Le devoir, 19 août 2014, Cahier C
[" CAHIER THEMATIQUE C > LE DEVOIR LE MARDI 19 AOUT 2014 if 1 P À Des organisations de la société civiie de tout ie pays se sont donné rendez-vous à Ottawa, du 21 au 24 août, pour le premier Forum sociai des peupies du Canada.Inspirés par Idie No More et ie printemps érabie, les participants espèrent que ce Forum marquera ie début d'une vaste concertation et d\u2019un mouvement pancanadien qui pourra faire sentir sa présence sur ia scène politique fédérale à l\u2019approche des élections.Le Devoir fait le tour de certains des enjeux de ce Forum.Changements climatiques et justice sociale : même combat Page 2 Des soiutions de rechange au néolibéralisme économique Page 4 L\u2019Anishnabe Wab Kinew, ou Tincarnation de la relève autochtone Page 5 C 2 LE DEVOIR LE MARDI 19 AOUT 2014 FORUM SOCIAL DES PEUPLES ENTREVUE AVEC KAREL MAYRAND Changements climatiques et justice sociale : même combat Syndicats, groupes écologistes, autochtones, féministes: chacune des organisations participant au Forum social des peuples, qui aura lieu à Ottawa du 21 au 24 août, a ses propres revendications, mais un grand défi rallie tous les participants : l\u2019urgence d\u2019agir pour ralentir les changements climatiques.MARTINE LETARTE Les changements climatiques affectent particulièrement les populations les plus pauvres dans les pays les moins nantis.Ces peuples subissent plus fréquemment des événements météorologiques extrêmes et sont peu équipés pour y faire face.Les changements climatiques sont aussi causés en grande partie par des activités économiques qui bénéficient aux plus riches.Karel Mayrand, directeur général pour le Québec de la Fondation David-Suzuki, n\u2019est pas surpris de voir la question des changements climatiques au cœur des enjeux abordés au Forum social des peuples et il s\u2019en réjouit.«Les enjeux écologiques et l\u2019équité sociale représentent en fait une seule et même cause, affirme-t-il.Il faut combattre le système économique qui crée des dommages à l\u2019environnement pour accumuler des richesses dans les mains d\u2019une minorité.Nous consommons actuellement une fois et demie les ressources que la Terre produit annuellement.Les solutions aux problèmes écologiques et à l\u2019iniquité sociale passent par une réforme majeure du système économique.» Pour Karel Mayrand, cela a même été une erreur de séparer au départ les questions d\u2019équité sociale des questions Karel Mayrand écologiques.«Plus les groupes sociaux et écologistes travailleront ensemble, plus ils seront forts», affirme-t-il.Au-delà du jargon scientifique Pour le grand public et certains groupes de la société civile, prendre position sur la question des changements climatiques peut toutefois paraître complexe.Les enjeux sur le climat sont liés à des phénomènes scientifiques, dont plusieurs ont encore une grande part d\u2019inconnu.Ils concernent aussi plusieurs joueurs.«Pas besoin d\u2019être climatologue pour prendre position sur la question des changements climatiques, assure toutefois Karel Mayrand.Il suf-fit de comprendre les grands enjeux, les conséquences sur les sociétés, et d\u2019avoir la volonté politique d\u2019aller de l\u2019avant.» Il remarque d\u2019ailleurs que les centrales syndicales ont des positions très bien appuyées sur les changements climatiques et qu\u2019elles travaillent avec les groupes écologistes depuis longtemps sur la question.Au Forum social des peuples, des ateliers porteront sur plusieurs sujets sous le thème du climat: des projets d\u2019oléoduc à l\u2019électrification des transports, sans oublier les déplacés du climat.Le 5 juin, Karel Mayrand a d\u2019ailleurs participé à une conférence préparatoire pour le Forum social des peuples sur la question des changements climatiques et de ses impacts sur les collectivités au Canada.« Comment concilier les besoins d\u2019aujourd\u2019hui sans remettre en question les besoins de l\u2019avenir?Je crois que c\u2019est une question éthique fondamentale qu\u2019on doit se poser.Or on ne se la pose plus, car le gouvernement fédéral a mis le verrou sur la discussion.Il n\u2019y a plus de possibilité d\u2019avoir un débat démocratique sur la vision que nous voulons au Canada par rapport à l\u2019énergie.D\u2019ailleurs, en Alberta, 71 % du pétrole des sables bitumineux appartient à des intérêts étrangers.» Redonner du pouvoir aux citoyens Cette érosion de la démocratie inquiète Karel Mayrand.« Cette idée, comme quoi les citoyens ne choisissent plus, ou du moins que l\u2019espace de choix qui leur est dévolu rétrécit tout le temps, est dangereuse», affirme celui qui est aussi le président du conseil d\u2019administration de Réalité climatique Canada, une organisation fondée par Al Gore, l\u2019ancien vice-président américain et colauréat du prix Nobel de la paix.D\u2019où l\u2019importance, à ses yeux, d\u2019événements comme le Forum social des peuples.«Un changement réel dans une société peut seulement venir de la base, affirme-t-il.Rien n\u2019est plus fort que les citoyens qui se mettent ensemble.Tant que chacun est chez soi, devant sa télévision, peu de choses se passent.Ce genre d\u2019événement est très important pour développer des communautés d\u2019intérêt.NATHALIE BARDIN AGENCE ERANCE PRESSE Les changements climatiques auront sûrement raison de cette culture fragile de thé, craint ce cultivateur africain.Les populations les moins nanties sont souvent les plus affectées par les problèmes écologiques.Les gens se rendent compte qu\u2019ils ne sont pas seuls à partager leurs points de vue et cela leur donne espoir.Puis, on peut se donner des moyens pour mener des actions communes.» Un de ses souhaits: que les forums sociaux deviennent d\u2019ici quelques années des lieux de propositions vraiment écoutées par les gouvernements, plutôt que d\u2019être considérés comme des rassemblements de radicaux opposés à toute forme de développement économique.«Les enjeux sociaux et écologiques sont souvent considérés comme nuisibles à la création de richesse, déplore-t-il.Or il s\u2019agit seulement de faire diminuer les risques liés au développement économique et de mieux répartir les bénéfices.Les inégalités causées par le modèle de développement économique actuel sont un véritable problème.Le Canada n\u2019a jamais été aussi riche, mais il y a toujours plus de gens qui vivent à l\u2019aide des banques alimentaires.C\u2019est insensé.En retrouvant une démocratie forte, on pourra réparer l\u2019économie en répartissant mieux les richesses et, automatiquement, on sera en mesure de prendre de meilleures décisions écologiques.» Comme action concrète à travers laquelle elle essayera de susciter une large mobilisation citoyenne, la Fondation David-Suzuki lancera cet automne une grande campagne en vue de faire recon- naître le droit de vivre dans un environnement sain.« Il y a 110 pays dans le monde où ce droit est reconnu, mais ce n\u2019est pas le cas au Canada, dénonce Karel Mayrand.On pourrait reconnaître ce droit comme ceux qu\u2019on reconnaît dans la Charte des droits et libertés; on viendrait baliser ce que le gouvernement et les entreprises peuvent et ne peuvent pas faire.En ce moment, les individus n\u2019ont pas de droits par rapport à l\u2019environnement.Je crois qu\u2019il est temps de procéder à un changement, de permettre aux citoyens de se défendre devant les tribunaux.» Collaboratrice Le Devoir 1 lier natives Devenir membre d'Alternatives, c'est soutenir.Des jeunes en stage partout dans le monde La solidarité et la coopération internationales \\ I / ;o:- Des initiatives citoyennes, sociales et écologiques Les droits humains, la démocratie et la justice sociale O twitter @alternativesMTL O facebook /alternativesMTL O web alternatives ca © téléphone 514) 982-6606 LE DEVOIR LE MARDI 19 AOUT 2014 C 3 FORUM SOCIAL DES PEUPLES Ensemble pour changer le pays Les organisations de la société civile canadienne veulent regrouper leurs forces pour lutter contre le néolibéralisme du gouvernement Harper .\t'\tU Le Forum social des peuples au Canada se tiendra à l\u2019Université d\u2019Ottawa, du 21 au 24 août.Près de 10 000 Québécois, Canadiens et autochtones sont attendus pour participer à des ateliers sur des thèmes comme le climat, le travail, l\u2019appauvrissement et les services publics.MARTINE LETARTE Pour une fois, des individus et des organisations de la société civile issus de domaines d\u2019action très variés au pays ont décidé de mettre de côté leurs différends afin de travailler ensemble pour un objectif commun : transformer le pays.Ni plus, ni moins.«Le Forum social des peuples n\u2019est pas un Woodstock de la rencontre de gauche; nous voulons vraiment développer de nouveaux outils pour faire avancer plusieurs luttes sociales et nous croyons que d\u2019arriver à travailler ensemble, plutôt que de lutter chacun de son côté, pourra faire toute la différence», affirme Michel Lambert, directeur général et cofondateur d\u2019Alter-natives, une organisation de solidarité active dans le domaine de la justice et de l\u2019équité, ici et ailleurs dans le monde.Lors des deux premiers jours du Forum, les organisations de la société civile mettront plusieurs sujets à l\u2019ordre du jour dans environ 500 ateliers qu\u2019elles ont elles-mêmes proposés.Les jours suivants, l\u2019heure sera aux plans d\u2019action.«Sur différents thèmes, on discutera de ce qu\u2019on peut faire de mieux ou de plus en joignant des forces, en travaillant ensemble, explique M.Lambert.Nous souhaitons créer des solidarités, un mouvement social capable de durer pour former une opposition extraparlementaire canadienne.Parce qu\u2019il y a beaucoup de gens qui souhaitent autre chose que ce qui se passe en ce moment au pays.» Cette grande mobilisation est venue à la suite de plusieurs décisions prises par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.«On a assisté à une radicalisation du gouvernement canadien : le financement de plusieurs organisations a été coupé, il y a eu la réforme de l\u2019assurance-emploi, les activités des organisations écologistes ont été passées au peigne fin, énumère Michel Lambert.Il y a une conjoncture favorable pour que la société civile unisse ses forces afin d\u2019avoir plus de poids, comme l\u2019ont fait d\u2019ailleurs les conservateurs en fusionnant l\u2019Alliance réformiste conservatrice canadienne et le Parti progressiste-conservateur, avant de réussir à prendre le pouvoir.» Travailler ensemble Syndicats et grandes centrales syndicales, groupes féministes, groupes écologistes, comités de logement, groupes autochtones, anglophones et francophones d\u2019ouest en est du pays : les organisations de la société civile derrière cet événement sont très hétérogènes.C\u2019est la première fois qu\u2019elles décident de travailler ensemble, avec tous les défis que cela suppose.«Si c\u2019était facile de travailler tous ensemble, d\u2019autres l\u2019auraient fait avant nous!», s\u2019exclame Michel Lambert, en précisant toutefois que, depuis plusieurs années, la société civile québécoise participe à plusieurs grands événements sociaux dans le monde et a manifesté l\u2019intérêt d\u2019organiser une initiative rassembleuse, sans que cela aboutisse.Cette fois-ci est la bonne.Pourquoi pe succès en 2014?«Lorsque nous regardons l\u2019Etat canadien, on constate qu\u2019il n\u2019est pas celui que nous souhaitons, affirme M.Lambert.Il y a une volonté d\u2019aller au-delà des différences entre les mouvements sociaux québécois, canadiens et autochtones, d\u2019aller au-delà de la méfiance qui a pu s\u2019installer entre les différentes populations, pour cesser d\u2019encaisser défaite par-dessus défaite et avoir de meilleures chances de réaliser des gains.» ft Ia EKUTaLiTc \u2022\u2018'/québécois.P a lest \\ LIBRE JACQUES GRENIER ARCHIVES LE DEVOIR Un deuxième Forum social québécois s\u2019est tenu en 2009.Cet événement s\u2019est inscrit dans la mouvance des Forums sociaux mondiaux, dont fait aussi partie le Forum social des peuples du Canada.Les moments-clés du Forum social des peuples 21 août, dès le lever du soleil : cérémonie d\u2019ouverture traditionnelle algonquine, suivie d\u2019une marche de célébration des peuples.21 août, 13 h: conférence de Naomi Klein, auteure et activiste.Des conférences auront lieu chaque jour.21 et 22 août : environ 500 ateliers autogérés sur différents thèmes.Chaque soir: programmation culturelle dans la rue piétonne Sparks, près du Parlement.23\taoût : assemblées thématiques des mouvements sociaux.24\taoût : assemblée finale et cérémonie de clôture.tion sur un territoire, et elles rendront encore plus difficile la réalisation du projet.Une grande mobilisation des gens a été faite sur la question.» Le défi logistique de travailler tous ensemble demeure toutefois important.«Nous sommes environ 70 organisations de la société civile à travailler ensemble depuis deux ans pour arriver enfin au Forum, explique M.Lambert.Il y a des structures régionales et sectorielles.Ce sont de lourdes structures, mais elles sont importantes, parce que nous voulons vraiment que le mouvement soit inclusif » Collaboratrice Le Devoir MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Michel Lambert, directeur général d\u2019Alternatives Le directeur général d\u2019Alternatives croit que les différentes organisations de la société civile ont à apprendre les unes des autres.«Dans le Canada anglais, le mouvement syndical est bien organisé, mais on ne retrouve pas d\u2019organisations structurées dans la société civile comme la Fédération des femmes du Québec, explique-t-il.Ils sont curieux de voir comment nous sommes structurés.» Il croit que, au Québec, nous avons aussi à apprendre des organisations du reste du Canada.«Par exemple, des gens de l\u2019Ouest travaillent depuis des années à faire de la mobilisation contre la construction de l\u2019oléoduc Northern Gateway, affirme-t-il.Es font le même travail que nous faisons ici maintenant, mais depuis plus longtemps et avec du succès, parce que l\u2019oléoduc n\u2019est pas encore construit.De plus, les communautés autochtones viennent de gagner une bataille importante devant la Cour suprême, qui a reconnu le titre ancestral d\u2019une Première Na- ]\\ I ' / ' ; > I i'i : r U est un moment stratéivique fqitdicp.] et i\u2019 jnsemble de la société Julie 'liuigces afin de contrer les politiques n iseruwCcices au Canada.»\u2022\u20ac M B Façonnons, enseiÊible, les luttes et les actions des prochains mois pour battre le gouvernement conservateur aux élections fédérales de l\u2019automne 2015 Un lieu pour bâtir et renforcer nos solidarités avec l\u2019ensemble des acteurs qui luttent contre les politiques de droite.UNE CAMPAGNE FTQ POUR CONTRER LES ATTAQUES DE LA DROITE Le site Internet I0i0iv.ttnmond«pliisjiut«.org propose une panoplie d\u2019outils et d\u2019argumentaires pour faire valoir l\u2019importance d\u2019agir face aux politiques de droite qui fragilisent grandement les fondements de justice et d\u2019équité de notre société.ensemble > UNMONDEPLUSJUSTE.ORG t FTO Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec Vèneg nous oisiter. C 4 LE DEVOIR LE MARDI 19 AOUT 2014 FORUM SOCIAL DES PEUPLES «il» ;4.:;SÏÆ-.vA= Certaines sociétés sont plus tolérantes que d\u2019autres aux inégalités.Ce niveau de tolérance est un facteur qui vient modifier la pratique du capitalisme.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des solutions de rechange au néolibéralisme économique L\u2019économie est un des thèmes retenus par le Forum social des peuples.Or, depuis maintenant plus de 30 ans \u2014 cela remonte à l\u2019époque de Reagan \u2014 le discours économique est largement dominé par la doctrine du néolibéralisme.Existe-t-il des solutions de rechange ?PIERRE VALLEE Comment expliquer que cette doctrine economique, maigre ses nombreux rates, dont le plus recent et le plus dommageable est celui de la crise financière en 2008, puisse encore regner en maître ?« Cest évident que le néolibéralisme sert d\u2019abord de puissants intérêts qui tiennent à ce qu\u2019il demeure l\u2019idéologie domi- nante, explique Robert La-plante, directeur general de l\u2019Institut de recherche en économie contemporaine (IREC).De plus, depuis la chute du mur de Berlin, donc du communisme et du socialisme, il n\u2019existe pas de doctrine de rechange unifiée qu\u2019on pourrait opposer au néolibéralisme.Les solutions de rechange sont plus ou moins expérimentales, plus éclatées aussi, ce qui pour le moment laisse le champ plutôt libre au néolibéralisme.» Capitalisme en cause La faute au capitalisme ?«Le capitalisme pose en soi un problème, croit Simon Tremblay-Pepin, chercheur a l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio-economiques (IRIS).C\u2019est que le système de gestion de l\u2019économie que propose le capitalisme crée nécessairement des inégalités.» Et Robert Laplante de rappeler «qu\u2019il n\u2019y a pas qu\u2019un seul capitalisme, car le capitalisme varie selon les nations et l\u2019espace que celles-ci laissent à l\u2019intervention de l\u2019État dans l\u2019économie.Un second facteur Dossier Faire front contre la droite canadienne NUMERO 772 \u2022 JUIN 2014 Les auteurs : Patrick Bonin, Catherine Caron, Nicole de Sève, Dalie Giroux, Joe Gunn, Amélie-Anne Mailhot, Pierre Mouterde, Richard Renshaw Table ronde sur le Forum social des peuples avec Widia Larivière, Derrick O'Keefe, Roger Rashi Artiste invité: Lino 6 NUMEROS PAR ANNEE, 48 PAGES Un an : 40 $ Deux ans : 70 $ h l'étranger (un an) : 55 $ Étudiant: 25 $ (sur justificatif) Abonnement de soutien : 100 $ (un an) 514-387-2541 p.226 | relations@cjf.qc.ca Relations: 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P1S6 www.revuerelations.qc.ca an(s), au montant de Je désire un abonnement de et je recevrai gratuitement le dossier «Faire front contre la droite canadienne» Offre valable par la poste seulement jusqu'au 30 septembre 2014.CODE POSTAL TELEPHONE ( .) Je paie par cheque (a l'ordre de Relations) D ou carte de crédit D NUMERO DE LA CARTE I_____I___I___I___I I___I___I___I___I I___I___I___I___I EXPIRATION I I I\tSIGNATURE ________________________________ qui vient modifier la pratique du capitalisme est la tolérance d\u2019une nation aux inégalités.Par exemple, les États-Unis sont plus tolérants aux inégalités que ne le sont la France ou le Québec, deux nations qui se sont donné un filet de protection sociale et où l\u2019arbitrage des débats sociaux n\u2019est pas seulement guidé par les rapports marchands.» Financiarisation de l\u2019économie Un des résultats du neolibe-ralisme est le rôle grandissant que joue aujourd\u2019hui le secteur financier dans l\u2019economie capitaliste.Cette façon de faire de l\u2019argent avec de l\u2019argent, par le Mais de la speculation, est souvent opposée au capitalisme de base, qui repose sur la production de biens et services.Et, comme la presence accrue du secteur financier dans l\u2019economie s\u2019explique par la dereglementation du secteur financier permise par le neoli-beralisme, n\u2019y a-t-il pas lieu de resserrer la réglementation ?«Plus de réglementation ne ferait pas de tort, estime Simon Tremblay-Pepin, mais ce ne sera jamais suffisant.Il y aura toujours des petits futés qui trouveront un moyen de contourner la nouvelle réglementation.Il faut aller plus loin et proposer la gestion publique du secteur bancaire par la création d\u2019une banque nationale publique.On pourrait en créer une de toutes pièces ou nationaliser une banque privée.On pourrait aussi confier cette responsabilité au service de la poste.Cette banque publique pratiquerait des taux d\u2019intérêt raisonnables et surtout n\u2019agirait pas dans l\u2019espace spéculatif Cette banque publique entrerait en compétition directe avec les banques privées, ce qui les obligerait à modifier leurs pratiques actuelles.» Si on délaissé le neolibera-lisme, vers quel modèle eco- «Le Québec peut devenir porteur d\u2019innovation s\u2019il se met à la recherche de voies de sortie du néolibéralisme» NORMAND RAJOTTE / IREQ Robert Laplante nomique doit-on se tourner?La social-democratic?«La social-démocratie est certainement plus avantageuse que le capitalisme débridé, poursuit Simon Tremblay-Pepin, mais ce n\u2019est qu\u2019un premier pas.L\u2019humanité est capable d\u2019imaginer une meilleure manière de gérer l\u2019économie.Il faut être en mesure de décider collectivement de la gestion de l\u2019économie et de l\u2019orientation qu\u2019on veut lui donner.Il faut sortir d\u2019une économie de compétition et d\u2019avarice et aller vers une économie de coopération.Je ne comprends pas pourquoi aujourd\u2019hui, avec tous les outils informatiques dont on dispose, on est encore incapable de préciser quels sont les besoins que l\u2019économie doit combler.» Pour sa part, Robert Laplante estime que les questions écologiques, en particulier les changements climatiques, forceront les economies nationales a modifier leurs comportements.«Par exemple, la balance commerciale du Québec est grevée par l\u2019importation de pétrole.Pourtant, au même moment, nous SOURCE IRIS Simon Tremblay-Pépin avons des surplus d\u2019électricité.Il m\u2019apparaît évident que l\u2019électrification des transports serait non seulement bonne pour l\u2019environnement, mais aussi rentable.Nous devons amorcer dès maintenant une conversion écologique de l\u2019économie.» Le Québec, un terreau fertile Et le Quebec, selon Robert Laplante, est l\u2019endroit tout désigné pour transformer l\u2019economie.«On ne s\u2019en rend pas toujours compte, mais l\u2019économie du Québec a ceci de particulier que l\u2019économie sociale occupe une large part du terrain économique.On n\u2019a qu\u2019à penser à Desjardins, le premier établissement financier du Québec, qui est une coopérative, ainsi qu\u2019aux coopératives agricoles, qui sont très dynamiques au Québec.Il y a aussi les fonds de travailleurs, un instrument qui permet la reprise en main de l\u2019épargne collective.Cela donne au Québec une économie plus poreuse, donc plus susceptible de faire progresser les solutions de rechange économiques.Le Québec peut devenir porteur d\u2019innovation s\u2019il se met à la recherche de voies de sortie du néolibéralisme.» Collaborateur Le Devoir ^ I U Association québécoise des organismes de coopération internationale aqoci.qc.ca La solidarité internationale au coeur de la rencontre des peuples LE DEVOIR LE MARDI 19 AOUT 2014 C 5 FORUM SOCIAL DES PEUPLES WAB mNEW AU FORUM SOCIAU DES PEUPLES L\u2019incarnation de la relève antochtone CAROLINE MONTPETIT Le slogan «Idle no more», qui a signé la mobilisation des jeunes autochtones au cours des dernières années, va comme un gant à Wab Kinew.Ce jeune Anishnabe de 32 ans, originaire du nord de l\u2019Ontario, a l\u2019intention d\u2019être candidat à la chefferie de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Canada (APN) lors de la prochaine élection.Et il est tout sauf apathique.Après avoir été rappeur, il a été journaliste et animateur au réseau anglais ,de Radio-Canada et, aux Etats-Unis, pour la chaîne Al-Jazeera.Il a entrepris d\u2019écrire ses mémoires et a déjà fondé une entreprise de communications.Il a étudié en économie à l\u2019Université du Manitoba et est présentement vice-président associé aux relations autochtones de l\u2019Université de Winnipeg.Actif, donc, ambitieux même, Wab Kinew incarne la relève autochtone.L\u2019économie est omniprésente dans son discours.C\u2019est, pour lui, la voie royale de l\u2019indépendance.Il vise aussi une «réconciliation» entre sa «communauté et le reste du Canada», évoque le tissu social, culturel et spirituel de ces deux groupes.«Il y a beaucoup de choses qu\u2019on pourrai^ partager à ce niveau», dit-il.A ce sujet, il a quelques cartes dans son jeu.Wab Kinew parle parfaitement l\u2019anglais et le français et peut communiquer en anishnabe, la langue de ses ancêtres.« Quand j\u2019étais jeune, j\u2019ai vécu à Saint-Boniface, à Winnipeg, et je suis allé au collège Béliveau en immersion française, de 10 à 15 ans», raconte-t-il.«Je découvre ma langue ances- ANTHONY «THOSH» COLLINS Wab Kinew a l\u2019intention d\u2019être candidat à la chefferie de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Canada.traie et je peux la parler», dit-il encore au sujet de l\u2019anishnabe.Et, en tant que futur candidat à la chefferie de l\u2019APN, Wab Kinew vise davantage d\u2019indépendance économique poqr cet organisme.A l\u2019heure actuelle, «presque tout l\u2019argent vient du gouverne- ment fédéral», dit-il.Or Wab Kinew souhaiterait que l\u2019Assemblée des Premières Nations reprenne son rôle de défense des droits des Premières Nations.Pour atteindre l\u2019indépendance économique, il suggère qu\u2019elle se finance auprès de gens d\u2019affaires des communautés autochtones.Il suggère aussi la création de groupes d\u2019achat pour réduire les frais de consommation dans les communautés.Il vise aussi l\u2019abolition de la loi sur les Indiens.«La question qui reste est: comment on va faire ça ?Si c\u2019est un changement qui vient d\u2019Ottawa, ça ne va pas fonctionner.» Lorsqu\u2019il travaillait à CBC, Wab Kinew a mené une bataille pour que l\u2019organisme cesse d\u2019utiliser le terme d\u2019« anciens étudiants» en parlant des anciens pensionnaires autochtones, pour utiliser plutôt «Ils disent que les autochtones ont besoin de héros, mais ilsenont}} le terme de « survivants».Wab Kine,w a ensuite quitté la société d\u2019Etat pour se rendre au chevet de son père malade.«Mon père a été un politicien dans sa communauté, raconte-t-il.Il était chef régional pour le traité numéro 3, au nord-ouest de l\u2019Ontario.Quand j\u2019étais jeune, je suis allé à des réunions avec lui.Il m\u2019a même montré comment parler devant de grands groupes.» Mais le jeune Wab Kinew n\u2019a pas que son père comme modèle.Dans une chanson intitulée Heroes, il rend hommage aux héros amérindiens trop souvent passés sous silence dans les manuels d\u2019histoire, de Phil Pontaine à Buffy Sainte-Marie, de Leonard Pel-tier, militant amérindien incarcéré depuis 1976 et considéré comme un prisonnier politique par Amnesty International, à Sacagawea, qui a agi comme interprète lors des expéditions de Lewis et Clark vers l\u2019Ouest.«Ils disent que les autochtones ont besoin de héros, mais ils en ont», scande-t-il.Et encore: «Ils ne parlent pas de nos héros dans les livres d\u2019histoire.Alors, allez demander aux aînés.Allez demander à nos grands-mères.» Ou demandez à Wab Kinew.Le Devoir flSer les Choses Protégeons notre démocratie contre les attaqnes du gonvernement Harper ronim social des oeugies la eSQV serai 21 au 24 août 2014 à Ottawa Centrale des syndicats du Québec 1 A eSQ www.lacsq.org facebook.com/lacsq twitter.com/csq_centrale I 22 W P 'Wï w K a ^ C 6 LE DEVOIR LE MARDI 19 AOUT 2014 FORUM SOCIAL DES PEUPLES Les conservateurs tentent d\u2019imposer un bâillon à la société civile, dénonce VoicesA/bix La coalition Voices/Voix documente et dénonce depuis 2010 les coupes effectuées par le gouvernement de Stephen Harper dans le soutien aux organisations de la société civile.Survol d\u2019une tendance lourde de conséquences.REGINALD HARVEY La coalition Voices/Voix, qui compte 200 organisations, a procédé à environ 90 études de cas réparties à travers une douzaine de cibles, mettant à jour des procédures de l\u2019appareil gouvernemental fédéral jugées insidieuses envers la société civile.Bilan : le gouvernement conservateur coupe les vivres, directement ou par la bande, à de nombreux groupes de la société civile.Il en résulte que l\u2019action des organismes qui s\u2019activent notamment dans les domaines des droits des femmes et de la personne, de l\u2019environnement, des sciences, du syndicalisme et du développement international s\u2019en trouve muselée.La coalition Voices/Voix y voit un sérieux accroc à la démocratie.«Il est clair qu\u2019il y avait eu auparavant des interventions par le gouvernement libéral pour res- danger» treindre d\u2019une certaine manière la marge de manœuvre de la société civile en lui coupant les vivres, rapporte Pearl Eliadis, avocate spécialiste en droits de la personne et corédactrice en chef du comité éditorial Voices/Voix sur la contestation, la démocratie et le droit.Ce qui est différent maintenant, c\u2019est que le gouvernement s\u2019en prend aux regroupements qui poursuivent des objectifs non conformes aux siens.» M™'\" Eliadis, qui pratique en cabinet privé et enseigne à la Eaculté de droit de McGill, a enrichi son bagage professionnel à la faveur de nombreux séjours à l\u2019étranger.Elle rapporte que ce n\u2019est pas d\u2019hier que la gouvernance s\u2019accommode plutôt mal de la présence et de la pression du mouvement civil.«Les ONG subissent actuellement des attaques et leur survie même est en Ce choix politique remonte à une dizaine d\u2019années et a affecté l\u2019ensemble des organisations non gouvernementales (ONG) et les diffuseurs publics : «Le gouvernement actuel cible les organisations qui militent en faveur des droits de la personne et des droits humains; il vise celles qui prônent la notion d\u2019égalité pour les femmes et d\u2019équité en matière de paix; il s\u2019attaque aux groupes autochtones, aux fonctionnaires publics et aux scientifiques et, plus particulièrement, à tous ceux qui défendent des causes écologiques.» «Le but est clair, c\u2019est de les écraser», assure-t-elle, avant de fournir cette explica-tion: «Il y a au Canada et au Québec deux façons pour les ONG d\u2019assurer leur existence: dans un premier cas, leurs fonds proviennent directement du gouvernement par l\u2019obtention de contrats et la réalisation de projets; ou encore, elles sont obligées d\u2019obtenir des fonds auprès du grand public et, pour y arriver, elles ont besoin d\u2019obtenir le statut d\u2019organisme de bienfaisance.» Le gouvernement Harper ferme le robinet en mettant fin aux contrats ou en essayant de les priver de leur statut; il arrive aussi, comme ce fut le cas en 2010 avec Droits et démocratie, qu\u2019on mette simplement fin aux activités d\u2019un organisme.Une démocratie menacée A l\u2019appui de ses dires.Pearl Eliadis fournit des exemples illustrant de quelle façon le fédéral empoisonne l\u2019existence des groupes qui ne partagent pas ses idées politiques.Pour autant, le Canada n\u2019est pas encore devenu une dictature, mais elle fait preuve d\u2019inquié- tude sur le plan de sa vitalité démocratique: «Ce n\u2019est pas le Burkina Faso ni le Liberia, mais il faut comprendre que ces tactiques et ces stratégies se situent dans une gamme qui est celle de la dictature, je dirais.» Elle étoffe son exposé: «Il me semble que l\u2019objectif politique, c\u2019est de vraiment restreindre la capacité d\u2019une société civile qui s\u2019oppose aux objectifs du gouvernement fédéral dans son fonctionnement.» En imposant le silence aux scientifiques et aux diffuseurs du savoir, il prive la population de données qui sont fondamentales dans l\u2019exercice de son jugement politique : «La démocratie, ça ne consiste pas seulement à tenir des élections.C\u2019est la capacité de s\u2019exprimer, de partager un point de vue qui est autre que celui du pouvoir en place et de disséminer librement des idées sur le plan national.» Résistance Comment s\u2019y prendre pour se prémunir ou pour limiter les dommages d\u2019un tel interventionnisme à la fois idéologique et politique?Eliadis mesure le chemin parcouru pour y arriver: «La coalition Voices/Voix a véritablement été la première au Canada qui a commencé, et cela, depuis 2010, à apporter un éclairage sur ces questions-là.On voit de plus en plus d\u2019organismes importants qui commencent à se rendre compte qu\u2019il se passe des choses bizarres, sinon dangereuses.» Elle se prononce sur la pertinence de mettre sur pied un front commun de la société civile: «Les ONG subissent actuellement des attaques et leur survie même est en danger.» Il est donc difficile dans ce contexte de recourir à pareille solution : «La possibilité d\u2019une action concertée existe pour l\u2019instant dans la documentation des cas, comme on le fait à la coalition, et dans l\u2019identification d\u2019une cause qui démontrerait vraiment que le gouvernement cible les organismes pour des raisons idéologiques.» JACQUES GRENIER LE DEVOIR « Le gouvernement actuel cible les organisations qui militent en faveur des droits de la personne et des droits humains», prétend Pearl Eliadis.Amnistie internationale est l\u2019une de ces ONG.Entretemps, elle se félicite de la tenue à Ottawa du Eorum social des peuples, qui se tiendra dans un esprit de mobilisation et de construction des solidarités entre les groupes: «Il est une des sources d\u2019inspiration pour Voices/Voix, qui y participe depuis trois ans.Il y a déjà des liens étroits qui sont tissés entre les deux mouvements.» Collaborateur Le Devoir Des services publics intègres et de qualité sont essentiels pour notre bien-être collectif.Bon Forum social Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec WWW.spgq .qc.ca am SOURCE PEARL ELIADIS L\u2019avocate Pearl Eliadis rapporte que ce n\u2019est pas d\u2019hier que la gouvernance s\u2019accommode plutôt mal de la présence et de la pression du mouvement civil./ LUCIE MARTINEAU, SFPQ LOUISE CHABOT, CSQ CAROLLE OUBE, APTS LE DEVOIR LE MARDI 19 AOUT 2014 C 7 FORUM SOCIAL DES PEUPLES La GSN souhaite une coalition très large des groupes progressistes PIERRE VALLEE La Confédération des syndicats nationaux (CSN) sera bien présente au Forum social des peuples.Non seulement parce que sa délégation sera imposante, mais parce que la CSN est aussi l\u2019une des organisations instigatrices de l\u2019événement.«L\u2019idée d\u2019un forum social pancanadien a germé lors d\u2019une réunion, tenue à Ottawa l\u2019an dernier, de groupes progressistes à laquelle nous participions, raconte Francine Lévesque, première vice-présidente de la CSN.Dès le départ, on a trouvé l\u2019idée excellente et on a décidé de s\u2019engager à fond.La CSN est membre du comité organisateur de l\u2019événement et l\u2019un de ses commanditaires.» L\u2019engouement de la CSN pour cette idée de mettre en place un forum social pancanadien et son engagement dans l\u2019organisation de l\u2019événement reposent principalement sur deux facteurs.«Le Canada est un grand pays et il est difficile pour les groupes progressistes, qu\u2019ils soient du Québec, de la Colombie-Britannique ou des Maritimes, de savoir concrètement ce qui se fait ailleurs dans le pays.Le Forum social des peuples est d\u2019abord l\u2019occasion d\u2019apprendre à mieux nous connaître entre nous.» Le second facteur, lui, est politique.«Il y aura des élections fédérales à l\u2019automne 2015 et on ne veut surtout pas que le gouvernement conservateur de Harper soit réélu.Le Forum social des peuples est une occasion de démontrer aux Canadiens qu\u2019il existe une autre vision du Canada que celle véhiculée par le gouvernement Harper.De plus, si on veut contrer les idées de droite du Parti conservateur et défaire le gouvernement Harper aux prochaines élections, le mouvement progressiste canadien doit afficher plus de cohésion.Le Forum social des peuples est un premier pas dans cette direction.» La participation de la CSN Outre les membres de la centrale, la délégation de la CSN comprendra des représentants de ses différents comités \u2014 condition féminine, santé et sécurité, jeunes, pour ne nommer que ces trois-là \u2014 des membres des conseils centraux régionaux ainsi que des représentants des fédérations cîffdiées.«Je ne peux pas dire exactement combien nous serons, mais notre présence sera marquée.» La CSN participera à une vingtaine d\u2019ateliers, dont plusieurs qu\u2019elle a mis sur pied elle-même.«Par exemple, nous avons organisé un atelier qui porte sur la défense des intérêts des travailleurs du secteur public et parapublic qui devront négocier leur prochaine convention collective sous la pression d\u2019une loi spéciale.Le sort fait à l\u2019assurance-emploi ainsi que l\u2019avenir de Radio-Canada comme diffuseur public feront aussi l\u2019objet d\u2019ateliers.De plus, chacun de nos comités animera un atelier dans son domaine.» Le Forum social des peuples a aussi mis à son horaire des assemblées de convergence auxquelles prendra part la CSN.« Ces assemblées permettront aux divers participants de faire le point sur leurs activités et de dégager des consensus.» Les attentes Quelles sont les attentes de la CSN envers le Forum social des peuples?«Il ne faut pas avoir des attentes trop ambitieuses, car c\u2019est démobilisant de revenir déçu d\u2019un tel événement.Si le Forum social des peuples permet aux groupes progressistes du Canada de mieux se connaître, de comprendre les solutions de rechange proposées par les uns et les autres, cela brise l\u2019isolement et donne davantage de perspective.Tout ce qui peut être fait pour renforcer l\u2019opposition à Harper ne peut être qu\u2019une bonne chose.» Le Forum social des peuples a ceci de particulier qu\u2019il propose une coalition très large des groupes progressistes, mêlant autochtones, jeunes, syndiqués, etc.Est-ce réaliste?«Cette diversité, au fond, c\u2019est la beauté de la chose.Cela permet de s\u2019ouvrir à des réalités qu\u2019on connaît moins ou peu.Et cela permet aussi de découvrir, au-delà de nos différences, ce qui nous unit malgré tout.Cela ouvre les frontières et permet de dépasser le cadre dans lequel on évolue d\u2019habitude.» Et qu\u2019espère-t-on à la fin de l\u2019exercice?«Si tout se déroule bien et qu\u2019on arrive à dégager des consensus, qu\u2019on puisse clore le Forum social des peuples par la rédaction d\u2019une déclaration commune.» Collaborateur Le Devoir Forte délégation de la FTQ La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) est partie prenante de l\u2019événement depuis le début.Membre du comité organisateur, elle y enverra une importante délégation.«Sur les quelque 10000personnes attendues au Forum social des peuples, avance Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ, environ 1000 seront des représentants de la FTQ.» L\u2019importance du Forum ne fait aucun doute.«Il y a de plus en plus de groupes et de personnes partout au Canada, dont nos consoeurs et confrères syndiqués, qui sont inquiets devant les politiques néolibérales, idéologiques et méprisantes du gouvernement Harper.Et, dans un an, il y a l\u2019échéance électorale.C\u2019est la raison pour laquelle nous organisons le Forum cette année; c\u2019est une occasion de créer des liens afin d\u2019être bien préparés pour les élections.» La FTQ a-t-elle des attentes?«Auparavant, chaque groupe et chaque province JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR avaient leur stratégie propre.Mais ça n\u2019a pas fonctionné.Le Forum est l\u2019occasion de se doter d\u2019une stratégie commune pour contrer le Parti conservateur.» La coalition plutôt large que propose le Forum ne lui semble pas être un obstacle.«Bien sûr, cette coalition large représente plusieurs intérêts différents.Mais, au fond, qu\u2019est-ce qui empêche ces divers groupes d\u2019atteindre leurs objectijs, sinon le gouvernement Harper?Il est là, le tronc commun.» csn.jc.ca facebook.com/lacsn twitter.com/lacsn vimeo.com/lacsn ENSEMBLE CONTRE LES POLITIQUES D\u2019AUSTÉRITÉ C 8 LE DEVOIR LE MARDI 19 AOUT 2014 FORUM SOCIAL DES PEUPLES Le rôle des jeunes Québécois au Forum Le Forum social des peuples fait une large place à la voix des jeunes.Le Québec y sera représenté par une forte délégation, qui comprend, entre autres, les associations étudiantes et les comités des jeunes des centrales syndicales.Quelles sont les attentes ?PIERRE VALLÉE Le Forum social des peuples est une occasion en or pour notre association, souligne Camille Godbout, porte-parole de I\u2019Associatjon pour une solidarité sjmdicale étudiante (ASSE).Nous n\u2019avons pas souvent la chance de pouvoir rencontrer autant d\u2019organisations venant de tous les coins du Canada.Le Forum représente donc une occasion de réseautage.Nous avons beaucoup à apprendre des autres organisations et de leurs pratiques.» LASSE participera à deux ateliers, l\u2019un portant sur la grève étudiante de 2012 et l\u2019autre sur le renouveau syndical.«L\u2019atelier sur le renouveau syndical nous permettra de mettre de l\u2019avant notre mode^de fonctionnement, soit la démocratie directe.A l\u2019ASSE, ce n\u2019est pas l\u2019exécutif qui propose les motions qui seront adoptées en congrès.Les motions sont proposées par la base, soit les membres des associations locales.De plus, nous pratiquons un syndicalisme de combat.La mobilisation se fait à longueur d\u2019année, pas seulement lorsqu\u2019il y a des élections gu des crises.» L\u2019ASSE se réjouit de voir que le Eorum social des peuples fait place à la parole des jeunes.«Mais, dans la société, la place laissée à la parole des jeunes doit être celle que les jeunes vont chercher.Les jeunes doivent demeurer alertes à ce qui se passe et réagir aux attaques néolibérales contre nos services publics.» Comité des jeunes CSQ Le comité des jeunes de la Centrale des syndicats du Québec a pour mission de représenter les préoccupations des jeunes travailleurs de moins de 35 ans.Il sera présent au Eorum social des peuples.« Un des dossiers sur lesquels nous travaillons est celui de la précarité de l\u2019emploi, explique Isabelle Noreau, porte-parole du Comité des jeunes CSQ.Lorsqu\u2019on évoque la précarité de l\u2019emploi, le travail à la pige ou contractuel vient aussitôt en tête.Mais il y a une autre précarité d\u2019emploi qui n\u2019est pas nécessairement liée à l\u2019insécurité financière.Par exemple, une enseignante peut travailler pendant 10 ou 15 ans Pour le Comité des jeunes CSQ, le Forum social des peuples est aussi une occasion de réseautage ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Un rassemblement organisé par PASSÉ lors du Printemps érable.L\u2019Association, qui prendra part au Forum social des peuples, croit que «les jeunes doivent demeurer alertes à ce qui se passe et réagir aux attaques néolibérales contre nos services publics ».avant de se faire offrir un poste permanent.Pendant ces années, elle changera constamment d\u2019école et souvent même de matière à enseigner.Dans de telles conditions, comment peut-elle donner le meilleur d\u2019elle-même ?» Pour le Comité des jeunes CSQ, le Forum social des peuples est aussi une occasion de réseautage.«C\u2019est une occasion d\u2019échanger avec d\u2019autres organisations et de voir ce qui se fait ailleurs.On peut s\u2019inspirer des bonnes pratiques des autres.Mais c\u2019est aussi une occasion de mobilisa- tion.Les liens que nous tisserons avec d\u2019autres organisations pourront peut-être ultérieurement mener à des actions communes et concertées.» Le Comité des jeunes CSQ participera à l\u2019atelier sur le renouveau syndical.«Dans notre cas, le renouveau syndical n\u2019a pas à voir avec le taux de syndicalisation puisque nos membres sont syndiqués, mais les jeunes sont souvent peu engagés dans les activités de leurs syndicats.Ils perçoivent le syndicalisme comme une police d\u2019assurance, seulement utile en cas de conflit.Mais le syndicalisme ne se résume pas à la seule défense des droits des membres.Le syndicalisme est aussi un outil d\u2019équité sociale et, en ce sens, il sert l\u2019ensemble des citoyens.C\u2019est la raison pour laquelle il est si important que les jeunes comprennent qu\u2019ils doivent être plus actif au sein de leurs syndicats qu\u2019ils ne le sont présentement Ce renouveau de la pratique syndicale auprès des jeunes, j\u2019en ai fait mon cheval de bataille.» Collaborateur Le Devoir ensemble POUR UN PLUS JUSTE SCFR Syndicat canadien de ^ la fonction publique fto scfp.qc.ca ©SCFPQuebecInfos m SCFP-Québec Infos SCFPQuebecInfos SOYONS SOLIDAIRES CONTRE LES POLITIQUES D\u2019AUSTÉRITÉ DES GOUVERNEMENTS Pour des soins à échelle hunnaine FEDERATION INTERPROFESSIONNELLE DE LA SANTÉ DU QUÉBEC LA FIQ PASSE A L\u2019ACTION POUR DE MEILLEURS SERVICES DE SANTÉ ET DE MEILLEURS SOINS sortonsducadre.info/echelle-humaine/ "]
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