Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (8)

Références

Le devoir, 2014-03-01, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Sciences : Les effets pervers des indicateurs d\u2019excellence dans la recherche Page b 6 Michei David et la nature référendaire de la prochaine élection Page b 3 Manon Corneiiier et les campagnes pour recruter des SippUÏS Page B 2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI I®'\u2018 ET DIMANCHE MARS 2014 JACQUES NADEAU LE DEVOIRT L\u2019actif net de la Caisse de dépôt dépasse maintenant 200 milliards.La Caisse de dépôt ?Une question d\u2019équilibre i La Caisse vise à faire fructifier l\u2019avoir de ses déposants à long terme.Sans oublier le Québec.La Caisse de dépôt et placement insiste sur l\u2019importance d\u2019investir dans l\u2019économie réelle sur un horizon à long terme.Pour subvenir aux besoins de ses déposants, certes, mais aussi pour appuyer les entreprises du Québec.Mission impossible ?FRANÇOIS DESJARDINS Six mois après sa nomination à la présidence de la Caisse de dépôt et placement, Henri-Paul Rousseau énonçait haut et fort ce que cherchait vraiment la direction.«Nous voulons nous situer systématiquement dans le premier quartile de nos groupes de référence, peu importe le domaine d\u2019activité.La barre est haute», disait-il en avril 2003 devant un parterre de 900 personnes réunies par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.Depuis, les temps \u2014 et le ton \u2014 ont changé.Cette semaine, lorsque Michael Sabia et trois vice-présidents ont rencontré la presse financière pour présenter les résultats de 2013 \u2014 un gain de 13,1% sur l\u2019année et une moyenne de 10% sur cinq ans \u2014, le mot «quartile» n\u2019a pas été prononcé une seule fois.«Notre plan vise la constance », a dit M.Sabia, dont le premier mandat de cinq ans, qui devait se terminer ce mois-ci, a été renouvelé jusqu\u2019en 2019.Il parle d\u2019un résultat «raisonnable».«Surfer sur la vague le plus haut possible, ça serait une erreur.Les montagnes russes, ce n\u2019est pas notre affaire.» L\u2019actif net de la Caisse dépasse maintenant 200 milliards, comparativement à 120 milliards dans le creux survenu lors de la crise financière de 2008.Tout est une affaire d\u2019équilibre.Autrefois très sensible aux quartiles lors des conférences de presse, la direction insiste maintenant sur les rendements absolus, «l\u2019économie réelle» et le long terme.Et, comme c\u2019est devenu la pratique, elle présente la Caisse comme un partenaire du milieu des affaires québécois, suite logique de la double mission économico-sociale dont l\u2019établissement est investi.Le débat entourant le rôle de la Caisse, tiraillée entre les besoins de ses déposants et le contexte de sa création en 1965, est éternel.La loi qui la régit stipule qu\u2019elle doit recevoir «des sommes en dépôt conformément à la loi» et doit «les gérer en recherchant le rendement optimal du capital des déposants dans le res- pect de leur politique de placement tout en contribuant au développement économique du Québec».Incontournable Il est devenu impossible pour la Caisse d\u2019ignorer la deuxième partie de cette mission, inscrite dans la loi depuis les années 2000.Dix jours avant la publication des résultats, un ancien vice-président, Michel Nadeau, avait publié dans les pages du Devoir une lettre dans laquelle il exhortait la Caisse à en faire encore plus pour l\u2019économie du Québec.Invité à se prononcer, Michael Sabia est resté calme.«Je pense que ce que Michel veut dire, c\u2019est \u201cEst-ce que la Caisse en fait assez au plan qualitatif?\u201d et pas nécessairement quantitatif.Honnêtement, nous sommes sur la même page.Il n\u2019y a pas de désaccord.» Du début de 2010 à la fin de 2013, la Caisse, qui achète des actions mais participe aussi à des fonds minier et manufacturier, a misé 10,3 milliards sur des entreprises québécoises pour porter le total à 53,8 milliards.En 2013, les engagements ont atteint 3,6 milliards, dont 600 millions auprès des PME.Si l\u2019on prend son portefeuille canadien, les actions québécoises y comptent pour 32%, comparativement à 15% à la Bourse de Toronto.(La Caisse ne divulgue pas le rendement de l\u2019ensemble de ses actifs québécois, mais M.Sabia affirme que ce rendement est bon.) «Selon moi, la priorité, de loin, c\u2019est la gestion des actifs de ses déposants et certaines de ces caisses [les déposants] ne sont pas en santé financière débordante, comme c\u2019est le cas ailleurs», dit Richard Guay, ancien chef des investissements qui a été président de la Caisse dans la deuxième moitié de 2008 avant de passer à rUQAM comme professeur de finance.«Etre capable de payer toutes les rentes promises, ça demeure un défi.» Si cela «peut se faire en investissant en même temps au Québec, ajoute-t-il, il y a quand même un ordre de priorité, même si ça ne se dit peut-être pas bien politiquement».Aux origines du double mandat Lorsque Henri-Paul Rousseau s\u2019amène devant la Chambre de commerce en 2009, neuf mois après son départ de la Caisse et quelques mois après la crise, il est là d\u2019abord et avant tout pour expliquer le contexte de la perte de VOIR PAGE B 3 : CAISSE Les administrateurs de la Caisse Le conseil d\u2019administration de la Caisse de dépôt et placement peut être composé de 9 à 15 personnes, dont le président de la Caisse, qui en est membre d\u2019office.Voici sa composition actuelle (13) : Robert Tessier (mars 2009, ex-président de Gaz Métro) ; Michael Sabia (mars 2009, ex-président de Bell Canada) ; Elisabetta Bigsby (novembre 2009, ex-cadre à la Banque Royale) ; Louise Charette (avril 2005, ex-cadre à la Commission de la construction du Québec) ; Patricia Curadeau-Grou (octobre 2013, conseillère auprès du président de la Banque Nationale) ; Michèle Desjardins (décembre 2009, prési- dente de Consultants Koby) ; Rita Dionne-Marsolais (janvier 2013, économiste et ex-ministre) ; Gilles Godbout (janvier 2013, ex-vice-président de la Caisse) ; Denys Jean (septembre 2011, président de la Régie des rentes du Québec) ; François Joly (mars 2013, administrateur de sociétés, ex-cadre au Mouvement Desjardins) ; Jean La Couture (janvier 2013, administrateur de sociétés) ; François R.Roy (décembre 2009, administrateur de sociétés, ex-directeur des finances de l\u2019Université McGill) ; Duma Sananikone (août 2007, administratrice de sociétés).UKRAINE Le double langage du Kremlin CORINE LESNES FRÉDÉRIC LEMAÎTRE Vladimir Poutine est sorti de son long silence sur l\u2019Ukraine en publiant, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 février, un bref communiqué sur le site du Kremlin, dans lequel il s\u2019efforce de circonscrire cette crise à un problème purement économique.Le président russe s\u2019est en ef fet borné à demander à son gouvernement de «tenir des consultations avec ses partenaires étrangers, FMI et G8, pour organiser une assistance financière à Kiev».Jusque-là, le silence de Vladimir Poutine n\u2019avait d\u2019égal que celui de Barack Obama.La Maison-Blanche est manifestement inquiète des événements en Crimée, mais le président n\u2019a pas fait de commentaires publics sur l\u2019Ukraine depuis plusieurs jours.Jeudi, c\u2019est au secrétaire à la Défense, Chuck Hagel, qu\u2019il est revenu de lancer une mise en garde à la Russie.En marge de la réunion des ministres de l\u2019OTAN à Bruxelles, le ministre a plaidé pour «un leadership de sang-froid» et appelé le président russe à «ne pas prendre d\u2019initiatives qui pourraient être mal interprétées ».Le Pentagone a en même temps fait savoir qu\u2019il suivait de près les mouvements des troupes russes le long de la frontière ukrainienne.Le secrétaire d\u2019Etat, John Kerry, a de son côté appelé son homologue Sergueï Lavrov.«Nous avons évoqué la situation très tendue qui règne en Crimée», a-t-il indiqué.Surtout, a insisté John Kerry, Sergueï Lavrov a répété que la Russie entendait «respecter l\u2019intégrité territoriale de l\u2019Ukraine».Laisser mijoter Barack Obama s\u2019est entretenu pendant une heure avec Vladimir Poutine le 21 février.Loin de l\u2019enthousiasme de George W.Bush pour la « Révolution orange » et l\u2019entrée de l\u2019Ukraine dans l\u2019OTAN, le président américain privilégie la stabilité, ce qui est aussi «dans l\u2019intérêt de la Russie», a insisté John Kerry.Le gouvernement Obama répète sur tous les tons qu\u2019il n\u2019est pas question d\u2019un retour à la guerre froide, contrairement à ce que semblent croire nombre de membres du Congés, et peut-être Vladimir Poutine.«Nous espérons que la Russie ne verra pas ce qui se passe en Ukraine comme une continuation de la guerre froide.Ce n\u2019est pas Rocky IV», a résumé M.Kerry.Comme souvent, Barack Obama est pris en tenailles entre son désir de ne rien faire qui pourrait forcer Vladimir Poutine à un affrontement avec l\u2019ancien rival et la nécessité de montrer aux Ukrainiens \u2014 et à son opinion publique \u2014 qu\u2019il est du bon côté de l\u2019Histoire et soutient le combat pour la démocratie.Selon le New York Times, la Maison-Blanche réfléchissait justement au moyen de préparer le prochain sommet entre les deux présidents quand l\u2019Ukraine a explosé.En 2013, Barack Obama VOIR PAGE B 2 : MOSCOU B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI I®'\u2018 ET DIMANCHE MARS 2014 PERSPECTIVES La période de maraudage Manon .I CORNELLIER à Ottawa Les élections fédérales n\u2019auront lieu que dans un peu moins de deux ans, si la Loi sur les élections à date fixe est respectée, mais les partis fédéraux sont déjà en campagne.Les contours de leurs territoires de chasse se précisent de plus en plus, la dernière semaine ayant été particulièrement instructive à ce sujet.Le chef libéral, Justin Trudeau, a lancé le bal en tendant une main amicale aux conservateurs lors de son discours devant ses militants, samedi dernier, il les a présentés comme des amis et des voisins avant de jouer sur leur possible déception.«Nous ne sommes pas toujours d\u2019accord sur tout [.], mais je sais que nous pouvons nous entendre sur ceci: la négativité ne peut être la force motrice de notre pays.C\u2019est peut-être la façon de faire de la direction actuelle du Parti conservateur du Canada, mais ce n\u2019est pas la façon de faire de ces Canadiens qui ont voté conservateur», a-t-il dit.M.Trudeau s\u2019efforce d\u2019occuper le centre de l\u2019échiquier pobtique en reprenant une recette libérale éprouvée, l\u2019alliage de positions sociales plus progressistes et économiquement plus conservatrices.L\u2019objectif est de ravir des appuis au Nouveau Parti démocratique, bien sûr, mais surtout d\u2019en arracher aux conservateurs et, en particulier, de ramener au bercail les libéraux «bleus» qui ont déserté vers le parti de Stephen Harper en 2011, lui assurant du même coup la victoire dans plusieurs circonscriptions de la région de Toronto.L\u2019autre groupe convoité est celui des anciens progressistes-conservateurs, ceux de l\u2019école des Joe Clark et Brian Mulroney.« C\u2019est très clair que les progressistes-conservateurs ont un toit, et c\u2019est le Parti libéral», a même déclaré l\u2019ancien premier ministre Paul Martin à iPobtics.Chez les conservateurs, la priorité, cette semaine, était de rassurer une base fidèle mais inquiète du sort réservé à une promesse faite en 2011, celle du fractionnement de revenu aux fins d\u2019impôt pour les familles avec enfants.Au lendemain du dépôt du budget, lorsque le ministre des Finances, Jim Flaherty, a exprimé des doutes sur l\u2019équité d\u2019une telle politique, le premier ministre ne l\u2019a pas désavoué.11 a plutôt donné l\u2019impression qu\u2019il partageait ses réserves en se limitant à dire qu\u2019il voulait alléger le fardeau fiscal des familles et en évitant soigneusement de mentionner le fractionnement du revenu.Depuis, la Chambre a fait relâche.Les députés conservateurs sont retournés dans leur circonscription et se sont fait savonner les oreilles.Leurs partisans et un bon nombre de leurs électeurs leur ont rappelé leur promesse et ont exigé qu\u2019elle soit respectée.Le message s\u2019est rendu puisque M.Harper a déclaré cette semaine, et deux fois plutôt qu\u2019une, que «le fractionnement du revenu serait une excellente politique pour les familles canadiennes, tout comme elle l\u2019est pour les aînés canadiens».Du côté du NPD, le chef, Thomas Mulcair, a causé la surprise en refusant d\u2019écarter le scénario d\u2019une coalition, lui qui avait catégoriquement repoussé l\u2019idée lors de la course à la direction de son parti.Malgré le barrage de questions, il a esquivé celles-ci, rejetant plutôt l\u2019idée de candidats communs, répétant à maintes reprises que son parti avait toujours prôné la coopération et l\u2019avait pratiquée.«En 2015, les Canadiens décideront du Parlement qu\u2019ils veulent se donner.Nous, nous allons présenter 338 candidats», a-t-il martelé.Mais adve-nant l\u2019élection d\u2019un gouvernement minoritaire, serait-il prêt à former une coalition ?11 a refusé de répondre à cette question.On pourrait conclrue qu\u2019il jette, d\u2019une certaine manière, l\u2019éponge devant des sondages qui lui sont défavorables, mais aussi qu\u2019il cherche à embêter les libéraux.Pendant qu\u2019eux flirtent avec les conservateurs, lui montre une porte de secours aux bbéraux progressistes.Virage ou pas, M.Mulcair décrit la vraie nature de notre système parlementaire.Les citoyens élisent un Parlement et le gouvernement est formé par l\u2019équipe capable d\u2019obtenir la confiance de la majorité des élus.Quand personne ne détient la majorité des sièges, l\u2019appui d\u2019un autre parti s\u2019impose.Cela peut se faire à travers une coalition formelle, une entente de coopération ou des accords à la pièce, comme l\u2019a fait Paul Martin ou même Stephen Harper durant ses 18 premiers mois au pouvoir.L\u2019autre solution, privilégiée depuis par le chef conservateur, est de mettre sans cesse le fusil sur la tempe du parti le plus amoché pour le forcer à s\u2019abstenir ou à voter pour certains projets de loi.M.Mulcair se mouille, mais les autres devront finir par le faire aussi.Selon les sondages, aucun parti ne pourrait former un gouvernement majoritaire si une élection avait lieu aujourd\u2019hui.Alors, ils ont beau être déjà en chasse, il leur manque encore bien des prises dans leurs gibecières.Si la tendance se maintient et qu\u2019un gouvernement minoritaire pointe à l\u2019horizon, tous les chefs devront nous dire comment ils entendent s\u2019y prendre pour donner aux Canadiens un gouvernement minimalement stable et un Parlement fonctionnel.Nous dire, en somme, qu\u2019elle sera leru préférence.La coopération ou l\u2019intimidation?mcornellier@ledevoir.com ID n DI GENYA SAVILOV AGENCE ERANCE-PRESSE La base de Sébastopol s\u2019était révélée stratégique lorsque la flotte russe avait organisé des blocus dans la mer Noire.UIŒAINE Sébastopol, une base navale russe clé en Crimée EDOUARD PFLIMLIN La base de Sébastopol, ville d\u2019Ukraine située dans le sud-ouest de la Crimée, sera-t-elle le lieu d\u2019un nouveau siège, 160 ans après la guerre de Crimée, qui commença le 27 mars 1854 ?Probablement non, mais les tensions entre le nouveau pouvoir ukrainien, les russo-phones de Crimée et plus généralement l\u2019est de l\u2019Ukraine, et Moscou, en font un point d\u2019appui pour les menées de la politique russe.Sébastopol abrite la flotte russe, puis soviétique, de la mer Noire depuis que la ville a été fondée par l\u2019impératrice Catherine H à la fin du XVIIP siècle.Pendant la campagne de Russie, qui commence en juin 1941, le siège de la ville est l\u2019un des plus longs et des plus cruels de la Seconde Guerre mondiale.A sa libération, Sébastopol obtient le titre de «ville héros» et accède au panthéon de la Grande Guerre patriotique en devenant l\u2019égale de Stalingrad ou Leningrad.A la suite de l\u2019éclatement de l\u2019Union soyié-tique en 1991, qui voit la naissance d\u2019un Etat ukrainien souverain, une partie de la flotte dépendant de la marine soviétique conduit à la formation de la nouvelle marine ukrainienne.Le 28 mai 1997, un accord avec la Russie partage la flotte de la mer Noire: l\u2019Ukraine obtient 17% de la flotte (soit 80 navires) et la Russie, 83% (soit 338 navires).L\u2019ancienne flotte soviétique de la mer Noire ainsi que toutes les installations ont été divisées entre la flotte russe de la mer Noire et la marine ukrainienne.Ainsi, deux forces marines partagent quelques-uns des ports et quais le long des côtes de Sébastopol et de sa région, tandis que certaines zones sont démilitarisées ou contrôlées par une seule nation.Sébastopol demeure le quartier général tant de la flotte russe de la mer Noire que celui de la marine ukrainienne.Selon le traité de 1997, la base navale de la marine russe reste à Sébastopol, grâce à un bail de 20 ans signé entre les deux parties, qui court jusqu\u2019à 2017.Ce traité suit une longue discussion.Au tout début, Moscou refusa de reconnaître la souveraineté ukrainienne sur Sébastopol ainsi que sur toute la région environnante de la Crimée.Mais finalement, l\u2019appartenance de Sébastopol à l\u2019Ukraine sera confirmée.La base contre le gaz Treize ans plus tard, de nouveaux accords renforcent la position russe.La signature des accords le 21 avril 2010 entre la Russie et l\u2019Ukraine concernant le bail de la flotte russe de mer Noire à Sébastopol règle les nouvelles conditions de l\u2019utilisation de cette base stratégique.Outre 8 millions de dollars de loyer annuel payés à l\u2019Ukraine depuis 1997, la Russie est censée pratiquer à l\u2019égard de Kiev un tarif SDK T lia I\tif.rra*»** BsiTimi VASILY BATANOV AGENCE ERANCE-PRESSE La citadelle navale offre un port à huit baies en eaux profondes.préférentiel de fourniture de gaz correspondant à une réduction de 30% du prix normal de livraison.Kiev bénéficiera d\u2019une ristourne sur le prix du gaz russe, qui pourra atteindre 100$ pour 1000 mètres cubes.Ce qui, par la suite, n\u2019empêchera pas Moscou de faire pression sur Kiev en menaçant de couper les exportations de gaz russe vers et via l\u2019Ukraine.La flotte russe a pu aussi prolonger son bail à Sébastopol au-delà de l\u2019échéance de 2017 «moyennant le versement par l\u2019armée russe, à la Ville de Sébastopol, d\u2019une rente annuelle de 100 millions de dollars.Désormais, les navires russes sont assurés de pouvoir rester jusqu\u2019en 2042, avec une option d\u2019extension jusqu\u2019en 2047», souligne Le Figaro.Au total, la marine russe a 15000 militaires stationnés dans la base de Crimée, selon un accord avec le gouvernement ukrainien qui permet de stationner jusqu\u2019à 25000 militaires dans la région.Le nombre a augmenté depuis 2008.Pour Moscou, «le port ukrainien est un élément-clé pour la puissance navale russe», note le Financial Times.Durant la guerre russo-géorgienne de l\u2019été 2008, « la base russe de Sébastopol s\u2019était révélée stratégique lorsque la flotte russe a organisé des blocus dans la mer Noire et l\u2019a utilisée pour lancer des débarquements amphibies.Il a également prouvé son utilité à la Russie dans la crise libyenne, les missions antipiraterie dans La marine russe a 15000 militaires stationnés dans la base de Crimée l\u2019océan Indien et le rôle de Moscou dans le démantèlement des armes chimiques de la Syrie», indique le FT.La citadelle navale offre un port à huit baies en eaux profondes, meilleur que le port russe proche de la ville de Novorossisk.L\u2019intérêt pour la Russie est également symbolique, souligne Le Figaro : «Il permet de continuer à faire flotter à Sébastopol le drapeau russe.» « Outre le siège de la flotte de la mer Noire, Moscou dispose, dans cette ville de 380000 habitants et à 70% russophone, d\u2019un centre de communications, d\u2019un hôpital militaire et de deux régiments [infanterie de marine et aérien].» «Symbole historique de modernité impériale et d\u2019héroïsme militaire, Sébastopol constitue aujourd\u2019hui un enjeu majeur pour la Fédération de Russie.Bien plus qu\u2019un simple accord militaire, le renouvellement du bail russe sur la base navale s\u2019expliquerait par la volonté de Moscou de mettre en valeur les minorités russophones de l\u2019étranger dans une perspective d\u2019influence.En effet, les liens profonds qui unissent Sébastopol à sa garnison montrent l\u2019existence d\u2019une identité locale particulière qui illustre les aspirations géopolitiques de la Russie contemporaine», soulignait la revue de géopolitique Hérodote, dans un numéro de 2010.Quatre ans plus tard, les événements en Crimée pourraient confirmer cette analyse.Le Monde MOSCOU SUITE DE LA PAGE B 1 avait annulé sa rencontre avec Vladimir Poutine, en signe de mécontentement envers la posture russe sur la Syrie.Cette année, le président russe est l\u2019organisateur du G8, début juin à Sotchi.11 serait difficile à M.Qbama de boycotter de nouveau le tête-à-tête avec l\u2019hôte du sommet.Même son de cloche à Paris, où l\u2019on se dit peu étonné par les messages contradictoires envoyés par la Russie.«Les Russes jouent toujours un double jeu, souligne une source diplo- matique.Après avoir bombé le torse en annonçant des manoeuvres militaires près de la frontière ukrainienne, ils s\u2019emploient désormais à dédramatiser pour ne pas nourrir l\u2019escalade.» C\u2019est le message que le Kremlin a fait passer, jeudi, à plusieurs ambassades occidentales à Moscou, en soutenant que la Russie ne remettrait pas en cause l\u2019intégrité territoriale de rUJtraine.A Paris, on estime que Moscou va continuer à «maintenir deux fers au feu» et «laisser mijoter» la situation en Crimée, tout en soulignant que les Russes n\u2019ont pas, non plus, «intérêt à ce que l\u2019Ukraine leur claque entre les doigts».D\u2019abord pour ne pas accentuer l\u2019impact de cette première grande défaite diplomatique de Poutine depuis une décennie.Ensuite parce que l\u2019effondrement de l\u2019Ukraine aurait immanquablement des répercussions économiques négatives en Russie.Non seulement en raison des liens commerciaux étroits entre les deux pays, mais aussi parce que les banques russes sont très exposées en Ukraine.Quel sera le prix de la retenue apparente de Poutine, alors que la Russie est au cœur du jeu diplomatique sur la Syrie et l\u2019Iran?«Pour le moment, relève prudemment un diplomate, les Russes ne font pas le lien entre l\u2019Ukraine et d\u2019autres sujets.» Le Monde LE DEVOIR, LES SAMEDI I®'\u2018 ET DIMANCHE 2 MARS 2014 B 3 PERSPECTIVES 'A \"T \t\t\t\t *>' \"«Vî^ O\t,- lACQUES NADEAU LE DEVOIR Les surplus d\u2019électricité pourraient s\u2019avérer dispendieux pour les contribuables québécois.QUÉBEC La conciliation pétrole-climat Le Parti québécois soutient qu\u2019il n\u2019y a pas de contradiction à miser sur le pétrole tout en voulant réduire les GES Pour les groupes écologistes et Québec solidaire, Pauline Marois est en flagrante contradiction en misant sur l\u2019or noir de Pile d\u2019Anticosti tout en poursuivant l\u2019objectif de diminuer la consommation de pétrole au Québec et, de là, les émissions de gaz à effet de serre (GES).Mais cette contradiction n\u2019est qu\u2019apparente, soutient-on dans l\u2019entourage de la première ministre.Et c\u2019est nul autre que le député écologiste Daniel Breton qui fut chargé d\u2019expliquer ce paradoxe.ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Daniel Breton n\u2019est pas sortable.C\u2019est du moins ce que semblent penser les stratèges péquistes.Ce n\u2019est pas en chair et en os, devant un auditoire ou encore en conférence presse, que le député écologiste de Sainte-Ma-rie-Saint-Jacques a expliqué sa position sur le pétrole de l\u2019île d\u2019Anticosti.Une position qui est rigoureusement celle de Pauline Marois et du Parti québécois.C\u2019est dans une vidéo, diffusée sur le site du PQ, que Daniel Breton a exposé, de façon fort pédagogique, d\u2019ailleurs, les raisons pour lesquelles cette exploration pétrolière pouvait se concilier avec la lutte contre les changements climatiques.«A date, nous ne faisons qu\u2019aller voir», affirme Daniel Breton.Et s\u2019il y a du pétrole, ce sera au Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) de déterminer si l\u2019exploitation de cette ressource est souhaitable sur les plans écologique, énergétique et social, un BAPE dont «la crédibilité est retrouvée», ditil, grâce aux nominations que le Conseil des ministres a entérinées quand il était ministre du Développement durable, de l\u2019Environnement, de la Eaune et des Parcs.11 reviendra toutefois au gouvernement de trancher.Daniel Breton fait valoir qu\u2019alors que le gouvernement Marois engage 115 millions pour acquérir l\u2019équivalent de 50% des permis d\u2019exploration d\u2019Anticosti, il dépensera bien davantage dans des initiatives vertes : 600 millions en efficacité énergétique, une somme que le secteur privé doublera, un milliard pour la «mobilité durable», 516 millions pour l\u2019électrification des transports et 200 millions pour un plan de diversification économique à la suite de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.Indépendance énergétique En ces matières, on ne peut taxer le PQ d\u2019opportunisme électoral.L\u2019idée de réduire de façon importante la consommation de pétrole au Québec \u2014 un objectif autant écologique qu\u2019économique puisque l\u2019importation de pétrole pour une somme de 14 milliards équivaut au déficit commercial québécois \u2014 a germé au Bloc québécois au début des années 2000 pour se transformer, sous l\u2019égide de Pauline Marois, en un projet d\u2019indépendance énergétique.En 2009, le PQ avait réclamé la tenue d\u2019une commission parlementaire itinérante sur l\u2019indépendance énergétique, une proposition que le gouvernement Charest avait rejetée.L\u2019objectif est ARCHIVES LE DEVOIR La Commission sur ies enjeux énergétiques recommande au gouvernement d\u2019envisager de stopper ia construction du compiexe de ia Romaine.inscrit dans le programme péquiste issu du congrès d\u2019avril 2011 et figure dans la plateforme électorale du PQ de 2012.Le parti a promis également de réduire de 25% les émissions de GES d\u2019ici 2020 par rapport à 1990, un objectif qui dépasse l\u2019engagement d\u2019une baisse de 20% formulé par le gouvernement libéral.S\u2019il veut parvenir à l\u2019indépendance énergétique, le Québec ne peut écarter l\u2019exploitation de ses ressources pétrolières s\u2019il en possède, sou-tient-on au gouvernement.Aucun pays au monde, même les plus vertueux sur le plan environnemental, comme la Norvège, n\u2019a refusé d\u2019exploiter son pétrole.«On veut casser cette idée qu\u2019on ne peut pas réduire notre consommation de pétrole et en produire en même temps», avance-ton.Le rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, que Le Devoir a dévoilé, rappelle que le pétrole se négocie sur le marché international, au prix international.«La Commission note avec étonnement que la très grande majorité des intervenants \u2014favorables ou non à l\u2019exploitation des hydrocarbures \u2014 estiment que le Québec serait destiné au marché local seulement.L\u2019exportation n\u2019est jamais évoquée comme étant un potentiel à considérer», peut-on lire.Pour les commissaires, l\u2019exploitation du pétrole «n\u2019est pas fondamentalement différente de l\u2019extraction du fer, de l\u2019or ou des diamants».La Commission préconise un mpdèle de développement à la norvégienne où l\u2019État détiendrait un intérêt majoritaire.Trop risqué pour Couillard Le chef libéral, Philippe Couillard, après avoir lu un rapport technique de la firme alber-taine des consultants Sproule, a décidé que l\u2019investissement dans le pétrole de l\u2019île d\u2019Anticosti était trop risqué.11 faut dire que c\u2019est le gouvernement Charest qui a liquidé Hydro-Québec Gaz et Pétrole en cédant au secteur privé les permis d\u2019Anticosti.On peut y voir une certaine suite dans les idées.LePQ a promis de réduire de 25% les émissions de GES d\u2019ici 2020 par rapport à 1990 Si, au PQ, on ne s\u2019est pas étonné de la condamnation de Québec solidaire, on s\u2019est montré surpris de la prise de position du chef libéral.Agréablement, s\u2019entend.«Couillard trouve le moyen d\u2019être contre.Il nous fait un cadeau », se réjouiton.Eorce est de constater que Philippe Couillard n\u2019a pas peur d\u2019aller à l\u2019encontre de l\u2019opinion publique.Du moins si on se fie à un sondage CROP commandé par la Eédération des chambres de commerce du Québec et rendu public la semaine dernière.Ainsi, 71% des répondants se disent favorables à l\u2019exploration pétrolière au Québec alors que seulement 20 % y sont défavorables.En outre, 66% se disent pour l\u2019exploitation de la res-soiuce, contre 22% qui s\u2019y opposent.Mais l\u2019enjeu du pétrole, même si le PQ y voit un élément porteur de son programme, est moins pressant que celui de l\u2019électricité.C\u2019est un des constats, d\u2019ailleurs, que fait la Commission sur les enjeux énergétiques.Les Québécois paieront à compter de 2016 1,2 milliard par an pour les inutiles surplus qu\u2019Hy-dro-Québec Distribution doit supporter.Ces surplus s\u2019ajoutent à ceux que doit écouler Hydrq-Québec Production à faible prix aux États-Unis, une situation prévue poiu les 15 prochaines années.La Commission recommande même au gouvernement d\u2019envisager de stopper la construction du complexe de la Romaine.Or Hydro-Québec a déjà consacré 3 milliards au projet, soit près de la mqitié de l\u2019investissement.Le p.-d.g.de la société d\u2019État, Thierry Vandal, tient toujours à ce «projet solide» dont il faut juger de la valeur, selon lui, «sur un horizon de plus de 100 ans».Plutôt que l\u2019exploitation encore incertaine des gisements de pétrole, c\u2019est donc l\u2019utilisation des surplus d\u2019électricité qui comptera le plus pour le Québec au cours des prochaines années.De quoi plaire aux écologistes et donner raison à Daniel Breton.Le Devoir CAISSE SUITE DE LA PAGE B 1 40 milliards enregistrée en 2008.Mais devant les 850 invités, il se permet un détour d\u2019un demi-siècle.«Vous pouvez remonter jusqu\u2019en 1965, lire toutes les éditions de la Loi de la Caisse, vous n\u2019y trouverez pas le moindre énoncé de mission, lance-fil.La fameuse double mission de la Caisse provient de l\u2019interprétation d\u2019un discours que le premier ministre Jean Lesage a prononcé à l\u2019Assemblée législative en 1965.» 11 cite alors le discours en question, dans lequel Jean Lesage dit ceci : «Encore ne faut-il pas entretenir d\u2019illusions sur l\u2019usage qui doit être fait de la Caisse.En particulier, on aurait tort de croire que cet instrument doit servir à financer.dans n\u2019importe quelle condition, des projets économiques ou sociaux si essentiels soient-ils.La Caisse n\u2019est pas destinée à subventionner le gouvernement, les municipalités, les commissions scolaires ou les entreprises.[.] Elle doit pouvoir satisfaire à la fois des critères de rentabilité convenable et rendre disponibles des fonds pour le développement à long terme du Québec.» La Caisse gère l\u2019argent de 31 déposants, dont les plus gros sont, par exemple, le régime de retraite des employés du secteur public (plus de 45 milliards), la Régie des rentes du Québec (45 milliards), les travailleurs de la construction et la CSST.(Liste complète à http://goo.gl/LGl upz) Battre les indices Dans les faits, la Caisse a battu l\u2019indice de référence auquel elle compare ses résultats.Son gain de 13,1% en 2013 est légèrement supérieur à son indice de 12,6%.Sur quatre ans, sa performance de 10% dépasse aisément l\u2019indice de 8,8%.Sur le plan des quar tiles, un vice-présf dent a indiqué au Devoir que le rendement médian de 31 caisses surveillées de près par la Banque Royale a été de 13,8%, ce qui placerait donc la Caisse dans le troisième quartile.«Je me réveille pour beaucoup de choses, mais pas pour l\u2019indice.On gère pas mal en absolu.L\u2019immobilier, c\u2019est vraiment du long terme», a laissé tomber Daniel Eournier, chef de la direction de la filiale immobilière Ivanhoé Cambridge, lors du huis clos pour la présentation des résultats.«Par exemple, il y a deux ou trois choses qu\u2019on a faites cette année qui n\u2019ont généré aucun rendement.Et même à court terme, ça nous a coûté de l\u2019argent, mais pour le long terme, c\u2019est exactement ce qu\u2019on devait faire.» Le Devoir Le chèque en blanc Michel é David Le ministre de l\u2019Environnement, Yves-Erançois Blanchet, avait tout à fait raf son de dire qu\u2019un référendum sur la souveraineté a été tenu dans chacun des « cycles » de pouvoir péquiste.11 y a cependant une différence de taille.Durant la campagne électorale de 1976, comme dans celle de 1995, le PQ s\u2019était formellement engagé à en tenir un.René Lévesque avait assuré qu\u2019il aurait lieu dans un premier mandat.Jacques Parizeau s\u2019était donné un an.Pauline Marois ne prendra aucun engagement formel, mais elle n\u2019exclura rien non plus.«Je suis souverainiste.Quand les gens votent pour moi et mon gouvernement, j\u2019ai la possibilité de faire la souveraineté», a-t-elle expliqué, se réservant le droit de décider si la population est prête pour une nouvelle consultation.De là à dire que le PQ réclame un chèque en blanc, il n\u2019y a qu\u2019un pas, que les partis d\u2019opposition vont s\u2019empresser de franchir.Très rapidement, un vote pour le PQ va devenir un vote pour l\u2019indépendance, et M\u201c® Marois sera accusée de vouloir refaire aux Québécois le coup de la « cage à homard ».Philippe Couillard n\u2019a même pas attendu le déclenchement officiel de la campagne pour reprocher à la première ministre de cacher ses projets référendaires à la population.Contrairement au PQ, dont les intentions de vote coïncident presque parfaitement avec le pourcentage d\u2019appui à la souveraineté, le PLQ est très loin de faire le plein des électeurs fédéralistes.Si les libéraux veulent avoir une chance de gagner les élections, ils doivent impérativement les rapatrier.Bien entendu, la CAQ risque encore une fois de faire les frais de l\u2019opération.On a beaucoup reproché à Lucien Bouchard et, dans une moindre mesure, à Bernard Landry de ne pas avoir suffisamment forcé le jeu pour précipiter la tenue d\u2019un match revanche après la défaite crève-cœur de 1995, mais ni l\u2019un ni l\u2019autre ne croyaient être en mesure de le gagner.Auraient-ils dû jouer les kamikazes ?La souveraineté ne se fera cependant pas sans audace.Vingt ans auront bientôt passé depuis le dernier référendum.S\u2019il fallait attendre le prochain « cycle » péquiste, sous prétexte de s\u2019attaquer aux «vrais problèmes», cela signifierait un délai additionnel de 15 ans, auquel le projet souverainiste ne survivrait peuf être pas.Pauline Marois n\u2019est pas moins responsable que ses prédécesseurs.Elle ne souhaite certainement pas faire subir au Québec les conséquences d\u2019un troisième Non, mais les pressions que la base militante exercera seront très fortes si le PQ obtient une majorité.L\u2019annonce de la publication d\u2019un livre blanc sur la souveraineté a déjà eu un effet galvanisant que n\u2019anticipait pas l\u2019entourage de la première ministre.Il faudrait que le «moment approprié» se présente d\u2019ici 2018 Une campagne électorale impose toujours le même exercice d\u2019équilibre à un chef péquiste, qui doit doser minutieusement son discours de manière à motiver les militants, sans effaroucher les électeurs qui ne veulent rien savoir d\u2019un troisième référendum.C\u2019est pourtant cette perspective qu\u2019on a fait miroiter aux candidats que la gouvernance dans le cadre fédéral n\u2019aurait pas intéressés et qui ne se contenteront peutêtre pas aussi facilement que d\u2019autres des plaisirs que procure le pouvoir.Les nouvelles «vedettes» qui défendront les couleurs du PQ, les Dominique Payette, Lorraine Pintal, Alexis Deschênes et Sophie Stanké, ont en commun d\u2019avoir développé, dans leur secteur respectif un talent pour la communication qui les servirait bien dans une campagne référendaire.Encore devront-ils se faire élire dans des circonscriptions qui sont toutes représentées par des députés des partis d\u2019opposition.Bien entendu, la première ministre dirigerait le camp du Oui, mais elle n\u2019a pas le même ascendant sur la population qu\u2019avaient René Lévesque ou Lucien Bouchard.Si jamais il y a un référendum, il est bien possible que la campagne du Oui soit une œuvre plus collective que les précédentes.En 1976 comme en 1995, le PQ avait bien compris qu\u2019il lui fallait tenir le référendum durant le premier mandaf avant que l\u2019inévitable usure du pouvoir fasse son œuvre.11 faudrait donc que le « moment approprié », qui a remplacé les défuntes «conditions gagnantes», se présente d\u2019ici 2018.On n\u2019y est pas encore.Bon nombre de souverainistes se plaisent à rappeler que le Oui plafonnait à 40% dans les sondages moins d\u2019un an avant le référendum de 1995 et qu\u2019il a terminé à 49,4%.La question à laquelle les Québécois devront répondre la prochaine fois ne pourra cependant pas être aussi emberlificotée que celle qui avait permis à plusieurs fédéralistes de voter Oui.Cela devra nécessairement être une question à l\u2019écossaise : le Québec devrait-il être un pays indépendant?La base actuelle du Oui est sans doute plus solide qu\u2019elle l\u2019était en 1995, mais la pente menant à une majorité est aussi plus abrupte.mdavid@ledevoir.com B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI I®'\u2018 ET DIMANCHE MARS 2014 EDITORIAL NOUVEAU PROGRAMME D\u2019HISTOIRE NATIONALE Dérapages et redressements Une caricature commode veut que la révision du programme d\u2019histoire de troisième et quatrième secondaire annoncée jeudi réponde à des visées sombres, propagandistes, de la part d\u2019un gouvernement péquiste malintentionné.Espérons qu\u2019avec le sagace rapport «Le sens de l\u2019histoire», dévoilé jeudi, cette caricature disparaîtra.L Antoine Robitaille es auteurs de ce rapport, le sous-ministre Jacques Beauchemin et l\u2019historienne Nadia Fahmy-Eid y proposent une critique du programme d\u2019histoire de 2006 qui dépasse de beaucoup les oppositions binaires (et acrimonieuses) courantes dans ce domaine : souverainiste contre fédéraliste ; école de Montréal contre celle de Québec; histoire sociale contre politique.Il faut dire qu\u2019à son arrivée à la tête du ministère de l\u2019Education, Marie Malavoy avait contribué à embrouiller la discussion avec sa célèbre bourde au sujet du programme de 2006: « On a un peu noyé le poisson de la souveraineté.» Le nouveau programme que Beauchemin et Fahmy-Eid appellent de leurs vœux remplacerait celui de 2006, lequel avait été conçu dans la foulée du «renouveau pédagogique», qui avait pour origine une perspective ni fédéraliste ni souverainiste.Bien qu\u2019adopté sous les libéraux, ce programme a été rendu nécessaire par quoi?Une réforme lancée p^ nulle autre que Pauline Marois lorsqu\u2019elle était ministre de l\u2019Éducation à la fin des années 1990.Corriger le programme '\tL de 2006, ce ne revient donc pas à en finir avec une histoire qui aurait été « fédéralisante » (lui substituant une version « nationaleuse »).Il .s\u2019agit plutôt de s\u2019affranchir de l\u2019application à y l\u2019histoire A\u2019«une version radicale de l\u2019approche version adoptée H l\u2019époque où M\u201c® Marois était ministre de l\u2019Éducation.Version qui tendait à évacuer les connaissances au profit des seules « compétences » ; dont celle de la citoyenneté, qui dévoyait le but de l\u2019enseignement de l\u2019histoire et en faisait une « prédication civique».En 2008 déjà, M\u201c® Marois avait soutenu publiquement que «sa » réforme de l\u2019éducation avait « bifurqué en cours de route»-, qu\u2019il y avait eu «dérapages» et que des «redressements étaient nécessaires».Le débat intense qui se déroule au sujet du programme de 2006 a eu le mérite de mettre en relief l\u2019ampleur de certains dérapages.Et dans le rapport «Le sens de l\u2019histoire», on cible des voies de «redressement»; dont plusieurs vaudront non seulement pour cette matière cruciale qu\u2019est l\u2019histoire, mais aussi pour les autres.Quant à l\u2019histoire, il faut applaudir les recommandations du rapport Beauchemin-Fahmy-Éid : adoption d\u2019un enseignement chronologique sur deux ans avec point de bascule en 1840; conciliation de l\u2019histoire politique et de l\u2019histoire sociale ; définition d\u2019un socle de connaissance commune, etc.Plusieurs seront rebutés par la volonté exprimée dans le rapport de revenir à un récit national.C\u2019est inutile.Nul retour ici au «roman patriotique» de jadis.Le «fait national» est ici envisagé comme une «question ouverte».Mais au moins, il agira à titre de fil conducteur d\u2019un récit, épine dorsale de toute histoire.Ce rapport clairement écrit (dans le monde de l\u2019éducation et de la pédagogie, ce n\u2019est pas fréquent) ose pointer un autre problème grave de l\u2019enseignement de l\u2019histoire : la faiblesse de la formation disciplinaire en histoire de nombre de professeurs du secondaire, formés dans un BES «surpédagogisé».Espérons que le gouvernement, qui a annoncé jeudi vouloir lancer des projets-pilotes dès l\u2019automne prochain, aura le courage d\u2019ouvrir bientôt cet autre chantier.ÉLECTIONS L\u2019effet Gautrin 'K Bernard Descôteaux enri-François Gautrin, député de Verdun depuis 20 ans, s\u2019est résigné à quitter la vie politique.Les pressions sur lui ont fait leur effet, mais le prix à payer pour le Parti libéral et son chef sera très élevé.Son amertume l\u2019a amené à dire tout haut ce que la plupart des libéraux pensent, à savoir que le Parti libéral se dirige tout droit vers une catastrophe électorale.S\u2019ajoutant au départ lui aussi forcé de la députée Fatima Houda-Pepin, il en résulte une blessure malvenue au moment où le parti doit démontrer son unité et sa capacité à gagner l\u2019élection.Rarement un tel commentaire aura eu autant d\u2019effet.Le député Gautrin a conforté la perception que le leadership de Philippe Couillard ne faisait pas le poids, la preuve étant son incapacité à gérer une crise autour de la retraite d\u2019un député qui n\u2019avait pas lieu d\u2019être.Les résultats ::::\t\u2014 d\u2019un sondage publiés quelques jours plus tard n\u2019ont fait qu\u2019ajouter à la démoralisation du rcamp libéral.Conséquemment, la chasse aux candidats que mène ces jours-ci Philippe Couil-lard est difficile.Les têtes d\u2019affiche qui hier ,\t^\tétaient intéressées se dérobent aujourd\u2019hui.A l\u2019inverse, l\u2019enthousiasme est au plus haut chez les péquistes, à tel point que certains laissent échapper des éléments de stratégie, tel le ministre Yves-François Blanchet qui a évoqué la tenue d\u2019un référendum dans «le présent cycle péquiste».Non seulement se voit-on déjà à la tête d\u2019un gouvernement majoritaire, mais aussi en position de raviver le discours souverainiste.Comme le révèle le collègue Marco Bélair-Cirino dans notre édition de ce samedi, la relance du débat sur la souveraineté contribue au recrutement de candidats.La comédienne Sylvie Legault, candidate dans Mercier, ne cache pas avoir accepté de faire campagne, portée qu\u2019elle est par cet espoir qu\u2019un gouvernement Marois majoritaire lancerait une nouvelle démarche référendaire.II y a dans cette résurgence du discours souverainiste un souci stratégique évident visant à rallier les souverainistes déçus pour qu\u2019ils cessent de disperser leur vote dans les partis de gauche ou, pire, de s\u2019abstenir de voter.La clé d\u2019une victoire majoritaire est là.C\u2019est ce qu\u2019a enseigné aux stratèges péquistes le résultat de l\u2019élection de 2012.Cette intention sera reçue comme une bonne nouvelle par les souverainistes, sans aucun doute.Mais elle le sera aussi par Philippe Couillard, qui tiendra là l\u2019argument qu\u2019il lui faut pour rallier les libéraux déçus de son leadership.II sait que la seule chose qui pourra pallier sa faiblesse est la force de la machine libérale dont il sait que pour sauver le pays de la séparation, elle sera au rendez-vous.Du même coup, elle pourrait le sauver.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET D£PART LÎÛ'M i RELACHt ÎmPoRTAnT I ^om-43-oi LETTRES L\u2019avenir de « la Saint-Sulpice » En étant tout à fait heureux que Le Vivier ait trouvé au Gesù un lieu qui lui convient, je tiens à partager ce qui relève d\u2019un cri du cœur à propos de l\u2019avenir de la bibliothèque Saint-Suîpice.Je ressentais jusqu\u2019ici comme une perte injuste qu\u2019elle soit transformée et dévolue à des fonctions qui auraient effacé ou trahi à jamais son origine.Je déplore que l\u2019on n\u2019ait pas, à ma connaissance, sérieusement étudié ni même imaginé le scénario de lui conserver sa vocation bibliothéconomique.«Je me souviens» pourtant que cette centenaire (1914-2014) est un lieu phare du patrimoine architectural, culturel, intellectuel et immatériel (l\u2019imaginaire) de Montréal et du Québec.«Je me souviens» qu\u2019elle est un témoin de l\u2019influence spirituelle, sociale et culturelle des Sulpicieus.«Je me souvieus» qu\u2019elle est uue marque (iudélébile ?) de la bibliothécouomie québécoise, et celle de sou foudateur, le ré- puté bibliothécaire Ægidius Fauteux.«Je me souvieus » qu\u2019elle a aussi été couçue comme uu ceutre culturel et, bieu avaut l\u2019existeuce de ces appellatious, comme uue véritable petite «Place des Arts» et même uu «troisième lieu».«Je me souvieus» eufm de 1968, siège de la Bibliothèque uatiouale du Québec, où elle sert d\u2019iucubateur de la Révolutiou trauquille pour tous ceux qui s\u2019iutéresseut alors au passé, au préseut et à l\u2019aveuir du Québec.Eu hommage à Ægidius Fauteux et à sou rêve de décembre 1901, selou Jeau-Reué Lassoude, spécialiste de l\u2019histoire de cette iustitutiou, de doter Moutréal d\u2019uue «Graude Bibliothèque», eu hommage aussi à l\u2019uue des plus élégautes, harmo-uieuses et fouctiouuelles bibliothèques qu\u2019il m\u2019ait été douué de voir, je rêve à mou tour que soit uu jom réaffirmée la vocatiou bibliothécouomique de « la Saiut-Sulpice ».Yvon-André Lacroix Bibliothécaire professionnel Montréal, le 27février 2014 Les dossiers les plus urgents dans le monde ?Parmi les dossiers que tous les gou-veruemeuts du moude devraieut avoir à l\u2019esprit, il y a celui des chaugemeuts climatiques et le suivaut, celui de l\u2019évasiou fiscale eu utilisaut les paradis fiscaux, cjes outils qui out été développés par les États eux-mêmes, à la demaude des bau-quiers et des iudustriels.Aujourd\u2019hui, le mal des paradis fiscaux est tellemeut ré-paudu qu\u2019eu 2012, plus de 155 milliards out frauchi les froutières du Cauada avec l\u2019aide de fiscalistes, d\u2019avocats et de bauquiers, saus compter le moude de l\u2019ombre, les crimiuels.Les politicieus qui ue parleut jamais, ou si peu, des paradis fiscaux et qui se diseut préoccupés par la classe moyeuue sout des iguares ou des meuteurs.André Mainguy Longueuil, le 24 février 2014 REVUE DE PRESSE Ni Churchill, ni Reagan.GUILLAUME BOURGAULT-COTE Winston Churchill respectait une maxime, rappelait John Ivison cette semaine : être résolu en temps de guerre et magnanime dans la victoire.La classe.Mais les temps ont changé, ajoute-t-il en constatant que les conservateurs de Stephen Harper n\u2019ont aucune considération pour la magnanimité.Ivison {National Post) et quelques autres ont déploré cette semaine la décision du gouvernement de ne pas inviter les partis d\u2019opposition à se joindre à la délégation canadienne qui s\u2019est rendue en Ukraine.Le directeur des communications du premier ministre a expliqué cette décision en disant que les néodémocrates avaient hésité à se positionner dans le dossier et que les commentaires de Justin Trudeau lors de son passage à Tout le monde en parle n\u2019avaient pas «contribué de façon positive aux efforts déployés par le Canada».Le dossier ukrainien n\u2019est «pas une plaisanterie», a déclaré Jason MacDonald.Ni conservateur ni néodémocrate dans l\u2019avion gouvernemental, donc.Pour John Ivison, c\u2019est la preuve d\u2019une incapacité des conservateurs d\u2019oublier une insulte ou d\u2019agir sans être vindicatifs.Bien sûr, le gouvernement n\u2019est pas obligé d\u2019inviter des membres de l\u2019opposition pour toutes les missions qu\u2019il effectue à l\u2019étranger.Mais dans le dossier ukrainien, le message du gouvernement n\u2019en aurait été qu\u2019amplifié, croit Ivison.Ç\u2019aurait été une façon de souligner que tout le Canada appuie le message.II faut voir le paradoxe, dit Ivison, quand le Canada envoie une délégation en Ukraine pour encourager l\u2019émergence d\u2019une démocratie robuste, mais qu\u2019il empêche sa propre opposition de participer.Le problème, selon lui, c\u2019est qu\u2019Qttawa voit cette crise comme une occasion de marquer des points politiques au Canada.L\u2019affaire rappelle à Ivison ce qui s\u2019est passé lors du voyage de Harper en Israël au début de l\u2019année, quand le député Mark Adler a tenté de se faire photographier avec le premier ministre au mm des Lamentations.«C\u2019est la réélection, c\u2019est la photo à un million de dollars», avait dit Adler, qui représente une circonscription à forte population juive.Le même Adler avait refusé que le député libéral Irwin Coder assiste à un événement qu\u2019il organisait lors de ce voyage, rappelait Tim Harper (Toronto Star) dans une chronique sur le même sujet.L\u2019an dernier, les conservatems s\u2019étaient aussi distingués en n\u2019invitant pas Marc Garneau à l\u2019inau^ra-tion d\u2019une exposition sm le bras canadien.Nous ne sommes plus dans la partisane-rie, mais dans la mesquinerie, croit Tim Harper.Rien ne force le gouvernement à inviter l\u2019opposition à des événements.Mais les conservateurs de Harper ressemblent de plus en plus à des enfants qui protègent leur petit coin de carré de sable, dit-il.Stephen Harper peut pourtant être magnanime, rappelle le chroniqueur : pensons aux funérailles de Jack Layton ou à celles de Nelson Mandela, où il avait invité plusieurs adversaires.Mais quand des votes sont en jeu, le ton change et l\u2019attitude devient grossière, note Tim Harper.Ainsi la présence dans le voyage actuel du député Ted Qpitz, justifiée par le fait qu\u2019il pourrait bénéficier de quelques votes supplémentaires de la communauté ukrainienne, lui qui n\u2019a gagné que par 26 voix en 2011.C\u2019était la même chose pour le voyage en Israël, se désole Tim Harper.Qr ce sont des voyages où le gouvernement représente un pays, pas un parti.Blague Le dossier ukrainien a aussi causé des ennuis à Justin Trudeau cette semaine.Sa blague ratée à l\u2019émission Tout le monde en parle a beaucoup fait jaser.Mark Steyn (National Post) écrit que l\u2019art de la blague est risqué en politique.Ronald Reagan s\u2019y risquait souvent, mais avec plus d\u2019aisance que Trudeau, dit-il.Steyn rappelle une des blases favorites de Reagan, celle où un Soviétique va payer la voiture qu\u2019il recevra dans 10 ans et qui demande tout de suite si l\u2019auto arrivera en après-midi ou en matinée.Quelle impor-tiince?demande le vendeur.«C\u2019est parce que le plombier doit passer dans dix ans, mais en avant-midi», répond l\u2019acheteur prolétaire.Au moins, dit Steyn, les blagues de Reagan disaient quelque chose de la réalité soviétique.Celle de Justin Trudeau \u2014 à savoir que la défaite de l\u2019équipe nationale russe de hockey aura une incidence sur l\u2019humeur générale de la Russie dans le dossier ukrainien \u2014 dit surtout que le chef libéral ne comprend pas le dossier et que les problèmes ukrainiens demeurent abstraits pour lui.Reagan se servait de l\u2019humour pour évoquer les aspirations des citoyens : Trudeau ne les comprend juste pas, estime Steyn.De la langue.La décision de l\u2019Qffice québécois de la langue française de donner un avertissement à une commerçante de l\u2019Qutaouais qui utilise l\u2019anglais sur la page Facebook de son entreprise a inspiré un éditorial au National Post.Le quotidien critique un «organisme qui donne la chair de poule et qui vient d\u2019étendre ses efforts orwelliens pour forcer l\u2019utilisation du français dans les réseaux sociaux».Le Post y voit un enjeu de liberté d\u2019expression.Mais il s\u2019étonne surtout de voir un gouvernement endetté «gaspiller ses ressources pour harceler de petits commerçants bilingues».Qn évoque une «persécution» qui ne peut s\u2019expliquer que par le «fanatisme» linguistique du gouvernement Marois.La bonne nouvelle là-dedans, estime le Post, c\u2019est que «plusieurs Québécois rejettent ce non-sens».Au lieu de se soumettre à la police de la langue, ils vont voir les médias pour dénoncer des injustices, comme ce fut le cas pour le «pastagate».Une bonne chose, parce que tout le monde au Canada devrait être mis au courant des «instincts autoritaires» de ceux qui cherchent à «anéantir le fait anglophone» au Québec, dit-on.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI I®'\u2018 ET DIMANCHE MARS 2014 B 5 IDEES La bibliothèque Saint-Sulpice Joyau en péril cherche un usage Pourquoi l\u2019État, qui en est propriétaire depuis 2007, ne réutiliserait pas le chef-d\u2019œuvre d\u2019Eugène Payette pour loger ses collections spéciales et les mettre en consultation ?JEAN-RENE LASSONDE Bibliothécaire et auteur, entre autres, de La bibliothèque Saint-Sulpice, 1910/1931 (BNQ, 2003).igure phare de notre culture, l\u2019édifice de la bibliothèque Saint-Sulpice marque depuis 100 ans le paysage bâti montréalais.Mais 2014 risque de marquer un triste anniversaire, puisque la bâtisse semble abandonnée et que l\u2019image de marque qu\u2019elle porte encore malgré tout commence à se ternir.Poussière et saletés s\u2019y déposent lentement et, plus visiblement encore, le bris et l\u2019enlèvement d\u2019une des torchères de bronze encadrant l\u2019entrée nous signalent que le lieu n\u2019invite plus à y chercher les lumières de la connaissance.La bibliothèque Saint-Sulpice est créée au départ pour remplir le double rôle de bibliothèque universitaire et de recherche.Comme son modèle avoué, la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris, elle sera établie au milieu des écoles du Quartier latin.Aegidius Fauteux, son premier bibliothécaire, se voit confier le mandat d\u2019en faire «une des bibliothèques les plus complètes du continent».Il aura de grands moyens pour les acquisitions et l\u2019organisation, et ira, en ce sens, on le sait maintenant, bien au-delà de la tâche.Les riches fonds documentaires vont d\u2019ailleurs permettre que la bibliothèque passe du statut de bibliothèque publique de recherche à celui de Bibliothèque nationale du Québec en 1967.Les Sulpiciens vont aussi vouloir plus que tout que cette bibliothèque soit non seulement un centre culturel complet, un heu de culture, mais aussi, et avant tout, le reflet de la culture française en sol canadien, ce qui doit se lire par l\u2019édifice lui-même au niveau de la rue.Les références au Trianon et à la façade de Mansard pour l\u2019hôtel Carnavalet sont évidentes et on ne peut plus françaises, et le grès chamois de l\u2019Qhio utilisé pour le revêtement extérieur est choisi pour sa ressemblance avec la pierre utilisée à Paris.Les grands espaces étant relégués au centre, les façades sur la rue sont à dimension plus humaine et s\u2019harmonisent avec le gabarit des maisons voisines.Des proportions équilibrées, un vocabulaire architectural raffiné et des matériaux nobles donnent un ensemble tout à fait remarquable : Jean-Claude Marsan parle de la «délicieuse bibliothèque Saint-Sulpice».Matériaux incombustibles Tel qu\u2019il était à son classement comme monument historique en 1988, l\u2019édifice de la bibliothèque Saint-Sulpice présente rue Saint-Denis la même image qu\u2019à son ouverture: son mobilier de chêne, ses luminaires de bronze ; ses magni-fiques vitraux sont toujours en place, tout comme les étagères du magasin des imprimés pouvant contenir jusqu\u2019à 300000 documents.Jusqu\u2019au déménagement des collections de la Bibliothèque nationale vers la Grande Bibliothèque du Québec, ses fonctions de conservation, de recherche et de diffusion documentaire, ses activités culturelles, conférences, colloques, expositions, etc., étaient sensiblement les mêmes qu\u2019en 1915, et tous les espaces étaient utilisés pour ces fonctions: salles de consultation et de recherche, de spectacles, d\u2019expositions, de réunions.C\u2019est pourquoi la réutilisation de ces espaces pour des fonctions similaires serait l\u2019idéal.Lors de la construction, on tint à n\u2019employer que des matériaux incombustibles.Qu\u2019il faille « mettre aux normes », c\u2019est une chose, mais s\u2019il fallait refaire tous les intérieurs pour les adapter à d\u2019autres fonctions, ce serait désastreux, surtout pour la beauté des lieux et l\u2019harmonie intérieure.Pour nous, la bibliothèque Saint-Sulpice est plus qu\u2019un édifice classé, c\u2019est en soi un monument dédié à la culture \u2014 comme l\u2019ont voulu les Sulpiciens à l\u2019origine, et toutes les généra- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Un centre culturel complet, mais aussi le reflet de la culture française en sol canadien lions qui nous y ont précédés \u2014, à la circulation des idées par le hvre et l\u2019imprimé, par les activités culturelles qui s\u2019y sont tenues.Que faire d\u2019un pareil trésor, quelle vocation donner à un monument aussi chargé de sens ?Cqmment et par qui peut-il revivre ?L\u2019Etat du Québec, son propriétaire depuis 2007, a le devoir d\u2019être vigilant pour la suite des choses.Revenir à sa vocation première s\u2019avérerait une bonne piste, la meilleure sans doute.Elle permettrait de minimiser les réaménagements et surtout de garder les espaces existants comme ils sont, avec leurs jeux de lumière, d\u2019ouverture et de liberté visuelle.Ce n\u2019est pas impossible.L\u2019UQAM a déjà eu un projet en ce sens pour ses collections de livres rares et anciens.Le Musée du textile et la Cinémathèque y ont pensé aussi.Et si, pour notre réflexion, nous revenions au modèle français?La Bibliothèque nationale de Erance a voulu garder la Bibliothèque nationale de Paris dans la rue de Richelieu, chef-d\u2019œuvre de Labrouste, pour y loger ses collections spéciales et les mettre en consultation dans les magnifiques salles du Second Empire.Pourquoi, à Montréal, ne pas réutiliser le chef-d\u2019œuvre d\u2019Eugène Payette pour un usage semblable?Il n\u2019est qu\u2019à cinq minutes de marche de la Grande Bibliothèque, et les avenues d\u2019utilisation sont nombreuses, en commençant par l\u2019hébergement des collections spéciales d\u2019imprimés de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).Ces collections sont toutes gardées à l\u2019édifice de conservation de la rue Holt et doivent être consultées au même endroit.Dans le cas de ces collections spéciales de documents rares et précieux, tous les exemplaires sont rassemblés rue Holt.Séparer en deux lieux les copies identiques et les deuxièmes exemplaires serait faire preuve de prudence.La bibliothèque est plus qu\u2019un édifice classé, c\u2019est en soi un monument dédié à la culture, à la circulation des idées par le livre et l\u2019imprimé, par les activités culturelles qui s\u2019y sont tenues Un autre modèle ?Celui des collections du Séminaire de Québec, à la fois disparates et semblables, mais regroupées en un seul heu patrimonial, une aile du Musée de l\u2019Amérique française, qui tient à la fois du milieu muséal, du centre de documentation et de la bibliothèque spécialisée.BAnQ a acquis, après les fusions municipales, la bibliothèque de l\u2019Institut canadien de Montréal qui est venue s\u2019ajouter aux collections Sicotte, Gagnon, Saint-Sulpice et autres déjà en place.L\u2019espace se fait déjà rare à la Collection nationale de la Grande Bibliothèque.Par exemple, tous les documents antérieurs à 1950 ont dû être mis en réserve.Comme nous sommes à une époque de démembrement d\u2019institutions, il est certain que les offres de déménagement à Saint-Sulpice pourraient être nombreuses : celles d\u2019institutions en mutation, de maisons d\u2019éducation qui ferment, de communautés religieuses qui quittent leur maison, qui pourraient venir grandir et enrichir le patrimoine de BAnQ.[.] Il s\u2019agit aussi d\u2019un patrimoine au sens de la mission donnée par la loi à BAnQ «de rassembler, de conserver de manière permanente et de diffuser le patrimoine documentaire québécois publié».Que faire de ce lieu sinon lui conférer un usage digne et proche de celui d\u2019origine [.] de cet édifice indémodable qui présente toujours ses qualités architecturales, l\u2019élégance, l\u2019harmonie, et une intégration parfaite dans la trame urbaine de la rue Saint-Denis et du Quartier latin?Un heu dédié à la promotion de la culture québécoise par le document.Un heu de réunion, d\u2019échange, de présentation, de spectacle sur la culture par le document et l\u2019imprimé.Un complément à proximité et qui nous semble devenu indispensable au futur de la Collection nationale du Québec à BaNQ.Voter la tête haute STÉPHANIE MORAILLE Militante et ex-candidate du NPD ^^=1 ai lu avec intérêt la lettre de M.St-Denis publiée hier dans Le Devoir dans laquelle il invitait ses concitoyens à voter pour les libéraux par résignation aux prochaines élections fédérales.Porce m\u2019est de reconnaître que je ne partage pas du tout cette analyse, pour les raisons suivantes.Les élections de mai 2011 ont permis aux Québécois de tourner la page sur des années de querelles et de tension avec le gouvernement fédéral.Pour la première fois depuis 20 ans, les Québécois ont choisi une majorité fédéraliste pour les représenter à Qttawa.Par contre, ils n\u2019ont pas choisi n\u2019importe quels fédéralistes.Ils ont voté pour un parti progressiste, ouvert sur le monde et prônant une toute autre façon de mener la chose politique.Ils ont fait confiance au NPD et à l\u2019équipe de Jack Layton parce que nos valeurs et nos aspirations correspondent à celles des Québécois.Cette fierté de nous représenter, le NPD en fait preuve chaque jour quand il se lève en Chambre pour défendre les intérêts du Québec, quand des députés comme Alexandre Bou-lerice, Prançoise Boivin ou Robert Aubin exigent des comptes aux conservateurs au sujet des scandales au Sénat et quand ils réussissent à faire adopter des projets de loi qui font progresser le pays.L\u2019exemple de la loi exigeant dorénavant le bilinguisme pour des agents du gouvernement vient en tête.Le NPD forme l\u2019opposition officielle la plus soudée, la plus chevronée et la mieux apte à se dresser devant Stephen Harper et ses politiques de division.Et le parti est bien en selle pour le remplacer en 2011, avec un plan stratégique bien ficelé pour présenter 338 candidats et pour réahser les gains qui lui permettront de former le prochain gouvernement.Le Québec est la pierre angulaire de ce projet.Le NPD compte sur notre appui pour déloger ce gouvernement de droite, froid et irrespectueux des Québécois et de tous ceux qui n\u2019adhère pas à leur ligne de pensée.Non, les Québécois n\u2019ont pas à se pincer le nez quand ils iront aux urnes en 2015.Le droit de vote est un privilège dont il ne faut jamais se prévaloir par défaut, par résignation, par stratégie.Ils peuvent y aller la tête haute et voter pour un parti véritablement progressiste, qui croit aux résultats et qui s\u2019occupera de tout le monde, pas seulement de ses amis politiques.Sisyphe et les pubs de char David Desjardins On ne parle pas souvent de la mort.Pas trop de la vie non plus, remarquez.Ça doit être parce qu\u2019inévitablement, quand on cesse de fuir vers l\u2019avant, nous revient que c\u2019est la première qui rend la seconde si précieuse.Et tragique.Prenez ces quatre-Ià qui nous plongent dans cette angoisse existentielle, en apnée : Le premier s\u2019est tiré dans la tête, mais la balle s\u2019est contentée de lui bousiller les nerfs optiques.Le second s\u2019est enfilé d\u2019immenses rasades de Prestone.Les deux dernières ont ingurgité toute une pharmacopée.Leurs corps ont tout recraché, leur refusant la mort.Christian Lapointe les a dpnc conviés pour qu\u2019ils nous parlent de la vie.A tour de rôle, devant un ordinateur qui, avec une voix de synthèse, les interroge, ils ont répondu avec une franchise trop rare.Les questions ?Ça commence raide pour du monde qui a voulu se tuer et s\u2019est manqué : quelles sont vos raisons de vivre ?Et nous, assis au centre d\u2019une salle du Complexe Méduse*, entourés de quatre grands écrans où s\u2019affichent les visages de ceux qui, comme Qrphée, sont revenus du royaume des ombres, on écoute leurs réponses, on regarde leurs bouches se tordre d\u2019inconfort ou leurs yeux s\u2019éclairer d\u2019enthousiasme (surtout celui qui est aveugle !).Pensez-vous encore à mourir ?Croyez-vous qu\u2019il y a quelque chose après la mort?En quoi pouvez-vous être utile à la société ?Comment voyez-vous l\u2019avenir?Ça continue et, inévitablement, on se pose les mêmes putains de questions.Dans le noir, c\u2019est à nous aussi que l\u2019ordi parle.Quelles sont vos raisons de vivre?«On vit dans un monde où domine une culture du vide, alors parler de la mort, c\u2019est plein», me dit le dramaturge qui s\u2019investit ici dans l\u2019installation vidéo.C\u2019est plein parce que c\u2019est vrai.Parce que la mort fait partie de la vie, qu\u2019elle succède à la difficulté de surmonter toutes les merdes qui nous arrivent et qui confinent parfois à l\u2019absurde.«Chaque fois que je regarde une pub de char, avec des familles parfaites qui sortent du coffre des vélos de Vannée, fai l\u2019impression d\u2019avoir raté ma vie», ajoute Lapointe en riant.Mais pas parce que c\u2019est drôle.Nous sommes assis au milieu de la pièce pendant que les quatre rescapés du suicide continuent de raconter la vie autrement que dans les désirs manufacturés.Leurs aspirations, ou l\u2019absence de celles-ci.Des envies de choses simples et ordinaires.Paire du ski-doo.Tenir son amoureux par la main.Le souhait d\u2019un sort plus enviable.Passer du temps avec sa petite fille.Des angoisses banales aussi.Sur l\u2019avenir de l\u2019humanité.Sur le travail, la carrière.Ils parlent d\u2019amour.De sexualité.De la société.Une sorte de vox pop où l\u2019intérêt ne réside pas tant dans le drame qui se profile derrière leurs réponses que dans leur variété, leur normalité.«On aborde toujours les suicidaires comme des prestataires de services sociaux, comme une tare à ordonner.Je voulais montrer que ce sont des gens comme tout le monde, comme n\u2019importe qui», dit Christian Lapointe.Tout le théâtre de Lapointe a un pied dans la mort.Un œil, plutôt.VoUà qu\u2019il nous amène quatre individus qui peuvent regarder la vie depuis l\u2019autre bord.Ils n\u2019en reviennent pas triomphants.C\u2019est la beauté de l\u2019œuvre, qui ne glorifie pas ni ne fait la morale.Elle laisse tout l\u2019espace pour que les réponses jailhssent en nous.J\u2019allais partir, mais nous avons parlé encore un peu.Des suicides d\u2019artistes.Qn soulignera dans quelques jours celui de Kurt Cobain : le plus marquant pour moi.Sans doute parce que ma douleur de vivre avait trouvé un refuge dans la musique de Cobain et qu\u2019il m\u2019apparaissait incroyable qu\u2019elle ne lui apporte pas le même réconfort.Mais Lapointe évoque la dramaturge Sarah Kane, qui ne pouvait vivre avec l\u2019idée de sa fini-tude, de la mort qui guette.Cela lui rendait la vie insupportable.Nous parlons des mille manières de fuir cette angoisse en restant bien vivant.Le sport, le cul, la dope.Qu\u2019est-ce qu\u2019une vie réussie?La question me hante tandis que je quitte finalement Méduse et marche vers la voiture.S\u2019agit-il simplement d\u2019accepter sa part de tragédie ?Qn cite toujours Camus en se contentant de reprendre qu\u2019«î7 faut imaginer Sisyphe heureux».Mais juste avant, il écrit: «La lutte vers les sommets suffit à remplir le cœur d\u2019un homme.» Alors voilà, une vie réussie, c\u2019est autre chose que de se laisser porter.Est-ce une lutte?Si oui, elle est avant tout contre soi-même, contre l\u2019envie de se laisser tomber.Aussi contçe tout ce qui nous leste, nous ramène au sol.A commencer par ces désirs ridicules qui gardent pourtant éveillé la nuit.C\u2019est peut-être mon unique certitude dans tout cela: le bonheur commence quand on emmerde celui que nous imposent les pubs de chars.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste); information générale : Isabelle Paré {chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Karl Rettino-ParazeUi (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel V>zyj\\à.(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Robert Dutrisac et Jessica Nadeau (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, (Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter)', information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), Julie Carpentier (pupitre)', information économique : Gérard Bérubé (chef de division), Marco Bélair-Cirino, François Desjardins et Éric Desrosiers {reporters), Gérald DaUaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Folie-Boivin et Louis Gagné (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier, Benoît Munger et Philippe Papineau, (pupitre), Sophie Chartier et Geneviève Tremblay (assistantes) ; correction : André^ne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire)', Florence Ferraris (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Monique Bhérer (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBOCl\u2019l'E Elyes Ben M'rad, Claire Breton (superviseuré), Jean de Billy, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Nathalie Jobin {par intérim), Claire Paquet, Catherine Pelletier et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais, (coordonnatrice), Élise (j\\r?ixdi(secrétaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald Eilion, Caroline Guimond, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxim-Olivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientèle), Manon Blanchette, Danielle Cantara, Nathalie Eilion, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Elorentina Draghici, Céline Euroy et Véronique Pagé. B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 1®^ ET DIMANCHE 2 MARS 2014 SCIENCES La puissance du nombre Les effets pervers des indicateurs d\u2019excellence dans le monde de la recherche Les derives de l'évaluation de la recherche Du bon usage de la bibbometne Depuis une dizaine d\u2019années, on évalue, on note et on classe les chercheurs, les universités, voire les pays, à l\u2019aide d\u2019« indicateurs d\u2019excellence » qui souvent ne reflètent pas vraiment la qualité de la recherche mais répondent avant tout à des impératifs de marketing.Le sociologue des sciences à l\u2019UQAM, Yves Gingras, décrit dans son dernier livre les dérives de l\u2019évaluation de la recherche et montre les dangers de vouloir tout résumer à un chiffre.PAULINE GRAVEL Le 15 août dernier, TUniversité McGill se réjouissait d\u2019avoir amélioré son rang dans le classement académique des universités mondiales, communément appelé Classement de Shanghai.Bien que rangée derrière l\u2019Université de Toronto et l\u2019Université de la Colombie-Britannique, McGill avait gravi cinq échelons en un an, pour atteindre la 58® place, son record depuis 2003, la première année de publication de ce classement établi par des chercheurs de l\u2019Université de Jiao-Tong à Shanghai, en Chine.En maintenant sa position dans la fourchette des 101 à 150 premières, l\u2019Université de Montréal, quant à elle, se rassurait en soulignant que «se maintenir à son rang est d\u2019autant plus difficile que montent les universités des pays émergents», comme l\u2019écrivait le doyen de la Faculté des arts et des sciences au lendemain de l\u2019annonce du classement.Chaque année, l\u2019Université McGill ne manque pas non plus de faire savoir qu\u2019elle conserve sa place au sommet du palmarès des meilleures universités canadiennes offrant un doctorat en médecine, établi par le magazine Maclean\u2019s.«Les universités qui se drapent dans leur bon rang à ces divers classements me font pen- __________________ ser au conte d\u2019Andersen Les habits neufs de l\u2019empereur», lance d\u2019entrée de jeu Yves Gin-gras, que nous avons rencontré à l\u2019occasion de la sortie de son livre Les dérives de l\u2019évaluation de la recherche.Du bon usage de la bibliomé-trie, publié aux éditions Raisons d\u2019agir.«L\u2019émergence [et la prolifération] des classements mondiaux s\u2019inscrit dans ce courant néolibéral qui fait des universités un marché comme un autre.Or qui dit marché dit compétition et marketing.» Les universités s\u2019emploient ainsi à «développer leur image pour vendre leurs produits à des acheteurs potentiels, c\u2019est-à-dire les étudiants».Elles «s\u2019évertuent à trouver un classement dans lequel elles figurent parmi les meilleures [.] pour vendre leur «qualité».[.] Or, les universités sont censées incarner la quête de la vérité et non tenter de vendre à tout prix des produits.» Yves Gingras se réjouit du fait que certains avouent publiquement l\u2019invalidité de ces classements qui ne font qu\u2019illusion.Il relate la sortie de David Naylor, président de l\u2019Université de Toronto, qui écrivait en 2006 dans VOttawa Citizen que le classement des institutions proposé par le magazine Maclean\u2019s n\u2019était utile que pour le marketing.«Personne, parmi nous, ne croit réellement que ce classement ait une quelconque rigueur intellectuelle, écrivait-il.Un seul chiffre est séduisant.C\u2019est facile de le placer dans un communiqué de presse ou d\u2019en mentionner quelques-uns Le Classement de Shanghai 2013 1®*^® Harvard University 2® Stanford University 3® University of California Berkeley 4® Massachusetts Institute of Technology (MIT) 5® University of Cambridge 6® California Institute of Technology 7® Princeton University 8® Columbia University 9® University of Chicago 10® University of Oxford 28® Université de Toronto 37® Université Pierre et Marie Curie Paris 6 40® Université de la Colombie-Britannique (UBC) 58® Université McGill 71® Ecole Normale Supérieure (ENS) Paris 140® Université de Montréal 215® Université Laval 411® Université Concordia 482® Université du Québec 485® Université de Sherbrooke P6S [H ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR sur la couverture d\u2019un magazine.[.] Ces classements masquent les problèmes des mieux classés et cachent les forces des mal classés.» L\u2019importance accordée à ces palmarès des universités est aussi reliée à la «recherche d\u2019une clientèle étrangère lucrative qui viendrait ainsi combler les revenus déclinants des universités » publiques, poursuit Gingras.C\u2019est aussi cette recherche de clientèle étrangère qui explique la décision récente, en France, de permettre aux universités de donner des cours en anglais.L\u2019invalidité scientifique Mais ce qui est plus grave encore, c\u2019est l\u2019invalidité scientifique des classements, martèle le chercheur.Premièrement, «il est impossible que des universités montent de quatre rangs ou glissent de cinq échelons en une année, car les institutions universitaires sont comme de lourds paquebots qui ne changent pas de cap très rapidement».De telles fluctuations annuelles ne sont qu\u2019un «artefact dû à des indicateurs dont la validité est douteuse».Le classement de Shanghai est fondé sur six indicateurs de qualité, «qui ne reflètent pas toujours la réalité actuelle et dont le poids est arbitraire» dans la somme totale, précise-t-il.Notamment, on accorde des points aux universités qui ont formé ou employé un Prix Nobel ou un récipiendaire de la médaille Fields (en mathématiques).« Or le Nobel est accordé en moyenne 25 ans après la découverte qu\u2019il récompense.Il est donc complètement absurde d\u2019utiliser un tel critère pour mesurer la qualité actuelle d\u2019une université», fait remarquer Yves Gingras qui, dans son livre, donne l\u2019exemple d\u2019Albert Einstein, qui était associé à l\u2019Université de Berlin quand il a reçu son prix Nobel en 1922.« C\u2019est donc cette université qui obtient les points dans le classement.Mais, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle s\u2019est scindée en deux, la partie Est, sous le régime communiste, devenant l\u2019Université Humboldt, et la partie Ouest créant l\u2019Université libre de Berlin.Evidemment, les deux revendiquent Einstein car le simple fait de l\u2019associer à l\u2019une ou l\u2019autre institution fait bouger sa position de plus de 100 places dans le classement!» Le classement de Shanghai comptabilise aussi le nombre de publications dans les deux revues scientifiques Nature et Science, «qui sont incontestablement des publications phares.Cependant, toutes les disciplines ne peuvent pas être traitées dans ces revues.Il ne faut donc pas en faire un étalon de mesure.Elles refusent énormément de très bons textes parce qu\u2019elles privilégient des articles sexy qui plairont aux journalistes », souligne le sociologue des sciences.Yves Gingras souligne le fait que très peu d\u2019universités françaises figurent dans le classe- © GILLES DELISLE Le sociologue des sciences Yves Gingras : « L\u2019émergence [et la prolifération] des classements mondiaux s\u2019inscrit dans ce courant néolibéral qui fait des universités un marché comme un autre.Or qui dit marché dit compétition et marketing.» ment de Shanghai, alors que de nombreuses universités canadiennes y sont assez bien positionnées.« Cela ne veut surtout pas dire que les canadiennes sont meilleures que les françaises en sciences; c\u2019est plutôt le classement de Shanghai qui n\u2019est pas bon pour mesurer la qualité de la recherche», dit-il.L\u2019argent, le nerf de la guerre Pour le fondateur et directeur scientifique de l\u2019Observatoire des sciences et des technologies, la moyenne relative (c\u2019est-à-dire tenant compte de la discipline) des citations par article, pendant une durée fixe, est probablement le meilleur indicateur pour mesurer la qualité de la recherche au niveau institutionnel et national.« Or, avec cet indicateur, une bonne dizaine d\u2019universités françaises se classent bien avant n\u2019importe quelle université canadienne.Ce qui est normal car les Eran-çais sont beaucoup plus nombreux que les Canadiens à obtenir des Prix Nobel et des médailles Eields.» «En recherche, le nerf de la guerre, c\u2019est aussi l\u2019argent.Aucune université dans le monde ne peut se comparer à l\u2019Harvard University, qui est en tête de tous les classements car sa fondation compte 33 milliards de dollars.\\\\ Le Nobel est accordé en moyenne 25 ans après la découverte qu\u2019il récompense.Il est donc complètement absurde d\u2019utiliser un tel critère pour mesurer la qualité actuelle d\u2019une université yy Yves Gingras, sociologue des sciences à l\u2019UQAM Les dix meilleures universités du monde en recherche sont toutes privées, à l\u2019exception de l\u2019University of California, Berkeley, qui est publique», poursuit Yves Gingras, qui a lui-même effectué un stage postdoctoral à Harvard.Pour faire ressortir la véritable productivité d\u2019une université, il faut plutôt la comparer à des universités qui disposent d\u2019un financement équivalent au sien.L\u2019évaluation par les pairs Les demandes de subventions formulées par les chercheurs sont évaluées par un comité de pairs au Canada, aux Etats-Unis et en France, pour ne nommer que ceux-là.Cette évaluation «n\u2019est pas parfaite», mais c\u2019est la meilleure façon d\u2019évaluer des individus, affirme M.Gingras.Les pairs, qui sont des chercheurs du domaine, connaissent les bonnes revues de leur discipline et peuvent ainsi reconnaître si un candidat a publié dans des revues de qualité.Mais, dans le but d\u2019améliorer l\u2019objectivité de ce type d\u2019appréciation, certains ont voulu avoir recours à des outils bibliométriques pour évaluer la productivité des individus, car «les nombres ont depuis longtemps une apparence d\u2019objectivité».Parmi ces outils figurent l\u2019indice «h», qui est égal au nombre d\u2019articles qu\u2019un chercheur a publiés et qui ont obtenu x citations chacun depuis leur publication, sans égard à leur qualité; le «facteur d\u2019impact» (FI) d\u2019une revue [dans laquelle un chercheur a publié ses articles] est quant à lui une simple moyenne arithmétique du nombre de citations (et autocitations de la revue !) obtenues par les articles publiés dans cette revue sur une période de deux ans; et finalement, le nombre de citations qu\u2019ont récoltées les articles d\u2019un chercheur.« Ces outils ne sont absolument pas adaptés à l\u2019évaluation de la recherche menée par un individu», tranche Gingras.L\u2019importance accordée aux facteurs d\u2019impact et au classement des revues fait en sorte que les chercheurs négligent de s\u2019intéresser à «des sujets locaux, marginaux ou peu à la mode», de peur de ne pas être publiés dans des revues classées et internationales.Un chercheur qui veut figurer dans les publications les plus visibles a intérêt à étudier l\u2019économie des Etats-Unis plutôt que les spécificités économiques de son pays», explique Yves Gingras.Et de rappeler que «sur la seule base des citations de son œuvre, Lyssenko [l\u2019ingénieur agronome soviétique qui développa une théorie génétique pseudo-scientifique encensée par Staline] serait considéré comme l\u2019un des plus grands chercheurs de la décennie 1950».La moyenne relative des citations «Le nombre de citations ne peut remplacer le jugement [d\u2019un comité de pairs] qui doit prendre en considération d\u2019autres variables que ce simple décompte, car celui-ci dépend de la nature de l\u2019article.Un papier traitant de méthode, qui décrit une procédure, est cité beaucoup plus longtemps qu\u2019une contribution typique à l\u2019avancement des connaissances, et un article de synthèse, qui fait le point sur l\u2019état des savoirs sur un sujet donné, est voué à être cité plus longtemps même s\u2019il n\u2019annonce pas vraiment une découverte», souligne-t-il.Par contre, la bibliométrie peut permettre de vérifier si le processus d\u2019évaluation par les pairs permet bien de sélectionner les meilleurs chercheurs.Yves Gingras a lui-même effectué une telle analyse.Il a comparé le classement auquel en étaient arrivés les comités de pairs à celui obtenu en mesurant la moyenne relative des citations des chercheurs considérés comme très bons.«En moyenne, les candidats retenus par les comités de pairs étaient aussi les meilleurs, tel que mesuré par la moyenne relative des citations.Ce qui prouve que les comités de pairs ne se trompent pas et que cette façon de faire fonctionne.Ces résultats permettent de contrer les critiques affirmant que le processus d\u2019évaluation par les pairs est fondamentalement biaisé», conclut-il.Le Devoir Yves Gingras donnera une conférence sur les dérives de l\u2019évaluation de la recherche au Cœur des sciences de l\u2019UQAM le mercredi 5 mars, à 19h."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.