Le devoir, 25 mars 2014, Cahier A
[" France: Hollande sous la pression du désaveu de sa politique aux municipales Page b 5 WWW.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.C V N° 6 4 LE DEVOIR, LE MARDI 25 MARS 2014 1,13$\t+ TAXES =\t1,30 $ La guerre froide fait rage entre le G7 et Poutine Le G8 est mis entre parenthèses tandis que Moscou interdit de séjour des parlementaires canadiens La Haye, Pays-Bas \u2014 Stephen Harper et ses collègues du G7 ont décidé hier de suspendre leur participation au Groupe des huit et de faire une croix sur le sommet prévu en juin à Sotchi, jusqu\u2019à ce que la Russie «change de cap» dans le dossier de la Crimée.Dans une déclaration commune à l\u2019issue d\u2019une réunion d\u2019urgence du G7 \u2014 donc sans la Russie \u2014, les pays membres ont fait savoir qu\u2019ils se rencontreraient dorénavant sans Moscou.Un geste destiné à isoler la Russie, à la suite de l\u2019annexion de la Crimée, autrefois une région autonome de l\u2019Ukraine.Les leaders du G7 se disent aussi prêts à intensifier les pressions sur la Russie si elle poursuit son escalade.Stephen Harper a proposé à ses homologues du G7, réunis à La Haye pour un sommet sur le nucléaire, d\u2019expulser la Russie du G8, une positipn qui avait l\u2019oreille des Etats-Unis.Mais les pays européens, qui ont beaucoup plus de liens économiques avec la Russie, se sont montrés plus prudents.«L\u2019isolation diplomatique de la Russie, nous ne croyons pas que cela soit anodin.Un régime ne dépense pas 50 milliards de dollars sur des Olympiques s\u2019il ne se préoccupe pas de sa réputation internationale», a dit M.Harper, évoquant des «actions significatives» qui pourraient être prises.Comme viser le lucratif secteur de l\u2019énergie pour la Russie, a suggéré le premier ministre canadien, qui fut le premier chef de gouvernement du G7 à visiter l\u2019Ukraine, au cours du week-end.La suggestion de M.Harper a semblé intéresser la Maison-Blanche, qui se dit prête à cibler certains secteurs-clés de l\u2019économie de Russie, dont l\u2019énergie, si Vladimir Poutine s\u2019aventure dans le sud-est de l\u2019Ukraine.«La réaction à cette occupation illégale de Crimée ne sera pas brève, a dit M.Harper.La pres- «Mon interdiction de séjour en Russie, je la porte comme un badge d\u2019honneur», a dit Irwin Coder VOIR PAGE A 8 : GUERRE Lire aussi > Moscou achève la conquête des bases militaires ukrainiennes.Page B 5 Aujourd\u2019hui ¦ - ' ^1,0\";.Le Monde > Ëgypte: une condamnation à mort est prononcée contre plus de 500 partisans de Morsi, au terme d\u2019un procès expéditif.Page B 5 Actualités > Boisbriand : de nouveaux détails émergent sur les fraudes de Fex-mairesse.Page A 5 Culture > Marie-Hélène Falcon dévoile son 8^ et dernier FTA.Page B 7 Avis légaux.B\t6 Décès.B\t4 Météo.B\t2 Mots croisés.B\t8 Petites annonces.B 4 7\t\u2014- ,\tSudoku.B 6 L\u2019ombre de Charest suit Couillard Marois et Legault dénoncent le « triste héritage » légué au chef du PLQ JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ancien premier ministre Jean Charest, accompagné de l\u2019ex-ministre Raymond Bachand (à gauche), était invité lundi à prononcer une allocution devant la Chambre de commerce française au Canada (voir page B 1).Son héritage politique refait surface dans la campagne électorale.ROBERT DUTRISAC MARCO BÉLAIR-CIRINO GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Tant Pauline Marois que François Legault ont concentré leurs tirs, lundi, sur Philippe Couillard et l\u2019héritage de Jean Charest, que l\u2019actuel chef libéral a dit assumer entièrement.C\u2019est un «triste héritage» qu\u2019a reçu Philippe Couillard de son prédécesseur, a affirmé la chef du Parti québécois, qui a livré ses attaques sur l\u2019enjeu de l\u2019intégrité.Tentant par tous les moyens de se démarquer, le chef de la Coalition avenir Québec a employé, de son côté, des mots crus : il a invité Philippe Couillard à répudier «l\u2019héritage de merde» de Jean Charest, répétant sur tous les tons le mot de Cambronne.A Drummondville, Pauline Marois a reproché à Philippe Couillard de faire de l\u2019intégrité un enjeu du passé.«Le chef libéral voudrait mettre ça derrière lui», a affirmé Pauline Marois.«Il parle d\u2019une bataille du passé comme si la lutte à la corruption est terminée.C\u2019est comme s\u2019il voulait mettre le couvercle sur la marmite.» Pour la chef péquiste, Jean Charest a laissé à Philippe Couillard «un bilan du déni et du rejus d\u2019agir».Elle est revenue sur le quota de financement de 100000$ que devaient remplir les ministres libéraux, y compris Philippe Couillard, sur le salaire versé secrètement à Jean Charest pendant dix ans et sur Tony Tomassi, qui a lié l\u2019octroi de permis de garderie au financement du parti.Dénonçant le gouvernement Charest tant pour sa gestion de l\u2019économie que pour son manque d\u2019intégrité, François Legault a invité l\u2019électorat «à y penser deux fois» avant VOIR PAGE A 8 : CHAREST Y.ÉLECTIONS 2014 La chronique de Michel David: Chat échaudé.Page A 3 Vote des étudiants canadiens : un épisode «grotesque» aux yeux de Couillard.Page A 3 Enseignement supérieur: un rare débat public sur une institution écorchée.Page A 2 Débat des partis autour de l\u2019enjeu économique.Page B1 Deux irréductibles affrontent Air Canada en Cour suprême Un couple de Franco-Ontariens veut mettre fin aux violations de ses droits linguistiques PHILIPPE ORFALI Michel Thibodeau n\u2019a pas le profil d\u2019un fauteur de troubles.Technicien informatique dans la fonction publique, le Franco-Ontarien s\u2019apprête néanmoins à comparaître, mercredi, devant la Cour suprême.La cause qui l\u2019oppose à Air Canada pourrait redéfinir les obligations linguistiques du transporteur, voire de dizaines d\u2019organismes visés par la Loi sur les langues officielles.Tout ça, ou presque, à cause d\u2019un 7 Up.L\u2019épisode remonte à 2000.Dans un vol entre Montréal et Ottawa, le père de famille commande une boisson gazeuse.La seule agente de bord, une anglophone, n\u2019y comprend rien.Michel Thibodeau réplique qu\u2019elle a l\u2019obligation de le servir dans sa langue.Des policiers l\u2019attendent à son atterrissage dans la capitale fédérale.«Je voulais simplement faire valoir mes droits.Pour ne pas qu\u2019ils disparaissent.» C\u2019est ainsi G Pli PATRICK WOODBURY/LE DROIT Michel Thibodeau mène avec son épouse une bataille contre Air Canada au nom des francophones du Canada.que le résident d\u2019Orléans, en banlieue de la capitale, résume le combat qu\u2019il mène depuis quinze ans, seul avec son épouse Lynda, contre l\u2019un des pires contrevenants à la Loi sur les langues officielles.Depuis des décennies.chaque année.Air Canada figure invariablement au sommet de la liste des pires violateurs de la Loi sur les langues officielles.Pas moins de 370 plaintes ont été acheminées au Commissa- VOIR PAGE A 8 : AIR CANADA Construction Des patrons lancent un projet de certification éthique L\u2019Association de la construction du Québec veut refaire son image de marque pour sortir de la crise de confiance qui mine l\u2019industrie.BRIAN MYLES Faux extras, collusion, corruption, enveloppes brunes.Conscients que leur réputation est au plus bas, des entrepreneurs ont décidé de retrousser leurs manches pour repartir sur des fondations solides.L\u2019Association de la construction du Québec (ACQ), principale association patronale avec ses 5200 membres, n\u2019attendra pas le rapport final de la commission Charbonneau, en avril 2015, pour passer à l\u2019action.L\u2019association veut implanter un programme de certification, sur une base volontaire, afin de VOIR PAGE A 8 : CONSTRUCTION 77831303443113 A 2 LE DEVOIR, LE MARDI 25 MARS 2014 ELECTIONS ENSEIGNEMENT SUPERIEUR Rare débat public sur une institution écorchée ISABELLE PORTER à Québec Ly Université Laval était l\u2019hôte lundi soir d\u2019un ' des rares événements de la campagne électorale à porter sur l\u2019enseignement supérieur.De la concurrence entre campus à la révision des structures, les échanges ont révélé l\u2019ampleur des divergences sur ce sujet.D\u2019entrée de jeu, le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) Mario Asselin a donné le ton.«Je considère qu\u2019on est encore en crise», a-t-il dit.Peu de temps après, le ministre sortant de l\u2019Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, soulignait que son gouvernement avait «dénoué la çrise étudiante».À quelques reprises, M.Duchesne a été interpellé sur les compressions budgétaires dans le réseau de l\u2019éducation.«Il n\u2019y a pas eu de réduction de budget», a-t-il répété en disant que c\u2019était là une interprétation des recteurs et que son gouvernement avait réinvesti 8% dans le domaine.De la gauche à la droite, plusieurs candidats ont dénoncé la concurrence entre les universités.Le candidat d\u2019Option nationale, Alexandre Lavallée a donné l\u2019exemple du campus de l\u2019Université de Sherbrooke à Longueuil.Un sujet repris plus tard par le PQ, Québec solidaire et aussi la CAQ.Droits de scolarité Dans un échange plus intense, Pierre Duchesne s\u2019est réjoui d\u2019entendre que la Coalition avenir Québec et le Parti libéral semblaient favorables à la formule de l\u2019indexation des droits de scolarité.«Bien entendu, il y a un problème de financement», a lancé le candidat libéral François Blais qui, en réponse à un étudiant dans la salle, a décoché une flèche à Martine Desjardins.«Ne faites pas comme Martine Desjardins, finissez vos études!», a-t-il lancé.Sur un autre sujet, M.Blais a refusé de dire si un gouvernement libéral conserverait la for- ÉLECTIONS 2014 mule d\u2019un deuxième ministère consacré à l\u2019éducation, les annonces en ce domaine devant se faire dans les prochains jours par son chef.Sur la question des prêts et bourses, M.Blais a déploré les compressions imposées par les péqqistes aux crédits d\u2019impôt étudiants.À ce propos, M.Asselin a rétorqué que son parti était même prêt à «l\u2019abolir» pour utiliser l\u2019argent ailleurs.Le candidat caquiste a aussi reproché aux libéraux d\u2019avoir abandonné la réingénierie au premier obstacle.Ce à quoi M.Blais a rétorqué que son parti comptait surtout «diminuer le nombre de fonctionnaires au ministère de l\u2019Education».Le candidat de Québec solidaire Sébastien Bouchard a fait valoir «qu\u2019ily a toute une série de pays qui ont établi la gratuité scolaire».Un point de vue défendu aussi par Qption nationale et les verts.Plus tôt, M.Bouchard avait plaidé pour qu\u2019on donne plus de place aux étudiants dans la gouvernance même des universités, afin qu\u2019étu- diants et professeurs aient un «meilleur contrôle sur leurs institutions».Sur la recherche, Pierre Duchesne a fait valoir qu\u2019il n\u2019y avait pas vraiment de conflit entre recherche appliquée et recherche fondamentale tandis que M.Asselin a dit souhaiter qu\u2019on donne plus de place aux partenariats avec les entreprises.La candidate du Parti vert Marielle Parent a tenté en vain de déclencher un débat sur l\u2019impact de la charte en éducation.«C\u2019est un discours de haine d\u2019apartheid», a-t-elle dit évoquant une «politique de ségrégation».Contrairement à d\u2019autres événements où l\u2019on invite seulement les plus gros partis, l\u2019Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux cycles supérieurs (AELIES) en avait invité six lundi soir.Le Parti conservateur du Québec n\u2019était toutefois pas du nombre, ce qui a suscité de vives critiques de la part de militants.L\u2019Association s\u2019est défendue en disant avoir convié les partis ayant récolté plus de 1 % iüRf AlIS JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE François Legault jette l\u2019ancre de sa stratégie maritime Poussé par le vent à Trois-Rivières, François Legault a dévoilé lundi le moteur de sa stratégie maritime, le programme Radisson.Assorti d\u2019une aide financière de 75 millions de dollars sur cinq ans, le projet Radisson vise à soutenir des projets de transport maritime de courte, moyenne et longue distance sur le Saint-Laurent, une « grande route bleue » reliant l\u2019océan AÜantique aux Grands Lacs.« [ Grâce à un réseau de pôles intermodaux], tous ces projets permettront d\u2019augmenter les échanges commerciaux, de développer l\u2019économie de nos régions, de réduire le coût d\u2019entretien de notre réseau routier [et] de réduire les émissions de GES», a dit le chef de la Coalition avenir Québec, aux côtés de son épouse, Isabelle Brais.QS promet 15 000 enseignants de plus d\u2019ici 2020 MELANIE LOISEL Québec solidaire (QS) se porte à la défense de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour obtenir un réinvestissement massif dans ses quelque 200 établissements.Avec les nombreuses écoles fermées pour cause de moisissures, les compressions budgétaires, le manque de spécialistes et de services dans les établissements scolaires, les Solidaires se font le porte-voix des intervenants du milieu scolaire qui se sentent, disent-ils, étouffés par les problèmes liés au sous-financement.«La restructuration a déjà été faite au cours des dernières années dans les commissions scolaires comme à la CSDM.Il y a une limite à étrangler, à l\u2019asphyxier et après lui demander des services», affirme M.Khadir.Selon QS, un investissement de 100 millions par année pendant cinq ans serait nécessaire polu assurer des écoles saines dans l\u2019ensemble du Québec.Un gouvernement solidaire investirait aussi 1,6 milliard de dollars pour l\u2019embauche de 15000 nouveaux enseignants d\u2019ici 2020.Un millier de professionnels spécialisés, dont des orthopédagogues, des orthophonistes et des psychologues seraient engagés pour aider les élèves en difficulté.De plus, QS annulerait les 200 millions de compressions exigées aux commissions scolaires.Commissions scolaires Contrairement à la Coalition avenir Québec qui souhaite abolir les commissions scolaires, M.Khadir considère que cette proposition est une «lubie d\u2019une certaine idéologie qui pense que tous les problèmes viennent parce qu\u2019il y a trop de fonctionnaires.» Selon lui, les commissions scolaires sont essentielles pour organiser les services et gérer le roulement du personnel dans le réseau.«Si on se prive des commissions scolaires, il faudra de toute façon faire faire ce travail-là par une autre structure, et on ne résout pas le problème », dit-il.En plus de donner les moyens financiers aux commissions scolaires, QS estime qu\u2019il est aussi important de soutenir les écoles publiques poru favoriser l\u2019apprentissage.Dans son plan de lutte contre le décrochage scolaire, QS propose d\u2019investir 15 millions par année pour soutenir la lutte contre l\u2019intimidation et l\u2019homophobie à l\u2019école.Le Devoir Salaire des médecins: le PLQ pour l\u2019étalement, dit Barrette La Prairie \u2014 Le candidat libéral Gaétan Barrette a soutenu lundi soir que le PLQ porurait être favorable à l\u2019étalement des hausses salariales des médecins, une position que rejette porutant son chef Philippe Couillard.«Ce que M.Couillard a dit d\u2019une façon claire, nette et précise, c\u2019est qu\u2019il allait respecter l\u2019entente signée [entre Québec et les médecins].Maintenant, respecter l\u2019entente et l\u2019appliquer, c\u2019est une autre chose», a indiqué M.Barrette.11 a aussi dit que la Fédération des médecins spécialistes du Québec, qu\u2019il présidait avant de se lancer en politique, avait accepté trois fois de reporter le versement de 300 millions.«Trois fois le gouvernement Marois a retiré sa demande, a affirmé celui qui tente de se faire élire dans La Pi-nière.On comprend pourquoi: c\u2019était pour en faire une manipulation électorale.» Le Devoir La CSDM demande de laisser les écoles ouvertes le jour des élections p:\t\u2019 LISA-MARIE GERVAIS Laisser les écoles ouvertes le jour du scrutin provincial?Et pourquoi pas?C\u2019est ce que demande la Commission scolaire de Montréal (CSDM) qui trouve dommage de bouleverser tout le calendrier pour une journée d\u2019élection.À la recommandation des commissaires, elle s\u2019est adressée au gouvernement et au Directeur général des élections pour que soit modifiée la loi électorale provinciale qui oblige la fermeture des écoles.En effet, l\u2019article 306 stipule que le «jour de scrutin est jour de congé pour tous les élèves de toute école d\u2019une commission scolaire située dans une circonscription où se tient une élection.» Cette loi, qui vise la sécurité des enfants à qui on veut épargner les contacts avec des adultes, «n\u2019a pas de sens», a soutenu Kenneth George, commissaire dans Villeray-Petite-Pa-trie à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).Pour PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le ministère de i\u2019Education se dit préoccupé par ia sécurité des éièves dans ies écoies ie jour du vote.lui, il est absurde de prétexter des raisons de sécurité alors que, de toute façon, les services de garde sont ouverts cette journée-là.D\u2019autant que lors des élections fédérales, les écoles québécoises, ainsi que toutes celles des autres provinces, peuvent demeurer ouvertes.« On nous dit que l\u2019Etat doit démontrer l\u2019importance des principes démocratiques.Mais ailleurs au Canada, on respecte aussi la démocratie et on permet quand même aux élèves d\u2019être en classe», a souligné M.George.Et le dimanche?Pour la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), cette disposition de la loi «peut créer des casse-tête».«C\u2019est un sujet qui revient à l\u2019ordre du jour chaque fois qu\u2019il y a une élection», a noté Caroline Lemieux, responsable des com- munications de la FCSQ, en proposant de tenir les élections le dimanche, comme c\u2019est le cas poru les muificipales.Comme la loi sur l\u2019instruction publique oblige à 180 jours d\u2019école, la journée perdue est normalement reprise lors d\u2019une journée pédagogique.Rappelons qu\u2019en raison d\u2019une mésentente entre les enseignants et l\u2019administration sur le moment de la reprise de la journée du scrutin du 4 sep- tembre 2012, les élèves de la CSDM avaient dû se présenter à l\u2019école un 25 juin.D\u2019après une résolution adoptée par les commissaires, la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, a écrit en août dçrnier une lettre à la ministre l\u2019Éducation, Marie Malavoy, et au directeur général des élections (DGF), Jacques Drouin, leur demandant de modifier la loi électorale.Bien que sensibles aux problèmes qui peuvent découler d\u2019une telle loi, ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019estiment avoir les pleins pouvoirs pour la changer.Le DGF s\u2019est toutefois engagé à porter la requête devant le comité consultatif et dit avoir recommandé à maintes reprises que le scrutin provincial soit le dimanche.Le ministère de l\u2019Éducation réitère que la principale préoccupation est la sécurité des élèves, sécurité qu\u2019il «pourrait être plus difficile à assurer compte tenu du nombre élevé de personnes circulant dans l\u2019établissement un jour de vote».Le Devoir LE DEVOIR, LE MARDI 25 MARS 2014 A 3 QÜHE20I4 PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard a visité lundi une quincaillerie de Sherbrooke dans le cadre d\u2019une promesse visant à favoriser la rénovation au Québec.VOTE DES ÉTUDIANTS Un épisode « grotesque » aux yeux de Couillard Pauline Marois se dit rassurée, mais estime que les questions du PQ étaient légitimes GUILLAUME BOURGAULT-COTE à Sherbrooke De « l\u2019intimidation » «grotesque » et « regrettable » : Philippe Couillard a soutenu lundi que la réaction du Parti québécois concernant le vote des étudiants des autres provinces révélait un état de « panique » au sein des troupes souverainistes.Pauline Marois s\u2019est quant à elle dite rassurée par l\u2019intervention du DGE.Pour le chef libéral, « l\u2019attaque contre le DGE, franchement, c\u2019était grotesque.Ça fait partie de la liste des sujets de diversion qui vise à ramener les Québécois dans un état d\u2019inquiétude, d\u2019appréhension, de façon à les amener dans la cage à homards.» M.Couillard en a remis plus tard.« C\u2019est regrettable, je n\u2019en reviens pas, a-t-il dit à Sherbrooke.Pauline Marois aurait dû rappeler ses porte-parole à l\u2019ordre [dimanche].C\u2019est littéralement une petite tentative d\u2019intimidation [contre] l'institution indépendante qu'est le DGE.» Le chef libéral est revenu sur le sujet en soirée, dans une assemblée partisane courue dans La Prairie.Pas de problème, dit le DGE Dimanche, trois candidats du PQ (dont le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud) se sont dits « inquiets » du nombre supposément élevé d\u2019étudiants anglophones et allophones qui auraient cherché à s\u2019inscrire sur la liste électorale de cinq circonscriptions.« Est-ce que les élections du 7 avril pourraient être volées par des gens de l\u2019Ontario et du reste du Canada ?», s\u2019est demandé M.St-Arnaud.Mais de problème, il n\u2019y avait point, a précisé plus tard le DGE.Une seule circonscription, Saint-Henri-Sainte-Anne, montre une légère Un crédit d\u2019impôt remboursable pour les rénovations Les libéraux ont proposé lundi la mise en place d\u2019un crédit d\u2019impôt remboursable pour la rénovation, offert pour tous travaux sur n\u2019importe quel type de bâtiments.Le crédit de 20% serait accessible dès lors que les travaux excéderaient 3000 $, pour un maximum de 2500 $ de remise.En vigueur jusqu\u2019en 2016, ce crédit e,st moins généreux que le programme EcoRé-nov du gouvernement Marois (fin en décembre 2014), mais il couvre plus de travaux \u2014 pas seulement ceux améliorant l\u2019efficacité énergétique d\u2019une maison.Le cadre financier du Parti libéral prévoit entre 100 et 300 millions pour cette mesure.augmentation des demandes de révision de la liste électorale par rapport à 2012.Et cette circonscription est un bastion libéral.« On n\u2019est pas dans un phénomène de fraude, mais pas du tout », a indiqué Jacques Drouin, directeur général des élections.Son bureau a diffusé samedi un communiqué rappelant les règles en vigueur pour qu\u2019un électeur puisse voter.Pauline Marois a toutefois indiqué qu\u2019un gouvernement péquiste pourrait revoir la Loi électorale pour s\u2019assurer que des étudiants des autres provinces ne votent pas \u2014 ce qui est essentiellement déjà prévu.Mme Marois disait trouver « inquiétant qu\u2019on puisse travestir le vote ».Pour Philippe Couillard, c\u2019est là un « signe de panique : on s\u2019accroche à tout ce qui passe.Ils ont vu ça [la démission d\u2019un président de comité de révision qui disait ne pouvoir contrôler le flot de demandes potentiellement frauduleuses] et se sont dits : \u201cheille, c\u2019est bon, ça.On va essayer de lancer le thème A soir on fait peur au monde \u201d.[.] Malheureusement, la balloune s\u2019est dégonflée.» Marois tempère Lundi, Pauline Marois s\u2019est dite rassurée par l\u2019intervention du DGE dans ce dossier.« Le directeur des élections a tenu des propos rassurants », a-t-elle affirmé, ajoutant qu\u2019il avait toute sa confiance.Selon la chef péquiste, Bertrand St-Arnaud, qui était à ses côtés, n\u2019a pas exagéré quand il a évoqué « le vol de l\u2019élection » par des étudiants ontariens.« Pour qu\u2019il y ait vol d\u2019élection, il faut que la preuve en soit faite.Pour l\u2019instant, il reste qu\u2019il y a eu des inquiétudes très grandes », a-t-elle dit.« Tout risque que le scrutin soit trompé par des gens [.] doit être dénoncé.» Bien que le DGE l\u2019ait rassurée, Pauline Marois a soutenu que son parti continuerait d\u2019être vigilant.Quant à Amir Khadir, de Québec solidaire, il estime que tout le dossier est une « tempête dans un verre d\u2019eau.Je pense que le PQ a mieux à faire ».M.Khadir a salué les efforts du DGE pour que les étudiants s\u2019inscrivent, même s\u2019il se « désole » que plusieurs le fassent pour « voter contre l\u2019indépendance ».Avec Robert Dutrisac et Mélanie Loisel Le Devoir Lire aussi > Vigiiance et paranoïa.Un éditorial d\u2019Antoine Robitaille.Page A 6 % ÉLECTIONS 2014 Les promesses dujour PQ.Déposer un projet de loi sur la divulgation d\u2019actes répréhensibles dans les organismes publics et protéger les dénonciateurs.PLQ.Créer un crédit d\u2019impôt remboursable de 20% encourageant la rénovation domiciliaire.CAQ.Créer un programme destiné à accroître le transport intermodal, notamment pour tirer profit du potentiel du fleuve Saint-Laurent.QS.Soutenir l\u2019école publique et lutter contre le décrochage scolaire, l\u2019intimidation et l\u2019homophobie.Le Devoir COMMISSION CHARBONNEAU La demande d\u2019audience du PQ est rejetée Marois se dit prête à prolonger le mandat de la Commission BRIAN MYLES Les commissaires Renaud La-chance et Erance Charbonneau continueront d\u2019entendre des témoins potentiels derrière des portes closes sur le financement des partis politiques provinciaux, pour gagner du temps et bien remplir leur mandat.Les commissaires ont rejeté lundi une demande du Parti québécois (PQ), qui exigeait la tenue d\u2019une audience publique, en présence de toutes les autres parties intéressées, afin de discuter de l\u2019opportunité de tenir des audiences à huis clos.La requête du PQ faisait suite aux révélations du Devoir sur le modus operandi des commissaires.Travaux secrets Pendant la trêve électorale, M.Lachance et la juge Erance Charbonneau rencontrent en secret des témoins potentiels, en l\u2019absence de leurs avocats, des enquêteurs et des avocats des parties intéressées, dans le but de les convaincre de venir témoigner publiquement à une date ultérieure.Leur initiative n\u2019est pas étrangère à la difficulté de re- JACQUES NADEAU LE DEVOIR La juge France Charbonneau cruter des témoins pour aborder la délicate question du financement illicite des partis provinciaux.Dans une décision de quatre pages, les commissaires expliquent qu\u2019ils ne mènent pas des audiences à huis clos, mais plutôt des «interrogatoires préalables».«Le temps dévolu afin de mener à bien notre tâche est limité et il est de la première importance de l\u2019utiliser à bon escient», expliquent-ils.Les commissaires s\u2019appuient sur la jurisprudence en matière de commission d\u2019enquête pour justifier leur décision.Les commissaires détiennent en effet «tous les pouvoirs nécessaires afin de veiller à la saine gestion de l\u2019enquête et à son bon déroulement».Les informations recueillies lors de ces interrogatoires préalables ne feront pas partie de la preuve.Des éléments de preuve seront présentés publiquement à une date ultérieure, assurent les commissaires.Prolongation À Drummondville, Pauline Marois s\u2019est dite prête à prolonger pour une deuxième fois le mandat de la commission Charbonneau si la demande lui est faite.«Si la Commission devait avoir besoin de plus de temps, je crois que la justice n\u2019a pas de prix», a affirmé la chef péquiste dans un point de presse qui portait sur l\u2019intégrité.En outre, un gouvernement péquiste accueillerait «très positivement» toutes les recommandations formulées par la commission Charbonneau dans son rapport définitif, a-t-elle indiqué.Rappelons que le rapport final de la commission est attendu au plus tard le 19 avril 2015.Avec Robert Dutrisac Le Devoir Chat échaudé.Michel é David A l\u2019automne 1995, l\u2019actuel,premier ministre de rîle-du-Prince-Edouard, Robert Ghiz, était étudiant au Département de sciences politiques de l\u2019Université Bishop, à Lennoxville, en Estrie.Il faisait partie des 380 étudiants contre lesquels le comité du oui avait porté plainte, soutenant qu\u2019ils étaient illégalement sur la liste électorale en prévision du référendum.Le jour du référendum, le représentant du oui au bureau de scrutin numéro 39 de la circonscription de Saint-Erançois avait entendu M.Ghiz jurer qu\u2019il était domicilié au Québec.Il avait bien une «school address» à Lennoxville, au 5 Little Eorks, mais sa véritable résidence était située sur North River North Road, à Charlottetown.Il était bien difficile de croire que M.Ghiz envisageait de s\u2019installer au Québec de façon permanente après ses études.A l\u2019époque, son père, Joe, étaijt lui-même premier ministre de l\u2019île-du-Prince-Edouard.Comme cela était prévisible, Robert s\u2019est plutôt dirigé vers Ottawa, où il a séjourné dans divers cabinets libéraux et a finalement abouti au bureau de Jean Chrétien.Comme la grande majorité de ses camarades, M.Ghiz n\u2019a jamais été inquiété par le Directeur général des élections du Québec (DGE).D\u2019ailleurs, sur les 54 étudiants reconnus coupables en 1998, moins de la moitié ont payé l\u2019amende.Le DGE trouve « exagérées » les craintes du PQ, qui craint que l\u2019élection du 7 avril puisse «être volée par des gens de l\u2019Ontario », comme l\u2019a déclaré le ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud, après la démission du président de la commission de révision de la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Mathieu Vandal, qui jugeait impossible d\u2019assurer la conformité des nouvelles inscriptions sur la liste électorale, en particulier dans le cas des étudiants venant d\u2019autres provinces.La frontière entre l\u2019appel à la vigilance et l\u2019ingérence dans le travail du DGE est très mince Chat échaudé craint l\u2019eau froide.De nombreux souverainistes demeurent sincèrement convaincus que seule la tricherie a permis au non de l\u2019emporter en 1995.Le livre de Robin Philpot, Le référendum volé, est devenu un véritable classique de la littérature souverainiste.Les témoignages des étudiants en provenance du Canada anglais désireux de voter le 7 avril ne laissent aucun doute sur leur motivation : ils veulent empêcher le PQ de tenir un autre référendum.Malgré les efforts de Pauline Marois pour expliquer qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une élection référendaire, il semble que ce ne soit pas encore très bien compris.Le risque de fraude est réel.On peut facilement comprendre le PQ de souhaiter que tous les moyens soient pris pour que les nouveaux électeurs respectent les dispositions de la loi électorale, mais la frontière entre l\u2019appel à la vigilance et l\u2019ingérence dans le travail du DGE est très mince.Dès qu\u2019il est question d\u2019élections, les partis politiques ont beaucoup de difficulté à respecter son autonomie.En 2010, Marcel Blanchet avait même décidé de quitter son poste à la suite des critiques aussi dures qu\u2019injustes que lui avaient adressées aussi bien le gouvernement Charest que l\u2019opposition péquiste, quand il avait présenté un projet de réforme de la carte électorale qui leur déplaisait, mais que la loi lui imposait.Dans la lettre qu\u2019il a publiée dans Le Devoir, le président démissionnaire de la commission de révision de Sainte-Marie-Saint-Jacques explique que la notion de « domicile » pose des problèmes d\u2019interprétation que les réviseurs ne sont pas toujours capables de résoudre.Si la loi est trop floue, c\u2019est au législateur de la renforcer.Lundi, Philippe Couillard a qualifié de «grotesques» les craintes exprimées par le PQ, qu\u2019il a accusé de chercher à intimider le DGE, mais les libéraux ne s\u2019étaient pas gênés pour s\u2019ingérer dans le travail de celui qui occupait le poste en 1995, Pierre-E Côté, qui avait eu le tort de chercher à prévenir les fraudes qu\u2019aurait pu tenter le camp du non.Dans son livre.Robin Philpot rappelle comment le président du Committee to Register Voters Outside Quebec et vice-président du PLQ, Casper Bloom, avait qualifié M.Côté de « patsy » (pantin) du PQ, quand il a entrepris de resserrer la réglementation concernant l\u2019inscription d\u2019électeurs résidant à l\u2019extérieur du Québec.La loi accordait le droit de vote à ceux qui avaient quitté le Québec depuis moins de deux ans, mais on leur avait demandé de s\u2019engager à revenir au Québec deux ans après leur départ, même si cela était invérifiable.On ne saura jamais avec certitude dans quelle mesure la fraude a pu fausser le résultat du référendum de 1995, mais il subsistera toujours un doute.Notre système électoral et le retour au bipartisme qu\u2019annoncent les sondages rendent heureusement très peu probable que quelques votes illégaux déterminent l\u2019issue de l\u2019élection du 7 avril, toute référendaire qu\u2019elle soit.mdavid@ledevoir.com A 4 LE DEVOIR, LE MARDI 25 MARS 2014 ACTUALITES Le sort de Marc Nadon encore en suspens HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le ministre de la Justice, Peter MacKay, refuse de promettre qu\u2019il ne nommera pas à nouveau Marc Nadon à la Cour suprême du Canada malgré le jugement de celle-ci ayant statué que le magistrat n\u2019est pas admissible à ce poste.C\u2019était jour de rentrée parlementaire lundi et, pour la première fois, le gouvernement conservateur a dû répondre à la décision cinglante rendue vendredi par le plus haut tribunal du pays.A l\u2019opposition qui lui demandait s\u2019il s\u2019engageait à nommer quelqu\u2019un d\u2019autre pour pourvoir le troisième siège réservé au Québec à la Cour suprême, le ministre MacKay a répondu de manière évasive.«Nous avons été honnêtement surpris par la décision de la Cour suprême.Je pense que tous les partis conviendront que le juge Nadon est un juriste éminent et respecté.Nous passons actuellement sous revue les détails de la décision.» Par la suite, M.MacKay a semblé reculer en parlant d\u2019un «nouveau » juge à venir.«C\u2019est notre intention de procéder avec un processus pour nommer un nouveau membre de la Cour suprême.C\u2019est absolument nécessaire dans la Constitution et pour les fonctions fondamentales.Et, on avait beaucoup de personnes qualifiées pour ce poste.» Aux journalistes, il a dit qu\u2019il étudie le jugement pour «assurer qu\u2019on a un remplacement».On ne peut donc pas Marc Nadon établir si le gouvernement se pliera au verdict du tribunal.Six des sept juges de la Cour suprême ayant entendu ___ la cause ont tranché vendredi que Marc Nadon n\u2019est pas admissible à siéger parmi eux parce qu\u2019il provient d\u2019un tribunal fédéral.Or, le but de réserver trois sièges au Québec est de s\u2019assurer que le plus haut tribunal du pays maîtrise non seulement le droit civil, mais aussi «les valeurs sociales du Québec».Avoir travaillé des décennies à Ottawa n\u2019offre pas cette garantie.Cependant, rien n\u2019interdit a priori que M.Nadon démissionne de son poste de juge de la Cour d\u2019appel fédérale pour réintégrer le Barreau du Québec, ce qui pourrait le qualifier à la Cour suprême.Les magistrats ont évoqué ce scénario dans leur jugement sans se prononcer sur son acceptabilité.L\u2019autre scénario évoqué est que M.Nadon soit nommé par Ottawa à la Cour supérieure du Québec (11 sièges sont présentement vacants) pour ensuite être renommé à la Cour suprême.La Loi sur les juges stipule que, pour être nommé à la Cour supérieure, on peut avoir été membre du Barreau pendant dix ans dans le passé, ce qu\u2019a été M.Nadon.Par ailleurs, comme un autre siège québécois se libérera à la Cour suprême vers la fin de l\u2019été, avec le départ de Louis Lebel, Ottawa pourrait attendre à ce moment-là pour nommer M.Nadon et nommer quelqu\u2019un d\u2019autre d\u2019ici là.Le Devoir Vie privée et mobilité Une étude met en lumière des intrusions ordinaires dans l\u2019intimité des Canadiens EABIEN DEGLISE L?humain est un incorrigible < fouineur.Une étude menée en janvier dernier pour savoir ce qui arrive à des téléphones perdus en milieu urbain au pays le prouve.Dans 83% des cas, ces téléphones faussement abandonnés, pour les besoins de la cause, ont vu les données personnelles qu\u2019ils contenaient consultées, une ou plusieurs fois, par les citoyens étant tombés dessus.Et ce, pas toujours pour déterminer l\u2019identité du propriétaire de l\u2019appareil: à peine la moitié d\u2019entre eux ont en effet été contactés par tous ces «bons samaritains» plutôt indiscrets afin de récupérer l\u2019objet «perdu».Le constat repose sur une «perte» de 60 téléphones dits intelligents orchestrée par le chercheur spécialiste en sécurité informatique Scott Wright, dans six villes canadiennes au début de l\u2019année 2014: Montréal, Toronto, Ottawa, Calgary, Vancouver et Halifax.Il a été mandaté par la firme Symantec, multinationale de la protection des données numériques, pour mener à bien cette enquête.Les téléphones contenaient des applications avec de fausses informations personnelles, des photos, des fichiers professionnels, mais également un système de géolocalisation permettant de suivre le déplacement de l\u2019appareil.Dans l\u2019ensemble, 93% ont été consultés, et ce, dans l\u2019heure suivant leur découverte sur la voie publique.Sept fois sur dix, c\u2019était pour accéder aux «contacts» enregistrés à l\u2019intérieur.Mais pas seulement: \\ r RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE A Montréal, un des téléphones, perdu près de la station de métro Laurier, s\u2019est promené entre le Plateau et Saint-Léonard quelques jours en janvier avant de voir son contenu régulièrement exploré.ainsi, le contenu d\u2019une application nommée «réseautage social» a été consulté par 70% des personnes ayant trouvé le faux cellulaire perdu, la moitié est allée faire un tour dans les photos privées, un tiers est allé voir les «courriels professionnels» ou encore a ouvert des dossiers savamment nommés «salaires RH» et «dossiers RH».52% ont également cherché, en apparence du moins, à tirer profit de leur découverte en entrant dans les dossiers «services bancaires en ligne» et «rqots de passe enregistrés».À Montréal, un des téléphones, perdu près de la station de métro Laurier, s\u2019est promené entre le Plateau et Saint-Léonard quelques jours en janvier avant de voir son contenu régulièrement exploré par la personne l\u2019ayant trouvé.Photos et codes d\u2019administration à distance ont été scrutés, à plusieurs reprises, tout comme plusieurs dossiers d\u2019ordre professionnel qu\u2019il contenait, les photos, le compte de réseautage.«Ce qui est frappant, c\u2019est qu\u2019il ne s\u2019agit pas ici d\u2019individus mal intentionnés comme des pirates ou des voleurs qui cherchent délibérément à accéder à des données.Ce sont des gens comme vous et moi», a résumé lundi Lynn Hargorve, directrice de Symantec Canada, par voie de communiqué, tout en rappelant aux entreprises et individus de ne pas prendre à la légère la sécurité des données personnelles et professionnelles contenues dans leur téléphone.En février, une étude de son concurrent McAfee, un autre marchand d\u2019applications pour protéger les données, a révélé qu\u2019un tiers des Canadiens n\u2019avaient pas protégé leur téléphone dit intelligent à l\u2019aide d\u2019un mot de passe.40% ont dans leur téléphone un mot de passe identique à celui utilisé dans d\u2019autres appareils ou site Web et l\u2019ont même partagé avec une tierce personne, ont-ils avoué.Le Devoir lA Lire aussi > Le voyage \u201d d\u2019un téléphone «perdu» à Montréal, sur LeDevoir.com Cas suspect de fièvre Ebola au Canada Une personne développant les symptômes d\u2019une fièvre hémorragique, comme celle provoquée par le virus Ebola, a été hospitalisée au Canada peu après son retour d\u2019Alrique de l\u2019Ouest, ont annoncé lundi les services de santé.Cette personne a voyagé très récemment dans des pays touchés par le virus, comme le Liberia, a indiqué Denise Werker, directrice adjointe de la direction de la santé de la province de Saskatchewan.«Tout ce que nous savons, à ce stade, c\u2019est que nous avons une personne gravement malade qui a voyagé dans un des pays où ces maladies sont détectées», a-t-elle déclaré lors d\u2019une conférence de presse télévisée en faisant référence aux cas mortels de fièvre hémorragique virale en Afiique.Lundi, les services de santé du Liberia avaient indiqué que 6 cas suspects d\u2019Ebola avaient été détectés, dont 5 mortels.Ces cas faisaient suite aux 87 cas recensés en Guinée.Denise Werker a indiqué que la personne hospitalisée avait été mise en isolement et ses proches placés en quarantaine en attendant les résultats des analyses.Les risques de contagion sont faibles puisque la transmission du virus s\u2019opère par le sang ou les sécrétions du corps.Sans vouloir assurer qu\u2019il s\u2019agissait du virus Ebola, M\u201c® Werker a cependant indiqué que les symptômes sont identiques.Agence France-Presse Le cours d\u2019ECR du Québec de retour en Cour suprême Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Ottawa \u2014 Le Collège catholique montréalais Loyola faisait valoir ses arguments devant la Cour suprême du Canada lundi afin d\u2019être exempté d\u2019enseigner le cours d\u2019éthique et culture religieuse (ECR).La Cour suprême a entendu les arguments de l\u2019institution de niveau secondaire et du gouvernement du Québec, qui a imposé le cours, ainsi que de nombreuses communautés et organisations religieuses.Le Collège Loyola tente de faire annuler la décision de la Cour d\u2019appel du Québec qui avait donné raison à Québec.L\u2019institution d\u2019enseignement veut plutôt ofirir sa propre ver-siqn du cours.Le ministère de l\u2019Education lui avait refusé l\u2019exemption d\u2019enseignement au motif que son programme n\u2019est pas équivalent au programme d\u2019ECR, surtout parce qu\u2019il repose sur une démarche confessionnelle plutôt que culturelle.Le Collège affirme que son propre cours respecte les,exigences du ministère de l\u2019Education sur la découverte des autres religions, comme le bouddhisme et le judaïsme, ainsi que le respect de celles-ci.Mais il insiste sur le fait qu\u2019il ne peut être tenu d\u2019enseigner le catholicisme en faisant abstraction de la foi.Et qu\u2019être obligé de le faire porte atteinte à la liberté de religion, un droit protégé par la Charte canadienne des droits et libertés.L\u2019avocat de Loyola, Mark Phillips, a fait remarquer que le système d\u2019éducation au Québec permet l\u2019existence des écoles religieuses.Ce droit doit ainsi avoir un sens, dit-il.«Mais on ne devrait pas obliger une école catholique à enseigner le catholicisme d\u2019une façon qui n\u2019est pas liée à la foi», a expliqué l\u2019avocat, soulignant que Loyola est tout à fait disposé à enseigner les autres religions de façon neutre.Car l\u2019école n\u2019attaque pas le programme d\u2019ECR et ne demande pas la lune, insiste M® Phillips.«Nous voulons être honnêtes envers qui nous sommes», résume-t-il.Le gouvernement québécois prétend de son côté que le cours ne viole en rien les droits des croyants, mais qu\u2019il prône la découverte de l\u2019autre, dans le respect et la neutralité.La Cour a pris la cause en délibéré.Le jugement sera rendu ultérieurement.La Presse canadienne Les lettres du NPD dans Bourassa contestées HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa La Chambre des communes veut s\u2019assurer que le NPD n\u2019a pas fait campagne aux frais des contribuables lors des élections partielles de novembre dernier dqrnier.Il fait donc parvenir à Elections Canada un dossier pour que les envois partisans du NPD soient comptabilisés, si nécessaire, comme des dépenses électorales.«Le Bureau de régie interne IBRII a çonvenu d\u2019envoyer une lettre à Élections Canada pour l\u2019informer des conclusions du Bureau au sujet des envois postaux massifs que le NPD a effectués à l\u2019extérieur de ses circonscriptions.Ainsi, on s\u2019assurera qu\u2019Élections Canada est au courant de tous les coûts pouvant être attribuables à des dépenses électorales », a expliqué le ministre conservateur et porte-parole du BRI, John Duncan.Le BRI n\u2019a pas conclu que le NPD avait contrevenu aux règles de la Chambre des communes, mais trouvait inapproprié qu\u2019il «s\u2019assoie sur des informations qu\u2019il a cçlligées».Il fait donc savoir à Elections Canada que le NPD a envoyé 155428 lettres dans Bourassa, 165188 dans Toronto Centre et 65 003 dans Provencher, trois circonscriptions qui allaient aux urnes en novembre.Ces envois ont été faits dans les semaines, voire les jours précédant le déclenchement de l\u2019élection.Les lettres sont donc assurément arrivées pendant la campagne.Cette histoire a été mise au jour par Le Devoir.Quatre députés néodémocrates, Alexandre Boulerice, Guy Caron, Ny-cole Turmel et Sadia Groguhé, avaient envoyé des « lettres » aux électeurs de Bourassa, appelés aux urnes en raison de l\u2019élection de Denis Coderre à la mairie de Montréal.Ces lettres disaient notamment que «les gens de Bourassa [auraient! bientôt un choix à faire entre le NPD [.1 et les conservateurs».Un député peut envoyer aux frais de la Chambre des dépliants partisans seulement dans sa circonscription, mais il conserve le droit (limité en quantité) d\u2019envoyer des lettres partout au pays.Le NPD a intitulé ses dépliants partisans «lettres» et les a placés dans des enveloppes.Il a utilisé le privilège postal de quatre élus pour pouvoir en envoyer plus.L\u2019enjeu serait qu\u2019en utilisant la papeterie et les privilèges postaux de la Chambre, le NPD a fait disparaître de ses comptes une partie de ses dépenses électorales, ce qui lui aurait permis de dépenser davantage que ses adversaires.Le NPD soutient que les lettres ne constituent pas une dépense électorale parce qu\u2019elles ont été mises à la poste avant le déclenchement du scrutin.Avec Marie Vastel Le Devoir SENAT Un autre conservateur verra ses dépenses vérifiées MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Un sénateur conservateur est dans l\u2019embarras après avoir tenté de se faire rembourser un voyage à Washington, début février, alors que son parti avait refusé qu\u2019il en fasse la demande.Résultat, la totalité de ses demandes de remboursement, depuis sa nomination au Sénat en 2010, serait désormais à l\u2019étude.Le sénateur conservateur Don Meredith s\u2019est rendu dans la capitale américaine le mois dernier pour assister au National Prayer Breakfast, un événement annuel auquel participent le président américain, le vice-président, des élus des Etats-Unis et d\u2019autres politiciens internationaux.La whip conservatrice au Sénat, la sénatrice Elizabeth Marshall, avait d\u2019abord refusé que le sénateur déclare ce voyage dans le lot de ses notes de Irais afin de se faire rembourser par la Chambre haute.Le sénateur Meredith a néanmoins demandé de se faire rembourser 1294$ en frais d\u2019hôtel, de restaurant et de taxis de même que d\u2019utiliser les points de déplacement auxquels ont droit les parlementaires pour leurs voyages lorsque ceux-ci sont liés à leur travail parlementaire, selon ce qu\u2019a rapporté le Hill Times lundi.L\u2019administration du Sénat aurait rejeté cette demande, toujours selon l\u2019hebdomadaire, et toutes les réclamations de remboursement du sénateur Meredith depuis que Stephen Harper l\u2019a nommé au Sénat seraient en train d\u2019être étudiées par la Chambre haute.Le bureau des communications du Sénat n\u2019a pas répondu aux questions du Devoir sur cette affaire lundi, les sénateurs Meredith et Marshall non plus.En coulisse, on juge que cette histoire a tout l\u2019air d\u2019un règlement de comptes dans les rangs conservateurs.Certains ont dénoncé dans le passé le fait que le sénateur Meredith vole en classe affaires lors de ses déplacements entre Ottawa et sa résidence de Toronto.Le sénateur Meredith faisait en outre notamment partie de la poignée de sénateurs conservateurs qui se sont abstenus de voter la suspension de leurs collègues Pamela Wallin, Patrick Brazeau et Mike Duffy.Le Devoir Des phénomènes liés au réchauffement Il est plus clair que jamais que les phénomènes climatiques extrêmes sont directement liés aux bouleversements climatiques provoqués par l\u2019activité humaine, indique l\u2019Organisation météorologique mondiale dans son rapport annuel publié lundi.Et selon l\u2019organe onusien, le réchauffement planétaire «ne marque aucune pause».L\u2019agence de l\u2019ONU note aussi que 2013 «se classe au sixième rang, ex æquo avec 2007, des années les plus chaudes jamais enregistrées, confirmant la tendance au réchauffement observée sur le long terme».En fait, «chacune des trois dernières décennies s\u2019est révélée plus chaude que la précédente, la décennie 2001-2010 battant tous les records», note le rapport.Assurances privées en santé : de moins en moins généreuses Les assurances privées des Canadiens leur en donnent de moins en moins pour leur argent.Les remboursements payés depuis 20 ans ne cessent de chuter, même si, parallèlement, les primes sont plus élevées.C\u2019est la conclusion du chercheur Michael Law, qui publiait lundi une analyse dans le Journal de l\u2019Association médicale canadienne.Le chercheur à l\u2019Université de la Colombie-Britannique calcule qu\u2019il y a 20 ans, les remboursements aux assurés représentaient 92% des primes payées.En 2011, c\u2019était tout juste 74%.L\u2019Association canadienne des compagnies d\u2019assurances de personnes qualifie cette étude de «trompeuse».Lire > La version iongue du texte d\u2019Alexandre Shields sur LeDevoir.com D D Lire > La version iongue du texte d\u2019Amélie Daoust-Boisvert sur LeDevoir.com LE DEVOIR LE MARDI 25 MARS 2014 A 5 ACTUALITES Le Boeing disparu est tombé dans l\u2019océan Indien Kuala Lumpur \u2014 La Malaisie a levé une partie du mystère sur le vol MH370 en informant les familles effondrées que l\u2019avion était tombé dans l\u2019océan Indien, tandis que les recherches aériennes et maritimes du vol ont été suspendues mardi du fait de mauvaises conditions météorologiques.La décision prise par l\u2019autorité australienne de secours maritime de suspendre les recherches est survenue quelques heures après la confirmation par les autorités malai-siennes que l\u2019avion s\u2019est abîmé dans l\u2019océan Indien, faisant perdre espoir aux proches des passagers de l\u2019appareil, sans cependant faire la lumière sur les circonstances de sa disparition.Lundi, le premier ministre malaisien Najib Razak a indiqué qu\u2019une nouvelle lecture des observations satellitaires de la trajectoire du Boeing 777 de Malaysia Airlines conduisait aux eaux houleuses situées au large des côtes occidentales de l\u2019Australie, loin de toute piste d\u2019atterrissage.«C\u2019est avec profond regret et tristesse que je dois vous mformer que, selon ces nouvelles données, le vol MH370 a fini dans le sud de l\u2019océan Indien», a-t-il déclaré.Cette annonce dramatique conclut 17 jours d\u2019angoisse pour les proches des 239 personnes présentes à bord du Boeing, dont 153 Chinois et 4 Français.Elle ne répond pour autant à aucune interrogation quant au scénario ayant précipité le Boeing dans cette région parmi les plus isolées et inhospitalières de la planète.L\u2019opérateur de satellites Inmarsat et le Bureau britannique d\u2019enquête sur les accidents aériens «ont conclu que le MH370 a volé dans le couloir sud et que sa dernière position se trouvait au milieu de l\u2019océan Indien ».Agence France-Presse L\u2019administration Coderre sauve la prochaine saison de Bixi JEANNE CORRIVEAU Pour sauver la prochaine saison de Bixi à Montréal, l\u2019administration de Denis Coderre a créé un organisme sans but lucratif qui assurera les services de vélo en libre-service cet été.Mais le maire ne peut garantir la survie de Bixi au-delà de 2014.La Ville a conclu un contrat de gestion d\u2019un an avec Bixi-Montréal pour une somme de 4,3 millions de dollars.Elle accordera aussi à l\u2019organisme un prêt de 460000$ de même qu\u2019une subvention de 165000$ pour lui permettre de lancer ses activités.«On essaie de sauver les meubles», a résumé Denis Coderre lundi.Ce financement est conditionnel à l\u2019acquisition par la Ville des actifs de la Société de vélo en libre-service (SVLS) qui s\u2019est placée sous la protection de la Loi sur la Vi JACQUES NADEAU LE DEVOIR La Ville a conclu un contrat de gestion d\u2019un an avec Bixi-Montréal pour une somme de 4,3 millions de dollars.faillite en janvier dernier.Suzanne Lareau, p.-d,g.de Vélo Québec, et Marie-Elaine Farley, vice-présidente de la Chambre de la Sécurité financière, siégeront au conseil d\u2019administration de Bixi-Montréal.Le maire a indiqué que la stratégie de son administration était celle de la dernière chance : « Si on avait laissé aller [Bixi], on aurait perdu 50 millions et il n\u2019y aurait pas eu de saison.On a mis un garrot.Ça a arrêté de saigner.» La saison 2014 devrait commencer le 15 avril aux mêmes tarifs que l\u2019an dernier.Volet international La vente des actifs de Bixi à l\u2019étranger est plus problématique.Comme aucune des six propositions reçues n\u2019a été jugée satisfaisante, la Ville a invité les soumissionnaires à déposer une nouvelle offre au plus tard le 27 mars.Ces offres ne pourront être inférieures à quatre millions de dollars, dont un million versé comptant, le reste étant payable sur cinq ans.La Ville conserverait la propriété intellectuelle perpétuelle des logiciels.Si ce processus échouait, Montréal pourrait récupérer l\u2019ensemble des actifs de la SVLS, y compris le volet international de Bixi.«La Ville n\u2019a aucune intention d\u2019exploiter ou de soutenir financièrement les activités internationales de Bixi et nous chercherons à les revendre rapidement», a prévenu M.Coderre.Pour le chef de l\u2019opposition, Richard Bergeron, la gestion de Bixi par un OBNL pose problème: «Comme il n\u2019y a pas d\u2019élu au conseil d\u2019administration, l\u2019organisme ne sera pas assujetti à la Loi d\u2019accès à l\u2019information, si bien qu\u2019on ne pourra pas forcer la diffusion d\u2019informations.» Selon lui, il aurait mieux valu que Bixi soit cédé à la Société de transport de Montréal.Le Devoir De nouveaux détails émergent sur les fraudes de l\u2019ex-mairesse de Boisbriand BRIAN MYLES Ly ex-mairesse de Bois-' briand, Sylvie Berniquez Saint-Jean, a pris part à un «système frauduleux» dans l\u2019octroi des contrats publics, au bénéfice des firmes de génie-conseil Roche, BPR-Triax et du Groupe Sé^in.La collusion était bien enracinée à Boisbriand.Dès les années 2000, le maire Robert Poirier a mis en place un système de partage de la tarte.Le maire et son organisateur politique, Jean-Guy Gagnon (décédé), avaient promis à Gilles Cloutier, responsable du développement des affaires chez Roche, l\u2019octroi du contrat pour la réalisation des plans et devis de l\u2019usine de traitement des eaux.Le maire Poirier avait aussi promis les contrats d\u2019infrastructures à BPR-Triax, et les contrats de bâtiments à Séguin.Pour sécuriser leur relation privilégiée avec l\u2019administration Poirier, Gilles Cloutier et France Michaud (vice-présidente chez Roche) ont contribué à la campagne pour sa réélection, en 2002.Le Groupe Séguin et BPR-Triax en faisaient autant.Des documents retrouvés dans le bureau de France Mi-chaud attestent les pratiques de Roche en matière de développement des affaires.Les dons aux partis politiques, l\u2019influence sur le processus d\u2019appels d\u2019offres et l\u2019influence sur les membres des comités de sélection sont largement documentés.Des aveux Mme Berniquez Saint-Jean avait été élue conseillère au sein de l\u2019équipe du maire Poirier, en 1998.Elle lui a succédé à la mairie en juillet 2005.La nouvelle mairesse a perpétué le système en place jusqu\u2019à sa débâcle, en 2009.En février dernier, M\u201c® Berniquez Saint-Jean a reconnu sa culpabilité à des accusations de complot en vue de commettre une fraude, fraude, complot en vue de commettre un abus de confiance et abus de confiance.L\u2019exposé conjoint des faits était frappé d\u2019une ordonnance de non-publication pour préserver l\u2019équité des procès de ses coaccusés (France Mi-chaud, Gaétan Morin, Rosaire Fontaine et Robert Poirier).L\u2019ordonnance a été levée en partie lundi.Les faits admis par M\u201c® Berniquez Saint-Jean ne constituent pas de la preuve contre les coaccusés, qui bénéficient de la présomption d\u2019innocence.Mme Berniquez Saint-Jean a reconnu qu\u2019elle avait participé de plein gré à un système de répartition des contrats, avec Robert Poirier, Jean-Guy Gagnon, France Michaud, Gijles Cloutier, Rosaire Fontaine, Eric Bélanger et Michel Lalonde.Roche, BPR-Triax et le groupe Séguin étaient tous d\u2019im- portantes compagnies contri-butrices à la caisse électorale du parti Solidarité Boisbriand.La tenue du procès des coaccusés est incertaine.Le juge Normand Bonin doit statuer sur une requête de Robert Poirier pour changer d\u2019avocat, ce qui pourrait retarder les procédures de six semaines.La Couronne a également soulevé un problème de conflit d\u2019intérêts pour les avocats de France Michaud et de Gaétan Morin.Trois autres coaccusés (les entrepreneurs Lino et Giuseppe Zambito et l\u2019ex-conseiller municipal Claude Brière) doivent subir un procès séparé à l\u2019automne 2015 dans cette affaire.Le Devoir CHAMBRE DE COMMERCE DU MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN BOARD OF TRADE OF METROPOLITAN MONTREAL A LA UNE RBC ÉLECTIONS 2014 VENDREDI 28 MARS de 7 h 30 à 9 h FRANÇOIS LEG AU LT Chef, Coalition Avenir Québec MARDI 1\"''AVRIL de midi à 14 h PHILIPPE COUILLARD Chef, Parti libéral du Québec JEUDI 3 AVRIL de midi à 14 h PAULINE MARDIS Première ministre du Québec Chef, Parti Québécois I RESERVEZ DES MAINTENANT AU : 514 871-4001 I www.ccmm.qc.ca/ELECTIONS2014 En collaboration avec : Bdl CREATEURS D'AFFAIRES A 6 LE DEVOIR LE MARDI 25 MARS 2014 EDITORIAL LISTE ELECTORALE Vigilance et paranoïa Il n\u2019y a peut-être rien de plus grave en démocratie représentative que d\u2019accuser l\u2019adversaire d\u2019avoir «volé» les élections.Le Parti québécois a dépassé cette borne en fin de semaine, se livrant à des conjectures extrêmes.Il a rectifié le tir lundi.Cela ne signifie toutefois pas qu\u2019il y ait absence de problème.1 était très inquiétant de lire dans nos pages samedi les déclarations de Mathieu Vandal, président démissionnaire de la commission de révision électorale de Sainte-Marie-Saint-Jacques.«C\u2019est comme si l\u2019Aéroport international Trudeau était grand ouvert et qu\u2019on distribuait les visas gratuitement à ceux qui passent, sans poser de questions», illustrait-il.Ces affirmations ont réveillé de mauvais souvenirs chez de nombreux Québécois.Souvenirs du référendum de 1995, par exemple, après lequel le Directeur général des élections de l\u2019époque avait lancé de nombreuses poursuites contre des électeurs du Canada anglais.Comme le rappelle le collègue Michel David, 58 étudiants de Lennoxville avaient été reconnus coupables de vote illégal^en 1998.Parrni eux, nul autre que l\u2019actuel premier ministre de l\u2019Ile-du-Prince-Edouard, Robert Ghiz, qui ne s\u2019est jamais montré bien repentant, au contraire.L\u2019affaire rapportée samedi rappelait aussi les allégations __\t_ graves de l\u2019ancien directeur général du Parti li- béral du Canada au Québec Benoît Corbeil au sujet des méthodes de sa formation en 1995 : «Il y a eu une accélération du processus menant à la citoyenneté de milliers d\u2019immigrants au i ' - ¦/ Québec.Ce n\u2019était pas difficile: plusieurs com-A \u2014f ^ missaires à l\u2019immigration étaient liés au parti.» Bref, il y a sans doute des raisons d\u2019être traumatisé.Un tel sentiment peut conduire à la saine vigilance.Mais poussée à fond, celle-ci se mue en paranoïa.C\u2019est dans cet état qu\u2019ont sombré en fin de semaine plusieurs porte-parole péquistes.Alors qu\u2019ils auraient dû se borner à exprimer une inquiétude face aux quelques faits rapportés, alors qu\u2019ils auraient dû demander au DGE de s\u2019assurer que ces faits n\u2019étaient pas des irrégularités, le ministre de la Justice sortant, Bertrand St-Arnaud, a dérapé en affirmant: «Faut pas que l\u2019élection québécoise soit volée par des gens de l\u2019Ontario et par des gens du reste du Canada.» La ministre de la Eamille, Nicole Léger, a pour sa part évoqué «certains mouvements de masse dans certaines circonscriptions».Le DGE a démontré lundi qu\u2019il n\u2019en était rien.Parler de « vol » et de « mouvement de masse » était non seulement excessif, mais erroné.D\u2019autant que, parmi les circonscriptions qui ont fait l\u2019objet de surveillance, une seule pourrait être considérée comme sensible, même soumise à des « mouvements de masse».Comment le PQ pourrait-il se faire voler une élection même si un tel mouvement hostile s\u2019organisait dans Westmount ?La sortie de M.Vandal a toutefois eu pour effet de rendre le DGE plus vigilant.Déjà, dimanche et lundi, il précisait le processus d\u2019inscription des nouveaux électeurs, admettait la difficulté d\u2019appliquer la notion de « domicile ».Espérons que cela aura pour effet de bloquer les électeurs non admissibles.Car sur les réseaux sociaux, l\u2019affaire a semblé réveiller certains «Robert Ghiz» contemporains, lesquels s\u2019agitent et disent vouloir s\u2019ingérer dans la campagne électorale.Qr, dans un texte au Devoir, M.Vandal a déploré lundi le fait que «les décisions prises parfois à la hâte avec peu ou pas de ressources sont, en cas d\u2019erreur, irrévocables, et les inscriptions sont permanentes ».La vigilance s\u2019impose donc.Mais aussi, après l\u2019élection, une réflexion sur d\u2019éventuelles méthodes qui pourraient améliorer le processus québécois d\u2019inscription sur la liste électorale.ÉLECTIONS MUNICIPALES EN FRANCE Enracinement du FN Antoine Robitaille e premier tour des élections municipales en Erance a confirmé l\u2019ancrage du Eront national (EN) dans le paysage politique.Entre un taux d\u2019abstention record, synonyme de déficit démocratique, et un vote sanction marqué à l\u2019endroit du président Erançois Hollande et de la famille socialiste, le EN a récolté un nombre de votes le confortant comme troisième puissance politique, loin devant le Parti communiste, toutes les formations écologistes confondues, le MoDem et la famille centriste, le Eront de gauche et autres.Autrement dit, à la faveur de ce scrutin, le EN s\u2019est emaciné.Même si le second tour sera forcément moins violent que le premier, il n\u2019en reste pas moins que, lundi prochain, la majorité présidentielle devra recoller les morceaux d\u2019une défaite cinglante.Car il se trouve que, cette fois-ci, le scrutin le plus local qui soit a été imbibé _ comme jamais, si l\u2019on ose dire, par les vices I\tconstatés au niveau national.Bref, Hollande ^\t' est condamné à l\u2019accomplissement d\u2019un chape- ^\tlet d\u2019initiatives s\u2019il ne veut pas subir le sort de hL\tNicolas Sarkozy.Après les municipales, ce der- nier et son parti, l\u2019UMP, avaient perdu les Européennes, les régionales, les sénatoriales et enfin la présidentielle.En attendant la communication de la grande finale, force est de constater que le EN a réalisé plusieurs premières.Un frontiste a déjà été élu maire; pas moins de 229 candidats ont dépassé les 10% de votes; 456 fron-tistes ont d\u2019ores et déjà été élus conseillers municipaux, etc.À l\u2019évidence, la stratégie de banalisation du EN imposée par Marine Le Pen, et donc le gommage des saillies idéologiques chères au père, a d\u2019autant mieux réussi que l\u2019UMP sort quelque peu affaibli de ce premier tour.Vu la déroute infligée aux socialistes, ce dernier ne récolte pas autant de votes qu\u2019il aurait dû.Certes, l\u2019UMP a fait des gains, mais bon.Au cours des prochains jours, des tractations devraient se poursuivre entre candidats de l\u2019UMP et du PS afin de faire barrage, au nom du front républicain, aux prétendants du EN.D\u2019ores et déjà, les mandarins du PS se sont engagés à se désister partout «où le maintien du PS peut provoquer la victoire du FN».À rUMR l\u2019état-major a décidé d\u2019observer la règle du «ni pour le FN ni pour le front républicain ».Bizarrement, pour la finale de dimanche, le PS dispose de réserves de votes, on pense notamment à tous ceux qui se sont abstenus hier et qui penchent à gauche, dont l\u2019UMP ne dispose pas.En campant sur le ni-ni, cette formation prend aussi le risque de s\u2019aliéner le centre qui est viscéralement opposé aux idées du EN.Après le vote sanction, reste à attendre le vote d\u2019adhésion.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET éTuçiANTf iîuIScCoiÇ AAif»fZ-v/oUÎ Pff P/15-.tf BpHËÂuOC tiSTf ÊtffTeRALf M'A OÉMAÇfiyf i mAPLC m\\ LETTRES Les intentions cachées des fédéralistes Le 20 octobre 1995, le Conseil des relations internationales de Montréal organisait une rencontre à huis clos au Club Saint-Denis avec les membres du corps consulaire et du corps diplomatique (QACI) de Montréal avec des représentants du camp du oui et du non.J\u2019étais l\u2019organisateur de cet événement.En premier, Rita Dionne-Marsolais, du camp du oui, présente son option que nous écoutons tous avec intérêt.Puis arrive John Ciaccia, du camp du non.Il me demande un huis clos total de la salle, aucun serveur, aucun organisateur ne peuvent assister à sa présentation, contrairement à la présentation du camp du oui.Cette partie de l\u2019événement se déroula derrière des portes closes.Aujourd\u2019hui, nous pouvons facilement déduire la teneur des propos du camp du non en consultant le rapport du Clinton Library, publié par hasard pendant cette campagne électorale.Bien qu\u2019il dise que la reconnaissance d\u2019un Québec souverain ne serait pas automatique, le rapport dit également au sujet du passage des frontières: «Comme il s\u2019agit d\u2019une période de transition, rien ne changera dans l\u2019avenir immédiat.» En clair, ce sera «business as usual», car les intérêts économiques recherchent toujours la stabilité.Nous étions à une semaine d\u2019un référendum sur la souveraineté dont l\u2019issue était incertaine, aussi le représentant du non se devait de rassurer les représentations étrangères pour protéger les intérêts de ses supporteurs.Toutefois, encore aujourd\u2019hui, lorsque Couillard accuse le PQ d\u2019avoir un « agenda caché » sur un référendum, il ne fait que de l\u2019intimidation perpétuant la même campagne de peur économique accusant les autres de ses propres maux.La souveraineté, c\u2019est choisir ce que nous partageons avec le reste du monde et comment nous organisons notre développement socio-économique à l\u2019intérieur de nos frontières pour le partage de nos richesses humaines et naturelles.Les institutions financières et commerciales s\u2019adapteront à ce fait établi, et ne dépenseront pas un sou en prévision d\u2019un éventuel changement, mais demeur,ent sensibles aux campagnes de peur.Evidemment, ceux qui profitent de cette situation d\u2019asservissement iront jusqu\u2019à vendre des billets d\u2019avion à 10% du prix pour venir dire qu\u2019ils aiment le Québec.dans cette situation d\u2019asservissement.Bastien Guérard Montréal, le 21 mars 2014 Pourquoi pas Couillard ?L\u2019excellente prestation de Philippe Couillard lors du premier débat des chefs montre qu\u2019il a l\u2019étoffe et la stature pour devenir premier ministre du Québec.Sans rien enlever aux trois autres participants, c\u2019est celui qui s\u2019est le mieux illustré.Il était calme et posé, ses réponses étaient claires, ses questions pertinentes et ses interventions et ses messages bien articulés.Surtout, il ne s\u2019est pas laissé déstabiliser.Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019il mène dans les sondages.M\u201c® Marois a sans doute fait un faux pas important en recrutant Pierre Karl Péla-deau, dont la priorité est de faire un réfé- rendum alors que plus 60% de la population n\u2019en veut pas.Un gouvernement du Parti libéral avec une équipe en partie renouvelée et sûrement aussi compétente sinon plus que celle du PQ aurait les coudées franches pour faire avancer le Québec sur le plan de l\u2019économie, de la santé et de l\u2019éducation.Les derniers sondages montrent que le PLQ est en bonne position poin former un gouvernement minoritaire, et pomquoi pas majoritaire.Philipe Couillard a les qualités nécessaires pour diriger le Québec.Pour l\u2019avoir côtoyé à titre de représentant des usagers du milieu de la santé pendant plusieurs années, lorsqu\u2019il était ministre de la Santé, j\u2019ai pu apprécier sa grande intelligence et ses qualités de leadership et de gestionnaire averti.Nul doute qu\u2019il aurait les compétences pour négocier avec le gouvernement fédéral les dossiers qui feraient avancer le Québec sans avoir l\u2019arrière-pensée, comme présentement avec le PQ, de négocier en fonction d\u2019un Québec souverain, mais plutôt pour un Québec prospère.Jean-Marie Dumesnil Le 21 mars 2014 Le temps passe Indépendantiste depuis 1960, je n\u2019ai jamais perdu espoir.Je n\u2019ai jamais voté pour un autre parti politique que le Parti québécois, depuis la première fois en 1970.Je me suis cependant abstenu à trois reprises : la première fois, à l\u2019élection qui a suivi le discours de Lucien Bouchard au Centaur.Les deux autres fois : quand Pierre Marc Johnson puis André Boisclair ont été chefs du parti.Je vais m\u2019abstenir de nouveau cette fois.Pourquoi?Parce que, comme d\u2019autres avant elle, M\u201c® Marois semble incapable d\u2019assumer ouvertement le désir d\u2019indépendance du Québec.Elle essaie de « farfiner » sur la question.[.] Je ne suis qu\u2019une voix, un vote.Il m\u2019apparaît très probable qu\u2019à mon âge, je ne verrai jamais l\u2019indépendance du Québec.Le temps qui passe, c\u2019est aussi faire des deuils, de toutes sortes.Maurice Leduc Outremont, le 22 mars 2014 La peur et le Québec: regard d\u2019un immigrant Il y aura bientôt 34 ans que je suis arrivé au Québec.Si vous faites un petit calcul, vous noterez que c\u2019était pendant le référendum de 1980.J\u2019étais alors un enfant et je me demandais bien ce que voulaient dire les «Qui» et les «Non» affichés sur les balcons (une tradition perdue.).Au lendemain du «Non», dans la cour d\u2019école, un de mes camarades m\u2019avisa que j\u2019avais été chanceux, car si le «Qui» avait gagné, il aurait fallu retourner chez nous (Erance).Ce fut là une conversation qui m\u2019a marqué ! En vieillissant et en m\u2019intéressant à la politique québécoise, j\u2019ai pris la mesure de la campagne de peur qu\u2019il avait dû y avoir durant ce référendum.Il était évident que nous n\u2019aurions pas été « déportés » ! Mais 34 ans plus tard, dans une campagne électorale oû la question nationale est bien présente, c\u2019est comme si j\u2019étais revenu dans ma cour d\u2019école.La peur reste l\u2019arme principale de ceux qui s\u2019opposent à une idée «nationale» du Québec.Et toujours avec succès, à ce que je peux noter.Pourtant, pendant les 34 ans que j\u2019ai habité ici, j\u2019ai appris à aimer le Québec.Je n\u2019ai jamais eu le sentiment que c\u2019était un petit peuple refermé sur lui-même.Je n\u2019ai jamais eu le sentiment que les Québécois étaient incapables de relever des défis collectifs.Alors, je ne peux qu\u2019être très triste de voir mes concitoyens continuer à réagir positivement à une élite politique qui essaie constamment de lui faire croire le contraire.Et quand on est comme moi un immigrant, on réalise de plus en plus qu\u2019il y a un réel risque de « cassure » : comment s\u2019identifier à un peuple qui a peur de se définir collectivement?Et il n\u2019est pas nécessaire de voter pour l\u2019indépendance pour ça.Simplement développer la fierté d\u2019avancer collectivement plutôt que d\u2019être un ensemble d\u2019individus vivant à l\u2019intérieur d\u2019une même juridiction politique.Pouvoir se promener dans la rue et savoir que l\u2019on partage avec nos concitoyens quelque chose de plus grand que la somme de nos individualités.Et après 34 ans au Québec, c\u2019est mon plus grand souhait, ma principale vraie « affaire ».Eric Alvarez Québec, le 22 mars 2014 Un film à voir ! Il faut voir et entendre le film de Simon Beaulieu, Miron, un homme revenu d\u2019en dehors du monde.Ma femme, qui aime L\u2019homme rapaillé, a pleuré.Et moi qui ai enseigné le cinéma toute ma vie active, je sentais tout au long que j\u2019avais le privilège de vivre une expérience cinématographique.Sacré Beaulieu ! Il a compris le cinéma documentaire.Il ne s\u2019est pas servi de Miron pour monter ses images, pour monter dans ses images à lui.H a ramassé, il a rapaillé les images du pays (ce pays sans bon sens) qui traînent dans nos archives nationales et il a fait monter les mots de Miron au travers de ces images-là.Et je me disais, de temps en temps, en essayant de comprendre les images rapaillées sur l\u2019écran, qu\u2019il n\u2019est pas facile de faire des images claires de notre réalité qui est embrouillée.Et puis, à d\u2019autres moments, je pensais à Perrault qui disait qu\u2019il fallait batailler drôlement pour nous donner les images de notre pays à nous.Cependant que les mots de Miron me disaient que l\u2019amour charnel n\u2019est que la métaphore de l\u2019amour du pays.J\u2019entends encore les derniers mots que Miron prononce dans le film, des mots qu\u2019il emprunte à Jean Bouthillette dans Le Canadien français et son double : « Ce que doit vaincre le peuple canadien-français, c\u2019est sa grande fatigue, cette sournoise tentation de la mort.» Et je pense à cet article puissant d\u2019Hubert Aquin: La fatigue culturelle du Canada français.Et je me dis que Miron, le plus grand poète de notre pays, est mort un an après la défaite de l\u2019indépendance nationale de 1995.Je me dis aussi que Perrault, le plus grand cinéaste documentariste de notre pays, est mort trois ans plus tard; Perrault qui disait: «je me suis voulu d\u2019un pays qu\u2019on ne voulait pas».Paul Warren Québec, le 23 mars 2014 LE DEVOIR, LE MARDI 25 MARS 2014 A 7 IDEES L\u2019anglais exclusif en 6® année : une improvisation irresponsable CHARLES CASTONGUAY Professeur retraité de mathématiques à rUniversité d\u2019Ottawa uelle est la meilleure façon Q d\u2019enseigner l\u2019anglais au Québec?Nous semblons incapables de nous appuyer sur des données objectives pour trancher la question.Le discours populiste occupe le haut du pavé et l\u2019envolée idéologique tient lieu de raisonnement.Quel est, par exemple, l\u2019âge optimal pour commencer l\u2019an-glais?Fort du préjugé populaire en faveur de l\u2019apprentissage précoce d\u2019une deuxième langue et sur la foi de quelques «projets pilotes », le gouvernement Bourassa du début des années 1970 a voulu faire commencer l\u2019anglais dés la année.Il tombait mal.A l\u2019époque, une expérience britannique d\u2019envergure concluait qu\u2019à un nombre égal d\u2019heures d\u2019apprentissage, il valait mieux retarder l\u2019enseignement d\u2019une deuxième langue jusqu\u2019à un âge où l\u2019enfant est le plus en mesure d\u2019en profiter.On est arrivé à ce résultat en Angleterre en suivant un protocole rigoureux.Des dizaines de milliers de sujets expérimentaux ont commencé le français au début du primaire.A la fin du secondaire, on a comparé leur maîtrise du français à celle de dizaines de milliers de sujets témoins qui l\u2019avaient commencé trois ans plus tard, tout en ayant accumulé autant d\u2019heures de français que les sujets expérimentaux.Des recherches réalisées dans d\u2019autres pays ont abouti au même constat.La commission Ùl-rose a par conséquent recommandé en 2001 de ne commencer l\u2019anglais qu\u2019à la fin du primaire, en l\u2019enseignant de façon concentrée au dernier cycle ainsi qu\u2019au secondaire.Qu\u2019importe.Attentif au seul préjugé populaire, Jean Charest a jugé que le fruit était mûr.En arrivant au pouvoir en 2003, il impose l\u2019anglais en année partout.En fin de mandat, il refait le coup.Il décrète en 2011 l\u2019enseignement «intensif» de l\u2019anglais en 6® année dans toutes les écoles.L\u2019expression est trompeuse.Il s\u2019agit de l\u2019enseignement exclusif de l\u2019anglais \u2014 à l\u2019exclusion de toutes les autres matières ! \u2014 durant la totalité de la seconde moitié de la dernière année du primaire.Comme d\u2019habitude, le décret ne s\u2019appuie que sur des «projets pilotes» menés par-ci par-là.Toujours avec le même succès, à en croire la Société pour la promotion de l\u2019enseignement de l\u2019anglais au Québec (SPEAQ), un lobby financé par Patrimoine canadien.Le gouvernement Marois n\u2019a pas mis fin à cette improvisation.Tout au plus a-t-il ralenti la cadence en renvoyant au conseil d\u2019établissement de chaque école la décision de mettre le plan Charest en œuvre ou non.Sur quoi pourra-t-on fonder cette décision ?Le gouvernement Marois a aussi confié à l\u2019ENAP le soin d\u2019évaluer l\u2019enseignement exclusif de l\u2019anglais en 6® année.Sur quoi l\u2019ENAP s\u2019appuiera-t-elle ?Une évaluation adéquate comparerait le niveau atteint en anglais, en français et en JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019efficacité tant vantée de l\u2019anglais «intensif» serait-elle une fumisterie?Les données de recensement indiquent que oui.mathématiques à la fin du secondaire par des sujets expérimentaux passés par l\u2019anglais exclusif en 6®, avec le niveau atteint par des sujets témoins qui auraient bénéficié d\u2019une augmentation identique mais plus étalée du nombre d\u2019heures d\u2019anglais au dernier cycle du primaire et au secondaire.Comme celle réalisée en Angleterre, une telle évaluation ne se fait pas en criant lapin.Le rapport de l\u2019ENAP ne pourra donc pas être concluant.Or, le temps presse.S\u2019il devient premier ministre, Philippe Couillard s\u2019est engagé à relancer l\u2019anglais exclusif en 6®.Cet engagement est-il responsable?L\u2019électeur est réduit à en juger avec les moyens du bord, soit les données du recensement.La SPEAQ assure qu\u2019après être passé par l\u2019anglais exclusif, «l\u2019élève s\u2019exprime avec aisance et utilise un vocabulaire et des expressions variés dans une multitude de situations».Quasiment tous devraient donc pouvoir soutenir une conversation en anglais, c\u2019est-à-dire être bilingues selon le recensement.Comme success story,^ la SPEAQ cite à répétition le projet pilote d\u2019anglais «intensif» mené dans la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean.La CSLSJ s\u2019est appliquée à répandre cette méthode dans ses écoles primaires dès 2005.Le recensement de 2011 devrait par conséquent révéler un niveau élevé de bilinguisme parmi ses écoliers.Pas du tout.Il n\u2019a compté que 10% de bilingues parmi les enfants francophones âgés de 10 à 14 ans dans la CSLSJ.Peut-être est-ce mieux qu\u2019ailleurs?Non plus.Dans les trois autres commissions scolaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où l\u2019enseignement «intensif» de l\u2019anglais était moins répandu, le taux correspondant se situait entre 7 et 11%.Aucune différence significative avec la CSLSJ.Le niveau était-il encore plus médiocre auparavant?Pas davantage.En 2006, le taux de bilinguisme était de 9% parmi les 10-14 ans dans la CSLSJ.Aucune évolution significative, donc.Le site de Statistique Canada remonte jusqu\u2019au recensement de 2001 pour les agglomérations urbaines.Celle d\u2019Alma regroupe 63% de la population de la CSLSJ.Le taux de bilinguisme des 10-14 ans y était de 13% en 2001, 10% en 2006 et 11% en 2011.En définitive, l\u2019anglais spécialement intensif dans la CSLSJ depuis 2005 n\u2019a rien donné de plus que son enseignement plus habituel offert auparavant ou dans les trois commissions scolaires avoisinantes.La SPEAQ nous assure encore que «les élèves ayant suivi un cours intensif au primaire ont maintenu un niveau élevé de compétence fonctionnelle en anglais [au secondaire] et tiennent à [le] maintenir en lisant, en regardant la télévision, en cherchant des occasions de parler en anglais, en naviguant sur Internet, et ce, tout en anglais».Or sur le territoire de la CSlAj, 29% des 15-19 ans étaient bilingues en 2011, comparativement à un taux variant entre 28 et 30% dans les trois commissions scolaires avoisinantes.Le taux dans la CSLSJ était de 28% en 2006.Rien ne fait ressortir non plus du rang le degré de bilinguisme en 2011 des jeunes francophones du Saguenay-Lac-Saint-Jean et, en particulier, de la CSLSJ, par comparaison avec les taux correspondants en 2011 dans les autres régions administratives à population très fortement francophone.Bref, une surdose d\u2019anglais au dernier cycle du primaire ne serait qu\u2019un coup d\u2019épée dans l\u2019eau, sans effet durable.L\u2019efficacité tant vantée de l\u2019anglais «intensif» serait-elle une fumisterie?Les données de recensement indiquent que oui.Certes, elles ne permettent pas d\u2019évaluer l\u2019effet d\u2019un arrêt de l\u2019enseignement des mathématiques et du français, par exemple, à la fin du primaire, sur le degré d\u2019aisance des élèves dans ces matières l\u2019automne suivant, en arrivant au secondaire.Mais de toute évidence, cet effet ne saurait être positif.» De l\u2019usage du mot « épique On reproche aux utilisateurs du mot de l\u2019employer dans des contextes qui n\u2019ont vraiment rien de grandiose.Critique fondée ?CAROLINE ALLARD Ex-doctorante en philosophie, elle est l\u2019auteure des Chroniques d\u2019une mère indigne et de Pour en finir avec le sexe (Éditions du Septentrion).Elle délaisse parfois l\u2019humour pour revenir à ses anciennes fréquentations, dont l\u2019analyse du langage.ne vie doit-elle être \u201cépique\u201d pour être digne d\u2019être vécue ?», me demandait un ami, surpris par l\u2019usage abondant et varié que font nos contemporains dudit mot.Une rapide incursion sur Twitter semble prouver que, de nos jours, le meilleur ou le pire de la vie est épique (ou #epic) ; du grand écart de Jean-Claude Van Damme {«Je ne la regarderai jamais assez!!! The #Epic Split feat.Van Damme») aux pitreries de nos animaux domestiques {«Mon chat qui roule et se casse la gueule de mon lit #épique.»).Par définition, épique est relatif à l\u2019épopée, une suite d\u2019aventures extraordinaires, grandioses ou héroïques.Une théorie veut d\u2019ailleurs que l\u2019engouement actuel pour ce mot soit dû à l\u2019immensément populaire jeu vidéo World of Warcraft, dont l\u2019un des niveaux les plus convoités permet d\u2019acquérir des objets de qualité dite épique.Admettons qu\u2019il soit légitime pour un jeu d\u2019aventures de se réclamer d\u2019une dimension épique.Le grand reproche adressé aux utilisateurs du mot en question est qu\u2019ils l\u2019emploient à l\u2019excès dans des contextes qui n\u2019ont rien de grandiose ; ainsi, plusieurs penseront que l\u2019auteur du tweet «J\u2019ai retrouvé mes lunettes #Epic» aurait pu se garder une petite gêne.Aux puristes, rappelons qu\u2019« épique » possède Des Idées EN REVUES Chaque mardi.Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019une revue d\u2019idées afin qu\u2019ils présentent leur perspective sur un sujet qui les préoccupe ou dont ils traitent dans les pages du dernier numéro de leur publication.Cette semaine, un texte de la revue Nouveau Projet, n° 5 (printemps-été 2014), qui arrive en kiosque ce mardi.un sens familier qui permet qu\u2019on l\u2019utilise comme synonyme de pittoresque ou de mémorable.L\u2019hyperbole justifie aussi qu\u2019on emploie le mot épique pour décrire des aventures moins que glorieuses, souvent de manière ironique.Si nous questionnions la personne qui a retrouvé ses lunettes, sans doute admettrait-elle que sa mésaventure n\u2019a rien d\u2019épique en soi, mais qu\u2019elle a trouvé plaisir à la relater sous cet angle exagéré et railleur.Avis, donc, à tous les pourfendeurs de l\u2019épique trivial: nous sympathisons avec vos revendications, mais vous avez tort (#EpicFail).Cela étant réglé, posons-nous plutôt la question suivante : dans le grand cycle des expressions populaires d\u2019ébahissement, quels mots « épique » a-t-il éclipsés ?Dans le contexte québécois, on pense spontanément aux expressions c\u2019est malade (mental) !, c\u2019est fou!, c\u2019est débile (mental) ! Etre abasourdi par un phénomène revenait à l\u2019associer à une altération de la condition mentale.En nous exclamant «c\u2019est fou ! », nous véhiculions l\u2019idée selon laquelle ce qui nous saisissait se situait au-delà de la normalité psychique.De l\u2019extraordinaire d\u2019un point de vue mental (le «fou»), nous sommes passés, avec l\u2019épique, à un extraordinaire plus tangible, physique.Aujourd\u2019hui, pour nous faire valoir, mieux vaut donc miser sur quelque chose de palpable et relater nos aventures épiques plutôt que nos folles histoires.N\u2019empêche, le fait qu\u2019il soit coopté par le quotidien {«Chanter du Céline Dion au petit-déj\u2019en famille Dépique») rend l\u2019épique moins grandiose.Pour preuve, ce tweet posté par une personne déçue d\u2019un spectacle: «Oui, c\u2019était épique, mais ça aurait pu être plus épique, ça m\u2019a pas laissé une impression de malade.» Signe que parfois, le subjectif l\u2019emporte.Les irréductibles ennemis de !\u2019« épique » peuvent se consoler: le terme finira lui aussi par disparaître pour aller rejoindre les buzzant, capoté et autres expressions exploitées dans le générique de Watatatow.Si je me fie à mon adolescente, le processus est déjà bien enclenché.Vous auriez dû voir sa tête quand je lui ai dit que j\u2019écrivais un article sur le sujet.Epique.Des commentaires ?Des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à arohitaille@ledevoir.com.Un nouveau combat pour les femmes PASCALE NAVARRO Auteure de Les femmes en politique changent-elles le monde ?n pleine campagne électorale, on se soucie souvent des candidatures féminines pour mesurer le progressisme d\u2019un parti.Pourtant, des jeunes femmes trouvent, elles, que ce progressisme est bien relatif.L\u2019égalité dont on se vante tant au Québec ne fait pas que des heureuses.Ainsi, Annie Cloutier lance un essai qui interpelle les féministes.Aimer, materner, jubiler (VLB éditeur), voilà le titre du livre dans lequel l\u2019auteure déploie une critique sentie de ce qu\u2019elle appelle le dogme féministe.On peut réfléchir sur ces derniers mots (et il faudrait s\u2019y atteler sérieusement), mais retenons qu\u2019Annie Cloutier estime que les féministes québécoises ont la mainmise sur l\u2019organisation de la vie en société, et sur notre vie de tous les jours.Mon objet n\u2019est pas de faire une critique de son livre ici, mais disons rapidement qu\u2019elle reproche à la doxa féministe d\u2019imposer l\u2019idée que les femmes doivent travailler contre rémunération, et les mères aussi, afin de jouir d\u2019une dignité sociale.Je pense résumer assez bien sa pensée.Ce livre est provocateur, notamment dans le sous-titre, «l\u2019impensé féministe », qui sous-entend que la maternité n\u2019a pas sa place dans le féminisme.Annie Cloutier n\u2019est pas la seule à trouver que le rôle maternel n\u2019a de place nulle part, et que les femmes sont tombées dans le piège qui les oblige désormais à travailler, à materner, et à s\u2019épuiser, le tout en gardant la taille fine et le sourire radieux.Dans la génération Y, c\u2019est un courant fort que Cloutier représente, tout comme la dramaturge Fanny Britt avec son livre Les tranchées ou encore la romancière et essayiste française Eliette Abécassis, qui publiait il y a quelques années Le corset invisible (Albin Michel).En gros, ces jeunes femmes, et d\u2019autres, accusent le féminisme d\u2019avoir berné les femmes.Comme féministe, on peut se sentir heurtée (et je le suis, je ne veux berner personne !), mais ces auteures touchent un point névralgique, à savoir que ce qui concerne le monde féminin n\u2019a pas grande valeur sociale.Elles ont beau prendre des raccourcis, faire des insinuations discutables, elles ont raison : ce qui a trait à la maison, au domestique, aux enfants, aux soins des autres, est ennuyeux, sans valeur, sans statut.Déjà, je sais que des lecteurs, et beaucoup de lectrices, vont lever les yeux au ciel, tant ces sujets les font bâiller d\u2019ennui.Mais ils ont tort.La productivité mondiale ne serait rien sans toute cette activité domestique qui permet aux institutions et aux entreprises de tourner : ménage, cuisine, soins domestiques, soin aux enfants, aux aînés, et toute la charge mentale qui vient avec.Le féminisme a voulu que les femmes soient libres, que les hommes et les femmes soient égaux.C\u2019est vrai que cette révolution a laissé dans son sillage beaucoup de foyers monoparentaux, de femmes épuisées et seules.Mais je dis aux femmes critiques du féminisme qu\u2019il n\u2019en est pas la cause.C\u2019est plutôt que la révolution est inachevée.Ainsi, je comprends tout à fait la peine et la colère d\u2019Annie Cloutier et de ses collègues.On aime des femmes ce qui fait plaisir (leur sexualisation), c\u2019est tout.En revanche, parler d\u2019un point de vue féminin n\u2019a aucune autorité dans notre société (combien de femmes aux cheveux blancs voit-on sur les plateaux de télévision et les pages couverture de magazines?).Et c\u2019est cela qui me met en colère, moi aussi.Au lieu de s\u2019opposer au féminisme, je souhaite que ces jeunes femmes se proposent plutôt de l\u2019investir, et d\u2019en renouveler les termes.Et je serai du combat.Au lieu de s\u2019opposer au féminisme, je souhaite que ces jeunes femmes se proposent plutôt de l\u2019investir, et d\u2019en renouveler les termes m f JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ce qui a trait à la maison, au domestique, aux enfants, aux soins des autres, est ennuyeux, sans valeur, sans statut.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (éducatio Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Philippe Orfah (reporters); information politique : Marco Portier (chef de division), Michel T)s>i\\A(chroniqueur), Hélè Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québe Guillaume Bourgault-Côté (reporter)-, Véronique Chagnon et Louis Gagné (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), Jr Carpentier (pupitre)-, information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins, Éric Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettino-Parazelh (reporters), Gérald DaUaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesq et GuyTaillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Émihe Fohe-Boivin (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clave 1, Marie-Pier Frappi Benoit Munger, Philippe Papineau et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Florence Sara G.Ferraris (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michéle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire); Lai Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Édith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, An EHmam, Nathalie Jobin (par intérim), Claire Paquet, Catherine Pelletier et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Élise Girard (secretaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard E Cormiers, Donald Fihon, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Me.(coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Olivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Fihon, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptable Claudette Béhveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Florentina Draghici, Céhne Furoy et Véronique Pagé. A8 LE DEVOIR LE MARDI 25 MARS 2014 ACTUALITES CHAEEST SUITE DE LA PAGE 1 d\u2019élire un gouvernement libéral.«Donnez-vous un coup de pied dans le derrière», a lancé le chef caquiste.«Si vous voulez reconnaître que les neuf années libérales ont donné la merde qu\u2019on a actuellement, bien changez! Essayez une autre recette ! » Au même moment, Jean Charest a fait une apparition, lundi à Montréal, prononçant une allocution, devant la Chambre de commerce française au Canada, dans laquelle il a vanté les réalisations économiques de l\u2019ancien ministre des Finances, Raymond Bachand.L\u2019ex-premier ministre a ensuite évité les journalistes en s\u2019enfuyant par les cuisines de l\u2019hôtel.La montée du PLQ dans les sondages suscite un mélange d\u2019incompréhension et de colère dans le camp caquiste.«Ça me choque.[.] Les Québécois oublient vite», a déploré M.Legault, qui poursuivait sa campagne à Trois-Rivières et Bécancour.«Dépassé» par la perspective de l\u2019élection d\u2019un gouvernement libéral le 7 avril prochain, le chef caquiste a appelé à la raison les électeurs paniqués de voir la campagne électorale se transformer en campagne référendaire.«Philippe Couillard fait peur au monde avec le référendum.Moi, f aurais le goût que les Québécois recommencent à gagner.J\u2019aurais le goût qu\u2019ils votent positivement», a-t-il affirmé.François Legault a demandé une nouvelle fois lundi au chef du PLQ de préciser ses liens avec l\u2019ancien directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), Arthur Porter.«Je ne sais pas quelle sorte de poisson ils allaient prendre ensemble?», s\u2019est-il interrogé.«Les Québécois ont le droit de savoir.» Pour sa part, Pauline Marois n\u2019a pas voulu mettre en doute l\u2019intégrité du chef libéral.«Tant qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019allégation et de démonstration qu\u2019il était en cause, je respecte M.Couillard et ce qu\u2019il est», a-t-elle dit.Elle a aussi refusé d\u2019aller jusqu\u2019à affirmer que le PLQ était corrompu.En matière d\u2019intégrité, le comportement du PQ est irréprochable, a soutenu Pauline Marois quand on lui a rappelé les irrégularités relevées dans le rapport Moisan sur l\u2019utilisation de prête-noms pour le financement du PQ et celles qui ont marqué le financement de sa course à la chefferie.«Jamais je n\u2019accepterai qu\u2019on compare le Parti québécois à l\u2019éthique élastique du Parti libéral du Québec.Le PQ a toujours respecté la Loi sur le financement des partis politiques», s\u2019est-elle défendue.Couillard réplique A Sherbrooke, Philippe Couillard a déploré l\u2019attitude des péquistes «de s\u2019auto déclarer les champions de la pureté.Je m\u2019excuse, mais le rapport Moisan n\u2019était pas sur le PLQ.» Le chef libéral a accusé Pauline Marois de vouloir refaire l\u2019élection de 2012.«Sauf qu\u2019elle est finie, cette campagne.Ces questions ont été posées.Ce qui est sur la table, c\u2019est le bilan du PQ depuis 18 mois», a-t-il dit.Philippe Couillard estime néanmoins que «les questions [sur l\u2019intégrité] sont toujours justifiées».Mais il refuse de dévoiler quelles questions il souhaite adresser à Pauline Marois sur son intégrité.«J\u2019ai dit que si elle choisissait ce terrain au débat [des daeh,], j\u2019aurais des questions.Mais je n\u2019entends pas les poser aujourd\u2019hui.» 11 a soutenu que ces questions «ne sont pas prioritaires pour [lui].Je parle d\u2019emploi et d\u2019économie».Au sujet de la commission Charbonneau, Philippe Couillard a répété lundi qu\u2019il aurait souhaité qu\u2019elle soit créée plus tôt.«Je pense qu\u2019il aurait été bénéfique de le faire plus tôt», a-t-il dit.avant de suggérer le contraire.«Ceci dit, elle est en place, et son effet bénéfique sera le même.Ce n\u2019est pas le délai de mise en place qui va faire que ce sera moins utile.[.] En définitive, il n\u2019y aura pas d\u2019impact sur la qualité.» Lundi, Pauline Marois a promis de présenter, dès sa prise du pouvoir, un projet de loi pour assurer la protection des dénonciateurs d\u2019actes répréhensibles dans les organismes publics.Philippe Couillard s\u2019est montré ouvert à l\u2019idée, mais il a exprimé des réserves.Une protection trop grande pourrait «instaurer un climat de dénonciation permanent», craint-il.Le Devoir GUERRE SUITE DE LA PAGE 1 sion va être constante pour démontrer qu\u2019une partie importance du monde ne va jamais accepter cela.» 13 Canadiens mis au ban par Moscou La Russie a quant à elle riposté aux sanctions canadiennes imposées la semaine dernière en interdisant de séjour 13 parlementaires et représentants canadiens, dont le président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, et le leader parlementaire du gouvernement, Peter Van Loan.« Un honneur», selon certains des députés visés par l\u2019interdiction.Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé vouloir répliquer à «un geste inacceptable du côté canadien, qui a gravement affecté les relations bilatérales», indique-t-on dans un communiqué.Qttawa avait annoncé la semaine dernière des sanctions contre des représentants russes, ajoutant que ces gens seraient dorénavant\tnon gratæ au Canada, afin de dénoncer l\u2019annexion de la Crimée à la Russie.Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a soutenu lundi que tout Etat s\u2019arrogeant le droit de redessiner les frontières de l\u2019Europe au XXL siècle fait fausse route.«Aucune des personnes citées aujourd\u2019hui [dans la liste de Moscou] ne représente une menace à l\u2019intégrité territoriale ou à la souveraineté de la fédération de Russie.Je pense que cela nous démontre que nous avons clairement attiré l\u2019attention des gens au Kremlin.» Selon le chef du NPD, Thomas Mulcair, cette riposte de Moscou était prévisible.«C\u2019est un signe que nous entrons dans une ère de relations nettement plus froides.Eranchement, si c\u2019est le prix à payer pour commencer à envoyer un message à [Vladimir] Poutine, eh bien ce sera ça!», a-t-il lancé, à Qttawa.Les autres élus ciblés par les sanctions russes sont les députés conservateurs Ted Qpitz, James Bezan et Dean Allison, les hbé-raux Irwin Coder et Chrysfia Freeland, ainsi que le néodémocrate Paul Dewar.«Mon interdiction de séjour en Russie, je la porte comme un badge d\u2019honneur, et je suis fier d\u2019être en si bonne compagnie», a indiqué M.Cotier dans un communiqué.M.Harper est le seul leader du G7 à avoir ef- YVES HERMAN AGENCE ERANCE-PRESSE Le premier ministre canadien, Stephen Harper, aux côtés de ia première ministre du Danemark, Heiie Thorning-Schmidt, au cours d\u2019un sommet sur ie nuciéaire, à La Haye, aux Pays-Bas, iundi.fectué une visite en Ukraine et rencontré le nouveau gouvernement en place à Kiev depuis les récents bouleversements.11 devait faire un compte rendu de sa visite de samedi à ses homologues lors d\u2019une réunion d\u2019urgence du G7 sur la crise, lundi à La Haye.L\u2019Ukraine opte pour la diplomatie Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a pour sa part réaffirmé hier que son pays souhaitait régler la crise actuelle par la voie diplomatique.«La position du gouvernement est d\u2019utiliser tous les moyens pacifiques pour régler pacifiquement ce conflit.Mais nous ne savons pas quels sont les plans de la Russie, ceux du président Poutine», a souligné le ministre.«C\u2019est pour cela que nous demandons à ren- contrer les Russes.Nous voulons savoir ce qu\u2019ils pensent sur l\u2019Ukraine», a-t-il poursuivi.Ces efforts diplomatiques sont intervenus à un moment où Kiev a décidé lundi de retirer ses soldats de Crimée.Le président par intérim, Qlexandre Tourtchinov, a signé un décret prévoyant le redéploiement en Ukraine continentale des troupes présentes dans la péninsule.Après s\u2019être emparées par la force à l\u2019aube d\u2019une base d\u2019infanterie marine à Feodossia, les Russes ont quasiment achevé la prise de contrôle de la Crimée, un mois après la destitution du président ukrainien, Viktor lanouko-vitch, favorable à la Russie.Avec La Presse canadienne et l\u2019AFP Le Devoir CONSTRUCTION SUITE DE LA PAGE 1 distinguer les entrepreneurs qui valorisent l\u2019intégrité et la transparence de leurs concurrents aux moeurs plus légères.L\u2019ACQ veut faire avec ce programme pour les entrepreneurs ce que l\u2019appellation d\u2019origine contrôlée a fait pour les viticulteurs : établir une distinction marquée entre les grands crus et les piquettes de dépanneur.Les entreprises, qui seront certifiées par un organisme externe, auront leur logo.Elles devront se soumettre à une évaluation rigoureuse, former leur personnel, et assurer un suivi continu pour avoir le droit au logo.Le public aurait accès à un mécanisme de traitement des plaintes, et les entrepreneurs fautifs pourraient perdre leur certification en cas de manquements.L\u2019ACQ veut faire plus qu\u2019un coup de marketing avec cette initiative.«Si on fait de quoi, il faut que ça soit réel et crédible», affirme Pierre Hamel, avocat de l\u2019ACQ.Selon la présidente du conseil, Manon Bertrand (la première femme à occuper ce poste), l\u2019initiative vient «de la pression des membres», qui en ont assez d\u2019être dépeints comme des ar-naqueurs en puissance.«Les entrepreneurs voulaient vraiment avoir quelque chose pour les aider.A un moment donné, l\u2019image n\u2019était pas très bonne, et ils se disaient: \u201cnous, on est intègres.Comment faire pour le dire aux donneurs d\u2019ouvrage et au public ?\u201d», explique-t-elle en entrevue.Un long chantier L\u2019ACQ a lancé son chantier éthique en 2012, sans trop s\u2019en vanter publiquement.Elle a confié au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (Cl-RANQ) le mandat de faire une revue des expériences internationales.Des groupes de discussion et des sondages ont permis de constater que les entrepreneurs et le grand public en arrivaient aux mêmes conclusions.L\u2019industrie traverse la pire crise d\u2019éthique et d\u2019intégrité de son histoire, et elle ne pourra faire l\u2019économie d\u2019une réforme en profondeur pour rétablir sa réputation.Le statu quo est tout simplement intolérable.«Les entrepreneurs en construction sont au cœur de cette crise et, selon la population, il est très difficile dans ce contexte d\u2019identifier clairement ceux qui sont intègres et hoi^nêtes», affirme l\u2019étude du CIRANQ.A moins d\u2019engager une «action collective», du bas vers le haut, la culture de déviance ne disparaîtra pas dans l\u2019industrie, enchaîne l\u2019étude.«Changer les mots et les textes des codes d\u2019éthique n\u2019est pas suffisant», tranche le CIRANQ.Pour Manon Bertrand, qui possède une entreprise de sciage de béton, le constat est désolant.Environ 85% des entreprises membres de l\u2019ACQ comptent cinq employés ou moins.Les magouilles exposées à la commission Charbonneau plombent toute l\u2019industrie, bien qu\u2019elles soient orchestrées par une minorité d\u2019entrepreneurs faisant main basse sur la majorité des contrats pubhcs.Projet pilote L\u2019ACQ mènera un projet pilote avec cinq entrepreneurs, jusqu\u2019en octobre prochain.Les résultats seront présentés lors du congrès annuel de l\u2019ACQ, à Québec.Le projet pilote s\u2019inspire d\u2019une expérience si- milaire tentée en Allemagne, à partir de 1996.Dans la Bavière, l\u2019industrie de la construction a mis en place un programme de certification avec audit externe, fondé sur une culture d\u2019éthique.Lancé avec 12 membres fondateurs, ce programme regroupe maintenant 87 entrepreneurs dans la Bavière, et il a été étendu au reste du pays.La certification reçoit l\u2019assentiment du public et des politiciens.Selon le procureur général de Hambourg, il s\u2019agit même de l\u2019approche la plus prometteuse pour lutter contre la corruption.Manon Bertrand espère que le projet pilote convaincra les autres membres de l\u2019ACQ à monter dans le train de l\u2019intégrité.L\u2019ACQ dispose d\u2019une carte dans sa manche.Selon les sondages menés par le CIRANQ, 86% des répondants choisiraient une entreprise certifiée pour leurs travaux s\u2019ils avaient le choix.Par ailleurs, les entrepreneurs sont conscients qu\u2019ils devront évoluer dans une industrie « surréglementée » au cours des prochaines années, résultat des lois adoptées pour prévenir la répétition des scandales.Qr, l\u2019industrie de la construction ne manquait pas nécessairement de règles par le passé ; elle manquait de surveillants pour les faire appliquer.«L\u2019idéal, ce serait qu\u2019on fasse une autorégulation, et que tout le monde embarque.Mais on ne veut pas rêver en couleur», dit Pierre Hamel.L\u2019ACQ, une association à base volontaire, ne dispose d\u2019aucun pouvoir de contrainte.Quelque 11000 entrepreneurs n\u2019en sont pas officiellement membres.Pierre Hamel espère qu\u2019ils saisiront l\u2019importance d\u2019agir, car l\u2019éthique et l\u2019intégrité seront au cœur des préoccupations des gros donneurs d\u2019ouvrage dans les prochaines années.Le Devoir AIR CANADA SUITE DE LA PAGE 1 riat aux langues officielles depuis 2006.La partie visible de l\u2019iceberg, selon I\u2019organjsme.En tant qu\u2019ancienne société d\u2019Étafi Air Canada a toujours l\u2019obhgadon d\u2019offrir ses services en anglais et en français.L\u2019assujettissement du transporteur à la Loi sur les langues officielles ne pose aucune ambiguïté, mais l\u2019entreprise continue d\u2019interpréter ses obligations linguistiques de façon réductrice.En 2011, un jugement de la Cour fédérale donnait raison aux Thibodeau, caractérisant de «systémiques» les problèmes de non-respect de la loi chez Air Canada, et leur octroyant 12000$ en dommages-intérêts.Surtout, la Cour forçait l\u2019entreprise à créer un système de surveillance des violations des droits linguistiques de ses employés et usagers.En 2012, la Cour d\u2019appel cassait partiellement la décision, réduisant les indemnités de moitié et supprimant l\u2019obtigation pour Air Canada de faire l\u2019inventaire de ses bévues linguistiques.Les Thibodeau demandent maintenant aux juges de la Cour suprême de rétablir le premier jugement.Cette fois-ci, les Thibodeau ne seront pas seuls devant les juges.Ils peuvent compter sur l\u2019avocat Ronald Caza, qui a mené, à la fin des années 1990, l\u2019offensive légale pour empêcher la fermeture de l\u2019Hôpital Montfort, alors le seul hôpital universitaire francophone de l\u2019Qntario, par le gouvernement conservateur de Mike Harris.«Si cette cause est rendue devant la Cour suprême, c\u2019est que la survie des minorités linguistiques est essentielle, affirme M® Caza.Quand on commence à porter atteinte aux droits linguistiques, quand on donne une interprétation restrictive de la Loi sur les langues officielles, il y a un danger.Il s\u2019agit d\u2019une pente très glissante pour les minorités du pays.» «Les victimes, ici, ne sont pas Michel et Lynda Thibodeau, ajoute-t-il.C\u2019est l\u2019ensemble de la clientèle francophone d\u2019Air Canada.» Le jugement de la Cour suprême, attendu dans plusieurs mois, pourrait redéfinir l\u2019importance des droits quasi constitutionnels conférés par la Loi sur les langues officielles, résume le juriste.«Une décision favorable va confirmer et envoyer le message, à tous ceux qui ont des obligations d\u2019offre des services dans les deux langues, qu\u2019il y a des conséquences à violer la loi.» Air Canada n\u2019a pas donné suite à nos demandes d\u2019entretien.Dans un courriel, la porte-parole Isabelle Arthur a soutenu que le transporteur prenait ses responsabihtés au sérieux.«Air Canada investit d\u2019importantes ressources financières et humaines pour implanter des programmes linguistiques susceptibles de rehausser notre capacité de bilinguisme à l\u2019échelle du Canada, et ce, même en période de difficultés dans l\u2019industrie», fait-elle valoir.«Nous reconnaissons cependant que nous avons encore du travail à faire pour offrir de façon plus uniforme des services bilingues.» Selon la compagnie aérienne, le plus grand défi demeure l\u2019embauche de personnel qualifié à l\u2019extérieur du Québec, d\u2019Qttawa et de Moncton.Mais plus de quarante ans après l\u2019adoption de la Loi sur les langues officielles, ni Michel Thibodeau ni le Commissariat aux langues officielles ne semblent croire aux réponses du transporteur national.Reste à savoir ce qu\u2019en pensera le plus haut tribunal du pays.Le Devoir Rectificatifs Dans le texte «Une île, des musées, une polémique» paru le 21 mars, la journaliste Frédérique Doyon écrivait que 1871 marquait la fin de la Prusse et le début du Reich, alors que cette année où se conclut la ^erre franco-prussienne signe plutôt la naissance de l\u2019Empire fédéral allemand et du IL Reich.Nos excuses pour ces erreurs historiques.Une erreur s\u2019est glissée dans un renvoi paru en première page de notre édition du lundi 24 mars.11 aurait fallu lire : « Nunavik : s\u2019attaquer au phénomène de criminalité à la façon inuite » et non « innue ».Nos excuses.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnes a la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele.Le Devoir est pubhe du lundi au samedi par Le Devoir me.dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Mirabel me., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Quebec, 450, avenue Bechard, Quebec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt legal.Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007."]
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