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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2014-08-16, Collections de BAnQ.

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[" La nouvelle Crimée, territoire russe dans l\u2019empire de Poutine Page b 2 Manon Cornelller: appels frauduleux, mépris de la Loi électorale Page b 2 Idées : plaidoyer pour un nouvel humanisme à l\u2019école Page B 5 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 AOUT 2014 « A'J m m DOMAINE PUBLIC Les quatre signataires ottomans du Traité de Sèvres: Riza Tevfik, Damat Ferid Pasa (grand vizir), Hadi Pasa (ambassadeur) et Reid Haiis (ministre de i\u2019Education).Les morceaux de i\u2019Empire ottoman, après sa chute, ont formé ies différents pays du Moyen-Orient Le Moyen-Orient redessine ses frontières Les djihadistes ne reconnaissent pas l\u2019accord Sykes-Picot, datant de 1916 CLAUDE LEVESQUE Pour les combattants de l\u2019État islamique, point n\u2019est besoin de visa ni de passeport pour passer de la Sj^ie à l\u2019Irak et vice versa.La kalachnikov suffit.«Nous ne croyons pas à l\u2019accord Sykes-Picot», se vantent-ils.Ce biffage d\u2019une frontière internationale a quelque chose d\u2019historique et de hautement symbolique.D\u2019aucuns y voient la fin de la configuration du Moyen-Orient décidée en Europe pendant la Première Guerre mondiale, il y a presque un siècle.Il faut retourner à l\u2019an 1916.Pendant que Thomas Edward Lawrence, dit Lawrence d\u2019Arabie, incite les tribus arabes à se soulever, la Erance et la Grande-Bretagne négocient secrètement le partage des dépouilles de l\u2019Empire ottoman, qu\u2019on espère bientôt vaincre.Des intérêts empiriques Le 16 mai de cette année-là, les négociateurs des deux pays, Erançois-Georges Picot et Mark Sykes, des aristocrates qui connaissent bien le Moyen-Orient et les intérêts que leurs patries respectives y défendent, tracent sur la mappemonde \u2014 on dit aussi dans le sable pour faire plus imagé \u2014 un trait qui va grosso modo de Kir-kouk, dans le nord-est de J\u2019Irak actuel, à Haïfa, le principal port de l\u2019État d\u2019Israël.Au nord de cette ligne : une sphère d\u2019influence pour la Erance ; au sud : une zone réservée à la Grande-Bretagne.Paris exercera donc une tutelle directe ou indirecte sur la Syrie, le Liban et la région de Mossoul, tandis que Londres fera de même dans une partie de la Palestine, dans le sud de la Mésopotamie ainsi que dans les royaumes, émirats et sultanats de la péninsule arabique.L\u2019accord Sykes-Picot est signé à Londres le 16 mai 1916 par sir Edward Grey, ministre britannique des Affaires étrangères, et Paul Gambon, ambassadeur de Erance.Il sera modifié en décembre 1918, de façon tout aussi secrète, dans le but d\u2019agrandir la sphère britannique «La frontière irako-syrienne a été créée par la Grande-Bretagne et la France en 1918.Toute une pyramide de cartes est en train de s\u2019écrouler.» dans ce qui allait devenir l\u2019Irak.La,Grande-Bretagne voulait s\u2019assurer que des États amis, producteurs de pétrole de surcroît, borderaient la route menant au joyau de sa couronne, les Indes, tandis que la Érance s\u2019intéressait au commerce avec la rive orientale de la Méditerranée, tout en affichant une volonté de protéger les minorités chrétiennes dans la région.Les grandes lignes de l\u2019accord de 1918 seront reprises dans les traités de Sèvres (1920) et de Lausanne (1923).Erançois-Georges Picot et Mark Sykes reconnaîtraient-ils dans le Moyen-Orient d\u2019aujourd\u2019hui le fruit de leurs tractations ?«Pour l\u2019essentiel, l\u2019accord a été mis en oeuvre.La France a dû lâcher Mossoul à la Grande-Bretagne fin 1918 et la Ci-licie aux nationalistes turcs fin 1921 », observe Samir Saul, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Montréal.Le monde arabe a pris connaissance du document en 1917 après la chute du régime tsariste, allié de Paris et de Londres, les communistes arrivés au pouvoir ayant cru bon de le rendre public.Certains chefs arabes en avaient appris la teneur un peu plus tôt parce que T.E.Lawrence avait décidé de jouer la franchise plutôt que de risquer de passer pour un menteur.L\u2019accord Sykes-Picot a longtemps alimenté la méfiance arabe à l\u2019égard de ce qui est vu comme l\u2019impérialisme occidental.«Il faut se rappeler que l\u2019accord Sykes-Picot (1916) annule secrètement l\u2019entente anglo-arabe de 1915 pour la création d\u2019un Royaume arabe dans toutes les régions arabes de l\u2019Asie (Arabie et Moyen-Orient).C\u2019est le découpage entre deux puissances impériales d\u2019une partie de l\u2019Etat arabe promis», note Samir Saul.sont ces frontières que les « djihadistes» de l\u2019État islamique veulent supprimer pour reconstituer le califat, c\u2019est-à-dire un Empire musulman.Pérennité Parle-t-on trop facilement de la fin de l\u2019ordre découlant de l\u2019accord Sykes-Picot?L\u2019éditorialiste de L\u2019Orient-Le Jour, un quotidien libanais, le croit: «Non pas que ledit accord continue d\u2019être viable (c\u2019est même le contraire qui est vrai), mais parce que l\u2019on ne voit pas très bien par quels \u201cquasi-Etats\u201d [.] il pourrait être remplacé ni au moyen de quels chambardements.» «Cet ordre est soumis à de fortes pressions, note Samir Saul.L\u2019accord Sykes-Picot a toujours été dénoncé par les Arabes comme le type même de la perfidie impérialiste.Aujourd\u2019hui, la volonté de \u201cremodeler\u201d le Moyen-Orient émane des forces qui cherchent à démanteler les Etats arabes et à les remplacer par des mini-entités confessionnelles (plus faibles et en conflit les unes avec les autres) : Israël, néoconservateurs américains, Arabie Saoudite, djihadistes.La partition des pays arabes est envisagée en Israël dès 1982.Les néoconservateurs américains emboîtent le pas en 1996.C\u2019est la vieille stratégie de diviser pour régner.» «Il est important de souligner une convergence: les djihadistes ont le même programme de déstructuration des Etats de la région.La guerre en Syrie et le \u201ccalifat\u201d de juillet 2014 sont des tentatives de l\u2019appliquer, affirme Samir Saul.L'\u201cEtat islamique\u201d n\u2019est qu\u2019un paravent pour le démantèlement des Etats, un levier de destruction.» Un tremblement de terre Henry Habib, professeur émérite à l\u2019Université Concordia, va plus loin: «La frontière irako-syrienne a été créée par la Grande-Bretagne et la France en 1918.Toute une pyramide de cartes est en train de s\u2019écrouler, affirmait-il dans un entretien avec Le Devoir fin juin.Quand j\u2019ai entendu parler de la chute de Mossoul, je me suis dit: c\u2019est le commencement d\u2019un tremblement de terre qui, géographiquement, va faire la différence au Moyen-Orient.» La frontière entre l\u2019Irak et la Sj^ie se brouille peut-être, mais de nouvelles démarcations sont aussi en train d\u2019apparaître : entre les régions arabo-chiites, arabo-sunnites et kurdes de l\u2019Irak, entre les régions alaouites, arabo-sunnites et kurdes de la Sj^ie.«Vers l\u2019Orient compliqué je volais avec des idées simples, écrivait Charles de Gaulle pendant l\u2019entre-deux-guerres.Je savais qu\u2019au milieu de facteurs enchevêtrés une partie essentielle s\u2019y jouait.Il fallait donc en être.» Le Devoir CONFLIT ISRAELO-PALESTINIEN Une guerre dont on « ne voit pas la fin » Rencontre avec l\u2019historien israélien Zeev Sternhell Né en Pologne en 1935, Zeev Sternhell a vécu enfant les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, qui l\u2019ont conduit à se réfugier en Erance.Après la guerre, il a choisi de prendre la nationalité israélienne.Devenu historien, il s\u2019est spécialisé dans l\u2019histoire du fascisme et la montée du nationalisme en Erance.Considéré comme la «conscience de la gauche d\u2019Israël», il pose un regard désabusé sur la situation politique de son pays.Pour Zeev Sternhell, la guerre en cours à Gaza n\u2019est qu\u2019une conséquence logique de l\u2019échec des accords d\u2019Oslo.PROPOS RECUEILLIS PAR HÉLÈNE SALLON Quel est votre sentiment sur le conflit qui oppose actuellement Israël aux factions armées palestiniennes dans la bande de Gaza?Si les choses s\u2019étaient passées normalement.Gaza aurait dû être évacuée au moment des accords d\u2019Oslo en 1993 et devenir une partie intégrante du futur État palestinien.C\u2019est ce qui se serait passé si les accords d\u2019Oslo avaient été mis en oeuvre tels qu\u2019ils avaient été pensés par Itzhak Rabin [assassiné le 4 novembre 1995 par l\u2019extrémiste de droite Yigal Amir] et Shimon Peres \u2014 bien que ce dernier soit un opportuniste qui, pour des raisons obscures, est considéré comme un grand homme.Si ces accords avaient été appliqués, les colonies juives de Gaza, entre 6000 et 8000 âmes à l\u2019époque, auraient été évacuées.Cela aurait été un formidable signal pour mettre fin à la colonisation.Tout se serait passé différemment, car l\u2019évacuation aurait eu lieu dans le cadre d\u2019un accord entre l\u2019Organisation de libération de la Palestine (OLP, de Yasser Arafat) et Israël.Et non pas unilatéralement, comme l\u2019a fait le premier ministre Ariel Sharon en 2005.Le but de son directeur de cabinet de l\u2019époque, Dov Weissglass, était de mettre fin à toute discussion entre Israéliens et Palestiniens : on quitte Gaza parce que c\u2019est une épine dans le pied et qu\u2019il faut une division entière de l\u2019armée pour protéger les colons.C\u2019est dans ce contexte que le Hamas s\u2019empare de la bande de Gaza par un coup de force en 2007.Ce mouvement, qui ne reconnaît pas Israël, en fait la base de son projet de reconquête palestinienne.A ses yeux, le Patah et son chef Yasser Arafat, sont des traîtres Zeev Sternhell pour avoir signé les accords d\u2019Oslo.Depuis ce moment-là, le Hamas est en guerre contre Israël.Celle qui a cours actuellement est désastreuse à tous les égards et on n\u2019en voit pas la fin.Que faut-ll faire?11 faut profiter de l\u2019énorme fossé entre nos moyens et ceux du Hamas, qui restent des moyens primitifs par rapport à notre armée hy-permoderne et superpuissante, pour lancer l\u2019idée d\u2019un accord global.Pas quelque chose qui nous oblige dans six mois ou deux-trois ans à revenir à Gaza.Mais c\u2019est précisément ce que notre gouvernement, qui est le plus à droite qui ait existé en Israël, ne veut pas.La droite israélienne ferait passer M\u201c® Le Pen et le Pront national pour une bande de gauchistes à côté d\u2019elle.Le gouvernement Nétanyahou n\u2019a pas voulu négocier avec Abou Mazen [le président palestinien, Mahmoud Abbas], alors que.Dieu nous est témoin, lui voulait négocier.Nous avons grandement contribué à l\u2019échec, des négociations menées par le secrétaire d\u2019État américain John Kerry, entre novembre et avril 2014, et nous nous retrouvons finalement face à un gouvernement de réconciliation palestinien.Et que fait le premier ministre Benjamin Nétanyahou ?Au lieu de saisir cette occasion, il explique que ce gouvernement palestinien est un nouveau danger et qu\u2019Abou Mazen ne veut rien entendre.Puis est arrivé le kidnapping de trois jeunes Israéliens.11 a été vite clair que le Hamas n\u2019était pas responsable et qu\u2019une de ses cellules locales avait agi de son propre chef Mais pour Nétanyahou, c\u2019était l\u2019occasion d\u2019incriminer le Hamas, de lancer une opération pour intimider Mahmoud Abbas et la population palestinienne VOIR PAGE B 3 : GUERRE B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 AOUT 2014 PERSPECTIVES Le paravent Manon CORNELLIER à Ottawa ichael Sona n\u2019avait que 22 ans en 2011.Directeur des communications du candidat conservateur dans Guelph, Marty Burke, il a été reconnu coupable jeudi d\u2019avoir contribué à la création et à la mise en place d\u2019une campagne téléphonique destinée à diriger près de 7000 électeurs de cette circonscription vers les mauvais bureaux de scrutin.Aujourd\u2019hui âgé de 25 ans, il est passible d\u2019une peine d\u2019emprisonnement allant jusqu\u2019à cinq ans ou d\u2019une amende maximale de 5000 $, ou les deux.Michael Sona, qui se présente comme un bouc émissaire, a bel et bien participé à ce stratagème, a conclu le juge Gary Hearn, de la Cour supérieure de l\u2019Ontario.Mais à peu près personne, de la défense au juge en passant par la Couronne, ne croit qu\u2019il a pu échafauder et financer seul un tel plan.Qui sont ses compbces ?On l\u2019ignore toujours et la Couronne refuse de dire si elle portera d\u2019autres accusations, bien qu\u2019elle ne l\u2019exclue pas non plus.Quand le saura-t-on?Avant les prochaines élections ?Pour l\u2019instant, le Parti conservateur s\u2019est contenté de déclarer jeudi qu\u2019il avait mené une campagne propre en 2011 et qu\u2019il n\u2019avait rien à voir avec les activités criminelles dans Guelph.11 a aussi souligné qu\u2019il avait pleinement collaboré à l\u2019enquête en faisant «des démarches auprès d\u2019Élections Canada dès [qu\u2019il avait] entendu parler des écarts de conduite survenus à Guelph et [qu\u2019il avait] offert toute [son] aide».Cette collaboration dont le Parti conservateur se vante n\u2019a pas toujours été au reuflez-vous.Dans d\u2019autres affaires, il a combattu Elections Canada à chaque détour.Ce fut le cas, par exemple, dans l\u2019affaire du «in and ont», un stratagème utilisé durant la campagne de 2006 pour permettre au parti de dépenser au-delà de la limite permise.Au dire même d\u2019un juge de la Cour fédérale, les conservateurs ont aussi tenté de mettre des bâtons dans les roues du processus judiciaire lorsque l\u2019élection de six de leurs députés a été contestée par des citoyens, soutenus par le Conseil des Canadiens.Selon ces électeurs, des appels frauduleux effectués dans leurs circonscriptions avaient entaché les résultats.Le juge de la Cour fédérale Richard Mosley ne leur a pas donné raison, mais a conclu qu\u2019il y avait bien eu fraude.11 ne pouvait désigner les responsables, mais a indiqué que la source la plus probable de l\u2019information nécessaire pour faire ces appels était la banque de données des électeurs du Parti conservateur, un parti qui s\u2019était livré à une «guerre de tranchées pour essayer d\u2019empêcher que la présente affaire soit entendue sur le fond».L\u2019affaire des appels frauduleux dans Guelph n\u2019est qu\u2019un chapitre d\u2019une longue série d\u2019accrocs à la Loi électorale dont sont accusés ou soupçonnés les conservateurs: «in and ont», appels frauduleux, dépenses au-delà des limites permises par l\u2019ancien ministre Peter Penashue, le député Dean Del Mastro (actuellement devant les tribunaux) et quelques autres députés conservateurs, qui ont trouvé une solution à l\u2019amiable avec Elections Canada.Certaines de ces histoire^ vont continuer de hanter les conservateurs.A la mi-septembre, lorsque la Chambre des communes reprendra ses travaux, le député Dean Del Mastro sera à nouveau devant le tribunal pour la conclusion de son procès.11 est accusé d\u2019avoir dépensé plus que permis lors des élections de 2008 et d\u2019avoir falsifié son rapport dp dépenses électorales en conséquence.A la mi-octobre, M.Sona retournera devant le juge pour connaître sa sentence.Pour se refaire une virginité, les conservateurs ont procédé à une réforme en profondeur de la Loi électorale.Leur projet, unanimement dénoncé au départ, a finalement été amendé pour en retirer certaines des dispositions les plus controversées et qui avaient pour effet de faire pencher la balance en leur faveur.Plusieurs lacunes subsistent cependant.Ainsi, les conservateurs résistent toujours à l\u2019idée que les partis soient tenus, comme les candidats, de présenter des pièces justificatives pour obtenir du gouvernement les millions requis pour rembourser une partie de leurs dépenses.Ils refusent aussi de soumettre les partis et leurs banques de données des électeurs à la Loi sur la protection de la vie privée.De plus, on n\u2019a aucune garantie que celle des conservateurs, la plus imposante de toutes, sera, à l\u2019avenir, à l\u2019abri des abus qui auraient conduit à cette histoire d\u2019appels frauduleux.La nouvelle Loi électorale prévoit la création d\u2019un registre des partis, individus et compagnies qui procèdent à des campagnes téléphoniques en période électorale.C\u2019est mieux que rien, mais ça ne règle pas toutes les échappatoires.De plus, les conservateurs ont refusé de donner au Commissaire aux élections fédérales, qui mène les enquêtes, le pouvoir de forcer un parti à lui fournir les documents et enregistrements nécessaires à la poursuite de ses investigations.Cela a d\u2019ailleurs entravé son enquête sur les appels automatisés faits à l\u2019extérieur de Guelph.En ne lavant pas plus blanc que blanc, les conservateurs ont fait en sorte qu\u2019un gros doute subsiste, un doute qu\u2019ils devront porter durant la prochaine campagne.mcornellier@ledevoir.com ^ SERGEI SUPINSKY AGENCE ERANCE-PRESSE Des enfants réfugiés originaires de ia Crimée et de i\u2019est de i\u2019Ukraine dessinent ies nouveiies frontières de ieur pays devant ie pariement de Kiev.De 15 000 à 18000 Ukrainiens ont déjà quitté ia Crimée et ceux qui y sont restés et y défendent ieur cuiture subissent de i\u2019intimidation.CRISE UKRAINIENNE La Crimée de Poutine Le processus de « naturalisation » de la péninsule, annexée il y a près de six mois à l\u2019Empire russe, bat son plein « l: VERONIKA DORMAN à Simferopol a Crimée et Sébastopol sont rentrés au port.» Cette citation du président russe, Vladimir Poutine, est affichée sur d\u2019imposants panneaux publicitaires à chaque coin de rue de Simferopol, la capitale de la Crimée.Des drapeaux russes flottent sur les bâtiments administratifs, décorent quelques balcons.En deux mois, plus de 80% des Criméens ont obtenu un passeport russe.Les automobilistes se bousculent pour changer les plaques d\u2019immatriculation.Si les tickets de caisse dans la plupart des supermarchés sont encore en grivnas, tous les prix sont désormais affichés en roubles, et la monnaie ukrainienne a totalement disparu de la circulation.Rattachement Le processus de «naturalisation » de la Crimée, devenue sujet de la Eédération de Russie, bat son plein.Russophone, la péninsule est densément peuplée de Russes, de naissance ou de nationalité, qui ne se sont jamais considérés comme des Ukrainiens.La majorité d\u2019entre eux (ils représentent 60% de la population) ont sincèrement souhaité le rattachement au puissant voisin, même si le résultat officiel du référendum du 16 mars \u2014 96,7% de oui \u2014 est douteux.«Pour moi, l\u2019annexion de la Crimée a eu lieu en 1991, quand la péninsule est passée à l\u2019Ukraine», explique Larissa Moïsseeva, une Simferopolienne de souche, d\u2019origine russe.Cette employée d\u2019une agence de pub, mère de deux enfants, est intarissable sur le bonheur qu\u2019elle éprouve d\u2019être «rentrée au bercail».«Nous avons un avenir désormais, en Russie», renchérit son mari, Guennady, vendeur de meubles.Loin de les effrayer, la rigidité, voire l\u2019autoritarisme du régime russe, le rassure.Vladimir Poutine est «fiable», ses ministres sont «présentables».L\u2019ordre va enfin régner.Comme si la Russie ne souffrait pas de ces mêmes travers \u2014 corruption, arbitraire, injustices sociales \u2014 que ses citoyens fraîchement émoulus imputent à l\u2019État ukrainien.Larissa et Guennady sont tous deux fiers de leur fils, membre de la Samooborona, la milice locale qui, en secondant les soldats russes, a facilité l\u2019arrimage de la Crimée à la Russie.Les Criméens se disent aujourd\u2019hui reconnaissants, convaincus pour la plupart que, sans ces hommes armés, la péninsule aurait connu le même sort que l\u2019est de l\u2019Ukraine, où les forces de Kiev affrontent depuis trois mois des combattants séparatistes prorusses.La polarisation entre «eux» et « nous », l\u2019Ukraine et la Russie, affleure dans tous les discours.«L\u2019euphorie dans laquelle s\u2019est dé- En deux mois, plus de 80% des Criméens ont obtenu un passeport russe roulé le rattachement est en train de retomber.Mais pour que les gens commencent à regretter leur choix, il va falloir que l\u2019Ukraine se remette sur pied.Tant que c\u2019est un pays en crise, la plupart considèrent que l\u2019essentiel, c\u2019est d\u2019avoir évité la guerre, confirme un politologue de Simferopol, Dmitri Ômeltechouk.Du reste, le sentiment anti-ukrainien croît de jour en jour ici.» Trois mois à peine après le rattachement, ceux qui ne l\u2019ont pas voulu, qu\u2019ils soient d\u2019origine russe, ukrainienne ou tatare, se sentent en territoire hostile.«Ils ont volé ma patrie, mes désirs, ma liberté.Ils m\u2019ont volé l\u2019Ukraine, se plaint Janna, qui n\u2019est pas allée voter le jour du référendum.C\u2019est une annexion illégale.Comme tout ce qui en découle.» Qriginaire de la région de Donetsk, venue s\u2019installer il y a cinq ans dans la péninsule, cette quadragénaire insiste pour garder l\u2019anonymat.Activement opposée à l\u2019ingérence russe, Janna, avec d\u2019autres activistes pro-Kiev, a porté secours, au printemps, aux officiers de l\u2019armée ukrainienne qui avaient refusé de prêter allégeance à la Russie et qui étaient assiégés dans leurs casernes par les forces prorusses.Aujourd\u2019hui, Janna se terre, continuant d\u2019espérer que la situation n\u2019est pas irréversible.Et que la communauté internationale, qui ne reconnaît pas non plus l\u2019annexion de la Crimée, aidera Kiev à récupérer ce qui lui appartient.Selon diverses sources, depuis le référendum, de 15 000 à 18000 personnes auraient quitté la Crimée, ne voulant pas vivre en Russie.Celles qui sont restées ne cachent pas leur angoisse.Mikhail, loulia, Katia et leurs amis se sont rencontrés lors des manifs anti-annexion.Désormais en territoire russe, ces trentenaires pro-ukrai-niens n\u2019ont plus le droit d\u2019exprimer leur désaccord en public.RécemmeuL les lois sur le rassemblement ont encore été durcies par la Douma, tandis que les «appels au séparatisme», dont la remise en cause du nouveau statut de la Crimée, sont passibles de cinq ans de prison.Quand ils n\u2019étaient pas en train de manifester sous les drapeaux ukrainiens, comme Janna, ces militants aidaient les soldats ukrainiens.El comme elle, ils se sentent désormais en danger.«Nous sommes tous identifiés par les autorités, assrue loulia.On nous filmait pendant les meetings.L\u2019activité des ONG proukrainiennes est suspendue.» Ces anciens militants ont cessé de porter les couleurs de l\u2019Ukraine pour ne pas attirer l\u2019attention des milices et éviter les remarques désagréables.Certains ont reçu des menaces.Tous sont traumatisés par l\u2019arrestation, en mai, du réalisateur Qleg Sentsov, actif sur le Maidan de Kiev et opposé à l\u2019annexion.Transféré à la prison Lefortovo de Moscou, il est accusé par le ESB (Service fédéral de sécurité de Russie) d\u2019être à la tête d\u2019un ^oupe terroriste planifiant une série d\u2019attentats à Simferopol et encourt vingt ans de prison.Quitter la Crimée n\u2019est pourtant pas une option.«Nous sommes ici chez nous», répètent les jeunes gens, comme pour se convaincre eux-mêmes.Reste la résistance passive.Ne pas prendre la nationalité russe, soit en la refusant officiellement (les autorités ont ouvert une fenêtre de quatre semaines pour la démarche, qui permet par la suite d\u2019obtenir un titre de séjour en tant que citoyen étranger), soit en essayant de vivre sans elle.Mais la Russie est un pays hautement bureaucratique et tout, de l\u2019inscription des enfants à l\u2019école à l\u2019achat d\u2019une carte SIM, se fait sur présentation du passeport.«Avec le temps, la vie deviendra très compliquée pour les \u201cétrangers\u201d.Bon gré mal gré, tout le monde finira par devenir Russe», conclut Mikhail.«Nous en avons connu d\u2019autres, nous survivrons à cela aussi, c\u2019est ce que l\u2019on entend le plus souvent chez nous en ce moment, explique pour sa part Nadj Eemi, une journaliste d\u2019origine tatare.Mais les Tatars de Crimée vivent mal le changement de régime.» Peuple déraciné Les Tatars représentent 12% de la population locale (environ 300 000 personnes) et ont massivement boycotté le référendum.Historiquement, les relations de cette communauté musulmane turcophone avec la Russie sont pour le moins douloureuses, depuis l\u2019annexion de la Crimée à l\u2019Empire russe par Catherine H, en 1783.Puis, sous Staline, tout le peuple fut déporté, accusé de collaboration avec les nazis, en 1944.Malgré les déclarations de Poutine en faveur de la réhabilitation des Tatars de Crimée, les nouvelles autorités régionales ont adopté une attitude intransigeante.Les deux principaux leaders, Moustafa Djemilev et Refat Tchou-barov, ont été interdits d\u2019entrée 0^ :
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