Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

Le devoir, 2014-06-21, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" De la télé estivale pour ne pas débronzer idiot n gg Page E 3 Prendre le large avec Roxanne Bouchard Page E 9 Culture livres CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUIN 2014 LIVRES Nouvelles contagieuses La nouvelle comme genre parfait de l\u2019invention et de la réinvention de soi CHRISTIAN DESMEULES Romancier, nouvelliste et essayiste né en 1945, Gaëtan Brulotte est jusqu\u2019à ce jour l\u2019auteur d\u2019une quinzaine d\u2019ouvrages, à commencer par Lem-prise (VLB), son premier roman paru en 1979, pour lequel il a reçu le prix Robert-Cliche.Chercheur en littérature et professeur d\u2019université plutôt nomade, la polyvalence et le mouvement semblent être chez lui la norme.Comme nouvelliste, il n\u2019en est pas non plus à ses premières armes et cherche constamment, là aussi, à se réinventer: Epreuves et La vie de biais (Leméac, 199^ et BQ, 2002) en témoignent.A travers ses nouvelles, ce genre «de la remise en question et de la rupture permanente», écrivait-il en 2010 en faisant le survol historique de La nouvelle québécoise (Hurtubise), il aime généralement, au moyen d\u2019une ironie mordante ou plus subtile.poser un regard oblique sur ses contemporains.Il se livre à tout cela, une fois encore, à travers la vingtaine de nouvelles de La contagion du réel.Et à une dissection du couple.Ici, un opérateur de bétonnière se laisse persuader que sa femme le trompe {La cimenterie).Là, on trouve une fine analyse des rapports de couple et une intéressante proposition pour une «anthropologie de la chambre à coucher» fondée sur cet autre couple (cette fois axiologique) : faire son lit ou ne pas le faire.Aussi, le séjour catastrophique d\u2019un couple voulant souligner son vingtième anniversaire de mariage par un week-end amoureux dans un centre de thalassothérapie.Ironie et nostalgie Au chapitre des observations critiques de la vie ordinaire, un narrateur multiplie les remarques sur son voisin qui a la manie des listes ou dresse le détail minutieux et échevelé des préparatifs d\u2019un couple en vue d\u2019organiser la pendaison de crémaillère de sa maison de campagne.Un incident banal qui dégénère, porté autant par la violence gratuite des uns que par la lâcheté ordinaire des autres.Un scrupuleux rapport d\u2019une firme spécialisée en « microgestion» afin de réduire les coûts d\u2019exploitation (le mot est bien choisi) dans une université.Un bel exemple du niveau d\u2019ironie mordante dont Gaëtan Brulotte est capable.Ou c\u2019est un écrivain décédé qui a laissé tout un tas de papiers hétéroclites : portrait chinois, liste d\u2019objets fétiches, des lieux où il a vécu ou inventaire de ses projets abandonnés {«Le projet, c\u2019est le négatif de l\u2019existence», écrit-il), au nombre desquels on compte un voyage en jeep en Amérique du Sud, le désir de fonder une esthétique de la bêtise en littérature, celui de se mettre au piano ou à la sculpture {Hétérop or trait d\u2019un écrivain).Là, une satire qui condamne le détournement et, surtout, l\u2019appropriation du langage par le marketing.Lire les nouvelles de Gaëtan Brulotte, d\u2019ordinaire, c\u2019est s\u2019assurer de tomber sur des sujets variés (mais quand même toujours un peu «bourgeois», pourrait-on dire), de l\u2019humour fin et permanent mis au service d\u2019une critique «de biais» de certaines dérives contemporaines, des pointes de nostalgie (comme dans la nouvelle Clair de chair) qu\u2019on ne s\u2019étonne pas de rencontrer chez un écrivain vieillissant.La contagion du réel n\u2019y fait pas exception.Collaborateur Le Devoir LA CONTAGION DU RÉEL Gaëtan Brulotte Lévesque éditeur Montréal, 2014,152 pages Regards croisés sur Diamanda Galas et Nan Goldin Les essayistes et romancières Martine Delvaux et Catherine Mavrikakis se sont livrées de concert à un exercice d\u2019admiration envers une artiste révérée.Martine Delvaux s\u2019est penchée sur les images quotidiennes et crues de la photographe américaine dans Nan Goldin.Guerrière et Gorgone.Catherine Mavrikakis parle des échos qu\u2019ont provoqués chez elle les chants de Diamanda Galas dans Diamanda Galas.Guerrière et Gorgone.Chacune signe un petit livre hommage, à la fois indépendant et reflet de celui de l\u2019autre.Pour poursuivre ce jeu de rencontre, Le Devoir a invité son collaborateur à la musique du monde, Yves Bernard, à lire le livre de Mavrikakis et le chorégraphe et metteur en scène Nicolas Cantin {Grand singe, Klumzy), amoureux de l\u2019œuvre de Goldin, à plonger dans celui de Delvaux.Regards croisés et entrecroisés.PHOTO KRISTOFER BUCKLE / TRAITEMENT DIAMANDA GALAS ET CHROME DIGITAL Diamanda Galas JOHN MACDOUGALL AGENCE FRANCE-PRESSE Nan Goldin Le poison et la médecine Au bord du gouffre YVES BERNARD Plus qu\u2019à la lune, Diamanda Galâs hurle à l\u2019enfer.Pianiste vocaliste, elle rage sur trois octaves et demie, multiplie son cri, déforme les convenances, puise dans la mélopée ancienne pour créer le futur, milite arüsü-quement pour les laissés-pour-compte et travaille sur le malaise qui peut se transformer en extase.L\u2019essayiste et romancière Catherine Mavrikakis lui rend ici hommage dans une forme hybride.Et son livre pose également un regard lucide sur la quête idenütaire.L\u2019auteure est née d\u2019un père grec et n\u2019a appris que très peu de choses de son pays d\u2019origine.Elle porte néanmoins le même nom qu\u2019une grand-mère qu\u2019elle n\u2019a pas connue, mais qui lui rappelle quelque chose qu\u2019elle ressent et dont elle ne connaît pas le sens.De son côté, Diamanda Galâs avait pour père un professeur de mythologie grecque qui lui a donné le goût de la Grèce ancienne.Si elle a refusé de se fondre dans le rêve américain, peut-elle appartenir à un heu ?Sans doute pas.Je reconnais n\u2019avoir jamais lu Mavrikakis auparavant et, curieusement, ce livre m\u2019a ramené à une partie de mon histoire personnelle.Ma mère vouait une grande admiration à son grand-père Alexandre Carli, véritable héros familial et réputé sculpteur spécialisé dans les œuvres religieuses.Qui était-il vraiment?Comment a-t-il réussi à inculquer à ses descendants un goût prononcé pour la culture italienne tout en s\u2019identifiant pourtant au caractère francophone de la ville?L\u2019ouvrage de Mavrikakis suggère ce genre de questions.L\u2019auteure a vécu les années sida.Elle ouvre le livre en rapp^ lant ce fléau qui a fauché une culture à laquelle elle croyait Galâs a placé ce malheur et plusieurs autres au-devant de son ivresse créatrice: «Chez Galâs, écrit Mavrikakis, le féminin s\u2019affirme dans une connaissance intime de la douleur, de la colère et de l\u2019émotion.Il ne saurait y avoir de féminisme, ou même plus largement d\u2019humanisme ou d\u2019humanité, sans hystérie, sans ce féminin de la démesure, dionysiaque, si proche des bacchanales», poursuit celle qui est également professeure en littératures de langue française à l\u2019Université de Montréal.Elle termine avec un chapitre sur les stridences qui sous-ten-dent la nécessité politique et es-théüque du partage d\u2019un certain inconfort dans l\u2019art de Galâs.La diva hors norme a travaillé sur la puissance primitive de la tragédie, jusqu\u2019à l\u2019enfermement et l\u2019humiliation: une approche créée à la fois comme poison et possible médecine, mais qui n\u2019est pas dénuée de sacré.Si l\u2019art peut paraître sordide chez cette pleureuse enragée, il peut aussi devenir le véhicule d\u2019une force lumineuse.Nécessaire.Collaborateur Le Devoir NICOLAS CANTIN J?ai découvert Nan Goldin il y a vraiment longtemps: un ami m\u2019avait mis entre les mains une vidéo où elle parlait de son travail.Ça m\u2019avait touché, mais pas ébranlé comme ça allait m\u2019ébranler des années plus tard.Ses photos, je les trouve fulgurantes.Elles ne sont ni esthétisantes ni là pour choquer, plutôt comme si Goldin documentait son quotidien et quelque chose de très personnel en AA même temps.Elle re-joint la vie d\u2019une façon sensible et honnête, elle n\u2019a pas de pudeur, elle se prend aussi en photo.Je crois qu\u2019elle est un peu comme Duras qui disait qu\u2019elle écrivait au bord du gouffre.Je crois que Goldin photographie au bord du gouffre.Son intégrité m\u2019inspire beaucoup.Elle est un repère, elle fait partie de ces artistes photographes qui, comme des étoiles, sont là et me donnent la direction.J\u2019ai beaucoup lu.Je ne lis plus, je suis vraiment devenu un mauvais lecteur.J\u2019ai picoré ce livre par fragments, à droite et à gauche.Je me rends compte qu\u2019ainsi je finis par le lire 10 fois.J\u2019ai eu besoin de beaucoup de temps pour entrer dans le livre \u2014 un livre très simple pour un lecteur averti, qui n\u2019en ferait qu\u2019une bouchée.L\u2019écriture de Delvaux est intéressante: une écriture assez simple, assez directe.J\u2019ai été aimanté par les bouts où Delvaux s\u2019attache à la vie de la photographe, où elle fait des liens avec sa propre vie.Quand elle la cite: «J\u2019ai toujours pensé que si je photographiais quelqu\u2019un ou quelque chose suffisamment, je ne perdrais jamais cette personne, je ne perdrais pas la mémoire, je ne perdrais pas le lieu.Mais, au contraire, les photos me montrent combien j\u2019ai perdu.» C\u2019est très beau.J\u2019ai résisté au début parce que je n\u2019ai pas envie d\u2019intermédiaire entre l\u2019arüste et l\u2019œil qui regarde, et là j\u2019accepte de plus en plus le regard de Delvaux, la symbolique qu\u2019elle voit, les liens qu\u2019elle fait avec la mythologie et la Gorgone.Elle met des mots sur ce qui l\u2019émeut chez Goldin, ce qu\u2019elle peut percevoir: ça m\u2019a vraiment touché, ça rejoint ma per-cepüon Ça me donne envie de le lire encore.Et ça me donne envie de retourner voir l\u2019œuvre de Nan Goldin.Un livre, c\u2019est tout un monde.Parfois un livre est tellement petit que c\u2019est impossible de s\u2019y retrouver.Celui-là, j\u2019ai envie d\u2019y revenir.Je vais le lire en vacances, encore.Collaboration spéciale Le Devoir DIAMANDA GALAS Guerrière et gorgone Catherine Mavrikakis Héliotrope Montréal, 2014,107pages NAN GOLDIN Guerrière et gorgone Martine Delvaux Héliotrope Montréal, 2014,116 pages LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUIN 2014 E 9 CULTURE» LIVRES Prendre le large Danielle I Laurin nvie de partir, loin du bitume, de la foule, de la faune dite urbaine ?Besoin de larguer les amarres, de sentir le vent du large ?Il suffit de plonger dans Nous étions le sel de la mer.Au programme : la mer dans tous ses états.Avec, pour port d\u2019attache, un petit village de la baie des Chaleurs.En prime : une immersion dans le mode de vie, de pensée et de parlure de vieux pêcheurs gaspésiens empreints de nostalgie.Mais ce n\u2019est que la pointe de l\u2019iceberg de ce roman hybride.Plusieurs fils s\u2019entremêlent dans le cinquième livre de Roxanne Bouchard, découverte il y a près de 10 ans avec Whisky et paraboles (Typo), prix Robert-Cliche et Grand Prix de la relève Archambault.Quête existentielle et quête des origines se renvoient la balle.Tandis qu\u2019une enquête policière piétine.Les mensonges pleuvent.Des fantômes ressortent du placard.Et, tout autour, des amours se font, se défont.La narration comme telle est le plus souvent au je, un je féminin.Mais se glisse aussi ici et là un narrateur omniscient.Quant à la chronologie, elle est marquée de retours dans le temps.Deux années repères se chevauchent: 1974 et 2007.La première étant celle, charnière, où tout a commencé et la deuxième, celle où évolue l\u2019essentiel de l\u2019action.Tout cela finit par se placer, on suit.Construction qui s\u2019avère au final remarquable.Rencontrés en cours de route : beaucoup de personnages, très colorés, plus grands que nature, à la limite de la caricature.Dont un faux curé alcoolique et un notaire hyper-minutieux au triple menton.Vagues et ressac On met un certain temps à se faire une idée du portrait d\u2019ensemble.Mais quand ils reviennent dans l\u2019action, qu\u2019ils se mêlent à nouveau à la conversation, facile de recon-naître les personnages.Chacun a ses tics de langage.Cette manie, chez l\u2019un, de ponctuer son discours de «J\u2019m\u2019en va vous dire que.».Cet emploi abusif, chez un autre, du sacre «saint-ciboire de câlisse» ou encore de «Hiiii» constants.Quand il ne s\u2019agit pas de bégaie- PIERRE LUC LANDREVILLE Conteuse hors pair, Roxanne Bouchard revient avec un roman où se mélange un ton léger au drame.Nous étions le sel de la mer ¦\u2022llVIIf tfl a IM * 11 \u2022 \u2022 Il M I >1 m « f M I IJ, f 11, fT \u2022 M , L* » 1 » » t.I MM I Mini » \u2022 J.* f 'it ments insistants.Peut-être un peu trop systématique comme procédé à la lon^e.Mais c\u2019est vivant, plutôt comique.Les dialogues, dans leur oralité brute, dominent.Mais se greffe aussi un langage poétique, qui ne craint pas le lyrisme.Beaucoup de métaphores, parfois un peu trop appuyées.Ou très inspirées, ça dépend des goûts._\tL\u2019impression, ici et là, que l\u2019auteure en fait trop.Quelques invraisemblances, qui s\u2019amènent de temps en temps.De petits irritants, c\u2019est tout.Grand, grand plaisir de lecture, en réalité.Conteuse hors pair, Roxanne Bouchard.Le ton d\u2019ensemble est léger.Même si ce qui se joue dans Nous étions le sel de la mer est du ressort dramatique.C\u2019est ce mélange-là, surtout, ce dosage, qui caractérise le roman.Mère de la mer Début très accrocheur: un accouchement en mer, près de la baie des Chaleurs.Nous sommes en 1974.Trente-trois ans plus tard, arrive dans un petit village gaspésien une jeune femme en pleine déprime.On comprend très tôt que l\u2019enfant née dans le bateau, c\u2019est elle : Catherine, élevée à Montréal par des parents adoptifs.On saisit très vite aussi qu\u2019elle a rendez-vous avec sa mère, restée pour elle une inconnue, et qu\u2019elle lui en veut.Un rendez-vous manqué, sur toute la ligne.C\u2019est le cœur de l\u2019histoire.Le cœur du drame.Drame qui va nous conduire dans le passé de la mère en question, une naviga-trice en solitaire, une femme libre, mystérieuse, séduisante.Et fauteuse de troubles, si l\u2019on en croit les gens du village où aboutit sa fille.Trop tard.Un corps sera repêché dans les filets d\u2019un bateau de pêche.Stupeur, branle-bas de combat dans le village où tout le monde se connaît et où les couteaux volent bas.Un enquêteur fraîchement débarqué de Montréal sera chargé d\u2019élucider l\u2019afMre.Il se heurtera à l\u2019hermétisme des villageois, tandis que sa vie personnelle, amoureuse, à l\u2019image de son enquête, sera remise en question de fond en comble.Voilà pour l\u2019essentiel de l\u2019action.Rebondissements Ceux qui vont en mer le savent: ce qui est déposé sur la vague se brise et se reconstruit constamment.Autrement.)) Extrait de Nous étions le sel de la mer multiples, que l\u2019on suit, à l\u2019affût, tandis qu\u2019on voit la Catherine née en mer se chercher, enquêter sur ses origines.Roman du ressource-ment, finalement.Nous étions le sel de la mer.Comme un appel d\u2019air, un vent de liberté.NOUS ÉTIONS LE SEL DE LA MER Roxanne Bouchard VLB Montréal, 2014, 360 pages LETTRES FRANCOPHONES Retour aux sources rwandaises LISE GAUVIN Après Notre-Dame du Nil (Gallimard, 2012), qui a valu à Scholastique Muka-songa le prix Renaudot, cette romancière née au Rwanda et installée en Normandie, que la critique française a désignée comme «la pharaonne noire du Calvados », revient aux sources de son enfance et de l\u2019imaginaire qui l\u2019a formée.Alors que Notre-Dame du Nil se passe dans un pensionnat huppé de jeunes filles tenu par des Blancs, où sévit une forme de discrimination envers les Tutsis, Ce que murmurent les collines s\u2019inspire des contes, légendes et histoires puisés dans le patrimoine culturel rwandais.Ces textes regroupés sous le nom de «nouvelles» empruntent pourtant aussi bien à la tradition orale qu\u2019aux documents transmis par les historiens.Ainsi fonctionne le premier récit, La rivière Rukabara, dont le sujet est la relation toute particulière que la narratrice entretient avec la rivière de son enfance, qui l\u2019aurait guérie d\u2019une blessure à la tête et, ce faisant, aurait déterminé sa vocation d\u2019écrivaine.Une partie de la nouvelle retrace ensuite la topographie des lieux, telle que l\u2019a décrite l\u2019explorateur d\u2019origine polonaise Richard Kandt, à la recherche de la source du Nil.Puis viennent, à pleines pages, les Notes à l\u2019intention des lecteurs curieux qui donnent la référence précise des documents consultés et invitent à poursuivre l\u2019investigation.De cette façon, les explications souvent ajoutées aux romans francophones et dont la fonction est de traduire, pour un destinataire étranger à la culture d\u2019origine, les mots ou les coutumes décrites prennent ici un relief singulier.Ces notes ne sont plus en marge du récit, ni données en bas de page ou réduites à un rôle congru, mais l\u2019accompagnent «Le plus grand malheur qui soit arrivé aux Rwandais, écrit la narratrice, est d\u2019habiter aux sources du Nil» et le complètent: elles servent en quelque sorte d\u2019épilogue et de prolongement à un texte dont elles accréditent la légitimité et qu\u2019elles inscrivent dans une perspective historique.Mais ne savait-on pas déjà que la nouvelle est un genre caméléon, qui prend les formes les plus diverses et les plus inattendues?Peu de livres Un autre récit explique le sens d\u2019une amulette, un gri-gri que la narratrice porte autour de la taille et qui lui rappelle une légende racontée par sa mère afin de contredire la version officielle produite par les missionnaires à propos d\u2019une croix de bois édifiée au sommet d\u2019une colline.Peu de livres étaient alors à la disposition des enfants.L\u2019une des nouvelles commence par ces mots : «Longtemps je n\u2019ai cru qu\u2019il n\u2019existait au monde que deux livres, la Bible de mon père et Matins d\u2019Afrique, le manuel de lecture qu\u2019en classe Félicien, notre instituteur, nous distribuait parcimonieusement.» C\u2019est dans ce manuel que l\u2019enfant apprend l\u2019histoire de Titi-carabi, un chien doué de la parole qui fit les beaux jours du village où il s\u2019était installé.Histoire que d\u2019autres enfants, plus tard, se chargeront de démystifier.Il est aussi question des contes de Blancs dans lesquels les garçons choisissent leurs épouses sans demander l\u2019accord des parents et les filles leurs maris sans l\u2019appui de la tante paternelle.On y décrit encore l\u2019apartheid subi SCHOLASTIQUE MUKASONGA Ce que murmurent les collines par Cyprien le Pygmée, rejeté aussi bien par les maîtres que par ses camarades de classe : après avoir quitté son pays d\u2019origine, celui-ci deviendra un médecin réputé.En toile de fond à l\u2019ensemble des récits, les références au conflit séculaire opposant Tutsis et Hutus.«Le plus grand malheur qui soit arrivé aux Rwandais, écrit la narratrice, est d\u2019habiter aux sources du Nil, là où, depuis l\u2019Antiquité, s\u2019était déposé le mythe d\u2019une contrée originelle, d\u2019un paradis perdu et inaccessible.» Ce malheur a engendré par contre un imaginaire fécond et une célébration de la vie que les récits réunis sous le titre Ce que murmurent les collines déploient dans une prose souple, qui laisse toute la place aux points de vue des personnages.Un art de la nouvelle revisité avec bonheur.Collaboratrice Le Devoir CE QUE MURMURENT LES COLLINES Scholastique Mukasonga Gallimard Paris, 2014, 139 pages ESSAI L\u2019essor des médias parallèles MICHEL LAPIERRE La formule « quatrième pouvoir» devient criante de vérité pour désigner les médias lorsqu\u2019en 2010 l\u2019organisme WikiLeaks les révolutionne en dévoilant sur le Web des câbles diplomatiques américains.La notion de secret d\u2019État s\u2019en trouve ébranlée.Publié sous la direction de Normand Baillargeon, l\u2019ouvrage Mutations de l\u2019univers médiatique analyse l\u2019émergence d\u2019un «journalisme citoyen » où la démocratisation ne connaît plus de limites.Issu d\u2019un colloque organisé l\u2019an dernier par le magazine À bâbord!, l\u2019une des voix de la gauche québécoise, le livre rassemble une dizaine de contributions.On y trouve notamment celles de Stéphane Baillargeon, journaliste au Devoir, de Simon Jodoin, rédacteur en chef du bihebdomadaire Voir, et de Marc Laurendeau, figure chevronnée du monde médiatique.Membre du collectif d\u2019À bâbord!, l\u2019essayiste et chroniqueur Normand Baillargeon présente, dans l\u2019introduction, le proche avenir des médias comme une reconfiguration de leur économie et de leur nature au point de s\u2019interroger sur la survie des journaux, des revues et de la télévi-sion traditionnels.Il a la clairvoyance d\u2019établir que l\u2019enjeu fondamental sera politique : «la participation citoyenne à la conversation démocratique».Le sociologue Philippe de Grosbois souligne le rôle-clé des médias sociaux qui peuvent pousser les médias traditionnels à traiter d\u2019un sujet négligé pour rendre l\u2019information plus objective.Le printemps érable a donné, en 2012, un élan remarquable à ce discours médiatique parallèle qui révéla l\u2019usage de bombes assourdissantes dans Les tensions entre le journalisme citoyen et la plupart des médias traditionnels reflètent Tincapacité fréquente de ces derniers «de rendre compte des turbulences» de notre société la répression policière.Le journalisme citoyen pratiqué ici par le GAPPA (Guet des activités paralogiques, propagandistes et antidémocratiques), dont des membres ont pris part à la rédaction du livre, correspond à plusieurs expériences semblables à travers le monde.Cette effervescence médiatique parallèle est souvent l\u2019expression de courants sociaux récents, comme le mouvement Occupy Wall Street ou encore celui des Indignés.Constant présent Les tensions entre le journalisme citoyen et la plupart des médias traditionnels reflètent, comme le perçoit si bien Grosbois, l\u2019incapacité fréquente de ces derniers «de rendre compte des turbulences» de notre société à cause de leur soumission «aux puissances économiques et politiques » ou, au pire, parce qu\u2019ils sont «un des visages de l\u2019ordre dominant ».Il reste qu\u2019un danger guette autant les médias parallèles que le journalisme institutionnel qui tâche de rivaliser avec eux.La recherche de l\u2019instantanéité que commande la révolution médiatique risque, Stéphane Baillargeon insiste là-dessus avec raison, de mener à la superficialité, voire au nombrilisme.La perte de l\u2019originalité critique de la démocratisation ne servirait alors que les puissants qui s\u2019efforcent d\u2019assagir l\u2019opinion pour la rendre anodine.Collaborateur Le Devoir MUTATIONS QE L\u2019UNIVERS MEDIATIQUE Médias traditionnels ET NOUVEAUX Sous la direction de Normand Baillargeon M éditeur Mont-Royal, 2014, 152 pages ly Gaspard lE DEVOIR ALMARÈS \tDu 9 au 15 juiu 2014\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 Fanette \u2022 Tome 7 Honneur et disgrâce\tSuzanne Aubry/Libre Expression\t1/2 2 La vie sucree de Juiiette Gagnon \u2022 Tome 1\tNathaiie Roy/Libre Expression\t2/4 3 Un voisinage comme ies autres \u2022 Tome 2 Un ete decadent Rosette Laberge/Les Éditeurs reunis\t\t-/I 4 Les années de piomb \u2022 Tome 2 Jours de coiere\tJean-Pierre Chariand/Hurtubise\t3/5 5 Les heritiers du fleuve \u2022 Tome 3 1918-1929\tLouise Trembiay-D\u2019Essiambre/ Guy Saint-Jean 4/10\t 6 Metis Beach\tCiaudine Bourbonnais/Boreai\t6/6 7 Mensonges sur ie Piateau-Mont-Royai \u2022 Tome 2\tMichei David/Hurtubise\t5/12 8 Confessions d\u2019une ceiibataire.incorrigibie\tM.1 J.Normandin/Les Éditeurs reunis\t8/5 9 Ces mains sont faites pour aimer\tPascaie Wiiheimy/Libre Expression\t7/6 10 Mensonges sur ie Piateau-Mont-Royai \u2022 Tome 1\tMichei David/Hurtubise\t10/12 Romans étrangers\t\t 1 Le bien de tes yeux\tMary Higgins Ciark/Aibin Michei\t1/4 2 Centrai Park\tGuiiiaume Musso/XO\t3/11 3 Muchachas \u2022 Tome 3\tKatherine Pancoi/Aibin Michei\t-/I 4 Une autre idee du bonheur\tMarc Levy/Robert Laffont | Versiiio\t2/7 5 Joyiand\tStephen King/Aibin Michei\t4/4 6 L\u2019aiiee du sycomore\tJohn Grisham/Lattes\t5/5 7 Ceux qui tombent\tMichaei Conneiiy/Caimann-Levy\t-/I 8 Aduitere\tPauio Coeiho/Fiammarion\t-/I 9 Te désirer\tJuiie Kenner/Michei Lafon\t-/I 10 La patience du diabie\tMaxime Chattam/Aibin Michei\t-/I Essais québécois\t\t 1 Poing de mire\tNormand Lester/Homme\t1/9 2 Constituer ie Quebec.Pistes de soiution pour une .\tRomeo Bouchard/Ateiier 10\t2/4 3 La revanche des moches\tLea Ciermont-Dion/VLB\t3/10 4 Les racines de ia iiberte\tCoiiectif/Nota bene\t-/I 5 Contes et comptes du prof Lauzon \u2022 Tome 5\tLeo-Paui Lauzon/Michei Brûie\t5/2 6 Paradis fiscaux : ia fiiiere canadienne\tAiain Deneault/Écosociete\t4/16 7 Les champs de bataiiie.Histoire et défis de i\u2019agriculture\t.Romeo Bouchard/Écosociete\t-/I 8 Les Parisiens sont pires que vous ne ie croyez\tLouis-Bernard Robitaiiie/Denoëi\t-/I 9 Derrière i\u2019etat Desmarais : Power\tRobin Phiipot/Baraka\t-/I 10 L\u2019afghanicide\tMartin Forgues/VLB\t10/6 Essais étrangers\t\t 1 Le capitai au XXP siecie\tThomas Piketty/Seuii\t1/6 2 La vérité sur ies medicaments\tMikkei Borch-Jacobsen/Édito\t3/18 3 Piaidoyer pour i\u2019aitmisme.La force de ia bienveiiiance\tMatthieu Ricard/NiL\t4/33 4 La grande vie\tChristian Bobin/Gaiiimard\t2/14 5 Le corps des femmes\tMadeieine Chapsai/Fayard\t-/I 6 Les somnambuies.Été 1914, comment i\u2019Europe .\tChristopher Ciark/Fiammarion\t10/2 7 Construire i\u2019ennemi.Et autres écrits occasionneis\tUmberto Eco/Grasset\t8/3 8 Regarde ies iumieres, mon amour\tAnnie Ernaux/Raconter ia vie|Seuii\t5/6 9 Les Romanov.Une dynastie sous ie regne du sang\tHeiene Carrère d\u2019Encausse/Fayard\t-/I 10 Les personnages de Lucky Luke et ia veritabie histoire\t.Coiiectif/Historia\t-/I La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse BdSfdU sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de Gsspsnl et est constitue des releves de caisse de 260 points de vente La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet SasfarB © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUIN 2014 CULTURE>LIVRES Quand Socrate et Voltaire se ramènent Louis CORNELLIER Si Socrate débarquait au Québec aujourd\u2019hui, il enquiquinerait assurément bon nombre de discoureurs publics avec ses incessantes questions visant à soumettre ses interlocuteurs à l\u2019épreuve de la vérité.Pour donner une idée du réjouissant spectacle auquel une telle éventualité nous permettrait d\u2019assister, Robert Aird, historien de l\u2019humour au Québec, et Yves Trottier, philosophe et auteur de textes d\u2019humour, ont inventé de nouveaux dialogues socratiques adaptés au Québec actuel.Dans Qu\u2019en dis-tu, Socrate ?, ils ont, avec un plaisir contagieux, imaginé Socrate «déboulonnant les arguments souvent spécieux de nos rhéteurs contemporains ».Le résultat, inspiré «très librement du Gorgias de Platon», fait sourire et réfléchir, même s\u2019il ne contient pas vraiment d\u2019arguments nouveaux.En ouverture de programme, Socrate, sur l\u2019agora d\u2019Athènes où les enjeux québécois sont maintenant à l\u2019honneur, rencontre Miltonos, avatar de l\u2019économiste néolibéral Milton Friedman, qui défend les lois du marché et la «main invisible» de l\u2019économie, tout en pourfendant l\u2019intervention étatique.En quelques questions opportunes, Socrate fait ressortir les contradictions de son interlocuteur.«Les puissants, conclut-il, savent qu\u2019ils ne doivent pas mordre la main invisible qui les nourrit et qui, par l\u2019entremise de la législation, organise le marché pour assurer leur prospérité.» Le philosophe, par la suite, croisera le fer argumentatif avec Entrepronos et Ploutocra-tos, qui tentent de justifier les accointançes entre les entreprises et l\u2019Etat; avec Austéritos, qui veut repousser l\u2019âge de la retraite sous de faux prétextes; avec Prohibitos, qui s\u2019acharne à vouloir criminaliser les drogues, malgré l\u2019évidence de l\u2019échec de cette lutte; avec Punitos (avatar du sénateur Boisvenu), qui s\u2019en prend à la clémence du système judiciaire au mépris des conclusions de la recherche scientifique; avec Révisionos, qui veut gommer l\u2019histoire nationale de l\u2019enseignement de cette matière au profit de riiistoire sociale; et avec Ministrempos, qui souhaite augmenter les droits de scolarité au nom du principe de la «juste part», que Socrate récuse en rappelant notamment que l\u2019éducation est un bien collectif.Aird et Trottier, à bon droit, s\u2019amusent et nous amusent, mais les dialogues qu\u2019ils nous offrent ont surtout le mérite d\u2019exposer simplement la faiblesse de certains échafaudages argumentatifs qui s\u2019imposent comme des évidences au Québec.En une dizaine de pages, par exemple, le Socrate fictif des auteurs démolit les raisons invoquées par Alar-gentos pour justifier l\u2019exploitation du gaz et du pétrole de schiste.En vingt pages, il illustre la non-pertinence de la prière identitaire chère à Xénophobite (avatar du maire Jean Tremblay) et la fragilité des arguties juridiques d\u2019Avocados, adversaire d\u2019une laïcité stricte.Le vrai Socrate n\u2019est plus, mais rien n\u2019interdit, suggère ce livre, de réactiver son esprit pour dégonfler les tares de notre époque.Socrate sérieux Le philosophe Daniel Desroches, lui, et ce n\u2019est pas un défaut, n\u2019est pas drôle.Dans La philosophie comme mode de vie, il ne propose pas un retour de Socrate, mais plutôt un retour à Socrate et aux principales écoles de l\u2019Antiquité gréco-romaine : cynisme, scepticisme, épicurisme, stoïcisme et vie contemplative (Platon et Aristote).i SOURCE GÜNTER JOSEE RADIO / CC Adversaire résolu de la théorie cartésienne de l\u2019animal-machine, Voltaire, toujours énergique et clair, évoque la souffrance des animaux, de même que leur potentiel de connaissance et de sentiment.Qu'en dis-tu.Socrate?Convaincu, par sa lecture des textes antiques et de l\u2019œuvre de l\u2019helléniste Pierre Hadot, que la philosophie «ne trouve pas sa source dans un discours savant, érudit ou spécialisé, mais plutôt dans des attitudes existentielles, des pratiques de vie et des genres d\u2019existence », Desroches plaide, avec intelligence et raffine-ment, pour une pratique de la philoso-phie qui change concrètement la vie, qui permet de vivre en cohérence avec soi-même, avec les autres, avec le monde et qui fournit le discours rationnel à même de justifier ce choix.L\u2019approche de Desroches, au fond, s\u2019apparente à celle des Comte-Sponville, Ferry et Qnfray, mais le philosophe québécois, fidèle en cela à un certain discours universitaire qui méprise ces auteurs, récuse cette parenté au nom de la rigueur.11 range même les œuvres de ces philosophes populaires, qu\u2019il ne nomme jamais, dans la catégorie d\u2019une «certaine littérature qui aborde les thèmes de la philosophie».Qr, l\u2019œuvre de Desroches, bien qu\u2019intéressante, voire solide, n\u2019a pas la fluidité, l\u2019élégance et le charisme de celles qu\u2019elle regarde de haut.Elle est affectée d\u2019un luxe de détails qui lui fait perdre en efficacité et en plaisir de lecture ce qu\u2019elle gagne en précision.Elle finit par contredire, par là, sa thèse selon laquelle la philosophie n\u2019est pas qu\u2019une affaire de spécialistes.Voltaire et le végétarisme Voltaire, dont la santé était chancelante, évitait de manger viande et poisson.11 était donc devenu, sur le tard, végétarien.Son œuvre contient d\u2019ailleurs plusieurs passages dans lesquels il défend cette doctrine, non d\u2019abord pour des raisons diététiques, mais principalement pour des raisons anthropologiques, théologiques et morales.Qn doit au Français Renan Larue, chercheur postdoctoral Banting en littérature à l\u2019Université de Montréal, cette redécouverte d\u2019une facette méconnue de l\u2019œuvre du grand écrivain, illustrée par les extraits réunis dans Pensées végétariennes.Adversaire résolu de la théorie cartésienne de l\u2019animal-machine, Voltaire, toujours énergique et clair, évoque la souffrance des animaux, de même que leur potentiel de connaissance et de sentiment.11 qualifie de «sanglante gloutonnerie» et de «boucherie universelle » l\u2019habitude de manger de la viande.Le déiste qu\u2019il est cite même la Genèse pour rappeler que l\u2019alliance avec Dieu inclut les animaux et il ne cesse de faire l\u2019éloge des hindous végétariens.«Il n\u2019y a certainement que l\u2019usage qui puisse diminuer en nous l\u2019horreur naturelle d\u2019égorger un animal que nous avons nourri de nos mains», écrit-il avec des mots qui nous parlent encore.louisco @sympatico.ca QU\u2019EN DIS-TU, SOCRATE?Robert Aird et Yves Trottier VLB Montréal, 2014, 160 pages LA PHILOSOPHIE COMME MODE DE VIE Daniel Desroches Presses de l\u2019Université Laval Québec, 2014, 406 pages PENSÉES VEGETARIENNES Voltaire Edition établie par Renan Larue Mille et une nuits Paris, 2014, 72 pages La Vitrine t^ROUILLARD lean-ûaude Pirotte ROMAN BROUILLARD Jean-Claude Pirotte Cherche midi Paris, 2013, 141 pages Sa mort, survenue le 24 mai dernier, Jean-Claude Pirotte l\u2019avait annoncée depuis quelque temps.1) allait de la poésie au roman sans paraître s\u2019en apercevoir.Ecrire, ce n\u2019est rien : s\u2019écrire soi, c\u2019est une autre paire de manches.C\u2019est sonner à sa propre porte avec l\u2019idée que quelqu\u2019un va nous répondre.Pirotte a publié une quarantaine de livres, chez de petits éditeurs la plupart du temps.11 avait été avocat en Belgique, puis condamné pour avoir aidé un client à s\u2019évader de prison.Plutôt que d\u2019obtempérer, il s\u2019était enfui en France.Une cavale de cinq ans.Le narrateur de Brouillard est un double de Pirotte.Atteint de cancer, il prend sa chimiothérapie pour prétexte à revoir son enfance, son entrée dans l\u2019âge d\u2019homme.Les livres d\u2019auteurs aimés \u2014 Joubert, Dhôtel, Arland \u2014 le soutiennent.Peu lui chaut que la rumeur littéraire les ait oubliés.«J\u2019ai dépassé la septantaine et je n\u2019ai cessé durant toptes ces années de me consacrer à ma disparition », écrit-il.A la rentrée paraîtra chez le même éditeur Portrait craché, dont j\u2019ai pu lire les épreuves non corrigées et qui dit sans ambages une détresse.En venir à cet état d\u2019absence, afin de quoi, donc ?D\u2019accueillir la mort et en quelque sorte de lui faire place nette.Gilles Archambault LIVRE HISTORIQUE 1914-1918 La violence de guerre Stéphane Audoin-Rouzeau Gallimard Paris, 2014, 153 pages La guerre photographiée «au ras du sol», la réalité quotidienne de la guerre à travers l\u2019œil du combattant-photographe, c\u2019est ce que propose l\u2019historien Stéphane Audoin-Rouzeau, qui a réuni les photographies de trois officiers de l\u2019armée française.Henri Pétin, Jean Pochard et Robert Musso ont vu, vécu et documenté la guerre de 1914-1918 malgré l\u2019interdit.Au fil de ces 120 clichés inédits, la violence de la guerre se lit dans les paysages dévastés, sur les corps fatigués et mutilés des combattants, dans l\u2019interminable et angoissante attente des tran- _________ chées, ainsi qu\u2019à l\u2019arrière-front au moment de panser les blessures et de prendre un peu de repos.Loin de l\u2019image officielle de la guerre héroïque, ces archives permettent à ce spécialiste de la Grande Guerre de montrer et de commenter les différentes facettes de l\u2019expérience combattante et, à travers elle, c\u2019est la violence même qui se donne à voir, « violence sans laquelle toute approche du premier conflit mondial constitue une proposition absurde».Renaud Lussier 14-18 CENT ANS APRÈS i(gi 'Dsm, ALBUM JEUNESSE DES POUX PLEIN LA TÊTE David Shannon Traduction française de Josée Leduc Editions Scholastic Toronto, 2014, 32 pages Le quatrième de couverture nous met en garde : «Ce livre vous donnera des démangeaisons.» Il est vrai que ce petit guide de la planète «poux», hilarant dans sa forme éclatée et colorée tout en restant fort instructif sur les moyens de lutter contre ces petites bêtes indésirables, peut provoquer quelques grattements de tête.Les illustrations en très gros plan (et parfois même un peu trop gros plan.) de ces bibittes honteuses feront imaginer le pire aux grands, mais ont un étonnant effet de dédramatisation chez les lecteurs témoins d\u2019âge scolaire et préscolaire qui ont servi de cobayes à cette vitrine.C\u2019est que cette petite plaquette amusante du Californien David Shannon fait comprendre que n\u2019importe qui peut être victime d\u2019une infestation de ces parasites indésirables, mais surtout qu\u2019il existe des moyens efficaces de s\u2019en débarrasser.Voilà donc un bel outil d\u2019éducation qui permet de briser des préjugés persistants et de rigoler un bon coup, même quand on est grand.Amélie Gaudreau Septentrion .QC.CA 2^ ans \u2022 1^88-201^ toujours la référence en histoire au québec DELBUSSO DÉCOUVREZ UN PAYS QUI N\u2019A PAS RNI DE VOUS ÉTONNER! Jacques de Courson et André Joyal Avec la collaboration de Luciana Vargas Netto Oliveira À LA DÉCOUVERTE DU BRÉSIL delbussoediteur.ca \u2022 en librairie \u2022 19,95$ DELBUSSO EDITEUR "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.