Le devoir, 24 février 2014, Cahier A
[" 1 J Sotchi 2014 prend fin avec un jeu blanc de Carey Price et l\u2019or au Canada Pages B 4 et B 5 www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.C V N» 3 9 LE DEVOIR, LE LUNDI 24 EEVRIER 2014 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ L\u2019Ukraine entre dans une période de transition -\t, .,-,s :tl J\\.'mmsycn\u2019.: '«Vf-'-*'-\tt - ¦ ' .-.-'\t4,- DARKO VOJINOVIC ASSOCIATED PRESS Des protestataires s\u2019acharnaient dimanche à arracher ies ietfres ornant un monument dédié aux officiers du KGB, dimanche, à Kiev, au iendemain du départ du président contesté Viktor lanoukovitch après une semaine de vioients affi'ontements.Un gouvernement d\u2019unité nationaie doit maintenant être formé.L\u2019après-lanoukovitch se met en marche FABIEN DEGUISE Après la démission, la transition.Au lendemain du départ du président contesté Viktor lanoukovitch, la Rada, le Parlement ukrainien, a confié dimanche matin les clés du pouvoir exécutif à son actuel président, Oleksandr Turchynov, qui devient président par intérim d\u2019un pays marqué toute la semaine dernière par la violente répression de la contestation populaire.Le nouvel homme fort de l\u2019Ukraine est le cofondateur avec loulia Timochenko, égérie de la révolution orange de 2004, du parti libéral Batkivschina.Il a été éga- lement en 2005 le premier civil placé à la tête des services de renseignement ukrainien.Par 287 voix, les parlementaires ont confié l\u2019inté rim à Turchynov en prévision d\u2019une élection présidentielle anticipée prévue le 25 mai prochain.Dans sa première adresse à la nation, il a indiqué être oqvert au dialogue avec Moscou, à condition que l\u2019État russe respecte «le choix européen de l\u2019Ukraine».Le rapprochement du pays avec l\u2019Union européenne, plutôt qu\u2019avec la Russie comme cela était envisagé par le président démissionnaire, est le moteur principal des manifestations des dernières semaines.Le nouveau prési- dent a donné jusqu\u2019à mardi au Parlement pour former un nouveau gouvernement d\u2019unité nationale.Dans la foulée de cette nomination, la Rada a dé VOIR PAGE A 8 : UKRAINE Lire aussi > L\u2019hommage d\u2019iouiia Timochenko aux protestataires.Page B 1 Jean-François Nadeau : Les civils.Page A 3 François Brousseau : La légitimité de la rue.Page B1 Aujourd\u2019hui Actualités > Le PLC approuve l\u2019aide médicale à mourir, mais Trudeau ne se prononce pas.Page A 3 Commission Charbonneau: plongée dans le paradoxe « Rambo » Gauthier.Page A 2 Avis légaux.Décès.Météo Mots croisés Petites annonces.Sudoku.B5 B6 B3 B3 B6 B5 P*INT CHAUD Éclairs autochtones au Wapikoni Une centaine d\u2019événements viennent souligner les dix ans du studio mobile consacré aux Premières Nations ODILE TREMBLAY Elle a toujours été solaire, Manon Barbeau, avec un besoin de semer des graines à laire germer, de créer des ponts, d\u2019allumer des tisons créatifs, afin d\u2019entraîner les gens du côté de la communication.La documenta-riste des Enfants de Refus global, celle qui réalisa longtemps ses propres images pour colmater ses brèches et celles des autres, ou pour faire pousser la beauté sur des terrains dits infertiles, est devenue pour plusieurs la dame du Wapikoni.Ce studio mobile de production vidéo qu\u2019elle a fondé en 2004, avec l\u2019aide de l\u2019ONF et des Premières Nations, était un vœu en marche.En réponse à l\u2019énorme taux de suicide des jeunes des communautés amérindiennes, à leur No future, elle MICHAEL MONNIER LE DEVOIR La cinéaste Manon Barbeau, fondatrice et directrice du Wapikoni apportait des outils pour la réalisation de courts métrages, de vidéos musicales.Dix ans, déjà! Ce lundi, à 19 h, les festivités de l\u2019anniversaire (une centaine d\u2019événements prévus en 2014) seront lancées aux Rendez-vous du cinéma québécois.Au Bistro SAQ de la (3imémathèque québécoise, cinq ou six cinéastes de VOIR PAGE A 8 : WAPIKONI Hydro-Québec Halte aux projets, dit un rapport Le développement de l\u2019hydroélectricité et de l\u2019éolien fait jterdre des milliards à l\u2019Etat ALEXANDRE SHIELDS Québec doit absolument revoir en profondeur la stratégie de développement d\u2019Hydro-Qué-bec et freiner les projets hydroélectriques, mais aussi l\u2019éoliçn, qui font perdre des milliards de dollars à l\u2019État.C\u2019est ce que conclut le rapport produit par la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec à la demande du gouvernement, et dont Le Devoir a obtenu copie.Les auteurs du document soulignent qu\u2019Hydro-Québec doit absolument réviser ses façons de faire en tenant compte du nouveau contexte énergétique nord-américain.Depuis une décennie, la demande pour l\u2019électricité québécoise a plafonné, voire baissé.Et elle se vend aujourd\u2019hui beaucoup moins cher qu\u2019il y a dix ans, notammept en raison de l\u2019exploitation du gaz de schiste aux Éjtats-Unis.Qr, pendant ce temps, la société d\u2019État a augmenté sa capacité de production, rappelle la Commission, de sorte que le Québec est pris avec d\u2019importants surplus.Ceux-ci ne peuvent être écoulés que sur les marchés d\u2019exportation, à perte.«Le coût de l\u2019énergie provenant des nouveaux moyens de production mis en service à partir de 2008 varie entre 6 é/kWh et 12 é/kWh.Cette réalité se traduit VOIR PAGE A 8 : HYDRO-QUÉBEC Lire aussi > Le Québec ne gagnerait rien à exploiter le gaz de schiste.Page A 3 L\u2019éditorial de Josée Boiieau : Le beau rapport.Page A 6 HORS-JEUX Presque parfait Jean Dion Le dessert était presque parfait (dans le sens de), ainsi que le psalmodiait le poète à la dent sucrée qui se trouvait légèrement éméché d\u2019avoir commencé à biberonner dès potron-jacquet pour,des raisons générales de gros hockey sur glace.A la dernière journée des Jeux oljmipiques d\u2019hiver de Sotchi 2014, n\u2019éprouvant pas de problème de fartage particulier, la Eé-dération de Russie avait exécuté un triplé au marathon de ski de fond, un exploit qui tombait à point d\u2019autant plus nommé que ses représentants allaient monopoliser le podium et recevoir leur médaille dans l\u2019apothéose à la cérémonie de clôture dans le Stade oljmpique Eisht.Puis, au bob à quatre, Russie-1 avait fait main basse sur le titre.Il ne manquait en fait qu\u2019Alex Qvechkin et sa bande, ce que le poète déplorait un peu, car il aurait aimé que son Canada puisse obtenir une explication finale avec le pays hôte, et puis la Suède, franchement, c\u2019est difficile à détester, surtout un dimanche matin.Magnanime \u2014 mais aussi efficace, amicale, patriotique et ouverte sur le monde, a dit Thomas Bach, et nous ne voyons pas pourquoi il raconterait des menteries alors que la planète entière est suspendue à ses lèvres \u2014, la nouvelle Russie a poussé l\u2019hospitalité jusqu\u2019à faire en sorte que soient escamotées les sempiternelles et oiseuses discussions autour de l\u2019établissement du classement des na- VOIR PAGE A 8 : PRESQUE PARFAIT 77831303442409 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 24 EEVRIER 2014 ACTUALITES JACQUES NADEAU LE DEVOIR Peu après les élections municipales de 2013, Richard Bergeron avait annoncé son intention de quitter la vie politique.PROJET MONTRÉAL Bergeron aux commandes jusqu\u2019en 2017 PHILIPPE ORFALI Richard Bergeron avait déjà pris sa décision.Il ne lui restait plus qu\u2019à trouver un prétexte.Ce que Denis Coderre est venu lui servir sur un plateau d\u2019argent en lui demandant de piloter le dossier du recouvrement de l\u2019autoroute Ville-Marie.Le chef de Projet Montréal a confirmé dimanche à la clôture du conseil général du parti qu\u2019il demeurerait en poste jusqu\u2019en 2017, promettant par la même occasion qu\u2019il ne serait pas, «vraiment pas», candidat à la mairie aux prochaines élections municipales.« Je ne voulais pas aller m\u2019éteindre, aller finir de me consumer en dehors de la glace», a expliqué dimanche le chef de l\u2019opposition à l\u2019hôtel de ville, en point de presse.L\u2019expert en aménagement, qui avait annoncé trois jours après la défaite son intention de quitter la politique, a songé à un retour à l\u2019enseignement universitaire, ou encore à se joindre à une firme d\u2019urbanisme.Deux perspectives qui ne l\u2019enchantaient guère.« J\u2019en suis venu à la conclusion que ce qui était le plus intéressant, humainement et professionnellement, c\u2019était de demeurer en politique», dit-il.Son successeur sera sélectionné l\u2019année même des prochaines élections, prédit-il, sou- «On a trois ans et demi pour faire des choses extraordinaires» lignant que deux de ses principaux adversaires \u2014 Marcel Côté et Mélanie Joly \u2014 sont «apparus» sur la scène municipale peu de temps avant le dernier scrutin.«Projet extraordinaire» «On a trois ans et demi pour faire des choses extraordinaires.J\u2019espère que je vais être capable de livrer mon projet extraordinaire à moi», ajoute-t-il, au sujet de la mission dont l\u2019a investi Denis Coderre.Un projet qui verrait le tronçon de 125 mètres d\u2019autoroute situé entre les rues Sanguinet et Hôtel-de-Ville disparaître sous terre, laissant place à un espace public à proximité de la station de métro Champ-de-Mars et du nouveau Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal, le tout à temps pour les festivités du 375® anniversaire de la fondation de Montréal.Un lieu aussi ravissant, au minimum, que la place Jean-Paul-Riopelle, dans le Quartier international, souhaite-t-il.«Il n\u2019est pas dit que ce sera la seule chose dont je pourrai convaincre M.Coderre d\u2019ici 2017», lance Richard Bergeron avec sa verve habituelle.Il aura d\u2019ici là à persuader Québec de participer au financement et à la réalisation du projet de recouvrement de l\u2019autoroute Ville-Marie, estimé à 40 millions de dollars.Le Devoir UQAM CHAIRE RAOUL-DANDURAND I, EN ÉTUDES STRATÉGIQUES ET DIPLOMATIQUES Ecoles d\u2019été 2014 Missions de paix, opérations humanitaires et consolidation de la paix % Offertes aux professionnels et aux étudiants des cycles supérieurs de toutes les universités INSCRIPTION Jusqu\u2019à 3 semaines avant les écoles RENSEIGNEMENTS 514 987-3000, poste 5009 fspd@uqam.ca Opérations humanitaires 5 au 11 mai 2014 Missions de paix des Nations Unies 22 au 31 mai 2014 Consolidation de la paix 9 au 14 juin 2014 UQAM Faculté de science politique et de droit Université du Québec à Montréal a www.dandurand.uqam.ca Plongée dans le paradoxe « Rambo » Gauthier Bernard Gauthier devra répondre de ses actes à la commission Charbonneau Bernard « Rambo » Gauthier est attendu cette semaine à la commission Charbonneau.L\u2019agent d\u2019affaires de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord est devenu le symbole d\u2019une culture de violence et d\u2019intimidation.BRIAN MYLES Le 13 mai 2009, le premier ministre Jean Charest se rendait sur le chantier hydroélectrique de la rivière Romaine pour la première pelletée de terre marquant l\u2019inauguration des travaux.La date est symbolique à plus d\u2019un égard : elle marque le début des problèmes avec la FTQ.Ce jour-là, le surintendant en chef du chantier a dû composer avec une crevaison sur son camion de travail.Son adjoint est venu lui prêter main-forte pour poser un pneu de secours.Grave erreur.Rapidement, les deux hommes ont été encerclés par un groupe de travailleurs affiliés à la FTQ-Construction (FTQ-C), des hommes de Bernard Gauthier.Les «chapeaux blancs» n\u2019ont pas le droit de travailler sur un chantier: changer une crevaison est une tâche réservée aux syndiqués.«La tension a monté.Les gars de la FTQ voulaient leur casser la gueule.On est en mai.Le chantier n\u2019est même pas commencé!», s\u2019exclame une source qui ne peut parler de l\u2019incident à visage découvert, par crainte de représailles.L\u2019incident, en apparence anecdotique, a donné le ton aux relations entre Bernard Gauthier l\u2019entrepreneur Fernand Gilbert, un «étranger» du Saguenay.« Gauthier était déterminé à imposer sa main- d\u2019œuvre sur le chantier», enchaîne notre source.Les hommes de la FTQ-C ont fait payer le prix à l\u2019entrepreneur Fernand Gilbert, du début à la fin des travaux pour la construction d\u2019un premier tronçon de route.Le but de Gauthier et de son indéfectible allié, Michel Bezeau, était clair: pendre le contrôle de l\u2019embauche de la main-d\u2019œuvre par tous les moyens, y compris les menaces, les saccages et les ralentissements de travail.L\u2019homme fort de la Côte-Nord Natif de Havre-Saint-Pierre, Bernard Gauthier est admiré «Au nom de l\u2019embauche locale, ils font et ils disent n\u2019importe quoi ! » autant qu\u2019il est craint dans la FTQ-C.L\u2019ex-militaire est un sergent recruteur hors pair.Le grand public a pu le découvrir lors d\u2019une conférence de presse mémorable, en mars 2010.Appuyé par ses hommes de la section locale 791 (opérateurs de machinerie lourde), il défendait la mainmise de la FTQ sur les chantiers de la Côte-Nord en termes explicites.«On est dans une petite région.On a crevé de faim pendant des années.On s\u2019est structurés, on s\u2019est organisés.Laissez-nous donc tranquilles!», disait-il.Tout le «paradoxe Gauthier» est là.Il est respecté par ses membres, car il a réussi à les faire profiter de la manne des grands ouvrages hydroélectriques.Ses gestes bien intentionnés pour conserver des emplois sur la Côte-Nord ont dégénéré au fil des ans.«C\u2019est incroyable.C\u2019est le régime de terreur, se désole une deuxième source bien placée dans l\u2019industrie de la construction.Au nom de l\u2019embauche locale, ils font et ils disent n\u2019importe quoi!» La direction de la FTQ-C nage en plein déni, enchaîne notre source.«Pour Yves Ouel-let, le directeur général de la FTQ-C, il n\u2019y a pas de problème avec \u201cRambo\u201d.Ce sont les autres qui ont un problème.Ils le laissent faire n\u2019importe quoi».Pour un homme aussi marqué, Bernard Gauthier a peu de condamnations à son actif Au fil des ans, des plaintes pour intimidation ou discrimination ont été rejetées, faute de preuves ou de témoins crédibles.En 2012, Gauthier a finalement plaidé coupable à une accusation d\u2019avoir ordonné le ralentissement du chantier de la Romaine, pour des faits remontant à novembre 2009.Lorsque les nouvelles règles sur le placement de la main-d\u2019œuvre sont entrées en vigueur, l\u2019automne dernier, il n\u2019était donc pas admissible à l\u2019obtention du permis pour référencer la main-d\u2019œuvre pour la section locale 791, en raison de ses antécédents.Le permis a été accordé à la FTQ-C et à certains de ses représentants, dont Bernard Girard, directeur général de la section locale 791, et Rénald Grondin, directeur général de l\u2019Association des manœuvres interprovinciaux (AMI).Grondin a été cité abondamment à la commission Charbonneau.Ce proçhe du Hells Angels Jacques Emond et du caïd Reynald Desjardins se vantait sur écoute électronique d\u2019organiser des élections syndicales à la manière du célèbre Teamster aux pratiques mafieuses, Jimmy Hoffa.«Agent libre » Lors de son témoignage.Ken Pereira avait dit de Bernard Gauthier qu\u2019il serait recruté instantanément par des syndicaux rivaux s\u2019il devenait «un agent libre» comme au hockey.Notre première source, bien au fait des dossiers chauds de la Côte-Nord, confirme les propos de Pereira.«La FTQ ne veut pas sacrer dehors Bernard Gauthier.Financièrement, il est rentable.» Les chiffres parlent d\u2019eux-mêmes.Avant que le «show Rambo» ne fasse les manchettes, la représentativité syndicale de la FTQ-C sur la Côte-Nord était de 67% des travailleurs.En dépit d\u2019une publicité largement négative et des allégations de discrimination et d\u2019intimidation, la FTQ-C a réussi l\u2019exploit de fédérer 75% des travailleurs de la Côte-Nord lors du scrutin de 2012.Le Devoir 1 /\t/-, /\t»\tJin\t-11»\tJACQUES NADEAU LE DEVOIR Tournee québécoise contre la francophobie Le mouvement Uni-e-s contre la francophobie a tenu le premier rassemblement de sa tournée québécoise, dimanche à Longueuil.Quelques signataires d\u2019une déclaration contre la francophobie, signée jusqu\u2019à maintenant par 3600 personnes, ont pris la parole, dont l\u2019écrivain Yves Beau-chemin et Mario Beaulieu, le président du Mouvement Québec français.La coalition affirme que les incidents de « Québec bashing» sont en hausse à l\u2019heure actuelle, notamment dans les médias de langue anglaise.La tournée s\u2019arrêtera prochainement à Québec et dans d\u2019autres villes de la province.Il n\u2019est pas exclu de transporter la tournée ailleurs au pays.Une charte raciste, selon TASSÉ L\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE) se prononce contre la Charte des valeurs, cinq mois après son dévoilement par le gouvernement.Après une fin de semaine de délibérations abordant divers enjeux, les délégués ont annoncé hier soir qu\u2019ils rejettent catégoriquement le projet de loi 60, qui «s\u2019attaque» selon eux au droit de travailler de milliers de Québécoises.La fédération étudiante, qui revendique 70000 membres, va même plus loin en dénonçant le « racisme sous-jacent» de la Charte, et promet de manifester le 21 mars prochain à Montréal.Le groupe estime qu\u2019il est essentiel pour lui de se prononcer, puisque les étudiants qu\u2019il représente pourraient un jour devenir fonctionnaires et fréquentent des établissements où des profes-seures, peuvent être voilées.LASSÉ prévoit en outre d\u2019être de la prochaine campagne électorale en dénonçant des positions qui iraient à l\u2019encontre des intérêts des étudiants.Le Devoir Résultats des tirages du : 2014-02-22 09 13 19\t20\t\tiiTiTTîjj 01 17 22\t05 22 33 34\tcompl.\t\t@1^\t23 36 41\tcompl.Prochain gros lot (approx )\t7 000 000 $ LOT GARANTI DE 1 000 000 $ (Numéro complet non decomposable) 17445925-02 Utra 7986027 0*0 Résultats des tirages du : 2014-02-21 Egtra.2322759 SELECTIONS NON DECOMPOSABLES 03\t08\t20\t29\t30\t42\t49\t02\t03\t06\t28\t35\t43\t47 02\t03\t07\t26\t32\t34\t49\t03\t06\t08\t11\t14\t26\t31 14\t18\t22\t27\t39\t43\t46\t06\t08\t11\t13\t27\t38\t49 05\t14\t17\t21\t39\t42\t47\t12\t17\t20\t22\t35\t41\t43 Prochain gros lot (approx.): 50 000 000 $ + ^^^AXMILLIONS 20 lots de 1 million S (approx.) En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto Quebec cette derniere a priorité Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.^ Vieux Montréal 514.845.5545 Un épisode spécial avec Frédéric Metz DESIGN.Découvrez le parcours exceptionnel de ce pionnier du design au Québec.Ce soir 21 h canal SAVOIR POUR TOUT SAVOIR : WWW.CANALSAVOIR.TV PARTENAIRE MEDIA LE DEVOIR LE DEVOIR, LE LUNDI 24 EEVRIER 2014 A 3 ACTUALITES Les civils Jean-François Nadeau lie est comptable, Olena.Et Ukrainienne.Elle n\u2019arrivait pas à regarder toutes ces images que je lui envoyais en raMe, à mesure que les actualités de Kiev en flammes nous parvenaient au journal.«Non, je ne peux pas regarder, me répétait-elle en roulant les r.Depuis que je vois le drame dans Kiev, dans les rues que je connais bien, je pleure tout le temps.Je peux pas croire!» Avant que le régime tombe, je me suis rendu avec Olena devant la délégation générale russe pour assister à une protestation organisée par les Ukrainiens de Montréal.11 y avait là de rassemblés une majorité d\u2019ukrainiens de deuxième ou troisième génération ainsi que plusieurs Polonais.Olena et moi avons parlé pas mal avec ces derniers.Et Olena s\u2019est sentie «ploumal enkor».Poruquoi?«Parce qu\u2019ils sont ici, les Polonais, et que, moi, je suis pas sûre que j\u2019irais manifester pour eux! Et maintenant, de les voir, ça me fait sentir misérable, misérable.» Tous les temps troublés et malheureux produisent des héros et des politiques qui les justifient.Et tous s\u2019imaginent dès lors, comme Olena, qu\u2019il convient à chacun de devenir soi-même extraordinaire.Aux révolutioimaires, je préfère encore le plus souvent les gens ordinaires, ceux qui sont ce qu\u2019ils sont, qui s\u2019emploient à vivre, qui s\u2019efforcent d\u2019être herueux en égrenant leurs jours sans être ni héros ni bourreaux.En un mot, je préfère Olena à ceux qui, tout glorieux soient-ils, se prennent une balle dans le bide tandis que des pneus brûlent autour d\u2019eux.Les vraies révolutions se gagent dans la druée.Moruons poru des idées, oui d\u2019accord, mais de mort lente.Grand manteau de feutre gris-vert, bonnet de mouton assorti, croix de fer pendue au cou, l\u2019air grave avec la barbichette et les sorucils un peu circonflexes qui semblent dire en permanence «vous savez, rien n\u2019est facile», le révérend Ihor Oshchipko de l\u2019église catholique ukrainieime St-Michel se trouvait à la manifestation.Son oncle est arrivé au Canada dès la fin du XIK® siècle.«C\u2019est lui qui a fait venir ensuite toute la famille» en Alberta, dit-il.Là-bas, des milliers d\u2019Ukrainiens se sont retrouvés à fréquenter de plus ou moins près les colons canadiens-français à qui on avait aussi promis la richesse de montagnes de blés blonds qui n\u2019existaient que dans des rêves vite évanouis.Entre les Amérindiens et les Canadiens français, on parlait aussi ukrainien parfois, rappelle le révérend en souriant.Robert LaPalme, l\u2019ancien caricaturiste du Devoir, racontait à quel point il conservait de son enfance en Alberta le souvenir de ces Ukrainiens malheureux plantés là, au milieu de l\u2019hiver glacial des prairies.Sa mémoire était marquée en particulier par l\u2019im d\u2019eux hébergé un soir de très grand If oid dans la petite maison de ses parents.Installé à la table de la afisine, l\u2019homme dessinait, ce qui avait profondément enchanté LaPalme qui avait vu ce soir-là le dessin lui ouvrir les portes d\u2019im vaste monde d\u2019enchantements dont il serait un jolu im prince.Dans le grand lessivage de la conscience historique qui a effacé l\u2019horizon d\u2019avant la Révolution tranquille, on ignore qu\u2019une des figures de l\u2019indépendance ukrainieime de 1918 fut Erançois Jean, un garçon originaire de Saint-Eabien, près de Rimouski.Nos usines à labriquer du curé tournaient alors à plein régime.En septembre 1910, tandis qu\u2019Henri Bourassa rappelait que les petites nations ont le droit d\u2019exister devant un vaste parterre de soutanes internationales réunies à Montréal, Erançois Jean faisait la rencontre du métropolite André Shep-tysky, après avoir exprimé le souhait de devenir missionnaire auprès des Ukrainiens.11 est déjà là-bas à la fin de l\u2019été 1914, alors que l\u2019Europe se déchire.Dans la cour de son monastère, on procède à des exécutions par centaines.Lui-même échappe de justesse au peloton d\u2019exécution.L\u2019éclatement de l\u2019empire austro-hongrois, la révolution soviétique et les bouleversements d\u2019alliances de la fin de la guerre permettent à la Gali-cie ukrainienne de proclamer son indépendance.Le nouveau président, Yevhen Petrushevych, demande au père Jean de devenir à la fois son secrétaire particulier et son interprète.L\u2019aventure du nouveau pays tournera court, mais le père Jean continuera d\u2019œuvrer pour les Ukrainiens, notamment auprès des exilés politiques réfugiés à Vienne et auprès de la Société des Nations à Genève, l\u2019ancêtre de l\u2019ONU.Après avoir goûté, à la prison, Erançois Jean rentre au Québec.À compter de 1925, connu sous le nom de père Josaphat Jean, il encourage l\u2019immigration de 15000 familles ukrainiennes en direction des terres de colonisation de l\u2019Abitibi.Ils s\u2019en vont parce que Staline est arrivé.Pas cons.Oui, un nouveau royaume vous attend à Sheptetski, village entièrement ukrainien situé près du lac Castagnier, au nord du Québec.Ce sera un nouveau paradis pour la misère.En 1945, à la fin de la guerre, avant que Moscou n\u2019abaisse pour de bon le rideau de fer, ce sera à nouveau le père Jean qui, de retour en Ukraine puis en Angleterre, organisera l\u2019immigration en direction de l\u2019Amérique du Nord.En 1947, ils sont 30000 Ukrainiens à débarquer au Canada, oû ils passent d\u2019abord par Montréal.Beaucoup d\u2019Ukrainiens qui, la semaine dernière, se trouvaient devant la délégation russe pour protester sont les fils de ceux-là.Ils ignorent en règle générale le rôle qu\u2019eut le père Jean dans leur histoire personnelle.Mais, à l\u2019évidence, ils savent au moins qu\u2019il importe de ne pas oublier d\u2019oû l\u2019on vient pour comprendre oû l\u2019on est rendu.jfn @ledevoir.com JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le congrès du PLC s\u2019est déroulé presque entièrement en anglais.Justin Trudeau n\u2019a parlé en français que pendant 7 des 39 minutes de son discours de samedi.Les libéraux approuvent l\u2019aide médicale à mourir, mais Trudeau reste coi HELENE BUZZETTI Le hockey plutôt que la mort dans la dignité.Le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, a trouvé du temps dimanche matin pour regarder la finale de hockey masculin aux Jeux olympiques avec les militants libéraux, mais il n\u2019a pas jugé bon d\u2019assister à leur discussion sur la pertinence d\u2019imiter ou non le Québec et de légaliser la mort médicalement assistée.Les quelque 3000 militants libéraux réunis en congés à Montréal cette fin de semaine ont adopté, après débat, une résolution demandant que «la mort volontaire médicalement assistée soit décriminalisée suite à un processus de consultations publiques».Plusieurs intervenants ont soutenu qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une «question de choix» et que le PLC a toujours été «le parti du choix», que ce soit en matière d\u2019avortement ou de mariage homosexuel.Le chef ne s\u2019est pas prononcé sur la question puisqu\u2019il n\u2019a ni pris part à la séance plénière sur les politiques ni tenu de conférence de presse pour clore le congrès.Dans son discours de samedi, en prévision de ce débat, il avait simplement mentionné que les militants à l\u2019origine de cette résolution «nous demandent encore d\u2019élargir notre vision de ce que signifie pour nous être un citoyen libre dans une démocratie moderne.Cette fois, ils nous demandent de réfléchir à la possibilité de donner aux Canadiens atteints d\u2019une maladie terminale la possibilité de mettre un terme à leurs souffrances et de planifier leur propre mort dans la dignité.» Ce qu\u2019il en pense?Mystère.Dans les coulisses, un de ses proches conseillers affirme que M.Trudeau désire encore réfléchir sur le sujet.Une autre cause, similaire à celle de Sue Rodriguez en 1993, doit être entendue par la Cour suprême cet automne.Des abeilles et des hommes des cavernes Les militants libéraux se sont par ailleurs montrés.très militants au cours de ce congrès bisannuel.Ils ont adopté une multitude de résolutions qui, si elles devaient être mises en application par un éventuel gouvernement libéral, modifieraient le paysage canadien.Ainsi, ils ont appuyé une résolution, mise en avant par le caucus de députés, proposant d\u2019enclencher un processus multipartite auquel seraient invités citoyens et spécialistes pour discuter d\u2019une réforme du mode de scrutin au Canada.Le scrutin préférentiel et la représentation proportionnelle seraient considérés.Certains s\u2019opposaient à cette résolution, estimant que la promesse d\u2019une consultation était une façon de remettre à plus tard une réforme.D\u2019autres, dont l\u2019ex-leader Stéphane Dion, ont fait valoir qu\u2019il fallait au contraire sonder la population pour voir si un meilleur sys- Les militants ont aussi voté pour la mise en place de stratégies nationales diverses tème encore était imaginable.Quant aux changements climatiques, les attaques conservatrices contre le «tournant vert» que proposait le PLC en 2008 n\u2019auront pas découragé le parti d\u2019attribuer un prix sur le carbone.Les militants ont proposé le recours «à des mécanismes marchands de réduction de la pollution » et l\u2019instauration d\u2019un «prix juste et réaliste du carbone».Seul couac pendant ce débat : le militant de Waterloo Arthur Dixon a contesté le consensus scientifique sur la responsabilité humaine dans les changements climatiques.«Il n\u2019y a aucune preuve scientifique que les gaz à effet de serre sont responsables des changements climatiques.Il s\u2019agit de rectitude politique», a-t-il lancé à une foule incrédule.Il est revenu à la charge en rappelant qu\u2019il y a des milliers d\u2019années, Montréal était recouverte de glace, preuve qqe le climat a changé déjà.«Etait-ce parce que les hommes brûlaient trop d\u2019hydrocarbures dans leufs cavernes ?Non.» Etonnamment, les militants ont adopté sans débat deux résolutions similaires proposant l\u2019instauration d\u2019une forme de revenu annuel garanti, mais ils ont senti le besoin de débattre d\u2019une autre résolution préconisant celle-là des mesures de protection des abeilles pollinisatrices.Les libéraux ont par ailleurs renoué avec leurs anciennes approches en matière de santé, approuvant une résolution qui demande à Qttawa de négocier avec les provinces, «à titre de partenaires», un nouvel accord sur la santé en veillant «à ce que la reddition de comptes relativement aux résultats de ce nouvel accord soit centrée sur des résultats mesurables, notamment le rapport coût-efficacité, l\u2019efficience et l\u2019accès aux soins en temps voulu».Les militants ont aussi voté pour la mise en place de stratégies nationales diverses, que ce soit en matière de transports, d\u2019énergie, de santé mentale, de maladie d\u2019Alzheimer, d\u2019assurance médicaments, de lutte contre l\u2019obésité, de garde d\u2019enfants, de logement abordable et d\u2019innovation scientifique.Le congrès du PLC à Montréal s\u2019est déroulé en très grande majorité en anglais.Même le chef, dans son discours de samedi, n\u2019a parlé français que 7 minutes sur 39.Les organisateurs ont refusé de dévoiler le nombre de délégués québécois, mais certains bénévoles affirment qu\u2019il y en avait entre 300 et 400, soit environ 10%.Les organisateurs préfèrent dire qu\u2019il y avait 1000 Québécois lors du discours d\u2019ouverture du chef jeudi soir.Ce sont des gens qui n\u2019avaient pas payé leur entrée, les délégués n\u2019étant pas encore tous arrivés.Le Devoir COMMISSION SUR LES ENJEUX ENERGETIQUES Le gaz de schiste laisse les experts sceptiques ALEXANDRE SHIELDS La Commission sur les enjeux énergétiques conclut que l\u2019exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent ne changerait rien à l\u2019approvisionnement au Québec et qu\u2019il est nécessaire d\u2019évaluer si les bénéfices environnementaux de la ressource sont réels.Quant aux projets de pipeline, le gouvernement doit se montrer plus exigeant envers les pétrolières.Le rapport de 300 pages obtenu par Le Devoir traite abondamment de la question de l\u2019exploitation du pétrole et du gaz naturel au Québec.S\u2019il se montre relativement enthousiaste en ce qui a trait à la possibilité d\u2019exploiter l\u2019or noir qui se trouverait ici, il formule davantage de bémols sur le controversé gaz de schiste.Du strict point de vue de l\u2019approvisionnement gazier des consommateurs québécois, le document souligne que l\u2019exploitation dans la vallée du Saint-Laurent n\u2019apporterait rien de plus.«Dans le contexte nord-américain, l\u2019exploitation du gaz de schiste québécois ne changerait rien à la sécurité d\u2019approvisionnement en gaz naturel à court et à moyen terme puisque l\u2019abondance ac- tuelle de cette ressource en Amérique du Nord se traduira vraisemblablement par une grande disponibilité et des prix peu élevés pour plusieurs années à venir», écrivent les auteurs de ce document remis le mois dernier à la ministre des Ressources naturelles, Martine Quellet.La Commission constate également que «le modèle économique actuel de développement des ressources hydrocarbures fossiles au Québec ne «L\u2019exploitation du gaz de schiste québécois ne changerait rien à la sécurité d\u2019approvisionnement» favorise pas l\u2019acceptation sociale, car cette industrie doit s\u2019établir principalement en territoire habité».Et comme les citoyens ne sont pas propriétaires du sous-sol de leur terrain, cela «favorise la résistance, d\u2019autant plus que la Loi sur les mines accorde des privilèges disproportionnés aux détenteurs de permis, dans certains cas».Faiblesse réglementaire Les auteurs du rapport notent aussi la «faiblesse» du cadre réglementaire en matière de protection de l\u2019environnement et d\u2019aménagement des activités d\u2019exploration et d\u2019exploitation.Plusieurs des intervenants qui ont défilé devant la Commission l\u2019automne dernier ont en outre remis en question les bénéfices environnementaux du gaz de schiste, argument cher à l\u2019industrie.Le rapport conclut que cet avantage est pour le moins incertain, «à cause des émissions fugitives de méthane durant l\u2019exploitation.Il suffit d\u2019un taux d\u2019émissions fugitives d\u2019environ 4 %, pour éliminer son avantage par rapport au mazout».Qui plus est, «plusieurs études suggèrent que le cycle de vie complet de cette filière est aussi délétère que celui du charbon».La Commission juge par, ailleurs que le projet d\u2019oléoduc Energie Est de TransCanada \u2014 qui ferait passer 1,1 million de barils de brut par jour par le Québec \u2014 doit être soumis au Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE).Jusqu\u2019à présent, le gouvernement Marois n\u2019a pas dit s\u2019il mandaterait le BAPE pour étudier ce pro- jet de construction de centaines de kilomètres de pipeline en sol québécois.Québec a toutefois démontré son enthousiasme pour ce projet qui permettra d\u2019exporter le pétrole albertain.Le rapport Maîtriser notre avenir énergétique se range du côté du gouvernement Marois par rapport au projet d\u2019inversion de l\u2019oléoduc 9B d\u2019Enbridge.Mais s\u2019il estime le projet «structurant pour l\u2019économie québécoise», il souligne aussi que Québec devrait se montrer plus exigeant envers En-bridge.Qn dit ainsi qu\u2019il serait nécessaire que «les compensations financières et les garanties de sécurité, d\u2019information et de formation du personnel de première réponse soient en place, avec responsabilité de l\u2019entreprise et assurances sans plafond».Enbridge juge inutile d\u2019exiger le versement d\u2019une garantie financière de sa part pour prévoir les fonds suffisants pour réparer les dégâts environnementaux d\u2019un déversement pétrolier qui serait provoqué par son pipeline.La multinationale dit posséder les fonds nécessaires en cas de besoin.Le Devoir A 4 LE DEVOIR, LE LUNDI 24 EEVRIER 2014 SOCIETE #CHRONIQUEFD Létagère et le paradoxe Fabien Deglise On peut ranger bien des choses dans une étagère, y compris des paradoxes.La semaine dernière, une multinationale Scandinave du meuble bas de gamme à assembler en a fait la démonstration, malgré elle, en annonçant la mise au rancart d\u2019un de ses modèles de bibliothèque, objet dont le nom se prononce surtout avec le fond de la gorge.Anecdote purement commerciale, à la valeur minime dans un présent marqué par des mises au rancart hautement plus signifiante, comme celle du sens critique ou du respect dans les relations intercommunautaires, l\u2019information n\u2019aurait pas dû aller plus loin qu\u2019un simple avis dans un catalogue, où qu\u2019une note à l\u2019attention d\u2019une clientèle accrochée avec du ruban adhésif sur la colonne d\u2019un magasin entrepôt.Mais non.Carburant du vide, l\u2019annonce a fait les choux gras de plusieurs sites d\u2019information d\u2019ordinaire versés dans la nouvelle d\u2019intérêt, la disparition de ce modèle d\u2019étagère nourrissant même l\u2019expression, étonnante dans les circonstances, d\u2019une désolation sentie, d\u2019une tristesse appuyée et d\u2019une incompréhension commentée par des experts en marchandisation du présent.Dans une émission radiophonique matinale, sur un réseau d\u2019Etat, l\u2019animatrice qui d\u2019ordinaire aime bien se porter à la défense du développement durable, de l\u2019achat local tout en pourfendant le grotesque des méga-entreprises .\t.qui homogénéisent la condi- L iniormation tion humaine, s\u2019en est également émue avec la même to- n\u2019aurait pas nalité.C\u2019était vendredi der- dû aller plus loin qu\u2019un simple avis dans mer.Le marchand de meubles qui fait proliférer ses commerces aux bords des autoroutes, à la manière d\u2019un DIK30, n\u2019aurait pas pu espérer mieux.L\u2019animatrice a un catalogue.même dit qu\u2019elle en avait acheté plusieurs exemplaires dans sa vie et qu\u2019elle allait, du coup, faire des réserves de ce modèle de bibliothèque pour affronter la pénurie annoncée, et ce, malgré un design plus que générique promu par un empire de runiformisation des espaces habitables à travers le monde passé maître dans l\u2019art d\u2019exploiter des ressources humaines dans des pays asiatiques où les conditions sociales et économiques sont bien éloignées de celles des pays dans lesquels on s\u2019épanche avec tant de facilité sur une histoire de mobilier.On pourrait même penser que le meuble va être rayé du catalogue en raison d\u2019émanations toxiques induites par son vernis, vapeurs qui auraient pour effet d\u2019altérer le jugement.Mais la multinationale n\u2019a pas, dans sa communication commerciale qui a été d\u2019une efficacité redoutable, abordé ce délicat sujet.Du coq à l\u2019âne Etrangement, d\u2019homogénéisation et d\u2019émanations toxiques, il en est aussi question dans le documentaire La charte des distractions qui, la semaine dernière, dans une actualité préoccupée par un meuble et par la fièvre de l\u2019olympisme, a fait discrètement son apparition sur la toile.Film indépendant, l\u2019objet, financé par des groupes de citoyens dans le cadre d\u2019une campagne en ligne, propose un regard critique sur le projet de loi 60, celui qui montre du doigt les femmes voilées, au nom de la laïcité.Dimanche, près de 9000 personnes l\u2019avaient vu en passant par le site YouTube Le point de vue pourrait être facilement qualifié d\u2019opposé au projet de charte, même si, dans les faits, il essaye surtout de revisiter l\u2019emportement social, médiatique et discursif des derniers mois au Québec en empruntant le chemin des faits et de l\u2019autopsie raisonnée d\u2019un débat souvent teinté par l\u2019émotion.Dedans, il y a un économiste qui parle de «manœuvre électoraliste» et «d\u2019un jeu d\u2019intérêt qui surpasse le bien commun».Il y a aussi une philosophe qui expose la mécanique d\u2019une «rhétorique malhonnête» et décortique entre autres cette menace évoquée par un élu de l\u2019islamisation de Montréal, menace qui peine à passer l\u2019épreuve statistique : l\u2019islam n\u2019est porté que par 4% de la population de la métropole, souligne-t-elle.On y parle de l\u2019art de diviser une population pour mieux assurer le pouvoir d\u2019un gouvernement et des effets délétères à long terme pour le vivre-ensemble d\u2019une telle stratégie nourrie par la peur de l\u2019autre et ridentification sur la place publique de boucs émissaires.On y fait résonner les concepts de «lois assimilation-nistes», de «discours racisants» tout en décodant cet art politique séculaire qui consiste à construire des problèmes pour leur trouver des solutions et à « monter en épingle » des anecdotes pour en faire des généralités.Le document de 52 minutes, à l\u2019angle et à l\u2019éclairage certes prévisibles, mérite que l\u2019on s\u2019y intéresse.Même s\u2019il risque, dans un environnement polarisé où l\u2019émotion domine, de ne servir au final à rien d\u2019autre qu\u2019à conforter les convictions des uns et des autres.Et ce, sans paradoxe aucun, finalement.Sur Twitter: ©FahienDeglise BREATHER Julien Smith a d\u2019abord aménagé ses petits espaces en différents lieux de Montréal avant d\u2019essaimer à New York et bientôt à San Francisco.Une bulle à soi, hors de chez soi La tranquillité se loue à l\u2019heure dans les espaces de Breather, une jeune entreprise montréalaise EMILIE FOLIE-BOIVIN Quand il était en voyage d\u2019affaires, Julien Smith cherchait souvent un autre endroit que le Starbucks pour écrire et travailler.Un lieu paisible, pourvu du confort de la maison, sans avoir à commander un café quand il n\u2019avait pas soif.Un bureau à squatter, sans distraction.Puisque rien de tel n\u2019existait, l\u2019entrepreneur l\u2019a créé de toutes pièces sous la forme de Breather, une formule qu\u2019il partage maintenant avec tous ceux qui ont besoin d\u2019un espace à louer sur le pouce.Les petits espaces de Breather sont semés dans des milieux de vie.11 y en a dans le centre-ville autant que dans les quartiers résidentiels du Mile-End.Certains sont aménagés dans des immeubles de bureaux, et des hôtels en Asie lorgnent déjà le projet de l\u2019auteur.Ces petits refuges de 15 à 40 mètres carrés, qu\u2019il a saupoudrés d\u2019abord à Montréal et maintenant à New York \u2014 bientôt aussi à San Francisco et dans le reste du monde \u2014, ont un certain lien de parenté avec les Starbucks disséminés sur le globe.Comme la maison A l\u2019instar des grandes chaînes qui se ressemblent, peu importe où elles sont situées, tous les espaces de Breather arborent le même look industrialo-chic.Ils offriront d\u2019ailleurs une expérience semblable partout où ils seront implantés.Breather est une bulle qui permet de souffler et de retrouver ses esprits, peu importe l\u2019exotisme ambiant dans lequel le visiteur est catapulté.«Pour le travail, je pouvais me retrouver à Les clés de Breather Quoi ?Une application mobile qui permet de louer sur le pouce de petits espaces de tranquillité Où?A Montréal et à New York, bientôt à San Francisco et dans les grandes villes du monde Combien?15$/h à Montréal, 25$/h à New York Ouvert du lundi au vendredi et parfois jusqu\u2019à 22 h, selon le local.On peut aussi louer certains espaces la fin de semaine.Parfait pour une sieste, un travail d\u2019équipe à terminer, pour écrire, réfléchir, allaiter ou se reposer d\u2019une journée de découverte de la ville.info: hreather.com Singapour ou en Corée, où je ne comprends ni la langue ni les codes, tout m\u2019était étranger, raconte l\u2019introverti auteur Julien Smith {The Flinch, Trust Agents), du tout nouveau Breather de Soho, à New York.C\u2019est une expérience troublante dans un certain sens.Breather, c\u2019est pouvoir entrer dans une ville, et savoir que si tu as besoin d\u2019un moment de tranquillité.Breather est là.Tu enlèves tes souliers, et tu es chez toi.Pour une heure, deux heures.Comme tu veux.» Sésame, ouvre-toi En voyage à New York, par exemple, ce clone de la maison sera tout désigné pour les voyageurs dont l\u2019hôtel est trop éloigné de Manhattan.Qu\u2019üs souhaitent se reposer après une longue journée de marche avant d\u2019aUer souper au resto ou se protéger d\u2019une pluie diluvienne, plusieurs raisons sont bonnes pour recourir à ce refuge inopiné.Ces petits havres de paix champignonnent à toute vitesse, et la clé de ce succès n\u2019est pas étrangère à leur facilité d\u2019utilisation: aucune clé n\u2019est nécessaire pour ouvrir les locaux.La réservation des îlots se fait sur l\u2019application mobile et les portes s\u2019ouvrent à l\u2019aide d\u2019un téléphone Android ou iPhone, grâce à une serrure électronique activée par un code.Et clic.L\u2019ambiance est accueillante et les bureaux sont décorés avec soin.Un divan caché sous un coussin disproportionné, une table basse, des bonbons au beurre dans des béchers, un tapis de yoga, des plantes vertes, une grande table \u2014 quand l\u2019espace le permet.Et des livres.Plein de livres et des magazines contemporains.«Si le livre plaît aux usagers, ils n\u2019ont qu\u2019à le prendre et il sera plus tard facturé sur le compte», explique Julien Smith.Pas plus compliqué que ça, car comme le veut le principe d\u2019économie collaborative dans lequel s\u2019inscrivent aussi les Airbnb et autres Uber, Breather se fie au lien de confiance créé avec les consommateurs.Le p.-d.g.contacte souvent les nouveaux utilisateurs pour connaître leurs impressions et tâter le pouls de son idée.Et que font-ils dans Breather?«On a beaucoup d\u2019utilisateurs montréalais qui les louent pour faire des siestes!» L\u2019humain est comme n\u2019importe quel appareil électronique, il a besoin de recharger ses batteries internes, et à 15$ l\u2019heure (25$/h à New York), Breather devient ce «pod» où il peut prendre soin de lui.Comme ce temps consacré à soi a un prix, l\u2019usager se surprend curieusement à l\u2019utiliser pleinement et à y être le plus productif.Loin des distractions, loin des obligations familiales, il reprend son souffle.Pour mieux retourner à la récité et au brouhaha du quotidien.Le Devoir GASTRONOMIE Du gibier sauvage dans les restaurants FABIEN DEGLISE interdiction est partiellement ' levée.Québec a annoncé dimanche la création d\u2019un projet pilote permettant à une poignée de restaurateurs de mettre du gibier sauvage à leur menu, uniquement pendant la période de la chasse.Au nom de la mise en valeur du patrimoine gastronomique et identitaire québécois, plusieurs grands chefs de la province ont réclamé ce privilège dans les dernières années.Au total, dix établissements de restauration de Montréal, Québec, du Bas-du-Fleuve et de Charlevoix vont pouvoir, dès l\u2019automne prochain, servir ce type de viande obtenue par la chasse et le piégeage, et dont la commercialisation était jusque-là illégale, et ce, en vertu de lois visant à protéger la faune du Québec d\u2019une surexploitation.Le lièvre d\u2019Amérique, le cerf de Virginie ainsi que quelques autres espèces vont alimenter ce projet pilote, dans des quantités limitées, ont indiqué dimanche les ministres de l\u2019Environnement et du Tourisme à l\u2019occasion d\u2019une conférence de CLEMENT SABOURIN AGENCE ERANCE PRESSE Le cerf de Virginie est un gibier populaire pendant la saison de la chasse.presse tenue dans le restaurant Toqué ! à Montréal, un des restaurants qui vont prendre part à cette «nouvelle aventure gastronomique», a résumé le gouvernement.«La chasse et la consommation de gibier sauvage sont intimement liées à notre histoire et à notre patrimoine alimentaire», a résumé le ministre de l\u2019Environnement, Yves-François Blanchet, tout en rappelant que ce projet pilote devrait permettre KK La chasse et la consommation de gibier sauvage sont intimement liées à notre histoire et à notre patrimoine alimentaire )) Yves-François Blanchet, ministre de l\u2019Environnement d\u2019évaluer la possibilité d\u2019introduire plus largement ce type de viande au menu des restaurants tout en « limitant les impacts négatifs sur les populations de gibiers sauvages».Le Québec devient ainsi le premier territoire en Amérique du Nord à permettre la consommation de viandes sauvages dans les restaurants.Le Devoir porter raffinée sur toute la ligne Top chrono ! Vous avez jusqu\u2019à minuit.Le solde Super géant de Porter finit ce soir.Vous avez la bosse des affaires ?Sautez vite dans la course ! 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A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 24 EEVRIER 2014 EDITORIAL STRATEGIE ENERGETIQUE DU QUEBEC Le beau rapport Si les élus avaient de la hauteur de vues, tout partis confondus, ils s\u2019empareraient du rapport Maîtriser notre avenir énergétique, que Le Devoir vient de dévoiler, pour tracer un projet d\u2019avenir collé à notre siècle.Mais le rapport est exigeant, ce qui n\u2019est jamais de bon augure en politique, même quand les pas proposés sont réalistes.1 y en aura des promesses dans la campagne électorale que l\u2019on sait imminente au Québec.On les devine déjà trop vastes pour y croire (un médecin de famille pour tous, c\u2019est pour quand déjà?), ou à l\u2019inverse trop ciblées pour avoir un impact autre qu\u2019électoraliste.Ainsi va la vie politique, où vision d\u2019avenir et méthode pour la concrétiser s\u2019allient trop peu souvent.Roger Lanoue et Normand Mousseau, experts dûment mandatés l\u2019été dernier par la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, pour présider une commission d\u2019étude centrée sur les enjeux énergétiques du Québec, n\u2019ignorent pas cette djmamique politique.Mais, et ils le disent d\u2019entrée de jeu dans leur volumineux rapport, ils ont choisi de se positionner autrement.Qui, alors même que leur commission consultait et se promenait dans 16 villes du Québec, le gouvernement a fait des annonces en matière énergétique.La question, dès lors, leur fut posée à moult reprises : «A quoi bon tenir une commission si les décisions sont déjà prises ?» Eh bien, à sortir du temps court des politiciens afin d\u2019opter «pour une vision cohérente qui s\u2019inscrit dans le long et même le très long terme ».MM.Lanoue et Mousseau ajoutent: «Le monde est engagé dans une profonde transformation de sa relation avec l\u2019énergie et cette mutation prendra vraisemblablement plusieurs décennies à s\u2019accomplir.» Ils veulent que le Québec arrive en ville, se mette au diapason, rebrasse ses façons de faire.Le rapport Maîtriser notre avenir énergétique ne mâche donc pas ses mots, mais il réussit à convaincre le lecteur que les changements proposés ne sont pas de l\u2019ordre de l\u2019utopie et qu\u2019avec de l\u2019organisation, le Québec peut devenir une nation inspirante de ce siècle.Il lui faudra, pour ce faire, tenir compte du fait que la réduction des émissions de gaz à effet de serre est une «priorité inéluctable » et qu\u2019il ne prend pas les moyens pour y arriver ; que miser sur de nouveaux grands projets hydroélectriques ou éoliens est inutile et ruineux et qu\u2019il faut avoir le courage de stopper les nouvelles phases de La Romaine; que les Québécois font partie des grands gloutons énergétiques de la planète et qu\u2019ils devront consommer autrement.Mais parce qu\u2019on sait très bien que personne ne veut renoncer là, tout de suite, immédiatement, à son confort et à ses habitudes, les deux coprésidents ont choisi de voir grand, mais de façon découpée.Cibler des secteurs où agir, avec des objectifs à atteindre à chaque étape plutôt que de tout miser sur une cible finale.Réaménager les programmes qui existent en matière d\u2019efficacité énergétique et en sortir les distributeurs qui sont en conflits d\u2019intérêts.Pour le citoyen, qui tient tant à ses choix, il s\u2019agira non pas d\u2019interdire, mais d\u2019inciter, en tenant compte de la réalité \u2014 par exemple qu\u2019une voiture a une durée de vie de 11 ans et qu\u2019il ne faut pas s\u2019imaginer que le parc automobile changera demain matin.Ce rapport parle encore d\u2019aménagement du territoire, si peu réfléchi au Québec, et du pétrole maudit mais indispensable (et qu\u2019il faudra exporter si on l\u2019exploite!).Il parle d\u2019audace, mais dans la rigueur.Il inscrit le Québec dans son contexte nord-américain, qu\u2019on ne peut ignorer, mais avec des caractéristiques qui lui sont propres et dont on fait souvent fi en lui plaquant des modèles venus d\u2019ailleurs.Il dit surtout que l\u2019inaction n\u2019est pas une option.Vraiment un beau programme.STRATEGIE NUMERIQUE QUEBECOISE Culturellement vital Josée Boileau Antoine Robitaille ent cinquante millions de dollars pour «poursuivre le virage numérique du secteur culturel» : voilà la belle promesse inscrite dans le dernier budget Marceau, lequel a mis quinze mois à être préparé, ne sera jamais voté.et risque d\u2019être entièrement redéfini dès après les élections.Que restera-t-il, à ce moment, de ce geste culturellement vital?Qn est en droit,de s\u2019en inquiéter, étant donné les finances publiques de notre Etat «provincial» cassé.Le ministre de la Culture, Maka Kotto, de manière franche, mais non sans partisanerie, soutient que, «dans les dix dernières années», le Québec a raté le virage numérique.D\u2019autres voix, notamment dans l\u2019industrie du « disque », adressent plutôt leurs reproches en ces matières au gouvernement Ma-rois puisqu\u2019il a lui-même sabré, depuis son bud-^\tget 2012, la seule petite enveloppe consacrée au numérique.Et dans le premier budget Marceau ¦\t' (celui de novembre 2012), il n\u2019avait pas recon- duit les 20 millions de dollars pour le numérique annoncés précédemment dans le budget Bachand de mars 2012.Quant aux 150 millions, 100 sont sur sept ans et 50 sur cinq ans.Pourtant, ce virage est vital pour notre patrimoine et nos industries culturelles.Le ministre Kotto a raison de s\u2019inquiéter des difficultés de notre musique et de notre cinéma, entre autres,.Les publics de nos artistes se fragmentent, se déplacent.À l\u2019ère des médias de masse (radios, télés, cinéma, imprimés, etc.), des réglementations nationales avaient çncore un certain effet, favorisaient une diversité culturelle.À l\u2019ère du numérique, c\u2019est ce que l\u2019on veut, quand on le veut et où l\u2019on veut.Un indéniable éclatement en résulte.Et comme toujours dans notre hypermodernité, c\u2019est lorsqu\u2019on se croit totalement libéré que l\u2019on se conforme le plus ; ici à une industrie culturelle américaine à l\u2019avant-garde de l\u2019ère numérique et possédant déjà ses Goliaths: iTunes, Netflix, Dee-zer, etc., qui sont relayés par les mammouths \u2014 aussi américains \u2014 comme Eacebook et Twitter.Dans ce nouveau monde, il y a souvent peu ou pas de place pour les productions artistiques nationales québécoises et francophones.Lç fameux virage, comment le prendre ?Bien que les Tou.tv, Eléphant, banq.qc.ca, onfca indiquent certaines voies d\u2019avenir, la réponse ne va pas de soi.Nous, du monde des médias, sommes bien placés pour le savoir : nul ne sait, dans notre domaine, quel «modèle d\u2019affaires» tiendra la route dans les prochaines années.Il en va de même dans tout, puisque le numérique touche à l\u2019ensemble de la production culturelle.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET ÛM rfuT /-Du
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