Le devoir, 7 juin 2014, Cahier E
[" h- La mémoire de Timaginaire Le MBAC célèbre le génie de Gustave Doré, un artiste tiraillé entre vérité et fantasme Page e 3 CDlTUtl CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUIN 2014 4 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le rapprochement entre la chanteuse pop Marie-Mai et le rappeur hispano-québécois Boogat est venu tout naturellement.« Tu rencontres quelqu\u2019un, des fois ça clique, des fois ça ne clique pas, et dans le cas de Boogat, ç\u2019a vraiment fonctionné.En terminant la perfo à l\u2019ADISQ, on le savait qu\u2019on retravaillerait ensemble», raconte Marie-Mai.Les liaisons improbables Boogat chante avec Marie-Mai, Philippe B réalise le disque d\u2019Isabelle Boulay.Les murs entre l\u2019underground et le commercial n\u2019auront jamais été aussi poreux.Dans un monde musical où la diffusion se fait autrement et où les parois sont de moins en moins étanches, les rencontres entre «petits» et «gros» joueurs de la musique se multiplient, jusque sur les scènes des Fran-coFolies de Montréal, qui commencent jeudi.Le Devoir s\u2019est penché sur les causes et les raisons de ses rapprochements jusqu\u2019à récemment improbables.PHILIPPE PAPINEAU Le poétique Philippe B qui réalise le disque de la star Isabelle Boulay?La populaire Marie-Mai qui invite le rappeur hispano-québécois Boogat sur une chanson?La championne de La voix Valérie Carpentier qui bosse avec Forêt, Alex Nevsky et autres Alex McMahon?Ces derniers mois, de nouvelles liaisons inhabituelles semblent se lier à un rythme accéléré.Les hypothèses sont nombreuses, mais découlent presque toutes d\u2019une industrie musicale en mutation, analysent les principaux intéressés.Ce qui ressort, c\u2019est que nos habitudes à tout classifier, à tout mettre dans des boîtes, perdent de leur sens.Parler de musique commerciale ou de musique alternative, underground, n\u2019a plus la même résonance.Le rappeur Boogat, très au fait de l\u2019état de l\u2019industrie, disserte longuement sur le fait que ces termes décrivent une situation en réalité beaucoup plus floue, le portrait réel étant souvent brouillé par la publicité et ce que projettent les médias.r.vi ! \u2022¦¦¦ni ^ 1^/ f ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR VALERIAN MAZATAUD LE DEVOIR Isabelle Boulay Philippe B Si on veut des boîtes, Laurent Saulnier, vice-président à la programmation des FrancoFo-lies, propose «champ gauche» pour l\u2019alternatif et, par opposition, «champ droit» pour le «commercial».Du même souffle, l\u2019ancien journaliste musical lance que «ce qu\u2019on appelle champ gauche l\u2019est de moins en moins.Il est de plus en plus populaire».Boogat, lui, prend la lorgnette de l\u2019autre sens.«Le mainstream n\u2019est plus mainstream, ce n\u2019est plus vrai, raconte celui qui a lancé un premier disque en espagnol en 2013 après avoir roulé sa bosse en français pendant presque 10 ans.Il n\u2019y a plus de filtre, plus de compagnies de disques, de corporations.Je pousse mon affaire sur Internet, c\u2019est direct.» Moins d\u2019argent, donc moins de structures et plus de libertés ?«Depuis que le disque est mort et que le spectacle est revenu en force, ben, pour gagner ta vie, il faut que tu joues, renchérit le rappeur.Et si tu joues, il faut que tu sois bon en spectacle, donc que tu sois pro, et ça, que tu sois underground ou pas.C\u2019est là, je pense, que l\u2019underground et le commercial se sont rejoints.C\u2019est sur une base de métier.De professionnalisme.» De l\u2019ouverture et des rencontres La populaire chanteuse Marie-Mai, diplômée de Star Académie en 2003, est l\u2019une des rares à pouvoir espérer vendre 100000 copies d\u2019un album.Elle ressent aussi une plus grande marge de manœuvre quand vient le temps de créer, bien qu\u2019elle dise ne s\u2019être jamais sentie contrainte.«C\u2019est vrai qu\u2019en général, il y a une approche qui est beaucoup plus artistique qu\u2019il y a plusieurs années, où tout était plus formaté.Une chanteuse pop devait travailler avec des gros producteurs, par exemple.Maintenant, ça laisse la place à de nouveaux réalisateurs, à de nouveaux artistes.Il y a plus de liberté créative et artistique.» Le claviériste Alex McMahon, joue dans la formation électro-rock Plaster, dans le trio élec-tro-rap Cargo Culte et est aussi dans la grande famille musicale d\u2019Ariane Moffatt.Il a récemment réalisé le disque de Valérie Carpentier, championne de la première édition de l\u2019émission télé La voix.Et ce, à sa grande surprise.«Ils se sont ouverts, constate-t-il./e ne m\u2019attendais tellement pas à réaliser un album des Productions J à court terme, pis même à moyen et long terme! Je me suis fait proposer ça, et puis, honnêtement, si j\u2019accepte un projet, c\u2019est parce que je vais travailler avec quelqu\u2019un qui a du talent, qui me touche, et avec qui ça va être une partie de plaisir, une rencontre aussi.» Sur son dernier disque paru le mois dernier, Marie-Mai a invité Boogat à chanter sur la pièce Ne m\u2019écoute pas.Cette association a pris forme au dernier gala de l\u2019ADISQ, alors que les deux artistes ont partagé la scène le temps d\u2019un «mash-up» remarqué.Une rencontre encore une fois.Improbable, mais bien réelle.«Tu rencontres quelqu\u2019un, des fois ça clique, des fois ça ne clique pas, et dans le cas de Boogat, ç\u2019a vraiment fonctionné.En terminant la perfo à l\u2019ADISQ, on le savait qu\u2019on retravaillerait ensemble, explique Marie-Mai.Et la musique, c\u2019est pas une tendance, un format, c\u2019est pas émergent ou populaire.La musique, c\u2019est de la musique.On met tous, quand on est auteur-compositeur, nos tripes sur la table, et on fait de notre mieux, VOIR PAGE E 4 : LIAISONS E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE JUIN 2014 CULTURE Moby Dick Odile Tremblay ans Moby Dick, chef-d\u2019œuvre de l\u2019Américain Herman Melville, un des plus grands joyaux littéraires du XIX® siècle, le capitaine Achab, au caractère atrabilaire, traque sur les sept mers, à bord du Pequod, une baleine blanche qui lui a jadis arraché sa jambe.Surnommé Moby Dick, le monstre albinos est, sur le plan métaphorique, une part maudite de lui-même, à laquelle il s\u2019agrippe jusqu\u2019à périr en la harponnant.Certains connaissent l\u2019histoire surtout à travers le fdm de John Huston (1956), alors que Gregory Peck campait le terrible capitaine sur le baleinier, filant plein vent vers son destin.Serge Losique, président du Festival des films du monde (FFM), me fait souvent penser au capitaine Achab, accroché au cachalot de son rendez-vous de films, destiné à l\u2019entraîner dans les abîmes avec luî.Maïs le lâcher?Jamais ! Pas question! Over my dead body] Que coule le navire! Belle figure littéraire s\u2019il en est que celle de cet homme hanté, obsédé, en vertige vers sa chute et celle de sa créature avec lui.Avec moi le naufrage ! Après moi le déluge ! D\u2019autres évoqueront Frankenstein, le monstre qui échappe à son maître, ou encore Don Quichotte à l\u2019assaut des moulins à vent.Chose certaine, Serge Losique est devenu un personnage de notre mythologie culturelle, celui qui ne lâche pas le morceau, au mépris du bon sens, de l\u2019intérêt de son propre festival et des cinéphiles.Pareil entêtement force l\u2019admiration \u2014 le FFM, c\u2019est sa vie, et rarement aura-t-on rencontré un être aussi pugnace \u2014, mais aussi la consternation.Car ce président cas-quetté n\u2019est pas une figure de fiction, hélas ! et son festival, en immense déclin, roule, roulait surtout, bel et bien avec des fonds publics, à l\u2019heure où chaque sou est compté un à un.Cette semaine, on apprenait que les principaux bailleurs de fonds retiraient peu ou prou leurs billes pour la prochaine édition du FFM, prévue du 21 août au F® septembre.La manifestation est en faillite technique et n\u2019atteint pas les objectifs espérés aux fins des subventions.Mais Serge Losique est un combattant des tranchées, baïonnette au canon.11 va jouer son va- D PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le rapport SECOR en 2004 pointait les failles d\u2019aujourd\u2019hui : manque de transparence des dirigeants, mauvais rendement financier et manifestation en panne de dynamisme.Air connu ! tout, attaquer.La 38® édition du FFM se déroulera quand même, on nous fassure.Qu n\u2019en doute pas.Financée à quelle hauteur?Par qui?Le déficit accumulé du festival frôlerait les 2,5 millions.Depuis longtemps accroché à un passé plus glorieux, sans se renouveler, à l\u2019ombre du flam- Monter un festival, fût-il en perte de vitesse, est un travail dément aussi.Elle bosse, lui tout autant, avec une vision trop statique de leur rendez-vous.Humainement, on les plaint, comme on plaint les fidèles de ce festival, qui n\u2019ont jamais cessé de l\u2019appuyer depuis ses années fastes.Trop Belle figure littéraire s\u2019il en est que celle de cet homme hanté, obsédé, en vertige vers sa chute et celle de sa créature avec lui Avec moi le naufrage! Après moi le déluge! boyant rendez-vous de Toronto qui ratisse les primeurs, même québécoises, le FFM aurait dû depuis longtemps passer la main à des jeunes avec vision d\u2019avenir.Même sa directrice générale, Danièle Cauchard, veut partir, en quête de la perle rare apte à lui succéder.Serge Losique n\u2019est pas reconnu pour son bon caractère.Euphémisme.Les candidats ne se ruent guère au portillon.Aucun dauphin n\u2019a été formé à la succession et seul le statu quo paraît envisageable aux dirigeants du FFM.Les institutions jettent l\u2019éponge.peu nombreux et sans le bouillonnement de la relève ci-néphilique créant les lendemains possibles, ils seront tôt ou tard invités à se pointer ailleurs.2014 sera sans doute le chant du cygne.Côté bailleurs de fonds, était-ce pure folie de remettre en question cette organisation sous sa forme actuelle ?Pour la maintenir en vie, resterait aussi à effacer le déficit en question.Victime de qui?Au long des ans, on a vu tant de fois le FFM se faire disséquer, blâmer, rabrouer.Le rapport SECQR en 2004 pointait déjà les failles d\u2019aujourd\u2019hui : manque de transparence et de collaboration des dirigeants, mauvais rendement fi- nancier et manifestation en panne de dynamisme.Air connu ! En 2005, les bailleurs de fonds lui coupaient les vivres, créant un autre festival qui fit chou blanc.Deux ans durant, Serge Losique tint à bout de bras son FFM sans aide gouvernementale, en hypothéquant ses propriétés.Le capitaine Achab frappé par les embruns de la mer déchaînée ne nous sembla jamais plus héroïque et plus insensé, à la barre du navire en détresse soulevé par la baleine.Aujourd\u2019hui non plus, il n\u2019abdique pas.En faillite technique, le FFM se mettra-t-il en faillite totale ?Devant chaque coup du sort, ce président aura rebondi, appelant ministres et premiers ministres, faisant antichambre ici et là, pestant, tempêtant, gagnant.Que n\u2019eût-il mis autant d\u2019énergie à dynamiser son festival! Victime?Des autres ?De lui-même ?La morale de cette histoire, c\u2019est que Serge Losique retrouva en 2007 ses subventions, mais traîne depuis un déficit impossible à juguler, d\u2019autant moins avec des subventions en baisse à la SQDEC.Reste qu\u2019un jour le ruban se déchire.Et les bailleurs de fonds sans cœur sont-ils seuls à blâmer?Encore faut-il qu\u2019une manifestation s\u2019adapte aux changements énormes qui soulèvent la société, bouleversant ses habitudes culturelles pour le meilleur et pour le pire.Moins de cinéphiles fréquentent les festivals.Le FFM souffre d\u2019une désaffectation du public qui dépasse son cadre.Surtout chez les jeunes.Quand même : d\u2019autres rendez-vous de cinéma généralistes, le Festival du nouveau cinéma par exemple, trouvent des façons originales de renouveler leur clientèle.11 y a toujours moyen de s\u2019adapter.Ajoutez en toile de fond cet Etat-providence en perte de vitesse.Et l\u2019assiette au beurre qui diminue.Austérité.Le mot résonne partout et colore le nouveau budget.Rien de trop encourageant pour la culture.Pire : on entend une grande partie de l\u2019opinion publique québécoise scruter et dénoncer chaque sou octroyé en subventions culturelles, sans être en mesure de départager le bon grain de l\u2019ivraie.Hep ! tout n\u2019est pas égal et équilatéral.Les couperets tombent parfois à tort (sabrer les crédits d\u2019impôt des tournages tient de l\u2019invitation pour les productions étrangères à déserter les plateaux de Montréal, alerte!), parfois plus à raison.Côté FFM, on le déplore depuis longtemps : l\u2019événement bat de l\u2019aile.Alors, tout en admirant la ténacité du capitaine, on le presse de lâcher sa baleine blanche qui l\u2019entraîne au fond du gouffre culturel et financier.Achab va s\u2019engloutir.Qu le voit.Qu comprend pourquoi.Ça nous attriste aussi.otremblay@ledevoir.corn ô - _\tLaCapitale I\tCCQTI\\#A I\tAssurance et 1%^ rCw I\tservices financiers CARREFOUR INTERNATIONAL DE THÉÂTRE 22 MAI AU 12 JUIN 2014 QUÉBEC ACROBATES Uné histoire \u2019amitié cirau 10,11 et 12 juin ExpoCité b ¦\u201e T 'Y «Acrobates est empreint d\u2019une infinie tendresse, qui rayonne pendant toute l\u2019heure du spectacle.» Libération «De l\u2019emotion a l\u2019etat pur.On est dans ce que le spectacle vivant fait de plus beau : un vrai poème théâtral.» Mediapart 12 a 15 ans: 50% de reduction carrefourtheatre.qc.ca QuébecSS ^1*\t1*1 i ^ ssar*\" erir\"\t\"\"T'J Ka^MDKWJsniM\tledevwr ÎmÂs Radio radio La mère des médias de masse offre un bel exemple de repositionnement en ces temps de mutations STEPHANE BAILLARGEON La crise des médias?Quelle crise?Des données publiées cette semaine par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) montrent que les quelque 685 stations de radio commerciales du pays ont dégagé un profit avoisinant les 330 millions de dollars l\u2019an dernier.11 s\u2019agit d\u2019une marge de profit exceptionnelle d\u2019environ 20%, en hausse par rapport à 2012.«Pour les citoyens, la radio demeure un média extrêmement important, notamment pour les identités régionales, le développement des goûts musicaux et des opinions», commente Sylvain lÂfrance, directeur du Pôle médias de HEC Montréal.Aupara-vanf M.Lafrance a été le grand patron de Radio-Canada, y compris la radio.«Pour les gens d\u2019affaires, la radio est probablement actuellement le média qui donne la meilleure marge de profit.Ça me fait dire que, si aujourd\u2019hui quelqu\u2019un veut faire de l\u2019argent en lançant un média, il n\u2019a qu\u2019à lancer une radio.» Au total, le secteur radiophonique a vu ses recettes gonfler à 1,623 milliard pendant l\u2019année avant le 31 août 2013, une légère augmentation de 0,26% par rapport à 2012.Les dépenses, elles, ont fléchi de 2 millions, pour se stabiliser à 1,252 milliard.Le secteur compte 685 stations au dernier relevé et emploie 10200 personnes.Vingt-deux stations diffusent sur Montréal, neuf à Québec.11 doit bien y avoir une attrape ?M.Lafrance pointe vers la disparition des salles de nouvelles.«La prospérité de l\u2019industrie de la radio s\u2019est faite à l\u2019aide d\u2019un changement profond au cours des 10 ou 15 dernières années: les stations avaient de grosses salles de nouvelles et elles n\u2019en ont plus que des petites, dit-il.Il n\u2019y a plus que Radio-Canada dans ce créneau.La fonction info est donc moins présente au profit de la fonction commentaire.En plus, les chaînes régionales ont moins de ressources.Il a donc ERANÇOIS PESANT LE DEVOIR Sylvain Laft'ance, directeur du Pôle médias de HEC Montréal fallu faire disparaître des fonctions pour trouver cette rentabilité.La bonne nouvelle, c\u2019est donc que la radio va bien.La mauvaise, c\u2019est qu\u2019elle ne joue plus le même rôle, en information notamment.» M.Lafrance rappelle qu\u2019il y a plus de 40 ans, la Crise d\u2019octobre fut un événement radio.Ce média était central, comme peuvent l\u2019être maintenant les chaînes spécialisées en infor- «Pour les gens d\u2019affaires, la radio est probablement actuellement le média qui donne la meilleure marge de profit» mation continue ou les nouveaux médias.«Aujourd\u2019hui, la radio, surtout la radio privée, est beaucoup plus utilisée pour le commentaire, la musique ou l\u2019humour, dit le professeur.Aujourd\u2019hui, on est loin des grandes radios généralistes comme CKAC à l\u2019époque.» Leurs descendantes, comme le 98,5 FM, ne s\u2019appuient donc plus sur des salles de nouvelles puissantes et compensent avec le talent de leurs animateurs vedettes, qui coûtent quand même bonbon.Une grande star du micro gagne plusieurs centaines de milliers de dollars par année.«Évidemment, les coûts pour embaucher des vedettes sont élevés et privent de ressources pour d\u2019autres fonctions de recherche ou d\u2019enquête, par exemple.Il reste que la rentabilité de la radio est excellente.» M.Lafrance ajoute que ce repositionnement de la radio ne se fait pas nécessairement «pour le pire» quand on considère le nouveau portrait global de la circulation des infos.Les nouveaux médias permettent de s\u2019informer en direct, n\u2019importe où.Les sites des médias compensent et assurent une certaine diversité.D\u2019ailleurs, la situation semble en gros la même ailleurs dans le monde, en France par exemple, avec certaines nuances, par exemple pour ce quj est des moyens des médias d\u2019Etat.«La radio a trouvé sa place dans un nouveau monde et il faut juste reconnaître que ce n\u2019est pas la même place qu\u2019avant, conclut le spécialiste.C\u2019est un bel exemple de repositionnement dans un contexte de grandes mutations sociales et technologiques.On parle moins de ce succès, peut-être parce qu\u2019on tient la radio pour acquise.» Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUIN 2014 E 3 CULTURE>EXPOSITION PHOTOS SOURCE MUSEE DES BEAUX ARTS DU CANADA A OTTAWA Si on a reconnu d\u2019emblée des dispositions exceptionnelles pour l\u2019illustration à Gustave Doré, on lui a refusé une reconnaissance idoine en peinture et en sculpture.À tort, comme en témoignent ces trois pièces maîtresses de l\u2019exposition : Souvenir de Loch Lomond (ci-dessus), le bronze Le poème de la vigne et la peinture Dante et Virgile dans le neuvième cercle de Venter (ci-dessous).Gustave Doré, la mémoire de l\u2019imaginaire Le MBAC célèbre le génie d\u2019un artiste tiraillé entre la vérité et le fantasme, dont la production protéiforme (gravure, peinture, sculpture) dépasse largement les frontières de l\u2019illustration Du 13 juin au 14 septembre, le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa s\u2019associe au Musée d\u2019Orsay à Paris à l\u2019occasion d\u2019une exposition consacrée à Gustave Doré.Il s\u2019agit de la rétrospective la plus imposante, et la plus complète, de l\u2019œuvre indispensable mais étonnamment peu connue de ce graveur, peintre et sculpteur admirable.Plongée libre dans l\u2019univers d\u2019un virtuose.FRANÇOIS LÉVESQUE Lorsque l\u2019on pense aux artistes marquants du XIX® siècle, les noms Van Gogh et Monet s\u2019imposent d\u2019emblée.Ceux de Renoir, Courbet, Cézanne et Degas suivent.Doré?Gustave Doré?Connaît pas, ou si peu.Ah! N\u2019est-ce pas l\u2019illustrateur derrière ces superbes gravures dans l\u2019édition définitive des Fables de La Fontaine'^ Oui, mais encore?Avec l\u2019exposition Gustave Doré (1832-1883).L\u2019imaginaire au pouvoir, le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) répond à cette question tout en montrant pourquoi le nom de cet artiste prodigieux mérite d\u2019être énoncé du même souffle que ceux de ses contemporains plus connus.A cet égard, les propos du conservateur en chef du MBAC, Paul Lang, sont sans équivoque.«L\u2019une des visées de cette exposition, hormis de faire découvrir l\u2019œuvre de Gustave Doré, c\u2019est de rappeler que le XIX^ siècle, la seconde moitié du XIX^ siècle en particulier, ce n\u2019est pas uniquement l\u2019impressionnisme.Il y a autre chose.Il y a Doré, un artiste majeur, immense, qui, à mon avis, n\u2019a jamais reçu la reconnaissance qui lui est due.Certes, il était un illustrateur dans une classe à part, mais ses peintures et ses sculptures rendent compte d\u2019une virtuosité ahurissante», argue M.Lang, qui note au passage que, ironie du sort, Gustave Doré vint au monde en 1832 et mourut en 1883, exactement comme Edouard Manet.Sept nuances de Doré De fait, aborder les rivages de l\u2019œuvre de Gustave Doré, c\u2019est plonger dans un univers visuel fabuleux.C\u2019est se laisser absorber par une production protéiforme \u2014 gravure, peinture, sculpture \u2014 essentielle.C\u2019est revisiter l\u2019histoire à travers le regard d\u2019un artiste à jamais tiraillé entre la vérité et le fantasme, entre l\u2019authenticité et l\u2019imaginaire.Il en résulte un paradoxe artistique fascinant qui se trouve au cœur de l\u2019exposition.«Gustave Doré n\u2019avait pas plus d\u2019affinités avec les impressionnistes qu\u2019avec les symbolistes ou les naturalistes.Il n\u2019appartenait à aucun mouvement, n\u2019était rattachable à aucune école.Il était un artiste complètement original», soutient Paul Lang.Afin d\u2019évoquer cette maîtrise pluridisciplinaire tout en proposant au visiteur un parcours compréhensible, le MBAC a décliné l\u2019exposition en sept volets: Réaliste et chimérique: les sculptures.Chroniqueur satirique et populaire.L\u2019imagination littéraire: dessins et peintures.Visions de l\u2019Espagne et de Londres, Paysages peints, 1870: l\u2019année terrible, Peintre et prédicateur: religion et pathos.Ainsi apprend-on que Doré était un enfant prodige qui, à 15 ans, s\u2019installa à Paris où ses caricatures firent les délices des lecteurs du Journal pour rire.Autodidacte, il manifesta très tôt un don unique pour l\u2019illustration.En 1854, il créa plus de 100 gravures pour accompagner les textes de Rabelais.Une quinzaine d\u2019années plus tard, sa version illustrée de La divine comédie, de Dante, fit fureur.Idem pour son édition personnelle de la Bible.En mal de reconnaissance Bref, c\u2019est dire que, contrairement à Vincent Van Gogh, par exemple, non seulement Gustave Doré fut célèbre de son vivant, mais il vécut fort confortablement de son art.Un art, toutefois, qu\u2019il envisageait sans contraintes ni carcans.Or, si on lui reconnut d\u2019emblée des dispositions exceptionnelles pour l\u2019illustration, discipline jugée, à tort, mineure, on lui refusa une reconnaissance idoine en peinture et en sculpture.Au ternps où il fut critique au Journal populaire de Lille, Emile Zola décréta, au sujet des illustra- tions de Doré pour le Don Quichote de Cervantes: «On appelle ça illustrer un ouvrage: moi, je prétends que c\u2019est le refaire.Au lieu d\u2019un chef-d\u2019œuvre, l\u2019esprit humain en compte deux.» Mais dès lors qu\u2019il voulut élargir ses horizons artistiques, Doré fit l\u2019objet de commentaires pour le moins acerbes, tels ceux formulés par Jules-Antoine Castagnary, un critique d\u2019art proche de Courbet.«Nous constaterons avec tristesse, que, mauvais dessinateur et mauvais peintre, M.Gustave Doré vient d\u2019ajouter à sa réputation celle de mauvais sculpteur», écrivit-il en 1877.Comme quoi cette originalité signalée par Paul Lang, Doré la paya chère.Or aujourd\u2019hui, en contemplant Souvenir de Loch Lomond (1875) ou Dante et Virgile dans le neuvième cercle de l\u2019enfer (1861), pour ne nommer que deux pièces maîtresses de l\u2019exposition, on reste béat d\u2019admiration ; on cherche les mots pour définir tant de beauté.Et l\u2019on se dit que, décidément, quelle que soit l\u2019époque, la critique a par- Gomme au cinéma Du Voyage dans la lune de Georges Méfiés (1902) à la trilogie du Seigneur des anneaux de Peter Jackson (2001-2003), l\u2019œuvre de Gustave Doré a influencé maints cinéastes, dont des extraits de longs métrages seront présentés dans l\u2019une des salles de l\u2019exposition.Au sein de cet échantillonnage aussi hétéroclite que révélateur, on retrouve entre autres les Oliver Twist de David Lean (1946) et de Roman Polanski (2005), Le nom de la rose de Jean-Jacques Annaud (1986), Les sorcières d\u2019Eastwick de George Miller (1987) et Sweeney Todd: le diabolique barbier de Fleet Street de Tim Burton (2007).Ci-contre : une xylographie d\u2019un conte de Charles Perrault qui a inspiré La Belle et la Bête de Jean Cocteau (1946).fois le don de limiter son regard avec des œillères qu\u2019elle a elle-même choisi de porter.Dont acte.Chroniqueur, humaniste A l\u2019inverse, le regard de Doré, lui, atteste non seulement une ouverture au monde, mais une empathie réelle envers ses laissés-pour-compte, dont ceux de la Révolution industrielle.Pour s\u2019en convaincre, on n\u2019a qu\u2019à jeter un coup d\u2019œil aux gravures et aux croquis qu\u2019il réalisa pour l\u2019ouvrage Londres: un pèlerinage, vers 1872.Dans À travers Londres, en chemin defer, des femmes étendent le linge dans d\u2019étroites arrière-cours entassées les unes contre les autres ; au-dessus d\u2019elles, des cieux opacifiés par la fumée des usines.Dans Assoupis sous les étoiles, des familles entières, sans logis, dorment dans le renfoncement d\u2019une rambarde.On pourrait être dans un roman de Dickens.Ces préoccupations humanistes sont également perceptibles dans ses sujets religieux.Ainsi, lorsqu\u2019il peignit sa version de La vallée des larmes (1883), Doré plaça-t-il le Christ portant sa croix à l\u2019arrière-plan, l\u2019avant-plan mettant l\u2019accent sur la foule en pleurs et le cortège de miséreux.Absente de la Bible, la scène nocturne du Christ quittant le tombeau (1869) dégage quant à elle une impression de solitude poignante, une tristesse aussi.Snobé, Gqstave Doré fut surtout profondément incompris.A travers l\u2019exposition L\u2019imaginaire au pouvoir, cet artiste inclassable et visionnaire se voit enfin réhabilité par l\u2019histoire.Celle-là même qu\u2019il infusa d\u2019une part de sublime sa vie durant.Le Devoir DVoir > D\u2019autres œuvres tirées de cette importante exposition consacrée à Gustave Doré, ledevoir.com/culture/arts-visuels E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUIN 2014 CULTURE.MUSIQUE À écouter Le puits sans fond des archives discographiques Quelques pistes pour puiser dans la manne d\u2019enregistrements historiques récents CHRISTOPHE HUSS Il y a quelques semaines nous arrivait, sur étiquette Melo-diya, un coffret de sonates de Schubert par Sviatoslav Richter avec l\u2019indication «Édité pour la première fois» ! Surprise.Il existait donc encore des inédits de Sviatoslav Richter, le pianiste sur lequel se sont jetés à peu près tous les éditeurs de disques, des plus confidentiels aux majors.On trouve même une édition Richter fait main, quasiment «roulée sous les aisselles », concoctée en plein cœur de Montréal.Cette « Richter Private Collection» essaime ensuite sur Internet pour quelques fanatiques dans le monde.La concentration du sage C\u2019est un fait que l\u2019arrivée d\u2019un coffret Melodiya de quatre disques « Richter Plays Schubert», se targuant d\u2019inédits, provoque la surprise.Certes, pour vérifier l\u2019assertion, le journaliste musical devrait se transformer en détective, étant donné le nombre d\u2019enregistrements «privés» publiés de ce pianiste mythique.Il convient aussi d\u2019être vigilant, au vu du nombre de fausses assertions.Combien de fois l\u2019éditeur anglais ICA s\u2019est-il vanté de publier «pour la première fois en CD» des concerts accessibles sur ce support il y a 20 ans déjà?Bonne surprise : ce « Richter Plays Schubert» {Sonates D.566, 575, 625, 664, 894, 958 et petites pièces) est vraiment rare.D\u2019après nos investigations, la seule chose approchante se trouve dans les parutions russes de Brilliant Classics: des échos d\u2019un concert Schubert du 3 mai 1978, alors que c\u2019est celui ¦ I LE PIANO FRANÇAIS QE CHABRIER A DEBUSSY EMMANUEL CHABR ER DEODAT DE SÉVERAC REYNALDO HAHN CAM LLE SA NT SAENS CLAUDE DEBUSSY MAGDA TA6LIAFERRO du 2 mai qui est publié ici! Les Sonates D.894 et 566 sont donc juste un peu moins rares que les autres.Effectués en public au Conservatoire de Moscou dans les années 1970, les enregistrements sont techniquement dans le haut du panier pour des captations russes de cette époque.Comme souvent avec Richter, les pianos ne sont pas les plus fignolés, mais la concentration épurée du jeu fascine.Pour les amateurs de ce pianiste de légende qui ne sont pas réfractaires à l\u2019idée d\u2019acheter leurs disques sur Internet, même à l\u2019étranger, signalons qu\u2019Universal Italie a publié en janvier dernier un coffret « Richter Solo Recordings» de 33 CD regroupant, à un prix défiant toute concurrence (en Eu- E BERLINER PHILHARMONIKEF ERBERTVON KARAJAn FOR THE FIRST TIME AFTER W.W.II IN THE U.S.A.Wolfgang Amadeus MozAm- \u2022 Symphony No.35 \u201cHaffner\u201d Richapd Strauss \u2022 Till Eulenspiegels lusttge Streiche Johannes Brahms \u2022 Symphony No.1 rope), l\u2019intégralité de l\u2019édition Philips, les quelques titres parus chez Decca et les enregistrements solos de Deutsche Grammophon.Du grand luxe ! Il convient également d\u2019attirer l\u2019attention sur un autre coffret très rare de Melodiya, mais réservé à des oreilles nettement plus tolérantes.Il s\u2019agit des prestations de musique de chambre d\u2019Emil Guilds, captées entre 1946 et 1952.Cette boîte de quatre CD «Gilels in Ensembles» ne s\u2019adresse qu\u2019aux spécialistes.Erato, le phénix Le retour en force de l\u2019étiquette Erato, ressuscitée par Warner lors du rachat d\u2019EMI Classics pour servir de bannière à feu le catalogue Virgin Classics, nous vaut la surprise de 25 rééditions sou^s la bannière « Erato Story».A des titres des années 90 (Repin, Luganski, Susan Graham) sont mêlés quelques précieux inédits en CD, dont le tout premier enregistrement Erato, le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier par Louis Martini, qui lança l\u2019étiquette en 1953, et le très rare premier enregistrement Bach monophonique de Marie-Claire Alain, enregistré par André Charlin en février 1954.AMADEUS QUARTET RECORDINGS\tVOL.I f: SCHUBERT Dans cette série de retours inespérés au catalogue, notre choix prioritaire est le récital de Magda Tagliaferro, pianiste brésilienne adoptée par la Erance et devenue l\u2019une des légendes du piano français du XX® siècle.En octobre 1961, Tagliaferro gravait pour Erato un récital Chabrier, Séverac, Hahn, Saint-Saëns, Debussy que je n\u2019avais jamais vu, même en microsillon.Il témoigne de son attachement à l\u2019école française, toute de clarté et de simplicité expressive, sans le moindre « impressionnisme » dans Debussy.Parlant de Warner, il convient de saluer la continuation de collections lancées par EMI, tout particulièrement la série «Icon».Le regroupement en 12 CD des premiers enregistrements de Yehudi Menuhin, notamment la période bénie 1932-1936, rappelle quel prodige et don du ciel fut ce violoniste.Ce ne sont pas des raretés, mais le regroupement en une telle boîte est le bienvenu.Allemands et Européens Etiquette extrêmement fiable et sérieuse.Audite, créée par un ingénieur du son de grande réputation, a un accès ^ENUHm privilégié aux archives de la radio de Berlin.Après des coffrets très soignés sur Eurt-vYüngler, Knappertsbusch et Celibidache, Audite entreprend une édition consacrée au Quatuor Amadeus.Il ne s\u2019agit pas des gravures discographiques du légendaire ensemble parues chez DG mais d\u2019enregistrements effectués pour la radio RIAS de Berlin.La période visée est celle des grandes heures des poétiques Amadeus, les années 50, où le premier violon Norbert Brai-nin jouait encore de manière immaculée.Après un coffret Beethoven, un album Schubert {Quatuors n°^ 9, 10, 13, 14 ei 15) qui vient de paraître nous transporte à une époque colorée de sépia où l\u2019art du quatuor était moins athlétique qu\u2019aujourd\u2019hui.Depuis quelques mois, Naxos distribue les disques historiques Andromeda publiés par Archipel Ltd.Difficile de connaître la provenance de ces disques qui labourent le territoire de ce qu\u2019on appelait jadis les «pirates» italiens, mais qui ont l\u2019air de provenir d\u2019Angleterre.En tout cas, le compilateur de ces documents historiques est un vrai connaisseur et va Richter Plays Schubert.Melodiya, 4 CD, 10 02231.Le piano français de Chabrier à Debussy.Magda Tagliaferro.Erato, 0825646328413.Yehudi Menuhin, The Early Recordings.Warner Icon, 12CD, 019281 2.The RIAS Amadeus Quartet Recordings.Vol II: Schubert.Audite, 2 CD, 21.428.Karajan et le Philharmonique de Berlin à Washington, 28 février 1955.Andromeda 9120.chercher ici ou là des documents rares.Ainsi, l\u2019album Willem Mengelgerg dirige Schubert comprend les multi-rééditées Symphonies n'^^ 8 et 9, mais aussi l\u2019adaptation orchestrale de la Sonate pour arpeggione avec Caspar Cas-sado et le Concerto pour piano de Schumann avec Emil von Sauer \u2014 élève de Liszt ! \u2014 en 1940.Le son est précaire, et von Sauer, 78 ans, a perdu de son agilité, mais c\u2019est pour le moins historique ! Andromeda, qui propose d\u2019intéressants coffrets consacrés aux violonistes Arthur Grumiaux et Zino Erances-catti, se signale notamment par l\u2019édition d\u2019un document historique majeur: le premier concert du Philharmonique de Berlin avec Karajan, aux Etats-Unis, après la guerre.Ces concerts de 1955 avaient été largement boycottés.Celui de Washington a existé en microsillon, mais je ne l\u2019avais jamais vraiment vu en CD.Le Devoir D Écouter > Un extrait d\u2019une sonate de Schubert par Richter, ledevoir.com/ culture/musique Bell préstntt Its FRANCOFOIIES DE MONTRÉAL.LES FRANCOFOLIES PRESENTENT L'ÉVÉNEMENT,^ D'OUVERTURE'^ LOUIS-JEAN CORMIER AVEC INVITÉS JIMMY HUNT KLÔPELGAGet BERTRAND BELIN (FRANCE) LES FRANCOS DEBUTENT CE JEUDI ! JOIGNEZ-VOUS À LA FÊTE! (Jiw22 ild/V 26CIIEMA METROPOLE EILMS Uannée des 17 ans d\u2019Isabelle se trouve au cœur de Jeune & jolie.L\u2019insoutenable lourdeur de l\u2019être Avec Jeune & jolie ^ François Ozon creuse de nouveau le côté sombre de l\u2019adolescence JEUNE & JOLIE Scénario et réalisation : François Ozon.Avec Marine Vacth, Géraldine Pailhas, Frédéric Pierrot, Johan Leysen, Fantin Ravat, Charlotte Rampling.Image: Pascal Marti.Montage: Laure Gardette.Musique: Philippe Rombi.France, 2013, 95 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Même lorsque l\u2019approche s\u2019y fait plus ouvertement émotive, comme dans Sous le sable et Le temps qui reste, le cinéma de François Ozon conserve une distance clinique.On sent l\u2019auteur observer froidement ses personnages davantage qu\u2019il ne cherche à les comprendre, voire à justifier leurs actions.De la même manière qu\u2019il ne prend parti pour aucun des deux époux qui se déchirent à rebours dans 5X2, il ne juge pas le bestiaire féminin narcissique de 8 femmes pas plus qu\u2019il ne condamne le jeune protagoniste manipulateur du suspense ludique Dans la maison, un film qui forme une espèce de diptyque avec Jeune & jolie, avec lequel il partage certains thèmes mais surtout un sujet: l\u2019adolescence.L\u2019adolescente du plus récent titre d\u2019Ozon se prénomme Isabelle (Marine Vacth, 23 ans, l\u2019aplomb sous l\u2019indifférence de surface).Déclinée en quatre saisons, l\u2019année de ses 17 ans, année où l\u2019on n\u2019est pas tout à fait adulte mais définitivement plus enfant, se trouve au cœur de Jeune & jolie (le nom d\u2019un magazine pour adolescentes, pour l\u2019anecdote).Cet été-là, Isabelle perd sa virginité avec un touriste allemand de son âge.Pendant l\u2019acte, Isabelle est non seulement passive, mais distanciée, coupée d\u2019elle-même.Elle se voit en train de se regarder.La scène, juste assez insolite, frappe.Et donne le ton.L\u2019automne venu, Isabelle reprend les cours et se crée une identité virtuelle : Léa, prostituée.Corrects, salauds, violents ou touchants, les clients défilent.On le précise, le film n\u2019est jamais érotique, et encore moins romantique.Georges, la soixantaine, émeut Isabelle \u2014 autant qu\u2019elle peut l\u2019être.En effet \u2014 et cet aspect agacera ou fascinera, selon qu\u2019on préfère qu\u2019un cinéaste donne les clés de lecture d\u2019un personnage ou s\u2019en abstienne \u2014 Isabelle est une énigme.François Ozon se réclame résolument de la seconde école et, s\u2019il donne suffisamment Mis en scène avec un raffinement discret et un tact salutaire, ce film est l\u2019un des grands de François Ozon d\u2019informations au spectateur pour permettre à ce dernier d\u2019avancer des hypothèses, jamais ne les formule-t-il à sa place.Le recours à quatre chansons de Françoise Hardy pour ponctuer chaque chapitre n\u2019est, par exemple, pas innocent, avec des titres évocateurs comme L\u2019amour d\u2019un garçon, A quoi ça sert, Première rencontre, Je suis moi.Chose certaine, Isabelle n\u2019est pas l\u2019héritière de Belle de jour, encore moins de Christiane F.Au final, son parcours apparaît comme une errance existentielle et non comme une quête initiatique.Film «ozonien» Pourquoi Isabelle, ravissante, aimée et choyée par une famille aisée, décide-t-elle de se prostituer?Pourquoi Claude, l\u2019apprenti Machiavel du film Dans la maison, ourdit-il cette savante machination destinée à faire basculer son professeur dans la folie ?Parce que François Ozon convie les cinéphiles à une exploration de l\u2019adolescence, versant sombre.Ainsi, on pourrait dire de Jeune & jolie, en paraphrasant Marcel Dû-champ : ceci n\u2019est pas un film sur la prostitu-tion.Maintenant, peut-on aborder un tel enjeu, même par la bande, en adoptant un regard neutre ?11 s\u2019agit d\u2019une autre question et, manifestement, d\u2019un autre film.Mis en scène avec un raffinement discret et un tact salutaire.Jeune & jolie s\u2019inscrit dans la frange supérieure de l\u2019œuvre de François Ozon.Ç\u2019aurait pu être une proposition involontairement scabreuse.C\u2019est plutôt quelque chose d\u2019inattendu, quelque chose de différent.Quelque chose de profondément « ozonien ».Le Devoir De bush en dunes Beau récit d\u2019une traversée du désert australien, Tracks finit par s\u2019effilocher sous le soleil faute de ligne scénaristique bien ancrée TRACKS Réalisation: John Curran.Scénario: Marion Nelson, d\u2019après les mémoires de Robyn Davidson.Avec Mia Wasikowska, Adam Driver, Emma Booth, Rainer Bock, Jessica Tovey, Roley Mintuma.Image: Mandy Walker.Montage : Alexandre de Franceschi.Australie, 2014, 112 minutes.ODILE TREMBLAY Adapté de l\u2019aventure de Robyn Davidson, Australienne de 27 ans qui traversa en 1977 le désert sur 2700 kilomètres en 195 jours avec quatre chameaux et un chien.Tracks, de John Curran {The Painted Veil), en compétition à Venise en 2013, est un film rempli de beauté mais qui, faute d\u2019une ligne scénaristique bien ancrée, s\u2019étiole sous le soleil.Précisons que la jeune femme, surnommée «The Camel Lady», dont le périple était financé par le National Geographic, avait accepté la présence occasionnelle d\u2019un photographe (Adam Driver), parfois irritant et qui troublait sa paix et son silence.Mia Wasikowska incarne l\u2019héroïne avec son talent et son naturel habituels.Cette actrice peut se transformer à volonté, ici encore un peu enfantine, déterminée, mystérieuse.Rien à redire à son interprétation habitée, ni à celle d\u2019Adam Driver, pataud à souhait, touchant dans son amour pour l\u2019indépendante aventurière, qu\u2019il n\u2019arrive guère à percer à jour.On ne peut qu\u2019admirer les images de Mandy Walker, à travers le désert hypnotique, entre bush et dunes.Au fond, la maigreur squelettique de l\u2019histoire tient sans doute à la justesse de l\u2019adaptation, à la volonté de s\u2019écarter des voies du ^ -4.# METROPOLE EILMS Mia Wasikowska incarne l\u2019héroïne de Tracks avec son talent et son naturel habituels.biopic traditionnel aussi.11 ne se passe pas grand-chose dans ce genre de voyage, hormis, comme c\u2019est le cas des rencontres fécondes avec les aborigènes, dont un guide plein de finesse (Ruly Mintura), une charge de chameaux sauvages, un mirage, etc.Le feuilleton photojournalistique de l\u2019époque du National Geographic pouvait sans doute mieux cerner les points forts de cette odyssée.Ici, tout se dissout dans le sable, sous le blatèrement des chameaux, connus pour leur mauvais caractère, même s\u2019ils aiment bien la Camel Lady et lui reviennent toujours après quelques tentatives d\u2019évasion.Un recours à la voix hors champ pour traduire les états d\u2019âme de Robyn Davidson aurait sans doute dynamiser Tracks.Car on ne saura pas grand-chose sur ses découragements et sa griserie solitaire, malgré quelques moments de crise.Qui est-elle?Pourquoi cette traversée du désert?Qn n\u2019en saura rien.La poésie de Depardon, omniprésente dans ses films La captive du désert et Une femme en Afrique, manque à l\u2019appel.Qr, avec une substance dramatique aussi ténue à travers un voyage surtout initiatique, il eût mieux valu greffer au projet un lyrisme de métaphore.Ce film de bonne volonté, impressionniste, honorable, nous laisse avec une impression d\u2019incomplétude.Qn pense à des vers tirés du Bestiaire d\u2019Apollinaire : «Il fit ce que je voudrais faire, si favais quatre dromadaires», et on passe à autre chose.Le Devoir On se calme, citoyens ! Justine Triet filme une crise familiale sur fond d\u2019euphorie parmi des socialistes survoltés LA BATAILLE DE SOLEERINO Réalisation et scénario : Justine Triet.Avec Laetitia Dosch, Vincent Macaigne, Marc-Antoine Vaugeois Arthur Harari, Virgil Vernier.Image : Torn Harari.Montage: Damien Mestraggi.France, 2013, 94 minutes.ANDRÉ LAVOIE Le quartier général du Parti socialiste est situé rue de Solférino, à Paris.Le climat économique morose et les frasques de François Hollande, lui qui rêvait d\u2019être un président «normal», ont donné à cette adresse des allures de château en ruine.Ce n\u2019était pas le cas le 6 mai 2012, jour de victoire au second tour des élections présidentielles, assailli par plus de 30000 militants en liesse.C\u2019est dans ce climat survolté que la cinéaste Justine Triet parachute ses personnages, une belle bande de trentenaires désorganisés.Dans La bataille de Solférino, un premier long métrage de fiction pour cette docu-mentariste courageuse (et ça se voit!), elle saisit quelques heures chaotiques dans la vie d\u2019une famille éclatée et recomposée.De 13 h jusqu\u2019au milieu de la nuit, cette journée pas comme les autres défile à vive allure au milieu des cris, des larmes et des slogans.Tout démarre sur les chapeaux de roues dans un appartement qui ressemble justement à un champ de bataille.F La bataille cinéma aux EUN EILMS de Solférino repose sur le pari de mêler des figures de grands remous de l\u2019actualité.Laetitia (Laetitia Dosch, intense d\u2019un bout à l\u2019autre) doit bientôt quitter les lieux pour aller couvrir, comme journaliste télé, la victoire de François Hollande.Elle confie la garde de ses deux jeunes enfants à un étudiant (Marc-Antoine Vaugeois, joliment à côté de ses pompes) dépassé par l\u2019ampleur de la tâche, lui sommant de ne pas ouvrir à Vincent (Vincent Macaigne, une belle tête d\u2019ahuri), le père des enfants, sorti d\u2019un hôpital psychiatrique et véritable danger public.L\u2019homme est en bas de l\u2019immeuble, les bras chargés de cadeaux, mais ce n\u2019est pas son jour de visite.Alors que la journaliste affiche son plus beau sourire devant les camé- ras, elle pète les plombs, entre deux interventions en direct, lorsqu\u2019elle apprend que Vincent a pu franchir le seuil de sa demeure.Elle rameute alors sa progéniture sur les lieux du délire électoral, augmentant d\u2019un cran l\u2019exaspération de tous.La bataille de Solférino repose sur un pari parfois impossible, celui de mêler des figures de cinéma aux grands remous de Factualité.Justine Triet, qui connaissait déjà l\u2019atmosphère des lieux lors d\u2019une élection antérieure aux fins d\u2019un documentaire, a fait le pari de télescoper ses héros dans un cadre imprévisible, tous forcés de jouer leur partition au milieu d\u2019un incroyable caphar- naüm.Même les bambins font peine à voir au milieu de cette foule déchaînée.La cinéaste n\u2019épargne rien ni personne, amorçant ce combat au milieu d\u2019un salon encombré, surchargeant la bande sonore de pleurs, d\u2019injures, de jérémiades.Ce parti pris audacieux, déroutant, ne fléchit pratiquement jamais grâce à l\u2019énergie combative des interprètes, qui atteignent des sommets de vérité proprement stupéfiants.Cette authenticité, construite dans une démesure évoquant le meilleur du cinéma de Maurice Halat, est accentuée par des dialogues largement improvisés et une grande part d\u2019abandon de la cinéaste et de ses acteurs \u2014 les militants se croient davantage aux nouvelles télévisées que dans un film d\u2019auteur.Ce film, excessif, foudroyant, concentré pur jus d\u2019espoirs, de frustrations et de rancœurs, donne à voir un portrait peu flatteur d\u2019une génération en déroute.Mais elle n\u2019a pas peur d\u2019écorcher ses cordes vocales pour se faire entendre.Justine Triet est non seulement à leur écoute, elle leur fournit le porte-voix.Collaborateur Le Devoir 5 juillet - SAINT-BENOIT-DU-LAC Concert d\u2019après-midi à l\u2019abbaye Suzie Le Blanc et Alexandre Weinmann 18-21 juillet - les BERKSHIRE Tanglewood et Berkshire Choral Festival.Date limite : 10 juin 3 août - JOLIETTE - concert tout Brahms Deutsche Kammerphilharmonie Bremen Direction : Paavo Jarvi Les, peaux detours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d\u2019un permis du Québec \t\tNous réveillerons-nous trop tard?\t\t \t\tLa mondialisation nous détruira-t-elle?Jusqu\u2019au 25 juin\t\tdu 25 mai au 15 juin BASQUE\t\tVisitez l\u2019exposition de peintures de DENISE GUAY\t\tANDRÉ LIBREX JACQUES THISDEL\t\t«RÉVEILLE!.» Emprunte, terre, forêt\t\tEntrée libre : Disciplines variées\t\tSamedi et dimanche de 13 à 16 h \t\tHUNTINGDON.Salle Langevin GALERIE\t\tEn semaine sur réservation : Linda Verge\t\t450 264 5411 poste 243 \t\twww.andrelibrex.ca E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUIN 2014 ICIffEMA m I ' -\u201cili m M: ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Laurence Lebœuf et Patrice Robitaille (à droite) en compagnie du réalisateur Alexis Durand-Brault.Dans les rets du succès à tout prix Alexis Durand-Brault aborde la quête du succès dans La petite reine, un film aux contours populaires doublé d\u2019une métaphore ODILE TREMBLAY Son film La petite reine est si lié au parcours de la cycliste Geneviève Jeanson qu\u2019on croit voir un biopic qui n\u2019ose dire son nom.Par crainte de poursuites éventuelles?On demande à Alexis Durand-Brault.Il répond: «Non ! Son histoire était tellement dans le domaine public que nos avocats nous ont dit d'y aller sans crainte.Mais je ne voulais pas entrer dans une démarche journalistique.Les jîlms librement inspirés possèdent une marge de manœuvre.» Dans La petite reinCy Laurence Lebœuf, qui s\u2019est entraînée pendant un an avec un vrai coachy dont six mois intensifs, incarne Julie, star du cyclisme depuis l\u2019âge de 18 ans, qui s\u2019en va disputer en Belgique la course du monde.Parmi les figures de l\u2019ombre : l\u2019entraîneur amant manipulateur (Patrice Robitaille), le médecin qui lui procure des substances dopantes (René-Daniel Dubois), des parents volontairement aveuglés (Denis Bouchard et Josée Deschênes).Alexis Durand-Brault, longtemps directeur photo, réalisateur de Ma fillCy mon ange et de séries télés, s\u2019est fasciné pour cette affaire dès l\u2019instant où Alain Gravel, de l\u2019émission EnquêtCy a obtenu, en septembre 2007, des aveux de la jeune championne cycliste sur sa consommation de substances dopantes.Elle avait été suspendue pour deux ans en 2006 après un contrôle positif, mais clama des années durant son innocence, avant de lâcher le morceau.Le cinéaste voulait proposer avant tout un film populaire, doublé d\u2019une métaphore.«Le dopage s'applique à tout, il est dans nos vies.Le jîlm aborde la quête du succès.Tu mens, mais tant de gens comptent sur toi, la famille, l'équipe, les commanditaires, la société.Comment s'en sortir?Une fois pris dans l'engrenage, il est trop tard.Viser les sommets implique un prix physique, psychologique, une souffrance énorme, avec la complicité de nous tous qui réclamons des champions, des gagnants.» À Pécoute de Geneviève Jeanson Alexis Durand-Brault est allé rencontrer Geneviève Jeanson en Arizona, où l\u2019athlète alors déchue s\u2019était d\u2019abord réfugiée, puis l\u2019a revue à Montréal, où elle était au départ sur la iA Ce film est un pèlerinage, une délivrance pour elle, mais Geneviève [Jeanson] ne s\u2019estJamais mêlée du scénario.Avec le film, fal voulu mettre un baume sur cette hlstolre-là.yy Alexis Durand-Brault, réalisateur de La petite reine défensive.De fil en aiguille, elle s\u2019est confiée.« Geneviève Jeanson refuse le statut de victime.A ses yeux, les agressions physiques et psychologiques de son entraîneur participaient aux choses à faire pour réussir.Ils étaient seuls au monde à tout savoir.Parfois, je pense à Céline Dion en me posant des questions sur sa vraie vie passée.Dans un monde de performance, le chemin est si dur.» L\u2019ancienne championne accepta d\u2019être présente sur le plateau à titre de conseillère technique.«Ce film est un pèlerinage, une délivrance pour elle, mais Geneviève ne s'est jamais mêlée du scénario, précise le cinéaste.Avec le film, j'ai voulu mettre un baume sur cette histoire-là.» Loin de lui l\u2019intention de livrer une œuvre hermétique.Son vœu: réaliser un film «ni trop noir, ni trop lourd, pas con, mais avec du contenu et du cœur».Alexis Durand-Brault précise qu\u2019à peu près tout est véridique, parfois à travers une autre chronologie.«J'ai rencontré une seule fois les parents de Geneviève.C'est la partie où j'ai improvisé davantage.» Le cinéaste assure que Laurence Lebœuf s\u2019est vite imposée.«Pour Patrice Robitaille, ça s'est fait en le voyant jouer au théâtre dans Le prénom.C'était mon homme.» Gros tournage: trois semaines en Europe, deux aux Etats-Unis, cinq à Montréal.Alexis Durand-Brault considère qu\u2019il a eu de la chance.«On a appelé l'ASO [Amaury Sport Organisation], les organisateurs du Tour de France, qui nous ont donné accès aux athlètes et à l'association qui contrôle les tests de dopage.On a pu filmer durant le Tour de France, etc.» Victime et bourreau Laurence Lebœuf est un peu la Pascale Bussières de sa génération.Des yeux de chat, un charisme remarquable.La jeune actrice si populaire avoue avoir livré ici la performance la plus difficile de sa vie : « J'avais des muscles dont j'ignorais l'existence et je me suis rendue à la limite de mes forces.Difficile aussi de trouver le juste milieu entre la position de la victime et celle du bourreau, à travers cette solitude intérieure.» Patrice Robitaille est un interprète qui ne cherche pas à bien paraître mais plonge au fond de ses personnages.«J'ai toujours joué les borderline, dit-il, même à l'école de théâtre.» Lui qui répète le rôle de Cyrano pour le Théâtre du Nouveau Monde estime recevoir des propositions plus intéressantes que les acteurs au physique de jeune premier.«Ici, le vrai entraîneur dont je tiens le rôle ne m'intéresse pas.Je me suis contenté de jouer la partition avec Laurence Lebœuf, une super-rencontre dans le respect et le plaisir.» A son personnage, par-delà sa violence et ses rapports avec une mineure, il reconnaît des talents d\u2019entraîneur efficace fasciné par la machine humaine qu\u2019il a devant lui, par ce talent plus grand que nature.«Mais ils ont aussi entre eux des rapports sadomasos.Il triche, mais les autres aussi se mettent la tête dans le sable.» Patrice Robitaille loue chez Alexis Durand-Brault des qualités de capitaine de navire qui sait où il va mais consulte ses comédiens.«C'était devenu un projet dans lequel on avait particulièrement envie de s'investir.» Chose certaine, Durand-Brault, en dehors de ses projets en télé et en publicité, planche sur un scénario de cinéma, l\u2019adaptation du roman de Robert Lalonde C'est le cœur qui meurt en dernier, et s\u2019avoue passionné autant par l\u2019auteur que par le livre.Le Devoir EXC3NTRIS JEUNE ET JOLIE FRANÇOIS OZON-94 MIN - MO FRANÇAISE \t LA BATAILLE DE SOLFÉRINO JUSTINE TRIET\tEN ATTENTE DE VISA SUZANNE KATELLQUILLEVERE\t THE IMMIGRANT (L\u2019IMMIGRANTE) JAMES GRAY\t FADING GIGOLO (APPRENTI GIGOLO) JOHN TURTURRO\t FESTIVAL MURAL du 12 au 15 juin POUR CONNAÎTRE LA PROGRAMMATION, CONSULTEZ NOTRE SITE WEB.\t BILLETTERIE : 5H 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTREAL ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM 13 Le blues fragile de Gia Coppola Une nouvelle Coppola se lance dans la réalisation en abordant l\u2019adolescence et ses tourments PALO ALTO Réalisation: Gia Coppola.Scénario: Gia Coppola d'après des nouvelles de James Franco.Avec Jack Kilmer, Nat Wolff Fmma Roberts, Olivia Crocicchia, James Franco, Zoe Levin.Image: Autumn Cheyenne Durald.Montage: Léo Scott.Musique: Devonté Hynes, Robert Coppola Schwartzman.100 minutes.Cinéma du Parc.ODILE TREMBLAY Dernier bourgeon à fleurir de cette dynastie cinématographique, Gia Coppola, petite-fille de Erancis Eord, nièce de Sofia, réalise à 27 ans son premier long métrage.Elle a adapté à l\u2019écran des nouvelles signées par l\u2019acteur-cinéaste James Eranco, qui produit le film, le finance et y joue.Œuvre sur l\u2019adolescence, avec de jeunes personnages aux destins croisés, Palo Alto se démarque des productions du genre par une patine libre et indépendante, sans atteindre toutefois la maîtrise de sa tante Sofia dans son premier film, Virgin Suicides.La glace est mince ici.Trop pour imprimer sa marque, mais le style se dessine, à défaut de vraie substance.La cinéaste a mis à contribution des jeunes issus de son milieu.Jack Kilmer, fils de l\u2019acteur Val Kilmer, Emma Roberts, nièce de Julia Roberts, etc.Tous se tirent bien d\u2019affaire dans la peau d\u2019adolescents troublés, non associés ici à un univers de riches et célèbres, façon Coppola.Ils vont à l\u2019école, font des partys, flirtent, se cherchent dans leur banlieue californienne.Deux personnages occupent le devant de la scène: la jolie et timide April (Emma Roberts), vierge attirée par son entraîneur sportif Games Eranco), et Teddy (Jack Kilmer), qui fait des conneries sous l\u2019influence d\u2019un ami plus pervers (Nat Wolff).Aussi Emily (Zoe Levin), qui se donne à tous les garçons dans sa chambre rose, témoin d\u2019une enfance toujours vivace empêtrée dans un besoin d\u2019affection non comblé.Ici et là, une lumière s\u2019allume.On pénètre dans un drame intérieur avant d\u2019en sortir trop vite.Quel scénario ?Le film aborde tout ça: les amours éphémères, la drogue, l\u2019alcool, la vitesse au volant, les travaux communautaires à effectuer comme sentence.Mais on est loin du choc de Kids de Larry Clark.La caméra est tendre, les moments crus jamais montrés.L\u2019authenticité demeure omniprésente pourtant, à travers le moindre détail des costumes, des décors, une caméra de proximité et de souplesse, l\u2019excellente musique aussi.Mais où se terre le scénario ?Aucune de ces histoires n\u2019est bien captivante, ni poussée à son terme.On a droit à des profils flous, comme l\u2019âge ambivalent dont le film témoigne, mais qui n\u2019arrivent pas à capter l\u2019attention, à émouvoir vraiment.Gia Coppola peut traduire un climat mais peine à brosser de vraies histoires.N\u2019est pas Gus van Sant qui veut.Elle a déjà un patronyme (ça aide).Reste pour elle à se faire un vrai prénom.Le Devoir PHASE 4 FILMS Dans Palo Alto, la cinéaste a mis à contribution des jeunes issus de son milieu.« De la puissance à l'état pur » Le Nouvel observateur « Drôle, intense : vivant » Les Cahiers du cinéma LAETITIA DOSCH VINCENT MACAIGNE LA BATAILLE DE SOLFERINO UN FILM DE JUSTINE TRIET PRESENTEMENT A UAFFICHE EN EXCLUSIVITE EXC3NTRIS 514 847-2206 du ven.au mer.: 13h10 - 17h00 - 20h50 jeudi : 13h10- 19h10 AUSSI EN VIDÉO SUR DEMANDE iî! 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