Le devoir, 27 décembre 2013, Cahier A
[" '^1 P].GBA'H ly Poubelles de riches, poubelles de pauvres Page A 2 À la Folle : dans le cercle de l\u2019envie et de l\u2019inutile Page b w -?www.ledevoir.co ni ?- Week-end : le saut libre à la conquête du Québec Page b i LE DEVOIR Vol.C I V 2 9 4 LE DEVOIR, LE VENDREDI 27 DECEMBRE 2013 1,13$ + TAXES = 1,30 $ Frédéric Back, l\u2019homme qui aimait les arbres i RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Frédéric Back à l\u2019œuvre dans son atelier de Montréal en mai 2012.L\u2019illustrateur, cinéaste et militant écologiste a été emporté par un cancer le 24 décembre à l\u2019âge de 89 ans.C\u2019est avec le film Tout-rien, «une allégorie de la création du monde», qu\u2019il met au point le procédé aux crayons Prismacolor sur acétate dépoli «qui permet des nuances de couleur extrêmement riches et une exécution rapide».Le riche héritage d\u2019un maître de l\u2019animation FRANÇOIS LEVESQUE AU creux de la forêt, un arbre est tombé; grand chêne à l\u2019écorce tendre.Illustrateur, cinéaste et militant écologiste, Frédéric Back s\u2019en est retourné à la terre qui lui était si chère la veille de Noël.Emporté par un cancer à 89 ans, il dessinait depuis l\u2019âge de 2 ans.C\u2019est dire que sa vie artistique fut presque aussi longue que son existence tout court.Son legs au monde du cinéma d\u2019animation, auquel il a donné des fleurons comme L\u2019homme qui plantait des arbres, n\u2019en est que plus riche.Né le 8 avril 1924 à Saint-Arnual, un «village dans la ville» de Sarrebrück, en Allemagne, Frédéric Back grandit à Strasbourg, où ses parents l\u2019encouragent à dessiner.En 1938, à l\u2019école Es-tienne de Paris, où il étudie la lithographie, il se découvre des affinités avec l\u2019œuvre du peintre français Mathurin Méheut, qui lui enseigne subséquemment à l\u2019École des beaux-arts de Rennes.«Mathurin Méheut agit pour tous les élèves avec cet élan et cette amitié.Il m\u2019aide à m\u2019enhardir et à acquérir une certaine individualité.J\u2019essaie d\u2019atteindre cette spontanéité étonnante qui est la VOIR PAGE A 10 : BACK f Bibliothèques publiques Montréal et Vancouver en tête d\u2019un palmarès mondial PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le Réseau des bibliothèques publiques de la Ville de Montréal possède des qualités qui en font l\u2019un des meilleurs au monde, selon une étude allemande.CAROLINE MONTPETIT Le Réseau des bibliothèques publiques de Montréal serait parmi les deux meilleurs au monde, selon une enquête effectuée dans 31 villes du monde par une équipe de chercheurs de I\u2019Uni-versité Heinrich Heine, de Düsseldorf, en Allemagne.Montréal s\u2019est donc classée en première place avec la ville de Vancouver, devant les villes de Chicago, San Erancisco, Shanghaï et Toronto.Le réseau de bibliothèques pu- bliques de Paris est pour sa part arrivé 14®, celui de Londres, 30®, et celui de Dubai arrive en dernier, au 31® rang du classement.Les chercheurs ont d\u2019abord sélectionné des villes considérées comme internationales, informationnelles, créatives, vertes, offrant une bonne qualité de vie, ainsi qu\u2019un bon réseau de communications, la ville de Montréal satisfaisant tous ces critères.Les chercheurs ont ensuite évalué distinctement la valeur numérique VOIR PAGE A 10 : PALMARÈS La Charte à l\u2019heure DE LA DINDE Un procédé malhonnête dnPQ, ditKhadir GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Amir Khadir n\u2019a rien contre le principe de la «dinde à la Charte» façon Parti québécois.Mais encore faudrait-il avoir les bons ingrédients pour nourrir la discussion, dit-il.Le député a critiqué jeudi une utilisation jugée «malhonnête» de ses propos dans le document préparé par le PQ pour fournir des arguments pro-Charte à ses militants.Dévoilé mardi par Le Devoir, le document Des réponses aux Amir Khadir questions de votre famille pour les partys des Fêtes! propose aux militants du PQ des réponses toutes prêtes pour qu\u2019ils puissent réagir aux commentaires anti-Charte de leur parenté au moment du partage de la dinde \u2014 volaille dont une photo orne la page couverture du document.A la fin de ce petit manuel du parfait péquiste en matière de Charte de la laïcité, le PQ anticipe VOIR PAGE A 10 : KHADIR Aujourd\u2019hui \u2022\u2022\u2022«uViw'îSÎ 1 Les Sports > Milos Raonic est désigné athlète masculin de Tannée au Canada.Page B 8 Le Monde > Corruption en Turquie: les enquêteurs s\u2019intéressent à un fils du premier ministre Erdogan.Page B 9 Avis légaux.Décès.Météo.Mots croisés.Petites annonces.Sudoku B6 A6 B7 B8 A6 B7 i espace pour la , vie montréal Vivez une EXPÉRIENCE VERTIGINEUSE au Planétarium Rio Tinto Alcan Montréal Québec t ?Canada biodôme insectarium jardin botanique planétarium rio tinto alcan espacepourlavie.ca 77831303446252 A 2 LE DEVOIR, LE VENDREDI 27 DECEMBRE 2013 ACTUALITES 2000 foyers sont toigours privés d\u2019électricité au Québec MELANIE LOISEL Il ne reste plus que 2000 clients d\u2019Hydro-Qué-bec qui sont toujours privés de courant, après la tempête de verglas survenue dimanche dernier,dans le sud du Québec.La société d\u2019Etat espère être en mesure de rebrancher tous ses clients, ce vendredi, mais les dommages causés sur le réseau de distribution demeurent importants.«Les travaux qui restent à faire sont plus complexes parce qu\u2019ils sont dans fes secteurs isolés et boisés», souligne Marie-Eve Sylvestre, porte-parole chez Hydro-Québec, qui ajoute que «certains travaux importants doivent être faits pour rebrancher dans quelques cas que deux ou trois abonnés».La tempête de verglas a surtout abîmé le réseau dans la région de l\u2019Estrie, où des poteaux sont tombés et des fils ont été sectionnés.Pendant la journée de jeudi, les équipes d\u2019Hydro-Québec sont quand même parvenues à rétablir l\u2019électricité dans des milliers de foyers de la région et aussi en Montérégie.En Ontario, la situation s\u2019est aussi grandement améliorée ces dernières heures, même si 78000 abonnés d\u2019Hydro One sont toujours sans électricité.Le maire de Toronto Rob Eord a confirmé que 50 000 foyers attendaient toujours d\u2019être rebranchés dans la grande région métropolitaine.« Je sais que c\u2019est très frustrant, mais tout le monde fait de son mieux», a- t-il affirmé en ajoutant que le rétablissement de l\u2019électricité était sa priorité.La première ministre de l\u2019Ontario Kathleen Wynne a reconnu que la situation était désagréable et qu\u2019il faudra tirer des leçons de cette crise dans l\u2019avenir.Reprise du déneigement Après un court répit à Noël, l\u2019opération de déneigement a repris de plus belle à Montréal.En fin de journée jeudi, près de 50% de la neige avait été ramassée dans la métropole.Les activités de déneigement sont par contre plus difficiles que prévu.La Ville a constaté que de nombreux résidants ne respectaient pas la signalisation indi- quée en ce qui concerne les stationnements.Environ 5000 remorquages ont dû être effectués lors de la tempête entre le 15 et le 20 décembre dernier.La Ville rappelle que 5700 places de stationnement incitatif ont été mises en place durant la période de déneigement.Si tout se passe comme prévu, le déneigement des rues montréalaises devrait être complété le 31 décembre, juste à temps pour les célébrations du jour de l\u2019An.Avec La Presse canadienne Le Devoir Lire aussi > Un réseau vieiiiissant.Un éditorial de Jean-Robert Sansfaçon.Page A 8 Photo-poubelle Deux photographes français exposent les boîtes à ordures des plus riches et des plus pauvres \\ A la fois très intimes et très publiques, nos poubelles en disent long sur notre mode de vie.Deux photographes de Paris-Match, Bruno Mouron et Pascal Rostain, se sont intéressés de près à leur contenu.Ils ont fouillé dans des poubelles de stars comme Madonna, mais aussi dans celles des populations les plus pauvres de la planète.CAROLINE MONTPETIT AU bout du fil, de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique, le photographe Pascal Rostain est en conversation avec son ami, l\u2019écrivain français Alexandre Jardin.Quand je lui demande s\u2019il a regardé ses poubelles, il me répond : «Mais non, on ne fouille pas les poubelles de ses amis, c\u2019est trop intime.» Pourtant, Pascal Rostain en a fouillé, des poubelles de stars: les poubelles d\u2019Elizabeth Taylor et de Mick Jagger, celles de Serge Gainsbourg et de John Travolta.Il a fouillé les poubelles de Erançais aisés et de Erançais défavorisés.H a fouillé des poubelles japonaises et des poubelles qataries, des poubelles tahitiennes et des poubelles algériennes.Avec son collègue Bruno Mouron, il vient de publier aux éditions La Martinière un beau livre intitulé Autopsie, où il dévoile le contenu de ces poubelles et de bien d\u2019autres, sur un écrin de velours noir.Dès 1988 C\u2019est en 1988 que les deux pa-parazzis, par ailleurs employés de Paris-Match depuis des décennies, commencent à s\u2019intéresser aux déchets de l\u2019humanité.«Depuis le temps qu\u2019on nous traite de fouille-merdes, on s\u2019est dit qu\u2019on irait au bout de la logique», lance-t-il.L\u2019aventure a commencé après une séance de photos chez Serge Gainsbourg.En sortant de chez lui, les deux photographes croisent Eulbert, son maître d\u2019hôtel, en train de sortir les poubelles.Les deux photographes s\u2019emparent du butin, l\u2019emmènent au studio et l\u2019étalent, comme on le fait pour des bijoux de luxe, sur un écran de velours noir.On y trouve tout Gainsbourg : les journaux, les emballages de Gitanes ou de gin Gordon\u2019s.«C\u2019est tellement intime, raconte Pascal Rostain.On ne peut pas aller plus loin dans l\u2019intimité.On entre dans son tube digestif » «On voit ce que tu es à travers ta poubelle.On voit ce que tu fumes, ce que tu lis, si tu as des enfants, des animaux.» On ne s\u2019étonnera pas, par exemple, de trouver des tas d\u2019emballages de nourriture pour chiens et pour chats dans les poubelles de Brigitte Bardot.On lèvera cependant le sourcil en trouvant des pièges à souris dans celles de Seau Penn ou encore des emballages de cigares cubains.« C\u2019est tellement intime.On ne peut pas aller plus loin dans l\u2019intimité.On entre dans son tube digestif.» importés malgré l\u2019embargo, dans les poubelles d\u2019Arnold Schwarzenegger, l\u2019ex-gouverneur de la Californie.Mouron et Rostain se sont d\u2019ailleurs donné pour règle, au fil des années, de ne rien exposer du contenu des poubelles qui a trait aux domaines sexuel ou médical.L\u2019idée de ce projet est d\u2019abord venue aux deux hommes après qu\u2019un professeur de sociologie français eut entrepris une étude sur la société de consommation.«Il avait demandé à ses étudiants de suivre les poubelles de six familles françaises durant un an», se souvient Rostain.«Rudolo-gie», comme on appelle l\u2019étude systématique des déchets, des biens et des espaces déclassés, est, pour sa part, un terme inventé en 1985 par Jean Gouhier, SERVICE À LA CLIENTÈLE HORAIRE DU TEMPS DES FÊTES VENDREDI 27 DÉCEMBRE:\tOUVERTDE7H30À16H30 LUNDI 30 DÉCEMBRE:\tOUVERTDE7H30À16H30 MARDI 31 DÉCEMBRE:\tOUVERTDE7H30À12H MERCREDI 1 JANVIER :\tEERMÉ JEUDI 2 JANVIER:\tEERMÉ VENDREDI 3 JANVIER:\tOUVERTDE7H30À16H30 PUBLICATION AUCUNE PUBLICATION LE MERCRED11 JAN.AINSI QUE LE JEUDI 2 JAN.Dernier bastion de la vérité, le photojournalisme pose son regard sur les événements forts d\u2019une année sur la planète.Le Devoir revisite 2013 en pointant des moments de l\u2019actualité qui ont changé le cours des choses.Demain, un dossier de Jacques Nadeau, Fabien Deglise et Marie-Andrée Chouinard.géographe à l\u2019Université du Maine.Quinze ans avant Mouron et Rostain, Bill Rathje, un archéologue de l\u2019Université d\u2019Etat de l\u2019Arizona, avait également examiné le contenu de poubelles durant un an, avec ses étudiants.Ils avaient constaté que 20% de la nourriture était jetée dans des emballages encore intacts.«Les classes moyennes gaspillaient beaucoup plus que les classes inférieures et supérieures, meilleures gestionnaires de leurs stocks alimentaires; mais, en même temps, ces résultats contredisaient les enquêtes menées auprès des mêmes personnes par une équipe de sociologues: les enquêtés déclaraient gaspiller beaucoup moins qu\u2019ils ne le faisaient en réalité, car on n\u2019avoue pas souvent, même à soi-même, de tels comportements», écrit à ce sujet Jean-Paul Démoulé, professeur de protohistoire européenne, dans la préface à\u2019Autopsie.Riches et pauvres En feuilletant les photos de Bruno Mouron et Pascal Rostain, on ne s\u2019étonnera pas de trouver des canettes vides de Coca-Cola un peu partout sur la planète.Par contre, il est clair que ce sont les pays aisés qui produisent les plus grandes quantités de déchets imputrescibles, le plastique en tête.«Le Malawi est l\u2019un des pays les plus pauvres de la planète.Or c\u2019est un pays très, très propre, constate Pascal Rostain.Quand on se promène au Malawi, on ne voit pas un plastique.Parce que les gens n\u2019ont pas d\u2019argent pour s\u2019acheter des produits de consommation.» L\u2019essentiel de la poubelle malawienne est en effet organique, si on se fie à l\u2019échantillon prélevé par les photographes.Le contenu des poubelles déposées sur la voie publique est «res nullius», «bien réputé sans maître», nous apprend Jean-Paul Démoulé dans sa préface.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019emballages de parfum Dior ou d\u2019épluchures de bananes.C\u2019est ce qui a permis aux photographes de se les approprier, après que les itinérants y furent passés et avant la collecte des ordures, dans une quête qu\u2019ils comptent bien poursuivre à travers la planète.«Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de France nous demande de garder des images de ces poubelles durant quelques siècles, pour les mettre dans des archives.» Les habitants du 4® millénaire, s\u2019il en reste, pourront s\u2019en servir pour analyser le mode de vie de leurs ancêtres.Le Devoir DaHi; IttaU ^ viaDiKviari'Kvian''SêvianV rk CeJIlonde \u2018p: Banks code roview\t^ faree\tm \u2018?20%GRATUIT wm 'H! C' S^yecialM^¦|l I 5tr«nsi]^ Grippe vers lin vaccin à vie r)Spvian'wvian wvian eviarfaevian\u2019Jevian C'- m\\ S I P ¦ i zyj\\à.(chroniqueur), Helene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Robert Dutrisac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), information culturelle Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et François Levesque (reporters), Juhe Carpentier (pupitre), information économique Gerard Berube (chef de division), Marco Belair-Cirmo, François Desjardins et Eric Desrosiers {reporters), Gerald DaUaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editonale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Eohe-Boivm et Louis Gagne (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Erappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier et Genevieve Tremblay (assistantes) , correction : Andre^ne Bedard, Christine Dumazet et Michele Malenfant soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Elorence Eerraris (commis) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Momque Bherer (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClT'E Elyes Ben M'rad, Claire Breton (superviseuré), Jean de Billy, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Nathahe Jobin {par interim), Claire Paquet, Catherine Pelletier et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais, (coordonnatrice), Ehse (j\\r?ixdi(secretaire) PRODUCTION Ohvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Carohne Gumiond, Yanmck Morm et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yamck Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxim-Ohvier Leclerc (coordonnateur du service a la clientele), Manon Blanchette, DameUe Cantara, Nathahe Eihon, Marie-Lune Houde-Bnsebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Claudine Chevner, Elorentina Draghici, Cehne Euroy et Veromque Page A 10 LE DEVOIR, LE VENDREDI 27 DECEMBRE 2013 ACTUALITES KHADIR SUITE DE LA PAGE 1 la question : « C\u2019est quoi la différence avec ce que {es autres partis proposent ?» A cela, le militant interpellé est invité à répondre que la position du Parti libéral du Québec «n\u2019est plus tellement claire depuis la sortie de la députée Fatima Houda-Pepin ».Concernant Québec solidaire, ce militant devrait se rappeler que le parti propose «d\u2019interdire le port de signes religieux uniquement aux juges, aux policiers et aux gardiens de prison», selon le PQ.Qui ajoute ensuite que «paradoxalement, le député Amir Khadir a déjà affirmé que \u201cpour [lui], le voile \u2014pas juste le niqab \u2014 est un symbole de soumission et de domination de la femme par l\u2019homme.C\u2019est un symbole archaïque qui devrait être jeté aux rebuts de l\u2019histoire\u201d».Or, pour reprendre une expression que le Parti québécois suggère d\u2019utiliser souvent dans son document \u2014 envers ceux qui disent que les Québécois «passent pour des racistes partout dans le monde», par exemple \u2014, c\u2019est faux.Mise en garde Amir Khadir est bien l\u2019auteur de la citation utilisée par le PQ (prise dans Le Devoir du 9 mars 2010).Mais le texte ajoutait aussitôt que, selon M.Khadir, le port du voile n\u2019est pas une raison pour exclure les femmes qui le portent.«Est-ce qu\u2019on est une société où on aide ces femmes à se libérer ou on fait juste répondre à nos peurs et à nos questionnements identitaires?», demandait-il.«Procédé malhonnête», «digne des tactiques des conservateurs de Harper»: l\u2019entourage de M.Khadir n\u2019a pas apprécié.Le député non plus.«R y a une idée généreuse derrière le document, dit-il en entretien : profiter du temps des Fêtes pour discuter de questions essentielles comme la laïcité de l\u2019État et l\u2019identité, pas seulement de hockey et de neige.Mais pour que cet exercice soit franc et honnête, ce serait bien que les péquistes entendent tout ce que fai à dire.» Amir Khadir trouve ironique qu\u2019on utilise une citation qui, prise dans le bon contexte, accompagnait «une mise en garde disant que [le port du voile] n\u2019est pas une raison de nier les droits de nos concitoyennes et de les empêcher d\u2019aller au travail, de les ostraciser davantage».Plus largement, M.Khadir déplore le ton «négatif» du document péquiste.«Que ce soit un peu pédagogique ne me dérange pas.Mais le ton dénote une stratégie défensive, perdante, où on essaie de discréditer les avis contraires.Personnellement, je l\u2019aurais fait en décrivant un projet, en disant voici comment on envisage l\u2019avenir, en donnant un aperçu positif de ce que sont les promesses de la proposition.» CAQ A la Coalition avenir Québec (CAQ), la députée Nathalie Roy a trouvé «un peu drôle ce guide-là » \u2014 qui a par ailleurs suscité beaucoup de réactions au Québec et au Canada anglais à la veille de Noël.«Tout est très subjectif, il n\u2019y a rien d\u2019objectif là-dedans », disait-elle jeudi en faisant notamment référence à l\u2019affirmation voulant que «tous les sondages d\u2019opinion démontrent que la majorité des Québécois appuient la Charte».Ces sondages démontrent plutôt une parfaite division de la population à l\u2019égard de la proposition du gouvernement Marois.Roy dénonce aussi l\u2019utilisation d\u2019une citation jugée hors propos.En présentant la position de la CAQ, le PQ rappelle que «lorsqu\u2019il était chef de l\u2019Action démocratique du Québec, [le député caquiste] Gérard Deltell avait dit que \u201ctout signe religieux ostentatoire ne devrait pas être autorisé dans l\u2019espace public\u201d».La citation date de décembre 2009.«C\u2019est de la mauvaise foi, estime Roy.L\u2019ADQ n\u2019existe plus, il y a eu une fusion.M.Deltell pouvait très bien penser cela en 2009, mais c\u2019est François Le-gault qui est le chef de la CAQ et nous sommes en 2013.» Les audiences publiques sur le projet de loi 60 vont débuter le 14 janvier.Le Devoir J»- ^\t\u201c \u201c\u201c Wàdi ¦ r* V \u2022\u2022 ; yfir.¦'C\t.\t^ SOCIÉTÉ RADIO-CANADA, AVEC LA PERMISSION DE LA EAMILLE BACK Un dessin tiré de L\u2019homme qui plantait des arbres, chef-d\u2019œuvre qui valut de nombreux prix à Frédéric Back, dont l\u2019Oscar du meilleiu- film d\u2019animation en 1987.BACK SUITE DE LA PAGE 1 sienne.[.] R nous envoie dans la nature pour croquer, dessiner ou peindre à la gouache sur le motif afin d\u2019étudier la vie des plantes, et les animaux et les humains dans leurs activités.Lui-même court la campagne pour faire de même», se rappelle Frédéric Back dans son autobiographie virtuelle.Dans ses croquis comme dans sa vie, ses préoccupations sont les mêmes, comme en témoignent ces souvenirs estudiantins : «Lors des vacances, fai la chance de séjourner chez des parents de ma mère qui possèdent des fermes et des animaux.Libérer les cochons sous prétexte de nettoyer leur sombre réduit, amener les vaches à l\u2019abreuvoir, conduire la jument \u201cLisette\u201d sont des privilèges! Tourner le foin, nettoyer les plants de tabac, ramasser les fruits, nourrir les lapins est exigeant, mais je suis fier d\u2019apprendre à faire ces travaux.Vivre dans cette ambiance active me ravit et inspire des dessins que j\u2019offre en souvenir.Pour moi, les paysans sont les gens les plus utiles à la société, exerçant un métier complexe, et trop souvent dédaigné!» La cohérence Alors que l\u2019Europe panse ses plaies après la Deuxième Guerre mondiale, une romance épistolaire éclaire le quotidien de Frédéric Back, qui, après deux ans de fréquentations manuscrites, gagne le Québec et son amour Ghylaine Paquin, qu\u2019il épouse en 1949.Christian, Süzel et Francis naissent de leur union.Dès son arrivée à Montréal, Frédéric Back succè4e à Paul-Emile Borduas à l\u2019Ecole du meuble.En 1952, il est embauché au tout nouveau réseau de télévision Radio-Canada à titre de lettreur et d\u2019illustrateur.Au stqdio d\u2019animation de la société d\u2019Etat, en 1969, il réalise son premier film d\u2019animation.Abracadabra, sur les péripéties d\u2019enfants du monde entier unis I M aar.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Frédéric Back photographié chez lui devant quelques-uns de ses dessins.pour libérer le soleil captif d\u2019un sorcier.Le court métrage de 9 minutes est remarqué au festival d\u2019Annecy, et le cinéma d\u2019animation prend désormais le dessus dans la vie professionnelle de l\u2019artiste.Suivent Inon ou la conquête du feu, La création des oiseaux et Illusion ?.Puis, en 1975, Frédéric Back amorce la réalisation de Taratata, à la fois hommage au défilé de la Saint-Jean et dénonciation du progrès à tous crins qui «justifie tant de destructions du patrimoine et des milieux naturels».Rebelote à Annecy, en 1977, et Grand Prix au festival de Lausanne, en 1979.Dans l\u2019intervalle, Frédéric Back amorce la conception de Tout-rien, «une allégorie de la création du monde; du néant émerge un univers de richesses.Les espèces animales sont satisfaites de leur sort, mais l\u2019humanité est sans cesse insatisfaite, confondant bonheur et possession», dixit l\u2019auteur.La constance Alors que cette ode à la simplicité volontaire avant la lettre est mise en nomination à l\u2019Oscar du meilleur court métrage d\u2019animation en 1981, Frédéric Back a d\u2019ores et déjà terminé la réalisation de Crac!, qui, lui, remporte la statuette dorée en 1982.Virtuose dans sa naïveté apparente, l\u2019animation brosse un portrait intime de l\u2019évolution de la société québécoise à travers l\u2019histoire d\u2019une chaise berçante.De passage à Los Angeles durant cette période, Hayao Miyazaki, cinéaste d\u2019animation surnommé, à tort, le «Walt Disney japonais», assiste à une projection de Crac! et s\u2019en trouve transformé.Les films de Miyazaki, de Nausicaa de la vallée du vent à Ponyo sur la falaise, attestent tous par la suite un parti-pris écologique marqué, une méfiance par rapport à la technologie, et une foi pérenne dans les enfants.Lors de la sortie en vidéo au Japon de L\u2019homme qui plantait des arbres, Miyazaki insiste pour écrire un texte de présentation, subjugué par la fluidité et la grâce avec laquelle son aîné anime le feuillage.Son confrère et compatriote Isao Ta- kahata, de son côté, consacre un ouvrage entier au film.Chef-d\u2019œuvre absolu de Frédéric Back, L\u2019homme qui plantait des arbres commence à prendre forme, comme ses prédécesseurs, dans le petit bureau radio-canadien du cinéaste à l\u2019aube des années 1980.«Autour de moi, personne ne croit à l\u2019intérêt d\u2019une histoire aussi banale, à l\u2019action presque statique et portant un titre aussi long.[.] C\u2019est le début de laborieuses démarches pour obtenir les droits sur un texte que Jean Giono a offert gratuitement \u201cpour faire aimer les arbres\u201d.[.] Subjugué par le texte, je n\u2019arrive que trop rarement à faire des images évocatrices, esquissées, légères, commente Frédéric Back après que la famille Giono lui eut consenti les droits en 1983.La précision réaliste revient au galop et les dessins finissent à la poubelle.J\u2019essaie d\u2019accompagner seulement le texte, je voudrais que les images ne soient qu\u2019un moyen pour le faire passer sur les écrans, car cette générosité qui ne cherche de récompense nulle part contient l\u2019essentiel de la découverte du bonheur.» La reconnaissance On connaît la suite : la narration sublime de Philippe Noiret, un deuxième Oscar, un succès mondial.Parmi les plus ardents admirateurs du film, les collègues Michel Ocelot (Kirikou et la sorcière), Alexandre Petrov (Le vieil homme et la mer), et surtout, le grand Paul Grimault (Le roi et l\u2019oiseau) qui, à Paris, organise des projections spéciales.Une évocation engagée et poétique de ce que fut jadis le Saint-Laurent, Le fleuve aux grandes eaux, confirme par la suite que Frédéric Back, un virtuose intègre, évolue dans une classe à part.Membre de la Société pour vaincre la pollution, d\u2019Eau Secours ! et fondateur de la Société québécoise pour la défense des animaux, l\u2019artiste s\u2019affirme en outre comme un homme de convictions qui passe volpntiers du dessin aux actes.Emu, le critique et historien du cinéma d\u2019animation Charles Solomon se souvient ainsi de son vieil ami sur son blogue d\u2019Indie-wire: «Frédéric écrivait comme il parlait \u2014 avec une passion pour la nature, une foi dans la terre \u2014 de l\u2019art de l\u2019animation et de comment on pouvait l\u2019utiliser pour aider à corriger les désastres que les humains infligent à la planète.» De fait, telle était la philosophie de Frédéric Back qui, sur son site encore, conclut: «Mes films sont devenus des \u201cclassiques\u201d que l\u2019on étudie dans les universités et les écoles d\u2019animation sous leurs aspects techniques, artistiques et culturels.Cela dépasse tout ce à quoi je pouvais rêver et me surprend encore.Cela démontre que l\u2019art engagé est possible et valable.» Ainsi, l\u2019homme qui aimait les arbres et qui contribua à ce que l\u2019on en plante davantage aura-t-il récolté, de son vivant, un peu de ce qu\u2019il a si généreusement semé.Le Devoir DLire aussi > lœ texte d\u2019Odile Tremblay à ledevoir.com/back PALMARES Vancouver et Montréal ont obtenu 129 points sur 150 SUITE DE LA PAGE 1 et la valeur physique des bibliothèques des villes.En évaluant la valeur numérique d\u2019une bibliothèque ou d\u2019un réseau de bibliothèques, les chercheurs se sont demandé si toutes les ressources numériques étaient gratuites, si des guides permettaient l\u2019exploration de la bibliothèque numérique, si la bibliothèque utilisait les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.), et quelles étaient les applications mobiles qu\u2019elle fournissait à ses membres.Quant à la valeur physique de la bibliothèque, elle était déterminée entre autres par la qualité architecturale de ses édifices, par la diversité et la beauté de ses espaces, par la possibilité d\u2019y boire et d\u2019y manger, l\u2019utilisation d\u2019identifications par radiofréquence (RFID), qui permet de localiser un objet, la possibilité de remettre les documents dans plusieurs endroits, l\u2019accès à un réseau Wi-Fi, et les activités de promotion.«Lorsqu\u2019on cumule les aspects digitaux et physiques des bibliothèques publiques dans les villes internationales et informationnelles, il est clair qu\u2019il y a deux gagnantes, les villes de Vancouver et de Montréal.Les deux ont obtenu 129 points sur 150 sur notre échelle d\u2019évaluation.Montréal a même répondu à tous les critères en ce qui a trait aux lieux physiques des bibliothèques», écrivent les chercheurs.Selon eux, la bibliothèque des villes dites « digitales » doit offrir un accès à l\u2019Internet, mais aussi des ordinateurs à ceux qui n\u2019en ont pas.Elles doivent aussi offrir gratuitement l\u2019accès à des collections numériques et à leur catalogue.Dans la ville durable (smart city), la bibliothèque offre la possibilité de réduire l\u2019impact environnemental en réutilisant le matériel disponible et en en multipliant les usagers.Dans la ville créative, la bibliothèque devient un espace de revitalisation communautaire, elle renforce le sentiment d\u2019identité locale, et implique ses usagers dans diverses activités.Dans la ville de savoir, la bibliothèque est évidemment un centre de connaissances, et un endroit où partager ces connaissances avec d\u2019autres personnes.Mise en commun des ressources En conclusion, les chercheurs recommandent que toutes les bibliothèques d\u2019une ville, incluant les bibliothèques spéciales, les bibliothèques académiques ou nationales, mettent en commun leurs ressources et fonctionnent en réseau.«La bibliothèque numérique ne se trouve pas dans un espace physique, et son usager ne se préoccupe pas de savoir quelle bibliothèque fournit les documents», écrivent-ils.Ce système permettrait entre autres de partager les coûts d\u2019achats des documents entre toutes les bibliothèques participantes.Par ailleurs, malgré le développement de la bibliothèque numérique, la bibliothèque physique doit trouver de nouvelles façons d\u2019encourager ses usagers à laisser leur ordinateur à la maison et à se déplacer vers elle.«Peut-être que ça n\u2019est pas la version papier de médias qui devrait inciter l\u2019usager à le faire, mais plutôt les espaces et les événements qui se déroulent à la bibliothèque», écrivent-ils.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com oo sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels 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