Le devoir, 2 juin 2014, Cahier A
[" Montréal, cancre des lobbyistes enregistrés parmi les 50 villes les plus populeuses du Québec Page A 3 Défense canadienne : la disparition de documents en ligne est dénoncée Page A 2 -?www.ledevoir.corn ?- Une missionnaire québécoise retenue en otage depuis deux mois au Cameroun est libérée Page A 4 Le Devoir Vol.C V N° 1 2 1 LE DEVOIR, LE LUNDI 2 JUIN 2014 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ 25 000 CYCLISTES POUR LE SO'^TOUR DE L\u2019ÎLE l I MICHAEL MONNIER LE DEVOIR Quelque 25000 cyclistes ont envahi les rues de Montréal, dimanche, dans le cadre de la 30\"^ édition du Tour de nie.Un événement aujourd\u2019hui festif qui se voulait autrefois un geste politique.Page A 3 PeiNT CHAUD Ecoles juives : les hassidîm sont prêts à négocier Pas question d\u2019enseigner la science ni les religions, dit toutefois leur porte-parole LISA-MARIE GERVAIS La communauté hassidique se dit prête à «négocier» de nouveau avec le gouvernement pour se conformer aux lois sur l\u2019enseignement, mais certains points, comme l\u2019enseignement de la science et des religions, seront intouchables.Québec peut mettre des balises, mais il ne peut pas les «forcer» à faire quelque chose qui va à l\u2019encontre de ce qu\u2019a décidé la communauté, a déclaré au Devoir en entrevue téléphonique Alex Werzberger, le porte-parole de la Coalition d\u2019organisations hassidiques d\u2019Outre-mont (COHOb «H y a toujours des choses sur lesquelles certaines écoles ne négocieront pas», dit-il en criant dans son cellulaire, comme pour enterrer le vacarme de la rue.Selon lui, certaines matières obligatoires au programme ne seront jamais enseignées dans les écoles juives, «point firf,al» affirme-t-il, très catégorique.Exit le cours Ethique et culture re- VOIR PAGE 8 : ÉCOLES Aujourd\u2019hui Les Sports > Tennis.Bouchard et Raonic passent en quarts de finale à Roland-Garros.Page B 4 Le Monde > Afghanistan.Un militaire américain est échangé contre cinq talibans: un prélude à la paix?Page B1 Culture > Musique.Le jeu de ping-pong épique de Sean Lennon et Charlotte Kemp Muhl.Page B 8 7\t.\t-_____________ -, Avis légaux.Décès.Météo.Mots croisés.Petites annonces.Sudokn .B2 B6 B5 B5 B6 B2 Le paradigme de la carotte La sociologue française Nathalie Heinich décortique la spécificité de Fart contemporain STEPHANE BAILLARGEON L?œuvre du Français Michel Blazy in-> titulée Mur de poils de carotte nécessite 180 kg du légume orangé, deux kilos de pommes de terre et de l\u2019eau.Six techniciens peuvent répandre la mixture sur les murs d\u2019un centre d\u2019exposition en quelques heures.Après, il faut laisser les moisissures agir et admirer la dégradation.L\u2019œuvre nourrit les yeux et le nez, alimente la controverse, mais elle ne se mange pas.Le démontage demande trois personnes munies de combinaisons protectrices et quatre jours de travail avec déca-peuses thermiques, spatules et benne d\u2019évacuation.L\u2019artiste n\u2019a pas à diriger la reproduction ou la destruction de son œuvre.Le Fonds régional pour l\u2019art contemporain des Abattoirs de Toulouse a acheté Mur de poils de carotte, ou enfin son concept, à la Galerie Jousse, en 2001.La diversification des matériaux de la production artistique contemporaine ne cesse d\u2019étonner.Tout devient matière à œuvre: la mousse de sécheuse, les mots, le sang ou l\u2019urine.Il faut aussi des collaborateurs de plus en plus atypiques pour les agencer.Des chercheurs en biotechnologies ont aidé Eduardo Kac à réaliser un lapin fluorescent.Des méde- GALLIMARD La sociologue Nathalie Heinich dns ont pratiqué publiquement des chirurgies pour greffer des implants faciaux à Orlan, une oreille sur un bras de Stelarc.Ainsi va l\u2019art, ou plutôt une partie de l\u2019art de notre temps.Pour la sociologue française Nathalie Heinich, ces exemples et une infinité d\u2019autres présentés dans son dernier livre ne signalent rien de moins qu\u2019une révolution artistique, la constitution d\u2019un nouveau paradigme, celui de l\u2019art contemporain donc, distinct de l\u2019art moderne comme de l\u2019art classique.VOIR PAGE A 8 : CAROTTE Droit de la personne Des minières canadiennes au banc des accusés Pour la première fois en Amérique du nord, un ILibunal des peuples se prononce sur l\u2019industrie MÉLANIE LOISEL Cinq compagnies minières ont été montrées du doigt, en fin de semaine, lors du Tribunal permanent des peuples (TPP) qui se déroulait pour la première fois à Montréal.Pendant deux jours, un jury composé de huit experts internationaux a été appelé à évaluer l\u2019impact des activités minières de Barrick Gold, Goldcorp, Tahoe Resources, Blackfire Exploration et Ex-cellon Resources en Amérique latine.Après avoir entendu de nombreux témoins et spécialistes, ils en sont venus à la conclusion que «ces minières seraient responsables de plusieurs violations des droits de l\u2019homme et que le gouvernement canadien est en partie responsable pour ne pas les avoir empêchées et même pour avoir facilité ces violations.» «Les compagnies minières canadiennes agissent souvent comme de nouveaux colonisateurs.voir PAGE A 8 : MINIÈRES y La justice pénale pour les adolescents LE DROIT DE SAVOIR Faits vécus et regard éclairant sur l\u2019application de la loi PARTENAIRE MÉDIA; LE DEVOIR A Canal Savoir, ce soir 20 h Une coproduction de : Barreau o \u2018\u2018\u201cQuébec A Télé-Québec Sur les ondes de J canal SAVOIR CANALSAVOIR.TV 77831303442423 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI JUIN 2014 ACTUALITES BUDGET LEITAO La CAQ veut des mesures concrètes pour le contribuable Les caquistes craignent que les engagements formulés par les libéraux durant la plus récente course électorale ne se traduisent pas par des mesures concrètes dans le prochain budget, qui sera déposé mercredi.Le porte-parole du deuxième groupe d\u2019opposition en matière de finances et du Conseil du trésor, Christian Dubé, a dit craindre que les libéraux ne passent immédiatement pas à l\u2019action.En entrevue à La Presse canadienne, M.Dubé a soutenu avoir déjà rencontré le ministre des Fi-nances, Carlos Leitao, à quelques reprises pour lui faire part des mesures qu\u2019il juge primordiales pour relancer l\u2019économie québécoise.Le député de Lévis a affirmé avoir profité de ces rendez-vous pour revenir à la charge avec le rapport «Cap sur nos familles» \u2014 qui avait été l\u2019une des pierres d\u2019assise de la plus récente campagne de son parti \u2014 puisque les «attentes de [s]on équipe n\u2019ont pas changé» d\u2019un iota depuis le dévoilement de ce plan à la mi-mars.n a mentionné à son interlocuteur libéral que, dans ce document, trois grandes pistes de solution sont mises en avant pour encourager «une meilleure gestion du gouvernement» et ainsi dégager la marge de manœuvre nécessaire pour pouvoir baisser le fardeau fiscal des contribuables de la classe moyenne.Christian Dubé a rappelé que la Coalition avenir Québec (CAQ) préconise essentiellement le gel du nombre total d\u2019employés de la fonction publique, une refonte des façons de faire au sein de l\u2019appareil étatique ainsi qu\u2019une révision à la baisse des crédits d\u2019impôt offerts aux entreprises.Après avoir invoqué ces mesures, l\u2019élu caquiste a indiqué que «c\u2019est le minimum que le gouvernement devrait mettre en place» dans le prochain budget.Christian Dubé a ajouté qu\u2019il croisait les doigts pour que le grand argentier du Québec ne se contente pas «de lancer des équipes de travail qui vont faire que, dans un an, on va pouvoir poser des gestes concrets».QS craint pour les plus vulnérables De son côté, Québec solidaire (QS) s\u2019inquiète plutôt du sort réservé aux Québécois les plus vulnérables.Interviewée par La Presse canadienne samedi, la porte-parole parlementaire de QS, Françoise David, a rappelé que son parti a déposé, la semaine dernière, une motion pour exiger que «le gouvernement se contraigne lui-même à ne pas appauvrir les plus pauvres dans le budget».Or, d\u2019après David, cette démarche n\u2019a conduit à aucun engagement concret.Elle ajoute que, dans ce contexte, son équipe «craint pour la santé, pour l\u2019éducation, pour les transports collectifs [et] pour la culture».La députée de Gouin a soutenu que si des compressions sont bel et bien effectuées dans de pareils secteurs, les «Québécois les plus vulnérables» \u2014 comme les travailleurs devant se contenter du salaire minimum, les aînés et les bénéficiaires de l\u2019aide sociale \u2014 en paieront inévitablement le prix.A ses yeux, il serait possible pour le gouvernement d\u2019épargner ces diverses catégories de citoyens «au statut très précaire» tout en renflouant les coffres de l\u2019Etat.Françoise David a rappelé que pour y arriver, QS préconise notamment la création de Pharma-Québec (un organisme public qui favoriserait «l\u2019achat groupé de médicaments»), ainsi que l\u2019instauration d\u2019un «palier d\u2019imposition supplémentaire» pour les contribuables les plus fortunés.La Presse canadienne Lire aussi > «Aformaliser», un éditoriai d\u2019Antoine Robitaiiie.Page A 6 [Le gouvernement ne doit pas se contenter] de lancer des équipes de travail qui vont faire que, dans un an, on va pouvoir poser des gestes concrets)} Christian Dubé, porte-paroie de ia CAQ en matière de finances p£^T/l/ALotiporS\u201c/F LA OOLOMlilE i\\ Dmmw] AVEC SES IN'YITËS EN' FIL lUlIlGE À TILWEILS TOUTE LA nUlOOAMMATION 15 LECTURES DANS 15 LIBRAIRIES à travers les quartiers de Montréal Lundi 2 juin à 17 h (consulter le programme en ligne) UN 5 À 7 POUR UAMITIÉ POÉTIQUE avec Diana del Angel et Aurelio Meza Valdez, en résidence à l'UNEQ Mardi 3 juin, 17 h.Maison des écrivains.Salon Émile-Nelligan 3492, avenue Laval Lecture-hommage à OCTAVIO PAZ: LE QUÉBEC ET LE MEXIQUE COMMÉMORENT LE CENTENAIRE DU POÈTE PRIX NOBEL Mardi, 3 juin à 18 h 30, Espacio México, 2055, rue Peel Soirée-bénéfice HOMMAGE À CLAUDE HAEFFELY Mercredi 4 juin à 18 h 00, Salon b, 4231b, bout Saint-Laurent Réservation: 514 526-6251 ou à la porte le soir même: 20 $.LA FÊTE COLOMBIENNE AUX APÉROS POÉTIQUES avec Olga Elena Mattéi et Andrea Cote ainsi que Sergio Esteban Vêlez et Augusto Escobar et le duo Voz de guitarra Jeudi, 5 juin à 18 h.Scène extérieure avenue du Mont-Royal 70 éditeurs représentés au MARCHÉ DE LA POÉSIE du 5 au 8 juin place Cérald-Codin (® Mont-Royal) Renseignement : 514 526-6251 maisondelapoesie.qc.ca Sauf avis contraire: entrée libre aux activités MAISONdela POESIE deMontréal caissede laculture Québec B B Soilace LE DEVOIR **ALQ I^recf \u2019uneq ^ ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE Des documents jadis accessibles en quelques clics sont désormais introuvables pour les chercheurs en défense.Des détails sur les revenus et dépenses du ministère ont notamment été retirés.Ci-dessus, un soldat canadien à l\u2019entraînement saute d\u2019un hélicoptère Sea King.DÉFENSE CANADIENNE Des documents retirés de la Toile Des chercheurs en défense s\u2019inquiètent de la disparition de précieux outils de travail LAURA PELLETIER Alors que le gouvernement canadien fait le ménage dans ses sites Internet, les chercheurs spécialisés en défense nationale dénoncent la disparition de différents rapports, bilans et lettres.La réforme Web gouvernementale, en cours depuis deux ans, part d\u2019une volonté du Conseil du Trésor «de rationner le profil Web gouvernemental», indique Tina Crouse, porte-parole du ministère de la Défense nationale ÇVIDN).En suivant le Plan d\u2019action pour le renouvellement de la présence Web du gouvernement canadien et le Plan d\u2019action du Canada pour un gouvernement ouvert, les fonctionnaires ont fait un grand ménage au sein des sites de tous les ministères.«Beaucoup de choses ne sont plus sur nos sites Internet, admet Crouse.Nous avons dû faire des choix difficiles [pour déterminer l\u2019information à éliminer].» La porte-parole explique que le site Internet du MDN était «un fouillis».«L\u2019ancien site était vieux, obsolète et rempli de documents inutiles.» Elle assure que désormais, seuls les documents «essentiels» s\u2019y trouvent.Stéphane Roussel, directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur les relations internationales du Canada et du Québec, énumère différents écrits, consultés dans ses recherches passées, qu\u2019il ne trouve plus en ligne: des lettres adressées au ministre de la Défense nationale, des sondages et le àomment Au-delà des dollars, qui donne des détails sur les revenus et les dépenses annuels du ministère.«Alors qu\u2019avant, on pouvait mettre la main dessus en trois clics, maintenant les dif férentes versions sont là \u2014 techniquement \u2014mais on n\u2019arrive pas à les trouver.» Il est possible de trouver l\u2019édition 2007-2008 de ce document sur le site Web de l\u2019Université Queen\u2019s.Pour avoir les autres éditions, M.Roussel a fait appel à ses contacts au MDN.Hyperliens dysfonctionnels Le candidat au doctorat en science politique à l\u2019Université du Québec à Montréal Marc-André Houle a vécu une situation similaire lorsqu\u2019il a tenté de retrouver un rapport intitulé Dépenses estimatives du MDN par circonscription électorale et par province, produit annuellement par le gouvernement.«En 2010-2011, fai trouvé ce document sur Internet très facilement, raconte-t-il.Mais les anciens hyperliens ne fonctionnent plus et fai dû faire une demande d\u2019accès à l\u2019information pour avoir les versions récentes.» Cette nouvelle réalité «ralentit [son] processus de recherche», déplore-t-il.Informée du dysfonctionne- «Uancien site était vieux, obsolète et rempli de documents inutiles» ment de l\u2019hyperlien des Dépenses estimatives du MDN par circonscription électorale et par province, Tina Crouse a indiqué que ce problème allait être réglé.Aude Fleurant, directrice du programme de transfert et production d\u2019armes au Stockholrn International Peace Research Institute, admet qu\u2019il est normal qu\u2019un gouvernement renouvelle son site Web et que certains hyperliens soient brisés durant le processus.Néanmoins, la chercheuse a remarqué d\u2019autres changements moins habituels.«Le Rapport sur les exportations de marchandises militaires du Canada, qui paraissait à la fin de chaque année, est maintenant publié avec un délai de deux ans.Ça commence à être long pour les chercheurs», déplore Fleurant.Pour justifier cette modification des délais, le porte-parole ministère des Affaires étrangères Jean-Bruno Villeneuve a dit au Devoir qu\u2019«/7 n\u2019y a pas d\u2019obligation législative ou de période de temps associées à la publication du rapport».En plus de ce sursis, les demandes d\u2019accès à l\u2019information des experts ne portent pas toujours leurs fruits.«Les responsables caviardent toutes les informations susceptibles d\u2019embarrasser un allié ou d\u2019attribuer un commentaire à une personne ou un officiel en particulier», dé- nonce M.Roussel.Pour trouver les pièces manquantes du casse-tête, certains chercheurs se tournent vers les entrevues anonymes avec des militaires et des industriels.Quant aux contrats internationaux du Canada en défense, il est possible de trouver des informations en consultant des documents américains ou européens, qui eux sont disponibles sur Internet.Retour aux années 1980 Yves Bélanger, chercheur depuis trente ans en économie de défense, a assisté à différentes phases de divulgation d\u2019information au sein du MDN.Il se rappelle des années 1980, alors qu\u2019internet n\u2019était pas encore généralisé au sein du gouvernement fédéral.«C\u2019était l\u2019enfer de trouver des données brutes, se re-mémore-t-il.On est revenu à ça.Si tu veux des chiffres, tu téléphones au ministère [de la Défense] et tu attends qu\u2019on veuille bien te les donner.» Cette difficulté de plus en plus grande pour les chercheurs en défense de faire leur travail inquiète Stéphane Roussel.«Si vous n\u2019avez plus de fou du roi pour vous montrer que vous êtes sur la mauvaise piste et que des problèmes se trament, ces problèmes risquent de s\u2019actualiser.» Tout comme ses collègues, il espère que la situation n\u2019est que temporaire.Le Devoir APPELS ROBOTISES Le seul procès du scandale débute Après trois ans d\u2019enquête sur près de 2500 plaintes dans 261 circonscriptions du Canada, le scandale des appels robotisés a débouché sur un seul procès intenté contre un ex-employé du Parti conservateur dans une circonscription du sud-ouest de l\u2019Ontario.Le procès de l\u2019ex-directeur des communications du candidat conservateur dans Guelph Michael Sona doit commencer lundi.Lejeune homme de 25 ans est accusé «d\u2019avoir volontairement empêché ou de s\u2019être efforcé d\u2019empêcher un électeur de voter» en orchestrant une campagne d\u2019appels robotisés diffusant un faux message afin de diriger les personnes ne votant pas pour les conservateurs au mauvais bureau de vote durant l\u2019élection fédérale de 2011.Il soutient que son ancienne formation politique a décidé de se servir de lui comme bouc émissaire afin de protéger d\u2019autres membres plus importants qui, selon lui, ont mis sur pied un complot visant à empêcher les opposants des conservateurs de voter non seulement à Guelph, mais aussi dans les autres circonscriptions du pays.Enquête publique «Je n\u2019ai absolument rien à voir avec cela», a affirmé Michael Sona dans une entrevue accordée au Huffington Post Canada la semaine dernière.Lors du dé- Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.f Vieux Montréal 514.845.5545 pôt des accusations contre le jeune homme l\u2019an dernier, M® Boxall avait affirmé que les autorités devaient lancer une enquête publique pour faire la lumière sur cette histoire «plutôt que d\u2019accuser un seul individu qui occupait un poste de subalterne au sein d\u2019une seule campagne et n\u2019avait ni les ressources ni la possibilité d\u2019accéder aux données nécessaires pour effectuer ces appels».En avril, le commissaire aux élections fédérales, Yves Côté, a écarté la théorie d\u2019un complot à l\u2019échelle nationale en annonçant qu\u2019une investigation de quelque 2500 plaintes sur 40000 soumises par des électeurs n\u2019avait pas permis de trouver suffisamment de preuves pour établir que le stratagème avait été employé ailleurs qu\u2019à Guelph.La Presse canadienne Marijuana: Santé Canada inondé de demandes Ottawa \u2014 Santé Canada croule sous le grand nombre de demandes de permis pour cultiver de la marijuana à des fins médicales, car plusieurs entreprises veulent participer à l\u2019essor prévu de ce secteur.Le ministère avait déjà reçu 858 demandes à la fin du mois d\u2019avril.En moyenne, près de 25 nouvelles demandes sont acheminées sur une base hebdomadaire.Les postulants sont des particuliers, des entrepreneurs ayant une expertise pharmaceutique et même des petites sociétés minières en difficulté.Jusqu\u2019à présent, 13 permis ont été accordés.De nouveaux venus sur ce marché se disent frustrés par l\u2019incapacité de Santé Canada à étudier rapidement leur demande.Santé Canada estime que les ventes de cannabis médical atteindront 1,3 milliard par année d\u2019ici 2024.La Presse canadienne Prochain gros lot (approx ) 14 000 000 $ + 2 LOTS GARANTIS DE 1 000 000 $ 55098213-01 Résultats des tirages du : 2014-05-31 19 28 30 32 37 45 13 21 32 37 40 49 compl.compi 0431724 Résultats des tirages du : 2014-05-30 4896723 (p^5^ioJÎ1^3^5jlj)COMPL @ Prochain gros lot (approx) : 32 000 000 $ En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto Quebec cette derniere a priorité LE DEVOIR.LE LUNDI 2 JUIN 2014 A 3 ACTUALITES Lïllusion Jean-François Nadeau n 2012, on a découvert à Hawaii une comète baptisée c/2012 Kl PanStarrs.Une jolie comète, relativement facile à voir ces jours-ci puisqu\u2019elle se trouve au zénith, bien visible dans la région des étoiles de la Grande Ourse, avec une queue de près de neuf mètres.Pour bien la voir, il suffit de se trouver ailleurs qu\u2019à Montréal ou à Québec, deux villes qui éclairent le ciel de leurs feux avec respectivement la même intensité que New York et Paris.Trop de lampadaires ne font pas pour au-taqt des «villes lumière».A la différence de mon père, je n\u2019ai jamais trop rien compris aux constellations, ni aux étoiles, ni du reste à la course infinie de leurs rayons lumineux qui ne nous atteignent souvent qu\u2019après leur mort.Je n\u2019en goûte pas moins les ciels étoilés, pour peu qu\u2019ils m\u2019aident par leur grandeur à mesurer toute notre petitesse.Dans ses Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand raconte comment une boursouflure humaine du nom de Napoléon P, par un beau soir étoilé, conduisit le cardinal Joseph Fesch à la fenêtre pour lui faire admirer les astres et tenter de lui faire partager ses rêves hallucinés de conquête.«Voyez-vous cette étoile?», lui demande Napoléon.«Non, sire.» Napoléon insiste.«Regardez bien.» Le cardinal, qui est aussi l\u2019oncle de cet empereur autoproclamé, a beau plisser les yeux, rien n\u2019y fait.«Sire, je ne la vois pas.» Triomphant, Napoléon le regarde alors et lui dit: «Eh bien, moi, je la vois.» A chacun ses rêves de conquêtes étoilés, qu\u2019ils soient bénis ou maudits.Mais ne devient pas Napoléon qui veut.Heureusement.I^s circonstances historiques importent, même si Napoléon soutenait que «les circonstances, c\u2019est moi qui les fais».Rêver encore et toujours, rêver l\u2019impossible rêve, cela ne fait le plus souvent que reculer les limites de son lit.J\u2019ai une amie au sourire éclatant, véritable étoile en son genre.Elle s\u2019appelle Catherine.Je la connais du temps où, étudiante à l\u2019Ecole nationale de théâtre, elle apprenait ses répliques sur le coin d\u2019une petite table du café où, comme d\u2019autres, elle était serveuse pour payer ses cours.Plus tard, elle a suivi une solide formation en doublage.Peu d\u2019élus pour ce travail difficile où la voix doit se moduler finement sur les inflexions suggérées à fleur d\u2019écran ou encore suivre le rythme haletant de publicitaires toujours en mal de résultats.La voix parfaite de Catherine roule partout sur ces terrains accidentés, comme si elle était montée sur des coussins d\u2019air.Vous l\u2019entendez sans cesse depuis dbc ans, sans la reconnaître plus que moi tant son registre est grand.«En ce moment, c\u2019est la débandade», me dit-elle.Presque plus de films à doubler et une multitude de séries de télévision à nouveau traduites en France plutôt qu\u2019au Québec.«On se fait dire par les studios que les tarifs des comédiens sont trop élevés, qu\u2019on n\u2019est plus compétitijs par rapport à lEurope, etc.» Vous rêvez de devenir comédienne, de faire de votre voix et de votre corps une cire avec laquelle vous pourrez tout modeler de l\u2019humanité?I.a semaine dernière, Disney annonçait qu\u2019il avait confié aux trois sœurs Dufour, les skieuses acrobatiques olympiques, le soin de doubler les voix de personnages d\u2019un de leurs films bonbon de l\u2019été.Dans un système où la protection des artistes demeure largement insuffisante et où une célébrité est désormais quelqu\u2019un qui est connu pour être connu, vous aurez beau être compétente et rêver tant que vous voudrez, cela ne suffira pas à transformer votre vouloir en pouvoir.Depuis Cannes, Xavier Dolan ne cesse pourtant de parler de l\u2019importance de rêver.Il distille lui aussi, sous l\u2019auréole de sa réussite, cette morale creuse qui fait toujours plaisir à entendre à ceux, nombreux, qui subliment facilement la réussite individuelle en réussite collective.En entrevue, Dolan dit: «Rien n\u2019arréte quelqu\u2019un qui est travaillant, quelqu\u2019un qui espère.[.] Il faut réver.Ça a l\u2019air sentimental de l\u2019exprimer comme ça, mais en même temps Cannes est la preuve la plus flamboyante de cette proposition-là, qui est de rêver, de voir grand.» Le rêve individualiste se substitue ici à la réalité.Le monde n\u2019est pas une constellation d\u2019individus qui sont tous, comme des étoiles, le foyer de leur rayonnement.Même en le voulant très fort, peu de cinéastes iront un jour à Cannes.Surtout pas avec la structure du cinéma d\u2019ici qui, depuis des années, se complaît à soutenir surtout d\u2019épouvantables navets au nom des fausses promesses du commerce.Recommander à chacun de faire confiance à ses rêves n\u2019est qu\u2019une mystification de plus au service de tous les grands illusionnistes de notre société, ceux qui savent très bien, comme Rockefeller l\u2019exprimait au début du XX® siècle, que «l\u2019individualisme est disparu et qu\u2019il ne reviendra pas».Entretenir les rêves de chacun, soutenir que cela offre à terme de réels débouchés, cela donne le sentiment commode de n\u2019avoir aucune responsabilité dans la débâcle générale des possibilités réelles qui s\u2019offrent aujourd\u2019hui aux individus de changer leur vie tandis que tous les Rockefeller de notre temps administrent à leur guise les réalités collectives.Dans son dernier spectacle, le magicien Luc Langevin affirme exactement la même chose que Xavier Dolan.Il dit: «Croyez en vos rêves: s\u2019ils vous semblent inatteignables, c\u2019est vraiment une illusion.» Magicien pour magicien, on a affaire dans les deux cas aux mêmes bêtises.On ne change pas la réalité sociale en croyant à Cannes ou aux bonnes cartes de tout un système truqué.jfn@ledevoir.corn Montréal, cancre des lobbyistes enregistrés Toutes proportions gardées, Montréal compte moins de lobbyistes inscrits que Kuujjuaq JEANNE CORRIVEAU Parmi les 50 villes québécoises les plus populeuses, Montréal continue d\u2019être celle qui fait l\u2019objet du moins grand nombre de mandats de lobbyisme par tranche de 10000 habitants, selon des données récentes tirées du Registre des lobbyistes.A titre comparatif, des villes de petite taille, comme Kuujjuaq, La Malbaie et Montebello, enregistrent des taux d\u2019inscription considérables si on les compare à ceux de la métropole.Selon une compilation effectuée par la firme de relations publiques L\u2019Orange bleue, Montréal était visée, au 29 mai 2014, par 218 mandats de lobbyisme provenant tant de lobbyistes-conseils que d\u2019organisations ou d\u2019entreprises.La Ville de Québec compte 189 mandats, même si sa population est trois fois moindre.De son côté, Trois-Rivières est celle, parmi les 10 villes les plus populeuses, qui présente le taux le plus élevé, soit 127 mandats pour 106322 habitants.«Il n\u2019y a pas de raison particulière ou mathématique qui justifierait que, par habitant, il y ait trois fois plus de lobbyistes à Québec qu\u2019à Montréal», indique Mathieu Santerre, prési- dent de L\u2019Orange bleue.Ces données, extraites du Registre des lobbyistes, rejoignent les tendances observées par le Commissaire au lobbyisme l\u2019automne dernier.Celui-ci avait d\u2019ailleurs critiqué le peu d\u2019efforts déployés par la Ville de Montréal pour inciter les lobbyistes à s\u2019inscrire au registre.M.Santerre s\u2019est aussi intéressé à dix villes de moindre taille où, proportionnellement, le nombre de mandats actifs apparaît très élevé.Parmi elles, Kuujjuaq, qui compte 7 mandats pour une population de 2100 habitants, et Montebello, avec 12 mandats pour 986 habitants.Règles plus strictes Le conseiller de Projet Montréal, Alex Norris, estime que la Ville de Montréal devrait obliger les démarcheurs qui tentent d\u2019influencer un élu de s\u2019inscrire au Registre des lobbyistes.Il soutient que c\u2019est la consigne suivie par les élus du Plateau-Mont-Royal.En février dernier, M.Norris a d\u2019ailleurs proposé trois amendements au code d\u2019éthique des élus, dont l\u2019un imposait des règles plus contraignantes à cet effet.Cet amendement a été envoyé pour examen à la commission de la présidence, qui ne s\u2019est toujours pas prononcée.«Il est inconcevable qu\u2019il y ait si peu de lobbyistes inscrits à la Ville de Montréal.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019il y a moins de lobbyisme qui se fait ici, c\u2019est qu\u2019ils respectent moins les obligations de la loi», dit-il.Le responsable de la gouvernance au comité exécutif, Lionel Perez, signale avoir rencontré le commissaire au lobbyisme, M® François Casgrain, en février dernier pour discuter du dossier.La Ville n\u2019est pas tenue d\u2019exiger d\u2019un lobbyiste qu\u2019il s\u2019inscrive au registre, mais M.Perez admet que la Ville a un rôle à jouer à cet égard.«Ce n\u2019est pas une obligation légale, mais, néanmoins, on a une obligation [.] de participer à l\u2019évolution et à l\u2019amélioration d\u2019enregistrements auprès du Registre», a-t-il indiqué prudemment.Etienne Couture, président de l\u2019Association des lobbyistes du Québec, croit que Québec aurait avantage à rafraîchir la loi, datant de 2002, qui encadre des activités de lobbyisme et, surtout, à simplifier le processus d\u2019inscription au Registre.Le Devoir 3 MICHAEL MONNIER LE DEVOIR Suzanne Lareau (devant), présidente de Vélo Québec, a rappelé que le premier Tour se voulait une déclaration politique.Rouler pour se faire une place au soleil Environ 25000 cyclistes ont pris les rues d\u2019assaut pour le 30® Tour de File de Montréal JEAN-FRANÇOIS NADEAU Le Tour de l\u2019île de Montréal, la grande fête annuelle du vélo, célébrait dimanche sa trentième édition.Environ 25000 cyclistes de tous les âges et de toutes les conditions ont pris le départ de différents parcours allant de 25 à 130km.«On oublie aujourd\u2019hui, explique Suzanne Lareau, présidente de Vélo Québec, que c\u2019était au départ un geste politique que d\u2019organiser cette manifestation.On s\u2019était inspirés de Bike New York pour montrer que le vélo était pratiqué par beaucoup de monde et qu\u2019il fallait en conséquence penser aux cyclistes.Il n\u2019était pas question alors de rassembler juste les militants, mais d\u2019ouvrir l\u2019événement au plus grand nombre possible, dans un esprit de fête qui, en fin de compte, conduisait encore mieux à des résultats politiques.» Est-ce encore politique ce Tour de l\u2019île?«Les administrations des villes aménagent des voies cyclables.C\u2019est bien.Mais il va falloir que les villes deviennent vite plus conviviales.On s\u2019en rend compte de plus en plus.Pas seulement pour le vélo, mais aussi pour les piétons.Les populations vivent de plus en plus à la ville.Tout le monde ne pourra avoir une auto.» Cohabiter avec la Formule 1 Le maire Denis Coderre, présent au départ de l\u2019événement, a salué l\u2019immense foule de cyclistes massés près du parc La Fontaine.«Bienvenue dans la capitale du vélo!», a-t-Ü lancé au micro.En entrevue avec Le Devoir, le maire a insisté pour dire que Montréal ajoute «environ 50km de pistes cyclables par année à son réseau».Il dit ne pas avoir encore pris la décision d\u2019arrêter les vélos collectifs Bbd.«Je me laisse jusqu\u2019à l\u2019automne pour y réfléchir.Mais vous savez que si je n\u2019avais rien fait, ce serait déjà fermé.» Les pistes cyclables peuvent-elles espérer goûter à la sécurité d\u2019une chaussée lisse et sécuritaire, comme celle que l\u2019on s\u2019affaire à pré- Automobilistes en colère Le Tour de l\u2019île de Montréal, qui s\u2019est déroulé dimanche dans les rues de la métropole, n\u2019a pas fait que des heureux.De nombreux automobilistes et usagers du transport en commun ont ragé de la congestion occasionnée par l\u2019événement.Certains ont déversé leur colère sur le réseau Twitter.«Après IhSOà \u201cgosser\u201d dans les rues de Montréal, je peux dire que fai fait le tour de l\u2019île», a écrit l\u2019un d\u2019eux sur les réseaux sociaux.«Ça s\u2019appelle le Tour de l\u2019île parce que si tu veux aller quelque part en char, faut que tu fasses le tour de l\u2019île!», a ironisé un autre mécontent.Même les adeptes du cyclisme en avaient gros sur le cœur: «Je suis cycliste, mais couper la ville en deux une journée complète, c\u2019est tellement pas une bonne façon de faire apprécier le vélo!» Le Devoir parer ces jours-ci au circuit automobile Gilles-Villeneuve ?«Mêlez pas la Eormule 1 à ça», a tonné le maire Coderre.«Le vélo est capable de cohabiter avec la Eormule 1.» À plus d\u2019une reprise, le nouveau maire a promis de participer au Tour de l\u2019île à vélo l\u2019an prochain.Le 13 octobre 1985, pour sa première édition, le Tour de l\u2019île rassemblait seulement 3(X)0 personnes sous une pluie froide.En 1986, l\u2019événement a lieu en juin.Cette fois, il y a 15000 cyclistes.«Le plus grand événement participatif de ce genre à l\u2019époque, le marathon de Montréal, rejoignait 12000 personnes, explique la directrice de Vélo-Québec.Personne ne croyait que nous aurions autant de monde.» Il y aura jusqu\u2019à 45000 participants.La formule actuelle, plus encadrée, permet de voir rouler plus de 25000 cyclistes.Il y en avait de tous les genres dimanche.Paul Dussault et sa compagne étaient venus avec leur beau tandem, «fai organisé des sorties de tandems pour les aveugles, dont un tour du Québec.» Simon Dugas était lui aussi le capitaine d\u2019un tandem avec derrière sa fille de 11 ans.«Mon beau-père utilisait ce vélo avec ma blonde pour faire le Tour de l\u2019île lorsqu\u2019elle avait 14 ans.Elle en a 41 aujourd\u2019hui.C\u2019est au tour de ma fille de vivre ça sur le même vélo.» Dans Hochelaga-Maisonneuve, un prêtre en longue soutane saluait les cyclistes de sa main blanche, depuis le perron de son église.Dans la 55® avenue, après avoir longé les précipices des vieilles carrières sur des routes de gravillons, on retrouvait la vie de quartier des dimanches d\u2019éjé près du boulevard Duplessis.A l\u2019eau de son tuyau d\u2019arrosage, un homme nettoyait son entrée de cour sans se soucier des cyclistes tandis que son voisin faisait de même en tondant son gazon torse nu.Mais à peu près partout, on trouvait surtout des curieux nombreux qui encourageaient les cyclistes en criant à s\u2019arracher les poumons, comme si tous ces vélos se trouvaient au cœur d\u2019une épreuve comme le Tour d\u2019Italie dont le nouveau champion, couronné dimanche de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique, est pour la première fois un Sud-Américain, le Colombien Nairo Quintana.Le Tour de l\u2019île, lui, n\u2019a rien d\u2019une compétition.Boulevard Gouin, le long des anciennes maisons,de ferme aux toitures à coyaux, Eloïse Telosse, 28 ans, m\u2019explique en roulant ne pas rater ce rendez-vous depuis l\u2019âge de 8 ans.«Je faisais les parcours pour enfants et ensuite le tour régulier.» Le vélo, ce dimanche, était dans les rues de Montréal l\u2019affirmation d\u2019une réalité sous forme de puissants rayons de soleil.Le Devoir Des écologistes déplorent la « grande messe » de la Formule 1 AU moment où la Formule 1 fait son retour annuel à Montréal, en vue du Grand Prix du Canada, le week-end prochain, des organismes environnementaux estiment qu\u2019il est temps d\u2019arrêter de perpétuer cette «grande célébration de la voiture à essence».Selon le directeur de Coalition Objectif 22, Jean-François Boisvert, qualifier le Grand Prix de «grande messe de l\u2019automobile» envoie un très mauvais message dans la population.M.Boisvert rappelle que l\u2019automobile a un impact majeur sur l\u2019environnement, et que le Grand Prix de Montréal en devient le triste symbole pendant une semaine.Il déplore que le Grand Prix soit vu comme H déplore que «hautement dé- sirable» parce le Grand Prix qu\u2019il attire le jet-set et qu\u2019il soit VU comme met «supposé- «hautement ment» Montréal «sur la désirable» carte».Jean-Fran- parce qu\u2019il admet que l\u2019au-\tjet-set tomobile à es- qu\u2019il met sence repre- sente toujours Montréal « sur un «mal nécessaire», mais il la carte» est grand temps, selon lui, que le Québec et le monde se tournent vers des moyens de transport alternatifs et collectifs.Mardi, en marge du Grand Prix du Canada, la Maison du développement durable, Equiterre, ENvi-ronnement JEUnesse et la Coalition Objectif 22 tiendront un grand panel, à Montréal, intitulé « Les jeunes et la voiture : le début de la fin d\u2019une histoire d\u2019amour?».Noël en juin Du côté des commerçants, le son de cloche est évidemment bien différent.Même si la première séance d\u2019essais libres du Grand Prbc ne se déroulera que vendredi matin, bien des gens d\u2019affaires de Montréal ont pris place depuis longtemps sur la grille de départ.C\u2019est le cas notamment du propriétaire du restaurant Chez Alexandre, Alain Creton, également président de l\u2019Association des commerçants de la rue Peel.Il soutient que ses préparatifs vont bon train depuis environ deux mois.M.Creton précise que, dans son établissement, «normalement, il y a douze personnes chargées du service, mais qu\u2019on devra presque tripler [le nombre de travailleurs] et qu\u2019à un moment donné, ils seront donc 35» à virevolter entre les tables.Alain Creton ajoute «qu\u2019on fait le double des recettes» habituelles pendant la grand-messe de la Formule 1.«Pour nous, c\u2019est Noël au mois de juin», lance-t-il en s\u2019esclaffant.La Presse canadienne A 4 LE DEVOIR, LE LUNDI JUIN 2014 ACTUALITES Une religieuse québécoise retrouve sa liberté au Cameroun Rome \u2014 Une religieuse québécoise et deux prêtres italiens ont été libérés deux mois après avoir été enlevés dans le nord du Cameroun par des groupes armés, a annoncé le ministère des Affaires étrangères de ritalie, dimanche.Gilberte Bussière, Giampaolo Marta et Gianantonio Allegri avaient été kidnappés le 5 avril.Le ministère italien des Affaires étrangères a remercié les autorités canadiennes et camerounaises, mais n\u2019a pas fourni de détails sur la libération.Originaire d\u2019Abestos, sœur Gilberte, qui est âgée de 74 ans, fait partie de la Congrégation de Notre-Dame depuis 1957.Après avoir enseigné au Québec pendant 20 ans, la religieuse s\u2019est envolée pour le Cameroun en 1979, où elle enseigne toujours.Revenue au pays l\u2019an dernier pour des raisons de santé, elle avait fait part de sa hâte de retourner auprès des gens qu\u2019elle aimait dans ce pays africain.Soulagés «Cest avec une joie immense que les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ont appris tôt ce matin la nouvelle de la libération de sœur Gilberte Bussière et des pères Marta et Allegri, a annoncé la Congrégation dans un communiqué publié sur son site Web.Selon les informations dont nous disposons en ce moment, sœur Gilberte est en bonne santé.Elle a été emmenée à Yaoundé où elle sera accueillie par sœur Thelma Renaud, leader de la région Notre-Dame-des-Apôtres [Cameroun] de la Congrégation de Notre-Dame.» Les proches de Gilberte Bussière ont également été très soulagés d\u2019apprendre l\u2019heureux dénouement.«On était angoissés et on s'ima- CONGREGATION DE NOTRE DAME/PC Gilberte Bussière avait été enlevée le 5 avril avec deux prêtres italiens.ginait toutes sortes de choses, a confié Michel Bélanger, un cousin de la religieuse, en entrevue téléphonique.On savait aussi qu'elle était malade et qu'elle devait prendre des médicaments, ce qui nous inquiétait encore plus.Mais là, tout va bien et on est très contents.» Après avoir enseigné au Québec pendant 20 ans, la religieuse s\u2019est envolée pour le Cameroun en 1979 Le ministère des Affaires étrangères du Canada s\u2019est réjoui du dénouement de cette affaire d\u2019enlèvement Par l\u2019entremise de son compte Twitter, le ministre John Baird a dit être «heureux d'avoir la confirmation, de la part du gouvernement du Cameroun, qu'une citoyenne canadienne a été libérée parses ravisseurs.J'espère qu'elle est saine et sauve».«Nous tenons à remercier les autorités camerounaises et ita- liennes pour leur soutien.Les représentants canadiens demeurent en contact régulier avec sa famille pour offrir de l'aide et ils fournissent aussi des services consulaires à la citoyenne canadienne», a écrit un porte-parole du ministère, Jean-Bruno Villeneuve, dans un courriel.Même son de cloche du côté de Québec.La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, s\u2019est dite très heureuse de la remise en liberté de sœur Gilberte Bussière.«C'est avec une immense joie que j'ai appris ce matin la libération de sœur Gilberte Bussière, d'autant plus qu'elle est en bonne santé, me dit-on.Je m'entretiendrai avec elle dans les plus brejs délais, mais j'ai déjà eu un premier contact avec des responsables de la Congrégation qui m'ont confirmé l'état de santé de M^^ Bussière.Mes pensées vont aussi à sa famille, à ses collègues et à ses proches qui, je l'espère de tout cœur, parviendront à surmonter cette douloureuse expérience», a souligné M\u201c® St-Pierre, par communiqué.Juste après les enlèvements, la radio du Vatican avait évoqué la possibilité que Boko Haram, un groupe islamiste, soit responsable de ces kidnappings.Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a déclaré, dimanche, que le pape François avait suivi l\u2019affaire depuis les débuts.«Nous remercions Dieu que cette histoire se soit bien terminée», a affirmé le père Lombardi, avant d\u2019avoir une pensée pour les autres personnes enlevées dans des zones de guerre.Associated Press Desjardins présente Défis l\u2019ete.en collaboration avec Cascades GAGNEZ UN DES 25 LAISSEZ-PASSER POUR 2 PERSONNES ET ROULEZ AVEC LES JOURNAUSTES DU DEVOIR DEPART DE VICTORIAVILLE LE 21 JUIN Une activité de Vélo Québec RELEVEZ LE DEF AVEC LE DEVO R GUILLAUME CAROLINE BOURGAULT-COTE MONTPETIT JEAN-FRANÇOIS NADEAU LISA-MARIE GERVAIS KARLRETTINO PARAZELLI LeDevoir.com/lesdefis POUR PARTICIPER > Date hnnite le lundi 2 juin>20l MICHAEL MONNIER LE DEVOIR La « superpoutre » du pout Champlaiu enfin retirée La «superpoutre» installée sur le côté ouest du pont Champlain en novembre dernier a été complètement retirée dimanche après-midi.La structure d\u2019urgence a été remplacée par un treillis d\u2019acier permanent.Ce nouveau support est censé être plus solide et plus durable.Le retrait de la « superpoutre » avait été retardé, il y a deux semaines, en raison des forts vents.Une seule voie était ouverte à la circulation en direction de la Rive-Sud au cours de la fin de semaine.La circulation devrait redevenir à la normale lundi matin vers 5 h, juste à temps pour l\u2019heure de pointe.Opération séduction pour Mélanie Joly La chef du Vrai changement pour Montréal lance une campagne de recrutement JEANNE CORRIVEAU Mélanie Joly garde le cap sur 2017 et réitère son intention d\u2019être candidate à la mairie de Montréal lors du prochain scrutin.En attendant, sa formation politique, le Vrai changement pour Montréal, a lancé dimanche une campagne d\u2019adhésion.Au cours des prochains mois, le parti espère recruter 2000 membres et amasser 30000$ Même si l\u2019échéancier électoral est encore loin, Mélanie Joly prépare le terrain en vue du scrutin de 2017.Lors d\u2019une journée de travail qui s\u2019est déroulée au collège Maisonneuve dimanche, élus et militants ont fait le point sur les activités du parti et lancé une campagne pour accroître le nombre de membres.Lors des élections de novembre 2013, Mélanie Joly était arrivée deuxième dans la course à la mairie de Montréal et avait fait élire huit candidats, dont quatre siègent au conseil municipal.Le Vrai changement pour Montréal a terminé l\u2019année 2013 avec un déficit de 106420$, mais le remboursement public des dépenses électorales lui a permis de renflouer ses coffres.«On n'est pas riches, mais on n'est pas endettés», a assuré M\u201c® Joly, qui se targue d\u2019avoir mené campagne avec des moyens modestes.Rappelons que les dépenses électorales de la formation Mélanie Joly était arrivée 2^ dans la course à la mairie de Montréal de Denis Coderre s\u2019étaient élevées à 1,168 million de dollars, contre 251938$ pour le Vrai changement.Consultante Comme sa colistière n\u2019a pas été élue en novembre dernier, M\u201c® Joly n\u2019a pu obtenir un siège à l\u2019hôtel de ville.En marge de son rôle de chef de parti, elle est donc devenue consultante \u2014 à son compte \u2014 en management et en communication.«Je m'assure de respecter le code de déontologie des élus, même si je ne suis pas élue», a-t-elle dit.Elle a par ailleurs entrepris la rédaction d\u2019un livre sur sa «philosophie politique» quç paraîtra à l\u2019automne, espère-t-elle.«L'État est un peu déconnecté des citoyens et mal adapté aux nouveaux enjeux qui sont les changements climatiques, la démocratisation de l'accès à l'information et la croissance des inégalités.Dans ce contexte-là, j'arrive à des pistes de solutions pour réformer le système», a-t-elle expliqué.Tout en reconnaissant les efforts faits par l\u2019administration Coderre pour améliorer les communications avec les citoyens, Mélanie Joly estime qu\u2019une certaine opacité demeure et que des problèmes en matière de gestion des infrastructures persistent.Le Devoir EDUCATION DES PREMIERES NATIONS Paul Martin dénonce la manière Harper ancien premier ministre li-r béral Paul Martin critique le projet conservateur controversé de réforme du système d\u2019éducation des Premières Nations.M.Martin a déclaré samedi à Vancouver que l\u2019approche «ça passe ou ça casse» du gouvernement Harper envers l\u2019éducation des Autochtones est une erreur.Il a également accusé les conservateurs de négliger l\u2019éducation des Premières Nations, ce qui, dit-il, est mauvais pour les affaires et moralement inacceptable.«Le gouvernement sous-finance leur éducation, ainsi que leurs soins de santé, et cela est moralement mauvais \u2014 et c'est aussi stupide sur le plan économique, a-t-il dit.Comment pouvez-vous sous-financer l'éducation du plus jeune segment de votre population, qui est également celui qui grandit le plus vite ?» Lorsque M.Martin dirigeait le gouvernement, il a joué un rôle-clé dans la conclusion de l\u2019Accord de Kelowna, une entente de financement avec les Premières Nations évaluée à 5 milliards de dollars.Cette somme ne s\u2019est cependant jamais matérialisée, son gouvernement ayant été battu par les conservateurs en 2006.Division Le projet de loi conservateur a divisé les chefs autochtones, plusieurs d\u2019entre eux affirmant que cela donnait trop de Comment pouvez-vous sous-financer l\u2019éducation du plus jeune segment de votre population?)) Paul Martin, ex-premler ministre du Canada contrôle au gouvernement fédéral sur l\u2019éducation de leurs enfants.Des chefs de bande d\u2019un peu partout au pays ont d\u2019ailleurs voté pour rejeter cette réforme, et réclament plutôt un nouvel accord.Le ministre fédéral des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, refuse toutefois de retourner à la planche à dessin dans ce dossier.M.Martin se trouvait à Vancouver pour y recevoir un prix de la Fédération canadienne des contribuables, en reconnaissance de son travail pour redresser les finances nationales alors qu\u2019il était ministre des Finances dans le gouvernement Chrétien.La Presse canadienne Joël Gauthier quitte Hexagone Investissements Hexagone a annoncé dimanche soir, par voie de communiqué, que Joël Gauthier quittait l\u2019entreprise de façon définitive.Visé par une enquête de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) pour ses activités à la tête de l\u2019Agence métropolitaine de transport M.Gauthier s\u2019était retiré temporairement de ses fonctions au sein d\u2019Hexa-gone le 17 avril dernier.M.Gauthier Joël Gauthier est notamment soupçonné par l\u2019UPAC d\u2019ingérence dans l\u2019octroi de contrats.Le départ de M.Gauthier, qui était actionnaire et membre du conseil d\u2019administration au sein d\u2019Hexagone, aurait été convenu d\u2019un commun accord, indique-t-on.Le Devoir Bernard Landry enseignera en Chine L\u2019ancien premier ministre Bernard Landry s\u2019apprête à quitter le Québec pour aller enseigner à Shanghai, en Chine.M.Landry sera appelé à former des gestionnaires locaux, candidats au MBA pour cadres.Il s\u2019agit d\u2019une session intensive de dix jours, offerte en anglais et destinée à de jeunes Chinois qui travaillent déjà dans des entreprises.Ber-n^d Landry est professeur à l\u2019École de gestion de l\u2019Université du Québec à Montréal.La Presse canadienne 0885074916 LE DEVOIR, LE LUNDI 2 JUIN 2014 A 5 SOCIETE #CHRONIQUEFD L\u2019arche des mots Fabien Deglise Ly inspiration s\u2019est pointée au détour d\u2019une lecture, celle d\u2019un billet en ligne, attrapé dans une publication anglophone dont le nom s\u2019est malheureusement perdu dans la masse d\u2019informations qui rythme désormais nos quotidien^.11 y était question de mots, ceux du Moyen Age, que, le journaliste-blogueur proposait de rescaper en les ramenant au bon souvenir du présent.Beaucoup étaient intraduisibles en français.Plusieurs nommaient des choses étranges, contrairement à l\u2019idée de fond évoquée qui, elle, est loin de relever de la même d\u2019étrangeté.Sauver des mots du passé en les remettant en circulation aujourd\u2019hui?Le projet est même plutôt fascinant.Et il fonctionne également en français, langue qui est loin de manquer d\u2019éléments de langage en apparence surannés, mais qui mériteraient malgré tout de retrouver une place dans notre présent.Après tout, pris dans le culte très contemporain de la surcommunication, on a justement besoin d\u2019une diversité de mots pour mieux appréhender la complexité de ce présent et pour le nommer avec une plus grande précision.Et si, pour l\u2019aider, l\u2019on créait une arche pour sauver ces vieux mots ?L\u2019Arche des mots, quoi ! Et que l\u2019on commençait à faire monter quelques fragments linguistiques signifiants à l\u2019intérieur, comme.Chacunière.Le nom a été tellement délaissé que les dictionnaires l\u2019ont rejeté cavalièrement de leurs pages.Et pourtant, en qualifiant l\u2019endroit où se trouve notre intimité, avouons qu\u2019il pourrait facilement se remettre à respirer l\u2019air du temps en nommant l\u2019individualisme ambiant comme dans l\u2019expression « chacun dans sa chacunière » ou encore en appelant au respect avec un très actuel « les yeux de la NSA n\u2019ont rien à faire dans nos chacunières».Par exemple.Malquérant.En gros, l\u2019adjectif fait référence à la malveillance, à cette sournoiserie qui s\u2019accompagne de mauvaises intentions.Application présente possible: Ce réseau social malquérant commence à nous demander beaucoup trop d\u2019informations personnelles.Elle n\u2019a pas réussi à dissimuler sa grossesse/sa maladie chronique/ sa séparation/ses allégeances communistes à des réseaux numériques malquérants.Des entrepreneurs et politiciens malquérants ont passablement ruiné la confiance du citoyen en les institutions démocratiques.Gaminer.Mais pourquoi diable avoir évacué ce verbe des dictionnaires, lui, qui permet pourtant si bien de nommer bon nombre de nos nouveaux comportements dans les univers numériques, comme en d\u2019autres lieux d\u2019ailleurs.Retweeter la blague fienteuse d\u2019un pamphlétaire à la mode, c\u2019est gaminer, sombrer dans l\u2019enfantillage, quoi.Arrête de gaminer sur ton iPhone et occupe-toi des devoirs des enfants ! Ma tante gamine avec ses vidéos de chat en ligne.Les élus sont vraiment en train de gaminer autour de la construction d\u2019un nouveau pont.Amusoire.Dans le même genre, ce nom, féminin, a été supprimé par l\u2019Académie française sans doute un peu vite puisqu\u2019il peut facilement faire référence à bien des choses du présent.Une amusoire, c\u2019est quelque chose de pas très sérieux, conçu pour amuser et distraire.On pourrait le retrouver dans des phrases comme : ce bulletin d\u2019information est vraiment en train de se transformer en amusoire.Pour attirer les regards, les 2014, il faut souvent faire l\u2019amu-soire.Ce maire, quel amusoire ! Besaigre.Qui devient aigre, lorsqu\u2019on parle du vin.L\u2019adjectif a bien sûr moins de prise sur une industrie vinicoje qui s\u2019est bien améliorée depuis le Moyen Age, ce qui explique sa disparition.Mais par extension, il pourrait sans doute trouver bien des marques ailleurs dans un présent où l\u2019aigreur semble parfois se répandre avec la même facilité que le cynisme.Pistes d\u2019utilisation: Pais jouer tes MP3, cette radio-poubelle est trop besaigre pour moi.Cette politique environnementale besaigre va finir par déplaire à tout le monde.Ses propos revanchards commencent à devenir besaigres.En gros.Nicodème.À l\u2019origine, le nom identifie un homme simple doté d\u2019un esprit obtus et forcément mal à l\u2019aise en dehors de son intellectuel étriqué.Un Nicodème est assez conservateur, pas très créatif et devient par le fait même un frein, une entrave à l\u2019avancement, à l\u2019innovation et aux mutations.On pourrait parler donc de ces nicodèmes qui nous gouvernent ou faire entrer le mot dans l\u2019çxpression : elle va aller vendre son idée aux Etats-Unis, les nicodèmes d\u2019ici n\u2019en ont pas voulu.Assoter.Autre bel çxemple d\u2019un verbe qui n\u2019aurait pas dû partir.A moins que son éradication ait été finement calculée pour ne plus lui permettre de nommer une triste réalité, celle d\u2019une chose qui rend stupide, qui rend sot.Assoter, comme dans : cet animateur de radio est en train d\u2019assoter son auditoire.11 a passé sa journée sur Pacebook, il en est tout assoté.Ou encore : le vendredi soir, la télévision assoie.Et vous, quel mot mettriez-vous dans une Arche des mots ?Sur Twitter: ©FabienDeglise 1 i i % P Les supports à vélos sont en nombre insuffisant à Montréal, n\u2019importe quel cycliste vous le dira.CONSOMMATION Quand le vélo est au repos Quelques pistes pour trouver un support pour sa bicyclette PEDRO RUIZ LE DEVOIR EMILIE EOLIE-BOIVIN Le problème du stationnement n\u2019est pas réservé aux automobilistes.Les cyclistes de la métropole le savent trop bien.Dans les quartiers résidentiels densément peuplés, les supports à vélos ne sont pas assez nombreux.D\u2019où l\u2019abondance de vélos cadenassés aux balcons, aux rampes d\u2019escalier, aux arbres, aux clôtures des voisins, etc.Sachant qu\u2019un espace de stationnement pom automobile permet de garer de huit à dix bicyclettes, les cyclistes réclament eux aussi leru bout de bitume.En attendant que les arrondissements installent plus de supports sur la voie publique, ceux qui habitent des appartements trop exigus pour y ranger leur vélo peuvent toujours se procurer des modèles à installer sur leur terrain pour garder leur vélo à portée de main.La Maison des cyclistes et Dumoulin Bicyclettes, à Montréal, proposent le fameux module râtelier bien connu des cyclistes.Le support de trois à sept places fait partie du mobilier urbain familier dans les rues commerciales et dans les parcs.«Son avantage, c\u2019est que le vélo tient seul quand tu l\u2019y installes», explique Marc Jolicœur, ingénieur et directeru de la recherche poru Vélo Québec.Le prix d\u2019un support trois places en acier galvanisé démarre à 218$ avant les taxes et sans les ancrages (coût variable selon le type).Un bon support doit permettre de cadenasser la roue avant et le cadre, et de bien se fixer au sol.«Même ancré au gazon, le râtelier est intéressant», remarque M.Jolicœur.La longue tige est complétée d\u2019une vis papillon, qui permet de bien river le support au sol.Ce modèle a une durée de vie d\u2019une dizaine d\u2019années, après quoi il rouille.Le modèle BO, un poteau avec des oreilles à 320$ avant taxes, permet quant à lui de garer deux vélos.Bien que la Maison des cyclistes n\u2019offre pas ce modèle, l\u2019ingénieur suggère le Cyclofixe créé par l\u2019agence Mouvement créatif pqur l\u2019arrondissement du Plateau Mont-Royal.Elégant six places, il possède des arches épaisses en acier inoxydable qui permettent d\u2019accrocher son vélo en toute sécurité.Sa vente au détail est encore en expérimentation, mais l\u2019agence offre le Cyclofixe aux gens intéressés.L\u2019exemple européen L\u2019offre de stationnement est bien mince au Québec comparativement à l\u2019Europe, concède Marc Jolicœur.«Comme il n\u2019y a pas vraiment de demande, l\u2019offre n\u2019est pas organisée.Il y a davantage de manufacturiers aux Etats-Unis.Pour les particuliers, les supports sont relativement chers, mais ils ne sont pas très dispendieux pour les municipalités.» Les arrondissements accordent de plus en plus d\u2019importance aux supports à vélos dans le mobilier urbain.Le Plateau-Mont-Royal, qui présentait en mai dernier de nouvelles mesures pour faciliter la pratique du vélo dans ses rues, a fait passer le nombre de places de stationnement de 1608 en 2007 à près de 5000 pour 2014.«On est tout à fait conscients que la demande augmente et qu\u2019elle ne sera que de plus en plus forte, dit Michel Tanguay, chargé de communication pour l\u2019arrondissement.L\u2019espace public est en voie d\u2019être repensé et adapté.On tente de ramener ça à une échelle plus humaine, en élargissant les trottoirs par exemple et en aménageant l\u2019espace pour que les gens marchent et fassent plus de vélo désormais.» «Encore faut-il convaincre les gens que les espaces de stationnement sont utiles et nécessaires», indique Marc Jolicœur, de Vélo Québec.Les arrondissements suggèrent aux citoyens qui souhaitent plus de supports à vélos de formuler une demande en composant le 311, ou encore de faire la demande en personne lors des conseils d\u2019arrondissement.Vélo Québec offre également un service d\u2019aide aux gestionnaires d\u2019édifices et aux compagnies qui souhaitent offrir des espaces de stationnement à leurs résidants ou à leurs employés.Le Devoir La paix est en vous ! Entrevue avec Chade-Meng Tan, le chantre de la pleine conscience MELANIE LOISEL à Paris Il est connu comme étant le joyeux luron, le bon camarade ou encore le chic t^e de Google.De Barack Qbama à Lady Gaga en passant par le dalaï-lama, tout le monde cherche à rencontrer Chade-Meng Tan, et même à se faire photo^a-phier à ses côtés.Cet ingénieur de 43 ans, originaire de Singapolu, est en train de devenir l\u2019une des plus grandes célébrités de la planète poru son idée à la fois simple et compliquée : aspirer à rien de moins que les conditions de paix dans le monde, et ce, grâce à la.méditation.Lorsque Chade-Meng Tan en a parlé pour la première fois à ses patrons au tournant des années 2000, les deux fondateurs de Google, Larry Page et Sergueï,Brin, ne l\u2019ont pas pris du tout pour un illuminé.Avoir son air de génie, ils n\u2019ont pas douté un instant de sa volonté ni de sa capacité à y arriver.Au contraire, ils l\u2019ont même encouragé et lui ont permis de prendre 20% de son temps de travail, comme c\u2019est la coutume chez Google, poru développer son idée.Le jeune Tan s\u2019est alors plongé dans l\u2019étude de la neuroplasticité du cerveau et de ses capacités d\u2019assimiler de nouvelles choses.Par le fait même, il s\u2019est mis à lire toutes sortes de recherches scientifiques sur les bienfaits de la méditation, étant lui-même déjà un adepte du bouddhisme.Un monde sans guerre Une déceimie plus tard, l\u2019ingénieru de Google fait maintenant le tour du monde poru présenter son programme, intitulé Search Inside Yourself, qui se veut un programme «d\u2019intelligence émotionnelle fondée sur la pleine conscience».En fait, il s\u2019agit d\u2019un programme de méditation qui vise à mieux prendre conscience du moment présent pour permettre aux gens d\u2019être plus heureux dans leur vie, leur travail et, à terme, dans un monde sans guerre.«Je crois que la paix dans le monde peut et doit commencer par soi», lance Chade-Meng Tan lors d\u2019une entrevue accordée au Devoir pour souligner le lancement de son programme qui vient d\u2019être traduit en français sous le nom de Connectez-vous à vous-même.Dans un petit hôtel cossu de Paris, l\u2019ingénieur explique que MELANIE LOISEL LE DEVOIR Chade-Meng Tan chaque être humain est en mesure de développer un esprit plus paisible, heureux et compatissant.Comment?Par ces trois étapes essentielles : s\u2019entraîner à avoir plus d\u2019attention, une meilleure connaissance et une maîtrise de soi grâce à de meilleures habitudes mentales.Dans son livre de 300 pages, arrivé au Québec cette semaine, une série d\u2019exercices mentaux sont proposés pour calmer carrément l\u2019esprit et l\u2019entraîner à être plus efficace.Pacile à pratiquer seul dans son salon, le programme est beaucoup plus difficile à appliquer dans le tourbillon du quotidien.Pourtant, depuis 2007, plus de 2000 employés de Google ont pu l\u2019expérimenter en suivant les cours de Tan.Et selon ses dires, «leur existence a changé en seulement 24 heures de cours réparties sur sept semaines».«Si fai pu réussir à cal- mer mon esprit, tout le monde peut le faire», confie l\u2019ingénieur surdoué, qui dit avoir appris à lire à.18 mois, qui programmait à 12 ans et gagnait tous les concours de programmation à 17 ans.Habitué aux réparties des sceptiques, Chade-Meng Tan soutient que tous peuvent commencer à faire deux choses dès maintenant pour mieux se connecter à eux-mêmes.« Une fois par jour, soir ou matin, prenez la position de méditation et prenez seulement une respiration.Vous pouvez en prendre plus, mais prenez conscience d\u2019au moins une respiration.Puis, chaque fois que vous vous levez pour aller quelque part, aux toilettes, pour mettre votre manteau, essayez de penser à votre premier pas.Avec le temps, vous allez prendre de plus en plus conscience du moment présent et ça va devenir une habitude», explique-t-il.À la longue, l\u2019esprit devient plus calme et cette prise de conscience du moment engendrerait une plus grande source de paix, de bonheur et de compassion.État de grâce L\u2019état de grâce personnel devrait par la suite s\u2019étendre autour des gens qui le possèdent.Si tout le monde appliquait cet entraînement mental, Chade-Meng Tan croit que la planète s\u2019en porterait mieux.Et pour y arriver, la coqueluche de Google a réfléchi à tout.«Je veux former un million d\u2019entraîneurs pour enseigner mon programme d\u2019ici 20 ans, confie M.Tan.C\u2019est le plus gros défi parce que j\u2019estime qu\u2019il faut 2000 heures pour former un entraîneur, qui doit non seulement maîtriser les connaissances de l\u2019intelligence émotionnelle, mais aussi être en mesure de l\u2019appliquer, de l\u2019expliquer et de convaincre les gens d\u2019y adhérer.» L\u2019ingénieur s\u2019emballe déjà à l\u2019idée que son programme soit enseigné dans les entreprises et même à Wall Street.«Je suis convaincu que les exercices de méditation de pleine conscience vont être valorisés dans les milieux de travail à l\u2019avenir et qu\u2019ils deviendront aussi importants que faire du sport», dit M.Tan.11 y voit une façon plus rapide de convertir le monde à la méditation, qui est, pour lui, la clé de la paix dans le monde.Le Devoir A 6 LE DEVOIR LE LUNDI JUIN 2014 EDITORIAL LENDEMAINS D\u2019ELECTIONS EN EUROPE Combat des chefs Au terme du sommet des chefs d\u2019Etat européens consacré à l\u2019analyse du fouillis politique conséquent aux élections, un constat s\u2019impose : un examen critique de la construction de l\u2019Union européenne (UE) est inévitable.Celle-ci est en effet au milieu du gué.L Serge Truffaut es partis de droite et de centre droit des 28 nations qui composent l\u2019UE ayant envoyé plus d\u2019élus que les autres familles politiques au Parlement européen, leur chef de file, Jean-Claude Juncker, ex-premier ministre du Luxembourg et ex-président de l\u2019Eurogroupe, s\u2019attendait à ce qu\u2019on lui signifie qu\u2019il avait bien des chances de succéder à José Manuel Barroso au poste de président de la Commission européenne (CE).Ce ne fut pas le cas et ce n\u2019est toujours pas le cas.Il est même plausible que le mécanisme inhérent au remplacement de Barroso s\u2019emaye dans les dédales du temps, ce sujet résumant les égarements complexes qui agitent depuis quelques années le Vieux Continent.Décrjqjtons.C\u2019est tout simple, le premier ministre britannique, David Cameron, un adhérent à la même idéologie politique que Juncker, ne veut pas, absolument pas, que ce dernier soit sacré grand mandarin de la CE.Son argumentation tient en peu de mots, l\u2019Europe étant condamnée à l\u2019accomplissement d\u2019une révolution copernicienne à la suite du scrutin de la semaine dernière, «nous n\u2019avons pas besoin d\u2019un homme du passé».Dans son opposition à Juncker, mais aussi à Angela Merkel, favorable à ce dernier, Cameron peut compter sur les soutiens des chefs d\u2019Etat du Danemark, de Hongrie, de Suède, des Pays-Bas et des républiques baltes.Bref, il a suffisamment d\u2019appuis pour bloquer Juncker et promouvoir sa propre vision de l\u2019avenir européen.Soit rapatrier des pouvoirs alloués au fil du temps à Bruxelles et réduire l\u2019espace européen à ce que la majorité des premiers ministres voulaient qu\u2019il soit : une zone de libre-échange.Autrement dit, Cameron vient de se poser en chef de file du non au saut fédéraliste qu\u2019appelle de ses vœux Merkel, et Hollande, mais dans une moindre mesure.Dans cette histoire, la chancelière allemande souhaite que Juncker s\u2019installe à Bruxelles parce qu\u2019il est justement un homme du passé.Plus exactement, pour Merkel, Juncker a ceci de très rassurant qu\u2019il fut le président de l\u2019Eurogroupe obéissant lorsqu\u2019il fallait imposer des plans d\u2019austérité aux Grecs, aux Irlandais et compagnie.Juncker fut en effet le commis voyageur de la volonté de punir ces « maudits sudistes » habités par l\u2019inclination pour la magouille évidemment si étrangère aux nordistes qui se tiennent si loin des paradis fiscaux, dont.C\u2019est justement pour cette réalité, les paradis fiscaux, qu\u2019un contingent de plus en plus nombreux de personnalités influentes ne veut rien savoir de Juncker à la tête de la CE.Leur raisonnement est aussi logique que fondé.Il mérite en tout cas une réflexion approfondie, car il se décline ainsi : comment peut-on accepter que celui qui fut le premier ministre du seul paradis fiscal membre de l\u2019UE, le premier ministre d\u2019un pays qui a fait du dumping fiscal sa vache à lait, le premier ministre qui s\u2019est opposé fanatiquement à toute critique de la monnaie iinique, comment donc peut-on accepter jusqu\u2019à sa candidature ?À méditer.D\u2019autant.D\u2019autant qu\u2019il n\u2019est pas nécessaire d\u2019être un adversaire farouche de la monnaie unique pour reconnaître que sa création a été très mal menée.Le Portugal, la Grèce, l\u2019Espagne et l\u2019Italie présentent des profils économiques qui ne sont pas du tout au diapason de celui de l\u2019Allemagne et des Pays-Bas.Là où les premiers apprécieraient un euro plus faible, en raison notamment du tourisme, les seconds préfèrent un euro fort.En envoyant un lot d\u2019eurosceptiques à Bruxelles, les citoyens ont exigé un débat de fond sur ce sujet et bien d\u2019autres.PORTRAIT OBJECTIF DES FINANCES DE L\u2019ETAT À formaliser A Æ Antoine Robitaille ujourd\u2019hui, pour la première fois avant le discours sur le budget, le Vérificateur général (VG) du Québec déposera un rapport sur l\u2019état des finances publiques.Le 24 avril, dans un de ses premiers décrets, le gouvernement Couillard lui enjoignait de procéder à une vérification particulière visant «l\u2019évolution des composantes du solde budgétaire pour l\u2019année financière 2013-2014 en date du 7 avril 2014».Depuis trois ans, l\u2019idée que l\u2019on obtienne un portait objectif des finances publiques de manière périodique, notamment avant une élection générale, fait consensus.Trop souvenfi la partisanerie tend à embellir ou à noircir excessivement l\u2019état de nos finances.Un parti arrive au pouvoir, dit /\t-.g ,r constater que les finances publiques sont dans 'W.\tpire-que-ce-à-quoi-il-s\u2019attendait ; il justifie ainsi le fait d\u2019abandonner ses promesses électorales.Philippe Couillard dit avoir voulu rompre avec cette triste ruse.Son mandat donné à la va-vite au fiscaliste Luc Godbout et à l\u2019économiste Claude Montmarquette s\u2019y apparentait cependant.Certes, un portrait totalement « objectif» constitue une utopie, puisque le choix de ce qu\u2019on mesure est infini ; et les chiffres peuvent être interprétés de différentes manières.Au moins, l\u2019avis officiel du VG tendra vers l\u2019objectivité, une référence commune exempte de partisanerie.C\u2019est là la vertu des «personnes désignées » par l\u2019Assemblée nationale, par le législatif.(Au fait, pourquoi le VG Michel Samson est-il encore «par intérim»?Renaud Lachance a quitté son poste en 2011 !) En somme, il reste beaucoup de chemin à parcourir pour parfaire ce type d\u2019exercice.En février dernier, après que les partis d\u2019opposition eurent forcé le jeu, le VG avait pu évaluer la mise à jour économique de novembre de l\u2019ancien ministre des Einances Marceau.Or, le VG s\u2019est plaint de ne pas avoir obtenu d\u2019information sur les dépenses et d\u2019avoir obtenu une collaboration insuffisante du ministère des Einances.Quant au rapport qu\u2019il dévoilera aujourd\u2019hui, il ne changera rien au budget Leitao, qui viendra mercredi, si ce n\u2019est le «ton» de celui-ci, a déjà averti le ministre.On a envie de dire : à quoi bon?N\u2019aurait-il pas fallu attendre l\u2019avis du VG avant de faire le budget?Ce processus doit être formalisé de toute urgence.Le VG est-il la bonne personne pour le faire?Doit-on accroître ses pouvoirs pour en faire un «VG national», comme l\u2019a proposé Bernard Drainville ?Ne devrait-on pas carrément créer un poste de Directeur parlementaire du budget, comme la CAQ le demande ?Avant le prochain budget, nos élus doivent avoir tranché.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET US BfLteÇ HifToiPCÇ\tUAuT-* RuEBfM 0 A 1 fMoUS 1 I I ô sê LETTRES Régis Labeaume dénonce nn acharnement Je sais que, depuis un certain épisode.Le Devoir cherche régulièrement à m\u2019étriller et espère pouvoir s\u2019offrir ma tête en trophée.Cela a commencé par le « délit par association» de M\u201c® Porter qui essayait d\u2019associer le nom de donateurs à mon parti politique à des entreprises ayant reçu des contrats dans la grande région de Québec.Cependant, aucun des contrats cités par Mme Porter n\u2019avait été accordé par la Ville de Québec.La semaine dernière, à la suite du témoignage contesté de M.André Côté, vice-président de la firme Roche, on a cherché à laisser entendre que mon administration était «éclaboussée».Si l\u2019article est assez moyen, le titre lui est assassin.Je regrette que, dans son empressement à m\u2019épingler.Le Devoir n\u2019ait pas attendu le§ explications des administrateurs d\u2019Equipe Labeaume avant de publier ces propos tendapcieux.D\u2019abord, Equipe Labeaume n\u2019a jamais tenu aucune activité de financement à plus de 100$.De plus, vérification faite et refaite, jamais depuis 2008 ne figure le nom d\u2019j^ndré Côté sur la liste des donateurs d\u2019Equipe Labeaume.M.Côté se serait-il trompé ?Quant à la sollicitation dont l\u2019ex-vice-président de Roche dit avoir été l\u2019objefi elle est tout à fait légale et a été réalisée dans les règles de l\u2019art par une personne accréditée par le Directeur général des élections du Québec.Cette personne est d\u2019ailleurs d\u2019une telle probité qu\u2019elle vient d\u2019être nommée juge.Je ne peux ni ne souhaite empêcher Le Devoir de poursuivre sa croisade contre moi.Il est «libre de penser», mais je peux cependant lui demander de «faire ce que doi[t] » avec plus de rigueur.Cela me semble un minimum de la part d\u2019un quotidien qui se targue d\u2019avoir le pas.Régis Labeaume Président d\u2019Equipe Labeaume Réplique des journalistes Au risque de souligner une évidence, M.Labeaume n\u2019a pas droit à un traitement particulier de la part du Devoir.Ce ne serait ni dans notre intérêt ni dans celui de nos lecterns d\u2019aillems de nous acharner contre qui que ce soit.Notre travail n\u2019est pas de le convaincre, mais d\u2019informer les gens.Quoi qu\u2019il en pense, nous avons fait preuve de la même rigueur et du même souci d\u2019çquilibre dans la rédaction de l\u2019article «Equipe Labeaume éclaboussée à son torn» que dans tous les autres.Cet article contenait d\u2019ailleurs,bel et bien la réaction du porte-parole d\u2019Equipe Labeaume, Ronald Gagnon, qui a eu l\u2019occasion de mettre en doute, dans nos pages, l\u2019existence d\u2019un don de 500$.Quant aux éclaboussures, rappelons qu\u2019elles ne proviennent pas du Devoir, mais bien de la commission Charbonneau elle-même.Isabelle Porter Brian Myles Québec, province pauvre Il y a environ dix ans, la province de Terre-Neuve signait une entente avec sa fonction publique, mais, devant la détérioration de son économie, ne put concrétiser l\u2019entente.Les syndicats ne l\u2019entendirent pas ainsi et intentèrent une action en justice rejetée à son plus haut niveau par la Cour suprême du Canada établissant ainsi une jurisprudence consacrant la précarité financière d\u2019un Etat comme motif ultime de définir la capacité de payer.Pour les syndicats, ce qui était signé était signé et se devait d\u2019être respecté.Quelques années plus tard vers 2009-2010, Terre-Neuve, avec le projet pétrolier Hibernia, renfloua sa Caisse amenant des surplus tels, que depuis, cette province est l\u2019une des quatre dites riches avec la Saskatchewan, l\u2019Alberta et la Colombie-Britannique, ne bénéficiant plus du système de péréquation canadien, bien au contraire, nous en faisant bénéficier.Qu\u2019attendent les dirigeants politiques québécois pour imposer cette jurisprudence établie par Terre-Neuve, dont les dirigeants ont su faire preuve d\u2019un grand courage au lieu de tergiverser avec des propositions absurdes d\u2019étalement sur 15 ans de la hausse de la rémunération des médecins ?Qu on a la capacité de payer, ou on ne l\u2019a pas, Terre-Neuve a donné le pas et le chemin.Carol Villeneuve, M.D.Québec, le 29 mai 2014 Agrile du frêne : laxisme en Montérégie Alors que la Ville de Montréal a réalisé des efforts importants de dépistage précoce de l\u2019agrile du frêne, la situation en Montérégie est plutôt marquée par un certain laxisme.En effet, à Longueuil, c\u2019est un citoyen qui a découvert la présence de l\u2019agrile du frêne.Selon les données que nous avons pu recueillir directement sur le terrain, la mortalité de frênes a été constatée à Chambly, à Mont-Sain(-Hilaire et à Saint-Jean-sur-Richelieu.A Saint-Lambert, j\u2019ai moi-même avisé les autorités municipales en juin 2013 à la suite de l\u2019appel d\u2019une citoyenne.Qr, un réel programme de dépistage aurait permis de détecter la présence de l\u2019insecte beaucoup plus tôt, permettant ainsi à plus de résidants de conserver leurs frênes s\u2019ils le désirent.Enfin, même lorsqu\u2019elles entreprennent des efforts de dépistage, les municipalités de la Montérégie utilisent le plus souvent la technique inefficace de pose de pièges alors que l\u2019échantillonnage de branches est beaucoup plus efficace.Bruno Chicoine Ingénieur forestier et président d\u2019Antidote Arboriculture inc.Saint-Bruno-de-Montarville, le 27mai 2014 LIBRE OPINION Séraphin et Boucar ANDREE EERRETTI Montréal Comme on dit Séraphin pour nommer l\u2019avarice, on dira bientôt Boucar pour personnifier l\u2019intelligence.Séraphin Poudrier est un personnage littéraire; Boucar Diouf est un être réel.Qu\u2019est-ce à dire?Si ce n\u2019est que la culture québécoise est vivante, enracinée dans ses œuvres, débordante dans ses manifestations actuelles.Indubitablement créatrice.Soince passée et présente de la vitalité inextin^ible du peuple québécois, à travers ses diverses appellations, commandées par l\u2019histoire de ses tribulations.Séraphin est canadien-français.Boucar est québécois.Séraphin s\u2019emmme avec son or, trésor stérile à force d\u2019inutilisation.Boucar se répand avec le sien, qu\u2019il diffuse en même temps qu\u2019il l\u2019acquiert.Pointant, Boucar aime Séraphin, sait ce qu\u2019il lui doit.Ancrage et rupture à la jonction de tout ce qui se perpétue.Séraphin, un homme riche parmi les pauvres, cache son or, tout en ne dissimulant pas son existence.Il vit plus chichement que ses concitoyens, par avarice, bien sûr, mais davantage encore parce qu\u2019il comprend que cette ruse est l\u2019assise de son pouvoir.Ne pas trop se distinguer de ses compatriotes a également été la stratégie de René Lévesque, avec sa proposition réductrice de souveraineté-association par rapport à celle de l\u2019indépendance.Homme libre Boucar, lui, homme libre au milieu d\u2019une nation aliénée qu\u2019il affectionne, parce qu\u2019il la connaît, qu\u2019il comprend la source de ses contradictions et de ses peurs au point de s\u2019en moquer avec une bienveillante justesse, expose et partage avec largesse et humour ses connaissances qui débouchent toutes sur la nécessaire liaison entre savoir, vérité et li-berté.Séraphin est parcimonieux, grincheux, conservateur.Boucar est généreux, drôle, subversif.Qui des deux représente réellement le Québécois contemporain?Séraphin le provincial ou l\u2019expansif Boucar?Séraphin, peut-on croire, à la suite des résultats de l\u2019élection du 7 avril.Boucar, peut-on espérer, devant la popularité sans cesse grandissante du joyeux savant qui rayonne d\u2019intelligence.Ce texte fut inspiré par l\u2019écoute de La nature selon Boucar, diffusée le samedi matin, à 11 heures à «Ici Radio-Canada première». LE DEVOIR, LE LUNDI 2 JUIN 2014 A 7 IDEES CHASSE AUX PHOQUES ET OMC Quand les « préoccupations morales » l\u2019emportent sur les considérations économiques ALEXANDRE MALTAIS Chargé de projet à l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) et consultant en commerce et affaires internationales Le texte qui suit est un extrait d\u2019une Lettre sur le commerce international publiée aujourd\u2019hui dans irec.net otivée par des raisons économiques et culturelles, la chasse aux phoques est pratiquée depuis plus de 300 ans au Labrador, à Terre-Neuve et dans le golfe du Saint-Laurent.Aujourd\u2019hui, la population de phoques du Groenland estimée à 5,5 millions au Canada est en augmentation.L\u2019histoire de la chasse aux phoques est marquée par la controverse.L\u2019industrie a d\u2019ahord été gravement affectée quand la Communauté économique européenne a interdit en 1983 l\u2019importation de peaux de hlan-chons \u2014 ces très jeunes phoques âgés de quelques jours.Puis, une campagne d\u2019envergure mondiale contre la chasse aux hlanchons, de la part d\u2019ONG et de personnalités publiques, en a forcé l\u2019interdiction au Canada.Les techniques de chasse, jugées cruelles par les opposants, varient en fonction des conditions et des zones de chasse, mais comprennent généralement l\u2019utilisation de fusils et de haka-piks \u2014 instruments en forme de marteau à pointe \u2014 pour achever les phoques au besoin.Le Canada se plaint à l\u2019OMC En 2009, le Canada dépose une plainte à l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) contre l\u2019Union européenne (UE) concernant un nouveau régime prohibant l\u2019importation et la mise sur le marché de produits dérivés du phoque.L\u2019Europe est suspectée de favoriser l\u2019industrie danoise au Groenland, au détriment des chasseurs canadiens.Pour leur défense, les Européens prétendent que cette politique répond aux préoccupations morales de la population quant au bien-être des phoques, notamment en raison des méthodes de chasse induisant des souffrances et une détresse aux animaux.Le 22 mai dernier, en réponse à la demande d\u2019appel du Canada, l\u2019OMC rend sa décision définitive.Celle-ci statue sur deux principaux éléments: d\u2019une part, l\u2019interdiction d\u2019importation et de mise en marché des produits issus de la chasse aux phoques et, d\u2019autre part, certaines exceptions, dont les chasses pratiquées par les communautés inuites (exception CI) et à des fins de gestion des ressources marines (exception GRM).L\u2019OMC conclut que les exceptions du régime européen discriminent les produits canadiens et sont contraires aux principes libre- ¦ a ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE La chasse aux phoques se concentre dans certaines régions économiquement plus vulnérables du Québec, notamment aux îles de la Madeleine, où le chômage est particulièrement élevé.échangistes.En effet, la plupart des chasses au Canada sont considérées comme commerciales, donc touchées par l\u2019interdiction de leur production, tandis que les chasses au Groenland sont, elles, associées à l\u2019exception CI et donc leur production est commercialisable.Toutefois, l\u2019OMC prend une position étonnante en reconnaissant que le régime répond à des « préoccupations morales » sur le bien-être des phoques et en confirme la légitimité.Cependant, l\u2019UE sera appelée à modifier son régime pour se conformer à ses obligations, probablement en supprimant ses exceptions.L\u2019interdiction générale pourra être maintenue.Coup dur pour l\u2019industrie Le Canada est le premier exportateur mondial de produits du phoque, plus de 70 millions USD ont été générés de 2006 à 2011.Les marchés européens représentaient la principale destination pour les peaux de phoques brutes, les graisses et les huiles.Avant l\u2019interdiction, l\u2019UE recevait 50% des exportations.La chasse se concentre dans certaines régions économiquement plus vulnérables du Québec, notamment aux îles de la Madeleine, où le chômage est particulièrement élevé.L\u2019activité étant de nature saisonnière, les chasseurs ne peuvent complètement en vivre, mais elle constitue un revenu d\u2019appoint non négligeable, en moyenne 25% à 35% de leurs revenus annuels.Dans ce contexte, la fermeture définitive du marché de l\u2019UE aura des conséquences néfastes pour l\u2019industrie de la chasse au Québec.D\u2019abord, en fermant ses frontières, l\u2019UE maintiendra la pression à la baisse sur la demande et conséquemment sur les prix des produits du phoque.Ensuite, il existe un risque d\u2019entraînement lié à la fermeture d\u2019autres marchés si les gouvernements plient face aux nouveaux arguments juridiques des militants anti-chasse.L\u2019incertitude grandissante concernant les marchés d\u2019exportation favorise également le découragement et le retrait d\u2019acteurs de l\u2019industrie, déstabilisant davantage la filière des produits du phoque.Enfin, l\u2019augmentation de la population de phoques dans les eaux canadiens pourrait avoir une incidence sur les stocks de poissons.Avec la surpêche et les changements climatiques, la population croissante de phoques constitue un facteur négatif sur la conservation de la morue.NOUVEAU PONT CHAMPLAIN Une taxe kilométrique au lieu d\u2019un péage PIERRE-PAUL PROULX Professeur honoraire, Université de Montréal et membre du Comité des politiques de l\u2019Association des économistes du Québec e gouvernement fédéral a des responsabilités de développement régional qui se reflètent dans nombre de ses interventions dans de nombreuses 1 régions du Canada, et ce, bien que, ce faisant, il fasse des accrocs à sa stratégie principale, qui est de favoriser l\u2019efficacité et le développement économique national maximal.Il s\u2019agit d\u2019un vieux débat que nous avons eu à vivre comme sous-ministre adjoint au MEIR.Cette responsabilité indique que son soutien pour le nouveau pont Champlain et le mode choisi pour son financement peuvent, entre autres motifs, reposer sur cette responsabilité de développement régional, source de développement économique national reconnue de plus en plus.Pas besoin d\u2019être formé en économie pour comprendre que l\u2019instauration d\u2019un péage sur le pont Champlain sera négative pour le développement de la région métropolitaine, du Qu,ébec et du Canada.Evoquer le fait que le pont n\u2019est pas interprovincial ou international est couper court au débat et ne pas prendre en considération la responsabilité de développement régional des gouvernements fédéral et provincial.H est indiqué de prendre en considération les débats sur les aspects techniques de la construction du pont Champlain, le choix entre SLR et autobus.mais il est aussi indiqué d\u2019élargir l\u2019analyse pour aborder les méthodes de financement des ces infrastructures.Dans un blogue de l\u2019ASDEQ, le 8 septembre 2013, je proposais l\u2019instauration progressive d\u2019une taxe kilométrique provinciale pour traiter du déficit de financement de 800 millions par année dans le transport en commun de la JACQUES NADEAU LE DEVOIR Si un péage est instauré au nouveau pont qui remplacera le pont Champlain, une telle mesure risque d\u2019avoir des conséquences négatives sur le développement de la région métropolitaine.RMM estimé par mes collègues du CIRANQ, et ce, à la lumière des limites grandissantes de la taxe sur l\u2019essence étant donné l\u2019apparition de voitures électriques et hybrides, de véhicules au gaz naturel et à l\u2019hydrogène, le changement technologique qui réduit la consommation d\u2019essence des véhicules, etc.La construction du pont Champlain et son bon fonctionnement sans péage explicite généreront des effets directs, indirects et induits pour l\u2019ensemble de la région de Montréal d\u2019où, inévitablement, des sources de financement variées pour son financement.Il n\u2019est donc pas indiqué d\u2019appliquer le principe d\u2019utilisateur-payeur exclusivement pour financer le nouveau pont et le transport en commun de la région.Une taxe kilométrique, préférablement au niveau provincial, quoique possible à appliquer au niveau régional \u2014 option que nous ne privilégions pas dans notre blogue de septembre 2013 \u2014, devrait être examinée parmi d\u2019autres sources, d\u2019autant plus qu\u2019elle est modulable selon le pont utilisé, l\u2019heure du transport, l\u2019endroit du transport c\u2019est-à-dire le centre-ville, le genre de véhicule.Accompagnons donc nos discussions sur les coûts de construction et le genre de transport en commun sur le pont Champlain par des analyses sur les modes de financement de ces infrastructures et du transport en commun dans la région de Montréal.Les gouvernements d\u2019Qttawa et celui du Québec ont des responsabilités de développement régional qui sont interpellées par leurs décisions concernant le pont Champlain et son financement.La voix anti-Europe John R.MacArthur Tiens.Un grand nombre d\u2019électeurs européens, dépouillés de leur souveraineté et de leur emploi, sont mécontents.Soit en Erance, où le Eront national a reçu 25% des suffrages, soit en Grèce, où Syriza a marqué un score de 26,6%, soit en Espagne, où 18% ont voté pour les deux formations de gauche les plus radicales et anti-libérales, les élections européennes signifient une révolte importante contre une bureaucratie à Bruxelles perçue comme arrogante et éloignée de la crise quotidienne.Mais à quoi bon voter contre qui ou quoi que ce soit?Malgré le brusque rejet de son «projet européen», l\u2019oligarchie politique française et allemande tient tête.La réponse de Erançois Hollande à la défaite écrasante du Parti socialiste (14%) dit tout: «L\u2019avenir de la France, il est en Europe.Je suis européen, mon devoir, c\u2019est de réformer la France et de réorienter l\u2019Europe.» Bravo ! Qr, en attendant la «réforme», on peut s\u2019interroger sur l\u2019avenir de la démocratie en Erance.Pas très brillant si un président censé être de gauche n\u2019écoute pas la voix furieuse, anti-Europe et, à mon avis, anti-allemande, d\u2019une classe ouvrière ignorée Malgré le à tel point par les élites qu\u2019elle ne trouve pas de solutions de brusque rejet rechange au populisme d\u2019un ,\t., parti quasiment fasciste.\tprojet De la droite, qui est la pre- européen » mière opposition, la réponse ^\t\u2019 est encore plus honteuse.En l\u2019oligarchie effet, Erançois Eillon parle de « l\u2019honneur perdu de politique /\u2019f/MP» (20,8%), mais l\u2019an- ,\t.\t, cien premier ministre ne re- n\u2019ùnçaise et nonce pas à son propre pro- allemande jet européen.Préférant blâmer Hollande et les soda- tient tête listes comme «premiers responsables de la colère qui monte dans notre pays», Eillon évite de noter la colère suscitée par le traité de Lisbonne, signé en 2007 par Nicolas Sarkozy seulement deux ans après qu\u2019une nette majorité des Erançais, de gauche comme de droite, eurent rejeté la Constitution européenne.Cette Constitution était soupçonnée, avec justesse, d\u2019être antidémocratique, libérale, et pro-banque.Le traité de Lisbonne q été créé justement pour contourner ce refus.A l\u2019époque, Serge Halimi avait bien décrit l\u2019équilibre entre oligarchie et démocratie en Erance : «L\u2019élection [de Sarkozy] à la présidence lui ayant apparemment tenu lieu de blanc-seing pour annuler l\u2019expression de la volonté populaire en matière européenne, il vient d\u2019obtenir que plus des trois quarts des parlementaires français adoptent un texte quasiment identique à celui que 54,68% des électeurs avaient repoussé le 29 mai 2005.Le Parti socialiste aurait pu imposer un autre référendum.Il s\u2019y était engagé; il y a renoncé.» Et voilà que les politiciens et éditorialistes bien-pensants s\u2019affolent devant l\u2019ascension de Marine Le Pen.A quoi s\u2019attendaient-ils?Une gentille dame élégante qui avancerait à pas feutrés ?Si vous appuyez trop fort sur des gens qui se sentent mis au pied du mur, ils ont tendance à riposter avec des paroles, des gestes et des candidats parfois vulgaires.Si j\u2019étais Hollande, je blâmerais Sarkozy, mais Hollande est un partisan convaincu du traité de Lisbonne.Quant à moi, je n\u2019ai pas trouvé de logique pour justifier ma participation dans un scrutin qui approuve la légitimité d\u2019institutions que je juge illégitimes.Je suis donc parmi les 57,57% des citoyens français qui ne semblent plus croire à la démocratie européenne telle qu\u2019elle est conçue.Pourtant, j\u2019étais tenté de me rendre aux urnes.En tant qu\u2019anti-libre échange et étant influencé par les idées d\u2019Emmanuel Todd, je souhaite la sortie de la Erance de l\u2019euro (pas forcément de l\u2019Union européenne) pour qu\u2019elle échappe à la domination économique de l\u2019Allemagne, seule vraie bénéficiaire de la monnaie unique.Comment protester sans voter EN ?L\u2019enveloppe envoyée du Consulat général de Erance à New York annonçant le scrutin européen débordait de propagande politique \u2014 au total quatorze listes de candidats à première vue très différentes.Mais nulle part dans ce tas de publicités n\u2019ai-je trouvé une voix claire contre la tyrannie de la devise européenne et de sa banque centrale.Même Marine Le Pen n\u2019a pas évoqué un retour au franc français, bien qu\u2019elle ait claironné que «s\u2019abstenir, c\u2019est justement renforcer la classe politique UMPS [UMP et PS] et l\u2019Union européenne».Cependant, alors que je rédigeais cette chronique, j\u2019ai remarqué une brochure que j\u2019avais négligée.La liste de l\u2019Union populaire républicaine affichait franchement sa plateforme, plus proche de la mienne, bien que je n\u2019y adhère pas, que les autres : «Sortons de l\u2019UE!» Au dos de la page, j\u2019apprends que les adhérents à l\u2019UPR sont en forte hausse, de 47 en 2007 à.4800 à la fin d\u2019avril.Je reste un sans-abri politique.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste); information générale : Isabelle Paré {chef de division'), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Philippe Orfali (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel T)3}7\\ô.(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, (Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter); Véronique Chagnon et Louis Gagné (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins, Eric Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettino-Parazelli {reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Eolie-Boivin (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Erappier, Benoît Munger, Philippe Papineau et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Elorence Sara G.Eerraris (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire) ; Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome ((Montréal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Édith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Nathalie Jobin (par intérim), Claire Paquet, Catherine Pelletier et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais {coordonnatrice), Elise GiYcixA(secrétaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald Eilion, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Olivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Eilion, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Elorentina Draghici, Céline Euroy et Véronique Pagé. A 8 LE DEVOIR, LE LUNDI 2 JUIN 2014 ACTUALITES MINIERES SUITE DE LA PAGE 1 Elles arrivent dans les pays, prennent possession des terres et violent les droits des peuples à l\u2019autodétermination», a déploré Mireille Fanon-Men-dés-France, l\u2019un des huit experts qui siégeaient dans le jury, lors de la lecture du verdict dimanche après-midi.Cette spécialiste française, qui œuvre au Conseil des droits de l\u2019homme à l\u2019ONU, a principalement dénoncé les discriminations causées par les activités minières canadiennes sur les peuples autochtones et les communautés avoisinantes.Gérald Larose, professeur de travail social à l\u2019UQAM et aussi membre du jury, a pour sa part indiqué que les violations commises par les minières canadiennes pouvaient varier d\u2019un pays à l\u2019autre.«Après avoir entendu de nombreux témoignages, nous avons pris connaissance de plusieurs irrégularités graves allant d\u2019actes de discrimination à des violences envers des membres de communautés affectées par leurs activités», a-t-il déclaré.Témoignages Ix)rs de la fin de semaine, une quinzaine de témoins venus du Honduras, du Chili, du Guatemala, du Mexique et de l\u2019Equateur ont d\u2019ailleurs défilé pour raconter ce qui se passait dans leur pays et pour expliquer les conséquences des activités des compagnies canadiennes sur leur qualité de vie.L\u2019un d\u2019entre eux.Pedro Landa a raconté que des contaminants avaient été laissés sur l\u2019ancien site minier de San Martin, auparavant exploité par Goldcorps et sa filiale Entre Mares, dans la vallée de Siria au Honduras.«La mine est maintenant fermée, mais ils ont laissé un dépôt de contaminants dans lequel on retrouve du sulfure et c\u2019est dangereux pour la santé.Au moins 27personnes ont été malades jusqu\u2019à présent », a-fil affirmé.La sociologue Lina Solano Ortiz est pour sa part venue raconter que les femmes des communautés étaient souvent les premières victimes des activités minières.«En 2007, on a dû déplacer une partie de la population pour ouvrir la mine près du lac Isabal au Guatemala et plusieurs femmes ont été violées lors de la délocalisation», a-t-elle dit.«Ce ne sont pas nécessairement des employés des compagnies minières canadiennes qui commettent directement ces violations, mais quand les gens sont forcés de quitter leur demeure, ce genre de situation peut malheureusement arriver», précise-t-elle.Certes, le TPP n\u2019a pas le pouvoir de condamner ni même de poursuivre les compagnies minières canadiennes qui sont mises dans ce cas-ci sur la sellette.Les minières n\u2019étaient d\u2019ailleurs pas présentes pour assumer leur défense, quoiqu\u2019elles aient été invitées à y assister.Ce genre de tribunal, qui est en quelque sorte une tribune pour la à MICHAEL MONNIER LE DEVOIR Pedro Landa et une quinzaine d\u2019autres Sud-Américains sont venus témoigner des conséquences des activités des compagnies minières canadiennes sur leur qualité de vie.société civile, vise plutôt à donner la parole aux communautés, mais aussi à sensibiliser la population en ce qui concerne les violations des droits de l\u2019homme.Depuis 1979, une quarantaine de TPP ont été organisés dans le monde sur divers sujets, notamment sur le génocide arménien, le droit d\u2019asile en Europe ou encore les violations des droits de l\u2019homme en Algérie.«On a voulu organiser ce TPP pour que les Canadiens sachent ce qui se passe à l\u2019étranger et pour dénoncer par le fait même le virage de la politique étrangère canadienne qui est de plus en plus axée sur ces entreprises», explique Gé-rardo Aiquel, le coordonnateur du TPP de Montréal.«Que ce soit Exportation et Développement Canada, qui aide les minières par divers soutiens financiers, ou l\u2019ACDI, qui appuyait les démarches dans certains pays de l\u2019Amérique latine pour alléger les lois minières, le TPP permet de voir quelle est notre part de responsabilité», ajoute-t-il en rappelant que plus de 230 entreprises minièrçs canadiennes opèrent en Amérique latine.A vrai dire, près de 1500 projets miniers y étaient enregistrés en 2013 et étaient exploités par des entreprises inscrites à la Bourse de Toronto.Direction Ottawa A ce sujet, la représentante du secrétaire international de la FIAN à Genève, Ana Maria Suarez Franco, note que les Canadiens ont le pouvoir de demander des comptes et même d\u2019influencer les activités des minières cana- diennes.«Comme ces activités sont en Bourse, les contribuables canadiens ont souvent des actions dans ces entreprises via leurs fonds de pension.Ils ont le droit de demander des comptes aussi au gouvernement qui favorise le climat d\u2019affaires des minières», rappelle-t-elle.Le professeur de droit international à l\u2019Université de Tarragona Antoni Pigrau Solé a pour sa part tenu à dire que les Canadiens ont le devoir de s\u2019informer sur les activités des minières et aussi de leur gouvernement qui crée les conditions de violations des droits de l\u2019homme en Amérique latine.«A la lumière des conventions internationales et des nombreux témoignages, nous pouvons juger que l\u2019Etat canadien a une responsabilité à la fois par ses actions favorisant à outrance l\u2019industrie extractive et son inaction face aux violations des droits commis parles minières canadiennes», a-t-il dit lors de la lecture des conclusions.Ces prochaines semaines, les membres du TPP feront parvenir leurs conclusions et leurs recommandations au gouvernement Harper, de même qu\u2019à la Commission interaméricaine des droits de l\u2019homme et aux Nations unies.Ce mardi, un petit groupe de militants se rendra aussi à Ottawa pour remettre au gouvernement un rapport sur les violations des droits de l\u2019homme commises par les minières canadiennes en Amérique latine, où 22 cas ont été examinés dans divers pays.Le Devoir CAROITE SUITE DE LA PAGE 1 De l\u2019art moderne ou contemporain ?«Pour moi, il s\u2019agit du prolongement d\u2019une réflexion amorcée en 1999 dans un article pour la revue Le Débat, explique la professeure Heinich, rencontrée à Montréal il y a quelques semaines.J\u2019ai essayé de pousser jusqu\u2019au bout l\u2019hypothèse.A l\u2019époque, je parlais d\u2019un genre.Maintenant, je parle d\u2019un paradigme en ne m\u2019intéressant pas seulement aux œuvres, mais à tout le système de fonctionnement.» Marcel Duchamp La démonstration du Paradigme de l\u2019art contemporain (Gallimard) s\u2019étale sur près de 400 pages.Tout y passe, les critères d\u2019acceptabilité de l\u2019art, sa fabrication et sa circulation, le statut des artistes comme le rôle des institutions et des intermédiaires, mais aussi le discours sur l\u2019art, l\u2019économie ou le droit.lœ contemporain diffère fondamentalement du moderne en s\u2019extirpant de la peinture ou de la sculpture sur socle, en s\u2019extirpant de l\u2019objet lui-même, du musée et de la galerie, mais aussi de la notion de jugement de goût.Ainsi, une installation, une performance, une vidéo, n\u2019appartiennent pas à une catégorie chronologique (une période de l\u2019histoire de l\u2019art après le moderne) , mais à une catégorie générique en rapport à la conception et la pratique artistiques.Dans cette logique conceptuelle, Marcel Duchamp (1887-1968) incarne la figure tutélaire de la révolution par l\u2019art contemporain alors même que l\u2019art moderne triomphe.La rupture fondamentale se fait avec l\u2019invention du ready-made, objet tout fait présenté comme une œuvre, surtout Pontaine, un urinoir exposé en 1917.«Le moderne et le contemporain ont en commun l\u2019idée de la transgression, explique M\u201c® Heinich.Les deux croient légitime de rompre Paradigme moderne Picasso L\u2019art est dans l\u2019objet L\u2019œuvre raconte L\u2019art des salons et des Galeries avec le passé.Mais les deux ne font pas porter la transgression sur le même objet.En art moderne, la cassure se fait par rapport aux conventions de la figuration classique.En art contemporain, la rupture joue sur les frontières même de l\u2019art tel qu\u2019il est défini par le sens commun.Du coup, il y a une radicalisation que ne connaît pas l\u2019art moderne.» En fait, l\u2019œuvre contemporaine n\u2019a même plus besoin d\u2019être créée par l\u2019artiste lui-même.Les matériaux n\u2019ont plus rien à voir, ni les formes, avec les installations de carottes par exemple.Une autre rupture concerne cette idée fondamentale que l\u2019art exprime l\u2019intériorité de l\u2019artiste.Les modernes partagent cette attente qui explose complètement avec les contemporains au profit d\u2019un jeu, du ludisme, de l\u2019expérimentation.Uart contemporain domine Bref, l\u2019art contemporain change le cadre, et pas seulement le contenu.Cette idée du paradigm shift est empruntée à l\u2019historien des sciences Thomas Kuhn.Dans cette perspective, une science dite «révolutionnaire» finit par en chasser une autre dite « normale ».«Au niveau des institutions, et en particulier pour le marché, l\u2019art contemporain a vraiment pris une place dominante, notamment en Erance où ces instances sont très puissantes, dit la sociologue.Ça ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y a plus d\u2019art moderne ou classique, encore que, de l\u2019art classique, il en reste très peu.Ça Le Paradigme de Part contemporain WTMALIE HEIMCH Paradigme contemporain Duchamp L\u2019art est dans l\u2019Idée L\u2019œuvre se raconte L\u2019art des foires veut surtout dire que beaucoup d\u2019artistes modernes se sentent abandonnés par les institutions et le marché.» Elle donne alors l\u2019exemple des salons de peintures qui ont encadré la création dès les impressionnistes.De nos jours, les foires et les biennales prennent le relais.On le voit aussi bien à Montréal et à Toronto qu\u2019à Miami ou à Berlin.La 7® Manif d\u2019art vient de se terminer à Québec.Ces rencontres, surtout les grandes foires internationales, intéressent la fine pointe de la classe supérieure mondialisée, le 1 % du 1% de la planète qui s\u2019arrache les œuvres à coup de millions.L\u2019art contemporain, d\u2019abord européen, puis américain, a finalement essaimé en Chine, en Russie, partout où se trouvent des riches cultivés.Pourquoi les murs maculés de carotte attirent-ils partout?«Il y a cette évidence d\u2019un langage universel, visuel, qui n\u2019a pas besoin de traduction, répond Nathalie Heinich.Mais ce sont des créations qui intéressent un petit groupe des sociétés, une élite culturelle internationalisée.La mondialisation des échanges, la facilité des transports et Internet doivent aussi y être pour quelque chose.» L\u2019apport de l\u2019analyse Cela dit, tout en reconnaissant et en codifiant elle-même la place de l\u2019argent et de la spéculation dans ce marché, la sociologue appuie sur des facteurs endogènes à l\u2019art.«On ne peut pas parler de conjuration du marché qui aurait fabriqué de toutes pièces de la valeur spéculative, dit-elle.Il y a toutes sortes de raisons en cause, dont la sociabilité mondaine très gratifiante.Dans ce jeu de l\u2019art, les artistes modernes n\u2019ont pas cessé de chercher à se démarquer jusqu\u2019à épuisement des réserves.Alors, il a fallu trouver autre chose pour avancer dans la singularité.» la purée de carotte, notamment.M\u201c® Heinich cite une foule d\u2019autres exemples capables de consterner le badaud.Le Belge Wim Delvoye, créateur de la fameuse installation Cloaca, avec une machine fonctionnelle à produire du caca, a aussi vendu pour plus de 200000$ à un collectionneur allemand un tatouage réalisé sur un sujet humain.L\u2019œuvre de chair s\u2019engage à s\u2019exposer trois fois par année, à être dépecée puis tannée après sa mort.La sociologue Nathalie Heinich reste froide devant ces productions, sans jamais passer de l\u2019explicatif au normatif.Dans son livre, les descriptions des œuvres sont même placées en retrait, dans des encadrés, comme pour les mettre à distance.Mieux encore, l\u2019étude peut être utilisée aussi bien par les amis que les ennemis de la carotte faite installation.«Le monde de l\u2019art est un monde où les discours sont soit des discours d\u2019interprétation, soit des discours d\u2019évaluation, termine-t-elle.J\u2019apporte de l\u2019analyse, ce qui est autre chose.Il y a déjà des jugements de valeur partout.Ne pas crier au génie ou au ridicule devient pour moi un outil pour aller beaucoup plus loin dans la compréhension parce que je ne suis pas arrêtée par l\u2019idée de donner mon opinion.D\u2019ailleurs, entre nous, je pense qu\u2019en art contemporain il y a des choses formidables et d\u2019autres ordinaires, voire médiocres, comme en art moderne, comme en art classique.» Le Devoir LE PARADIGME DE L\u2019ART CONTEMPORAIN Nathalie Heinich, Gallimard, Paris, 373 pages ECOLES Alex Werzberger SUITE DE LA PAGE 1 ligieuse ainsi que les cours de biologie et de sciences.«On ne veut pas enseigner la théorie de l\u2019évolution.A un enfant à qui on a dit toute sa vie que c\u2019est Dieu qui avait créé la Terre, on ne va pas soudainement lui dire le contraire.» Sur d\u2019autres sujets, comme veiller à ce que tous les enseignants embauchés aient des brevets, il admet qu\u2019ils devront «mettre de l\u2019eau dans [leur] vin».«Ça doit se faire des deux côtés, réitère-t-il.Dans une négociation, il faut qu\u2019il y ait du give and take.On a l\u2019impression que le gouvernement fait juste take, take, take.» Il ne s\u2019étonne pas non plus que le sujet refasse surface périodiquement dans les médias.«Au Québec, quand on parle de religion, les gens deviennent nerveux», déplore-t-il.Deux solitudes Promoteur immobilier, M.Werzberger est un homme d\u2019affaires occupé.En plus d\u2019être le leader de la communauté juive orthodoxe, le septuagénaire siège également au Comité consultatif d\u2019Ou-tremont.L\u2019homme est aussi connu par certains parce qu\u2019il poursuit Pierre lacerte, un résidant du même arrondissement pour diffamation et harcèlement Il a d\u2019ailleurs été débouté plusieurs fois.Né à Satu mare, en Roumanie (qui a été momentanément annexée à la Hongrie pendant la Seconde Guerre mondiale), M.Werzberger est arrivé au Québec alors qu\u2019il était encore enfant, en 1949, sa famille ayant fui la Shoah.Sa langue maternelle est le yiddish \u2014 il finira par parler six langues, dont l\u2019hébreu, le hongrois et l\u2019allemand \u2014 et il apprend l\u2019anglais ici à l\u2019école.Jamais il n\u2019aurait cru que le «très timide» garçon qu\u2019il était deviendrait un jour porte-parole de la communauté hassidique d\u2019Qutremont.L\u2019entretien se déroule en anglais, mais M.Werzberger a appris le français dans la rue et en lisant les journaux et en écoutant la radio.La majorité de ses employés sont francophones, et parler la langue de la société qui l\u2019accueille lui ouvre des portes.Il en est conscient.«Quelque part au Québec, j\u2019étais allé dans un magasin pour acheter des fruits et le gars me regardait de façon très suspicieuse.Il a été si étonné et content que je lui parle en français qu\u2019il m\u2019a presque fait partir sans payer.» Il préfère Montréal, qui combine le meilleur de l\u2019Europe et de l\u2019Amérique du Nord et «où il fait bon élever une famille», à New York, qui va «trop vite».Il sait que, dans la métropole, la cohabitation, quoique parfois tendue, est beaucoup plus harmonieuse que dans certaines grandes villes du monde.Son credo : intégration, mais pas assimilation.«Je suis d\u2019accord pour qu\u2019il y ait plein de groupes qui cohabitent.Mais on ne doit pas devenir \u201cun\u201d», note-t-il.Construire des ponts Dans les années 1950-1960, malgré les regards obliques à leur endroit, il y avait néanmoins plus de «compréhension», selon lui.La situation s\u2019est améliorée jusqu\u2019à la montée au pouvoir du Parti québécois et la lutte identitaire des Québécois francophones, analyse-t-il sans grandes nuances.«L\u2019intolérance, le Parti québécois a beaucoup à voir avec ça, dit-il.Les Québécois pensent qu\u2019on est strictement anglophones et strictement religieux, mais ce n\u2019est pas tout le monde.Il y a une fausse perception de nous, qu\u2019on vole les emplois.[.] Qn est simplement des gens qui ont une manière de vivre différente et qui veulent une belle vie.» Depuis, la situation s\u2019est envenimée, analyse-t-il sévèrement.Alex Werzberger ne nie pas que les communautés pourraient «coopérer» davantage, créer des ponts.«Qn ne peut pas demander aux francophones de faire tous les efforts, mais pas plus aux juifs.Ça doit être du give and take.C\u2019est faisable.» L\u2019élection de Mindy Poliak comme conseillère municipale pour Projet Montréal dans Qutremont permettra sans doute un certain dialogue.M.Werzberger se vante d\u2019avoir été le premier à l\u2019appuyer.«C\u2019est une bonne fille et une bonne communicatrice.Elle saura bien faire son travail.» Le Devoir Les écoles juives en 5 dates 2005: Pierre Reid, ministre de l\u2019Éducation, décide de faire passer le financement des écoles juives de 60% à 100%, soit à la hauteur de celles du réseau public, avant dç reculer.2008: Le nouveau cours Éthique et culture religieuse devient obligatoire, mais les écoles juives refusent de l\u2019enseigner 2009: Michelle Courchesne, ministre de l\u2019Éducation, signe une entente avec six écoles juives récalcitrantes, envisageant de leur permettre d\u2019enseigner le dimanche.2012: La ministre Courchesne augmente la subvention annuelle aux écoles qui enfreignent toujours la loi sur l\u2019enseignement privé.2014: La plupart des écoles juives visées par l\u2019entente de 2009 détiennent toujours un permis et reçoivent encore des subventions, malgré les irrégularités qui persistent LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de8h30àl7h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com oo sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel Par télécopieur redaction@ledevoir.com 514 985-3360 Publicité Au téléphone Extérieur de Montréal (sans frais) Par télécopieur 514 985-3399 1 800 363-0305 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 A-bonnementS (lundi a vendredi, 7h30al6h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514 985-3346 514 985-3390 Le Devoir peut, a l\u2019occasion, mettre la hste d\u2019adresses de ses abonnes a la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de 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