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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-02-22, Collections de BAnQ.

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[" À Edith Côté-Demers ' > et la chimie des amours spontanées Page es Adrian Paci en solo aux frontières du temps auMACM Page E 6 CAHIER E .LE DEVOIR I k SOURCE STUDIO GHIBLI Une image du film Le château ambulant, présenté à la Mostra de Venise en 2004.H A Y A 0 MIYAZAKI l\u2019œuvre faite homme Opus ultime du cinéaste d\u2019animation japonais, Le vent se lève vient clore une carrière admirable r TOSHIFUMI KITAMURA AFP i,^Ilfaut séparer Jiro Horikoshi des extrémistes de droite qui se sont emparés de lui comme d\u2019une expression de leur patriotisme et de leur complexe d\u2019inférioritéY^ Hayao Miyazaki, à propos du héros de son dernier fiim, inspiré du père du chasseur Zéro, i'avion symboie de Peari Harbor Dévoilé à la Mostra de Venise, le long métrage d\u2019animation Le vent se lève, à l\u2019affiche le 28 février, constitue la dernière offrande de Hayao Miyazaki au septième art.Retour sur la filmographie d\u2019un maître du cinéma d\u2019animation traditionnelle, dont l\u2019héritage peut se comparer sans rougir à celui de Walt Disney.FRANÇOIS LÉVESQUE Le vent se lève est un drôle d\u2019oiseau cinématographique : un drame biographique animé, en l\u2019occurrence.De l\u2019enfance à l\u2019âge adulte, on y suit le parcours de Jiro Horikoshi, l\u2019ingénieur en aéronautique japonais qui conçut autrefois les chasseurs bombardiers Mitsubishi A6M, mieux connus sous le surnom de «chasseurs Zéro».En apparence, le sujet colle mal à l\u2019univers fantaisiste et aux valeurs antimilitaristes du cinéaste Hayao Miyazaki, qui a pourtant décidé d\u2019en tirer son chant du cygne.Pour mémoire, les chasseurs Zéro furent utilisés lors de l\u2019attaque de Peari Harbor ainsi que lors de frappes kamikazes.D\u2019où la surprise pour quiconque fréquente la filmographie de Miyazaki, lui qui, dés ses débuts, proposait, avec des films tels Nausicaà de la vallée du vent etLaputa: le château dans le ciel, des allégories pacifistes.Né en 1941, Miyazaki passa sa petite enfance à fuir la guerre, ses ravages et ses famines.Ceci expliquant cela, dans chacun de ses longs métrages {Princesse Mononoké en tête, chef-d\u2019œuvre qui le révélera à l\u2019Occident, en 1999), il présente les forces militaires sous un jour défavorable, leurs technologies apparaissant dangereuses tant pour l\u2019homme que pour l\u2019environnement.Il s\u2019agit là du second cheval de bataille de SOURCE EQUINOXE FILMS Une image tirée du Vent se lève, im drame animé suivant le parcours de l\u2019ingénieur Jiro Horikoshi Miyazaki: l\u2019écologie, dont il est l\u2019un des chantres les plus notables avec Frédéric Back, dont il admirait d\u2019ailleurs le travail.Autre parti pris marqué ?Le féminisme.Que ce soit dans les films déjà cités ou encore dans Mon voisin Totoro et Kiki la petite sorcière, les héroïnes miyazakiennes prennent le pas sur les héros.Qu\u2019elles soient fillettes ordinaires ou guerrières, elles sont toujours vives, volontaires et courageuses.Leurs péripéties s\u2019inscrivent dans des récits d\u2019apprentissage (celui de la gamine privée de ses parents dans Le voyage de Chihiro ; celui de l\u2019adolescente métamorphosée en vieille dame dans Le château ambulant), voire d\u2019émancipation (celle de la petite Ponyo dans la relecture darwinienne de La petite sirène qu\u2019est Ponyo sur la falaise).Selon Miyazaki, «les sociétés gui valorisent les femmes réussissent mieux».A cet égard, le cinéaste n\u2019hésite pas à être en porte-à-faux avec les valeurs traditionalistes de son pays.Cette indépendance d\u2019esprit lui inspira des sujets \u2014 et des angles \u2014 peu populaires auprès des studios établis, dont le mythique Toei, où il fit ses classes à partir de 1963, puis chez A-Pro et enfin Nippon Animation, où il fut promu réalisateur en 1978.Las d\u2019essuyer des refus, il réalisa de manière indépendante Nausicaà de la vallée du vent, qu\u2019il avait auparavant fait paraître en manga (bande dessinée japonaise).Sorti en 1984, ce film relatant la lutte d\u2019une jeune femme pour mettre fin à la guerre qui ravage son monde et préserver ce qu\u2019il reste de la nature connut un triomphe.Si bien que, l\u2019année suivante, Miyazaki co-fonda le studio Ghibli avec Isao Takahata {Le tombeau des lucioles).D\u2019autres animateurs se joignirent à eux, mais ce furent les longs métrages de Miyazaki qui remportèrent les succès les plus retentissants.Princesse Mononoké et Le voyage de Chihiro fracassèrent des records d\u2019as- sistance au Japon, le second dépassant même, avec des recettes de près de 300 millions de dollars canadiens, celles de Titanic.Du jamais vu.Prolongement du studio destiné au public, le musée Ghibli dessiné par le cinéaste ouvrit ses portes en 2001 (pour l\u2019anecdote, le réalisateur privilégie encore là une approche peu orthodoxe en ne permettant la venue que de 200 visiteurs par jour).Dans l\u2019intervalle, Hayao Miyazaki sera passé d\u2019artiste excentrique à trésor national.Hormis son style coloré et luxuriant et sa fidélité à l\u2019animation traditionnelle, les valeurs humanistes de Miyazaki ont influencé nombre de cinéastes nippons de premier plan, comme Sato-shi Kon {Paprika, 2006), Mamoru Hosoda {Les enfants loups, 2012), Hiromasa Yonebayashi (Ar-rietty, le petit monde des chapardeurs, 2011), Ma-koto Shinkai {Voyage vers Agartha, 2011), Keii-chi Hara {Colorful, 2010).Mais aussi des géants de l\u2019animation ailleurs dans le monde, dont John Lasseter, réalisateur et directeur créatif chez Pixar {Histoire de jouets, 1995), un admirateur fervent qui supervise la distribution nord-américaine des productions Ghibli par un partenariat commercial conclu en 1996 avec Disney.Au-delà des apparences Campé dans le Japon ultraconservateur des années 1930, Le vent se lève marque un rare et étonnant détour du côté non pas d\u2019une, mais d\u2019un protagoniste, qui fit de surcroît progresser la machine de guerre nippone.Et pourtant, tout s\u2019explique dès les premières minutes du récit, qui débute non pas dans la réalité, mais dans un rêve.Quant au militaire, l\u2019auteur prend soin d\u2019établir que Horikoshi ne cherche qu\u2019à «créer de beaux avions».Or, à l\u2019époque, c\u2019est en tout cas le postulat du film, il n\u2019avait d\u2019autre choix que VOIR PAGE E 10 : MIYAZAKI E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 EEVRIER 2014 CULTURE De la musique avant toute chose.T - Odile Tremblay La musique adoucit les mœurs, dit-on, et si elle pouvait parfois sauver des vies?L\u2019incroyable trajectoire d\u2019Alice Herz Sommer en fait l\u2019éblouissante démonstration à travers The Lady in Number 6: Music Saved My Life de Malcolm Clarke, en nomination pour rOscar du meilleur court métrage documentaire (38 minutes, pas si court).Ce prodigieux portrait d\u2019un être de lumière est entièrement produit par une équipe montréalaise.Même son maître d\u2019œuvre, Malcolm Clarke, d\u2019origine londonienne, lauréat d\u2019un Oscar en 1989 pour le documentaire You Don\u2019t Have to Die sur un enfant cancéreux, habite Montréal depuis 1998.Le film sera projeté aux Rendez-vous du cinéma québécois, ce samedi, à 13 h, à la Grande Bibliothèque (son producteur Frédéric Bolibot, de Bingury Films, s\u2019adressera au public), aussi tous les après-midi jusqu\u2019au 27 février au Cinéma du Parc.A voir en ces jours de grisaille, en guise de chasse-cafard.Mais qui est donc cette Alice Herz Sommer?demanderont certains.Une bouille ronde, des yeux rieurs, les bras nus sous sa chemise rose, un collier de perles: coquette, à l\u2019âge vénérable de 111 ans (109 au moment du tournage).La dame vit dans «La musique a sauvé ma vie et la sauve encore» - Alice Herz Sommer son appartement londonien, jouant du Bach et du Beethoven sur son piano à queue, chaque jour.Plus vieille pianiste du monde, elle est aussi la survivante de l\u2019Holocauste la plus âgée.Dans une vie antérieure, Alice fut incarcérée avec son fils Raphaël au camp de Theresienstadt, alors que ses proches s\u2019évanouissaient parmi les cendres d\u2019Auschwitz et de Dachau.Mais à l\u2019entendre parler, à voir ses mains noueuses courir sur le clavier, son existence fut un jardin de roses.«La musique a sauvé ma vie et la sauve encore», dit-elle.A ses yeux, la beauté fleurit partout, voire au milieu des champs de ruines.«Suffit de savoir où regarder», assure-t-elle.Un jour une journaliste allemande lui a demandé : «Ne nous détestez-vous pas ?» «La haine appelle la haine, répondit la pianiste.Bach, Beethoven, Brahms, Schubert me rendent heureuse.» On croirait entendre Roberto Benigni dans sa comédie sur fond d\u2019Holocauste La vie est belle.Un gallon d\u2019optimisme, trois fugues de Bach en secret de longévité et de félicité, ça vaut bien quelques rasades de whisky et des antidépresseurs.Chercher la beauté dans les camps Juive, elle est née à Prague en 1903 ; il faut l\u2019entendre évoquer l\u2019enchantement de son enfance chez des parents qui fréquentaient Gustav Mahler et Franz Kafka.«C\u2019est l\u2019atmosphère intellectuelle dans notre maison qui était précieuse.» Déjà pianiste enfant, puis 4 KIERAN CRILLY Plus vieille pianiste du monde, Alice Herz Sommer est aussi la survivante de l\u2019Holocauste la plus âgée.concertiste reconnue, mariée en 1937 à un violoniste, Leopold Sommer, bientôt mère, elle avait une vie riante : «J\u2019ai vécu un rêve jusqu\u2019au tremblement de terre», dit-elle à l\u2019écran.En 1939, des milliers d\u2019Allemands sur des motocyclettes envahissaient Prague.Les juifs allaient se faire à peu près tout confisquer, mais son père cacha un petit piano, leur r salut quotidien.Avant d\u2019être envoyé à Auschwitz, il recommanda à ses enfants sur le pas de la porte : «Demeurez seulement calmes et forts.» Sa mère fut déportée en 1942.Avalée à son tour par la nuit et le brouillard, comme le mari d\u2019Alice, Léopold, à Dachau.Rideau ! Alice Sommer Herz fut envoyée pour sa part avec son garçon au camp de Theresienstadt.Les musiciens se produisaient avec orchestre devant les autres détenus, pendant que les officiers nazis écoutaient aux portes.Elle avait 39 ans à son arrivée, vécut là-bas deux ans, après avoir participé à plus de 300 concerts.« Chaque jour, la vie était belle.Même les gens très malades, devant un concert, redevenaient jeunes.» En 1949, elle émigra en Israël, où elle enseigna la musique, puis retourna à Londres afin d\u2019accompagner son fils, violoncelliste accompli.Celui-ci revint s\u2019établir en Angleterre, puis mourut en tournée.Malcolm Clarke avait déjà reçu une nomination aux Oscar en 2003 pour son docu- mentaire Prisoner of Paradise, profil d\u2019un artiste juif, Kurt Gerron, forcé par les nazis à réaliser un film de propagande sur les bienfaits de Hitler au camp de concentration de Theresienstadt, où Alice vécut.Le lieu se voulait modèle.Hitler le faisait visiter à la Croix-Rouge comme certificat de bonne conduite envers les Juifs.La traversée du Styx La biographe anglaise Caroline Stoessinger avait écrit Le monde d\u2019Alice sur le destin de la pianiste centenaire, traduit en français chez Michel Lafon.De fil en aiguille, Clark fut approché pour la filmer.Refaire une œuvre sur l\u2019Holocauste ?Pas envie ! « Ce type de sujet est psychologiquement et émotivement trop difficile à traiter, déclare le cinéaste.Mais rencontrer Alice fut une totale surprise.J\u2019avais devant moi une personne dont l\u2019existence transcendait le cadre relativement étroit de l\u2019Holocauste.» Celle dont la vie avait été transformée à jamais par la Shoah était trop exception- nelle pour se jouer le mauvais tour de se définir seulement comme «une survivante».«Elle est vraiment un des êtres les plus étonnants et épris de la vie que fai rencontrés au cours de ma longue carrière de docu-mentariste.» Le temps pressait.A cet âge canonique, l\u2019héroïne pouvait disparaître ou laisser échapper dans un coin sa mémoire.Il revint vite avec féquipe : une semaine de tournage à Londres.Le fdm insère les photos d\u2019archives d\u2019Alice, des images du camp restées en banque pour Prisoner of Paradise, des voix hors champ, beaucoup de musique, et des scènes reconstituées de salles de concert du temps.On assiste aux visites des copines d\u2019Alice, si dignes et al-lumées: Anita Lasker-Wall-fisch, violoncelliste, et Zdenka Fantlova, actrice, rescapées des camps elleç aussi, évoquant le passé.A son arrivée à Auschwitz, Anita se préparait à mourir dans une chambre à gaz.Mais une déportée en charge du tri des prisonnières lui demanda quel était son métier: «violoncelliste».Ça lui sauva la vie.Elle a rejoint for-chestre pour femmes du camp.Quant à Zdenka Fantlova, qui connut sept camps et vit périr les siens, elle sauva sa vie en s\u2019enfouissant à Bergen-Belsen sous 300 cadavres, avant d\u2019être tirée de là par un soldat britannique.Zdenka raconte n\u2019avoir jamais pensé être appelée à mourir, se percevant tout au long de son calvaire comme une observatrice plutôt que comme une victime.Question d\u2019attitude, en somme.«Deux, trois fois par semaine, je pense à Alice, dit le producteur Frédéric Bohbot.Face aux petites frustrations de ma vie, je la revois traverser sa vie impossible avec ce moral-là et mes petits malheurs me semblent soudain bien dérisoires.» Qn ne saurait mieux dire.Ces trois femmes artistes, au désir de vivre chevillé au corps, jeunes dans leur vieillesse, parlent d\u2019une vie sereine possible de Fautre côté du pire.Qn a Fimpression qu\u2019elles ont traversé le Styx, fleuve qui mène aux enfers, pour en revenir plus sages, plus conscientes des valeurs importantes de la vie : l\u2019amour des proches, famour des arts.Et quasi immortelles, suspendues à une note de musique, bien au-dessus des passerelles du temps.otremblay@ledevoir.com quatuor,.molinan GIANNI S6BCCHI J' i DIRECTION MUSICALE Jean-François Rivest MISE EN SCÈNE François Racine DIRECTION DE L'ATELIER D'ORÉRA Robin Wheeier CONCERTION SCENOGRARHIQUE ET COSTUMES Cari Peiietier ÉCLAIRAGES Serge Peiietier Musique de l\u2019Europe de l\u2019Est Henryk Gôrecki : Quatuor no.2 Quasi una Fantasia Gyârgy Kurtàg : Hommage à Andras Mihaiy 12 Microiudes Gyorgy Kurtàg : OWcium brave in memoriamAndreae Szervanszky WitoIrJ Lutoslawski : Quatuor(1964) Diaiogue 25 février 2014,20h Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100 est, rue Sherbrooke, Montréal Entrée libre Concert 28 février 2014,20h Conservatoire de musique de Montréal, 4750, avenue Henri-Julien, Montréal Billets: 26,50$, 21,50$, 11,50$ (étudiants) 7:514-527-5515 www.quatuormolinari.qc.ca Ô.iébecSi djè Conseil des Arts Ceneds Cound CONSERVATOIRE cmc LE = VIVIER Alfred Delleiec MEMORIA Rmdation Molinari Jeudi 27 février - Vendredi 28 février Samedi 1®' mars 201^ Salle Claude-Champagne - 19 h 30 220, avenue Vincent-d'Indy [métro Édouard-Montpetit) Billets : 25 $ et 12 $ [étudiants) Billetterie ADMISSION : 1 855 790-12d5 Renseignements : 51d 3d3-6d27 www.musique.umontreal.ca A Université fnl de Montréal appaSSmuÉa Billets Vincent Lauzer \u2022 joue 26 février 2014,20 h Salle IHerre-Mercure Une grande fête musicale autour de la flûte ! Appassionata reçoit le virtuose Vincent LauzëÏM consacré Révélation Radio-Canada 2013-201 éJ Un concert d\u2019une grande beauté avec de^ œuvres de Haydn, Mozart et Vivaldi. LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 EEVRIER 2014 E 3 CULTURE >THEATRE W ï il U ^ 4 ^ PHOTOS MICHAËL MONNIER LE DEVOIR L\u2019histoire des ours panda racontée par un saxophoniste qui a une petite amie à Francfort est d\u2019abord une rencontre entre deux êtres humains.Les liens qui les unissent sont au cœur de l\u2019histoire.La chimie subversive des amours spoutauées Édith Côté-Demers met en ^ckt\\e, Lhistoire des ours panda racontée par un saxophoniste qui a une petite amie à Francfort^ une pièce si « belle » qu\u2019elle en devient « réconfortante » CHRISTIAN SAINT-PIERRE Diplômée du Conservatoire d\u2019art dramatique de Mpntréal en 2009, Edith Côté-Demers a fondé le Théâtre du Chantier avec les membres de sa promotion.«Nous sommes huit personnes très différentes, mais nous avons un lien très fort», lance celle qui s\u2019apprête à signer sa première mise en scène en dirigeant deux de ses collègues, Sonia Cordeau et Charles-Alexandre Dubé, dans une pièce de Matéi Visniec intitulée L\u2019histoire des ours panda racontée par un saxophoniste qui a une petite amie à Francfort La jeune femme estime que les membres de la compagnie qu\u2019elle dirige ont en commun d\u2019être «terre à terre».«C\u2019est-à-dire qu\u2019on aime ce qui est cinématographique, ce qui interroge notre vie quotidienne, ce qui est exprimé dans une langue contemporaine.On ne se prend pas au sérieux, dans le sens où on n\u2019a pas la prétention de révolutionner quoi que ce soit, ou de faire du grand art.Tout ce qu\u2019on souhaite, c\u2019est raconter des histoires et le faire de Édith Côté-Demers n\u2019a jamais eu d\u2019attirance particulière pour la mise en scène, jusqu\u2019à ce qu\u2019elle découvre cette pièce de Matéi Visniec.la façon la plus convaincante qui soit » Ainsi, après avoir été dirigés par Patricia Nolin dans La chambre bleue, une pièce du Britannique David Hare, et après avoir présenté un spectacle de rue à Montréal et dans quelques villes en France, les membres du Théâtre du Chantier proposent maintenant le texte d\u2019un auteur français d\u2019origine roumaine injustement méconnu au Québec, une superbe partition créée à la fin des années 90, que Pascal Contamine avait mise en scène dans un loft du boulevard Saint-Laurent, en 2005.«Il fallait que je monte cette pièce, lance celle qui n\u2019avait ja- mais éprouvé d\u2019attirance particulière pour la mise en scène auparavant.C\u2019est étrange, je n\u2019ai même jamais pensé à la jouer.J\u2019ai très spontanément ressenti un appel, le besoin viscéral de la faire découvrir.C\u2019est une œuvre en apparence réaliste, concrète, mais qui cache tout un monde de fantaisie, un mystère qui m\u2019a complètement séduite.L\u2019action est toujours crédible, possible, plausible, mais le réel y est sans aucun doute tordu.» Conte des neuf nuits Quand la pièce corpmence, un homme s\u2019éveille.A ses côtés, une belle étrangère.Qui est-elle?Une ancienne amante?Une nouvelle conquête?D\u2019où vient-elle?Pourquoi est-elle là?Puisqu\u2019il veut comprendre, puisqu\u2019il est déterminé à en savoir plus, elle accepte de le retrouver durant neuf nuits, pas une de plus.Au cours de ces nuits, notre homme apprivoisera des réalités bien plus vertigineuses que tout ce qu\u2019il aurait pu soupçonner, empruntera des sentiers qu\u2019il n\u2019avait jamais explorés, fera la paix avec des parties de lui qu\u2019il avait jusque-là formellement niées.«Il y a une fantaisie, explique la metteure en scène, une poésie, quelque chose de plus grand que le palpable, de plus grand que la vie matérielle, quelque chose qui transcende l\u2019ordinaire.On touche à une réalité qui dépasse les personnages, mais qui nous dépasse aussi.» Un huis clos amoureux et spirituel Parce qu\u2019il y a une révélation à la fin \u2014 un coup de théâtre très efficace, d\u2019ailleurs \u2014, il est plutôt difficile d\u2019en dire plus sur l\u2019intrigue de la pièce sans en dire trop.Ce qu\u2019on peut divulguer cependant, c\u2019est que pour ceux qui y assistent \u2014 et fort probablement pour ceux qui l\u2019incarne \u2014 le huis clos, qualifions-le d\u2019amoureux et de spirituel, est tout à fait captivant.«A mon sens, révèle Côté-Demers, c\u2019est d\u2019abord et avant tout une rencontre.Une rencontre entre un homme et une femme, bien entendu, mais aussi entre deux êtres humains.Tout est dans le lien qui s\u2019établit entre eux, dans la relation qui les unit.C\u2019est chimique, inexplicable, spontané.En somme, c\u2019est une belle histoire, de celles qui réconfortent.» La jeune créatrice avoue que la pièce est si «belle» qu\u2019elle en devient subversive.«Je conçois très bien que l\u2019époque dans laquelle nous vivons suscite le dégoût et la désillusion, mais je suis en même temps convaincue qu\u2019il y a delà place pour autre chose, pour de la lumière, pour de l\u2019amour véritable.C\u2019est précisément pour ça que j\u2019ai décidé de mettre en scène cette pièce, parce qu\u2019elle constitue un fabuleux contrepoint au cynisme ambiant.» Collaborateur Le Devoir L\u2019HISTOIRE DES,OURS PANDA RACONTEE PAR UN SAXOPHONISTE QUI AUNE PETITE AMIE A ERANCEORT Texte: Matéi Visniec.Mise en scène: Edith Côté-Demers.Avec Sonia Cordeau et Charles-Alexandre Dubé.Une produc- ^ tion du Théâtre du Chantier.A la salle intime du théâtre Prospéra, du 25 février au 15 mars.DVoir > Une courte vidéo ouvrant sur l\u2019univers mis en scène par Édith Côté-Demers.ledevoir.com/ culture/theatre SPECTACULAIREMENT CHINE À LA PLACE DES ARTS * FAULT LINES * Un vibrant spectacle de danse contemporaine en hommage aux 70 000 victimes du séisme du Sichuan.20 FÉVRIER AU 1 MARS - 20 h K * LA TRAGEDIE* DU PRINCE ZIDÀN Un véritable opéra de Pékin inspiré de Hamlet.Assistez à une conférence pré-spectacle sur l\u2019opéra de Pékin dès 18 h 30.Billet pour le spectacle obligatoire Aucune réservation requise - Places limitées 28 FÉVRIER ET 1 MARS -19 h 30 >1/ H D n n E H n n Ê E EHinnisE sR !h \u2022 15 FEVRIER AU I^RMARS ^ placedesarts.com E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 EEVRIER 2014 CULTURE>ARTS DE LA SCENE La violence en héritage Mohsen El Gharbi revisite en un monologue percutant l\u2019horreur d\u2019une tuerie collective FABIEN DEGLISE ^ horreur naît par- fois du désespoir, c\u2019est bien connu, M\tOU d\u2019un acteur '\tsans rôle et sans talent, frustré par une vie sans vrais rôles, ni premiers, ni seconds, qui regarde les autres autour de lui grimper, alors que lui sombre.Un jour, le rôle de sa vie lui est offert sur un plateau.C\u2019est un personnage affreux, sordide, qui fait peur, mais qu\u2019il ne peut pas esquiver pour enfin donner, espère-t-il, des ailes à sa carrière.Il va l\u2019embrasser, le disséquer, l\u2019apprivoiser.Il va le faire avec méthode, sérieux, mais il va aller trop loin et.basculer.Avec Le dernier rôle, qui se prépare à prendre l\u2019affiche au MAI de Montréal mercredi prochain, le dramaturge et comédien Mohsen El Gharbi explore une nouvelle fois le thème de la transmission de la violence et de la mécanique de la folie en revisitant à sa manière un traumatisme collectif: la tuerie de Polytechnique, qui a emporté 14 âmes innocentes dans la mort, un sombre 6 décembre de 1989.L\u2019architecte de cette tuerie collective s\u2019appelait Marc Lépine.Pour ajouter à l\u2019inconfort, il partageait avec l\u2019auteur un bout de patronyme, Marc Lépine étant né, en octobre 1964, à Montréal, sous le nom de Gamil Gharbi.Troublant.«La pièce est inspirée de ce drame, mais également des débats qu\u2019a fait naître le film Polytechnique de Denis Ville-neuve lors de sa sortie en 2009 [débat sur la pertinence de romancer la tragédie, de gratter une plaie collective pas totalement fermée avec la tranche d\u2019une pellicule de film] », raconte Mohsen El Gharbi, rencontré cette semaine dans la petite salle du MAI où il se FESTIVAL INTERNATIONAL DE THÉÂTRE DE MARIONNETTES POUR ADULTES ET ENFANTS PRESENTATEUR OFFICIEL ^ Desjardins Coopérer pour créer l'avenir EDITION pANS£-c/7-^^ JOURS CASTEllERÿ 6-9 mars 2014 ALLEMAGNE DANEMARK FRANCE SUISSE ONTARIO QUEBEC 51W w festival.castelîers.ca THÉÂTRE oÙtrVmONt/^^'^ 495-9944 RÉSEAU ADMISSION/514 790-1245 Conseil da Arts Canada CouncI\t|#| fnr(l.>ApM LE devoir OKOKO DanittitÉ canaden Heritage QjébecE prshelvetla 0 oJT1@S Un extrait de Blues for Brother G.Jackson tirée de l\u2019album I Hear the Sound.ledevoir.eom/eulture/musique D « Avec son melange fascinant de styles de danse moderne, hip hop et ballet.Abraham a le savoir-faire chorégraphique et la passion de toucher le public avec des œuvres qui ont du souffle.» {Pittsburgh City Paper) SAISON 2013 2014 « Le plus grand et brillant talent créatif à émerger de New York durant l'ère Obama.» {OUT Magazine, New York) 11 février au 8 mars 2014 AMOURS FATALES D\u2019après Andromaque, Bajazet et Bérénice ^ PHlk de JEAN RACINE r \u201d - États-Unis ABRAHAM.IN.MOTION Pavement Kyle Abraham Billet à partir de 29 s Tarir Jeunesse 30 ans et 6»7»8 MARS.Théâtre Maisonneuve OlVlNiÎBUS MISE UN SCbNb_REAL BOSSE, SYLVIE MOREAU ET JEAN ASSELIN placedesarts.com ^Icorps Hthéâtre DANSEDANSE.CA 514 521 4191 ESPACELIBRE.QC.CA Quâ>ecBB œ * ESPACE L BRE LEDEVOIR WWW.MMEOMNBUS.QC.CA E 6 LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 EÉVRIER 2014 CULTURE>MÜSI0ÜES DU MONDE MONTRÉAL EN LUMIÈRE Fatoimiata Diawara et le réveil du Mali YVES BERNARD Depuis toute petite, Fatou-mata Diawara se bat pour la liberté.C\u2019est la rassem-bleuse charismatique et engagée, la séductrice à l\u2019air noble, à la voix puissante, au sourire radieux, mais aussi au cri primai et à la danse des possédés.Ivoirienne de naissance et Malienne de souche, elle se réclame de la tradition de Wassoulou, là où les femmes ont la langue bien déliée.Elle n\u2019a pas la sienne dans sa poche et, ce samedi à L\u2019Astral, elle revient à Montréal pour la troisième fois en moins de deux ans.Elle est devenue l\u2019une des principales révélations africaines sur la planète.Et Fatou incarne le réveil du Mali, le pays fracturé qui reprend vie.L\u2019an dernier, elle a créé Mali Ko, vibrant appel à la paix et sorte de We Are the World réalisé avec une quarantaine d\u2019artistes, dont Amadou et Mariam, Oumou Sangaré, Bassékou Kouyaté, Toumani Diabaté, Habib Koité et plusieurs autres.Elle relate la démarche avec passion: «J\u2019ai fait la chanson instinctivement, par amour pour mon pays, pour sa culture, ses enfants et ces femmes qui se faisaient violer Il fallait que l\u2019injustice arrête, mais je me sentais toute petite pour faire une chanson toute seule.» On avait interdit la musique au nom de Dieu, elle a réagi: «J\u2019ai dit non, ça ne peut pas être la fin de la musique, car plus que la politique, elle est l\u2019âme du Mali.J\u2019ai frappé à la porte de tout le monde.Je leur ai dit que c\u2019était à nous de Fatoumata Diawara incarne le réveil du Mali, le pays fracturé qui reprend vie.YOURI LENQUETTE nous lever et d\u2019utiliser la musique comme une arme.Il fallait se défendre.On l\u2019a fait avec les guitares, le ngoni, la kora, le balafon, les rappeurs et tous les enfants de la nation.» Mali Ko devient un hymne à la liberté, un appel au rassemblement entre artistes maliens de toute obédience: «Ils se sont rendu compte jusqu\u2019à quel point ils étaient forts.Il y a beaucoup de styles musicaux au Mali, mais les styles ne se croisaient pas forcément.Maintenant, tu vois des rappeurs avec des griots.Ils ont compris que c\u2019était compatible.Dans la pièce, je n\u2019ai pas voulu faire de la musique mandingue ou touarègue.Chacun pouvait se poser là-dessus et nous avons rassemblé des instruments de toufes les régions.» A Montréal, elle ne fera pas Mali Ko «parce que la pièce nous appartient à nous tous», dit-elle.Elle s\u2019amène en quatuor avec les mêmes musiciens que les fois précédentes, mais en version d\u2019hiver, en salle.Elle reprendra ses mélodies langoureuses, intimes, chaloupées, syncopées, bluesy ou plus funky.Elle commencera peut-être par une douce vague folk aux mouvements raréfiés, avant de se lancer dans un grand élan libérateur, par la voix comme par le mouvement.Elle ajoutera de nouvelles pièces, parlera de motivation, de réconciliation et de l\u2019importance pour les femmes d\u2019agir.Dans ce climat de réveil.Collaborateur Le Devoir A L\u2019Astral, le samedi 22 février à 20 h.DVoir et écouter > La pièce Mali Ko en vidéo et un extrait audio de la pièce Kanou.ledevoir.com/ culture/musique CLASSIQUE Le grand art de Yannick Nézet-Séguin Avec The 40/40 Project, le chef dessine une saison 2014-2015 audacieuse à l\u2019Orchestre de Philadelphie Yannick Nézet-Séguin CHRISTOPHE HUSS est un concept marketing fort et intéressant qui marque la saison 2014-2015 de l\u2019Orchestre de Philadelphie: The 40/40 Project.Sous prétexte des 40 ans du chef (en mars 2015), le menu de la saison offre 40 œuvres que le Philadelphia Orchestra n\u2019a jamais programmées dans les 40 dernières années.Le lot inclut évidemment des créations, tel un Concerto pour piano que Mark-Anthony Turnage a écrit pour Marc-André Hamelin, mais aussi d\u2019importantes œuvres récentes {Concerto pour violon de Jennifer Higdon) et des «classiques américains» du XX® siècle, comme Mass de Bernstein.Les mélomanes de Philadelphie retrouveront aussi des œuvres qui sont dans le paysage musical mais qu\u2019on entend très rarement, tel le Concerto pour piano de Khatchaturian, la Messe glago-litique de Janàcek, Chevauchée nocturne et lever de soleil de Sibelius, la Rhapsodie roumaine d\u2019Enesco, la Symphonie concertante (avec orgue) de Jongen ou la Rhapsodie avec clarinette de Debussy.Yannick Nézet-Séguin démontre ainsi que, contraire- ment à la majorité de ses collègues, qui rabâchent Beethoven, Brahms et Mahler, il a compris que l\u2019intégration de la création musicale de notre temps ne pourra se faire qu\u2019en parallèle avec la réintégration et la réappropriation d\u2019un certain XX® siècle oublié.C\u2019est lumineux et évident.Yannick Nézet-Séguin avait déjà surpris à Rotterdam.Alors que, dans la très large majorité des orchestres symphoniques, les directeurs musicaux se gardent bien d\u2019inviter des chefs qui pourraient potentiellement leur faire de l\u2019ombre \u2014 Montréal goûte, hélas, à cette triste médication depuis 37 ans \u2014, c\u2019est sans aucun complexe que le chef québécois a littéralement convié toute la panoplie de jeunes vedettes de la direction d\u2019orchestre à venir diriger son orchestre.Cela pouvait paraître téméraire, cela s\u2019est avéré courageux, rafraîchissant et bénéfique pour tous.La réussite de son pari à Philadelphie, reposant sur des intuitions justes et une saine connaissance du répertoire, chose rare et précieuse, sera importante pour l\u2019avenir de toutes les institutions symphoniques.Le Devoir a e: MuS^ COULEURS SrHPHONIQUEi; H VER 20 4 Sérié Dcminica oureie SYMPHONIQUES Dimanche 25 février 2C15 15h 5\u20ac MONTREE EN LUMIERE La Fondation Arte Musioa présente 14NARS 19 h 30 Marika Ccurnaki 15'édition FÊVRIEItAll2lLllAIIS AIMEZ-VOUS BRAHMS?BERLIOZ F É.CHAM au Piam Mercredi 26fevrier\\ 19h30 Invité spécial Jonathan Crow, violon solo de l\u2019Orohestre symphonique de Toronto BRAHMS Deux ohants, op 91 BRAHMS Quatuor à oordes n\u201c 3 BRAHMS Quintette pour piano et oordes Schubert, Drahms, Davei, Drckcfiev, Chcuin, Schuihcff D NONTR t SALLE BOURGIE MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL 1380 Sherbrooke Ouest 514-285-2000 Dimanche 9 mars 2C14 19h 5\u20ac Billets : 30$; 35$ taxes et frais en sus) LES VIOLONS DU ROY Valérie Miict à la harpe Vendredi 7 mars\\ 19h30 Samedi 8 mars\\ 19h30 Renseignements Pro Musica 514-845-0532 Maurice Steger, chef et flûte à bec Le retourà Montréal de ce virtuose dans un programme italien ^ BANQUE J NATIONALE Davei, Smetana, Debu$$v, Tcurnier Québec es a ALEXANDRE DA COSTA & WONNYSONG y» ORCHESTRE B MÉTROPOLITAIN ^^^YANNICK NÉZET-SÉGUIN À Mercredi 12 mars\\ 19h30 BRAHMS Intégrale des sonates pourviolon et piano Desjardins CONS D SARÎSD n A Constantinople orchestremetropolitain.com présente sallebourgie.ca \\ 514-285-2000, option 4 Les voyages musicaux de arco Québec laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 Montréal® Ensemble Constantinople Ensemble EnChordais (Grèce) Kyriâkos Kalaitzidis, oud et direction Ghosh, sarangi (Inde) (Chine) Jeudi 6 mars 2014,20 h CONTREBASSE VIENNOISE CLASSIQUE Tnos et quatuors avec contrebasse virtuose de Vanhal, Toeschi, Sperger et Haydn avec Francis Palma Pelletier, contrebasse viennoise naration ^ Nevrokopolis fS Jeudi 22 mai 2014,20 h BAGLIANO INVITE Musique de chambre allemande avec Stefano Bagliano, flûte à bec et directeur artistique du Collegium pro Musica de Gènes Z3 février 2oi4, iph honique de Montreal PLACE Bell Les CONCERTS ont l ieu a i a Sai le Bourgif du Musée des beaux-arts de Montreal.Suivez-nous ! w w w.boreades .com Info 514 634-1244 18® ¥ LE m'OIK PREMIERE MOl^N ^ i moN Québec q q iriiifrloactlon Canada LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 FEVRIER 2014 E 7 CULTURE>MÜS1QÜE CLASSIQUE Long Yu, le premier empereur Entretien avec le chef d\u2019orchestre qui mène le développement du paysage orchestral chinois Le chef d\u2019orchestre Long Yu n\u2019est pas très connu en Occident, même s\u2019il a choisi Berlin pour suivre ses études musicales.Il est pourtant l\u2019incontournable homme fort de la musique en Chine, cumulant trois postes prestigieux dans les villes clés du pays.Portrait du premier empereur de la musique classique en Chine.CHRISTOPHE HUSS ^ histoire unissant la Chine et la musique classique se déroule .en direct sous nos r yeux.Voici ce qu\u2019il en était dans un passé pas si lointain, raconté dans la bouleversante autobiographie de Zhu Xiao-Mei, La rivière et son secret.La pianiste y dépeint le climat des années précédant la révolution culturelle : «Dès le jour de la rentrée [1964] la directrice du Conservatoire nous fait part des instructions reçues du ministère de la Culture: désormais nous ne jouerons plus de musique classique occidentale.[.] Faute de partitions, les cours de musique n\u2019ont plus de raison d\u2019être.Mao a inventé un \u201cconservatoire sans musique\u201d.[.] Les professeurs décident [alors] d\u2019écrire collectivement un certain nombre de compositions.Les œuvres qui voient le jour quelques semaines plus tard puisent leur inspiration dans les scènes de la vie des paysans, des ouvriers ou des soldats.Parmi les titres: Le petit berger, Le retour de l\u2019entraînement au tir ou encore La danse des blés.L\u2019œuvre la plus gaie est Le retour de l\u2019entraînement au tir.» C\u2019était il y a 50 ans, en 1964, l\u2019année de la naissance de Long Yu.Les choses depuis ont bien changé.Zhu Xiao-Mei avait vu, ensuite, ses professeurs exécutés devant ses yeux.Aujourd\u2019hui, le Conservatoire de Pékin n\u2019est plus un «traître à la révolution» et la pratique musicale est devenue l\u2019un des baromètres du dépassement de soi et du succès.Plus de cinquante millions de jeunes Chinois apprennent assidûment le piano pendant que nous, ici, supprimons l\u2019enseignement musical de nos écoles.En Chine, il faut adapter l\u2019offre à la demande.Là-bas, aussi, on sait qu\u2019une institution culturelle forte et prestigieuse contribue à l\u2019aura d\u2019une ville.Le chef d\u2019orchestre Long Yu (ou Yu Long, selon la manière chinoise qui veut que le nom de famille précède le prénom) l\u2019a bien anticipé.En mars 2000, il a présidé à la création de l\u2019Orchestre philharmonique de Chine (ancien orchestre de la radio-télévision chinoise).Mieux encore, il cumule ce poste, depuis 2003, avec celui de directeur musical de l\u2019Orchestre symphonique de Guangzhou (Canton) et, depuis 2009, avec celui de directeur musical de l\u2019Orchestre symphonique de Shanghai.En résumé, à l\u2019échelle canadienne, cela voudrait dire que les orchestres de Toronto, Vancouver et Montréal auraient le même directeur musical.Le Eestival de Lanaudière aussi, puisque Long Yu a, dans ses attributions «annexes», la direction artistique du Eestival de musique de Pékin et la codirection \u2014 avec Charles Dutoit! \u2014 du Eestival d\u2019été de Shanghai.Pas étonnant que sa biographie indique que l\u2019homme de hambre saison piano Dorothy Fieldman Fraiberg clarinette Simon Aldrich violons Elvira Misbakhova Robert Margaryan alto Pierre Tourville violoncelle Sheila Hannigan contrebasse Reuven Rothman Œuvres de Finzi, Wagner & Dvorak le jeudi 27 février, 20 heures Salle Redpath, Université McGill Entrée libre www.allegrachambermusic.com f TIZIMA FABI AGENCE FRANCE-PRESSE Long Yu aime encourager la création en musique classique.Autant que possible, les programmes qu\u2019il dirige comptent environ 10% d\u2019œuvres nouvelles.KK J\u2019aime les enregistrements de concert, car je cherche la passion, [.] Je ne fais pas de plan éditorial d^avance.Nous enregistrons les concerts et publions ce que nous pensons être le meilleur.)} l\u2019année 2010 (catégorie «Arts») de l\u2019Empire du Milieu «mène le développement du paysage orchestral en Chine».Long Yu est, dans les faits, le premier empereur de la musique classique dans la Chine nouvelle.Le Gergiev chinois Le New York Times a déjà qualifié Long Yu de «Karajan chinois».Pour nous, c\u2019est plutôt la similitude avec l\u2019hyperactivité de Valery Gergiev qui s\u2019impose.Lorsque Le Devoir a joint Long Yu, l\u2019analogie l\u2019a amusé: «Je n\u2019utiliserai pas ces mots, mais c\u2019est sûr que nous sommes très occupés!, a-t-il répondu en riant.Valéry est attaché à une ville, moi, je suis dans trois, mais ce que nous cherchons tous les deux, c\u2019est de développer nos villes comme des centres importants en musique classique.» Long Yu, qui «en tant que Chinois» se dit «très amateur de musique russe», a choisi la 5\" Symphonie de Chostakovitch pour son concert avec l\u2019OSM, mercredi et jeudi, un choix effectué d\u2019un commun accord avec l\u2019administration artistique montréalaise et qui reflète son admiration pour cette symphonie qu\u2019il a incluse dans son dernier album avec l\u2019Orchestre symphonique de Shanghai, paru chez Sony en Chine.Dans sa politique d\u2019enregistrement.Long Yu est très pragmatique.-«J\u2019aime les enregistrements de concert, car je cherche la passion.Avec le Philharmonique de Chine nous sommes liés à Decca et à Deutsche Grammophon, avec le Symphonique de Shanghai, les CD sont publiés par Sony.Je ne fais pas de plan éditorial d\u2019avance.Nous enregistrons les concerts et publions ce que nous pensons être le meilleur.» Le concert montréalais programmera un concerto pour violoncelle de Qigang Chen.Long Yu a fortement insisté pour introduire une oeuvre d\u2019un compositeur chinois et passe régulièrement des commandes à des auteurs en vue comme à de jeunes compositeurs chinois.«La part des œuvres nouvelles est aussi importante que possible.Il faut aussi que le public le demande, mais je dirais que nous avons environ 10% de créations dans nos programmes.» Parmi les compositeurs de renom sollicités se retrouvent Krzysztof Penderecki, Philip Glass, John Corigliano, Tan Dun et Unsuk Chin.Long Yu confirme le «développement spectaculaire de l\u2019intérêt pour la musique classique en Chine dans les 10-15 dernières années.Le Philharmonique de Chine est devenu le plus important, nous développons l\u2019auditoire, le public est plus jeune et, parmi les tendances récentes, on note un intérêt croissant de la part des jeunes pour la musique de chambre».Dans ce contexte, il ne pense pas que les jeunes musiciens qui entament une carrière de musiciens d\u2019orchestre ont la frustration d\u2019être des solistes manqués.Quant à l\u2019influence politique, Long Yu insiste sur sa «totale indépendance en matière de programmes» et note que les processus de nomina; tion varient au cas par cas : «À Shanghai, c\u2019est un comité de sélection, à Guangzhou ce sont les musiciens qui choisissent».Primé par la fondation Art et culture Montblanc (avant que Lang Lang en préside le conseil d\u2019administration), chevalier de l\u2019Ordre des arts et des lettres en Erance et com-mendatore en Italie, Long Yu restera-t-il longtemps au Canada un inconnu illustre ?Le Devoir LONG YU DIRIGE UOSM Gougeon: Toy.Tchaikovski: Variations Rococo.Qigang Chen : Enchantements oubliés.Chostakovitch : Symphonie n\" 5.Jian Wang (violoncelle).Ce concert s\u2019inscrit dans le cadre de l\u2019événement Spectaculairement Chine, du 15 février au P' mars à la Place des Arts.Écouter > Un extrait de la 5\" de Chostakovitch par D l\u2019Orchestre de Shanghai et LongYu.ledevoir.com/ culture/musique LE DEVOIR ET Rl'ASTRAL OIREE BENEFI E 22.5 SHAI MAESTRO TRIO (isri-ARIHOENIGiüsii RÉMIOOLDOG-M-JSIMARO-Y.LÉVEILLÉ cm eki JAZZEDRAFALE.DM Heritage e HIVER 2014 bureie LE VOYAGE D\u2019HIVER 3 CONCERTS \u2022 2 CONFÉRENCES \u2022 1 FILM autour du Voyage d\u2019hiver de Franz Schubert CONCERTS Jeudi 27février\\20h VERSION ORIGINALE Jan Van Elsacker, ténor \u2022 Torn Beghin, pianoforte Vendredi 28février\\20h VERSION DE CHAMBRE (de Normand Forget) Pentaèdre \u2022 Daniel Lichti, baryton basse Joseph Pétrie, accordéon Dimanche2 mars\\16h VERSION DE HANS ZENDER (1993) Nouvel Ensemble Moderne \u2022 Rufus Müller, ténor Lorraine Vaillancourt, chef Présenté dans le cadre de Montréal en Lumière / 18,75$ à 35$ ttc M.UIJd;ld;i.lJ.-l par Georges Leroux Samedi V\u2019 mars\\ 14 h Le Vbyoge d'h/ver dans l\u2019histoire de la composition musicale Dimanche 2 mars\\ 14h The Place of the Winter Journey in Schubert\u2019s Work Auditorium Maxwell-Cummings du MBAM /gratuit sallebourgie.caX 514-285-2000, option 4 1339, rue Sherbrooke Ouest FILM Samedi V mars\\ 16h Christoph Prégardien et Menahem Pressler interprètent Schubert : Voyage d'hiver France, Pi erre-Mart in Juban, 201 2, 71 mm musee des BEAUX-ARTS MONTRÉAL ARTE MUSICA Présenté par 1027 4 E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 EEVRIER 2014 CULTURE.DE VISU Aux frontières du temps D\u2019une grande cohérence, le solo d\u2019Adrian Paci propose des métaphores sur l\u2019exil, la mémoire, les rites, la vie, la mort.ADRIAN PACI: VIES EN TRANSIT Au Musée d\u2019art contemporain de Montréal, jusqu\u2019au 27 avril.JÉRÔME DELGADO Le premier solo au Canada d\u2019Adrian Paci, artiste albanais établi en Italie, a du poids.Née d\u2019une collaboration internationale qui inclut le Musée d\u2019art contemporain de Montréal (MACM), cette exposition regroupe du travail réalisé depuis 1997 sous le thème de la migration.Malgré l\u2019apparente disparité des voies d\u2019expression (oeuvres vidéo surtout, mais aussi sculptures et peintures), le parcours, qui s\u2019ouvre par la marche (l\u2019œuvre The Encounter, 2011) et se termine par un voyage en bateau {The Column, 2013), s\u2019avère d\u2019une grande cohérence.Formé comme peintre, l\u2019artiste navigue dans plusieurs eaux, lui qui puise autant dans le documentaire que dans l\u2019au-tofiction.Derrière ses récits, jamais appuyés, presque minimalistes, couvent des réflexions ,sur les modes de fabrication.A moins que ce ne soit l\u2019inverse : ses propos sur le cinéma, la peinture et leurs effets d\u2019illusion servent de métaphores sur l\u2019exil, la mémoire, les rites, la vie, la mort.Les œuvres vidéo, installations plus que simples projections, occupent une place do- minante dans la pratique de l\u2019homme de 45 ans.Avec force : les images, très picturales et dotées de discrètes bandes sonores, quand elles ne sont pas silencieuses, sont à la fois apaisantes et implacables, parlantes.La question de la migration, du déplacement, se présente soit sous le motif de la marche ou du ralentissement extrême du temps \u2014 la vidéo Britma (2009) avance à coups d\u2019arrêts sur image \u2014, soit à travers le sujet du rite (le mariage, notamment).Les va-et-vient que Paci effectue d\u2019un médium à l\u2019autre expriment également l\u2019emprise que les mutations ont sur lui.Une salle en particulier rend évidentes ces multiples migrations.Elle réunit notamment la vidéo Vajtojca (2002), où Paci met en scène sa propre veillée funèbre, ainsi que la sculpture Home to Go (2001), sorte de pièce auto-référentielle qui l\u2019a révélé.De sa mise au silence à sa mise en lumière, il dégage un profond attachement aux notions de survivance et d\u2019identité culturelle.Lorsqu\u2019il est question de migrer, il y a nécessairement un temps clé, un avant et un après.Les moments frontières parsèment la signature Paci et forment l\u2019épine de trois installations-projections, parmi ses plus remarquables.Dans The Encounter, tournée sur une place publique en Si- SOURCE MUSEE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Image tirée de Per Speculum d\u2019Adrian Paci, 2008, flim 35 mm sur écran suspendu, couieur, son, 6 min 35 s.elle, une interminable foule fait la fde pour serrer la main de l\u2019artiste.Le plan panoramique ne permet pas d\u2019observer en détail ces rencontres.On devine cependant le changement d\u2019attitude qu\u2019elles imposent.Magnifique par sa composition (la foule forme un arc), The Encounter sacralise un rituel aujourd\u2019hui rendu archaïque par l\u2019amitié Facebook.Elle synthétise aussi l\u2019œuvre comme ce no man\u2019s land idéal où se croisent l\u2019artiste et le public.L\u2019installation-film Per Specu- lum (2008) pousse cette rencontre dans une sphère où se font face l\u2019illusion et le concret, matérialisé par un immense et très sonore projecteur 35 mm.Rien ne sert ici de décrire cette œuvre où enfants et miroirs tiennent les premiers rôles, sinon pour dire qu\u2019il faut la vivre réellement.Dans The Column, l\u2019œuvre en fin de parcours créée pour l\u2019occasion (en partie grâce au MACM), le visiteur est plongé dans un paquebot où des artisans chinois transforment un LES RENDEZ-VOUS D\u2019ART CONTEMPORAIN MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL LIE TERRES ETRANGE 1-1-1 .TOC.MBAM + MAC QUAND LES COLLECTIONS CONVERSENT bloc de marbre en colonne classique.Cette vidéo immersive, appuyée elle aussi par un bourdonnement motorisé, celui du navire, parle littéralement de déplacement.Or cette migration maritime a des relents culturels et politiques plus subtils, notamment dans le fait que la main-d\u2019œuvre orientale se met au service d\u2019une esthétique occidentale.Adrian Paci est de ces artistes non occidentaux qui introduisent, par leur regard «autre», des problématiques différentes \u2014 pensons à l\u2019Iranienne Shirin Neshat ou à un autre Albanais, Ami Sala, tous les deux déjà exposés en solo au MACM.Il est néanmoins étrange que Paci ne bénéficie pas d\u2019autant de salles.Même que la douzaine d\u2019œuvres amenées à Montréal n\u2019équivaut qu\u2019à la moitié de celles listées dans la publication qui accompagne l\u2019expo.Vies en transit semble condamnée aux seconds violons, alors qu\u2019on procède dans les mêmes espaces à l\u2019inauguration de The Clock, l\u2019œuvre-événement de Christian Marclay autour du cinéma très hollywoodien.Pourquoi ne pas avoir inversé leur emplacement?Collaborateur Le Devoir DVoir > D\u2019autres œuvres d\u2019Adrian Paci au MACM.ledevoir.com/culture/ arts-visuels AVIS AUX AMATEURS D\u2019ART ET AUX COLLECTIONNEURS DE PAPIERS ET DE GRAVURES Galerie d\u2019Art Carte Blanche 1851-1853, rue Amherst, Montreal (au sud-est de la rue Ontario) du 18 février au 6 mars Mar., mer., sam., dim.12h à 17h Jeu.et ven.12h à 21 h et sur rendez-vous.G Lithographies, estampes, eaux-fortes, gravures, aquareiies, etc.LOUiS-PiERRE BOUGiE, KiTTiE BRUNEAU, RODOLPHE DUGUAY, TOM HOPKiNS, JEAN-PAUL LEMiEUX, JEAN-PAUL RiOPELLE, TAPiES, ETO.Ainsi qu'une centaine d'œuvres d'une coiiection privée Pour info : 514-949-3117 > d\u2019ArtCartcblanche info@galeriecarteblanche.eom www.galeriecarteblanche.com / RBC Fondation* PLONGEZ DANS L\u2019ART CONTEMPORAIN A TRAVERS 5 EXPOSITIONS INCONTOURNABLES.i s EXPOSE (miriuA^a JULES DE BALINCOURT PEINTURES 2004-2013 LAURENT C PASTE TRANS-FORME / POSE / FIGURE i 4- SXV V T'îi AIR CANADA ® MBAM.QC.CA/RENDEZ-VOUS Peter Doig, Red Boat (Imaginary Boys) [Bateau rouge (Garçons imaginaires)] CdétaiD, 2004.Coiiection partiouiière, avec i\u2019aimabie concours de ia Miohaei Werner Gaiiery, New York et Londres.Photo Joohen Littkemann | Jana Sterbak, Generic Man, 1987-1989 (tirage de 2002).MAC, achat, grâce à générosité des empioyés du Musée d\u2019art contemporain de Montréai.Photo Rio hard-Max Trembiayl Karei Funk, Sans titre no 54, 2012.MBAM, achat, don de Miohaei St.B.Harrison.Photo MBAM, Christine Guest | Juies de Baimoourt, Boys' Club(.détaiO, 2011.MBAM, don de W.Bruce C.Baiiey en i\u2019honne de Stéphane Aquin, f^hoto MBAM, Christine Guest | Laurent Craste, Dépouille aux fleurs « Bleu Je Delft », 2012.MBAM, don de i\u2019artiste © Laurent Craste / SODRAC (2014) Photographie \\A.Dandurand, culturiste, Montréal, QC, 1927, Wm.Notman & Son, 11-282403.1 © Musée McCord & I MUSEE-MCCORD.QC.CA I 690, RUE SHERBROOKE OUEST, MONTRÉAL LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 EÉVRIER 2014 E 9 IDE VISU Vue d\u2019installations d\u2019Olivia Boudreau; de gauche à droite: Box, 2009, et Les petits, 2010.pressenti en 2012, lorsqu\u2019elle avait exposé Intérieur à la Fonderie Darling.Boudreau, sans aucun doute investie par la monumentalité des lieux, avait réalisé une grande installation, déployant ainsi dans tout l\u2019espace ses vidéos.Dans Femme allongée, c\u2019est plutôt le montage et la narrativité qui sont exploités, des stratégies nouvelles au service d\u2019un propos qui, s\u2019il a encore à voir avec le temps, sonde d\u2019autres avenues.L\u2019œuvre est résolument plus cinématographique, du fait même des moyens pris pour la réaliser, avec ses images de haute qualité et ses mouvements de caméra.Le court film d\u2019une durée de 13 minutes met en scène une femme d\u2019âge mûr allongée sur une table sous un drap blanc.Consciente, elle respire doucement, mais les personnages qui lui rendent visite la traitent en malade, voire en morte.L\u2019ambiance clinique du décor anticipe la morgue, où son corps est peut-être destiné.Le drap, à la fois pan pictural, écran, voile et page blanche, impose sa présence jusqu\u2019à la fin.Il est ce qui sépare aussi quand vient le temps de laver, de palper ou de regarder ce corps qui se voit aussi photographié par un personnage joué par Boudreau, qui surgit avec un appareil polaroïd.Le déclic s\u2019active sur ce que le drap levé nous empêche de voir.Les contenus affectifs, nombreux, ne font ainsi pas l\u2019économie du regard.Une photo polaroïd fixée au mur à côté montre un nu féminin, plus jeune, debout devant le décor semble-t-il aperçu dans le film.Est-ce le même personnage à un autre âge, tout comme la technologie du polaroïd en est une du passé ?Cette image, qui nous fait sentir voyeur, pourrait être PAUL LITHERLAND le plan dérobé de l\u2019histoire ainsi appelée à demeurer une énigme troublante.Collaboratrice Le Devoir De la lente combustion du désir Mise en valeur par la commissaire Michèle Thériault, la première exposition en solo d\u2019Olivia Boudreau est un véritable ravissement à la galerie Leonard et Bina Ellen L\u2019OSCILLATION DU VISIBLE.OLIVIA BOUDREAU A la galerie Leonard et Bina Ellen de l\u2019Université Concordia, jusqu\u2019au 12 avril MARIE-ÈVE CHARRON La première exposition en solo d\u2019Olivia Boudreau, elle dont les œuvres vidéo s\u2019étirent dans la durée, est un véritable ravissement.L\u2019artiste et la commissaire Michèle Thériault ont choisi de faire coexister dans l\u2019espace ces œuvres pour lesquelles la tentation première aurait sans doute été de les isoler.Les vidéos se répondent ainsi dans l\u2019espace, atteignant l\u2019objectif de cette exposition qui consiste à jeter un regard neuf sur dix ans de pratique.Si toutes les œuvres de Boudreau n\u2019y sont pas, plusieurs remontent aux débuts de l\u2019artiste, alors qu\u2019elle étudiait encore à rUQAM ou qu\u2019elle était toute jeune diplômée.C\u2019est dire que, déjà, il y avait dans son travail une pertinence qui ne s\u2019est en rien atténuée avec le temps.L\u2019une des œuvres.Jupe (2004), donne le ton d\u2019entrée de jeu dans la vitrine de la galerie qui s\u2019offre aux passants.Gros plan sur un tissu écossais qui se voit remonté légèrement, dévoilant ainsi deux fines cuisses nues, qui disparaissent aussitôt sous le tissu.Le manège recommence en boucle, insinuant dès lors une ambiguïté à propos du «motif» de cette image.Que cherche-t-on à voir dans les images, de surcroît lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un corps féminin?C\u2019est là une des questions, mais il y en a bien d\u2019autres, que le travail de Boudreau soulève en faisant précisément sentir au spectateur sa propre activité du regard.Les stratégies mises en avant par l\u2019artiste au fil des années, que sont la lenteur, le plan fixe, la présence réelle ou représentée du corps, les cadrages serrés ou l\u2019inaction, contribuent diversement à retourner le regard sur le regardeur.Your Piece (2007), diffusée dans le vestibule, le dit et le performe.De profil, c\u2019est une femme, l\u2019artiste, livrant un monologue inaudible.Le hors-champ et le contenu de cette confidence sont pour nous d\u2019irrépressibles vides à combler.Les vidéos appellent la noirceur pour leur visionnement et tout le parcours se passe donc dans la pénombre tranquille.Les œuvres, dénuées de dialogues, font entendre les bruits ambiants (chant de criquets, jappement, douche ouverte à répétition.) captés lors des tournages qui avaient pour critère de saisir le réel tel quel, même dans sa durée.Dans une première salle, le regard croise Vaches (2005), Pelages (2007) et Peinture (2004).Toutes trois mettent en scène l\u2019artiste avec des animaux ou jouant l\u2019animal.Elle tient la pose ou se voit dicter la pose, peut-être comme le chien en laisse dans Peinture, obéissant, à qui on a dit de rester tranquille.Mais le corps ploie et se fatigue, car l\u2019action dure parfois des heures, brisant ainsi l\u2019image de l\u2019animalité, domestiquée, à laquelle ce corps de femme est rapproché.Le corps montré à répétition semble refuser les diktats de l\u2019image, lieu privilégié de possession par le regard.La présence de deux corps réels posant dans la salle d\u2019exposition rend cette dimension encore plus probante.Il s\u2019agit d\u2019une performance, une des nouvelles œuvres de l\u2019artiste.Elle a fait appel à des interprètes qui, pendant des heures, changent de position en alternance ; l\u2019un est debout et l\u2019autre est couché, et ils rv Voir aussi > Une galerie-^ photo de certaines vidéos tirées du solo d\u2019Oiivia Boudreau, ledevoir.com/ culture/arts- visuels PAUL LITHERLAND Vue d\u2019installation d\u2019Olivia Boudreau ; Douches, 2006.passent de regardeur à regardé, sauf au moment du relais où, pendant quelques secondes, les deux corps se trouvent allongés.L\u2019apparente passivité des deux personnages, leur apathie calculée, fait ressortir le rôle actif du regard seul, ce qui nous implique encore davantage.Cette dynamique se joue différemment dans plusieurs œuvres de Boudreau.Toutes les fois où l\u2019artiste a fixé des paramètres de tournage et d\u2019action, c\u2019est semble-t-il pour révéler que le désir est construit par l\u2019image et sa mécanique.C\u2019est ce qui ressort de l\u2019ensemble des vidéos présentées, que ce soit le cheval dans son box filmé pendant 22 heures {Box, 2009) ou le corps douché et séché à répétition pendant une heure dans Douches (2006), œuvre qui n\u2019avait pas encore été montrée dans un cadre officiel.L\u2019exposition comprend aussi la vidéo des performances Dehors (2005) et Salle C (2007), dont les durées longues, encore une fois, feront comprendre qu\u2019il est vain de chercher à les saisir dans leur intégralité.Ce qui n\u2019est pas le cas avec Femme allongée (2014), une autre œuvre inédite de l\u2019artiste.Elle opère avec cette œuvre un tournant, fort prometteur, dans sa pratique, qui n\u2019est pas celui qui avait été :\t:* '\t*\t*\u2018i- SAYEH SARFARAZ Micropolitiques Commissaire : Claire Moeder y Vernissage le 23 février à 14 h MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval 450 662-4440 I vwvw.maisondesarts.laval.ca ^ Montmorency Musée national des beaux-arts du Québec Québec S S MNBAQ .ORG Partenaire des activités Hydro Québec Delta QUÉBEC Entrée libre [LiS£lL AMNiSriE Québec Si Les expositions Quatre figures de l'art moderne au Québec ont bénéficié d'une contribution financière du ministère de la Culture et des Communications \u2022 Jean Paul Lemieux, Les Crsu/;nes (détail), 1951.Huile sur toile, 61 x76 cm.Coll.MNBAQ, achat lors du concours artistique de la province de Québec en 1951 \u2022 Jean Paul Lemieux, 1979.Photo; Jean-Marie Villeneuve \u2022 Alfred Pellan, Citrons ultra-violets (détail), 1947.Huile, feuille d'or et peinture fluorescente sur toile, 208 x 167,3 cm.Coll.MNBAQ.© Succession Alfred Pellan / SODRAC (2014) \u2022 Alfred Pellan, 1968.Photo; André Le Coz* Fernand Leduc, Jaune (détail), 1962.Huile sur toile, 162,4 x 129,8 cm.Promesse de don de l'artiste.© Fernand Leduc / SODRAC (2014) \u2022 Fernand Leduc, 1987.Photo; Richard-Max Tremblay \u2022 Jean-Paul Riopelle, Poussière de soleil (détail), 1954.Huile sur toile, 245,2 x 345,3 cm.Coll.MNBAQ.© Succession Jean-Paul Riopelle / SODRAC (2014) \u2022 Jean-Paul Riopelle, 1978.Photo; Basil Zarov E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 EEVRIER 2014 CULTURE.TELEVISION Deux hommes en or En déambulation avec Simon et Sugar STÉPHANE BAILLARGEON Les deux gars sont au comptoir d\u2019un café.Ils ont reçu leurs gobelets.La montée de lait commence.Simon reproche une bagatelle à Sugar \u2014 pas le sucre, son ami humoriste en belle chair et en os.La réplique claque.La chicane éclair dégénère vers les immigrants, le Québec, le Canada, la langue.Tout y passe, très vite.Sugar dit à Simon qu\u2019il ne parle pas français mais un charabia que les vrais de vrais Français ne comprennent pas.La preuve : ils doivent sous-titrer les films québécois.Simon crie à Sugar de s\u2019en aller ailleurs avec sa gang d\u2019importés pour exploiter le BS, ou quelque chose du genre.Un puis l\u2019autre quittent le café sous les regards médusés du commis, des clients.Ces gars-là se retrouvent finalement dans une ruelle et rigolent de leur truc infaillible pour ne pas payer le latte.La scène concentre tout le charme et l\u2019audace qui font la force de la nouvelle série Ces gars-là.La production originale débute lundi soir à 20 h sur VTélé.Le canevas simplis-sime propose de suivre le quotidien de deux jeunes Centenaires montréalais.Il y a donc le réalisateur Simon Olivier Fecteau, célèbre pour ses capsules Web En audition avec Simon.Il y a aussi l\u2019humoriste Sugar Sammy.Le premier, très «franco-Qué-hec-communau-centro-gauche », évidemment résidant du Plateau, vient de se faire larguer par sa blonde (Mélissa Désor-maux-Poulin).Ça le laisse tristounet, ce qui complique les nouvelles rencontres.Le second, «centre-droit, anglophone, libéral de naissance», d\u2019origine indienne, habite en- V l 'I _______V BERTRAND CALMEAU Simon Olivier Fecteau et Sugar Sammy jouent dans Ces gars- là des archétypes opposés : le gars poli et posé et le gars plus macho, sans filtre.KK J\u2019aime beaucoup la télé, mais souvent, dans les séries, il manque des dialogues réalistes.Notre premier objectif, c\u2019était donc de créer un produit qui ait l\u2019air naturel )) Simon Olivier Fecteau core chez ses parents autour de Côte-des-Neiges.L\u2019aduslescent, le Tanguy pendjabi, rêve de rencontrer la flamme qui le fera déménager.Il multiplie les conquêtes et les ruptures.Pour justifier sa rupture avec une déesse souverainiste qui pousse le zèle jusqu\u2019à avoir une affiche de Jacques Parizeau dans les toilettes.Sugar Sammy lui explique: «Tu veux que le Québec soit indépendant.Moi, je ne veux pas être pauvre.» Quiproquos sociopolitiques C\u2019est lui qui a eu l\u2019idée de départ.«C\u2019est l\u2019histoire de deux archétypes opposés: un gars plus macho, sans filtre, et un autre plus posé et poli, explique l\u2019humoriste effronté au look de star.La dynamique ouvre la porte à beaucoup de gags.» La série coécrite par les deux comédiens, avec l\u2019au-teure India Desjardins, semble jouer de l\u2019autofiction, comme le demande un des codes prégnants de la comédie télévisuelle contemporaine.La production précédente de Fecteau s\u2019y conformait, les comédiens reçus en auditions jouant leurs propres rôles en faisant semblant de passer un vrai test.Cette fois, on ne sait pas trop ce que font ces deux hurluberlus dans la vie.Sugar Sammy n\u2019est pas présenté comme humoriste et son ami ne tourne rien.Le bottin de l\u2019Union des artistes ne défile pas à l\u2019écran.«J\u2019ai vu Sugar Sammy en show en 2010, explique Simon Olivier Fecteau.J\u2019ai adoré son numéro sur Pauline Marois.On est devenu amis.J\u2019avais des projets de films.Sam a eu un flash, une idée.Il ne voulait pas nécessairement la réaliser avec moi.Après quelques mois, fai proposé d\u2019embarquer avec lui.On est partis comme ça et on a intégré nos vies.Dans En audition avec Simon, je m\u2019appelais Simon et je jouais un trou de cul.Là, je m\u2019appelle encore Simon, mais je suis devenu un bon gars.» Il décortique certaines anecdotes de la série.Oui, une fois, alors que lui et Sam venaient de rencontrer des filles dans un bar, son ex lui a téléphoné pour une urgence : il y avait une araignée dans son salon et elle avait besoin d\u2019aide pour s\u2019en débarrasser.Oui, Simon a déjà fréquenté une fille qui puait épouvantablement de la bouche.Oui, Simon a eu un coiffeur qui semblait jouer au gai pour attirer une clientèle plus raffinée et plus payante.Les quiproquos sociopolitiques suscitent le plus de situations hilarantes.Ces deux gars-là discutent souvent de questions, comment dire, constitutionnelles, avec une douce ironie et une capacité d\u2019autodérision qui fait vraiment du bien.En plus, souvent, les langues officielles s\u2019entrechoquent, comme dans la métropole.«Nous, on s\u2019exprime et on se comporte comme ça, dit M.Sammy, qui s\u2019est fait connaître avec le spectacle bilingue You\u2019re gonna rire.C\u2019est aussi la réalité de beaucoup de Montréalais.Les langues mijotent, les points de vue se rencontrent, les univers s\u2019entrechoquent.Mes amitiés sont comme ça.J\u2019ai des amis qui parlent trois, quatre langues.Moi, dans la même journée, je passe de l\u2019anglais au français au pendjabi et à l\u2019hindi.» Simon Olivier Fecteau enchaîne en racontant qu\u2019au fond le but n\u2019est pas tant d\u2019exposer Montréal que de faire une bonne série.«On veut retrouver un certain réalisme dans les situations et les personnages, dit-il.J\u2019aime beaucoup la télé, mais souvent, dans les séries, il manque des dialogues réalistes.Notre premier objectif c\u2019était donc de créer un produit qui ait l\u2019air naturel.Notre deuxième objectif, c\u2019était de raconter des histoires universelles.Géographiquement, c\u2019est à Montréal.En fait, ça pourrait se passer dans n\u2019importe quelle ville.Ce n\u2019est donc pas une histoire montréalaise.Avant tout, c\u2019est une histoire d\u2019amitié.» Le Devoir Les prix RIDEAU récompensent l'innovation, la persévérance et l'audace en diffusion des arts de la scène FELICITATIONS AUX LAUREATS PRIX RIDEAU PRIX RIDEAU RECONNAISSANCE Jacques Matte, Théâtre du cuivre, Rouyn-Noranda PRIX RIDEAU INITIATIVE Maison de la culture Ahuntsic-Cartierville, Montréal Des mots sur mesure PRIX RIDEAU PARTENARIAT Corporation du Vieux Théâtre de Saint-Fabien, Série de codiffusions PRIX RIDEAU DIFFUSEUR Salle Pauline-Julien, Montréal PRIX RIDEAU TOURNÉE PPS Danse, Danse Lhasa Danse - tournée 2012-2013 PRIX RIDEAU HOMMAGE Patrick Norman RIDEAU, le Réseau indépendant des diffuseurs d'événements artistiques unis rideau-inc.qc.ca I LOTO I QUEBEC Québec nn 1^1 Gouvernement Government du Canada of musicaction CanadS admission CINEMA MIYAZAKI SUITE DE LA PAGE E 1 de passer par là.A ce chapitre, Miyazaki a multiplié les sorties publiques et les tweets exprimant son désir de «séparer Jiro Horikoshi des extrémistes de droite qui se sont emparés de lui comme d\u2019une expression de leur patriotisme et de leur complexe d\u2019infériorité », comme le rapportait, entre autres.Le Monde lors de la sortie française du film.Miyazaki est en outre lui-même un passionné d\u2019aviation \u2014 et de machines volantes tous azimuts.Il a déjà consacré un manga au héros de son enfance, dont les appareils lui ont inspiré ses premiers dessins.Boucler la boucle Il importe, cela dit, d\u2019insister sur un point: pour biographique qu\u2019il soit.Le vent se lève, en nomination pour l\u2019Oscar du meilleur film d\u2019animation, est passablement romancé, notamment eu égard à la trame sentimentale entre l\u2019ingénieur idéaliste et une ravissante tuberculeuse.C\u2019est d\u2019ailleurs ce segment, tiré celui-là d\u2019une nouvelle du poète Tatsuo Hori, qui donne son titre au fdm.C\u2019est également par celui-ci qu\u2019est cimentée la dimension personnelle du fdm, la mère d\u2019Hayao Miyazaki ayant elle-même souffert de la maladie qui la tint ali-tée pendant neuf ans.D\u2019où cette propension, plus tard, à lancer ses héroïnes à l\u2019aventure, à les libérer de toute forme de carcans?Au final, après s\u2019en être initialement étonné, on comprend que le romantisme suranné qui baigne la seconde partie du film ne trahit pas tant un repli nostalgique de la part d\u2019un cinéaste parvenu au crépuscule de la vie qu\u2019il constitue une évocation encore plus assumée de sa première muse : sa mère.Ainsi Le vent se lève porte-t-il en lui l\u2019ensemble de l\u2019œuvre et l\u2019ensemble de l\u2019homme puisque, de l\u2019enfance à l\u2019âge adulte, on y suit le parcours de Hayao Miyazaki.Le Devoir % STUDIO GHIBLI Hayao Miyazaki, le maître 1963 Hayao Miyazaki entre au mythique studio Toei comme assistant illustrateur.Il collabore à des productions populaires, comme Albator et Candy.1971 Désormais au studio A-Pro, il effectue un séjour en Suède qui le marque profondément.Plus que celle du Japon, c\u2019est la nature des pays Scandinaves qui l\u2019inspirera le plus par la suite.1985 II cofonde le studio Ghibli avec Isao Takahata afin de développer ses propres sujets.1996 Naissance du groupe Disney-Tokuma, chargé de distribuer tous les longs métrages Ghibli dans le monde.1999 Sortie du mégasuccès Princesse Mononoké (notre photo) aux Etats-Unis et au Canada, film qui révèle le cinéaste en Occident et lui vaut sa première nomination aux Oscar.2003 Le voyage de Chihiro remporte l\u2019Oscar du meilleur long métrage d\u2019animation aux Etats-Unis et, en France, le César dans la même catégorie.2013 Annonce de sa retraite à la Mostra de Venise. LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 2 ET DIMANCHE 23 EEVRIER 2014 E 11 CULTURE.CINEMA ¦Ir MÉTROPOLE FILMS Si Adam Bakri dans le rôle d\u2019Omar peut émouvoir, le film ne passera pas à Thistoire pour ses prestations d\u2019acteurs, surtout pas celle de la jeune Leem Lubany qui minaude avec insistance.Trahir ou ne pas trahir ?Avec Omar, Hany Abu-Assad propose une exploration frontale et sans manichéisme du conflit israélo-palestinien OMAR Réalisation et scénario: Hany Abu-Assad.Avec Adam Bakri, Waleed Zuaiter, Leem Lubany, Lyad Hoorani, Samer Bisharat.Image: Ehab Assal.Montage: Martin Brinkler, Eyas Salman.Belgique, 2013, 96 minutes.ODILE TREMBLAY Coiffé du prix spécial du jury à Cannes dans la section Un certain regard, en lice pour le meilleur film en langue étrangère (en représentation de la Palestine), Omar d\u2019Hany Abu Assad est un film qui s\u2019articule sur plusieurs plans dans la Cisjordanie contemporaine.Jonglant avec le thriller, la romance et le film d\u2019espionnage, le cinéaste ne maîtrise pas tout à fait chaque genre, mais il brosse un riche tissu scéna-ristique aux revirements inattendus.Omar constitue aussi une œuvre sur le passage de la jeu- nesse à l\u2019âge adulte, mais à la dure.Car en suivant trois amis d\u2019enfance palestiniens.Omar (Adam Bakri), Amjad (Samer Bisharat) et Tarek (Lyad Hoorani), politisés, on voit les drames surgir sous chaque pierre.Omar est amoureux de la sœur de Tarek, Nadia (Leem Lubany), et traverse le mur pour la retrouver.Les jeunes hommes veulent aussi tester autrement leur courage.Un jour, ils vont trop loin dans l\u2019embuscade d\u2019un poste militaire israélien : un soldat meurt.Omar est coffré et torturé.Si Adam Bakri dans le rôle d\u2019Omar peut émouvoir, le film ne passera pas à l\u2019histoire pour ses prestations d\u2019acteurs, surtout pas celles de la jeune Leem Lubany qui minaude avec insistance, mais les fils des trahisons sont très habillements noués, et au terrible climat qui sévit dans les terres occupées, le cinéaste ne fait pas de quartiers.Hany Abu-Assad se révèle plus habile METROPOLE FILMS Le scénario d\u2019Omar est tissé de revirements inattendus.auBONHEUR \u201cSQGRES UN FILM DE NICOLAS BARY D'APRES LE ROMAN DE DANIEL PENNAC s EDITIONS GJLUMRD 1985 PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE ^^^^^^^^fmetropoletil ms.com métropole scénariste que cinéaste.Il sait ouvrir des portes et les laisser ballantes sans tout révéler, comme il sait créer des situations inextricables, qui ne peuvent qu\u2019être tranchées dans le sang.Qui trahit et pourquoi ?La figure de l\u2019agent israélien sans émotions (Waleed Zuaiter) qui ourdit des pactes faustiens est la plus fascinante du film, un être entre deux langues (l\u2019arabe et l\u2019hébreu) qui a brisé les pactes avec sa conscience et vit en des limbes où les enjeux politiques se passent très bien de scrupules.La force du film repose sur son exploration frontale et sans manichéisme du conflit israélo-palestinien.Nul n\u2019est vierge et nul ne peut gagner.Reste à se battre jusqu\u2019au bout pour son propre camp.Triste constat d\u2019un univers impossible, où même l\u2019amour avance voilé.Le Devoir Le charme discret de la nostalgie LE COQ DE ST-VICTOR Réalisation : Pierre Greco.Scénario: P.Greco et Johanne Mercier, d\u2019après son roman.Avec les voix d\u2019Anne Dorval, de Guy Nadon, de Guy Jodoin, dcMariloup Wolfe.Montage: René Caron.Musique: Olivier Auriol.Québec, 2014, 80 min.ERANÇOIS LÉVESQUE Ça ne peut plus durer! Trop, c\u2019est trop ! Voilà qui résume 1 eiat d\u2019esprit des habitants de Saint-Victor, les pauvres qui, matin après matin, ou plutôt aurore après aurore, sont violemment tirés de leur court sommeil par le coq de monsieur le maire.Pas très porté sur la sollicitude envers le genre humain, le plus digne représentant de la famille des gallinacés coque-rique fièrement.Jusqu\u2019au jour où, las de l\u2019entendre, les bonnes gens enragés de la place l\u2019envoient chanter dans le village voisin.Mal leur en prend.Basé sur le roman jeunesse de Johanne Mercier, Le coq de St-Victor est le deuxième long métrage d\u2019animation, après La légende de Sarila, produit par 10® ave Productions, une compagnie de Québec dont plusieurs capsules et séries voyagent de par le monde.Campé dans un autrefois québécois idéalisé, le récit assume pleinement sa nostalgie, engendrant ainsi un charme suranné plutôt qu\u2019une atmosphère désuète.D\u2019ailleurs, le réalisateur Pierre Greco l\u2019a dit (et ça se voit), Marcel Pagnol et Chuck Jones sont ses deux principales influences, le premier pour le ton, le second pour la manière.Voilà pour le mélange des genres ! Les petits, qui représentent le public cible, craqueront-ils pour cette proposition au ramage coloré conjuguée au temps de naguère?Difficile à dire.Chose certaine, le film maintient un bon rythme et veille à multiplier les scénettes loufoques afin de garder captif l\u2019intérêt de cet auditoire prompt à la distraction.Ce doit bien être aussi efficace qu\u2019une série de cocoricos.Le Devoir EQUINOXE FILMS Le récit du Coq de St- Victor dégage un charme suranné.US PRESENTE PAR SAO EN COLLABORATION AVEC 20 FEVRIER > U^MARS 2014 LES RENDEZ-V DU CINEMA QUEBECOIS un événement QUEBEC CINEMA DECOUVREZ NOTRE SÉLECTION DE FILMS INDÉPENDANTS ! PAVILLON JUDITH-JASMIN ANNEXE (ANCIEN CINÉMAONF] 25 FEVRIER 5À7: POURQUOI S'AUTOPRODUIRE?17H AU BISTRO SAQ DE LA CINÉMATHÈQUE (entRéeI «LIBRE i QUEBECOISE AVEC RENAUD GAUTHIER, MARIE-CLAIRE LALONDE, JIMMY LAROUCHE, ÉRIC FALARDEAU ET PHILIPPE LESAGE Régie du cinéma /\"v jt 1 E9 E9 Quebec o ei PROGRAMMATION ET BILLETS : quebeccinema.ca i.RÉDEMPTION DE JOEL GAUTHIER MARDI 25 FÉVRIER | 21H30 STANDSTILL DE MAJDI EL-OMARI JEUDI 27 FÉVRIER 21H30 THANATOMORPHOSE D\u2019ÉRIC FALARDEAU TT- ?Disponible sur\tjggk AppStore f# ^ ^ VENDREDI 28 FEVRIER 21H30 JVCOi TELEFILM\th.Srild?*\"\u2019 lÔrYhlrTrtr®' Montréal©\tQuébec SS E 12 LE DEVOIR LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 EEVRIER 2014 ICINEMA « Un magnifique portrait de femme qui ensoieiiie ie cinéma.» , Odile Tremblay, Le Devoir , UN FILM DE SEBASTIAN LELIO m PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE ietropolefilms.com '' > métro|Do|e Faire parler les esprits et les fusils Le cinéaste Jeff Barnaby raconte la trajectoire de son premier long métrage, Rhymes for Young Ghouls, primé à Tribeca ANDRE LAVOIE Jeff Barnaby n\u2019était encore qu\u2019un enfant, mais il se souvient parfaitement des remous qui ont agité sa communauté en 1981, celle des Micmacs, et qu\u2019il peut encore revoir dans le documentaire Incident à Restigouche (1984), d\u2019Alanis Obomsawin.Il habitait à Listuguj, en Gaspésie, mais comme pour beaucoup de jeunes autochtones, le chemin des grandes villes, et surtout celui du cinéma, fut pour lui vite très attirant.Après quelques courts métrages remarqués {From Cherry English, The Colony), Jeff Barnaby a amorcé l\u2019automne dernier une nouvelle tournée de festivals, dont celui de Toronto et tout récemment celui de Rotterdam, avec sous le bras son premier long métrage de fiction.Rhymes for Young Ghouls.La ronde des événements cinématographiques, il la connaît, lui qui est reparti du Festival du film de Tribeca à New York en 2012 avec le Creative Promise Award, prk remis au scénario le plus prometteur.C\u2019était celui de Rhymes for Young Ghouls, qui recevait ainsi une accolade prestigieuse et payante.En entrevue à Montréal, sa ville d\u2019adoption, le cinéaste ne peut s\u2019empêcher d\u2019ironiser sur l\u2019impact majeur de ce prix sur la trajectoire de son film.«Cette caution américaine, ça excite les distributeurs et les institutions, alors tout le reste du financement a rapidement suivi, affirme Barnaby.Ça en dit long sur l\u2019état du cinéma canadien.» Avec un budget d\u2019environ 1,4 million de dollars, il a su faire preuve d\u2019ingéniosité pour illustrer cette histoire où esprits et fusils se volent sans cesse la vedette.Car en 1976 dans la communauté (fictive) de Red Crow, Aila (la jeune Kawnnahere Devery Jacobs) a soif de vengeance, déterminée à faire payer à un agent indien sans scrupule la mort atroce de sa mère, une machination qu\u2019elle prépare avec ardeur alors que son père revient au ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Jeff Barnaby a fait quelques courts métrages avant de se lancer dans la réalisation d\u2019un long métrage de fiction, dont l\u2019histoire mélange esprits et fusils.Lorsqu\u2019un cinéaste est issu d\u2019une minorité, il subit des pressions pour promouvoir des modèles; ks Amérindiens sont traités de manière si négative qu\u2019on se sent obligés de faire l\u2019inverse.)) bercail après un autre passage en prison.Suicide, alcoolisme, violence, familles brisées: tous les clichés que certains aiment accoler aux communautés autochtones semblent inscrits dans la trame de ce fdm.Pourtant, Jeff Barnaby ne prolonge en rien le travail d\u2019observation de documentaristes tels Alanis Obomsawin, «une grande influence dans [sa] carrière et dans [sa] vie, même [s\u2019il ne fait] pas de documentaires».Ci- néaste, scénariste, mais aussi poète et peintre, il refuse de noircir exagérément le trait ou d\u2019enjoliver les choses pour soulager la bonne conscience des spectateurs autochtones.C\u2019est d\u2019ailleurs un sujet qui le passionne, comme si Jeff Barnaby refusait toutes les étiquettes, tous les drapeaux, et surtout tous les slogans revendicateurs d\u2019une communauté.«Quand je regarde les films faits sur les Amérindiens, je ne me reconnais pas.Lorsqu\u2019un ci- néaste est issu d\u2019une minorité, il subit des pressions pour promouvoir des modèles; les Amérindiens sont traités de manière si négative qu\u2019on se sent obligés de faire l\u2019inverse.Au cinéma, à partir des années 1960, nous sommes passés du vilain au vieux sage branché sur notre mère la Terre qui converse avec les arbres: c\u2019est ridicule!» Les personnages de Rhymes for Young Ghouls parlent parfois avec leurs poings ou à la pointe de leurs fusils, mais aussi avec des forces surnaturelles qui viennent les rassurer ou les effrayer.Tout cela dans une approche stylisée «où le spectateur comprend vite qu\u2019il est ailleurs, et pas dans la réalité, fe ne veux surtout pas qu\u2019il regarde la vraie vie, mais du vrai cinéma».Collaborateur Le Devoir Rhymes for Young Ghouls prendra l\u2019affiche à Montréal le vendredi 28 février.Une catastrophe (ce n\u2019est rien de le dire) POMPEI (V.F.DE POMPEII, AUSSI EN 3D) Réalisation : Paul W.S.Anderson.Scénario: Janet Scott Batchler, Lee Batchler, Michael Robert Johnson.Avec Kit Ha-rington, Emily Browning, Kiefer Sutherland, Adewale Akin-nuoye-Agbaje, Carrie-Anne Moss, Jared Harris.Photo: Glen MacPherson.Montage : Michelle Conroy.Musique: Clinton Shorter.Etats-Unis, Allemagne, 2014, 105 minutes.ERANÇOIS LÉVESQUE Pompéi s\u2019attarde aux amours interdites entre un gladiateur et une citoyenne.A mesure que s\u2019enflamme leur désir croît la menace d\u2019une éruption volcanique.Sur papier, cette production 3D de 100 millions de dollars semble reprendre à son compte les rouages du péplum et du film catastrophe.Dans la réalité filmique, les trois scénaristes ont surtout recopié la formule Titanic.Ainsi le navire que l\u2019on sait condamné à sombrer est-il remplacé par une cité vouée à être détruite.Dans le premier, la noble héroïne promise à un mariage malheureux s\u2019éprend d\u2019un roturier, avec fuite éperdue pendant que tout s\u2019écroule alentour.Dans le second, la noble héroïne est promise à un mariage malheureux \u2014 etc.\u2014 pendant que tout flambe alentour.Contrairement à Kate Winslet et Leonardo DiCaprio toutefois.Kit Harington {Le trône de fer) et Emily Browning {Sucker-Punch) font la moue plus qu\u2019ils ne jouent.Le recyclage cinématographique est un procédé inévita- FILMS SEVILLE Les acteurs Kit Harington et Emily Browning font la moue plus qu\u2019ils ne jouent, ce qui n\u2019améliore pas l\u2019ensemble du film.ble et peut être source d\u2019amalgames heureux.Hélas ! Sous la houlette de Paul W.S.Anderson (la saga Resident Evil), le spectacle se révèle plus désolant qu\u2019épique, quoique l\u2019on y rie beaucoup \u2014 sans que ce soit le but recherché.On dirait un long épisode de la série Spartacus, succédané du film Gladiateur et de la minisérie Rome qui assume son kitsch, à l\u2019opposé de Pompéi.Il faut voir les uns et les autres déclamer des serments d\u2019amitié, de vengeance et d\u2019amour sur fond de destruction massive.Impossible de ne pas se remémorer la célèbre réplique d\u2019Eli Walach dans Le bon, la brute et le truand: «Quand tu dois tirer, tire, ne parle pas!» Dans le cas de Pompéi, cela donnerait: Quand tu dois fuir, fuis, ne parle pas ! Malheureusement pour les personnages, et surtout pour le spectateur, le classique de Sergio Leone ne figure pas sur la liste des œuvres pillées.Le Devoir EXC3NTRIS PRIX DU JURY - UN CERTAIN REGARD, CANNES 2013 EN NOMINATION POUR L\u2019OSCAR DU MEILLEUR FILM ÉTRANGER, 2014 OMAR HANY ABU-ASSAD - 97 MIN.- V.O.ARABE AVEC S.-T.F.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE GLORIA SEBASTIEN LELIO JIMMY P.\tEN ATTENTE ARNAUD DESPLECHIN\tDEVISA LA GRANDE BELLEZZA\tM'É] PAOLO SORRENTINO\t DOCVILLE : MASTER OF UNIVERSE\t 27 FÉVRIER À 20H\t CINÉ-KID PRÉSENTE: LOULOU ET AUTRES LOUPS\t 23 FÉVRIER À11H\t Un poème vieux comme le temps BELLE ET SEBASTIEN Réalisation : Nicolas Vanier.Scénario : Eabien Suarez, Juliette Sales, Nicolas Vanier, d\u2019après la série télévisée et le roman de Cécile Aubry.Avec Eélix Bossuet, Tchéky Karyo, Mar-gaux Chatelier, Dimitri Storoge, Mehdi El Glaoui.Image: Eric Guichard.Musique : Armand Amar.Erance, 98 minutes.ODILE TREMBLAY Un demi-siècle après la série-culte Belle et Sébastien, célébrant en montagne l\u2019amitié entre un garçon laissé à lui-même et un chien sans maître, l\u2019explorateur et cinéaste Nicolas Vanier réalise un remake au cinéma, en déplaçant l\u2019action durant la Seconde Guerre mondiale, comme le fit Chris-tophe Barratier avec sa Nouvelle guerre des boutons', thème inépuisable.On devait à Nicolas Vanier des films campés dans la nature sauvage : Le dernier trappeur, L\u2019enfant des neiges, Loup.Cette fois, il s\u2019agit d\u2019une œuvre de commande, dont il s\u2019acquitte avec application: les Alpes sous la neige sont magnifiées et un tas de bêtes sauvages (bouquetin, sanglier, loup, etc.) surgissent derrière les sommets à point nommé, mais que de lieux communs ! Il s\u2019agit, ne l\u2019oublions pas, d\u2019un film pour enfants, diffusé ici durant la relâche scolaire, et peut-être les tout-petits y trouveront-ils leur compte, encore que le contexte de l\u2019Occupation leur soit moins familier qu\u2019aux enfants français.Les bons sentiments sont au poste, bien sûr.Place au délicieux orphelin (Félix Bossuet, mignon à souhait et bon acteur) recueilli jadis par un berger (Tchéky Karyo, qui en fait des tonnes en ivrogne au cœur d\u2019or).Le garçon ne va pas à l\u2019école mais joue dans les Alpes, malgré tous les dangers, où il se lie d\u2019amitié avec un chien des Pyrénées évadé de son chenil, une chienne en fait.Belle, soupçonnée d\u2019égorger les moutons, traquée par les villageois qui l\u2019appellent la Bête.Le village de montagne (authentique) est fort joli et les paysages sont superbes, quant aux gambades des deux amis, elles sont pleines de charme.Mais fallait-il que la bête, après traversée d\u2019une rivière, en sorte à ce point blanchie et javellisée?Dans ce thriller de la Résistance, alors que le beau médecin (Dimitri Storoge) et la rousse Angelina (Margaux Chatelier, toujours impeccable et bien coiffée) aident les Juifs à traverser en Suisse, on rencontrera aussi un nazi amoureux.Le Sébastien de la série d\u2019origine, Mehdi El Glaoui, joue un vilain chasseur, sympathique clin d\u2019œil.Une battue, une poursuite, des escalades, une avalanche, la quête d\u2019une mère disparue et des complaintes d\u2019amour, le scénario multiplie les rebondissements avec plus ou moins de vraisemblance (le comportement de l\u2019officier allemand laisse perplexe), mais visuellement.Belle et Sébastien est réussi, avec de l\u2019émotion tout plein.Mieux vaut avoir cinq ans, quant au reste.Le Devoir #4^ FILMS SEVILLE Félix Bossuet interprète un petit orphelin qui joue dans les Alpes avec un chien au pelage immaculé, même dans l\u2019adversité.«StnTAUMtEMIAfl^ LOUKS MONTAGNE L'OORS MONneNE: sÇupeaoufj i UN NOUVEAU COMPTOIR SOUPESOUP À EXCENTRIS TOUS LESJOURS! PRESENTATEUR OFFICIEL ^ Desjardins Coopérer pour créer l'avenir EN COLLABORATION AVEC MAMAMANESTENAMERiQOE CONSULTEZ NOTRE PROGRAMMATION ET ACHETEZVOS BILLETS EN LIGNE SUR lflflf.FIFEM.CeM http://cinemaexcentris.com "]
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