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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-11-29, Collections de BAnQ.

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[" FRANCOPHONIE SOMMET DE DAKAR CAHIER THEMATIQUE H > LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 àr^ Une francophonie de plus en plus africaine Page H 4 Littérature francophone: un nouveau regard sur le monde Page H 5 I ¦b SEYLLOU AGENCE ERANCE-PRESSE De jeunes hommes patinent à Pextérieur du Village de la Francophonie, quelques jours avant Pouverture du 15^ Sommet de la Francophonie, qui se déroulera les 29 et 30 novembre à Dakar, au Sénégal.Abdou Diouf dénonce la « trahison des clercs » À une semaine de son départ, le secrétaire général de l\u2019OIF n\u2019est pas inquiet pour le français.Sa grande déception reste la trahison des élites.CHRISTIAN RIOUX A Paris Demain, la Côte d\u2019ivoire, le Sénégal et le Bénin pourraient résonner à nos oreilles comme, aujourd\u2019hui, la Corée, le Vietnam et la Chine.Il y a 20 ans à peine, qui aurait dit que ces pays seraient sur le point de dépasser dans certains domaines les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni?Pour le secrétaire général de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf, il ne fait guère de doute que les pays africains représentent d\u2019ores et déjà l\u2019avenir de la francophonie sur les plans linguistique, démographique et économique.Après 12 ans passés à la tête de l\u2019OIF et une semaine avant l\u2019élection de son successeur, l\u2019ancien président sénégalais a confié au Devoir ses espoirs et ses craintes.Cet ancien collaborateur du président et poète Léopold Sédar Senghor nous a aussi confié ses déceptions.Parmi celles-ci, il y a ce qu\u2019il nomme «la trahison des clercs», qui désigne cette propension, dans une partie des élites francophones, à ne plus croire à la vocation universelle de leur langue et à considérer les combats de la Francophonie comme ringards.Abdou Diouf demeure évidemment muet sur le nom de celui qu\u2019il souhaite voir lui succéder à rOIF.Mais celui qui a transformé la Francophonie en organisation politique ne peut s\u2019empêcher de souhaiter que «celui qui [le] remplacera puisse bénéficier de la compétence de Clément Du-haime», le Québécois qui est le numéro 2 de rOIF et dont le mandat de grand administrateur a récemment été reconduit pour deux ans.Cela serait impossible si le nouveau secrétaire général venait lui aussi d\u2019un pays du Nord, puisque le pacte noué à la fondation de l\u2019OIF veut que le secrétaire général et son administrateur ne viennent pas tous les deux du Nord ou du Sud.En attendant de savoir qui, parmi les quatre candidats africains et la Canadienne Michaëlle Jean, lui succédera au sommet de Dakar qui se tiendra les 29 et 30 novembre prochains, Abdou Diouf réitère son engagement en faveur d\u2019une Francophonie résolument tournée vers l\u2019Afrique.Du Québec, il dit qu\u2019il fut toujours un allié fidèle, notamment lorsque vint le moment d\u2019organiser à Québec le premier Forum mondial de la langue française.D\u2019ailleurs, l\u2019ancien président garde un souvenir impérissable des Laurentides, découvertes au milieu des années 60 lorsqu\u2019il était secrétaire général de la présidence de la République du Sénégal.L\u2019homme âgé de 79 ans affirme d\u2019ailleurs que son épouse a déjà souhaité Un haut fonctionnaire happé par la politique Abdou Diouf aime bien rappeler que son prédécesseur à la présidence du Sénégal, le poète Léopold Sédar Senghor, rêvait de devenir professeur au Collège de France lorsqu\u2019il a été happé par la politique.Comme son mentor, Abdou Diouf se destinait à la haute administration lorsque Senghor en fit son directeur de cabinet en 1963, puis le secrétaire général de la présidence, le ministre du Plan et de l\u2019Industrie et son premier ministre.Une fonction qu\u2019il occupera pendant 11 ans avant de devenir lui-même le président de son pays.Reconduit trois fois dans cette fonction, Abdou Diouf passera à l\u2019histoire pour avoir cédé sa place démocratiquement, en 2000, à son successeur, Abdoulaye Wade.Jamais Abdou Diouf ne serait devenu secrétaire général de la Francophonie si le sommet de Bejrouth, tenu en 2002, n\u2019avait pas été reporté d\u2019un an à cause des événements survenus le 11 septembre 2001.«Quand on a des racines, on a des ailes», aime dire Abdou Diouf.Qn décrit souvent ce fils spirituel de Léopold Sédar Senghor comme le dernier d\u2019une lignée qui voyait la lan^e française comme le socle d\u2019un humanisme.C\u2019est peut-être ce qui rend sa succession si difficile.prendre sa retraite à.Trois-Rivières ! Ces trois plans d\u2019eau lui rappellent Saint-Louis au Sénégal, où Abdou Diouf et elle ont grandi.Se pourrait-il que les Québécois n\u2019en aient pas tout à fait terminé avec Abdou Diouf?Voilà 12 ans que vous dirigez l\u2019OIF.Êtes-vous le même homme que celui que les chefs d\u2019Êtat et de gouvernement avaient élu à Beyrouth en 2002?Je me suis énormément enrichi dans cette Francophonie.Lorsque j\u2019ai quitté mes fonctions de président du Sénégal, on m\u2019a proposé de diriger l\u2019QIF.Dans un premier temps, j\u2019ai refusé.Finalement, j\u2019ai accepté et je ne l\u2019ai jamais regretté.J\u2019y ai découvert une tout autre culture qu,e celle qui était la mienne comme chef d\u2019Etat.Il a fallu changer ma ipanière d\u2019être et d\u2019agir.Quand on est chef d\u2019Etat, bien sûr on écoute, mais on tranche.Dans le cadre du multilatéralisme, il faut élaborer des consensus.Il a fallu apprendre très vite.Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plu^s fier?A Beyrouth, les chefs d\u2019Etat ont pris deux grandes décisions.Ils ont adopté la déclaration de Bamako sur la démocratie et les droits de l\u2019homme.Pendant ces 12 années, la Francophonie s\u2019est imposée comme un acteur de la vie politique internationale en matière de bonne gouvernance et d\u2019Etat de droit.L\u2019autre grande décision de Bejrouth fut de soutenir l\u2019idée d\u2019une convention sur la diversité culturelle.Ce fut une bataille extraordinaire ! Il a fallu mobiliser tous les francophones, toucher la lusophonie, Lhispanophonie et mobiliser l\u2019Europe.L\u2019Afrique était tellement favorable à cette convention que j\u2019ai même pu m\u2019appuyer sur, un pays anglophone comme l\u2019Afrique du Sud.À la fin, seulement deux pays ont voté contre.Et la langue française dans tout ça?Ce fut une de mes plus grandes joies d\u2019organiser dans votre pays le premier Forum mondial de la langue française.Car il fallait rappeler que la Francophonie, ce ne sont pas seulement Le secrétaire général de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf des institutions.C\u2019est aussi la mobilisatioq de la société civile, des jeunes et des femmes.À l\u2019origine, la Francophonie est née de la société civile.Il fallait dire : vous qui créez, chantez et parlez en français, saisissez-vous de votre langue ! VOIR PAGE H 2 : TRAHISON H 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 FRANCOPHONIE Petit précis de la Francophonie Pourquoi un premier Sommet de la Francophonie en 1986?On devrait peut-être poser la question autrement: pourquoi le premier Sommet de la Francophonie n\u2019a-t-il pas eu lieu avant 1986?A cause du Québec, bien sûr! Petite histoire des grands sommets, en compagnie de Louise Beaudoin et de Lucien Bouchard.MARIE-HELENE ALARIE idée d\u2019un sommet de la ! Francophonie est lancée dans les années 1960.Il aura fallu plus de 25 ans avant qu\u2019elle ne se concrétise.C\u2019est finalement à Versailles, le 17 février 1986, que s\u2019ouvre la première conférence des chefs d\u2019Etat et de gouvernement ayant en commun l\u2019usage du français.C\u2019est Léopold Sédar Senghor, l\u2019ancien président du Sénégal, qui devait être fier, lui qui s\u2019était fait l\u2019un des plus ardents promoteurs de cette idée.Le Canada était présent à ce Sommet.Le Québec y était aussi représenté, de manière tout à fait autonome, en occupant son siège sous l\u2019appellation Canada-Québec.Pour la France, il était inimaginable qu\u2019un sommet de la Francophonie ait lieu sans la présence du Québec, cette présence était une condition sine qua non de la tenue d\u2019une telle instance.Que ces deux gouvernements siègent à cette même réunion internationale tenait presque du miracle.En fait, il n\u2019y a pas eu de miracle, mais ce sont plutôt plusieurs séries de négociations intensives qui ont finalement mené à cet accord historique.Depuis les élections générales de 1984 siégeait à Ottawa un nouveau premier ministre.Brian Mulroney, dont la victoire avait mis fin au long règne du Parti libéral et à celui de Pierre Elliott Trudeau.D\u2019emblée, on sentait une ouverture et une écoute empathique à l\u2019égard des préoccupations québécoises.Lucien Bouchard se souvient très bien de ce qui se passait à Ottawa à l\u2019époque: «Je ne sais pas exactement dans quelle mesure Pierre Elliott Trudeau et René Lévesque ont négocié, mais je pense qu\u2019ils ont vite vu qu\u2019ils ne s\u2019entendaient pas sur la place que le Québec souhaitait occuper dans ces forums.Tout a avorté, je pense, assez rapidement Donc, le dossier était en l\u2019état lorsque M.Mulroney est devenu premier ministre.» De son côté, en 1985, Louise Beaudoin est à Paris, où elle occupe le poste de déléguée générale depuis 1983.Elle raconte avoir reçu un appel de Pierre Marc Johnson \u2014 qui venait tout juste de succéder à René Lévesque en tant que chef du Parti québécois et premier ministre \u2014 qui lui dit: «Il faut que tu rentres, que tu quittes ta fonction, je veux que tu reviennes comme ministre des Relations internationales avec un seul mandat, celui de négocier notre présence au Sommet de la Francophonie.» A peu près au même moment, toujours en 1985 et peu après l\u2019élection de Brian Mulroney, Lucien Bouchard est nommé ambassadeur du Canada en France, où l\u2019un de ses mandats était de négocier un accord qui permettrait la tenue de sommets francophones: «D\u2019ailleurs, c\u2019était un peu la mission que m\u2019avait reconnue M.Lévesque lorsque je l\u2019ai rencontré avant de partir pour Paris et qu\u2019il m\u2019a dit: «Un de vos dossiers importants, c\u2019est la Francophonie.»On se trouvait alors dans une situation non pas idéale, mais favorable pour entreprendre ce qui avait échoué jusque-là.» S\u2019engagent alors des pourparlers intensifs.Les négociations se déroulent désormais à deux niveaux: d\u2019abord en France, où il faut réunir des dirigeants de pays francophones afin de définir les grandes lignes de ce que seront les sommets de la Francophonie.De leur côté, le Québec et le Canada se ren- contrent aussi dans le but de délimiter les compétences fédérales et provinciales.«A ce moment-là, il y eut une mise en place.Le président François Mitterrand a invité à se réunir à Paris les grands Etats fondateurs de la Francophonie : le Maroc, la Tunisie, la Belgique francophone, le Québec, le Canada, etc., et donc les pays les plus disposés à travailler pour lancer l\u2019opération.Mais, en même temps, tout le monde savait bien qu\u2019il fallait un accord entre Québec et Ottawa», se souvient Lucien Bouchard.Cet accord est signé en novembre 1985 et, quelque temps plus tard, il sera étendu au Nouveau-Brunswick : « C\u2019était pendant la campagne électorale de 1985, on a trouvé un terrain d\u2019entente et Brian Mulroney et Pierre Marc Johnson ont signé cette entente Canada-Québec qui prévoyait la participation du Québec aux sommets de la Francophonie.François Mitterrand était très content parce qu\u2019il a pu convoquer en effet son sommet à Versailles, en 1986», rappelle Louise Beaudoin.Après Versailles, Québec Lucien Bouchard le dit: «Versailles a été un sommet éclatant parce qu\u2019il était historique, bien sûr, mais Québec, c\u2019était un sommet très agissant, très actif et préparé de longue date.» Il était impressionnant, ce premier Sommet tenu dans le décor très formel du château de Versailles, avec ses 41 chefs d\u2019Etat.Mais, une fois cette page d\u2019histoire tournée, ce sera effectivement le Sommet de Québec, l\u2019année suivant, qui jettera les bases des futures rencontres tout en raffermissant les liens entre pays francophones.«Les acteurs de la Francophonie vous diront que le Sommet de Québec a été assez inoubliable», dira Lucien Bouchard, en rappelant quelques réalisations de ce sommet, par exemple l\u2019adoption du logo et la JACQUES NADEAU LE DEVOIR En 1985, peu après l\u2019élection de Brian Mulroney, Lucien Bouchard est nommé ambassadeur du Canada en France, où l\u2019un de ses mandats était de négocier un accord qui permettrait la tenue de sommets francophones : « D\u2019ailleurs, c\u2019était un peu la mission que m\u2019avait reconnue M.Lévesque lorsque je l\u2019ai rencontré avant de partir pour Paris et qu\u2019il m\u2019a dit: \u201cUn de vos dossiers importants, c\u2019est la francophonie » confirmation des secteurs prioritaires de la Francophonie, soit l\u2019agriculture, l\u2019énergie, les sciences et le développement technologique, la langue ainsi que la communication et la culture.D\u2019ailleurs, il est à noter que c\u2019est Québec qui a hérité de l\u2019Institut de l\u2019énergie et de l\u2019environnement de la Francophonie.De ce Sommet de Québec, Lucien Bouchard garde un souvenir ému.Pour lui, un des moments forts aura été l\u2019ouverture du Sommet, avec tous les discours des hommes d\u2019Etat réunis dans le grand Salon rouge de l\u2019Assemblée na- tionale : « C\u2019était très émouvant de se retrouver au siège de la Nouvelle-France avec tous les pays francophones du monde et avec le président français, le successeur de Louis XIV.» Le Sommet de Québec a attiré bçn nombre de journalistes.A l\u2019époque, TVA a confié la couverture de la rencontre à un journaliste possédant quelques lettres de créance, M.René Lévesque.«Je me souviens bien de lui qui posait des questions, nous dit M.Bouchard, et un jour il y a eu un incident un peu drôle.La conférence de presse avait commencé en retard et, quand je suis arrivé au pupitre, M.Lévesque a levé la main pour se plaindre de notre manque de ponctualité.Nous avons tous éclaté de rire, sachant bien que M.Lévesque était un modèle de non-ponctualité.» René Lévesque mourra deux mois plus tard.Depuis, les sommets ont lieu tous les deux ans, tant sur les continents africain qu\u2019européen et américain.Moncton a eu le sien en 1999 et il s\u2019en est tenu un second à Québec en 2008.Collaboratrice Le Devoir « Il faut que le français demeure Tune des dix grandes langues » Le français, c\u2019est une langue.C\u2019est aussi une culture qui est le liant d\u2019une mosaïque francophone.Si le Sommet de la Francophonie représente l\u2019instance ultime de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie, la francophonie, elle, est représentée par 274 millions de locuteurs, ce qui fait du français la cinquième langue parlée dans le monde.de 57 Etats et gouvernements membres de TO IF, de 20,Etats observateurs et de 3 Etats associés.L\u2019OIF est un puissant dispositif institutionnel visant à promouvoir la langue française.C\u2019est en 1997 que sera élu pour la première fois un secrétaire général de la Francophonie.Ce rôle revient alors à Boutros Boutros-Ghali, qui occupera ce poste jusqu\u2019en 2002, pour laisser sa place à factuel secrétaire généré, Abdou Diouf, l\u2019ancien président du Sénégal.MARIE-HELENE ALARIE Le mot «francophonie» a été inventé par le géographe français Onésime Reclus, qui l\u2019utilisa une première fois en 1880 pour désigner l\u2019ensemble des personnes et des pays qui parlent le français.Depuis, la définition de cette francophonie «de cœur» est demeurée sensiblement la même.Aujourd\u2019hui, pour définir la francophonie «de tête», on appose un F majuscule qui donne une résonance institutionnelle, comme dans l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF).Cette Francophonie dite institutionnelle voit le jour en 1970 avec la création de l\u2019Agence de coopération culturelle et technique (ACCT).C\u2019est André Moraux qui jette les bases de cette future agence quand, en 1969, il organise ,1a première Conférence des Etats francophones.L\u2019ACCT est une organisation intergouvemementale qui a pour mandat de renforcer la coopération entre ses membres et d\u2019intervenir comme opérateur de la Francophonie dans les domaines de l\u2019éducation et de la formation, des sciences et techniques, de l\u2019agriculture, de la culture et de la communication, du droit, de l\u2019environnement et de l\u2019énergie.A sa fondation en 1970, 1,\u2019ACCT comptait 21 pays et Etats membres.Dès 1990, on double ce nombre, et c\u2019est en 1995 que TACCT devient l\u2019Agence de la Francophonie, avant de prendre son appellation actuelle d\u2019OIF.On parle aujourd\u2019hui JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Je dirais que le combat pour le maintien du français et de sa croissance au Québec, combat qui n\u2019est jamais acquis, prend un tout autre sens quand on sait qu\u2019il y a à travers le monde 274 millions de locuteurs francophones, il prend un tout autre sens quand on sait qu\u2019il y a toute une communauté qui partage cette langue.» Être francophone Pour un Québécois francophone, il est facile de comprendre l\u2019importance de la langue française, mais que signifie appartenir à la grande famille francophone et pourquoi est-ce si important?Louise Beaudoin répond à la question avec passion: «Pour moi, ici au Québec, c\u2019est évident que ce qui est important, c\u2019est toute la dimension de la langue française et de la francophonie.Je dirais que le combat pour le maintien du français et sa croissance au Québec, combat qui n\u2019est jamais acquis, prend un tout autre sens quand on sait qu\u2019il y a à travers le monde 274 millions de locuteurs francophones, il prend un tout autre sens quand on sait qu\u2019il y a toute une communauté qui partage cette langue.» Elle poursuit en affirmant «que les objectifs pour moi sont clairs, il faut que le français demeure l\u2019une des dix grandes langues internationales.Ce qui est plus difficile, c\u2019est de faire en sorte que le français conserve son statut et son usage dans les organi- sations internationales, que ce soit au régional, comme dans l\u2019Union européenne, ou au sein des organismes des Nations unies.» S\u2019il y a un dossier pour lequel se bat Louise Beaudoin, c\u2019est bien celui de la diversité culturelle.Sans la communauté francophone et sans TOIF, jamais ce sujet n\u2019aurait été abordé àl\u2019UNESCO: «C\u2019est le moment de réactualiser la convention de l\u2019UNESCO, adoptée en 2005, sur la question de la diversité culturelle.Parce que ce qui change la donne aujourd\u2019hui, c\u2019est le tsunami que représente le numérique dans toutes nos industries culturelles.Que ce soit dans les livres, le cinéma, la musique, il faut adapter cette convention au numérique, parce qu\u2019elle a été conçue dans un monde qui était territorialisé, un monde qui est maintenant dématérialisé.» Lucien Bouchard, quant à lui, croit que c\u2019est justement l\u2019importance d\u2019appartenir à la grande famille francophone qui lui donne une signification, et cette signification, «c\u2019est la re- connaissance du français comme langue internationale, comme langue planétaire.C\u2019est le fait qu\u2019on parle français sur tous les continents, que le français soit une grande langue de civilisation occidentale, que ce soit l\u2019un des plus beaux moyens de communication que l\u2019humanité ait jamais mis au point, et on a la chance, nous, de participer à ça.Au Québec, parfois, on se sent isolé et on se rend compte qu\u2019on n\u2019est pas seul quand on se retrouve dans cette grande communauté avec des gens qui parle français avec tous les accents.C\u2019est le caractère universel de la langue française qui est reconnu, qui est pratiqué, qui est mis en œuvre et auquel se conjugue une action communautaire, une action d\u2019entraide, et, derrière la langue, il y a la reconnaissance d\u2019une culture, l\u2019esprit d\u2019une civilisation, une façon de sentir, une façon de voir ce qu\u2019est une grande langue comme le français.» Collaboratrice Le Devoir TRAHISON SUITE DE LA PAGE H 1 S\u2019il faut en croire les enquêtes, le français se porte mieux aujourd\u2019hui qu\u2019il y a 12 ans.Comment expliquez-vous que même les Jeunes Québécois chantent aujourd\u2019hui de plus en plus en anglais?Le paradoxe, c\u2019est que le français se porte bien en matière de locuteurs et d\u2019utilisateurs.Malheureusement, dans les organisations internationales, la tendance est au tout-anglais.C\u2019est comme le bas latin au Moyen-Age.C\u2019était la langue de communication universelle.Mais le bas latin n\u2019était pas la langue des grandes œuvres.C\u2019est triste, car notre langue peut rendre compte de toute la richesse du monde.C\u2019est une langue universelle.Je crois que les pays africains Tont compris.L\u2019Afrique francophone est demeurée fidèle à la langue française et c\u2019est elle qui demain assurera sa progression.Comment expliquez-vous que nos élites, au Québec comme en France, n\u2019en sont pas toujours conscientes?C\u2019est la nouvelle trahison des clercs! Il y a certaines élites, quand vous leur parlez de la promotion du français, elles vous écoutent poliment mais ne vous entendent pas.Ça ne les intéresse pas.J\u2019ai fait ce que j\u2019ai pu.Au niveau du gouvernement français, par exemple, il y a une réelle volonté politique.Mais cette volonté ne descend pas au niveau des élites intellectuelles.C\u2019est vraiment ma déception.Après ces 12 années, j\u2019ai encore l\u2019impression d\u2019ennuyer les élites.Pour elles, ce combat n\u2019en vaut pas la peine.Je le regrette, mais c\u2019est comme ça.Depuis 12 ans, a-t-on pris conscience du fait que l\u2019avenir du français se Jouera en Afrique?Tout le monde est d\u2019accord là-dessus, mais il faut en tirer les conséquences.Ça ne va pas de soi.L\u2019Afrique est le continent de demain, mais il faut une éducation en quantité et en qualité pour que ces millions de jeunes qui veulent apprendre le français puissent être formés et qu\u2019ils apprennent un français de qualité.En France, les rapports Védrine et Attali n\u2019ont-ils pas mis en évidence que c\u2019est aussi là que se Jouera l\u2019avenir économique de la francophonie?La plupart des Chinois qui veulent investir en Afrique apprennent le français.Ils savent que c\u2019est lui qui leur permettra de réussir.A Dakar, nous allons adopter une stratégie économique.Le français est une grande langue de commerce.Les pays francophones représentent 14 % du PIB mondial et sont à l\u2019origine de 20% des relations commerciales.Les deux grandes zones les plus efficaces en Afrique sur le plan économique, à leur échelle bien sûr, sont TUnion économique et monétaire ouest-africaine (UEM OA) et la Communauté économique et monétaire de l\u2019Afrique centrale (CE-MAC), composées uniquement d\u2019Etats de la zone francophone.J\u2019admets que les pays anglophones ont souvent davantage de richesses naturelles, mais nous ne sommes pas les derniers de la classe.Si l\u2019Afrique est au cœur de la mission de l\u2019OIF, ne faut-il donc pas un Africain à la tête de l\u2019OIF?A mon avis, il faut le meilleur.Celui en qui les chefs d\u2019Etat auront confiance pour conduire la Francophonie.Je souhaite vraiment que celui qui me remplacera puisse bénéficier de la compétence de Clément Duhaime.Il a toutes les qualités dont un secrétaire général peut rêver pour conduire les efforts.Sinon, pourquoi l\u2019aurais-je nommé trois fois et pourquoi vous Tau-rais-je enlevé comme délégué général du Québec à Paris?Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 H 3 FRANCOPHONIE « Notre obsession, c\u2019est la diversité culturelle » Bras droit depuis bientôt neuf ans du secrétaire général, Abdou Diouf, le Québécois Clément Dubaime est à l\u2019origine de la plus vaste réforme que l\u2019Organisation internationale de la Francophonie ait connue.Pour cet administrateur, il s\u2019agissait de rendre l\u2019organisme plus efficient et de faire figure de modèle en matière de bonne gouvernance, afin de consacrer plus de temps, d\u2019argent et d\u2019énergie à ce pour quoi l\u2019OIF a été créée, c\u2019est-à-dire la solidarité et la coopération dans un contexte de langue française.PROPOS RECUEILLIS PAR HELENE ROULOT-GANZMANN Pour la première fois dans toute l\u2019histoire de la Francophonie, la course au secrétariat général est très disputée puisque, outre la Canadienne Michaèlle Jean, trois autres candidats font campagne.Traditionnellement, le secrétaire général est désigné par consensus.Comment allez-vous procéder cette année?Nous ne désespérons pas que, cette fois encore, les cinquante-sept chefs d\u2019Etat et de gouvernement des pays membres parviennent à un consensus par la discussion.Cinqqante-sept et non soixante-dix-sept, puisque les Etats observateurs ne procèdent pas à cette désignation.C\u2019est une volonté que les règles de succession soient très souples.Cette fois, il y a plusieurs candidats.Tous ont fait une tournée à travers la Erancophonie, ils ont des blogues dans lesquels ils expliquent leur programme respectif, ce qu\u2019ils souhaitent modifier, les dossiers qu\u2019ils veulent mettre en avant.Dans le même tqmps, il y a déjà des rencontres entre les chefs d\u2019Etat pour qu\u2019un consensus émerge avant ou pendant la tenue du sommet.Depuis votre arrivée au poste d\u2019administrateur, en janvier 2006, vous avez opéré une grande réforme des institutions.En quoi a-t-elle consisté?J\u2019ai travaillé en tandem avec Abdou Diouf.Lui est le visage et la voix de l\u2019organisation.Il trace la ligne.Je m\u2019assure que FOIE soit capable de la mettre en œuvre.En fait, j\u2019ai fait entrer au sein de l\u2019organisation la politique du résultat et la bonne gouvernance.Comment demander à nos membres d\u2019être transparents et de bien gérer leurs affaires si nous ne sommes pas nous-mêmes exemplaires?Sur les 80 millions d\u2019euros du budget dont nous disposons (110 millions de dollars), 60% allaient dans l\u2019administration lorsque je suis entré en poste.Aujourd\u2019hui, c\u2019est 21 %.Comment êtes-vous parvenu à ce résultat?D\u2019abord par un programme de ressources humaines de haute qualité.Nous avons aujourd\u2019hui environ 300 employés, soit 20% de moins qu\u2019au début des années 2000.Ils sont mieux formés, plus jeunes, le réseau est plus efficace.Nous avons maintenant un siège social à Paris, alors que nos services étaient jusque-là dispersés sur quatre sites, ce qui générait un gaspillage.Le fait que le secrétaire général et l\u2019administrateur sont maintenant dans les mêmes bureaux rend le travail plus efficient.Nous avons 220 employés à Paris, mais aussi 75 environ délocalisés dans 10 représentations sur le terrain et bientôt 11, puis 12.Ainsi, le secrétariat général est plus réactif et nos programmes répondent mieux aux besoins réels.Concrètement, quelles sont les conséquences de tout ce remue-ménage sur le terrain?Le nombre de programmes est passé d\u2019une centaine à 25 environ, mais ils sont plus efficaces et plus fédérateurs.Parce que nous avons une image de bons gestionnaires, nous parvenons à trouver des financements externes.Je vais annoncer à Dakar que nous avons d\u2019ores et déjà trouvé 20 millions d\u2019euros (30 millions de dollars) en provenance notamment de l\u2019Union européenne ou encore de l\u2019Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), afin de financer notre prochain plan d\u2019action pour les quatre prochaines années.Ce sont des sommes qui s\u2019ajoutent aux 80 millions de nqtre budget annuel, qui, eux, proviennent de nos Etats membres.Qui participe selon quelle grille?Nous classons les pays selon quatre catégories: les riches, les émergents, ceux qui sont en voie de développement et les mpins avancés.Evidemment, la plupart de nos Etats membres se trouvant en Afrique, la majorité se classe dans les deux L\u2019OIF et ses outils {{ Certains parlent même d\u2019un milliard de francophones dans 40 ans.soit la deuxième langue la plus parlée au monde.Ça pose évidemment le problème de l\u2019enseignement et de l\u2019apprentissage d\u2019un français de bonne qualité.)) dernières catégories.Tous les membres sont assujettis à une cotisation obligatoire, mais certains of frent volontairement plus.Ainsi, si on additionne les financements issus des gouvernements du Canada, du Québec et du Nouveau-Brunswick, qui sont tous les trois représentés dans les instances de la Erancophonie, on arrive à peu près à la même somme que celle que verse la Erance.Et tout cet argent sert à quoi ?L\u2019obsession qui est la nôtre, c\u2019est la solidarité, la coopération et la diversité culturelle.Notre combat n\u2019est pas contre la langue anglaise, contrairement à ce que certains prétendent, mais bien en faveur de la diversité linguistique.Nous avons d\u2019ailleurs de grandes relations avec les autres organisations linguistiques, lusophones et hispanophones notamment.En toute humilité, je dois avouer que l\u2019idée du Eorum mondial de la langue française, dont le premier s\u2019est tenu à Québec en 2012, a été piquée aux hispanophones.Bref, d\u2019un côté, nous avons des équipes de recherche partenaires qui nous permettent de comprendre les situations et de trouver des solutions, et de l\u2019autre côté, des forums et autres événements comme les Jeux de la Erancophonie, qui sont des espaces de rencontre, entre les jeunes surtout.Et, sur le terrain, nous implantons des programmes de nature à promouvoir la démocratie, à prévenir les conflits, à favoriser le dialogue entre les peuples, les cuf tures et les civilisations, à protéger l\u2019environnement, à renforcer les économies.Et, bien sûr, à soutenir l\u2019éducation par le français.En ce qui concerne ce dernier point, il devrait y avoir, d\u2019ici 40 ans, plus de 750 millions de francophones, majoritairement en Afrique.Comment appréhendez-vous cela?Certains parlent même d\u2019un milliard de francophones dans 40 ans.soit la deuxième langue la plus parlée au monde.Ça pose évidemment le problème de l\u2019enseignement et de l\u2019apprentissage d\u2019un français de bonne qualité.Nous avons lancé, il y a six ans, l\u2019Initiative francophone de formation à distance, qui nous permet de former des milliers et des milliers d\u2019instituteurs grâce aux nouvelles technologies.Et, il y a depx ans, nous avons mis en place le programme Ecoles et langues nationales en Afrique, implanté dans des pays où le français est la langue seconde, afin d\u2019aider les enseignants à intégrer l\u2019apprentissage du français dans un contexte où plusieurs langues coexistent.Qn sait en effet que les enfants réussissent mieux lorsqu\u2019on respecte la langue qu\u2019ils parlent à la maison.Ces deux programmes fonctionnent très bien et devraient nous aider à appréhender ce défi.Collaboratrice Le Devoir «Alors que le Burkina Faso se retrouve à un tournant important de son histoire, l\u2019intérêt supérieur de la nation doit guider un processus de transition civile.J\u2019incite les parties à engager un dialogue ouvert à l\u2019ensemble des composantes de la société afin que soient organisées dans les plus brefs délais des élections libres, fiables et transparentes, seule source de légitimité politique.» C\u2019est par ces mots que débutait le communiqué du secrétaire général de l\u2019Assemblée parlementaire de la francophonie (APE), le député français Pascal Terrasse, émis quelques jours à peine après la démission du président burkinabé.Biaise Compaoré, à la suite de manifestations populaires dans les rues d\u2019Quagadougou visant à contrecarrer la volonté de celui qui régnait sur le pays depuis plus de 25 ans de modifier la Constitution pour pouvoir se représenter.Composé de membres de 78 parlements ou organisations interparlementaires, l\u2019APE est le partenaire de l\u2019Qrganisation internationale de la Erancophonie (QIE) pour tout ce qui a trait à la paix et aux droits de l\u2019homme.Grâce à ses prises de position et à des ateliers \u2014 représentativité des femmes en politique, implantation d\u2019un réseau informatique et intranet pour une meif leure communication, plus efficace et transparente, coopération parlementaire dans la lutte contre le VIH-sida, la tuberculose et le paludisme, etc.\u2014 elle participe à la mise en place de la démocratie dans les pays du Sud notamment.L\u2019APE fait partie intégrante de tout l\u2019arsenal dont dispose l\u2019QIE pour se déployer sur le terrain.Au même titre que les quatre opérateurs que sont TV5 Monde, premier réseau international de télévision de langue française, l\u2019^ence universitaire de la Erancophonie (AUE), axée sur la recherche et la formation, l\u2019Association internationale des maires francophones (AIME), qui donne aux édiles les clés pour devenir des leaders et les bons élèves en matière de démocratie locale et de développement régional, enfin, l\u2019Université Senghor d\u2019Alexandrie, qui offre depuis 25 ans des formations pluridisciplinaires consacrées au développement durable dans un contexte de mondialisation.Autre outil aux mains de l\u2019QIE :,les deux organisations intergouvemementales que sont la Conférence des ministres de l\u2019Éducation des pays ayant le français en partage (Confé-men) et la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports de la Erancophonie (Conféjes).Ces deux organismes se veulent des lieux d\u2019échanges, de réflexion et de débats afin de mettre en place des politiques communes adaptables à l\u2019échelle locale, sur des sujets aussi primordiaux que l\u2019éducation pour tous, la participation associative, l\u2019insertion socioéconomique des jeunes, la formation des formateurs et de l\u2019élite sportive.Des organisations essentielles si on considère que la francophonie sera à 85% africaine d\u2019ici 2050, continent jeune par excellence, avec 50% de sa population ayant moins de 25 ans, et que, sur les sept à dix millions d\u2019entre eux qui entrent chaque année sur le marché du travail, seuls 15% parviennent à trouver un emploi.(T PEDRO RUIZ LE DEVOIR Uadministrateur de FOrganisation internationale de la Francophonie, Clément Duhaime %.^ CONGRES MONDIAL SlDllEf un Défi cIgs MALADIES CHRONIQUES appel à ITXPERTISE , INFIRMIERE congres-sidiief.org 31 MAI AU 5 JUIN 2015 Palais des congrès de Montréal 1 Partenaire majeur ô La Capitale Assurance et services financiers Valoriser l\u2019essentiel Avec la collaboration de Ordre des infirmières et infirmiers du Québec Centre de santé ^ de services sociaux de la Pointe-de-l'île Hôpital Maisonneuve-Rosemont Centre affilié à l'Université de Montréal CHUM^ Formation accréditée par rIL Faculté des sciences infirmières Université I Créez le rythme »»»\t\\ de Montréal Membre du Consortium de Montréal comprenant W CHU Sainte-Justine Université rH.de Montréal CHUM Cantre liotpttallar O V H 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 FRANCOPHONIE SEYLLOU AGENCE ERANCE-PRESSE Le rapport de TOIF pour 2014 le constate clairement: TAfrique est plus que jamais une plaque tournante de la Francophonie.Une francophonie de pins en pins africaine À n\u2019en point douter, la francophonie est de plus en plus africaine.Son avenir passerait même par le continent noir.Il s\u2019agit de consulter La langue française dans le monde en 2014, qui contient le tout dernier rapport de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie, pour s\u2019en convaincre.Etat des lieux et analyse.THIERRY HAROUN La langue française est notre bien commun.En tant que francophones, nous n\u2019en partageons pas seulement l\u2019usage.Nous partageons aussi la responsabilité de son évolution et de sa diffusion.Comme le montre cette nouvelle édition de La langue française dans le monde, le français réunit des locuteurs dont le cercle s\u2019élargit mais dont le centre s\u2019enracine progressivement en Afrique.Ainsi, ce sont désormais les Africains qui décideront de l\u2019avenir de la francophonie.» Tels sont les premiers mots de la préface du secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, qui ouvrent la marche de ce document-clé sur l\u2019état de la francophonie.Ce document s\u2019étend sur des centaines de pages à travers des enjeux cruciaux, allant des tendances démographiques aux politiques linguistiques, en passant par l\u2019enseignement, l\u2019état de la langue dans les affaires, au travail ou encore dans Internet.Des chiffres Ce qui est à noter principalement en matière de chiffres, c\u2019est que, en 2014, dans 102 pays et territoires, près de 274 millions de personnes «sont capables de s\u2019exprimer en français», y lit-on.Mais, dans cette «galaxie francophone», près de 212 millions de personnes vivent sur la planète que les chercheurs ont intitulée « naître et vivre aussi en français ».C\u2019est-à-dire?«C\u2019est-à-dire qu\u2019ils font un usage quotidien de la langue française, même si les contextes sont variés, car cette langue acquise dès l\u2019enfance arrive plus ou moins tôt et sert plus ou moins souvent», y lit-on plus loin.Elle est ainsi, tour à tour et tout à la fois, la langue du foyer et de l\u2019école (transmise par les parents ou apprise à l\u2019école), la langue officielle (seule ou aux côtés d\u2019autres langues) qui sert pour les démarches ad- ministratives, les relations professionnelles ou encore les contacts avec les instances, la langue sociale et la langue de communication et de culture.Cette «planète» rassemble des peuples issus de tous les continents et de toutes les cultures.Mais sa composante principale et croissante se trouve en Afrique, où 54,7 % des francophones s\u2019y retrouvent, suivie du continent européen (36,4%), de l\u2019Amérique (7,6%), du Moyen-Orient (0,9%) et de l\u2019Asie et Océanie (0,3%).Toujours du côté des chiffres, on notera enfin qu\u2019il a été constaté, de 2010 à 2014, une augmentation de 7 % des francophones en général dans le monde (une hausse de 15% en Afrique subsaharienne seulement), dont 13 millions de plus sur la planète « naître et vivre aussi en français ».Analyse Richard Marcoux est professeur titulaire au Département de sociologie de fUniversité Laval.Ses travaux portent notamment sur les transformations sociodémographiques en Afrique subsaharienne.Il est également le directeur de l\u2019Observatoire démographique et statistique de l\u2019espace francophone (OD-SEF).C\u2019est à ce titre que Le Devoir l\u2019a convié à commenter cette vaste étude à laquelle l\u2019ODSEF a largement contribué, tout comme à celle faite en 2010.«Comparativement à l\u2019étude de 2010, cette fois-ci nous avons eu accès à de nouveaux recensements de la population, notamment en Afrique, à de nouvelles données, à des enquêtes faites par Eurostat en Europe, etc.Toutes ces nouvelles données qui nous sont accessibles depuis 2010 nous ont permis d\u2019établir des estimations probablement plus justes qu\u2019auparavant.» L\u2019Afrique et encore l\u2019Afrique Le rapport de l\u2019OIF pour 2014 le constate clairement : l\u2019Afrique est plus que jamais une plaque tournante de la francophonie, et Richard Marcoux le souligne avec des faits notables.«Par exemple, on observe une hausse très importante [de la population francophone] au Sénégal, au Bénin et au Cameroun.On parle d\u2019une hausse allant de 20% à 25% entre 2010 et 2015.C\u2019est phénoménal ! Nous avions constaté cette tendance en 2010 et le dernier rapport nous le confirme.Cela s\u2019explique par des investissements faits dans le réseau de l\u2019éducation.Maintenant, dans le cas de la Côte d\u2019ivoire et du Mali, ces pays ont connu une croissance beaucoup plus faible.On sait que ces pays ont connu des bouleversements et des crises sociales assez importantes.Comme vous le savez, le Mali a été envahi par des groupes islamistes.» Autant de crises, dit-il, qui ne sont pas sans provoquer l\u2019arrêt complet du fonctionnement des réseaux de l\u2019éducation.«Dans ces pays-là, la situation est fragile.Cette croissance qu\u2019on observe donc en Afrique est extrêmement fragile.Et, s\u2019il y avait un pays qui connaissait une bonne croissance, c\u2019est bien le Burkina Easo.Sauf que les derniers événements qu\u2019on connaît [des émeutes qui ont mené à la chute du président Biaise Com-paoré, suivie de la nomination controversée du lieutenant-colonel Isaac Zida en qualité de premier ministre] nous amènent à être très prudents également.» Il n\u2019empêche, M.Marcoux rejoint, je crois, les propos d\u2019Abdou Diouf, qui avance que ce sont désormais les Africains qui décideront de l\u2019avenir de la francophonie.C\u2019est puissant comme propos, non ?«Oui, c\u2019est puissant, mais les faits sont là.Et n\u2019oublions pas que la Erancophonie [comme structure] a été créée sous l\u2019impulsion de trois pays africains, soit le Sénégal, la Tunisie et le Niger», fait-il valoir en entrevue, à quelques heures seulement de son départ pour assister au Sommet de la Francophonie qui se tient à Dakar, au Sénégal.Collaborateur Le Devoir Forum mondial de la langue française La francophonie créative : tel est le thème autour duquel se réuniront des centaines de personnes à l\u2019occasion du deuxième Forum mondial de la langue française, qui se tiendra à Liège, en Belgique, du 20 au 23 juillet prochain.Et le Québec y apportera sa contribution.«Nous avons innové en nous éloignant d\u2019une vieille idée selon laquelle la langue appartient aux élites, aux institutions, aux linguistes.Le premier Eorum mondial de la langue française, qui s\u2019est déroulé à Québec en juillet 2012, a marqué une rupture.Nous avons ouvert les fenêtres de la Erancophonie pour y laisser entrer un vent nouveau frais et vivifiant [.].La francophonie populaire est née, elle vit et fleurit.Elle fleurira sur les bords de la Meuse, dans la charmante ville de Liège», a déclaré le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, lors de l\u2019annonce de cette grande messe, en mars dernier.Des propos qui nous dirigent tout droit vers Michel Audet, un haut fonctionnaire de l\u2019État québécois qui a été de l\u2019organisation de ce premier forum tenu dans la Vieille Capitale et que nous avons joint au ministère des Relations internationales, à quelques jours de son entrée en fonction en qualité de délégué général du Québec à Bruxelles.«J\u2019ai été nommé par Abdou Diouf en 2011 pour organiser le premier forum à Québec.En fait, Abdou Diouf voyait bien que certains univers linguistiques, comme les hispanophones, se réunissaient sur une base régulière pour réfléchir à l\u2019avenir de leur langue dans le monde», se rappelle Michel Audet, d\u2019où l\u2019idée de mettre sur pied ce premier forum, qui a misé sur la participation des jeunes âgés de 18 à 35 ans.«Des 1500 personnes qui y ont participé, 65 % d\u2019entre elles étaient des jeunes en provenance de plus d\u2019une centaine de pays», précise-t-il.Et le forum de Liège se tiendra dans ce même esprit.Il tournera autour de cinq axes majeurs, soit l\u2019éducation, l\u2019économie, la culture et les industries culturelles, la relation entre langue et créativité de même que la participation citoyenne.«J\u2019aurai le grand plaisir d\u2019y être et le Québec y apportera sa contribution par l\u2019entremise de plusieurs de ses réseaux.D\u2019ailleurs, ce forum sera une continuité du premier.Et ce que je trouve particulièrement intéressant, ce sont les discussions qui aborderont toute la question du monde numérique, qui est en train de transformer de façon accélérée et majeure toutes les industries culturelles dans lesquelles la langue française joue un rôle relativement important.Pensons seulement au cinéma, aux arts de la scène, à la musique, à la littérature ou encore à l\u2019édition», fait valoir M.Audet, qui se réjouit d\u2019ailleurs de voir que «la Wallonie a pris le flambeau et de mettre une pierre déplus à l\u2019édifice pour en faire un événement pérenne ».La Francophonie, l\u2019avocate des droits humains REGINALD HARVEY Vaste est le monde francophone, à tel point que l\u2019Qr-ganisation internationale de la Francophonie (QIF) accueille cjans ses rangs au-delà de 70 États et gouvernements.Les droits humains inhérents à ces entités nationales, dispersées aux quatre coins du globe, présentent un caractère plutôt hétérogène.Sont-ils en progrès ou subissent-ils un recul?Une chose est certaine: ils figurent désormais à l\u2019ordre du jour un peu partout, à l\u2019exclusion de ces zones où la guerre emporte tout sur son passage.Voilà la nature des propos tenus par Jean-Louis Roy, actuel directeur de l\u2019Qbservatoire mondial des droits de l\u2019homme et secrétaire général de l\u2019Agence internationale de la Francophonie de 1981 à 1986.Historien, journaliste et diplomate, il invite à effectuer cette réflexion avant de condamner avec trop de sévérité le comportement de certains pays par rapport à d\u2019autres: «La première des choses consiste en la nécessité de s\u2019entendre sur une donnée de base: les droits de l\u2019homme, c\u2019est une recherche commune; ils sont partout difficiles à promouvoir et à respecter, ils sont en tous lieux sujets à progrès et à régression.» Il étoffe ses propos en se tournant d\u2019abord vers le Nord plutôt que vers le Sud: «Quand on est un pays comme le Canada et qu\u2019on vit, par exemple, le drame actuel de la disparition ou du meurtre de centaines de femmes autochtones, sans compter la situation actuelle de ces peuples en général, je pense qu\u2019il faut être très prudent quand on se met à donner en cette matière des leçons au reste du monde.» Il pousse plus loin sa réflexion: «D\u2019ailleurs, il existe ce schéma en vertu duquel nous connaissons, nous maîtrisons et nous respectons la norme dans le domaine de ces droits au Nord, alors que c\u2019est le contraire qui se produit au Sud; cette norme-là est complètement absurde et dépassée.» Témoin de son temps Qbservateur de la scène mondiale depuis de nombreuses années, M.Roy apporte ce témoignage à la suite de son vécu professionnel: «J\u2019observe cela depuis 25 ans et, honnêtement, j\u2019ai suivi ce dossier de très près, y compris les travaux des commissions des droits de l\u2019homme pour l\u2019Afrique, l\u2019Aptérique latine, etc.» A la suite de quoi, il porte ce regard sur les avancées ou le recul qui se sont manifestés: «Dans l\u2019ensemble, la question de ces droits est à l\u2019ordre du jour partout parce qu\u2019il y a la présence de la société civile, des médias, des institutions nationales, etc.; c\u2019est plutôt une bonne nouvelle qu\u2019il en soit ainsi et que l\u2019égalité hommes-femmes et le droit des enfants figurent à l\u2019ordre du jour partout.» Il tait appel à de sombres réalités : «Il est sûr que cette cause n\u2019avance plus ou est bloquée dans les régions où il y a des conflits.comme dans la République centrafricaine ou dans celle du Congo, là où se posent de graves difficultés politiques, comme à Madagascar, ou encore de graves problèmes économiques, comme au Sierra Leone et ailleurs.» Il signale en contrepartie les progrès qui sont survenus: «La Erancophonie, depuis 1990, a apporté aux groupes qui se battent pour ces droits, dans la société civile, les organisations professionnelles, les commissions nationales et les ministères concernés dans ce dossier, une formidable contribution en les soutenant, en leur fournissant des moyens, en les regroupant, tout en leur montrant ainsi qu\u2019ils n\u2019étaient pas seuls.La Erancophonie a demandé à ses Etats membres de signer et de ratifier les conventions des droits de l\u2019homme des Nations unies.» Mais il n\u2019en demeure pas moins que «c\u2019est une vue de l\u2019esprit de croire qu\u2019il est possible d\u2019imposer ces droits de l\u2019extérieur ou par la force; au contraire, ils naissent dans une société humaine et l\u2019idée de leur promotion, de leur protection et de leur inscription dans des Constitutions nationales appartient à chaque société à laquelle il revient d\u2019accomplir cela ».Le sommet de Dakar et les droits Jean-Louis Roy sera présent au Sénégal à l\u2019occasion du rassemblement francophone élargi.Quel sort sera alors réservé à cette problématique ?« Ce dossier est au- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le directeur de l\u2019Observatoire mondial des droits de l\u2019homme et secrétaire général de l\u2019Agence internationale de la Francophonie de 1981 à 1986, Jean-Louis Roy jourd\u2019hui géré par le Haut-commissariat des droits de l\u2019homme à Genève, où la Erancophonie occupe un bureau; elle s\u2019assure que les pays membres connaissent les conventions et les normes définies par l\u2019ONU sur ce plan; elle participe aussi aux travaux de vérification relatijs au respect de ces droits par les Etats.» En vertu de l\u2019examen périodique universel, tous les pays du monde sont appelés tous les quatre ans à rendre compte de la façon dont ils appliquent les politiques de promotion et de protection des droits de l\u2019homme.Au cours des dernières années, la Francophonie a déployé de réels efforts pour que ses pays membres respectent l\u2019obligation de témoigner de leur attitude envers ces droits devant le Conseil de l\u2019QNU : on les écoute à ce moment-là, on les questionne et on leur, fait des recommandations.A titre de directeur de l\u2019Qbservatoire mondial des droits de l\u2019homme à l\u2019Univer- sité de Montréal, il a suivi attentivement cette procédure : «J\u2019ai vu à quel point les pays francophones se sont tous présentés de façon beaucoup plus substantielle et mieux organisée, au cours des dernières années, pour livrer témoignage.» L\u2019Qrganisation internationale de la Francophonie (QIF) les soutient dans ce sens-là et il en sera question au sommet de Dakar.Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 H 5 FRANCOPHONIE Quel avenir pour la television francophone ?Entretien avec Suzanne Gouin, présidente-directrice générale de TV5 Québec Canada EMILIE CORRIVEAU Véhicule important de l\u2019identité culturelle, sociale et linguistique, la télévision francophone est aujourd\u2019hui, partout à travers le monde, confrontée à de nombreux défis.Alors que viennent tout juste de se terminer les 43®® Assises de l\u2019Union internationale de la presse francophone et que démarre le XV® Sommet de la Francophonie à Dakar, Le Devoir se questionne sur l\u2019avenir de ce média particulier.Entretien avec M\u201c® Suzanne Gouin, présidente-directrice générale de TV5 Québec Canada, l\u2019entreprise responsable des chaînes TV5 et Unis.Œuvrant depuis plus de 25 ans dans le secteur des médias, M\u201c® Gouin connaît fort bîen les rouages de la télévision francophone.D\u2019après les observations de M\u201c® Gouin, la consommation de contenus francophones à la télévision se porte relativement bien.«Lorsqu\u2019on regarde le nombre d\u2019heures que les téléspectateurs prennent à regarder du contenu, on s\u2019aperçoit que la consommation à la télé est en augmentation», indique-t-elle.Au Québec, par exemple, d\u2019après le Conseil des directeurs médias du Québec, au cours de l\u2019année 2013, les téléspectateurs ont passé en moyenne 34,16 heures par semaine devant leur petit écran, dont 93,7% d\u2019entre elles étaient consacrées à l\u2019écoute d\u2019une programmation francophone.L\u2019année précédente, la donne était légèrement inférieure: en 2012, les Québécois ont regardé en moyenne 33,13 heures de télévision, dont 93,2% d\u2019entre elles étaient en français.Mais, d\u2019après la p.-d.g.de TV5 Québec Canada, il y a tout de même lieu d\u2019être préoccupé par les grandes tendances dans le domaine télévisuel.«La télévision francophone, m TV5 QUEBEC CANADA La présidente-directrice générale de TV5 Québec Canada, Suzanne Gouin qu\u2019importe où elle se situe, est confrontée à plein de défis, notamment en ce qui a trait aux nouvelles habitudes de consommation de contenu des téléspectateurs, précise M\u201c® Gouin.De plus en plus, les gens veulent consommer à la demande et ce type de consommation a pour effet de chambarder complètement le modèle économique actuel.Or c\u2019est ce modèle économique précis qui nous permet de produire des contenus.Les revenus publicitaires et les revenus de télédistribution sont encore, à ce jour, la meilleure façon de financer la télévision.» Services par contournement et multiples écrans Gagnant rapidement en popularité, l\u2019offre de services par contournement se révèle actuellement être l\u2019une des plus importantes préoccupations des télédiffuseurs francophones, notamment parce que, étant très abordable, elle incite ses utilisateurs à se débrancher du câble, mais également parce qu\u2019elle ne comporte pratiquement pas de propositions en français.Au Canada, par exemple, d\u2019après une étude menée par Media Technology Monitor, le service Netflix est parvenu en tout juste quatre ans à rejoindre 30% des foyers du pays, bien que son catalogue soit beaucoup moins diversifié que celui de son homologue américain.Au Québec, la proportion des abonnés n\u2019est que d\u2019environ 5%, ce qui s\u2019explique en partie par le fait que le contenu francophone qu\u2019on trouve dans Netflix, bien que grandissant puisque l\u2019entreprise offre de plus en plus de versions françaises de séries et de films anglophones, est somme toute très limité.Les productions ori- ginales de langue française y figurent d\u2019une façon encore très marginale.«Les services de contournement ne financent en aucune façon le système de radiodiffusion canadien, indique M\u201c® Gouin.La problématique est la même ailleurs dans le monde.A cela s\u2019ajoute le fait qu\u2019ils apportent une contribution extrêmement mince, sinon complètement nulle, à la production francophone.Si on regarde à l\u2019étranger, Netflix s\u2019est engagé à faire une production à Marseille pour favoriser sa distribution en France.Une offre similaire est sur la table pour l\u2019Allemagne.Mais est-ce par le financement d\u2019une seule production qu\u2019on appuie véritablement une culture francophone ?Je ne le crois pas.» Dans la même optique, M\u201c® Gouin signale que plusieurs télédiffuseurs s\u2019inquiètent de la façon dont sont actuellement calculées les cotes d\u2019écoute, soit par sondage.Parce qu\u2019elles jouent un rôle important pour les annonceurs, celles-ci ont un impact notoire sur le financement de la télévision francophone.A titre d\u2019exemple, au Québec, la publicité représente environ 83% des revenus de la télévision privée généraliste.«La multiplication des écrans fait en sorte que les gens n\u2019écoutent plus le contenu télévisé de la même manière aujourd\u2019hui que par le passé, note M\u201c® Gouin.Il y a beaucoup de gens qui regardent des émissions en rafale ou en différé sur leur tablette ou leur ordinateur.Il faut vraiment se demander si les outils de mesure que nous avons sont encore appropriés pour mesurer l\u2019écoute réelle des téléspectateurs.Il faudrait par exemple mieux comptabiliser le temps que passent les utilisateurs à regarder les contenus vidéo dans Internet.» Rejoindre l\u2019Afrique Autre défi de taille pour la télévision francophone : rejoindre les populations africaines.Car, d\u2019ici quelques années, l\u2019Afrique, qui est en voie de rattraper son retard technologique en accédant graduellement à la télévision numérique par câble ou satellite, deviendra le plus important bassin de locuteurs francophones dans le monde.Si certains diffuseurs ont déjà pris le virage africain, comme TV5, TV5 Monde et Canal Plus, plusieurs en sont encore loin.Or ce marché en pleine expansion titille aussi l\u2019intérêt de différents médias anglophones.L\u2019enjeu africain s\u2019avère donc capital pour les francophones.«A mon avis, le défi pour les télédiffuseurs francophones, c\u2019est de déterminer comment ils peuvent, par les contenus qu\u2019ils produisent \u2014 peu importe l\u2019origine \u2014 toucher des réalités qui sont ailleurs.Par rapport à l\u2019Afrique, je pense qu\u2019il faudra de plus en plus cerner des partenariats où on sera capable d\u2019échanger sur nos capacités de faire, nos capacités de produire, et s\u2019assurer qu\u2019on puisse davantage retrouver sur nos ondes ces contenus pour que les communautés francophones soient de plus en plus sensibilisées à ce qui se passe en Afrique», commente M\u201c® Gouin.Chose certaine, d\u2019après la p.-d.g.de TV5 Québec Canada, les télédiffuseurs francophones ne peuvent se permettre d\u2019être indolents s\u2019ils souhaitent survivre â la vague de changements â laquelle ils commencent tout juste â être confrontés.«Je pense que toutes les chaînes se doivent de faire preuve d\u2019une agilité opérationnelle extrêmement grande, conclut-elle.Elles doivent aussi avoir de l\u2019audace et expérimenter de nouvelles choses.C\u2019est ce qui permettra à la télévision francophone d\u2019aller de l\u2019avant.» Collaboratrice Le Devoir Littérature francophone Un nouveau regard sur le monde ASSIA KETTANI Le phénomène a commencé dans le dernier quart de siècle et, depuis, rien ne semble laisser présager son essoufflement: les prestigieux prix littéraires français accordent une part croissante aux auteurs venus de la francophonie entière.Du prix Concourt obtenu par Tahar Ben Jelloun en 1987 au tout dernier prix Femina accordé â l\u2019auteure haïtienne Yannick Lahens, en passant par Amin Maalouf ou Dany Laferrière, une nouvelle donne du paysage littéraire francophone moderne s\u2019impose : les quelque 75 pays lisant et écrivant la langue de Molière sont le foyer d\u2019une littérature de grande qualité en pleine effervescence.Dans la mesure où l\u2019avenir de la francophonie se situe en Afrique, avec un bassin de lecteurs et de consommateurs de livres en pleine croissance, tout semble destiner la littérature francophone â un avenir prometteur.Doit-on parler d\u2019une nouvelle donne géolittéraire mondiale?Absolument, estime l\u2019écrivain Rodney Saint-Eloi, fondateur et directeur de la maison d\u2019édition Mémoire d\u2019encrier.Traditionnellement, Paris agit comme plaque tournante de la littérature francophone â l\u2019échelle mondiale.Aujourd\u2019hui encore, une grande partie de «la littérature francophone circule par l\u2019appareillage éditorial français.Pour qu\u2019un livre circule entre le Cameroun et le Sénégal et le Québec et Haïti, il faut souvent qu\u2019il soit publié en France», avance Tauteure Jocelyne Saucier, lauréate 2011 du Prix des cinq continents de la Francophonie pour son livre II pleuvait des oiseaux, publié aux éditions XYZ.Mais la donne est en train de changer, estime Rodney Saint-Eloi, dont la maison d\u2019édition oeuvre justement au croisement des cultures.«De plus en plus, les catalogues de maisons d\u2019édition laissent une place aux littératures francophones venues du monde entier.Beaucoup d\u2019efforts ont été faits du côté de l\u2019édition locale pour que les livres circulent dans tous les pays francophones et pas seulement dans les grands centres.» Selon lui, la littérature francophone d\u2019aujourd\u2019hui nous pousse â revoir la question «du centre et de la périphérie.Le miracle littéraire ne vient plus du centre et les auteurs n\u2019ont plus besoin d\u2019être à Paris pour écrire.Sur tous les continents, on assiste à l\u2019émergence de voix nouvelles qui s\u2019assument dans leur marginalité.» Une évolution de la donne qui va de pair avec l\u2019évolution de la demande.«Ce qui change fondamentalement, c\u2019est que les lecteurs veulent lire autre chose.» Et, dans cette évolution de l\u2019offre, la littérature s\u2019ouvre sur l\u2019humanité.« C\u2019est une littérature qui porte un nouveau regard sur le monde, un regard beaucoup plus ouvert et alternatif.Il y a une autre forme d\u2019altérité qui prend forme.» Les voix indiennes, africaines, haïtiennes, québécoises ou antillaises trouvent désormais des échos â l\u2019échelle internationale dans l\u2019expression de leurs réalités plurielles.« C\u2019est à nous en tant que lecteur, producteur, écrivain ou éditeur d\u2019entrer en altérité avec toutes ces autres voix du monde.» Quant â l\u2019estimation du potentiel novateur de cette littérature en pleine effervescence, Rodney Saint-Eloi ne mâche pas ses mots: «Ce n\u2019est pas Paris qui renouvelle la littérature.Partout, il y a du sang nouveau qui est injecté au cœur de la littérature.On as- siste à un affranchissement de toutes les formes de tutelle», par contraste avec une époque où les auteurs écrivaient pour que la France les entende.«Au début du XX\u2018 siècle et jusque dans les années 1950 et 1960 en Haïti, les auteurs écrivaient non pas pour parler à leurs compatriotes, mais pour parler aux grands centres et pour voir si la France allait les remarquer.» Alors qu\u2019au-jourd\u2019hui, même si «les francophones du monde entier ont été nourris à la mamelle de la littérature française », selon les mots de Jocelyne Saucier, les littératures nationales s\u2019affirment en s\u2019éloignant de leur modèle commun.Dans cette littérature qui se construit en marge du centre, la langue respire dans toute sa diversité.«Le français vit de manière différente dans beaucoup de pays.Puisque chaque pays fait vibrer sa langue à partir de ses activités et de son expérience, la littérature devient l\u2019expression d\u2019une sensibilité et d\u2019une vision du monde.» Et ce sont précisément ces visions du monde plurielles qui pous sont données â découvrir.A travers le texte, c\u2019est l\u2019âme du pays qui s\u2019ouvre.«En tant que francophones, nous avons la chance de pouvoir lire dans le texte des livres qui viennent de 75 pays.Nous pouvons découvrir comment une même langue vit ailleurs.» Une richesse inestimable, selon elle, qui nous permet de «lire notre langue à travers le prisme d\u2019une autre culture, d\u2019une autre perception de la vie, et de connaître les altérités multiples de notre langue dans différents imaginaires».Une parole d\u2019autant plus importante que la littérature francophone est aussi l\u2019expression d\u2019une culture longtemps niée par les institutions littéraires.«On leur a dit que leur culture n\u2019est pas une culture, on leur a dit que leur imaginaire n\u2019est pas un imaginaire», ajoute Rodney Saint-Eloi.Face â la négation, ces auteurs «ont tout à construire.Au-delà du littéraire proprement dit, ils ont une mission citoyenne, politique, idéologique.» Selon Jocelyne Saucier, cette richesse ne peut que prospérer â l\u2019écart d\u2019un appareil éditorial centralisé qui est peu enclin â respecter les différences linguistiques régionales.«Il ne faut pas niveler ni diluer les littératures nationales.Or la France a beaucoup de difficulté à tolérer les néologismes qui viennent des autres pays francophones », rappelle-t-elle.La clef de voûte de la littérature francophone demeure donc le dialogue.«La littérature francophone n\u2019existe que tant qu\u2019il existe des littératures francophones nationales fortes, entre lesquelles il faut créer une synergie.» Le Prix des cinq continents de la Francophonie en est un exemple, ou encore les Rencontres québécoises en Haïti organisées en mai 2013 pour les dix ans de Mémoire d\u2019encrier.Un exercice que Rodney Saint-Eloi s\u2019apprête â renouveler avec le projet en cours d\u2019élaboration des Nuits amérindiennes en Haïti, destiné â «réactiver une mémoire indienne commune à la fois au Québec, au Canada et à Haïti et à amener les auteurs amérindiens sur d\u2019autres problématiques.Qu\u2019est-ce qu\u2019être Haïtien, être nègre?Qu\u2019est-ce que l\u2019esclavage ?Les rencontres pourront explorer quelque chose qui existe en Amérique, qui pourra éclater et élargir leur imaginaire.La francophonie doit permettre la solidarité entre ces archipels francophones.» Collaboratrice Le Devoir ANNIK MH DE CARUEEL L\u2019auteure Jocelyne Saucier, lauréate 2011 du Prix des cinq continents de la Francophonie pour son livre II pleuvait des oiseaux, publié aux éditions XYZ SFU UNIVERSITE SIMON FRASER LE MONDE EN TÊTE DES ÉTUDES SUR LA CÔTE OUEST : UNE EXPÉRIENCE UNIQUE! Des programmes en langue française FACULTÉ D'ÉDUCATION \u2022\tFormation des enseignants et enseignantes \u2022\tMaîtrise en éducation (au campus et en ligne) \u2022\tDoctorat en leadership éducationnel (format hybride) www.sf u.ca/ed ucf r FACULTÉ DES LETTRES ET SCIENCES SOCIALES \u2022 Programme en administration publique et services communautaires www.sfu.ca/frcohort Une variété de programmes en anglais www.sfu.ca Burnaby | Surrey | Vancouver | Colombie-Britanniquf I BUREAU DES AFFAIRES FRANCOPHONES ET FRANCOPHILES OFFICE OF FRANCOPHONE AND FRANCOPHILE AFFAIRS WWW.SFU.CA/BAFF-OFFA http://bit.ly/NIWSyG H 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 FRANCOPHONIE ANNIK MH DE CARUFEL « La première mission qu\u2019on s\u2019est donnée fut d\u2019organiser des missions de formation en numérique et en techniques de numérisation.Ces missions de formation ont été dispensées par les bibliothèques nationales des pays développés, notamment la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque nationale du Québec, vers les bibliothèques et archives nationales des pays en voie de développement», précise Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada à Bibliothèque et Archives Canada (BAC).Un réseau numérique francophone PIERRE VALLEE Le Réseau francophone numérique (RFN) \u2014 qui a été créé sous le nom de Réseau francophone des bibliothèques nationales numériques (RFBNN) \u2014 a pour mission de favoriser la numérisation de documents patrimoniaux francophones et de faciliter leur consultation en ligne.L\u2019idée de créer pareil réseau revient à M.Abdou Diouf, Tac-tuel secrétaire général de TOr-ganisation internationale de la Francophonie (OIF).«M.Diouf croyait fermement que la Francophonie devait s\u2019investir dans le numérique et qu\u2019il fallait aider les établissements, comme les bibliothèques nationales, à faire ce passage», raconte Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada à Bibliothèque et Archives Canada (BAC).M.Berthiaume a été le secrétaire général du RFN de 2010 à 2014, au moment où il était le président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).A sa création, en 2006, le RFBNN compte six membres, soit les bibliothèques natio- nales de la Belgique, du Canada, de la France, du Luxembourg, du Québec et de la Suisse.Se joint à ce premier groupe, quelques mois plus tard, la Bibliothèque d\u2019Alexandrie.En 2010, le RFBNN prend le nom de RFN et s\u2019ouvre à tous les établissements documentaires patrimoniaux de la Francophonie qui désirent y adhérer.Aujourd\u2019hui, le RFN compte 24 établissements membres provenant de 17 pays membres de TOIF Outre le Canada, le Québec et les pays francophones en Europe, les établissements membres proviennent des pays suivants: Bénin, Burkina Faso, Çambodge, Côte d\u2019ivoire, Egypte, Haïti, Madagascar, Mali, Maroc, Sénégal, Tunisie et Vietnam.L\u2019actuel secrétaire général du RFN est M.Driss Khrouz, le directeur de la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc.Entend-on à l\u2019avenir élargir le réseau et augmenter le nombre des membres?«Pour le moment, il n\u2019y a pas de logique qui nous mènerait à vouloir multiplier les établissements membres, précise Guy Berthiaume.Nous sommes toujours ouverts à de nouvelles candidatures.Mais je crois que, avec nos membres actuels, nous avons réussi à fédérer l\u2019ensemble des organisations documentaires patrimoniales francophones.Notre objectif est plutôt de resserrer la collaboration entre nos membres.» D\u2019abord former «La première mission qu\u2019on s\u2019est donnée fut d\u2019organiser des missions de formation en numérique et en techniques de numérisation, poursuit-il.Ces missions de formation ont été dispensées par les bibliothèques nationales des pays développés, notamment la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque nationale du Québec, vers les bibliothèques et archives nationales des pays en voie de développement.Ces formations se font sur place avec le personnel en poste dans les bibliothèques et les archives nationales des pays qui reçoivent ces formations.Avant de faire fonctionner un réseau numérique comme celui qu\u2019on voulait mettre en place avec le RFN, il fallait commencer par s\u2019assurer que tous les établissements aient les outils nécessaires pour mettre en place un projet de numérisation de documents.Il est évident que le numérique est moins présent dans les établissements des pays en voie de développement qu\u2019il ne l\u2019est dans les pays développés, comme la France et le Québec.» La seconde mission fut de créer un portail Internet qui servirait d\u2019outil de regroupement.Ce mandat fut confié à BAnQ et la première version a vu le jour en 2008.Une refonte du site a suivi quelques années plus tard.L\u2019adresse du site est www.rfnum.org.«BAnQ a conçu le site Internet et l\u2019hé-berge dans un de ses serveurs.Mais le site Internet ne contient pas les documents.Ceux-ci sont logés dans les serveurs des établissements nationaux où ils se trouvent.Lorsqu\u2019on clique sur un document disponible dans le site du RFN, on est automatiquement redirigé vers le site de l\u2019établissement où loge le document.Ainsi, un document provenant de la Tunisie amène les internautes à la Bibliothèque nationale de la Tunisie.» Comment ça fonctionne Ce sont les établissements membres qui choisissent les documents qui seront numérisés et ensuite déposés dans le réseau.«Nous avons un comité de pilotage qui s\u2019assure que les documents soumis sont conformes à nos attentes.Ce sont tous des documents patrimoniaux qui ont une valeur historique.Ce qui explique que la très grande majorité des documents déposés auprès du RFN sont d\u2019anciennes éditions de journaux et de revues.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que nous avaient demandé bon nombre d\u2019historiens et de généalogistes qui se servent de ces documents pour leurs travaux.» On trouve aussi des livres, des documents d\u2019archives, des images, de l\u2019audiovisuel ainsi que des plans et des cartes.La numérisation des documents est aux frais des établissements membres.«Et les établissements membres ne déposent pas dans le RFN tous les documents qu\u2019ils ont numérisés, mais seulement ceux qu\u2019ils jugent pertinents.» Le RFN reçoit un soutien financier de l\u2019OIF pour acquitter les frais de sa réunion annuelle et aussi les frais de déplacement des formateurs.Le comité de pilotage du RFN, auquel siège l\u2019actuelle présidente-directrice générale de BAnQ, M™'' Christiane Barbe, proposera prochainement un nouveau plan triennal.«La formation demeure encore notre fer de lance, souligne Guy Berthiaume.Mais nous voulons aussi augmenter le nombre des documents déposés, particulièrement les documents audiovisuels.Mais, sans doute, un de nos nouveaux défis sera de travailler en plus étroite collaboration avec les Etats, afin de les convaincre d\u2019investir davantage dans la numérisation des documents patrimoniaux de leurs établissements respectifs.C\u2019est pour nous très important, parce que ce qui est numérisé, c\u2019est la mémoire de ces pays.Par exemple, si on avait pu intervenir en Haïti avant le séisme, de nombreux documents n\u2019auraient pas été perdus à tout jamais.» Collaborateur Le Devoir La Francophonie se préoccupe d\u2019environnement depuis 25 ans REGINALD HARVEY Ly Institut de l\u2019énergie des pays ayant en com-! mun l\u2019usage du français (lEPF) voit le jour en 1988, à la suite du 2^\" Sommet de la Francophonie, tenu à Québec en 1987 ; il est devenu en 2013 l\u2019Institut de la francophonie pour le développement durable (IFDD), dans le cadre de la Conférence Rio +20.Il faut savoir que la cause écologique a beaucoup évolué en l\u2019espace de 25 ans et qu\u2019elle se répercute sur l\u2019ensemble du vécu terrestre.Depuis Québec, où se trouve le siège social de l\u2019IFDD, sa directrice, Fatimata Dia, retrace les engagements de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en matière d\u2019environnement: «L\u2019Institut, c\u2019est d\u2019abord un organe subsidiaire de l\u2019Organisation qui est basé dans la Vieille Capitale, tout simplement parce que la rencontre de 1987 coïncidait avec la crise mondiale de l\u2019énergie des années 1980.Les chefs d\u2019Etat et de gouvernement ont cru bon et nécessaire de ne pas s\u2019occuper seulement de la langue française; ils ont choisi de prendre en compte ces réalités que vivent, sur la question énergétique, non seulement les pays du Nord mais également ceux du Sud.» Ce fut le point de départ, rapporte la juriste en environnement: «Pendant une bonne dizaine d\u2019années, cet organisme ne s\u2019est effectivement occupé que d\u2019énergie en misant sur des programmes de renforcement des capacités et d\u2019accompagnement de nos pays dans la maîtrise des politiques énergétiques appropriées et des connaissances techniques dont ils doivent disposer pour les appliquer.» Elle signale un caractère distinctif: «A cette époque, seule la Francophonie disposait d\u2019un institut de ce genre: les questions énergétiques n\u2019ont été intégrées dans les préoccupations, par exemple du système des Nations unies, qu\u2019en 2009-2010, au moment où on a commencé à parler de l\u2019énergie durable accessible pour tous.» IFDD La directrice de l\u2019Institut de la Francophonie pour le développement durable, Fatimata Dia En marche vers le développement durable A la suite d\u2019une série d\u2019événements qui ont fait cheminer le dossier énergétique de l\u2019OIF vers une préoccupation économique plus globale, la Francophonie se présente à la rencontre de Rio 92: «On a essayé de mettre de l\u2019avant la nécessité de disposer d\u2019outils de formation et d\u2019accompagnement des pays, dans le but de leur fournir une compréhension appropriée de ce que pourraient être une protection de l\u2019environnement et une exploitation rationnelle des ressources de celui-ci», laisse savoir M™'\" Dia.Par la suite arrive le grand rendez-vous écologique de Johannesburg 2002, dont elle tire ces propos: «On a participé en mettant sur la table une question qui, aujourd\u2019hui, est en train de faire son petit bonhomme de chemin: elle a trait à la culture et à sa place comme composante et comme dimension à intégrer dans les préoccupations de développement; c\u2019est dù au fait simplement qu\u2019on se rend compte maintenant qu\u2019il y a des modes de production et de consommation, relevant probablement des us et coutumes ou des façons de vivre, qui ne reflètent pas toujours les préoccupations écologiques ou liées au développement durable.» Deux ans plus tard se déroule le dixième sommet de la Francophonie, à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.La directrice cerne ce qui s\u2019est passé à ce moment-là\\ «On a alors élaboré un cadre stratégique décennal qui mettait en exergue, comme objectif principal, la lutte contre la pauvreté inscrite dans une dynamique de développement durable et solidaire.On a travaillé sur celui-ci jusqu\u2019en 2012, jusqu\u2019au moment où on a organisé à Lyon un forum préparatoire des francophones afin de participer de façon préfise et claire à Rio 2012.» A la suite de cette rencontre internationale qui aura des répercussions percutantes, se posent ces questions majeures: «Comment intégrer l\u2019économie verte dans les préoccupations de la lutte contre la pauvreté et comment assurer la gouvernance du développement durable ?Il se trouvait que nous avions déjà travaillé sur ce questionnement-là et que nous avons été en mesure d\u2019apporter notre contribution.» La Francophonie prend donc un virage dans la foulée de cet événement: «Elle a décidé de faire muer son institut dédié à l\u2019énergie; il conduisait déjà ses activités dans cette dynamique de Rio 2012 et on travaillait sur le renforcement des capacités sur des questions d\u2019énergie et d\u2019environnement, mais dans une perspective de développement durable.On a choisi de se doter d\u2019un institut voué à ce type de développement, ce qui nous servait à ratisser plus large et à embrasser tous ces sujets qui font l\u2019objet de négocia-tioçis intenses sur le plan international.» A partir de là, l\u2019Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) s\u2019attelle notamment à produire un coffre d\u2019outils qui aura permis aux négociateurs des pays francophones de participer aux échanges mondiaux sur les objectifs du développement durable, qui devraient prendre fin en septembre 2015.Dakar et environnement A titre d\u2019organe subsidiaire de l\u2019OIF, l\u2019Institut a collaboré à la préparation et à la production de la programmation 2015-2022 du sommet de Dakar qui sera soumise aux chefs d\u2019Etat.Fatimata Dia se penche sur son contenu : «Elle va certainement dans le sens de renforcer la langue française comme objectif premier de notre organisation et de bien positionner les francophones dans l\u2019espace international, et elle s\u2019inscrit de plus dans la voie de travailler avec les différentes catégories d\u2019acteurs du développement au sens large, pour prendre en charge les questions de pauvreté et de développement durable.» Elle cerne le bien-fondé de ce programme : «On a compris aujourd\u2019hui \u2014 ce que les études scientifiques ont montré \u2014 qu\u2019on ne peut pas lutter contre la pauvreté sans intégrer cette dynamique du développement durable; elle est nouvelle en matière de réflexion sur les façons d\u2019améliorer les conditions de vie des populations, d\u2019où l\u2019intérêt de mobiliser pour cette cause le citoyen averti, le secteur privé, les collectivités locales, en plus des partenaires classiques que sont les gouvernements, les administrations, les universités, etc.» Cette programmation renferme les grands enjeux de société d\u2019aujourd\u2019hui: «Notreparticipation à Dakar a déjà été intégrée dans ce document.Et nous serons également présents au Sénégal pour participer aux différentes tables rondes qui se dérouleront en marge du sommet et à d\u2019autres activités que nous menons de manière traditionnelle avec nos partenaires rapprochés.» Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2014 H 7 FRANCOPHONIE Vie privée Des différences culturelles CLAUDE LAFLEUR En Amérique du Nord, nous n'avons pas les mêmes soucis de protéger notre vie privée qu'en Europe, constate M® Jean Chartier, président de la Commission d'accès à l'information du Québec.«En Europe, dit-il, les grandes guerres ont marqué Vimagi-naire et les préoccupations des citoyens et c\u2019est pourquoi ceux-ci sont si soucieux de la protection de leurs renseignements personnels.Or, nous, nous n\u2019avons pas cette préoccupation à l\u2019égard de la collecte des renseignements personnels qui nous concernent.» M® Chartier préside également l'Association francophone des autorités de protection des données personnelles (AFAPDP), créée en 2007 par son prédécesseur et par son homologue français.«Les fondateurs de l\u2019AFAPDP trouvaient important de faire en sorte que les pays de la Francophonie puissent s\u2019entraider et inciter d\u2019autres pays, particulièrement en Afrique de l\u2019Ouest, à se doter de législations qui visent la protection des données personnelles de leurs concitoyens.» La menace du cellulaire Lors de la création de l'association, le Québec, le Nouveau-Brunswick, le Canada, la Belgique, la Suisse, la France et le Luxembourg possédaient déjà de telles lois.«Mais nous apprenons beaucoup les uns des autres, ne serait-ce que par l\u2019expérience européenne», observe Jean Chartier.L'AFAPDP compte en outre une dizaine de pays de l'Afrique francophone, où la situation diffère de celle qui prévaut en Europe et en Amérique du Nord.En Afrique, le «problème», selon M® Chartier, vient de la place qu'occupent les cellulaires.«Les Africains font vraiment tout avec leur téléphone cellulaire.C\u2019en est vraiment étonnant!» Par conséquent, leurs cellulaires contiennent énormément de données personnelles.Or ce que la plupart des Africains ignorent, c'est que les fournisseurs de services sont pour la plupart européens.Les seize membres de l'AFAPDP se rencontrent donc pour partager leurs expériences et pour s'émuler les uns les autres.«Vous comprendrez qu\u2019il est très enrichissant de partager l\u2019expérience de chacune de nos sociétés respectives», indique le président de l'AFAPDP.Collaborateur Le Devoir COMMISSION D\u2019ACCÈS À L\u2019INFORMATION Jean Chartier, président de la Commission d\u2019accès à l\u2019information du Québec Agence universitaire de la Francophonie Présente dans une centaine de pays En 1959, deux Québécois se sont révélés être des visionnaires en songeant à la création de la première mouture de TAgence universitaire de la Francophonie (AUF).Jean-Marc Léger, ancien journaliste du Devoir, et André Bachand, directeur des affaires extérieures de TUniversité de Montréal, ont contribué à la fondation d\u2019un organisme qui était nécessaire à l\u2019époque et qui demeure encore essentiel de nos jours, selon Abderrahmane Rida, vice-recteur à la programmation et au développement de l\u2019AUF.VICKY FRAGASSO-MARQUIS Dans les années 1960, instaurer une agence pour accroître la solidarité entre les universités était important pour les pays qui venaient d'accéder à l'indépendance, notamment en Afrique.«La première mission, à l\u2019époque, était d\u2019utiliser la langue française comme instrument mis au service de la coopération internationale», a relaté M.Rida.En 1961, 40 universités québécoises, françaises et africaines se sont ralliées à l'idée de MM.Léger et Bachand, à la conférence fondatrice de l'Association des universités entièrement ou partiellement de langue française (devenue l'AUF en 1998) à Montréal.Selon M.Rida, le terme «partiellement» est important puisqu'il démontre l'ouverture de l'organisation à des universités situées un peu partout dans le monde.«Aujourd\u2019hui, nous avons des universités membres de cette association qui viennent de l\u2019Asie, de l\u2019Europe centrale ou orientale, du Maghreb et de l\u2019Amérique latine», a-t-il remarqué.Ainsi, l'organisation, qui avait une portée modeste à ses débuts, compte de nos jours 800 établissements d'enseignement dans 100 pays.Ce n'est pas pour rien que les pays sont si nombreux à s'unir au sein d'une organisation francophone, alors que le monde est si interconnecté.«Qui dit mondialisation dit défis à relever.On ne peut le faire qu\u2019ensemble, dans la solidarité, où les uns apprennent des autres, dans un esprit de développement de la recherche», a expliqué le vice-recteur.Và mission de l'agence a donc bien changé depuis ses débuts, alors qu'elle est davantage axée aujourd'hui sur le partage des connaissances entre les chercheurs.Ainsi, les scientifiques des différentes universités dans le monde peuvent s'entraider et faire avancer les connaissances dans un domaine avec leurs forces spécifiques.Un rôle de soutien Or M.Rida rappelle que l'AUF joue d'abord un rôle de soutien auprès des universités, qui doivent elles-mêmes prendre les initiatives.«Ce sont les universités qui font appel les unes aux autres.Nous, on leur offre un cadre», a-t-il précisé.Les gouvernements vont aussi parfois faire appel à l'AUF pour reconstituer leur système scolaire, note M.Rida.Par exemple, la Côte d'ivoire, qui a connu des crises politiques importantes, a sollicité les services de l'agence pour former une nouvelle génération de professeurs et mettre en place des programmes de formation.Il arrive aussi que des pays demandent les recommandations de l'agence pour améliorer leurs établissements universitaires.«Cela se fera avec l\u2019aide de collègues qui viennent d\u2019universités membres situées dans d\u2019autres contrées, comme le Québec, la France et la Belgique», a précisé M.Rida.Ce soutien de l'AUF s'exprime d'ailleurs par l'attribu-üon de bourses à des étudiants ou à des professeurs qui voudraient aller apprendre dans d'autres universités francophones.Encore une fois, par contre, ce sont les universités qui doivent en faire la demande en présentant des projets précis à l'agence.En 2012-2013, quelque 1500 personnes ont pu aller étudier ou enseigner dans d'autres pays avec l'aide financière de l'AUF.Des avantages pour tous Selon M.Rida, toutes les universités bénéficient de tels partenariats, et pas seulement celles qui sont dans les pays en voie de développement.D'abord, cette collaboration entre les chercheurs des différents pays est précieuse pour tous, puisqu'elle permet de faire avancer la science.Cette relation donne aussi aux universités de pays plus nantis f occasion de s'implanter dans des régions où il y a un développement économique important, notamment en Afrique.Les défis sont stimulants pour les universités québécoises, par exemple, qui détiennent des expertises pour former des cadres.«Les universités [africaines] font face à des déjïs, mais ce sont des déjïs positifs», estime M.Rida.Collaboratrice Le Devoir 1 _ OF '
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