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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-04-12, Collections de BAnQ.

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[" LIVRES CAHIER F .LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE IS AVRIL 2014 Cantique du soleil, un bois gravé de Rodolphe Duguay créé spécialement pour cette couverture de V Almanach de saint François.n L\u2019irruption d\u2019une certaine modernité (le skieur) dans un paysage encore marqué par la ti-adition (l\u2019église du village en fond d'image).Bois gravé de Maurice Gaudreau, tiré de Y Almanach de VAction catholique de 1941.Jâune skieur r La plume perverse et cruelle de Karoline Georges Page F 3 ) Les almanachs québécois au-delà du folklore Portrait du précurseur des médias de masse du Québec, avant les quotidiens, les magazines, la radio et le Reader\u2019s Digest PAUL BENNETT Jusqu\u2019à l\u2019invasion des médias de masse imprimés puis l\u2019apparition de la radio au début des années 1920, les almanachs étaient les ouvrages les plus largement diffusés au Canada français \u2014 avec des tirages pouvant atteindre des dizaines de milliers d\u2019exemplaires \u2014 et souvent le seul imprimé présent dans les campagnes et en ville dans les foyers à revenus modestes, à côté de quelques ouvrages religieux.Contrairement à l\u2019image folklorique qu\u2019on en a trop souvent gardée de nos jours, VAlmanach du peuple ou VAlmanach des familles, conçus comme de véritables petites encyclopédies populaires, ne se réduisaient pas à un calendrier affichant les fêtes des saints et à des prévisions météorologiques fantaisistes.Dans un ouvrage passionnant intitulé «Le livre aimé du peuple», Hans-Jürgen Lü-sebrink, un spécialiste allemand de l\u2019imprimé qui a décortiqué les quelque 150 almanachs parus au Canada français depuis le tout premier en 1777, explique que les almanachs faisaient au contraire une large place à l\u2019actualité politique, sociale et culturelle de l\u2019époque et bénéficiaient de la collaboration empressée d\u2019intellectuels de premier plan, comme Ludger Duvernay, Louis Fréchette, Marie-Victorin, Lionel Groulx ou Edouard Montpetit.L\u2019^e d\u2019or A la différence des almanachs de tradition anglophone, qui se limitaient à un calendrier suivi d\u2019un carnet d\u2019adresses, les almanachs québécois comportaient, en plus, une relation des événements de l\u2019année écoulée, des éphémérides, des renseignements utiles sur les récoltes, l\u2019hygiéne, l\u2019économie domestique, l\u2019étiquette et le bon parler, ainsi que des informations de nature politique (locale et internationale), culturelle, technique et économique.Surtout, ils étaient enrichis d\u2019anecdotes, de dictons, de contes, de légendes, de récits, de chansons et de poèmes, destinés d\u2019abord à divertir.Les textes, brefs et simples, étaient souvent illustrés.Les almanachs étaient une véritable «machine à recycler des textes» d\u2019auteurs connus, surtout québécois, et adaptés pour le public peu «cultivé», mais curieux de ces livres.A une époque où les taux d\u2019alphabétisation étaient encore très bas (62,2% en 1880), il était courant qu\u2019un membre de la famille sachant lire en fasse la lecture à voix haute aux autres.Selon Lüsebrink, les almanachs ont assuré, surtout des années 1880 aux années d\u2019avant-guerre \u2014 l\u2019âge d\u2019or des almanachs \u2014, deux fonctions majeures, mais contradictoires: VOIR PAGE F 2 : ALMANACHS Le bonheur passe-t-il par le PIB?Deux visions s\u2019affrontent.Page F 6 RaDio-canaoa leSoleil présentent SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUÉBEC CENTRE DES CONGRÈS DE QUÉBEC F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2014 LIVRES La Vitrine L\u2019INCONVENIENT Ou vQ la littérature québécoise ?REVUE L\u2019INCONVENIENT PRINTEMPS 2014, N® 56 Collectif Montréal, 2014, 70 pages C\u2019est le printemps pour la revue de littérature, arts et société L\u2019Inconvénient, qui profite du retour des beaux jours pour «relooker» son format, sa grille graphique, changer son papier, toute sa présentation, quoi.Pour marquer le tournant, un dossier ambitieux: «Où va la littérature québécoise?» On y trouve un portrait de feu Gaétan Soucy, un état des lieux de la littérature québécoise à l\u2019étranger avec ses avancées et replis au cours des dernières décennies et un reportage sur une certaine relève littéraire, plus exploratrice selon le journaliste Mathieu Bélisle, représentée par Raymond Bock, Perrine Leblanc,, Jean-Simon DesRochers, Dominique Fortier, Alain Farah et Eric Dupont.Les habituelles critiques complètent le menu, ainsi qu\u2019un extrait du prochain roman de Monique Proulx.Intéressant.Catherine Lalande FRANCOIS GRAVEL ROMAN JEUNESSE ARTHUR PROPHÈTE François Gravel Québec Amérique Montréal, 2014, 232 pages Le romancier François Gravel est extraordinaire.Débordant d\u2019imagination, il multiplie les romans pour adultes ou pour ados aux histoires captivantes qui brillent\u2014c\u2019est une rareté \u2014 par leur légèreté intelligente.Cette fois-ci, il nous plonge dans un thriller amusant et déconcertant Quand Jean-François Lespérance, 18 ans, rencontre Arthur Prophète, un jeune d\u2019origine haïtienne, sa vie est bouleversée.Arthur et sa farmUe sont bizarres, très cultivés, comme hors du temps, et discutent sans cesse de l\u2019immortalité de l\u2019âme.Entraîné un peu malgré lui dans une enquête sur les phénomènes paranormaux, Jean-François découvrira un univers philosophique et fantastique envoûtant mais inquiétant Si le dénouement de ce roman déçoit un peu en prêtant foi à des extravagances, le chemin pour s\u2019y rendre, lui, s\u2019avère une réjouissante équipée.Louis Cornellier L\u2019auteur sera au Salon du livre de Québec les samedi 11 et dimanche 12 avril.LITTERATURE QUEBECOISE La cérémonie des adieux CHRISTIAN DESMEULES Qu\u2019est-ce que l\u2019amour?Comment le mesurer ?Et qu est-ce qu\u2019une vie réussie ?Ce sont quelques-unes des questions qui traversent L\u2019amour des hommes, le dernier roman d\u2019Hélène Rioux, son huitième, dont le titre est à prendre sous tous les angles.Clément, un ancien fonctionnaire dans la soixantaine, invite Eléonore, une ancienne amante perdue de vue, à l\u2019accompagner pour quelques semaines de «vacances» à Calvi, dans le nord-ouest de la Corse.Cet homme condamné, à qui il ne reste que trois semaines à vivre \u2014 même si les médecins lui ont donné jusqu\u2019à un an \u2014, a vécu toute sa vie en flambeur et décide de «finir ça en beauté sur l\u2019île de beauté».Ils échouent presque chaque soir au Lost Paradise, un bar de la vieille ville où le monde se fait et se défait au gré des marées, des rencontres ou de l\u2019ivresse.Histoires, conversations, réminiscences en vue de retarder l\u2019inévitable.La proximité de la mort rend chacun forcément sentimental.Si l\u2019allusion à Milton saute aux yeux, le lien qu\u2019établit Hélène Rioux avec sa propre œuvre est lui aussi sensible.Pensons à Ames en peine au para-d/is perdu (XYZ, 2009), ou à Eléonore elle-même, personnage apparu dans les nouvelles de L\u2019homme de Hong Kong (Québec Amérique, 1986), alter ego récurrent de cette auteure née en 1949, qui était notamment la narratrice de Traductrice de sentiments (XYZ, 1995), roman dans lequel elle partageait une «terrifiante intimité» avec un tueur en série dont elle traduisait JACQUES GRENIER LE DEVOIR Hélène Rioux a truffé son roman de questions qui hantent et transpercent son écriture intelligente et sensible.alors la biographie durant un séjour en Espagne.C\u2019est un tout autre face-à-face, une autrç sorte d\u2019intimité terrifiante qu\u2019Éléonore va cette fois partager en Corse, durant ces quelques semaines qui vont lentement se transformer en mois.Le roman mêle ainsi leurs conversations et les états d\u2019âme de la narratrice.«Clément disait que tout ce qui évoque la mer est féminin.Certains hommes aiment la mer passionnément.Certains hommes aiment les femmes passionnément.Il disait que ce sont les mêmes.» C\u2019était aussi son cas.Amoureux corps et âme des femmes («J\u2019ai aimé chacune d\u2019elles d\u2019une façon différente», dira-t-il, après en avoir fait l\u2019inventaire).Amoureux de la mer.Amoureux de l\u2019alcool.L AMOUR Poussée de nostalgie et combat contre l\u2019amertume, l\u2019heure est au bilan, et peut-être plus à la légèreté.«Pas écrit de livre, pas composé d\u2019œuvre mémorable.Pas planté d\u2019arbre, pas créé de fleur.Pas défendu de cause.Pas devenu cet homme dont on se souviendra.» Boire jusqu\u2019à plus soif, se laisser engloutir par la mer, disparaître sans laisser derrière soi le moindre sillage.Cet homme qui éprouve le sentiment d\u2019avoir raté sa vie ne souhaite plus qu\u2019une seule chose : réussir sa mort.L\u2019année suivante, de retour en Espagne où elle séjourne afin de trquver un nom pour un parfum, Eléonore entreprend de déchiffrer le cahier bordeaux laissé en Corse par Clément.En 2004, à Montréal, la traductrice décide de s\u2019attaquer au célèbre poème safirique de Byron, Don Juan.A ses réflexions, elle mêle ses impressions de voyage et ses souvenirs de Clément, qui aura cherché à sa façon l\u2019amour \u2014 et le sens de l\u2019amour \u2014 durant toute sa vie.«Toutes ces années où je l\u2019avais oublié, et maintenant son fantôme ne me quitte plus.» Ces trois époques alternent dans la narration de L\u2019amour des hommes, dressant le portrait complexe d\u2019une véritable fascination et nous jouant une cérémonie des adieux en trois temps où chacun raconte autant qu\u2019il se raconte.«Toujours raconter des histoires, s\u2019en faire raconter.Qu\u2019importe le lieu, l\u2019époque où se situe l\u2019intrigue \u2014 passé ou avenir mythique \u2014, les passions sont les mêmes, amour et haine.» La femme livre un même constat lucide et légèrement amer au sujet de ses propres voyages: «Mes voyages ressemblent aux femmes dans la vie de Clément: interchangeables.» Les questions ne manquent pas et hantent tout le roman, traversé par l\u2019écriture intelligente et sensible d\u2019Hélène Rioux.Que reste-t-il de nous au terme d\u2019une vie ?Comment vivre?Le mouvement, en somme, est peut-être mieux que l\u2019immobilité, l\u2019interrogation préférable aux réponses.Comme Antonin Artaud qui croyait que «la vie est de brûler des questions».Va savoir.Collaborateur Le Devoir L\u2019AMOUR DES HOMMES Hélène Rioux Lévesque éditeur Montréal, 2014, 392pages L\u2019auteure sera au Salon du livre de Québec le samedi 12 avril.François Cheng dt l'Académie française Cinq méditations sur la mort autrement dit sur la vie \\ FRANCOIS CHENG Sur un sujet qui paraît sombre a priori, François Cheng projette une lumière vivante inspirée par sa vision de la «vie ouverte».Dans son cheminement, il convoque les sages, artistes et poètes qui ont marqué sa pensée, au croisement des philosophies orientales et de la spiritualité judéo-chrétienne.Une grande leçon d\u2019humanité.Albin Michel ¦ ALMANACHS SUITE DE LA PAGE E 1 sauvegarder les valeurs de la société rurale traditionnelle, tout en guidant ses lecteurs «à travers les transformations brutales d\u2019une société entrant dans la modernité».Manuels de patriotisme Contrairement à un autre préjugé répandu, la religion n\u2019y occupait pas la première place, sauf dans les quelqqes almanachs soutenus par l\u2019Église, tel VAlmanach de l\u2019action sociale catholique.Au point où, selon M.Lüsebrink, les rédacteurs d\u2019almanachs canadiens-français «ont sensiblement contribué, mais de façon indirecte, à ouvrir la voie vers la laïcisation de la société québécoise en élargissant l\u2019horizon culturel de leurs lecteurs et en transformant ainsi leur mode dépensée traditionnel».Certains almanachs, comme le Guide du cultivateur de Lud-ger Duvernay ou XAlmanach de la langue française, étaient de véritables «manuels de patriotisme populaire».Et même les almanachs de grande diffusion, comme XAlmanach du peuple de Beauchemin ou XAlmanach agricole et commercial de Rolland, cherchaient à définir et à défendre les particularités de l\u2019identité canadienne-française, autant par l\u2019illustration (Henri Julien, E.-Z.Massicotte, Rodolphe Duguay) écosodété Venez rencontrer Constance Fréchette, la compagne de Jacques Claessens, au Salon du livre de Québec en dédicaces sur le stand 234 d'Ecosociété Jacques Ciaessens « Qui a dit que nous avions besoin de vous?» Récits de coopération internationale préfêu i' de Normand Baillargeon Samedi llhà 13hetl5hà 16h Dimanche 13hà 14hetl5hà 16h « Il y a trop peu de véritable « co-opération ».Et ce mot est sans doute celui qui résume le mieux la pensée lucide, généreuse et humaniste de Claessens.» Normand Baillargeon «Derrière le coopérant, on devine chez l'auteur des qualités de romancier, particulièrement dans la caractérisation de ses personnages, les intervenants de l'aide internationale.Malheureusement, tout ce qu'il raconte est vrai.» Eric Dupont, L'actualité www.ecosociete.org â ecosocieté Pêcheur au clair de lune, gravure sur bois de Rodolphe Duguay parue dans L\u2019Almanach de saint François de 1938 que par les textes.Aucun autre média entre 1830 et 1940, soutient Lüsebrink, «ne semble avoir façonné ainsi plus durablement la conscience historique des Canadiens français que les almanachs populaires de cette époque», même si, à partir du début du XX® siècle, leur influence fut concurrencée d\u2019abord par la presse quotidienne puis, à partir des années 1920, par les magazines, la radio, les encyclopédies et les revues de type Reader\u2019s Digest.L\u2019ouvrage de M.Lüsebrink a le mérite de fouiller à fond un domaine très peu exploré jusqu\u2019ici, dans un langage clair et avec des centaines d\u2019exemples à l\u2019appui.Un ouvrage magistral et passionnant, vraiment.Collaborateur Le Devoir «LE LIVRE AIMÉ DU PEUPLE» Les almanachs québécois DE 1777 À NOS JOURS Hans-Jürgen Lüsebrink Presses de l\u2019Université Laval Québec, 2014, 422 pages olivieri Librairie Gf Bistro Au cœur de la littérature Mercredi 16 avril à 19h Causerie À l\u2019occasion de la parution du livre Ils ont couru l\u2019Amérique Entrée libre/réservation obligatoire RSVP : 514.739.3639 Bistro : 514.739.3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges De remarquables oubliés Avec les auteurs Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque LUX éditeur Inspirée de la série radiophonique produite et diffusée par Ici Radio-Canada Première, l\u2019histoire des Remarquables oubliés continue de s\u2019écrire dans ce deuxième tome.Avec un art consommé du récit, Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque lèvent cette fois le voile sur le formidable parcours de quatorze coureurs des bois délaissés par notre histoire. LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2014 F 3 LITTERATURE Sexe, cruauté et perversité vus par Karoline Georges I Danielle Laurin Le sexe est omniprésent.La mort aussi.Et l\u2019obsession pour le corps, pour la beauté.Mais le mot-clé qui traduit le mieux ces Variations endogènes, sixième publication pour adultes de l\u2019artiste multidisciplinaire quarante-naire Karoline Georges, pourrait bien être perversité.On savait déjà sa plume cruelle, on avait noté son goût pour les situations oppressantes, pour les univers étranges, déshumanisés, à la limite de l\u2019irréalité.L\u2019auteure de Sous béton, finaliste au Prix des libraires du Québec 2012, en remet.Mais sans en avoir l\u2019air, sur le ton dégagé de quelqu\u2019un qui parlerait du quotidien anodin.Comme si l\u2019horreur pouvait être ordinaire.C\u2019est d\u2019autant plus glaçant.Nous ne sommes plus dans un roman, mais dans quatorze histoires différentes, qui se renvoient la balle de l\u2019inattendu, qui parlent cru, fessent, saignent, tuent.Mais qui, pardessus tout, mettent en scène le dérèglement des sens et du bon sens, le caractère tordu de ce que cette violence donnée comme allant de soi sous-tend.Le pire dans tout ça: les personnages au centre de ces histoires ne semblent pas conscients du caractère déviant et souvent monstrueux de leurs actes.Ce qui ajoute à la perversité ambiante.Perversité même du récit, qui nous confronte.Très forte, Karoline Georges, pour nous pousser dans nos propres retranchements.Ce n\u2019est pas ce que vous croyez Très forte aussi pour nous mener en bateau.Pour nous faire croire que nous savons où nous allons, que nous pouvons prévoir l\u2019horreur qui s\u2019en vient, et puis non, elle brouille les pistes et, tadaaaam!, elle sort un lapin de son chapeau.un lapin en lambeaux, ensanglanté, la plupart du temps.Magie de l\u2019écriture, mais magie noire.Ça commence en lion.Une petite fille, six ans à peine.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Karoline Georges rend avec maîtrise plusieurs nouvelles de son recueil, alors que d\u2019autres tombent à plat.Malgré tout, elle pousse très loin l\u2019exploration des malaises de notre société.danse dans la rue.«Pieds nus, une robe trop courte, le visage barbouillé, les fesses dénudées, elle enroule des mèches de cheveux autour de ses poignets.» Un homme dans sa voiture l\u2019observe à distance.Fasciné, il en bave.«Même de loin, la gamine respire sa pureté avec insolence.» Il pleut, de plus en plus.Personne d\u2019autre en vue.L\u2019homme s\u2019approche de la fillette, un dialogue s\u2019engage.On y est presque.«L\u2019homme pense à ces petites fesses qu\u2019il va bientôt caresser.» On est dégoûté.Et puis.hein.quoi ?Retournement de situation qui nous laisse bouche bée.La victime : c\u2019est le titre de cette première nouvelle, plutôt courte, quatre pages à peine.Eberlué, on saute dans la deuxième : L\u2019incitation.Autre univers complètement, autre tactique narrative.Une fille dans sa baignoire, une lame de rasoir à la main.Un gars près d\u2019elle qui l\u2019insulte, l\u2019encourage à en finir.Le sang commence à couler.Dans quel monde tordu sommes-nous tombés ?Qu\u2019est-ce qui se joue là au juste ?Pas du tout ce qu\u2019on croyait, en fait.Nous voici gagnés par cet art de la surprise, du punch bien senti.Et du court.La nouvelle qui suit est un peu plus longue cependant.Elle a pour titre L\u2019amour.Mais c\u2019est de sexe qu\u2019il s\u2019agit, de sexe cru, sans pudeur aucune.On comprend qu\u2019un homme s\u2019adresse à une femme.Revient comme un leitmotiv au commencement de chaque paragraphe : «Avant toi Laura».On comprend qu\u2019avant Laura l\u2019homme, riche et puissant, baisait à tous les vents, ayant accès aux plus belles femmes.«Mais, précise-t-il, avant toi Laura, je n\u2019avais jamais vraiment joui.» Autrement dit: «Avant toi Laura, j\u2019éjaculais comme on se ronge les ongles.Avec compulsion, à répétition, sans trop m\u2019en rendre compte.» On voit bien qu\u2019en fait, cet homme robot méprisait les femmes, se méprisait à travers elles.On se dit que tout ça est assez pas mal cliché, gros, sans nuances.On n\u2019est pas vraiment étonné de constater que cette Laura a tout changé, qu\u2019avec elle, le héros a atteint le nirvana.Et bla-bla-bla.quand soudain : développement inattendu.Suivi d\u2019un deuxième, à la toute fin, qui donne envie de sourire tant c\u2019est pathétique.Et ainsi de suite.Aurait-on souhaité.Car pour tout dire, dans la nouvelle suivante, on déchante un peu.Fin décevante, surtout si on la compare aux précédentes.Tout ça pour ça?Fatale beauté C\u2019est dans la nature des choses: il y a presque toujours dans un recueil de nouvelles des histoires moins réussies.Alors on continue.On se laisse prendre dans les filets d\u2019une femme âgée malade, déprimée, qui fixe le plafond dans son lit.Son mari ronfle près d\u2019elle.Et Dany l\u2019iininortel au pays de son enfance AMELIE GAUDREAU Il compte parmi les rares immortels vivants à avoir écrit pour la jeunesse.Erik Orsenna et Michel Déon s\u2019y sont déjà frottés.Mais le premier académicien québécois sait y faire, en puisant à même ses souvenirs d\u2019enfance, source inépuisable d\u2019histoires fabuleuses et amoureuses sises dans le Petit-Goâve d\u2019un temps révolu.L\u2019œuvre maîtresse de cet univers, L\u2019odeur du café, un récit «pour adultes» de ses années passées auprès de sa grand-mère Da, a été d\u2019abord publiée en 1991 puis rééditée chez Grasset il y a deux ans.Cet assemblage réussi d\u2019anecdotes et de moments marquants du jeune Vieux Os, de sa famille, de son chien et de ses amis revit aujourd\u2019hui dans une version légèrement raccourcie et abondamment illustrée par le Catalan Francesc Rovira, une version jeunesse, donc, dans une collection d\u2019albums qui revisitent des classiques tels Don Quichotte et Maria Chapdelaine.Les jeunes lecteurs qui ont découvert Laferrière à travers la série d\u2019albums mettant en vedette ce garçon et son amoureuse Vava ont ainsi l\u2019occasion de saisir maintenant avec leurs yeux de «plus grands» toute la richesse et la complexité de cet univers narratif, et dans une moindre mesure de comprendre à leur façon le concept d\u2019intertextualité.Duvalier et l\u2019amoureuse Leur «grand âge» ne devrait pas les empêcher de se lancer dans le nouvel épisode des aventures de Vava, certes destiné à ceux qui arrivent à peine à l\u2019école.Ils y découvriront une dimension «politique» absente des autres titres de la collection, et même de L\u2019odeur du café: la dictature des Duvalier et ses conséquences au quotidien.Laferrière réussit à évoquer subtilement ce régime de terreur qui a caractérisé l\u2019Haïti de son enfance à travers le récit d\u2019une interminable attente.Vieux Os angoisse, car sa Vava chérie est prise d\u2019une dangereuse fièvre et les soldats aux lunettes noires qui rôdent au vülage le gardent prisonnier à la maison de Da.C\u2019est sans compter qu\u2019il doit partir rejoindre sa mère dans la grande ville.Vieux Os bravera le couvre-feu et ses peurs pour sauver sa dulcinée grâce à un miraculeux baiser mauve.La recette qui a fait le succès des deux premiers volets de cette série fonctionne toujours à merveille, grâce aux textes portés par la poésie simple de l\u2019auteur et au coup de crayon coloré et désormais familier de Frédéric Norman-din.Difficile de ne pas aimer.Le Devoir L\u2019ODEUR DU CAFÉ Dany Laferrière Illustrations de Francesc Rovira Soulières éditeur et La Bagnole Montréal, 2014, 160 pages LE BAISER MAUVE DE VAVA Dany Laferrière Illustrations de Frédéric Normandin Editions de la Bagnole Montréal, 2014 48 pages L\u2019auteur sera au Salon du livre de Québec les samedi 12 et dimanche 13 avril.?yoaspanj-LE DEVOIR j^LMARÉS Du 31 mars au 6 avril 2014 ,\tCLASSEMEOT AUTEUR/EDITEUR Romans québécois\t\t 1 Mensonges sur le Plateau-Mont-Royal \u2022 Tome 2\tMichel David/Hurtubise\t1/2 2 Gaby Bernier \u2022 Tome 3 1942-1976\tPauline GUI/Québec Amérique\t2/2 3 Mensonges sur le Plateau-Mont-Royal \u2022 Tome 1\tMichel David/Hurtubise\t5/2 4 Chroniques d\u2019une p\u2019tite ville \u2022 Tome 31956\tMario Hade/Les Éditeurs réunis\t3/3 5 Les héritiers d\u2019EnkIdlev \u2022 Tome 9 Mirages\tAnne Robillard/Wellan\t4/8 6 Le secret de Lydia Gagnon\tClaire Pontbriand/Goélette\t7/2 7 Louise est de retour\tChrystine Brouillet/Homme\t6/6 8 Détours sur la route de Compostelle\tMylène Gilbert-Dumas/VLB\t-/I 9 Les gardiens de la lumière \u2022 Tome 2\tMichel Langlois/Hurtubise\t-/I 10 Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique 1\tAmélie Dubois/Les Éditeurs réunis\t10/17 Romans étrangers\t\t 1 Central Park\tGuillaume Musso/XD\t-/I 2 Muchachas\tKatherine Pancol/Albin Michel\t1/6 3 Georgian \u2022 Tome 1 SI vous le demandez\tSylvia Day/Flammarion Québec\t2/4 4 Le chardonneret\tDonna Tartt/Plon\t3/12 5 Traînée de poudre\tPatricia Cornwell/Flammarion Québec\t4/3 6 Deux veuves pour un testament\tDonna Leon/Calmann-Lévy\t-/I 7 La nuit leur appartient \u2022 Tome 1\tSylvia Day/Michel Lafon\t6/7 8 Une aventure de Derrick Storm\tRichard Castle/City\t5/4 9 Les enquêtes du département V \u2022 Tome 4 Dossier 64\tJussi Adler-DIsen/Albin Michel\t7/10 10 Charmante garce\tChristina Lauren/Homme\t8/4 Essais québécois\t\t 1 La fin de l\u2019État de droit ?\tFrédéric Bérard/XYZ\t-/I 2 Paradis fiscaux : la filière canadienne\tAlain Deneault/Écosociété\t1/6 3 Précis républicain à l\u2019usage des Québécois\tDanic Parenteau/Fides\t2/2 4 Le prochain virage\tFrançois Tanguay | Steven Guilbeault/Druide\t3/4 5 Réinventer le Québec.Douze chantiers à entreprendre\tMarcel Boyer | Nathalie Elgrably-Lévy/Stanké 6/3\t 6 Cap sur un Québec gagnant.Le projet Saint-Laurent\tFrançois Legault/Boréal\t-/I 7 Tenir tête\tGabriel Nadeau-Dubois/Lux\t8/2 8 Les Parisiens sont pires que vous ne le croyez\tLouis-Bernard Robitaille/Denoël\t-/I 9 Mœurs de province\tFrançois Ricard/Boréal\t10/2 10 Les tranchées.Maternité, ambigüité et féminisme, en fragments Fanny Britt/Atelier 10\t\t-/I '?'Essais étrangers\t\t 1 La vérité sur les médicaments\tMikkel Borch-Jacobsen/Édito\t2/8 2 Plaidoyer pour l\u2019altruisme.La force de la bienveillance\tMatthieu Ricard/NIL\t1/23 3 La grande vie\tChristian Bobin/Gallimard\t3/4 4 [Indien malcommode.Un portrait inattendu des Autochtones.\t.Thomas King | Daniel Poliguin/Boréal\t4/6 5 La grande saignée.Contre le cataclysme financier à venir\tFrançois Morin/Lux\t7/2 6 Agir de concert.Le Canada dans un monde en mouvement\tJoe Clark/Stanké\t-/I 7 La plus belle histoire de la philosophie\tLuc Ferry | Claude Capelier/Robert Laffont\t5/8 8 Gouverner au nom d\u2019Allah.Islamisation et soif de pouvoir.\t.Boualem Sansal/Gallimard\t10/4 9 Si je n\u2019avais plus qu\u2019une heure à vivre\tRoger-Pol Droit/Ddile Jacob\t-/I 10 Pourquoi les riches ont gagné\tJean-Louis Servan-Schreiber/Albin Michel\t-/I La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019anaiyse Sasfaril sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimarés est extrait de Basjjaril et est constitué des reievés de caisse de 2B0 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet Basjjaril.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite.Claire enfonce la lame dans son poignet, dessine une ligne rouge ; le sang Jaillit Pierre éclate de rire.Claire repose la lame sur son ventre, yy Extrait de Variations endogènes quel mari! Un monstre.Un ivrogne, un violent.Un obèse répugnant avec «ses mollets bleuis par le diabète, ses ongles d\u2019orteils jaunis toujours trop longs» et son mégot de cigarette au bec.Impossible de s\u2019endormir près de lui.A moins que.La suite du recueil est franchement inégale.Certaines nouvelles ne lèvent pas, d\u2019autres tombent à plat.Trop d\u2019attentes désormais.Karoline Georges nous a montré de quoi elle était capable, on ne veut pas se contenter de moins.Mais se cachent aussi de petits bijoux, tels Le rituel, qui traite d\u2019inceste d\u2019une façon détournée, et surtout Le retour, redoutable d\u2019efficacité dans l\u2019horreur commandée par la vengeance.Marguerite Duras n\u2019est pas loin pour ce qui est du grand frère voyou préféré par la mère.Mais c\u2019est Stephen King qui finit par prendre le dessus.Intéressante, aussi, l\u2019histoire de L\u2019autoportrait, qui n\u2019est pas sans rappeler l\u2019image de la burqa de chair chez Nelly Arcan: cette obsession de la beauté, du corps parfait, refait, cette peur du vieillissement.Tout se joue ici de mère en fille, dans la transmission.Transmission de la folie aussi bien.Sous le regard amoureux, ébahi, du père, qui plus est.Karoline Georges va très loin dans l\u2019exploration des maux, des malaises de notre civilisation.Ses contes cruels pour adultes nous restent en travers de la gorge.Certains plus que d\u2019autres.VARIATIONS ENDOGÈNES Karoline Georges Alto Québec, 2014,160 pages L\u2019auteure sera au Salon du livre de Québec les samedi 12 et dimanche 13 avril.François RICARD MŒURS DE PROVINCE «.un essayiste raffiné, en quête d\u2019une intelligence désillusionnée mais généreuse du monde.L\u2019admirable styliste qu\u2019est Ricard est indispensable.» Louis Cornellier, Le Devoir «.dans Mœurs de province, le comique et le tragique se nourrissent l\u2019un de l\u2019autre.» Daniel Lemay, La Presse + «C\u2019est à lire!» François Ricard MŒURS DE PROVINCE Marie-Louise Arsenault Radio-Canada Plus on est de fous, plus on lit ! Essai \u2022 Collection « Papiers collés» 232 pages \u2022 22,95 ^ PDF et ePub : 16,99 ^ Boréal www.editionsboreal.qc.ca F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2014 LITTERATURE POESIE Le pire et le meilleur du ciel de Michel Pleau HUGUES CORRIVEAU Il y a du pire et du meilleur cirez Michel Pleau, et c\u2019est à partir du pire que le poète nous invite d\u2019abord à nous promener sous Le ciel de la basse-ville.Il nous demande de l\u2019accompagner «aux labours de la mémoire», sans doute pour y manger «du pain de la mémoire» sous «le vitrail des arbres» dans «le remuement [.] delà splendeur», «au large de soi».Bref, c\u2019est à n\u2019y pas croire tellement s\u2019accumulent dans cette poésie des images lourdingues, qu\u2019à chaque atelier littéraire on demande à tout un chacun d\u2019éviter, afin de ne pas recevoir «le chaudron de leurs amitiés» ou les «casseroles de leurs sentiments».Mais Pleau, lui, en rajoute, et on peut compter, dans les seules premières pages, 38 images de la sorte.Pourquoi s\u2019en priver quand notre poésie «charrie son bt de vertiges» ?J\u2019avais relevé cette même propension à la petite image d\u2019une absolue viduité dans son recueil La lenteur du monde, qui lui avait pourtant valu le Prix du Gouverneur général 2008.Rien n\u2019y fait, il s\u2019y complaît Lumières Pourtant dès la seconde partie, une poésie libérée de ses scories surgit parfois, illuminant le propos: «rue saint-vallier / le paysage est un miroir trop bas // ce matin / je prends dans mes mains / l\u2019aube jamais bue// toute jbrai-son est dijjicile / j\u2019ai beau changer / mon corps de place / l\u2019ombre à tout jamais me ressemble».Que s\u2019est-il donc passé pour que, tout à coup, on puisse lire sans grincer des dents ces textes lyriques qui disent si lentement l\u2019ennui, l\u2019écoulement du temps sur la mélancolie?Ce savoir tranquille qui irradie de la conscience d\u2019être, Michel Pleau nous en livre quelques secrets, car il sait «que cela existe derrière la lumière», que cette force fragile préside à l\u2019émerveillement; et même alors, «on n\u2019a rien dit de ce bleu / qui appelle l\u2019enfance / rien dit de ce soleil / plus seul qu\u2019une prière / rien dit à personne de ce nuage / aussi perdu que la vüle».Et puis, ça recommence, le poète étant pris d\u2019une irrésistible envie de s\u2019engouffrer de nouveau dans les images poétiqueuses, se tenant sur «le perron de la nuit», celui de «la maison fugitive de l\u2019été», devant la mort, devant «le squelette de ses éclairs».On tremble un peu, on se navre.Et puis, de nouveau un espoir, «l\u2019heure serait-elle venue / de l\u2019immobilité vaste et ronde»?Devant la mort du père, «il suffirait d\u2019une aube / aux bras tremblants comme l\u2019herbe /pour que la beauté répare le monde».On aurait aimé que Le ciel de la basse-ville soit plus resserré, qu\u2019il sache mieux harnacher ses envies de mettre des « de » partout, le «dédément» se soignant sans douleur.Collaborateur Le Devoir LE CIEL DE IA BASSE-VILLE Michel Pleau Editions David Ottawa, 2014, 74 pages L\u2019auteur sera au Salon du livre de Québec les samedi 12 et dimanche 13 avril.PIERRE-LUC LANDRY L\u2019ÉDUATION DU 14E PRIX DES LECTEURS RADIO-CANADA Sensations dn temps Créé en 2000, le Prix des lecteurs Radio-Canada promeut la littérature issue des milieux francophones minoritaires au Canada.Six œuvres de fiction concourent.Le lauréat 2014 sera connu le 30 avril à l\u2019émission Pénélope McQuade.D\u2019ici là, Le Devoir présente un finaliste chaque semaine.ROMAN L\u2019EQUATION DU TEMPS Pierre-Luc Landry Druide Montréal, 2013, 232 pages CHRISTIAN DESMEULES Le premier roman de Pierre-Luc Landry, L\u2019équation du temps, prête vie à trois personnages dont les destins se frôlent ou s\u2019entrecroisent au long d\u2019une dizaine d\u2019années.Un jeune fugueur homosexuel qui deviendra photographe à Vancouver.Une jeune femme passionnée qui rêve d\u2019écrire.Un professeur de français devenu libraire, nomade en fuite qui aimerait avoir un but dans la vie et «faire comme les gens normaux».Suicidaires ou solitaires, c\u2019est un même vide existentiel et une même envie de disparaître qui relie ces personnages, vernis par une couche de mystère et de réalisme magique.Dans un style effacé et mélancolique dont la tonalité se situe quelque part entre celles de Jacques Poulin et de Paul Auster, Pierre-Luc Landry déploie dans L\u2019équation du temps une écriture attentive aux sensations, mais un peu éloignée des remous profonds de l\u2019âme et du corps.Un premier roman plutôt maîtrisé, malgré ses boursouflures narratives qui intriguent sans trop convaincre.L\u2019essentiel est sans doute ailleurs: dans la lutte de ces êtres qui affrontent comme ils le peuvent la solitude, l\u2019immobilisme et les étendues marécageuses de l\u2019existence.Collaborateur Le Devoir Éric Paye et les splendeurs de l\u2019Orient Aujourd\u2019hui, le français est au deuxième rang des langues étrangères étudiées au Japon, après l\u2019anglais.On y trouve d\u2019excellents spécialistes de Baudelaire, des Lumières, de Proust, de Claudel ou de Yourcenar.Eric Paye y a fêté ses 49 ans de curiosité, «avec toujours le même enthousiasme pour l\u2019ailleurs».Il y a tenu un journal.GUYLAINE MASSOUTRE La splendeur du monde: il est devenu rare d\u2019y penser et, encore plus, de l\u2019écrire.Eric Laye est-il le dernier des romantiques?Dans un journal aussi perlé que riche en trouvailles, il s\u2019oppose à l\u2019idée que tout est perdu, pollué et sali par l\u2019homme.La beauté du monde, Laye l\u2019a trouvée au Japon.Sous l\u2019égide de sa grande littérature immobile, contemplative et pensive, il s\u2019abîme en une exploration trop personnelle pour être dite reportage, qui vaut au lecteur un superbe voyage.«Rester là-bas», il en rêvera dès son retour.Laye s\u2019est rendu plusieurs fois au Japon, avant de signer Malgré Fukus-hima, qui annonce la couleur : non, l\u2019homme n\u2019est pas seulement destructeur.Déjà, son roman Nagasaki (Stock, 2010) lui avait valu le Grand Prix de l\u2019Académie française.Nagasaki, Lukushima, ces catastrophes nucléaires terrifiantes, il les repousse à l\u2019extrême inverse du jardin japonais.Ses premières armes littéraires, il les a faites auprès d\u2019un géant, Ismail Kadaré.Rencontrer Julien Gracq lui a fait aiguiser sa plume de journaliste.Croisière en mer des pluies a rem-porté le prix UNESCO-Lran-çoise Gallimard (Stock, 1999).Puis il a tenu à sillonner les continents, de la Russie asiatique à la Turquie, de la Californie au Groenland.Plusieurs livres ont suivi, voyages en train ou songes de l\u2019espace imaginaire.Sont nés, chez l\u2019éditeur Cadex, artisan de précieux bijoux littéraires, un Billet pour le pays doré (2007) et, entre autres énigmes.L\u2019homme sans empreintes (Stock, 2008), une très belle fiction, à la langue et à l\u2019imaginaire proprement envoûtants.Journal d\u2019hypnose Qui aime voyager dans son fauteuil ou sur les voies célestes devrait saisir ce Paye.C\u2019est dense, surprenant, le texte entourant de petites photos en noir et blanc, sortes d\u2019enluminures actuelles.Il a tenu serré ce journal d\u2019admiration \u2014 «quatre mois dans un long bal masqué dont les participants jouaient au grand jeu de la gentillesse et de l\u2019urbanité» \u2014 du nord au sud de l\u2019archipel, notant observations, réminiscences et conversations locales.Hôte de la Villa Kujoyama à Kyoto, il s\u2019est beaucoup déplacé.Cet expert du dépaysement évite la naïveté du néophyte.Il cerne le réel en rapporteur du quotidien que rien ne rebute.Malgré un vrai fouillis du texte, écrit in situ, un sens inné de l\u2019équilibre traverse ses miniatures: l\u2019essentiel tient dans la page, grande comme une paume de la main.Du Japon, il ravive la richesse culturelle.Il la compare, sans oublier les Jean Echenoz et Jean-Philippe Toussaint qui y ont séjourné avant lui.Nicolas Bouvier et Pierre Loti, il les a lus, mais les connaissances acquises sur l\u2019Orient n\u2019ont pas éliminé le vrai défi: comment aborder le paysage de Matsushima et le sanctuaire de Miya-jima, dédiés aux croyances immémoriales et élevés par un peuple au rang d\u2019art?Séismes d\u2019une identité déployée Paye surfe avec aisance sur la vague du passé au présent.Ces JIJI PRESS AGENCE ERANCE-PRESSE Du Japon, Eric Paye ravive la richesse culturelle.Il la compare, fait ressortir la beauté du pays.traits de civilisation japonaise, il les dispose aléatoirement dans le temps qu\u2019il prend à musarder en nomade ef où il fait provision de beauté.A Obama, sympathique port de pêche, il s\u2019amuse des clins d\u2019œil que la population a réservés au président américain.À Tottori, il commente Iç décor de La femme des sables.A Okinav^a, il touche les centenaires d\u2019un royaume exubérant.Il aura dit le nô, le kabuki, la danse, les contes, puzzle d\u2019un voyage sans architecture.Sa force, c\u2019est une myriade d\u2019objets d\u2019étonnement infini.Dans ce saupoudrage.Paye est aussi à l\u2019aise que chez lui, séduit par ce Japon qui aime Camus, Echenoz, Volodine, Cha- moiseau, Toussaint et Emaux, comme la pensée critique de Rancière et de Badiou, tous traduits.Le secret réside-t-il du côté des symboles?«Le 3 novembre est férié au Japon.Bunka no hi: le Jour de la culture.» Porce est de constater que bien des intelligences s\u2019y sont croisées: «Le monde est petit malgré ses sept milliards d\u2019habitants.» Paye aime ce paradoxe et nous y fait goûter.Collaboratrice Le Devoir MALGRÉ FUKUSHIMA Journal japonais Éric Paye Corti Paris, 2014,153 pages Henri Galet, un grand petit maître GILLES ARCHAMBAULT Il ne doit plus rester tellement de textes inédits d\u2019Henri Calet.Il fait partie de ces auteurs pour qui on a, pour peu qu\u2019on prise la prose française de qualité, un fervent attachement.Un écrivain à la fois pudique et franc qui a écrit quelques romans, mais dont la valeur inestimable réside dans ses chroniques souvent douces-amères, baignées dans la nostalgie, d\u2019une tristesse amusée, écrites avec une sensibilité à fleur de peau.De ma lucarne nous offre du Calet chroniqueur un précieux aperçu.Une occasion pour le découvrir ou renouer avec lui.Parues dans les journaux de l\u2019après-guerre, souvent dans Combat, le journal de Pascal Pia et Albert Camus, elles auraient déjà une valeur inestimable si on ne s\u2019attachait qu\u2019à ce qu\u2019elles révèlent du Paris des années quarante.Mais il y a plus.Calet n\u2019était pas un journaliste comme les autres.Comme le dit son ami Marc Bernard, «les idées dites métaphysiques lui étaient étrangères».Il ajoute: «[son écriture] atteint à une poésie sourde, comme quelqu\u2019un qui parlerait à voix basse; son accent est constamment celui de l\u2019intimisme».Pas tout à fait un journaliste, mais presque./ Ecrire «nous» Cet intimisme est pourtant celui d\u2019un spectateur.Nul n\u2019a mieux que lui parlé du Paris populaire, celui surtout du 14® arrondissement.Lui qui SOURCE GALLIMARD Henri Calet avait connu vers la mi-ving-taine une vie aventureuse en Amérique du Sud n\u2019avait pas son pareil pour décrire la vie des petites gens, ainsi que disent les bourgeois.Il avait une façon d\u2019écrire «nous» en parlant des habitants de son quartier qui n\u2019était en rien réductrice ou condescendante.Bien sûr, il savait ce qui le séparait de la marchande de couleurs dont il donnait un portrait si chaleureux.Son travail d\u2019écrivain, justement.Écrivain, il l\u2019était à la façon des journalistes.Habitué à faire court, il était cependant d\u2019une rare minutie, élaguant volontiers, preste à détecter les répétitions, les approximations.Ce qui fait sa valeur comme prosateur tient avant tout à cette nonchalançe obtenue à force de travail.À le lire, on s\u2019imaginerait qu\u2019il devait être d\u2019un abord facile.Roger Grenier, qui l\u2019a connu à Combat, m\u2019a parlé à son propos d\u2019un homme fort peu porté aux tapes sur le ventre, au contraire cravaté, vêtu de sombre, volontiers distant.C\u2019est par l\u2019écriture qu\u2019il était chaleureux.Calet, chroniqueur, parle du monde qui vit sous ses yeux et en même temps de son être propre.Sans rien révéler de ses secrets, il les livre pourtant.«Je tâche de ramasser mon passé par petits morceaux; il en traîne un peu partout » Dans le texte qui donne son titre à ce livre, il écrit: «Je connais cette ville par cœur; je pourrais la démonter pierre à pierre et la reconstruire ailleurs.Entre nous, maintenant, c\u2019est à la vie à la mort (la vie pour elle, la mort pour moi).» La mort devaif venir neuf ans plus tard.A Vence, le 14 juillet 1956.Il avait 52 ans.Si vous ne connaissez de Calet que la dernière phrase de Peau d\u2019ours (Gallimard), ce journal tenu dans les derniers mois de sa vie, vous savez le fameux «Ne me secouez pas.Je suis plein de larmes.» Payez-vous ce livre qui contient plusieurs chroniques dont le ton et l\u2019écriture vous raviront.Ce n\u2019est pas sans raison qu\u2019on a souvent évoqué à propos de Calet l\u2019image du Chariot de Chaplin.Notre auteur donne souvent l\u2019image d\u2019un malchanceux de la vie, ballotté par l\u2019existence.Mais alors que Chariot bottait le cul à qui s\u2019approchait de lui, Calet faisait appel à la tendresse, à l\u2019humour, à une subtile ironie pour traduire ses états d\u2019âme.Par exemple : «Naguère, on partait de rien et l\u2019on arrivait aux plus hautes destinées, grâce à sa patience, son économie, son labeur.Les proverbes avaient encore tout leur sens, les petits ruisseaux faisaient les grandes rivières.» Le lecteur sait que l\u2019auteur de la chronique n\u2019est pas arrivé à un quelconque pinacle.En refermant le livre, dimanche dernier, je me suis mis à penser à la chronique qu\u2019aurait pu tirer Calet de la campagne électorale dont nous venons de sortir.Sans recours aux boulets rouges, par la simple utilisation de mots dénués d\u2019agressivité, il nous aurait apporté un peu de cet air frais qui nous a manqué pendant ces semaines interminables.Je viens au reste de me souvenir que le premier texte de Contre l\u2019oubli (Grasset), autre recueil de chroniques de Calet, a pour titre Je vous amène Couillard.Çe Couillard-là se prénommait Émile.Il ne revenait pas d\u2019Arabie Saoudite, mais de la guerre, des membres en moins.Collaborateur Le Devoir DE MA LUCARNE Chroniques Henri Calet Gallimard Paris, 2014, 375 pages Félicitations à Técrivaine Marie-Célie Agnant, lauréate du Prix d'excellence de la SODEP 2014 dans la catégorie création en prose pour son texte «Sofialorène, si loin de la délivrance» (Relations, n° 767, septembre 2013).RelatioNS Pour qui veut une société juste Découvrez «Soifs», la chronique littéraire qu'elle signe dans nos pages.www.revuerelations.qc.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2014 F 5 LIVRES UTTERATURE ETRANGERE Notre quelque part : le chant de railleurs CATHERINE LALONDE A ma très douce moitié qui m\u2019a invitée plusieurs soirs la semaine dernière à écouter un film en ses bras, j\u2019ai répondu trop de fois, me le pardonnera-t-il, que je préférais retourner en Afrique quelques heures.Au Ghana, pour être précise, dans le petit village de Sonokrom, près d\u2019Accra.Un Ghana romanesque, où Kayo, formé comme médecin légiste en Angleterre mais confiné depuis son retour à des analyses de laborantins parce qu\u2019il n\u2019a ni les contacts ni les sous pour soudoyer ceux qui lui ouvriraient un chemin dans la police, se retrouve propulsé au cœur d\u2019une enquête.Quels sont ces restes humains, noirs, pleins de vers et de mouches, trouvés dans la case d\u2019un cultivateur de cacao disparu depuis trop de semaines?Cette «chose» effraie même l\u2019aîné des villageois, celui qui n\u2019a presque jamais peur, sauf là, et, dit-il, «quand la peur t\u2019attrape comme ça, ce qu\u2019elle va chercher en dedans, c\u2019est ton premier cri, la langue de ta mère».Des restes trouvés par une étrangère, en plus, qui déclencheront un ramdam au village.«Elle portait une façon de jupe petit petit là.Et ça montrait toutes ses cuisses, sebi, mais les jambes de la fille étaient comme les pattes de devant de l\u2019enfant de /\u2019antilope \u2014 maaaigre seulement! (C\u2019est plus tard que j\u2019ai appris qu\u2019elle était la chérie d\u2019un certain ministre.Hmm.Ce monde est très étonnant.) » Notre quelque part, premier roman et premier livre traduit en français du romancier, poète et «spoken wordeux» SOURCE ZULMA Nii Ayikwei Parkes, romancier, poète et «spoken wordeux», voit pour la première fois un de ses livres traduit en français.Nii Ayikwei Parkes, est un polar dans cette lignée des «exotiques» \u2014 ce renouveau que prend le polar en se situant dans toutes sortes de lieux géographiques.Mais c\u2019est surtout un chant, admirablement traduit \u2014 et juste assez, avec ces mots d\u2019Afrique de l\u2019Ouest laissés en version originale, qui portent leur musique et dont on devine le sens \u2014, qui joue entre une narration conventionnelle, le parler de Kayo et celui des villageois, particulièrement celui de l\u2019aîné, le chasseur Opayin Poku.Une polyphonie qui ravira les amateurs d\u2019oralité bien faite.Monde de contrastes Kayo, téléguidé par le chef de police, à sa merci, doit naviguer entre sa science et les traditions, entre la ville et le village, entre le contemporain et l\u2019ancien, entre l\u2019autorité du chef de police et celle des aînés.Il a une obligation de résultats, rapides et télésoufflés par les hautes sphères, car le ministre met la pression.Une pression à laquelle ne répondent pas les résidants : les réponses aux interrogatoires sont livrées en légendes au bar local, en interminables digressions étirées sur plusieurs jours et entrecoupées de nombreuses calebasses de vin de palme.Mais Kayo prend le temps, et le lecteur avec lui.L\u2019enquête ne sera pas vraiment résolue, la malédiction et les leçons des ancêtres gardant leur emprise sur une part du mystère.«Mais, après tout, de quel droit aurait-il pu, lui.Kayo, arriver dans ce village et prétendre balayer d\u2019un geste les traditions de ces gens, leurs coutumes, et précipiter dans le chaos tout un monde, au nom d\u2019une science qui, pourtant, n\u2019était pas dénuée d\u2019incertitudes?» Si on accepte l\u2019emploi de mots étrangers et la langue chantante, différente, Notre quelque part est un petit délice et son auteur, une découverte.Le Devoir NOTRE QUELQUE PART Nii Ayikwei Parkes Traduit de l\u2019anglais (ghanéen) par Sika Eakambi Zulma Paris, 2014, 304 pages Chomsky et le salut bolivien du monde Le penseur politique bouleverse une fois de plus les idées reçues MICHEL LAPIERRE En notant que «les plus éduqués ont tendance à être également les plus endoctrinés», Noam Chomsky, inimitable provocateur, présente dans Guerre nucléaire et catastrophe écologique la pauvre Bolivie comme le pays le plus environ-nementaliste du monde et les Etats-Unis comme «les premiers responsables » du réchauffement climatique.Il signale aussi que Barack Obama n\u2019empêche pas une course aux armements qui menacerait la planète.Le livre est constitué d\u2019entre-tiens du penseur politique américain avec sa compatriote Laray Folk, artiste multimédia, nouvelliste et militante.Chomsky souligne qu\u2019à la différence du commun des écologistes, entre autres des adeptes BCBG de Greenpeace, le gouvernement socialiste bolivien, formé en majorité d\u2019Amérindiens, ose, en 2010, aller au fond des choses.La Bolivie d\u2019Evo Morales, chef d\u2019Etat issu du syndicalisme, adopte une Déclaration universelle des droits de la Terre Mère, par laquelle, solidaire avec les peuples indigènes du monde entier et toutes les autres nations, elle compte, en demandant la participation de l\u2019ONU, protéger l\u2019écosystème planétaire contre les prédateurs capitalistes.Ce qu\u2019un grand nombre, en Occident, considère déjà comme un projet d\u2019un idéalisme puéril.Parler d^écologie Chomsky réplique: «Les Occidentaux ont beau en rire du haut de leur raffinement, ce sont les Boliviens qui riront les derniers.» Aux mystiques de la liberté individuelle qui croient que le monde capitaliste s\u2019est construit par des initiatives privées, comme la vente sur le trottoir de limonade aux pas- sants, il rappelle, dans le développement de celqi-ci, le rôle indispensable de l\u2019État.Le «fort interventionnisme», commencé en Grande-Bretagne dès le XVIIL siècle, continué dans toutes les grandes puissances, préfigure le rôle clé que devrait jouer, de façon plus démocratique, la communauté internationale.Chomsky relate que le Massachusetts Institute of Technology, dont il est professeur émérite, a permis, grâce au financement de l\u2019État, d\u2019apporter les innovations nécessaires à la prospérité industrielle que le simple marché ne pouvait fournir.Dans une des saillies dont il a le secret, il résume: «Dans ce système, les investissements sont essentiellement publics et les profits privés.Il a beau se nommer capitalisme, il n\u2019a pas grand-chose à voir avec le capitalisme.» Chomsky voit dans la baisse de l\u2019aide gouvernementale à la re- cherche l\u2019un des signes de l\u2019actuel déclin américain.Selon lui, au même moment, Obama, de façon indirecte et sournoise, peut produire un désastre en préconisant un système antimissile pour défendre les États-Unis et en soutenant des alliés, Israel et l\u2019Inde, encore plus susceptibles que les Américains d\u2019avoir recours à l\u2019arme atomique.A l\u2019opposé, l\u2019écologisme de la Bolivie, malgré sa naïveté, incarne un espoir tout à fait rare.Collaborateur Le Devoir GUERRE NUCLÉAIRE ÇT CATASTROPHE ECOLOGIQUE Noam Chomsky Traduit de l\u2019anglais (américain) par Celia hoard Agone Marseille, 2014,192 pages La Vitrine VALÉRIE BORDE Le petit Borde ESSAI LE PETIT BORDE Uactualité scientifique expliquée À MON VOISIN Valérie Borde Rogers/L\u2019Actualité Montréal, 2014, 160 pages L\u2019ingénieure chimiste Valérie Borde est une des meilleures journalistes scientifiques du Québec.Depuis 2009, dans son blogue de L\u2019Actualité, elle fait œuvre pédagogique en commentant l\u2019actualité à partir d\u2019un angle scientifique.Dans un style limpide, elle s\u2019oppose aux campagnes de peur concernant les dangers des pesticides, des vaccins, des parabènes et des compteurs intelligents d\u2019Hydro-Québec.Elle critique aussi l\u2019attitude antiscientifique du gouvernement Harper et la propagande des climato-sceptiques.Sans relâche, et à raison, elle plaide pour un élargissement de la culture scientifique des Québécois, à laquelle elle contribue efficacement.On retiendra sa proposition de faire de la 6® année du primaire une année d\u2019enseignement intensif des sciences.Après tout, il n\u2019y a pas que l\u2019anglais dans la vie, n\u2019est-ce pas?Louis Cornellier L\u2019auteure sera au Salon du livre de Québec le samedi 12 avril.BEAU LIVRE HOBBLEDEHOY Photographies d\u2019EdAlcock Récit d\u2019Emmanuel Carrère Éditions Terrebleue Paris, 2013, 101 pages Lorsque Ed Alcock était enfant, son père l\u2019appelait tendrement «Hobbledehoy», vieux mot étrange, équivalent de «grand dadais».Ce mot a inspiré le photographe anglais à fixer à son tour le bonheur auprès de Muriel, sa femme, et de leur fils Nino.Cette douceur intime, Emmanuel Carrère l\u2019invoque sous forme d\u2019un livre d\u2019art, 34 images publiées entre un récit et sa traduction, avec une notice d\u2019Alcock, en anglais.Carrère y raconte sa découverte d\u2019un carton de photos oubliées, dans une pièce d\u2019une maison des Alpilles louée pour passer l\u2019été en famille.De cette plongée dans l\u2019intimité d\u2019inconnus, ses pensées sont restées suspendues à la présence troublante d\u2019un bonheur enfui.Les photos d\u2019Alcock distillent aussi cette sensation de mélancolie et de temps arrêté.Paysage aride, mer, jeunesse, corps détendus, couleurs douces, fragilité des êtres, pureté.On a tous un bonheur ainsi gravé, qui ne demande qu\u2019un miroir pour renaître.Guylaine Massoutre Ilobbledohov ¦ ¦ 1 ni ALBUM JEUNESSE LE PIRATE ET LE GARDIEN DE PHARE Simon Gauthier et Olivier Desvaux Didier jeunesse Paris, 2013, 36 pages Le Septilien Simon Gauthier raconte depuis une bonne quinzaine d\u2019années ses histoires de mer et de marins dans des soirées de conte des deux côtés de l\u2019Atlantique.Voilà qu\u2019il met ses qualités de narrateur captivant au service de ce superbe album édité l\u2019automne dernier en Erance.Cette adaptation du conte traditionnel Le meunier sans souci, où l\u2019on rencontre un gardien de phare épuisé, un pirate en mal de bonheur, un pauvre pêcheur père d\u2019une douzaine d\u2019enfants et une morue géante, est chargée des embruns et du vocabulaire de la mer.Et de quelques mots pas du tout courants pour les lecteurs du premier cycle du primaire.Heureusement, un petit lexique à la toute fin les éclairera sur les plus difficiles à débusquer dans un dictionnaire.Ce classique revisité profite des belles aquarelles à la facture tout aussi classique d\u2019Olivier Desvaux, qui s\u2019y connaît en la matière {Robinson Cru-soé.Torn Sawyer, Poil de Carotte, Croc-Blanc).Amélie Gaudreau éditeur Bernard La Riviere www.editionsxyz.com ©Également disponible en version numérique Un livre éclairant pour continuer ie débat Jean-Marie Therrien JEAN-MARIE THERRIEN UNE HISTOIRE INVENTÉE Essai sur le cholestérol UNE HISTOIRE INVENTÉE Essai sur le cholestérol Le cholestérol n'est pas le dangereux tueur que l'on prétend Sa diabolisation est une vaste supercherie véhiculée par les médias et par des médecins trop débordés pour remettre en question la conformité des études commandées par les compagnies pharmaceutiques Un livre extrêmement bien documenté qui donne l'heure juste et sonne l'alarme 27,95$ \u2022 En vente en librairie 15,99$ \u2022 Format numérique (chez votre libraire en ligne) LYNE RICHARD Hurler sans trop faire de bruit L'exploration des territoires de la vieillesse, avec douceur et cruauté.Maintenant en librairie IL Québec Amérique quebec-amerique.com F 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2014 ESSAIS L\u2019économie en l\u2019absence de l\u2019humain Le bonheur collectif est-il lié à l\u2019augmentation du PIB ?Deux visions s\u2019opposent.\u2014\u2022 Louis CORNELLIER arcel Boyer et Nathalie Elgrably-Lévy sont deux économistes de droite qui se réclament de l\u2019école néoclassique.En termes simples, on dira qu\u2019ils sont néolibéraux.Dans Réinventer le Québec.Douze chantiers à entreprendre, ils se livrent à une critique radicale du modèle québécois, celui de «VEtat-providence social-démocrate».Ce dernier, écrivent-ils, aurait pour principal défaut de nuire à la croissance économique et à l\u2019augmentation du produit intérieur brut (PIB).Il devrait donc être réformé au plus vite.«Le Québec, reconnaissent les deux économistes, est riche à l\u2019échelle mondiale, mais il accuse un appauvrissement relatif par rapport aux pays de l\u2019OCDE, à l\u2019ensemble de l\u2019Amérique du Nord et aux autres provinces canadiennes.» Pour corriger cette situation, il faudrait procéder notamment aux réformes suivantes : briser le monopole public en matière de production et de distribution des biens et services publics (en santé, en éducation, en services financiers liés à la retraite) , augmenter les droits de scolarité et les tarifs d\u2019électricité, lier la formation scolaire aux besoins des entreprises, instaurer un ticket modérateur en santé, favoriser les partenariats public-privé, commercialiser l\u2019eau, serrer la vis aux syndicats, baisser les impôts et les remplacer par des taxes, réduire les contraintes imposées aux entreprises et favoriser une hausse importante du nombre d\u2019immigrants.Il faudrait donc, on l\u2019aura PEDRO RUIZ LE DEVOIR La simplicité volontaire, rappelle Serge Mongeau, en nous incitant à développer nos habiletés personnelles, à vivre avec des moyens locaux et à renouer avec un sens de la fête qui ne passe pas par le commerce, nous redonne une liberté perdue.compris, en finir avec le modèle social-démocrate pour le remplacer par ce que Boyer et Elgrably-Lévy appellent «le Québec socio-économique renouvelé», c\u2019est-à-dire le modèle néolibéral, stratégiquement rebaptisé «social-démo-cratie concurrentielle» afin de dorer l\u2019amère pilule.L\u2019obsession du PIB Boyer et Elgrably-Lévy sont bien conscients que «les chemins à emprunter pour assurer un avenir prospère sont source de discorde», mais toute leur argumentation est basée sur l\u2019idée qu\u2019un PIB plus élevé et une croissance rapide sont les clés d\u2019une plus grande «satisfaction à l\u2019égard de la vie» et sur l\u2019hypothèse «qu\u2019il n\u2019y a aucune raison de croire que les Québécois diffèrent des Améri- cains ou des autres Canadiens dans leur désir individuel et collectif de bonifier leur niveau de vie et celui de leurs enfants et dans leur capacité d\u2019y arriver».Cette apparente évidence \u2014 être plus riche contribue à la satisfaction \u2014 n\u2019en est pourtant pas une.Dans Le Petit Eortin {L\u2019Actualité, 2013), l\u2019économiste Pierre Eortin cite une importante étude qui conclut que, «dans les pays riches disposant d\u2019un revenu par habitant de 18000dollars canadiens ou plus len 20041, l\u2019effet favorable de l\u2019enrichissement collectif [svlV la satisfaction quant à la viel disparaît».Une des explications de cela est bien sûr la question de la répartition de cette richesse.Comme Eortin, Jean-Erançois Lisée l\u2019a démontré dans Comment mettre la droite K.-O.en 15 arguments (Stanké, 2012), «à temps de travail égal, 90% des Québécois ont un niveau de vie moyen supérieur de 13% à celui de 90% des Américains».Pour un pays déjà riche, donc, et Boyer et Elgrably-Lévy reconnaissent que le Québec en est un, le PIB ne constitue pas le fin mot de l\u2019histoire.Dans Le Québec économique 2011 (PUL, 2012), Luc God-bout et Marcelin Joanis ont appliqué au Québec l\u2019indice «vivre mieux» de l\u2019OCDE, dont le but est de mesurer le bien-être des populations à partir de vingt indicateurs liés aux conditions de vie matérielles et à la qualité de vie.Le résultat, stupéfiant, classe le Québec au premier rang mondial, en concurrence pour ce titre avec le Canada et l\u2019Australie.Preuve supplémentaire, s\u2019il en Un libre-échange pour les puissants MICHEL LAPIERRE La libéralisation du commerce international semble un sujet usé.Grâce à la résistance de pays du Sud à l\u2019Occident qui la détournait à son profit, elle a connu des difficultés, dans les Amériques, en 2005, et à féchelle mondiale l\u2019année suivante.Pourtant, l\u2019écrivain québécois Claude Vaillancourt montre que ses défenseurs, profitant du désarroi causé par feffondrement financier de 2008, font relancée de plus belle, même dans le domaine de la culture.Dans L\u2019empire du libre-échange, essai de haute vulgarisation et de grande clarté, Vaillancourt expose, à propos des accords internationaux, les récents développements des longues négociations en cours.Il s\u2019est imposé le pensum, abrutissant pour un créateur, de lire, note-t-il, «ces textes amphigouriques rédigés dans une langue juridique destinée à des escadrons d\u2019avocats».Il nous apprend que le Partenariat transpacifique, auquel participent notamment le Canada, les Etats-Unis et des pays d\u2019Extrême-Orient, menace de «restreindre l\u2019accès libre à Internet, en renforçant les droits de propriété intellectuelle, au bénéfice des grands conglomérats mé- «Le libre-échange véhicule avec lui une vision purement anglo-saxonne \u2014plus spécifiquement anglo-états-unienne \u2014 de l\u2019économie, comme s\u2019il n\u2019g avait qu\u2019une façon de voir le commerce )) Extrait de L\u2019empire du libre-échange diatiques ou de divertissement».D\u2019autre part, l\u2019accord entre le Canada et l\u2019Union européenne prévoit de négocier l\u2019exemption culturelle pour chaque chapitre, au lieu de reconnaître une exemption générale.Contourner la diversité Ce dernier texte, en exigeant des discussions répétées, risque sournoisement de rendre pénible, voire déficiente, la protection de la diversité culturelle, comme l\u2019a déjà remarqué Louise Beaudoin, ex-ministre québécoise des Relations internationales.L\u2019exclusion de la culture des ac- fm cords de libre-échange s\u2019appuie sur une convention de l\u2019UNESCO en vigueur depuis 2007 et à laquelle adhprent plus de 120 Etats.En rappelant que la langue du commerce international est fanglais, Vaillancourt nous incite à penser que, loin d\u2019être un processus équitable tourné vers le progrès de toute fhuma-nité, le libre-échange sert l\u2019intérêt des puissants, en particulier celui des Américains dans le vaste et lucratif marché de l\u2019audiovisuel.En plus de s\u2019efforcer de contourner le principe de la diversité culturelle, les partisans dogmatiques du libre-échange s\u2019acharnent sur une autre notion propre au courant progressiste du droit international : la discrimination positive à l\u2019égard des nations les plus pauvres.Cette fois, comme le principe est beaucoup moins reconnu, ils le nient au nom d\u2019un juridisme dicté par la tradition.S\u2019adapter aux disparités des nations pour rechercher le bien commun, au lieu dp tolérer l\u2019enrichissement des Etats les plus nantis au détriment des moins favorisés, restreint la très étrange liberté chère aux défenseurs de la concurrence économique.Vaillancourt, qui reproche à ces derniers de négliger les différences et d\u2019accroître les inégalités, n\u2019hésiterait sans doute pas à donner à leur néolibéralisme son vrai nom de néoconservatisme.Collaborateur Le Devoir yEMPIRE DU LIBRE-ECHANGE Claude Vaillancourt M éditeur Mont-Royal, 2014,160 pages L\u2019auteur sera au Salon du livre de Québec pour son roman Les sirènes de Zicatela (Québec Amérique) les samedi 12 et dimanche 13 avril.Pierre Gagnon ^ Berettà.um edito Venez célébrer la parution du nouveau roman de Pierre Gagnon, Beretta, c'est un joli nom.Une lecture d'extraits sera proposée par l'auteur.Mardi 15 avril dès 18 h LA L I B R A I R I E Q-ALLIMARD MONTRÉAL Réservation : übrairie(®ga[ünnarclnnontrea[.conn 1514 499-2012 3700 BOUL.SAINT-LAURENT est besoin, du fait que le PIB n\u2019est pas, à lui seul, le sésame du bonheur.Si, comme l\u2019a affirmé Raymond Bachand en 2009 dans un moment de lucidité, «la finalité, ce n\u2019est pas d\u2019équilibrer le budget, c\u2019est d\u2019ètre heureux comme peuple», on voit bien que f obsession du PIB perd de sa pertinence.Assurer de saines finances publiques et un dynamisme économique sont certes des missions politiques essentielles, mais le réductionnisme néolibéral que proposent Boyer et Elgrably-Lévy, au nom de la science économique, relève plutôt d\u2019une économie en f absence de l\u2019humain dont nous n\u2019ayons que faire.Etre riche?Etre juste assez riche suffit.Agir maintenant Pionnier de la simplicité volontaire à la québécoise, f exmédecin Serge Mongeau a compris cela depuis longtemps.Dans S\u2019indigner, oui, mais agir, il invite ses amis de gauche à «commencer tout de suite à vivre en adéquation avec les valeurs que nous défendons», sans cesser de militer pour un changement social plus global, mais «sans attendre que nos gouvernements se réveillent et commencent à prendre les mesures qui s\u2019imposent» pour sauver la planète et pour assurer une vie digne à tous.La simplicité volontaire, rappelle Mongeau, en nous incitant à développer nos habiletés personnelles, à vivre avec des moyens locaux et à renouer avec un sens de la fête qui ne passe pas par le com- merce, nous redonne une liberté perdue.Pour la pratiquer sérieusement, il importe, dès maintenant, insiste Mongeau, de reprendre le contrôle de notre alimentation (viser le localisme), de s\u2019affranchir le plus possible de fautomobile, d\u2019éviter de prendre favion, de fuir le crédit (une plaie contemporaine), de retrouver le sens de la vie communautaire et de s\u2019engager politiquement (avec Québec solidaire, dans le cas de Mongeau).J\u2019ai déjà douté de la justesse politique de ces propositions.Ce n\u2019est plus le cas.Simplici-taire par tempérament, je suis convaincu, aujourd\u2019hui, de la pertinence et de f urgence de cette voie dans la quête de la liberté individuelle et du bien commun, quoique je ne partage pas les critiques radicales que f ex-médecin réserve à la télévision et au salariat.Pour le reste, Mongeau a raison : il faut agir, maintenant, dans la joie.louisco@sympatico.ca RÉINVENTER LE QUÉBEC Douze chantiers À ENTREPRENDRE Marcel Boyer et Nathalie Elgrably-Lévy Stanké Montréal, 2014,184 pages S\u2019INDIGNER, OUI, MAIS AGIR Serge Mongeau Ecosociété Montréal, 2014, 92 pages Serge Mongeau sera au Salon du livre de Québec les samedi 12 et dimanche 13 avril.LYTTA basset .Oser la ^^veiUance albin MICHEL LYTTA BASSET Mobilisant les ressources de la théologie, de la psychologie et des sciences humaines, Lytta Basset signe un ouvrage novateur et fondateur, propre à renverser toute notre vision de l\u2019être humain, de son potentiel et de ses limites.ALBIN MICHEL ¦ "]
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