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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-11-29, Collections de BAnQ.

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[" Ton coffret, mon coffret; I deux groupes et un 40® anniversaire Page es Jean-Phiiippe Barii Guérard teste les limites de la liberté de parole Page e 4 CAHIER E .LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 CENTRE PHI Le réalisateur Wim Wenders a choisi de braquer sa caméra sur la Philharmonie de Berlin (Allemagne).ODE AUX CATHÉDRALES U LT U R E L L E S Wim Wenders fait le pari de révéler l\u2019âme des édifices dans un documentaire en six chapitres Le cinéaste Wim Wenders s\u2019est promis de ne tourner désormais qu\u2019en trois dimensions.Après Pina, le documentaire en six chapitres filmiques Cathedrals of Culture en est une éloquente démonstration de plus.FRÉDÉRIQUE DOYON Six réalisateurs tracent le portrait intime d\u2019un édifice et racontent son ancrage culturel au sens le plus large.Par les images magnifiques (beaucoup de plans en travelling) et un récit souvent à la première personne, ces cathédrales de culture, surtout contemporaines, nous parlent d\u2019elles.Producteur exécutif de l\u2019ensemble de l\u2019œuvre \u2014 et réalisateur de l\u2019un de ses volets \u2014 avec sa maison Neue Road Movies, Wim Wenders fait le pari de révéler l\u2019âme des édifices en mettant à profit la technologie du 3D.« Quand Wim parlait du projet, il posait cette question: si les édifices pouvaient nous parler, que nous diraient-ils ?raconte en entrevue au Devoir la productrice Laura Michalchyshyn.Il cherchait comment célébrer l\u2019architecture et le rôle que jouent ces édifices sur le plan des idées, de la société, de la culture.» Certains portraits y parviennent mieux que d\u2019autres.Mais le seul fait de lancer ce pari compte pour la moitié du succès de cette odyssée de trois heures, présentée (en anglais) en deux parties au CENTRE PHI Le Salk Institute (La Jolla, Californie) vu par le réalisateur Robert Redford Centre PHI, du 5 au 10 décembre.Car f œuvre en six parties montre le côté humain de l\u2019architecture, chose rare au cœur d\u2019œuvres portant une griffe cinématographique affirmée et destinées au grand public.Entre idéaux et émotions.Wenders ouvre le bal avec la Philharmonie de Berlin.«Quand j\u2019y suis entré pour la première fois au début des années 1970, j\u2019ai été bouleversé et j\u2019ai pensé: \u201cWow! j\u2019ai vu le futur!\u201d», confiait récemment au Guardian le cinéaste en pleine production de sa nouvelle fiction.Every Thing Will Be Fine, tournée à Montréal cette année.Avec ses toits concaves et ses rangées de sièges sur différents paliers, la Philharmonie a été conçue par l\u2019architecte Hans Scharoun en 1963 pour mettre l\u2019orchestre et son chef au milieu du public.En suivant l\u2019idée d\u2019intégrer trois pentagrammes, elle est devenue un immense instrument en elle-même.CENTRE PHI Le Centre Pompidou (Paris, France) filmé par le réalisateur Karim Aïnouz Michael Glawogger nous entraîne dans le dédale des corridors étroits et des rayonnages labyrinthiques de la Bibliothèque nationale de Russie, à Saint-Pétersbourg.Et ce sont les livres qui nous parlent, alors que des extraits d\u2019œuvres intemporelles, dont Crimes et châtiments de Dostoïevski et Les confessions de saint Augustin, servent d\u2019unique texte narratif, semant une humeur étrange, presque inquiétante.Détonant par son sujet, le document sur la prison de Halden en Norvège joue d\u2019ambivalence.Dans f œil de Michael Madsen, la prison «la plus humaine au monde» s\u2019y montre presque accueillante \u2014 si l\u2019on accepte de se soumettre aux diktats implacables de ses règles, comme le raconte la psychologue qui assure la narration au «je».Margareth Olin offre un portrait poétique de la toute blanche maison de l\u2019Opéra d\u2019Oslo, en ' w - ^ !i CENTRE PHI L\u2019Opéra d\u2019Oslo (Norvège) vu par la réalisatrice Margreth Olin suivant au plus près le quotidien des artistes qui l\u2019habitent.Plus holljrwoodien dans le ton, Robert Redford fait dialoguer, par archives sonores interposées, l\u2019architecte Louis Kahn et le scientifique Jonas Salk, fondateur du Salk Institute for Biological Studies, en Californie.Tandis que la « machine à culture » du Centre Pompidou à Paris est auscultée par Karim Ainouz.Les cinéastes choisis n\u2019avaient jamais touché au 3D \u2014 outre Wenders, qui poursuit ainsi sa quête amorcée avec le film Pinapour «montrer que le 3D est un nouveau média très artistique, qui a bien plus de potentiel que l\u2019utilisation qu\u2019en font les superproductions actuelles», expliquait-il au Guardian.Pour Wenders, le 3D fait pour l\u2019œil et limage ce que la stéréophonie permet depuis longtemps VOIR PAGE E 2 : CATHÉDRALES Rester debout, façon Thomas Hirschhorn En vitrine à BNL MTL, l\u2019artiste suisse rend la violence visible pour mieux nous réveiller PEDRO RUIZ LE DEVOIR JEROME DELGADO Hirschhorn, en allemand, signifie «corne de cerf».Dans la langue internationale de l\u2019art contemporain, le vocable évoque l\u2019un des univers les plus singuliers, où le désordre, réel ou suggéré, frappe d\u2019emblée.Paire du Hirschhorn, c\u2019est composer avec le chaos.Or Thomas Hirschhorn, malgré tous les bois d\u2019orignal qui font son identité, ne cherche pas l\u2019affrontement.«J\u2019essaie d\u2019être logique, pas chaotique.Je ne veux pas non plus mettre de l\u2019ordre, dit l\u2019artiste suisse, attablé au bar d\u2019un hôtel montréalais, à peine débarqué de l\u2019avion.Ce que je veux, c\u2019est donner une forme au chaos.Mais ce n\u2019est pas unq stratégie pour [obtenir] une réaction.» Etabli à Paris, présent là où ça compte, de Venise à New York, Thomas Hirschhorn est une des vedettes internationales de la Biennale de Montréal, en cours jusqu\u2019en janvier.On n\u2019y présente pas une autre de ses installations démesurées, qui se situent entre le salon de lecture et l\u2019agora publique, mais Touching Reality (2012), une vidéo projetée sur un simple mur, à découvrir parmi d\u2019autres œuvres au Musée d\u2019art contemporain (MAC).Un quotidien parisien a déjà dit que la loi Hirschhorn est celle du chaos.Lui affirme travailler avec son environnement.Dans Touching Reality, une main féminine fait défiler, sans fin, les images de son appareil mobile.Images d\u2019horreur: corps ensanglantés, démembrés.Pas besoin d\u2019inventer le chaos, il circule déjà entre nous.«Si je fais quelque chose comme celle-ci avec le touch screen, dit le Parisien, c\u2019est parce que je vois des gens autour de moi le faire.» Ni provocateur ni moralisateur, Hirschhorn ne cherche pas à éveiller des consciences, mais à susciter des réflexions pour nous garder « debout», droits, et nous empêcher de nous assoupir.Ces photos, ce ne sont pas celles de professionnels, aime d\u2019ailleurs rappeler celui venu à Montréal pour donner une conférence.«Il faut se questionner, ne pas se réfugier dans un luxe, dans une sorte de confort, de demi-sommeil.Et dans l\u2019ignorance.La violence, cruelle, est là, visible, de plus en plus proche, mais la tentation est de ne pas vouloir la voir, de se protéger [d\u2019elle].» En silence et sur un seul mais grand écran.Touching Reality rend la violence très visible.Et palpable, touchante, comme le suggère le double sens du titre anglais.Le geste de la main exprime VOIR PAGE E 4 : HIRSCHHORN E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO NOVEMBRE 2014 CULTURE Luminothérapie Odile Tremblay T / \u201c \\ à On cherche la lumière quand la noirceur de l\u2019hiver nous tombe dessus.Car si l\u2019été est la saison des festivals, des grands rassemblements culturels à aire ouverte, le rapport aux oeuvres se transforme quand le froid extérieur s\u2019en mêle.Plus intime, plus essentiel peut-être.L\u2019effort de sortir pour assister à un spectacle, à une pièce de théâtre se fait douloureux.On songe : « Ça besoin d\u2019être bon.» avant de s\u2019y pointer.Parfois on ressort dans les rues noires bien réchauffé.Faut dire qu\u2019un titre comme Lumières, lumières, lumières relève de la promesse.Sa durée ?Une heure seulement.Brève mais intense séance de luminothérapie.C\u2019est miraculeux, un moment de théâtre, quand les éléments tombent à leur place sans s\u2019égratigner.Ainsi, à l\u2019Espace Go, cette heure parfaite entre chien et loup.Cette pièce d\u2019Evelyne de la Chenelière, conçue lors d\u2019une résidence d\u2019artiste au théâtre Espace Go, est adaptée du roman Vers le phare {To the Lighthouse) de Virginia Woolf et livrée dans une mise en scène aus,si brillante qu\u2019épurée de Denis Marleau.A l\u2019écran, les hypnotiques projections vidéo de Stéphanie Jasmin montrent la mer agitée, des vagues.Leur reflux évoque le futur suicide par noyade de Virginia Woolf, mais en fait, ces vagues-là bercent et font chavirer un duo féminin en bord de mer, en deux temps, avant et après la Première Guerre mondiale.Entre Madame Ramsay (Anne-Marie Ca-dieux), bourgeoise, mariée, mère de famille, et Lily Briscoe (Evelyne Rompré), artiste solitaire et bohème, un dialogue apparemment de sourdes, mais pas tant que ça, réflexion faite.Que les interprètes aient su rendre si finement le sous-texte tissé d\u2019humour, d\u2019espoirs à moitié comblés et de pulsions inavouables qui agitent leurs modèles, cela participe au miracle en question.Le mari de Madame, calqué sur C\u2019est miraculeux, un moment de théâtre, quand les éléments tombent à leur place sans s\u2019égratigner le père de Virginia Woolf, ne sera jamais montré, mais beaucoup raillé.Ces dames pensent surtout tout haut, à l\u2019instar de la romancière britannique, ici dédoublée, en plongée introspective traduite à la scène par Evelyne de la Chenelière.To the Lighthouse, sorte de poème en prose autobiographique, avait été publié en 1927, dans l\u2019entre-deux-guerres, par une Virginia Woolf attentive à capturer l\u2019angoisse d\u2019une période agitée.Sur scène, s\u2019élancent ses réflexions croisées, profondes et aiguisées comme des lames, sur les destins des femmes entre indépendance et concessions, sur l\u2019art, la maternité, la destruction de la guerre, les rendez-vous manqués, les désillusions de la vie.Des propos qui n\u2019ont pas vieilli, car nos propres temps sont troubles et la condition féminine, encore ballottée entre repli et libération.C\u2019est bien pour dire : à l\u2019Espace Go, Lumières, lumières, lumières nous ramène aux soubresauts de l\u2019actualité en ce qui concerne les questions de consentement sexuel, les cris du cœur de plusieurs femmes qui dénoncent des abus, certaines sans savoir jusqu\u2019où elles peuvent ou doivent aller.Car aucune balise n\u2019est encore posée en matière de relations hommes/femmes.Du moins ces choses-là sont dites et commentées sur la place publique, songe-t-on entre deux tirades de Lily Briscoe et de Madame Ramsay.Virginia Woolf, une des premières écrivaines de la modernité, avait compris la charge de ces jeux de pouvoir, là où les femmes n\u2019ont pas le gros bout.Cette pièce si réussie, tirée de sa prose, près d\u2019un siècle plus tard, nous rappelle à quel point elle aurait mérité d\u2019être plus vite entendue.Des villes et des bâtiments Et tant qu\u2019à conseiller aux gens de sortir pour échapper aux dépressions hivernales, on a envie de les diriger vers le Centre PHI, dans le Vieux-Montréal, devant les projections des six films en 3D liés au projet Cathedrals of Culture, lancé par le cinéaste Wim Wenders.Riche idée, que celle de faire parler des édifices ico-niques en présumant qu\u2019ils ont une âme, et le démontrant.A preuve.Six cinéastes se sont emparés de leur bâti- CAROLINE LABERGE Dans Lumières, lumières, lumières, les hypnotiques projections de Stéphanie Jasmin montrent la mer agitée dont le reflux évoque le futur suicide par noyade de Virginia Woolf.ment d\u2019élection en lui dédiant un film dans lequel le 3D sert davantage le réalisme que l\u2019effet bœuf Vous pourrez voir tout ça à Montréal du 5 au 11 décembre en deux volets, à s\u2019enfiler ou pas dans la continuité.11 y a d\u2019abord la Philharmonie de Berlin dans son histoire et sa modernité triomphante \u2014 elle fut longtemps voisine du Mur \u2014 vue par Wim Wenders.Puis le Salk Institute, mariage de la science et de la nature sur la côte californienne, célébré par Robert Redford.Ajoutez la Bibliothèque nationale de Russie à Saint-Pétersbourg, fondée par Catherine 11 en 1795, dans son décor baroque débordant de manuscrits rares et de volumes anciens.L\u2019Opéra d\u2019Oslo est une aire ouverte et généreuse.Le Centre Pompidou, énorme tuyauterie aux quatre vents, qui fit scandale il y a 40 ans à Paris, tient de la figure presque maternelle aujourd\u2019hui.Plus étonnante et seule de son espèce : la prison norvégienne modèle de Halden en plein bois, éclatante d\u2019humanisme et de modernité, oppressante pourtant.Marie-Antoinette affirmait, et on veut bien la croire, qu\u2019il n\u2019y a pas de belle prison.Chose certaine, l\u2019ensemble à six voix nous force à réfléchir sur le langage et la mission de l\u2019architecture, sur la charge symbolique d\u2019un bâtiment dans une époque et une culture données, car celui-ci n\u2019est pas fixe, mais s\u2019enrichit de mémoire au fil des ans et se propulse vers un avenir à anticiper.Alors, on imagine les lendemains de ces édi-fices-là et de bien d\u2019autres, avec un tas de questions derrière nos lunettes adaptées pour le 3D.Ce que seront les bâtiments iconiques de demain, sur une planète qui perd la boule, reste à inventer, et le vertige s\u2019en mêle.On retourne dans le froid en essayant de plus belle de l\u2019anticiper.otremblay@ledevoir.com Si les édifices pouvaient parler.En marge de Cathedrals of Culture, le Centre PHI organise une table ronde sur l\u2019âme des édifices.Quatre grandes pointures y discuteront de ces espaces capables de refléter notre culture : Sophie Gironnay, Phyllis Lambert, Stéphane Pratte et Jean Pelland.Le 4 décembre, à 18 h, au Centre PHI.du II NOVEMBRE au 06 DÉCEMBRE 2014 ESPACE I ^ GO ^ ^ texte EVELYNE DE LA CHENELIÈRE mise en scène DENIS MARLEAU ANNE-MARIE CADIEUX ÉVELYNE ROMPRÉ une production d ESPACE GO Soyons clair, c'est une véritable perle qui brille en ce moment sur la scène de l'Espace Go.Les comédiennes se saisissent de cette exigeante partition avec brio.La mise en scène de Denis Marleau est d'une précision sans faille.Christian Saint-Pierre, Le Devoir Lumineux! L'écriture est remarquablement maîtrisée.La mise en scène explore brillamment les tensions et les points de rapprochement qui existent entre les deux femmes.Quanf aux comédiennes, leur presfafion esf sans défauf.Aurélie Olivier, RevueJeu.org Evelyne de la Chenelière parvienf de brillanfe manière à exfirper les personnages romanesques de Woolf de leur cadre d'origine.Jean Siag, La Presse La mise en scène de Denis Marleau réussif en fous poinfs à imager le dialogue inférieur de ces femmes.Les comédiennes illuminenf la scène.Une pièce qui confinue de nous habifer après les applaudissemenfs, fémoignanf de la grande habilefé qu'a Evelyne de la Chenelière d'évoquer des images mémorables.Geneviève Germain, MonTheatre.qc.ca À l'aide d'une superbe mise en scène de Denis Marleau, l'aufeure offre un fexfe poignanf, complexe.Évelyne Rompré offre un jeu particulièremenf inféressanf, impossible de passer sous silence la presfafion sans faille d'Anne-Marie Cadieux.Hugo Prévost, pieuvre.ca CATHÉDRALES SUITE DE LA PAGE E 1 pour les oreilles et le son : donner une profondeur, des perspectives, dit-il dans un entretien accompagnant le matériel promotionnel du film.«On est loin du tape-à-l\u2019œil.Wim Wenders fait du 3D intelligent», signale Danny Lennon, commissaire du Centre PHI, qui a vu le documentaire lors de son lancement à Berlin en février dernier et tenait à le présenter ici au plus grand nombre dans son format 3D original.D\u2019où sa projection en deux programmes distincts d\u2019une heure quinze, deux fois par jour, une dérogation aux habitudes de visionnement ciblé de ce lieu culturel.Les six films y gagnent, car les voir en rafale soulignerait une certaine redondance dans le ton, qu\u2019une pause atténue.Le réalisateur allemand tenait d\u2019ailleurs aux formats de 30 minutes par film afin que ceux-ci puissent circuler dans tous les circuits de diffusion, des musées au petit SOURCE CENTRE PHI Michael Glawogger a hraqué sa caméra sur la Bibliothèque nationale de Russie.écran, seuls ou regroupés.Pour mieux savourer comment le bâti exhale les idées et les rêves de ceux qui les imaginent et leur donnent vie.Le Devoir CATHEDRALS OF CULTURE Au Centre PHI, du 5 au 10 décembre.PRESENTE PARTENAIRE DE PRODUCTION COMPLET les 6 et 13 décembre « Une pièce dense et forte.[.] La mise en scène de Catherine Vidal est impeccable, slalomant entre réalisme et métaphores.» M.Cloutier, La Presse « Un trio grandiose d\u2019actenrs [.] Avant la retraite [.] nons met en garde contre les comportements qni ponrraient mener à nne nonvelle dérive similaire an nazisme.[.] Une grande pièce, à voir sans Hantes.» P.St-Onge, MonTheatre.qc.ca < Avant la retraite est nne œnvre snbtile, tonte en nnances [.] pins qne nécessaire.» H.Prévost, pieuvre.ca « Une pièce conp-de-poing.Un texte très fort.» A-M.Kerouac, Catherine et Laurent, CIBL 101,5 FM THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURENT, MONTRÉAL BILLETTERIE:514 845-4890 ESPACEGO.COM duébecEE Hydro Québec ^transat PARTENAIRE DE SAISON THEATRE PROSPERO 1371, RUE ONTARIO EST BILLETTERIE 514.526.6582 ACHAT EN LIGNE THEATREPROSPERO.COM _ __ Québec El El LE DEVOIR LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 E 3 CULTURE>MÜSIQÜE Mon coffret, ton coffret, notre quarantième Quand la célébration les réunit en vitrine, difficile d\u2019évoquer Aut\u2019Chose sans Beau Dommage.SYLVAIN CORMIER ^\t14 ans, fin 1974, dé- Abut 1975, on choisissait son camp.On était Aut\u2019Chose, un peu comme la génération précédente avait été Stones, ou alors on était Beau Dommage, comme on avait été Beatles.Trait grossièrement tiré, comparaison facile, mais à cet âge-là, on a besoin d\u2019appartenir à UNE gang de bicycles, fût-ce à pédales.«Prends une chance avec moé», exhortait Lucien Francœur, sur fond de riff «spychédélique».Oui! J\u2019avais pris une chance avec Aut\u2019Chose, à tout le moins le temps de ce premier album, dont les paroles transgressaient jouissivement les bornes du bon goût.Dans Hey You Woman, j\u2019en frétillais.\u2019 «Femme d\u2019épouvante / Mélange de toutes les beautés pi de toutes les horreurs du monde [.] De Jayne Mansfield à Juliette Huot / de Lise Payette à Dracula.» Le culot de ce gars, qui ne chantait même pas ! «T\u2019avais 14 ans?C\u2019était l\u2019âge parfait pour que ça fesse, dit en souriant Francœur au Second Cup de la rue Bernard, en biais de l\u2019Outremont.Y a des chanteurs comme Papillon qui m\u2019ont dit avoir scrapé leur secondaire en écoutant mes records.» Pas mon cas : premier de classe, j\u2019avais pas ce qu\u2019il fallait pour me la jouer Jim Morrison à la polyvalente Henri-Bourassa.Si Francœur, Pierre Gauthier et les autres gars d\u2019Aut\u2019Chose m\u2019avaient donné des envies d\u2019orgies avec leurs chansons «sexe-fiction».Beau Dommage a vite pris le relais et, premier album de février 1974 sur les lèvres, m\u2019a ramené dans le vif du sentiment amoureux naissant.«C\u2019est pas facile d\u2019étre amoureux à Montréal», écrivait Pierre Huet, chantaient Michel Rivard, Pierre Bertrand et Marie-Michèle Desrosiers, avec l\u2019habillage de Robert Léger et les beaux toms de Réal Desrosiers pour me réconforter.Encore moins facile à Montréal-Nord.A 53 ans, bientôt 54, «ça fait drôle d\u2019y penser», je retrouve Aut\u2019Chose et en même temps, forcément, 40® anniversaire oblige.Beau Dommage.S\u2019échappent pas, ceux-là, si distincts soient les destins.On les retrouvera dans le même étalage chez les disquaires, c\u2019est leur lot: chacun son produit pour célébrer.Intégrale des albums pour la bande à Francœur, avec DVD d\u2019une heure de télé au Jardin des étoiles (que j\u2019avais regardé, assis à ça de l\u2019écran de la Philco, en 1975), ainsi que l\u2019enregistrement de la réunion du groupe au Café Campus en 2005, Francœur et le guitariste Jacques Racine soutenus par des fans finis, gars de Voivod et de Groovy Bowie contre Bowie / JACQUES PAILLETTE Lithographie tirée du coffret Microsillons de Beau Dommage.LihîÉGfiME PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pour Lucien Francœur, la publication du coffret de l\u2019intégrale d\u2019Aut\u2019Chose est un premier pas dans la résurgence du matériel d\u2019un groupe-culte demeuré dans l\u2019omhre.Aardvark.Quant à Beau Dommage, dont l\u2019intégrale CD/DVD a paru en 2008, « album de famille » assorti du livre Tellement on s\u2019aimait par Robert Thérien, on propose à la manière The Beatles in Mono un boîtier des disques en vinyle 180 grammes.Avec sérigraphie.La der des ders, souligne Rivard.«Un retour, même pour un soir, était hors de question.De ce côté-là, on a donné, donné, donné.L\u2019album de famille, les albums-hommages, tout ce qu\u2019il y avait à sortir est sorti.Tout ce qu\u2019il y avait à écrire sur Beau Dommage a été écrit, ou presque.Restait ça à offrir, des vinyles de qualité, qui sonnent vraiment bien \u2014 je dirais un bon 10% en mieux \u2014, qui correspondent à l\u2019engouement de ces dernières années pour les belles grandes pochettes et les galettes noires: un bel objet, et un clin d\u2019œil affectueux au format d\u2019origine, en même temps.» Boucle bouclée ?Probable.Pour Francœur, et tous ceux qui réclamaient Aut\u2019Chose en magasin, c\u2019est la première grande résurgence de tout ce matériel demeuré plus culte que populaire.«Toi, t\u2019avais l\u2019âge, mais la persistance d\u2019Aut\u2019Chose n\u2019a pas eu lieu par la radio, ni par de grandes retrouvailles aux FrancoFolies.C\u2019est les tripeux, les musiciens, qui ont jamais arrêté de m\u2019en parler, c\u2019est la gang à Voivod qui me disait que Le cauchemar américain, c\u2019était l\u2019album qu\u2019ils apportaient en tournée.Moi, je suis sorti de l\u2019underground pour faire Aut\u2019Chose, et après c\u2019est retourné dans l\u2019underground, mais c\u2019est jamais mort.J\u2019ai fait une tournée avec Papillon, les gars des Respectables.J\u2019ai une bonne filiation rock sauvage.Le coffret, c\u2019est d\u2019abord pour eux autres.» Et l\u2019histoire est contée, foisonnante, en petits caractères dans le livret, complément du livre Francœur le rocker sanctifié.«Tout n\u2019est pas dit.Après, on veut sortir le boxset Francœur, six CD, avec Yves Simo-neau le cinéaste, qui ferait un court métrage avec du stock qu\u2019il avait filmé de moi en 1980.En tout cas, c\u2019est ce qu\u2019on souhaite.Moi, j\u2019ai jamais eu de plan de carrière.C\u2019était une pulsion.Le premier Aut\u2019Chose, c\u2019était déjà un aboutissement pour moi, c\u2019était l\u2019affaire incroyable de se retrouver sur un disque.On peut pas imaginer aujourd\u2019hui ce que c\u2019était, se re- trouver \u201csignés\u201d par une multinationale, être sur un record.Le high que c\u2019était, man.C> Histoires de vinyles A l\u2019ère d\u2019iTunes à la pièce et des listes d\u2019écoute de Spotify, on a oublié.L\u2019impression d\u2019impossible accession, l\u2019air raréfié des sommets, le vertige.Son vinyle parmi les vinyles tant aimés.«Le vinyle, c\u2019est toute mon adolescence, résume Réal Desrosiers.Partir un vendredi soir de Duvernay pour aller chez Phantasmagoria acheter Ail Things Must Pass [de George Harrison] .Mettre un disque sur la table, mettre mes écouteurs et jouer de la batterie par-dessus les Beatles, les Stones, les Kinks.» Et puis, un jour, le même Réal dans le disque, sa batterie dans les chansons.«Je me rappelle surtout l\u2019immense bonheur d\u2019aller porter le premier disque chez mes parents.Ça faisait neuf mois que je leur parlais du groupe.CHA.UO COMME UN JUKEBOX Enfin, c\u2019était officiel.J\u2019avais ma face sur une pochette.J\u2019étais donc à leurs yeux un vrai musicien.» Pierre Huet, le principal parolier, n\u2019a pas eu sa face sur la pochette.«C\u2019est mon seul regret.Ça devait être une pochette qui s\u2019ouvre.Ma face aurait été à l\u2019intérieur.Mais je revois surtout Michel, qui rentre au 4606, de Lorimier avec un exemplaire du premier disque, et d\u2019avoir dit: \u201cÇa y est, Michel, on peut mourir, c\u2019est gravé.\u201d » Rivard: «Il y avait eu des discussions épiques, dont Beau Dommage avait le secret, au moment de déterminer la séquence des chansons.Par quoi commencer la face A, par quoi finir la face B : on se faisait des cassettes, c\u2019était infini.» Huet renchérit: «Quand on a fait Oû est passée la noce?, je ne sais plus qui, dans le groupe, avait compris que, quelque part.Le blues d\u2019Ia métropole et Heureusement qu\u2019il y a la nuit, c\u2019est le même désenchantement, l\u2019un en mode plus upbeat, l\u2019autre plus mélancolique: c\u2019était bien que ça ouvre et ferme la face A.Tout était pensé.Et repensé.» Tous les membres de Beau Dommage, tient à préciser Réal, ont été invités au lancement du coffret d\u2019Aut\u2019Chose.«On n\u2019était pas dans le même club, relativise Huet, c\u2019était une question d\u2019attitude.Plume parlait de nous comme de Beau Crémage.Beau Dommage, c\u2019était le groupe qu\u2019on aimait haïr.Par ailleurs, la poésie de Lucien était vraiment efficace.» Là-dessus, la comparaison Beatles-Stones tient : tout ce monde-là se fréquentait.Huet rigole : «Ben oui, on a été voir Aut\u2019Chose en spectacle.» Le Devoir T\\ Écouter > Un extrait pour \u201d chacun des coffrets.ledevoir.com/musique Ça ne peut pas être un hasard.En magasin, virtuel ou du genre qu\u2019on arpente pedibus (ça existe encore), vous trouverez ces jours-ci DEUX coffrets rétrospectifs de Bowie se faisant risette.Concoctés l\u2019un et l\u2019autre par le zig tombé du ciel, à un quart de siècle d\u2019écart.Dans le coin gauche, la réédition de Sound + Vision, boîtier rapetissé mais néanmoins riche de ses quatre disques farcis de prises alternatives (le démo de Space Oddity, notamment) et d\u2019extraits de spectacles forts (période Ziggy, période This White Duke).Dans le coin droit, le regard neuf de l\u2019an-droide chantant sur cinq décennies de métamorphoses (ironique est le titre.Nothing Has Changed, tu parles !) : en trois disques, on remonte dans le temps façon Doctor Who, de la nouveauté-pour-justifier-un-pré-sent Sue (Or A Season in Crime) jusqu\u2019à Liza Jane, enregistrée en 1964 en tant que Davie Jones avec ses King Bees.Que choisir?Faut-il remplacer son Sound + Vision par le Nothing Has Changed et ses matriçages dernier cri ?A-t-on vraiment besoin des chansons du Bowie d\u2019après Buddha of Suburbia (1993), voire Modem Love (1983) ?Va.suite est moins marquante, mais non sans une remarquable volonté de renouvellement et de pertinence.Le personnage continue de fasciner.En cela, c\u2019est vrai, rien n\u2019a changé.On l\u2019avouera, les raretés de Sound + Vision en imposent: Bowie chantant Springsteen {It\u2019s Hard to Be a Saint in The City), on veut ça.Encore un cas d\u2019achat à la pièce ?On prend Nothing Has Changed, et on télécharge les révélées de la réédition?Ce serait ma solution.NOTHING HAS CHANGED The Best Oe David Bowie Sony SOUND +VISION Parlophone/Warner PHEDRE JÉRÉMIE NIEL AVEC MARIE BRASSARD ^ MANISOLEYMANLOU > BENOÎT LACHAMBRE ^ EMMANUEL SCHWARTZ 03.04.05 DÉC.PORTEm LES MOLOtlES IIEP PIENItHE.Urisliin SilnE-Pitrri, Ei Dinir, PM BILLETTERIE 514521-4493 USINE-C.I ¦ as:'\tC3.\"ÏS.\u201e \u2022CÎSL.\u2022\u2022'¦WM\" HHffl\tU DEVOIR quéiecs» « Prismes, avec son ludisme, son orgie de couleur, sa trame sonore délirante, ses interprètes exubérants est une œuvre magnifique » {dfdanse.com) 2014 2015 Place des Arts MONTREAL DANSE PRISMES BENOÎT LACHAMBRE 2-6 DÉC 2014 20 H CINQUIÈME SALLE BILLETS 33$ DANSEDANSE.CA placedesarts.com E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 CULTURE.THEATRE La bête humaine Jean-Philippe Baril Guérard teste les limites de la liberté de parole avec Tranche-cul MARIE LABRECQUE Dans l\u2019univers drôlement féroce de Jean-Philippe Baril Guérard, l\u2019humain est un prédateur pour ses semblables, et la vie sociale, une lutte.Simple méchanceté entre amis, discours raciste, défense du capitalisme sauvage ou de l\u2019eugénisme: les personnages de Tranche-cul justifient les énormités qu\u2019ils profèrent par une «version très personnelle et intéressée» de la théorie de l\u2019évolution, ce qu\u2019on nomme le darwinisme social.Leurs points de vue reposent sur le postulat d\u2019une hiérarchie sociale où régne la loi du plus fort.La pièce du très actif auteur de 26 ans, qui vient aussi de publier un roman traitant d\u2019un thème connexe {Sports et divertissements, aux Editions de ta mère), pose la question suivante : «Est-ce qu\u2019il doit toujours y avoir un houe émissaire dans un groupe, une personne en has de la chaîne alimentaire qui mange toutes les claques?» A cette question.Baril Guérard répond: «Je défends la thèse que oui: il y a une part de cruauté inhérente chez l\u2019humain.» Parmi les motifs textuels récurrents de la pièce, il y a cette affirmation qu\u2019on ne doit pas remettre en question, se battre contre ce qui est finalement une loi de la nature.Un déterminisme biologique qui est une manière pour les personnages de se déresponsabiliser, comme si l\u2019admission de leur dimension animale légitimait leur férocité.Cette courtepointe éclatée de tableaux liés thématiquement aborde une telle variété de sujets délicats, au degré de gravité croissant, qu\u2019il devient vite évident, espère l\u2019auteur, «que le sujet de la pièce n\u2019est pas ce dont on parle, mais comment on en parle.C\u2019est un show sur la méthode, sur notre façon d\u2019argumenter».Bonjour, en effet, les sophismes et raccourcis intellectuels.La pièce expose les dangereuses dérives auxquelles ce type de raisonnement peut mener.Machiavélique, l\u2019auteur se plaît à utiliser des opinions qui paraissent initialement séduisantes, capables de créer un consensus, avant d\u2019ouvrir la porte aux glissements idéologiques.«C\u2019est le principe de hase qui guide l\u2019écriture de chaque scène: présenter une pensée qui peut avoir de l\u2019allure jusqu\u2019à ce qu\u2019on se rende compte que le personnage va trop loin et créer un sentiment de culpabilité chez le spectateur pour s\u2019être attaché à lui.» Histoire de remettre en question la part d\u2019intolérance qui se tapit sous notre vernis civilisé.Et de susciter une réflexion : est-on aussi critique qu\u2019on le croit par rapport aux idées qu\u2019on reçoit?«Moi-même je me suis surpris pendant l\u2019écriture à adhérer à ce qui est dit.» Du virtuel au réel L\u2019auteur de Warwick reconnaît éprouver du plaisir à créer des «personnages haïssables, des pensées tordues».«J\u2019aime prêcher par le contre-exemple, ajoute-t-il.Ça fait de bons shows!» Sur le plan formel, ce texte relayé par 14 acteurs évoquerait d\u2019ailleurs le Rouge gueule d\u2019Etienne Lepage.«C\u2019est l\u2019une de mes expériences les plus fortes au théâtre ces dernières années, l\u2019une des seules fois où je me suis senti bousculé, choqué.Cette pièce m\u2019a tellement rentré dedans que je me suis dit que choquer était peut-être une des seules avenues qui nous restent.» Tranche-cul offre un miroir déformant, grossi, mais fait écho à ce qu\u2019on peut entendre dans les médias, croit l\u2019auteur.«C\u2019est comme si on prenait des internautes qui s\u2019insultent dans un forum et qu\u2019on les transposait dans la vie réelle.Quand on a une personne devant soi, on tempère généralement ses propos.C\u2019est pourquoi les relations humaines sont très étranges, décalées, voire inacceptables, dans le spectacle.» Peut-on tout dire?Jean-Philippe Baril Guérard constate l\u2019existence d\u2019un «culte de l\u2019opinion» généralisé.«Et je pense qu\u2019une vision très pernicieuse du concept de liberté d\u2019expression s\u2019installe dans la société.On peut de plus en plus justifier des discours discutables en disant: j\u2019ai droit à mon opinion.Mais c\u2019est une question qui se pose depuis les années 2000, avec les radios de Québec: où est la ligne entre la diffamation et la liberté d\u2019expression ?A quel moment est-ce que l\u2019opinion devient insulte ?J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on a mis un doigt dans un engrenage et qu\u2019on ne pourra pas le ressortir.» S\u2019inquiétant des dérives potentielles, des rumeurs qui remplacent l\u2019information {«les faits ont de moins en moins de valeur», déplore-t-il), mais sans prôner pour autant la censure, il ne voit guère de piste de solu-tion.«Je pense que tout le monde doit avoir une responsabilité face à son propre discours.Et tout le monde devrait lire La rhétorique d\u2019Aristote.» (rire).En attendant, direction Espace libre si vous avez envie de faire travailler, avec humour, votre esprit critique.Collaboratrice Le Devoir TRANCHE-CUL Texte et mise en scène: Jean-Philippe Baril Guérard, à l\u2019Espace libre, du 4 au 20 décembre.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR [J\u2019éprouve du plaisir à créer] des personnages haïssables, des pensées tordues.J\u2019aime prêcher par le contre-exemple.Ça fait de bons shows Jean-Philippe Baril Guérard ROMAIN LOPEZ Image tirée de Touching Reality, 2012, de Thomas Hirschhorn.HIRSCHHORN SUITE DE LA PAGE E 1 une affection, en opposition avec le contenu affiché.En 2007, Thomas Hirschhorn avait été exposé une première fois au MAC, lors de l\u2019acquisition par le musée de l\u2019installation Jumbo Spoons and Big Cake (2000).Dans le catalogue qui accompagnait cette oeuvre monumentale, emblématique de sa signa- ture \u2014 ruban adhésif, références littéraires, composition en collage, structure précaire, tous les ingrédients Hirschhorn y sont \u2014, l\u2019artiste qualifiait le monde d\u2019injuste, de gênant, de merdique même.Sept ans plus tard, il a tenu à (se) nuancer.«Il y a beaucoup d\u2019injustices, d\u2019inégalités, de violence.Mais il y a aussi la beauté, l\u2019amour, l\u2019amitié.Il y a la MARJOLAINE BEAUCHAMP GENEVIÈVE DESROSIERS CATHERINE DORION CATH^ ¦'INELALONDE SI-PHILIPPE i/E GAGNON TON MIRON ^JARDINS\tô' «¦K lALIBERTÉ ^MP^HAN'- JESPATIÈ .arc desc-4 JÛc^.\t.^R\t.FRANÇOIS GUEk ^-^\" ALEXANDRE DOSTIE JEAN-PAUL DAOUST ATTENTAT I I Des cagoules.De l\u2019amour.Des poèmes.DU 2 AU 17 DÉCEMBRE 2014 Au Théâtre de Quat\u2019Sous Mise en scène Cabrielle Côté et Véronique Côté Avec Alexandre Bergeron, Mykalle Bielinski, Catherine-Amélie Côté, Cabrielle Côté, Véronique Côté, Steve Gagnon et Alexandrine Warren Textes Roland Ciguére, René Lapierre, Maxime Catellier, Marjolaine Beauchamp, Catherine Dorion, François Cuerrette, Simon Dumas, Benoît Jutras, Alexandre Faustino, Jean-Sébastien Larouche, Véronique Côté, Geneviève Desrosiers, Jean-Philippe Tremblay, Steve Gagnon, Geneviève Letarte, Evelyne de la Chenelière, Catherine Lalonde, Mariève Maréchal, Carole David, Natasha Kanapé Fontaine, Daniel Leblanc-Poirier, Louise Desjardins, Sylvie Laliberté, Gaston Miron, Nicolas Lauzon, Alexandre Dostie, Stéphane Despatie, Jean-Marc Desgent, Jean-Paul Daoust, Hubert Aquin, Cérald Codin et Jocelyn Pelletier Costumes Maude Audet Lumière Martin Sirois Musique Mykalle Bielinski BILLETTERIE 514 845-7277 QUATS0US.COM Thalle Boure SAISON 2014*2015 ourgie LA FONDATION ARTE MUSIOA PRESENTE Mardi 2 décembre \u2022 19h30 Gilles Cantagrel, concepteur et narrateur Ensemble vocal et instrumental de la Fondation Arte Musica Œuvres de J.S.BACH, C.P.E.BACH, COUPERIN, HASSE et STOLZEL Spectacle autour du Petit livre pour Anna Magdalena Bach Présenté dans le cadre du Festival Bach de Montréal SCANDALE A PARIS Mercredi 10 décembre \u2022 19h30 Pentaèdre - Quintette à vent TAFFANEL Quintette en sol mineur RAVEL Ma mère l\u2019oye STRAVINSKI Le sacre du printemps HINDEMITH Kleine Kammermusik Concert en lien avec l\u2019exposition De Van Gogh à Kandinsky UN FESTIN DE ROY Vendredi 19 décembre \u2022 19h30 Raphaël Pichon, chef CORELLI Concerto Pour la nuit de Noël TELEMANN Musique de table (extraits) RAMEAU Le Théâtre de Rameau (Pièces orchestrales extraites de ses œuvres pour la scène) Billets et programmation complète sallebourgie.ca 514-285-2000 #4 M MUSËE DES BEAUX-ARTS MONTREAL ARTE MUSICA Présenté par poésie, l\u2019art, la philosophie.Ma mission est de montrer quelque chose d\u2019entier.Il ne faut pas détourner les yeux du côté négatif, ni du côté positif», dit celui qui voit l\u2019art comme un des derniers lieux de rassemblement.Un appel à l\u2019émancipation Sensible à de multiples réalités, Thomas Hirschhorn a souvent exposé dans l\u2019espace public, en marge des quartiers de spectacles officiels.A Au-bervilliers, en banlieue de Paris, il a monté le Musée précaire Albinet (2004), en collaboration avec les habitants de cette cité voisine du Stade de France.Dans ce musée hors du commun, on exposait des trésors du Centre Pompidou, on dialoguait, on servait des repas communautaires.Hirschhorn dit s\u2019adresser toujours à un public «non exclusif».Pour lui qui cherche à briser les frontières sociales et esthétiques, le terme a son importance.Le non-exclusif concerne chaque individu, un à la fois, sans l\u2019affubler du terme «privilégié» ou «non privilégié ».«Il n\u2019est pas question de masses, ou du plus grand nombre», dit l\u2019auteur du Monument à Bataille (2002).«Le non-exclusif n\u2019exclut personne, mais demande une action, un petit effort», précise Hirschhorn.Cet effort était explicite dans sa dernière exposition personnelle, celle du printemps 2014 au Palais de Tokyo, au cœur de Paris.L\u2019installation Elamme éternelle prenait la forme d\u2019une tribune ouverte avec des énoncés, tronqués, tels que «Je ne veux pas un avenir, je veux un.».Les gens étaient invités à les compléter.ou pas.«Ce qui est important, dit-il, c\u2019est que la phrase n\u2019est pas terminée.S\u2019il s\u2019agit de l\u2019avenir, il n\u2019est pas hypothéqué.Il faut se livrer, être attentif et prêt à le construire soi-même.C\u2019est un appel à l\u2019émancipation.» Le thème de l\u2019avenir comme celui de la Biennale de Montréal lui convient bien.Non pas qu\u2019il ait une opinion arrêtée PEDRO RUIZ LE DEVOIR Thomas Hirschhorn en cinq dates 1957 II naît à Berne, en Suisse.1984 II s\u2019établit à Paris.Années 1990 II se fait une réputation avec des sculptures précaires, faites à partir de matériaux pauvres, notamment du papier journal, des sacs de poubelles, du ruban adhésif 2000 Premier lauréat du prix Marcel-Duchamp, plus grande distinction en art contemporain français.2002 II expose à la Documenta de Cassel son installation Monument à Bataille.2011 Son installation Crystal of Resistance occupe le pavillon de la Suisse, à la Biennale de Venise.sur le futur, au contraire.Son attitude à se tenir debout permet de faire face à toutes les éventualités, catastrophiques ou merveilleuses.«Touching Reality, soutient Thomas Hirschhorn, est une invitation à appréhender l\u2019avenir.On doit rester réveillé.» Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 E CULTURE>CLASSIQÜE Les décrocheurs de lune Blackshaw et Xiao-Mei nous ouvrent des horizons insoupçonnés dans Bach et Mozart CHRISTOPHE HUSS ^ une est Chinoise, l\u2019autre est An- glais.Ils sont nés tous deux en 1949.Ils ne se connaissent pas, M mais exercent le même métier, le ' même sacerdoce, avec la même \u2014 rare \u2014 faculté d\u2019aller décrocher la lune, au-delà des notes, au-delà du clavier.Difficile d\u2019imaginer êtres plus semblables.Sur un même moule, Christian Blackshaw et Zhu Xiao-Mei ont le doute viscéralement ancré en eux.Vont-ils atteindre le niveau de leurs propres exigences ?Christian Blackshaw, prophète de la musique de Mozart, a longtemps repoussé la perspective de graver un disque de son compositeur fétiche dans «l\u2019espoir que cinq ou dix ans plus tard» il pourrait «faire beaucoup mieux».Le second volume de son intégrale, hors normes, hors du temps, des sonates vient de paraître sur étiquette Wigmore Hall.«Je ne suis pas digne de jouer devant la tombe de Bach», ressassait Zhu Xiao-Mei en mai dernier à Montréal, où elle venait juger les candidats du Concours musical international.Bach est à la pianiste chinoise, rescapée des camps de Mao, ce que Mozart est à Blackshaw: l\u2019alpha et l\u2019oméga de la musique.Lorsqu\u2019elle se trouvait indigne des Goldberg à l\u2019église Saint-Thomas de Leipzig, il y a six mois, Zhu Xiao-Mei sortait de l\u2019enregistrement de L\u2019art de la fugue, sommet quasiment inaccessible de la musique.Xiao-Mei est finalement allée à Leipzig, jouer devant la tombe de son dieu musical.Un DVD documente ce moment unique.Et sa version de L\u2019art de la fugue paraît également, cette fols en CD.La grâce Le second volume de sonates de Mozart par Christian Blackshaw provient, comme le premier, de concerts enregistrés au Wigmore Hall de Londres en 2012.Conscient de la naissance d\u2019un «phénomène Blackshaw», Wigmore Hall distille désormais les parutions afin de créer une attente.Tout comme le volume 1, ce nouvel album dépasse les plus folles espérances.Le contrôle du son et la poésie qui résulte de la maîtrise de cette production sonore tiennent de l\u2019irréel, surtout lorsqu\u2019on sait qu\u2019il s\u2019agit de captations SOURCE MIRARE Zhu Xiao-Mei voue un culte à Bach.de concert, sans retouches.L\u2019été dernier, à Or-ford, Blackshaw a montré que tout cela est «pour de vrai».Il vient de donner en concert les Sonates D.958, 959 et 960 de Schubert.Imaginez cela au Québec un jour.Le volume 2 des Mozart de Blackshaw juxtapose des sonates délaissées (K.281, 282 et 283) et deux monuments (K.330 et 333).Comme dans le volume 1, les «petites sonates» deviennent plus grandes que nature.Le génie interprétatif se rencontre à chaque détour de phrase : la façon de poser la dernière note du mouvement de la Sonate K.283 ou la manière de «phraser» les six répétitions de la même note dans le thème de la K.281.Comment mieux illustrer cet art de transformer en phrases éloquentes la percussion de marteaux sur des cordes ?Comme dans le premier album, le deuxième CD renferme les grandes sonates.Et, à nouveau, les mouvements lents sont de purs moments d\u2019éternité, en apesanteur, où le temps s\u2019efface complètement.Depuis Ivan Moravec je n\u2019avais jamais entendu tel magicien du clavier.La pianiste et son double Zhu Xiao-Mei se dédouble.Quel contraste entre la femme si dubitative sur ses capacités et cette pianiste qui, en quelques notes de HERBIE KNOT Christian Blackshaw est un défenseur de Mozart.l\u2019aria des Variations Goldberg, ramène chaque auditeur à son univers à nul autre pareil ! Quatre-vingts minutes de doutes, d\u2019élans (plus qu\u2019autrefois) et de souffrances.Cet enregistrement réalisé à l\u2019église Saint-Thomas de Leipzig en juin 2014, édité uniquement en vidéo, est associé à un documentaire sur l\u2019artiste.Le public est digne du cérémonial.Suspendu à la musique, il laisse s\u2019écouler une quinzaine de secondes après la dernière note.Zhu Xiao-Mei salue alors, timidement.Elle est encore ailleurs.Et vient ce geste qui ne s\u2019effacera pas de notre mémoire : ce bouquet qu\u2019on lui tend, elle va spontanément le déposer sur la tombe de Bach en s\u2019inclinant longuement.Le nouveau parcours de Xiao-Mei à travers les Goldberg est différent.Il manque çà et là une note à la main droite, mais cela n\u2019a aucune importance.On l\u2019avait déjà noté lors de sa prestation à Orford : ce n\u2019est plus une interprétation d\u2019une partition ; c\u2019est un livre ouvert sur les \u2014 vraies \u2014 choses de la vie.L\u2019éditeur l\u2019a bien compris, qui en guise de musique pour accompagner le menu du DVD ne choisit pas l\u2019aria, mais la douloureuse 25^ Variation.On ne peut s\u2019empêcher de penser que ces Goldberg sont forcément différentes, maintenant que Zhu Xiao-Mei s\u2019est attaquée à L\u2019art de la fugue.Il y a comme une décantation accrue des lignes, une Deux pianistes au disque Christian., Blackshaw S Christian Biack-shaw.Mozart: Sonates vol.2.Wigmore Hall WHLive2CD 0069/2 (SRI) Zhu Xiao-Mei.Bach: L\u2019art de la fugue.Ac-centus CD ACC 30308 (Naxos) Zhu Xiao-Mei.Bach: Variations Goldberg {live, Leipzig, 2014).Accentus DVD ACC 20313 (Naxos).superposition de voix à parts plus égales.L\u2019art de la fugue, que la pianiste chinoise décrit comme l\u2019œuvre la plus difficile (et de loin) du répertoire, est édité en CD par Accentus.Le disque a été enregistré à Leipzig en février 2014.Pour le positionner dans la discographie, nous sommes retournés à de nombreuses versions, pour constater la suprématie historique de Tatiana Nikolaïeva, avec comme autre option Grigori Sokolov.Zhu Xiao-Mei renouvelle le miracle.Le miracle, la quadrature du cercle, dans L\u2019art de la fugue, est de combiner rhétorique et musique.La pianiste semble parvenue à une clarification de la partition qui lui permet d\u2019habiter l\u2019œuvre et de la parer de musique et de signification.A nouveau, elle ouvre un livre et raconte, en bondissant à travers les entrelacs jusqu\u2019à l\u2019ultime arrêt au-dessus du précipice dans le Contrepoint XIV, interrompu par la mort de Bach après 239 mesures.Zhu Xiao-Mei éclaire Bach, Christian Blackshaw habite Mozart : deux regards musicaux extralucides et hors du commun.Le Devoir D Écouter > Des extraits des trois disques en vitrine en ligne et sur l\u2019application tablette, ledevoir.com/musique L\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal sous la direction de JEAN-FRANÇOIS RIVEST présente EN SOUVENIR D\u2019 Un moment de recueillement musical, 25 ans après les événements tragiques de Polytechnique avec la collaboration du McGill University Chorus, des Schulich School Singers, de l\u2019Atelier d\u2019opéra et du Chœur de l\u2019Université de Montréal Johannes Brahms Un Requiem allemand Solistes : Pascale Beaudin, soprano John Fanning, baryton Johann Sebastian Bach Choral O Haupt veil Blut und Wunden {Passion selon saint Matthieu) Motet O Jesu Christ, mein\u2019s Lebens Lioht (versions 1 et 2) Air en écho FloBt, mein Heiland, floBt dein Namen {Oratorio de Noel) Pascale Beaudin et 14 sopranos Direction des chœurs : François André Ouimet et Raymond Perrin Samedi 6 décembre 2014,19 h 30 SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE 220, avenue Vincent-d\u2019Indy, Montréal (Métro Édouard-Montpetit) 15 $, gratuit (étudiants) - admission.com 1 855 790-1245 Pascale Beaudin John Fanning musique.umontreai.ca ICI ® musioue ^ diffuseur officiel Université de Montréal quatuor,, molinan Québec Le Quatuor selon Kurtâg Intégrale des oeuvres pour quatuor à cordes Dialogue Samedi 29 novembre 2014, 14h Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100 est, rue Sherbrooke, Montreal Entree libre Concert Vendredi 5 décembre 2014, 20h Conservatoire de musique de Montreal, 4750, avenue Henri Julien, Montreal Billets 26,50$, 21,50$, 11,50$ (etudiants) Conférence pré-concert de Jean Lesage 19h T - 514-527-5515 www.quatuormolinari.qc.ca I Montreal@ '\"S/IVIER MEMORIA Fondation LA CHAPELLE DE QUÉBEC SAISON 2014-2015 LES )LONS U ROY Le retour très attendu d'une œuvre phare avec Les Violons du Roy et La Chapelle de Québec! 9150$ pour ies 30 ans et moins LE MESSIE DE HANDEL VENDREDI 5 DÉCEMBRE 19 H30 TREVOR PINNOCK.CHEF MIRIAM ALLAN, SOFRANO ALLYSON MCHARDY, MEZZO-SOFRANO ANDREW FOSTER-WILLIAMS, BARYTON-BASSE ALLAN CLAYTON, TENOR AVEC LA CHAPELLE DE QUÉBEC MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL laplacedesarts.com ***\t514 842 2112/1 866 842 2112 Présente par OPTIMUM.Optimum Réassurance int PARTENAIRE DE SAISON A MONTREAL & La Capitale Groupe financier LE DEVOIR VIOLONSDUROY.COM E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 IDE VISÜ Dans l\u2019antre dn jonrnaliste en zone de conflits Les «hôtels de guerre» passés sous la loupe de l\u2019artiste Emanuel Licha IN CAMERA D\u2019Emanuel Licha, à la galerie Donald Browne, 372, rue Sainte-Catherine Ouest.Espace 528, jusqu\u2019au 20 décembre.MARIE-ÈVE CHARRON Plusieurs personnes et des médias ont récemment été trompés par un canular mettant en scène un jeune Syrien sauvant une fillette de balles de tirs.Le court film, des images semblant avoir été captées par une caméra amateur, a été mis en ligne, vu abondamment par les internautes et même retransmis en ondes par les médias traditionnels.Ce phénomène n\u2019est pas sans faire repenser au journalisme de guerre et à la pertinence de sa pratique.Alors que les guerres continuent de faire rage, le métier de reporter de guerre fait face à de nouveaux enjeux soulevés par la facilité avec laquelle des images de conflits sont filmées par des amateurs et diffusées sur la Toile.Si l\u2019exemple du canular montre que le coefficient de vérité prêté aux images en apparence instantanées peut s\u2019avérer un leurre efficace, qu\u2019en est-il des représentations rapportées par les journalistes de guerre?Sont-elles exemptes de toute fabrication?L\u2019artiste né à Montréal Emanuel Licha s\u2019intéresse depuis quelques années à la représentation de la guerre dans les médias.Il montre dans des photographies, des vidéos et des installations ce qui entoure la pratique de ce métier.Dans l\u2019exposition chez le galeriste Donald Browne, il présente une partie de la série toujours en cours intitulée In Camera.Élllllllll \u2022iisikiBM i -¦ ¦ \u2014 M .llllllllllll* \u2022' riimiiii.iiiiiiiiiiiii-* iiii;i!iiiir: t iiiiiliillillllll Emanuel Licha, In Camera (room), 2014 Ce sont des photographies qui font incursion dans les hôtels où séjournent les journalistes de guerre, dans des villes et des pays non spécifiés, mais qui font penser au Proche-Orient ou à la Russie.Pour seul indice, les lettres géantes de Gazprom aperçues par la fenêtre d\u2019une chambre.Les lieux, que l\u2019artiste photographie désertés, disent peu de choses.Hall, salle à man- ger et chambres sont assez quelconques, mais surtout évocateurs de ce cadre depuis lequel travaillent les journalistes correspondants.Ils sont parfois confinés dans ces espaces, les seuls souvent où ils peuvent exercer un relatif contrôle.En réduisant le cadrage sur ces lieux, Licha laisse dans le hors-champ le sujet de la guerre.De façon exagérée, la série expose la nécessaire découpe opérée sur les choses et les limites de cet exercice.Loin d\u2019offrir un accès direct sur les guerres couvertes, les médias en produisent une certaine vision.Depuis la série War Tourist (2004-2008) qui l\u2019a fait connaître, Licha a déplacé son attention du récit touristique au récit médiatique.Ce que l\u2019artiste cherche à déconstruire, c\u2019est là où le tourisme et le journa- SOURCE GALERIE DONALD BROWN lisme semblent se retrouver, à savoir dans la forme divertissante proposée en expérience.Pour le touriste de guerre, c\u2019est l\u2019attraction distanciée des restes de conflits.Pour le spectateur de nouvelles, c\u2019est la présentation, à travers une mise en scène étudiée, d\u2019un reportage fait en zones de conflits.Avec à-propos trône sur le bureau du galeriste une télévision branchée sur une chaîne d\u2019înformations en continu.Véritable intruse ici, cette télé, dont la disposition est négligée, rappelle autrement son omniprésence dans les foyers et dans l,es lieux pqblics, surtout aux Etats-Unis.A une fréquence régulière, se fait entendre dans la galerie Live Clock (2011), une sélection d\u2019indicatifs musicaux, nettement plus emphatiques, venant des chaînes amérîcaînes justement, quî ponctuent les bulletins de nouvelles.C\u2019est d\u2019ailleurs aux Etats-Unis, dans le camp d\u2019entraînement de l\u2019armée américaine de Eort Irwln en Californie, que Licha a amorcé la série sur les hôtels.Dans ce lieu construit d\u2019après le modèle Imaginé d\u2019un village d\u2019Irak et faisant appel aux services d\u2019Hollywood, sont simulés en plus vrai que nature des affrontements.De son périple en ces lieux, Licha a réalisé deux œuvres fascinantes exposées à la galerie SBC en 2010.Une des Images de ce lot, une chambre d\u2019hôtel, fait retour dans In Caméra.L\u2019Intérieur de cette chambre, la vue surtout qu\u2019elle offre sur l\u2019extérieur, témoigne d\u2019une conscience troublante voulant que la guerre fasse Image.Autour de ces «hôtels de guerre», qu\u2019il aurait dénichés au fil de ses voyages à Beyrouth, au Caire, à Jérusalem, à Bagdad et à Sarajevo, Emanuel Licha mène également le projet Hotel Machine, un ambitieux documentaire de création.Les photos actuellement présentées en constituent certes un prélude des plus prometteurs.Collaboratrice Le Devoir à* PAPIERS de œuvres choisies Estampes, dessins et peintures sur papier VERNISSAGE JEUDI EE 4 DÉCEMBRE, 17H À20H JUSQU\u2019AU 23 DÉCEMBRE 2014 EXPOSITIOM COMJOIMTE DE yves laroche r 6345, boulevard Saint-Laurent Montreal (Quebec) H2S3C3 514.274.4299 uiuiuj.oolerielocerte.com 6355, boulevard Saint-Laurent Montreal (Quebec) H2S3C3 514.393.1999 uiujuj,yve«loroctie.com % ART vernissage les samedi et dimanche, 29 et 30 novembre 2014 de 13h30 à 17h30 exposition du 29 novembre au 31 décembre 2014.197, chemin du lac d\u2019Argent, Eastman (Québec) JOE 1P0 Tél.450.\t297.\t4646 www.riverin-arlogos.com La Galerie est ouverte du jeudi au dimanche de 13h30 à 17h30 MAISON DES ARTS DE LAVAL 1395, boulevard de la Concorde Ouest, Laval 450 662-4440 I www.maisondesarts.laval.ca ^Montmorency Le Centre d'exposition de Repentigny présente Trésors de cirque Le Fonds Jacob-William dévoilé La TOHU, la Cité des arts du cirque SERGE LEMONDE \"Le monde de LEMONDE\" Oeuvres récentes riucrin-arioaos CONTEMPORAIN Du 22 novembre 2014 au 4 janvier 2015 CENTRE D\u2019EXPOSITION DE REPENTIGNY 3.place d'Évry, Repentigny (Qc) J6A 8H7 1450 470-3010 ville.repentigny.qc.ca/expositions Mercredi et jeudi ;13hà17h, 19hà21 h //Vendredi, samedi et dimanche ; 13 h à 17 h w h Fonds Jacob-William-TOHU.la Cité des arts du cirque D# Repentigny S'épanouir -GALERIE D'ART- Stewart Hall -ART GALLERY- 29 novembre 2014 au II janvier 2015 COZIC : Le Projet Code Couronne Dimanche 30 novembre VERNISSAGE : 14 H Concert-performance : 14 h 30 Mercredi 3 décembre, à 10 h Causerie Démystifier l\u2019art avec Cozic (en français) Entrée libre INFO :5I4 630-1254 www.ville.pointe-claire.qc.ca VERNISSAGE MARIE-CLAUDE EERLAND 30 novembre - 21 décembre GALERIE Linda Verge 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.galerielindaverge.ca LALIE DOUGLAS Broken Land : histoires contées et racontées Commissaire : Barbara Wisnoski Visite commentée avec l'artiste et la commissaire : dim.18 janvier à 14 h Entrée libre [LisaHL VENTE D\u2019ATELIER DESSINS & GRAVURES PETITS FORMATS Louis-Pierre BOUGIE Denis ST-PIERRE Charlotte FAUTEUX 5-6-7 Décembre (midi à 17h30) 5333, ave Casgrain, suite 1110, Montréal info@louis-pierrebougie.com .*.^ 4\ti b Trépanier, France-Marie, Multi-Tasking, 2014, techniques mixtes sur papier, 76 x 102 cm r TROIS ELLES ŒUVRES RECENTES DE ÉTHIER \u2014 LÉVESQUE \u2014 TRÉPANIER 26 novembre - 28 décembre Galerie Jean-Claude Bergeron 150 St-Patrick Ottawa ON Tél.613.562-7836 info(ggaleriejeanclaudebergeron.ca www.galeriejeanclaudebergeron.ca LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE SO NOVEMBRE 2014 E 7 CULTURE>TELEVISION y\" SOURCE TELE-QUEBEC Léa Clermont-Dion est la figure centrale et l\u2019intervenante principale de ce film qui sonde l\u2019obsession d\u2019une société pour des modèles irréalistes.Léa, elle l\u2019a Un documentaire sur le culte de la jeunesse et de la beauté STEPHANE BAILLARGEON De chactin selon ses blessures.A chacun selon sa psychanalyse.Léa Clermont-Dion, 23 ans maintenant, a souffert de troubles alimentaires à l\u2019adolescence.A douze ans, quand elle est internée pour un mois dans une clinique spécialisée, elle pesait 70 livres.Une fois rescapée, la jeune Léa commence une croisade personnelle contre les images de femmes formatées en série dans les médias.Encore adolescente, elle réunit des centaines de personnes dans des conférences sur le sujet, puis elle lance une pétition qui va déboucher sur l\u2019adoption de la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée, une déclaration en faveur «des tailles, des proportions et des âges variés».La jeune militante féministe a publié récemment La revanche des moches, une réflexion «à la fois intimiste et académique, avec un petit côté people sur rien de moins que le culte de l\u2019apparence», a résumé une critique.Le documentaire Beauté fatale, en deux volets, propose une sorte de prolongement de cette quête pour se comprendre elle-même en comprenant sa société.Une forte impression d\u2019autoanalyse se dégage du résultat, surtout du premier volet.Jouer à la poupée.La jeune envoyée spéciale sur son nombril replonge en elle-même pour comprendre ce qui lui est arrivé, ce qui arrive quotidiennement à beaucoup, beaucoup de femmes.Allô maman bobo Les segments de loin les plus intéressants se passent avec sa mère, Sylvie, que Léa décrit en entrevue après le vi-sionnement de presse comme «une misanthrope» qu\u2019elle «admire beaucoup pour sa simplicité volontaire».Les deux femmes ne ,se fréquentent pas beaucoup.A la rencontre, à la campagne, les tiroirs s\u2019ouvrent, sans pudeur.Les secrets s\u2019échappent.La progéniture se fait rappeler par sa génitrice naturelle, qui ne se maquille pas, qui vit à la campagne, qu\u2019elle a toujours aimé se déguiser, se montrer, paraître, quoi.Dès les premières images, certaines captées par webca-méras, la fille urbaine, lookée, branchée, sportive (on la voit courir tout le temps) avoue et fait comprendre ses paradoxes.Elle critique notre obsession pour la beauté mais s\u2019y soumet allègrement.Elle souhaite une plus grande diversité d\u2019images corporelles dans les médias tout en incarnant mé-diatiquement le modèle standard.Elle a 23 ans et elle se questionne sur le culte de la jeunesse.«Dans un lieu public, si je n\u2019attire pas l\u2019attention, je ne me sens pas bien», dit une de ses toutes premières confidences à la caméra.La jeune femme assume, s\u2019ouvre, se fouille.«Le réalisateur André St-Pierre m\u2019a demandé d\u2019accepter mes vulnéra- a Le réalisateur André St-Pierre m\u2019a demandé d\u2019accepter mes vulnérabilités.C\u2019est donc une production très intime, yy Léa Clermont-Dion à propos de Beauté fatale bilités, a-t-elle encore expliqué aux journalistes.C\u2019est donc une production très intime.» Ses confidences en génèrent d\u2019autres.L\u2019ex-chanteuse Mitsou Gélinas, devenue animatrice, a tenu un blogue sur le même thème de l\u2019image de soi.Elle raconte ses propres dysfonctionnements, jusqu\u2019à la boulimie, jusqu\u2019à sa récente orthorexie, cette obsession pathologique pour la nourriture saine.Pour le reste, le documentaire fait et refait ce qu\u2019on a déjà vu vingt et cent fois sur le sujet.On a par exemple droit à la scène cliché dans une boîte de nuit avec pouponnes et éphèbes, aux interviews avec des mannequins dans les coulisses d\u2019un défilé de mode, etc.Les explications savantes sont laissées de côté dans le premier volet.Les informations les plus sociologisantes passent sous la forme de statistiques défilant de temps en temps à l\u2019écran.On apprend par exemple qu\u2019une femme dépense en moyenne plus de 35 000$ dans une vie en produits de beauté.Le second volet {Date de péremption) élargit la perspective.La documentariste interroge des gens de la pub et ne convainc qu\u2019une seule entreprise de cosmétiques de répondre aux questions.Léa Clermont-Dion se rend au spa, visite un chirurgien esthétique et même un thanatologue.Figures connues Là encore la parole est donnée à des gens ordinaires et à des vedettes (Micheline Lanctôt, Claire Lamarche, Valérie Blais, Marie-Chantal Perron, Léane Labrèche-d\u2019Or), des femmes deux ou trois fois plus âgées que Léa Clermont-Dion qui se confient à leur tour sur leur rapport à leur corps, à la beauté idéalisée, au regard des autres.Là encore, la règle va aux propos et confidences, sans pudeur aucune.«Beauté égale maintenant jeunesse, dit M\u201c® Lanctôt, qui a souffert d\u2019anorexie elle aussi.J\u2019ajouterais qu\u2019il faut être jeune, beau et en forme.» Claire Lamarche, qui s\u2019assume très bien au naturel comme sexagénaire, est encore plus cinglante.Comment notre société consi-dère-t-elle les femmes vieillissantes?lui demande la jeune Léa Clermont-Dion, au bout de sa démarche faite pour refermer des blessures, les nôtres, les siennes.«Dans notre société, la vieillesse, c\u2019est quelque chose qu\u2019on ne veut pas voir, dit M\u201c® Lamarche.On la nie, comme on nie la mort finalement.Comme si on allait rester jeune toute notre vie.Ça ne se peut pas.» Le Devoir BEAUTÉ FATALE Sur les ondes de Télé-Québec, les mardi 9 et mercredi 10 décembre à 21 h.Rachmaninov Chostakovitch Arenski TRDÏHn RUSSE Mercredi 10 décembre 2014 à 19 h 30 Chapelle historique du Bon-Pasteur i //7> » ^\t.Lfc-S CINEMA Sous la férule Whiplash met en scène une joute maître/élève de haute tension WHIPLASH ?Réalisation et scénario: Damien Chazelle.Avec Miles Teller, J.K.Simmons, Melissa Benoist, Austin Stow ell.106 minutes.ODILE TREMBLAY Rarement un film, version courte, version longue, aura été primé deux fois au festival de Sundance.C\u2019est le cas du merveilleux Whiplash de l\u2019Américain Damien Chazelle.Le long métrage y récoltait cette année le Grand Prix du jury et le Prix du public, alors que le court métrage dont il est tiré remportait le Prix du jury dans sa section en 2013.Ajoutons qu\u2019il fut ovationné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes.Le voici lancé ! Avec une grande tension psychologique, ce film d\u2019initiation à la dure est une œuvre sur le pouvoir et la manipulation, mais aussi sur les voies mystérieuses qui permettent î\u2019éclosion d\u2019un talent, au besoin sous le fouet d\u2019un tyran.On pense à Black Swan d\u2019Aronofsky et, en mode mineur, au Boychoir de Erançois Girard, qui roulent sur des thèmes analogues.Ajoutez un excellent duo d\u2019acteurs, dominé par la partition de J.K.Simmons, admiré dans Juno, pour une fois vraiment bien mis en lumière.Le crâne rasé, avec la même énergie virile, il ressemble, en moins monolithique, à Bruce Willis.Le troisième personnage-clé est la musique de jazz elle-même, surtout la percussion, formidable.Chazelle, qui a un passé de batteur et qui livre ici une œuvre autobiographique, possédait comme ses deux interprètes principaux de solides connaissances musicales, d\u2019où l\u2019impression d\u2019entrer en jazz avec des pros.En prime : ce côté quasi documentaire tissé de vérité.Miles Teller incarne, entre fougue, délire et sensibilité, le jeune batteur aussi doué que pas trop sûr de lui, mais assoiffé de reconnaissance.Sa pratique l\u2019accapare tellement METROPOLE EILMS J.K.Simmons retient i\u2019attention dans ie rôie du despotique et tyrannique chef d\u2019orchestre.\u2014 ses doigts en saignent \u2014 que ni ses amis, ni son père (Paul Reiser, figure tutélaire remplie de bonnes intentions), ni sa copine trop négligée (Melissa Benoist, placée pour la romance, trop vite écartée) ne peuvent le détourner de son obsession artistique : celle d\u2019égaler ou de dépasser le fameux Buddy Rich.Mais le musicien trouvera son maître, comme on dit.Dans le fictif Manhattan\u2019s Shaffer Conservatory of Music règne le despotique chef d\u2019orchestre de jazz.Et le chapelet d\u2019insanités, d\u2019injures racistes, sexistes, vulgaires autant qu\u2019arbitraires répandues sur les musiciens humiliés sans répit, ou carrément assaillis physiquement, transforme son cours en porte pour l\u2019enfer.Dans ce hlm indépendant, au petit budget, le cinéaste capte ses images au rythme du jazz, avec un vrai style : caméra mobile courtisant des gros plans traumatiques, coupes rapides, éclairages à la fois chauds et in- quiétants, qui nous entraînent dans la frénésie et la névrose du jeune personnage.Chazelle refuse l\u2019appui de scènes faciles, accentuant au contraire la violence et l\u2019injustice d\u2019un apprentissage destiné à casser les meilleurs musiciens pour les entraîner au-delà d\u2019eux-mêmes, et pour assouvir les instincts sadiques du maître avec dommages collatéraux : le suicide d\u2019un ancien élève qui lui coûtera cher.Hélas, le rebondissement final, arrivé trop vite, en pirouette, tiré par les cheveux, n\u2019arrive guère à conclure son thriller psychologique comme il l\u2019eût mérité.Ce jeune cinéaste pétri de talent aura pourtant démontré tout du long une habileté à créer et à maintenir une tension, avec deux interprètes en grande forme, pour le grand bonheur des amateurs de jazz aussi, que le compositeur Justin Hurwitz a comblés.Le Devoir Le Gala Concert-bénéfice Musique du 20^ siècie Billets sur www.accesculture.com www.trloflbonaccl.com LE JEVOin 14 déc.2014 à 14 h Maison symphonique OPERA DE MONTRÉAL operademontreal.com QMâ>ecSS PtSim E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 CULTURE.CINEMA Baille, baille, mon cow-boy L\u2019acteur et réalisateur Tommy Lee Jones raconte (mollement) TheHomesman ALBERT PIZZOLI AGENCE FRANCE-PRESSE Avec sa mine patibulaire, Tommy Lee Jones a souvent joué les méchants ou les durs à cuire.ANDRE LAVOIE Sa (mauvaise) réputation teintée d\u2019accès de colère et de commentaires lapidaires le précède depuis des décennies, et ce n\u2019est pas à son âge vénérable (il est né au Texas en 1946), et avec quelques statuettes prestigieuses récoltées à Cannes ou à Hollywood, que Tommy Lee Jones va devenir tout à coup plus affable, plus aimable, ou juste plus bavard.Comme pour tant d\u2019autres agitant un micro sous son nez ou essayant de boire ses paroles comme un assoiffé en quête d\u2019une oasis dans le désert, une certaine naïveté peut s\u2019emparer des intervieweurs : défendre un film avec les titres d\u2019acteur, de scénariste, de réalisateur et de producteur n\u2019injecte-t-il pas une certaine dose d\u2019enthousiasme?Même avec TJie Homesman, sa deuxième incursion sur grand écran derrière la caméra après le magnifique The Three Burials ofMelquiades Estrada, et mettant en vedette la Hilary Swank des beaux jours {Insomnia, Million Dollar Baby), rien n\u2019y fait.A l\u2019autre bout du fil au Beverly Hills Hotel à Los Angeles, les réponses arrivent au compte-gouttes, laconiques, tranchantes, avec une pointe d\u2019exas- pération que la vedette de Men in Black et de The Fugitive n\u2019essaie même pas de masquer.Il y a sûrement corvée plus éprouvante que celle de promouvoir cette adaptation émouvante, et parfois bouleversante, du roman de Glendon Swar-thout sur la traversée d\u2019une célibataire endurcie (Swank) et d\u2019un vieux grincheux Qones, d\u2019offrir un poste de diplomate.Lorsque le nom de Paul Newman est évoqué, lui qui a rêvé pendant des années d\u2019en faire une adaptation, Jones dit ignorer les raisons de son impasse, et n\u2019en a cure.«Je voulais seulement faire le meilleur film possible.Au final, je suis plus heureux que fier devant The Homesman.» Et pour- « L\u2019histoire de ce livre possédait un énorme potentiel cinématographique, mais ce n\u2019est vraiment pas un bon bouquin sur le plan littéraire» qui d\u2019autres.) devant conduire à bon port trois femmes sur le point de se noyer dans la folie tant les conditions du Far-West ressemblent à l\u2019Enfer de Dante.Le périple, où la dureté implacable de la nature rivalise avec celle des hommes, toutes couleurs de peau confondues, devient un puissant révélateur des espoirs et des carences de ce tandem très mal assorti.«L\u2019histoire de ce livre possédait un énorme potentiel cinématographique, mais ce n\u2019est vraiment pas un bon bouquin sur le plan littéraire », concède Tommy Lee Jones, à qui l\u2019on ne penserait jamais quoi ce manque de fierté?«Probablement que le mot \u201cfierté\u201d ne veut pas dire la même chose pour vous.Disons que j\u2019ai été chanceux, finalement.» Une partie de sa chance provient, il ne s\u2019en cache pas, de Luc Besson, réalisateur prolifique {Nikita, Le grand bleu, Lucy) et à la tête de la puissante compagnie de production Europa.«Le financement s\u2019est fait assez rapidement», reconnaît Jones, qui n\u2019avait pas en tête Hilary Swank comme partenaire à cette étape.«Je ne peux pas associer des noms d\u2019acteurs à moins d\u2019avoir un boulot à leur offrir, et surtout de l\u2019argent pour les payer.» Certains producteurs le trouveront sans doute bien candide.Pour ce cow-boy du cinéma à la tronche menaçante, assu- mer plusieurs postes à la fois continue de l\u2019amuser, croyant que «tous les acteurs sont un peu réalisateurs» \u2014 il n\u2019a jamais voulu creuser davantage cette affirmation, se contentant de la répéter sur le même ton \u2014 et devenant même exaspéré lorsqu\u2019on ose lui dire qu\u2019il a signé un western.« C\u2019est une étiquette, ça ne décrit pas grand-chose, sauf de dire qu\u2019il y a des chevaux et de grands chapeaux.» The Homesman est bien sûr loin de se réduire à cela, véritable épopée sur fond de paysages arides et dépouillés, et succession de rencontres parfois tragiques, voire burlesques, avec des acteurs de renom (John Lithgow, James Spader, Tim Blake Nelson, Merryl Streep) que le mauvais caractère de Tommy Lee Jones n\u2019a pas rebutés.Ils ont dû garder leurs questions pour eux-mêmes, dans la mesure où ils sont tous un peu réalisateurs.The Homesman prendra l\u2019affiche en version originale anglaise et en version originale sous-titrée en français à Montréal, à Québec et à Trois-Rivières le 5 décembre prochain.Collaborateur Le Devoir L\u2019adolescence sans mode d\u2019emploi LA MARCHE À SUIVRE ?1/2 Réalisation, scénario et narration: Jean-François Caissy.Image: Nicolas Canniccioni.Canada, 2014, 76 minutes.ODILE TREMBLAY Le fait que les documentaires et les fictions sur l\u2019adolescence plus ou moins troublée aient défilé à l\u2019écran ces dernières années confère un coefficient de difficulté supplémentaire à celui qui s\u2019y frotte après coup.Mais tout est dans le regard.Là où plusieurs cinéastes ont voulu lancer un message (dénoncer la négligence des enseignants ou, au contraire, porter leur bienveillance aux nues, montrer du doigt des cas lourds ou vanter les bienfaits du multicultura-lisme), d\u2019autres se concentraient sur des cheminements personnels, avec romance à la clé.Dans La marche à suivre, primé aux RIDM, Jean-François Caissy a plutôt choisi l\u2019observation et l\u2019écoute, sans se projeter.La caméra se fait statique à l\u2019heure de capter les confrontations entre élèves et éducateurs, et se déploie de toute façon en plans-séquences qui offrent au film sa pleine respiration.Ce cinéaste d\u2019origine gaspé-sienne, dont on avait salué les deux premiers documentaires porteurs, bien réalisés et sensibles\u2014 La saison des amours sur la chasse et La belle visite sur des aînés en établissement \u2014, filme encore des citoyens de sa ville d\u2019origine : Carleton.Cette fois dans une école secondaire, en mettant beaucoup l\u2019accent sur des rencontres d\u2019élèves qui doivent expliquer des actes déviants : violence, intimidation, avec des éducateurs qui tentent de cerner le problème en dialoguant avec eux.Aucune de ces jeunes figures n\u2019en écrase d\u2019autres.A chacun son tour de piste.D\u2019où cette structure éclatée qui ne se pique pas de créer une identification à des personnages particulièrement charismatiques, regard de respect de ses modèles, et des spectateurs, à qui il ne dit pas quoi penser.Caissy, qui est également photographe et artiste en art visuel, possède un «œil», ce qui n\u2019est pas le cas de tous les do-cumentaristes.Sa Marche à suivre, avec ses beaux cadrages Caissy, aussi photographe et artiste en art visuel, possède un «œil», ce qui n\u2019est pas le cas de tous les documentaristes captant l\u2019action souvent à travers un filtre\u2014 celui d\u2019une fenêtre parfois, œuvre d\u2019équilibre entre le fond et la forme \u2014, ne joue jamais d\u2019esbroufe, mais s\u2019écarte discrètement pour mieux montrer.Le montage fluide de Mathieu Bouchard-Malo ajoute à cette harmonie.Pas d\u2019effets-chocs, plutôt l\u2019impression d\u2019entrer par effraction dans une rencontre intime où des enjeux importants se jouent: comme un miroir de conscience placé devant des ados, sans jugement du Deus ex machina.Le spectateur se fait son propre cinéma en les écoutant raconter leurs mauvais coups.On les verra aussi dans la cour et à la salle de gym, etc., captés avec plus de distance, car ils ne sont plus les mêmes, soudain les héros de leurs propres histoires.La nature gas-pésienne, espace de liberté pour ces ados qui l\u2019explorent dans toutes sortes de véhicules, grimpent sur ses ponts, constitue l\u2019autre pôle de leur existence.Ainsi, leur âge oscille entre contraintes et choix personnels, entre les entraves et «le plus grand qu\u2019eux».Une musique souvent classique, loin des accords rock habituels, entraîne aussi l\u2019œuvre loin des poncifs du genre, en demandant au public de se frayer son chemin entre souvenirs de jeunesse et regards sur une génération montante montrée ici sans fard, mais non sans sympathie.Le Devoir Fièvre assassine Mathieu Amalric adapte avec brio la chambre bleue de Simenon LA CHAMBRE BLEUE ?Réalisation : Mathieu Amalric.Avec M.Amalric, Léa Drucker et Stéphanie Cléau.France, 2014, 75 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Un hôtel particulier, d^ns une ville de province.A la réception, le concierge roupille.Dans le couloir désert monte une rumeur charnelle haletante.Dans la chambre bleue, le soleil de midi inonde les corps nus de Julien et Esther, les amants repus.Combien de temps avant que quelqu\u2019un soit avalé par cette passion dévorante ?Car quelqu\u2019un mourra, forcément.Quelqu\u2019un meurt toujours.A plus forte raison lorsque l\u2019intrigue a été imaginée par Georges Simenon.Adaptation fidèle de l\u2019un de ses romans, le film de Mathieu Amalric rappelle pourquoi Simenon, c\u2019est d\u2019abord une atmosphère.On reconnaît le monde réel dans les lieux, les protagonistes et leurs comportements, mais quelque chose cloche, comme une inquiétante étrangeté qui s\u2019insinue, comme un cauchemar juste assez réaliste pour camoufler sa nature chimérique.Ici, on sait d\u2019office qu\u2019un meurtre a été commis.Mais par qui, et comment?Entre deux questions du juge d\u2019instruction, Julien se souvient de sa fille adorée, de sa femme méfiante, de sa maîtresse exaltée, du mari malade de cette dernière.Les mains entravées, ses lacets retirés à ses souliers, Julien, l\u2019œil hagard, clame son innocence.Simenon aimait le cinéma mais nourrissait à son égard une saine méfiance.Rares sont toutefois les romanciers qui ont été aussi bien servis par le septième art.Deux cinéastes, en particulier, surent faire honneur à son œuvre : Pierre Gra-nier-Deferre, dans une veine réaliste non dénuée d\u2019une certaine poésie du quotidien {Le chat, La veuve Couderc, L\u2019Étoile du Nord, Le train), et Claude Chabrol, lui forgeant un climat anxiogène confinant presque à l\u2019onirisme {Les fantômes du chapelier, Betty).Dans Im chambre bleue, Mathieu Amalric, des deux côtés de la caméra comme dans son précédent Tournée, dénote plus d\u2019affinités avec le second.Même qu\u2019il lui lève dûment son chapeau lors d\u2019une séquence qui voit Julien (Amalric) et Esther (Stéphanie Cléau) abandonner leurs voitures au bord d\u2019une route secondaire pour aller faire l\u2019amour dans les bois rendus carmin par l\u2019automne.Pierre (Michel Piccoli) et Lucienne (Stéphane Audran) y sont passés avant eux dans Les noces rouges.Plus qu\u2019une coquetterie, la référence est indicielle.Intelligence et finesse Glacé au présent, fiévreux au passé, ce suspense à combustion lente brosse sur canevas menu une peinture de mœurs étonnamment foisonnante.La partition musicale de Grégoire Hetzel, qui oscille entre les cordes menaçantes de Bernard Herrmann et les flûtes sinueuses de Philippe Sarde, contribue au charme vénéneux de l\u2019ensemble.Cinéaste intelligent et fin, Mathieu Amalric tient pour acquis que le spectateur possède les mêmes qualités.Jamais il n\u2019insiste, jamais il n\u2019appuie.Clignez des yeux et vous rate- EXC3NTRIS LA MARCHE A SUIVRE JEAN-FRANÇOIS CAISSY-76 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL ET AUSSI A L\u2019AFFICHE LA CHAMBRE BLEUE - MATHIEU AMALRIC DIPLOMATIE (v.o.stf.) - VOLKER SCHLONDORFF PRIX DU PUBLIC - CINÉMANIA201'1 PARTY GIRL -CLAIRE BURGER, MARIE AMACHOUKELI, SAMUELTHEIS CITIZENFOUR (v.o.stf.) - LAURA POITRAS PRIX DU PUBLIC - RIDM 2014 ACHTUNG FILM ! PRÉSENTE : OUEST (WESTEN) (v.o.stf.) - JEUDI 4 DÉCEMBRE À19H ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM METROPOLE FILMS Passion et meurtre se succèdent dans cette adaptation.rez l\u2019échange de regards qui dévoile l\u2019identité de l\u2019assassin.Quoique l\u2019aspect policier de l\u2019histoire ne soit que secondaire, car, après tout, Simenon, c\u2019est une atmosphère.Un hôtel particulier, dans une ville de province.À la réception, la sonnette attend.Dans le couloir désert, le silence.Une fois leurs volets clos, toutes les chambres sont noires.Le Devoir «.TRES BEAU FILM.» Robert Daudelin - 24 images «.UN BIJOU PLEIN OKUtr.» Luc Laporte-Rainville - Ciné-Bulles ¦64'Cï Forum AU CŒUR DE [ADOLESCENCE inciiej.ispoe\u2019m ^\tCANDEH\tJÉ OFFICIAL SELECnON X Un film deJEAN-ERANÇOIS CAISSY lAMAinEASUIVIIE Recherche scénarisation prise de son et realisation JEAN-FRANÇOIS CAISSY \u2022 Direction photo NICOLAS CANNICCIONI Montage image MATHIEU BOUCHARD-MALO \u2022 Montage sonore SIMON SERVAIS \u2022 Productrice JOHANNE BERGERON Productrice executive COLETTE LOUMEDE \u2022 Produit par I OFFICE NATIONAL DU FILM DU CANADA Québec» H î;S'ii0[ao H'f'l PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE ! 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