Le devoir, 1 novembre 2014, Cahier E
[" Lisa LeBlanc au volant d\u2019une vie libre ^ Page E 3 Le retour à Montréal de Pina, sans Rna Page E 5 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI I^R ET D.IMANCHE 2 NOVEMBRE 2014 \u2018\u2018eau, Simon I^croix etRaphaëlle Lalande C\u2019est arrivé une fois ¦¦SSÎTt, uAkUl'LL LL 1 I VOIR au chalet.feiSte swscèn?\u2019 ®ocaJ e foJJfJore en dérisFoT\ttourne] \u2022 \u2022 FABIEN DEGLISE Ce qui se passe au chalet reste au chalet?En théorie oui, mais certainement pas pour la jeune et très brillante formation théâtrale Projet Bocal, qui a plutôt décidé de tout raconter.Et plus encore.Le résultat invite d\u2019ailleurs à l\u2019exclamation avec son titre : Oh Lord.11 se prépare également à faire planer une douce dérision sur le folklore québécois et sa sacralisation, parfois à outrance, le tout sur les planches de La Licorne à Montréal, et ce, après avoir vu le jour.dans un chalet.«C\u2019est là qu\u2019on a eu l\u2019idée, lance le propriétaire de la résidence secondaire laurentienne, Simon Lacroix, composante masculine du trio formé également par Sonia Cordeau et Raphaëlle Lalande.On voulait explorer un univers plus brun avec des tonalités de musique folk que j\u2019aime beaucoup.On voulait aussi rire des clichés que notre gé- nération colporte en ce moment sur le passé, rire un peu de cette mouvance trad qui prétend que c\u2019était mieux avant, sans trop savoir si c\u2019est vrai.» C\u2019est le «nous» décomplexé.Le «nous» aussi décortiqué, en passant par les figures d\u2019un folklore qui parfois occupent beaucoup de place, même si le sens n\u2019y est plus vraiment.«Comme la plupart des souvenirs, on a tendance à magnifier le passé, dit Raphaëlle Lalande.Les Patriotes, la cabane à sucre, le jouai et ses expressions pas possibles, les manteaux de fourrure.on vit avec tout ça, ça fait partie de nous, mais profondément, on ne sait plus ce que cela veut dire vraiment.» Parole de trentenaire.De l\u2019éclaté rythmé Suite illogique du premier spectacle éponyme monté au printemps 2013 dans le même établissement théâtral par la troupe.Oh Lord reprend la formule éclatée des saynètes montées sur une trame dynamique alliant théâtre, humour et chanson, mais l\u2019inscrit dans un autre univers.Yves Morin assure la partie musicale du spectacle qui va convoquer Patrick Norman et sa pièce C\u2019est la saison, mais également Les filles de Caleb, la nature, le bois, les animaux, de la danse en ligne, les encans du monde agricole mis à une autre sauce, la guimbarde.«Les fdles de Caleb, ça fait partie de ma formation de femme, lance dans un éclat de rire Sonia Cordeau.C\u2019est une composante de mon imaginaire, avec ses reprises, mais également avec son coffret DVD», folklore à la densité désormais comique sur lequel Projet Bocal va poser son regard avec détachement, mais certainement pas avec un jugement de valeur.«Ce n\u2019est pas là qu\u2019on est, dit Simon Lacroix.On ne veut rien revendiquer.» «On est plus dans la sensation que dans la réflexion », dit fephaëlle Lalande.«Le folklore est tourné un peu en dérision, VOIR PAGE E 5 : CHALET i DE VAN GOGH À KANDINSKY DE L\u2019IMPRESSIONNISME À L\u2019EXPRESSIONNISME 1900 \u2022 1914 Une présentation de ACHETEZ VOS BILLETS MBAM.QC.CA fieraCapital metro air canada® Bell /M M MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 1®=^ ET DIMANCHE NOVEMBRE 2014 CULTURE Une arche à Jérusalem ^\tOdile Tremblay V ^\ten Israël A l\u2019heure où les journaux du monde font écho aux attentats, aux peuplements controversés dans sa partie Est, on met les pieds dans la Ville sainte.Les habitants vaquent à leurs affaires, comme partout ailleurs, s\u2019étonne-t-on.Dansant sur un volcan ?Sans les ballons de caméra-surveillance survolant le quartier de Silwan, où des juifs israéliens se sont installés dans une enclave palestinienne et où ça chauffe à blanc, on croirait à l\u2019illusion des crises.Palpables, pourtant, les tensions dans la nervosité de ceux qui ouvrent la bouche pour témoigner.Un voyage de presse culturel en Israël n\u2019en est pas vraiment un, car tout est politique.Ici plus quç nulle part ailleurs, sans doute.A chacun sa Terre promise et son prisme: de gauche, de droite, d\u2019extrême droite.d\u2019extrême gauche, laïque, religieux, etc.Cacophonie à décoder, mais bonne chance ! Soudain surgit un profil de poète comme celui de David Ehrlich, copropriétaire de la librairie-bistrot Tmol-Shilshom dans le Vieux-Jérusalem.Entre ces murs plus que centenaires, des étagères pleines de livres, une atmosphère pour discuter, pour manger, pour s\u2019aimer.David Ehrlich a même publié un recueil de photos célébrant les unions nées sur l\u2019un ou l\u2019autre de ces bancs-là.Il écrit des nouvelles inspirées par la faune du café, son point focal.L\u2019homme est très à gauche, sauf qu\u2019en Israël, le principe de réalité rattrape tout le monde.Il dit: «On fait semblant d\u2019être cool mais, devant la menace d\u2019une nouvelle intifada, on tremble aussi.» Bientôt 20 ans que le boui-boui littéraire existe.Ehrlich se sent à la fois responsable d\u2019un univers magique tenu à bout de bras et las de combattre pour sa survie.Le centre-ville de Jérusalem, longtemps si couru, perd la vogue au pro- DAVID OUELLETTE David Ehrlich tenant des épreuves de son prochain roman inspiré par la faune de sa librairie-bistrot.fit des quartiers plus modernes.Plusieurs commerces se vident en douce, comme sur le Plateau.Au fait, oubliez le Plateau.«J\u2019ai perdu entre 30% et 40%) de notre clientèle durant CHJjINE DE MONTAGE , ^ Un% création du Théâtre de Quat\u2019Sousgivjig^H et du Carrousel, corhpagnie de théâtre DU 27 OCTOBRE AU 21 NOVEMBRE 2014 leCa^ou^l COMPAGNIE DE THEATRE Texte Suzaqne Lebeau Mise en scène Gervais Gaudreault Avec Linda jUiplante\t_ _ _____ Équipe de création Alexandre Brunet, Nicolas Fortin, Dominique Gagnon, Marie-Eve Huot,,Diane Labrosse, Sarah Lachance, Pierre Lafontaine, Laurent Lamarche, Stéphane Longpré, Marcela Pizarro Minella et Nancy Tobin 0 - EMOTIONS BRUTES.PLACES LIMITEES.RESERVEZ VOTRE SIEGE.LES NOCTAMBULES 6 novembre 2014 Après la représentation',.Entrée libre Discussion animée par ia journaiiste Marie-Louise Arsenauit, i\u2019activité est un moment d\u2019échange et de compiicité entre ies artistes, ies spectateurs et certains invités spéciaux sur ies différents thèmes abordés dans ie spectacie.Avec i\u2019équipe de création, Rachei Aiouki-Labbé, réaiisatrice de Désert de croix et Emmanueiie Waiter, auteure du iivre Sœurs volées.Biiietterie 514 845-7277 quatsous.com UHEURE DU CONTE 9 novembre 2014115h00 Gratuit pour les enfants des spectateurs La comédienne Marie-Eve Huot iira des contes de Suzanne Lebeau, i\u2019auteure de Chaîne de montage, pendant que parents ou grand-parents assisteront à ia représentation dans ia grande saiie.Pour ies enfants de 5 à 9 ans, réservation requise.AUDREE DESNOYERS EXPOSITION DE PHOTOS Jusqu\u2019au 21 novembre 2014 Espace-café du théâtre Entrée libre Audrée Desnoyers présente ses photographies issues d\u2019un séjouren Louisiane, des portraits d\u2019architecture où ie bâti acquiert ia prestance de personnages soiitaires.L\u2019artiste numérique voue unevéritabie passion à ia couieur et se donne ia mission de trouver i\u2019esthétisme dans -He désordre.- la guerre de Gaza, dit-il.Maintenant ces attentats.Les gens de Tel-Aviv ne font plus le trajet jusqu\u2019ici.Alors les dettes.» Ecrivain, David Ehrlich, après une enfance et une jeunesse à Jérusalem, avait bivouaqué, yécu en Allemagne, puis aux Etats-Unis, un temps journaliste, avant de revenir s\u2019établir en Israël.Son envie : offrir une bouffée d\u2019air aux esprits allumés, par la littérature, l\u2019art rédempteur, le coude-à-coude.Dès l\u2019ouverture de la librairie-bistrot, en juin 1994, les écrivains l\u2019avaient prise d\u2019assaut.Le poète de la paix et barde de Jérusalem Yéhuda Amichaï, décédé depuis, entrait dans cette oasis tous les jours.Même l\u2019immense écrivain israélien, éternel nobéli-sable, Amos Oz y lisait des passages de ses nouveaux ouvrages.Mais l\u2019auteur à\u2019Une histoire d\u2019amour et des ténèbres, cofondateur du mouvement La Paix, désormais bien malade, finit ses jours à Tel-Aviv.Quant au nouvelliste américain Nathan Englander, un temps familier des lieux, il q plié bagage en direction des Etats-Unis au cours de la seconde intifada, dans un seul souffle: «C\u2019est trop!» L\u2019écrivain David Grossman, objecteur de conscience, venait y faire son tour.Hier est loin.«J\u2019ai 55 ans et je vis dans une zone de guerre, soupire-t-il.Cinq ans, j\u2019ai servi dans l\u2019armée israélienne, passant depuis d\u2019une guerre à l\u2019autre.Après celle de Gaza, nous voici à l\u2019aube d\u2019une nouvelle intifada, et comment rêver de pouvoir remettre le génie dans la lampe ?» David Ehrlich perd ses illusions en ce qui a trait à une paix éventuelle avec création de deux Etats souverains, son rêve.«Dans 20 ans, dans 25 ans, qu\u2019adviendra-t-il de nous au milieu d\u2019un monde musulman élargi?» demande-t-il.Les armes, il n\u2019y croit plus.Père de jumeaux de sept ans, il s\u2019est dit: «Je ne vivrais pas en paix avec moi-même sans offrir à mes enfants quelque chose en quoi je crois.» L\u2019ancien président d\u2019Israël Shimon Peres (Prix Nobel de la paix en 1994) est déjà venu deux fois dans son café avec Amos Oz.«Il a 92 ans mais garde la forme et demeure convaincu de la nécessité de la paix, explique-t-il.Avec quelques auteurs, nous sommes venus le rencontrer il y a deux mois, un projet sous le bras: celui de créer des ponts entre des écrivains israéliens et palestiniens.Nous sommes deux peuples voisins, mais qui connaît vraiment l\u2019histoire de l\u2019autre ?Et qui mieux que de bons écrivains peuvent s\u2019y atteler?Les vérités écrites par Amos Oz sur Israël ont plus d\u2019échos profonds dans l\u2019âme des gens que les propos du premier ministre Nétanyahou.Dans l\u2019univers littéraire, les auteurs israéliens et palestiniens se connaissent, se fréquentent parfois.Pourquoi ne pas leur donner la parole ?En tout cas, Peres s\u2019est intéressé à notre projet, qui pourrait rebondir.» Appelons ça une bouteille à la mer.David Ehrlich a beau désespérer de voir son coin du monde en paix, il y croit dans une dimension parallèle où les mots s\u2019envolent et touchent leurs cibles.On voudrait rêver à son unisson.Le doute tapi dans l\u2019autre coin de son esprit nous étreint aussi, comme la sensation d\u2019impuissance, comme la complexité des enjeux.On sort de là heureux mais tristes, sur la pointe des pieds.otremblay@ledevoir.corn Odile Tremblay est en Israël à l\u2019invitation du Centre consultatif des relations juives et israéliennes.du II NOVEMBRE au 06 DÉCEMBRE 2014 ESPACE R, GO Cl LE DEVOIR Grands partenaires Bell GC Hydro ^ Québec texte EVELYNE DE LA CHENELIÈRE à partir de VERS LE PHARE de Virginia Woolf mise en scène DENIS MARLEAU ANNE-MARIE CADIEUX + ÉVELYNE ROMPRÉ une production d ESPACE GO ï./' EVEILS ROMANESQUES Le liseur dé Bernhard Schlink 3 novembre 2014 119h30 Un rendez-vous avec James Hyndman et Stéphane Lépine pour tous les passionnés de littérature.THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL Bl LLETTERIE : 514 845-4890 ESPACEGO.COM IXINSBIDESARTS Québec SE Conseil des Arts du Cenada Québec ^transat PARTENAIRE DE SAISON LES ENTRETIENS DE GO Le jeudi 13 novembre 2014 dès 18 h 30, découvrez avec nous les enjeux de la pièce LUMIÈRES, LUMIÈRES, LUMIÈRES lors d'un entretien entre le metteur en scène Denis Marleau et Stéphanie Jasmin, collaboratrice artistique.Une manière unique d'avoir les clefs du spectacle avant d'en être les témoins.En collaboration avec Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI I'^'^ ET DIMANCHE NOVEMBRE 2014 E 3 CULTURE-MUSIQUE I5E FESTIVAL DU MONDE ARABE Les stations d\u2019amour d\u2019Aïcha Redouane YVES BERNARD Aïcha Redouane est l\u2019une des voix d\u2019or du maqam, la musique savante du monde arabe.Avec son partenaire Habib Yammine, elle s\u2019est plongée dans l\u2019étude de la Nahda, cette période de la renaissance culturelle du XIX® siècle qui a précédé l\u2019arrivée des icônes comme Oum Kalsoum pu Mohamed Abdul Wahab.A l\u2019invitation du Festival du monde arabe, Aïcha Redouane et Habib Yammine viennent pour la première fois partager à Montréal des brides de ce véritable patrimoine musical de l\u2019humanité, en ajoutant de leurs compositions qui en sont inspirées.Un rendez-vous essentiel est donc offert ce samedi à la Cinquième salle de la Place des Arts.D\u2019un côté, Aïcha Redouane avec sa puissance d\u2019émotions, son raffinement, ses mélopées et son sens de la nuance, ici accompagnée par Habib Yammine, le percussionniste ethnomusicologue qui a découvert un monde fabuleux avec elle.De l\u2019autre, quatre musiciens d\u2019ici sous la direction de Katia Mak-dissi-Warren.Aïcha Redouane commente la rencontre : «Nous sommes très heureux de partager notre travail avec des musiciens montréalais qui viennent de la musique classique.Nous leur apportons notre répertoire avec tout ce travail que nous avons fait sur la modalité et nous expérimentons ensemble.Nous nous sommes même amusés avec les arrangements qu\u2019Habib a conçus pour le quatuor à cordes.» Habib Yammine en rajoute.«La musique arabe est modale et non polyphonique ou harmonique comme la musique occidentale, et les musiciens montréalais vont mettre leurs techniques au service de la modalité.Bien sûr, il y a des prémisses d\u2019harmonies, mais c\u2019est plutôt du contrepoint, pour être toujours au service de la mélodie que l\u2019on sert d\u2019une manière hétérophonique.Tout le monde joue alors la mélodie principale, mais avec des retards et des ornements.Ça crée un bel enchevêtrement.En fait, l\u2019ensemble de musique classique arabe est un ensemble de solistes avec une chanteuse soliste.» De culture berbère, Aïcha Redouane vient d\u2019un village du Moyen Atlas au Maroc, avant de déménager dans l\u2019Ardèche française en très bas âge.Elle chante depuis l\u2019âge de quatre ou cinq ans et, dans les années 1970, elle découvre les styles de l\u2019époque et beaucoup de musique classique.Après des études en architecture qu\u2019elle a abandonnées, elle s\u2019installe à Paris où elle fait la rencontre d\u2019Habib Yammine, qui lui fait découvrir un univers musical très vaste.Ensemble, ils se consacreront {{Des philosophes, des religieux, des soufis et des poètes ont nourri la Nahda.Tout cela s\u2019est traduit, musicalement parlant, par un style achevé et très beau.)) Aïcha Redouane dorénavant à l\u2019étude de la Nahda, qui veut dire «renaissance » en français.«Ce mouvement est issu du Caire vers 1850 et il a atteint son apogée à la fin du siècle.A ce moment, le monde arabe était sous domination ottomane et l\u2019Egypte était le seul pays déjà autonome, les autres étant encore des provinces turques.Le Caire, qui jouissait donc d\u2019une liberté politique, attirait des artistes et des intellectuels de toute la région du Proche-Orient», explique Habib Yammine.Aïcha Redouane renchérit : «Des philosophes, des religieux, des soufis et des poètes ont nourri la Nahda.Tout cela s\u2019est traduit, musicalement parlant, par un style achevé et très beau.Et c\u2019est une immense grâce qu\u2019il ait pu être enregistré à partir de l\u2019apparition des 78 tours en 1904.A ce moment, plusieurs maîtres étaient au sommet de leur art et la plupart se sont éteints entre 1900 et 1912.» La Nahda confirme l\u2019identité arabe par rapport à la culture ottomane en réhabilitant et en remettant au goût du jour les fondements du maqam, cet art savant très ancien, à l\u2019héritage poétique, qui couvre quatorze siècles de paroles imprégnées de classicisme et de mystique soufie.«Le mot maqam signifie \u201cmode\u201d ou \u201cmodalité\u201d dans la musique, mais aussi \u201cstation\u201d.Dans le soufisme, ce sont les stations de perfectionnement que les gens atteignent pendant leur cheminement spirituel», explique Habib Yasmmine.Maqams d\u2019amour, le titre du concert montréalais, est donc une invitation vers des stations d\u2019amour.Collaborateur Le Devoir A la Cinquième salle de la PdA, samedi T'novembre à 20 h.DVoir aussi > La vidéo de Maqams d\u2019amour d\u2019Aïcha Redouane.ledevoir.com/musique PEDRO RUIZ LE DEVOIR Aïcha Redouane, en répétition cette semaine à Montréal ¥i PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le mini-album en anglais proposé par la chanteuse acadienne s\u2019écoute comme une bande sonore de road movie.Au volant d\u2019une vie libre Lisa LeBlanc a été là où le cœur l\u2019appelait et où l\u2019auto la menait.Sur la route de Lisa LeBlanc à la rencontre des musiques de l\u2019Amérique : une équipée pour survivre au succès, avec les chansons d\u2019un mini-album en anglais ramassées en chemin.Entrevue au volant d\u2019une vie libre.SYLVAIN CORMIER Elle rqconte.Voyage aux Etats.Avril-mai 2013.«Imagine, cher!» J\u2019imagine, chère.Je suis là où elle est.En chemin vers Austin, Texas.La table du café pour auto, les chaises sont des sièges, ma petite enregistreuse un tableau de bord.Le décor dans ses yeux.Le trip du road trip dans son sourire, toujours un peu crasse.Je roule avec Lisa LeBlanc.Sur la route de son mini-album en anglais.Highways, Heartaches and Time Well Wasted.C\u2019est elle qui conduit, choisit la musique.«Pour moi, être dans un char, c\u2019est la liberté totale, man ! Je checke les paysages, ça me prend pas grand chose pour être bien.J\u2019avais tout ce qu\u2019il me fallait! J\u2019avais mes playlists.J\u2019avais apporté mon gros \u201ccase\u201d de CD.Des fois f écoutais la \u201clocal radio\u201d.J\u2019avais un mois et demi.A lifetime, cher!» Seule, Lisa, toute seule à rouler «avec les tumbleweeds»! «J\u2019avais le goût! Ça s\u2019est fait de même.Zéro limite sauf physiques: mon char a \u201cbroké down\u201d à Austin., mais même ça c\u2019était pas grave.Ça s\u2019est arrangé.J\u2019étais là oû je voulais être, personne me connaissait, j\u2019étais avec moi-même, fêtais dans mon char, je faisais corps avec mon char, je faisais corps avec la route.» Elle me sert un clin d\u2019œil de Road Runner qui se contrefont de Wile E.Coyote : « Y pouvait rien m\u2019arriver, j\u2019avais mon banjo avec moi.» Jamais esseulée?«A la fin, fêtais peut-être un p\u2019tit peu lonely.» Elle éclate d\u2019un rire qui remplit la place.«C\u2019est fou pareil.Quand fêtais mini, on faisait ça tout le temps, des \u201cdrives\u201d, et j\u2019haïssais ça.Le samedi matin, mes parents disaient: bon, OK, aujourd\u2019hui on s\u2019en va en Nouvelle-Ecosse, chez matante Chosebine.Des cinq heures de route.Raide fou.Et puis là, ail of a sudden, c\u2019est moi qui pars juste parce que j\u2019ai le goût, et pas mal plus loin.Et toute seule en plus!» Un bar, une chanson Quand elle avait envie de voir du monde, elle s\u2019arrêtait quelque part.«Les tounes sont venues de là.Gold Diggin\u2019 Hoe-down [sorte de bluegrass métal, furieux et dangereux], fêtais à Nashville dans un bar, et j\u2019ai vu le gars parfait.Une sorte de Hugh Hefner.Il avait une escorte, obviously c\u2019était pas sa blonde.Le parfait stéréotype.J\u2019ai commencé à écrire la chanson là, dans le bar, et je l\u2019ai finie en décembre.\u201cHe got pearly whites / And a Colgate smile / He got silver hair slicked back / And oh how they shine / And she won\u2019t mind that silver o\u2019his.\u2019\u2019 » Le mini-album s\u2019écoute comme la bande originale du film.Highways, Heartaches and Time Well Wasted: on roule avec la chanson-titre, instru- mentale, mélodie siffiée, «du Morricone en plus heavy, j\u2019avais le goût».Elle avait le goût: phrase-clé.Avoir le goût, pour Lisa LeBlanc, ça veut dire rouler de Rosaireville à Montréal, et de là, tout partout.Mais pas n\u2019importe où non plus.De haut lieu de la musique en haut lieu de la musique: Nashville, Memphis, La Nouvelle-Orléans, Lafayette, Austin, San Francisco, Los Angeles.«Pour moi, être dans un char, c\u2019est la liberté totale, man! Je checke les paysages, ça me prend pas grand chose pour être bien.» «La musique, c\u2019est un petit monde.Je connaissais des gens qui connaissaient des gens, je me suis retrouvée dans des jams.Je me suis fait un ami cajun amazing, un violoniste.Quand je l\u2019ai rencontré, je pense qu\u2019on a jammé jusqu\u2019à huit heures du matin.On s\u2019est suivis pendant une semaine, on a buské dans la rue à New Orleans.Il jouait, je le suivais comme je pouvais.J\u2019étais totalement bien.» «Moi, continue-t-elle, c\u2019est ma place.J\u2019aime ça, faire mes shows, je suis là oû je dois être, mais comme thérapie, là oûy a rien qui peut me toucher, crisse-moi dans un jam.» Gros sourire, assorti d\u2019un autre petit clin d\u2019œil.Sous-entendu : nuançons.«J\u2019suis pas invincible non plus, cher! Je pourrais pas être dans un endroit inconnu sans mon instrument.Etre juste une chick, tu comprends ?J\u2019ai besoin de signifier que je suis musicienne.C\u2019est ma protection, ma justification.C\u2019est comme avoir ma carte de membre: Iplay the banjo, Tm in.» Ce que l\u2019on comprend aussi, c\u2019est qu\u2019après le fulgurant et phénoménal succès du premier album (décrété platine fin 2013, on doit bien avoir dépassé les 100 000 exemplaires), après avoir «roulé l\u2019album pendant deux ans et demi», Lisa LeBlanc avait besoin d\u2019aller voir ailleurs si elle y était.Mais pas sans son banjo.«Mon passe-temps quand je joue pas de musique, c\u2019est jouer de la musique.Mais juste pour le fun.Pas obligée.C\u2019est big, quand même, ce qui m\u2019est arrivé.Ton minding change.Y a des huge changements dans ta vie.Eait que tu prends des baby steps pour revenir à la réalité.Tu sais, j\u2019ai voulu tout crisser là une couple de fois, j\u2019ai eu mes dramas.J\u2019ai des amis, des bons parents, mais ce qui fait que tu écris des chansons, c\u2019est que t\u2019es hypersensible.» Pas question de se lancer dans le trop attendu deuxième album officiel avant d\u2019avoir retrouvé sa pleine liberté.«Eal-lait que je me donne une sorte de \u201cbuffer\u201d avant de même commencer à penser au deuxième album.Le EP anglais, c\u2019est arrivé parce que f avais le goût, mais aussi parce que faime ça, fucker avec la tête du monde.Que les gens disent: \u201cWhat the hell que tu fais?\u201d Mais personne m\u2019a dit que c\u2019était une mauvaise idée pour ma carrière.» Elle pouffe, s\u2019esclaffe, rigole massivement.«Je l\u2019ai fait, c\u2019est tout.Je me suis remise outside the box, et c\u2019est parfait comme ça.Vas-y, ma fille!» Comme dans l\u2019auto.C\u2019est elle qui conduit: nous, on va où elle va.Le Devoir HIGHWAYS, HEARTACHES AND TIME WELL WASTED Lisa LeBlanc Bonsound D Écouter > La pièce Race Track tirée du mini-album de Lisa LeBlanc.ledevoir.com/musique ¦ «La distribution est en parfait contrôie de cette exagération du geste sur iaqueiie repose ia trame narrative de cette Rue Fabie où l\u2019émotion frappe ie bitume avec I i\u2019humour.» - Fabien Degiise, LE DEVOIR mm «On sourit souvent, on rit grassement à certains moments.On se fait surtout rappeier comment ie corps peut tout transmettre, nous révèie aux autres peu importe ie système de défense que nous croyons avoir étabii.» - Lucie Renaud, Revue JEU Hoorps H FABLE MAÎTRISE D'ŒUVRE JEAN ASSELIN, RÉAL BOSSÉ, SYLVIE MOREAU Du 21 octobre au 15 novembre 2014 INTERPRETATION JEAN ASSELIN, PASCAL CONTAMINE, SYLVIE MOREAU, BRYAN MORNEAU AUDREY BERGERON, ÊMILIE SIGOUIN CONCEPTION CHARLOTTE ROULEAU, MATHIEU MARCIL, LUDOVIC BONNIER CONSEIL DES Min Québec E CMP Conidl de du Cunudi BILLETERIE 514 521 4191 LEDEVOIR MIMEOMNIBUS.QC.CA WWW.ESPACELIBRE.QC.CA E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI I^^ ET DIMANCHE 2 NOVEMBRE 2014 CULTURE.CLASSIQUE Christian Tetzlaff et son concerto érotique CHRISTOPHE HUSS Le violoniste allemand Christian Tetzlaff sera de retour à Montréal cette semaine, quelques mois après son vertigineux concerto de Brahms, point culminant du Festival de Lanaudière 2014.Artiste apprécié de Kent Nagano, Christian Tetzlaff fait désormais partie de notre paysage musical.On en oublierait presque que sa première venue au Québec date de mars 2010 dans le concerto de Tchaikovski.Le Devoir avait alors prédit que ce ne serait pas la dernière.Christian Tetzlaff, qui a soutenu la première Virée symphonique de rOSM, a livré l\u2019été dernier un concerto de Brahms, avec Paavo Jârvi, qui nous hante encore: «Le Concerto pour violon de Brahms par Tetzlaff est me expérience rare et précieuse.Les yeux mi-clos, le violoniste \u201crentre dans la corde\u201d comme peu aujourd\u2019hui.Dosant les nuances jusqu\u2019à l\u2019infinitési-mal, il incarne une voix affirmée, dont les phrases se consument littéralement à partir d\u2019une étincelle, ce qui donne une tension exceptionnelle à son discours», écrivions-nous.Et dire que le soliste avait fait dans la nuit le chemin du Domaine Forget, où il avait joué Beethoven, la veille, sous la direction de Fabien Gabel! Il sera en concert mardi et jeudi avec l\u2019OSM et le chef Ju-raj Valcuha dans le L\u2019' Concerto de Szymanowski.«Bar ouvert» Alors que de plus en plus de solistes restreignent leur répertoire, ne jouant que deux, trois ou quatre concertos différents lors d\u2019une même saison, Tetzlaff puise à l\u2019envi dans son répertoire.D\u2019où le fait d\u2019enchaîner Beethoven et Brahms en moins de 24 heures l\u2019été dernier.«Je joue une vingtaine de concertos différents par saison.Je n\u2019ai pas de plan et choisis en fonction de ce qui est adapté aux orchestres et aux chejs.Bien sûr, si on joue sur une longue période la même œuvre, on \u201cest dedans\u201d avec une maîtrise souveraine.Mais ce n\u2019est pas ma manière de fonctionner.J\u2019aime la fraîcheur.Ce qui me réjouit, c\u2019est de me dire: \u201cAh, là, j\u2019ai le droit de jouer tel concerto.\u201d C\u2019est plus exigeant, mais on peut voir cela comme une sorte d\u2019aventure.Après 25 ans, et après avoir joué GIORGIA BERTAZZI Le violoncelliste Christian Tetzlaff est devenu, au fil de ses visites, un habitué de notre paysage musical.C\u2019est un chef-d\u2019œuvre, le plus érotique de tous les concertos.On est portés, comme dans un rêve, d\u2019un état à l\u2019autre.Cela tient d\u2019une ivresse, yy Christian Tetziaff, à propos du 1er Concerto de Szymanowski le Beethoven 270fois, je peux le présenter demain soir même si je n\u2019y ai pas touché depuis trois mois», dit Tetzlaff au Devoir.Quant aux enregistrements, ils sont le fruit de hasards et de rencontres.«B y a des choses que je souhaite enregistrer ou réenregistrer, mais il n\u2019y a pas de plan.» Vient de paraître chez Ondine (distribution par Naxos) un exceptionnel CD couplant les deux concertos de Chosta-kovitch: «J\u2019ai souvent proposé le 1®\"'Concerto en concert, mais surtout découvert à cette occasion que le 2® Concerto est une œuvre tardive fantastique.Pour- quoi ne présenter qu\u2019un seul des deux concertos ?Pourquoi délaisser la belle 5® Symphonie de Dvo-ràk juste parce que la 9® Symphonie est si connue?» Homme libre Christian Tetzlaff s\u2019apprête à réenregistrer le concerto de Dvorak.Mais il ne renie pas ses disques passés.«Ce que je pense des œuvres n\u2019a pas changé.La partition donne une image très claire des choses.Donc, je me reconnais.Mais dans la liberté de l\u2019expression personnelle, j\u2019ai beaucoup évolué: je suis plus libre, plus fort.Je suis donc déçu lorsque f écoute mes disques, non sur le fond, mais parce qu\u2019aujourd\u2019hui cela serait plus profond, plus ouvert.Dans l\u2019image globale, tout est pareil, mais dans le détail, tout est totalement différent! Mon but actuel est la liberté.» Tetzlaff aime les rencontres avec les chefs.Il se souvient d\u2019une saison lors de laquelle il a enchaîné le concerto de Brahms avec Herreweghe, Levine et Jurowski! «C\u2019était chaque fois différent, mais il y a une vérité intrinsèque de l\u2019œuvre, une ligne évidente, donnée par Brahms et Joachim, ce dernier ayant décrit avec une grande clarté son travail avec Brahms au point où je demanderais volontiers à certains collègues: \u201cN\u2019avez-vous pas de livres, de partition?\u201d Ce que Brahms veut est clair.Ma liberté personnelle ne doit pas aller à l\u2019encontre de Brahms, elle doit mettre en évidence sa volonté.» Le début du Concerto no 1 de Chostakovitch montre que Tetzlaff s\u2019est posé les bonnes questions: «Je sais bien comment c\u2019est joué en général, pour qu\u2019on ait l\u2019impression que le soliste joue magnifiquement.Mais pour moi, c\u2019est une àme perdue qui s\u2019exprime.Et une àme déboussolée ne parade pas; elle souffre.E ne me viendrait jamais à l\u2019idée de jouer cela \u201cjoliment\u201d.By a des passages expressivo, ensuite, où la plainte s\u2019exprime avec une dose de vibrato.Je n\u2019ai pas à montrer ce que je sais faire dans les premières mesures.B ne faut jamais que le spectateur se dise \u201cqu\u2019est-ce que le violoniste joue bien\u201d, mais \u201cque cette musique me bouleverse\u201d.» Aux yeux de Christian Tezt-laff, l\u2019auditeur n\u2019a pas besoin de connaître le i®*' Concerto de Szymanowski pour l\u2019apprécier: «C\u2019est un chef-d\u2019œuvre, le plus érotique de tous les concertos.On est portés, comme dans un rêve, d\u2019un état à l\u2019autre.Cela tient d\u2019une ivresse; inutile de savoir où on est.» Le Devoir CHRISTIAN TETZLAFF A l\u2019OSM, les mardi 4 et jeudi 6 novembre à 20 h avec le l®® Concerto de Szymanowski.Nouveauté CD.Concertos n°® 1 et 2 de Chostakovitch avec Christian Tetzlaff Ondine.ODE 1239-2 DVoir aussi > Le violoniste Christian Tetziaff jouant du Mendelssohn.ledevoir.com/musique STEPHANE GLADYSZE /X\t\\\tAl.TETE-A-TETE 8,9,15,16 NOVEMBRE .\t, UN SPECTATEUR À LA FOIS DURÉE 15 MINUTES\tÆ.- M DE 12 H À18 H PLACES LIMITÉES\t# 15N0VEitfRE16H CONCEPTION ET INTERPRÉTATION\tStéphane Gladyszewsk^ COMPOSITION ET ENVIRONNEMENT SONORE Jean Sébastien Durecher CONSEILLERARTISTIOUE CONSULTANT INFORMATIOUE ASSISTANTE Peter James Emmanuel Preulx Justine Ricard CHOREGRAPHES ET INTERPRETES DIRECTION ARTISTIQUE MUSIQUE ÉCLAIRAGES .CATHERINE JARDIF MICHEL F COTE El^iARIANNE ET SIMON 6,3ÉVANOt1^EMENTS .m ETES; Partner Ailersen, Marc Bolvin, Michel F SephléICorrIveau, Beneîtl.achambre, Catherlmardlf Cath^r^Tardif, Michel F Côté MIchflFCôté\t' Marc Partnt\t' STEPHANE GLADYSZEWSKI/ PHOTO STEPHANE GLADYSZEWSKI CATHERINE TARDIF ET MICHEL F COTE / PHOTO ROLLINE LAPORTE Ü FR» IMAS EJ «ïîs fondation suisse pour la culture proheLvetia BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL AGORA DE LA DANSE WWW.AGORADANSE.COM ELECTROACOUSTIQUE PHOTOS SOURCE AKOUSMA Myriam Bleau se dit «fascinée par la physique des mouvements, par le détournement d\u2019objets du quotidien».Équilibriste du code binaire Myriam Bleau donne le coup d\u2019envoi du festival Akousma avec.des toupies FABIEN DEGLISE La symbolique est forte : à une époque qui donne parfois l\u2019impression de tourner en rond, l\u2019électroacousticienne québécoise Myriam Bleau se prépare, la semaine prochaine, à donner le coup d\u2019envoi du Festival de musiques numériques immersives Akousma avec.des toupies.Mais pas question de voir dans Soft Revolvers, sa création qui passe par des jouets circulaires détournés à des fins musicales, un geste politique ou une œuvre socialement chargée.« C\u2019est poétique comme lien, mais ce n\u2019est pas là que je suis, dit la jeune artiste de 26 ans, rencontrée cette semaine par Le Devoir dans son studio montréalais.Je suis un peu plus pragmatique, pas très intéressée par le côté rituel d\u2019une performance et surtout fascinée par la physique des mouvements, par le détournement d\u2019objets du quotidien pour en extraire la musicalité.Rien de plus.» C\u2019est déjà beaucoup, et c\u2019est ce que Myriam Bleau va chercher à démontrer avec une œuvre-spectacle pour le moins atypique qui, pendant une vingtaine de minutes, fait danser des toupies lumineuses, dans la pénombre, pour mieux les faire chanter.Les objets ont été créés sur mesure, en acrylique, par l\u2019artiste.Ils portent en eux des composantes électroniques permettant par la magie du sans-fil de traduire le mouvement en son, mais également en lumière, avec des ampoules DEL.«Le mouvement a toujours influencé la façon dont on entend la musique, dit-elle.Musicalement aussi, le visuel et l\u2019au- ditif se rencontrent pour donner du sens à une composition», en l\u2019amenant ici, sans doute malgré elle, dans la sphère du hip-hop et de ses platines tourne-disque, auxquelles les toupies de Myriam Bleau peuvent un peu faire référence.«Ce n\u2019est pas calculé, mais ce symbole s\u2019est imposé de lui-même au fur et à mesure que ce projet s\u2019est mis en place», expose l\u2019artiste qui, dans ses prestations, donne parfois l\u2019impression de jouer avec ses sphères qui cherchent à déjouer la gravité comme un DJ joue avec ses platines.«C\u2019est peut-être normal.Je suis de cette génération qui a été élevée avec de la musique populaire, avec des références qui viennent de là, mais j\u2019arrive aussi très bien à explorer la musique savante, la musique de recherche dans laquelle Soft Revolvers s\u2019inscrit.» Hermétique ?L\u2019œuvre l\u2019est sans doute, avec ses tonalités, ses modulations de fréquences, ses univers de sons échantillonnés et passés à la force centrifuge qui, au final, arrivent à faire émerger \u2014 dans l\u2019immersion \u2014 une improbable poésie.Mais pour la jeune Myriam Bleau, elle est surtout un jeu sérieux qui cherche à remettre le corps et le geste dans la musique et sur une scène, afin d\u2019humaniser sans doute un peu une musique que l\u2019on dit souvent abstraite.«J\u2019essaye de faire de la bonne musique, dit-elle simplement.Celle que je voudrais aller voir en spectacle.» Le Devoir DVoir > Comment Myriam Bieau fait danser des toupies pour les faire chanter.ledevoir.com/musique TVois autres mesures pour un festival.Entre ie 5 et ie 8 novembre, i\u2019Usine C se met au diapason du festivai Akousma, versé dans ia musique numérique immersive, provenant d\u2019ici et d\u2019aiiieurs dans ie monde, avec.La Suédoise Hanna Hartman.Elle a demandé un kilo de fécule de mais pour son spectacle, mais les organisateurs ne savent toujours pas pourquoi.Elle fait de la musique avec des sons enregistrés à travers le monde qu\u2019elle aime sortir de leur contexte.La Norvégienne Jana Winderen.Elle était au MoMA l\u2019an dernier.Elle est à Montréal cette année pour exposer sur scène le fruit d\u2019une recherche musicale au parfum environnemental.L\u2019artiste tente en effet d\u2019extraire la musicalité des fonds marins, tout comme de la topographie des océans et des eaux glacées.Etrange.L\u2019Américain Seth Nehii.Densité et introspection caractérisent l\u2019univers sonore sombre de cet artiste qui aime traquer le drame dans les cloches, les cymbales, les gongs et le métal.Entre autres. LE DEVOIR, LES SAMEDI I'^'^ ET DIMANCHE 2 NOVEMBRE 2014 E 5 CULTURE>DANSE S Notamment par l\u2019omniprésence de l\u2019eau, Vollmond propose un visuel puissant Les images fortes ont contribué à la réputation de la troupe.Le retonr de Pina, sans Pina Le Tanztheater Wuppertal Pina Bausch revient à Montréal avec Vollmond après 30 ans d\u2019absence \u2014 et la mort prématurée de sa créatrice LAURENT PHILIPPE Avec une quinzaine de productions différentes présentées annuellement et un 40® anniversaire tout juste célébré, la compagnie et son répertoire ne semblent pas près de s\u2019essouffler.Quoique.FRÉDÉRIQUE DOYON En 2009, Pina Bausch quittait définitivement et abruptement la scène.de la vie, emportée par un cancer fulgurant à 68 ans.Tous les yeux des aficionados étaient alors rivés sur la troupe orpheline, un peu inquiets pour la suite.Cinq ans plus tard, les théâtres continuent de s\u2019arracher ses pièces, de crainte peut-être que ce soit la dernière occasion de la voir.Au foisonnant programme, cette saison, figurent ainsi des pièces récentes comme Sweet Mambo (2008), «.como el musguito en la pie-dra, ay si, si, si.» (2009), plusieurs autres de sa série d\u2019œuvres inspirées des grandes villes du monde, telles Palermo Palermo, Masurca Fogo, mais aussi des œuvres plus anciennes, comme Kontakthof (1978), Nelken (1982) et Two Cigarettes in the Dark (1985).Entre autres.Répertoire immortel, sans doute, mais qui entre aussi en contradiction avec l\u2019esprit de création que la dame de Wuppertal avait insufflé au Tanztheater.Le temps de l\u2019hommage est passé.L\u2019appel de sang neuf à la chorégraphie est donc imminent.Ce qui n\u2019empêchera pas la troupe de continuer à propager l\u2019héritage de Pina Bausch.«L\u2019an dernier, la compagnie a décidé qu\u2019il fallait s\u2019attarder à des processus créatijs nouveaux.explique Dirk Hesse, directeur général entré en poste en 2011 après avoir assisté l\u2019équipe de la Fondation Pina Bausch et travaillé comme directeur de production pour plusieurs projets de la chorégraphe.Le 4(T anniversaire a permis d\u2019inventer de nouveaux formats, où les danseurs présentent un travail de leur cru dans des lieux inusités.» Un zoo, une usine, un parking ont déjà accueilli ces prestations.«La prochaine étape sera d\u2019inviter des chorégraphes à travailler avec nous.» Le virage, qui doit s\u2019amorcer dès la saison prochaine, impliquera une diminution des productions de répertoire en circulation \u2014 et surtout du nombre de représentations annuelles \u2014 pour que les danseurs de la troupe puissent se consacrer aux nouvelles œuvres.Cela signifie une baisse prévue des revenus de billetterie sur lesquels repose la moitié du budget de la troupe.Le retour à la création sonnera-t-il ironiquement le glas du Tanztheater?M.Hesse assure que la petite Ville de Wuppertal, principal bailleur de fonds (elle fournit les deux tiers de l\u2019argent public), entend tout faire pour combler le manque à gagner, dans la mesure du raisonnable.«Les dommages seraient trop importants s\u2019ils refusaient», dit-il.A suivre.Pleine lune Arrivée à la direction du Ballet de Wuppertal en 1973, Pina Bausch désarçonne le public avec des relectures violentes et parfois macabres de classiques comme Orphée et Eurydice, Barbe-Bleue et Le sacre du printemps \u2014 présenté à Montréal lors des Jeux olympiques de 1976.Ciné-Pina La visite du Tanzthater Wuppertal donne l\u2019occasion de remettre au programme deux films magnifiques du 8 au 12 novembre au Cinéma du Parc.Pina (2011) de Wim Wenders éblouit par l\u2019utilisation du 3D pour rendre un hommage post-mortem touchant à l\u2019artiste en donnant voix et corps à ses danseurs.(Aussi au cinéma ByTowne d\u2019Ottawa le 5 novembre.) Plus classique dans sa forme.Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch, de Rainer Hoffmann et Anne Linsel, est tout autant, sinon plus émouvant.On assiste à tout le processus visant à remonter la pièce Kontakthof avec 40 adolescents triés sur le volet, qui ne connaissent à peu près rien à la danse contemporaine, ni de Pina Bausch.Et on découvre comment la danse peut forger les identités et déterminer des choix de vie.Son écriture défie les codes, partant non pas des formes imposées de la danse, mais du corps et de la vie de ses danseurs qu\u2019plie questionne pour composer ses œuvres.Emergent alors ces narrations échevelées et poétiques dont elle a le secret, où l\u2019on parle, chante, danse, mais où les personnages se dérobent aussitôt qu\u2019ils se révèlent.Après avoir découvert son Sacre, puis Kon-takthofen 1985, Montréal (et d\u2019abord Ottawa) accueille Vollmond \u2014 qui signifie «pleine lune».Cette pièce, parmi les dernières de Pina Bausch (2006), réunit plusieurs thèmes et motifs récurrents de son écriture : corps tiraillés entre désir violent et solitude, rires et drames, petits gestes quotidiens répétés qui cèdent le pas à une danse vertigineuse née des impulsions personnelles des danseurs, en alternance avec des sketchs plus théâtraux.L\u2019omniprésence de l\u2019eau qui exalte la danse \u2014 et la vie \u2014 donne à voir des images fortes qui ont fait la réputation de la troupe.L\u2019œuvre magnifie aussi tout le spectre générationnel et culturel que la dame aimait déployer dans ses œuvres pour exposer différentes textures existentielles.Les plus jeunes danseurs ont la vingtaine et le plus vieux a passé la barre des 60.A l\u2019image de la composition de la troupe de 30 danseurs, qui entend d\u2019ailleurs se rajeunir dans les prochaines années, sans toutefois sacrifier les plus vieux.«C\u2019est extrêmement important que la mémoire de la distribution originale demeure au sein de la compagnie, dit M.Hesse.B faut poursuivre le transfert des connaissances.» Le Devoir VOLLMOND Les 7 et 8 novembre au Centre national des arts à Ottawa; du 12 au 15 novembre au théâtre Maisonneuve de la PdA à Montréal.Présenté à guichet fermé.DVoir aussi > Des extraits de Vollmond du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch.ledevoir.corn/danse ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Projet Bocal se moque gentiment des tendances néotrad.CHALET SUITE DE LA PAGE E 1 mais c\u2019est fait avec tendresse», ajoute Sonia Cordeau en évoquant sa génération, qui cultive une esthétique vintage, aime se montrer nostalgique et se prend d\u2019affection parfois pour cette idée de gratter un arbre généalogique afin de mieux voir ses racines.«Pour savoir où l\u2019on va», commence à chanter Simon, «faut savoir par où on est passé», poursuit le trio en chœur.«C\u2019est du Okoumé», ce groupe très populaire entre 1995 et 2002 au Québec, surtout lors des premières parties de Kevin Parent.«On ne voulait pas faire un spectacle sur l\u2019identité, mais c\u2019est peut-être ce que cela donne au final, lance Sonia Cordeau.Ce spectacle s\u2019est construit par lui-même, comme un album, alors qu\u2019autour on parlait d\u2019accommodements raisonnables, de charte des valeurs, de Québécois de souche.Ça peut-être nourri indirectement notre création avec des réflexions qui se trouvent désormais en filigrane.Mais ce qui nous intéresse surtout, c\u2019est la création, le jeu, les rythmes et la surprise.Le reste n\u2019est pas conscient.» Pas conscient, comme le folklore, que cette pièce, qui sait, pourrait venir alimenter un jour.Le Devoir DVoir aussi > Un aperçu de l\u2019esprit A\u2019Oh Lord de Projet Bocal.ledevoir.com/culture Projet Bocal et.Le folklore à effacer : Dégé-nération, la chanson du groupe Mes Aïeux.Pour la place qu\u2019elle a prise dans l\u2019univers culturel et le vide de son texte.«Les paroles contiennent de grandes généralités qui idéalisent un passé qui n\u2019a peut-être jamais existé.C\u2019est le genre de chose qui fait la morale aux gens modernes en confrontant un passé magnifié à des vies technologiques qui nous rendraient moins humains.On veut aussi un peu rire de ça», dit Sonia Cordeau.Le folklore à restaurer: le canot-camping.«J\u2019adore ça, ça nous rapproche de la vie des coureurs des bois que faime magnifier.By a de la nature, de l\u2019exploration, du courage et de la détermination dans cet univers, dont on devrait plus parler, mais pas trop pour ne pas entraîner des embouteillages sur nos rivières», dit Simon Lacroix.Le folklore qui laisse perplexe : le gars avec ses cuillères en bois rue Sainte-Catherine, en face du magasin Ogilvy.«Jamais vu des cuillères en bois dans un party de famille.B est là avec son enregistreuse qui joue du violon et ses cuillères qu\u2019il vend aux touristes.Je ris, mais je suis attendri», dit Simon Lacroix.4» SAISON 2014*2015 ourgie LA FONDATION ARTE MUSIOA PRESENTE ACADEMY OF ANCIENT MUSIC Mercredi 5 novembre \u2022 19 h 30 Richard Egarr, chef J.S.BACH Suites pour orchestre n\u201c 1 300 enregistrements, 1 concerté Montréal À NE PAS MANQUER! PLEINS FEUX SUR BEETHOVEN Mercredi 12 novembre * 19 h 30 Quatuor Alcan BEETHOVEN Quatuor à cordes n° 3, 8 et 12 Venez célébrer le 25® anniversaire de l\u2019un des meilleurs quatuors au Québec.LA NUIT TRANSFIGUREE Mercredi 19 novembre * 19 h 30 I nvité: Peter Wiley, violoncelliste du Trio Beaux-Arts (1987-1998) BEETHOVEN Trio à cordes n° 4 RAVEL Trio avec piano SCHOENBERG Verklarte Nacht pour sextuor à cordes à4 LA JEUNE FILLE ET LA MORT Vendredi 21 novembre ' Musiciens de l\u2019OSM WEBERN LangsamerSatz SCHUBERT Quatuor à cordes n° 14 « La jeune Fille et la Mort » 18h30 4^ U PQ CANTATES DE L\u2019AVENT ET NOËL Dimanche 30 novembre \u2022 14h Intégrale des cantates de J.S.BACH Clavecin en concert Luc Beauséjour, chef Aline Kutan, soprano Cantates BWV 62, 94 et 133 U > O g Billets et programmation complète sallebourgie.ca \u2022 514-285-2000 #4 M MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL ARTE MUSICA Présenté par E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI I 1= ET DIMANCHE 2 NOVEMBRE 2014 IDE VISD Un peu d\u2019hier pour demain Plus internationale que jamais, la Biennale de Montréal s\u2019anglicise et se muséalise UAVENIR, BIENNALE DE MONTREAL Au Musée d\u2019art contemporain de Montréal et dans d\u2019autres lieux, jusqu\u2019au 4 janvier JÉRÔME DELGADO Et alors, cette Biennale nou-velle mouture?Plus grande et plus solide, oui.Plus internationale aussi, avec sa forte délégation d\u2019artistes étrangers.Et plus muséale, le Musée d\u2019art contemporain (MAC) étant devenu le quartier général d\u2019une manifestation autrefois placée dans de piteux bâtiments.Il faut ajouter que les projets exposés ailleurs se retrouvent isolés et, dans le pire des cas, abandonnés.Pour apprécier la Biennale de Montréal 2014, on peut s\u2019en tenir au MAC.A L\u2019Arsenal, si vous tombez un jour de préparatifs pour une soirée V.I.P, des bruits de camions et de tests de son accompagneront l\u2019écoute des trois œuvres vidéo parachutées là.Faut encore les trouver: on doit passer à travers l\u2019expo maison avant de parvenir à deux d\u2019entre elles.Se sert-on de l\u2019événement comme d\u2019un placement marketing?On regrette presque les précédentes biennales et leur low profile.Tout n\u2019est pas si terrible ailleurs, mais disons qu\u2019en envoyant ici et là une ou deux œuvres, la Biennale dilue son message.Avec un thème aussi politique et existentiel que celui de «L\u2019avenir», le regroupement semble indispensable.Pas tant pour illustrer l\u2019adage «l\u2019union fait la force» que pour refléter l\u2019étendue du propos.Il y a mille manières de lire ce futur, qu\u2019il soit imminent ou lointain.Parmi les pistes proposées, il y a celle du recul dans le temps.L\u2019avenir se bâtit sur le passé : c\u2019est ce qu\u2019avance avec éclat, au rez-de-chaussée du MAC, Étienne Tremblay-Tardif.Son projet, en réaction à la réfection annoncée de l\u2019échangeur Turcot, assemble en mille bannières des coupures de presse, dont les plus anciennes renvoient à l\u2019inauguration de l\u2019infrastructure routière, en 1967.C\u2019est l\u2019époque des grandeurs.Expo 67 et démesure urbaine allant de pair.Il y a du festif dans cette œuvre colorée, qui flotte comme le décor d\u2019une kermesse.En % Althea Thauberger, image tirée de la vidéo Preuzmimo Bencic, 2013-2014 contrepartie, au sol, des blocs de ciment affichent, de tout leur poids et de leur cynisme, les noms de nos bâtisseurs.L\u2019axe des maires Doré à Coderre croise celui liant Drapeau à.Taillefer, le président du MAC.La Biennale s\u2019ouvre ainsi avec l\u2019un des plus jeunes artistes de la sélection, un de ceux qui ont le plus à gagner, un des plus téméraires.Transformations L\u2019expo est à l\u2019image de cette première œuvre.Les collages d\u2019univers et de temporalités, ainsi que les textes fragmentés ou réévalués abondent.Ils sont plusieurs ainsi à déterrer des fantômes, notamment le Californien Edgar Arceneaux, dont l\u2019installation A Nobel Prize and a Bible reprend des archives caviardées autour de l\u2019icône Martin Luther King.Il est beaucoup question de transformation, de maquillage et de réorganisation dans la vidéo Preuzmimo Bencic d\u2019AI-thea Thauberger.L\u2019artiste de Vancouver a fait d\u2019une ancienne usine en Croatie son lieu de tournage et son sujet de réflexion.Cette habituée du travail avec des communautés dirige ici une cinquantaine d\u2019enfants, qui interprètent, sous leurs frocs dépareillés, ouvriers et politiciens.Entre le jeu, la représentation théâtrale et la reconstitution d\u2019un squat, l\u2019œuvre soulève des enjeux importants touchant le patrimoine industriel, les luttes sociales et la liberté de création.L\u2019activisme politique, pivot pour de meilleurs lendemains, est au cœur de plusieurs projets.Chez Charles Gaines, autre Californien, ça prend une dimension inattendue.Dans Manifestos I, quatre textes révolutionnaires deviennent œuvres musicales, exposées sous leur forme de partition, puis sous leur forme audio, interprétées par un quintette piano et cordes.Apaisante et bénéfique, la révolution selon Gaines, qu\u2019elle soit marxiste ou zapatiste, noire ou situationniste, répète la même musique, à des détails près.Le texte et la voix sont in-dissociables de l\u2019art du monde, très narratif de nos jours.Une fois privés de paroles, les Manifestos de Gaines atténuent les distinctions culturelles.Or l\u2019universalité musicale n\u2019occulte pas l\u2019anglicisation de l\u2019art planétaire, à laquelle la Biennale de Montréal, et ses rêves d\u2019expansion, n\u2019a pu échapper.La musique MILICA CZERNY URBAN du manifeste zapatiste se serait-elle éloignée de celle du texte des Black Banters, si les mots à l\u2019origine des notes avaient été pris directement dans la langue de ses combattants, l\u2019espagnol et le nahuatl?La résistance linguistique, ou culturelle, arrive encore à s\u2019exprimer.En croate chez Althea Thaurberger, en italien chez le Biélorusse OIeg Tcherny, auteur d\u2019une vidéo basée sur un texte de Galilée, en inuktitut chez le collectif Artic Perspective Initiative.Emmanuelle Léonard, qui a tourné sa caméra et son micro vers d\u2019autres oubliés, les aînés, a pris soin de doubler ses protagonistes, des Britanniques et des Québécoises.Il est quand même possible de les entendre dans leur langue, leurs confidences sur la mort et l\u2019au- \u2014 Un premier couac Œuvre phare de la Biennale de Montréal 2104, Murs aveugles, rare intervention urbaine de la photographe et vidéaste Isabelle Hayeur, a été retirée de l\u2019espace public après 10 soirs de diffusion sur les 35 prévus.La projection architecturale, qui diffusait un collage des graffitis politiques créés lors d\u2019Occu-pons Montréal, prenait place aux abords de la station de métro Saint-Laurent.BNL MTL a suspendu cette projection, avec l\u2019accord de l\u2019artiste et du Quartier des spectacles, «suite à des différences de sensibilité suscitées par la convergence de l\u2019œuvre et du lieu».Murs aveugles, qui fonctionnait en trompe-l\u2019œil, avait un haut degré de réalisme, notamment lors de l\u2019apparition d\u2019un incendie.Le fait de projeter les images sur un bâtiment privé n\u2019aura pas aidé.Malgré cet échec, la Biennale soutiendra Isabelle Hayeur dans la réalisation d\u2019une autre œuvre publique, qu\u2019on espère présenter en 2015 sur un des autres sites du Quartier des spectacles.DVoir > Un aperçu de la projection architecturale in situ d\u2019Isabelle Hayeur.ledevoir.com/arts- visuels delà relevant de l\u2019intime.Le Chinois Li Ran, exposé également à la Fonderie Darling, s\u2019attarde aux propos d\u2019un visionnaire français qui prédisait en 1980 la fin du bloc de l\u2019Est et, pour les années 2000, une attaque terroriste à New York.Drôle plus qu\u2019angoissante, la vidéo à deux canaux Pretty Knowledge ouvre la voie à la fantaisie et à l\u2019interprétation.Dans l\u2019écran à gauche, on voit l\u2019artiste dans la peau de l\u2019illuminé.D\u2019après le sous-titrage (en chinois?) et la sonorité répétitive, on devine que Li Ran s\u2019exprime dans une langue universellement incompréhensible.Le décalage entre les cultures est encore possible.Est-il le seul fait d\u2019un loufoque visionnaire?Collaborateur Le Devoir VENTE D\u2019INVENTAIRE 30 octobre - 23 novembre Galerie Jean-Claude Bergeron 150 St-Patrick Ottawa ON Tél.613.562-7836 info@galeriejeanclaudebergeron.ca www.galeriejeanclaudebergeron.ca Mathieu Beauséjour \u2014 Kings and Queens of Québec Commissaire Dominique Sirois-Rouleau Exposition du 9 ootobre au 27 novembre 2014 Hall des arts de l\u2019Hôtel de ville de Laval 1, Place du Souvenir, Laval, Québec, H7V1W7 Vertioale oentre d\u2019artistes 450934-6042 info@vertioale oa vertioale oa MINIATURES DU SUD DE L\u2019ASIE DU SAN DIEGO MUSEUM OF ART Musée national des beaux-arts du Québec Delta QUÉiEC THE SAN DIEGO MUSEUM OF ART.____\tQuébec! 9 OCTOBRE 2014-18 JANVIER 2015 Lette exposition a etc organisée par le ban Uiego Muséum of Art en collaboration avec le Musée national des beaux-arts du Québec./L'empereur MuhsmmsdShah à cheval sur le terrain de chasse (détail), Inde, vers 1720.Aquarelle opaque et or sur papier, 29 x 20,5 cm.Collection Edwin Binney 3rd, The San Diego Museum of Art, 1990.384. LE DEVOIR LES SAMEDI I'^'^ ET DIMANCHE NOVEMBRE 2014 E 7 CULTURE'MEDIAS Des médias en art Visite guidée à travers les œuvres « médiatiques » de BNL MTL STEPHANE BAILLARGEON Encore des fdles en série, 400 Nudes pour être précis, selon ce qu\u2019annonce l\u2019œuvre toute récente de Jillian Mayer.La Flori-dienne de 30 ans a patiemment sélectionné sur le Web des égoportraits de femmes dénudées.Elle a ensuite recréé elle-même les poses lascives pour pouvoir remplacer tous les visages originaux par le sien.Les images ont été re-téléchar-gées sur différentes plateformes en ligne, avec l\u2019espoir de les rendre virales.La Biennale de Montréal expose une version en cartes postales à emporter.Le présentoir bien en vue occupe un mur de la rotonde du Musée d\u2019art contemporain (MAC).Un avertissement inutile prévient que ces images à la vue de tous peuvent choquer.Avant de présenter les 400 Nudes à son groupe de visiteurs, mercredi après-midi, la jeune guide éducatrice Marie-Laure Robitaille a interrogé les cégépiens du Vieux-Montréal sur leur âge.Dix-huit, dix-neuf ans?«D\u2019accord, vous êtes donc de la génération qui a toujours connu Internet et les cellulaires», a-t-elle enchaîné, en expliquant qu\u2019elle-même, malgré son évidente jeunesse, avait un peu connu la préhistoire sans réseau des réseaux.«Et d\u2019après vous, quels problèmes l\u2019artiste a-t-elle voulu aborder ?» Les étudiantes du groupe ont mordu.Une première a répondu «l\u2019intimité».Une autre a remarqué que Jillian Mayer n\u2019avait choisi que des femmes.Une troisième a proposé: «On se sent nu sans la technologie.» La guide en a rajouté sur l\u2019anonymat en ligne, le voyeurisme, la sécurité des renseignements personnels.« Ce que vous mettez en ligne y restera à jamais.On comprend que ces images devaient normalement être réservées aux copains de ces femmes.Ces ex ont ensuite diffusé les photos sur Internet, par vengeance.Ce phénomène dit de la revenge porn a ses sites spécialisés.» Source/destination Le phénomène inspire donc aussi des œuvres surchargées de questionnements au sujet des grandes mutations de notre époque façonnées par les technologies de communication, les nouveaux médias, la dématérialisation.La Biennale (BNL MTL 2014) en propose tout plein, comme en sous-thème de la proposition globale autour de L\u2019avenir (looking forward).«Evidemment, quand on est en arts actuels, on se retrouve dans le quotidien partagé, commente Sylvie Fortin, directrice générale et artistique de la BNL MTL 2014 rencontrée au MAC, alors que M\u201d® Robitaille et son groupe poursuivaient la visite.Dans ce contexte, tous les médias, les traditionnels comme les nouveaux, occupent une place très grande, à la fois comme source d\u2019inspiration et comme destination.Plusieurs artistes agissent carrément dans le champ des médias.Et c\u2019est tout à fait normal: être au monde, maintenant, c\u2019est forcément être confronté aux médias et aux moyens de communication qui occupent une place centrale dans nos vies.» Deux tendances de fond se dégagent donc par rapport au contenant et au contenu, soit Lutilisation des nouveaux médias pour la production (la vidéo, les projecteurs, la numérisation, etc.V soit le questionnement de la place de ces nouvelles technologies dans la vie contemporaine.Sylvie Fortin propose l\u2019exemple d\u2019Andrea Bowers.Son œuvre Courtroom Drawings (2014), composée de dessins au graphite sur papier, reproduit les textes échangés par les protagonistes d\u2019un viol collectif commis à Steubenville, en Ohio, en 2012.Les microtextes recomposés par la police scientifique après que les violeurs eurent pensé les avoir effacés ont été dévoilés au procès l\u2019an dernier.Ils flot- / PHOTO TIREE DU SITE DE L\u2019ARTISTE Un nu des 400 Ntides de Jillian Mayer (2014).ROBERT WEDEMEYER Andrea Bowers, Courtroom Drawings, 2014.tent maintenant au musée, désincarnés, éthérés, sur un fond bleuté.« C\u2019est la première fois que les textos étaient admis comme preuve en cours, explique la commissaire.Comme les images de Jillian Mayer, ils mettent en question la notion de vérité liée aux images.[.] Ce que l\u2019art fait \u2014 enfin f espère que l\u2019art présenté dans cette exposition le fait \u2014, ce que l\u2019art tente, c\u2019est de nous présenter une autre manière de voir le monde tout en remettant en question les rapports au monde proposés par la technologie ou les médias.» Critique/témoin Le spectre d\u2019Andy Warhol et des années 1960 hante cet univers, le nôtre.Au fond, la grande cassure qui nous définit encore vient de là.La figure tutélaire se concentre dans l\u2019œuvre End of Empire (2011), une sculpture cinétique de Simone Jones et Lance Winn qui recrée et anime le plan statique de l\u2019Empire State Building filmé par Warhol en 1964 pendant huit heures.L\u2019œuvre référentielle, créée au dixième anniversaire des attaques du 11-Septembre, finit par évoquer les tours disparues de New York.La question critique semble ainsi devenir centrale dans cette sélection d\u2019un art, sinon engagé, à tout le moins volontairement ancré dans le,com-mentaire sociopolitique.A la limite, les artistes travaillent quasiment comme des journalistes, avec un supplément d\u2019âme esthétique.On pourrait même classifier leurs productions utilisant les médias en fonction des sections d\u2019un bon vieux journal : telle œuvre en économie, telle autre en relations internationales, telle autre pour la section culturelle.La méga-installation du Néo-Zélandais Simon Denny AU You Need Is Data se déploie sur 90 «tableaux» inspirés du congrès 2012 éponyme organisé par Digital-Life-Design, un réseau mondial de décideurs qui propose et teste des «possibilités d\u2019expériences et de produits futurs».L\u2019installation la- byrinthique, fragile et criarde, rappelle comment les élites technopostindustrielles voient et façonnent le monde avec des phrases qui claquent comme des mots d\u2019ordre commerciaux ou des slogans publicitaires.Du genre: «Social media gives people an identity.» Pour la produire, Denny s\u2019est fait inviter comme artiste en résidence à Munich.Les tableaux synthétisent les ateliers auxquels il a assisté.Le tout compose une sorte de journal de bord de l\u2019expérience vécue, avec les faits rapportés fidèlement, comme le ferait tout bon reporter.«Cette tendance aux œuvres artisticojournalistiques remonte à très loin, note la commissaire.Goya sur la guerre, c\u2019était déjà ça.L\u2019art contemporain, peu importe à quelle époque, doit témoigner de son temps, des réalités, des luttes de pouvoir, etc.Mais pour moi, il ne faut pas parler de critique.Je préfère conserver ce terme pour une utilisation bien précise.Si trop d\u2019art, ou presque, est décrit comme critique, il nous manque un mot pour décrire l\u2019œuvre qui l\u2019est vraiment.Je préfère parler de témoignages.Plusieurs artistes de cette exposition témoignent de la réalité du monde.» Des ordures de plus.Très bien.Alors, le Suisse Thomas Hirschhorn témoigne férocement et crûment de la réalité des incessantes diffusions d\u2019images cruelles par les médias.Son installation vidéo silencieuse Touching Reality (2012) dure un peu moins de 5 minutes.Une main féminine sélectionne et agrandit des images fixes sur une tablette électronique.C\u2019est La Presse +, si l\u2019on veut, mais en version gore.Le florilège des horreurs, glanées surtout sur le Web, montre des scènes épouvantables, insupportables, «des ordures de plus sur le tas des objets de consommation de masse et du sensationnalisme», dit le texte de présentation.«Ces images témoignent de l\u2019éclatement de la médiasphère, ajoute la directrice Fortin.La télé ou les journaux n\u2019ont plus le contrôle exclusif des images.Ils se retrouvent même à la remorque de ce qui se passe ailleurs, sur d\u2019autres plateformes.Thomas Hirschhorn vient nous demander ce que font les médias et les citoyens de ces images horribles que l\u2019on retrouve partout alors qu\u2019il y a une décennie à peine on croyait encore que les images pouvaient changer le monde.» La désensibilisation a donc remplacé la sensibilisation.Cette fois, Marie-Laure Robitaille a averti que les âmes sensibles devaient s\u2019abstenir de se confronter à cette œuvre.Elle-même n\u2019est pas retournée dans la salle de projection.Le Devoir VERNISSAGE CECILE CYR ORCHESTRE DU CENTRE NATIONAL DES ARTS DE LA SCÈNE DE CHINE Une présentation du Centre national des Arts du Canada 2 novembre - 23 novembre GALERIE Linda Verge 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.galeriellndaverge.ca Qigang CHEN: Wu Xing (Cinq éléments) Gang CHEN, Zhanhao HE: Concerto pour violon, Les amants papillons ' DVORÂK: Symphonie n\u201d 8 en sol majeur, op.88 Maison symphonique de Montréal jeudi 13 novembre | 20h Billets en vente maintenant: osm.ca | 514 842-9951 | 1 888 842-9951 Commanditaire présentateur de la tournée au Canada de l'Orchestre du CNAS de Chine Commanditaire officiel de l'Orchestre du CNAS de Chine CINEMA REMSTAR Jake Gyllenhaal sillonne la ville à la recherche d\u2019images-chocs.L.A.la nuit Caméra au poing, Jake Gyllenhaal est avide de sang frais dansX^ rôdeur LE RODEUR (V.F.DE NIGHTCRAWLER) ?Thriller de Dan Gilroy.Avec Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Bill Paxton et Riz Ahmed.Etats-Unis, 2014, 117 minutes.MANON HUMAIS ' n cette ère où les chaînes ' télé tentent désespérément e renouveler leurs bulletins e nouvelles, avec des résultats parfois pitoyables, voire franchement ridicules, afin de préserver leur auditoire, Night-crawler ne saurait tomber plus à point.Mais malgré sa brûlante actualité, ce premier long métrage de Dan Gllroy (coscénariste de The Bourne Legacy de Tony Gllroy) a un je-ne-sals-quol d\u2019un peu dépassé.De fait, dans cet univers glauque où féthlque journalistique se révèle plus qu\u2019élastique, on fait peu ou pas de cas des réseaux sociaux.Auralt-on Ici recyclé un scénario vieux de 20 ans?Sans emploi, Louis Bloom Cake Gyllenhaal, halluciné) découvre par une nuit agitée le milieu des reporters télé couvrant les faits divers sanglants dans les bas-fonds de Los Angeles.Ayant observé le travail d\u2019un loup aguerri (Bill Paxton, crédible), l\u2019homme s\u2019achète une caméra et se branche sur les fréquences radio de la police.Encouragé par une produc- trice de télé assoiffée de cotes d\u2019écoute (Rene Russo, Impeccable), flanqué d\u2019un jeune sans-abri (Riz Ahmed, touchant), 11 part alors à la cueillette d\u2019images choquantes.SI l\u2019on se fie au personnage de Gyllenhaal, vampire urbain amoral et asocial, 11 semble bleu que Gllroy porte peu la presse dans son cœur.Chez lui, le métier de journaliste a perdu ses lettres de noblesse et se trouve réduit à celui de chasseur d\u2019histoires à glacer le sang.Exit le valeureux reporter épris de justice sociale et de vérité.Au-delà du constat cynique que le scénariste-réalisateur propose, sa réflexion sur la mutation des médias et sur l\u2019info-spectacle s\u2019avère cependant trop peu étoffée.En revanche, Gllroy sait très bleu comment maintenir l\u2019Intérêt du spectateur, qui prendra un malsain plaisir à suivre les tribulations nocturnes de cet être narcissique en quête de célébrité.D\u2019une réalisation fébrile, d\u2019une atmosphère oppressante, Nightcrawler s\u2019avère au final un thriller bleu troussé en forme de cauchemar éveillé où Gllroy s\u2019amuse à tendre un miroir pas si déformé de notre société en mal de sensations fortes.Au public de choisir d\u2019en rire ou d\u2019en pleurer.Collaboratrice Le Devoir UNE INVITATION (((Siriusxnf))) W 6 au16 NOVEMBRE 2014 COUPDECOEUR.CA #CCF14 GAGNANT 2014 ÉVÉNEMENT DE L\u2019ANNÉE ALBIN DE LA SIMONE + SÉBASTIEN LACOMBE L\u2019ASTRAL 7 NOVEMBRE 20H PATRICE MICHAUD + BARCELLA (FRANCE) L\u2019ASTRAL 8 NOVEMBRE 20H DANIEL BOUCHER CLUB SODA 12 NOVEMBRE 20H ISABELLE BOULAY + JULIEN SAGOT + ANTOINE CORRIVEAU + STÉPHANIE LAPOINTE BERNHARI + PHILIPPE B + PLUSIEURS AUTRES ICI musioue 1V5 unis Canada SOCAN DO Manuvîe lBl«WaiKI NflIONAl ŒNTU MRnŒFERÏOSJiaNGARn chncpa.org/ncpao-tour Québec SS\tMontréal @\tmusioacïtion sacemj^ w.».»\".!.jUjEHEVOIR r CTO E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 1®^ ET DIMANCHE 2 NOVEMBRE 2014 ICINEMA «UNE RÉUSSITE!» CINÉ-BULLES y ROY DUPUIS CHRISTINE BEAULIEU CECI N\u2019EST PAS UN POLAR UN FILM DE PATRICK GAZÉ m A L\u2019AFFICHE! in'icn-Bmincs CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRE DES CINÉMAS Sur les ailes d\u2019un grand film Une quête de gloire portée par une réalisation qui frôle le sublime BIRDMAN ?1/2 Réalisation : Alejandro G.Inârritu.Scénario : Alejandro G.Inârritu, Nicolâs Giacohone, Alexander Dinelaris, Armando Bo, d\u2019après une nouvelle de Raymond Carver.Avec Michael Keaton, Emma Stone, Edward Norton, Naomi Watts.Etats-Unis, 2014, 119 minutes.ODILE TREMBLAY Prouvant la suprématie et l\u2019originalité de son talent, le cinéaste A\u2019Amores perros, de Babel et de Biutiful démontre encore avec Birdman qu\u2019il peut poser sa caméra n\u2019importe où dans le monde en captant toujours l\u2019âme de ce lieu et de ses habitants.Dans cet hommage à New York doublé d\u2019une réflexion profonde sur la célébrité, le Mexicain Alejandro G.Inârritu cultive les tours de force, dont les plans-séquences en enfilade \u2014 l\u2019un d\u2019entre eux, avec le héros en caleçons traversant Times Square, est une pièce d\u2019anthologie \u2014 et les merveilleuses percussions d\u2019Antonio Sanchez, vieux complice d\u2019Inâr-ritu, improvisant sa partition.Ajoutez les tons du film, où le fantastique côtoie le réalisme sans dire son nom, tout contribue à la force et à l\u2019étrangeté de ce grand film expérimental.Comme la plupart des metteurs en scène et cinéastes (de Fellini à Truffaut en passant par Louis Malle ou Polanski), Inârritu, sur un scénario adapté d\u2019une nouvelle de Raymond Carver, cède à la tentation de démonter la mécanique de la création, d\u2019ouvrir la porte des coulisses où l\u2019illusion se trame, avec des personnages de chair et d\u2019os à moitié hystériques.L\u2019ego et la célébrité, thèmes de plusieurs films oscarisables de la saison (Maps to the Stars, Nightcrawler, etc.), sont également au centre de Birdman.Mais ici l\u2019ego se manifeste à travers une voix, celle du superhéros que le personnage FOX SEARCHLIGHT La distribution de Birdman, incluant Michael Keaton et Naomi Watts, est dirigée par une main de maître, celle du cinéaste de Babel et A\u2019Amoves perros, Alejandro G.Inârritu.principal a joué dans une mégaproduction plusieurs années plus tôt \u2014 sa cote a baissé depuis \u2014 et qui le pousse à monter une pièce sur Broadway pour retrouver son étoile.Michael Keaton, ancien Batman de Tim Burton, acteur Birdman montre aussi à quel point Inârritu peut se renouveler, explorer de nouvelles voies semées d\u2019embûches sur la touche aujourd\u2019hui, endosse le rôle miroir de Riggan Thompson avec un brio d\u2019enfer qui lui assurera une nomination aux Oscar.Son person-nage, méprisé par ses proches, est télékinésiste (il peut déplacer les objets à distance) , sans qu\u2019on sache trop bien si ce don est réel ou fantasmé.Quant à son alter ego, le superhéros à plumes de ses prestations de jeunesse qui prend parfois sa place, il s\u2019envole sur Manhattan et fait basculer l\u2019action dans un monde onirique, avec une poésie pop qui crée l\u2019enchantement.Une grande partie de l\u2019ac- tion se déroule dans le théâtre new-yorkais, où rien ne va plus et où la fille en désintoxication du metteur en scène (Emma Stone, son meilleur rôle) furète partout, oeil témoin et petite main qui aide son père, tout en le jugeant ringard et tout en flirtant avec un des comédiens de la pièce, le capricieux et «prima donna » Mike Shiner (Edward Norton, parfait dans sa partition de talentueux imbuvable).Mais toute la distribution, dont Naomi Watts (la comédienne de la pièce, blonde de Mike Shiner) et Zach Galifia-nakis (le producteur), est dirigée d\u2019une main de maître par Inârritu comme au théâtre avec tous ces plans-séquences et ces prises uniques, fruits de mois de préparation.Sous la caméra en mouvement du bril-lantissime Emmanuel Lubezki (The Tree of Life, Gravity), le film \u2014 comme avant lui Rope d\u2019Hitchcock \u2014 est conçu pour avoir l\u2019air d\u2019être tourné en une seule prise avec coupes invisibles.L\u2019arche russe de Sokou-rov l\u2019avait fait sans trucage.Pas ici, mais les prouesses de Lubezki sont partout, épousant sur leur passage l\u2019inquiétude, l\u2019éblouissement, le rire, le sarcasme.k Birdman, on reprochera certaines répétitions de concepts, mais nullement ses fulgurances de mise en scène.Sa plongée dans la psyché d\u2019un homme prêt à tout pour retrouver la gloire (un épisode avec une critique éminente déterminée à avoir sa peau est particulièrement gratiné) , son cynisme mais aussi son humour et son lyrisme additionnés aux prouesses techniques et au jeu admirable de Michael Keaton, en font le grand film américain de cette saison pré-oscarienne.Birdman montre aussi à quel point Inârritu peut se renouveler, explorer de nouvelles voies semées d\u2019embûches, sans perdre son acuité à dépeindre les délires de nos sociétés contemporaines.Le Devoir La chute des étoiles MAPS TO THE STARS (La carte des étoiles) ?1/2 Réalisation: David Cronenberg.Scénario: Bruce Wagner.Avec Julianne Moore, John Cusack, Mia Wasikowska, Olivia Williams.Canada, 2014, 91 minutes.ODILE TREMBLAY Il y avait longtemps que David Cronenberg n\u2019avait pas touché dans le mille.Encore moins avec son film précédent, le très échevelé Cosmopolis tourné à New York, qui abordait des thèmes voisins à ce Maps to the Stars, mêlant la gloire et le chaos.Or, à travers une satire de la machine à rêves et l\u2019évocation d\u2019un incendie qui l\u2019a réduite en cendres, sa griffe acérée perce l\u2019écran de ce rayon unique qui tue avec une maîtrise glacée les monstres par lui enfantés.Très cronenbergien, quoique adaptant l\u2019univers d\u2019un autre à l\u2019instar de ses films récents.Maps to the Stars livre bataille au coeur de la boîte à îllusîons, Hollywood, et y entrecroise des destins avec une implacable efficacité doublée d\u2019un humour noir décapant, sans pitié.Inceste, assassinat, trahisons, narcissisme sans scrupules, appât du gain exacerbé, cruauté sa-dienne, corruption en nappe d\u2019huile : le portrait de famille de la capitale du cinéma est celui de The Addam\u2019s Family servi au vitriol scénaristique du Player de Robert Altman.Rappelons que ce film choral a valu à l\u2019actrice américaine Julianne Moore le prix mérité d\u2019interprétation féminine au dernier Festival de Cannes.La rousse actrice y interprète, en totale possession d\u2019un talent de maturité, une star sur le retour au nom de guerre d\u2019Ha-vana Segrand.On n\u2019est pas dans Sunset Boulevard, auquel le film se réfère.Son étoile brille encore mais amorce un déclin.D\u2019où l\u2019envie, l\u2019ambition froissée de la dame, elle-même fille de star et écrasée par le fantôme de cette mère qui l\u2019a molestée enfant et lui a volé la vedette d\u2019outre-tombe, sa carrière durant.Ajoutez son gourou de psycho pop Üohn Cusack, un concentré de machiavélisme doucereux) qui masse et console des acteurs et accroche son ego sur la pyramide de leurs névroses.Le name dropping règne en maître.On est à Los Angeles, après tout.Et le scénariste.Bruce Wagner, y a toujours vécu.Tous les dialogues seraient, assure-t-il, authentiques.La célébrité et la richesse enfantent les monstres.La morale un peu appuyée du film, avec métaphore du feu destructeur, se veut formelle.Agatha, la jeune fille au visage en partie brûlé (Mia Wasikowska, toujours impecca- FILMS SEVILLE Julianne Moore ble) qui arrive en ville, a tout d\u2019une héroïne de Cronenberg.Le cinéaste de Crash et de Vi-deodrome cultive les corps marqués, couturés.Celui d\u2019Agatha, ange de la mort esthétiquement défiguré, les mains toujours gantées cou- vrant ses cicatrices, vient assouvir une vengeance de famille.Agatha entre au service de la star, figure par laquelle l\u2019action rayonne.Le fils du gourou, Benjie, monstre de cynisme à 13 ans bien sonnés (Evan Bird, étonnant), car vedette d\u2019une série bidon mais populaire, écrase ses concurrents comme des fourmis et enfile les horreurs avec une perfidie sans nom.L\u2019ex-vam-pire Robert Pattinson, puis vedette de Cosmopolis, est réduit ici à un rôle de chauffeur de limousine, amant d\u2019Agatha manipulé par Havana.Allégorie du vide, qui déborde du cadre d\u2019Hollywood, à travers une mise en scène de rigueur, des répliques aiguisées comme des lames, une drôlerie omniprésente (un prix Génie servira d\u2019arme meurtrière), des images souvent magnifiques, de fantômes entre autres.Maps to the Stars y infiltre le poème Liberté de Paul Eluard, incongru par sa quête d\u2019absolu à jamais ici perdue.Le Devoir Ceci est un bon film Le premier long métrage de Patrick Gazé dénote un réel talent d\u2019écriture et de direction d\u2019acteurs CECI N\u2019EST PAS UN POLAR ?1/2 Réalisation, scénario et montage : Patrick Gazé.Avec Roy Dupuis, Christine Beaulieu, Sylvie Boucher, Roc LaFortune, Guildor Roy, Guillaume Laurin, Lise Castonguay, Denis Trudel.Québec, 2014, 119 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE André est un chauffeur de taxi sans histoire.Ou plutôt, avec une histoire, mais qu\u2019il préférerait oublier.Son ex-conjointe, qui reporte un second mariage depuis plusieurs années, lui court après pour lui faire signer les papiers d\u2019un divorce qu\u2019il n\u2019a toujours pas digéré.Son fils, la vingtaine intoxiquée, n\u2019a guère de temps à lui consacrer.On pleurerait presque sur le sort d\u2019André, mais voilà, il se trouve que cet homme-là est un «maudit bougonneux».Entre dans son taxi, puis dans sa vie, Marianne, la trentaine, une gueule d\u2019atmosphère, un passé de mystère.Sur une prémisse étonnante rendue crédible par le naturel des interprètes, le cinéaste Patrick Gazé bâtit une intrigue empruntant au film noir uniquement pour mieux en détourner les figures et les motifs, avec antihéros se muant en héros, femme fatale se révélant blessée mais franche, et victime s\u2019avérant finalement coupable (en quelque sorte), sans parler du ton passant du sombre au lumineux.Sans trop en révéler, disons que le scénario de Patrick Gazé comporte son lot de développements inattendus, mais toujours vraisemblables dans le contexte, celui-ci évoqué avec force précision par l\u2019auteur et son directeur photo Jean-François Lord.On mentionnait d\u2019entrée de jeu l\u2019absence complète d\u2019affectation Le cinéaste Patrick Gazé bâtit une intrigue empruntant au film noir uniquement pour mieux en détourner les figures et les motifs des comédiens : cela participe du même souci de vérisme.Ainsi le cinéaste a-t-il réussi à tirer de tout son monde un jeu très juste.Têtes d\u2019affiche du film, Roy Dupuis et Christine Beaulieu partagent une chimie manifeste, brûlante.Il est là, mélange de stoïcisme mâle et de nuances cachées, tout charisme dehors ; elle ne bronche pas, tenant son bout d\u2019écran sans effort, toute de présence et de fermeté tranquille.D\u2019abord instinctive, presque animale, leur relation gagne en sensualité, en complicité, et chaque étape, jamais soulignée, existe d\u2019abord grâce au talent conjugué de ces deux-là.Comédien à part, Roy Dupuis, en particulier, propose là l\u2019une de ses meilleures compositions.Car c\u2019en est une.En effet, de Séraphin : un homme et son péché à Maurice Richard, de Being at Home with Claude à J\u2019ai serré la main du diable, on l\u2019a rarement vu camper un «gars ben ordinaire», pour citer le poète.Même son romantique mais fuyant Ovila Pronovost des Filles de Caleb accéda d\u2019office à un statut iconique.Immergé dans la peau de ce type somme toute banal, Roy Dupuis parvient à contenir son aura de star afin que l\u2019illusion fonctionne.Ce peut sembler trivial, ce ne l\u2019est point.On ne s\u2019étonne guère, dans les circonstances, que Patrick Gazé ait succombé à la tentation de faire durer quelques scènes ; moments qui, en eux-mêmes, sont réussis, mais qui, dans l\u2019ensemble, alourdissent le rythme.Ainsi certaines longueurs plombent-elles le mitan du film, mais le dernier tiers se resserre et culmine avec un dénouement franchement irrésistible.Non, ceci n\u2019est pas un polar, mais c\u2019est un sapré bon film.Le Devoir K-FILMS AMÉRIQUE Christine Beaulieu joue Marianne, une femme énigmatique qui se liera avec le personnage antipathique du chauffeur de taxi.EXC3NTRIS MAPS TO THE STARS (LA CARTE DES ÉTOILES) DAVID CRONENBERG -111 MIN.- (v.o.stf.) PRIX D\u2019INTERPRÉTATION POUR JULIANNE MOORE - CANNES 2014 BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL ET AUSSI A L\u2019AFFICHE CECI N\u2019EST PAS UN POLAR -PATRICK GAZÉ ST.VINCENT (v.o.stf.) -THÉODORE MELFI L\u2019AMOUR EST UN CRIME PARFAIT ?I -JEAN-MARIE ET ARNAUD LARRIEU MOMMY - XAVIER DOLAN - prix du jury- festival de cannes 2014 ACHTUNG FILM ! PRÉSENTE : TWO LIVES -GEORG MAAS-JEUDI 6 NOVEMBREÀigH ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM «PASSIONNANT DE BOUT EN BOUT, LE FILM PEUT COMPTER SUR DES ACTEURS AUTOP.» CATHERINE DENEUVE GUILLAUME CANET ADÈLE HAENEL TECHINÉ TRANSCENDE LE MYSTERE DE L\u2019AFFAIRE LE ROUK LtRGEAO AMAT TROP ?1 « UNE MAITRISE CHIRURGICALE.ODIlimMBUir, LE DEVOIR PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE! "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.