Le devoir, 2 novembre 2013, Cahier E
[" I Les confidences de Koriass, le rappeur paradoxal Page E 3 É La sublime traversée des enfers de Steve McQueen PageE10 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE S NOVEMBRE 20IS MARIE-HELENE TREMBLAY LE DEVOIR Marie-Thérèse Fortin incarne Madame Irma dans Le balcon de Jean Genet La charge érotique du pouvoir René Richard Cyr et Marie-Thérèse Fortin observent notre époque depuis Lb bslcotl de Jean Genet i TIFFET CHRISTIAN SAINT-PIERRE Il y a un bail que René Richard Cyr rêve de mettre en scène Le balcon de Jean Genet.«Le coup de foudre s\u2019est produit en 1976, explique-t-il./«fats 18 ans quand j\u2019ai vu le spectacle dirigé par André Brassard au TNM.Si je ne me trompe pas, c\u2019est la seule fois que la pièce a été montée professionnellement au Québec.C\u2019est grâce à ce spectacle que j\u2019ai découvert Genet, un auteur qui allait être déterminant dans mon parcours.» Après avoir dévoré les romans, les pièces et les écrits autobiographiques de Genet, René Richard CiT s\u2019est frotté aux Paravçnts, avec André Brassard, entre les murs de l\u2019École nationale, puis il a monté Les bonnes, d\u2019abord à l\u2019Espace Go en 1992, puis au Trident en 1994, où il rencontra d\u2019ailleurs Marie-Thérèse Fortin pour la première fois.En 2006, avec les étudiants de l\u2019École nationale, CiT monte Le Boxon, sa propre combinaison des Bonnes et du Balcon.« Chaque fois que je termine de travailler un texte de Genet, fai le sentiment que je pourrais recommencer le lendemain matin.Je pourrais monter ses pièces pour le reste de mes jours tellement ce sont des puits sans fond, tellement ce sont des matières riches et foisonnantes.» Séduire Madame «Depuis 2006 que je titille madame Pintal, que je tente de la séduire, lance candidement le metteur en scène.Je n\u2019ai jamais arrêté de chercher à la convaincre de programmer Le balcon, une pièce qu\u2019elle a longtemps trouvée désuète.Puis est venue la bonne conjoncture: la petite révolution que nous avons vécue au printemps a fait que tout à coup la pièce de Genet avait des échos contemporains.» C\u2019est en effet de révolution, de pouvoir, de corruption et d\u2019image publique qu\u2019il est principalement question dans Le balcon, une pièce créée par Peter Brook en 1960.«Ce qui m\u2019a le plus intéressé, révèle CiT, c\u2019est la mécanique du pouvoir.Ça commence par le désir du pouvoir, ça se poursuit avec la vénération envers l\u2019image du pouvoir, et tout cela mène le plus souvent à l\u2019abus de pouvoir.La pièce parle beaucoup de cette soif d\u2019exister en fonction de ce qu\u2019on est, et non afin d\u2019être en accord avec qui on est.La comédie qui s\u2019y opère, fondée sur l\u2019apparence, une MARIE-HELENE TREMBLAY LE DEVOIR Pour René Richard Cyr, l\u2019os de la pièce, c\u2019est la révolution, qui naît de la soif de renversement des révoltés.véritable course à l\u2019image, tout ça est très prophétique de la société du spectacle dans laquelle nous vivons aujourd\u2019hui.» La révolte gronde Aux ego surdimensionnés de l\u2019Évêque, du Juge, du Général, du Chef de la police et de Madame Irma répondent les cris des révolutionnaires.Ici comme ailleurs, les destins des puissants et des laissés-pour-compte sont inextricablement liés.«A mon avis, avance CiT, Vos «La tentation du pouvoir est ici plus grande encore que celle de la chair, encore plus irrésistible» de la pièce, c\u2019est la révolution.S\u2019il n\u2019y avait pas la révolution, s\u2019il n\u2019y avait pas la soif de renversement des révoltés, ce serait à la limite distrayant.Les imprécations qui proviennent de la rue, le bruit des mitraillettes, ce sont les éléments perturbateurs.C\u2019est ce qui fait qu\u2019il y a un conflit, donc une pièce.Les protagonistes ont peur.Ils ont peur de perdre le pouvoir, peut-être même plus encore que de mourir.Les révoltés aussi vont finir par se faire prendre au jeu du pouvoir, par être récupérés par le système, par laisser la révolution se figer.Il y a des uniformes pour tout le monde dans cette histoire, même pour les révolutionnaires.» Un vaudeville existentiel Campée dans un bordel, la pièce s\u2019apparente sans nul doute à ce qu\u2019il serait juste d\u2019appeler un vaudeville existentiel.Mais contrairement à ce qu\u2019on pourrait croire, dans l\u2019établissement de Madame Irma, fréquenté par des individus fort influents, ou qui voudraient bien l\u2019être, ce n\u2019est pas la sexualité qui est mise en avant.Le désir est ailleurs.Selon Marie-Thérèse Fortin, qui incarne la tenancière, la pièce donne au pouvoir une charge érotique immense.«La tentation du pouvoir est ici plus grande encore que celle de la chair, encore plus irrésistible.C\u2019est plutôt triste, mais les clients de Madame Irma ne parviennent Genet, le génial marginal Romancier, poète et dramaturge, Jean Genet était fasciné par les relations de pouvoir.Admiré de Cocteau, de Sartre et de Derrida, il aura construit une oeuvre provocante portée par des univers crus, noirs et subversifs.Chantre des amours homosexuelles, éveilleur de conscience et agitateur de changements.Genet crée dans une langue travaillée, stylisée, très ornée même.Du Balcon, il écrira dans son Avertissement: «Aucun problème exposé ne devrait être résolu dans l\u2019imaginaire, surtout que la solution dramatique s\u2019empresse vers un ordre social achevé.Au contraire, que le mal sur la scène explose, nous montre nus, nous laisse hagards s\u2019il se peut et n\u2019ayant de recours qu\u2019en nous.» Au théâtre, on lui doit notamment Les bonnes (1947), Les nègres (1958), Les paravents (1961) et Le bagne (1994).VOIR PAGE E 4 : POUVOIR E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 20IS CULTURE Cent ans de Recherche J Odile Tremblay Il y a cent ans était publié à compte d\u2019auteur chez Grasset le premier tome d\u2019une œuvre-fleuve qui allait révolutionner le cours de la littérature.Par la voix d\u2019André Gide, la NRF, futur Gallimard, avait refusé Du côté de chez Swann.«Sans le lire», affirmait Proust.A preuve, ce nœud particulier de la ficelle entortillée par les bons soins d\u2019un serviteur, Nicolas Cottin, autour du manuscrit renvoyé intact.Gide assura pourtant l\u2019avoir feuilleté, mais l\u2019auteur des Nourritures terrestres considérait Proust comme un snob, un mondain, un amateur, il devait avouer par la suite, dans une lettre piteuse autant qu\u2019illustre: «Ce refus fut l\u2019un des regrets, des remords les plus cuisants de ma vie.» Trois ans plus tard, après avoir fait languir la maison d\u2019édition tout son soûl, le génial snob céda^à Gallimard la publication d\u2019À l\u2019ombre des jeunes filles en fleurs, qui obtint le Goncourt.Puis il laissa le reste de la Recherche emprunter le même chemin.Gallimard n\u2019aura-t-il pas également éconduit Joyce et Céline avant de les récupérer de la même façon?L\u2019histoire de l\u2019édition est pavée d\u2019impairs autant que d\u2019éclairs de génie.La bourde Ce voyage à travers les dédales de sa mémoire, traquant l\u2019échappée fugace au temps pas si perdu que ça, se poursuit de Gide forgea aussi sa légende.Celle de Proust ne faisait que commencer.Cent ans donc, et un nom d\u2019écrivain qui aura surtout grandi après sa mort.Non seulement parce que les trois derniers volumes de cette saga des profondeurs furent publiés de façon posthume, mais parce que l\u2019œuvre entière est testamentaire, du premier mot, «longtemps», au dernier mot, «temps», d\u2019un livre conçu en boucle.Ce voyage à travers les dédales de sa mémoire, traquant l\u2019échappée fugace au temps pas si perdu que ça, se poursuit.Ses fervents admirateurs, dont je suis, se demandent toujours comment un homme seul, alité, névrosé, asthmatique, sous-alimenté, insomniaque, a pu pondre une œuvre aussi magistrale qu\u2019À la recherche du temps perdu, superproduction littéraire.Mais chercher dans ses biographies, sa décevante et infinie correspondance ou les écrits des plus savants exégètes le secret de son génie est peine perdue.Point de réponse ni là ni ailleurs.Autant interroger, sur ses photos, ce regard oblique qui nous nargue d\u2019un mystère ombré.On finit par délaisser l\u2019enquête hors du champ de son écriture, seule clé d\u2019entendement envisageable.\u2014 Oui, mais, comment il a fait?Expliquer à ceux qui bâillent à révocation du nom de Mar- 1 ' -T.SOURCE FNC Au cinéma, seul Raoul Ruiz a su capter l\u2019âme de la sublime symphonie littéraire proustienne dans Le temps retrouvé.cel Proust ou tremblent devant l\u2019ampleur de l\u2019œuvre \u2014 1,5 million de mots, 2500 pages \u2014 pourquoi on l\u2019a relu plusieurs dizaines de fois avec un émerveillement sans cesse renouvelé est malaisé.On ne convainc en définitive que sa confrérie, les frères prous-tiens, sans avoir grand-chose à leur dire \u2014 l\u2019expérience est intransmissible \u2014, lançant au passage le petit signe de connivence des membres d\u2019un cénacle trop diffus pour s\u2019afficher.Avoir longtemps prêché la bonne nouvelle dans le désert m\u2019aura appris que la lecture de Proust ne sied avant tout qu\u2019aux tempéraments contemplatifs et tombe des mains des êtres d\u2019action.Une exception peut-être : Un amour de Swann, roman dans le roman, dont l\u2019humour et la férocité d\u2019analyse psychologique sont accessibles à un plus large spectre.Les non-initiés auraient intérêt à l\u2019ingérer en guise de préambule à l\u2019œuvre entière.Quant aux convertis, les multiples dimensions de Proust, en poupées gigognes emboîtées, leur coupent le souffle d\u2019une fois à l\u2019autre : ce phrasé musical si limpide, ce haut niveau de conscience en souffrance transcendée ! 11 fut un chroniqueur d\u2019époque et de société supérieur à Balzac, un éblouissant poète, un brillant humoriste de noire ironie, un philosophe, un analyste.Ajoutez sa vaste culture utilisée pour tisser des liens constants entre l\u2019être humain et le ,rêve du monde qui l\u2019entoure.A lui, pardessus tout, ce courage de % uumiMiuui: uucdiicL, rniLirrc ANDREANELECLERC, MARIE-LAURENCE MOREAU, MARC-ANDRÉ GOULET, GILLES PROVOST ET ARNO EEMAV ANGELA KONRAD / COMPAGNIE LA FABRIK UDmn QuÉBEcoB.MVIDÉOTIIOH\tIBH NEDERLAND/ NDUVELLES SCENES DES PAYS-BAS NE MANQUEZ PAS CE VOÏAGE INÉDIT AU CŒUR DE EA SCÈNE CCNTEMPCRAINENÉEREANDAISEI UNITEC-C ANNVANCENBROEK ROBVANRIJSWIJK &JEROENSTRIJBOS LEONARD &JER0EN JAN MARTENS DOODPAARD INVITE D\u2019HONNEUR IVO VAN HOVE AVEC LE SOUTIEN DE PEBFOBMINI! ARTS FOND NE, DE F\u2019AMBASSABE BES PAVS-BAS AB CANABA ET DU CONSEIL BES ARTS ET OES LETTRES OB BBËBEC.plonger en lui-même, avec cette douloureuse honnêteté qui ne laisse guère d\u2019espace aux justifications mal embouchées, ces calmants de l\u2019âme.11 aura témoigné du processus de création littéraire, empruntant des chemins de traverse pour cerner l\u2019intangible, comme Rimbaud en poésie.La Recherche rejoint la quête psychanalytique.Mais Proust aura-t-il fait tant d\u2019émules depuis?Pour marcher sur ses pas, les écrivains de sa postérité auraient dû posséder une torche aussi lumineuse que la sienne.Né en 1871 et mort en 1922, chevauchant deux siècles, décrivant avec une pénétration de voyant extralucide les travers et illusions perdues des bourgeois, aristocrates et domestiques parisiens du début du XX® siècle, il nous a pourtant donné, à des années-lumière de son univers, l\u2019impression de lire en nous-mêmes.«L\u2019ouvrage de l\u2019écrivain n\u2019est qu\u2019une espèce d\u2019instrument optique qu\u2019il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que, sans ce livre, il n\u2019eût peut-être pas vu en lui-même», écrivait-il dans Le temps retrouvé.On croit marcher sur les pas de son enfance en arpentant les vieilles rues serpentines d\u2019il-liers-Combray, pour découvrir la maison de sa tante Léonie, mais les lieux et les noms de son œuvre, côté Swann et côté Guermantes, ne sont-ils pas surtout les socles oû accrocher nos propres souvenirs ?L\u2019œuvre a pris corps en nous.L\u2019auteur s\u2019était de son côté laissé volontairement condamner par une bronchite mal soi- gnée, peu de temps après avoir écrit le mot «fin».Dévoré par son œuvre, alors à quoi bon survivre?11 n\u2019aura pas vu monter le nazisme, lui, le demi-juif, le farouche dreyfusard.On ne saura jamais quelles phrases terribles la Shoah lui aurait inspirées.Elles manquent à notre entendement du pire.Cet homme qui explora le monde des arts, au point de créer des figures métaphoriques de créateurs \u2014 «l\u2019Écrivain» (Bergotte), «le Peintre» (Elstir), «le Musicien» (Vin-teuil) \u2014, ne se sera guère intéressé au cinéma.11 n\u2019existe de Proust aucune image animée.Le projet de Visconti d\u2019adapter la Recherche demeura lettre morte (un fascinant documentaire en témoigne), Schlôndorff s\u2019y cassa un peu les dents avec Un amour de Swann.Seul Raoul Ruiz, dans Le temps retrouvé, capta l\u2019âme de cette sublime syipphonie littéraire.A Paris, au cimetière du Père-Lachaise, la dalle de marbre, trop noire, trop sobre, sous laquelle Proust est enterré avec les siens, demeure toujours fleurie.Parfois, on y ajoute un bouquet d\u2019anémones acheté chez la fleuriste du coin, boulevard Ménilmontant, en tirant de sa mémoire des phrases de la Recherche déposées parmi les fleurs.Dérisoires offrandes pour un écrivain qui s\u2019est livré entier en une longue étreinte littéraire, dont l\u2019onde a traversé un siècle, sans perdre un pied-chandelle de sa luminosité en nous : ceux que son œuvre a fécondés.otremblay@ledevoir.com Violette Chauveau, Pr'ix de l\u2019inter'pr'étation féminine de l\u2019année 2012 - Montréal AQCT Quel texte! Quelle mise en scène! Quels comédiens extraordinaires! Bravo! Un des grands moments de la saison.Merci.Michel Bélair, Le Devoir Violette Chauveau a u fougue, une rage, un justesse de jeu particulièrement émouvantes.[Son] monologue de la fin est à couper le souffle.Marc Cassivi, La Presse Violette Chauveau et Jean-François Casabonne offrent une performance remarquable.La dernière scène est si troublante qu\u2019il ne faut surtout pas en parler.Elle est à recevoir dans le plexus.Louise Vigeant, RevueJeu.org Epoustouflante Violette Chauveau et solide Jean-François Casabonne.Une pièce forte et belle.Une grande réussite.David Lefevbre, montheatre.qc.ca Encore bouleversé, secoué, par Une vie pour deux.Texte, distribution, mise en scène admirables! Violette Chauveau est sublime, grandiose.Une rencontre au sommet entre une actrice et un personnage.A voir toutes affaires cessantes! Luc Boulanger, La Presse (sur Facebook) Ne ratez surtout pas Une vie pour deux! C\u2019est bouleversant.Violette Chauveau est au sommet de son art.Christian Saint-Pierre, Revue Jeu (sur Facebook) I k.\\ 22 octobre 02 novembre 2013 evelyne delà Chenelière alice ronfard JEAN-FRANÇOIS CASABONNE VIOLETTE CHAUVEAU EVELYNE DE LA CHENELIÈRE UNE PRODUCTION ESPACE GO X Bell CWSILKSMTI [S*.\u2014 créatioTT québécoise la plus mteTise que\tI - Luc Boulanger, La Presse\tpffirares et aussi troublaTits.(.) un\"i»™\u2014\u2018\t¦ I.Marie Labrecque, Le Devoir\tfnssonner.« Ett dessous de vos corps (.).des mois qui * - Philippe Couture, VOIR PARTENAIRE DU SPECTACLE Québec ¦¦ CoimII dM Arts ^transat I PARTENAIRE DE SAISON Québec! Conseil des Arts\tCanada Council du Canada\tfor the Arts Télé-Québec\tLE DEVOIR 4559 PAPINEAU, MONTREAL / THEATRELALICORNE.COM / 514 523.2246 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 20IS E 3 CULTURE »MÜSI0,IIE Koriass, le rappeur paradoxal Son nouveau disque vibre au rythme de ses contradictions et de ses remises en question PHILIPPE PAPINEAU Avouer ses faiblesses, prêter le flanc à la critique, la chose est peu fréquente dans le rap, une musique qui carbure souvent à la gloire et au succès.Mais Koriass n\u2019en a que faire, lui qui pousse encore plus les confidences sur son nouveau disque.Rue des Saules.Une récente dépression et son nouveau statut de père l\u2019ont plongé dans les remises en question, l\u2019incitant à nous révéler ses paradoxes.Petite défaite?«Grosse victoire», lance-t-il plutôt.Le personnage reste complexe, et c\u2019est là tout l\u2019intérêt de la démarche de Koriass, révélé en 2011 par son deuxième disque.Petites victoires.Non seulement les rythmes classiques de l\u2019homme accrochent, mais ce qu\u2019il nous raconte captive.il parle de Saint-Eustache où il a grandi, rigole du peu de poils qu\u2019il a au menton, mais sait aussi se faire cinglant et agressif, non sans décocher plusieurs pointes au deuxième degré.C\u2019est donc un homme tout en paradoxes que son nouvel album Rue des Saules nous permet d\u2019apprécier.Une Coup de Grisou et un tar-tare de cerf \u2014 il fallait manger pour prendre un verre \u2014 sont posés devant Koriass, de son vrai nom Emmanuel Dubois.Mais il porte le hoodie et la casquette à palette droite, qu\u2019il manipulera régulièrement pendant la discussion.Le côté montagnes russes de son disque, «c\u2019était quelque chose de prévu, de calculé, explique celui qui a participé au dernier concert de la Eête nationale au parc Maisonneuve.Je suis contradictoire sur l\u2019album, on l\u2019a prévu dans l\u2019enchaînement aussi.Par exemple, sur la pièce Devenir fou, je pète une coche contre l\u2019humanité entière puis, tout de suite après, c\u2019est Les années, où je mets ma famille en priorité, où je veux être heureux.Je voulais créer cette espèce de bipolarité.» Honnêteté, authenticité, complexité.les explications de Koriass tournent autour de cet entre-deux dont Rue des Saules est rempli.Un peu de géographie il y a trois pôles géographiques sur le disque de Koriass.il y a Montréal-Nord, le quartier de naissance du rappeur, auquel il dédie une chanson sur l\u2019album, il y a Saint-Eustache, la banlieue où sa mère a déménagé alors qu\u2019il était bambin.Et il y a la rue ¦T*.U J MARIE-HELENE TREMBLAY LE DEVOIR Son précédent album était peuplé de collaborations, alors que la dernière cuvée n\u2019est pratiquement l\u2019affaire que de Koriass.des Saules, à Québec, où Dubois vit depuis trois ans.«Le concept de l\u2019album, c\u2019est la rue des Saules, là où j\u2019ai fait une dépression, où j\u2019ai eu un enfant, où fai eu des remises en question Il parle de Saint-Eustache, où il a grandi, rigole du peu de poils qu\u2019il a au menton, mais sait aussi se faire cinglant et agressif existentielles et où fai choisi des priorités dans ma vie.» Le thème de la dépression n\u2019est pas évident sur le disque, même si après coup on en trouve les traces un peu partout.«Je ne dis pas une fois le mot \u201cdépression\u201d sur l\u2019album, c\u2019est en trame de fond, explique Koriass.Oui, fai passé à travers ça.A ce moment-là, j\u2019ai fait des trucs dans ma vie dont je ne suis pas fier, fen parle un peu.Mais c\u2019est pas un album déprimant, c\u2019est bien dosé, c\u2019est encore moi, y\u2019a encore un peu d\u2019humour, c\u2019est groovy comme album, c\u2019est pas sombre ! » Reste que Koriass aborde de front des sujets comme la pauvreté héréditaire \u2014 dont il a réussi à se soustraire grâce aux actions de sa mère \u2014, fadultère, la religion, et même le départ de son père, parti dans une secte religieuse avant même sa naissance.«Y\u2019en a qui disent que c\u2019est important d\u2019avoir du vécu dans le rap.Ben avoir du vécu, c\u2019est pas juste avoir une arme à feu et vendre du crack.C\u2019est assez rock\u2019n\u2019roll ce que ma mère a vécu.Ce que je raconte, c\u2019est tout arrivé pour vrai.» Musique en deux temps Musicalement très réussi.Rue des Saules a aussi un ton «bipolaire».D\u2019un côté, on trouve des airs et des rythmes assez élégants, faits d\u2019échantillons simples et de vrais instruments; de l\u2019autre, on a des titres lourds, agressifs, plus proches de ce qui se fait en ce moment dans certaines branches du hip-hop.«Le mot-clé, c\u2019était mélodie, assure Koriass, et je voulais que ce soit gros au niveau des arrangements, que j\u2019ai faits avec Ruffsound, avec qui j\u2019ai également travaillé sur Petites victoires.Il y a un son assez organique sur l\u2019album, comme swr Trouver Dieu, qui est complètement jouée avec des musiciens.En même temps, il y a des trucs beaucoup plus rap actuel, à 62 bpm, double-time \u2014 où on doit rapper deux fois plus vite \u2014, gras.» Koriass avoue s\u2019être récemment gavé de la musique de Drake, dont on sent l\u2019influence sur le titre Supernova, une pièce construite sur le squelette de la chanson Les étoiles filantes, des.Cowboys fringants.«Ç\u2019a allait complètement avec le ton de l\u2019album, qui est nostalgique, ça remet la vie en question, dit Koriass.Et je voulais \u201csampler\u201d du québécois depuis longtemps, et du québécois actuel.D\u2019habitude, je pige dans des trucs plus obscurs, plus durs à détecter, je fais beaucoup de recherche pour l\u2019échantillon- nage.Mais y\u2019a peut-être quelque chose d\u2019identitaire à \u201csampler\u201d la musique d\u2019ici.Je suis fier d\u2019être Québécois.» Des musiciens Si Petites victoires était peuplé de collaborations avec d\u2019autres chanteurs et rappeurs (Dramatik, Karim Ouellet, Maybe Watson.), Rue des Saules n\u2019est pratiquement l\u2019affaire que de Koriass, qui a seulement invité la jeune chanteuse Safia Nolin, un de ses récents coups de cœur.«Seule exception, il y a un remix que fai fait avec Jam et RDox qui va être donné sur Internet, pour la chanson Les choses.C\u2019est un échantillon de My Ea-vorite Things, de La mélodie du bonheur.Je l\u2019ai fait avec eux parce que ça se rapproche beaucoup de leur musique, souvent avec des thèmes ludiques, simples.» Peu d\u2019invités, donc, mais Koriass n\u2019a pas laissé tomber ses musiciens, qui l\u2019accompagnent sur scène depuis l\u2019été 2012.«La formule band, je ne Une acceptation tonte relative Au Québec, la scène rap reste marginale, obtenant peu de diffusion dans les grandes radios, restant un style encore peu accepté par le commun des mortels.«C\u2019est vraiment pas facile, mais il y a de plus en plus d\u2019ouverture, analyse Koriass, qui a reçu de bons mots du public lors de la plus récente tournée Sirius.Les gens ont encore peur et ne voient que les gros clichés du rap américain alors que c\u2019est tellement plus riche que ça.Il faudrait un guide pour les nuis! Ma grand-mère dit: \u201cTu parles sur de la musique.\u201d Gainsbourg parlait sur de la musique ! » Ce que Koriass raconte était visible au dernier gala de l\u2019ADiSQ, où Boogat était le seul rappeur ayant trouvé une place sur scène, en compagnie de Marie-Mai.«Aux Grammys, par exemple, dans la catégorie Album de l\u2019année, il y a des albums rap en nomination.Outkast avait même gagné au début des années 2000.Au Canada anglais, Drake a animé les Junos.Ici, y\u2019a presque rien.» peux plus m\u2019en passer, c\u2019est une énergie tellement différente.» La semaine dernière, Koriass a passé de longues journées avec son groupe pour préparer ses concerts, dont celui du Coup de cœur francophone, le samedi 9 novembre au Club Soda.Se sont ajoutés à sa petite équipe un éclairagiste et un so-norisateur.«On veut vraiment faire un spectacle complet, coup-de-poing, et en même temps teinté d\u2019humour, et où l\u2019éclairage a un apport très important.Je suis allé voir pas mal de shows d\u2019envergure d\u2019artistes américains, comme Jay-Z, et je me suis inspiré de quelques trucs.» Alors, malgré tout, rue des Saules n\u2019est vraiment pas une petite défaite pour Koriass «C\u2019était une période de ma vie qui était difficile, et je m\u2019en suis sorti.C\u2019est une grosse victoire.» Le Devoir D Écouter > La pièce Montréal-Nord tirée de l\u2019album Rue des Saules, ledevoir.com/ culture/musique Lire CharlÉlie pour mieux comprendre Lou Ils auront eu le rock, l\u2019art et Manhattan en commun : dans le fatras des hommages à feu Lou Reed, c\u2019est le hillet Facehook de CharlÉlie Couture que l\u2019on retient.SYLVAIN CORMIER LOU y eç-tu ?M\u2019entends-tu ?», titre CharlÉlie Couture comme s\u2019il était monté sur le mur Eacebook pour voir de l\u2019autre côté.Pas de réponse, CharlÉlie écrit.«Son départ fait grésiller le néon qui illuminait un certain rock sous tension dans les années 70-80.» Bien placé pour le dire, l\u2019ancien Nancéen.Né en 1956, il s\u2019est pris la claque du Velvet Underground au passage à la puberté.«Je me souviens quand je me suis rasé les tempes, inspiré par la pochette de Rock\u2019n\u2019roll Animal.» C\u2019était en 1974, pour ses 18 ans.CharlÉlie au Devoir en 2007 : «La chanson dit, le rock exprime.C\u2019est différent.Dans le rock, le grain a de l\u2019importance.Comme en peinjure.» Content d\u2019avoir CharlÉlie Couture pour parler de Lou Reed.De musicien rock à musicien rock.D\u2019artiste visuel à artiste visuel.Hommes de Manhattan par nécessité impérieuse, tous deux.Moi, j\u2019ai trop en tête mon dernier Lou Reed, aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal en 2010 pour son (mauvais) film Red Shirley : Lou peinard au resto pendant que l\u2019auditoire l\u2019attendait.Antipathique,d\u2019office parce que l\u2019attitude rock\u2019n\u2019roll.Écrasant de sa morgue les critiques de rock comme on écrase des cafards.Qu avait beau lui devoir tellement, toute la génération punk un immense bras d\u2019honneur, ça n\u2019avait pas rendu son show avec John Zorn et Laurie Anderson au Eestival de jazz de Montréal en 2009 plus supportable.Bidouillage d\u2019ampli au lieu de jouer, comme s\u2019il était tout seul.«Euck you, Lou Reed», avais-je y i FRED TANNEAU AGENCE FRANCE-PRESSE «Lou Reed se foutait d\u2019être aimé.li ne i\u2019avait pas vraiment été dans son enfance», écrit ChariÉiie sur Facebook.fini par éprire.Colère et dépit.CharlÉlie en écho sur Éacebook.«Il n\u2019était pas aimable, non.[.] Caché derrière ses lunettes noires, il impressionnait les journalistes qui voulaient le défier, dictant parfois des réponses sèches aux pigistes qui suaient sang et eau pour tirer ensuite de cette rencontre calculée à la minute un compte rendu pas trop vache.Mais Lou Reed se foutait d\u2019être aimé.Il ne l\u2019avait pas vraiment été dans son enfance.» Elle n\u2019est pas comme dans les livres d\u2019histqire du rock, la vie de Lou Reed par CharlÉlie.«Né dans une famille juive de Brooklyn, il ne voyait son dieu que dans la musique.Mélange d\u2019arrogance et de pudeur, Lewis Allan Reed, dit \u201cLou\u201d, n\u2019était pas vraiment un intellectuel.Il s\u2019était façonné un personnage qui lui collait à la peau, un golem ombrageux souvent habillé en cuir, assez imperméable à ce qu\u2019on appelle l\u2019humour.» Ça donnait des chansons au degré zéro de l\u2019écriture.«Synthétiques, \u201cacides\u201d et parfois cruels, les textes de ses chansons n\u2019étaient pas équipés de ce double fond qui fait le mystère de la littérature; L.R racontait des histoires à peine mises en scène, de paumés, de transsexuels mal à l\u2019aise ou de travelos junkies.Ceux qu\u2019ij connaissait.» Ceux de Manhattan.CharlÉlie, qui a élu l\u2019île pour domicile depuis bientôt dix ans, y reconnaît son Lou.«Autant les films de Scorsese Vont mis en lumière, autant ceux de Woody Allen l\u2019ont fait parler, autant Manhattan existait à travers les albums de Lou Reed.C\u2019était l\u2019électricité des enseignes de la 42nd Rue avant qu\u2019elle ne se transforme en centre mondial du tourisme.C\u2019était une sorte de brume sulfureuse qui envahissait l\u2019âme du Lower East Side.C\u2019étaient les tourbillons de vapeur d\u2019eau se diffusant au-dessus des cheminées orange qui enveloppent les promeneurs nocturnes.Ou les gaz d\u2019échappement.Ou les odeurs des sous-sols.C\u2019était cet impalpable qui faisait la musique de Lou Reed.Il incarnait LA ville.» L\u2019art visuel les aura liés plus intensément encore.«Photographe depuis une dizaine d\u2019années, Lou Reed exposait depuis peu en galerie ses snap-shots pris à la volée, qui reflétaient sans complaisance le regard d\u2019un homme inquiet, dont le cœur [de rocker] battait au tempo de la grosse caisse.» Einale comme un texte de chanson.«Jusqu\u2019à ce qu\u2019il décide de s\u2019arrêtçr / Hier dans le New Jersey.» Signé CharlÉlie, New York.Le Devoir CLOTURE DE L\u2019AMOUR I Dw I Du 11 novembre au 6 décembre 2013 Une production du Théâtre de Quat\u2019Sous Texte Pascal Rambert Mise en scène Christian Vézina Avec Christian Bégin et Maude Guérin Concepteurs Florence Cornet, Michel F.Côté, Francis Hamel, Roxanne Henry et Marc Senécal Billetterie 514 845-7277 quatsous.com Partenaire de saison \u201cqItLcSS\tLE DEVOIR\tQ/'feec Tarif préférentiel «avant-première» 11 et 12 novembre E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 2013 CULTURE«THEATRE JEUNES PUBLICS Le dos solide Marie-Ève Huot monte, entre mille projets, Un château sur le dos de Martin Bellemare MICHEL BELAIR Marie-Ève Huot est une femme fort occupée.Jeune trentenaire, elle est présidente de Théâtres unis enfance jeunesse (TUEJ) \u2014 l\u2019association qui regroupe les producteurs de théâtre pour jeunes publics \u2014, professeure à TOption-théâtre du collège Lionel-Groulx, comédienne, metteure en scène, auteure dramatique.et elle dirige aussi sa propre compagnie.Signalons également qu\u2019elle fait partie du comité artistique de la Maison Théâtre et que c\u2019est elle, au nom de TUÉJ, qui a porté le manifeste Pour une politique du théâtre professionnel pour les jeunes publics au Québec.Ces jours-ci, elle revient de Reims, en Champagne, où elle a participé à l\u2019événement M\u2019Au-teurs.Elle a lu et relu là son plus récent texte.Nœuds papillon, qu\u2019elle présentera en janvier dans le réseau des maisons de la culture et en avril en Erance, au festival Méli\u2019Mômes que nos lecteurs connaissent bien.Un peu essoufflée, elle vient à peine de se replonger dans les répétitions de ce Château sur le dos qui prendra l\u2019affiche la semaine prochaine à la Maison Théâtre.tout en travaillant déjà avec ses étudiants sur Reviens! de Marie-Hélène Larose-Truchon, qu\u2019elle dirigera un peu plus tard, en janvier.Ouf! ij ü N Æ PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le parcours de Marie-Ève Huot témoigne du fait que proposer du théâtre aux enfants, c\u2019est leur ouvrir la porte de l\u2019imaginaire en leur offrant des outils pour enrichir leur perception du monde.Elle a trouvé du temps entre une réunion administrative et une répétition pour nous parler du spectacle qu\u2019elle prépare et aussi pour raconter un peu comment et pourquoi elle s\u2019adresse aujourd\u2019hui aux enfants sur une scène de théâtre.Dès sa sortie de l\u2019École nationale de théâtre en 2006 \u2014 elle y a étudié avec Gervais Gau-dreault et Louis-Dominique La-vigne, entre autres \u2014, Marie-Ève Huot savait qu\u2019elle allait surtout consacrer ses énergies aux jeunes publics.Elle fonde l\u2019année suivante sa compagnie.le Théâtre ébouriffé, et monte un premier spectacle.Cabaret au bazar, dont elle signe la mise en scène.Au cours de la même période, elle est du stage sur la création pour la petite enfance mis sur pied par le festival Petits bonheurs (Reims-Montréal-Bruxelles) et on la retrouve comme comédienne dans le Marguerite de Jasmine Dubé.C\u2019est toutefois il y a deux ans, en reprenant la mise en scène à'Une lune entre deux maisons de Suzanne Le-beau avec la bénédiction de Gervais Gaudreault \u2014 un spectacle qui tourne toujours \u2014, qu\u2019elle signe son premier véritable coup d\u2019éclat.Assumer du début à la fin Mais qu\u2019elle joue, écrive ou signe une mise en scène, son parcours témoigne du fait que proposer du théâtre aux enfants, c\u2019est leur ouvrir la porte de l\u2019imaginaire en leur offrant des outils qui enrichiront leur perception du monde et leur permettront d\u2019appréhender la réalité autrement.«C'est vrai que je fais beaucoup de choses en même temps, dit-elle; j\u2019aime m\u2019impliquer à fond, c\u2019est ma façon d\u2019avoir une vision d\u2019ensemble du monde dans lequel je m\u2019inscris.J\u2019aime bien aussi l\u2019idée d\u2019assumer un spectacle du début à la fin.Mais je réussis à me compartimenter: quand j\u2019écris, j\u2019écris.Et quand je travaille sur une mise en scène, je le fais totalement avec les comédiens sur scène.Un peu comme si j\u2019écrivais dans l\u2019espace avec eux.» Eaire de la mise en scène, ce n\u2019est pas se référer à des théories ou gérer les déplacements des comédiens sur un plateau, poursuit-elle.«C\u2019est être en \u201cmode construction\u201d, tenir compte de tout le système de la représentation.Avoir conscience des codes, des signes perçus par les petits spectateurs et transcrire cela de façon très physique, très corporelle dans le jeu des acteurs.Après avoir vérifié avec eux, selon le principe d\u2019aller et retour, durant les répétitions qui sont une sorte de labo exploratoire.Être consciente aussi de l\u2019intériorité, des images personnelles qui surgissent au moindre mot dans la tête de chaque comédien et tenter d\u2019inscrire tout cela de façon cohérente dans le spectacle.C\u2019est un beau défi.» Un château sur le dos tire son origine d\u2019une anecdote racontée par Montaigne: c\u2019est l\u2019histoire d\u2019un père qui cherche sa fille dans un pays dévasté par la guerre.«Dès le départ, poursuit-elle, j\u2019ai souhaité raconter cette fable sur le mode épique.sans tomber dans le style réaliste \u201ccapes et épées\u201d.Martin a écrit un petit Shakespeare pour enfants qui m\u2019a faitj)enser aux hérauts du Moyen Age; c\u2019est ainsi que j\u2019en suis arrivée à une proposition de mise en scène assez radicale dans laquelle tout est raconté face à la salle ou presque.» Intrigant, non ?Collaborateur Le Devoir POUVOIR SUITE DE LA PAGE E 1 à être érotisés que lorsqu\u2019ils deviennent quelqu\u2019un d\u2019autre.Pour être stimulés, ils ont besoin de jouer, d\u2019incarner un personnage, de se voir apparaître dans le miroir en pleine transformation.» On est assurément ici sur le territoire du fantasme et de l\u2019illusion, mais aussi du fétichisme, du sadomasochisme et du détournement des symboles religieux.« Ces gens, ajoute Eortin, n\u2019ont de sexualité que s\u2019ils accèdent, même momentanément, à quelque chose qu\u2019ils rêvent de devenir, à un jeu de rôles qui leur permet d\u2019asservir ou de se soumettre.» S\u2019il est une chose que Genet a su épingler, c\u2019est bien la pernicieuse reconduction des schèmes du pouvoir dans la sexualité.René Richard Cyr est formel: «On est plus près de Brecht que d\u2019Ionesco!» Le balcon est une fantaisie qu\u2019il faut extraire du reste de l\u2019œuvre de Genet, poursuit l\u2019homme de théâtre.« [Genet] a écrit cette pièce avec sa tête.Il n\u2019y a pas d\u2019émotions, pas véritablement de nuances, pas de psychologisme, très peu de conflits interpersonnels.On est vraiment dans les archétypes, dans la fatalité, la critique et la satire.C\u2019est une fable provocatrice et inspirante, un appel à la désobéissance, à la vigilance et au refus.» Collaborateur Le Devoir LE BALCON Texte: Jean Genet.Dramaturgie et mise en scène: René Richard Cyr.Au Théâtre du Nouveau Monde du 5 au 30 novembre 2013.La dictature du guichet Pourquoi monte-t-on si peu Genet au Québec?Parce qu\u2019on accepte que le coefficient de difficulté s\u2019estompe et que tout soit ras-sembleur, répond René Richard Cyr.«On ne monte pas davantage Camus ou Claudel que Genet.On les monte même moins aujourd\u2019hui qu\u2019il y a 10 ans.» Pour des raisons mercantiles, principalement, mais pas seulement.«On dit que les gens n\u2019ont plus la culture pour comprendre ce qui est exprimé par ces auteurs.Je ne suis pas convaincu de ça, mais une chose est certaine: moins on va en offrir aux gens, moins ils vont venir voir ce genre de pièces.» Marie-Thérèse Eortin estime elle aussi que le théâtre québécois est plus formaté que jamais.«C\u2019est exigeant d\u2019assister à une pièce signée par un penseur du monde comme Sartre ou Genet.» Maintenant, ce qu\u2019on valorise, c\u2019est l\u2019efficacité théâtrale.«Le propos est d\u2019abord et avant tout organisé par le véhicule.Genet n\u2019était pas particulièrement affolé par les structures théâtrales.Il écrivait d\u2019abord et laissait les metteurs en scène se débrouiller pour en faire du théâtre.J\u2019oserais dire qu\u2019on vit actuellement sous une dictature de la compréhension.Chez les spectateurs comme chez les artistes, il faut comprendre sans trop fournir d\u2019effort, sinon on passe à autre chose.» Monter Èric-Emmanuel Schmitt, c\u2019est bien, si on a Koltès à côté, lance René Richard Cyr.On serait tenté d\u2019ajouter que monter Le murmure du coquelicot se défend mieux si on a Le balcon juste après.«Il faut de la pluralité, poursuit le metteur en scène.Si tu ne sers que du McDonald\u2019s aux spectateurs, tu ne peux pas espérer qu\u2019ils s\u2019intéressent au brocoli ensuite.En ce moment, il y a tout simplement trop de données qui sont prises en considération avant de programmer une pièce.» «Les objectifs ont changé, confirme Marie-Thérèse Eortin.Dans les années 80 et 90, on se disait qu\u2019il fallait monter un auteur, que c\u2019était crucial, même si ce n\u2019était pas rentable.L\u2019essentiel, c\u2019était de remplir sa mission.Aujourd\u2019hui, parce que l\u2019équilibre budgétaire repose de plus en plus sur les revenus autonomes, le rendement au guichet importe souvent beaucoup, pour ne pas dire trop.» MARIE HELENE TREMBLAY LE DEVOIR UNE ŒUVRE SATIRIQUE ET PORTÉE PAR UNE OISTRIRUTION MAGISTRALE! l£ BALOON TEXTE JEAN GENET DRAMATURGIE ET MISE EN SCENE RENÉ RICHARD CYR UNE PRESENTATION ?)) SNC*LAVAIJN AVEC ÉRIC BERNIER / STÉPHANE BRETON / SONIA CORDEAU / KIM DESPATIS / BENOÎT DROUIN-GERMAIN BERNARD FORTIN / MARIE-THÉRÈSE FORTIN / ROGER LA RUE / MARIE-PIER LABREGQUE / SIMON LACROIX JULIE LE BRETON / MACHA LIMONCHIK / BRUNO MARGIL / VINCENT-GUILLAUME OTIS / DENIS ROY ÂTH 'F\t: DU Nouveau NIondh\t\t\t À L\u2019AFFICHE DÈS MARDI!\t\tLES MARDIS À 19H30\tTNM.QC.CA 514.866.8668\t Il (deux) DU 4 AU 8 NOVEMBRE 5 représentations SEULEMENT! Texte Mansel Robinson c Traduction Jean Marc Dalpé A^yl:________i___^ru: Mise en scène Geneviève Pineault Avec Jean Marc Dalpé et Elkahna TaIbi «(.) i\u2019aî été remué par ce texte cru, évocateur, subtilement subversif, qui s\u2019intéresse au germe de la paranoïa et a notre peur collective de l\u2019autre.» Marc Cassivi, La Presse ' «Rarement a-t-on assisté à du théâtre aussi percutante.) Un .coup de génie.» i Jean-Thomas Tremblay, ] VOIR Ottawa-Gatineau 1 «Une production 1 poignante.» I Jerôme Leclerc, SRO Sudbury BILLETTERIE : 514 523-2246 4559 Papineau theatrelalicorne.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE NOVEMBRE 2013 E 5 CULTURE >MEDIA8 HUMOUR Amour, haine et télécommande Petit bilan médiatique d\u2019une grande campagne politique STEPHANE BAILLARGEON Qui a dit que le Québec souffrait d\u2019une grande fatigue politico-média-tique?Rien qu\u2019au cours des derniers jours, LCN a présenté quatre face-à-face entre les principaux candidats à la mairie de Montréal, qui ont également croisé le fer au 98,5 FM, surpuissante et très politique radio de la métropole.Il faut ajouter des entrevues de fond, des portraits, des chroniques partout, y compris au Devoir.Il faut se souvenir des dossiers étoffés et des articles hors normes, comme cette instructive et amusante tournée de nuit avec le maire Ferrandez dans son arrondissement du Plateau offerte jeudi dans le journal Métro.Il faut aussi verser dans le bilan médiatique la suractivité sur les nouvelles plateformes et les campagnes de publicité, dont celle, anti-Coderre, de Mélanie Joly.Bref, la médiatisation politique se porte bien.Ou est-ce bien le cas?«Au début de la campagne, au 20 septembre, j\u2019étais un peu pessimiste parce que la Charte des valeurs semblait prendre beaucoup de place dans les médias», répond Laurence Bherer, professeure de science politique à l\u2019Université de Montréal, spécialiste de la démocratie locale et des politiques urbaines.«Je trouvais ça dommage parce que le gouvernement a justement choisi de créer des campagnes municipales simultanées pour susciter un engouement médiatique.Là, en plus, un enjeu national venait porter ombrage à des enjeux municipaux.Mais depuis, heureusement, la couverture a repris et les débats, médiatisés se sont multipliés à Montréal, mais aussi à Laval et à Québec.» Sa collègue de l\u2019UQAM Caroline Patsias n\u2019en pense pas moins tout en soulignant un autre élément conjoncturel positif.«Les élections municipales souffrent en général d\u2019un moindre investissement médiatique, tant au moment des campagnes électorales qu\u2019entre les élections, tout au long de l\u2019année, quoi, dit la spécialiste du système politique montréalais.Je trouve que, cette fois, un intérêt beaucoup plus grand pour la politique municipale a été stimulé par les problèmes de corruption.C\u2019est un effet paradoxal.En tout cas, il y a eu une amélioration positive, au moins dans la campagne JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au cours des derniers jours, les quatre candidats à la mairie ont croisé le fer à plusieurs reprises, à la télévision comme à la radio.électorale et pour Montréal.» La professeure Bherer observe par contre que l\u2019accent médiatique se porte essentiellement sur les chefs, le quatuor de tête à Montréal, le maire Labeaume et un ou deux adversaires plus ou moins connus à Québec.«La même situation s\u2019observe à tous les paliers, mais je trouve quand même ça dommage, sur- La personnalisation de la campagne et de sa couverture fait ombrage à la composition complète des formations tout au municipal, poursuit-elle.Au fédéral ou au provincial, les partis politiques existent depuis des décennies et les familles idéologiques sont bien constituées.Au municipal, souvent les formations se regroupent autour d\u2019un candidat-vedette avec des effets jusque dans la couverture médiatique.» Cette personnalisation de la campagne et de la couverture de la campagne fait par exemple ombrage à la compositiop complète des formations.A part quelques maniaques de la chose, qui peut par exemple nommer les seconds violons en lice qui risquent la semaine prochaine de se retrouver à des hautes fonctions stratégiques au comité exécutif de Montréal?Par contraste, M\u201c® Bherer raconte que, pour un débat sur la corruption qu\u2019elle organisait dans son université il y a quelques jours, elle a invité dif- férents candidats à des postes de conseiller ou de maire d\u2019arrondissement qui ont enchanté ses étudiants par la qualité de leurs échanges.Caroline Patsias s\u2019oppose poliment à cette perspective.«Je ne suis pas de cette école, dit-elle./e considère que le maire de Montréal joue un rôle particulier précisément parce que Montréal est la métropole du Québec.En plus, les conseillers ou les maires d\u2019arrondissement ont moins de pouvoirs que le maire.Rien n\u2019est jamais parfait.Je regarde sur Eacebook et je vois qu\u2019aucun des candidats ne trouve grâce aux yeux de mes collègues.Ils ne sont pas parfaits, mais quand même.» L\u2019actuelle tyrannie du commentaire double évidemment la mise en forçant l\u2019accent sur la stratégie de coulisse, le strategie framing des politologues et autres spin doctors, les moyens au lieu des fins, le jeu au lieu des enjeux.Ce cadrage réducteur présuppose souvent, sinon du machiavélisme cynique, au moins de la malice pernicieuse de la part des candidats.La professeure Patsias donne l\u2019exemple concret de la rhétorique coderrienne autour de la «proximité».Une carte de bingo politico-humoristique diffusée cette semaine par Projet Montréal propose des déclarations types du candidat allant dans ce sens : «Je viens de Montréal-Nord ; je suis proche des gens; m\u2019a être là pour les Montréalais ; what you see is what you get; moi, m\u2019a être à l\u2019écoute.» Franchement, la professeure trouve que les journalistes et les commentateurs professionnels auraient pu être plus offensifs.«Est-ce que la proximité n\u2019a pas fait le jeu de la collusion ?demande-t-elle.Est-ce que la collusion n\u2019est pas née, d\u2019une certaine manière, de la proximité dévoyée ?Est-ce que Montréal souffre réellement d\u2019un manque de proximité?Je trouve que cette critique aurait pu être plus forte.» Il n\u2019y a pas que la faute des médias, bien sûr.Laurence Bherer souligne que les partis eux-mêmes ne politisent pas assez les enjeux, à la limite en causant valeurs.«Si les formations réduisent la gestion de la ville à des enjeux techniques, du coup on ne voit pas apparaître les enjeux de société dans les médias.On ne discute pas du rapport entre le privé et public.Ou des différences dans les services entre les quartiers les plus pauvres et les plus riches.[.] Une ville, ce n\u2019est pas juste un palier de la bonne gestion.Même les poubelles posent des problèmes fondamentaux.On parle maintenant de matières résiduelles.On se demande comment les traiter, comment recycler, où enfouir.Ce n\u2019est plus seulement une question d\u2019horaire de ramassage des sacs verts.Les municipalités se retrouvent en tensions entre leur vision gestionnaire et la vision plus politique des choses.» Le Devoir Sofia Asencio Societat Doctor Alonso - Catalogne INTRODUCTION À L\u2019INTRODUCTION 6, 7, 8 novembre 20 h CHOREGRAPHE ET INTERPRETE Sofia Asencio MISE EN SCÈNE Tomàs Aragay SCÉNOGRAPHIE ET ÉCLAIRAGES CUBE.bz En collaboration avec l\u2019Agora de la danse, le BUNKER (Liubliana) et le Teatro Pradillo (Madrid).Avec le soutien de la Generalitat de Catalunya, du Ministère de la Culture de l\u2019Espagne, de l\u2019INAEM et de l\u2019Institut Ramon Llull.AGORA DE LA DANSE BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL WWW.AGORADANSE.COM SOFIA ASENCIO / PHOTO JORDI BOVER BMO Groupe financier PRÉSENTE La langue acérée des Cyniques Robert Aird et Lucie Joubert mettent en lumière l\u2019irrévérence et la rigueur conceptuelle du groupe FRANÇOIS LEVESQUE Paraît ces jours-ci la toute première publication des Cahiers de l\u2019observatoire de l\u2019humour: Les Cyniques - Le rire de la Révolution tranquille.Anthologie de numéros choisis, mis en textes, replacés dans leur contexte sociohistorique et commentés, l\u2019ouvrage se clôt avec sept études qui viennent enrichir la réflexion amorcée en amont par les auteurs Robert Aird et Lucie Joubert, qui ont travaillé en étroite collaboration avec Marc Laurendeau et André Dubois, membres fondateurs du désormais m^hique quartette comique, qui s\u2019amusa ferme à faire réfléchir le Québec plongé en pleine Révolution tranquille.Tout experts de l\u2019humour qu\u2019ils soient, l\u2019historien Robert Aird \u2014 auteur de L\u2019histoire de l\u2019humour au Québec, de 1946 à nos jours et de Histoire politique du comique au Québec \u2014 et la profes- seure à l\u2019Université d\u2019Ottawa Lucie Joubert \u2014 auteure de L\u2019humour du sexe : le rire des filles \u2014 n\u2019en ont pas moins redécouvert Les Cyniques.L\u2019approche universitaire et analytique a en effet permis aux coauteurs de dégager, entre autres perles, la grande richesse linguistique du groupe, qui opposait volontiers le style soutenu et le style populaire, souvent dans la même phrase, à des fins drolatiques.Les textes humoristiques, même s\u2019ils ne sont pas nécessairement conçus dans cet es-prit-là, constituent une forme de matériau littéraire, explique Lucie Joubert.«Ceux des Cyniques s\u2019avèrent très riches.On y exploite des procédés comme les figures de style, les récurrences, la narration [.] L\u2019un des défis de la transcription de leurs numéros consistait à traduire la richesse de la langue et toutes VOIR PAGE E 6 : CYNIQUES SPECTACLES A LA COMEDIE CANADIENNE, VOL 3 N» 11, 1966 Le groupe opposait volontiers le style soutenu et le style populaire, souvent dans la même phrase, à des fins drolatiques.(((Siriusxm NOVEMBRE 2013 COUPDECOEUR.CA #CCF13 LES SOEURS BOULAY + CATHERINE LEDUC CLUB SODA 7 NOVEMBRE 20 H FORÊT + PENDENTIF L\u2019ASTRAL 9 NOVEMBRE 20 H LOUIS-JEAN CORMIER ÉGLISE SAINT-PIERRE-APÔTRE 17-18 NOVEMBRE 20 H THIERRY ROMANENS CATHERINE MAJOR LES TIREUX D\u2019ROCHES LES HAY BABIES YVES DESROSIERS JEUNE DE CHOEUR ET PLUSIEURS AUTRES SOIREE MJ*\\ UNE INVITATION DE (((Siriusxnf))) Canada Québec ! Montréal 8 io Québec S S CONSEIL DES ARTS\t^ DE MONTRÉAL\tW >111* TVS espace.mij lIdnArti Cmadt CotaMi laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 SOCAN LE DEVOIR sacem^ C*^!!\tVITRilE .COM E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 NOVEMBRE 2013 CULTURE>DANSE HDMODR Antony Rizzi, magicien de bulles Jan Fabre rend hommage au danseur avec un solo taillé sur mesure FREDERIQUE DOYON Un vrai livre ouvert, cet Antony Rizzi.L\u2019entrevue téléphonique avec le danseur-perfor-meur dure depuis seulement quelques minutes que déjà elle met en abyme tout le solo Drugs Kept Me Alive, conçu par l\u2019artiste flamand Jan Fabre et présenté cette semaine au théâtre La Chapelle.«Je viens juste d\u2019avoir une injection dans mon genou, raconte au Devoir, par un drôle de détour, l\u2019artiste d\u2019origine américaine.J\u2019ai entendu parler de cette vieille dame à Anvers qui traite l\u2019arthrite avec des injections faites de peau de poulet.Mes genoux me donnent l\u2019impression d\u2019avoir à nouveau 16 ans.Je ne sens plus rien, plus de douleur.» La confidence peut sembler anecdotique ou farfelue, mais la douleur, elle, est bien réelle et le suit depuis qu\u2019il a commencé à interpréter ce solo, il y a deux ans.Un solo qui traite justement de maladies flirtant avec la mort et des remèdes (drugs a le sens ambivalent de médecine et de drogues, ne l\u2019oublions pas) parfois tout aussi extrêmes avec lesquels on choisit de les traiter.Et qui pourrait en juger?Nos sociétés sont bien pharmaco-dé-pendantes.A près de 50 ans, l\u2019inénarrable Antony Rizzi se livre sans filtre sur les maladies qu\u2019il a collectionnées : ses multiples hépatites C et sa séropositivité déclarée depuis 1997.«Tout va bien.En fait, ma vie va bien mieux depuis que je suis séropositif: je ne m\u2019inquiète plus pour ce qui va m\u2019arriver dans deux ans, je vis un jour à la fois.Et c\u2019est bien ce dont traite la pièce.» Car Drugs Kept Me Alive parle d\u2019un survivant, qui se joue un peu de la mort en préférant parfois les paradis artiflciels d\u2019ici-bas à un aller simple jusqu\u2019au ciel.«Les drogues chimiques peuvent vous faire cavaler, mais au fond, c\u2019est surtout pourquoi on en prend qui est le problème, lance celui qui recommande à tout le monde d\u2019essayer l\u2019ecs-tasy.Ma prof de méditation WONGE BERGMANN Avec Antony Rizzi, on ne sait jamais trop où finit la vie et où commence la scène.Ma vie va bien mieux depuis que je suis séropositif: Je ne m\u2019inquiète plus pour ce qui va m\u2019arriver dans deux ans, Je vis un jour à la fois\t)) Antony Rizzi, danseur-performeur m\u2019a déjà dit qu\u2019on atteignait les mêmes états méditatifs en prenant des drogues, c\u2019est juste un peu moins santé.» Avec Antony Rizzi, on ne sait jamais trop où finit la vie et où commence la scène.Ex-danseur du Frankfurtt Ballet à l\u2019époque où celui-ci était dirigé par le grand William Forsythe, l\u2019Américain établi en Europe travaille ponctuellement avec Jan Fabre depuis plusieurs années et mène parallèlement son propre travail de création et de formation.Il s\u2019est ainsi fabriqué un langage unique où le texte et l\u2019humour (proche du stand up) se mêlent allègrement à la danse et aux actions plus théâtrales d\u2019un na- turel désarmant.Il crée aussi des oeuvres visuelles, collages et courts métrages.Il ne s\u2019embarrasse surtout pas des étiquettes.De lui, on a déjà vu à Montréal Snowman Sinking et An Attempt to Eail at Ground Breaking Theater with Pina Arcade Smith, qui out confirmé son talent de performeur multidisciplinaire.Un talent auquel Jan Fabre rend une forme d\u2019hommage en lui créant ce solo taillé sur mesure.«J\u2019ai pleuré quand j\u2019ai lu le texte pour la première fois», confie-t-il.Le récit éclaté s\u2019enracine dans les états émotifs qui l\u2019ont envahi quand il a appris sa séropositivité en 1997.«C\u2019était la veille d\u2019une première de Eorsythe, alors je n\u2019ai pas pu aller chez le docteur.Je l\u2019ai appris au téléphone, alors je suis juste aller travailler normalement.» C\u2019est plus tard qu\u2019il s\u2019est mis à pleurer.Et un vulgaire chocolat chaud de distributrice l\u2019a réconforté.«C\u2019était le meilleur que favais jamais bu.Je me suis senti dans une bulle, comme séparé du monde que j\u2019observais de loin.en sécurité.Alors, Jan m\u2019a campé dans un personnage de magicien de bulles.» Selon lui, Jan Fabre, William Forsythe et Pina Bausch sont de «vrais génies».«Ils sont si inspirants! Ça ne tient pas seulement à leurs œuvres, mais aussi à la manière dont ils les font.Ils ne tiennent pas la bride serrée sur leurs idées, ils sont dans un rapport de donner et de recevoir, en état d\u2019ouverture, pour permettre à l\u2019œuvre de se déployer.» Son talent de performeur sans pareil, il le doit en partie à Fabre et à Forsythe.Ce dernier l\u2019a notamment incité à se lancer dans le jeu d\u2019acteur, à l\u2019époque où le Frankfurtt Ballet dégageait une énergie créative qui perfusait à travers la ville.«On était dans cette atmosphère créative folle du tout est possible, sans règles.Et fai toujours voulu être acteur quand j\u2019étais petit, mais c\u2019est la danse qui s\u2019est pointée.Je voulais être photographe, acteur, critique de films, chef cuisinier ou prêtre.» Avec Rizzi, on le répète, on ne sait jamais trop où finit la vie et où commence la scène.Le Devoir DRUGS KEPT ME ALIVE (en anglais) Du 5 au 9 novembre au Théâtre La Chapelle.D Voir I Un extrait du solo que Jan Fabre a créé pour Antony Rizzi.ledevoir.com/ cultire/danse DU 7 AU 17 NOVEMBRE 2013 COUPDECOEUR.CA #CCF13 PENDENTIF L\u2019ASTRAL 9 NOVEMBRE 20 H PIERRE BAROUH SOCIÉTÉ DES ARTS TECHNOLOGIQUES (SAT) 9 NOVEMBRE 20 H JIL AIGROT - EDITH ANALE KTA Rend hommage à MONIQUE LEYRAC Lauréate du prestigieux prix DENISE-PELLETIER 2013 LEYRAC LA DIVA DES ANNÉES 60 .1.k THEATRE OUTREMONT 12 NOVEMBRE 20 H URS KARPATZ LION D\u2019OR 13 NOVEMBRE 20 H L U D O PIN CLUB SODA 15 NOVEMBRE 20 H SOIREE livs, G I E D R E L\u2019ASTRAL 15 NOVEMBRE 20 H CHARLES-BAPTISTE Une voix légendaire! Ses plus grands succès dans un coffret 3CD en vente chez Renaud-Bray CLUB SODA 16 NOVEMBRE 20 H Republic^ue Française Consulat général de France à Québec Le Service de Coopération et d\u2019Action Culturelle du Consulat Général de France à Québec accompagne la venue des artistes français au Coup de coeur francophone.sacem 'f oisimejiioH ® SELECT LES PRIX DU QUÉBEC cuiture \u2022 science ^\tEaE3\tCanadian Patrimoine L^U\u20acDCCe3E9\tHeritage canadien I CYNIQUES SUITE DE LA PAGE E 5 les nuances de tonalité.» On le sait.Les Cyniques pouvaient utiliser un langage châtié au début, puis ordurier à la fin, l\u2019humour émanqnt de l\u2019opposition des deux.A cet égard, les versions écrites rendent étonnamment bien le ton des numéros d\u2019ores et déjà disponibles sur support audio.D\u2019une année à l\u2019autre, d\u2019un numéro à l\u2019autre, on constate, de visu, une évolution dans l\u2019écriture, qui gagne en sophistication.«Les Cyniques ont appris sur le tas et on remarque, en étudiant les transcriptions, à quel point ils prennent de l\u2019assurance au fil du temps; leurs textes sont de plus en plus variés et leur jeu s\u2019améliore, signale Robert Aird.Ils touchent à tout, à tous les médias.Ils ont d\u2019ailleurs œuvré autant à la radio que sur scène ou à la télévision.Ils ont même fait un film [IXE-13], ce que Rock et Belles Oreilles ne sont jamais arrivés à faire.» Notons ici que l\u2019ex-RBO Guy A.Lepage signe la préface de l\u2019ouvrage.Irrévérencieux devant l\u2019Eternel Les Cyniques se distinguaient en outre par leur côté suave.Ils étaient particulièrement redoutables lorsqu\u2019ils usaient de phrases à double sens et de sous-entendus à caractère sexuel.«A l\u2019instar d\u2019Yvon Deschamps, de Clémence DesRochers et de Sol, Les Cyniques jouaient beaucoup avec la langue.Je trouve que c\u2019est un art qui se perd», se désole Robert Aird.«On se souviendra aussi que Les Cyniques ont été les premiers à se moquer du clergé depuis Arthur Buies, en 1867, souligne-il.Ceux qui ont osé le faire dans l\u2019intervalle ont été censurés.Les Fridolinades, par exemple.» Une fois qu\u2019on l\u2019a vu, entendu ou lu, impossible d\u2019oublier le numéro du curé qui, tel que campé par Serge Grenier, aime manifestement trop ses enfants de choeur.Selon Robert Aird, plusieurs numéros ne passeraient plus de nos jours.«En pleine Crise d\u2019octobre, Les Cyniques étaient sur scène et se moquaient de l\u2019armée et de la police, déclarant dans un faux bulletin de nouvelles que «le ELQ a procédé à l\u2019enlèvement des ordures».Vous imaginez?L\u2019époque était très violente; ça brassait.Les Cyniques s\u2019inscrivent dans cette mouvance-là, dans le contexte de libération qui prévalait à l\u2019époque.Ils ignoraient la rectitude politique.Ils se permettaient une liberté de ton assez admirable.» Ils ne rechignaient pas non plus à recourir à un humour noir grinçant irréconciliable avec quelque visée consensuelle que ce soit.Sus à la rectitude «Es ne craignaient pas de diviser le public; des gens pouvaient quitter la salle en plein spectacle, renchérit-il.C\u2019était pareil pour Yvon Deschamps.Aujourd\u2019hui, Guy Nantel est à fond là-dedans.Il est l\u2019un des rares à cultiver le malaise et l\u2019ambiguïté.Cela dit, avec Les Cyniques, c\u2019était très clair: on les sent nettement nationalistes, progressistes et anticléricaux.Les Zapartistes sont des héritiers directs, et encore plus militants.Evidemment, il faut se souvenir que Les Cyniques sont associés à une époque charnière: il y avait beaucoup de barrières à faire tomber et beaucoup de tabous à transgresser.» D\u2019où l\u2019importance de remettre les numéros dans leur contexte, comme le font les auteurs, et d\u2019où l\u2019importance, aussi, de ne pas tomber dans le piège de la nostalgie à tous crins en déclarant que «c\u2019était bien mieux avant».De nos jours, les fabous sont moins nombreux.A moins que la rectitude politique ambiante, celle-là même dont faisaient fi Les Cyniques, soit devenue l\u2019ultime barrière?«Le danger de la rectitude politique, estime Robert Aird, c\u2019est de tomber dans un conformisme de droite.Ça prête flanc à la facilité.Pour moi, faire des blagues à connotation sexuelle, ce n\u2019est pas vulgaire, mais quand c\u2019est facile, là ça le devient.» D\u2019où l\u2019importance d\u2019étudier de près les textes des Cyniques, qui savaient justement y mettre les formes.Le Devoir A noter que, dans la foulée de la parution le 4 novembre de l\u2019anthologie Les Cyniques -Le rire de la Révolution tranquille chez Triptyque, l\u2019Observatoire de l\u2019humour tiendra un colloque du 26 au 28 novembre.SPECTACLES À LA COMÉDIE CANADIENNE VOL.3 N° 11, 1966 Marc Laurendeau, Serge Grenier, André Dubois, Marcel Saint-Germain, «tels que leurs victimes aimeraient les voir», selon l\u2019affiche.Un après-midi inoubliable à passer avec 28 solistes d'opéra de 11 pays et le Choeur classique de Montréal de 90 membres interpréteront les plus belles pages du repertoire d'opéra.Dimanche 10 novembre 14h30 Salle Bourgie du Musée des Beaux-arts de Montréal Billets au tarif régulier : 35$ Tarifs réduits pour les étudiants et aux membres du MBAM (concerts et réception : 100 $) Renseignements et réservations : (514) 684-7287 THÉÂTREL20@ GMAIL.COM Billeterie : 514-285-2000 #429 en ligne : ebillet.mbam.gc.ca www.sallebourgie.ca LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 20IS E 7 CULTURE .CLASSIQUE Qui tire les ficelles sur les scènes mondiales ?Les agents d\u2019artistes ont pris une place majeure dans ce monde musical en pleine mutation CHRISTOPHE HUSS Dans la semaine qui vient, Montréal se prépare à accueillir la conférence de l\u2019association internationale des agents d\u2019artistes (lAMA), une première en Amérique du Nord.Une occasion pour nous d\u2019évoquer les mutations du milieu de la musique classique avec le président d\u2019IAMA à Londres, Atholl Swainston-Harrison.La rencontre montréalaise, du 6 au 9 novembre, ne doit pas être confondue avec le grand congrès annuel de l\u2019International Artist Managers\u2019 Association (lAMA), qui réunit agents et directeurs artistiques du monde entier en Europe au printemps.Il s\u2019agit plutôt d\u2019une vaste rencontre de réseautage, organisée par lAMA, CINARS (Conférence internationale des arts de la scène) et l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (GSM).Le concert dirigé mercredi par Kent Nagano, avec Truls Mork en soliste, servira de concert officiel d\u2019inauguration de la manifestation.Pour Barbara Scales, présidente de la conférence, «il s\u2019agit de développer un réseau d\u2019agents indépendants qui travaille entre eux», l\u2019objectif étant notamment d\u2019établir des passerelles entre l\u2019Amérique du Nord et l\u2019Asie.La conférence proposera plusieurs tables rondes qui traiteront des changements qui s\u2019opèrent actuellement au sein du milieu de la musique.Il y en a même une intitulée «La critique musicale, un nouveau monde parallèle», qui réunit à Montréal.un blogueur de Cleveland, un journaliste indépendant de Toronto et un rela-tionniste de Londres! Les boutiques Acteurs de l\u2019ombre, les agents d\u2019artistes ont pris une place majeure dans le monde musical, parfois au point de lancer des modes, des tendances.Certains agents sont même devenus des vedettes dans leur métier, tel Mark Newbanks qui, dans les officines de l\u2019agence Askonas Holt, à Londres, a mené la phénoménale opération de starisation instantanée du chef vénézuélien Gustavo Duda-mel, créant dans la foulée une mode lourde pour les jeunes chefs d\u2019orchestre et positionnant ensuite cette agence comme leader en la matière.Que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, Newbanks est AGENCE ERANCE-PRESSE Le Vénézuélien Gustavo Dudamel fait partie du ^ron de l\u2019agence Askonas Holt, à Londres.Son agent, Mark Newbanks, a mené la phénoménale opération de starisation instantanée du chef.le grand visionnaire du métier de ces dix dernières années et, une fois Dudamel au firmament dès sa vingtaine, il a créé sa propre agence, emmenant sa vedette avec lui.Newbanks gère aujourd\u2019hui trois chefs : Dudamel, le jeune Français Lionel Bringuier (26 ans, très talentueux et adoubé par Dudamel) et Esa-Pekka Salonen.Newbanks se porte bien, Askonas \u2014 qui a déjà placé deux autres Vénézuéliens à des postes fixes, à moins de 30 ans ! \u2014 aussi.La fadaise voulant que les jeunes chefs vont forcément amener de nouveaux publics au concert ayant été entérinée par la crédulité populaire \u2014 comme si on pouvait pallier le naufrage de l\u2019éducation par des gravures de mode ! Et un directeur musical placé, ce sont, pour une agence, des chances augmentées de voir ensuite ses violonistes, pianistes et chanteurs engagés, surtout si les programmateurs des institutions ont moins de répondant ou de vision.Cela dit, ce tableau cynique distord une partie de la réalité: «Le management d\u2019artistes reste à 70% le fait de sociétés d\u2019une ou deux personnes.C\u2019est un métier de boutiquier, dans lequel des personnes ont confiance en des artistes et tentent de promouvoir leur carrière», nous dit Atholl Swainston-Harrison.Le directeur de l\u2019IAMA observe sereinement les mutations de son métier.Si, traditionnellement, les centres mondiaux du métier restent New York et Londres, la tendance pour les artistes classiques est de diversifier les agents par territoires ou pays.«Nous prévoyons notamment un développement important d\u2019agents en Asie, où le marché est en pleine croissance», prévient Atholl Swainston-Harrison, qui pense aussi qu\u2019«î7 devient moins déterminant pour un artiste de se présenter aujourd\u2019hui en mettant en avant le nom d\u2019une agence importante».Il confirme que l\u2019exemple de Mark Newbanks, c\u2019est-à-dire une agence créée pour représenter un, deux ou trois artistes majeurs, est une tendance «nouvelle, embryonnaire, mais réelle dans les huit dernières années».Faisant la distinction entre ces entités conçues autour de vedettes et l\u2019«agence boutique» traditionnelle, qui gère entre 8 et 12 artistes, il pense aussi qu\u2019il y a «davantage de place pour des petites agences de très bonne réputation».«Quand un artiste, disons espagnol, m\u2019appelle pour me demander de le recommander à une grande agence à Londres, je lui demande: \u201cAvez-vous contacté les agents espagnols ?\u201d L\u2019idée qu\u2019une agence de Londres ou de New York sera m saison À QUÉBEC J J\t^ ^ m VIOLONS DU ROY i LACHAPELLE DE QUÉBEC BERNARD LABADIE SAISON 2013.2014 Deux œuvres de Haydn encore jamais interprétées par [\u2019orchestre et te chœur avec quatre magnifiques solistes.PALAIS M()NTCALM de./û.418 641 -6040 /1 877 641 -6040 LA CHAPELLE DE QUÉBEC CHANTE HAYDN Jeudi 14 novembre à 14h et vendredi 15 novembre à 20h Palais Montcalm Samedi 16 novembre à 19h30 Maison symphonique de Montréal Bernard Labadie, chef / Hélène Guilmette, soprano Julie Boulianne, mezzo-soprano / Frédéric Antoun, ténor Tyler Duncan, baryton / avec La Chapelle de Québec \u2022Te Deum, Hob.XXIIIc; 2 \u2022Symphonie n°85 en si bémol majeur « La Reine» \u2022 Messe en si bémol majeur, Hob.XXII : 12 Theresienmesse ABONNEZ-VOUS! 20% DE REDUCTION laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 PARTENAIRE DE SAISON À QUEBEC Québec RARTENAIRE DE SAISON À MONTREAL La Capitale Groupe financier LE DEVOIR forcément meilleure est vraiment erronée.» La valeur des choses Selon Atholl Swainston-Harrison, les agences ne sont pas devenues des remplis-seurs de dates pour programmateurs en mal d\u2019imagination: «Il y a tout simplement des agences dans le goût desquelles vous avez confiance en tant que programmateur.» Agents et institutions sont désormais liés par des intérêts communs: «les difficultés économiques ont resserré les liens entre deux côtés qui se re- Le management d\u2019artistes reste à 70 % le fait de sociétés d\u2019une ou deux personnes.C\u2019est un métier de boutiquier, dans lequel des personnes ont confiance en des artistes et tentent de promouvoir leur carrière.Atholl Swainston-Harrison, président d\u2019IAMA à Londres gardaient un peu en chiens de faïence.Voyez le nombre d\u2019institutions qui veulent développer une stratégie média et publier disques et vidéos.Les agents sont très impliqués dans ce processus.C\u2019est un exemple de ces \u201cnouveaux dialogues\u201d entre agents et programmateurs ».Et le phénomène des ar-tistes-kleenex autour desquels on fait monter un «buzz» et qui font une carrière de quelques années?Atholl Swainston-Harrison reconnaît «une grande commercialisation du classique par certains» et demande de faire la part des choses : «Les coups d\u2019argent et la reconnaissance artistique à long terme, ce sont deux marchés différents.» Alors, les modes des chefs jeunes, des violonistes femmes et des pianistes asiatiques, qui organise ça et pourquoi?« Vous pourriez parler aussi d\u2019opéras qui engagent leurs chanteurs sur l\u2019apparence.Cela a à voir avec la pub, le poids de l\u2019image et les attentes: on met un accent visuel sur les artistes.Mais qui crée cette pression du look ?Les attentes des spectateurs, les présentateurs ou les agents?Les agents fournissent ce que les présentateurs veulent.» Reste la question de la valorisation et des fondements économiques qui peuvent expliquer comment un soliste jouant un soir devant 2000 personnes en vase clos peut encaisser un chèque de 50000$.«C\u2019est complexe, répond le directeur d\u2019IAMA, cela demande de considérer quel commanditaire cet artiste a permis d\u2019attirer et ce que l\u2019institution veut atteindre en matière de profil.On peut toujours dire: \u201cC\u2019est trop cher.\u201d Mais ce que nous avons vu avec la récession ces cinq dernières années, à notre grande surprise, c\u2019est que les cachets les plus élevés ont grimpé, la catégorie en dessous s\u2019est maintenue, alors que les artistes jeunes ou en développement sont payés moins.Si vous demandez aux organisateurs pourquoi ils payent ces montants, ils ont tous leurs bonnes raisons.Je ne pense pas qu\u2019on puisse parler de bulle tant que dans le marché il reste des acheteurs à ces prix.» Le Devoir ¦M: Art et musique de la Renaissance au Baroque à Venise ?f,Vl r- fl - KvbJ, .il 4 ^ il(ntnm.i.i.i.(A-\t-; .-C « Des prêts impressionnants d\u2019une grande beauté [.] Vraiment intéressant 1 » - C\u2019est pas trop tôt !, Ici Radio-Canada Première < Emouvant.Une exposition à savourer en plusieurs fois et pour laquelle on peut dire : Bravissimo ! » - La Presse Audioguide musical gratuit À l\u2019achat d\u2019un billet pour l\u2019exposition M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL Billets à V2 prix\u2019\" les mercredis de 17hà21h ^Applicable à l\u2019achat d\u2019un billet au prix courant de 20 $ Une présentation de\tGrand donateur metro OSLER Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins Accompagnés d\u2019un adulte.Non applicable aux groupes.Achetez vos billets dès maintenant mbam.qc.ca/venezia Z®NIN THE GLADYS KRIEBLE DELMAS FOUNDATION Bdl Ml \u2014ARTE MUSICA RICHTHR air canada^ VIOLONSDUROY.COM Une exposition conçue, produite et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal.Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto, Le Bncentaure au Môle le jour de l\u2019Ascension (détail), vers 1745.Philadelphia Museum of Art, The William L.Elkins Collection.Photo The Philadelphia Museum of Art / Art Resource, NY E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 NOVEMBRE 2013 iDE VISU r GUY L HEUREUX Vue de l\u2019exposition Redux de Richard Purdy.Hautes fidélités EN VISITE CHEZ SOI Mark Igloliorte, à la Galerie Donald Browne, jusqu\u2019au 20 décembre REDUX Richard Purdy, aux galeries Roger Bellemare et Christian Lambert, jusqu\u2019au 2 novembre JÉRÔME DELGADO Loin d\u2019être morte et enterrée, la peinture de paysage connaît depuis quelques années une présence notable parmi les pratiques actuelles.Preuve inéluctable de ce constat: les deux expositions, placées aux deux extrémités du 5^ étage du Belgo, qui se font l\u2019écho de la question de la fidélité des représentations.Les responsables de ce dialogue : Mark Igloliorte, une des figures du renouveau actuel de la peinture, et Richard Purdy, un vétéran plus connu pour le ton ésotérique et immersif de son travail.Mark Igloliorte peint des paysages.Des éléments du quotidien aussi, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019objets trouvés.Dans les deux cas, il propose une vision de la réalité déformée ou rehaussée par sa propre expérience du terrain.Pour ses scènes extérieures, il procède selon les préceptes de la peinture en plein air, esquisses et diverses étapes préparatoires précédant l\u2019œuvre finale.Quatre des douze œuvres de En visite chez soi, deuxième solo de l\u2019artiste originaire du Labrador à la galerie Donald Browne, sont emblématiques de son travail où se multiplient les procédés et les étapes.Lacérés ou morcelés comme un casse-tête plus ou moins bien recollé selon les cas, les quatre tableaux portent les traces de leur fabrication.Ces scènes nordiques ont d\u2019abord été photographiées, puis peinturées sur verre (ou sur plastique).Igloliorte a ensuite prélevé la matière pour la transplanter, littéralement, sur une toile.Le processus ne trahit pas le sujet, ni les souvenirs en pièces détachées qui refient l\u2019artiste au fieu.Que la question du territoire soit le sujet de sa peinture de paysage n\u2019étonne pas.Mark Igloliorte navigue dans les eaux identitaires: aujourd\u2019hui établi au Nouveau-Brunswick, il était en 2011 de la Triennale québécoise et participe maintenant à Beat Nation, l\u2019expo autochtone en cours au Musée d\u2019art contemporain.L\u2019inventivité derrière sa peinture de paysage découle en bonne partie de cette réalité fragmentée et sans cesse renouvelée.Si Igloliorte se tourne vers les terres de ses ancêtres, Richard Purdy se réfère à sa lignée d\u2019artiste blanc.Pour Redux, l\u2019expo montée dans les salles des galeries Roger Bellemare et Christian Lambert, il s\u2019est inspiré de tableaux naturistes de Krieghoff et d\u2019autres romantiques du XIX^ siècle.La quinzaine d\u2019œuvres «d\u2019après.» découle, comme chez Igloliorte, de reproductions par-dessus reproductions.A l\u2019instar de ce que le photographe de Québec Ivan Binet a déjà fait, inspiré lui aussi par le maître Krieghoff, Purdy est parti à la recherche des sites peints il y a plus de 100 ans.Ses photographies, il les a imprimées en noir et blanc pour reproduire la technique de la grisaille propre à la peinture académique.Puis, il les a recouvertes d\u2019un glacis traditionnel et, enfin, des pigments les plus proches de l\u2019œuvre originale.Son obsession de la fidélité de ses représentations est donc double; elle concerne autant un lieu véridique qu\u2019un tableau historique.Collaborateur Le Devoir rv Voir > Des œuvres d\u2019Iglo- A/ Morte et de Purdy, lede-voir.com/ culture/arts-visuels Samedi 16 novembre à Québec LA COLLECTION WILLIAM S.PALEY En préparation pour mars 2014 NEW YORK - PHILADELPHIE le Metropolitan Opera, le Carnegie Hall l\u2019Orchestre de Philadelphie.Horaire détaillé disponible fin novembre Le %eaux détours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d un permis du Quebec Deux solitudes autour d\u2019une mort ICÔNES DE L\u2019OBSOLESCENCE Michel Campeau LA DISPARITION DE L\u2019OBSCURITE Robert Burley Musée des beaux-arts du Canada, jusqu\u2019au 5 janvier.JÉRÔME DELGADO La photographie analogique est à ce point dépassée qu\u2019elle fait désormais l\u2019objet de regards s\u2019apparentant à ceux qu\u2019on porte sur des civilisations disparues.Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) y contribue non pas avec une, mais avec deux expositions.Deux expos suffisamment distinctes pour ne pas les réunir sous un seul titre, même si elles parlent de la même chose, soit de «disparition» et «d\u2019obsolescence».La disparition de l\u2019obscurité et Icônes de l\u2019obsolescence ne forment pas une exposition thématique, notamment parce qu\u2019elles portent, chacune, sur le travail d\u2019un artiste, Robert Burley dans le premier cas, Michel Campeau dans le second.Point commun peu anodin: tant l\u2019Ontarien que le Québécois œuvrent en numérique.Complémentaires au premier regard, antagonistes à bien des égards, cette disparition et cette obsolescence se tournent le dos.La mise en place que fait le MBAC des deux corpus est dans ce sens emblématique.Si les deux expos convergent vers le même point central, chacune a sa porte d\u2019entrée.Si elles communiquent par des salles communes, un mur invisible les sépare.Il aurait fallu les éloigner davantage.Un point, essentiellement, les distingue.Burley parle de l\u2019industrie.Il photographie la fermeture des usines Kodak, Agfa, Ilford, Polaroid.Il favorise les plans larges.Campeau, lui, s\u2019intéresse au fait «maison» de cet art, au bric-à-brac.Sa caméra scrute les détails des chambres noires personnelles des photographes; il en résulte des plans rabattus, étranges.Derrière la nostalgie, inévitable dans le cas d\u2019hommages à une technique révolue, le choix du MBAC pour une présentation simultanée des projets de Burley et Campeau \u2014 près de 80 images, souvent de grand format \u2014 pousse à la confrontation : la machine versus l\u2019individu, le produit commercial versus l\u2019inventivité artisanale, la mort versus la (sur) vie, etc.La mort, chez Burley, domine.Son projet, basé sur des reportages successifs ^ Toronto, chez lui, puis aux Etats-Unis et en Europe, documente des bâtiments en fin de vie, où plus une âme ne travaille.Il est paradoxal qu\u2019on braque les projecteurs sur cette architecture pensée pour l\u2019obscurité \u2014 sans fenêtres, sans attraits \u2014 au moment où elle devient non fonctionnelle.Sa mise en lumière égale sa fin.Michel Campeau, Untitled 0804 (Montreal, Quebec, Canada), 2005.© MICHEL CAMPEAU/SODRAC (2013) © ROBERT BURLEY COURTESY OE THE RYERSON IMAGE CENTRE Robert Burley, View of Building 7 and 11 from the roof of Building 9, Kodak Canada, Toronto, Canada, 2006.En salles, la mort est d\u2019abord monument, avec des mastodontes vus de l\u2019extérieur \u2014 les laboratoires Kodak de Toronto.Elle tourne ensuite au spectacle devant public \u2014 la démolition des édifices Kodak, dans l\u2019Etat de New York.Enfin, elle prend des airs de déchéance par la vue, de l\u2019intérieur, de lieux abandonnés et crasseux \u2014 le siège de Polaroid, au Massachusetts.Ça commence par la vue soignée d\u2019une firme solide et indestructible, en apparence, et ça se conclut par la présentation sans scrupule de sa dépouille, entrailles comprises.L\u2019abondance des images et l\u2019insistance du propos dans ce genre d\u2019entreprise finissent par la banaliser.Dans sa mise en place au MBAC, le projet bénéficie d\u2019apartés qui lui donnent du rythme.Ici, un tableau avec les photos des employés, comme s\u2019il avait été oublié dans la précipitation de quitter les fieux.Là, une mosaïque en polaroïds, tests de Burley pris avant de photographier les fieux avec son autre caméra.Mosaïque fragile : elle tend à s\u2019effacer.La matière, comme son industrie, n\u2019est pas éternelle.Les chambres de Campeau L\u2019expo de Michel Campeau a le malheur de suivre.Sa porte d\u2019entrée ?C\u2019est celle qui sert habituellement, lors des grandes expositions, de porte de sortie.Malgré ce quiproquo, Icônes de l\u2019obsolescence tient la route.Un préambule, fait notamment d\u2019anciens autoportraits dans l\u2019atelier, ouvre le parcours en toute logique.S\u2019ensuit le corpus central, la série La chambre noire (2005-2010), celle qui a poussé Campeau dans cette aventure de mémoire.Enfin, le visiteur reçoit, mais en rafale, les diverses au- 10 NOVEMBRE 2013 14 h ^\t^ ¦ ENCHERES ^ D\u2019ŒUVRES D\u2019ART \\ GALERIE BERNARD RICHARD CLOUTIER STRUCTURES NARRATIVES L exposition se poursuit jusqu au 16 nov 2013 3926 rue Saint-Denis Montreal 514 277 0770 \u2014 galeriebernard ca Événement bénéfice au profit de LA FONDATION DU MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DES LAURENTIDES museelaurentides.ca/encan2013 T 450.432 7171 poste 7 101 pace ru C le I at e e Sa t Jeiome (Queaecj J77 1X0 S Joannie Boulais Requin en tenue de camouflage 2013 gesso ruban adhésif et enveloppe protectrice pour poires asiatiques sur peluche 10x32x12 cm (detail) EXPOSITION ÉRIC TARDIF, SCULPTEUR « SEPT ÂGES, SEPT EMPREINTES DE VIE » JUSQU\u2019AU 30 NOVEMBRE 2013 Guilde canadienne des métiers d\u2019art Canadian Guild of Crafts 1460-B, rue Sherbrooke Ouest Montréal, QC H3G1K4 T 514.849.6091 www.guildecanadiennedesmetiersdart.com très avenues empruntées depuis 2007 par l\u2019artiste, dont des extraits de la série sur les vieux appareils de la collection Bruce Anderson, en vedette cet automne au Musée des beaux-arts de Montréal.Mieux connue par son intitulé anglais \u2014 le Darkroom, par lequel elle a été popularisée dans le monde \u2014, la série devenue fétiche n\u2019avait jamais été montrée en aussi grand nombre.La quantité, ici, ne dérange pas, tant la variété chromatique et formelle est étonnante.Pris de près, et de front, chaque objet, que ce soit une cuvette bleue sans profondeur ou un agrandisseur à l\u2019allure anthropomorphique, pousse dans un univers qui lui est propre.La débrouillardise du photographe derrière chacune des chambres noires, révélée au grand jour, fait croire que c\u2019est peut-être par elle que se maintiendra en vie la technique obsolète.Burley-Campeau : rapprochement justifié ou combat inégal?Malgré son déséquilibre \u2014 monotone, mais plus aérée dans le premier cas; plus éclatée, mais coincée dans le second \u2014, cette double expo permet de montrer deux facettes, voire deux issues, de la photographie telle que pratiquée dans un autre siècle.Ça se justifie.Côté sombre, côté espoir.La disparition dos à dos avec des icônes.Ce qui fatigue, ce sont les moyens, ou cette prétention du MBAC à être encore la «galerie nationale» de jadis, rassembleuse entêtée.Le musée d\u2019Ottawa échoue ; il ne fait que ressortir un vieux cliché.L\u2019expo Burley a été montée par le nouveau Ryerson Image Centre de Toronto, avec suffisamment de sous pour l\u2019accompagner d\u2019une riche publication.L\u2019expo Campeau semble plus improvisée, sans catalogue, ni véritable vue d\u2019ensemble sur dix ans de travail.Deux poids, deux mesures.Collaborateur Le Devoir DVoir > D\u2019autres photos tirées de ces deux expositions au MBAC.ledevoir.com/culture/arts- visuels VERNISSAGE YVES POULIN Du 3 au 24 novembre GALERIE Linda Verge 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.galerielindaverge.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 NOVEMBRE 2013 E 9 ICIffEMA Cinéma DuParc ON DEVANCE L'HEURE AU CINEMA DU PARC! À compter du 2 novembre le Cinéma du Parc sera ouvert TOUS LES JOURS en matinée.Séances à compter de 13h.cinemaduparc.coni 13575, ave.du Parc, Montréal H2X 3P91514 281-1900 ® Place des Arts Suivez-nous sur ,1A II PALME D\u2019OR UNFiLMDE\t^ ^ AKDELLATIFKECHICHE\t^ * CHAHTItESlt2 i'^metropolefilms com i EYE STEEL EILMS Uhistoire d'amour passionnée entre Didier et Elise prend un tournant à la naissance de leur fille à la santé chancelante.Chante avant de tomber THE BROKEN CIRCLE BREAKDOWN (v.F.: Alabama Monroe) Réalisation: Félix van Groenin-gen.Scénario: Cari Joos, Félix van Groeningen.Avec Johan Heildenhergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse, Geet Van Rampelherg.Image: Ruhen Impens.Montage: Nico Leunen.Musique: Bjorn Eriksson.Belgique, 2012, 112 minutes.ANDRÉ LAVOIE La vitalité et rinsolence du cinéma flamand s\u2019étalent à nouveau sur nos écrans, et encore grâce à Félix van Groeningen qui, après La merditude des choses, poursuit sa trajectoire avec la même fougue dans Alabama Monroe.Il opte toutefois pour un étonnant changement de ton, flirtant avec le mélodrame mais en dosant ses effets de sensiblerie larmoyante.Car s\u2019il est vrai que le chemin de croix des enfants malades provoque son habituel torrent de larmes, le cinéaste s\u2019intéresse beaucoup à la relation charnelle, torride, tendue et complexe des parents de la petite Maybelle.Curieux cow-boy belge \u2014 si une telle chose existe \u2014 Didier (Johan Heildenhergh, le physique d\u2019un colosse et l\u2019âme d\u2019un poète) trimballe son banjo avec son groupe de bluegrass country et réussit, par sa dégaine et son talent, à séduire Elise (Veerle Baetens, du charisme et de la sensualité à revendre), propriétaire d\u2019un salon de tatouage et dont le corps magni- fique est un véritable panneau-réclame.La nouvelle de la grossesse (surprise) d\u2019Élise n\u2019est pas accueillie avec joie par le musicien, mais il se fait rapidement à l\u2019idée de devenir papa.Au fil des années, le couple devient duo au sein du groupe, tandis que leur fille commence à montrer une santé défaillante ; l\u2019ombre d\u2019un cancer se fait de plus en plus menaçante.La première chose qui étonne et enchante dans ce film tonifiant malgré son sujet crève-cœur, assorti d\u2019une trame musicale rien de moins que somptueuse, c\u2019est le savant désordre narratif que le cinéaste orchestre.Par de multiples retours en arrière et autres ruptures qui brouillent ou éclairent les agissements des personnages, le récit n\u2019est pas strictement celui d\u2019une longue agonie, médicale et sentimentale.Il s\u2019agit plutôt d\u2019une intrigue constamment morcelée, provoquant sans cesse l\u2019étonnement ou la perplexité.Tout cela est exécuté avec une ^ande fluidité puisque les transitions et les sursauts temporels sont rarement identifiés mais plutôt finement suggérés.Alabama Monroe prouve une fois encore la force créatrice de cette petite cinématographie, fière de concevoir des films populaires qui ne cèdent jamais à la facilité.Même les admirateurs de Hank Williams seront ici comblés, ce qui n\u2019est pas un mince exploit, surtout sous le ciel gris de la Belgique.Collaborateur Le Devoir Subversion spectacle ENDER\u2019S GAME Écrit et réalisé par Gavin Hood, d\u2019après le roman d\u2019Orson Scott Gard.Avec Asa Butterfield, Harrison Ford, Hailee Steinfeld, Abigail Breslin, Ben Kingsley, Viola Davis.Image: Donald McAlpine.Montage: Lee Smith, Zach Staenberg.Musique: Steve Jablonski.États-Unis, 2013, 114 minutes.MARTIN BILODEAU Cy est la conjugaison pour ados d\u2019un film qu\u2019on a vu mille fois conjugué pour adultes.Nous sommes dans un futur proche.Ender (Asa Butterfield, le petit Hugo de Scorsese), un gamin de 12 ans sur-doué pour le combat militaire, est envoyé par un vieux général (Harrison Ford), convaincu qu\u2019il est le Messie tant espéré, dans une école de combat, sur une station spatiale, où ses camarades de classe n\u2019ont d\u2019autre fonction que celle de le mettre en valeur et de l\u2019enhardir en prévision d\u2019un combat ultime qu\u2019il devra diriger contre un possible envahisseur extraterrestre.Gavin Hood, un cinéaste sud-africain découvert grâce à Tsotsi, signe la réalisation et le scénario de ce jeu de guerre inspiré d\u2019un roman populaire, où chaque chapitre constitue la répétition du précédent, avec degré de difficulté accru.La narration en voix hors champ du jeune héros, jumelée aux conversations du commandant et de son adjointe (Viola Davis) dans la première partie, du commandant et du mentor du garçon (Ben Kingsley) dans la seconde, éclaire au néon jusque ALLIANCE EILMS Une scène d^Ender's Game dans les coins les plus sombres.Le simplisme de la mécanique narrative est d\u2019autant plus décevant qiLEnder\u2019s Game formule deux ou trois idées relativement subversives.D\u2019abord sur la validité douteuse de la «guerre à la terreur» instaurée par George W.Bush et son amiral Dick Cheney.Ensuite sur le principe pentagonal fallacieux selon lequel la fin justifie les moyens.Enfin sur l\u2019esprit critique assassiné dans les écoles militaires.Ender\u2019s Game est donc un film déchiré entre son intention d\u2019enseigner l\u2019esprit critique aux jeunes spectateurs intelligents et son obligation mercantile de rejoindre, au moyen d\u2019un feu d\u2019artifice d\u2019images de synthèse et d\u2019effets spéciaux, l\u2019ado abruti par les jeux vidéo.Or le seul moyen d\u2019atteindre les deux, c\u2019est de tirer en l\u2019air et d\u2019espérer un miracle.Collaborateur Le Devoir Droit dans ses bottes DALLAS BUYERS CLUB Réalisation: Jean-Marc Vallée.Scénario: CraigBorten et Melisa Wallack.Avec Matthew McConaughey, Jennifer Garner, Jared Leto, Dallas Roberts.Image: Yves Bélanger.Montage: Martin Pensa et Jean-Marc Vallée.117 minutes.ODILE TREMBLAY Coup de gueule, coup de force de Jean-Marc Vallée, de ses scénaristes et de deux acteurs, Matthew McConaughey et Jared Leto : Dallas Buyers Club est une œuvre indépendante d\u2019urgence, qui concurrence aujourd\u2019hui de grosses productions dans la course aux Oscar.Le cinéaste de C.R.A.Z.Y.a conçu ce film américain avec les moyens du bord, un budget de misère, une équipe réduite, utilisant ces contraintes pour lui injecter du sang et du cœur, sans affectation, ni soif de parfait contrôle, laissant la vie passer entre ces images filmées caméra à l\u2019épaule par Yves Bélanger.On sent ici à quel point tous se sont investis à corps perdu dans une aventure, à commencer par Matthew McConaughey, qui perdit 38 livres et entra littéralement dans la peau de son personnage.L\u2019acteur de Killer Joe et de Mud est méconnaissable sous sa moustache et sa silhouette décharnée.Il livre surtout une interprétation éblouissante, celle qui hisse un bon acteur au rang d\u2019interprète de haut niveau.Pas de long préambule.Retour au milieu des années 80, alors que Ron Woodroof, électricien texan homophobe, macho, drogué, alcoolique, imbuvable et pétri de préjugés, apprend de ses médecins qu\u2019il a le VIH, ce nouveau virus alors incurable, et n\u2019a qu\u2019un mois à vivre.REMSTAR Uinterprétation de Jared Leto, formidable en transsexuel attachant et courageux, et celle de Matthew McConaughey, en électricien texan homophobe, envoient dans Tombre le reste de la distribution.En cette cuvée où les histoires vécues ont la cote au cinéma, porter à l\u2019écran un anti-héros fier de l\u2019être tout en créant l\u2019identification est un exercice de haute voltige à travers force zones d\u2019ombre.Craig Borten et Melisa Wallack, s\u2019aidant de témoignages et d\u2019articles de journaux, tissent un scénario fort habile autour du destin étonnant de cet homme qui, pour sauver sa peau, s\u2019est fait peu à peu le champion des homosexuels qu\u2019il méprisait en vendant au noir des médicaments alternatifs aux autres sidéens, surtout des gais.Son associé, un transsexuel attachant et courageux, est rendu sublime par la chaleureuse et poignante prestation de Jared Leto {Requiem for a Dream, Mr.Nobody).Cette interprétation comme celle de McConaughey envoient dans l\u2019ombre le reste de la distribution, dont Jennifer Garner en médecin moins pourrie que ses confrères, qui semble du coup assez terne.Place au combat typique de l\u2019homme face à l\u2019adversité et à ses propres démons.Ron Woodroof a la rage de vivre et s\u2019oppose au système: les grands lobbies des médicaments, les médecins, l\u2019Etat et tous les rackets de protection institutionnalisés qui bloquent l\u2019accès des sidéens aux cocktails de remèdes susceptibles d\u2019allonger leur vie.Mais c\u2019est le combat par petits bonds contre son intolérance, jamais totalement vaincue, qui est au cœur brûlant du film, c\u2019est lui qui permet à McConaughey autant de variations de jeu.Quant à la mise en scène de Jean-Marc Vallée, elle épouse le côté rugueux du personnage, sans traquer la joliesse, avec une écoute brûlante, un éclairage naturel qui joue de vérité.Le perfectionniste cinéaste québécois, qui s\u2019était laissé dépasser par la forme dans son précédent film Café de Flore, ne traque ici qu\u2019une authenticité.Rien d\u2019artificiel dans cette épopée texane, mais une direction d\u2019acteurs puissante et attentive, un montage nerveux, peu de musique, contre son habitude.Juste un bon film senti, fort et droit dans ses bottes.La vraie maîtrise consistant parfois en une forme de laisser-aller.Le Devoir C\u2019est notre histoire DUR MAN IN TEHRAN Réalisation: Drew Taylor, Larry Weinstein.Scénario : Drew Taylor, Robert Wright.Image: John M.Tran.Montage: Steve Weslak.Musique: Asher Lenz, Stephen Skratt.Canada, 2013, 85 minutes.ANDRÉ LAVOIE Quand la légende devient un fait établi, imprimez la légende.» C\u2019est ce que l\u2019on entend à la fin de L\u2019homme qui tua Liberty Valance, de John Ford, et la réplique est devenue le mantra d\u2019Hollywood, qui a toujours préféré le mythe à la vérité, si possible gonflé à l\u2019hélium et aux effets spéciaux.Imaginez maintenant la tronche des protagonistes canadiens autrefois impliqués dans la crise des otages américains en Iran en 1979 devant de Ben Affleck, un film oscarisé, faut-il le souligner.Ils n\u2019en sont pas revenus de voir comment cette histoire est devenue une ode à la CIA, nos diplomates faisant, au mieux, de la figuration intelligente.Les faits réels ne sont pas aussi glorieux (pour le gouvernement de Jimmy Carter), ni aussi trépidants (la fuite de l\u2019aéroport de Téhéran des six diplomates américains protégés par le Canada fut d\u2019une facilité déconcertante).Sans esprit revanchard, les documentaristes Drew Taylor et Larry Weinstein donnent la parole à Ken Taylor, l\u2019ambassadeur canadien en poste là-bas et à ce moment charnière richement mis en contexte dans Our Man In Tehran.Bien plus que d\u2019hé-berger des diplomates américains en cavale après le siège de leur ambassade par les forces islamistes de l\u2019ayatollah Khomeiny, Taylor s\u2019est littéralement transformé en espion, voire en héros téméraire, pour trouver une porte de sortie à ses «visiteurs», mais aussi à tous leurs collègues qui vivaient sous la terreur et dans de moins bonnes conditions.Certains de ces survivants témoignent dans ce documentaire passionnant sur cette époque qui éclaire les malaises actuels de la Maison-Blanche face au nouveau régime de Hassan Ro-hani.On compte aussi Joe Clark, alors premier ministre du Canada, et Flora MacDonald, ministre des Affaires étrangères, qui ont fait beaucoup plus que de pratiquer la politique de la chaise vide et le dénigrement des institutions internationales; le Canada a joué un rôle majeur dans cette affaire, et forcément dans la marche du monde.Parmi ses mérites, Our Man in Tehran démontre que la diplomatie (ainsi qu\u2019une bonne dose de courage et d\u2019inconscience) constitue encore un moyen efficace de sortir (parfois) triomphant des tumultes de l\u2019Histoire.Pour en connaître davantage sur cette crise, sachez que le documentaire s\u2019inspire largement d\u2019un livre de l\u2019historien Robin Wright {Notre homme à Téhéran, éditions de l\u2019Homme, 2010) et que la série SEVILLE Uancien ambassadeur canadien Ken Taylor revient sur la vraie histoire derrière Argo, Tout le monde en parlait a consacré deux épisodes fort éclairants au sujet, accessibles sur Tou.tv.Collaborateur Le Devoir «ÜNDES MEILLEURS FILMS DE TANNEE!» ACCESS HOIXYWOOD ?« Un road movie plein de fantaisie, entre rire et larmes.Rempli d'un optimisme revigorant.Elle s'en va surprend sans cesse le spectateur.^ Journal du dimanche CATHERINE DENEUVE S\u2019EN VA UN FILM DE EMMANUELLE BERCOT SELECTION OFFICIELLE CINEMANIA A L'AFFICHE LE 8 NOVEMBRE! [^metropolefilms com ï «1000BRAVOS A JEAN-MARC VALLEE, n, A KENDIZ-VOUS AUX OSCABS.» 98 5FM «LA PERFORMANCE DE McConaughey EST UN TOUR DE FORCE!» NEW YORK POST MATTHEW McConaughey BUYERSa UN FILM DE TUB ALLEE JEAN'MARC JENNIFER GARNER et JARED EETO EeiiistarFiliiis coin 1 EeinstarFilins Cpemscan PRESENTEMENT AU CINEMA A MONTREAL PARTOUT AU QUÉBEC DÈS LE 22 NOVEMBRE rCINEPLEXDIVERTISSEMENTn pCINEPLEX ENTERTAINMENTn CONSULTEZ LES EN EXCLUSIVITE rQUARTIERLATINl r FORUM 1 GUDK HORAIRES E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE NOVEMBRE 2013 CULTURE.CINEMA La traversée des enfers 12 YEARS A SLAVE Réalisation: Steve McQueen.Scénario : John Ridley, d\u2019après le récit autobiographique de Solomon Northup.Avec Chiwetel Ejiofor, Michael K.Williams, Michael Fassbender, Lupita Nyong\u2019o, Paul Dano, Sarah Paulson, Benedict Cumber-batch, Brad Pitt.Image: Sean Bobbitt.Montage: Joe Walker.Musique: Hans Zimmer.133 minutes.ODILE TREMBLAY Les admirateurs de Steve McQueen, brillant artiste afro-britannique en arts visuels passé au cinéma avec les films-chocs Hunger et Shame, apprécieront ces premiers pas dans la coproduction ambitieuse avec les Etats-Unis.En route vers les sommets des Oscar, on souhaite à son 12 Years a Slave tous les triomphes.Par sa force de frappe, sa qualité d\u2019interprétation, la maîtrise d\u2019une mise en scène qui ne se met jamais en avant mais suit les étapes de la plongée d\u2019un homme dans l\u2019humiliation, le film est une œuvre essentielle.11 ressuscite une page très noire de l\u2019histoire américaine, sans épargner au spectateur l\u2019atroce violence, jamais gratuite ; œuvre miroir aux tyrannies de tout acabit.12 Years a Slave, adapté de l\u2019autobiographie de Solomon Northup, raconte l\u2019ahurissant parcours d\u2019un musicien noir de Saratoga (Chiwetel Ejiofor), bien établi, bien marié, dans l\u2019État de New York en 1841, qui au fil d\u2019une tournée est kidnappé et vendu comme esclave au Sud esclavagiste, passant d\u2019un maître à l\u2019autre, fouetté, humilié, ravalé au rang de bête au milieu de ses compagnons d\u2019infortune.Avec moins de distance cpx\u2019Amistad de Spielberg et sans le second degré de Django Unchained de Tarantino, l\u2019esclavage est vécu ici de l\u2019intérieur, avec la torture, le fouet, la violence psychologique, créant l\u2019identification du spectateur.Les plans les plus spectaculaires (certains clairs obscurs semblent tirés de l\u2019univers pictural de Georges de la Tour) se mettent au service des forces et des émotions en jeu.La Louisiane, sa moiteur, sa végétation, les cases et les plantations constituent des éléments dramatiques aussi éloquents que les dialogues sous le soleil ou l\u2019ombre de la nuit.Par rapport à Shame, McQueen a remisé ici sa quête de style.11 est là pour dénoncer, suivre les forces en présence dans leurs va-et-vient entre rage, désespoir, ruse et tyrannie.Place à la traversée des enfers d\u2019un homme, selon ses maîtres et leur entourage, traité ou non avec un minimum de respect.Chiwetel Ejiofor tient sans doute déjà l\u2019Oscar d\u2019interprétation entre ses mains pour ce rôle d\u2019un être intelligent, éduqué, qualifié dans maints do- FOX SEARCHLIGHT Chiwetel Ejiofor tient sans doute déjà l\u2019Oscar d\u2019interprétation entre ses mains pour ce rôle d\u2019un musicien noir de Saratoga vendu comme esclave au Sud esclavagiste.maines, qui apprend à cacher ses origines et sa supériorité pour survivre en pareille jungle.Le visage de facteur dégage la gamme entière des émotions: douleur, honte, colère, espoir dissimulé.Son corps athlétique se plie aux tra- Par sa force de frappe, sa qualité d\u2019interprétation, la maîtrise d\u2019une mise en scène qui ne se met jamais en avant, mais suit les étapes de la plongée d\u2019un homme dans l\u2019humiliation, le film est une œuvre essentielle vaux, subit tous les châtiments, sans faire perdre à son personnage sa dignité fondamentale, ni sa foi en sa libération.Chez les Blancs, alors que Benedict Cumber-batch campe avec sensibilité le maître doté d\u2019humanité, la figure perverse de son patron incarné par Paul Dano frappe davantage, vraie lame de couteau.Mais c\u2019est Michael Eassbender, facteur fétiche de Steve McQueen, qui éblouit dans sa composition du maître névrosé, sadique, alcoolique, chez qui Solomon est vendu.11 se rend avec son personnage aux portes de la folie, magistral et hanté.Une jeune esclave (Lupita Nyong\u2019o, remarquablement touchante en victime expiatoire, aux contours trop purs de lys brisé, quasi symboliques) obsède ce despote, qui la viole et la brutdise sans relâche.Le personnage de Solomon aussi est une victime, mais doté de ruse et de force, ouvrant sur davantage de complexité.Plus troublants sont les esclaves qui ferment les yeux, figures obliques engendrées par les tyrannies.L\u2019épouse du maître (excellente Sarah Paul-son) est tout aussi ambiguë, féroce bigote qui torture à son tour l\u2019innocente rivale désirée par son mari.Une scène très belle met les esclaves en face d\u2019Amérindiens houmas qui dansent, sous les yeux du héros fasciné.Sur le plan historique, on peut déplorer l\u2019absence du fait français, langue courante au milieu du XIK® siècle dans les plantations de la Louisiane, et ce, même lorsque l\u2019architecture est créole, signe de propriétaires francophones.L\u2019histoire est écrite par les vainqueurs, linguistiquement aussi.Irritant qui ne retire pas au film son immense charge frontale.Le Devoir Leur Ukraine intérieure LE COSAQUE ET LA GITANE Réalisation et scénario : Nadine Beaudet.Image : Christian M.Fournier.Montage : René Roberge.Musique: Charles Papasoff.Québec, 2012, 77 minutes.ANDRÉ LAVOIE Dans une séquence aussi simple que bouleversante, Régine Gabrysz pousse ce cri de désespoir: «Maman, amène-moi ! » Ce n\u2019est pas l\u2019imploration d\u2019une fillette capricieuse, mais l\u2019incantation d\u2019une vieille dame d\u2019origine ukrainienne établie en Abitibi depuis des décennies et dont le destin se confond avec la folie du XX® siècle.Elle partage une partie de l\u2019attention de la cinéaste Nadine Beaudet dans Le cosaque et la gitane, portrait croisé de cette femme excentrique et de Lev Chayka, lui aussi venu de l\u2019Ukraine avec ses parents.11 porte fièrement la soutane pour répandre la bonne nouvelle aux rares et derniers immigrants de son pays attirés autrefois par cet Eldorado québécois, celui du temps des mines, nombreuses, prospères.et parfois meurtrières.Leur présence dans le paysage abitibien ressemble à ces tours de forage devenues silencieuses, figures familières mais d\u2019un autre temps, et s\u2019effaçant tout doucement.Ce n\u2019est pourtant pas ce que souhaitent ces deux êtres issus de la même patrie mais dont la ligne de vie n\u2019affiche pas la même trajectoire.Lev poursuit patiemment un combat acharné pour faire reconnaître la présence ukrainienne dans la région, devenant ainsi notre guide de cet enracinement dont on découvre l\u2019étendue jusque dans les cimetières.Régine, elle, entourée de ses poupées et de ses chandelles, s\u2019enveloppant de tissus colorés dignes d\u2019une bohémienne insouciante, porte en elle toutes les tragédies qui ont marqué son existence.Elles les égrènent de manière discrète et allusive, parfois étouffées par ses sanglots ou chantonnées comme par refus de les laisser l\u2019envahir totalement.Ce cinéma de la délicatesse n\u2019affiche pas l\u2019ambition de survoler toute l\u2019histoire d\u2019un siècle et d\u2019une région, juste d\u2019en dévoiler les traces sur l\u2019àme de ceux et celles qui ont survécu à ses fureurs et à ses mirages.Collaborateur Le Devoir Antiquité crépitante CHASSE AU GODARD D\u2019ABBITTIBBI Ecrit et réalisé par Eric Morin.Avec Sophie Desmarais, Alexandre Castonguay, Martin Dubreuil, Jean-Philippe Goncalves.Image: Louis-Philippe Blain.Montage: Jonathan Tremblay, Eric Morin.Musique: Philippe B.Québec, 2013, 100 minutes.MARTIN BILODEAU Godard est dans le titre.Avec tout ce que le cinéma de ce fondateur de la Nouvelle Vague évoque de liberté formelle, de transgression narrative, d\u2019expérimentation, à tous points de vue.Des principes qp\u2019on retrouve dans ce premier long métrage d\u2019Éric Morin, fondé sur une anecdote, soit la visite du réalisateur de Pierrot le fou à Rouyn-Noranda en 1968 afin d\u2019y mener une expérience de radio-télédiffusion nouvelle.Mais^ c\u2019est le premier long métrage de Claude Jutra, À tout prendre, ainsi que le court métrage Solange dans nos campagnes, de Gilles Carie (d\u2019ailleurs originaire de Rouyn), qui remontent à la mémoire devant Chasse au Godard d\u2019Abbittibbi.Un décor (ici, l\u2019hiver, ici, l\u2019Abitibi) peut-il parasiter la généalogie artistique d\u2019un film?Réponse: oui.Et je l\u2019apprends en même temps que vous.La visite de Godard agit comme un détonateur de prise de conscience sociale et politique pour un cinéaste en herbe (Martin Dubreuil, parfait) et deux jeunes amoureux (Sophie Desmarais et Alexandre Castonguay).Ceux-ci décident de réaliser ensemble une série de reportages pour la station Radio-Nord, donnant la parole à ceux qu\u2019on n\u2019entend pas : ouvriers des mines, travailleurs forestiers, mères au foyer, etc.Chemin faisant, le trio se mue en un triangle amoureux qui renseigne plus largement la situation des jeunes de l\u2019Abitibi.Quel avenir en région?Pqrtir ou rester?Étant lui-même passé par là.Éric Morin formule autant PARCE QUE FILMS Alexandre Castonguay en rêveur déçu dans Chasse au Godard d\u2019Abbittibbi.de réponses que de personnages, à travers une œuvre d\u2019antiquaire qui crépite comme un feu de résineux, sans temps mort ni temps fort.Chasse au Godard d\u2019Abbittibbi avance donc sous l\u2019impulsion d\u2019un charme discret né de la convergence de partis pris.La narration style ONE «dans l\u2019temps» en est une.Le récit «style libre», improvisé en apparence mais bien focalisé en vérité, en est un autre.Inconnu au bataillon, Alexandre Castonguay est pour sa part excellent en rêveur déçu mais résolu du 48® parallèle.Par-dessus tout, le film doit sa réussite au regard félin et au magnétisme de Sophie Desmarais, une actrice qui n\u2019a décidément rien à envier à Anna Karina.Assis devant le film, on se surprend à rêver d\u2019un espace-temps où aurait été possible la rencontre entre le Godard d\u2019À bout de souffle et celle qui campait l\u2019héroïne de Sarah préfère la course.Quels films ils nous auraient donnés, ces deux-là! Collaborateur Le Devoir EXC3NTRIS CHASSE AU GODARD D\u2019ABBITTIBBI ÉRIC MORIN - 100 MIN., V.O.FRANÇAISE - EN ATTENTE DEVISA ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: L\u2019INCONNU DU LAC ALAIN GUIRAUDIE HÉRITAGE\tEN ATTENTE HIAM ABBASS\t LE COSAQUE ET LA GITANE\tEN ATTENTE NADINE BEAUDET\tDEVISA THE BROKEN CIRCLE BREAKDOWN (ALABAMA MONROE)\tB»!\t FELIX VAN GROENINGEN\t ACHTUNG FILM! PRÉSENTE : HOUSTON (CHASSEUR DE TETE)\t/0 O GOETHE INSTITUT JEUDI 7 NOVEMBRE À19H\t CINÉ-KID PRÉSENTE : BOULE ET BILL\t DIMANCHE 3 NOVEMBRE À11H\t BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM (I Envoûtent.Sopliie Desmarais est inoubliable » Jeaa-fmm Kami, Ciné-Bulles FUNFIIM PRESFNTE UNE PNODUCTION DE PARCE QUE FILMS CHUSSE II EUiDtlD DilîBinUll sorniE DESMARAIS ILEIIINDIE GA8T0NEUAY Miniii DUBREUIL /\u2019ÎIIH[[sL\\\tHnéma^ ROUYN-NORANDA un film d\u2019ÉRIC MDRIN CINÉMA 2396, Beaubien E.721-6060 sçupesoup UN NOUVEAU COMPTOIR /\t^\t^ SOUPESOUPÀEXCENTRIS 1\tTOUSLES JOURS! -MAISON DU CINÉMA- SHERBROOKE -CINEMA CAPITOL - VAL P\u2019OR -CINÉMA- AMOS -CINÉMA- LE CLAP \u2014 CINÉMA DURIFT- VILLE-MARIE \u2014 CINEMA PARAMOUNT \u2014i ROUYN-NOFIANDA f 6 YouTube http://funfilm.ca/fr/films/film-funfilm-fiction.php?rid=140 http://cinemaexcentris.com "]
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