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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2014-04-09, Collections de BAnQ.

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[" Les contrats du MTQ confiés aux grands donateurs politiques Page A 7 Danse : Dave St-Pierre en résidence au MBAM Page B10 www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.C V N° 7 7 LE DEVOIR, LE MERCREDI 9 AVRIL 2014 1,13$\t+ TAXES =\t1,30 Couillard promet respect et transparence GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ à Québec L> ère Couillard en sera une de «transpa-' rence» et de «collaboration».Le premier ministre élu a promis mardi que ces deux éléments seront au cœur de Faction politique de son gouvernement.II s\u2019est aussi engagé à adopter la ligne dure en matière d\u2019intégrité.Au lendemain d\u2019une victoire éclatante aux élections générales, Philippe Couillard avait le triomphe modeste lors de sa première conférence de presse.II s\u2019est dit «surpris» de voir à quel point il se sentait «calme».L\u2019ancien neurochirurgien, qui évoquait sa «neutralité émotive» en campagne électorale, a simplement parlé d\u2019un «grand honneur» qui vient avec de grandes responsabilités.«Il n\u2019y a pas d\u2019arrogance en moi, pas de vanité, a-t-il dit.Il y a un immense respect pour la tâche O Al n et l\u2019institution que je vais diriger.Xm I ^ Et j\u2019estime devoir faire tous les efforts pour faire correctement ce que fai dit que nous allions faire.» M.Couillard a dit souhaiter que son élection marque un renouveau dans l\u2019état des relations entre les partis politiques.II y a selon lui «une nécessité pour le Québec de nous atteler tous ensemble à la tâche de définir et de maintenir un nouveau discours et un nouveau comportement politique.[.] Il est important qu\u2019entre nous, Québécois, et entre nous qui sommes en politique, on redécouvre le sens des mots respect, écoute et confiance.» Cela vaut tant pour l\u2019oppo- VOIR PAGE A 10 : COUILLARD ÉLECTIONS Pauline Marois : 36 ans de vie politique.Page A 4 Manon Massé : une députée marginale à Québec.Page A 6 Lendemain de scrutin au PQ et à la CAQ.Page A 5 La chronique de Manon Cornellier La méprise.Page A 3 L\u2019éditorial de Bernard Descôteaux Au-delà des résultats.Page A 8 L\u2019éditorial de Josée Boileau : Qui, après Pauline?Page A 8 Aujourd\u2019hui Le Monde > Le nouveau premier ministre français, Manuel Valls, réussit son grand oral devant les membres de lAssemblée nationale.Page B 7 Avis légaux.B\t6 Décès.B\t4 Météo.B\t4 Mots croisés.B\t5 Petites annonces.B 4 \u2014- \u201e\tSudoku.B 6 ViGNEAULT : « La peur a encore marché » m PEDRO RUIZ ARCHIVES LE DEVOIR Pour Gilles Vigneault, le résultat des élections québécoises de lundi est extrêmement difficile à accepter : « C\u2019est toute la jeunesse qui a donné ce coup de balai ».Vivre debout.et déçu Au lendemain des élections, Gilles Vigneault se sent « plus démoli qu\u2019aux deux référendums » SYLVAIN CORMIER DU méchant crachin qui, depuis la 640, semblait suivre l\u2019auto, et le lecteur dans l\u2019auto, et le nouvel album de Vigneault dans le lecteur, c\u2019est devenu franchement la flotte à l\u2019entrée de Saint-Placide.Drue et dure pluie.Exprès?Disons que ça m\u2019a traversé l\u2019esprit.Le ciel qui se déverse au moment de s\u2019engager sur cette principale qui n\u2019a pas été rebaptisée rue René-Lévesque par hasard, ça tient vraiment trop de la mise en scène de lendemain d\u2019élections dramatiquement perdues par le Parti québécois.Encore Yves Desgagnés?Je n\u2019oublie pas que c\u2019est pour parler de Vivre debout, le fort bel album en question, que je retrouve en ce mardi après-midi Gilles Vigneault dans son village et dans l\u2019ancien restaurant qui lui tient lieu de bureau, d\u2019entrepôt, de salle de travail pour ses «classes de mètre» (c\u2019est son mot: il aime mieux mètre que maître, c\u2019est la métrique du vers qui l\u2019intéresse).N\u2019empêche qu\u2019en s\u2019asseyant devant Promouvoir le nouvel album?Oui, mais pas avant d\u2019avoir crevé le douloureux abcès.nos cafés, on se regarde.On se fait des drôles d\u2019airs.Nous sommes sans mots.Ça n\u2019arrive pas à Vigneault, un silence de cette sorte.Un silence pas poétique.Silence que je romps.J\u2019évoque la pluie.Vilaine, violente.Il sourit.«Ça nous parle, hein, cette pluie ?Difficile de ne pas l\u2019entendre tomber aujourd\u2019hui.» Oui.Inéluctable lendemain de veille.Difficile d\u2019embrayer d\u2019entrée de jeu sur les arrangements si délicatement jazzy des chansons, la réalisation tendre et souple de Daniel Lavoie.Autant crever le nuage.Quitte à écrire deux textes.Un pour réagir, un pour parler du disque.«On peut pas faire semblant», répète-t-il, comme à lui-même.Comment ça se vit, alors ?« Très mal.J\u2019avais envie de tout annuler et de rester couché.» Ce qu\u2019il a fait, le matin.«J\u2019ai pas fermé l\u2019œil une seconde avant huit heures.Pas dormi de la nuit.Pas capable.» A ce point-là?A ce point-là.«C\u2019est pas que le résultat me surprenne énormément.Mais ça me déçoit terriblement.» Il l\u2019avait un peu annoncé VOIR PAGE A 10 : VIGNEAULT Requiem pour le projet de pays Des ténors souverainistes concluent au cul-de-sac ISABELLE PARE STÉPHANE BAILLARGEON PHILIPPE OREALI Au lendemain de la cuisante défaite du PQ, des ténors de l\u2019indépendance sonnent le glas du projet souverainiste et croient, après des décennies de lutte, que l\u2019idée d\u2019un pays est moribonde.Pour les souverainistes Gérard Bouchard et Louise Beaudoin, l\u2019ampleur de la sanction populaire signifie la mort d\u2019un rêve, porté par une génération qui a échoué à transmettre aux plus jeunes son projet de pays.Un «cul-de-sac».Une «impasse».Un tournant «inquiétant pour l\u2019avenir».Tel est le verdict formulé par le sociologue et historien Gérard Bouchard, qui multiplie les métaphores alarmistes pour décrire la situation dans laquelle le Parti québécois s\u2019est lui-même empêtré.«Pour moi, qui ai toujours été un souverainiste et un péquiste, la première impression c\u2019est que le PQ va devoir se reconstruire, et en profondeur, a-t-il confié au Devoir.Le problème, c\u2019est de savoir comment.Il devient de plus en plus clair que son article premier, que cette option sur la souveraineté, a du plomb dans l\u2019aile et pour un bout de temps.» A moins d\u2019un revirement majeur, avertit cet architecte des pratiques d\u2019accommodements culturels et penseur de l\u2019identité québécoise, le Parti québécois pourrait bien avoir joué son rôle historique, et être bientôt remplacé par la Coalition avenir Québec (CAQ).Celui qui a dirigé avec le philosophe Charles Taylor la Commission sur les accommodements raisonnables (2007-2008) estime que l\u2019ar- Louise Beaudoin Gérard Bouchard VOIR PAGE A 10 : PAYS Lire aussi > Le Bioc québécois dit être encore pertinent à Qttawa.Page A 10 WWW.SILQ.CA 9S13 AVRIL 2014 r > RaDio-canaoa leSoleil présentent SALON INTERNATIONAL DU LIVOE DE OUEBEC CENTRE DES CONGRÈS DE QUÉBEC \u201e===o la francophonie -\tc.y Desjardins\tSlatuÊc\" Québec O g 77831303444815 AIRFRANCEV^ LA FRANCE EST DANS L'AIR Beyrouth Barcelone Rome rpi »i:4\u2018 Tunis Delhi m Berlin I Casablanca Athènes ï'Él Bucarest Tel Aviv Genève Nice RENDEZ-VOUS À PARIS Ou plus de 1000 autres destinations avec l'un des plus vastes réseaux au monde avec KLM et nos partenaires SkyTeam.AIRFRANCE.KLM AIRFRANCE.CA LE DEVOIR LE MERCREDI 9 AVRIL 2014 A 3 ELECTIONS QUEBEC 2014 La méprise Manon CORNELLIER à Ottawa Quand Pauline Marois a déclenché les élections, en février, le reste du pays était très nerveux.Le premier ministre, Stephen Harper, a pris le soin, fait rare, de parler aux chefs des autres partis fédéraux et aux premiers ministres provinciaux pour éviter tout dérapage.Dans la presse, on s\u2019est carrément mis à la recherche du prochain Capitaine Canada.Trente-trois jours plus tard, c\u2019est un véritable soupir de soulagement qu\u2019on perçoit à Ottawa et ailleurs.Les larges sourires en disent long, et le premier ministre Harper s\u2019est même permis de pavoiser aux Communes, félicitant sous l\u2019ovation de ses troupes le libéral Philippe Couillard.Personne n\u2019ose toutefois affirmer que la cuisante défaite du Parti québécois annonce la fin du mouvement souverainiste.Chaque fois que des fédéralistes se sont laissés aller à faire pareille prédiction par le passé, ils s\u2019en sont mordu les doigts.Comme l\u2019a reconnu le chef libéral, Justin Trudeau, il y a encore des souverainistes convaincus.ils sont essoufflés, fatigués, blessés, désorientés à la suite des résultats de lundi, ils prendront fort probablement une pause, bien nécessaire d\u2019ailleurs, pour revoir leurs plans, mais ils n\u2019abandonneront pas aisément leur cause.Le reste du Canada et le gouvernement fédéral peuvent contribuer à la garder en veilleuse, comme ils peuvent au contraire, par leurs gestes et attitudes, réveiller le dragon qui dort.Durant cette campagne, les chefs fédéraux ont eu la prudence de rester à l\u2019écart.Cela valait mieux pour eux, surtout pour Stephen Harper qui est mal aimé au Québec et qui semble incapable de véritablement saisir sa nature distincte.Depuis la fin des années 1950, il n\u2019y a en fait que trois premiers ministres fédéraux qui y sont vraiment parvenus et qui ont tenté de donner une véritable portée à cette reconnaissance implicite ou explicite.Le libéral Lester B.Pearson est le premier.Confronté à la montée de l\u2019affirmation nationale des Québécois et des revendications des pères de la Révolution tranquille, il a accepté que les provinces puissent mettre sur pied leur propre régime pubbc de pensions, compatible avec celui du fédéral.Le Québec, à qui cela était vraiment destiné, a été la seule province à s\u2019en prévaloir.En madère de prêts aux étudiants, M.Pearson a accepté la notion de droit de retrait avec pleine compensation financière pour le Québec, un système encore en vigueur de nos jours.Le conservateur Brian Mulroney a tenté de faire enchâsser dans la Constitution le caractère distinct du Québec avec les défunts accords du lac Meech et de Charlottetown.Le libéral Paul Martin a accepté de reconnaître, en faveur du Québec, le principe de l\u2019asymétrie en matière de santé lors de la conclusion de l\u2019accord sur la santé de 2004.En revanche, le libéral Pierre Elliott Trudeau n\u2019a pas hésité à marcher dans les plates-bandes des provinces et à imposer une constitution au Québec.Stephen Harper, pour sa part, a toujours défendu le respect du partage des pouvoirs et a généralement tenu cet engagement.Mais malgré ces différences, MM.Trudeau et Harper ont un point commun: les deux ont multiplié les efforts pour alimenter leur conception bien particulière du nationalisme canadien, M.Trudeau en misant entre autres sur le multiculturalisme et M.Harper, sur la monarchie et le passé militaire du pays.Dans les deux cas, on a droit à une vision qui occulte la réalité plurinationale du Canada, sauf quand cela est sans conséquence.Pour eux, la nation canadienne est unitaire.Qn me dira que M.Harper a fait adopter une motion reconnaissant la nation québécoise (pour piéger le Bloc québécois), mais celle-ci n\u2019a pas de retombées concrètes.Le gouvernement fait souvent fi de la spécificité québécoise, qui est plus que linguistique.En matière de justice, par exemple, le Québec voulait conserver le registre des armes d\u2019épaule et continuer à miser sur la réhabibtation en madère de justice pour les jeunes contrevenants.11 s\u2019est fait imposer un autre modèle dans les deux dossiers.Le Québec a aussi dû contester les tentatives fédérales d\u2019imposer une commission canadienne des valeurs mobilières.Le Québec a fini par avoir gain de cause en matière de formation de la main-d\u2019œuvre, mais parce qu\u2019il a tenu tête à Qttawa.Craignant le déraillement de la politique phare de leur budget 2013, la Subvention canadienne pour l\u2019emploi, les conservateurs ont reculé et accepté que Québec conserve son approche basée sur la concertation de tous les acteurs, une approche qui a fait ses preuves.Et que dire de la nomination du juge Marc Nadon à la Cour suprême, nomination invalidée par la même cour le mois dernier après que le gouvernement eut ignoré les critères de sélection des trois juges québécois écrits noir sur blanc dans la loi.Un texte qui est le fruit d\u2019un compromis historique, ont rappelé les juges.La présence d\u2019un interlocuteur plus accommodant à Québec est une occasion à saisir pour M.Harper pour rectifier le tir.Sinon, il lui restera la complaisance et l\u2019intransigeance et, du coup, le risque, à moyen ou long terme, de raviver la flamme souverainiste.mcornellier@ledevoir.com Appel à un mode de scrutin proportionnel La volonté populaire n\u2019est pas respectée, clament les défenseurs de la représentation proportionnelle JEAN-FRANÇOIS NADEAU Une fois de plus la volonté populaire n\u2019est pas respectée dans la répartition des sièges au Parlement, clament les défenseurs de la représentation proportionnelle.En entrevue au Devoir, le président du Mouvement démocratie nouvelle (MDN), Jean-Sébastien Dufresne, observe «qu\u2019avec l\u2019élection du 7 avril, la CAQ et Québec solidaire sont sous-représentés» par rapport aux votes exprimés en leur faveur.Le MDN est une association transpartisane pour une réforme du scrutin.En pourcentage des votes exprimés, les résultats du Parti québécois sont parmi les plus mauvais de son histoire : 25,38%.Le PQ récolte tout de même 30 députés, ce qui n\u2019est pas pour aufant sa plus mauvaise moisson.À l\u2019élection du 29 avril 1970, le parti fondé deux ans plus tôt par René Lévesque obtenait 23,6% des suffrages exprimés mais seulement 7 députés, tandis que l\u2019Union nationale obtenait 17 sièges avec seulement 19,65% des suffrages.En 1973, ce sera encore pire pour le Parti québécois.Avec 30,22% des suffrages, le PQ n\u2019obtenait cette fois que 6 sièges.Majoritaire Les distorsions ne datent pas d\u2019hier.Au scrutin de lundi, avec seulement 2,38% de voix de moins que le Parti québécois, la Coabdon avenir Québec obtient quant à elle 8 députés de moins.«On se retrouve avec un gouvernement libéral majoritaire élu avec moins de 50 % des voix, c\u2019est-à-dire qu\u2019il pourra gouverner en faisant le moins de compromis possible tout en ayant reçu pas même la moitié des votes», explique Jean-Sébastien Dufresne.«Dans certaines régions du Québec, comme à Laval, sur la Côte-Nord ou en Ou-taouais, on est devant une situation de monopolisation du pouvoir qui ne reflète pas du tout l\u2019ex- Une assemblée d\u2019élus différente Parti\tMode actuel\tMode proportionnel PLQ\t70\t52 PQ\t30\t32 CAQ\t22\t29 QS\t3\t9 QN\t0\t1 PV\t0\t1 Autres\tpartis\t0\t1 pression populaire: 100% des sièges vont à un seul parti.Les citoyens n\u2019ont pas voté pour un seul parti!» La nature du système électoral d\u2019inspiradon britannique dont le Québec a hérité conduit sans cesse à défigurer le visage du suffrage populaire.Ce système de type majoritaire uninominal est décrié depuis pratiquement un demi-siècle.Dans un système dit proportionnel, chaque parti obtiendrait un nombre de sièges proportionnel au total des suffrages exprimés.Différentes variantes de ce type de scrutin existent de par le monde.Elles obligent les partis en présence à faire des coabtions et à discuter davantage des enjeux de leurs décisions, plaident les défenseurs de ce type de scrutin.De quoi aurait l\u2019air le résultat du vote de lundi avec la proportionnelle?Ce seraient 52 sièges au PLQ au beu de 70,32 sièges pour le PQ au beu de 30, 29 à la CAQ plutôt que 22, 9 sièges pour Québec sobdaire alors qu\u2019il n\u2019en obtient que 3, puis 1 pour Qption nationale qui n\u2019en a reçu aucun.Et la même chose pour le Parti vert (PV).Un dernier siège serait attribué aux autres partis.«On est dans une culture politique du gouvernement majoritaire qui pose vraiment des problèmes», expbque Jean-Sébastien Dufresne.«C\u2019est d\u2019ailleurs pour cela que le Parti québécois a déclenché des élections: pour être majoritaire.Tout cet argent dépensé pour ça! On doit apprendre à gouverner un pays avec plus de discussions.C\u2019est grâce aux échanges et à la discussion qu\u2019existe d\u2019ailleurs une société», croit le président du MDN.Pétition Le avril, à quelques jours de l\u2019élection, est parue une lettre signée par 700 citoyens favorables à l\u2019instauration d\u2019im scrutin de type proportionnel.En tête de bste de cette lettre intitulée «Tous ensemble pour une meilleure démocratie», on trouvait des per-soimabtés pubbques, aussi différentes que le chroniqueur bbertarien Eric Duhaime, l\u2019ex-syndicabste Gérald Larose ou le phüosophe Michel Seymour.Selon le MDN, «le dossier de la réforme du mode de scrutin est certainement le mieux documenté de tous les dossiers qui relèvent de l\u2019administration provinciale», mais les élus se trouvent en conflit d\u2019bi-térêts devant lui.Mardi, les cendres de l\u2019élection du 7 avril n\u2019étaient pas encore froides que circulait déjà une pétition visant à recueübr des signatures favorables à une réforme du mode de scrutin.En quelques heures, cette pétition activée par avaaz.org avait recuebb plus de 40000 signatures.Doug Bable, président de Représentation équitable au Canady réclamait lui aussi mardi une réforme du scrutin devant les résultats de l\u2019élection québécoise.Les résultats, dit-ü, ne «reflètent pas la diversité politique» de la population.Le Devoir Lire aussi > Les distorsions ies pius importantes depuis 1998.Une lettre ouverte de l\u2019auteur Paul Cliche.Page A 9 protecteur de l'élève CinCONSCHIPTION ELECTORALE DE OUTREMONT BUREAUX DE VOTE LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC - V c''' 1 Le taux de participation de iundi est iégèrement supérieur à 71 %.li fut de 74,6% aux éiections de 2012.Les sources du mal Souveraineté, nationalismes et autres causes de la défaite péquiste JACQUES NADEAU LE DEVOIR STEPHANE BAILLARGEON S> il y a un mal, il doit bien y avon des symptômes.Pour le Parti québécois (PQ), la raclée de lundi est un grand mal, et le philosophe Joceljm Maclure est capable de dénombrer les signes qui permettent de poser un diagnostic.«La déconfiture est totale, résume le professeur de l\u2019Université Laval.Et cette défaite grave est symptomatique de problèmes importants au sein du parti.» Lesquels ?Le spécialiste de la philosophie politique, qui a été expert auprès de la commission Bouchard-Taylor (2007-2008) sur les accommodements religieux, en voit au moins quatre.Un trio de causes internes et une autre raison bée à la manière de mener la pobtique.La souveraineté.«A ce stade-ci de notre histoire, il y a un désintérêt assez grand par rapport à l\u2019idée même de débattre du statut constitutionnel du Québec, dit-il.Ce n\u2019est pas vu comme une priorité, y compris par certains souverainistes.Le PQ doit en prendre acte.Dans ce contexte, le PQ a souffert de son incohérence.Certains veulent en parler, d\u2019autres pas.NP\u201d Marois a tenté d\u2019arbitrer les tensions internes.La Cette défaite grave est symptomatique de problèmes importants au sein du parti )) Le philosophe Jocelyn Maclure position bancale, difficile à comprendre, a finalement plombé la formation.J\u2019imagine que pour la reconstruire, il faudra définir une position claire et facile à comprendre.Mais je ne crois pas qu\u2019il y ait beaucoup d\u2019appétit pour un nouveau \u201cbeau risque \u201d.» Les nationalismes.«Deux options s\u2019affrontent et une a gagné ces dernières années.D\u2019un côté, il y a le nationalisme qu\u2019on qualifie d\u2019identitaire, de conservateur.Il est très influent depuis les élections de 2007, depuis que l\u2019ADQ a réussi à déloger le PQ comme le parti défenseur de l\u2019identité.D\u2019un autre côté, depuis Lucien Bouchard, le PQ a aussi été animé par une forme de nationalisme inclusif Cette forme a faibli après 2007-2008, mais des nationalistes sont bien mal à l\u2019aise avec un nationalisme plus centré ÉLECTIONS 2014 sur la majorité culturelle, qui épouse une conception de la laïcité plus dure.Certains ont migré vers Québec solidaire.D\u2019autres se demandent s\u2019ils sont encore souverainistes.Cette division entre les deux nationalismes a aussi plombé le PQ.» La charte de la laïcité.«1^ Parti québécois croyait pouvoir tirer profit de son projet de charte, alors que le débat a finalement révélé les fragilités de cette assise.On en a discuté de manière très intense pendant six mois et quand le PQ a tenté de la remettre à l\u2019avant-plan de la campagne, ça n\u2019a pas marché.Les péquistes parlaient seuls et se sont discrédités en voulant beurrer encore plus épais, en ramenant Janette Bertrand.Ils ont montré que le discours autour de la charte était très, très fragile, pour le dire de la façon la plus modérée possible.» La mécanique politique.«Cette dernière cause est liée à la façon de mener les affrontements démocratiques, termine le philosophe.Les campagnes se font sur des considérations stratégiques plutôt qu\u2019en fonction de considérations liées au bien commun.Pourtant, l\u2019approche stratégique a prouvé son inefficacité.Le PLQ a essayé de faire campagne en montant les uns contre les autres au sujet de la grève étudiante et de la loi spéciale, très abusive selon beaucoup d\u2019observateurs.Ça n\u2019a pas marché et le PLQ a été sanctionné pour sa gestion de la crise.Je vois la même chose avec la charte de la laïcité, qui a été utilisée comme wedge issue [sujet de discorde] pour polariser l\u2019opinion.Arrivé en campagne, très rapidement, on a bien vu que les gens n\u2019y voyaient pas un enjeu important.Au premier débat, Pauline Marois s\u2019est retrouvée très rapidement isolée par les trois autres chejs qui ont affirmé qu\u2019ils auraient pu rapidement s\u2019entendre sur un projet de charte de la laïcité.Finalement, on se dit que la démagogie, la politique sur des enjeux controversés, ce n\u2019est peut-être pas une stratégie très payante.» Le Devoir A 4 LE DEVOIR, LE MERCREDI 9 AVRIL 2014 ELECTIONS\t2014 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pauline Marois célébrait lundi la fin de la campagne avec Lorraine Pintal, candidate du Parti québécois dans Verdun.C\u2019était avant que le déroulement de la soirée ne la pousse à démissionner.La « Dame de béton » passe au jardin Alors que Pauline Marois tire sa révérence, des proches et témoins de son parcours ont accepté de nous parler du modèle qu\u2019elle incarne et du legs qu\u2019elle pourra laisser.Moments choisis de 36 ans de vie politique.ISABELLE PORTER à Québec Agnès Maltais se souvient très bien de leur première rencontre.« C\u2019était pendant la campagne de 1998, il y avait un gros rassemblement à Québec.» Nouvelle recrue au Parti québécois, Maltais ne savait pas trop où se mettre jusqu\u2019à ce que Pauline Marois lui dise: «Viens, embarque!» pour l\u2019emmener sur scène.«C\u2019était très généreux, se souvient la députée de Taschereau.C\u2019est à l\u2019image de la femme.Attentive aux personnes et au parti aussi.C\u2019était important [pour elle] que je me sente dans l\u2019équipe.» En 1998, M\u201c® Marois était déjà en politique depuis 20 ans.Issue du milieu communautaire, elle a fait ses débuts en 1978 comme attachée de presse de Jacques Parizeau.Puis, Lise Payette lui a demandé de devenir sa chef de cabinet à la Condition féminine.«Je l\u2019ai fait venir dans mon bureau et je lui ai parlé pendant une heure de tous les dossiers que j\u2019avais, se rappelle Mme Payette.Et quand je lui ai demandé si le travail l\u2019intéressait, elle m\u2019a dit: \u201cÇa m\u2019intéresse, mais le problème c\u2019est que je ne suis pas féministe!\u201d» Sa franchise a séduit la ministre.«Ça m\u2019a tellement fait rire! Je lui ai dit qu\u2019après deux semaines dans mon bureau, avec les dossiers que j\u2019avais, elle allait être féministe jusqu\u2019à la fin de ses jours!» Au-delà de l\u2019anecdote.Lise Payette se souvient du grand RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE Pierre Marc Johnson embrasse Pauline Marois après sa victoire à la course au leadership du PQ en 1985.potentiel de la jeune Marois.«Cette femme-là a une capacité d\u2019emmagasiner les documents.C\u2019est fascinant de voir comment son cerveau travaille.» Sa collègue et amie Nicole Léger note que contrairement à bien des dirigeants, elle n\u2019a pas peur qu\u2019on lui fasse de l\u2019ombre.«Elle n\u2019a jamais eu peur de s\u2019entourer de gens très compétents et elle n\u2019est jamais gênée de montrer que certains «Quand j\u2019ai appris la déconfiture du Parti québécois, elle m\u2019a fait penser à Kim Campbell en 1993» connaissent mieux un dossier qu\u2019elle.» Lrançois Gendron, lui, dit ne pas comprendre «où elle trouve toute son énergie».Il en a fallu pour diriger douze ministères en carrière comme elle l\u2019a fait.Moins idéologue Son bilan sur ce plan est sans égal dans l\u2019histoire du Québec moderne.Jean Cha-rest l\u2019avait souligné lors de la démission de M\u201c® Marois en 2006 (après la victoire d\u2019André Boisclair à la chefferie).«Je ne connais aucun autre parlementaire [.] qui a occupé à la fois les fonctions de ministre des Ei-nances [.] vice-première ministre, ministre de l\u2019Éducation, ministre de la Santé, présidente du Conseil du trésor.Un jour, ne sait-on jamais, peut-être qu\u2019un homme fera la même chose», avait-il lancé dans un hommage bien senti.Pour la politologue Manon Tremblay, de l\u2019Université d\u2019Ottawa, Pauline Marois est une authentique femme de pouvoir.Moins « idéologue » que d\u2019autres, elle serait davantage «une politicienne de pouvoir», une «bête politique», note-t-elle.«On lui a d\u2019ailleurs reproché d\u2019être opportuniste, de changer de position pour s\u2019adapter à la conjoncture.» Lorsqu\u2019on les interroge sur les grands legs de la dame, deux réponses dominent: le développement des centres de la petite enfance (CPE) et la déconfessionnalisation des commissions scolaires.«C\u2019est di ffi ci le [de choisir] parce qu\u2019elle en fait tellement», répond Lrançois Gendron.«Mais ce qui m\u2019a le plus marqué, c\u2019est le dossier des commissions scolaires linguistiques.[.] Tout le monde disait qu\u2019elle allait se casser la gueule, et puis elle est allée chercher les amendements constitutionnels requis.» Une femme forte, mais abonnée aux combats difficiles.Dont la relance d\u2019un Parti québécois affaibli, note la professeure Tremblay.« Quand fai appris la déconfiture du Parti québécois, elle m\u2019a fait penser à Kim Campbell en 1993 [lors de la défaite écrasante du Parti conservateur].Je trouve malheureux que les partis politiques fassent de la place aux femmes quand la défaite n\u2019est pas trop loin.[.] Quand un poste politique n\u2019est pas compétitif, qu\u2019il y a moins d\u2019hommes qui se battent pour l\u2019avoir, les femmes passent plus facilement.» Nicole Léger dit qu\u2019elle pense toujours à M\u201c® Marois quand elle écoute la série télé Borgen, qui décrit le quotidien d\u2019une femme à la tète du Danemark.La série, dit-elle, décrit le fait à\u2019«être seule dans ses décisions, d\u2019être seule, d\u2019avoir la responsabilité sur les épaules.[.] Comme celle de lancer des élections, c\u2019est une grande décision après 18 mois de gouvernement minoritaire.[.] C\u2019est très, très pesant.» Dès lors, sera-t-elle soulagée de céder le flambeau à d\u2019autres ?Peut-être, répond Mme Léger.«Elle est capable de se dévouer à la cause à 100%, mais en même temps, elle est capable de s\u2019en aller dans sa cuisine et de s\u2019occuper de ses fleurs.De faire des voyages et d\u2019aimer la vie.Ce n\u2019est pas une femme compliquée.» Et la politique, c\u2019est fini à jamais?Pas si vite, répond l\u2019ancienne ministre.«C\u2019est une chose impossible à dire.Le mot \u201cjamais\u201d n\u2019existe pas en politique.» Le Devoir Soécialistes de la www.cliniquesantecapillaire.com I Evelyne Elliott Tousignant, podiatre Perte de cheveux Soins capillaires personnalisés : hommes et femmes de tous âges \u2019 Approche santé globale \u2019 Contrôle du stress ' Problèmes chroniques de santé et de peau 514 289-9762 ^ f Évitez : les massages du cuir chevelu, informez-vous.Le CSC.un Concept Santé Complet.pour vous Micheline Grimard infirmière, naturopathe 50 ans d\u2019expérience en santé en 2015, formation continue.Au Québec, l\u2019unique vraie clinique capillaire professionnelle reconnue avec méthode naturelle à Montréal.\u2022\tOrthèses plantaires sur mesure \u2022\tSoins podiatriques \u2022\tOngles incarnés \u2022\tTraitement de verrues \u2022\tSoins pour diabétiques \u2022\tPodiatrie sportive Pour rendez-vous 1559 Bélanger Est, Montréal 514.508.7433 www.soulagezvospieds.com Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com Les femmes accusent un recul à l\u2019Assemblée nationale AMELIE DAOUST BOISVERT De 41 en 2012, elles ne sont plus que 34.Les élections de lundi ont vu élire moins de femmes, ramenant leur présence aux proportions de 2007.Les élues occuperont 27 % des sièges, contre près de 33% en 2012.Le Parti libéral du Québec (PLQ) a élu 18 députées, soit autant qu\u2019en 2012, mais la proportion de femmes élues au sein de la formation politique passe de 36% à 26%.Parmi elles, plusieurs politiciennes d\u2019expérience, mais aussi de nouvelles venues à la feuille de route importante, comme Hélène David, élue dans Outremont.De son côté, le Parti québécois (PQ) a fait élire 8 femmes sur 30 députés, contre 17 sur 54 en 2012.Il y a recul là aussi.Une seule nouvelle venue parmi elles, soit la pharmacienne Diane Lamarre.Des candidates vedettes comme Martine Desjardins ou Gyslaine Desrosiers ont perdu leur pari.La Coalition avenir Québec (CAQ) fait légèrement mieux qu\u2019en 2012, avec 6 femmes sur 19 députés, dont quatre nouvelles venues : Lise Lavallée, Sylvie d\u2019Amours, Claire Samson et Chantal Soucy.Québec solidaire (QS), avec trois députés, pourra compter sur deux femmes, dont Manon Massé, qui devient la première femme à représenter sa circonscription.«Je suis frappée par le recul de la représentation des femmes, confie la professeure à l\u2019Université d\u2019Ottawa Manon Tremblay.Ça fait bien mentir cette idée voulant qu\u2019à chaque élection, les femmes progressent Ce n\u2019est absolument pas le cas.» «Ce n\u2019est pas l\u2019électorat qui discrimine les femmes, mais bien les machines de partis», selon Mme Tremblay.En effet, une fois candidates, les femmes ont autant de chances que les hommes d\u2019être plébiscitées.C\u2019est pourquoi Esther Lapointe, directrice générale du Groupe Lemmes, politique et démocratie, en appelle de nouveau à une représentation équitable de candidates et de candidats Députées et députés par parti Femmes Hommes PLQ PQ CAQ QS Total 18 8 6 2 34 52 22 16 1 91 ÉLECTIONS 2014 obligatoire.«L\u2019élection de lundi montre bien que, sans mesures contraignantes, nous n\u2019arriverons pas à la parité naturellement avant, quoi, 100 ans encore?», dit-elle.Elle espère que des femmes seront tentées par la course à la chefferie du Parti québécois.«Sinon, je vois encore l\u2019horizon s\u2019éloigner», déplore-t-elle.Conseil des ministres paritaire?Le 8 mars, lors de la Journée des femmes, Philippe Couillard a refusé de s\u2019engager à former un Conseil des ministres paritaire, comme avait réussi à le faire son prédécesseur, Jean Charest, en 2007.Il a plutôt indiqué qu\u2019il viserait une «zone paritaire» où les femmes occuperaient de 40 à 60% des postes de ministre.La liste de libérales élues ayant déjà occupé des fonctions ministérielles compte Dominique Vien, lise Thériault, Christine St-Pierre, Kathleen Weil, Marguerite Blais, Julie Boulet et Nicole Ménard.D\u2019autres, comme Stéphanie Vallée, Lilomena Rotiroti, Lrancine Charbonneau, Lucie Charlebois ou Maryse Gau-dreault, comptent désormais une feuille de route importante comme députée et pourraient aspirer à des fonctions plus importantes.«M.Couillard peut compter sur plusieurs femmes d\u2019expérience, il n\u2019aura pas d\u2019excuse de ne pas leur faire une place de choix au Conseil des ministres», constate la politicologue Manon Tremblay.Le Devoir Ce n\u2019est pas l\u2019électorat qui discrimine les femmes, mais bien les machines de partis }) Manon Tremblay, Université d\u2019Ottawa JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Kathleen Weil, Maryse Gaudreault et Christine St-Pierre pourraient toutes se voir confier un ministère.Mais Philippe Couillard ne promet pas la parité au Conseil des ministres.Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 5252 LE DEVOIR LE MERCREDI 9 AVRIL 2014 A 5 ELECTIONS QUEBEC 2014 ÉLECTIONS PARTI QUEBECOIS La course à la chefferie n\u2019est pas pour demain ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Ils étaient à ses côtés sur la scène lundi soir, Pierre Karl Péladeau, Jean-François Usée et Bernard Drainville, chacun avec son petit laïus, trois prétendants à la succession de Pauline Marois, quand la chef péquiste a annoncé qu\u2019elle abandonnait la partie.Mais il ne faut pas croire que la course à la chefferie au Parti québécois est imminente.Au terme de la soirée électorale du PQ, le portrait, télédiffusé en direct, apparaissait incongru: trois vautours volant au-dessus d\u2019un ca-davre encore chaud.Or c\u2019est la garde rapprochée de Pauline Marois qui a insisté pour qu\u2019ils viennent «chauffer» la salle avant que la chef ne vienne s\u2019adresser aux militants, a-t-on indiqué mardi.Le scénario ne s\u2019est toutefois pas déroulé comme prévu.Les trois ténors péquistes devaient être entourés des élus de la grande région de Montréal, qui seraient montés sur scène sous les ovations, invités l\u2019un après l\u2019autre par les maîtres de cérémonie, les comédiens Lucje Laurier et François L\u2019Ecuyer.Mais comme les élus se faisaient rares \u2014 seules Nicole Léger, dans Pointe-aux-Trembles, et Carole Poirier, dans Hoche-laga-Maisonneuve, se sont pointées \u2014, les trois compères ont pris toute la place.Chef de l\u2019opposition Avant même de parler de course à la direction, le caucus des députés du PQ doit prendre une décision beaucoup plus immédiate : choisir qui d\u2019entre eux occupera le poste de chef de l\u2019opposition officielle.Réélu dans Abitibi-Ouest, le doyen François Gen-dron a offert ses services.Mais le nom d\u2019un autre candidat circule, celui du député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, qui, à 43 ans, incarne une forme de renouveau.On s\u2019attend à ce que l\u2019expérimenté député de Chicoutimi, Stéphane Bédard, reprenne dans l\u2019opposition le poste de leader parlementaire qu\u2019il pc-cupait au gouvernement.Elu dans Rimouski, Harold Lebel pourrait assumer la fonction de whip, lui qui a été chargé au cabinet de la première ministre des relations avec les députés.Un caucus élargi doit avoir lieu jeudi.Si le gouvernement libéral avait été minoritaire, les péquistes se seraient empressés de se trouver un nouveau chef, mais comme le mandat du gouvernement de Philippe Couil-lard se poursuivra pendant quatre ans et demi \u2014 la Loi sur les élections à date fixe trouvant sa première application concrète \u2014, ils ont du temps devant eux.Une course à la chefferie pourrait n\u2019avoir lieu que l\u2019an prochain, avance-t-on.Ce délai s\u2019imposerait d\u2019autant plus que la défaite catastrophique de lundi a produit une onde de choc qui a ébranlé les fondements mêmes de l\u2019option souverainiste.D\u2019aucuns estiment que l\u2019option \u2014 et la stratégie qui l\u2019accompagne \u2014 doit être revue en profondeur.Dans une lettre à Pauline Marois qu\u2019il a publiée mardi sur son blogue, Jean-François Lisée laisse entendre qu\u2019un parti souverainiste qui s\u2019affiche comme tel aura du mal à rallier suffisamment de Québécois pour reprendre le pouvoir.« Gilles Vigneault le disait au lendemain du référendum de 1980: \u201cNous n\u2019étions pas assez nombreux à penser comme moi.\u201d Hier, ma très chère Pauline, les Québécois n\u2019étaient pas assez nombreux à penser comme toi.A penser comme nous», écrit-il.Le Devoir COALITION AVENIR QUEBEC Legault déplore les victoires « par défaut » MARCO BELAIR-CIRINO Le Parti libéral du Québec s\u2019est fait élire «sans trop d\u2019efforts», regrette le chef de la CAQ, François Legault.11 lui a suffi de brandir le «pays imaginaire» du Parti québécois pour «gagner une [autre] élection par défaut», selon lui.«Le pays imaginaire nuit à bien des égards au pays réel.Il faut en être conscient.Il faut y réfléchir», a fait valoir M.Legault lors d\u2019un point de presse lundi avant-midi à Montréal.La dégelée électorale du PQ provoquera à coup sûr un examen de conscience au sein du mouvement souverainiste.«Le Parti québécois, comme je l\u2019ai fait en 2009, va avoir toute une réflexion à faire.Comment continuer à proposer une option qu\u2019une majorité de Québécois ne souhaite pas, a indiqué le chef caquiste.Moi, je n\u2019en trouvais pas, de solution.Si le PQ continue de proposer de ne pas exclure de référendum, il va être dans le trouble.S\u2019il commence à ne plus proposer de référendum, il Vf.être dans le trouble.» À ses yeux, le PQ est condamné à rester dans l\u2019opposition s\u2019il continue de faire la promotion de l\u2019indépendance du Québec.L\u2019ancien ministre péquiste s\u2019est refusé lundi matin à «faire la réflexion à [la] place» de ses anciens confrères et consoeurs.JACQUES NADEAU LE DEVOIR François Legault et sa conjointe Isabelle Brais.Le PQ a «une réflexion à faire», dit le chef de la CAQ.«Il y en a au moins trois qui vont s\u2019en occuper», a-t-il lancé, dans un clin d\u2019œil à Bernard Drainville, Jean-François Lisée et Pierre Karl Péladeau .Ceux-ci ont tour à tour pris la parole lundi soir pour inviter les militants à se relever de la défaite avant même que la première ministre sortante, Pauline Marois, eût prononcé son discours de défaite.La CAQ est disposée à accueillir dans ses rangs des élus péquistes, prêts à mettre en veilleuse le projet de pays du Québec, a fait remarquer M.Legault.« Tout le monde est bienvenu à la Coalition avenir Québec», a-t-il dit, avant d\u2019ajouter: «On a du temps devant nous.On a quatre ans.» La CAQ a pâti de la polarisation de l\u2019électorat \u2014 fédéralistes d\u2019un côté, souverainistes de l\u2019autre \u2014, et ce, «peut-être plus à Québec qu\u2019ailleurs».En effet, la CAQ s\u2019est fait arracher les circonscriptions de Montmorency, Charlesbourg et Va-nier-Les Rivières.« Cette élection a été quasi référendaire.» «Sans trop d\u2019efforts» En permettant au PLQ de prendre le pouvoir «presque automatiquement », «sans vraiment rien proposer», la répétition d\u2019élections quasi référendaires «n\u2019est pas saine» pour la démocratie québécoise, a souligné M.Legault au lendemain du scrutin.«L\u2019omniprésence d\u2019un référendum ou de la souveraineté, ça permet au Parti libéral de remporter des élections sans trop d\u2019efforts.[.] On ne peut pas continuellement gagner une élection par défaut, en proposant un \u201coui\u201d ou un \u201cnon \u201d à un/éférendum », a-t-il ajouté.A la lumière des résultats électoraux, la CAQ entreprendra une «réflexion» sur les façons de s\u2019imposer comme une «alternative crédible, responsable et constructive au Parti libéral du Québec dans toutes les régions du Québec» en vue des prochaines élections générales, soit en octobre 2018, a précisé M.Legault, qui «nourrit toujours l\u2019ambition de diriger un gouvernement».L\u2019homme de 56 ans sent la «responsabilité d\u2019être [la voix de] la quasi-opposition officielle» à l\u2019Assemblée nationale, tant et aussi longtemps que le PQ se cherche un nouveau chef.11 dirigera une opposition «constructive» face au gouvernement libéral.«Nationaliste», François Legault n\u2019hésitera pas une seconde à le rappeler à l\u2019ordre s\u2019il manque de tonus pour défendre la langue française et l\u2019identité québécoise.« [11 faut] défendre le Québec d\u2019abord», a insisté M.Legault.Le Devoir ¦A-\u2019\t' UNE AMPOULE QUI CONSOMME MOINS, UNE IDÉE LUMINEUSE.Les ampoules à DEL homologuées ENERGY STAR®: \u2022\tUne économie d'énergie de 80%* \u2022\tUne durée de vie 25 fois plus longue* Mieux consommer, c'est avantageux pour tous.^^ ENERGY STAR haute efficacité ^^1 HIGH efficiency! hydroquebec.com/del AMPOULE A DEL de rabais à la caisse par ampoule chez les détaillants participants Offre valide du 13 mars au 26 avril 2014.HydfO ^ Québec ^Par rapport aux ampoules à incandescence.^*Certaines conditions s'appliquent. A 6 LE DEVOIR, LE MERCREDI 9 AVRIL 2014 ELECTIONS 2014 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Élue dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé est devenue lundi la troisième députée de Québec solidaire.Manon Massé, une députée marginale à l\u2019Assemblée nationale MELANIE LOISEL Manon Massé a déjà voulu devenir curé.Difficile à croire lorsqu\u2019on rencontre la nouvelle députée de Québec solidaire qui est ouvertement lesbienne et féministe.Impossible de l\u2019imaginer faire des sermons alors qu\u2019elle a passé sa vie à se battre contre les injustices, l\u2019indifférence et les préjugés.Impossible aussi de l\u2019imaginer en soutane alors qu\u2019il est même difficile de l\u2019imaginer en tailleur à l\u2019Assemblée nationale.Cette grande militante et travailleuse communautaire n\u2019a vraiment rien d\u2019un curé, ni même d\u2019une prêtresse.On pourrait dire, sans même l\u2019offusquer, qu\u2019elle est un énergu-mène rare avec ses grands cheveux blancs, ses yeux bleus pétillants, sa voix éraillée par la cigarette et sa petite moustache qui fait tant jaser.Partage, entraide et solidarité Dans le quartier gai à Montréal, tout le monde la connaît.Depuis des années, elle milite pour améliorer le sort des plus démunis, des marginaux et des minorités.Il faut la voir saluer les sans-abri, cajoler ses amis et porter attention aux plus poqués pour voir qu\u2019il s\u2019en fait peu, des femmes comme Manon Massé.Mais d\u2019où lui vient cet engagement social?Qu\u2019est-ce qui l\u2019anime tant?Attablée au café Cacao 70 rue Sainte-Catherine, Manon Massé est revenue à ses racines pour expliquer son long chemin qui lui a permis d\u2019être Vers des dépouillements judiciaires?Les mandataires des candidats malheureux dans les circonscriptions de Borduas et Sainte-Marie-Saint-Jacques «analysent» la possibilité de déposer une requête de dépouillement judiciaire.Dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, à Montréal, Manon Massé a remporté une victoire à l\u2019arraché.Avec une majorité de 91 voix, elle a devancé sa plus proche rivale, la candidate libérale Anna Klisko, qui s\u2019est faufilée, elle, devant Daniel Breton, député sortant du Parti québécois.De son côté, le ministre sortant de l\u2019Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, s\u2019est fait ravir par 99 votes la circonscription de Borduas, en Montérégie, par le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), Simon Jolin-Barrette.La Presse canadienne élue, lundi soir, dans la circonscription montréalaise de Sainte-Marie-Saint-J acques.Elle a parlé de sa jeunesse dans le village de Windsor en Estrie, où son père travaillait dans un atelier et sa mère était femme au foyer.Cadette d\u2019une famille de trois enfants, Manon a eu l\u2019immense chance d\u2019être aimée profondément.«L\u2019amour que j\u2019ai reçu de mes parents m\u2019a fait un bon fond», lâche-t-elle en parlant de toute l\u2019importance de bien commencer sa vie.Élevée dans une famille très croyante et pratiquante, Manon raconte qu\u2019elle a baigné dans un milieu où les valeurs de partage, d\u2019entraide et de solidarité étaient primordiales.A l\u2019époque, elle avoue qu\u2019elle croyait en Dieu.La religion faisait partie de sa vie au point où elle a même décidé d\u2019étudier en théologie à l\u2019univer- ÉLECTIONS 2014 sité.«Ma première motivation était de devenir curé, mais je me suis vite rendu compte que la porte était complètement fermée, et c\u2019est là que je suis devenue féministe», lance-t-elle en riant.Sur cette route, Manon a quand même croisé un animateur pastoral qui aura eu beaucoup d\u2019influence dans sa vie.Un certain Gaston Leblanc lui a appris «l\u2019ouverture» à l\u2019égard des autres.«Moi, j\u2019étais lesbienne et Gaston n\u2019avait pas de problème avec ça.Il m\u2019a appris qu\u2019en aimant avec le cœur, il était possible de changer le mofide», confie-t-elle.A partir de ce moment, Manon Massé n\u2019a jamais cessé d\u2019aimer, de croire en l\u2019être humain et de voir le potentiel dans chaque personne.Depuis plus de 30 ans, elle s\u2019est même donnée comme mission de donner une voix, comme elle dit, aux sans-voix.Parce qu\u2019elle veut vivre dans un Québec inclusif.Et parce qu\u2019elle est bien placée pour savoir à quel point l\u2019exclusion peut faire mal.Manon n\u2019avait que sept ans lorsqu\u2019on lui a dit pour la première fois que la ligne des gars était de l\u2019autre côté alors qu\u2019elle venait de se placer dans la ligne des filles.Maintenant âgée de 50 ans, elle ne compte plus le nombre de fois où elle s\u2019est fait dire qu\u2019elle n\u2019était pas dans la «bonne toilette».Pas de métamorphose Des remarques comme celle-ci, la nouvelle députée solidaire en a entendu plus d\u2019une dans sa vie.«Oui, c\u2019est blessant, mais c\u2019est moi en même temps.Pour moi, l\u2019intégrité, ce n\u2019est pas juste une question d\u2019argent et de corruption, c\u2019est d\u2019être la personne que tu es.C\u2019est ça ma réelle démarche dans ma vie et je n\u2019ai pas fini d\u2019être celle que je suis», avertit-elle.Lors de la prochaine rentrée parlementaire, Manon Massé prévient déjà qu\u2019elle n\u2019a pas l\u2019intention de se métamorphoser pour faire plaisir à la galerie.Bien qu\u2019elle soit prête à se plier au décorum et aux règles du jeu, elle demeurera la même femme critique, combattante, qui questionnera et dénoncera sans gêne les inégalités.Et elle avoue qu\u2019elle continuera de s\u2019habiller dans les friperies : « Ça ne changera pas parce que je vais à l\u2019Assemblée nationale!» affirme-t-elle en assumant pleinement toute sa marginalité.Le Devoir LA GRECE À SON MEILLEUR i s Al / CT h' .1 i Atl chez Milos Milos estiatorio 514.272.3522 5357 Avenue du Parc, Montréal, Qc H2V 4G9 www.estiatoriomilos.com 511 RUE VILLERAY MONTREAL 514.495.1999 RESTOTAPEO.COM Soulagement à Ottawa HELENE BUZZETTI MARIE VASTEL Correspondantes parlementaires à Ottawa Tout sourire.Les trois chefs des partis officiels à la Chambre des communes se sont réjouis de la victoire libérale au Québec, y voyant la preuve que les citoyens veulent parler d\u2019économie et non d\u2019un hypothétique troisième référendum.Mais ils se gardent bien de prédire la mort du mouvement souverainiste.«Les Québécois ont rejeté la tenue d\u2019un autre référendum.Ils veulent un gouvernement qui soit ciblé sur l\u2019économie et la création d\u2019emplois», a déclaré Stephen Harper à la Chambre des communes, alors qu\u2019il venait de se faire interroger à propos.de la réforme électorale.Sa réponse a été accueillie par une ovation conservatrice à laquelle se sont jointes les troupes libérales.Les néodémocrates sont restés assis.Même discours du côté du chef néodémocrate Thomas Mulcair, pour qui le verdict des élections de lundi démontre que les «Québécois ont exprimé le vœu d\u2019avoir autre chose, de penser d\u2019abord et avant tout à des emplois pour les prochaines années».Lui-même a voté pour le libéral Geoffrey Kelley.C\u2019est en volant plusieurs circonscriptions au Bloc québécois en 2011 que le NPD s\u2019est retrouvé à former l\u2019opposition officielle à Ottawa.La défaite du PQ débarrasse-t-elle les néodémocrates de la menace bloquiste pour l\u2019élection de 2015?«Je suis en politique depuis trop longtemps pour ne pas avoir vécu des prévisions de toutes sortes, a réfuté M.Mulcair.On dit qu\u2019une semaine c\u2019est une éternité en politique.Il nous reste environ 75 éternités d\u2019ici aux prochaines élections.» Sa députée Erançoise Boivin s\u2019est montrée moins équivoque.«Je ne serai jamais de celles qui prétendent que c\u2019est la fin du mouvement souverainiste: chaque fois qu\u2019on déclare la mort de quelque chose, ça renaît!» Le député conservateur albertain Peter Goldring, qui fait partie du Comité spécial sur l\u2019unité canadienne, a osé prédire cette mort.«S\u2019il y a eu un moment dans l\u2019histoire où nous avons eu le sentiment honnête et sincère que cet enjeu sombrait dans l\u2019oubli, c\u2019est maintenant.C\u2019est probablement le rejet le plus clair de la séparation que nous avons eu depuis de nombreuses années.» Oui au Canada De passage à Ottawa pour prononcer un discours en soirée, l\u2019ex-premier ministre Brian Mulroney a fait mention des résultats.«Il y a eu des élections au Québec hier [lundi], et le Canada a gagné», a-t-il résumé.De la Saskatchewan, une prédiction similaire a été faite par le premier ministre Brad Wall.Sur Twitter, il a écrit: «À tous mes amis dans le PQ, mes sincères adieux.Le ratoureux».Pauline Marois l\u2019avait ainsi baptisé à cause de son refus lors de rencontres entre premiers ministres de considérer ses idées.Le chef libéral Justin Trudeau a salué le rejet québécois des «politiques identitaires divisives».Il prédit que Philippe Couillard ne rappliquera pas avec une version édulcorée de la charte qui reprendrait les éléments de la précédente faisant consensus.«Je suis en faveur d\u2019une charte, et c\u2019est la Charte des droits et libertés», a-t-il dit avant d\u2019ajouter: «C\u2019est un enjeu qui n\u2019est pas une priorité pour le nouveau premier ministre du Québec.» Le père de la clarté référendaire, Stéphane Dion, avait un conseil à offrir aux souverainistes.«Ça s\u2019est beaucoup joué sur non pas ce qu\u2019on a appelé la peur d\u2019un référendum, mais le refus d\u2019un référendum, qui est un refus rationnel.[.] Si les partis indépendantistes continuent d\u2019appeler ça une peur, ils ne comprendront pas ce qui leur est arrivé.» Le Devoir La majorité réjouit Coderre Le maire de Montréal salue la fin du projet de charte de la laïcité du PQ JEANNE CORRIVEAU Peu importe sa couleur, un gouvernement majoritaire à Québec est une bonne nouvelle pour le monde municipal, croit Denis Coderre.Au lendemain de l\u2019élection du Parti libéral de Philippe Couillard, le maire de Montréal s\u2019est aussi réjoui que ce changement de garde ait évacué les questions de référendum et de charte de la laïcité.Pour Denis Coderre, l\u2019arrivée au pouvoir d\u2019un gouvernement majoritaire à Québec assurera une «stabilité»: «Pour les quatre prochaines années, on a des choses précises à demander.Il fauj donc assurer le suivi.» A la suite d\u2019un déjeuner-conférence organisé par le Conseil du patronat du Québec mardi, Denis Coderre et le maire de Rimouski et président de l\u2019Union dqs municipalités du Québec, Éric Eorest, ont rappelé les demandes formulées par les maires au cours des dernières semaines.Pour Montréal, Denis Coderre souhaite le dépôt et l\u2019adoption rapide du projet de loi sur l\u2019inspecteur général.Il réclame aussi que les négociations s\u2019engagent promptement afin de doter Montréal d\u2019un statut de métropole avec des pouvoirs semblables à ceux accordés à la Ville de Toronto par le gouvernement de l\u2019Ontario.Montréal veut diversifier ses sources de financement et ob- tenir des pouvoirs accrus en matière notamment de développement économique, d\u2019intégration des immigrants et d\u2019itinérance.De passage à l\u2019hôtel de ville il y a deux semaines, Philippe Couillard s\u2019était montré favorable à cette demande.Denis Coderre croit que ce dossier pourrait se régler d\u2019ici deux ans.Régimes de refaite De son côté.Éric Eorest a rappelé la nécessité d\u2019adopter le projet de loi sur les régimes de retraite.« C\u2019est un enjeu qui est majeur et qui ne demande pas de sous, mais du courage politique», a-t-il dit.M.Eorest presse aussi le nouveau gouvernement de conclure rapidement des ententes avec Ottawa pour le financement de travaux d\u2019infrastructures.Denis Coderre, qui avait dénoncé la charte de la laïcité sur toutes les tribunes, ne regrette pas que celle-ci soit reléguée aux oubliettes avec la défaite du PQ.Il croit d\u2019ailleurs que cette charte a nui au parti de Pauline Marois.«La charte des valeurs a divisé.De la façon dont les choses sont sorties, ce n\u2019était pas correct, ce n\u2019était pas acceptable.Pour moi, on passe à un autre appel, a-t-il dit.Si des gens ont pensé que, pour des fins électorales, on pouvait se servir de ça pour attirer des votes, oui, il y a eu un impact.» Le Devoir Vous avez des droits nous pouvons vous aider Yves Ménard Avocats inc.514.861.0469 5252 LE DEVOIR, LE MERCREDI 9 AVRIL 2014 A 7 ACTUALITES COMMISSION CHARBONNEAU Les contrats du MTQ aux grands donateurs politiques BRIAN MYLES Asphaltage, éclairage, signalisation, construction de routes et de structures : à peu près tous les types de contrats au ministère des Transports du Québec (MTQ) sont accaparés par une poignée de firmes de génie-conseil et d\u2019entrepreneurs qui figurent, curieusement, parmi les plus gros contributeurs des partis provinciaux.La commission Charbon-neau a repris ses audiences mardi, au terme d\u2019une trêve électorale, avec la ferme intention de découvrir «les zones de vulnérabilité» dans l\u2019octroi des contrats au MTQ, un pactole de 15,6 milliards de dollars pour la période allant de 1997 à 2012.La commission s\u2019intéressera aussi aux liens entre l\u2019octroi des contrats au MTQ et le financement des partis, un sujet qui a plané comme une ombre sur la dernière campagne électorale.L\u2019ex-président de Sintra, Normand Bédard, a amorcé son témoignage en fin de journée.Sintra était le plus gros client du MTQ du côté des entrepreneurs, avec des contrats de 1,6 milliard au cours des 15 dernières années.Sintra est un joueur majeur dans le domaine de l\u2019asphaltage.Cette filiale des sociétés françaises Bouygues et Colas possède 23 entreprises au Québec.Les deux firmes et leurs filiales ont été condamnées à de lourdes amendes totalisant 56,4 millions en France pour avoir fait de la collusion de 1990 à 2006.h ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Douze firmes de génie-conseil ont récolté 87 % des contrats du ministère des Transports entre 1997 et 2012, alors que 15 entrepreneurs se partageaient 75% des projets.Normand Bédard poursuivra son témoignage mercredi.De gros dons En matinée, le directeur adjoint de la recherche à la commission Charbonneau, Martin Comeau, a présenté une série de tableaux fort révélateurs.Les firmes de génie-conseil et les entrepreneurs qui avaient la main heureuse au MTQ étaient aussi de gros donateurs pour les partis provinciaux.Douze firmes de génie-conseil ont récolté 87% des contrats du MTQ, pour un total de 2,5 milliards, entre 1997 et 2012.Leurs employés et les membres de leur entourage ont gratifié au passage les trois principaux partis de dons totalisant 14,8 millions de dollars.Ces firmes sont (par ordre d\u2019importance) Dessau, Geni-var, SNC-Lavalin, CIMA +, BPR, Roche, EXP, AECOM, SMI, Inspec-Sol, Génius et Axor.Leurs employés et les membres de leurs familles ont donné 8,3 millions au Parti libéral du Québec (56% du total des dons), 5,3 millions au Parti québécois (36%) et 1,2 million à l\u2019ancêtre de la Coalition avenir Québec, l\u2019Action démocratique du Québec (8%).Selon l\u2019économiste Comeau, les firmes de génie-conseil privilégiaient toujours les forma- tions au pouvoir dans leurs élans de générosité.Durant la période visée par la commission, le PQ a été au pouvoir pendant cinq ans et demi (de 1997 à mars 2002, et pendant quatre mois en 2012) et le PLQ pendant un peu plus de neuf ans (d\u2019avril 2003 à août 2012).Les entrepreneurs aussi La répartition des contrats entre les entrepreneurs suit les mêmes tendances.Quinze entreprises ont récolté 75% des contrats, pour un total de 7,9 milliards.Ce sont (par ordre d\u2019importance) Sintra, DJL, Simard Beaudry, Soter, Holcim, EBC, Couillard construction, Hamel construction.Groupe Chignon, Pomerleau, Roxboro Excavation, Béton provincial, Grandmont et fils, Inter-Cité et Asphalte Desjardins.Quatre chefs de file se démarquent de leurs concurrents.Sintra, DJL, Simard Beaudry et Soter ont récolté le quart de ces contrats, pour un total de 3,8 milliards.Les grands entrepreneurs à l\u2019œuvre sur les chantiers imitaient les firmes de génie-conseil en contribuant au financement des partis provinciaux, mais ils étaient un peu plus pingres.De 1997 à 2012, les membres du personnel (ou leur entourage) des 15 plus gros joueurs ont donné 1,5 million au PLQ, 639944$ au PQ et 147137 $ à l\u2019ADQ, pour un total de 2,3 millions.lœ Parti libéral a récolté 65% de ces contributions, contre 28% pour le PQ et 7% pour l\u2019ADQ.Le MTQ a remarqué des écarts importants entre l\u2019estimation et le coût réel des travaux entre 2012 et 2013.L\u2019écart est de 16%, ce qui représente des économies de 240 millions.La pression des enquêtes journalistiques et policières, de même que les travaux de la commission Charbonneau ont provoqué un regain de concurrence entre les firmes de génie-conseil et les entrepreneurs à l\u2019œuvre au MTQ, a expliqué l\u2019économiste Comeau.Dernière étape avant l\u2019été La commission terminera le volet «recherche des faits» de son mandat avec cette incursion dans l\u2019octroi des contrats au MTQ et des possibles liens avec le financement des partis provinciaux.L\u2019audition des témoins se poursuivra jusqu\u2019à la relâche estivale.Cet automne, les commissaires entendront les auteurs des mémoires qu\u2019ils jugeront les plus pertinents.La commission avait invité quiconque ayant un intérêt pour son mandat à produire un mémoire, au plus tard le 20 juin.Elle n\u2019entendra cependant pas tous les auteurs indistinctement.Une fois cette étape terminée, les commissaires et le personnel quitteront les feux de la rampe pour se consacrer à la rédaction du rapport final, une tâche colossale.Le rapport doit être livré au plus tard le 19 avril 2015.Le Devoir REFORME ELECTORALE Sheila Fraser s\u2019en prend à l\u2019attitude de Poilievre HÉLÈNE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Sheila Fraser, l\u2019ex-vérifica-trice générale du Canada qui a attaché le grelot au programme des commandites, s\u2019attaque au ministre de la Réforme démocratique Pierre Poilievre.Elle estime que le ministre rend un très mauvais service au Canada, au gouvernement et à la démocratie en général lorsqu\u2019il dénigre comme il l\u2019a encore fait mardi le patron d\u2019Élections Canada.«Ça m\u2019inquiète beaucoup, ça me dérange beaucoup quand j\u2019entends les commentaires faits par le ministre aujourd\u2019hui [mardi] en comité lorsqu\u2019il attaque le Sheila directeur général des élections [Marc Mayrand].Cela ne rend service à personne.Cela sape la crédibilité des institutions.Et en bout de piste, si cela devait continuer, nous en paierions tous le prix parce que plus personne ne ferait confiance au gouvernement, au directeur général des élections ou au système démocratique.» Mayrand attaqué Les agents du Parlement tels que le DGE ou le vérificateur général exercent leurs fonctions de la manière la plus neutre et équitable possible, a-t-elle rappelé.«Je suis certaine que si le projet de loi est adopté, le DGE le mettra en œuvre, mais de l\u2019attaquer parce qu\u2019il a formulé publiquement ses préoccupations est totalement inapproprié.» Plus tôt dans la journée, M.Poilievre avait déclaré que les recommandations de Marc Mayrand sur les façons d\u2019améliorer sa réforme électorale «se résument à trois grandes demandes pour lui: il veut plus de pouvoirs, un plus gros budget et moins d\u2019imputabilité».Une des raisons pour lesquelles le projet de loi C-23 est critiqué est qu\u2019il met fin à la possibilité pour un électeur d\u2019avoir recours à un répondant pour s\u2019identifier lorsqu\u2019il ne possède pas les documents requis.M.Poilievre répète qu\u2019en 2011, plus de 50000 erreurs de documentations ont été détectées en lien avec les répondants.M.Mayrand réplique qu\u2019il s\u2019agit d\u2019erreurs administratives ne permettant pas de conclure qu\u2019il y a eu fraude.M.Poilievre n\u2019aime pas cette réponse, a-t-il fait savoir mardi.«Le témoignage d\u2019Élections Canada renforce ma détermination à exiger des pièces d\u2019identité.Parce que le DGE a simplement balayé du revers de la main ce gigantesque nombre d\u2019irrégularités comme n\u2019étant pas pertinentes ou importantes, ce qui me laisse croire qu\u2019il n\u2019a aucun plan pour s\u2019y attaquer.» La fin du recours aux répondants pourrait retirer le droit de vote à 100 OQO électeurs, évalue Elections Canada.Plusieurs ob-Fraser servateurs pensent que ces dispositions pourraient donc être contestées devant les tribunaux.Le projet de loi a-t-il été jugé constitutionnel par les experts du ministère ?Le ministre Poilievre a refusé de répondre.«Je suis convaincu que ces propositions respectent la Constitution», a-t-il répondu.Manning à la barre Par ailleurs, l\u2019ex-chef du Parti réformiste, Preston Manning, a aussi comparu en comité lundi soir pour commenter le projet de loi C-23.S\u2019il n\u2019est pas aussi critique que d\u2019autres, il pense cependant que le gouvernement fait fausse rpute en voulant interdire à Elections Canada de faire des campagnes d\u2019incitation au vote.Fait à noter, les députés conservateurs exigent désormais de tous les témoins qui donnent leur avis sur C-23 qu\u2019ils déclarent, s\u2019ils ont déjà travaillé pour Elections Canada.Cette approche a été qualifiée de «maccarthysme» par les députés de l\u2019opposition.Les conservateurs avaient laissé entendre que M™® Fraser n\u2019était pas neutre puisqu\u2019elle ^iège au comité consultatif d\u2019Elections Canada, un regroupement d\u2019éminences grises.«J\u2019espère qu\u2019avec les années, fai démontré que je dis ce que je pense et qu\u2019on ne m\u2019influence pas facilement!» a rétorqué la principale intéressée.Le Devoir « « VAN O SHLAMOV AGENCE FRANCE PRESSE Les pensées intrusives se présentent le plus souvent sous forme de doute, comme « ai-je éteint la cuisinière avant de partir?» Les répondants de l\u2019échantillon, issus de 13 pays, en ont signalé.Les pensées morbides et les doutes déraisonnables seraient universels Les constats d\u2019un professeur de Concordia pourraient aider à soigner les gens atteints de trouble obsessionnel-compulsif PAULINE GRAVEL Qui n\u2019a pas déjà imaginé sa maison en flammes?Qui ne s\u2019est jamais vu sauter du balcon d\u2019un immeuble?De telles pensées ou images importunes nous traversent l\u2019esprit à l\u2019occasion sans raison particulière.Il ne s\u2019agit nullement d\u2019un problème pathologique, mais d\u2019un phénomène répandu dans toutes les cultures et les pays du monde, confirme une étude internationale.Habituellement, la raison nous aide à chasser rapidement ces idées, images ou impulsions intrusives importunes.Les personnes atteintes du trouble obsessionnel-compulsif (TOC) se mettent quant à elles à y croire et s\u2019inquiètent pour leur sécurité et leur santé mentale, explique Adam Radomsky.Ce professeur de psychologie à l\u2019Université Concordia a codirigé l\u2019étude, dont les résultats sont publiés dans la revue Journal of Obsessive-Compulsive and Related Disorders.Image affolante et solution Dans le but de vérifier si les pensées intrusives étaient bien un phénomène universel, les chercheurs ont demandé à 777 étudiants universitaires s\u2019ils avaient eu au moins une pensée intrusive indésirable au cours des trois derniers mois.Les étudiants interrogés résidai,ent au Canada (Montréal et Fredericton), aux Etats-Unis, en Argentine, en Australie, en France, en Grèce, en Italie, en Espagne, en Turquie, en Israel, en Iran, à Hong Kong et en Sierra Leone.La grande majorité des étudiants (93,6%) ont affirmé avoir éprouvé un tel phénomène, et les types de pen- II ne s\u2019agit nullement d\u2019un problème pathologique, mais d\u2019un phénomène répandu sées qu\u2019ils ont décrits étaient en grande partie similaires.Les intrusions qu\u2019ils ont le plus souvent évoquées étaient des doutes, comme : ai-je verrouillé la porte d\u2019entrée de la maison?Ai-je bien envoyé mon devoir à mon professeur?Ai-je éteint la cuisinière avant de partir?Les participants ont également décrit diverses stratégies les aidant à évacuer ces idées incongrues, comme se distraire, porter attention à autre chose, se convaincre mentalement d\u2019arrêter de penser à cela, d\u2019imaginer un geste ou un objet \u2014 comme un extincteur pour éteindre un incendie \u2014 qui neutralisera la pensée indésirable, passer en revue les gestes que l\u2019on a faits avant de quitter la maison afin de se rassurer.Selon M.Radomsky, ces résultats démontrant que des personnes normales de toute culture expérimentent des idées intrusives importunes seront très utiles pour traiter les personnes souffrant de TOC, car celles-ci se croient anormales de penser à des choses aussi étranges.Or, «ces résultats nous permettent de leur répondre qu\u2019à peu près tout le monde a de telles pensées.Ils nous aident à leur faire comprendre que les idées en elles-mêmes ne sont pas problématiques, mais que c\u2019est plutôt la façon dont ils les interprètent et les analysent qui l\u2019est.Cette compréhension est au cœur de la thérapie cognitive-comportemen-tale employée pour traiter le TOC.Les patients en arrivent ainsi à réaliser qu\u2019ils n\u2019ont pas à s\u2019inquiéter outre mesure de ces pensées.Puis, celles-ci finissent alors par surgir moins fréquemment et par moins les déranger».Le Devoir Rougeole: le Québec semble protégé L\u2019éclosion de rougeole qui a atteint plus de 300 personnes au Canada depuis quelques semaines n\u2019a pas encore rejoint le Québec.La Santé publique est à l\u2019affût et maintient «son niveau d\u2019alerte quant au risque élevé d\u2019importation de rougeole au Québec», indique la responsable des relations avec les médias du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Stéphanie Ménard.L\u2019épidémiologiste à l\u2019Institut national de santé publique du Québec ÇINSPQ), Gaston de Serres, estime que l\u2019excellente couverture vaccinale des enfants québécois est rassurante en ce qui concerne les risques posés par le virus s\u2019il traversait la rivière des Outaouais : des cas ont été rapportés en Ontario, notamment à Ottawa.C\u2019est la région de la vallée de Fraser, en Colombie-Britannique, qui est la plus touchée, avec 320 cas.Un texte complet sur LeDevoir.com.Le Devoir Woodworth: la motion pro-vie mise aux voix Ottawa\u2014La motion du député conservateur Stephen Wood-worth demandant que toutes les lois canadiennes soient interprétées de manière à reconnaître «la valeur égale et la dignité» de tout être humain sera mise aux voix ce jeudi.Et cela s\u2019entend au sens littéral.Comme M.Wood-worth ne peut pas faire voter sa motion, il demandera le consentement unanime des députés pour qu\u2019elle soit adoptée.H suffit qu\u2019un élu émette un son pour que cela lui soit refusé.Selon lui, seuls les «extrémistes» pourraient s\u2019opposer à son initiative.M.Woodworth, un pro-vie notoire, mène une croisade pour que les lois canadiennes reconnaissent qu\u2019un fœtus est un être humain même s\u2019il n\u2019est pas encore sorti du ventre de sa mère.Le Devoir Un déficit pour Mélanie Joly aussi A l\u2019instar des trois autres partis présents à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal, le Vrai changement pour Montréal, dirigé par Mélanie Joly, a clos l\u2019année 2013 avec un déficit.Le rapport financier du parti qui vient d\u2019être rendu public révèle un manque à gagner de 106420$.Le parti croit toutefois que le remboursement auquel ont droit les formations politiques pour leurs dépenses électorales lui permeflra de renflouer ses coffi'cs.Rappelons que le Vrai changement pour Montréal avait omis de déposer son rapport financier dans les délais requis.Au terme de 2013, le déficit d\u2019Equipe Denis Coderre s\u2019est élevé à 345938$, celui de Coalition Montréal a atteint 174614$ et celui de Projet Montréal a été de 20954$.Le Devoir Attawapiskat: uu ex-dirigeaut accusé de fraude Un ancien leader de la réserve crie Attawapiskat, dans le nord de l\u2019Ontario, fait face à des accusations de fi'aude et de vol.Clayton Kennedy, qui est aussi le conjoint de la chef de bande bien connue Theresa Spence, a été accusé le 26 mars pour une fi'aude de plus de 5000$ et un vol de plus de 5000$, a indiqué mardi la police, qui parle d\u2019un «événement fsD/é».Clayton Kennedy, âgé de 62 ans, est actuellement codirecteur de la réserve dcTaykwaTagamou, à Cochrane, en Ontario, au sud d\u2019Attawapiskat.Il a été libéré sous conditions et devra revenir devant le tribunal le 28 mai.La Presse canadienne luoudatious eu Moutérégie Les autorités de la Montérégie étaient sur un pied d\u2019alerte mardi soir en raison d\u2019inondations causées par les fortes pluies et la fonte des neiges, notamment dans les municipalités de Carignan et de Saint-Clet.Le niveau d\u2019eau a grimpé à près d\u2019un mètre en après-midi dans certains secteurs de Saint-Clet, qui compte 700 âmes.Le Devoir A 8 LE DEVOIR LE MERCREDI 9 AVRIL 2014 EDITORIAL LE PREMIER MINISTRE PHILIPPE COUILLARD Au-delà des résultats Philippe Couillard a remporté une victoire décisive lundi avec l\u2019élection de 70 députés.À la tête d\u2019un gouvernement majoritaire, il aura maintenant la chance d\u2019orienter le développement du Québec.Quelle sera sa grande bataille ?Difficile de le dire, car dans cette campagne électorale il s\u2019est gardé de révéler sa vision de l\u2019avenir de la société québécoise.U 'K Bernard Descôteaux n rapide retour sur le déroulement de la campagne de Philippe Couillard montre que sa conversation avec les Québécois s\u2019est articulée très classiquement autour de ses engagements électoraux.Chaque jour apportait sa promesse, parfois consistant en un appui à un projet local, parfois portant sur des enjeux plus significatifs, comme la relance du Plan Nord.Mais jamais il n\u2019a situé ses engagements sous une vision inspirante susceptible de propulser le Québec dans l\u2019avenir et de mobiliser les Québécois.Le thème principal de la campagne libérale était l\u2019économie.Pourquoi l\u2019économie ?La réponse proposée fut toujours du premier degr^ Pour créer des emplois, lesquels généreront des revenus à l\u2019État qui aura alors la capacité de dispenser des services de qualité et de réduire les impôts.On ne sera pas contre la vertu, mais sa promesse de créer 50000 emplois par année aurait pu prendre un autre sens si on l\u2019avait rattachée à une volonté de partage de la richesse et de solidarité que ne manquait jamais d\u2019évo-^\t~ quer un Robert Bourassa lorsqu\u2019il parlait de croissance économique.rLe but de la campagne libérale était de ré-pondre aux attentes d\u2019électeurs à qui il ne faut .-3,^ pas dire plus que nécessaire.Mais ce faisant, c\u2019est comme si ce parti avait renoncé à centrer son action autour d\u2019objectifs qui ont déjà été au cœur du discours libéral, comme l\u2019environnement et le développement durable, dont Jean Charest avait fait l\u2019axe de l\u2019action économique de son gouvernement.Ce fut le silence complet sur ce sujet, autour duquel pourtant se redéfiniront ces prochaines années tous nos comportements tant de consommateurs que de citoyens.On ne peut affirmer au terme de cette campagne, où pendant 33 jours Philippe Couillard s\u2019est exposé à la vue de tous, qu\u2019il n\u2019est pas un visionnaire, car il ne se livre pas.Ceux qui l\u2019ont côtoyé durant cette période ont constaté qu\u2019il a pour réflexe de se cantonner dans une certaine réserve qu\u2019il appelle lui-même sa «neutralité émotive» quand on l\u2019invite à se dévoiler.Le praticien qu\u2019il a été en médecine aime plutôt se voir comme un pragmatique qui règle des problèmes plutôt quq de mener des débats sur l\u2019identité ou sur l\u2019avenir de la planète.À sa première conférence de presse comme premier ministre élu, c\u2019est ce politicien pragmatique qu\u2019on a vu mardi.11 avait toutes les réponses, histoire de montrer qu\u2019il sait où il va.D\u2019emblée, le chef libéral veut imposer un rythme à son gouvernement.Les décisions seront rapides.La relance du programme d\u2019infrastructures à plein régime n\u2019attendra pas.Elle se fera dès l\u2019assermentation de son gouvernement.11 entend par ailleurs reprendre dès le retour à l\u2019Assemblée nationale l\u2019étude du projet de loi Mourir dans la dignité pour une adoption rapide.Le gouvernement que veut Philippe Couillard en est un de résultats.Des résultats mesurables en nombre d\u2019emplois, en recettes fiscales et en amélioration de services.Ce sont là de «vraies affaires».Mais être premier ministre ne consiste pas qu\u2019à s\u2019occuper de ce qu\u2019on pourrait appeler les «livrables», mais aussi à orienter le développement social, voire moral, de la société québécoise tout entière.11 a employé dans cette campagne le mot « ensemble » pour faire appel aux électeurs qui se sentaient exclus par les politiques péquistes.Ils ont voté pour lui de fait, mais il ne doit pas oublier les quelque 60% de Québécois qui ont voté pour d\u2019autres.LES FEMMES CHEFS Qui, après Pauline ?engagement politique de Pauline Marois est fini, terminé, appartient au passé.Un chef, un autre, qui est renvoyé à sa vie privée par des électeurs qui ont envie d\u2019autre chose.Encore récemment, Gilles Duceppe et Jean Charest sont ainsi passés à la trappe.La dure loi de la démocratie ne s\u2019embarrasse pas des états de service le jour où souffle un ardent désir de changement.11 y avait néanmoins beaucoup de tristesse à voir Pauline Marois ainsi battue.Elle a beau avoir ses responsabilités dans la gifle électorale subie par le Parti québécois, sur laquelle nous reviendrons, sa défaite personnelle était crève-cœur.Peu importent les allégeances, ce que représente madame Marois a toujours dépassé ce qu\u2019elle est : la preuve que l\u2019ambition politique pouvait se conjuguer au fait d\u2019être enceinte jusqu\u2019aux oreilles, d\u2019être coquette, de trouver l\u2019équilibre travail-famille, de s\u2019assumer femme en faisant partie de la mêlée.Cet exemple-là reste rare.Les partis politiques ne manquent pas d\u2019élues compétentes.Mais lundi, le recul du nombre de députées (sept de moins par rapport à 2012, le quart des sièges plutôt que le tiers) a rappelé que la représentativité féminine n\u2019est pas un acquis.Alors devenir chef.11 n\u2019y avait pas de femmes en lice quand il s\u2019est agi de remplacer Jean Charest; Prançois Legault n\u2019en a que pour ses vedettes masculines; et au Parti québécois, lundi, on n\u2019a même pas attendu que madame Marois ait tiré sa révérence pour que trois prétendants, sans « e », prennent d\u2019assaut la scène, éclipsant celle qui partait.Une éclipse qui a ponctué toute la carrière de Pauline Marois.11 lui a fallu diriger tous les grands ministères avant de pouvoir enfin, après deux tentatives, accéder à la tête de son parti \u2014 et encore, même ces dernières semaines, le chef de la Coalition avenir Québec ne l\u2019a qualifiée que de travailleuse sociale.Quant à sa victoire historique de septembre 2012, alors qu\u2019elle devenait la première première ministre du Québec, elle lui fut volée par un attentat odieux, dont on aurait dû s\u2019émouvoir davantage.Pauline Marois a néanmoins préparé la voie, montré que c\u2019était possible.11 n\u2019y avait pas de femmes chefs quand elle s\u2019est lancée en politique en 1981.Ce n\u2019est plus le cas : on pense à Prançoise David ou au monde municipal, plus riche de références \u2014 la jeune Mélanie Joly n\u2019a-t-elle pas eu l\u2019audace, à Montréal, de créer son propre parti?On reste quand même dans la marge.Et les femmes qui dans les grands partis se démarquent \u2014 comme Véronique Hivon au PQ \u2014 n\u2019apparaissent pas incontournables.On risque donc d\u2019attendre encore longtemps la deuxième femme qui dirigera le Québec.11 faut le dire : cela fait aussi partie des revers de ce lundi 7 avril.Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET lî\tPRCMlfll MÎAiîfTI^C Couii-LA(î^t>**.to Qu UN FêùT CETâéPHONf tAfTLtiôENT?LETTRES Les amnésiques Quand il s\u2019agit de parler de politique, les gens oublient rapidement l\u2019intérêt des chiffres.Trop souvent, les gens oublient les quantités réelles au profit d\u2019une fiction, la volonté du peuple.L\u2019incrédulité de beaucoup face au retour d\u2019un gouvernement libéral majoritaire est un exemple flagrant.Les Québécois seraient des amnésiques qui, après un an et demi, auraient ramené le PLQ malgré les raisons ayqnt mené à sa défaite.A entendre parler ceux « qui n\u2019en reviennent pas », les libéraux étaient tombés dans la disgrâce en 2012 tout comme leurs homonymes à Ottawa.Pourtant, c\u2019était loin d\u2019être le cas.Ils avaient certes perdu le pouvoir, mais avaient récolté presque autant de sièges que le PQ.La différence au vote populaire n\u2019était même pas de 1%.C\u2019était certes un score historiquement bas pour ce partj, mais cela restait une fraction massive.A ce moment-là, plusieurs se demandaient comment ils avaient fait pour si bien s\u2019en tirer alors qu\u2019ils étaient à la fois usés et salis.La question était on ne peut plus pertinente, mais fut rapidement oubliée.Autrement dit, la remontée des libéraux n\u2019est pas fulgurante, elle n\u2019est que de 10 points de pourcentage, qui évidemment se conjugue à la distorsion créée par notre mode de scrutin.Les Québécois sont-ils amnésiques?Probablement pas.On peut penser que la plupart de ceux qui ont voté pour les libéraux en 2012 ont revoté pour eux.De toute manière, la majorité des électeurs ont voté pour un autre parti.Deux leçons sont donc à tirer: primo, le PLQ a la peau plus que dure, secundo, les amnésiques sont plutôt ceux qui ont oublié la première leçon.Antoine Desgagnés Le 7 avril 2014 Quelle tristesse ! Une tristesse sourde m\u2019envahit, une tristesse comme je n\u2019en avais jamais éprouvé depuis ces 50 dernières années, et elle draine mes dernières énergies.Mon engagement envers le Québec a commencé en 1963 lors de ma première manifestation contre la déclaration du président Gordon du CNR et cela s\u2019est continué sans interruption depuis, toujours disponible pour du bénévolat.J\u2019ai été membre du RIN puis du PQ sans interruption, malgré les creux de vague de ce parti, car je le voyais comme le seul outil politique capable de convaincre les Québécois et de faire aboutir le pays.11 fallait le soutenir malgré ses tempêtes internes, ce qui m\u2019incitait à maintenir une certaine pression sur moi-même, ma famille et mon entourage.Mais voilà, cher peuple, tu m\u2019es devenu incompréhensible, frileux à la moindre évocation du pays que tu te refuses à toi-même et pour lequel je travaillais, inconscient de ta fragilité dans l\u2019ensemble Canadian.J\u2019ai maintenant 70 ans et je suis fatigué de ton indifférence, de tes sautes d\u2019humeur intempestives, de tes incohérences, de ton manque de solidarité : voter à la fois Trudeau au fédéral et Lévesque au Québec, passer aussi massivement du Bloc québécois au NPD, souhaiter plus de contrôle de toi-même et te maintenir dans la fédération canadienne, puis l\u2019élection de lundi après neuf ans de gestion libérale désastreuse.Après 50 ans de scolarisation massive, tu n\u2019as pas encore trouvé ta cohérence, ta voie, alors que nos anglophones, tels une boussole immuable, maintiennent le cap, toujours le même, sans qu\u2019on lem en tienne rigueur, et tu les suis aveuglément.J\u2019ai toujours combattu cette idée que Trudeau père aimait nous servir : «.les Canadiens français, un peuple qui n\u2019a que des émotions.», sous-entendant que nous n\u2019avions pas de tête, mais force m\u2019est d\u2019admettre ce soir qu\u2019il avait raison.Tu es devenu ça à mes yeux ! J\u2019aimerais me tromper.J\u2019aurais continué à espérer et à m\u2019engager si la jeunesse était au rendez-vous, mais les récentes enquêtes nous indiquent que le PQ est perçu comme le parti d\u2019une cause et d\u2019une génération, nos jeunes ne se reconnaissent dans aucune d\u2019elles.Ils ne suivent plus, ne dynamisent plus, ils sont ailleurs, dans l\u2019écologisme, l\u2019internationalisme et leur individualisme sacré.Ils veulent bien construire l\u2019humanité, mais pas leur pays.[.] Roger Boileau Québec, le 8 avril 2014 J\u2019ai voté pour la CAQ Pourquoi j\u2019ai voté pour la CAQ ?Parce que j\u2019en ai eu assez, après près de 40 ans, de voir mon vote toujours pris au piège de la question nationale.Je veux voter pour la bonne gouvernance.Le PLQ m\u2019aurait incité à voter pour lui par peur d\u2019un référendum, espérant ainsi me faire oublier ses neuf années de mauvaise gouvernance et les révélations récentes faites par la commission Charbonneau et Î\u2019UPAC.Me faire croire que les vieux fantômes ne reviendront pas le hanter.Bien que je sois toujours convaincu qu\u2019il faut faire la souveraineté du Québec, je ne pouvais non plus voter pour le PQ qui rêvait de me faire avaler la couleuvre de sa charte xénophobe.J\u2019ai l\u2019impression que bien de belles âmes du PQ vont se réveiller avec un sérieux mal de tête et se demander comment ils ont pu tomber aussi bas seulement pour que ce parti puisse conserver sa place sur l\u2019échiquier et garder ouverte la possibilité de la souveraineté.J\u2019ai voté pour sortir des ornières dans lesquelles les vieux partis m\u2019ont maintenu depuis près de 40 ans.[.] J\u2019ai voté pour la CAQ parce qu\u2019il m\u2019a semblé qu\u2019on aurait là quelqu\u2019un qui prend vraiment au sérieux le besoin pour le Québec de reprendre en main ses finances publiques.Fini le temps, espérons-le, où l\u2019on donnait sans compter l\u2019argent des contribuables à des intérêts privés soit pour bâtir des minicentrales dont nul n\u2019a besoin, soit maintenant pour bâtir des cimenteries dont ni la famille Beaudoin ni le Québec n\u2019ont besoin.Et tout ça, toujours, pour conserver son poste de député.En ce qui concerne la souveraineté du Québec, elle ne doit plus être entre les mains d\u2019aucun parti politique.Laissez-nous enfin voter pour vous seulement pour votre façon de gouverner.Remettons cette question à un mouvement non partisan, tel le Nouveau Mouvement pour le Québec.Que le PQ abolisse son article 1 et le remplace par un engagement à protéger, ici comme à Ottawa, les intérêts bien compris de la nation québécoise.Ou qu\u2019il disparaisse.Robert Bernier Mirabel, le 7 avril 2014 Un mal de bloc Plus que le Parti québécois, c\u2019est le mouvement souverainiste au grand complet qui se réveille avec un mal de bloc en ce matin du 8 avril.Alors que tous les observateurs s\u2019accordent pour donner le tournant de la campagne à Pierre Karl Péladeau, il faut à mon sens bien plus relever la gestion affreuse et improvisée de cette situation par le Parti québécois.S\u2019ils ne pouvaient pas prévoir un tel raz-de-marée médiatique, ils auraient aisément pu en tirer profit plutôt que de renier la raison même de leur existence pour le reste de la campagne.En choisissant de mettre de côté l\u2019option souverainiste et en ne laissant sur le terrain de la question nationale que le fameux référendum sans expliquer la nécessité ou les avantages de l\u2019indépendance, le Parti québécois a perdu une autre belle chance de renverser le fardeau de la preuve sur le camp fédéraliste une fois pour toutes.Au lieu de contre-attaquer, il s\u2019est encore une fois excusé d\u2019exister, et c\u2019est cette réaction insensée qui, en plus d\u2019être le tournant, a été le catalyseur d\u2019une série de longues improvisations malhabiles qui ont mené à une défaite inévitable le 7 avril.Eloi Mayano-Vinet Montréal, le 8 avril 2014 Le premier ministre de tous Cher Monsieur Couillard, Malgré le fait que je ne sois pas un de vos partisans les plus fervents, je tiens à vous féliciter pour votre élection au poste de premier ministre du Québec.Je vous écris pour vous demander une chose bien importante.Je vous écris pour vous demander de vous comporter en tant que premier ministre du Québec.Vous êtes devenu lundi soir le représentant de tous les Québécois.Cela signifie que vous n\u2019êtes plus seulement le chef du Parti libéral, mais bien celui de tous les Québécois.Vous avez été élu avec 41,5% du vote.Cela signifie que 58,9% des électeurs n\u2019ont pas voté pour vous ni pour votre formation politique.Néanmoins, vous devez maintenant entendre et respecter leur voix à eux aussi.Je vous demande donc de ne pas faire comme votre prédécesseur, monsieur Charest.Je vous demande de ne pas respecter que les intérêts du Parti libéral.L\u2019élection de 2012 a mis fin à une profonde crise sociale qui a morcelé le Québec.Depuis dix-huit mois, nous avons vécu un fragile équilibre social.S\u2019il vous plaît, ne le saccagez pas.Ne laissez pas la partisanerie et les intérêts de votre parti démolir ce qui est si vulnérable.Certes, vous êtes chef du Parti libéral et je serais très surpris de vous voir vous convertir en un militant de Québec solidaire.En formant un gouvernement majoritaire, il est clair que les Québécois devront s\u2019attendre à ce que la gouverne du Québec se fasse selon une certaine idéologie.S\u2019il vous plaît, ne répétez pas les mêmes erreurs que votre prédécesseur, ne soyez pas celui qui divisera le Québec.pour une seconde fols.François Ross Québec, le 8 avril 2014 LE DEVOIR, LE MERCREDI 9 AVRIL 2014 A 9 IDEES Élections Québec 2014 La flèche zen VICTOR LEVY-BEAULIEU Trois-Pistoles n fait n\u2019a pas été U soulevé par les analystes alors que le PQ se dirigeait tout droit vers une très amére défaite.Le suivant: tous ces analystes ont parlé du projet de la charte de la laïcité et d\u2019un éventuel référendum comme étant deux des raisons qui ont porté le Parti libéral au pouvoir.Pourtant, les députés les plus « déterminés » du Parti québécois ont été réélus ou élus: les Bernard Drainville, Jean-François Lisée et Pierre Karl Péladeau, pour ne parler que d\u2019eux.Les autres, plus «mous» selon le lieu commun, ont tous mordu la poussière.Doit-on y voir un signe.et quel signe?J\u2019aimerais bien vous entendre là-dessus.Les discours tenus par Drainville, Lisée et PKP, chargés de préparer le terrain à l\u2019arrivée sur scène de Madame Marois, véritable programme politique pour chacun d\u2019eux, m\u2019ont laissé un peu pantois, pataud et penaud : pourquoi ces messages du pays à faire, pourquoi cette passion et cette éloquence n\u2019ont-ils pas constitué l\u2019os et la chair de la campagne électorale?On n\u2019a guère vu Drainville, Lisée et PKP dans la campagne \u2014 ils faisaient de la figuration aux côtés d\u2019une Madame Marois peut- FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR Victor-Lévy Beaulieu se désole de la dernière campagne.être «déterminée», mais qu\u2019on sentait d\u2019une vulnérabilité intérieure qu\u2019elle n\u2019a pu surmonter.Vous allez me dire que la campagne électorale de Philippe Couil-lard a aussi reposé totalement sur ses épaules.Mais le PQ n\u2019a pas su voir qu\u2019en se présentant dans son pays d\u2019adoption, jusqu\u2019alors «teindu» bleu pour ainsi dire indélébile, Philippe Couillard démontrait aussi une détermination peu commune : en se faisant élire dans Roberval, ce qu\u2019il visait avant tout, c\u2019est l\u2019appui du monde des régions.un pari risqué, mais qu\u2019il a gagné.Et j\u2019ajoute, brillamment.Rien de pire dans une élection que de sous-estimer l\u2019intelligence de son adversaire.Or Philippe Couillard est un homme d\u2019une grande intelligence et d\u2019une culture dont peu de politiciens de chez nous peuvent se vanter.Une petite anecdote à ce sujet: il y a déjà un certain nombre d\u2019années, durant un Salon du livre de Montréal, je prenais le café au restaq-rant de l\u2019hôtel Bonaventure.A plusieurs tables de la mienne, Philippe Couillard, fin seul, faisait de même.Il m\u2019a envoyé un petit mot sur Monsieur Melville qu\u2019il avait lu et me demandait si je connaissais sur le sujet un ouvrage très rare qu\u2019il avait consulté \u2014\tréférences à l\u2019appui.Je peux vous assurer que dans ce do-maine-là des choses, ce n\u2019est guère courant chez un politicien.En fait, le geste de Philippe Couillard m\u2019a tellement sidéré que je ne crois pas l\u2019en avoir remercié.Lundi soir encore, que faisait-il en attendant le résultat des élections ?Réfugié dans une pièce où il se trouvait seul, il.lisait! Eh oui, il lisait! Quoi?Personne ne le lui a demandé, les journalistes n\u2019étant pas très curieux de ce bord-là des choses.Vous savez que je n\u2019ai jamais été un laudateur de Madame Marois.N\u2019empêche que ce matin, je partage l\u2019énorme tristesse qui doit être la sienne \u2014 et qui est la nôtre aussi.Jacques Perron a écrit qu\u2019au Québec, avant même d\u2019être des citoyens, nous sommes des complices.Lundi, cette complicité a pris un tout autre sens.Saurons-nous en faire l\u2019examen?Je termine en vous faisant part du leitmotiv qui m\u2019a accompagné tout au long de ma vie : «Il n\u2019y a pas d\u2019entreprises désespérées, il n\u2019y a que des désespoirs entreprenants.» Grand merci à toutes et à tous de m\u2019avoir accompagné durant cette campagne électorale.J\u2019en suis réconforté et apaisé.et d\u2019autant plus solidaire.Je ne suis pas doué par-devers le découragement: l\u2019histoire nous enseigne qu\u2019elle va par-ci par-là, souvent à reculons, mais que même malgré elle, elle est comme une flèche zen \u2014\trésolument portée par-devant.1 RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE ET SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Même si les péquistes déchantaient lundi soir, ils sont les mieux représentés à l\u2019Assemblée nationale en regard de la part des électeius qui les ont choisis.Le PQ compte 30 députés, contre 33 avec im scrutin proportionnel.Chez QS, la proportionnelle aimait cependant porté le nombre de députés à 10.MODE DE SCRUTIN Les distorsions les plus importantes depuis 1998 Un scrutin proportionnel aurait permis de traiter tous les partis avec équité PAUL CLICHE Auteur du livre Pour réduire le déficit démocratique : le scrutin proportionnel es élections du 7 avril ont été celles où les distorsions causées par le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour ont été les plus importantes depuis les élections de 1998, soit lors des cinq dernières consultations populaires.En effet, jamais pendant cette période l\u2019écart entre le pourcentage des votes recueillis et le pourcentage de députés élus n\u2019a favorisé autant un parti vainqueur.Les 41,5% de suffrages accordés aux libéraux leur ont en effet permis de remporter 56% des sièges parlementaires, soit 70; d\u2019où un écart de 14,5% en leur faveur qui leur permet de former un gouvernement majoritaire plutôt que minoritaire.L Équité A l\u2019inverse, ce sont la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire qui sont les plus maltraités par le scrutin majoritaire avec des écarts négatifs respectifs de 5,5% et 5,2%.En effet, la CAQ a obtenu 23,1% des votes mais n\u2019a fait élire que 17,6% des députés, soit 22.Québec solidaire, lui, a obtenu 7,6% des votes mais n\u2019a fait élire que 2,4% des députés, soit 3.Quant au Parti québécois, il s\u2019en est bien tiré malgré son deuxième pire score aux urnes depuis sa première campagne en 1970, soit un écart négatif de seulement 1,4% Avec un scrutin proportionnel, chaque vote compte puisqu\u2019il a obtenu 24% des sièges avec 25,3% des suffrages.Une représentation strictement proportionnelle à l\u2019Assemblée nationale aurait donné les résultats suivants: 52 députés au lieu de 70 au Parti libéral ; 33 députés au PQ au lieu de 30 ; 30 députés à la CAQ au lieu de 22 et 10 députés à Québec solidaire au lieu de 3.Un scrutin proportionnel aurait donc permis de traiter tous les partis avec équité.Ces constatations confirment que la règle d\u2019airain du scrutin majoritaire, qui régit nos élections depuis 1867, s\u2019applique une fois de plus.Dans le but d\u2019obtenir des gouvernements majoritaires, le parti vainqueur est fortement surreprésenté, tandis que les partis d\u2019opposition sont fortement sous-représentés ; particulièrement les tiers partis comme Québec solidaire.Cette fois-ci toutefois, le premier parti d\u2019opposition, le PQ, n\u2019a quasiment pas été pénalisé par le mode de scrutin.C\u2019est d\u2019ailleurs une constante dans l\u2019histoire de cette formation, qui, depuis les injustices subies en 1970 et en 1973, a presque toujours été choyée par le scrutin majoritaire.En 1998, le PQ a même pu former un gouvernement largement majoritaire même s\u2019il avait reçu moins de votes que le Parti libéral.On avait alors assisté, comme en 1944 et en 1966, à un renversement de la volonté populaire qui est un vice démocratique fondamental puisqu\u2019un mécanisme électoral bafoue le choix des électeurs.Ce fait explique pourquoi le parti fondé par René Lévesque, qui s\u2019est battu pendant plusieurs années pour l\u2019instauration d\u2019un scrutin proportionnel, a fait volte-face après 1998.Le PQ est même allé jusqu\u2019à biffer de son programme à son congrès de 2011, avec la bénédiction de Pauline Marois, un engagement en ce sens qui y avait figuré sans interruption depuis 1969.Pour que chaque vote compte Comme à toutes les élections, le scrutin majoritaire a également fait en sorte le 7 avril que les votes d\u2019une majorité d\u2019électeurs (plus de 50%) n\u2019ont nullement compté pour l\u2019élection de députés qui les auraient représentés.C\u2019est la manifestation d\u2019un déficit démocratique qui affaiblit gravement notre démocratie représentative en lui enlevant beaucoup de crédibilité.Au contraire, avec un scrutin proportionnel, chaque vote compte.Durant la campagne, on a remarqué un intérêt accru en faveur du scrutin proportionnel.Le Mouvement pour une démocratie nouvelle a tenu un colloque et fait signer une pétition.On en a beaucoup traité dans les réseaux sociaux.Ce fut le thème de plusieurs émissions radiophoniques et télévisées.Des chroniqueurs et des éditorialistes ont aussi abordé le sujet, sans parler des nombreuses lettres de lecteurs dans les journaux.Les trois principaux partis ont toutefois encore négligé ce thème crucial.Seul Québec solidaire en a fait la promotion.Espérons que ce mouvement prendra de l\u2019ampleur afin que la saga de la réforme du mode de scrutin, qui dure depuis près de 50 ans, prenne fin un jour.La voix de l\u2019inquiétude Francine Pelletier intuition féminine en a pris pour son rhume ; Pauline Marois et le Parti québécois encore davantage.Même pour ceux, comme moi, qui croyaient que le PQ se dirigeait vers un mur, on reste bouche bée devant l\u2019étendue du désaveu.Puis pris d\u2019un frisson pour le sort cruel qui attendait la première femme première ministre du Québec.La clôture de la soirée avait d\u2019ailleurs des airs de Shakespeare, l\u2019ex-première ministre faisant ses adieux entourée des princes de l\u2019ombre, les trois hommes responsables des grandes chicanes, comme disait Michel David: Bernard Drainville, Jean-François Usée, Pierre Karl Péladeau, tous déjà lancés dans leur prochaine campagne de séduction.Pauline Marois méritait d\u2019être déposée de son trône plus élégamment.De son côté, Philippe Couillard a beau parler de victoire pour le Parti libéral, tout le monde sait que les «vraies» questions sont ailleurs.Le 7 avril 2014, les «plaques tectoniques» n\u2019ont pas tourné en faveur du PLQ, c\u2019est le sol qui s\u2019est dérobé sous les pieds du parti de Jacques Parizeau et de René Lévesque.Les simples résultats ne donnent pas la vraie mesure, en d\u2019autres mots, du paysage politique.Car si le PQ est en charpie, c\u2019est tqute la scène politique qui l\u2019est un peu aussi.A partir de maintenant, et pour les quatre prochaines années, tout est en mouvement, en commençant par le parti qui n\u2019a cessé de perdre des plumes depuis 1994 et qui n\u2019a jamais pu jouer franc jeu par rapport à ses véritables objectifs.La morale de cette extraordinaire élection, elle est là: il y a tellement longtemps que le PQ se triture les méninges pour ne pas dire ce qu\u2019il veut dire, qu\u2019il sort ses sornettes de «bon gouvernement», «d\u2019être à l\u2019écoute de ce que veulent les Québécois», alors que le cœur est ailleurs, il y a tellement longtemps que la tête et l\u2019àme de ce parti sont déconnectées qu\u2019il est devenu une caricature de lui-même, une espèce de poupée mécanique dont l\u2019exploit consiste à répéter ce qu\u2019on pense que les gens veulent entendre.Le député de Rosemont, Jean-François Lisée, dont la majorité a fondu de 8000 voix, nous en faisait d\u2019ailleurs la démonstration en attendant l\u2019arrivée de la chef du parti, lundi soir, se lançant tout de go à la défense des «groupes communautaires, de l\u2019économie sociale et des ressources naturelles», promettant d\u2019être «la voix de l\u2019inquiétude des Québécois», feignant ne pas remarquer que l\u2019inquiétude, pour l\u2019instant, est davantage du côté de son parti.PKP, lui, a osé parler de «solidarité» sans s\u2019étouffer.Comme ça, vous n\u2019êtes pas si friands de notre projet de charte?nous disait-on en substance.Pas de problèmes, on a d\u2019autres jouets ici dans notre grand sac, attendez qu\u2019on les trouve.Ça ne pouvait plus durer.Un peu comme le Bloc québécois qui, à force de répéter le même vieux cliché, «la défense des intérêts du Québec», ne voyait pas que la corde était usée, ne comprenait pas qu\u2019il y a des limites à détourner un noble objectif, la souveraineté, au simple profit de l\u2019exercice du pouvoir, le PQ a, à son tour, frappé de plein fouet le mur de l\u2019opportunisme politique.(Petite pensée pour Gilles Duceppe, ici, qui doit quand même se féliciter de ne pas s\u2019être présenté à la tête du PQ.) Le Parti québécois a évidemment des racines plus profondes que le Bloc, qui est demeuré une construction un peu artificielle, mais si la déconfiture n\u2019est pas la même, le problème de fond, lui, est similaire : a-t-on besoin d\u2019un parti incapable de parler de ce qui le motive, de ce qui l\u2019a mis au monde, un parti qui n\u2019a pas hésité, dans le cas du PQ, de remballer ses idéaux sociaux-démocrates chaque fois qu\u2019il les jugeait inopportuns?Bien que les remises en question n\u2019étaient pas au rendez-vous lundi soir, de sévères examens de conscience attendent les membres du Parti québécois.C\u2019est, du moins, la grâce qu\u2019on leur souhaite.«Dire la vérité aux Québécois est porteur d\u2019avenir», concluait un François Le-gault passablement rayonnant.Si l\u2019avenir n\u2019est pas pour autant garanti pour la CAQ, pas plus que pour Québec solidaire, remercions-les au moins d\u2019avoir assaini la scène électorale par leur franc-parler, en plus de proposer, chacun à leur façon, de réelles solutions.(Merci aussi à François Éegault et sa femme Isabelle d\u2019avoir démontré qu\u2019il est possible de faire campagne et de s\u2019aimer en même temps.Un petit peu de baume sur beaucoup de bouette).Devant un Parti libéral artificiellement gonflé, la grenouille qui se prend pour un bœuf, et un Parti québécois soudainement crevé, les tiers partis pourraient bien jouer un rôle plus créateur encore.Déjà, lundi soir, l\u2019étonnant discours de Françoise David démontrait que son parti est le plus habilité à tenir le PLQ en joue.Les jeux sont défaits, messieurs-dames, à vous de jouer.Il y a tellement longtemps que le PQ se triture les méninges pour ne pas dire ce qu\u2019il veut dire jpelletier@ledevoir.corn UEQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste); information générale : Isabelle Paré (chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (éducatio Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Philippe Orfali (reporters); information politique : Marco Portier (chef de division), Michel DevAd(chroniqueur), Hélé Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québe Guillaume Bourgault-Côté (reporter)', Véronique Chagnon et Louis Gagné (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), Ju Carpentier (pupitre)', information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins, Eric Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettino-Parazelli (reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesq et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ', section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Eolie-Boivin (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Erappi Benoît Munger, Philippe Papineau et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Elorence Sara G.Eerraris (assistants) ; correction : Andréanne Bédard,^Christine Dumazet et Michèle Malenfant; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire)', Lai Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITE Edith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, An Elimam, Nathalie Jobin (par intérim), Claire Paquet, Catherine Pelletier et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Elise Girsrdésecrétaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard E Cormiers, Donald Eilion, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Me; (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Olivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Eilion, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptable Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Elorentina Draghici, Céline Euroy et Véronique Pagé. A 10 LE DEVOIR LE MERCREDI 9 AVRIL 2014 ACTUALITES PAYS SUITE DE LA PAGE 1 tide 1 du programme péquiste voue, à terme, ce parti à l\u2019impasse.«Je ne vois pas comment ce parti pourrait abolir cet article, tout en demeurant le PQ.Comment pourrait-il se reconstituer et redevenir le parti qu\u2019il était, c\u2019est-à-dire un parti dominant, en tablant sur cette plate-forme-là?Donc, on semble dans un cul-de-sac.» Onde de choc La débâcle printanière essuyée par les troupes pé-quistes le soir du scrutin a créé mardi une onde de choc chez de fidèles partisans de l\u2019option souverainiste.Si le mot d\u2019ordre était le silence pour plusieurs élus au lendemain de ce désaveu, plusieurs autres ténors de la souveraineté ont formulé des diagnostics dévastateurs.Jointe à Paris, l\u2019ex-députée du PQ et souverainiste affirmée Louise Beaudoin y est allée d\u2019un puissant constat d\u2019échec.Elle se dit même obligée, après 40 ans de lutte, de conclure qu\u2019il est temps pour elle de «jeter l\u2019éponge».«Je ne m\u2019attendais pas à l\u2019ampleur de cette défaite.Est-ce que l\u2019idée d\u2019indépendance a été celle d\u2019une seule génération ?Avons-nous échoué à transmettre le goût du pays aux jeunes ?La réponse se trouve dans la nouvelle génération.Pour moi, ce [résultat] me donne la permission de jeter l\u2019éponge et de passer le témoin à d\u2019autres», a-t-elle tranché.Le projet collectif d\u2019un pays, analyse celle qui avait claqué la porte du caucus péquiste avec Lisette Lapointe et Pierre Curzi en 2011, avant de réintégrer les troupes du PQ en 2012, n\u2019allume visiblement plus les jeunes, davantage portés par la défense des droits individuels.«Le projet [souverainiste] se présente dans un monde très différent de celui dans lequel il est né.Dans un contexte de mondialisation, les rêves collectijs ne sont plus très présents.Peut-on continuer aujourd\u2019hui à avoir une vision de ce type-là ?La réponse appartient à la nouvelle génération», pense-t-elle.Le capital de sympathie dont jouissait le PQ auprès des jeunes pendant le printemps érable s\u2019est évaporé en à peine 18 mois, en partie en raison de la charte, reconnaît cette fieffée partisane de la laïcité, dont la circonscription était devenue, en 2012, l\u2019épicentre des concerts de casseroles.«J\u2019y ai cru à ce moment, à cette montée de fièvre souverainiste.Je pense que le projet identitaire [de la charte] est fondamentalement progressiste, mais les jeunes vouent aujourd\u2019hui un caractère sacré aux droits individuels», pense-t-elle.Impasse pour le PQ Gérard Bouchard croit aussi que la question de l\u2019identité, qu\u2019on a crue plus «gagnante» que celle de la souveraineté pendant la campagne, s\u2019est avérée un second boulet pour le Parti québécois.«On ne parle pas de souveraineté : on parle de la neutralité de l\u2019Etat.Mais ce choix a aussi été clairement rejeté par [le vote de] lundi.Les gens ne veulent plus de cette division.Ce 2\u201c enjeu devient une impasse également», conclut ce partisan de la laïcité ouverte et opposant farouche à l\u2019interdiction totale du port de signes religieux ostenta-tojres pour les employés de l\u2019État prévue par la charte des valpurs.À défaut d\u2019autre option, le ciel s\u2019assombrit pour le PQ, pense-t-il.D\u2019autant plus que les trois aspirants présumés au trône du PQ (Drainville, Li-sée et Péladeau) ont tôt fait lundi de brandir à nouveau la souveraineté, ouvrant la porte à court terme à un fractionnement de la base du parti, et à l\u2019ouverture d\u2019une voie royale pour la CAQ.«La Coalition pourrait devenir le deuxième grand parti au Québec.» Plus dur encore, l\u2019indépendantiste de longue date et ex-président de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), Pierre Dorion, juge que c\u2019est plutôt la réélection du PQ \u2014 plus que sa défaite \u2014 qui aurait enterré définitivement le rêve d\u2019un pays.« Ce résultat est souffrant pour plusieurs, mais c\u2019est un mal pour un bien, car personnellement, je crois que l\u2019idée de la souveraineté en aurait souffert encore plus.S\u2019il y a un salut possible pour le mouvement indépendantiste, c\u2019est de s\u2019adapter au pluralisme, car les jeunes sont plus ouverts à cette diversité.On ne peut se figer dans un uniformisme qui est chose du passé, et le sera encore davantage dans les années à venir», insiste l\u2019auteur de l\u2019ouvrage Inclure, quelle laïcité pour le Québec ?Rejoindre les jeunes Pierre Curzi, ex-député péquiste de Borduas, président du groupe de réflexion Nouveau Mouvement pour le Québec, ne va pas aussi loin dans ses conclusions que ces ténors, mais pense venu le temps d\u2019un sérieux examen de conscience pour le PQ, faisant écho aux propos tenus mardi par plusieurs ministres pé-quistes de la garde montante, dont Véronique Hivon, Stéphane Bédard et Sylvain Gau-dreau.«Ce n\u2019est pas la fin de l\u2019indépendance, c\u2019est la défaite d\u2019un parti politique, croit-il.Le PQ a été marqué par une vision née en 1970, dont on est allés au bout.Pour continuer, le PQ doit faire de la politique avec un lien beaucoup plus direct avec la jeune génération, qui a une autre vision du monde.» Si les jeunes ne sont pas «contre» l\u2019indépendance, cet enjeu n\u2019est pas central pour plusieurs, nuance le comédien de 68 ans.L\u2019importance accordée à certaines des valeurs que le PQ défend est en train de muter, pense-t-il.Le discours traditionnel du Parti québécois ne marche plus en 2014, abonde RémyTrudel, ex-ministre dans les gouvernements de Lucien Bouchard et Bernard Landry.«Il faut faire un exercice très profond, ardu, soutenu [pour] définir la formule [par laquelle] le Québec [pourra] se prendre en main.La meilleure nouvelle pour le PQ, c\u2019est qu\u2019on a quatre ans et demi pour travailler.On a du temps.» Un des artisans de la politique identitaire du PQ et proche copseiller du parti, l\u2019historien Éric Bédard, lui, ne baisse pas les bras.Les soubresauts de la question nationale ont toujours marqué l\u2019histoire du Québec, rappelle-t-il.« On annonce un peu vite le décès du mouvement nationaliste.Cette trame nationale traverse notre histoire.A la signature du lac Meech, on croyait que tout était fini pour les souverainistes ! » Le Devoir COUILLARD SUITE DE LA PAGE 1 sition que pour les libéraux, a-t-il rappelé.Dans la foulée, le chef libéral a promis de «travailler de façon constructive avec les partis d\u2019opposition».«Le fait que nous ayons obtenu un mandat majoritaire ne signifie pas que nous nous comporterons de façon arrogante ou que nous ne voudrons pas parler avec les partis d\u2019opposition sur des enjeux qui touchent tous les Québécois», a-t-il dit.M.Couillard a ainsi promis de ramener rapidement le projet de loi sur la fin de vie, «qui est un exemple rare de consensus sur une question très délicate».11 a dit souhaiter une adoption rapide.Même chose pour son projet de charte de la laïcité, encadrant les accommodements raisonnables et établissant le principe du « visage découvert» pour offrir et recevoir les services de l\u2019État.Transparence Parmi les premiers gestes de son gouvernement, M.Couillard entend faire tout ce qui est possible sans déposer un budget pour «relancer l\u2019économie et l\u2019emploi».11 cible ainsi les travaux d\u2019infrastructures et l\u2019élargissement du crédit d\u2019impôt à la rénovation domiciliaire.Le vérificateur général sera appelé à vérifier l\u2019état des finances publiques.M.Couillard entend également réviser la liste des engagements pris par Pauline Marois dans les semaines précédant les élections : si certains peuvent être annulés, cette option sera étudiée.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard en conférence de presse à Québec mardi.Le premier ministre élu souhaite une adoption rapide du projet de loi péquiste sur la fin de vie et du projet libéral de charte de la laïcité.De manière générale, Philippe Couillard entend diriger «le gouvernement le plus transparent que les Québécois auront eu, avec une divulgation proactive de renseignements de toutes sortes».11 a parlé plus précisément de la «progression des travaux d\u2019infrastructures, les allocations de dépenses, les activités de formation des ministères ».Les pays qui ont adopté cette approche ont vu «un effet très positif sur l\u2019ambiance et la confiance, et le rétablissement du lien de confiance entre la population et nos institutions publiques», a soutenu M.Couillard.Dans ce contexte, ce dernier se propose de réviser la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.En matière d\u2019intégrité, le chef libéral a dit «qu\u2019il n\u2019y aura pas de compromis de [sa] part sur cette question absolument essentielle».«La classe politique dans son entier est examinée par la commission Charbonneau, a-t-il dit.Chaque fois qu\u2019une question sera posée au sujet de personnes liées antérieurement à notre formation politique, nous y répondrons de façon transparente.» Philippe Couillard a d\u2019ailleurs promis de poser beaucoup de questions aux députés qu\u2019il aura comme possibles membres de son Conseil des ministres.«On va faire des vérifications profondes avant de faire ces nominations-là, c\u2019est clair, a-t-il affirmé.[.] Je pense qu\u2019on a besoin de montrer et de pratiquer le contrôle le plus grand possible et la transparence la plus grande possible également.» Transition et cabinet Les détails concernant la passation des pouvoirs entre Pauline Marois et Philippe Couillard demeurent à établir, mais les cabinets des deux chefs se sont parlé mardi.M.Couillard a confirmé que l\u2019ancien premier ministre Daniel Johnson préside son comité de transition.L\u2019ancien haut fonctionnaire André Vicaire agira comme conseiller.Philippe Couillard a aussi procédé à une première nomination: Roberto Iglesias sera le secrétaire général du gouvernement.Le Conseil des ministres sera formé d\u2019ici de deux à trois semaines.Le premier ministre élu dit vouloir «le plus de parité possible», avec un «mélange de personnes expérimentées» et du «renouveau».Les «représentations régionales» et la présence féminine sont «aussi importantes» pour Philippe Couillard.Le Devoir Lire aussi > Le monde des affaires salue l\u2019arrivée au pouvoir du PLQ.Page B1 Le chef de la SQ en sursis ?Philippe Couillard a confirmé mardi qu\u2019il pourrait faire des changements à la tête de la Sûreté du Québec.« C\u2019est un poste qui va être réévalué, c\u2019est clair», a-t-il dit en parlant du directeur général, Mario Laprise (nommé par le Parti québécois).Pourquoi?M.Couil- lard n\u2019a pas voulu l\u2019expliquer.Mais il souhaite que le mode de sélection du patron de la SQ passe par un «processus [semblable à celui des] juges, où un comité de sélection indépendant évalue des candidatures» et établit une liste dans laquelle le gouvernement peut choisir.Le Bloc dit être encore pertinent MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa La déconfiture péquiste de lundi soir ne laisse rien présager quant au sort du Bloc québécois à Qttawa.L\u2019Assemblée nationale aura toujours besoin d\u2019un porte-voix au Parlement fédéral et l\u2019électorat aussi, d\u2019autant plus sous un règne libéral provincial, ont défendu les députés du parti souverainiste mardi.Quoi qu\u2019en croient certains observateurs de la scène politique, les bloquistes refusent de voir la sanction infligée aux pé-quistes de Pauline Marois comme un rejet de l\u2019idée souverainiste.L\u2019un n\u2019entraîne pas l\u2019autre, ont-ils martelé hier, au premier jour de leur propre course à la chefferie qui avait été suspendue le temps que leurs mih-tants aident les péquistes à faire campagne.Les bloquistes auraient bien entendu préféré une majorité péquiste et ils se sont avoués déçus du verdict électoral.Mais ils ont fait valoir que la majorité libérale aura elle aussi ses demandes à faire valoir à Qttawa \u2014 dans le dossier de la réforme du Sénat ou le financement fédéral en santé par exemple.«Le Bloc peut encore tirer son épingle du jeu», insistent les bloquistes en couhsse.Statistiques à l\u2019appui, l\u2019aspi-rant-chef du parti, André Bella-vance, a souhgné que c\u2019est sous des gouvernements libéraux à Québec que le Bloc a fait élire le plus de députés fédéraux à Qttawa, en 1993 (54 élus), 2004 (54), 2006 (51) et2008 (49).^ Une défaite du grand frère provincial, «ce n\u2019est pas un vase communicant», a-t-il fait valoir.Rien n\u2019empêche que les Québécois se dotent de représentants fédéralistes à Québec et qu\u2019ils «aient un tout autre choix» à l\u2019élecdon fédérale suivante.«Elle est à pic, la côte, depuis 2011, et puis de toute façon, même avant, il y a bien des moments où on annonçait la mort du Bloc, a reconnu M.Bellavance.C\u2019est à nous, effectivement, de faire le travail, de convaincre les gens qu\u2019on a encore notre place.» Qr, les bloquistes se disent convaincus que la fibre nationaliste vibre toujours chez les Québécois et que ceux-ci voudront encore d\u2019eux en 2015.D\u2019ici là, une source bloquiste a soutenu qu\u2019il y aura toujours des «souverainistes qui vont vouloir gagner quelque part, avoir besoin de s\u2019affirmer.Et aussi des gens qui veulent maintenir une pression à Ottawa».Une mission dont ils espèrent se saisir, alors que leur parti devra se choisir un nouveau chef dans les prochains mois.Pour l\u2019instant, seul M.Bellavance s\u2019est porté candidat.Si personne d\u2019autre ne se lance dans l\u2019arène d\u2019ici au 7 mai, ce dernier sera couronné chef Le Devoir VIGNEAULT SUITE DE LA PAGE 1 dans son mot, partagé la semaine dernière par beaucoup d\u2019amis et d\u2019amis Pacebook de la candidate péquiste et comédienne Sylvie Legault, défaite sans surprise lundi dans Mercier par Amir Khadir.«J\u2019ai fait ce petit laïus à la demande de ma fille Jessica, pour contribuer à la campagne de Sylvie Legault.» Citons: «Les libéraux nous disent qu\u2019ils vont s\u2019occuper des \u201cvraies affaires\u201d.Cela m\u2019amène à me demander pourquoi l\u2019éthique, la langue, la culture et l\u2019identité ne semblent pas de \u201cvraies affaires\u201dpour eux.Eh bien: c\u2019est que l\u2019identité, la culture, la langue et l\u2019éthique se rapportent à la notion d\u2019ETRE et que les \u201cvraies affaires\u201d, dont ils font leur discours et tout leur programme, ne se rapportent qu\u2019à la notion d\u2019AVOIR, c\u2019est-à-dire le court terme.Et je serais très triste que les Québécoises et les Québécois tombent encore une fois dans ce vieux piège rouillé par tous les mensonges éhontés de leur passé récent.La MÉMOIRE reste un guide.Et rOUBIL.un danger.» Triste, il l\u2019est.C\u2019est dans ses yeux.«On regarde tout ça, et on se dit que c\u2019est un grand coup de balai sur le mouvement souverainiste et sur le PQ, et c\u2019est extrêmement dur pour madame Marois.Ça n\u2019a qu\u2019une vertu: c\u2019est clair.Y a pas d\u2019équivoque.C\u2019est pas, si on avait fait ci ou si on avait fait ça, c\u2019est toute la jeunesse qui a donné ce coup de balai.Je ne vais pas le leur reprocher, leur faire la leçon à 85 ans.Je vais simplement constater.» Encore un silence.«.Et m\u2019interroger: est-ce que ça va renaître de ses cendres?» Nouveau silence.«Ya de la cendre partout, maintenant.On ne sait rien de ce qui va se passer, mais à écouter les discours [lundi] soir, on pouvait regarder les dauphins se disputer les restes.Je le dis sans cynisme.» La nature même de lapohtique?«Je crois, oui.C\u2019est épouvantable, mais c\u2019est comme ça.» 11 semble écouter ses propres mots résonner dans la grande pièce, tel un moniteur de scène, et relativise.«Eaut pas exagérer, c\u2019est pas la Syrie, quand même.Nous ne sommes pas condamnés ! Mais je ne suis pas le seul à être déçu.» Quand on a survécu à deux référendums, lui dis-je, on doit pourtant être bardé, préparé.Solennel, pesant chaque mof il répond : «Moi, je suis plus démoli qu\u2019aux deux référendums.» J\u2019accuse le coup.Vraiment?«Oui.C\u2019est peut-être parce que je suis plus démolissable.J\u2019ai 85 ans.J\u2019ai 34 ans de plus pour l\u2019un, 19 ans de plus pour l\u2019autre.Je ne vois pas comment envisager un autre référendum avant.» 11 calcule.«.2025?Je ne serai peut-être plus là, à 96 ans!» 11 rit.«Et puis, ajoute-t-il en soupirant, j\u2019ai ce disque que je considère être l\u2019un de mes meilleurs travaux, qui est lancé au milieu de ça ! C\u2019est quand même la pire occurrence qui se puisse!» Un album qui parle du pays, bien évidemment: dans L\u2019inventaire, la chanson d\u2019ouverture, ça décrit le jour où « Un enfant viendra [.] Qui n\u2019aura plus peur de votre police/Ni de vos décrets ni de vos complices [.]// abrogera vos lois les plus bêtes/Puis vous le verrez marchant à la tête/D\u2019un peuple debout».Un album qui contient une chanson intitulée.L\u2019isoloir.«C\u2019est une chanson référendaire, on peut pas faire accroire que c\u2019est pas là: \u201cEt de ma croix noire/Me faire un pays.\u201d Je l\u2019ai écrite pour qu\u2019elle soit entendue.Là, elle risque pas de tourner beaucoup à la radio!» 11 s\u2019esclaffe, laisse résonner son beau rire de Vi-gneaulf puis, en un instanf redevient sérieux.«Ce qui m\u2019horrifie, dans tout ça, c\u2019est de voir que la peur a encore marché, marche et marchera.Ça fonctionne, ils le savent, et ils s\u2019en servent.» Long silence.Sourire en coin.Appel du pied.«Mais on ne s\u2019appesantira pas sur cette chanson, et on va se dire plutôt: y en a-t-y d\u2019autres?» Plusieurs.Des belles, en plus.Qui ne perdent rien pour attendre.En ces pages, tout bientôf la suite de l\u2019entrevue, et tout Vivre debout.«Vivre debout et prêt à partir à toute heure/Boire et dormir debout comme font les che-vaux/Les pas de liberté inscrits dans leurs sabots/Puisqu\u2019ily a toujours péril en la demeure.» Le Devoir Lire aussi > Une iettre ouverte de Victor Lévy-Beaulieu : La flèche zen.Page A 9 LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnes a la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service a la clientele.Le Devoir est pubhe du lundi au samedi par Le Devoir me.dont le siege social est situe au 2050, rue De Bleury, 9® etage, Montreal (Quebec), H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Mirabel me., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal, qui a retenu pour la region de Quebec les services de l\u2019impnmene du Journal de Quebec, 450, avenue Bechard, Quebec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montreal.Envoi de pubhcation \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt legal.Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007."]
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