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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-10-25, Collections de BAnQ.

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[" EDUCATION TROUBLES D\u2019APPRENTISSAGE CAHIER THÉMATIQUE G > LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2014 Octobre est le mois de la sensibilisation aux troubles d\u2019apprentissage, un ensemble de problèmes qui toucheraient environ 10% des Québécois, petits et grands.S\u2019ils sont de mieux en mieux documentés et traités \u2014 on n\u2019en guérit pas \u2014 ces troubles demeurent des facteurs d\u2019isolement.Avant même qu\u2019un diagnostic ne puisse être formulé, il est parfois long de repérer le problème.L\u2019estime de soi en prend un coup et l\u2019aide n\u2019est pas toujours disponible au moment opportun.Des spécialistes et des bénévoles œuvrent depuis des années pour améliorer les conditions d\u2019apprentissage des personnes qui en souffrent et pour permettre l\u2019émergence de tous leurs talents, tant à l\u2019école que sur le marché du travail.Tour d\u2019horizon d\u2019une réalité à partager.Francis Reddy : « n faut toujours se battre.» Page G 3 I Intégration au marché du travail : Encore du chemin à faire ! Page G 4 .'m- \u2022' c- S': O MASSIVART Poisson, œuvre de Maxwell Bitton, un jeune peintre de 23 ans atteint d\u2019autisme.En 2011, un professeur de l\u2019école A pas de géant a fait la découverte de son extraordinaire talent caché.Cette semaine, les 22 et 23 octobre 2014, s\u2019est tenue à Montréal sa toute première exposition solo, sous le titre de Son monde/his world, au profit de la Fondation de l\u2019école A pas de géant, maxwellbitton.com.Mieux comprendre les troubles d\u2019apprentissage Les troubles d\u2019apprentissage sont mal perçues et mal comprises, estime Jean-Louis Tousignant, président du conseil d\u2019administration de l\u2019Association québécoise des troubles d\u2019apprentissage (AQETA).Ce problème, qui touche quelque 800 000 Québécois, «n\u2019a pas de classe sociale » et est beaucoup plus complexe que les troubles de l\u2019attention.VICKY FRAGASSO-MARQUIS CA est un trouble ^ neurologique ^ qui se manifestera indépendamment de la classe sociale», a résumé M.Tousignant, qui travaille depuis 35 ans dans le domaine de Téducation.Les enfants issus d\u2019un milieu plus favorisé sont donc aussi susceptibles d\u2019être atteints de dyslexie (trouble relié à la lecture) ou de dysorthographie (trouble relié à l\u2019écriture).Comme il s\u2019agit d\u2019un trouble biologique, l\u2019enfant traînera ce boulet toute sa vie, bien qu\u2019il puisse compenser et trouver des moyens de s\u2019améliorer.« C\u2019est comme la vue.Une paire de lunettes ajustée va permettre de bien voir.On peut trouver des stratégies qui contournent les éléments de difficulté», a-t-il expliqué.En travaillant intensivement, l\u2019enfant pourra donc réussir à mieux vivre avec ses difficultés, parce qu\u2019il en a la capacité.M.Tousignant insiste sur le fait que de tels troubles d\u2019apprentissage ne sont pas une forme de déficience intellectuelle.«Le jeune a toutes les capacités de pouvoir apprendre», a-t-il souligné.Cependant, pour y arriver, il faudra que ces élèves travaillent très fort, d\u2019autant plus qu\u2019ils sont souvent affectés par d\u2019autres problèmes, tels que le déficit d\u2019attention ou le syndrome de Gilles de la Tourette.Les recherches ont ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le président du conseil d\u2019administration de l\u2019Association québécoise des troubles d\u2019apprentissage (AQETA), Jean-Louis Tousignant démontré que 42% des décrocheurs éprouvent des difficultés en lecture, en écriture et en mathématiques.Les troubles d\u2019apprentissage peuvent toutefois être moins aigus si les parents exposent leurs enfants aux lettres et aux sons dès Tâge de quatre ans.«L\u2019aspect neurologique sera toujours présent, mais l\u2019enfant aura plus d\u2019équipement pour l\u2019affronter», a remarqué l\u2019ancien directeur d\u2019école.Mieux adapter les écoles Même si les enfants déploient des efforts importants, encore faut-il que leur environnement scolaire les aide à se dépasser.Or les enseignants, les intervenants et les écoles en général ne sont pas encore adaptés à ces enfants.M.Tousignant croit, par exemple, qu\u2019à l\u2019université les enseignants devraient être mieux préparés à intervenir auprès de ces cas particuliers et, à partir de là, ajuster leurs pratiques en conséquence.Les orthopédagogues devraient aussi obtenir une maîtrise pour travailler auprès des enfants, a-t-il ajouté.Or ces changements devront être implantés dans toute l\u2019école.«Tout doit être mis en place systématiquement dans chacune des classes d\u2019une école.Ça veut dire qu\u2019on forme tout le personnel et qu\u2019on le soutient.On utilise les équipes de professionnels, on va chercher les ressources à la commission scolaire», a-t-il soutenu.Lourdeur administrative du ministère Malgré tous ces efforts déployés par les écoles, celles-ci doivent se plier encore aux restrictions budgétaires et à la lourdeur administrative qui s\u2019ensuit.Pour que le ministère de l\u2019Éducation débloque des ressources pour les jeunes en difficulté, les intervenants de l\u2019école doivent obligatoirement élaborer un plan d\u2019intervention où ils vont documenter leur diagnostic.Le plan est long à développer et plusieurs parents feront une demande, ce qui les force parfois à attendre jusqu\u2019à un an pour qu\u2019il soit transmis au ministère.Ces règles strictes empêchent certains élèves d\u2019avoir accès à des outils technologiques essentiels pour leur réussite.« [Les technologies] soutiennent de façon importante nos jeunes.Par exemple, un appareil de synthèse vocale aide l\u2019enfant à lire le texte, mais l\u2019enfant le traite lui-même.L\u2019outil ne fait pas le travail pour lui, il le soutient», a-t-il insisté.M.Tousignant prône une approche plus globale, par exemple en munissant tous les ordinateurs d\u2019une école de logiciels pour les élèves en difficulté.C\u2019est d\u2019ailleurs une mesure qu\u2019il a lui-même implantée dans une de ses anciennes écoles.Mais, pour que toutes les écoles puissent se le permettre, il faudra un appui financier du ministère.«Il y a quelques années, on avait à peu près 12 % des élèves en difficulté, et on était rendu à 21 % l\u2019année dernière.Et il n\u2019y a pas eu une augmentation si substantielle que ça des ressources qui vont venir les soutenir et les aider», a-t-il regretté.Collaboratrice Le Devoir G 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2014 EDUCATION m.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le problème ne vient pas des facultés intellectuelles de l\u2019enfant, mais bien d\u2019un déficit neurologique qui touche des régions spécifiques du cerveau : l\u2019aire de Broca, associée à l\u2019apprentissage de la lecture, ou encore la région pariétale du cerveau, associée à l\u2019apprentissage des mathématiques.'doubles d\u2019apprentissage ; agir le plus tôt possible ASSIA KETTANI Des échecs scolaires répétés, des périodes de devoirs interminables, des difficultés qui semblent insurmontables.jusqu\u2019à ce qu\u2019on se rende compte que l\u2019enfant est dyslexique.Touchant quelque 800 000 Québécois, la dyslexie fait partie des troubles d\u2019apprentissage qui se caractérisent par des difficultés persistantes à apprendre et par des retards au niveau du développement des apprentissages.Contrairement aux idées reçues, les troubles d\u2019apprentissage touchent des jeunes au quotient intellectuel élevé, rappelle tout d\u2019abord le neuropsychologue Dave Ellemberg, professeur à l\u2019Université de Montréal.Le problème ne vient pas des facultés intellectuelles de l\u2019enfant, mais bien d\u2019un déficit neurologique qui touche des régions spécifiques du cerveau : faire de Broca, associée à l\u2019apprentissage de la lecture, ou encore la région pariétale du cerveau, associée à l\u2019apprentissage des mathématiques.«Et ce déficit va les empêcher de réussir à la hauteur de leur potentiel, malgré leurs belles capacités intellectuelles», poursuit-il.Les plus connus sont la dyslexie, qui consiste en un déficit du processus d\u2019identification et de production de mots, accompagnée de la dysortho- graphie, qui est liée aqx difficultés d\u2019écriture.A cela s\u2019ajoute la dyscalculie, qui affecte l\u2019apprentissage des mathématiques.Mais il y en a d\u2019autres, débattues, méconnues ou ignorées, donc plus difficiles à encadrer, comme la dyspraxie, qui touche les habiletés motrices, les troubles de la mémoire, «souvent confondus avec le trouble du déficit d\u2019attention», précise Dave Ellemberg, les dysfonctions non verbales, qui peuvent affecter les relations sociales, ou encore la dysphasie, qui touche la communication.Ne pas confondre problèmes et troubles Notons également que ce ne sont «pas tous les problèmes d\u2019apprentissage qui sont des troubles», précise Line La-plante, professeure au Département de didactique des langues à l\u2019UQAM.«Un jeune peut avoir deux ou trois ans de retard en lecture ou en écriture, sans que ce soit dû à un déficit d\u2019ordre neurologique.» Pour identifier le trouble, il s\u2019agit donc, dans un premier temps, de s\u2019assurer que les difficultés scolaires ne sont pas dues à des facteurs psychologiques, sociaux ou environnementaux, comme un deuil, une situation d\u2019intimidation, un manque de motivation ou de stimulation.Pour cela, l\u2019idéal est de s\u2019assurer en contexte scolaire d\u2019un travail d\u2019évaluation interdisciplinaire : «L\u2019orthopédagogue évalue l\u2019apprentissage scolaire, le psychologue, les capacités cognitives, et l\u2019orthophoniste, les capacités de langage oral», dit Nathalie Chapleau, professeure au Département d\u2019éducation et de formation spécialisées de l\u2019UQAM.Le neuropsychologue, quant à lui, peut poser un diagnostic différentiel.«On évalue l\u2019ensemble des différentes fonctions du cerveau importantes pour apprendre: les capacités de raisonnement, de logique, d\u2019abstraction, pour s\u2019assurer que l\u2019intelligence est intacte.On décortique la mémoire à court terme, l\u2019attention soutenue, divisée ou sélective, l\u2019organisation, les fonctions cérébrales exécutives, la gestion de l\u2019information et, ultimement, la lecture, l\u2019orthographe, les mathématiques», dit Dave Ellemberg.A l\u2019appui, les techniques d\u2019imagerie cérébrale, de moins en moins invasives, permettent d\u2019évaluer des enfants en situation d\u2019apprentissage.Et, contrairement aux difficultés d\u2019apprentissage liées à des facteurs psychologiques ou sociaux, ou encore aux autres troubles, comme celui du déficit d\u2019attention, le trouble d\u2019apprentissage, lui, persiste malgré les efforts, les conseils et les médicaments.Est-ce à dire que l\u2019enfant est condamné à échouer?Loin de là, car nombre d\u2019intervenants, de stratégies et d\u2019outils sont à la disposition des jeunes pour les aider à contourner, surmonter et pallier leur trouble.«Un myope est une personne qui voit mal, à laquelle on donne des lunettes pour mieux voir.Le même principe s\u2019applique aux jeunes dyslexiques», estime Annie Parenteau, orthopédagogue et membre de l\u2019Association québécoise des troubles de l\u2019apprentissage (AQETA).Quelles sont ces béquilles ?En première ligne, les orthopédagogues disposent dans leur besace de façons de travailler, de trucs et de conseils.«On peut, par exemple, segmenter la tâche en plus petites unités, demander à l\u2019enfant de lire paragraphe par paragraphe et de faire un résumé, dans ses mots, de ce qu\u2019il a compris», dit Annie Parenteau.Autre proposition d\u2019apprentissage, prônée notamment par Nathalie Chapleau: les stratégies de compensation.«Puisque ces jeunes utilisent beaucoup le sens, j\u2019utilise la morphologie dérivationnelle: à l\u2019intérieur des mots qui ont plusieurs syllabes, certaines parties de mots, comme les préfixes et les suffixes, ont un aspect sémantique associé.» Line La-plante, quant à elle, a travaillé sur des outils pour l\u2019enseignement efficace de la lecture, en vue de leur diffusion auprès des enseignants.Mais il peut aussi s\u2019agir de plans d\u2019aménagement, comme le fait de donner plus de temps pour lire, pour terminer un travail ou même un examen.Les outils technologiques ont également connu de belles avancées, comme les dictionnaires électroniques, les correcteurs orthographiques, les logiciels de suggestion de mots ou de synthèse vocale.«Plus la population est au courant de ce qu\u2019on peut faire, meilleur est le pronostic pour notre future génération de travailleurs», dit Annie Parenteau.Et les résultats sont là pour le prouver : le diagnostic d\u2019un trouble et la mise en place d\u2019un plan d\u2019intervention peuvent faire passer d\u2019une situation d\u2019échec à des résultats de 75 ou 80%.«Avec des ressources et un suivi, un jeune a toutes les possibilités de poursuivre son parcours scolaire avec succès», dit Nathalie Chapleau.Et, au-delà de l\u2019école, un dyslexique peut devenir avocat, bibliothécaire, comédien, accéder à une profession qu\u2019il aime et dans laquelle il est compétent.Un diagnostic tardif Quant au bon moment pour poser le diagnostic, tout dépend du trouble.Alors qu\u2019une dysphasie peut déjà être repérée à l\u2019âge de trois ans, la dyslexie est habituellement éva- luée après deux ans d\u2019école, pour pouvoir constater un décalage entre ce que l\u2019élève a appris et ce qu\u2019il aurait dû apprendre.Mais il faudrait que ce soit encore plus tôt, estime Dave Ellemberg.Dès l\u2019âge de quatre ans, un enfant dyslexique n\u2019a pas la même conscience phonologique que les autres, ce qu\u2019on remarque en faisant des jeux de mots, de rimes ou de sons.Un cochon qui joue avec un ballon tout rond?«Un enfant de quatre ans va trouver ça drôle, alors qu\u2019un enfant dyslexique aura du mal à comprendre», précise Nathalie Chapleau.Qr, pour que le jeune ne perde aucun jalon de son apprentissage, le plus tôt est donc le mieux.«On a tout intérêt à mettre en place les outils le plus tôt possible, dit Annie Parenteau.La prévention porte ses fruits.» Aujourd\u2019hui, vu que les troubles d\u2019apprentissage sont de mieux en mieux connus et encadrés, Line Laplante se réjouit du fait que, «à l\u2019université, la proportion des étudiants qui présentent un trouble d\u2019apprentissage va en augmentant.Ça veut dire que tout le système scolaire qui précède l\u2019entrée à l\u2019université a réussi à fournir à ces personnes des mesures d\u2019aide suffisantes pour progresser.» Collaboratrice Le Devoir Quand l\u2019estime de soi s\u2019écroule ASSIA KETTANI Pour de nombreuses personnes, vivre avec un trouble d\u2019apprentissage revient à fournir plus d\u2019efforts pour obtenir des résultats décevants et à être confronté de façon quotidienne à l\u2019échec.Une situation dont les séquelles se manifestent à plusieurs niveaux, notamment à travers une faible estime de soi et un état d\u2019anxiété chronique.«Tout le monde a besoin de se faire dire qu\u2019il est bon.C\u2019est ce qui alimente l\u2019estime de soi et la construction de son image», avance Dave Ellemberg, neuropsychologue et professeur au Département de kinésiologie de l\u2019Université de Montréal.Alors que, en contexte scolaire, les enseignants utilisent fréquemment des systèmes de valorisation faits d\u2019étoiles, de bonshommes sourire et de tableaux d\u2019honneur, le jeune souffrant de dyslexie, lui, n\u2019a jamais d\u2019étoile et son nom ne figure pas sur le tableau d\u2019honneur.«On lui dit simplement de travailler plus fort.» Selon les circonstances, ses échecs peuvent être attribués à la paressç ou à de faibles capacités intellectuelles.A une autre époque, on aurait dit simplement qu\u2019«î7 n\u2019est pas fait pour l\u2019école».Dans sa famille, le jeune peut être amené à penser, à tort ou à raison, qu\u2019il doit avoir de bons résultats et un comportement irréprochable pour mériter l\u2019amour des parents.«Imaginez le stress de performance», avance Germain Duclos, psychoéducateur et orthopédagogue, dont le dernier ouvrage, Le sentiment d\u2019infériorité chez l\u2019enfant, va paraître aux éditions du CHU Sainte-Justine.Mais l\u2019angoisse peut tout aussi bien provenir de l\u2019intérieur chez des jeunes qui ont «de belles compétences sur le plan oral, qu\u2019ils n\u2019arrivent pas à exploiter au niveau de l\u2019écrit.Cette distinction entre les deux façons de performer peut prendre une dimension dramatique », dit Nathalie Chapleau, professeure au Département d\u2019éducation et de formation spécialisées de l\u2019UQAM.Et les conséquences peuvent être énormes.«A la longue, le jeune développe un stress affectif constant, une peur de l\u2019échec ou des examens, la crainte de décevoir ses parents ou les enseignants et de ne pas être à la hauteur.Il peut tomber dans un état chronique d\u2019anxiété qui va causer des troubles du sommeil, des maux de ventre ou de tête », dit Dave Ellemberg.Sans oublier que l\u2019anxiété chronique affecte aussi les capacités cérébrales cognitives.«La structure de la mé- moire peut être atteinte et fonctionner moins bien, ce qui ne fait qu\u2019exacerber la situation.» Selon la réaction de son environnement, il va réagir différemment.«Il existe une minorité d\u2019enfants ayant un trouble d\u2019apprentissage dont l\u2019estime de soi n\u2019est pas affectée.Il s\u2019agit de jeunes dont les parents eux-mêmes ont vécu des échecs, qui ne valorisent pas l\u2019école et qui ne pratiquent aucune activité intellectuelle, de lecture ou d\u2019écriture», explique Germain Duclos.L\u2019âge critique se situe autour de 8 ans, car c\u2019est l\u2019âge où l\u2019enfant peut se juger lui-même.Auparavant, il demeure préservé par une part de naïveté : un enfant en U® ou 2® année peut très bien vivre avec un trouble d\u2019apprentissage important et n\u2019en avoir aucune conscience.Mais, avec «l\u2019apparition de la pensée logique et critique, qui se situe autour de 8 ans, l\u2019enfant est capable de se comparer aux autres et se rend compte que les autres apprennent plus facilement que lui.Il en devient conscient et en souffre», précise Germain Duclos.Dans une telle situation, Germain Duclos est catégorique : il s\u2019agit d\u2019un engrenage qu\u2019il faut briser à tout prix.Pour les parents, la première chose à faire est de comprendre «que leur jeune est brillant et qu\u2019il n\u2019est pas paresseux.Il faut COURTOISIE LES EDITIONS DU CHU SAINTE-JUSTINE Le psychoéducateur et orthopédagogue, Germain Duclos VOIR PAGE G 3 : ESTIME LES EDITIONS LA^NSÉEJ^ 514 848-9042 Sans frais: 1 800 667-5442 www.editions-lapensee.qc.ca Christine Soticy Marlène pesçhênes Lisette r Ouelleî f 9 t.l>l Matériel reproductibiB POUR FACILITER L'APPRENTISSAGE de L'écriture et de la lecture Un outil pour faciliter l\u2019apprentissage de l\u2019écriture Lisette Ouellet \u2022 Marlène Deschênes * Christine Saury Ces documents à reproduire proposent différents outils pour faciliter l'apprentissage de l'écriture, dont l'orthographe d'usage et grammaticale.Cette collection comprend un cahier pour chaque année du primaire.IACOUESTÉIREAULT et Apprentissage lent et intelligence Uenvers de la médaille Jacques Tétreault Combien d'enfants voient leur estime de soi anéantie parce que nous disons qu'iis sont paresseux aiors qu'ils sont juste lents à apprendre et lents à utiliser leurs connaissances?Dorénavant cela va changer.Prenez contact avec nous pour la liste des prix. LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2014 G 3 EDUCATION ¦¦h ALBERT CESARE ASSOCIATED PRESS Le système scolaire est encore trop rigide pour accueillir ces élèves qui ont un trouble de l\u2019apprentissage, selon le comédien et animateur Francis Reddy.« n faut toujours se battre » Le comédien et animateur Francis Reddy peut témoigner de la difficulté d\u2019élever un enfant qui éprouve un trouble d\u2019apprentissage.«On est amené aux limites de nos compétences en tant que parent», a-t-il expliqué, lui qui est le père d\u2019un enfant atteint de dysorthographie.VICKY FRAGASSO-MARQUIS Celui qui est devenu le porte-parole de TAs-sociation québécoise des troubles d\u2019apprentissage (AQETA) s\u2019est souvent senti incompétent avec son fils.«Il faut toujours se battre», a-t-il constaté.A l\u2019école primaire, on a posé pour son fils un diagnostic de difficultés d\u2019écriture ainsi qu\u2019un autre de déficit de l\u2019attention.M.Reddy et sa conjointe, aidés d\u2019une orthopédagogue, ont travaillé fort pour que leur enfant persévère jusqu\u2019à l\u2019université, où il étudie actuellement.L\u2019animateur dit toutefois avoir «frappé un mur» lorsque son fils est entré au cégep.Tout le soutien dont il avait bénéficié au primaire et au secondaire s\u2019était envolé, parce qu\u2019il était maintenant considéré comme un adulte.Lui et sa conjointe n\u2019ont donc pas pu s\u2019engager autant qu\u2019ils l\u2019auraient voulu, parce que le collège ne partageait plus les informations avec eux.«Ce n'est pas vrai qu'on devient mature à 18 ans.Le 18 devient un chiffre qui ne veut rien dire.Si on ne laisse pas le parent participer et aider pour que ça se passe bien et que l'enfant réussisse, c'est un cul-de-sac», a-t-il regretté.M.Reddy insiste beaucoup sur le rôle important des parents dans l\u2019encadrement de leur enfant en difficulté.«Il faut qu'on y mette le temps.Si on ne le fait pas, c'est voué à l'échec.Ce n'est pas vrai que le système va faire le travail pour nous», a-t-il martelé.De la flexibilité dans l\u2019apprentissage Le système scolaire est encore trop rigide pour accueillir ces élèves qui ont un trouble de l\u2019apprentissage, selon lui.Les enseignants devraient adapter leur pédagogie à ces cas particuliers.Par exemple, un enfant qui présente des difficultés d\u2019écriture pourrait être évalué sur un film qu\u2019il aura produit sur la matière à apprendre.«Le professeur, dans sa façon de donner la matière et ensuite de vérifier la compétence, permet à tout soi-disant handicap de ne plus en être un», a-t-il résumé.Ces élèves en difficulté seront aussi bien scolarisés que les autres, mais avec des moyens qui facilitent leur apprentissage, a-t-il soutenu.«Le but de l'école, c'est de s'assurer que l'enfant absorbe la matière et qu'il devienne compétent», a-t-il poursuivi.Il vante le modèle de l\u2019Université McGill, inspiré de plusieurs établissements scolaires américains, qui offre à ses étudiants en situation de difficulté la possibilité de passer des examens spéciaux selon leurs besoins.Par exemple, un élève dyslexique peut avoir accès à un examen oral dont les questions lui sont lues.De plus, cette flexibilité dans l\u2019enseignement ne serait pas dispendieuse, a avancé M.Reddy, puisque les écoles n\u2019auraient pas à embaucher des spécialistes ou à assumer des coûts pour des outils technologiques.Des jeunes talentueux L\u2019animateur croit que ces changements sont nécessaires pour faire éclore les talents de ces jeunes, qui ont souvent une intelligence particulièrement développée.«On retrouve énormément de dirigeants d'entreprise, de patrons, de créateurs, de gens extrêmement enrichissants pour la société qui ont dû prendre d'autres chemins», a-t-il expliqué.Il mentionne entre autres le cas du cofondateur de la société Apple, Steve Jobs, qui a lui-même eu un parcours scolaire difficile avec son trouble de dyslexie.L\u2019homme d\u2019affaires fondateur de Virgin, Richard Branson, a lui aussi avoué sa dyslexie en lançant son autobiographie en 2012.De plus, un sondage mené en 2007 par une professeure de la Cass Business School de Londres auprès de 139 entreprises a révélé que plus du tiers des entrepreneurs éprouvaient des problèmes de dyslexie.«Ils ont un imaginaire, ils ont une façon de penser, de créer, d'avancer qui sont exceptionnels.Ce sont des gens qui ont un potentiel, et, le jour où on se rend compte de ça, on a envie de leur dire: ''Merci pour ce que vous nous apportez\"», a-t-il conclu.Collaboratrice Le Devoir ICI RADIO-CANADA Le comédien et animateur Francis Reddy ESTIME SUITE DE LA PAGE G 2 changer d'approche», résume Dave Ellemberg.Et la première intervention doit se placer au niveau affectif.«Le noyau de l'estime de soi provient de la relation d'attachement.Le parent va beaucoup rassurer l'enfant s'il lui dit qu'il l'aime pour qui il est, et non pas pour ce qu'il fait.» Mais ces conseils ne se limitent pas à la sphère familiale.A fécole, Nathalie Chapleau invite les enseignants à éviter de saturer la copie de fautes d\u2019orthographe soulignées en rouge et à plutôt mettre l\u2019accent sur ce que l\u2019enfant fait de bien pour conserver sa motivation: un discours intéressant, un jugement pertinent, une analyse juste.Et valoriser les efforts plutôt que les résultats.«Ça fait toute la différence: reconnaître qu'il s'est engagé, a mobilisé ses ressources, a tenté de trouver une solution pour résoudre cette tâche.» Et attention au redoublement: «Un échec devant tout le monde, qui sabote l'estime de soi et qui est un important fac- teur de décrochage scolaire», insiste Germain Duclos.Bien sûr, le degré de souffrance peut varier d\u2019un enfant à f autre.«J'ai déjà travaillé avec un élève de 3\" année qui avait fait une tentative de suicide.Il était complètement désemparé face à ses difficultés», poursuit Nathalie Chapleau.Pour ces jeunes, l\u2019orthopédagogie cède la place aux interventions en santé mentale.«Lorsque la détresse est trop profonde, les orthopédagogues sont impuissants.Ces jeunes-là ont besoin d'un soutien médical et il faut les diriger en pédopsychiatrie», poursuit-elle.Du côté de fapprentissage, Germain Duclos évoque également l\u2019importance de faire vivre des réussites et non plus des échecs.Pour cela, « micro-graduer les difficultés», prône-t-il, ou encore «ne pas lui proposer un défi où il a moins de 80 % de chances de réussir.» Autre clef de voûte d\u2019une confiance en soi à rebâtir: la valorisation à travers d\u2019autres sources de compétences, «une question d'équilibre et de santé mentale, avance-t-il.Il faut que ces enfants se trouvent une valeur ailleurs que dans le milieu scolaire, comme les sports, les activités sociales ou les activités artistiques.» Un objectif d\u2019autant plus important que les jeunes atteints d\u2019un trouble d\u2019apprentissage sont dotés de «belles qualités intellectuelles», rappelle Dave Ellemberg.«Leur trouble est un petit îlot de faiblesse dans un océan de force.» Pour cela, il déplore le fait que, en contexte scolaire, les programmes spécialisés axés sur les arts, les multimédias ou les sports sont, la plupart du temps, fapanage des bons élèves, alors qu\u2019ils «pourraient être une soupape pour les élèves ayant un trouble d'apprentissage».Mais, malgré les embûches, nombreux sont ceux qui y parviennent, rappelle-t-il, pour peu qu\u2019ils aient trouvé du soutien.«Je les appelle les survivants, les combattants, ceux qui réussissent et qui finissent leur secondaire et leur cégep avec de bons résultats.Ils nous rappellent que, avec pas tant de choses que ça, on peut faire beaucoup.» Collaboratrice Le Devoir Votre enfant a des\td'apprenti d'adaptation ou^exomportement Le CENOP est spécialisé dans l'évaluation et la rééducation d'enfants atteints de troubles d'apprentissage, d'adaptation ou de comportement.Évaluation neuropsychologique des troubles\u2014 d'apprentissage -piagnostic psychologique des troubles du j spectre de l'autisme Suivi en psychothérapie Suivi en psychoéducation\t.Rééducation orthopédagogique I At PIFAM sur les fonctions att^tionnelles CENOP CRAN Aidez votre enfant Contactez-nous au 514-858-6484 ou sans frais 1-877-858-6484 vvvvw.cenopfl.com PARCE QUE PERSONNE N'APPREND DE LA MÊME FAÇON 30 Fleury Ouest Montréal, QC H3L 1S8 916 boul.Sainte-Adèle, Sainte-Adèle, QC J8B 2N2 cenopfl@cenopfl.com G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2014 EDUCATION Troubles d\u2019apprentissage aux études supérieures Les ressources disponibles sont-elles suffisantes ?JACYNTHE LEBLANC Nombreux sont les jeunes qui ont un ou plusieurs troubles d\u2019apprentissage.Mais, avec l\u2019évolution de la science et depuis l\u2019avènement de l\u2019imagerie cérébrale au début des années 1990, il est possible de poser un meilleur diagnostic et de les aider.Les ressources qui leur sont offertes au cours du primaire et du secondaire ne sont plus un mystère.Mais qu\u2019en est-il lorsque ces élèves arrivent aux études supérieures ?«Pour l\u2019élève qui se présente dans un établissement [postsecondaire] ,ilya des services [.] qui accueillent tous les élèves qui ont tout type de handicap ou de trouble pour leur offrir des accommodements [et] des possibilités de parcours comme à tous les autres élèves», explique Odette Raymond, personne-ressource auprès de l\u2019Association québécoise des troubles de l\u2019apprentissage (AQETA).Ces ressources sont variées : psychologue, travaillem social, conseiller en orientation, aide pédagogique, centre d\u2019aide en français, service de tutorat par les pairs, aides technologiques.Elles varient selon l\u2019établissement, « mais, dans tous les établissements, il y a des services», insiste M\u201c® Rajnnond.C\u2019est à l\u2019étudiant de faire les démarches auprès de son établissement d\u2019études supérieures pour obtenir de l\u2019aide et celui-ci doit avoir « un rapport diagnostique posé par une personne reconnue compétente en la matière» pour avoir accès aux services.S\u2019il n\u2019a pas de diagnostic, il sera dirigé vers des cliniques externes pour l\u2019obtenir.«A partir de ce diagnostic, on analyse les besoins de l\u2019étudiant.On analyse les besoins qu\u2019on va devoir combler pour qu\u2019il puisse faire ses études comme tout le monde», dit-elle, tout en expliquant la marche à suivre.Odette Raymond, qui a également été conseillère en services adaptés au Cégep du Vieux-Montréal pendant 25 ans, suggère aux nouveaux étudiants ayant un TA de rencontrer «le conseiller en services adaptés au mois de juin si possible, pour que, dès la rentrée au mois d\u2019août, il y ait des choses déjà mises en place».Elle est consciente, par contre, du fait que ce ne sont pas tous les étudiants qui veulent le dire.«Plus on se rapproche du milieu de l\u2019emploi, plus les étudiants, on dirait, sont inquiets des répercussions de l\u2019étiquette qui les suit et des répercussions que ça va avoir sur le milieu du travail.» Quand on parle de TA, on fait référence généralement à la dyslexie (trouble spécifique de la lecture), à la dysorthographie (trouble spécifique de l\u2019orthographe) ou encore à la dyscalculie (trouble spécifique du fonctionnement mathématique) .«Mais il y a aussi toutes les autres fonctions cérébrales qui sont importantes pour apprendre, comme les capacités d\u2019organisation, de planification, de gestion de l\u2019information, la mise en place des priorités.C\u2019est ce qu\u2019on appelle nos fonctions exécutives », mentionne Dave Ellemberg, professeur agrégé de l\u2019Université de Montréal et docteur en neuropsychologie.Autrement dit, «lorsqu\u2019une capacité cérébrale n\u2019est pas optimale et que cela fait en sorte que ça porte atteinte à l\u2019apprentissage, il s\u2019agit alors d\u2019un trouble d\u2019apprentissage», précise-t-il.Le chercheur rajoute que les TA sont d\u2019origine génétique.Les personnes ayant un trouble d\u2019apprentissage sont intelligentes, mais «une partie [de leur] cerveau [fait] en sorte que les régions qui sont activées dans l\u2019apprentissage de la lecture, dans l\u2019apprentissage de l\u2019orthographe [par exemple] [.] peuvent moins bien se développer».La flexibilité des études supérieures Pour M.Ellemberg, un avantage majeur de la structure des études supérieures réside dans le fait qu\u2019il y a beaucoup plus de flexibilité pour l\u2019étudiant.En effet, ce dernier peut alléger son horaire, en fonction de ses besoins et de la façon dont il fonctionne, en ayant moins de cours ou en prenant des cours d\u2019été, par exemple.Ces accommodements, qui doivent être faits de concert avec un aide pédagogique pour s\u2019assurer du suivi du programme scolaire, ne visent pas à «donner des avantages à cause d\u2019un U 1 .» I 11, ff^ < 1'\tN!' *ii! I» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pour le professeur agrégé de l\u2019Université de Montréal et docteur en neuropsychologie, Dave Ellemberg, un avantage majeur de la structure des études supérieures réside dans le fait qu\u2019il y a beaucoup plus de flexibilité pour l\u2019étudiant.trouble, mais à permettre [à l\u2019étudiant] de partir sur le même pied que tout le monde, de poursuivre ses études.Cela ne lui donne pas non plus une garantie de réussite», précise M\u201c® Raymond.Mais un problème reste : l\u2019accumulation des échecs.Les jeunes qui arrivent au cégep, dit Odette Raymond, ont une estime de soi «très affectée» et éprouvent de l\u2019anxiété.C\u2019est pourquoi il est important d\u2019offrir dès le primaire et le secondaire un soutien aux élèves ayant un TA, afin de faciliter leur arrivée au cégep et à l\u2019université, pour ceux qui désirent y aller.Parce que, «comme vous et moi, illustre Dave Ellemberg, quand on se frappe à répétition le nez contre le même mur de brique, on fait quoi ?On va se dire que ce n\u2019est pas pour [soi et on va] faire autre chose».Améliorations à apporter Depuis une dizaine d\u2019années, M\u201c® Raymond a constaté une augmentation importante du nombre d\u2019étudiants ayant un trouble d\u2019apprentissage.Cela a pour conséquence que, bien que les ressources soient présentes, «on n\u2019a pas assez de personnel pour rencontrer tous les étudiants», souligne-t-elle.«Dans la pratique, au quotidien, ce qu\u2019on voit, c\u2019est qu\u2019il y a plus d\u2019étudiants qui viennent chercher des services et cogner aux portes, poursuit la consultante.[.] Et les situations que vivent les étudiants sont de plus en plus complexes.» 11 n\u2019est pas rare, en effet, que les étudiants aient un diagnostic avec plus d\u2019un TA.Et plusieurs apprennent qu\u2019ils ont un TA au cours de leurs études supérieures, ce qui peut être autant un choc qu\u2019un soulagement pour eux.«Ils se disent: \u201cSi favais su ça! Je me suis fait traiter de paresseux toute ma vie.Je suis content de savoir que je ne suis pas paresseux, mais que j\u2019ai un trouble d\u2019apprentissage!\u201d», raconte Odette Raymond.Par la suite, ils doivent l\u2019accepter et «accepter d\u2019aller chercher de l\u2019aide», rajoute la consultante.Plus de TA qu\u2019auparavant ?Selon le neuropsychologue clinicien, il n\u2019y a pas forcément aujourd\u2019hui plus de jeunes ayant un trouble d\u2019apprentissage; on ne les connaissait tout simplement pas.«On ne savait pas que c\u2019était d\u2019origine neurologique.On n\u2019avait pas les outils nécessaires et on n\u2019avait pas les critères diagnostiques.» Même son de cloche chez Odette Raymond, pour qui, aujourd\u2019hui, «ils sont rares les gens qui ne connaissent personne ayant un trouble d\u2019apprentissage».C\u2019est donc plus accepté et les gens ont moins honte d\u2019en parler dans le milieu scolaire, entre autres.Et le jeune ayant un TA n\u2019est nullement défini par celui-ci.Collaboratrice Le Devoir Intégration au marché du travail Encore du chemin à faire ! Michel Leblanc entend régulièrement des entreprises qui disent s\u2019inquiéter de la disponibilité d\u2019une main-d\u2019œuvre qualifiée.À cela, le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) leur répond que ce discours est intenable si elles ne cherchent pas de quelle façon elles pourraient recruter des individus ayant un trouble d\u2019apprentissage qui ont les compétences requises.JACYNTHE LEBLANC C> est nécessaire que les individus ayant un trouble d\u2019apprentissage se fassent dire qu\u2019il y a des places pour eux, que, s\u2019ils développent leur talent, il va y avoir une capacité de les intégrer, estime Michel Leblanc.Mais il y en a qui doivent parler aussi aux entreprises, aux employeurs et aux ressources humaines en leur disant: \u201cOrganisez-vous\u201d.» Pour faire passer ce message, il s\u2019engage depuis quelques années auprès de l\u2019AOETA, l\u2019Association québécoise des troubles de l\u2019apprentissage.Par différentes activités, M.Leblanc vise à mettre en valeur le travail et la mission de l\u2019organisme, dont une partie consiste en l\u2019intégration au marché du travail des personnes ayant un trouble d\u2019apprentissage (TA).Dans les deux dernières années, Michel Leblanc a été le président d\u2019honneur de la soirée-bénéfice de l\u2019AQETA.Celui qui est constamment sollicité pour s\u2019engager dans plusieurs causes a décidé de donner du temps à «des causes qui touchent l\u2019intégration en emploi de gens qui peuvent avoir une contribution, mais où ce n\u2019est pas facile et où il y a des défis.[.] Les gens qui ont des compétences et des capacités, [il faut] les intégrer pleinement au marché du travail, même si cela veut dire de créer des conditions facilitantes», explique M.Leblanc.Un marché du travail peu conscient Le président et chef de la direction de la CCMM a l\u2019impression que la communauté des affaires est peu consciente de l\u2019existence de travailleurs ayant ns il! JACQUES NADEAU LE DEVOIR Selon le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, l\u2019employeur devrait pouvoir demander à un employé futur ou actuel s\u2019il a un trouble d\u2019apprentissage.un TA et de ce qui peut être fait pour faciliter leurs tâches.Ils sont employés au sein de presque toutes les organisations.«Et moi, je ne suis pas certain que mes ressources humaines l\u2019ont su dès le départ, raconte M.Leblanc.Parfois, elles l\u2019ont détecté en cours de route, mais je ne suis pas certain qu\u2019elles se sont posé la question: \u201cComment définit-on la tâche pour faciliter la vie de ces gens ?\u201d» Pour lui, c\u2019est à l\u2019entreprise d\u2019être sensible à cette situation et c\u2019est une situation qui se gère assez bien.11 suffiti entre autres, d\u2019être à l\u2019écoute des employés ayant un TA et d\u2019accepter de revoir les tâches en fonction des enjeux.Ce sont des pratiques que la CCMM a mises en place.Oser poser les questions et ne pas craindre d\u2019y répondre Selon Michel Leblanc, l\u2019employeur devrait pouvoir demander à un employé futur ou actuel s\u2019il a un trouble d\u2019apprentissage.« C\u2019est un défi de confiance, admet-il.On n\u2019est pas en train de dire [.] qu\u2019il n\u2019aura pas l\u2019emploi ou qu\u2019il n\u2019aura pas la promotion.Cela veut surtout dire que moi, je dois me demander, à partir du moment où on me le dit, comment je peux découper les tâches» pour faciliter le travail.11 est primor- dial que ce ne soit pas vu dans le but de discriminer une personne.Mais il reste encore beaucoup de chemin à faire avant d\u2019arriver à ce stade de confiance.Rares sont ceux qui vont dire en entrevue qu\u2019ils ont un trouble d\u2019apprentissage.L\u2019expérience d\u2019Odette Raymond, personne-ressource à l\u2019AQETA et ancienne conseillère en services adaptés au Cégep du Vieux-Montréal, tend à démontrer que «plus on se rapproche du milieu de l\u2019emploi [.], plus les étudiants sont inquiets des répercussions de l\u2019étiquette qui les suit et des répercussions que ça va avoir sur le milieu du travail».Et, comme plusieurs troubles d\u2019apprentissage peuvent souvent passer inaperçus, il est plus facile de les cacher dans un milieu de travail.Cela n\u2019empêche pas qu\u2019il y a un effort de sensibilisation à faire «pour que les entreprises comprennent ce qu\u2019est un trouble d\u2019apprentissage, les impacts que cela a sur le rendement au travail et que ce n\u2019est pas si malin que cela », explique M\u201c® Raymond.Elle soutient que, en échange de quelques accommodements, il est possible d\u2019avoir de très bons employés ayant un TA.Un avis que partage le président de la CCMM.«Quelqu\u2019un qui a un enjeu de concentration ne devrait pas être dans le corridor passant à côté de la machine à café où tout le monde parle», illustre-t-il.Et c\u2019est à l\u2019employeur de s\u2019adapter à ces réalités.«Le resserrement démographique qui s\u2019en vient, ce sont moins de candidats pour les postes.» Et plus rapidement l\u2019employeur est au courant des défis du travailleur, moins il va y avoir de stress pour les deux parties.«On n\u2019y arrivera pas systématiquement demain dans toutes les grandes entreprises, dit avec réalisme Michel Leblanc.Mais, à mon avis, c\u2019est ce vers quoi on doit tendre.Comment adapte-t-on le milieu à des individus qui peuvent apporter une contribution, mais qui ont des défis particuliers à relever?» Les entreprises doivent être claires Eavoriser l\u2019intégration au sein du marché du travail de personnes ayant un TA passe par un positionnement des entreprises qui signifie « \u201cje veux qu\u2019on trouve des façons d\u2019intégrer des gens qui [vivent] avec un trouble d\u2019apprentissage.Je veux qu\u2019on y réfléchisse\u201d [.].Ça prend quelqu\u2019un dans le système qui est capable de fqire passer ce message-là», explique M.Leblanc.A la communauté des affaires, il dit : « Vous pouvez faire quelque chose et il y a des ressources compétentes qui vont pouvoir vous aider pour vos ajustements [.].Et si vous prenez cette décision-là de dire à votre monde: \u201cOn va écouter et on va s\u2019ajuster\u201d, vous allez être gagnant et, collectivement, on va être gagnant.» «Avoir un trouble d\u2019apprentissage, c\u2019est une petite portion de choses que fai plus de difficultés à faire, mais ça ne m\u2019enlève pas mes grandes qualités, mes grandes richesses, mes grandes possibilités», rappelle Odette Raymond.«Souvent, les personnes ayant un trouble d\u2019apprentissage n\u2019ont pas besoin d\u2019une batterie de moyens et de mesures, mais la petite chose dont elles ont besoin, il faut qu\u2019elles l\u2019aient.Si elles ne Vont pas, elles n\u2019y arriveront pas.Quand on s\u2019arrête pour analyser les besoins, ce n\u2019est pas si épouvantable que ça», conclut-elle.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 25 ET DIMANCHE 26 OCTOBRE 2014 G 5 EDUCATION TDAH De la difficulté de réussir à l\u2019école quaud ou ue peut pas se couceutrer Au Québec, 8% des enfants souffrent d\u2019un trouble du déficit de l\u2019attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), de nature à miner leur estime de soi ainsi que leur capacité de fonctionner en milieu familial, social et scolaire.Un trouble qui reste aujourd\u2019hui encore tabou, alors même que, diagnostiqué à temps, bien traité et assumé, il peut être apprivoisé et compensé.«Bien encadré à la maison et à l\u2019école, l\u2019enfant peut même envisager une vie adulte accomplie et très créative.Beaucoup de nos humoristes et de nos artistes présentent ce trouble», affirme Christiane Laberge, omnipraticienne et grande spécialiste de cette maladie.Entrevue.U PROPOS RECUEILLIS PAR HÉLÈNE ROULOT-GANZMANN Un enfant est souvent très actif,^ désobéissant et impulsif.A quel moment ses parents doivent-ils se demander s\u2019il ne souffre pas d\u2019un TDAH?Si on envoie son adolescent à l\u2019épicerie chercher du beurre, du lait et du pain et que, systématiquement, il revient sans le pain.on se pose des questions.Perdre ses mitaines, perdre ses gants, c\u2019est correct en première et en deuxième années du primaire.En troisième, non.Quelquefois, on demande au parent s\u2019il tient encore la main de son enfant quand il traverse la rue et il répond que oui.Il a 10 ans! On lui demande pourquoi, il répond qu\u2019il est distrait.Tout ça, ce sont des indices qui peuvent nous mettre sur la voie.A contrario, comment être certain que son enfant n\u2019est pas atteint?Commençons par faire disparaître l\u2019anxiété que peut ressentir un enfant.C\u2019est certain qu\u2019un adolescent dont les parents viennent de divorcer, qui subit un déménagement, qui se retrouve dans un 3 % à Montréal alors qu\u2019il habitait à Longueuil dans une maison, qui vit avec une nouvelle belle-mère ou un nouveau beau-père et qui ne sait pas où il va coucher le soir parce qu\u2019il ne comprend rien au système de garde, eh bien il n\u2019est pas disponible pour l\u2019étude.Mais il ne souffre pas d\u2019un TDAH pour autant.Il y a des critères.Il faut que le trouble se soit manifesté avant l\u2019âge de 12 ans et que ce soit constant.L\u2019ange chez grand-papa qui devient un démon à la maison, ce n\u2019est pas un TDAH.L xr O ^ IjS Quelque 8% des enfants sont atteints par ce trouble au Québec.Est-ce qu\u2019il y a plus de cas aujourd\u2019hui ou est-ce seulement qu\u2019ils sont mieux repérés?On les diagnostique mieux, c\u2019est vrai.Mais ils sont surtout plus dysfonctionnels qu\u2019aupa-ravant.Autrefois, il y avait plus d\u2019activités physiques en classe.De nos jours, 70% du temps scolaire se passe assis.Quand on a un déficit d\u2019attention, c\u2019est tout un défi ! Il n\u2019y en a donc pas plus qu\u2019auparavant, mais, dans nos sociétés occidentales devenues très sédentaires, ça paraît plus.En revanche, ce qui change en ce moment, c\u2019est le clivage filles-garçons.On a longtemps cantonné ce trouble aux garçons.On se rend compte aujourd\u2019hui que les filles qui sont dans le coin de la classe à toucher sans arrêt leur couette de cheveux ou la petite gomme en dessous de la table souffrent d\u2019un TDAH.Mais, comme elles ne dérangent personne, elles sont repérées moins rapidement.Que faire lorsque le diagnostic tombe?On commence par les mesures non pharmacologiques.La première d\u2019entre elles : on couche les enfants plus tôt parce que, souvent, ils ont de la difficulté à trouver le sommeil.On les fait manger le matin, on leur offre une certaine routine et on les récompense, parce que la dopamine est un des transmetteurs qui posent problème dans un TDAH.Il faut donner des objectifs clairs, routiniers, de sorte que l\u2019enfant puisse prévoir ce qui va se passer.Ça le rassure.Pendant qu\u2019on fait les devoirs, rien ne l\u2019empêche de se lever aux 10 minutes pour faire le tour de la table et manger une datte.Ou de se balancer sur O P W.i)l V V3- X U\t^\t^ ^ y W X y Z U V W X Y Z MYCHELE DANIAU AGENCE ERANCE-PRESSE :
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