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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-05-17, Collections de BAnQ.

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[" ARTS LETTRES LES 20 ANS DU OALQ Stéphan La Roche met en forme le «CALQ 2.0» Page G 3 ik Vingt ans de soutien aux créateurs et organismes culturels Page G 6 Hélène David reprend le flambeau d\u2019Athanase David '1 Page G 7 2,.*5# 'i '' CAHIER THEMATIQUE G > LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2014 J r.SOURCE FESTIVAL DU NOUVEAU CINEMA Une scène tirée du film La route des deux, réalisé par Jean-Pierre Lefebvre.Le cinéaste a reçu du CALQ une bourse de carrière à l\u2019intention des scénaristes et réalisateurs en 2009-2010.LUCIEN LISABELLE Projet de murale pour le marché Metro de Val-David, par René Derouin, lauréat de la bourse de carrière pour les années 1998-2000.En 1992, le projet de loi 58 Il revint à Liza Frulla l\u2019honneur de déposer à l\u2019Assemblée nationale le texte à l\u2019origine du CALQ Lauréats.Elles et ils le furent.Le Conseil des arts et des lettres du Québec instaurait en 1998, six ans après que la loi qui établissait sa création eut été adoptée, un programme de bourses de carrière.De Marie-Claire Blais, cuvée 1998, à Gilbert Poissant, heureux lauréat en 2014, nombreux furent-ils à recevoir une aide de longue durée pour avoir été reconnus par un travail exceptionnel.Mais un conseil des arts est beaucoup plus qu\u2019une simple officine de bourses.Les vingt années d\u2019existence du CALQ en font la preuve.MICHAEL SLOBODIAN La chorégraphe et danseuse contemporaine Margie Gillis a remporté une bourse de carrière du CALQ pour l\u2019année 2000-2002.NORMAND THERIAULT Recherche.Un maître mot dans tous les domaines, qu\u2019on soit en sciences, en industrie ou en exploration de la pensée ou de la connaissance.Tous, même les gouvernements, aussi conservateurs soient-ils, s\u2019entendent pour admettre que sans innovation créée par la recherche, une société stagne.Aussi, quand, en 1998, le Conseil des arts et des lettres du Québec établit un programme de soutien aux artistes qui permettait, les subsides étant accordés sur deux années, de poursuivre en profondeur un travail de création, nombreux furent-ils à déposer un dossier.Mais, à ce jour, la liste ne compte que 42 élus, dont les Jean-Pierre Lefebvre, cinéaste, Margie Gillis, du monde de la danse, et René Derouin, artiste visuel et, à sa façon, animateur culturel.Car toute discipline est admise : cinéma, littérature, métiers d\u2019arts, arts visuels, théâtre, architecture, musique, arts médiatiques.Et ce 42, on le voit, est finalement un petit nombre, et un «beaucoup d\u2019appelés et peu d\u2019élus » ici prévaut.Des bourses aux artistes, certes, mais un conseil des arts comme le CALQ a un mandat beaucoup plus vaste.Ce que constate une Hélène David, une nouvelle élue qui vient d\u2019être titularisée comme ministre de la Culture et des Communications, elle qui voit les réalisations passées de l\u2019organisme : «Le CALQ a fait preuve d\u2019une grande équité entre les grandes villes et les régions de la province.Ce n\u2019est pas banal pour les artistes à l\u2019extérieur des centres urbains d\u2019étre ainsi soutenus, ni pour le public d\u2019avoir accès à une offre culturelle intéressante en région.» Car si le CALQ soutient le travail individuel, il est aussi souvent premier intervenant pour appuyer les organismes et les compagnies qui mettent en scène, en images et en mots le travail de création.Et la ministre alors de retenir que «selon les données du CALQ, il se donne six spectacles québécois par jour à l\u2019étranger».Résultat: «Avec le CALQ, le Québec s\u2019est doté d\u2019un levier extraordinaire pour permettre l\u2019épanouissement de notre culture ici et ailleurs dans le monde.» Mais un tel conseil ne peut connaître une création instantanée, et les « ancêtres » cultu- rels tels les COZIC, Monic et Yvon ont sûrement encore en mémoire ces années où tout le milieu en faisait la demande.Et Gérald Grandmont, qui fut sous-ministre sous Clé-ment Richard \u2014 nous sommes dans les années 1980 \u2014 se souvient de réclamations à cet effet: «Ce qu\u2019on avait constaté, c\u2019est que même s\u2019il y avait eu quelques personnes dans le milieu qui en souhaitaient un [conseil], Vidée n\u2019était pas vraiment mûre.» Mais «dix ans plus tard, l\u2019idée était mûre».Il reviendra donc à Liza Erulla l\u2019honneur de déposer en 1992 le projet de loi 58, qui fut adopté par l\u2019Assemblée nationale : un Conseil des arts et des lettres québécois était ainsi créé en décembre.Et seize mois plus tard, un 1'\"' avril, nous sommes en 1994, des locaux sont inaugurés à Québec: la prise de possession d\u2019un espace montréalais suivra.Et le premier conseil tient JACQUES GRENIER LE DEVOIR Une œuvre de l\u2019artiste René Derouin.presque du cénacle quand on voit qui siège sous la férule d\u2019un Guy Morin, premier président-directeur général: Jean-Claude Germain, Melvin Charney, Elise Paré-Tousignant, Godefroy-M.Cardinal, Marie Laberge, Ginette Laurin, Gilles Maheu, Jo-vette Marchessault, Monique Mercure, Luc Plamondon, Guy Rodgers et William St-Hilaire.Transformation Mais le Conseil se transforme.Et si, au dernier décompte, tout l\u2019art, et l\u2019activité de soutien qui l\u2019accompagne, s\u2019organisait selon une classification faite en partage sous 14 disciplines artistiques (qui parlaient en effet de l\u2019art du cirque en ces temps-là), voilà qu\u2019on opère maintenant une transformation radicale.«J\u2019ai consulté l\u2019ensemble des employés et les milieux artistiques pour savoir comment le CALQ pourrait mieux répondre à leurs besoins, nous raconte Stéphan La Roche, actuel président-directeur général, lui qui succède dans un tel poste aux Marie Lavigne, Marie-Claire Lévesque et Yvan Gauthier.En septembre, une restructuration a été implantée.Maintenant, nous avons trois champs d\u2019intervention : création, production, diffusion.» Aussi, quand l\u2019art évolue, le qualificatif « multidisciplinaire » souvent le décrivant, le CALQ, lui, veut correspondre à cette réalité: «Le CALQ a 20 ans, nous souhaitons qu\u2019il se transforme en CALQ 2.0! dit ainsi notre p.-d.g.Grâce à sa nouvelle structure, nous souhaitons qu\u2019il soit plus en phase avec les milieux, plus accessible, plus interactif et qu\u2019il continue à bouger, à s\u2019adapter aux nouvelles réalités.» Ce qui demeure toutefois est que, si l\u2019organisme fonctionne à équipes réduites (ne compte-t-on pas moins de 80 employés pour gérer et faire vivre une entreprise dont le budget dépasse les 90 millions?), on doit admettre qu\u2019il navigue dans des eaux calmes, le milieu artistique le soutenant.Vingt ans déjà.Et ce Québec culturel dont on est fier, quand un Lepage triomphe, un Laferrière siège en auguste assemblée ou une Le-cavalier fait vibrer une salle, que serait-il aujourd\u2019hui sans ce CALQ?Demandez-vous-le.Et si la même question était posée aux artistes, boursiers ou non, sans doute que tous répondraient: «On le veut encore plus grand.» Le Devoir G 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2014 ARTS ET LETTRES IL Y A 20 ANS « La ministre a littéralement donné carte blanche au Conseil » Aux Plamondon, Mercure, Germain, Laberge, Maheu et aux autres de répondre ! Le 21 décembre 1992, le gouvernement du Québec adoptait la loi 53 sur le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).Si rinstitution a depuis longtemps fait ses preuves, à l\u2019époque, le cadre flou qui l\u2019entourait ne laissait pas forcé- / ment présager le succès.Elise Paré-Tousignant, membre du premier conseil d\u2019administration du CALQ, se souvient.EMILIE CORRIVEAU C?est en lisant un éditorial de Mme Lise Bisson-nette, alors directrice du Devoir, que Mme Paré-Tousi-gnant apprend que le CALQ serait créé.Alors professeure à l\u2019École de musique de l\u2019Université Laval, elle se fait la réflexion que cela aurait peut-être pour effet de calmer les angoisses du milieu culturel, qui souhaite depuis un bon moment déjà qu\u2019un organisme soit chargé de gérer l\u2019ensemble des interventions du gouvernement.Une visite de Liza Frulla Happée par le brouhaha de sa vie quotidienne, elle passe rapidement à un autre appel et ne repense plus au Conseil.jusqu\u2019au jour où, à la fin août 1993, alors qu\u2019elle est en pleine réunion du Domaine Forget, une corporation à but non lucratif pour laquelle elle assume les fonctions de directrice artistique, elle reçoit la visite de la ministre de la Culture et des Communications, M\u201c® Liza Frulla.« C\u2019était une belle soirée d\u2019été à Charlevoix, se rappelle Mme Paré-Tousignant.J\u2019étais en réunion et je n\u2019attendais personne.Liza Frulla Élise Paré-Tousignant s\u2019annonce en disant qu\u2019elle avait une bonne nouvelle à partager.Il y avait probablement quelqu\u2019un qui était au courant dans la salle, mais moi, non.Elle explique ce qu\u2019elle attend du Conseil et termine en disant qu\u2019elle aimerait que je fasse partie de son conseil d\u2019administration.Je me souviens de l\u2019air de mes collègues.Le fait que la ministre vienne chercher leur directrice les avait beaucoup impressionnés.Ça les avait rassurés aussi, parce que ça montrait que M\u201d\" Frulla avait le désir de représenter les régions.» Première rencontre N\u2019ayant aucune idée de qui avait recommandé sa candidature ni de pourquoi la ministre la choisissait elle plutôt qu\u2019une autre, M\u201c® Paré-Tousignant accepte de relever le défi.Et celui-ci est de taille, car tout est à faire ! «Je me souviens très bien de la première rencontre du Conseil, indique l\u2019ancienne membre du C.A.Guy Morin, qui est le président-directeur général de l\u2019époque, nous convoque à une première réunion.Il y a des têtes d\u2019affiche (Luc Plamondon, Monique Mercure, Jean-Claude Germain, Marie Laberge, Gilles Maheu, etc.) et des gens I Guy Morin, p.-d.g du CALQ, Jean-Claude Germain, vice-président Jean-Paul L\u2019Allier, lors de l\u2019inauguration du siège social du CALQ, CHRISTIAN BIBEAU du C.A., la ministre Liza Frulla et le maire de la ville de Québec, en 1994.qui, comme moi, sont bien implantés dans leur milieu, mais qui sont un peu moins connus.On commence par se présenter, et ensuite, on discute de la direction qu\u2019on souhaite prendre.Croyez-moi, ce n\u2019est pas une mince tâche, parce que la ministre a littéralement donné carte blanche au Conseil!» Par carte blanche, M\u201c® Paré-Tousignant fait référence au fait que la ministre de la Culture et des Communications a décidé de laisser au CALQ le soin de définir lui-même ses régies de fonctionnement et d\u2019opération.Le mandat du Conseil est relativement clair: il exerce ses attributions dans K-ARTS DU QUEBEC USEE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTREAE QUE ET D'Af^\tD lOTHÈQUE ET /vRcBiV^NLvTI^^veI^lVueKC MUSEE NATIONAE DE, RÉGIE DU CINÉM>^^Q \\IN DE MQNTRÉAL\u201d^^™ RVATOIRE DE MUSIQUE ET D'ART TÉLÉ-QUÉBEC A CONSERVATOIRE DE MUSIQUE ET D\u2019/\\RT DIC\\M/vlIQUE D SQDEC\tGRAND THÉÂTRE DE QUÉBL R/rxIl \u20191 -tAI RE DE LIŒ HEC .1 ¦\t[S DU QUEBEC IX.^BI S DU PLACE DES ARTS LEC\t-UUbb L DES BEAUX-AR' ÉE NATIONAL DES BEAli CQNSERVATQIRE DE BIBEIOTHÈQUE fl MUS CONSERVATOIRE DE MUSIQU D THEATRE DE QUEBEC S NATIQNALES DU QUEBEC « Le Conseil des arts et des lettres du Québec constitue une richesse collective en soutien aux artistes et aux organismes culturels qui expriment l'essence de l'identité québécoise.Il fait partie de ces organisations exemplaires qui ont donné un puissant élan à la culture québécoise.» Hélène David Ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française CIVII.T -AL SODEC T ARCHIVES NATIONAEES DU QUEBEC ES BEAUX-ARTS DU QUEBEC TELE E ET D\u2019ART DRAMATIQUE DU QUE Québec 0 O les domaines des arts visuels, des métiers d\u2019art, de la littérature, des arts de la scène, des arts multidisciplinaires et des arts médiatiques, ainsi qu\u2019en matière de recherche architecturale.Il a pour objet de soutenir, dans toutes les régions du Québec, la création, l\u2019expérimentation et la production, et d\u2019en favoriser le rayonnement à travers la province.Il doit également soutenir le perfectionnement des artistes.Mais la loi qui l\u2019encadre n\u2019indique pas comment il doit s\u2019organiser pour y parvenir.«La première année a constitué tout un défi d\u2019organisation, note M\u201c® Paré-Tousignant.Les deux choses qui ont occupé le plus de notre temps cette année-là, c\u2019est de rencontrer les employés potentiels et de trouver des locaux.» Migration Comme la loi prévoit que les employés du ministère de la Culture, dont les tâches sont susceptibles de relever désormais du CALQ, ont la possibilité de migrer vers le Conseil ou de demander leur mutation dans un emploi de la fonction publique, M\u201c® Paré-Tousignant et ses collègues doivent passer des dizaines de fonctionnaires en entrevue pendant plusieurs semaines.«On ne pouvait pas les forcer à se joindre au Conseil, relève l\u2019ancienne membre du C.A.Il fallait leur expliquer notre vision et leur demander de choisir entre le Conseil et le ministère.Tout ça s\u2019est fait parallèlement à la recherche de locaux.Ce n\u2019était pas évident! D\u2019autant plus qu\u2019il fallait faire le suivi des dossiers qui avaient été traités par le ministère.Les gens avaient fait des demandes de subvention.Il n\u2019était pas question que ces dossiers-là tombent entre deux chaises!» Nouvelle direction A la suite de cette période d\u2019organisation, les premières années du Conseil sont vouées à gagner la confiance des mi- Le Conseil a pour objet de soutenir, dans toutes les régions du Québec, la création, l\u2019expérimentation et la production, et d\u2019en favoriser le rayonnement lieux des arts et des lettres et à la structuration de ses programmes.L\u2019arrivée de Marie Lavigne au poste de présidente-directrice générale du Conseil fait beaucoup pour l\u2019institution.«L\u2019arrivée de Marie a apporté un nouvel éclairage, dit M\u201c® Paré-Tousignant.La transition s\u2019est faite de manière harmonieuse et ça a permis au Conseil de passer à une autre étape.Les structures étaient en place et les objectifs définis, mais il ne fallait pas en rester là.Marie a joué un grand rôle dans la communication auprès du milieu pour faire connaître l\u2019évolution du Conseil.Parce que le Conseil est toujours en évolution.Ce n\u2019est pas une structure statique, elle doit être mouvante.Grâce notamment au travail de Marie, le Conseil a pris son erre d\u2019aller et n\u2019a jamais ralenti depuis.» Constance Ayant quitté le CALQ à la fin des années 1990, alors que M\u201c® Lavigne était toujours présidente-directrice générale du Conseil, M\u201c® Paré-Tousignant n\u2019a jamais cessé de suivre l\u2019évolution de l\u2019institution.Si ce n\u2019avait été du règlement qui ne permettait pas à l\u2019époque que les membres du C.A.y poursuivent plus de deux mandats, elle aurait probablement continué son action pendant quelques années.Aujourd\u2019hui, Mme Paré-Tousignant jette sur l\u2019institution un regard empreint de fierté et d\u2019admiration pour le travail de ses successeurs : «La création de ce Conseil, c\u2019était tout un événement! Les vingt années de l\u2019organisation ont été traversées avec une constance remarquable.Je regarde l\u2019évolution du CALQ et je trouve ça extraordinaire.Il est comme une bonbonne d\u2019oxygène pour le milieu des arts.Je suis très fière d\u2019avoir participé à ça, d\u2019avoir contribué au développement de la vie culturelle du Québec.» Collaboratrice Le Devoir {{Les vingt années de l\u2019organisation ont été traversées avec une constance remarquable.Je regarde l\u2019évolution du CALQ et Je trouve ça extraordinaire.Il est comme une bonbonne d\u2019oxggène pour le milieu des arts.)) Élise Paré-Tousignant LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2014 G AR.TS ET LETTR.es DIRECTION GENERALE Une « locomotive » pour le milieu artistique L\u2019interdisciplinarité en art explique l\u2019abolition des programmes réservés aux diverses disciplines À l\u2019occasion du 20® anniversaire du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), Stéphan La Roche, président-directeur général, dresse le bilan et lève le voile sur les perspectives d\u2019avenir.MARTINE LETARTE Il y a les bourses aux artistes et les subventions aux organismes, mais aussi, les studios et résidences d\u2019artistes à l\u2019étranger, ainsi que les programmes régionaux.Par différentes stratégies, le CALQ soutient la création artistique sur le territoire du Québec dans une perspective de développement et de rayonnement ici et à l\u2019étranger.«La création du CALQ, indépendant par rapport aux politiques, a engendré un travail de concertation avec les milieux, explique Stéphan La Roche, nommé p.-d.g.l\u2019an dernier.On a ainsi pu développer des programmes et des approches adaptées aux besoins des artistes et des organismes des différentes disciplines artistiques.» En regardant le chemin accompli depuis 20 ans, Stéphan La Roche constate que chaque p.-d.g.a joué un rôle important dans l\u2019organisation.«Guy Morin a été le p.-d.g.fondateur, puis Jean-Claude Germain a assuré l\u2019intérim quelques mois avant l\u2019arrivée de Marie Lavigne.Elle a vraiment été la développeuse du CALQ.Ensuite, Marie-Claire Lévesque a été la p.-d.g.de consolidation, puis Yvan Gauthier, mon prédécesseur, a été le p.-d.g.du déploiement du CALQ avec la création du programme Mécénat Placements Culture et les projets en région et à l\u2019international.» Bons coups et apprentissages Stéphan La Roche, qui a effectué un premier passage au CALQ en 1997-1998 avant d\u2019y revenir en 2008 comme directeur de la musique et de la danse, croit au rôle qu\u2019a l\u2019organisation de susciter la réflexion dans le milieu artistique pour faire progresser les différentes disciplines.C\u2019est ce qu\u2019a fait le CALQ en développant le réseau de studios du Québec et d\u2019ateliers-rési-dences d\u2019artistes dans une vingtaine de pays.«Le CALQ a trouvé extrêmement important de favoriser l\u2019émulation, le perfectionnement, le rayonnement et les échanges entre artistes et, en travaillant avec ses partenaires, a misé sur le développement de ce réseau à l\u2019international», explique Stéphan La Roche.Pour cette réalisation, le CALQ a obtenu le Prix d\u2019excellence de l\u2019administration publique québécoise en matière de rayonnement international en 2010.Le CALQ a aussi appris de ses erreurs.«Au début, on a sorti les programmes de soutien des artistes du giron du ministère de la Culture pour les confier au CALQ, basé à Québec et à Montréal, raconte M.La Roche.Les artistes et les compagnies artistiques des régions étaient inquiets qu\u2019on ne prenne pas en compte les réalités régionales.Il y a eu une période d\u2019adaptation, et la volonté de bâtir une relation adaptée à chacune des régions a émergé.» C\u2019est ainsi que sont nés les programmes régionaux gérés conjointement avec des partenaires locaux.«Ils découlent d\u2019ententes régionales signées par le CALQ, les conférences régionales des élus [CRE] et les villes pour créer des programmes adaptés aux besoins de chacune des régions, explique Stéphan La Roche.Par exemple, un programme peut s\u2019attaquer au problème de rétention des jeunes artistes dans une région.Cet outil a extrêmement bien favorisé le développement régional de la culture.De nouveaux partenaires s\u2019ajoutent régulièrement, et le nouveau maire de Laval, seule région qui n\u2019a pas son programme, a entrepris des discussions avec le CALQ.» Restructuration Stéphan La Roche sera certainement un patron du CALQ associé au changement.Premier p.-d.g.issu de l\u2019équipe de direction du CALQ, l\u2019avocat de formation est arrivé en poste avec une grande connaissance de l\u2019organisation, de ses forces et de ses enjeux.Rapidement, il a réalisé une restructuration.«J\u2019ai consulté l\u2019ensemble des employés et les milieux artistiques pour savoir comment le CALQ pourrait mieux répondre à leurs besoins, explique-t-il.En septembre, une restructuration a été implantée.Avant, le CALQ fonctionnait par discipline artistique \u2014 il y en avait 14 \u2014alors ça faisait beaucoup de silos.Maintenant, nous avons trois champs d\u2019intervention: création, production, diffusion.» Ce changement a été fait notamment parce que la pratique artistique est de plus en plus interdisciplinaire.«Nous voulions que notre structure réponde à cette réalité, et nous voulions plus de souplesse dans nos façons de faire pour être en mesure de nous adapter plus facilement aux changements de la société», explique Stéphan La Roche, qui a grandi dans une famille où l\u2019art, sous plusieurs formes, était très présent.Quatre chantiers de réflexion Après avoir restructuré le CALQ, le nouveau p.-d.g.a lancé quatre grands chantiers de réflexion : renouvellement générationnel, diversité culturelle, rayonnement artistique, puis interdisciplinarité et pluridisciplinarité.La réflexion a commencé à l\u2019interne, puis des comités ont été formés pour mener des consultations plus larges.«Après s\u2019être doté d\u2019une structure plus souple, il faut adapter les programmes aux nouvelles réalités.Par exemple, pour le chantier diversité culturelle, on pourrait se demander comment adapter les critères de sélection des programmes et la composition des jurys pour faire davantage de place aux artistes des différentes communautés culturelles.» L\u2019organisme subventionnaire vise une mise en œuvre à l\u2019automne 2015.{{Avant, le CALQ fonctionnait par discipline artistique, alors ça faisait beaucoup de silos.Maintenant, nous avons trois champs d\u2019intervention: création, production, diffusion.)) Stéphan La Roche, p.-d.g.du CALQ LE CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL SALUE LE CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC, UN GRAND PARTENAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA VIE ARTISTIQUE MONTRÉALAISE.BON 20^ ANNIVERSAIRE! CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Montréal! STEPHANE BOURGEOIS HELENE BOUEEARD PHOTOGRAPHES Stéphan La Roche a été nommé p.-d.g.du CALQ l\u2019année dernière.Il y avait effectué un premier passage en 1997-1998, avant d\u2019être nommé directeur de la musique et de la danse en 2008.«Nous sommes une petite structure [73 employés basés à Québec et à Montréal], et nous tentons de répondre rapidement aux besoins des milieux, affirme M.La Roche.De toute façon, nous n\u2019avons pas le choix! Les changements sont là et les milieux sont prêts.» Le CALQ souhaite par la suite rester à l\u2019affût des changements, être visionnaire et jouer davantage un rôle de locomotive pour le milieu artistique.«Le CALQ a 20 ans, nous sou- haitons qu\u2019il se transforme en CALQ 2.0! Grâce à sa nouvelle structure, nous souhaitons qu\u2019il soit plus en phase avec les milieux, plus accessible, plus interactif et qu\u2019il continue à bouger, à s\u2019adapter aux nouvelles réalités», affirme le p.-d.g.Est-il inquiet des conséquences sur le CALQ que pourrait avoir l\u2019état des finances publiques au Québec et de la volonté de réduire le déficit budgétaire du nouveau gouvernement de Philippe Couillard ?«Depuis 30-40 ans, quel que soit le parti au pouvoir, il y a eu une continuité dans le soutien à la culture, affirme Stéphan La Roche.J\u2019ai confiance que malgré une période budgétaire difficile, le nouveau gouvernement appuiera cette continuité, puisqu\u2019on sait à quel point les arts et la culture sont importants pour l\u2019identité québécoise.» Collaboratrice Le Devoir oÇm Présenté par ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Hydro Québec ME no A M JCOLIE E INTENS! ^ VENEZ VIVRE E TOUT LE POUVOIR DE LA MUSIQUE EXTAS KENT NAGANO directeur musical DE BERLIOZ PHILIP GLASS BILLETS ET ABONNEMENTS EN VENTE MAINTENANT OSM.CA 514 842-9951 | DE MONTR^L^°^'° Billets egalement disponibles a la Place des Arts BMO O Groupe financier\tAl R CANADA Partenaire de saison\tTransporteur officiel Q OTJfBEC » Québec appuie fièrement ( Partenaires publics G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2014 ARTS ET LETTRES SJV /.\t.-«te-,-! i.'\u2022 -¦U :-x m JÜRGEN HOWALDT La Villa Waldberta est située en Bavière.Grâce à son programme de bourses, le CALQ offre la chance à certains artistes d\u2019ici, comme des écrivains et des conteurs, d\u2019effectuer une résidence de création dans la villa.L\u2019organisme coordonne de nombreux séjours artistiques à l\u2019étranger, notamment au pays de Galles, au Japon, en France et à bien d\u2019autres endroits.RAYONNEMENT Des artistes en mouvement entre l\u2019ici et l\u2019ailleurs « La raison d\u2019être du CALQ est d\u2019accompagner les artistes dans leur cheminement et dans leur évolution » Le parcours artistique de Sylvie Cotton n\u2019a rien de linéaire: installations, performances, dessin, écriture, sans compter des études en muséologie et un engagement à la barre de diverses galeries, dont DARE-DARE et Skol.Riche de toutes ces expériences, ici comme à l\u2019étranger, cette touche-à-tout observe depuis longtemps l\u2019évolution du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), en reconnaît les forces et les limites à l\u2019aube de ses 20 ans, et a répondu avec enthousiasme à l\u2019invitation de siéger au conseil d\u2019administration.ANDRE LAVOIE Sylvie Cotton croit que son côté «entrepreneur» lui permet maintenant de participer activement aux orientations de cette organisation essentielle au développement de la culture québécoise qu\u2019est le CALQ.Avant son arrivée à ti- tre d\u2019administratrice il y a bientôt un an, ses intentions étaient fermes, et ses objectifs clairement définis.«Il n\u2019était pas question pour moi d\u2019être là pour entériner aveuglément des décisions ou signer des papiers, affirme Sylvie Cotton.Heureusement, ce n\u2019est pas du tout la façon de faire du CALQ.On CONSEIL DES ARTS lakT DELONGUEUIL Ensemble pour soutenir la vitalité et le dynamisme des arts et des lettres au Québec www.conseildesartsdelongueuil.ca considère vraiment notre avis, d\u2019autant plus que la raison d\u2019être de l\u2019organisme est d\u2019accompagner les artistes dans leur cheminement, dans leur évolution.» Multidisciplinarité Cette évolution s\u2019avère le plus souvent complexe, à l\u2019image de son propre parcours et de celui de ses camarades de création, qui cognent à la porte du CALQ pour obtenir le soutien nécessaire à la concrétisation de leurs projets.Car ils sont de plus en plus multidisciplinaires, traversés par diverses influences et autant de démarches qui font voler en éclat les étiquettes.«Avant d\u2019arriver au C.A.du CALQ, je voulais conscientiser l\u2019organisme à la multidisciplinarité et au métissage des pratiques: la danse peut faire appel aux arts médiatiques, la littérature aux arts visuels, etc.J\u2019ai été agréablement surprise de constater que cette réflexion était déjà bien entamée, et que les responsables de programmes ne travaillaient pas \u201cen silo\u201d, comme on dit dans le jargon administratif» En plus d\u2019avoir participé à des jurys de pairs {«un outil essentiel puisque les créateurs sont les mieux placés pour comprendre et évaluer le travail de leurs collègues »), Sylvie Cotton a exploré l\u2019univers des résidences d\u2019artistes ici et à l\u2019étranger, une pratique fondamentale «qui remonte à la Renaissance, où les peintres d\u2019autres pays convergeaient tous vers l\u2019Italie».Dans un ouvrage intitulé Désirer résider.Pratique en résidence 1997-2011 (éditions Cen- m à GUY L\u2019HEUREUX Photo tirée de la performance C\u2019est maintenant! Life Is Now! de Sylvie Cotton, présentée dans le cadre de la Triennale québécoise au Musée d\u2019art contemporain de Montréal en novembre 2011.tre Sagamie, 2011), elle creuse cette tradition qu\u2019elle juge fondamentale pour une démarche artistique féconde et renouvelée.«Un créateur doit s\u2019extraire de son quotidien, de son milieu, pour mieux se remettre en question.En quittant sa routine, il vqit les choses différemment.» A titre d\u2019enseignante, elle ne cesse d\u2019encourager ses étudiants à faire la même chose.«Je leur dis de ne pas attendre une bourse ! Résider dans le chalet d\u2019un ami, occuper l\u2019appartement d\u2019un confrère en voyage, cela est possible, à peu de frais, et c\u2019est une belle introduction à cette expérience toujours enrichissante.» De Paris à Tokyo L\u2019Etat québécois croit aussi depuis longtemps aux vertus du voyage pour les créateurs, lui qui a ouvert le tout premier studio du Québec, à Paris, en 1965.Autrefois super- visé par le ministère de la Culture et ensuite par le CALQ, le studio n\u2019est plus le seul à accueillir les artistes; d\u2019autres sont maintenant accessibles à New York, Berlin et Tokyo, sans compter les nombreuses collaborations avec d\u2019autres pays où des résidences sont possibles.Sylvie Cotton figure parmi ceux et celles qui ont vécu avec intensité ces séjours créatifs et inspirants, en Finlande et au Japon.«Lors de ma résidence en Finlande, j\u2019habitais dans une banlieue où personne ne parlait français ou anglais, et à une période de l\u2019année où la lumière était rare.J\u2019ai vécu un réel isolement, mais cette expérience a profondément marqué la suite de mon tra- L\u2019État québécois croit aussi depuis longtemps aux vertus du voyage pour les créateurs vail.Depuis ce temps, j\u2019explore de diverses manières le thème du silence.» Par contre, rien jusqu\u2019ici ne rivalise aveç son expérience japo-naise.Etre à Tokyo en mars 2011, alors qu\u2019un tremblement de terre suivi d\u2019un tsunami va faire les ravages que l\u2019on sait, voilà un moment que l\u2019artiste ne pourra jamais oublier.«Le studio est situé dans une tour de 40 étages, précise Sylvie Cotton.La terre tremble régulièrement dans ce pays, et après quelques semaines, comme les Japonais, f avais fini par m\u2019habituer.Mais quand tu vois les tours valser devant toi, des incendies surgir un peu partout dans la ville, tu comprends que c\u2019est sérieux.J\u2019étais avec un ami japonais et comme nous ne pouvions pas sortir de chez moi, nous sommes restés devant la télé à découvrir l\u2019ampleur du désastre.» Cette catastrophe aux accents apocalyptiques va interrompre son séjour prévu pour six mois.«Je me sentais coupable d\u2019avoir la liberté de partir alors qu\u2019eux devaient rester», admet cette Japonaise de cœur encore éblouie «par la solidarité, la générosité et l\u2019entraide qui ont permis la reconstruction de la ville quelques mois après la tragédie».Tous les séjours à l\u2019étranger des artistes québécois ne sont pas aussi spectaculaires, mais l\u2019ensemble de ce programme géré par le CALQ apporte depuis longtemps une empreinte durable sur les créateurs, et par le fait même sur la culture québécoise.Comptez sur Sylvie Cotton pour s\u2019en faire la plus enthousiaste des ambassadrices.Collaborateur Le Devoir Le 30® Festival International de la fête, avec bonheur, les 20 ans du CALQ Poésie 3 au 12 octobre 2014 \u2022 Trois-Rivières La beauté d'une rencontre Ils ont joué, parlé, exposé, filmé, enregistré.Ils nous ont nourris, éveillés, allumés, questionnés, divertis.Ils nous ont fascinés, bousculés, surpris, intrigués, enchantés.Et ils nous ont permis de saisir toute la beauté d'une rencontre.Qui sont-ils?Ils sont de tous les âges, tous les sexes, de toutes les allégeances et toutes les pensées.Ils ont des prénoms, des noms, des notoriétés naissantes ou à défendre, car ils sont connus ou à connaître absolument.Et, comme nous, ils savent que l'art n'a pas de langue, de religion ou de frontières.Qui sont-ils au juste?Précisons qu'ils sont autant Ils qu Elles.Et Elles, qu'elles sont aussi talentueuses qu'//s, et inversement.Mais le plus important, c'est qu'ils sont venus avec les idées larges et généreuses.Ils autant qu'E//es, ils sont venus avec l'idée de changer le monde en tant que personnes.C'est ça, la beauté fulgurante d'une rencontre.Il suffît d'un rien pour que la magie passe.Un sourire.Un regard.Une émotion.Une émotion forte.Un coup au coeur.Un coup de coeur.Un coup de foudre.Celui d'une rencontre.Une rencontre au sommet.Au sommet de soi et de l'art.Qui, ils sont venus chez nous.Ils sont venus à la rencontre de Nous.Nous, cet amalgame de Je hétéroclites.Nous, ce Je multiple et beau.Et, Je par Je, ils nous ont émus.Nous.Et tous ces Ils et toutes ces Elles ont un point en commun.Ils ont tellement aimé leur rencontre qu'ils souhaitent revenir.Ils autant qu'E//es.Parce qu'ils savent à quel point l'art est un lieu de rencontre fabuleux.Car tous ces Ils sont des îles où l'on voudrait atterrir.Et toutes ces Elles sont des ailes qui nous permettent de nous élever.À la hauteur de l'art.À la hauteur du rêve.À la hauteur de l'universel.Déclaration du 19 novembre 2013 phi.¦ TOUS LES LIE LIEUX DE L'ART G 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2014 ARTS ET LETTRES CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUEBEC Vingt ans de sontien anx créatenrs et anx organismes cultnrels Le CALQ a agi à ce jour sous cinq directions générales Le 1®*^ avril 1994, il y avait inauguration à Québec d\u2019un premier siège social.Plus tard, à Montréal, ce même CALQ s\u2019installe dans la tour de la Banque Nationale sur la place d\u2019Armes à Montréal.Et depuis, le CALQ se transforme.Retour sur les faits marquants de deux décennies d\u2019existence de l\u2019organisme de soutien aux arts et aux lettres que le Québec s\u2019est donné.Vingt ans déjà.Et au fil des ans, le bilan du CALQ, traduit en chiffres, s\u2019avère spectaculaire.Ainsi, à ce jour, 22 918 bourses de toute nature ont été distribuées à 9169 artistes, provenant de tous les secteurs, regroupés jusqu\u2019à maintenant en 14 disciplines.Et les organismes culturels n\u2019ont pas au fil des ans été oubliés : le nombre total de subventions accordées ne se chiffre-t-il pas à 18891 ?Voyons donc d\u2019année en année comment le CALQ prend forme.1992 Le gouvernement du Québec adopte la loi 53 créant le Conseil des arts et des lettres du Québec.1994\tInauguration le 1®\"^ avril du siège social du CALQ à Québec.Dirigé par Guy Morin, premier président-directeur général, le CALQ regroupe cinquante employés répartis entre les bureaux de Montréal et de Québec.Le conseil d\u2019administration est composé de douze personnalités des milieux artistique et littéraire: Jean-Claude Germain, Melvin Charney, Elise Paré-Tousignant, Godefroy-M.Cardinal, Marie La-berge, Ginette Laurin, Gilles Maheu, Jovette Marchessault, Monique Mercure, Luc Plamon-don, Guy Rodgers et William St-Hilaire.1995\tLe CALQ met sur pied des mesures visant à encourager l\u2019intégration professionnelle des créateurs de la relève au sein des réseaux constitués et à faciliter l\u2019utilisation des nouvelles technologies dans le domaine de la création.1996\tSous la direction de Marie Lavigne, nouvelle présidente-directrice générale, le CALQ intervient sur des dossiers chauds: mémoire sur les conditions socio-économiques des artistes et sur le respect de leurs droits tant économiques que moraux; mémoire sur la fiscalité et le financement des services publics par la création de mesures fiscales susceptibles d\u2019encourager les dons individuels, les commandites et la consommation de produits culturels ; intervention publique sur l\u2019importance d\u2019intégrer l\u2019enseignement des arts et des lettres dans l\u2019ensemble du système scolaire.Une enveloppe d\u2019un million de dollars est réservée aux artistes de la relève qui résident hors des grands centres.Lancement en décembre de la première Politique de diffusion des arts de la scène au Québec, sous le titre Remettre l\u2019art au monde, par le gouvernement du Québec, qui confirme le rôle du CALQ dans ce domaine en lui attribuant des fonds additionnels pour les tournées de spectacles au Québec et le soutien aux difâiseurs spécialisés.1998 Le CALQ se dote d\u2019une politique de prix et reconnaissances publiques qui est à l\u2019origine des remises de prix à la création (ils seront 175 lauréats dans 15 régions du Québec en 2014) et de l\u2019attribution de bourses de carrière (42 à ce jour) à des créateurs émérites issus de diverses disciplines.2000\tCréation d\u2019un programme adapté aux spécificités de la pratique des artistes et des organismes en arts du cirque.2001\tSignature des premières ententes régio- GUY LAVIGUEUR Guy Morin fut le premier p.-d.g.du Conseil, à sa fondation en 1994.nales en partenariat avec divers intervenants visant à instaurer un canal d\u2019information professionnel et régulier avec les artistes, les organismes artistiques et les collectivités des régions qui leur favoriseront l\u2019accès aux programmes du CALQ.En 2014, près de 3 millions soutiennent le dynamisme artistique en région et dans les communautés autochtones et inuite grâce à 15 ententes avec les CRE et d\u2019autres partenaires (1,4 million provenant du CALQ et 1,5 million de ses partenaires).2002\tEntrée en fonction en septembre de Marie-Claire Lévesque, troisième présidente-directrice générale du CALQ.2004\tLe CALQ célèbre ses 10 ans d\u2019existence.Au cours de ses 10 premières années d\u2019existence, c\u2019est près de 500 millions qui ont été attribués en bourses aux écrivains et aux artistes professionnels pour appuyer l\u2019évolution de leur carrière, de même qu\u2019en subventions aux organismes pour soutenir leur fonctionnement et la réalisation de projets de production, de promotion et de diffusion.En dix ans, plus de 30 millions se sont ajoutés au budget destiné à l\u2019aide financière, passant de 36,6 millions à 66,8 millions.En juin, Yvan Gauthier devient le quatrième président-directeur général du CALQ.2005\tLe Conseil participe à la création et au lancement en novembre de Placements Culture, un programme qui vise à inciter les particuliers, les sociétés et les fondations privées à donner plus généreusement aux organismes des domaines de la culture et des communications.Placements Culture permet au CALQ d\u2019accorder une subvention de contrepartie à un organisme admissible qui recueille des dons et des contributions auprès de particuliers, d\u2019entreprises ou de fondations privées pour constituer un fonds de dotation et un fonds de réserve.2006\tForum sur les arts visuels au Québec, organisé par le CALQ, en partenariat avec le MCC et la SODEC.En mai, plus d\u2019une centaine d\u2019artistes professionnels, de représentants d\u2019organismes et d\u2019associations en arts visuels, ainsi que des représentants de musées, galeries d\u2019art et centres d\u2019artistes sont réunis pour débattre des réalités économiques et artistiques du milieu des arts visuels.2007\tLe CALQ rend public son Plan d\u2019action internationale et injecte 4,2 millions pour soutenir des activités sur la scène internationale.2008\tUn nouveau programme national pour soutenir la relève artistique et littéraire prend forme.Lancement du programme régional Vivacité Montréal, qui vise à appuyer financièrement des artistes et des écrivains professionnels issus de l\u2019immigration ou appartenant à une minorité visible dans leurs premières démarches d\u2019intégration et de participation aux milieux professionnels des arts et à les accompagner dans le développement de leur carrière.2009\tLe réseau de studios et ateliers-résidences avec la collaboration de partenaires nationaux et internationaux est élargi.Des studios du Québec à Londres et à Tokyo, offerts par le CALQ aux artistes et aux écrivains professionnels, sont établis, faisant suite aux studios du Québec à Paris, New York, Berlin et Rome.D\u2019ailleurs, en 2012, dans le cadre de son programme de bourses aux artistes et aux écrivains professionnels, le CALQ offrait 28 lieux d\u2019accueil, en majorité disponibles à l\u2019étranger, pour des séjours de création.Le Conseil des arts et des lettres du Québec souligne ses 15 ans.Le budget consacré à l\u2019aide financière s\u2019élève à 91,8 millions.Nomination de Marie DuPont, première présidente du conseil d\u2019administration.2010\t@LON : Arts et lettres - option numérique : vaste consultation, menée par le CALQ, au sujet de la création, de la diffusion et de la mise en marché des œuvres artistiques et littéraires qui tiennent compte du développement fulgurant des technologies numériques.Son rapport intitulé Faire rayonner la culture québécoise dans Vunivers numérique.Éléments pour une stratégie numérique de la culture sera déposé à la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine en novembre 2011.6,6 millions pour soutenir des projets favori- unsi tio Le Conseil québécois du theatre ROBERT BERTRAND En 1996, Le CALQ, alors sous la direction de Marie Lavigne (troisième à partir de la gauche sur la photo), veut favoriser l\u2019apprentissage de la littérature québécoise et du théâtre au collégial.A y TAYAOUT NICOLAS En 2013, le Eorum sur la chanson québécoise est organisé par le Conseil, avec la participation du MCC et de la SODEC.Ci-dessus, les participants à l\u2019atelier (animé par Esther Charron, à gauche) sur la francité et la diversité Daniel Boucher, Paul Cargnello, Monique Giroux et Lynda Thalie.sant le rayonnement d\u2019artistes, d\u2019écrivains et d\u2019organismes québécois à l\u2019extérieur du Québec et sur la scène internationale, ainsi que pour accueillir des productions et des artistes étrangers au Québec.2011\tLa présence d\u2019artistes et d\u2019organismes québécois soutenus par le CALQ se manifeste dans plus de 60 pays.Le CALQ soutient un peu plus de six spectacles québécois qui sont présentés à travers le monde chaque jour.Le CALQ organise en mai un Forum sur la création littéraire en partenariat avec le MCCCF, le CAC, BAnQ et le CAM.Ce forum, qui a réuni quelque 200 participants, a permis de dégager des propositions et des pistes d\u2019action touchant tant les conditions de vie des créateurs et les défis de la vie associative que la diffusion et la circulation de la création littéraire au Québec et à l\u2019étranger.Lancement en septembre de la nouvelle mesure de soutien à la coproduction internationale permettant de stimuler l\u2019investissement financier de coproducteurs établis à l\u2019extérieur du Québec.Le réseau de résidences de création artistique développé par le CALQ est en constante évolution.Deux nouvelles ententes sont signées avec des partenaires de l\u2019Inde et de la Bavière.Mise en œuvre en novembre de la mesure d\u2019aide financière Plateformes et réseaux numériques, favorisant les collaborations qui contribuent au rayonnement des artistes, des écrivains et des organismes artistiques et littéraires du Québec en leur offrant des possibilités de développer de nouveaux réseaux et d\u2019avoir accès à l\u2019expertise en technologie numérique.2013 Le CALQ organise en février, avec la participation du MCC et de la SODEC, le Forum sur la chanson québécoise : la chanson québécoise en mutation a permis de réunir les ac- teurs clés du domaine de la chanson.Quelque 200 personnes échangent sur l\u2019avenir de la chanson québécoise, dont l\u2019évolution est marquée par la révolution numérique et la mondialisation des échanges.Nomination en mars de Stéphan La Roche à titre de président-directeur général.Un budget de 1,2 million de plus est adopté pour le développement de la danse professionnelle au Québec, faisant suite au Plan directeur de la danse élaboré par le Regroupement québécois de la danse.Création d\u2019un secteur distinct pour les arts numériques.Le CALQ dépose son mémoire sur la réglementation du prix de vente au public des livres neufs lors des consultations de la Commission de la culture et de l\u2019éducation de l\u2019Assemblée nationale.Une nouvelle restructuration administrative est instaurée en septembre.Elle regroupe les trois principales directions de programmes autour des trois champs d\u2019intervention de sa mission que sont la création, la production et la diffusion.Dans une dynamique collaborative, la nouvelle structure de direction transversale encourage la polyvalence et la complémentarité des équipes pour offrir des services mieux intégrés et adaptés aux besoins et aux réalités des milieux artistique et littéraire.Cette réorganisation s\u2019accompagne de quatre chantiers de réflexion (rayonnement des arts et des lettres, interdisciplinarité et pluridisciplinarité, renouvellement générationnel et diversité culturelle), qui portent sur les enjeux majeurs actuels, comme la révolution numérique, les changements démographiques et la mondialisation.2014 Le CALQ souligne ses 20 années d\u2019existence.Le Devoir Conseil des arts Canada Council du Canada\tfor the Arts Célébrer les arts et la culture du Québec ensemble et tous les jours! LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2014 G 7 ARTS ET LETTRES CULTURE ET COMMUNICATIONS Hélène David : « Le Québec s\u2019est doté d\u2019un levier extraordinaire » La députée d\u2019Outremont reprend le flambeau de son ancêtre Athanase La nouvelle ministre de la Culture et des Communications souligne le succès du CALQ \u2014 organisme qui fera assurément partie de ses priorités \u2014, mais refuse pour le moment de dire si la société d\u2019Etat subira ou non des compressions budgétaires.MARIE LAMBERT-CHAN Le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) a joué «un rôle déterminant» dans le soutien et la promotion des artistes québécois depuis sa création en 1992, estime Hélène David, la toute nouvelle ministre de la Culture et des Communications.«Avec le CALQ, le Québec s\u2019est doté d\u2019un levier extraordinaire pour permettre l\u2019épanouissement de notre culture ici et ailleurs dans le monde», poursuit-elle.«Parfois, je me dis que si JACQUES BOISSINOT PC M\u201c® Hélène David, nouvelle ministre de la Culture et des Communications mon grand-père pouvait voir tout ce qui a été accompli, lui qui, en 1920, travaillait à soutenir les arts et les lettres, il en serait bien fier!», dit-elle en parlant de son aïeul paternel, le sénateur Athanase David, qui a écrit ce que plusieurs considèrent comme la première politique culturelle québécoise.Le CALQ et les artistes qu\u2019il représente ont parcouru pas mal de chemin au cours des 20 dernières années, remarque la députée d\u2019Outremont.«Ils ont atteint un niveau de maturité exceptionnel qui s\u2019accompagne d\u2019une certaine assurance, d\u2019une certaine fierté, dit-elle.Prenez seulement le succès de nos créateurs à l\u2019international: selon les données du CALQ, il se donne six spectacles québécois par jour à l\u2019étranger.Je pense aussi à nos cinéastes qui se rendront à Cannes, à Dany Laferrière, à Robert Lepage.C\u2019est quand même fabuleux comme représentation pour une province de huit millions d\u2019habitants!» Grande amatrice de cinéma, de musique, de théâtre et de littérature, Hélène David ne manque pas de souligner les efforts de la société d\u2019Etat en matière de rayonnement à l\u2019échelle du Québec.«Le CALQ a fait preuve d\u2019une grande équité entre les grandes villes et les régions de la province, pense-t-elle.Ce n\u2019est pas banal pour les artistes à l\u2019extérieur des centres urbains d\u2019être ainsi soutenus, ni pour le public d\u2019avoir accès à une offre culturelle intéressante en région.» Réalisme budgétaire En dépit de son enthousiasme évident pour l\u2019œuvre du CALQ, la ministre ne peut s\u2019avancer pour le moment sur son avenir financier.« Tout le monde sait que nous sommes dans une situation de réalisme budgétaire et que tous les ministères, y compris celui de la Culture, devront faire des efforts pour redresser l\u2019état des finances publiques, a répété à plusieurs reprises David au cours de son entretien téléphonique avec Le Devoir.Comme nous sommes encore en réflexion, nous ne pouvons nous prononcer pour l\u2019instant sur le CALQ ou tout autre organisme d\u2019ailleurs.» Elle n\u2019a pas voulu s\u2019avancer davantage sur le sort du programme Mécénat Placements Culture ou de celui de la Stratégie culturelle numérique, deux initiatives qui avaient fait l\u2019objet d\u2019investissements dans le dernier budget du gouvernement Marois.La ministre a cependant reconnu l\u2019importance capitale que représente la philanthropie en culture, de même que le virage numérique.Pourtant, le sous-finance-ment de la culture n\u2019est plus à démontrer.Le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) réclame depuis plusieurs années qu\u2019on renfloue les coffres du CALQ.H estime que l\u2019organisme aurait besoin d\u2019un budget de 135 millions, alors que celui-ci est plutôt d\u2019environ 90 millions.Selon le MAL, non seulement la valeur des bourses n\u2019a pas augmenté depuis 10 ans, mais le nombre d\u2019artistes qui en font la demande, lui, a explosé.Hélène David réitère sa ferme volonté de se battre pour les créateurs, elle qui a connu de près leur réalité en ayant comme mère la romancière Nellie Maillard et comme grand-père Chqrles Maillard, qui a dirigé l\u2019École des beaux-arts de Montréal pendant 20 ans.Elle ne souhaite pas voir le secteur culturel découragé par la situation.«Tous les ministères feront des efforts budgétaires, certes, mais nous viserons aussi la croissance, rétorque-t-elle.Tout le monde sera alors heureux d\u2019apprendre dans un deuxième temps que l\u2019argent est au rendez-vous, ce qui nous permettra d\u2019aider davantage nos créateurs.» Le CALQ, assure-t-elle, fera partie de ses priorités, «afin qu\u2019il poursuive le travail qu\u2019il accomplit si bien depuis 20 ans».Un futur en chantier Renouvellement générationnel, rayonnement des arts et des lettres, interdisciplinarité et pluridisciplinarité, et diversité culturelle.Quatre chantiers que le CALCJ a entrepris SOURCE ARCHIVES NATIONALES Athanase David, aïeul d\u2019Hélène David, a été Secrétaire de la province de Québec de 1919 à 1936 et a beaucoup œuvré pour l\u2019émancipation des milieux artistiques au Québec.et dont les résultats, selon la ministre Hélène David, définiront les 20 prochaines années de l\u2019organisme.«Ces défis sont à l\u2019image de ceux du Québec de demain», croit-elle.«C\u2019est une réflexion importante: comment améliorer la promotion de nos artistes, comment s\u2019exprime l\u2019interdisciplinarité notamment à travers le numérique, par quoi est habitée la nouvelle génération d\u2019ar- tistes, mais aussi la nouvelle génération de spectateurs ?s\u2019interroge M\u201c® David.Ce ne sont là que quelques-unes des questions qui guideront les futurs choix du CALQ.Les moyens à prendre par la suite exigeront de la rigueur et de la créativité.ce dont le CALQ a toujours fait preuve !» Collaboratrice Le Devoir PARTENARIATS Le « grand frère » qui ne travaillait pas en vase clos « Comment peut-on être créatif quand on ne pense qu\u2019à survivre ?» Du Conseil des arts et lettres du Québec au Conseil des arts de Montréal ou de Longueuil, les différents organismes subventionnaires collaborent et prolongent leurs actions respectives pour atteindre l\u2019ensemble des territoires du Québec.Entretien avec Nathalie Maillé, présidente du Conseil des arts de Montréal (CAM), et Louise Séguin, présidente du Conseil des arts de Longueuil (CAL).ASSIA KETTANI Selon Nathalie Maillé, le CALQ agit comme «un grand frère» auprès d\u2019organismes subventionnaires complémentaires qui partagent une mission commune dédiée à la vitalité de l\u2019art québécois, notamment le Conseil des arts de Montréal.Liés par un «dialogue constant», les deux organismes entretiennent une collaboration aussi étroite qu\u2019indispensable.«Nous n\u2019avons pas le luxe de nous isoler», estime-t-elle, quand il s\u2019agit de répondre aux besoins de la capitale culturelle de la province ou encore de régions obéissant à une dynamique complètement différente.Au rang des programmes collectifs phares, Nathalie Maillé se réjouit notamment du Programme pour les arts et les lettres du Québec signé en janvier 2014 entre le CALQ, principal bailleur de fonds, le CAM, la Conférence régionale des élus de Montréal, le Forum jeunesse de l\u2019île de Montréal et le ministère de l\u2019Immigration : une «mise en commun des ressources et des forces», en vigueur jusqu\u2019en 2016.Parmi les enjeux clés, ce programme se penche notamment sur la mise en place d\u2019une relève artistique «compétente et solide», insiste Nathalie Maillé, dans la mesure où «un nombre important de compagnies artistiques en place ont entre 30 et 35 ans».Au rang des actions ciblées pour les jeunes artistes, le programme prévoit ainsi des stages, des actions de réseautage, un soutien à la consolidation d\u2019organismes de la relève ou encore des aides financières.Mais l\u2019avancée majeure de cette nouvelle entente concerne certainement l\u2019ouverture à la diversité des pratiques culturelles, se réjouit-elle.Un enjeu fondamental, sur lequel le CAM se penche depuis 2004, et auquel le CALQ apporte désormais un soutien majeur.Au cœur de l\u2019action : les artistes et les organismes artistiques autochtones et issus de l\u2019immigration, et le soutien à l\u2019expression artistique métissée de la métropole, notamment à travers le volet Vivacité Montréal, orienté vers l\u2019intégration des artistes issus de l\u2019immigration.En région A l\u2019extérieur de la métropole, les besoins sont tout aussi présents, même si les réalités vécues par les artistes sur le terrain diffèrent.«Chaque région a des besoins qui lui sont propres», rappelle Louise Séguin, du CAL.En cela, elle salue le rôle primordial du CALQ en région, dans la mesure où il est «à l\u2019écoute des milieux et travaille avec les partenaires locaux pour répondre aux besoins et arrimer adéquatement l\u2019offre avec les enjeux [servant de] levier pour mettre en place des programmes et des projets de soutien artistique».Entre les deux organismes, Louise Séguin parle ainsi d\u2019une «relation structurante et précieuse» qui s\u2019est instaurée dès la création du Conseil des arts de Longueuil en 2010: «le CALQ a joué le rôle de conseiller et de modèle pour le Conseil des arts de Longueuil», lui transmettant notamment sa façon de fonctionner et le type de bourse attribuée.En effet, alors que Longueuil compte un bassin d\u2019environ 700 artistes, les bourses proposées sont ciblées davantage vers les artistes que vers des organismes artistiques, comme ce peut être le cas ailleurs.Au rang des projets communs, Louise Séguin cite le programme Soutien aux pratiques émergentes, signé entre le CALQ, le CAL et la Conférence régionale des élus de Éongueuil, visant des projets qui «sortent des sentiers battus» et qui demeurent souvent en marge des financements accordés aux formes artistiques plus traditionnelles.«Sans ce programme, de nombreux artistes hors normes resteraient pénalisés, car il y a peu d\u2019argent pour les disciplines non traditionnelles.Une telle aide permet de stimuler le milieu.» Réussite collective Ces échanges et travaux communs permettent ainsi d\u2019alimenter ce qui représente, selon A MAKYME G.DELISLE De nombreux événements artistiques peuvent avoir lieu grâce à l\u2019aide financière combinée du CALQ et d\u2019autres organismes.Ci-dessus, la chorégraphie Yellow Towel, de Dana Michel, présentée au Festival TransAmériques, en 2013.Nathalie Maillé, une véritable force vive au Québec : son vivier de créateurs et d\u2019artistes, qui «nous djstingue du reste du Canada, poursuit-elle.L\u2019État a fait le choix d\u2019investir auprès des artistes.C\u2019est une richesse que nous avons, née de choses que nous avons mises en place et dont il ne faut pas se défaire.Il faut en être conscients, et que ça reste une priorité.» De plus, «l\u2019art au Québec ne serait pas ce qu\u2019il est sans le CALQ», soutient sans détour Louise Séguin.Contribuant à stimuler la création, la production et la diffusion de l\u2019art au Québec et à l\u2019étranger, il permet d\u2019enrichir aussi bien l\u2019univers culturel que le bien-être de la société.«Nous sommes conscients de l\u2019importance des bourses pour stimuler la création et créer des conditions de pratique acceptables pour les artistes.Elles permettent aux artistes de se consacrer à des projets de création sans avoir à faire la vaisselle pour se nourrir.Comment peut-on être créatif quand on ne pense qu\u2019à survivre?Il n\u2019y aurait pas tout ce foisonnement de créativité sans le CALQ.» Mais pour poursuivre cette mission, certains nouveaux enjeux se posent, rappelle Nathalie Maillé : les façons de consommer et le public ne cessent d\u2019évoluer, délaissant les profils de consommation classiques qui étaient prédominants il y a une ou deux générations.«De plus en plus, les amateurs de culture peuvent passer d\u2019un spectacle d\u2019un artiste populaire à un concert de musique classique, de la lecture d\u2019une bande dessinée à une exposition d\u2019art contemporain», avance-t-elle.Demeurant à l\u2019écoute de l\u2019évolution du milieu, les conseils des arts seront ainsi amenés à revoir leur démarche au cours des années à venir.«De plus en plus, les jeunes générations s\u2019interrogent sur ce que nous avons mis en place.Une réflexion collective s\u2019impose, afin d\u2019ajuster et d\u2019actualiser nos façons de faire.» Collaboratrice Le Devoir caissede laculture Complice dugmilieu^puis^O an^ ?U n.?___nnn ?I ?Odd D D D DD DD D D DDDDD G 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2014 ARTS ET LETTRES ACTIONS REGIONALES La culture est une ressource renouvelable « On veut que les arts et la culture soient reconnus au même titre que le tourisme et les autres secteurs d\u2019activités » La Gaspésie a perdu beaucoup de son monde au fil des années.Les possibilités d\u2019emploi liées à l\u2019exploitation de ressources naturelles s\u2019y étant étiolées, les jeunes sont nombreux à être partis chercher leur avenir ailleurs.Selon Alan Côté, directeur général et artistique du Village en chanson de Petite-Vallée, il faut aujourd\u2019hui considérer les arts et la culture comme une ressource renouvelable essentielle à la vitalité de nos régions.Par ses ententes régionales, le CALQ soutient cette vision des choses.BENOIT ROSE Petite-Vallée est un tout petit village gaspé-sien de 160 habitants, pourtant connu à travers la province pour son Festival en chanson, dont Alan Côté est le maître d\u2019œuvre.«On a déjà été 300, on est rendus 160.J\u2019emploie 35 personnes l\u2019été.Je fais en sorte que des jeunes reviennent au village pour y travailler l\u2019été, et ils décident parfois d\u2019y rester à plein temps.C\u2019est super important, parce qu\u2019il y a de moins en moins de monde dans notre coin de pays, qui a été fragilisé par toutes sortes d\u2019impacts économiques, comme ce qui est arrivé avec la pêche, la forêt et les mines.La culture elle, elle est là, et elle est renouvelable.» Il faut selon lui trouver des façons de mieux exploiter les régions «comme des régions-res-sources en matière culturelle», afin que les artistes de partout s\u2019y sentent attirés.Alan Côté se souvient à cet égard de la réaction de l\u2019humoriste et animateur d\u2019origine rwandaise Michel Mpambara, venu pour la première fois en tournée dans la péninsule il y a plusieurs années.Il le revoit assis sur la galerie de l\u2019auberge de sa mère, la Maison LeBreux, contemplant la mer par un beau matin, les larmes aux yeux.«On ne nous dit pas ça quand on arrive dans ce pays-là», lui aurait-il confié, ému de découvrir une telle beauté naturelle, immense et bleue.Si le soutien et la circulation des arts pouvaient, selon le directeur artistique, amener davantage de gens à embrasser la Gaspésie et l\u2019ensemble du territoire québécois, la culture doit bel et bien être considérée comme un vecteur économique important.A ce chapitre, elle est trop souvent négligée, croit-il, lui qui préside aussi le regroupement des festivals de la péninsule, nommé Les événements gaspésiens (LEG), qui en a fait un cheval de bataille : « On veut que les arts et la culture soient reconnus au même titre que le tourisme et les autres secteurs d\u2019activités.Ça avance, on a vu une grande évolution.» Alan Côté siège aussi au conseil d\u2019adminis- Sur près de vingt ans, il y a eu une nette évolution dans la reconnaissance des artistes de la Gaspésie à l\u2019échelle nationale tration du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) depuis sept ans.Se considérant comme choyé, il croit que ce poste lui donne l\u2019occasion de défendre tant des opinions personnelles que des avis de son milieu, et d\u2019amener une perspective régionale qu\u2019il dit bien connaître.En plus du Village en chanson et du LEG, il a siégé pendant plusieurs années au Conseil de la culture de la Gaspésie.«L\u2019apport du CALQ a fait en sorte que la culture en région se porte mieux qu\u2019avant.Il fauf poursuivre ce travail-là», observe M.Côté.A partir de 1996, le CALQ s\u2019est doté d\u2019un plan d\u2019action en faveur des régions du Québec dans le but de mieux répartir ses ressources et de soutenir la vitalité artistique un peu partout sur le territoire.Avec aujourd\u2019hui une trentaine d\u2019ententes régionales conclues en appariement avec des partenaires locaux, le CALQ souhaite contribuer au développement économique et social des communautés et permettre aux artistes et aux écrivains d\u2019y œuvrer.Ces ententes, qui tiennent compte des spécificités et des besoins exprimés dans les différents milieux, permettent en premier lieu aux artistes de se confronter avec leurs pairs dans leur coin de pays, explique M.Côté.«Ça crée de l\u2019émulation», et ça permet, à travers le processus d\u2019obtention d\u2019une bourse régionale, d\u2019être reconnu chez soi, d\u2019acquérir une certaine expertise et de mieux définir sa direction artistique avant de faire une demande pour une bourse nationale.«Etre capable de bien nommer ce qu\u2019on est comme artiste ou comme organisme, ça s\u2019apprend avec des pairs et des partenaires», croit celui qui s\u2019est aussi mouillé comme auteur-compositeur.Le CALQ favorise aussi la création de liens au sein des collectivités par le soutien à des projets artistiques dits de proximité.Par exemple, un artiste visuel d\u2019une région donnée peut collaborer avec des jeunes en difficulté, un groupe écologiste de l\u2019endroit ou encore un centre pénitencier de sa ré- m ALAIN LAUZIER L\u2019artiste acadienne Lisa LeBlanc (au centre) jouant du banjo au Festival en chanson de Petite-Vallée, en Gaspésie, en 2010.gion pour un projet artistique unique ayant une incidence directe sur sa communauté.Demeurer en Gaspésie Ayant eu la chance d\u2019assister à certaines des premières rencontres que le CALQ a organisées avec des artistes gaspésiens, M.Côté dit pouvoir constater que sur près de vingt ans, il y a eu une nette évolution dans la reconnaissance des artistes de la Gaspésie à l\u2019échelle nationale.Les ententes régionales aident selon lui les artistes à se définir, à se développer et à se démarquer.Un exemple concret?Le directeur artistique évoque le cas de Guillaume Arsenault, cet auteur-compositeur-interprète de Bonaventure qui a remporté en 2001 les honneurs de son Festival en chanson de Petite-Vallée, puis le Prix de la création artistique du CALQ en Gaspésie quelques années plus tard.«Il a eu des reconnaissances régionales au début, puis il a obtenu des bourses et du soutien du CALQ au niveau national.Il réussit à être basé en Gaspésie tout en faisant rayonner son art partout, au Canada et en Europe», de dire M.(fôté.Le compositeur mène visiblement une carrière diversifiée, livrant des spectacles, concoctant des bandes sonores littéraires en studio et donnant des ateliers d\u2019écriture.Sur son site Web, Arsenault affirme: «Ma façon d\u2019entrevoir le travail artistique en région me permet de faire mon chemin en étant fidèle à mes convictions.Le pari de vivre de mon art en région, dans un domaine où tout se passe généralement à Montréal, est audacieux, mais aussi révélateur d\u2019un attachement profond à la Gaspésie et du rôle essentiel de celle-ci dans mon inspiration.» M.Côté est fier de mentionner que la Gaspésie compte maintenant quelques studios d\u2019enregistrement à L\u2019Anse-à-Beaufils, à Carleton-sur-Mer et à Grande-Vallée.Il croit que le soutien du CALQ n\u2019est pas étranger à cette émergence, puisqu\u2019il aide les artistes à s\u2019outiller et à s\u2019affirmer dans leur coin de pays, contribuant ainsi à ce que de nouveaux centres artistiques régionaux prennent racine.Collaborateur Le Devoir DIVERSITE CULTURELLE Nécessaire métissage ! L\u2019artiste migrant « enrichit notre façon de faire » Le Conseil des arts et des lettres du Québec soutient la diversité culturelle et les artistes professionnels autochtones avec des programmes qui leur sont spécifiques.« Dans les grandes lignes, ces programmes ne sont pas si différents des autres, précise Damian Nisenson, membre de la Commission consultative du CALQ sur la diversité culturelle.Sauf que les démarches sont simplifiées, ce qui, pour des artistes qui ne sont pas issus de la société nord-américaine et qui n\u2019en connaissent pas les codes, est primordial pour leur intégration.» HELENE ROULOT-GANZMANN La plupart des programmes de soutien aux artistes, en Amérique du Nord en général et au Québec en particulier, allouent des subventions à des organismes et non à des personnes.«Même si derrière l\u2019organisme, il n\u2019y a qu\u2019une seule personne, explique Damian Nisenson, lui-même musicien et comédien d\u2019origine argentine, installé à Montréal depuis une dizaine d\u2019années après avoir vécu longtemps en Suisse.Ça veut dire qu\u2019en tant qu\u2019artiste, tu dois t\u2019incorporer, devenir un organisme à but non lucratif.Tu dois prendre tes affaires en main.Quand tu viens d\u2019Amérique latine ou d\u2019Europe, où l\u2019artiste est toujours considéré comme un créateur bohème qui va mourir de la tuberculose à 35 ans, il y a toute une barrière psychologique et sociétale à franchir, ironise-t-il.Moi, je n\u2019ai jamais passé autant de temps devant mon ordinateur que depuis que je suis ici.C\u2019est du temps que je ne passe pas sur mon instrument, et certains d\u2019entre nous ne sont pas capables de le faire.Ma femme, qui est peintre, n\u2019a toujours pas réussi à adopter cette manière de fonctionner.» Vivacité Raison pour laquelle, depuis quelques années, le pro- gramme Vivacité du CALQ permet aux artistes de faire des demandes de subvention directement en leur nom.«Le CALQ essaye définitivement d\u2019aider les artistes qui viennent d\u2019arriver au Québec en leur facilitant la tâche administrative, assure Damian Nisenson.Ç\u2019est très important, parce que s\u2019ils ne s\u2019y retrouvent pas, s\u2019ils passent leur temps d\u2019organisme en organisme à se faire refuser des bourses, ils Si personne ne prend en charge tous les artistes qui arrivent et qu\u2019ils ne sont plus capables d\u2019exercer leur pratique artistique, ils deviennent quelque chose d\u2019autre )) Damian Nisenson, artiste vont finir par se détourner de leur art et, comme le font les dentistes qui arrivent ici et à qui on demande de reprendre leurs études, vont finir par être chauffeurs de taxi pour pouvoir faire vivre leur famille.C\u2019est toute la société qui en sort perdante.» Autre atout des programmes du CALQ : leur volonté de soutenir la diversité culturelle, soit les artistes immigrants arrivés au Québec depuis moins de cinq ans et les artistes nés ici, mais issus de parents migrants, sans leur demander de nier ce qu\u2019ils sont, leurs origines, ce qu\u2019ils apportent.«C\u2019est fondamental, parce que ça favorise un véritable métissage culturel, explique celui qui s\u2019est toujours investi dans les politiques culturelles et qui préside depuis 2008 Diversité artistique Montréal (DAM), organisme qui aide notamment les créateurs immigrants à s\u2019y retrouver dans les méandres de l\u2019administration culturelle.On le voit aussi avec le programme spécifique aux artistes autochtones.Les artistes soutenus sont ceux qui ont une pratique reliée à leur culture.Idem pour le griot camerounais qui choisit de venir s\u2019installer au Québec.Il devient Québécois, mais il a autre chose à partager avec nous.Est-ce qu\u2019on lui dit \u201cmets-toi à faire de la chanson francophone et on te soutient, parce qu\u2019on te soutient parce que tu es Québécois\u201d?Ou est-ce qu\u2019on lui dit qu\u2019on le soutient parce que, en plus d\u2019être Québécois, il a quelque chose qui est différent, qui enrichit notre façon de faire, et qui va, au fil des ans, se métisser?Le CALQ a choisi la deuxième option.» Transmettre les savoirs Option courageuse à en croire le président de DAM, dans une société québécoise qui ne sait pas toujours très bien de quoi elle parle lorsqu\u2019il s\u2019agit de diversité culturelle.Et Damian Nisenson de prendre l\u2019exemple de la transmission des savoirs.De nombreux artistes qui arrivent ici ont une expérience en enseignement.Or, ils n\u2019ont pas accès au service public, à moins de faire trois ans d\u2019étude en pédagogie.«On veut apprendre à mon griot africain comment apprendre aux enfants d\u2019ici., critique-t-il.Alors que même la manière de faire du griot est, en soi, intéressante.Pas seulement ce qu\u2019il a à dire, mais sa manière de le transmettre.Il n\u2019y a pas très longtemps, je me suis fait dire à Radio-Canada, que maintenant, on saurait qui aller chercher lorsqu\u2019on aurait besoin d\u2019un comédien latino-américain.J\u2019ai compris qu\u2019on était encore loin du compte dans l\u2019imaginaire collectif Pourquoi un Latino ne pourrait-il pas jouer un Québécois ?Prenez une série comme 19-2.Les deux flics sont blancs, ils parlent presque jouai, tous les autres personnages principaux sont des Québécois pure laine.Cette série a été vendue au Canada anglais.Là-bas, l\u2019un des m Damian Nisenson jlics est noir, un chef est d\u2019origine asiatique.Normal, quoi! Comme ce qu\u2019on voit dans la rue.Moi, c\u2019est aussi ce que je vois dans la rue à Montréal.mais pas dans ma télé.» Ancrer le métissage En subventionnant les productions de la diversité culturelle et les organismes qui viennent en aide aux artistes immigrants, le Conseil des arts et des lettres du Québec leur permet d\u2019une part de poursuivre leur cheminement créatif, d\u2019autre part d\u2019avoir plus de visibilité, et ainsi, d\u2019ancrer chaque jour un peu plus le métissage dans la société.«Or, ce métissage est force de créativité, assure Damian Nisenson.Si personne ne prend en charge tous les artistes qui arrivent et qu\u2019ils ne sont plus capables d\u2019exercer leur pratique artistique, ils deviennent quelque chose d\u2019autre.Et ce n\u2019est que pure perte pour le Québec.Ces gens-là arrivent formés.Ils arrivent avec un bagage, une expérience.C\u2019est comme un arbre qui arriverait déjà mature, avec tout plein de fruits, sans que personne n\u2019ose les manger.Grâce au CALQ, nous parvenons petit à petit à expliquer que ces fruits sont différents mais qu\u2019ils sont bons, que personne ne va s\u2019empoisonner.Et qu\u2019en plus, ils sont à disposition de tout le monde.» Collaboratrice Le Devoir Zl\tLIDC cniii\tQ n Depuis 2005, les fondations connnnunautaires\t Xf pniiR Fl\tUne tUUI urniiRAfî\tf Q du Québec* et le CALQ collaborent avec succès dans le cadre de r P MÉCÉNAT PLACEMENTS CULTURE,\tFondation du Grand Montréal r UUn Ll LE MÉCÉNAT 1\tlivUUlinu EN CULTU\tt II un progrannnne qui favorise la philanthropie et qui contribue aujourd'hui au développennent P C de près de 300 orqanisnnes de la culture Il t et (Jes connnnunications au Québec.\tFONDATION COMMUNAUTAIRE DU GRAND QUÉBEC \t\twww.fgiiitl.org * www.fcominunautaire.coin * accréditées par les Fondations communautaires du Canada\tFondations communautaires de l\u2019Abitibi-Témiscamingue, de l\u2019Estrie, de Gaspésie-Les-îles, de Lanaudière, du Saguenay-Lac-St-Jean et du Saint-Maurice. LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAI 2014 G 9 ARTS ET LETTRES CHRISTINA ALONSO FESTIVAL DE LANAUDIERE Le Festival de Lanaudière est un événement annuel qui attire un large public.Ci-dessus, le jeune chef Yannick Nézet-Séguin en concert à ce festival de musique classique, en 2012.GÉRALD GRANDMONT « Le CALQ a fait du bon boulot » L\u2019ancien sous-ministre soutient que la priorité devrait maintenant être accordée au développement de la demande Gérald Grandmont, ancien sous-ministre de la Culture entre 2000 et 2008, dresse un bilan positif du travail accompli jusqu\u2019ici par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).Mais devant les enjeux actuels, il croit que la société d\u2019Etat doit revoir légèrement son rôle pour soutenir davantage le développement culturel de la société.ETIENNE PLAMONDON EMOND Assis dans le café de la Grande Bibliothèque, le visage illuminé par les rayons de soleil plongeant à travers les vitres, Gérald Grandmont remonte le fil des événements jusqu\u2019en 1983.Il était alors directeur de la recherche et secrétaire du ministère des Affaires culturelles.Le ministre Clément Richard avait adopté cette année-là un plan d\u2019action avec lequel il avait déclenché un chantier de travail et de réflexion pour évaluer l\u2019opportunité de créer un Conseil des arts à la québécoise.«Ce qu\u2019on avait constaté, c\u2019est que même s\u2019il y avait eu quelques personnes dans le milieu qui en souhaitaient un, l\u2019idée n\u2019était pas vraiment mûre, explique-t-il.Dix ans plus tard, l\u2019idée était mûre.» En 1991, le rapport Arpin sur une politique culturelle ne recomrnandait pas la création d\u2019une telle société d\u2019Etat.Mais dans les centaines de mémoires déposés et interventions écoutées en commission parlementaire, «il y avait une demande forte pour créer un Conseil des arts», se rappelle M.Grandmont, qui n\u2019était pas au ministère lors de ce moment charnière.Les arguments demeuraient relativement les mêmes, mais avaient fait leur chemin.D\u2019abord, il y avait la volonté ,d\u2019alléger la bureaucratie à l\u2019aide d\u2019une société d\u2019Etat plus souple.D\u2019autres voyaient dans une gouvernance plus autonome une façon d\u2019établir une distance avec l\u2019appareil politique.Même s\u2019il jure n\u2019avoir jamais vu un ministre intervenir dans l\u2019avis d\u2019un jury ou les recommandations d\u2019un comité d\u2019experts, M.Grandmont juge que ce dernier raisonnement était valable pour des questions de perception.Avantages économiques La mobilisation des acteurs du milieu culturel dans la gestion du développement des arts était up autre avantage associé à la création d\u2019un Conseil.A tout cela, M.Grandmont ajoute un «argument important qu\u2019on pouvait mal mesurer à l\u2019époque: au gouvernement, lorsqu\u2019on perçoit des revenus autonomes, ils sont versés dans un fonds consolidé.Dans une société d\u2019Etat, on peut créer une fondation et enrichir la capitalisation du Conseil.» La conjoncture économique difficile du début des années 1990 s\u2019est révélée favorable à la mise en place du CALQ, observe M.Grandmont.La ministre «Liza Frulla savait qu\u2019elle ne pourrait pas lever les dizaines de millions pour la politique culturelle qu\u2019elle voulait faire approuver par l\u2019ensemble des députés de l\u2019Assemblée nationale.L\u2019idée de créer un Conseil comme celui-là venait donner du relief au projet politique.» Quand vient le temps de dresser un bilan, le professeur associé à HEC juge qu\u2019il s\u2019agissait &C
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