Le devoir, 6 mai 2014, Cahier A
[" Nigeria : Boko Haram veut «vendre» les écolières qu\u2019il déclare avoir enlevées Page B 5 « Dites-nous ce que vous attendez de nous»: appei à tous du patron de CBGRC Page B 8 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C V N° 9 9 LE DEVOIR, LE MARDI 6 MAI 2014 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ Grandes artères : cyclistes en péril Charte de la laïcité Couillard rompt une promesse électorale Les avis juridiques portant sur certains aspects du projet de loi 60 ne seront pas divulgués ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec S?il n\u2019existe pas un avis juridique embrassant l\u2019ensemble du projet de loi 60 sur la charte de la laïcité, les juristes du ministère de la Justice ont tout de même rédigé pour le compte du gouvernement péquiste des avis juridiques traitant de différentes dispositions de ce projet de loi.Or, rompant avec un engagement électoral de Philippe Couillard, le gouvernement libéral n\u2019entend pas les rendre publics.Au cabinet de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, on a confirmé que les juristes du ministère avaient produit des avis juridiques sur des éléments du projet de loi 60.Ces avis juridiques portaient sur des points très précis «qui peuvent avoir un lien avec le projet de loi, oui», a indiqué l\u2019attachée de presse de la ministre, Marie-Pier Richard.«On s\u2019est engagés à dire que, s\u2019il y avait des avis juridiques sur l\u2019ensemble du projet de loi, VOIR PAGE A 8 : COUILLARD Aujourd\u2019hui Philippe Couillard Actualités > La militante anticharte Dalila Awada poursuit pour diffamation Tex-candidate du PQ Louise Mailloux et le site vigile.net.Page A 4 Collusion : les hautes instances politiques ont été alertées dès la fin de 2002.Page A 3 Économie > Les cadres financiers des partis politiques québécois ont peint un portrait trop optimiste de l\u2019horizon économique, estiment les économistes.Page B1 7\t¦ w- , - Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku B4 B6 B4 B2 B6 B3 Les données policières sous-estiment le nombre d\u2019accidents et la gravité des blessures, estime la Direction de la santé publique de Montréal H m fl I I UNE qcuqt- kt ^ C/CliSî » T-V .¦' JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un «vélo fantôme» se dressait lundi matin à l\u2019entrée du tunnel de la rue Saint-Denis, à Montréal, où Mathilde Blais, une (ycliste de 33 ans, a été fauchée par un camion il y a une semaine.Près de 400 personnes ont pris part à la cérémonie commémorative.Un autre rassemblement a eu lieu en soirée.JEANNE CORRIVEAU MARCO FORTIER Les tunnels sous les viaducs sont périlleux pour les cyclistes, mais les grandes artères montréalaises, comme la rue Saint-Denis, le sont tout autant puisqu\u2019on y dénombre quelque 400 accidents par année, constate la Direçtion de la santé publique (DSP) de Montréal.A cet égard, les données policières sous-estiment le nombre d\u2019accidents impliquant des cyclistes et la gravité de leurs blessures, soutient la DSP.Le décès de Mathilde Blais dans le tunnel de la rue Saint-Denis la semaine dernière a attiré l\u2019attention du public sur le danger que représentent les voies passant sous les viaducs.Mais le D*^ Patrick Morency, médecin à la DSP de Montréal, croit que ce n\u2019est pas uniquement le passage sous le viaduc Saint-Denis qui cause problème, mais l\u2019ensemble de l\u2019artère.« Quand on regarde la carte des blessés, on peut voir que la majorité des blessés sur les artères le sont aux intersections, explique-t-il.Les intersections sont le lieu des conjlits les plus fréquents.» Entre 2000 et 2012, les données policières ré- VOIR PAGE A 8 : CYCLISTES Lise Payette appelle les femmes à réinvestir le Parti québécois AMELIE DAOUST-BOISVERT Refusant l\u2019inaction au moment où le nombre de femmes députées recule à l\u2019Assemblée nationale.Lise Payette propose de tenir un sommet des femmes du Parti québécois.Infatigable, l\u2019ex-politicienne affirme que l\u2019idée est de motiver les femmes à réinvestir les rangs.Pour elle, avec le recul de la députation féminine et la défaite de la première femme première ministre de l\u2019histoire du Québec, pas question que les femmes retournent simplement à la maison.«Je pense que l\u2019état dans lequel se trouve le Parti québécois pourrait permettre aux femmes de prendre plus de place, explique M™'\" Payette.Un parti politique est plus accessible lorsqu\u2019il est en bas qu\u2019en haut.» Elle observe que lorsqu\u2019un parti se trouve au pouvoir, les hommes sont moins enclins à concéder de Æ )% JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lise Payette estime qu\u2019encore aujourd\u2019hui, on «tolère» les femmes en politique, mais qu\u2019on ne «les accepte pas».l\u2019espace aux femmes et à leurs idées.Elle a reçu Le Devoir chez elle, pour discuter notamment du lancement d\u2019une réédition de son autobiographie.Des femmes d\u2019honneur.Le milieu politique a beau avoir évolué depuis son élection avec le gouvernement de VOIR PAGE A 8 : PAYETTE Toronto La venue d\u2019un député israélien anti-arabe crée des remous CLAUDE LEVESQUE Moshe Eeiglin, un député israélien très controversé, doit parler mardi soir à Toronto dans le cadre d\u2019un événement auquel est associée une organisation tout aussi controversée que lui, la très conservatrice Jewish Defence League QDL).M.Eeiglin, qui est député du Likoud, le parti au pouvoir en Israël, est également un des membres fondateurs de Manhigut Yehudit (Leadership juif), un mouvement opposé aux accords d\u2019Olso et au processus de paix qui en découle.L\u2019allocution de M.Eeiglin, qui est actuellement l\u2019un des vice-présidents de la Knesset (le Parlement israélien), s\u2019intitulera «La bataille pour la souveraineté juive sur le mont du Temple».Son mouvement prône l\u2019expulsion des institutions musulmanes actuellement responsables de ce lieu également connu sous le nom VOIR PAGE A 8 : DÉPUTÉ 77831303443119 $ LES OBJETS DE COLLECTION ET LES OBJETS DE VALEUR NOUS ESTIMONS GRATUITEMENT ! 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May 24th & 25th 2014 at 12pm 1950 Ste Catherine E Montreal QC Claude Champagne .«w,™ AdnenHebert 0890 1967) N°43 Johnstone JoMTomig 08871930)\tN°104 le Sauteur Claude 0926 )\tN»145 Eudon,Nonnand (1929 1997)\tN»123 nirtni,HarcMle 08881970)\tN°101 Nous acceptons lesconsigoalioDS Exposition Samedi & Dimanche iO et ü mai, 10 h à 17 h ^-^ï\\\tLnndi Mardi & Mercredi 12,13 et 14 mai 12 h à 21 h Jeudi 15 mai, 10 h à 16 h Consignations Nous acceptons les consignaüons pour nos Murs encans.Nous prenons éjgaleienl les bijoux tableaux, timbres etlamonnaiepoiirnos Tentes aux enchères.(ENCAN DÉBUTERA k ^ Phona 1VS14-S27 1526 Fax #514 527.EieS Hamel TheoplnleQ8l7l870)\tH\"l02 Encan en ügne, inscription et catalogue complet : www.lapointechampagne.com 1800 846-2737 \u2022 514-527-1526 \u2022 iiifo@lapointechampagne.coi 1950, rue Sainte-Calherine Esl Montréal, Ouébec, H2K 2H7 Encan en ligne, inscription et catalogue ; www.stampsauctionnetwork.com 1800 846-2737.514-527-1526 mtmintemational@belhielca rntmintemationaLca 1950, me Sainte-Catherine Esl Montréal, Ouébec, H2K2H7 11 LE DEVOIR, LE MARDI 6 MAI 2014 A 3 ACTUALITES La longue marche Michel é David ans la chronique qu41 a signée samedi dans Le Journal de Montréal, Jacques Parizeau s'est posé en exemple des résultats positifs que peut donner un engagement clair et net en faveur de la souveraineté, plutôt que de «tourner autour du pot», comme le PQ Ta fait au cours de la dernière campagne électorale.On doit reconnaître la détermination dont l'ancien premier ministre a fait preuve pour imposer la tenue d'un référendum qui donnait la chair de poule à bon nombre de souverainistes, et non les moindres.Il fallait également beaucoup d'abnégation pour s'effacer devant Lucien Bouchard, qui avait succombé aux sirènes fédérales et profité des charmes de la vie parisienne alors que M.Parizeau s'employait à raviver la flamme.Sonnés par le désastre du 7 avril, de nombreux péquistes sont tentés de tourner le dos à la stratégie du «bon gouvernement» et de poursuivre le combat pour la souveraineté à visière levée, quitte à rester dans l'opposition le temps qu'il faudra.Cela reste à voir.Les élus n'ont pas nécessairement le même point de vue que les simples militants.Il ne faut jamais sous-estimer le goût de la limousine.D'ailleurs, comment nier que la prise du pouvoir est un préalable à la souveraineté?M.Parizeau a raison de parler d'une «croisée des chemins» pour le PQ, mais il faut aussi être conscient que le contexte politique est nettement moins favorable au projet souverainiste qu'il l'était il y a vingt ans.«Il y en aura pour plusieurs années», a-t-il averti.En effet, la marche risque d'être longue, très longue, et il n'y a aucune garantie de réussite.Avec 44,75% des suffrages exprimés à l'élection du 12 septembre 1994, M.Parizeau, estime qu'il avait le «mandat clair» de tenir un référendum et d'utiliser tous les moyens à sa disposition, c'est-à-dire les fonds publics, pour atteindre son objectif, même si le PQ avait obtenu seulement 13 744 voix de plus que les libéraux.Bien des choses ont changé depuis.Le Québec a notamment rompu avec une longue tradition de bipartisme.En 1994, l'ADQ en était à sa première tentative et n'avait recueilli que 6,4% des voix.Au cours des cinq dernières élections, l'ADQ ou la CAQ ont cependant maintenu une moyenne de 23%.Sans parler de Québec solidaire.Il est très difficile d'imaginer que le PQ puisse prendre le pouvoir avec 45% dans un avenir prévisible.A l'époque, M.Parizeau avait pu bénéficier du ressentiment créé par l'échec du lac Meech et, dans une moindre mesure, de l'entente de Charlottetown.Les audiences de la commission Bélanger-Campeau, puis le rapport Allaire, avaient fait en sorte de dédramatiser la perspective d'un Québec souverain.Si même les libéraux pouvaient l'envisager.Depuis, le camp fédéraliste a compris que la meilleure façon d'éviter un nouvel échec constitutionnel est de ne pas rouvrir le dossier.Le PLQ a abandonné depuis longtemps toute velléité de flirt avec la souveraineté, et la majorité des Québécois se sont résignés à vivre en marge de la Constitution sans trop s'en formaliser.En 1995, tout n'a pas été aussi limpide que M.Parizeau veut bien le laisser croire.Le «projet de loi numéro un sur Vavenir du Québec» n'était pas aussi «simple et clair» qu'il le prétend.Il incluait une offre de «partenariat économique et politique» avec le reste du Canada «sur la base de Ventente tripartite du 12 juin 1995», qui avait été conclue entre le PQ, le Bloc québécois et l'ADQ.L'entente en question prévoyait notamment la création d'institutions politiques communes, y compris une assemblée parlementaire où des députés québécois continueraient à siéger avec leurs collègues.Un pourcentage de 25% aurait été garanti au Québec.Cela ne ressemblait pas du tout à la question sans ambiguïté qu'il avait promis de poser au référendum: «Voulez-vous que le Québec devienne un pays souverain en date de., oui ou non ?» Il n'est pas étonnant que certains aient eu l'impression qu'un oui ouvrirait la porte à un renouvellement de la fédération.Evidemment, il serait plus difficile de franchir la barre des 50% avec une question claire, mais c'est aussi le meilleur moyen de minimiser les problèmes au lendemain d'un oui.En 1995, une déclaration unilatérale d'indépendance était prévue s'il n'y avait pas entente sur le partenariat au bout d'un an, mais cela n'aurait peut-être pas été si simple.En cas d'échec des négociations, comment aurait-on pu empêcher Ottawa de soumettre directement à la population un projet de son cru?De toute manière, poser une question aussi alambiquée ne serait plus possible.Ce n'est pas la Loi sur la clarté qui empêcherait un gouvernement souverainiste de finasser, mais les Québécois eux-mêmes.Si jamais il y a un autre référendum, ils exigeront le droit à un choix aussi clair que celui qui sera proposé aux Ecossais en septembre prochain.mdavid@ledevoir.com Collusion : le gratin politique alerté dès 2002 La commission Charbonneau a entendu l\u2019ingénieur et lanceur d\u2019alerte François Beaudry BRIAN MYLES La collusion est sur le radar des plus hautes instances politiques depuis la fin 2002, sans qu'elles aient été en mesure de déstabiliser «un réseau d\u2019influence» aux tentacules insoupçonnés.La commission Charbonneau a entendu coup sur coup le lanceur d'alerte et ex-ingénieur-conseil au ministère des Transports du Québec (MTQ) Erançois Beaudry et l'ancien sous-ministre Jean-Paul Lemieux lundi.M.Beaudry a évoqué l'existence d'un «réseau d\u2019influence» touchant «tous les niveaux, même le politique».«Lorsqu\u2019une personne côtoie ces réseaux, il comprend qu\u2019il y a des limites qu\u2019il ne faut pas dépasser», a dit l'ex-conseiller spécial au MTQ, en faisant un parallèle avec la situation observée à l'Agence du Revenu du Canada.La mafia y était si bien implantée qu'elle pouvait freiner des enquêtes fiscales sur des entreprises liées au crime organisé.Grâce à la collaboration d'un entrepreneur qui a risqué sa santé et sa sécurité, M.Beaudry a appris l'existence de systèmes de trucage des appels d'offres élaborés à Montréal, à Layal et au MTQ dès la fin 2002.A Montréal, le marché était «contrôlé à 100% par la mafia», a confié l'informateur de M.Beaudry, tandis qu'à Laval, le trucage des appels d'offres était coordonné par l'hôtel de ville, sous la férule de l'ex-maire Gilles Vaillancourt (aujourd'hui accusé de fraude et de gangstérisme).M.Beaudry se souvient des paroles de son informateur: «Tu ne peux pas imaginer le réseau d\u2019influence de ces gens-là.Jamais je ne parlerai publiquement de ça, même pas à la police», lui avait-il dit.L'ingénieur a pris les révélations de son informateur encore plus au sérieux, à partir du moment où il lui a annoncé à l'avance le résultat d'un appel d'offres à Laval, en février 2013.Selon M.Beaudry, c'était comme apprendre un jour à l'avance la combinaison gagnante à la loterie.L'informateur a prédit avec exacti- î\ttî ** H* ^ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Devant la lenteur de la SQ, François Beaudry s\u2019était tourné vers l\u2019émission Enquête en 2009.Quelques jours plus tard, l\u2019escouade Marteau était créée.Ingérence dn libéral David Whissell L'ex-député libéral d'Argenteuil David Whissell a fait une intervention «inappropriée» et «inacceptable» pour influencer l'octroi d'un contrat du MTQ, a dénoncé un ancien adjoint au sous-ministre, Gilles Roussy, à la commission Charbonneau.Selon M.Roussy, M.Whissell ou un membre de son entourage a passé un appel au directeur du MTQ dans la région des Laurentides et de Lanaudière, Mario Turcotte, en 2003 ou 2004, afin de protester contre l'attribution d'un contrat à une firme dite «outsider».M.Roussy ne sait pas quelles étaient les intentions du député d'Argenteuil, «mais il n\u2019était pas d\u2019accord avec le résultat de l\u2019appel d\u2019offres», a-t-il précisé.M.Roussy a informé le chef de cabinet adjoint du ministre des Transports de cette manifestation d'ingérence politique.tude l'ordre de présentation de huit des dix soumissions, et l'identité de l'entrepreneur gagnant.Construction G.Giuliani.Fait à souligner, tous entrepreneurs ayant participé à cet appel d'offres (sauf un) ont été arrêtés en compagnie de M.Vaillancourt dans le projet «Honoré», en mai 2013.Tous au courant Un cercle restreint formé de M.Beaudry, de son supérieur immédiat, Gilles Roussy, et du sous-ministre Jean-Paul Beaulieu a colligé des preuves dans le but d'alerter les policiers.Le directeur général de la Sû- reté du Québec (SQ) Florent Gagné (qui deviendra sous-ministre aux Transports) a été sensibilisé au problème, et M.Beaudry a amorcé une longue collaboration avec la police.Outre Florent Gagné, la liste des personnes mises au courant, comprend : -\tLe ministre des Transports, Serge Ménard, du PQ, et son chef de cabinet, Denis Dolbec.M.Ménard a conseillé au sous-ministre Beaulieu de bien prendre son temps dans une enquête aussi importante et difficile, afin de mettre au jour tous les rouages de la collusion.-\tLe successeur de M.Ménard au MTQ, le libéral Yvon Marcoux, et son chef de cabinet, Luc Bastien (un proche de l'organisateur controversé Marc-Yvan Côté).- Trois hommes qui ont occupé le poste de secrétaire général et gref fier (le grand patron de tous les fonctionnaires) sous le gouvernement du PQ Gean Saint-Gelais) et sous le régime libéral (André Di-caire et Gérard Bibeau).Les trois se sont dits surpris des révélations, a relaté M.Beaulieu.François Beaudry avait bon espoir que la police fasse une razzia dès 2004, puis en 2005.Et encore en 2006.«Finalement, il n\u2019y a jamais rien eu», constate-t-il.En 2013, l'UPAC a finalement démantelé le réseau lavallois.M.Beaudry estime que la collusion affecte environ 80% des contrats provinciaux.Ce chantier a été délaissé par les policiers pendant de nombreuses années.C'est d'ailleurs parce que la SQ avançait à pas de tortue que M.Beaudry s'est tonrné vers l'équipe d\u2019Enquête, pour dénoncer publiquement la collusion, en 2009.Huit jours après la diffusion du reportage, les libéraux annonçaient la création de l'escouade Marteau.L'automne dernier, l'Assemblée nationale a décerné à François Beaudry une médaille pour son geste de courage.Rond-point L\u2019Acadie La procureure Sonia Le Bel a longuement interrogé François Beau-dry sur les irrégularités dans l'octroi des contrats du rond-point L'Acadie à Louisbourg, propriété de Tony Accurso.M.Beaudry a produit une analyse négative au sujet de travaux imprévus de 2,3 millions réalisés par l'entrepreneur.Il a dénoncé ce qu'il percevait comme un dépassement de coûts non autorisé par le MTQ.Le sous-ministre Beau-lieu l'a appuyé dans ses démarches.C'est finalement Florent Gagné, lors de sa nomination comme sous-ministre au MTQ, qui a autorisé le paiement des extras à Tony Accurso.Le Devoir % GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE L\u2019ancien organisateur libéral aurait mis en place un système de ristournes dans l\u2019attribution de contrats fédéraux.Son stratagème aurait rapporté plusieurs millions de dollars, qu\u2019il a partagés avec le PLC.SCANDALE DES COMMANDITES Jacques Corriveau demandera le dégel de ses avoirs pour se payer un avocat Ly un des acteurs principaux du scandale des ' commandites, l'ex-organisateur libéral Jacques Corriveau, n'a plus d'avocat.Il reviendra devant la Cour le 20 juin prochain afin de demander la levée partielle de l'ordonnance de blocage de ses biens afin d'avoir accès à des fonds pour payer celui qui se dit prêt à le représenter, M® Jeffrey Boro.Jacques Corriveau, âgé de 81 ans, est accusé de fraude envers le gouvernement, de fabrication de faux documents et de recyclage des produits de la criminalité en lien avec le scandale du Programme fédéral des commandites.M® Boro, qui s'est présenté comme ami de la Cour lundi lors de la brève comparution de l'octogénaire au palais de justice de Montréal, a d'abord signifié au juge Marc David que l'avocate qui représentait jusqu'ici l'accusé, M® Mar-laine Harton, s'était retirée du dossier.Il lui a ensuite demandé un délai afin de pouvoir prendre connaissance de nouveaux éléments de preuve déposés au dossier par la Couronne, notamment les éléments portant sur les produits de la criminalité afin de préparer une requête pour dégeler les fonds de son client potentiel.«C\u2019est quelque chose de très triste, mais chaque personne doit être payée pour les services qu\u2019il rend et, avec tous les biens de M.Corriveau qui sont gelés pour le moment, il n\u2019a pas la capacité de me payer», a déclaré M® Boro au sortir de l'audience.Le juge David, bien que visiblement irrité de ne pouvoir faire avancer le dossier, n'a eu d'autre chobc que d'acquiescer à la requête.M® Boro doit maintenant prendre connaissance de la preuve afin de déterminer si une levée partielle de l'ordonnance de blocage serait suffisante pour représenter M.Corriveau.«Malheureusement, il a eu la [.] preuve seulement ce matin [lundi], donc il faut qu\u2019il étudie cette preuve pour prendre une décision dans son dossier», a expliqué M® Boro.«Nous allons tenter de démontrer que certains des biens qu\u2019il possède, il les a obtenus avant le prétendu crime.» Ce sont ces biens, qui ne seraient donc pas visés par l'accusation, qui doivent être évalués par M® Boro.«Nous allons tenter dans un premier temps de dégeler ses biens afin qu\u2019il puisse nous payer et, s\u2019il n\u2019a pas de moyens, si l\u2019Etat insiste, persiste et a gain de cause, à ce moment-là, nous allons demander à l\u2019Etat d\u2019assumer ses dépenses d\u2019avocat», a précisé M® Boro.Jacques Corriveau a expliqué que sa demande d'aide juridique avait été rejetée, tout comme sa demande de révision de cette première décision.La Presse canadienne VILLE DE MONTREAL Une promotion malgré des pots-de-vin JEANNE CORRIVEAU Le fonctionnaire de la Ville de Montréal Michel Paquette a obtenu une promotion même si, devant la commission Charbonneau, il avait admis avoir reçu des pots-de-vin d'entrepreneurs en construction.Lors de son témoignage à la commission Charbonneau en 2012, M.Paquette avait reconnu avoir reçu des cadeaux, dont des bouteilles de vin, des repas au restaurant et des billets de hockey, de la part d'entrepreneurs alors qu'il était surveillant de chantier.Il avait alors affirmé ne pas avoir accordé de privilèges aux entrepreneurs en question en échange des cadeaux obtenus.Comme deux autres fonctionnaires, M.Paquette avait été suspendu par la Ville à la suite de ces aveux.Mais contrairement à ses collègues, qui ont été congédiés, M.Paquette a pu réintégrer son poste, son employeur n'ayant pas recueilli suffisamment de preuves pour démontrer qu'il y avait eu corruption.Or, a révélé le journal Métro lundi, M.Paquette a été promu chef d'équipe en janvier dernier.Selon le Service du Capital humain, rien ne pouvait empêcher sa promotion puisqu'il a réussi tous les examens et que c'était le candidat qui avait le plus d'ancienneté.«Inacceptable» Le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, a qualifié la situation &\u2019«inacceptable» lors d'une entrevue au 98,5 FM.«Les conventions collectives nous imposent énormément de restrictions », a soutenu M.Desrochers en précisant que M.Paquette avait été réintégré à son poste avant l'arrivée de Denis Coderre à la mairie.A l'avenir, a-t-il dit, l'administration tentera de se doter d'outils pour empêcher qu'une telle situation se reproduise.Le leader de l'opposition officielle à l'hôtel de ville, Marc-André Gadoury, qui a ébruité la promotion obtenue par le fonctionnaire, a demandé à l'administration de Denis Coderre de lui remettre le rapport d'enquête du contrôleur général.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE MARDI 6 MAI 2014 ACTUALITES Débat sur la laïcité : Dalila Awada poursuit Louise Mailloux LISA-MARIE GERVAIS La militante féministe anti-cliarte Dalila Awada poursuit pour diffamation deux fervents défenseurs de la laïcité, dont l\u2019ex-candidate du Parti québécois Louise Mailloux, et le site Internet vigile.net.La jeune étudiante en sociologie à l\u2019UQAM, qui a confié son dossier au cabinet Goldwater Dubé, réclame 120000$ au total en dommages moraux et punitifs.D\u2019un côté: Dalila Awada, Québécoise d\u2019origine libanaise, qui prétend avoir fait l\u2019objet de propos haineux, notamment à la suite des émissions Tout le monde en parle et Denis Lévesque auxquelles elle avait participé.Dans des vidéos circulant sur Internet et dans les réseaux sociaux, elle aurait été qualifiée de « midinette du foulard islamique», «émissaire du régime khomeiniste», «visage à double face», «militante embrigadée par nos khomeinistes locaux», liée au grand ayatollah Sistani d\u2019Irak et à l\u2019imam Ali Sbeiti et associée à des personnes qualifiées d\u2019intégristes, selon sa requête.De l\u2019autre: des personnes qu\u2019elle accuse d\u2019avoir véhiculé, diffusé et relayé ces propos, soit Philippe Magnan, qui signe des billets sur le blogue postede-veille.ca, l\u2019enseignante de philosophie Louise Mailloux, qui s\u2019exprime dans les réseaux sociaux, et la Société des amis de vigile.net, une personne morale qui gère le site du même nom.«Ces personnes ont tout fait pour remettre en doute mon intégrité.Parce que je suis musulmane, je suis rendue coupable jusqu\u2019à preuve du contraire», a déploré Dalila Awada.«C\u2019est légitime qu\u2019on me contredise et qu\u2019on ne soit pas d\u2019accord, c\u2019est ça un débat démocratique, mais ii Je pense qu\u2019on peut parler de djihad Juridique )) Louise Mailloux, ex-candidate péquiste et professeure de philosophie c\u2019est allé trop loin.» Elle dit mener ce combat personnel de façon plus large «pour toutes ces femmes musulmanes qui ont pris la parole» pour exprimer leurs opinions anti-charte.Maux de tête, insomnie, harcèlement, sentiment de déprime et d\u2019être constamment surveillée, la jeune militante dit avoir subi tout cela et plus encore.Elle dénonce qu\u2019on se soit acharnée sur elle avec de tels propos qu\u2019elle estime «erronés» et «diffamatoires», d\u2019autant qu\u2019elle dit avoir toujours été respectueuse dans le débat sur la charte de la laïcité auquel elle a pris part.«Je mets m\u2019importe qui au défi de trouver n\u2019importe quoi de diffamatoire que j\u2019aurais dit à l\u2019encontre de quelqu\u2019un.Je suis restée dans un débat de haut niveau», croit-elle.« Djihad juridique » Louise Mailloux ne mâche pas ses mots pour discréditer cette poursuite.«Les accusations de racisme et de xénophobie [à mon égard] ne suffisent plus, et Dalila Awada a décidé de faire appel aux tribunaux.C\u2019est une façon de m\u2019intimider et de vouloir me réduire au silence», a-t-elle déclaré au Devoir.Au-delà des accusations qui la visent directement, M\u201c® Mailloux, auteure de La laïcité, ça s\u2019impose ! et de Une charte pour la nation, croit que cette poursuite vise plus largement à «remettre en cause le droit à la liberté d\u2019expression, un des fondements de la démocratie».«Ça remet en cause notre droit de participer à des débats publics et de faire des interventions dans des médias et des réseaux sociaux», a-t-elle souligné.Elle en veut pour preuve plusieurs poursuites visant ceux qui expriment des idées laïques.«Je pense qu\u2019on peut parler de djihad juridique».Elle rappelle qu\u2019en décembre 2012, un couple musulman de Québec a poursuivi pour 150000$ le journal Les immi- grants de la Capitale qui a publié un texte et une photo de la femme portant un niqab et de son époux.Il y a un an, en mai 2013, l\u2019auteure Djemila Benhabib a été poursuivie pour diffamation par une école musulmane de Montréal, qui lui reproche d\u2019avoir tenu des propos offensants à son égard dans le cadre d\u2019une émission de radio.«Il y a la bataille juridique, mais c\u2019est aussi quelque chose d\u2019éminemment politique », croit M\u201c® Mailloux.M\u201c® Awada soutient que ses démarches ne visent pas à intimider.«Je ne fais pas ça pour intimider ou limiter [la liberté à\u2019]expression des autres.Je fais ça pour protéger ma réputation et par amour de cette liberté d\u2019expression, car je considère que la mienne a été piétinée», a-t-elle dit.Le Devoir DEFICIT Les médecins s\u2019attendent à devoir faire des efforts MARCO BELAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec Le ministre des Einances, Carlos Leitao, amorce mardi une première série de consultations prébudgétaires avec la ferme intention de faire diminuer le déficit prévu de 5,5 milliards de dollars en 2014-2015, ce qui incite les médecins à croire qu\u2019ils seront appelés à participer au redressement L\u2019Association québécoise d\u2019établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) exhortera jeudi le ministre Leitao à revoir à la hausse les investissements de 1,3 milliard prévus en santé (4%) ou à repousser, en totalité ou en partie, la hausse salariale de 540 millions escomptée par les médecins.« [Le statu quo] ne nous permet pas d\u2019atteindre les 834 millions requis en investissements en 2014-2015 pour maintenir l\u2019accès et la qualité des services actuellement offerts à la population», a souligné le porte-parole de l\u2019ÀQESSS, Jean-Louis Laplante.Il appelle le gouvernement libéral à « [relâcher] la pression» sur les établissements de santé, qui sont aux prises également avec un «écart à combler» de 430 millions au Eonds de financement des établissements de santé et de services sociaux (FINESS).Les médecins spécialistes et omnipraticiens attendent toujours de voir le nouveau ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, afficher ses couleurs: renégociera-t-il ou non la hausse de 540 millions suspendue le l®\"avril?Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Louis Godin, se montrait toujours disposé à «écouter ce que le gouvernement a à [lui] dire ou à [lui] demander».«Après cela, on verra en fonction de ce qu\u2019on nous dit ou on nous demande», a-t-il affirmé, armé de patience.«E faut faire attention.Sur un plan légal, j\u2019ai une entente signée.En principe, elle s\u2019applique», a-t-il toutefois ajouté.«Les médecins ne vivent pas sur la planète Mars.[Face à l\u2019état actuel des finances publiques], si on peut aider, nous allons le faire», a indiqué la directrice des affaires publiques de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Nicole Pelletier.«On a une présidente [Diane Fran-cœur] qui est \u201cparlable\u201d et qui va parler à tout le monde qui va vouloir lui parler.» Le chef libéral Philippe Couil-lard s\u2019était engagé en campagne électorale à ne pas rouvrir les ententes entre les médecins et le gouvernement.Mais, «respecter une entente» et iaire «varier l\u2019application» sont deux choses différentes, avait précisé M.Barrette.Le ministre a la tâche de «réfléchir» à la suite à donner aux ententes conclues en 2006, puis de partager le fruit de sa réflexion au Conseil des ministres, a expliqué son attachée de presse, Joanne Beauvais.«Il se penche sur la question.Maintenant: est-ce qu\u2019il y aura des négociations .^ [.] Est-ce qu\u2019on la fera telle quelle?Est-ce qu\u2019on annulera tout?Je ne vous réponds pas pour le moment.» Le D\u2019' Barrette compte rencontrer les représentants de la FMSQ et de la FMOQ avant la rentrée parlementaire, fixée au 20 mai, a-t-elle spécifié.Il s\u2019adressera aux membres de l\u2019AQESSS vendredi.Le Devoir TRANS ET INTERSEXUES Offensive contre la chirurgie obligatoire ISABELLE PARE Un organisme de défense des droits des personnes trans et intersexuées conteste en Cour supérieure cinq articles du Code civil qui imposent des modifications chirurgicales aux personnes désirant obtenir un changement légal de mention de sexe.Le Centre de lutte contre l\u2019oppression des genres a déposé lundi une motion pour faire déclarer discriminatoires plusieurs articles obligeant les personnes trans et intersexuées à remplir certaines conditions avant de pouvoir changer leur identité sexuelle officielle.Le Code civil stipule que pour un changement de mention de sexe, les personnes (majeures) doivent avoir subi une chirurgie modificatrice, notamment une reconstruction vaginale pour les hommes souhaitant devenir femme, ou une ablation des seins pour les femmes souhaitant devenir homme.Selon Gabrielle Bouchard, coordonnatrice pour cet organisme, ces articles imposent la stérilisation «forcée» aux personnes désirant harmoniser leur statut officiel avec leur identité sexuelle.«Or, une grande partie des personnes trans et intersexuées qui choisissent de changer de mention sexuelle ne désirent pas passer par ces opérations très invasives.Aujourd\u2019hui, une femme qui désire obtenir un statut masculin officiel doit subir une hystérectomie complète», déplore M\u201c® Bouchard.En Saskatchewan et en Ontario, les cours ont déjà jugé discriminatoires de tels articles de lois.Ce groupe de défense souhaite aussi que la loi n\u2019oblige pas les parents à désigner dès la naissance un sexe à leur enfant, dans le cas d\u2019enfants intersexués dont l\u2019identité sexuelle n\u2019est pas définie.«Cela éviterait beaucoup de dommages plus tard dans la vie», croit M\u201c® Bouchard.Le Devoir B.K.BANGASH ASSOCIATED PRESS Poliomyélite: l\u2019OMS parle désormais d\u2019urgence de santé pnbliqne L\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS) a décrété lundi un état «d\u2019urgence de santé publique de portée globale» à la suite de la propagation de la poliomyélite dans plusieurs pays.«Si elle n\u2019est pas contrôlée, la situation pourrait mettre en échec l\u2019éradication globale d\u2019une des maladies les plus graves que l\u2019on puisse empêcher par la vaccination», souligne le communiqué.L\u2019OMS estime que les foyers potentiels de pandémie sont le Pakistan, le Cameroun et la Syrie, et demande aux autorités locales de mener des campagnes de vaccination pour ceux qui doivent voyager.Les pays où la rpaladie est constatée, concernés par l\u2019état d\u2019urgence, sont l\u2019Afghanistan, la Guinée équatoriale, l\u2019Ethiopie, l\u2019Irak, Israël, la Somalie et le Nigeria.La poliomyélite est une maladie très contagieuse qui irappe surtout les eniants de moins de cinq ans.Elle peut provoquer la paralysie en quelques heures et être fatale dans certains cas.Ci-dessus, une petite Pakistanaise reçoit une dose de vaccin.Bloc québécois: Mario Beaulieu pourrait devoir être chef à temps partiel MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Si Mario Beaulieu parvient à se porter candidat au leadership du Bloc québécois, il n\u2019écarte pas la possibilité d\u2019être chef du parti souverainiste à temps partiel.L\u2019ex-président de la So-ciété-Saint-Jean-Baptiste a consenti qu\u2019il conserverait peut-être un emploi à mi-temps s\u2019il accède à la direction du Bloc, un poste qui n\u2019est officiellement pas rémunéré.«Je suis un militant indépendantiste avant tout.J\u2019ai milité pendant une vingtaine d\u2019années, la plupart du temps de façon bénévole et presque à plein temps.Donc pour moi, l\u2019objectif c\u2019est l\u2019indépendance du Québec, pas de faire de l\u2019argent», a fait valoir M.Beaulieu en entrevue téléphonique avec Le Devoir lundi.Soit, mais encore faut-il payer les factures ?«Je pense qu\u2019il y a moyen de faire l\u2019épicerie sans faire énormément d\u2019argent [.] Je pourrais continuer à travailler autrement pour subvenir à mes besoins», a suggéré celui qui espère déposer son bulletin de candidature pour la chefferie du Bloc mercredi, date limite d\u2019inscription.L\u2019ancien chef du Bloc, Daniel Paillé, n\u2019était pas député et ne touchait pas de salaire parlementaire.Le bureau national du parti avait cependant convenu de faire une exception \u2014 une première dans l\u2019histoire du parti \u2014 et de lui verser une «rémunération symbolique» de 25000$ par année à titre de président du parti, a appris Le Devoir.Bellavance candidat Le député de Richmond-Arthabaska, André Bellavance, a officialisé sa candidature lundi matin, à Montréal, en déposant son bulletin accompagné de 1500 signatures provenant de 50 circonscriptions dans la province.Pour l\u2019instant, il est le seul candidat en lice.M.Beaulieu a indiqué que sa récolte de signature «va très bien».S\u2019il veut affronter M.Bellavance, il doit rassembler 1000 signatures, provenant d\u2019au moins 25 circonscriptions, de même que fournir un dépôt de 15000$ au plus tard mercredi après-midi.Si M.Beaulieu parvient à répondre aux critères de candidature et qu\u2019il n\u2019y a pas de couronnement mercredi, le résultat du vote des militants sera dévoilé le 14 juin.Le Devoir Montréal : Jeremy Searle appelé à se retirer JEANNE CORRIVEAU Le maire de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, Russell Copeman, a demandé au conseiller indépendant Jeremy Searle de se retirer temporairement de ses fonctions pour s\u2019occuper de son problème d\u2019alcool.«Je ne peux être d\u2019accord avec vos affirmations selon lesquelles votre situation n\u2019affecte pas votre travail de conseiller municipal», a écrit M.Copeman dans une lettre remise au conseiller de Loyola à titre privé.Le non-respect du décorum par M.Searle lors de la séance du conseil municipal de la semaine dernière \u2014 au cours de laquelle le conseiller s\u2019est endormi sur son siège \u2014 de même que l\u2019étrange entrevue qu\u2019il a accordée à CTV mercredi font douter de la capacité de M.Searle à assumer ses fonctions, estime M.Copeman.Traitement Rappelons que le mois dernier, M.Searle avait comparé les «séparatistes» à l\u2019agrile du Irène, un insecte qu\u2019il faut éradiquer.Puis, la semaine dernière.M.Searle avait laissé entendre que le maire Coderre avait un «problème au cerveau».Jeremy Searle avait par la suite admis avoir un problème d\u2019alcool.M.Searle a indiqué au réseau Global qu\u2019il n\u2019avait pas l\u2019intention de quitter ses fonctions, mais qu\u2019il était traité pour son alcoolisme.M.Searle a participé à l\u2019assemblée du conseil d\u2019arrondissement lundi soir.M.Copeman a déploré que sa lettre ait été diffusée dans les médias.Le Devoir EDUCATION AUTOCHTONE Ottawa met sa réforme en veilleuse MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Qttawa Le gouvernement fédéral a perdu son interlocuteur au sein des Premières Nations, avec le départ du chef national Shawn Atleo vendredi dernier.Prenant acte de ce changement de garde, Ottawa suspend l\u2019étude de sa réforme du système d\u2019éducation autochtone au pays.«Toute considération future du projet de loi sera mise en veilleuse jusqu\u2019à ce que l\u2019APN [Assemblée des Premières Nations] clarifie sa position», a fait savoir le bureau du ministre des Affaires autochtones Bernard Valcourt, lundi.Son secré-taire parlementaire, Rob Clarke, a indiqué à sa sortie des Communes que, «lorsqu\u2019un nouveau chef sera en poste, nous lui parlerons probablement».Læs conservateurs consulteront-ils d\u2019autres chefs de bande, ou rencontreront-ils uniquement le prochain chef national de l\u2019APN qui remplacera M.Atleo?Pas de réponse, ni de la part de M.Valcourt ni de celle de M.Clarke.Shawn Atleo a causé la surprise vendredi lorsqu\u2019il a annoncé sa démission, expliquant qu\u2019il voulait éviter d\u2019être une distraction dans le débat entourant la réforme du système d\u2019éducation des communautés autochtones du pays.En effet, au moment du dépôt du projet de loi C-33, à la mi-avril, M.Atleo avait parlé d\u2019un «premier pas» dans la bonne direction.Or, plusieurs chefe s\u2019opposent à la proposition conservatrice, notamment l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, qui la conteste en Cour fédérale.Les critiques du C-33 arguent qu\u2019en vertu de la réforme, c\u2019est Ottawa qui contrôlera l\u2019éducation de leurs eniants.L\u2019opposition se réjouit Les leaders autochtones se rencontreront cette semaine à Ottawa, pour convenir de la suite des choses afin de trouver un successeur à M.Atleo, de façon temporaire ou lors de leur prochaine assemblée.Le règne de M.Atleo à l\u2019APN avait déjà été contesté à l\u2019hiver 2012-2013, dans la foulée du mouvement Idle No More.Des chefs l\u2019avaient blâmé de participer à une rencontre avec Stephen Harper n\u2019incluant pas tous les leaders.Lundi au Parlement, les partis d\u2019opposition se sont réjouis que le fédéral suspende l\u2019étude de sa réforme, pour laquelle les conservateurs n\u2019avaient, à leur avis, pas suffisamment consulté les dizaines de Nations.«M.Harper, fidèle à sa nature, essayait d\u2019enfoncer dans la gorge des Premières Nations sa solution.E a un ministre qui est coupé de la même étoffe que lui; il décide et il essaie d\u2019imposer», a reproché le chef néodémocrate, Thomas Mulcair.Le Devoir raffinée sur toute la ligne 1/ Vols au depart de Montreal.Reservez d ici le 8 mai 2014.Voyagez d ici le 5 octobre 2014.Le rabais est compris dans les tarifs.Porter peut exiger un achat 21 jours à l'avance.Tarifs aller simple incluant les taxes, surcharges et frais obiigatoires.Un supplément peut être facturé pour les bagages enregistrés et d\u2019autres services optionnels.* Tarifs à partir de : HALIFAX 3 par Jour 17 par Jour \t\t\t\t\t\t \t\t\t\t\t\t CHICAGO\tMYRTLE BEACH\tNEW YORK\tWASHINGTON Fin de service le 19 mai\tDulles PRIX 240 $ 276 $ 214 $ 192 $ USSs] Réservez en ligne ou contactez votre agent de voyages.flyporter.com * Réservez d\u2019ici 23 h 59 heure de l'Est le 8 mai 2014.Voyagez d'ici le 5 octobre 2014.Le rabais ne s\u2019applique pas du 16 au 19 mai, du 27 juin au 1er juillet, du 1er au 4 août et du 29 août au 1er septembre 2014.Porter peut exiger un achat jusqu'à 21 jours à l'avance.Les tarifs les plus bas sont en vigueur les mardi, mercredi et samedi.Les tarifs sont fonction de la disponibilité et peuvent ne pas être disponibles pendant toute la période de voyage.Le rabais s'applique au tarif de base sans frais ni taxes.Description détaillée des tarifs pour tous les itinéraires sur flyporter.com.Tarifs aller simple en classe Fixe au départ de la ville.Les tarifs à destination de la ville peuvent être différents.Nouvelles réservations seulement.Les tarifs incluent les taxes gouvernementales et les frais obligatoires, qui peuvent atteindre 150 $ par aller simple selon la destination.Les taxes étrangères fluctuent selon le taux de change en vigueur.Les frais pour des services optionnels, tels que les changements d\u2019itinéraire, les bagages supplémentaires, la présélection de siège ou d\u2019autres demandes spéciales, peuvent s\u2019ajouter au montant total.Tarifs non remboursables.Il est possible de changer d'itinéraire moyennant des frais allant jusqu'à 200 $ par personne et par trajet, plus toute différence de tarif.D\u2019autres conditions (comme des frais de 25 $ pour l'enregistrement d\u2019un premier bagage et de 35 $ pour un deuxième sur les vols à destination ou en provenance des É.-U., des frais de 20 $ pour l\u2019enregistrement d\u2019un deuxième bagage sur les vols au Canada et des frais pour bagages excédentaires et/ou trop lourds) peuvent être modifiées sans préavis et ne sont garanties qu\u2019à l\u2019émission du billet.Pour en savoir plus, allez à flyporter.com.En cas de divergence entre le tarif de nos annonces et le tarif affiché sur notre site Internet au moment de la réservation, ce dernier prévaudra. A 6 LE DEVOIR LE MARDI 6 MAI 2014 EDITORIAL RETRAITE L\u2019Ontario ose Le NPD ayant refusé d\u2019appuyer le budget du Parti libéral minoritaire de Kathleen Wynne, les Ontariens iront aux urnes le 12 juin.Au centre des enjeux, la création d\u2019une caisse de retraite publique complémentaire au Régime de pensions du Canada.De quoi inspirer nos libéraux québécois frileux.E Jean-Robert Sansfaçon n décembre dernier, le gouvernement de Stephen Harper mettait fin de façon abrupte aux discussions entreprises avec les provinces pour bonifier le Régime de pensions du Canada (RFC) et par conséquent celui du Québec, le Régime des rentes du Québec (RRQ).Même si le Québec pourrait très bien aller de l\u2019avant seul pour améliorer la couverture du régime, il vaut mieux que l\u2019un et l\u2019autre soient harmonisés pour faciliter la vie des salariés et des entreprises.A cause de ce refus d\u2019Qttawa qui a choisi la voie de l\u2019épargne volontaire gérée par le secteur privé, les libéraux ontariens ont décidé de prendre les devants en proposant à leurs électeurs la création d\u2019un tout nouveau régime public complémentaire auquel participeraient et contribueraient les employés et les employeurs là où il n\u2019existe aucun régime collectif.A l\u2019heure actuelle, le RPC-RRQ fournit une rente à vie, indexée annuellement, qui couvre l\u2019équivalent de 25% du salaire de fin de carrière d\u2019un retraité.Ce qui est net-^\ttement insuffisant pour vivre.P \u2022\tGrâce au régime proposé, un salarié onta- rien dont le revenu est de 45000$ recevrait 17 090$ de prestations par année après 40 ans de contributions, soit 10 680$ du RFC et 6410$ du nouveau régime provincial, pour une couverture de près de 40% de son revenu de travail.Comme les salariés et leur employeur verseraient chacun 1,9% du salaire jusqu\u2019à 90000$ par année, contrairement au RFC qui s\u2019arrête à 52000$, la rente perçue pourrait atteindre 25300$, soit le maximum actuel du I^C qui est de 12500$ et le complément maximum de 12800$ du régime provincial.Conçu pour s\u2019harmoniser à terme avec le RFC, le plan ontarien pourrait être repris par un gouvernement fédéral plus ouvert au changement si les autres provinces adhéraient aussi à l\u2019idée.Le Québec, qui gère son propre régime des rentes en harmonisant ses paramètres avec celui du Canada, pourrait suivre l\u2019exemple ontarien.Le gouvernement du Farti québécois a rejeté du revers de la main la proposition du rapport D\u2019Amours de créer une «rente de longévité » qui ne plaisait pas non plus au reste du pays.Quant au Farti libéral qui avait créé la commission D\u2019Amours, il n\u2019a jamais été chaud à l\u2019idée de bonifier le RRQ à cause du coût pour les entreprises et de l\u2019apparence de taxe déguisée pour les salariés.Tous les deux ont donc préféré suivre Qttawa en lançant le Régime volontaire d\u2019épargne-retraite (RVER) auquel les entreprises de plus de 5 employés sans régime collectif existant devront inscrire leur personnel à partir de 2017.Malheureusement, parce que l\u2019employeur n\u2019aura pas à contribuer à la caisse, que les fonds confiés au secteur privé coûteront plus cher à administrer et que les employés pourront s\u2019en retirer facilement, la formule est vouée à l\u2019échec.D\u2019autant qu\u2019à 25 ou 30 ans, l\u2019idée de préparer sa retraite apparaît encore comme le plus ringard des choix financiers à cause de cette vie devant soi qui conserve ses airs d\u2019éternité.Le projet ontarien ne fera sans doute pas long feu si le parti de M\u201c® Wynne est battu le 12 juin prochain.Ce serait malheureux puisque voilà un compromis intéressant pour accroître massivement l\u2019épargne des prochaines générations.EXPANSION DU CHAOS EN UKRAINE Début de fin Serge Truffaut expansion géographique du chaos en Ukraine laisse présager une évolution du conflit présentant certains points communs avec ceux observés en Yougoslavie en 1992.Il est en effet dans l\u2019ordre du possible que ce pays soit divisé en entités, comme ce fut le cas avec la Fédération yougoslave.Chose certaine, la promiscuité de faits politiques de plus en plus sanglants fait craindre une autre guerre civile en Europe.Reprenons.Après les villes de l\u2019Est, voilà donc que les russophones d\u2019Qdessa et les partisans du régime ukrainien actuellement en place se sont affrontés.Ils ont échangé des coups en un lieu situé à quelques enjambées, on exagère à peine, de la Transnistrie qui, depuis plusieurs années, est une enclave sous la coupe de Moscou.En 2006, la grande majorité des habitants de cette province avait voté pour l\u2019indépendance d\u2019abord et le rattachement ultérieur à la Russie.Si ce dernier n\u2019a pas encore été réalisé juridiquement, il n\u2019en reste pas moins que, militairement, Moscou a pris soin de déployer bien des soldats.Bref, entre l\u2019est de l\u2019Ûkraine, l\u2019annexion de la Crimée, les événements en cours à Qdessa et l\u2019arrimage de la Transnistrie, le continuum géographique a été pratiquement accompli ou obtenu pour le bénéfice, on l\u2019aura compris, du Kremlin.La précipitation de faits politiques et presque toujours violents confirme également que Moscou s\u2019acharne à ce que le scrutin prévu le 25 mai prochain se transforme en un échec absolu pour ceux et celles qui dirigent provisoirement l\u2019Ukraine.Routine craint comme la peste que cette élection soit un exemple de « bonne » démocratie et que, ce faisant, elle inspire les opposants à sa politique conçue à l\u2019aune de la concentration des pouvoirs et donc de la brutalité.Four parvenir à ses fins, le Kremlin encourage en sous-main la tenue d\u2019un référendum prévu le 11 mai prochain dans l\u2019est du pays.L\u2019objet de ce dernier ?L\u2019autodétermination de cette partie du pays riche, notamment de ses ressources minières.Advenant une victoire pour un rapprochement avec la Russie, ce qui est plus que probable, alors la crédibilité de l\u2019élection présidentielle du 25 mai sera évidemment sujette à caution.C\u2019est le moins que l\u2019on puisse dire.Devant cette cascade politique et guerrière, le gouvernement de Kiev, le gouvernement d\u2019un pays qui plus est en faillite, est impuissant.Four combler ses manques, le gouvernement d\u2019An-geia Merkel propose un autre sommet à Genève réunissant des membres de l\u2019Union européenne, des Etats-Unis, de la Russie et de l\u2019Ukraine.Et ce, pour programmer probablement le début de la fin de l\u2019Ukraine telle qu\u2019on la connaît.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET U Juge PawR LA\tUion\tHARPEK Mirabel était une petite prune empoisonnée Un proche du Farti libéral achète une propriété sur le futur site de l\u2019aéroport de Mirabel pour la modique somme de 12 000 $ en sachant très bien qu\u2019il sera exproprié, ce que le vendeur ignore.Quelques mois plus tard, au moment de l\u2019expropriation, le gouvernement fédéral lui donne 85000$ pour cette même propriété.Cela n\u2019est que la pointe de l\u2019iceberg du scandale de l\u2019aéroport de Mirabel.En 1975, le trio Trudeau, Drapeau et Bourassa inaugure en grande pompe ce nouvel aéroport.Depuis quelque temps déjà.Drapeau nous prépare les Jeux olympiques avec son stade à mille milliards de mille sabords.S\u2019il y avait eu une commission d\u2019enquête sur ces arnaques à l\u2019époque, bien des amis de Fierre Elliott Trudeau, de Jean Drapeau et de l\u2019autre ainsi que des proches du FLC seraient passés à la mouline tte.Mais tout le monde se souvenait de la loi des mesures de guerre de 1970 et personne n\u2019aurait osé.Voilà qu\u2019aujourd\u2019hui, on veut démolir l\u2019aérogare de Mirabel.pour oublier, pour effacer.Et c\u2019est pour quand le Stade olympique ?Qn se demande pourquoi Rome n\u2019a pas démoli le Colisée.C\u2019est tout aussi inutile et irrécupérable.Même si c\u2019est honteux d\u2019avoir rebaptisé Dorval, l\u2019aéroport Fierre-Elliott-Trudeau, au moins les résidants de la ville qui vont avoir à subir pour encore bien des années le bruit, la pollution et les congestions se rappelleront que c\u2019est ça, entre autres, l\u2019héritage que Pierre Elliott Trudeau nous a laissé.Et malgré tout, il y aura encore des Montréalais qui, aux prochaines élections fédérales de 2015, voteront pour le Parti libéral du Canada.Richard Génois Le 3 mai 2014 Le grand déménagement, nne lamentable errenr Très bientôt, les pics des démolisseurs grugeront de leurs dents féroces les fondations de l\u2019aérogare de Mirabel.Ils recouvriront de poussière un sol sacré.Saga aéroportuaire : en 1969, quand la région de Sainte-Scholastique est choisie pour devenir le site du plus grand aéroport du monde, on fait fi des récriminations des habitants et on exproprie dix fois plus de terres qu\u2019il n\u2019en est besoin pour construire les tarmacs et l\u2019aérogare.Qn exproprie les habitants à bas prix : un grand déménagement.Les cultivateurs n\u2019auront pas d\u2019autre choix.Des terres ancestrales, transmises de père en fils, ensemencées de courage, d\u2019espoir, de souffrances et de liberté vont être prises par le gouvernement.Quste ! Les Olympiques commencent bientôt.Au diable la dépense.Les deniers publics qui serviront à ériger cet éléphant blanc, que l\u2019on souhaite devenir vache à lait, vont pleuvoir sur Mirabel.L\u2019étalement urbain menace alors Montréal, le bruit des avions dérange, la sécurité passe, sans contredit, par l\u2019implantation de cette aérogare en plein champ, à 40 minutes de Montréal.Aujourd\u2019hui, Dorval (l\u2019aéroport Pierre-Elliott Trudeau.) accueille l\u2019immense majorité du trafic aérien québécois.L\u2019étalement urbain s\u2019est-il arrêté ?Le bruit des avions, le trafic aérien ont-ils diminué ?La sécurité de la ville n\u2019est-elle plus menacée par un écrasement?Dans quelques semaines, Mirabel sera détruite.Elle coûte, dit-on, cinq millions par année en entretien.Les gravats se mêleront à la terre, au sang, aux pleurs, à la sueur des cultivateurs qui y ont laissé l\u2019héritage sacré et le pécule des Québécois aura disparu dans le plus grand crash de l\u2019histoire aérienne du Québec.Les sacrifices de toute une région auront été vains.Quel mépris ! Gisèle Bourgon Dalhousie, le 2 mai 2014 Honte au dernier gouvernement péquiste ! Les masques tombent ! Pour un projet de société aussi important, selon le PQ, que la charte des valeurs, il n\u2019y avait pas d\u2019avis juridiques formels fournis par le Jurisconsulte de la province, le ministère de la Justice.Incroyable mais vrai ! Donc les ministres ont menti, les uns après les autres, à la population à ce sujet.C\u2019est pour dire que toute cette histoire de charte n\u2019était qu\u2019un instrument de division pour remporter les élections.Honte à ce gouvernement irresponsable ! Que conclure, sinon que ce dernier mérite amplement le verdict que la population lui a réservé le 7 avril dernier.Michel Lebel Entrelacs, le E\u2019' mai 2014 L\u2019évanescence de la liberté d\u2019information Une société plus éduquée s\u2019avère une société plus riche.Parmi les nombreuses chaînes télévisées obnubilées par les profits, la SRC demeurait inexpugnable.Elle se souciait de la vérité et de sa vulgarisation.Et oui, seule la vulgarisation honnête de l\u2019information permet l\u2019éveil culturel de la société.Comment voulez-vous que le peuple fasse des choix judicieux ou s\u2019oppose aux fallacieuses pratiques des gouvernements corrompus?Certainement pas en regardant deux adultes au comportement d\u2019adolescents se chicaner dans une villa en Espagne.Découverte, Enquête, Grands Reportages n\u2019ont pas le mandat de vous faire rire.Au contraire, ces émissions vous enseignent l\u2019humilité.Ces émissions vous parlent de bonheur, mais d\u2019un bonheur sans illusions ni mensonges.Et c\u2019est pour ça qu\u2019il est précieux de le chérir?C\u2019est pour ça qu\u2019il est important de s\u2019y investir ! Ma génération a souvent été critiquée pour le manque de savoir-vivre et de savoir-faire.Aux yeux de certains, nous ne sommes que des profiteurs, des rêveurs aux idées nébuleuses, des zouaves.Mais s\u2019il y a une chose qui nous tient à cœur, c\u2019est la liberté.Une liberté d\u2019information, voilà ce que l\u2019on veut.Privez-nous d\u2019une information véridique, de vraies connaissances, et vous vous priverez d\u2019un meilleur avenir.Ne lâchez pas ! Continuez de vous diriger vers l\u2019abattoir économique et, au final, nous allons tous mourir comme des idiots aux cerveaux atrophiés.Merci, dirigeants de la SRC, de volontairement éteindre la flamme de l\u2019espoir, de l\u2019espoir d\u2019une information libre.Oleg Stratiev Le 5 mai 2014 Catalogne et Québec: voie à suivre pour l\u2019indépendance Depuis le refus par Madrid de reconnaître un éventuel référendum sur l\u2019indépendance de la Catalogne, celle-ci examine la possibilité de ne pas en tenir et de procéder directement au moyen de l\u2019élection (en résumé : on se fait élire et on fait adopter la loi d\u2019indépendance par l\u2019Assemblée législative \u2014 option qui s\u2019impose au Québec et devant laquelle on recule encore).Libération nous apprenait, le 14 avril dernier, que «face au rejet ferme de Madrid, opposée à l\u2019organisation d\u2019un référendum sur son indépendance, la Catalogne hésite sur la façon de convoquer les citoyens aux urnes, soit lors d\u2019une consultation non autorisée [le référendum refusé par Madrid], soit par le biais d\u2019élections régionales [la Catalogne est une région] ».Qr, la présidente de l\u2019Assemblée nationale catalane.Carme Eorcadell, déclarait à ce sujet et avec clairvoyance : si le référendum ne peut être organisé, «nous devrions opter pour des élections et une déclaration unilatérale d\u2019indépendance ».Toute l\u2019expérience québécoise des référendums de 1980 et de 1995 lui donne raison.Ici au Québec, cette voie normale a été écartée dans les années 1970 par le péquisme.Qn a tenu à tout prix à la voie référendaire.Et aujourd\u2019hui, l\u2019indépendance n\u2019est pas faite, le sort de la nation québécoise est même confié à un parti antinational (le gouvernement Couillard) et celui de notre métropole à un maire antinational (l\u2019administration Coderre).Souhaitons à la Catalogne d\u2019avoir des chefs nationaux qui sachent se tenir debout devant l\u2019intimidation espagnole et assumer leur responsabilité de représentants exclusifs des Catalans \u2014 au sens où c\u2019est l\u2019Assemblée nationale catalane qui décide de l\u2019indépendance de la Catalogne.Richard Gervais Sainte-Anne-des-Monts, le 3 mai 2014 LE DEVOIR LE MARDI 6 MAI 2014 A 7 IDEES ECOLES TT J.EOAT.es Il faut d\u2019abord adopter un régime juridique adéquat JEAN-PIERRE PROULX Journaliste et professeur retraité e vieux problème des «écoles» clandestines ou illégales est revenu la semaine dernière dans l\u2019actualité.Cette fois, il s\u2019agissait d\u2019une école hassidique.11 y a vingt ans déjà, c\u2019était le cas des écoles évangéliques.Pour régler ce problème, il convient avant tout de se doter d\u2019un régime juridique adéquat ce qui fait actuellement défaut.Cela est possible, car les normes générales concernant l\u2019éducation sont bien connues.Elles font partie à la fois du droit interne inscrit dans la Charte québécoise des droits et libertés et le droit international.Ces normes sont en résumé les suivantes : Les enfants ont le droit à une éducation en vue du plein épanouissement de leur personnalité.Les parents ont le devoir d\u2019assurer l\u2019obligation de fréquentation scolaire qui découle de ce droit.Les personnes et les groupes ont le droit de créer des établissements privés, notamment en raison de leurs convictions religieuses.Les écoles privées ont néanmoins l\u2019obligation de respecter les normes jninimales prescrites par l\u2019Etat en vue d\u2019assurer le droit à l\u2019éducation.Deux situations Cela dit, il y a lieu de distinguer deux situations qui appellent des solutions différentes : D\u2019abord, celle des écoles détenant déjà un permis ministériel, mais qui ne respectent pas les règles inscrites dans la loi et le régime pédagogique, en particulier à l\u2019égard des disciplines prescrites et les programmes i ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les écoles illégales hassidiques ont effectué un retour dans l\u2019actualité la semaine dernière.Il y a vingt ans, les mêmes problèmes touchaient les écoles évangéliques.ministériels qui s\u2019y rattachent.Ensuite, celle des écoles qui ne détiennent pas de permis et qui n\u2019en sont pas au sens de la loi sur l\u2019Enseignement privé.Dans le premier cas, le gouvernement doit se montrer ferme.11 doit, le cas échéant, négocier un contrat de mise aux normes dans des délais convenus et prévoir que son non-respect entraînera sans plus la révocation du permis.Auquel, l\u2019établissement va basculer dans la seconde catégorie.Dans le second cas, soit ce- lui des établissements sans permis ou clandestines, la sagesse commande de poursuivre non pas les parents, mais plutôt les individus et les organismes, qui organisent ces écoles.À terme, il faudrait pouvoir légalement apposer les scellés sur les bâtiments où elles logent, sinon les saisir.Cadre juridique Pour ce faire, les lois appropriées devront être adoptées après en avoir vérifié la légalité au regard des chartes québé- coise et canadienne en ce qui concerne la liberté de religion.Mais cela ne devrait pas soulever de difficulté.En effet, si la liberté de religion et de conscience y est garantie, on doit prendre aussi en compte le droit des enfants et les obligations des établissements privés.11 convient ici de rappeler cet article du Pacte international des droits politiques, économiques et sociaux des Nations unies auquel le Qu,ébec a souscrit: 1.\tLes Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à l\u2019éducation.Ils conviennent que l\u2019éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et du sens de sa dignité et renforcer le respect des droits de l\u2019homme et des libertés fonflamentales.[.] 2.\tLes Etats parties au présent Pacte reconnaissent qu\u2019en vue d\u2019assurer le plein exercice de ce droit: a)\tL\u2019enseignement primaire doit être obligatoire et accessible gratuitement à tous ; b)\tL\u2019enseignement secon- daire, sous ses différentes formes, y compris l\u2019enseignement secondaire technique et professionnel, doit être généralisé et rendu accessible à tous par tous les moyens appropriés et notamment par l\u2019instauration progressive de la gratuité; [.] , 3.\tLes Etats parties au présent Pacte s\u2019engagent à respecter la liberté des parents et, le cas échéant, des tuteurs légaux, de choisir pour leurs enfants des établissements autres que ceux des pouvoirs publics, mais conformes aux normes minimales qui peuvent être prescrites ou approuvées par l\u2019État en matière d\u2019éducation, et de faire assurer l\u2019éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs propres convictions.4.\tAucune disposition du présent article ne doit être interprétée comme portant atteinte à la liberté des individus et des personnes morales de créer et de diriger des établissements d\u2019enseignement, sous réserve que les principes énoncés au paragraphe 1 du présent article soient observés et que l\u2019éducation donnée dans ces établissements soit conforme aux normes minimales qui peuvent être prescrites par l\u2019État.La mise en place d\u2019un ré^me juridique adéquat constitue donc la première étape.Les citoyens doivent être au clair à cet égard.Ensuite viendra la mise en application d\u2019un tel régime.11 n\u2019entraînera probablement pas la fin totale de la désobéissance.L\u2019intégrisme religieux, quelle que soit la confession en cause, posera toujours des difficultés sociales.Mais ce nouveau régime, clair dans ses dispositions et ferme dans son application, obligera les parents et les communautés à réfléchir plus avant à l\u2019avenir de leurs enfants.Pour le reste, il faudra sans doute pratiquer la tolérance civique, tout en se montrant extrêmement vigilant.Le cynisme accompli Une nouvelle instance mène ce sentiment au-delà de ses propres limites, jusque dans la psychose paranoïaque.Cette instance, c\u2019est le « troll » politique.L MATHIEU ARSENAULT Auteur et critique.Anime le blogue Doctorak, GO! depuis novembre 2008.Son roman Vu d\u2019ici, paru aux Editions Triptyque en 2008, a été adapté pour le théâtre par Christian Lapointe en 2012.a commission Char-bonneau, le scandale des sénateurs conservateurs d\u2019Ottawa, la NSA qui a illégalement espionné un milliard de personnes, Rob Lord, l\u2019Italie de Silvio Berlusconi, la Russie de Poutine.Nous vivons une période politique particulièrement misérable.La politique n\u2019a plus rien de Ijrique.Quand l\u2019espoir n\u2019est pas bafoué par les dirigeants corrompus, il est matraqué dans les rues.Mais même les périodes lamentables ont ce petit quelque chose qui les rend singulières.Et la nôtre a peut-être ceci de particulier qu\u2019elle nous force à aller jusqu\u2019au bout de la question du cynisme.11 y a assurément un aspect grisant au cynisme, dans sa manière de toujours chercher une représentation limite au politique.La pensée cynique repère les contradictions entre l\u2019idée du politique et sa pratique et les exacerbe jusqu\u2019à provoquer l\u2019illusion de son effondrement.Le cynisme se nourrit du réel, de graves manquements à l\u2019éthique par exemple, mais uniquement dans le but de le pervertir.11 s\u2019empare d\u2019une amitié entre un Des Idées EN REVUES Chaque mardi.Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique afin qu\u2019ils présentent leur perspective sur un sujet qui les préoccupe ou dont ils traitent dans les pages de leur publication.Cette semaine, un extrait du dernier numéro de Liberté (n\u201c 303, printemps 2014).député et un homme d\u2019affaires et la généralise en collusion, puis reprend la collusion et î\u2019étend à tout un parti et ensuite à toute la classe politique dont le seul but serait de mettre en oeuvre le projet de voler les contribuables et de piller les ressources.Un tel discours avait autrefois du sens, lorsque le marxisme concevait le parlementarisme au sein d\u2019une logique de lutte des classes et en proposait la sortie dans son renversement révolutionnaire.Mais depuis l\u2019effondrement de la pensée marxiste, l\u2019opinion publique est laissée à elle-même avec cette logique mécanique qui tourne tout au tragique, et les champions du cynisme forment une sorte de mauvaise conscience de classe où le pouvoir a nécessairement torL sans pourtant que son renversement soit possible, ou même pensable.Le cjmisme est la conséquence dégénérée de l\u2019échec de la lutte des classes, d\u2019une lutte des classes qui au- LIBERTE Politiques culturelles L'héritage de Georges-Émile Lapalme Claude Corbo Jean PaulLAIIier Den a Vaugaois rait basculé dans la résignation du peuple à sa propre condition de dominé.Une fois assimilée l\u2019idée que la démocratie n\u2019est qu\u2019un discours creux masquant une entreprise de racket généralisée, quelle vérité reste-t-il à proférer pour le cynique, quelle jouissance pourra-t-il encore trouver qui lui évitera de prendre la mesure de son impuissance à l\u2019égard du pouvoir?Lorsque même la dénonciation a perdu le pouvoir de provoquer le scandale, il devient alors possible d\u2019entrevoir un au-delà du cynisme.Et cet au-delà, le nouvel éthos de l\u2019opinion publique, c\u2019est la paranoïa collective.Paranoïa Collectivement, nous avons définitivement perdu le contact avec la réalité.Et il ne s\u2019agit plus de savoir qui ment et qui dit la vérité.Les abus de pouvoir répétés, généralisés, banalisés des quinze dernières années ont fait en sorte qu\u2019il n\u2019y a plus de « dire vrai» possible aux yeux de l\u2019opinion publique.Tout est potentiellement un mensonge.La conspiration n\u2019est pas reconnue comme problème, elle n\u2019est même pas reconnue comme dévoilement de la vérité cachée du pouvoir dans l\u2019espace démocratique.Elle fait plutôt de la politique la promesse d\u2019un spectacle perpétuel de révélations, de scandales, de ùahisons, de passions et de vices démesurés.Sur ce mode, la politique n\u2019est pas qu\u2019un simple spectacle divertissanf elle est une tr^édie qui représente l\u2019impossibilité pour le peuple à déterminer par lui-même son devenir.Dans cette tragédie sans finalité, l\u2019opinion publique joue parfaitement bien son rôle de choeur.«C\u2019était donc vrai qu\u2019ils étaient tous pourris ! Ah que j\u2019ai bien fait de ne pas aller voter aux dernières élections ! » Mais ceux qui s\u2019en tiennent à ce discours sont déjà derrière en regard de cette nouvelle instance qui mène le cjmisme au-delà de ses propres limites, jusque dans la psychose paranoïaque.Et cette instance, c\u2019est le «troll» politique.11 y en a sur tous les réseaux sociaux, ils ont des noms complets ou des pseudonymes étranges, mais on ne peut jamais savoir s\u2019ils existent ou s\u2019ils ne sont que des canaux de propagande.Ils sont vindicatifs, souvent vicieux, ils pourrissent la discussion politique, mais ils maîtrisent suffisamment la néti-quette pour glisser entre les doigts des modérateurs des grands sites de nouvelles.Parce qu\u2019il ne cherche qu\u2019à provoquer et à pourrir l\u2019atmosphère, le troll politique est la figure accomplie du «tous contre moi» paranoïaque.11 n\u2019est plus pour lui question de raison ou de démocratie.11 n\u2019y a plus de vérité à dévoiler, de pouvoir à débusquer au nom de la vérité.Uniquement une violence de clan, sans rien à gagner au-delà, sauf peut-être la satisfaction immédiate face à l\u2019humiliation de l\u2019autre partie.Le troll antipé-quiste sait qu\u2019il ne peut gagner en défendant sa faction, alors il attaque le péquiste; et l\u2019antifé-déraîiste fait la même chose; le troll libertarien ne souhaite pas promouvoir les vertus du féodalisme à venir après l\u2019effondrement des structures publiques et la fin de la taxation, alors il se défoule avec rage sur toute action, toute décision gouvernementale.Y aura-t-il une fin à ce délire?Je n\u2019en vois présentement aucune.Le public vient tout juste de trouver un succédané paranoïaque à la jouissance que lui procurait autrefois le cynisme.Peut-être y aura-t-il un jour un au-delà positif de la paranoïa collective, mais d\u2019ici là, je crois que je vais continuer de me tenir loin des fils de commentaires des grands sites de nouvelles?Parce que je n\u2019ai pas la constitution pour supporter jour après jour ce peuple paranoïaque qui désire plus que tout sa propre domination.Des commentaires ?Des idées pour Des Idées en revues?Ecrivez à arobitaille@ledevoir.com Non au menottage numérique DLIre aussi > Le texte «Non au menottage numérique, oui à la légalisation du partage » par les membres du conseil d\u2019administration de PA-CIL pour l\u2019appropriation collective de l\u2019informatique libre.Extrait : «En ce mardi 6 mai 2014, Journée internationale contre les DRM, FACIL se joint à de nombreux citoyens et organismes à travers le monde pour protester contre les technologies de menottage numérique imposées au public par les gros joueurs des industries culturelles et technologiques.Selon ceux qui en font la promotion, la \u201cgestion numérique des droits\u201d (anglais: Digital Rights Management, ou DRM) ne sert qu\u2019à empêcher la copie non autorisée sur Internet Si ce n\u2019était que ça, peut-être n\u2019y aurait-il rien à redire, mais ce n\u2019est malheureusement pas le cas.La DRM est une ^pression mensongère qui désigne en fait la gestion des restrictions numériques, que les plus grands détenteurs de droits d\u2019auteur imposent au public, avec la complicité du secteur de l\u2019informatique et celui de la distribution en ligne.La gestion de ces restrictions se fait à l\u2019aide de dispositifs anticopies, de mécanismes d\u2019activation de licences, de contrôle des accès, de formats de fichiers incompatibles, de tatouage, etc., qui ne constituent rien de moins que le menottage numérique des utilisateurs d\u2019ordinateurs.[.] Les restrictions dites DRM ne sont ni plus ni moins que des antifonctionnalités dont le but est de contrôler, surveiller et étudier l\u2019utilisation que nous faisons des médias, au mépris de notre droit constitutionnel à la vie privée.» Sur LeDevoir.com L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine RobitaïUe (edîtonahste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel 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vêlent que, rue Saint-Denis, entre les autoroutes Métropolitaine et Ville-Marie, 21 cyclistes en moyenne ont été blessés chaque année \u2014 pour un total de 272 pour les 13 années visées \u2014 et que 32 piétons ont subi des blessures.La rue Sherbrooke est aussi une zone à risque puisque Ton y a dénombré 43 cyclistes et 77 piétons blessés par année, note le Morency.Comme ces données ne tiennent pas compte des interventions ambulancières, il s\u2019agit d\u2019un minimum qui pourrait être augmenté de 25% si on combine les données des deux sources, avance le Morency Par «artères», on entend des voies à fort débit de circulation, telles que la rue Sherbrooke, l\u2019avenue du Parc, la rue Jean-Talon, l\u2019avenue Papineau ou la rue Saint-Denis.Aménagements réclamés Faut-il tenter de dissuader les cyclistes et les piétons d\u2019emprunter ces artères pour les inciter à utiliser des rues moins fréquentées ?Non, rétorque le D*^ Morency en rappelant que le «paradigme dominant du XX^ siècle» visait un classement hiérarchique des routes au sommet duquel trônait l\u2019autoroute (ou l\u2019artère en milieu urbain) afin de réduire l\u2019accès des piétons et des cyclistes aux voies les plus fréquentées.«Je crois qu\u2019il va y avoir de plus en plus de cyclistes sur les artères qui ont une vocation à la fois commerciale et résidentielle, dit-il.Sortir les cyclistes des artères n\u2019est pas une bonne idée, à moins de vouloir reculer de 50 ans.Il faut au contraire adapter les artères aux vélos, ce qui peut impliquer dans certains cas de réallouer une partie de la chaussée aux vélos.» Montréal s\u2019est taillé une place enviable en ce qui a trait à la place faite au vélo.La DSP estime que le temps est venu pour les autorités de se pencher sur des aménagements plus conviviaux sur les artères de la métropole.Les grandes artères figurent d\u2019ailleurs en tête de liste des voies où des aménagements cyclables sont réclamés.Dans le cadre d\u2019une étude sur le cyclisme réalisée l\u2019an dernier, Gabriel Damant-Sirois, candidat à la maîtrise en urbanisme à l\u2019Université McGill, a sondé les cyclistes : 22% des 1008 répondants ont cité le boulevard Saint-Laurent comme l\u2019artère ayant le plus besoin d\u2019une piste ou d\u2019une bande cyclable.Suivent la rue Sherbrooke (10%), l\u2019avenue du Parc (7 %), la rue Saint-Denis (7 %) et le boulevard de Maisonneuve, à l\u2019est de Berri (4%).Passages piétonniers La pression augmente sur le Canadien Pacifique (CP) pour ouvrir des passages pour piétons et vélos le long de la voie ferrée qui traverse le centre de l\u2019île de Montréal.Le débat a d\u2019ailleurs franchi une nouvelle étape, puisque l\u2019Office des transports du Canada (OTC) a convoqué la Ville de Montréal et le CP à une séance de médiation de deux jours, les 28 et 29 mai.La Ville tente sans succès depuis cinq ans de forcer le CP à aménager six passages à niveau le long de ce chemin de fer qui sépare le Plateau Mont-Royal de Rosemont-La Petite-Patrie.C\u2019est à cause de la présence de cette voie ferrée que les cyclistes doivent franchir les «tunnels de la mort».«Les citoyens réclament ces passages à niveau, et franchissent la voie ferrée de toute façon par des endroits non sécuritaires.La halle est dans le camp du CP, qui doit répondre aux besoins de la population», dit Aref Salem, responsable des transports au comité exécutif de la Ville.Montréal est prête à payer à parts égales avec le CP la facture d\u2019aménagement des passages à niveau.Il s\u2019agirait de passages au sol, relativement peu coûteux, et non de passerelles au-dessus des voies ferrées.Des citoyens passent déjà par des trous «illégaux» dans les clôtures qui longent la voie ferrée.Plusieurs ont reçu des contraventions de 146 $ de la « police du CP » pour avoir franchi illégalement la voie ferrée.Le CP «coopère pleinement» avec l\u2019OTC, dit Ed Greenberg, porte-parole de la société ferroviaire, dans un courriel au Devoir.Il a refusé de répondre à nos questions sur les intentions du CP.De son côté, l\u2019Office des transports a expliqué que la médiation est un processus volontaire et confidentiel qui permet aux parties de se rapprocher d\u2019un règlement négocié, avant que l\u2019Office impose une décision.Les parties ont 30 jours pour parvenir à une entente, après le renvoi du dossier en médiation.Plusieurs organismes montréalais ont augmenté lundi la pression sur le CP pour l\u2019aménagement de passages pour vélos et piétons, dont le Centre d\u2019écologie urbaine de Montréal, le Conseil régional de l\u2019environnement de Montréal, Vélo Québec et Vivre en ville.Vélo fantôme Une semaine après le décès de la cycliste Mathilde Blais, morte heurtée par un camion sous un viaduc ferroviaire de la rue Saint-Denis, près de 400 personnes ont pris part lundi matin à une cérémonie à sa mémoire.Les participants à la cérémonie, dont une quinzaine d\u2019élus, ont installé un «vélo fantôme» tout blanc pour rappeler aux passants le terrible accident qui a emporté la cycliste de 33 ans.En soirée, un autre rassemblement a réuni environ 150 personnes en présence du ministre des Transports, Robert Poëti.Le Devoir Un Code à respecter En attendant une révision du Code de la sécurité routière pour mieux encadrer la relation vélo-auto, le respect de quelques dispositions du Code actuel permettrait déjà d\u2019assurer une plus grande sécurité, rappellent les autorités.Rappel en trois points.Article 341.Un conducteur de véhicule routier ne peut dépasser un vélo à l\u2019intérieur de la même voie de circulation si l\u2019espace n\u2019est pas suffisant pour permettre le dépassement sans danger.Dans ses documents d\u2019information, la SAAQ indique de laisser un espace d\u2019environ 1 mètre en milieu urbain, et 1,5 mètre en milieu rural.Article 430.Avant d\u2019ouvrir la portière d\u2019un véhicule routier, le conducteur doit s\u2019assurer qu\u2019il peut effectuer cette manœuvre sans danger.L\u2019amende prévue en cas d\u2019infraction est de 30$.Article 349.Le conducteur d\u2019un véhicule routier (ou d\u2019un vélo) qui effectue un virage à une intersection doit céder le passage aux piétons et aux cyclistes qui traversent la chaussée qu\u2019il s\u2019apprête à emprunter.Guillaume Bourgault- Côté DEPUTE SUITE DE LA PAGE 1 d\u2019esplanade des mosquées, et adjacent au mur des Lamentations, dans la vieille ville de Jérusalem.Ses diverses prises de position, notamment en faveur de l\u2019annexion de la Cisjordanie et de Gaza, ainsi que du retrait d\u2019une bonne partie des droits dont jouissent actuellement les quelque 1,6 million d\u2019Israéliens arabes, ont fait dire à certains membres de la communauté juive torontoise qu\u2019il n\u2019aurait pas dû être admis au Canada.«Étant donné les positions extrêmement racistes et antidémocratiques de Feiglin et l\u2019histoire violente ainsi que la nature terroriste confirmée de la Jewish Defence League, les Voix juives indépendantes demandent au service frontalier canadien de refuser l\u2019entrée au pays de Moshe Feiglin», écrit dans un communiqué Sheryl Nas-tel, membre du comité de direction des Voix juives indépendantes.Ayant appris trop tard la venue du député Feiglin, cette organisation doit cependant se contenter d\u2019«alerter le public canadien».Les Voix juives indépendantes se définissent comme «une organisation nationale des droits humains [.] ayant pour mandat de promouvoir une résolution juste et équitable au conflit israélo-palestinien».En 2008, le parlementaire israélien avait été interdit de sé- MENAHEM KAHANA AGENCE ERANCE PRESSE Moshe Feiglin s\u2019était porté candidat à la direction du Likoud en 2012.jour au Royaume-Uni.Moshe Feiglin a fondé son mouvement en réaction aux accords d\u2019Oslo, qui ont été signés en 1993 entre l\u2019Etat d\u2019Israël et l\u2019Organisation pour la libération de la Palestine de Yasser Arafat, et qui prévoyaient l\u2019établissement d\u2019un Etat palestinien en Cisjordanie et dans la bande Gaza.Uaile droite du Likoud Il s\u2019est déjà prononcé en faveur de l\u2019annexion pure et simple de ces territoires occupés par Israël depuis juin 1967, dont les habitants arabes seraient incités à émigrer vers d\u2019autres pays.Il a également suggéré que les Israéliens arabes ne devraient plus jouir de la pleine citoyenneté.«D\u2019une certaine façon, il exprime ouvertement certains des sentiments que bien des gens au Likoud n\u2019expriment pas aussi ouvertement, pour diverses raisons», croit Sheryl Nastel, contactée par téléphone lundi.« Ce gars est très controversé.Il a des idées qui sont très à droite dans l\u2019éventail politique israélien.Il fait partie de l\u2019aile droite du Likoud, estime Harold Waller, professeur de science politique à l\u2019Université McGill.Il attire beaucoup l\u2019attention avec ses déclarations originales.» «La JDL se situe très à droite par rapport aux communautés juives nord-américaines.Ce n\u2019est donc pas très surprenant qu\u2019il y ait une affinité» entre elle et M.Feiglin, selon M.Waller, qui s\u2019oppose cependant à l\u2019idée d\u2019empêcher le député de venir au Canada pour y prendre la parole.Moshe Feiglin, qui s\u2019était porté candidat à la direction du Likoud en 2012, avait d\u2019abord été invité par le Toronto Zionist Council, mais ce dernier a ensuite accepté que la Jewish Defence League cosponsorise l\u2019événement, précise le Jerusalem Post dans un article consacré au périple canadien du député.La JDL a été fondée en 1968 par l\u2019Américain Meir Kahane, qui a ensuite créé le parti Kach en Israël deux ans plus tard.L\u2019Etat hébreu a interdit cette dernière formation en 1994, y voyant une menace à sa sécurité.Même si la JDL dit condamner le terrorisme, plusieurs de ses membres ont été mêlés à des complots ou à des attaques terroristes, aux États-Unis et ailleurs, dont le massacre du caveau des Patriaches à Hébron en 1994.Le FBI a placé le groupe sur sa liste noire en 2001.Il semble qu\u2019aujourd\u2019hui, le gouvernement américain le décrive plutôt comme «une ancienne organisation terroriste».La Jewish Defence League a récemment noué des liens avec des partis ultranationalistes antimusulmans en Europe, dont l\u2019English Defence League.Le Devoir COUILLAED SUITE DE LA PAGE 1 sur le projet de loi, on les rendrait publics.Là, il n\u2019y en a pas», a-t-elle précisé.Pas question de dévoiler les avis juridiques portant sur des éléments spécifiques du projet de loi 60.«Non, ils ne seront pas rendus publics», a affirmé Marie-Pier Richard.En campagne électorale, Philippe Couillard n\u2019avait pas fait ce genre de distinction, s\u2019engageant à dévoiler le ou les avis juridiques portant sur la charte de la laïcité.«En toute transparence, effectivement, lorsqu\u2019on arrivera au gouvernement, si les Québécois nous font confiance, ces avis seront publiés», avait déclaré le chef libéral le 4 avril.Dans une lettre rédigée à la demande de la ministre de la Justice le 30 avril dernier et rendue publique par cette dernière, la sous-minis-tre M® Nathalie G.Drouin écrit qu\u2019«f/ n\u2019y a eu aucun avis juridique formel rédigé par le ministère de la Justice sur la constitutionnalité et la légalité de l\u2019ensemble des dispositions du projet de charte de la laïcité».Dans cette lettre finement ciselée, la sous-ministre évite toutefois d\u2019affirmer qu\u2019il existe ou non des avis juridiques sur des éléments du projet de loi 60.Une règle non écrite de l\u2019institution qu\u2019est le ministère de la Justice veut que le gouvernement ne rende pas publics ses avis juridiques ni ne confirme s\u2019ils existent ou non.La sous-ministre reconnaît en revanche que les juristes du ministère ont été consultés sur des questions touchant la charte de la laïcité, comme l\u2019égalité entre les femmes et les hommes, la liberté de religion et le recours à la clause dérogatoire.Mais elle ne précise pas si ces consultations se sont conclues par la rédaction d\u2019opinions juridiques.Mardi, le ministre péquiste qui était responsable de la charte de la laïcité, Bernard Drain-ville, tiendra une conférence de presse pour répliquer aux affirmations de Stéphanie Vallée qui a accusé le gouvernement péquiste d\u2019avoir «manqué de sérieux» en présentant le projet de loi 60 sans avoir fait «un travail rigoureux».Lundi, l\u2019ancien ministre a refusé d\u2019avoir un entretien avec Le Devoir à ce sujet.Lavis d\u2019Henri Brun Outre des avis juridiques produits par le ministère de la Justice, le gouvernement Marois avait en main l\u2019avis d\u2019Henri Brun, un document de sept pages dont Le Devoir a obtenu copie.Ainsi, le juriste ne s\u2019est pas contenté de livrer oralement son avis.Cet avis porte sur le mémoire, daté du 8 avril 2013 et présenté par Bernard Drainville au Conseil des ministres.Ce mémoire concernait non pas le projet de loi 60, mais le projet de charte des valeurs qui l\u2019a précédé.Dans cet avis juridique, Henri Brun, tout en approuvant les orientations gouvernementales, se montre critique de certains éléments qui se sont retrouvés, par la suite, dans le projet de loi 60.C\u2019est le cas du terme «ostentatoires», associé aux signes religieux, qu\u2019il suggère de remplacer par «visibles».De plus, l\u2019interdiction faite à tous les fonctionnaires de porter des signes religieux ostentatoires lui apparaît trop large.«On peut toujours penser, enfin, que l\u2019application de la norme à tous les fonctionnaires tout comme le choix de la visibilité pourraient être jugés invalides parce que ne portant pas à la liberté de religion une atteinte minimale.Les tribunaux ont tendance à préférer l\u2019imprécision à l\u2019intrusion», écrit le juriste.Henri Brun estime que la charte de la laïcité aurait eu des chances de passer avec succès le test des tribunaux, la jurisprudence de la Cour suprême ayant évolué depuis peu «de manière à permettre au gouvernement du Québec de prétendre de façon assurée que les orientations que révèle le présent mémoire sont constitutionnellement valides».A la fin de son avis, l\u2019expert émet toutefois de sérieuses réserves: «Mais dans tous les cas, bien sûr, les tribunaux pourraient parvenir à la conclusion que la mesure, telle que retenue, est trop intrusive en ce qu\u2019elle porte atteinte à la liberté de religion plus qu\u2019il n\u2019est raisonnablement nécessaire de le faire.Ainsi va le chartisme.» Le Devoir PAYETTE SUITE DE LA PAGE 1 René Lévesque, en 1976, rien n\u2019est acquis.«Nous étions 5 femmes et 100 hommes.Personne n\u2019avait remarqué.Imaginez le portrait contraire», rappelle-t-elle.Aujourd\u2019hui, le combat doit se poursuivre, d\u2019où l\u2019idée un peu «folle», dit M\u201c® Payette, d\u2019un sommet.Elle dit être en contact avec plusieurs jeunes femmes au sein du Parti québécois qui seraient prêtes à mettre l\u2019idée en marche.«Il y a urgence de transmettre l\u2019expérience de celles qui ont fait de la politique.Quand ces femmes-là partent, on n\u2019entend souvent plus parler d\u2019elles.Je pense qu\u2019à travers un regroupement comme ça, on pourrait transmettre l\u2019information, se préparer.» Elle vise, si tout va bien, l\u2019automne.Elle rêve que des centaines de femmes participent.«Il faut que ce soit motivant pour attaquer ce qui s\u2019en vient», dont la reconstruction du PQ d\u2019ici aux prochaines élections.«Il faut dire à voix haute ce que les femmes se racontent entre elles sur leur expérience politique.Expliquer comment nous pouvons faire de la politique autrement.» Un 7 avril douloureux Si Lise Payette croit ce sommet nécessaire, c\u2019est qu\u2019encore aujourd\u2019hui, on «tolère» les femmes en politique, mais on ne «les accepte pas».Elle déplore le double standard qui s\u2019applique: «Exige-t-on d\u2019un homme qu\u2019il ait occupé 14 ministères, comme Pauline Marois, pour devenir chef de parti ?Jamais de la vie», s\u2019insurge-t-elle.Selon elle, il y a présentement un «ressac», qui lui laisse croire que bien des années pourraient s\u2019écouler avant qu\u2019une autre première ministre prenne la tête du Québec.«Je pense que ce sera très long.Je ne le verrai pas [de mon vivant].Le PQ lui-même ne voudra pas d\u2019une autre femme à sa tête pour l\u2019instant», prédit-elle, en le déplorant.La défaite du 7 avril fut douloureuse pour Mme Payette, comme pour bien des péquistes.Mais il lui fut encore plus particulièrement difficile de voir perdre Pauline Marois.« C\u2019est une femme que j\u2019aime et que je respecte.Surtout que c\u2019est moi qui ai semé la graine auprès d\u2019elle.» C\u2019est lorsqu\u2019elle était directrice de cabinet de Mme Payette que M\u201c® Marois a fait le grand saut en politique active.«Je l\u2019ai vue s\u2019entêter, se faire faire la vie dure.Elle a fait un véritable chemin de Compostelle avant d\u2019arriver au pouvoir.» Alors que la souveraineté se trouve à la croisée des chemins, il faut regarder en avant, exhorte M\u201c® Payette.Pour elle, il n\u2019est pas utile de «regarder dans le rétroviseur les erreurs qui ont pu être faites».«La souveraineté du Québec va nécessiter l\u2019union de toutes les forces», croit Mme Payette, qui n\u2019a pas hésité à appuyer la candidature de Pierre Karl Péladeau, même si elle avait pris fait et cause pour les journalistes lors du lockout au Journal de Montréal.«Ce n\u2019est pas nécessaire qu\u2019on partage tous les mêmes idées.C\u2019est ça, une coalition !» L\u2019histoire se souvient difficilement des femmes, observe M\u201c® Payette.C\u2019est pour cette raison qu\u2019un peu avant le tournant des années 2000, elle avait décidp de coucher sa vie par écrit, en trois tomes.Épuisés depuis, les livres continuaient de faire l\u2019objet de demandes, surtout depuis la sortie du documentaire coréalisé par sa petite fille, Flavie Payette-Renouf «Des bibliothèques me téléphonaient, car des lecteurs étaient prêts à attendre des mois pour lire les trois tomes !», raconte M\u201c® Payette, quasi étonnée.Elle s\u2019est donc replongée dans son passé, encore une fois, pour présenter cette édition en un volume.Elle y écrit qu\u2019elle aurait aimé léguer un pays aux générations suivantes.Mais, à défaut, écrit-elle dans l\u2019épilogue rédigé spécialement pour la réédition, «j\u2019aurai fait de mon mieux pour que la vie des femmes soit vraiment améliorée et qu\u2019elles occupent enfin la place qui leur revient de droit».Le Devoir DES FEMMES D\u2019HONNEUR Lise Payette Québec Amérique, 2014, 724 pages LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir corn CO sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au telephone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir corn Par telecopieur\t514\t985-3360 Publicité Au telephone\t514\t985-3399 Extérieur 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