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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2014-10-06, Collections de BAnQ.

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[" m Les ^ manifestants *1 de Hong Kong n\u2019ont pas l\u2019intention de plier bagage Page B 1 w w w .1 e (1 e V 0 i r.c 0 m LE DEVOIR Vol.C V N° 2 2 6 LE DEVOIR, LE LUNDI 6 OCTOBRE 2014 1,13 $+TAXES= 1,30 Jacques Parizeau honoré par l\u2019Université de Montréal ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Il se fait plus discret qu\u2019auparavant, mais ses paroles résonnent toujours autant Jacques Parizeau a reçu dimanche, des mains du recteur Guy Breton, un doctorat honorifique de TUniversité de Montréal devant des centaines de personnes venues Tovationner, dont Jean-Martin Aussant, de passage au Québec, qui écarte pour de bon Tidée de briguer la direction du Parti québécois.Page A 3 Aujourd\u2019hui Le monde > Au Brésii, Diima Rousseff a largement remporté le premier tour de la présidentielle.Uex-favorite surprise de Télection, Marina Silva, a été éliminée.Page B 2 Actuaiités > Le prochain chef du PQ devra naviguer à l\u2019intérieur de «grandes orientations» fixées par les membres.Page A 3 Cuiture La chronique médias de Stéphane Baiiiargeon : Comment «fixer» Netflix?Page B 8 7\t.\t-, Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku .B2 B6 B5 B5 B6 B4 THIBAUT CAMUS ASSOCIATED PRESS Des participants à la Manif pour tous, opposés à la «gestation pour autrui», dimanche à Paris.Appel outre-frontières de la France contre les mères porteuses À Paris, 100 000 personnes dénoncent la « gestation pour autrui » CHRISTIAN RIOUX à Paris T usqu\u2019à quand les couples français pourront-ils J venir recruter des mères porteuses canadiennes?S\u2019il n\u2019en tenait qu\u2019à Manuel Valls, la pratique cesserait immédiatement.Le premier ministre français a en effet annoncé que la France allait prendre la tête d\u2019une «initiative internationale» contre les mères porteuses et ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la «gestation pour autrui» (GPA).En clair, dit le premier ministre, il s\u2019agit de faire en sorte «que les pays qui autorisent la GPA [comme le Canada] n\u2019accordent pas le bé- néfice de ce mode de procréation aux ressortissants des pays qui l\u2019interdisent».Plusieurs pays comme l\u2019Inde, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Grèce, mais aussi le Canada (qui autorise la GPA dite «non rémunérée»), sont donc dans la ligne de mire de la France.Le gouvernement français songe aussi à une action internationale afin d\u2019interdire la GPA dans les grandes conventions internationales.Cette opposition à la «marchandisation du corps de la femme» pourrait être inscrite dans les conventions du Conseil de l\u2019Europe ou de voir page a 8 : MÈRES P«INT CHAUD Climat : le Canada et le Québec déçoivent L\u2019ambassadeur français du climat, Nicolas Hulot, souhaite engager un dialogue ALEXANDRE SHIELDS AU moment où il entame une visite au Canada, Nicolas Hulot, ambassadeur des questions climatiques du président français François Hollande, critique sévèrement les partisans des énergies fossiles, qui ne font selon lui qu\u2019aggraver des bouleversements climatiques déjà bien réels.Il se montre également sceptique par rapport aux négociations internationales qui doivent déboucher un accord dans le but d\u2019enrayer cette crise environnementale Nicolas Hulot sans précédent.«Je considère que les énergies fossiles, qu\u2019elles soient conventionnelles ou non conventionnelles, ne sont en aucun cas la solution aux changements climatiques.Elles sont le problème», laisse tomber M.Hulot, dans le cadre d\u2019une entrevue accordée au Devoir à la veille de son arrivée à Montréal.Il s\u2019oppose d\u2019ailleurs à ceux qui prônent l\u2019exploitation de nouveaux gisements de pétrole ou alors de gaz de schiste.«Dans le contexte des changements climatiques, je n\u2019arrive pas à com- VOIR page a 8 : CLIMAT Haïti Duvalier est mort, mais le combat pour la justice continue CLAUDE LEVESQUE Jean-Claude Duvalier aura bénéficié d\u2019une impunité presque totale jusqu\u2019à la fin, n\u2019ayant comparu qu\u2019une seule fois devant la justice haïtienne, en février 2013.Mais cette dernière a-t-elle dit son dernier mot?Avec la mort de l\u2019ancien dictateur, frappé samedi par une crise cardiaque à Port-au-Prince, plusieurs défenseurs des droits de la personne craignent que les nombreux crimes commis pendant les décennies de tyrannie ne soient jamais convenablement documentés.Ils espèrent néanmoins que d\u2019autres responsables feront face à la justice, ce qui n\u2019est pas gagné d\u2019avance étant donné les sympathies duvaliéristes qu\u2019on retrouve aussi bien au sein de VOIR page a 8 : DUVALIER Lire aussi > Lettre d\u2019une citoyenne québécoise au président Martelly.Page A 7 77831303442441 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 6 OCTOBRE 2014 ACTUALITES ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Le ministre de la Défense, Rob Nicholson, affirme que le gouvernement évaluera ses options «en tout temps».IRAK Le ministre de la Défense refuse d\u2019écarter une mission prolongée JIM BRONSKILL à Ottawa Le ministre canadien de la Défense, Rob Nicholson, refuse de préciser si le Canada pourrait poursuivre sa mission de combat en Irak après l\u2019échéance de sk mois fixée par le gouvernement.«Ce que nous demandons, actuellement, c\u2019est six mois, et nous avons été très clairs sur cela.Nous devons en tout temps évaluer ce que nous faisons», a-t-il déclaré à l\u2019émission Question Period de la chaîne CTV, dimanche.Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a prédit que le premier ministre demanderait une prolongation de la mission dans sk mois, comparant la situation à celle de l\u2019intervention militaire Il sera impossible de gagner les combattants de TEI sans au sol, estime Roland Paris américaine en Irak en 2003.«Si les Américains n\u2019ont pas réussi leur mission en dix ans, nous n\u2019arriverons pas à le faire en six mois.Nous devons apprendre du passé», a souligné M.Mulcair à la même émission.Le premier ministre Stephen Harper a pourtant promis de ne pas entraîner le pays dans une longue guerre.«Nous et nos alliés agissons maintenant justement pour éviter de nous retrouver dans une situation où le conflit sera plus profond, plus étendu et plus dangereux», a-t-il expliqué dans un communiqué diffusé vendredi.Une motion sur l\u2019intervention canadienne contre le groupe État islamique (El) fera l\u2019objet d\u2019un débat et d\u2019un vote lundi à la Chambre des communes.Les néodémocrates et les libéraux ont déjà annoncé qu\u2019ils voteraient contre le plan du premier ministre Harper, en partie parce qu\u2019ils craignent que le Canada se retrouve entraîné dans un bourbier interminable.Les deux partis prônent plutôt une augmentation de l\u2019aide humanitaire pour les réfiigiés de la région.La motion sera tout de même approuvée, puisque les conservateurs sont majoritaires à la Chambre des communes.Le Canada devrait donc déployer jusqu\u2019à six avions de chasse CF-18 et 600 membres des Forces armées pour participer aux frappes aériennes dirigées par les États-Unis.Cependant, aucun militaire canadien ne participera à des opérations de combat terrestre.Selon M.Harper, cette mission freinera l\u2019avancée du groupe djihadiste et diminuera sa capacité de mener des attaques terroristes à l\u2019extérieur de la région.M.Harper a précisé que les frappes aériennes seraient d\u2019abord menées en Irak, là où les besoins sont les plus pressants.Mais il a tout de même clairement ouvert la contre poi'te à des bombarde ments en Syrie.soldat Le Canada se joint donc à la coalition internationale regroupant les Etats-Unis, le RoyaumeUni, la France et l\u2019Australie, entre autres.Difficile de vaincre dans les airs Toutefois, il sera impossible de gagner contre les combattants de l\u2019EI sans soldat au sol, estime Roland Paris, directeur du Centre d\u2019études en politique internationale de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Les islamistes se sont adaptés aux tirs aériens, notamment en se cachant dans des zones plus populeuses.En sk mois, les militants de l\u2019EI pourraient reculer, mais ils pourraient aussi gagner en force, selon le chercheur.«Il y a de fortes chances qu\u2019ils restent dans leurs tranchées tant que personne ne tentera de les sortir de là», a-t-il fait remarquer.M.Paris croit d\u2019ailleurs qu\u2019il sera difficile pour le gouvernement canadien de se retirer après seulement sk mois.«L\u2019engagement initial est en soi une décision importante», estime-t-il.La Presse canadienne Les omnipraticiens entérinent l\u2019entente avec Québec Les membres du Conseil géné ral de la Fédération des méde cins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ont entériné samedi l\u2019entente de principe conclue avec le gouvernement québécois le mois dernier à propos du nouveau calendrier de versements des augmentations consenties à ces travailleurs de la santé.Malgré leur assentiment, il est clair qu\u2019ils continuent de ressentir de l\u2019insatisfaction devant l\u2019accord qui sti- pule que les hausses prévues initialement pour cette année et l\u2019an prochain seront plutôt étalées sur une période de huit ans.La FMOQ affirme dans un communiqué que les membres du Conseil général trouvent «inac-ceptable et même inquiétant pour l\u2019avenir de voir le gouvernement renier unilatéralement des ententes signées [.] il y a quelques années à peine».L\u2019organisme a précisé que les omnipraticiens ont consenti à des «sacrifices importants» de leur côté, ajoutant qu\u2019il croise désormais les doigts pour que le gouvernement ne ménage pas ses efforts «pour améliorer l\u2019offre de soins».La Presse canadienne Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 La hausse des loyers frappe durement les étudiants de Québec ISABELLE PORTER à Québec La situation des locataires à Québec s\u2019est détériorée, en particulier dans les anciennes villes de Sainte-Foy et de Sillery.Selon une nouvelle étude, le problème touche durement les étudiants, qui sont nombreux à s\u2019installer autour de l\u2019Université Laval.En 2011, dans ce secteur de la ville de Québec, au moins un locataire sur cinq consacrait plus de la moitié de ses revenus à se loger, révèle un nouveau chapitre du Dossier Noir en logement du Front d\u2019action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).Les données du FRAPRU sont tirées de l\u2019Enquête nationale auprès des ménages de Statistique Canada.Elles montrent que la situation s\u2019est détériorée depuis 2006 puisque la proportion de personnes dans cette catégorie est passée de 18,6 à 20,7%.Environ 15000 personnes habitent en appartement à Sainte-Foy et à Sillery.On considère généralement qu\u2019une personne ne devrait pas consacrer plus de 30 % de son revenu au logement pour ne pas avoir à se serrer la cein- 23% La hausse en cinq ans du nombre de jeunes de 15 à 24 ans qui consacrent plus de 80% de leurs revenus au logement turc.Or les données montrent aussi que la catégorie des gens qui consacrent 80% de leur argent à leur appartement a, elle aussi, gagné des membres, passant de 1235 à 1650 personnes.Entre 2006 et 2011, le loyer médian dans le secteur est passé de 645$ à 735$, une hausse de 14% alors que le revenu médian n\u2019a augmenté que de 4% au cours de la même période.Les 15-24 ans sont les plus touchés Les jeunes sont de loin les plus touchés par le phénomène.Le nombre de 15-24 ans qui consacrent plus de 80% leurs revenus au logement a augmenté de 23% en cinq ans.Les 25-34 ans suivent avec une hausse de 13,8%.Le lien avec la population étudiante s\u2019impose puisque l\u2019Université Laval et le cégep de Sainte-Foy, l\u2019un des plus gros cégeps de la région, se trouvent dans le secteur.Le FRAPRU a d\u2019ailleurs invité des représentants d\u2019associations étudiantes à assister à la conférence de presse qu\u2019il doit tenir ce lundi matin à ce sujet.Malgré leur réputation de banlieues prospères, Sainte-Foy et Sillery comptent des poches de pauvreté, notamment autour de l\u2019université.Dans un reportage sur le sujet en 2011, Le Devoir avait de plus montré comment Sainte-Foy et d\u2019autres anciennes villes de banlieues étaient en retard pour ce qui est de la présence d\u2019organismes communautaires et de logement social.Pendant les seize années où elle a été au pouvoir, l\u2019ancienne mairesse Andrée Boucher n\u2019avait jamais voulu investir dans le logement social.Toutefois, après les fusions et l\u2019arrivée au pouvoir de Régis La-beaume, la Ville a déployé beaucoup d\u2019efforts pour renverser cette tendance.C\u2019est d\u2019ailleurs dans l\u2019arrondissement de Sainte-Foy qu\u2019il s\u2019est construit le plus de logements sociaux depuis 2002.Du côté du marché privé, il s\u2019est construit quatre fois plus de copropriétés que de logements locatifs ces dernières années à Sainte-Foy, Sillery, Cap-Rouge et Saint-Augustin (2154 contre 512).Outre les étudiants, les personnes seules, les femmes et les immigrants sont généralement plus nombreux à se placer dans des situations de précarité financière pour se loger dans le quartier.Les données du FRAPRU montrent en outre que la situation des familles monoparentales s\u2019est améliorée \u2014 du moins dans ce secteur \u2014 puisqu\u2019aucune ne figure dans la catégorie dépensant plus de 80% de ses revenus pour se loger.Ces données font partie d\u2019une vaste enquête du FRAPRU sur la situation en logement à la grandeur du Québec.Des données rendues publiques ces dernières semaines ont montré que les personnes qui étaient déjà vulnérables en 2006 se sont appauvries pour se loger au cours des dernières années dans le reste de la ville de Québec tout comme à Montréal.Le Devoir ' / ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR L\u2019effigie de Philippe Couillard en papier mâché était présente à la manifestation organisée dimanche au CSSS de Laval pour dénoncer les abolitions de postes.Grève évitée à furgence de la Cité de la santé du CSSS de Laval Les préposés aux bénéficiaires, qui contestent l\u2019abolition de huit postes, ont écarté ce moyen de pression PHILIPPE ORFALI La grève a été évitée de justesse dimanche à l\u2019unité de débordement des urgences de la Cité de la santé de Laval, où l\u2019abolition de huit postes permanents de préposés aux bénéficiaires continue de susciter le mécontentement des employés et des usagers.A l\u2019issue d\u2019une audience devant la Commission des relations du travail (CRT), le syndicat qui représente les préposés aux bénéficiaires du Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Laval s\u2019est engagé à ne pas déclencher de grève «à compter du 5 octobre et les jours suivants».Une séance de conciliation et une audience publique ont été nécessaires, samedi, afin d\u2019en arriver à cet accord.Selon le syndicat, l\u2019abolition de ces huit postes permanents force l\u2019équipe chargée, entre autres tâches, de faire la toilette Ces compressions surviennent dans la foulée du plus récent budget provincial des patients, à fonctionner à 70% de sa capacité antérieure.Le syndicat affirme qu\u2019une grève aurait forcé l\u2019hôpitd et les employés à respecter la loi sur Résultats des tirages du : 2014-10-04 08 13 2Z (%/J 35 45 49 Procha n gros lot (approx )\t7 000 000 $ + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 64500393 01 compl.compl.E|tTa 1984881 Résultats des tirages du : 2014-10-03 Elira 27143 47 COMPL 5108792 30 000 000 $ Prochain gros lot (approx) En cas de d sparte entre cette I ste et la I ste off c elle de Loto Quebec cette dern les services essentiels, qui prévoit le maintien en tout temps de 90% du service habituel.«Ce ne sont pas juste des coupures de postes, ce sont des coupures de service à la population.Le ministre Barrette a beau dire qu\u2019il ne coupera pas dans les services, on voit ici que ce n\u2019est pas vrai», affirme Jean Lacharité, vice-président de la CSN.Or, la direction du CSSS nie catégoriquement que l\u2019abolition des huit postes diminuera les services aux usagers.Des observations effectuées ailleurs dans le milieu de la santé québécois ont mené à cette réorganisation des services, affirme-t-on.«Dans un souci d\u2019une utilisation judicieuse des ressources humaines et financières pour s\u2019adapter aux besoins évolutifs de la population en soins de santé, le CSSS a procédé à la réévaluation de la structure des postes», affirme la directrice des communications, Doris Prince, dans un communiqué.Les personnes occupant ces huit postes «auront l\u2019opportu- nité d\u2019être réaffectées» ailleurs au sein de l\u2019hôpital, ajoute-t-elle.La Commission des relations du travail a informé les parties qu\u2019elle continuerait à surveiller la situation de près et qu\u2019elle interviendrait, si cela s\u2019avérait nécessaire.Ces compressions surviennent dans la foulée du plus récent budget provincial, et alors que le ministre de la Santé Gaétan Barrette vient d\u2019annoncer une vaste réforme de la structure administrative du milieu de la santé, qui verra, à la suite de l\u2019adoption d\u2019un projet de loi, les agences de santé et services sociaux disparaître et être remplacées par des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).La réforme n\u2019améliorera en rien les soins de première ligne et ne réglera pas les débordements aux urgences, maintient M.Lacharité.«C\u2019est une restructuration où le D^ Barrette concentre tous les pouvoirs entre ses propres mains, mais qui ne va malheureusement régler aucun problème», juge-t-il.Le Devoir LE DEVOIR, LE LUNDI 6 OCTOBRE 2014 A 3 ACTUALITES Du plomb Jean-François Nadeau Il ne s\u2019agit plus de bâtir, d\u2019édifier, de s\u2019élever au meilleur de nous-mêmes, mais de tout rabaisser, ratatiner et concasser jusqu\u2019à la poussière.Voici l\u2019ère venue des coups de marteau dé-gui^s en politique publique.Erigée en colonne vertébrale de toute pensée gouvernementale, l\u2019économie est laissée telle quelle, tandis que tout le reste est volontiers démoli.Nous assistons à une contre-révolution où l\u2019austérité est devenue un nouvel étalon de la perfection.Après avoir passé l\u2019éducation sous le tapis lors de la dernière campagne électorale, voici qu\u2019on la dépèce au rasoir au nom d\u2019une glorification de l\u2019argent et de l\u2019irrationalité qui lui donne une légitimité.Même quand on songe à s\u2019attaquer aux traitements de faveiu dont bénéficient les écoles privées, ce n\u2019est pas poiu corriger enfin la ségrégation sociale qu\u2019encoiuage un tel système, mais au nom des seuls bénéfices comptables.Du côté de l\u2019Université de Sherbrooke, on a annoncé cette semaine des compressions de 18 millions de dollars.Les universités sont confondues avec des entreprises capables d\u2019accueillir des «clients» et d\u2019offrir des «services».Même chose à l\u2019hôpital, où l\u2019on ne ùouve plus des malades, bien entendu, mais une «clientèle» qui assiste, hébétée elle aussi, à la détérioration radicale du système de services publics.Le cauchemar du pétrole fait son ifid jusqu\u2019au milieu d\u2019une pouponnière de bélugas du Saint-Laïuent.Comme si de rien n\u2019étaifi le ministre de l\u2019Environnement navigue à vue dans ces eaux troubles, jusqu\u2019à prétendre par voix de communiqué qu\u2019il possède un avis scientifique favorable à la réalisation de travaux aussi dangereux.Quand une juge constate qu\u2019il n\u2019en a pas du tout, elle note du même coup que le ministre Heurtel a doimé «pour des raisons inexpliquées» son accord à ces forages précipités.Les raisons «inexpliquées» apparaissent assez facilement explicables puisque le mobile de pareille précipitation est exprimé ouvertement par le premier ministre dans un claquement de bretelles.En réplique à cette gifle juridique, Philippe Couillard s\u2019empresse en effet de réitérer sa défense des sables bitumineux, des pipelines, des pétroliers, et de tout son entrain à forer plus vite et plus fort afin d\u2019installer un porL tout en rêvant d\u2019arroser de subventions le Plan Nord.En entrevue, Paul Arcand demande à Martin Coiteux, responsable du Conseil du Trésor, de nommer une seule mesiue d\u2019austérité qui influe sur la vie des riches.Sa réponse s\u2019exprime dans un silence qu\u2019on aimerait au moins pouvoir croire gêné.On condamne les conservatoires de musique en faisant mine ensuite de les défendre, mais de musique on n\u2019écoute au fond que la mélodie économique siu laquelle on soutient l\u2019héroïsation des grands patrons qui s\u2019assurent de la domination des dominés.Lorsque l\u2019Agence de la santé et des services sociaux de Montréal s\u2019emploie à sabrer les sommes consacrées à la santé mentale et aux soins aux personnes âgées afin d\u2019économiser, il faut attendre que cette information soit divulguée publiquement poiu que le ministre Gaétan Barrette, bon prince mais féroce, plaide soudain que cela n\u2019a aucun sens, mais sans qu\u2019il sache concevoir un seul instant que toutes ces fausses notes sont bien le résultat de pauvres orchestrations.Les mêmes couacs s\u2019entendent du côté de l\u2019éducation.Après s\u2019être donné en spectacle comme maître d\u2019une nouvelle grammaire de l\u2019ignorance, le ministre Bolduc s\u2019étonne de constater que sa marche arrière au sujet de l\u2019importance des livres ou encore de l\u2019aide aux devoirs ne change pas vraiment la direction imposée par ses compressions.Ce ministre, qui n\u2019en est pas à un raisonnement noueux près, affirmait par ailleurs la semaine dernière que si l\u2019éducation tenait vraiment à cœur à ses concitoyens, on le constaterait par leiu ardeiu à voter aux élections scolaires.La ministre de la Pamille, Prancine Charbon-neau, avait indiqué poiu sa part un gel des places en garderie avant de revenir elle aussi siu sa décision, du moins poiu cette année.Dans ce système, les garderies restent encore de simples parkings plus ou moins accessibles qu\u2019on s\u2019évite d\u2019intégrer à une pensée en matière d\u2019éducation.On nage de plus en plus chez nous dans une modernité éducative d\u2019un genre vraiment unique.Et Lise Thériault, ministre de la Sécurité publique, nolise un avion gouvernemental poiu revenir plus facilement de vacances.Et l\u2019ancienne ministre Lucienne Robillard, qui touche déjà une pension de deux Parlements, est payée plus de 1100$ par joiu poiu conduire une toiunée qui doit mener à couper le gras.des autres.En somme, ce gouvernement s\u2019emploie à mettre en place tous les éléments nécessaires pour que la tristesse s\u2019industrialise à grand train au milieu d\u2019une société où l\u2019impuissance des citoyens sera assurée au bénéfice des grands comman-deius de notre soumission.Oui, voici une vraie contre-révolution qui fait table rase des idées inspirées des Lumières qui prédisposaient à beaucoup des changements des années 1960 : culture accessible pour tous, égalité des droits, libération des entraves du passé, progrès mis au service de l\u2019ensemble de la société, tout cela au nom du bien-être de l\u2019individu et de la raison qui triomphe enfin de la religion.Nos contre-révolutionnaires installent de force leur camisole comptable, sans apporter aucune solution à un monde qui est poiutant en droit de connaître une amélioration de sa condition plutôt que de souffrir le poids de pareille chape de plomb.jfn@ledevoir.com Le PQ veut imposer un « cadre » au prochain chef Les militants se réuniront pour établir les grandes orientations du parti MARCO BELAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec Le prochain chef du Parti québécois n\u2019aura pas carte blanche.Il devra naviguer à l\u2019intérieur de «grandes orientations » fixées par les participants d\u2019un conseil national au début de l\u2019année 2015, avertit le président du PQ, Raymond Archambault.Les militants se réuniront à la fin janvier ou au début février afin de faire l\u2019ébauche d\u2019un «projet clair, concret et porteur».Avant même le coup d\u2019envoi officiel de la course à la direction du PQ, ils débattront autour de deux questions: «Comment le Parti québécois peut-il maintenant mettre le projet de souveraineté à Vavant-plan ?» et «Comment le Parti québécois peut-il concilier la nécessaire coalition des souverainistes avec ses idéaux sociaux-démocrates ?», a appris Le Devoir.Les prétendants à la succession de Pauline Marois pourront participer aux discussions, et ce, comme tous les autres militants.«On ne va pas adopter le programme du Parti québécois, mais on va établir le cadre dans lequel le programme devra s\u2019écrire par la suite avec le chef», a dit M.Archambault à la sortie de la Conférence nationale des présidentes et des présidents (CNPP) samedi soir.« On ne taille pas l\u2019habit du chef avant de l\u2019avoir choisi.On va choisir la couleur et la qualité du tissu.» Le conseil national constituera le «point d\u2019intersection » avant la course officielle, ponctuée de dé- PKP refuse de céder ses actions Le député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, refuse de placer les actions léguées par son père, Pierre Péladeau, dans une fiducie sans droit de regard.Il s\u2019était apparemment engagé à le faire auprès de l\u2019équipe de direction de Québécor tout juste avant de faire le saut en politique.L\u2019empire médiatique avait dhfusé un communiqué de presse, le dimanche 9 mars dernier, jour de l\u2019entrée de l\u2019actionnaire de contrôle de Québécor, le poing en l\u2019air, au Parti québécois.«Dans l\u2019éventualité où M.Péladeau serait élu à l\u2019Assemblée nationale du Québec le 7 avril prochain, ce dernier s\u2019est engagé à mettre en place une fiducie ou un mandat sans droit de regard dans lequel il placerait ses intérêts économiques», peut-on y lire.Près de six mois après avoir été élu, le député de Saint-Jérôme refuse toujours de mettre ses actions dans une fiducie sans droit de regard ou de les vendre au plus offrant, comme le lui suggère Jean-Prançois Lisée.D\u2019ailleurs, le député de Rosemont a interpellé ce week-end les militants péquistes sur cet «énorme problème».«C\u2019est comme si le porte-parole [du PQ] en matière d\u2019éducation était recteur de McGill», a-t-il déclaré aux médias.Il a été accusé de tomber dans des «attaques personnelles».bats en bonne et due forme, qui doit culminer avec l\u2019élection d\u2019un nouveau chef le 15 mai 2015, ou encore, le 22 mai 2015 \u2014 si aucun candidat ne réussit à obtenir plus de 50% des appuis lors du premier tour.En ordre de bataille À quatre mois du signal de départ officiel, les candidats pressentis à la direction du Parti québécois se mettent en ordre de bataille.Ils pourront obtenir un bulletin de mise en candidature dès le lendemain du jour de l\u2019Action de grâce, le mardi 14 octobre, à temps pour faire la tournée des assemblées générales des associations de circonscription.« On s\u2019attend à ce que des candidats se montrent le bout du nez lors de no- tre assemblée générale», lance un jeune militant du PQ, en marge de la ÇNPP À l\u2019instar de quelque 175 autres délégués, il était samedi à l\u2019hôtel Delta de Sherbrooke afin d\u2019établir le règlement de la course à la chefferie.L\u2019événement était aussi l\u2019occasion de voir de visu les «clans» formés au sein du parti.«Tiens, Pierre Karl Péladeau est accompagné d\u2019anciens collaborateurs de l\u2019ex-chef P équiste André Boisclair.», fait-il remarquer.Pierre Karl Péladeau, Bernard Drainville, Martine Quellet, Alexandre Cloutier, «ils sont tous prêts», soulignent en chœur deux autres membres du PQ.Et Jean-Prançois Lisée et Nicolas Marceau ?Ils en sont moins sûrs.Les candidats devront déposer leur bulletin de mise en candidature assorti d\u2019une liste de 2000 signatures et d\u2019un chèque de 10000$ au plus tard le 30 janvier 2015 à la permanence du PQ.Ils bénéficieront donc de trois mois et demi pour récolter 2000 signatures dans au moins 50 circonscriptions différentes.«C\u2019est énorme.Alors, on leur donne quelques mois pour faire ce travaillé [et] pour amasser un peu d\u2019argent», a expliqué M.Archambault.La vraie campagne ne s\u2019amorcera pas le 30 janvier 2015, mais bien dans les prochains jours, selon le député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau.«Pour la course, elle débutera à la mi-octobre pour culminer vers l\u2019élection d\u2019un ou d\u2019une chef à la mi-mai [15 mai] ou une semaine plus tard [22 mai], si un deuxième tour de scrutin est requis», a écrit le grand favori des sondages sur sa page Pacebook dimanche matin.Raymond Archambault a appelé les prétendants à la succession de Pauline Marois, et leurs sympathisants, à mener une campagne «inspirée par la noblesse de l\u2019engagement».«Certains [candidats] ne ménageront aucun effort pour s\u2019assurer de la victoire de leur équipe, mais ne perdez pas de vue une chose, que la course, qui est la nôtre, doit nous rassembler.Après l\u2019élection, il n\u2019y aura qu\u2019un seul chef du Parti québécois, il n\u2019y aura qu\u2019un seul Parti québécois, mais de la place pour tout le monde», a-t-il déclaré aux membres du PQ samedi soir.Le Devoir Xm ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Jean-Martin Aussant était venu applaudir son mentor Jacques Parizeau, qui recevait dimanche un doctorat honorifique de PUniversité de Montréal.Aussant ne sera pas candidat à la chefferie du PQ PHILIPPE OREALI Les sondages le plaçant deuxième et les exhortations n\u2019y changeront rien : Jean-Mar-tin Aussant ne sera pas de la course au leadership du Parti québécois, a-t-il confirmé dimanche au Devoir, mettant fin aux rumeurs qui l\u2019envoyaient briguer, aux côtés du favori Pierre Karl Péladeau, la succession de Pauline Marois.Venu spécialement de Londres où il réside depuis un an afin d\u2019assister à la remise d\u2019un doctorat honorifique à son mentor Jacques Parizeau, dimanche dans le cadre des 27®® Entretiens Jacques Cartier, Jean-Martin Aussant a coupé court aux conjectures.Classé deuxième \u2014 avec 7%, derrière M.Péladeau qui récoltait 53% des appuis \u2014 dans un sondage Léger Marketing-Le Devoir paru à la fin septembre, l\u2019ex-chef d\u2019Qption nationale laisse la chance à d\u2019autres.M.Aussant observe la présente campagne «comme tout Québécois qui suit la politique», «en tant que citoyens», dit-il.Les sondages «ne changent rien à la réalité que je vis à Londres».«Je ne suis même pas membre du PQ.Je n\u2019ai pas de rôle à jouer dans cette campagne.Je ne serai pas candidat.J\u2019ai fait une pause [de la poli- «Je n\u2019ai pas de rôle à jouer dans cette campagne.Je ne serai pas candidat.» tique] pour m\u2019occuper de mes enfants, et cela n\u2019a pas changé», ajoute-t-il.Dans une lettre parue dans nos pages, à la mi-septembre, Jean-Martin Aussant dressait pourtant les grandes lignes d\u2019une éventuelle plateforme, plaidant pour un «congrès de refondation», rassemblant tous les souverainistes, «pas un congrès du PQ ouvert à tous, mais bien un congrès de refondation duquel naîtrait un nouveau grand parti».Affirmant avoir eu des pourparlers avec différents candidats, il maintient être prêt à se rallier à tout parti qui saura rassembler l\u2019ensemble des forces indépendantistes.Parizeau honoré Jean-Martin Aussant fut le premier à bondir, dimanche afin d\u2019ovationner Jacques Parizeau, qui recevait un doctorat honorifique de l\u2019Université de Montréal, dans le cadre de l\u2019ouverture des Entretiens Jacques Cartier.Quelques centaines de personnes étaient rassemblées sur le parquet de la Caisse de dépôt et placement pour l\u2019occasion.Le 26® premier ministre du Québec devenait le quatrième membre de sa famille, après son grand-père, son père et son frère, à recevoir un doctorat honoris causa de funiversité montréalaise, a-t-il souligné, particulièrement ému, au moment d\u2019accepter cette distinction.«Vous avez tout fait, et presque l\u2019impossible, afin de munir le Québec de tous les instruments économiques et financiers dont il avait besoin pour que les Québécois puissent accomplir leur destinée.Il est extraordinaire de voir à quel point votre vie est tressée intimement avec celle du Québec», a déclaré Guy Breton, le recteur de I\u2019Uni-versité de Montréal, dans son allocution.Pour ses partisans comme ses adversaires, Jacques Parizeau est «un fondateur, un inventeur du Québec moderne», a-t-il souligné.«Sans vous, le Québec ne serait pas ce qu\u2019il est Le Québec n\u2019est pas le pays que vous rêvez encore, mais les Québécois savent aujourd\u2019hui qu\u2019ils pourraient le faire, ce pays.» Qvationné pendant de longues minutes, Jacques Parizeau s\u2019est dit «bouleversé» par les paroles du recteur.«Cela me fait un immense plaisir de recevoir ce doctorat à l\u2019automne de ma vie», a-t-il dit, relatant les progrès effectués par le Québec de la Révolution tranquille à aujourd\u2019hui.«Cet honneur consacre dans mon esprit les deux démarches de ma vie; l\u2019enseignement et l\u2019organisation des affaires de l\u2019Etat » Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 6 OCTOBRE 2014 ACTUALITES CHRISTOPHER BLACK AGENCE ERANCE-PRESSE Marburg fait des apparitions périodiques sur ie continent africain.Une éciosion avait d\u2019aiiieurs causé des centaines de morts en Angoia en 2005.Ci-dessus, un médecin préiève un échantiiion sur une maiade à Kinguanga.Le spectre de Marburg, cousin d\u2019Ebola, plane sur l\u2019Ouganda Un cas mortel de contamination par la fièvre hémorragique à virus de Marburg a été recensé en Ouganda, chez un membre du personnel d\u2019un hôpital de Kampala, a annoncé dimanche le gouvernement ougandais.Le virus de Marburg est de la même famille que celui d\u2019Ebola et figure comme lui parmi les agents pathogènes les plus virulents chez les humains, selon l\u2019Organisation mondiale de la Santé (OMS).La victime est un technicien en radiographie de 30 ans, qui travaillait à l\u2019hôpital Mengo de Kampala.11 a commencé à se sentir mal le 17 septembre et est décédé le 28 septembre dans cet établissement, a expliqué le ministère ougandais de la Santé dans un communiqué.Les tests se sont avérés positifs le 30 septembre.Son frère «a développé des symptômes » de la maladie, poursuit le ministère, «il a été placé en quarantaine, isolé et placé sous surveillance.Des prélèvements ont été effectués et sont actuellement examinés».«Jusqu\u2019ici, quelque 80 personnes entrées en contact avec ce cas confirmé ont été identifiées et isolées préventivement et pour surveiller l\u2019apparition de tout signe ou symptôme durant les 21 jours d\u2019incubation » de la maladie, a indiqué le ministère.Le ministère assure que diverses mesures ont été prises pour éviter la propagation du Ebola: un cas de contamination classique Le premier cas d\u2019Ebola signalé hors d\u2019Afrique, un Libériep qui a déclaré la maladie aux Etats-Unis, très probablement contaminé en tentant de faire hospitaliser une malade, illustre le cercle vicieux de la propagation en Afrique de l\u2019Ouest.Thomas Eric Duncan est entré en contact avec le virus quelques joiuç avant son départ poiu les Etats-Unis en portant assistance à Martha-lyn Williams, fille de son bail-leiu.Avant de mourir, Martha-lyn, enceinte, a contaminé quatre personnes qui ont suc- virus, notamment le transport de tout cas suspect au Site national d\u2019isolement d\u2019Entebbe, dans les faubourgs de Kampala, où a été entreposé du matériel nécessaire à éviter la propagation de l\u2019infection.Fluides contagieux Des dispositions sont également prises poiu isoler tout cas suspect à l\u2019hôpital Mengo et la formation des personnels hospitaliers à Mengo et Mpigi va commencer dès lundi.Les autorités appellent la population à signaler tout cas suspect et rappellent les symptômes et les me-siues de précaution à prendre.Comme Ebola, le virus de Marburg se transmet par combé, et ses parents sont actuellement soignés dans un centre de traitement d\u2019Ebola.La mère de Marthaljm Wil-bams l\u2019a emmenée dans une clinique, où «elle a commencé à avoir des convulsions.Alors, la clinique a dit que comme elle était enceinte et qu\u2019elle avait des convulsions il fallait l\u2019emmener dans un grand hôpital», raconte Anna Diah, la tante de la défunte jeune femme.Le père, le frère, la mère de Marthaljm Wilbams, accompagnés de Thomas Eric Duncan, l\u2019ont alors emmenée contact avec les fluides coipo-rels (sang, selles, urine, sabve, vomissures, sperme.) d\u2019une personne contaminée.Les personnes contaminées par le vfrus de Marburg connaissent très rapidement une forte fièvre, suivie de diarrhée, vomissements et hémorragies sévères.Le taux de létalité du virus de Marburg varie de 25% à 80% selon les épidémies, d\u2019après l\u2019OMS et il n\u2019existe ni vaccin ni traitement.En octobre 2012, une épidémie de fièvre à virus de Marburg avait fait une dizaine de morts sur une vingtaine de cas confirmés en Ouganda.«L\u2019Ouganda a l\u2019expérience et les moyens suffisants pour faire en taxi «mais personne n\u2019a pu la prendre nulle part», tous les établissements de sobis étant saturés.Ce scénario tristement banal ressemble à un calque de la situation relatée^ le 9 septembre par l\u2019OMS.«A Monrovia, des taxis remplis de familles entières, dont certains membres probablement contaminés par Ebola, sillonnent la ville à la recherche d\u2019une place», s\u2019alarmait l\u2019organisme, soubgnant que les malades renvoyés chez eux «contaminaient inévitablement» leur entourage.face à la menace sanitaire» et a «par le passé géré avec succès des situations similaire de menaces sanitaires impliquant des fièvres hémorragiques», a rappelé sur Twitter le premier ministre, le D\u2018^Ruhakana Rugunda, ancien mbbstre de la Santé et médecbi de formation.Une épidémie d\u2019Ebola, la plus meurtrière depuis l\u2019émergence du virus en 1976, ravage actuellement l\u2019Afrique de l\u2019Ouest où ebe a déjà fait 3439 morts et bi-fecté quelque 7500 personnes, principalement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, selon un bilan de l\u2019OMS arrêté au 1®\"^ octobre.Agence France-Presse Une maladie héritée des Vikings déconverte an Qnébec Des médecins et chercheurs du CHU Sainte-Justine, de l\u2019Université de Montréal, du CHU de Québec et de l\u2019Université Laval ont découvert une maladie rare affectant à la fois la fréquence cardiaque et les mouvements péristaltiques de l\u2019intestin.Nommée « dysrjfrhmie intestinale et auriculaire chronique» (DIAC), la maladie consiste en un sjmdrome grave causé par une mutation génétique rare.Cette découverte démontre que la stimulation rythmique du cœiu et des intestins est étroitement bée par un même gène dans le corps humain.C\u2019est ce que révèle une étude pubbée le 5 octobre 2014 dans la revue Nature Genetics.Le sjmdrome se manifeste par la présence combinée de sjunp-tômes cardiaques et intestinaux très tôt dans la vie, dès l\u2019enfance.En étudiant l\u2019ADN de patients d\u2019origine canadienne-française et d\u2019un patient Scandinave qui présentaient à la fois le profil cardiaque et le profil gastro-intestinal de la maladie, les chercheius ont pu identifier une mutation génétique commune dans le gène SGOLl.L\u2019héritage de la mutation remonterait au XIL siècle, puis aurait suivi la route des Vikings de la Scandinavie jusqu\u2019en Normandie, puis cebe des colons venus s\u2019établir en Nouvebe-Erance au XVIL siècle.La Presse canadienne Les entrepreneurs en construction se dotent d\u2019une charte des valeurs L> Association de la construction du Québec ' (ACQ) vient d\u2019adopter une charte des valeurs ayant pour principales pierres d\u2019assise l\u2019intégrité, le professionnabsme, la collaboration et le respect.Son conseil d\u2019administration a approuvé le documenf samedi, à Québec.L\u2019idée était en gestation depuis un bon moment déjà.La présidente de l\u2019ACQ, Manon Bertrand, se rappelle que, dès 2011-2012, «la tourmente se ^manifestait déjà fortement dans l\u2019industrie».À l\u2019époque, les membres de l\u2019Association de la construction du Québec ont été nombreux à lancer le même cri du cœur, car ils étaient exaspérés de constater que quelques moutons noirs ternissaient la réputation de l\u2019ensemble des entrepreneurs.Ils ont exigé, selon M\u201c® Bertrand, que l\u2019ACQ «fasse quelque chose pour démontrer que la plupart d\u2019entre eux sont des gens honnêtes, qui ont de bonnes pratiques» et qu\u2019ils n\u2019ont la plupart du temps rien à vofr avec les systèmes bien huilés de cobusion et de corruption.Engagement En s\u2019inspirant d\u2019un modèle en vigueur en Bavière, l\u2019organisation a reconnu la pertinence de se doter d\u2019un programme d\u2019intégrité dont la charte des valeius abait devenir un «outil central» poiu reprendre les propos de Manon Bertrand.Cette dernière souligne qu\u2019avec cette démarche, son organisation souhaitait afficher clairement son engagement en faveur de la bonne gouvernance en encoiuageant «l\u2019essor de bonnes pratiques d\u2019affaires et de saine concurrence».Dans la charte qui doit s\u2019appliquer à l\u2019ensemble des administrateurs, des dirigeants et des employés de l\u2019Association de la construction du Québec, la mission de l\u2019organisation est brièvement décrite.11 est entre autres possible d\u2019y bre qu\u2019elle veut «promouvoir les nouvelles façons de faire en matière de construction, de santé, de sécurité [et] d\u2019innovation technologique» abisi que les ambassadeur du Bureau de la liberté de la re-' ligion du Canada estime que la Russie persécute les chrétiens orthodoxes, les catholiques et les Tatars musulmans.Andrew Bennett, qui amorce un voyage d\u2019une semaine en Ukraine, y rencontrera des chefs religieux et des représentants du gouvernement.Il annoncera aussi de l\u2019aide gouvernementale canadienne, visant à faire la promotion de la liberté religieuse et de la démocratie.Ces mesures visent à atténuer la «discrimination systématique» des troupes du président Vladimir Poutine envers les groupes chrétiens et les musulmans tatars, dans l\u2019est de l\u2019Ukraine, a indiqué M.Bennett à La Presse canadienne.L\u2019armée russe aurait notamment capturé des prêtres et des religieuses et bombardé des églises, en plus d\u2019intimider des croyants.De plus, M.Poutine forcerait les organisations religieuses de Crimée à se réinscrire à un registre, afin de mieux cibler les Tatars musulmans.Cette nouvelle mesure pourrait aussi être imposée aux communautés de l\u2019est du pays, ce qui menacerait les chrétiens orthodoxes et les catholiques, a affirmé M.Bennett.«Cela a déjà été utilisé par le passé comme une forme de persécution administrative», a-t-il expliqué.M.Bennett croit que les Russes ciblent les églises orthodoxes du patriarcat de Kiev pour imposer celui de Moscou.Le gouvernement russe considère l\u2019Église orthodoxe ukrainienne comme une secte, selon lui.«C\u2019est assurément un plan calculé.On tente de construire un nationalisme russe avec l\u2019Église orthodoxe [.] pour poursuivre les objectijs du gouvernement, a-t-il souligné.C\u2019est arrivé plusieurs fois dans son histoire [.] L\u2019Église orthodoxe russe accepte d\u2019être utilisée, et l\u2019Etat et les Russes le font pour satisfaire leurs intérêts», a-t-il ajouté.L\u2019ambassadeur n\u2019a pas encore précisé à combien se chiffrerait l\u2019aide canadienne.Le Bureau de la liberté de religion du Canada dispose d\u2019un budget de seulement 4,25 millions.Le premier ministre canadien Stephen Harper a été un des plus fervents critiques de Vladimir Poutine au sujet du conflit ukrainien, qui est devenu une priorité en politique étrangère canadienne.Le Canada abrite quelque 1,2 million d\u2019immigrants ukrainiens.La Presse canadienne Évadés d\u2019Orsainville: le jury réentendra un témoignage Les délibérations se poursuivront durant une semaine à Québec au procès des trois évadés du Centre de détention d\u2019Orsainville.Le juge affecté au procès de Serge Pomerleau, dYves Denis et de Denis Lefebvre, accusés notamment de trafic de stupéfiants, de complot et de gangstérisme, a accepté une demande du jury visant à entendre de nouveau le témoignage du délateur au procès.Le jury, composé de six femmes et de six hommes, voulait entendre certains segments du témoignage, mais le juge a refusé.La nouvelle écoute de l\u2019interrogatoire et du contre-interrogatoire devrait prendre une semaine.La Presse canadienne Vigile pour les femmes autochtones Québec\u2014Jugeant que «ce qui se passe actuellement n\u2019est pas assez connu», la députée de Québec solidaire, Manon Massé, affirme que la lutte qui vise à obtenir une commission d\u2019enquête nationale sur les causes de la disparition et du meurtre de femmes autochtones doit se poursuivre.D\u2019où sa participation, samedi après-midi, à l\u2019une des vigiles organisées dans plusieurs ^les du Canada et du monde.M\u201c® Massé a qualifié âj«extraordinaire» l\u2019événement qui réunissait plus de 250 personnes, dont la présidente de Lemmes autochtones du Québec, Michèle Audette.«Quand on sent qu\u2019il y a quelque chose qui n\u2019a pas de bon sens, ça fait partie de notre devoir citoyen de se lever et de le dire», a-t-elle dit.Selon M\u201c® Massé, il s\u2019agit du dossier le plus lourd en matière de droits de la personne auquel doit faire face le Canada.La Presse canadienne L\u2019heure joyeuse Y\u2019a d\u2019Ia joie ! Vous gagnez 62 minutes.En atterrissant à l\u2019aéroport du centre-ville de Toronto, vous échappez à la congestion sur le chemin de l\u2019autre aéroport.Bon vol et bonne journée.porter raffinée sur toute la ligne O HALIFAX MONCTON MONT-TREMBLANT MONTRÉAL OTTAWA QUÉBEC SAU LT STE.MARIE STEPHENVILLE ST.JOHN\u2019S SUDBURY THUNDER BAY TIMMINS TORONTO WINDSOR BOSTON BURLINGTON, VT CHICAGO MYRTLE BEACH NEW YORK WASHINGTON flyporter.com 4 A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 6 OCTOBRE 2014 EDITORIAL REPENSER L\u2019ETAT DU QUEBEC La bible de Couillard ?Qu\u2019est-ce que Philippe Couillard entend faire de notre État?Rééquilibrer les finances, simplement?Non, son projet est beaucoup plus ambitieux et s\u2019inscrit dans ce qu\u2019il perçoit comme une tendance mondiale de «réinvention» de l\u2019État, laquelle fut exposée dans ce qu\u2019il considère comme l\u2019essai récent le plus inspirant pour lui : The Fourth Révolution.Une source d\u2019inspiration comptant de bons mais aussi d\u2019inquiétants aspects.L .J Antoine ROBIiaiLLE ors d\u2019une réunion récente avec des hapts fonctionnaires et des patrons de société d\u2019État, Philippe Couillard a été très clair, racontent plusieurs sources : s\u2019il y a un livre qui l\u2019inspire et même «que vous devriez tous lire», a-t-il lancé à son parterre, c\u2019est The Fourth Revolution -The Global Race to Reinvent the State (Penguin Press, 305 pages), écrit par deux des patrons de la revue The Economist, John Micklethwait et Adrian Wooldridge.La thèse du livre : la gouvernance est en crise, les États démocratiques sont aujourd\u2019hui beaucoup trop gros, de plus en plus incapables d\u2019accomplir leurs missions essentielles.(Jette impuissance mine l\u2019adhésion au système des populations surtaxées et rend attrayantes les solutions populistes.L\u2019État libéral à l\u2019occidentale n\u2019inspire donc plus.Ailleurs, on se tourne, soutiennent-ils, vers d\u2019autres conceptions du gouvernement, notamment celles de Singapour et de la Suède, avec sa social-démocratie durable parce que réformée.Une quatrième révolution est nécessaire, concluent les auteurs./¦ ,r\tSelon Micklethwait et Wopldridge, la pre- w mière révolution fut celle de l\u2019État-nation, autour de la pensée du théoriçien Thomas Hobbes (1588-1679), pour qui l\u2019État était un Léviathan détenteur du monopole de la violence légitime, capable de garantir la sécurité du citoyen.La seconde serait celle de l\u2019État libéral, conforme aux thèses de John Stuart Mill (1806-1873).La troisième?L\u2019État-providence rêvé par la Société des Fabiens, qui voulut donner la santé et l\u2019éducation à tous.Mais au fil du temps, on compta trop sur l\u2019État, qui devint obèse.Thatcher et Reagan, dans les années 1980, ont bien tenté de le faire maigrir, estiment Micklethwait et Wooldridge.Mais leur révolution nç fonctionna qu\u2019à moitié.La quatrième révolution sera celle de l\u2019État «maigre» (le «lean», cher au ministre de l\u2019Éducation Yves Bolduc), qui accepte ses limites, ne promet plus tout et qui utilise la technologie pour rendre ses processus plus efficaces.L\u2019essai des deux Anglais compte des pistes stimulantes.Qui affirmera que l\u2019État-providence remplit toutes ses promesses ?Il suffit pour s\u2019en convaincre d\u2019aller poireauter à l\u2019urgence ou alors de chercher une place dans un CPE, etc.Le chapitre que Micklethwait et Wooldridge consacrent à la Suède, ancien paradis de la social-démocratie qui s\u2019est réformé après avoir frôlé la faillite au début des années 1990, est instructif : «Les rues de Stockholm sont inondées du sang des vaches sacrées», écrivent-ils pour illustrer le fait que les Suédois ont osé transformer leur modèle.À d\u2019autres égards, l\u2019essai The Fourth Revolution rappelle plusieurs livres des années 1990, dont celui de Kenichi Ohmae qui célébrait «la fin de l\u2019État-nation» et espérait l\u2019avènement d\u2019une sorte de mondialisation strictement économique.Il y a ici comme chez Ohmae cette fascination pour le leader historique de Singapour, Lee Kuan Yew, dont les tendances autoritaires ont de quoi rebuter.Nos États actuels \u2014 dont le nôtre en déficit et surendetté \u2014 méritent sans doute d\u2019être réformés.L\u2019ennui avec des essais qui prétendent faire le tour du monde et d\u2019une question, c\u2019est qu\u2019ils nous en apprennent souvent moins sur le monde que sur les préjugés de ceux qui écrivent ces rnêmes essais.Et ici, on semble préférer à tout prix le moins d\u2019État à ce qui pourrait être un «mieux d\u2019État», ce que devrait viser notre gouvernement.Au fait, qu\u2019est-ce qui a provoqué les plus importantes hausses des dépenses de gouvernements dans les dernières décennies en Occident?L\u2019ajout de programmes sociaux coûteux?L\u2019État obèse?Non, le sauvetage d\u2019institutions bancaires dont certains cadres, motivés par une cupidité débridée, ont multiplié les produits financiers frelatés.LE CP ET LAC-MÊGANTIC Hors de propos f y aurait donc eu démesure dans fa réaction de fa part des organismes de réglementation à fa suite de fa tragédie de Lac-Mégantic, puisqu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un coupable : fe conducteur qui, ce soir funeste de juillet 2013, n\u2019a pas assez serré les freins du convoi de fa MMA.Ce jugement lapidaire ne vient pas de n\u2019importe quel quidam, mais du président et chef de fa direction du Canadien Pacifique (CP), M.Hunter Harrison, qui a déjà dirigé fe CN et qui est considéré comme une star dans le milieu, où if œuvre depuis 50 ans (son embauche par le CP fut un vrai fait d\u2019armes).Même fe gouvernement conservateur, qui fui-même attribue fa responsabilité du drame au conducteur Torn Harding mais qui a néanmoins resserré son encadrement du rail, a désavoué ses propos.C\u2019est dire ! La réaction du grand patron du CP est pourtant bien dans f\u2019air du temps : au nom des profits ou des économies, mettre en place des conditions de réduction de service et blâmer ensuite ceux qui sont pris pour les appliquer.If faut noter que fe CP avait pourtant indiqué avoir révisé ses règles en matière de sécurité dans les jours suivant fe déraillement et f\u2019expfosion qui ont fait 47 morts à Mégantic.M.Harrison avait ensuite appelé au retrait des wagons-citernes DOT-111, inaptes au transport du pétrole brut.Mais les propos tenus au Globe and Mail jeudi dernier ont un contexte : M.Harrison venait d\u2019exposer ses plans d\u2019avenir à des investisseurs américains, soit doubler les profits du CP et augmenter de 50% ses revenus annuels à 10 milliards de dollars d\u2019ici 2018.Pour y arriver, if faut que fe service soit plus rapide et que fa vitesse de croisière des trains augmente.Toute réglementation qui conduirait au contraire serait donc néfaste pour les affaires.Et si fa levée des embûches entraîne des dérives, ifs ne peuvent être fe fait que d\u2019individus.M.Harrison ignore donc fe rapport du Bureau de fa sécurité des transports qui, en août, ciblait 18 faits qui ont joué un rôle dans fe déraillement de Lac-Mégantic, et s\u2019en tient au plus facile : Torn Harding, l\u2019homme seul avec son dangereux convoi, pris dans un environnement d\u2019entretien négligé et de surveillance défaillante de fa part des autorités.Tout cela pour ne pas nuire à fa foffe course à l\u2019argent.Oui parfois, if y a des contrecoups dont fa population écope.Mais depuis quand fa population entre-t-elfe dans les prévisions des Hunter Harrison de ce monde ?La compassion, c\u2019est toujours pour fe lendemain des catastrophes.Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET UwC ?oiffNCC\tMAI N LETTRES Le Barrette récidive Le docteur Barrette est un récidiviste en matière d\u2019intimidation.Ses commentaires envers Réjean Hébert, l\u2019ancien ministre de la Santé, en font preuve.(Jet épisode arrive au moment où le gouvernement du Québec tient son forum sur l\u2019intimidation.Pour contrer l\u2019intimidation, le leadership de nos élus doit se manifester, entre autres, par l\u2019exemple.Manifestement, le comportement du docteur Barrette pose un problème de crédibilité sur nos dirigeants.Les victimes de l\u2019intimidation se retrouvent dans tous les poupes d\u2019âge de la communauté.L\u2019intimidation est omniprésente, autant dans les organisations privées, publiques et bénévoles.Les effets de l\u2019intimation influent sur l\u2019estime de soi, le bien-être physique, l\u2019équilibre p^-chologique et les relations affectives des victimes.Je crois sincèrement qu\u2019il est de la responsabilité de tous de reconnaître l\u2019intimation où elle existe.Les leaders de tout niveau ont aussi le devoir de prévenir l\u2019intimidation Raymond Carrière Gatineau, le 2 octobre 2014 PKP utilise-t-il les indépendantistes ?À la lumière des récents sondages, Pierre Karl Péladeau n\u2019a aucunement be- soin d\u2019adapter son discours pour s\u2019assurer l\u2019appui des militants de gauche et devenir chef du Parti québécois.Ses adversaires politiques doivent plutôt craindre qu\u2019il obtienne un appui massif de la population qvec son récent discours sur l\u2019austérité.A cet égard, le gouvernement libéral n\u2019a pas démontré très clairement que les compressions draconiennes qu\u2019il met en place sont nécessaires pour combattre le déséquilibre relativement mineur des finances publiques, d\u2019autant plus que le gouvernement laisse entrevoir la possibilité de baisses d\u2019impôts après l\u2019atteinte du déficit zéro.En outre, l\u2019ampleur des compressions n\u2019avait pas été annoncée durant la dernière campagne électorale.Je n\u2019ai aucun doute que PKP soit en mesure de présenter un programme de gouvernement gagnant pour la prochaine élection.Ce dont je doute encore c\u2019est que PKP soit vraiment désireux de faire l\u2019indépendance du Québec.Le PQ et son nationalisme économique ont été très profitables aux entrepreneurs québécois et sûrement à PKP.Élusieurs de ces entrepreneurs, ceux qui ne vivent pas de contrats publics, réalisent bien qu\u2019il n\u2019y a plus rien à attendre d\u2019un gouvernement libéral ultrafédéraliste et mondialiste.PKP pourrait avoir comme principal motif le retour en force du Québec inc.On pourra en juger le jour où il présentera sa stratégie d\u2019accession à l\u2019indépendance, avec un échéancier ouvert ou bien délimité dans le temps.Compte tenu de sa personnalité et de sa crédibilité, je m\u2019attendrais à ce que Pierre Karl Péladeau, s\u2019il est sincère, propose dès maintenant la tenue d\u2019un référendum lors d\u2019un deuxième mandat majoritaire du gouvernement du Parti Québécois.Cela donnerait plus de quatre ans aux militants de l\u2019ensemble du mouvement indépendantiste pour convaincre la majorité des Québécois de la valeur du projet.Pierre Gouin Le 2 octobre 2014 L\u2019autre rébellion des Patriotes ,Très amusant d\u2019entendre le ministre de l\u2019Éducation parler de « rébellion » quand la Commission scolaire des « Patriotes » s\u2019insurge contre les compressions qu\u2019il impose.M.Bolduc, qui ne veut pas qu\u2019on enseigne l\u2019histoire dans nos écoles.A-t-il décidé de l\u2019enseigner lui-même cette histoire?Rébellion, Patriotes, nous y voilà ! Chassez le naturel, chassez l\u2019histoire, elle vous rattrape rapidement.Onil Perrier Saint-Denis-sur-Richelieu, le 2 octobre 2014 LIBRE OPINION Pétrole lourd : le lac Saint-Pierre menacé DENIS ROBILLARD Citoyen de la région de Sorel-Tracy ai été étonné de lire dans Le Devoir que le premier ministre Couillard admettait «candidement» qu\u2019il n\u2019y avait pas de plan d\u2019urgence en cas de déversement de pétrole dans le fleuve.Dans ce cas, comment se fait-il que les autorisations aient été données pour aller de l\u2019avant avec l\u2019exportation du pétrole lourd sur le fleuve Saint-Laurent?Comment se fait-il que Kildair, la compagnie située à Sorel-Tracy qui a acheté les installations d\u2019Hydro-Québec (tiens ! un autre actif d\u2019Hydro-Québec qui est passé aux mains d\u2019intérêts pétroliers.), ait obtenu les autorisations nécessaires ?La prudence élémentaire ne devrait-elle pas nous amener à d\u2019abord faire les études d\u2019impact pour, ensuite, établir les normes de sécurité et, enfin, définir les plans d\u2019urgences afin de consulter la population, et ce, avant de donner quelque autorisation que ce soit?M.Couillard a signalé que c\u2019est sous le gouvernement Marois que les autorisations avaient été données à Kildair.La réponse de M.Bédard n\u2019est guère plus reluisante quand il affirme que le gouvernement du PQ ignorait que ce pétrole était destiné à l\u2019exportation.On s\u2019en fiche.Ce geme de débat, c\u2019est de la petite politique.Ce qui nous intéresse?Comment assurer la protection du fleuve et de ses écosystèmes.Et aujourd\u2019hui, c\u2019est au gouvernement Couillard, qui est en place, qu\u2019incombe cette responsabilité.J\u2019aimerais rappeler ici que les installations de Kildair, qui reçoit les superpétroliers, sont situées à quelques kilomètres en amont de l\u2019archipel du lac Saint-Pierre, le plus important archipel du Saint-Laurent avec 103 îles.Un trésor national est ici menacé par toutes ces activités pétrolières.Un simple clic sur le site de la réserve de la biosphère du lac Saint-Pierre nous permet d\u2019en mesurer l\u2019importance écologique.Milieu unique La région du Lac-Saint-Pierre, qui depuis l\u2019année 2000, est une réserve mondiale de la biosphère reconnue par l\u2019UNESCO, constitue l\u2019une des composantes majeures de l\u2019écosystème du Saint-Laurent.On y retrouve la plus importante plaine inondable en eau douce au Québec.Ces terres inondées sont utilisées par plus de 800000 oiseaux en période de migration printanière.C\u2019est ce qui fait du lac Saint-Pierre la plus importante halte migratoire de la sauvagine dans tout l\u2019est du Canada.Au cours des cinquante dernières années, 70% des marais ont disparu le long du Saint-Laurent; 20% des marais restants se retrouvent dans la région du Lac-Saint-Pierre.Ils servent entre autres de sup- port aux invertébrés, à l\u2019alimentation et à la reproduction du poisson.On y trouve également la plus importante héronnière en Amérique du Nord, avec plus de 1300 nids dénombrés au milieu des habitats protégés et reconnus.Le lac Saint-Pierre a reçu en 1998 la désignation de site RAMSAR en vertu de la Convention relative aux zones humides d\u2019importance internationale.La région du Lac-Saint-Pierre, un territoire demeuré à 90% naturel comprend 27 espèces de plantes rares, 79 espèces de poissons, dont 2 figurants sur la liste des espèces menacées, 288 espèces d\u2019oiseaux observées, dont 116 considérées comme nicheuses, 12 espèces d\u2019oiseaux faisant partie de la liste des oiseaux menacés du Québec, la première halte migratoire printanière de l\u2019oie des neiges sur le Saint-Laurent.Les autorisations d\u2019aller de l\u2019avant avec le transport du pétrole lourd par des superpétroliers sur le Saint-Laurent (qui l\u2019an dernier étaient interdits) et de le transborder à Sorel-Tracy, en amont d\u2019un trésor écologique reconnu mondialement, ont été données sans étude d\u2019impact, sans consultation des populations locales et sans préparation sérieuse en cas de déversement.Est-ce de l\u2019inconscience?Face à ce constat, on est en droit de se demander : mais pour qui ce gouvernement travaille-t-il?Certainement pas pour la population de qui il a reçu son mandat. LE DEVOIR, LE LUNDI 6 OCTOBRE 2014 A 7 IDEES DECES DE JEAN-CLAUDE DUVALIER Monsieur le Président, comment avez-vous pu?Il ne fallait pas qualifier « Bébé Doc » de président, mais de fossoyeur de ce qu\u2019on appelait autrefois la « perle des Antilles » FRANCESKA SAINT-JUSTE Fière citoyenne québécoise, en deuil d\u2019un pays qui ne cesse de mettre en position d\u2019autorité des hommes qui ne devraient pas être dignes de la présidence.her président Martelly, le 4 octobre survint le décès tant attendu pour plusieurs du deuxième dictateur le plus connu d\u2019Haïti.Jean-Claude Duvalier, aussi appelé «Bébé Doc».Il est mort d\u2019une crise cardiaque, non pas dans la cellule où il méritait d\u2019être depuis plus de vingt-huit ans \u2014 ni même dans celle qui l\u2019attendait de droit, lors de sa réapparition sur les terres haïtiennes il a déjà trois ans déjà \u2014, mais bien dans sa maison d\u2019un des quartiers huppés de Port-au-Prince, entouré d\u2019êtres chers.Une mort qui me semble bien injuste, puisque ce privilège de quitter la vie ainsi n\u2019a certainement pas été accordé à tous ceux que son père, lui et son gouvernement ont tués, torturés, mais surtout humiliés pendant vingt-neuf ans.Aujourd\u2019hui, Monsieur le Président, est mort le prince héritier d\u2019un régime de peur qui emporta avec lui l\u2019âme, en peine, de plusieurs Haïtiens, lesquels, depuis plus trente ans, dénoncent les morts injustifiées de leurs amis, familles, tous tués sous le gouvernement d\u2019êtres ignobles et exécrables.Je me réjouis donc aujourd\u2019hui, Monsieur le Président, de la mort de celui qui a fait kidnapper, torturer et tuer mon oncle, à peine âgé de seize ans, pour certains de ses dires ; et l\u2019oncle de plusieurs jeunes Hàïtiens qui, tout comme moi en ce moment, se disent soulagés de la fin réelle du cauchemar qu\u2019était leur vie sous le régime Duvalier.Je n\u2019ai pas connu le duvaliérisme.Je suis née sous le troisième régime de peur et d\u2019instabilité politique et économique haïtienne, celui d\u2019Aristide, mais tout comme plusieurs jeunes Hàïtiens immigrés au Canada, je connais des êtres chers qui ont souffert en tentant de fuir le duvaliérisme.Ces gens aujourd\u2019hui continuent de réclamer justice, mais comment justice peut-elle se faire quand le président d\u2019Haïti, vous.Monsieur!, décrit sur RAMON ESPINOSA ASSOCIATED PRESS Les victimes du régime Duvalier, comme cet homme ayant été emprisonné pendant huit ans à cette époque, n\u2019auront jamais obtenu justice.Twitter, la mort de l\u2019ancien dictateur comme une «triste circonstance».Monsieur le Président, comment osez-vous décrire encore «Bébé Doc» comme un ancien président?Un «président» que, j\u2019en suis certaine, vous jugez digne d\u2019obsèques présidentielles, ainsi que des larmes d\u2019un peuple que vous pensez reconnaissant, alors que cet homme n\u2019a jamais été la définition même d\u2019un candidat élu majoritairement par une nation.Il n\u2019est donc pas «mon» président; il n\u2019était clairement pas celui de mes parents et certainement pas celui de mes grands-parents, il n\u2019était qu\u2019un bourreau, un simple colonisateur qui, tout comme son géniteur, a proclamé sienne une na- tion qui ne lui a jamais appartenu.Aujourd\u2019hui, Monsieur le Président, je me réjouis haut et fort de la mort du fils de Belzébuth.J\u2019acclame aussi l\u2019âme de ceux qui sont morts de, manière injuste et immorale à Fort Dimanche.À eux.Monsieur le Président, je souhaite de reposer en paix! Quant à votre «président».Monsieur, j\u2019espère pour lui qu\u2019il saura utiliser devant le Saint-Père les leçons de droit qu\u2019il aura peut-être pu apprendre lors de son court passage à l\u2019université.Quant à votre gouvernement, je présume qu\u2019il préfère, ce soir, pleurer la mort du gendre de celui qui a mis sous terre le pays qu\u2019on appelait fièrement, autrefois, «la perle des Aitilles».Écoles privées : le dilemme des progressistes JOCELYN MACLURE Professeur de philosophie à l\u2019Université Laval et cotitulaire de la Chaire La philosophie dans le monde actuel e gouvernement du Québec jonglerait avec l\u2019idée de réduire de 50% le financement des écoles privées.Si l\u2019on considère généralement que 60% du fi-I nancement des écoles privées est pu-blic, un rapport récent démontre qu\u2019il peut atteindre 75%.Le financement de l\u2019éducation primaire et secondaire est un terrain de jeu idéal pour la gauche et la droite.La gauche soutient généralement que le système d\u2019éducation doit favoriser l\u2019égalité des chances et, par conséquent, être public et à «une seule vitesse».Puisque les écoles privées, principalement parce qu\u2019elles attirent les meilleurs élèves et enseignants, offrent un environnement plus stimulant, les jeunes qui les fréquentent partent avec une longueur d\u2019avance.Un système à «deux vitesses» contribue ain^i à la production des inégalités.C\u2019est pourquoi l\u2019État devrait mettre un terme au financement public de l\u2019école privée.Des inégalités subsisteront peut-être toujours, mais l\u2019État ne doit pas favoriser leur accentuation.La droite est,divisée.Il y a consensus au sujet de l\u2019idée que l\u2019État doive oeuvrer en faveur de la liberté des parents; la possibilité du «libre choix» doit être réelle.Cela peut signifier que l\u2019État permette la création d\u2019écoles privées non subventionnées et qu\u2019il encourage la concurrence entre les écoles.La concurrence favorise l\u2019excellence, ainsi que l\u2019élargissement de la gamme de choix des parents.Les écoles privées doivent être permises mais non subventionnées, la droite s\u2019opposant généralement à l\u2019interventionnisme.D\u2019autres à droite considèrent plutôt que le maintien d\u2019un système privé accessible est nécessaire à la concurrence.Il faudrait continuer à subventionner le privé afin que ce dernier tire le public vers le haut en rivalisant pour sa clientèle et en lui offrant des modèles à suivre.De plus, comme le public n\u2019offrirait pas assez d\u2019options, le financement des écoles privées serait justifié.Que faut-il pensçr de tout ça?Mon intuition première est que l\u2019État ne devrait pas financer les écoles privées.Les perspectives d\u2019avenir des enfants étant déjà influencées par des facteurs arbitraires, comme le milieu familial et le bagage génétique, les institutions publiques doivent contribuer à niveler les chances.Le système scolaire doit favoriser la mobilité sociale ascendante, et non la reproduction des classes sociales.Les choses ne sont toutefois pas si simples.I RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Les perspectives d\u2019avenir étant déjà influencées par des facteurs arbitraires, comme le milieu familial et le bagage génétique, les institutions publiques doivent contribuer à niveler les chances.Qutre l\u2019enjeu du coût du transfert des élèves du privé au public, la question qui me trouble relève du principe et de la vision du vivre-ensemble.L\u2019égalité des chances n\u2019est pas le seul principe en cause.Des principes comme la liberté individuelle, la liberté d\u2019association et le droit qu\u2019ont les parents de prendre des décisions structurantes poqr l\u2019avenir de leurs enfants font en sorte que l\u2019État peut difficilement aller juçqu\u2019à interdire la création d\u2019écoles privées.L\u2019État peut refuser de les subventionner et imposer un programme d\u2019études et des examens uniformed, mais il me semble excessif de penser que l\u2019État peut aussi imposer les moyens de la scolarisation obligatoire.Autrement dit, l\u2019Etat peut s\u2019assurer que les enfants soient scolarisés, mais il ne peut empêcher ni la création d\u2019écoles parallèles ni même l\u2019éducation à la maison sans faire preuve d\u2019autoritarisme.Bien que cela puisse paraître hyperbolique, J.S.Mill formulait ainsi dans ses Principes d\u2019économie politique l\u2019inquiétude eu égard au monopole étatique en éducation : «Il n\u2019est pas tolérable qu\u2019un gouvernement ait un contrôle complet sur l\u2019éducation des gens.Posséder ce contrôle et surtout l\u2019exercer est le propre d\u2019un comportement despotique.Un gouvernement qui puisse mouler les opinions et les sentiments des gens depuis l\u2019enfance jusqu\u2019à la jeunesse peut faire avec eux ce qu\u2019il veut.» D\u2019ailleurs, tant le droit international que la Loi sur l\u2019instruction publique reconnaissent une certaine autonomie éducative aux parents.Bref, il semble bien difficile de penser qu\u2019un système public unique refusant toute mixité des écoles et modèles éducatifs soit acceptable.Une des conséquences repoussantes pour l\u2019égalitariste de la fin du financement public de l\u2019école privée est l\u2019accentuation du caractère élitiste des écoles privées qui réussiraient à survivre en augmentant les droits de scolarité.En gros, seuls les enfants du 1 % le plus riche fréquenteraient les écoles privées.Qu sait que des écoles privées à Toronto imposent des droits de 15 000 à 25 000$ par année ! Des écoles comme Brébeuf à Montréal et Saint-Charles Garnier à Québec exigent des droits d\u2019environ 3500$ par année.Les écoles privées deviendraient des petits clubs sélects radicalement homogènes d\u2019un point de vue socioéconomique, et les enfants qui les fréquenteraient auraient moins de contacts avec les enfants de la classe moyenne.Est-ce le prix à payer pour valoriser l\u2019éducation publique?Faut-il accepter cette conséquence en se pinçant le nez?La France et la Suède ont-elles raison de financer les écoles privées?Je suis indécis.Un des problèmes de l\u2019exercice auquel le gouvernement nous convie est que les choix qui sont présentés sur le plan de l\u2019offre des services publics et de leur financement soulèvent des questions difficiles de justice distributive, mais nous n\u2019avons aucune indication que les considérations d\u2019ordre éthique sont au cœur des délibérations.Elles le sont peut-être, mais des moyens concrets faisant en sorte que le point de vue de la justice ne soit pas éclipsé par celui de l\u2019efficacité auraient dû être mis en œuvre.La propagande du président John R.MacAethur Selon Barack Qbama, la CIA aurait «,sous-estimé» les capacités du groupe État islamique.Cette déclaration est sans doute contestée par la direction de l\u2019agence d\u2019espionnage, mais peu importe qui a estimé quoi ou comment.Le président ne veut pas assumer la responsabilité des images diffusées sur Internet montrant les journalistes américains décapités par des monstres en tenues noires.A la Maison-Blanche, aussi bien que dans la plus grande partie de l\u2019électorat, on préfère la violence abstraite de drones et de bombes lancées de loin par télécommande.Mieux vaut critiquer les services de renseignements que d\u2019avouer que les scénaristes professionnels de la politique américaine n\u2019ont plus la capacité de gérer quoi que ce soit au Proche-Qrient, y compris les scénarios réalisés par les cinéastes amateurs du mouvement islamiste.La politique étrangère d\u2019Qbama, si l\u2019on peut même la qualifier de politique, n\u2019a pas d\u2019autre objet que de conserver la majorité démocrate au Sénat lors des élections de mi-mandat du 4 novembre.Au fait, le nouveau califat ne menace aucunement notre patrie.Abou Bakr Al-Baghdadi s\u2019intéresse avant tout à faire connaître à ses confrères sunnites sa version extrême du mouvement wahhabite \u2014 mouvement qui prend ses racines, son inspiration et son argent dans la famille royale de l\u2019Arabie Saoudite, alliée de Washington soi-disant modérée et maître arabe du double jeu.Il est douteux qu\u2019à Denver, à Los Angeles ou à Miami on soit preneur d\u2019un courant islamique plutôt hostile aux plaisirs de la vie.Mais pour éviter le pire des scénarios électoraux \u2014 celui d\u2019un Vietnam arabe où les diplomates américains à Bagdad seraient évacués du toit de leur ambassade en hélicoptère \u2014, il faut semer la panique chez les électeurs.Qu ne veut quand même pas se retrouver devant un bourreau tenant un couteau à la main en sortant du casino Planet Hollywood à Las Vegas ! Qbama, sachant que des images de GI revenus sur le terrain irakien seraient plus impopulaires que quelques pigistes décapités, fait un calcul cynique, appuyé par ses conseillers de relations publiques : Bagdad ne doit surtout pas tomber juste avant qu\u2019on se rende aux urnes.Harcelé par les faucons de son propre parti, dont le couple Clinton, et les archi-va-t-en-guerre républicains que sont les sénateurs John McCain et Lindsey Graham, Qbama pense également à son avenir post-présidence.Il ne veut pas être vu comme celui «qui a perdu l\u2019Irak».Toutefois, le président a tort du point de vue de la stratégie, de la diplomatie et de son héritage.Si les démocrates perdent le Sénat, ce sera parce qu\u2019ils ont abandonné les syndicalistes et les minorités et la classe moyenne pour mieux côtoyer la grande finance et les grandes surfaces qui paient les campagnes électorales des deux partis.Ce n\u2019est pas une nouvelle guerre contre des méchants qui va ramener les petites gens.Quant à l\u2019Irak, ce malheureux pays est perdu depuis longtemps.Largement dominé par l\u2019Iran, terrorisé par les revanchards sunnites, écarté du Kurdistan, dépouillé de son industrie intérieure par le libre échangç à l\u2019américaine et inondé de produits chinois, l\u2019État irakien est devenu essentiellement une fiction.Pourquoi ne pas envisager la partition en trois avec un pays kurde, un pays chiite et, si vous voulez, un califat dans lequel les sunnites les plus radicaux pourraient régler leurs propres comptes ?Au moins, les fous furieux seraient plus faciles à surveiller et, on peut l\u2019espérer, endigués.Concernant sa réputation historique, Qbama risque de perdre le seul atout qui lui reste : sinon être l\u2019anti-Bush, au moins être celui qui a rompu avec son prédécesseur au sujet de l\u2019Irak.Une prolongation de la campagne militaire inutile «contre la terreur» ne fera pas sourire les historiens, et cela aliénera les libéraux bien-pensants qui veulent croire à un Qbama digne de son prix Nobel.Je suis journaliste et je souhaite que mes collègues soient protégés contre toute attaque.Cependant, je soupçonne quelque chose de louche dans l\u2019intérêt de la Maison-Blanche au sort effroyable de Steven Sotloff et James Foley.Au lieu de prendre au pied de la lettre la rhétorique de Barack Qbama, songeons à l\u2019avant-propos de Peter Lindbergh, photographe de mode, dans sa nouvelle collection éditée par Reporters sans frontières.Qn connaît bien les abus des despotes, raconte Lindbergh.«Mais ailleurs, souvent, le processus démocratique a été également détourné, perverti [.] Des gouvernements, de puissantes entreprises [.] se cachent derrière leurs implacables fabriques de propagande pour influencer des populations entières, pour leur imposer ce qui sert leurs intérêts.» Effectivement, la propagande du président ne cherche qu\u2019à servir ses intérêts.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste); information générale : Isabelle Paré {chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Philippe Orfali (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel T)3}7\\ô.(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, (Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter); Véronique Chagnon et Louis Gagné (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins, Eric Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettino-Parazelli {reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Taille fer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives); section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Eolie-Boivin (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Erappier, Benoît Munger, Philippe Papineau et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Elorence Sara G.Eerraris (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire) ; Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome ((Montréal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noel (Québec).PUBLICITÉ Édith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Nathalie Jobin (par intérim), Claire Paquet, et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais {coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald Eilion, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Olivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie Eilion, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables).Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Elorentina Draghici, Céline Euroy et Véronique Pagé. A 8 LE DEVOIR.LE LUNDI 6 OCTOBRE 2014 ACTUALITES CLIMAT SUITE DE LA PAGE 1 prendre comment on peut, aujourd\u2019hui, encourager ou autoriser quoi que ce soit qui puisse aggraver cette menace.» Que pensez-vous de l\u2019exploitation des sables bitumineux, défendue par les gouvernements du Québec et du Canada ?«Avec ma sensibilité écologique, je ne vois pas cela d\u2019un bon œil», souligne-t-il.«Je ne vais pas au Canada pour donner des leçons, mais plutôt pour dialoguer, ajoute le journaliste nommé en 2012 par François Hollande comme envoyé spécial pour la protection de la planète.D\u2019ailleurs, je souhaiterais rencontrer Stephen Harper Je crois que c\u2019est plus utile de discuter avec les gens qui sont éloignés de votre point de vue que de prendre le thé avec des gens qui partagent votre opinion.» Pour Nicolas Hulot, le constat est toutefois très clair: il est impératif de prendre dès maintenant des décisions économiques et énergétiques dans le but de réduire notre dépendance aux énergies fossiles.Il en va de l\u2019avenir de l\u2019humanité, rien de moins.«Les choix que nous faisons, sur un plan énergétique et économique, déterminent, pour le meilleur et pour le pire, l\u2019avenir de nos enfants.Et je n\u2019arrive pas à me résigner au fait qu\u2019on puisse sacrifier l\u2019avenir au présent.Je ne peux me résigner à ce qu\u2019on fasse les mauvais choix.» Quoi qu\u2019en pensent certains climatoscep-tiques, les bouleversements climatiques selon lui une réalité indéniable.«On ne peut plus s\u2019abriter derrière l\u2019alibi de l\u2019ignorance, par exemple se demander si les changements climatiques sont de responsabilité humaine, martèle Nicolas Hulot.La science a tranché.Il n\u2019y a plus matière à discussion.Et cette menace aggrave toutes les autres difficultés de l\u2019humanité.» Surtout connu pour son travail à l\u2019émission documentaire française Ushuaïa, il dit avoir constaté sur le terrain les impacts déjà visibles des bouleversements du climat provoqués par l\u2019activité humaine.«Les changements climatiques, je ne les ai pas découverts dans les livres.J\u2019ai vu leurs conséquences pendant 25 ans un peu partout sur la planète.Et j\u2019ai vu leurs conséquences humaines.Donc, je n\u2019ai aucun scrupule à me faire l\u2019ambassadeur de cet enjeu.» Manque d\u2019ambition C\u2019est avec la cqnscience de cette épée de Damoclès que des Etats riches comme le Canada devraient aborder les négociations climatiques en vue de la signature à Paris en 2015 d\u2019un accord regroupant 190 Etats.Or, contrairement à plusieurs observateurs, Nicolas Hulot estime que le récent sommet de l\u2019ONU sur le climat tenu à New York n\u2019a pas été pris suffisamment au sérieux.«New York n\u2019a pas été à la hauteur des ambitions et des engagements qui devront être pris en is 7/ DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE Une opposante au projet de pipeline Northern Gateway, d\u2019Enbridge, à Vancouver en juin dernier.«Je n\u2019arrive pas à me résigner au fait qu\u2019on puisse sacrifier l\u2019avenir au présent», dit le journaliste Nicolas Hulot, ambassadeur du président fi-ançais François Hollande sur les questions climatiques.vue de la conférence de Paris l\u2019an prochain.Ce sommet n\u2019a pas été à la hauteur de la gravité de la situation actuelle.Le sentiment que j\u2019éprouve, c\u2019est une impression de recyclage de discours et de formules convenues que f entends malheureusement depuis de très nombreuses années.» Il est vrai qu\u2019au-delà des discours invitant tout un chacun à s\u2019engager en vue de Paris, rien de très concret n\u2019est ressorti de la rencontre en sol américain.Nicolas Hulot aurait souhaité «une véritable compétition d\u2019audace».Mais il faudra attendre le début de 2015 pour connaître les engagements des grands pays émetteurs de gaz à effet de serre pour voir le chemin qui reste à faire.M.Hulot se dit particulièrement déçu du très faible engagement envers le Fonds vert pour le climat.Cette enveloppe devrait normalement permettre d\u2019amasser 100 milliards de dollars par année d\u2019ici 2020.Cet argent est destiné aux pays en développement, afin de les aider à lutter contre les changements climatiques, mais aussi de s\u2019y adapter.Au sortir de New York, et cinq ans après sa mise en place, le Fonds atteint à peine deux milliards.« C\u2019est très décevant et c\u2019est très inquiétant, af-firme-t-il.Pour le moment, tout ce que je vois n\u2019est pas à la hauteur des enjeux.» Difficile, dans ce contexte, de «rétablir» un lien de confiance entre les pays en développement et les pays développés, qui ont pourtant une responsabilité historique par rapport aux bouleversements du climat.Nicolas Hulot juge néanmoins qu\u2019il reste suf fisamment de temps d\u2019ici au sommet de Paris pour faire entendre raison aux décideurs politiques.Et cela passe, selon lui, par la démonstration qu\u2019il est possible de développer un modèle économique qui permette de répondre aux impératifs environnementaux.«Il faut que tout le monde comprenne que ce n\u2019est pas une contrainte, mais bien un investissement pour l\u2019avenir.Et nous ne pouvons faire aucune concession ni spéculer sur l\u2019avenir de nos enfants.» Le Devoir Nicolas Hulot participe lundi à 18 h à la conférence Villes et dérèglement climatique au Cœur des sciences de l\u2019UQAM.L\u2019événement sera retransmis en direct sur Internet.Nicolas Hulot en cinq dates 1955: Naissance à Lille, en France 1987 : Début de la diffusion de l\u2019émission Ushuaïa 1990 : Création de la Fondation Ushuaïa 2004: Publication du livre Le syndrome du Titanic 2011: Candidat à la primaire présidentielle écologiste DUVALIER SUITE DE LA PAGE 1 l\u2019appareil judiciaire haïtien que dans l\u2019entourage du président actuel, Michel Martelly.«Il est clair pour nous que le combat continue puisqu\u2019il n\u2019y avait pas que la personne de Jean-Claude Duvalier qui était mise en cause.Un ensemble de collaborateurs sont impliqués dans l\u2019acte d\u2019accusation d\u2019État, ainsi que dans les dépositions, les plaintes et les témoignages.Jean-Claude Duvalier était le visage emblématique de la dictature duvaliériste, mais il est clair qu\u2019il n\u2019a pas pu la maintenir ni perpétrer toutes ces exactions et tous ces crimes seul», explique Danièle Magloire, coordonnatrice du Collectif contre l\u2019impunité, qui regroupe une vingtaine de victimes du régime des Duvalier, père et fils.On estime à 30000 les victimes des divers crimes de sang (arrestations arbitraires, disparitions forcées, torture et exécutions sommaires) reprochés à Jean-Claude Duvalier et à ses collaborateurs.M\u201c® Magloire accordait une entrevue téléphonique au Devoir samedi quand la nouvelle de la mort de «Baby Doc» a été annoncée.Nous lui avons reparlé dimanche.Même si la poursuite contre Jean-Claude Duvalier s\u2019éteint d\u2019elle-même, «le dossier ne peut pas être clos et l\u2019enquête doit se poursuivre», croit-elle, car ce décès ne met pas fin à «l\u2019obligation de l\u2019État haïtien» de traduire en justice ses collaborateurs.M® Pascal Paradis, directeur général d\u2019Avocats sans frontières Canada (ASFC), abonde dans ce sens, soulignant que la situation diffère de celles qui ont prévalu après la mort du leader serbe Slobodan Milosevic et du Chilien Auguste Pinochet.«Dans ce cas-ci, on s\u2019attaque à une machine répres- THONY BELIZAIRE AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019ex-président haïtien Jean-Claude Duvalier n\u2019aura comparu qu\u2019une seule fois devant la justice haïtienne à Port-au-Prince, le 28 février 2013.L\u2019ancien dictateur est décédé samedi.sive qui n\u2019était pas le fait d\u2019une seule personne.Le décès de l\u2019ancien dictateur aura un impact sur la procédure, mais une bonne partie du travail déjà accompli a consisté à démontrer comment le régime duvaliériste fonctionnait», a expliqué le juriste au Devoir.L\u2019art de surprendre Même si Jean-Claude Duvalier avait été hospitalisé en 2013 après avoir comparu brièvement devant la justice, sa mort à l\u2019âge de 63 ans a déclenché une onde de choc samedi.L\u2019homme en avait déjà surpris plus d\u2019un quand il était rentré en Haïti le 16 janvier 2011, après 25 années d\u2019exil en France.Il avait succédé à 19 ans à son père, François Duvalier, surnommé «Papa Doc», après la mort de ce dernier en avril 1971.Jean-Claude Duvalier a maintenu en place le régime répressif de son père en s\u2019appuyant sur la tristement célèbre milice des Ton-tons Macoutes.Après son retour au bercail, il a dû faire face à une série de procédures judiciaires, visant aussi bien des crimes contre l\u2019humanité que des crimes économiques.En 2012, un tribunal rejette les accusations les plus graves en invoquant le délai de prescription, mais, en février 2014, la Cour d\u2019appel statue que ces crimes sont imprescriptibles et exige que l\u2019instruction soit rouverte.Le juge d\u2019instruction a manqué de ressources pour faire son travail, croit Danièle Magloire.«Nous avons fait le choix de faire confiance à la justice haïtienne tout en connaissant les difficultés et l\u2019absence de volonté politique du gouvernement actuel, qui a longtemps voulu tourner la page sur l\u2019époque duçaliériste», dit-elle.A son retour en Haïti, Jean- Claude Duvalier, s\u2019est vu remettre un passeport diplomatique et a reçu une pension présidentielle du gouvernement, qui ne cherchait pas à récupérer les millions qu\u2019il avait placés dans des comptes bancaires en Suisse.Le président Michel Martelly a rendu hommage à l\u2019ancien dictateur sur son compte Twitter samedi.«Un message très négatif pour la justice», croit Danièle Magloire.Beaucoup de gens ont peur de témoigner.Il y a des magistrats qui sont très timorés et qui se disent: si le président de la République a ce positionnement, mieux vaut y aller mollo ou bien ignorer les choses.» Devoir de mémoire La mort de Jean-Claude Duvalier ne devrait pas mettre fin au travail de reconstitution de la mémoire collective sur le régime Duvalier.«Ce travail est fondamental pour les Haïtiennes et les Haïtiens, affirme M\u201c® Magloire.Ces documents retrouvés, ces témoignages apportés, ces paroles échangées participent aussi à la lutte contre l\u2019impunité et contribuent à la création d\u2019une société démocratique en Haïti.» Contrairement à plusieurs autres pays, Haïti n\u2019a pas bénéficié d\u2019une commission «vérité et réconciliation ».«La mort [de Jean-Claude Duva-lierl prive Haïti de ce qui aurait pu être le plus important procès en droits de la personne de l\u2019histoire de ce pays», a déploré Reed Brody, avocat chez Human Rights Watch.L\u2019ancienne gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean a vivement réagi à la mort de l\u2019ancien dictateur.«Je ne peux que regretter que la justice n\u2019ait pas complété son cours et qu\u2019il n\u2019ait pas eu à répondre de la corruption systématique et des crimes graves commis sous son régime», a-t-elle fait savoir dans un communiqué.Le Devoir MÈRES SUITE DE LA PAGE 1 rUNESCO, dit le premier ministre français.La Manif pour tous est de retour Cette déclaration survient alors que la Manif pour tous, qui avait mobilisé plus d\u2019un million de personnes contre le mariage gai au printemps 2013, a à nouveau rassemblé dimanche 100000 personnes à Paris, selon les chiffres de la police.De la porte Dauphine à la tour Monf-parnasse, le cortège faisait trois kilomètres.A Bordeaux, les manifestants étaient plus de 5000.Délaissant le thème peu rassembleur de l\u2019abrogation de la loi sur le mariage gai, les organisateurs avaient choisi de se réunir pour réclamer «l\u2019abolition universelle de la gestation pour autrui».Ludovine de la Rochère, la nouvelle égé-rie de la Manif pour tous depuis le départ de Frigide Barjot, dit attendre des actes concrets contre la GPA.« C\u2019est tout sauf un baroud d\u2019honneur», a-t-elle déclaré tout en dénonçant aussi la diminution du congé parental pour les mères.« Tous les trois jours, un bébé GPA est importé en Erance», pouvait-on lire sur Manuel Valls plusieurs pancartes.Dix-sept mois après les grandes manifestations de 2013, la mobilisation ne semble pas vouloir s\u2019éteindre.Gauche et droite se perdent en conjectures devant un mouvement qui échappe aux partis officiels et qui recrute largement dans les milieux catholiques, pourtant peu enclins à descendre dans la rue.Dans le quotidien Le Monde, la sociologue Irène Théry évoquait « un bouleversement anthropologique dont le politique n\u2019a pas pris la mesure».Pas de transcription automatique Même si elle a été condamnée en juin dernier par la Cour européenne des droits de l\u2019homme, la France entend aussi continuer à refuser la transcription automatique des actes de filiation des enfants nés à l\u2019étranger de mères porteuses.«Car cela équivaudrait à accepter et à normaliser la GPA», a pré cisé le premier ministre dans une entrevue au quotidien La Croix.Le mois dernier, le ministère de la Famille disait réfléchir à une solution de rechange, comme !\u2019«adoption simple» qui permet en France la délégation parentale sans rompre le lien biologique.Malgré ces déclarations, le débat sur la légalisation de la GPA fait toujours rage chez les socialistes.Exclue par François Hollande depuis les grandes manifestations contre le mariage gai, elle avait été défendue par Manuel Valls en 2011 alors qu\u2019il était candidat à la primaire socialiste.Vendredi, le premier ministre a dit «assumer» ce changement d\u2019opinion et «comprendre les inquiétudes» tout en prêchant \\«apaisement».Pour les responsables du Parti socialiste, «le sujet^ n\u2019est pas tranché».On sait que les ministres de l\u2019Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, et de la Justice, Christiane Taubira, y sont favorables.Le 14 juillet dernier, une soixantaine de personnalités socialistes, dont lionel Jospin, Jacques Delors et la philosophe Sylviane Agacinski, enjoignait à François Hollande de «s\u2019opposer publiquement à l\u2019admission par le droit des contrats de mères porteuses».Le député UMP Jean Leonetti propose, lui, de poursuivre les couples français qui ont recours à une mère porteuse à l\u2019étranger.Manuel Valls exclut cette solution, mais dit vouloir «renforcer la répression» des entremetteurs et des agences qui organisent ce «marché de l\u2019humain».En ce qui concerne la procréation médicalement assistée ÿ^MA), aujourd\u2019hui strictement réservée en France aux couples hétérosexuels infertiles, le premier ministre dit qu\u2019elle ne sera pas ouverte aux couples gais tant que le Comité consultatif national d\u2019éthique ne se sera pas prononcé.En pratique, le gouvernement ne semble pas vouloir rouvrir la boîte de Pandore, tant il semble évident pour Manuel Valls que, dans ces moments de crise d\u2019identité, dit-il, «la famille, la filiation et l\u2019intérêt de l\u2019enfant doivent rester des repères fondamentaux».Le Devoir Anne Dorval « consternée » par l\u2019opposition au mariage gai en France L\u2019actrice Anne Dorval est ressortie «saisie» et «consternée» du plateau de l\u2019émission française On n\u2019est pas couché, théâtre d\u2019échanges animés sur le mariage entre conjoints de même sexe et les droits des femmes, samedi.Venue présenter le film Mommy avec le réalisateur Xavier Dolan, la comédienne québécoise a eu maille à partir qvec l\u2019auteur, chroniqueur et polémiste français Éric Zemmour, opposé au «mariage pour tous» français.«Je suis consternée [par les protestations observées en France sur le mariage gail.Pour moi, ce débat, c\u2019est comme revenir en arrière.Je ne vous connais pas beaucoup, mais je ne peux pas comprendre ce que j\u2019entends sur le droit des femmes, des homosexuels», a déclaré l\u2019actrice à l\u2019auteur proche de la droite française, recevant par la suite l\u2019appui de la plupart des autres invités.Un tel débat n\u2019aurait jamais lieu au Québec, a-t-elle ajouté.L\u2019émission doit être diffusée en reprise à 23h40, vendredi prochain, surTV5.Philippe Orfali LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com CO sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal\t(sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel\tagenda@ledevoir.com Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 II est imprimé par Imprimerie Mirabel inc , 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal Envoi de publication \u2014 Enregistrement n\u201c 0858 Dépôt légal Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007 "]
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