Le devoir, 1 mars 2014, Cahier H
[" ENVIRONNEMENT DEVELOPPEMENT DURABLE ! De gris béton 1 à vert aéroport j pour Pierre-Elliott-Trudeau i Page 2 Visiter la Maison « du développement I durable pour la comprendre ^ Page 3 Le social et l\u2019environnemental vont de pair chez Fondaction Page 4 CAHIER THEMATIQUE H > LE DEVOIR, LES SAMEDI l^R ET DIMANCHE 2 MARS 2014 - t ¦-v,\t- ê rnmM m %7.Paysage de la région de Charlevoix MINISTERE DU TOURISME DU QUEBEC/HEIKO WITTENBORN De Piracicaba à Saint-Honoré-de-Témiscouata « Le territoire durable ne peut se résumer à une seule opération dans le temps » De la Suisse au Brésil, en passant par Baie-Saint-Paul et le quartier montréalais Milton-Parc, des milliers de collectivités dans le monde ont entrepris une démarche territoriale de développement durable.MARIE LAMBERT-CHAN Les territoires durables n\u2019existent pas, du moins pas encore.Ils sont plutôt au stade de l\u2019expérimentation au sein de milliers de collectivités à travers le monde aspirant à cette nouvelle approche du développement durable «qui met Vhu-main et son bien-être individuel et collectif, d\u2019aujourd\u2019hui et de demain, au centre des décisions qui les affectent ou qui risquent de les affecter», déclare Christiane Gagnon, professeure au Département des sciences humaines de rUniversité du Québec à Chicoutimi et responsable de l\u2019axe aménagement et développement durable du Centre de recherche en développement territorial.Le territoire, qu\u2019il soit un quartier, un village, une région ou une zone transfrontalière, devient ainsi la «brique de base» de la gouvernance du développement durable, ajoute-t-elle en citant Pierre Calame, président du conseil de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l\u2019Homme.Christiane Gagnon étudie le développement territorial durable depuis plus de 30 ans.Elle a d\u2019ailleurs dirigé un ouvrage électronique intitulé Territoires durables en devenir, publié en 2012 aux Presses de l\u2019Université du Québec.Ses collaborateurs et elle y recensent différents exemples de territoires durables en construction en France, en Suisse, au Brésil, en Colombie, en Australie, au Sénégal, au Québec et à la frontière de l\u2019Allemagne et de la Pologne.Piracicaba et l\u2019Agenda 21 Parmi ceux-là, on retrouve le cas d\u2019école de la municipalité brésilienne Piracicaba.Elle s\u2019est dotée d\u2019un Agenda 21 local en 1999, qui a publié son premier plan d\u2019action en 2001.Les A21L, comme on les appelle, sont issus de l\u2019Agenda 21, un guide de mise en œuvre du développement durable pour le XXI® siècle adopté par 173 chefs d\u2019Etat au sommet de Rio de Janeiro en 1992.Parmi ses différentes recommandations, il interpellait les collectivités à être parties prenantes de la promotion du développement durable.A Piracicaba, cela s\u2019est dé- cliné en une multitude d\u2019objectifs spécifiques qui ont toujours tenu compte des dimensions à la fois environnementale, sociale, économique, politique, culturelle et urbaine.Par exemple, il était souhaité que la ville devienne une référence technologique et industrielle pour l\u2019industrie brésilienne de la canne à sucre ; qu\u2019elle ne tolère ni les favelas ni les logements insalubres ; que sa culture locale soit favorisée ; que la qualité des eaux de ses rivières soit adéquate pour l\u2019approvisionnement public.L\u2019A21L de Piracicaba est devenu une référence en raison notamment de son caractère participatif et démocratique et du partenariat qui s\u2019est établi entre le gouvernement local et la société civile Depuis 2001, l\u2019A21L de Piracicaba a revu son plan d\u2019action deux fois.Cette évolution illustre pourquoi les territoires durables restent en devenir.«C\u2019est un chantier, une construction, un apprentissage individuel et collectif en continu, croit Christiane Gagnon.Depuis 20 ans, les connaissances, les pratiques sociales et scientifiques allant dans le sens du développement durable et viable se multiplient Les collectivités doivent garder en tête qu\u2019un plan d\u2019action de développement durable n\u2019est pas un outil supplémentaire et se précisent.Si on avait coulé le développement durable dans une définition unique et idéale au Sommet de la terre à Rio de Janeiro en 1992, on aurait alors enfermé son potentiel social innovateur et édicté une norme, voire une idéologie.» Une idée de plus en plus populaire La mobilisation autour de l\u2019idée de territoire durable croît partout dans le monde, y compris au Québec.«Quand nous avons démarré un projet pilote en 2006 sur les Agendas 21 locaux au Québec, soit 14 ans après Rio, il n\u2019y avait qu\u2019une poignée de municipalités qui travaillaient dans ce sens, observe Christiane Gagnon.Notre enquête de 2012 auprès de toutes les collectivités territoriales révèle qu\u2019il y a plus d\u2019une centaine de démarches territoriales de développement durable et que plusieurs y songent ou attendent un soutien comme celui de leur MRC par exemple.» Les municipalités de Baie-Saint-Paul, Baie-Comeau et Saint-Honoré-de-Témis-couata, ainsi que le quartier montréalais Milton-Parc en sont des exemples.M™® Gagnon rappelle toutefois que la création de terri- toires durables n\u2019est pas sans défi, le premier étant de maintenir à travers le temps la mobilisation sociale et d\u2019attirer de nouveaux participants.«Le territoire durable ne peut se résumer à une seule opération dans le temps, ajoute-t-elle.C\u2019est une démarche en continu, au même titre que la sécurité et la santé au travail font maintenant partie de la culture organisationnelle.» Un autre enjeu est celui du mode de gouvernance, «qui doit être ouvert et transparent, estime-t-elle, car il s\u2019agit d\u2019une rencontre entre la démocratie élective et la démocratie participative».Enfin, les collectivités doivent garder en tête qu\u2019un plan d\u2019action de développement durable n\u2019est pas un outil supplémentaire.«Il faut l\u2019intégrer ou l\u2019harmoniser avec les outils d\u2019aménagement du territoire, les dizaines de plans directeurs ou de programmes qui vont de la gestion par bassin versant à la mobilité durable en passant par les mesures pour être une municipalité amie des aînés», indique Christiane Gagnon.Pour en apprendre davantage sur les territoires durables, visitez le Portail sur les démarches territoriales de développement durable au Québec et dans le monde: www.a21l.qc.ca.Collaboratrice Le Devoir H 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI I^R ET DIMANCHE 2 MARS 2014 ENVIRONNEMENT De gris béton à vert aéroport Montréal-Trudeau est le premier aéroport en Amérique du Nord à émettre des crédits de carbone Verdir un aéroport n\u2019est pas chose simple.Sensible à la question environnementale, Aéroports de Montréal (ADM) s\u2019efforce de le faire depuis le début des années 1990.La résultante est probante : aujourd\u2019hui, l\u2019aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau se positionne comme l\u2019un des plus performants et proactifs en la matière en Amérique.L\u2019aérogare de Montréal-Trudeau a reçu en 2008 la certification BOMA BESt EMILIE CORRIVEAU Assujetti à une mission comportant un volet environnemental depuis 1992, soit depuis qu\u2019ADM Tadministre, Taéroport montréalais est parmi les premiers au pays à avoir adopté des mesures pour améliorer ses façons de faire.« Ça fait partie de notre mission depuis les débuts d\u2019ADM, note d\u2019emblée Christiane Beaulieu, vice-présidente des affaires publiques et des communications.Un de ses volets indique que l'aéroport doit maintenir une cohabitation harmonieuse avec le milieu, en particulier quant à la protection de l'environnement.A l'époque, il n'y avait pas beaucoup d'aéroports qui inscrivaient leurs préoccupations environnementales dans leur mission.» Ainsi, cette prise de position avant-gardiste a mené l\u2019aéroport à développer au fil des ans une stratégie environnementale multidimensionnelle qui lui permet aujourd\u2019hui de se classer parmi les leaders.Un aéroport certifié vert L\u2019une des premières choses qu\u2019a faites l\u2019aéroport à la suite de l\u2019adoption du volet environnemental de sa mission, c\u2019est de mettre en œuvre un sys- tème intégré de gestion environnementale.Reposant sur des procédures et des instructions de travail précises ainsi que sur des programmes d\u2019amélioration continue, ce système assure un encadrement serré des activités, des produits ou des services ayant potentiellement un impact sur l\u2019environnement.Grâce à la mise en place de ce système, l\u2019aéroport Pierre-El-liott-Trudeau a obtenu en 2000 la certification ISO 14001.Celle-ci est une norme internationale établie par l\u2019Organisation internationale de normalisation, qui constitue la référence des organismes pour mettre en place un système de management environnemental.Elle a pour objectif d\u2019aider les entreprises à gérer l\u2019impact de leurs activités sur l\u2019environnement et à démontrer l\u2019efficacité de leur gestion La certification de l\u2019aéroport a été reconduite en 2004, 2007 et 2010.Pour conserver celle-ci, sur une base régulière, son administration a dû démontrer à une firme externe accréditée qu\u2019elle respectait la réglementation en vigueur, qu\u2019elle contrôlait bien ses opérations, qu\u2019elle améliorait de manière constante la performance environnementale de son aéroport et qu\u2019elle l\u2019engageait toujours dans la voie de la prévention de la pollution.Parmi les initiatives qui ont permis à l\u2019aéroport d\u2019obtenir la certification ISO 14001 et de la voir reconduite, notons une veille réglementaire serrée, la formation adaptée de ses collaborateurs, l\u2019entreposage en réservoirs, la bonne gestion des matières dangereuses, l\u2019entretien des intercepteurs d\u2019hydrocarbures, l\u2019entretien des cours d\u2019eau, la gestion des dépôts de neige, le contrôle de la faune et l\u2019élaboration de plans d\u2019urgence environnementale.Dans le même esprit, l\u2019aérogare de Montréal-Trudeau a reçu en 2008 la certification BOMA BESt, laquelle reconnaît les efforts consentis pour améliorer la performance environnementale d\u2019un immeuble commercial et est décernée par l\u2019Association des propriétaires et des gestionnaires d\u2019immeubles.« Cette certification-là, on a pu l'obtenir notamment grâce aux nombreux travaux que nous avons effectués dans l'aérogare, indique M\u201c® Beaulieu.Lorsqu'on l'a reconstruite, on a mis en place un système de climatisation, de chauffage et de ventilation de l'air très moderne.Ça nous a permis de réduire de beaucoup notre consommation d'énergie, et ce, même si nous avons considérablement agrandi les lieux.» La collaboration d\u2019ADM et de l\u2019Université Concordia dans la mise en place d\u2019un projet no- .^ JACQUES GRENIER ARCHIVES LE DEVOIR Laéroport Montréal-Trudeau compte plus de 14 millions de passagers par an.Cet achalandage important présente un défi pour Rengagement durable de Rétablissement, peu désservi par les transports en commun.vateur de gestion de la lumière n\u2019est pas non plus étrangère à l\u2019obtention de cette certification.Le système, qui permet de gérer la lumière naturelle grâce à des stores automatisés dans les jetées de l\u2019aéroport, est unique en son genre dans le monde.Il utilise une technologie de gestion électromécanique avancée et de capteurs de lumière sophistiqués.Cette initiative a aussi permis à ADM de réduire considérablement ses besoins en chauffage et en climatisation.Peu d\u2019aéroports canadiens ont obtenu la certification BOMA BESt.En 2014, l\u2019aéroport Pierre-Elliott-Trudeau figure toujours, avec ceux de Richmond en Colombie-Britan- nique, de Calgary en Alberta et de Mississauga en Ontario, parmi les précurseurs.Vente de crédits de carbone Autre domaine dans lequel l\u2019aéroport montréalais se veut avant-gardiste: celui de VOIR PAGE H 3 : AÉROPORT R MAISON DU DÉVELOPPEMENT DURABLE TABLE RONDE lamdd.org/rsvp 50, rue Sainte-Catherine Ouest Montréal (Québec) H2X3V4 info@lamdd.org 514 394-1 108 RENCONTRES REFLEXIONS INNOVATIONS Changements climatiques, santé et milieux naturels 11 mars à 12 h 15 Table ronde d'experts du Cercle scientifique David Suzuki : \u2022\tDominique Paquin, spécialiste de simulations et d'analyses climatiques \u2022\tMichel Leboeuf, biologiste et rédacteur en chef au magazine Nature Sauvage Sur la route du bonheur national brut 20 mars à 12 h 15 Dans le cadre de la Journée internationale du bonheur.Prendront la parole : \u2022\tRenaud Gignac, chercheur à l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) \u2022\tSteven Guilbeault, directeur principal d'Équiterre \u2022\tlanik Mardi, économiste indépendant Les plantes vivaces comestibles 25 mars à 12 h 15 Claudine Gascon, PDG de Croque Paysage, présentera les caractéristiques de ^ 50 vivaces comestibles adaptées au Québec.partenaire principal ALCOA PARC MICRO SCIENCES Trois-Rivières aménage un site naturel propice à sa relance Le Parc Micro Sciences Trois-Rivières fait partie des infrastructures dont s\u2019est doté cet ensemble urbain de la Mauricie pour assurer son essor et son rayonnement socioéconomiques.A Rintérieur de ce site, toujours en phase d\u2019un développement multisectoriel, loge déjà un Technocentre incubateur de projets, où gravitent quatre secteurs d\u2019activités, dont deux sont respectivement axés sur les bioprocédés industriels et les technologies environnementales.REGINALD HARVEY Yves Marchand, directeur général d\u2019innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDE), fait la présentation de cette organisation: «On dit toujours qu'on est le bras économique de la ville, et notre équipe est maintenant composée de 31 personnes.» Ces gens se sont vus confier par la municipalité des mandats parmi lesquels figurent la gérance de l\u2019aéroport et des parcs industriels de Trois-Rivières, la supervision au sens large de l\u2019industrie touristique et la mission du CLD (Centre local,de développement).A partir de 2007, la région, qui a subi les contrecoups sévères d\u2019une économie en pleine mutation, se tourne vers l\u2019industrie du savoir.Par conséquent, il y a une étude qui est menée dans le but de mettre sur pied un parc technologique.Il en résulte notamment ce qui suit, selon le d.g.: «On souhaitait la création d'un tel espace, et au même moment est survenu le début de la revitalisation du site industriel appelé aujourd'hui Trois-Rivières sur Saint-Laurent, là ou la papetière CIP s'activait avant de cesser définitivement ses activités.» IDE a réquisitionné 40% de la superficie totale de ces terrains pour y aménager un parc axé sur les technologies.À partir de 2007, la région, qui a subi les contrecoups sévères d\u2019une économie Action environnementale En 2009, un premier bâtiment voit le jour dans le Parc Micro Sciences, dont les locaux sont occupés au rez-de-chaussée par le Technocentre: il est dirigé par le docteur en microbiologie Jean-Philippe Chenel, qui fournit ces informations sur cet incubateur technologique: «On accueille des entreprises en démarrage et [l\u2019incubateur] prend place dans le premier bâtiment érigé dans le parc.Il n'a pas la certification LEED, mais il en comporte toutes les caractéristiques, dont font partie la géothermie, des murs solaires et la récupération de chaleur.» Il ajoute à ce sujet: «On en génère beaucoup à cause de la présence des laboratoires et des centres d'hébergement de données, de telle sorte qu'on la récupère pour chauffer les trottoirs à l'extérieur durant l'hiver.» Il y a quatre créneaux qui ont été ciblés et retenus en phase d\u2019implantation du parc et il précise sa pensée au sujet de deux d\u2019entre eux: «Ce sont les bioprocédés industriels et les technologies environnementales.» Il fournit des exemples des activités en cours dans ces do- en pleine mutation, se toiu-ne vers l\u2019industrie du savoir maines: «On a une entreprise qui s'appelle LBI Innovation, qui se livre à la fabrication de modules pour la détection de toxines et de pathogènes dans les cours d'eau ou dans les usines de traitement d'eau potable; ces nouveaux modules servent à obtenir des lectures, par exemple, toutes les deux minutes, ce qui au bout du compte résulte en l'obtention de résultats de façon extrêmement rapide, soit en moins de deux heures plutôt qu'en 24 heures.» Tel n\u2019est pas le cas actuellement dans les usines situées au Québec et ailleurs dans le monde: «Leurs services sont offerts à l'international, et la ville de Paris figure comme un de leurs clients; ils sont en mesure d'utiliser des systèmes qui procurent un suivi très serré sur la qualité des eaux des lacs, des rivières ou des usines de traitement d'eau.» Une autre compagnie assure sa jeune notoriété au parc: «Il s'agit de Abnatura, qui s'affaire dans les deux créneaux des technologies de l'environnement et des procédés industriels; elle fabrique des biofertilisants à base de bactéries.Pour y arriver, elle utilise les installations de bioréacteurs du Technocentre pour la production de microorganismes.Actuellement, ils disposent de deux produits, dont l'un est attitré aux végétations tels les gazons, les pelouses, les terrains de golf et tout ce genre de choses là; l'autre est dédié aux serres de légumes.» Le biofertilisant est pulvérisé directement sur les plantes ou dans le sol avant l\u2019implantation de graines, et le microbiologiste Chenel fournit cette explication: «C'est un genre de symbiose entre le microorganisme et la plante, qui est ainsi protégée contre l'invasion de champignons pathogènes ou autres trucs du même acabit, en même temps que sa croissance est améliorée.» Transformation environnementale Yves Marchand reprend la parole pour se tourner vers un projet en cours dans le parc: «On envisage la construction d'un deuxième bâtiment en partenariat avec le cégep de Trois-Rivières et un de ses centres de technologie, appelé le C2T3.» L\u2019institution d\u2019enseignement et l\u2019organisme de développement économique entendent procéder à la construction d\u2019un édifice abritant un incubateur d\u2019entreprises en techno- VOIR PAGE H 3 : SITE LE DEVOIR LES SAMEDI I®'^ ET DIMANCHE EHIRONOMENT MARS 2014 H 3 MAISON DU DEVELOPPEMENT DURABLE Il faut la visiter pour la comprendre « Les défis du milieu de la construction sont des défis culturels » Qu\u2019on s\u2019y rende pour participer à une activité ou par simple curiosité, toutes les raisons sont bonnes pour visiter la Maison du développement durable (MDD).Celle qui a pignon sur rue en plein cœur du Quartier des spectacles offre quatre types de visites, dont une virtuelle.Même si les visites sont semblables, leur degré d\u2019approfondissement des notions, lui, varie.Et un des buts de la visite est de mieux comprendre le bâtiment, les choix qui ont été faits et les avantages de choisir les meilleures pratiques en matière de bâtiment durable, mais aussi de consommation.JACINTHE LEBLANC Puisqu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un musée, «il faut accepter un peu Vidée qu\u2019on vient moins pour voir que pour comprendre.Ce que veut faire le parcours, c\u2019est de justement sensibiliser les gens à ce qu\u2019il y a de spécial dans ce bâtiment», explique Robert Perreault, directeur de la MDD.Depuis septembre 2011, plus de 40000 personnes sont venues à la MDD, que ce soit «dans le cadre d\u2019activités de formation, de rencontres, de débats» ou encore pour visiter la Maison.Pour le directeur, la programmation est une bonne porte d\u2019entrée à la visite de la MDD, puisque «beaucoup [de visiteurs] vont en profiter pour s\u2019informer sur le bâtiment qui les accueille, sur ce qui s\u2019y passe, sur [son] histoire et ses caractéristiques».\\ Avoir Comme mentionné par M.Perreault, l\u2019intérêt de visiter la MDD est plutôt de comprendre le bâtiment.Mais des éléments visuels viennent quand même combler la visite.C\u2019est le cas de la toiture végétalisée, à voir idéalement lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de neige.Ce toit, composé d\u2019un mélange de 14 espèces de plantes, a un lâible poids et ne demande pas d\u2019irrigation.La terrasse qui s\u2019y trouve offre une vue intéressante sur le Quartier des spectacles.Un autre élément visuel à ne pas rater est le mur végétal.D\u2019une hauteur de 20 mètres sur deux mètres de largeur, il agit comme biofiltre et humidificateur, ce qui assure une meilleure qualité de l\u2019air à l\u2019intérieur de la Maison du développement durable.Le mur végétal a permis également, depuis environ un an et demi, d\u2019économiser «presque 12000$, surtout en humidification», souligne Normand Roy, chargé de projet à Equiterre et responsable de la construction de la MDD.Les salles de bains rez-de-chaussée La visite de la MDD aborde différents thèmes du bâtiment durable au sont également un incontournable.«L\u2019eau, rappelle-t-il, est l\u2019élément [par rapport auquel] on a le plus de pouvoir en tant que citoyen, en tant que personne qui habite les bâtiments.» Urinoirs, toilettes, robinets; tout est calculé.Les urinoirs sont sans eau et, selon le panneau interactif qui s\u2019y trouve, indique M.Roy, «les urinoirs de la Maison du développement durable ont économisé plus de 300000 litres d\u2019eau en deux ans et demi».Dans tout le bâtiment, les toilettes sont munies d\u2019une double chasse et «elles ont fait économiser 2,3 millions de litres d\u2019eau», fait remarquer le chargé de projet.Mais ce qui retient l\u2019attention dans la salle de bains est un dispositif lié â un robinet qui calcule en temps réel l\u2019eau utilisée pour se laver les mains.«Ce que je voulais, précise-t-il, c\u2019est qu\u2019avec le temps, les gens essaient de battre leur propre re- AEROPORT SUITE DE LA PAGE H 2 la vente de crédits de carbone.En 2010, ADM mettait sur le marché 24000 tonnes de crédits au prix de 5$ la tonne, permettant ainsi â l\u2019aéroport Pierre-Elliott-Trudeau de devenir le premier en Amérique du Nord â émettre des crédits de carbone.En 2013, ADM réitérait l\u2019expérience en mettant sur le marché 19800 crédits supplémentaires.«Ce n\u2019est vraiment pas quelque chose de fréquent dans les aéroports en Amérique.Nous sommes encore un des seuls â le faire», relève M\u201c® Beaulieu.Bien qu\u2019ADM ait déjà adopté nombre de mesures pour améliorer la performance environnementale de l\u2019aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, l\u2019organisation ne compte pas en rester lâ.Au cours des prochaines années, elle entend augmenter considérablement le taux de récupération des matières résiduelles générées â l\u2019aérogare grâce â son nouveau programme de compostage.Elle vise aussi une meilleure récupération du glycol, utilisé pour dégivrer les avions, grâce â l\u2019installation d\u2019une tour permettant le recyclage du liquide.Un défi demeure, toutefois: celui des accès â l\u2019aéroport.«Chaque année, on a 14 millions de passagers, souligne M\u201c® Beaulieu.A cela s\u2019ajoutent les employés, qui sont près de 8000 â travailler par jour.On est peu desservis par les transports en commun, et c\u2019est quelque chose qui nous dérange énormément.On espère vraiment qu\u2019on pourra aller de l\u2019avant avec la navette électrique bientôt.Pour nous, ce serait une façon très efficace d\u2019améliorer notre performance au plan des gaz â effet de serre.» Collaboratrice Le Devoir SITE SUITE DE LA PAGE H 2 logies de l\u2019information (TI), en systèmes électroniques et en télécommunications: «Cette construction-lâ sera orientée vers le développement durable en se dotant d\u2019une certification LEED; on est actuellement â l\u2019étape des plans et devis.» Il signale en outre que la ville a tenu compte de l\u2019aspect environnemental dans la conception globale même du projet: «Tout ce secteur-lâ, qui comporte le parc technologique et la section résidentielle, a été aménagé en y ajoutant des infrastructures comme des pistes cyclables et des sentierspiétonniers.L\u2019aménagement des berges de la [rivière] Saint-Maurice a été réalisé sans destruction de la végétation qui se trouvait â cet endroit, ce qui était important pour nous.» Finalement, toute cette partie de Trois-Rivières subit une transformation qui enrichit le tissu urbain en raison de la présence du parc : «Il est certain qu\u2019on assiste â une revitalisation importante sur l\u2019ancien site industriel de la CIP, mais il y a aussi celle d\u2019un vieux quartier industriel situé â proximité de cette papetière; il y avait une bonne partie de la main-d\u2019œuvre de cette usine qui habitait dans ces lieux.L\u2019arrivée du parc et la construction des nouvelles résidences et de l\u2019amphithéâtre font en sorte que ce quartier-lâ est revampé; il y a beaucoup de gens qui investissent dans la restauration de leurs maisons, ce qui lui donne graduellement une deuxième vie.» Collaborateur Le Devoir cord.C\u2019est comme ça qu\u2019on voulait que les gens sentent qu\u2019ils ont un rôle â jouer, qu\u2019ils ne sont pas passifs dans cette histoire-lâ.» \\ A comprendre La visite de la MDD aborde différents thèmes du bâtiment durable.D\u2019abord l\u2019énergie, où il est question de l\u2019enveloppe performante du bâtiment, de l\u2019éclairage, de la qualité de l\u2019air, de la géothermie et des autres stratégies utilisées pour réduire la consommation énergétique de la Maison.La vjsite payante avec l\u2019équipe d\u2019Equiterre permet d\u2019aller dans une des salles mécaniques où s\u2019amorce la discussion sur l\u2019énergie et la géothermie, qui est «le cœur de notre stratégie énergétique», rappelle M.Roy.Toutes ces informations se trouvent également sur les panneaux et les bornes interactives pour les autres types de visite.«On parle aussi de plancher surélevé, c\u2019est-â-dire que tout l\u2019air arrive par le bas, par un espace qui a été créé entre la surface sur laquelle on marche et la dalle de béton en dessous», poursuit l\u2019anthropologue de formation pour qui «les défis du milieu de la construction sont des défis culturels» plutôt que des défis financiers ou de construction.Parmi les autres thèmes, il y a celui des matériaux, qui traite des questions des différents matériaux choisis et existants, ainsi que de leurs impacts environnementaux.Au rez-de-chaussée, des panneaux mobiles avec plu- ALEXANDRE CV La Maison du développement durable est le tout premier bâtiment certifié LEED© PLATINE Nouvelle construction au Québec.sieurs échantillons de matériaux sont affichés.Ce ne sont pas les matériaux retenus par Equiterre pour la construction de la MDD, mais «on trouvait cela triste d\u2019avoir fait toute cette recherche et que ce soit perdu», précise M.Roy.La borne interactive qui accompagne les échantillons permet donc d\u2019expliquer les valeurs et les caractéristiques des 87 matériaux écologiques.De plus, Equiterre a développé une «matériauthèque [.] où l\u2019on peut par catégorie comparer des solutions».Les visites guidées donnent accès aussi â la cuisine, dont le comptoir est â 93% constitué de verre recyclé.Et tout «le mobilier en bois a été fait [.] par [le Boulot vers.], une entreprise d\u2019économie sociale qui fait de l\u2019insertion pour les jeunes», mentionne fière- ment Normand Roy.Une partie de la visite est également consacrée aux étapes de développement du bâtiment, passant de l\u2019idée de la MDD â sa conception, puis â sa construction.Panneaux, bornes et visites Tout au long du parcours, les panneaux d\u2019information et les bornes interactives accompagnent le visiteur.Les panneaux offrent de l\u2019information de manière statique tandis qu\u2019avec les bornes, finterface est dynamique.Au deuxième étage se trouve une borne énergétique qui calcule en temps réel les économies d\u2019énergie du bâtiment entier.Depuis le U'' septembre 2012, la MDD a économisé «â peu près 50000$» dans sa consommation énergétique, sou- tient M.Roy.Cette borne permet aussi de voir les économies pour les différentes stratégies, que ce soit le mur végétal grâce â son rôle d\u2019humidificateur ou les économies en eau chaude grâce aux robinets automatiques.Quatre types de visite de la MDD sont possibles.D\u2019abord, la visite autoguidée est celle qu\u2019on fait par soi-même, â faide d\u2019un plan et d\u2019une carte d\u2019accès pour le toit, qui sont remis â l\u2019entrée.Des panneaux d\u2019information et des bornes interactives agrémentent la visite en solo.Ensuite, il y a la visite guidée gratuite qui a lieu tous les vendredis, une â 14 h et une autre â 17 h 30.Cette visite, pour laquelle op s\u2019inscrit sur le site Internet d\u2019Equiterre, est de type grand public et permet faccès â certaines pièces, comme la cuisine.Elle est donnée par des «guides universitaires d\u2019Hydro-Québec», note M.Roy.Puis, «il y a les visites plus spécialisées avec mon équipe, qui sont payantes, où lâ, on rentre dans le vif du sujet», poursuit-il.Ces visites offrent de l\u2019information plus technique et donnent accès â d\u2019autres pièces, dont une salle mécanique.Finalement, la visite virtuelle est possible sur le site Internet de la MDD et l\u2019information sur le bâtiment y est abondante.Il sera d\u2019ailleurs possible de faire une partie de la visite autoguidée lors de la Nuit blanche de Montréal, le U'' mars.La Maison du développement durable y propose plusieurs activités artistiques engagées pendant la soirée, de 20 h â 2 h.Collaboratrice Le Devoir POUR NOUS, LE DÉVELOPPEMENT DURABLE N\u2019EST PAS UNE OPTION, C\u2019EST NOTRE RAISON D\u2019ÊTRE.Fondaction est une institution financière québécoise innovante.Par la collecte d'épargne-retraite et ['investissement dans les entreprises d'ici, Fondaction participe à la création d'une économie plus performante, plus équitable et plus verte.\"\"if''^7+ ETOÜ5 ÉCONOM COUeCtlt DUEBECC' « V ¦ V I\ti \\I iN Sa SOCIALEMEN mvploir îESPONSA\"- ^yyO ¦'lAI CR/ICMT\t1\u2014^ 9 y/l SENS - \u2014 r 'ECON VALEURS IC m'i P www.fondaction.com fOmACTlON c 1U POUR LA COOPÉRATION V 9ET L'EMPLOI H 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 1'='^ ET DIMANCHE MARS 2014 ENVIRONNEMENT FONDACTION Le social et l\u2019environnemental vont de pair « Nous nous sommes donné comme mission d\u2019investir de façon à créer de la richesse » «Il y a de moins en moins d\u2019entrepreneurs qui ont comme seul but de faire de l\u2019argent, peu importe les impacts que cela aurait autour d\u2019eux.» Voilà ce que constate Geneviève Morin, chef de l\u2019investissement chez Fondac-tion, le fonds d\u2019investissement pour les travailleurs mis sur pied par la CSN.CLAUDE LAFLEUR n voit plutôt des entrepreneurs qui ont le ^ Vv goût de construire quelque chose, qui se préoccupent de ce que leurs produits aient le moins d\u2019impacts négatifs possibles sur l\u2019environnement.Aussi, ils cherchent à générer davantage de retombées positives dans leur milieu, par exemple, en faisant des achats responsables.» Et Geneviève Morin voit aussi de plus en plus d\u2019entrepreneurs s\u2019associer avec leurs employés, notamment en les impliquant dans la gestion de l\u2019entreprise ou en partageant une partie des profits.Morin se montre particulièrement ravie de cette évolution, puisque, rappelle-t-elle, lorsque Fondaction a été créé, en 1996, «ce n\u2019était pas là des pratiques évidentes.» «A l\u2019époque, nous cherchions à faciliter le financement des entreprises qui favorisent une plus grande gestion participative et qui tenaient compte de l\u2019environnement», se souvient-elle.Toutefois, on ne parlait pas alors du développement durable, dit-elle encore.« Or, le fait de se préoccuper à la fois du social et de l\u2019environnemental, c\u2019est ce qu\u2019on faisait!» Comme bien d\u2019autres spécialistes du monde des affaires, Geneviève Morin constate que ce sont là des pratiques très rentables pour toute entreprise.«Et nous en sommes ravis, dit-elle, puisque lorsqu\u2019on parlait de cela en 1996, ce n\u2019était pas évident que c\u2019était de bonnes pratiques d\u2019affaires.Maintenant, on le voit bien ! Et tout cela se fait à présent avec des employés dont on encourage la créativité et l\u2019engagement.» De belles histoires Depuis près de vingt ans, Fondaction sollicite l\u2019épargne des travailleurs pour l\u2019investir SOURCE OSA IMAGES Depuis près de vingt ans, Fondaction sollicite l\u2019épargne des travailleurs pour l\u2019investir dans la création d\u2019emplois.dans la création d\u2019emplois.«Nous nous sommes donné comme mission d\u2019investir de façon à créer de la richesse, précise Geneviève Morin, puisqu\u2019il faut procurer du rendement à nos actionnaires pour leur épargne-retraite.Mais aussi, il nous faut créer des emplois, puisque c\u2019est là la mission d\u2019un fonds de travailleurs, et créer des emplois ici au Québec.» Elle souligne que les lois régissant les fonds de travailleurs les obligent à investir au moins 60% de leur actif net dans des entreprises québécoises.«Et on a 40% d\u2019actijs investis sur les marchés financiers afin de nous assurer que l\u2019épargne de nos actionnaires ne soit pas trop à risque.» «Chaque fois qu\u2019on investit dans une entreprise, poursuit-elle, c\u2019est dans le but d\u2019accélérer ce qu\u2019elle fait.On se demande donc: à quoi contribue celle-ci et de quelle façon peut-on accélérer son développement?» C\u2019est ainsi que Fondaction dispose d\u2019un actif d\u2019un milliard de dollars qu\u2019il cherche à faire fructifier auprès d\u2019une multitude de PME québécoises.«Nous investissons dans plein de belles entreprises, ce qui est l\u2019imv!», lance avec satisfaction M\u201d® Morin.«Prenons par exemple Récupère Sol, du Sague-nay-Lac-Saint-Jean, la seule entreprise au Québec capable de traiter les sols contaminés à la dioxine et aux furanes \u2014 donc les sols les plus contaminés.» Cette entreprise était autrefois détenue par une société américaine qui ne s\u2019en occupait guère, dit-elle.Or, Fondaction a aidé la direction à la racheter et à permettre son développement.Il y a aussi HgO Innovation, une entreprise de Québec qui innove dans le domaine du traitement de l\u2019eau, principalement auprès des municipalités et des mines.«Lorsque nous y avons investi, en 2002, c\u2019était une toute petite entreprise, dit-elle, alors que maintenant, elle dispose de sept places d\u2019affaires en Amérique du Nord et même d\u2019une coentreprise à Mumbai, en Inde.» Fa chef de l\u2019investissement cite aussi le cas de RefPlus, une entreprise de Saint-Hubert qui conçoit des systèmes de réfrigération.«Us sont devenus le premier manufacturier québécois à fabriquer des systèmes de réfrigération qui n\u2019ont aucun effet nocif sur l\u2019environnement, dit-elle.Ce sont des précurseurs dans leur domaine ! » Elle poursuit avec Dupray, «une petite société de Montréal dans laquelle nous venons d\u2019investir pour lui donner la capacité de fabriquer des équipements de nettoyage».Or, cette PME propose une technologie de nettoyage à la vapeur qui n\u2019utilise aucun produit chimique.«Il s\u2019agit avant tout d\u2019un procédé très efficace, indique M\u201c® Morin, mais qui, par bonheur, est aussi parfaitement écologique ! » Sauvée des mains américaines Geneviève Morin rapporte enfin le cas de Fresche Fegacy, de Montréal.«Ça, c\u2019est une belle histoire!», lance-t-elle.Cette entreprise s\u2019était taillé une niche très particulière : convertir les systèmes informatiques des années 1970-1980, conçus à base de cobol ou autres langages informatiques à présent désuets.Fresche Legacy assurait ainsi le passage vers les plateformes modernes.«Leurs clients figurent parmi les premières firmes à s\u2019être informatisées et qui ont énormément de données», précise M™ Morin.L\u2019entreprise a pris de l\u2019expansion durant plusieurs années avant d\u2019étre vendue à une firme américaine.Or, celle-ci a tout bonnement décidé de retirer tout ce qu\u2019elle pouvait de cette «vache à lait», sans y réinvestir pour l\u2019actualiser.Toutefois, la direction et les employés, trouvant inacceptable de laisser filer leur savoir-faire, ont racheté l\u2019entreprise avec le soutien de Fondaction.«Il s\u2019agit maintenant d\u2019une coopérative de travailleurs formée d\u2019une cinquantaine d\u2019employés de haut niveau, résume M\u201c® Morin.Et, depuis deux ans, ils ont triplé leur chiffre d\u2019affaires!» N\u2019est-il pas remarquable que, dans deux des cas cités par Geneviève Morin, Fondaction ait aidé la direction et les employés de «fleurons québécois» à se racheter des mains d\u2019Américains qui, autrement, les condamnaient à disparaître?Collaborateur Le Devoir UNIVERSITE DE SHERBROOKE La maîtrise en environnement a 40 ans \\ A l\u2019Université de Sherbrooke, les formations offertes dans le domaine de l\u2019environnement et du développement durable sont sous la direction du Centre universitaire de formation en environnement et développement diuable (CUFE).Une approche novatrice et rassembleuse.PIERRE VALLEE Le CUEE relève de sept des neuf facultés de l\u2019Université de Sherbrooke, souligne Michel Montpetit, directeur du CUFE.Il y a donc un parfait décloisonnement des activités académiques, ce qui nous permet d\u2019offrir une formation en environnement interdisciplinaire.Nous cherchons à former des spécialistes de l\u2019environnement et du développement durable qui, peu importe leurs champs d\u2019intérêt respectifs, sont en mesure de porter une réflexion systémique sur une situation environnementale.» Mais ce ne fut pas toujours le cas.C\u2019est en 1974, soit il y a bientôt quarante ans, que l\u2019Université de Sherbrooke met en place sa première maîtrise en environnement.« C\u2019était alors une formation uniquement scientifique, offerte par la Eaculté de sciences ou la Eaculté de génie.Il faut se rappeler qu\u2019à cette époque, c\u2019est aussi l\u2019époque des usines de traitement des eaux.» Mais les choses sont appelées à évoluer.«Au début des années 90, l\u2019Université de Sherbrooke reçoit plusieurs demandes de professionnels de la Montérégie qui souhaitaient que l\u2019on développe un autre programme de deuxième cycle pouvant répondre à leurs besoins en environnement, de plus en plus nombreux et variés.Ce fut le premier pas vers la multidisciplinarité.» C\u2019est cette première réflexion qui a mené à la création du CUFE et à l\u2019approche interdisciplinaire qu\u2019il affiche aujourd\u2019hui.Maîtrise en environnement La maîtrise en formation fut et demeure la principale formation offerte par le CUFE.«L\u2019on peut dire que 66% de toutes les personnes au Québec qui détiennent une maîtrise en environnement l\u2019ont obtenue en étudiant à l\u2019Université de Sherbrooke.» Cette maîtrise offre huit cheminements, dont cinq cheminements de type cours en gestion de l\u2019environnement, soit deux cheminements de type cours en gestion du développement durable, et un cheminement de type recherche.L\u2019approche est interdisciplinaire et l\u2019on peut accéder à cette maîtrise que l\u2019on provienne des sciences naturelles ou des sciences sociales.«La première année consiste à une mise à niveau, où nous renforçons les connaissances en sciences naturelles des étudiants provenant des sciences sociales et vice versa.» La maîtrise est de type coopératif et comprend donc des stages rémunérés en entreprises.De plus, rapproche pédagogique est celle de l\u2019apprentissage par projets.«Nous travaillons sur des projets concrets, par exemple, la gestion de l\u2019eau d\u2019un lac par les riverains, qui sont traités pendant les cours.Nous recevons de la part de nos demandeurs entre 60 et 70 projets chaque année qui sont traités ainsi dans nos cours, et les résultats sont ensuite toujours transmis aux demandeurs.» La maîtrise en environnement de l\u2019Université de Sherbrooke mène aussi à un titre ré- servé, c\u2019est-à-dire que seuls les détenteurs de cette maîtrise peuvent inscrire à la suite de leur nom le titre de M.Env.«C\u2019est une maîtrise que nous qualifions de professionnalisante en ce sens qu\u2019elle cherche à répondre aux besoins du marché du travail sans toutefois oublier les besoins de la société.» Autres formations offertes En plus de la maîtrise en environnement, le CUFE offre aussi d\u2019autres programmes de formation en environnement, comme le diplôme de 2® cycle en gestion de l\u2019environnement et quelques microprogrammes.11 s\u2019agit de formations qui s\u2019inscrivent en formation continue.«Ces formations s\u2019adressent le plus souvent à des personnes déjà sur le marché du travail qui n\u2019ont ni le besoin ni le temps de suivre la formation pour la maîtrise.De plus, ces formations peuvent s\u2019additionner et mener à la maîtrise en environnement.» Depuis l\u2019an dernier, le CUFE a mis en place le baccalauréat en environnement, dont l\u2019approche est toujours celle de l\u2019interdisciplinarité.Cette formation est accessible aux étudiants ayant plusieurs profils collégiaux.«Pour le moment, le baccalauréat est contingenté à 50 étudiants par année, mais les demandes d\u2019admission sont supérieures à ce nombre.» Le CUFE offre aussi de la formation continue non créditée.«Ce sont souvent des formations que nous offrons en entreprise à leur demande.L\u2019an dernier, nous avons offert ainsi 3280 heures de formation en environnement non créditée.» Au départ, le CUFE s\u2019appelait simplement le Centre de formation en environnement.Depuis quelques années, l\u2019on a rajouté à son titre le mot de développement durable, afin de mieux refléter cette nouvelle dimension en environnement.N\u2019aurait-il pas été plus simple de le nommer Centre de formation en développement durable?«Non, nous tenions à ce que le mot environnement figure de façon indépendante dans le titre.Le développement durable est le concept par lequel le développement économique doit se faire en tenant compte de la dimension sociale et environnementale de tout développement.Le développement durable signifie donc que tout développement doit se faire dans le respect de l\u2019environnement.Par contre, nos sociétés, par la pollution et la contamination, ont grandement handicapé notre environnement, au point que les écosystèmes ne sont plus capables de soutenir cette pollution et cette contamination.Ce qui fait qu\u2019au-jourd\u2019hui, nous avons une dette envers l\u2019environnement.Il y a donc urgence d\u2019agir.Le développement durable propose le respect de l\u2019environnement, mais à mon avis, ce n\u2019est pas suffisant.Il faut aussi se donner les outils pour améliorer l\u2019environnement et pas seulement le respecter.C\u2019est pourquoi nous tenions à voir le mot environnement dans le nom du CURE.» Collaborateur Le Devoir Leur avenir.Notre responsabilité.En réduisant dès aujourd\u2019hui notre empreinte écologique, nous nous assurons de meilleurs lendemains.Chez Aéroports de Montréal, ['environnement nous tient à cœur En effet, nous travaillons sans cesse pour accroître notre efficacité énergétique et réduire nos émissions de gaz à effet de serre dans toutes nos sphères d activité Par exemple, nous avons amélioré de 70% l'efficacité de nos systèmes de chauffage, ventilation et climatisation, en plus d'avoir installé des stores motorisés « intelligents» dans l'aérogare et rehaussé le rendement écologique de nos véhicules Déplus, nous conservons certains espaces verts à proximité de nos sites, ce qui favorise la reproduction des papillons monarques qui sont, eux aussi, attirés par les destinations soleil en hiver i Ainsi, nous faisons de grands pas pour laisser une plus petite empreinte.AEROPORTS DE ^ TOUT UN MONDE À L\u2019HORIZON admtl.com "]
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