Le devoir, 2 août 2014, Cahier E
[" 7/6 Temps doux au Symposium de Baie-Saint-Paul Page e 3 Uégalité dans la différence, ^ la chronique de Louis Corneiiier Page es Culture Livres CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE S AOUT 2014 ica Le comédien Jean e 1 insolence Suite de 1981,1987 traite, entre rires et sourires, des émois et frustrations de l\u2019adolescence ODILE TREMBLAY 17 ans, l\u2019âge des émois, des angoisses, des coups pendables.Ricardo Trogi s\u2019en souvient d\u2019autant plus que toutes ses fredaines sont dans son film.«Certains me demandent si je suis gêné de montrer mes folies à l\u2019écran.Pas du tout.» Il rit, trouve qu\u2019il faut explorer toutes sortes de voies quand on est jeune.On ne saurait mieux dire.Cinq années se sont déroulées entre son précédent 1981 et ce 1987, suite qui ne s\u2019affiche pas complètement comme telle.«Les gens trouvent ce Jîlm-ci plus \u201cpunché\u201d, plus dynamique que 1981.Ça tient au grand nombre de situations, aux nombreux personnages.Le rythme, le montage se sont adaptés à tout ça.» Après avoir participé à La course destination monde 1994-1995, le cinéaste s\u2019était illustré avec éclat en 2002 avec le dés- opilant Québec-Montréal, sur des histoires de couples déjantées, coécrit avec Patrice Robi-taille et Jean-Philippe Pearson.Succès public, critique, une moisson de prix; il était lancé, ses interprètes tout autant.Depuis, on lui doit Horloge biologique sorti en 2005, 1981 en 2009, sans oublier les séries télé Smash et Les étoiles filantes.Plusieurs générations se reconnaissent dans les nouveaux rapports de couple qu\u2019il brosse à l\u2019écran, dans le désarroi des gars d\u2019aujourd\u2019hui, sur fond d\u2019humour.«1987 est une comédie qui a quelque chose de vrai.A 17 ans, tu es trop jeune pour choisir ton avenir, même si les adultes t\u2019y invitent.Le film dit ça aussi.» Sa mémoire est son sac à puces.Il trouve les situations les plus loufoques ou touchantes dans son passé de fils d\u2019immigré italien qui ne se sentait pas tout à fait comme les autres, leur colle des gags de fiction, sert l\u2019ensemble bien cuit, façon Trogi.«Au fond, il est plus simple pour moi de partir de mes souvenirs que de tout inventer.Et quand on me dit qu\u2019une situation n\u2019a pas de bon sens, je peux répondre: c\u2019est vraiment arrivé comme ça.» Histoire de gars Le héros Üean-Carl Boucher) dans 1981, en quête d\u2019amis à l\u2019école, est devenu un adolescent qui rêve de perdre son pucelage, d\u2019entrer boire au Dagobert sans se faire demander sa carte et de gagner de l\u2019argent rapide en devenant un p\u2019tit mafioso à la gomme, tout en restant chez ses parents, où la vie n\u2019est pas plus reposante : père musicien pas trop winner (Claudio Colangelo), mère hystérique (Sandrine Bisson), etc.Mais les amis sont là.«Mettons qu\u2019il y a 75% de vrai dans 1987, dit Ricardo Trogi, surtout les aspects les plus gênants: les vols de radios d\u2019auto.l\u2019accident que fai fait avec la voiture d\u2019un client quand j\u2019étais valet de stationnement d\u2019un restaurant et que chacun me renvoyait expliquer l\u2019affaire à un autre.Aussi, les bouteilles du mauvais vin de mon père que l\u2019on buvait en auto entre amis.Une fumée sortait vraiment du goulot.Mon père est mort l\u2019an dernier et il n\u2019a réussi à faire du bon vin que l\u2019année précédente.Ma sœur a vraiment vécu enfermée dans sa chambre tout un été après un chagrin d\u2019amour.» On ne l\u2019apercevra qu\u2019une fois dans le film.La vieille ville de Québec, peu souvent montrée au cinéma, fournit le cadre romantico-co-mique à ces mésaventures.Quant à la Lada russe, cadeau paternel empoisonné, elle se révèle la monture parfaite pour les gags catastrophes.Pas solitaire pour deux sous, Ricardo Trogi.«Je fréquente encore les amis d\u2019enfance que VOIR PAGE E 2 : INSOLENCE CECI IBANEZ El clavadista Poste scriptum, ce sont huit cartes postales vin-tages envoyées à autant d\u2019auteurs estimés du Devoir pour les inspirer.C\u2019est aussi une carte blanche littéraire où chacun composera une mi-crofîction de style libre.Cette semaine: Françoise Major.Née à Montréal, elle s\u2019envole pour Mexico en 2012, où elle donne des cours de français, des ateliers sur la culture québécoise, pratique la révision et la rédaction en s\u2019empiffrant de tacos al pastor.Son premier livre.Dans le noir jamais noir (La Mèche, 2013), a remporté le prix Adrienne-Choquette de la nouvelle.ERANÇOISE MAJOR Attablée dans un restaurant du village qui ne donne pas sur la mer.Il faudrait trouver mieux : un panorama te faisant oublier le pain sucré trop sec, le café sans saveur.Tu penses à l\u2019homme au torse cuivré.Cinq fois par jour, il se lance par-dessus les rochers escarpés, risquant sa vie pour amuser les touristes.Tu aimes regarder ce corps-oiseau frêle, la violence de l\u2019océan l\u2019avaler.El clavadista.C\u2019est comme ça qu\u2019on l\u2019appelle.Tous les jours, tu te présentes au bord du récif pour assister au spectacle.Les cinq fois.Tu lui imagines une vie.Les enseignements du père qui l\u2019ont mené à plonger à son tour.Sa prière à la Vierge avant de sauter.La liberté qu\u2019il ressent dans l\u2019envol.Parfois, tu ne peux y remédier, le rêve devient cauchemar.Trop près, les rochers, trop basse, la marée.Tu imagines sa boîte crânienne faire crac, les pleurs inconsolables de sa mère, de la fille qu\u2019il a peut-être, toutes deux dévastées pour le sourire de quelques touristes.Cette mort imaginaire te tord le visage, mais qui se rendra compte de tes yeux humides ?Tu paies l\u2019addition, repasses par la chambre, enfiles ton maillot.Tu te coupes les ongles d\u2019orteil; leur vernis rose se craquelle.En chemin vers la plage, tu achètes une tortue de céramique: turquoise, de la même couleur que ta salle de bains.Tu baragouines des mots dans une langue qui f est inconnue.Ton pas s\u2019accélère.VOIR PAGE E 6 : EL CLAVADISTA a\" Hydro Québec Partenaire depuis 1999 15\u2019FESTIVAL INTERNATIONAL jardins de métis reford gardens ««««««« ******* DE JARDINS Jusqu\u2019au 28 septembre 2014 Route 132, Grand-Métis, Québec www.jardinsdemetis.com Gouvernement Government 1^1 du Canada of Canada Québec s: ?AUBERGE DU GRAND FLEUVE Bouquin couette au bord du fleuve et à l'écart de la route 132 131, rue Principale, Métis-sur-Mer Tél: 418 936-3332 ou 866 936-3332 www.aubergedugrandfleuve.qc.ca E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 3 AOUT 2014 CULTURE La Russie en soi et sur ses pavés Odile Tremblay en Russie ans la salle à manger, sur une boîte de cigarettes, ces mots tracés par sa fille : «Papa est mort aujourd\u2019hui.Le 28 janvier 1881.» L\u2019horloge du bureau, restée en l\u2019état, indique l\u2019heure de sa mort: 8h38 (du soir).Le musée Dostoïevski à Saint-Pétersbourg, prés des halles où le grand écrivain russe vécut avec sa famille au cours des trois dernières années de sa vie et écrivit Les frères Karamazov, garde ses reliques, dont une reproduction de la Madone Sixtine de Raphaël, son tableau préféré, qu\u2019il gardait au-dessus du canapé, mais il semble plus présent dans la lumière du soir unique et mystérieuse de ces nuits blanches estivales, où le soleil se couche à peine.Poutine ne traînait pas par là, mais dans le regard des gens, il a semé une peur, une apathie.Tout le reste est littérature.Mais comment l\u2019éviter?Fidèle à de vieilles habitudes de lire sur place les auteurs des pays traversés, mais aussi de parcourir les lieux qui ont nourri leur inspiration, j\u2019ai suivi en Russie à la trace, dans l\u2019ancienne capitale des tsars, l\u2019ombre de Dostoïevski.Le grand écrivain russe préférait les quartiers de Saint-Pétersbourg situés près de l\u2019ancienne place au Foin, là où la belle ville aux airs de Venise du Nord s\u2019encanaillait.Les bâtiments sont aussi délabrés que jadis, au bord de l\u2019écroulement, malgré de timides tentatives de rénovation.On retrouve Dostoïevski davantage là-bas que parmi les palais des abords de la rivière Néva, où resplendit l\u2019Ermitage JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019âme russe s\u2019incarne dans ce Raskolnikov de chiffon déniché à Saint-Pétersbourg, dans son habit vert, ou sur l\u2019artère principale, la Perspective Nevski, qu\u2019il arpentait pourtant sans cesse, comme il se doit, car tous nos pas mènent aux canaux, statues et purs fantasmes semés sur sa traversée.En déménageant leur capitale à Moscou, les Soviets ont épargné Saint-Pétersbourg, qui reste figée hors du temps, intacte dans son brouillard.Dans le dédale de rues populaires entre la Moïka et la Fontanka, toujours envahies par les marchands plus ou moins ambulants, bas-fonds de toutes les turpitudes en son temps, encore repaire de misère et de brigandage, Dostoïevski habitait et déménageait sans cesse.Il y situa l\u2019action de son Crime et châtiment, qu\u2019on relit avec des frissons de connivence.Le héros du roman, Raskolnikov, jeune étudiant ivre de malnutrition et de théories fumeuses, marche sans relâche après avoir assassiné une vieille usurière dont la vie lui paraît inutile et sa sœur qui passait par là.On peut même voir la maison de la vieille, toujours debout, seule de son espèce en ville à posséder trois façades sur autant de rues près du canal, et même la maison où il fit habiter Raskolnikov, rond-point de ses ruminations.L\u2019écrivain séjournait alors tout près des lieux de l\u2019action, dans son XIX® siècle où les idées socialistes germaient déjà.Il n\u2019aura pas connu la suite.Dans un magasin de poupées dont la porte intérieure ouvre sur une cuisine familiale servant au besoin d\u2019atelier, Raskolnikov n\u2019était pas oublié.Des mains habiles l\u2019avaient transformé en créature de chiffon, merveille d\u2019art naïf au corps tricoté avec un drapeau russe sur le bedon.Sa tête en tissus disparates avait des yeux bleus perlés sous d\u2019immenses cils et l\u2019expression hantée du héros dostoïevs-kien, dont l\u2019immense bouche de cuir rouge cousue semblait pousser un cri en suspension.Achetée illico, la poupée littéraire s\u2019est faite symbole de l\u2019âme russe, pour autant que le concept ne soit pas purement mythologie.Mais les mythes nous plaisent.Et sous les regards fermés des passants, à Moscou plus encore tant les visages sont tristes, sous l\u2019influence aussi de leurs écrivains qui nous ont fait croire à cette âme-là, on croit déceler un mélange de mysticisme et d\u2019autodestruction, de mélancolie atavique.Un écrin d\u2019art Un voyage est une auberge espagnole où l\u2019on trouve ce qu\u2019on apporte.Si des lieux célèbres ont titillé notre imagination avant qu\u2019on en foule le sol, des couches de sens se superposent à leur réalité.Prenez le théâtre Bolchoï de Moscou, aux lustres que je n\u2019imaginais pas brillants à ce point comme des diamants.Tchaïkovski an nn\tfl\tnn na rs r L i_\tH rCflSmm » il IL IL il On entre au théâtre Bolchoï de Moscou comme dans un temple mythique.ERANÇOIS DE BILLY n\u2019est plus là, ni les pieds bondissants de Noureev, mais qu\u2019importe ?On va voir l\u2019opéra Turandot de Puccini aux magnifiques décors recréant les cavaliers de pierre chinois, et les larmes nous viennent aux yeux d\u2019y être.Comme chez son rival, le Mariinski de Saint-Pétersbourg, où le ballet La sylphide avec ses sortilèges, une elfe et une sorcière inoubliables, nous entraîne au pays des songes.Mais la loge impériale est occupée par les Nouveaux Russes, aux vêtements atroces de vulgarité.Autres temps.J\u2019avais revu avant le voyage L\u2019arche russe, le film d\u2019Alexandre Sokourov, aventure à travers l\u2019histoire du musée de l\u2019Ermitage et ses immenses collections.Et en pénétrant dans la cour de l\u2019ancien palais d\u2019hiver qui l\u2019abrite, je croyais revoir sa Grande Catherine ressuscitée parcourir son jardin glacé.Ce musée, le plus riche d\u2019œuvres au monde, dont les premiers tableaux furent rapportés d\u2019Europe par la tsarine au XVIIE siècle, étonne à chaque détour.Tant d\u2019œuvres illustres, toutes époques confondues, si reproduites partout.On ignorait qu\u2019elles créchaient là-bas.Et les voici soudain.De riches collectionneurs russes pleins de pif avaient acquis les artistes impressionnistes, fauvistes et cubistes, avant la révolution de 1917, puis leurs trésors furent nationalisés.D\u2019où ces Picasso {Les deux sœurs, entre autres), ces Gauguin {Douce rêverie), ces Matisse {La danse), ces Van Gogh {Les dames d\u2019Arles), et tant d\u2019autres.À la Galerie nationale Tre-tiakov de Moscou comme à l\u2019Ermitage de Saint-Pétersbourg, on court aussi admirer les icônes du moine An-dreï Roublev, venues du XV® siècle jusqu\u2019à nous, dont celle de la Trinité, tout en lyrisme et en délicatesse, parfaite dans sa composition.C\u2019est qu\u2019on a gardé en tête le chef-d\u2019œuvre du cinéaste An-dreï Tarkovski qui porte son nom et évoque sa vie.Alors, les icônes s\u2019éclairent doublement du regard génial de Tarkovski.Et le frisson vous gagne à leur vue.La Russie, ivre de ses tyrannies successives, est aussi un écrin d\u2019art.Mais le peuple, si pauvre, si manipulé, regarde ailleurs, sans doute en lui.otremblay@ledevoir.com INSOLENCE SUITE DE LA PAGE E 1 j\u2019ai représentés dans le film.La prose m\u2019ennuie.Je préfère lire et écrire des dialogues, mettre les personnages en interaction.» D\u2019où ses films de gars.Ses personnages s\u2019opposent, se chicanent, s\u2019épaulent.«Mais ma mère est quand même très importante.Il n\u2019y a pas que des hommes.» Surtout eux, quand même, à travers ses œuvres miroirs.«Après avoir vu 1981 et 1987, tu peux revoir Québec-Montréal et Horloge biologique en voyant une sorte de suite, car ces films de Trogi abordent des histoires de gars à des âges plus avancés», estime d\u2019ailleurs Jean-Carl Boucher.Ça amuse le jeune acteur de se voir vieillir à l\u2019écran.Travailler avec Ricardo Trogi, il aime.«Et ce PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le héros entouré de ses amis.film-lâ est particulièrement dynamique.Mon personnage se trouve juste sur le bord d\u2019obtenir ce qu\u2019il veut.Mais il n\u2019a pas encore 18 ans et les choses lui échappent.Je n\u2019ai jamais imaginé comment il a pu se comporter entre 11 et 17 ans.On voulait que la différence entre les deux films soit flagrante.Alors, fai oublié 1981 et travaillé surtout les détails, les postures du personnage, comment il mange, comment il marche.Dans l\u2019autre film, il voulait s\u2019intégrer, maintenant c\u2019est fait.Ricardo mimait les scènes sans tenir â ce que je l\u2019imite, f avais du jeu.Il est un leader généreux et sympathique qui aime avoir des rapports de profondeur avec ses acteurs.» Tous publics unis Nicole Robert, qui a produit tous les films de Ricardo Trogi, mise particulièrement sur celui-ci.«Plus d\u2019écrans, 90 en tout cette fois.Mais on a un budget moins important que pour 1981.Aujourd\u2019hui, il faut faire plus avec moins, même si les coûts ont augmenté.» Soupir ! «Les gens ont besoin de feel good movies, estime-t-elle, et 1987 est une comédie intelligente, finement écrite.Ricardo a déjà un public qu\u2019on pense pouvoir élargir \u2014 tous ses films ont bien marché.Il parle de sujets importants sur un ton qui rallie tout le monde.Les exploitants de salles aiment 1987, même Vincenzo Guzzo.On a de l\u2019espoir.» Faire un dernier volet à sa trilogie, située entre 1987 et ses tribulations de La course destination monde, il y pense.Mais son prochain film sera pour la première fois écrit par un autre, en l\u2019occurrence l\u2019humoriste et acteur Louis Moris-sette.« Ça raconte l\u2019écœurantite aiguë d\u2019un gars de 40 ans.Le scénario m\u2019a plu.Alors, on commence â tourner le 24 août.Oui, Morissette tient le rôle principal, mais on n\u2019est pas dans le style du Bye Bye.C\u2019est touchant.C\u2019est autre chose.» Le Devoir MUSIQUE GRANDS ESPACES 1 Elizabeth W^tl^sch H VENDREDI 8 AOUT 20 CORDES VIRTUOSES! Elizabeth Walifisch, Pascale Giguère, James Dunham, Benoît Loiselle et plusieurs autres SAMEDI 9 AOÛT 20 H FOUGUE ET PASSION Marc Bouchkov, violon Georgyi Dubko, piano DIMANCHE 10 AOÛT 15 H HORS-SÉRIE Concert-bénéfice pour le fonds de bourse Jacqueline et Paul Desmarais ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN Yannick Nézet-Séguin, chef LES BRUNCHES-MUSIQUE CASINO -W»' CHARLEVOIX Tous les dimanches de l'été! Du 8 juin au 31 août 10 h 30 et 12 h 30 Événement 4l ARRIMAGE QUEBEC QUEBEC STEVEDORING Détails sur domaineforget.com 418.452.3535 | 1 888.DFORGET (336.7438) Suivez-noussur O^OO canadien Heritage QuébecSS Municipalité de Saint-Irénée LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE 3 AOUT 2014 E 3 culture.de visu Temps doux au Spiposium de Baie-Sain^Paul Le 32® Symposium international d\u2019art contemporain de Baie-Saint-Paul a pris son envol vendredi.Pendant tout le mois d\u2019août, 12 artistes créeront dans l\u2019habituel aréna qui permet au public de les voir en action.Si des œuvres achevées sont escomptées, l\u2019accent sera surtout mis sur le processus, lequel cette année composera explicitement avec le temps.Rencontre avec Serge Murphy, le commissaire qui a redonné au Symposium sa stabilité.MARIE-ÈVE CHARRON Serge Murphy joue le rôle de commissaire pour une troisième année consécutive, une condition exigée par la direction du Symposium qui a pris contact avec lui sur recommandation.«Les dernières années avaient été mouvementées.Il fallait redonner une stabilité au Symposium avec un mandat de trois ans», raconte posément l\u2019artiste d\u2019expérience dans un café de Montréal, quelques jours avant son départ pour Charlevoix.Après avoir mis en dialogue des pratiques dépouillées et excessives (2012Ç après avoir réuni des «artistes qui ont quelque chose à dire sur la société» (2013), le thème du temps s\u2019est imposé à lui.«Tout ce qui parle du temps m\u2019a toujours énormément intéressé», dit-il avant d\u2019évoquer ses inspirations, dont ce vers de Marie Uguay, poète qu\u2019il a connue: « \u201cJe ne sais ce que sera ma force, mais elle viendra.\u201d Cette phrase-là me boule- XWÈ Ü À gauche: Brett Amory, Bobs Donuts 5-6 am, 2012.À droite: Sara A.Tremblay, Concrete Breath, 2011./ verse.Elle se savait condamnée.Elle ne savait pas qu\u2019elle était sa force, mais finalement elle l\u2019a su parce qu\u2019elle a accepté sa mort, qu\u2019elle a vue venir.» Ce n\u2019est pas tant cette note grave qui a orienté la sélection des artistes, mais que le temps soit «un élément absolu dans leur pratique, et pas seulement illustré».Le commissaire a aussi pris d\u2019autres critères en considération.En plus de rassembler des artistes aux pratiques plus ou moins pointues, il a recherché de la variété dans les disciplines et les générations.\\\\\u201cJenesais ce que sera ma force, mais elle viendra.\u201d Cette phrase [de Marie Uguay] me boukverse.yy Serge Murphy, à propos du thème du temps et de ses inspirations Parmi les artistes, il donne en exemple le travail de Simon Bertrand, dont le projet de longue haleine consiste à retranscrire la Bible.Au jour le jour, les visiteurs pourront aussi voir évoluer les animations «très atypiques» de Sarah Pupo ou celles de Frédéric Lavoie à même les archives de la revue contre-culturelle Mainmise.Myriam Dion déploiera dans l\u2019espace une délicate dentelle taillée dans des journaux tandis que Sara A.Tremblay fera grossir une sphère d\u2019argile suspendue au bout d\u2019un treuil.La peinture ne sera pas en reste.«Il faut qu\u2019il y ait de la peinture, pour moi c\u2019est une obligation», souligne Serge Murphy.Celui qui est respectueux de la tradition du Symposium, longtemps dédié à la pratique picturale, est convaincu de la pertinence actuelle de la peinture, pour autant aussi qu\u2019elle «accroche les visiteurs» à qui l\u2019installation est moins familière.C\u2019est par le truchement de la figuration ou de l\u2019abstraction que Brett Amory, Conor Fagan, Paul Hardy et Uday Shanbhag prendront leurs pinceaux.Pour José Luis Torres, les journées seront ponctuées par l\u2019assemblage d\u2019objets trouvés n ^ .Sitfi arr.Site archéologique ,\u201e(CJuin GpAoût 2014 Mardi au dimanche en après-midi miam! 2 000 ANS D\u2019ALIMENTATION À BON-SECOURS MUSEE CHAPELLE MARGUERITE- NOTRE-DAME-DE-BOURGEOYS BON-SECOURS 400, me Saint-Paul Est, Vieux-Montréal raffc] 514-282-8670\t® Champ-de-Mars www.marguerite-bourgeoys.com/site S Québec! Montréal! Ce projet a été réalisé dans le cadre de Partenaire l'Entente sur le développement culturel de Montréal média LE DEVOIR sur place alors que Michèle Wa-quant cumulera sur les murs «une sorte d\u2019éphéméride» de dessins, d\u2019impressions numériques et de notes de lecture.C\u2019est avec ses trois enfants que le duo The Tow Gullivers établira un camp familial, voire musical.A mi-parcours, le duo reconstituera des performances de Marina Abramovic, notoire pour la longue durée de ses actions, de qui il a obtenu les droits après avoir fait avec elle une formation.Succès A l\u2019orée de sa troisième édition, Serge Murphy se dit satisfait d\u2019avoir ramené une constance au Symposium, dont la crédibilité chancelait.Avec une bonification des subventions obtenues du CALQ et le maintien de l\u2019achalandage, «jusqu\u2019à 250 personnes par jour», l\u2019événement est bien sur les rails.Ainsi, elle semble loin cette époque où les artistes pâtissaient de se produire devant le public, au point même parfois de déserter leur place.Pour le commissaire, tout s\u2019est d\u2019abord joué sur sa capacité à mettre sur table les règles du jeu.«Moi, j\u2019appelle les artistes.Tu es choisi, mais c\u2019est ça, le deal.Tu dois répondre à cette commande-là», qui est d\u2019assurer une présence et de rester positif devant les visiteurs.Le recours systématique à des médiateurs et la réduction des heures d\u2019ouverture pour le public ont contribué à rendre ces conditions plus acceptables pour les artistes, lesquels, d\u2019année en année, sont plus nombreux à soumettre leur candidature, preuve, aux yeux de Serge Murphy, du caractère attrayant de la formule.La possibilité de rencontrer des professionnels du milieu ALMAC CAMERQ/HEIDI-ANETT HAUGEN des arts, fidèles à ce rendez-vous estival, constitue un autre atout pour les artistes, estime-t-il.Cette frange spécialisée du public n\u2019est cependant pas la seule visée.Pour le commissaire, il importe de ne pas rester en vase clos \u2014 surtout à Baie-Saint-Paul, cadre de villégiature \u2014 et d\u2019intéresser un public élargi.C\u2019est, insiste Serge Murphy, «une responsabilité sociale d\u2019agir en ce sens».Collaboratrice Le Devoir LE TEMPS À L\u2019ŒUVRE Symposium international d\u2019art contemporain de Baie-Saint-Paul, 11, rue Forget.Jusqu\u2019au 31 août 2014.D Voir > Une sélection d\u2019œuvres présentées au Symposium.ledevoir.com/arts- visuels \"Ci Musée national des beaux-arts g^w%r\u2018 du Québec\t.O RG MNBAQ ORRICE COMPAGNIEÛÏÏI ATISSE JUSQU'Âb 7 SEPTEMBRE,2014 QuébecI Tl 1 .^ICHEfET CONsfSuèïlON artist^ll1^2iuniversites la releva A POSTERIORI ^ Jùsùu\u2019,àu^Iao^,20jj^ \u2014 ______ ___ Exposltlc^l O^^ànnivgrsalre: réunissant IRahlcientH^âlcIpants W\\\"\"\u2018 \u2022 .Avec l\u2019appui www.aitmur.com\t_ Mûr 5826, St-Hubert, Montréal (Québec) (514) 933-0711\tan iiiilfi\tL^ueDec a a E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AOUT 2014 CULTURE .MUSIQUE CLASSIQUE Robert von Bahr, le dernier des purs CHRISTOPHE HUSS Le Suédois Robert von Bahr n\u2019est pas un personnage connu du grand public, ni même des mélomanes.11 est pourtant l\u2019un des grands éditeurs et directeurs artistiques de l\u2019histoire du disque.Son étiquette, BIS, fête ses 40 ans.Le métier d\u2019éditeur de disques compte quelques producteurs de légende comme Walter Legge, le directeur artistique de Mis Master\u2019s Voice, qui enregistra Karajan, Klemperer et Giulini, ou John Culshaw, mythique producteur de Decca, mais aussi de vrais bâtisseurs, qui ont oeuvré dans l\u2019après-guerre suivant l\u2019exemple de Philippe Loury et Michel Gar-cin, inspirateurs du label Erato.Parmi les «grands» de ce métier, on peut évoquer Bernard Coutaz, fondateur d\u2019Harmonia Mundi, Ted Perry (Hyperion), Brian Couzens (Chandos), Georg Ortmann (CPO) et Klaus Heymann (Naxos), le plus visionnaire de tous.Dans ce cercle fermé, un énergumène haut en couleur occupe une place particulière: Robert von Bahr, fondateur de BIS, est le plus positivement «allumé» de tous ces personnages.Bach au Japon Je revois encore le grand Suédois barbu, amateur de femmes flûtistes \u2014 qu\u2019il épouse en général \u2014, arpenter il y a 15 ou 20 ans les couloirs du Marché international du disque et de l\u2019édition musicale (Ml-DEM) à Cannes, avec son lecteur Minidisc et son casque, incitant les journalistes à écouter sa dernière découverte.Une année ce fut le pianiste Evgueni Sudbin, et je me souviens bien de cette sonate de Scarlatti lunaire qu\u2019il me fit découvrir.Mais rien ne vaut, en matière de propositions insensées, l\u2019année où Robert von Bahr annonça avec fierté: «Je vais enregistrer l\u2019intégrale des cantates de Bach.Tu sais où ?Au Japon !» Entre journalistes on se passait le mot: «Cette fois, Robert est vraiment tombé sur la tête.» C\u2019était en 1995.Et nous voilà, 19 ans et 53 volumes plus tard, avec l\u2019intégrale de référence de ce monumental corpus de l\u2019histoire de la musique.Masaaki Suzuki, cet inconnu, est devenu un prophète de Bach et on le retrouvera ici, à la tête de l\u2019OSM, en clôture du Eestival Bach de Montréal 2014, le 7 décembre prochain.Interrogé par Le Devoir, Robert von Bahr confirme l\u2019impor- ;'.î !¦ « it SOURCE BIS Robert von Bahr, fondateur de BIS, est le plus positivement «allumé» de tous les éditeurs de disques de légende.La galaxie BIS Jean Sibelius (1865-1957).Son œuvre en 13 coffrets.Masaaki Suzuki (ISSd-).Chef japonais.Il a enregistré toutes les œuvres vocales de Bach.Osmo Vàskà (1953-).Chef jadis obscur, enregistré par BIS à Lahti et devenu une vedette mondiale.Osmo Vàskà (1949-).Compositeur finlandais prolifique et génial.L\u2019Insect Symphony et tance de cette aventure dans les 40 ans d\u2019histoire de BIS, le label qu\u2019il a créé : «Deux gigantesques projets marquent notre histoire.Bien sûr, les cantates de Bach avec le Bach-Collegium Japan, acclamées comme le cycle de référence.L\u2019autre jalon majeur est l\u2019édition Sibelius, l\u2019œuvre éditoriale la plus exhaustive de l\u2019histoire de la musique enregistrée, tous compositeurs confondus.Chaque fragment, chaque variante, tout ce que Sibelius a écrit et n\u2019a pas brûlé, y figure.» Conclu largement à temps pour le 150® anniversaire de la naissance du compositeur, en 2015, ce monument éditorial est érigé à partir d\u2019un attachement particulier: «Ma famille a une relation avec Sibelius qui remonte à quatre générations: mon arrière-grand-père était un altiste et critique musical, qui si- présente Hydro Québec Du 4 au 22 août 2014 Salle Claude-Champagne, Université de Montréal FESTIVAL D\u2019ART VOCAL Montréal Samedi 16 août, 19h30 Carmen de Bizet Version de Peter Brook, « La tragédie de Carmen » Précédé de Ibpérette Le Docteur Miracle de Bizet Opéras surtitrés en français et en anglais Jeudi 14 août, 19h30 CONCERTGALA Aveo les 50 ohanteurs et pianistes du programme 201 4 de l\u2019ICAV Etaussi 3 CLASSES DE MAÎTRE 2 RÉCITALS Billets: de 10à30$ Passeport du Festival : 60 $ Entrée libre aux 7 événements Réservations : 1-855-790-1245 www.admissionxom Plus d\u2019informations sur WWW.FAVM.CA les Tableaux d\u2019une exposition du XXL siècle.Sharon Bezaly (1972-).Epouse de Robert von Bahr.BIS lui a offert 30 nouveaux concertos.Eduard Tubin, Geir Tveitt, Jon Leifs et d\u2019autres compositeurs importants révélés par BIS.Ronald Brautigam, Evgueni Sudbin, Vadim Gluzman et tant d\u2019autres artistes importants révélés par BIS.gnait sous le nom de \u201cBIS\u201d; son père, luthier, s\u2019est occupé du violon de Sibelius; mon grand-père, violoncelliste au Philharmonique d\u2019Helsinki, a participé à la création de plusieurs œuvres de Sibelius et ma mère a dansé pour Sibelius la Valse triste !» Le sens du devoir Ce qui distingue BIS des autres éditeurs indépendants, c\u2019est un engagement forcené en faveur de la création musicale.«Je suis fier des efforts de BIS en faveur du répertoire pour flûte \u2014 pour des raisons par ailleurs personnelles ! Nous avons commandé 30 nouveaux concertos pour flûte qui font désormais partie du répertoire.Certains sont vraiment excellents.» L\u2019étiquette qui vous propose le Concerto pour tuba de Christian Lindberg, la très surprenante Rock Symphony du Letton Imants Kalnins, le Concerto grosso op.5 (un chef-d\u2019œuvre) de l\u2019Estonien Lino Tamberg ou, plus près de nous, le Concerto pour theremin de Kalevi Aho, c\u2019est forcément BIS.On se demande bien comment on peut, sans subventions, rentabiliser ces projets ! C\u2019est là que féditeur suédois développe un raisonnement comme on n\u2019en fait plus et qui, après la lecture des inquiétudes exprimées par Paavo Jarvi dans Le Devoir jeudi, fait passer Robert von Bahr pour le dernier des purs : «Bien sûr que ce n\u2019est pas rentable! Sur un plan strictement comptable, nous perdons de l\u2019argent sur chaque disque de Kalevi Aho ou Allan Pettersson.Mais, à mes yeux, c\u2019est le devoir d\u2019un éditeur de se sentir concerné par la musique qui s\u2019écrit aujourd\u2019hui afin de donner le choix au public.Le public peut détester, adorer ou ressentir tout ce qu\u2019il veut entre les deux, mais il faut qu\u2019il puisse entrer en contact avec cette musique.Nous devons bâtir le futur.» Celui qui admet qu\u2019il «vivrait plus confortablement» s\u2019il arrêtait tout, à 71 ans, s\u2019est donné une mission : «Nous devons rendre à la musique ce que la musique nous a donné.» En conséquence de quoi il met son «propre argent dans ces projets sans espoir de retour».Comment ça marche ?«Après 40 ans, nous avons un catalogue de plus de 2000 titres disponibles et en stock.Ces enregistrements ont été amortis et ce qu\u2019ils vendent désormais, c\u2019est du bonus.C\u2019est ce surplus que nous investissons dans des enregistrements de musique d\u2019aujourd\u2019hui.» Cette position est-eUe tenable dans le futur?«Oui, car c\u2019est une question de volonté, et cette volonté nous l\u2019avons.Le monde est un vaste endroit qui compte encore assez de personnes qui nous permettent d\u2019aller de l\u2019avant.Pas avec tous les projets, mais avec un certain nombre.» Sur un plan plus général, parmi les batailles que l\u2019édition phonographique devra mener selon Robert von Bahr, il y a celle de la rémunération de la consommation musicale en streaming sur Internet.«Si vous écoutez une symphonie de Pettersson d\u2019une heure sur Spotify, nous toucherons 0,4 cent.que nous devons partager avec les artistes.Le streaming n\u2019est pas viable dans ces conditions.Les éditeurs indépendants se consultent et se concertent pour élaborer une solution pour le futur.» BIS possède aussi un site de téléchargement (classical.com) et y fait quelques profits, «qui ne compensent hélas pas le déclin dans la vente de produits physiques».Pour ses produits physiques, BIS a choisi la technologie SACD multicanal, dans laquelle le label fait office de référence, ce qui amène automatiquement les audiophiles à se tourner vers lui.Quant aux projets pour le futur?Rien ne change aux yeux de celui qui a publié 30 CD du grand compositeur finlandais Kalevi Aho et s\u2019apprête à éditer un opéra de James MacMillan: «Nous allons tenter de surveiller ce qui se passe sur la planète et apporter notre contribution pour diffuser de la bonne nouvelle musique à travers le monde.Je sais que cela sonne comme un discours de politicien, mais à la différence des politiciens, nous, on le fait vraiment!» Le Devoir 10-23 AOÛT MISQA DIRECTEUR GENERAL&ARTISTIQUE ANDRÉJ.ROY 6 CONCERTS EXCEPTIONNELS SALLE POLLACK ¦ 19H 2014 QUATUORS A CORDES 1 0'08 KELLER concert D'OUVERTURE 14-08 IVIUCHA™MEXCELSA\u201c 1 5'08\t™TS-UNIS/CANADA y g|\tGB/R.TCHÈQUE/ESPAGNE 21-\t08 EXCELSA™\u201c/IVIUCHA™^ 22-\t08 jyglLEf\u2018^®/'^'™èQüe/espagne/Q^|_|QQPPTats-unis/i 23-\t08 ARCADIAconcert de clôture ENTREE GRATUITE / RESERVEZ VOS PLACES MISQA.¦ 514,550,8057 L~-r\\ i WAPIKONI MOBILE Adam Morris est xm des artistes autochtones émergents.Musique nomade : le lien essentiel pour la suite du monde YVES BERNARD En collaboration avec le projet Musique nomade, Présence autochtone offre dimanche soir le Spectacle banc d\u2019essai Musique nomade avec trois artistes émergents : Toombz, Adam Morris et Keith Whiteduck.Mais ces trois créateurs ne sont que la pointe de l\u2019iceberg du renouveau de la musique des Amérindiens et des Inuits au Qqébec.Après Elorent Voilant, Elisa-pie, Samian et Shauit, plus d\u2019une centaine d\u2019autres attendent le coup de pouce qui les fera sortir de leur communauté.Ce à quoi s\u2019applique Musique nomade.Certains sont prêts à aller plus loin.Pensons aux chanteuses Kathia Rock, Eadsé et Andrée Lévesque-Sioui, aux chanteurs innus Mike O\u2019Cleary et Sylvestre McKenzie, le fils de Philippe, le Eélix innu.Un autre pionnier est toujours bien en vie : l\u2019auteur-compositeur cri Willy Mitchell.Il y a aussi Sakay Ottawa de Manawan, qui a collaboré au nouveau disque de Samian.Et on rappe partout: chez les Cris avec Young Elame ; chez les Innus avec Hugo Tettaut; chez les Hurons-Wendats avec Erakass et Dan l\u2019Initié; chez les Anishnabe avec Cool Breeze, Junior Mathias, Kerry Wabano-nik et MJ Stellar; chez les Micmacs avec Draven et Gman-wolf Production.On rappe même.à Montréal avec Toombz.On slamme aussi avec Natasha Kanapé Eontaine.Et à ceux-là s\u2019ajoute une panoplie d\u2019artistes folk innus et attika-meks, des groupes traditionnels, des chanteurs country, des rockeurs, des bluesmen et deux groupes électro: DJ XS7 de Gesgapegiag en pays micmac et les Red Rockerz de Manawan.Le panorama est large et diversifié: «C\u2019est ce qu\u2019on veut démystifier», clame Karine Gravel, coordonnatrice de Musique nomade et du Wapikoni mobile, les deux organismes cousins.«Ce n\u2019est pas de la musique autochtone, mais la musique de musiciens autochtones qui couvrent vraiment tous les genres.Certains vont chanter du rock, mais en attikamek.Ça apporte une couleur traditionnelle et c\u2019est riche pour faire connaître la culture.» Musique nomade porte ce nom pour deux raisons: « Ce n\u2019est pas de la musique autochtone, mais la musique de musiciens autochtones qui couvrent vraiment tous les genres» «D\u2019abord parce que la majorité des communautés qu\u2019on visite ont un historique nomade, puis parce que notre approche est nomade, explique Karine Gravel.De la même façon que le Wapikoni mobile, nos équipes se déplacent avec de l\u2019équipement.Et chacune de nos escales est d\u2019une durée d\u2019environ deux semaines avec deux personnes: un réalisateur d\u2019albums et un cinéaste.On ne réalise pas d\u2019albums, on fait des démos et des vidéoclips.On veut créer ce lien de réseau-tage et de promo pour les artistes qui sont connus dans leur communauté et l\u2019industrie plus large ou les festivals.Pour promouvoir la musique, la plateforme qu\u2019on utilise le plus, c\u2019est notre site Internet.On va aussi développer le mentorat.» En trois ans, Musique nomade a visité 15 communautés.Karine Gravel constate que la renaissance des musiques continue de se développer, mais avec des particularités linguistiques d\u2019une nation à l\u2019autre: «Il y a deux nations qui chantent beaucoup dans leur langue: les Attikameks et les Innus.La langue est particulièrement vivante dans ces communautés.Elles en sont très fières, et la musique porte beaucoup leur culture.Chez d\u2019autres communautés, c\u2019est moins présent parce que les gens ne parlent pas leur langue à la maison.C\u2019est le cas chez les Anishnabe, en Abitibi et en Outaouais.Le wendat?Je pense qu\u2019il y a deux personnes qui le parlent encore.Ça chante en français.Et dans les deux communautés micmaques visitées, je n\u2019ai rencontré personne qui chante en micmac.Là, ça va être plus en anglais.» Reste la création mohawk, très diversifiée, et un phénomène pour le moins intéressant.La coordonnatrice raconte: «Il reste une seule communauté naskapie de 800 personnes à travers le monde et on y trouve Violent Ground, un très bon groupe de rap.» Comme quoi la création passe par tous les canaux.Collaborateur Le Devoir SPECTACLE BANC D\u2019ESSAI MUSIQUE NOMADE Avec Toombz, Adam Morris et Keith Whiteduck, le dimanche 3 août à 19 h.Banc d\u2019essai Musique nomade Ici, on offre trois découvertes.Toombz est le projet hip-hop du Montréalais Shane Kelsey, un Torontois d\u2019origine qui s\u2019amène avec un DJ et des danseurs traditionnels.Le programme est complété par Adam Morris, un chanteur folk mohawk avec un côté dramatique dans la voix, et Keith Whiteduck, un pianiste classique de Kitigan Zibi.27 août - QUÉBEC - une belle journée au musée! Morrice et Lyman en compagnie de Matisse et quatre nouvelles salles d\u2019art québécois : Lemieux, Pellan, Leduc et Riopelle 2 octobre - MONT-SAINT-HILAIRE 30 octobre - 2 novembre - musées - opéra KINGSTON - TORONTO - HAMILTON - NIAGARA Les^ ^jeaux [détours CIRCUITS www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Titulaire d\u2019un permis du Québec 4 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AOUT 2014 E 5 CULTURE >CINEMA K Mission accomplie La légèreté sied bien aux Gardiens de la galaxie, héros moins illustres de l\u2019écurie Marvel BUENA VISTA Chris Pratt incarne à merveiiie et avec désinvoiture ie personnage de Peter Quiii.LES GARDIENS DE LA GALAXIE (V.F.de Guardians of the Galaxy) ?Réalisation : James Gunn.Scénario : Nicole Perlman, J.Gunn, d\u2019après les personnages créés par Dan Abnett et Andy Panning.Avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Michael Rooker, Glenn Close, Benicio Del Toro.Image: Ben Davis.Montage: Craig Wood, Fred Raskin, Hughes Winborne.Musique: Tyler Bates.États-Unis, 2014,121 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Tout jeune, Peter Quill a été enlevé par des extraterrestres qui ont fini par l\u2019adopter et par l\u2019inclure dans leur entreprise de contrebande spatiale.Devenu adulte, Peter met un jour la main sur une curieuse sphère métallique au détour d\u2019une mission.Il l\u2019ignore encore, mais différentes factions cherchent à se procurer l\u2019objet, un dispositif capable de détruire des planètes entières.Devenu un paria, par un concours de circonstances dont on ne révélera pas la teneur, Peter se voit contraint de faire équipe avec une bande hétéroclite d\u2019individus pareillement rejetés : une guerrière belliqueuse, un raton laveur parlant, une créature-arbre et un homme plus fort que futé.On a parfois l\u2019impression que les films de superhéros, dont le public et, par ricochet, Hollywood ne se lassent pas, se suivent et se ressemblent.Or ce n\u2019est pas tout à fait exact, en cela que tant la signature visuelle que le ton varient énormément d\u2019une production à l\u2019autre.Prenez la trilogie du Chevalier noir, ou Batman version Christopher Nolan, sombre au point de flirter avec le nihilisme.Ou Kick-Ass, une création irrévérencieuse et violente des comics Marvel, qui se déploie à l\u2019autre extrême du faisceau.Entre les deux.Iron Man, Thor et Capitaine America veillent à saupoudrer l\u2019action de doses variables d\u2019humour, selon le cas.Egalement issus de l\u2019écurie Marvel, quoique moins connus, les Gardiens de la galaxie privilégient pour leur part un mélange de légèreté (paradigme proche de l\u2019enfance, autodérision, violence dénuée d\u2019hémoglobine) et de nostalgie (pour les années 1980).De telle sorte que les jeunes parents et leur progéniture y trouveront leur compte, pour des motifs différents.C\u2019est le but.Un air désinvolte Les gardiens de la galaxie s\u2019avère plutôt laborieux dans sa présentation initiale des personnages, qui se trouvent chacun à leur bout de la galaxie.Comprimée et un brin précipitée, cette entrée en matière n\u2019en constitue pas moins un passage obligé afin que l\u2019on s\u2019y retrouve ultérieurement.Et de fait, bien ancrée dans un univers cohérent, l\u2019intrigue trouve son rythme au bout d\u2019une vingtaine de minutes en maintenant toujours cet air désinvolte qu\u2019incarne à merveille Chris Pratt {Donneur anonyme, le remake de Starbuck).Qui aime ce type de productions en sera quitte pour une surprise.Une bonne, en l\u2019occurrence.Ceux qui, en revanche, n\u2019aiment pas les «fdms de superhéros» ou en font une indigestion (c\u2019est compréhensible) devront continuer de ronger leur frein puisqu\u2019une suite est d\u2019ores et déjà en chantier.Le Devoir Les dessous du crime Un thriller brésilien qui manque de force mais non de subtilité UN LOUP DERRIERE LA PORTE (O Lobo ATRÂS DA porta) ?Réalisation et scénario : Fernando Coimbra.Avec Leandra Leal, Milhem Cortaz, Fabiola Nascimiento.Image: Lula Carvalho.Montage: Karen Aker-man.Brésil, 2014, 100 minutes.ODILE TREMBLAY Premier long métrage du Brésilien Fernando Coimbra, primé à San Sebastian, situé dans les quartiers périphériques de Rio de Janeiro, Un loup derrière la porte, à l\u2019encontre de bien des films de kidnapping d\u2019enfants comme Prisoners de Denis Villeneuve, ne met pas l\u2019accent sur le désespoir des parents, mais sur la genèse du crime.Comment tout cela est-il arrivé ?Le côté Fatal Attraction du thème frappe, mais sans le caractère fantastique et sans le côté manichéen de l\u2019histoire.Car ici, malgré ce que le titre laisse croire, la jeune fille n\u2019est pas complètement noire, ni son amant, qui la fit avorter de force en une scène particulièrement violente, tout blanc.Un des atouts de ce film inspiré de faits réels \u2014 mais aussi la difficulté de son pari \u2014 réside dans ce refus de brosser le profil des bons et de la méchante pour entrer en des zones grises difficiles à gérer pour un cinéaste néophyte.Fernando Coimbra perdra ainsi en force de frappe ce qu\u2019il gagne en subtilité.D\u2019autant plus qu\u2019il cache jusqu\u2019au dernier moment l\u2019issue du drame.Son parti pris d\u2019accompagner un parcours d\u2019amour et de trahisons n\u2019excuse pas le crime de la jeune héroïne séduite et abandonnée comme dans tout feuilleton mélodramatique, mais permet d\u2019ouvrir le champ psychologique.La faute du mari adultère et misogyne sera quand même soulignée entre les images à l\u2019encre rouge.La caméra sensible de Lula Carvalho, davantage attachée ici au champ qu\u2019au contrechamp, se place surtout en biais devant les personnages, comme un entomologiste observe le comportement des insectes sous sa loupe.Au premier plan : la jeune et jolie Rosa (Leandra Leal, trop élégante pour le contexte \u2014 la crédibilité du personnage en souffre \u2014 mais juste dans son mystère), courtisée puis maîtresse d\u2019un homme marié macho à outrance (Milhem Cortaz, trop caricatural).Sentant qu\u2019il lui échappe, elle s\u2019immisce dans l\u2019intimité de son épouse (Fabiola Nascimiento, au profil assez terne) et de leur fille de cinq ans, jusqu\u2019à gagner leur confiance.Au point de pouvoir enlever la gamine à la porte de l\u2019école sans inquiéter personne.Entre une garçonnière qui abrite les premières amours, les maisons des protectionnistes et le poste de police où l\u2019interrogatoire, crédible, des enquêteurs attend des réponses, l\u2019action s\u2019articule sans trop de flash-back, pas à pas, peu encombrée des règles du thriller, avec ses pesanteurs, un montage faiblard, mais aussi une sincérité désarmante, une charge érotique, et l\u2019interprétation toute d\u2019intériorité de Leandra Leal en femme trahie et solitaire qui se venge et se sacrifie dans un même acte de sang.Le Devoir Wf \\ AZ FILMS Le film est tout en nuances de gris, ne pointant pas précisément ies bons et ies méchants, et chargé d\u2019érotisme.4» SAISON 2014*2015 ourgie LA FONDATION ARTE MUSIOA PRÉSENTE PARIS ET MONTREAL EN ECHO 4 CONCERTS DE MUSIOUE FRANÇAISE Hydro Québ -LE FESTIVAL DE-r\\S lanaudiere Le plus grand festival de musique classique au Canada 8 juillet au 10 août 2014\ttn collaboration avac SHH Trio Karénine MERCREDI 15 OCTORRE 19h30 Anna Gbckel,violon Louis Rodde,violonoelle Paloma Kouider, piano DUBOIS Trio n° 1 en do mineur FAURÉ Trio en ré mineur, opus 120 RAVELTrio aveo piano en (o mineur Hommage à Rameau JEUDI 13 NOVEMRRE \u2022 19h30 Blandine Rannou, olaveoin RAMEAU Nouvelles Suites de pièces de clavecin Gérard RESSON Le tombeau de Rameau Conoert soulignant le 250° anniversaire de la mort de Jean-Rhilippe Rameau (1683-1764) Cette série est réalisée avec le soutien du Service de Coopération et d\u2019Action Culturelle du Consulat Général de France à Québec M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL FONDATION ARTE MUSICA premier récital A Montréal V3V Québec LE FESTIVAL DE Le plus grand festival de musique classique au Canada 8 juillet au 10 août 2014\ten collaboration avec SPH Billets et programmation complete Jean-Efflam Bavouzet, piano JEUDI 15 JANVIER 2015 \u2022 19h30 DECAUX Clairs de lune RIERNÉ Nocturne en forme de valse, opus 40 n° 2 DEBUSSY Clair de lune et Jeux RAVEL Miroirs Bruno MANTOVANI Le livre deJEB Quatuor Modigliani MERCREDI 15 AVRIL \u2022 19h30 Philippe Bernhard, violon Loic Rio, violon Laurent Marfaing, alto François Kieffer, violoncelle MOZART Quatuor en ré mineur, K.421 SAINT-SAËNS Quatuor à cordes n° 1 en mi mineur RAVEL Quatuor à cordes en fa majeur sallebourgie.ca \u2022 514-285-2000 #4 Présenté par DIE DEUTSCHE KAMMERPHILHARMONIE BREMEN DE RETOUR À L\u2019AMPHITHÉÂTRE! DIMANCHE 3 AOÛT/14H DIE DEUTSCHE KAMMERPHILHARMONIE BREMEN Paavo JÀRVI, direction Christian TETZLAFF, violon Programme : BRAHMS CONCERT NEWÜOOK Pour Le progrannnne connpLet: Lanaudiere.org 1 800-561-4343 B Desjardins 0\t©YAMAHA SAQ Québec «S Canada 150'^ OJoliette LE ROMANTISME DE YANNICK NÉZET-SÉGUIN MERCREDI 6 AOÛT/19 H 30 Amphithéâtre Fernand-Lindsay ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN Yannick NÉZET-SÉGUIN, direction Programme : BEETHOVEN, WAGNER CONCERT ^ Desjardins Pour Le progrannnne connpLet: Lanaudiere.org 1 800-561-4343 I Desjardins SAQ ^ CHARTWell ©YAMAHA Québec S S Canada 150' OJoliette E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 AOUT 2014 SCINEMA Les gros sabots de la tolérance La comédie française de l\u2019heure décortique habilement les clichés du racisme ordinaire QU\u2019EST-CE QU\u2019ON A EAIT AU BON DIEU?Réalisation: Philippe de Chauveron.Scénario: Philippe de Chauveron et Guy Laurent.Avec Christian Clavier, Chantal Uiuhy, Ary Ahittan, Medi Sadoun, Frédéric Chau, Noom Diawara, Frédérique Bel, Julia Platon, Émilie Caen, Élodie Fontan, Pascal Nzonzi.Image: Vincent Mathias.Musique: Marc Chouarain.Montage: Sandro Lavezzi.Paris, 2014, 97 minutes.ODILE TREMBLAY Arrivant précédée de son succès bœuf dans THexagone (11,2 millions d\u2019entrées, au «top 10» des films les plus populaires de Thistoire au pays), la comédie Qu\u2019est-ce qu\u2019on a fait au bon Dieu ?de Philippe de Chauveron, qui aborde les mariages mixtes, possède certains liens de parenté avec Intouchables, roi du box-office en France.Même message de tolérance et d\u2019ouverture d\u2019esprit à l\u2019autre dans un feel good movie.La formule doit mettre un baume sur la vieille société bousculée dans ses repères et ses préjugés.Le film-phénomène français de l\u2019heure aura-t-il le même écho au Québec, où les réalités de l\u2019immigration diffèrent et où les traditions sont moins solidement ancrées que dans la vieille mère patrie?Sans doute pas, encore que le brouhaha autour de la charte des valeurs révèle chez nous aussi quelques malaises.Intouchables était quand même plus subtil.Ici, on sort les gros sabots, mais il y a de l\u2019action, le film est dynamique, souvent drôle, avec des situations abracadabrantes.Quant au message de tolérance, il passe la rampe à coups de clichés cul par-dessus tête, ce qui constitue un atout en soi.On n\u2019est pas contre la vertu.Côté forme, la recherche cinématographique n\u2019est guère au rendez-vous.La force du film est ailleurs : son punch sur des sujets litigieux, ses répliques bien envoyées, les rebondissements constants, etc.Les thèmes du racisme ordinaire et du conflit des générations sont au cœur de l\u2019histoire.Les trois premières filles de catholiques bon teint épousent l\u2019une un musulman, l\u2019autre un juif, la troisième un Chinois à travers des rituels qui semblent aux parents pas trop casher.Or voilà que la quatrième choisit un catholique, mais Africain d\u2019origine et tout noir.Pour papa et maman, c\u2019en est trop.Le couple Christian Clavier-Chantal AZ FILMS Le couple Christian Clavier-Chantal Aubry, les parents très vieille France, fonctionne à merveille.Aubry, les parents très vieille France et haute bourgeoisie de province dans leur manoir, fonctionne à merveille, socle solide qui permet de greffer dans son sillage tout le reste de la famille élargie.Monsieur est longtemps buté.Madame finit par s\u2019ouvrir à d\u2019autres cultures.Les deux interprètes sont en pleine forme.Philippe de Chauveron a réussi à renvoyer tous les racismes dos à dos, chacun exhibant ses préjugés contre l\u2019autre, ce qui permet d\u2019étendre le registre, sans faire peser le poids des idées toutes faites sur les seules épaules des parents pur bœuf bourguignon.Ça sonne parfois un peu vieillot avec le curé qui doit gérer les états d\u2019âme de Madame au confessionnal, tout en clavardant tout de même, tant ça l\u2019ennuie.Les chicanes entre les gendres, incarnés par de jeunes comédiens nouveaux venus pleins d\u2019allant qui volent la vedette à leurs épouses (moins bien servies en bons dialogues), sont amusantes.Les remarques racistes de M.Verneuil, toujours gratinées, font sourire, mais la meilleure partie du film repose sur le duo entre le papa français et le papa africain, qui de partie de pêche en beuverie deviennent, après regards de chiens et chats, de joyeux compères.Si le dénouement est vraiment très, très convenu avec discours sur les vertus de la communication entre les peuples (ça va, on avait compris!), le film se révèle meilleur que la somme de ses ficelles, et déride bon enfant en évitant bien des pelures de banane malgré son sujet casse-gueule.Le Devoir Leandra Leal Mi hem Cortaz Fabiula NasaMiiito SEQUENCES PRIX DU JURY Festival de Film Latino Américain Montréal toronto internatianal film festival' SÉLECTION OFFICIELLE LAPERFORMAKCEDI LEAESTD'UNEVERIIE EBLOUISSANTE\" The Hollywood Keporter UN THRILLERQUI DERANGE.IL NOUS ENTRAINENT DANS LE TOURBILLON D'UNE FRISSONNANTE HISTOIRE\" Screen Daily Un film de Fernando Coimbra PRESENTEMENT À L\u2019AFFICHE! VERSION ORIGINALE PORTUGAISE\tORIGINAL PORTUGUESE VERSION AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS\tWITH ENGLISH SUBTITLES \u2014\trciNÉMA\trCINÉMA DU FARCI ri.EL CLAVADISm que TP JOIE ÜMAGES REVUE24IMAGES.COM UN FILM DE DENIS COTE EN COLLABORATION AVEC LA REVUE 24 IMAGES EN DVD LE 22 AOÛT 2014 EN VENTE EXCLUSIVE AVEC LA REVUE (6,95$ +tx) ® VIMEO.COM/ONDEMAND/QUETAJOIEDEMEURE -Y - FiûL iuüüj r SUITE DE LA PAGE E 1 Le soleil est au zénith quand il se jette à l\u2019eau pour la première fois.Vivre à ses côtés te ferait grandir.Il affronterait les courroux de Neptune, regagnerait votre nid d\u2019amour après avoir caressé la mort.Le danger vous inciterait à profiter de chaque repas, baiser, nuit.Ta peau blanche jurerait contre la sienne, burinée par le soleil.Le yin, le yang.La mort, la vie.Entrelacés.Le dernier saut de la journée, il l\u2019effectue une torche à la main sur fond d\u2019étoiles.Tu rentres éblouie, encore.Et af famée.Au village, le pain toujours sec, le café sans saveur.Soudain, sans que tu saches comment, il est là.Dans le res- taurant.Ça te fait drôle, qu\u2019il soit vêtu.Il se dirige vers ta table.Il ne demande pas s\u2019il SORTIE LE 1 \"AOUT EXC3NTRIS VENDREDI TAOÛT - 19H : EN PRÉSENCE DE FEMEN QUÉBEC Film #1 en France avec déjà plus de 11 millions d'entrées! L'une des meilleures comédies depuis Intouchablesl JDD « La comédie de l'été.»\t« situations et des dialogues hilarants » Luc Boulanger, La Presse Élie Castiel, FM 103,3 4 mariageS/ 2 têtes d'enterrement QU\u2019EST-CE QU\u2019ON A FAIT AU BON DIEU?UN FILM DE PHILIPPE DE CHAUVERON Leurs filles\tLeurs gendres Laure, Ségolène, Odile, Isabelle Rachid, David, Chao, Charles ?Claude et Marie ?Le Parisien Métro ARY MEDI\tFRÉDÉRIC NOOM\tFRÉDÉRIQUE JULIA CLAVIER LAUBY ABITTAN\tSADOUN\tCHAU\tDIAWARA BEL\tPIATON\tCAEN FONTAN Bienvenue dans la famille Verneuil G YouQÜS M.PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE! I PONT-VIAU 16 11 DWUMMONPViLLE 11 COLOSSUS LAVAL 11 ¦OUCHÉWVILLE I LACHEN Al E 11 ÉLYSÉE GBANBY | |-CINE^EX DIVERTISSEMENT-1 f-'CINÉMA'-i rClMEPLEX OtVERTlSSEMENTn r JI QUAWTiEK LATIN 11 ST-EUSTACHE | fSTARCITE MONTRÉAlI [ peut, il tire une chaise et s\u2019assoit.Tes mots jaillissent sans pudeur, en anglais, une langue que tu supposes partagée.Tu exprimes les grandes émotions qu\u2019il te fait vivre, quel courage il a! Tu ne te lasseras jamais de le voir rejouer la scène, ce retour du corps aux entrailles de la mer.Il commande un café.Tu insistes: vous croisez le fer avec la mort.Il ajoute du sucre.Ça doit vous aider à vivre au jour le jour, pleinement?La cuiller fait ting-ting dans la tasse, l\u2019odeur du café te donne la nausée.Son silence enveloppe les ustensiles, les plats, la table, tout le restaurant voilé de malaise.Enfin, il s\u2019avance.Je ferme les yeux, tu penses qu\u2019il dit.Son accent te permet à peine de le comprendre.Si je calcule mal mes distances, ou que le vent m\u2019emporte, je mourrai sans peur.Sans savoir.Tu joues avec ta fourchette.L\u2019air déçu.Ça ne le préoccupe pas.Il est venu te demander d\u2019arrêter ton petit cirque.Cinq fois par jour, ton regard fixé sur lui, qué pinche hueva.Et puis, ça fait rire les autres.Non, vraiment, il faut que tu arrêtes.Mais ton regard d\u2019enfant triste.Il n\u2019ose plus.Si tu te mettais à pleurer ?Quinze pesos pour le café, il se lève.Adiôs.Lucie.Tu lui tends la main.Je m\u2019appelle Lucie.L\u2019appartement où sa mère lui réchauffe déjà son assiette est à deux pas.Dans le fauteuil de toile à moitié défoncé, il ouvre une Victoria et caresse son chien Negro pendant que tes mots cherchent à résonner dans sa tête.Affronter la mort et quoi d\u2019autre ?Il rote.Sa mère lui demande de s\u2019excuser.Comment ç\u2019a été, le travail ?Quelques semaines plus tard arrive une carte postale signée Lucie.Une image de vagues qui explosent sur les rochers.Puta madré.Lui, c\u2019est la neige qu\u2019il aimerait voir.Il jette la carte sans la lire.?La tortue turquoise s\u2019est brisée au fond de ton bagage.Pas grave, tu en rachèteras une la prochaine fois.Tu tries tes photos, choisis celle du dernier saut.Quand tu la regardes, sur le fond d\u2019écran de ton ordinateur, ça te fait du bien.Tu aimes les beaux paysages.Tu as rédigé une carte postale pour l\u2019homme à la peau cuivrée.Ta peau à toi reste dorée quelques semaines avant de reprendre sa pâleur ordinaire.Collaboration spéciale Le Devoir DLIre > Les autres textes de la série, ledevoir.com/ poste-scriptum http://www.azfilms.ca/accueil_fr.html LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 AOUT 2014 E 7 CULTURE.LIVRE s Jacques Benoit signe une autobiographie oblique et facétieuse.LITTERATURE QUEBECOISE Copie carbone Jacques Benoit revient avec une sympathique pirouette littéraire CHRISTIAN DESMEULES Ils sont parmi nous.On le soupçonne peut-être déjà ou on s\u2019en balance comme de l\u2019existence de Dieu ou du père Noël.A la lecture de ces Confessions d\u2019un extraterrestre, certains se découvriront peut-être de vagues souvenirs d\u2019une «rencontre rapprochée du troisième type», alors que d\u2019autres les liront surtout pour ce qu\u2019elles sont : une drôle d\u2019histoire de double où plus que jamais je est un autre.Ou peut-être pas.Jacques «Yaké» Benoit \u2014 à ne surtout, surtout pas confondre avec le Jacques Benoit qui signe la chronique des vins dans La Presse \u2014, est un extraterrestre de la planète Xinak, située à 75 années-lumière de notre système solaire, qui nous raconte comment il a un jour violé l\u2019interdit en se posant sur la Terre, avant de décider au milieu des années cinquante d\u2019enterrer son vaisseau spatial dans un bois près de Lacolle, de prendre la poudre d\u2019escampette et de se faire.Terrien.Au moyen d\u2019un procédé particulier appelé «précamption», nous explique-t-il, Yaké a ainsi pu prendre l\u2019apparence d\u2019un garçon de quatorze ans, un certain Jacques Benoit \u2014 qui deviendra plus tard journaliste et qui a curieusement accepté de signer ce récit.Hormis certains pouvoirs particuliers et ses quatorze orteils, anomalie qu\u2019il s\u2019efforce de cacher en évitant d\u2019enlever ses chaussettes (même au lit), rien ne le distingue d\u2019un Terrien.S\u2019estimant plus heureux qu\u2019il ne l\u2019était sur sa planète d\u2019ori- Jacques Benoie Confessions d\u2019un extraterrestre gine {«La vie est plus complexe, les couleurs sont plus belles.Il y a la littérature, la peinture, la musique.»), il a réussi à s\u2019insérer dans la société et tout irait bien pour lui, mais des émissaires xi-nakiens finiront par lui mettre le grappin dessus et lui proposer un drôle de marché.Son histoire d\u2019amour passionnée avec la mystérieuse Oulija sera-t-elle compromise ?Vivront-ils heureux et auront-ils beaucoup d\u2019enfants ?Des enfants qui auront combien dç doigts de pied?A vous de lire.Né à Lacolle en 1941, près de la frontière américaine, Jacques Benoit a été longtemps journaliste au quotidien La Presse, en plus d\u2019y tenir toujours la chronique vins depuis de nombreuses années.Il a signé le scénario de Réjeanne Padovani avec Denys Arcand, en plus d\u2019avoir écrit quelques romans, dont Confessions d\u2019un extraterrestre est le sixième \u2014 son premier, Jos Carbone, avait été chaleureusement adoubé par Jacques Perron à sa sortie en 1967.Amusant et léger, autobiographie oblique et facétieuse, le roman est aussi (mine de rien) une esquisse rapide d\u2019un monde montréalais révolu.Jacques Benoit, que l\u2019on sait capable de plus de profondeur, a plutôt fait le choix ici de s\u2019en tenir à une pirouette.Sympathique.Collaborateur Le Devoir CONFESSIONS D\u2019UN EXTRATERRESTRE Jacques Benoit Boréal Montréal, 2014,184 pages Dino Buzzâti dans le siecle Chroniques terrestres rend hommage au grand journaliste que fut l\u2019écrivain du Désert des Tartares GILLES ARCHAMBAULT L> œuvre de Dino Buzzati ! est bien connue du public francophone.Ses nouvelles fantastiques, ses romans ont tous été traduits.Personne ne songerait à mettre en doute la valeur du Désert des Tartares, son roman le plus connu, qui illustre de si concluante façon le passage du temps.Peu d\u2019écrivains ont su inventer des fictions aussi troublantes.Chez lui, tout peut devenir inquiétant, même le quotidien le plus trivial.Dans Un amour, il décrit avec minutie les ravages d\u2019une passion dévastatrice.Cet écrivain hanté de toutes les façons était aussi peintre.Ses toiles décrivent un univers tout aussi angoissant que ses livres.Dans ses meilleures œuvres picturales, on se croirait parfois chez Magritte.Il s\u2019intéresse à la bande dessinée, invente des histoires dans lesquelles les femmes sont souvent des personnages de perversion.A la blague, Buzzati disait que la peinture était son véritable domaine et que la littérature n\u2019était pour lui qu\u2019une occupation secondaire.Toute sa vie, Buzzati a été journaliste.Entré au Corriere della Sera en 1928, il n\u2019en sortira que peu de temps avant sa mort survenue en 1972.Il expliquera d\u2019ailleurs que l\u2019idée d\u2019un militaire attendant en vain qu\u2019éclate une guerre qui lui apporterait la gloire, le thème du Désert des Tartares, lui était venue alors que, jeune journaliste, il avait vu des collègues désillusionnés après une vie d\u2019espoirs déçus.Buzzati ne tenait pas le journalisme pour une obligation matérielle, répétant à plusieurs occasions que s\u2019adresser à un lecteur dans un quotidien l\u2019aidait à écrire de la fiction romanesque.Comme le dit Delphine Cachet, universitaire, spécialiste de notre écrivain et qui préface un recueil de textes parus dans le quotidien qui l\u2019employait, c\u2019est ce dialogue quotidien, simple, direct avec les lecteurs du journal en quête d\u2019information, cherchant à savoir ce qui s\u2019est passé dans leur ville, dans leur pays, dans le monde, que Buzzati a mené tout au long de sa carrière de journaliste et qu\u2019il a voulu poursuivre au long de sa carrière d\u2019écrivain.Créateur de fictions Un lecteur dans mon genre, pour qui les livres de Buzzati ont beaucoup compté, trouvera profit de lire ces Chroniques terrestres.Il serait exagéré de dire que toutes ont le même intérêt, bien évidemment.Le côté forcément événementiel des textes en limite parfois la portée.On peut penser qu\u2019il en irait tout autrement pour un lecteur italien ou plus encore milanais.Buzzati correspondant de guerre, ou envoyé spécial en ARCHIVES AGENCE ERANCE-PRESSE Peintre, écrivain et journaliste, Buzzati a su inventer des fictions troublantes comme peu d\u2019auteurs savent le faire.Libye, ou parachuté à Tokyo, ou critique d\u2019art, on en a des aperçus dans ce livre géné- II arrive même que Buzzati, relatant un fait divers, en rende compte comme le nouvelliste qu\u2019il est reux.Il y a aussi le récit de sa rencontre avec Camus.En 1955, Camus fait la traduction française d\u2019Un caso clinico, devenu en français Un cas inté- ressant.Pour la première, on invite Buzzati à Paris.D\u2019avance, notre auteur a la trouille.Qui va-t-il rencontrer ?Il est rassuré dès le premier abord.Ce n\u2019était pas.Dieu soit loué, le visage d\u2019un intellectuel puant, c\u2019était plutôt celui d\u2019un sportif: le visage d\u2019un homme du peuple, franc, solide, affichant une ironie débonnaire, une «tête de garagiste».Comme Buzzati en est à son premier voyage à Pa- ris, Camus vient le chercher à son hôtel en taxi et entreprend de lui faire visiter la capitale.Lors d\u2019une réception organisée après une soirée de représentation, Camus ne resta pas une seconde en place.Il enchaîna les danses les unes après les autres, avec l\u2019enthousiasme d\u2019un gamin de vingt ans.La philosophie?Les grands problèmes de l\u2019humanité?Le drame des communautés modernes?Notre éternelle condamnation à la solitude?Ce soir-là, au moins.Camus fut heureux d\u2019être au monde.Il portait un costume bleu.On retrouve un peu partout des indices du Buzzati romancier.Il est un journaliste à la façon d\u2019un créateur de fiction.Calet, Vialatte s\u2019adressaient aussi à des lecteurs qui ne les avaient pas toujours choisis.Il arrive même que Buzzati, relatant un fait divers, en rende compte comme le nouvelliste qu\u2019il est.Je pense aux articles réunis sous le titre Depuis la ville babélique où cohabitent la peur, l\u2019amour, la malédiction, la solitude, la mort.Pour qui voudrait connaître Buzzati l\u2019écrivain, on reprend en poche Panique à la Scala, l\u2019un de ses meilleurs recueils.Vingt-quatre nouvelles qui sont une invitation à l\u2019étrange, à l\u2019angoisse, à l\u2019obsession, mêlés de manière inquiétante à la vie de tous les jours.Collaborateur Le Devoir CHRONIQUES TERRESTRES Dino Buzzati Traduit de l\u2019italien par Delphine Cachet Robert Laffont, collection «Pavillons» Paris, 2014, 447pages PANIQUE À LA SCALA Dino Buzzati Traduit de l\u2019italien par Michel Bretman Robert Laffont, collection «Pavillons poche» Paris, 2014, 370 pages EXC3NTRIS BOYHOOD (JEUNESSE) RICHARD LINKLATER -163 MIN.OURS D\u2019ARGENT MEILLEUR RÉALISATEUR - BERLIN 2014 BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL \t JE SUIS FEMEN ALAIN MARGOT\tEN ATTENTE DEVISA LE LOUP DERRIÈRE LA PORTE FERNANDO COIMBRA\t IDA PAWELPAWLIKOWSKI\t ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM m À ne pas manquer, ce mois-ci, au Centre Phi.ry k Boutique ouverte du mercredi au samedi.Exclusivités pour tous Éditions limitées 6 août à 19 h 30 OBVIOUS CHILD une comédie de Gillian Robespierre 7 août à 19 h 30 HAPPY CHRISTMAS une comédie dramatique de Joe Swanberg 8 août à 19 h 30 LIFE ITSELF un documentaire de Steve James sur Roger Ebert 9 août à 19 h 30 THE ZERO THEOREM un drame de science-fiction de Terry Gilliam avec Matt Damon 18 août à 19 h 30 BEGIN AGAIN une comédie dramatique de John Carney avec Mark Ruffalo 19 août à 19 h 30 BORGMAN un suspense d'Alex van Warmerdam Voir les bandes-annonces sur centre-phi.com Tous les films sont à 11,25 $ (taxes et frais inclus), sauf indication contraire.Programmation sujette à changement sans préavis.Consultez notre site Internet pour les dernières mises à jour.Centre Phi-407, rue Saint-Pierre (angle Saint-Paul), Vieux-Montréal-centre-phi.corn phL ¦ TOUS LES LIEUX DE L'ART E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 AOUT 2014 CULTURE.ESSAIS Légalité dans la différence Nier les caractères innés pourrait-il nourrir l\u2019inégalité ?r f J Louis A CORNELLIER ans son numéro de juillet 2014, Texcel-lent magazine français Sciences humaines relance un chaud débat.En matière de comportements et d\u2019aptitudes, demande-t-il, «les différences hommes/femmes sont-elles enracinées dans la nature (les gènes, le cerveau, l\u2019évolution) ou dans la culture (les normes, les stéréotypes, les institutions) ?» Partisan de la thèse culturaliste, je reste ouvert à la discussion sur cette fascinante question, dont les conséquences sociales sont importantes.J\u2019ai donc lu avec grand intérêt Pourquoi les garçons perdent pied et les filles se mettent en danger, un essai du médecin, psychologue et père de famille américain Leonard Sax, publié il y a quelques mois.Riche en hypothèses et en références, ce livre défend la thèse selon laquelle les différences entre les genres masculin et féminin sont en partie innées et affirme off «en ignorant l\u2019influence du genre d\u2019un enfant sur son développement, on ne l\u2019aide pas à devenir un citoyen accompli».Depuis une quarantaine d\u2019années, écrit Sax, on a voulu, au nom de l\u2019égalité des sexes, nier les différences entre les genres.Or, aujourd\u2019hui encore, la majorité des infirmières sont des femmes et la majorité des ingénieurs sont des hommes.«La raison, explique-t-il, n\u2019est pas liée à une différence innée des capacités des unes et des autres.C\u2019est l\u2019absence de reconnaissance des différences qui renforce les stéréotypes.» Sax veut donc qu\u2019on reconnaisse les différences biologiques entre les genres pour mieux, c\u2019est l\u2019originalité de sa thèse, combattre les stéréotypes qui enferment filles et garçons dans des moules.Des singes et des hommes Le médecin et psychologue cite des études qui montrent que les jeunes singes mâles préfèrent eux aussi les camions aux poupées, alors que les jeunes singes femelles font le choix contraire.Cela s\u2019expliquerait, selon des chercheurs, par une différence dans le système visuel des uns et des autres, aussi présente chez les humains.Les filles reconnaîtraient mieux les formes et les m m » JOHN MACDOUGALL AGENCE ERANCE-PRESSE Le Leonard Sax défend la thèse que c\u2019est en reconnaissant les différences biologiques entre les genres qu\u2019on combat les stéréotypes qui enferment filles et garçons dans des moules.garçons, le mouvement.Or, comme les cours de physique dispensés à l\u2019école insistent sur la cinématique \u2014 l\u2019étude du mouvement \u2014, ils motiveraient davantage les garçons que les filles.Sax n\u2019en conclut pas que la physique n\u2019est pas faite pour ces dernières.Il suggère plutôt d\u2019adapter l\u2019enseignement de Filles et garçons, insiste le psychologue, ont respectivement des besoins spécifiques cette matière aux différences de genres.Il donne l\u2019exemple d\u2019une enseignante qui étudie le phénomène de la lumière pour donner le goût de la physique aux filles et propose que ce devoir d\u2019adaptation s\u2019applique aussi à l\u2019enseignement de la littérature, afin d\u2019inciter les garçons à lire.Sax cite une autre étude qui montre que les jeunes femelles chimpanzés apprennent de leurs aînés avec docilité pendant que les jeunes mâles n\u2019écoutent rien.Il explique cette différence de comportement en recourant à la psychologie évolutionniste et constate qu\u2019elle se retrouve aussi chez les humains.Il propose donc, pour permettre à tous de trouver une motivation à l\u2019école, de mettre l\u2019accent sur «l\u2019apprentissage expérientiel », non pas au détriment des livres, qui restent essentiels, mais en fermant les divers écrans pour leur préférer le contact avec la réalité, avec la nature.Dérives sexuelles Nier les différences innées de genres, écrit Sax, entraîne aussi des dérives en matière d\u2019éducation sexuelle.«La sexualité des femmes diffère tout simplement de celle des hommes», constate Sax, en précisant que ces différences sont innées.Pour les garçons, avance-t-il, le sexe est souvent premier et la relation humaine suit.Pour les filles, c\u2019est l\u2019inverse.Or, au nom de l\u2019égalité, nous refusons ce constat et «nous laissons la société de consommation remplir le vide que nous créons».Chrétiennes, nos sociétés réprimaient la sexualité.Aujourd\u2019hui, se désole le médecin américain, encouragés par la pub et la société du spectacle, les garçons se nourrissent de pornographie sur la Toile et les filles oscillent entre le rêve romantique illusoire et une sexualité à la masculine qui les déprime.Sax ne généralise pas; il pointe des tendances fortes.Lilies et garçons, insiste le psychologue, ont respectivement des besoins spécifiques.«Il n\u2019est pas tout à fait juste de dire que les enfants veulent devenir des adultes, précise-t-il.Il est plus exact d\u2019affirmer que les filles veulent devenir des femmes et les garçons, des hommes.» Or, au lieu de les guider dans ce parcours, dans cette quête légitime d\u2019une identité de genre qui prône à la fois l\u2019égalité et la différence, nous les abandonnons à une culture commerciale mettant en avant «le masculin prèt-à-porter et le féminin prèt-à-porter», qui prennent trop souvent les figures du caïd décrocheur passionné par les jeux vidéo et de la Lolita obsédée par son image qui se met en scène sur Lacebook.Parfois trop audacieux, d\u2019autres fois trop conservateur, l\u2019essai de Sax a le défaut de négliger les considérations socio-logiques liées aux classes sociales (en plus d\u2019être ceux des filles et des garçons, les problèmes qu\u2019il soulève sont surtout ceux des pauvres), mais il a le mérite de bousculer intelligemment nos idées reçues.louisco@sympatico.ca POURQUOI LES GARÇONS PERDENT PIED ET LES FILLES SE METTENT EN DANGER D\"' Leonard Sax Traduit et adapté de l\u2019anglais par Isabelle Crouzet JC Lattes Paris, 2014, 288 pages La Vitrine BANDE DESSINEE LES CORDONS DE LA BOURSE Clément de Gaulejac La mauvaise tête Montréal, 2014, 92 pages j0 ®\tC\u2019est un petit précis illustré ^ ^\tdes paradoxes et de l\u2019absurdité de la culture économique dominante.Avec Les cordons de la bourse, le dessinateur Clément de Gaulejac varlope avec une finesse évidente et un trait sombre plus que maîtrisé l\u2019abjection de l\u2019actionnaire avant tout, l\u2019indécence de rurgence du profit, les dérives de rinsouciance de la productivité, et plusieurs autres mots-clés de cette «idéologie en cours».Il y est question de Zurich, plaque tournante de la finance, de résultats, de goût du risque, de cible, de passion du résultat, de talent, de ressources humaines.tout cela habité par ces images prévisibles, avec costume et cravate, de la performance et de la réussite, qui rapidement, au fil des pages qui tournent, vont laisser leur place à d\u2019autres figures: l\u2019impuissance, la contrainte, l\u2019obscurantisme, la faiblesse que l\u2019auteur va cyniquement lier à la transparence, le développement durable, l\u2019excellence ou la délocalisation.Pour ne citer que ces quelques mots-clés qui, au final, racontent sans doute beaucoup dans ce bouquin aussi pragmatique que ce qu\u2019il dénonce: il se lit vite, avec un effet qui peut toutefois être durable.Fabien Deglise LA MAUVAISE TETE Image tirée des Cordons de la bourse de Clément de Gaulejac TRA EX DI NAI RE DAVID GILMOUR Traduit de l\u2019anglais par Sophie Cardinal-Corriveau « Plusieurs foyers de réflexion dans ce roman d^une rare sensibilité, d^une grande justesse.Faites-le.Ouvrez Extraordinaire.» - Danielle Laurin, Le Devoir vlb éditeiir Une société de Québécor Média Être beat au sens québécois MICHEL LAPIERRE AUX Etats-Unis, la contre-culture définie par Theodore Roszak en 1968 et issue de la Beat Generation, mouvement littéraire amorcé en 1957 par On the Road de Jack Kerouac, trouve ici, en Victor-Lévy Beaulieu, un interprète provocant.Dans son essai d\u2019histoire littéraire Une certaine Amérique à lire, Jean-Sébastien Ménard résume à merveille l\u2019analyse de notre écrivain: «La vraie contre-culture en Amérique du Nord est la culture québécoise.» Pas étonnant qu\u2019à l\u2019écoute de VLB le beat Allen Ginsberg ait sursauté.C\u2019était en 1987, à Québec, à la Rencontre internationale Jack Kerouac.VLB souligna, de manière intempestive, que les beats américains n\u2019avaient pas compris l\u2019esprit même de l\u2019auteur d\u2019On the Road puisque, au-delà de la dif férence des langues de création littéraire, la dissidence de l\u2019écrivain américain de souche canadienne-française relève d\u2019une sensibilité propre à la littérature québécoise.Allen Ginsberg et Lawrence Eerlinghetti ne virent là qu\u2019une effarante récupération ethnique de leur ami et confrère Jack Kerouac (1922-1969).Pourtant, VLB rappelait ainsi la présence d\u2019une vision minoritaire de l\u2019Amérique du Nord, distincte de la perception des anglophones du continent mais, à cause de la stimulante marginalité québécoise, plus universelle, plus originale, plus novatrice que leur vision.Ménard (né en 1977 à Sorel-Tracy) a excellemment saisi l\u2019impact crucial mais controversé de Kerouac sur l\u2019adaptation, avant tout dans les années 70, de l\u2019esprit de la Beat Generation par tant d\u2019écrivains québécois.Emprunté à l\u2019expression favorite «I am beat» («Je suis fauché») du bohème et écrivain new-yorkais Herbert Huncke, le mot beat va désigner une génération perdue.Dès 1955, Kerouac donne au terme sa valeur emblématique dans le texte «Jazz of the Beat Generation», paru dans une anthologie annuelle.Il précisera que cette génération «a pris conscience d\u2019elle-même ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Jack Kerouac après la Deuxième Guerre mondiale et que, sans doute désillusionnée par la guerre froide, a choisi un détachement mystique en plus d\u2019un relâchement des tensions sociales et sexuelles».Pour souligner le sérieux du mouvement beat, Ménard signale que ce fut par moquerie que le journaliste Herb Caen, du San Francisco Chronicle, inventa le mot « beatnik » en 1957, au lendemain de la publication d\u2019On the Road.Médiatique, le terme désignera vite une tendance vestimentaire et des goûts artistiques dont la superficialité choquera les beats et Kerouac en particulier.Celui-ci refusera même ensuite le psychédélisme des hippies et la contre-culture américaine.Par la singularité de sa dissidence qu\u2019il veut «mystique», Kerouac donne raison à VLB.Englouti par un anglais spontané, son français maternel sort de lui, transformé comme par une trompette de jazz.Plus qu\u2019un discours, plus qu\u2019un roman, il devient une respiration.Collaborateur Le Devoir UNÇ CERTAINE AMERIQUE A LIRE La Beat Generation ET LA LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Jean-Sébastien Ménard Nota bene Montréal, 2014, 312 pages iim Gaspard LE DEVOIR ALMARÈS -\tDu 21 au 27 juillet 2014\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 La vie sucrée de Juliette Gagnon \u2022 Tome 1 Skinny jeans et.Nathalie Roy/Libre Expression\t\t2/1D 2 Les héritiers du fleuve \u2022 Tome 31918-1929\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean\t4/16 3 Les dames de Bretagne \u2022 Tome 1 Farouches\tJean Nahenec/Ada\t5/3 4 Métis Beach\tClaudine Bourbonnais/Boréal\t1/12 5 Un voisinage comme les autres \u2022 Tome 2 Un été décadent Rosette Laberge/Les Éditeurs réunis\t\t6/7 6 Fanette \u2022 Tome 7 Honneur et disgrâce\tSuzanne Aubry/Libre Expression\t3/8 7 Mensonges sur le Plateau-Mont-Royal \u2022 Tome 2 La biscuiterie\tMichel David/Hurtubise\t7/18 8 Un voisinage comme les autres \u2022 Tome 1 Un printemps ardent Rosette Laberge/Les Éditeurs réunis\t\t1D/6 9 Ce qui se passe au congrès reste au congrès!\tAmélie Dubois/Les Éditeurs réunis\t9/3 10 Les années de plomb \u2022 Tome 2 Jours de colère\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t8/11 Romans étrangers\t\t 1 Central Park\tGuillaume Musso/XQ\t1/17 2 Ceux qui tombent\tMichael Connelly/Calmann-Lévy\t2/5 3 Une autre idée du bonheur\tMarc Levy/Robert Laffont j Versilio\t3/13 4 Le bleu de tes yeux\tMary Higgins Clark/Albin Michel\t5/1D 5 Georgian \u2022 Tome 2 Si vous aimez jouer\tSylvia Day/Flammarion Québec\t4/3 6 Trois\tSarah Lotz/Fleuve noir\t7/2 7 Muchachas \u2022 Tome 3\tKatherine Pancol/Albin Michel\t6/7 8 Passé imparfait\tJulian Fellowes/Sonatine\t-/I 9 Joyland\tStephen King/Albin Michel\t1D/1D 10 Adultère\tPaulo Coelho/Flammarion\t8/7 Essais québécois\t\t 1 De remarquables oubliés \u2022 Tome 2 Ils ont coum l\u2019Amérique\tSerge Bouchard j Marie-Christine Lévesque/Lux\t1/6 2 La revanche des moches\tLéa Clermont-Dion/VLB\t4/16 3 Poing de mire\tNormand Lester/Homme\t2/15 4 Constituer le Québec.Pistes de solution pour une véritable.\tRoméo Bouchard/Atelier 1D\t3/1D 5 Contes et comptes du prof Lauzon \u2022 Tome 5 La vraie nature.\tLéo-Paul Lauzon/Michel Brûlé\t-/I 6 Paradis fiscaux : la filière canadienne\tAlain Deneault/Écosociété\t6/2 7 Lafghanicide\tMartin Forgues/VLB\t-/I 8 Comprendre l\u2019État d\u2019Israël.Idéologie, religion et société\tYakov M.Rabkin/Écosociété\t-/I 9 Miser sur l\u2019égalité\tMiriam Fahmy j Alain Noël/Fides\t-/I 10 Le corps-marché\tCéline Lafontaine/Seuil\t1D/2 '?'Essais étrangers\t\t 1 Le capital au XXIe siècle\tThomas Piketty/Seuil\t1/12 2 La vérité sur les médicaments\tMikkel Borch-Jacobsen/Édito\t2/24 3 Le réel n\u2019a pas eu lieu.Le principe de Don Quichotte\tMichel Qnfray/Autrement\t6/2 4 Le sens de ma vie\tRomain Gary/Gallimard\t5/5 5 Plaidoyer pour l\u2019altruisme.La force de la bienveillance\tMatthieu Ricard/NiL\t4/39 6 La grande vie\tChristian Bobin/Gallimard\t3/2D 7 Construire l\u2019ennemi.Et autres écrits occasionnels\tUmberto Eco/Grasset\t9/4 8 Un été avec Proust\tCollectif/Équateurs j France-Inter\t-/I 9 Le nouvel art de la guerre.Dirty Wars\tJeremy Scahill/Lux\t-/I 10 Le bien commun\tNoam Chomsky/Écosociété\t-/I La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Bsspanl sur 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