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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-07-26, Collections de BAnQ.

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[" Pourfendre l\u2019incurie par le rire, façon Fred Dubé Page E 2 Pourquoi pas une «journée de la solidarité fiscale » ?Page E 8 Culture Livres CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JUILLET 2014 Old Orchard n\u2019existe pas Poste scriptum, ce sont huit cartes postales vintages envoyées à autant d\u2019auteurs estimés du Devoir pour les inspirer.C\u2019est aussi une carte blanche littéraire où chacun composera une microfiction de style libre, insufflée par l\u2019image ou le texte, la provenance ou le timbre, selon son bon gré.Cette semaine: Hélène Frédérick.Née à Saint-Ours, au Québec, elle vit à Paris.Elle a publié Forêt contraire (Verticales, 2014) et La poupée de Kokoschka (Verticales, 2010; Héliotrope, 2014), a été libraire et a travaillé dans l\u2019édition.Elle anime maintenant une résidence où elle invite des auteurs français à découvrir des textes québécois.POSTE SCRIPTUM HELENE EREDERICK Le paysage nous ment souvent.Horizon tout bleu, bruit du ressac, goélands à gogo, touristes lents et pacifiques sur la promenade.Rien n\u2019est plus faux, n\u2019est plus toc que cette image-là, tu le sais.Pour voir il suffit de fermer les yeux.En réalité le ciel d\u2019azur est noir ce jour-là, avec de petits pigments d\u2019étoile à force de serrement de paupières, et de serrement de poings en pensées.En vrai la mer n\u2019existe pas.C\u2019est ce que je te dirais si on pouvait se parler.La distance parcourue depuis Montréal aurait dû tout estomper.Elle révéle, au contraire.Elle souligne notre aveuglement.Elle creuse, oui, elle installe encore mieux le gouffre, présent entre nous depuis le début à l\u2019état de brèche \u2014 petite déchirure qui, sous l\u2019impact, suffît à tout ouvrir.C\u2019est là-bas, pour la première fois, que tu choisis d\u2019utiliser cette arme redoutable contre moi : le silence.Comment réagir au mutisme obstiné d\u2019un être plus que cher?Les non-adeptes de la torture ne peuvent obliger personne à ouvrir la bouche.Ça aussi tu le sais.Tu connais par cœur ma douceur mais aussi mes colères, mes doutes, tu sais trop bien que ton silence va me plier en deux à force de rendre inutile tout ça que je VOIR PAGE E 6 : ORCHARD ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR f Le danseur etoile Guillaume Côté mene le Festival des arts de Saint-Sauveur CHRISTOPHER WAHL Le danseur de ballet et chorégraphe Guillaume Côté, originaire du Lac-Saint-Jean, est reconnu dans le monde,\u201e mais peu connu du public québécois.EREDERIQUE DOYON Son arrivée au Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS) prend des airs de retour du fils prodige.Guillaume Côté, étoile du ballet canadien, voire mondial, né au Lac-Saint-Jean, est encore peu connu du public québécois.Le danseur et chorégraphe associé du Ballet national du Canada (BNC) a accepté de prendre la barre de la manifestation laurentienne dédiée à la danse et à la musique l\u2019an prochain.D\u2019ici là, c\u2019est-à-dire dès ce jeudi, pour l\u2019ouverture de l\u2019événement, il sera triplement présent sur scène, histoire de se présenter au public tel qu\u2019il est, artiste avant tout: danseur, chorégraphe, mais aussi musicien et compositeur.«Je monte un spectacle cette année pour m\u2019introduire un peu au festival, explique l\u2019artiste trentenaire en entrevue, venu déjà deux fois au FASS danser dans ses soirées de gala.Je ne suis pas connu là-bas.Je voulais montrer un genre d\u2019échantillon de mon travail » Reconnu de par le monde pour son interpréta- La direction d\u2019un festival, ce n\u2019est pas quelque chose que j\u2019avais planifié, c\u2019est un rêve que J\u2019avais pour plus tardyy Guillaume Côté, danseur et chorégraphe tion des classiques comme Le lac des cygnes et Roméo et Juliette, l\u2019artiste en profitera pour danser un extrait de Giselle avec Svetlana Lun-kina, étoile du Bolchoï accueillie au BNC en 2012 au plus fort de la saga qui a secoué la mythique troupe russe \u2014 l\u2019attaque à l\u2019acide de son directeur artistique.« C\u2019est ma Giselle favorite dans le monde entier, dit-il.Elle est le summum.» Mais l\u2019artiste porte aussi depuis quelques an- nées le chapeau de chorégraphe, et verse alors volontiers dans une esthétique plus contemporaine qu\u2019il présentera pour la première fois au public québécois.Créé pour le FASS, Dance Me to the End of Love met en scène sept danseurs invités du BNC (excluant Guillaume Côté) sur la musique de Leonard Cohen.«J\u2019ai toujours voulu créer une pièce sur du Leonard Cohen, mais je n\u2019avais jamais trouvé la bonne justification pour utiliser sa musique et sa poésie, confie le créateur.Tout à coup, à cause de sa relation avec Montréal et les Laurentides où il a passé du temps plus jeune, je me suis dit que c\u2019était le moment.» On verra également une autre pièce de groupe, Eractals: A Patter of Chaos, qu\u2019il a conçue pour la jeune troupe torontoise ProAr-teDanza.Il dansera enfin Body of Work, un solo de son cru dédié à Anik Bissonnette, directrice sortante du FASS et ex-étoile des Grands Ballets canadiens, qui recevait plus tôt cette année un Prix du Gouverneur général pour les VOIR PAGE E 4 : GUILLAUME a\" Hydro Québec Partenaire depuis 1999 15\u2018 FESTIVAL INTERNATIONAL DE JARDINS jardins de métis reford gardens ?******* Jusqu\u2019au 28 septembre 2014 Route 132, Grand-Métis, Québec www.jardinsdemetis.com M Gouvernement Government du Canada of Canada Québec ?AUBERGE DU GRAND FLEUVE Bouquin couette au bord du fleuve et à l'écart de la route 132 131, rue Principaie, Métis-sur-Mer Téi: 418 936-3332 ou 866 936-3332 www.aubergedugrandfieuve.qc.ca E 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JUILLET 2014 CULTURE>ZOOFEST JAZZ Le réveil indigné de Fred Dnbé Dans Uignorance fait plus de victimes que le cancer, l\u2019humoriste pourfend l\u2019incurie endémique par le rire FRANÇOIS LÉVESQUE Reçu comme une bouffée d\u2019air frais \u2014 ou comme une claque sur la gueule salutaire, c\u2019est selon \u2014, son premier spectacle solo Terroriste blanc d'Amérique fit salle comble l\u2019an dernier à Zoofest, lui valant le prix Coup de cœur.Fred Dubé rempile cette année avec une deuxième proposition au titre tout aussi évocateur: L\u2019ignorance fait plus de victimes que le cancer.Déjà, on entend les rires jubilatoires concurrencer les grincements de dents.C\u2019est que, pour informé et réfléchi qu\u2019il soit, l\u2019humour de Fred Dubé ne donne guère dans la rectitude politique.«J\u2019aime les titres coups-de-poing, un peu choquants, confirme le principal intéressé./\u2019«/ voulu faire allusion à une maladie qui, sans remettre en cause sa gravité, est à la mode.On en parle énormément, on organise des marches, on monte des campagnes de sensibilisation, et c\u2019est ben correct, mais pourquoi n\u2019en fait-on pas autant pour l\u2019ignorance ?» Parant à tout malentendu, Fred Dubé y va d\u2019une précision intéressante: «Les gens qui m\u2019entourent, les gens qui viennent à mes spectacles, les gens que je croise: ce sont tous des gens intelligents, mais qui vivent dans une société qui ne leur donne pas les outils nécessaires pour vivre une vie intelligente.» Ce qui nous ramène au titre choisit par l\u2019humoriste originaire de Rimouski.«Je me suis inspiré de George Orwell, l\u2019auteur du roman 1984, qui a écrit: \u201cLa dictature s\u2019épanouit sur le terreau de l\u2019ignorance.\u201dMoi, j\u2019estime qu\u2019on en est là.Je crois que l\u2019ignorance, on l\u2019entretient, on la cultive, parce qu\u2019un peuple inculte est plus facile non pas à gouverner, mais à contrôler.» Le pouvoir pour cible On l\u2019aura compris, le pouvoir est la principale cible de Fred Dubé.Le pouvoir dans toutes ses déclinaisons : le politique exécutif (premier pouvoir), le politique législatif (deuxième pouvoir), le judiciaire (troisième pouvoir), sans oublier le médiatique (quatrième pouvoir).Pour le compte, Fred Dubé poursuit ici une exploration critique déjà bien entamée dans r ANNIK MF DE CARUFEL LE DEVOIR Dans son spectacle, Fred Dubé prend le pouvoir pour principale cible.Terroriste blanc d\u2019Amérique, qu\u2019il vient justement de présenter en reprise à Zoofest avec un succès renouvelé.«Je reprends où j\u2019ai laissé, oui.Les deux spectacles ayant été écrits à un an et demi d\u2019intervalle à peine, la mouvance est similaire.J\u2019ai vraiment découvert ma \u201ctalle\u201d créative.» Une «talle» bien fournie qu\u2019il explore depuis quelques années, la démarche de Fred Dubé ne découlant pas d\u2019une épiphanie, mais résultant plutôt d\u2019une série de petites prises de conscience successives.«Le printemps étudiant a été un de ces moments», confie-t-il.«Je crois que l\u2019ignorance, on l\u2019entretient, on la cultive, parce qu\u2019un peuple inculte est plus facile non pas à gouverner, mais à contrôler yy Fred Dubé, humoriste À force de constats, un gars s\u2019éveille, puis se renseigne.«Je suis quelqu\u2019un qui veut comprendre ce qui se passe.Pour y arriver, je lis tant que je peux.Mon spectacle, c\u2019est un condensé de la pensée d\u2019intellectuels pas mal plus futés que moi: Pierre Vallières et son Nègres blancs d\u2019Amérique, un livre rempli d\u2019amour; Michel Char-trand.Noam Chomsky.Illusions, de Simon Tremblay-Pépin, offre un bon résumé de la patente médiatique.» Et l\u2019indignation de monter, monter.Or, pour que celle-ci ne soit pas vaine, il faut la transcender.Dans le cas de Fred Dubé, ça passe par le rire.«Ma force étant l\u2019humour, c\u2019est le moyen que je prends pour propager la réflexion de ces penseurs qui m\u2019inspirent.» C\u2019est déjà beaucoup.Le Devoir UIGNORANCE FAIT PLUS DE VICTIMES QUE LE CANCER De Fred Dubé, dans le cadre du Zoofest au Théâtre Sainte-Catherine, du 29 juillet au 2 août.Les complicités anciennes de Charlie Haden SERGE TRUFFAUT On sait, vous savez, nous savons que le contrebassiste Charlie Haden a rejoint le grand orchestre que dirige Duke Ellington dans l\u2019au-delà, ainsi que se disent ces choses sur la planète jazz, le 11 juillet dernier.Cela s\u2019est passé à Los Angeles, soit cette ville des démons humains dépeints par Raymond Chandler et dont Haden a traduit en notes ciselées les histoires écrites par ce dernier.On a lu bien des phrases relatant les faits et gestes musicaux mais aussi politiques qu\u2019Haden a posés sur plus de cinquante ans, et on a relevé une absence énorme.Cela arrive à tout le monde.Autrement dit, nous ne sommes pas là pour jeter la pierre du p\u2019tit Jésus.Toujours est-il, pour dire brutalement la réalité, que le contrebassiste et chef du Liberation Music Orchestra doit énormément beaucoup au pianiste montréalais.Paul Bley! Ici et là, on a oublié que c\u2019est grâce à Bley si le nom de Haden a pris son envol.Car c\u2019est Bley qui l\u2019avait engagé au milieu des années 50, alors qu\u2019il avait quitté Montréal, après avoir notamment accompagné Charlie Parker, pour la ville du soleil levant, qualifiée également de Cité des anges.C\u2019est Bley qui avait engagé Haden ainsi qu\u2019un jeune saxophoniste alto originaire de Fort Worth, au Texas, qui s\u2019était appliqué à délier les ornières du jazz.Son identité?Omette Coleman.On répète et on souligne que Bley fut le premier à comprendre les jeux de Coleman et à apprécier les humeurs musicales de Haden.Cela étant, on sait et nous savons que Charlie Haden, né le 6 août 1937 à Shenandoah, dans riowa, a été un grand leader, un rassembleur de grands talents, que ce soit avec son Quartet West, son Liberation Music Orchestra, l\u2019Old and New Dreams ou en compagnie de Keith Jarrett ou encore de Jan Garbarek et Egberto Gismonti.On connaît beaucoup moins, et c\u2019est dommage, les deux splendides galettes sur lesquelles il a imprimé sa profonde maîtrise de la douceur et de la retenue en tant qu\u2019accompagnateur.Les galettes?11 y a celle d\u2019Art Pepper intitulée Living Legend et celle, en duo avec le pianiste Hampton Hawes, As Long as There\u2019s Music, de loin plus passionnante que celles réalisées avec Jarrett.On se souvient très bien que, lors de sa publication en 1975, la séance avec Pepper fut qualifiée d\u2019exemplaire.En quoi?Meilleur retour sur la scène dans l\u2019histoire du jazz.Qui était au piano ?Hawes.Haden fut le complice par excellence.Le Devoir RAFA RIVAS AGENCE FRANCE PRESSE Le contrebassiste Charlie Haden L A MUSIQUE DES GRANDS ESPACES VENDREDI U' AOÛT 20 H QUATUOR À CORDES MODIGLIANI Oeuvres de Haydn, Schumann, Ravel Soirée REPUBLicyjE Française Consulat general de France a Quebec SAMEDI 2 AOÛT JOURNÉE ARTS SANS FRONTIÈRES Événennent FORDIA DIMANCHE 3 AOUT 15 H CONCERT-DÉGUSTATION ORCHESTRE DE LA FRANCOPHONIE Jean-Philippe Tremblay, chef Jean Rondeau, clavecin\t^Hydro Louis Lortie, piano\tEvénement\tQuébec COURS DE MAÎTRE PUBLIC AVEC CHRISTIAN TETZLAFF, PERFORMANCES JUMELÉES ENTRE MUSICIENS ET ARTISTES PEINTRES ET SCULPTEURS, DÎNER CHAMPÊTRE SUR LE SITE, ATELIER DE CRÉATION POUR ENFANTS, DEUX CONCERTS EN APRÈS-MIDI, TABLE RONDE, APÉRO JAZZ ET CONCERT EN SOIRÉE AVEC L'OSQ ET CHRISTIAN TETZLAFF LES BRUNCHES-MUSIQUE CASINO Tous les dimanches de Pété! Du 8 juin au 31 août 10 h 30 et 12 h 30 Soirée Hydro Québec ICI musique diffuseur officiel Détails sur domaineforget.com 418.452.3535 | 1 888.DFORGET (336.7438) Suivez-noussur ^3 ^3 1^1 canadien Heritage QuébecSS pi.Municipalité de Saint Irenee LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JUILLET 2014 E 3 CULTURE>MUSIQÜE Les grands concerts DVD de l\u2019été Riccardo Chailly est-il le plus grand chef de notre temps ?Un DVD renversant le laisse croire.CHRISTOPHE HUSS Si vous êtes en manque de grands concerts symphoniques en ce mois de juillet, non seulement nous sommes les premiers à vous comprendre, mais, en plus, nous vous présentons ici de quoi vous rattraper.à domicile ! Des chocs musicaux comme celui ressenti à la découverte de la 5\" Symphonie de Mahler par rOrchestre du Gewandhaus de Leipzig sous la direction de Riccardo Chailly se comptent sur les doigts d\u2019une main en une année.Le DVD, paru chez Accen-tus, est la grande nouveauté de l\u2019été dans le grand répertoire symphonique.Chailly est depuis 1998 le maître, en CD, de la discographie de cette symphonie emblématique qu\u2019est la 5\" de Mahler.Il l\u2019avait alors enregistrée pour Decca avec l\u2019Orchestre du Concertgebouw d\u2019Amsterdam.Il approfondit sa vision 15 ans plus tard, avec des tempos encore plus serrés, une totale relecture de l\u2019Adagietto (8 minutes 39 secondes, «la» pulsation rêvée) et l\u2019abandon de la disposition Mengelberg dans le 3® mouvement \u2014 Mengelberg avançait le cor solo à côté du premier pupitre des premiers violons pour créer un dialogue dans l\u2019espace avec les aufres cornistes.A ce niveau de raffinement interprétatif, où chaque accent, chaque soufflet, semble calibré et pourtant organique, il n\u2019y a plus rien à critiquer.En écoutant le 1®'\" mouvement de cette Mahler-Chailly Accentus ACC 20284 DIE JAHaESÜEI THE SEAS KIKOLAUl MAUNO WIENER PHILHARM KOH Z E R7VE RE 1HI Haydn-Harnoncourt EuroArts 2072678 Wagner-Thielemann CMajor 715004 Bruckner-Barenboïm Accentus ACC 102176 5\" Symphonie de Mahler, enregistrée en février 2013, j\u2019ai eu littéralement l\u2019impression que Chailly avait passé un après-midi complet avec les seuls percussionnistes pour régler exactement chaque impact nécessaire pour cadrer et véhiculer l\u2019idée de marche funèbre.Et puis est venu l\u2019Adagietto, et la même sensation m\u2019a saisi s\u2019agissant de la moindre note de harpe \u2014 relayée et balancée dans les graves par la contrebasse.Il en va ainsi de chaque instrument.Le résultat est une fusion absolue de tous les pupitres en un flot musical irrépressible qui \u2014 contrairement à la majorité des interprétations \u2014 n\u2019accuse pas le moindre temps mort.S\u2019il est des moments où des interprètes se hissent au niveau de génie des compositeurs, celui-ci, absolument sublime, en est un.Le maître du baroque Autre chef majeur de notre temps : Nikolaus Harnoncourt, 84 ans.EuroArts a pris l\u2019habitude de filmer l\u2019ouverture du Eestival de Salzbourg, qu\u2019Har-noncourt assurait en juillet 2013.Au programme, l\u2019oratorio Les saisons de Haydn.Comme dans toutes les relectures du chef autrichien depuis une quinzaine d\u2019années, la nervosité du mouvement et le soin de la pulsation ont laissé place à un creusement très profond de la manière dont la musique illustre les paroles.Ses Saisons transparentes, avec le Philharmonique de Vienne et le Chœur de l\u2019Opéra de Vienne, sont un nouvel exemple de musique éloquente, qui frôle parfois le maniérisme tant tout y est ciselé.Le continue au pianoforte prend une part importante au déroulement musical patient et poétique.La distribution \u2014 Dorothea Rôschmann, Michael Schade et Elorian Boesch \u2014 est parfaite et le véritable théâtre sonore développé par Harnoncourt fascinera ceux qui ont déjà en CD les deux versions essentielles: Jacobs et Gardiner.Excellent bonus : 28 minutes de répétition.Première phrase d\u2019Harnoncourt: «Je crois que, quand on est satisfait, c\u2019est qu\u2019on est mort!» C\u2019est bien le personnage.Grand romantisme Le 21 mai 2013, Christian Thielemann dirigeait le gala pour le bicentenaire de la naissance de Richard Wagner.La programmation, très raffinée, évite la Chevauchée des Walky-ries et autres «tubes» pour se recentrer sur la relation (importante) entre Wagner et Dresde, où le compositeur œuvra entre 1843 et 1849.On y trouve naturellement l\u2019ouverture et l\u2019air Inbrunst im Herzen de Tannhâu-ser, l\u2019opéra écrit à Dresde, mais aussi la version originale de Y Air du Graal de Lohengrin et la prière de Rienzi, chantés par un Jonas Kaufmann rayonnant, en forme exceptionnelle.C\u2019est le Wagner d\u2019avant le Ring (Vaisseau fantôme, Rienzi, Lohengrin, Tannhauser) qui est illustré ici par un orchestre d\u2019une grande richesse de timbres mené par une direction détaillée mais jamais ampoulée de Thielemann.Un très noble gala! Christian Thielemann, Eranz Welser-Môst et Daniel Baren-boïm cherchent tous à conquérir le marché des symphonies de Bruckner en DVD.Cette bataille ne nous a pas donné de té moignages vraiment renversants jusqu\u2019ici, mais Barenboïm marque un point intéressant dans sa troisième interprétation de la 6\" Symphonie, qui, depuis son premier enregistrement, pour DG à Chicago en 1978, lui réussit fort bien.Cette parution avec la Staatskapelle de Berlin, filmée avec précision à la Philharmonie de Berlin et rendue par un montage pas trop nerveux, a un son un peu plus touffu que le DVD Mahler-Chailly.Si vous n\u2019y tenez plus d\u2019avoir du Bruckner en vidéo, cette parution est le bon choix.Le Devoir MELIKA DEZ Après une pause forcée, «j\u2019ai besoin de m\u2019épanouir, d\u2019être en paix avec moi-même», affirme le rappeur Samian.Le réveil du guerrier Tombé au tapis, Samian s\u2019est relevé et revient grandi ayec Enfants de la terre, un album plus personnel PHILIPPE PAPINEAU A près avoir pris une pause d\u2019une année, forcée par un épuisement physique et psychologique, le rappeur Samian a sondé son âme et a senti le besoin de continuer son parcours musical.Mais sur Enfants de la terre, le Québécois aux racines algonquines dévoile non seulement le guerrier revendicateur, mais aussi l\u2019homme sensible et spirituel qu\u2019il est.Et il suffit d\u2019écouter sa pièce J\u2019ai besoin pour tout comprendre de ce troisième disque tout en français.D\u2019ailleurs, il parlera abondamment du «besoin » pendant notre entretien.On pige quelques lignes de la chanson pour commencer: «Besoin de repos, affaibli par la fatigue / Besoin de prendre du recul question de faire le vide».«Il y a un an je me suis personnellement effondré, littéralement, confie Samian au bout du fil.Physiquement, psychologiquement, émotionnellement, spirituellement, ma vie a.Y a eu la mort de mon père, y\u2019a eu beaucoup de choses en fait, dans la dernière année.J\u2019ai voulu arrêter, j\u2019ai voulu prendre une pause.» Vers la fin de sa dernière tournée, l\u2019Abitibien qui a grandi à Pikogan a fait une trentaine de spectacles en l\u2019espace d\u2019un mois.«Ya des places où on faisait deux shows par jour, c\u2019était énorme.Et après ça mon corps a lâché, et je me suis dit: c\u2019est pas ça, la vie, que je faisais pas ce métier-là pour ça.J\u2019allais pas mettre ma santé en péril pour ce métier-là, au contraire, je devais me donner un équilibre de vie sain, pour être capable d\u2019en faire plus longtemps.J\u2019ai envie de monter sur la scène pour les bonnes raisons.» Retour à la chanson J\u2019ai besoin.Au deuxième couplet, Sa- mian dit: «J\u2019ai besoin de m\u2019épanouir, d\u2019être en paix avec moi-même».C\u2019est patent sur plusieurs chansons, celui qui fait de la musique depuis presque 10\tans maintenant ne fait pas que parler de la cause autochtone \u2014 ce qu\u2019il fait encore et plutôt bien, sur des pièces comme Rez et Les miens \u2014 mais 11\tse dévoile davantage comme personne, comme homme.«Je suis passé du \u201con\u201d au \u201cje\u201d un peu, mais pas partout.Oui, l\u2019album est très personnel, mais il est quand même fidèle à ce qu\u2019on faisait.Mais j\u2019avais besoin de parler de moi, et peut-être d\u2019expliquer qui je suis aussi.Peut-être pour le monde qui me suit depuis toutes ces années-là, f avais besoin de dire qui j\u2019étais, l\u2019homme derrière le guerrier, finalement.» Uhomme et sa foi Et ce qu\u2019est Samian, c\u2019est aussi un homme croyant, spirituel.Sur Enfants de la terre, un album musicalement éclaté et joué avec de vrais musiciens, il met en avant ce côté de sa personne.Et toujours sur J\u2019ai besoin: «J\u2019ai besoin de Dieu dans ma vie, j\u2019ai besoin de croire».D\u2019ailleurs, l\u2019année dernière, à 30 ans, Samian raconte qu\u2019il s\u2019est fait baptiser.D dit aller à l\u2019église, mais du même souffle, il a des mots durs pour les religions.«Il faut faire une différence entre la religion et la spiritualité.Oui, il y a une chanson qui s\u2019appelle Jean 3:16, qui est très biblique, et Lettre à Dieu, qui est un peu une prière.Mais fai grandi comme ça, en famille d\u2019accueil, j\u2019ai habité chez un pasteur d\u2019une église chrétienne.Ce que faime des chrétiens \u2014 et même le mot chrétien, ça catégorise une religion et faime pas ça \u2014 c\u2019est que leur spiritualité et celle des autochtones est la même.C\u2019est le même Créateur, les mêmes valeurs, les mêmes commandements en fait! C\u2019est là où ça me rejoint en tant que Métis.» Samian sait bien que le sujet est un peu délicat au Québec, mais pendant son année de recul, il s\u2019est accroché à sa spiritualité.«C\u2019est une grosse partie de moi, de mon intimité, de ce que vraiment fai vécu à l\u2019intérieur dans la dernière année.Il a fallu que je m\u2019accroche à ces choses-là pour être capable de revenir, et de me remettre sur pied.» Le jeune papa ne partira pas en tournée cet automne, se contentant de quelques dates, dont le 31 juillet sur la place des Eestivals, dans le cadre de Présence autochtone.Il profitera des prochains mois pour enregistrer la deuxième saison de la série Rythme des nations, en plus de travailler à nouveau au cinéma avec le réalisateur Yan Lanouette Turgeon.«Je profite de ce moment de vie où je peux m\u2019amuser à jouer l\u2019acteur! Alors, probablement que la tournée de cet albunt-là, on va la faire en 2015.» A ce mo-ment-là, comme sur sa chanson, il pourra chanter: «J\u2019ai besoin de mon public, fai besoin de l\u2019entendre.» Le Devoir ENFANTS DE LA TERRE Samian 7® Ciel Records En magasin le 5 août D Écouter > La pièce J\u2019ai besoin par Samian.ledevoir.com/musique a J\u2019avais besoin de parler de moi, et peut-être d\u2019expliquer qui je suis aussi.Peut-être pour le monde qui me suit depuis toutes ces années-là, J\u2019avais besoin de dire qui J\u2019étais, l\u2019homme derrière le guerrier, finalement.)) Le rappeur Samian à propos de son dernier aibum EXPOSITIOIÎS, 1 JEUX et PAR' iCOU^ GUIO^® Musée STEWART Museum ¦ ¦ ¦ E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JUILLET 2014 culture.de visu Homme blanc hétéro au bord de la crise de nerfs TESTOSTERONE: MYTHOLOGIES IDENTITAIRES Commissaire: Charlotte Rousseau.Jusqu\u2019au 6 septembre à la galerie Donald Browne.NICOLAS MAVRIKAKIS Longtemps l\u2019identité sexuelle fut décrite comme étant naturelle.Nos comportements, nos manières d\u2019être, en tant qu\u2019homme ou femme, semblaient être définis par notre genre.Et puis, nos sociétés ont eu tendance à plutôt décrire les codes du masculin et du féminin comme étant appris, imposés par la société dans laquelle nous naissons.Entre autres, la théoricienne Judith Butler a expliqué que l\u2019identité sexuelle est une construction et que nous jouons tous un rôle bien intériorisé.De nos jours, nous assistons à un éclatement du modèle homme hétéro/femme hétéro et assistons à une reconnaissance sociale des multiples identités sexuelles.On ne parle pas seulement des homosexuels, gais et lesbiennes, mais des bisexuels, des transgenres, des transsexuels, des she-male.Pour tenter de regrouper le plus de monde possible, on a ajouté la catégorie des queers, qui pourrait même inclure des hétérosexuels non conformistes, tels les hommes hétéros qui aiment se travestir (oui, oui, cela existe et il semblerait même que la majorité des hommes se travestissant soient hétéros).Dans ce discours déconstructeur de l\u2019identité, les femmes ont été montrées comme le symbole même de l\u2019identité construite: maquillages, vêtements (comme des costumes), coiffures, gestes.Ecce homo Mais dans tout cela, où est donc passé l\u2019homme héréto?J OLIVIER GARIÉPY Olivier Gariépy, La fuite d\u2019Orphée et L\u2019Écho de Narcisse de la série Les Âmes Nomades ainsi que Jenna Meyers, Frankie, 2014, huile sur toile.Comme Diogène, faudra-t-il bientôt le chercher avec une lanterne ?Dans une petite expo (avec un grand sujet), la commissaire Charlotte Rousseau nous oblige à réfléchir à cette opposition entre culture et nature à partir de la représentation des hommes.Avec Testostérone, elle nous convie à voir comment il y a du mâle un peu partout.Elle nous rappelle comment «chaque être humain est assujetti» à cette hormone, «à différents niveaux et de multiples façons tout au long de sa vie.Ainsi, le taux de testostérone chez l\u2019homme en couple diminue, tandis que celui de la femme dans la même situation augmente.Cet équilibre ne durerait néanmoins que d\u2019un à trois ans.Ces cycles provoquent bouleversements, ambiguïtés et désirs, pulsions de vie, de mort, de création».Parmi les pièces importantes de l\u2019exposition, notons la grande photo de Shari Hatt, artiste originaire de la Nouvelle-Ecosse.Le public se souviendra qu\u2019elle a déjà exposé chez Donald Browne, entre autres une vidéo intitulée The Studio Visit où elle montrait le milieu de l\u2019art comme une pièce de théâtre où chacun jouait son rôle.Elle poursuit ici sa réflexion sur les rôles joués par les hommes dans un contexte différent, celui de la chasse.Elle nous permet de voir comment dans certains contextes les hommes hétéros ont une plus grande intimité, développent une forme d\u2019homosocialité, n\u2019hésitant pas à s\u2019abandonner à une fraternisation très physique.Elle aurait pu ajouter des images des récents matchs de la coupe mondiale de football, où bien des joueurs s\u2019embrassaient de bien des manières lors des divers buts.Son œuvre fait d\u2019ailleurs écho à une pièce de Barbara Kruger, You -A- Construct Intricate Rituals Which Allow You to Touch the Skin of Other Men (1981).Dans ses dessins, Jérome Ruby nous montre des hommes (et des femmes) nus dans la nature, qui font penser à des animaux et à des bêtes féroces.Une forme de critique acide de la lecture essentialiste du rôle naturel de l\u2019homme et de la femme ?Jenna Meyers, artiste états-unienne qui définit elle-même son travail comme étant «de l\u2019abstraction figurative et du portrait queer», montre un portrait d\u2019un individu dont le genre reste flou.Dans un désir de rendre compte de l\u2019éclatement de la notion d\u2019identité, cette créatrice ne parle pas d\u2019elle au féminin mais bien A «ils» au pluriel, cela lui permettant de signaler que l\u2019auteur est toujours un être multiple.Le visiteur notera, placée en marge de l\u2019expo (en conclusion?), une pièce de Suzy Lake qui est tout à fait dans l\u2019esprit des idées de Butler sur les identités sexuelles.Réalisée en 1973, cette œuvre nous montre des femmes paradant, avec pour légende la phrase suivante: «L\u2019adoption successive de divers rôles chez une même personne est un fait journalier qui se manifeste subtilement que l\u2019on s\u2019habille d\u2019une façon spéciale pour une certaine occasion, que ce soit par diplomatie, ou que l\u2019on adapte inconsciemment les manières de quelqu\u2019un d\u2019autre.» Collaborateur Le Devoir Voir aussi > D\u2019autres œuvres tirées de l\u2019exposition Testostérone.ledevoir.com/arts-visuels D DANSE GUILLAUME SUITE DE LA PAGE E 1 arts du spectacle.«Elle a beaucoup fait pour le FASS.» Né au Lac-Saint-Jean, baigné dans la danse dès l\u2019âge de trois ans (ses parents tenaient une école), Guillaume Côté a quitté le nid familial à 11 ans pour aller suivre un stage à l\u2019École du BNC.Il y fera finalement toute sa formation.En cinq ans de vie professionnelle, après un passage au New York City Ballet, il se hisse au rang de danseur principal du BNC et fréquente les scènes du monde à titre de danseur invité.Petit cousin de Jacob\u2019s Pillow Si le corpus qui l\u2019a fait connaître est d\u2019abord classique, le BNC se frotte aussi aux grands noms du néoclassique et des figures plus contemporaines, tels James Kudelka, Wayne McGregor et Marie Chouinard.Pour lui, la rupture marquée entre les mondes néoclassique et contemporain est chose du passé.Un esprit qu\u2019il entend bien répandre à titre de directeur du PASS.«Dans les années futures, ce que f aimerais amener, c\u2019est un aspect de création.Comme à Jacob\u2019s Pillow [le réputé festival américain qui se tient l\u2019été dans la campagne du Massachusetts], chaque année on aurait une œuvre originale d\u2019un chorégraphe que je sélectionnerais», annonce-t-il.Le PASS, petit cousin de Jacob\u2019s Pillow?«J\u2019adorerais.» Il négocie d\u2019ailleurs un projet de partenariat avec le festival, qui partage avec le PASS un décor bucolique, et a déjà fait son choix de « recrue » pour 2015.Il entend donc miser sur des créateurs indépendants, sans pour autant délaisser l\u2019excellence qu\u2019incarnait jusqu\u2019ici la venue de troupes presti- gieuses comme Alterballeto ou le Ballet de Hong Kong.«La danse classique, je l\u2019ai dans le cœur, mais c\u2019est quelque chose qu\u2019il faut présenter dans le bon contexte: 60 cygnes sur une petite scène avec de mauvais costumes et sans orchestre, ça ne marche pas.» La tâche qui l\u2019attend l\u2019excite, mais comme elle lui est étrangère, elle le rend aussi un peu nerveux.«La direction d\u2019un festival, ce n\u2019est pas quelque chose que f avais planifié, c\u2019est un rêve que j\u2019avais pour plus tard», dit-il.Aussi a-t-il accepté à la condition de partager la fonction avec Anik Bisson-nette pour l\u2019année en cours, afin d\u2019observer et d\u2019apprendre le métier et «d\u2019être vraiment là à titre de directeur» en 2015, dit celui qui n\u2019aime pas faire les choses à moitié.Mais il constate que son seul carnet de contacts, avec les artistes et diffuseurs qu\u2019il fréquente un peu partout sur la planète danse, peut apporter beaucoup au festival lauren-tien.«Avec mes ressources, je vais pouvoir faire des liens entre les créateurs d\u2019ailleurs, le réseau canadien et aussi du classique de haut niveau.» Loin de mettre fin à sa carrière artistique en pleine effervescence (il demeure chorégraphe associé au BNC), l\u2019aventure PASS lui permet tout de même de prendre une petite pause estivale de la danse.«J\u2019ai beaucoup de plans pour le futur, mais pour le moment, le festival me tient vraiment occupé», dit celui qui se prépare aussi à un autre tournant, celui-ci personnel: sa conjointe, la danseuse du BNC Heather Ogden, porte leur premier enfant.Le Devoir FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR Au parc Georges-Füion de Saint-Sauveur, du 31 juillet au 9 août, www.fass.ca 1 BRUCE ZINGER Créé pour le FASS par Guillaume Côté, Dance Me to the End of Love met en scène sept danseurs sur la musique de Leonard Cohen, MORRICE Ly.M,AN Dzias ET EN Sfy£4GNIE.^E MMISSE Musée national ^des beaux-arts U Québec Québec DD MNBÂQ ORG JUSQU'AÛ 7 SEPTEMBRE 2014 Aux sources de l\u2019œuvre Les Muséales de Mont-Saint-Hilaîre MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONT-SAINT-HILAIRE DU 10 JUIN AU 12 OCTOBRE 2014 Une présentation ^ Hydro VXt.Québec 150, rue du Centre-Civique, Mont-Saint-Hilaire 450 536-3033 www.mbamsh.qc.ca ÇIRÇUlipES Du26JUIllHAu3AO()r i Avec mes ressources, Je vais pouvoir faire des liens entre les créateurs d\u2019ailleurs, le réseau canadien et aussi du classique de haut niveau yy Guillaume Côté, à propos de son rôle de directeur du FASS arts MEMPHREMAGOG Visite d'ateliers d'artistes 10 h à 17 h Exposition collective à partir du 23 juillet au centre-ville de Magog, 61 rue Merry Nord ^ 21 ^ EDITION ! WWW.CI RCU ITDESARTS.COM LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE JUILLET 2014 E 5 CULTURE >CINËMA Une œuvre dans le temps Bel essai cinématographique, Jeunesse a été tourné sur une période de 12 ans JEUNESSE (V.O.s.-T.F.de Boyhood) ?Scénario et réalisation : Richard Linklater Avec Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Lorelei Linklater, Ethan Hawke.Image: Lee Daniel, Shane Kelly.Montage: Sandra Adair.Musique: variée.États-Unis, 2014, 166 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE La chronique Jeunesse repose sur une idée toute simple.Si simple, en fait, que Ton se demande pourquoi aucun cinéaste n\u2019y a pensé avant.Il est vrai, cela dit, qu\u2019en la mettant à exécution, Richard Linklater, réalisateur défricheur s\u2019il en est, ne s\u2019est pas facilité la vie.Imaginez: raconter une histoire filmée sur une période de douze ans et mettant en scène des personnages joués par les mêmes acteurs.Et pourtant, on se laisse porter par son plus récent film sans déceler la moindre couture, le moindre effort.En l\u2019espace d\u2019un peu plus de 2 heures 40 qui filent comme le temps qui semble s\u2019accélérer à mesure que l\u2019on vieillit, on suit le parcours de Mason Jr.(Ellar Coltrane), âgé de sept, huit, neuf.treize, quatorze.dix-neuf ans.En orbite autour de lui gravitent sa sœur Samantha, sa mère Olivia et son père Mason Sn, ceux-ci divorcés, mais en bons termes.Comme l\u2019expliquait le cinéaste dans Le Devoir du 17 juillet 2014, Jeunesse n\u2019offre pas tant un récit qu\u2019une succession de moments, des instantanés développés entre deux ellipses qui révèlent, ici l\u2019état d\u2019esprit du protagoniste, là l\u2019évolution de sa mère.D\u2019ailleurs, interprété par une Patricia Arquette absolument remarquable, ce personnage bénéficie d\u2019une courbe dramatique particulièrement intéressante, Olivia passant de caissière qui tire le diable par la queue à professeure de collège, un retour aux études et deux divorces plus tard.METROPOLE EILMS Dans Jeunesse, on suit le parcours de Mason Jr.(Ellar Coltrane), âgé de sept, huit, neuf.treize, quatorze.dix-neuf ans.Observer Ellar Coltrane qui grandit sous nos yeux constitue une expérience privilégiée, certes, mais voir Patricia Arquette mûrir de la mi-tren-taine qui cherche à la fin de la quarantaine qui a trouvé, avec ce que cela comporte d\u2019accablement et de joie, s\u2019avère presque plus émouvant.La scène d\u2019au revoir entre elle et son fils, alors que ce dernier s\u2019apprête à partir pour l\u2019université, est absolument bouleversante.Le monologue que livre la mère en cette occasion distille une lucidité douloureuse, mais de la reconnaissance aussi.C\u2019est là, en définitive, la voie qu\u2019emprunte Ri- chard Linklater, qui conclut son bel essai cinématographique sur une note lumineuse, parce qu\u2019après tout, la vie de Mason Jr.ne fait \u2014 encore \u2014 que commencer.Le Devoir Chronique d\u2019une mort aseptisée sous LE FIGUIER ?Réalisation et scénario : Anne-Marie Étienne.Avec Gisèle Casadeus, Anne Consigny, Jonathan Zaccaï, Marie Kremer.Image: Philippe Guilbert.Montage: Sabine Emiliani.Musique: Jeannot Sanavia.Erance-Belgique, 2012, 92 min.ANDRÉ LAVOIE Il n\u2019y a pas que les fruits trop mûrs qui tombent parfois sur les épaules des personnages dans Sous le figuier, un drame aux couleurs estivales de la scénariste et cinéaste belge Anne-Marie Etienne.Les clichés déboulent aussi dans un certain fracas, ceux sur l\u2019approche de la mort, la quête de l\u2019amour, les caprices de l\u2019amitié et la sagesse des aînés.Disons que le tableau général apparaît vite chargé, peu soucieux de nuances psychologiques, distillant des principes de vie qui nous stimulent surtout à faire le contraire.Celle qui nous gratifie de ses bons conseils, Selma (la vénérable et centenaire Gisèle Casa- AXIA EILMS Dans Sous le figuier, les clichés déboulent sur l\u2019approche de la mort, la quête de l\u2019amour, les caprices de l\u2019amitié et la sagesse des aînés.deus), sait qu\u2019elle n\u2019en a plus pour très longtemps.Pour rendre le départ moins difficile à l\u2019heure des vacances estivales, Nathalie (Anne Consigny), une chef réputée ayant rendu son tablier et en pleine crise existentielle, décide de louer une maison de campagne.A ce tandem amical se greffent Christophe (Jonathan Zaccaï), divorcé et père de trois petites filles, ainsi que Joëlle (Marie Kremer, la plus insupportable du quatuor), une jeune femme un peu paumée cherchant des réponses dans les cartes de Selma, elle qui s\u2019amusait à jouer à la voyante dans un bar de Bruxelles.Les liens unissant ces personnages, pour la plupart antipathiques et caricaturaux, apparaissent souvent ténus, même si la première partie du film, résolument urbaine, multiplie les scènes inutiles pour illustrer leur désarroi ou leur attachement.Lorsqu\u2019ils débarquent dans ce coin paradisiaque, espace vaste et magnifique consolant un peu ces gens qui ont perdu leur boulot et font de l\u2019argent une obsession, le départ imminent de Selma devient alors l\u2019enjeu central du film.La mort annoncée de cette dame bienveillante à l\u2019excès \u2014 elle n\u2019a guère fréquenté Tatie Danielle, et on le regrette parfois \u2014 est présentée dans un enrobage dégoulinant de bons sentiments, laissant de côté les aspects moins édifiants, et donc plus humains, de cette réalité.Avant cela, il nous faut subir une litanie de drames personnels dont bavardent souvent les personnages, mais ces jérémiades nous indiffèrent assez rapidement.Tant qu\u2019à passer des vacances avec ces figures à la banalité téléromanesque, on optera pour une bonne cure de silence.Collaborateur Le Devoir «Emmanuelle Devos est formidable.» François Levesque, Le Devoir Maude LArcheveque, La Presse I 17 août - OTTAWA - Gustave Doré au musée 27 août - QUÉBEC - exposition au musée Morrice et Lyman en compagnie de Matisse 2 octobre - MONT-SAINT-HILAIRE Le peintre Ozias Leduc aurait 150 ans ! 30 octobre - 2 novembre - musées - opéra KINGSTON - TORONTO - HAMILTON - NIAGARA ^^%eaux détours www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d un permis du Quebec tous les jours: 11h20, 14h00,16h30, 21h20 .funfilm.ca ?facebook.com/funfilmdistribution 0 twitter.com/FunFilmDist « Brillante tragicomédie.» André Lavoie, LE DEVOIR\tMarie-Hélène Mello, CINE-BULLES KORKMAZ ARSLAN UN CERTAIN REGARD MY SWEET PEPPER LAND ?PLUS DE 1.6 MILLIONS D'ENTRÉES EN FRANCE! ?LE PARISIEN\tSTUDIO CINÉ LIVE « Voila une comedie savoureuse sur les amities contrariées.autour d'un Lambert Wilson en pleine crise.» Le Parisien LAMBERT FRANCK FLORENCE GUIÜAUh^ UQNEL\tJEROME\tSOPHIE LYSIANE VALERIE WILSON DUBDSC FDRESTI DE TONOUEDEC ABEIANSKI COMMANDEUR DUEZ MEIS CROUZET m UN FILM DE ÉRIC lAVAINE B PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! rëuÂrrfigRSriNl 1 FsherbrookeI FILM DE MINER SALEEM POUR PARTICIPER, VISITEZ LE concoursmetropolefilms.com PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! La promotion aura heu sur le site web du 25 au 31 juillet inolusivement et le tirage se fera le 1er août 2014 EXC3NTRIS 514 847-2206 -CINEMA- LE CLAP 10 gagnants reoevront par la poste une oopie DVD du film Reglements disponiPles ohez Annexe Communioations DISPONIBLE EN DVD ET VIDEO SUR DEMANDE \"metropolefilms.com ' CONSULTEZ LES GU DES-HORA RES DES G NEMAS www.funfilm.ca ?facebook.com/funfilmdistribution 0 twitter.com/FunFilmDist E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JUILLET 2014 iCINEMA ^\tROCK DEMERS presents CONTE POUR TOUS N° 24 des K FILMS AMERIQUE Une scène du 24® Conte pour tous, La gang des hors-la-loi La passion du petit Nicolas LA GANG DES HORS-LA-LOI ?Réalisation: Jean Beaudry.Scénario: Lance Woolaver et André Melançon en collaboration avec Jean Beaudry.Avec André Kasper, Guy Thauvette, Charles Gillespie, Lambert Legendre, Valérie Blais.Musique: Marc Beaulieu.Canada, 2014, 90 minutes.MANON DUMAIS Quiconque a vu et revu La guerre des tuques d\u2019André Melançon, premier long métrage des productions La Fête, au cours des 30 dernières années peut en citer aisément les répliques-cultes ou en fredonner la chanson principale.En sera-t-il de même dans quelques décennies pour le 24® Conte pour tous, Ija gang des hors-la-loi de Jean Beaudry?Rien n\u2019est moins sûr.Librement adapté d\u2019un roman du Néo-Brunswickois Lance Woolaver, écrit par André Melançon, qui n\u2019a pu réaliser le film pour des raisons de santé, La gang des hors-la-loi traite avec délicatesse de deuil, d\u2019alcoolisme et de dépression difficiles à travers les personnages de Nicolas (André Kasper, expressif), orphelin de père fou de baseball, et de son grand-père Jérémie (Guy Thauvette, impérial), pêcheur ayant sombré dans l\u2019alcool après la disparition de son fils en mer deux ans auparavant.Aidé de ses camarades Tiger, Shogun, Keiko, Raoul, Charley et Pic-Pic (Charles Gillespie, Lambert Legendre, Anyjeanne Savaria, Samuel Descôteaux, Maxime Tremblay et Uapeshkuss Thernish, attachants), Nicolas ne s\u2019en laisse pas imposer par la mairesse du village (Valérie Blais, caricaturale) et son acolyte (Vincent Bolduc, sous-utilisé) lorsque ceux-ci transforment le terrain de baseball, où Jérémie et son fils ont autrefois brillé, en dépotoir municipal.En demandant à Jean Beau-dry, à qui l\u2019on doit deux des meilleurs Contes pour tous (Pas de répit pour Mélanie et Tirelire, combines & de), de remplacer au pied levé Melançon, Rock Demers a certainement eu du flair.De fait, le réalisateur a su imposer sa sensibilité, son regard empreint de tendresse et de justesse sur les rapports tantôt complices, tantôt tendus entre Nicolas et Jérémie.Qui plus est, Beaudry n\u2019adopte jamais un ton moralisateur ni ne verse dans le mélo lors des scènes intimistes.Joliment photographiée par Philippe Lavalette, cette comédie dramatique campée dans un village du Nouveau-Brunswick possède quelques attributs qui risquent d\u2019en agacer plus d\u2019un.Si l\u2019on accepte le caractère multiethnique de la petite bande et le fait que peu de villageois ont l\u2019accent des Maritimes, on tique devant certains éléments trop artificiels.Ainsi, les confidences de Nicolas à sa corneille cassent le rythme déjà peu enlevant de l\u2019ensemble et le rap de Charley ponctuant chaque conversation irrite au plus haut point.Enfin, alors qu\u2019on se désole que plusieurs personnages secondaires peinent à se démarquer, on regrette que le scénario réserve assez peu de surprises et de sous-intrigues solidement étoffées.Collaboratrice Le Devoir Paranoïa dans le brouillard A MOST WANTED MAN ?Réalisation: Anton Corbjin.Scénario : Andrew Bovell, d\u2019après le roman de John le Carré.Avec Philip Seymour Hoffman, Rachel McAdams, Willem Dafoe, Robin Wright, Daniel Brühl.Image: Benoît Delhomme.Montage: Claire Simpson.Musique: Herbert Gronemeyer.Allemagne-États-Unis, 2013,121 minutes.ANDRÉ LAVOIE L?expression « Les murs ont f des oreilles» n\u2019a rien d\u2019une métaphore dans l\u2019univers du romancier John le Carré.A Most Wanted Man, adaptation crépusculaire d\u2019Anton Corbjin (Control, The American), décrit ce climat paranoïaque à Hambourg, une ville figée dans la grisaille et dépouillée de ses charmes, car la caméra du directeur photo Benoît Delhomme ratisse surtout des rues très sombres et des bureaux éclairés aux néons.Cette lumière blafarde accentue la propre misère de Gunther (Philip Seymour Hoffman) , responsable d\u2019une discrète cellule antiterroriste située dans cette cité portuaire tristement célèbre, quartier général des responsables des attentats du 11 septembre 2001.Les autorités allemandes ne veulent plus de cette publicité, mais personne ne s\u2019entend sur les moyens.L\u2019arrivée d\u2019Issa (Grigory Dobrygin), immigrant clandestin moitié russe, moitié tchétchène, son besoin pressant d\u2019entrer en contact avec un banquier (Willam Dafoe) pour récupérer une importante somme d\u2019argent et son alliance avec une avocate idéa- LES FILMS SEVILLE Philip Seymour Hoffman joue un responsable d\u2019une discrète cellule antiterroriste.liste (Rachel McAdams) font croire à Gunther qu\u2019il peut ainsi remonter jusqu\u2019à un personnage-clé du mouvement terroriste camouflé sous une aura de respectabilité.Hanté par son passé, critiqué pour ses méthodes, jugé trop lent par des policiers à la gâchette facile et une diplomatie américaine sur les dents (symbolisée avec grâce par Robin Wright), Gunther semble lui aussi traqué comme un criminel.La simplification des enjeux géopolitiques n\u2019est pas le trait dominant chez John le Carré, refusant également toute forme de triomphalisme rassurant.Anton Corbjin s\u2019y soumet de bonne grâce, imposant un rythme déstabilisant pour ceux qui préfèrent les méthodes expéditives d\u2019un James Bond ou d\u2019un Jason Bourne.Avec son teint maladif, son souffle court, sa voix éraillée, ce traqueur de terroristes tel que défendu par Hoffman dans son dernier grand rôle avant sa mort affiche parfois le profil d\u2019une épave à la dérive, perdu dans un monde où jouer un double jeu constitue une figure imposée.Honorable Ces choix forment un tout cohérent, sauf celui de forcer tout ce beau monde à s\u2019exprimer en anglais avec un accent germanique, exigence que Hoffman et McAdams ont bien du mal à assumer.Cette bizarrerie apparaît d\u2019autant plus ironique, voire cruelle, qu\u2019elle relègue au second plan des acteurs locaux tout aussi talentueux, dont Daniel Brühl et Nina Hoss, marginalisés pour de strictes considérations commerciales.Malgré tout, A Most Wanted Man ne défigure en rien la vision de John le Carré mais, parmi les grandes relectures de son œuvre (The Spy Who Came in from the Cold, The Constant Gardener, Tinker Tailor Soldier Spy), celle-ci ne possède pas tous les atouts pour se faufiler dans le peloton de tête.L\u2019ambitieuse complexité du récit, une atmosphère angoissante et la présence fantomatique de Philip Seymour Hoffman la rendent toutefois honorable.Collaborateur Le Devoir L\u2019humour en cendres LE VOLCAN ?Réalisation: Alexandre Coffre.Scénario: LaurentZeitoun, Yoann Gromb, Alexandre Coffre.Avec Dany Boon, Valérie Bonneton, Denis Ménochet, Albert Delpy.Image: Pierre Cottereau.Montage: Sophie Foudrinoy.Musique: Thomas Roussel.France, 2013, 92 minutes.ANDRÉ LAVOIE Le dramaturge Edward Albee n\u2019a pas eu besoin de ratisser l\u2019Amérique de long en large pour livrer la plus spectaculaire des chicanes de ménage dans Qui a peur de Virginia Woolf?.Ce n\u2019est pas le cas du cinéaste Alexandre Coffi'e, sollicitant rien de moins que cinq pays européens, et surtout le fameux volcan islandais dont le nom (Eyjaf-jallajôkull) a fait le cauchemar des présentateurs de nouvelles, et son nuage de cendres, celui de nfil-lions de voyageurs paralysés dans les aéroports en mars 2010.Au milieu de cette pagaille de dimension internationale, il parachute un duo dépareillé et désaccordé; présent dans la même pièce, ce couple depuis longtemps séparé est toujours prêt pour une bonne engueulade farcie de quelques claques et autres coups bas.Alors qu\u2019Alain (Dany Boon) et Dany Boon Valérie (Valérie Bonneton) volent en direction de la Grèce pour le mariage de leur fille \u2014 mais surtout pas dans la même section, madame étant plus riche que monsieur \u2014, leur avion est détourné vers l\u2019AUemagne, les forçant à faire le reste du voyage ensemble, et par de multiples moyens qui évoquent des péripéties dignes du Corniaud, avec Bourvil et Louis de Funès.Devant Le volcan, on trouvera vite du génie aux vieilles comédies fi'ançaises, enfilade de situations absurdes et assourdissantes sur les routes de Slovénie ou les forêts d\u2019Albanie, toutes ponctuées de blagues pas toujours inspirées et livrées en mode hystérique.Dany Boon se garde bien de hausser le ton, préférant sa posture de niais sympathique, un fonds de commerce de plus en plus usé.Loin d\u2019être une nouvelle venue mais abonnée depuis toujours aux rôles secondaires, VaJérie Bonneton en fait des tonnes sans grands efforts; ses dons comiques lui assureront un ticket vers le haut de l\u2019affiche.Dommage que toute cette aventure pointe constamment vers le bas, guidée par un pilote perdu dans un épais nuage de cendres volcaniques.Epais, c\u2019est le cas de le dire.Collaborateur Le Devoir ORCHARD SUITE DE LA PAGE E 1 porte.La révolte qui pétarade a quelque chose de ridicule devant le silence, d\u2019un peu honteux.Ta révolte à toi a le port altier.Elle ne s\u2019encombre de rien.Elle ne cherche même pas à se justifier.Pour s\u2019articuler, elle puise à même sa profondeur muette et ça lui suffit.La mienne, à côté, fait ce qu\u2019elle peut.Elle se retient de justesse, par fierté, mais elle transpire par tous mes pores, là, sous le soleil aveuglant.Comme elle ne Oatan.Pwl peut crier \u2014 fierté disais-je \u2014 elle a très envie d\u2019ouvrir les jambes et de danser.Je me rappelle.On est là, au bord de la mer, at the Maine\u2019s Most Famous Summer Resort, Old Orchard Beach, lieu désiré, convoité, attendu, longtemps ca- ressé en rêves par les badauds qu\u2019on aperçoit, au fond pareils à nous, je le suppose.On les voit promener leur peau laiteuse et vierge d\u2019être venue du fin fond des terres du continent, ignorant à l\u2019époque les dangers des ultraviolets.L\u2019endroit nous est encore inconnu, mais ce qui m\u2019étonne d\u2019emblée, c\u2019est le contraste du bleu-criant-forcé-ment-joyeux avec l\u2019absence de ta voix.On voit tous les deux la mer pour la première fois, et tu as choisi ce moment pour cesser tout à fait de parler.Au début je ne remarque rien.Les heures passant \u2014 toujours rien \u2014 je m\u2019imagine être coupable de quelque chose.Pendant que tu promènes ton indifférence sur le marché aux fleurs, je cherche.Je décortique les derniers jours passés ensemble.Le plus dérangeant avec le sentiment de culpabilité c\u2019est qu\u2019il vous rend coupable.Alors je lutte.Après tout je n\u2019ai rien fait, toi non plus, on a seulement roulé, n fait beau, on pourrait être heureux comme des cons, rire comme des fous, se saouler de cocktails extravagants en remuant leurs parasols fluo miniatures, se foutre de notre mauvais anglais, se mouiller les pieds jusqu\u2019aux mollets, surpris par la grosse vague que LE MONDE LEUR APPARTIENT.?« On rit beaucoup et souvent» ANNEDIATKm ELLE .un récit (t'aventures à la Indiana Jones.» SOPHIE GRASSm, TELECINEOBS EXC3NTRIS LEPARtSm \u2014 CINEMA\u2014 LE CLAP PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! BOYHOOD (JEUNESSE) RICHARD LINKLATER -163 MIN.OURS D\u2019ARGENT MEILLEUR REALISATEUR - BERLIN 2014 BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL ET AUSSI A L\u2019AFFICHE LES CONQUERANTS XABI MOLIA MY SWEET PEPPER LAND MINER SALEEM GERONTOPHILIA BRUCE LABRUCE IDA PAWEL PAWLIKOWSKI ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM H4\u2019l personne ne voit jamais venir.À la place tu te tiens en retrait et je lutte, et je ne sais pas contre quoi, je ferme les yeux, je ressasse, je ravale une colère étrange, sans bouger je m\u2019imagine frapper le sol de ma danse fantasmée, je commande un coke diète en t\u2019observant du coin de l\u2019œil.J\u2019ai le nez planté dans les gadgets du marchand de souvenirs.Juste au moment où je me dis c\u2019en est trop et me décide à te secouer \u2014 tant pis pour la fierté \u2014 j\u2019aperçois ce tableau miniature sur carton.L\u2019allée surélevée, le casino, la même grosse dame à robe bleue, les mêmes enfants dans l\u2019écume: une copie conforme du décor où la scène de notre vie se déroule, mais vue de l\u2019autre bout de la passerelle.Une parfaite réplique, sous l\u2019aspect d\u2019une carte postale jamais envoyée, que je tiens entre mes mains aujourd\u2019hui et dont je comprends seulement maintenant à quel point, avec ses apparences de beau temps, elle mentait.En l\u2019achetant, je n\u2019avais pas remarqué qu\u2019elle avait été à demi adressée par un inconnu qui l\u2019avait replacée ainsi sur le présentoir, et que son verso comportait deux traces de vérité.L\u2019adresse floue: Atlantique.Et le vide laissé sur la partie gauche : ton silence.Collaboration spéciale Le Devoir DLire > Les autres textes de la série, ledevoir.com/ poste- scriptum http://www.azfilms.ca/accueil_fr.html LE DEVOIR LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 JUILLET 2014 E 7 CULTURE.LIVRES Wm v.f STÉFAN/CC «J\u2019ai l\u2019impression que dans les pétards des artificiers qui font trembler nos murs résonne l\u2019écho des obus israéliens, et ça m\u2019écœure.» La bande de Gaza Louis Hamelin A la mi-juillet, à Sherbrooke, chaque soir, ou se croirait daus la baude de Gaza peudaut uue opératiou de représailles de l\u2019armée israélieuue.Boum boum! Réveillé eu sursaut, mou petit garçou se bouche les oreilles et pleuruiche.«Pourquoi les feux d\u2019artifice, papa ?» Je lui répouds que cer-taiues persouues, pour s\u2019amuser, out besoiu de bruit.Il leur faut du bruit, et des couleurs.Il u\u2019eu faut pas moius pour les iutéresser au ciel, leur faire lever la tête du barbecue.Ils ue voieut pas le fiu croissaut de luue, le uuage eu forme de sous-mariu, la Graude Ourse luttaut vaillammeut coutre l\u2019orgie lumiueuse de cette couceu-tratiou urbaiue.Tout comme ils sout iudifféreuts aux va-et-vieut du cardiual, à l\u2019hymue miuuscule et pimpaut du bruaut chauteur sur sou fil.Ce qu\u2019ils aimeut, c\u2019est la beauté facile des grosses gerbes.Les voici qui couvergeut vers le lac des Natious avec leurs chaises pliautes et des progéuitures eu remorque, bieu fébriles et obéissauts, tous ces gogos gagas programmés pour faire oh et ah au bou momeut.Mais que peut bieu répoudre le père palestiuieu à l\u2019eufaut qui lui de-maude eu pleuraut, les maius plaquées sur les oreilles: «Pourquoi les bombes, papa ?» Solidarité avec Gaza?Qu\u2019est-ce que vous diriez d\u2019uu peu de sileuce pour commeucer.J\u2019ai l\u2019impressiou que daus les pétards des artificiers qui fout trembler uos murs résouue l\u2019écho des obus israélieus, et ça m\u2019écœure.Juillet, c\u2019est le mois gluaut, le mois de la grégarité, de la be-daiue et du six-pack, le mois où le moude sort le plus, se moutre le plus, où il s\u2019écoule à ciel ouvert et sur l\u2019autoroute avec ses tatouages, ses tares exhibées, ses moteurs recoudi-tiouués.Uu moude de plus eu plus difficile à aimer.De plus eu plus épidermique, ré-seauté, brauchouillé par tous les pores, ca-tatouique, à l\u2019abri de sou euvirouuemeut immédiat, du coupe-herbe du voisiu, du seus de l\u2019histoire.De plus eu plus facile à décrire, aussi.David Treuer: «[.] petites villes transformées en banlieues, parsemées de concentrations en volutes de maisons toutes identiques, de lotissements et de terrains de golf [.] Les maisons sont plantées en rangs qui se tortillent et tournent autour des ondulations du terrain; il y a des hectares et des hectares de banlieues en expan- Aujourd\u2019hui, pas de critique de livre.Assez d\u2019histoires.Le silence, et salut à Gaza.sion, toutes semblables, disposées à intervalles réguliers, placides.C\u2019est la richesse ordinaire.Et c\u2019est l\u2019Amérique ordinaire.» {Indian Roads, Albiu Michel, 2014).Les magasius sout au bout de l\u2019autoroute.Il faut uue auto par persouue pour vivre là.Le bouheur préfabriqué est uu produit d\u2019exportatiou comme uu autre.Bieutôt l\u2019Iude, la Chiue.Daus Les vents de Vancouver, récit de ses pérégriuatious sur la côte du Pacifique et eu Alaska, Keuueth White rapporte uue couversatiou euteu-due au pays des ours Kodiak: «Déplus en plus de rapports arrivent, démontrant que nous avons franchi un seuil, atteint un point critique.Cela est dû principalement à l\u2019accroissement d\u2019une seule espèce, et qui plus est, épouvantablement vorace.Un énorme déséquilibre.A ce jour, il y a environ sept milliards d\u2019humains sur la planète, avec un taux de croissance d\u2019environ soixante-quinze millions pas an [sic].Faites un petit calcul [.] \u2014 Oui et alors, qu\u2019est-ce qu\u2019il faut faire ?\u2014 Réduire la population humaine, bien sûr.Mais qui va en prendre la responsabilité ?Tous les politiciens et les économistes n\u2019ont que la croissance à la bouche.\u2014 L\u2019écologie ?\u2014 Un effort louable.Mais probable- ment trop tard.On se laissera imperceptiblement glisser d\u2019une petite apocalypse à une autre, jusqu\u2019à ce qu\u2019arrive la grande.De toute façon, l\u2019humanité préfère continuer à se raconter des histoires.» L\u2019humauité ue se racoute pas seulemeut des histoires, elle coustruit aussi des cimeu-teries eu Gaspésie.Le marché est déjà saturé, comme pour le jus de La Romaiue ?Pas grave.Taut qu\u2019à rester pris avec les déchets du pétrole de Mou-sieur Harper, aussi bieu les brûler pour produire du ci-meut, et ou utilisera le cimeut pour laucer de uouveaux projets de barrages et.et.C\u2019est ça.Cette terre de chômage chrouique avec ses grauds bouts de uature sauvage res-taut à polluer était le site tout désigué pour accueillir l\u2019iudus-trie la plus polluaute de l\u2019histoire du Québec.Le Parti québécois est le parti du bétou.Le Parti libéral est le parti du bétou.Et quaud la CAQ va preudre le pouvoir, elle sera le parti du bétou.Alors aujourd\u2019hui, pas de critique de livre.Assez d\u2019histoires.Le sileuce, et salut à Gaza.LES VENTS DE VANCOUVER Kenneth White Traduit de l\u2019anglais (écossais) par Marie-Claude White Le mot et le reste Marseille, 2014,176 pages f\tf ROMAN QUEBECOIS Extraterrestres et mélasse CHRISTIAN DESMEULES EU relataut uue reucoutre eutre uu gamiu difficile et uu adulte désœuvré daus Le lieu précis de ma colère, sou quatrième romau, Marie Clark ajoute sa petite pierre au graud fautasme de la famille recousti-tuée daus la littérature.Beujamiu, 30 aus, u\u2019a jamais fiui sou secoudaire et étire sou chômage.«Je collectionne les désertions d\u2019êtres aimés depuis ma naissance», uous explique rapidemeut ce décrocheur qui se décrit aussi comme uu «humain difficile».Reué-Xavier (dit RX), huit aus, pique des crises à répétitiou et sa mère célibataire croit qu\u2019il pourrait béuéficier (eu plus du Ritaliu qu\u2019il cousomme) d\u2019uue préseuce masculiue.Le hasard fera se reucoutrer ces deux «extraterrestres» qui out certaius atomes crochus, avaut que la mère de RX ue propose à Beujamiu de jouer au baby-sitter (pour commeucer).Uue rela-tiou qui évoluera vite eu amitié.Profession : grand frère Taudis que les deux décide-rout de coustruire uu prototype de vaisseau spatial daus la cour arrière, l\u2019adulte réalisera que le gamiu est eucore plus seul que lui et se découvrira uue vocatiou de travailleur social et de famille d\u2019accueil pour jeuues eu difficulté, retrouvaut du même coup estime de soi et ambitiou.Autoproclamé «préservateur de flamme dans les yeux des enfants», Beujamiu souhaite mettre sur pied «un centre de recollage et de décollage pour jeunes extraterrestres».Eutre la famille recomposée et la tribu d\u2019électiou, leurs aveutures frôlerout parfois le rocambolesque, surtout quaud survieudra uue histoire de vélos volés et de gaug de rue (peu vraisemblable), épisode qui douue uue couleur plus faible à la secoude moitié du livre \u2014 fautaisiste et épivardée.Tous les adultes, hormis quelques méchants, y sout geu-tils, pleius d\u2019éuergie, prêts à se plier aux caprices des gamius.Ou est hors de la réalité, bieu sûr, daus uu moude de peusée magique peiut eu rose et dé-gouliuaut de bous seutimeuts.Pourquoi pas?Marie Clark, réviseure et rédactrice professiouuelle, aui-matrice d\u2019ateliers d\u2019écriture et coach littéraire, use de dialogues qui souueut juste, qui sout vifs et empreiuts d\u2019uue certaiue humauité.Ou pourra aussi tracer des parallèles avec l\u2019uu de ses précédeuts romaus.Mes aventures d\u2019apprenti chevalier presque entièrement raté (Hurtubise, 2008), daus lequel Beujamiu, uu garçou de huit aus hyperactif, racoutait ses teutatives pour s\u2019assagir et ob-teuir sou «diplôme de chevalier».Même trajectoire d\u2019ap-preutissage, histoire d\u2019apprivoi-semeut eutre adultes et eufauts similaire.Mais la ligue est souveut miuce eu littérature eutre humauité et bous seutimeuts.Tout est affaire de dosage.Et quaud ça dégouliue, c\u2019est comme tout le reste, ça salit les doigts.Collaborateur Le Devoir LE LIEU PRÉCIS DE MA COLERE Marie Clark XYZ Montréal, 2014,196 pages f\tf LITTERATURE QUEBECOISE Présence de l\u2019absence CHRISTIAN DESMEULES EU publiaut sou premier recueil, Sylvie Geudrou, uée eu 1964 à Moutréal, s\u2019amèue avec uue viugtaiue de uouvelles assez bieu touruées qui abordeut de mauière plus ou moius froutale le thème du temps qui passe, sou effet sur les corps et sur les couscieuces.Saus qu\u2019ou mette directemeut le doigt dessus, il y est aussi beaucoup questiou de solitude et de trausceudauce.L\u2019auteure le fait uotammeut à travers la chrouique d\u2019uu couple «fusiouuel» qui traverse uue crise à l\u2019heure de preudre sa retraite {Dernière séance) ou la trajectoire de deux amies d\u2019eufauce, proches mais uéau-moius très différeutes.Luue est deveuue prof de mathématiques, taudis que l\u2019autre, qui a eu uu parcours plus siuueux, va au bout d\u2019uue passiou spou-tauée pour l\u2019œuvre et la vie de la philosophe Simoue Weil {Champ d\u2019étoiles).Leur histoire dessiue uue morale qui eujoiut à chacuu de suivre sa voie.Le mouologue déjauté de La recette du bonheur ue dit pas autre chose: «Il faut faire vite.Trouver une direction.Un sens.Une mission de vie.Ou, plus modestement,^ un menu.Faire vibrer nos cinq sens sous le fouet hyperpuissant du plaisir.Sans devenir fous.» Même coustat aussi daus cette uouvelle où uu moiue-jar-diuier de 80 aus qui vit depuis presque uu demi-siècle daus uue abbaye des Pyréuées frau-çaises explore daus uue lettre qu\u2019il écrit à sa sœur sa relatiou avec leur frère qui vieut de mourir {L\u2019edelweiss).Ailleurs, c\u2019est la reucoutre à Paris eutre uue Québécoise et uue sorte de sosie d\u2019Auue Hébert sur foud d\u2019expérieuce musicale quasi mystique {Chœurs).Un faut faire vite.Trouver une direction.Un sens.Une mission de vie.Ou, plus modestement, un menu.Faire vibrer nos cinq sens sous le fouet hyperpuissant du plaisir.Sans devenir fous.\\\\ Extrait de Quelqu\u2019un Daus d\u2019autres uouvelles eucore, flirtaut avec la folie, Sylvie Geudrou joue plutôt habi-lemeut du déséquilibre psychologique des persouuages, source iuépuisable d\u2019iuquié-taute étraugeté.Etraugeté qui eu pousse certaius, telle Irèue daus Une rose sans pourquoi, à lever les yeux au ciel et à ue plus se croire seuls: «Pour la première fois de sa vie, elle avait eu ce matin plus qu\u2019une conviction ou qu\u2019une connaissance: une certitude.Il y avait Quelqu\u2019uu.» Qui ça?L\u2019histoire ue le dit pas.Collaborateur Le Devoir QUELQU\u2019UN Sylvie Gendron L\u2019Instant même Québec, 2014,138 pages H*
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