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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-11-09, Collections de BAnQ.

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[" Robin Aubert au théâtre pour faire entendre Le chant de Meu Page es i Le démantèlement Gabriel et Sébastien à la ferme Page e 12 CULTURE CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE iü NOVEMBRE 2013 Un amour Lemieux pénétré les arcanes % PHOTOS: PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le soir de la première, Marie-Nicole Lemieux chantera pour la 53^ fois le rôle de Mrs.Quickly dans FalstaffAe Verdi.Marie-Nicole Lemieux a fait se crouler de rire le public et se pâmer les critiques des plus grandes salles du monde dans le rôle de Mrs.Quickly.Voici que l\u2019interprète de la rouée entremetteuse dans Fa/sta/f débarque enfin chez elle, le chef-d\u2019œuvre de Verdi prenant l\u2019affiche de l\u2019Opéra de Montréal ce samedi soir pour quatre représentations.CHRISTOPHE HUSS arie-Nicole Lemieux est intarissable sur le dernier opéra de Verdi.Mais lorsqu\u2019elle l\u2019évoque, elle parle peu de son propre rôle.« Quand je parle de Falstaff, je suis inépuisable, non sur mon personnage mais sur Falstaff lui-même.Nous autres ne faisons que voltiger autour.» La rencontre avec cet opéra, dont le sujet est tiré des Joyeuses commères de Windsor de Shakespeare, elle le doit, juste après sa victoire au Concours Reine Elisabeth de Bruxelles, à Bernd Loebe, alors directeur artistique du Théâtre de La Monnaie de Bruxelles, qui venait d\u2019être nommé intendant de l\u2019Opéra de Francfort.«C\u2019était dans l\u2019escalier du Musée des beaux-arts de Bruxelles, se rappelle Marie-Nicole Lemieux pour Le Devoir.Bernd Loebe m\u2019a crié d\u2019en haut: \u201cÇa ne vous intéresserait pas de faire Quickly ?C\u2019est pour vous, ça!\u201dJe me suis alors rappelé que ma prof m\u2019avait dit un jour: \u201cTu es une Quickly, toi.\u201d J\u2019ai donc dit oui.» Marie-Nicole Lemieux en est à sa septième production (chif- fre auquel il faut ajouter deux reprises), et le soir de la première elle chantera le rôle de Mrs.Quickly pour la 53® fois.Son parcours personnel est une véritable leçon permettant de pénétrer les arcanes d\u2019une œuvre parfaite.Francfort, 2003: apprivoiser i\u2019opéra Au moment de la proposition de Bernd Loebe, Falstaff était représenté à Bruxelles, avec José van Dam dans le rôle-titre et sous la direction d\u2019Antonio Pappano.«J\u2019y suis allée.Verdi, je l\u2019aimais.Mais après, je l\u2019adorais.C\u2019était le théâtre musical parfait: même pas de place pour applaudir; ça file et il faut jouer avec précision», s\u2019enthousiasme Marie-Nicole Lemieux.«En 2003, à Francfort, Falstaff est l\u2019opéra qui m\u2019a réconcilié avec la scène.En 2002, j\u2019avais eu une expérience décevante dans Jules César qui m\u2019avait écœurée de l\u2019opéra, tellement je me sentais écartelée entre le chef et le metteur en scène.A Francfort, j\u2019ai connu un plaisir immense sur scène.» Paris, 2008: chanter i\u2019itaiien Après cinq ans d\u2019abstinence, Marie-Nicole Lemieux reprend le rôle de Quickly en ^008 au Théâtre des Champs-Elysées dans une mise en scène de Mario Martone.Elle tombe dans la fosse 10 jours avant la première et chante les représentations avec une clavicule cassée.«Il n\u2019y avait que des Italiens et la coach d\u2019italien était sans pitié.Mais elle m\u2019a dit: \u201cTu parles bien italien, mais tu le chantes mal.\u201d Et vlan ! Elle m\u2019a fait réaliser que chanter italien, c\u2019est une chose, et bien chanter italien, c\u2019est autre chose: il y a des couleurs de voyelles; c\u2019est très subtil et ça demande beaucoup de travail.» Giyndebourne, 2009: ie sens des mots Nourrie par son expérience parisienne, Marie-Nicole Lemieux arrive en Angleterre.Sept semaines de répétitions et des partenaires qui ne connaissent pas leur rôle en arrivant.La chanteuse ronge son frein.«J\u2019étais très énervée, mais j\u2019en ai profité pour travailler la poésie, le sens des mots, avec une autre coach, Rita de Letteris.J\u2019ai approfondi la poésie, les double sens, la couleur des mots.» Giyndebourne, c\u2019est la révélation du génie du livret de Boïto.«Il y a même différents niveaux de langage italien matérialisant le fait que Falstaff incarne la vieille société cultivée.Il lui manque les sous qu\u2019il va chercher chez les femmes des nouveaux riches.Le sujet, c\u2019est un conflit de générations et de culture.Il y a des mots si sensuels dans la bouche de Falstaff.J\u2019ai pu jouir du texte.» Et Vladimir Jurowski?« Un grand chef, mais trop cérébral pour moi.Entre lui et le metteur en scène Richard Jones, on a répété sept semaines et on n\u2019a pas ri une fois.» Et pourtant, le miracle se produit: «C\u2019est d\u2019une telle intelligence, que le public a tellement ri.» Richard Jones prouve aussi que Falstaff transposable.Son action se passe en 1945.Marie-Nicole Lemieux, gradée dans l\u2019armée, a beau avoir été mariée, elle vit avec une «spécial friend» : son père en a ri aux éclats.«Falstaff est transposable, car l\u2019intrigue, c\u2019est une génération qui s\u2019éteint pour faire place à une autre; cela se passe à toutes les époques.» Jones lui apprend aussi l\u2019économie de moyens: «Des fois, il ne faut pas en faire des tonnes, il faut faire le bon geste qui tue.» VOIR PAGE E 7 : EALSTAEE E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 2013 CULTURE Requiem pour un zombie qui grouille encore Odile Tremblay On attend le rapport sur les enjeux du cinéma québécois.En crise?Malade?La France tâte sur son territoire le pouls du même patient.A l\u2019heure où le numérique tue la bobine, renvoie l\u2019image animée aux écrans de poche et vide les salles, plusieurs posent à travers le globe la question qui tue : le cinéma survit-il toujours sur son long fleuve virtuel pas tranquille ?«Il est mort!», répondent certains puristes d\u2019un ton lugubre.C\u2019est qu\u2019ils ne reconnaissent plus l\u2019être aimé, hors de la communion des salles consacrées, sans la pellicule, sa matrice.Pis encore : le premier venu peut désormais se prendre pour Godard, en tirant des images toutes croches d\u2019un téléphone caméra.«Mort! Mort! Mort!», marlélent-ils, assurant que de vils usurpateurs séviraient sous son nom.Halte-là! Aucun art n\u2019aura vu si souvent claironner son décès.Pourtant, c\u2019est bien pour dire : d\u2019enterrements en résurrections, le zombie marche encore, malgré ses bandelettes et son drôle de déhanchement.Tâtant son pouls au long de l\u2019année, on lui trouve bon pied, bon œil, tout en compulsant, car on ne sait jamais, l\u2019ouvrage d\u2019André Gaudreault et Philippe Marion, chez Armand Colin, coiffé d\u2019un titre à la fois interrogatif et alarmiste \\ La fin du cinéma ?.Ces auteurs ont enquêté de sérieuse façon (avec plusieurs traits d\u2019humour) sur l\u2019effet R.I.P.qui ensevelit la bête à intervalles réguliers.«Le cinéma ne cessera jamais de se voir déclaré mort», constatent-ils.Tant de couches de terre sur le jeune centenaire, qui aura témoigné d\u2019une incroyable fa- «I TELE QUEBEC Mort ou vif, le cinéma a semé sur sa route plusieurs perles, dont Paris, Texas de Wim Wenders.culté d\u2019adaptation.Oui mais pourquoi?Et s\u2019il avait neuf vies, comme un gros chat?Ou la faculté de renaître de ses cendres, façon phénix?Ordre et méthode s\u2019imposent.Il faut d\u2019abord compter.CLOTURE DE L\u2019AMOUR Du 11 novembre au 6 décembre 2013 Une production du Théâtre de Quat\u2019Sous Texte Pascal Rambert Mise en scène Christian Vézina Avec Christian Bégin et Maude Guérin Concepteurs Florence Cornet, Michel F.Côté, Francis Hamel, Roxanne Henry et Marc Senécal Émotions brutes.Places limitées.Réservez votre siège.PSf Amours romanesques Ê L'Adieu aux armes Ér d\u2019Ernest Hemingway \" 18 novembre 2013 Un rendez-vous avec James Hyndman pour les passionnés de littérature.Les noctambules El novembre E013 Discussion animée par Marie-Louise Arsenault, après la représentation.L\u2019heure du conte E4 novembre E013 Activité gratuite pour les enfants des spectateurs avec Isabelle Lamontagne et Myriam Houle.Réservation requise.Ta douleur 11 au 14 décembre E013 Une chorégraphie percutante de Brigitte Haentjens qui explore la géographie accidentée de la douleur.Unknown body EE au 31 janvier E014 La sublime chorégraphe et danseuse Jocelyne Montpetit plonge dans les profondeurs d\u2019un corps inconnu.Testament 10 au 30 mars E014 Le faux vrai testament fragmenté et brutal de Vickie Gendreau, où se déchaînent les folles pulsions de l\u2019existence.Besbouss Autopsie d\u2019un révolté EE avril au 17 mai E014 Stéphane Brulotte et Dominic Champagne nous transportent en Tunisie, dans la révolte des hommes épris de liberté.Billetterie 514 845-7277 quatsüus.com LE DEVOIR «Nous recensons un total de huit morts qui seraient survenues depuis l\u2019avènement des vues animées, précisent ces limiers.Celle qui a été causée par la crise du numérique est la dernière en date; aussi lui assignerons-nous le numéro 8, selon un ordre chronologique croissant.» Le premier trépas aurait été annoncé par nul autre qu\u2019An-toine Lumière, père de Louis et Auguste, peu impressionné \u2014 les vertus du renforcement positif étant méconnues à l\u2019époque \u2014 par le cinématographe enfanté par ses rejetons: «Le cinéma est une invention sans avenir», tranchait l\u2019implacable géniteur.Mort-né, frappé au berceau du mauvais sort d\u2019une fée Cara-bosse, son destin était scellé.Condamné à la bâtardise dès le premier passage du documentaire à la fiction, puis par le saut du muet au parlant, plus tard par l\u2019adjonction de la couleur.Et que faisaient ces nouveaux ingrédients dans une recette honorable et éprouvée ?pleuraient les nostalgiques.Vint la télé, ce concurrent de basse classe, qui osa le défier en duel singulier.Mort, mort, mort! Paris Match grava en 1953 sur sa une, devant une photo de Marilyn, cette rebondissante question: «Le cinéma va-t-il disparaître ?» Sous la menace du petit écran et devant la bataille désespérée d\u2019Hollywood pour contre-attaquer, la partie semblait alors perdue.Et pourtant.En 1967, Roger Boussinot, dans un pamphlet intitulé Le cinéma est mort.Vive le cinéma ! \u2014 titre récurrent, qui servit beaucoup\u2014, sonna de nouveau le glas.A ses yeux, après le coup de jarnac donné par la télévision, c\u2019était le magnétoscope qui, en permettant à chacun d\u2019effectuer sa programmation, transformait désormais le rapport au film, qu\u2019on pouvait arrêter, reprendre au début.faire jouer en accéléré (hérésie suprême), l\u2019arrachant à son cadre et à sa durée.De son côté, le grand cinéaste britannique Peter Greenaway fait remonter la mort du cinéma à une date précise autant qu\u2019arbitraire: le 31 septembre 1983, lorsque la télécommande s\u2019est répandue dans les salons, transformant du coup le cinéma en art interactif.Ce serait la mort numéro 7.Nous, on se perd dans ces chiffres.Le journal Libération, en mai dernier, lançait son questionnement corollaire: «Le dernier Festival de Cannes ?», devant la double révolution : technologique, avec les minicaméras, «quitte à filmer ses pieds comme un pied», et culturelle, avec la dilution de l\u2019espace salle au profit des ordinateurs, des téléphones portables, etc.«Au risque que cette profusion augmente la confusion entre le réel et ses moult virtualités.Sauf à devenir une vieille dame sympa mais désuète que l\u2019on visiterait une fois par an en son mouroir», s\u2019inquiète le journaliste Gérard Lefort.Gaudreault et Marion lancent leur propre diagnostic: «En dynamitant les frontières entre les médias, cette révolution supposée débouche sur une forme de métissage qui brouille les frontières médiales et génère intermédias, hypermédias et autres univers médiatiques hybrides.» Ouille ! tous ces virus aux noms sinistres doivent bien transmettre la peste et le choléra.En lui inoculant le parlant, la couleur, sous les attaques viciées de la télévision, du magnétoscope, de la télécommande, de la captation numérique, de la diffusion sur multi-plateformes, les microbes ne cesseront-ils jamais de proliférer sur ce grand corps malade ?«Une chose est certaine, c\u2019est que la révolution numérique a fait descendre le ci- néma de son piédestal, notent les auteurs du livre.Elle a notamment fait en sorte que le film ne soit désormais plus une œuvre intouchable.» On approuve, et ça tombe bien, car il nous plaît un peu bâtard, ce septième art là si résilient.Assez pour s\u2019appuyer sur la définition de Robert Morin, dernier lauréat du prix Albert-Tessier: «Le cinéma, c\u2019est toutes les images intéressantes qui grouillent.» Et avec ça, le talent fait le moine! Excusez-la! Mort ou vif, le septième art a semé sur sa route plusieurs perles, rondes, en poire ou baroques.Marc-André Lussier, ami et collègue de La Presse, ci-devant surnommé «la concurrence», vient de publier le livre Le meilleur de mon cinéma avec 300 titres incontournables des 30 dernières années.On puise à ses choix en y opposant les nôtres, parfois identiques (pas toujours).Mais nous voici d\u2019accord pour célébrer A nos amours de Maurice Pialat (1984) avec la sublime Sandrine Bonnaire en son âge tendre.Ou Paris, Texas, lancinante équipée américaine de l\u2019Allemand Wim Wenders, palmée d\u2019or.Marc-André y salue «les interprètes vibrants, à commencer par Harry Dean Stanton, qui trouve sans doute ici le rôle de sa carrière».Vrai.D\u2019ailleurs, Nastassja Kinski ne s\u2019en tirait pas mal non plus.Allez, je lui pardonne son amour douteux pour le chantant et maniéré Les bien-aimés de Christophe Honoré.Parce qu\u2019en cette même année 2012, il élit également Le cheval de Turin du Hongrois Béla Tarr, chef-d\u2019œuvre absolu.Mais oui, il y a des films québécois tout plein, et certains le méritent haut la main, de La neuvaine de Bernard Emond à Un zoo la nuit de Jean-Claude Lauzon, en passant par Quiconque meurt, meurt à douleur de Robert Morin, Le déclin de l\u2019Empire américain d\u2019Arcand et autres Invasions, etc.Mais Horloge biologique de Ricardo Trogi?Hum! Son Québec-Montréal, je veux bien.Des goûts et des couleurs.J\u2019en discuterai un jour avec « la concurrence » autour d\u2019un café, en refusant d\u2019enterrer ce bon vieux compagnon du cinéma, à la tronche couturée d\u2019un Frankenstein, qui, mort, soit, mais de rire, n\u2019a pas fini d\u2019arracher à ses croix gothiques tous les R.I.P.otremhlay@ledevoir.com Une œuvre percutante comme seule sait en tricoter l\u2019équipe de La | Manufacture.» -\tLe Devoir « Maxime Dénommée a dirigé de [ main de maître ses trois acteurs qui offrent une performance j remarquable.» -\tLa Presse « Une puissante déflagration (.) jouée à un rythme fou, dont nul ne saurait ni ne voudrait calmer l\u2019ardeur.» -\tRevue Jeu « Une pièce qui vient te chercher directement dans le plexus.Tu y penses, tu y repenses.Un vrai suspense.» -\tOn aura tout vu, 98,5 FM « Steve Laplante, Evelyne Rompré et Étienne Pilon sont tour à tour dérangeants, drôles, attachants, ¦ répugnants.Une pièce très dense.>' ^ -\tSamedi et rien d\u2019autre, Radio-Canada Partenaire de saison Hydro vdCw Québec Supplémentaires Samedis 23 et 30 novembre à 20h LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 20IS E 3 CULTURE.THEATRE Robin Aubert de retour au bercail Le cinéaste renoue avec la scène pour faire entendre Le chant de Meu CHRISTIAN SAINT-PIERRE Les plus jeunes ne le savent peut-être pas, mais avant d\u2019être l\u2019homme de cinéma accompli qu\u2019il est devenu, Robin Aubert était promis à une brillante carrière au théâtre.Entre 1994 et 1996, dans Arlequin, serviteur de deux maîtres, un spectacle de l\u2019Opsis mis en scène par Serge Denoncourt, le comédien a brûlé les planches.« Quand j\u2019y pense, le théâtre a toujours été présent, confie Robin Aubert.Dans mes films, les personnages ont le même costume du début à la fin, le chœur est présent et il y a des fantômes qui parlent.Ce n\u2019est jamais tout à fait réaliste; c\u2019est un peu décalé, des fois même tragique, comme chez les Grecs.Il finit toujours par y avoir une forme de catharsis qui se pointe à un moment ou à un autre.Il faut comprendre que j\u2019ai connu Brecht et Tchékhov bien avant Tarkovski et Jarmusch.Veux, veux pas, ça laisse des traces.» Mais il ne faudrait surtout pas croire que Le chant de Meu, qu\u2019il a confié au metteur en scène Benoît Desjardins, est un scénario recyclé en pièce de théâtre.Dès le départ, le langage destinait le texte à la scène.«Les images sont plus évoquées que montrées, explique celui qui a publié, en 2011, un premier recueil de poésie intitulé Entre la ville et l\u2019écorce, à L\u2019Oie de Cravan.D\u2019ailleurs, c\u2019est ce que je préfère au cinéma, quand on évoque une scène plutôt que de la montrer.J\u2019estime que c\u2019est toujours l\u2019histoire qui doit dicter le médium, jamais le contraire.Sinon, ça devient juste un concept.L\u2019autre chose, peut-être plus inconsciente, c\u2019est que je me suis permis d\u2019aller dans une sorte de réalisme magique que je ne fais pas au cinéma.Mais ça, c\u2019est ma blonde qui dit ça.» Au cinéma comme au théâtre, Robin Aubert n\u2019hésite pas à aborder de front la question de la masculinité.On pourrait même dire qu\u2019il redonne à l\u2019homme, longtemps et souvent dépeint comme un abruti, une certaine noblesse.«Il semble y avoir un malaise ambiant en ce qui concerne l\u2019image de l\u2019homme véhiculé par nos auteurs.On consacre des émissions à ce sujet, on commente la dureté des rapports.On écrit des papiers là-des-sus pour comprendre si ça ne serait pas un mal générationnel.On le fait par acquit de conscience, comme si on voulait maladroitement rétablir le rôle de la femme duns l\u2019univers masculin.Or je pense que pas une fois on a mis le doigt sur le réel problème.» Ainsi, le créateur estime qu\u2019il n\u2019y a pas assez de femmes pour parler de femmes et qu\u2019il faut remédier à cette situation.«Comme spectateur, je m\u2019attends à comprendre le sentiment, masculin ou féminin, en ayant accès aux tripes du personnage.C\u2019est pour ça que je dis qu\u2019il devrait y avoir plus de Fanny Britt et d\u2019Anne Emond pour contrebalancer le nombre de créateurs qui sont des hommes.La solution, ce serait d\u2019accepter plus de projets féminins.Pas d\u2019empêcher les auteurs hommes d\u2019écrire sur les hommes soi-disant parce qu\u2019on a fait le tour.Evidemment, on n\u2019a pas besoin d\u2019être un homme pour écrire sur les hommes.Monsieur Lazhar [d\u2019Evelyne de la Chenelière] est peut-être le plus beau personnage masculin écrit ces dernières années.Le protagoniste masculin du prochain film de Micheline Lanctôt, un homme n\u2019aurait pas pu l\u2019écrire.» La ruralité n\u2019a rien de folklorique Un autre tabou que Robin Aubert prend plaisir à explorer, c\u2019est celui de la ruralité.Le thème, de plus en plus présent au cinéma, est encore assez peu courant dans notre théâtre.Dans Le chant de Meu, il est question de chasse.Au cinéma comme au théâtre, Robin Aubert n\u2019hésite pas à aborder de front ia question de ia mascuiinité.JULIE ROY de boucherie, de champs et de pick-up, mais surtout de trahison et de vide entre deux amis qui sont presque des frères, des personnages incarnés par Martin Dubreuil et Hubert Proulx.«Il n\u2019y a rien de folklorique dans la ruralité, lance l\u2019auteur.Et ceux qui l\u2019interprètent de cette manière devraient voyager davantage.De Mani-waki à Kangiqsujuaq au Nuna-vik.Ils devraient écouter les gens.La ruralité n\u2019a rien à voir avec un retour en arrière, une fermeture sur le monde.C\u2019est selon moi un manque de culture et d\u2019ouverture.Des gens fermés, il y en a partout, même chez les plus érudits.» Si Robin Aubert est attaché au territoire québécois, il ne tient pas pour autant à ce que son oeuvre soit qualifiée de régionale.«Ça ne me vient pas à l\u2019esprit.Je ne revendique pas à tout prix l\u2019étiquette de «régional».Je peux tout autant prendre mon pied en lisant Pourquoi Bologne, d\u2019Alain Farah, qui se passe en partie dans le quartier libanais de Montréal, qu\u2019en me rendant devant l\u2019étang Walden avec les réflexions de Thoreau, ou encore dans un village inventé par François Lévesque dans Une maison de fumée.Ce qui est important, c\u2019est d\u2019être vrai et honnête dans ce qu\u2019on fait, même si on invente.La vérité, ça n\u2019a pas de territoire.» 11 semble que l\u2019auteur n\u2019ait pas regretté un seul instant d\u2019avoir confié son texte au Noble Théâtre des trous de sif fleux, une compagnie de recherche théâtrale en milieu X ÎM i m i m a Je ne revendique pas à tout prix l\u2019étiquette de régional, [.].Ce qui est important, c\u2019est d\u2019être vrai et honnête dans ce qu\u2019on fait, même si on inventa, La vérité, ça n\u2019a pas de territoire, Robin Aubert, cinéaste, acteur, écrivain rural fondée en 2001 par Benoît Desjardins et Silène Beau-regard.«Il y a quelques jours, explique Aubert, fai assisté à une représentation à Mont-Laurier.Après, fai foncé dans les bras de Benoît.J\u2019ai aimé sa mise en scène et la façon dont il a dirigé les acteurs.Martin et Hubert m\u2019ont touché droit au cœur.J\u2019ai aimé la sobriété de la scénographie de Silène.Le maniérisme était inexistant et les silences avaient leur place.Je ne suis pas metteur en scène et je n\u2019aspire pas à l\u2019être non plus.Benoît en est un.Sans lui, mon texte dormirait encore dans un tiroir de mon bureau.» Collaborateur Le Devoir LE CHANT DE MEU Texte: Robin Aubert.Mise en scène: Benoît Desjardins.Une production du Noble Théâtre des trous de siffleux.A la salle intime du théâtre Prospero du 12 au 30 novembre 2013.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Martin Dubreuil et Hubert Proulx se donnent la réplique dans la pièce Le chant de Meu.UNE ŒUVRE SATIRIQUE ET PROVOCATRICE PORTÉE PAR UNE DISTRIBUTION MAGISTRALE! l£ BALOON TEXTE JEAN GENET DRAMATURGIE ET MISE EN SCÈNE RENÉ RICHARD CYR UNE PRÉSENTATION ?)) SNC»LAVALIN AVEC ÉRIC BERNIER / STÉPHANE BRETON / SONIA CORDEAU / KIM DESPATIS / BENOÎT DROUIN-GERMAIN BERNARD FORTIN / MARIE-THÉRÉSE FORTIN / ROGER LA RUE / MARIE-PIER LABRECQUE / SIMON LACROIX JULIE LE BRETON / MACHA LIMONCHIK / BRUNO MARCIL / VINCENT-GUILLAUME OTIS / DENIS ROY Théâtre du Nouveau ^Monde\t\t\t À UAFFICHE!\tLES MARDIS À 19H30\tTNM.QC.CA 514.866.8668\t\u2022(If) SP* E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 20IS CULTURE-THEATRE ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Christian Bégin et Mande Guérin sont sur les planches du Théâtre de Quat\u2019sous dans une mise en scène signée Christian Vézina.Rideau sur un amour qui meurt Christian Vézina met en scène la séparation verbalisée de deux amants incarnés par Christian Bégin et Maude Guérin LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Deux acteurs sur une scène vide : CTiristian Bégin et Maude Guérin sur les planches nues du Théâtre de Quat\u2019sous.Un texte monumental mis en souffle et en chair par Christian Vézina.Plébiscitée à Avignon en 2011, reprise depuis en plusieurs points du globe, de Berlin à Tokyo en passant par New York ou Moscou, Clôture de l\u2019amour arrive lundi à Montréal précédée de critiques élo-^euses.Et avec aucune instruction, s\u2019amuse le metteur en scène.«En fait, le texte ne comporte que deux didascalies.Je n\u2019en ai suivi aucune.» Qualifiée de «performance chorégraphique» par Rambert lui-même.Clôture de l\u2019amour relate la mise à mort d\u2019un couple par la seule force de la parole.Un combat épique mené en deux monologues assassins.Stan attaquera d\u2019abord Audrey dans une longue déclamation incendiaire qu\u2019elle accusera sans dire mot.Audrey ripostera ensuite dans une grande tirade enfiévrée qui laissera Stan sans voix.Rideau sur un amour qui se meurt.Cette séparation verbalisée, Pascal Rambert l\u2019a travaillée jusqu\u2019à la monomanie, dessinant deux partitions qui se répondent exactement, comme dans un miroir, raconte Christian Vézina.«Tout est choix dans ce texte, qui doit être monté au scalpel tant il a été travaillé, calculé, pesé.Il faut bâtir des personnalités textuelles tout en étant très précis sur ce qui sort des corps, spécialement pour les silences qui doivent être intelligibles, sentis.» Pour les comédiens, l\u2019exercice prend des allures de course de fond, voire de parcours de montagnes russes.«Oui, ce sont deux monologues.Mais pendant que l\u2019un parle, l\u2019autre reçoit et répond par le corps, c\u2019est très physique», observe Christian Bégin.«Quand ça part, c\u2019est comme un manège, renchérit Maude Guérin.Ça fait king-king-king en montant; tu sens la progression, l\u2019accumulation.Au sommet, quand ça part, tu sais que la descente pourrait t\u2019avaler, te submerger, alors tu rentres dedans la tête baissée en attaquant la pente de front parce que tu sais que c\u2019est la seule façon de fen sortir.» Dans cet univers épuré où chaque petit détail est exacerbé, la mise en espace est à travailler «C\u2019est un discours qui est, oui, intellectualisé, mais qui reste complètement explosif parce que ce sont deux intellectuels qui se parlent avec un cœur à vif.» très finement, indique Christian Vézina.Cela participe à la puissance d\u2019évocation étonnante du texte.«Il y a un hyperréalisme qui est vraiment troublant chez Rambert En même temps, il y a aussi une éloquence dans le propos qui n\u2019a pas de prise avec la réalité.On peut dire que c\u2019est un discours qui est, oui, intellectualisé, mais qui reste complètement explosif parce que ce sont deux intellectuels qui se parlent avec un cœur à vif » La fiction amoureuse C\u2019est un texte qui remue mille choses, remarque Maude Guérin.« Qui est-on quand on aime ?C\u2019est quoi, un véritable amour?A partir de quel moment commence-t-il à mourir?Comment peut-on passer de l\u2019amour à la haine quand on a tant aimé ?» C\u2019est un texte aussi qui refuse de s\u2019éteindre, croit Christian Bégin.«C\u2019est la pièce qui me suit le plus dans mon quotidien, partout où je vais, elle m\u2019habite, me trouble.On porte tous des histoires d\u2019amour et de rupture, et celle-ci a une résonance vraiment toute particulière.C\u2019est sans doute la partition la plus exigeante que j\u2019ai eue à jouer.» Les personnages d\u2019Audrey et de Stan proposent à cet égard deux partitions très différentes d\u2019une même fiction amoureuse qui se délite.«Stan veut justifier son départ et, pour cela, il choisit de dénaturer leur amour.Mais elle, elle refuse de le laisser faire en lui renvoyant toute la force de cet amour, sa violence, sa passion», raconte Maude Guérin.Si c\u2019est Stan qui lance la bombe, c\u2019est la réponse d\u2019Audrey, avec toute son authenticité, qui reste la plus dévastatrice, poursuit Christian Bégin.«Sa réponse à elle l\u2019oblige à prendre conscience de ce qu\u2019il vient de dire, du caractère définitif du geste qu\u2019il vient de poser.Et il n\u2019y a rien de plus terrible.» S\u2019il est vrai qu\u2019il y a quelque chose de terrible dans cette réponse, il s\u2019y trouve aussi une grande beauté, nuance Christian Vézina.«Audrey se fait passer dessus par un bulldozer, mais quand elle se relève, elle est plus forte.Elle n\u2019est pas animée par la vengeance, elle est seulement une femme qui aime encore, authentique, incarnée dans cet amour.» Chez Stan, c\u2019est la tête qui parle, alors que chez Audrey, c\u2019est le cœur qui répond et qui parle le plus fort, opine Maude Guérin, qui voit dans sa partition à elle «un vrai chant d\u2019amour».Depuis Paris, Pascal Rambert ne renierait sans doute pas cette lecture, lui qui a déjà confié aux Inrocks avoir, dans ce texte, «tout fait pour [se] placer dans ce qu\u2019 [ü] ressen [t] comme la vérité des choses: quitter n\u2019est pas ne plus aimer, c\u2019est aimer d\u2019une manière différente dans un nouveau temps».Le Devoir CLOTURE DE L\u2019AMOUR Une production du Théâtre de Quat\u2019sous, du 11 novembre au 6 décembre 2013.H U M 0 U R Sur la face B de Louis-José Houde L\u2019humoriste a rassemblé 90 minutes d\u2019anecdotes et de grands délires inédits sur un DVD de pure débandade Avant même de plancher sur Les heures verticales, l\u2019humoriste Louis-José mitonnait Le show caché 2, sorte de «face B» de son troisième spectacle.Après l\u2019avoir servi à un échantillon de spectateurs l\u2019an dernier, il profite de la mi-temps de sa tournée pour le sortir en DVD, nous révélant un aspect de lui plus Le temps d\u2019une paix que The Social Network.ÉMILIE EOLIE-BOIVIN Sur la pochette de son nouveau DVD du Show caché 2, Louis-José Houde explique qu\u2019il avait trois semaines de vacances, pendant le temps des Lêtes 2012, et que, tant qu\u2019à avoir des loisirs, il était beaucoup plus simple de faire un spectacle.Un autre spectacle, tout neuf, avec des gags inédits, tiens.Après, il s\u2019étonne que tout le monde l\u2019imagine comme un hyperactif.Mais non.«Ma vie, c\u2019est Le temps d\u2019une paix \u2014 C\u2019est une série que j\u2019adore.Je lis beaucoup, beaucoup; je fais du snowboard tout seul pendant mes journées off That\u2019s it.J\u2019ai besoin de beaucoup de tranquillité dans ma vie», dit l\u2019humoriste.S\u2019il n\u2019a pas un grand appétit pour la châtaigne de son consommé de volaille, qu\u2019il repousse de la cuillère, il en a un insatiable pour le stand-up comique.Ce qui explique cette double carrière, triple même si on compte son spectacle pour le public français.Un show «pas de titre», rempli des «succès-souvenirs» pigés dans les archives de tous ses spectacles, jusqu\u2019aux gags des éditions de l\u2019ADlSQ.L\u2019année prochaine, après les 400 représentations des Heures verticales, il voudrait même tâter du stand-up chez les Anglos, de façon anonyme; ça l\u2019intrigue.«Le stand-up.souvent c\u2019est comme un show acoustique d\u2019humour.Il y a quelque chose de plus organique, et tu peux plus déconner.C\u2019est l\u2019fun.» Tu peux davantage être toi-même?«Oui.» Sans la moindre hésitation.«Je suis moi-même dans Les heures verticales, lâ, mais après 200fois, ça devient davantage un solo de théâtre.C\u2019est correct, tu ris au pied carré en estie.J\u2019aime faire des shows concis, efficaces, je ne veux pas qu\u2019il y ait de temps morts.Mais j\u2019ai moins l\u2019impression que c\u2019est une conversation avec le public.» En cabaret, c\u2019est même de la pure débandade, comme il le montre dans les extras du DVD, et ça lui permet de renouer avec des réflexes d\u2019im-pro des bars, réflexes qu\u2019il n\u2019a pas perdus après une décennie de sages grandes salles.Techno-tweet Pas plus techno que les autres, Louis-José est un adepte du papier, il les préfère même aux écrans lumineux.Un compte Twitter envoie peut-être ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Louis-José Houde pourrait tâter du stand-up chez les Anglos l\u2019an prochain, de façon anonyme.23 1\t¦¦ 1\tINVITÉ 1\tR\u2019HDNNEUR IVDVANHDVE AVEC LE SOUTIEN DE PEBFO DES PAVS-BAS AU CANADA ET DUC G ARTS FUND NE, DE L'AMBASSADE FDES ARTS ET DES LETTRES DD DDËBEC.des messages en 140 caractères dans le cyberespace à son nom pendant \u2014 et seulement \u2014 les éditions des galas de l\u2019ADlSQ qu\u2019il anime, mais Louis-José se tient loin de l\u2019outil de micro-blogage.Lt pas la peine de le convaincre.«C\u2019t\u2019assez, lâ.Je m\u2019en câ-lisse de connecter.Je fais déjà quatre shows par semaine.C\u2019est exigeant.Je signe des autographes jusqu\u2019à minuit après mes spectacles; ça, c\u2019est dans mes gènes, j\u2019ai commencé â faire ça â 22 ans.J\u2019ai même la rétine brûlée par les flashs de photo ! Mais c\u2019est clair que Twitter n\u2019est pas bon pour ma santé!» Arrivé dans le paysage juste avant que se déploient les réseaux sociaux, l\u2019humoriste reconnaît l\u2019avoir échappé belle.S\u2019il était un jeune humoriste de 22 ans aujourd\u2019hui, nul doute qu\u2019il n\u2019aurait d\u2019autre choix que de plonger lui aussi, «parce qu\u2019ils y sont tous».Mais son énergie, Louis-José préfère la garder pour ses spectacles.C\u2019est un peu pour ça qu\u2019il ne s\u2019épivarde pas entre la radio et la télé.«Je n\u2019ai pas d\u2019idée de série qui améliorerait quoi que ce soit.» Alors qu\u2019en spectacle, depuis quelques années, il développe un humour qui fait réfléchir, «mais de façon positive».«Au lieu de chia-ler contre les baby-boomers, par exemple, je remarque plutôt leur bonhomie: ils sont d\u2019une bonne humeur constante.J\u2019ai remarqué ça quand fêtais plus sombre et sarcastique, et je trouve qu\u2019on devrait être plus comme eux.Le message passe comme dans du beurre et on ne sent jamais qu\u2019on se fait faire la morale.Je sens que cette tribune me donne ce pouvoir d\u2019es- sayer de changer notre manière de voir la vie.» Préparer le terrain pour durer 11 y a deux semaines, le jeune homme de 36 ans revoyait U.S.qu\u2019on s\u2019en va?dTvon Deschamps, spectacle qui l\u2019a accroché à l\u2019humour lorsqu\u2019il était ado, et qui n\u2019a pas pris une ride.«L\u2019esthétique, le costume, le décor, tout est laid.Mais le contenu, c\u2019est vraiment fort.J\u2019ai ri tout le long.» Ce n\u2019est pas anodin si le spectacle Les heures verticales, tout comme les deux Show caché, est dépouillé, intemporel dans le décor autant que dans le contenu.Quelque part, l\u2019humoriste, qui a joué au Centre Bell et réalisé plusieurs rêves d\u2019artistes déjà, prépare le terrain pour durer.Un peu pour cette raison, le maître du menu détail du quotidien ne pige pas dans l\u2019actualité son inspiration.«Ça n\u2019a jamais été ma grande force, d\u2019une part.Mais j\u2019aimerais que mes affaires soient encore agréables â écouter dans dix ans.» Durer reste néanmoins un défi de tous les instants, et il le sait.«Monter, ce n\u2019est pas si compliqué.Une fois que le monde s\u2019intéresse â toi, l\u2019engrenage est parti et tu deviens la \u201csaveur du mois\u201d.Je trouve que le meilleur d\u2019Yvon Deschamps a été fait dans la dernière phase de sa carrière, dans les années 1990.C\u2019est ça, mon rêve.Etre tout blanc et faire encore rire â 65 ans.» Le Devoir LE SHOW CACHÉ 2 DVD complété d\u2019un CD, en vente en magasin et sur iTunes. LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 2013 E 5 CULTURE>TELEVISION De La familk Plouffe aux Bougon Une critique féroce du téléroman comme miroir déformant de la société québécoise STEPHANE BAILLARGEON Oui, bien sûr, la télévision québécoise multiplie les fictions de qualité.Félicitations pour 19-2.Bravo pour Unité 9.On en veut plus, du Gentleman.Tout le monde, ou presque, parle d\u2019un nouvel âge d\u2019or de la série, ailleurs comme ici.Merci.Sur ce arrive Renée Legris, professeure titulaire de l\u2019UQAM, spécialiste en histoire du théâtre radiophonique et télévisé.La trouble-fête théorique de première classe vient de publier une synthèse intitulée Le téléroman québécois (Septentrion) où, tout en reconnaissant la valeur esthétique indéniable de productions passées et récentes, elle ose analyser ce que disent ces œuvres de nous.Nous, les postmodernes Ce qui donne par exemple ceci, tiré de la page 102: «Dans les téléromans historiques, l\u2019écriture favorise un art qui fascine et interpelle le téléspectateur, tant par la qualité de ses contenus que par la pertinence sociopolitique et économique de sa mise en discours.Et dans le prolongement de ces visions du monde, façonnées par l\u2019idéologie de la modernité transformée en idéologie postmoderne, quelques téléromans [.] conservent un regard critique sur les comportements familiaux et sociaux, tels Le monde de Charlotte (2002-2004), Fred-dy (2003), Emma (2003), alors que les situations dans Mon meilleur ennemi ou Rumeurs, Tout sur moi et CA se prêtent à un individualisme qui favorise l\u2019éclatement des relations humaines \u2014 amoureuses ou professionnelles \u2014par la négation de l\u2019autre ou par son exploitation comme objet, tous des traits de la postmodernité.» Voilà le concept central de l\u2019ouvrage savant.M\u201c® Legris 1 , TVA Gentleman met en vedette Michel Barrette et David Boutin.^ ^ % S i I PHOTOS RADIO CANADA Le téléroman ou la télésérie, comme Les Bougon ou La famille Plouffe, sont des créations imaginaires à partir d\u2019un contexte sociologique précis.puise dans L\u2019ère du vide (1983) du Français Gilles Li-povetsky pour caractériser la société postmoderne comme hédoniste et narcissique, en manque de sens et de repères.«La dimension de la postmodernité est liée, pour moi, à un individualisme exacerbé, résume M\u201c® Legris en entrevue.Dans la société postmoderne et dans les séries télé de la postmodernité, tout semble permis pour tout le monde, pour tous.On le voit très bien dans Virginie où les jeunes n\u2019ont plus du tout le même De la langue dans les téléromans «De quelle culture les téléromans témoignent-ils ?Sous prétexte de mimer le réel et de singer l\u2019Amérique, cette langue fait souvent état d\u2019une détérioration culturelle dont les téléromans sont les témoins depuis plusieurs décennies.Malgré les efforts historiques pour sauvegarder la qualité de la langue française depuis la fondation de la Nouvelle-France \u2014 ces faits d\u2019éclat de notre histoire \u2014, la rupture dont témoignent les téléromans s\u2019amplifie.[.] La pauvreté de la langue ne se résorbe pas.En LE TELEROMAN QUÉBÉCOIS moins de trois répliques d\u2019un téléroman, l\u2019inculture, l\u2019anglicisation ou le laisser-aller linguistique risquent à force de répétition de tout annihiler.Les auteurs et les promoteurs de cette langue appauvrie et bâtarde, \u201chors d\u2019usage et de l\u2019usage\u201d, violentée même, sont-ils cons-cients des valeurs symboliques d\u2019irrespect et de mépris de la nation et du peuple québécois qui s\u2019y expriment?» Renée Legris, Le téléroman québécois, 1953-2008, Septentrion, p.278.rapport à l\u2019autorité, mais aussi aux valeurs en général, l\u2019honnêteté, par exemple, ou un certain contrôle de la sexualité.En postmodernité, la sexualité se détache de la relation d\u2019amour.Elle devient une pure recherche du plaisir physique et cette mutation marque une rupture avec les valeurs traditionnelles.» Seulement, pour la professeure québécoise, les fictions télévisuelles ne font pas que refléter une situation sociale.Elles ne sont pas non plus uniquement des miroirs de situations inédites.Le téléroman ou la télésérie tendent en fait un «miroir déformant» des réalités.«Ce miroir s\u2019appuie sur un fondement dans la réalité mais il ne reproduit pas toute la réalité, dit la spécialiste.Il grossit, il cadre, il fait des choix.» Elle donne l\u2019exemple de La famille Plouffe, téléroman fondateur entré en ondes, en direct, le 4 novembre 1953, il y a donc tout juste 60 ans cette semaine.La télé de Radio-Canada a alors un peu plus d\u2019un an.Dans le Tout-Montréal, en ratissant dans les foyers des deux langues officielles, on ne peut pas alors trouver beaucoup plus que 10000 postes en noir et blanc de très basse résolution.«Les Plouffe doit faire l\u2019éloge de la famille, dit-elle.On y voit des enfants qui n\u2019en sont plus.Ils sont tous au travail, ils font vivre leurs parents, ils vivent tous à la maison.Déjà, à l\u2019époque, c\u2019est presque irréaliste, même si ça sert le drame.Moi, je dis que ce n\u2019est pas un modèle, ni un reflet: c\u2019est une création imaginaire à partir d\u2019un contexte sociologique précis.» Une perspective morale Renée Legris ose alors le grand écart analytique avec Les Bougon, c\u2019est aussi ça la vie ! (2004-2006).Cette autre famille québécoise présente une tout autre vision du monde.L\u2019épisode du furet, ça vous dit quelque chose ?«C\u2019est comme une sorte de famille dépravée, avec des personnages allant dans tous les sens, dit M\u201c® Legris.Là aussi il y a une charge dramatique très forte.Les Bougon, c\u2019est la représentation de gens pauvres qui veulent s\u2019enrichir en prenant tous les moyens pour y arriver, jusqu\u2019à l\u2019exhibitionnisme sexuel reproduit par les enfants.C\u2019est admirablement bien traité, et en même temps il y a une sorte de violence derrière cette production qui me la rend assez pénible à voir.» L\u2019ouvrage touffu multiplie les exemples et les analyses.L\u2019étude décortique par exemple finement l\u2019image des milieux urbains et régionaux dans les téléromans, les figures masculines marquantes, les rôles féminins types, mais aussi la place de l\u2019Amérindien ou le portrait de l\u2019ecclésiastique.Chaque fois, il s\u2019agit de montrer comment la culture de mort et de violence, de l\u2019hédonisme et du fétichisme sexuel devient de plus en plus prégnante.Avec ce genre de positions éthiques ou normatives assumées, la professeure Legris tranche avec à peu près tout ce qui se publie sur la télévision québécoise actuelle.Le consensus universitaire ou journalistique se forge plutôt autour d\u2019une perspective hagiographique où s\u2019entremêlent la célébration des qualités narratives et esthétiques des productions actuelles (l\u2019âge d\u2019or et l\u2019âge d\u2019art), une obsession assumée pour les cotes d\u2019écoute faramineuses et la volonté dé-miurgique de faire de la télévision un des pivots de l\u2019identité québécoise.Il faut gratter du côté de la revue Argument par exemple pour trouver quelques rares analyses critiques par rapport à la télévision québécoise francophone et ce qu\u2019elle dit de nous.« Une société sans normes, totalement éclatée, me semble très problématique, dit finalement la professeure.La télévision nationale donne à voir cette société.1.] J\u2019ai tenté de construire une analyse qui développe un regard critique sur le téléroman.On peut ne pas être d\u2019accord.On peut au moins reconnaître la transformation exposée.Dans les œuvres comme Cormoran ou Le parc des Braves, des personnages s\u2019interrogent sur leurs choix et ils mettent en question les valeurs.Maintenant, souvent, cette question des valeurs ne se pose même plus.Dans Les Bougon, aucun personnage ne se pose la question de savoir si ce qu\u2019il fait est recevable socialement ou moralement.Il y a là un problème moral.Le mot semble presque tabou maintenant, mais si on exclut totalement cette dimension, il vient à manquer quelque chose d\u2019essentiel.» Le Devoir \\h Et toi, c'est quoi ton oxygéné Dan la trace des créateurs I \\ / s Sarah Bild Traces-Chorégraphes MISE EN SCÈNE Christian LAPOINTE YRPAEV AVEC Ève Pressault et Éric Robidoux 19N0V.> 14 DEC.DU 13 AU 30 NOVEMBRE 2013 AVANT-PREMIÈRE MERCRED113 NOVEMBRE 20H (TARIF 2 POUR 1) JEUDIS ET VENDREDIS 20H^SAMEDIS16H CONCEPTEURS Geneviève Lizotte Martin Sirois et Christian Lapointe Chorégraphe Sarah Bild Interprètes Sara Hanley, Alexandre Parenteau et Isabelle Poirier Compositeur Martin Tétreault Scénographe Lars Rosing Eclairages Paul Chambers Costumes Angela Rassenti Conseillère artistique Christine Charles 20 au 23 novembre 2013 à 20 h Theatre Rouge du Conservatoire 4750 avenue Henri-Julien ^ Laurier ou Mont-Royal Billetterie du Conservatoire 514.873.4031 poste 313 Billetterie Articulée 514.844.2172 / danse-cite.org THEATRE BILLEHERIE 514.526.65t2 RÉSEAU ADMISSION 1155.790.1245 VVVVW.THEATREPROSPERO.COM Conservatoire de musique et d'art dramatique PROSPERO Québec a q BILLETS 514 692-3304 ™iS?oKf ondinnok adm@bellnet.ca 125$RÉ6.+20$ÉT E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 2013 CULTURE.DANSE Joe pour tous L\u2019œuvre phare de Jean-Pierre Perreault revit à travers le grand public FREDERIQUE DOYON Trente ans après sa création,/oc, l\u2019œuvre phare de feu Jean-Pierre Perreault, investit littéralement le corps social qu\u2019elle met en scène avec tant d\u2019éloquence.Vivre Joe réunit ces jours-ci une trentaine de participants du grand public dans un atelier bien particulier.Ils y apprennent un fragment de la chorégraphie mythique, reconnaissable aux longs manteaux, aux bottes et aux chapeaux identiques portés par une masse de 32 danseurs.La petite présentation publique de ce dimanche est suivie de la projection du film Joe, gracieuseté de Radio-Canada.« C\u2019est pour sensibiliser tout le monde au répertoire [québécois en général, celui de Perreault en particulier] et surtout pour le faire vivre autrement», explique Ginelle Chagnon, répétitrice et assistante du chorégraphe pendant plusieurs années.Celle qui a déjà donné des ateliers aux non-danseurs pressentait qu\u2019il y avait là une manière de redonner vie au répertoire chorégraphique, de faire éclater les murs de l\u2019intangible qui pèsent plus particulièrement sur l\u2019art éphémère de la danse.«Le répertoire, il est réel.Ce n\u2019est pas parce que la danse est éphémère qu\u2019elle n\u2019existe pas.Elle existe dans le corps des danseurs, mais elle peut vivre autrement aussi », croit celle qui est maintenant vice-présidente de la Fondation Jean-Pierre-Perreault (FJPP).Sa collaboration artistique est devenue un «mandat à vie», alors que la FJPP s\u2019oc- » Vivre Joe réunit une trentaine de participants du grand public dans un atelier bien particulier.cupe de garder vivants l\u2019héritage de Perreault et le répertoire chorégraphique québécois en général.Pour ce faire, elle et son équipe ont conçu des boîtes chorégraphiques pour certaines œuvres de Perreault et deux autres pour Paul-André Fortier.La reprise de Duo pour corps et instru- ment de Danièle Desnoyers à l\u2019hiver sera l\u2019occasion d\u2019en signer une nouvelle.«C\u2019est essentiellement la création de documents qui parlent de la production et de création de la pièce [en vue de leur reprise].Ça prend des vidéos, des photos, un cahier de scénarisation qui décrit la En ouverture '3 35® édition du Festival \\ FESTIVAL mTERMnONAL sTA77 DBMITOBAL IIIIIIIIIIIÜIIIIIIIL en collaboration avec RioTintoAlcan CÉLÈBRE AVEC 1 OSM Chef d\u2019orchestre : Jean-Fnincois Rivest Musiciens invités : Michel Donato et Paul Brochu Rhapsoily in Bine, Cuban Overture et Cencerte en Fa, de George Gershwin Symphenic Dances, de ia comédie musicaie West SiOe Stery de Leonard Bernstein Philip Black Bine, Ceci Cele, Ville tmari ia Belle et DIs-mel tent, d\u2019Aiain Lefèvre I 41 r1ll Il Ir Fl M ¦*|.d ¦1 .f ' I'** tiiî!- JEUDI 26 JUIN 2014 \u2022 20 h Maison symphonique de Montréai pièce en images et en mots, en schémas, des plans de lumière, les musiques, une fiche de costume», décrit-elle.Œuvre d\u2019appropriation Mais Vivre Joe marque un virage dans le mode de transmission.«Je me disais que ce serait chouette de voir ce qu\u2019un non-danseur peut expérimenter dans son propre corps à travers le répertoire.Pour qu\u2019ensuite, quand il pense au répertoire, ça lui appartienne un peu», raconte-t-elle.Francine Bernier, directrice de l\u2019Agora de la danse, a tout de suite pensé à Joe pour l\u2019atelier public.A l\u2019ère de la participation culturelle, l\u2019idée a séduit.Surtout que l\u2019œuvre de Perreault s\u2019y prête naturellement, le chorégraphe ayant lui-même fait appel à des gens de théâtre et à des non-danseurs pour danser ses œuvres.L\u2019atelier, conçu pour 30 participants, s\u2019est si vite rempli qu\u2019un autre s\u2019est ouvert pour février 2014, déjà complet lui aussi.«C\u2019est une nouvelle façon de faire qui est très touchante pour moi.Il ne s\u2019agit pas de monter ANDRE THIBERT un Spectacle, mais de partager ce savoir-là avec des gens et de les amener sur la route par eux-mémes.» «Ginelle nous transmet l\u2019univers de Jean-Pierre Perreault, corrobore Judith Marches-sault, 49 ans, infirmière-chef en soins palliatifs qui s\u2019est embarquée dans l\u2019aventure comme participante.Elle nous dit comment les danseurs ont contribué à la pièce, nous raconte des anecdotes.» Comme celle du pied fort du chorégraphe, cette «jambe de terre» qui s\u2019inscrit fortement dans son esthétique parce qu\u2019il a souffert de polio étant enfant.Costume social Les 28 participants à cette première mouture ont été invités à fouiller leur garde-robe en quête de chapeaux, de manteaux, de vestons, de cravates et de bottes.La Fondation Jean-Pierre Perreault complète le costume qui fait partie de la « signature esthétique» de cette œuvre.«Le corps ne réagit pas de la même manière avec un chapeau sur la tête, un manteau lourd et des bottines; ça donne Tous des Joe Créé en 1983 avec 24 étudiants, puis en 1984 pour les danseurs professionnels,/oe a connu cinq reprises impliquant jusqu\u2019à 32 danseurs, sans compter la tournée internationale qui a suivi le décès de son chorégraphe Jean-Pierre Perreault, en 2004.La pièce naît au moment où îl crée sa compagnîe, la Fondation Jean-Plerre-Per-reault, après avoir dansé (et codlrigé) au Groupe de la Place Royale.Livré entièrement au son des bottes martelant le sol,/oe marque sa vision du groupe social, dont les Individus tentent vainement de se démarquer, de se libérer.Une vision qui n\u2019empêche pas Perreault de trouver chaque Joe «différent, [.] aucun d\u2019eux n\u2019est anonymt [.] parce que leur âme ne peut être éradiquée», confialt-11 dans une entrevue en 1994.PHOTO : ROBERT ETCHEVERRY un poids au bout des jambes», explique Chagnon.Un costume qui, jumelé à la masse de danseurs, noie l\u2019indl-vldu dans le groupe.«On se sent beaucoup être ensemble, confirme Judith Marchessault.On doit vraiment être à l\u2019écoute les uns des autres, pour faire glisser les pas en même temps.» Ginelle Chagnon a sélectionné les séquences de la pièce qui s\u2019apprennent le plus facilement, dont elle fera un montage, plutôt que d\u2019isoler un segment continu.«Vivre Joe est un test, pour voir jusqu\u2019où on peut aller avec cette approche», dit-elle.Et ça promet puisque l\u2019infir-mlère, pourtant Intimidée au départ \u2014 «je me demandais si f cillais être capable, si j\u2019allais faire une folle de moi» \u2014, n\u2019a pas encore fini ce premier atelier qu\u2019elle formule déjà le souhait d\u2019apprendre «un autre petit bout» de Joe.Le Devoir DVoir > Un extrait de Joe, à sa création, en 1984.ledevoir.corn/culture/danse 9.^ VIOLIONS DU ROY = LACHAPELLE DE QUÉBEC BERNARD LABADIE SAISON 2013.2014 laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 montreajazzfest.com giçwiîTic inRlHONEOlli PE WhT^EM 514 871-1881 1 85jazzfest Deux œuvres de Haydn encore jamais interprétées par [\u2019orchestre et te chœur avec quatre magnifiques solistes.LA CHAPELLE DE QUÉBEC CHANTE HAYDN Jeudi 14 novembre à 14 h et vendredi 15 novembre à 20 h PaLais MontcaLm Samedi 16 novembre à 1 \u2018 h 30 PALAIS MONTCALM fyiCüSon /a /yiUSiŸd^ 418 641 -6040 / 1 877 641 -6040 Maison symphonique de Montréal Bernard Labadie, chef / Hélène Guilmette, soprano Julie BouUanne, mezzo-soprano / Frédéric Antoun, ténor Tyler Duncan, baryton / avec La Chapelle de Québec \u2022Te Deum, Hob.XXIIIc; 2 \u2022Symphonie n°85 en si bémol majeur«La Reine» \u2022 Messe en si bémol majeur, Hob.XXII : 12 Thereslenmesse ABONNEZ-VOUS! 20% DE REDUCTION laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 PARTENAIRE DE SAISON À QUÉBEC or Hydro Québec PARTENAIRE DE SAISON À MONTRÉAL & La Capitale Groupe financier LEDEVOIR VIOLONSDUROY.COM LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 2013 E 7 CULTURE .CIRQUE PHILIPPE LAROCQUE Avec sa neuvième création, le Cirque Eloize présente un spectacle où se côtoient les univers du cirque, du théâtre et de la danse.La folie contaminante de CirkopoUs EMILIE FOLIE-BOIVIN ^ identité est un thème cher au Cirque Éloize.f Après l\u2019avoir ex-\u2019 ploré sous l\u2019angle de l\u2019appartenance à un clan dans le très urbain iD, l\u2019attendu CirkopoUs, neuvième création de la troupe, vient pousser le questionnement identitaire avec l\u2019émancipation du bureaucrate étouffant dans l\u2019austère milieu administratif.« Trop souvent, on passe notre vie à essayer d\u2019être quelqu\u2019un d\u2019autre ou d\u2019être dans une situation qui n\u2019est pas tout à fait ce qu\u2019on aurait voulu, et on veut se permettre de rêver», explique Jeannot Painchaud, directeur artistique du Cirque Eloize et metteur en scène sur cette production qui fera cette semaine la première montréalaise après une tournée qui a commencé l\u2019an dernier à guichets fermés à Helsinki.«Ça semble très sérieux tout ça, mais il y a des images fortes, et l\u2019idée de rire et de s\u2019évader est très présente dans CirkopoUs.C\u2019est du cirque, tout de même ! » Campé dans une ville-usine aux airs d\u2019avant-guerre qui broie toute individualité, ce conte met en scène pour la première fois un personnage principal (plutôt qu\u2019un groupe) cherchant à contaminer la monotonie de son environnement par sa folie et celle de onze autres acrobates interprètes.«Il y a un univers un peu to-talitariste», ajoute l\u2019artiste, qui s\u2019est inspiré du cinéma de Fritz Lang (Metropolis) et de Terry Gilliam (Brazil) ainsi que de 1984 de George Orwell et de Kafka.La mise en scène de ce nouveau chapitre du cycle cirque-4anse-théâtre qu\u2019a entamé Eloize avec iD en 2009 est cosignée par M.Painchaud et le hardi chorégraphe Dave Saint-Pierre (La pornographie des âmes.Un peu de tendresse bordel de merde).Un Dave qu\u2019on n\u2019a pas l\u2019habitude de voir, mais dont on reconnaît la signature, assure M.Painchaud, qui se l\u2019est adjoint pour sa folie et son dynamisme.«J\u2019avais envie d\u2019avoir une signature forte, et Dave a cette capacité d\u2019amener beaucoup de puissance sur scène.On remarque souvent des choses plus clichées de lui, mais il a une profonde poésie qui apporte toujours un angle différent sur les choses.» Transgression Pour ,quelques jours, le Cirque Eloize dépose ses valises à la Place des Arts pour une quatrième fois.Les deux renouent pour leurs anniversaires respectifs : le jubilé pour la PdA et l\u2019çntrée dans la vingtaine pour Eloize.Il en a parcouru, du chemin, depuis sa naissance dans la chaleur des îles de la Madeleine en 1993.Plus de 440 villes plus Groupe financier 1 CONSEIL DES ARTS DE MOPfTRÉAL Québec ¦ tard, il mettra cette année les pieds sur un continent qu\u2019il n\u2019avait toujours pas exploré.En compagnie de ses acrobates de différentes nationalités, choisis selon les destinations visitées, la troupe s\u2019arrêtera à Johannesburg, en Afrique du Sud.Alors qu\u2019Eloize s\u2019était concentré depuis quatre ans sur une Europe que la crise économique fait tourner au ralenti, la prochaine année marquera aussi un retour en force aux Etats-Unis.«A nos débuts, se rappelle le directeur artistique, on nous appelait «The Circus in a Suitcase», parce que le cirque en salle, ça n\u2019existait pas.Eloize était parmi les pionniers à proposer des spectacles en salle alliant cirque, théâtralité et musique.Transgresser les codes traditionnels pour créer une nouvelle forme d\u2019art et aller à la rencontre d\u2019un public différent était déjà au cœur de notre travail.» Et ce mouvement n\u2019est pas prè§ de s\u2019arrêter, car d\u2019ici à ce qu\u2019Eloize souffle vingt autres bougies, Jeannot Painchaud anticipe que cette «rencontre» en- tre le spectateur et l\u2019artiste sera plus organique.Avec l\u2019accès aux technologies, le spectateur ne se contente plus de la simple proximité avec l\u2019artiste sur scène, il recherche une authenticité et un contact privilégié.«Les gens ne veulent plus seulement voir un spectacle.A l\u2019ère de YouTube, il y a un intérêt pour l\u2019artiste et sa vie personnelle.Les gens veulent savoir ce qu\u2019il mange et ce qu\u2019il fait dans la vie.Ils ont besoin de cette intimité avec lui.[En cherchant des façons de créer ce type de rencontre] on peut facilement se dénaturer et perdre son identité.Cette chose-là est fragile.Et on n\u2019a pas fini de l\u2019explorer.» Le Devoir CIRKOPOLIS Cirque Eloize Au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, du 13 au 30 novembre.Voir > Des extraits de CirkopoUs.ledevoir.com/culture/cirque D NOVEMBRE 2013 COUPDECOEUR.CA #CCF13 A L\u2019ASTRAL - 9 NOVEMBRE - 20 H PENDENTIF FORET UNE INVITATION DE\t_ (((Siriusxm)))\tfondsN radio|star\tSIMONE RECORDS Canada\tQuébec ss\tMontréal®\t laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 AU* espace mu SÔCAN 1V5 LE DEVOIR \u20ac M iacemj @WB! Q VITRME .COM FALSTAFF SUITE DE LA PAGE E 1 Munich, 2009: ie partenaire idéai Munich : une mise en scène à oublier et des costumes hors sujet.«On était habillés en Ecossais sur un plateau gris qui tournait.» Mais Marie-Nicole Lemieux rencontre « son » Falstaff, qui va devenir son complice : Ambrogio Maestri à Vienne, à Londres, à Milan et à Paris.Paris, 2010: ie chef rêvé Reprise de la production du Théâtre des Champs-Elysées et rencontre avec le chef Daniele Gatti.«J\u2019ai chanté deux Falstaff avec lui et ce sont les plus beaux musicalement, les plus stimulants par leur amour du théâtre et la conscience de la rythmique théâtrale.J\u2019écoutais l\u2019orchestre et je riais.» Marie-Nicole Lemieux n\u2019évoque pas spontanément de souvenirs particuliers attachés aux productions de l\u2019Opéra de Vienne, en 2011 et de l\u2019Opéra de Paris, en 2013.Londres, 2012: sexy Marilyn Une première présence à Covent Garden, les retrouvailles avec Daniele Gatti et la création-production de Robert Carsen qu\u2019elle retrouvera à Milan.La chanteuse adore cette production: «Tout le monde était bien distribué.La production est chic, luxueuse, bourrée de détails.Je cours partout, mais je suis sexy tout le temps: un grand bonheur.» L\u2019entente Gatti-Carsen est parfaite : «Ils allaient très loin dans le théâtre.Quand f allais voir Ealstaff pour lui annoncer l\u2019heure de son rendez-vous galant, je chantais en mettant mon rouge à lèvres et en reprenant la voix de Marilyn : ça riait à Covent Garden!» Milan, 2013: ie tempie du beau chant La mise en scène de Robert Carsen s\u2019exporte à Milan, avant New York (nous la verrons dans les cinémas en direct du Met le 14 décembre).Choc des cultures: fini le théâtre et place à l\u2019orthodoxie vocale.«Marilyn, à la Scala, ça ne passe pas: les inflexions de voix ne sont pas tolérées.Il faut toujours garder une belle voix, même dans les effets.» Et Montréal?La production montréalaise peut-elle apporter une nouveauté après cela?«Ce sera ma première production en costumes d\u2019époque et ça me réjouit!» Le Devoir FALSTAFF A la salle Wilfrid-Pelletier les 9, 12,14 et 16 novembre à 19h30.Avec Oleg Bryjak, Gregory Dahl, Marie-Nicole Lemieux, Gianna Corbisiero, Aline Kutan, Lauren Segal.Antonio Figueroa.Direction: Daniele Callegari.Mise en scène: David Gately.D Voir > Marie-Nicole Lemieux et Christopher Purves dans Falstaff.ledevoir.com/culture/musique (((SiriusXITI))) ^ Un après-midi inoubliable à passer avec 28 solistes d'opéra de n pays et le Choeur classique de Montréal de 90 membres interpréteront les plus belles pages du repertoire d'opéra.Dimanche 10 novembre 14h30 Salle Bourgie du Musée des Beaux-arts de Montréal Billets au tarif régulier : 35$ Tarifs réduits pour les étudiants et aux membres du MBAM (concerts et réception : 100 $) Renseignements et réservations : (514) 684-7287 TH ÉÂTREL20 @ CMAILCOM Billeterie: 514-285-2000 #429 en ligne : ebillet.mbam.qc.ca www.sallebourgie.ca 2013/2014 rSaH-S ¦ Bourgie La Fondation Arte Musioa présente Concerts lien avec la 74® édition du Concours OSM Standard Life MERCREDI 13 NOVEMBRE \\18h30 MUSICIENS DE UOSM R.MURRAY SCHAFER Theseus, pour harpe et quatuor à cordes MENDELSSOHN Octuor en mi bémol majeur MARDI 19 NOVEMBRE\\19h30 XAVIER DE MAISTRE HARPE Un récital unique! La harpe comme vous ne l\u2019avez jamais entendue.FAURÉ, LISZT, MOZART, PESCETTI, SMETANA VENDREDI 22 NOVEMBRE\\20h HOMMAGE À BENJAMIN BRITTEN Pour souligner le 100® anniversaire de la naissance de Benjamin Britten (1913-1976).Cent ans jour pourjour! Chœur de l\u2019église St.Andrew et St.Paul Les chambristes de la Fondation Arte Musica Bidets : 18,75$ à 35$ttc sallebourgie.caX 514-285-2000, option 4 M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA Présente par E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 2013 CULTURE.Mü SIDÜE Travail, rigueur et rébelliou Quand Les Violons du Roy rencontrent Diane Dufresne PHILIPPE PAPINEAU Il y a presque sept ans que Diane Dufresne a fait paraître son dernier disque, Effusions.C\u2019est qu\u2019elle n\u2019a pas vraiment besoin de courir, ni vraiment de preuves à faire.Tellement que la parution cette semaine d\u2019un disque enregistré en concert avec Les Violons du Roy ne devait même pas exister.«Le thrill, c\u2019est qu\u2019il est sorfü», assure Dufresne.A l\u2019hiver 2012, Diane Dufresne est montée sur scène à onze reprises pour interpréter avec Les Violons du Roy des chansons d\u2019Effusions, mais aussi quelques classiques de son répertoire ainsi que des pièces de Brel, de Jonasz, de Bashung \u2014 étonnante Madame rêve \u2014 et de Zazie.Aux commandes de l\u2019aventure, le chef Simon Leclerc a raffiné le mélange entre la pop et le classique, lui qui s\u2019est déjà fait les dents avec Rufus Wainwright, Simple Plan, Vincent Vallières et Mes Aïeux, pour ne nommer que ceux-là.Ce que Diane Dufresne ne savait pas, c\u2019est que son fidèle preneur de son, Toby Gen-dron, avait tout enregistré.Les onze soirs, toutes les chansons.Son équipe y a vu du potentiel.«Bon, j\u2019ai écouté, grognon, et c\u2019est vrai, c\u2019était r:' ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Jadis extravagante parmi les extravagantes, Diane Dufresne reste colorée, mais chante autrement.bien, même pour le public qui a vu le spectacle», a-t-elle expliqué au Devoir plus tôt cette semaine, installée avec son équipe dans un des salons du Ritz Carlton.A première vue un peu circonspecte au sujet de son disque, Dufresne s\u2019emballe au fil de la discussion, visiblement fière de ce concert qui lui a demandé beaucoup de travail et qui a pratiquement été rodé le jour de la première, devant public.«On s\u2019est lancés, ou plutôt pitchés ! rigole-t-elle.Tu ne le répètes jamais, ton spectacle; tu arrives, tu es sur la scène et tu le fais.Il y avait quand même trois changements de costumes en plus, c\u2019était assez rough and tough.» On se dit alors qu\u2019aucune chanson faite le premier soir n\u2019a trouvé sa place sur le disque, mais Diane Dufresne nous arrête.«Justement, la surprise c\u2019est qu\u2019il nous reste beaucoup de chansons du premier spectacle, c\u2019étaient les meilleures.Parce qu\u2019il faut que tu te donnes entièrement, il faut que tu te livres, il faut que tu te dé- fonces.Même chose quand on a joué à l\u2019église [Sainte-Rose], ç\u2019a fait une différence, il y avait une autre discipline.Quand il y a une rigueur supplémentaire, tu crois que ça va être un moins, mais quelque part c\u2019est un plus.» Plus douce ou plus rebelle ?Maintenant âgée de 69 ans, l\u2019interprète de Tiens-toé ben, farrive! et du Parc Belmont ne se démène plus autant, c\u2019est bien normal, et doit s\u2019adapter au fait de vieillir.Sur ce disque, par exemple, on apprécie son chant plus grave, plus mélodieux, moins criard.«En vieillissant, la voix descend, comme le reste! Non mais c\u2019est vrai, c\u2019est comme ça.Et avant, il fallait chanter haut pour chanter bien.Il y avait Monique Leyrac, Pauline Julien.Bon, Juliette Gréco avait une voix grave, mais je cherchais l\u2019énergie aussi.Tu veux aller au bout de ta voix.Il fallait crier, y\u2019a personne qui criait.Et je chantais les seins nus, mais pas seulement pour enlever le truc, c\u2019était pour dire: tiens, c\u2019est fait.Maintenant, quand tu regardes Lady Gaga, Madonna, ça montre leurs fesses, ça montre leur peau.C\u2019est des époques.» Jadis extravagante parmi les extravagantes, Dufresne reste colorée, mais chante autrement, autre chose aussi, évo- Faire le vide Pas très emballée par le monde dans lequel on vit aujourd\u2019hui, Diane Dufresne veut prendre une pause avant d\u2019écrire de nouvelles chansons.Plus de spectacles ou d\u2019engagements.«Là, il faut que je me détende, sinon, avec l\u2019actualité, la politique, je suis vraiment en calvaire, et je ne peux pas écrire comme ça.Ça me prend une détente de quelques mois, je veux voyager.Je vais écrire tous les jours, je trouverai bien.Il faut faire du neuf c\u2019est le neuf qui me motive.» quant entre autres la mort sur Est-ce que je retrouverai ma douce.C\u2019est donc la fin de la rebelle?«Le défi, c\u2019est de vieillir.Mais je suis encore plus rocheuse, je dis plus aux gens ce que je pense, j\u2019ai moins de temps à perdre.En vieillissant, tu ne perds pas ton tempérament.Je suis dangereusement rebelle!» Le Devoir D Écouter > La pièce Madame rêve, ledevoir.com/culture/musique 14E FESTIVAL DU MONDE ARABE Lena Chamamyan, l\u2019art de la survivance YVES BERNARD Se décrivant comme étant «moitié Arménienne, moitié Syriaque», la chanteuse syrienne Lena Chamamyan porte en elle un art de la survie empreint de spiritualité et cette volonté de remettre à son peuple tout l\u2019amour qu\u2019il lui a transmis.Samedi au Théâtre Maisonneuve, elle partage la scène de la soirée Yamal El Sham avec Naseer Shamma, Charbel Rou-hana, OktoEcho et Nadir Dendoune.Yamal El Sham, en guise de salut particulier à la Syrie et d\u2019hommage aux peuples privés de leurs rêves de «printemps arabe».Avant l\u2019entrevue, on nous avise que toute question d\u2019ordre politique sera refusée.Message reçu et respecté, qui n\u2019empêchera pas la Syrie, terre ravagée, de se glisser en toile de fond.«Je suis démé: nagée à Paris à la fin de 2011, raconte l\u2019artiste.A mon arrivée, je me sentais comme paralysée et je ne comprenais pas ce qui se passait avec moi.Quoi voir?Comment me sentir?J\u2019ai tout perdu comme tous les Syriens.Puis, j\u2019ai découvert que j\u2019avais besoin de me lever pour mon peuple.» Elle vient de faire paraître un troisième disque.Les précédents, de même qu\u2019un concert au EMA avaient révélé une chanteuse formée dans les règles de l\u2019art classique à Damas, empreinte de musique arménienne et ouverte au jazz oriental ou à la musique latine, avec piano, percussions et cuivres.La voix est douce, délicate, raffinée, porte la mélopée, plane dans les vocalises, se rapproche même parfois du scat, se livre surtout en arabe, mais aussi en arménien et en langue syriaque.On s\u2019attendait à un nouveau disque plus jazz, mais l\u2019artiste en a décidé autrement.«Oui, je pensais aller davantage vers le jazz, mais l\u2019album est devenu un miroir de tout ce qui s\u2019est passé depuis trois ans, avec des éléments de tous les styles de musique que j\u2019aime, comme la musique orientale, le jazz ou d\u2019autres sonorités occidentales.Mais ce qui prime, c\u2019est le mélange.Et je joue maintenant la sansula \u2014 une nouvelle forme de kalimba.C\u2019est petit, africain, et il en sort une voix magique comme celle d\u2019un ange.» La spiritualité est d\u2019ailleurs le point commun de tous ses nouveaux titres.Pour la première fois, Lena Chamamyan les a tous écrits.«C\u2019était aussi pour moi une façon de trouver mon propre espace et de vaincre l\u2019angoisse face à mes sentiments, mon amour et même ma musique.Auparavant, fêtais entourée de musiciens forts.C\u2019étaient surtout des hommes.J\u2019étais dépendante.A mon arrivée à Paris, j\u2019ai d\u2019abord travaillé avec des musiciens arabes, puis fai décidé d\u2019ouvrir à des musiciens français et européens.J\u2019intègre maintenant des femmes, et cela a projeté le son à un autre niveau.J\u2019en rêvais.» Et cet art de la survie que le nouveau disque révèle, Lena Chamamyan le tient sans doute du périple du peuple arménien.«Mais je le reflète sur la culture arabe, ajoute-t-elle.Le disque est à propos de survivre et de chanter la vie depuis l\u2019obscurité.C\u2019est spirituel, mais en même temps, il y a de l\u2019énergie.» Et le pays au loin ?«Dans le moment, tout le monde se bat et c\u2019est la politique qui parle.Mais la politique ne parle pas, elle tue.Pour moi, l\u2019espoir réside dans l\u2019art.Pour que les gens puissent retrouver leur propre vie.» Collaborateur Le Devoir Lena Chamamyan se produit dans le cadre de la soirée Yamal El Sham avec Naseer Shamma, Charbel Rouhana, OktoEcho et Nadir Dendoune au Théâtre Maisonneuve, le samedi 9 novembre à 20 h.La nouvelle culture du « Printemps arabe » dans Pœil de Joseph Nakhlé À la demande du Devoir, le directeur artistique du FMA Joseph Nakhlé résume l\u2019héritage de la révolte.«Oui, on a vu émerger une nouvelle culture avec tous ces artistes qui participent à ce mouvement de révolte.C\u2019est une vague qui a touché toute la jeunesse arabe.Musicalement, c\u2019est un mélange des styles musicaux qui font des vagues dans la jeunesse internationale, mais adapté à la réalité.Comparativement aux artistes engagés qui les ont précédés, ils sont plus marginalisés et, en même temps, ils ont plus de moyens pour communiquer leur musique à travers le Web.Ils furent souvent très impliqués lors du Printemps arabe, mais plusieurs ont peut-être mis un bémol là-dessus parce qu\u2019on ne sait plus qui appuyer.On a vu comment cela a basculé rapidement dans les guerres intestinales.Certains doivent alors s\u2019exiler ou se déplacer.Leur patrie devient le Web.Ils sont à la merci des pouvoirs en place qui changent souvent.Einale-ment, leurs œuvres se véhiculent plus sur la Toile que sur une scène physique.» i ^\t^\t^ La chanteuse syrienne Lena Chamamyan FMA Du l®*\" au 30 novembre, le Centre Phi présente RAD HOURANI SOUS TOUTES SES COUTURES OU 5 ANS DE CRÉATION UNISEXE 14 novembre à 21 h : PIERRE LAPOINTE, concert hors série (première partie: Chris Carneau) 29 novembre à 22 h : JACQUES GREENE, spectacle de clôture (première partie: Mekele) Aussi en novembre Cinéma 11\tnovembre à 19 6 30, FAT SHAKER 12\tnovembre à 19 6 30, NOCHE 12 novembre à 21615, BLUE JASMINE 18 novembre à 19 6 30, GABRIELLE Spectacles 28 novembre à 20 h, ELISAPIE Traveling Love Trio 30 novembre à 216, BOMBINO T® partie: Samito Centre Phi\u2014407, rue Saint-Pierre (angle Saint-Paul), Vieux-Montréal\u2014centre-phi.com phi, ¦ TOUS LES LIEUX DE L'ART LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 2013 E 9 CULTURE>DE VISU Écart critique Entre I\u2019ici-maintenant et la conservation de la mémoire, Felicity Taylor explore les possibilités d\u2019exposition des oeuvres IA CONSCIENCE DU RESEAU Commissaire Felicity Tayler avec projection de deux films de Luis Jacob le 12 novembre de 17 h à 20 h à la galerie SBC et sélection de films sur le site de Vithèque.NICOLAS MAVRIKAKIS Voici une exposition qui a des allures d\u2019un défi lancé à la notion conventionnelle d\u2019exposition.Expliquons-nous.La commissaire (et artiste) Felicity Tayler a imaginé une présentation, intitulée La conscience du réseau, en deux parties qui pourront sembler ne pas s\u2019associer si bien l\u2019une avec l\u2019autre.Au premier coup d\u2019œil, ces deux segments sembleront même antithétiques et se contredire intellectuellement.D\u2019une part, à la galerie SBC, le 12 novembre, durant une seule soirée, uniquement entre 17 h et 20 h, nous pourrons voir deux films de l\u2019artiste to-rontois Luis Jacob.D\u2019autre part, sur le site Internet Vithèque (plateforme de diffusion de vidéos mise en place par le Vidéographe), Tayler a choisi six films que vous pouvez visionner quand bon vous semblera dans les six prochains mois.Voilà deux manières d\u2019appréhender et de présenter la vidéo, qui apparaîtront constituer deux expositions plutôt qu\u2019une.Ici-maintenant Le premier volet semble insister sur l\u2019importance du «ici-maintenant».Cette présentation limitée dans le temps souligne dans le médium vidéo- P- AVEC LAIMABLE AUTORISATION DE LARTISTE Luis Jacob, Light On (Flashlight), 2013, extrait de la vidéo graphique toute sa capacité à être proche du temps présent et de la vie quotidienne (ne serait-ce que dans la prolifération de son usage contemporain, de plus en plus facile et accessible à tous grâce aux caméras sur nos téléphones).Cette capacité de la vidéo à coller à l\u2019actualité et au temps présent, Tayler la souligne, par exemple, en ayant choisi de présenter deux œuvres récentes de Jacob, l\u2019une de 2002, intitulée Theory, et l\u2019autre.Light on (Flashlight), encore plus contemporaine, une toute nouvelle pièce, qui date en fait de l\u2019année en cours.Cette très récente vidéo donne de plus à voir «des enfants joyeux [qui] s\u2019amusent avec des lampes de poche, et [qui] créent entre eux des liens éphémères en jouant avec la lumière et des miroirs».La caméra vidéo (ainsi qu\u2019un appareil photo avec flash) joue un rôle important dans ce jeu, dans ce plaisir simple qu\u2019il met en scène, celui de la légèreté d\u2019être totalement dans le moment présent.Mémoire Le second volet, construit autour d\u2019une vidéothèque accessible par Internet, insiste plus, quant à lui, sur une autre qualité de la vidéo, celle de conserver la mémoire pour la restituer plus tard, même si la vidéo s\u2019avère un médium plus fragile qu\u2019on peut le penser.Dans les six films sélectionnés, grâce au catalogue d\u2019œuvres de Vithèque, Tayler nous donne d\u2019ailleurs accès à deux réalisations des années 70, Réaction 26 de Charles Binamé et Consommation, documentaire du collectif Bloc Coop (images parfois altérées).Et l\u2019opposition entre ces deux structures de présentation ne s\u2019arrête pas là.En galerie, la commissaire paraît insister sur la nécessité d\u2019une expérience commune, sur !\u2019« être-ensemble».Mais en utilisant aussi Internet, elle semble plutôt s\u2019opposer à cette idée-là, paraissant plutôt mettre en scène une expérience individualiste ou tout au moins l\u2019idée que notre rapport à l\u2019œuvre est de l\u2019ordre du personnel.Alors, que veut dire Tayler?En fait, les deux segments de cette même exposition ne s\u2019opposent peut-être pas.Dans le dispositif mis en place par Tayler, il y a une exploration des différentes possibilités d\u2019exposition de nos jours qui nous confronte à plusieurs questions.A l\u2019heure où les œuvres d\u2019art photo et vidéo peuvent se consommer et se consomment sur des écrans d\u2019ordinateur ou même de téléphone, peut-on encore croire en la nécessité de l\u2019expérience de l\u2019œuvre dans un lieu particulier, dédié aux arts ?En fait, à l\u2019heure où notre expérience de toutes les formes d\u2019art passe par la photo ou la vidéo (nous connaissons bien des œuvres uniquement grâce à ces moyens de diffusion), pouvons-nous croire en la validité d\u2019une expérience directe de l\u2019œuvre d\u2019art?Et est-ce vraiment un phénomène nouveau ?Pendant des siècles, n\u2019a-t-on pas connu l\u2019art à travers des reproductions et des copies (dessins, gravures.) ?Mais il y a plus.Dans cette exposition, Tayler traite de la notion de communauté.Par SOURCE GALERIE SBC Image tirée de The Legend of El Bibliobandido de Marisa Jahn les vidéos qu\u2019elle a choisies ou bien ^âce aux dispositifs d\u2019exposition qu\u2019elle a mis en scène, elle nous parle de communautés de proximité se développant dans le court terme, mais aussi de communautés plus floues, plus disséminées, se déployant sur la durée et sur l\u2019idée d\u2019une mémoire collective à long terme.Ce dispositif de présentation éclaté est en fait une réflexion intelligente sur les différents modes de collectivité que nous pouvons créer.Signalons que la galerie SBC organise un autre événe- ment intéressant.Le 16 novembre (de 11 h à 16 h), vous pourrez participer à un atelier mené par l\u2019artiste mexicain Pablo Sigg (réalisateur du film La volonté de puissance, projeté le 15 novembre à la Cinémathèque québécoise), et par Thomas Keenan (directeur du Human Rights Project, Bard College).Les deux hommes parleront de «questions liées aux enjeux de souveraineté, de langue et de territoires».Il faut réserver sa place.Collaborateur Le Devoir Dans le miroir de l\u2019autre Sylvie Cotton et Nathalie de Blois tracent leurs portraits réciproques MARIE-EVE CHARRON Ce livre, c\u2019est d\u2019abord l\u2019histoire d\u2019une amitié entre une artiste et une historienne de l\u2019art.Quand elles en ont amorcé le projet en 2007, c\u2019est la forme savante du catalogue monographique qui était envisagée.La vie a infléchi la trajectoire du projet, qui est plutôt devenu un espace de dévoilement réciproque au ton personnel.A la différence de ses textes antérieurs, comme au-teure, conservatrice ou commissaire d\u2019exposition, le récit écrit au «je», avoue Nathalie de Blois, en préface, fut le premier rempart laissé tomber.L\u2019approche choisie est fort éloquente ; comme les œuvres protéiformes de Sylvie Cotton optent pour des protocoles intensifiant les contacts de soi avec le monde et les autres, l\u2019auteure les raconte en tant que sujet ayant fait leur expérience.En fait foi aussi le portrait que Sylvie Cotton esquisse de De Blois, avec qui elle a mis en œuvre ses méthodes : tracé d\u2019une promenade silencieuse, inventaire de la bibliothèque.Sylve Cotton Nathal e de Blois t'vun, OAAyi^ grains de beauté répertoriés.Ces productions visuelles (listes, dessins, schémas) s\u2019insèrent dans le récit, qui ne garde de scientifique que les références précises aux œuvres, une «ZCRH: zone confortable de rigueur historique» à laquelle de Blois n\u2019a pu renoncer.D\u2019autres résistances elle a fait cependant l\u2019occasion d\u2019ouverture : «Et je pris conscience que, bien que partie pour découvrir, j\u2019en suis venue, dans notre jeu, à inventer.» La signature graphique (Dominique Mousseau) rend avec finesse les différents registres de discours et avec délicatesse l\u2019intimité des univers qui se révèlent jusque dans le rabat de la quatrième de couverture.L\u2019auteure confesse en conclusion que cette mise à nu fut difficile, mais nécessaire, trouvant écho dans l\u2019énoncé d\u2019une fiche laissée chez elle par l\u2019artiste.«C\u2019est long de faire les choses; mais c\u2019est beaucoup plus long de ne pas les faire.» Il valait la peine d\u2019aller jusqu\u2019au bout.Le livre ravit par son genre hybride.Y plonger, c\u2019est aussi découvrir une étonnante collection de trophées de chasse et le goût de faire partie de cette réflexion qui a pour seul défaut de passer trop vite.Collaboratrice Le Devoir MOI AUSSI Sylvie Cotton et Nathalie de Blois Éditions les petits carnets/ Galerie de l\u2019UQAM Montréal, 2013,101 pages GALERIE CLARENCE GAGNON depuis 1975 ANDRÉ PITRE - Habiter la mer Vernissage : dimanche 10 novembre 2013 à 14h (l'exposition se poursuivra jusqu'au samedi 23 novembre) 11 08, av Laurier Ouest, Outremont Montréal, Qc H2V 2L4 514 270-2962 info@clarencegagnon.com www.clarencegagnon.com Heures d'ouverture Mardi au vendredi 11hà18h Samedi & dimanche 12hà17h Polyphonie I 101 cm x 1 01 cm Ce que les connaisseurs admirent chez Andre Pitre, c'est la force de son dessin, le choix de ses themes ainsi que la qualité, le raffinement et la luminosité de ses tableaux Dans ses œuvres, on peut percevoir l'influence des grands maîtres d'autrefois alliee a une facture très moderne Ses œuvres sont un amalgame du passe, du present et de l'avenir WW Art et musique de la Renaissance au Baroque à Venise , .A /¦ \u2018ir jil- \"è \u2022 pi P liiitii plîii piipi P prit piip pi P P jiiHipr [iH IJ.Ml.T .T.«Lévénement culturel de l automne» ' La Presse Des prêts impressionnants d^une grande beauté Vraiment intéressant ! - C\u2019est pas trop tôt !, Ici Radio-Canada Première Audioguide musical gratuit À l\u2019achat d\u2019un billet pour l\u2019exposition Billets à 1/2 prix* les mercredis de 17hà21h *Applicable à l\u2019achat d\u2019un billet au prix courant de 20 $ M MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL Une présentation ( Grand donateur métro OSLER Gratuit pour les enfan de 12 ans et moins Accompagnés d\u2019un adulte.Non applicable aux groupes.Achetez vos billets sur mbam.qcxa/venezia Z®NIN THE GLADYS KRIEBLE DELMAS FOUNDATION Jne exposition conçue, produite et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal.hovanni Antonio Canal, dit Canaletto, Le Bucentaure au Môle le jour de l\u2019Ascension (détail), vers 1745.Philadelphia Mus \u201cARTE MUSIC* of Art, The William L.Elkins Collection.Photo The Philadelphia E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 201 CULTURE)DE VISü Québec-Montréal, une virée sans véritable moteur 20-40/RENCONTRES CUETURELLES , QUEBEC-MONTREAL Huit expositions dans les maisons de la culture Ahuntsic-Cartierville, Côte-des-Neiges, Frontenac, Marie-Uguay, Notre-Dame-des-Neiges, Plateau-Mont-Royal et Pointe-aux-Trembles, ainsi qu\u2019au centre culturel Henri-Lemieux.JÉRÔME DELGADO Les lendemains électoraux dans l\u2019arène municipale laissent présager des affrontements entre Québec et Montréal.N\u2019en déplaise au maire Labeaume, sur la scène artistique, le mode séduction prime cet automne.Les 5®® Rencontres culturelles de la Ville de Montréal, invitations ouvertes aux régions à s\u2019exposer sur l\u2019île, mettent en vedette les artistes de Québec.Dans le seul volet «arts visuels», ce sont une vingtaine d\u2019entre eux qui ont fait le voyage.Huit expositions, dans autant de maisons de la culture, conçues par autant d\u2019organismes de la capitale: 20-40/Rencontres culturelles Québec-Montréal est une affaire dispersée.Une fois de plus.Le programme, lancé en 2009 par un regard sur la création dans la région du Bas-Saint-Laurent, s\u2019étale dans un vaste territoire avec, parfois, la sale impression de n\u2019avoir aucune ligne directrice.Déployées de Pointe-aux-Trembles à LaSalle, d\u2019Ahuntsic à HoMa, les expos de 20-40 reproduisent, au mieux, la cartographie de l\u2019art actuel de Québec.Rien de nouveau, pour les habitués.VU présente de la photo (maison Plateau-Mont-Royal), La Bande Vidéo, des arts médiatiques (maison Côte- H iCA^OVHPiA P ^JOUF^ JUSQU'À CE QUE ^ VOUS GAGNIEZ jlj I PLAt ÏILL YOU MYRIAM LAVOIE/MAISON DE LA CULTURE ERONTENAC Pierre & Marie, Candy Crane, 2012 BLAISE CARRIER-CHOUINARD Blaise Carrier-Chouinard, Sans titre (faux cadre), 2012 des-Neiges).Engramme, voué à l\u2019estampe, propose l\u2019expo Imprimer l\u2019espace (centre Henri-Lemieux), alors que Materia, dédié aux arts textiles, s\u2019amène avec A toutes mailles (maison Marie-Uguay).Dans les quartiers excentrés où la diffusion repose sur les maisons de la culture, il n\u2019est certes pas inutile de s\u2019en tenir à cela, à l\u2019essence.Sauf que le néophyte d\u2019Ahuntsic ne verrait pas de différence entre La Chambre blanche, premier centre d\u2019artistes autogéré de Québec, et, disons, le centre Clark, moteur d\u2019art du Mile-End.Verra-t-on bientôt une rencontre Montréal-Montréal ?Comme chaque diffuseur y va pour soi, il en découle une image (faussée) de la réalité où chacun travaillerait en vase clos.N\u2019y aurait-il pas lieu de montrer autre chose qu\u2019une diversité facile à établir?Québec n\u2019est pas Tombouctou non plus.Il n\u2019y a pas de raison de jouer les découvreurs.AU MUSEE DE LA CIVILISATION Cet automne, le Musée revisite PIERRE GAUVREAU ET SON UNIVERS avec un tryptique d\u2019expositions, présentant des oeuvres de 1941 à 2011 de l\u2019artiste et de nombreuses pièces qui ont composé sa collection personnelle.Collection Loto-Québec même si parfois la métropole souffre d\u2019égocentrisme \u2014 la première Triennale québécoise du MACM, par exemple, n\u2019avait-elle pas tourné le dos à Québec?Les expos de 20-40 ne sont pas d\u2019ailleurs exclusives aux têtes inconnues \u2014 la présence de Diane Landry (en vidéo), de Tania Girard-Savoie (en estampe) ou de Helga Schlitter (en métiers d\u2019art) en fait foi.Sac de confettis De ce programme ouvert sur l\u2019île comme un sac de confettis, trois expos (sur huit) se démarquent.L\u2019Œil de Poisson est ainsi le seul à présenter un solo, celui de Biaise Carrier-Chouinard, artiste de la relève fort en mélanges d\u2019époques, de médiums, d\u2019esthétiques.Révélé par ce centre d\u2019artistes en 2005, puis passé par les centres Clark et Circa, l\u2019artiste cite toute une histoire de l\u2019art \u2014 un buste classique ici, un plan à la Mondrian là.Il le fait sans manières, fonce avec un plaisir certain pour la matière et les matériaux, pour les dispositifs et les dessous de la création (le dos d\u2019un canevas.le dessous d\u2019une table.).Il en découle une scénographie carnavalesque, un arrêt sur image d\u2019une après-fête ou d\u2019un conte en gestation, qu\u2019expose la maison de la culture NDG jusqu\u2019au 6 janvier.Qn oublie que la Manifestation internationale d\u2019art de Québec n\u2019est pas que l\u2019entité derrière la «Manif», la toujours attendue biennale.L\u2019organisme n\u2019a pas de toit à lui, mais il demeure actif bon an, mal an, notamment par l\u2019attribution du prix Videre et le programme de médiation AutocART.Sa présence à Montréal est un juste rappel qu\u2019à l\u2019occasion il travaille hors de ses frontières.L\u2019expo Identité et contrastes rassemble cinq artistes et un collectif, tous boursiers de Première Qvation, autre programme géré par l\u2019organisme.Avoir S\u2019il y a une découverte à faire dans 20-40, c\u2019est ici.Le meilleur exemple : le duo Pierre & Marie, deux ébénistes de formation tournés vers la création.Ils présentent ici un exemple des machines de culture populaire qu\u2019ils transfigurent aux fins de critique sociale.Identité et contrastes est à l\u2019affiche de la maison de la culture Erontenac, jusqu\u2019au 24 novembre.La virée proposée par 20-40 ne se fait pas sans heurts.A la maison de la culture Pointeaux-Trembles, dont l\u2019adresse se situe dans les cinq chiffres, il y a, pour ainsi dire, rien à voir, si ce n\u2019est une mosaïque de photos d\u2019archives.C\u2019est là que s\u2019expose Le Lieu, probablement le centre le plus radical de Québec.Radical, à Montréal, il l\u2019est, par cette expo sans œuvres.Il s\u2019agit en fait d\u2019une rétrospective, intitulée Le Lieu, 30 ans d\u2019art actuel, et présentée à Québec au printemps.D\u2019aucuns pourront être vexés d\u2019avoir fait autant de route pour ceci.Qr il n\u2019y avait pas mieux pour refléter l\u2019esprit du centre.Comment rendre justice sinon à une histoire passée à défendre l\u2019installation éphémère et l\u2019art de la performance?Le Lieu aurait pu s\u2019en tenir à inviter un artiste, comme L\u2019Œil de Poisson.Mais pourquoi lui ?Pourquoi traverser l\u2019autoroute 20, ou la 40, pour refaire ce qui se fait à la maison ?Par son radicalisme, par la franchise qui lui est caractéristique, Le Lieu pointe le manque d\u2019envergure de ces 5®® Rencontres culturelles.Il faut se rendre à Pointe-aux-Trembles d\u2019ici le 17 novembre pour le constater.Collaborateur Le Devoir Pierre Gauvreau, Abertfcrn, 1976.Photo'lLanine Carreau, © Janine Carreau/SODRAC 2013 HAITI, IN EXTREMIS / Nouvelle exposition PIERRE GAUVREAU.J\u2019espérais vous voir ici ESPRITS LIBRES COLLECTION LOTO-QUÉBEC 'Æ Exploration des liens entre les catastrophes vécues par Haïti et l\u2019art développé par ses artistes au XXI® siècle, notamment des sculptures réalisées avec des matériaux de récupération.On y évoque Bawon Samdi et les Cede, des divinités vodou liées à la mort, à la sexualité et à la régénération.Une exposition du Fowler Museum à UCLA adaptée par les Musées de la civilisation.Roudy Azor Barron Lacroix (détail) TTl MUSEE DE LA \\ CIVILISATION \\ mcq.org 85, RUE DALHOUSIE, QUEBEC - 1 800 710-8031 - Les Musées de la civilisation sont subventionnés par le ministère de la Culture et des Communications \u2014Vies de \u2014 PLATEAU à Pointe-à-Callîère Exposition jusqu\u2019au 1 septembre 201 Une présentation de ^ Desjardins POINTE-À-CALLIÈRE 350, place Royale, \\ïeux-Montréal MONT-ROYAL | Bd Média Cité d\u2019archéologie et\tpacmusee.qc.ca d'histoire de Montréal\tMontréal® LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 2013 E 11 ICIffEMA « Fanny Ardant trouve ici l'un de ses plus beaux rôles.» JOURS UN FILM DE MARION VERNOUX mm PRESENTEMENT A ^AFFICHE ! métrofDgIe Ou tuer ou mourir HELI Réalisation et scénario : Amat Escalante.Avec Armando Espi-tia, Andrea Vergara, Linda Gonzàlez, Juan Eduard Palacios.Image: Lorenzo Hager-man.Montage: Natalia Lopez.105 minutes.ODILE TREMBLAY AU dernier Festival de Cannes (où il devait remporter le prix de la mise en scène), Heli du Mexicain Amat Escalante (derrière San-gre et Los Bastardos) a divisé la critique et suscité maints papiers irrités.Plusieurs lui reprochaient une complaisance dans la violence, jusqu\u2019à la nausée.Ami, collaborateur et parent par sa radicalité de son compatriote Carlos Reygadas, Escalante mérite, avec ce film dur, sans complaisance ni facilité d\u2019aucune sorte, une écoute plus attentive.A Montréal, le jury du dernier FNC ne s\u2019y est pas trompé en lui décernant sa Louve d\u2019or.Heli n\u2019a rien d\u2019aimable, mais il joue la note juste en terrible requiem.Le film capture fronta-lement, avec des effets minimalistes, des réalités sanglantes, plaies du Mexique: les impacts du cartel de la drogue sur des jeunes, sur fond de corruption policière, de violence extrême.Escalante, qui nous a habitués à de longs plans-séquences, a quand même dynamisé ici son montage, tout en se rendant chaque fois au bout de sa charge.Le paysage de désert et de montagnes accentue l\u2019ascèse du traitement cinématographique, aux nombreux plans fixes.Violence banalisée Dès le début, un corps, à moitié dénudé, sera pendu du haut d\u2019un pont.Oui, mais pourquoi?Retour en arrière.Le film, qui n\u2019égare jamais sa tension, met en scène des non-professionnels, en général quasi-adolescents.Jouent-ils?A peine.Ils existent par-delà leurs maladresses.Heli (Armando Espitia) est un tout jeune adulte, père d\u2019un enfant, repoussé par son épouse qui s\u2019ennuie des siens.Dans sa famille élargie: le père, et une sœur de douze ans, à peine pubère, qui s\u2019amourache d\u2019un petit soldat malfrat, lequel cache de la cocaïne chez eux, que détruit Heli.Les jeux sont faits.Ici, peu de mots, toujours signifiants.Déjà, l\u2019entraînement militaire du «fiancé» donnait le ton.Humiliations de toutes sortes.La toute jeune fille (Andrea Vergara) constitue la figure la plus troublante du lot, enfant harponnée par les forces de l\u2019horreur, qui la rendent muette.Une séance de torture dans une maison où des enfants \u2014 abrutis par la drogue, les jeux vidéo, l\u2019exemple des adultes \u2014 NO DREAM CINEMA Heli capture les réalités sanglantes du Mexique : les impacts du cartel de la drogue sur des jeunes, sur fond de corruption policière, de violence extrême.apprécient des scènes insoutenables qui font hurler un spectateur, renvoyé à sa condition de voyeur complice, en dit long sur la transmission de la violence banalisée.Même la morale du film, vengeance qui fait grandir le héros, passage à l\u2019âge adulte par le tribut du sang, sera noire.Ou tuer comme Heli, ou mourir comme le père.Les démons du Mexique, comme des chacals, hurlent à la mort.Le Devoir if.- Choisir Sophie Sophie Nélisse s\u2019est imposée devant des milliers d\u2019enfants acteurs pour La voleuse de livres TWENTIETH CENTURY EOX Geoffrey Rush et Sophie Nélisse dans une scène de La voleuse de livres.FRANÇOIS LEVESQUE Dans La voleuse de livres,^ la jeune actrice québécoise Sophie Nélisse donne la réplique à Geoffrey Rush et à Emily Watson.C\u2019est dire qu\u2019à l\u2019âge tendre de 13 ans, la vedette de Monsieur Lazhar tient son bout d\u2019écran au côté des lauréats d\u2019un Oscar du meilleur acteur, pour Le prodige, et d\u2019un prix d\u2019interprétation à Cannes comme meilleure actrice, pour L\u2019amour est un pouvoir sacré.Une grosse responsabilité que des milliers d\u2019aspirantes actrices auraient voulu leur voir incomber.«Après Monsieur Lazhar, j\u2019avais recommencé à me consacrer à la gymnastique et je n\u2019étais pas certaine de vouloir poursuivre une carrière de comédienne», confie Sophie Nélisse, assise bien droite dans la causeuse rayée d\u2019une suite du Ritz à l\u2019occasion d\u2019une rencontre de presse tenue sous haute surveillance par des employés du studio 20th Century Fox.Puis lui parvint en 2012 ce scénario tiré du best-seller La voleuse de livres, de Markus Zusack.Campée durant la Seconde Guerre mondiale dans un village près de Munich, l\u2019intrigue s\u2019intéresse au parcours de Liesel, une gamine adoptée par un couple sans enfant qui cache un jeune homme juif dans sa cave.Malgré un récent autodafé, Liesel s\u2019entête à lire des romans en cachette, son acte de résistance à elle.«J\u2019ai trouvé l\u2019histoire tellement inspirante! s\u2019émerveille encore Sophie Nélisse.On connaît trop peu l\u2019Holocauste.Pour me préparer, j\u2019ai regardé plein de jîlms, comme La liste de Schindler et Le pianiste.Ensuite, j\u2019ai enregistré une audition virtuelle et je me suis croisé les doigts.» Car c\u2019est désormais sur Internet que ça se passe.En effet, plusieurs milliers de vidéos similaires venues des quatre coins du globe furent colligées et analysées par la production avant que des auditions en personne soient tenues.Beaucoup d^appelés, peu d^élus A cet égard, le métier d\u2019enfant acteur s\u2019est considérablement développé au cours des dernières décennies.Autrefois surtout l\u2019apanage du studio Disney, qui lança au début des années 1970 de tout jeunes Kurt Russell et Jodie Foster, la profession connut un moment charnière en 1992 lorsque Macaulay Culkin, 12 ans, reçut un chèque de 8 millions de dollars pour Maman j\u2019ai raté l\u2019avion 2.Moins de 10 ans plus tard, la frénésie Harry Potter créa trois millionnaires adolescents.Dans l\u2019intervalle, Haley Joel Osment connut une gloire fulgurante mais éphémère à la suite du triomphe du drame fantastique Le sixième sens.Depuis, combien de gamins rêvent de célébrité juvénile?En la matière, jamais n\u2019y a-t-il eu autant d\u2019appelés pour un nombre toujours relativement restreint d\u2019élus.Aussi ne faudrait-il pas sous-estimer l\u2019exploit accompli par Sophie Nélisse, que la 20th Century Fox a choisie après l\u2019avoir comparée non pas à cinq ou six autres enfants acteurs, mais bien à cinq ou six mille.Et la gymnastique, Sophie?«Je pense que ce sera le jeu, en fin de compte.» Le Devoir Thor dû THOR - THE DARK WORLD (THOR-UN MONDE OBSCUR) D\u2019Alan Taylor.Avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Torn Hiddleston, Antony Hopkins, Rene Russo, Kat Dennings, Stellan Skarsgaard.Scénario: Christopher Yost, Christopher Markus, Stephen McPeely.Image: Kramer Morgenthau.Montage: Dan Lebental, Wyatt Smith.Musique: Brian Tyler.Etats-Unis, 2013, 112 minutes.MARTIN BILODEAU Kenneth Branagh avait donné le ton avec le premier épisode de cette série inspirée des comic books de Marvel.Le ton en question?Badin sur la Terre et élisabé-thain sur la planète Asghar, avec Thor (Chris Hemsworth), un grand et viril Viking faisant la navette entre les deux, question de les rapprocher jusqu\u2019au baiser.Chose promise, chose due, Thor 2 reproduit la géographie (et le baiser) du miracle premier, cette fois sous la capitainerie d\u2019Alan Taylor, remarqué pour son travail assez exceptionnel sur Came of Thrones.Sens inverse Le cinéaste est en pays de connaissance.Tout comme la série de HBO qu\u2019il a pilotée, Thor - The Dark World nous propulse dans un monde inventé, produit d\u2019un dense amalgame d\u2019influences et de références, depuis la Genèse (Caen et Abel) jusqu\u2019au Grand Will, en passant par les légendes Scandinaves et arthuriennes.Sur le plan de l\u2019univers créé, le film, comme la série, est un miracle de fluidité et de cohérence.A l\u2019inverse de celui de la série (j\u2019arrête ici la comparaison), le monde de Thor est d\u2019une relative simplicité, en dépit des efforts déployés par les scénaristes pour lui conférer '4.% WALT DISNEY PICTURES Uacteur d\u2019origine australienne Chris Hemsworth incarne Thor.l\u2019apparence de la complexité et de la profondeur.Thor a eu raison de son propre orgueil, ainsi que des réserves de son père, le roi Odin (Anthony Hopkins).Sur les conseils de son épouse (la trop rare Rene Russo), celui-ci se prépare à lui céder son trône, après avoir jeté derrière les barreaux son mauvais fils, Loki, joué par Christopher Eccleston, la révélation du film précédent, la vraie star de celui-ci et l\u2019absent déjà regretté du prochain.Une antimatière découverte derrière un portail entre les mondes par l\u2019astrophysicienne Jane (Natalie Portman en vacances) force Thor à voler à son secours, marteau en main, pour la protéger de l\u2019assaut d\u2019une civilisation des ténèbres qui a besoin de ladite antimatière pour plonger l\u2019univers dans l\u2019obscurité éternelle.L\u2019intrigue est connue et, telle que montée sur des ressorts à moitié éventés, tire le film, plus qu\u2019elle ne le propulse, jusqu\u2019à son savoureux dénouement.De fait, Thor - The Dark World tient moins du tour de manège (formule habituelle du blockbuster) que de la galerie.Ou, mieux, du livre d\u2019images.Un peu monotone, très bien fait, dont on pourrait tourner les pages dans le sens inverse sans que rien nous échappe.Collaborateur Le Devoir Un goût de comédie parisienne de série B MOROCCAN GIGOLOS Réalisation et scénario: Ismael Saidi.Scénario: Ismael Saidi, Erançois Avard.Avec Reda Chebchoubi, Erançois Arnaud, Eddy King, Stéphanie Van Vyve, Guylaine Tremblay.Image: Jean-Pierre Gauthier.Montage: Thus Van Nuffel.Musique: Roger Coderre.82 minutes.ODILE TREMBLAY Ismael Saidi, un cinéaste belge d\u2019origine marocaine, signe cette comédie qui entend surfer sur les stéréotypes culturels et sexuels.Le Québécois François Avard (derrière Les Bougon) a collaboré au scénario, mais Moroccan Gigolos ne vole pas haut, pour employer un doux pléonasme.On y trouve des liens de parenté thématiques avec le film Amsterdam de Stefan Miljevic: trois amis d\u2019enfance, qui rêvent et mentent, se serrent les coudes, s\u2019encanaillent.Mais ça se passe à Bruxelles et, à ses côtés, Amsterdam relève du sophistiqué film d\u2019auteur.Ici, on ne sent guère Bruxelles, ni l\u2019humour belge \u2014 plus caustique \u2014, comme on ne sent pas davantage l\u2019approche québécoise.Cette coproduction Québec-Belgique ressemble à une comédie parisienne de série B, dont les chances de séduire les Québécois paraissent bien minces.Ici, les trois compères black, blanc, heur, suivant l\u2019expression consacrée, paumés professionnels, vendent, afin d\u2019ouvrir un snack-bar, leurs charmes à des femmes plus âgées.Ce qui nous vaudra force plaisanteries de la plus belle eau.Leur compagnie se nommera, pour l\u2019anglicisme et l\u2019exotisme, les Moroccan Gigolos, même si l\u2019un, Nicolas, est blanc (le Québécois François Arnaud), l\u2019autre d\u2019origine congolaise (l\u2019humoriste québécois Eddy King), le troisième Maghrébin (Reda Chebchoubi).EILMOPTION Une scène de Moroccan Gigolos Disons-le tout de suite: le plus vivant du lot, celui qui survit à l\u2019anémie des répliques, c\u2019est Eddy King, lequel ne perd jamais son charisme, tout en incarnant l\u2019innocent du trio, qui se fait bourrasser par les autres.Sinon, les gags tombent à plat, enfilés sans les respirations qui s\u2019imposent.Une fois qu\u2019on a eu droit aux numéros des « cougars do- mina» ou à l\u2019esseulement des autres clientes, tout s\u2019étiole.Ç\u2019aurait pu être drôle dans le registre détente du vendredi soir, mais tant qu\u2019à faire une comédie sur le sexe, il eût mieux valu ouvrir les vannes.Le tout reste bien sage, et les personnages, de bons petits gars qui ont peur de se faire disputer par la petite amie d\u2019un des zigo-tos, n\u2019ont rien de bien gratiné à offrir.Certaines scènes à l\u2019église, ou devant une cliente apparemment décédée \u2014 à laquelle ils n\u2019ont pas l\u2019idée d\u2019enlever ses menottes \u2014, en ajoutant une religiosité à l\u2019affaire, feraient sourire si les gags ne roulaient pas trop vite.La femme, jouée par Guylaine Tremblay, riche exilée qui s\u2019ennuie du Québec sans jamais prendre l\u2019avion pour s\u2019y ressourcer, est mieux développée.Encore qu\u2019elle semble émerger d\u2019une série télé québécoise: accent et allure, sans concessions d\u2019aucune sorte à son pays d\u2019adoption, catapultée là pour les fins de la coproduction.Du moins l\u2019actrice a-t-elle droit à la seule scène dramatique du film, qu\u2019elle porte avec sa sève habituelle aux côtés de la jeune Stéphanie Van Vyve, franchement mauvaise en fiancée trompée.Des éléments scénaris-tiques mal tissés \u2014 Nicolas se fait arrêter sans qu\u2019on nous indique comment il s\u2019en est sorti ; le snack-bar ferme sans scène pour le montrer, etc.\u2014 achèvent de faire de cette comédie un film qui manque de fini à chaque étape de son parcours.Le Devoir «UNE HEURE ET DEMI DE PUR PLAISIR!» «UNE ŒUVRE SOU RIANTE ET CULOTTÉE!» Les g gnoux iM | MAISON DU CINÉMA-1 I SHERBROOKE A L\u2019AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINEMAS 773318 7042 http://funfilm.ca/fr/films/film-funfilm-fiction.php?rid=140 E 12 LE DEVOIR LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 NOVEMBRE 2013 ICIffEMA tLe meilleur film de l\u2019année, et de loinL * CHAPITRES 1&2 \u2014ImetropolGfilms cornl; métropole ISTIVAL K.¦ NOUVEAU\t, CINEMA LOUVE D OR DU MEILLEUR FILM EILLEUR FILM i HEll PRESENTEMENT A L'AFFICHE! UN FILM DE AMAT ESCALANTE Dans la tornade de la Beat Generation KILL YOUR DARLINGS Réalisation: John Krokidas.Scenario: John Krokidas et Austin Bunn.Avec Daniel RadclifJ Ben Foster, Jack Huston, Dane DeHaan, David Kammerer, Edie Parker.Image: Reed Morano.Montage: Brian A.Bates.Musique: Nico Mulhly.104 minutes.ODILE TREMBLAY En 2010, Howl de Rob Epstein et Jeffrey Friedman abordait un pan de vie du poète Allen Ginsberg (joué par James Franco), alors que son incandescent poème Howl était taxé d\u2019obscénité en 1957.A ses côtés: Jack Kerouac, William Burroughs, Neal Cas-sady, etc.Le film, bien fait, résolument indépendant, offrait une clé aux non-initiés à Tunivers de la Beat Generation et de la contre-culture, qui révolutionna les lettres et les modes de vie américains avant Féclatement des années 60 et 70.L\u2019an dernier.On the Road de Walter Salles, adapté du célèbre roman-récit de Jack Kerouac, ratait sa cible en offrant des images trop policées de cette épopée sur les routes américaines des années 50.Ginsberg était au poste, tout comme Burroughs auteur du célèbre Naked Lunch que Cronenberg adapta au cinéma.La Beat Generation, par qui s\u2019engouffra le souffle d\u2019air qui devint tornade en Amérique, inspire les cinéastes, sans qu\u2019ils soient tous à même de traduire cette frénésie créatrice.La naissance d^un mouvement Un film de facture classique ne peut traduire l\u2019énergie de cette fission atomique.Mieux vaut, tout compte fait, les œuvres expérimentales à petit budget, comme Howl ou ce Kill Your Darlings, premier long métrage de John Krokidas.Cette dernière œuvre n\u2019est pas sans défaut, et son scénario, avec des longueurs, cherche souvent sa voie, mais ce film tâche du moins de coller l\u2019écriture cinématographique au climat de ces années d\u2019éclosion : des plans serrés, une caméra mobile, un éclairage minimaliste avec retour sur les années 40, alors que tout démarrait sur les bancs de l\u2019Université Columbia.Un rythme, une urgence sont mis à contribution, la bonne musique de Nico Milhy aussi.On y est presque.La Beat Generation inspire les cinéastes, sans qu\u2019ils soient tous à même de traduire cette frénésie créatrice Kill Your Darlings tient parfois de Dead Poet Society, pour cette atmosphère de rébellion scolaire masculine sur fond de poésie.Daniel Radcliffe, qui a délaissé Harry Potter (son public n\u2019en revient pas encore), incarne avec moins de force que James Franco un Allen Ginsberg plus jeune que dans Howl, en tâtonnements identitaires.On suit son amitié avec Kerouac Qack Huston) et William Burroughs (Ben Foster), avant tout avec Lucien Carr (Dane DeHaan), beau garçon rebelle dont il s\u2019entiche.La relation amoureuse de ce dernier avec le professeur David Kammerer (Arsenio Hall) va tourner au drame, puisque Lucien, pourchassé par son aîné, l\u2019assassinera.Pour la petite histoire, précisons que Kerouac témoignera de cette affaire dans Vanity of Duluoz.Kill Your Darling nous place à la naissance du mouvement Beat, avec des scènes à la fois potaches et délicieuses, comme le rapt des livres à l\u2019index dans la bibliothèque de l\u2019université.La découverte de l\u2019homosexualité est esquissée, sans plus, la famille de Ginsberg révèle l\u2019étendue de son désastre interne : mère fragile, père poète tyrannique, etc., mais leur rejeton, qui allait devenir le meilleur poète de sa génération, livre ses premiers écrits.La timidité de Ginsberg n\u2019est pas très télégénique et son personnage demeure une promesse.Jack Huston offre la meilleure interprétation du lot en Jack Kerouac toujours en mouvement.En seconde partie, le film tournera au drame avec l\u2019emprisonnement de Lucien Carr.Il y avait beaucoup à dire, et les scénaristes n\u2019ont pas toujours su choisir leurs pistes.Quand même : ceux qui s\u2019intéressent à la Beat Generation en apprendront ici davantage sur ses prémisses, éveil d\u2019une modernité à la fin de la guerre.Le film fera aussi état d\u2019une loi absurde de l\u2019époque, par laquelle un hétérosexuel pouvait être acquitté du meurtre d\u2019un homosexuel trop pressant, mais non un homosexuel (même non consentant).Le film vaut mieux que son dénouement assez cucul de réconciliation générationnelle.Il tâtonne, mais capte une force en devenir, à coups de plans courts, d\u2019élans de folie, de premiers pas vers les lendemains libertaires.Le Devoir n SEVILLE Uacteur britannique Daniel Radcliffe a délaissé Harry Potter pour incarner Allen Ginsberg.r rv PEDRO RUIZ LE DEVOIR Gabriel Arcand apparaît comme un cowboy peu banal dans le dernier long métrage de Sébastien Pilote.Sébastien et Gabriel à la ferme Le démantèlement affiche une beauté propre aux grands westerns ANDRE LAVOIE Sans ambages, Sébastien Pilote affirme en entrevue qu\u2019il fait des films sur des sujets qu\u2019il ne connaît pas et que ses fictions, il les aborde comme des documentaires.Ses propos peuvent sembler ambigus, mais seulement pour ceux qui ignorent tout de l\u2019univers de ce cinéaste originaire de ce qui s\u2019appelait autrefois Chicoutimi, celui du Vendeur et maintenant du Démantèlement, à l\u2019affiche au Québec le 15 novembre prochain après un baptême réussi à Cannes le printemps dernier.A la Semaine de la critique, il n\u2019était pas reparti les mains vides, tenant fièrement le Prix de la Société des auteurs et des compositeurs dramatiques.Personnage ambigu Sébastien Pilote affectionne beaucoup les personnages ambigus.«J\u2019aime qu\u2019ils soient difficiles à juger, précise-t-il au début d\u2019une longue journée de promotion à Montréal.Je ne veux surtout pas faire du cinéma moral, même si des questions morales peuvent se poser.» Il en expose certaines dans Le démantèlement, l\u2019histoire d\u2019une dépossession progressive, celle d\u2019un père (Gabriel Arcand) éleveur de moutons prêt à se saigner (symboliquement) pour assurer le confort financier de ses deux filles (lumineuses Lucie Laurier et Sophie Desmarais).Il les surnomme à juste titre ses «princesses», écho lointain d\u2019une des sources d\u2019inspiration du cinéaste.Le père Goriot, un roman d\u2019Honoré de Balzac.A ses yeux, son film n\u2019a rien d\u2019une adaptation, lui qui émaillé ses propos de références à Marcel Proust, à Leonard Cohen, à Bob Dylan.et à Bruce Springsteen.Avec un tel bagage, croiser sur sa route un acteur aussi érudit et exigeant que Gabriel Arcand tombait sous le sens, car le cinéaste a lon^emps été porté par le souvenir ému d\u2019Ovide, perdant magnifique du grand film de Gilles Carie Les Plouffe.Mais cette admiration n\u2019a pas suffi à convaincre l\u2019acteur, depuis longtemps l\u2019âme vibrante du théâtre Prospero.«Un tiers du scénario contenait des indications sur le métier d\u2019éleveur, évoque Gabriel Arcand sur un ton encore perplexe.C\u2019est comme si j\u2019avais reçu le scénario de Pour la suite du monde et qu\u2019on me décrivait la pêche au marsouin! Disons que c\u2019était pas mal loin de moi.» Grands westerns Après quelques mois de réflexion et de recherches pour un possible remplaçant (même Arcand a donné un coup de main !), le cinéaste et l\u2019acteur ont finalement conclu cette association qui, à l\u2019écran, relève de l\u2019évidence.Même si le spectateur en apprend beaucoup sur les rituels entourant l\u2019élevage des moutons, cette incursion affiche une beauté propre aux grands westerns, et ce n\u2019est pas un hasard.Pilote revendique avec ferveur son américanité.«Même Le vendeur, pour moi, c\u2019est un western, dit-il avec un soupçon d\u2019ironie au sujet de ce film qui a pour principal décor un concessionnaire automobile.Mon désert est blanc, j\u2019ai remplacé le sable par la neige et les pick-up par des chevaux.Je demandais toujours à Gilbert Si-cotte de donner une tape au pick-up comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une bête.Dans Le démantèlement, j\u2019y suis allé à fond: les paysages, le côté pastoral, les cadrages à la John Ford, etc.» Dans ce contexte, Gabriel Arcand apparaît comme un cowboy peu banal, appréciant l\u2019audace de Sébastien Pilote et n\u2019en revenant pas qu\u2019après 60 ans, «pour la première fois de [sa] vie», il soit l\u2019acteur principal de deux longs métrages tournés en l\u2019espace de 12 mois, le pre- « Je ne veux surtout pas faire du cinéma moral, même si des questions morales peuvent se poser», confie Sébastien Pilote mier étant Karakara de Claude Gagnon.Arcand est le premier à reconnaître le caractère éclaté et parcellaire de sa filmographie, pourtant riche en grands films, à commencer par ceux de son frère Denys {La maudite galette, Réjeanne Padovani, Gina, Le déclin de l\u2019Empire américain), et en performances inoubliables, comme celle dans Post Mortem, de Louis Bélanger, s\u2019il ne faut en retenir qu\u2019une seule.Lorsque j\u2019ose lui souligner que son désir de cinéma est sans doute moins fort que son amour du théâtre, il me corrige sans hésitation.«J\u2019ai un très grand désir de bon cinéma! Mais je ne lis pas beaucoup de scénarios.Et il y a plusieurs raisons pour que je dise non, dont celle de reconnaître qu\u2019un rôle n\u2019est pas pour moi.Si je le faisais, je me planterais.» Pour étoffer son argumentation, il revient en arrière.«Après Le déclin et mon personnage de bum qu\u2019on voit quatre minutes [mais tous s\u2019en souviennent!], Claude Lauzon m\u2019a fait lire la première version rfTJn zoo la nuit Je trouvais son scénario truffé de violence gratuite.J\u2019ai dit non, mais finalement, j\u2019aime beaucoup le film et je trouve que Gilles Maheu est parfait dans ce rôle.» Après avoir vu Le démantèlement, personne ne pourra douter un seul instant que Gabriel Arcand n\u2019y est pas à sa place, grâce au flair \u2014 et à la ténacité \u2014 de Sébastien Pilote, porté par son désir «de lui offrir un grand rôle», inspiré par «cet acteur mythique à la photogénie incroyable».Et contrairement à ce qu\u2019on voit dans beaucoup trop de films, les animaux ne lui volent jamais la vedette.Collaborateur Le Devoir EXC3NTRIS FESTIVAL DE CAN N ES PRIX DE LA MISE EN SCENE CANNES 2013 LOUVE D\u2019OR 2013 HEU AMAT ESCALANTE - 105 MIN., V.O.ESPAGNOLE S.-T.F.EN ATTENTE DE VISA BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: CHASSE AU GODARD D\u2019ABBITTIBBI ÉRIC MORIN L\u2019INCONNU DU LAC ALAIN GUIRAUDIE HERITAGE HIAM ABBASS LE COSAQUE ET LA GITANE\tEN ATTENTE NADINE BEAUDET THE BROKEN CIRCLE BREAKDOWN (ALABAMA MONROE) FELIX VAN GROENINGEN GOETHE-INSTITUT ET LE FESTIVAL BACH PRÉSENTENT : DIE THOMANER : A YEAR IN THE LIFE OF THE ST-THOMAS BOYS CHOIR LEIPZIG DIMANCHE 10 NOVEMBRE À13H CINÉ-KID PRÉSENTE: LES NOUVELLES AVENTURES DE CAPELITO DIMANCHE 10 NOVEMBRE À11H 3 festivaUlej' EMANIA 7-17 N.0VEMBRE 2013 www.festivalcinemania.com\t\u2014 CINÉMA impérial So'meiVBieurrrMOHT® Festival de films Cinemania ^0 ©cinemania.mtl http://cinemaexcentris.com "]
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