Le devoir, 27 février 2014, Cahier A
[" L\u2019itinérance frappe parmi les vétérans de l\u2019armée canadienne Page A 3 Le DGEQ est fin prêt ^ pour des élections le 7 avril Page A 3 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C V 4 2 LE DEVOIR, LE JEUDI 27 EEVRIER 2014 1,13 $ + TAXES = 1,30 Le PQ a alrnienté le climat d\u2019incertitude BULENT KILIC AGENCE ERANCE-PRESSE Kiev a été le théâtre mercredi d\u2019une marche à la mémoire des manifestants décédés.Ukraine La Russie montre ses muscles Le nouveau gouvernement reçoit l\u2019approbation des leaders du Maïdan CLAUDE LÉVESQUE Pendant que la diplomatie occidentale s\u2019affaire autour de l\u2019Ukraine, la Russie a joué du muscle, mercredi, en plaçant ses troupes en alerte près de sa frontière avec ce pays et en renforçant la sécurité autour de la base navale qu\u2019elle loue en Crimée, la péninsule ukrainienne à majorité russophone, alors que les «leaders du Maïdan» s\u2019entendaient à Kiev sur un nouveau gouvernement qu\u2019attend une tâche colossale.La Crimée, qui a fait partie de la Russie pendant plusieurs décennies à l\u2019époque soviétique, a d\u2019ailleurs été mercredi le théâtre d\u2019affrontements entre manifestants pro et anti-russes.Au terme de longues discussions, c\u2019est Arseni latseniouk que les leaders de la contestation ukrainienne ont retenu pour le poste de premier ministre.Ce choix devrait être entériné par le Parlement jeudi.Ancien ministre, membre du parti pro-européen d\u2019Ioulia Timochenko, r« égérie » de la révolution orange de 2004, il devra sauver son pays de la banqueroute tout en conjurant les risques de partition.Sa nomination a été annoncée en soirée au Maïdan, l\u2019emblématique place de l\u2019Indépendance, à une foule considérable.Inspection-surprise L\u2019Ukraine a besoin d\u2019une aide de 35 milliards de dollars dans les deux années à venir.Plus tôt dans la journée, le président russe, Vladimir Poutine, avait ordonné une inspection-surprise de toutes les troupes stationnées dans VOIR PAGE A 8 : UKRAINE Aujourd\u2019hui Actualités > Les conservateurs vont de l\u2019avant avec le projet d\u2019un registre national public des délinquants sexuels.Page A 2 Économie > Un meiiieur partage de la richesse ne tuera pas la croissance, selon le FMI.Page B1 Le Monde > Turquie.Larue se remet à gronder contre la corruption du régime Erdogan.Page B 5 Cuiture > La chanteuse acadienne Angèle Arsenault est décédée.Page B 8 Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.,B6 B4 B3 B2 B4 B5 chez les anglophones, dit Fraser GUILLAUME BOURGAULT-COTE Avec ses projets de charte de la laïcité et de réforme de la loi 101, le gouvernement Marois a nourri le sentiment d\u2019insécurité des anglophones et allophones du Québec, estime le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.Ce dernier se dit «préoccupé» par ce qu\u2019il entend sur le terrain depuis quelques mois.En entretien avec Le Devoir, M.Fraser a indiqué mercredi qu\u2019il reçoit plusieurs signaux d\u2019un malaise croissant au sein de la communauté anglophone québécoise.Une impression accentuée par la publication, mardi, d\u2019un sondage CBC-Ekos disant que la moitié des non-francophones du Québec a «pensé sérieusement» à quitter la province dans la dernière année.VOIR PAGE A 8 : ANGLOPHONES Lire aussi > Question d\u2019odeur.Une chronique de Michel David.Page A 3 Un rendement de 13,1% pour la Caisse de dépôt >> JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le rendement de la Caisse de dépôt et placement s\u2019est élevé à 13,1% en 2013 pour amener l\u2019actif net de l\u2019établissement à 200,1 milliards au 31 décembre, une performance qui satisfait son président, Michael Sabia.Page B1 JOSE LUIS ROCA AGENCE ERANCE-PRESSE Paco de Lucia lors d\u2019un concert dans sa ville natale d\u2019Algésiras, en Espagne, en 2006 Paco de Lucia 1947-2014 L\u2019icône du flamenco n\u2019est plus YVES BERNARD Le 25 juin 2011 au Festival mternational de jazz de Montréal, Paco de Lucia avait offert le moment de grâce.Plus que jamais, il était encore le maestro de l\u2019introspection, des contrastes, des raclements subits et des palos de la déchirure profonde.Il accompagnait aussi la douceur éraillée, l\u2019harmonica aérien et le martèlement du corps qui exulte.C\u2019était grand! Mercredi, ce fut la consternation.Il est décédé au Mexique à l\u2019âge de 66 ans des suites d\u2019une crise cardiaque selon le maire d\u2019Algésrras, sa viUe natale.Dans le monde du flamenco comme dans celui de la guitare, il y a eu l\u2019avant-Paco et l\u2019après-Paco.Artiste d\u2019exception, il fut le plus grand rénovateur de sa tradition.Durant sa jeunesse, pour le différencier des autres Paco, on lui ajouta le «de Lucia»: le Paco de sa mère Lucia.Puis, après avoir reçu l\u2019encadrement de son père, Ü accompagnera ses deux frères, inventera un style propre à partir des années 1970, enregistrera une dizaine d\u2019albums avec Camarôn de la Isla, s\u2019attaquera au Concierto d\u2019Aranjuez, créera son fameux sextette en 1981 et voir page a 8 : FLAMENCO Commission Charbonneau Des délégués de la FTQ-C seraient mêlés au trafic de stupéfiants BRIAN MYLES La discrimination et l\u2019intimidation par la FTQ-Construction (FTQ-C) ne sont pas les moindres problèmes dans les chantiers de la Côte-Nord.Les délégués syndicaux y seraient actifs dans le trafic de drogue au profit du crime organisé.La commission Charbonneau réservait une surprise à l\u2019agent d\u2019affaires de la FTQ-C sur la Côte-Nord, Bernard Gauthier.Dans une conversation d\u2019écoute électronique, l\u2019ex-prési-dent de la centrale, Michel Arsenault, et son conseiller politique, Gilles Audette, parlent ouvertement du trafic de drogue sur la Côte-Nord.«Je sais ce qui se passe sur les chantiers.Tu sais Michel, la distribution de la \u201cdope \u201d, là crisse, ça passe en ostie sur les chantiers, ça passe par les délégués, han ?», dit-il à un Michel Arsenault silencieux.«Ça c\u2019est clair ciboire, c\u2019est leur réseau.Dans les usines, ils n\u2019ont pas besoin de passer par leurs syndicats.C\u2019est de la main-d\u2019œuvre permanente et ils ont des réseaux de distribution de pot, de hasch et de coke.Et ça arrive des fois que c\u2019est voir page a 8 : COMMISSION Lire aussi > À côté du mandat.Un éditorial de Josée Boileau.Page A 6 77831303445509 A 2 LE DEVOIR LE JEUDI 27 EEVRIER 2014 ACTUALITES LAC-MEGANTIC Pas de rails dans la ville, exige la mairesse Le possible futur propriétaire du chemin de fer qui passe par Lac-Mégantic a eu droit à un message clair de la part de la mairesse : il est hors de question que les rails traversent la municipalité comme avant la tragédie ferroviaire du 6 juillet dernier.Selon un responsable municipal de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche a transmis le message en début de semaine lors de sa première rencontre avec un représentant de Fortress Investment Group, l\u2019entreprise qui a remporté en janvier les enchères pour acquérir les actifs de la Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA).La MMA avait déclaré faillite après qu\u2019un convoi comptant 72 wagons-citernes remplis de pétrole laissé sans surveillance eut déraillé et explosé à Lac-Mégantic, tuant 47 personnes.Fortress Investment Group n\u2019est pas encore officiellement propriétaire du chemin de fer.Dans un courriel envoyé mercredi, le syndic de faillite supervisant la transaction a mentionné qu\u2019une entente devrait être conclue d\u2019ici la fin du mois de mars.La Presse canadienne Radio: Jeff Fillion serait de retour Québec \u2014 Le controversé animateur de radio Jean-François « Jeff » Fillion ferait un grand retour à la radio sur les ondes de la station NRJ de Bell Média.L\u2019entreprise a convié les médias jeudi à une importante annonce sur sa «nouvelle acquisition ».Cette acquisition, promet-on, «a été l\u2019une des personnalités radiophoniques les plus écoutées et les plus marquantes au cours des dernières décennies au Québec».Mercredi, les quotidiens Le Soleil et Le Journal de Québec ont tous deux soutenu qu\u2019il s\u2019agissait bel et bien de Jean-François Fillion.Toutefois, ni NRJ ni le principal intéressé n\u2019ont voulu confirmer la nouvelle.Plus de détails sur LeDevoir.com.Le Devoir Les délinquants sexuels au bout d\u2019un clic Ottawa va de l\u2019avant avec sa base de données publique sur les délinquants sexuels HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le premier ministre Stephen Harper l\u2019avait promis en septembre dernier et son gouvernement conservateur passe maintenant à l\u2019acte.Ottawa mettra sur pied une banque de données publique fichant les agresseurs sexuels d\u2019enfants à risque élevé, que les parents pourront consulter.«Chaque parent a le droit de savoir s\u2019il y a un pédophile dangereux dans son quartier.Lorsque les gens ne croient plus au système judiciaire et perdent confiance, c\u2019est à ce moment-là qu\u2019ils posent des gestes irresponsables et dangereux», a fait valoir le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney.Cette banque de données sera constituée, est-il écrit dans le projet de loi déposé à la Chambre des communes mercredi, de renseignements «préalablement rendus accessibles au public par un service de police ou toute autre autorité publique».Il s\u2019agit donc de regrouper ces informations, fait valoir le gouvernement.Au moment de mettre sous presse, toutefois, le ministère de la Sécurité publique a été incapable de dire dans quelle mesure ces informations déjà publiques sont consignées dans un format consultable par les citoyens.Il pourrait ne s\u2019agir que d\u2019avis publiés sporadiquement et difficilement retraçables.Le ministre Blaney estime néanmoins que la banque de données n\u2019augmentera pas pour autant les risques de vigilantisme.«Cette notification se fait déjà et à ce jour, il n\u2019y a pas eu d\u2019incident comme tej.» Aux Etats-Unis, de telles banques publiques ont permis à des citoyens de se faire justice eux-mêmes.Une étude de l\u2019American Public Health Association a recensé le cas d\u2019un homme ayant agressé sexuellement une adolescente qui a été décapité et brûlé par un groupe de jeunes au Michigan en 2007.La même année, une femme est morte au Tennessee dans l\u2019incendie de sa maison allumé par deux voisins parce que son conjoint figurait dans un registre.En 2006, un homme de Nouvelle-Ecosse s\u2019est rendu aux V SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le minisfre de la Sécurité publique, Steven Blaney, ne pouvait dire mercredi si les informations qui seront regroupées dans le re^sti'e étaient auparavant consignées dans tm format consultable par les citoyens.Les éléments publiés dans le registre -\tPrénom, nom et tout nom d\u2019emprunt utilisé -\tPhoto et description physique -\tDate de naissance -Sexe -\tDescription des infractions commises -\tNom de la «collectivité locale» dans laquelle la personne réside États-Unis dans le but d\u2019assassiner 34 délinquants inscrits au registre du Maine.Il en a tué deux avant d\u2019être arrêté.La banque de données canadiennes fichera tous les délinquants qui ont commis des infractions sexuelles contre des enfants et «présentant un risque élevé de commettre des crimes de nature sexuelle».Comment mesurer ce «risque élevé» ?Le projet de loi indique que c\u2019est le Conseil des ministres qui établira, par règlemenf les critères de détermination.Le Parlement ne pourra en débattre.Peines plus sévères Le projet de loi C-25 modifie aussi le Code criminel de ma- nière à rehausser les peines minimales pour les infractions en lien avec la pornographie juvénile.Celles-ci passent, en général, de trois à six mois ou alors de six mois à un an.Le gouvernement ordonne aussi aux tribunaux d\u2019imposer des peines cumulatives (devant être purgées une après l\u2019autre) dans les cas d\u2019infractions sexuelles visant plusieurs enfants.Le projet de loi fait en sorte qu\u2019il sera désormais possible de contraindre une personne à témoigner contre son conjoint dans les cas de pornographie juvénile.Les fonctionnaires ont expliqué que le principe de non-contraignabilité d\u2019un conjoint ne s\u2019applique déjà pas à diverses catégories de crimes, dont l\u2019inceste.Ottawa ne fait qu\u2019élargir la portée de l\u2019exemption.Enfin, le projet de loi établit que tout délinquant sexuel déclaré coupable d\u2019une infraction visant un enfant devra désormais aviser les autorités s\u2019il entend voyager à l\u2019étranger.Il devra leur fournir son itinéraire en plus des dates de départ et de retour.Les ministres conservateurs présentent cette mesure comme une façon de s\u2019assurer que les délinquants sexuels canadiens n\u2019iront pas à l\u2019étranger pour reproduire leurs actes.Cependant, le ministère n\u2019a pas été en mesure d\u2019expliquer mercredi comment çette mesure sera appliquée.A l\u2019heure actuelle, les voyageurs qui s\u2019envolent hors du pays n\u2019ont d\u2019interaction avec les services frontaliers qu\u2019à leur retour au pays.Un délinquant sexuel qui omettrait de se déclarer ne serait importuné qu\u2019à son retour.Le Devoir .'M'J ¦y .A A UN , QUEBEC POUR TOUS EPARGNE PLACEMENTS QUÉBEC BONI DE1% 8 PRODUITS D\u2019EPARGNE FLEXIBLES ET SÛRS 1 800 463-52291 www.epq.gouv.qc.ca Du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis de février et du 1®' mars, de 10 h à 16 h.LA PREMIERE ANNEE POUR LES NOUVEAUX FONDS REER, FERR, CRI ET FRV INVESTIS EN OBLIGATIONS.Epargne Placements Québec gg Mulcair ne dit pas non à une coalition NPD-PLC MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Après réflexion, le chef néodémocrate Thomas Mulcair rouvre la porte à une éventuelle coalition.Alors qu\u2019il répliquait un «non» catégorique à l\u2019idée de s\u2019allier avec les libéraux pour chasser les conservateurs de Stephen Harper du pouvoir il y a deux ans, la réponse à ce même scénario semble désormais avoir changé.Après son élection à la tête du NPD au printemps 2012, alors que le parti était toujours revigoré par la vague orange qui l\u2019a propulsé au rang opposition officielle à Ottawa, M.Mulcair a rejeté à plusieurs reprises l\u2019idée de s\u2019allier au Parti libéral.Les néodémocrates sont «les seuls à pouvoir remplacer Harper en 2015», martelait-il, en rappelant qu\u2019en 2008, ce sont les libéraux qui ont renié la coalition concoctée avec le NPD et le Bloc québécois.Deux ans plus tard, M.Mulcair préfère rester vague.Le chef néodémocrate a refusé de répondre par l\u2019affirmative ou la négative à l\u2019éventualité de s\u2019allier aux libéraux après le prochain scrutin.M.Mulcair s\u2019est plutôt obstiné à répéter, mercredi midi, que ce sont «les Canadiens qui détermineront la configuration de leur Parlement au lendemain de l\u2019élection de 2015.Nous faisons tout pour que ce soit un gouvernement progressiste, donc un gouvernement du NPD», a-t-il insisté, en réitérant que les libéraux ont refusé de travailler avec l\u2019opposition il y a cinq ans.Trudeau refiise Mais si l\u2019élection générale n\u2019élit pas un gouvernement néodémocrate, le chef du NPD pourrait-il arriver à ses fins de remplacer les conservateurs en renversant M.Harper avec une coalition?M.Mulcair a simplement répété sans relâche que ses troupes allaient «former un gouvernement du NPD» et alors «travailler avec les autres».Le chef libéral Justin Trudeau, dont le parti est désormais en bien meilleure posture dans les sondages qu\u2019en 2011, rejette de son côté toute alliance avec le NPD.«J\u2019ai été très clair pendant ma course au leadership que je n\u2019allais pas m\u2019engager dans des discussions portant sur une coalition.Et j\u2019ai reçu un mandat fort de la part des libéraux pour m\u2019y tenir et je vais m\u2019y tenir», a tranché M.Trudeau.Le Devoir Réforme chez les sénateurs libéraux Ottawa \u2014 Un mois après leur expulsion du caucus de Justin Trudeau, les 32 sénateurs libéraux ont rendu publics mercredi les cinq changements qu\u2019ils entendent apporter à leur façon de travailler.A partir du 26 mars prochain, ils ouvriront au public et aux médias certaines de leurs réunions de caucus.Des experts y seront conviés pour proposer des analyses de la législation à l\u2019étude.Ils promettent aussi de lancer de grands chantiers de réflexion sur des enjeux qui ont été, à leur avis, escamotés par les politiciens: chômée chez les jeunes, logement social, autisme, violence envers les femmes autochtones, péréquation.Et enfln, ils promettent que tous leurs votes seront libres.Ils ne se coordonneront plus ensemble.Du côté conservateur, on a qualifié cette réforme de «poudre aux yeux» puisque les comités sénatoriaux visent déjà à consulter des experts et à lancer de grandes réflexions.Le Devoir LE DEVOIR, LE JEUDI 27 EEVRIER 2014 A 3 ACTUALITES Une question d\u2019odeur Michel é David n février 1996, Lucien Bouchard, qui venait tout juste d\u2019accéder au poste de premier ministre, avait raconté sa rencontre inopinée avec un anglophone qui bouquinait dans la même librairie que lui, disant avoir été frappé par la détresse de son interlocuteur.En ces lendemains de référendum, M.Bouchard sentait la nécessité de tendre la main aux anglophones, ce qu\u2019il avait tenté de faire dans son célèbre théâtre Centaur, qui avait surtout eu pour effet de créer un fossé entre le nouveau chef du PQ et ses militants.À l\u2019approche des élections de novembre 1998, la perspective de voir ces damnés séparatistes tenir un autre référendum avait encore fait monter l\u2019anxiété de quelques crans.«C\u2019est pas des farces, je me fais presque agresser par des gens qui me prennent par le revers du veston et qui me secouent en disant: vous devez les battre», avait confié le député libéral de No-tre-Dame-de-Grâce, Russell Copeman.Quinze ans plus tard, le «malaise» des Anglo-Québécois persiste, si on en croit le sondage Ekos-CBC réalisé entre le 10 et le 18 février.Une majorité de non-francophones (51 %) aurait même envisagé de quitter le Québec au cours de la dernière année.Qutre l\u2019état de l\u2019économie, le débat sur la charte de laïcité, qui inquiète aussi bon nombre de francophones, et surtout l\u2019éventualité de l\u2019élection d\u2019un gouvernement péquiste majoritaire suscitent sans doute de l\u2019angoisse chez plusieurs, mais cela n\u2019explique pas tout.Il y a très exactement un an, alors que le PQ était au plus bas et que personne ne parlait de laïcité, un autre sondage Ekos-CBC révélait déjà que 42% des non-francophones avaient songé à partir après l\u2019élection du 4 septembre 2012.Il est vrai que les signaux envoyés ces jours-ci par les membres du gouvernement Marois ne sont pas de nature à les mpftrp\tdissuader.La ministre responsable de la langue dans la peau française, Diane De Courcy, a clairement indiqué qu\u2019un de l\u2019autre\tPQ majoritaire reviendrait à .\tla charge avec son projet de est toujours renforcer la loi 101, même si malaisé\trenouvelé l\u2019enga- gement d\u2019étendre au niveau collégial les dispositions qui régissent l\u2019accès à l\u2019école anglaise.Le ministre de l\u2019Environnement, Yves-Eran-çois Blanchet, s\u2019est bien défendu d\u2019avoir annoncé la tenue d\u2019un nouveau référendum, mais il n\u2019est pas le seul à se souvenir qu\u2019il y en a eu un à chaque «cycle péquiste».Qui plus est, il a toujours eu beu durant le premier mandat majoritaire.Même sans référendum à la clé, la promesse d\u2019un livre blanc sur la souveraineté an-nopce de la turbulence.Evoquer la possibilité de partir en répondant à un sondage est une chose, passer de la parole à l\u2019acte en est une autre.L\u2019exode qui a suivi la victoire péquiste de 1976 ne s\u2019est pas jamais reproduit.Le mois dernier, la Gazette a fait tout un plat avec une étude selon laqueUe le nombre de gens qui ont quitté le Québec entre janvier et juillet 2013 avait atteint le niveau le plus élevé du siècle pour une période de trois trimestres.Dans un texte publié dans Le Devoir, le directeur des programmes de démo^aphie à l\u2019Institut national de la recherche scientifique, Alain Bélanger, avait qualifié cette étude de «trompeuse» et démontré que le nombre de sortants pour les trois premiers trimestres de 2013 était même inférieur à ce qu\u2019il avait été durant la pé-riode correspondante en 2000, 2001, 2002, 2006, 2007 et 2008.Il n\u2019est pas question de nier la réalité, ni la légitimité du malaise que les anglophones et les allophones peuvent ressentir.Pour les francophones, qui ont sincèrement l\u2019impression d\u2019être très généreux envers les minorités, il n\u2019en demeure pas moins incompréhensible que 51 % de leurs membres puissent même penser à quitter le Québec.Se mettre dans la peau de l\u2019autre est toujours difficile.Dans le reste du pays, où on est tout aussi convaincu que le Québec se fait entretenir par les provinces riches, on n\u2019arrive pas davantage à concevoir que la moitié des Québécois francophones puissent vouloir quitter le Canada.Depuis la fondation du PQ, Gérald Godin a sans doute été celui qui a fait les plus grands efforts pour rapprocher les différentes composantes de la société québécoise.Un jour où l\u2019opposition libérale lui reprochait son insensibilité aux doléances des anglophones, il n\u2019avait pu retenir son exaspération.«S\u2019ils ne peuvent pas nous sentir, qu\u2019ils s\u2019en aillent, parce qu\u2019on ne changera pas d\u2019odeur», avait-il lancé.Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a raison de penser qu\u2019il n\u2019y a pas grand-chose à faire pour faire disparaître cette anxiété, même si son degré peut varier selon la conjoncture politique.Paradoxalement, l\u2019appartenance à la fédération canadienne, dans laquelle plusieurs voient une protection contre les poussées de fièvre identitaire provoquées par l\u2019insécurité culturelle des francophones, en est largement responsable.mdavid@ledevoir.com 4 MURRAY BREWSTER LA PRESSE CANADIENNE Le ministère des Anciens Combattants a à ce jour réussi à iocaiiser 250 vétérans qui vivaient dans ies rues.Piusieurs sont en choc post-traumatique, ou présentent des signes de dépression.L\u2019itinérance frappe parmi les vétérans de l\u2019armée canadienne CAROLINE MONTPETIT Ils ont souvent vécu le front, les baraquements, la guerre.Plusieurs ne s\u2019en sont pas remis.Depuis quelques années, le ministère des Anciens Combattants a fini par admettre que l\u2019itinérance constituait un problème parmi les vétérans des Porces armées à travers le Canada.Sous les pressions de l\u2019ombudsman des vétérans, le ministère a mis en place certains programmes pour tenter de rejoindre ces anciens combattants dans les rues des grandes vibps du Canada.À ce jour, ils ont réussi à localiser 250 vétérans qui vivaient dans la rue à travers le Canada, dont 50 à Montréal, raconte Robert Cormier, le directeur du district de Montréal des Anciens Combattants du Canada.« Ce sont les données sur le nombre de personnes qu\u2019on a identifiées et à qui on a réussi à venir en aide, dit-il.Mais ce n\u2019est sûrement pas représentatif du nombre de vétérans sans-abri dans la rue au Canada.» Les programmes ne peuvent en effet rejoindre que les gens «qui s\u2019identifient comme anciens vétérans et qui acceptent qu\u2019on les aide», ajoute-t-il.«Certains ont servi outremer dans des zones comme l\u2019Afghanistan et la Bosnie, d\u2019autres sont restés au Canada et ont servi dans les Forces canadiennes, poursuit-il.C\u2019est sûr qu\u2019il y en a une bonne proportion qui souffre effectivement de choc post-traumatique ou de problèmes de dépression.» Les vétérans itinérants que les Anciens Combattants ont aidés ont de la mi-trentaine à la mi-cinquantaine.«Il y en a qui ont plus de 55 ans», dit Robert Cormier.Plusieurs ont des problèmes de santé mentale et tentent de s\u2019automédicamenter et développent des problèmes de toxicomanie, expbque-t-il.«Ce sont des gens qui ont enseignement de l\u2019histoire Contre la pensée narrative téléologique S MARC-ANDRE ETHIER Professeur, Département de didactique de l\u2019Université de Montréal elon Jocelyn Létour-neau (dans Je me souviens?, Fides, 2014), développer la pensée critique des élèves en classe d\u2019histoire est souhaitable, mais inapplicable.Mieux vaudrait se recentrer sur une narration.Il rejoint ainsi F.Bédard, R.Co-meau, G.Laporte et D.Vau-geois, voire G.Bouchard, quoiqu\u2019ils soutiennent d\u2019autres récits.Pourtant, lorsqu\u2019ils pratiquent l\u2019histoire, ces auteurs (et d\u2019autres) tiennent avec raison pour acquis que les réponses qu\u2019ils formulent aux problèmes historiques feront l\u2019objet de débats sur l\u2019exhaustivité, la validité ou la pertinence des sources dépouillées.Aussi précisent-ils, dans des notes souvent copieuses, leurs références, de sorte que tous puissent vérifier les appuis de leurs argumentaires.Les jugements envers leurs interprétations historiques portent aussi sur la richesse, la finesse et la fidélité du corpus et de son analyse.Si l\u2019histoire doit être enseignée comme science, l\u2019école devrait donc respecter sa nature disciplinaire et insister non sur la restitution d\u2019un ou de plusieurs récits, mais sur la pratique de l\u2019enquête historique, de la formulation d\u2019un problème à la défense d\u2019une réponse, en passant par la constitution et l\u2019analyse d\u2019un corpus documentaire.Certes, on ne peut attendre Le déclencheur «Les programmes d\u2019histoire du Québec [.] n\u2019enseignent plus l\u2019histoire sous forme de récits.Le but est dorénavant la résolution de problèmes et la formation de la pensée critique Les jeunes, en quête de sens et d\u2019identité, éprouvent de la difficulté à mobiliser les savoirs historiques, acquis en salle de classe, à des fins d\u2019orientation personnelle et de représentations historiques.Ils se rabattent donc volontiers sur la mémoire collective qui leur permet de se souvenir d\u2019hier sans avoir à élaborer de nouvelles façons de concevoir l\u2019histoire.» \u2014 «Conserver la pensée narrative chez les élèves», Stéphane Lévesque, professeur à l\u2019Université d\u2019Ottawa, Le Devoir, 24 février 2014.d\u2019élèves de 12 à 16 ans qu\u2019ils repèrent ou établissent des sources, pas plus que l\u2019on attend d\u2019eux qu\u2019ils résolvent les problèmes scientifiques confiés [.] à des physiciens aguerris.On peut toutefois affirmer qu\u2019ils n\u2019apprendront pas les principes et méthodes de ces sciences, même à leur mesure, s\u2019ils ne leur sont pas enseignés.Un programme de sciences ne comportant aucune expérience en laboratoire ou n\u2019y recourant que de façon plaquée serait bancal.Il en va de même de l\u2019histoire: penser comme un historien n\u2019est pas inné.Pour être apprises de façon réelle et durable, les méthodes de l\u2019enquête historique doivent être enseignées systématiquement, former le cœur du programme, lui donner son sens.Il faut faire sentir aux élèves qu\u2019il y a des contradictions à dépasser, un débat à trancher, une énigme à déchiffrer, que tout n\u2019est pas transparent et simple, mais que la raison peut et doit agir, aussi L\u2019histoire doit-elle être enseignée comme une science?C\u2019est notre avis.partiels et provisoires ses résultats soient-ils.Une science Les élèves ne peuvent apprendre ou découvrir seuls les principes et méthodes de l\u2019histoire, pas plus qu\u2019ils n\u2019ont la science infuse des faits permettant de comprendre le contenu des sources.[.] L\u2019histoire doit-elle être enseignée comme une science ?C\u2019est notre avis, dans la mesure oû nous voulons que les élèves agissent dans la vie publique comme les historiens veulent qu\u2019eux et leurs pairs se conduisent dans leur vie professionnelle: en s\u2019interrogeant, en enquêtant avec rigueur et discipline pour trouver les réponses valides et en débattre, ou en analysant les réponses déjà disponibles.L\u2019école en général doit cultiver l\u2019esprit critique et ainsi former des citoyens, explicitement et volontairement, à partir d\u2019une méthode et de contenus disciplinaires particuliers, comme ceux de l\u2019histoire, et non sporadiquement, inconsciemment, furtivement.Un programme d\u2019histoire prétendant ne pas éduquer à la citoyenneté risque plus de conforter une mémoire collective non examinée ou de laisser les élèves démunis devant la propagande que d\u2019armer leur esprit de méthodes pour analyser les discours sur le passé.Or, les Minutes du patrimoine, les reconstitutions de la bataille des plaines d\u2019Abraham, les fêtes du bicentenaire de la guerre de 1812 ou du 150® anniversaire à venir de l\u2019Acte de confédération, pour ne prendre que des exemples fédéralistes, montrent bien l\u2019importance de savoir analyser les usages publics du passé.Choisir de ne pas éduquer à la citoyenneté, ce n\u2019est pas choisir de ne pas endoctriner au parlementarisme, au fédéralisme, à l\u2019indépendantisme, au personnalisme chrétien, au communisme ou à toute autre conclusion politique prédéterminée.C\u2019est choisir de s\u2019enfouir la tête dans le sable, de ne pas former des citoyens autonomes, capables d\u2019assumer leurs choix et leurs identités en connaissance de cause.Esprit critique Cette tâche est ambitieuse et difficile, certes, car bien des élèves s\u2019interrogent peu sur leur monde ou ignorent comment le faire.Or, il faut les amener à se poser les questions historiques à leur portée qui sont les plus propices à une réflexion politique justement parce qu\u2019ils ne se les posent pas.Au premier rang de ces questions, notons celles liées au contexte, à la périodisation, à la transformation, aux conditions, aux effets et aux facteurs (culturels, démographiques, socio-économiques, etc.) de l\u2019oppression et de l\u2019exploitation, mais aussi des luttes menées contre celles-ci, dans leur diversité et leur complexité, ainsi qu\u2019aux divers sens qu\u2019elles avaient pour les agents.L\u2019histoire du Québec peut être un moyen de développer l\u2019esprit critique des élèves.Un bon moyen, puisque c\u2019est leur histoire: c\u2019est signifiant.Un bon moyen aussi parce que l\u2019on peut avoir comme point de départ une question du genre : pourquoi y a-t-il encore un débat sur la question nationale ?Un vaste choix de documents pertinents existe pour enquêter sur ce problème de recherche.Il faudrait partir de là, et non pas des résultats de la démarche d\u2019un autre, que ce soit l\u2019enseignant, le manuel ou tel chercheur de tel département d\u2019histoire.Et on peut remonter loin avec une telle question, ne serait-ce qu\u2019en regardant les différents arguments invoqués de part et d\u2019autre, y compris dans ce que certains appellent la conscience historique, l\u2019histoire publique ou la mémoire historique, telles qu\u2019elles sont véhiculées dans les films, romans, bédés, jeux, musées, monuments, éditoriaux, etc.En somme, les programmes et évaluations devraient être centrés sur la démarche et les concepts de la pensée historienne, ainsi que sur les débats historiques permettant de s\u2019interroger sur le Québec d\u2019aujourd\u2019hui.Que les élèves écrivent ou non un récit par la suite est accessoire.DIBYANGSHU SARKAR AEP Dure aussi > Le texte «La modernité et le colonialisme», d\u2019Agusti Nicolau, au sujet de la pensée d\u2019Enrique Dussel, philosophe latino-américain.Ce dernier participera (via Skype) à « Décoloniser l\u2019ordre géopolitique mondial», une conférence organisée par la revue Relations ce jeudi soir au Centre St-Pierre {cjfqc.ca).L\u2019anthropologue et professeur émérite de l\u2019Université de Montréal Gilles Bibeau répondra à M.Dussel.Extrait : «Dans le contexte géopolitique mondial actuel, les relations entre les cultures et les civilisations ne peuvent être que profondément asymétriques: 20% de l\u2019humanité (habitant principalement en Europe et en Amérique du Nord) consomme plus de 80%) des biens et de ressources de la planète, une concentration jamais observée auparavant dans l\u2019histoire.L\u2019œuvre de Dussel témoigne d\u2019une conscience lucide de cette réalité.Le passage d\u2019une modernité universelle à une transmodernité pluriver-selle pourrait contribuer, selon lui, à infléchir les rapports de force actuels.» Sur LeDevoir.com L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine RobitaïUe (edttonaltste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (cancatunste), information générale : Isabelle Pare {chef de dtvtstori), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa Marie Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Melanie Ix)isel et Karl Retùno Parazelh (reporters), information politique Marco Fortier (chef de division), Michel T)a.Yià(chroniqueur), Helene Biizzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Robert Dutrisac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault Côte (reporter), information culturelle Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaïUargeon (médias), Frederique Doyon et François Levesque (reporters), Juhe Carpenùer (pupitre), information économique Gerard Berube (chef de division), Marco Belair Cirmo, François Desjardms et Enc Desrosiers {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy Taillefer (reporters), Jean Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emihe Fohe Boivm et Louis Gagne {pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Marie Pier Frappier, Benoit Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Charùer et Genevieve Tremblay (assistantes) , correction : Andreanne Bedard, Chnsùne Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Florence Ferraris (commis) DOCUMENTATION GiUes Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Monique Bherer (Ottawa), 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administrative), Claudine Chevrier, Florenùna Draghici, Cehne Furoy et Véronique Page A 8 LE DEVOIR, LE JEUDI 27 EEVRIER 2014 ACTUALITES COMMISSION SUITE DE LA PAGE 1 meme les officiers du syndicat qui sont à la tête de ça», enchaîne M.Audette.Interrogé à ce sujet, Bernard Gauthier s\u2019est tenu sur la défensive.«Je ne sais pas ce qu\u2019il veut dire, ça n\u2019a pas rapport, je ne comprends pas son affaire, a-t-il expliqué.On sait qu\u2019il y a de la drogue, on sait qu\u2019il y a des vendeurs, mais ça n\u2019a aucun rapport avec les délégués.» Gauthier a été tellement cité dans les médias comme l\u2019homme fort de la Côte-Nord que le crime organisé entretiendrait la confusion sur son rôle.Le délégué syndical de l\u2019Union des opérateurs de machinerie lourde (section locale 791 de la FTQ-C) a déclaré qu\u2019il avait reçu la visite d\u2019un membre du crime organisé à son domicile l\u2019automne dernier.L\u2019homme non identifié voulait s\u2019entretenir avec lui sur la séparation des rôles entre les syndicalistes et les trafiquants de drogue.«Il m\u2019a dit: \u201cTu sais en haut, là-bas, il y a des règles à suivre \u201d, a expliqué Bernard Gauthier.Il s\u2019en vient pour m\u2019avertir que si je ne respecte pas les fameuses règles, il va m\u2019arriver de quoi.» Bernard Gauthier a nié toute implication dans le trafic de drogue, mais ces révélations relancent le débat sur la proximité de la FTQ-C avec le crime organisé.Oui à l\u2019intimidation Au deuxième jour de son témoignage, Bernard Gauthier a admis qu\u2019il avait fait de l\u2019intimidation au cours de sa carrière de délégué syndical.Il lui arrivait de hausser le ton face à des employeurs qui ne voulaient pas appliquer les «clauses Rambo» de la convention collective.«Dire à quelqu\u2019un que c\u2019est un plein de \u201cmarde\u201d quand c\u2019en est un, ça me fait du bien.Ça m\u2019enlève le goût d\u2019y allonger ma main sur la gueule», a-t-il lancé.Il a minimisé la portée de ses gestes, en les réduisant à «des discussions viriles entre hommes» sur les chantiers.Le procureur Simon Tremblay a passé en revue de nombreux épisodes de discrimination et d\u2019intimidation de la part de Gauthier et de son fidèle ami d\u2019enfance, Michel Bezeau (Association des manœuvres interprovinciaux).Dès 2004, sur le chantier de la Toul-nustouc, les entrepreneurs et Hydro-Québec ont dû composer avec leurs tentatives de prise de contrôle de l\u2019embauche de la main-d\u2019œuvre par la violence, l\u2019intimidation et les arrêts de travail.Dans un rapport d\u2019enquête soumis au ministre du Travail, Gauthier est identifié comme l\u2019un des principaux protagonistes de deux arrêts de travail d\u2019une journée et d\u2019une semaine sur le chantier de la Toulnus-touc, en avril et en juin 2004.Les entrepreneurs vivent dans un climat «de terreur syndicale».La FTQ «veut avoir un contrôle absolu sur toutes les embauches, tous syndicats confondus», dénonce un plaignant.L\u2019indifférence d\u2019Hydro-Québec Gauthier est aussi soupçonné d\u2019avoir fait la chasse aux travailleurs affiliés à l\u2019International : il serait resté impassible quand un membre de l\u2019International a été poussé en bas d\u2019un escalier par un de ses fiers-à-bras, et il aurait menacé de «casser les jambes» à un travailleur de 64 ans, ce Ces nouvelles révélations relancent le débat sm- la proximité de la FTQ-C avec le crime organisé qu\u2019il a nié.« Ça pas d\u2019allure.J\u2019étais cinglé, mais pas à ce point-là», a-t-il dit.En dépit des incidents de Toulnustouc, Hy-dro-Québec et la FTQ-C ont marché main dans la main pour établir les besoins de main-d\u2019œuvre pour le chantier de la Romaine, six ans plus tard.Lors des rencontres de préparation, seuls des représentants de la FTQ-C étaient invités à disputer des besoins de main-d\u2019œuvre.À la suite d\u2019une visite sur le chantier de la Romaine, le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD Construction) de l\u2019époque, Patrick Dai-gneault, a demandé une intervention de la Commission de la construction du Québec (CCQ) afin de sensibiliser Hydro-Québec à «l\u2019apparence de collusion» sur le chantier de la Romaine.Le président de la CSD Construction avait demandé une rencontre avec deux représentants d\u2019Hydro-Québec, Robert Gingras et Richard Ducharme, pour discuter du problème.«Personne ne semblait attacher de l\u2019importance à ces faits alors que des travailleurs m\u2019ont confirmé s\u2019être vu refuser des emplois parce qu\u2019ils n\u2019étaient pas membres de la FTQ-Construction», déplorait-il.La conduite de Bernard Gauthier recevait également l\u2019aval de la FTQ-C.Même s\u2019il était au courant de ses méthodes musclées, le directeur général de l\u2019Union des opérateurs de machinerie lourde, Bernard Girard, ne l\u2019a jamais sanctionné.Girard a simplement servi à son poulain rétif des avertissements.La FTQ-C paie aussi les amendes lorsque Bernard Gauthier est reconnu coupable de discrimination syndicale, ce qui constitue une forme d\u2019appui.Le Devoir UKRAINE SUITE DE LA PAGE 1 la partie ouest de la Russie, pour vérifier leur aptitude au combat.Des véhicules blindés et des postes de contrôle ont par ailleurs été placés à des endroits stratégiques à Sébastopol, où est basée la flotte russe en mer Noire.Des manifestations croisées de russophones d\u2019une part, d\u2019Ukrainiens de souche et de Tatars pro-Ukrainiens d\u2019autre part, ont donné lieu à des affrontements à Sinféropol, la capitale de la région autonome de Crimée.La Russie ne reconnaît toujours pas le renversement de son protégé Viktor lanoukovitch, et la politique suivie par ce puissant voisin inquiète les Ukrainiens pro-européens.Trois anciens présidents ukrainiens ont d\u2019ailleurs accusé mercredi Moscou à'«intervenir directement dans la vie politique de la Crimée».Aide financière américaine Les Etats-Unis ont mis la Russie en garde contre toute intervention militaire, l\u2019avertissant qu\u2019il s\u2019agirait là d\u2019une «erreur grave».Le secrétaire d\u2019Etat, John Kerry, a pressé Moscou de «tenir promesse» quant au respect de l\u2019intégrité territoriale de l\u2019Ukraine.M, Kerry a également annoncé mercredi que les Etats-Unis offriraient à Kiev une garantie de prêt de 1 milliard.Il a par ailleurs demandé à la Russie de retirer ses troupes des régions de l\u2019Abkhazie et de l\u2019Ossétie du Nord, en Géorgie.Valentina Ivanovna Matvienko, la présidente du Conseil de la Fédération de Russie, a déclaré que le scénario d\u2019ingérence armée russe dans les événements en Ukraine est totalement exclu, selon La Voix de la Russie.« Un tel scénario est impossible.La Russie déclare et confirme sa position.Nous ne sommes pas en droit et nous ne pouvons pas^ nous ingérer dans les affaires intérieures d\u2019un Etat souverain», a-t-elle expliqué.Les ministres de la Défense de l\u2019OTAN ont déclaré mercredi qu\u2019ils «continueront à soutenir la souveraineté et l\u2019indépendance de BULENT KILIC AGENCE ERANCE-PRESSE Le nouveau gouvernement a été présenté aux dizaines de milliers d\u2019Ukrainiens rassemblés mercredi soir à la place de l\u2019Indépendance.l\u2019Ukraine, son intégrité territoriale, son développement démocratique et le principe de l\u2019inviolabilité de ses frontières».«L\u2019Ukraine est la question de sécurité la plus importance en Europe aujourd\u2019hui», a déclaré le secrétaire général de l\u2019Alliance, Anders Fogh Rasmussen, à l\u2019issue d\u2019une réunion ministérielle à Bruxelles.La ministre allemande de la Défense, Ursula Von der Leyen, a souligné l\u2019importance de maintenir les contacts avec la Russie lors de cette rencontre.La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, doit d\u2019ailleurs rencontrer son homologue russe, Sergeï Lavrov, le 6 mars, après un nouveau déplacement prévu lundi à Kiev.Mandat d\u2019arrêt contre lanoukovitch Sans attendre la nomination du nouveau gouvernement, l\u2019Ukraine a réclamé «un mandat d\u2019arrêt international» contre Viktor lanoukovitch, poursuivi pour «meurtres de masse», a annoncé le procureur général par intérim, Oleg Makhnitski.Un porte-parole de Vladimir Poutine a affirmé mercredi que le Kremlin ne dispose d\u2019aucune information permettant d\u2019affirmer que le président ukrainien déchu se trouve près de Moscou, comme l\u2019a affirmé un média russe.Plus tôt mercredi, le ministre de l\u2019Intérieur par intérim, Arsen Avakov, a annoncé la dissolution des forces spéciales antiémeute ukrainiennes, particulièrement haïes après les violences des dernières semaines.Une délégation canadienne menée par le ministre des Affaires étrangères, John Baird, doit se rendre en Ukraine vendredi.Elle sera composée de quatre représentants de la communauté ukrainienne du Canada ainsi que de deux députés et d\u2019un sénateur conservateurs.Avec l\u2019Associated Press, l\u2019Agence Erance-Presse et La Presse canadienne Le Devoir FLAMENCO SUITE DE LA PAGE 1 apprendra l\u2019improvisation jazz avec John McLaughlin et Al Di Meola.Et sa célèbre rumba Entre dos Aguas deviendra l\u2019une des pièces les plus emblématiques de l\u2019ère moderne, toutes catégories confondues.Un génie En 2007, Paco Pena, l\u2019autre grand guitariste de sa génération, s\u2019était confié au Devoir lors de son passage à Montréal : «De Lucia est un génie avec une vision merveilleuse pour faire avancer le flamenco.Je pense qu\u2019il est nourri des autres cultures et qu\u2019il profite de ces cultures pour rendre son flamenco plus ample.» Mais Paco de Lucia, de son vrai nom Francisco Sanchez Gômez, était aussi de la race des humbles, de ceux qui ont appris la musique en famille.«Les gitans sont meilleurs parce qu\u2019ils écoutent de la musique depuis la naissance.Si je n\u2019étais pas né dans la maison de mon père, je ne serais personne aujourd\u2019hui.Je ne crois pas au génie spontané.Mon père m\u2019a obligé à jouer de la guitare quand j\u2019étais petit», écrivait-il dans Paco de Lucia.A New Tradition for the Ela-menco Guitar.Hier, plusieurs médias ont repris la citation.En 2011 en entrevue au Devoir, le maître portait un regard lucide sur le grand genre espa- gnol: «À mes débuts, j\u2019étais confiné à un cercle très restreint et le flamenco risquait de terminer son parcours au musée.Seuls les politiciens le défendaient à cause de son attrait touristique.Maintenant, le flamenco est le bienvenu à travers le monde.J\u2019en suis très fier.Je suis d\u2019abord et je serai toujours d\u2019abord un musicien de flamenco.A un bas âge, fai eu la chance de rencontrer plusieurs musiciens internationaux.Cela explique sans doute la raison pour laquelle j\u2019ai introduit le cajon, le saxophone et la basse électrique, des instruments qui n\u2019étaient pas connus dans le monde du flamenco.Aujourd\u2019hui, tu ne peux pas imaginer le flamenco sans cajon.» De son côté, la guitariste montréalaise Caroline Planté se souvient du maestro.«Avec Ca-marôn de la Isla, il était l\u2019un des deux révolutionnaires des années 1970.C\u2019est une perte incroyable.Paco était encore actif toujours actuel.Il a créé un mouvement de modernité, mais il a continué d\u2019être moderne et il n\u2019a pas stagné avec sa propre révolution.Mes premiers souvenirs du flamenco sont de lui.Je devais avoir sept ans et je regardais de vieux vidéo chez mon père.Il jouait Entre dos Aguas avec ses pantalons éléphants et six joueurs de bongo.Ce fut ma première influence, puis est arrivé Vincente Amigo.Mais Vincente n\u2019existerait pas de la même façon si Paco ou Manolo Sanlucar n\u2019étaient pas passés avant eux.En fait, aucun guitariste flamenco ne jouerait de la même façon.» Caroline lui dédit ce jeudi soir le concert qu\u2019elle donne à Halifax.Elle mène une carrière en Espagne et au Québec.Son père, Marcel Planté, dit «El Rubio », fut l\u2019un des principaux pionniers du grand genre espagnol à Montréal : «C\u2019est sûr que c\u2019est un choc, mais je me dis que la musique de Paco va lui survivre.En spectacle, tu regardes ça, tu écoutes, tu es bouche bée, tu ramasses tout dans ta tête.Sa musique a influencé la mienne, de même que celles de tous les excellents guitaristes qu\u2019on a aujourd\u2019hui.Sabicas et Nino Ricardo ont été ses maîtres, mais lui, il est devenu le maître de tout le monde.» Une œuvre magistrale Benoît Bigham, le fondateur du Festival flamenco de Montréal, y allait également de plusieurs superlatifs: «J\u2019ai vu Paco deux fois à Wil-frid-Pelletier.C\u2019est un monstre, un monument.Il s\u2019en va rejoindre Jésus, c\u2019est un Dieu lui aussi.Les jeunes comme Quiquelo et Tomatito ont tous profité du fait qu\u2019il a tracé un chemin très large.Il mettait la barre très haute et n\u2019était jamais satisfait de lui-même.Je l\u2019avais vu dans un documentaire et ce qui m\u2019avait marqué, c\u2019est qu\u2019il avait dit: \u201cJ\u2019aimerais enregistrer juste un album, l\u2019améliorer toute ma vie et le sortir à la fin de ma vie \u201d».Paco passé dans l\u2019au-delà, c\u2019est pourtant l\u2019ensemble d\u2019une œuvre magistrale qui rayonne.Collaborateur Le Devoir D Voir ' Une sélection de vidéos de Paco de Lucia en prestation sur LeDevoir.com ANGLOPHONES SUITE DE LA PAGE 1 «Ce n\u2019est qu\u2019un sondage, dit-il.Mais il reflète ce que f entends dans mes conversations avec la communauté: celle-ci ne voit pas beaucoup de gestes de la majorité francophone ou du gouvernement montrant que la communauté anglophone est valorisée.Elle est tolérée, acceptée, mais pas valorisée.» M.Fraser cite l\u2019exemple de la réforme avortée de la loi 101 et d\u2019une clause qui prévoyait la fin d\u2019une exemption qui permet aux militaires en poste au Québec d\u2019envoyer leurs enfants à l\u2019école anglaise.«C\u2019est un geste qui affecte environ 700 enfants, surtout dans de petites écoles.C\u2019est un geste qui fragilise des établissements déjà fragiles.Et pour réussir quoi, finalement ?» Selon lui, c\u2019est le genre de dossier qui amène les anglophones et allophones à se poser des «questions sérieuses»: «Est-ce que [Québec] pense que les communautés anglophones jouent un rôle positif?Ou bien c\u2019est perçu comme un mal nécessaire qu\u2019il faut tolérer?Il y a un sentiment généralisé, peut-être excessif de la part de gens qui ont passé leur vie au Québec et qui me disent: \u201cPour la première fois, je suis tanné \u201d.» Concernant la charte de la laïcité, le commissaire reconnaît qu\u2019elle «ne vise pas la communauté anglophone».«Mais elle n\u2019aide pas à donner l\u2019impression que les minorités non francophones sont accueillies à bras ouverts au Québec», fait-il valoir.Graham Fraser L\u2019effet Lisée En septembre 2012, dans une entrevue accordée au Devoir, Graham Fraser avait suggéré à Pauline Marois de nommer un interlocuteur responsable des relations avec les anglophones.Appel entendu : la première ministre a chargé Jean-François Lisée du dossier, un geste qui avait été à la fois apprécié et critiqué.Quelque 18 mois plus tard, M.Fraser dresse un bilan en demi-teinte de l\u2019effet Lisée.«Comme bien des gens, fai été impressionné par la vigueur avec laquelle M.Lisée s\u2019est donné le devoir d\u2019aller visiter toutes sortes d\u2019organisations et d\u2019intervenants, et par sa franchise.C\u2019était un geste important.» Sauf qu\u2019avec un gouvernement souverainiste qui mettait de l\u2019avant des projets controversés sur la langue et la laïcité, «ce n\u2019est pas juste une tournée de ministre qui aurait pu résoudre les sentiments d\u2019insécurité créés par ces débats, dit M.Fraser.Les gens ont apprécié les gestes d\u2019écoute, mais ils essaient aussi de voir des résultats.» Directrice générale du Quebec Community Groups Network (QCGN), Sylvia Martin-La-forge abonde dans le même sens.«Mon bilan est de plus en plus mitigé à mesure que le temps passe, dit-elle.Dans les 12 premiers mois, M.Lisée était assez présent.Mais depuis six mois, on le voit moins.Il est plutôt occupé à comparer la charte de la laïcité à la loi 101: disons qu\u2019on a moins d\u2019atomes crochus.C\u2019est difficile d\u2019entamer un dialogue dans ce contexte.» Sondage Dans le contexte d\u2019une campagne électorale imminente, la publication du sondage CBC-Ekos a suscité plusieurs réactions mercredi.L\u2019incertitude politique (28%) et l\u2019état de l\u2019économie (21%) sont les deux principales raisons mises de l\u2019avant par les déserteurs potentiels.«Ce sont des chiffres constants à travers les années», a tempéré le ministre Jean-François Lisée lors d\u2019un point de presse à Québec.Il y a un an, Ekos avait en effet mené un coup de sonde identique pour CBC, et 42% des répondants anglophones disaient avoir considéré quitter le Québec dans la foulée de l\u2019élection du Parti québécois.Same old, same old ?«La conclusion, c\u2019est que les gens restent», analyse M.Lisée.Son collègue Réjean Hébert (Santé) a pour sa part soutenu qu\u2019il «ne peut rien faire à propos de l\u2019anxiété de certaines personnes.Cet exode ne s\u2019est jamais matérialisé.Alors ils peuvent être anxieux, mais ils ne partiront pas», pense-t-il.«Il y a un long voyage entre répondre à un sondage et faire ses valises», avoue Sylvia Martin-Laforge, qui se désole surtout de l\u2019impact de ce genre de sondages auprès des anglophones qui songent à venir s\u2019installer au Québec.Selon elle, ce sont les questions économiques qui peuvent expliquer une volonté de partir.« Ceux qui avaient à partir pour des raisons politiques l\u2019ont fait dans les années 70 et 80», dit-elle.Graham Fraser juge lui aussi que la crainte d\u2019un exode est exagérée.«Les deux derniers recensements montrent un bilan migratoire pratiquement neutre», rappelle-t-il.Depuis les «sommets» de la période 1976-1981 (où 130000 anglophones ont quitté le Québec), cette courbe migratoire n\u2019a cessé de se rétablir.Le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, s\u2019est quant à lui dit «préoccupé» par les résultats du sondage.Il a critiqué le gouvernement Marois, qui a créé selon lui de «l\u2019instabilité» et de la division au Québec avec le projet de charte de la laïcité.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com OC sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel Par télécopieur redaction@ledevoir.com 514 985-3360 Publicité Au téléphone Extérieur de Montréal (sans frais) Par télécopieur 514 985-3399 1 800 363-0305 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par 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