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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-07-05, Collections de BAnQ.

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[" gpgti^miinw.SRuunmr ?**>MnHniiR \t \t.'i: \t \t.Æ?.Betty Bonifassi, la chimie Page E 3 Sur les traces d\u2019Ozias Leduc à Mont-Saint-Hilaire Page E 5 ivres CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAME DVI'-'S E^T DIMANCHE 6 JUILLET 2014 / P PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le dramaturge Fabien Cloutier et le comédien Hubert Proulx L\u2019extension du domaine du chum à Chabot Avec la complicité d\u2019Hubert Proulx, Fabien Cloutier fait passer Scotstown du côté anglo de la langue Presque 10 ans après son apparition dans l\u2019univers culturel québécois, le « chum à Chabot», qui habite la pièce Scotstown de Fabien Cloutier, se prépare la semaine prochaine à passer par un autre chemin pour explorer sa fermeture d\u2019esprit et sa tortueuse quête d\u2019identité : celui de l\u2019anglais, dans une traduction inédite de David Laurin.Le comédien très francophone Hubert Proulx assure, sur les planches du théâtre La Chapelle, le changement de registre d\u2019une œuvre rustique et typée dans une autre langue finalement pas si étrangère.FABIEN DEGUISE A aventure ne pou-^ vait certainement T ?¦\tpas être ordinaire : I J avec un person- M m nage affligé par un repli identitaire évident, une peur de l\u2019autre assumée et verbalisée, mais également un esprit obtus de circonstance, le dramaturge Fabien Cloutier rêve depuis des années de construire des ponts vers d\u2019autres cultures, de partager, pour faire entendre la dramaturgie québécoise contemporaine plus loin, sans renier ses origines, ni avoir peur d\u2019assimiler quoi que ce soit à quelque chose d\u2019autre, dit-il.La semaine prochaine, ce «plan» va sortir de son cadre onirique pour se concrétiser sur les planches du théâtre La Chapelle où Scotstown, monologue phare de l\u2019œuvre de Cloutier, va être présenté pour la première fois dans une autre langue que le français.La transposition, qui conserve forcément son titre à saveur géographique, est pilotée par David Laurin.Elle est portée sur scène par Hubert Proulx, dans le cadre du festival hétéroclite et bilingue Zoofest.Pour quatre soirs seulement.«Scotstown, c\u2019est une histoire que Von peut raconter à tout le monde, dit l\u2019auteur, rencontré il y a quelques jours dans un café de Montréal en compagnie de la voix anglaise du «chum à Chabot», personnage central de la pièce, et à des kilomètres de ce village des Cantons-de-l\u2019Est où Clou- tier a posé une partie de son action.«Depuis sa création [sous le titre Ousqu\u2019ié Chabot?dans le cadre des Contes urbains cuvée 2005], les gens de la ville s\u2019étonnent que ceux des régions aiment cette pièce et ceux des régions ne comprennent pas pourquoi les urbains y ont été sensibles.Il y a quelques années, je l\u2019ai même présentée en Belgique où, après une courte explication de la mécanique des sacres [la pièce en fait résonner une trâlée, comme dirait l\u2019autre], le public a embarqué très rapidement dans le récit, rigolant même aux endroits où il le fallait.» Sans surprise, d\u2019ailleurs.Des chemins universels C\u2019est que, sous des allures de produits du terroir, de contes régionaux écrits pour un auditoire restreint et hjqierlocalisé, Scotstown, avec une langue rugueuse, un verbe décapant, raconte finalement bien plus que le quotidien un peu vide d\u2019un jeune rural dans une campagne «ben ordinaire», perdu dans des croyances et des préjugés qui vont finir par devenir ses démons.«Le personnage est pris VOIR PAGE E 4 : CHABOT a.Je ne fais pas partie de ceux qui voient dans les mélanges et dans la diversité un risque de perdre notre culture yy mi L\u2019espion Poste scriptum, ce sont huit cartes postales vintages envoyées à autant d\u2019auteurs estimés du Devoir pour les inspirer.C\u2019est aussi une carte blanche littéraire où chacun composera tour à tour une microfiction de style libre, insufflée par l\u2019image ou le texte, la provenance ou la calligraphie, le timbre ou le cachet d\u2019oblitération, selon le bon gré de l\u2019écrivain.Aujourd\u2019hui: François Blais.L\u2019auteur est né à Grand-Mère en 1973 et vit aujourd\u2019hui à Québec.Depuis 2006, il a publié huit romans, dont La classe de madame Valérie et Sam (L\u2019Instant même, 2013 et 2014).Il est, selon notre critique Danielle Laurin, «maître dans l\u2019art de passer au peigne fin l\u2019anodin».Fabien Cloutier FRANÇOIS BLAIS Malgré l\u2019image déplaisante que la littérature jeunesse donnait des habitants de l\u2019empire du Milieu \u2014 êtres fourbes et cruels prenant plaisir à torturer, ou personnages risibles à la peau jaune et aux incisives proéminentes, arborant une tresse et un large chapeau, prononçant les «r» comme des «1» \u2014, il avait toujours aimé la Chine et le drame de sa vie consistait à n\u2019êjre point Chinois lui-même.À quinze ans à peine, il connaissait l\u2019histoire du pays et en écrivait passablement la langue.Il avait craint un moment, à voir le nombre ahurissant de babioles «made in China» sur le marché, que la Chine en vienne à s\u2019exporter entièrement aux quatre coins de la planète, une montre en plastique à la fois, et qu\u2019il ne trouve qu\u2019un trou béant le jour où il aurait enfin les moyens de s\u2019y rendre.Il s\u2019en était fait pour rien: la Chine était là, plus belle que dans ses songes, quand il atterrit à Shanghai pour y entreprendre son doctorat.A défaut de devenir Chinois, il devint sinologue.Roux aux yeux verts, il n\u2019arrivait pas à se fondre dans la foule, mais il pouvait se targuer d\u2019en savoir plus long sur la Chine que la vaste majorité de ses habitants.Il aurait échangé cette érudition contre la citoyenneté et un travail, aussi modeste soit-il, il aurait accepté de fabriquer des babioles en plastique, quatorze heures par jour, six jours sur sept, 200$ par mois, pour demeurer dans sa Chine bien aimée.Mais on lui fit comprendre que cela était impossible, qu\u2019on n\u2019avait rien contre lui, mais qu\u2019on était déjà assez nombreux comme cela.Il fit part de son désarroi au recteur de son université.«Mais enfin.Maître, il doit bien arriver que la Chine accepte des immigrants sur son territoire! « Monsieur, vous êtes un sot.Vous avez néanmoins tenté d\u2019espionner.Veuillez nous suivre.» \u2014 Des gens qui ont de l\u2019argent à y investir, oui.Va faire fortune chez toi et revient.\u2014 Faire fortune est long et hasardeux, il doit bien y avoir un autre moyen.\u2014 Commet un crime et ainsi tu croupiras dans une prison chinoise pour le reste de tes jours.\u2014Maître, vous êtes un génie! \u2014 Certes.Mais vous savez que je plaisantais ?» Oui, mais il s\u2019accrocha néanmoins à cette idée cpmme à son unique bouée.Etre bagnard en Chine lui semblait un sort plus enviable qu\u2019être universitaire en Amérique.Mais quel crime commettre?Sa conscience refusait le meurtre, et il savait que les menus larcins ne lui vaudraient qu\u2019une peine légère suivie d\u2019une expulsion.Il arrêta son choix sur l\u2019espionnage.Il ne disposait d\u2019aucun secret d\u2019Etat chinois à négocier, mais il inventerait.On tiendrait compte de l\u2019intention.il se rendit au Musée d\u2019histoire militaire de Beijing, y acheta une carte postale représentant de vieux engins balistiques, et l\u2019adressa au ministre canadien de la Défense, avec le message suivant (en caractères chinois, pour que sa carte soit interceptée par les gens de la poste) : «Monsieur, je n\u2019ai pas l\u2019honneur d\u2019appartenir aux services secrets, mais le simple patriotisme me pousse à prendre la plume pour vous faire part de la menace qui pèse sur notre pays.Voyez ces missiles au recto, fruits des plus récents développements de la technologie chinoise: je sais de source sûre qu\u2019ils sont pointés vers Ottawa et que la mise à feu est imminente.J\u2019espère que vous agirez en conséquence.Bonjour à votre épouse, le cas échéant.» Il signa la carte, l\u2019affranchit et rentra à Shanghai.Le lendemain, un quatuor d\u2019hommes en noir se présenta VOIR PAGE E 2 : L\u2019ESPION E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 JUILLET 2014 CULTURE>MÜS1PE üken Jah Fakoly : le reggae, l\u2019agriculture et la société civile Le parrain des Nuits d\u2019Afrique ouvre avec un retour aux basses fréquences YVES BERNARD Tiken Jah Fakoly, le reggae-man engagé, revient à Montréal pour l\u2019ouverture du 28'^ Festival international Nuits d\u2019Afrique (FINA).11 en est le parrain et ce n\u2019est pas la première fois.En 2012, on l\u2019attendait pour la clôture d\u2019un printemps chaud, mais il n\u2019a pu venir.Cette fois-ci, il sera à L\u2019Olympia ce mercredi pour offrir Dernier appel, le nouveau héhé qui marque le retour aux basses fréquences.Et comme toujours, l\u2019âme sera à tous les combats qu\u2019il mène pour l\u2019Afrique et la justice sociale.Dès l\u2019entrée en matière du disque, il y chante ce dernier appel du vol Africa.La parole est simple et accrocheuse: «Dans cet avion, il est écrit qu\u2019on doit arrêter de demander et de quémander.Babylon donne et Babylon ordonnera toujours.» 11 parle du titre : «Oui, il y a urgence: urgence d\u2019unité et de rassemblement parce qu\u2019à un moment où l\u2019Afrique est très sollicitée économiquement, si les Africains sont divisés, si les pays africains ne se rapprochent pas les uns des autres, nous sortirons perdants.» Tiken Jah s\u2019est rapproché de son vieux rival Alpha Blondy.Les deux chantent ensemble Diaspora sur Dernier appel et Réconciliation sur le plus récent disque de l\u2019autre grand reggae-man ivoirien.« On a également fait ensemble une tournée de réconciliation avec une centaine d\u2019artistes dans cinq villes en Côte d\u2019ivoire.Dans les années à venir, lorsque l\u2019on parlera de la réconciliation du pays, il faut qu\u2019on / MIGUEL MEDINA AGENCE ERANCE-PRESSE Tiken Jah Fakoly: une parole simple et accrocheuse trouve des traces des artistes.» 11 vit en partie dans le nord de la Côte d\u2019ivoire, y a cultivé 15 hectares de riz en 2013, son but étant d\u2019ennoblir l\u2019agriculteur et de montrer l\u2019exemple d\u2019une solution à la crise alimentaire que l\u2019Afrique a vécue il y a quelques années.«Ce n\u2019est pas normal que l\u2019on parle de crise alimentaire alors qu\u2019il y a la terre, la pluie et le soleil.Je voulais montrer un peu le chemin à la jeunesse africaine.Les villages se vident et il n\u2019est pas étonnant de trouver du riz chinois ou thaïlandais dans nos assiettes, alors que quand j\u2019étais jeune, dans mon village, tout ce que l\u2019on consommait venait du village.» 11 chante tout cela dans Le prix du paradis.DE QUEBEC Direction generale et artistique : Gregoij^Leg Vivaldi et Haendel a Topera (Les Violons du Le 23 juillet à 20 h, SalleRaodl-J&birï du Palais Montcalm q L Enfant et les sortileges\tf Les24,25, 26iefé7TüilIèt*S20h\t; Salle Octavé-(^élnë2iedu G'tiând*Théâtrb de Québec 1 \u2019 Le Jugement dernier (Requiem de Verdijf Les 1% 3 et 4 août à 20\"h|W!|p H\t| Salle Louis-Fréchette d*ü\u2019 Un extrait de Scotstown d\u2019une langue à l\u2019autre, ledevoir.com/theatre France, toute ! La diversité du cirque français s\u2019expose à Montréal complètement cirque ISABELLE PARE Impossible n\u2019est pas français, dit le dicton.La cuvée hétéroclite de troupes venues de l\u2019Hexagone à cette 5® édition de Montréal complètement cirque donne raison à l\u2019adage, avec des propositions aussi insolites que diversifiées, signes du bouillonnement que connaît en ce moment la scène du cirque contemporain en France.Ce grand débarquement, rendu possible grâce à l\u2019effort combiné de l\u2019Institut français et du consulat général de France, permet ces jours-ci la venue de quatre compagnies aussi différentes les unes que les autres, qui empruntent tantôt au théâtre et à la danse contemporaine, tantôt à la « magie nouvelle » pour rajeunir le visage du cirque actuel.Parmi les plus attendus, on note au passage Monstre (s), cette troupe pour,un homme seul, ici nommé Etienne Sa-glio, qui se réclame de la mouvance de la magie revue et corrigée qui fait rage en France.Avec sa tête de Pierrot sombre ou de Petit Prince déchu, ce jeune créateur s\u2019amène dès le 10 juillet au théâtre Outremont avec sa première création, Le soir des monstres, applaudie depuis quatre ans en Europe.Un univers à la Burton Entouré d\u2019objets qui prennent vie et virevoltent autour de lui, cet adepte de la poésie réclame le droit d\u2019insuffler des émotions à une discipline coincée dans les stéréotypes entretenus depuis des lustres par les David Copperfield et consorts.Après des années passées à rattraper balles et quilles, ce jeune jongleur de formation veut maintenant donner un sens à cette gymnastique des objets.«La jonglerie, c\u2019est déjà donner une liberté aux objets, alors que la marionnette donne l\u2019illusion de la vie.Le soir des monstres exploite l\u2019imaginaire, la confusion entre la réalité et l\u2019illusion.La magie nouvelle, c\u2019est une nouvelle façon de raconter le monde.Les spectateurs y perdent tranquillement pied», raconte le jeune artiste, joint en France.Sur une scène plongée dans la pénombre, les objets fabriqués par Saglio prennent forme, fignolés avec des bouts de broche, se laissent apprivoiser, puis, devenues créatures, sèment la zizanie, revendiquant une vie propre.Un genre de Monstre(s), une troupe pour un homme seul: Étienne Saglio Des extraits vidéo du volet français à Montréal complètement cirque.ledevoir.com/cirque D MUSIQUE ESPACES JEUDI 10 JUILLET 20 H LE DOMAINE DANSE CAS PUBLIC Variations S VENDREDI 1 1 JUILLET 20 MARIKA BOURNAKI, piano SAMEDI 1 2 JUILLET 20 H CHER OLIVER, C'EST À TON TOUR.! Oliver Jones et son trio Daniel Clarke Bouchard, Lorraine Desmarais, piano Joe Lovano,saxophone et leurs invités H LES BRUNCHES-MUSIQUE CASINO CHARLEVOIX Tous les dimanches de l'été! Du 8 Juin au 31 août Détails sur domaineforget.com 418.452.3535 | 1 888.DFORGET (336.7438) Suivez-noussur 1^1 canadien Heritage Québec H a Municipalité de Saint-lrénée LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 JUILLET 2014 E 5 CULTURE>DE VISU CINEMA Sur les traces d\u2019Ozias Leduc Le Musée des beaux-arts de ' ' -Saint-Hilaire souligne en grand le 150® anniversaire de naissance du peintre symboliste PAUL BENNETT à Mont-Saint-Hilaire Parfois décrit à tort comme un ermite reclus dans son atelier au pied du mont Saint-Hilaire, le peintre Ozias Leduc (1864-1955) fut au contraire très impliqué tant dans son village natal, d\u2019abord comme marguiller puis éche-vin, que dans le milieu culturel.C\u2019est ce que cherche à souligner l\u2019exposition Ozias Leduc.Aux sources de l\u2019œuvre, qui se poursuit jusqu\u2019au 12 octobre au Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire, à l\u2019occasion du 150® anniversaire de naissance de l\u2019artiste.L\u2019exposition présente une centaine de tableaux, fusains, dessins préparatoires et documents sur les personnages que le peintre symboliste a côtoyés.Correlieu, l\u2019atelier de Leduc détruit par un incendie en 1983, était fréquenté aussi bien par les artjstes d\u2019avant-garde tels Paul-Emile Borduas \u2014 son ancien apprenti \u2014 et Jean-Paul Riopelle que par des artistes traditionalistes tels Rodolphe Duguay et le sculpteur Henri Hébert, ou par des curés à la recherche d\u2019un « décorateur» d\u2019églises sortant du lot.Des écrivains modernistes comme Guy Delahaye, Marcel Dugas ou Robert de Roque-brune, des musiciens et des architectes y étaient aussi reçus pour de longues séances de conversation.Poète et intellectuel autant que portraitiste minutieux, paysagiste raffiné, peintre de petites natures mortes énigmatiques et de murales d\u2019église à la fois subtiles et monumentales, Leduc suscitait l\u2019admiration des uns comme des autres, tant pour son talent que pour son authenticité et sa générosité.Comme le fait remarquer dans un ouvrage récent l\u2019historien Pierre Lambert {Ozias Leduc.Le peintre en quête de beauté, éditions Marcel Broquet), Leduc, tout en adhérant à l\u2019idéologie de conservation et aux valeurs véhiculées par le clergé, servira de référence aux jeunes artistes à la recherche d\u2019un modèle de probité intellectuelle et de fidélité à ses idéaux artistiques.Comme le reconnut Borduas dans un texte daté de 1953, Leduc est l\u2019une des rares personnes qui lui permirent de «poursuivre son destin».SEMINAIRE DE TROIS-RIVIERES L\u2019artiste-peintre Ozias Leduc, en août 1936 -GALERIE D ART- Stewart Hall ¦ART GALLERY- 6 juillet au 24 août 2014 CROISEMENTS André Foumelle et Peter Gnass PIQUE-NIQUEVERNISSAGE Dimanche 6 juillet, de midi à 16 h Apportez votre goûter! Crème glacée et grignotines sont offertes! Atelier de création pour toute la femille de midi à 14 h Entrée libre INFO: 514 630-1254 vwvw.ville.pointe-claire.qc.ca Portrait de Guy Delahaye, poète, huile sur toile.SOURCE MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONT-SAINT-HILAIRE 1911, coll.MNBAQ.Riopelle, quant à lui, ira jusqu\u2019à affirmer que Leduc fut «la plus importante des influences qu\u2019[Â a] subies.» Axée sur la vie intime de Leduc (sa famille, ses amis, les femmes de son entourage) et sur sa vie sociale (ses fréquentations littéraires et artistiques, son rôle de marguiller et d\u2019échevin), l\u2019exposition du musée de Mont-Saint-Hilaire, conçue par la commissaire Isabelle Pichet, explore avec les moyens limités d\u2019un musée régional les sources documentaires du portraitiste, du paysagiste et du peintre d\u2019églises, laissant un peu de côté les natures mortes et les scènes de genre.Malgré le peu d\u2019œuvres majeures de l\u2019artiste à l\u2019exception du portrait de Guy Delahaye de 1911 ou du Crépuscule lunaire (1937), l\u2019exposition propose tout de même un parcours enrichissant en juxtaposant par exemple des portraits peu souvent exposés (ceux d\u2019une nièce de Leduc, Gertrude, et d\u2019un petit-neveu, Raymond) avec les vê- tements que les modèles portaient lors des séances de pose.Ou encore des photographies de son frère Hono-rius, qui servit de modèle pour plusieurs tableaux.Le visiteur qui s\u2019intéresse davantage au versant religieux de la production de Leduc sera fasciné par l\u2019aspect artisanal des 14 stations du chemin de Croix peint sur bois et carton pour le couvent des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie de Saint-Hilaire, ainsi que par une extraordinaire tête de saint Michel archange, un fusain jamais exposé auparavant.Art religieux Par ailleurs, plusieurs chefs-d\u2019œuvre d\u2019art religieux d\u2019Ozias Leduc seront rendus plus accessibles cet été grâce à des horaires de visite élargis dans certains lieux de culte, qu\u2019on peut consulter au www.oziasleduc.corn.Les participants comprennent la chapelle Notre-Dame-du-Bon-Secours dans le Vieux-Montréal, la cathédrale de Jo- Une vie longue et pleine 8 octobre 1864 Naissance à Saint-Hilaire.Issu d\u2019une famille de pomiculteurs, Ozias Leduc travaille comme peintre de statues, puis décorateur d\u2019églises auprès de Luigi Capello, dont il épousera la veuve, Marie-Louise Lebrun, en 1906.1897 Séjour de huit mois à Londres et à Paris en vue de la décoration de l\u2019église de Saint-Hilaire.De 1921 à 1932 Ozias Leduc prend Paul-Emile Borduas sous son aile.16 juin 1955.Mort de l\u2019artiste Il aura décoré une (rentaine d\u2019églises, tant aux Etats-Unis et dans les Maritimes qu\u2019au Québec.liette, l\u2019église Saint-Hilaire, l\u2019église Saint-Romuald de Earn-ham, l\u2019église Notre-Dame-de-la-Présentation à Shawinigan-Sud et la chapelle de l\u2019archevêché de Sherbrooke.L\u2019église de Shawinigan, à laquelle Leduc, déjà âgé de 72 ans, a travaillé jusqu\u2019à sa mort à l\u2019âge de 90 ans, a été habilement restaurée à la fin des années 1980 et l\u2019œuvre du peintre vient enfin d\u2019être mise en valeur par un éclairage ultra-moderne.Ce temple à la gloire de la Vierge et du monde ouvrier est décrit en détail dans un bel ouvrage de Lévis Martin, Ozias Leduc.Pour un ultime chef-d\u2019œuvre, aux Presses de l\u2019Université Laval.On y retrouve le même souci de dépouillement et de recherche symbolique que dans la première église entièrement décorée par Leduc, celle de Saint-Hilaire.Quant à l\u2019intimiste chapelle privée de l\u2019archevêque de Sherbrooke, inspirée de la Sainte-Chapelle à Paris, elle offre au regard une expérience tout simplement inoubliable.Collaborateur Le Devoir OZIAS LEDUC Aux SOURCES DE L\u2019ŒUVRE Au Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire, 150, rue du Centre-civique, jusqu\u2019au 12 octobre DVoir aussi > Un survol en quelques œuvres du travail d\u2019Ozias Leduc.ledevoir.com/arts- visuels \u2018\tSite arc Site archéologique ^/nJuin GpAoût 2014 Mardi au dimanche en après-midi miam 2 000 ANS D\u2019ALIMENTATION À BON-SECOURS MUSEE CHAPEEEE MARGUERITE- NOTRE-DAME-DE-BOURGEOYS BON-SECOURS 1\t400, rue Saint-Paul Est, Vieux-Montréal nM 514-282-8670\t® Champ-de-Mars www.marguerite-bourgeoys.com/site A \u2018 \" Québec¦ Montréal! Ce projet a été réalisé dans le cadre de l'Entente sur le développement culturel de Montréal Partenaire média LEDEVOIR Pas de vacances pour les cinéastes à succès Laurent Tirard replonge dans le temps de l\u2019innocence grâce au petit Nicolas Laurent Tirard ANDRE LAVOIE Lorsque les cinéastes français s\u2019adressent aux journalistes québécois pour parler de leur dernier film, celui-ci a presque toujours connu une carrière en salle, sur leur territoire et ailleurs en Europe : l\u2019interlocuteur connaît la valeur de ce qu\u2019il a à vendre, passe sous silence les mauvaises critiques, monte en épingle le nombre d\u2019entrées, souligne avec insistance les prix reçus.Laurent Tirard ne peut rien affirmer de semblable puisque son cinquième long métrage.Les vacances du petit Nicolas, démarre à la fois en Erance et au Québec le mercredi 9 juillet.Au bout du fil, c\u2019est un homme nerveux, rêvant d\u2019être en voyage plutôt qu\u2019en tournée de promotion, qui cause de sa deuxième incursion dans l\u2019univers du dessinateur Jean-Jacques Sempé et du scénariste René Goscinny, un retour évident après avoir rallié plus de cinq millions de spectateurs français avec Le petit Nicolas en 2009.Après quelques propos d\u2019usage sur «l\u2019angoisse et la terreur de la sortie», le réalisateur de Mensonges et trahisons et plus si affinités (2004) et de Molière (2007) retrouve vite son assurance pour aborder ce nouveau chapitre cinématographique dans la vie de ce garçon emblématique d\u2019une Erance qui semble aujourd\u2019hui lointaine: prospère, naïve et rutilante.LJn critique français y voyait même un «hommage aux congés payés en technicolor».Laurent Tirard trouve la remarque amusante, précisant toutefois la véritable nostalgie qu\u2019il tient à célébrer ici.De Tati à Vadim Non, ce n\u2019est pas la Erance de la Nouvelle Vague, du nucléaire et de Charles de Gaulle dont il est question ici.«Mon film ne table pas beaucoup sur une nostalgie de l\u2019époque, dans la mesure où je ne l\u2019ai pas connue! Oui, elle est énormément stylisée: tout est beau et coloré.C\u2019est surtout le symbole du monde de l\u2019enfance, ce temps de l\u2019innocence où tout va bien.» Qr, il faut compter sur Nicolas et ses amis pour que cette période paisible se transforme en une formidable aventure farcie de personnages flamboyants.Si certains d\u2019entre eux affichent un air familier, ce n\u2019est pas seulement parce que plusieurs sont tirés de la célèbre bande dessinée.D\u2019autres vien- nent de sources tout aussi inspirantes, et non les moindres.«J\u2019ai vu plusieurs fois Les vacances de Monsieur Hulot, de Jacques Tati, souligne Laurent Tirard.Quand on a décidé de faire la suite, c\u2019est le premier film que j\u2019ai revu, parce que c\u2019était la direction vers laquelle je voulais aller.Mais je me suis aussi inspiré de mes propres souvenirs de vacances, et surtout de cinéphile, revoyant L\u2019Hôtel de la plage [de Michel Lang] ou encore Le gendarme de St-Tropez [de Jean Girault].Quant à l\u2019histoire du producteur italien [un beau et grand moment de délire impliquant Valérie Lemer-cier, de nouveau la maman de Nicolas], elle est inspirée de tout ce qui a entouré Et Dieu créa la femme, de Roger Vadim.» Le tournage des Vacances du petit Nicolas ne fut pas nécessairement de tout repos, marqué par la mort subite de l\u2019actrice Bernadette Lafont.«Disons que ce fut.bizarre.Elle est venue tourner une journée et devait revenir deux semaines plus tard.Il a fallu prendre une décision dans l\u2019urgence pour la remplacer.Au début, la pauvre Dominique Lavanant, tout le monde l\u2019appelait Bernadette! Mais elle est vite devenue une épatante Mémé.» Il lui fallait aussi composer avec une ribambelle d\u2019enfants à diriger, qui n\u2019avaient aucune, expérience devant la caméra.A ce chapitre, il a tiré deux ou trois leçons.«Il ne faut surtout pas être copain avec eux, sinon ils n\u2019obéissent plus.Ça doit tout de même rester un jeu, parce qu\u2019ils en ont vite marre.Disons que c\u2019est compliqué, mais quand ça fonctionne, c\u2019est magique.» Au final, Laurent Tirard préfère cette aventure à celle de son film précédent, Astérix & Obélix: Au service de Sa Majesté.«Ce fut une expérience fastidieuse, contraignante, parfois même pénible.Je me sentais propulsé général d\u2019une armée de 300 techniciens et de 800figurants.Les vacances du petit Nicolas, ça ressemblait plutôt à une entreprise familiale.» Le cinéaste a même cru parfois retomber en enfance.«C\u2019est un des films sur lesquels je me suis le plus amusé avec le cinéma, car le cinéma, ça peut être un jouet.» Collaborateur Le Devoir DVoir aussi > Les bandes-annonces des fdms qui ont inspiré le cinéaste Laurent Tirard pour ce nouvel opus.ledevoir.com/cinéma 17 août - OTTAWA - Gustave Doré au musée 27 août - QUÉBEC - exposition au musée Morrice et Lyman en compagnie de Matisse Prix spécial jusqu'au 11 juillet 2 octobre - MONT-SAINT-HILAIRE 150 ans du peintre Ozias Leduc 30 octobre - 2 novembre - TORONTO - NIAGARA Prix spécial jusqu'au 15 juillet Le.%eaux detours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d\u2019un permis du Québec Aux sourœs de l\u2019œuvre Les Muséales de Mont-Saint-Hilaire MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONT-SAINT-HILAIRE DU lO JUIN AU 12 OCTOBRE 2014 Une présentation Hydro Qiûibec 150, rue du Centre-Civique, Mont-Saint-Hilaire I 450 536-3033 www.mbamsh.qc.ca * 20 E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JUILLET 2014 CULTURE.CINEMA FILMOPTION Pier-Gabriel Lajoie convainc, mais son aîné Walter Borden semble par moments chercher le ton juste.Plus laborieux qu\u2019audacieux GERONTOPHILIA ?Scénario et réalisation : Bruce LaBruce.Avec Pier-Gabriel Lajoie, Walter Borden, Katie Boland.Image: Nicolas Cannic-cioni.Montage: Glenn Berman.Musique: Ramachandra Borcar.Canada, 2013, 82 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Sur papier, la proposition intrigue.Telle une variation gaie du classique Harold et Maude, Gerontophilia voit son jeune protagoniste découvrir qu\u2019il aime non pas les filles, ni même les garçons, mais bien les vieux messieurs.Audacieux?Uniquement si la chose vous choque.En fait, une fois son argument énoncé, cette comédie sentimentale ne semble plus trop savoir où aller.Cela se présente pourtant bien.Après s\u2019être aperçu par hasard que les hommes «du bel âge » l\u2019excitent en faisant le bouche-à-bouche à l\u2019un d\u2019eux.Lake, son diplôme d\u2019études secondaires en poche, troque son maillot de sauveteur pour une combinaison de préposé aux bénéficiaires dans un foyer pour personnes âgées.Rapidement, il entame une liaison avec le charmant Melvyn qui, à 81 ans, a largement l\u2019âge d\u2019être son grand-père.Si la comparaison avec Ha- rold et Maude, le film-culte de Hal Ashby sorti il y a plus de 40 ans, est inévitable, elle n\u2019est pas à l\u2019avantage du plus récent film de Bruce LaBruce qui, bien qu\u2019il ait affirmé avoir voulu tourner un film «grand public», semble parfois tenté de renouer avec ses instincts de provocateur.N\u2019embrassant complètement ni l\u2019une ni l\u2019autre de ces deux approches, le film peine à imposer une identité au gré d\u2019un récit à intensité variable, et somme toute superficiel.Il y avait pourtant matière à réflexion.Pour le compte, l\u2019œuvre précédente de Bruce LaBruce, le risible L.A.Zombie mettant en vedette la star de la porno gaie François Saga, avait permis d\u2019établir que le cinéaste ontarien a des idées de films, mais pas nécessairement de dons pour la mise en scène.Ou pour la direction d\u2019acteurs, comme on peut une fois de plus le constater dans Gerontophilia, alors que le niveau de jeu des interprètes fluctue allègrement.Le jeune Montréalais Pier-Gabriel Lajoie convainc, mais son aîné Walter Borden semble par moments chercher le ton juste.En définitive toutefois, ni la jeunesse ni la sagesse n\u2019ont ici l\u2019heur de passionner.Le Devoir Stéphane Rousseau sans faux-fuyant L\u2019acteur et humoriste joue un réalisateur en crise dans Le vrai du faux FRANÇOIS LEVESQUE Marco Valois est un réalisateur québécois qui connaît le succès grâce à une série de «films de chars» calquée sur la populaire franchise américaine Rapides et dangereux.Or, après qu\u2019un admirateur se fut suicidé sur la route dans une voiture à l\u2019effigie de celle de ses films.Marco, déjà au plus mal avec la critique, devient la cible de tous les médias.En pleine crise existentielle, il décide de tourner une œuvre,« importante » consacrée à Eric Lebel, un ex-soldat souffrant, à l\u2019instar du défunt, d\u2019un syndrome post-traumatique.Dans la comédie dramatique Le vrai du faux, Stéphane Rousseau campe le réalisateur manipulateur qui s\u2019immisce dans la vie de cet homme encore plus vulnérable que lui.D\u2019entrée de jeu, on se dit que la perspective de jouer un cinéaste qui se prend très au sérieux doit être réjouissante pour un acteur.L\u2019occasion d\u2019une douce revanche ?«Pas vraiment, assure Stéphane Rousseau.Ce que je trouvais intéressant avec Marco, ce n\u2019était pas le fait qu\u2019il soit réalisateur, mais qu\u2019il soit un gars complètement perdu, mais convaincu qu\u2019il ne l\u2019est pas.A mesure que le film avance, on se rend compte qu\u2019il est aussi perturbé qu\u2019Eric [interprété par Mathieu Quesnel].Leurs bibittes sont différentes, mais ils forment une belle paire de mésadaptés.» L\u2019un des principaux facteurs semblant avoir conduit Marco à la dépression, et subséquemment au délire créatif (littéralement), est son besoin de faire l\u2019unanimité, quoi qu\u2019il en dise.Il ne s\u2019agit là que de l\u2019une des mises en abîme dont regorge le film.« C\u2019est vrai pour les humoristes, les acteurs et les cinéastes, pour tous les artistes, selon moi: on fait ce métier pour être aimé.Marco obtient i PEDRO RUIZ LE DEVOIR Stéphane Rousseau et Mathieu Quesnel forment une «belle paire de mésadaptés» à l\u2019écran.C\u2019est vrai pour les humoristes, les acteurs et les cinéastes: on fait ce métier pour être aimé yy Stéphane Rousseau un grand succès populaire.L\u2019amour du public lui est acquis, mais il voudrait également celui de la critique.C\u2019est un besoin insatiable qui trouve son origine dans l\u2019insécurité chronique dont on souffre souvent comme artistes», confie Stéphane Rousseau avec l\u2019air de celui qui s\u2019en amuse autant qu\u2019il s\u2019en désole.L\u2019art salvateur Cet objectif inatteignable permet au film un écart notable par rapport au canon dra- matique classique.On le sait, traditionnellement, les personnages principaux d\u2019un film se voient impartis une «quête», une convention que le scénario, qui table encore là sur une approche métanarrative, nomme et satirise tout en y recourant néanmoins, en partie.En effet, si, à la fin, l\u2019ex-sol-dat traumatisé a affronté ses démons avec succès, le réalisateur, lui, a fait du surplace, prisonnier qu\u2019il est de son déni du réel.A force de baratiner.Marco a fini par se croire.Cela dit, sa démarche artistique douteuse aura contre toute attente eu un impact positif, comme le lui fait remarquer une psychologue revêche défendue par Julie Le Breton.«Malgré toutes tes maladresses, tu l\u2019as aidé», admet-elle.L\u2019art-thérapie, l\u2019art qui sauve, il y croit, Stéphane Rousseau, lui qui dessine et peint depuis toujours?«Oui, j\u2019y crois.Absolument.Je le vis.Le dessin, la peinture, ça me permet de sortir le méchant, de conjurer un certain mal-être.C\u2019est un des aspects intéressants du film», conclut-il.Le Devoir Le vrai du faux prend l\u2019affiche le 9 juillet.DLire > Les échos du réalisateur Émile Gaudreau et de l\u2019acteur Mathieu Quesnel.ledevoir.com/cinéma Transfert.autolargue ! JOSEPHINE Réalisation : Agnès Obadia.Scénario : Agnès Obadia et Samantha Mazeras (d\u2019après Joséphine de Pénélope Bagieu).Avec Ma-rilou Berry, Bérengère Krief Mehdi Nebbou, Alice Pol, Charlie Dupont, Amelle Chahbi.France.2014.95 minutes.FABIEN DEGUISE La transposition était marquée en filigrane dans le papier.En mettant au monde sa série Joséphine en 2008, Pénélope Bagieu, jeune bédéiste trente-naire, avait sans doute des images très animées en tête pour raconter, avec une autodérision évidente, les petits tracas ordinaires et autres troubles affectifs de son héroïne: avec un peu de Bridget Jones\u2019 Diary là, un peu de Sex in the City ici, et autres univers filmés relevant de ce courant littéraire féminin nombriliste et comique que les Anglos nomment « chick lit».Sans surprise, l\u2019adaptation au grand écran proposée ici par Agnès Obadia, avec la compli- AXIA FILMS Marilou Berry, une complicité pétillante cité pétillante de Marilou Berry dans le rôle-titre, révèle cette filiation dès les premières minutes en lustrant l\u2019objet littérature imaginé par Pénélope Bagieu là où il le faut, avec un ton légèrement détaché, une narratrice qui commente les déboires affectifs exposés à l\u2019écran, tout comme une an- goisse face au volume de ses fesses, avec naïveté et cette douce ironie de circonstance.On est en présence d\u2019une tren-tenaire qui essaye d\u2019exister dans un milieu social, professionnel et familial pas encore très bien taillé pour elle.Pour attirer les regards vers elle et combler son gros vide, José- phine va sortir une grosse connerie avec laquelle elle va être obligée de vivre.Pour survivre à sa vacuité.En gros.Sur cette base, Obadia pose le cadre d\u2019une comédie presque sentimentale qui subtilement, dans sa forme du moins, souligne ici et là ses origines avec des scènes découpées comme des planches, des transitions montées comme des changements de planches ou des plans qui donnent l\u2019impression d\u2019avoir été pensés pour entrer dans des cases.Les points de convergence entre le 9® et le 7® art ne vont pas plus loin toutefois avec ce film, qui prend très vite ses distances de l\u2019autodérision parfois grinçante et un peu crue des aventures posées sur papier par Pénélope Bagieu.Plutôt, il explore le fil de la romance improbable et de la patate repentante dans un tout, à l\u2019envergure restreinte, façonné d\u2019abord pour faire sourire et divertir sans danger, particulièrement un soir d\u2019été.Le Devoir La petite guerre des clans WORDS AND PICTURES Réalisation : Fred Schepisi.Scénario : Gerald DiPego.Avec Clive Owen, Juliette Binoche, Valerie Tian, Navid Negahban, Bruce Davidson.Image: lan Baker.Montage: Peter Honess.Musique: Paul Grabowsky.Etats-Unis, 2013, 115 minutes.ANDRÉ LAVOIE Est-il vrai qu\u2019une image vaut mille mots?Et cette seule image, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une photo ou d\u2019une toile, peut-elle en dire beaucoup plus qu\u2019un poème, une nouvelle, voire un roman ?C\u2019est ce genre de questions que se posent les deux personnages principaux de Words and Pictures, Juliette la comédie romantique vaguement intello du cinéaste australien Fred Schepisi {Plenty, Last Orders).EXCBNTRIS GERONTOPHILIA BRUCE LABRUCE- 82 MIN BILLETTERIE : 514 847-2206 ET AUSSI A L\u2019AFFICHE BORGMAN ALEX VAN WARMERDAM IDA PAWELPAWLIKOWSKI EXIL CHARLES-OLIVIER MICHAUD « UNE HISTOIRE D\u2019AMOUR PERCUTANTE ET TENDRE, OSÉE ET POIGNANTE » Boris Sollazzo, Venice Days GRAND PRIX FOCUS LA VENUS A LA FOURRURE ROMAN POLANSKI ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTREAL CINEMAEXCENTRIS.COM UN FILM DE B R U C E LABRUCE GÉRONTOPHILIE Pier-Gabnel Lajoie Walter Borden Mone-Helene Thibault Kotie Bolond 13 E V O ANGLAISE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS EXC3NTRIS\u201411\u2014 -CINÉMA- 514847-2206\tLE CLAP V O ANGLAISE I-CINEPLEX ODEON-1 I FORUM CINEMAS I Ce débat apparaît vite stérile à tous les amoureux des nuances, mais il faudra beaucoup plus de temps à Jack (Clive Owen) et à Dîna (Juliette Binoche) pour se rendre à l\u2019évidence.Le premier, porté sur la bouteille et poète à ses heures, enseigne la littérature.La seconde, peintre de grande renommée, rongée par l\u2019arthrite rhumatoïde, accepte par dépit de terroriser à nouveau des étudiants.Dans cette petite école privée du Maine, ces deux êtres écorchés ne mettront pas de temps à s\u2019affronter, leurs joutes verbales obtenant vite une grande notoriété, camouflant bien sùr une série de REMSTAR drames et de blessures Binoche que le scénariste Gerald DiPego égrène avec la subtilité d\u2019un métronome.Leur attirance mutuelle apparaît d\u2019ailleurs aussi limpide que leurs arguments, donnant à tout cet exercice un air de déjà vu, et de déjà entendu.Vieux routier parfois inspiré, Fred Schepisi se débrouille avec la partition qu\u2019on lui a remise, croyant sans doute que des acteurs de la trempe de Binoche et Owen sauraient élever le tout.Le duo y arrive parfois, surtout l\u2019actrice française (incarnant une Américaine d\u2019origine italienne), qui profite de l\u2019occasion pour exposer et exécuter ses propres toiles.Elle n\u2019est pas non plus dépourvue de foulards d\u2019une élégance spectaculaire, le cinéaste nous faisant comprendre qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un trait distinctif résolument artistique.En plus des mots et des images, il faut ici ajouter le poids des clichés.Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 JUILLET 2014 E 7 CULTURE «LIVRES De recommencement en recommencement Danielle Laurin Iv ouveau-Brunswick, 1875-1925.Des personnes âgées et des enfants sont mis aux enchères, comme des esclaves, comme du bétail.C\u2019est la prémisse historique du huitième roman de Daniel Poliquin, aussi connu en tant que traducteur et essayiste.Cette pratique oubliée a bel et bien existé, nous assure dans le prélude du Vol de l\u2019ange l\u2019auteur franco-ontarien.Quoiqu\u2019inhumaine à première vue, il semble que c\u2019était une tradition qui avait du bon, précise-t-il: «[.] les démunis, orphelins ou vieillards, évitaient ainsi l\u2019orphelinat ou l\u2019hospice, lieux peu recommandables à l\u2019époque, et trouvaient un toit et du travail; pour leur part, les fermiers y gagnaient une main-d\u2019œuvre bon marché.» Pour ce qui est des personnages qui peuplent Le vol de l\u2019ange, insiste Daniel Poliquin, ils «n\u2019ont jamais existé auparavant.Maintenant, oui».Ils sont nombreux à se relayer dans cette histoire.Ils paraissent parfois le temps d\u2019une petite page, disparaissent ensuite à jamais.Certains prennent leurs aises, en viennent même à se raconter dans le moindre détail, donnant lieu à des épisodes du type récit dans le récit.D\u2019autres encore reviennent de façon récurrente, obsédante.Tous ont en commun d\u2019avoir croisé la route à un moment ou l\u2019autre, pour un temps plus ou moins long, d\u2019un homme de «soixante ans et demi» qui s\u2019apprête à être mis aux enchères pour la troisième fois de sa vie.C\u2019est lui qui prend en charge le récit.Il entreprend de nous raconter sa vie.On apprend dès le début qu\u2019il n\u2019a jamais communiqué que par signes avec ses semblables.Il s\u2019est depuis toujours enfermé dans le mutisme.C\u2019est une sorte de «vœu de silence» qu\u2019il s\u2019est fait à lui-même, mais on ne comprend pas trop pourquoi.Sinon que c\u2019est lié à sa mère: «Je ne suis ni sourd ni muet; je ne parle pas, c\u2019est tout; à cause d\u2019une promesse que je me suis faite quand ma mère était jeune femme, avant même que je sois conçu, quand je n\u2019étais qu\u2019esprit.» Un survenant Etrange personnage, à l\u2019identité trouble, qu\u2019on n\u2019arrivera pas à saisir tout à fait, mais auquel on finira par s\u2019attacher absolument.Il suffit d\u2019être patient.De laisser d\u2019abord le climat s\u2019installer.De passer au travers des multiples apartés.D\u2019accepter l\u2019aspect documentaire que prend le récit au début, comme si l\u2019auteur, derrière, sentait le besoin de tracer le portrait de la situation d\u2019ensemble : tous ces enfants et ces vieilles personnes qui, comme le narrateur, se voient délestées du statut d\u2019êtres humains.Le roman prend véritablement son envol quand le narrateur délaisse son regard circulaire pour se concentrer sur ce qu\u2019il a vécu, lui.Quand il revient sur la première fois où il a été mis à l\u2019encan, alors qu\u2019il était enfant.Nous ne comprendrons que plus tard toute l\u2019ampleur du processus qui l\u2019a conduit là, mais dès lors, nous sommes gagnés par la force de la narration versus le tragique de la situation.Nous serons de plus en plus conquis par ce merveilleux personnage d\u2019errant, de survenant, qui a connu très jeune l\u2019abandon, qui s\u2019est vu enfermé en prison sans raison valable, puis transféré chez les fous, où on l\u2019a oublié un temps avant de le libérer.Le genre d\u2019homme qui, même dans les pires situations, ne se laisse pas démonter.Toujours à préparer un plan B.Au cas où.Un débrouillard, qui plutôt que de se plaindre, de s\u2019autovictimiser, s\u2019organise pour sauver sa peau.Jusqu\u2019à la prochaine fois.Jusqu\u2019au prochain recommencement Un «éternel oiseau migrateur», en somme: «J\u2019aimais entrer dans la vie des gens entièrement vêtu de J# : I MAGALI CHARRON Daniel Poliquin fait paraître un huitième roman.{{Je n\u2019avais rien, pas un sou.Je ne possédais que moi, j\u2019étais donc l\u2019être le plus libre sur la terre, yy Extrait du Vol de Vange neuf sans passé, sans avenir non plus.Je compte continuer ainsi jusqu\u2019à la fin de mes jours, effacer l\u2019ardoise tous les trois ou quatre ans.On ne s\u2019ennuie jamais comme ça, et l\u2019on n\u2019ennuie personne.» Sa vie s\u2019avère une épopée fascinante.Des aventures de toutes sortes, des femmes à profusion.Une seule vraie histoire d\u2019amour, tragique.Quelques belles éclaircies, dont une petite enfance dont il sera à jamais nostalgique : «J\u2019ai été le petit garçon le plus heureux de la terre dans cette maison à laquelle je n\u2019appartenais pourtant pas.C\u2019est depuis cette époque que je me sens partout chez moi.» Sur la scène Chaque plongée dans le passé est suivie d\u2019un retour au présent, alors que notre homme s\u2019apprête à tourner le dos contre son gré à la famille qui l\u2019a accueilli il y a quatre ans, lors d\u2019un encan précédent.Ironiquement, c\u2019est cette famille qu\u2019il plaint, davantage que lui-même, parce qu\u2019elle a tout perdu : la ferme va être saisie, le père, la mère et les enfants vont se retrouver à la rue, sans le sou.Lui, au moins, peut espérer une autre famille.un autre toit, des repas chauds, contre sa force de travail, encore acceptable.Qui sait, peut-être que la femme qu\u2019il désire en secret se montrera intéressée à le prendre chez elle ?Il est toujours permis de rêver, d\u2019espérer.Même une famille déplaisante, il saurait s\u2019en accommoder.Tout pour éviter l\u2019hospice.Mais si vraiment personne ne voulait de lui, alors tant pis.Il a tout prévu.Sa fuite est déjà organisée.Le pire, en fait, n\u2019est pas l\u2019après, pour lui.C\u2019est le moment présent.Alors que tout le monde est rassemblé, comme pour une foire.Que chacun y va de ses commentaires, de ses ragots.Et se fait voyeur.Le pire, c\u2019est l\u2019encan lui-même: «Le seul aspect déplaisant de l\u2019encan, c\u2019est l\u2019encan.C\u2019est parce que vous n\u2019êtes plus qu\u2019une chose exposée aux regards de tous; c\u2019est comme si vous étiez nu sur une scène, sur la place du marché au bord de la mer, ou derrière l\u2019église, tout seul sur votre charrette qui pue le navet décomposé.» A travers le destin invraisemblable de cet homme, c\u2019est sa force intérieure qui ressort.Et c\u2019est le combat des bafoués pour conserver leur dignité humaine, comme espace de liberté.LE VOL DE L\u2019ANGE Daniel Poliquin Boréal Montréal, 2014; 320 pages POESIE André Roy s\u2019en va à Prague HUGUES CORRIVEAU entrée de jeu, La très grande solitude de l\u2019écrivain pragois Franz Kafka s\u2019articule autour du biographique proposé comme lieu référentiel du poétique même.La richesse de l\u2019entreprise ne saurait être contestée, d\u2019autant plus qu\u2019elle nous donne accès à la beauté de l\u2019image et à la connaissance.Pour une fois, dans ces recueils, la réflexion se met au service de la poésie avec talent et une force de persuasion convaincante.André Roy connaît Kafka d\u2019un amour intrinsèque, porté par une grâce constante qui nous redonne la lumière et la noirceur, la conscience et l\u2019angoisse de cet écrivain à jamais adulé.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une poésie facile, loin de là.Avec toutes ces références en bas de page, ces guillemets qui rapportent paroles et écrits.Mais voilà: ce qui compte, c\u2019est la cohérence de ce propos dans ce référentiel obstiné.Dans la mesure où cette écriture renvoie à l\u2019émotion même du poète qui cherche, elle fouit une âme comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un territoire vivant.De tout cela émerge une poésie d\u2019une rare densité qui fulgure en quelques vers, ramassés et qui irradient.«Ecrire ronge quelque chose qui ne veut pas dire son nom», avoue André Roy, et c\u2019est peut-être bien pourquoi il nomme tant Kafka, pour lui permettre de constamment affleurer au milieu de ses poèmes en forme de réflexions sur l\u2019art d\u2019écrire et son pourquoi.Eranz Kafka, pour qui il s\u2019agissait d\u2019atteindre «l\u2019écriture souffrir; / souffle sueur; / corps vent; / le livre poumon».Vraiment, cela: «Juste la maladie, l\u2019intimité, le style: / l\u2019emploi des couteaux dans son écriture.» Ou encore, les amours de Eranz dont Roy parle avec une émotion si palpable, comme ici face à Milena Jesenskâ: «Elle portait sur elle l\u2019été de juillet semblable à une nudité; / la chaleur se couchait sur ses épaules./ Franz aimait en elle son existence à lui / et le présent qui ne lui appartenait plus./ Le visage du sein./ Le rêve à un nuage attaché.» On perçoit à chaque souffle une passion sans faille pour les créateurs qu\u2019ils approchent, qu\u2019ils cernent en une recherche d\u2019osmose qui les fait revivre comme par en dedans du langage.Ou encore, la mort de l\u2019auteur, lui qui «sait que l\u2019art appelle la mort, / qu\u2019écrire, c\u2019est travailler avec elle», car «il écrit directement des ruines de l\u2019abîme», lui qui connaît le jeu dramatique de tout don de soi.André Roy est un amoureux.Poète du corps, le voici auprès de qui a fait un avec l\u2019angoisse et le tragique, avec qui écrivait «pour le pas- sexe», comme il l\u2019affirme.Voici André Roy penché sur une vie à fleur de peau, mais sans elle, dans le concentrationnaire petit espace d\u2019écriture qui donne vie au moindre râle du grand tuberculeux que fut Kafka, à bout de souffle, à bout de mots.Recueil vigilant qui s\u2019approche d\u2019un grand silence universel, du grand bruit du vivant.Collaborateur Le Devoir 14 TRÈS GRANDE SOLITUDE DE L\u2019ECRIVAIN PRAGOIS FRANZ KAFKA André Roy Les Herbes rouges Montréal, 2014, 80 pages vieNt De paRaitRe Dossier L'Inde, terre de luttes et d'espoirs NUMÉRO 773 \u2022 AOÛT 2014 i ReLatioNs (fui veut me société juste\t* ^ L'Inde,\t^ terre de luttesji#espBir^ Les auteurs : Karine Bates, Gilles Bibeau, Mathieu Boisvert, Anthony Dias, Walter Fernandes, Aurélie Leroy, Jean-René Milot, Ashis Nandy, Karine Peschard, Jean-Claude Ravet À lire aussi : le dernier Carnet de Naïm Kattan, la dernière chronique littéraire de Marie-Célie Agnant, une analyse sur l'Afrique du Sud ainsi qu'un débat sur le microcrédit Artiste invité: Bruno Ricca Sommaire détaillé et abonnement en ligne: www.revuerelations.qc.ca Entre l'Inde qui brille fit I Inde qui pleure Nationalisme et fondamentalisme hindous La réinvention
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