Le devoir, 8 mars 2014, Cahier E
[" ry La danse contemporaine est-elle féministe ou féminine ?Page E 3 Le nouveau film de Viiieneuve, une lettre d\u2019amour à Cronenberg Page eio CULTURE EDI 8 ET DIMANCHE 9 MARS 2014 rî- ^\t1 >\u2022\t' JÊF annikmhdecarufelledevoir œ.-s- Léguer s CHRISTIAN SAINT-PIERRE E Vickie m\u2019a avoué que son désir premier était d\u2019écrire une pièce, mais qu\u2019eiie n\u2019avait pas osé )) Eric Jean n juin 2012, Vickie Gendreau, poète, performeuse et danseuse nue, reçoit un terrible diagnostic: cancer du cerveau.La tumeur en nuage située dans son tronc cérébral est inopérable.A partir de ce moment, la jeune femme de 23 ans n\u2019a qu\u2019un seul objectif: écrire.Prendre la plume dans l\u2019urgence, dans la nécessité, dans le besoin impératif de nommer, de laisser une trace, de léguer une part d\u2019elle-même.C\u2019est ainsi qu\u2019est né Testament, un roman publié en septembre 2012 au Quartanier, un livre qui a, chaviré le metteur en scène Eric Jean.«Émotive-ment, ça m\u2019a brassé comme un très bon spectacle de musique, lance-t-il./\u2019af été à ce point bouleversé que j\u2019ai très spontanément, et je dirais même de manière totalement impulsive, écrit à Vickie sur Facebook.Je lui ai demandé, de but en blanc, si elle était d\u2019accord pour que j\u2019adapte son roman au théâtre.» Une heure plus tard, l\u2019au-teure répondait au metteur en scène.«Elle me disait qu\u2019elle me connaissait, qu\u2019elle avait vu l\u2019un de mes spectacles.Hippocampe, et qu\u2019elle me confiait son livre avec joie, que je pouvais en faire ce que je voulais.À partir de ce moment-là, j\u2019ai senti que f avais non seulement le droit, mais aussi le devoir de porter Testament à la scène.» Vickie Gendreau est décédée quelques mois plus tard, le 11 mai 2013.Un roman.théâtral Aux yeux du metteur en scène, la matière, bien que qualifiée de roman, n\u2019en est pas moins théâtrale.«La structure en fragments, l\u2019oralité, cette enfilade de monologues adressés à l\u2019autre.tout cela me donne l\u2019impression de lire du théâtre.Vickie m\u2019a avoué que son désir premier était d\u2019écrire une pièce, mais qu\u2019elle n\u2019avait pas osé, qu\u2019elle ne s\u2019était pas sentie prête, qu\u2019elle avait préféré se \u201ccacher\u201d derrière la littérature.Elle se disait ravie que je transforme son roman en pièce, en spectacle.Elle trouvait ça naturel.Vous dire comme j\u2019aurais aimé qu\u2019elle puisse voir le spectacle.,.» Pour jouer Vickie, Eric Jean explique que Jade-Mariuka Robitaille, tout juste sortie de l\u2019École nationale, s\u2019est impo- leWcIcie sée.«Je cherchais quelqu\u2019un qui était capable d\u2019aller dans les extrêmes, de cultiver les contrastes, de donner dans les excès.Jade-Ma-riuka a cette aisance à exprimer la fragilité aussi bien que la rage, la timidité comme l\u2019exubérance, autrement dit de marcher sur cette fine ligne entre des états complètement opposés.Plus que tout, c\u2019est son charisme qui m\u2019a convaincu de lui confier le rôle.Elle a cette présence forte et énigmatique que le personnage exigeait.» Portrait de génération Dans Testament, Vickie Gendreau décrit, généralement sans modifier leurs noms, les gens qui l\u2019entourent.Elle va même jusqu\u2019à imaginer la réaction de ses proches à sa propre mort.Qu\u2019est-ce que le caractère autofictionnel du roman change au travail du metteur en scène ?«C\u2019est un roman que j\u2019adapte, précise Éric Jean.Ce n\u2019est pas une autobiographie.Je ne sais pas ce qui est vrai, ce qui ne i est.pas, ce qui tient de la fabulation.Et je n\u2019ai pas cherché à le savoir.Je n\u2019ai pas voulu coller à une réalité concrète.Ça ne m\u2019intéressait pas.Ce qui m\u2019a captivé dans le livre, c\u2019est quelque chose de bien plus universel.A mon sens, en posant son regard unique, rempli de franchise, sur un cercle d\u2019artistes, Vickie a tracé un portrait de génération.Ni plus ni moins.C\u2019est avec ça que fai envie de faire un spectacle, à ça que je veux rendre justice.» Éric Jean assure que son adaptation clarifie le récit, mais sans dénaturer la matière, en conservant le foisonnement de mots et d\u2019idées propre à la prose de Gendreau.Il fallait également veiller à ce que le texte ne soit pas redondant par rapport à la musique, toujours aussi cruciale dans le travail du metteur en scène, et à la vidéo, qu\u2019il emploie pour la première fois, et qui est signée Jérémie Battaglia.VOIR PAGE E 4 MOTS CHRISTIAN BLAIS Vickie Gendreau E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 MARS 2014 CULTURE Lorraine Pintal, sur la ligne de partage des eaux I/\" ' ¦ '\tOdile ' ^ ¦ Tremblay lie n\u2019avait même pas la broue dans le toupet, Lorraine Pintal, jeudi midi.Juste un peu fébrile, entre deux feux.On s\u2019était donné rendez-vous au Café du Théâtre du Nouveau Monde (TNM) pour parler d\u2019art, de politique et d\u2019elle, évidemment.Le soir même, la directrice du TNM, désormais en congé sans solde, allait annoncer officiellement sa candidature dans Verdun pour le Parti québécois.Au cours de l\u2019après-midi, elle allait superviser ses comédiennes pour Aïbertine en cinq temps, un des chefs-d\u2019œuvre de Michel Tremblay, dans sa mise en scène.«Une chance que la pièce est une reprise.Je Pavais d'abord montée au Trident.Sinon, je serais plus débordée encore.» Le TNM célèbre le trentième anniversaire d\u2019Albertine, cette femme aux plusieurs visages.Lorraine Pintal avait assisté à la mise en scène originale d\u2019André Brassard, puis ap-précié celle de Martine Beaulne à l\u2019Espace Go.«Ce que j\u2019apporte à la pièce ?Une lumière dans un décor tout blanc.Michel Tremblay m\u2019a fait comprendre que le personnage n\u2019était pas triste, mais se récon- ciliait avec son passé et livrait un message d\u2019espoir.» Jeudi, on assistera à la première.Elle sera là comme directrice du TNM.Puis le tourbillon.On est le 8 mars et Lorraine Pintal trouve les jeunes femmes plus aguerries aujourd\u2019hui qu\u2019hier contre le doute, qui rongea tant de générations au-dessus d\u2019elles.«À bas la peur! Battons-nous contre elle.Gardons la tête haute!» Elle avait ressenti comme un grand événement l\u2019arrivée d\u2019une femme premier ministre au Québec.«Parmi les candidatures déjà annoncées dans la campagne et celles qui suivront, d\u2019autres noms de femmes formidables en vue!» Ça la stimule.Elle apprécie la solidarité féminine, pas les coups bas.La couenne dure Dans son TNM de la rue Sainte-Catherine, aimé et critiqué passionnément.Lorraine Pintal a affronté tant de combats: foudres autour de l\u2019affaire Cantat, qui devait participer en chair et en os aux Atrides façon Wajdi Mouawad; tentative de front commun contestée après les compressions du ministère du Patrimoine à plusieurs théâtres; hauts cris devant ses choix artistiques, soit trop conservateurs, soit trop osés.Elle releva ses manches pour trouver des sources de financement privées, pour courtiser de nouveaux publics.On la taxa de populisme.TESTAMENT I I Du 10 au 30 mars 2014 Une production du Théâtre de Quat\u2019Sous Texte Vickie Gendreau Adaptation et mise en scène Eric Jean Collaboration à l\u2019adaotation Sébastien David Avec Marilyn Castonguay, Juliane Desrosiers-Lavoie, Simon Lacroix, Étienne Laforge, Hubert Lemire, Jean-Philippe Perras, Dominique Pétin et Jade-Màriuka Robitaille Concepteurs Angelo Barsetti, Jérémie Battaglia, Linda Brunelle, Olivier Gaudet-Savard, Audrey Lamontagne, Vincent Letellier, Pierre-Étienne Locas, François Richard et Martin Si roi s l «Je suis une dure à cuire.» Mais le projet d\u2019agrandissement en hauteur du TNM se concrétisera peut-être sans elle.A son horizon: une campagne électorale qu\u2019elle rêve au coude à coude des citoyens.Dans son sillage \u2014 dans l\u2019éventualité de sa victoire dans Verdun, bien sûr \u2014, ce TNM dont elle tient la barre depuis 22 ans contre vents et marées, après avoir accompagné 130 productions, dans ses propres mises en scène souvent.La voici sur la ligne de partage des eaux.Son regard par- J «Surveillez cette troupe quand ils reviendront [.] c'est vraiment magique ! » \u2014 Radio-Canada Ignorance The Old Trou^uppet Workshop 11 au 15 mars 2014 COMPLET LE 13 MARS! BILLETTERIE 514 521 4191 OU ESPACELIBRE.QC.CA ESPACE LIBRE LE DEVOIR «Pauline Marois doit bien venir me chercher aussi pour ma vision culturelle de la société» PEDRO RUIZ LE DEVOIR Lorraine Pintal estime que tous les partis politiques ont besoin de bons communicateurs.court les lieux, comme une mère sa progéniture: «Ma maison, mes abonnés, mon équipe.» Difficile d\u2019en faire le deuil, si elle est élue, le 7 avril?«Et comment!» Changer les choses C\u2019est Pauline Marois qui a sollicité son entrée en politique : Lorraine Pintal, une indépendantiste fervente, estime que ses qualités d\u2019administratrice du TNM lui serviront comme députée.Elle veut changer les choses, estime que tous les partis politiques ont besoin de bons communicateurs.Enfiler l\u2019armure de Don Quichotte, pourquoi pas ?«Par ici, les moulins à vent!» Optimiste, la dame, et énergique.«Je veux combattre le cynisme ambiant, qui ne mène nulle part.» Comédienne, metteure en scène, elle s\u2019est frottée à l\u2019écriture aussi (son spectacle solo Madame Louis 14, en 1988, connut un franc succès), également à la rude école de la Ligue nationale d\u2019improvisation.«Ce plongeon dans le vide, ce jeu sans filet! J\u2019ai même coaché la magnifique équipe des Noirs.» L\u2019esprit de répartie devrait lui servir en campagne électorale, et le cas échéant à l\u2019Assemblée nationale, si le feu prend dans un dossier.Celle qui anima l\u2019émission littéraire Vous m\u2019en lirez tant sur ICI Radio-Canada Première rêve à l\u2019éclatement des cloisons entre les arts.«Pauline Marois doit bien venir me chercher aussi pour ma vision culturelle de la société.Les valeurs identitaires, la langue, ça passe beaucoup par la culture.» Sa plus grande fierté : avoir piloté la restauration et la conservation du TNM, qui eut 100 ans en 2012.«Ce café, ce lieu de rassemblement, cette maison théâtre, c\u2019est du concret.Ça reste.» Contente aussi.Lorraine Pintal, d\u2019avoir conservé le courage de ses opinions sans plier l\u2019échine.«On ne valorise pas beaucoup le savoir dans certains milieux et les prises de parole peuvent vous laisser un goût amer, mais j\u2019aurai foncé.» Relève A ses yeux, pas de meilleure transition possible qu\u2019un nouveau défi, quand, tôt ou tard, il aurait fallu passer la main.Des plus jeunes, elle l\u2019espère, prendront le gouvernail du TNM.«Il y a 22 ans.j\u2019ai été nommée ici par des gens de théâtre comme Jean-Louis Roux et Jean Gascon, en demeurant fidèle aux classiques comme aux grands auteurs québécois: Ducharme, Tremblay, Gauvreau, etc.Car le Québec a des créateurs de génie, mais le répète-t-on jamais assez ?Tous ces talents, et tant de femmes parmi eux.Pour ma première mise en scène en 1981, j\u2019avais monté C\u2019était avant la guerre à l\u2019anse à Gilles de Marie Laberge, inconnue à l\u2019époque.Et quel texte ! On dira ce qu\u2019on voudra, elle parle au cœur des gens, cette auteure-là!» Au TNM, elle avait souvent l\u2019impression de suppléer, comme le Musée des beaux-arts de Montréal et d\u2019autres institutions, aux carences du système d\u2019éducation, en élargissant l\u2019éventail culturel collectif.«Combien d\u2019enseignants profitaient de nos spectacles pour ouvrir des discussions avec leurs étudiants sur Sophocle, Ducharme, Camus,^ Tremblay et les autres?» On lui objecte que la mission de l\u2019école doit s\u2019inscrire en amont, alors que tant de régions manquent de vaisseaux amiraux, malgré les tournées d\u2019artistes.Lorraine Pintal croit au PQ et estime que la réforme du système d\u2019éducation est déjà sur ses rails.Ça en prend qui ont la foi, qui respectent encore la chose politique, après toutes ces vapeurs de corruption.Elle est si enthousiaste, on aimerait qu\u2019elle ait raison, fermant les yeux pour mieux la croire.La voici déjà ailleurs, poussée en avant comme une boule de pool.«Agir, dit-elle.Pourquoi seulement rêver?» Lorraine Pintal, cette dynamo.On songe à Maka Kotto, pas certaine de le voir rester en poste si, si.otremblay@ledevoir.com SAISON 2013-2014 THÉÂTRE ÉMERGENT A^NA P.Xî'^ FE M M E N UCABLE TEXTE DE ROBOT 11 AU 28 MARS A 20H ET 29 MARS A15H premieracte.ca I 870, avenue De Salaberry 418 643-8131 Wagan QggH.™ I«l 5ÏS\u201d f Québec Québec Q\tlorm k™ le DEVOIE, OgS'ïÆl.».* Émotions brutes.Places limitées.Réservez votre siège.Les noctambules 20 mars - Après la représentation Discussion animée par Marie-Louise Arsenault.L\u2019heure du conte 23 mars - 15h00 Activité gratuite pour les enfants des spectateurs avec Isabelle Lamontagne et Myriam Houle.Amours romanesques L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera 31 mars - 19h30 Un rendez-vous avec James Hyndman pour les passionnés de littérature.Billetterie 514 845-7277 quatsüus.com Hydro Québ -\t \u2014\t\u201e\t\u2014\t»\t-\t'\te-\tDH B\tH L.J\tS\" «É.1\t TT\t'Il II\t¦' 1 » raWI 1 f 1 T n \tLaii .'i'liirrfr ^tïb TNIÏBll Il ^ 1 ^ r L'ARCHITECTURE DE LA PAIX la nouvelle création de Rgeons International une pure invention de Evelyne de la Chenelière Teatro Sâo Luiz, Lisbonne Paula de Vasconcelos Théâtre ESPACE GO, Montréal LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 MARS 2014 E 3 CULTURE'DANSE Féministe or not féministe ?^ f f Peu ou prou d\u2019artistes de la danse se réclament du féminisme.Pourtant, une série de productions de jeunes chorégraphes cette saison touchent la question de Vempowerment au féminin.FRÉDÉRIQUE DOYON La scène de la danse contemporaine québécoise a enfanté peu de figures féministes.Michèle Febvre, historienne de la danse, rapporte qu\u2019il n\u2019y a pas eu de franche affirmation en ce sens.On y est féministe «par la bande».Même les soeurs Jeanne et Thérèse Renaud, pourtant pionnières de la danse et de la poésie associées au mouvement automatiste qui remettait en question le conformisme social, «ne sentaient pas la portée féministe de ce qu\u2019elles faisaient», raconte-t-elle.Elle perçoit un propos plus affirmé chez les plus jeunes artistes comme Mélanie Demers ou Dana Gingras.Avant elles, Manon Oligny s\u2019attaquait déjà à la dictature de la beauté dans ses pièces, sans renoncer au pouvoir de séduction féminin et sans non plus adhérer clairement au féminisme.«Le féminisme est rarement conceptualisé chez les femmes chorégraphes, note M\u201c® Febvre.Ça traverse la danse et les femmes qui dansent un peu comme les grandes valeurs féministes ont traversé ces générations-là.» Femmes ou filles En fait, il est peut-être inutile de s\u2019en réclamer puisque le féminisme est quasi inscrit dans l\u2019ADN de la danse moderne.Car ce sont des femmes \u2014 Loïe Fuller, Isadora Dunca, Mary Wigman, Martha Graham \u2014 qui ont fait réellement émerger la figure de chorégraphe au tournant du XX® siècle, comme artiste créant une oeuvre personnelle et originale.«Elles ont partiellement sorti la danse de son carcan d\u2019art féminin décoratif», écrit dans les actes d\u2019un colloque de 2009 Hélène Marquié, chercheuse et chorégraphe française qui qualifie ainsi la danse de féministe, plus que «féminine» comme il est communément admis.Elle rappelle que cette perception d\u2019un art essentiellement féminin \u2014 léger, gracieux, sensible \u2014 est erronée, alors qu\u2019historiquement, la danse fut une affaire d\u2019hommes jusqu\u2019à sa révolution moderniste.Le féminisme chorégraphique hérité des Fuller et Gra- 1 % \\ MARC-ANDRÉ GOULET À partir de son solo Miss (encore en cours de création), Jade Marquis démonte le mythe alimenté par la scène pop mondiale selon lequel le corps sexualisé sur scène est source A\u2019empowerment.ham reste toutefois surtout anglo-saxon, constate-t-elle.Porté plus tard par les études de la condition féminine (gender studies), il n\u2019a pas beaucoup essaimé en France notamment à cause du rejet du narratif dans la danse.Quand on regarde le travail conceptuel des pionnières québécoises Jeanne Renaud et Françoise Sullivan, on est tenté de servir la même explication pour ce côté-ci de la francophonie.«On ne s\u2019affiche pas féministes, mais ce n\u2019est pas anodin de travailler autant de mois sur ces questions-là», lance Marie-Gabrielle Ménard, de la jeune compagnie Mandala Sitù, qui explore sur un mode humoristique, dans sa pièce Monsieur, signée Virginie Brunelle (annulée du programme du théâtre La Chapelle, faute de subventions), tous les mécanismes par lesquels les hommes contrôlaient et modelaient les femmes jusqu\u2019à la révolution sexuelle des années 1960-1970.« On a été saisies par le fait que ça ne fait pas si longtemps qu\u2019on ne s\u2019appelle pas Madame Edgy Redux Le petit temple des pratiques interdisciplinaires propose une mouture condensée de l\u2019événement féministe qui l\u2019a fait connaître : Edgy Women devient Edgy Redux pour sa 21® édition, étalé sur deux jours plutôt que dix, après que Patrimoine canadien eut coupé les vivres au Studio 303.Qu\u2019à cela ne tienne, le studio remet l\u2019artiste émergent «au cœur de ses activités» en misant surtout sur des services offerts à la communauté, explique sa directrice, Miriam Ginestier.Edgy Redux, sa seule vitrine de diffusion, porte sur le thème Transitions.«Ça reflète ce que vit le Studio 303 et aussi ce qu\u2019on vit dans la société, où il y a eu de gros changements (Intel.On explore surtout de quoi on s\u2019est affranchies», explique la directrice artistique et fondatrice du collectif de femmes interprètes qui a volontairement mis le féminin (et non le féminisme) au cœur de sa mission.Jade Marquis orchestre un programme double à Tangente fin mars autour d\u2019une question clé, d\u2019ailleurs lancée à l\u2019occasion d\u2019une table ronde après chaque représentation : quelle forme d\u2019autonomisation féminine est revendiquée par la sexualisation du corps mis en scène ?«Je ne sais pas si je suis féministe, mais ma proposition est au cœur de ce qui a mené le féminisme», dit la jeune artiste.A partir de son solo Miss (encore en cours de création), elle démonte le mythe alimenté par la scène pop mondiale selon lequel le corps sexualisé sur scène est source d) empowerment.La question traverse aussi la pièce Mange-moi d\u2019Andréanne Leclerc, qui a longtemps voulu déconstruire, voire tuer la contorsionniste de cirque qu\u2019elle a été, pour en finir avec les fantasmes sexuels qui lui collent à la peau.«Les gens s\u2019en foutaient de ce que f essayais de dire avec mon corps; ils me demandaient plutôt comment j\u2019étais au lit.» Jusqu\u2019à ce qu\u2019elle assume pleinement son art, après avoir squatté les scènes du burlesque et du Studio 303, où elle a pu repousser les limites de sa pratique.Il n\u2019y a pas eu de franche affirmation du féminisme en danse.On y est féministe par la bande.politiques», dit-elle.L\u2019événement s\u2019articule autour d\u2019un colloque (8 mars), dont les interventions prennent toutes les formes \u2014 allocution ou performance \u2014, et d\u2019un cabaret (9 mars).«Edgy a toujours voulu rassembler ces trois communautés: artistes, militantes et chercheuses.Le colloque est Iç lieu où j\u2019y arrive le mieux.» À chaque artiste du cabaret Défi Edgy est remis un kit-surprise à partir duquel créer: un accessoire, un effet sonore, un concept du féminisme et une citation.Y participent notamment Dana Michel, Stéphanie Morin-Robert, Alexis Q\u2019Hara et Jacqueline van de Geer.Au Studio 303, les 8 et 9 mars.«Toute l\u2019idée de Mange-moi se base sur la réappropriation du pouvoir du corps», dit celle qui joue l\u2019effeuilleuse jusqu\u2019à ce que le rapport de domination s\u2019inverse entre la performeuse et le spectateur \u2014 incarné sur scène par une seconde interprète.En prenant les stéréotypes à bras-le-corps pour en tester les possibilités d\u2019affirmation et d\u2019autonomisation féminines, ces jeunes créatrices incarnent une ambivalence propre au monde de la danse.Car la vision de grâce, de beauté, de nudité parfois, offerte, n\u2019est-elle pas le fruit d\u2019un regard d\u2019homme porté sur le corps féminin?Et donc le signe que l\u2019ascendant masculin règne encore sur la danse ?«Mais c\u2019est une femme qui le fait, signale Michèle Febvre en rappelant les premiers solos quasi pornographiques de Marie Chouinard et ses pièces récentes qui affichent encore le plaisir de la beauté des corps, du désir de sexualité.Toute la danse féminine est un épiphénomène de tous les mouvements féministes.» Le Devoir MISS ET MANGE-MOI respectivement de Jade Marquis et d\u2019Andréanne Leclerc A Tangente, du 20 au 23 mars.ELLES XXX de Bye Bye Princesse (Marie-Pier Labrecque et Mylène Mackay), du 22 avril au 3 mai au théâtre La Chapelle.Le Devoir SUPPLEMENTAIRES 9+ 10 AVRIL! [.] UNE DES PIECES PHARES DE MICHEL TREMBLAY, SERVIE PAR UNE DISTRIBUTION HORS DU COMMUN, [.] DRÔLE, ATTENDRISSANTE, MAIS SURTOUT BOULEVERSANTE.- LE SOLEIL LORRAINE PINTAL [.] A SU COMPOSER UNE VISION TOUCHANTE, ÉPURÉE ET INTELLIGENTE DE CETTE TRAGÉDIE DU OUOTIDIEN.-REVUEJEUORG UNE PRÉSENTATION DE Desjardins DE MICHEL TREMBLAY MISE EN SCÈNE LORRAINE PINTAL AVEC ÉMILIE BIBEAU LISE CASTONGUAY LORRAINE CÔTÉ ÉVA DAIGLE MONIOUE MILLER MARIE TIFO COPRODUCTION THÉÂTRE DU TRIDENT TNM DU Nouveau Monde I COM ?MENT S\u2019OC CUPER DE BÉBÉ 4 AU 22 MARS 2014 EN SUPPLEMENTAIRE\t% SAMEDI LE 15 MARS À 20H\t\" h DENNIS KELLY OLIVIER CHOINIÉRE SYLVAIN BÉLANGER EVELYNE BROCHU JOSÉE DESCHËNES RICHARD THÉRIAULT HUBERT PROULX GUILLAUME TREMBLAY LISE ROY GUY VAILLANCOURT SÉBASTIEN RAJOTTE MÉLANIE ST-LAURENT ÉQUIPE DE CRÉATION JEAN GAUDREAU ALEXANDER MACSWEEN ULYSSE DEL DRAGO JEAN MATHIAS CORRÉARD PIERRE LANIEL SIMON CLOUTIER MARIE-HËLËNE DUFORT A L\u2019AFFICHE DÈS MARDI! TNM.QC.CA 514.866.8668 THEATRE LA LIGORNE 4559 PAPINEAU, MONTREAL BILLETTERIE 514-523-2246 THEATRELALICORNE.COM 'eibb\t^ Conseil des «rts Canada Council\tI «\tBILŸ KÜN\tg\t®\t.QuébeCaS ^.duCanada fortheArU\th.J\t^ E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 MARS 2014 CULTURE-THEATRE À la poursuite de soi Avec Ta iras la chercher^ Guillaume Corbeil poursuit ses obsessions et Sophie Cadieux ose une première mise en scène MARIE LABRECQUE Deux pièces de Guillaume Corbeil prendront l\u2019affiche à l\u2019Espace Go en mars : la reprise de l\u2019acclamée Cinq visages pour Camille Brunelle à la fin du mois et la création de Tu iras la chercher.Deux oeuvres écrites simultanément et qui s\u2019abreuvent aux mêmes thèmes.Aux «obsessions» du jeune dramaturge: identité, représentation de soi, images imposées et cette «idée qu\u2019on est beaucoup plus des spectateurs que des acteurs» de nos vies.L\u2019auteur considère même la deuxième pièce comme «une sorte de suite» de l\u2019autre, poursuivant un cycle qui pourrait se boucler par un troisième texte sur lequel il travaille présentement.Elles empruntent pourtant des formes très différentes, ces deux pièces.Monologue d\u2019une nature plus intemporelle, l\u2019intrigant Tu iras la chercher met en scène une femme anonyme qui décide soudainement de tout plaquer pour partir à la recherche d\u2019elle-même.Plus précisément, on la voit aux trousses à\u2019«une vision idéalisée d\u2019elle-méme», une femme aperçue dans une télésérie, qui la précède dans ce voyage vers Prague et dont elle répète les gestes.«Elle cherche à fuir sa réalité, son moi au présent, en même temps qu\u2019elle poursuit un moi au conditionnel: celle qu\u2019elle aurait pu être, qu\u2019elle voudrait être», explique Guillaume Corbeil.Le texte incarne cette impression de «toujours devoir être ailleurs, qu\u2019on n\u2019est jamais au bon endroit, que le présent n\u2019est jamais le bon présent».Cette quête perpétuelle d\u2019être en adéquation avec nous-mêmes dans le moment présent.«C\u2019est ce qui m\u2019a touchée dans le texte de Guillaume, cette impossibilité», confie Sophie Cadieux, qui en assure la mise en scène.La comédienne ajoute que cette recherche de soi n\u2019a rien de misérable: «C\u2019est ce qui lui donne un sens.» Elle y voit une lutte, une poursuite sans fin : «Même si, durant un instant, on est momentanément satinait d\u2019être soi-même, on va toujours persister à vouloir être quelqu\u2019un d\u2019autre.» «C\u2019est pendant cette quêtedà que le personnage existe le plus, qu\u2019il est vraiment vibrant et humain, renchérit l\u2019auteur.C\u2019est cette quête-là qui le fait vivre.» Pour Cadieux, ce texte intime évoque aussi la nostalgie qui accompagne le vieillissement, alors qu\u2019on ne revit jamais les choses avec l\u2019in- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Guillaume Corbeil et Sophie Cadieux, respectivement auteur et metteure en scène de Tu iras la chercher.tensité des débuts.«À 36 ans, je suis obsédée par le deuil des premières fois.Après un premier grand voyage en Europe, par exemple, on a l\u2019impression de se souvenir de tous les moments, le temps est vraiment élastique.Mais plus je vieillis, plus il se condense.Et les villes et les impressions se confondent.» Le texte rend sensible le décalage existant entre soi et le monde.A travers son périple, la protagoniste décrit ainsi ce qu\u2019elle voit et ses interactions sociales comme si une «épaisse vitre» l\u2019en séparait.Comme si elle était en dehors du monde.Avec une narration à la seconde personne, la pièce positionne également le spectateur «à la fois à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur du récit».«Le \u201ctu\u201d met à distance le spectateur.Mais parce que c\u2019est la voix de l\u2019actrice qui le dit, on entend \u201cje\u201d» explique Sophie Cadieux.«J\u2019ai aimé l\u2019idée du tutoiement parce qu\u2019il mettait le spectateur lui-même en position de poursuite, et dans cette sensation de ne pas être à la bonne place», ajoute l\u2019auteur de Tu iras la chercher.Constante métamorphose Pour Sophie Cadieux, la «mise en danger» que représente cette première mise en scène est l\u2019aboutissement d\u2019une fructueuse résidence à l\u2019Espace Go qui lui a permis d\u2019expérimenter et de grandir comme artiste.«J\u2019ai l\u2019impression que je suis arrivée ici une fille et que j\u2019en sors une femme.» Elle jugeait essentiel de développer un projet à long terme durant ces trois années, et le texte «dense, d\u2019une maturité incroyable», de Guillaume Corbeil lui fournissait un matériau inépuisable.Comme lectrice privilégiée, elle a collaboré à la gestation de cette pièce qui a connu pas moins de 25 (!) versions.Un temps précieux dont disposent rarement les créateurs, note l\u2019auteur.Sophie Cadieux faisait aussi partie des quatre comédiennes qui font interprétée à tour de rôle lors d\u2019une première séance de lecture publique à Go en 2012, une exploration qui fut ensuite reprise au Eestival international de la littérature.Une expérience éclairante : cette quête identitaire prenait un sens différent selon l\u2019actrice qui se l\u2019appropriait, le public croyant même avoir vu quatre récits divergents.Cette fois, c\u2019est Marie-Erance Lambert, une interprète qui impressionne énormément sa collègue, «un roc, mais fragile», qui met en mots le soliloque.Un texte que la metteure en scène veut éclairer avec «le plus grand dénuement» possible.«Pour moi, c\u2019était très important de ne pas essayer de faire du monologue quelque chose de quotidien.C\u2019est performatif, en quelque sorte.Les mots sont le décor, la pulsion, quasiment la musique du spectacle.Il me faut créer un espace le plus neutre possible pour vraiment pénétrer à l\u2019intérieur de ce récit.Et je souhaite que le spectateur, sans oublier qu\u2019il voit un personnage féminin naître devant lui, en vienne à un moment donné à ne plus voir Marie-Erance et fasse le passage où il entend \u201cje\u201d au lieu de \u201ctu\u201d.» Tu iras la chercher convie le spectateur à un voyage identitaire dont il devient, selon l\u2019analogie des créateurs, « à la fois le guide et le touriste».Collaboratrice Le Devoir TU IRAS LA CHERCHER Texte: Guillaume Corbeil.Mise en scène: Sophie Cadieux.Avec Marie-France Lambert.Du 11 au 22 mars, à l\u2019Espace Go.MOTS Une comète SUITE DE LA PAGE E 1 Pour incarner qne galerie de personnages hauts en couleur, Eric Jean a fait appel à Simon Lacroix (Mathieu), Jean-Philippe Perras (Stanislas), Dominique Pétin (Martine, la mère de Vickie), Etienne Laforge (Antoine, le frère de Vickie), Hubert Lemire (Mikka), Julianne Des-rosiers-Lavoie (Catherine) et Marilyn Caston-guay (Anna).«Ces personnages sont autant de représentations de Vickie, autant de déclinaisons, autant de facettes de sa personnalité, explique Jade-Ma-riuka Robitaille.On ne se le cachera pas:Jl y a un certain chaos qui règne dans tout ça.A mon avis, cette imperfection, c\u2019est ce qui fait le charme du bouquin, sa magie.Il y a des moments qui sont fabuleux et d\u2019autres qui sont confus, mais le livre est traversé par un immense vertige, porté par une impulsion qui le rend terriblement beau, vrai et touchant.» Collaborateur Le Devoir TESTAMENT Texte: Vickie Gendreau.Adaptation: Eric Jean, avec la collaboration de Sébastien David.Mise en scène: Eric Jean.Au Théâtre de Quat\u2019Sous du 10 au 30 mars 2014.PERFORMANCE THEATRALE Texte collectif avec la collaboration de J-F Nadeau Mise en scène et conception de Catherine Bourgeois Avec Anthony Dolbec, Michael Nimbley et Jacqueline van de Geer DU II AU 29 MARS 2014 MARDI AU VENDREDI 20H / SAMEDI I6H AUX^ECURIES 7285, rue Chabot, Montréal ® Fabre 514 328-7437 auxecuries.com V T Dan eGitH la traça des créateurs Emmanuelle Calvé Traces-Hors-Sentiers _\t> Danse et marionnettes < Textes et narration sur scène Richard Desjardins / Musique Jorane Direction artistique et chorégraphie Emmanuelle Calvé Interprètes Jean-François Blanchard, Emmanuelle Calvé et Jody Hegel / Collaborateurs Richard Lacroix, Jean Cummings, Martine Beaulne et Karine Gauthier CONSERVATOIRE «reo HENRI-JUUEN ' MONTRÉAL 5 ET 6 MARS À 20 H//7 MARS À19 H 8 MARSÀ 20 H //12 MARSÀ14 H 13AU15MARSÀ20H LE DEVOIR iviaî Théâtre Rouge du Conservatoire 4750, avenue Henri-Julien ^ Laurier ou Mont-Royal Billetterie du Conservatoire 514.873.4031 poste 313 Billetterie Articulée 514.844.2172 / danse-cite.org \\ Dans le paysage littéraire québécois, Vickie Gendreau aura été une comète, un astre qui brille de mille feux, un corps qui court à son inévitable fin dans un habit de vive lumière.Au moment où on se parle, presque un an après sa disparition, son éclat n\u2019a pas faibli.Son engagement envers les mots, envers la langue, envers l\u2019écriture, tout cela est encore bien vivant.Mathieu Arsenault, l\u2019auteur Û\u2019Album de finissants et de Vu d\u2019ici, celui-là même qui a servi d\u2019inspiration à l\u2019un des personnages de Testament, confirme la conviction de celle qui fut sa grande amie : « Vickie m\u2019a plusieurs fois écrit durant sa maladie que la littérature, c\u2019était tout ce qu\u2019il y avait pour elle.Elle s\u2019y est consacrée totalement, trouvant sa grâce et sa joie dans cette complète liberté qu\u2019elle a gagnée petit à petit au prix d\u2019un travail immense commencé plusieurs années auparavant.Je n\u2019oserais pas me per- mettre de résumer son œuvre en une phrase, mais si je l\u2019avais devant moi et lui lançais que la vie, c\u2019est une fucking bitch, mais qu\u2019elle vaut la peine d\u2019être écrite, elle éclaterait sùr,ement de rire.» Selon Eric de Larochellière, le directeur du Quartanier, la maison qui a publié Testament et qui publiera bientôt Drama Queens, le deuxième roman de Vickie Gendreau, le legs de l\u2019auteure, «c\u2019est dans l\u2019écriture qu\u2019on le trouve, dans la tension entre fabulation et vérité, dans la langue qu\u2019elle s\u2019est forgée, infiniment vive, pour jouer le jeu de la fiction au plus près de ce qui lui arrivait de cruel et d\u2019insoutenable.Plus qu\u2019une voix, c\u2019est la force d\u2019une présence entière que transmettent, presque physiquement, ses livres.C\u2019est en cela que ses deux romans appellent la scène.Ils demandent à s\u2019incarner et exigent la parole et la prennent».l'Intellectuel EST UNE MENACE, UN HYPOCRITE ET UN PRÉTENTIEUX.As is (Tel quel Texte et mise en scène de Simon Boudreault Une création du THÉÂTRE D'AU JOURD'HUi et de SiMONlAQUES THÉÂTRE Interprétation Jean-François Pronovost, Denis Bernard, Geneviève Aiarie, Féiix Beauiieu-Duchesneau, Patrice Béianger, Marie Michaud, Catherine Ruei, Michei F.Côté, Ciaude Fradette et Phiiippe Lauzier Collaborateurs Judith Saint-Pierre, Richard Lacroix, Suzanne Harel, Michel F.Côté, Frédéric Martin, Loïc Lacroix Hoy, Florence Cornet, Louis Héon et Jean-Marc Dalpé 20W Théâtre d'Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis Montréal (Québec) 514 282-3900 Une présentotion ¦ theatredaujourdhui.qc.ca/ASIS DQlGroiipefiiuiiimer Boll QJ^'oSébee LE DEVOIR \"\"OuébecSS LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 MARS 2014 E 5 CULTURE>MEDIAS OÙ sont les femmes ?Littérature, sexisme et médias STEPHANE BAILLARGEON Les comptes ne sont pas très bons.Ùorganisme américain VIDA («Women in Literary Arts») suit à la trace le sexe des auteurs dans les médias littéraires anglophones.Les données de 2013 {vida-web.org) viennent tout juste de paraître.Elles documentent encore les recensions d\u2019auteures: tant les livres écrits par des femmes que les commentaires critiques signés par elles.Les critiquées et les critiques, quoi.Et alors ?The New Republic, une publication américaine de centre gauche fondée il y a un siècle, n\u2019a compté que quatre femmes sur ses 59 auteurs publiés en 2013.On répète: quatre.Le Harper\u2019s Magazine comptait 25 signataires féminines Tan dernier par rapport à 82 masculins.Les recensions portaient sur 14 livres de femmes sur les 89 traités.Il y a mieux, beaucoup mieux.The Paris Review of Book atteint une franche parité en 2013 après une année 2012 comptant 20% de signatures féminines.The New York Times Book Review présente aussi un quasi-équilibre aux signatures, avec 725 femmes et 894 hommes recensés parmi les collabora-teurs de l\u2019année dernière.La Canadian Women in the Literary Arts (CWILA) commence sa troisième compilation annuelle de critiques de livres par genre.Le but est ôi\u2019« amorcer une discussion approfondie parmi les maisons d\u2019édition, les critiques de livres, les écrivains et les lecteurs par rapport à la représentation des femmes dans la culture littéraire canadienne», selon la lettre d\u2019introduction envoyée aux journaux et aux magazines au début du mois par la directrice de l\u2019organisme.Les données de 2012 révèlent des «discriminations obstinées», selon le rapport diffusé en ligne {cwila.com).Le nombre des auteures de critiques oscille entre 21 et 40% dans une dizaine de publications recensées, dont le Globe & Mail.Ce déséquilibre fait aussi que plus de deux fois sur trois les hommes jugent des livres écrits par des hommes.Et ici au Québec?Il n\u2019y a pas de recension récente des Au Québec, le poids médiatique des femmes en littérature tourne autour de 30% recensions.La professeure de l\u2019Université de Sherbrooke Isabelle Boisclair a pris la photo il y a une dizaine d\u2019années.En gros, la situation ressemblait à celle observée encore un peu partout, avec un tiers de faveur aux auteurs critiqués ou critiques.En tout cas, ce week-end, en ce jour du 8 mars.Journée internationale des femmes, personne ne pourra accuser le cahier Livres du Devoir de misogynie rampante.«Dans les proportions que nous avons, à peu près à 70/30 en faveur des hommes, il faut en plus considérer l\u2019effet d\u2019un mois dans l\u2019année où il y a plus d\u2019efforts favorables aux femmes, le mois de mars, commente la professeure Boisclair.Il y a donc un effet 8 mars, en plus.Tous les médias et beaucoup de revues littéraires veulent alors souligner la Journée internationale des femmes, ce qui fait un peu augmenter la proportion annuelle des femmes couvertes.» Elle n\u2019est pas pour autant critique de cette retombée tout en souhaitant que les médias soient conscients de la discrimination assez généralisée le reste de l\u2019année.Isabelle Boisclair est spécialiste des théories féministes, de l\u2019écriture des femmes et de l\u2019édition québécoise.Elle étudie maintenant les rapports entre les genres et la littérature, encore et toujours révélatrice de son temps.«La discrimination n\u2019est pas spécifique au monde littéraire, souligne-t-elle.C\u2019est le lot de notre monde.Notre univers mental est encore très endo-centré.Mais ça change, heureusement.» Euguélionne Ça change depuis une cinquantaine d\u2019années.Dans sa thèse de doctorat portant sur «le processus du sous-champ littéraire féministe au Québec entre 1960 et 1990» (c\u2019était son sous-titre), la professeure Boisclair a établi deux dates clés pour l\u2019augmentation de la proportion des écrivaines: d\u2019abord avec le début de la Révolution tranquille, alors que les femmes plus scolarisées investissaient ce champ intellectuel; puis en 1975, avec l\u2019Année internationale de la femme décrétée par l\u2019ONU, ISiiS [\u201cï\"] DU 11 AU 29 2014 TEXTE Dany Boudreault et Maxime Carbonneau MISE EN SCÈNE Maxime Carbonneau INTERPRÉTATION Martin Faucher, Annette Garant, Rachel Graton, Raphaëlle Lalande, Julien Lemire et Louise Turcot ÉQUIPE Jérémie Battaglia, Erwann Bernard, Jérémie Boucher, Mélanie Demers, Éric Forget, Stéphane Latleur, Marika Lhoumeau, Cédric Lord et Julie-Anne Parenteau-Comfort SALLE JEAN-CLAUDE-GERMAIN THÉÂTRE D\u2019 \u2019HUI 3900, rue Saint-Denis Métro Sherbrooke 514282-3900 theatredaujourdhul.qc.ca 20lt MUSEE D\u2019ART CONTEMPORAIN DES LAURENTIDES Lettre d\u2019amour, André Fournelle, 1998.L\u2019œuvre a été présentée au Musée d\u2019art contemporain des Laurentides.qui a accentué la prise de parole et la prise de conscience des femmes.«Entre 1974 et 1979, on observe un séisme dans la production littéraire québécoise, avec la publication des grands titres féministes et la création des maisons d\u2019édition féministes Pleine lune et Remue ménage.On dit souvent ^MEugudlionne de Louky Bersianik, paru en 1976, est le premier roman québécois féministe.Je corrige: c\u2019est le premier roman féministe vendu comme tel.Après, les éditeurs traditionnels ont fleuré le filon, fondé des collections.» Et depuis?Depuis rien, observe sèchement la spécialiste.En ce sens qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019au-tres moments charnières, même si la transformation plus ou moins lente se poursuit.«On peut déterminer un début et une progression.Par contre, on ne voit pas l\u2019équilibre.Moi qui suis obsédée par les comptes, fai vraiment hâte d\u2019arrêter de compter.Il y a quelques semaines, encore, dans Le Devoir, fai noté deux femmes sur dix-huit hommes dans le cahier Livres.» Une conscience de genre Reste alors la question de fond : pourquoi est-ce si important d\u2019avoir des signatures de femmes dans les recensions lit-téraires?Pourquoi faut-il souhaiter cette parité homme/femme?«Parce que ce serait le signe qu\u2019il n\u2019y aurait plus de billet mental, dit la professeure.On peut défendre l\u2019idée que les femmes ont un point de vue différent sur le monde sans tomber dans l\u2019essentialisme.Qui dit vision dit point de vue.Qui dit point de vue dit position.Les hommes et les femmes n\u2019occupent pas la même position et ne peuvent pas voir la même chose.Notre position est sexuée, et d\u2019ailleurs les femmes sont sans cesse ramenées à leur sexe.» Elle cite alors le sociologue allemand Georg Simmel: il appartient aux privilèges du maître de ne pas se penser comme maître et à l\u2019esclave de ne jamais oublier son statut.«L\u2019homme, tel qu\u2019il est formé dans notre espace culturel, peut oublier sa position dominante, commente la professeure.Les femmes ne peuvent jamais oublier qu\u2019elles sont des femmes.» Cette perspective débouche sur le concept de «conscience de genre», tel que formulé par l\u2019intellectuelle française Eleni Varikas.Cette conscience peut en regrouper une autre liée aux strates sociales.Après tout, quand on prive les femmes d\u2019un accès à la médiatisation littéraire, on les prive aussi de ressources sonnantes et de capital symbolique.« Une maison d\u2019édition, c\u2019est une ressource.Une imprimerie et une librairie aussi.Ces ressources sont au service des hommes.Les hommes en profitent beaucoup plus que les femmes.» La conscience de genre joue des deux bords de la ligne de discrimination.Le professeur et journaliste ontarien David Gilmour a créé toute une controverse il y a quelques mois, à la rentrée universitaire de septembre, en annonçant qu\u2019il ne s\u2019intéresse pas aux livres écrits par des femmes et que, pour cette même raison, il ne les enseigne pas.Seule Virginia Woolf trouve grâce à ses yeux.Il n\u2019a pas non plus mentionné Alice Munro, première Canadienne (ou Canadien.) lauréate du prix Nobel de littérature.«A la limite, si je voulais faire de l\u2019ironie, je dirais que David Gilmour a au moins le mérite de l\u2019avoir dit, conclut M'\u201d® Boisclair.Les corpus sont encore majoritairement masculins dans les cours.Quelle que soit la problématique, on introduit peu, ou pas, la conscience de genre.Les éditeurs ou les directeurs de revue littéraire n\u2019ont pas non plus intégré cette conscience.L\u2019idée même que l\u2019on se fait de la littérature est endocentrée.On est dans l\u2019inconscient.Oui, évidemment, au bout du compte, on cherche un bon texte littéraire.Mais il faut voir comment tout ça se construit.» Le Devoir Jean-Sébastien Lourdais Fabrication Danse MILIEU DE NULLE PART 19, 20, 21 mars 20 h « Jean-Sebastien Lourdais trace une trajectoire a part, totalement atypique dans le paysage chorégraphique montréalais » ~ Frédérique Doyon, Le Devoir CHOREGRAPHE Jean-Sébastien Lourdais avec la collaboration des artistes-interprètes ARTISTES-INTERPRÈTES Sophie Corriveau, Frédéric Gagnon Caroline Gravel, Catherine Lalonde, Linda Rabbin, Anne Thériault ASSISTANTE À LA CRÉATION Sophie Michaud MUSIQUE Ludovic Gayer ÉCLAIRAGES Jean Jauvin UNE COPRODUCTION DE L\u2019AGORA DE LA DANSE AGORA DE LA DANSE BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL WWW.AGORADANSE.COM FREDERIC GAGNON / PHOTO GEORGES DUTIL USINE O 514 521-4493 MAYDAY REMIX AS MELANIE DEMER EN COLLABORATION AVEC __________ OLIVIER CHOINIÈRE, XAVIER CURNILLON LES FERMIÈRES OBSÉDÉES, CATHERINE GAUDET, CATHERINE LEROUX, POIRIER & CATHERINE VIDAL ET LES INTERPRÈTES ANGIE CHENG, FRANCIS DUCHARME, CAROLINE GRAVEL, BRIANNA LOMBARDO, CHI LONG, NICOLAS PATRY, JACQUES POULIN-DENIS & MÉLANIE DEMERS EVENEMENT Alii Québec E CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL ¦AB Patrimoine Canadan\tA con^iiteArti c»uk1i B~B canadien Hertage\tduOnada fgrtha raOtW\tLE DEVOIR québei BECPB-.VENDREDt LE 14JVlARS ^ *- -& VENDREDI LE 25 AVRIL SOUPER CONCERT 18hS0 iHiH 5723 AV.DU PARC 13 AVRIL SOUPER DINNER 18H SPECTACLE SHOW 20H Pdssion EËes ïaii0 L^lamour\t^ TANGO ^ 5,\t, ,>fc '4 \u2022UILONG -TANGO NIALTO' SUIVRA' MAY 4 MAI 20H30 \\\\ I:30pm THEATRERIALTO.CA alien c FOREVER featunng/avec lOhBùrBtBÜ 2014 9 MAI SOUPER 18h30/// 6:30pm DINNER SPECTACLE 20h30 III 8:30pm SHOW (514) 770-7773 51 E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 MARS 2014 CULTURE>MÜ81QUE CLASSIQUE L\u2019OSM, ambassadeur culturel CHRISTOPHE HUSS Ly Orchestre symphonique de f Montréal entame cette fin de semaine sa quatrième grande tournée internationale de fère Kent Nagano.Suisse, Autriche, Espagne et Allemagne sont au programme avec onze concerts, du 11 au 25 mars.Au même moment paraît, en CD, l\u2019avant-dernier volume d\u2019une intégrale des symphonies de Beethoven.L\u2019OSM s\u2019exporte, sous toutes les formes et d\u2019une manière radicalement renouvelée.C\u2019est à Zurich, mardi soir, que débutera le périple européen de rOSM.Cette tournée comportera deux haltes importantes, Vienne et Madrid, capitales dans lesquelles l\u2019orchestre se produira deux fois.Villes, aussi, qui ont acheté un programme que l\u2019on n\u2019aurait pas associé à Î\u2019OSM il n\u2019y a ne serait-ce que cinq ans : la 7® Symphonie de Mahler.Le concert de Vienne sera retransmis en direct le lundi 17 mars à 14h30 sur le portail Internet Medici.tv.Kent Nagano n\u2019est certes pas un dionysiaque spectaculairement épidermique à chaque concert mais, sur le fond, il a élargi le champ d\u2019activités et d\u2019expertise internationalement reconnue de l\u2019OSM.La tournée, projet spécial Le rayonnement à l\u2019étranger ne se fait pas au détriment de l\u2019offre de concerts ici.Madeleine Careau, la directrice PIERRE ETIENNE BERGERON L\u2019Orchestre symphonique de Montréal amorce cette fin de semaine sa tournée européenne.de rOSM, interrogée par Le Devoir, indique que le conseil d\u2019administration de l\u2019orchestre a décidé que les projets spéciaux devraient s\u2019autofinancer : «Aucun revenu d\u2019exploitation, aucune subvention, aucune commandite ou aucun don de la saison régulière ne doit servir aux projets spéciaux \u2014 tournées, enregistrements.Virée classique.» La tournée européenne, en chantier depuis deux ans et demi, représente un «budget de 2 millions de dollars», équilibré par «900000$ de cachets, un apport de 600000$ de la Fondation de l\u2019OSM et 550000 $ en \\ Hydro L Québec Série Pierre l^clland MusiS Lundi il mars 2C14 T etziaff au vicicn et Lars \\\u20acQt au piauc Mozart \u2022 Eartck \u2022 Meberu \u2022 Deethoveu Maison symphonique de Montréal A Æ Pro Renseignements MuSlCa 514-845-0532 Billets 65$, 55$, 35$ taxes et frais en sus \\ laplacedesarts.com ¦f 514 842 2112 /1866 842 2112 Duébecnn La Scena Munira e dons et commandites spécifiques pour la tournée.» Les commanditaires sont des compagnies canadiennes et québécoises qui font des affaires dans les pays visités.Air Canada, par exemple, ou l\u2019entreprise de placements immobiliers Ivanhoé Cambridge.Les entreprises peuvent intégrer les concerts à des soirées pour leur clientèle privilégiée.«En 2013, pour la tournée en Amérique du Sud, nous avons eu des compagnies minières, ou Saputo, le plus important fournisseur de lait en Argentine.Ces compagnies profitent de l\u2019OSM comme d\u2019un véhicule avec une langue universelle», dit Madeleine Careau.Pour l\u2019instant, les commanditaires n\u2019ont pas encore influé sur les trajets des tournées.«Si cela arrivait, on y réfléchirait sérieusement.tant que personne ne cherche à influencer le contenu artistique», tranche la directrice de l\u2019orchestre.Piliers et nouveautés Pour ce périple, l\u2019OSM a concocté trois programmes: l\u2019un avec le bipôle 2^ Concerto de Liszt et la Symphonie fantastique de Berlioz; l\u2019autre avec le Tombeau de Couperin de Ravel, Pe-trouchka de Stravinski et snagS & Snarls d\u2019Unsuk Chin, la 7® de Mahler complétant les concerts proposés aux organisateurs.Au final, la répartition est équilibrée avec un peu plus de Symphonie fantastique, œuvre emblématique, déjà proposée aux Japonais en 2008 et aux Européens en 2009.Dans le marché très difficile de la tournée, la présence de l\u2019OSM est tout à fait remarquable.Europe (2009, 2014), Asie (2008), Amérique du Sud (2013), plus deux tournées au Canada (2007 et 2010), pays qui, sous Charles Dutoit, n\u2019avait pas revu rOSM depuis 1991 ! S\u2019ajoutent à cela des concerts ponc- tuels donnés à Paris, à New York, à Edimbourg, à Cervan-tino et, chez nous, au Nunavuk.Dans le répertoire présenté, Kent Nagano a préservé le répertoire franco-russe cher à Charles Dutoit, enrichi en ajoutant, avant la T Symphonie de Mahler, la Symphonie alpestre de Strauss, le Chant de la terre de Mahler, la 4® Symphonie de Brahms et les Symphonie 6 et 7 de Beeüioven.Nouveau disque La 7® Symphonie de Beethoven est justement au programme du dernier CD de rOSM, paru cette semaine.Publiés sur étiquette Analekta (AN 2 9887) au Canada, ces disques atteignent les mélomanes de la planète ornés du logo Sony Classical, dont la dernière intégrale Beethoven en date est celle, alambiquée et pompeuse, de Christian Thielemann et le Philharmonique de Vienne, que Nagano et l\u2019OSM surpassent aisément par leur dynamisme, la logique interne, leur découpe au scalpel et le sens de la pulsation.Meilleur CD d\u2019une intégrale qui attend désormais les Symphonies 2 et 4, enregistrées récemment, le couplage des Symphonies i et 7 nous épargne la trituration conceptuelle pour happy few qui polluait les parutions des Symphonies 3, 5 et 6.Il ne subsiste ici plus qu\u2019un titre pompeux et inutile, «Départ-Utopie», sans incidence sur le contenu.Après ces échappées mahlé-riennes et beethovéniennes, Kent Nagano va repositionner dès la saison prochaine l\u2019OSM dans le répertoire français et les œuvres rares sans concurrence discographique, telle L\u2019aiglon d\u2019Arthur Honegger et Jacques Ibert.Le Devoir DE VISU La grande évasion BYTE BY BYTE Thomas Bégin CADRER LA EUMEE Nicolas Lachance Fonderie Darling, 745, rue Ottawa, jusqu\u2019au 20 avril.JÉRÔME DELGADO \\ A la fois installation et orchestre, pièce lumineuse et sonore, chaotique et sereine, œuvre robotique et archaïque, programmée, mais imprévisible, répétitive, jamais la même.La chose s\u2019appelle Byte by Byte et se décline en huit stations hybrides, composées «{6L\u2019]équipement de musique récupéré» et de tubes fluorescents, achetés à la quincaillerie du coin.L\u2019ambivalent spectacle qui en découle, parce que c\u2019en est vraiment un, se déroule à la Eonderie Darling et porte la signature de Thomas Bégin.Le titre l\u2019indique : un ordina-teur déclenche, byte après byte, une série d\u2019ondes sonores et de pulsations lumineuses.Cette musique numérique, plus proche du band que de l\u2019orchestre, est aussi à voir.Les néons qui scintillent au rythme des battements et des bruissements sont comme les faciès expressifs de musiciens sur scène.Le plaisir pour le visiteur est double, d\u2019autant plus qu\u2019il peut se déplacer entre chaque «interprète», l\u2019observer de près, le dévisager sans gêne.Voici une de ces expositions qui arrivent à s\u2019imprégner avec splendeur de l\u2019immense salle de la Eonderie Darling.Non seulement l\u2019artiste réussit à se l\u2019approprier sans la transformer, mais il fait résonner, dans son outillage mi-industriel mi-artisanal, l\u2019esprit des lieux.Comme la Eonderie Darling, l\u2019œuvre Byte by Byte jongle avec la vocation de sauvegarde d\u2019un patrimoine donné.comme il verse dans les principes de recyclage propres à la création.Cavernes et évasions Actif depuis la fin des années 1990, Thomas Bégin est devenu un incontournable de la scène électro-acoustique, appuyé notamment par le festival Elektra, dès 2008.En 2013, il participait au Sight and Sound du centre Eastern Bloc et, cette année, en février, au Mois Multi de Québec.Le voici, une nouvelle fois, accompagné du commissaire Eric Mattson, spécialiste de l\u2019art sonore.Il est loin le temps où Bégin se fabriquait des cavernes à même les espaces de diffusion des centres d\u2019artistes qui l\u2019accueillaient \u2014 Skol, en 2002, Dare-Dare, en 2003.Pas si révolue pourtant cette époque où ses abris de fortune, en bois préfabriqué, se présentaient comme des univers isolés, difficile d\u2019accès.Thomas Bégin continue à inventer des lieux prompts à l\u2019évasion, à vivre volontiers en solitaire.Les machines de Byte by Byte offrent certes un concert pour un large public, mais la musique ne se vit-elle pas d\u2019abord entre les deux oreilles ?Ce n\u2019est pas pour rien si l\u2019installation intègre de petits hamacs.S\u2019y coucher, les yeux tournés vers le plafond noirci et usé de la Eonderie, sorte de miroir des boîtes de son posées au sol, pousse à une écoute plus attentive.On entre dans cet espace fictif, non sans rester connecté à l\u2019environnement réel.Comme à Skol et à Dare-Dare jadis : les abris possédaient leurs fenêtres avec vue sur le quartier.Byte by Byte possède toute la bricole propre à Thomas Bégin.Ingénieux patenteux à l\u2019ouïe fine, il fabrique ses modules VOIR PAGE E 7 : ÉVASION MAXIME BOISVERT Un détail de l\u2019installation sonore Byte by Byte de Thomas Bégin /r/e MéehACci Julie-Anne Derome - violon Gabriel Prynn - violoncelle Wonny Song - piano AMERIQUES Piazzolla, Villa-Lobos, Anthell, Ponce et Analia Llugdar Mardi, 11 MARS 2014 à 19 h 30 rSalie.Bourgie La Fondation Arte Musica présente ALEXANDRE DA COSTA & WONNYSONG Mercredi 12 mars \\ 19 h 30 BRAHMS Intégrale des sonates pour violon et piano y A la Chapelle historique du Bon-PasteuV Billets : 20 $ /15 $ / 10 $ Informations : (514) 664-3852 / www.triofibonacci.com s DAVID FRAY, PIANO Mercredi 16 avril\\ 19h30 De retour à Montreal, David Fray offre en recital un programme tout J.S.BACH Preludes et Fugues n°M à 10 du VAivreduClov/erb/en tempera Toccatas, BWV911 et 914 Partita n\u201c 2, BWV 826 LES VIOLONS DU ROY Vendredi 2 mai \\ 19 h 30 Samedi 3 mai\\ 19h30 Bernard Labadie, chef Kersten McCall, flûte solo de l\u2019Orchestre Royal du Concertgebouw Un brillant concert avec flûte ' MOZART Concerto pour flûte n° 1, K 313 BACH Suite pour flûte et orchestre, BWV 1067 HAYDN Symphonie n° 22, Hob 122 Québec HH Canada Council for the Arts LEIJVOIR Conseil des Arts du Canada SÔCAhJI tOUNDMIOM sallebourgie.cax 514-285-2000, option 4 SYMPHONIQUES BILLETS* PARTIR RE 30 S* TUES EN sus Xi ORCHESTRE \u2014 \u2022\u2022 MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN DS - 9 mais, U h 12moEs.l9h30 Québec B B\tM ^ l+l SSr 5I3S\" Montréal® lE DEVOIR laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 LE DEVOIR LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 MARS 2014 E 7 IDE VISU Un peuple sans mémoire WILLIAM NOTMAN Le capitaine Huyshe costumé, William Notman, 1870 BIENVENUE A L\u2019ATELIER Kent Monkman Musée McCord Jusqu\u2019au 1\u201c^ juin.NICOLAS MAVRIKAKIS L?artiste multidisciplinaire \u2019 d\u2019origine crie Kent Monkman continue à explorer et à relire notre histoire culturelle.Il s\u2019est souvent approprié d\u2019une façon très critique, d\u2019une manière tout à fait postcoloniale, la grande peinturç de paysage du XIX® siècle.A travers son personnage de Miss Chief Eagle Testickle, dans des vidéos, des tableaux, des performances, il a montré avec un humour grinçant la réaction effrayée des colonisateurs à la tradition amérindienne du berdache, personnage androgyne et travesti.Ces colonisateurs, dégoûtés par cet être hybride, voulurent en effacer toutes les traces.Ces jours-ci, invité en résidence au Musée McCord, Monkman a fouillé dans les archives de William Notman, Ecossais qui immigra à Montréal en 1856 et qui fut un des grands photographes du XIX® siècle.Nous pouvions nous attendre à ce qu\u2019il tente de dépoussiérer notre regard sur cet artiste.C\u2019est le cas.Notman eut une réputation internationale et bâtit une en- treprise qui avait des studios à Montréal, à Toronto, à Oftawa, à Halifax ainsi qu\u2019aux Etats-Unis.Photographe officiel de la reine Victoria, il a entre autres dressé le portrait de la société victorienne d\u2019ici.Voilà ce que l\u2019on dit.Monkman a décidé de faire une installation picturale et photographique qui met en scène quelques-unes des 400000 images que le Musée McCord possède de Notman.Il a réalisé un immense tableau inspiré par une toile célèbre.L\u2019atelier du peintre.Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique et morale de Gustave Courbet.Cela s\u2019intitule Bienvenue à l\u2019atelier: une allégorie de la réflexion artistique et de la transformation.Monkman n\u2019a pas dépeint Courbet (ou Notman) au cœur de cet atelier, mais plutôt lui-même.Dans une ingénieuse mise en abyme, il s\u2019est entouré de toutes les personnes l\u2019ayant inspiré dans les images de Notman, en insistant sur le fait que toute création est une forme d\u2019invention de soi et du monde, mais en soulignant aussi le côté kitsch, artificiel de cette époque.Personnages occiden- Kent Monkman relit les images de William Notman et nous fait réfléchir à notre histoire taux déguisés parfois en Amérindiens ou en Arabes pour des bals.Amérindiens costumés d\u2019une manière qui correspond plus à l\u2019imaginaire des Européens qu\u2019au leur, tous ces gens posent pour la caméra dans une mise en scène qui doit certes au travail du photographe, mais aussi et surtout à l\u2019image que cette époque voulait projeter d\u2019elle-même.Monkman a réalisé un tableau-collage de ces images qui pourrait sembler étrange, mais qui finalement est tout à fait dans l\u2019esprit du travail de Notman, qui était connu pour ses grandes,photos composites.A travers toute cette mise en scène, Monkman souligne comment les codes culturels, la représentation d\u2019un monde et d\u2019une époque, sont toujours de l\u2019ordre de la construction et de l\u2019invention.Développement urbain Le visiteur profitera de cette exposition pour réfléchir à la manière avec laquelle nous traitons notre patrimoine.Certes, les négatifs de Notman sont en sécurité au Musée McCord et sa maison rue Sherbrooke n\u2019est plus menacée.Mais elle le fut maintes fois, dont deux tout ré- cemment, en 2000 et en 2005.On voulait alors en faire un hôtel, puis l\u2019intégrer à une tour de condominiums.Cette résidence historique est finalement devenue la Maison du Web, qui sera, entre autres choses, «un incubateur pour des jeunes entreprises» dans ce domaine.Nous pouvons tout de même nous demander pourquoi on n\u2019y a pas implanté un Musée Notman.Et pourquoi on n\u2019a pas incorporé dans ce projet le Jardin Notman, qui est juste à l\u2019arrière.Cet espace, qui n\u2019est pas protégé, regroupe des arbres imposants, des chicots du Canada, espèce classée pour sa rareté en Ontario, mais pas au Québec.Selon une étude de la Ville de Montréal, ces arbres seraient parmi les plus vieux de la cité.Certains dateraient de l\u2019époque de Notman.Va-t-on les laisser être coupés pour y construire des condominiums ?Un mouvement citoyen pour la préservation du Jardin Notman souhaite y voir un parc public à vocation culturelle.La valeur patrimoniale de cet espace est présentement à l\u2019étude au ministère de la Culture.Il est à espérer qu\u2019il ne subira pas le même sort que la Maison Redpath ou celui du boisé Woodfield à Sillery.Serions-nous un peuple sans mémoire?Collaborateur Le Devoir MAXIME BOISVERT Byte by Byte, installation sonore, Thomas Bégin, 2014 ÉVASION SUITE DE LA PAGE E 6 avec grand soin.Chaque morceau semble être là pour une raison précise, de la guitare rafistolée à la cymbale placée sur la caisse de résonance, d\u2019une inusitée paroi vitrée au moindre fil électrique.Derrière cette attention pour le détail, il y a la variable du chaos.Elle est visible dans le rafistolage bien apparent de toute la structure.Elle se manifeste aussi avec plus de discrétion : les machines sont ac- tivées par divers fichiers, mis en branle à tour de rôle de manière aléatoire.Ordre et désordre se côtoient.Composition et improvisation aussi.La musique, minimaliste comme un bon Steve Reich, ne se répète jamais de la même façon.Performeur qui ose défier la technologie, Thomas Bégin aime bien s\u2019exécuter devant public, mais caché derrière son ordinateur.Le 3 avril, il donnera un concert «au cœur de sa propre cybernétique».Dans la petite salle, Caroline Andrieux, la directrice des lieux, présente la peinture d\u2019un occupant d\u2019une des résidences de la Eonderie, Nicolas La-chance.L\u2019exposition a l\u2019apparence d\u2019un laboratoire, dans lequel le jeune artiste explore dif férents codes picturaux.L\u2019ensemble donne l\u2019impression qu\u2019il n\u2019a pas encore trouvé sa voie, qu\u2019il est un énième peintre à se permettre de toucher à tout.La COLETTE GRÉCO-RIDDLE ŒUVRES RECENTES 6 - 30 mars Galerie Jean-Claude Bergeron 150 St-Patrick Ottawa ON Tél.613.562-7836 info@galeriejeanclaudebergeron.ca www.galeriejeanclaudebergeron.ca -GALERIE D\u2019ART- Stewart Hall \u2022ART GALLERY- 8 mars au 27 avril 2014 EN UN MOT.Velibor Bozovic - Kyla Mallett -Carol Wainio VERNISSAGE : Dimanche 9 mars, à 14 h Mercredi 12 mars, à 10 h CAUSERIE DÉMYSTIFIER UART Uart et le mot! avec Lon Dubinsky (en anglais) Entrée libre INFO:514 630-1254 www.ville.pointe-claire.qc.ca GALERIE BERNARD GILLES BOISVERT DIVAGUE L\u2019exposition se poursuit jusqu\u2019au 22 mars 2014 3926, rue Saint-Denis, Montréal 514 277 0770 \u2014 galeriebernard.ca 4 nouvelles expositions X \u2014 \u2014 O série Recollection,^ cependant, ouvre une brèche intéressante.Ces tableaux monochromes, posés au sol, semblent en transit, entre le leurre et une vérité cachée, entre le présent et un retour dans le passé.Collaborateur Le Devoir Musee national des beaux-arts du Québec Québec B B MNBAQ .ORG Partenaire des activités GC Hydro K Québec Delta QUÉBEC Les expositions Quatre figures de l'art moderne au Québec ont bénéficié d\u2019une contribution financière du ministère de la Culture et des Communications - Jean Paul Lemieux, Les Ursulines (détail), 1951.Huile sur toile, 61 x76 cm.Coll.MNBAQ, achat lors du concours artistique de la province de Québec en 1951 \u2022 Jean Paul Lemieux, 1979.Photo: Jean-Marie Villeneuve \u2022 Alfred Pellan, Citrons ultra-violets (détail), 1947.Huile, feuille d\u2019or et peinture fluorescente sur toile, 208 x 167,3 cm.Coll.MNBAQ.© Succession Alfred Pellan / SODRAC (2014) \u2022 Alfred Pellan, 1968.Photo: André Le Coz \u2022 Fernand Leduc, Jaune (détail), 1962.Huile sur toile, 162,4 x 129,8 cm.Promesse de don de l\u2019artiste.© Fernand Leduc / SODRAC (2014) \u2022 Fernand Leduc, 1987.Photo: Richard-Max Tremblay \u2022 Jean-Paul Riopelle, Poussière de soleil(détaW), 1954.Huile sur toile, 245,2 x 345,3 cm.Coll.MNBAQ.© Succession Jean-Paul Riopelle / SODRAC (2014) \u2022 Jean-Paul Riopelle, 1978.Photo: Basil Zarov E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 9 MARS 2014 CULTURE>CINEMA A2 FILMS Des larmes, du sirop et un accordéon MARINA (EN CALABRAIS ET EN FLAMAND AVEC S.-T.F.) Réalisation: Stijn Coninx.Scénario: Rik D\u2019Hiet.Avec Cristian Campagna, Matteo Simoni, Luigi Lo Cascio, Donatella Fi-nocchiaro, Evelien Bosmans.Image: Lou Berghmans.Montage: Philippe Ravoet.Musique: Michelino Bisceglia.Belgique, 2013, 102 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE En 1948, en Calabre, une région montagneuse de l\u2019Italie, Salvatore Granatta s\u2019apprête à quitter sa famille afin d\u2019^aller faire fortune en Belgique.A son retour, il compte ouvrir une forge où son fils Rocco lui succé dera.Ce sera son legs et sa fierté.Mais Salvatore ne rentrera jamais chez lui.C\u2019est plutôt sa famille qui ira le rejoindre dans la ville industrielle de Wa-terschei où il est mineur.Après la chaleur et le soleil, le froid et la grisaille.Et la misère, et le racisme.1958.Refusant de subsister en creusant des trous au fond d\u2019un abîme charbonneux, Rocco nourrit des velléités artistiques avec sa vok et son accordéon, au grand dam de son père.Chanteur populaire Les nostalgiques et leurs parents se souviennent sûrement de Rocco Granatta, dont le plus grand succès, la chanson Marina, l\u2019amena à se produire au Carnegie Hall de New York en 1959.Une vie comme un feuilleton que la sienne, du moins dans la version (très) romancée que propose Stijn Coninx, qui a déjà donné dans la biographie musicale avec Sœur Sourire, sur le destin de la nonne défroquée du même nom, et qui connut la gloire grâce à la chanson Dominique, puis la déchéance, comme il se doit.Produit avec l\u2019accord du sujet, toujours actif à 76 ans, ce plus récent opus du réalisateur belge ressemble à un condensé de minisérie dont les épisodes auraient été pressés les uns contre les autres, avec éruptions dramatiques désordonnées à la clé.Et roule le magma lacrymal, et dégouline le sirop.Attention: collant.Le conflit avec le paternel brisé mais orgueilleux, la complicité de la mère et de la sœur, compréhensives, et l\u2019amour impossible avec une belle blonde flamande constituent les principaux enjeux dramatiques autour desquels s\u2019articule le récit picaresque qui, d\u2019excès mélodramatiques en redites, engendre plus d\u2019ennui qu\u2019autre chose.A cet égard, l\u2019interprétation ne rehausse guère le niveau d\u2019intérêt de cet agrégat narratif informe.Quant à la mise en scène de Coninx, disons simplement qu\u2019il ne reste qu\u2019à souhaiter que d\u2019être allé filmer dans une mine ne lui a pas donné l\u2019envie d\u2019adapter Germinal.Le Devoir La pin-up au pinacle Tout ce que vous avez toujours voulu voir et savoir sur Bettie Page BETTIE PAGE REVEALS ALL Réalisation : Mark Mori.Scénario: Douglas Miller.Image: Grant Barbeito, Angel Barroeta, Douglas Miller, Jay Miracle.Montage : Julie Chabot, Douglas Miller, Jay Miracle.États-Unis, 2012, 101 min.ANDRÉ LAVOIE expression «the girl next ' door» prend tout son sens lorsqu\u2019il est question de Bettie Page.Avant d\u2019être une icône de la culture populaire américaine, cette jeune femme pimpante et rayonnante, originaire du Tennessee, a offert sans effort et sans scrupule son sourire craquant et ses formes voluptueuses à de nombreux photographes; elle est vite devenue la pin-up la plus célèbre des années 1950.Ce statut, toujours incontesté, a longtemps camouflé une existence misérable, bien loin des plages magnifiques où elle exhibait des bikinis sortis tout droit de son imagination fertile.Admirateur inconditionnel de celle qui n\u2019avait aucun complexe à se dénuder complètement devant une caméra à une époque où le puritanisme était un programme politique, le documentariste Mark Mori a longtemps suivi à la trace celle qui a inspiré graphistes, bédéistes et mannequins.Dans Bettie Page Reveals AU, a BETTŸ MUSIC BOX FILMS Bettie Page est devenue la pin-up la plus célèbre des années 1950.la belle déballe son histoire, parlant sur le même ton un peu monotone des abus physiques de son père, de l\u2019humiliation d\u2019un viol collectif à New York ou de ses nombreuses incursions dans les mouvements évangéliques.Pétard Tous ces épisodes, souvent sombres, certains lumineux.sont illustrés grâce à une multitude d\u2019images d\u2019archives, de films de fiction libres de droits et surtout de photographies où Page multiplie les moues sensuelles et les positions provocantes.Ce catalogue imposant devenait nécessaire pour une seule raison : au soir de sa vie, Bettie Page refusait de se montrer à l\u2019écran.Quelques années avant sa mort en 2008, elle a bien voulu jouer le jeu des confidences, mais pas question de révéler ses rides et autres ravages du temps.Le recours à un montage frénétique, et illustratif, compense donc cette absence, comblée aussi par les témoignages vibrants d\u2019amants d\u2019autrefois et d\u2019admirateurs d\u2019aujourd\u2019hui, dont ceux qui l\u2019ont remise au goût du jour tout en l\u2019extirpant de la misère.Bettie Page possédait-elle un véritable talent de comédienne ou fut-elle une artiste au talent modeste, peu ou mal exploité ?Elle sait reconnaître les limites de ses dons, saisir les bonnes occasions, et surtout se soucie comme de son dernier soutien-gorge des jugements lapidaires des bien-pensants.Sa candeur fut son meilleur atout, ou en quelque sorte son arme de séduction massive.Les années lui ont donné raison: cette bombe sexuelle ne fut pas un pétard mouillé.Collaborateur Le Devoir Les mystères de la nuit Hydro .Québec MusiS Sérié Dcminica Dimanche 3 mars 2\u20ac14.14h 4C Valérie Aiilct a la harm Davel« Smetana Debussy, Tournier SALLE BOURGIE MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTREAL 1380 Sherbrooke Ouest 514-285-2000 Billets : 30$; 35$ (taxes et frais en sus , jr Pfo Renseignements JVLuSlCa 514-845-0532 + 22 I^ÀAS AQUARIUS UN|EXPEIUEN\u2019CE | «OP® ÏKTIBACÏWÉ INTERCULTÙRELS r 514 982-3386 Montai L\u2019ANGE GARDIEN Réalisation et scénario : Jean-Sébastien Lord.Avec Guy Nadon, Marilyn Castonguay, Patrick Hi-von, Véronique LeFlaguais, Frédéric Pierre, Shanti Corbeil-Gauvreau.Image: Geneviève Perron.Musique: Ramachan-dra Borcar.Montage: Jean-François Bergeron.Québec, 2014, 94 minutes.ODILE TREMBLAY Jean-Sébastien Lord, derrière Le petit ciel en 2000, avait abordé les rives du tangible et de l\u2019occulte, et le fait cette fois de manière plus discrète dans Lange gardien.On salue l\u2019excellent duo d\u2019acteurs en harmonie.Sur un quasi-huis clos, car Lange gardien se déroule surtout dans un immeuble industriel où un gardien de nuit (Guy Nadon, toujours juste) veille.Par chance, il aime le hockey, qui lui tient compagnie à la télé.Car avec sa femme (Véronique LeFlaguais, qui parvient à brosser une personnalité en quelques lignes, tout en jouant sur une note trop ludique cette figure dramatique d\u2019épouse délaissée), il ne se passe plus grand-chose.Mais le voici cambriolé seul dans sa nuit, et la jeune femme du couple de voleurs, Nathalie (Marilyn Castonguay), l\u2019assiste durant son malaise cardiaque.Son mari, Guylain (Patrick Hivon), boit, leur petite fille en souffre.Nathalie reviendra cogner à sa porte.Pourquoi Normand (Guy Nadon) aiderait-il la cambrioleuse ?Il le fait pourtant.Fondement de l\u2019histoire.Trois décors, en fait, se partagent le cadre : la maison de Normand, l\u2019appartement de Nathalie et cet immeuble symbole de l\u2019intériorité du gardien de nuit.Lange gardien aborde plusieurs genres, certains mieux que d\u2019autres.Là où le réalisme social, avec le foyer pauvre et dysfonctionnel de Nathalie et Guylain, est trop effleuré pour trouver sa charge, et où l\u2019humour est trop ténu pour offrir un parfum de comédie, l\u2019aspect thriller psychologique nourri du rapport ambigu entre Normand et cette inconnue tombée du ciel un soir de neige trouve son atmosphère.D\u2019autant que le heu central, cet espace industriel anonyme et mystérieux, avec recoins, portes dérol3ées, locaux de chaleur ou de débarras, se prête au chassé-croisé entre deux solitudes dont la dyna- Le film aborde plusieurs genres, du réalisme social à rhumour en passant par le thriller psychologique mique nous échappe.L\u2019hiver dans sa noirceur froide participe à cet enfermement hors du monde.Les éclairages, la caméra souvent mobile de Geneviève Perron qui traque les regards, les expressions de deux protagonistes sur un fil tendu, nourrissent la tension, comme la musique de Ramachandra Borcar, quand même trop présente.La bonne idée du film repose sur un élément révélé en fin de course, mais le spectateur demeurera plongé dans le noir trop longtemps, se débattant avec les invraisemblances du comportement de la jeune femme.Elles trouvent leur justification, quoique tard.Ce revirement constitue pourtant une clé formidable, qui confère in fine sa force à Lange gardien.Lumière et angoisse Marilyn Castonguay, la jeune actrice québécoise de l\u2019heure, au centre du Miracu-lum de Podz, parvient à dégager ici à la fois une lumière et une angoisse, comme une flamme qui vacille.Alors que Guy Nadon, un acteur très ancré dans le sol, mais pour ce VIOLONS DU ROY ~ ^ MMIE-NICOLE LEMIEUX LACHAPELLE DE QUÉBEC BERNARD LABADIE K FILMS AMERIQUE Le comédien Patrick Hivon rôle perdant volontairement pied, marie le trouble croissant du personnage à un bon sens auquel il cherche à s\u2019agripper.L\u2019action psychologique est perçue à travers son regard, dont on suit les dérives intérieures, cherchant autre chose que sa vie morne, et croyant la trouver chez cette femme.L\u2019attirance sexuelle flotte sans se poser.Tout est en suspens jusqu\u2019à ce que le polar reprenne le dessus.Nouvelle rupture de rythme, mais trépidante avec cette ouverture vers un ailleurs qui prend, et pourquoi pas, les contours d\u2019un quotidien familier.Le Devoir SAISON 2013.2014 G.F.HANDEL Solomon, HWV67 Bernard Labadie, chef Marie-Nicole Lemieux, contralto Karina Gauvin, soprano Krisztina Szabô, mezzo-soprano Shannon Mercer, soprano James Gilchrist, ténor Philippe Sly, baryton-basse Avec La Chapelle de Québec SOLOMON Samedi 22 mars à 19h30 Maison symphonique de Montréal La Chapelle de Québec et Les Violons du Roy proposent un nouvel oratorio du grand maître avec une distribution exceptionnelle.Un moment fort de la saison.laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 PARTENAIRE DE SAISON La Capitale Groupe financier PARTENAIRES DE CONCERT GazMétro la vie en bleu 6.OPTIMUM.EN COLLABORATION CGI VIOLONSDUROY.COM CONCERTS LMMC f23e saison 2014-2015 SALLE POLLACK 555, rue Sherbrooke Ouest dimanche à 15 h 30 Le 7\tsept.JAMES EHNES, viobn 28 sept.TAKACS QUARTET , cordes 19 oct.TRIO PASQUIER, cordes 9 nov.STEWART GOODYEAR, piano 30 nov.MONTROSE TRIO, piano et cordes 8\tfev.BENEDETTO LUPO, piano mars JERUSALEM QUARTET, cordes 22 mars JEAN-GUIHEN QUEYRAS, violoncelle 12 avril CHRISTIANNE STOTIJN, mezzo soprano 3 mai BORODIN QUARTET, cordes Abonnement 250$\tEtudiants(26ans) 80 $ Billet 40 $\tBillet 20 $ Non remboursable/Taxes incluses LMMC 514-932-6796 lmmc@qc.aibn.com www.lmmc.ca LE FILM LE PLUS PRIME DE L\u2019ANNEEI t GAGNANT D\u2019UN OSCAR' * MEILLEUR FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE « fe ''' ^ GAGNANT D\u2019UN GOLDEN GLOBE' / MEILLEUR FILM EN LANGUE ÉTRANGÈRE I GAGNANT \u2022 PRIX DU CINÉMA EUROPÉEN MEILLEUR FILM, MEILLEURE RÉALISATION I MEILLEUR ACTEUR (TONI servillo), MEILLEUR MONTAGE GAGNANT D\u2019UN BAFTA ?Première ?The Guardian ?The Gazette ?aVoir-aLire.com ?MEILLEUR FILM ETRANGER ?\t?The Telegraph\tTélérama ?\t?Now Magazine\tExaminer.com ?\t?Cinoche.com\tÉcran Large\tElle ?View London\tLe Point\tLes Fiches du Cinéma ?\t?The Daily Telegraph ?RogerEbert.com ?La Croix ?Marianne ?Paris Match Positif Studio Ciné Live TéléCinéObs Eye for Film « UN HLM A LA GLOIRE DE ROME, «TOTALEMENTELECTRISANT! A LA DOUCEUR DE VIVRE.»\tSANS AUCUN EQUIVALENT.» Manohia Dargis, THE NEW YORK TIMES PREMIERE « DES SCENES D'UNE BEAUTE ET D\u2019UNE SINGUURITE EPOUSTOUFLANTES.» PARIS MATCH N LA GRANDE BEAUTE UN FILM DE PAOLO SORRENTINO (U GRANDE BELLEZZA) «H?A L\u2019AFFICHE Wi ^ YouflTliH metropolefilms.com | 200665 E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 MARS 2014 ICIffEMA GUY NADON MARYLIN CASTONGUAY PATRICK HIVON VÉRONIQUE LE ELAGUAIS L\u2019A UN FILM DE JEAN-SEBASTIEN LORD À L\u2019AFFI- I fi1m§ * Amérl^nt Le courant ne passe pas AVANT UHIVER Réalisation et scénario: Philippe Claudel, d\u2019après son roman.Avec Daniel Auteuil, Kristin Scott Thomas, Leila Bekhti, Richard Berry, Vicky Krieps, Jérôme Varanfrain.Image: Denis Lenoir.Montage: Elisa Aboul-ker.Musique: André Dziezuk.France, 2013, 102 minutes.MARTIN BILODEAU A première vue, le neurochirurgien campé par Daniel Auteuil dans le nouveau film de l\u2019écrivain et cinéaste Philippe Claudel a tout pour lui.Une épouse (Kristin Scott Thomas) restée belle sous l\u2019assaut des années.Une pratique réputée.Une maison de verre qui tient du fantasme architectural, entourée de jardins spectaculaires.Mais ces signes ostentatoires de la réussite provinciale n\u2019ont plus d\u2019effet grisant sur le néosexagénaire aigri et empâté, dont le fils unique Qérôme Varanfrain), économiste dopé aux théories du libre marché, défend des principes qui lui font horreur.Gauche caviar, tel est le groupe sanguin de ce dissé-queur de cerveaux.Il aurait pu filer sans bruit jusqu\u2019à sa mort, en suivant les escales connues d\u2019avance (retraite, voyages, maladie.), n\u2019était l\u2019apparition dans sa vie, et dans maints endroits inattendus, d\u2019une jeune serveuse de café (Leïla Bekhti) qui flirte résolument avec lui.Est-ce elle qui lui envoie anonymement des gerbes de roses rouges au bureau et à la maison?Elle nie.Lui se gratte la tête.L\u2019épouse aussi.Nous, on n\u2019en sait rien et l\u2019envie de le savoir s\u2019évente assez rapidement, par la faute d\u2019un scénario cousu de fil blanc qui ménage tous les possibles \u2014 crise existentielle, piège amoureux, etc.\u2014 en entretenant pour faire bonne mesure un autre mystère, celui de la liaison possible entre l\u2019épouse horticultrice et le meilleur ami psy (Richard Berry).Le mur Les pièces et intentions contenues dans le scénario que Claudel a tiré de son propre roman refusent de se souder les unes aux autres, comme si la pratique n\u2019avait pas su transcender la théorie, l\u2019exposé.Du coup, on voit apparaître au fil du récit les ficelles et les marques d\u2019effort.Il manque aussi à la mise en scène frigorifique de Philippe Claudel {Il y a longtemps que je t\u2019aime.Tous les soleils), un brin hitch-cockienne, l\u2019humour d\u2019un Chabrol pour en arrondir les angles.Pareillement, l\u2019émotion du personnage joué par Auteuil nous est donnée à voir, mais pas à ressentir, sinon dans la toute dernière scène \u2014 qui aurait dû être la première.Le courant ne passe pas entre le personnage et le film qu\u2019Auteuil habite, et on cherche dans ses yeux l\u2019explication de ses gestes souvent invraisemblables.Ou kamikazes.Eveil d\u2019une âme ?Agonie d\u2019un homme ?Avant l\u2019hiver dresse un beau parallèle entre les deux.Mais l\u2019idée, riche, ne franchit pas le mur des images.Collaborateur Le Devoir Denis Villeneuve et son double Enemy ^ tiré d\u2019un roman de José Saramago, sort vendredi prochain sur nos écrans ODILE TREMBLAY Que Denis Villeneuve soit lancé comme une balle aux Etats-Unis relève désormais de l\u2019évidence.Après le franc succès de Prisoners et ses deux projets sur leurs rails, Sicario et Story of Your Life, on lui dit: A la revoyure et bonne chance aux Etats ! Tout en gardant rancune à l\u2019Aca-demy pour l\u2019avoir ignoré aux citations des Oscar, sauf à la direction photo.«Disons que Warner Brothers avait mis ses énergies sur Gravity, mais c\u2019est bien dommage pour les acteurs Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal.Ils auraient mérité leurs nominations!» Villeneuve n\u2019est quand même pas trop enclin à se plaindre, avec l\u2019accueil critique et public de Prisoners, et tous ces acteurs américains qui désirent travailler avec lui.« Car j\u2019aime les acteurs et, sur Prisoners, yW été gâté.» Vague d^ici En ajoutant les trois Oscar au Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée, l\u2019arrivée prochaine de Philippe Ealardeau avec The Good Lie et sans doute de Kim Nguyen, sans compter Ken Scott bien en selle là-bas depuis son remake de Starbuck, on demande à Villeneuve si les Américains sont conscients de la vague québécoise sur leurs rives.«Pas encore, mais ça va venir, répond le cinéaste d\u2019incendies.L\u2019idée, c\u2019est d\u2019aller utiliser leur machine pour faire des films.et ne pas se faire avaler au détour.On m\u2019a offert Terminator et Star Trek, mais j\u2019ai refusé pour garder mon identité.» Prisoners n\u2019est pas le premier film que Villeneuve a tourné en anglais.Il avait juste avant réalisé à Toronto Enemy d\u2019après le roman Le double de l\u2019auteur portugais nobélisé José Saramago.Les deux films avaient été lancés au Eestival de Toronto.«Enemy devait prendre l\u2019affiche en premier, mais Prisoners était devenu le gros morceau à propulser.» Il vous dira ç{\\x\u2019Enemy est né d\u2019une amitié et d\u2019une admiration pour Niv Eichman, «le meilleur producteur au Canada pour les coproductions à ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Selon Denis Villeneuve, Enemy est un film ludique, qui se veut un casse-tête.Enemy est une lettre d\u2019amour assumée à Cronenberg travers le monde, tranche-t-il.Et je voulais travailler avec lui depuis 12 ans».Saramago, échaudé dans le passé, refusait toute adaptation cinématographique.«Niv Eichman l\u2019avait convaincu de tenter le coup pour L\u2019aveuglement, mis en scène par Fernando Meirelles.Or, même si la critique était mitigée, Saramago avait beaucoup aimé le film.Fich-man en profita pour obtenir les droits sur Le double et Les intermittences de la mort.J\u2019ai eu un coup de cœur pour Le double.On choisit un film en réaction au précédent.Où en sommes-nous artistiquement ?Avec Incendies, je voulais raconter une histoire.Cette fois, j\u2019avais besoin d\u2019espace.Enemy, c\u2019est un gars, deux filles et un char.» Moi et Tautre Précisons ç{\\x\u2019Enemy, scéna-risé par Javier Gullon d\u2019après le roman, met en scène un enseignant Qake Gyllenhaal) au bord de la rupture avec sa copine (Mélanie Laurent) qui, en regardant un film, voit son sosie, simple figurant, et part sur ses traces.Le double, toujours EYEWORKS PRESENTE LE MONDE ENTIER EST FOU DE Æ UN FILM DE STUN CONINX INSPIRE DES HISTOIRES DE JEUNESSE DE ROCCO GRANATA lyiA ^ VJ Fll-M DE STUN CONINX INSPIR T L MATTEO SIMONI EVELIEN BOSMANS LUIGI LO CASCIO \u201cSTELLA FINOCCHIARO riiims.c«|\tWARREBORGMANS\tCHRIS VAN DENDURPEL\tCRISTIAN CAMPAGNA ,\tVERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS EXC3NTRIS OSCAR DU MEILLEUR FILM EN LANGUE ETRANGERE - 21 LA GRANDE BELLEZZA PAOLO SORRENTINO - 144 MIN.- V.O.ITALIENNE AVEC S.-T.F.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OO CINEMAEXCENTRIS.COM \t UNE VIE POUR DEUX LUC BOURDON ET ALICE RONFARD\tEN ATTENTE DE VISA ANNE EMOND - FEMME DE PAROLE 7,8 ET 9 MARS\tEN ATTENTE DE VISA RIMES POUR REVENANTS JEFFBARNABY\t OMAR HANYABU-ASSAD\t05] GLORIA SEBASTIAN LELIO\t CINE-KID : SPECIAL RELÂCHE LOULOU ET AUTRES LOUPS SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 MARS À11H15 OGGY ET LES CAFARDS À PARTIR DU 7 MARS À13H SAMEDI ET DIMANCHE À11H ET 13H\tw René M«.o en moto, vit avec son épouse sur le point d\u2019accoucher (Sarah Gadon).Il y aura changement de compagnie, après choc du miroir.Filmer le héros et son double a d\u2019ailleurs requis quelques contorsions, refaisant les scènes plusieurs fois, pour rendre les collages imperceptibles.«C\u2019est drôle d\u2019aller tourner à Toronto un film identitaire, introspectif, qui s\u2019appelle Enemy, rigole Villeneuve.Enemy est une lettre d\u2019amour as- sumée à Cronenberg.C\u2019est un film ludique, qui se veut un casse-tête.» Des araignées sont au poste (certaines ressemblent à la sculpture Maman de Louise Bourgeois).«Mais je pensais aussi à Denys Arcand, car ça parle d\u2019un intellectuel ayant des problèmes avec sa sexualité.Disons que c\u2019est un film de Denys Arcand sur l\u2019acide.Il repose sur l\u2019idée de la répétition, des spirales de nos mécanismes dont on a tant de mal à sortir.Il aborde le monde du subconscient, des crises existentielles.L\u2019ennemi est en soi.» Le cinéaste trouve Toronto très cinématographique, quoique peu aimée à l\u2019écran : «Sauf par Cronenberg dans Crash et par Egoyan dans Chloé.J\u2019ai voulu montrer de mon côté des formes architecturales brutalistes, aussi les tours dites Marilyn Monroe à Mississauga [Absolute World Towers].Je me suis payé la traite.» «Il s\u2019agit d\u2019une coproduction européenne [avec Pathé] et j\u2019ai dû me battre pour imposer Jake Gyllenhaal, si impressionnant dans Brokeback Mountain.Après avoir passé deux mois ensemble sur Enemy, comme il jouait les deux rôles masculins, nous sommes devenus des amis très proches.» Il a joué ensuite dans Prisoners.Denis Villeneuve est fier d\u2019avoir pu diriger Isabella Rossellini, si mythique, dans le rôle de la mère du professeur.«Elle avait quitté le cinéma mais accepta de participer au film par amitié pour Niv Eichman, avec beaucoup d\u2019élégance, mais je suis fier aussi de Sarah Gadon et de Jake Gyllenhaal, qui portent Enemy.» Le film se prépare à prendre l\u2019affiche aux Etats-Unis sur quelques centaines d\u2019écrans, contre les 3300 de Prisoners.«Enemy est plus expérimental, mais j\u2019ai la chance d\u2019être un peu connu là-bas maintenant.Ça va aider le film.» Le Devoir 32' FIFA 20-30 mars 2014 Festival International du Film sur l\u2019Art e Cinémathèque québécoise | Centre Canadien d\u2019Architecture | Centre Phi | Grande Bibliothèque | Musée McCord I Musée des beaux-arts | Musée d\u2019art contemporain | Place des Arts | Université Concordia | Université du Québec à Montréal | Société des arts technologiques 270 films de 34 pays: Architecture, Art contemporain, Arts médiatiques, BD, Cinéma, Danse, Design, Histoire de l\u2019art, Littérature, Musique, Peinture, Photographie, Poésie, Sculpture, Théâtre et bien plus.LE DEVOIR sÇupesoup UN NOUVEAU COMPTOIR SOUPESOUPÀ EXCENTRIS TOUS LESJOURS! http://www.azfilms.ca/accueil_fr.html "]
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