Le devoir, 17 juin 2014, Cahier A
[" Uécrivaine Nancy Huston au pays des sables bitumineux Page A 4 Une exposition Félix Leclerc inaugurée à Paris Page b lo ^ WWW.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.C V N° 1 3 4 LE DEVOIR, LE MARDI 17 JUIN 2014 1,13$ +TAXES =\t1,30$ Festival du cône orange : la suite ^vvv« sim mto 29-008 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les automobilistes québécois auront bien des occasions d\u2019exercer leur patience au cours des deux prochaines années : quelque 2000 chantiers seront en activité, dont 78 à Montréal seulement.Des 4,9 milliards que Québec compte investir d\u2019ici 2016, 87% serviront presque exclusivement à maintenir les routes en état et à « sécuriser» quelque 1300 structures routières existantes.Ci-dessus : un chantier de la rue Sherbrooke, à Montréal.Page A 6 Aujourd\u2019hui jt \\ / - Actualités Absence remarquée du ministre Barrette lors d\u2019un grand rassemblement des forces vives du réseau de la santé.Page A 2 Assurance-emploi : les délais d\u2019attente pour obtenir une réponse, loin d\u2019avoir diminué, ont quadruplé depuis la création du Tribunal de la sécurité sociale.Page A 2 Commission Charbonneau : des contrats d\u2019Hydro-Québec en échange de dons aux partis politiques ?Page A 5 7\t.\u2014.\t- Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.,A6 B6 B5 B5 B6 B8 BEN BIRCHALL/PA ASSOCIATED PRESS Placée sous les fenêtres des espions britanniques, cette œuvre revendicatrice est bien une création de l\u2019artiste Banksy.De l\u2019art pour dénoncer la surveillance FABIEN DEGLISE ^ aveu n\u2019a surpris personne.La se- maine dernière, le maître britannique du « Street art», Banksy, figure M de l\u2019art insolent et vindicatif placé à ^ la sauvette dans les environnements urbains, a admis, sur son site Internet, être l\u2019auteur de la murale baptisée Spy Booth et placée, en avril dernier, sous les fenêtres du Government Communications Headquarters (GCHQ), les services britanniques d\u2019écoute électronique, à Chel-tengam, dans le Gloucestershire.Jusque-là, un très faible doute persistait sur l\u2019identité du créateur qui a posé sur le mur, autour d\u2019une cabine téléphonique bien réelle, trois hommes en imperméable beige, lunettes noires sur les yeux, attendant, en position d\u2019écoute active, que quelqu\u2019un entre dans ce vestige de la communication vocale, pour bafouer l\u2019intimité de sa conversation.En hauteur, une vraie coupole satellite a même été détournée par l\u2019artiste qui en fait subtilement l\u2019émetteur de sa scène.Une scène très ancrée dans VOIR PAGE A 10 : ART Mario Beaulieu Onde de choc au Bloc De la colère se fait sentir après l\u2019élection de Mario Beaulieu à la tête du parti MARIE VASTEL HÉLÈNE BUZZETTI Correspondantes parlementaires à Ottawa De nombreux bloquistes ne décolèrent pas.Plusieurs militants, consultés par Le Devoir, s\u2019interrogent sur l\u2019avenir du parti à la suite de l\u2019élection du nouveau chef, Mario Beaulieu.Un exdéputé claque la porte, un autre y réfléchit, et bon nombre grognent en coulisse.L\u2019ancien député d\u2019Abitibi-Té-miscamingue Marc Lemay est furieux.Car, comme son ex-chef Gilles Duceppe, il entend dans le discours de Mario Beaulieu \u2014 qui promet la fin de X«attentisme et du défaitisme» \u2014 une critique du passé du Bloc à Ottawa.«Je trouve ça inacceptable [.] quand je vois quelqu\u2019un qui vient me dire que le travail que j\u2019ai fait était inutile, ou presque», déplore-t-il.Sa décision est prise.«Jamais je ne vais travailler avec ce monsieur-là [.]Je ne me sens pas bienvenu [.] Donc bonsoir, bonne nuit, je rentre dans VOIR PAGE A 10 : BLOC Lire aussi > La chronique de Michei David : Le principe de Peter.Page A 3 L\u2019éditoriai de Bernard Descôteaux: Stratégie de repli.Page A 8 Une pétrolière poursuit un village de Gaspésie Aux prises avec une poursuite de 1,6 million, Ristigouche dénonce l\u2019inaction de Québec ALEXANDRE SHIELDS Le village de Ristigouche-Partie-Sud-Est se retrouve malgré lui dans une impasse financière.Il doit en effet se défendre en cour contre l\u2019entreprise Gastem, qui le poursuit en raison de l\u2019adoption d\u2019un règlement sur la protection de l\u2019eau qui bloque les projets d\u2019exploration de la pétrolière.Son maire dénonce d\u2019ailleurs l\u2019inaction du gouvernement du Québec dans ce dossier qui pourrait créer un dangereux précédent pour les municipalités qui ont fait de même.«Je crois que notre volonté de protéger l\u2019eau est très valable, affirme au Devoir le maire du village gaspésien, François Boulay.Nous sommes à peine 168 habitants qui dépendent tous de VOIR PAGE A 10 : GASPÉSIE 77831303443125 A 2 LE DEVOIR LE MARDI 17 JUIN 2014 ACTUALITES NOMINATION DES JUGES Nouvelle contestation judiciaire en vue Après Marc Nadon, au tour du juge Robert Mainville de susciter la controverse MARIE VASTER Correspondante parlementaire à Ottawa Et de deux.L\u2019avocat torontois qui a contesté \u2014 avec succès \u2014 la nomination du juge Marc Nadon à la Cour suprême récidive.Cette fois-ci, Rocco Galati s\u2019oppose à celle du juge Robert Main-ville à la Cour d\u2019appel du Québec, car il craint de voir ensuite Ottawa nommer le magistrat à la Cour suprême.Une éventualité qu\u2019a presque confirmée le ministre de la Justice, Peter MacKay, en semblant faire un lapsus aux Communes.M® Galati a déposé une contestation judiciaire à la Cour fédérale, lundi matin, dénonçant le fait que la nomination du juge Mainville à la Cour d\u2019appel du Québec contrevient à la Constitution, car le texte de loi prévoit que «les juges des cours du Québec seront choisis parmi les membres du barreau de cette province».Or, en devenant juge à la Cour d\u2019appel fédérale, en 2009, le juge Mainville a automatiquement cessé d\u2019être membre du Barreau du Québec.Qui plus est, M® Galati tente de bloquer le gouvernement fédéral sur un deuxième front en réclamant qu\u2019en attendant que sa cause soit entendue le juge Mainville soit déclaré «inéligible» à remplacer le juge québécois Louis LeBel à la Cour suprême en novembre.Dans la saga de la nomination du juge Marc Nadon à la Cour suprême, le Globe and Mail a révélé que le juge Mainville faisait partie, avec le juge Nadon, des six candidats proposés par Ottawa pour pourvoir le siège québécois vacant «Ça ne prend pas une boule de cristal pour comprendre que la raison pour laquelle le gouvernement fait tout cela, c\u2019est pour détourner la référence», a fait valoir M® Galati au Devoir, en parlant de la décision de la Cour suprême qui a statué au printemps que le juge Marc Nadon n\u2019était pas éligible au banc du tribunal, car il n\u2019était pas membre du Barreau du Québec et ne répondait pas au besoin de représentation du droit civil propre à la province.Le ministre nommera-t-il, oui ou non, le juge Mainville à la Cour suprême dans quelques mois?M.MacKay a refusé de répondre.MacKay en dit trop Si le ministre de la Justice, Peter MacKay, est si convaincu que sa nouvelle nomination tiendra la route constitutionnelle, il a «le devoir de présenter une référence sur la question à la Cour suprême» somme l\u2019avocat dans les documents de cour.Or, le ministre MacKay a malencontreusement semblé confirmer son plan de match pour le juge Mainville, aux Communes.En réponse à une question du NPD sur le sujet, il a plaidé que «son riche savoir juridique sera le bienvenu à la Cour suprême et sera un grand atout pour la Cour d\u2019appel du Québec».C\u2019est donc dire qu\u2019Ottawa entend effectivement le nommer à la Cour suprême, a demandé la néodémocrate Françoise Boivin.Des «insinuations et des conjectures», a rétorqué le ministre.D\u2019autres provinces comptent une Cour suprême provinciale, a-t-il plus tard expliqué.«La Cour supérieure du Québec est une Cour suprême dans la province.» Mais le ministre nommera-t-il, oui ou non, le juge Mainville à la Cour suprême dans quelques mois ?M.MacKay a refusé de répondre.« Vous avez beaucoup de théories du complot autour de tout cela», a-t-il lancé aux journalistes en quittant le Parlement.Iæ ministère de la Justice a annoncé discrètement sur son site Internet en fin de journée vendredi la nomination du juge Mainville à la Cour d\u2019appel du Québec, prévue pour le L'' juillet.Le juge Louis LeBel prendra sa retraite et quittera la Cour suprême le 30 novembre prochain.Stéphane Beaulac, professeur de droit à l\u2019Université de Montréal, doute que M® Galati ait gain de cause au bout du compte.Car s\u2019il faut être membre du Barreau pour accéder à la Cour supérieure ou d\u2019appel du Québec, cela voudrait dire que les juges en provenance de la Cour du Québec n\u2019étaient pas éligibles eux non plus.Si l\u2019on appliquait cette règle de manière rétroactive, «ça ferait en sorte qu\u2019on est dans une situation où il y a des dizaines, voire des centaines depuis la Confédération, de nominations [.] qui seraient inconstitutionnelles», a-t-il expliqué au Devoir.«C\u2019est ce qui rend l\u2019argument fort invraisemblable.» Le Devoir TRIBUNAL DE LA SECURITE SOCIALE \u2022 Des delais quatre fois plus lougs Sous la nouvelle structure, les chômeurs attendent en moyenne huit mois, sans prestations.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Le Tribunal de la sécurité sociale (TSS) devait être «plus rapide et efficace» que l\u2019ancienne structure d\u2019appel des dossiers d\u2019assurance-emploi : or, c\u2019est plutôt le contraire qui se produit.Les délais d\u2019attente avant d\u2019obtenir une réponse ont ainsi quadruplé sous la nouvelle structure, a constaté Le Devoir.Durant la première année de fonctionnement du TSS, le Mouvement action-chômage de Montréal (MACM) a ouvert 90 dossiers en vertu de la nouvelle procédure de révision et d\u2019appel.En se basant sur cette banque de cas, l\u2019organisme note dans son rapport annuel un délai moyen de huit mois entre le moment où un prestataire reçoit un refus initial de la Commission de l\u2019assurance-emploi, et celui où il reçoit une décision concernant son appel fait auprès de la division générale du tribunal administratif.«À l\u2019époque des conseils arbitraux, le délai entre ces deux décisions était de deux mois en moyenne, relève l\u2019avocat Hans Marotte, du MACM.C\u2019est au- jourd\u2019hui quatre fois plus long, selon ce qu\u2019on observe sur le terrain.» L\u2019organisme d\u2019aide aux chômeurs calcule un délai moyen de cinq mois entre le dépôt de l\u2019appel et l\u2019audition de celui-ci.Les délais fluctuent grandement selon les cas, puisqu\u2019ils vont de deux à neqf mois.À cela, il faut ajouter une période d\u2019attente d\u2019un mois pour la révision obligatoire du dossier, une étape où la Commission de l\u2019assurance-emploi vérifie sa propre décision.Cette révision a permis d\u2019annuler environ 40% des décisions contestées durant les premiers mois d\u2019opération.Mais après l\u2019audience, le chômeur devra encore attendre entre trois et douze semaines pour recevoir la décision attendue, selon les cas étudiés par le MACM.Celui-ci rappelle que, durant tous ces mois d\u2019attente, les chômeurs ne touchent pas de prestations.Un cas réglé sur trois Le Tribunal de la sécurité sociale Les délais de traitement sont également longs pour les dossiers liés à la sécurité du revenu n\u2019a pu répondre à nos demandes d\u2019information concernant les délais officiels de traitement des dossiers.«Le TSS a commencé ses opérations le avril 2013, rappelle le service des communications.Nous n\u2019en sommes encore qu\u2019aux premières phases de la mise en oeuvre [.].Ceci fait en sorte que les détails concernant la moyenne des délais de traitement ne sont pas disponibles».Le TSS (qui fonctionne avec un total de 74 membres) précise avoir reçu entre le U'' avril 2013 et le U'' mai 2014 quelque 3600 cas reliés à l\u2019assurance-emploi \u2014 il gère aussi les questions de sécurité du revenu.De ce nombre, un peu moins du tiers (1075) ont été conclus par la division générale.En décembre 2012, lorsque le fonctionnement du nouveau TSS avait été dévoilé, Ottawa avait défendu sa décision de sacrifier l\u2019ancienne structure en soutenant qu\u2019elle était «coûteuse, lente et inef ficace.Le TSS sera plus rapide, effi- cace et proposera une meilleure expérience» aux chômeurs, avait affirmé le cabinet de la ministre responsable.Sécurité du revenu Les délais de traitement sont également longs pour les dossiers liés à la sécurité du revenu (ce qui comprend les pensions fédérales).Le Globe and Mail révélait jeudi que près de 10 000 dossiers de ce genre sont en attente au TSS.Celui-ci confirme que sur 11000 dossiers soumis, 1300 ont été conclus jusqu\u2019ici.Mais les trois quarts des dossiers en attente représentent des transferts de l\u2019ancien tribunal : le rythme de traitement devrait s\u2019açcélérer, dit-on.À des questions posées lundi en Chambre par le NPD, la ministre d\u2019Etat Candice Bergen a répondu que le « TSS a reçu un plus grand nombre de dossiers que prévu.Cela étant dit, le tribunal est maintenant prêt à étudier tous ces cas, et nous nous attendons à ce qu\u2019il rattrape le retard».Le Devoir m.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE L\u2019absence du ministre est due à «une question d\u2019agenda», a justifié son attachée de presse.Gaétan Barrette participait en avant-midi à ime conférence de presse pour souligner la fin du Défi Santé 5/30.Le milieu de la santé se serre les coudes.sans le ministre Barrette Le premier Rendez-vous national sur l\u2019avenir du réseau réunissait tous les acteurs du milieu AMELIE DAOUST-BOISVERT Remarquée, l\u2019absence du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à un grand rassemblement des forces vives du réseau de la santé, lundi, lui a valu des critiques.Pendant que plus de 400 cadres, syndiqués, médecins, professionnels ou usagers s\u2019inquiétaient ensemble pour l\u2019avenir du réseau public dans un contexte budgétaire difficile, le ministre participait en avant-midi à une conférence de presse pour souligner la fin du Défi Santé 5/30.Il était plutôt inusité de voir se côtoyer, à la même table d\u2019un hôtel de Laval, des directeurs d\u2019hôpitaux et des représentants syndicaux, des ordres professionnels et des organismes communautaires, par exemple.Cette solidarité est «la démonstration de l\u2019urgence de la situation», a dit le vice-président à la GSN Jean Lacharité, déplorant l\u2019absence du ministre Gaétan Barrette.«Il y a des gens du Grand Nord ici et il n\u2019a pas pu se déga- ger!» a-t-il dénoncé.«C\u2019est simplement une question d\u2019agenda», a justifié au Devoir son attachée de presse, Joanne Beauvais.Le ministre tendra-t-il l\u2019oreille aux constats et aux solutions émanant de ce premier Rendez-vous national sur l\u2019avenir du système public de santé et de services sociaux?«Le ministre n\u2019a pas d\u2019opinion sur l\u2019événement.On verra ce qui en sort», dit M\u201c® Beauvais.«Le message que nous voulons faire passer au ministre, c\u2019est que rien ne se fait sans les acteurs du milieu», a lancé le président de la GSN, Jacques Létourneau.L\u2019événement aura une suite, en décembre, lors de laquelle des solutions doivent être proposées.Pas de vision Le milieu, justement, en avait long à dire.L\u2019inquiétude devant les compressions d\u2019environ 500 millions attendues du réseau pour l\u2019année en cours est palpable.La directrice générale de l\u2019Association québécoise d\u2019établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Diane Lavallée, déplore comme bien d\u2019autres que l\u2019opération comptable qui consiste à freiner la croissance du budget de la santé ne s\u2019accompagne pas de projets pour mener cette réforme à bien.Les soins à domicile, par exemple.L\u2019idée de l\u2019assurance autonomie a été rapidement abandonnée par les libéraux.Or, exit aussi l\u2019investissement de 150 millions en soins à domicile promis en campagne électorale, remarque M\u201c® Lavallée.« C\u2019est très inquiétant, car c\u2019est un virage qu\u2019il faut accentuer, souligne-t-elle.Là, il n\u2019y a pas de plan de match, pas de vision autre que celle de couper».S\u2019il y a un consensus qui se dégageait chez les participants, c\u2019est qu\u2019il faudra consentir certains investissements pour amorcer ou compléter les virages nécessaires, et accepter de revoir la pertinence de certains soins et services.Le Devoir RETRAITES Le projet de loi réjouit les municipalités ISABELLE PORTER JEANNE CORRIVEAU Les maires Denis Coderre et Régis Labeaume, et leurs collègues de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ) ont accueilli avec satisfaction le projet de loi sur les régimes de retraite du gouvernement Couillard Lors de conférences de presse simultanées à Montréal et Québec, ils ont salué le projet de loi qui, disent-ils, respecte la capacité de payer des citoyens et permet une équité intergénérationnelle.« C\u2019est un projet de M majeur qui est au bénéfice des citoyens», estime Suzanne Roy, présidente de l\u2019UMQ.«Les propositions que l\u2019on retrouve à l\u2019intérieur du projet de loi 3 sont des solutions réalistes, res-pof^ables et durables.» A Montréal, les maires ont insisté sur la nécessité d\u2019entreprendre des négociations et lancé un appel au calme aux syndicats qui, la semaine dernière, avaient qualifié le projet de loi de «déclaration de guerre».«Maintenant, je demanderais à nos employés de rester calmes», a indiqué Denis Coderre.«Il y a un projet de bi qui est sur la table, une commission parlementaire.On nous donne jusqu\u2019à deux ans pour négocier par b suite.Je pense qu\u2019on est capables de cheminer ensemble.^ On est capables de se parler.» A Québec, le maire Régis Labeaume a salué le «couragepolitique» du gouvernement «Es ont fait exactement ce qu\u2019il fallait faire pour mettre fin g, une grande injustice», a-t-il dit A ses yeux, il était inadmissible que les contribuables \u2014 dont beaucoup n\u2019ont pas de régimes de retraite \u2014 assument 100% du déficit «On ne peut pas demander aux jeunes travailleurs de payer pour les retraités actuels.» Selon lui, la réaction des syndicats aux projets de loi est «démesurée» et on assiste du côté de ceux de Québec à un «dérapage complet».«Quand je vois b réaction des syndicats, je me dis heureusement qu\u2019on a une loi.» Il reproche en outre aux syndicats d\u2019être «déconnectés» de la population et même de leurs propres membres.Le maire de Québec était accompagné des maires de Lévis (Gilles Le-houiller), de Gatineau (Maxime Ped-neault-Jobin) et de Sherbrooke (Bernard Sévigny).Tous se sont félicités de la tournure des choses.Le Devoir Découvrez l\u2019univers littéraire de Boucar Diouf LA BIBLIOTHÈQUE DE.Ce soir 20 h En rediffusion samedi 20 h EN COLLABORATION AVEC: Bibliothèque et Archives nationales Québec E9E3 E1E3 9 canal SAVOIR POUR TOUT SAVOIR : WWW.CANALSAVOIR.TV PARTENAIRE MEDIA LE DEVOIR LE DEVOIR, LE MARDI 17 JUIN 2014 A 3 ACTUALITES Le principe de Peter Michel / David Toute la semaine dernière, on s\u2019est posé la question : qui est la véritable Lise Thé-riault?L\u2019ancienne ministre du Travail qui avait causé une si forte impression en tenant tête aux matamores de la construction ou la poule sans tête parachutée à la Sécurité publique, qui a mis les pieds dans le plat quotidiennement après la spectaculaire évasion de la prison d\u2019Orsainville?La vice-première ministre a été chanceuse que cet incident survienne à la fin de la session plutôt qu\u2019au début.Au train où allaient les choses, c\u2019est à se demander pendant combien de temps le premier ministre Couillard aurait pu tolérer qu\u2019elle ridiculise son gouvernement.Il a eu beau lui renouveler sa confiance, il sait désormais à quoi s\u2019en tenir sur ses capacités quand la situation exige un certain doigté.Mme Thériaulb dont la carrière avait été jusque-là passablement obscure, a connu une célébrité instantanée en abolissant le règlement qui accordait aux sjmdicats le monopole du placement sur les chantiers de construction, une mission réputée impossible.À l\u2019époque, certains y avaient vu le résultat d\u2019un heureux concours de circonstances bien plus que la révélation d\u2019une politicienne particulièrement douée, mais il aurait semblé mesquin de minimiser son succès.Il y a maintenant 44 ans que Laurence J.Peter a énoncé son célèbre principe selon lequel «dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s\u2019élever à son niveau d\u2019incompétence».M\u201c®Thé-riault n\u2019est ni la première ni la dernière à en faire la démonstration.Il est vrai que la politique semble poser un problème d\u2019application du principe de Peter, dans la mesure où être élu député et devenir éventuellement ministre ne constitue pas à proprement parler une promotion par rapport à une fonction antérieure.La réussite dans une carrière Les\tantérieure est cependant lar- gement perçue comme un pyromanes\tgage de compétence.font rarpniPnt\tpolitique à un luiii 1 ai ciiiciii\tniveau fait appel à un en- les meilleurs\tsemble de qualités qui ne sont pas fréquemment réu-pompiers\tnies chez une même per- sonne.Des hommes aussi indéniablement brillants que Claude Ryan ou Michael Ignatieff, qui étaient célébrés de toutes parts, se sont cassé la figure quand ils ont tenté d\u2019atteindre le sommet, alors que d\u2019autres apparemment moins doués sur le plan intellectuel ont très bien réussi.Nul ne peut reprocher à Mario Beaulieu un manque de détermination dans la défense du français durant ses années à la présidence de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et du Mouvement Québec français.Son élection comme chef du Bloc québécois pourrait néanmoins offrir une nouvelle occasion de vérifier le principe de Peter.La première qualité d\u2019un chef de parti est d\u2019être rassembleur.Avant de penser à susciter de nouvelles adhésions, M.Beaulieu doit d\u2019abord conserver les modestes appuis dont bénéficie encore le Bloc, en commençant par les membres du caucus qui s\u2019étaient tous rangés derrière son adversaire.Déclarer que le parti s\u2019est complu depuis vingt ans dans le défaitisme et l\u2019attentisme n\u2019était certainement pas la meilleure entrée en matière.Vouloir les priver d\u2019une partie de leur salaire n\u2019a rien pour faciliter les choses.Faire de la promotion de la souveraineté la priorité absolue du Bloc est un choix tout à fait légitime, mais il y a aussi la manière.S\u2019il a suffi que Pierre Karl Péladeau lève le poing en l\u2019air pour déclencher une sorte de panique et précipiter la défaite du PQ, reprendre à son compte le slogan du FLQ \u2014 «Nous vaincrons» \u2014 était encore moins avisé.M.Beaulieu entend poursuivre le combat contre la «francophobie» qu\u2019il avait entrepris à la SSJBM.Il est vrai qu\u2019il existe au Canada anglais une tradition de Quebec bashing qui ne manque aucune occasion de s\u2019exprimer, mais les pj^omanes font rarement les meilleurs pompiers.Depuis sa fondation, le Bloc québécois a toujours constitué une sorte d\u2019ambassadeur du mouvement souverainiste au Canada anglais.Si les «séparatistes» en général y ont très mauvaise presse, Lucien Bouchard et Gilles Duceppe avaient su gagner le respect, voire une certaine estime.M.Beaulieu a déjà un sérieux rattrapage à faire.Qn peut certainement s\u2019interroger sur l\u2019utilité pour Içs souverainistes d\u2019être représentés à Qt-tawa.À partir du moment où l\u2019on décide de jouer le jeu électoral, il faut cependant l\u2019assumer.Qn ne peut pas considérer la Chambre des communes simplement comme un organisme dispensateur de subventions pour faire la promotion de la souveraineté.L\u2019arrivée de M.Beaulieu posera aussi un défi au PQ.Si les relations entre Lucien Bouchard et Jacques Parizeau ont été parfois orageuses, les relations entre les deux partis frères ont été généralement harmonieuses.Les positions radicales du nouveau chef du Bloc, notamment sur les questions identitaires, pourraient devenir très embarrassantes.mdavid@ledevoir.com ARCHIVES LE DEVOIR Le vérificateur général de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron, a transmis ses informations à l\u2019UPAC, au SPVM, et à l\u2019inspecteur général.MONTRÉAL Des soupçons de collusion planent sur le déneigement et la collecte des ordures JEANNE CORRIVEAU Dans son rapport annuel rendu public lundi, le vérificateur général de la Ville de Montréal, Jacques Bergeron, sonne l\u2019alarme concernant une possible collusion dans l\u2019octroi de contrats de déneigement et de collecte des matières résiduelles.À la recommandation du vérificateur général, la Ville a d\u2019ailleurs transmis à son inspecteur général, M® Denis Gallanf de même qu\u2019au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et à l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) les chapitres du rapport du vérificateur portant sur les contrats octroyés entre 2005 et 2013 par les arrondissements montréalais dans ces deux domaines.Indices de collusion En épluchant les contrats totalisant 490 millions pour le déneigement pendant ces neuf années, le vérificateur général a constaté que, dans neuf arrondissements, ce sont toujours les dix mêmes entreprises qui ont obtenu les contrats.Trois de ces entreprises ont d\u2019ailleurs décroché la totalité des contrats dans trois arrondissements.Il s\u2019agit des Entreprises Michaudville dans le Plateau-Mont-Royal, d\u2019Environnement routier NRJ dans Qutre-mont et de Pavages D\u2019Amour dans Pierrefonds-Roxboro.Le vérificateur note une concentration similaire dans la location d\u2019équipements de déneigemenf de transport de la neige et d\u2019opérations d\u2019élimination de la neige.«Les indices de collusion sont nombreux et ils font ressortir de façon plus notable le fait qu\u2019un nombre restreint d\u2019entrepreneurs obtiennent de fiiçon constante et continue des contrats relatif aux opérations de déneigement», écrit le vérificateur.Jacques Bergeron fait les mêmes observations pour les contrats de collecte et de transport des Les indices de collusion sont nombreux et ils font ressortir de façon plus notable le fait qu\u2019un nombre restreint d\u2019entrepreneurs obtiennent de façon constante et continue des contrats relatifs aux opérations de déneigement )) Jacques Bergeron, vérificateur général matières résiduelles qui ont représenté une dépense de 503,9 millions pour les arrondissements au cours des neuf dernières années.Il constate notamment que pour les ordures ménagères, quatre entreprises ont décroché la totalité des contrats dans neuf arrondissements pendant cette période.Pour ce qui est des matières recyclables, trois entreprises ont obtenu 100% des contrats dans six arrondissements entre 2005 et 2013.Jacques Bergeron estime que, là aussi, les indicés de collusion sont nombreux.A la lumière de ses observations, le vérificateur général pense qu\u2019un meilleur partage des informations entre les arrondissements favoriserait une plus grande concurrence et l\u2019obtention de meilleurs prix.Au cours des dernières années.le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ont adopté des mesures pour lutter contre la collusion, mais les risques demeurent insiste le vérificateur.Le maire Denis Coderre a indiqué que si l\u2019enquête de l\u2019inspecteur général confirmait les soupçons du vérificateur, son administration allait «poser des gestes».«Nous, on est en mode solution et on a déjà entrepris une réorganisation administrative qui va nous permettre de prendre la situation en main », a-t-il dit.Jacques Bergeron salue la création du bureau de l\u2019inspecteur général, mais souligne qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une panacée pour détecter les manoeuvres frauduleuses.C\u2019est pourquoi il recommande la mise sur pied d\u2019un programme de sensibilisation à la corruption et la collusion destiné aux employés municipaux.Réseaux sans fil Dans son rapport qui fait plus de 640 pages, le vérificateur s\u2019intéresse aussi à la sécurité des réseaux sans fil, à l\u2019inspection des aliments, aux bris de conduite d\u2019aqueduc et à la surveillance de la qualité de l\u2019air dans les bâtiments municipaux.Au sujet des réseaux sans fil, le vérificateur général estime que, globalement, ils sont adéquatement protégés.Il est moins rassuré par l\u2019implantation du progiciel M-Hs utilisé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) pour la gestion de ses dossiers d\u2019enquête.Dans un rapport qu\u2019il a remis au SPVM \u2014 et dont il ne dévoile pas les détails pour des raisons de sécurité \u2014, Jacques Bergeron fait état des «faiblesses significatives et préoccupantes» qu\u2019il a constatées.Le vérificateur présentera son rapport aux élus mardi lors de la séance du conseil municipal.Le Devoir Québec poursuit la MMA pour 409 millions MARCO BELAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec Le gouvernement du Québec réclame 409 millions de dollars à la Montréal, Maine & Atlantic Canada (MMA), dont l\u2019un des trains a explosé en plein cœur de Lac-Mégantic il y a près d\u2019un an.Mais, l\u2019espoir de récupérer les sommes dépensées au lendemain de la catastrophe ferroviaire est bien mince.D\u2019ailleurs, le gouvernement s\u2019est engagé à laisser le champ libre aux personnes sinistrées si l\u2019indemnité d\u2019assurance de 25 millions de dollars dont disposait la MMA s\u2019avère la seule somme disponible pour les créanciers.Dans ce cas, les Méganticois seraient les uniques bénéficiaires, a pris soin de rappeler la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, lundi.Les sommes d\u2019argent récupérées bénéficieront «d\u2019abord et avant tout» à la communauté de Lac-Mégantic, frappée de plein fouet par le train de la mort de la MMA le 6 juillet 2013, a-t-elle souligné par voie de communiqué.Le gouvernement a transmis JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les sinistrés de Lac-Mégantic auront priorité si ia faibie indemnité d\u2019assurance dont disposait ia MMA s\u2019avère ia seuie somme disponibie.une demande de réclamation de 409 millions au contrôleur chargé de colliger les preuves de réclamation de tous les créanciers dans le cadre des procédures d\u2019insolvabilité de la MMA.«Nous devons agir de façon responsable et prendre toutes les options légales à notre disposition pour récupérer le maximum », a fait valoir Stéphanie Vallée.Les millions s\u2019accumulent Déjà, 126 millions de dollars de fonds publics ont été dépensés dans la foulée de la catastrophe ferroviaire du 6 juillet 2013, spécifie le gouvernement dans la preuve acheminée le 13 juin dernier.Différents ministères appelés à participer à la reconstruction du centre-ville de Lac-Mé-gantic entendent effectuer de nouvelles dépenses à hauteur de 283 millions de dollars.Ainsi, le montant total réclamé \u2014 dépassant déjà le seuil des 400 millions de dollars \u2014 pourrait être revu à la hausse, et ce, à la lumière de l\u2019ensemble des dépenses engagées, précise le communiqué diffusé lundi avant-midi.D\u2019autre part, le gouvernement libéral n\u2019écarte pas à ce moment-ci un «arrangement» avec les responsables de la catastrophe ferroviaire.«Si les responsables de la catastrophe, dont certains ont des moyens financiers très importants, proposaient un arrangement aux créanciers, le gouvernement pourrait alors s\u2019en prévaloir, sans pénaliser les personnes sinistrées et dans l\u2019intérêt des Québécois qui ont assumé les coûts de la catastrophe à même leurs taxes et leurs impôts», a expliqué M\u201c® Vallée.Le Devoir A 4 LE DEVOIR, LE MARDI 17 JUIN 2014 ACTUALITES Alberta, l\u2019horreur « merveilleuse » (1) L\u2019humanité sur sables mouvants NANCY HUSTON L\u2019auteure est une écrivaine canadienne installée à Paris.Je suis ctiez moi, et tiors de moi.En encourageant le développement à outrance des industries pétrolières albertaine§, Stephen Harper, le chef d\u2019Etat du Canada, met l\u2019humanité en péril.L\u2019humanité de ma province natale, et l\u2019humanité tout court.Les installations pour extraire le bitume des sables au-tour de la ville de Eort McMurray, dans le nord-est de l\u2019Alberta, sont l\u2019entreprise humaine la plus importante à la surface de la Terre (Ta seule hormis la Grande Muraille de Chine p se voir depuis l\u2019espace) .A long terme, le potentiel pétrolier de ces sables est estimé à 2500 milliards de barils, soit suffisamment pour nous nourrir en or noir, au rythme insensé où nous le consommons, pendant 250 ans encore.La manière de nommer ces installations vous oblige déjà à vous en montrer solidaire : une majorité d\u2019Albertains a adopté le terme officiel d\u2019oü sands (sables pétroliers) ; seuls les mauvais coucheurs écolos persistent à les appeler tar sands (sables bitumineux) .Mais ce que l\u2019on extrait des sables, grâce à différentes techniques coûteuses en énergie et très polluantes, est bel est bien du bitume; pour transformer en pétrole cette substance gluante, puante et extrêmement corrosive, il faut encore l\u2019acheminer jusqu\u2019à des raffineries en Chine, au Texas ou au Québec par le truchement de pipelines tentaculaires et forcément fuyants; ainsi les portions de la nappe phréatique épargnées par la fracturation hydraulique pourront-elles être empoisonnées à leur tour.Utilisées parcimonieusement par les autochtones pour colmater leurs canoës, appréciées dès la découverte de ces territoires par les Européens au XVIIL siècle, exploitées à une échelle modeste dès les années 1970, ces vastes réserves ont déclenché depuis 2000 un vrai délire de développement industriel.Suncor et Syncrude, Shell Chevron Marathon, Cavalier, Teck Bp, CNRL, Imperial Exxon, Southern Pacific Cenovus, Grizzly, Kock, Petrochina, Stone, Total.des dizaines de compagnies s\u2019arrachent des parts du gâteau.La population de Port McMurray, son épicentre, est passée ces dernières années de dix à cent mille et c\u2019est sans compter la cinquantaine de milliers d\u2019hommes (que l\u2019on désigne communément sous le vocable de shadow population) concentrés dans des camps de travail près des sites d\u2019exploitation.Pas de crise ici « Vous avez entendu parler des effets de la crise de 2008 au Canada?», nous demande le jeune Marocain né à Meknès qui, dans un centre commercial à Port McMurray, tient avec quelques amis libanais le.Havana Café.Après nous avoir préparé des latte délicieux, dont le motif géométrique lait-moka à la surface sera ce qui, de tout notre séjour ici, ressemblera le plus à une oeuvre d\u2019arfi il pose devant une photo du Che et fait mine d\u2019allumer un gros cigare cubain.«Pas de crise ici ! » Lui-même vit à «Port McMoney» depuis sept ans et ne se voit pas rentrer de sitôt: en effep comment trouver au Maroc un emploi qui vous rémunère à vingt dollars l\u2019heure ?Pendant l\u2019hiver aussi rigoureux qu\u2019interminable dans ces latitudes (de septembre à avril), la température descend souvent à moins cinquante degrés.Il se trouve que nous sommes au mois de juin, un des rares mois à peu près cléments de l\u2019année, les jours sont ensoleillés, le temps doux, ce sont des jours de semaine, en pleine période scolaire.or les rues de Port McMurray restent désertes.Cent enfants naissent ici chaque mois, mais ils voyagent apparemment en voiture comme tout le monde, car on a beau sillonner la ville, on ne voit ni poussette ni vélo, encore moins de jeunes piétons.La comparaison avec la ruée vers l\u2019or est galvaudée mais juste: les gens viennent de loin JEFF MCINTOSH LA PRESSE CANADIENNE D\u2019immenses camions chargés de sabies bitumineux font des aiiers-retours au compiexe de Fort McMurray, en Alberta, où Nancy Huston a séjourné.ANNIK MH DE CARUFEL ARCHIVES LE DEVOIR Nancy Huston s\u2019inquiète du sort de son Alberta natal.(en l\u2019occurrence des Philippines, de la Chine, de la Syrie, du Maghreb.sans parler d\u2019un important contingent des provinces de l\u2019Est canadien, dont le Québec) pour s\u2019enrichir rapidement.Et, comme dans les villes du Klondike, l\u2019absence de réelle communauté fait des ravages.Pais ce qui te plaît et paie et paie et paie, répète la ville à chaque coin de rue.Tous les accoutrements de l\u2019humanité sont là, mais il en manque l\u2019essence, à savoir un certain don pour vivre ensemble.Certes, partout en Amérique du Nord on peut trouver, se jouxtant dans un même centre commercial, de mauvais restaurants chinois, mexicains, italiens, des supermarchés, stations d\u2019essence et laveries automatiques; le problème, c\u2019est qu\u2019ici, outre les maisons et les immeubles résidentiels plus ou moins cossus, à pelouse parfaite et à garage géant, la ville semble ne comporter que des centres commerciaux, émaillés de quelques hôtels, motels et banques.Ce que l\u2019on appelle «centre culturel» vient d\u2019être échafaudé sur une île au milieu du fleuve Athabasca qui sillonne la région; toutes les distractions possibles et imaginables y sont réunies: terrains de foot, piscines, bibliothèques, gymnases, arènes, pistes d\u2019athlétisme.Mais les librairies sont désolantes et les galeries d\u2019art proposent des kits de courtepointe avec motif de grand camion.Mots et maux L\u2019omniprésence de mots positifs souligne l\u2019absence grave de communauté.Be Unique! hurlent des panneaux d\u2019affichage, car ici les gens sont tous traités de la même manière, et se sentent tous seuls.Moineaux! Aurores boréales! les mots bucoliques compensent la destruc- tion massive de la nature.Sommet! Quête! Éden pur! les noms de marque exaltants cachent la bassesse irréparable ce qui se passe ici, un viol de la terre qui empoisonne de manière irréversible les eaux et les airs.Delicious Food! Qn a besoin de sucres et de matières grasses \u2014 la nourriture est donc grasse et sucrée, indigérable et coûteuse.Atmosphère! Feeling! La malbaise est à l\u2019image de la malbouffe, ce que reflète parfaitement le taux local de syphilis, le plus élevé de tout le Canada.Comme partout où les hommes se trouvent en surnombre et seuls, les femmes économiquement désavantagées viennent à la rescousse : l\u2019annuaire de Eort McMurray propose dix pages de services d\u2019escorte ; un site Internet contient deux mille pe- amendes, l\u2019État pourra s\u2019enrichir encore un peu plus !) Big is beautiful Mais le mot-clé, le mot central, le maître mot incontournable de ma province natale depuis quelque temps est un mot tout petiL à trois lettres seulement: B -1 - G.En français, grand est incapable de rendre l\u2019arrogance et la vulgarité de ce mot qu\u2019à tout bout de champ l\u2019on entend claironner en Alberta.D\u2019évidence c\u2019est surtout lui qui, ces dernières années, a été asséné jusqu\u2019à ce qu\u2019il devienne pour la population une valeur évidente.Qublié le Small is beautiful des années soixante-dix.En clair.Big is beautiful dorénavant.Plusieurs de mes connaissances ici qualifient les mises en garde des environnementalistes d\u2019«hystérie de masse»; en toute sincérité, ils les croient orchestrées par l\u2019Arabie Saoudite, soucieuse de préserver son monopole du marché du pétrole.«Quand les gens perdent leur énergie créative, dit le poète métis québécois qui m\u2019accompagne dans ce voyage, ils préfèrent se laisser manipuler.» C\u2019est ce que je constate en ce moment dans mon Alberta natal, jour après jour.Et c\u2019est gravissime.Les gens sont persuadés d\u2019avoir choisi librement l\u2019enrichissement personnel comme seule valeur possible.Il n\u2019y a pas de Pussy RioL pas de Dbde Chicks, et peu de dissidents \u2014 car, regardez autour de vous: chez nous, personne ne souffre! Tout va bien! Le régime n\u2019est pas oppressif! La croissance bat son plein ! Et de toute façon, l\u2019homme est tellement ingénieux qu\u2019il trouvera toujours une solu- Comme dans les villes du Klondike, l\u2019absence de réelle communauté fait des ravages.Fais ce qui te plaît et paie et paie, répète la ville à chaque coin de rue.rites annonces d\u2019hommes, précisant en quelques mots brutaux la prestation sexuelle désirée ; les couloirs de l\u2019université sont vides, les librairies aussi, petits théâtres ou galeries d\u2019art, pas la peine de rêver, mais la boîte où les girls se succèdent en danseuses strip-teaseuses avant de s\u2019éclipser ouvertement avec les clients pour une brève étreinte tarifée est le seul lieu de la ville où, tous les soirs, il y a foule.(Et dire que M.Harper prévoit maintenant de pénaliser ces clients, qu\u2019il a lui-même incités à partir vivre à des milliers de kilomètres de leurs épouses et amies ! Il est vrai que, grâce à l\u2019argent de leurs tion aux problèmes qui se présentent.Les résultats de notre ingéniosité se font en effet encore tellement sentir, notre mode de vie est si confortable, les preuves de notre force si patentes, qu\u2019on a réellement du mal à s\u2019imaginer, un jour, confrontés à un désastre qui nous dépasse.De plus, étant donné que dans les vastes paysages albertains les ressources semblent infinies, on ne voit vraiment pas l\u2019intérêt de faire attention à leur conservation.Non: force, brutalité, bruit, gaspillage; après moi le déluge.Nous sommes là dans le prolongement de l\u2019attitude pionnière de l\u2019époque de la découverte, attitude d\u2019arrogance macho qui est en passe de conduire l\u2019humanité à sa perte.Pour la majorité des Albertains, l\u2019écologie semble être a non-issue, ou alors an issue pour femmelettes.Chaque repas engendre quantité de déchets en plastique et en polystyrène non biogradables.Qn roule en pick-up, en VUS, en grosse moto, en faisant bien vrombir le moteur pour que tout le monde sache qu\u2019on est là; on ne croit apparemment pas qu\u2019il y a un problème de pollution, ou du moins que cela nous concerne.Plus j\u2019y réfléchis, plus il me semble que les camions, grues et autres engins des mines bitumineuses sont en passe de devenir les symboles sacrés de la nouvelle virilité qui s\u2019élabore dans ma province natale.Qn les voit représentés partout \u2014 sur les calendriers et affiches, dans les bureaux et magasins: icônes religieuses et sexuelles qui remplacent ici tant la Vierge Marie que \\a pin-up, ils incarnent tous les fantasmes de puissance.Le mâle humain, en quelque sorte, sans les faiblesses de l\u2019humanité.Baleine blanche How big is it?demande, en une litanie lancinante, la vidéo diffusée au «Centre de découverte des sables pétroliers» à Port McMurray.C\u2019est la seule question qui pourrait vous venir à l\u2019esprit ici, n\u2019est-ce pas?How big is it?Difficile de ne pas penser aux concours de garçons dans les vestiaires: How big is it?Qn vous souffle la question et, du coup, vous désirez la réponse, et ne songez pas à poser d\u2019autres questions.Qn vous explique en effet que les camions fabriqués pour cette industrie sont les plus grands du monde, grands comme un immeuble de deux étages, et paie qu\u2019ils pèsent tant de tonnes, qu\u2019ils écrasent un pick-up sans s\u2019en apercevoir, comme un éléphant une fourmi, qu\u2019il laut les assembler sur place car les autoroutes du monde ne peuvent les supporter; comment ne pas en être impressionné?Le nec plus ultra, c\u2019est le camion 797-LNG, si abondamment loué qu\u2019il finit par prendre des airs divins.En grimpant dans le car touristique pour visiter les installations pétrolières, on se surprend à espérer qu\u2019on va pouvoir en apercevoir au moins un.Un peu comme la baleine blanche que recherche le capitaine Achab dans Moby Dick.Collaboration spéciale Le Devoir Demain > Un inquiétant tour de la nature en carton-pâte des environs de Eort McMurray.On VOUS explique en effet que les camions fabriqués pour cette industrie sont les plus grands du monde, grands comme un immeuble de deux étages, qu\u2019ils pèsent tant de tonnes, qu\u2019ils écrasent un pick-up sans s\u2019en apercevoir, comme un éléphant une fourmi, qu\u2019il faut les assembler sur place car les autoroutes du monde ne peuvent les supporter; comment ne pas en être impressionné?Le nec plus ultra, c\u2019est le camion 797-LNG, [,\u201e]En grimpant dans le car touristique pour visiter les installations pétrolières, on se surprend à espérer qu\u2019on va pouvoir en apercevoir au moins un, yy LE DEVOIR, LE MARDI 17 JUIN 2014 A 5 ACTUALITES COMMISSION CHARBONNEAU Des contrats d\u2019Hydro-Québec en échange de dons anx partis ?BRIAN MYLES Le témoin A a largué une petite bombe pour conclure son témoignage à la commission Charbonneau, en affirmant qu\u2019il faut chercher du côté des contrats d\u2019Hydro-Québec pour trouver les «retours d\u2019ascenseurs» donnés aux firmes de génie-conseil impliquées dans le financement illégal des partis politiques.^lon l\u2019ex-ingénieur de BPR et de Roche, une rumeur courait dans le petit monde du génie-conseil.Un «club sélect» formé de quatre firmes, BPR, Axor, Dessau et SM, bénéficiait d\u2019une relation privilégiée avep Hydro-Québec, une société d\u2019Etat réputée pour son opacité.«Ma perception, c\u2019est qu\u2019il y a des canaux et des filières qui sont autres que celles que vous avez explorées à date pour retourner des ascenseurs, a-t-il dit.Cette fi-lière-là, comme d\u2019autres, devrait être étudiée.» Selon le témoin A, il est improbable que les firmes de génie-conseil aient accepté de verser des millions de dollars aux partis politiques sur une décen- nie simplement pour la possibilité d\u2019obtenir un accès direct et une écoute attentive dans les cabinets ministériels.Depuis le début des travaux, l\u2019octroi des contrats chez Hy-dro-Québec est tombé dans l\u2019angle mort de la commission Charbonneau.C\u2019est pourtant là que se brassent les plus grosses affaires de l\u2019État.Le témoin mystère, rebaptisé «Jean Gagnon» par la commission, a notamment cité comme exemple de renvoi d\u2019ascenseur un contrat de 300 millions de dollars, accordé sans appel d\u2019offres à un consortium formé de BPR, Axor, Dessau et SM.L\u2019affaire avait fait grand bruit, en 2010.Le Parti québécois (PQ) avait dénoncé l\u2019octroi de ce contrat de gré à gré à des firmes que l\u2019on disait proches des libéraux, pour la gestion et la surveillance des travaux aux centrales Eastmain-IA-Sarcelle-Rupert, à la baie James.Le PQ avait même laissé entendre qu\u2019il y avait eu collusion dans l\u2019attribution de ce contrat.La ministre des Ressources naturelles, qui n\u2019était autre que CLEMENT ALLARD LE DEVOIR Le député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre Nathalie Normandeau, avait rejeté ces accusations, en assurant qu\u2019Hydro-Québec payait le juste prix pour ces travaux.De 2000 à 2011, 21 firmes de génie-conseil se sont partagé des contrats totalisant un milliard d\u2019Hydro-Québec.Neuf contrats sur dix ont été accordés sans appels d\u2019offres.Un député dans l\u2019embarras En matinée, le témoin anonyme a éclaboussé l\u2019actuel dé- puté péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre, et son conseiller politique, Érançois Roussy.Dans une autre vie, M.Lelièvre était directeur général de Gaspé et M.Roussy était le maire de la Ville.Si l\u2019on se fie au témoignage de «Jean Gagnon», ils auraient manœuvré afin de favoriser Roche dans l\u2019octroi de deux contrats pour des usines d\u2019eau potables, en 2009.Le maire Roussy, qui a séjourné une semaine à Paris aux a II y a des canaux qui sont autres que ceux que vous avez explorés à date pour retourner des ascenseurs )) Le «témoin A> fixais de Roche, aurait exigé que les firmes choisies pour la réalisation du contrat versent une ristourne de 4 à 5% sur leurs honoraires, afin de financer des projets d\u2019infi^astructures supplémentaires dans la région de Gaspé.M.Roussy et son directeur général auraient également court-circuité le cours normal des appels d\u2019offices, en imposant le choix des sous-traitants et en déterminant la répartition des honoraires qu\u2019allaient se partager les firmes de génie impli- quées dans le projet (Roche, Genivar, BPR et Kwatroe).« Une telle négociation, à mon sens, n\u2019est pas légale», a dit le témoin anonyme.Roche soignait évidemment ses relations avec l\u2019administration de M.Roussy.À la demande du maire, la firme n\u2019a pas hésité un instant avant de commanditer la relance d\u2019un club de hockey de la ligue senior, à Gaspé, en 2008.La firme y voyait une belle forme de démarchage.«Le but est d\u2019aller chercher les usines à Gaspé», écrit le témoin anonyme au vice-président de Roche, André Côté.La relance du club ne s\u2019est cependant pas concrétisée.L\u2019Unité permanente anticorruption enquête sur des allégations de fraude et de financement illégal par Roche en Gas-pésie.Les audiences de lundi ont porté en grande partie sur cette enquête, qui est toujours en cours.La commission entendra mardi l\u2019ancien chef de cabinet de Nathalie Normandeau et ami de Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie.Le Devoir Iff EN AP L\u2019Université de l\u2019administration publique LA RECHERCHE, POUR MIEUX SERVIR LE PUBLIC PROMOTION La persévérance scolaire chez les Inuits Dans une série d\u2019articles mensuels, l\u2019École nationale d\u2019administration publique (ENAP), qui oeuvre dans la formation et la recherche universitaire en administration publique, vous présente quelques-uns de ses chercheurs et experts.(Deuxième d\u2019une série de neuf \u2014 Les travaux de Tatiana Garakani) SI vous prenez un éléphant, un poisson, un loup, un ours et un singe, et vous leur dennandez de grinnper dans un arbre, c\u2019est certain que le singe va gagner parce qu\u2019il excelle à cela.Mais il faut bien que les autres aninnaux aient aussi d\u2019autres opportunités.» Cette phrase a été prononcée par une étudiante inuite du cinquiènne secondaire dans le cadre d\u2019une recherche sur la résilience et la persévérance scolaire chez les élèves inuits de la Connnnission scolaire Kativik, au Nunavik, nnenée par la professeure et chercheure Tatiana Garakani, de l\u2019École nationale d\u2019adnninistration publique (ENAP).Cette citation illustre bien le dilennnne auquel sont confrontés les jeunes Inuits dans leur parcours scolaire.Rappelons que le taux de décrochage scolaire au niveau secondaire dans les connnnunautés inuites varie entre 80% et 93% connparativennent à 25% pour le reste du Québec.La recherche de Mnne Garakani vise évidennnnent à en connprendre les raisons, nnais surtout à dégager des pistes de solution.Résilience et persévérance scolaire « Dès le départ, la notion de résilience a été privilégiée, explique Tatiana Garakani.Je n\u2019ai pas voulu nne linniter à la seule notion de persévérance scolaire, car au fond, elle ne nnesure que la réussite, donc les notes.Il aurait été facile de dresser une liste des écueils et des échecs.Par contre, ces jeunes Inuits, nnênne ceux qui ont des difficultés à l\u2019école, font preuve de résilience, que ce soit au niveau personnel, dont l\u2019estinne de soi, nnais aussi dans les relations qu\u2019ils entretiennent avec leurs fannilles ou leurs connnnunautés.Il y a là des forces que l\u2019on doit reconnaître et sur lesquelles l\u2019on peut construire.» La résilience fait partie de la culture inuite.Il faut souligner la force, la créativité et les nonnbreuses initiatives de ces connnnunautés.La dénnarche ennpruntée par Mnne Garakani s\u2019éloigne aussi des habituelles pratiques des chercheurs du Sud lorsqu\u2019ils se penchent sur les connnnunautés autochtones, y connpris les connnnunautés inuites.« À force de décrire les échecs et les écueils de ces connnnunautés et de leurs habitants, on en vient à décrire les autochtones connnne s\u2019ils n\u2019étaient que des victinnes.Par ailleurs, cette victinnisation est de plus en plus dénoncée, notann-nnent par des chercheurs d\u2019origine autochtone.» La recherche a donc une connotation négative et perçue avec beaucoup de crainte.Recherche participative Afin de favoriser la participation inclusive, Mnne Garakani a nnis en place plusieurs outils nnéthodologiques.Elle a donc nnis en place une série d\u2019outils nnéthodologiques conçus pour favoriser la participation des étudiants.Certains de ces outils ont fonctionné du prennier coup, d\u2019autres ont dû être adaptés ou abandonnés en cours de recherche, et quelques uns n\u2019ont pas donné les résultats esconnptés.Mais il n\u2019y a ici aucune surprise puisque tous ces outils s\u2019inscrivaient dans une logique de souplesse.Évidennnnent, lorsqu\u2019une recherche scientifique innpiique la participation de nnineurs, le consentennent parental est obligatoire.Une situation qui peut être problénnatique dans ces connnnunautés puisque souvent ces personnes nnineures assunnent déjà des responsabilités adultes.« De plus, souligne Mnne Garakani, est-ce que la signature d\u2019un fornnu-laire de consentennent représente véritablennent un consentennent éclairé?Nous avons plutôt insisté sur le fait que la participation des jeunes était volontaire, qu\u2019ils pouvaient participer ou non aux activités que l\u2019on proposait, qu\u2019ils pouvaient se retirer lorsqu\u2019ils le voulaient.Ce rappel s\u2019est fait tout au long de la recherche de sorte que lorsqu\u2019un jeune participait, nous étions assurés qu\u2019il le faisait de son plein gré.Cette approche a fait que certains jeunes, plus tinnides, ont peu participé, nnais lorsqu\u2019ils l\u2019ont fait, leur intervention était sentie.Ce sont parfois les voix les plus silencieuses qui ont les choses les plus innportantes à dire.Un clinnat de confiance est donc essentiel si l\u2019on veut entendre ces « À force de décrire les échecs et les écueils de ces communautés et de leurs habitants, on en vient à décrire les autochtones comme s\u2019ils n\u2019étaient que des victimes.Par ailleurs, cette victimisation est de plus en plus dénoncée, notamment par des chercheurs d\u2019origine autochtone.» Courtoisie ENAP .^ VOIX.» D\u2019ailleurs, les nnéthodes plus conventionnelles d\u2019enquête, connnne les entrevues individuelles, ont été utilisées qu\u2019à la toute fin de la recherche, soit après trois ans d\u2019activités réalisées au sein de la connnnunauté.Les enseignants, inuits connnne non inuits, ont aussi été nnis à contribution, d\u2019une part, pour connaître leur évaluation de la situation, et d\u2019autre part, pour vérifier si les perceptions des enseignants différaient de celles des élèves.« Par exennpie, beaucoup d\u2019enseignants, surtout ceux du Sud, avaient l\u2019innpression que le nnanque de nnotivation des élèves était l\u2019un des problènnes.Par contre, dans une activité d\u2019auto évaluation nnenée auprès des jeunes quant à l\u2019acconnpiissennent de certaines tâches scolaires, les jeunes avaient l\u2019innpression qu\u2019ils étaient nnotivés.» Les données connpiètes de la recherche de Tatiana Garakani ne sont pas encore publiées, elles le seront seulennent une fois ces données rennises aux principaux intéressés, soit les participants, la connnnunauté inuite et la Connnnission scolaire Kativik.Une façon de faire respectueuse et en accord avec la dénnarche participative de Mnne Garakani.Mais on ne vendrait pas trop la nnèche, ici, en en révélant une.À la question pourquoi fréquentez-vous l\u2019école, une très forte nnajorité de jeunes ont répondu parce que c\u2019était innportant pour leur avenir, une réponse qui en a surpris plusieurs.« Les jeunes réalisent l\u2019innportance de l\u2019école, sans toutefois être toujours en nnesure de décrire les effets concrets que cela aura dans leur vie.Mais il s\u2019agit là d\u2019une force sur laquelle l\u2019on peut bâtir.La persévérance scolaire et la résilience sont des voies à deux sens.On peut se servir de la résilience pour renforcer la persévérance scolaire.Et la réussite scolaire aug-nnente la résilience des jeunes dans d\u2019autres aspects de leurs vies.L\u2019un nourrit l\u2019autre, et c\u2019est dans cet échange que se trouve l\u2019espoir.» POUR MA MAÎTRISE AVEC PROEIE RECHERCHE (M.SC.) JE CHOISIS L'ENAP! La référence pour développer des projets de recherche en administration publique sur: \u2022 l'international \u2022 les affaires autochtones\t\u2022 les politiques sociales \u2022 le municipal\t\u2022 et plus encore.la santé l'éducation ÊÊ/ENAP la sécurité civile L'Université de l\u2019administration publique A 6 LE DEVOIR LE MARDI 17 JUIN 2014 ACTUALITES ECOLE SAINT-GERARD « La santé des enfants plutôt que la brique » Des parents d\u2019élèves insistent pour que l\u2019école montréalaise envahie par les moisissures soit démolie sans délai, malgré son caractère patrimonial LISA-MARIE GERVAIS La Commission scolaire de Montréal (CSDM) craint que des délais supplémentaires ne viennent compromettre la réouverture de l\u2019école Saint-Gérard.Avec le regroupement de parents, elle fait pression sur les élus municipaux pour qu\u2019ils passent outre à l\u2019avis du Conseil du patrimoine et du comité Jacques-Viger, qui propose la rénovation plutôt que la démolition complète et la reconstruction de cette école primaire de Villeray qui a des problèmes de moisissures.«Nous, on choisit la santé des enfants plutôt que la brique.C\u2019est essentiel pour nos élèves et notre personnel», a dit la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, qui croit que la démolition est la seule manière d\u2019éradiquer avec certitude la contamination fongique.Cette sortie publique en conférence de presse visait directement à interpeller les élus.Au mois d\u2019août, ces élus seront appelés à donner leur aval ou non à une modification du Plan d\u2019urbanisme pour retirer l\u2019école primaire de la liste des bâtiments d\u2019intérêt patrimonial Avis défavorable Le Conseil du patrimoine de Montréal et le Comité Jacques-Viger ne sont pas favorables au projet de démolition de l\u2019école Saint-Gérard, qu\u2019ils jugent prématuré.Dans un avis produit début juin, les deux instances estiment qu\u2019il y aurait lieu de pousser plus loin des enquêtes pour trouver des méthodes d\u2019assainissement.En clair: avant d\u2019envisager la démolition des édifices scolaires qui ont une valeur patrimoniale, elles veulent attendre de «disposer de données scientifiques probantes» sur les traitements possibles de la contamination fongique et, entretemps, mettre en place des mécanismes et se doter de moyens pour assurer un entretien adéquat de ces bâtiments.et architectural «de valeur exceptionnelle».Si le retrait est autorisé, le permis de démolition pourra être obtenu et la réouverture de l\u2019école sera envisageable à l\u2019automne 2016, comme prévu.«Il faut vraiment que les élus statuent au mois d\u2019août.Ça fait des années qu\u2019on est sur ce dossier-là et il est grand temps que les élus prennent une décision en faveur des parents», a dit la présidente, un brin exaspérée.Et si les élus refusent?11 faudra trouver une solution, ont indiqué les parents.«Pour les parents de Saint-Gérard, laisser nos enfants à Georges-Vanier n\u2019est pas une option», a dit Alex Benjamin, président du Conseil d\u2019établissement de l\u2019école.Cette délocalisation, avec un système de navettes pour conduire les enfants à l\u2019école secondaire, engendre beaucoup de stress.Ne pas démolir et reconstruire l\u2019école serait «irresponsable», selon lui.Interrogé sur la situation lors du conseil municipal limdi soir, le maire Denis Coderre a indiqué que sa priorité est «la sécurité des enfants» et qu\u2019il va rencontrer M\u201c®Harel-Bourdon pour «prendre une bonne décision ensemble.» De longues démarches En janvier 2012, un avis de la Direction de la santé publique indiquant que les problèmes de moisissures devaient être pris au sérieux dans cette école \u2014 où plusieurs enfants et membres du personnel étaient malades \u2014 a déclenché tout un branle-bas de combat.Depuis, les démarches pour reconstruire une école toute neuve se sont multipliées.Rapports d\u2019expertise, rencontres, plan de remplacement.Les élèves ont été relocalisés à l\u2019école secondaire Georges-Vanier il y a deux ans ef l\u2019qn dernier, le ministère de l\u2019Éducation a même donné son accord à la démolition de l\u2019établissement, voyant que des rapports d\u2019expertise concluaient à une trop grande contamination de la structure.À l\u2019instar de Saint-Gérard, l\u2019école Baril doit aussi être entièrement démolie et reconstruite d\u2019ici l\u2019automne 2016.Toutefois, comme cette école primaire de Hochelaga-Maisonneuve ne figure pas sur la liste des bâtiments patrimoniaux du Plan d\u2019urbanisme, les décisions se prennent dans l\u2019arrondissement Les pourparlers vont bon train, a assuré la CSDM.Le Devoir Po ar£ D durèq'£'^^ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Règlement municipal P-6: une coalition réclame un bilan indépendant Une quarantaine d\u2019organismes et de syndicats ont réclamé im bilan indépendant du controversé règlement municipal P-6 qui a été mis en place dans la foulée des manifestations étudiantes du printemps 2012 à Montréal.Plus de 200 personnes se sont massées devant l\u2019hôtel de ville, lundi soir, pour dénoncer le manque de transparence du maire Denis Coderre dans ce dossier alors que le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) présentait son premier rapport depuis l\u2019entrée en vigueur du P-6.Selon le SPVM, plus de 3400 constats d\u2019infraction ont été remis en deux ans en vertu de ce règlement qui force les manifestants à se démasquer et à doimer leur itinéraire à l\u2019avance.Travaux routiers: 2000 chantiers d\u2019ici 2016 Le ministère dépensera 4 milliards uniquement pour maintenir les routes en état ISABELLE PARE Il faudra être patient sur les routes du Québec dès cet été et pour deux ans, alors que plus de 2000 chantiers seront en activité, dont 78 à Montréal seulement.Québec investira 4,9 milliards d\u2019ici 2016, dont 87% serviront presque exclusivement à maintenir les routes en état et à «sécuriser» quelque 1300 structures routières existantes.La question de la sécurité était aux premières loges de l\u2019annonce faite lundi par le ministre des Transports, Robert Poëti, qui a confirmé que le plan d\u2019investissements routiers de 4,9 milliards prévus pour 2014-2016 était «respectueux de la capacité de payer des Québécois».Les infrastructures sont dans un tel état, que Québec n\u2019allouera pas moins de 4 milliards de ces budgets totaux au seul maintien des actifs \u2014 et presque 1,3 milliard dans la métropole \u2014, comparativement à 85 millions pour le développement du réseau routier.«C\u2019est moins excitant de rénover la maison que d\u2019en acheter une
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