Le devoir, 26 novembre 2014, Cahier A
[" Santé mentale : Ottawa blâmé pour sa façon de traiter les vétérans Page A 3 12 jours pour dénoncer l\u2019horreur de la violence faite aux femmes Page A 5 www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.C V N» 2 6 9 LE DEVOIR, LE MERCREDI 26 NOVEMBRE 2014 1,13$ +TAXES =\t1,30$ Ferguson, ville assiégée -\u2019SW® DAVID GOLDMAN ASSOCIATED PRESS Plus de 2200 militaires de la Garde nationale se sont joints aux policiers pour contrôler la foule des protestataires mardi soir à Ferguson, au Missouri, à la suite d\u2019une nuit d\u2019émeutes.Ci-dessus, des manifestants postés non loin du quartier général de la police.Une vague de manifestations pour Michael Brown De Los Angeles à Toronto, le peuple prend la rue pour dénoncer la décision du grand jury PHILIPPE ORFALI Ferguson avait toujours des allures de ville assiégée et les manifestations avaient repris de plus belle, cette fois dans plus de L70 villes, mardi soir, au lendemain de la décision d\u2019un grand jury de ne pas déposer d\u2019accusations contre l\u2019agent Darren Wilson, responsable de la mort du jeune Michael Brown lors d\u2019une altercation survenue en août.Dans la petite banlieue de Saint Louis au Missouri, qui compte 2L 000 habitants, près de 2200 militaires de la Garde nationale ont été déployés devant les maisons, les commerces et une centaine de lieux clés, à la demande du gouverneur du Missouri, Jay Nixon.Le chef de police avait lui aussi promis «une présence policière très importante» et «une intervention bien plus rapide» que lundi soir, lorsque la situation avait rapidement dégénéré.Les forces de l\u2019ordre ont décrit cette nuit comme la pire depuis les émeutes déclenchées en août après la mort de Michael Brown.VOIR PAGE A 10 : EERGUSON Aujourd\u2019hui Idées > Ebola : la sécurité, c\u2019est d\u2019abord un système de santé solide, rappelle le président du Mali dans une lettre au Devoir.Page A 9 Économie > La dette du Québec n\u2019a rien de dramatique, soutient une analyse de l\u2019IRIS.Page B1 Avis légaux.B\t6 Décès.B\t4 Météo\tB\t5 Mots croisés\tB\t8 Petites annonces.B 4 Sudoku.B\t5 Mettre des visages sur des disparitions Sur les traces de Maisy et Shannon, les adolescentes algonquines disparues de Kitigan Zibi CAROLINE MONTPETIT Après les chiffres, les visages.Deux beaux visages de jeunes fdles aux yeux sombres.Deux têtes adolescentes, celles de Maisy Odjick et de Shannon Alexander, qui ont mystérieusement disparu de la réserve algonquine de Kitigan Zibi, au Québec, le 6 septembre 2008.Des visages et des vies qu\u2019Emmanuelle Walter a recons-titués dans ce livre vibrant: Soeurs volées, enquête sur un fé-minicide au Canada, publié aux éditions Lux.Un livre pour que ces disparitions demeurent plus que des statistiques.Depuis des années, les rapports se succèdent sur les meurtres et les disparitions de femmes autochtones partout sur le territoire du Canada.Emmanuelle Walter a tenté de voir les femmes derrière les faits.Et elle a suivi de façon particulière VOIR PAGE A 10 : VISAGES SHANNON ERED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE Laurie Odjick tient une photo de sa fille Maisy, disparue au même moment que Shannon Alexander, lors d\u2019une manifestation tenue à Ottawa en 2013 à la mémoire des femmes autochtones disparues.Coiteux annonce « l\u2019État du m siècle.La transformation passe par la réduction des effectifs de la fonction publique ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Le gouvernement Couillqrd a voulu renforcer le message voulant que l\u2019ÉtaL tout comme les citoyens, n\u2019échappera pas à l\u2019exercice de redressement des finances publiques en imposant une réduction de 2% des effectifs de l\u2019ensemble de la fonction publique pour l\u2019année 2015-2016.C\u2019est le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, qui en a fait l\u2019annonce mardi, décrétant une réduction de 1150 des 57 500 postes des ministères et des organismes publics.Il a également indiqué qu\u2019il maintenait la suspension des primes, bonis, allocations bonis, primes du personnel de direction de la fonction publique, que le précédent gouvernement avait prévue pour l\u2019année en cours et qu\u2019il appliquera l\u2019an prochain.Il lésinera sur les dépenses de fonction (repas, voyages, etc.) ainsi que sur la formation, limitée au minimum requis de 1% de la masse salariale.Pour faire bonne mesure, on rognera aussi les budgets discrétionnaires des ministres, budgets qui s\u2019élèvent à VOIR PAGE A 10 : COITEUX Lire aussi > L\u2019éditoriai de Bernard Descôteaux: Quelle rénovation?Page A 8 Sondage INTERNATIONAL En ligne, les Canadiens sont inquiets, mais dociles FABIEN DEGLISE Paradoxe des temps modernes.Les révélations de l\u2019ex-analyste çle la National Security Agency (NSA) aux Etats-Unis, Edward Snowden, ont bel et bien éveillé les consciences, dans plusieurs pays du monde, dont le Canada, tout en attisant au passage les inquiétudes quant aux intrusions dans la vie privée facilitées par la numérisation des rapports sociaux.Sauf que les internautes, indique un sondage international, sont également rares à modifier leurs habitudes de vie numériques pour se soustraire à la surveillance électronique désormais institutionnalisée.Les chiffres dévoilés au début de cette semaine par le Centre pour l\u2019innovation dans la gouvernance internationale (CIGI), un groupe indépendant de réflexion installé au Canada, sont sans équivoque.Au pays, 70% des internautes se disent préoccupés par la surveillance électronique et par le suivi à la trace, à des fins commerciales, de leurs déplacements dans les univers numériques par des entreprises privées, indique ce sondage mené par IPSQS pour le compte du CIGI.Ça s\u2019est passé entre le 7 octobre et le 12 novembre dernier.L\u2019âme de VOIR PAGE A 10 : CANADIENS 77831303444848 A 2 LE DEVOIR LE MERCREDI 26 NOVEMBRE 2014 ACTUALITES CONDITIONS À TRANSCANADA Couillard réplique à la Saskatchewan MARTIN OUELLET à Québec Le Québec utilisera toutes ses compétences pour ^valuer le projet de pipeline Energie Est, quoi qu\u2019en pense la Saskatchewan, a prévenu le premier ministre Philippe Couillard.Le premier ministre du Québec a répliqué mardi à son homologue de l\u2019Quest, Brad Wall, qui a critiqué les conditions imposées par l\u2019Qntario et le Québec pour accepter le projet controversé deTransCanada.M.Wall juge que l\u2019Qfhce national de l\u2019énergie est en mesure de veiller au respect des normes environnementales et de sécurité et il reproche aux chefs de gouvernement du Québec et de l\u2019Qntario de créer des «barrières inutiles».En point de presse à Québec aux côtés du premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, M.Couillard a défendu les compétences du Québec en matière d\u2019environnement.«Pour nous, l\u2019exercice de notre juridiction en environnement, donc la tenue d\u2019un processus d\u2019évaluation québécois, est incontournable.Ce serait faire fi de la réalité sociale et politique du Québec de penser qu\u2019il pourrait en être autrement», a déclaré le premier ministre québécois.Le gouvernement Couillard a étabh sept conditions pour donner son accord au projet de 12 milliards visant à acheminer plus d\u2019un milhon de barils de pétrole brut par jour de l\u2019ouest du pays vers les raffineries de l\u2019est du Canada.Une évaluation par le Bureau d\u2019audiences pubhques sur l\u2019environnement (BAPE) de l\u2019ensemble du tronçon québécois du pipeline, y compris une expertise sur les émissions de gaz à effet de serre, figure parmi JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard rencontrait mardi le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant celles-ci.À cela s\u2019ajoutent des conditions telles que la consultation des communautés locales et autochtones de même que l\u2019assurance de retombées économiques et fiscales pour tout le Québec, notamment en matière de création d\u2019emplois.Eervent partisan du projet \u2014 qui prévoit la construction d\u2019un nouveau terminal d\u2019exportation à Saint-Jean \u2014 le premier ministre Gallanf du Nouveau-Brunswick, s\u2019est entretenu avec M.Couillard mardi dans le cadre d\u2019une tournée pour faire la promotion de l\u2019oléoduc.Contrairement à son vis-à-vis de la Saskatchewan, M.Gallant estime que les conditions posées par le Québec \u2014 et par l\u2019Qntario \u2014 ne sont pas exces- sives.Au contraire, elles sont «très raisonnables et atteignables», a-t-il fait valoir.«C\u2019est important d\u2019avoir une consultation avec les communautés affectées, personne ne va dire le contraire.» «Pour ma part, comme premier ministre du Nouveau-Brunswick, je vais continuer de parler des bénéfices [du projet], a ajouté M.Gallant.Notre priorité au Nouveau-Brunswick est de faire croître l\u2019économie et de créer de l\u2019emploi, et nous pensons que c\u2019est un projet qui peut certainement nous aider à accomplir cela.» De son côté, M.Couillard a affirmé être à l\u2019abri des pressions de ses collègues des autres provinces dans ce dossier délicat.«Je ne suis pas sensible aux pres- sions, je fais ce que fai à faire comme premier ministre du Québec», a-t-il dit.Néanmoins, le premier ministre libéral se dit préoccupé par les enjeux énergétiques du Canada.«Le Québec, comme d\u2019autres provinces, est bénéficiaire de la richesse générée dans l\u2019ouest du pays, notamment avec l\u2019exploitation du pétrole.On reconnaît également que ce pétrole va devoir se déplacer d\u2019une façon ou d\u2019une autre et s\u2019il ne se déplace pas par pipeline, il va se déplacer par rails où il y a aussi des enjeux importants.[.] B s\u2019agit de s\u2019assurer que son déplacement se fasse de la façon la plus correcte possible», a-t-il dit.La Presse eanadienne Pétrolia fore à Gaspé ALEXANDRE SHIELDS Malgré la vive controverse suscitée par ses projets sur le territoire de la municipa-hté de Gaspé, la pétrohère Pétrolia a finalement annoncé mardi le début des travaux de forage d\u2019un puits horizontal situé à quelques centaines de mètres d\u2019un secteur résidentiel.«Je suis très heureux que le forage d\u2019Haldimand 4 soit démarré.Advenant la confirmation du potentiel commercial de ce gisement, ce projet pourrait permettre à la région de Gaspé de se propulser en avant sur le plan économique», s\u2019est réjoui le président-directeur général, Alexandre Gagnon, par voie de communiqué.11 faut dire que l\u2019entreprise souhaitait au départ lancer ses travaux de forage il y a de cela près de deux ans.Mais en raison des craintes pour les eaux souterraines du secteur Sandy Beach, où est installée la foreuse, la Ville de Gaspé avait adopté un règlement de protection qui bloquait les projets de forage sur son territoire.Pétrolia avait réphqué par une poursuite.Québec a finalement annoncé en juillet l\u2019entrée en vigueur du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection, qui fixe pour la première fois la distance «minimale» qui devra être respectée entre un site de forage et une source d\u2019eau potable.Cette annonce a pour effet de permettre à la pétrohère de reprendre ses travaux d\u2019exploration, malgré la controverse soulevée dans la région.Le gouvernement Couillard est d\u2019ailleurs resté sourd aux demandes des citoyens qui ont tenté jusqu\u2019à tout récemment de faire stopper les travaux.Selon eux, les eaux souterraines pourraient être contaminées par des hydrocarbures remontant par des failles naturelles.Pétroha a pour sa part affirmé mercredi que le forage, qui atteindra ime longueur de 2600 mètres, sera fait «de manière respectueuse de l\u2019environnement et des communautés et en toute sécurité, en appliquant les plus hauts standards de l\u2019industrie».L\u2019entreprise a aussi ouvert im bureau d\u2019information à Gaspé et embauché ime représentante afin de «maintenir le dialogue avec la communauté».Manne potentielle La pétrohère, dont l\u2019action valait 48Cmercrech à la Bourse de Toronto, mise beaucoup sur son projet Haldimand.Celui-ci pourrait bien permettre de préciser le premier potentiel pétrolier exploitable de l\u2019histoire du Québec.Selon les données préliminaires, le sous-sol pourrait contenir 7,7 millions de barils d\u2019or noir.En cas de découverte, le pétrole pourrait être chargé à bord de pétroliers qui partiraient de Gaspé et navigueraient dans le seçteur du parc national Eorillon.A la lumière des résultats obtenus jusqu\u2019ici par les pétrohères à la recherche d\u2019énergie fossile, la Gaspésie semble d\u2019ailleurs présenter le potentiel le plus prometteur au Québec.Elle est tapissée entièrement de permis d\u2019exploration, contrôlés essentiellement par Junex ou Pétroha.Les deux entreprises ont déjà pompé du pétrole dans la région, ce qui n\u2019est pas le cas sur l\u2019île d\u2019Anticosti.Quant à l\u2019évaluation environnementale sur les hydrocarbures annoncée ce printemps, les résultats ne sont pas attendus avant l\u2019année prochaine.Pour le moment, il n\u2019existe au Québec aucune loi spécifiquement conçue pour encadrer l\u2019exploration pétrohère et gazière.Le gouvernement de Philippe Couillard prévoit de déposer un projet de loi à cet effet à l\u2019automne 2015.Le Devoir L'HEURE DE POINTE, CE N'EST PAS SEULEMENT SUR LA ROUTE.CET HIVER, CONSOMMEZ JUDICIEUSEMENT.Durant la période hivernale, Hydro-Québec vous rappelle qu'il est important de consommer judicieusement l'électricité, particulièrement entre 6 h et 9 h et entre 16 h et 20 h.Un petit geste qui fait une grande différence pour tous.Pour en savoir plus, visitez hydroquebec.com.Hydro Québec LE DEVOIR, LE MERCREDI 26 NOVEMBRE 2014 A 3 ACTUALITES Plus que des miettes Manon CORNELLIER à Ottawa n avril dernier, deux litres de lait coûtaient 7,99$ à Old Crow, au Yukon.Dans le sud du Canada, le prix avoisinait les 3,50$.En 2009, dernière année pour laquelle des données comparables sont disponibles, les ménages canadiens dépensaient en moyenne 7262$ pour se nourrir alors que, dans les Territoires du Nord-Ouest, la facture moyenne atteignait 9509$ et au Nunavut, 14 815$.Manger, peu importe quoi, coûte une fortune quand on vit dans le Nord, et en particulier dans des communautés isolées qui dépendent du transport aérien pour s\u2019approvisionner en hiver.Les aliments périssables sont les plus dispendieux, car on ne peut les stocker à l\u2019automne quand les bateaux peuvent encore accoster.Cette réalité n\u2019est pas nouvelle et, depuis les années 1960, le gouvernement fédéral subventionne le transport d\u2019aliments dans le Nord afin d\u2019en réduire le prix.Au fd des ans, le coût du programme est devenu de plus en plus imprévisible sous l\u2019effet de la fluctuation du prix du pétrole et de la croissance démographique.On a donc décidé de revoir la formule.Est alors né le programme en vigueur depuis 2011, Nutrition Nord, qui vise à rendre plus abordables les aliments frais et sains et, par ricochet, à améliorer l\u2019état de santé de la population.Malgré un budget annuel d\u2019environ 60 millions de dollars, le programme soulève des doutes depuis le début.On critique le fait que des communautés n\u2019y aient pas droit, qu\u2019elles en aient besoin ou non, et le fait que l\u2019argent est versé directement aux détaillants, aux forunisserus, aux distributeurs et aux fabricants.Ces derniers doivent transférer les économies réalisées aux consom-mateius, mais personne n\u2019en a l\u2019assurance.Depuis son entrée en vigueur, la population ne cesse de se plaindre du prix élevé des aliments, raconte le député néodémocrate Roméo Saganash, qui représente Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou.Pour en avoir le cœur net, quelques collègues et lui ont demandé au Vérificateur général de se pencher sur la question.Le verdict est tombé mardi.Il a constaté que le choix des communautés admissibles ne se faisait pas en fonction des besoins.Pour en bénéficier, une communauté doit être privée de transport de surface une partie de l\u2019année, mais aussi avoir eu recours au programme précédent.Les besoins actuels ne sont pas le critère primordial ! Le niveau de l\u2019aide peut aussi varier d\u2019une communauté à l\u2019autre, même si leurs conditions de vie sont similaires.Le gouvernement avait promis une révision annuelle de l\u2019admissibilité des communautés, il ne l\u2019a jamais fait.Il sait par contre qu\u2019il lui en coûterait 7 millions par an pour verser une contribution complète à 50 communautés supplémentaires.Les retombées du programme pour les ménages demeurent quant à elles nébuleuses.Le gouvernement se fie au poids des aliments admissibles expédiés et à l\u2019évolution du prix du panier de provisions.Il ne vérifie pas l\u2019évolution des marges de profit des entreprises ou d\u2019autres indicateurs qui seraient, selon le vérificateur général, plus fiables pour s\u2019assurer du transfert de l\u2019aide vers les consommateurs.La quantité de nourriture expédiée dans le Nord a augmenté, mais le gouvernement n\u2019a aucune donnée sur la vente et la consommation de ces denrées.Or les sommes versées aux marchands sont calculées en fonction du poids des produits admissibles livrés aux communautés qui y ont droit On note par ailleurs dans le rapport que frois entreprises reçoivent 80% des fonds versés.Quant au prix du panier d\u2019épicerie, il aurait baissé de 8% entre 2012 et 2013 selon le ministère, alors qu\u2019il a augmenté de 2,4% selon le Vérificateur général.Comme le dit M.Saganash, si ce ne sont pas les consommateurs des communautés nordiques isolées qui profitent de cette aide, quelqu\u2019un d\u2019autre en bénéficie.Qui?Les sommes en jeu sont importantes et ceux à qui elles sont destinées en ont un cruel besoin, ce que le gouvernement n\u2019aime pas se faire rappeler.Quand le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l\u2019alimentation, Qli-vier De Schutter, est venu en mission au Canada en 2012, la ministre de l\u2019Environnement et députée du Nunavut, Leona Aglukkaq, l\u2019avait accusé de ne rien comprendre à la réalité du Nord et de faire preuve de paternalisme.M.De Schutter s\u2019était inquiété de la détresse alimentaire d\u2019un trop grand nombre d\u2019autochtones.M\u201c® Aglukkaq avait rétorqué que l\u2019insécurité alimentaire de plusierus communautés était attribuable aux batailles menées par des environ-nementalistes contre le mode de vie traditionnel.En fait, elle aurait eu intérêt à écouter M.De Schutter, car il relevait lui aussi qu\u2019en «l\u2019absence de contrôle approprié par ceux à qui le programme est censé profiter, il n\u2019est pas certain que celui-ci permette d\u2019obtenir le résultat souhaité».M.Eerguson soulignait mardi ce «fossé qui se creuse quand les ministères ne savent pas vraiment si les services qu\u2019ils fournissent correspondent aux besoins de leurs clientèles».Le décalage entre ce que disent les uns et ce que vivent les autres alimente la méfiance et tout le monde en sort perdant.Le gouvernement gagnerait à faire le pari de la transparence.mcornellier@ledevoir.com LA PRESSE CANADIENNE Le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, dénonce l\u2019accès compliqué aux soins de santé mentale pour les vétérans.Ci-dessus, un soldat canadien dans la province de Kandahar, en Afghanistan.SOINS DE SANTE MENTALE Parcours du combattaut pour les vétérans HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le gouvernement fédéral se fait taper sur les doigts par le vérificateur général sur sa façon de traiter les anciens combattants qui réclament des soins en santé mentale.Selon Michael Eerguson, le ministère rend les processus administratifs trop complexes, avec pour résultat que les vétérans attendent facilement le temps d\u2019une grossesse pour recevoir.l\u2019autorisation d\u2019obtenir des soins subventionnés.Qfficiellemenf Anciens Combattants met 16 semaines à déterminer l\u2019admissibilité d\u2019un vétéran au programme d\u2019invalidité.Dans les faits, cependant, le délai est au moins deux fois plus long car il faut presque autant de temps aux bénéficiaires pour remplir la demande tellement le processus est complexe.«Si un vétéran aujourd\u2019hui tente d\u2019obtenir ces services [.], a illustré M.Eerguson, il en aura jusqu\u2019à la fin mars avant de remplir le formulaire.Ensuite, il attendra jusqu\u2019à la fin juillet pour obtenir la réponse du ministère quant à son admissibilité.Et encore là, 20% d\u2019entre eux n\u2019auront pas obtenu de réponse.Et après cela, encore faut-il se trouver quelqu\u2019un qui offrira le service.Alors il est très facile de penser qu\u2019un vétéran qui tente d\u2019entrer dans le programme d\u2019invalidité pour de sérieux problèmes chroniques de santé mentale ne commencera peut-être pas à recevoir des services avant un an.» 11 y a 16 000 vétérans et militaires qui sont admissibles aux L\u2019aide humanitaire canadienne tarde Deux projets urgents d\u2019aide humanitaire canadienne en Sjuie ont été retardés de plus d\u2019un an par des délais de financemenf alors qu\u2019un projet de purification d\u2019eau aux Philippines l\u2019an dernier après le passage d\u2019un typhon n\u2019a pas donné les résultats escomptés, conclut le vérificateur général.Dans son plus récent rapport, Michael Eerguson voulait en fait savoir comment le ministère des Affaires étrangères finance les projets d\u2019aide à la suite d\u2019un appel des Nations unies, de la Croix-Rouge internationale ou d\u2019autres organisations non gouvernementales.Et il a découvert que «la façon dont le ministère a déterminé l\u2019ampleur de l\u2019aide humanitaire à offrir n\u2019était pas toujours claire».Le vérificateur général recommande d\u2019accélérer le temps de réponse aux crises humanitaires et aux catastrophes naturelles.Deux projets d\u2019aide en Sjuie, pays ravagé par la guerre civile, ont été particulièrement retardés par des délais de financement.Un projet bilatéral destiné à aider la Jordanie à accueillir l\u2019arrivée massive de réfugiés syriens a connu des retards de plus d\u2019un an, même si les fonds étaient destinés à répondre «à d\u2019urgents besoins en nourriture et en moyens de subsistance», note le vérificateur général.La Presse eanadienne soins en santé mentale, dont la très grande majorité (15 000) est considérée comme invalide.Selon le rapport de M.Eerguson, 12% des vétérans canadiens éprouvent des problèmes de santé mentale en 2014, contre 2% il y a 12 ans.Qt-tawa estime que les soins pour ces personnes lui coûtent un demi-milliard de dollars par an.Lenteur et difficultés Michael Eerguson en arrive à la conclusion que remplir les formulaires d\u2019admissibilité aux soins de santé mentale relève du parcours du combattant.Un vétéran y consacre en moyenne quatre mois ! 11 doit joindre à sa demande un diagnostic médical, qui ne peut être obtenu que dans des cliniques pour traumatismes liés au stress opérationnel, dont les délais d\u2019attente sont d\u2019au moins un mois.11 doit aussi fournir des données précises sur le traumatisme (date, circonstances, durée des missions, etc.) qui sont pourtant toutes contenues dans le dossier militaire que la Défense nationale fera parvenir à Anciens Combattants.Une fois la demande remplie, le ministère met en moyenne quatre mois pour l\u2019analyser.Ce délai s\u2019explique pour moitié par la lenteur de Défense nationale à transmettre ledit dossier.Enfin, une fois la demande acceptée, le ministère prend six autres semaines à délivrer la carte qui permettra de facturer directement le gouvernement pour les soins obtenus.Recalés.au départ Selon le vérificateur général, 76% des demandeurs sont accep- tés.Une autre tranche de 15,6% est acceptée après que le demandeur eut porté le refus initial en appel, ce qui peut prendre entre six mois.et sept ans.Selon M.Eerguson, le haut taux d\u2019acceptation des demandes en appel (65%) est un indice que le processus d\u2019approbation devrait être revu.Le ministre des Anciens Combattants, Julian Eantino, n\u2019était pas au pays pour commenter le rapport mardi.11 dirigeait une délégation de vétérans de la Seconde Guerre mondiale en Italie.En son absence, le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, a défendu le bilan du gouvernement.«Nous avons agi prestement et les temps d\u2019attente sont considérablement moindres.» En prévision de ce rapport (le gouvernement est toujours mis au parfum à l\u2019avance), le gouvernement avait annoncé ce week-end l\u2019octroi de 200 millions de dollars supplémentaires sur six ans pour ouvrir une clinique spécialisée dans les traumatismes liés au stress opérationnel à Halifax, avec des bureaux satellites dans sept autres villes du pays.Selon M.Eerguson, cependant, «il y a des lacunes dans la façon dont le ministère gère ce programme.Ce n\u2019est pas nécessairement une question d\u2019argent.Le ministère doit étudier toute l\u2019expérience des vétérans qui tentent d\u2019obtenir ces services.» Le Devoir Lire aussi > Qui s\u2019en soucie?Un éditorial de Josée Boileau.Page A 8 ALLEGATIONS DE NATURE SEXUELLE Une des députées du NPD raconte sa version des faits HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa La saga des allégations de nature sexuelles sur la colline parlementaire a pris une nouvelle tournure mardi, alors qu\u2019une des victimes allégées a livré sa version des faits et que des détails concernant le second incident ont fait l\u2019objet d\u2019une fuite.Rappelons qu\u2019il y a exactement trois semaines, le chef libéral Justin Trudeau a expulsé de son caucus les députés Massimo Pacetti et Scott Andrews après avoir été mis au cornant de ce qu\u2019il a qualifié de «fautes personnelles».Les deux hommes ont toujours plaidé leur innocence.Jusqu\u2019à présent, les faits leur étant reprochés n\u2019étaient pas connus.Une des deux députées du NPD à l\u2019origine de l\u2019affaire s\u2019est confiée au Eluffington Post.Selon sa version des faits, elle et M.Pacetti jouent dans la même équipe de sport et une amitié s\u2019est dssée entre eux parce qu\u2019ils parlent français tous les deux, j^rès les parties, les participants vont souvent boire un verre ensemble.Un soir, la députée raconte que M.Pacetti lui a proposé de venir prendre un dernier verre à sa résidence d\u2019Qt-tawa.Là, selon la femme, il est devenu clair que M.Pacetti désirait davantage qu\u2019un verre.Elle raconte avoir «gelé» parce qu\u2019elle a vécu une agression sexuelle dans son adolescence.«Ce fut du sexe sans consentement explicite», a dit la députée au Eluffington Post.Mais elle n\u2019a pas dit non plus au Huffington Post qu\u2019elle avait explicitement refusé.Mardi soir, La Presse canadienne a publié une longue version des événements tels que racontés par diverses soruces ayant entendu les témoignages des deux députées du NPD.(Les députées avaient à l\u2019origine été invitées à raconter leur histoire aux whips libéral et néodémocrate, Judy Poote et NycoleTiumel.) Selon ces sources citées par La Presse canadienne, donc, la députée aurait donné des «signes» à M.Pacetti qu\u2019elle ne voulait pas avoir de relation sexuelle, mais elle n\u2019a pas été invitée à décrire ces signes.Elle aurait en outre reconnu avoir fourni un condom à M.Pacetd.Dans une déclaration envoyée mardi soir, M.Pacetti dit qu\u2019il «réaffirme [sjow innocence».11 se dit «troublé par le fait que cette plaignante ait choisi d\u2019agir publiquement de la sorte, via les médias».M.Pacetd déplore que cette façon de procéder anonjunement (la députée refuse que son nom soit diffusé) rende «impossible de vérifier l\u2019authenticité des faits allégués».Aucune des allégations n\u2019a été prouvée.Dans son entrevue, la députée reconnaît qu\u2019elle n\u2019avait pas «réfléchi à l\u2019avance» avant de se confier au chef libéral Jusdn Trudeau.Elle se désole du sort réservé à MM.Pacetti et Andrews.«Je ne crois pas qu\u2019il était nécessaire de les suspendre immédiatement Il n\u2019y avait pas d\u2019urgence.» Allégations contre Scott Andrews La Presse canadienne révèle par ailleurs, toujours sur la foi de plusieurs sources, des détails concernant le second incident impliquant celui-là le député Scott Andrews.Les événements se seraient produits après un événement social sru la colline parlementaire.M.Andrews aruait suivi la seconde députée jusque chez elle.Là, il aurait pénétré chez elle, l\u2019aurait poussée contre le mur, l\u2019aruait caressée tout en appuyant son bas-ventre contre elle.Elle lui aurait demandé de partir, ce qu\u2019il aurait fait.Par la suite, toujorus selon les soruces de La Presse canadieime, M.Andrews l\u2019aruait harcelée en l\u2019appelant à répétition «allumeuse».Invité par La Presse canadienne à commenter les allégations, l\u2019avocat de M.Andrews, Chris MacLeod, a indiqué que son client «n\u2019est pas en mesure de répondre à des allégations inconnues».«Toute allégation de mauvaise conduite de sa part est fausse et tout reportage de cette nature sera considéré comme diffamatoire de votre part», a ajouté l\u2019avocat.MM.Pacetti et Andrews nient catégoriquement les faits leur étant reprochés.Aucune de ces allégations n\u2019a été prouvée.Les deux hommes ont été expulsés du caucus libéral le 5 novembre dernier.Depuis, le Parti libéral cherche un moyen de mettre en place un mécanisme par lequel les faits allégués pourraient être étudiés par un tiers neutre afin de déterminer si les deux députés peuvent réintégrer le caucus.«Il n\u2019y a rien de réconfortant dans cette situation, a déclaré M.Trudeau mardi.C\u2019est une situation déplorable et pénible pour tout le monde qui en fait partie.» Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE MERCREDI 26 NOVEMBRE 2014 ACTUALITES GARDERIES Maux de tête en vue pour les familles recomposées La Tiausse des tarifs de service de garde risque de causer d\u2019importantes tensions et de nombreux maux de tête aux familles recomposées et à plusieurs couples séparés ou divorcés en raison de ses ramifications fiscales.La Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ) souligne que les questions entourant la garde des enfants et la fiscalité impliquent déjà des négociations complexes entre parents et elle déplore que Québec ait choisi de les compliquer encore davantage.«La fiscalité, c\u2019était déjà compliqué et là, ça le devient encore plus», a indiqué la directrice générale de la Fédération, Sylvie Lévesque, en entrevue avec La Presse canadienne.«Avec les questions touchant la garde des enfants, la fiscalité était au départ une question de négociations complexes entre les parents, à savoir qui déduirait quoi relativement aux enfants», a-t-elle ajouté.Au ministère des Finances, un porte-parole, Jacques Delorme, explique qu\u2019il n\u2019y a «rien de nouveau» et que l\u2019on appliquera tout simplement les mêmes principes que ceux qui s\u2019appliquent à l\u2019ensemble du régime fiscal.« Un des deux parents prend charge de l\u2019enfant au niveau fiscal.Si Madame a un nouveau conjoint, la hausse de tarif sera calculée en fonction des revenus combinés de Madame et de son nouveau conjoint et ce sera la même chose pour calculer la déduction fédérale», a-fil précisé.«Dans le cas d\u2019une famille monoparentale, si un parent a la garde légale, c\u2019est cette personne qui calculera la hausse en fonction de son revenu.S\u2019il s\u2019agit d\u2019une garde partagée, les parents vont devoir s\u2019entendre sur celui qui assume la charge de l\u2019enfant sur le plan fiscal, comme c\u2019est déjà le cas», a ajouté le porte-parole.La Fédération fait de son côté valoir que de nombreuses familles recomposées, dont un parent ou les deux ont des enfants en garde partagée, devront calculer des scénarios multiples impliquant jusqu\u2019à quatre ex-conjoints pour déterminer le choix le plus avantageux pour chacun.La Presse canadienne ê JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le maire Régis Labeaume a souvent par le passé présenté le projet comme l\u2019occasion de faire venir Orange à Québec.Or, rien n\u2019est moins sûr, si l\u2019on en croit un courriel du géant français.COEERE-EORT VIRTUEL L\u2019opposition accuse Labeaume d\u2019avoir trompé les citoyens ISABELLE PORTER à Québec Le projet déjà controversé de coffre-fort virtuel de la Ville de Québec a de nouveau été entaché par des révélations de l\u2019opposition.Qr le maire n\u2019a pas l\u2019intention de l\u2019abandonner pour autant.«Le maire a menti à la population», a déclaré le chef de l\u2019opposition, Paul Shoiry, lors d\u2019un point de presse mardi matin.M.Shoiry reproche au maire d\u2019avoir induit la population en erreur dans ses déclarations sur le coffre-fort virtuel.«C\u2019est le temps que cette mascarade cesse.» Rappelons que la Ville a investi depuis 2009 au moins 1,5 million de dollars dans ce projet techno de dématérialisation de documents (demandes de permis, avis d\u2019imposition, etc.).La technologie utilisée a été développée par une nouvelle entreprise, Asentri, liée à une filiale du groupe français Qrange du nom d\u2019Almerys.La Ville s\u2019était engagée à {{ Ce n\u2019est pas une dépense, c\u2019est un investissement.On veut Orange à Québec d\u2019une façon ou d\u2019une autre.)) Régis Labeaume, en 2013 l\u2019époque à se procurer la technologie développée par la compagnie et à la tester en interne.En échange, l\u2019administration Labeaume espérait y gagner en créations d\u2019emplois et par la venue de sièges sociaux, dont celui du géant français des télécoms Qrange.Plus récemment, la Ville annonçait son intention de créer un bunker pour serveurs informatiques avec les mêmes partenaires.Dans le passé, le maire a souvent évoqué la venue d\u2019Qrange pour justifier ce projet controversé.«Ce n\u2019est pas une dépense, c\u2019est un investissement.On veut Orange à Québec d\u2019une façon ou d\u2019une autre», déclarait-il au Soleil en 2013.la collecte LE MAIRE DE MONTRÉAL, M.DENIS CODERRE, VOUS INVITE À FAIRE UN DON DE SANG, UN DON DEVIE.MARDI 2 DECEMBRE 2014 DE9HÀ19H Hôtel de ville de Montréal 275, rue Notre-Dame Est Hall d'honneur ^Champ-de-Mars DONNEZ DU SANG.DONNEZ LA VIE.HÉMAtQUÉBK Montréal Qr dans une correspondance avec M.Shoiry, le secrétaire général d\u2019Orange écrit n\u2019avoir aucun lien avec les projets de Québec.«Notre filiale Almerys ne participe pas au projet de coffre-fort virtuel pour la Ville de Québec.Le Groupe Orange ne prévoit pas non plus de construire une infrastructure de \u201cbunker\u201d sécurisée [.] ni d\u2019y établir son siège social pour l\u2019Amérique du Nord.» Pour l\u2019opposition, ce dossier rappelle celui de Clotaire Rapaille.« On prend des décisions importantes sur des coups de tête», a déploré la conseillère Anne Guérette en parlant de « mirages ».Le chef Paul Shoiry a réclamé qu\u2019on interrompe ce projet qui a subi suffisamment de revers.Rappelons que le projet pilote qui devait compter 30 000 participants qui acceptaient de verser certains documents confidentiels dans le coffre-fort, a notamment été suspendu après n\u2019avoir récolté que 900 inscriptions.Le cabinet espère toujours Orange Au cabinet du maire, on ne voit aucune raison d\u2019abandonner le projet.Le dirigeant d\u2019Qrange qui a rédigé la lettre est probablement mal informé, selon l\u2019attaché de presse du maire, Paul-Christian Nolin.«Peut-être que le secrétaire général [d\u2019Qrange] n\u2019est pas au courant de tous les détails des filiales», a-t-il dit.11 ajoute que l\u2019affirmation voulant que la fdiale Almerys ne participe pas au projet ne tient pas non plus.«Je pense qu\u2019il ne savait pas qu\u2019Almerys était en discussion avec la Ville», a-t-il dit en précisant que les documents de négociation qu\u2019il avait consultés avec les avocats étaient clairs là-dessus.11 signale en outre que le maire continue d\u2019espérer qu\u2019Qrange viendra et qu\u2019il n\u2019a pas menti dans le passé.«À aucun moment, on n\u2019a dit qu\u2019on faisait directement affaire avec Orange.» Enfin, M.Nolin souligne que le projet de bunker progresse bien et qu\u2019Asentri vient d\u2019acquérir un terrain à cette fin dans le parc industriel.Quant au projet de coffre-fort virtuel, il est toujours sur la glace.Le Devoir Montréal : le conseil mnnicipal entérine la réforme Coderre JEANNE CORRIVEAU \\ A la veille du dépôt du budget 2015 de la Ville de Montréal, le maire Denis Coderre a réussi à faire adopter par le conseil municipal un pan important de sa controversée réforme du financement des arrondissements.Dénoncée par Projet Montréal, cette réforme permettra au conseil de rapatrier à la ville centre certaines compétences jusque-là dévolues aux arrondissements comme la collecte des matières résiduelles, la gestion des feux de circulation et le stationnement tarifé sur rue.Elle fera également passer de 24 à 52% la proportion des «artères», soit les rues ou boulevards sous la responsabilité de la ville centre.Ces changements étaient nécessaires pour rendre la gestion de la Ville plus efficace et s\u2019assurer d\u2019une équité dans l\u2019offre de services d\u2019un arrondissement à l\u2019autre, a fait valoir le président du comitç exécutif, Pierre Desrochers.A titre d\u2019exemple, les arrondissements demeureront responsables des opérations de déneigement, mais ils devront appliquer les normes établies par la ville centre.Rappelons que l\u2019autre volet de la réforme Coderre prévoit un nouveau partage des budgets d\u2019arrondissement et impose d\u2019importantes compressions à plusieurs d\u2019entre eux.Après de longs débats au conseil municipal, les élus ont entériné la réforme dans une proportion de 38 voix contre 23.Si les membres de Projet Montréal ont rejeté le plan, l\u2019ex-chef du parti d\u2019opposition qui siège désormais au comité exécutif, Richard Bergeron, a voté pour la réforme.Les élus des deux autres partis d\u2019opposition.Coalition Montréal et le Vrai Changement pour Montréal, étaient quant à eux divisés.«C\u2019était un vote important.Ça va nous permettre de mettre en place la réforme du financement des arrondissements», a expliqué Pierre Desrochers en soutenant qu\u2019au jour le jour, rien ne changerait pour les citoyens.Le chef de l\u2019opposition ne partageait pas cet avis.Déçu, Luc Ferrandez croit que les citoyens seront moins bien servis par cette «centralisation»: «La Ville a de gros problèmes à gérer ses chantiers de construction.Maintenant, elle Vilkade gros problèmes à gérer ses chantiers de construction.Maintenant, elle va gérer ceux des arrondissements)^} Luc Ferrandez, Projet Montréal va gérer ceux des arrondissements, ce qu\u2019on faisait bien.» La réforme rendra aussi certains projets plus longs à réaliser, comme l\u2019installation de feux de circulation, l\u2019aménagement de dos d\u2019âne et de saillies de trottoir, soutient l\u2019opposition.Au sujet de l\u2019appui de Richard Bergeron à la réforme, Luc Ferrandez a dit qu\u2019il s\u2019agissait là d\u2019une preuve que le maire Coderre ne tolérait aucune dissidence dans ses rangs.La semaine dernière, M.Ferrandez avait soutenu que si son ancien chef votait pour la réforme, il le trouverait sur son chemin.«Grand Dérangement» L\u2019administration Coderre déposera le budget 2015 de la Ville mercredi et les Montréalais doivent s\u2019attendre à des hausses de taxes correspondant au taux d\u2019inflation, a déjà fait savoir le maire Coderre.Le dépôt du budget coïncide avec la tenue du «Grand Dérangement», une journée de mobilisation des employés municipaux contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite.Les membres de 25 syndicats de plusieurs villes québécoises tien-drqnt une grève de 24 heures.A Montréal, seuls les 1950 professionnels seront en grève, mais le maire Coderre a soutenu que tous les services de la Ville seraient maintenus.De leur côté, les policiers municipaux manifesteront devant les bureaux de la mairesse de Sainte-Julie et présidente de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy.Le Devoir COMMISSIONS SCOLAIRES Bolduc incapable de chiffrer les économies Yves Bolduc est incapable de fournir une évaluation précise des économies que rapporteront les fusions des commissions scolaires.Le ministre de l\u2019Éducation a indiqué mardi qu\u2019il faudra attendre le redécoupage final de la carte des commissions scolaires avant de pouvoir déterminer le montant épargné.«On est capable de faire une certaine évaluation, mais il faut attendre d\u2019avoir le découpage final et en temps et lieu, on vous donnera toutes les économies que nous serons capables de réaliser tant au niveau de la réorganisation du réseau scolaire qu\u2019au niveau des commissions scolaires», a déclaré M.Bolduc.Le plan présenté la semaine dçrnière par le ministre de l\u2019Éducation suggère de ramener le nombre total des commissions scolaires de 72 à 46, avec à la clé une vaste réorganisation des services sur des territoires plus étendus.Le nombre de commissions scolaires francophones passerait de 60 à 36.Les dirigeants des commissions scolaires anglophones et francophones ont décrié à l\u2019unisson la proposition du ministre, déplorant entre autres l\u2019absence d\u2019analyse sur les impacts financiers des fusions projetées.Pressé de questions en point de presse, le ministre a donné un ordre de grandeur sommaire.«Généralement, lorsqu\u2019on fait des fusions, on peut avoir une économie de 500 000 à 1 million de dollars par fusion, des montants très significatifs dans le contexte actuel», a dit M.Bolduc.Préserver les territoires Le ministre n\u2019a pas été en mesure de présenter un tableau plus précis puisque des modifications pourraient encore être apportées à la nouvelle carte.«Je vous dirais que les gens sont d\u2019accord avec le nombre de commissions scolaires, mais il peut y avoir encore des changements », a-t-il concédé.Les regroupements projetés par le ministre Bolduc ne font pas l\u2019unanimité au sein du cabinet Couillard.Le ministre des Forêts, Laurent Lessard, a fait savoir sans détour qu\u2019il était favorable au maintien de «l\u2019intégralité des territoires».Selon M.Lessard, les fusions ne doivent pas mettre en péril les «particularités » régionales, comme le sentiment d\u2019appartenance communautaire et les habitudes de consommation locale.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE MERCREDI 26 NOVEMBRE 2014 A 5 ACTUALITES Douze jours pour dénoncer l\u2019horreur de la violence faite aux femmes CAROLINE MONTPETIT Récemment, une femme handicapée qui avait été violentée a tenté de contacter la ligne téléphonique S.O.S.Violence conjugale.La femme avait des difficultés d\u2019élocution, et l\u2019organisme ne pouvait pas l\u2019aider.D\u2019ailleurs, même si on l\u2019avait comprise, on n\u2019aurait pas pu trouver de place dans une maison d\u2019héhergement pour femmes violentées adaptée à ses besoins.Or les femmes limitées physiquement ou psychologiquement par un handicap sont deux fois plus à risque de suhir de la violence que les autres femmes.C\u2019est ce que disait mardi Selma Kouidri, du Réseau d\u2019action des femmes handicapées du Québec, au moment du lancement de la campagne 12 jours contre la violence, organisée à travers le Québec pour contrer la violence faite aux femmes.Cette campagne se déroule du 25 novembre au 6 décembre prochain, et sera entre autres marquée par le 25® apniversaire de la tuerie de l\u2019Ecole polytechnique, le 6 décembre.Femmes à risque Le Réseau d\u2019action des femmes handicapées du Québec entend profiter de cette tribune pour lancer une campagne de dénonciation de la violence faite aux femmes handicapées comparables à celle menée sur Internet récemment par des femmes de tout le pays.Lors de groupes de discussion, les femmes handicapées ont dénoncé de la violence qui survient dans un contexte conjugal ou familial.«Ça peut venir d\u2019un aidant naturel», dit 0 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une coalition d\u2019organismes de soutien entame un blitz de sensibilisation.Ci-dessus, Nathalie Duhamel, du regroupement québécois des C.A.L.A.C.S.M\u201c® Kouidri.«Les femmes sont souvent dépendantes de cette personne et elles ont de la difficulté à sortir du contexte de violence», ajoute-t-elle.Et si elles veulent partir, le système n\u2019est pas fait pour qu\u2019elles puissent trouver de l\u2019aide ou du soutien extérieurs, dit-elle.Les places adaptées aux femmes handicapées en maisop d\u2019hébergement sont rares.A d\u2019autres occasions, ce sont des préposés aux bénéficiaires qui abusent de leur situation auprès de personnes handicapées, à qui ils doivent par exemple prodiguer des soins d\u2019hygiène personnelle.«On a entendu, on a vu des histoires d\u2019horreur où il y a eu des attouchements sexuels par le préposé», dit M\u201c® Kouidri.Les femmes craignent alors les représailles de la personne qui prend soin d\u2019elles si elles dénoncent les abus.Dangereuse austérité Les différentes intervenantes à la conférence de presse de mardi ont ciblé le régime d\u2019austérité imposé par le gouvernement québécois comme étant un frein à la lutte contre la violence faite aux femmes.D\u2019une part, une majorité de femmes travaillent dans le domaine de la santé, de l\u2019éducation et des services sociaux ciblés par le gouvernement.En coupant dans les services sociaux, on met aussi en péril les ressources qui sont à la disposition des femmes violentées.Au Québec, en 2012, les femmes ont constitué 80% des victimes d\u2019infractions commises dans un contexte conjugal.Elles forment aussi 96% des victimes d\u2019agressions sexuelles, 97 % des victimes de séquestration, 95% des victimes d\u2019enlèvement, et 93 % des victimes d\u2019homicide conjugal.Plus d\u2019informations sur les 12 jours contre la violence faite aux femmes à l\u2019adresse : 12joursac-tioncontrelaviolence.ca Le Devoir Ottawa refuse de révéler le coût estimé de la mission en Irak MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Le ministre de la Défense connaît les chiffres, mais il ne les dévoilera pas.L\u2019armée a fourni au gouvernement une estimation des coûts de la mission canadienne en Irak.Mais les partis d\u2019opposition et les Canadiens devront attendre la fin de l\u2019engagement de six mois avant d\u2019en être informés, a martelé Rob Nicholson.«H y aura des coûts supplémentaires à cette mission, comme pour toute mission», a convenu le ministre de passage en comité parlementaire pour discuter des budgets de son ministère.Mais pressé de questions par l\u2019opposition, qui cherchait à connaître la facture prévue par la Défense pour ses opérations en Irak, le ministre Nicholson a refusé de répondre.La mission canadienne a de débuté il y a sept semaines alors que le gouvernement a voté un engagement de six mois.Une partie de la facture compte des frais fixes \u2014 opération d\u2019équipement, salaires des 600 militaires déployés \u2014, mais le nombre de sorties des appareils peut varier, a expliqué le ministre.«Lorsque les coûts seront connus, nous les fournirons de la façon habituelle, a-t-il insisté.Habituellement, c\u2019est dans un délai de 90 fours suite à la fin de la mission.» Début novembre, la Défense avait indiqué avoir fourni une estimation de la facture au gouvernement.Mais l\u2019armée avait refusé de la partager avec les médias lors d\u2019une mise à jour sur la mission contre le groupe armé État islamique.Que répond le ministre aux électeurs qui veulent connaître la hauteur de la facture prévue par la Défense, a demandé le député Robert Chisolm.«À votre électeur, je répondrais qu\u2019il y a un coût humain à ne rien faire dans cette région.Et je lui indiquerais qu\u2019en début de mission, d\u2019être précis quant à ce que cette mission coûtera précisément, c\u2019est toujours un défi.Et nous devons pouvoir nous adapter.Vous pouvez lui dire que nous répondrons de la façon habituelle», a répliqué le ministre.Or, la «façon habituelle et la façon normale», c\u2019est «de fournir les coûts estimés au Parlement et au public», lui a lancé la libérale Joyce Murray.«Comment pouvez-vous faire preuve de ce genre de mépris à l\u2019endroit de ce comité en refusant de dévoiler une estimation», a quant à lui accusé M.Chisolm, en pleine prise de bec avec le ministre.Lorsque les conservateurs se sont joints à la mission onusienne en Libye, en 2011, le ministre de la Défense de l\u2019époque, Peter MacKay, n\u2019avait pas dévoilé la facture en cours de mission.Deux ans plus tard, lorsque le gouvernement a prolongé la mission afghane pour y laisser 950 militaires chargés d\u2019entraîner l\u2019armée locale pendant quatre ans, M.MacKay avait dès le départ révélé qu\u2019il estimait qu\u2019il en coûterait 522 millions, de passage devant ce même Comité de la défense qui accueillait mercredi son collègue Rob Nicholson.Le Devoir VENDREDI FOU Vendredi fou, c\u2019est juste aujourd\u2019hui ! Faut être fou pour ne pas en profiter.Magasinez en ligne et évitez les files.Économisez jusqu\u2019à 60 % sur le tarif de base.Mentionnez le code IFNIYS HALIFAX MONCTON MONT-TREMBLANT MONTRÉAL OTTAWA QUÉBEC SAU LT STE.MARIE STEPHENVILLE ST.JOHN\u2019S SUDBURY THUNDER BAY TIMMINS TORONTO WINDSOR BOSTON BURLINGTON, VT CHICAGO MYRTLE BEACH NEW YORK WASHINGTON flyporter.com \u2018Nouvelles réservations seulement.Réservez d\u2019IcI 23 h 59 HE le 28 novembre 2014.Voyagez d\u2019IcI le 26 février 2015.Porter n\u2019exige aucun achat à l\u2019avance.Le rabais ne s\u2019applique pas du 18 au 24 et du 26 au 30 décembre 2014, du 2 au 7 janvier 2015, ni entre le Canada et les États-Unis le 30 novembre 2014.Rabais de 35 % sur tous les vols à destination et en provenance de Thunder Bay (ON), Halifax (NÉ), Moncton (NB), St.John's (TN) et Stephenville (TN) jusqu\u2019au 14 décembre et du 7 au 26 février 2015.Entre le Canada et les États-Unis : le rabais ne s\u2019applique pas aux départs entre 6 h et 8 h 59, et entre 15 h et 19 h 59 du lundi au jeudi ni entre 9 h et 13 h le samedi.Sont aussi exclus tous les vols du vendredi.Des États-Unis vers le Canada : le rabais ne s\u2019applique pas le dimanche.Du Canada vers les États-Unis : le rabais ne s\u2019applique pas de 14 h à 23 h le dimanche.Au Canada : le rabais ne s\u2019applique pas aux départs entre 6 h et 8 h 59, et entre 15 h et 19 h 59 du lundi au vendredi ; entre 9 h et 13 h le samedi ; entre 13 h et 19 h 59 le dimanche.Le rabais s\u2019applique au tarif de base, avant frais, taxes et surcharges.Le rabais ne s\u2019applique pas aux itinéraires qui comprennent un vol d\u2019une ligne aérienne partenaire.Les tarifs sont fonction de la disponibilité et peuvent ne pas être disponibles pendant toute la période de voyage.Description détaillée des tarifs pour tous les itinéraires sur flyporter.com.^ LÈDEVOI AINTENANT SUR TABLETT APP STORE DECOUVREZ LA NOUVELLE APPLICATION À LEDEVOIR.COM/APP ^ troN db vous OFFRE LE DEVOIR SUR TABLETTE GRATUITEMENT JUSQU\u2019AU 8 DÉCEMBRE. LE DEVOIR, LE MERCREDI 26 NOVEMBRE 2014 A 7 ACTUALITES Lesjeunes fument et boivent moins LIA LÉVESQUE Les étudiants du secondaire au Québec consomment moins d\u2019alcool et moins de tabac depuis une quinzaine d\u2019années.L\u2019Institut de la statistique du Québec a dévoilé mardi les résultats de sa plus récente enquête à ce sujet auprès de 5000 jeunes du secondaire étudiant dans 153 écoles publiques et privées du Québec.La consultation a été menée en novembre et décembre 2013.Il en ressort que la propor-tion de jeunes qui ont consommé un produit du tabac est passée de 33% en 1998 à 12% en 2013.Pour ce qui est de l\u2019usage de la cigarette seulement, elle est passée de 30 à 6% pendant la même période.En entrevue, Mario Bujold, directeur général du Conseil québécois sur le tabac et la santé, s\u2019est réjoui de cette baisse, en affirmant toutefois qu\u2019elle pourrait être encore plus importante.L\u2019Ontario, dit-il, affiche de meilleurs résultats à ce chapitre pour ses jeunes.La province voisine a deux fois moins de jeunes fumeurs, souligne M.Bujold.Il attribue ce succès ontarien à des campagnes de prévention plus élaborées, mais note aussi que le Québec part de plus loin que l\u2019Ontario, ayant traditionnellement plus de fumeurs.Cigarette électronique M.Bujold s\u2019inquiète particulièrement de la popularité de la cigarette électronique chez les jeunes.L\u2019Institut de la statistique révèle en effet que 28% des jeunes qui ont répondu au questionnaire ont déjà utilisé la cigarette électronique.Il craint notamment que cela ait pour effet de «renormaliser le geste de fumer».M.Bujold se dit également préoccupé par les produits aromatisés.«Les jeunes ne fument plus la cigarette comme ils le faisaient par le passé.Ils vont fumer des cigarillos aromatisés; ils vont fumer une cigarette électronique avec des saveurs également.» Pour ce qui est de l\u2019alcool, la consommation chez les jeunes est passée de 71% en 2000 à 57% en 2013.La question portait sur la consommation d\u2019alcool au cours des 12 derniers mois.La Presse canadienne JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le travail d\u2019Yvan Charron, à gauche, a été remis en question par des témoins la semaine dernière.L\u2019ISLE-VERTE Le chef pompier défend ses décisions STEPHANIE MARIN à Rivière-du-Loup Le chef pompier de L\u2019Isle-Verte, Yvan Charron, a appelé des renforts uniquement à son arrivée à la Résidence du Havre, alors qu\u2019il avait appris auparavant que les résidents étaient tous coincés à l\u2019intérieur du bâtiment en flammes.Demander de l\u2019aide une fois rendu sur les lieux est la façon de faire pour le service incendie de L\u2019Isle-Verte, a déclaré mardi M.Charron aux audiences du coroner portant sur le décès de 32 personnes lors de cet incendie tragique, survenu en janvier dernier.Il a ainsi requis des équipes des municipalités avoisinantes environ 19 minutes après le premier appel de détresse.Après que son travail eut été remis en question la semaine dernière lors des audiences du coroner, le chef pompier a défendu mardi ses décisions et le travail de son équipe.Exercice d^évacuation Il a témoigné qu\u2019il croyait que tous les résidents seraient déjà à l\u2019extérieur du bâtiment à son arrivée sur les lieux, se basant sur un exercice d\u2019évacuation effectué quelques années auparavant.Celui-ci avait été réalisé en plein jour, avec l\u2019aide du personnel de la résidence.Pourtant, la préposée du 911 lui avait dit que les résidents étaient coincés à l\u2019intérieur de la Résidence du Havre et que la fumée les empêchait de voir quoi que ce soit.En chemin, l\u2019un des pompiers de son équipe l\u2019avait aussi avisé que l\u2019évacuation n\u2019était même pas commencée.Témoignant à l\u2019audience au palais de justice de Rivière-du-Loup, le chef pompier a dit qu\u2019il n\u2019avait pas pensé que les gens Le chef pompier a dit qu\u2019il n\u2019avait pas pensé que les gens seraient endormis et auraient possiblement pris des médicaments seraient endormis et auraient possiblement pris des médicaments.Lui-même n\u2019était «peut-être pas réveillé autant»y son téléavertisseur ayant sonné alors qu\u2019il dormait.Il a admis savoir que la Résidence du Havre était classée à «haut risque» et que beaucoup de personnes non mobiles y habitaient.Le bâtiment comptait 52 unités d\u2019habitation.Yvan Charron n\u2019a pas établi de poste de commandement en arrivant sur les lieux du brasier.Il a préféré aller sauver des gens, ce qui était à ce moment sa priorité, a-t-il témoigné.Selon lui, avant que les renforts n\u2019arrivent, il avait le temps d\u2019aider des résidents à sortir.«J\u2019étais en contrôle »y a-t-il ensuite affirmé, soutenant que son intervention était structurée \u2014 une conclusion avec laquelle tous ses pompiers se sont dits en accord à l\u2019audience.Le coroner a semblé inquiet de l\u2019absence d\u2019un poste de commandement.«S\u2019il n\u2019y a pas de coordination, les pompiers deviennent une partie du problème plutôt que de la solution», lui a lancé le coroner Cyrille Delâge.Après la procu-reure du coroner qui dirige les interrogatoires principaux, l\u2019avocate des propriétaires, Dominique Bertrand, a aussi questionné M.Charron, revenant sur sa décision de ne pas appeler à l\u2019aide d\u2019autres casernes avant d\u2019être rendu sur place.La formation du chef pompier, qui est aussi directeur du service incendie pour L\u2019Isle-Verte, a fait l\u2019objet de nombreuses questions.Celui-ci n\u2019a jamais fait sa formation d\u2019officier et plusieurs de ses pompiers n\u2019ont pas suivi de cours de mise à jour de leurs qualifications puisqu\u2019ils n\u2019y étaient pas obligés en vertu de la loi.Une clause de droits acquis dans la nouvelle loi les en exemptait.«On a des jobs à temps plein», s\u2019est défendu M.Charron, qui est agriculteur.La Presse canadienne L\u2019ONE veut sonder les Canadiens sur la sécurité des oléoducs KEVIN BISSETT à Saint-Jean Ly Office national de l\u2019éner-f gie (ONE) lancera une tournée pancanadienne au début de l\u2019année prochaine dans une volonté d\u2019améliorer la sécurité des oléoducs, a annoncé mardi le président de cet organisme fédéral de réglementation du secteur énergétique.Peter Watson a déclaré que des membres et des employés de TONE se rendraient dans chaque province et territoire du pays pour entendre ce que les Canadiens ont à dire sur la façon d\u2019améliorer le programme de sécurité des oléoducs.Devant des gens d\u2019affaires de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, M.Watson a affirmé que TONE avait senti la nécessité de «sortir des salles d\u2019audience» et d\u2019avoir une discussion «plus fondamentale» sur la sécurité des oléoducs et la protection de l\u2019environnement dans un contexte d\u2019exploitation pétrolière.L\u2019ONE récoltera aussi les commentaires sur Internet et organisera une conférence technique avec les experts à la fin du printemps, avant de publier un rapport au début de 2016, a ajouté M.Watson.73 000 km d\u2019oléoducs L\u2019organisme réglemente quelque 73 000 kilomètres d\u2019oléoducs à travers le Canada, qui transportent environ trois millions de barils de pétrole par jour.L\u2019ONE révise présentement une série de projets d\u2019oléoducs qui suscitent la controverse, notamment le projet de prolongement de l\u2019oléoduc Trans Mountain entre Edmonton et Burnaby, en Colombie-Britannique, qui a provoqué des manifestations de militants écologistes et la colère de certaines communautés autochtones.L\u2019organisme évalue aussi le projet Energie Est de Trans-Canada, qui a pour objectif d\u2019acheminer chaque jour plus d\u2019un million de barils de pétrole brut de l\u2019Alberta vers les terminaux de Cacouna, au Québec, et de Saint-Jean, au N ouveau-Br unswick.Les premiers ministres du Québec et de l\u2019Ontario, Philippe Couillard et Kathleen Wynne, ont affirmé récemment que les questions liées aux émissions de gaz à effet de serre devaient être prises en considération dans l\u2019évaluation de ce projet.Mais M.Watson a répété mardi que ces questions dépassaient la compétence de TONE.Il a affirmé que d\u2019autres juridictions avaient la responsabilité d\u2019évaluer la production ou la consommation des ressources énergétiques, et selon lui, elles font bien leur travail.La Presse canadienne Le surplus fédéral chute à 1,6 milliard La nouvelle prévision du gouvernement fédéral concernant le surplus budgétaire de l\u2019an prochain est descendue à 1,6 milliard à la suite de l\u2019annonce du programme d\u2019infrastructures de 5,8 milliards.Le surplus prévu pour l\u2019année 2015-2016 a chuté de 300 millions par rapport à la mise à jour du ministère des Ei-nances rendue publique il y a deux semaines.Le nouveau programme des infrastructures fera diminuer les prévisions de surplus de 1,3 milliard au cours des cinq prochaines années.La Presse canadienne Magnotta ne témoignera pas La défense a terminé la présentation de sa preuve, mardi matin, au procès de Luka Rocco Magnotta, et l\u2019accusé ne sera donc pas appelé à la barre.M® Luc Leclair aura finalement fait défiler une douzaine de témoins.La Couronne a appelé mardi un témoin «en contre-preuve», le psychiatre Joel Paris, qui a été le dernier médecin à avoir rencontré Magnotta avant le meurtre.Le docteur Paris n\u2019a observé aucun signe de schizophrénie ou de psychose prolongée chez Magnotta.La Presse canadienne Conseils de bande : Ottawa veut forcer les communautés autochtones à rendre des comptes STEVE RENNIE à Ottawa Les communautés autochtones qui refusent de se plier à la nouvelle législation du gouvernement conservateur en matière de transparence ont appris qu\u2019il pourrait y avoir des conséquences à leur désobéissance, variant de la dénonciation publique à de possibles recours judiciaires.D\u2019ailleurs, plusieurs d\u2019entre elles ont reçu, le mois dernier, des avertissements écrits de la part du ministère des Affaires autochtones et du Développement du nord du Canada pour les prévenir qu\u2019elles avaient jusqu\u2019à mercredi pour dévoiler en ligne leurs informations financières.Elles doivent aussi préparer une liste des différentes étapes qu\u2019elles devront franchir afin de préparer et de révéler ces renseignements.Si des communautés refusent d\u2019obtempérer, elles se re- trouveront sur une liste de contrevenants que le ministère entend publier sur son site Internet dès jeudi.Le ministère des Affaires autochtones et du Développement du nord du Canada a spécifié qu\u2019il n\u2019excluait pas de durcir encore plus le ton.Par exemple, il pourrait ordonner à des gestionnaires indépendants de retenir les salaires des membres des conseils de bande qui ont choisi de faire abstraction de la loi.En outre, il pourrait prévenir les autres ministères qui ont conclu des accords de financement avec les élus des communautés récalcitrantes pour qu\u2019ils puissent à leur tour leur imposer des sanctions.« Chantage » Le ministère des Affaires autochtones et du Développement du nord du Canada a également prévenu qu\u2019il était disposé à se rendre en cour pour ta forcer la main des communautés autochtones refusant de se plier à la législation.Le directeur général intérimaire des Algonquins du lac Barrière soutient que sa communauté de l\u2019ouest du Québec, qui est déjà gérée par une tierce partie, a l\u2019impression d\u2019être coincée et d\u2019être victime de «chantage».Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 Comprendre dangereusement Vaustérité En vertu de la Loi sur la transparence financière des Premières Nations, les communautés autochtones doivent dévoiler en ligne leurs états financiers ainsi que les renseignements relatifs à la rémunération et aux dépenses des membres des conseils de bande.La Presse canadienne LIBERTE ART & POLITIQUE | N 3O6 | HIVER 2015 | 12$ Faire moins avec moins Pourquoi nous acceptons l'austérité En librairie et en kiosque.* forum international international forum UN EVENEMENT DU CECI ET DE L EUMC / A WUSC AND CECI EVENT LES GRANDS DÉBATS DU DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL 23 & 24 JANVIER | MONTREAL Un rdv à ne pas manquer ! 50 conférencier-ère-s des Amériques, dAsie et d Afrique | Consultez le programme :www.foruminternational. A 8 LE DEVOIR LE MERCREDI 26 NOVEMBRE 2014 EDITORIAL FONCTION PUBLIQUE Quelle rénovation ?Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, poursuit son grand ménage de l\u2019appareil gouvernemental.Cette fois, ce sont les employés de la fonction publique qui sont visés par une réduction de 2% du nombre de postes.Comme tous ses prédécesseurs, il emploie des mots comme «modernisation» et «rénovation», «productivité» et «efficience», mais ce qu\u2019il recbercbe, ce sont des économies pour atteindre le déficit zéro.Point.L Bernard Descôteaux objectif qu\u2019il a présenté en point de presse mardi est l\u2019abolition de 1150 des quelque 60 000 postes que compte la fonction publique.En soi, ce n\u2019est pas beaucoup, ni dramatique.Mais tout de même, cela s\u2019ajoute au 2% de réduction que le gouvernement Couillard avait annoncé en s\u2019installant au pouvoir.Et même si les efforts faits les années précédentes n\u2019ont pas atteint leurs cibles, il reste que la taille de la fonction publique a peu à peu diminué.Voilà une décennie, elle était plutôt de 70 000 employés.Ce que veut démontrer le président du Conseil du trésor est que, dans le contexte actuel d\u2019austérité, l\u2019effort sera réparti équitablement.Les contribuables en feront les frais par des augmentations de tarifs, comme dans les garderies, les fonctionnaires et les hauts fonctionnaires aussi.Sauf que les contribuables pourront en faire doublement les frais puisque la réduction d\u2019effectifs finira par se tra-^ duire par une réduction des services rendus, en qualité et en quantité.Les gains de productivité ne peuvent combler tous les besoins.A cet égard, Martin Coiteux prétend se distinguer de ses prédécesseurs par sa méthode de rationalisation.Ses coupes ne seront pas paramétriques.Elles varieront d\u2019un ministère à l\u2019autre, l\u2019objectif étant d\u2019atteindre au total la réduction de 2%.La formule offrira davantage de souplesse et réduira le caractère arbitraire des mesures qui seront adoptées.Tant qu\u2019à innover, il pourrait aller plus loin dans la recherche.Par exemple, au lieu de simplement abolir des postes, il pourrait mettre en place des programmes de réduction des semaines de travail, de quatre jours payés quatre jours.Mais au Conseil du trésor, l\u2019imagination a ses limites.Ce qui compte est le nombre de postes abolis.On est fort en soustraction.Ce processus de réduction des effectifs équivaut pour le ministre à rénover l\u2019État, à «rénover la maison», selon ses mots.Toutefois, il ne dit jamais en quoi consiste cette rénovation, outre une réduction du nombre d\u2019habitants de la maison, qui auront par ailleurs plus de tâches à accomplir.Une réingénierie de l\u2019organisation gouvernementale s\u2019impose.Malgré les énormes budgets consacrés à l\u2019informatisation des services, l\u2019appareil gouvernemental souffre d\u2019un retard immense.Quels sont ses projets pour faire entrer l\u2019appareil gouvernemental dans le XXI® siècle?On ne le sait pas, et peut-être lui-même ne le sait pas.Présenter aux employés de l\u2019État les perspectives qu\u2019entrevoit ce gouvernement pour l\u2019avenir de l\u2019appareil étatique apporterait un éclairage nécessaire alors que se préparent les grandes négociations du secteur public.Depuis des années, ceux-ci font les frais de compressions successives.Leur rémunération est en retard de 8% sur le secteur privé, lequel s\u2019accroîtra encore.De l\u2019aveu du ministre, la prochaine offre gouvernementale correspondra à la croissance globale des dépenses du gouvernement, sans plus.Rien dans tout cela pour mobiliser les employés du secteur public.Bien avant les ministres et les députés, ce sont eux qui, dans une large mesure, sont l\u2019État.SANTÉ MENTALE ET ARMÉE Qui s\u2019en soucie ?e gouvernement Harper plaide le hasard, mais il était très stratégique de sa part d\u2019annoncer dès dimanche \u2014 soit deux jours avant un rapport du vérificateur général, que l\u2019on savait sévère, sur le sujet \u2014 le soutien accru en santé mentale (200 millions de dollars sur six ans) qu\u2019il destine aux anciens combattants.Très stratégique aussi que cela survienne quelques jours après que l\u2019opposition a amené le gouvernement à révéler que sur une période de sept ans, le ministère des Anciens Combattants a reversé 1,12 milliard afin d\u2019éponger le déficit fédéral, plutôt que de soutenir les vétérans.Stratégique encore de sortir à un moment où la grogne dans le milieu militaire est telle, notamment en raison de la fermeture de neuf bureaux régionaux du même ministère, qu\u2019un mouvement anticonservateurs est en train de prendre forme en vue de la prochaine campagne électorale.On s\u2019étonne moins dès lors que l\u2019ouverture d\u2019une nouvelle clinique de soins liés au stress opérationnel (l\u2019une des mesures annoncées dimanche) est prévue pour l\u2019automne 2015.Juste à temps pour les élections ! La clinique aura des ramifications dans sept villes canadiennes, mais son siège principal sera à Halifax (où l\u2019annonce a eu lieu dimanche).C\u2019est certes l\u2019emplacement d\u2019une importante base navale, mais on est aussi aux portes du fief électoral du ministre de la Justice Peter MacKay (présent lors de l\u2019annonce dimanche), dont l\u2019opposant libéral vient d\u2019être nommé: David MacLeod.vétéran revenu d\u2019Afghanistan qui dénonce la manière dont les anciens combattants sont traités ! Bref, on a davantage l\u2019impression d\u2019un clientélisme à l\u2019œuvre que d\u2019aide aux soldats.C\u2019est d\u2019ailleurs exactement ce que le colonel à la retraite Pat Stogran, qui fut le premier ombudsman des vétérans du Canada, en a conclu, ajoutant que les 200 millions prévus sont modestes face aux besoins.Les troubles de santé mentale vont en effet croissant dans les forces armées canadiennes (12% des vétérans en souffraient en 2014 contre 2% en 2002), effet direct du déploiement en Afghanistan.Les suicides sont nombreux (160 en dix ans) et mardi.Statistique Canada indiquait qu\u2019un membre sur six des troupes actuelles est aux prises avec des problèmes d\u2019abus d\u2019alcool, de dépression majeure, de stress post-traumatique (deux fois plus de cas en 10 ans).À travers le Canada, les refuges pour itinérants accueillent de plus en plus d\u2019ex-militaires.L\u2019armée a pourtant toujours du mal à reconnaître l\u2019ampleur du problème.Les programmes d\u2019aîde, eux, sont complexes, dénonçait mardi le vérificateur général.Et encore ne s\u2019est-11 penché que sur le cas des vétérans.Pour l\u2019armée régulière, l\u2019évaluation des services est encore plus nébuleuse, notamment en raison de leur privatisation, révélait Radio-Canada en octobre.Et c\u2019est cette misère humaine qui sert à des jeux politiques.Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET s J tl LETTRES « Un rapport-vérité » Le gouvernement actuel se retrouve face à un mur \u2014 n\u2019importe quel autre parti au pouvoir aurait rencontré ce mur \u2014, aussi a-t-11 fait appel à des experts afin d\u2019obtenir un « état de la question » envisagé avec l\u2019objectivité désirée.Que ce groupe-conseil soit sous la responsabilité de l\u2019ancienne députée fédérale Lucienne Roblllard ne change rien à la réalité présente : lorsqu\u2019il y a péril en la demeure, c\u2019est bien l\u2019heure du sauvetage.Que l\u2019actuel premier ministre cherche à calmer le jeu à la suite des recommandations de la Commission est tout à fait normal.Il n\u2019en reste pas moins que la vérité apparaît et que huit pistes de compressions sont suggérées.Que cela plaise ou non, voilà une femme compétente qui remet de l\u2019ordre dans les finances de la maison : un rappel que l\u2019on ne vit pas dans un monde virtuel ou Imaginaire.Et que la sagesse requiert des aménagements de type remède de cheval pour les temps qui viennent, qui s\u2019en surprendra?Il n\u2019y a plus de temps à perdre à se cacher.A «colluser» entre amis ou à étirer le temps.Il s\u2019agit Ici du bien commun, du vivre-ensemble, de notre avenir collectif et de celui de nos enfants : c\u2019est de cela qu\u2019il est question, tous partis confondus.Marie-Hélène Carette Saint-Lucien, le 24 novembre 2014 Au-dessus de nos moyens ?Je vais écrire une vérité brutale, si évidente qu\u2019elle ne mérite pas d\u2019être énon- cée.Le Québec vit, depuis des décennies, au-dessus de ses moyens.Les citoyens descendent dans la rue pour dénoncer d\u2019autres citoyens qui semblent en avoir trop ej réclament pour eux d\u2019en avoir plus.A l\u2019évidence, certains ont trop; d\u2019autres pas assez.Il y a des riches qui font bombance; il y a des pauvres qui ont le ventre plat.Ceux qui ont crié le plus fort, ceux qui étaient le mieux organisés ont réussi à arracher la plus grande part du gâteau collectif.Ceux qui étaient le moins organisés, sans moyens de pression, n\u2019ayant pas la force de faire du chantage, se sont organisés avec les miettes.Ne serait-ce pas normal que ceux qui en ont plus en donnent un peu pour aider ceux qui en ont moins?Ne serait-ce pas normal que ceux qui ont des droits acquis les reconsidèrent pour donner une petite part de ces droits acquis à ceux qui n\u2019en ont pas?Ne serait-il pas normal que ceux qui ont des pensions à vie paient un peu plus que ceux qui ont trimé toute la leur sans espoir d\u2019en avoir une ?Il y a un principe sur lequel la société québécoise devrait se mettre d\u2019accord : chaque être humain a droit à sa part des biens que la terre québécoise met à la disposition de ses citoyens.En d\u2019autres mots, sur la grande table du Québec, les plats doivent circuler librement.Il ne faudrait pas que ceux qui ont le bras long se gavent, s\u2019empiffrent et laissent les restants à ceux qui ont les bras moins longs.Nestor Turcotte Matane, le 21 novembre 2014 L\u2019austérité, ça ne marche pas ! L\u2019austérité est un échec et on peut très bien le voir lorsqu\u2019on regarde en Europe.Le but officiel de l\u2019austérité est le déficit zéro en prônant la hausse de la fiscalité et la baisse des dépenses publiques.Les conséquences des mesures austères ont entraîné des réductions massives des dépenses et ont finalement ralenti l\u2019économie dans les pays européens.Veut-on réellement reproduire les mêmes erreurs ?SI cela ne marche pas dans les autres pays qui ont entrepris des mesures d\u2019austérité, pourquoi cela marcheralt-11 pour le Québec ?Il faudrait que notre cher M.Philippe Couillard s\u2019ouvre les yeux et pense au bien-être de la société avant tout.Les mesures d\u2019austérité ne fonctionnent pas, elles ne font qu\u2019accentuer les problèmes.Elle ne parvient pas à réduire la dette publique et le déficit, même si cela devait être le but officiel de ces mesures.Les libéraux présentent cela comme une solution à court terme, alors que nous savons très bien que pour eux, c\u2019est une fin en sol.L\u2019austérité ne fait qu\u2019enrichir une petite minorité de personnes.Pourquoi devralt-on employer cette fausse solution?Gouvernement Couillard, rappelez-vous que vous avez été élu sans annoncer votre projet d\u2019austérité et que personne n\u2019a voté pour ça ! Nous n\u2019alîons pas nous laisser faire ! Annabelle Bourassa Le 24 novembre 2014 LIBRE OPINION Je vois Mtl : pour que la flamme reste allumée DIANE BELLEMARE Sénatrice et économiste Jl al eu le plaisir d\u2019assister à l\u2019événement Je vols Montréal, où je représentais le gouvernement du Canada à titre de sénatrice conservatrice.J\u2019al été très Impressionnée par le succès de l\u2019inl-tlatlve de Jacques Ménard, président de BMQ Groupe financier, Québec.Les membres de la société civile montréalaise étalent conviés à une grande rencontre pour s\u2019entretenir de projets susceptibles de donner un nouveau souffle à Montréal qui, dlsons-le, en a grand besoin.Montréal possède des atouts majeurs.Malgré tout, Montréal souffre d\u2019un chômage trop élevé avec un taux de 10,4% en octobre dernier comparativement à 7,7 % pour l\u2019ensemble du Québec.J\u2019al confiance qu\u2019avec ce nouveau leadership qui commence à s\u2019exprimer, nous réussissions à susciter les Investissements et la création d\u2019emplois nécessaires à la revitalisation de Montréal comme d\u2019autres grandes métropoles telles que Boston, Manchester, Melbourne, Pittsburgh et bien d\u2019autres l\u2019ont fait.Je vols Montréal m\u2019a rappelé un autre événement historique tenu à Montréal en novembre 1989.Il y a 25 ans maintenant, le Eorum pour l\u2019emploi a réuni 2000 participants venant de toutes les réglons du Québec et de tous les secteurs économiques.Les forces vives de l\u2019économie du Québec avalent répondu à l\u2019appel lancé par ce mouvement présidé pendant par Claude Bé-land, président à l\u2019époque du Mouvement Desjardins.Des hommes et des femmes Issus de tous les milieux se sont entretenus pour trouver des moyens de relancer l\u2019emploi, la productivité et le dialogue social dans toutes les réglons du Québec.J\u2019al participé avec d\u2019autres, dont la regrettée Lise Poulln-Slmon et Michel Payette, à l\u2019organisation du Eorum pour l\u2019emploi et j\u2019al vu de près l\u2019évolution de ce mouvement.Le Eorum pour l\u2019emploi ne fut pas un feu de paille.Il a poursuivi ses activités jusqu\u2019en 1998 après avoir donné Heu à plusieurs réalisations.Les membres de son comité directeur ont été Invités à se joindre au conseil d\u2019administration de la Société québécoise de développement de la main-d\u2019œuvre qui est devenue, plus tard, la Commission des partenaires du marché du travail.Il devenait difficile de maintenir le Eorum pour l\u2019emploi quand les principaux acteurs se retrouvaient également au conseil d\u2019une Institution publique vouée à la promotion de l\u2019emploi.En rétrospective, 11 aurait probablement été utile de le préserver.En effet, toute organisation Issue de la société civile est comme un bouquet d\u2019idées qui dégage une énergie nouvelle.Ces Idées et cette énergie ont besoin évidemment de moyens pour se matérialiser.Ces moyens se retrouvent souvent dans les coffres à outils des gouvernements.D\u2019où l\u2019Intérêt des groupes Issus de la société civile de s\u2019associer aux gouvernements.De leur côté, ces derniers ont besoin de l\u2019éclairage de la société civile.L\u2019Intérêt que portent les gouvernements et les politiciens à la relance de Montréal est souhaitable et nécessaire.Il faut néanmoins prendre soin que la boîte à Idées que représente «Je vols Montréal» demeure vivante, car sans le vouloir, les appareils gouvernementaux peuvent, parfois, avoir un effet ételgnoîr sur ces mouvements.La flamme Issue de la société civile doit rester allumée. LE DEVOIR LE MERCREDI 26 NOVEMBRE 2014 A 9 IDEES SOMMET DE LA ERANCOPHONIE Ebola : une maladie aussi dévastatrice que la guerre La sécurité, ce n\u2019est pas seulement le nombre de soldats déployés, mais surtout la performance des systèmes de santé publique S.E.IBRAHIM BOUBACAR KEÏTA Président du Mali a bataille pour contenir l\u2019épidémie d\u2019Ebola en Afrique de l\u2019Ouest nous rappelle de manière accablante ce que signifie vivre dans la peur.Pour la population malienne, cette peur a pris une ampleur terrifiante en octobre, au moment où nous avons enregistré notre premier cas d\u2019Ebola.Toutefois, cette peur va bien au-delà des pertes potentielles en vies humaines.Longtemps après l\u2019endi-guement de l\u2019épidémie, les populations vivant dans la région continueront de souffrir et ressentiront ses effets sur les échanges commerciaux, l\u2019agriculture, les services de santé publique, les mouvements migratoires et l\u2019économie au cours des années à venir.Cela devrait nous rappeler comme un coup de semonce que cette maladie infectieuse n\u2019est pas seulement une conséquence, mais également une cause majeure de la pauvreté.L\u2019Afrique de l\u2019Ouest en sait quelque chose.Elle n\u2019a jamais non plus ménagé ses efforts pour la défense des idéaux universels, comme la paix, la justice et la liberté; des concepts historiquement remis en cause par le spectre de la guerre.Aujourd\u2019hui, l\u2019Ebola nous a appris qu\u2019une maladie infectieuse est tout aussi capable d\u2019ignorer les frontières que de déstabiliser des régions entières comme n\u2019importe quel conflit armé.Ainsi, le prochain sommet de l\u2019Organisation internationale de la Erancophonie qui se tiendra dans le courant du mois au Sénégal ne manquera pas de dirigeants qui savent que la protection ne peut être mesurée en fonction du seul nombre de soldats déployés sur le terrain, mais aussi par la performance des systèmes de santé publique et des programmes de vaccination.Cela se constate dans les pays les plus durement touchés, où l\u2019épidémie d\u2019Ebola s\u2019est avérée être aussi destructrice que n\u2019importe quel conflit, affectant profondément leur tissu socio-économique, mi- i HABIBOU KOUYATE AGENCE ERANCE-PRESSE Le président Boubacar Keïta en visite chez du personnel de santé à la frontière de la Guinée.Le président malien, qui doit composer avec une éclosion d\u2019Ebola, rappelle l\u2019importance d\u2019un système de santé solide.nant les progrès déjà accomplis et condamnant les pays africains à rester à la traîne.Pourtant, aussi tragique que soit cette crise, bien d\u2019autres maladies infectieuses endémiques affectent lourdement le continent africain.Bien que totalement évitables, elles engendrent de graves crises sanitaires qui paralysent les pays et coûtent la vie à des centaines de milliers de personnes chaque année.Prendre son destin en main Si la maladie appauvrit les personnes qui en sont atteintes, jouir d\u2019une bonne santé permet de prendre son destin en main.C\u2019est notamment le cas pour les enfants, notre plus grande richesse.Lorsqu\u2019un enfant tombe malade, il a besoin de soins et traitements médicaux; cela coûte du temps et de l\u2019argent.En évitant les maladies, les nourrissons ont plus de chances de devenir des enfants en bonne santé capables d\u2019aller à l\u2019école et de devenir des membres productifs de la société.De même, au lieu de s\u2019occuper d\u2019un enfant malade et de dépenser leur argent pour les soins médicaux, les parents pourraient travailler pour augmenter leurs revenus et leur pouvoir d\u2019achat, ce qui contribuerait à renforcer la croissance économique.C\u2019est un cercle vertueux qui pa- raît si simple et pourtant, des centaines de milliers d\u2019enfants meurent encore inutilement chaque année de pneumonie, de diarrhée, de rougeole et d\u2019autres maladies meurtrières, dont la plupart pourraient être évitées grâce à la vaccination.Les vaccins jusque-là inaccessibles sont désormais mis à disposition grâce au soutien de pays donateurs, mais aussi d\u2019organisations telles que Gavi, l\u2019Alliance du vaccin.Le Canada a d\u2019ailleurs été un partenaire généreux dans son soutien à la santé maternelle et infantile, notamment par la vaccination.Toutefois, nous demeurerons vulnérables aux maladies infectieuses si nos infrastructures de santé publique ne sont pas suffisamment développées, si nos chaînes d\u2019approvisionnement ne sont pas fiables, si nos équipements frigorifiques sont inadaptés ou si nos hôpitaux et nos centres de soins ne disposent pas d\u2019effectifs suffisants.Investir pour la stabilité Tout cela nécessite des investissements.Au Mali, nous avons travaillé dur et réalisé d\u2019énormes progrès pour renforcer nos infrastructures de santé.Nous nous sommes efforcés de maintenir le fonctionnement des services de santé dans tout le pays, même en période d\u2019instabilité politique et militaire.Depuis lors, avec le soutien de l\u2019UNl- CEE, de l\u2019Organisation mondiale de la santé et de Gavi, nous avons renforcé notre système de santé en améliorant la couverture vaccinale et en introduisant de nouveaux vaccins, comme le vaccin antirotavirus, afin de protéger nos enfants contre les maladies mortelles.11 nous reste cependant beaucoup à faire.Et, comme l\u2019Ebola l\u2019a montré, il ne sera possible d\u2019assurer à grands pas la croissance économique et de réduire la mortalité infantile que si un pays possède déjà un système de santé suffisamment robuste.Plus que jamais auparavant, les pays d\u2019Afrique ont la possibilité d\u2019asseoir les conditions propices à la stabilité politique et économique, ce qui permettra de réduire notre dépendance à l\u2019égard de l\u2019aide extérieure et d\u2019ouvrir de nouveaux marchés prospères.Pourtant, si tout doit être fait pour accueillir les investissements dans des secteurs tels que le transport, les communications et l\u2019énergie, le fait est que nous resterons vulnérables jusqu\u2019à ce que les pays d\u2019Afrique puissent nous protéger contre le fléau des maladies infectieuses.Ensemble, nous pouvons créer de la stabilité et éradiquer la pauvreté, mais nous devrons tout d\u2019abord veiller à renforcer la vaccination et les systèmes de santé pour garantir la bonne santé des populations et protéger nos enfants contre ces maladies.Les ennemis de la science Ne tombons pas dans le panneau climatosceptique C BINH AN VU VAN Présidente de l\u2019Association des communicateurs scientifiques et journaliste scientifique ette pancarte sur l\u2019autoroute 40 défigure le paysage montréalais en affichant que «Le soleil est le principal facteur du changement climatique».Cette imposture scientifique mine une éducation et une sensibilisation scientifiques que nous bâtissons depuis plusieurs décennies.Elle est d\u2019autant plus vicieuse que ses auteurs, Eriends of Science, un organisme climatosceptique al-bertain, usurpent la crédibilité de la science pour désinformer la population.Cette attaque envers l\u2019intelligence et la culture scientifique québécoise survient alors que les grandes institutions de culture scientifique sont moins armées que jamais pour défendre les Québécois.Nous avons tous entendu le vibrant discours de Charles Tisseyre dénonçant les coupes successives à Radio-Canada, et la réduction des moyens de l\u2019émission québécoise phare de communication scientifique.Découverte.Les difficultés de Le soleil est le principal facteur dijjihangeiiient climatique.Pas vous.Pas I* C02.«SWiJÊ nueNDsJ!^ .\u2018'SCIEHCE JACQUES NADEAU LE DEVOIR Une campagne d\u2019affichage climatosceptique financée par Friends of Science a cours dans la région de Montréal.l\u2019émission ne sont que la pointe visible de la crise actuelle qui sape la culture scientifique.Cette culture est assurée par une variété d\u2019organismes à but non lucratif et quelques petites entreprises, la plupart dépen- dants des subventions gouvernementales.En ce moment même, un grand nombre d\u2019entre eux lutte pour leur survie, tentant de s\u2019adapter à une énième vague de coupes.Leur agonie se fait en silence, car peu osent s\u2019exprimer publiquement espérant conserver le peu de subventions qu\u2019il leur reste.En octobre, les organismes de culture scientifique manifestaient «leur profonde inquiétude face aux coupes budgétaires répétées» par une lettre au ministère qui les finance depuis le changement 4e gouvernement, celui de l\u2019Économie, de l\u2019Innovation et des Exportations du Québec.Exprimer le ras-le-bol A cela s\u2019ajoute un climat fédéral hostile à la diffusion de l\u2019information scientifique.Pour informer le public, les communicateurs et journalistes scientifiques ont difficilement accès aux chercheurs fédéraux; les bibliothèques fédérales sont dilapidées ; les activités d\u2019éducation scientifique des parcs fédéraux sont réduites.Dans cette noirceur qui s\u2019installe, toute graine de doute peut prendre racine.Nous le craignions depuis plusieurs années, mais le voilà, l\u2019obscurantisme, incarné dans ce panneau, sur notre autoroute, chez nous, au Québec.Les Québécois doivent exprimer leur ras-le-bol haut et fort: la désinformation n\u2019est pas la bienvenue, et pour cela nous n\u2019aurons aucune tolérance.Enweüle à maison Francine Pelletier Les changements proposés en matière de frais de garde sont pratiquement insignifiants en comparaison au tsunami qui se prépare dans le domaine de la santé.Pourtant, c\u2019est l\u2019annonce de la hausse des tarifs dans les CPE qui ébranle les colonnes du temple.Qn joue ici avec un service qui implique l\u2019avenir même du Québec: les femmes et les enfants.Qn n\u2019y joue donc pas impunément.Bien que moins fortes que prévu, les hausses pourraient avoir un impact sur la natalité, plus assurément sur le nombre de femmes au travail.Enfin, c\u2019est ici que les partisans de chaque côté de la clôture (la «juste part» c.le «pacte social») se mettent à calculer fiévreusement.Je loge de ce côté-ci du Grand Canyon (par ici, les pelleteux de nuages) et trouve les chiffres de l\u2019économiste Pierre Portin assez convaincants merci: 70 000 nouvelles travailleuses en 2008 seulement grâce aux garderies subventionnées.Le blogue de Gérald Pillion n\u2019est pas mal non plus.11 démontre le retard que les Québécoises accusent sur le marché du travail par rapport aux femmes du Canada et de l\u2019Qntario en 1995, leur rattrapage à partir de 1998, un an après l\u2019instauration des garderies à 5$, et ensuite la nette prédominance des Québécoises pour les 10 années suivantes.La courbe est impressionnante.Mais que répondre à quelqu\u2019un qui lance: «Un paquet de cigarettes coûte combien déjà ?Ah, oui, 9,39$.» En d\u2019autres mots, une augmentation quotidienne des frais de gar4e d\u2019au plus 7$ par jour c\u2019est des pinottes au grand bal des consommateurs qui, en passant, ont toujours l\u2019intention de se rendre en République dominicaine cet hiver.A cet égard, ceux qui prétendent qu\u2019il est normal de payer davantage pour un programme qui coûte de plus en plus cher auront toujours un peu raison.Sauf que la question importante, pour les CPE comme d\u2019ailleurs pour la hausse des droits de scolarité, ce n\u2019est pas ce que ça coûte (aux individus), mais bien ce que ça vaut 4)our la collectivité).11 est inutile de calculer la dépense des parents sans d\u2019abord tenir compte du fameux enrichissement collectif.L\u2019arrivée des femmes sur le marché du travail est incontestablement le changement social le plus important depuis la révolution industrielle.Le temps dira si la révolution numérique finira par avoir des répercussions plus vastes encore, mais pour l\u2019instant, à titre de grand bouleversement, rien ne bat la féminisation du travail \u2014 qui est aussi celle de l\u2019éducation et, tranquillement pas vite, du pouvoir.Seulement, mis à part la pilule contraceptive, les garderies et les congés parentaux, rien n\u2019a été fait pour accommoder cette vaste réorganisation sociale.Qn n\u2019a pas repensé l\u2019organisation du travail, les horaires ou même les toilettes.Qn n\u2019a pas incité les hommes à la retraite pour faire place à la relève féminine.Qn n\u2019a même pas insisté sur un changement d\u2019attitude au sein des grandes institutions (Parlement, médias.), comme on a pu le voir récemment.N\u2019eût été la politique familiale de Pauline Marois en 1997, les femmes du Québec, comme ailleurs en Amérique du Nord, n\u2019auraient eu que leurs propres envie et/ou besoin de travailler pour les aider à s\u2019intégrer au marché du travail.Qr, elles ont pété des scores à cause justement de l\u2019aide gouvernementale.Cette réalité-là est immensément plus importante que le paquet de cigarettes dont on devra se passer pour faire garder ses enfants.De la même façon que c\u2019est la société tout entière qui s\u2019enrichit lorsque de plus en plus de jeunes poursuivent leurs études, tout le monde gagne lorsque les femmes ont accès au marché du travail.Pinanciè-rement, d\u2019abord.Selon les calculs de Pierre Portin, les impôts payés par les 70 000 nouvelles travailleuses en 2008 (1,7 milliard) excédaient les coûts du programme de garderies (1,65 milliard).Mais là encore, la valeur n\u2019est pas simplement pécuniaire.Ultimement, c\u2019est une question de justice, de démocratie, voire de diversité culturelle.11 y a une autre raison pour laquelle la règle de l\u2019utilisateur-payeur ne tient pas la route.C\u2019est la supercherie implicite dans le fait de demander aux parents de payer davantage alors que les banques, les grosses entreprises, les multinationales, elles, ne paient pas leur juste part.C\u2019est l\u2019absurdité de payer une vieille routière libérale 1100$ par jour pour diriger une commission de «dégraissage» du gouvernement alors que ses compétences et son travail laissent à désirer.Tout le monde est convaincu 4e l\u2019utilité de faire du ménage dans les affaires de l\u2019État.Mais encore faut-il qu\u2019on passe le balai partout, sans oublier que l\u2019émancipation de tout un chacun est le but ultime de tout gouvernement.Prottez dans les coins, c\u2019est bien, mais en gardant la tête haute, c\u2019est mieux.fpelletier@ledevoir.com L\u2019arrivée des femmes sur le marché du travail est le changement social le plus important depuis la révolution industrielle L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste), information générale : Isabelle Pare {chef de division), Carohne Montpetit (affaires sociales), Lisa-Marie Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauhne Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion (sports), Melanie Loisel et Phihppe Orfah (reporters), information politique Marco Fortier (chef de division), Michel Dav\\.d(chroniqueur), Helene Buzzetti et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cinno et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau et Bnan Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Véronique Chagnon et Louis Gagne (pupitre) information culturelle Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), Fredenque Doyon et François Levesque (reporters), Juhe Carpentier (pupitre), information économique Gerard Berube (chef de division), François Desjardins, Enc Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettmo-ParazeUi {reporters), Gerald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Levesque et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emihe Eohe-Boivm (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Erappier, Benoît Munger, Phihppe Papineau et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Elorence Sara G Eerrans (assistants) , correction : Andreanne Bedard,^Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Gilles Pare (directeur), Manon Derome (Montreal), Vanessa Racme (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClT'E Edith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Nathahe Jobin (par interim), Claire Paquet, et Chantal Ram ville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais {coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Obvier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald Eihon, Yannick Monn et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Ohvier Leclerc (coordonnateur du service a la clientèle), Manon Blanchette, Nathahe Eihon, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Claudine Chevner, Elorentma Draghici, Cehne Euroy et Véronique Page A 10 LE DEVOIR LE MERCREDI 26 NOVEMBRE 2014 ACTUALITES COITEUX SUITE DE LA PAGE 1 14 millions par an.L\u2019économie totale s\u2019élèvera à 689 millions.«L\u2019État doit se serrer la ceinture.Comme vous le voyez, tout le monde fera un effort», a déclaré Martin Cgiteux, affirmant sa volonté de réduire ja taille de l\u2019Etat pour le transformer en «un État du XXI^siècle».Dans un point de presse à la suite de l\u2019annonce, le premier ministre Philippe Couillard a souligné que «la vaste majorité» des actions entreprises pour rétablir l\u2019équilibre budgétaire l\u2019ont été par les administrations publiques.«Il y a des gestes, bien sûr, qui affectent les citoyens.C\u2019est des décisions qui sont difficiles à prendre, mais il est clairement nécessaire que la population voie que les efforts sont répartis», a-t-il fait valoir.Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019un gouvernement libéral, celui dp Jean Charest, s\u2019engage à réduire la taille de l\u2019État.Philippe Couillard a reconnu d\u2019emblée que la règle de ne remplacer qu\u2019un fonctionnaire qui prend sa retraite sur deux ne s\u2019étaif pas traduite par une réduction des effectifs de l\u2019État.L\u2019objectif de retrancher 2% des fonctionnaires remplace cette mesure, qualifiée de «paramétrique» par Martin Coiteux: elle est légèrement plus ambitieuse que le non-remplacement des 1000 départs par an que prévoyait la mesure implantée par la présidente du Conseil du trésor d\u2019alors, Monique Jérôme-Forget.«Tout ça est riche d\u2019enseignement», a signalé le premier ministre.«On y est allé de façon générale alors que là, on va y aller de façon sélective.» De même, les méthodes pour «contourner volontairement ou involontairement les règles» seront proscrites.Dans cette optique, Martin Coiteux entend exercer un contrôle strict sur le recours à la sous- traitance et aux employés occasionnels dans la fonction publique.«Le gouvernement souhaite aussi réduire de façon significative la dépendance contractuelle», a-t-il signalé.Expertise externe paradoxale Le rapetissement de l\u2019État que prépare Martin Coiteux s\u2019appuiera sur «un processus de planification des effectifs pour les ministères et les organismes».Paradoxalement, le président du Conseil du trésor pourrait céder lui-même à la «dépendance contractuelle» qu\u2019il déplore puisqu\u2019il entend solliciter au besoin une expertise externe pour faire cet exercice.Le gouvernement s\u2019attaquera également aux structures de l\u2019Etat avec «une série de décisions» qui seront contenues dans le prochain budget, a-t-il mentionné.La somme de 689 millions ainsi dégagée servira, en bonne partie, à éponger la hausse de salaire de 1% à laquelle ont droit au 31 mars 2015 les employés de l\u2019État, une somme de 390 millions.Fait à noter: ces économies s\u2019ajoutent aux compressions de 490 millions imposées en avril dernier et visant, notamment, des «gains d\u2019efficacité», c\u2019est-à-dire une réduction des effectifs, de 2% ainsi qu\u2019une coupe de 3% dans les dépenses de fonctionnement.Les deux principaux syndicats qui représentent les fonctionnaires, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et le Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), ont très mal réagi à l\u2019annonce.Les services à la population ont déjà été affectés par le gouvernement Charest, a déploré Denise Boileau, vice-présidente du SFPQ, qui a perdu près de 4500 membres depuis dix ans.Pour le président du SPGQ, Richard Perron, l\u2019annonce n\u2019augure rien de bon pour le recrutement des jeunes dans la fonction publique.Le Devoir FERGUSON SUITE DE LA PAGE 1 L\u2019omniprésence des forces de l\u2019ordre semblait avoir eu les résultats escomptés, du moins en partie, les protestataires présents étant bien moins nombreux mardi soir.Ailleurs cependant, des centaines, parfois même des milliers de manifestants ont défilé mardi soir dans près de 170 villes américaines, ainsi qu\u2019à Vancouver, Toronto et Ottawa.D\u2019Atlanta à Los Angeles en passant par New York et Boston, ils ont bloqué ponts, tunnels et autoroutes afin de dénoncer la décision du grand jury.Dans la Ville reine, près de 2000 personnes s\u2019étaient rassemblées devant le consulat américain, selon les estimations de la CBC.Pendant la journée, la principale artère de Ferguson était déserte, circonscrite par des cordons de police et plongée dans un silence surnaturel que seul le bruit d\u2019un hélicoptère des forces de l\u2019ordre troublait.Édifices vandalisés et incendiés côtoyaient voitures carbonisées et monuments éphémères à la mémoire de Michael Brown.Le leader des droits civiques Al Sharpton a multiplié les appels au calme.«Ce ne sont pas les cendres des bâtiments en feu de Ferguson qui doivent entretenir la mémoire de Michael Brown.C\u2019est par de nouvelles lois et le respect de la loi pour tous les citoyens qu\u2019on doit lui rendre hommage.» Le président américain a lui aussi condamné les violences lors d\u2019un discours à Chicago.«Brûler des bâtiments, mettre le feu à des voitures, détruire des biens, mettre des gens en danger, il n\u2019y a pas d\u2019excuse pour cela, ce sont des actes criminels, a déclaré Barack Obama.Il existe des moyens constructifs d\u2019exprimer ses frustrations.» Darren Wilson livre sa version des faits Après trois mois de délibérations, le grand jury a conclu que le policier Darren Wilson avait agi en état de légitime défense en tirant le 9 août 12 coups en direction de Michael Brown, qui l\u2019avait d\u2019abord frappé au visage avant de prendre la fuite.Dans une entrevue qu\u2019il avait marchandée pendant de nombreuses semaines avec différentes grandes chaînes télévisées, pour finalement s\u2019entendre avec le réseau ABC, le policier a dit avoir «bonne conscience» et a affirmé qu\u2019il aurait agi de la même manière avec un jeune Blanc.«Il a foncé sur moi, il allait me tuer», a-t-il affirmé.Ée policier a dit avoir craint que Michael Brown lui dérobe son arme et assuré avoir agi en légitime défense.«Je me suis encore interrogé moi-même: \u201cest-ce que je peux tirer sur ce type?Est-ce que je peux le faire légalement?\u201d Et ma réponse a été: \u201cje dois le faire \u201d.» «La raison pour laquelle j\u2019ai bonne conscience, c\u2019est parce que je sais que j\u2019ai bien fait mon travail, a déclaré le policier.Je ne crois pas que ça va me hanter.Ça va rester comme quelque chose qui m\u2019est arrivé», a-t-il ajouté.Darren Wilson a ajouté que sa femme et lui espé raient retrouver désormais une vie normale.«On veut juste avoir une vie normale.C\u2019est tout», a-t-il dit.Le policier, qui est toujours en congé adminis- tratif, n\u2019est cependant pas à l\u2019abri de toute poursuite.Le procureur général des États-Unis, Eric Holder, a rappelé que deux enquêtes fédérales sont en cours.Il a promis des conclusions rapides «pour rétablir la confiance» entre la police et la communauté noire.De son côté, le Sénat américain organise le 9 décembre une commission spéciale sur la situation des droits civiques aux États-Unis.Manifestations dans plusieurs villes Ces deux procédures fédérales mettent un peu de baume sur les blessures de la famille Brown, qui a dénoncé le travail du procureur local, estimant la procédure biaisée.«Nous avons vu à quel point cette décision est injuste.Nous protestons ouvertement et fortement au nom de Michael Brown», a lancé l\u2019avocat de la famille.«On pouvait prévoir ce qui allait arriver», a ajouté M® Benjamin Crump, en dénonçant les «relations de proximité» entre le procureur qui a mené l\u2019enquête, Robert McCulloch, et la police, avant de détailler des contradictions dans le témoignage du policier publié mardi.«Nous nous élevons contre cette décision, car dans toute l\u2019Amérique, que ce soit à New York, à Los Angeles, en Californie, à Cleveland, les jeunes garçons de couleur sont tués par les policiers», a lancé l\u2019avocat, en plus de demander à nouveau qu\u2019une loi soit créée afin de forcer les patrouilleurs à être équipés d\u2019une caméra.Avec l\u2019Agence France-Presse et Associated Press Le Devoir VISAGES SUITE DE LA PAGE 1 la trace de ces deux adolescentes de 16 et 17 ans, disparues en laissant dans leur appartement leurs portefeuilles, avec pièces d\u2019identité et argent, et leurs vêtements.Èlle a rencontré la mère de Maisy, Laurie, conseillère en toxicomanie, et sa grand-mère, Lisa.Maisy habitait chez Lisa quand elle a disparu.Elle nous fait connaître aussi le père de Shannon, Bryan, et sa grand-mère, Pam, qui a travaillé comme analyste pour l\u2019armée canadienne.Shannon habitait chez Bryan, qui l\u2019élevait seul, et c\u2019est le dernier endroit où elle a été vue.Adolescentes rebelles certes, mais avec l\u2019avenir devant elles.Shannon se préparait à suivre un cours d\u2019infirmière à Mont-Laurier.Maisy avait abandonné l\u2019école et vivait chez sa grand-mère, qui venait de l\u2019habiller de pied en cap pour lui permettre d\u2019y retourner.Elle était allée vivre là après s\u2019être disputée avec sa mère qui ne voulait pas que son petit ami dorme à la maison.Les deux touchaient à la drogue à l\u2019occasion.Des adolescentes comme d\u2019autres, donc.«Chercher des causes à leur disparition (mauvaises fréquentations à cause de la drogue, par exemple), c\u2019était, ai-je compris au fil des mois, entrer dans un champ politique et délicat.Depuis des années, les militantes se battent contre le discours policier qui attribue aux jeunes femmes autochtones des \u201ccomportements à risque\u201d: auto-stop, toxicomanie, errance, prostitution», écrit Emmanuelle Walter.Car même le chef de police de Kitigan Zibi, Gordon McGregor, qu\u2019Emmanuelle Walter a rencontré, le reconnaît: la fugue est la première hypothèse qui lui est venue à l\u2019esprit.«Ce biais, c\u2019était l\u2019idée bien ancrée dans les deux services [Sûreté du Québec et police de Kitigan Zibi] que les adolescentes avaient fugué.Un biais régulièrement soulevé lors des enquêtes ou des auditions parlementaires sur les femmes autochtones assassinées ou disparues», écrit Walter.Violence dans les réserves Mais les faits troublants entourant les assassinats et disparitions de femmes autochtones vont plus loin, levant le voile douloureux de la violence dans les réserves.Emmanuelle Walter cite la chercheuse Val Napoleon, enseignante de l\u2019Université Victoria en Colombie-Britannique.La chercheuse avait pris deux jeunes autochtones qui faisaient du stop sur l\u2019autoroute qu\u2019on appelle l\u2019autoroute des larmes, en Colombie-Britannique.Cette portion de la route 16, entre Prince-Rupert et Prince-George, est ainsi nommée à cause du grand nombre de disparitions et de meurtres de femmes qui y sont survenus.Le sujet a inspiré un film au réalisateur Matt Smiley, Highway of Tears.Lorsque Val Napoleon a demandé aux deux auto-stoppeuses pourquoi elles se mettaient en danger sur cette autoroute, l\u2019une d\u2019elles a répondu : «De toute façon, c\u2019est plus sûr de faire de LE DEVOIR Emmanuelle Walter, auteure du livre enquête Sœurs volées.JACQUES NADEAU LE DEVOIR l\u2019auto-stop que de vivre dans notre communauté.C\u2019est là-bas que c\u2019est vraiment dangereux pour nous.On rentre à Vancouver dès qu\u2019Élla [sa copine] aura terminé.» Comme c\u2019est le cas pour la moyenne des femmes assassinées, 90% des meurtres de femmes autochtones sont commis par quelqu\u2019un qui est connu de la victime.Les 10% qui subsistent sont les cas les plus difficiles à résoudre, dit Walter en entrevue.La journaliste soulève d\u2019ailleurs une autre réalité trouble et délicate: 90% des prostituées juvéniles \u2014 et donc exploitées \u2014 sont autochtones au Canada.C\u2019est la militante d\u2019Idle No More Widia Larivière qui a avancé ces chiffres dans le cadre d\u2019un atelier sur la traite des femmes.«Widia énumérait les lieux de recrutement: bars, aéroports, gares d\u2019autobus, grands chantiers dans les régions du Nord-du-Québec.» Certaines jeunes filles sont prostituées au sein de leur propre famille, ajoute Emmanuelle Walter.En entrevue, Michèle Audette, de Femmes autochtones du Canada, précise que des femmes inuites qui quittent leur communauté sont attendues dans les aéroports des villes par des proxénètes qui leur proposent de les aider.Mais les jeunes Maisy et Shannon n\u2019en étaient pas là, soutient Walter.1181 femmes disparues Si elle s\u2019étend particulièrement sur le cas des disparitions de Maisy Odjick et de Shannon Alexander, Emmanuelle Walter n\u2019en embrasse pas moins l\u2019ensemble du phénomène des femmes autochtones assassinées ou disparues, «l\u2019angle mort d\u2019un pays prospère, le Canada», écrit cette Française d\u2019origine qui vit à Montréal depuis quelques années.Le dernier rapport de la GRC parle de 1181 femmes autochtones disparues ou assassinées entre 1980 et 2012.Une liste douloureuse et interminable qu\u2019Emmanuelle Walter décline en citant chaque fois l\u2019horreur de la mort: à vélo, en stop, en marchant, battues par leur conjoint, leur voisin ou leur cousin, poignardées, frappées à la tête, brûlées vives, noyées, puis retrouvées, quand c\u2019est le cas, sous un pont, sur la rive d\u2019un fleuve, dans un sac-poubelle, dans une décharge ou dans un sac de hockey.Des noms et une histoire qui glacent le sang, mais qui sont trop souvent passés sous le radar de l\u2019opinion publique.Maisy Ojinck et Shannon Alexander n\u2019ont quant à elles jamais été retrouvées.Ni sur le territoire de la réserve, qui fait 18 000 hectares, ni ailleurs.À la fin de l\u2019ouvrage, Emmanuelle Walter jongle avec quelques hypothèses sur leur disparition: Shannon se serait battue avec un membre d\u2019un gang non autochtone de Maniwaki, quelques jours avant les faits.Un revendeur de marijuana les a appelées à plusieurs reprises le jour même.Elles avaient reçu quelques amis dans la soirée.«Les filles donnaient l\u2019impression d\u2019avoir effacé leurs traces avec un balai, puis de s\u2019être envolées dessus.Un enquêteur de la SQ est toujours sur l\u2019affaire.Un jour, peut-être, quelqu\u2019un parlera [.]», écrit-elle.On ne sait rien de plus.Le Devoir SŒURS VOLEES, ENQUETE SUR UN FEMINICIDE AU CANADA Emmanuelle Walter Lux éditeur, Montréal, 2014 224pages CANADIENS SUITE DE LA PAGE 1 23 326 internautes dans 24 pays a été sondée sur le thème très contemporain de la vie privée et de la sécurité en ligne.Pis, plus de la moitié des Canadiens juge avoir davantage de raisons aujourd\u2019hui de craindre pour le respect de leur vie privée en ligne qu\u2019il y a un an, mais au final, moins d\u2019un tiers des internautes a pris des mesures concrètes pour éviter les écueils et protéger leurs données personnelles tout comme leur intimité en ligne, surtout en ne fréquentant plus certains sites Web et applications (41%), en changeant régulièrement de mots de passe (37%) ou encore en s\u2019autocensurant (24%), révèlent les données de ce sondage.«Nous sommes devant une autre belle contradiction induite par la technologie», résume à l\u2019autre bout du fil Jean-Paul Lafrance, auteur de l\u2019essai La civilisation du CLIC ou la vie moderne sous l\u2019emprise des nouveaux médias (L\u2019Harmattan).L\u2019homme est ex-prof de communication à l\u2019UQAM.«Les nouveaux citoyens numériques sont conscients des dangers, des risques, mais dans le feu de l\u2019action, dans ces univers, ils semblent également perdre tout sens critique et se dévoilent sans pudeur et sans réellement mesurer la portée de leurs gestes.» Une crainte mondialisée La peur de la surveillance, les risques de censure du Web par les gouvernements, les dérives commerciales en format numérique et les atteintes que cela vient forcément porter aux libertés civiles et individuelles semblent d\u2019ailleurs «JJ est possible partagés par les internautes des 24 pays placés sous la d\u2019avoir une loupe par le CIGI, dans des proportions toutefois chan- existence géantes.Ainsi, l\u2019affaire Snowden a davantage mar-qué les esprits en Aile- laisser magne \u2014 94% des internautes en ont entendu parler de traces \u2014 qu\u2019au Kenya où le dévoi- , .lement de documents se- numenques» crets confirmant l\u2019espionnage de simples citoyens par plusieurs gouvernements, dont ceux des États-Unis et du Canada, n\u2019a été porté aux oreilles que de 14% des répondants.Ils représentent 62 % de la population d\u2019ici.L\u2019utilisation commerciale des données personnelles par des entreprises privées offrant des services de socialisation ou de navigation en ligne préoccupe également beaucoup plus les internautes du Mexique (90%), du Kenya (88%) de la Corée du Sud (80%) que de la Suède (53%) et du Japon (62%), selon le rapport publié par le CIGI.«Ces inquiétudes croissantes exprimées par les gens, ici comme ailleurs, sont finalement de très bonnes nouvelles, estime Maude Bonenfant, chercheuse au Groupe de recherche sur l\u2019information et la surveillance dans le quotidien (GRISQ) de l\u2019UQAM.Elles témoignent d\u2019une prise de conscience nécessaire, même si pour le moment, cette prise de conscience s\u2019accompagne d\u2019une incapacité à éviter, individuellement et collectivement, les dérives.» Ce serait, selon elle, la faute aux entreprises du Web qui ne facilitent pas la tâche à l\u2019internaute pour protéger sa vie privée, mais également à l\u2019internaute lui-même qui se retrouve dans un univers social numérique très facile à utiliser, mais très compliqué à comprendre.«Ces outils de communication ont aujourd\u2019hui une incidence sur notre humanité, poursuit l\u2019universitaire, ils profitent même à la démocratie en permettant de revendiquer, de défendre des droits, de manière collaborative.L\u2019idée n\u2019est donc pas de se déconnecter, mais de prendre des mesures pour que l\u2019accès à ces univers ne soit pas forcément soumis à des intérêts économiques et à cette logique néolibérale.Il est possible d\u2019avoir une existence en ligne sans laisser de traces numériques.Et c\u2019est ce qu\u2019il faut promouvoir désormais.» Une perspective que devraient sans doute embrasser près de 83% des internautes à travers le monde qui perçoivent l\u2019accès à l\u2019Internet comme un «droit de la personne fondamental», plutôt que conme une vulgaire infrastructure de communication.Un droit qui, comme tous les autres, sans surprise, voit forcément des citoyens se porter à sa défense lorsque des intérêts privés ou des gouvernements à la suspicion déplacée le menacent.Le Devoir Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com 60 sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 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Enregistrement n\u201c 0858.Dépôt legal: Bibliothèque et Archives nationales du Quebec, 2007."]
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