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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2014-11-29, Collections de BAnQ.

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[" f Idées : l\u2019épidémie d\u2019Ebola et les failles des systèmes de santé Page b 5 Michel David : PKP pourra-t-il diriger un «bon gouvernement» ?Page b 3 Manon Corneiiier : le scandale de la thalidomide est d\u2019actualité Page b 2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 V >s Le gouvernement Couillard a multiplié les annonces cette semaine.Compressions JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE La course à l\u2019austérité Le gouvernement Couillard aurait voulu enterrer le rapport de la Commission de révision permanente des programmes, présenté dimanche par sa présidente, Lucienne Robillard, qu\u2019il n\u2019aurait pas agi autrement.Hyperactif, il a multiplié les annonces tout juste avant et toute la semaine durant.Et ce n\u2019est pas l\u2019habileté que manifeste le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, pour nier les évidences qui empêchera le rapport d\u2019être, pour l\u2019essentiel, remisé sur une tablette.ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec ^ apport original de la commission Robillard, ce fut sans nul doute de proposer de hausser à 35 $ le tarif .journalier des services de garde '\tsubventionnés, afin de maximiser les crédits d\u2019impôt fédéraux et ainsi de récupérer une somme de 149 millions.Ce mode de tarification est calqué sur celui des garderies non subventionnées ; il présente le désavantage de grever les liquidités des parents, le temps qu\u2019ils récupèrent le crédit d\u2019impôt fédéral un an plus tard.La commission est d\u2019avis qu\u2019il faut mettre les deux types de service de garde, subventionné et non subventionné, sur le même pied, question de stimuler la concurrence.Sans grands égards pour les commissaires et, parmi eux, pour les deux économistes, Robert Gagné et Claude Montmarquette, qui se sont échinés à faire les calculs, le premier ministre, Philippe Couillard, et la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, ont annoncé la décision du gouvernement quatre jours avant que le rapport ne soit rendu public : une modulation du tarif selon les revenus des parents, plafonnée à 20$ par jour.La recommandation de la commission Robillard avait été soumise au caucus, qui l\u2019avait jugée invendable.Outre cette recommandation, les constats que la commission Robillard a faits sur les services de garde sont tirés inté^alement de rapports du ministère de la Famille.Les commissaires ont énoncé une autre recommandation pour le moins singulière : celle de surseoir à la création de nouvelles places en recourant aux 20 000 places vacantes dans les garderies non subventionnées.C\u2019est oublier que ces places sont concentrées dans la grande région de Montréal et ne sont souvent pas réparties dans les quartiers où les besoins existent.Indignation «Ily a quelque chose d\u2019irréel», a dit le ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation, Pierre Paradis, au sujet du rapport de la commission.En matière d\u2019agriculture, les commissaires ont tout simplement proposé d\u2019éliminer la contribution de l\u2019État à l\u2019assurance-stabili-sation des revenus agricoles, une ponction de 300 millions.«Ça n\u2019a pas de bon sens», s\u2019est-il exclamé, présentant l\u2019agriculture comme un secteur économique d\u2019avenir qui, bien que sub- Depuis le début de la session, les ministres rivalisent d\u2019ingéniosité pour rogner les dépenses publiques ventionné, est rentable.«Le rôle de l\u2019État, que ce soit au Québec ou ailleurs sur la planète Terre, a toujours été de soutenir son agriculture, a avancé le ministre.Les économistes ont raison quand ils disent que ça coûterait meilleur marché si on ne se nourrissait pas.Sauf que ça ne durerait pas longtemps», a-t-il ironisé.Un autre libéral qui a avalé son café de travers en lisant le rapport, c\u2019est le ministre des Affaires municipales et de l\u2019Occupation du territoire, Pierre Moreau.La commission a suggéré de retrancher 1,3 milliard des 3,5 milliards versés en transferts aux municipalités : tous les transferts inconditionnels passeraient à la trappe, y compris les compensations de taxes, les taxes que le gouvernement du Québec paie aux municipalités pour ses immeubles.La beauté de la chose, c\u2019est que les villes n\u2019augmenteraient pas les taxes, car elles disposent de toute la marge de manœuvre voulue, ont soutenu les commissaires.«C\u2019est un peu fort», a euphémisé le ministre, qui, déWt octobre, avait négocié une réduction de 300 millions du pacte fiscal avec les municipalités.Déjà une ^osse commande qui passe mal, surtout en région.Le budget Le ministre des Finances, Carlos Leitâo, a participé à l\u2019hyperactivité du gouvernement Couillard en présentant son projet de loi pour mettre en œuvre son dernier budget.Il contenait des éléments qui n\u2019avaient rien à voir avec les mesures budgétaires annoncées au printemps.«Des méthodes à la Harper», s\u2019est écriée la leader parlementaire de l\u2019opposition péquiste, Agnès Maltais.C\u2019est dans ce projet de loi que les pharmaciens ont appris que le gouvernement diminuait de 14% leurs honoraires payés par l\u2019as-surance-médicaments, afin de récupérer 130 millions.Le même jour, la ministre Francine Charbonneau a déposé un projet de loi sur « l\u2019optimisation» \u2014 un mot à la mode pour désigner des compressions \u2014 des services de garde, dont un des buts était de «responsabiliser», a-t-elle dit, les parents.Et quoi de mieux pour responsabiliser qu\u2019une amende de 3600 $ si un parent signe une fiche d\u2019assiduité pour des jours où son enfant n\u2019est pas à la garderie : des amendes pour contrer le phénomène bien réel des places fantômes.À voir les explications qu\u2019a dû fournir la ministre depuis et le recul qu\u2019elle a signifié vendredi, la précipitation semble être mauvaise conseillère quand vient le temps de rédiger un projet de loi pour régler un problème administratif Chose certaine, la possibilité de mettre les parents à l\u2019amende a fait passer au second plan la contestation de la modulation des tarifs.Pour sa part, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a prouvé que, s\u2019il ne craignait pas de se faire des ennemis chez les pharmaciens, il en était de même pour les membres de sa profession.Rapide sur la gâchette, il a déposé son deuxième projet de loi de la session avant même de présenter, comme promis, les amendements à son projet de loi sur la réorganisation du système de santé.Il se propose de réduire de 30% la rémunération des médecins qui travaillent à temps partiel, une mesure franchement très imaginative.Il sabre aussi dans le programme de fécondation assistée, une autre économie en ces temps d\u2019austérité.Un autre siècle ! Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, n\u2019a pas été en reste, annonçant, non sans emphase, l\u2019avènement de «l\u2019État XXL siècle ».Plus prosaïquement, il s\u2019agit d\u2019une coupe de 689 millions qui est de la même eau que les compressions annoncées au printemps.Après 2% de «gains de productivité», un terme savant pour parler d\u2019une réduction de personnel, il impose une autre compression de 2%, assortie d\u2019unç foule d\u2019économies de bouts de chandelle.L\u2019État du XXP siècle attendra quelques mois encore, puisque le ministre a promis que le gouyernement s\u2019attaquera aux structures de l\u2019État dans le prochain budget.Depuis le début de la session et durant la dernière semaine en particulier, on assiste en quelque sorte à une course à l\u2019austérité où les ministres rivalisent d\u2019ingéniosité pour rogner les dépenses publiques.On s\u2019attend à ce que Carlos Leitâo, à la faveur de sa mise à jour économique et financière, apporte, mardi, sa contribution avec d\u2019autres coupes du côté des crédits d\u2019impôt aux entreprises.Toutes les décisions du gouvernement, ou presque, visent à atteindre l\u2019équilibre financier en 2015-2016, un objectif incontournable, répète Philippe Couillard.Quant à Martin Coiteux, on attend toujours qu\u2019il demande à la commission Robillard, qui dispose d\u2019un budget allant de 2 à 3,8 millions, selon les versions, d\u2019en faire plus avec moins.Le Devoir FRANCE Sarkozy: quand la magie n\u2019opère plus CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris Samedi vers 20 h 30, à moins d\u2019un cataclysme, pour la deuxième fois de sa vie, Nicolas Sarkozy devrait être sacré chef de l\u2019UMP.L\u2019ancien président, redevenu simple citoyen après son échec à l\u2019élection de 2012, ne fait face qu\u2019à deux candidats.Le premier, Hervé Mari-ton, n\u2019est pas très connu et demeure marginal.Le second, Bruno Lemaire, malgré une excellente campagne, ne semble pas avoir encore l\u2019envergure pour convaincre ce noyau dur de militants vendus d\u2019avance à leur idole.Pourtant, les experts scruteront à la loupe les résultats du vote.Si celui-ci devait s\u2019éloigner des 80% de voix que Nicolas Sarkozy escomptait obtenir en début de campagne, le triomphe pourrait se transformer en demi-échec.En milieu de campagne, ses partisans parlaient plutôt de 70%.Ces derniers jours, il n\u2019était plus question que de l\u2019emporter au premier tour.Mais, quel que soit le chiffre de la victoire, tous les analystes s\u2019entendent pour dire que rien dans cette campagne menée auprès des militants ne s\u2019est passé comme prévu.Même si cela ne traduit pas nécessairement l\u2019opinion des membres, la popularité de Nicolas Sarkozy auprès des sympathisants de l\u2019UMP a baissé de dix points en deux mois.«Usé», titre d\u2019ailleurs Le Nouvel Observateur, alors que l\u2019hebdomadaire Marianne affirme que l\u2019ancien président a «perdu la main ».«Depuis deux mois, il offre un profil inédit et pour le moins étonnant », écrit un éditorialiste du Monde, Gérard Courtois.«Ballotté par les propositions des uns et des autres, hésitant entre des postures contradictoires, l\u2019ancien président donne le sentiment d\u2019avancer à la godille, de bricoler, voire d\u2019improviser.Comme si, depuis deux ans, il n\u2019avait ni travaillé ni réfléchi, se contentant d\u2019attendre le moment propice pour reprendre le film où il l\u2019avait laissé en mai 2012.» Le plan B Il faut dire que, il y a six mois à peine, Nicolas Sarkozy ne prévoyait pas se présenter à la présidence de l\u2019UMP.Ses plus proches soutiens, comme son ancien conseiller Henri Guaino, le lui avaient fortement déconseillé.Son plan A prévoyait plutôt de demeurer en réserve de la République afin de se poser en recours providentiel au fur et à mesure qu\u2019approcherait l\u2019échéance de 2017.Mais l\u2019état de désa-^égation de l\u2019UMP et les nombreuses affaires judiciaires qui cernent l\u2019ancien président en ont décidé autrement.Nicolas Sarkozy ne pouvait VOIR PAGE B 2 : UMP « L\u2019ancien président donne le sentiment d\u2019avancer à la godille, de bricoler» PASCAL GUYOT AGENCE FRANCE-PRESSE Nicolas Sarkozy jeudi à Nîmes B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO NOVEMBRE 2014 PERSPECTIVES Sauver les apparences Manon CORNELLIER à Ottawa n mars dernier, l\u2019Association canadienne des victimes de la thalidomide demandait une rencontre à la ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, afin de discuter d\u2019une aide financière pour les survivants de cette tragédie.En vain.Jusqu\u2019à cette semaine.Jusqu\u2019à ce que le Globe and Mail étale sur la place publique la situation de ces victimes et le peu de cas que le gouvernement faisait de leur sort.11 a fallu que le gouvernement soit mis dans l\u2019embarras pour qu\u2019il bouge d\u2019un pas.11 s\u2019est senti gêné ?Tant mieux parce qu\u2019il y avait de quoi avoir honte.Le scandale de la thalidomide a beau avoir éclaté au début des années 1960, il reste toujours d\u2019actualité car les victimes, elles, subissent tous les jours les séquelles de cette ancienne incurie fédérale.Ottawa a toujours été responsable de l\u2019homologation des médicaments au Canada et au début des années 1960, il a cru, comme une quarantaine d\u2019autres pays, la compagnie allemande Che-mie Grünenthal quand elle affirmait que la thab-domide pouvait sans risque cabner l\u2019insomrbe et les nausées matinales des femmes enceintes.Peu après sa mise en vente au Canada en avril 1961, des cas de fausses couches et de naissances d\u2019enfants difformes et lourdement handicapés ont commencé à cbculer.Plusieurs sont morts à la naissance ou en très bas âge.Selon l\u2019association, environ 5000 victimes seraient encore vivantes à travers le monde, dont près d\u2019une centaine au Canada.Leurs mabormations vont de la paralysie faciale à la déformation des organes internes en passant par l\u2019absence de bras et/ou de jambes, les mains ou les pieds étant attachés au tronc.Dans une enquête réalisée en 2010 auprès de ses membres, l\u2019association constatait que «26 % des répondants [avaient besoin] de l\u2019aide partielle ou totale d\u2019une autre personne pour la préparation de leurs repas et 14 % pour leur hygiène personnelle.En somme, 46 % des répondants consid[érdient] avoir perdu des capacités et être moins autonome».Le pire est que contrairement à d\u2019autres pays, le Canada a tardé à retirer le médicament du marché.11 ne l\u2019a fait qu\u2019en mars 1962, soit trois mois après l\u2019Abemagne, l\u2019Austrabe et la Grande-Bretagne.11 est aussi un de ceux qui a le moins fait poiu ses siuvivants.Pour seule réparation, U a établi en 1991, après des années de revendications de la part des Amputés de guerre du Canada, un Ré^me d\u2019aide extraordinaue qui a accordé de petits montants forfaitaues aux victimes et, à certaines, des compensations annuebes généralement inférieures à 10 000$.Cela est insuffisant.Les victimes ont vieilli, leur santé se détériore, compromettant leur autonomie, et leurs douleurs articulaires, nerveuses et musculaires s\u2019aggravent.Les services publics ne peuvent répondre à tous leurs besoins, alors elles doivent se tourner vers le privé.Elles en ont rarement les moyens, même si la majorité travaille.Elles cognent donc à la porte du gouvernement fédéral.Après touf il est en partie responsable de leur mabieur.N\u2019ayant obtenu aucune réponse à leur demande de rencontre avec la ministre de la Santé, ebes lui ont envoyé en septembre un rapport exposant leiu situation.Ambrose avouait tout récemment ne pas l\u2019avoir lu.Elle n\u2019avait pas prévu que le Globe and Mail publierait un dossier coup de poing sur le sujet la fin de semaine dernière, suivi de textes quotidiens exposant la réaction du gouvernement.On aurait voulu faire passer la ministre et le gouvernement pour une gang de sans cœur, on n\u2019aurait pas fait mieux.L\u2019association a pris la balle au bond et a tenu une conférence de presse émouvante au parlement mardi.Le NPD, de son côté, a profité de sa journée d\u2019opposition de jeudi pour forcer le gouvernement à se prononcer sur l\u2019aide à accorder aux victimes.Mis au pied du mur, il a dit qu\u2019il appuierait la motion lors du vote qui aura beu lundi.Quant à la ministre Ambrose, elle devrait rencontrer l\u2019association ce même lundi pour discuter des « options possibles ».Les victimes, elles, souhaitent la mise sur pied d\u2019un fonds pour les survivants qui verserait à chacune un montant forfaitaire de 250 000$ pour répondre à leurs besoins immédiats et le versement par la suite d\u2019une rente annuelle pouvant aller de 75 000 à 150000$, selon l\u2019état de santé et les besoins de chaque personne.Ça peut paraître beaucoup, mais il faut voir ce qui se fait ailleurs.En Grande-Bretagne, un trust a été mis sur pied dès 1973 et les victimes reçoivent une aide financière depuis des années pour un maximum, actuellement, de 85 000 livres par année.En Allemagne, la rente annuelle atteindrait 110 000$.Les victimes canadiennes refusent de se ré-jouu avant d\u2019avou une offre concrète sur la table.Après tout, une motion est si vite oubliée.Un exemple?Pris à partie dans le dossier des appels automatisés, le gouvernement a alors appuyé une motion néodémocrate exigeant un projet de loi sur le sujet dans un délai de six mois.11 s\u2019en est écoulé plus de 18 avant qu\u2019il accouche de sa controversée réforme électorale.Les survivants de la thalidomide ont raison.Un tiens vaut toujours mieux que deux tu l\u2019auras.mcornellier@ledevoir.com ETATS-UNIS Ferguson : la ségrégation au cœur de Faménagement urbain Le 9 août, la police d\u2019une petite ville du Missouri a abattu un jeune Noir qui ne portait aucune arme.Ce drame et d\u2019autres ont mis en évidence les problèmes du profîlage racial et de la violence policière aux Etats-Unis.CLAUDE LÉVESQUE Dans la région de St.Louis, au Missouri, les Nous et les Blancs se regardent en chiens de faïence depuis longtemps.Des émeutes ont éclaté cette semaine à Eerguson, une ville de banlieue, en réaction au non-lieu prononcé par le grand jury qui enquêtait sur la mort de Michael Brown, un Noir âgé de 18 ans, survenue le 9 août dernier.Ces violences faisaient écho à celles qui avaient fait rage après que l\u2019agent de police Darren Wilson eut tué des coups de feu mortels ce sou-là.La commune de Eerguson s\u2019est un peu calmée, mais la colère des Nous américains et de leurs sympathisants n\u2019est pas près de s\u2019éteindre.Des manifestations en ont fait foi à New York, à Los Angeles et même à Londres, entre autres beux.Au moins trois aqtres Noirs ont été tués par des policiers aux Etats-Unis depuis l\u2019été.Le 17 juillet, Eric Garner, un père de famille de 43 ans, est mort à Staten Island, un arrondissement de New York, lors d\u2019une interpellation particubèrement musclée.Akai Gurley, un Noir de 28 ans, a été tué par accident le 21 novembre dans un immeuble de logements sociaux à Brooklyn, un autre arrondissement de la Grosse Pomme, par un pobcier débutant.Enfin, le 22 novembre, un garçon de 12 ans, Tamir Rice, a été abattu par un pobcier, lui aussi une recrue, dans un parc de Cleveland, en Ohio, alors qu\u2019il jouait avec un fusil-jouet.Dans un pays où il y a plus d\u2019armes à feu que de citoyens, les policiers ont beau jeu de due qu\u2019ils sentent leur vie menacée par des citoyens dont ils n\u2019aiment pas l\u2019allure.Mais on soupçonne plusieurs d\u2019entre eux de pratiquer le profilage racial.Un comité des Nations unies vient de publier un rapport en ce sens.Une courtepointe urbaine Eerguson est l\u2019une des 91 municipalités du comté de St.Louis, qui ne comprend pas la ville-centre et qui constitue une partie de la banlieue.Une partie seulement car il faut ajouter une quinzaine d\u2019autres comtés répartis sur les deux rives du Mississippi (donc au Missouri et en Illinois) pour englober la totalité de la région métropolitaine de St.Louis.On aura compris que cette dernière est une véritable courtepointe, une juxtaposition de municipalités érigées, dans bien des cas, dans l\u2019unique but de séparer les Blancs fortunés des pauvres et des Nous.Eerguson compte envuon 21 000 habitants.D\u2019autres municipalités sont beaucoup plus petites et comptent moins de 1000 habitants.L\u2019une d\u2019elle, appelée Champ, n\u2019en recoupe que 13, tous Blancs.Le divorce entre la ville de St.Louis et le comté de St.Louis remonte à 1876.La césure avait peut-être du sens à l\u2019époque, mais les historiens y voient aujourd\u2019hui la source de plusieurs problèmes sociaux.Non seulement les écoles et les autres équipements sont très inégalement répartis, mais la concurrence stérile entre les multiples entités municipales a eu pour effet de désindustriabser la région au fil des ans, même si celle-ci conserve quelques sièges sociaux d\u2019entreprises I JEWEL SAMAD AGENCE ERANCE-PRESSE De nouvelles émeutes ont éclaté cette semaine à Ferguson et dans d\u2019autres villes des Étas-Unis.importantes, dont le semencier Monsanto et le brasseur Anheuser-Busch.Selon l\u2019historien Colin Gordon, de l\u2019Université de l\u2019lowa, cité par BusinessWeek, «la Gateway City est l\u2019exemple parfait de la décadence urbaine marquée par le dépeuplement, la désindustrialisation et une ségrégation profonde ».Les Blancs se sont installés toujours plus loin du centre-ville de St.Louis, à tel point que le temps passé au volant entre la maison,et le bureau est un des plus longs aux Etats-Unis.Eerguson a déjà été majoritauement blanche.Aujourd\u2019hui, cette ville est noire à 60%, mais le corps de police demeure très majoritairement blanc, tout comme le conseil municipal, qui est présidé par un maire blanc.Le magazine Mpther Jones, qui cite les données officielles de l\u2019État du Missouri, indique que 483 Nous, mais seulement 36 Blancs, ont été arrêtés par la police à Eerguson en 2013.Dans la ville-centre, les Nous comptent pour la moitié des quelque 318 000 habitants.Dans la région métropolitaine (2,8 millions d\u2019habitants), pour moins de 20%.Des remèdes sont ré^lièrement proposés, depuis longtemps.La ville et le comté de St.Ferguson a déjà été majoritairement blanche.Aujourd\u2019hui, cette ville est noire à 60%.Louis songent à unir leurs efforts pour que le développement économique devienne plus homogène, mais les réticences sont fortes dans certains secteurs.La National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP) exige entre autres qu\u2019on nomme d\u2019urgence un nouveau chef de police à Eerguson.Cette vénérable organisation met sur pied ces jours-ci une marche de 190 kilomètres entre Eergpson et Jefferson, la capitale de l\u2019État du Missouri, à l\u2019appui de ses revendications.«Nous voulons montrer au pays et au monde que la NAACP et ses alliés ne baisseront pas pavillon avant que des changements systémiques n\u2019aient été faits, que les responsables aient rendu des comptes et que justice ait été faite dans les cas de bavures policières comme celle qui a coûté la vie à Michael Brown », déclare l\u2019organisation dans un communiqué.Au niveau national, la tragédie de Eerguson et celles de New York et de Cleveland ont relancé les campagnes en faveur de l\u2019adoption d\u2019une loi fédérale sur le profilage racial.Le Devoir UMP SUITE DE LA PAGE B1 laisser se dissoudre le parti mis à sac par les rivalités internes et les scandales financiers.Eace aux nombreuses enquêtes judiciaires en coius à son sujet, il a aussi calculé qu\u2019il serait mieux à même de se défendre et de poser en victime s\u2019il avait les deux pieds dans la pobtique active.Pourtant destinée à convaincre des convaincus, cette campagne a été calamiteuse.L\u2019apothéose s\u2019est produite le 15 novembre alors que le candidat s\u2019adressait à des militants opposés au mariage gai.Nicolas Sarkozy n\u2019a pu s\u2019empêcher de céder à la foule qui réclamait à grands cris l\u2019abrogation de la loi Taubua, alors que, lui, il proposait simplement de la réécrire.«Si ça peut vous faire plaisir, ça coûte pas cher.», s\u2019est-ü exclamé avec un cynisme rarement vu.Autre dérapage : cette semaine à Bordeaux, ses partisans ont hué Alain Juppé sans que l\u2019ancien président fasse un geste.Cerise sur le sundae, mardi dernier, Nicolas Sarkozy a avoué avoir nommé Rachida Dati au ministère de la Justice parce qu\u2019elle avait un père algérien et une mère marocaine.Bref, plus Nicolas Sarkozy fait campagne, plus il sort de sa retraite pour convaincre les militants, plus il baisse dans les sondages.Les Prançais ont l\u2019impression de revoir un vieux film.11 faut dire que l\u2019exercice est complexe, car les partis français comptent peu de militants.Ceux de l\u2019UMP sont dope nettement plus à droite que les électeurs.A ce petit jeu, en deux mois, Nicolas Sarkozy aura donc réussi à se faue dépasser dans les sondages par l\u2019ancien premier ministre Alain Juppé.C\u2019est lui qui occupe aujourd\u2019hui la position de favori en retrait de la joute pobtique dont il rêvait lui-même il y a six mois à peine.Tous les observateurs ont noté la faible préparation de l\u2019ancien président, qui a d\u2019ailleurs continué pendant la campagne à donner de lu- KENZO TRIBOUILLARD AGENCE ERANCE-PRESSE Un membre de l\u2019UMP a voté vendredi en passant par Internet cratives conférences à l\u2019étranger.On cherche en vain les nouveaux éléments de programme.Pour l\u2019instant, ses principales promesses ont consisté à affirmer qu\u2019il reviendrait sur les réformes socialistes.Cela va du mariage gai à la refonte des régions, en passant par la réforme des rythmes scolaires.11 n\u2019est guère surprenant que 77 % des Prançais jugent que Nicolas Sarkozy n\u2019a fait aucune proposition intéressante depuis son retour.Un nouveau «rassemblement» Pour Nicolas Sarkozy, la priorité est ailleurs.Dès avril 2015, il souhaite réformer l\u2019UMP «du sol au plafond» et même en changer le nom pour en faire une véritable machine de guerre présidentielle.11 devrait aussi éliminer les courants politiques aujoiud\u2019hui reconnus dans le parti.Pragilisé dans son propre courant, l\u2019ancien président a dû accepter le principe de l\u2019organisation de primaues pour la désignation du candidat de rUMP à la présidentielle.On sait pourtant qu\u2019il n\u2019est pas enthousiaste à l\u2019idée de ces primaires, qui pourraient plébisciter son rival Alain Juppé, seul candidat déclaré pour l\u2019ins- tant.Alors que ce dernier propose d\u2019ouvrir la primaue à toute la droite et aux centristes, Nicolas Sarkozy a affirmé cette semaine qu\u2019elle ne pouvait concerner que «ceux qui auront choisi d\u2019adhérer aux valeurs qui sont les nôtres».S\u2019il est élu, comme tout le monde le prévoit, dès la semaine prochaine, Nicolas Sarkozy devra négocier le ralliement d\u2019Alain Juppé, de Prançois Pibon, de Bruno Lemaire et de Xavier Bertrand.Or ces ténors soupçonnent Nicolas Sarkozy de vouloir zapper la primaire pour mieux s\u2019imposer comme seul recours.Or l\u2019autorité du chef n\u2019est plus ce qu\u2019elle était.Même les principaux soutiens de Nicolas Sarkozy, comme l\u2019ancienne ministre de l\u2019Environnement, Natbabe Kosciusko-MorizeL et son ex-collègue de l\u2019Éducation, Valérie Pécresse, n\u2019hésitent plus à prendre leurs distances.Nicolas Sarkozy n\u2019a pas non plus le soutien des élus.La défaite récente du candidat sarkozyste Jean-Pierre Raffarbi à la présidence, du Sénat en est la manifestation la plus récente.A droite, nombreux sont ceux qui croient que Sarkozy n\u2019est plus l\u2019homme de la situation, alors que le Pront national semble de plus en plus assiué d\u2019être présent au second toiu.Dès la semaine prochaine, Nicolas Sarkozy devra tenir le devant de la scène en permanence.On dit qu\u2019il veut vite affirmer son autorité en se rendant, le 8 décembre, au congrès de la CDU, dirigée par la chancelière Angela Merkel.Comme si l\u2019ancien président n\u2019avait rien appris des critiques qui qualifiaienfi il n\u2019y a pas si longtemps, sa pobtique de «merkozyste».C\u2019est sans compter les nombreuses « affaires » dans lesquelles son nom est cité.La plus imminente est celle de Bygmabon, du nom de la société qui aurait fait de fausses factures afin de permettre à l\u2019UMP de dépasser la limite des dépenses autorisées lors de la dernière campagne présidentielle.Pendant ce temps, du haut des tribunes, Alain Juppé observera la scène.En attendant, bien sûr, le premier faux pas.Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO NOVEMBRE 2014 B 3 PERSPECTIVES ^ ^ 4n|| \u2022 mm ENERGIE Pourquoi l\u2019or uoir ne vaut plus de l\u2019or CHRISTIAN LOSSON VITTORIO DE FILIPPIS Une seconde, le temps d\u2019un battement de cils, et la planète vient d\u2019avaler un bon millier de barils de pétrole.Chaque seconde, le monde engloutit près de 160 000 litres d\u2019or noir.11 faut 93 millions de barils pour étancher cette soif quotidienne.Pourtant, après avoir été confronté à un « troisième choc pétrolier » en 2008 (le cours du brut avait atteint un record de 144,27 dollars le 2 juillet), après avoir connu trois ans de stabilité autour de 110 dollars, le baril de brut a décroché.Depuis mi-juin, il a perdu près de 35%.Et il flirte aujourd\u2019hui avec les 70 dollars.«La pression bais-sière sur les prix pourrait s\u2019accentuer au cours du premier semestre de 2015», prévient même l\u2019Agence internationale de l\u2019énergie (AIE).Les raisons d\u2019une chute.La crise économique : une demande qui s\u2019écroule Comme tout marché, celui du pétrole obéit à la loi de l\u2019offre et de la demande.Or l\u2019appétit de l\u2019o^e chinois se tarit.Pour la première fois depuis juin 2002, Pékin a baissé la semaine dernière ses taux d\u2019intérêt pour tenter de stimuler une croissance, autour de -i-7%, qui s\u2019éloigne des années de hausse à deux chiffres du PIB.Et que dire des autres poids lourds du monde dit émergent?Le Brésil flirte avec la récession, l\u2019Inde décroche, la Russie s\u2019enfonce dans les crises.«Entre 1986 et 2004, les prix du baril oscillaient entre 20 et 40 dollars avec un marché excédentaire, rappelle Thomas Porcher, professeur en marché des matières premières à I\u2019ESG-Management School.Puis, entre 2004 et 2014, le marché a été tiré par la demande des émergents, mais ceux-ci décrochent au-jour4\u2019hui.» Et, du côté des pays développés, si les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne relèvent un peu la tête, la déflation guette les autres grandes puissances, de l\u2019Allemagne au Japon, en passant par la Erance.Et, comme toute matière première, celle du pétrole obéit aussi aux lois de la finance et de la spéculation.Ainsi, l\u2019énorme masse d\u2019argent (4400 milliards de dollars) déversée dès 2010 dans les circuits de l\u2019économie américaine par la Eed \u2014 la politique d\u2019assouplissement monétaire quantitatif \u2014 aurait en partie servi à des traders pour gonfler artificiellement les cours, notamment lorsqu\u2019ils spéculent sur les marchés à terme.Mais la mise à l\u2019arrêt, fin octobre, de la planche à billets américaine a sifflé la fin de cet argent facile.«Pas sûr, nuance Jean-Marie Chevalier, spécialiste de l\u2019énergie.Il y a eu moins de spéculation qu\u2019en 2010 et la surliquidité provoquée par les banques centrales a surtout déstabilisé les devises des pays émergents.» Le puzzle géopolitique : le pétrole, arme de guerre?Mais pourquoi, malgré les crises au Proche-Orient, en Irak, en Libye et en Sjrie, malgré la guerre larvée entre la Russie et l\u2019Ukraine, le pétrole ne flambe-t-il pas?«Ily a probablement un axe entre Riyad et Washington pour torpiller les finances publiques de Moscou, dont les revenus du pétrole représentent 50% du budget de l\u2019Etat russe», estime Philippe Chalmin.C\u2019est d\u2019ailleurs la thèse du complot agitée par la Russie, le Venezuela ou l\u2019Iran.Le pétrole comme arme de guerre économique?La thèse, depuis le choc pétrolier de 1973, n\u2019est pas nouvelle.Sauf que la bipolarité Nord-Sud est aujourd\u2019hui plus trouble et plus complexe dans une planète mondialisée.Certes, l\u2019OPER créée en 1960 lorsque le baril valait 5 dollars, est toujours là.Mais le cartel ne pèse plus que le tiers de la production mondiale d\u2019or noir.Et il semble plus divisé que jamais.Le statu quo retenu au terme de la réunion du 27 novembre est venu amplifier la chqte des cours.A ce puzzle diplomatique s\u2019ajoute un risque (Je déflagration économique et sociale à venir.Evidemment, un pétrole abordable allège les factures énergétiques des pays consommateurs, mais elle risque aussi de compliquer la situation budgétaire des producteurs.«C\u2019est une catastrophe pour l\u2019Irak, le Nigeria et le Koweït, mais aussi pour le Kenya et la République démocratique du Congo, qui, tous ou presque, ont bâti des budgets sur un prix du pétrole nettement surestimé», dit Jean-Marie Chevalier.Des pays qui, contrairement à l\u2019Arabie, ont très peu de réserves en dollars.Et qui n\u2019ont pas les moyens de subvenir à leurs dépenses publiques.Une catastrophe, aussi, pour les avocats sans frontières de l\u2019urgence climatique qui militent pour une nouvelle économie décarbonée.La guerre des pétroles : le «non traditionnel» Traditionnel versus non traditionnel : une nouvelle bataille semble s\u2019esquisser.Qui est, depuis octobre, le premier producteur mondial de pétrole ?Plus l\u2019Arabie sapudite, pas la Russie, mais bien les Etats-Unis.Un leadership temporaire, pronostique l\u2019AIE, «mais que personne n\u2019avait vu venir et qui change la donne», rappelle Olivier Jakob, directeur du cabinet Petromatrix.Par quel miracle ?La révolution du pétrole non traditionnel.Grâce à la fracturation hydraulique, les Etats-Unis ont dopé leur production de pétrole de schiste, au point d\u2019en exporter désormais.Une baston à l\u2019échelle planétaire, au nom de l\u2019indépendance énergétique.Oublié, le point à partir duquel la planète a consommé plus de la moitié de ses réserves mondiale de brut et qui a été atteint en 2008, selon l\u2019AIE, pour le pétrole traditionnel?Pas sûr.Ce qui est certain, c\u2019est que, sans même évoquer la concurrence des sources d\u2019énergie renouvelables, la vague de pétrole cher au début du millénaire a favorisé des investissements massifs et des avancées techniques dans la recherche pétrolière : sables La bipolarité Nord-Sud est aujourd\u2019hui plus trouble et plus complexe dans une planète mondialisée KAREN BLEIER AGENCE ERANCE-PRESSE bitumineux de l\u2019Alberta, pré-sal brésilien, offshore africain.Et, évidemment, huile et gaz de schiste américains.«Les Etats-Unis produisent désormais 12 millions de barils par jour, explique Philippe Chalmin, professeur à l\u2019Université Paris-Dauphiné.Cela aurait dû provoquer un ajustement de la production d\u2019autres pays, comme l\u2019Arabie Saoudite.» Mais Riyad n\u2019a pas bronché.D\u2019où une offre «surabondante» qui pèse sur les cours du brut: «Les Saoudiens ne veulent sans doute pas que les prix soient trop élevés, pour éviter le développement du pétrole non traditionnel », estime Thomas Porcher.Pour beaucoup d\u2019analystes, difficile de faire du profit dans des forages coûteux non traditionnels si le baril reste durablement autour de 70 dollars.Les Saoudiens, eux, ont des frais d\u2019extractions «défiant toute concurrence, autour de 10 dollars», avance un expert.Vexé d\u2019avoir été détrôné, Riyad mise sur le temps.La durée de vie des gisements de schiste est en effet «plus faible que celle des gisements traditionnels», rappelle Porcher.Un gisement traditionnel peut produire pendant 25 ans.Un gisement de pétrole de schiste ne produit pas pendant plus de cinq ans et chute dès la deuxième année.C\u2019est aussi une des raisons pour lesquelles on assiste à une vague de concentration dans le secteur, histoire de trouver des économies d\u2019échelle.Alors, la baisse, pour combien de temps ?Un consensus se dessine pour estimer que le baril devrait vite renouer avec les 90 dollars.De quoi apaiser les tensions actuelles chez les producteurs de pétrole traditionnel et non traditionnel.Une chose est sûre, de l\u2019aveu de Patih Birol, économiste en chef de l\u2019AIE : quoi qu\u2019il en soit, la tendance reviendra nécessairement à la hausse du prix de l\u2019or noir.Libération Les perdants de la chute des cours En décidant, jeudi, de ne pas réduire leur production de pétrole, les 12 pays membres de l\u2019OPEP ont accepté que s\u2019accélère la chute des cours de l\u2019or noir entamée depuis le début de l\u2019été.Vendredi, à l\u2019ouverture à New York, le baril de pétrole WTl a ouvert en baisse de 4,85 dollars par rapport à mercredi soir.Les marchés étaient fermés jeudi en raison de l\u2019Action de grâce.11 q terminé en forte baisse (-7,54$), à 66,15$.A Londres, le baril de Brent avait ouvert en dessous de 72 dollars vendredi matin, après avoir perdu jusqu\u2019à 6,50 dollars jeudi.Depuis la mi-juin, les cours se sont effondrés de 35%.Les observateurs n\u2019entrevoient pas, à court terme, de facteurs susceptibles d\u2019inverser la tendance.Les compagnies pétrolières à la peine La baisse des cours du pétrole peut menacer certains investissements très coûteux et les approvisionnements à moyen terme.«Certains groupes pétroliers reconsidèrent leur participation à de gros projets, du Canada à l\u2019Angola, prévient l\u2019AIE.Les retards ou les réductions de coûts affecteront les perspectives d\u2019approvisionnement à plus long terme, plutôt que la production à court ter,me.» Aux Etats-Unis, les compagnies pétrolières n\u2019ont pas été dissuadées d\u2019investir par la chute des cours.Dans certaines régions, la productivité a augmenté notamment grâce à la réduction de la durée des forages, et le coût d\u2019extraction du baril d\u2019huile de schiste n\u2019excède pas 50dollars.Mais certaines compagnies ont annoncé qu\u2019elles feraient moins de forages en 2015.Instabilité politique pour certains pays La chute des cours accroît les risques d\u2019instabilité dans des pays exportateurs de pétrole incapables de financer leur politique sociale.C\u2019est le cas du Venezuela, du Nigeria, de l\u2019Irak, de l\u2019Iran, de l\u2019Algérie et de la Libye, où le «prix d\u2019équilibre» pour boucler le budget se situe très au-dessus de la barre des 100 dollars le baril.On comprend pourquoi ils ont plaidé, à Vienne, pour des mesures vigoureuses, contrairement aux pétromonarchies du Golfe qui ont les poches bien plus profondes.La Russie, particulièrement exposée Le budget russe dépend pour plus de la moitié des recettes issues des hydrocarbures.Or cette chute des cours du brut se conjugue à la fuite massive des capitaux depuis un an et aux sanctions prises par les Occidentaux pour punir Moscou de ses interventions armées en Ukraine.Selon certains analystes, l\u2019Arabie Saoudite cherche à maintenir des prix bas pour dissuader la Russie (et la Chine) d\u2019investir dans leurs réserves de pétrole de schiste, plus coûteux à exploiter.L\u2019effet déflationniste Cette baisse des cours peut aussi réduire l\u2019inflation dans des proportions excessives.S\u2019il est limité en Europe, où le poids de la hscalité sur les carburants réduit ces tensions déflationnistes, le risque est bien réel ailleurs.«D\u2019oû, selon M.Artus, un risque de hausse des taux d\u2019intérêt réels et de déflation dans certains pays.» Le Monde La période de réchauffement Michel David Il ne fait aucun doute qu\u2019une véritable passion de l\u2019indépendance anime Pierre Karl Péladeau.Son poing brandi durant la campagne électorale était peut-être maladroit, mais il traduisait parfaitement son sentiment.On peut le comprendre de vouloir éviter le piège de l\u2019échéancier référendaire, qui a toujours empoisonné la vie des chefs péquistes, mais il a bien compris que le PQ ne pourra pas se présenter devant l\u2019électorat sans dire clairement s\u2019il y aura ou non un référendum dans le premier mandat.La souveraineté a beau être son «unique objectif», il ne voudra pas plus que ses prédécesseurs se lancer dans un référendum s\u2019il n\u2019a pas la conviction que les «conditions gagnantes» seront au rendez-vous.11 fera tout en son pouvoir pour les réunir, mais un échec ne peqt être exclu.À moins d\u2019annoncer qu\u2019il démissionnera plutôt que de diriger un «bon gouvernement » provincial, il devra expliquer ce qu\u2019il fera pendant quatre ans, à part préparer un hypothétique référendum pour le mandat suivant.De leur côté, les progressistes du PQ, qui semblent prêts à l\u2019élire en se bouchant le nez si la souveraineté est à la clé, devront aussi se demander s\u2019ils pourraient vivre avec PKP sans référendum.Jeudi, M.Péladeau a pris plaisir à entretenir les étudiants de l\u2019Université de Montréal de sa période gauchiste à Paris.11 a été moins disert sur ses années à la direction de Québécor et a passé complètement sous silence les relations de travail exécrables qui les ont marquées.D\u2019ailleurs, cela ne semblait pas intéresser les étudiants, qui ne l\u2019ont pas questionné sur le sujet.Le bilan de M.Péladeau est cependant trop lourd pour qu\u2019on prenne pour argent comptant son soudain engouement pour le «modèle québécois » et son souci jusque-là inconnu de préserver le «filet social».11 ne se fait pas prier pour dénoncer «l\u2019austérité» imposée par le gouvernement Couillard et il conteste le sombre diagnostic sur l\u2019état des finances publiques qu\u2019a posé le vérificateur général, mais il refuse de dire si le retour à l\u2019équilibre budgétaire devrait être retardé pour éviter que les plus démunis n\u2019en fassent les frais.Dans ses (très) brèves rencontres avec les journalistes, il ne lui est pas difficile de s\u2019en tenir à des généralités.11 peut également faire la sourde oreille aux apostrophes des autres partis.11 sera plus délicat Les\tde servir les mêmes lieux communs aux militants pé-progressistes\tquistes qui assisteront aux ,\tdébats entre les candidats QU rO\taujeadership.nniirraipnt lie ^ notable exception pourraient-lls\tJean-Erançois Usée, on vivre avec\tpeut pas dire que ses adversaires ont été très PKP sans\tmordants jusqu\u2019à mainte- J \u201e\tnant.Le souci de ne pas referendum.\técorcher le « sauveur », ou de ne pas déplaire au futur chef, ne devrait cependant pas priver non seulement les militants péquistes, mais aussi l\u2019ensemble des Québécois des précisions qu\u2019ils sont en droit d\u2019attendre du grand favori.La Charte de la laïcité a occupé trop de place dans l\u2019espace public pour que M.Péladeau se contente de déplorer la fin prématurée du débat en commission parlementaire.Devant les étudiants de l\u2019Université de Montréal, il a effleuré le sujet en évoquant «l\u2019ouverture d\u2019esprit des Québécois », mais la question est de savoir s\u2019il est pour ou contre l\u2019interdiction du porf de signes religieux par les employés de l\u2019État.11 est facile de s\u2019attirer la faveur des étudiants en faisant miroiter la gratuité scolaire, h lui faudrait cependant préciser quel serait cet «encadrement» qu\u2019il estime nécessaire.Jacques Parizeau a déjà dit qu\u2019il est favorable à la gratuité, mais que cela supposerait que l\u2019accès aux universités serait beaucoup plus restreint qu\u2019il ne l\u2019est actuellement.Parce que son gouvernement était minoritaire, Pauline Marois avait renoncé à étendre les dispositions de la loi 101 au cégep, comme les militants péquistes l\u2019avaient résolu au congrès d\u2019avril 2011, ce que la CAQ n\u2019aurait jamais accepté.M.Péladeau y est-il favorable ?Si Prançois Legault avait immédiatement saisi la balle au bond, les libéraux avaient été un peu bousculés par la sortie de Jean-Eran-çois Lisée sur le conflit d\u2019intérêt que crée le contrôle qu\u2019il exerce sur l\u2019empire médiatique de Québécor.Ils auraient préféré attendre que M.Péladeau soit élu chef avant d\u2019entreprendre son procès.Ils ne voient conséquemment aucune urgence à trouver le forum approprié.De Dakar, le premier ministre Couillard a indiqué qu\u2019il entendait laisser au PQ tout le loisir de choisir son nouveau chef sans s\u2019inviter lui-même dans le débat.C\u2019est seulement ensuite que la vraie partie va commencer.M.Péladeau peut donc considérer les prochains mois comme une simple période de réchauffement.11 semble d\u2019ailleurs en avoir grand besoin.mdavid@ledevoir.com B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO NOVEMBRE 2014 EDITORIAL PROJET DE LOI 20 SUR L\u2019ACCES AUX SOINS Indispensable bâton Un constat d\u2019échec des années Couillard-Bolduc : voilà comment on doit résumer le projet de loi 20, déposé vendredi par Gaétan Barrette.Depuis 2003, on a multiplié les incitatifs coûteux \u2014 des carottes \u2014, sans jamais obtenir, en matière d\u2019accès aux soins, de résultat satisfaisant.M.Barrette a le courage d\u2019annuler la «prime Bolduc », de mettre fin au coûteux programme de procréation assistée et, surtout, de brandir le bâton pour inciter à la productivité.C\u2019est louable, c\u2019est bienvenu.Mais applicable?G ^ s: Antoine Robitaille aétan Barrette a la franchise brutale, on le sait.Parfois, c\u2019est nécessaire.Vendredi par exemple, lors de la présentation du projet de loi 20, il a lancé: «Nous avons, dans les dernières années, tenté quoi [pour améliorer l\u2019accès] ?On a tenté d\u2019augmenter le nombre [de médecins], ça n\u2019a pas marché; on a tenté de négocier [.] des augmentations [de salaires] substantielles, ça n\u2019a pas [amélioré l\u2019accès aux soins]; on a essayé des incitatijs, ça n\u2019a pas marché.» M.Barrette a raison.Et les Québécois en ont marre de payer pour un système de santé où obtenir un rendez-vous avec un médecin relève souvent du tour de force.Où il faut prendre rendez-vous dans les cliniques sans rendez-vous.Et où beaucoup de médecins ont profité des gargantuesques hausses de salaires (négociées par M.Barrette) pour travailler moins, donner moins de soins.Alors que d\u2019autres \u2014 comme Yves Bolduc \u2014 acceptaient de prendre en charge plus de patients (bref faire leur travail !), mais à condition seulement de recevoir des primes.Le projet de loi 20 abolit d\u2019ailleurs la fameuse prime Bolduc et c\u2019est tant mieux.Car un système humain ne peut fonctionner uniquement avec des carottes.Il faut aussi la menace du bâton.Si les chiffres du ministre sont fondés (ce dont certains doutent), on ne peut continuer à tolérer que les membres d\u2019une profession aussi essentielle, mais qui nous coûte si cher collectivement, continuent à être si peu productifs.«59% des médecins de famille travaillent moins de 175 jours, pour une moyenne annuelle, pour ces 59%, de 117 jours», a affirmé M.Barrette.Quant aux spécialistes, plusieurs d\u2019entre eux profitent d\u2019une «rémunération mixte» où l\u2019introduction de forfaits les a carrément incités à réduire leur productivité de 30%.Il faut absolument sortir de cette logique où les contribuables donnent toujoius plus (la santé représentera bientôt 50% du budget du Québec) alors qu\u2019ils reçoivent toujours moins.C\u2019est précisément ce qu\u2019entend faire le projet de loi 20 en instaurant des cibles que les praticiens devront respecter (nombre minimal d\u2019heures, nombre minimal de patients, siuveillance de l\u2019assiduité) sans quoi ils seront sanctionnés.Cette coercition est nécessaire.Sera-t-elle applicable ?La mesure du taux d\u2019assiduité sera-t-elle fonctionnelle ?Du reste, les associations de médecins ont déjà commencé à constituer leurs barricades.Tout n\u2019est pas de leur faute, bien sûr : pour opérer, par exemple, un chirurgien a besoin d\u2019avoir accès à une salle d\u2019opération.(Mais s\u2019ils n\u2019avaient pas accaparé les budgets avec leurs plantureuses augmentations, peut-être en resteraient-ils un peu pour le reste !) Chose certaine, s\u2019ils croient aux beaux principes vantés dans leurs publicités télévisées, ils devraient faire un effort pour améliorer l\u2019accès, plutôt que de se précipiter devant les tribunaux.Quant à l\u2019autre portion du projet de loi 20 mettant fin au programme de procréation assistée, elle est aussi bienvenue.Ce programme avait été implanté par Yves Bolduc sans études préalables, sans consultation large et prenait des allures de « bar ouvert».Toutefois, que vient faire ce sujet en question dans le projet de loi ?La technique du projet de loi mammouth, où l\u2019on amalgame toutes sortes de questions sans liens, est une pratique législative méprisante pour les parlementaires ; et risquée.Il devrait donc être scindé.COUR SUPRÊME Retour au passé e premier ministre Stephen Harper vient de nommer M® Suzanne Côté à la (3our suprême.Une nomination heureuse, selon toutes les apparences, en raison de la qualité du parcours professionnel de cette avocate et du fait qu\u2019avec son arrivée, le plus haut tribunal canadien redevient quasi paritaire avec quatre femmes sur ses neuf membres.Il faut regretter par contre le processus secret et fermé de nomination retenu ici par les conservateurs.Alors qu\u2019ils étaient dans l\u2019opposition, ils étaient pourtant de ceux qui réclamaient haut et fort un processus transparent que le gouvernement libéral de Paul Martin mit en place en 2005.Eurent alors rendus publics les , ^\tcritères de sélection.Le candidat retenu par le ^\tgouvernement à la suite des recommandations d\u2019un comité consultatif devait en bout de course comparaître en comité parlementaire.Ce processus est maintenant chose du passé.Le ministre de la Justice, Peter MacKay, l\u2019a confirmé, il se contentera désormais de mener des consultations privées auprès de qui il veuL dont les provinces concernées.Sa démarche se résume à écouter les suggestions qu\u2019on lui fait, rien de plus.C\u2019est le retour à la prérogative royale du premier ministre de nommer qui il veut.Déjà, il avait procédé ainsi pour la nomination du juge Clément Gascon après celle ratée de Marc Nadon.Qn avait cru que cela serait l\u2019exception à la règle, mais la nomination de M® Côté confirme que l\u2019on revient 10 ans en arrière.Les raisons qui en 2005 avaient poussé les parlementaires à vouloir rendre transparent le processus de sélection des juges à la Cour suprême sont pourtant plus valables que jamais.Essentiellement, elles se résument à une question de confiance des justiciables envers l\u2019arbitre suprême de leurs différends.Qn s\u2019attend à retrouver à ce tribunal les juristes les plus compétents du pays et qu\u2019il soit dans sa composition représentatif de la société canadienne et de ses valeurs.Il ne faut pas que l\u2019on ait le sentiment que la Cour suprême est, selon la formule de l\u2019ancien premier ministre Maurice Duplessis, «comme la tour de Fisc qui penche toujours du même côté».Le pouvoir de nomination que détient le premier ministre canadien est excessif en ce qu\u2019il n\u2019est soumis à aucun contrôle.Les premiers ministres, quelles que soient leurs couleurs, en font un usage partisan, y compris dans le domaine judiciaire.Dans le cas de la Cour suprême, la tentation est d\u2019en faire un usage idéologique.Dans une démocratie moderne, la transparence devrait aller de soi.Sous l\u2019actuel gouvernement, bien des choses ne vont pas de soi.Malheureusement, il faudra reprendre le travail de zéro pour assurer cette transparence.Bernard Descôteaux LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET -p|cp la auKTiON PU A RcrîffCNpuM VüuLfl-VlOU?ÇfvtNiit ?Ll4Ç ?ouï K M ûmdrre LETTRES Le gouvernement méprise le monde rural Mépris envers le monde rural, donc 80% du territoire du Québec, mépris de l\u2019intelligence des ruraux qui, depuis plus de 20 ans, se sont donné des outils (instances, conseils, CLD, Politique nationale de la ruralité) qui ont permis à plusieurs communautés de se redjmamiser et d\u2019avoir une grande fierté.Ce gouvernement renie l\u2019existence du monde rural ainsi que le savoir et l\u2019expertise acquis depuis les états généraux de 1991 et soutenus par les gouvernements, tous partis confondus ! Est-ce que le monde rural et ses leaders ont le courage de se lever debout?Jacques Proulx Le 27novembre 2014 Deux poids, deux mesures.Pourquoi le principe de l\u2019utilisateur-payeur fait-il pousser de hauts cris à nos gouvernements provinciaux et municipaux quand il s\u2019a^t de faire payer ponts et routes par ceux qui les utilisenfi mais ne les fait pas broncher dès lors qu\u2019il s\u2019agit des transports en commun, qui sont pourtant, l\u2019inévitable avenir contre les conséquences de ceux qui abusent depuis trop longtemps des combustibles fossiles?Comment se tait-il que celles et ceux qui ont décidé d\u2019abandonner l\u2019auto et d\u2019utiliser les fiansports en commun autant qu\u2019il est possible et malgré l\u2019incroyable retard de développement qu\u2019ils affichent sur la plupart des pays dits «développés», soient sans arrêt sollicités pour tenter de renflouer des caisses que les gouvernements devraient abondamment pourvoir plutôt que celles des construc- teurs d\u2019auto, des cimenteries, des faiseurs de pipelines et des péfiolières dont on sait qu\u2019ils n\u2019en ont aucunement besoin et qu\u2019ils nuisent \u2014 à court terme désormais \u2014 à l\u2019humanité entière?Va-t-on continuer d\u2019accepter d\u2019être ainsi rançonnés par des sociétés de transports publics sous-alimentées parce que justement elles sont publiques et qu\u2019a priori, l\u2019objectif premier d\u2019im service pubHc n\u2019est pas d\u2019être rentable à tout prix?C\u2019est encore et toujoius les plus défavorisés qui vont écoper de difficultés supplémentaires face à ces augmentations.Qr qui n\u2019a plus les moyens d\u2019être mobile dans la société d\u2019aujourd\u2019hui est comme un enterré vivant.Merci Messieurs Couillard, Coderre, et autre Schnobb de contribuer activement à enterrer vivants étudiants, retraités et tant d\u2019autres.Denis Lavalou Montréal, le 27 novembre 2014 REVUE DE PRESSE L\u2019ère et Fart du mensonge GUILLAUME BOURGAULT-COTE Hausser les tarifs des CPE de 7$ à 9$ en deux ans aurait marqué une hausse «trop raide, trop soudaine pour les contribuables», avait affirmé Philippe Couillard au moment où le Parti québécois jonglait avec cette idée.D\u2019où un certain étonnement quand celui qui promettait une simple indexation des tarifs a finalement décidé de les tripler dans certains cas.Un étonnement qui a excédé les frontières du Québec pour nourrir quelques chroniques dans le RQC.En éditorial, le Globe and Mail a parlé d\u2019une «sacrée promesse brisée».Ceux qui ont voté pour les libéraux ont raison de se sentir lésés, estime le journal, qui déplore que des promesses ainsi piéti-nées contribuent à miner la confiance du public dans le processus démocratique.Mais, aussi importante soit la trahison, elle était inévitable, ajoute le Globe.L\u2019équipe éditoriale trouve logique que les frais de garderie fluctuent en fonction des revenus et elle pense que Thomas Mulcair devrait considérer cette idée s\u2019il était appelé à mettre en place son programme national.Le Globe and Mail note que les familles québécoises paient parfois cinq fois moins que d\u2019autres Canadiens pour les services de garde.Même avec les ajustements prévus, les Québécois demeureront privilégiés, note-t-on.Un programme abordable doit tout de même être financièrement viable : or le modèle actuel ne l\u2019est pas.D\u2019où l\u2019importance de se poser une question fondamentale, dit le Globe.Est-il plus important de maintenir un tarif unique «idéaliste» qui met le programme en jeu ou de s\u2019assurer que les familles à faibles revenus aient accès à un programme abordable financé entre autres par les contributions des plus riches?La promesse brisée de Couillard a injecté un peu de réalisme dans ce débafi conclut-on.Dans le National Post, Andrew Coyne rappelle à quel point les promesses brisées sont légion en politique.L\u2019art du mensonge est devenu courant, et plus que jamais dans ce qui ressemble à une ère du mensonge, suggère-t-il.Il cite le cas du gouvernement de Greg Selinger (NPD) au Manitoba, qui avait promis de ne pas augmenter la taxe de vente.ce qu\u2019il a évidemment fait.Même chose avec les libéraux de Dalton McGuinty en Qntario et de Gordon Campbell en Colombie-Britannique.Sans ou,blier Darrell Dexter (NPD) en Nouvelle-Ecosse, ni tous les gouvernements des dernières décennies à Qttawa (comme le rappelle Coyne, Jean Chrétien n\u2019avait-il pas promis d\u2019abolir la TPS?).La plupart du temps, on ne parle pas de petits mensonges, mais d\u2019éléments situés au cœur des plateformes électorales.Bien sûr, la politique n\u2019a jamais été le lieu propice à l\u2019expression d\u2019une absolue honnêteté, dit le chroniqueur.Mais il reste qu\u2019il y a des limites qui sont allègrement bafouées depuis quelques années: les mensonges sont pires, plus extrêmes, plus effrontés, affirme Andrew Coyne.Et plus personne ne s\u2019en cache \u2014 notamment parce qu\u2019il n\u2019y a pas de conséquences.Alors qu\u2019il y a des lois qui empêchent de mentir à plusieurs niveaux (justice, affaires, etc.), les politiciens disent ce qu\u2019ils veulent et se dédisent ensuite.Cela fait en sorte que la population tient maintenant pour acquis qu\u2019à peu près tout le monde menfi ce qui n\u2019est pas exactement bon pour la vie démocratique du pays, indique Cojme.PKP Autre dossier québécois qui a eu des échos dans le RQC : l\u2019entrée officielle de Pierre Karl Péladeau dans la course à la chefferie du Parti québécois, jeudi.Chroniqueur pour le National Post, Kelly McParland a écrit vendredi qu\u2019il ne comprend pas ce que les péquistes trouvent à î\u2019ex-dirigeant de Québécor, qui n\u2019aurait pour lui qu\u2019un bon taux de notoriété.Pour le reste, le mariage entre le PQ et PKP étonne McParland.Voilà un parti prosyndical prêt à choisir comme chef une personne détestée des syndicats, note-t-il.Un parti populiste qui aura pour chef un choyé parmi les choyés.Un parti qui aurait besoin d\u2019un politicien habile et expérimenté, mais qui semble prêt à tenter le coup avec un nouveau venu qui a prouvé, poing à l\u2019appui, qu\u2019il manquait de flair.Pour McParland, Pierre Karl Péladeau est une sorte de Donald Trump québécois: deux êtres portés par un ego qui leur fait perdre contact avec la réalité.Il déplore aussi que Péladeau refuse souvent de répondre aux questions des médias, trop habitué qu\u2019il est à dicter aux autres ses manières de faire.Pétrole Dans le Globe and Mail, Gary Mason est revenu vendredi sqr les divisions que provoque le projet d\u2019Energie Est de Trans-Canada.Selon lui, les premiers ministres de l\u2019Gntario et du Québec n\u2019ont pas d\u2019autre choix que d\u2019avancer prudemment dans ce dossier: la population est divisée et ses préoccupations sont légitimes.Tout politicien qui se respecte doit tenir compte de ces craintes, écrit Mason.Mais, plus largement, il estime qu\u2019il serait temps que le Canada tienne un véritable débat sur le pétrole et les oléoducs.Les enjeux sont importants \u2014 écologiques et économiques \u2014 il y a des arguments valables chez les opposants et chez les partisans.Le sujet est assez crucial pour être débattu de manière élargie, pense-t-il.Surtout que, en attendant, le pétrole continue à circuler à travers le pays, et souvent par train.Ce qui n\u2019est pas nécessairement rassurant, dit-il.Sur Twitter: ©gbcote Le Devoir Les articles originaux sont liés aux versions numériques de ce texte. LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 B 5 IDEES SOMMET DE LA FRANCOPHONIE L\u2019Ebola et les failles des systèmes de santé Texte collectif de représentants d\u2019ONG canadiennes * ujourd\u2019hui, le premier ministre A Harper et son ministre Christian Paradis se sont joints aux dirigeants des 57 nations francophones du monde au Sommet de la Francophonie, en Afrique de l\u2019Ouest, où ils discuteront des enjeux auxquels leurs pays font face.La pire éclosion d\u2019Ebola de l\u2019histoire éra ombrage au sommet de cette année.Jusqu\u2019à maintenant, plus de 15 000 personnes ont été infectées et plus de 5000 sont décédées.Tandis que les taux d\u2019infection en Guinée et au Liberia se sont stabilisés, le taux de transmission en Sierra Leone est «intense», avec 168 nouveaux cas rapportés en une seule semaine, selon l\u2019Organisation mondiale de la santé.Bien que la stabilisation des taux de transmission dans deux des trois pays affectés soit une bonne nouvelle, il est encore bien trop tôt pour déclarer que l\u2019éclosion est maîtrisée, encore moins terminée.Les dirigeants présents au Sommet de la Francophonie doivent engager les fonds et le personnel nécessaires pour mettre fin à l\u2019épidémie.Du reste, il n\u2019est pas trop tôt pour poser la question difficile des causes de l\u2019éclosion et de ses modes de propagation.Quelles étaient les faiblesses sous-jacentes, autant dans les systèmes de santé qu\u2019au point de vue de la santé des individus, qui ont attisé les flammes de l\u2019incendie?Le virus Ebola a tragiquement démontré les répercussions que peuvent avoir des budgets de santé insuffisants et des lacunes sur le plan des services de santé de base.Des systèmes de santé déjà déficients sont décimés par la crise d\u2019Ebola, et les femmes et les enfants sont les plus vulnérables dans cette situation.Avant l\u2019éclosion, en Guinée, une femme sur 150 mourait chaque année en cours de grossesse ou d\u2019accouchement: un des taux de mortalité maternelle les plus élevés du monde.Et la mortalité infantile était également très inquiétante, une mère sur 10 portant en terre son bébé \u2014 une réalité d\u2019autant plus tragique que ces bébés meurent de causes faciles à prévenir, comme la malaria, la pneumonie et la diarrhée.Tandis que, de façon compréhensible, les ressources limitées sont redirigées pour répondre à la crise d\u2019Ebola, les autres services de santé \u2014 comme les soins prénataux ou d\u2019obstétrique, l\u2019immunisation et le traitement de maladies infantiles \u2014 sont extrêmement limités.Les taux de mortalité maternelle ont grimpé depuis le début de l\u2019éclosion.On estime qu\u2019une femme sur sept pourrait faire lace à des complications potentiellement fatales liées à la grossesse, à cause du manque d\u2019accès à des soins de santé.L\u2019impact sur la santé des nouveau-nés et des enfants est également alarmant.Au Liberia, 97 pour cent des bébés recevaient leurs vaccins de routine avant l\u2019épidémie d\u2019Ebola.Maintenant, à cause d\u2019un manque d\u2019accès et parce que les gens ont peur de se rendre dans les centres de santé, seulement 27 pour ASSOCIATED PRESS \u2014 SAVE THE CHILDREN UK Un centre de traitement de la fièvre Ebola en Sierra Leone cent des bébés reçoivent ces vaccins qui peuvent leur sauver la vie.La crise d\u2019Ebola a non seulement profondément endommagé les systèmes de santé fragiles des trois pays affectés, elle a aussi des effets dévastateurs sur la sécurité alimentaire et la nutrition.Les enfants et les familles n\u2019ont simplement pas assez d\u2019aliments nutritifs à manger.Les taux de malnutrition dans les pays francophones de l\u2019Afirque de l\u2019Ouest sont parmi les plus élevés du monde : 19 millions d\u2019enfants présentent un retard de croissance \u2014 ce qui veut dire qu\u2019ils ne grandissent pas à un rythme normal et qu\u2019ils risquent fortement de mourir de problèmes liés à la malnutrition.Avec les taux actuellement prévus d\u2019infection par Ebola, le Programme alimentaire mondial estime que près de trois millions de personnes manqueront d\u2019aliments nutritifs d\u2019ici le 15 mars 2015.Semblablement, l\u2019OMS a averti que 75 000 Africains de l\u2019Ouest pourraient mourir de malnutrition par suite de la crise d\u2019Ebola, alors que ces enfants et ces familles, qui vivent déjà dans un état d\u2019insécurité alimentaire chronique, sont poussés au-delà de tout retour.Des systèmes de santé déficients et une pénurie d\u2019aliments de base exacerbent l\u2019impact de l\u2019éclosion d\u2019Ebola \u2014 exposant plus d\u2019enfants et de femmes au risque d\u2019une mort facilement évitable.Le Canada est un chef de file dans la cause des enfants et des mères depuis le lancement de l\u2019Initiative Muskoka pour la santé maternelle, néonatale et infantile, au Sommet du G8 en 2010.En travaillant avec les gouvernements et les partenaires locaux dans les pays en développement et avec la société civile canadienne, l\u2019Initiative Muskoka contribue à l\u2019amélioration des systèmes de santé et à une meilleure nutrition \u2014 des efforts qui préviendront les urgences de tous les jours, en plus d\u2019aider à contenir et à arrêter des crises comme celle d\u2019Ebola.Nous appelons les dirigeants de la Francophonie à travailler avec le Canada pour éviter qu\u2019une crise médicale de cette ampleur ne se reproduise.Tous les pays de l\u2019Union africaine doivent augmenter leurs investissements en santé afin qu\u2019ils atteignent 15 pour cent de leur budget annuel pour que les systèmes de santé soient performants et pour que les communautés soient protégées lorsque des crises frappent.Tous les dons devraient servir à aider les gouvernements à mettre en place des systèmes de santé efficaces et ré-silients qui garantissent un accès universel aux soins de santé, particulièrement pour les femmes, les nouveau-nés et les enfants les plus vulnérables.Il n\u2019y a pas de remède contre Ebola.Il n\u2019y a pas de vaccin pour le prévenir.Des systèmes de santé publique efficaces, des soins de santé de base accessibles et une bonne nutrition sont les meilleurs outils que nous ayons.*Rosemary McCarney, Dorothy Shaw, David Morley, Dave Toycen, Jennifer Blake, Patricia Erb, Khalil Sharif, Peter Singer, Joel Spicer, Stanley Zlotkin.Ils représentent les organisations suivantes : le comité de direction du Réseau canadien sur la santé maternelle, des mères, des nouveau-nés et des enfants: Fondation Aga Khan Canada, Grands défis Canada, Plan Canada, Initiative sur les micronutriments.Aide à l\u2019enfance Canada, Société canadienne des obstétriciens et des gynécologues.Hôpital des enfants malades, UNICEF Canada, Université de la Colombie-Britannique, Vision mondiale Canada (représentant plus de 80 organisations de la société civile qui travaillent à l\u2019amélioration de la santé maternelle et infantile) La liste complète des signataires est publiée sur le site Web et l\u2019application tablette du Devoir Derrière l\u2019humour, une idéologie À la défense de Sammy le Sucré ETIENNE BOUDOU-LAFORCE Québec 1 fallait s\u2019y attendre, la plus récente campagne publicitaire de Sugar Sammy, celle-ci qui se moquant de loi 101 et de notre langue française, a ait réagir.C\u2019était prévu, de l\u2019aveu même de l\u2019agence publicitaire.Ce qui ne l\u2019était peut-être pas par contre, c\u2019est la sortie en bonne et due forme de Samir Khullar (Sugar Sammy) sur la question de la langue française.Pour une rare fois, l\u2019humoriste ne se cachait plus sous le couvert de l\u2019humour \u2014 encore que \u2014 et affirmait sans détour que la langue française serait surprotégée au Québec, de même qu\u2019il affirmait son amour pour le Canada, «mon pays préféré, c\u2019est le Canada».Voici donc que l\u2019homme assume son oeuvre et ses visées politiques.Qu\u2019on se le dise, celui qui était dans les jeunes libéraux a déjà affirmé en entrevue qu\u2019il serait plus efficace comme humoriste que comme militant libéral et procanadien.Sa dernière sortie en est la plus éloquente démonstration et s\u2019inscrit parfaitement dans une pratique répétée et insistante d\u2019un «Québec bashing» primaire.Par ailleurs, il n\u2019y a pas que M.Khullar qui s\u2019assume dans cette histoire.Nancy Oeswein, la gérante de M.Khullar et présidente d\u2019Au-burn Moon Agency, y est allée d\u2019un «Go f.yourself» adressé à Maxime Laporte, président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Si M.Khullar affirme avec raison que «les humoristes sont des anthropologues de notre société», il devrait admettre que ces derniers sont également des personnes d\u2019influence qui portent des idées.Lorsqu\u2019il soutient que la langue française serait surprotégée au Québec, et donc qu\u2019il n\u2019y a pas véritablement de problème, que le français se porte bien, ce n\u2019est pas anodin.C\u2019est idéologique.Faut-il rappeler à M.Khullar que le recul du français au Canada et au Québec est statistiquement démontré par maintes études?Citons le «Rapport sur l\u2019évolution de la situation linguistique au Québec» (2011) de l\u2019OQLF qui rapporte «une diminution du poids relatif des francophones et une stabilisation de celui des anglophones».Puis que la loi 101, au fil des années, fût énormément charcutée par différents jugements de la Cour suprême du Canada.Au final, il faut promouvoir la langue française, mais également la protéger comme il se doit.Et au contraire de ce que peux bien penser M.Khullar, il ne s\u2019agit pas de repli identitaire, mais bien de la survie du français et d\u2019un peuple à moyen et long terme.Pourquoi serait-il anormal de vouloir protéger une culture qui apporte une couleur et une saveur différentes du reste de l\u2019Amérique du Nord?J MARIO SIMARD Chargé de cours à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi e l\u2019aime bien moi, Samuel le Sucré; j\u2019aime son humour parce qu\u2019il me fait penser à Yvon Deschamps.Vous savez cette manière qu\u2019avait Deschamps de nous faire prendre conscience d\u2019un problème social en poussant l\u2019absurdité de ses p^ersonnages jusqu\u2019à l\u2019intolérable.A travers les discours du misogyne fini, du raciste bête et du travailleur servile.Deschamps met en lumière l\u2019oppression et la marginalisation vécues par ceux qui ne sont pas du bon sexe, de la bonne race ou de la bonne classe.Eh bien! Pour moi, en critiquant les actions de l\u2019Office de la langue française, Samuel le Sucré défend ceux qui ne sont pas de la bonne langue, les francophones en Amérique du Nord.Oui, oui vous avez bien lu, monsieur Sucré défend la minorité francophone canadienne.Si vous ne vous en êtes pas aperçus, c\u2019est que vous ne comprenez rien à l\u2019ironie.Au Québec, les anglophones représentent un peu plus de 8% de la population et la part de financement public des établissements universitaires anglophones est de 29%.Il y a 23 établissements de santé anglophones, dont le CUSM qui a coûté approximativement 2,4 milliards.Quand monsieur Sucré incarne l\u2019anglophone méprisant envers les lois linguistiques et le projet souverainiste, il ne le fait sûrement pas pour défendre la minorité anglophone.Il n\u2019est pas bête à ce point.Il le fait par ironie.Il sait qu\u2019au XX® siècle, les Québécois ont dû se battre pour faire leur place dans une société où le capital et le travail étaient pensés et dirigés par des anglophones pour des anglophones.L\u2019objectif de Samuel le Sucré, à travers sa critique absurde des lois linguistiques, est de faire prendre conscience aux francophones que leur situation est encore précaire au Canada.Dans sa démarche artistique, il va encore plus loin poussant l\u2019audace jusqu\u2019à nier sa propre identité.En effet, pour bien démontrer la prédominance de l\u2019anglais et le pouvoir qu\u2019exerce cette langue sur les autres communautés linguistiques, il a choisi de changer son propre nom, passant de Samir Khullar à Sugar Sammy.L\u2019ironie atteint là un niveau inégalé qui ferait rougir Deschamps lui-même.Après cela, laisser entendre que Samuel le Sucré est francophobe, ce serait une insulte à son intelligence.En terminant, cher Samuel, je te dirais qu\u2019il faut faire un usage parcimonieux du sucre, à la longue ça fait carrier les dents et ça donne mauvaise haleine, en dose trop importante ça peut aussi donner mal au cœur.Garde-fous David Desjardins n W Vr> La liberté, à force d\u2019en jouir sans trop y goûter, devient-elle une abstraction ?Disons que c\u2019est un peu comme pour tout ce qu\u2019on tient pour acquis et dont l\u2019apparente permanence finit par avoir raison de notre vigilance.On oublie que ces choses sont parfois précieuses.Et fragiles aussi.Ou peut-être est-ce que chaque fois qu\u2019on entame un peu l\u2019intégrité de cette liberté, en nous disant que c\u2019est pour notre bien, nous ne voyons simplement pas la différence?Les jours qui suivent l\u2019adoption de lois plus ou moins liberticides ne sont pas différents des précédents.Alors on s\u2019habitue à ces brèches.On en vient même à opposer à ceux qui s\u2019en indignent que si on n\u2019a rien à se reprocher, alors pourquoi ne pas laisser le gouvernement fouiller comme bon lui semble ?C\u2019est pour notre sécurité, après tout.Sauf que la liberté n\u2019est pas une abstraction.Et les garde-fous que nous lui avons donnés ne défendent pas qu\u2019un principe lointain.Ils évitent que, en cas de dérapage, nous quittions la route.Parce que, derrière ce rempart, le précipice existe.L\u2019Histoire connaît par cœur les coûts de chacune des dégringolades de l\u2019humanîté jusque tout en bas.Autant de récits qui se conjuguent encore trop souvent au présent et nous Intiment de faire preuve de la plus grande prudence.Et que faisons-nous ?Exactement l\u2019Inverse.En sortant de la projection de l\u2019incontournable CitizenFour, de Laura Poltras, qui relate de l\u2019Intérieur la dénonciation par Edward Snowden de l\u2019espionnage systématique des communications numériques par la National Security Agency (NSA), on a un peu envie de mettre des baffes à tous les clowns qui prétendent que la vie privée est soluble dans la sécurité.On apprend dans le film que plus d\u2019un million de personnes figureraient sur une des listes de surveillance américaines.Et puis on nous y redit ce qu\u2019on savait déjà mais qui ne semble pas nous avoir trop émus la première fols.Soit l\u2019aisance avec laquelle le gouvernement américain surveille ses propres citoyens et ceux de partout ailleurs, son accès facilité par la plupart des compagnies de communications électroniques (de Verizon à Google) qui ouvrent grandes leurs portes à la surveillance systémique de la NSA.Résultat?Zéro scandale, sinon dans les médias.Faut dire que nous sommes plutôt nombreux à déjà bazarder notre existence numérique au profit de compagnies qui se réjouissent de notre absence de scrupules (comme le démontre une étude qu\u2019évoquait le collègue Fabien Degllse mercredi) pour mieux sonder nos banques d\u2019amis, nos Intérêts, nos recherches en ligne, nos achats, l\u2019ensemble des applications que nous utilisons, tout cela dans le but de mieux nous connaître pour nous vendre bien ficelés et préemballés à leurs clients.C\u2019est un pacte que nous avons accepté.La gratuité contre la vie privée.L\u2019amplificateur d\u2019ego des réseaux sociaux en échange d\u2019un principe sacré.C\u2019est d\u2019abord dans la vanité que se dissout notre liberté.L\u2019autre raison qui éteint toute Indignation, c\u2019est que nous ne parvenons pas à Imaginer ce qui adviendrait si le gouvernement utilisait ces Informations qu\u2019il peut recueillir en parfait accord avec ces compagnies pour les retourner contre nous.Parce que cela semble Impensable.Et aussi, on y revient toujours : nous croyons qu\u2019il n\u2019exlste aucun danger si nous n\u2019avons rien à nous reprocher.On n\u2019est pourtant plus très loin de basculer dans les fantasmes des paranoïaques avec le projet de loi récemment proposé par le ministre Peter MacKay, qui souhaite rendre Illégal tout appui à des actes terroristes.Une loi qui existe déjà au Royaume-Uni et qui compromet la liberté d\u2019expression, dans la mesure où 11 devient passablement difficile de déterminer ce qu\u2019est un acte terroriste et ce qui est un appui à celul-cl.Comprenez bien qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une atteinte au droit de tout dire, y compris des conneries.Y compris que «les Américains l\u2019ont bien mérité», par exemple.Même si c\u2019est odieux.Imaginez donc ce qui n\u2019est plus si loin.L\u2019odieux criminalisé.Des gouvernements qui détiennent tous les outils pour étouffer la dissidence.Comme pour tuer dans l\u2019œuf une ma-nlf étudiante en arrêtant ses organisateurs, par exemple.Comme pour faire chanter un opposant au régime d\u2019un pays allié.Vous croyez que je fantasme, que j\u2019exagère?Mol, c\u2019est notre mollesse qui me tue.Nous sommes prêts à doucement capituler, faisant de la sécurité le refuge de notre renoncement.Nous refusons l\u2019accident, tout en sachant qu\u2019il se produira tout de même.Nous retirons les garde-fous et nous nous engageons dans la courbe en accélérant et en montant le son de la radio pour éviter de trop penser.ddesjardins@ledevoir.corn L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine RobitaiIIe (editonahste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste), information générale : Isabelle Paré {chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Philippe Orfali (reporters), information politique Marco Fortier (chef de division), Michel 'DaN\\d(chroniqueur), Hélene Buzzetti et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Bélair-Cinno et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Québec), Jeanne Cornveau et Brian Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Véronique Chagnon et Louis Gagné (pupitre) information culturelle Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaiIIargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), Julie Carpentier (pupitre), information économique Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins, Enc Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettino-Parazelli {reporters), Gérald Dallaire (pupitre) , information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy TaiIIefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives), section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie Eolie-Boivin (pupitre) , équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Erappier, Benoît Munger, Philippe Papineau et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Elorence Sara G Eerraris (assistants) , correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montreal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBLICITÉ Edith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-Erançois Bossé, Marlene Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Nathalie Jobin (par intérim), Claire Paquet, et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amélie Maltais {coordonnatrice), Laurence Hémond (secretaire) PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald Eilion, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Olivier Leclerc (coordonnateur du service a la clientele), Manon Blanchette, Nathalie Eilion, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Elorentina Draghici, Céline Euroy et Véronique Pagé B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO NOVEMBRE 2014 SCIENCES ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Boire pendant la première partie de la grossesse peut provoquer des fausses couches, et boire plus tard affecte le développement du cerveau.L\u2019ENSEMBLE DES TROUBLES CAUSÉS PAR L\u2019ALCOOLISATION EŒTALE Entre complexité et ignorance ISABELLE SOKOLNICKA AU Québec, une femme sur quatre affirme avoir consommé de l\u2019alcool pendant sa grossesse, selon le plus récent rapport de l\u2019Agence de santé publique du Canada.C\u2019est presque deux fois plus que la moyenne canadienne.Et pourtant, c\u2019est la seule province où «il n\u2019existe pas de mécanismes de coordination des services et des programmes qui soient formalisés et spécifiques à la problématique de l\u2019ETCAF», comme l\u2019Institut national de la santé publique du Québec l\u2019affirme dans son rapport de 2011.Pas de comité de concertation (comme en Alberta ou en Saskatchewan), pas de plan à long terme (comme au Manitoba) et surtout très peu de subventions: une maigre somme de 23 000$ par année pour SAPERA, le seul organisme dont la mission est la prévention de l\u2019ETCAE La directrice de SAEElt\\ et auteure du livre Enfant de l\u2019alcool, Louise Morin, explique que «le SAF est connu depuis 1979 par le ministère de la Santé, mais aucune politique, aucun plan d\u2019action n\u2019a été développé depuis 35 ans pour donner des services de dépistage».Aucune formation n\u2019est offerte au personnel de la DPJ, où le syndrome manque de reconnaissance, et les parents adoptifs sont ainsi laissés à eux-mêmes.«Sans appui, on ne peut pas aller plus loin, affirme M\u201c® JVIorin.On est fatigué.» Même si Educ\u2019alcool, dont la mission est de responsabiliser les Québécois quant à leur consommation d\u2019alcool, a mené une campagne de sensibilisation en 2002, celle-ci ne disait pas aux femmes que la consommation d\u2019alcool était dangereuse durant la grossesse.Elle avait plutôt pour objectif «d\u2019inviter les femmes à se renseigner sur les conséquences de la consommation d\u2019alcool durant la grossesse».Depuis, silence radio.Alors que, chez nos voisins ontariens, le LCBQ (Liquor Control Board of Qntario) vient de lancer une campagne de sensibilisation à l\u2019ETCAE avec pour slogan «Love your body, love your baby» (Aime ton corps, aime ton bébé), la SAQ affirme, dans son site Web, qu\u2019«î7 n\u2019y a pas de preuve que prendre un verre à l\u2019occasion ait un effet nocif sur le foetus».En outre, aucune étude n\u2019a été menée au Québec pour connaître la prévalence de l\u2019ETCAE, dont le coût est estimé à six milliards de dollars par année au Canada.L\u2019éthique de l\u2019ETCAF L\u2019ETCAE se décline sur toutes les fréquences visibles et invisibles du spectre de l\u2019alcoolisation foetale, que ce soit par l\u2019apparition de troubles du comportement et de l\u2019apprentissage ou Les jeux vidéo contre l\u2019ETCAF Des chercheurs de l\u2019Université de Victoria, en Colombie-Britannique, ont mis au point un jeu vidéo qui cible les enfants atteints du syndrome d\u2019alcoolisation foetale en leur permettant de déve- lopper, d\u2019une manière ludique, la mémoire, les aptitudes de planification, la patience et l\u2019attention.Grâce à une approche progressive qui s\u2019adapte au niveau du joueur, Carribean Quest stimule le cerveau des enfants dans un environnement plaisant et interactif, les amenant à exercer une série de tâches à l\u2019intérieur d\u2019un sous-marin ou dans les recoins d\u2019un récif de corail.par des déficiences sociocognitives, soit autant de caractéristiques qui le rendent difficile à repérer et à diagnostiquer.De plus, l\u2019ETCAE est l\u2019un des rares états pathologiques dont la faute incombe à quelqu\u2019un.Le diagnostic est donc très lourd à assumer pour les mères.Mais l\u2019enjeu est ici de ne pas stigmatiser les femmes enceintes en les culpabilisant.Comme le souligne le DAlbert Chudley, professeur au Département de pédiatrie de l\u2019Université du Manitoba, les hommes ont aussi un rôle à jouer dans la santé future du foetus : leur consommation d\u2019alcool peut affecter leurs spermatozoïdes et, par le fait même, la maturation de l\u2019embryon lors de la conception.Le D\"^ Chudley conçoit les risques pour le fœtus comme un modèle complexe, où l\u2019alcool joue le rôle principal.Ainsi, les problèmes cognitifs causés par l\u2019ETCAE pourraient parfois être liés à d\u2019autres facteurs, génétiques par exemple.Sans marqueur biologique, il est difficile de faire la différence et grand est le risque de surestimer ou sous-estimer la prévalence de l\u2019ETCAE.Et, puisqu\u2019on ne peut pas étudier les effets directs de l\u2019alcool sur le fœtus, en raison des problèmes socio-éthiques que cela poserait, les études sont toutes faites sur des animaux, ce qui vient brouiller les pistes d\u2019études ETCAF et Premières Nations Le syndrome d\u2019alcoolisation fœtale fait des ravages chez les communautés autochtones du Canada, déjà aux prises avec des problèmes d\u2019alcoolisme particulièrement sévères.Gina Muckle, docteure en psychologie, et ses collègues ont mené en 2011 une étude au Nuna-vik auprès de 208 femmes inuites enceintes : 61% d\u2019entre elles affirmaient avoir bu pendant leur grossesse, 38% avaient consommé de l\u2019alcool en excès et la quantité moyenne d\u2019alcool consommé était de six verres par occasion.sur les taux de prévalence.En matière de prévention, l\u2019analyse de méconium des premières selles du fœtus) est efficace pour identifier les bébés qui sont exposés à l\u2019alcool et qui risquent de souffrir de l\u2019ETCAE.Mais, puisque le fœtus ne produit pas de méconium jusqu\u2019au deuxième trimestre de la grossesse, le test ne donne aucune information sur la consommation d\u2019alcool par la mère avant le premier trimestre.En outre, il pose plusieurs problèmes éthiques.Il n\u2019est pas offert systématiquemenfi mais déterminer les groupes à risque auxquels faire passer les tests peut stigmatiser et stéréotyper les femmes de ces groupes à risque.« On devrait traiter tout le monde de la même manière», affirme le D\"^ Chudley.La honte, le sentiment de culpabilité et la peur que leur enfant soit pris en charge par les services sociaux empêchent les femmes de se confier à leurs médecins, qui, eux, n\u2019ont ni la formation ni les outils pour suivre leur consommation d\u2019alcool.De plus, les résultats des tests peuvent être utilisés contre les femmes devant les tribunaux, par exemple dans les cas de divorce et de garde des enfants.Le D\"^ Chudley ne perçoit pas la consommation d\u2019alcool chez les femmes enceintes comme une intention de causer un préjudice.«Le qualifier comme un abus d\u2019enfant ne règle pas le problème», dit-il, comme cela a été le cas aux Etats-Unis lorsque des femmes ont été traduites en justice pour avoir exposé leur bébé à l\u2019alcool.«Il faut plus de prévention par rapport au danger de l\u2019alcool pendant la grossesse, et cela, dès l\u2019école primaire, pour que les adolescents en prennent conscience», soutient le D\"^ Chudley.Une position que partage Ma-riljm Eortin, chercheuse postdoctorale au CHUQ.Selon elle, il faudrait inclure de l\u2019information sur les dangers de la consommation de l\u2019alcool pendant la grossesse aux cursus d\u2019éducation sexuelle ou de biologie.«C\u2019est une problématique de société, dit-elle, et nous avons besoin d\u2019une prise de conscience collective par rapport à l\u2019ETCAF».Le Devoir Un trouble lourd à porter ISABELLE SOKOLNICKA Ly ETCAE (ensemble des troubles causés par ' l\u2019alcoolisation fœtale) est le résultat de l\u2019exposition du fœtus à l\u2019alcool et constitue la première cause de handicap mental d\u2019origine non génétique.Deux nouvelles études publiées en octobre, l\u2019une menée au Dakota du Sud, l\u2019autre en Alberta, révèlent que les taux de prévalence de l\u2019ETCAE chez les populations qu\u2019on croyait moins à risque, les individus blancs de classe moyenne, sont en fait très élevés : de 6 à 9 bébés sur 1000 naissent avec l\u2019ETCAE L\u2019ETCAE, ou le SAE (syndrome d\u2019alcoolisation fœtale) dans sa forme la plus sévère, est un trouble physique et mental grave qui est directement causé par l\u2019exposition du fœtus à l\u2019alcool.Plus la femme enceinte boit, plus son bébé risque d\u2019être atteint de l\u2019ETCAE Ce trouble aux formes diverses se caractérise par un retard de croissance sévère, des traits du visage anormaux et un retard psychomoteur avec troubles du comportement.L\u2019absorption d\u2019alcool par le fœtus peut aussi interférer avec la formation de plusieurs organes, occasionner des malformations cardiaques, des anomalies osseuses, des problèmes rénaux et des problèmes de vision et d\u2019audition \u2014 bref, l\u2019ETCAE est un trouble lourd à porter.Substance toxique Selon rinstitute of Medicine, «de toutes les substances qui peuvent mener à des abus (incluant la cocaïne, l\u2019héroïne et la marijuana), l\u2019alcool est de loin la substance qui produit les effets neurocomportementaux les plus graves chez le foetus».L\u2019alcool est en effet une substance toxique pour le fœtus, dont le foie n\u2019est pas complètement formé et n\u2019a donc pas la possibilité de filtrer ou de métaboliser l\u2019alcool ingéré par la mère.Que ce soit du vin ou de la liqueur forte, la concentration d\u2019alcool dans le sang du fœtus est comparable à celle qu\u2019on retrouve dans le sang de la mère deux heures seulement après la consommation d\u2019alcool.Boire pendant la première partie de la grossesse peut ainsi provoquer une fausse couche et des anomalies faciales, et boire plus tard pendant la grossesse affecte le développement du cerveau.Même si les effets dépendent de la mère et de sa métabolisation de l\u2019alcool, aucune quantité d\u2019alcool n\u2019est sécuritaire pour un fœtus en développement.Louise Nadeau, professeure au Département de psychologie de l\u2019Université de Montréal, est impressionnée par les nouvelles études sur le taux de prévalence de l\u2019ETCAE.Même si les études «ne permettent pas de généraliser pour les sous-groupes », comme les Premières Nations, elles nous apprennent «qu\u2019on a peut-être sous-estimé la prévalence de l\u2019ETCAF dans la population canadienne non autochtone», affirme M\u201c® Nadeau.Un syndrome invisible Vivre avec l\u2019ETCAE, c\u2019est un peu comme traîner un boulet invisible à son pied qui, en tout temps, ralentit l\u2019apprentissage et affecte la mémoire et la compréhension.Car, même si l\u2019ET-CAE occasionne une certaine malformation des traits du visage, celle-ci est légère et s\u2019estompe à l\u2019âge adulte, ce qui la rend difficile à distinguer, contrairement aux anomalies faciales qui surviennent chez les enfants trisomiques, par exemple.De plus, il n\u2019existe pas à ce jour de marqueur biologique qui confirme, comme le ferait une prise de sang pour un enfant trisomique, qu\u2019un individu souffre véritablement de l\u2019ETCAE \u2014 le trouble doit donc être diagnostiqué cliniquement et est sujet à interprétation.Qn le confond d\u2019ailleurs souvent avec le trouble de l\u2019attention et hyperactivité (TDAH) sévère, même si l\u2019ETCAE affecte beaucoup plus que seulement l\u2019attention et le niveau d\u2019activité de l\u2019enfant.Affrontant des difficultés à l\u2019école et dans leurs interactions sociales, 90% des adolescents atteints de l\u2019ETCAE développent des problèmes de santé mentale, comme la dépression, ainsi que des comportements agressifs et ils sont plus enclins à consommer de la drogue.Ils risquent aussi davantage d\u2019avoir des démêlés avec la justice, notamment parce que leur mémoire épisodique et leur capacité de se concentrer, d\u2019inhiber leurs pensées et de s\u2019exprimer sont limitées, ce qui les rend plus influençables lors d\u2019interrogatoires.Pour Chandra Labelle, mère adoptive de deux enfants de 6 ans atteints du syndrome d\u2019alcoolisation fœtale, chaque activité nécessite une supervision constante.Aucun de ses deux enfants ne présente de symptômes physiques, mais le trouble se manifeste dans leur comportement et dans l\u2019expression de leurs émotions, une situation qui exige la supervision quasi constante de M\u201c® Labelle.Ses enfants ne tolèrent particulièrement pas les changements dans leur environnement et ont des difficultés à comprendre des concepts abstraits, comme le temps ou la faim.Avec émotion et courage, elle raconte la semaine qui s\u2019est écoulée : sa fille a vécu une crise de colère qui a duré cinq heures ; lorsque son fils s\u2019est fait bousculer par un camarade de classe, il a réagi en lui donnant un coup de poing.M\u201c® Labelle déplore le peu de soutien qu\u2019elle reçoit.Cela fait un an qu\u2019elle est sur une liste d\u2019attente pour l\u2019évaluation des besoins de ses enfants.Le Devoir Ces textes ont été rédigés dans le cadre d\u2019un stage sur le journalisme scientifique soutenu par l\u2019IRCM."]
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