUGO SILVj?^ BELÉNpUEDA AURAGARRIDO LE CORPS /r^ PRÉSENTEMENT À L AFFICHE ! VERSION ORIGINALE ESPAGNOLE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS\t''ïvÈc SOUS-TITRES^ANGLAIs''^ I-n-1 rnuA^cnTIflr'iMj rcNÉMA geaaa&fefl 17^ Sl'ÎSSf fï£ ^ I www.gzlilms.ca | | QUARTIER LATIN | | 2395.Beaubien e.721-soeo | |LE FORUM 22 | dans la ville, ça éveille en elle des possibles, une urgence, une nécessité de se mettre en danger.Cette quête-là m\u2019a émue.C\u2019était très bien évoqué dans le scénario, qui était comme un élan, comme un souffle.» L\u2019actrice se tait, songeuse.On l\u2019observe un moment \u2014 impossible de faire autrement.Dans le film, sa photogénie est magnifiée comme jamais auparavant.Lors de gros plans choisis, on se dit que son profil a été modelé pour le grand écran, entre autres grâces ,qui fleurissent dans l\u2019œuvre d\u2019Eric Morin.Car le petit budget de la production n\u2019entrave jamais la vision du cinéaste, qui insuffle à l\u2019image une vraie poésie de roche et de bois, un lyrisme, en somme, comme il le fit dans son court métrage Opa-satica, maintes fois primé.Ici et là, de courtes séquences impressionnistes, tableaux vivants en plans fixes, envoûtent le regard: l\u2019averse de neige tellement dense qu\u2019elle paraît brume; la majesté contrastée d\u2019une forêt d\u2019épi-nettes noires constellée de bouleaux blancs.Uâme abitibienne «C\u2019est un choix artistique assumé, assure Eric Morin.J\u2019y ai bien réfléchi.Ça découle d\u2019une approche plus globale.Avec le tournage qui a cours à l\u2019inté- Autour du film.Chasse au Godard d\u2019Abbit-tibbi fut entièrement tourné à Rouyn-Noranda au cours de l\u2019hiver 2011.Le mercure indiquait -35 degrés Celsius au premier jour de tournage en mars et 22 au dernier, en avril.Alexandre Castonguay, qui joue Michel, est un acteur professionnel décidé à faire carrière depuis l\u2019Abitibi-Té-miscamingue.L\u2019auteur-compositeur-inter-prète Philippe B a composé la musique du film.Tous deux originaires de Rouyn-Noranda, Eric Morin et lui furent autrefois membres du groupe Gwenwed.En 2000, Julie Perron a réalisé Mai en décembre, un court métrage documentaire qui revient sur le passage de Jean-Luc Godard à Rouyn-Noranda.rieur du film, je touche aux codes du documentaire, au cinéma-vérité; les rôles de soutien sont pour la plupart tenus par des non-professionnels, des gens de Rouyn.C\u2019était un pari.Je me suis payé la traite.J\u2019ai fait mon premier film comme si c\u2019était le dernier.Je suis content de l\u2019avoir tourné à ce stade-ci de ma vie.En vivant à Montréal, j\u2019ai acquis un recul par rapport à la région.Je crois que j\u2019avais besoin de la quitter pour apprécier sa beauté», estime l\u2019auteur, qui est à la fois Michel et Marie.Enfant de la place, Eric Morin connaît et aime d\u2019amour sa région d\u2019origine.Ainsi, après dix-neuf années passées dans la métropole, il est revenu en Abitibi, où il s\u2019est acheté une maison.Sans pour autant se départir de son pied-à-terre dans le Mile-End à Montréal.Partir ou rester?Pourquoi choisir?Le Devoir festivaldlfiLms EMANIA 7-17 N.0VEMBRE 2013 www.festivalcinemania.com\t\u2014 CINÉMA impérial iSojueiVBieurrfMOHT® Festival de films Cinemania ^0 ©cinemania.mtl http://www.azfilms.ca/accueil_fr.html LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 OCTOBRE 2013 E 15 ICIffEMA PATRICK RIDREMONT FRANCOIS BERLEAND VIRGINIE EFIRA DEAD MAN TALKING OHM DE PATRICK RIDREHONT » - « PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE PIERRE DELADONGHAMPS\tCHRISTOPHE PAOU\tPATRICK D\u2019ASSUMÇAO L\u2019INCONNU DU LAC UNFIIMDEALAIN6UIRAUDIE a f \u201e PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE A De bien mauvais conseil THE COUNSELOR (LE CONSEILLER) Réalisation : Ridley Scott.Scénario: Cormac McCarthy.Avec Michael Fassbender, Pénélope Cruz, Cameron Diaz, Javier Bardem, Brad Pitt, Bruno Ganz.Image: Dariusz Wolski.Muique: Daniel Pemberton.Montage: Pietro Scalia.117 minutes.ODILE TREMBLAY Voici un film réalisé par une légende du cinéma britannique hollywoodisé (derrière Blade Runner, Thelma and Louise, Gladiator, quoique moins inspiré depuis).Ajoutez au scénario Cormac McCarthy, écrivain de haut vol et couvert de prix (AU the Pretty Horses, The Road, No Country for Old Men).Nappez le tout de stars, et non des moindres : Michael Fassbender, Pénélope Cruz, Cameron Diaz, Javier Bardem, Brad Pitt, et même Bruno Ganz dans un rôle mineur.Trop, n\u2019en jetez plus.Mais au départ, qui mieux que McCarthy pouvait décrire cet univers de la frontière ensanglantée entre le Mexique et les États-Unis ?Qui mieux que le Ridley de Thelma and Louise savait aborder les mythes et la déraison de l\u2019Amérique des grands espaces, violence et érotisme compris ?Pt pourtant.McCarthy, en signant son premier scénario, n\u2019en maîtrise pas les codes, ni les niveaux de langage adaptés à chaque personnage, ni le rythme et sa montée dramatique, ni même les contours des personnages.Le film, avec des décors remarquables, des costumes et bijoux choisis avec soin dans la veine du luxueux mauvais goût western, la caméra impeccable de Dariusz Wolski, des cascades au poil, quelques scènes sexuelles qui ne choquent que les Américains, est aussi bien fait qu\u2019un pétard mouillé peut l\u2019être.m y K 4'#' 20 TH CENTURY FOX On se demande ce que tous ces talents réunis ont voulu nous dire.Il lui manque toutefois une âme, un crescendo, un climat solidement établi, dans sa frontière près d\u2019Pl Paso (ramenez-nous le Touch of Evil d\u2019Orson Welles).Même l\u2019effet émulation de grands acteurs qui veulent s\u2019épater les uns les autres n\u2019a pas joué.Ceux-ci ne se font guère d\u2019illusion sur la force du film.Nous non plus.Pneore que la dernière partie soit plus dynamique que la lente et ennuyeuse mise en situation de sa première moitié.Des scènes de violence chocs apparemment tirées du Toby Dammit de Fellini jettent beaucoup de sang dans l\u2019arène.L\u2019ombre des « snuff movies» plane.On saura pourquoi.Michael Fassbender, le grand interprète de l\u2019heure, plus recherché encore que les têtes d\u2019affiche mieux établies auprès du grand public, se révèle particulièrement en dessous de lui-même.Il faut dire que son personnage d\u2019avocat qui passe «de l\u2019autre côté» par appât du luxe, et se met à trafiquer de la drogue avec les Mexicains en devenant «le conseiller», n\u2019est pas très bien dessiné.Ses états d\u2019âme ne passent guère l\u2019écran.Pénélope Cruz, en naïve fiancée du héros et catholique pratiquante, n\u2019obtient pas un rôle dans ses cordes de brune envoûtante.Son époux dans la vie, Javier Bardem, avec une interprétation de composition plus perverse et vulgaire, s\u2019amuse à en pousser dans ses limites, comme sa partenaire, la glaciale et ultrasexuée Malkina (Cameron Diaz).Bardem joue Reiner, un client du conseiller qui met ce dernier en garde contre lui-même.La richesse, l\u2019excentricité des parvenus (le couple Reiner-Malkina a deux couguars), leur sexualité débridée et leur absence totale de morale est au cœur d\u2019un film qui, faute de montrer aussi des petits travailleurs hors du marché du crime, finit par tourner à vide dans son cercle vicieux doré.Brad Pitt, en intermédiaire maléfique, joue du moins d\u2019am-biguité, sans se démarquer pour autant.Cameron Diaz hérite du rôle le plus outrancier, le plus immoral et le plus coloré du lot, qui en impressionnera qertains, mais force la note.A noter la performance de Rosie Perez en Ruth, une cliente incarcérée de l\u2019avocat.Il manque de figures secondaires comme elle.Pt après le dénouement, on se demande ce que tous ces talents réunis ont voulu nous dire, sans ressentir le choc d\u2019un climat, la force d\u2019une intrigue ou l\u2019intérêt pour un des personnages bousillés que nous quittons sans regrets.Le Devoir Du microscopique au macroscopique LA FORET AUX ESPRITS (FOREST OF THE DANCING SPIRITS) Écrit, réalisé et photographié par Linda Vastrik.Montage: Fredrik Alneng.Suède-Canada, 2013, 104 minutes.MARTIN BILODEAU Le documentaire ethnographique a évolué depuis Jean Rouch, sous l\u2019impulsion d\u2019une technique cinéma plus légère, numérique, qui permet une plus grande maniabilité et plus de flexibilité.Paradoxalement, La forêt aux esprits, documentaire de Linda Vastrik qui nous transporte dans la forêt tropicale congolaise dans un village de chasseurs pygmées, a été tourné avec une caméra 16 millimètres.Ça se voit, ça s\u2019entend, même au détour d\u2019une scène où la cinéaste déclare à voix haute que son magasin est presque vide.Ceci pour vous donner une idée de la philosophie et de l\u2019approche naturaliste (en son direct, caméra à l\u2019épaule) qui ont présidé à la création de ce documentaire d\u2019observation tourné sur une période de sept années et pulsé par la voix de trois nar rateurs-suj ets.Les Yakas sont menacés de délocalisation par un projet de déforestation.La cinéaste a attendu la 90® minute pour nous en faire l\u2019annonce, suivant une démarche narrative très calibrée qui passe de façon quasi subliminale du microscopique au macroscopique.Le film s\u2019ouvre et se referme sur une image semblable (une scène de baignade).Mais, entre-temps, son sens a été modifié.Pntre-temps, la cinéaste a révélé un monde, nous y a attachés, puis a annoncé sa démolition.Chemin faisant, elle a raconté son quotidien (s\u2019alimenter, se reproduire), ses croyances, ses rituels (aiguisage des dents des enfants, funérailles d\u2019un bébé mort-né, etc.).La cinéaste a aussi montré l\u2019asservissement des Yakas aux «propriétaires», communauté négrière située à une heure de leur village.Pnfin, elle a dénoncé sa propre présence, liant par solidarité le destin de l\u2019équipe cinéma à celle de ses sujets résolus à réserver leur culture et leur mode de vie.Contre le colonialisme, qui n\u2019a plus le même visage qu\u2019au temps de Jean Rouch.Pt qui, pour cette raison, n\u2019en est que plus dangereux.Collaborateur Le Devoir EYESTEEL FILMS Les Yakas sont menacés de délocalisation.Un condamné à mort a parlé DEAD MAN TALKING Réalisation: Patrick Ridremont.Scénario: P.Ridremont, Jean-Sébastien Lopez.Avec François Berléand, Patrick Ridremont, Christian Marin, Virginie Efira.Photographie: Danny Elsen.Montage: Thierry Delvigne.Musique: Matthieu Gonet.Belgique, France, Luxembourg, 2012, 103 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE A l\u2019arrière-plan, les tourelles d\u2019une prison vétuste dépassent d\u2019une végétation sauvage.A l\u2019avant-plan, des dizaines de croix plantées de guingois dans le sol nappé de brume signalent que la mort rôde en ce jardin-là.Ce que la suite de Dead Man Talking confirme, le protagoniste prin-cipal étant un détenu condamné à la peine capitale.On le rencontre d\u2019ailleurs quelques minutes à peine avant son exécution.Le directeur est là, pressé d\u2019en finir, avec à sa droite le gardien chargé de faire signe au bourreau de déclencher l\u2019injection létale et à sa gauche un prêtre arrivé en retard pour l\u2019extrême-onction.Et voilà que ce dernier s\u2019enquiert si le prisonnier a quelque chose à dire.Il se trouve que si.Et il se trouve, encore, qu\u2019on ne peut le tuer avant qu\u2019il se soit tu, flou juridique aidant.Et voilà notre homme qui entreprend de raconter sa vie, fort triste, mais parfois fort drôle pour peu que l\u2019on apprécie la manière belge, c\u2019est-à-dire extrême en tout: humour noir foncé, situations amplifiées jusqu\u2019au grotesque, archétypes versant dans la caricature féroce, etc.Ici, le loufoque côtoie le mortifère.On dirait parfois une version contemporaine des Contes des mille et une AXIA FILMS Une scène de Dead Man Talking nuits coscénarisée par les frères Coen et les frères Grimm.Une belle bête, en somme, que ce Dead Man Talking.Imprévisible, aussi.A mi-parcours en effet, une satire sociopolitique grinçante s\u2019insinue alors que médias et politiques s\u2019en mêlent et s\u2019emmêlent sous la loupe grossissante de l\u2019acteur, scénariste et réalisateur Patrick Ridremont, un homme de théâtre qui manie fort bien le langage cinématographique.Du coup, cette œuvre foncièrement esthétique, cette histoire racontée juste avant le grand sommeil, accède-t-elle à une certaine substance.Dans le cimetière du pénitencier, la brume s\u2019est dissipée alors que dans la salle d\u2019exécution résonne le silence du condamné.Le Devoir Une longue dérive ALL IS LOST (V.F.: SEUL EN MER) Réalisation et scénario: J.C.Chandor.Avec Robert Redford.Image: Frank G.DeMarco.Montage: Pete Beaudreau.Musique: Alex Ebert.États-Unis, 2013, 105 minutes.ANDRE LAVOIE Le second film de J.C.Chandor {Margin Call) repose sur de multiples paris impossibles: un seul personnage, peu bavard, isolé, venu de nulle part et errant sur une mer d\u2019huile ou passablement houleuse.Au centre de tout cela, une star, Robert Redford, dont on ne sait ni le nom, ni l\u2019occupation, ni le statut civil, ni surtout pourquoi il est sur ce voilier peu à peu sans mat, sans gouvernail, sans coque.Ce qui ressemble à une lettre d\u2019adieu fait figure de monologue intérieur en introduction dAll Is Lost, moment solennel où ce marin désespéré semble rendu au bout de son voyage, et surtout au bout de son rouleau.Mais voilà que nous remontons le temps, ou plutôt huit jours en arrière, question de constater le début des dégâts pour mieux en saisir toute l\u2019étendue.Que les océans soient devenus de gigantesques dépotoirs, tous en conviennent, mais pour ce voyageur solitaire, cette triste réalité prend de tragiques proportions lorsqu\u2019un conteneur à la dérive se fracasse sur son navire, causant un trou qu\u2019il prend un soin méticuleux à réparer.Cet incident incongru devient l\u2019amorce d\u2019une suite infinie de petites catast- SEVILLE Seul en mer est un film à un seul personnage.trophes le forçant à imaginer les solutions les plus fantaisistes pour se maintenir à flot, ou tout simplement survivre.Exercice de style et tour de force de la part d\u2019un acteur qui ne peut plus cacher son âge (Redford affiche tout de même une forme athlétique à 77 ans), A// Is Lost se contemple avec plus de respect que d\u2019enthousiasme.L\u2019opacité de ce héros freine toute sympathie, même devant les requins ou en pleine tempête.Tant qu\u2019à se perdre dans l\u2019immensité mais cette fois sans jamais s\u2019ennuyer, prenez place aux côtés de Sandra Bullock dans Gravity, d\u2019Alfonso Cuarôn.Nous y sommes pris d\u2019un réel vertige, d\u2019une grande exaltation, deux sentiments qui, dans AU Is Lost, agitent les bras avant de se noyer.Collaborateur Le Devoir EXC3NTRIS MAIN DANS LA MAIN VALERIE DONZELLI - 85 MIN, V O FRANÇAISE BILLETTERIE : 5H 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OO CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: LES AMANTS PASSAGERS PEDRO ALMODOVAR UNE FAMILLE RESPECTABLE MASSOUD BAKHSHI HANNAH ARENDT MARGARETHE VON TROTTA BEFORE MIDNIGHT ROBERT LINKLATER SOUpeSOUP UN NOUVEAU COMPTOIR T ^\t^ SOUPESOUP À EXCENTRIS i\tTOUS LESJOURS! P B 'k'k'k'k'k Voir La Presse The Gazette Cinoche Voir Tele « Exceptionnel! » La Presse « Un pur ravissement! » Le Soleil « Une histoire d\u2019amour immense! » Journal de Montreal « Un tour de force! » Le Devoir « Intense et prenant! » The Gazette «Extraordinaire!» Culture Club «Bouieversant et magistral! » Tel era ma «Magnifique et puissant!» Cuit Montreal wwwJiviediidgle-lefilm.ca |\trnétrO|DOje s À L\u2019AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS , metropolefiims com , 3385 14_________D\u2019ALBUMS VENDUS! Productions J en accord avec Rose Leandri, Gilbert Coullier et 14 Productions présentent PATRICK BRUEL « Il a alterné avec talent, / nouveautés et classiques ! x - Le Parisien .V' -.-.a' « Patrick Bruel, l'indémodable ! » - L'Alsace V' r.d if T.' \\N.* V « Patrick Bruel pour toutes les générations » - Ouest France X j / |i / ¦f r CENT llk c f LL ET 3 NOVEMBRE COLISÉE PEPSI 1\u201c NOVEMBRE nawai^ miiiictions @9gQQ(!) 1^ ©SELECT SnMPR '\u201cIS' Photographe : Caroline Nielsen / Design :vu intégral CENTRE BELL - EVENKO.CA 1-855-310-2525 COLISÉE PEP5I - BILLETECH.COM 418-691-7211 1-800-900-7469 ALBUM EN VENTE w DES MAINTENANT ¦ I |j PainckBruei Lequelttei^js 7292 "]
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