Le devoir, 14 novembre 2013, Cahier C
[" MONTREAL (ÎRANDS MONTRÉALAIS Des immeubles et une salle de concert pour le Musée des beaux-arts Page 2 Lise Watier, des cosmétiques « made in Québec » depuis 1972 Page 4 ÀrOSM, la donne a changé grâce au chef d\u2019orchestre Kent Nagano Page 6 CAHIER THEMATIQUE C > LE DEVOIR, LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2013 IM''U 'II'\" ¦ \u2019^1 DENIS BEAUMONT Julie Payette Pierre Bourgie ERANÇOIS PESANT LE DEVOIR SOURCE LISE WATIER COSMÉTIQUES ANNIE MH DE CARUEEL LE DEVOIR Lise Watier Kent Nagano Les Grands Montréalais, tons des bâtissenrs Cette année, autant d\u2019hommes que de femmes sont honorés Chaque année, l\u2019Académie des Grands Montréalais rend hommage à quatre personnalités montréalaises dont la contri-hution à la collectivité mérite d\u2019être reconnue, que ce soit sur le plan économique, social, culturel ou scientifique.Pour la quatrième fois depuis sa création, en 1984, autant de femmes que d\u2019hommes seront aujourd\u2019hui honorés à l\u2019occasion d\u2019une réception commémorative.EMILIE CORRIVEAU CA est rare / que ça arrive, cette parité homme- femme au moment des nominations, signale d\u2019emblée M.Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).Ça s\u2019est produit en 1991,1995 et 2009.» Ces femmes singulières, ce sont, en cette année 2013, Lise Watier, fondatrice de la maison de cosmétiques du même nom, et Julie Payette, astronaute canadienne et directrice du Centre des sciences de Montréal.Nommées Grandes Montréalaises pour leur contribution respective sur les plans économique et scientifique, elles figurent au tableau des honneurs 2013, aux côtés de Kent Nagano, directeur musical de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM), et Pierre Bourgie, président de la Société financière Bourgie inc.Ceux-ci se sont pour leur part distingués dans les secteurs culturel et social.«Ce que je trouve qui ressort cette année, c\u2019est que tous nos participants sont de grands bâtisseurs, indique M.Leblanc.M*\" Watier a fondé son entreprise et c\u2019est une grande femme d\u2019affaires.M.Nagano, lui, est l\u2019emblème du succès que connaît l\u2019Orchestre symphonique de Montréal.S\u2019il n\u2019avait pas connu tous ces succès, on n\u2019aurait jamais vu naître la Maison symphonique.Quant à M.Bourgie, c\u2019est sur le plan social qu\u2019on reconnaît sa force de bâtisseur.C\u2019est un grand mécène et philanthrope.Et puis, Mme Payette, eh bien, c\u2019est une source d\u2019inspiration.Elle, qui est allée dans l\u2019espace, redonne â la collectivité en travaillant au Centre des sciences.Sa contribution est exceptionnelle!» Fait intéressant, M\u201c® Watier est seulement la seconde femme d\u2019affaires à être honorée pour son apport économique, la première ayant été Hélène Desmarais, nommée en 2010.Du côté des sciences, M\u201c® Payette fait également partie des pionnières, la plupart des Grandes Montréalaises ayant été saluées pour leur contribution culturelle ou sociale.«Jadis, les femmes étaient peut-être moins visibles qu\u2019elles ne le sont aujourd\u2019hui, commente M.Leblanc.Cette année, on leur rend hommage et je suis heureux que le rapport soit égalitaire.» Une sélection rigoureuse Comme chaque année depuis sa fondation, en 1984, les lauréats de cette édition ont été choisis par l\u2019Académie des Grands Montréalais.«On a fait un appel de candidatures, explique le président de la CCMM.On a écrit â tous les Grands Montréalais et â des leaders de la collectivité pour leur demander qui devrait être mis en candidature.Cette année, on en a reçu beaucoup, comme â l\u2019accoutumée! Ce qu\u2019il faut savoir, c\u2019est que, lorsqu\u2019on nous suggère un nom, on le garde pendant 10 ans.Cette année, il y a des noms qui se sont ajoutés â la liste et des noms qui étaient déjà lâ.» Après cet appel général de candidatures, les Grands Mont- ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR La classification des Grands Montréalais par domaines de contribution à la collectivité permet à la CCMM de souligner adéquatement le travail d\u2019individus exemplaires.réalais honorés en 2012 ont été consultés, puis chargés de ramener le compte à quatre candidatures par catégorie.Ces 16 propositions ont été soumises à l\u2019Académie, qui a alors demandé à ses membres de voter pour un candidat par secteur et de désigner quatre lauréats.Souvent questionné quant au « On s\u2019est aperçu que notre regorge de talents parfois moins connus» nombre des catégories de sélection des Grands Montréalais, M.Leblanc estime que leur compte est bon pour le moment: «On a quatre catégories depuis plusieurs années et ce n\u2019est certainement pas trop! Au départ, on honorait beaucoup de sportijs et de gens d\u2019affaires.Ce dont on s\u2019est aperçu, c\u2019est que notre ville regorge de talents par- fois moins connus.Je pense aux gens de la communauté scientifique, par exemple, qui sont souvent méconnus, mais qui contribuent â l\u2019avancement de la science de façon importante.C\u2019est une façon de lancer le message que, oui, être un Grand Montréalais, c\u2019est créer de la richesse, mais c\u2019est aussi créer des connaissances.» yill0\tMichel Leblanc ajoute que la classification des Grands Montréalais par domaines de contribution à la collectivité se veut aussi appropriée et permet à la CCMM de souligner adéquatement le travail d\u2019individus exemplaires.11 considère que la plupart des leaders positifs montréalais peuvent être associés à l\u2019une ou l\u2019autre des catégories existantes (apport économique, social, scientifique ou culturel) et que celles-ci ne s\u2019avèrent pas trop restrictives.«On me demande souvent pourquoi on n\u2019ajoute pas de catégorie politique, dit-il.Ma réponse, c\u2019est que, pour l\u2019instant, on considère que peu de gens ont eu une contribution politique assez importante pour qu\u2019ils soient nommés Grands Montréalais.Il y en a eu quelques-uns dans l\u2019histoire, mais ils sont trop peu nombreux pour qu\u2019on crée une catégorie.Jean Drapeau, par exemple, avait été honoré en 1978, lorsque le CNparrainait les Grands Montréalais.Peut-être qu\u2019un jour il sera temps d\u2019hono-rer un nouveau politicien \u2014 on se le souhaite tous \u2014 mais, si on va dans cette voie-lâ, il faudra s\u2019assurer qu\u2019on ne joue pas un jeu politique.» Un ajout à la constellation L\u2019an dernier, à l\u2019occasion des célébrations du 190® anniversaire de la CCMM, la Constellation des Grands Montréalais a été inaugurée.Sorte de grande murale interactive où percent 122 points lumineux en l\u2019honneur des 122 Grands Montréalais nommés jusqu\u2019alors, l\u2019œuvre a été installée dans le hall ouest du Palais des congrès, du côté du parc Riopelle.Cette année, pour représenter les plus récents gagnants, quatre étoiles seront ajoutées à la constellation.«C\u2019est la première fois qu\u2019on rajoutera des noms â la Constellation, souligne M.Leblanc.Lorsqu\u2019on a décidé qu\u2019on installait cette œuvre pour les Grands Montréalais, j\u2019ai partagé mon désir qu\u2019on opte pour quelque chose qui puisse évoluer dans le temps.C\u2019est pour ça qu\u2019on a laissé de la place pour des ajouts.Je pense qu\u2019on a l\u2019espace nécessaire sur la Constellation pour les 35 prochaines années! Le reste, ce sera â mon successeur de s\u2019en occuper!» Collaboratrice Le Devoir C 2 LE DEVOIR LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2013 GRANDS MONTREALAIS SECTEUR SOCIAL Arts et affaires : un binôme à valeur égale pour Pierre Bourgie Toute formation généraliste donne « une meilleure conscience citoyenne » Pierre Bourgie est tout à la fois un homme d'affaires et un homme des arts : son parcours de vie témoigne de Tintérêt et de la passion qu41 voue à ces deux mondes, dont il ne saurait se passer pour mener son existence.Il devient Grand Montréalais avec satisfaction, mais il ne s^en cache pas: ce mécène se sent plutôt mal à Taise avec les honneurs reçus et préfère de loin les coulisses à la scène.REGINALD HARVEY Pierre Bourgie grandit rue Lacombe, dans le quartier Côte-des-Neiges, au sein d'une famille de deux enfants, et il connaît une enfance sans histoire: «Elle a été bien heureuse, bien équilibrée; comme les autres enfants, j'ai fréquenté Vécole et il n'y a rien de particulier à signaler, sinon que j'ai vécu à l'abri des soucis.» Un souvenir ressurgit: «J'allais chez les soeurs, au Collège Jésus-Marie, où il y avait une école de musique; un de ces jours, j'avais mis mon oreille dans la porte et une bonne sœur m'a surpris.» Elle a communiqué avec sa mère dans le but de lui donner des cours de piano: «J'ai commencé à les suivre en deuxième année, jusqu'à la sixième, grâce à celle-ci, et je crois que je lui dois beaucoup.» Uéveil à la musique était né: «Chaque fois que je vois un piano, je saute dessus; je joue toujours les mêmes affaires, mais, par contre, j'ai aimé la musique à partir de là et je la comprends un peu.» Il passe rapidement sur le secondaire au Collège de Montréal: «Je n'ai pas un souvenir très excitant de l'adolescence; ce sont des années où on se cherche, on fait du sport, on a nos chums d'école.Personnellement, j'ai connu un véritable éveil et j'ai commencé à m'ouvrir sur toutes sortes d'autres intérêts une fois rendu au cégep.» Quand la vie prend tout son sens.Il fréquente Brébeuf au collégial: «On découvre le monde, on commence à comprendre une gamme de concepts et à faire de la philosophie.A ce moment-là, je suis tombé sur une \u201ctalle\" de gens qui étaient plutôt près des arts visuels.» Son père est un homme d'affaires et, à la maison, par la force des choses, il a plutôt l'habitude de côtoyer des gens qui appartiennent à ce secteur d'activité: «J'ai connu une vie quelque peu hybride en fréquentant des gens qui sont devenus mes amis et qui étaient plutôt portés sur la culture au cégep; les arts visuels^ me sont rentrés dans le corps.A partir de là, les deux mondes m'ont toujours intéressé, même si souvent on dit que ce serait incompatible.» On fait le saut en toute cohérence à l'Université d'Ottawa, là où nous entraîne Pierre Bourgie: «J'étais en commerce et on nous obligeait à prendre un cours dans une autre faculté.Je me suis dirigé naturellement du côté des cours en histoire de l'art, par facilité plutôt que par intérêt, car je croyais que je m'en tirerais aisément ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pierre Bourgie se considère comme un curieux de nature.sur le plan de la réussite; c'était une formation portant sur dada et le surréalisme.» Un choc culturel se produit: «J'ignorais complètement ce que l'un ou l'autre représentait, mais est arrivé un professeur fort éveillé: il m'a donné le cours le plus intéressant que j'ai reçu dans ma vie; il m'a ouvert sur l'histoire de l'art et sur sa compréhension à l'intérieur du XX\" siècle.» Il retient de cette expérience universitaire cette vision de l'existence: «Tel est le rôle d'une université que d'adopter cette formule d'obliger les étudiants à suivre des cours dans une autre faculté.Je trouve qu'on ne le fait pas assez aujourd'hui, dans notre monde de superspécialisation ; ça ne nuit à personne d'avoir un côté généraliste et cela ne fait pas de mal de connaître les sciences mais aussi l'histoire, ce qui est quasiment une nécessité.» Il ajoute encore: «J'avais la chance d'être curieux de nature et d'aller vers d'autres affaires pour comprendre et en savoir plus; de cette manière, on s'aperçoit finalement que, peu importe si on évolue dans le monde de la science, des affaires, des arts ou d'autres, les choses évoluent à la même vitesse dans une même dynamique générale et globale; tout est relié et tout cela nous donne peut-être, au bout de la ligne, une meilleure conscience citoyenne, si je peux dire.» Le temps venu de rengagement Au terme de son parcours universitaire en commerce, Pierre Bourgie se considère comme «un peu mélangé» en 1979: «Je ne savais pas du tout ce que je voulais faire.On avait une entreprise familiale dans les services funéraires, mais je n'étais pas tellement convaincu d'y travailler et, quand on a 20 ans, ça n'est pas attirant plus qu'il le faut.» Comme il est le seul enfant en mesure d'assurer la relève, il choisit finalement de faire le saut: «Mon père, Marc, ne m'avait jamais poussé vers cela, mais c'était sans doute pour mieux m'attirer.» Au fil du temps, il prend goût à l'entreprise: «Au bout de six ans, j'ai commencé à aimer cela, et se sont alors manifestés une ambition de développer l'entreprise et un goût de la faire fonctionner.Même si c'est le domaine funé- raire, c'est un environnement d'affaires comme un autre, avec du personnel, des immeubles, une comptabilité, etc.» Sur le plan personnel, il dépeint ses relations père-fils durant cette période qui s'échelonnera durant une vingtaine d'années, jusqu'à la vente de l'entreprise en 1996: «Je m'entendais bien avec lui, même si dans les débuts il a été très exigeant avec moi.On avait une relation qui était franche et, quand un problème se présentait, on le réglait; en cas de désaccord, au bout de 24 heures c'était fini.Il s'est établi une confiance illimitée de part et d'autre, qui s'est bâtie par étapes, jusqu'au jour où il m'a indiqué de prendre les choses en main.J'ai gagné mes galons dans une entreprise exigeante avec un réseau assez étendu; elle était ouverte 7 jours sur 7, toute l'année, et il fallait bosser.» Pour cette raison ou une autre, allez savoir, le Grand Montréalais rencontre sa femme sur le tard, à 38 ans, et fonde une famille.Il a aujourd'hui deux enfants, un garçon de 15 ans et une fille de 17 ans: «Ce sont encore des ados et ça garde le père jeune.Moi, l'adolescence ne me fait pas peur et je trouve même que c'est une belle période.Il faut faire confiance aux jeunes, leur donner l'espace dont ils ont besoin et maintenir une bonne communication avec eux; c'est la meilleure solution.Il est évident qu'ils vont commettre leurs erreurs, ce qu'il faut accepter; mais, pour nous, ça se passe vraiment bien.» Collaborateur Le Devoir SOCIETE FINANCIERE BOURGIE Des immeubles et une salle de concert pour un musée « Je suis aussi à l\u2019aise dans le milieu artistique que dans celui des affaires » En affaires, Pierre Bourgie est initié très jeune aux rouages de Tentreprise familiale Ur-gel Bourgie, dont il accédera à la présidence dans la jeune trentaine; il shntéresse alors particulièrement à Timmobilier.Des intérêts nord-américains se portent acquéreurs de Tentreprise, dont il a contribué à tripler les revenus durant une vingtaine d^années, en 1996.A partir de là, il assume la direction de la Société financière Bourgie et se tourne vers Pinvestissement tout en consacrant une bonne partie de ses activités au mécénat et à la vie des arts.RÉGINALD HARVEY Pierre Bourgie s'occupe principalement des immeubles au moment de faire son entrée chez Urgel Bourgie, à la fin des années 1970: « C'est un métier que j'ai appris jeune, car on avait toujours dans l'entreprise des chantiers de construction et de réparation, combinés avec la gestion de bâtiments.J'ai joué pas mal là-dedans au début, mais, par la suite, j'ai commencé à m'occuper d'un peu de tout et à assumer de plus en plus de responsabilités, notamment quand se produisait l'acquisition de commerces.J'ai appris tout cela tranquillement pas vite.» Il apprend au fur et à mesure dans le feu de l'action, tout en profitant des conditions favorables fournies par son père: «Marc m'a fait de la place quand j'étais encore jeune: il m'a confié des responsabilités et m'a donné les guides.Dans ce sens-là, j'ai reçu beaucoup d'aide et j'ai été chanceux, car il arrive parfois que des gens d'entreprise s'accrochent et ont bien de la misère à faire la transition.Marc m'a vraiment donné les clés de bonne heure et j'ai eu la chance de réaliser des choses plus tôt que bien des gars plus vieux que moi de dix ans.» Il accède à la présidence en 1988, lorsqu'il n'a que 32 ans.La famille Bourgie prend finalement la décision de se départir de fentre-prise au moment où Pierre, le successeur de Marc, est encore jeune.Quelles raisons l'incitent à poser ce geste?«D'une part, c'est dû à un contexte de marché: il y avait trois ou quatre compagnies publiques qui se battaient pour faire des acquisitions partout; à un moment donné, elles ont quelque peu perdu la raison.Je voyais tout cela et j'avais, de mon côté, de la misère à faire des acquisitions, parce que je ne pouvais pas justifier les prix que ces gens-là payaient, ce qui affectait ma croissance.Parallèlement, c'était un secteur qui changeait en se Pierre Bourgie s\u2019est tissé un réseau de connaissances et de compétences professionnelles, aussi bien ici qu\u2019à l\u2019extérieur du pays tournant vers la simplification.» Le marché apparaît de plus très favorable: «D'autre part, je profitais de cette période où il y avait des acheteurs vraiment affamés qui se présentaient; donc, sur le plan financier, ça se justifiait assez facilement.Ajoutons à cela que j'avais 40 ans et que mon père en avait 70; le timing était bon parce que j'avais assez d'expérience pour être en mesure de me recycler et de faire autre chose; de son côté, il reconnaissait que sa carrière était davantage derrière lui.» Linalement, tout le monde a trouvé son compte dans cette transaction, sur laquelle il pose aujourd'hui ce regard en bout de ligne: «Ça n'a pas été une source de conflit.Pour tout dire, moi, j'aimais la finance et je suis plus un gars de finance que d'opération.Je suis donc devenu un investisseur et c'est actuellement ce que je suis, mais je suis très actif et très diversifié.» Investisseur mais aussi mécène A partir de là, il assume la direction de la Société financière Bourgie (SLB).Et s'ajoutent à ces fonctions les activités, qui ne datent pas d'hier, de Pierre Bourgie à titre de mécène : «On s'est toujours engagés dans différentes affaires.Je n'ai jamais eu peur de cet engagement, parce que j'apprenais autre chose en rendant service et d'autres réalités en rencontrant un tas de gens; on obtient une meilleure compréhension et une meilleure connaissance du milieu.» Il a notamment été président de la Eondation de f hôpital Sainte-Justine.Un temps de réflexion s'impose: «Pour ce qui est du mécénat, on a longtemps fait des dons à gauche et à droite, jusqu'au jour, il y a environ sept ou huit ans, où j'ai commencé à me dire que, plutôt que de m'éparpiller sans vraiment faire de différence, je vais me concentrer sur un projet et je vais mettre le paquet pour qu'il en soit un de vie.» Telle est la réflexion dans laquelle s'inscrit le projet du Musée des beaux-arts devenu réalité.Il était conscient qu'il manquait une salle de musique de chambre à Montréal et il a entendu parler des démarches des gens du musée, auxquels il a alors fait une proposition: «On connaît la suite et il s'est agi de l'aboutissement de quelque chose de structurant qui répondait à un besoin; on a toute une équipe là-bas pour en assurer le fonctionnement.» Il possède une fondation qui est en résidence au musée et qui gère le projet musical.Pour f instant, il mijote bien quelques idées^ mais il met f accent sur ce qui existe déjà: «A plus court terme, c'est de mener cette réalisation à son plein potentiel, et il reste du travail à accomplir.Et, par contre, il faut que les affaires continuent de bien aller.» Il fournit des informations sur la Société qu'il © SOURCE MBAM Pierre Bourgie était conscient qu^il manquait une salle de musique de chambre à Montréal et il a entendu parler des démarches des gens du Musée des beaux-arts, auxquels il a alors fait une proposition.Le projet est maintenant réalité.dirige: «Depuis une dizaine d'années, on finance les promoteurs dans le domaine immobilier et ce qui tourne autour; on crée des fonds avec des partenaires.Je touche à différentes choses dans le monde financier et le gros de ma vie professionnelle est consacré à l'investissement.» Il s'est produit des changements dans ce secteur depuis 30 ans: «Dans ce sens que, pour faire de l'investissement, il faut avoir de l'information, il faut avoir des relations et essayer de prévoir ce qui va se passer à long terme.Ce que j'aime dans le fait d'avoir un statut privé et de ne pas gérer une compagnie publique qui doit rendre des comptes tous les trois mois, c'est que je peux avoir cette vision à long terme; c'est bien pour une famille comme la nôtre, qui n'est pas bousculée et qui peut prendre des décisions en sachant que celles-ci vont porter fruit dans cinq ou dix ans.» Une grande partie de son temps est consacrée à la cueillette d'informations, qui exige de nombreux déplacements à f étranger de nos jours.Pierre Bourgie s'est tissé un réseau de connaissances et de compétences professionnelles, aussi bien ici qu'à f extérieur du pays, qui sont de nature à éclairer ses décisions.Et, au cœur même de ses activités, il y a les arts : « C'est une maladie grave qui est intégrée à ma vie de tous les jours; elle est incurable et f espère qu'elle va le rester.J'aimerais aussi qu'elle soit contagieuse, car il est certain qu'on a converti du monde avec notre projet de musée.J'ai eu la chance d'avoir beaucoup d'amis artistes et j'en ai encore aujourd'hui; cela m'a beaucoup aidé dans mes affaires.Ces amitiés m'ont rendu plus créatif et m'ont servi à transgresser les normes.Je suis capable de passer d'un monde à l'autre et les deux se nourrissent entre eux; je suis aussi à l'aise dans le milieu artistique que dans celui des affaires.» Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR LE JEUDI 14 NOVEMBRE 201 C 3 GRANDS MONTREALAIS SECTEUR CULTUREL Kent Nagano voit dans l\u2019OSM « une métaphore de Montréal et de ses ambitions » Grand Montréalais ! C\u2019est assurément une distinction méritée pour Kent Nagano.On connaît des chefs qui vont et viennent d\u2019une ville à l\u2019autre, dirigent leurs concerts et remplissent leurs contrats.C\u2019est tout autre chose de prendre le pouls d\u2019une cité et de chercher à y intégrer l\u2019orchestre comme un reflet de ses cultures et de ses passions.CHRISTOPHE HUSS Devenir Grand Montréalais ravit bien sûr Kent Nagano: «Cest un immense honneur.Lorsque j\u2019ai vu comment était fait le choix et les membres de l\u2019Académie, j\u2019ai été très impressionné.Par ailleurs, le fait que la chose émane de la Chambre de commerce pour sanctionner ce qu\u2019on a réalisé pour la ville de Montréal, la vie de Montréal et la communauté de Montréal, c\u2019est important et différent des autres prix.C\u2019est très spécial, ça, et, pour quelqu\u2019un comme moi, c\u2019est très émouvant d\u2019être honoré à ce titre.» Sept années fructueuses Kent Nagano fait évidemment un lien entre la distinction et ses actions pour conquérir et élargir le public.«Il faut se souvenir que, lorsque j\u2019ai commencé, nous sortions d\u2019une période où la salle n\u2019était pas vraiment remplie, une période de transition de l\u2019orchestre, entre 2003 et 2005.Lorsque j\u2019ai été nommé, nous avons tout de suite vu qu\u2019il y avait beaucoup de travail à faire pour rapprocher l\u2019OSM de la collectivité.Aujourd\u2019hui, je crois que Montréal peut être fier, car nos résultats vont à l\u2019encontre de la tendance mondiale: nous avons des salles pleines régulièrement, et, fait plus remarquable encore, nous attirons plusieurs générations.Dans le monde, bien des gens se lamentent, disent que les salles se remplissent de têtes blanches, alors que chez nous il y a beaucoup de générations, beaucoup de familles, beaucoup de jeunes, tout en retenant le public expérimenté.» «Si un orchestre inspire par sa qualité et si, quelque part, le public voit un reflet de lui-même, s\u2019installe une sorte d\u2019identification, signe de bonne santé.» Pour Kent Nagano, lorsque le public ressemble à la ville, avec le même mélange d\u2019âges, d\u2019expériences et de cultures, «c\u2019est vraiment bon signe».«Évidemment, le travail n\u2019est jamais accompli, mais, à l\u2019OSM, nous avons fait vraiment des progrès notables sur ce plan-là», ajoute le chef, comme un défi pour les années futures.« Vis-à-vis de la Chambre de commerce, ce qui compte aussi, c\u2019est la motivation de faire du bien, d\u2019augmenter la qualité de vie, l\u2019attractivité et le rayonnement international de la ville.Le fait que nous avons osé ensemble accomplir le rêve de la collectivité de Montréal, en ouvrant une salle de concert au moment le plus périlleux des dernières 50 années, la crise de 2008, est important.» Kent Nagano, qui s\u2019apprête à inaugurer en mai 2014 l\u2019orgue de cette même salle, voit, dans le fait «de ne pas avoir abandonné le rêve et de construire quand même la salle», à la fois «un accomplissement notable» et le signe que «l\u2019OSM est une sorte de métaphore de Montréal et de ses ambitions».Etapes à venir Se pose alors la question de savoir si la communauté des affaires a réellement conscience de cela et observe l\u2019orchestre avec les mêmes yeux que son chef.«Le travail n\u2019est jamais accompli, comme pour une symphonie», parce que, «si la collectivité est en bonne santé, il y a toujours de nouveaux apports, de nouvelles générations qui émergent.Mais, ce qui est important, c\u2019est qu\u2019il y a une connexion, au moins un début de connexion, avec cette collectivité.» Et l\u2019image de l\u2019OSM \u2014 donc celle de Montréal! \u2014 sur la scène internationale s\u2019est enrichie lors du mandat de Kent Nagano.Lors de la prochaine tournée européenne, certains organisateurs qui vont accueillir l\u2019orchestre ont accepté de recevoir l\u2019OSM dans un répertoire à peine imaginable il y a quelques années.La Z\" Symphonie de Mahler, c\u2019est «complètement nouveau».Et, en plus, cela se passera à Vienne ! : « C\u2019était dans notre liste de répertoire et c\u2019est Vienne qui a choisi.» L\u2019OSM donnera deux concerts à Vienne.Il y aura donc aussi un programme plus attendu, réunissant Ravel et Stravinski.Le chef d\u2019orchestre Kent Nagano Kent Nagano en a déjà parlé au Devoir récemment et il enfonce le clou.Sur le plan musical, il s\u2019agit de développer la flexibilité de l\u2019orchestre, grâce à la précision acoustique de la Maison symphonique dans Haydn, Mozart et Schubert.Sur le plan de la société, Kent Nagano veut «affirmer le rôle d\u2019institution culturelle et trouver le bon outil et la bonne structure pour préparer la prochaine génération à absorber notre tradition».Le défi du futur Allier reflet de la culture québécoise et connaissance sophistiquée de la culture internationale est une singularité pour le chef : « Cette idée de transmission m\u2019occupe beaucoup désormais.C\u2019est difficile.i i\u2019 ; ; ; J i f l l V \" ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR parce qu\u2019un orchestre symphonique professionnel n\u2019est pas une école.Il faut faire attention, mais il faut trouver la manière de transmettre la respiration, les couleurs, la manière de penser les phrases, les timbres.La culture et la tradition n\u2019ont rien à voir avec la technique pure.La technique est une chose, la culture, c\u2019est toute chose.Nous n\u2019avons jamais eu cela, et c\u2019est la prochaine étape.» Pour quelle échéance?«Cela nécessite une certaine campagne de financement et je veux m\u2019y engager.Mais ça va servir Montréal et ça va servir le Québec.le plus rapidement possible.» Le Devoir Montréal se souvient Depuis 1978,126 hommes et femmes ont été nommés Grands Montréalais.En 2013, quatre autres noms s\u2019inscrivent à cette Académie que convoque chaque année la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, où, au terme d\u2019un vote, quatre personnalités, venant respectivement des secteurs économique, culturel, social et scientifique, sont ainsi reçues.Initialement, en 1978, c\u2019est au CN qu\u2019est reve nue l\u2019initiative de créer un gala pour rendre hommage à 19 Montréalais.La Chambre de commerce du Montréal métropolitain s\u2019est jointe à l\u2019entreprise en 1984 pour assurer la tenue annuelle de l\u2019événement.Enfin, en 1988 est née l\u2019Académie.Avec l\u2019arrivée des Pierre Bourgie, Lise Watier, Kent Nagano et Julie Payette en 2013, ce célèbre cénacle compte maintenant 130 membres.1978\tlole Appugliese (1912-1971), Pierre Béique (1910-2003), Gilles Carie (1929-2009), Ludmilla Chiriaeff (1924-1996), Camille A.Dage-nais, Pierre Dansereau (1911-2011), Jean Drapeau (1916-1999), Jean-V.Dufresne (2000), Gérard Eauteux (1900-1980), Armand Erappier (1904-1991), Alphonsine Howlett (1913-1992), André Langevin, Guy R.Legault, lona Monahan (1923-2006), J.Alphonse Ouimet (1908-1988), Alfred Pellan (1906-1988), Gérard Plourde (1916-2004), Sam Pollock (1925-2007), Harry J.Stern (1897-1984), Michel Tremblay 1979\tMichel Bélanger (1929-1997) 1980\tThérèse Casgrain (1896-1981) 1981\tPaul David (1919-1999) 1982\tCharles Bronfman, Charles Dutoit 1984\tPaul Desmarais (1927-2013), Phyllis Lambert, Pierre Elliott Trudeau (1919-2000) 1985\tYvette Brind\u2019Amour (1921-1992), Bernard Lamarre, cardinal Paul-Emile Léger (1904-1991) 1986\tJean Béliveau, Phil Gold, Paul Paré (1922-1996) 1987\tA.J can de Grandpré, Jean Duceppe (1923-1990), Brenda Milner 1988\tDavid M.Culver, Père Marcel de la Sablonnière (1918-1999), Maryvonne Kendergi 1989\tLaurent Beaudoin, Gratien Gélinas (1909-1999), Liliane M.Stewart 1990\tDenys Arcand, Claude Castonguay, Sœur Denise Lefebvre (1907-1993) 1991\tJ.V.Raymond Cyr, Antonine Maillet, Jeanne Sauvé (1922-1993) 1992\tJean Coutu, John P.Humphrey (1905-1994), Robert Lapalme (1908-1997) 1993\tAlexander Brott (1915-2005), Jeannine Guindon (1920- 2002), Eugene N.Riesman 1994\tCharles Daudelin (1920-2001), Maurice L\u2019Abbé (1920-2006), Pierre Péladeau (1925-1997) 1995-1996 Gretta Chambers, Arlette Cousture, Serge Saucier 1997\tAndré Bérard, Alan B.Gold (1917-2005), Gilles Lefebvre (1922-2001) 1998\tDaniel Gauthier, Alexander Kennedy Patterson, Paul M.Tellier 1999\tErancesco Bellini, Roger Gaudry (1914-2001), Albert Miliaire 2000\tJacques Genest, Andrée Lachapelle, Jean C.Monty, Maurice Richard (1921-2000) 2001\tJacques Bougie, Guy Laliberté, Charles R.Scriver, Michèle Thibodeau-Deguire 2002\tAndré Caillé, Emmett Johns, Robert Lacroix, Dominique Michel 2003\tSerge Godin, Yves Lamontagne, Huguette Oligny, Charles Taylor 2004\tDenis Brott, André Chagnon, William Eeindel, Daniel Langlois 2005\tPaul Desmarais fils, Margaret Lock, Henry Mintzberg, Alain Simard 2006\tRobert Charlebois, Pavel Hamet, Jocelyne Monty, Henri-Paul Rousseau 2007\tDenise Eiliatrault, Paul Gérin-Lajoie, Jacques Lamarre, Hubert Reeves 2008\tPeter Howlett, Rémi Marcoux, Heather Munroe-Blum, Denise Robert 2009\tLise Bissonnette, sœur Nicole Eournier, L.Jacques Ménard, Balfour M.Mount 2010\tYvon Deschamps, Hélène Desmarais, Gilles Julien, Claude Montmarquette 2011\tAldo Bensadoun, Erédéric Back, Pierre Eortin, Sid Stevens 2012\tGeorges Brossard, Michal et Renata Hornstein, Pierre Legault, Lino Saputo Le Devoir BRAVO A PIERRE BOURGIE GRAND MONTRÉALAIS Au nom des 800 000 visiteurs et des 83 000 membres VIP du Musee des beaux-arts de Montreal, ainsi que des 40 000 spectateurs de la salle Bourgie, MERCI a vous, a vos parents Claire et Marc et a votre sœur Claude de nous avoir permis de restaurer un bâtiment historique et d'inaugurer un pavillon, qui abrite notre collection d'art québécois et canadien et notre salle de concert, et merci d'avoir créé la Fondation Arte Musica qui fait vivre la musique au Musee Kl FONDATION MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL ARTE MUSICA BOURGIE PAVILLON D'ART QUÉBÉCOIS ET CANADIEN CLAIRE ET MARC BOURGIE Entree gratuite en tout temps Audioguide musical disponible gratuitement en tout temps MBAM QC CA SALLEBOURGIE CA Photo M chel Dubreu C 4 LE DEVOIR, LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2013 GRANDS MONTREALAIS SECTEUR ECONOMIQUE Il y a Lise Watier Cosmétiques et il y a la Fondation homonyme « Trop de femmes encore vivent sous le seuil de la pauvreté » La femme d\u2019affaires Lise Watier est nommée cette année Grande Montréalaise dans le secteur économique.Un honneur qui sied doublement bien \u2014 la réussite de son entreprise Lise Watier Cosmétiques ne fait aucun doute \u2014 à cette Montréalaise inconditionnelle.PIERRE VALLEE « Je suis née une fille de ville, raconte-t-elle, et je SUIS devenue une femme de ville, et ma ville, c\u2019est Montréal.Je vis toujours à Montréal et j\u2019y ai tout fait, mon travail, mon entreprise et ma famille.Mes racines montréalaises sont trè^ profondes.» A preuve, elle n\u2019a jamais coupé les ponts avec le quartier qui l\u2019a vue naître.«Je retourne régulièrement dans Ho-chelaga-Maisonneuve.C\u2019est un quartier que j\u2019aime encore beaucoup et je me rends compte, chaque fois que j\u2019y retourne, que c\u2019est aussi pour moi une façon de me garder les deux pieds sur terre.» Mais, cet attachement à Montréal, Lise Watier éprouve de la difficulté à cerner sur quoi il repose.«Je ne sais pas pourquoi je suis si attachée à Montréal.E n\u2019y a pas de raison précise, c\u2019est un attachement émotif J\u2019ai voyagé partout dans le monde et fai visité toutes les grandes villes.Mais, chaque fois que je rentre à Montréal, que l\u2019avion atterrit et que je me retrouve à nouveau dans ses rues, je ne peux pas m\u2019empêcher de penser que Montréal est la plus belle ville du monde.» Le legs familial Fille unique, née d\u2019un père vendeur d\u2019automobiles et d\u2019une mère acheteuse pour une boutique, elle ne croit pas que cet environnement, où le commerce était présent, a beaucoup joué dans son choix de carrière.«Le fait que mes parents travaillaient dans le commerce n\u2019est pas la raison pour laquelle je me suis lancée en affaires.Par contre, fai reçu un legs familial qui a eu une influence sur moi et peut-être même sur ma façon de faire des affaires.» De sa mère lui vient le goût du beau.«C\u2019est elle qui en pre- mier m\u2019a mise en contact avec le beau.Elle m\u2019a fait comprendre qu\u2019il valait mieux avoir une seule belle robe dans sa garde-robe que trois robes ordinaires.Et, comme elle était acheteuse, elle savait négocier, et j\u2019ai appris ça d\u2019elle, parce que fai toujours été une assez bonne négociatrice.De plus, ma mère avait de l\u2019ambition et un côté aventurier.Mon père était un homme plus craintif et, de lui, fai appris la prudence.E me disait toujours qu\u2019il ne fallait pas dépenser l\u2019argent qu\u2019on n\u2019avait pas.C\u2019est peut-être la combinaison des deux qui me définit le mieux.Le goût de l\u2019aventure assorti à une dose de prudence.» Au service des femmes Lise Watier fait son cours classique au Collège Jésus-Marie.On l\u2019a décrite comme une étudiante attentive mais timide.Ses champs d\u2019intérêt sont la peinture et la musique, et elle envisage même un certain temps de faire carrière comme pianiste.Son intérêt pour les cosmétiques lui vient de sa mère, une femme coquette, qui l\u2019initie à l\u2019art du maquillage.Mais c\u2019est le hasard qui déterminera son choix de carrière.En effet, c\u2019est en accompagnant une amie à une audition qu\u2019un producteur la remarque et lui offre un premier contrat publicitaire.Quelques mois plus tard, elle anime sa propre émission consacrée à des sujets d\u2019intérêts féminins et devient vite une référence en la matière.«Cette expérience d\u2019animatrice a permis de me mettre en contact avec de nombreuses femmes qui cherchaient mes conseils.Cela m\u2019a aussi permis de mieux comprendre ce que les femmes voulaient et demandaient.A cette époque, nous vivions dans un monde plus fermé où il était plus difficile pour les jeunes femmes de s\u2019épanouir.Plusieurs manquaient d\u2019estime \\ PEDRO RUIZ LE DEVOIR Lise Watier croit que son talent d\u2019entrepreneure lui vient d\u2019une combinaison des caractéristiques de ses parents : le goût de l\u2019aventure assorti à une dose de prudence.de soi.C\u2019est alors que je me suis dit que je pouvais aider les femmes et contribuer à leur épanouissement.» Elle fonde alors en 1968 l\u2019Institut Charme et Beauté Lise Watier.« Ce fut un succès, preuve que cela répondait à un besoin.Je revois encore des an-cjennes élèves qui m\u2019en parlent.Evidemment, il y avait des cours de maquillage, mais cela ne représentait que 10% de nos activités.Mais le reste était consacré à augmenter la confiance en soi des femmes.On abordait toutes sortes de sujets comme, par exemple, com- ment une femme doit entrer dans une pièce où elle ne connaît personne.Au fond, je cherchais surtout à aider les femmes.» La Fondation Lise Watier C\u2019est cette même volonté de vouloir aider les femmes qui a mené à la création de son entreprise Lise Watier Cosmétiques et qui anime maintenant la Fondation Lise Watier, qu\u2019elle a mise sur pied il y a deux ans.«J\u2019ai pensé mettre ma notoriété au service des femmes et m\u2019en servir pour amasser des fonds.» La Fondation Lise Watier soutient à travers le Canada plusieurs organismes qui viennent en aide aux femmes.Notons, au passage, la Mission Old Brewery et le Pavillon Lise Watier, l\u2019organisme Dans la rue et la Fédération canadienne des femmes.La Fondation Lise Watier se finance grâce à un bal annuel et à la totalité des revenus générés par deux produits de Lise Watier Cosmétiques, soit le rouge à lèvres Rose tendresse et le gloss Lumière d\u2019espoir.«Nous avons réussi en deux ans à amasser 600 000dollars et nous espérons en amasser davantage dans les années à venir.La cause des femmes est une cause qui me touche beaucoup.Trop de femmes encore vivent sous le seuil de la pauvreté.Et c\u2019est l\u2019éducation seulement qui peut leur apporter l\u2019autonomie financière.C\u2019est pourquoi je rêve que la Eondation ouvre un jour des écoles conçues pour accueillir ces femmes, afin de les aider à accéder aux outils nécessaires pour participer pleinement à la société.» Collaborateur Le Devoir LISE WATIER COSMETIQUES En 1972 apparaissent ces produits cosmétiques « mode in Québec » « Mon premier client qui a accepté de vendre mes produits était à Sorel » Lise Watier se lance en affaires en 1968 lorsqu\u2019elle crée l\u2019Institut Charme et Beauté Lise Watier, qui connaît le succès dès son départ.Quatre ans plus tard, soit en 1972, elle récidive en fondant Lise Watier Cosmétiques, une entreprise dont la notoriété aujourd\u2019hui dépasse les frontières québécoises.PIERRE VALLEE T ^ eu l\u2019idée de me lancer J dans l\u2019élaboration et la fabrication de cosmétiques lorsque je donnais des cours de maquillage à mon institut, se rappelle Lise Watier.Pour donner ces cours, je devais me servir de produits cosmétiques provenant de plusieurs marques différentes, car je n\u2019arrivais pas à trouver dans une seule marque tous les produits de qualité dont j\u2019avais besoin.Je me suis dit que je pourrais les fabriquer moi-même.Ainsi, f aurais dans une même marque tous les produits et, en plus, ces produits répondraient à mes propres critères de qualité.» La recherche C\u2019est lors d\u2019un séjour au Mexique, en 1970, qu\u2019elle entreprend ses premières recherches.«Avec l\u2019aide d\u2019un chimiste mexicain, fai d\u2019abord fait des recherches sur l\u2019aloé véra, qui semblait offrir des propriétés intéressantes en cosmétique.» De retour à Montréal, elle déniche un autre chimiste qui possède son propre laboratoire et travaille dans le domaine des produits cosmétiques.C\u2019est avec lui qu\u2019elle développera sa première gamme de produits cosmétiques, et leur collaboration durera 20 ans.Ce parti pris pour la re- cherche est d\u2019ailleurs une des caractéristiques de l\u2019entreprise.«J\u2019ai voyagé partout dans le monde, en Europe évidemment, mais aussi au Japon, afin de rencontrer les meilleurs chimistes et d\u2019aller chercher les rgeïlleures expertises possibles.» A cet égard, l\u2019entreprise a souvent fait preuve d\u2019innovation en utilisant, dans ses produits cosmétiques, des ingrédients inédits comme les peptides de graines de coton, de l\u2019extrait de lotus bleu, de la poudre d\u2019écorce de citron, etc.Ce goût de l\u2019innovation se reflète encore aujourd\u2019hui, comme en témoigne le lancement en 2011 du système anti-âge Age Control Supreme.Il a fallu cinq ans, en collaboration avec l\u2019Université du Québec â Chicoutimi, pour élaborer et concevoir ce produit cosmétique â base de thé du Labrador, une plante boréale indigène.Les premiers pas Lise Watier profite du Salon de la femme pour lancer, en 1972, ses premiers produits cosmétiques.«Nous avions, dès notre départ, une gamme complète à offrir.Nous avions même un parfum qui existe encore aujourd\u2019hui.La seule chose que nous n\u2019avions pas, c\u2019était un rouge à lèvres.Mais, comme nous avions du brillant à lèvres, et c\u2019était alors à la mode, ce ne fut pas trop grave.P I» JACQUES GRENIER LE DEVOIR Une des succursales de Lise Watier Institut de beauté, rue Laurier, à Montréal jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.» Au moment où elle se lance dans la production de cosmétiques, le marché, au Québec et ailleurs dans le monde, est dominé par les géants européens et américains.On pense entre autres â Revlon.Ne trouvait-elle pas son projet casse-cou?«Ça ne m\u2019est jamais passé par l\u2019idée que ça pou- ^ t) \u2022 voyagé vait être casse-gueule.\t^ » D\u2019ailleurs, il ne faut pas se lancer en affaires avec l\u2019attitude qu\u2019on va échouer.J\u2019ai tout simplement foncé, comme un cheval avec des œillères, sans jamais m\u2019attarder à ce que faisait la compétition.» partout dans le monde, en Europe évidemment, mais aussi au D\u2019ailleurs, le rouge à lèvres sortait quelques mois plus tard.» Les débuts furent modestes.«Mon premier client qui a accepté de vendre mes produits était à Sorel.Ensuite, d\u2019autres se sont rajoutés.Je dois dire que l\u2019entreprise a connu une croissance tranquille mais stable, ce qui nous a menés avec succès Oser y croire Cette attitude définit sa philosophie d\u2019affaires.«Avant de lancer Lise Watier Cosmétiques, j\u2019ai fait faire une étude de marché, dont le résultat a été négatif Ma réaction fut de prouver que ces analystes avaient tort.Et j\u2019ai conservé cette attitude toute ma vie, devant des banquiers récalcitrants comme avec les magasins qui refusaient de vendre mes produits: je vous prouverai que vous avez tort.» Selon Lise Watier, si on se lance en affaires, il faut avant tout «avoir une foi inconditionnelle dans son projet et y croire et le vouloir jusqu\u2019au plus profond de toutes ses veines».Elle ne croit pas non plus que le fait d\u2019être une femme lui ait nui en affaires.«C\u2019est évident que le climat d\u2019affaires, à l\u2019époque où je Japon, afin de rencontrer les meilleurs chimistes et d\u2019aller chercher les meilleures expertises possibles» me suis lancée, était plus difficile pour une femme et que ça s\u2019est grandement amélioré aujourd\u2019hui.Mais je ne crois pas que le fait d\u2019être une femme ou un homme joue tant que ça.Ce qui compte, c\u2019est surtout l\u2019individu, peu importe son sexe, ainsi que son projet et sa détermination de le mener à bien.Le mien, c\u2019était de servir les femmes en leur fournissant des produits cosmétiques de qualité.Car, après tout, la beauté, c\u2019est de l\u2019émotion, et c\u2019est ce que j\u2019ai voulu donner aux femmes.» Cette année.Lise Watier a pris sa retraite et se consacre maintenant â sa fondation.La direction de l\u2019entreprise a été confiée â Pierre Plas-sard.Le siège social et les laboratoires de l\u2019entreprise sont toujours situés â Montréal.Lise Watier Cosmétiques fabrique plus de 400 produits cosmétiques en maquillage, en soins de la peau et en parfumerie.Elle emploie près de 170 travailleurs, dont plusieurs chercheurs et chimistes.Ses produits sont distribués au Québec et dans le reste du Canada.Il,s sont aussi disponibles aux Etats-Unis, mais par achat électronique seulement.Les clients canadiens et québécois peuvent aussi se procurer les produits en ligne.Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR LE JEUDI 14 NOVEMBRE 20IS C 5 GRANDS MONTREALAIS SECTEUR SCIENTIFIQUE Julie Payette est fière d\u2019avoir été la première déléguée scientifique du Québec «Le Québec est aussi une société de savoir extraordinaire » Elle naît à Ahuntsic.Elle va dans l\u2019espace.Elle devient directrice du Centre des sciences de Montréal.Et, depuis cette année, Julie Payette est aussi reconnue comme Grande Montréalaise, pour ses réalisations dans le secteur scientifique.CLAUDE LAFLEUR C> est avec joie que Julie Payette revient s\u2019installer dans sa ville natale.«Je suis une Montréalaise de 12\u2019-génération et je m\u2019en vante!», clame-t-elle avec le sourire.Tous les Payette descendent de Pierre Payet, dit-elle.Celui-ci est arrivé en Nouvelle-France comme soldat vers 1655 et a reçu, à la fin de son mandat, une terre à Pointe-aux-Trem-bles.Quant à elle, M\u201d® Payette a vécu son enfance à Ahuntsic.Et, après plus de 20 ans passés loin de Montréal \u2014 principalement à Houston \u2014 elle est plus qu\u2019heureuse de revenir vivre ici.Ayant mis fin à sa carrière d\u2019astronaute le printemps dernier \u2014 après 21 ans et après avoir accompli deux séjours dans l\u2019espace \u2014 elle est à présent directrice générale du Centre des sciences de Montréal, situé dans le Vieux-Port.« Ça fait partie de la vocation de tout astronaute que d\u2019inspirer nos jeunes, de les motiver à s\u2019accomplir, à aller au bout de leur potentiel, dit-elle.Or voilà ce que fait un centre des sciences, une vocation qui m\u2019est très chère!» « Ce qui s\u2019est passé de plus important durant les 21 années où fai eu la chance \u2014 le privilège \u2014 d\u2019être astronaute, c\u2019est l\u2019avènement de la Station spatiale internationale (SSI), déclare M\u201c® Payette.Nous avons été recrutés en 1992 dans le but de servir à bord de la station.» Le « nous » dont elle parle, ce sont les quatre astronautes canadiens de la deuxième génération : Chris Hadfield, Mike McKay, Dave Williams et Julie Payette.Cette dernière a eu la chance de faire partie du deuxième équipage à visiter la Station, au printemps 1999, alors que celle-ci n\u2019était qu\u2019à l\u2019état embryonnaire.Puis, 10 ans plus tard, elle y est retournée alors que la SSI était pratiquement achevée.Elle a ainsi pu admirer ce «chef-d\u2019œuvre d\u2019ingénierie» habité en permanence depuis novembre 2000.« C\u2019est une réussite extraordinaire, insiste-t-elle, dont on ne parle pas dans les médias puisqu\u2019il n\u2019y a pas de catastrophe et que personne ne s\u2019entretue à bord! La Station spatiale internationale est un laboratoire scientifique où on mène des expériences de physique et de chimie sur les matériaux et où on étudie le comportement de l\u2019être humain en microgravité.» Selon Julie Payette, ce sera même l\u2019une des grandes réalisations de notre époque dont on se souviendra dans un siècle ou deux.«La Station passera à l\u2019histoire comme un projet d\u2019ingénierie extrêmement complexe réalisé par des nations \u2014 dont certaines étaient des ennemis déclarés il n\u2019y a pas si longtemps \u2014 et qui ont mis en commun leurs ressources afin de construire un la- DENIS BEAUMONT «Nous sommes une société privilégiée \u2014 éduquée, tolérante et prospère.On a donc un rôle à jouer à l\u2019international», croit la scientifique et astronaute Julie Payette.boratoire international», résume-t-elle.«Pour moi, poursuit-elle, c\u2019est non seulement un chef-d\u2019œuvre d\u2019ingénierie, mais également un chef-d\u2019œuvre de diplomatie! C\u2019est un outil de politique internationale extrêmement fort», poursuit l\u2019astronaute, du fait que des milliers d\u2019Américains, de Russes, d\u2019Européens, de Japonais et de Canadiens collaborent quotidien- nement depuis des décennies.Pour cette raison, M\u201c® Payette se considère comme «extrêmement privilégiée » d\u2019avoir contribué à cette réalisation.La diplomatie par la science Pour Julie Payette, la Station est l\u2019exemple des grandioses projets scientifiques qu\u2019on réalise à présent en collaborations internationales \u2014 au même titre que le superaccélérateur de particules ou les grands observatoires astronomiques.«Aujourd\u2019hui, on ne peut plus faire de la science chacun dans son coin, dit-elle.Les gouvernements doivent mettre en commun leurs ressources pour réaliser les grands projets scientifiques.» Voilà pourquoi, estime-t-elle, il s\u2019agit de puissants instruments de diplomatie.La diplomatie par la science est d\u2019ailleurs un sujet qui la passionne à présent, puisqu\u2019elle a séjourné deux ans à Washington à cette fin.Dans un premier temps, Mme Payette a effectué une minisabbatique au Centre Woodrow-Wilson, un groupe de réflexion américain qui accueille des penseurs, des scientifiques, des industriels et des hauts fonctionnaires venus du monde entier.Elle en a profité pour mener à bien une réflexion savante sur l\u2019utilisation des grands projets scientifiques comme outils de diplomatie.«Cela m\u2019a permis de partager ma vision sur l\u2019importance de la collaboration dans les grands projets», dit-elle.Elle est ensuite devenue la première déléguée scientifique du Québec.«Habituellement, un pays ou une société se représente au niveau politique, commercial ou culturel, mais très peu au plan scientifique et technique, dit-elle.Or le Québec est aussi une société de savoir extraordinaire.» «Nous sommes une société privilégiée \u2014 éduquée, tolérante et prospère, ajoute-t-elle, on a donc un rôle à jouer à l\u2019international.Déjà, nous rayonnons au chapitre des arts et de la créativité et il n\u2019y a aucune raison pour laquelle on ne rayonnerait pas autant au niveau scientifique et technologique.» Durant un an et demi, Mme Payette s\u2019est par conséquent employée à faire valoir le Québec.«Nous avons beaucoup travaillé, d\u2019abord pour créer cette fonction, puis pour semer des graines, dit-elle.Il nous faut être proactif en diplomatie scientifique.» Hélas, les sévères restrictions budgétaires auxquelles fait face le gouvernement de Pauline Marois ont mis un terme à cette fonction que Julie Payette estime «hautement rentable» à long terme.«Le travail de base est là», dit-elle, espérant visiblement que quelqu\u2019un d\u2019autre reprendra son bâton de pèlerin.C\u2019est ainsi que, depuis ce printemps, M\u201c® Payette est de retour au Québec et que, depuis juillet, elle assume la direction du Centre des sciences.« J\u2019espère rehausser, de manière significative, l\u2019intérêt de tout le monde pour les sciences, dit-elle.Nous visons à ce que tout le monde apprécie la science comme on apprécie généralement les arts.Et, pour cela, nous disposons d\u2019un outil merveilleux ! » Collaborateur Le Devoir CENTRE DES SCIENCES DE MONTREAU La science pour tous.y compris les adultes ! « Nous voulons rejoindre le plus de monde possible en diversifiant notre approche » Depuis juillet, Julie Payette assume la direction du Centre des sciences de Montréal (CSM), un établissement qui cadre parfaitement avec sa passion de partager les merveilles de la science.Comme elle le relate elle-même, tout astronaute a la vocation d\u2019intéresser les jeunes et les moins jeunes aux sciences, et c\u2019est précisément la vocation que remplit le CSM depuis 13 ans.CLAUDE LAFLEUR CtNTcir * e Centre des sciences est maintenant un fbel adolescent qui grandit bien», lance « Lï avec satisfaction Carol Pauzé, directrice de la programmation du CSM.Se décrivant comme l\u2019une des «mères porteuses» du centre, puisqu\u2019elle a participé dès 1998 à sa création, M\u201c® Pauzé supervise depuis les tout débuts les expositions et la programmation scolaire présentées au CSM.C\u2019est d\u2019ailleurs avec enthousiasme qu\u2019elle parle de son «bébé».«J\u2019ai accouché du Centre des sciences, lance-t-elle en riant, mais je n\u2019étais pas seule, nous étions plusieurs mères porteuses! Au départ, nous n\u2019étions que trois», dont Claude Benoit, qui a dirigé le centre jusqu\u2019à tout récemment.Carol Pauzé relate que, en 1998, elle ne savait pas dans quoi elle s\u2019embarquait.«Nous n\u2019étions qu\u2019une toute petite équipe et M\"\u201d Benoit nous a remis 12gros cartables», qui faisaient plus d\u2019un mètre d\u2019épaisseur, illustre Carol Pauzé en étendant largement les bras.«On avait fait faire une recherche préliminaire et 12 secteurs avaient été identifiés, explique-t-elle.C\u2019était ça, notre Centre des sciences ! » Ces cartables représentaient le contenu scientifique à partir duquel a été élaborée la première mouture du CSM.«Au départ, nous nous disions que notre marque de commerce, ce serait l\u2019interactivité, pomsuit-elle.On voulait concevoir un lieu qui soit très convivial, particulièrement pour les jeunes et les familles.Nous voulions aussi présenter la science au présent, et non pas au passé; c\u2019est pourquoi on parle d\u2019un centre des sciences et non d\u2019un musée.On voulait enfin et surtout toucher les gens dans leur quotidien pour leur faire comprendre que la science fait partie de nos vies.» Concrètement, l\u2019équipe de M\u201c® Benoit n\u2019a eu qu\u2019un an et demi poin convertir un vieux hangar situé dans le Vieux-Port en un site resplendissant de modernité, «ce qui n\u2019est vraiment, mais alors là, vraiment pas beaucoup ! », se rappelle SOURCE CENTRE DES SCIENCES DE MONTREAL Carol Pauzé supervise les expositions au CSM.M\u201c® Pauzé.Le CSM a ainsi ouvert ses portes le f®\u2018^mai 2000.Le bilan qu\u2019elle dresse de ces 13 années du CSM l\u2019émerveille.«On est bien content du bébé, dit-elle.On trouve qu\u2019il grandit bien, que c\u2019est un bel ado, même si parfois il conteste un peu! On n\u2019aimerait pas qu\u2019il soit trop sage», dit-elle en arborant son plus fier sourire.Une attraction pour les jeunes?Non! La directrice de la programmation raconte que, durant les premières années, le Centre des sciences a été considéré par un peu tout le monde comme une attraction pour les jeunes.«On a été assez longtemps étiqueté de la sorte, dit-elle, en fait jusqu\u2019en 2007, jusqu\u2019à ce qu\u2019on présente l\u2019exposition Le monde du corps.Là, ç\u2019a été un virage à 180 degrés; à partir de ce moment, le public a bien vu qu\u2019on pouvait tout aussi bien s\u2019adresser aux adultes.» Carol Pauzé relate qu\u2019elle est ravie chaque fois qu\u2019elle voit des adultes visiter seuls les expositions du CSM.«Et c\u2019est de plus en plus le cas, souligne-t-elle.Evidemment, les grandes expositions qu\u2019on a présentées ces derniers étés \u2014 notamment Indiana Jones, Star Wars et celle sur les requins \u2014 ont attiré un vaste public.Les gens voient bien qu\u2019un centre des sciences, c\u2019est pour les adultes aussi ! » Ces dernières années, le CSM a d\u2019ailleurs cherché à présenter des thématiques susceptibles d\u2019intéresser les clientèles de tout âge.C\u2019est ainsi qu\u2019on y présente actuellement Vérité ou mensonge ?L\u2019expo, qui confronte les mythes les plus répandus \u2014 des boissons énergisantes à la communication avec les esprits, en passant par les titres accrocheurs que jouent les médias \u2014 et ce, autant à l\u2019intention des jeunes que des adultes.«Il y a plusieurs niveaux VOIR PAGE C 6 : SCIENCES \\ Ipso Facto Investissement Immobilier tient à souligner rapport exceptionnel des lauréats et les félicite.IPSOFACTO investissement immobilier \\ C 6 LE DEVOIR LE JEUDI 14 NOVEMBRE 2013 GRANDS MONTREALAIS ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL Le dynamisme d\u2019un Nagano a changé la donne L\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM) a réussi un coup de maître en allant chercher le chef Kent Nagano, directeur musical depuis 2006.L\u2019organisation le voit cette année nommé Grand Montréalais, secteur culturel, par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.MARTINE LETARTE OSM et Kent Nagano ont i donné un concert à Lac-Mé gantic au début du mois et sur l\u2019esplanade du Parc olympique en août Kent Nagano a aussi visité plusieurs organismes communautaires montréalais depuis son arrivée.Comme grands projets, il a développé récemment la série de concerts «L\u2019OSM éclaté», puis le festival La Virée classique.Tout cela alors qu\u2019il passe seulement 14 semaines par année à Montréal.«J'imagine qu'on nomme Kent Nagano Grand Montréalais parce qu'il réussit à être très proche de la communauté montréalaise et très engagé même s'il ne réside pas à Montréal, affirme Madeleine Ca-reau, chef de la direction de l\u2019OSM.Il est devenu un Montréalais de cœur » On a annoncé la venue du maestro Nagano en mars 2004 et, déjà en septembre, il donnait une conférence à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.«Il a tout de suite voulu aller à la rencontre des gens, là où ils sont, en espérant qu'un jour quelques-uns souhaiteraient venir écouter l'OSM en salle, raconte M\u201c® Careau.Tout ce qu'il a fait par la suite a été guidé par cette volonté.Il n'est pas arrivé en prétendant que les gens allaient mourir d'envie soudainement d'assister à des concerts symphoniques.Il m'a aussi tout de suite dit qu'il voulait faire une tournée pancana-dienne pour se présenter et re- mercier le pays de l'accueillir.Cela traduit un état d'esprit.» Cette tournée a eu lieu au printemps 2007.«Nous avons fait des concerts dans plusieurs villes canadiennes et en plus nous avons réalisé des activités dans les communautés, affirme Mme Careau.Par exemple, on a visité des écoles, des organismes qui aident les jeunes en difficulté et on a rencontré des étudiants en musique.» Kent Nagano a fait la même chose à Montréal.«Il a demandé, à son arrivée, quels étaient les organismes montréalais importants pour les jeunes, pour les démunis, etc.On est allé les rencontrer et, rapidement, les demandes ont afflué, parce que ce genre d'activité donne beaucoup de visibilité aux organismes», indique Madeleine Careau, précisant qu\u2019une visite du Centre de détention Tanguay est prévue prochainement.OSM éclaté L\u2019OSM avait dans ses objectifs l\u2019intention de conquérir un public plus jeune.«C'est bien d'avoir des objectifs, mais encore faut-il trouver des façons de les atteindre, et Kent Nagano est un chef qui a eu des idées très innovantes, affirme Madeleine Careau.Par exemple, il a développé la série de concerts \u201cL'OSM éclaté \", où on présente la musique d'artistes comme Frank Zappa et Champion en version symphonique.» La chef de la direction de l\u2019OSM souligne que les résultats sont au rendez-vous.«Nous 3k FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR L\u2019OSM a donné cet été un concert sur l\u2019esplanade du Parc olympique.avons maintenant 2000 abonnés de 34 ans ou moins, précise-t-elle.Ces jeunes viennent en moyenne voir trois concerts par année, à des prix accessibles.L'OSM va ainsi à l'encontre des tendances, alors que tous les grands orchestres perdent du public puisqu'il est vieillissant.» L\u2019OSM a l\u2019intention de s\u2019adapter à ce nouveau public.Notamment à travers La Virée classique, un festival créé en 2012.«Nous avons commencé modestement, avec une journée où on présentait 20 concerts de 45 minutes, qui ont rejoint 16000 personnes, indique Mme Careau.Nous avons ajouté l'été dernier 10 événements et un volet pour les enfants avec ateliers et démonstrations.Nous sommes en train d'étudier ce qu'on présentera à l'été 2014 et il est question d'ajouter un volet pour les 34 ans ou moins.Ce serait plus près de \u201cL'OSM éclaté \", avec un concert puis une soirée qui se poursuivrait.Il faut suivre notre public.» L\u2019OSM a également maintenu sa tradition d\u2019une tournée estivale de concerts dans les parcs.«Ce sont souvent des chefs invités qui dirigent ces concerts, mais Kent Nagano était présent cet été pour celui donné sur l'esplanade du Parc olympique, située dans un milieu populaire, indique M\u201c® Careau.C'est une belle façon d'aller chercher un public qui ne vient pas nécessairement voir nos concerts en salle.On y trouve par exemple de jeunes parents avec des poussettes.» L\u2019effet Kent Nagano Si Montréal a finalement sa nouvelle salle de concert symphonique, Madeleine Careau est convaincue que Kent Nagano y est pour beaucoup.«Devant les gens d'affaires, il avait dit que construire une salle de concert n'était pas un projet pour l'élite, mais que cela allait faire battre le cœur de la ville, indique t-elle.On parlait de cette salle depuis 30 ans et, finalement, le gouvernement est allé de l'avant Les gens y ont cru.Kent Nagano a joué un grand rôle.Sans cette croissance de la popularité de l'OSM, je ne crois pas que nous serions arrivés à mettre tous ces gens derrière nous.» Elle souligne aussi le rôle de Kent Nagano pour l\u2019arrivée du Grand-Orgue-Pierre-Béique, qui sera inauguré le 28 mai à la Maison symphonique de Montréal.«Il a su motiver les donateurs: Jacqueline Desmarais a donné cinq millions de dollars pour la construction de cet orgue mécanique par Casa-vant Frères (à Saint-Hyacinthe), un leader mondial.Montréal est d'ailleurs une plaque tournante dans le monde pour former des organistes, avec l'Université McGill et l'Université de Montréal.» L\u2019OSM souhaite ensuite faire découvrir l\u2019orgue aux Montréalais par une série de concerts l\u2019an prochain.«L'orgue est l'un des instruments les plus anciens, mais on ne sait pas à quel point c'est aussi un instrument d'une modernité incroyable, affirme Mme Careau.On l'associe à l'église au Québec, mais on l'entend aussi beaucoup dans les films, dans le jazz.Nos concerts permettront aux gens de découvrir le potentiel extraordinaire de cet instrument.Je crois que ce sera une belle découverte.» L\u2019OSM annonçait cette semaine que Kent Nagano serait toujours son directeur musical au moins jusqu\u2019à la fin de la saison 2019-2020.Collaboratrice Le Devoir SCIENCES SUITE DE LA PAGE C 5 de lecture, indique M\u201c® Pauzé.Vérité ou mensonge?se veut à la fois très ludique pour les jeunes, alors que tout adulte y trouvera son compte avec plein de niveaux d'explications déroutantes.» Lascaux en 2014 L\u2019été prochain, le CSM nous fera explorer un site préhistorique fabuleux: la grotte de Lascaux.Ornée de peintures et de gravures remontant à plus de 17 000 ans, cette spectaculaire grotte est surnommée la «Versailles de la préhistoire».On pourra ainsi pénétrer dans une section de la grotte reproduite à l\u2019identique.On y présentera l\u2019art préhistorique et le mode de vie de Cro-Magnon, indique M\u201c® Pauzé.«Cette exposition fascinera très certainement les adultes», dit-elle.Le CSM proposera par ailleurs «une sorte de laboratoire sur la créativité» où on explorera l\u2019innovation.Malgré tous les efforts déployés, M\u201c® Pauzé constate que, aujourd\u2019hui encore, le CSM n\u2019est pas encore assez connu comme un centre d\u2019intérêt pour les adultes.«Voilà qui est très dommage, enchaîne Julie Payette, puisque c'est si agréable de s'y promener! D'ailleurs, l'autre jour, j'y ai passé la journée avec ma petite famille et ç'a été très, très agréable!» Attirer le public de tout âge est justement l\u2019une des priorités de la nouvelle directrice.«Nous voulons rejoindre le plus de monde possible, indique-t-elle, en diversifiant notre approche.Il y a beaucoup de gens qui pensent qu'un centre des sciences, ce n'est que pour les jeunes, alors que, si vous venez voir notre exposition Vérité ou mensonge?, vous verrez qu'on s'adresse plutôt aux adultes.» Collaborateur Le Devoir CHAMBRE DE COMMERCE DU MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN BOARD OF TRADE OF METROPOLITAN MONTREAL 35^ FELICITATIONS AUX GRANDS MONTREALAIS 2013 Lise WATIER Secteur économique O Kent NAGANO Secteur culturel o Julie PAYETTE Secteur scientifique O Pierre BOURGIE Secteur social O La Chambre de commerce du Montréal métropolitain est fière d'accueillir Lise Watier, Kent Nagano, Julie Payette et Pierre Bourgie dans l'académie et la Constellation des Grands Montréalais.Notre organisation invite les gens en grand nombre à joindre leur voix à la sienne pour remercier ces quatre bâtisseurs.Par leur vision, ils façonnent la renommée de notre métropole et représentent des sources d'inspiration pour l'ensemble des Montréalais.CREATEURS D'AFFAIRES "]
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