Le devoir, 22 septembre 2014, Cahier A
[" UMP: déferlement médiatique du candidat Sarkozy Page B 1 DestiNation : le défi de mobiliser les jeunes et les minorités Page A 3 www.ledevoir.com Le Devoir Vol.C V 2 1 4 LE DEVOIR, LE LUNDI 22 SEPTEMBRE 2014 1,13 $ + TAXES = 1,30 Des réfugiés privés d\u2019aide sociale ?Le projet de loi d\u2019un député conservateur d\u2019arrière-ban sème l\u2019inquiétude MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa S y il en va du souhait d\u2019un député conservateur d\u2019arriére-ban, la loi canadienne pourrait être modifiée pour permettre aux provinces de priver d\u2019aide sociale les réfugiés nouvellement arrivés.Un changement qui inquiète grandement les groupes de soutien aux réfugiés, qui en ont assez de voir les conservateurs ostraciser ces immigrants.En vertu de la loi actuelle qui régit les transferts d\u2019Ottawa en matière de programmes sociaux, les provinces ne peuvent imposer «aucun délai minimal de résidence» aux personnes qui souhaitent bénéficier de l\u2019assistance sociale.Or, le député conservateur Corneliu Chisu a déposé discrètement en avril dernier un projet de loi d\u2019initiative privée qui modifierait cette condition de la loi fédérale.Le projet de loi C-585 propose de préciser quelles catégories de personnes ne pourraient pas se voir refuser l\u2019aide sociale pendant un certain temps: les citoyens canadiens, les résidents permanents, les victimes de la traite de personnes séjournant au Canada avec un permis temporaire et les demandeurs d\u2019asile acceptés au pays et en attente de leur résidence permanente.C\u2019est donc dire que tous les autres (demandeurs d\u2019asile fraîchement arrivés, ou ceux dont la demande a été refusée mais qui ne peuvent être renvoyés dans leur pays trop dangereux ou car leur situation est un cas humanitaire) pourraient ne plus avoir droit à l\u2019assistance sociale le temps d\u2019un délai (non précisé) imposé par leur province.Chacune serait libre de modifier, ou non, ses critères d\u2019admissibilité à l\u2019aide sociale.«S\u2019il y a un délai, c\u2019est à l\u2019arrivée que ça fait mal», résume Janet Dench, directrice du Conseil canadien pour les réfugiés.«Quelqu\u2019un qui fuit au Canada, qui arrive avec rien dans ses poches, c\u2019est exac- VOIR PAGE A 8 : RÉEUGIÉS P«INT CHAUD L\u2019influence d\u2019un livrel Le salut des presses universitaires est-il dans le numérique et la gratuité ?STÉPHANE BAILLARGEON Le livre s\u2019intitule Pratiques de l\u2019édition numérique et, avec un titre pareil, il aurait vraiment été paradoxal de le publier à l\u2019ancienne, sur du bon vieux papier.L\u2019ouvrage dirigé par Marcello Vi-tali-Rosati et Michaël Eberle-Sinatra est même offert gratuitement, en ligne, afin de bien prendre acte de la révolution dont il traite.Le lancement d\u2019automne des Presses de l\u2019Université de Montréal (PUM) se fait ce lundi soir, à la Société des arts technolo- [T\t; giques, symbole de plus de la t\t! mutation en cours.Les PUM et la Direction des bibliothèques de l\u2019UdeM offrent deux autres nouveautés gratuitement {L\u2019interculturel au Québecei Aménagement du paysage urbain 2003-2013) et sept titres du catalogue en libre accès.L\u2019univers multicentenaire de l\u2019édition savante bascule à son tour dans la dématérialisation.«Nous avons dépassé la période de l\u2019observation du numérique: nous passons au stade des projets pilotes et des réalisations concrètes pour bien mesurer l\u2019impact de ce nouveau monde sur notre vieux monde, dit Antoine Del Busso, directeur des PUM.L\u2019heure est grave.On sait que le secteur du livre ne va pas particulièrement bien.Les libraires VOIR PAGE A 8 : LIVREL Antoine Del Busso Le cinéma détrôné par les séries Les nouvelles habitudes des Canadiens changent le paysage audiovisuel, selon une étude ODILE TREMBLAY Seulement 5% des films sont vus au grand écran, contre 93% à la maison, selon une étude effectuée auprès d\u2019amateurs de séries télévisées et de cinéma au Canada.En outre, les téléséries ont désormais la préséance (59%) par rapport aux films, qui n\u2019atteignent plus que 41% des habitudes de consomma- tion.Les séries, consommées dans le creux du cocon domestique, à l\u2019unité ou en rafale, grugent le terrain traditionnellement dévolu au cinéma.Meilleures qu\u2019avant, surtout les américaines, plus nombreuses, plus courtes, plus malléables, elles trônent en majesté.Telles sont quelques-unes des données recueillies dans un rapport financé par Téléfilm, la SO-DEC et le Eonds des médias du Canada, daté du 21 juillet dernier, dont Le Devoir a obtenu copie.La firme Ad hoc recherche a été mandatée afin de recueillir en avril dernier des commentaires émanant de huit groupes de discussion à Montréal, Sherbrooke, Toronto et Vancouver.But de l\u2019opération: aider le secteur audiovisuel canadien à mieux comprendre et à mieux cibler les clientèles VOIR PAGE 8 : CINÉMA Climat: Montréal, New York, même combat La Terre a coeur ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des milliers de personnes ont pris part à un grand rassemblement pacifique à Montréal, dimanche, en écho à une gigantesque marche tenue à New York, où doit s\u2019ouvrir mardi le Sommet de l\u2019ONU sur le climat.Des manifestations ont aussi été organisées dans 158 pays pour dénoncer l\u2019inaction des gouvernements.De grandes marches contre la surdité des États LISA-MARIE GERVAIS Ils ont été des milliers dans plusieurs villes de partout dans le monde à prendre la rue dimanche pour dénoncer l\u2019inaction des gouvernements clans le dossier des changements climatiques.A deux jours du Sommet de l\u2019ONU sur le climat, l\u2019occasion était belle pour tenter de faire pression sur les dirigeants mondiaux qui,s\u2019y réuniront mardi à New York, soit 120 chefs d\u2019Etat au total, ce qui constitue un record.Le premier minis- tre canadien, Stephen Harper, brillera toutefois par son absence, ayant délégué à l\u2019événement la ministre de l\u2019Environnement, Leona Aglukkaq.Avec 100000 manifestants qui ont pris part à la «marche du peuple pour le climat», la Grosse Pomme était d\u2019ailleurs la ville hôte du plus important événement, qui se voulait une mobilisation historique, soit la plus importante depuis la conférence sur le climat de Copenhague en 2009.Avec fanfares, fleurs géantes et des slogans appelant aux actes plutôt qu\u2019aux paroles, des di- zaines de milliers de personnes, célébrités, hommes politiques, militants, étudiants ou Etats-Uniens ordinaires ont donc marché, portant l\u2019ob- VOIR PAGE A 8 : MARCHES Lire aussi > Le Fonds vert pour le climat joue son avenir à New York, Page A 4 L\u2019éditoriai de Guy Taiiiefer: Agitations chinoises.Page A 6 Aujourd\u2019hui Orléans Express*- Sur la route > Le principal transporteur interurbain du Québec, Orléans Express, pourrait mettre fin à ses activités, faute de rentabilité.Page B 5 Avis légaux.Décès.Météo.Mots croisés.Petites annonces.Sudoku .B6 B2 B5 B5 B2 B4 77831303442439 A 2 LE DEVOIR LE LUNDI 22 SEPTEMBRE 2014 ACTUALITES PROJET DE LOI SUR LES SYNDICATS Les conservateurs accusés de vouloir museler le Sénat JOAN BRYDEN à Ottawa es sénateurs conservateurs tentent de réduire la durée es débats entourant les projets e loi d\u2019initiative privée, alors que la Chambre haute s\u2019apprête à relancer les discussions sur un projet controversé qui forcerait les syndicats à dévoiler les détails de leurs dépenses.La concordance des deux décisions fait dire à certains que le gouvernement Harper vise à accélérer l\u2019adoption du projet de loi C-377 par le SénaL évitant l\u2019examen en profondeur qui avait poussé des sénateurs, dont 16 conservateurs, à en retirer les aspects les plus controversés lorsqu\u2019il est parvenu pour la première fois à la Chambre haute.En juin 2013, les sénateurs avaient renvoyé C-377, présenté par le député conservateur Russ Hiebert, aux Communes avec plusieurs amendements.Les détracteurs du projet de loi le qualifiaient d\u2019anticonstitutionnel, d\u2019antidémocratique et arguaient qu\u2019il constituait une invasion de la vie privée.Cependant le premier ministre Harper a prorogé la Chambre avant que les Communes puissent examiner les amendements.Selon les règles qui régissent le nouveau dépôt d\u2019un projet de loi déjà déposé avant une prorogation, C-377 est ainsi de retour à la Chambre haute sous sa forme originale.Peu de tentatives ont été laites pour faire progresser ledit projet de loi au cours de la dernière année, mais le sénateur conserva- teur Jean-Guy Dagenais a signalé qu\u2019il relancerait les débats cette semaine.Au même momenf un comité majoritairement composé de conservateurs a publié un rapport recommandant que les projets de loi d\u2019initiative parlementaire soient soumis à un temps d\u2019échanges limité, une recommandation allant à l\u2019encontre de la tradition voulant que cette pratique ne s\u2019applique qu\u2019aux affres gouvernementales.Les conservateurs n\u2019ont qu\u2019à utiliser leur majorité au Sénat pour adopter le rapport et mettre fin aux débats de durée illimitée sur les projets de loi d\u2019initiative parlementaire.Selon James Cowan, le leader de l\u2019opposition au Sénaf l\u2019intérêt ravivé des conservateurs envers G377 et la décision simultanée visant à limiter le temps de débat sur de tels projets de loi «sont deux points que Von pourrait raisonnablement relier».Le retour du projet de loi survient également deux mois après le départ du Sénat de Hugh Segal, qui avait mené la charge conservatrice contre celui-ci la dernière fois.Un porte-parole du sénateur Claude Carignan, le leader du gouvernement au Sénat, soutient que le changement apporté aux règles «ne vise aucunement à limiter le débat», mais servira plutôt à éviter qu\u2019un seul sénateur ne monopolise le débat indéfiniment.«Nous croyons que les projets de loi doivent aller de l\u2019avant, faire l\u2019objet d\u2019un débat, et, éventuellement, d\u2019un vote, y compris le projet C-377», a indiqué Sébastien Gariépy par courriel.La Presse canadienne \u2022'KDJET DE traite JACQUES NADEAU LE DEVOIR La marche de samedi, à Montréal, a réuni des dizaines de milliers de personnes issues notamment des groupes syndicaux.RÉGIMES DE RETRAITE Les spdicats appellent à la solidarité contre l\u2019austérité Une grande manifestation pour dénoncer la réforme des régimes de retraite des employés municipaux et les mesures d\u2019austérité du gouvernement Couillard a regroupé des dizaines des milliers de personnes issues notamment de groupes syndicaux, communautaires et de retraités samedi à Montréal.«Il va falloir que l\u2019on se serre tous les coudes.On a le pouvoir de foutre le bordel s\u2019ils viennent voler nos conditions de travail», a lancé Marc Ranger, porte-parole de la Coalition syndicale pour la libre négociation, qui organisait la marche.M.Ranger croit que le mouvement d\u2019opposition va rapidement s\u2019élargir lorsque la population constatera l\u2019ampleur des compressions envisagées par le gouvernement 11 signale que la multiplication d\u2019informations voulant, entre autres choses, que l\u2019on songe à sabrer le régime de congés parentaux, à augmenter le coût des services de garde, à abolir les agences de santé et à fermer des conservatoires de musique et d\u2019art dramatique, représentent autant de mesures qui auront des effets néfastes dans l\u2019ensemble de la société.M.Ranger a notamment re- proché au premier pfinistre et à ses ministres de l\u2019Éducation et de la Santé de faire preuve d\u2019hypocrisie dans ces négociations.«Actuellement, le véritable objectif du gouvernement, c\u2019est de réduire nos conditions de travail négociées depuis 30 ans dans le monde municipal.Au ministre [Pierre] Moreau et aux trois médecins qui sont au gouvernement, et qui se croient tout permis, je veux qu\u2019on envoie un message très clair», a déclaré M.Ranger lors d\u2019un discours devant la foule, entraînant des applaudissements nourris et des cris d\u2019enthousiasme.«C\u2019est important, ce que nous sommes en train de faire.Aujourd\u2019hui, [le mouvement] s\u2019élargit avec toutes les grandes centrales qui se joignent à nous, parce que ce que le gouvernement est en train de faire, c\u2019est d\u2019abord y aller avec le projet de loi 3, mais aussi de lancer plusieurs ballons d\u2019essai.» De son côté, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a rappelé que le mouvement visait à obtenir des négociations «sans être encarcané, sortir du carré de sable que le gouvernement veut nous imposer».La Presse canadienne J\u2019AU R \u2022 1, oy LU MERE CAMILLE EN THERAPIE II CE SOIR 22 H TV5 Terrorisme : le projet de loi sur la révocation des passeports inquiète Un avocat spécialisé dans les droits de la personne s\u2019inquiète d\u2019un projet du gouvernement fédéral qui aurait pour objectif de retirer le passeport canadien de citoyens soupçonnés de voyager à l\u2019étranger dans le but de se joindre à des groupes extrémistes.Le ministère de la Citoyenneté et de l\u2019Immigration du Canada a confirmé qu\u2019il «révoque et refuse les passeports de ceux qui se rendent à l\u2019étranger pour prendre part à des activités terroristes».Lome Waldman, directeur de l\u2019Association canadienne des avocats et avocates en droit des réfugiés (ACAADR), craint que le gouvernement se serve de ses pouvoirs de façon arbitraire.M® Waldman compare cette pratique à la liste canadienne d\u2019interdiction de vol qui, selon des groupes de promotion des libertés civiles, va à l\u2019encontre du droit à l\u2019application régulière de la loi.Dans le cas d\u2019une révocation du passeport, M® Waldman affirme qu\u2019il existe des recours juridiques permettant aux gens d\u2019en appeler de telles décisions.Mais il devrait y avoir une garantie que le ministre de la Citoyenneté et de l\u2019Immigration, Chris Alexander, fasse un usage juste de son pouvoir.Trop large «Le Décret sur les passeports donne le droit au ministre de refuser des passeports s\u2019il existe des craintes au chapitre de la sécurité nationale, a expliqué M® Waldman, dimanche.C\u2019est très vague et très large, et le ministre de- Cest très vague et très large, et le ministre devra le justifier d\u2019une manière ou d\u2019une autre )) Lome Waldman, directeur de l\u2019ACAADR vra le justifier d\u2019une manière ou d\u2019une autre.» La mesure survient au moment où augmentent les inquiétudes relatives au potentiel de terrorisme d\u2019origine intérieure.Un rapport de Sécurité publique Canada, dévoilé le mois dernier, rapportait qu\u2019il y avait environ 130 personnes soupçonnées de participer à des activités liées au terrorisme à l\u2019étranger au début de 2014.Quelque 30 personnes ayant des liens au Canada étaient soupçonnées d\u2019activités terroristes en Syrie.Dans une déclaration acheminée par courriel, Kevin Menard, porte-parole du ministère de la Citoyenneté et de l\u2019Immigration, a déclaré que le gouvernement «adopte une position ferme contre le terrorisme».«Nous allons abolir la citoyenneté et saisir les passeports des gens qui tentent de faire du mal à notre pays», a-t-il ajouté.La Presse canadienne La fin du courrier à domicile décriée par un groupe de défense des handicapés Le Regroupement des activistes pour l\u2019inclusion au Québec (RÂPLIQ) est à son tour monté aux barricades pour dénoncer l\u2019idée d\u2019installer des boîtes postales communautaires.La présidente de cette organisation vouée à la défense des personnes handicapées, Linda Gauthier, s\u2019insurge de ce changement qui a été annoncé en décembre 2013.Pour faire valoir son point de vue, la présidente du RÂPLIQ a accepté de participer à un point de presse conjoint avec le président de la section locale de Montréal du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Alain Duguay, tenu à Montréal dimanche après-midi.En 2013, Postes Canada avait indiqué que, dans un horizon de cinq ans, le tiers des ménages recevant habituellement leur courrier à domicile devrait désormais le récupérer dans une boîte postale communautaire.Pour M\u201c® Gauthier, cette modification, qui s\u2019inscrit dans un plan plus large de rationalisation, est carrément inacceptable.Elle explique que pour ceux, qui peinent à se déplacer en raison de limitations physiques ou intellectuelles, ce changement représentera tout un casse-tête.Autonomie Cette femme atteinte de sclérose en plaques, qui circule en fauteuil roulant en permanence depuis 2001, entrevoit déjà les problèmes qui se poseront pour les gens se trouvant dans une situation comparable à la sienne.Elle n\u2019hésite pas à citer son exemple personnel lorsqu\u2019elle traite des défis à venir pour ce segment de la population.Linda Gauthier soutient qu\u2019elle va «peut-être apercevoir la boîte communautaire à partir de sa fenêtre, mais que s\u2019il y a juste trois, quatre centimètres de neige sur le trottoir, [elle ne sera] pas en mesure de s\u2019y rendre».Elle s\u2019inquiète du fait qu\u2019elle sera éventuellement obligée d\u2019attendre le retour de son conjoint au terme de chaque journée de travail pour avoir accès à ses lettres et colis personnels et professionnels.M\u201d® Gauthier se soucie de «devoir être toujours à la remorque de quelqu\u2019un d\u2019autre» qui se rendra à sa place à la boîte communautaire.Elle affirme qu\u2019elle a déjà «perdu beaucoup en devenant handicapée» et qu\u2019elle n\u2019a pas du tout envie d\u2019être privée d\u2019un service qui favorise son autonomie.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 22 SEPTEMBRE 2014 A 3 ACTUALITES Notre pain quotidien H Jean-François Nadeau ans le ciel tendu de gris d\u2019un dimanche de pluie, quoi de mieux à faire que l\u2019épicerie?De bon matin, je venais de pêcher du poisson dans un comptoir et je naviguais à vue au milieu d\u2019îlots d\u2019agrumes lorsque, par habitude, j\u2019ai relevé les messages enfouis dans les profondeurs de mon téléphone, afin de m\u2019assurer de la position très relative que j\u2019occupe au milieu des brumes de la condition humaine.«Le Devoir m\u2019appelle», lit-on sur le plastique protecteur qui habille mon portable, un des rares bidules pubficitaires que s\u2019est offerts mon journal, comme s\u2019il avait besoin de me rappeler que je suis déjà bien dressé à lui répondre.Peu importe l\u2019heure ou l\u2019endroit, j\u2019ai pris cette mauvaise habitude, moi aussi, de réagir en tout temps à mes messages.En Allemagne, Andrea Nahles, ministre du Travail social-démocrate du gouvernement d\u2019Angela Merkel, a annoncé son souhait de voir promulguer une loi qui vise à diminuer globalement le stress en interdisant l\u2019envoi de courriels autant que de coups de téléphone professionnels en dehors du cadre strict des heures de travail.La ministre s\u2019appuie sur l\u2019avis d\u2019experts pour affirmer (i\\x\u2019«ily a une corrélation indiscutable entre une disponibilité excessive et le développement de maladies psychiques».Des universitaires allemands soutiennent en effet que trop peu de temps de repos est accordé, ce qui conduit à des problèmes de santé.H est déjà illégal en Allemagne de contacter des employés en dehors des heures de travail.Des fleurons de l\u2019industrie allemande, comme Volkswagen et BMW, ont même développé d\u2019eux-mêmes des politiques internes restrictives pour le contact des employés qui ne sont pas formellement au travail.Le constructeur Mercedes a fait installer sur les ordinateurs de ses employés une application qui permet de détecter si des messages leur sont relayés en dehors de leurs horaires.H fut un temps où tous les regards étaient tournés vers les travaux d\u2019Hans Selye, ce chercheur de l\u2019Université de Montréal à qui la médecine doit l\u2019explication des mécanismes du stress.Jusqu\u2019à sa mort en 1982, le monde entier se passionnait pour ses travaux, ses livres, ses entretiens.H me vient à son sujet l\u2019image de Pierre Lalardeau qui avait refusé la commande de tourner un documentaire à sa gloire sous le prétexte très amusant que cela le stressait trop! Toujours est-il que c\u2019est à mon épicerie habituelle, par un dimanche de pluie, que j\u2019ai appris, dans l\u2019esclavage des communications auquel je me soumets, que mon amie Maïté souffre d\u2019un cancer du sein.«Lors d\u2019une première chirurgie, on m\u2019a enlevé deux tumeurs et on a prélevé deux ganglions, les premiers de la chaîne ganglionnaire, afin de voir s\u2019ils contenaient des cellules cancéreuses.Malheureusement pour moi, les deux ganglions étaient infectés, ce qui indique que le cancer a commencé à se répandre.» Ces jours-ci, il lui laut donc subir une nouvelle opération avant d\u2019amorcer une chimiothérapie.Pour l\u2019instant, à part quelques inconforts liés à la première intervention, rien.«Je ne me sens pas malade du tout.» Elle ne souffre pas, sinon des réflexions qu\u2019elle se fait sur la maladie.«Le plus dur, c\u2019est vraiment l\u2019attente.» La trentaine bien vivante, elle craint notamment que les traitements tuent en elle le désir.J\u2019ai continué de faire mon marché en la textant, en la lisant.«C\u2019est une maladie fantôme.Elle est là, mais je ne la sens pas, je ne la vois pas.» L\u2019ombre qui voile soudain sa vie risque pourtant de l\u2019emporter dans le noir.Màilé n\u2019en est pas moins sereine, très terre à terre dans son approche du cancer.Elle fait confiance à des spécialistes.Elle n\u2019obéit pas aux élans que commandent ces charlatans qui, depuis toujours, veulent vous faire croire qu\u2019une maladie est d\u2019abord une affaire psychologique liée à vos comportements, à la morale.Devant le cancer, nous réagissons encore d\u2019une bien curieuse façon.Le cancer est sans cesse présenté comme un envahisseur, un ennemi qui n\u2019appartient pas au droit fil de la vie.Cette énigme non résolue, nous en parlons comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une bataille militaire à livrer alors qu\u2019elle est surtout l\u2019expression par excellence d\u2019une fragilité et d\u2019une vulnérabilité dont nous nions la place dans nos existences.Le cancer du sein en particulier s\u2019apparente de plus en plus à une opération de mobilisation idéologique sans précédent où l\u2019on s\u2019encourage à livrer une lutte au nom de corps conçus comme des machines tout juste bonnes à nous obéir.Dans l\u2019incapacité chronique de mettre un terme à ce récit préfabriqué, l\u2019image du cancer envisagé comme une guerre totale n\u2019est peut-être, après tout, que l\u2019expression profonde de notre superficialité devant la mort.A la caisse de mon épicerie, dans le corridor étroit où, à défaut de toute autre nourriture intellectuelle, on ne m\u2019offre toujours que des âneries imprimées en série, j\u2019ai posé mes achats un à un, tout en continuant de texter Maïté.Au fond de mon chariot, je n\u2019ai pas trouvé mes sacs recyclés.Les avais-je échappés en parcourant une rangée?De retour à la maison, parmi mes provisions, je découvre trois pains industriels à la mie douteuse et d\u2019autres produits que j\u2019évite aussi d\u2019ordinaire.H m\u2019a fallu un moment pour comprendre que j\u2019avais pris en chemin, sous le choc de la nouvelle reçue, un autre panier que le mien.En mangeant cette semaine une part de mon stress sous forme de mauvais pain, je sais déjà que je ne vais pas arrêter de songer à Maïté.jfn@ledevoir.com ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Pour donner un nouveau souffle à la cause souverainiste, le mouvement indépendantiste devra arriver à mobiliser les jeunes et les communautés culturelles.DESTINATION Premier pas pour un grand chantier PHILIPPE ORFALI DAPHNÉE HACKER-B.Le rassemblement pour l\u2019indépendance «DestiNation» se voulait un «nouveau départ» pour l\u2019option souverainiste, mais les organisateurs de l\u2019événement admettaient eux-mêmes, dimanche, qu\u2019énormé-ment de travail reste à faire pour rallier les jeunes Québécois et les Québécois issus des communautés culturelles à la cause.Au théâtre de l\u2019Olympia où étaient réunies près de 800 personnes afin de repenser le projet d\u2019indépendance, samedi et dimanche, les têtes grises étaient bien plus nombreuses que les jeunes indépendantistes et les communautés culturelles se faisaient bien discrètes.Selon Martine Desjardins, ex-leader étudiante et porte-parole de DestiNation, les 40 ans et moins représentaient un tiers des participants.«C\u2019est déjà beaucoup! Je crois que les jeunes souverainistes sont nombreux, ils ne viennent juste pas forcément à ce type d\u2019événement.C\u2019est petit pas par petit pas qu\u2019on va les motiver à s\u2019impliquer», a-t-elle estimé, soulignant leur participation active aux différents panels.Un constat partagé par Jason Bro-chu-Valcourt, vice-président du Conseil de la souveraineté du Québec (CSQ) et trésorier du Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ), les deux organisations à l\u2019origine de DestiNation.«Il y avait des gens de tous les horizons, et oui, ça incluait des jeunes.Les jeunes travaillent le weekend, et ça se déroulait tôt.On a fait de gros efforts, on continue de les faire», a-t-il assuré.Campagne permanente La série de propositions adoptée dimanche afin de revigorer le mouvement servira de point de départ à la rédaction d\u2019un plan d\u2019action pour l\u2019indépendance, qui comprendrait la rédaction d\u2019une constitution québécoise et la mise sur pied d\u2019une cam- JACQUES NADEAU LE DEVOIR De nombreux éminents souverainistes ont participé à l\u2019événement, dont Bernard Landry et les ex-ministres Pierre Coiu-cbesne et Stéphane Bédard.Je crois que les Jeunes souverainistes sont nombreux, ils ne viennentJuste pas forcément à ce type d\u2019événement C\u2019est petit pas par petit pas qu\u2019on va les motiver à s\u2019impliquer, )) Martine Desjardins, porte-paroie de DestiNation pagne permanente de promotion de l\u2019indépendance.L\u2019assemblée a aussi résolu A\u2019«élargir le soutien à l\u2019indépendance aux Québécois de toutes les origines», un constat qui s\u2019imposait après des élections marquées par le débat sur la Charte de la laïcité.«C\u2019est très clair qu\u2019il y a un travail à faire de ce côté-là, a indiqué M.Bro-chu-Valcourt.On va travailler avec acharnement.Il faudra aller au-delà des questions identitaires, parler par exemple d\u2019environnement ou d\u2019économie» pour porter le projet d\u2019un Québec indépendant.Dimanche, la journée s\u2019est amor- cée par la diffusion attendue d\u2019une déclaration de Jacques Parizeau.La souveraineté se fera par la voie de l\u2019action politique et c\u2019est le Parti québécois qui est le mieux placé pour y parvenir, a-t-il insisté au cours de ce discours d\u2019une demi-heure, préenregistré.Parizeau prône l\u2019unité Le regard perçant, le verbe résolu, l\u2019ex-chef péquiste a incité les souverainistes à se scruter attentivement dans le miroir.«La relance du mouvement passe par une redéfinition claire de ce que l\u2019on veut», a affirmé M.Pari- zeau, âgé de 84 ans.H appelle les indépendantistes à se rallier au PQ plutôt qu\u2019à Québec solidaire ou Option nationale.«Tout ça ne [fait] que ren-forcir l\u2019éparpillement des votes.[.] R nous faut un parti du monde ordinaire.Notre chance n\u2019est pas dans la division, elle est dans l\u2019harmonie», a-t-il dit, invitant le PQ à «redevenir le parti de ses membres», un énoncé accueilli par une pluie d\u2019applaudissements.«On ne peut considérer les membres comme de la main-d\u2019œuvre pour coller des enveloppes ou lancer des messages sur les médias sociaux», a-t-il tonné.En réaction à cet appel à l\u2019unité, la co-porte-parole de Québec solidaire, Erançoise David, croit que l\u2019idée d\u2019une éventuelle «bannière» pourrait éviter, par exemple, de diviser le vote souverainiste dans une élection future.«On ne peut cacher que, pour l\u2019instant, la méfiance entre les partis est grande, il y a une confiance mutuelle à établir», explique-t-elle.Le chef par intérim du PQ, Stéphane Bédard, a reconnu que les différents partis «devront mettre de l\u2019eau dans leur vin» s\u2019ils veulent former une quelconque alliance.Organisé par le NMQ et le CSQ, l\u2019événement a également été l\u2019occasion de dévoiler le nouveau nom du Conseil, qui changera pour celui d\u2019Organisations unies pour l\u2019indépendance (OUI) du Québec.Le OUI deviendrait le principal organisme de coordination de «l\u2019action du mouvement indépendantiste de la société civile», et c\u2019est lui qui sera chargé de mettre en œuvre le plan d\u2019action imaginé au cours des derniers jours.Le nouveau nom et les résolutions doivent être adoptés le 29 novembre prochain lors de l\u2019assemblée générale annuelle du CSQ.Le Devoir DVoir > Le discours intégral de Jacques Parizeau, diffusé lors de l\u2019événement DestiNation.Sur LeDevoir.com CAQ : l\u2019animateur François Paradis candidat dans Lévis Lévis \u2014 Après Gérard Deltell et Nathalie Roy, la Coalition avenir Québec (CAQ) a recruté un autre personnage médiatique.Le chef de la CAQ, Prançois Legault, a annoncé dimanche que l\u2019animateur Prançois Paradis sera le candidat qui défendra les couleurs de son parti dans le cadre de l\u2019élection partielle devant avoir lieu dans Lévis, le 20 octobre prochain.Cette circonscription était représentée par le député caquiste démissionnaire Christian Dubé, un des ténors de la CAQ qui a choisi de quitter la politique pour œuvrer à la Caisse de dépôt et placement du Québec.Prançois Paradis, qui a notamment animé plusieurs émissions d\u2019affaires publiques à la télévision, explique que sa décision de se lancer en politique active est «un prolongement de sa carrière et de son cheminement de vie».Il souligne avoir été à l\u2019écoute des citoyens lors de son parcours professionnel, et que, dorénavant, il «ne veut plus seulement les écouter, mais aussi être à leur service».Prançois Legault estime que l\u2019addition de Prançois Paradis à son équipe ajoute beaucoup de profondeur au caucus caquiste, et à la représentation caquiste de la grande région de Québec.Libéral et solidaire M.Paradis connaît d\u2019ores et déjà certains de ses adversaires.Le Parti libéral du Québec a choisi de miser sur Janet Jones, une conseillère municipale de Lévis, pour défendre ses couleurs le 20 octobre.Le premier ministre Philippe Couil-lard a défendu sa candidate en affirmant, jeudi, que si les électeurs choisissent de faire confiance à M\u201c® Jones, elle ne se contenterait pas de traverser le Saint-Laurent pour venir faire du tourisme à Québec.Il a déclaré que, dans une pareille éventualité, elle va se présenter à l\u2019Assemblée nationale «pour que les dossiers avancent avec l\u2019équipe du gouvernement».Du côté de Québec solidaire, le candidat re- tenu est le docteur Yv Bonnier Viger.Ce dernier avait déjà tenté de se faire élire lors du scrutin général du 7 avril 2014, mais il avait alors dû se contenter de recevoir l\u2019appui d\u2019environ 6% des électeurs lévisiens ayant choisi de se prononcer.Le député de Québec solidaire dans la circonscription de Mercier, Amir Khadir, espère qu\u2019une proportion plus importante de citoyens se rangeront derrière M.Bonnier Viger le mois prochain.En entrevue à La Presse canadienne, M.Khadir a martelé que «la seule chance pour les Québécois de voir les choses changer de manière substantielle, c\u2019est d\u2019arrêter de voter par réflexe» pour la personne qui semble avoir la «plus grande chance de gagner au départ».Quant au Parti québécois, il n\u2019avait toujours pas dévoilé l\u2019identité de son candidat ou de sa candidate dimanche et prévoyait le faire lundi.La Presse canadienne A 4 LE DEVOIR, LE LUNDI 22 SEPTEMBRE 2014 ACTUALITES L\u2019ancien maire Jean Doré atteint d\u2019un grave cancer L\u2019ancien maire de Montréal Jean Doré soiiffre d\u2019un cancer du pancréas.Agé de 69 ans, M.Doré a appris qu\u2019il était atteint de ce cancer pratiquement incurable il y a trois semaines, alors qu\u2019il n\u2019avait eu aucun signe avant-coureur de cette maladie.En entrevue au Journal de Montréal, il affirme accepter avec résignation «le fait qu\u2019il va mourir».Il dit vouloir profiter du temps qu\u2019il lui reste à vivre, avec sa lamille et ses amis.Jean Doré a été maire de Montréal de 1986 à 1994.La Presse canadienne Vieux-Montréal: incendie dans un édifice patrimonial Un incendie dans un bâtiment patrimonial du Vieux-Montréal a forcé l\u2019évacuation d\u2019une centaine de personnes samedi.Les flammes ont pris naissance au dernier étage de l\u2019édifice du 55 de la rue Saint-Paul, prés du boulevard Saint-Laurent.L\u2019immeuble, construit au XIX® siècle, accueille aujourd\u2019hui des commerces et des appartements.Les flammes se sont propagées jusqu\u2019à la toiture, et le panache de filmée, très dense, était visible sur une bonne distance.L\u2019enquête pour déterminer la cause de l\u2019incendie s\u2019annonce longue, puisque le bâtiment est situé dans un secteur touristique, avec des rues étroites, ce qui complique l\u2019accès.La Presse canadienne Nucléaire: obstacles américains en vue pour un site canadien Michigan \u2014 Un sénateur américain a présenté une résolution pressant le gouvernement Obama de s\u2019opposer à un plan visant à enfouir des déchets ra-dioactrfe à près d\u2019un kilomètre du lac Huron, en Ontario.Un groupe d\u2019experts fédéral canadien en est actuellement à l\u2019étape des audiences à propos d\u2019un projet pour enfouir des déchets nucléaires faiblement et moyennement contaminés provenant de centrales dans des chambres en pierre à plus de 600 mètres sous la surlace.Pour les détracteurs, la protection du lac ne peut être garantie, d\u2019autant plus que le matériel demeurera radioactif pendant des milliers d\u2019années.La résolution du sénateur américain Cari Levin demande au président et au secrétaire d\u2019Etat de travailler avec leurs homologues pour éviter qu\u2019un site de stockage permanent de déchets nucléaires ne soit construit dans le bassin des Grands Lacs.Associated Press Les 12 marins turcs quittent le Qnébec Sorel-Tracy \u2014 Les douze marins turcs contraints de vivre dans le port de Sorel-Tracy depuis cinq mois ont enfin pu rentrer en Turquie dimanche.Ces hommes, qui se trouvent depuis avril dernier sur le navire Phoenix Sun sur lequel ils devaient effectuer des travaux, ont été abandonnés à leur sort par leur employeur qui ne leur a payé aucun salaire.Une mobilisation des citoyens, avec en tête le maire de Sorel-Tracy, Serge Pé-loquin, a permis de recueillir plus de 10000$ afin de venir en aide aux marins.De son côté, le transporteur aérien Air Transat leur a offert le voyage vers Istanbul, en Turquie.Transports Canada a saisi le cargo pour l\u2019empêcher de quitter le port et pour forcer le propriétaire en faillite à remplir ses obligations.La Presse canadienne Les États-Unis, eldorado des étndes universitaires Le Canada et son système d\u2019éducation font bonne figure auprès des parents dans le monde LISA-MARIE GERVAIS Le Canada a-t-il le meilleur système d\u2019éducation au monde?C\u2019est ce que croient une majorité de Canadiens interrogés dans une vaste étude, bien que ce ne soit pas nécessairement l\u2019avis des autres pays sondés qui ont plptôt jeté leur dévolu sur celui des Etats-Unis.Selon cette récente enquête réalisée par la banque londonienne HSBC, la moitié (51%) des 4500 parents interrogés dans 15 pays (une liste qui comprend des pays industrialisés, comme l\u2019Australie et le Royaume-Uni, mais aussi d\u2019autres dits émergents, comme le Mexique et Sin-gapour) a dit considérer les Etats-Unis comme étant l\u2019un des trois meilleurs endroits pour étudier.Les pays émergents sont d\u2019ailleurs les plus nombreux à plébisciter de la sorte le système américain, de même que ceux d\u2019autres pays occidentaux, comme le Royaume-Uni et l\u2019Allemagne, et ce, même si les coûts globaux annuels des études y Économies et inquiétudes -\t89% des parents interrogés veulent que leurs enfants aillent à l\u2019université -\t51 % auraient voulu commencer plus tôt à économiser pour les études de leurs enfants -\t38% disent que prendre des décisions au sujet de l\u2019éducation de leur enfant est une source d\u2019inquiétude sont les plus élevés.Ces pays en émergence valorisent beaucoup l\u2019éducation et sont d\u2019ailleurs les plus enclins à payer pour les études de leurs enlants, préférant souvent les envoyer au privé, là où c\u2019est plus cher, ou dans des établissements offrant une grande qualité d\u2019éducation à fort prix.Selon l\u2019étude de HSBC, 58% des 15 pays sont en accord avec l\u2019idée voulant que payer pour éduquer son enfant est le meilleur investissement qui soit.Les plus convaincus sont les Brésiliens (79%), les Chinois (77%), les Turcs (75%) et l\u2019Indonésie (75%).Au Canada, seulement 54% des parents se sont dits en accord avec cette assertion.Christian Blanchette, doyen de la Eaculté d\u2019éducation permanente de l\u2019Université de Montréal, n\u2019en est pas surpris.«Il y a plus de valorisation chez ces pays émergents, en dévebppement Les gens veulent avoir une mobilité sociale, et l\u2019un des moyens de l\u2019atteindre est de faire de bonnes études et d\u2019aller là où elle est de qualité.De ce fait, ils sont à même de considérer le sacrifice de payer davantage pour leurs études», a-t-il analysé.Le Canada en 4® position Eaisant néanmoins bonne figure, le Canada arrive en 4® position pour la qualité perçue de son éducation, le Brésil allant même le placer au 3® rang de sa liste des meilleurs systèmes.«Dans les grands classements internationaux d\u2019universités, qui se basent sur les productions de recherche et la réputation, les universités américaines comme Harvard [se classent très bien], mais c\u2019est surtout parce qu\u2019elles sont une grande marque.Il est extrêmement dif ficile de les faire bouger de rang.Il y a une importante inertie dans ces classements», fait remarquer M.Blanchette.Le Royaume-Uni parvient toujours à classer quelques-unes de ses universités dans le top 10 et, malgré tout, elles n\u2019ont pas d\u2019emblée la cote comme les américaines, ajoute-t-il.Mais il soutient que «l\u2019université moyenne au Canada est certainement de très grande qualité» et rappelle que, bon an mal an, 5 ou 6 universités canadiennes réussissent à se hisser parmi les 100 meil- leures au monde, sur environ 15 000 établissements.«Ce n\u2019est pas rien», dit-il.D\u2019ailleurs, les Canadiens semblent avoir eux-mêmes une haute estime de leur système d\u2019éducation puisqu\u2019ils le placent en tête de liste poiir sa qualité, suivi de ceux des Etats-Unis et du Royaume-Uni.Dans cette étude, rares sont les pays non occidentaux, comme la Turquie, la Chine ou Taiwan, qui valorisent leur système d\u2019éducation.Christian Blanchette ne s\u2019étonne pas de cette tendance.«Les diplômes universitaires du premier monde sont très bien vus ailleurs», a-t-il soutenu.«Nous sommes aussi une destination universitaire, [mais peut-être] pas aussi bien développée que les États-Unis ou la France à certains égards.» Selon les statistiques du Bureau canadien de l\u2019éducation internationale, le Canada serait la 7® destination du monde en popularité pour les étudiants étrangers.Le Devoir % MANAN VATSYAYANA AGENCE FRANCE-PRESSE Un jeune garçon traverse un nuage provoqué par la combustion de déchets, en Inde.Le Fonds vert pour le climat joue son avenir au sommet de New York GILES HEWITT à Incheon, Corée du Sud Le Eonds vert pour le climat (EVC), mécanisme financier de rONU dépourvu de moyens, joue son avenir au sommet de New York où les pays les plus riches devront démontrer leur engagement à aider les plus pauvres sur la voie du développement durable.Décidé à Copenhague fin 2009, le EVC, dont le siège est à Séoul, a été officiellement créé en 2010 par les accords de Can-cùn.Son conseil exécutif compte 24 membres, la moitié représentant les pays développés et l\u2019autre, les pays en développement.Ses caisses sont quasiment vides alors que l\u2019objectif est de mobiliser 100 milliards de dollars par an d\u2019ici à 2020, engagement de 2009 des pays industrialisés pour aider les pays vulnérables à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et à s\u2019adapter aux effets du réchauffement Seule l\u2019Allemagne a annoncé une contribution significative, 1 milliard de dollars.«Nous attendons que d\u2019autres pays profitent du sommet pour montrer l\u2019exemple en annonçant leurs contributions au fonds, déclare sa directrice, la Tunisienne Hela Cheikhrouhou.Les premiers en- CO2: rhumanité rate sa cible Au rythme actuel, l\u2019humanité aura épuisé dans 30 ans son «quota» restant d\u2019émissions de CO^ pour limiter à 2 °C le réchauffement planétaire d\u2019ici à la fin du siècle, ont averti des experts dimanche.Publié à deux jours d\u2019un sommet de l\u2019ONU sur le climat, le rapport annuel du Global Carbon Project (GCP) chiffre à 2,3% l\u2019augmentation en 2013 des émissions de dioxyde de carbone.Après avoir atteint un record de 36 milliards de tonnes de CO2 l\u2019an dernier, elles devraient encore augrnenter de 2,5% cette année, selon le réseau international de scientifiques.«Avec les taux actuels [2014], le \u201cquota\u201d restant avant de dépasser les 2PC de réchauffement sera ^uisé dans environ 30 ans», dit le rapport «Les émissions gbbales requerraient une réduction continue et sans équivalent d\u2019environ 7% par an pour qu\u2019on ait une chance raisonnable de rester à l\u2019intérieur du \u201cquota\u201d», a dit de son côté Glen Peters du Centre de recherche international sur l\u2019environnement et le climat d\u2019Oslo.gagements, comme celui de l\u2019Allemagne ou ceux [espérés] à New York, sont très importants pour créer la confiance.» Il a Mu plus de trois ans pour fixer le mode de fonctionnement du fonds, ce qui a suscité impatience et irritation, reconnaît M\u201c® Cheikhrouhou.Le PVC vise le transfert de fonds des pays les plus développés vers les plus vulnérables pour lutter contre les effets des changements climatiques et soutenir les projets pouvant diminuer les émissions de GES ou faire reculer la déforestation.En clair, il s\u2019agit de convaincre les pays pauvres ou émergents que les impératifs de préservation de l\u2019environnement et de lutte contre le réchauffement climatique sont compatibles avec la croissance socio-économique.Le PVC dispose actuellement de 55 millions de dollars, une somme dérisoire alors que la responsable climat de l\u2019ONU, Christiana Pigueres, avait escompté une capitalisation de départ de 10 milliards de dollars avant la fin de l\u2019année.Les pays en voie de développement demandaient 15 milliards.La communauté internationale s\u2019est en effet donné comme objectif de conclure en 2015 un accord universel, contraignant et ambitieux sur les réductions de GES.«Le fonds doit servir à convaincre les pays qu\u2019ils seront soutenus [financièrement] s\u2019ils signent l\u2019accord», souligne Hela Cheikhrouhou.Agence France-Presse EBOLA La Sierra Leone découvre des dizaines de nouveaux cas chez les confinés La Sierra Leone a achevé dimanche son confinement, opération hors norme contre l\u2019épidémie d\u2019Ebola qui a permis de découvrir de nouveaux morts, tandis que le Liberia a promis de quadrupler le nombre de lits devant l\u2019afflux de malades.En Sierra Leone, où 562 personnes ont déjà été tuées, les six millions d\u2019habitants étaient assignés à domicile dimanche, pour le troisième et dernier jour d\u2019un confinement sans précédent.Dans la région ouest qui comprend la capitale Preetown, l\u2019opération a permis de recenser «22 nouveaux cas» et «les équipes mortuaires ont enterré entre 60 et 70 corps ces deux derniers jours», a déclaré la numéro deux des services publics de santé, Sarian Kamara.«L\u2019ordre de rester à domicile a été bien respecté par la population, ce qui a permis aux équipes de campagne de sensibiliser chez elles les familles à Ebola», a-t-elle souligné.Nouveaux lits au Liberia De son côté, le Liberia, de loin le pays le plus touché avec plus de 1450 morts, a annoncé qu\u2019il allait porter d\u2019ici fin octobre de 250 à 1000 le nombre de «Les équipes mortuaires ont enterré entre 60 et 70 corps ces derniers jours» lits pour soigner les malades à Monrovia, capitale aux capacités sanitaires largement dépassées.«On refuse les patients [.] parce qu\u2019il n\u2019y a pas de place.C\u2019est pourquoi le gouvernement va faire de son mieux pour disposer de 1000 lits afin de pouvoir accueillir tous les patients», a déclaré le ministre de l\u2019Information, Lewis Brown.«De cette façon, nous mettrons fin à la propagation parce que ceux qu\u2019on refuse retournent dans leurs communautés, où ils peuvent infecter d\u2019autres personnes», a-t-il ajouté.Dans le comté de Montserrado, qui inclut Monrovia, l\u2019OMS avait indiqué qu\u2019il y avait un besoin urgent de 1000 lits pour les malades d\u2019Ebola.Une unité de 150 lits devait être ouverte dimanche dans la banlieue de Duala, dans l\u2019ouest de la capitale.Les derniers chiffres de rOMS montrent que le Liberia a enregistré 2710 cas, mais ces données datent d\u2019une semaine, et les services de santé de la capitale ont indiqué avoir fait face à un énorme afflux de patients au cours des derniers jours.Agence France-Presse PHYSIQUE QUANTIQUE De rinformation téléportée sur 25 kilomètres Congédié ?Résultats des tirages du : 2014-09-20 nAfAMj 01 23 26 35 43 4Z 04 10 20 23 27 45 48 compl.34 compl.François Gendron avocat Prochain gros lot (approx.) : 7 000 000 $ + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 16918950-01 0935157 Résultats des tirages du : 2014-09-19 LL.L., M.A., Ph.D.COMPL (27) Vieux Montreal 514.845.5545 1417131 Prochain gros lot (approx) ; 15 000 000 $ zn cas (de (disparité entre cette liste et la liste officielle (de Loto-Quebec, cette (derniere a priorité Genève \u2014 Pour la première fois, des physiciens sont parvenus à téléporter l\u2019état quantique d\u2019un photon sur une longueur de 25 kilomètres, annonçait une équipe genevoise de scientifiques dans la revue Nature Photonics dimanche.«L\u2019expérience, réalisée au sein du laboratoire du professeur Nicolas Gisin, constitue une première, et pulvérise simplement l\u2019ancien record de six kilomètres établi il y a dix ans par la même équipe de l\u2019Université de Genève [Unige] », indique cette dernière dans un communiqué.Popularisée par la science-fiction et faisant penser à Star Trek, la téléportation quantique ne permet pas, du moins en l\u2019état actuel de la connaissance scientifique, d\u2019envisager un transfert d\u2019objets usuels et encore moins d\u2019être humains.Cette technique devrait à l\u2019avenir néanmoins trouver des applications intéressantes, notamment dans le domaine des télécommunications et du cryptage informatique sur Internet, selon les experts qui espèrent, qu\u2019à terme, la téléportation quantique permette de garantir qu\u2019une information envoyée d\u2019un émetteur vers un récepteur parvienne à destination sans être interceptée.L\u2019expérience Dans le cadre de l\u2019expérience réalisée à l\u2019Unige, les physiciens ont pris deux photons issus d\u2019une même source.L\u2019un de ces deux photons a été propulsé le long d\u2019une fibre optique, alors que l\u2019autre a été envoyé dans un cristal, sorte de dispositif de stockage de l\u2019information du photon.Le premier photon se trouvant dans la fibre optique, à 25 kilomètres de son frère jumeau, a ensuite été percuté par un troisième photon.Les scientifiques ont ensuite constaté que l\u2019information contenue dans le troisième photon est parvenue à se frayer un chemin au sein du cristal, sans que les deux photons jumeaux se soient directement rencontrés.Agence France-Presse LE DEVOIR, LE LUNDI 22 SEPTEMBRE 2014 A 5 SOCIETE #CHRONIQUEFD La confiance Fabien Deglise Il ne faut surtout pas se fier aux apparences, en général et dans les univers numériques en particulier, peut-on de plus en plus affirmer aujourd\u2019hui.Une jeune Néerlandaise dans la vingtaine, Zilla van den Born pour la nommer, vient en effet d\u2019apporter de l\u2019eau au moulin des sceptiques et autres pourfendeurs du tout à l\u2019ego numérique en menant durant 42 jours une expérience troublante sur le réseau social Facebook: elle s\u2019y est exposée sans retenue, tout en commentaires, en photos, en vidéo, couleurs et détails, en vacances dans les décors inspirants de l\u2019Asie du Sud-Est.Temple bouddhiste.Plongée en apnée.Cuisine exotique.Chambre avec vue.Tout y était.Seul petit problème, physiquement, elle se trouvait bien tranquille chez elle, à Amsterdam, en train d\u2019orchestrer une grande supercherie, criante de vérité, de photos trafiquées, de décors forcés et d\u2019égopor traits, qui, sans ses aveux, n\u2019aruait jamais été mise au joru par ses «amis» numériques.Le subterfuge a fonctionné, au grand bonheur de la jeune Zilla, qui s\u2019est lancée dans cette aventure dans le cadre d\u2019un travail universitaire, résume le New York Times dans ses bonnes feuilles dématérialisées, et ce, afin de démontrer que ce que l\u2019on trouve sur Facebook ne témoigne pas toujours de la réalité, au risque même de sombrer parfois dans le leurre.Réel magnifié pour esquiver la vérité, destin manipulé à dessein, réalité pervertie par un filtre ou par une volonté de travestir poru manipuler, le phénomène en ligne n\u2019est pas nouveau.Mais il semble de plus en plus titiller les aficionados de ces nouveaux modes d\u2019échanges, de communication et d\u2019obsession qui, après s\u2019être empiffrés de tous les fruits de la modernité, commencent à avoir des ai^eurs d\u2019estomac et du coup à vivre une petite crise de confiance.Pas dans ma cour Les réactions qui ont accompagné le dévoilement il y a quelques jours d\u2019un portrait paradoxal de quelques parents de la Silicon Valley, épicentre des mutations sociotechnologiques, donnent sans doute le ton de cette perplexité ascendante face au présent et ses nombreux travers.Le journaliste spécialisé Nick Bolton y brossait le quotidien de plusieurs parents de cette région du globe, des très célèbres et très engagés dans la révolution en corus, comme le défunt Steve Jobs d\u2019Apple, Chris Anderson qui fait dans le drone ou encore Evan Willians, fondateru de Twitter et de Blogger, qui ont tous un point commun : chez eux, ils tiennent leurs enfants éloignés des outils technologiques et services en ligne qu\u2019ils mettent \u2014 ou ont mis \u2014 au monde dans les dernières années.Parents 2.0 poru enfants 1.0.Un peu comme un éleveur de poulets qui affirmerait ne pas faire manger les volatiles qu\u2019il élève à sa progéniture, la série d\u2019aveux a le don de semer un doute raisonnable sur cette technologie qui s\u2019est immiscée massivement dans le quotidien de Yhomo consumus, depuis quelques années, amenant avec elle et avec les nouveaux usages qu\u2019elle induit, des travers, des effets pervers qui ne semblent pas avoir échappé à ceux et celles qui sont aux premières loges de ces innovations.Surveillance, rapport obsessif à l\u2019objet connecté, communication faussée, parfois agressive, intimidation, dépendance.Chez les Williams, on a un remède à l\u2019angoisse : il n\u2019y a pas de machines connectées pour les enfant^.Que des livres imprimés sur du papier.A quelques encablures de San Francisco.Pas banal.Des iPad : ils n\u2019en veulent pas pour leurs enfants.On comprend.La crise Après l\u2019ubiquité, la vitesse, l\u2019interconnexion constante avec l\u2019autre, la confiance pourrait bien devenir le prochain enjeu de taille dans des univers numériques où la méfiance, alimentée par les révélations-chocs d\u2019un Snowden, les tromperies, les réalités déformées, se fait de plus en plus sentir.Tiens, jçudi dernier, à écouter les réseaux sociaux en Ecosse, le «oui» était sur le point de l\u2019emporter, avec 54% des suffrages, ont même établi des chercheurs britanniques après une analyse fine du bla-bla sur Twitter.On connaît la suite : une victoire des unionistes avec 55,3% des voix pour le «non» à l\u2019indépendance.Crise de confiance.Apple l\u2019a admis à mot voilé la semaine dernière en annonçant, pour retrouver l\u2019amour de ses fidèles un peu déçus par la marque et son attitude un brin liberticide, qu\u2019elle n\u2019allait plus collaborer aussi facilement avec la police et dévoiler des informations personnelles contenues dans ses nouveaux iPhone et iPad.En gros, l\u2019empire de la pomme utilise désormais une clé de cryptage qui ne lui permettrait plus de contoruner le mot de passe d\u2019un usager et d\u2019accéder à ses données.Même sru ordre d\u2019un tribunal.Le nouveau dispositif fonctionne sru son nouveau système d\u2019exploitation iOS 8, mais pas sur les précédents, où la confiance ne devrait plus régner trop longtemps après cet aveu.Sur son site Web, Apple expose sa nouvelle politique avec fierté.L\u2019argument commercial est surligné sans finesse d\u2019ailleurs, à une époque où les géants de la techno sont accusés de servir le pouvoir politique et répressif et de trahir leurs usagers.Mais bien sûr, comme des photos de vacances en Thaïlande épinglées sur un mur virtuel, il n\u2019est pas mauvais de se demander si tout ça n\u2019est pas une autre imposture.Sur TwitterMFaUenDeglise JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019engouement pour la vie à la campagne se vérifie notamment par la hausse des inscriptions aux programmes agricoles des cégeps, comme à celui de Victoriaville où le nombre d\u2019inscriptions a presque triplé dans le programme Gestion et technologies d\u2019entreprise agricole, profil Production légumière et fruitière biologique.Prendre la clé des champs De plus en plus de citadms embrassent la profession de maraîcher EMILIE EOLIE-BOIVIN Il y a dix ans, quand elle avait sa garderie, si on avait dit à Amélie Sarrasin qu\u2019elle reprendrait un jour des études \u2014 en agriculture ! \u2014, elle aurait éclaté de rire.Cette citadine a déjà habité à la campagne en France, mais elle n\u2019aurait jamais pu imaginer le virage qui l\u2019attendait une fois terminées ses études de trois ans en Gestion et technologies d\u2019entreprise agricole, à l\u2019Université McGill.«De plus en plus de gens de la ville caressent cet idéal de vivre à la campagne, en se disant que la vie serait plus facile, remarque cette mère seule avec trois enfants.La vie dans une petite ferme maraîchère, ce n\u2019est pas seulement regarder de beaux légumes qui poussent au soleil, ce sont des semaines de travail de 80 heures!» Lucide, Amélie embrasse malgré tout les risques de ce nouveau métier.En plus des bénéfices que la campagne peut avoir pour des enfants vivant avec une déficience intellectuelle, Amélie Sarrasin a l\u2019environnement à cœur et une volonté de changer le monde par l\u2019alimentation.Elle est consciente des bienfaits d\u2019une agriculture soutenue par la collectivité, à l\u2019instar de nombreux «néofermiers non apparentés ».C\u2019est ainsi que le milieu appelle ces nouveaux fermiers qui ne viennent pas d\u2019une famille d\u2019agriculteurs et qui amorcent un retour à la terre.Au Cégep de Victoriaville en particulier, cet engouement pour la terre chez les néofermiers est remarqué.Le nombre d\u2019inscriptions a doublé, presque triplé, dans la technique Gestion et technologies d\u2019entreprise agricole, profil Production légumière et fruitière biologique.Si bien que le cégep n\u2019a eu d\u2019autre choix que de contingenter le profil cette année.Une première depuis sa création, en 1987., Alors que la majorité des étudiants du profil Elevage proviennent d\u2019une lignée d\u2019agricul- « Quand je travaille la terre,je ne pense à rien d\u2019autre qu\u2019au moment présent» teurs, ce n\u2019est pas le cas de la plupart des étudiants du profil en fruits et légumes, explique Ghislain Jutras, un enseignant au programme de Victoriaville.«Le maraîchage est une bonne porte d\u2019entrée pour s\u2019établir, explique celui qui accompagne les jeunes pendant dix mois dans les fermes du campus.Surtout que plusieurs maraîchers ont montré qu\u2019ils peuvent très bien gagner leur vie sur des terres de moins de dix hectares.» La révolution du Jardinier maraîcher L\u2019élève modèle n\u2019est nul autre que Jean-Martin Fortier, auteur et producteur à échelle humaine.«Son livre.Jardinier maraîcher: Manuel d\u2019agriculture biologique sur petite surface, a soulevé toute une passion, se rappelle Isabelle Joncas, chargée du projet, du Réseau fermiers de famille chez Equiterre.Quand le livre est sorti, notre téléphone n\u2019a pas dérougi de gens qui étaient prêts à lancer leur ferme.» Pour le moment, Equiterre ne remarque pas une augmentation tangible.Le Réseau s\u2019enrichit chaque année d\u2019une dizaine de nouvelles fermes de famille membres, en majorité des nouveaux projets de néoruraux non apparentés.Une stabilité tout à fait normale, estime M\u201c® Joncas, puisque l\u2019effet du livre de Jean-Martin Fortier prendra du temps avant d\u2019pvoir un impact sur le nombre de membres d\u2019Equiterre, le temps que les néofermiers fassent leurs classes au cégep.Mais l\u2019engouement est là.L\u2019association des Marchés publics du Québec, qui accueille surtout les produits de fermes à échelle humaine, est passée de 65 à 100 marchés publics entre 2008 et 2014 et s\u2019est enrichie d\u2019une quinzaine de nouveaux marchés publics cette année.Ce changement de cap, Pascal Thériault, de l\u2019Université McGill, le relie à une tendance plus large.«Dans les émissions de cuisine à la télé.on ne montre plus seulement des recettes, on parle désormais de la provenance de la nourriture, explique le chargé de cours du programme Gestion et exploitation d\u2019entreprise agricole.Il y a un réel intérêt, pas seulement pour ce qu\u2019on mange, mais pour comment ce qu\u2019on mange est produit.» Sur les 43 admissions cette année au programme collégial de l\u2019Université McGill, 5 étudiants n\u2019ont aucun lien avec le monde agricole, ce qui est cinq fois plus qu\u2019il y a cinq ou dix ans, estime l\u2019enseignant.Du rêve à l\u2019entreprise À ses élèves qui entrent aux études en majorité vers 17 ou 18 ans, Pascal Thériault enseigne la comptabilité agricole.Son rôle est de rappeler à ces néophytes (tout comme aux enfants d\u2019agriculteurs) que l\u2019agriculture reste une entreprise et exige d\u2019avoir un côté entrepreneur.En somme, de briser la vision idéalisée un peu «grano» de l\u2019agriculture durable qu\u2019ont les jeunes en démarrage.«C\u2019est très noble, mais si on ne fait pas un sou, ce ne sera pas soutenable longtemps.Et c\u2019est long avant d\u2019accepter ce bout-là.Ultimement, il faut qu\u2019on puisse en vivre et que la flamme continue à brûler sans se brûler soi-même.» Derrière ce retour à la terre, il y a un réel désir d\u2019échapper à la frénésie de la société de consommation, de retourner à des bases plus réalistes.À ce que devrait être la vie au quotidien.De se déconnecter du bruit.À court ou moyen terme, Amélie Sarrasin ne pense pas «paqueter» ses petits pour déménager en milieu rural.«J\u2019ai quand même besoin de la ville», dit l\u2019étudiante, qui souhaite entreprendre un projet de ferme éducative en ville ou lancer une petite production maraîchère.Les îdées ne manquent pas.«C\u2019est vrai que je recherche ce fameux retour aux sources.Quand je travaille la terre, je ne pense à rien d\u2019autre qu\u2019au moment présent.Et c\u2019est une chose de plus en plus difficile à trouver de nos jours.» Le Devoir Arctique, le mystère des peuples disparus Il y a 700 ans, une culture entière semble avoir disparu de l\u2019Arctique: les Dorsets, le dernier des peuples anciens de la région.Avant les habitants actuels de l\u2019Arctique, dont les Inuits et les Cris, 11 y avait eu depuis environ 5000 ans d\u2019autres cultures, regroupées sous le terme général de «paléo-esqul-maux».On connaît un peu les Dorsets à travers leurs artefacts découverts dans le Grand Nord canadien et le Groenland.Ont-Ils été progressivement poussés à l\u2019extinction par l\u2019avancée des ancêtres des Inuits, ou se sont-ils assimilés à eux ?Une analyse génétique de 169 échantillons de cheveux et de dents (récoltés au Groenland, au Canada et en Sibérie) publiée en août dans la revue Science par une équipe Internationale fait pencher la balance vers une extinction, et pas progressive du tout.Le portrait qui se dégage est plutôt celui d\u2019une population qui a migré de la Sibérie vers l\u2019Amérique en une seule fols, qui aurait vécu en Isolement pendant 4000 ans, avant de disparaître en un laps de temps aussi court qu\u2019un siècle.Ils n\u2019auralent pas de descendants parmi les peuples actuels de l\u2019Arctique.«Si ça se confirme, ça serait une surprise», explique au New York Times le biologiste de l\u2019évolution, Eske Wlllerslev, de l\u2019Université de Copenhague, au Danemark.«Parce que chaque fois que des peuples se rencontrent, nous découvrons des preuves d\u2019échanges sexuels entre eux.» Les découvertes génétiques des dernières années autour des Néandertallens en sont l\u2019exemple le plus connu.Que leur est-11 donc arrivé?À défaut d\u2019une machine à voyager dans le temps, on peut se tourner vers la génétique : si les ancêtres des paléo-esquimaux sont bel et bien arrivés en Amérique 11 y a environ 5000 ans, par une seule migration, cela suggère une plus faible variété génétique.Or, la biologie dit qu\u2019une faible variété génétique signifie plus de vulnérabilité à une épidémie par exemple, ou à un changement brusque dans le climat.Mais ce sont des hjjpothèses.Les chercheurs espèrent mettre la main sur des squelettes plus anciens, autant en Amérique qu\u2019en Sibérie, qui permettront d\u2019avoir une idée plus juste de l\u2019évolution de ces génomes à travers les millénaires.En attendant, la recherche dans Science nourrit l\u2019imaginaire : même le fait d\u2019avoir survécu près de 5000 ans dans les conditions les plus hostiles de la planète ne garantit pas votre survie à long terme.Agence Science-Presse A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 22 SEPTEMBRE 2014 EDITORIAL ENVIRONNEMENT Agitations chinoises Les conséquences écologiques du tout-à-la-croissance du PIB créent de plus en plus de tensions sociales en Chine.La population prend manifestement la mesure des enjeux écologiques que soulève le développement économique du pays.S\u2019ouvre dans ce contexte, mardi à New York, un énième sommet sur les changements climatiques.Les plus hautes instances du pouvoir chinois n\u2019ont pourtant pas jugé utile de s\u2019y rendre.L Guy Taillefer es manifestations pro-environnement sont au cœur des mouvements de contestation sociale en Chine.La vérité ne circulant pas en ce pays avec la plus grande fluidité, les observateurs et les correspondants décodent autant qu\u2019ils affirment.On sait néanmoins que les manifestations contre l\u2019installation d\u2019usines polluantes en milieu urbain se sont comptées par centaines l\u2019année dernière.L\u2019un des principaux dénominateurs communs de ces manifestations est l\u2019opposition soulevée par la construction en grand nombre d\u2019incinérateurs à déchets.Les Chinois produisent annuellement plus de 360 millions de tonnes d\u2019ordures ménagères, une quantité qui croît de 8% par année.Environ la moitié de ces déchets sont à l\u2019heure actuelle déversés dans des sites d\u2019enfouissement, 12% sont brûlés et f0% sont utilisés comme fertilisants.En 201 f, la Chine a annoncé la construction sur cinq ans de 300 incinérateurs dotés d\u2019installations de transformation des déchets en énergie.À terme, l\u2019objectif est que 30% de tous les déchets soient brûlés dans ces incinérateurs.Il y a une semaine, de fOOOO à 20000 personnes ont manifesté contre un projet d\u2019incinérateur dans le district de Bulou, dans la province de Guangdong.Une vingtaine de manifestants ont été arrêtés pour avoir «troublé l\u2019ordre social».Sous pression, les autorités ont assuré que le projet n\u2019était pas confirmé et ont promis que des audiences publiques seraient tenues.En mai, mobilisation semblable de la rue contre des projets d\u2019incinérateur dans la ville de Wenzhou, dans le centre du pays, et dans le district de Yuhang, dans l\u2019est.Là encore, les projets ont été «suspendus» devant l\u2019opposition publique \u2014 en comptant qu\u2019elle pourrait être amadouée plus tard.Un autre dossier écologique brûlant touche à la production de paraxylène (PX), une substance toxique qui entre dans la fabrication de textiles de polyester et de bouteilles de plastique.La Chine est, depuis 2010, le plus grand producteur de PX au monde, ainsi que son plus grand consommateur.Des projets de construction de complexes pétrochimiques de PX ont été lancés dans plusieurs grandes villes, avec à la clé protestations et affrontements avec la police.Comme à Maoming, dans le sud, cœur industriel du pays, oû des manifestations ont eu lieu au printemps et contre lesquelles la propagande officielle a lancé sa machine en faisant valoir que le PX était «un élément important de l\u2019édification d\u2019une vie heureuse» et qu\u2019««7 n\u2019était pas plus cancérigène que le café».Dans un pays politiquement opaque, aux prises avec de graves problèmes de qualité de l\u2019air et d\u2019eau potable, la détérioration de l\u2019environnement est un enjeu devant lequel un grand nombre de Chinois ont compris qu\u2019ils ne pouvaient pas faire l\u2019autruche.Tous ces soulèvements populaires sont la partie visible de l\u2019iceberg d\u2019un activisme qui s\u2019amplifie.Dans un sondage réalisé l\u2019année dernière par l\u2019Université Jiao Tong de Shanghai, près de 80% des répondants ont estimé que la protection de l\u2019environnement devrait avoir préséance sur le PIB.Les dirigeants chinois n\u2019ont cure de ces urgences.Le président Xi Jinping a décidé de ne pas aller au sommet de l\u2019ONU sur les changements climatiques, oû sont attendus une centaine de chefs d\u2019Etat et de gouvernement.Le premier ministre indien, Narendra Modi, chef de l\u2019autre grande puissance asiatique émergente et polluante, n\u2019y ira pas non plus.Ni d\u2019ailleurs notre négationniste Stephen Harper.N\u2019est-il pas partout minuit moins cinq?PROTECTION DE L\u2019EAU POTABLE Les apparences e constat est si cinglant qu\u2019il faut lui porter attention : vendredi, cinq scientifiques indépendants ont rendu publique leur analyse du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection.Vingt-cinq pages qui se ramassent en un mot: «mystification».La lecture de leur rapport nous amène derrière les apparences d\u2019une annonce qui, lorsqu\u2019elle a été faite en juillet dernier, n\u2019a pas suscité de hauts cris.Certes, le gouvernement libéral ne répondait pas à toutes les demandes en présentant son règlement de protection de l\u2019eau potable face aux velléités de forage de l\u2019industrie pétrolière, mais au moins des normes étaient fixées.Et si les 500 mètres de distance dorénavant exigés entre un site de forage et un puits artésien étaient bien en deçà des 2 kilomètres adoptés par 80 municipalités du Québec, la norme était l\u2019une des plus sévères en Amérique du Nord, disait le ministre de l\u2019Environnement, David Heurtel.En décortiquant le règlement entré en vigueur à la mi-août, le collectif de scientifiques en dégage toute la poudre aux yeux.Ainsi, on encadre la profondeur des forages faits à l\u2019horizontale, sans souligner que des extensions verticales pourront s\u2019y greffer, en plein dans la zone tampon.De même, la définition de ce qu\u2019est une fracturation ne comprend plus le fait «élargir des fissures déjà existantes» que l\u2019on retrouvait dans le projet de réglementation du gouvernement péquiste.Le gouvernement aurait pu aussi attendre le rapport du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement, qui se penche actuellement sur le gaz de schiste, avant de trancher, mais il était pressé.Le règlement est «manifestement improvisé pour une application urgente à Anticosti et à Gaspé», dit le groupe.De fait, l\u2019entreprise Junex prévoit quatre forages en Gaspésie cet automne, alors que Pétrolia doit procéder au forage du puits Haldi-mand 4, à Gaspé, en octobre.Et Québec affiche clairement son préjugé favorable envers l\u2019industrie pétrolière.il le redisait d\u2019ailleurs vendredi, dans un communiqué faisant état de la mise en place d\u2019une «unité de vigilance permanente sur les hydrocarbures».Son mandat: «établir un canal de communication efficace avec les promoteurs d\u2019infrastructures pétrolières et gazières».Son objectif: que l\u2019information touchant la sécurité des gens et la protection de l\u2019environnement soit bien transmise aux communautés concernées.Son premier mandat: l\u2019inversion du flux pétrolier de l\u2019oléoduc 9B appartenant à Enbridge.Notre constat: les mots se veulent à nouveau très rassurants.Notre question: le flux de ce «canal de communications» sera-t-il vraiment dirigé vers les citoyens ou coulera-t-il en faveur des compagnies pétrolières?Vu ce que l\u2019on sait, il est permis de douter.Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET C'GT ItVfwT QU» P LETTRES La souveraineté reste à expliquer, M.Lisée Monsieur Jean-François Lisée, après vous avoir entendu à l\u2019émission Deux hommes en or il y a quelques jours, alors que vous disiez que la population québécoise sait très bien de quoi il retourne lorsqu\u2019il est question de souveraineté, je me suis dit que vous faisiez fausse route.Plusieurs ignorent les tenants et aboutissants d\u2019une telle démarche.Pourquoi donc?Parce que personne ne le leur a expliqué.Si, à l\u2019instar de Jean-Martin Aussant, vous admettiez qu\u2019une réelle pédagogie de la souveraineté reste à faire, je vous suivrais sans doute, car je me dirais qu\u2019enfin, les campagnes de peur ne fonctionneraient plus auprès de tous ces gens que des fédéralistes menacent d\u2019instabilité économique et de perte de leurs droits linguistiques.Je me dirais qu\u2019enfin, de réels échanges pourraient avoir lieu sur le projet de société dont nous rêvons.Je me dirais que les mots indépendance, souveraineté et république ne seraient pas prononcés du bout des lèvres, malencontreusement.Etre transparent sur la tenue ou non d\u2019un référendum n\u2019est pas suffisant.Monsieur Lisée.Il faut y croire.Mettre l\u2019idée en avant.La faire belle et inspirante pour les gens de toute classe sociale, de toute origine.Qu\u2019elle soit l\u2019objet de discussions de salon.Qu\u2019elle soit au cœur d\u2019une enûevue de fond présentée à la télévision et pas seulement dans ime entrevue écourtée de trois minutes.Les gens n\u2019attendent qu\u2019un dirigeant inspiré et inspirant pour lui emboîter le pas.Entre la transparence (ce que vous proposez) et quelque chose comme l\u2019espoir, la démonstration et l\u2019audace, mon choix est clair.Il me semble que l\u2019heure est à l\u2019humilité; les onistes et les péquistes devraient s\u2019unir et revoir ensemble leur plan de match.Un plan séduisant Le travail de vulgarisation de René Lévesque est à refaire.Monsieur Lisée.Et ne dit-on pas que la connaissance libère?Geneviève Bernèche Saint-Paul, le 17septembre 2014 Ce gouvernement est illégal Personne au Québec n\u2019a donné le mandat aq Parti libéral, en avril dernier, de saccager l\u2019État et ses services publics, comme s\u2019apprêtent à le faire Couillard et ses ouailles.Qui plus est, un gouvernement qui abandonne lâchement ses municipalités et ses citoyens à des poursuites judiciaires intentées par des entreprises privées n\u2019a plus la légitimité morale de gouverner.Qn doit donc par tous les moyens destituer ce gouvernement illégal du pouvoir.Si le référendum révoca-toire n\u2019existe pas encore au Québec, il faudra que la rue l\u2019invente.Marc Beaudoin, Val-d\u2019Or, le 17septembre 2014 Harper, l\u2019humoriste Le premier ministre Stephen Harper ne manque décidément pas d\u2019humour.Quelques heures avant le référendum écossais, il a affirmé que si le camp du Qui l\u2019emportait, l\u2019intérêt global, de même que les intérêts qui unissent le Canada et le Royaume-Uni en souffriraient.Poussant le trait d\u2019humour plus loin, il a évoqué les enjeux de terrorisme, d\u2019échanges commerciaux, l\u2019épidémie d\u2019Ebola et le changement climatique.Le changement climatique.Elle est quand même formidable, celle-là! Comme si la souveraineté du peuple écossais allait nuire au climat et causer la fonte des glaciers.Plus encore, comme si M.Harper avait moindrement à cœur l\u2019environnement alors que son gouvernement a démantelé des décennies d\u2019efforts environnementaux par divers projets de loi omnibus.Paut-il aussi rappeler que Canada s\u2019est retiré en 2012 du protocole de Kyoto et qu\u2019il encourage généreusement les controversés sables bitumineux ?Ce faisant, entendre M.Harper, dans toute sa splendeur et son sérieux, évoquer l\u2019enjeu du changement climatique, tient de l\u2019audace loufoque.Qn imagine les journalistes ayant recueilli les propos du premier ministre s\u2019empêcher de pouffer de rire devant telle absurde plaisanterie.Étienne Boudou-Laforce Sherbrooke, le 18 septembre 2014 LIBRE OPINION Les difficultés de la sécession en démocratie STEPHANE DION Député libéral fédéral de Saint-Laurent-Car tierville Presque toutes les démocraties se déclarent indivisibles.Qn y considère qu\u2019on ne peut enlever aux citoyens, contre leur gré, leur appartenance au pays.Au Canada et au Royaume-Uni, on raisonne différemment: on estime que l\u2019unité du pays ne peut reposer que sur le désir de demeurer ensemble.Il reste qu\u2019un référendum d\u2019autodétermination n\u2019est pas un exercice plaisant.Qn a prétendu que la campagne référendaire écossaise s\u2019était mieux déroulée que ce que nous avons vécu en 1980 et en 1995.Én fait, une enquête d\u2019opinion montre que près de la moitié des électeurs du Non se sont sentis «personnellement menacés».Des politiciens du Non ont dû interrompre leurs discours tant ils se faisaient chahuter.Les enquêtes rapportent des tensions dans les familles, entre amis, au travail.Des institutions ont été intimidées, des entreprises menacées de boycottage.Comme chez nous, le débat a été ardu en raison du clivage identitaire : les sondages montrent que l\u2019appui au Qui a été plus fort chez les électeurs dont les deux parents étaient écossais.Comme chez nous, les leaders du Qui ont dénoncé comme une campagne de peur les mises en garde contre les perturbations économiques inévitables qui accompagneraient le processus de sécession.Mais en fait, il peut être rationnel pour des agents économiques de vouloir investir ailleurs que dans une région sécessionniste, comme il est rationnel pour le pays originel de ne pas offrir au nouveau pays de siège à sa banque centrale, ou pour l\u2019Europe de poser au nouveau pays ses conditions d\u2019adhésion.La fierté ou la peur En Écosse comme au Québec, les leaders du Qui ont défini l\u2019enjeu du référendum comme un choix entre la fierté et la peur.Comme chez nous en 1995, les leaders écossais du Non ont tardé à répondre qu\u2019un vote pour le Non, c\u2019est aussi un vote de fierté : il y a tout lieu de se montrer fier de l\u2019essentielle contribution des Québécois à l\u2019essor du Canada, et des Écossais à celui du Royaume-Uni, deux pays enviés dans le monde entier.La négociation d\u2019une sécession n\u2019a jamais été tentée ep démocratie bien établie.Scinder un État moderne et démocratique serait une tâche colossale.Il faudrait agir dans le respect des droits de tous, dans le cadre juridique du pays, comme l\u2019a confirmé notye Cour suprême.La négociation en Écosse aurait été lancée sans le risque d\u2019une séces- sion unilatérale, entreprise impraticable en démocratie.La sécession de l\u2019Écosse soulèverait moins de problèmes pratiques que celle du Québec, ne serait-ce qu\u2019en raison de sa taille relativement plus petite et de sa position géographique décentrée.Mais elle se heurterait quand même à une foule de difficultés : renégociations d\u2019ententes, transferts de fonds, de lois, de fonctionnaires, etc.Le gouvernement écossais se donnait 18 mois pour y arriver, délai jugé trop optimiste par le gouvernement britannique.Cette négociation était toutefois mal partie, le premier ministre écossais menaçant déjà de ne pas payer sa part de la dette, geste irréaliste et irresponsable.Les négociateurs auraient été placés dans une situation impossible si la majorité avait retiré son appui à la sécession à mi-chemin du processus.Il vaudrait mieux qu\u2019une rupture aussi existentielle et irréversible ne soit négociée que sur la base d\u2019une majorité claire, qui risquerait moins de fondre face aux difficultés.Une claire majorité : c\u2019est la règle qui prévaudrait au Canada pour s\u2019engager dans de telles négociations.Heureusement pour tous.Et plus heureusement encore, nous Québécois, avons dit et répété que nous voulions demeurer de fiers Canadiens. LE DEVOIR LE LUNDI 22 SEPTEMBRE 2014 A 7 IDEES LE TRAITÉ DE PARIS À QUÉBEC L\u2019autre document significatif de raprès-1759 Il aurait été intéressant d\u2019exposer la fameuse Déclaration sur les dettes du Canada SOPHIE IMBEAULT Editrice et historienne e 10 février 1763, un traité de paix est signé à Paris.Il met fin à une guerre qui a embrasé le monde pendant non pas sept, mais bien neuf ans.Si le conflit trouve sa conclusion autour d\u2019une table réunissant les diplomates français, anglais, espagnols et portugais, l\u2019Amérique est directement concernée.Les Anglo-Américains et les Canadiens se sont affrontés depuis 1754 pour la défense de leur patrie.L\u2019article 4 du traité cède le Canada à la Grande-Bretagne.Pour la population française dispersée en Amérique, le choc est brutal.Ces quelque 90000 personnes devront décider si elles veulent rester ou partir.Mais, à court terme, un autre document, signé le même jour, est plus important à leurs yeux.Au lendemain d\u2019une ^erre, l\u2019argent est vital pour se procurer le strict nécessaire, pour reconstruire les maisons, bref pour survivre.Dans une déclaration tenant sur une page, Cqsar Gabriel de Choiseul-Praslin, secrétaire d\u2019Etat des Affaires étrangères, s\u2019engage à payer tous les billets et lettres de change pour les fournitures faites aux troupes françaises par les Canadiens, car «Sa Majesté très chrétienne [est] très disposée à rendre à chacun la justice qui lui est légitimement due».Cela, dans un délai raisonnable.Les Canadiens, mais aussi les marchands français et britanniques, les Acadiens et les Amérindiens qui en possèdent, poussent un profond soupir de soulagement.Une dette énorme En étudiant le sort du papier du Canada, qui comprend monnaie de cartes, certificats, ordonnances et lettres de change, on découvre que les Canadiens ont en bonne partie financé la guerre.Le processus de règlement sera long et complexe et aboutira à d\u2019immenses pertes financières pour les porteurs à chacune des étapes.Une de ces étapes consiste, pour la Cour de Erance, à établir le montant de ses créances.Elle nomme la commission Eonta-nieu à cette fin.Pour les Canadiens, près de trois ans ont passé depuis le départ des troupes, l\u2019inquiétude est palpable.Des pétitions et des mémoires sont adressés aux ministres pour connaître le sort de cette monnaie.Deux séries successives de déclarations des détenteurs de papier monnaie sont effectuées au Canada en 1763 et 1764.La dette est énorme : 83 millions de livres pour fournitures et dépenses effectuées dans la colonie.Comment en est-on arrivé là?Le numéraire a toujours été rare en Nouvelle-Erance.Les autorités émettent donc de l\u2019argent de papier.L\u2019ensemble de la société en détient, des enJfants mineurs en passant par les officiers nobles.Les déclarations dressent le portrait fascinant d\u2019une population à la fin du Régime français, des mouvements de l\u2019armée, des traces des batailles.Plusieurs sont dits absents du pays, présentement en Erance ou réfugiés.Effort de guerre Voici divers cas parmi les 3500 déclarations produites dans la colonie : Erançois Montan-baux, un habitant de Deschambault, et le négo- ciant Jean Taché ont effectué plusieurs voyages et vendu des fournitures pour le service.Taché souligne que cela a eu lieu en 1759 alors que l\u2019armée française était au fort Jacques-Cartier puis à la bataille de Sainte-Eoy en 1760.Des habitants des seigneuries de Beaumont et de Sainte-Croix se sont départis d\u2019un cheval pour la cavalerie, d\u2019autres de Sainte-Eamille et de Charlesbourg, des animaux pour subvenir aux besoins de l\u2019armée.Vincent Rioux, de Trois-Pistoles, a vendu un bœuf aux hommes du détachement de Boishébert le 11 juillet 1759 et Pierre Bernard, de Lotbinière, des vivres au camp de Miramichi le 2 juin 1760.La nourriture est rare, mais il faut approvisionner les troupes.On manque de tout.La veuve Ange Dion, de l\u2019île Verte, a servi plusieurs repas à des officiers de L\u2019Aigle et fourni le transport pour les courriers employés au service.D\u2019autres ont donné du temps au roi et à son armée.C\u2019est le cas des enfants de la veuve Chenevert et de Pierre Mercure, capitaine de milice, qui a travaillé 270 jours au fort Jacques-Cartier.Certains métiers, tels que les charpentiers, voiliers, chirurgiens et forgerons, sont mobilisés.Bernard Planté, de Pointe-aux-Trembles, et Bernard Dubergé, de Saint-Thomas, ont donné heures et médicaments comme chirurgiens pour les hôpitaux militaires et ambulants.Le forgeron Jean-Baptiste Paquet, de Québec, a effectué des ouvrages de forge pour l\u2019artillerie qn 1759 et Liévain Pournier, habitant des Ecureuils, a loué sa forge et fourni du charbon.Les communautés religieuses détiennent de fortes sommes en argent de papier.C\u2019est le cas des religieuses de l\u2019Hôpital général de Québec, qui ont soigné les blessés en plus de fournir des marchandises à l\u2019armée, tandis que la fabrique de l\u2019église de Cap-Santé procurait du bois de charpente, des planches et des madriers pour la construction du fort Jacques Cartier.Remboursement Ce ne sont là que quelques exemples de l\u2019effort de guerre des Canadiens.Comment s\u2019en sortent-ils face aux Britanniques qui peuvent payer comptant des seigneuries, des maisons ?Antoine Rode, crieur public à Québec, est l\u2019un de ceux qui se voient obligés de vendre sa maison.Il a accepté en contrepartie 12 000 livres en ordonnances et 24 piastres en espèces.Qn comprend son inquiétude, il risque de tout perdre si le roi ne rembourse pas.La Erance a-t-elle honoré son engagement?Trop peu trop tard.Tergiversations, formation d\u2019une commission, arrêts multiples, revirements, la Cour cherche visiblement à gagner du tepips pour finalement rembourser, mais si peu.À l\u2019occasion de la venue du traité de Paris à Québec, il aurait été intéressant d\u2019avoir la fameuse Déclaration sur les dettes du Canada relative à l\u2019article 4 du traité définitif qui a tant rassuré les Ange Diqn, Pierre Mercure et Jean-Baptiste Paquet.Etonnamment, l\u2019original semble avoir disparu, mais une copie subsiste aux archives de La Courneuve.Cet épisode douloureux que fut le règlement des papiers du Canada n\u2019est qu\u2019une des nombreuses conséquences que subissent les Canadiens après la cession.La déclaration n\u2019est pas un simple document de quelques lignes, elle a entraîné la production de milliers de pages.Ultimement, il a donné de l\u2019espoir à une population qui voulait continuer à vivre, même si ce devait désormais être sans la mère patrie.Alors, on fait quoi au juste ?Une démarche possible pourrait être lancée par une résolution à l\u2019Assemblée nationale CLAUDE MORIN Ancien ministre des Affaires intergouvemementales du Québec Extrait du livre Je le dis comme je le pense (Boréal) qui paraîtra mardi.our tout gouvernement du Québec, D tolérer les conséquences du coup de force de 1980-1981 \u2014 par lassitude ou parce qu\u2019il s\u2019imaginerait désarmé devant elles \u2014 équivaudrait à renoncer à défendre les positions soutenues par ses prédécesseurs depuis des décennies, et ne rien entreprendre d\u2019original pour redresser la situation reviendrait à abdiquer devant la conception trudeauiste du Canada.Pour débloquer les choses, il serait vain de miser sur une initiative qui viendrait d\u2019Qttawa ou du reste du Canada.Vain également, on l\u2019a compris, de compter sur un référendum gagnant qui aurait la souveraineté pour thème.Est-ce à dire que le Parti québécois, de retour au pouvoir, serait pour autant condamné à attendre que, grâce à son militantisme ou à quelque crise, les conditions deviennent propices à l\u2019organisation d\u2019un nouveau référendum?Nullement.Si, comme je l\u2019ai dit plus haut, la souveraineté est et doit demeurer le moyen privilégié du PQ pour atteindre l\u2019objectif que constitue l\u2019épanouissement de l\u2019identité québécoise, il ne s\u2019ensuit pas que l\u2019impossibilité présente de recourir à ce moyen le prive automatiquement de tout autre.Chez un gouvernement péquiste, la passivité et le renoncement seraient incompréhensibles, inouïs.Pour s\u2019épargner un combat qu\u2019il détesterait devoir livrer au sein du régime, il donnerait tacitement sa caution à une perfidie dont il a pourtant été le premier à condamner, avec Dieu sait quelle vigueur, l\u2019impact délétère ! Ce serait décidément insensé.En arrière-plan, il y a également la mondialisation en cours qui tend à niveler les différences nationales.Eaudrait-il la subir avec résignation chez nous parce qu\u2019un gouvernement péquiste aurait décidé qu\u2019il n\u2019y a rien à faire, sauf accéder à la souveraineté qui, pour le moment, ne se profile hélas pas à l\u2019horizon?De plus, à la mode dans nos milieux branchés \u2014 équivalents de la « gauche caviar » en Erance \u2014, un certain snobisme, avatar de la rectitude politique, tient pour périmée l\u2019idée de nation et pour «ringard» le besoin d\u2019affirmer la spécificité québécoise, de la défendre et de la renforcer.Quant au multiculturalisme dans son sens Canadian, il est devenu une norme morale, presque religieuse, que l\u2019on oppose volontiers et en toute bonne conscience aux aspirations québécoises.À quoi il faut joindre l\u2019idéologie capitularde des bonnententistes et des prosélytes postmodernes de la dilution nationale, qui considèrent en fait que la tolérance envers l\u2019Autre doit se traduire chez nous par la bonasserie et, pourquoi pas, par l\u2019autoflagellation.Règle qui ne vaut que pour les Québécois « de souche », naturellement racistes, bien entendu, et bornés.Aucun peuple Ouèbc^ ALAIN RENAUD LE DEVOIR Claude Morin et René Lévesque lors du congrès du Parti québécois de 1974, ayant comme thème « Le Québec, ça vaut le coup ! ».ailleurs au monde n\u2019est ainsi invité à être discret au point de s\u2019effacer.Nous sommes chez nous au Québec, mais, selon la vision désincarnée de nos cosmopolites du cru et autres conquis contents, cela ne devrait pas trop paraître ! Qn est porté à se demander à la blague quelle sorte d\u2019acte épouvantable nous aurions commis comme peuple \u2014 ou aurions le sombre dessein de commettre \u2014 qui puisse exiger notre repentir d\u2019exister, auquel se lierait, pour faire bonne mesure, notre résolution rédemptrice de nous éclipser en silence.Démarche possible Les considérations développées jusqu\u2019ici mènent à une démarche dont les modalités exactes dépendraient, comme il se doit, de la conjoncture.L\u2019Assemblée nationale approuverait une résolution qui expliquerait brièvement pourquoi aucun gouvernement québécois n\u2019a ratifié la Constitution imposée au Québec en 1982, évoquerait les tentatives ultérieures visant à corriger la situation ainsi créée (l\u2019Accord du lac Meech et l\u2019Accord de Charlottetown), rappellerait les prises de position sur la nation québécoise votées à Qttawa et à Québec dans les années qui suivirent et préciserait que la résolution est conforme à la procédure suggérée par la Cour suprême.La résolution présenterait ensuite la liste des éléments qui seraient de nature à réparer le gâchis du «rapatriement».Qn peut penser que ces éléments s\u2019apparenteraient à ceux qui ont été mentionnés dans la nomenclature présentée plus haut La résolution adoptée, le gouvernement du Québec la transmettrait formellement au gouvernement fédéral.De concert avec l\u2019Assemblée, il évaluerait le résultat des pourparlers qui s\u2019ensuivraient.En cas de retard indu ou de refus fédéral sous un prétexte quelconque, interviendrait alors la volonté des Québécois eux-mêmes, comme citoyens, pas seulement celle de leur Assemblée nationale.Le gouvernement soumettrait à un référendum une proposition globale qui, émanant de la résolution déjà votée, référerait à la totalité ou, selon les circonstances, à plusieurs des éléments nécessaires à une authentique reconnaissance constitutionnelle de la nation québécoise.La question référendaire pourrait ressembler à ceci : Approuvez-vous la proposition sur (tel sujet) votée par l\u2019Assemblée nationale ?Le référendum pourrait se tenir après un délai raisonnable suivant la transmission de la résolution à Qttawa.Il existe cependant une autre possibilité.Elle éviterait une campagne référendaire à l\u2019intérieur d\u2019un mandat gouvernemental au cours duquel des dossiers importants (santé, éducation, économie, finances publiques) exigent l\u2019attention des élus.Moyennant une modification de la Loi sur la consultation populaire, le référendum pourrait coïncider avec la campagne électorale où le gouvernement demanderait le renouvellement de son mandat.La simultanéité élection-référendum se pratique déjà dans d\u2019autres pays.Une double consultation accroîtrait certainement la participation populaire, tant à l\u2019élection qu\u2019au référendum, à un moindre coût pour les deux ensemble que s\u2019ils étaient séparés dans le temps.Il va de soi que l\u2019obligation de négocier induite par la (Jour suprême ne signifie pas qu\u2019elle mènerait immanquablement à un accord.La suite dépendrait de la réaction des Québécois au déroulement des événements.Actuellement, le Parti québécois ne peut pas entreprendre la démarche décrite ici, mais il pourrait l\u2019ajouter à son programme.Pour certains, cette démarche paraîtra, à première vue, se situer dans le prolongement des essais passés de négociations constitutionnelles globales, toutes infructueuses et exaspérantes, j\u2019en^ sais quelque chose.A première vue, peut-être.A la réflexion, pas du tout.Elle serait au besoin fondée sur l\u2019approbation préalable et vérifiable de la population, ce qui n\u2019a jamais été le ças auparavant.A défaut d\u2019une souveraineté prochainement réalisable, il faut, pour consolider et manifester l\u2019identité nationale qui caractérise le Québec, se tourner vers les moyens encore disponibles.D\u2019où la nécessité, non seulement pour le PQ, mais pour l\u2019ensemble des Québécois, de s\u2019orienter vers un projet qui a, lui, l\u2019avantage de convenir d\u2019emblée à une forte proportion d\u2019entre eux, même s\u2019il déplairait à Ottawa et au reste du Canada : la reconnaissance explicite de la nation québécoise dans la Constitution canadienne.Un tel projet collerait à la tendance la plus lourde de notre société, sa conscience de former une nation.La réalisation du projet annulerait, en ce qui la touche, les séquelles néfastes du coup de force de 1980-1981 tout en gardant l\u2019avenir ouvert.On passerait des belles paroles sur la nation québécoise à des actes qui leur donneraient un effet concret.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine RobitaiUe (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste); information générale : Isabelle Paré {chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Philippe OrfaU (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel Dav\\A(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter)-, Véronique Chagnon et Louis Gagné (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane BaiUargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), JuHe Carpentier (pupitre)-, information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins, Eric Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettino-ParazelU {reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives)-, section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie EoUe-Boivin (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Erappier, Benoît Munger, Philippe Papineau et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Elorence Sara G.Eerraris (assistants) ; correction : Andréanne Bédard,^Christine Dumazet et Michèle Malenfant ,\u2022 soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire) ; Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBOClTE Edith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel EUmam, Nathalie Jobin {par intérim), Claire Paquet, et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais {coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald EiUon, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Olivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie EiUon, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette BéUveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Elorentina Draghici, CéUne Euroy et Véronique Pagé. A 8 LE DEVOIR LE LUNDI 22 SEPTEMBRE 2014 ACTUALITES CINEMA SUITE DE LA PAGE 1 intéressées.Les participants (hommes, femmes entre 25 et 59 ans) ont été recrutés au sein de deux catégories: «actifs à la maison» et «branchés/superconsommateurs», spectateurs d\u2019au moins un film et une série par semaine sur une plateforme ou l\u2019autre.«Compte tenu de la nature qualitative de cette étude, les résultats obtenus ne peuvent être généralisés, y lit-on, cependant la convergence des opinions sur plusieurs sujets permet d\u2019identifier des tendances lourdes.» Le panorama dessiné ici est ime complète mutation par rapport aux habitudes cinéphiliques de jadis.Un kaléidoscope d\u2019écrans Films et séries sont d\u2019abord regardés à des fins de divertissement et de relaxation (Hollywood a la cote), plutôt que de réflexion et d\u2019intérêt stylistique, le film dit cérébral devenant peu à peu, hé- las, un «produit de niche».Mais les nouvelles technologies permettent de voir davantage de films et de séries qu\u2019il y a deux ans.Regarder les uns et les autres demerue une des principales activités de loisir au pays.On le savait déjà: l\u2019industrie québécoise se porte mieux que son pendant canadien (sentiment d\u2019appartenance, star-système maison, etc.).Reste qu\u2019au sein de tous les groupes rencontrés, au Québec comme aillerus, sauf chez deux ou trois individus grands cinéphiles, la quasi-totalité des films est regardée à la maison.Les sorties cinéma se réduisent à une fois par mois, voire tous les deux ou trois mois, souvent réservées aux grandes productions avec effets visuels et sonores, les consomma-teius ayanfi semble-t-il, atteint un point de rupture en ce qui a trait au coûL jugé de plus en plus élevé, d\u2019une sortie en couple ou en groupe.Si la télévision est préférée aux ordinateurs et aux tablettes, pour sa taille et sa qualité de diffusion, un autre écran est utilisé quand le principal est déjà accaparé au foyer.Fait étonnant: la bande-annonce constitue la pre- mière source de référence pour choisir le film à voir, le bouche à oreille orientant d\u2019abord la sélection d\u2019une série.L\u2019humeru (l\u2019envie ce soir-là d\u2019une comédie, d\u2019un film d\u2019action, etc.) détermine aussi le choix d\u2019un film, le fait qu\u2019on le voie seul ou avec d\u2019autres change la donne, le buzz autour de l\u2019œuvre entre en compte.D\u2019autres critères, comme les avis sru Facebook, le bouche à oreille, les critiques sru les sites Web et médias traditionnels, les acterus en vedette, le scénario participent à l\u2019ensemble complexe des mobiles à la clé.Le «bon film» serait celui qui fait vivre ime émotion ou une expérience, à travers un scénario idéalement peu prévisible.La disponibilité de l\u2019œuvre entre en jeu.Vidéotron, Bell, Rogers et même Netflix (peu présent au Québec) ont intérêt à proposer l\u2019œuvre nationale.Circuler sur pareille autoroute réclamerait une présence promotionnelle accrue, une diversification des produits, les critères commerciaux devenant cruciaux, ce qui inquiète aussi.Si l\u2019écoute de la télévision en direct demerue indé-trônée au chapitre des habitudes de consommation, elle est taloimée de près par une quantité d\u2019autres véhicules, dont l\u2019eiuegistreru numérique persoimel, le téléchargement gratuit ou sru aboimement, la vidéo sru demande, les chaînes spécialisées, et même le DVD, toujorus vivant.La formule avec aboimement plateforme d\u2019usage illimité est de loin préférée à rm format «à la pièce» ou gratuit avec encarts publicitaires, ces repoussoirs suprêmes.«Dans cette ère de médias sociaux et d\u2019information instantanée, les productions à petit budget doivent plus que jamais se démarquer, soit par la qualité de l\u2019œuvre, soit par leur approche créative», lit-on.Le bouleversement des habitudes de consommation dans le secteru de l\u2019audiovisuel est bel et bien en cours, pour le meilleur et pour le pire.Cette étude est vouée aux réseaux internes des prenerus de décisions, qui poruraient ou non menacer plu-sierus cinémas et des œuvres fraies qui donnent à penser plus qu\u2019à divertir.Les institutions, prudentes, entendent pour l\u2019heure conserver un devoir de réserve devant les opinions et les constatations exprimées ici.Mais pour combien de temps?Le Devoir MARCHES SUITE DE LA PAGE 1 jectif commun de pousser les responsables politiques à agir «de manière ambitieuse» contre les changements climatiques, et à prendre de réels engagements d\u2019ici la conférence internationale de Paris en 2015.Parmi les manifestants à New York, des gens d\u2019importance et quelques célébrités, comme l\u2019acteur Leonardo DiCaprio, tout juste nommé «messager de la paix» de l\u2019QNU, le chanteur Sting, le secrétaire général de l\u2019QNU, Ban Ki-moon, et l\u2019ancien vice-président américain Al Gore.Plusieurs Canadiens avaient aussi fait le trajet jusqu\u2019à New York pour l\u2019occasion, dont plusieurs membres du groupe environnemental Toronto 350 et Steven GuilbeaulL d\u2019Equiterre.Manifestation à Montréal Au Canada, des rassemblements ont lieu à Toronto, mais également à Montréal, où des milliers de protestataires ont pris les rues d\u2019assaut parapluie au bras dans une grande marche au départ du parc La Fontaine.Sans surprise, des formations politiques réputées plus à gauche et divers syndicats, mais également beaucoup de «simples citoyens», tant jeunes que vieux, anglophones que francophones ont constitué le cœur de ce grand rassemblement pacifique et familial d\u2019après-midi.«On veut préserver la nature», ont dit en chœur Noée et Qriane, deux amoureuses du plein air de 14 ans.Elles se désolent du fait que leurs voix aient si peu d\u2019échos au sein de la classe dirigeante.«Ils sont égoïstes.Ils pensent plus à l\u2019argent qu\u2019à ce que ça pourrait faire à nous, les gens de la planète», a ajouté l\u2019une d\u2019elles.La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, ne s\u2019est pas gênée pour critiquer la surdité des gouvernements en place.«C\u2019est essentiel de se réunir comme on l\u2019a fait quand les gouvernements ne nous écoutent plus», a-t-elle soutenu en entrevue au Devoir.«Philippe Couillard va nous trouver sur son chemin.Cet aplaventrisme devant les pétrolières, c\u2019est totalement inacceptable.[.] Ce qui me choque du gouvernement actuel, c\u2019est que, d\u2019une part, on se pète les bretelles au niveau environnemental et on veut jouer un rôle de leader, mais à quel prix quand on ne s\u2019oppose pas comme on pour- CRAIG RUTTLE ASSOCIATED PRESS Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ia primatoiogue Jane Goodaii, i\u2019ancien vice-président américain AI Gore, le maire de New York, Biii de Biasio, et ie secrétaire générai de i\u2019ONU, Ban Ki-moon, ont marché ensembie dimanche dans ies rues de New York.rait le faire à TransCanada et compagnie.» Elle n\u2019avait pas non plus de mots tendres à l\u2019endroit du gouvernement fédéral de Stephen Harper.«Ce n\u2019est pas surprenant, il a vraiment pris le parti du pétrole depuis qu\u2019il est à la tête du pays et c\u2019est déplorable.Les Canadiens le jugeront à ses actes».Alexander Norris, conseiller dans le district électoral du Mile-End pour projet Montréal s\u2019est dit «très préoccupé par la crise climatique».11 est heureux que son parti ait voté contre une motion de l\u2019administration Coderre qui laisse entendre que le projet d\u2019oléoduc 9B de l\u2019entreprise En-bridge serait acceptable si certaines conditions étaient réunies.« On est fiers d\u2019être le seul parti municipal qui a voté contre.Nous, on dit non au sable bitumineux sous toutes ses formes, non seulement en raison de la feuille de route peu reluisante en matière de sécurité d\u2019Enbridge, mais également parce que tout projet de ce genre encourage la production de sable bitumineux», a-t-il ajouté.D\u2019autres rassemblements D\u2019autres rassemblements se sont tenus ailleurs au Québec, comme à Tadoussac, où le député pé-quiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault a participé à une marche pour la protection et la préservation du Saint-Laurent et des espèces qui en dépendent.Québec, Gaspé, Drummondville et Trois-Rivières ont aussi été les hôtes de manifestations locales.En plus de la mobilisation new-yorkaise, des manifestations étaient organisées partout dans le monde, notamment à Londres, Berlin, Paris, Stockholm, Rome, New Delhi, Melbourne ou Rio de Janeiro : au total, selon les organisateurs, plus de 2700 événements étaient prévus dans 158 pays.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir LIVREL SUITE DE LA PAGE 1 ont des difficultés, nous leur voulons tout le bien du monde, mais nous ne pouvons plus seulement compter sur eux.La diffusion en librairie n\u2019est plus qu\u2019un réseau parmi d\u2019autres pour écouler nos livres.» \\ A quoi sert le livrel?Les PUM existent depuis un demi-siècle.Le projet en cours s\u2019inscrit dans un plan triennal pour «démocratiser l\u2019accès au savoir» et «mettre en valeur les connaissances produites au sein de l\u2019université».Seulement, le directeur Del Busso refuse l\u2019idée d\u2019un accès libre en bloc, comme si la diffusion en li^e se faisait simplement avec le transfert d\u2019un livre imprimé vers sa version numérisée.«On a tendance à simplifier à outrance, dit-il.On pense que le livrel est la copie du livre, la même chose sur un support différent.Nous voyons les choses un peu autrement.Nous pensons que le virage vers le numérique ouvre des portes intéressantes, développe de nouvelles voies pour l\u2019édition.Le numérique n\u2019est pas une menace devant nous: c\u2019est un potentiel extraordinaire pour la diffusion du savoir par plusieurs moyens.» Plusieurs cas concrets permettent de comprendre cette diversité avec valeurs ajoutées.Le Précis d\u2019anesthésie et de réanimation, ouvrage très technique dirigé par la D\"^® Joanne Guay, est proposé directement en ligne.La version imprimée des œuvres complètes d\u2019Anne Hébert ne contient pas les variantes, disponibles en ligne seulement, avec tout l\u2019appareil critique.De même, quand ce sera à refaire, les quelque 700 pages de contenu enrichi de l\u2019édition critique du petit roman de cent pages Menaud, maître-dra-veur seront dématérialisées.«Un bon éditeur universitaire doit continuer à publier des livres.Il doit aussi parallèlement trouver des méthodes qui modifient et enrichissent le contenu.On ne peut pas faire comme si Amazon ou Google n\u2019existaient pas.Au contraire, on doit chercher à utiliser leurs outils, à la disposition de tout le monde.» Le numérique influe donc sur le papier en retour.En allégeant les productions, le prix du format imprimé baisse et devient plus attrayant pour tous.«Si on donne en ligne un livre à 100$, les gens ne l\u2019achèteront pas, évidemment.Mais si on offre un texte à 15$ avec un appareil critique en ligne, on peut penser que les gens seront prêts à débourser.» D2C ou «DCD».Un rapport américain sur l\u2019avenir des presses américaines, diffusé à la mi-aoûL va dans le même sens.11 recommande aux maisons savantes de se comporter comme des éditeurs en ligne, en misant sur la hausse de la fréquentation de leur site.En jargon du métier, il s\u2019agit de passer au D2C {di-rect-to-consumef) ou de décéder.Pour l\u2019instant sur les quelque 700 titres du catalogue des PUM, environ 10% sont offerts gratuitement en ligne.Tous les autres se présentent aussi en version numérique avec une stratégie de marketing audacieuse qui réduit leur prix de vente de 50% par rapport au papier.En plus, ces versions à l\u2019ancienne peuvent être publiées pour ainsi dire à la pièce, en tout cas en petites quantités, évitant les tirages de mille ou deux mille exemplaires d\u2019autrefois pour des ouvrages hyperspécialisés en circulation confidentielle.Seulement, pourquoi s\u2019arrêter là?Pourquoi ne pas tout distribuer en ligne et gratuitement en plus, en open access ?Après tout, le contenu des publications universitaires est entièrement soutenu par l\u2019argent public, y compris les salaires des professeurs, alors pourquoi ne pas le lui redonner?«C\u2019est une question légitime, mais plus complexe, répond le directeur.Nous ne sommes pas entièrement subventionnés par exemple.Les PUM forment une société autonome au sein de l\u2019UdeM.En plus, la fonction éditoriale coûte.Les bons livres se travaillent, ce qui nécessite des fonds.C\u2019est ma conviction profonde: l\u2019ensemble des fonctions de la production éditoriale doivent se financer de différentes manières.Un système entièrement gratuit et sans filet créerait un chaos inextricable.» Le modèle inverse, mêlant la numérisation et la marchandisation du savoir, ne semble pas plus attirant.La dématérialisation a permis à quelques compagnies de vendre la production savante de pointe diffusée dans les revues avec comme résultat absurde et choquant que les universités du monde doivent maintenant débourser des fortunes pour avoir accès en ligne à des informations qu\u2019plies produisent elles-mêmes.À lui seul, l\u2019éditeur néerlandais Elsevier diffuse plus de 250000 articles par année tirés de 2000 revues.La compagnie fondée en 1887 a généré pour 3,5 milliards de dollars de ventes l\u2019an dernier avec des marges de profit de 39% ! «Les pauvres bibliothèques consacrent tellement d\u2019argent à acheter des articles qu\u2019elles ne peuvent plus acheter autant de livres, conclut Antoine Del Busso.Cette situation absolument scandaleuse ne pourra pas durer indéfiniment C\u2019est d\u2019ailleurs pourquoi nous sommes associés avec les bibliothèques de l\u2019UdeM dans notre projet pilote de diffusion en ligne.On veut prendre les devants.On veut essayer d\u2019autres modèles de diffusion du savoir.» Le Devoir Antoine Del Bnsso en 5 dates 1955 : Arrive au Québec en provenance de la province de Campobasso, en Italie.1977 : Supcède à Denis Vaugeois à la direction des Editions du Boréal Express.1990 : Directeur des éditions du groupe Sogides.1993 : Président de l\u2019Association nationale des éditeurs de livres (Anel).1999 : Tout en gardant la direction des Editions Fides, assume la direction des Presses de l\u2019Université de Montréal.REFUGIES SUITE DE LA PAGE 1 tement ces personnes qu\u2019on a besoin de protéger», fait-elle valoir en citant le cas d\u2019une femme qui s\u2019exilerait au Canada pour fiiir une agression sexuelle, ou celui d\u2019une victime de torture.L\u2019an dernier, JOOOO demandeurs d\u2019asile sont venus au Canada.À ce nombre pourraient s\u2019ajouter les réfugiés sans statut qui changeraient de province pour rejoindre un proche ou qui, francophones, choisiraient de se relocaliser au Québec en estimant pouvoir mieux s\u2019inté^er.S\u2019ils s\u2019établissent dans une nouvelle région qui impose de tels délais de résidence, le compteur retomberait vraisemblablement à zéro, même s\u2019ils habitent le Canada depuis plus longtemps.Une économie alléchante?Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, craint qu\u2019en temps d\u2019austérité les provinces apprécient cette marge de manœuvre économique.«A l\u2019ère des coupures [.], chaque dollar est pesé et sous-pesé», s\u2019inquiète-t-il.Le projet de loi de M.Chisu est «insidieux», juge-t-il, car «sans le dire, finalement, ils visent un groupe particulier».Le gouvernement québécois n\u2019a pas voulu commenter l\u2019initiative du député conservateur, disant en avoir «récemment pris connaissance».«Nous procédons actuellement à l\u2019analyse du projet de loi», a-t-on indiqué au bureau du ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais.M.Reichhold souligne en outre qu\u2019il pourrait y avoir des conséquences si certaines provinces modifient leurs critères d\u2019admissibilité à l\u2019aide sociale et d\u2019autres non.«Il y a un risque de mouvement de personnes», vers les régions plus clémentes, prévient-il.M.Chisu n\u2019a pas rappelé Le Devoir, la semaine dernière.Du côté du bureau du ministre de l\u2019Immigration, Chris Alexander, on n\u2019a pas voulu préciser s\u2019il appuie cette initiative.Un porte-parole du ministre a répliqué qu\u2019il ne commenterait pas un projet de loi émanant d\u2019un député.Le 0585 doit être débattu aux Communes en deuxième lecture mardi.Une tendance conservatrice 11 y a deux ans, le gouvernement conservateur a resserré les règles d\u2019accès aux soins de santé des réfugiés.Qttawa ne paie plus les soins hospitaliers ou les médicaments des demandeurs d\u2019asile déboutés ou de ceux provenant de pays jugés «sûrs» par le gouvernement Seule exception: si leur état menace la sécurité publique.Pour les autres, seuls les soins d\u2019urgence sont remboursés.«C\u2019est un peu dans la même lignée», estime M\u201c® Dench, des changements proposés par M.Chisu aujourd\u2019hui.«On dit: certaines personnes ne méritent pas d\u2019avoir des services ou des soins de base», résume-t-elle en entretien téléphonique avec Le Devoir.«C\u2019est le fondement des traités internationaux sur les droits de la personne et de la Charte canadienne, de dire que ce qui compte, c\u2019est le caractère humain de la personne, pas son statut d\u2019immigration.» M\u201c® Dench rappelle que c\u2019est justement ces arguments qu\u2019a cités la Cour fédérale cet été, lorsqu\u2019elle a statué que la réforme des soins de santé des réfii-giés était inconstitutionnelle, car il s\u2019agit d\u2019un «traitement cruel et inusité».Le constat a été le même au Royaume-Uni, où les tribunaux ont rejeté des politiques qui privaient les réfugiés d\u2019aide sociale.Là aussi, on reprochait un traitement injuste et inhumain, rappelle M\u201c® Dench.«On peut donc penser que les mêmes arguments pourraient s\u2019appliquer.» Les groupes de défense des réfugiés font campagne pour alerter le public et les députés, en espérant que ce projet de loi sera abandonné.Mais s\u2019il le faut, ils seront au rendez-vous lors de l\u2019étude parlementaire afin de lâire valoir leur opposition.Le Devoir Précision L\u2019article «Lendemain de veille en Ecosse», publié dans notre édition de samedi, laissait entendre que l\u2019Angleterre réclame de nouveaux pouvoirs au sein du Royaume-Uni.Les négociations constitutionnelles à venir visent plutôt à ce que seuls les élus anglais à Westminster votent sqr les questions qui concernent l\u2019Angleterre.À l\u2019heure actuelle, les députés de l\u2019Ecosse, du pays de Galles et de l\u2019Irlande du Nord peuvent aussi voter les lois qui concernent l\u2019Angleterre à Westminster.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal\t(sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel\tagenda@ledevoir.com Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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