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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2014-02-03, Collections de BAnQ.

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[" Philip Seymour Hoffman : disparition prématurée d\u2019un brillant acteur Page B 8 % 1 Le Barreau et la charte : unanimité de façade, disent des juristes Page A 3 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C V V° 2 1 LE DEVOIR, LE LUNDI 3 EEVRIER 2014 1,13 $ + TAXES = 1,30 Le Super Bowl tourne à l\u2019humiliation \\ -\t' -II* < ¦* \u2018 JULIO CORTEZ ASSOCIATED PRESS Doug Baldwin, des Seahawks de Seattle, plongeant dans la zone des buts entre deux joueurs des Broncos de Denver, au cours de la deuxième demie du match du Super Bowl, dimanche, à East Rutherford, au New Jersey.Les Sehawks ont humilié les Broncos 43 à 8.Les Seahawks étaient trop forts JEAN DION affiche du XLVIIU Super Bowl, qui mettait < aux prises la meilleure attaque et la meilleure défense de la Ligue nationale de football, se révélait alléchante à souhait.Deux équipes qui avaient bouclé la dernière saison avec un dossier identique de 13-3, au sommet de leur association respective.Personne ne s\u2019attendait à un match à sens unique.Pourtant, il le fut, et pas approximativement.Les Seahawks de Seattle ont complètement dominé les Broncos de Denver, ils les ont muselés, ils les ont embouteillés, ils les ont hachés menu et ils ont mis la main sur le premier championnat de la NFL de leur histoire en s\u2019imposant par la marque de 43-8 dimanche soir au MetLife Stadium d\u2019East Rutherford, au New Jersey.Les Broncos, disons-le, n\u2019ont jamais été dans le coup, même avec le joueur par excellence de la ligue Peyton Manning aux commandes \u2014 il a commis deux interceptions \u2014, alors que les Seahawks ont refusé tout du long de lever le pied.Une victoire résolument collective.Illustration de l\u2019ascendant de la défensive des Seahawks, le secondeur Malcolm Smith a été nommé joueur de la rencontre.Ç\u2019a commencé sur les chapeaux de roues, et bien mal pour les Broncos, à l\u2019image de ce qui allait suivre.Dès le premier jeu depuis la ligne de mêlée, à leur propre ligne de 14, un problème de communication est survenu entre le quart Manning et son centre Manny Ramirez, qui a remis le ballon par-dessus la tête du quart VOIR PAGE A 8 : SUPER BOWL Aujourd\u2019hui Le Monde > Thaïlande : les manifestants perturbent les élections législatives.Page B 1 Actualités >Yves Ryan, maire de Montréal-Nord durant 38 ans, s\u2019éteint à l\u2019âge de 85 ans.Page A 4 Avis légaux.B\t6 Décès.B\t2 Météo.B\t5 Mots croisés.B\t5 Petites annonces.B 2 7\t,\tSudoku\tB4 P«INT CHAUD Un psychanalyste au chevet du Coran Ou comment la culpabilité occidentale alimente le déni qu\u2019entretient l\u2019islam sur la violence de son texte fondateur CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris Le 12 novembre dernier, le fondateur de l\u2019ADQ, Jean Allaire, s\u2019était laissé aller à dire que le Coran était un texte violent.Mal lui en prit.Aussitôt, le chef de son parti, François Legault, répliqua qu\u2019on n\u2019avait pas à parler de ces choses-là.Comme de fait, deux mois plus tard, on n\u2019en sait guère plus.L\u2019injonction de se taire a été rigoureusement suivie.L\u2019exemple aurait pu figurer en introduction du livre de Daniel Sibony, Islam, phobie, culpabilité (Odile Jacob).Né juif dans la médina de Marrakech, où il a appris l\u2019arabe avant l\u2019hébreu et le français, Daniel Sibony est conscient que l\u2019identité des peuples a toujours des fondements religieux.Que l\u2019on croie ou pas n\u2019y change rien.PIERRE ANDRIEU AEP Le psychanalyste Daniel Sibony Pour ce psychanalyste auteur de plusieurs livres de référence sur les trois religions monothéistes, la violence du Coran à l\u2019égard des chrétiens et des juifs est une évidence qui n\u2019est plus à démontrer.Son livre en fournit de nombreux exemples irréfutables.Mais ce n\u2019est pas pour dénoncer cette violence, qui a des causes historiques, que Daniel Sibony a pris la plume.Ce qu\u2019il veut d\u2019abord, c\u2019est montrer comment l\u2019Occident, par son silence, se fait complice d\u2019un tel déni dont de nombreux musulmans tentent tant bien que mal de sortir.Le psychanalyste met le doigt sur cette culpabilité malsaine qui ne fait qu\u2019aggraver le problème sans aider les musulmans à prendre la distance nécessaire à l\u2019égard de leur texte fondateur.«Mon objectif était d\u2019abord de tracer une voie qui permette un discours sur les rapports entre l\u2019islam et l\u2019Occident qui ne soit pas dans le déni, comme celui de ceux qui crient au racisme à la moindre critique, dit-il.Si vous avez un ami dont le texte fondateur dit que vous êtes maudit par dieu et qu\u2019il y voir page A 8 : CORAN Université de Regina Les femmes d\u2019un bord, les hommes de l\u2019autre Des professeurs ont accepté des demandes de séparation des sexes HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa La demande d\u2019exemption d\u2019un étudiant de l\u2019Université York qui ne voulait pas côtoyer des collègues féminines n\u2019est finalement pas unique.A l\u2019Université de Regina, des professeurs ont accepté de séparer hommes et femmes dans leurs classes à la demande d\u2019étudiants qui ne voulaient pas se trouver à proximité de ces dernières.Selon les informations obtenues par Le Devoir, la situation se serait produite à deux ou trois occasions depuis un an et demi à l\u2019institution saskatchewanaise.«A notre connaissance, sur ce campus nous n\u2019avons eu presque aucune demande de cette nature.Deux ou trois.Ces demandes ont été gérées de manière individuelle par les professeurs dans le contexte de la gestion de leurs cours», a expliqué en entrevue téléphonique le président de l\u2019Université de Regina, Thomas Chase.Si le président connaît l\u2019existence de ces demandes, il soutient ne pas savoir avec précision comment elles ont été gérées, à part une.« Un [professeur] a simplement dit \u201cnon\u201d et la personne qui avait fait la demande a dit \u201cc\u2019est d\u2019ac- VOIR page A 8 : REGINA Legault prévoit des élections avant le budget Le chef de la CAQ soupçonne Pauline Marois de vouloir un scrutin sur la Charte GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ François Legault estime fort probable qu\u2019on ne voie pas la couleur du deuxième budget du gouvernement Marois.Selon le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), la première ministre déclenchera des élections avant le dépôt du budget pour forcer une campagne portant sur la charte de la laïcité.D\u2019ici là, la CAQ frappera sur un clou : celui des liens unissant le PQ à la FTQ.«Il y a de bonnes chances pour que Pauline Marois, de façon opportuniste, déclenche une élection dans les prochaines semaines, et je pense que ça risque de se produire avant le prochain budget», a soutenu M.Legault en entretien dimanche avec Le Devoir, à la veille d\u2019un caucus caquiste de deux jours qui débute ce lundi à Saint-Eustache.Plutôt que de voir le budget Marceau défait, la première ministre pourrait ainsi simplement demander la dissolution de l\u2019Assemblée au lieutenant-gouverneur, pense-t-on à la CAQ.François Legault juge que «la dernière chose que M'\u201d^ Marois souhaite, c\u2019est qu\u2019on ait d\u2019autres résultats dans les prochains mois sur la situation financière et économique du Québec.De ce côté, on a eu une mauvaise année 2013 et tous les indicateurs montrent que 2014 risque d\u2019être aussi voir page A 8 : LEGAULT 77831303442406 Ilya des machines qu\u2019on contrôle.18.DS O O O O Et des machines qu\u2019on ne contrôle pas.Aux machines à sous et aux appareils de loterie vidéo, rien ne peut augmenter les chances de gagner.C\u2019est toujours le hasard qui décide.Parce que le jeu doit rester un jeu, visitez lejeudoitresterunjeu.com LOTO QUEBEC Jeu : aide et référence 1800 461-0140 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI EEVRIER 2014 ACTUALITES NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE L\u2019ex-premier ministre de la Saskatchewan Roy Romanow, figime de proue du NPD, soutient qu\u2019il n\u2019est pas le seul à avoir des réserves siu la valeiu de la majorité simple en cas de référendiun siu la souveraineté.NOUVEAU PARTI DÉMOCRATIQUE Les troupes de Mulcair divisées sur la réforme de la Loi sur la clarté JOAN BRYDEN à Ottawa La proposition du Nouveau Parti démocratique (NPD) de modifier la Loi sur la clarté a créé des divisions au sein de ses rangs.L\u2019une des figures de proue de la formation politique, l\u2019ancien premier ministre de la Saskatchewan Roy Romanow, affirme être en désaccord avec la suggestion du NPD selon laquelle une majorité simple pour le camp du «oui» serait suffisante pour lancer des négociations sur la séparation du Québec d\u2019avec le Canada.M.Romanow soutient ne pas être le seul néodémocrate à avoir des réserves par rapport à la réforme proposée.Selon lui, plusieurs membres du parti ont des points de vue différents sur la question.«Quand il s\u2019agit de l\u2019unité nationale, je pense que le parti peut se permettre de prendre le temps de débattre et de discuter.À mes yeux, c\u2019est probablement l\u2019un des sujets, sinon le sujet le plus important sur lequel doit se pencher n\u2019importe quel parti politique fédéral dans une fédération aussi diversifiée et fragile que la nôtre», a-t-il indiqué.Clarté Le projet de loi du NPD vise à remplacer la Loi sur la clarté adoptée par l\u2019ex-premier ministre libéral Jean Chrétien en 2000 à la suite des résultats très serrés du référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec.La loi stipule qu\u2019une majorité claire de Québécois devrait voter en faveur de l\u2019indépendance dans le cadre d\u2019un référendum posant une question claire avant que le gouvernement fédéral ne consente à discuter des modalités de la séparation.Par contre, elle ne précise pas ce que constitue une majorité claire, laissant aux parlementaires la possibilité de tenir compte du taux de participation, des irrégularités dans le processus et d\u2019autres éléments avant de décider si les résultats sont suffisamment probants pour engager les négociations.Les néodémocrates fédéraux ont accordé leur appui à la Loi sur la clarté en 2000, tout comme Roy Romanow, qui était alors premier ministre de la Saskatchewan.Le NPD a depuis changé d\u2019avis.Pas M.Romanow.Lors d\u2019un hommage à M.Chrétien le mois dernier, il avait d\u2019ailleurs déclaré devant une foule de quelque 700 représentants de divers partis politiques que l\u2019adoption de la Loi sur la clarté avait été «un grand acte de vision politique, de courage et de détermination » qu\u2019il était fier d\u2019avoir appuyé.Dans une entrevue donnée après cet événement, Roy Romanow a dit soutenir le leader du NPD, Thomas Mulcair, et comprendre pour- Un plafond pour les frais au guichet automatique ?Le Nouveau Parti démocratique presse le gouvernement conservateur de donner suite à sa promesse d\u2019agir dans le dossier des frais de transaction prélevés par les institutions bancaires lorsqu\u2019un consommateur n\u2019ayant pas de compte chez elles souhaite effectuer un retrait au guichet automatique.Une motion en ce sens sera déposée lundi aux Communes, dans laquelle le NPD demande au gouvernement fédéral de déterminer, dans son prochain budget, un plafond pour ce genre de transactions.De l\u2019avis du porte-parole néodémocrate en matière d\u2019affaires publiques, Glenn Thibeault, personne ne devrait avoir à débourser deux ou trois dollars pour pouvoir retirer son propre argent, et à plus forte raison lorsqu\u2019on tient compte du fait qu\u2019il n\u2019en coûte que 0,36 $ aux banques pour procéder au virement.Le NPD suggère plutôt un maximum de 0,50 $ par transaction pour permettre aux consommateurs de retirer des billets d\u2019un guichet automatique qui n\u2019appartient pas à leur banque.quoi il croit que le seuil de la majorité pour tout référendum devrait être établi à 50 % plus un.«Si le 50 % plus un est perçu comme une règle générale dans une société démocratique, alors ce principe devrait guider toutes nos décisions, dont celle concernant une possible séparation, a expliqué M.Romanow.Cet argument ne peut pas être écarté facilement.Je ne peux toutefois pas accepter ses conséquences ou ses conséquences potentielles.» L\u2019ancien premier ministre de la Saskatchewan confie que les conseillers juridiques et constitutionnels de son gouvernement ont réfléchi sérieusement pour déterminer si une majorité simple était suffisante.Mais après avoir analysé le jugement de la Cour suprême sur les règles pour les sécessions, qui a servi de base à la Loi sur la clarté, ils ont conclu que le destin d\u2019un pays ne devait pas dépendre du recomptage d\u2019une poignée de bulletins de vote.Roy Romanow dit continuer à croire que le Canada ne devrait pas être à la merci d\u2019une erreur administrative, d\u2019un électeur se présentant au mauvais endroit ou de tout autre facteur de ce genre, qu\u2019il fallait que les résultats soient clairs.La Presse canadienne Expulsion des sénateurs : Trudeau se défend d\u2019avoir manqué à sa promesse L> expulsion du caucus libéral de 32 séna-I teurs a surpris tout le monde sur la colline parlementaire, y compris les sénateurs concernés, mais le chef du parti, Justin Trudeau, s\u2019est défendu d\u2019avoir manqué à sa promesse de ne pas imposer unilatéralement ses décisions.La semaine dernière, M.Trudeau a annoncé que cette décision était une première étape pour retirer toute partisanerie de la Chambre haute.Durant la course à la direction du parti, il s\u2019était notamment engagé à favoriser l\u2019unité au sein des troupes, particulièrement lorsque viendrait le temps d\u2019élaborer les plateformes politiques, plutôt que de dicter les lignes du parti.M.Trudeau s\u2019est toutefois défendu de se contredire, invoquant le fait que le Canada avait vécu une année de débats et de discussions sur le Sénat.Iæs Canadiens ont dit haut et fort qu\u2019ils veulent du changement, a-t-il dit vendredi à des journalistes à Vancouver, où il assistait à une célébration du Nouvel An chinois.Il a soutenu qu\u2019un de ses désormais anciens sénateurs, Paul Massicotte, avait lui-même fait une suggestion semblable l\u2019automne dernier.Au moins un sénateur, Dennis Dawson, a laissé entendre que M.Trudeau aurait pu éviter la confusion qui a suivi cette annonce en consultant les sénateurs d\u2019abord.La Presse canadienne La nouvelle loi sur la prostitution sera prête avant décembre, dit MacKay Halifax \u2014 Le gouvernement fédéral présentera son nouveau projet de loi sur la prostitution avant la date limite de décembre, a indiqué samedi le ministre de Injustice, Peter MacKay M.MacKay a affirmé qu\u2019Ottawa avait déjà commencé à rédiger le projet de loi, mais que d\u2019autres consultations avec la police et les gouvernements provinciaux étaient nécessaires.A la fin de 2013, la Cour suprême a jugé que les articles de la loi interdisant de solliciter, de vivre des fruits de la prostitution et de tenir une maison de débauche sont inconstitutionnels.Elle a donné un an au gouvernement pour modifier la présente loi.M.MacKay n\u2019a pas dit quand le projet de loi serait déposé, mais a indiqué que ce serait «bien avant» le délai d\u2019un an.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 3 EEVRIER 2014 A 3 ACTUALITES Le bétail Jean-François Nadeau Le fer est tenu un moment près des braises ardentes, là où le bleu du tison assure le maximum de chaleur.Une fois à incandescence, on l\u2019applique en vitesse sur les chairs de la bête.Plaqué au préalable au sol, le pauvre animal ne s\u2019en débat pas moins, beuglant, gigotant, rempli soudain de douleurs et de craintes.La cicatrice de pareils marquages au fer montre, au milieu des vastes prairies, à qui appartient le bétail qui broute désormais dans des espaces barbelés où flotte le souvenir des bisons morts.Cette pratique du marquage au fer, vite répandue sur le continent américain tout au long du XIX® siècle, on l\u2019utilisa aussi pour les esclaves et les prisonniers, notamment au Canada.En 1959, lorsque le surréaliste québécois Jean Benoît, ami d\u2019André Breton, s\u2019applique sur la poitrine un fer rougi au feu portant les lettres formant le nom de Sade, il considère son geste comme un «défi aux conformismes, défi aux paresses, défi au sommeil, défi à toutes les formes d\u2019inertie, dans la vie comme dans la pensée».Pauvre fou sublime qui faillit en mourir ! Ignorait-il que le marquage montrait depuis longtemps déjà l\u2019exact contraire de tout cela?Le marquage des animaux se pratique toujours.On le nomme «branding».C\u2019est de cette barbarie que provient le développement de cette manie des entreprises de s\u2019afficher sur nous.Affublés des armoiries des barons modernes du bétail humain \u2014 les Adidas, Louis Vuitton, Michael Kors, Canada Goose, Gucci et autres \u2014, il est devenu normal de nous comporter comme un troupeau de bêtes dociles, suiyables et monnayables.À qui vint en premier l\u2019idée de transformer les vêtements en instrument publicitaire pour les voir ensuite bouger sur des gens, en effigie vivante de l\u2019ordre marchand ?À compter des années 1980, cette pratique se généralisa et s\u2019accentua.Les grands fabricants produisirent alors de plus en plus de vêtements dont la marque très apparente devenait le motif même du désir de les posséder.De simples t-shirts donnent à voir en très gros Dolce & Gab-bana, Chanel ou Nike, comme si l\u2019image dorée et calculée d\u2019une marque offrait au porteur l\u2019accès à la grandeur alors que cette multiplication de bas étage en assure plutôt la dévaluation.Par la simple sonorité du nom de ces marques qui s\u2019additionnent sur nous, on se croit par moments appartenir au club des culs-bénits de l\u2019économie.Nos rues sont pleines de gens qui s\u2019avancent ainsi marqués par l\u2019esprit marchand que supporte leur vie quotidienne.Et tout ce beau monde se croit libre et neutre idéologiquement.Ami lecteur, regardez votre pantalon.Dans les années 1950, le pantalon porté par une femme devant un tribunal pouvait être considéré comme un outrage.À la fin des années 1960 encore, au magazine Elle, le personnel n\u2019avait pas le droit de le porter.Un pantalon, simple vêtement individuel tenu soudain pour une idéologie dangereuse, voire une menace à la sécurité publique ! Comme si les idées tenaient à un pantalon.C\u2019est assez ridicule, quand on y songe.Est-ce parce qu\u2019on n\u2019y songe plus assez qu\u2019on avance de nouveau pareilles bêtises à l\u2019égard du hidjab ?Au chapitre du vêtement, n\u2019y aurait-il plus que le voile islamique qui soit considéré comme l\u2019expression d\u2019un rapport marqué à la politique, à l\u2019économie, au social?Obsédée par l\u2019islam en général et par les femmes voilées en particulier, notre société se met à accréditer des généralisations abusives, des liens extravagants, des délires conspiration-nistes.Cette malheureuse femme voilée morte dans le métro de Montréal, que n\u2019a-t-on pu lire à son sujet sur le thème «d\u2019enfin une de moins»?La commission parlementaire sur la charte des valeurs a donné matière à une suite de témoignages d\u2019une embarrassante imbécillité.Ce sentiment des uns à se montrer bien supérieurs aux autres et habilités à regarder de très haut les affaires humaines n\u2019a rien de bien rassurant.La communauté politique n\u2019exige pas l\u2019uniformité, rappelait le sage Eernand Dumont.Et en société, il n\u2019est franchement rien de plus intolérable que l\u2019intolérance.«Le XXL siècle sera religieux ou ne sera pas», fait-on dire à André Malraux.Sans doute ce siècle sera-t-il surtout, à force de se fabriquer des épouvantails de peurs et d\u2019intolérances, l\u2019occasion de nouvelles persécutions et de bûchers où périra le vouloir vivre ensemble dont la làicité devrait être le garant, mais qu\u2019on utilise hélas en marche arrière, par opportunisme et électoralisme.Tandis qu\u2019on déchire sa chemise pour un voile, on oublie tous ceux qui recouvrent nos vies au quotidien.Les inégalités salariales entre hommes et femmes se perpétuent.Celles entre riches et pauvres s\u2019accentuent.L\u2019accès universel à une éducation de qualité demeure fragile.Les iniquités entre Noirs et Blancs se maintiennent.Sans parler de nos rapports catastrophiques avec les Amérindiens.De tout temps, les hommes se sont affublés de vêtements et de signes particuliers pour montrer qu\u2019ils sont à l\u2019image de leurs dieux, ceux de la terre comme du ciel.De la sorte, ils soulignent surtout leurs faiblesses et montrent qu\u2019ils ne sont que de pâles images de leurs idoles, tout en feignant d\u2019ignorer que les fantasmes de l\u2019existence de leurs dieux ne sont au fond que les reflets d\u2019une peur de mourir et du refus ultime de notre insignifiance.jfn@ledevoir.com CHARTE DE LA LAÏCITE Des juristes veulent rectifier les faits Derrière Funanimité de façade érigée par le Barreau du Québec, bon nombre d\u2019avocats sont divisés sur le projet de loi 60, disent les Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l\u2019État MARCO BELAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec En appuyant le projet de loi 60, les Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l\u2019Etat entendent faire contrepoids aux soi-disant détenteurs du «monopole de la clarté et de la vérité juridiques», le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne.«Dans le débat sur la charte de la laïcité, ils se sont approprié le droit de parole des avocats», déplore l\u2019avocate Julie Latour.Mais, derrière l\u2019unanimité de façade anticharte, un grand nombre d\u2019avocats appuient le projet de loi 60, affirme la porte-parole des Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l\u2019Etat dans une entrevue avec Le Devoir.Plusieurs juges à la retraite, aujourd\u2019hui avocats-conseils dans de grands bureaux, se refusent pour cette raison à appuyer publiquement le projet de législation du gouvernement péquiste, fait-elle remarquer.En compagnie de l\u2019ancienne juge à la Cour suprême Claire L\u2019Heu-reux-Dubé et du professeur émérite de droit constitutionnel Henri Brun, l\u2019ancienne bâtonnière du Barreau de Montréal invitera les élus à relativiser le mémoire truffé de «prétentions apparaissant présomptueuses» du Barreau du Québec.Consensus social Persuadés de l\u2019importance sur les plans «politique et juridique» d\u2019enchâsser le principe de la làïcité ef de la neutralité religieuse de l\u2019Etat dans la Charte des droits et libertés de la personne, le collectif de juristes appellera le gouvernement péquiste à forger un «consensus social» autour de la charte de la laïcité.Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, doit se montrer disposé à restreindre la portée de l\u2019interdiction du port de signes religieux pour les employés de l\u2019Etat, si cela s\u2019avère la clé pour faire adopter le projet de loi 60, est d\u2019avis le regroupement de juristes procharte.«S\u2019il fallait faire un choix politique entre la réduction de la portée de cette mesure et l\u2019abandon du projet, il faudrait sans hésiter choisir la première MICHAEL MONNIER LE DEVOIR M® Julie Latour estime que le Barreau s\u2019est arrogé le droit de parole des avocats dans le débat sur la charte de la laïcité.L\u2019absence de balises législatives interprétatives claires engendre la conjusion et l\u2019insécurité au plan juiMique Extrait du mémoire des Juristes pour ia iaïcité et ia neutraiité reiigieuse de i\u2019Êtat option», peut-on lire dans le mémoire des Juristes dont Le Devoir a obtenu copie.Le gouvernement péquiste ne peut rater cette occasion d\u2019enchâsser le principe juridique fondamental de la lâïcifé et de la neutralité religieuse de l\u2019Etat dans la Charte des droits et libertés de la personne \u2014 et ainsi de l\u2019ancrer dans la Constitution du Québec.«Cela constituerait déjà une avancée à nos yeux très appréciable», soulignera M® Latour à l\u2019occasion de son témoignage vendredi avant-midi devant la commission parlementaire chargée de passer au peigne fin le projet de loi 60.«La législation proposée est également cruciale afin de maintenir l\u2019intégrité du droit face aux normes religieuses, qui constitue la marque distinctive d\u2019une société démocratique.» En interdisant le port des signes religieux ostensibles seulement pour les personnes exerçant «au sens large» l\u2019autorité au nom de l\u2019État \u2014 y compris notamment les éducatrices des CPE, les enseignants des écoles maternelles, primaires et secondaires ainsi que le personnel des tribunaux \u2014, M.Drainville «ne réduirait que de façon limitée l\u2019intérêt du projet de loi 60».Cela dit, l\u2019interdiction du port des signes religieux fixée dans le projet de loi 60 est constitutionnelle, estime M\u201c® Latour, se fiant à V« évolution récente de la jurisprudence».« Instrument de prévision et de prévention » Le caractère séculier du Québec a été reconnu par le plus haut tribunal du pays, la Cour suprême du Canada, mais un vide législatif persiste quant à l\u2019aménagement des modalités de l\u2019obligqtion de neutralité religieuse de l\u2019État québécois, expliquent les Juristes pour la laï- cifé et la neutralité religieuse de l\u2019État.En s\u2019assurant que l\u2019État «soit et apparaisse» neutre religieusement \u2014 et ainsi représente tous les citoyens \u2014, le projet de loi 60 doit «être vu comme un instrument de prévision et de prévention, et non simplement comme un remède Idans] une société qui se pluralise et se diversifie en accéléré, entre autres en matière religieuse».«Le principe de laïcité vise précisément l\u2019égalité de tous les citoyens devant l\u2019Etat et devant la Loi.La laïcité s\u2019avère la condition essentielle au respect d\u2019un véritable pluralisme sociétal», peut-on lire dans le mémoire du regroupement de juristes de renom.À l\u2019heure actuelle, Y «absence de balises législatives interprétatives claires engendre la confusion et l\u2019insécurité au plan juridique, en provoquant le recours systématisé au concept d\u2019ac-conimodement raisonnable».À vrai dire, en demeurant les bras croisés, les élus ont favorisé une «hyperactivité» du pouvoir judiciaire.«Et sous le couvert du cas par cas, les tribunaux sont appelés à établir des politiques publiques, exercice pour lequel ils ne sont pas outillés.» La permission offerte à tous les fonctionnaires de l\u2019État d\u2019arborer des signçs religieux, mine la neutralité de l\u2019État, en plus de heurter la liberté de conscience des citoyens qui n\u2019adhèrent à aucune foi religieuse.En effet, le statu quo législatif \u2014 ou làïcité ouverte \u2014 entraîne des atteintes la liberté de conscience, qui est pourtant protégée au même titre que la liberté de religion, déplorent les Juristes.«Les objections de conscience et autres revendications fondées sur ce motif sont généralement reléguées au rang de simple \u201cconflit de valeurs\u201d», font-ils remarquer.Enfin, les Juristes exhorteront le ministre Bernard Drainville à réviser la «facture» du projet de loi 60, qui a des allures de «loi fiscale».«Le projet de loi 60, dans son ensemble, manifeste une sorte de fébrilité.Il veut tout prévoir, tout préciser, ce qui s\u2019accorde mal avec son état de Loi fondamentale, destinée à tous et non pas à des experts», concluent-ils.Le Devoir Les recherches prennent fin à L\u2019Isle-Verte Les corps de cinq disparus n\u2019ont pas été retrouvés MELANIE LOISEL T I faut laisser le temps faire ^ 1 son œuvre.» La mairesse de L\u2019Isle-Verte, Ursule Thériault, ne pouvait mieux dire, dimanche, après l\u2019annonce officielle de la fin des recherches sur le site de la résidence du Havre.La Sûreté du Québec a tenu à rassurer les familles en affirmant que des restes humains avaient été trouvés et qu\u2019il pourrait s\u2019agir de ceux des cinq personnes toujours manquantes.Vingt-sept corps ont été découverts jusqu\u2019à présent, dont dix ont été formellement identifiés.Le temps est maintenant venu pour la petite communauté du Bas-Saint-Laurent de faire son deuil et de se relever du terrible incendie qui a fait rage dans la nuit du 22 au 23 janvier dernier.«Ça peut être long, ça peut être difficile, mais ça s\u2019enclenche.Il faut laisser le temps faire.Le deuil, c\u2019est une partie d\u2019errance, d\u2019introspection.On peut se sentir tout à l\u2019envers, tout brisé.]\\Lais il faut que ça fasse son temps.C\u2019est le temps qui nous arrange», a souligné M\u201c® Thériault lors d\u2019un point de presse diffusé à Radio-Canada.Messe commémorative En voyant les pompiers et les policiers de la SQ ramasser leur équipement sur le site, certains résidants de L\u2019Isle-Verte avaient peine à cacher leur tristesse.Mais tous reconnaissent qu\u2019il est temps que la vie reprenne son cours après tout le tourbillon médiatique des derniers jours.Le curé, Gilles Erigon, a d\u2019ailleurs indiqué qu\u2019il n\u2019accorderait plus d\u2019entrevue et qu\u2019il allait maintenant accompagner ses paroissiens à traverser cette épreuve.Samedi, il a célébré une messe commémorative à la & f RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Pauline Marois et Stephen Harper ont assisté à la messe commémorative de samedi en compagnie de la mairesse, Ursule Thériault, du chef des pompiers, Yvan Charron, et du gouverneur général du Canada, David Johnston.mémoire des victimes à laquelle ont assisté de nombreux dignitaires, dont le premier ministre canadien Stephen Harper de même que la première ministre du Québec, Pauline Marois.M.Erigon a affirmé que personne ne méritait une fin aussi tragique en prenant le temps de regarder les photos des résidents disparus qui avaient été accrochées à l\u2019avant de l\u2019église.«On est appelé par cet événement à grandir, non pas à s\u2019écraser.Ce n\u2019est surtout pas ce que nos chers disparus voudraient», a-t-il dit.Én sortant de la cérémonie, le premier ministre Harper a tenu à livrer quelques mots réconfortants à la population.«Nous avons tous des parents, des aînés qui sont vulnérables et une telle tragédie brise le cœur de tout le monde», a-t-il dit.«J\u2019ai le goût tout simplement de dire à cette communauté: prenez soin des gens qui restent, qui sont autour de vous et qui ont besoin de vous», a pour sa part déclaré la première ministre Marois.Par ailleurs, la Sûreté du Québec a annoncé qu\u2019elle fera le point, lundi, sur l\u2019enquête qui vise à déterminer la cause de l\u2019incendie qui demeure toujours inconnue.La SQ a expliqué en fin de semaine que les recherches ont permis d\u2019atteindre un endroit névralgique et qu\u2019un mandat a été demandé pour permettre aux policiers de recueillir des indices qui pourraient à terme servir en cour.La Presse canadienne Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE LUNDI EEVRIER 2014 ACTUALITES Un nuage de cendre brûlante engloutit un village en Indonésie Karo, Indonésie \u2014 Les recherches de survivants ont été vaines dimanche au pied du volcan indonésien Sinabung, après une nuée ardente qui a englouti 15 personnes et laissé un paysage apocalyptique, où le se,ul signe de vie était un téléphone portable sonnant dans le vide.Equipés de tronçonneuses et de masques à oxygène, environ 170 secouristes ont repris les fouilles dimanche matin, sous les grondements du volcan tout proche et dans une couche de cendres d\u2019une trentaine de centimètres qui a totalement recouvert le village de Sukameriah, à 2,7km du cratère.«Nom ne connaissons pas le nombre des disparus, mais les secouristes reprennent les opératiom d\u2019évacuation et recherchent d\u2019éventuelles personnes prises au piège», a déclaré Tri Budiarto, un responsable à l\u2019Agence nationàe des catastrophes.«Je doute qu\u2019il soit possible de survivre aux nuées ardentes d\u2019hier», a cependant concédé le lieutenant-colonel i^ep Sukarna.photo chaideer mahyuddin aep YVES RYAN 1928-2014 Un « monument de la politique municipale » s\u2019éteint MELANIE LOISEL est un monument de la politique municipale montréalaise qui nous a quittés», a souligné le maire de Montréal, Denis Coderre, en apprenant le décès d\u2019Yves Ryan, dimanche, à l\u2019âge de 85 ans.Les mots étaient bien choisis pour commémorer le travail de cet ancien maire de Montréal-Nord qui a passé 38 ans au pouvoir.Pendant toute sa carrière, Yves Ryan a été élu dix fois consécutives, dont six par acclamation.C\u2019est en 1963 qu\u2019il avait accédé pour la première fois à la mairie de Montréal-Nord alors que plusieurs dossiers lui paraissaient litigieux.Il aura finalement eu la passion de la politique, à tel point qu\u2019il n\u2019a remis définitivement les clés de son bureau que lors des élections du ,4 novembre 2001.A l\u2019époque, M.Ryan s\u2019opposait vivement à la décision du gouvernement de Lucien Bouchard, puis de Bernard Landry, de transformer les villes de file de Montréal en arrondissements pour créer une grande Ville de Montréal.Féroce opposant à ce projet de fusion, M.Ryan avait décidé de quitter la vie politique municipale après avoir consacré sa vie à tenter d\u2019améliorer le sort de ses citoyens.Pendant toute Dévouement «Les citoyens de Montréal-Nord garderont le souvenir d\u2019un maire qui était à la tête d\u2019une ville bien administrée, avec des finances publiques saines», a indiqué M.Coderre, qui l\u2019a côtoyé pendant de nombreuses années en tant que résidant et député de Bourassa.L\u2019actuel maire de l\u2019arrondissement Montréal-Nord, Gilles Deguire, a abondé dans le même sens : «Les résidents se souviendront d\u2019un maire honnête et fier qui avait une gestion rigoureuse des fonds publics.» Le chef du Parti libéral Philippe Couillard a pour sa part écrit: «C\u2019était un homme engagé, authentique et près des gens.» Né le 28 février 1928, Yves sa carnere, Yves Ryan a été élu 10 fois consécutives, dont 6 par acclamation RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Yves Ryan, maire de Montréal-Nord entre 1963 et 2001.Ryan était aussi le frère cadet du juge de la Cour Supérieure Gérald Ryan et de Claude Ryan l\u2019ancien chef du Pari libéral du Québec et ancien directeur du Devoir.En 1951, il a épousé Huguette Labrecque avec qui il a eu deux enfants, Denise et Guy.Avant de se lancer en politique, Yves Ryan avait été représentant de produits alimentaires Lybby\u2019s, journaliste, puis rédacteur en chef du journal Montréal-Nord.En 1957, il avait aussi fondé avec son ami Pierre-Paul Trudeau Le Guide de Montréal-Nord, dont la devise était «Indépendant en politique».Outre la politique municipale, Yves Ryan avait tenté une incursion en politique fédérale en 1968.Il s\u2019était présenté pour le Parti progressiste-conservateur du Canada dans la circonscription montréalaise de Bourassa en 1968.Il avait été défait par le libéral Jacques Trudel.M.Ryan a aussi occupé la présidence de l\u2019Union des municipalités et, plus tard, il a été président de la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (STCUM) dans les années 80 et 90.Le Devoir Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 MOIS DE L\u2019HISTOIRE DES NOIRS 29 ans d\u2019isolement en prison Accusé d\u2019un meurtre qu\u2019il a toujours nié, l\u2019ancien détenu et militant des Black Panthers Robert Hillary King sera à Montréal le 21 février.CAROLINE MONTPETIT Robert Hillary King a passé 29 ans de sa vie dans une cellule de deux mètres sur trois, où il était enfermé 23 heures sur 24, à la prison d\u2019Angola, en Louisiane.Trois fois par semaine, si le temps était clément, il pouvait sortir dans une enceinte grillagée de 1,80 m sur 4,50 m.«Le pire, c\u2019est d\u2019être seul.De s\u2019ennuyer de sa famille.De ne pas voir le ciel.De ne pas voir la lune.Je n\u2019ai pas vu une étoile durant toutes ces années.Quand on vit cette expérience, on réalise que les petites choses de la vie qu\u2019on tient pour acquises deviennent un luxe», dit cet ancien militant des Black Panthers, qui vit aujourd\u2019hui à Austin, au Texas.Accusé du meurtre d\u2019un codétenu pour lequel il a toujours clamé son innocence.Robert Hillary King a finalement été libéré en 2001 après qu\u2019un juge eut conclu qu\u2019il n\u2019avait pas eu droit à un procès équitable.Mais plusieurs estiment que la sévérité de sa peine était plutôt liée à son engagement dans les Black Panthers en prison, avec deux autres détenus, dont l\u2019un, Albert Woodfox, est toujours incarcéré.On les appelle aujourd\u2019hui les «Trois d\u2019Angola».Le 21 février, à l\u2019occasion du mois de l\u2019histoire des Noirs, Robert Hillary King sera à Montréal pour présenter le documentaire Les temps durs, de Ron Harpelle, qui retrace son histoire.«Angola, c\u2019est peut-être fini pour moi, mais Angola n\u2019en a pas fini avec moi», dit King, qui a écrit son autobiographie et qui donne des conférences à travers le monde sur le sujet.«C\u2019est ma conscience politique qui m\u2019a permis de rester en vie durant mon incarcération», raconte encore King.Originaire de La Nouvelle-Orléans, Robert Hillary King a été élevé par sa grand-mère avant d\u2019être placé dans une école de réforme.Il a d\u2019abord purgé une première peine de prison pour vol.Mais ce sont les accusations subséquentes, de vol, puis de meurtre d\u2019un codétenu en prison, qu\u2019il a toujours contestées.«Lorsqu\u2019il est arrivé en prison.King n\u2019était pas lettré», raconte ¦V,?\u2018 &.A Dans les années 1960.AGENCE ERANCE-PRESSE le mouvement révolutionnaire afro-américain des Black Panthers était considéré comme «la menace interne numéro un», rappelle le réalisateur Ron Harpelle.Ron Harpelle.«Dans les années 1960, avec la guerre du Vietnam, le gouvernement américain avait fait retirer tous les livres sur le communisme [.] des bibliothèques.Mais jusqu\u2019en 1978, ils les ont envoyés en prison.Alors les détenus avaient accès à tous ces livres dans leurs cellules», raconte encore Ron Harpelle.Le mouvement s\u2019est effondré, et les Trois d\u2019Angola ont longtemps été oubliés de tous en prison En prison, les membres des Black Panthers s\u2019activaient entre autres à prévenir les sévices sexuels chez les « fresh fishes» (poissons frais), comme on appelle les jeunes détenus qui viennent d\u2019entrer.«Avocat de prison» King, qui a étudié le droit en prison, a également été réprimandé parce qu\u2019il agissait comme un «avocat de prison», et conseillait les détenus au sujet de leurs procédures judiciaires.Pour Ron Harpelle, la vie de Robert Hillary King a tout à voir avec le racisme et la couleur de sa peau.«J\u2019ai été élevé dans un endroit où les Noirs ne pouvaient pas fréquenter les mêmes endroits que les Blancs», raconte King.La prison d\u2019Angola, en Louisiane, est pour sa part située sur une ancienne plantation où étaient employés des esclaves, relève-t-il.Elle doit d\u2019ailleurs son nom au pays d\u2019origine des esclaves qui y travaillaient.Encore aujourd\u2019hui, au moins 85% des prisonniers qui y sont incarcérés sont des gens de couleur, dit Harpelle, qui s\u2019est rendu à la prison pour tourner ce documentaire.La prison compte une ferme de plus de 7000 hectares, et les prisonniers qui n\u2019y sont pas en isolement y travaillent de longues heures chaque jour, pour de 4 à 20 C de l\u2019heure.Pour Harpelle, il s\u2019agit d\u2019une forme nouvelle d\u2019esclavagisme.Dans les années 1960, le mouvement révolutionnaire afro-américain des Black Panthers était considéré comme «la menace interne numéro un» par le gouvernement américain.Puis, le mouvement s\u2019est effondré et, les Trois d\u2019Angola ont longtemps été oubliés de tous en pri- son.Ce n\u2019est que bien plus tard qu\u2019un groupe de jeunes activistes a alerté Amnesty internationale de leur situation.«Amnesty International considère qu\u2019aucun motif pénal légitime ne justifie la reconduction systématique du maintien à l\u2019isolement des deux hommes», écrivait l\u2019organisme, au sujet de Herman Wallace et Albert Woodfox, après la libération de Robert Hillary King.Amnesty considère que ces conditions de détention sont contraires aux traités internationaux relatifs aux droits de la personne et demande aux autorités de la Louisiane de mettre fin à ces conditions «cruelles, inhumaines et dégradantes».Cet automne, Herman Wallace a finalement été libéré à son tour pour des raisons médicales.Il souffrait d\u2019un cancer du foie.Il est décédé trois jours après sa libération.«E a quand même pu prononcer 1 am free\u201d avant de mourir», raconte Harpelle.Quant à Albert Woodfox, il achèvera en février sa 43'\" année d\u2019isolement.Et il subit toujours des fouilles plusieurs fois par jour, «même s\u2019il ne sort jamais», dit Harpelle.Le Devoir Le retrait du droit de vote aux expatriés sera examiné en Cour La cause de deux citoyens canadiens qui contestent la loi privant les expatriés de leur droit de vote après avoir vécu plus de cinq ans à l\u2019étranger devrait être entendue en cour cette semaine.Gillian Frank et Jamie Duong, qui vivent tous deux aux Etats-Unis, ont été choqués d\u2019apprendre l\u2019existence de la règle des cinq ans lorsqu\u2019ils ont vainement tenté, en 2011, de voter pendant les élections fédérales.Jugeant que cet interdit constitue un affront à leur citoyenneté, ils ont intenté une poursuite contre le gouvernement fédéral il y a près de deux ans.Ils soutiennent que le règlement de la Loi électorale du Canada est arbitraire, déraisonnable et devrait être déclaré anticonstitutionnel.M.Frank, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université Princeton, dans le New Jersey, a emménagé aux Etats-Unis en 2001 pour ses études doctorales et il y est resté après avoir obtenu ce poste.L\u2019homme de 35 ans, qui a grandi à Toronto et servi Cet argument était peut-être valable à l\u2019époque des bateaux à vapeur \\\\ Jamie Duong, un des citoyens engagés dans ia poursuite contre Ottawa dans les Forces armées canadiennes, assure avoir des «liens profonds» avec le Canada.«Je considère que le gouvernement canadien continue à m\u2019affecter et m\u2019affectera tout autant une fois que je serai rentré à la maison», a-t-il soutenu.Il se rend régulièrement en visite dans son pays natal et prévoit s\u2019y établir à nouveau lorsqu\u2019il aura trouvé un emploi dans son domaine.Désuet?M.Duong, lui, réside à Ithaca dans l\u2019Etat de New York parce qu\u2019il n\u2019a pas été en mesure de trouver l\u2019emploi qu\u2019il cherchait au Canada.L\u2019homme de 30 ans, élevé à Montréal, dit lui aussi avoir de forts liens avec le pays et as- Résultats des tirages du : 2014-02-01 tiAt-j.i-jj 07 09 14 27 29 45 01 compl.28 compl Prochain gros lot (approx.) : 5 000 000 $ + UN LOT GARANTI DE 1 000 000 S 54026713-01 Résultats des tirages du : 2014-01-31 E|tra 718301 06I10I16I27I38I40 45, COMPL.40 000 000 $ Prochain gros lot (approx) : En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité sure parler à des Canadiens pratiquement tous les jours.Il considère la règle des cinq ans comme archaïque.« Cet argument était peut-être valable à l\u2019époque des bateaux à vapeur et avant la venue des moyens de communication dont nous disposons aujourd\u2019hui», a affirmé M.Duong.A Ottawa, on estime toutefois que la loi en vigueur assure un certain équilibre.«Le règlement de cinq ans a été établi de façon à équilibrer les droits démocratiques des Canadiens tout en nous assurant de l\u2019existence de liens suffisants entre un citoyen et le Canada, et de son intention de rentrer à terme au Canada», a indiqué une porte-parole du ministre d\u2019Etat de la Réforme démocratique.Le règlement a été adopté en 1993 dans la foulée d\u2019un débat entourant les liens liant les expatriés à leur pays natal et leurs réelles connaissances de la politique canadienne.Certains expatriés qui partent pour de longs mandats, par exemple les militaires et les diplomates, ne sont pas visés par ce règlement.La Presse canadienne Triple homicide aux apparences de drame familial MÉLANIE LOISEL Une adolescente de 13 ans, Medora Godin, a connu une fin tragique de même que sa mère, Nancy Samson, et le conjoint de celle-ci.Benoit Daigle, samedi soir, dans la région de Chaudière-Appalaches.La Sûreté du Québec a confirmé qu\u2019un triple homicide et une tentative de meurtre se sont produits à Sainte-Croix-de-Lotbinière et à Saint-Isidore-de-Beauce.Au moment de mettre sous presse, l\u2019autre fille de Samson, âgée 11 ans, était dans un état critique et luttait pour sa vie.Le père est suspecté Pour le moment, tout porte à croire que le seul suspect de 54 ans, qui est gravement blessé, est le père des deux enfants.La Sûreté du Québec a affirmé qu\u2019il y avait des traces de violence sur les deux scènes de crime.Les policiers de la SQ ont passé la journée de dimanche à recueillir des preuves pour comprendre les circonstances de ce drame familial.Des autopsies seront pratiquées sur les corps des victimes.Le Devoir porter raffinée sur toute la ligne À vous la vie de vedette ! Au sol comme en vol, vous êtes aux premières loges.Relax dans votre fauteuil moelleux, jambes détendues, vous avez toute l\u2019attention de notre personnel élégant et souriant.Comme vous nous faites l\u2019honneur de votre présence, la maison offre les consommations.'H Vols au départ de Montréal.Réservez d\u2019ici le 4 février 2014.Le rabais est compris dans les tarifs.Tarifs aller simple incluant les taxes, surcharges et frais obligatoires.Un supplément peut être facturé pour les bagages enregistrés et d\u2019autres services optionnels.* Tarifs à partir de : HALIFAX 2 par jour 16 par Jour \t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t CHICAGO\tMYRTLE BEACH NEW YORK\tWASHINGTON À partir du 13 février\tDulies PRIX TOUT 350 $ 360 $ 303 $ 301 $ Réservez en ligne, appelez au 1 -888-619-8622 ou contactez votre agent de voyages.Téléscripteur - faites le 711.flyporter.com \u2018Réservez d\u2019ici 23 h 59 heure de i\u2019est le 4 février 2014.Voyagez d\u2019ici ie 15 juin 2014.Porter peut exiger un achat 21 jours à i\u2019avance.Les tarifs annoncés sont fonction de ia disponibiiité et peuvent ne pas être disponibles pendant toute la période de voyage.Description détaillée des tarifs pour tous les itinéraires sur flyporter.com.Tarifs aller simple en classe Fixe au départ de la ville.Les tarifs à destination de la ville peuvent être différents.Nouvelles réservations seulement.Les tarifs incluent les taxes gouvernementales et les frais obligatoires, qui peuvent atteindre 150 $ par aller simple selon la destination.Les taxes étrangères fluctuent selon le taux de change en vigueur.Les frais pour des services optionnels, tels que les changements d\u2019itinéraire, les bagages supplémentaires, la présélection de siège ou d\u2019autres demandes spéciales, peuvent s\u2019ajouter au montant total.Tarifs non remboursables.Il est possible de changer d\u2019itinéraire moyennant des frais allant jusqu\u2019à 200 $ par personne et par trajet, plus toute différence de tarif.D\u2019autres conditions (comme des frais de 25 $ pour l\u2019enregistrement d\u2019un premier bagage et de 35 $ pour un deuxième sur les vols à destination ou en provenance des E.-U., des frais de 20 $ pour l\u2019enregistrement d\u2019un deuxième bagage sur les vols au Canada et des frais pour bagages excédentaires et/ou trop lourds) peuvent être modifiées sans préavis et ne sont garanties qu\u2019à l\u2019émission du billet.Pour en savoir plus, allez à flyporter.com.En cas de divergence entre le tarif de nos annonces et le tarif affiché sur notre site Internet au moment de la réservation, ce dernier prévaudra. A6 LE DEVOIR LE LUNDI EEVRIER 2014 EDITORIAL Josée Boileau ESPIONNAGE Les mots trompeurs La panoplie de systèmes de surveillance auxquels nous sommes désormais tous soumis semble décidément sans limites.Même un passage à l\u2019aéroport suffit pour pouvoir être suivi pendant des jours.À cette invasion abusive s\u2019ajoute une indécence : l\u2019affirmation répétée des gouvernants et des agences de renseignement selon laquelle la loi est respectée.On nous trompe en jouant sur les mots.1 faudra finir par ériger un monument à Edward Snowden, l\u2019homme qui nous permet d\u2019ouvrir les yeux sur la tentaculaire surveillance par les services de renseignement des moindres faits et gestes de tous.Il n\u2019y a plus de citoyens, que des suspects.Depuis juin, les révélations de M.Snowden se suivent à un tel rjjhme qu\u2019il est étourdissant d\u2019en mesurer l\u2019ampleur.Appels téléphoniques, moteurs de recherche, réseaux mobiles, applications, jeux en ligne, coiurier postal et coiuriels, rien n\u2019échappe aux spécialistes anglo-saxons de l\u2019espionnage (États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Canada et Nouvelle-Zélande) qui collaborent avec zèle.La dernière révélation concerne spécifiquement le Canada.Le réseau anglais de Radio-Canada divulguait jeudi un document émanant de M.Snowden et qui indiquait qu\u2019une nouvelle technologie d\u2019espionnage, mise au point par l\u2019organisme de surveillance américain National Security Agency (NSA) et le Centre de la séciuité des télécommunications du Canada (CSTC), avait été testée en 2012 dans un aéroport canadien.Il s\u2019agissait d\u2019intercepter les signaux des téléphones intelligents et des portables de tous les voyageurs qui sont passés par cet aéroport (non identifié) pendant deux semaines.De là, le CSTC a pu suivre les voyageurs à la trace pendant des joius grâce au réseau wi-fi disponible partout au pays.« Comme si chacun avait porté un bracelet électronique», illustrait le journaliste de Radio-Canada.L\u2019opération fut un succès.Vendredi, la réponse attendue du ministre de la Défense, Rob Nicholson, fut à la hauteur de toutes les réactions officielles, quel que soit le pays où elles siuvinrent, qui ont suivi chaque révélation de M.Snowden: à la limite de l\u2019honnêteté intellectuelle.Le ministre a dit que les communications canadiennes n\u2019avaient été ni «ciblées» ni «colligées», qu\u2019aucun Canadien «n\u2019a fait l\u2019objet d\u2019une filature», que le CSTC ne travaille qu\u2019avec des métadonnées et que celles-ci sont «des informations techniques», dont l\u2019obtention est légale, et non pas du contenu, qu\u2019il serait illégal pour le CSTC de recueillir ainsi.C\u2019est le diable qui se cache derrière tant de précisions! Puisqu\u2019il s\u2019agit de surveillance de masse, il est clair qu\u2019il n\u2019y a personne de ciblé; avec un projet-pilote, on comprend que rien n\u2019ait été colligé; et si on suit des signaux, on peut dire que nul n\u2019a été filé.Quant aux métadonnées, c\u2019est le vaste paravent derrière lequel se cachent toutes les agences de renseignement.Les métadonnées permettent de savoir qui a parlé à qui, à partir d\u2019où, pendant combien de temps, selon quels déplacements.Elles donnent accès à des numéros de cartes de crédit, à toute la gamme des renseignements personnels, aux liens familiaux, aux réseaux d\u2019amis.De fait, ne manque que le contenu.Mais l\u2019information tirée des métadonnées est si précise et s\u2019obtient si rapidement que, dans le milieu de l\u2019espionnage, la bonne vieille écoute de contenu qui prend des heines est quasi dépassée.Nos lois de protection de la vie privée ne se sont pas adaptées à cette nouvelle réalité, et les gouvernements ne font surtout rien poin y changer quoi que ce soit.Les conservateins, à cet égard, ne font pas pire qu\u2019ailleurs.Et pourtant, si la vie privée a encore un sens, il faut mettre de nouvelles balises à ces intrusions, dérives de la démesure sécuritaire, abus de l\u2019ignorance des citoyens.C\u2019est la bataille démocratique du XXI® siècle.LE NON À L\u2019EUROPE Ruptures en vue ntre la Erance et le Royaume-Uni, il y a actuellement de l\u2019eau dans le gaz.Pour s\u2019en convaincre, il suffira de s\u2019attarder au sommet franco-britannique tenu ces jours-ci dans les environs d\u2019Oxford.Au cours de ce dernier, le premier ministre britannique, David Cameron, a prié Erançois Hollande de donner son accord à une révision des traités signés avec les autres membres de l\u2019Union européenne (UE).Son ambition?Rapatrier un certain nombre de pouvoirs actuellement administrés par les mandarins de Bruxelles.La réponse du président français ?II n\u2019y a aucune \u201e\t_ urgence.Eaçon polie de signifier un niet! 0\t^ Depuis lors, il est écrit dans le ciel qu\u2019à moins d\u2019un retoinnement majeur les Britanniques vont 4\t' fort probablement quitter la maison Europe - après 2017.On s\u2019explique.Comme le souhaitaient les membres les moins europhobes de son parti et les europhiles du Parti libéral démocrate, Cameron a essayé de renégocier les liens avec Bruxelles et de soumettre le résultat à un référendum sm le maintien ou pas du Royaume-Uni.A la suite du refus formulé par Hollande, Cameron va donc orchestrer un vote en fonction des liens actuels en 2017.Si l\u2019on croit les sondages effectués antérieurement au sommet, le non à l\u2019UE va l\u2019emporter.En fait, il est probable que, dans la foulée du non du Erançais, le non à l\u2019Europe va augmenter.Et, ce faisant, faire le bonhein des einophobes du continent.Partout en Europe, ces derniers ont le vent en poupe.Même en Allemagne, l\u2019idéal d\u2019une Europe unie et pacifiée porté par tous les chanceliers depuis Conrad Adenauer n\u2019excite pas tellement le gouvernement d\u2019Angela Merkel.A telle enseigne que c\u2019est à se demander, à la suite des aigreurs géopolitiques éveillées par la crise de l\u2019euro, si le rêve secret de Berlin n\u2019est pas une série de divorces avec les pays dits du Club Med, soit Portugal, Espagne, Italie et Grèce.Même en Erance, l\u2019idéal d\u2019une Europe unie avancé par Victor Hugo et repris par Jean Monnet, c\u2019est dire son ancrage dans le paysage politique, ne suscite plus les adhésions observées depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu\u2019en 2005, alors que le non au référendum sur la Constitution européenne l\u2019avait emporté.En fait, à deux mois des élections européennes, la formation la plus anti-Europe qui soit est créditée d\u2019un bon score.Il s\u2019agit évidemment du Front national.Cette désaffection lourde de sombres conséquences tient notamment, et peut-être, à ce refus quelque peu obstiné des dirigeants de Bruxelles de ne pas réformer ce qui a été conçu à l\u2019enseigne de l\u2019inachevé.Chose certaine, la crise de l\u2019euro a révélé combien la construction d\u2019une Europe fédérale commande un souci appuyé pour les détails.Soit là où le diable se cache.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET m LETTRES Le Fonds de solidarité de la FTQ, en 2014 Certains dirigeants de la FTQ ont fait mal au Fonds de solidarité de la FTQ par des comportements désinvoltes, et un égocentrisme démesuré.La réussite économique ou syndicale, c\u2019est comme l\u2019alcool, ce n\u2019est pas tout le monde qui porte ça! Cela ne veut pas dire que le Fonds de solidarité n\u2019a pas sa place et, surtout, n\u2019a pas d\u2019avenir, même si le Parti conservateur de l\u2019ex-premier ministre Mulroney s\u2019en retire, parce que la formule n\u2019a pas fonctionné au Canada.Si nous devions éliminer le Fonds de solidarité de la FTQ, ce sont toutes les régions du Québec qui manqueraient de financement patient, ce que n\u2019offrent pas les banques traditionnelles.D\u2019ailleurs, même si le patronat appuie traditionnellement le Parti libéral du Québec, le monde des affaires ne peut ignorer que c\u2019est sous le Parti québécois que le Fonds FTQ a vu le jour.Et, au tout début, les milieux de la finance parlaient d\u2019un gaspillage qui n\u2019entraînerait pas de bilan positif.Nous sommes en 2014, les entreprises reçoivent du financement du Fonds FTQ, des emplois sont créés, d\u2019autres protégés et tous et toutes sont d\u2019accord pour préserver l\u2019institution, même si on doit nécessairement apporter des modifications.Toutefois, le législateur devrait faire attention à ce que le Fonds FTQ ne devienne pas une entreprise qui achète des papiers commerciaux comme on l\u2019a vu pour la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) et la Banque Nationale, un vrai gaspillage de l\u2019argent des retraités au sujet duquel le patronat est demeuré silencieux! Pour la CDPQ, le gouvernement Charest a même refusé au Vérificateur général du Québec le droit d\u2019en regarder les pratiques lorsque cette dernière a perdu 40 milliards de l\u2019argent des Québécois, soit quatre fois les actifs totaux du Fonds FTQ ! André Mainguy, ex-responsable local du Fonds FTQ chez Hydro-Québec à sa création Longueuil, le 30 janvier 2014 Un glissement hasardenx dn droit Comme Guy Rocher, j\u2019attache beaucoup d\u2019importance aux droits des usagers des services publics.L\u2019usager doit être servi avec respect et compétence.Il ne doit subir aucune pression.Mais M.Rocher considère que les droits des usagers incluent celui de ne pas être troublé par la tenue vestimentaire du fonctionnaire.C\u2019est un glissement abrupt de la notion de «droit».La possibilité de porter l\u2019identité de son choix et de manifester ouvertement sa religion est un droit reconnu par l\u2019article 18 de la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme.En revanche, le souhait de ne pas voir l\u2019identité de l\u2019Au-tre (religieuse ou pas) n\u2019est pas un droit reconnu, même si cette vision nous cause un trouble ou un malaise.Il n\u2019y a pas d\u2019égalité entre le droit de vivre ouvertement son identité et le prétendu droit de ne pas voir l\u2019Autre dans son identité.Et c\u2019est tant mieux! Car, bien que je ne soupçonne pas M.Rocher d\u2019une telle intention, son « droit de l\u2019usager » reviendrait à reconnaître le droit à l\u2019întolérance.Il y aurait effectivement un viol du droit de l\u2019usager dans le cas où le port de vêtements comme le voile serait accompagné de pression sur l\u2019usager.Mais je ne connais pas un seul cas où une femme voilée aurait exercé ce genre de pression.C\u2019est l\u2019Inverse qui est vrai: plusieurs femmes voilées sont victimes d\u2019insultes et d\u2019intimidation.M.Rocher prétend que l\u2019Interdiction proposée par la charte serait une avancée de la laïcité dans l\u2019esprit de la Révolution tranquille.Ce serait plutôt un recul.Depuis les années 1960, nous avons adopté une conception tolérante du vivre ensemble et tourné le dos à un modèle de société autoritaire où ceux qui s\u2019écartaient de la morale et des croyances dominantes étalent opprimés et marginalisés.M.Rocher prétend établir un parallèle entre la tenue vestimentaire des communautés religieuses à l\u2019époque de la Grande Noirceur et celle des musulmanes voilées.Ce parallèle est fallacieux : les communautés dominaient la société avec l\u2019appui du pouvoir politique, elles Imposaient leur morale autoritaire et écrasaient toute expression de différence.Les musulmanes voilées ne font rien de tel.Ce sont plutôt les partisans de l\u2019interdiction qui se comportent comme les communautés religieuses d\u2019antan en renouant avec l\u2019autoritarisme et en niant le droit à la différence.Guy Archambault Montréal, le 30 janvier 2014 LIBRE OPINION Se souvenir de Languirand YANN FORTIER Montréal De mon enfance dans les années soixante-dix, je me souviens de mes retours de campagne le dimanche soir, en voiture, franchissant les vallons noirs des Appalaches, croisant quelques villages, la lueur des fermes perchées sur les vallons, apercevant au loin les premiers halos orangés de Québec se refléter dans le ciel.Je me souviens, Jacques Languirand, avoir le sentiment qu\u2019alors que j\u2019étais enrobé de vos paroles sur une vacillante bande AM, la nuit s\u2019illuminait.Assis sur la banquette arrière, j\u2019observais les étoiles.Des étoiles qui semblaient plus près.La nature et l\u2019espace autour prenaient un autre sens.Le silence aussi.A cette époque, vous étiez pour moi une voix, une qualité de langage, un rire bien sûr, mais aussi ce sens adroit du silence, le bruissement d\u2019une page effleurant le micro, des musiques impossibles à enten,dre ailleurs que depuis votre maison.Éveil de la conscience, de l\u2019esprit?Pas encore, car à cette époque où j\u2019écoutais Par quatre chemins dans les années soixante-dix, j\u2019avais sept ou huit ans.Avec les décennies qui suivront, le hasard ayant voulu que je naisse simultanément avec l\u2019entrée en ondes de votre émission phare, vous deviendrez une figure paternelle radiophonique.Je n\u2019ai pourtant acheté aucun des livres que vous avez recommandés, ni aucun des disques diffusés.Le dimanche étant la journée la plus propice au recueillement, plusieurs ont eu la chance d\u2019approfondir ou de mettre en mots des états d\u2019âme, des émotions, des sujets de réflexion qui auront fait la différence en eux, et donc, autour d\u2019eux.Contrairement aux séries populaires de la télé, personne ne se réunissait autour de la machine à café le lundi matin pour engager la conversation : «As-tu écouté Languirand hier?» Évidemment non.Parce que les sujets que vous abordiez étaient introspectifs.Parce qu\u2019à travers vos propos, chacun traçait la suite de son histoire.Doux géant Vous ouvriez des pistes, sans prendre de position radicale, ayant parfois l\u2019humilité d\u2019en remettre certaines en question.Vous avez démontré votre côté humaniste et humain.Votre force comme votre vulnérabilité.Artiste de la radio, artiste point.Doux géant, vous avez partagé.Vous étiez une ancre, non pas plantée au fond des océans, mais quelque part sur la lune.Dans un cratère qui porte probablement votre nom, là d\u2019où sort votre voix.ce rire en écho.L\u2019humanité évolue, et le partage de vos lectures, combiné à votre propre expérience et à une personnalité intégrant de grands talents de communicateur, d\u2019honnête communicateur, a fait évoluer le Québec.N\u2019ayez jamais l\u2019humilité d\u2019en douter.Peu peuvent se targuer de cet héritage, peu importe la nature et la provenance de cette contribution.Durant ces quarante années, notre société s\u2019est cherchée, tant sur le plan collectif qu\u2019individuel.Durant cette recherche, vous lui avez permis de croire au bonheur, sans ignorer les parts d\u2019ombre qui jalonnent les parcours de chacun.Vous avez nommé les choses, simplement, convaincu de l\u2019intelligence de vos auditeurs, convaincu de leur capacité à voir et à anticiper le monde, intérieur comme extérieur, à travers de nombreux prismes, plusieurs lentilles, du microscope au télescope.Vous nous avez fait voyager, à l\u2019intérieur de nos pays, de ceux des autres.De vous, le souvenir restera.Surtout, bouillant et bien actif chez plusieurs, ce petit atome, cette particule Languirand, celle qui aura façonné des personnalités plus ouvertes, voire même avec un peu de chances, des personnes un peu meilleures. LE DEVOIR LE LUNDI EEVRIER 2014 A 7 IDEES J,-\t>A; r«« >K.C M .9is*iv*rt-î*cuf S JACQUES NADEAU LE DEVOIR En 2012, on apprenait la décision de HEC Montréal (ci-dessus) d\u2019offrir une maîtrise entièrement en anglais.Lorsque, dans une université francophone, on autorise les étudiants à suivre tout un programme dans cette langue, on est en présence d\u2019une situation de bilinguisme institutionnel.Universités francophones ou universités bilingues ?Tout se passe comme si les universitaires ne se sentaient plus interpellés par le statut du français dans leur institution.Une telle désaffection a de quoi inquiéter.CLAUDE SIMARD Linguiste, professeur retraité de l\u2019Université Laval CLAUDE VERREAULT Linguiste, professeur titulaire à l\u2019Université Laval epuis quelques années, des signes inquiétants se multiplient selon lesquels l\u2019anglais est de plus en plus employé dans les universités francophones du Québec.En 2012, on apprenait la décision de HEC Montréal d\u2019offrir une maîtrise entièrement en anglais.La semaine dernière, des étudiants de l\u2019Université de Montréal ont déploré que des professeurs permettent, au 1®\u201c^ cycle, de remettre des travaux ou des examens en anglais et que cette langue prenne une place grandissante dans le matériel pédagogique.Comment expliquer cette érosion du français comme langue d\u2019enseignement à l\u2019université ?Comment interpréter ce laxisme dans l\u2019application des politiques officielles des universités francophones qui consacrent pourtant la primauté du français ?Indifférence et imprévoyance de la communauté universitaire On ne connaît pas encore l\u2019ampleur de la montée de l\u2019anglais dans les études de cycle.Mais au 2® cycle, on sait que HEC Montréal n\u2019est pas la seule école francophone à avoir créé une maîtrise entièrement en anglais.Depuis l\u2019automne 2011, l\u2019Université Laval en offre une, elle aussi, appelée «Global Business».11 s\u2019agit là d\u2019une tendance qui se dessine dans le réseau universitaire francophone.Malgré les lourdes conséquences de ce phénomène d\u2019anglicisation, aucune critique ni aucune inquiétude n\u2019a été sérieusement exprimée par les directions des universités ni par des associations d\u2019étudiants ou de professeurs, hormis quelques interventions individuelles {Le Devoir, 29 janvier 2014 et 27 février 2012).Tout se passe comme si les universitaires ne se sentaient plus interpellés par le statut du français dans leur institution.Une telle désaffection a de quoi inquiéter en raison de l\u2019importance de la question linguistique au Québec et du rôle de critiques et d\u2019éveilleurs d\u2019esprits que doivent exercer les universitaires.Qn pourrait avancer que, pris dans leurs nombreuses activités professionnelles et enfer- més dans leurs spécialités respectives, les professeurs et les étudiants n\u2019ont plus le temps ni l\u2019intérêt de participer activement aux divers débats qui animent la cité, ce qui laisserait supposer un regrettable désengagement de nos intellectuels.Se pourrait-il encore qu\u2019ils aient si bien intériorisé le discours de la suprématie de l\u2019anglais qu\u2019ils en soient arrivés à considérer comme normal de lui conférer le statut de langue d\u2019enseignement au même titre que le français ?Cette hypothèse troublante soulève toute la question du degré de conscience linguistique de l\u2019élite francophone.confond Bilinguisme individuel et bilinguisme institutionnel Dans toute cette question, on souvent le bilinguisme individuel, celui qui concerne un individu capable de s\u2019exprimer dans deux lances et le bilinguisme institutionnel, celui qui renvoie à l\u2019emploi de deux langues dans les institutions publiques.Ces deux types de bilinguisme ne sont pas du tout de même nature et ils ont une portée sociale bien différente.Quand on parle de la maîtrise de l\u2019anglais ou de toute autre langue étrangère par les étudiants francophones, on renvoie forcément au bilinguisme individuel puisqu\u2019il est alors question de la capacité d\u2019un individu à communiquer dans une autre langue que sa langue maternelle.Mais lorsque, dans une université francophone, on autorise les étudiants à faire des travaux et des examens en anglais, voire à suivre tout un programme dans cette langue, on est en présence d\u2019une situation de bilinguisme institutionnel, où le français et l\u2019anglais se voient tous les deux conférer un statut officiel de langue d\u2019enseignement.Même si le français demeure prédominant dans l\u2019ensemble des programmes, la langue anglaise voit son statut officia-bsé de facto à partir du moment où elle est utilisée comme langue d\u2019enseignement dans un programme où elle n\u2019est pas étudiée pour elle-même, dans un baccalauréat en études anglaises par exemple, mais où elle sert à la communication courante pour la transmission des connaissances.De telles pratiques bilingues prennent une signification sociale influant forcément sur l\u2019image des langues en présence.La langue anglaise voit son statut officialisé de facto à partir du moment où elle est utilisée comme langue d\u2019enseignement dans un programme où elle n\u2019est pas étudiée pour elle-même Le statut qui est effectivement attribué à une langue dans les différents secteurs de la société détermine son pouvoir d\u2019attraction.Au Québec, la francisation des immigrants reste difficile parce qu\u2019en Amérique du Nord l\u2019anglais a plus de poids sur les plans démographique, pobtique et économique, sans compter son influence culturelle.Comment réussirons-nous à convaincre les immigrants d\u2019adopter le français si nos propres universités se mettent à utiliser l\u2019anglais comme langue d\u2019enseignement, cela avec le consentement des francophones eux-mêmes ?Accorder à l\u2019anglais le statut de langue d\u2019enseignement dans une université francophone, c\u2019est augmenter la fragilité du français et c\u2019est diminuer sa valeur en tant que langue de communication du savoir.Cela peut aussi suggérer, mais à tort, que le français n\u2019a plus la syntaxe ni le lexique requis pour transmettre les connaissances relatives aux divers domaines professionnels ou scientifiques et que, par conséquent, il faut lui substituer l\u2019anglais, tenu alors pour supérieur non plus seulement sur le plan social, mais aussi sur le plan de l\u2019expression de la pensée.Qn voit quelles graves conséquences peuvent découler de cette anglicisation insidieuse.11 convient plus que jamais d\u2019insister sur les faits suivants, abondamment attestés par la sociolinguistique : une langue ne se maintient que si son utilité et son prestige sont assurés dans la société; les institutions, comme les universités, exercent, aussi bien dans leurs pratiques que dans leurs politiques, une influence décisive sur la valeur d\u2019une langue.Par conséquent, chaque fois que le français perd sa primauté sur le plan social et institutionnel au profit de l\u2019anglais, par exemple en tant que langue d\u2019enseignement à l\u2019université, il s\u2019en trouve affaibli.H ne suffit plus de remettre en question l\u2019anglicisation dans laquelle nos institutions universitaires francophones sont déjà engagées, il faut l\u2019arrêter pendant qu\u2019il en est encore temps.11 importe de tout mettre en oeuvre pour affirmer et renforcer la place du français dans ces institutions en tant que langue d\u2019enseignement.C\u2019est la seule et unique façon d\u2019empêcher nos universités francophones de devenir des universités bilingues.ANGLICISATION À L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Accusations non fondées GUY LEEEBVRE Doyen de la faculté de droit de l\u2019Université de Montréal e Devoir s\u2019est inquiété la semaine dernière de quelques cas d\u2019étudiants ayant rédigé leurs examens en an-, glais à la faculté de droit de l\u2019Univer-^ sité de Montréal.L\u2019occasion est donc ^^=1 belle de rappeler le rôle que notre faculté joue dans l\u2019intégration des étudiants de toute provenance à la société québécoise et l\u2019importance que notre université accorde à la langue française.Les statistiques les plus récentes montrent que moins de 1,5% des examens ont été rédigés en anglais à la faculté de droit au cours de la première année de baccalauréat d\u2019une cohorte de quelque 400 étudiants et que seulement 22 d\u2019en- tre eux se sont prévalus, une fois ou plus, de la po^sibibté de rédiger leurs examens en anglais.À la lumière de ces données, rien ne permet de conclure que l\u2019Université de Montréal s\u2019anglicise ou fait preuve de laxisme dans l\u2019appbcation de sa politique linguistique.En fait, non seulement un nombre infime d\u2019étudiants se prévalent de la possibibté de rédiger leurs travaux ou leurs examens en anglais, mais ce nombre s\u2019estompe avec le temps, preuve que la période de transition qui leur est accordée donne de bons résultats.Depuis plusieurs décennies, nous avons accueilli des étudiants provenant de la communauté anglophone ou issus de l\u2019immigration.Et au terme de leur parcours au sein de notre faculté, ces étudiants ont acquis non seulement une sobde formation juridique, mais égale- Herbert Marx ment une meilleure maîtrise de la langue française.C\u2019est ainsi que nous comptons parmi nos diplômés le regretté Alan B.Ôold, qui a été juge en chef de la Cour supérieure du Québec, et l\u2019honorable Herbert Marx, qui a été ministre de la Justice du Québec et juge à la Cour supérieure.Plusieurs générations d\u2019étudiants se sont succédé à notre faculté depuis ces brillants juristes, mais je suis convaincu que leurs successeurs se trouvent aujourd\u2019hui dans nos classes.Leurs noms ont toutes les consonances et leurs idéaux brillent tout aussi fort.Qu\u2019ils apprennent à connaître à la fois le droit civil et la langue française ne peut être qu\u2019un avantage pour le Québec et je suis fier de la contribution de ma faculté à cet apprentissage dans la langue de Maximilien Caron.Dubaï-sur- Hudson John R.MacArthur Longeant la 57® rue de Manhattan en décembre \u2014 à la recherche de la librairie Rizzoli pour mes courses de Noël \u2014, je suis tombé sur un terrain vacant un peu avant la 6® avenue.Ma première réaction fut l\u2019horreur : ma librairie bien aimée \u2014 havre civilisé au milieu d\u2019un grotesque surdéveloppement \u2014 a été sûrement démolie sans que je m\u2019en aperçoive, ai-je pensé.Pire, l\u2019enseigne devant le 111W.57 th annonçait la construction d\u2019encore un autre immeuble résidentiel, immense et hideux, dans ce quartier aujourd\u2019hui démodé, longtemps ancré à un bout par le magnifique Carnegie Hall et à l\u2019autre par Bergdorf Goodman.Une photo montrait le concept de l\u2019architecte \u2014 une aiguille luxueuse de 74 étages qui grimperait jusqu\u2019à plus de 400 mètres sur une parcelle mesurant seulement 13 mètres de largeur.Comment?Quoi?N\u2019a-t-on pas commis suffisamment d\u2019excès immobiliers pour amuser les voyous internationaux?11 y a juste un an, durant le violent ouragan Sandy, le monde entier a été témoin de la grue qui a failli dégringoler d\u2019une autre tour érigée pour la ploutocratie globale au 157 W.57th.J\u2019ai vite consulté les renseignements sur mon portable et reçu la bonne nouvelle: Rizzoli demeurait toujours au 31 W.57th et j\u2019avais simplement perdu le nord.Quel bonheur de m\u2019y retrouver, car les trois étages de beaux bvres d\u2019art et de photographie et d\u2019excellents ouvrages bttéraires en anglais, en français et en italien remontent à une époque où la culture des caractères imprimés sur papier relié valait en quelque sorte autant qu\u2019un condominium à près de 65000$ le mètre carré.Quel plaisir d\u2019arpenter les rangées de volumes, de marcher à pas feutrés sur des tapis épais sous des plafonds voûtés, entouré de jolies boiseries.Hélas ! À la rentrée, j\u2019apprends dans le New York Times que Rizzoli sera bientôt fermé, chassé par la cupidité des entrepreneurs et la là- de douzaines cheté aveugle de la Ville.Les propriétaires de l\u2019immeuble \u2014 de style français classique construit en 1919 comme salle de vente de pianos \u2014 ont déclaré leur intention de démolir ce beu paisible, ainsi que deux petits bâtiments adjacents.sans doute pour y construire une autre tour pour nfilbardaires russes et chinois.Déjà, la façade de Rizzob est entièrement couverte d\u2019un filet noir, un bnceul métaphorique pour la bbrairie, mais aussi pour une certaine idée d\u2019un New York cosmopolite, hétérocbte et inteUectuel.Lorsque je suis entré à l\u2019université Columbia en 1974, Manhattan bénéficiait de dizaines de bonnes librairies éparpiUées un peu partout.Aujourd\u2019hui, il n\u2019en reste qu\u2019une poignée.Cela est dû d\u2019abord à l\u2019émergence des chaînes à bas prix, comme Barnes & Noble et Borders, qui ont avalé le marché avec des rabais.Les chaînes, à leur tour, sont avalées par Amazon, qui continue sa marche impitoyable vers un commerce de détail vidé de toute personnalité et dénué d\u2019enseignes indépendantes.Toutefois, la transformation radicale de la 57® rue représente une plus grave menace sociale que les ventes en li^e bon marché.Le pouvoir de l\u2019industrie immobilière a toujours été énorme, mais, de nos jours, il est devenu pharaonique.Dépourvus d\u2019usines et des impôts qu\u2019elles engendraient \u2014 conséquence d\u2019une politique de libre-échange du gouvernement fédéral \u2014, les politiciens locaux s\u2019aplatissent devant les deux groupes de capitabstes qui restent: les banquiers de Wab Street et les propriétaires fonciers.Kzzob appartient tout de même à une importante société itabenne qui pourrait certabiement trouver un autre beu.Les petits commerçants \u2014 cela va de pab avec la détresse des locataires d\u2019appartement aux moyens modestes \u2014 ont le choix entre payer des loyers exorbitants ou fermer boutique.Et voilà qu\u2019un nouveau maire, Bill de Blasio, vient d\u2019accéder à l\u2019hôtel de vüle, porté aux urnes par son «Conte de deux villes», une lamentation rhétorique qui soubgne la faibe croissante entre riches et pas riches.Va-t-il crier halte! au «1%» qui est en trahi de transformer New York en une sorte de Dubai-sur-Hudson?Une pétition lancée par des employés de Rizzob a obtenu près de 10000 signatures, mais les développeurs sont mabns : pour contrecarrer un dernier appel à la Commission de préservation du patrimoine, üs ont enlevé la balustrade au-dessus de l\u2019entrée, une ruse pour réduire la valeur architecturale.Qn verra comment ce maire de gauche réagira à sa première véritable confrontation avec le vrai pouvoir.Et s\u2019ü comprend, comme dit Bernanos dans son Journal d\u2019un curé de campagne, que «le riche a soif d\u2019égards, et plus il est riche, plus il a soif».Lorsque je suis entré à l\u2019université Colombia en 1974, Manhattan bénéficiait de bonnes librairies éparpillées un peu partout John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste); information générale : Isabelle Paré {chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Karl Rettino-ParazeUi (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel V>zyj\\à.(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Robert Dutrisac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, (Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter)', information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), Julie Carpentier (pupitre)', information économique : Gérard Bérubé (chef de division), Marco Bélair-Cirino, François Desjardins et Éric Desrosiers {reporters), Gérald DaUaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Folie-Boivin et Louis Gagné (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier et Geneviève Tremblay (assistantes) ; correction : André^ne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire)', Florence Ferraris (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBOClT'E Elyes Ben M'rad, Claire Breton (superviseuré), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Nathalie Jobin {par intérim), Claire Paquet, Catherine Pelletier et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais, (coordonnatrice), Élise (j\\r?ixdi(secrétaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Caroline Guimond, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxim-Olivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientèle), Manon Blanchette, Danielle Cantara, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Florentina Draghici, Céline Furoy et Véronique Pagé. A 8 LE DEVOIR, LE LUNDI EEVRIER 2014 ACTUALITES REGINA SUITE DE LA PAGE 1 cord, j\u2019accepte ce refus\u201d.Sinon, nous n\u2019avons pas de détails particuliers.Il ne semble pas y avoir de problème majeur \u2014 ni mineur d\u2019ailleurs \u2014 de cette nature sur le campus.» Le Devoir a été en contact avec un membre de l\u2019Université qui affirme que Tes demandes de séparation des sexes ont été acceptées par Tes professeurs.Mis au courant de ce détail, Te président n\u2019a pas infirmé ces faits.«S\u2019il y avait quoi que ce soit hors de l\u2019ordinaire, je serais mis au courant.Il semble que cela ait été géré de manière très discrète et de manière acceptable pour les parties impliquées.Mais je fais des conjectures, car aucune plainte, officielle ou officieuse, n\u2019est parvenue à mon bureau.» Thomas Chase reconnaît que l\u2019université ne possède pas de politique pour gérer ce genre de demandes de ségrégation selon Tes sexes «simplement parce que le besoin ne s\u2019en est pas fait sentir jusqu\u2019à présent.Si cela devait devenir un problème, évidemment que nous le regarderions».Début janvier, on a appris qu\u2019un professeur de l\u2019Université Yorlî, à Toronto, s\u2019était fait rabrouer par Ta direction de son établissement parce qu\u2019il avait refusé d\u2019exempter un étudiant qui ne voulait pas participer à un travail de groupe pour ne pas côtoyer de femmes.L\u2019Université, se basant sur un avis de Ta Commission des droits de Ta personne de l\u2019Ontario, avait jugé que l\u2019exemption n\u2019entraînerait pas de fardeau démesuré et n\u2019affecterait pas Tes droits d\u2019autrui dans Ta mesure où Tes femmes de Ta classe n\u2019avaient pas besoin d\u2019être mises au courant de l\u2019exemption.Le professeur, Paul Grayson, a rendu son his- toire publique, et cela a vite fait Te tour du pays.II a déclaré au Devoir que, pour éviter de pareils errements.Te Canada devrait s\u2019inspirer de Bernard Drainville et limiter à son tour l\u2019expression du religieux dans Ta sphère publique.Depuis, M.Grayson dit avoir reçu des centaines de courriels d\u2019appui.II a indiqué qu\u2019un «petit nombre, mais croissant [de gens qui lui écrivent] commencent à entrevoir les avantages de la loi 60, en particulier parce qu\u2019elle place les droits des femmes au-dessus des droits religieux».L\u2019Arabie Saoudite et Regina Une porte-parole de l\u2019Université de Regina, Tors d\u2019une autre conversation, a estimé que ces deux ou trois demandes ne constituaient qu\u2019une goutte dans l\u2019océan des 13500 étudiants qu\u2019accueille l\u2019institution.Ce n\u2019est cependant pas Te seul genre d\u2019accommodement qui est accordé.Le président de l\u2019association des professeurs de l\u2019Université, Sylvain Rheault, confirme après consultation auprès des professeurs concernés que dans Tes classes d\u2019anglais langue seconde, il est arrivé «parfois» que «certaines étudiantes demandent de ne pas faire d\u2019exercices en pair avec des hommes».II faut dire que l\u2019Université de Regina est l\u2019une des institutions scolaires homologuées par l\u2019Arabie Saoudite pour fournir des cours d\u2019anglais langue seconde reconnus.L\u2019institution saskatchewanaise accueille donc une importante communauté d\u2019étudiants étrangers provenant de ce pays.L\u2019Université de Regina accepte aussi de recouvrir la fenêtre de sa piscine à la demande d\u2019étudiants musulmans.La piscine ne possède que quelques fenêtres, dont plusieurs sont déjà fumées, explique Gabor Jerkovits, le responsable du centre aquatique.Mais une seule, transparente, débouche sur un corridor où peuvent circuler des gens.C\u2019est sur cette fenêtre, qui mesure, selon M.Jerkovits, environ 15 centimètres sur 60 centimètres, que les responsables placent un papier pour cacher la vue lorsque l\u2019Association des étudiants musulmans loue la piscine.«Ce sont autant les étudiants que les étudiantes qui le réclament.Mais les étudiants masculins ne sont pas aussi à cheval sur la chose, ne sont pas aussi stricts que les étudiantes, qui y tiennent beaucoup», explique M.Jerkovits au Devoir.Lorsqu\u2019ils louent le bassin, ils réclament que le sauveteur en service soit du même sexe que les baigneurs.Encore là, le responsable du centre aquatique soutient que ce sont les femmes qui sont les plus intransigeantes sur ce point.Comme son personnel sauveteur est à 70-75% féminin, M.Jerkovits dit n\u2019avoir jamais éprouvé de difficulté à donner satisfaction au groupe.Pour les hommes, c\u2019est plus compliqué et il lui est parfois arrivé, raconte-t-il, quoiqu\u2019en de très rares occasions, d\u2019imposer une sauve-teuse aux baigneurs.Une des personnes qui ont contacté le professeur Grayson est membre de l\u2019Université de Regina.Cette personne, qui ne veut pas que son identité soit révélée, déplore les accommodements accordés par son institution à des musulmans demandant de ne pas être exposés à la vue de femmes.Cette personne cite les fenêtres de la piscine, les groupes séparés selon le sexe et même le fait que «plusieurs étudiants ont préféré recevoir un zéro plutôt que faire un travail sur les femmes et le leadership».«Ce que j\u2019ai trouvé le plus difficile fut la façon dont les étudiants masculins me dévaluaient et me traitaient comme un objet.En bout de piste, je crois que nous avons un problème au pays [.].Quelqu\u2019un doit se tenir debout.» Le Devoir SUPER BOWL SUITE DE LA PAGE 1 qui ne s\u2019y attendait pas, quelque chose d\u2019extrêmement inhabituel dans son cas.Le ballon s\u2019est retrouvé dans la zone des buts, recouvré par Knowshown Moreno pour le touché de sûreté.Ju^te comme ça, 2-0 Seahawks.A sa première séquence en attaque, Seattle a notamment profité d\u2019une course de 30 verges de l\u2019ailier Percy Harvin sur le flanc gauche pour atteindre la zone rouge, mais la poussée s\u2019est arrêtée là, et les Seahawks se sont contentés d\u2019un placement de 31 verges de Steven Hauschka pour accroître leur priorité à 5-0 avant de stopper les Broncos sur trois jeux et forcer le dégagement.Encore une fois, les hommes en blanc devaient grappiller une part appréciable de terrain, notamment sur une passe arquée de Russell Wilson à Doug Baldwin pour 37 verges, mais ils sont demeurés à court.Autre botté de précision de Hauschka, de 33 verges celui-là, pour porter l\u2019écart à huit points.Et les choses ne s\u2019amélioraient pas pour Manning : interception de Kam Chancellor sur la série subséquente, et les Seahawks pouvaient dire mission accomplie en cet engagement initial alors que Denver était limité à à peine un peu plus de 3 minutes de temps de possession et aucun premier essai.Ayant pris le ballon au 37 adverse, Seattle réussissait enfin à terminer le travail tôt au deuxième quart sur une course d\u2019une verge de Marshawn Lynch après une punition pour obstruction dans la zone des buts imposée aux Broncos.15-0.Manning a par la suite semblé avoir quelque peu retrouvé sa touche, mais la poussée s\u2019est de nouveau finie abruptement.Au moment de passer sur le 16® jeu de la séquence, son bras a été touché par l\u2019ailier défensif Cliff Avril, et le ballon en lob s\u2019est retrouvé dans les mains de Smith qui, en terrain ouvert, l\u2019a retourné sur 69 PAUL SANCYA ASSOCIATED PRESS Le quart-arrière des Seahawks de Seattie, Russell Wilson, et son coéquipier Clint Gresham se félicitant après l\u2019éclatante victoire de leiu équipe à l\u2019issue du match du Super Bowl, dimanche.verges pour le majeur.22-0, et bien des yeux écarquillés.C\u2019est d\u2019ailleurs sur ce score, après que Manning eut échoué à convertir un quatrième jeu et 2 dans la zone rouge, qu\u2019on s\u2019est rendu à la mi-temps.Deuxième demie La deuxième demie a commencé comme la première : il ne fallait pas trop s\u2019attarder loin de son siège ou de son appareil de télévision.Dès le botté de reprise, Harvin taillait en effet en pièces l\u2019unité spéciale des Broncos et filait sur 87 verges jusqu\u2019à la zone payante pour porter la marque à 29-0.Les Seahawks avaient ainsi marqué dans les 12 premières secondes de chaque moitié de joute, de quoi assommer le plus coriace des adversaires.Et rien, rien de rien ne continuait d\u2019aller pour la pourtant puissante attaque du Colorado : les passes ne trouvaient pas preneur devant un marquage étroit et le jeu au sol n\u2019arrivait pas à provoquer une quelconque éclaircie.Puis, alors qu\u2019une passe substantielle (23 verges) était enfin réussie à Demaryius Thomas, celui-ci trouva le moyen de laisser échapper le ballon, recouvré par Smith.Pour faire bonne mesure, les Broncos furent punis de 15 verges sur le jeu pour robustesse excessive.et les Seahawks en profitèrent pour revenir à la charge avec une poussée couronnée par une passe de 23 verges captée par Jermaine Kearse qui ajoutait à l\u2019humiliation.Tout juste avant la clôture du troisième quart-temps, Denver a enfin vu le jour : une séquence de 80 verges qui s\u2019est terminée par une passe de 14 verges de Manning à ce même Thomas.Avec la transformation de deux points réussie, on en était à 36-8.Eaut-il ajouter que Baldwin a marqué au quatrième engagement alors que la cote d\u2019écoute dans les chaumières devait avoir sensiblement chuté ?Le Devoir LEGAULT SUITE DE LA PAGE 1 mauvaise.Donc elle souhaite se sauver dans une élection qui porterait seulement sur la charte», analyse-t-il.Or, M.Legault n\u2019entend pas mener campagne autour d\u2019un enjeu qui n\u2019a pas beaucoup servi son parti depuis le début du débat.«Dans une campagne de 35 jours, nous allons peut-être commencer sur la charte, mais finir sur l\u2019économie», croit-il.Et s\u2019il faut parler de la charte, la CAQ tentera de faire valoir qu\u2019elle est «favorable à une charte équilibrée», rappelle M.Legault.«Ça, les gens ne le savent pas, parce que le débat a été tellement polarisé.Mais sur ce sujet, on est en bonne compagnie parce qu\u2019on a l\u2019appui de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry», qui trouvent tous que l\u2019interdiction du port de signes religieux est trop restrictive dans le projet de loi 60.Dans l\u2019immédiat, la CAQ entend rappeler les liens qui unissent le Parti québécois et la Eédé-ration des travailleurs du Québec (ETQ).Le thème sera abordé lors de la première journée du caucus de la rentrée.«Les médias n\u2019ont pas assez parlé de l\u2019investissement du Fonds [de solidarité de la ETQ] dans une entreprise de Claude Blanchet [le mari de la première ministre, et exdirigeant de Capital BLE], juge Erançois Legault.Nous, on va talonner M\"\u201c Marois et, plus que jamais, on va rappeler aux Québécois que le PQ a les mains attachées avec la ETQ.» La CAQ a procédé à une analyse de l\u2019investissement du Fonds dans Capital BLE, en lien avec les déclarations entendues à la commission Charbonneau.En coulisse, on indique que le parti entend surtout «poser des questions», n\u2019ayant pas nécessairement de révélations à faire.François Legault Pierre Paquette Pour François Legault, ce sera l\u2019occasion de ramener un thème qu\u2019il a beaucoup martelé lors de la campagne 2012 \u2014 celui des liens du PQ avec le milieu syndical.En ce sens, il soutient voir d\u2019un bon œil l\u2019arrivée dans le paysage de l\u2019ex-bloquiste Pierre Paquette, qui sera investi ce lundi soir comme candidat du PQ dans L\u2019Assomption, la circonscription de M.Legault.« C\u2019est un ancien de la CSN, il est associé à une gauche traditionnelle plus dépensière.Je ne pense pas qu\u2019il va aimer notre discours de ménage et de baisse de taxes pour les contribuables.On va avoir deux discours clairement différents et ça va rendre le choix des citoyens plus facile.» Mais il lance déjà quelques salves contre son futur adversaire, soutenant qu\u2019il «avait la réputation d\u2019être plutôt absent comme député fédéral de Jo-liette», et que ça lui «facilitera la tâche d\u2019affronter quelqu\u2019un qui vient de Montréal et qui est plus un gars de contenu départis qu\u2019un gars de terrain».Joint dimanche après-midi, M.Paquette estime pour sa part ses chances de victoire comme étant «très bonnes».«L\u2019Assomption est un terreau fertile pour le PQ.Les thèmes actuellement abordés, identitaires et économiques, rejoignent la population de la circonscription», pense l\u2019ancien chef parlementaire du Bloc québécois.Pierre Paquette juge que «la CAQ n\u2019a pas le même ascendant qu\u2019elle pouvait avoir en 2012», ce qui compliquera le travail de François Legault \u2014 élu à l\u2019époque avec 1078 voix d\u2019avance.A cela, M.Legault rétorque que la CAQ est sensiblement au même niveau d\u2019appuis qu\u2019au déclenchement de la dernière campagne : la firme Léger accordait 17% à la CAQ le 20 janvier dernier, contre 21 % le 1®\"' août 2012.Dans ce contexte préélectoral, le Parti québécois a par ailleurs lancé samedi une nouvelle publicité faisant appel au sentiment de fierté des Québécois.Le Devoir CORAN SUITE DE LA PAGE 1 croit, il est probablement aussi gêné que vous.Or, l\u2019Occident a développé une culpabilité perverse qui consiste à traiter ce problème comme une tare dont on n\u2019a pas le droit de parler.Je trouve honteux de se cacher ce problème alors qu\u2019on n\u2019est pas plus responsable d\u2019un texte fondateur que de ses parents.Oui, il y a delà violence dans le Coran, mais encore faut-il avoir le courage d\u2019affronter le problème.» Sentiment de supériorité Pour Daniel Sibony, cette culpabilité à l\u2019égard de l\u2019islam n\u2019est qu\u2019une autre forme du sentiment de supériorité de l\u2019Occident.«Quand vous dites \u201coui c\u2019est de notre faute\u201d, vous arrachez le problème aux autres.Il n\u2019y a plus de problème.C\u2019est vous qui allez le régler, car les autres n\u2019en sont pas capables.» Or, les musulmans n\u2019ont pas besoin de ce déni, surtout à l\u2019heure des révolutions arabes où, «pour la première fois en terre musulmane, libéraux et intégristes se retrouvent face à face».Selon Daniel Sibony, cette culpabilité a des racines chez l\u2019intellectuel américano-palestinien Edward Saïd, qui a eu un succès fou dans les universités américaines en disant aux Occidentaux qu\u2019ils ne pouvaient rien comprendre à l\u2019Orient.Il en voit aussi les racines dans les pro- pos du philosophe français Lévinas pour qui chacun de nous est responsable de l\u2019autre.«On n\u2019est pas responsable de l\u2019autre, dit-il.On peut l\u2019aider, mais on n\u2019en est pas responsable.Oui, il faut être ouvert à l\u2019autre.Mais il faut l\u2019aborder d\u2019égal à égal et le critiquer librement.Il ne faut pas d\u2019avance faire preuve de cette supériorité qui consiste à tout accepter parce que nos ancêtres ont fauté.Imposer une telle chose, c\u2019est créer de la haine.» Cette culpabilité vient de la Shoah et de l\u2019expérience de la colonisation, dit-il.«On a oublié que le colonialisme turc a existé et qu\u2019avant les croisades, il y a eu les invasions arabes.Il y a dans cette culpabilité une attitude paternaliste à l\u2019égard du monde arabo-musulman.Elle sert à clouer le bec aux Québécois ou aux Français et à leur interdire de parler.» Ce déni prend les formes les plus diverses, dit-il.Il y a ceux qui se prétendent libérés des religions et qui disent que ça ne les concerne pas.Il y a ceux qui affirment que, dans le Coran, il y a tout et son contraire.«C\u2019est faux.La violence des premières sourates est manifeste à l\u2019égard des Gens du Livre.Or, elles ont été écrites à la fin de la vie de Mahomet et dressent en quelque sorte un bilan.» Daniel Sibony en veut aussi à ces intellectuels qui, comme l\u2019écrivain Tahar Ben Jelloun, disent respecter la liberté d\u2019expression, mais ajoutent que la publication des caricatures de Mahomet était une provocation de trop qui jetait de l\u2019huile sur le feu.On pourrait parler d\u2019Hérouxville, qui était aussi à sa manière une forme de caricature.«Donc, chaque fois qu\u2019on parle de la violence fondatrice de l\u2019islam, on jette de l\u2019huile sur le feu ! Le résultat est toujours le même: l\u2019interdiction d\u2019en parler.C\u2019est honteux de mettre un voile sur un problème qui est un problème humain.Il y a treize siècles, l\u2019islam a eu besoin de se fonder sur cette violence.Aujourd\u2019hui, il faut la connaître pour la dépasser.» Le culte des minorités Cette culpabilité narcissique, Daniel Sibony la discerne dans nombre de ces discours qui prétendent «défendre l\u2019autre plus que l\u2019autre lui-même».Il suffit, dit-il, qu\u2019une minorité exige quelque chose pour qu\u2019on refasse nos lois.Selon cette culpabilité envahissante, il ne suffirait plus de respecter les droits des musulmans, des homosexuels ou des minorités ethniques, il faudrait aussi les aimer.«Il est ridicule d\u2019être contre l\u2019islam.L\u2019islam représente un milliard et demi d\u2019individus.On ne peut pas être contre une telle réalité.Mais on a parfaitement le droit de ne pas être preneur, de ne pas aimer certains aspects de cette religion et de le dire.Il est normal que les identités se frottent les unes aux autres et qu\u2019on ne soit pas toujours d\u2019accord.» « Une nation qui barre sa propre altérité au nom du respect de l\u2019autre, écrit-il, exprime surtout une vanité, une affirmation de soi, d\u2019un soi de plus en plus creux,^ et l\u2019autre lui accorde moins de valeur.» Selon lui, cet antiracisme exacerbé qui traite d\u2019islamophobe celui qui ose parler est à l\u2019origine de la montée de l\u2019extrême droite.«Les gens veulent indiquer par un signe fort qu\u2019ils ne sont pas d\u2019accord avec la façon dont on nie le problème.Le déni ne fait de bien à personne, surtout pas aux musulmans qui, ainsi, ne pourront jamais être vraiment acceptés.» Le Devoir Daniel Sibony en cinq dates 22 août 1942: Naissance à Marrakech dans une famille juive habitant la médina.Sa langue maternelle est l\u2019arabe dialectal marocain.L\u2019hébreu est ce qu\u2019il nomme sa «langue culturelle».A cinq ans, il apprend le français.1955: S\u2019installe à Paris avec sa famille.1974: Devient psychanalyste après avoir suivi une formation avec Jacques Lacan.1985: Est reçu docteur en philosophie.Emmanuel lAvinas était membre de son jury.1992: Publie Les trois monothéismes, juijs, chrétiens, musulmans entre leurs sources et leurs destins (Seuil).LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com CO sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 Abonnements (lundi à vendredi 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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