Le devoir, 28 juin 2014, Cahier E
[" 11I111III1 L\u2019Expo F Is for Fake réfléchit à la copie et au droit d\u2019auteur Page e 5 Roméo Bouchard, paysan engagé et essayiste militant Page es Culture livres CAHIER E .LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUIN 2014 %.^7- T''î:*r lÆ FESTIVAL INTERNATIONAL DE 5ALZ DE MONTRÉAL .Le souffle Akinmusire I.-1^4.À 32 ans, le trompettiste américa^étonne par son audace et sa maîtrise AUTUMN DEWILDE Les magazines se l\u2019arrachent, les grands du jazz le saluent, critiques et public convergent.En deux albums, Ambrose Akinmusire a déjà imposé sa manière et ses audaces.Et ce n\u2019est que le début.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Ambrose Akinmusire aime les titres longs, comme un Dany Laferrière, mais en version musique, et jazz.Il y a d\u2019abord eu When the Heart Emerges Glistening en 2011.Puis The Imagined Savior Is Far Easier to Paint ce printemps.Tout aussi poétique que nébuleux.Qu\u2019a donc voulu exprimer le trompettiste de l\u2019heure du jazz en coiffant ainsi son dernier disque?Mystère.La National Public Radio (NPR) américaine lui a posé la question, le magazine Downbeat aussi.Et la réponse veut qu\u2019Akinmusire ait essayé une cinquantaine de titres avant de choisir celui-là, mais qu\u2019il ne souhaite pas fournir d\u2019explications sur le sens profond de l\u2019expression : à chacun d\u2019y voir ce qu\u2019il désire à partir des impressions laissées par la musique, suggère-t-il.Il indiquera tout de même qu\u2019il en va du fait qu\u2019il aime créer de la musique comme d\u2019autres peignent: en superposant les couches plutôt qu\u2019en opérant de gauche à droite, dans le sens de la portée.Cinquante titres, c\u2019est à la mesure d\u2019un album aussi audacieux qu\u2019ambitieux, complexe et fluide.En 79 minutes \u2014 la longueur maximale que permet le format CD \u2014, Ambrose Akinmusire déploie une créativité exceptionnelle qui confirme qu\u2019il représente déjà une voix incontournable du jazz moderne.Le souffle Akinmusire prend de l\u2019allant.Son ex-professeur Terence Blanchard l\u2019a d\u2019ailleurs couvert d\u2019éloges lorsque Le Devoir lui a demandé de parler d\u2019Akinmusire.«Oh, man.Je suis tellement fier de lui, s\u2019exclame le grand trompettiste afro-américain.C\u2019est incroyable de voir la croissance qu\u2019il a eue depuis son passage à l\u2019Institut Monk.Il a toujours été terriblement doué.Il a toujours eu sa propre identité musicale \u2014 ça n\u2019a jamais été un enjeu.Mais son jeu s\u2019est développé à un tel niveau.Et quand je le vois avec son groupe, je m\u2019aperçois qu\u2019il a tout assimilé: ce que ça prend pour être un leader, ce que ça prend pour captiver le public, faire en sorte que les gens aient envie de le voir et de l\u2019entendre, et qu\u2019ils sortent impressionnés quand ils le font.Et il le fait à sa manière, avec son propre son, sa propre étoile.» Au bout du fil.Blanchard prend une pause.Avant de conclure sur un constat plein de promesses : «Il est si jeune, en plus.» Trente-deux ans, précisément.Dans l\u2019édition d\u2019avril de Downbeat, qui consacrait sa une au trompettiste, le pianiste Jason Moran \u2014 un des plus respectés et des plus célébrés VOIR PAGE E 2 : AKINMUSIRE Il n\u2019y aurait rien à voir Poste scriptum, ce sont huit cartes postales vintages envoyées à autant d\u2019auteurs estimés du Devoir pour les inspirer.C\u2019est aussi une carte blanche littéraire où chacun composera tour à tour une microfiction de style libre, insufflée par l\u2019image ou le texte, la provenance ou la calligraphie, le timbre ou le cachet d\u2019oblitération, selon le bon gré de l\u2019écrivain.Mathieu Arsenault lance cette série estivale : auteur d\u2019Album de finissants et de Vu d'ici (Triptyque, 2004 et 2008), aussi adaptés au théâtre, il vient de signer La vie littéraire (Quartanier).Il est critique, chroniqueur à la revue Uberté, fondateur des prix underground de l\u2019Académie de la vie littéraire, créateur et vendeur de tee-shirts littéraires.POSTE SCRIPTUM MATHIEU ARSENAULT Il y eut un temps où le touriste s\u2019intéressait à l\u2019habitant.Il cherchait à retrouver une sorte d\u2019authenticité perdue, une vérité de l\u2019homme hors de l\u2019aliénation provoquée par la production capitaliste.Il ne l\u2019a jamais trouvée.Parce que cette authenticité n\u2019a jamais existé.L\u2019habitant des campagnes perdait autant sa vie que l\u2019homme de la ville à produire des biens vendus à perte et son authenticité n\u2019a jamais été qu\u2019une pauvreté travestie en simplicité par la naïveté du touriste.Il n\u2019y avait rien à voir.Aujourd\u2019hui le tourisme, s\u2019il met encore les vacanciers en contact avec les gens de la campagne, il ne le donne plus à voir lui-même.Le tourisme cherche plutôt à faire dire aux habitants de la campagne comment la nature est belle et paisi- ble, comment le temps passe plus lentement quand on contemple le paysage.Le touriste regarde le fleuve, regarde la mer, regarde la chute, regarde les autruches à la ferme d\u2019autruches, regarde le sentier; le touriste sent l\u2019épinette, sent l\u2019air salin, sent la terre après l\u2019averse; le touriste goûte le fromage d\u2019ici, goûte l\u2019agneau d\u2019appellation contrôlée, goûte la crevette ; le touriste touche l\u2019écorce, touche le sable.Tous ses sens sont tendus, mais il n\u2019y a rien à sentir.Ou plutôt: il n\u2019y a que le vide à sentir, un environnement vide d\u2019économie et de finance, vierge de rapports de pouvoir et des obligations qu\u2019il vient de quitter pour partir en vacances.Un environnement qui remplit les sens mais qui ne permet pas de sentir les autres, les habitants.Car avant même que le touriste n\u2019arrive, tout était déjà joué.Les gens de la campagne qu\u2019il va rencontrer avaient déjà mis leur sourire et répété leur small talk sur la paix intérieure et le bonheur de vivre dans le paysage qu\u2019ils invitent à découvrir.Une bonne part de leur existence est certes liée à ce paysage, mais ce paysage est en marge du pouvoir économique et politique.Ce paysage perd tout le temps.On vient l\u2019exploiter de toutes les manières et on ne laisse que des miettes en repartant.Il n\u2019y a rien à voir.Il faudrait retourner le tourisme sur lui-même, ne plus aller sentir le vide.Il ne faudrait jamais partir, mais quitter quand même l\u2019économie, les rapports de pouvoir, les obligations qui rendent impossible le sentiment d\u2019exister.Il faudrait trouver en soi le paysage et son habitant.Ils n\u2019auraient rien d\u2019authentique.Nous n\u2019aurions rien d\u2019authentique.Nous essayerions tant bien que mal de tempérer notre quatre et demie suintant en ouvrant PEDRO RUIZ LE DEVOIR les fenêtres la nuit et en les refermant le jour.Le glaçon casserait dans la tasse de café et les rideaux resteraient fermés toute la journée.Nous nous endormirions tous les matins sur des reprises de big bang theory en streaming sur le laptop avec une débarbouillette humide sur les pieds et nos tiroirs seraient pleins de petits bonshommes qui boudent en pljrwood et des VOIR PAGE E 4 : SCRIPTUM E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 29 JUIN 2014 CULTURE) JAZZ Le batteur du monde ?Ginger Baker.SERGE TRUEEAUT Amis lecteurs et lectrices, on vous le dit d\u2019emblée : il faudrait être un tantinet masochiste pour accepter une entrevue avec Ginger Baker, qui est pourtant le batteur des grandeurs.On nous aurait proposé un entretien par Tintermé-diaire du téléphone, un entretien donc lointain, si Ton peut dire, qu\u2019on aurait dit niet et non non ! Et ce pour signifier une hantise.Voire une peur.De-que-cé ?Avec lui, il faut se méfier des mots.Ginger Baker, né le 19 août dans le sud de Londres dans une famille d\u2019origine écossaise, Baker le champion cycliste de sa jeunesse, donc destiné au dopage, est l\u2019illustration sur pieds de la maxime oulipienne suivante: «Ce n\u2019est pas la faute des mots si certains d\u2019entre eux sont gros.» Prenons le mot «rock», voire les mots «hard rock».On croit, à tort d\u2019ailleurs, que le «Zeppelin laid» ou le «Pourpre profond », dit Deep Purple, en sont les précurseurs.Ce n\u2019est pas le cas puisque l\u2019histoire, la plus chiffrée qui soit, nous précise que Cream, avec Baker, Jack Bruce à la basse et Eric Clapton à la guitare, est né avant les susnommés.Et alors ?La crème de la crème avait conjugué la musique avec la puissance, la force, parfois très brute, avant Jimmy Page et ses chérubins, avant Jon Lord et ses gamins.Cela dit, allez dire maintenant que Baker fut le premier batteur hard rock et vous êtes certain de recevoir un coup de poing, genre uppercut, comme disent les jeunes, à travers le téléphone, aussi cellulaire soit-il.Et une fois le coup envoyé, le vieux schnock, qu\u2019on aime beaucoup, martèlera, on le sait Ginger Baker cherche à faire l\u2019alchimie de toutes les aventures sonores du siècle dernier.SASA HUZJAK fort bien, qu\u2019il n\u2019a jamais été un batteur de rock et toujours été un batteur de jazz.Sa grande affaire, sa grande passion.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cela, ce jazz vénéré, qu\u2019aujourd\u2019hui on est très content pour lui.Car aujourd\u2019hui il est à la tête d\u2019un combo à son image, à son parcours.Soit le Ginger Baker Jazz Confusion, avec le saxophoniste Pee Wee Ellis, ex-ac-compagnateur de James Brown dans les années 60, c\u2019est dire sa grande expérience, Abass Dodoo, percussionniste africain, et le vétéran de la scène jazz britannique Alee Dankworth, que Baker considère comme le meilleur contrebassiste qui soit, ce qui se discute, bien évidemment.On sait que Baker fut le rythme de Cream, de Blind Eaith, d\u2019Air Eorce, de Hawk-wind, de Baker Gurvitz Army, de Public Image et d\u2019Atomic Rooster.On sait qu\u2019il a côtoyé, bien avant que le vocable «musique du monde » soit courant, les artistes africains de la trempe de Eela Kuti.On sait qu\u2019il a eu des rendez-vous jaz-zés avec Charlie Haden et Bill Erisell.Mais voilà, aucune de ces aventures ne fait autant écho qu\u2019à celle essentielle qui précéda Cream.On pense à la Graham Bond Organization, avec Graham à l\u2019orgue, John McLaughlin à la guitare (!), Jack Bruce à la basse et Dick Heck-stall-Smith au saxophone.Bref, l\u2019organisation en question était celle des gros canons.A preuve.l\u2019album The Sound of 65 qui nettoya nos neurones avant l\u2019heure.Toujours est-il qu\u2019avec son Jazz Confusion, qu\u2019on pourra entendre le 30 juin à Place des Arts, on a le sentiment qu\u2019il a voulu composer une suite à l\u2019esprit qui prévalut à l\u2019époque de l\u2019Organization.Plus précisément, Baker a voulu et veut encore et toujours placer le jazz au cœur de son entreprise musicale et lui greffer ici et là des palettes sonores d\u2019origines diverses.Comme s\u2019il cherchait à faire l\u2019alchimie de toutes les aventures sonores du siècle dernier.Pour dire les choses autrement.Ginger Baker est le batteur du monde comme il y a des hommes du monde.Ave ! Le Devoir présente I drA7.7.DE MONTREAL LE FESTIVAL EST COMMENCE ET SE rtURSUIT JUSQU'AU ( JUILLET StYEZ lE LA FÊTE! n collaboration a RioTintoAlcan -4# \"(A\t^ LE RENDEZ VOUS LOTO-QUEBEC LE GRAND ÉVÉNEMENT ESI en collaboration avec (((SMWXIHI)) RioTïntoAlcan n collaboration avec SONY DIMANCHE 6 JUIÜET \\21 DIMANCHE 29 JUIN^* 211130 SCÈNE ESI PLACE DES FESTIVALS angle Jeanne-Mance et De Maisonneuve H piace-des-Arts EVENEMENTS SPECIAUX ESI SALLE WILFRID-PELLETIER, PUA .19 h 30 dimanche billets en vente billetterie LES GRANDS CONCERTS PINÏMARTrNl DREAM A LITTLE DREAM aveclinyité-spécial the yon trapps DIMANCHE 29 JUIN *1511 et 20 h ICI ^ musioue ^ | cKmustaca 98/5 g ifTMirmîfîL.TONY BENNEn MARDIS' JUILLET THÉÂTRE MAISONNEUVE, PUA .20 h DIMANCHE 29 JUIN avec PEE WEE ELLIS, '\tç ALEC DANKWORTH et ABASS D0D0p>^; , LUNDI 30 JUIN BLANCHARDlouJNiTiBiTMaP.tW DE MONH^MT^^/ TERENCE BLANCHARdIM^I^ ^ ^ .et ses musiciens JEUDIS JUILLET *1911 * BILLETTERIE PLACE DES ARTS ET MAISON SYMPHONIQUE DE MONTREAL 514 84Z-Z11Z * 1 866842-2112 placedesapts.coiii MQNTREALJAZZfEST.CIM CBC Radio-Canada Heineken 514 871-1881 1 85jazzfest Canada Montréal TOURISME\t^ ^ D O Montréal\tQuébeC a a AHNMUSIRE SUITE DE LA PAGE E 1 de la profession \u2014 défilait lui aussi les bons mots pour raconter Akinmusire.«Ambrose a vraiment trouvé sa sonorité, sa voix, son rythme, comme un artiste qui trouve le bon matériau pour son travail, que ce soit un film, une toile ou du bois.Ambrose a le bon groupe, le bon répertoire et la bonne attitude.Il a des idées sur les textures, l\u2019instrumentation, le langage.» Composer Révélé en 2007 lorsqu\u2019il a remporté le Thelonious Monk International Jazz Competition, Akinmusire a rapidement attiré l\u2019attention de ses pairs.Steve Coleman (bien avant tout le monde), Vijay lyer, Aaron Parks, Esperanza Spalding et Moran l\u2019ont tous embauché.Un contrat avec le prestigieux label Bine Note a suivi.Et ses deux disques sur cette étiquette ont été largement salués, le New York Times classant le premier au sommet de son palmarès annuel 2011.Techniquement parlant, Ambrose Akinmusire peut faire ce qu\u2019il veut avec une trompette.Mais à la virtuosité, il préfère de loin la profondeur d\u2019une composition soutenue \u2014 son dernier album est une somme en la matière, avec des chansons aux thèmes sociaux, des segments de musique de chambre, du jazz de haute voltige, des éléments de culture hip-hop.Comme Moran ou Robert Glasper, Akinmusire envisage pour le jazz un nouveau paradigme, au confluent de plusieurs modes d\u2019expression artistiques.Et son écriture révèle un artiste au sens large.Sus à Tego «Le monde ne manque pas de grands solistes, disait Akinmusire au magazine Jazz News en mai.En tant que musicien afro-américain, je considère que l\u2019art de la composition s\u2019est perdu parmi nous.De nos jours, tout est centré sur l\u2019individu, sa ca- pacité à prendre de super solos.Mais au bout du compte, ce n\u2019est pas le plus difficile.» Le plus difficile serait plutôt de traduire dans un contexte musical cohérent les émotions, les messages, les intentions avec lesquels jongle le trompettiste au moment d\u2019écrire.Ses pièces se construisent généralement.par le titre.Akinmusire rédige ensuite quelques versions de l\u2019histoire qu\u2019il a en tête \u2014 comme ce personnage dont il parle sur The Imagined Savior, un itinérant de son quartier qui a réussi à amasser 250$ pour le donner à l\u2019église qui le nourrit chaque jour, ou comme ces victimes noires de bavures policières.C\u2019est seulement après qu\u2019il traduit musicalement, par une mélodie, une série d\u2019accords, une atmosphère, une couleur.A travers ce processus, Akinmusire dit respecter un principe cher au légendaire saxophoniste Wayne Shorter.«Une composition n\u2019est jamais terminée, c\u2019est quelque chose de vivant.» Dont acte, chaque concert donnant une nouvelle vie aux compos.«La puissance de l\u2019art, c\u2019est le pouvoir de changer les gens, expliquait le trompettiste à Downbeat.Faire un solo qui tue, ça ne change rien à personne.C\u2019est juste bon pour l\u2019ego.» Or lui veut surtout «éviter l\u2019indifférence».Plutôt déranger, remettre en question.Et jusqu\u2019ici, ses rafales laissent peu de sceptiques derrière.Le Devoir Au Festival international de jazz de Montréal, le 29 juin avec Bill Frisell, le 30 juin avec son quintet, le T^ juillet avec Tigran DVoir > Le making of du dernier disque d\u2019Ambrose Akinmusire ledevoir.com/musique h / AUTUMN DE WILDE « Une composition n\u2019est jamais terminée, c\u2019est quelque chose de vivant», estime Ambrose Akinmusire.Tigran Hamasyan: le trésor arménien Ce jeune claviériste d\u2019origine arménienne fait déjà l\u2019objet d\u2019une consécration dans le milieu, même que le percussionniste Trilok Gurtu a dit de lui qu\u2019il jouait le piano comme un raga et qu\u2019il était le prochain Keith Jarrett.Virtuose du piano, Tigran Hamasyan maîtrise également wur-litzer, fender rhodes, clavecin et glockenspiel, en plus d\u2019utiliser une panoplie d\u2019effets électroniques.Entre jazz, musique traditionnelle arménienne, métal et musique épurée, il varie constamment les projets.A son concert avec Ambrose Akinmusire, le EIJM lui en ajoute deux autres : d\u2019abord un duo de pianistes avec Brad Mehldau, avec qui il partage éclectisme et intensité, puis le concert en quintette de Shadow Theatre, son plus récent album, dans lequel il explore davantage son héritage arménien.Yves Bernard Dans le cadre de la série Invitation au Gesù à 18 h, le T\"' juillet avec Ambrose Akinmusire, le 2 juillet avec Brad Mehldau, le 3 juillet en quintette pour le concert Shadow Theater LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUIN 2014 E 3 CULTURE>ARTS DE LA SCENE Intersection : chajssésHîroisés pour huit doigts entremêlés Les 7 doigts de la main saluent les cinq ans de Montréal complètement cirque ISABELLE PARE C> est aux 7 doigts de la main que revient l\u2019honneur d\u2019ar-roser les cinq ans de Montréal complètement cirque, en ouvrant le festival avec un spectacle tricoté sur mesure pour l\u2019antre qu\u2019est la Tohu.Ce rendez-vous inopiné permettra au public de se mouiller aux circas-siens dans la salle circulaire en mettant le pied dans une arène immersive et interactive, portant la marque indélébile de ce collectif hautement créatif.L\u2019ovni s\u2019intitule Intersection.Un écho à la scénographie unique, qui scindera en quatre la piste, laissant le public accéder à la scène par quatre accès différents se faisant face.Intersection aussi pour les chassés-croisés qui feront se rencontrer sur cette piste en croix les chemins de huit personnages aux destins improbables.Intersection pour le croisement des cultures, des continents et du temps.Intersection, enfin, pour le mélange des arts du cirque, du théâtre et de l\u2019installation performative qui se télescoperont le temps de cette rencontre.Ce saut dans le cirque immer-sif marque un certain retour aux sources pour Les 7 doigts de la main qui, lors de leur première création.Loft, avaient invité le public à percer leur univers intime en entrant en salle par la porte de leur réfrigérateur! Cette fois, l\u2019incursion intimiste sera multiple.«Oui, c\u2019est un clin d\u2019œil à ce premier spectacle.Mais dans Intersection, c\u2019est multiplié par dix!», assure Samuel Tétreault, metteur en scène de ce dernier spectacle avec Gypsy Snider et cofondateur des 7 doigts de la main.Cette idée de cirque immer-sif s\u2019inspire du concept développé par Les 7 doigts pour la création Queen of the Night présentée l\u2019hiver dernier dans la Grosse Pomme au Paramount Hotel, à l\u2019invitation de Rendy Weiner, producteur du mégasuccès de théâtre déambulatoire Sleep No More.Avec cette création décadente, mêlant sensations fortes et menus gargantuesques, livrée devant 230 convives attablés.a L\u2019idée n\u2019est surtout pas d\u2019intimider le public.Les gens ne seront pas pris à partie, ils seront seulement des visiteurs, des figurants déambulant dans ces lieux en évolution.yy Samuel Tétreault, co-metteur en scène Les 7 doigts, déjà acclamés lors de la présentation de Traces à l\u2019Union Square, se sont à nouveau attiré les éloges de la critique new-yorkaise.« On s\u2019est inspirés de cette expérience pour transformer le rapport des spectateurs avec le lieu et les artistes.Les spectateurs accéderont à la salle par quatre entrées et vivront des expériences différentes à l\u2019occasion d\u2019un déambulatoire où le public fera la rencontre de divers personnages et sera témoin de différentes scènes, des vignettes qui rappellent des installations», explique le metteur en scène.Spectacle à menu variable Selon l\u2019entrée choisie, le public se retrouvera ainsi pendant les 30 premières minutes plongé au cœur d\u2019un bar-garage \u2014 bière en sus.\u2014, d\u2019un garde-robe placardé de miroirs incongrus, d\u2019une cuisine ou d\u2019un grenier, lieux de prédilection de personnages bien typés.Performances de cirque, musique et odeurs s\u2019intercaleront durant cette entrée en matière, avant que les spectateurs ne soient invités à regagner leurs sièges pour le reste de la représentation.Jusqu\u2019où ira la part du spectateur dans ce cirque-contact?«L\u2019idée n\u2019est surtout pas d\u2019intimider le public.Les gens ne seront pas pris à partie, ils seront seulement des visiteurs, des figurants déambulant dans ces lieux en évolution», insiste Samuel Tétreault.Acteurs forcés, sûrement pas.Mais voyeurs, oui.Le public sera notamment catapulté dans le spleen de Charlotte Chevalier, Française délaissée par son mari, dans le quotidien d\u2019un ex-mannequin en mal de public et dans celui d\u2019un collectionneur compulsif.Autant de personnages en quête d\u2019eux-mêmes qui formeront la trame de ce spectacle à géométrie variable, à « faire soi-même » en partie, où les actions simultanées, menées en parallèle, connaîtront un aboutissement commun.« Un genre de Short Cuts [le film phare de Robert Altman] version cirque», dit le metteur en scène.La création sera très peu bavarde, au contraire du Murmure du coquelicot, la prestation de cirque-théâtre des 7 doigts qui avait obtenu un succès mitigé au Théâtre du Nouveau Monde l\u2019automne dernier.Au rayon acrobatique, on a développé des performances «extrêmes», notamment des numéros de cerceau aérien, d\u2019équilibre, d\u2019anneaux et de mâts chinois livrés sur des appareils acrobatiques inventés à partir d\u2019objets récupérés.D\u2019ailleurs, toute cette création, réalisée en à peine 25 jours, porte l\u2019étiquette « Certifiée développement durable».«Les costumes et accessoires ont été donnés par le Village des valeurs et les décors ont été récupérés de nos productions précédentes, précise le metteur en scène.La beauté de ce projet, ce sont les contorsions réalisées pour y arriver en si peu de temps.Le surplus d\u2019imagination a fait le reste » Le Devoir INTERSECTION Les 7 doigts de la main A la Tohu, du 2 au 13 juillet ¦A- ¦t ?MARION BERLIN Intersection est un mélange des arts du cirque, du théâtre et de l\u2019installation performative qui se télescoperont le temps de cette rencontre.Au pays de Fenfant-roi MARIE LABRECQUE Il a beau avoir dirigé ses deux derniers spectacles, le comédien Charles Dauphinais admet qu\u2019il n\u2019aurait lui-même jamais pu jouer pour le Théâtre La Roulotte.Même s\u2019il a donné sa chance à des générations de jeunes talents, le traditionnel spectacle ambulant en plein air ne serait pas pour tout le monde.Comme toujours recrutés parmi les finissants des écoles de théâtre, ses interprètes doivent être capables de monter et démonter la scène \u2014 une opération plus longue que le show \u2014 et d\u2019interagir avec les petits spectateurs.Tout ça dans la canicule, et avec le sourire, merci.C\u2019est ce que le metteur en scène nomme « l\u2019énergie Roulotte ».En montant Hansel et Gretel l\u2019an dernier, Charles Dauphinais a aussi appris les codes de la troupe itinérante.Un niveau de jeu imposé par les représentations dans les parcs montréalais, exposées à de multiples bruits et distractions: «C\u2019est un jeu très généreux, typé.Il faut amener les acteurs à ce style d\u2019interprétation qu\u2019ils explorent très peu dans les écoles.Un jeu qui est entre le théâtre jeune public très allumé et l\u2019animation, qui commande une énergie constamment débordante.Il faut absolument aller chercher le public.Avec la précision physique, le focus des regards \u2014 sans éclairages, il faut savoir diriger l\u2019attention du spectateur \u2014, des émotions franches.Et mon travail, c\u2019est de faire en sorte que le showsoù toujours vivant, en action, avec des surprises pour faire avancer le récit, soit des accessoires, des chansons, des marionnettes.» Sur le plan narratif, son adaptation prend énormément de libertés avec le conte choisi, cette fois Jack et le haricot magique.«Je trouvais la morale un peu ambiguë, Tac- U mmi Th-é?\" \\bùlaiit PEDRO RUIZ LE DEVOIR Charles Dauphinais adapte et met en scène Jack et le haricot magique au théâtre La Roulotte.tion répétitive.Je suis donc presque reparti à zéro, en gardant les éléments essentiels.» 11 désirait aussi rendre les personnages plus contemporains, afin de tendre aux jeunes spectateurs, dont c\u2019est souvent la première expérience théâtrale, un miroir où ils peuvent se reconnaître d\u2019emblée.Le petit ogre Lors de son voyage au sommet du haricot géant, Jack découvre un peuple de créatures lilliputiennes qui frémissent sous le joug d\u2019un ogre, un despote qui leur impose une façon de vivre, les dépouille de leurs richesses et va jusqu\u2019à les dévorer.La population poussera le bon Jack à devenir le héros qui pourrait l\u2019affranchir du roi-tyran.Une variation sur David contre Goliath?«Je trouvais intéressant de parler de ce thème universel du petit contre le grand, après tout ce qu\u2019on a vécu récemment, avec le printemps érable.Cette espèce de force collective que les petits peuvent avoir face à un pouvoir quelconque.» Et puisqu\u2019on fait référence à ces jeunes générations qu\u2019on a qualifiées de gâtées \u2014 lui-même est un Y \u2014 Charles Dauphinais a justement fait de l\u2019ogre un enfant.Un enfant-roi.La pièce orchestre une confrontation entre ce personnage égocentrique et le candide Jack, qui va les faire évoluer tous les deux.«Ce n\u2019est pas tout blanc ou tout noir.Chacun a quelque chose à apprendre de l\u2019autre.La liberté d\u2019expression, l\u2019aisance de l\u2019ogre vont influencer Jack.Et le côté très bon enfant, généreux de celui-ci va déteindre sur l\u2019ogre.C\u2019est une rencontre entre ces deux pôles de l\u2019enfance.On peut y voir plusieurs symboliques.» Qu\u2019il monte la satire municipale Sorel-Tracy ou une pièce jeune public, le metteur en scène juge important que ses spectacles possèdent une portée sociale et/ou politique.«Il ne s\u2019agit pas nécessairement de donner mon avis, mais d\u2019au moins poser des questions.En riant, si possible.L\u2019an dernier, c\u2019était important pour moi de parler de surcon- sommation et de malbouffe à travers Hansel et Gretel, et ç\u2019a bien passé.En fait, je pense que c\u2019est nécessaire que ça se fasse aussi à La Roulotte.» Sans trop mettre l\u2019accent là-dessus, le créateur espère transmettre des valeurs, «universelles au conte», de courage, d\u2019honnêteté et de détermination à travers ce récit initiatique.«Et surtout faire comprendre que ce n\u2019est pas parce qu\u2019on vient d\u2019un milieu modeste et qu\u2019on vit dans une situation précaire qu\u2019on ne peut pas atteindre les plus hauts sommets.» Collaboratrice Le Devoir JACK ET LE HARICOT MAGIQUE Adaptation : Charles Dauphinais et Elisabeth Sirois.Mise en scène: Charles Dauphinais.Avec Marianne Dansereau, Cuillaume Cauthier, Mathieu Richard, André-Luc Tessier et Tatiana Zinga Botao.Du 2 juillet jusqu\u2019au 24 août, www.accesculture.corn LA MUSIQUE DES GRANDS ESPACES Hydro\ti\t.- a, .Québec SAMEDI 5 JUILLET 20 H LES GRANDS RENDEZ-VOUS Pavel SteidI, guitare Œuvres de PAGANINI, LEGNANI, FERRANTI, OBROVSKÂ, JANÂCEK, BACH et STEIDL LES BRUNCHES-MUSIQUE Tous les dimanches de l'été! Du 8 juin au 31 août 10 h 30 à 12 h : L' service 12 h 30 à 14 h ; 2'\u2019 service CASINO Détails sur domaineforget.com 1^1 418.452.3535 I 1 888.DFORGET (336.7438) Suivez-nous sur 0000\tQuébeCna Canadian Heritage E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUIN 2014 CULTURE>MÜSIQÜE Le Philharmonique de Berlin, éditeur de disques ! CHRISTOPHE HUSS Après avoir créé le Digital Concert Hall, qui retransmet ses concerts partout dans le monde via Internet, le Philharmonique de Berlin publie ses premiers disques sur sa propre étiquette.Berliner Philharmoniker Recordings : voilà donc le nouvel éditeur du marché du disque.On s\u2019était douté qu\u2019un changement se tramait en remarquant l\u2019absence du tandem Berlin-Rat-tle dans la liste des artistes Warner Classics après la reprise par Warner du catalogue EMl.Le Philharmonique de Berlin arrive avec sa première parution : les symphonies de Schumann sous la direction de Simon Rattle.Si vous venez d\u2019acheter les mêmes oeuvres par Yannick Nézet-Séguin et l\u2019Orchestre de chambre d\u2019Europe, rien à regretter, car, outre le fait que Rattle dirige la version 1841 de la 4\u201c Symphonie et Nézet-Séguin la version finale, ce n\u2019est pas du tout la même approche musicale.La direction robuste et exaltée du chef québécois s\u2019oppose en tout à la manière Rattle, plus paisible, plus maniérée, qui, ici et là, vient sculpter tel ou tel détail ou ralentir pour mieux accélérer.Rien de surprenant: cela fait trente ans que Rattle fait de la musique comme cela, suscitant l\u2019admiration de beaucoup, ébahis d\u2019entendre tant de choses inouïes.qui, la plupart du temps, ne se trouvent même pas dans la partition.Rattle a ses adeptes.Nous n\u2019en sommes pas, mais ceux qui apprécient le « système » en auront pour leur argent.Même Schumann réincarné découvrirait des choses en écoutant ces deux disques ! Un produit qui se distingue Plus que l\u2019interprétation (dans le genre Schumann «super-romantique», nous préférons Daniel Barenboim avec la Staatskapelle Berlin), c\u2019est le produit lui-même qui se distingue : un coffret épais, tout .en largeur, .couverture en tissu, manière «beaux livres», papier riche pour une prose explicative en anglais et en allemand.La présentation et le format marginalisent d\u2019emblée le produit, qui ne rentre pas dans une étagère de CD.Autre espace de rangement, autre univers, autre public?Pour entériner le fait que l\u2019on n\u2019achète pas ici «les symphonies de Schumann par Simon Rattle» mais surtout un bel objet de valeur, s\u2019ajoutent des bonus technologiques : un disque Blu-ray audio et vidéo, contenant, en stéréo et en multicanal, les enregistrements en standard 24bit/96kHz.Cerise sur le gâteau: un code pour télécharger les fichiers en qualité Studio Master (24/96) et une semaine de concerts gratuits du Digital Concert Hall.Le pari du luxe absolu dans un marché en déclin qui brade son patrimoine et n\u2019accorde que peu d\u2019espace aux standards audio élevés face à la praticité du MP3 sera-t-il viable ?L\u2019aventure des Berliner Philharmoniker Recordings sera fascinante à observer.'-4 A Le Devoir S i HERBIE KNOTT\tJEAN-BAPTISTE MILLOT Christian Blackshaw jouera les Sonates K.333, Till Fellner interprétera quatre préludes et fugue du Livre II du Clavier bien tempéré de Bach.498a, 576 et 533/494 de Mozart Festival Orford : le grand été des pianistes CHRISTOPHE HUSS Le Pestival du Centre d\u2019arts Orford débute ce samedi, par un concert affichant les comédiens Sophie Cadieux et Christian Bégin qui réciteront du Songe d\u2019une nuit d\u2019été de Shakespeare sur une musique de Mendelssohn.Une édition 2014 qui se distingue par la venue de pianistes de haut calibre.Le rendez-vous inattendu de ce samedi 28 juin s\u2019inscrit dans le cadre des hommages à Shakespeare, à l\u2019occasion de son 450® anniversaire de naissance.L\u2019environnement musical est pourtant inattendu, puisque les extraits du Songe d\u2019une nuit d\u2019été associant Cadieux et Bégin sont partie intégrante d\u2019une première partie de concert lors de laquelle le Quatuor Alcan interprétera aussi le Quatuor opus 18, n\" 3 de Beethoven.Pour son 25® anniversaire, le quatuor saguenéen prépare l\u2019enregistrement de l\u2019intégrale des quatuors de Beethoven, qui paraîtra sur étiquette Atma.Changement de ton et de style après la pause, avec un concert de musique klezmer par l\u2019ensemble Kleztory.Jean-Prançois Rivest, directeur artistique du Centre d\u2019arts Orford, est un grand amateur de mélange des genres et des disciplines.11 avait fait du Centre d\u2019arts, ces dernières années, un grand carrefour culturel, dans l\u2019optique d\u2019ouvrir des perspectives aux jeunes musiciens stagiaires et au public.Cette politique de programmation de conférences et de projections de fdms, notamment, est quelque peu mise en veilleuse cette saison.Jean-Prançois Rivest, interrogé par Le Devoir, dit avoir surtout déplacé ces activités au printemps et à l\u2019automne, mais avoue que ce n\u2019est pas facile de trouver un public nombreux.«Même si j\u2019y crois sur le plan artistique, lorsqu\u2019une présentation de ciné-club réunit 15 ou 20 personnes il faut adapter l\u2019offre à la demande et ne pas s\u2019entêter.Nous avons organisé ce printemps une série de six conférences et présentations culturelles, dont des visites (i\u2019Opéramania à Sherbrooke, pour présenter par avance les opéras Co-présentée par Sony et ICI musioue 30 MAI AU 13 OCTOBRE 2014 en collaboration avec 0 «(une) flamboyante expérience sensorielle» É.P.Émond, Le Devoir «Un choix impeccable pour l\u2019été.À voir et surtout à entendre» M.Boissonnault, Radio-Canada admission division de tkketn Î-855-790-Î245 admission.com MUSIQUE LE QUEBEC DE CHARLEBOIS À ARCADE FIRE MUSEE-MCCORD.QC.CA/MUSIQUE 690, RUE SHERBROOKE OUEST, MÉTRO McGILL OUVERT LE 30 JUIN ET LE W JUILLET diffusés par le Metropolitan Opera.Serge Bouchard ou Nathalie Bondil sont revenus l\u2019automne dernier pour des conférences.» L\u2019été ne semble pas la période optimale pour cela.Les pianistes Au cœur de la programmation du festival se niche une série de cinq concerts de piano.Deux affichent des musiciens d\u2019ici : l\u2019ensemble Orford Six Pianos, qui se reconstitue tous les étés, qui présentera le 5 juillet des adaptations d\u2019œuvres orchestrales russes, ainsi que Ser-hiy Salov, auréolé de son récent prix d\u2019improvisation, qui s\u2019attachera, le 8 août, à dompter Betrouchka de Stravinski et La valse de Ravel.Entre ces deux concerts, trois visites fort précieuses.Le vendredi 11 juillet, Marc-André Hamelin viendra jouer les Sonates D.664 et 960 de Schubert, deux monuments, avant de se consacrer au répertoire de musique de chambre le lendemain.Samedi 2 août.Till Lellner, apôtre de la délicatesse musicale et partenaire de Kent Nagano dans les concertos de Beethoven, interprétera quatre préludes et fugue du Livre II du Clavier bien tempéré de Bach, ce qui annonce enfin le second volume discographique, complément à un fabuleux Livre I publié il y a quelques années.Lellner proposera également une sonate de Haydn et les Davidsbündlertànze de Schumann.La venue qui nous est évidemment la plus chère est celle de Christian Blackshaw, le 26 juillet.«L\u2019un des plus grands pianistes de notre temps est-il un illustre inconnu ?», se demandait Le Devoir il y a six mois, en présentant ce pianiste anglais désormais âgé de 65 ans.L\u2019article et l\u2019éloge ne sont pas passés inaperçus: Jean-Lrançois Rivest a été le premier à décrocher son téléphone.«J\u2019ai ressenti chez Christian Blackshaw une immense profondeur.C\u2019est un homme vraiment spécial.Je l\u2019ai perçu quand je lui ai parlé: il y a une force et une fragilité, une douceur et une ampleur que l\u2019on sent dans sa voix.Cela donne une dimension de sagesse à la sève extraordinaire de la musique de Mozart.» La venue du pianiste anglais a décidé Jean-Lrançois Rivest à mettre Mozart au cœur de la saison.Pour sa première venue au Canada, le 26 juillet, Christian Blackshaw jouera les So- Une série de cinq concerts de piano est au cœur de la programmation du festival nates K.333, 498a, 576 et 533/494 de Mozart.Ce sera l\u2019un des grands rendez-vous de l\u2019été.Un orchestre bien installé Alors que le partenariat du Centre d\u2019arts avec l\u2019OSM et Kent Nagano est mis en veilleuse, l\u2019apport de Jean-Prançois Rivest depuis son arrivée demeure la création de l\u2019Orchestre de l\u2019Académie Orford, capable d\u2019assurer, en fin de festival, des concerts orchestraux.«J\u2019ai instauré une classe d\u2019orchestre avec ma formule pédagogique, c\u2019est-à-dire trois semaines très intensives.» Cela positionne ce stage à mi-chemin entre le modèle de l\u2019Orchestre de la Prancophonie de Jean-Philippe Tremblay (six semaines avec tournée de concerts) et celui des académies européennes, plus court.Le stage d\u2019orchestre «en version hybride» d\u2019Orford permet de bâtir une sorte de crescendo sur trois semaines.«Les étudiants repartent la langue à terre mais le sourire aux lèvres», se réjouit Jean-Prançois Rivest.L\u2019encadrement des stagiaires est le sujet de fierté de Jean-Prançois Rivest: «Après quelques années de travail sur le concept, nous avons un coach en permanence pour les bois, un pour les cuivres et deux pour les cordes, en plus des premières chaises de l\u2019OSM qui viennent donner des leçons de maître.La présence constante de ces personnes d\u2019expérience permet une évolution très rapide.» Le financement de l\u2019orchestre, difficile pendant les premières années, a atteint sa vitesse de croisière.Les résultats de ce travail seront présentés au public les 3, 10 et 17 août.Après les trois dernières symphonies de Tchaikovski, l\u2019an passé, les Symphonies 1, 2 et 4 de Brahms sont au menu cet été.Outre Brahms, le concert du 3 août comprendra une œuvre de Tim Brady et le 5® Concerto pour violon de Mozart avec Yolanda Bruno ; celui du 10 août, le Requiem de Mozart.Le concert de clôture fera entendre la suite de L\u2019oiseau de feu de Stravinski et La Mol-dau de Smetana.Le Devoir IN Écouter > Une sonate de Mozart \" par Christian Blackshaw ledevoir.com/musique SCRIPTUM SUITE DE LA PAGE E 1 tournesols fanés et des pissenlits d\u2019un pied de haut qui ramassent la rosée et une affiche détrempée du festival de tir de tracteur et une carcasse d\u2019autobus de canicule et conduire une demi-heure sur des chemins de terre pour aller payer sa corde de bois dans une maison sans revêtement et tardif terrassement les équipements de ferme therrien les assurances gilles la-voie annoncés sur un napperon de restaurant plié en éventail.Notre takeout indien sentirait l\u2019huile à mouche, nous ferions du quatre-roues des heures de temps dans le bois climatisé des salles les plus plattes de la col- La carte postale dont Mathieu Arsenault s\u2019est inspiré.lection permanente du musée des beaux-arts et nous ferions des shots de jack daniel\u2019s autour d\u2019un feu de bois humide E\u201cL L E te Peinture, musique et nature 3 août - JOLIETTE - concert tout Brahms Deutsche Kammerphilharmonie Bremen 17 août - OTTAWA L\u2019exposition Gustave Doré au Musée Collection de ruines de Mackenzie King 27 août - QUÉBEC - exposition au musée Morrice et Lyman en compagnie de Matisse Les, peaux detours CIRCUITS www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d\u2019un permis du Québec dans l\u2019exemplaire de testament de vickie gendreau emprunté à la bibliothèque nationale.Nous n\u2019aurions pas les moyens de sortir de la ville, sauf pour aller voir nos amis sur le bs dans des cuisines en prélart à louiseville ou grand-mère ou dans des salons de pauvres du quartier saint-sauveur à québec et nous endormir complètement saouls sur le divan en fin d\u2019avant-midi avec, à côté des bouteilles à moitié vides et des mégots à moitié fumés, cette carte postale du temps des sucres des années soixante-dix ramassée au marché aux puces dans l\u2019après-midi.11 n\u2019y aurait rien à voir.Collaboration spéciale Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUIN 2014 E 5 CULTURE>DE VISU Copier, c\u2019est voler ?L\u2019expo Fis for Fake oropose une réflexion sur a copie et le droit d\u2019auteur F IS FOR FAKE L\u2019art, le cinéma et le eaux Commissaire: Jason St-Laurent, à la galerie SAW à Ottawa, jusqu\u2019au 16 août NICOLAS MAVRIKAKIS Il y a ces jours-ci à la galerie SAW à Ottawa une exposition que vous devez absolument voir.intitulée F Is for Fake, elle vous permettra de réfléchir aux notions d\u2019auteur, de droits d\u2019auteur, de faux, de plagiat, d\u2019appropriation.De nos jours, la question des droits d\u2019auteur semble pourtant assez bien réglée, non?Copier une oeuvre, c\u2019est la voler, nous dit-on.Pourquoi revenir sur ce sujet?C\u2019est que la situation est presque malsaine et pratiquement irrespectueuse des idées ayant prévalu lors de l\u2019émergence de cette notion au XVIIP siècle, alors qu\u2019on a décidé qu\u2019il fallait protéger pour un cours laps de temps \u2014 14 années, renouvelables une seule fois \u2014 les intérêts, entre autres économiques, des auteurs.Malheureusement, de nos jours, quand on parle de droits d\u2019auteur, on parle souvent du droit des compagnies à rentabiliser les oeuvres d\u2019auteurs vivants et souvent morts.Dans certains pays, des compagnies peuvent revendiquer des droits sur des oeuvres pendant 120 ans après leur création.Un groupe comme Cor-bis (propriété de Bill Gates) possède des millions de photos, de fdms et de vidéos qu\u2019il stocke afin, entre autres, de faire payer ceux qui veulent les montrer.En arts visuels, de plus en plus de musées refusent à leurs visiteurs le droit de prendre des photos, on contrôle le droit de reproduction des oeuvres d\u2019art (ce qui rapporte parfois peu aux artistes et limite la diffusion des images), mais on s\u2019élève De nos jours, on peut envisager le fait de copier comme étant en train de devenir un geste revendicateur fort important contre le droit de suite.Pourtant, les collectionneurs (et certains spéculateurs) font beaucoup d\u2019argent lors de la revente des oeuvres sans que le créateur touche un sou sur la plus-value.Et il y a des artistes qui remettent en question l\u2019approche actuelle du droit d\u2019auteur.En Erance, des acteurs comme Catherine Deneuve, Victoria Abril, Louis Garrel, des réalisateurs comme Chantal Akerman, des producteurs, et pas seulement indépendants, se sont opposés à la loi Hadopi qui a criminalisé ceux qui copient fdms ou chansons et qui les diffusent sur Internet.En arts visuels, des artistes comme Sherrie Levine et Richard Prince se sont approprié des images créées par d\u2019autres afin de contester l\u2019idée même d\u2019originalité.Prince reprit en photo des pubs de Malboro montrant des cow-boys, argumentant que cette figure emblématique de l\u2019Ouest états-unien n\u2019appartenait pas à cette compagnie de cigarettes et que c\u2019était celle-ci qui tentait de la voler au bien commun, à l\u2019imaginaire collectif Comme le rappelle si bien Kathleen Nicholls dans le texte de présentation de cette expo, la loi canadienne sur le droit d\u2019auteur de 1950 énonçait «qu\u2019il était de l\u2019intérêt public que les créateurs soient en mesure de profiter raisonnablement de leurs œuvres», mais, en même temps, elle mettait en garde contre les abus, car «si quelqu\u2019un détient des droits exclusifs sur une création pendant trop longtemps, cela a pour effet de contrecarrer l\u2019innovation, et non de l\u2019encourager».Dans cette expo intelligente, signée par le commissaire Jason St-Laurent, vous pourrez regarder le fdm F for Fake d\u2019Orson Welles mettant en scène l\u2019art d\u2019un faussaire.PHOTOS JERZY PALACZ (HAUT) ET ANDREAS SOLARO AEP (BAS) Ci-dessus, Gustav Deutsch recrée l\u2019atmosphère des tableaux d\u2019Edward Hopper dans son film Shirley: Visions of Reality, 2013.Ci-dessous, l\u2019original de Hopper: Morning Sun, 1952.1J n 11 iH»\u2019 des faux billets de banque de Banksy à l\u2019effigie de la princesse Diana, un film de Gustav Deutsch qui s\u2019approprie l\u2019esthétique du peintre Edward Hopper, une vidéo de Ver a Erenkel où le faux semble plus vrai que le réel.Vous pourrez en particulier y voir, pour la première fois, le projet de John Boyle-Singfield qui, en 2012, lors d\u2019une exposition à l\u2019Espace virtuel à Chicoutimi, décida de reproduire, presque à l\u2019identique, l\u2019expo qui avait précédé la sienne.11 a fait faire en Chine des copies de tableaux de Marc Séguin, a pris en photo des photos de Marisa Portolese et de Janieta Eyre.Le vernissage de Boyle-Singfield se fit finale- ment devant les portes fermées; l\u2019expo ne fut pas montrée même si elle avait été montée, la direction du centre de Chicoutimi ayant eu peur des poursuites.Dans ce projet, il n\u2019est pourtant pas question de faire croire que la copie est aussi bonne que l\u2019œuvre originale (on ne peut pas ne pas voir qu\u2019il s\u2019agit de co- pies mal faites).11 s\u2019agit de faire réfléchir à la question du droit à la copie et à l\u2019interprétation.De nos jours, on peut envisager le fait de copier comme étant en train de devenir un geste revendicateur fort important.Collaborateur Le Devoir Musee STEWART Museum ¦ ¦ ¦ ITIONSINTE,UN SIÈCLE ET EN COMPAGNIE DE Musée national des beaux-arts du Québec Québec H B MNBAQ .ORG JUSQU'AU 7 SEPTEMBRE 2014 uébec E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUIN 2014 CULTURE>CINEMA Combler ses désirs, une provocation à la fois Entretien avec le réalisateur Bruce LaBruce pour le film Gerontophilia ANDRE LAVOIE Bruce LaBruce n\u2019était pas malheureux d\u2019être traité de pornographe ni d\u2019être sacré prince des tabous.Or, après de multiples provocations visuellement explicites, le cinéaste rêvait à voix haute de signer un jour une œuvre «mainstream» pourvue d\u2019un budget respectable et capable d\u2019élargir le bassin de ses fidèles, ceux qui ont accordé à Super 8 1/2 (1994), Hustle White (1996) ou L.A.Zombie (2010) l\u2019étiquette de «culte».Ces inconditionnels.Bruce LaBruce craignait un peu leur réaction devant Gerontophilia (qui sortira à Montréal le 4 juillet), cette histoire d\u2019amour touchante, voire pudique, entre un garçon à peine sorti de l\u2019adolescence (Pier-Gabriel Lajoie) et un homme au soir de sa vie (Walter Borden).Tout semble les séparer: l\u2019âge, bien sûr, mais aussi la couleur de la peau, la langue, et même l\u2019orientation sexuelle.Tous veulent les désunir, mais ce couple improbable n\u2019aura d\u2019autre choix que d\u2019aller au bout de sa passion.Caché derrière ses lunettes fumées lors de son passage dans la métropole, peut-être pour camoufler une certaine lassitude après une toiunée qualifiée 6^«intense» dans près de 50 festivals à travers le monde avec Gerontophilia, Bruce LaBruce, de son vrai nom Justin Stewart, né en 1964 dans une ferme du sud de l\u2019Ontario, savoure sa revanche.Adulé en France pour ce film toiuné à Montréal en 18 joius avec un budget de 1,1 million de dollars (une fortune, à son échelle), le cinéaste souligne que «c\u2019est la première fois là-bas qu\u2019on a pu dire: \u201cLa critique est unanime!\u201d».Serait-il devenu une sorte de Woody Allen, mieux compris en Europe qu\u2019en Amérique du Nord?«Non, je dirais plutôt une sorte de ferry Lewis ! » A sa manière, l\u2019homme est aussi un rigolo, mais il ne jongle lA r JÊ (A ilüi I' PEDRO RUIZ LE DEVOIR «Même Alfred Hitchcock aurait adoré [faire de ia porno], mais c\u2019était impossibie pour iui.», affirme Bruce LaBruce.pas avec le même type d\u2019humour quand il évoque son «cinéma de guérilla».«L\u2019expérimental, c\u2019est plus facile quand on est jeune, précise le provocateur.Gerontophilia, c\u2019était le grand luxe: on venait me chercher en voiture plutôt que je prenne le métro.Je n\u2019étais pas non plus habité par la peur de la police parce que je n\u2019avais pas de permis de tournage, ou celle de voir des gens abandonner le film parce qu\u2019ils ne sont pas suffisamment payés.Là, tout était préparé, organisé, chacun savait ce qu\u2019il avait à faire et quand il devait le faire.C\u2019était très amusant!» Ce qui l\u2019amuse moins, c\u2019est l\u2019image caricaturale de la sexualité des personnes vieillissantes dans le cinéma popu- laire.«L\u2019approche est souvent grotesque, et les personnes âgées ressemblent à des prédateurs.Dans mon film, le vieil homme, c\u2019est la proie, l\u2019objet du désir du jeune homme; leur liaison apparaît toujours plausible, émouvante, romantique.» Tout cela ne sort pas non plus de son imagination débridée.11 a mené de nombreuses entrevues sur le sujet, rendant hommage au passage à un ami de San Francisco qui fut autrefois l\u2019amant des écrivains Allen Ginsberg et William Burroughs, assez âgés à l\u2019époque.«Disons qu\u2019il était pas mal excité à l\u2019idée que je fasse un film sur ce sujet! C\u2019est lui aussi un artiste, il y avait un respect mutuel, et il éprouvait une vérita- ble attirance sexuelle pour ces deux corps vieillissants.» Lourdes étiquettes Autre chose qui n\u2019amuse pas beaucoup Bruce LaBruce: la lourdeur des étiquettes.«Quand on fait de la porno, on touche assez vite le plafond de verre, dit-il avec regret.Les gens veulent que vous fassiez une chose, et juste une chose.J\u2019ai toujours voulu faire des films grand public, mais ma réputation me précédait Par contre, je ne veux pas être prisonnier d\u2019un seul style, d\u2019un seul monde.Je veux pouvoir revenir à des films plus explicites si ça me convient » Au fil de sa carrière, il a pourtant rencontré des gens qui enviaient sa réputation sulfureuse.«Le cinéaste Paul Verhoeven [Ba- sic Instinct] et le scénariste Joseph Stefano [Pyscho] m\u2019ont confié qu\u2019ils rêvaient de faire de la porno ! Même Alfred Hitchcock aurait adoré ça, mais c\u2019était impossible pour lui.Quant à moi, je veux combler tous mes désirs.» Avec Gerontophilia, vendu dan§ de nombreux pays, dont les Etats-Unis, l\u2019Allemagne ou encore Taïwan, son désir de reconnaissance populaire apparaît en partie comblé.Collaborateur Le Devoir DVoir > Le documentaire Au cœur de la nuit avec Harmony Korine et Gaspar Noé par Bruce LaBruce ledevoir.eom Pier-Gabriel Lajoie : dans l\u2019antichambre dn vedettariat Même poiu des acteurs d\u2019expérience, se dénuder devant une caméra n\u2019est pas tou-joius chose facile.Poiu Pier-Gabriel Lajoie, né en 1994 et encore nouveau dans le métier, ce n\u2019était pas le seul défi: partager des scènes d\u2019intimité avec un homme d\u2019âge mûr, simuler des actes sexuels, cela n\u2019avait rien de banal poiu ce fougueux joueiu de hockey dont l\u2019expérience de comédien se limitait au téléroman 30 vies.«Je sortais de ma zone de confort, tout comme Bruce d\u2019ailleurs!», précise l\u2019acteiu québécois au téléphone de Paris, là-bas poiu jouer.au mannequin.Car depuis que le cinéaste Gus Van Sant a photographié son joli minois, voilà qu\u2019on le réclame en France tout comme en Italie, oû il défend avec son élégance juvénile la griffe Calvin Klein, entre autres.« Cet univers m\u2019amuse, je profite de cette occasion, mais je préfère être comédien.» Dans le toiubillon des festivals {«J\u2019ai voyagé beaucoup, et c\u2019est grâce à Bruce»), oû il défend parfois le film devant des salles combles, est-ce que le regard des autres a changé siu celui qui partage bien peu de choses avec son personnage, dont l\u2019orientation sexuelle?«Oui, le regard a changé, mais dans le bon sens; les gens respectent mon travail, et ma famille est fière de moi.Par contre, dans les vestiaires, les autres joueurs me traitent souvent de tapette: je m\u2019en fous, je sais qui je suis.C\u2019est du picossage d\u2019aréna.» Il voudrait voir sa mère EXIL Réalisation et scénario: Charles-Olivier Michaud.Avec Francis Cléophat, Julie Le Breton, Paul Doucet, Stephen McHattie, Maxime Dumontier, Mireille Metellus.Image: Jean-François Lord.Montage: Glenn Berman.Musique : Michel Corriveau.Canada, 2012, 100 minutes.ANDRÉ LAVOIE \\ Aune autre époque, Charles-Olivier Michaud aurait sûrement rejoint les rangs de la Course destination monde, cette célèbre émission oû de jeunes apprentis cinéastes parcouraient la planète pour la faire découvrir aux téléspectateurs, tout en se révélant à eux-mêmes.Ce désir de Tailleurs imprègne certains de ses films, dont Neige et cendres (2011), sur les périls vécus par des correspondants de guerre, et maintenant Exil, un road movie couvrant des milliers de kilomètres et la moitié d\u2019un continent.Ce n\u2019est pas un quelconque vague à l\u2019âme qui pousse Samuel (Francis Cléophat) sur des mers agitées, des routes dangereuses et dans des villes inhospitalières.Ce jeune Haïtien doit quitter son quartier après l\u2019arrestation arbitraire de son père journaliste.Lorsqu\u2019il découvre que sa mère n\u2019est pas morte \u2014 la version officielle pour expliquer son absence depuis quelques années \u2014, il se lance dans une quête désespérée.Car rejoindre en rafiot les côtes de Miami, filer en poids lourds jusqu\u2019à New York, frayer avec la racaille pour traverser la frontière et se rendre à Montréal, tout cela n\u2019est pas sans dangers pour ce garçon sans le sou, mais pas sans courage.Héros fragile Son ingéniosité constitue le fil conducteur de ce périple périlleux, chaque lieu devenant prétexte à Tapparidon de nouveaux personnages (souvent peu étof fés, à la limite de la caricature), parfois bons samaritains, parfois belles crapules, Samuel étant forcé de se faire invisible, ou impitoyable, d\u2019un point de chute à un autre.Les dilemmes moraux ne manquent pas, certaines séparations s\u2019avèrent cruelles, et sous nos yeux un petit garçon devient homme à force d\u2019être trahi, bafoué, blessé, mais aussi consolé.Paysages contrastés, décors sordides, accents colorés : tous ces éléments se succèdent à un rythme (parfois) effréné dans ce film reposant principalement sur les épaules d\u2019un héros fragile, brebis égarée au milieu des loups.Le personnage est volontairement peu bavard, le jeune acteur étant visiblement prêt à toutes les prouesses physiques mais trahissant aussi, à travers de rares dialogues, une inexpérience évidente.Cette faiblesse, le cinéaste tente de la masquer en apposant à ses images un texte livré par l\u2019auteur et animateur Stanley Péan.Le timbre grave et sensible du narrateur n\u2019arrive toutefois jamais à faire oublier qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un subterfuge affligé d\u2019une lourdeur poétique, béquille témoignant parfois d\u2019une absence de confiance à l\u2019égard des images.Un peu comme si le cinéaste nous prenait bêtement par la main, tel un voyage organisé au royaume des sans-papiers et des sans-maman, alors que Ton aimerait que le guide se taise plutôt que de nous dire ce qu\u2019il faut ressentir.Collaborateur Le Devoir EXC3NTRIS IDA PAWEL PAWLIKOWSKI - 82 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 ET AUSSI A L\u2019AFFICHE; EXIL CHARLES-OLIVIER MICHAUD LA VÉNUS À LA FOURRURE ROMAN POLANSKI H'*\u2019! JEUNE ET JOLIE FRANÇOIS OZON\t FADING GIGOLO (APPRENTI GIGOLO)\t03 JOHN TURTURRO\t 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTREAL ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM PARAMOUNT PICTURES Transformers 4 regorge de scènes d\u2019action illisibles et de plans esthétisants parfaitement inutiles.Trois heures (ou presque) de sottise TRANSFORMERS 4: L\u2019AGE DE L\u2019EXTINCTION (V.E.DE Transformers 4 : Age of Extinction) Réalisation: Michael Bay.Scénario: Ehren Kruger.Avec Mark Whalberg, Nicola Peltz, Jack Raynor, Stanley Tucci, Kelsey Grammer.Image: AmirMokri.Montage: Paul Rubell, Roger Barton, William Goldenberg.Musique: Steve Jahlonsky.Etats-Unis, 2014, 165 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE C> est une histoire connue.Un père vaillant veille jalousement sur sa fille, la prunelle de ses yeux.Mais comme on ne peut empêcher un cœur d\u2019aimer, cette dernière s\u2019est éprise en secret d\u2019un bon garçon qui lui retourne ses purs sentiments.Lorsqu\u2019il découvre la vérité, le père est ébranlé.Ainsi donc, sa petite fille deviendra bel et bien une femme?Une histoire connue, donc, et surtout toute simple.Comment cela peut-il se traduire par un film de près de trois heures ?Parce que toutes les deux minutes environ, des Transformers s\u2019amènent à l\u2019écran afin de procéder à leur désormais traditionnel derby de démolition en images de sjmthèse.Traditionnel, puisqu\u2019il s\u2019agit du quatrième volet d\u2019une très lucrative série de superproductions consacrées à ces robots extraterrestres qui prennent l\u2019apparence de voitures (!) de diverses marques, selon les commanditaires du moment.Les films ont tous été réalisés par Michael Bay, un faiseux qui, à force de pugnacité, est parvenu à élever le «tâcheronisme» au rang d\u2019art, du moins si Ton en croit une partie de la critique française prompte à percevoir de la profondeiu là oû d\u2019aucuns ne voient que de la surface rutilante.«Pour qui goûterait l\u2019oxymore, l\u2019affiche en propose un exemple involontaire en vantant \u201cle meilleur film de Michael Bay\u201d [.] Cependant, contre toute attente, la réclame se tient, fonçant même à toute blinde sur la highway du \u201cgrand film détraqué\u201d dont les quelques effets pyrotechniques et autres saillies autrement saignantes, ou salaces, n\u2019auraient d\u2019autre but que de mettre en charpie le fameux rêve américain \u2014 ou du moins ce qu\u2019il en reste», s\u2019enthousiasme par exemple Libération au sujet de Coup musclé, qui, à l\u2019instar de Transformers 4, met en vedette Mark Whalberg.Ça donne une idée.Constat Ce plus récent opus est à cet égard parfaitement représentatif de la manière du réalisateur de Mauvais garçons, àArmageddon et de L\u2019île : scènes d\u2019action illisibles parce que sur-montées, insertion de plans esthétisants parfaitement inutiles, surenchère d\u2019effets spéciaux confinant à l\u2019absurde, personnages féminins accessoires, dialogues jamais aussi drôles que lorsqu\u2019ils ne sont pas censés l\u2019être, placement publicitaire éhonté et la durée, il va sans dire, toujours ridiculement longue.Pour l\u2019anecdote, lors de Tavant-première du film mercredi soir, un confrère critique a demandé à un spectateur de cesser de « texter » pendant la projection.Piqué, l\u2019homme a rétorqué: «Le film n\u2019est pas important», signifiant par là que son droit fondamental à utiliser son téléphone intelligent primait tout le reste.En d\u2019autres circonstances, sa bêtise eût pu exaspérer.Or, dans ce cas précis, il n\u2019avait pas tort.Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUIN 2014 E 7 CULTURE )LIVRES Une nouvelle sortie pour Brooklyn Louis Hamelin ous voici donc officiellement en été, occasion de passer en revue, bien au frais dans notre quasi souterraine tanière, le rayon des livres qui, au cours des derniers mois, ont franchi le premier filtre de lecture.Tiens, une nouvelle traduction de Last Exit to Brooklyn, pour célébrer le demi-siècle de ce livre horrible, de ce grand et terrible livre.Hubert Selby Jr.s\u2019est éteint il y a dix ans, et peut-être que le vingtième anniversaire de la mort de Bukowski aura jeté un peu d\u2019ombre sur cette ddle qui voisine la sienne au panthéon.Ce qui serait un peu injuste : Buk est facile à aimer, son unique chef-d\u2019œuvre, capable de conférer une valeur au moindre gribouillis que régurgitait sa machine à écrire, étant ce personnage de cher vieux dégueu qui pogne les cuisses des invitées en direct à Bernard Pivot.Le râleur génial dont la posture littéraire tenait tout entière dans une bouteille de vinasse.Selby Jr., lui, a écrit un chef-d\u2019œuvre, ce Last Exit to Brooklyn qui d\u2019emblée l\u2019inscrivit dans la lignée de Faulkner.Du genre à torturer la syntaxe et à s\u2019effacer derrière ses personnages, lui aussi.Un romancier.Et un autre magané de la vie, qui ne s\u2019est pas, comme Buk, fabriqué sa propre statue, chiures de pigeons incluses.Les années 60, c\u2019était encore la vieille Amérique, celle de la vie des ports, de l\u2019appel du large, d\u2019avant la transformation des navires en usines flottantes autopilotées.Se prendre pour rismaël de Melville demeurait possible.Comme Kerouac, Selby Jr.tâte tout jeune de la marine marchande.La tuberculose jouera pour lui le même rôle que la blessure de football du canuck (et que l\u2019accident de ski de Roger Lemelin, et que la polio de VLB, et on pourrait continuer longtemps comme ça.) : un impotent voit s\u2019ouvrir devant lui une carrière dans les lettres.Et comme pour Sur la route, le style endiablé de Last Exit.a parfois été expliqué par l\u2019influence du jazz.Selby Jr., lui, a parlé, en entrevue quelque part, de Beethoven comme de sa «seule influence consciente».Alors, il faut que ce soit le Beethov de XOrange mécanique, celui qui, dans le roman d\u2019Anthony Burgess paru à la même époque, présidait aux joyeuses et sanglantes bastonnades d\u2019une bande de voyous psychopathes et de leur leader mélomane.De cette violence aveugle pratiquée autant comme une forme perverse de divertissement nocturne que pour, joignant l\u2019utile à l\u2019agréable, se faire un peu d\u2019argent de poche.Last Exit to Brooklyn est imprégné de bout en bout, réalisme social en prime.Aussi bien dire que les garçons épris de vitesse et de liberté et tous ces gentils suiveurs de Bouddha qui peuplent les romans de Kerouac ne sont que des enfants de chœur comparés à l\u2019innocent sadisme des jeunes fauves qui hantent les bars à matelots et autres bas-fonds du Brooklyn où nous emmène Hubert Selby Jr.Sur l\u2019acide Revenons à cette année 1964.Il se passe des choses intéressantes sur le plan narratif aux Etats-Unis.The Nova Express de Burroughs vient clore une trilogie fondée sur la technique expérimentale du cut-up.Et Ken Kesey, avant de s\u2019enfermer dans un silence de 25 ans, donne au monde So- Dans Last Exit to Brooklyn, de Hubert Selby Jr., vous avez le choix entre frapper à coups de pieds dans les gencives avec les autres ou devenir leur victime metimes a Great Notion, roman qui pourrait presque avoir été écrit par Claude Simon si Claude Simon avait grandi sur la côte ouest, voué un culte à l\u2019activité physique et à la nature sauvage et gobé des buvards d\u2019acide comme si c\u2019étaient des petits bonbons.Kesey lâcha le roman pour traverser le continent à bord d\u2019un autobus tout peinturluré et bourré de doux cinglés, dans l\u2019équipée desquels on reconnaît aujourd\u2019hui une des pierres angulaires de la contre-culture, d\u2019où le mot stoned \u2014 mais non, c\u2019est une blague.Lui et ses potes rêvaient de convertir leurs contemporains à la forme d\u2019amour universel que favorise un bon pétage de ciboulot.La recette était simple: jouons de la flûte à bec au banlieusard de l\u2019Amérique profonde et il va avaler la pharmacie et se mettre à danser sur sa corde à linge.Aucune génération ne viendrait aussi près de changer la vie.Ce vieux bus scolaire bariolé à la bombe de peinture fluo était un monument roulant dédié à Rimbaud.Oui, mais le poète a fini piarchand d\u2019armes, et dans les Etats-Unis de 1964, un président progressiste et texan, désolé pour l\u2019oxymore, pousse à la roue de l\u2019intervention étrangère au Vietnam, pendant que ce repoussoir absolu de toute vertu civique que fut Dick Nixon renaît tranquillement de ses cendres.Au fond, Nixon avec son hypocrite sourire de bête politique et Selby Jr.avec la sauvage grandeur de sa langue (magnifiquement rendue par cette retraduction) disaient la même chose aux petits et grands peuples présents et à venir du monde entier: personne ne va changer la vie, la vie ne change pas.Tout ce qui est créé va être détruit.Et c\u2019est sale, et ça Mt mal.Mauvais héros On peut préférer l\u2019autobus magique, mais une autre vérité affleure autour des bouches de métro new-yorkaises où les marins en bordée et les soldats ivres se font tabasser à mort par des jeunes gens aussi attachants qu\u2019une meute d\u2019animaux en mode survie.Les comparer à des loups serait leur faire trop d\u2019honneur.Ils ont le même niveau de conscience qu\u2019un requin-marteau.Ils s\u2019intéressent aux voitures, aux fringues, aux spccès du jukebox.Evidemment, ils sont immortels.Après avoir démoli un type pour lui piquer son portefeuille, ils vont se recoiffer l\u2019épi dans la glace du boui-boui où ils ont leurs habitudes.Dans Last Exit to Brooklyn, vous avez le choix entre frapper à coups de pieds dans les gencives avec les autres ou devenir leur victime.On n\u2019y trouve aucun autre héros à se mettre sous la dent J\u2019ai repensé, pendant ma lecture, aux Trois essais sur l\u2019insignifiance (L\u2019Hexagone) de Pierre Vadeboncœur et à son analyse d\u2019un roman de James Cain, Le facteur sonne toujours deux fois.La même force inconsciente, la même féroce et naïve avidité, équivalant au degré zéro de la transcendance.Comme si le dollar n\u2019était pas le moyen d\u2019assouvir un désir, et que c\u2019était même le contraire : la seule finalité de tout désir étant de palper des billets.LAST EXIT TO BROOKLYN Hubert Selby Jr.Traduit de l\u2019anglais (américain) par Jean-Pierre Carasso et Jacqueline Huet Albin Michel Paris, 2014, 404 pages TA Voir > l\u2019extrait à\u2019Apos-^ trophes où Charles Bukowski, ivre, quitte le plateau ledevoir.com ïi STEPHANE BOURGEOIS Saccades, de Maude Poissant, regroupe 11 nouvelles écrites dans un style clair, sans fioriture.Au gré du vent Danielle Laurin On ouvre Saccades, premier recueil de nouvelles de Maude Poissant On tombe sur une citation de Romain Gary : «Il y a toujours cette vieille expression \u201con vit d\u2019espoir\u201d, mais je commence à croire que c\u2019est surtout l\u2019espoir qui vit en nous.» Ce n\u2019est pas innocent, cette citation, va-t-on constater en cours de route.C\u2019est sans doute le fil rouge qui rassemble les onze nouvelles du recueil, écrites dans un style clair, sans fioriture.Onze histoires différentes à tous points de vue, qui montrent l\u2019étendue de la palette de la jeune auteure.Différentes dans le ton, le niveau de langage, le point de vue exploré, l\u2019univers et l\u2019époque dans lesquels elles évoluent.Et pourtant, dans l\u2019ensemble, il y a ça: des personnages qui s\u2019empêtrent, s\u2019enlisent dans des situations intenables, espèrent toujours faire mieux, mais qui sont confrontés au pire.Ça frôle le pathétique.Comme si derrière quelqu\u2019un jouissait de ces déconfitures.n y a ce maniaque de cuisine qui fait appel à des éleveurs de pigeons afin de créer une recette qui, espère-t-il, va le lancer comme chef et comme restaurateur dans son coin de pays et va faire en sorte d\u2019éliminer ses concurrents.Il passe par toutes sortes d\u2019états, il doute, il croit qu\u2019ü n\u2019arrivera pas à venir à bout d\u2019une recette extraordinaire.Et puis soudain il y croit, il y va, il concocte sa recette aux pigeons.«Enfin, l\u2019inspiration venait.Ce serait un hymne sans fin à la vie, un échafaudage de saveurs, un équilibre parfait entre le sauvage et le délicat, le croquant et le fondant, la viande et ce qu\u2019elle dissimule.» Il se prend pour un artiste.Mais il en fait trop.C\u2019est la déconfiture totale car son plat ne plaît pas.Pas aux notables de la place en tout cas.Ratée sur toute la ligne, son affaire.Il y a cette petite fille qui fait une prière à la Vierge Marie.C\u2019est le jour de sa première communion et elle veut la faire en robe blanche avec crinoline comme les autres.Mais elle se sent coupable, se sent salie.Sombre histoire d\u2019inceste, en fait.On retiendra aussi le cas de cette quarantenaire qui en a assez de la routine, du mari, des enfants, «du ménage hebdomadaire, du lavage, du beurrage de toasts à la confiture, des crisses de matins toutes pareils».Assez de ne pas pouvoir penser à elle.Alors elle fantasme.Elle jette son dévolu sur son jeune beau-frère.Tentatives de séduction effrénées, auxquelles il semble vouloir répondre, se dit-elle.Jusqu\u2019à ce qu\u2019elle frappe un mur.qu\u2019on sentait venir depuis le début Et ça se poursuit: violence familiale, divorce douloureux, mort de la personne aimée.à peu près tout tourne au drame.Pour certains, quand même, la toute fin de l\u2019histoire pourrait être le début d\u2019une autre.On sent qu\u2019autre chose est possible, que ça pourrait basculer dans l\u2019autre sens.Et on se tient là, entre deux eaux, où un recommencement peut-être serait possible, mais comment?On tique un peu à propos de certaines histoires moins convaincantes, plus nébuleuses, mais on a aussi le loisir de passer à la suivante.On se paie le luxe d\u2019errer ici et là dans le livre, c\u2019est l\u2019avantage des recueils de nouvelles, après tout.Gestion des ressources humaines On ouvre celui de Gaétan Brulotte, aguerri dans le genre.On apprécie tout de suite dans La contagion du réel la précision du trait.Et un certain classi-saccades cîsme quî se glisse dans l\u2019écriture.On se dit que l\u2019art de la dégringolade atteint ici un summum.On sourit en coin parfois.On se reconnaît ou on reconnaît ses amis, ses voisins, par certains travers, certains tics.On se prend aussi à déplorer la déshumanisation à l\u2019œuvre dans notre société.On acquiesce à cette citation d\u2019Einstein: «Le monde est dangereux non à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.» C\u2019est avec un goût amer dans la bouche qu\u2019on passe à travers la nouvelle intitulée La géniale invention du docteur Austherr.On a envie d\u2019en citer des grands bouts, tellement ça correspond au contexte ambiant.On a envie de crier notre propre impuissance.Ça se passe dans le milieu universitaire, mais la situation pourrait s\u2019appliquer partout.Ça s\u2019appelle de la microgestion.Ou comment amadouer, pour ne pas dire manipuler, les employés réfractaires au changement.Pour commencer, les convoquer séparément.«L\u2019étude de G&Ga bien montré que de tels apartés vigoureux parvenaient à déstabiliser les employés rebelles, qui ont généralement tendance, dès après le premier échange, à se mettre au pas.» Ce qu\u2019il faut pour bien gérer, c\u2019est «l\u2019imposition du respect par la crainte».Et si certains se plaignent trop, surtout, les mettre au pas.En guise d\u2019exemples pour les autres.Comment?«Les manuels concordent là-dessus: il importe toujours, pour l\u2019exemple, de prendre un bouc émissaire qu\u2019on marginalise avec fermeté, la fermeté étant le mot-clé de toutes les attitudes pour susciter la docilité.» Mieux encore, «renouveler le personnel par des effectifs plus jeunes favorise le contrôle et l\u2019allégeance».On ne va pas entrer dans les détails, mais ça va très loin.C\u2019est caricatural, d\u2019accord.Mais ça sonne drôlement juste quand même.Comment garder le contrôle, aussi bien dire «diviser pour régner»( Ne pas hésiter à employer la technique de la fausse rumeur à l\u2019égard de tout employé insoumis afin de le discréditer.Privilégier les soumis, créer des inégalités.ainsi de suite.Appel d\u2019air On cherche son air, on veut apaiser cette colère qui gronde.Alors on ouvre Tant qu\u2019ü y aura des oiseaux.de Serge Bureau.Petit livre inclassable de pensées, de récits fragmentaires, d\u2019instantanés.Un appel à la beauté, où se glisse un quelque chose de mystique, à la Christian Bobin.En moins épuré.Un appel à la contemplation, à la méditation, au détachement, au recentrement.Pas le genre d\u2019ouvrage qui plaira à tout le monde, peut-être.Ça dépend des tempéraments.Ou de l\u2019état d\u2019esprit De petites perles ici et là: «Il y a dix ans maintenant que tu n\u2019es jamais arrivé et, chaque fois que je pars en voyage, encore aujourd\u2019hui, je pars avec toi.jusqu\u2019au jour où je n\u2019arriverai plus.» L\u2019importance de l\u2019amitié, de l\u2019amour, comme repère.Et la grande solitude, malgré tout: « Solitude plutôt froide, un peu humide, sans odeur, comme une poupée gonflable après l\u2019amour dans un poème de Denis Vanier et des cigarettes éteintes dans un cendrier de Dollorama.» SACCADES Maude Poissant Septentrion Québec, 2014, 142 pages LA CONTAGION DU RÉEL Gaétan Brulotte Lévesque éditeur Montréal, 2014, 152 pages TANT QU\u2019IL Y AURA DES OISEAUX.Serge Bureau Éditions Première Chance Saint-Alexis-des-Monts, 2014, 154 pages ?iltGaspard LE DEVOIR ALMARÈS Du 16 au 22 juiu 2014 f\tCLASSEMENT AUTEUR/EDITEUR Romans québécois\t\t 1 Un voisinage comme ies autres \u2022 Tome 2 Un ete decadent Rosette Laberge/Les Éditeurs reunis\t\t3/2 2 Fanette \u2022 Tome 7 Honneur et disgrâce\tSuzanne Aubry/Libre Expression\t1/3 3 Metis Beach\tCiaudine Bourbonnais/Bornai\t6/7 4 La vie sucræ de Juiiette Gagnon \u2022 Tome 1 Skinny jeans et .\t.Nathaiie Roy/Libre Expression\t2/5 5 Les heritiers du fieuve \u2022 Tome 31918-1929\tLouise Trembiay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 5/11\t 6 Les années de piomb \u2022 Tome 2 Jours de coiere\tJean-Pierre Chariand/Hurtubise\t4/6 7 Mensonges sur ie Piateau-Mont-Royai \u2022 Tome 2 La biscuiterie Michei David/Hurtubise\t\t7/13 8 Un voisinage comme ies autres \u2022 Tome 1 Un printemps ardent Rosette Laberge/Les Éditeurs reunis\t\t-/I 9 Confessions d\u2019une ceiibataire.incorrigibie\tMeianie B.| Juiie N./Les Éditeurs reunis\t8/6 10 Louise est de retour\tChrystine Brouiiiet/Homme\t-/I Romans étrangers\t\t 1 Muchachas \u2022 Tome 3\tKatherine Pancoi/Aibin Michei\t3/2 2 Centrai Pari(\tGuiiiaume Musso/XD\t2/12 3 Une autre idee du bonheur\tMarc Levy/Robert Laffont | Versiiio\t4/8 4 Le bieu de tes yeux\tMary Higgins Ciark/Aibin Michei\t1/5 5 Ceux qui tombent\tMichaei Conneiiy/Caimann-Levy\t7/2 6 Aduitere\tPauio Coeiho/Fiammarion\t8/2 7 Joyiand\tStephen King/Aibin Michei\t5/5 8 L\u2019aiiee du sycomore\tJohn Grisham/Lattes\t6/6 9 Te desirer\tJuiie Kenner/Michei Lafon\t9/2 10 Muchachas\tKatherine Pancoi/Aibin Michei\t-/I Essais québécois\t\t 1 De remarquabies oubiies \u2022 Tome 2 iis ont coum i\u2019Amerique\tSerge Bouchard | Marie-Christine Levesque/Lux\t-/I 2 Constituer ie Quebec.Pistes de soiution pour une .\tRomeo Bouchard/Ateiier 10\t2/5 3 Poing de mire\tNormand Lester/Homme\t1/10 4 La revanche des moches\tLea Ciermont-Dion/VLB\t3/11 5 L\u2019afghanicide\tMartin Forgues/VLB\t10/7 6 Les Parisiens sont pires que vous ne ie croyez\tLouis-Bernard Robitaiiie/Denoëi\t8/2 7 Derrière i\u2019etat Desmarais : Power\tRobin Phiipot/Baraka\t9/2 8 La souveraineté dans i\u2019impasse\tSerge Cantin/PU L\t-/I 9 Le corps-marche\tCeiine Lafontaine/Seuii\t-/I 10 Du je au jeu\tJean-François Casabonne/Somme toute\t-/I '?'Essais étrangers\t\t 1 Le capitai au XXie siecie\tThomas Piketty/Seuii\t1/7 2 La grande vie\tChristian Bobin/Gaiiimard\t4/15 3 La vérité sur ies medicaments\tMikkei Borch-Jacobsen/Édito\t2/19 4 Les Romanov.Une dynastie sous ie régné du sang\tHeiene Carrère d\u2019Encausse/Fayard\t9/2 5 Regarde ies iumieres, mon amour\tAnnie Emaux/Raconter ia viejSeuii\t8/7 6 Piaidoyer pour i\u2019aitmisme.La force de ia bienveiiiance\tMatthieu Ricard/NiL\t3/34 7 Les somnambuies.Été 1914, comment i\u2019Eurape a marche\t.Christopher Ciark/Fiammarion\t6/3 8 Le monde est magique.11 baiadesinsoiites pour changer .\t.Aiexandra Horowitz/Fiammarion\t-/I 9 [indien malcommode.Un portrait inattendu des Autochtones\t.Thomas King | Daniei Poiiquin/Boreai\t-/I 10 Repenser ie vieiiiissement\tNortin M.Hadier/PUL\t-/I La BTLF (Societe de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse BdSfdri sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de BasparÉel est constitue des releves de caisse de 260 points de vente La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet BaspaU © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite E 8 LE DEVOIR LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUIN 2014 CULTURE.LIVRES LE MOUTON NOIR Roméo Bouchard, paysan à la barbe blanche, est, comme le montre son éclatant parcours, un militant de gauche qui brille par son énergie renouvelable.Roméo Bouchard, le paysan engagé Louis CORNELLIER A presque 80 ans, Roméo Bouchard ne désarme pas.Né en 1936, d\u2019abord prêtre, ce fils de cultivateur du Lac-Saint-Jean se défroque pour étudier en sciences politiques, à Montréal, en 1967.Il sera, à partir de là, de tous les combats: contre la guerre au Vietnam, pour McGill français, pour l\u2019indépendance du Québec, militant dans le mouvement étudiant et dans le fi'ont commun syndical de 1972.En 1975, il effectue un retour à la terre, dans le Bas-Saint-Laurent, et pratique l\u2019agriculture biologique.En 2001, il cofonde l\u2019Union paysanne, pour s\u2019opposer au modèle agricole productiviste, notamment incarné par l\u2019industrie des mégaporcheries.Le paysan à la barbe blanche, comme le montre son éclatant parcours, est un militant de gauche qui brille par son énergie renouvelable.«J\u2019ai la chance d\u2019être né pauvre, écrit-il./e n\u2019ai jamais été et je ne serai jamais dans le club.J\u2019ai toujours été du côté du monde, du peuple, des petits, des régions.» Il publie, ces jours-ci, deux nouveaux livres réussis, dans lesquels il poursuit les combats qui lui sont chers.Constituer le Québec est une critique radicale des ratés de notre démocratie de représentation et une invitation à revoir de fond en comble notre système politique.Les champs de bataille se veut une brève histoire de l\u2019agriculture biologique au Québec et un plaidoyer senti pour un virage urgent vers ce modèle.Mensonge démocratique «Ce livre, écrit Bouchard dans Constituer le Québec, est un manifeste, un cri du cœur pour dénoncer le mensonge démocratique qui nous aveugle, un appel à la souveraineté du peuple et un plan d\u2019action pour nous permettre de redéfinir nous-mêmes nos institutions démocratiques.» Nécessaire, note-t-il, la Révolution tranquille, avec le temps, s\u2019est épuisée et a fait place à un système dan^ lequel l\u2019oligarchie économique dicte ses choix à l\u2019État.Pour Bouchard, les partis politiques constituent le cœur du problème.Accros à l\u2019argent pour s\u2019assurer une position dominante, ils sont soumis aux collecteurs de fonds et aux acteurs économiques, imposent une pensée unique dans leurs rangs, étouffent les débats et sont obsédés par leur image publique, ce qui les condamne à la langue de bois et à l\u2019absence de vision originale.Afin de briser cet immobilisme qui asphyxie la démocratie.Bouchard propose carrément «d\u2019écarter les partis politiques du processus électoral et parlementaire».Les élections, explique-t-il, devraient se fqire entre candidats indépendants, financés par l\u2019État, dans un système à deux tours, afin que le gagnant soit vraiment majoritaire.Les élus nommeraient ensuite les membres de l\u2019exécutif (ministres et premier ministre).Ce nouveau modèle, pour redonner une voix plus directe au peuple, encouragerait le recours fréquent aux référendums, notamment d\u2019initiative populaire.Poussant l\u2019audace un cran plus loin.Bouchard va même jusqu\u2019à suggérer que les représentants du peuple pourraient être nommés par tirage au sort, «la procédure démocratique par excellence».Utopie Il y a une part d\u2019utopie dans les solutions proposées par Bouchard.Si certaines d\u2019entre elles sont réalisables et souhaitables, comme les référendums, d\u2019autres sont plus hasardeuses.Les partis politiques, par exemple, ont la vertu, en présentant des visions d\u2019ensemble, de mettre de la cohérence dans le débat public et d\u2019offrir des lieux organisés de discussion.Leur mise à l\u2019écart de la joute électorale entraînerait le risque d\u2019une fragmentation abusive du débat public.Or, un projet de société est un système cohérent qui ne peut se construire à la pièce, par le seul choc des intérêts ou à coup de gros bon sens.Les partis politiques me semblent donc un outil démocratique essentiel.Il reste que, dans l\u2019état actuel des choses, les critiques que leur réserve Bouchard sont justes.Ce dernier force ainsi une réflexion de fond sur ce sujet, même si ses solutions n\u2019emportent pas d\u2019emblée l\u2019adhésion.Pour en finir avec «l\u2019illusion de la démocratie», tout en évitant la dérive du débat public vers une lutte d\u2019intérêts.Bouchard propose de doter le Québec d\u2019une constitution qui établirait les principes fondamentaux de notre nation.Cette constitution exprimerait nos choix collectifs quant au statut politique du Québec, à la langue française, à la neutralité religieuse de l\u2019État, aux droits individuels et collectifs, au fonctionnement de nos institutions démocratiques, à la gestion de nos ressources naturelles et du territoire, à notre modèle social et aux relations avec le monde.Elle serait élaborée par une assemblée constituante de 100 à 200 membres, non partisans, désignés par tirage au sort, et soumise au verdict populaire.Le peuple, enfin, définirait lui-même sa destinée.Cette proposition, qui s\u2019apparente à un élément fondamental du programme de la formation Québec solidaire, mérite certainement la plus grande attention.Désorienté, le Québec a un urgent besoin de se retrouver.L'INCONVENIENT Nouveau format magazine LinÉRATURE - ESSAI - PEINTURE - CINÉMA - SÉRIES TÉLÉ m Disponible en kiosque, en librairie ou en ligne : wwwJnconvenientca \\\\ Ce livre est un manifeste, un cri du cœur pour dénoncer le mensonge démocratique qui nous aveugkyy Extrait de Constituer le Québec La bataille du bio Le constat de cette désorientation s\u2019applique aussi, selon Bouchard, à notre rapport à l\u2019agriculture.Depuis l\u2019apparition de l\u2019agriculture industrielle au Québec, dans les années 1940, l\u2019art de cultiver la terre, écrit l\u2019essayiste, «s\u2019est perdu pour faire place à des modes d\u2019emploi de produits artificiels dictés par les compagnies, les vendeurs et les agronomes, au nom de la science et du progrès».Or, insiste Bouchard, «la nature bien comprise est plus efficace à moyen terme que tous les produits chimiques».Brève histoire de l\u2019agriculture bio au Québec, réquisitoire contre le modèle industriel destructeur de l\u2019environnement, de l\u2019économie et de notre rapport à la nature, et plaidoyer vibrant et informé pour une agriculture bio de proximité.Les champs de bataille n\u2019est pas l\u2019essai d\u2019un pelleteur de nuages, mais celui d\u2019un paysan savant et engagé, qui veut préserver l\u2019avenir.La vérité du bio, assène Bouchard, n\u2019est pas que scientifique ; elle est métaphysique.louisco@sympatico.ca CONSTITUER LE QUÉBEC Roméo Bouchard Atelier 10 Montréal, 2014, 112 pages LES CHAMPS DE BATAILLE Histoire et défis de l\u2019agriculture BIOLOGIQUE AU QuÉBEC Roméo Bouchard Ecosociété Montréal, 2014, 136 pages John R.Bowen Uislam un ennemi idéal Pourquoi figer l\u2019islam?L\u2019anthropologue John R.Bowen corrige la perception d\u2019une foi monolithique MICHEL LAPIERRE AUX Pays-Bas, on combat l\u2019islam au nom du respect des gais.Aux États-Unis, en dénonçant le terrorisme.En Erance et au Québec, en s\u2019inquiétant de l\u2019oppression des femmes.Eorgé dans les profondeurs de l\u2019inconscient, un ennemi imaginaire est tellement plus menaçant qu\u2019un ennemi réel.Tous les prétextes sont bons pour le dénigrer.Dans L\u2019islam, un ennemi idéal, l\u2019anthropologue américain John R.Bowen démythifie un prétendu péril planétaire.La peur de l\u2019inconnu, la crainte d\u2019une guerre sourde menée par le monde musulpian, les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis ont provoqué, dans tout l\u2019Occident, ce que Bowen n\u2019hésite pas à qualifier de «psychose».Le conflit, déjà fantasmé en 1996 dans _________________ l\u2019essai Le choc des civilisations, de Samuel Huntington, s\u2019inscrit dans la continuité historique des haines irrationnelles.Spécialiste de l\u2019islam, Bowen mesure de la façon la plus juste la gravité de l\u2019obsession, en soulignant que la haine des musulmans a remplacé, au sommet de la fantasmagorie occidentale, la haine millénaire des juifs.Il réfute les faussetés qui alimentent Tisla-mophobie actuelle, dont tirent profit les politiciens populistes occidentaux, de Marine Le Pen en Erance aux ultraconservateurs américains.Pas d\u2019unisson Ce n\u2019est pas seulement l\u2019exfi-ême droite qui reproche aux politiques multiculturalistes européennes de retarder l\u2019intégration des musulmans.En 2010, la chancelière allemande Angela Merkel avoua leur échec.Eirent de même.Tannée suivante, le premier ministre britannique David Cameron et le président finançais Nicolas Sarkozy.Or, malgré l\u2019électoralisme de ces dirigeants soucieux de plaire à la frange xénophobe de leurs concitoyens, les politiques dites multiculturalistes, explique Bowen, étaient et sont encore, en réalité, des politiques d\u2019intégration.Elles s\u2019appuient sur une tolérance élaborée par l\u2019Europe pour résoudre des problèmes internes depuis le XVI'^ siècle : guerres de religion, pluralisme religieux, ethnique et politique issu de la Réforme, des révolutions, de l\u2019essor industriel et des déplacements de population que ceux-ci entraînèrent.Reprocher à Tislam son retard au chapitre des mœurs, c\u2019est oublier, par exemple, qu\u2019en Occident le suffrage féminin et la révolution sexuelle ne remontent qu\u2019au siècle.Refuser aux musulmans l\u2019aptitude à évoluer tient du préjugé.Bowen a la sagesse d\u2019insister sur une évidence occultée: «Comme tout le monde, les musulmans s\u2019adaptent, et comme tout le monde encore, ils ne pensent pas tous à l\u2019unisson.» Il signale qu\u2019en Erance, pas moins de la moitié d\u2019entre eux étaient favorables à la loi de 2004 qui interdit les signes religieux ostentatoires dans les écoles publiques.Ce partage porteur d\u2019avenir ne trahissait-il pas, comme une marque indélébile très profonde, la complexité, la fièvre et le questionnement communs à toute l\u2019humanité?Collaborateur Le Devoir L\u2019ISLAM, UN ENNEMI IDÉAL John R.Bowen Traduit de l\u2019anglais (américain) par Patrick Savidan Albin Michel Paris, 2014, 144 pages Félicitations! TRI» / .Lauréate - Prix littéraire Trillium Marguerite Andersen La mauvaise mère «.dans ce livre-testament d\u2019une mère pleine de doutes qui n\u2019a cessé de se remettre en question, Marguerite Andersen met le doigt sur le paradoxe de la maternité.» Le son de la mère, Danielle Laurin, Le Devoir «C\u2019est tout un parcours de battante, tiraillé entre culpabilité et désir de réalisation, qu\u2019elle [Marguerite Andersen] nous invite à lire dans La mauvaise mère.» ClAvUdia Larochelle, Les libraires parole MARGUERITE ANDERSEN La mauvaise mère De Berlin à Tunis, de Montréal à Toronto, une féministe avant la lettre retrace les moments de sa vie pleine, difficile et mouvementée.Récit romanesque \u2022 207 pages \u2022 18,95 $ \u2022 ISBN 978-2-89423-906-3 4-\u201c^ ^ www.prisedeparole.ca En vente chez votre libraire "]
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