Le devoir, 26 avril 2014, Cahier E
[" Entretien avec Alejandro Jodorowsky, le phénix baroque Page e 3 Francos cherchent scènes à Toronto.et plus si affinités Page es CULTURE CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27AVRIL 2014 FRANÇOIS STEMMER Olivier Dubois n\u2019est pas le premier chorégraphe à opter pour le costume d\u2019Adam et Eve.Il l\u2019a lui-même endossé comme danseur, mais c\u2019est la première fois qu\u2019il l\u2019impose dans ses propres œuvres.HISTOIRE DE CORPS HISTOIRE DU MONDE Les 18 danseurs nus d\u2019Olivier Dubois partent en quête d\u2019humanité dans Tragédie ?Consacrée à Avignon, portée aux nues par les critiques, mais menacée de censure par la droite française pour sa masse de corps nus mis en scène.Tragédie d\u2019Olivier Dubois cherche à procurer un sentiment d\u2019humanité.FRÉDÉRIQUE DOYON y y\taître humain ne fait pas I\tnotre humanité et c\u2019est là I I notre tragédie.» Le I\tconstat du chorégraphe et ^\tdésormais directeur du Ballet du Nord/CCN, Olivier Dubois, l\u2019amène à créer, en 2012 au Festival d\u2019Avignon, Tragédie, une pièce pour 18 danseurs flambant nus articulée autour de la marche comme figure première de l\u2019humanité.«Le pas, c\u2019est la bascule de l\u2019inné à l\u2019acquis, de l\u2019instinct à la raison, c\u2019est le corps redressé, c\u2019est la connaissance, la décision prise», explique l\u2019artiste rencontré à Montréal à l\u2019automne.Pour construire sa pièce, Olivier Dubois s\u2019est penché sur l\u2019évolution du choeur dans la tragédie grecque.«Ça va du parados, de la marche à travers des épisodes de péripéties, jusqu\u2019à la catharsis et l\u2019exode qui est la course.» Il fait aussi clin d\u2019œil à la tragédie française en optant pour 12 pas, le rythme de l\u2019alexandrin.L\u2019œuvre qu\u2019il dit conçue comme un poème chorégraphique avec ses rimes croisées, ses hiatus, ses litotes, est donc extrêmement écrite.Et c\u2019est justement de cette structure contraignante que naîtra la liberté.«Parce qu\u2019on est obligé de saboter la chose.On passe par un acte cathartique très fort qui est toujours une destruction pour un renouveau.Le corps est soumis à rude épreuve, pas dans une tentative d\u2019abattage, mais de dépassement, de transcendance.» f Energie sauvage Loin des postures plus intellectuelles ou contemplatives, Olivier Dubois s\u2019inscrit plutôt dans le renouveau du corps en mouvement, qui a suivi la période de non-danse française.Cela dit, le travail extrêmement formel et technique n\u2019est pas son truc.Formé tardivement à la danse (23 ans) et avec un physique atypique, un peu enrobé, il s\u2019y engage corps et âme, avec une énergie sauvage qu\u2019il a gardée.Il a créé «Les danseurs entrent et sortent nus de la pièce, donc la nudité n\u2019est pas un événement, c\u2019est le statut de départ» son premier solo.Under Cover, en 1999, tout en dansant pour Karine Saporta et Angelin Preljo-caj, Sasha Waltz et Jan Fabre, mais aussi pour le Cirque du Soleil et Céline Dion.Toujours sans compromis.Troisième volet d\u2019une trilogie (après Révolution en 2009 et Rouge en 2011), Tragédie est peut-être l\u2019aboutissement de cette frénésie intransigeante qui s\u2019enracine dans sa propre quête personnelle.Dans le solo Pour tout l\u2019or du monde qui l\u2019a révélé à Avignon en 2006, il se demandait: qu\u2019est-ce qu\u2019un interprète ?Qu\u2019est-ce qu\u2019un corps au service d\u2019une œuvre, d\u2019un auteur?Et il concluait qu\u2019il fallait «se commettre en scène ou ne pas être artiste», résumait-il en entrevue au Devoir lors de la présentation de ce solo, à Montréal, en 2011.Or c\u2019est ce même engagement féroce jusqu\u2019au dépassement qu\u2019incarnent les 18 danseurs de Tragédie.Pour l\u2019avis d\u2019auditions, il confie d\u2019ailleurs qu\u2019il a cherché huit hommes et huit femmes qui dansent et non 18 danseurs et danseuses.Les élus, maigres ou charnus, sont âgés de 22 à 51 ans.«Ça fait appel à leur sensibilité, leur savoir, leurs faiblesses, leurs forces.» Le chorégraphe n\u2019a pas voulu 18 danseurs à l\u2019unisson, mais plutôt 18 fois un danseur.Car l\u2019idée de communauté qui émerge de la pièce pour atteindre l\u2019humanité passe nécessairement par l\u2019unicité de chacun.«Si tout le monde fait la même chose, c\u2019est dangereux.La faille et la différence humanifient.Au sein d\u2019une structure si contraignante rythmiquement, l\u2019erreur, c\u2019est la beauté, c\u2019est la vie.» Le nu nécessaire D\u2019où la nudité franche des danseurs.Olivier Dubois n\u2019est ni le premier ni le dernier chpré-graphe à opter pour le costume d\u2019Adam et Eve.Il l\u2019a lui-même endossé plusieurs fois comme danseur («Il n\u2019y a pas un chorégraphe qui ne m\u2019a pas mis à poil», lance-t-il en rigolant), mais c\u2019est la première fois qu\u2019il l\u2019impose dans ses propres œuvres.Par nécessité.Un peu à la manière du seul costume possible du chorégraphe québécois Daniel Léveillé.« Ça enlève toutes les questions sociales, dit-il On revient à une origine.C\u2019est une histoire du monde qu\u2019on y voit.» VOIR PAGE E 8 : CORPS E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2014 CULTURE Girl\u2019s club Odile Tremblay Tant de femmes députés reçoivent en pâture le portefeuille de la Culture.A croire que les premiers ministres ont envie d\u2019offrir aux gars leurs gros chantiers virils en laissant aux dames la dentelle et autres travaux d\u2019aiguille.D\u2019un serment d\u2019investiture à l\u2019autre, je crois voir le regard du chef englober dans un même rayon condescendant les femmes et la culture.Chimère, me direz-vous.Chimère chiffrée, tout de même.Onze femmes sur treize titulaires depuis 1985, ça fait beaucoup.Tendance lourde, qui doit bien recouvrir deux ou trois vérités.Et n\u2019allez pas prétendre, les fdles, qu\u2019on ne vous a jamais rien donné.Ne le disons pas trop fort à ces messieurs, mais la culture, c\u2019est le fin du fin.Faut remonter le cours du portefeuille jusqu\u2019à sa création en 1961 pour s\u2019apercevoir qu\u2019ils l\u2019ont déjà su.Les hommes \u2014 longtemps il est vrai en quasi-monopole à l\u2019Assemblée nationale \u2014 se relayaient joyeusement sur ce siège-là, laissant à peine une petite place à Claire Kirkland Casgrain entre 1972 et 1973.Puis, au milieu des années 80: boum! Le changement de cap.Dans le sillage de la Révolution tranquille, le mot « culture » rimait avec libération d\u2019un peuple.Ensuite avec divertissement.Les choses ont (Jû déraper quelque part au milieu du chemin.A méditer ! Certaines ministres de la Culture ont excellé dans le rôle.Ni le courage ni la compétence n\u2019ont de sexe.Les meilleures se montraient plus batailleuses que les hommes, capables de s\u2019imposer elles-mêmes dans un premier temps, puis de pousser un secteur en perte de lustre.Hardi ! Maka Kotto \u2014 nommé par une première ministre, tiens donc ! \u2014 aura été la parenthèse du passé récent.Mais, doux et charmant, moins vindicatif que bien des femmes de sa lignée, il n\u2019aura guère profité de sa prime à la masculinité, et manquait d\u2019ailleurs de poigne pour pousser ses dossiers.Sinon, Jacques Parizeau accrocha quelques mois en 1995 le portefeuille dp la Culture à son blason de premier ministre.A part ça.Sous notre fleur de lys, à perte de vue, en trois décennies, des ministres femmes, avisées ou pas.PQ, PLQ : même refrain.Même constat.A Hélène David, dernière à coiffer le chapeau à plume, on souhaite bon vent, bon courage, et le reste! Surtout devant des rangs ministériels féminins si clairsemés.Fragiles substances que la culture et les communications, avec protection de la langue française en segment ajouté.Autant dire l\u2019âme du Québec, volatile face aux «vraies affaires» si haut brandies par le chef Alerte ! Hélène David, à l\u2019université comme en politique, gère depuis belle lurette (Jes dossiers minés.Sous-ministre adjointe à l\u2019Éducation supérieure sous Charest, elle devrait pouvoir brasser le boy\u2019s club.Ses proches la décrivent comme une femme cultivée.On la dit ravie d\u2019qccuper ce siège-là (plusieurs l\u2019attendaient à l\u2019Éducation).Son sourire à la cérémonie JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La tendance semble faire en sorte que les femmes plutôt que les hommes deviennent titulaires du ministère de la Culture.La nomination récente d\u2019Hélène David, par le nouveau premier ministre Philippe Couillard, ne fait pas exception.d\u2019assermentation semblait sincère.C\u2019est qu\u2019on veut y croire.Par aura de famille aussi, d\u2019une génération à l\u2019autre, en engagement politique.Son grand-père était le député sénateur Athanase David.Sa sœur Françoise David mène avec fougue Québec solidaire.Ajoutez un frère politologue, Charles-Philippe David.Des partys de famille bien scintillants.Oui, on veut y croire.A vue de nez, cette mi- D\u2019un serment d\u2019investiture à l\u2019autre, je crois voir le regard du chef englober dans un même rayon condescendant les femmes et la culture Chimère, me direz-vous.Chimère chiffrée, tout de même.nistre-là semble plus allumée que bien d\u2019autres.Psychologue, et ça lui en prendra, de la psychq-logie, longtemps professeure et chercheuse.A elle, le bénéfice du doute.Oui, oui.Sans compter, ironie du sort, que la culture fut mieux servie en général sous le règne libéral que péquiste.Quant à la langue.Hum ! Philippe Couillard veut une charte des valeurs sans pomme de discorde aux signes religieux ostentatoires.La langue et la culture seront au cœur de ce projet-là.Mais apprêté sous quelle sauce ?Hélène David travaillera sur ce front.Batailleuse, on l\u2019espère.Isabelle Melançon, l\u2019excellente directrice des communications à la ESPACE GO il James Joyce JEAN MARC DALPÉ brigitte haentjens ANNE-MARIE CADIEUX UNE COPRODUCTION ESPACE GO SODEC, vient de devenir chef de cabinet d\u2019Hélène David.Ça devrait aider à créer des ponts entre les deux rives.Victor-Lévy Beaulieu décrivait dernièrement Philippe Couillard comme un homme cultivé et lettré, rare phénomène dans les hautes sphères politiques québécoises.Si le premier ministre pouvait afficher ses goûts, ça aiderait la cause.Rêvons, rêvons, mais pas trop.Voilà le genre d\u2019atout qui déplaît aux foules.A l\u2019heure de la passation de pouvoirs, le spectacle de tous ces dossiers flottants fait plus trembler qu\u2019autre chose.Trop heureux si le budget dévolu à la Culture ne se voit pas tronçonné à la première occasion.Prenez la politique du prix unique du livre, coup de pouce aux librairies indépendantes devant l\u2019assaut des grandes surfaces et du géant électronique Amazone.Le PQ, après valse-hésitation, se préparait à l\u2019encadrer.Sauf que Philippe Couillard a souvent affiché son refus de légiférer.Retomber à la case départ, en cette vingt-cinquième heure, semble à peine envisageable.Et pourtant.Et le statut de l\u2019artiste, le trop faible soutien aux programmes d\u2019aide à la création, aux écrivains en particulier, avec quel argent colmater ces brèches?Qn songe à la stratégie culturelle numérique, annoncée par Maka Kotto pas plus tard qu\u2019en mars dernier.Mise au frais ou relancée?Quant au rapport du Groupe de travail sur les enjeux du cinéma québécois, grand est le risque pour lui d\u2019un enterrement de première classe.Toutes ces recommandations au scénario, à la production, à la diffusion, etc., direction panier, vraiment?Quoi qu\u2019il en soit, Hélène David sur-viept à la croisée des chemins réels et virtuels.A revoir, les pratiques culturelles à l\u2019heure de la révolution technologique.Faut-il encore planter des sous sur les sillons d\u2019hier, appuyer des événements et des industries en déclin?D\u2019un autre côté, mettre la culture en bouteille, la chiffrer, la compresser, paraît aussi un piège.La dictature de l\u2019humour fait tant d\u2019ombre à la danse, au théâtre, à la lecture, aux arts visuels, à la musique et au cinéma qui poussent hors des chemins balisés.Va pour s\u2019adapter, mais en résistant aux miroirs aux alouettes.Qr il y en a beaucoup.Trop de productions culturelles d\u2019ici et çl\u2019ailleurs ne servent qu\u2019à abrutir les gens.A son horizon : voir, analyser, trancher et mille actions à poser, dans les régions du Québec entre autfes, si négligées par rapport aux grandes villes.A quand surtout le vrai canal creusé entre la culture et l\u2019éducation?Mieux enseigner les arts, la littérature, former un peuple armé pour affronter le vent de la mondialisation, avec une langue enrichie, voilà le grand défi.Qn a vu tant de gouvernements successifs balayer sous le tapis les questions de qualité linguistique.Fallait pas déprimer les Québécois avec leur parlure.Voyons! Notre enclave doit constituer un terreau d\u2019excellence pour le français, histoire de s\u2019imposer, de rayonner.Qn pense à tout ça, avec le souhait de bienvenue à Hélène David dans le girl\u2019s club, gardant l\u2019œil grand ouvert aussi sur ses futures performances de funambule, promis ! otremblay@ledevoir.com 31 mai 2014 THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE: 514 845-4890 ESPACEGO.COM LES ENTRETIENS DE GO ^\\H/dro Québ ^transat I Le jeudi 11 avril 2014 dès 18 h, découvrez avec nous les enjeux de la pièce MOLLY BLOOM lors d'un entretien entre la metteure en scène Brigitte Haentjens et Mélanie Dumont, dramaturge.Une manière unique d'avoir les clefs du spectacle avant d'en être les témoins.En collaboration avec Le Devoir \\ TRADUCTION DAVID LAURIN MISE EN SCENE EDITH PATENAUDE 22 avril au 9 mai 2014 WWW.THEATRELAUCO^NE.COM Conseil cfes arts Centre local de développement de Québec et des letws LE THÉÂTRE DU TRIDENT LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2014 E 3 CULTURE>ENTRETIEN PHOTOS BRONTIS JODOROWSKY Après une pause de près de 25 ans, le réalisateur, qui allie ésotérisme et provocation, est de retour derrière la caméra avec La danse de la réalité, un film autobiographique poétique tourné dans le village de son enfance.Brandissant l\u2019art comme une baguette magique libératrice, le cinéaste raconte son retour aux sources pour améliorer le passé avec La danse de la réalité ODILE TREMBLAY En 2011, à l\u2019invitation de François Gourd et de son Institut de foulo Sophie, Alejandro Jodorowsky, mage chilien devenu à la fois français et citoyen universel, adepte de toutes les cosmologies, était venu à Montréal.Son séjour, entre cabaret mystique, rétrospective de ses films et dîner tarot, où il se démultipliait tel un magicien, demeure gravé dans les mémoires.On le retrouve maintenant à Paris, un peu plus fragile à 85 ans, mais heureux.Car son film La danse de la réalité, à l\u2019époque simple rêve, fait tranquillement le tour de la planète, gagnant nos salles vendredi prochain.Avec cette fable poético-surréaliste, ovationnée à la Quinzaine des réalisateurs au dernier Festival de Cannes, Alejandro Jodorowsky émerge tel un phénix de ses cendres.Exercice de psychomagie avec retour aux sources en améliorant le passé, il brandit l\u2019art comme une baguette magique.«J\u2019ai fait un film pour libérer ma ville, moi, ma famille et le public, déclare-t-il.Ma mère, humiliée par mon père idiot, avait toujours voulu chanter.Alors, j\u2019ai réalisé son rêve et elle ne s\u2019exprime que par le chant.La danza de la realidad m\u2019a apporté une paix intérieure, car nos parents sont en nous.» Ses fans cinéphiles auront attendu bien longtemps celui qui, au cours des décennies 70 et 80, tenait la barre de films-cultes: le western El Topo (1970) admiré par John Lennon, Fésotérique Montagne sacrée (1973) en partie financé par l\u2019ancien Beatle, Santa sangre (1989), violente thérapie familiale; bouquet d\u2019œuvres baroques, éclatées, initiatiques, surnourries, survolant les dimensions.Il jouait lui-même le héros en parcours de connaissance dans ces films, longtemps retirés du marché pour cause de mésententes avec le producteur, hiatus qui contribua à mythifier l\u2019auteur tout en jetant le brouillard sur son œuvre.J\u2019ai fait un film pour libérer ma ville, moi, ma famille et le public.La danza de la realidad m\u2019a apporté une paix intérieure, car nos parents sont en nous.\\\\ Alejandro Jodorowsky «J\u2019ai une grande créativité, dit-il.Le cinéma n\u2019était pas mon moyen de vie.J\u2019ai fait du théâtre [NDLR: il a inventé le Théâtre Panique avec Arra-bal et Topor), des bandes dessinées [tel L\u2019Incal avec Moebius], écrit des livres [dont La danse de la réalité et L\u2019enfant du jeudi noir, à l\u2019origine du film].» Jodorowsky n\u2019avait pas tourné depuis 1990 et son Voleur d\u2019arc-en-ciel qu\u2019il se plaît à renier.Tant de ses projets étaient tombés à l\u2019eau, dont un plouf! retentissant, celui de l\u2019adaptation pharaonique du Dune de Frank Herbert sur 12 heures, au célèbre storyboard, folle aventure devant mettre à contribution Orson Welles, Salvador Dali, Pink Floyd, etc., retracée dans le passionnant documentaire de Frank Pavich.«Peut-être qu\u2019un cinéaste réalisera Dune un jour, lance Jodorowsky.fan Kounen en étudie la possibilité, mais depuis l\u2019échec du projet, la réalité est un miracle.» Car le documentariste Frank Pavich le remit en contact avec le producteur Michel Seydoux, qui avait englouti 2 millions dans Dune mais accepta de financer pour moitié et à l\u2019aveugle La danse de la réalité.«Le reste du budget provient d\u2019un Mexicain, d\u2019un Chilien, des internautes et de moi-même», dit-il.Il a donné la vedette à son fils Brontis, qui incarne son propre grand-père habillé en Staline.Ses autres garçons \u2014 Christobal en moine bouddhiste, Adan en anarchiste \u2014 sont de la partie.Alejandro joue le héros à l\u2019âge mûr tandis que son épouse.Pascale Montandon-Jodorowsky, créa les costumes.Il a tué l\u2019esthétisme avec une caméra frontale, le contenu baroque se qui suffisant à lui-même.Sa jeunesse recréée, semble cousue à quatre mains par Fellini et Bunuel, possède la charge surréaliste d\u2019une fiction.«J\u2019ai connu Fellini, évoque le cinéaste.Il travaillait dans la nostalgie, moi, dans la recherche d\u2019une mutation des personnages.Mais quand on met un nain dans un film, les gens pensent à Bunuel, des femmes aux grosses fesses, ils évoquent Fellini.Pourtant, mon univers est issu de ma vie.» Les nouvelles technologies, il les bénit, ayant lancé une annonce sur Twitter: «J\u2019ai besoin d\u2019acteurs sans membres, ayant perdu une main, un œil, etc.» Vœux exaucés.Dans ce village, les estropiés de la mine se comptaient par centaines.Son film en témoigne.Quoi d\u2019autre ?«Ce film-là, je l\u2019ai tourné dans le village de mon en- fance, Tocopilla, un vrai trou, où fai fait reconstruire la boutique de mes parents, dit-il en abaissant la voix pour rappeler le secret entourant le ma-king-of.Ni journalistes, ni photos de plateau.La recherche de l\u2019enfant en soi se fait dans le ventre de sa mère, en pleine obscurité.» Lui, ostracisé jadis parce que d\u2019origine juive russe, circoncis, très blanc, différent, est devenu un héros dans le bled à peine transformé par le temps, mais qu\u2019il a en partie rénové pour les besoins du film.«Pour la première mondiale, 8000 personnes sont venues à Tocopilla, dont une centaine issues du miliep, artistique international.» A l\u2019éblouissement du village entier.Il dit vivre une nouvelle floraison depuis la sortie de son film et du documentaire sur Dune, mais prendre ce retour en grâce avec calme.Jodorowsky entend tourner un nouveau film d\u2019après Juan Solo, la bande dessinée qu\u2019il a créée avec Georges Bess.Reparti pour un nouveau tour de montagnes russes, celui qui a tant connu les hauts et les bas du destin lance au vent son sourire d\u2019enfant.Le Devoir Cet entretien a été réalisé à Paris, à l\u2019invitation d\u2019Unifrance.>1 Alejandro Jodorowsl^ et son fils Brontis.Le cinéaste s\u2019est entouré de ses proches pour le tournage de son dernier film.NJ ® FESTIVAL DU ¦ ¦ | JAMAIS LU 2 AU 9 MAI 2014 THÉÂTRE AUX ÉCURIES ' FABRE JAMAISLU.COM E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2014 CULTURE>THEATRE ¦J J < IL VA.SANS DIRE BESBOUSS AUTOPSIE D\u2019UN RÉVOLTÉ Du 22 avril au 17 mai 2014 Une coproduction du Théâtre de Quat\u2019Sous et du Théâtre il va sans dire Texte Stéphane Brulotte Mise en scène Dominic Champagne Avec Abdelahafour Elaaziz Concepteurs Étienne Boucher, Julie Castonguay, Michel Crête, Guillaume Cyr, Geodezik, Cédric Lord, Alexander MacSween et Suzanne Trépanier Table ronde 26 avril 2014 Après la représentation de 16 h Échange animé par Sonia Djelidi sur la Tunisie avec Stéphane Brulotte, auteur, Dominic Champagne, metteur en scène, Taïeb Moalla, journaliste et Leila Toubel, comédienne et auteure au Théâtre El Hamra de Tunis.Les noctambules 1er mai 2014 Après la représentation de 20 h Discussion menée par la journaliste Julie Laferrière, avec, entre autres, Souhar Jendoubi.L\u2019heure du conte 4 mai 2014 15 h Activité gratuite pour les enfants des spectateurs avec le conteur Frank Sylvestre.Un rendez-v Hyndm^n r u de littv U i ij \" Billetterie 514 845-7277 quatsous.com Québec Q H\t,35, ducara LE DEVOIR Partenaire de saison Hydro Québec Véronique Côté et Marcelle Dubois jouent les allumeuses Les codirectrices du 13® Festival du Jamais Lu parlent de cet autre qui embrase et élève CHRISTIAN SAINT-PIERRE Donnez-nous vos soirs, vos espoirs déçus, vos envies d\u2019incendies: on va vous donner tout le reste.» C\u2019est avec cette belle et surtout courageuse formule que les codirectrices du 13® Festival du Jamais Lu, Véronique Cote et Marcelle Dubois, nous invitent ces jours-ci à entrer dans les univers de 35 dramaturges francophones d\u2019ici et d\u2019ailleurs.On nous promet des paroles engagées, des mots brûlants destinés aux jeunes comme aux moins jeunes, notamment ceux de David Paquet, Julie-Anne Ranger-Beauregard, Steve Gagnon, André Gélineau, Félix Beaulieu-Duches-neau et Gabriel Robichaud, mais aussi de la musique, du chant et même des discussions chaleureuses et éclairantes.Plutôt que d\u2019épiloguer sur la programmation du Festival, on a préféré poser aux codirectrices de l\u2019événement quelques questions qui nous permettront de mieux les connaître, de savoir ce qui fait battre leurs cœurs d\u2019artiste et de citoyenne, autrement dit de voir un peu de quel bois elles se chauffent.Mettre le feu Quand on demande à Véronique Côté ce qui lui donne envie de mettre le feu, elle ne cherche pas longtemps : « Ça m\u2019enrage que certaines personnes tiennent pour acquis que les Québécois sont bêtes et méchants, qu\u2019ils ne veulent pas entendre parler de certains sujets, qu\u2019ils ne sont pas capables d\u2019aborder certains enjeux de façon nuancée.Ça me révolte qu\u2019on présume ainsi de la médiocrité de ma société.J\u2019estime au contraire que nous sommes capables de beaucoup de nuances, de beaucoup de pensées PEDRO RUIZ LE DEVOIR Véronique Côté et Marcelle Dubois, qui codirigent le 13® Festival du Jamais Lu, s\u2019enflamment lorsqu\u2019il est question des enjeux sociaux québécois propres à la culture et à l\u2019identité.et de beaucoup de dialogues.» Marcelle Dubois en a quant à elle contre l\u2019instrumentalisation du concept d\u2019identité.«On suggère qu\u2019être fier de son identité équivaut à se méfier des autres.Que pour être pour quelque chose il faut être radicalement contre quelque chose d\u2019autre.Je trouve ça archifaux.Je pense que nous sommes vastes.On ne peut pas mettre les gens dans des boîtes.Pour épouser notre grandeur, pour devenir meilleur, on a «Cette fameuse notion d\u2019industrie culturelle, je pense que ça nuit énormément à la naissance et au rayonnement de paroles authentiques» tout avantage à être en dialogue avec l\u2019autre.A force de vouloir survivre, j\u2019ai le sentiment qu\u2019on oublie d\u2019appartenir.» Surmonter le découragement Marcelle Dubois a beau avoir la réputation de soulever des montagnes au petit-déjeuner, il lui arrive aussi de ressentir une certaine lassitude, notamment par rapport au «discours commercial qui entoure maintenant la culture».«Cette fameuse notion d\u2019industrie culturelle, je pense que ça nuit énormément à la naissance et au rayonnement de paroles authentiques.La culture devrait être considérée comme une valeur intrinsèque, au même titre que l\u2019éducation ou la santé.Elle devrait être financée comme telle, c\u2019est-à-dire en fonction du rôle crucial qu\u2019elle joue dans la société.» Quant à Véronique Côté, elle avoue que ses rares moments de déprime proviennent «du manque de foi des autres».«Le découragement, quand il devient ambiant, me freine un peu.C\u2019est déjà assez difficile de se battre pour défendre une vision du monde à laquelle on croit sans avoir en plus à contrer le défaitisme de ceux qui nous entourent!» Raviver la flamme Dans une situation pareille, à quoi est-ce qu\u2019on s\u2019accroche?Où est-ce qu\u2019on déniche l\u2019énergie de continuer, celle de retrousser ses manches?«On la trouve chez l\u2019autre, lance spontanément Dubois.J\u2019ai toujours cru dur comme fer à la nécessité de bâtir.Bâtir, que ce soit un lieu, un festival, un spectacle ou une compagnie, ça ne se fait pas seul.Si on veut inventer quelque chose de nouveau, on a absolument besoin de l\u2019autre.C\u2019est pour ça que j\u2019ai eu envie de partager la direction artistique du Jamais Lu avec une personne différente chaque année.C\u2019est ma manière de me prémunir contre la complaisance.» Sa force vive, c\u2019est dans les mots que Véronique Côté l\u2019a toujours trouvée.«Les paroles libres me portent littéralement.Quand je vois du bon théâtre, quand f entends des textes puissants, ça me donne beaucoup de courage, je dirais même que ça suscite chez moi beaucoup de désir.Le Jamais Lu, c\u2019est l\u2019endroit tout désigné pour expérimenter ce genre de choc.C\u2019est un lieu essentiel pour les auteurs comme pour les spectateurs.Ce qui se passe au Festival, les naissances, les premières fois, les échanges qui s\u2019en suivent, tout cela est précieux.» Collaborateur Le Devoir 13E FESTIVAL DU JAMAIS LU Aux Écuries du 2 au 9 mai.Manifester, fêter, s\u2019appartenir Cette année, pour la soirée d\u2019ouverture, Marcelle Dubois a choisi de faire à Montréal ce qu\u2019elle avait fait en 2013 à Limoges : La soirée des manifestes.Pour l\u2019occasion, elle a rassemblé 16 auteurs-performeurs qui ont créé des collectifs dans 9 pays afin de prendre la parole en dehors des institutions.C\u2019est ainsi que Suisses, Comoriens, Acadiens, Caribéens, Québécois, Congolais et Belges pour- fendront clichés et préjugés.Pour la soirée de clôture, intitulée La fête sauvage, Véronique Côté a demandé à Sarah Berthiaume, Joëlle Bond, Steve Gagnon, Mathieu Gosselin, Justin Laramée, Hugo Latulippe et Francis Monty d\u2019écrire une chanson.Rien de moins.On dit qu\u2019au cœur de cette soirée tout en musique se trouvera la notion du territoire, de notre appartenance à celui-ci.n Q^ydro^ Québec GRAND PARTENAIRE ABONNEZ -VOUS! TNM.QC.CA BEING AT HOME MQJ CLAUDE L\u2019IMPORTANCE D\u2019ÊTRE ' 1 CONSTANT LE JOURNAL »ANNE FRANK RICHARD 111 LETOURduMONDli; inSOJSURS SHIBEAUX JOURS LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2014 E 5 CULTURE-MUSIÛUE Francos cherchent scènes à Toronto.et plus si affinités La francophonie doit bâtir ses repères dans l\u2019écosystème musical de la Ville reine C\u2019est à Toronto, ville vaste et culturellement fort diversifiée, que les grosses affaires se brassent dans le monde canadien de la musique \u2014 lire : le monde anglophone de la musique.Mais dans cette ville où les spectacles pullulent, y a-t-il une place digne de ce nom pour les artistes francophones?Le Devoir a tâté le pouls et surtout l\u2019appétit de la ville.PHILIPPE PAPINEAU à Toronto Le mois dernier, dans les bureaux de la chaîne TFO, au cœur de Toronto, l\u2019équipe de l\u2019émission BRBR \u2014 lire : « barbare » \u2014 a organisé un petit concert diffusé en direct sur le Web pour mettre en avant la musique de David Giguère et de Philémon Cimon, et, du coup, offrir aux spectateurs un échantillon des toutes nouvelles chansons des deux Québécois.«Je suis vraiment touché et content de venir chanter en français ici», a répété Giguère à quelques reprises entre ses chansons.Pourquoi cette joie étonnée?«Je ne savais même pas que c\u2019était possible de chanter en français ici, a raconté Giguère au Devoir, après coup.Je connaissais BRBR, que je suis sur Internet, mais je ne pensais pas pouvoir venir à Toronto pour jouer des chansons en français, ça non.Je serais curieux de voir si c\u2019est possible de faire un show francophone ici, dans un bar, dans une salle.S\u2019il y a un public.» La question se pose.La réponse, elle, fait un peu grimacer tous ceux à qui on la pose, à la fois fiers mais réalistes.Selon les chiffres du recensement de 2006, Toronto compte plus de 53000 francophones, soit environ 10% de leur nombre total dans la province.Mais dans les rues, les bars et les salles de spectacles de cette ville très musicale ?Là, c\u2019est moins clair.C\u2019est David Baeta, le producteur de BRBR \u2014 qui entame ces jours-ci sa nouvelle saison \u2014, qui grimace le premier.«Disons qu\u2019ici, en français, tu te perds un peu dans l\u2019univers torontois, avec les Franco-Ontariens à déconvrir Les recommandations de Tricia Foster et David Baeta Stef Paquette Cindy Doire Anique Granger Mélanie Brûlée Pandaléon Paye Blais groupes de musique anglophones.C\u2019est pas comme s\u2019il y avait des concerts francos à une fréquence régulière.» L\u2019univers torontois ?La démographie de la Ville reine est un aspect déterminant dans ce portrait.On ne peut pas y appliquer les réflexes montréalais de séparer grosso modo la ville en deux blocs, un franco et un anglo, nous dit la rayonnante chanteuse Tricia Foster.La Franco-Ontarienne aux cheveux roses a passé 12 ans à Montréal avant de s\u2019établir à Toronto il y a un an et demi.«Le multiculturalisme ici est tellement intense que la francophonie, moi, je vois juste ça comme une partie d\u2019un plus grand espace.C\u2019est là comme la scène africaine, la scène chinoise ou hongroise, il y a toutes ces petites scènes-là à Toronto, et c\u2019est ce qui fait que la ville est ce qu\u2019elle est.» Décentralisé Il est donc assez ardu pour les francophones de se croiser à l\u2019ombre de la tour du CN, surtout s\u2019ils parlent dans la langue de Shakespeare sans accent.C\u2019est ce qu\u2019a vécu Geneviève Cholette, du trio vocal Les Chi-clettes, un groupe complété par Nathalie Nadon et Julie-Kim Beaudry et qui remporte un certain succès, voire un succès certain, à Toronto et en Ontario.«J\u2019ai passé presque 12 ans à Toronto sans rencontrer la scène francophone.Je ne travaillais qu\u2019en anglais, et tout à coup, je suis tombé sur des gens du Centre francophone, puis sur toute une gang.Mais ils sont cachés, il faut que tu creuses.Sauf qu\u2019un coup que t\u2019es dedans, c\u2019est parti.» Pour aider ou diffuser les musiciens francophones, il existe donc plein de groupes ou d\u2019événements ponctuels.11 y a le Théâtre français, une véritable institution, l\u2019Alliance française \u2014 qui sera bientôt équipée d\u2019une nouvelle salle de spectacle \u2014, le Centre francophone de Toronto, l\u2019Association des professionnels de la chanson et de la musique (qui organise entre autres le gala des Trilles or), le feshval Francophonie en fête, et on en passe.«Mais il n\u2019y a pas encore de ponts entre tous les points, c\u2019est ça le problème, lance Geneviève Cholette.Amener tout le monde à la même place, ça, c\u2019est difficile.» Et tout l\u2019écosystème musical à SOURCE BRBR Reçu par l\u2019équipe de BRBR, David Giguère s\u2019est avoué très étonné de pouvoir chanter en français à Toronto.SEAN RYAN La Franco-Ontarienne Tricia Foster a passé 12 ans à Montréal avant de s\u2019établir à Toronto il y a un an et demi.JKB COMMUNICATION Les Chiclettes, un groupe formé de Julie-Kim Beaudry, Nathalie Nadon et Geneviève Cholette, connaît un succès certain à Toronto.que l\u2019on peut retrouver à Montréal est pratiquement absent pour les francophones de Toronto.11 y a peu, voire pas de « bookers » pour vendre les concerts aux salles, et l\u2019agent des Chiclettes a bien peu de concurrence dans la province.Personne n\u2019a pu nommer d\u2019étiquette de disques francophone non plus, ou de salle dédiée à la langue de Damien Robitaille.Un écosystème à former A ce compte-là, les petites villes un peu partout dans la province sont beaucoup mieux organisées, la communauté étant davantage tissée.David Baeta, de TFO, souligne Hearst et Sudbury comme étant des exemples en la matière.«Chaque communauté a sa radio communautaire.A Sudbury, il y a même Le Loup FM, qui est une des seules radios commerciales francophones hors Québec qui fonctionnent et font de l\u2019argent.» «Les régions sont mieux équipées qu\u2019à Toronto, croit Nathalie Nadon, des Chiclettes.Ici, il n\u2019y a pas de saisons culturelles comme telles.Dans les petites villes, ils ont leurs cinq shows, leur salle, leur saison.Et quand il y a un spectacle, les gens y vont parce qu\u2019il n\u2019y en a pas tant que ça dans l\u2019année.» Sombre portrait?Les choses semblent pouvoir s\u2019établir davantage dans peu de temps, et la relève serait talentueuse, nous dit-on chez Les Chiclettes.Et Tricia Foster, elle, n\u2019a que faire des bâtons qu\u2019on lui met dans les roues.«Moi, je refuse de vivre une vie où je me sens victime.S\u2019il n\u2019y a pas de scène, je vais la créer, lance en riant celle qui est née d\u2019une mère nommée Papineau.J\u2019ai renié énormément la langue dans ma jeunesse, mais là, mon identité personnelle a changé, je n\u2019ai plus honte, j\u2019en suis fière.Ce que je fais à Toronto : je dis \u201cbonjour\u201d ou \u201callô\u201d à tout le monde que je croise dans la rue.S\u2019ils me répondent en anglais, je sais qu\u2019ils sont anglophones.Mais s\u2019ils me répondent en français, je viens de trouver un autre francophone.C\u2019est le jeu auquel je joue, et je me suis fait bien des amis comme ça ! » Le Devoir Notre journaliste a séjourné à Toronto à l\u2019invitation de TFO.LES SIGNATURES INTERNATIONALES D\u2019AUJOURD\u2019HUI RÉUNIES À MONTRÉAL FORFAITS ET BILLETS EN VENTE FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES DANSE + THÉÂTRE 22 MAI-07 JUIN 2014 UN FEU ROULANT D\u2019INTELLIGENCE, D\u2019AUDACE ET D\u2019INVENTIVITÉ «Un vent de liberté formidable qui ouvre I de nouvelles perspectives sur l\u2019art chorégraphique de dema Danser canal historique | ANTIGONE SR.TRAJAL HARRELL, NEW YORK 2, 3, 4 JUIN / USINE C INFO-FESTIVAL 514-844-3822 / 1-866-984-3822 YIXBI^ VIDÉOS AU FTA OC CA\tÆOM PLACE DES ARTS 514-842-2112 / 1-866-842-2112 PLACEDESARTS COM UNE PERFORMANCE ÉROUSTOUFLANTE D\u2019UNE ARTISTE INCANDESCENTE LE RETOUR A MONTREAL DE LA RRODIGIEUSE MFC STUART TODO EL CIELO SOBRE LA TIERRA ANGÉLICA LIDDELL, MADRID -f SÉOUL -f SHANGHAI 27.28 MAI / MONUMENT-NATIONAL BUILT TO LAST MEG STUART, BERLIN -f BRUXELLES 28.29 MAI / USINE C L\u2019ÉNERGIE VIRILE ET IRRÉSISTIBLE DE LA MÉDITERRANÉE AUSSI DÉLIRANT QUE DÉSORILANT ¦A -' GERMINAL ANTOINE DEFOORT + HALORY GOERGER BRUXELLES + LILLE 29, 30, 31 MAI, 1 JUIN / MAISON THÉÂTRE UN CHOC THÉÂTRAL D\u2019ENVERGURE ÉBLOUISSANT ET JOUISSIE D\u2019APRES UNE HISTOIRE VRAIE CHRISTIAN RIZZO, LILLE 30, 31 MAI / PDA - THÉÂTRE JEÂN-DUCEPPE ICI artv LES PARTICULES ELEMENTAIRES MICHEL HOUELLEBECQ + JULIEN GOSSELIN PARIS + LILLE 30, 31 MÂI / PD - THÉÂTRE MÂISONNEUVE (NOUVEÂUX BILLETS) DE SURRÉALISTES .BÉTES DE SCENE ¦ PARAISO - COLECÇAO PRIVADA MARLENE MONTEIRO FREITAS, LISBONNE 4, 5, 6 JUIN / AGORA DE LA DANSE E 6 LE DEVOIR,.LES SAMEDI 2 6 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2014 CULTURE.MUSIQUE CLASSIQUE Richard Strauss à la baguette Pour le 150® anniversaire de naissance du compositeur, Deutsche Grammophon publie un coffret de ses enregistrements en tant que chef d\u2019orchestre qui s\u2019écoute comme une histoire de l\u2019enregistrement CHRISTOPHE HUSS 2014 est l\u2019année du 150® anniversaire de naissance de Richard Strauss.De nombreux coffrets célèbrent ses opéras ou ses poèmes symphoniques.Nous arrive une boîte de sept disques de ses enregistrements en tant que chef d\u2019orchestre.Y a-t-il une leçon à en tirer ?Le coffret qui vient de paraître chez Deutsche Grammophon porte le même titre, Strauss Conducts Strauss, que celui publié, assez confidentiellement, dans la collection «DG Doku-mente» en 1991.Mais la différence est majeure.Le coffret plastique d\u2019il y a 23 ans compre nait seulement trois CD, les trois premiers de ce boîtier de sept disques.Des quatre disques supplémentaires, seul un est dé dié à sa propre musique: un enregistrement supplémentaire, de 1941, de Don Quichotte, complété par des lieder gravés en 1921 où le compositeur au piano accompagne le chanteur Heinrich Schlusnus.Les trois autres CD renferment, dirigées par Strauss, les Symphonies n°^ 39, 40 et 41 de Mozart, les Symphonies n°^ 5 et Z de Beethoven et un CD d\u2019ouvertures célèbres : Iphigénie en Aulide de Gluck, Euryanthe de Weber, Le harhier de Bagdad de Cornelius et, de Wagner, Le vaisseau fantôme et Tristan et Isolde.U enregistrement en train de naître Evidemment, ce coffret s\u2019adresse aux passionnés de Strauss, aux amateurs de do- cuments historiques et à des discophiles intéressés par l\u2019histoire de l\u2019enregistrement.En comparant le son des Symphonies n°^ 5 et Z de Beethoven ou la 4CI de Mozart avec la 4V, on assiste littéralement à la naissance de l\u2019enregistrement orchestral.On met le doigt sur les progrès techniques qui ont permis dès la fin des années 1920 le développement de l\u2019industrie phonographique à travers les enregistrements orchestraux.C\u2019est là un aspect fascinant, totalement éludé par la notice.Et pourtant: entre le début de l\u2019année 1926 et le milieu de l\u2019année 1930, Richard Strauss a ef fectué neuf sessions d\u2019enregistrement.La différence entre les sessions de 1926 et les suivantes est sidérante.On entend véritablement le son s\u2019ouvrir et devenir réaliste et agréable.Certes, en 1926, nous n\u2019étions plus à l\u2019ère de l\u2019enregistrement acoustique, mais par un système d\u2019échanges industriels, Polydor (Deutsche Grammophon) utilisait le système Light-Ray de la société américaine Brunswick.L\u2019historien de l\u2019enregistrement Peter Morse rappelle que les cap- APRES LE SUCCES DE MOLORA YAEL FARDER REVIENT AVEC MIES JULIE Un huis clos charnel et déchirant dans I Afrique du Sud post-apartheid.Top Ten du New York Urnes - 5*^ Best Production par The Guardian En anglais avec surtitres français placedesarts 24 avri au 3 mai 2014 tâtions Light-Ray étaient appelées parfois «enregistrements semi-électriques», ce qui est techniquement faux, mais reflète assez précisément la manière dont ils sonnent: quelque part entre l\u2019acoustique et le «vrai» enregistrement électrique.La Z\" Symphonie de Beethoven est \u2014 hélas ! \u2014 un typiquç enregistrement Light-Ray.A cela s\u2019ajoute (chose unique, heureusement, dans la discographie de Strauss) l\u2019anecdote que le finale a été coupé entre les mesures 247 et 418 pour tenir sur une face de 78 tours ! Rassurez-vous, tout n\u2019est pas aussi paléolithique.Nous trouvons ici beaucoup de musique très instructive.Pour la petite histoire, Polydor a balancé Light-Ray aux ordures au début de 1927 pour passer au performant système Western Electric.Pour bien faire les choses, des œuvres gravées en 1926 ont parfois été refaites un an plus tard avec les mêmes artistes.C\u2019est le cas de l\u2019interlude d'intermezzo et des valses du Chevalier à la rose dans ce coffret.Et DG se trompe, ici, en indiquant 1927 pour la 40^ de Mozart.Insatisfait de son enregistrement de 1927, Strauss a réenregistré cette œuvre qui lui était chère dès le début de 1928, et c\u2019est bien ce second enregistrement qui figure ici.Leçons d\u2019interprétation L\u2019exemple de la 40'' de Mozart nous montre que Strauss a toujours été intéressé par la préservation de la musique et la qualité sonore.Il s\u2019est immortalisé pour la première fois en 1905 au piano sur des rouleaux Welte-Mignon (sorte de piano mécanique reproducteur).Ses enregistrements acoustiques sont rares.Les premiers enregistrements orchestraux ont été réalisés par Polydor en 1917.Ils ne sont pas inclus ici, pas plus que la Vie de héros gravée en 1926, après la Z\" de Beethoven et la 59\" de Mozart.Strauss a repris Ein Heldenle-ben en 1940 et c\u2019est \u2014 avec les deux Don Quichotte (1933 et 1941) \u2014 le bijou de ce coffret.A travers les vidéos et témoignages, on a souvent une vision placide de Strauss chef d\u2019orchestre.Or le disque nous fait entendre tout autre chose.La leçon pour l\u2019interprétation de sa musique est d\u2019importance.Alors que les interprètes modernes tendent à exacerber les oppositions de caractères et de tempos, Strauss file beaucoup plus droit.Le sens de la -n * - - ARCHIVES AGENCE ERANCE PRESSE Portrait non daté de Richard Strauss qui, entre le début de 1926 et le milieu de 1930, a effectué neuf sessions d\u2019enregistrement, au fil desquelles on entend le son s\u2019ouvrir.construction organique, alors que pourtant le procédé d\u2019enregistrement amenait à graver une face après l\u2019autre, est vraiment étonnant.Certes, comme il n\u2019y avait pas de montage, nous sommes habitués aujourd\u2019hui à une plus grande propreté et perfection d\u2019exécution.C\u2019est très notable dans Mozart par exemple.Mais on peut tout de même dégager un « style Strauss», carré, rythmiquement bien campé et expressivement très direct, bien loin des volutes langoureuses dont d\u2019aucuns ont paré sa musique.En termes plus directs : rien n\u2019est plus éloigné de Strauss dirigeant Strauss que Karajan dirigeant la même musique.Je regrette beaucoup que le compositeur n\u2019ait pas réenregistré Mort et transfiguration en 1940.Il aurait fait oublier cette gravure éloquente mais un peu miteuse de 1926, par ailleurs handicapée par des bruits de surface.Evidemment, vous l\u2019avez compris, ce coffret ne recense pas tout le legs de Strauss.Il existe notamment une série d\u2019enregistrements faits à Vienne en 1943 et 1944, publiés par Acanta.La cerise sur le gâteau, ici, est Strauss dirigeant Wagner : le prélude de Tristan nous dit pourquoi, dès la fin du XIX® siècle, Strauss était consi- déré comme l\u2019un des plus grands chefs wagnériens.L\u2019incandescence (à écouter sur notre site Internet) se compare à celle de Carlos Kleiber.On est loin de l\u2019image d\u2019un Strauss placide agitant nonchalamment la baguette en attendant sa prochaine partie de cartes ! Le Devoir STRAUSS DIRIGE.7CD Deutsche Grammophon 4792703 D Ecouter > Richard Strauss dirigeant Tristan et Isolde en 1928.ledevoir.com/ culture/musique Estelle Clareton Créations Estelle Clareton S\u2019AMOURACHER 30 avril, V, 2 mai 20 3 mai 16 h ¦cm- Lucie Grégoire Lucie Grégoire Danse CIEL ET CENDRES 14, 15, 16 mai 20 h CHOREGRAPHE ET INTERPRÈTE Lucie Grégoire MISE EN SCÈNE ET ÉCLAIRAGES Paulo Castro-Lopes RÉPÉTITRICE Dodik Gédouin MUSIQUE ORIGINALE Robert Marcel Lepage COSTUMES Judy Jonker MAQUILLAGE ET COIFFURE Angelo Barsetti UNE COPRODUCTION DE L\u2019AGORA DE LA DANSE } d «Le résultat est époustouflant ; Thomas Bastien, Patwhite (apropos de S envoler) CHOREGRAPHE Estelle Clareton INTERPRÈTES Louiza Bentoumi, Brice Noeser Christophe Rapin, Esther Rousseau-Morin DRAMATURGE Stéphanie Jasmin COMPOSITION MUSICALE Eric Forget SCÉNOGRAPHIE Estelle Clareton, Stéphanie Jasmin ÉCLAIRAGES François Marceau UNE COPRODUCTION DE L\u2019AGORA DE LA DANSE BRICE NOESER ESTHER ROUSSEAU MORIN PHOTO BEN PHILIPPI « Inlassable quête sur le theme de la metamorphose, la danse de Lucie Grégoire est une experience a vivre » LUCIE GREGOIRE PHOTO MICHAEL SLOBODIAN BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL AGORA DE LA DANSE WWW.AGORADANSE.COM LE DEVOIR.LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2014 E 7 CULTUREiMllSIQUE SIX MEDIA MARKETING Qui dit The Heath Brothers dit Thistoire du jazz de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à nos jours.Des légendes et des vraies en visite à I\u2019Upstairs La dernière fois que les frères Heath ont présidé une bamboche musicale à Montréal remonte aux années 70 SERGE TRUEEAUT Oyez, oyez, citoyens et citoyennes du «monde mondial», les frères Heath, qui ont pour nom de groupe The Heath Brothers, se produiront à quatre reprises dans le cadre du Festival de jazz à TUpstairs.Youpi, mille fois youpi ! Quand ?Les 26 et 27 juin.Imaginez! Les Heath à Montréal.On n\u2019en revient pas.La dernière fois qu\u2019ils ont présidé une bamboche musicale ici à Montréal, ici parmi nous, c\u2019était au Soleil levant, alias The Rising Sun, peu après que Richard Nixon eut quitté la Maison-Blanche comme un voleur au milieu des années 70.On s\u2019en souvient parce que justement le saxophoniste Jimmy, le contrebassiste Percy, l\u2019aîné connu pour avoir été membre du Modem Jazz Quartet \u2014 le benjamin et batteur Albert dit Tootie n\u2019était pas encore avec eux \u2014, avaient joué l\u2019hilarant The Watergate Blues que Percy avait composé en regardant le départ de Nixon à la télé.On s\u2019en souvient parce qu\u2019ils proposaient le troc suivant dans l\u2019enceinte du Soleil levant: le premier enregistrement des Heath Brothers paru sur l\u2019éti-quette-coopérative Strata-East, avec notamment Stanley Co-well au piano, contre espèces sonnantes et non trébuchantes.Et alors ?Cet album était une splendeur grâce au chapelet de finesses, dont le Watergate, qu\u2019il renfermait.On s\u2019en souvient parce qu\u2019ils avaient décliné pendant plus de deux heures une maîtrise des élégances à faire pâlir d\u2019envie.Qui donc?Allez, tous les fantômes de Coco Chanel.Bon ou bien, c\u2019est au choix, on n\u2019a pas encore dit l\u2019essentiel.Qui dit The Heath Brothers dit l\u2019histoire du jazz de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à nos jours.On exagère?Parfois, mais là, pas du tout.On en doute ?Jimmy, Percy et Albert ont enregistré, et pas Par amour pour les compositions de Jimmy, Chet Baker était allé jusqu\u2019à consacrer un album à ses chefs-d\u2019œuvre seulement joué, avec John Col-trane, Dexter Gordon, Duke Jordan, Dizzy Gillespie, Herbie Hancock, J.J.Johnson, Thelo-nious Monk, Sonny Rollins, Gil Evans, Bobby Timmons, Fats Navarro, Max Roach, Art Farmer.Par amour pour les compositions de Jimmy, Chet Baker était allé jusqu\u2019à consacrer un album à ses chefs-d\u2019œuvre.C\u2019est dire.Mais ce n\u2019est pas tout dire, car pour dire le tout faudra attendre leur passage.En attendant, sur eux nous reviendrons en long et en large, car ils méritent le qualificatif de légende qu\u2019ici et là on use et abuse sans égard à la signification du mot.?Oyez, oyez, lecteurs et lectrices, on a l\u2019immense plaisir de vous communiquer une au- tre grande nouvelle : le conglomérat culturel Universal Music a décidé de réactiver le label Impulse, très célèbre pour avoir été celui de John Col-trane avant tout et de Sonny Rollins, de Gil Evans, d\u2019Oliver Nelson, d\u2019Archie Shepp et de quelques autres clochards célestes des années 60.La direction de cette aventure a été confiée à Jean-Philippe Allard.Un Parisien réputé pour avoir été le grand sachem de Gitanes Jazz productions qui, dans les années 90 et 2000, avait requinqué les carrières de Randy Weston, de Charlie Haden, d\u2019Abbey Lincoln, de Charles Brown et de plusieurs autres.Dans une entrevue accordée récemment à Jazz Magazine par le pianiste Weston, ce dernier affirme qu\u2019Allard était et reste le meilleur producteur qu\u2019il ait rencontré.Au programme du nouvel Impulse : des albums de Kenny Barron, de Weston, de Ran Blake, de Charlie Haden avec Jim Hall, de Jacky Terras-son et de Rodney Kendrick.Au programme du numéro courant de Jazz News : un dossier consacré au 40^ anniversaire de la publication de l\u2019œuvre par excellence de John Coltrane, A Love Suprême.Aussi, des articles sur Danilo Perez, Brad Mel-dhau, Claude Nougaro, plus les rubriques habituelles.Le Devoir Un nouvel arbre sur la montagne royale L\u2019ensemble Giri Kedaton célèbre un quart de siècle de musique balinaise à Montréal YVES BERNARD Le gamelan balinais est une musique extravagante et déconcertante au sein de laquelle on passe d\u2019un tempo très lent à une vitesse phénoménale en quelques secondes à peine.Par l\u2019entremise de l\u2019atelier de gamelan de l\u2019Université de Montréal et de l\u2019ensemble Giri Kedaton, le genre vit à Montréal depuis un quart de siècle.Les deux entités proposent leur concert annuel ce dimanche après-midi à la Salle Claude-Champagne et I Dewa Made Suparta sera le directeur musical invité de Giri Kedaton.Le gamelan est l\u2019orchestre qui accompagne le théâtre d\u2019ombres à Bali, à Java et dans quelques autres régions indonésiennes.Celui de Bali est beaucoup plus flamboyant que celui, plus méditatif, de Java.Depuis une centaine d\u2019années, la forme balinaise par excellence est le gong kebyar, le genre explosif que préfèrent les Montréalais de Giri Kedaton: «Cest une musique virtuose, assez complexe, contrastée, punchée.Il y a un côté spectaculaire qui s'adapte bien à une scène occidentale»,^ fait valoir Eric Vandal, le codirecteur artistique de Giri Kedaton.En balinais, Giri Kedaton signifie «montagne royale», en l\u2019honneur du Mont-Royal, mais aussi pour célébrer l\u2019importance de la montagne dans la vie du peuple de Bali.Pour évoquer sa musique, on utilise parfois la métaphore de l\u2019arbre.Eric Vandal résume : «Les racines sont les grands gongs avec leurs sons graves.Le tronc est la ligne mélodique très régulière de la core melody, la mélodie noyau, faite par des métal-lophones bas.Les branches et les feuilles, c'est toute la kyrielle EDYVAN BOSE Le gong kebyar est une musique virtuose, complexe, contrastée, punchée, qui s\u2019adapte bien à la scène occidentale.des ornementations qui se passent dans les métallophones plus aigus.On monte du grave vers l'aigu, et plus on va vers l'aigu, plus ça bouge, alors qu'à la base, on est plutôt posés».En 2009, Giri Kedaton a fait paraître Bali X, un excellent disque qui proposait un mariage entre le gong kebyar et les beats électros, la guitare surf, les percussions hypnotiques afro-cubaines et même cette reprise de Kid A, de Ra-diohead.Mais depuis ce temps, l\u2019ensemble est revenu à la base de la musique balinaise.Eric Vandal explique le parcours : «Pendant quatre ans, I Dewa Made Suparta fut notre directeur musical.Avec lui, on voulait aller chercher le cœur de l'esthétique du gong kebyar balinais.C'est un maître qui a grandi là-dedans, un virtuose dans presque toutes les formes et aussi un danseur.C'est un peu comme si un ensemble de mu- sique baroque avait aujourd'hui la possibilité de voyager dans le temps et de faire venir un maître de son époque».Dimanche, I Dewa Made Suparta reviendra pour jouer le tambour kendang et diriger l\u2019orchestre.Il fera passer ses signaux par ses instruments et ses gestes en plantant un autre arbre sur la montagne royale.Collaborateur Le Devoir GRAND CONCERT ANNUEL DE GIRI KEDATON ET DE UATELIER DE GAMELAN DE UUdeM À la salle Claude-Champagne, dimanche 27 avril à 15 h 30.Première partie: l'atelier de gamelan de l'Université de Montréal.Deuxième partie : l'ensemble Giri Kedaton Renseignements: 514 343-6111, poste 5522, www.girikedaton.com.Chorégraphe Isabel Mohn Interprètes Elinor Fueter, Jean-François Légaré, Isabel Mohn et Magali Stoll Conseillère dramaturgique et repetitrice Thea Patterson Musique Florian Tippe Eclairages Martin Sirois P^AU3 + 8AU10MAI2014À20H\t^ THEATRE 1371, ruB OntaNO Est ^ Beaudry OU Bem-UQAM\t' Billetterie Articulée 514.844.2172 / danse-cite.org\tdevoir PROSPERO Québec E C BQUE DU SOLE L KEGROUPEmEIlT QUEBECOIS DE LADAnSE fil quebecdanse.org Téléchargez l'application mobile EVENEMENT QUÉBEC DANSE 22-29 avril 2014 LE DEVOIR Libre de penser sTA77 DE MONTREAL nus IE IS! CtNCERTS EN SALLE RioUnto Alcan BILLfTS EN VBITE AUJOURD'HUI À MIDI ! 24 JUIN AU 6 JUILLETS5E P\tîl\"* ;¦\t7 ¦.'J ' '' IIJ ï=ü:i iBB 31 ^ ^ Il .ü-\u2019:jw^.îî^\ti== SALLE WILFRID-PELLETIER, PdA \u2022 19 h30 DANIEL LANOIS et ses invitées\tM EMMYLOU HARRIS M et TRIXIE WHITLEY J JEUDI 26 JUIN KATIE MELUA THE ACOUSTIC TOUR ______________i t VENDREDI 27 JUIN % à PHKMARTIi Èvec invitéfspéciai THE ÿÜNÏTRÀPPS BEN HARPER & M il CHAlUl MilSSmiVHITE W SAMEDI 28 JUIN DIMANCHE 29 JUIN *1511 et 2Dh TONY RENNEn EARTHÜWINPr&FIRg LUNDI 3D JUIN MARDI 1\"JUILLET ARETHA FRANKLIN DIANA ROSS IN THE NAME OF LOVE TOUR MERCREDI 2 JUILLET PRDGRAMME DDUBLE Ppemiepe paptie: RHONDA ROSS JEUDI 3 ET VENDREDI 4 JUILLET B.B>KING«& GARYICLARK JP.MAXWELL Ï3 SAMEDI 5 JUILLET DIMANCHE 6 JUILLET LES GRANDS CONCERTS RïoTmto Alcan I si^musifue |> | Mcmustc.ca mlLSON Ppemiepe paptie: ANDREAS VARADY I THÉÂTRE MAISONNEUVE, PdA \u2022 20 h GINGER BAKER JAZZ CONFUSION avec invité spécial PEE WEE ELLIS aussi ALEC DANKWORTH etAIASS DODOO JEUDI 26 JUIN VENDREDI 27 JUIN LUNDI 3D JUIN PRDGRAMME DDUBLE TERENCE.BLANMRi OLIVER JONES JEUDI 3 JUILLET *1911 LE FESTIVAL A LA 80THBIRTHDAY CB-EBRATION ' , \u201d avec LORRAINE DESMARAIS, RANEE LEE, JOSÉE AIDANS et DANJL CLARKE BOUCHARD^ SAMEDI 5 JUILLET ««üÈsafe i km ELISAPIE DIMANCHE 6 JUILLET MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL \u2022 19h ALAIN LEFEVRE#^^B etL'OSM L\u2019HÉRITAGE DjW^SHÿflN JEUDI 26 JUIN à 2D h ET VENDREDI 27 JUIN à 19 h KEITH JARRETT SOLO.PIANO SAMEDI 28 JUIN \u20222D h PELVIS COSTELLO SOLO BOBBY McFERRIN SPIRITYOUAU DIMANCHE 29 JUIN LUNDI 3D JUIN ^ BRAO MEHLOAU SOLO BAHLE OF THE BIANOS VI r ?' Vrchckdra 0rchaJraÿ §¦* r MARDI 1 °'JUILLET lAi SAMEDI 5 JUILLET THEATRE DU NOUVEAU MONDE \u2022 20h (HÏÏMDBIMlll - mwMJwimjMuiM UMBanSSîIMMEESIMS VENDREDI 27 JUIN au DIMANCHE 29 JUIN L\u2019ASTRAL MAISON DU FESTIVAL RIO TINTO ALCAN 1 855 790-1245 admission.com ticketmaster.ca PLACE DES ARTS ET MAISON SYMPHONIQUE THEATRE DU DE MONTRÉAL\tNOUVEAU MONDE 514 842-2112\t514 866-8668 \u2022 tnm.qc.ca laplacedesarts.com Bdl\tB MGNTREALJAZZFEST.CGIi Heïnekeri\tCiC # Radio-Canada\tO/mODtrealjaZZfeSt Canada Montréal© Mrnt;^i QuébecSS DE VISU Le coffre aux trésors de l\u2019art populaire Dans Du coq à l\u2019âme, Jean-François Blanchette rend compte de la vitalité de l\u2019art des « patenteux » PAUL BENNETT Contrairement à ce que Ton est parfois porté à croire, rindustrialisation n\u2019a pas tué Tart populaire, mais Ta simplement transformé : d\u2019un art traditionnel adapté dès le début du XX® siècle au goût des collectionneurs et des touristes, l\u2019art populaire québécois fera place à l\u2019aube de la Révolution tranquille à l\u2019art indiscipliné des «patenteux» et même à l\u2019art «impopulaire» du graffiti.Telle est la thèse lumineuse défendue par l\u2019anthropologue Jean-François Blanchette dans son plus récent ouvrage.Du coq à l\u2019âme.L\u2019auteur ne se contente pas d\u2019y suivre l\u2019évolution de l\u2019art populaire depuis le Régime français jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, mais tente de mettre au jour les véritables motivations des «gosseux», «patenteux» et autres «chefs-d\u2019œu-vreux» afin d\u2019expliquer leur incroyable créativité, aussi kitsch ou échevelée soit-elle.Au-delà des réponses passe- ,c 0(4 'AMI partout telles que «pour passer le temps» ou «pour embellir la vie», l\u2019auteur explique plutôt la vitalité de l\u2019art des «patenteux» par un besoin irrépressible de réaliser «quelque chose d\u2019unique, d\u2019inhabituel, de jamais fait», souvent lié à un sentiment de révolte ou de désarroi.Inspiré par sa rencontre en 1983 avec Nettie Covey Sharpe (1907-2002), qui avait amassé avec passion l\u2019une des plus importantes collections d\u2019art populaire au Canada, l\u2019auteur n\u2019hésite pas à aborder toutes les dimensions, même les plus secrètes, de l\u2019art populaire, comme son anonymat ou son côté mercantile.Du coq à l\u2019âme n\u2019est pas seulement un ouvrage stimulant, c\u2019est aussi un plaisir pour l\u2019œil grâce à ses dizaines d\u2019illustrations couleur allant des tapis crochetés aux motifs traditionnels jusqu\u2019aux tableaux en coquilles d\u2019œufs de Jacqueline Tremblay et aux bonhommes danseurs d\u2019Elphège Valois.Un véritable coffre aux trésors ! Collaborateur Le Devoir DU COQ À UÂME L\u2019art populaire au Québec Jean-François Blanchette Les Presses de Wniversité d\u2019Ottawa/Musée canadien de l\u2019histoire Gatineau, 2014, 322 pages \\ FRANÇOIS STEMMER Il n\u2019y a pas de jolie lumière pour donner dans un érotisme esthétisant, croit Olivier Dubois.Par ma bouche, je te ferai œuvre.O\tT\tC\u2019est la semaine '\tDubois au Québec.Alors que la pièce de grand groupe prend d\u2019assaut le théâtre Maisonneuve, la création Prêt-â-baiser s\u2019installe un petit soir au Centre Phi, le 29 avril.La performance met en scène un long baiser «chorégraphié» sur la musique du Sacre du printemps de Stravinski.Créé au Musée d\u2019art moderne de la Ville de Paris en 2012, le duo est à la fois une manière atypique de relire un morceau du répertoire mondial de la danse (et de la musique) et une métaphore du désir carnassier de l\u2019artiste de créer, du sacrifice de sa muse.«Par ma bouche, je te ferai œuvre.Par mon baiser, je prêterai â mon insatiable et morbide état l\u2019apparence de mon désir», a écrit le chorégraphe en guise de présentation de l\u2019œuvre qu\u2019il interprète avec Mohamed Kouadri.photo boris munger CORPS is GALERIE BERNARD GEZA HERMANN RÉFLEXIONS ALCHIMIQUES L\u2019exposition se poursuit Jusqu\u2019au 10 mai 2014 3926, rue Saint-Denis, Montreal 514 277 0770 \u2014 galeriebernard ca à Lancement de la saison MONTRÉAL - 4 mai Art, musique et nature en CHARLEVOIX - du 20 au 22 juin Prix spécial jusqu\u2019au 5 mai et dans les BERKSHIRE - du 18 au 21 juillet Sterling and Francine Clark Art Institute Festival Tanglewood.Prix spécial jusqu\u2019au 5 mai ^^%eaux detours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d un permis du Quebec SUITE DE LA PAGE E 1 Une vision qui n\u2019a pas plu à la droite française, dont une candidate aux récentes élections municipales de La Roche-sur-Yon qui a voulu annuler la tenue de la pièce pour cause d\u2019indécence, sans même l\u2019avoir vue.Une fronde brisée par un public venu assister en masse au spectacle.«C\u2019est ridicule, estime le chorégraphe, dont la pièce tourne partout dans le monde depuis 2012 et continuera à voyager jusqu\u2019en 2015.Les danseurs entrent et sortent nus de la pièce, donc la nudité n\u2019est pas un événement, c\u2019est le statut de départ.Il n\u2019y a pas de jolie lumière pour donner dans un érotisme esthétisant.On est dans quelque chose de très anatomique.» En janvier, Olivier Dubois a pris la tête du Centre chorégraphique national de Rou-baix-Nord-Pas-de-Calais, devenu le Ballet du Nord/CCN, succédant à Carolyn Carlson.Une occasion de poursuivre le fantasme de la troupe qu\u2019il a goûté avec Tragédie, tout en y injectant l\u2019audace dont il a fait preuve en réunissant 18 inter-prètes par temps de crise économique.A-t-il peur de l\u2019institution?«Je ne suis pas domesticable aussi facilement.» Le Devoir TRAGÉDIE Présenté par La Rotonde au Grand Théâtre de Québec le 27 avril.Et par Danse Danse au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts du F\u2019' au 3 mai.DVoir > Des extraits de Tragédie d\u2019Olivier Dubois à Avignon, ledevoir.com/ culture/danse LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2014 E 9 IDE VISU ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Victor Pilon et Michel Lemieux ont droit à une rétrospective de leurs œuvres.Des vies en numérique Confrontant la figure humaine aux machines, la Biennale internationale d\u2019art numérique s\u2019ouvre sur une installation du duo Lemieux-Pilon JEROME DELGADO La Biennale internationale d\u2019art numérique (BIAN), rejeton de l\u2019équipe d\u2019Elektra né en 2012, revient pour une seconde édition.Vaste et éclectique, la BIAN se présente comme le visage «expositions» d\u2019un festival d\u2019électronique et de créations médiatiques déjà tous azimuts.Même les projections urbaines en hommage à Norman McLaren \u2014 le projet McLaren mur à mur, en cours depuis le 11 avril \u2014 font partie de la programmation de la BIAN.En cette année de Printemps numérique, tout semble voué aux pixels.La BIAN 2014 est un peu plus grande que la précédente, avec plus d\u2019expos, reconnaît Alain Thibault.Pour le patron d\u2019Elektra, voilà une preuve de plus que le «numérique mène nos vies» et «que toute cette technologie, invisible, on ne peut plus s\u2019en passer».«On voulait mettre en relief le fait que ce ne sont pas juste des interactions que nous avons avec les machines, mais des interrelations», disait-il lors d\u2019un court entretien téléphonique.Le thème pour cette nouvelle biennale, Physical/ité \u2014 un mot-valise pour contourner le «physical» anglais \u2014 vise à placer les corps, et la matérialité, au cœur d\u2019un monde de plus en plus virtuel.Ces deux axes, sur notre relation aux technologies et sur la présence concrète des algorithmes et de tout ce qui est immatériel, ont guidé les programmateurs de la BIAN.Pour ouvrir une fête où la figure humaine est confrontée aux machines, quoi de mieux qu\u2019une exposition à teneur rétrospective de Michel Lemieux et Victor Pilon.Le duo a acquis sa renommée par des machinations sur scène, incluant une relecture de La tempête, de Shakespeare, et leur propre salut à McLaren {Norman).«Dans nos oeuvres, le corps réel et le corps virtuel cohabitent sur scène, résume Victor Pilon.On travaille beaucoup l\u2019illusion, l\u2019émerveillement.» «Le corps en chair et en os, et en sueur, je dirais, cohabite avec des images éthérées, renchérit son alter ego.C\u2019est un choc qui ne fonctionnerait pas au cinéma, mais sur scène, oui.» L\u2019exposition Territoires oniriques.30 ans de création scénique ne prend pas place dans une salle de spectacles, mais dans le Carré d\u2019art contemporain du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).Invités par la directrice du MBAM, Nathalie Bondil, Lemieux et Pilon ont créé une installation immersive à partir des images de cinq de leurs œuvres \u2014 Grand Hôtel des étrangers (1994-1998), Orféo (1998-2001), Délirium (2006-2008), La Belle et la Bête (2011) et Icare (2013-2014).La tempête (2005-2008) devait y être aussi.Pixels en vue Très discret en 2012, le Musée d\u2019art contemporain de Montréal est au premier plan de la BIAN, avec 18 artistes répartis en quatre expositions, dont l\u2019expo-titre, Physical/ité, débutant le 23 mai.Celle-ci rassemble, entre autres, The Artist Is Present, un jeu vidéo que Pipin Barr a tiré de la performance du même nom de Marina Abramovic, et l\u2019installation robotique The Blind Robot, de Louis-Philippe Deniers.Notons aussi une vue sur la relève belge et un film du poète visuel japonais Ryoji Ikeda.La rue sera animée par plusieurs propositions.A la place des Lestivals, il y aura l\u2019installation «cinétique, sonore etgénérative» Eotone, de Herman Kolgen et David Letelier, basée sur le facteur vent (dès le 23 mai).Le collectif Audiotopie investira le long de la rivière des Prairies avec une série de «constellations de cercles sonores».Intitulée L\u2019espace public, c\u2019est nous, elle sera accessible via iPhone dès le 25 mai.Les environs du métro Montmorency, à Laval, seront, eux, occupés par Alexander Wilson et une installation dite synesthésique, dès le 14 mai.L\u2019échangeur Turcot vu par un marcheur ou un cycliste ?Ce sera possible grâce au travail d\u2019un collectif d\u2019artistes.Turcot, la route devenue architecture se présente comme une œuvre immersive, à voir dans la rotonde sphérique de la Société des arts technologiques, dès le 28 mai.Hehe, de la Lrance, propose une œuvre vidéo tirée d\u2019une intervention réalisée en Europe sur les fumées polluantes, comme celles rejetées par un incinérateur.L\u2019œuvre Nuage vert (notre photo) joue sur les paradoxes.A la galerie B-312, dès le 8 mai.tion».Dates, photos, extraits vidéo, objets y seront exposés, ainsi que «des cahiers de régie, parce que nos cahiers sont un peu flyés, avec des images».Pionniers au Québec du mélange des arts, du théâtre avec images et du spectacle multimédia avec acteurs, les deux hommes ont toujours créé, de leur propre avis, en marge des courants.Encore aujourd\u2019hui, Michel Lemieux qualifie le duo de « moutons noirs, d\u2019extraterrestres» de l\u2019art numérique, notamment par l\u2019appel à des tournages avec gens et décors réels.Aussi, trop d\u2019artistes, estime-t-il, glorifient la machine et laissent tomber l\u2019affect des spectateurs.«Pour nous, la technologie est un outil, qu\u2019on fait disparaître.On s\u2019en fout que l\u2019écrivain utilise un Montblanc ou un clavier.L\u2019émotion est provoquée quand le violon est maîtrisé.Des shows de lap-tops, argh», dit-il, la rage au ventre.Alain Thibault voit chez Lemieux et Pilon l\u2019occasion d\u2019ouvrir le spectre numérique très large, de le rendre accessible.Ils colorent une biennale où il y aura, selon lui, «bien d\u2019autres types d\u2019émotions».Collaborateur Le Devoir PHYSICAL/ITÉ, BIENNALE INTERNATIONALE D\u2019ART NUMERIQUE Dans 29 lieux, du 1\" mai au 19 juin.mais à dix jours du vernissage, elle aurait été exclue faute de cohérence.«On ne voulait pas faire une pizza ail dressed.Mais on ne sait jamais, on pourrait encore changer d\u2019avis», confiaient d\u2019une seule voix les deux créateurs, rencontrés au musée, en marge du montage de l\u2019expo.Plongé dans le noir jusqu\u2019à la fin d\u2019août, le Carré d\u2019art contemporain abritera un labyrinthe de projections, dont certaines sur des écrans suspendus.«Il y aura des bancs, mais l\u2019idéal, croit Michel Lemieux, sera de déambuler.» «On est allés chercher l\u2019imagerie des spectacles, les images utilisées sur scène, dit-il.C\u2019est comme si on conviait le visiteur à venir sur scène et à entrer dans le spectacle.C\u2019est comme si on faisait une exposition avec cinq ou six tableaux, et qu\u2019on entrait dans chacun d\u2019eux pendant cinq minutes.» «On a choisi les spectacles, poursuit-il, dans lesquels le visuel était loquace.Ils nous permettent de raconter une petite histoire, une histoire parallèle avec des personnages secondaires, présents virtuellement, qui deviennent ici des personnages principaux.» Cette création onirique, qualifiée par Victor Pilon de «petits poèmes sans l\u2019approche cartésienne», sera accompagnée, dans une autre salle, d\u2019une rétrospective plus pragmatique, avec «une ligne du temps qui donne accès au chaos de la créa- Séquences syncopées pour scènes pétrifiées Sylvie Bouchard inaugure les nouveaux espaces d\u2019Occurrence avec\tFontainebleau FONTAINEBLEAU De Sylvie Bouchard à Occurrence - Espace d\u2019art et d\u2019essai contemporain, jusqu\u2019au 10 mai.MARIE-ÈVE CHARRON C?est le tour d\u2019Occurrence d\u2019ouvrir ses portes dans le nouveau pôle de diffusion Pi2 de Gaspé, situé dans le quartier Mile-End.La galerie inaugure ses espaces neufs avec la peintre Sylvie Bouchard, dont le travail a été relativement peu vu ces dernières années, et encore moins dans le circuit des centres d\u2019artistes.Aussi, il semble que ce soit pour marquer sa présentation dans un centre d\u2019artistes et, à la fois, pour souligner le baptême du lieu que l\u2019artiste a opté pour une installation.Dans la grande salle qui accueille les visiteurs, mise en valeur par les vitrines depuis le corridor.Bouchard a accroché une série de tableaux aux dimensions variées faisant de chacun des pans de mur un support créant un ensemble et mettant en relations les différentes parties, pensées comme des fragments et non comme des entités autonomes.Motifs de paysages, de figures humaines, d\u2019animaux, de composantes architecturales et abstraites se trouvent ainsi reliés en constellation.La hauteur inhabituelle de l\u2019accrochage, qui agace au départ, met en relief cette approche installative.Elle se distingue par ailleurs de l\u2019approche pratiquée dans les années 1980 par Bouchard, période de son travail qui l\u2019a révélée à une époque où, justement, la peinture faisait retour sous la forme de l\u2019installation.Hormis en 2008, lors d\u2019une exposition in situ à la galerie d\u2019art Loreman de l\u2019Université Bishop, Bouchard a délaissé les constructions complexes qui déployaient physiquement dans l\u2019espace les représentations.Si l\u2019artiste a déjà pensé ses tableaux sous l\u2019angle des relations, par des ensembles ou des séries, elle l\u2019exploite ici davantage.Onirisme et étrangeté Les combinaisons entre les tableaux s\u2019avèrent plus hachurées qu\u2019auparavant.De plus importants hiatus séparent les fragments, qui empruntent beaucoup au langage photographique ou cinématographique par des cadrages serrés ou tout simplement par des échelles de plans variées qui contribuent également à syncoper les séquences d\u2019images.Il en découle un dynamisme important qui contraste avec des scènes qui, elles, semblent figées.Malgré les quelques fi- \t\t\t\t! I \t\tT\tl\t\t \t\t1' »\tP\t\tr\t-jyH 1 \tL LOUIS LUSSIER Des combinaisons de tableaux découle un dynamisme important qui contraste avec des scènes qui, elles, semblent figées.gures en action, la palette de couleurs et les compositions en pétrifient le mouvement.D\u2019où cette impression, cultivée avec brio depuis longtemps par l\u2019artiste dans ses tableaux, de mystère, d\u2019onirisme et d\u2019étrangeté.Sur les scènes d\u2019ours polaires et de paysages nordiques, il est par conséquent tentant de jeter un regard inquiet; ce sont des allusions à des entités menacées ou des métaphores de réalités en voie de disparaître.L\u2019expression pensive, voire craintive, des visages en gros plans des personnages alimente cette perception que la libre association des fragments peut toutefois entraîner dans une autre direction.Chose certaine, dans ses tableaux énigmatiques, que Sylvie Bouchard peint à l\u2019huile sur toile de lin, il y a toujours une place pour un propos sur la peinture elle-même, sur son histoire et ses dispositifs.Même après 30 ans de pratique, l\u2019artiste ne fait pas l\u2019économie d\u2019un tel questionnement, lequel a constitué le récit sur son travail depuis les années 1980 et que le Musée d\u2019art contemporain de Montréal consacrait dans une importante exposition monographique en 2005.Elle fait référence à la peinture comme illusion, comme fenêtre ouverte sur le monde avec ses projections architecturales et ses figures ou ses modèles (marionnette, statue, accessoire) placés dans un espace qui se veut scénique.A cette tradition classique héri- tée de la Renaissance \u2014 où la représentation du paysage naturel jouait un rôle important au point où Bouchard, par distanciation, a pris l\u2019habitude de lui donner l\u2019allure d\u2019un décor \u2014, s\u2019imbrique un dialogue fécond avec la peinture abstraite à travers des aplats colorés et la tendance à rabattre la composition à l\u2019avant-plan.Les quatre tableaux qui complètent l\u2019exposition dans l\u2019autre salle reposent sur la synthèse plutôt que sur la fragmentation.Dans chacun d\u2019eux, des rencontres incongrues de motifs maintiennent l\u2019hybridité caractéristique du travail de Bouchard et leur capacité à interroger notre façon de regarder la peinture.Dans Magicien, le coude d\u2019un garçon agit comme repoussoir vers l\u2019extérieur du tableau, tandis que de sa main, en oblique, il attire notre regard sur trois gobelets respectivement aux couleurs primaires, les éléments formels de base et inépuisables de la peinture, a démontré Mondrian \u2014 ou le signe imparable de sa mort, a fait plutôt savoir Rodtchenko.Avec ces jalons importants qui ont marqué l\u2019histoire de la peinture au début du XX® siècle, Sylvie Bouchard, tout comme son magicien, sait encore jouer.Collaboratrice Le Devoir DVoir > D\u2019autres œuvres tirées de Fontainebleau.ledevoir.com/culture/ arts-visuels L\u2019ART ACTUEL SE MANIFESTE 3 MAI AU F JUIN 2014 LIEU CENTRAL ESPACE 400^ RELL COMMISSAIRE VICKY CHAINEY GAGNON 7 RESISTANCE ET PUIS, NOUS AVOM CONST UE NOUVELLES FQIMES MANIF ART MANIFDART.ORG PARTENAIRES QuébecSS ô ^ - ICI ^ Queeec LA BIENNALE DE QUÉBEC Ville DE ^SK Québec CPi E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2014 CULTURE>CINEMA Chronique d\u2019un déraillement THE RAILWAY MAN Réalisation : Jonathan Teplitzky.Scénario: Frank Cottrell Boyce, Andy Paterson, d\u2019après l\u2019autobiographie d\u2019Eric Lomax.Avec Colin Firth, Nicole Kidman, Jeremy Irvine, Stellan Skars-gard, Hiroyuki Sanada.Image: Garry Phillips.Montage: Martin Connor.Musique: David Hirschfelder.Grande-Bretagne, Australie, 2013,116 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Un train, la campagne anglaise, un homme, une femme: voilà réunis tous les éléments d\u2019une romance au charme suranné, ce qu\u2019annonce initialement le film The Railway Man.Ainsi les deux inconnus se lancent-ils des œillades à la dérobée, prémisses d\u2019un coup de foudre annoncé.Vite mariés, Eric et Patti Lomax, née Wallace, emménagent dans le cottage en bord de mer du premier.Mais voilà que, honorant une certaine tradition gothique, Eric s\u2019emmure en lui-même, hanté qu\u2019il est par un secret douloureux.The Railway Man est basé sur l\u2019autobiographie d\u2019Eric Lomax.Fait prisonnier par les Japonais durant la Deuxième Guerre mondiale, il fut contraint de travailler sur la «Voie ferrée de la mort»: 415km d\u2019enfer pour relier Bangkok et Rangoon.Là- bas, il perdit plusieurs frères d\u2019armes.Lui-même fut torturé.Tel un cauchemar récurrent, ces souvenirs gangrenaient encore l\u2019esprit d\u2019Eric alors que, au début des années 1980, il essayait de refaire sa vie auprès de Patti.D\u2019ailleurs, si, ultimement, il parvint à guérir son syndrome posttraumatique, ce fut en grande partie grâce à l\u2019opiniâtreté de cette dernière.Comme il eût été intéressant que le film de Jonathan Teplitzky, inconnu au bataillon, explorât plus avant la relation entre les deux conjoints, d\u2019autant que Colin Firth et Nicole Kidman, qui les incarnent, s\u2019avèrent fort convaincants.Hélas, au mitan, le scénario déraille en délaissant le présent au profit du passé, reniant du coup le drame sentimental au profit d\u2019un drame de guerre, et transformant une pro-position empreinte de délicatesse en Furyo (N.Oshima, 1983), voire en Pont de la rivière Kwaï (D.Lean, 1957), du pauvre.Ironiquement, lors de son beau prologue ferroviaire, The Railway Man évoque à l\u2019image et dans le texte un autre classique de David Lean, le chef-d\u2019œuvre romantique Une brève rencontre (1945).Les scénaristes auraient été avisés de s\u2019en inspirer davantage.Le Devoir i FILMS SEVILLE Colin Firth s\u2019avère fort convaincant, mais son personnage évolue dans un scénario qui finit par dérailler.20TH CENTURY The Other Woman s\u2019illumine parfois grâce à la complicité du tandem de choc formé par Cameron Diaz et Leslie Mann (au centre et à droite).Les copines d\u2019abord THE OTHER WOMAN (v.F.: L\u2019autre femme) Réalisation: Nick Cassavetes.Scénario: Melissa Stack.Avec Cameron Diaz, Leslie Mann, Nikola] Coster-Waldau, Don Johnson.Image : Robert Fraisse.Montage: Jim Flynn, Alan Heim.Musique : Aaron Zigman.Etats-Unis, 2014, 109 minutes.ANDRÉ LAVOIE Certains héritages sont parfois lourds à porter, comme celui de Nick Cassavetes, fils du grand cinéaste John Cassavetes et de la sublime actrice Gêna Rowlands.C\u2019est sans doute ce qui explique sa propension à explorer tous les genres sans réelle- ment se démarquer, si ce n\u2019est dans la romance sirupeuse {The Notebook).Il se retrouve cette fois égaré dans la comédie à la Judd Apatow, celle avec moult blagues salaces, comptant aussi sur la présence d\u2019une habituée de ce cinéma, Leslie Mann, gagnant peu à peu le haut de l\u2019affiche.Cameron Diaz n\u2019entend pourtant pas céder sa place dans The Other Woman, du moins à en juger par l\u2019ampleur de sa garde-robe, le changement de costumes le plus étourdissant depuis Elisabeth Taylor dans Cléopâtre.Cette orgie de tissus camoufle tant bien que mal les faiblesses de cette histoire de revanche orchestrée par une épouse légitime (Mann, constamment collée au plafond) et deux maîtresses (Diaz et Kate Upton, en audition pour une nouvelle mouture de Sex and the City), qui ignoraient tout des vies parallèles de ce séduisant menteur congénital (Nikolaj Coster-Waldau).L\u2019amante numéro 1 et la femme mariée vont passer la moitié du film à se crêper le chignon mais finiront par trouver un terrain d\u2019entente, la solidarité féminine prenant le pas sur la protection du territoire conjugal, alignant les humiliations et autres atteintes à la virilité de ce Casanova de dépanneur roulant en Aston Martin.Véritable « showcase » pour Cameron Diaz (qui ne sera jamais aussi drôle que dans There\u2019s Something About Mary) et Leslie Mann (ne reculant devant aucune pirouette disgracieuse pour prouver sa valeur), The Other Woman s\u2019illumine parfois grâce à la réelle complicité de ce tandem de choc.Pour le reste, la pléthore de personnages secondaires défendus par des acteurs sans charisme, dont la chanteuse automate Nicki Minaj et ce reliquat des années 1980 nommé Don Johnson, fait la démonstration du caractère futile de cette aventure extraconjugale, ultra-tapageuse et minimalement distrayante.Collaborateur Le Devoir Paranormal Activity en mode rétro THE quié;t ones (v.F.: Les Ames silencieuses) De John Pogue.Avec Jared Harris, Sam Clafin, Olivia Cooke, Erin Richards.Scénario: Craig Rosenberg, Oren Moverman, John Pogue.Image: Matyas Erdély.Montage: Glenn Garland.Musique : Lucas Vidal.Etats-Unis, 2014, 98 minutes.MARTIN BILODEAU De tous les genres cinématographiques, le drame d\u2019horreur reste celui qui appelle le plus souvent la comparaison.Les thèmes se recoupent, les motifs et archétypes sont récurrents, les auteurs visent à quelques variantes près le même objectif FILMS SEVILLE Les protagonistes de The Quiet Ones résument à eux seuls les critères de la série B d\u2019horreur.(feffroi).De façon à bien les situer dans le corpus, on les compare et les mesure Jaiie.Dureie La Fondation Arte Musica présente LES VIOLONS DU ROY Vendredi 2 mai \\ 19 h 30 et Samedi 3 mai \\ 19 h 30 Bernard Labadie, chef Kersten McCall, flûte solo de l Orchestre Royal du Concertgebouw Un brillant concert avec flûte ' MOZART Concerto pour flûte n° 1, K 313 BACH Suite pour flûte et orchestre, BWV 1067 HAYDN Symphonie n« 22, Hob 122 HELENE GRINAUD ET YANNICK NÊZET-SEGUIN 19h30 NtlSONSVHPHONIQUE DENONIRÉAL comme on le ferait d\u2019une longueur d\u2019onde.Alors voici : The Quite One ne va pas à la cheville de The Haunting de Robert Wise, modèle auquel il semble se référer, mais vaut bien le double sinon le triple des épisodes de la série Para-normal Activity, dont il reprend, en mode rétro, le stratagème de la caméra « surveillante ».C\u2019est dit.Autre chose qu\u2019il vaut mieux savoir : The Quiet Ones est une production de la Hammer, une maison anglaise autrefois spécialisée dans la série B d\u2019horreur et qui mise aujourd\u2019hui sa énième renaissance sur des produits plus sophistiqués et AIMEZ-VOUS BRAHMS?Mercredi 7 mai \\ 19 h 30 INVITE MARTIN BEAVER, VIOLON MOZART Ouintette pour cor et cordes K 407 BRAHMSTrio pour piano violon et cor opus 40 BRAHMS Ouatuor pour piano et cordes n° 1 ENVOLEE ROMANTIQUE Mercredi 14 mai \\ 18 h 30 MUSICIENS DE L\u2019OSM TCHAIKOVSKI Trio pour piano et cordes en la mineur opus 50 « A la mémoire d un grand artiste » RACHMANINOVTrio elegiaque n° 1 en sol mineur sallebourgie.caX 514-285-2000, option 4 irORCHESTRE MÉTROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN Desjardins etrfesfettres\tnn\tDEMONTRÊAL Québec B B\t^ M\tSfSÿ\" Montreal® orchestremetropolitain.com placedesarts.com CONCERTS LMMC 123^ saison 2014-2015 SALLE POLLACK 555, rue Sherbrooke Ouest Le dimanche à 15 h 30 7 sept.28 sept.19 oct.9 nov 30 nov.JAMES EHNES, viobn TAKACS QUARTET , cordes TRIO PASQUIER, cordes STEWART GOODYEAR, piano MONTROSE TRIO, piano et cordes 8 fev.BENEDETTO LUPO, piano mars JERUSALEM QUARTET, cordes 22 mars JEAN-GUIHEN QUEYRAS, violoncelle 12 avril CHRISTIANNE STOTIJN, mezzo soprano 3 mai BORODIN QUARTET, cordes Abonnement 250$ Etudiants(26ans) 80 $ Billet 40 $\tBillet 20 $ Non remboursable/Taxes incluses LMMC 514-932-6796 lmmc@qc.aibn.com www.lmmc.ca respectables, tels que The Woman in Black, avec Daniel Radcliffe.Le film de John Pogue répond aux critères, à tout le moins dans sa première moitié, franchement captivante, où les trois coscénaristes mettent en place l\u2019intrigue et ses protagonistes qui la résument à eux seuls.Un professeur d\u2019université aux méthodes peu orthodoxes Qa-red Harris).Une jeune patiente apparemment possédée du démon (Olivia Cooke), dont ce dernier veut démontrer qu\u2019elle est au contraire prisonnière d\u2019une énergie négative qu\u2019elle a créée elle-même.Deux assistants enthousiastes et amoureux (Erin Richards et Rory Fleck-Byrne), qui acceptent de s\u2019isoler avec eux dans un manoir décrépit pour la délivrer de son mal.Enfin, un caméraman incrédule mais motivé (Sam Clafin), chargé de filmer tout ce qu\u2019il voit et qui, par conséquent, devient le fil observateur de l\u2019histoire.Le cinéaste, au style à la fois brut et sophistiqué (c\u2019est la mode), forge d\u2019entrée de jeu un climat anxiogène, tonifié par l\u2019emploi du film dans le film et par la composition crédible d\u2019Olivia Cooke {Bates Motel) en démone vulnérable.Puis, le film frappé du sceau «fait vécu» (à prendre avec un grain de sel) s\u2019embrouille à mi-parcours comme une téléréalité sans gagnants et compense la perte de contrôle de son récit par une surenchère d\u2019électrochocs visuels et sonores et de bas-les-masques un peu téléphonés.Un peu plus de silence n\u2019aurait pas fait de tort à The Quiet Ones.Collaborateur Le Devoir 55 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2014 E 11 CULTURE >CIIEMA jrj, .CINEMA DU PARC L\u2019actrice portugaise Maria de Medeiros se glisse avec aisance dans la peau de l\u2019Ukrainienne Maria Itaki.Destins en transit VIAGEM A PORTUGAL (v.F.: Voyage au Portugal) Réalisation et scénario : Sergio Tréfaut.Avec Maria de Medeiros, Isabel Ruth, Makena Diop.Image: Edgar Moura.Montage: Sergio Tréfaut, Mariana Gaivao.Portugal, 2013, 75 minutes.V.O.portugaise, russe et française avec sous-titres français.Au Cinéma du Parc.ANDRÉ LAVOIE Maria de Medeiros affiche un parcours atypique, actrice d\u2019origine portugaise dont la filmographie se moque des barrières de langue et de culture {Pulp Fiction, Le poly-graphe.Poulet aux prunes), tournant souvent le dos aux aventures purement commerciales.Voyage au Portugal, du Brésilien Sergio Tréfaut, lui donne une fois de plus l\u2019occasion de montrer une nouvelle facette de ses talents de caméléon tout en révélant un pan peu glorieux de son pays natal.Contre toute évidence, elle se glisse avec aisance dans la peau d\u2019une Ukrainienne, Maria Itaki, débarquant à l\u2019aéroport de Faro sans pouvoir passer inaperçue : son incapacité à comprendre le portugais, ses vêtements provocants, ses incohérences sur son voyage à Lisbonne (pourquoi passer par Faro, alors?) et un mari d\u2019origine sénégalaise revendiquant un certificat de mariage écrit en russe jettent un doute sur ses motivations.En ce 31 décembre 1997, les autorités douanières (Isabel Ruth en incarne à la fois la rigidité et la compassion) voudraient bien se voir ailleurs mais ne prennent aucun risque en détenant Maria tout en malmenant Grego (Makena Diop), son conjoint, tel un simple criminel.Ce triste épisode se déroule en moins de 24 heures et constitue un puissant révélateur des multiples difficultés qui jalonneront plus tard le parcours de cette femme.Sergio Tréfaut se concentre sur ce seul moment charnière d\u2019une longue histoire d\u2019errance, authentique et pourtant répétée à l\u2019infini dans les aéroports du monde entier, épinglant l\u2019absurdité et la froideur bureautiques du système de protection des frontières.Pour en offrir une vision à la fois angoissée et onirique, le choix de l\u2019image en noir et blanc s\u2019affiche dans une logique implacable tandis que le cinéaste confine sa caméra dans une suite d\u2019espaces clos, de bureaux aseptisés, de corridors débouchant vers on ne sait où.Et comme pour accentuer le malaise, les lieux semblent résolument dépeuplés, comme si le tournage s\u2019était déroulé à Mirabel.Cette description d\u2019un cauchemar bureaucratique se décline en plusieurs langues, les traductions laborieuses se télescopant, soulignant ainsi l\u2019incapacité à établir un véritable dialogue, tous étant rongés par la colère, la suspicion ou la servitude devant des supérieurs que l\u2019on ne voit jamais.Voyage au Portugal devient alors le symbole de la tour de Babel européenne, «reconstitution» d\u2019un temps où les dérives paranoïaques face au terrorisme n\u2019avaient pas encore atteint les sommets d\u2019aujourd\u2019hui.Cette incursion stylisée et pessimiste dans les arcanes de l\u2019immigration se présente ici sur un mode intimiste, coiffée d\u2019un titre d\u2019une subtile ironie, à l\u2019image de la démarche de Sergio Tréfaut.Collaborateur Le Devoir Pâté chinois new-yorkais Les retrouvailles avec ses héros de L\u2019auberge espagnole permettent à Cédric Klapisch de renouer avec la romance à plusieurs voix CASSE-TETE CHINOIS Réalisation et scénario: Cédric Klapisch.Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Cécile de France, Kelly Reilly, Sandrine Holt, Kevin Bishop, Benoit Jacquot, Li Jun Li.Image: Natasha Braier.Montage: Anne-Sophie Bian.Musique: Loïk Dury.France, 2014,120 minutes.ODILE TREMBLAY Suite de L\u2019auberge espagnole (2002) et des Poupées russes (2005), Casse-tête chinois s\u2019inscrit dans une mosaïque contemporaine et ouverte, avec les mêmes personnages (et acteurs) vieillissant en même temps que les films, à travers profils d\u2019époque et âges de la vie.Ils avaient 25 ans, ces étudiants colocataires à Barcelone, puis presque 30 à l\u2019heure du séjour en Russie.Cette fois, les voici à l\u2019aube de la quarantaine, toujours ados attardés, époque oblige, mais avec deux ou trois questions à régler et la grande ville de New York en fond trépidant.Klapisch exploite le cadre de la ville debout à l\u2019échelle humaine avec certains mécanismes de Chacun cherche son chat, mais en moins délicieux.Même si l\u2019effet de joyeuse surprise s\u2019est estompé depuis L\u2019auberge espagnole, reste qu\u2019on sent Klapisch mieux inspiré par cette veine-là que par les thèmes de ses dernier^ films, beaucoup plus lourds.A l\u2019exception A\u2019Un air de famille, qui devait beaucoup à la pièce d\u2019Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri, le cinéaste français, élégant patineur de surface, excelle dans la romance à plusieurs voix, sans qu\u2019il soit aisé pour lui de renouveler le portrait des héros.Or, donc, Xavier (Romain Duris), se séparant de Wendy (Kelly Reilly) qui s\u2019est amoura- L'ALBUM rOpéra ±auj>L grandes ORGUES .les arrangements,\t¦ fort ingénieux»\t1 Sélection pour Noël\t\\ de Richard Boisvert (Le SOLEIL, 7 déc.2013) .brillant et divertissant» (FQAO Revue Mixtures, nov.2013) .les interprétations des frères Girard sont pleines de vie» (Irène Brisson, Bulletin des Amis de l'Orgue de Québec) 1 MOZART iBIZET-CIRARD ft Adaptations originales B pour un orgue K à 2 organistes ou SE PROCURER L'ALBUM : -\tSILLONS le disquaire, 1149 rue Cartier, Québec *Llvralson à domicile à 3.99$ /tél.418 524-8352 -ARCHAMBAULT SecteurSte-Foy Montréal (coin BerrI et Ste-Catherine) -\tINTERNET : www.espace-emergence.com (avec le nom de l'album ou des artistes) *Achat par pièce séparée ou l'album entier numérique ou l'album physique avec les organistes V Claude ¦ Robert Patrick 1 Girard \\ Desjardins METROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN YANNICK NEZET-SEGUIN LA SAISON DES DÉCOUVERTES 2014*2015 PART R DE ORCHESTREMETROPOLITAIN.COM 514598-0870 M canadien SSo\" Montréal® LE DEVOIR FILMS SEVILLE Klapisch revient avec ses mêmes personnages (et acteurs), maintenant à l\u2019aube de la quarantaine mais toujoxu's adolescents attardés, avec deux ou trois questions à régler.chée d\u2019un grand escogriffe d\u2019Américain, ne lâche pas ses femmes pour autant.Entre Wendy, leurs enfants à se partager la garde, la copine lesbienne (Cécile de France), l\u2019examoureuse Martine (Audrey Tatou) qui se pointe dans la Grosse Pomme et des Asiatiques à épouser pro forma, l\u2019action rebondit.Cette chronique sentimentale en mode ouverture se double d\u2019un blues de milieu de vie avec graines d\u2019humour semées partout et des moments réussis: le long discours d\u2019Audrey Tautou en mandarin, ou l\u2019apparition de Benoit Jacquot en père de Xavier, pataud, empêtré dans ses émotions, très juste.L\u2019idée la plus originale du film, façon Woody Allen, est d\u2019envoyer des fantômes de philosophes (Schopenhauer, Hegel) conseiller Xavier sur son parcours de vie.On salue aussi la présence via Skype de l\u2019éditeur (Dominique Besnehard), qui conspue les happy end avant que Casse-tête chinois ne nous en offre une, vrai cliché du type : preux chevalier qui empêche sa dame d\u2019enfourcher le blanc destrier pour l\u2019abandonner fin seul.La paternité aurait pu constituer un axe majeur du film, mais Klapisch, tenant l\u2019écheveau des fils de trame \u2014 liberté sexuelle, mariage blanc, immigration clandestine, différences (convenues) entre Français et Américains, etc.\u2014, ne peut consacrer beaucoup d\u2019espace à chaque thème.Romain Duris, avec sa drôle de bouille et son regard oblique, peut désamorcer quelques gentilles intentions de cette salade de saison.Pas toutes.La pulsation de New York avec virées dans son Chinatown émerge toutefois des images convenues.La mise en scène apparaît libre et fluide, sur une musique assez fade, mais l\u2019un dans l\u2019autre.Casse-tête chinois conserve une fraîcheur et une moder-nîté chatoyantes, feel good movie avec regards sur une folle planète enfargée dans ses frontières, où de jeunes adultes roulent dessus en quête d\u2019eux-mêmes.Le Devoir FESTIVAL MUSIQUE DE CHAMBRE MONTRÉAL DENIS BROTT : FONDATEUR ET DIRECTEUR ARTISTIQUE 19\" EDITION 8-31 MAI MARTIN BEAVER KURT ELLING KARINA GAUVIN ANDRÉ LAPLANTE CHO-LIANG LIN î> JENS LINDEMANN JON KIMURA PARKER ROSENBERG TRIO ÉGLISE ST.GEORGE ANGLE PEEL ET DE LA GAUCHETIÈRE 0 BONAVENTURE BILLETTERIE 3 placedesarts.com '/-l' 514 842-2112 \u2022 1 866 842-2112 514 489-7444 \u2022 1 877 489-7444 \u2022 FESTIVALMONTREAL.ORG i ISRAËL ''\tDomtar ^mott\tU TOTeM^-\tLEDEVOm\tS ACOUSTIC\tM 1==\t# R^ZAZZ QuébecSS Montréai^ Canada ^ E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 AVRIL 2014 SCINEMA METROPOLE EILMS La blanche Tilda Swinton est très crédible en vampire de classe.Vampires en fin de souffle Jim Jarmusch livre l\u2019allégorie d\u2019un raffinement en perdition, un film d\u2019une grande beauté formelle dont l\u2019action finit par s\u2019effilocher ONLY LOVERS LEFT ALIVE (Les derniers amants) Réal, et scénario : Jim Jarmusch.Avec Torn Hiddleston, Tilda Swinton, Mia Wasikowska, John Hurt, Anton Yelchin, Jeffrey Wright.Image: Yorick Le Saux, Musique: Josef Van Wissem.Montage: Alfonso Goncalves.Allemagne, Grande-Bretagne, France, 2014, 123 minutes.ODILE TREMBLAY Présenté en compétition au dernier Festival de Cannes, Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmusch, avait reçu un bon accueil critique, ne récoltant que le prix mérité de la meilleure bande sonore, laissé dans les tiroirs depuis, sans sortie automnale pré-Oscar, le fdm est certainement trop collé sur un underground, pour plaire aux membres de l\u2019Academy.Le cinéaste de Stranger than Paradise et de Down By Law, lointain descendant de la Beat Generation, possède un côté trash, également une vaste culture, assez unique dans le paysage américain contempo-rain pour être souvent incompris.Avec Only Lovers Left Alive, librement inspiré d\u2019un roman de Mark Twain, allégorie d\u2019un monde déshumanisé où surnagent en des villes à moitié désertées (Tanger et le Detroit d\u2019après la débâcle de l\u2019industrie automobile) de rares esprits artistes, sophistiqués et brillants, gardant une connaissance du passé (d\u2019autant plus qu\u2019ils sont immortels), derniers amants romantiques et fragiles, qui plus est dans un monde de cynisme éperdu.Cette hjstoire des vampires Adam et Eve (Torn Hiddleston et Tilda Swinton), au bord du gouffre, est livrée dans un style rétro destroy de la plus belle eau avec maintes références littéraires, artistiques, scientifiques depuis le Moyen Âge.Décors merveilleusement bohèmes, costumes mirifiques, musique incantatoire de Josef Van Eis-sem forcent l\u2019admiration.Et les premiers plans du film, dans l\u2019appartement d\u2019Adam, musicien qui compose dans la solitude et Décors merveilleusement bohèmes, costumes mirifiques, musique incantatoire de Josef Van Eissem forcent l\u2019admiration fuit le monde des zombies dont la médiocrité le désespère, laissent présager l\u2019épopée des merveilles.Son antre, qui regorge de trésors et de portraits d\u2019un autre âge, capté souvent en plans panoramiques, est un repaire coupé du monde à Détroit.Tandis que son amante, mystérieuse et longiligne silhouette d\u2019un autre âge hantant les dédales de Tanger, fréquente le vieil auteur élisabéthain Christopher Marlowe 0ohn Hurt, méconnaissable), vampire comme elle, avec un côté très William Burroughs durant son séjoqr à Tanger.Marlowe procure à Eve du sang de haute qualité, quand Adam s\u2019approvisionne chez un médecin de Detroit.Cette ville à moitié fantôme que les amants traversent la nuit se fait symbole d\u2019une Amérique de déliquescence.La première partie du film est un vrai poème, avec montage fluide et double incursion dans le quotidien de ces immortels, qui confondent les époques et se placent en fait hors du temps, aristocrates de la dernière heure, pleurant les splendeurs perdues.Surtout Adam, en fait, neurasthénique, caressant l\u2019idée de sa mort, sur des guitares de collectionneur.Avec pareille direction artistique, des jeux de caméra usant de superposition et de techniques diverses ainsi qu\u2019une distribution sans faille, surtout pour la blanche Tilda Swinton, si crédible en vampire de classe.Only Lovers Left Alive aurait pu être une fable suffocante de beauté et d\u2019envpls.Mais après que la sœur d\u2019Eve, Ava (Mia Wasikowska), fut venue semer le trouble dans le repaire de Detroit, tout se mor-pionne.L\u2019action aussi, qui enfile alors les longueurs, perd son souffle et son sens au fil du retour à Tanger.Le but de Jim Jarmusch, qui trimballe ses beaux vampires dans un univers de plus en plus contaminé, devient confus.Le cinéaste s\u2019égare dans les dédales de la ville portuaire marocaine en y greffant des effluves d\u2019Apocalypse, qui se dissipent sans laisser de traces.Le Devoir Choc SOUS le soleil de minuit Marie-Hélène Cousineau tourne Uvanga, un « western\t» contemporain sur la vie et le métissage au Nunavut ODILE TREMBLAY Le nom d\u2019Igloolik, village du Nunavut, signifie « là où il y a des maisons ».La communauté de File de Baffin est petite.L\u2019été, même sous le soleil de minuit, le froid glace les os des visiteurs, mais pas ceux des Inuits, qui en ont vu d\u2019autres.Quant à Marie-Hélène Cousineau, elle a habité là-bas durant dix ans et réalisé un long métrage précé-cent.Before Tomorrow (Le jour avant le lendemain), en 2008.La cinéaste-vidéaste lance cette fois Uvanga, en salle dès vendredi: «Première fiction contemporaine tournée au Nunavut», dit-elle.On s\u2019en étonne.De fait, son Before Tomorrow revisitait déjà le passé réel et my-thologique des Inuits, tout comme Atanarjuat et Le journal de Knud Rasmussen de Zacha-rias Kunuk, grand cinéaste inuit établi également à Igloolik.Marie-Hélène Cousineau a fondé là-bas il y a 20 ans le collectif féminin Arnait Video avec les aînées Susan Avingaq et Madeline Ivalu.Le collectif a produit une quinzaine de documentaires et documents Web, en plus des deux longs métrages de Marie-Hélène Cousineau, coréalisés avec Madeline Ivalu.«L\u2019idée de départ, dit-elle, était de tourner des documents vidéo pour aborder la culture inuite et rejoindre les jeunes, coupés des aînés et de la transmission.Au début, le cinéma était sur pellicule et la vidéo paraissait un média plus accessible.Mais j\u2019aimais cette démarche activiste, esthétique, féministe, accolée à des codes dramatiques autres que ceux de l\u2019Occident.» Before Tomorrow se déroulait après l\u2019arrivée des Blancs dans la toundra avec des microbes étrangers qui décimaient la population.«Mais pour Uvanga, j\u2019ai proposé d\u2019aborder la réalité contemporaine, sur une histoire de famille et l\u2019introduction d\u2019un personnage blanc, une femme, ayant déjà vécu là-bas.On perçoit le village aussi à travers ses yeux.» Le film est en anglais et en inuktitut.Uvanga (« moi-même » en français) raconte le voyage d\u2019Anna (Marianne Farley), une Montréalaise autrefois enseignante dans le Grand Nord, qui y eut une aventure avec un Inuit.Un fils naquit de cette union, Tomas (Lukasi Forrest), élevé à Montréal, désormais âgé de 14 ans.Elle l\u2019entraîne à Igloolîk en quête de ses racines, d\u2019autant plus que son père vient de mourir dans des circonstances mystérieuses, où il apprendra à devenir un homme.«Mais la question du métissage est universelle.» Marianne Farley a joué autant dans des films (Jm peau blanche de Daniel Roby) et téléséries (Les invincibles) francophones que du côté anglophone : (les émissions jeunesse Big Wolf on Campus, Vampire High, etc.).Elle déclare que ce tournage à Igloolik a changé sa vision du monde.«J\u2019ai eu souvent honte d\u2019être Blanche.On a coupé les Inuits de leur mode de vie, sans apprendre ce qu\u2019ils avaient à nous enseigner.J\u2019ai été surtout frappée par les différences face à la paternité et à la maternité.Les enfants vivent davantage en communauté et n\u2019appartiennent PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019expérience de tournage de Marianne Farley avec Marie-Hélène Cousineau a changé sa vision du monde.
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