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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-12-06, Collections de BAnQ.

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[" BEAUX IMS __CAHIER F > LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 DECEMBRE 2014_ Les visages de Gabrielle Roy irÆm m Après la vie trépidante qu\u2019elle a menée jusqu\u2019à la publication de Bonheur d\u2019occasion, une période toute différente s\u2019ouvre pour Gabrielle Roy, celle de la maturité et de l\u2019écriture.Fuyant la publicité et les mondanités, elle vit de plus en plus retirée, à Québec et, surtout, dans sa maisonnette de Petite-Rivière-Saint-François, où elle a trouvé le refuye dont elle a besoin pour écrire et Jouir en paix du contact avec la nature.Tout ce qui compte maintenant, outre le soin de quelques êtres qui lui sont chers, c\u2019est la poursuite de son œuvre, une œuvre qui ne cessera de s\u2019enrichir et de s\u2019épurer Jusqu\u2019à lafin.y^ Extrait de l\u2019Album Gabrielle Roy Tableau à l\u2019huile de Jean Paul Lemieux, 1953.L\u2019œuvre a été acquise par Gabrielle Roy, puis Marcel Carbotte, après qu\u2019il en a hérité, l\u2019a cédée à la bibliothèque Gabrielle-Roy de Québec.Elle fait partie de la collection de l\u2019Institut canadien de Québec.Avec la permission de Anne Sophie Lemieux.BERTHE SIMARD La romancière Gabrielle Roy vers l\u2019âge de 63 ans.Petite-Rivière-Saint-François.DANIELLE LAURIN Il est permis de commencer par la fin cette bio^a-phie en images.Question de voir à l\u2019œuvre, en accéléré, le passage du temps.On découvrira en effet, dans les dernières pages du livre, une saisissante et émouvante galerie de portraits de Gabrielle Roy, depuis son très jeune âge jusqu\u2019à la vieillesse.Mais avec, toujours, ce regard aussi intelligent, pénétrant.Mais revenons au début de cet Album Gabrielle Roy, orchestré par le biographe de l\u2019écrivaine, aussi responsable de l\u2019édition complète et définitive de ses œuvres depuis 2009, François Ricard.S\u2019il convient que c\u2019est «d\u2019abord par leurs œuvres que les écrivains, même disparus depuis longtemps, continuent de vivre à nos côtés et de nous dire au sujet de nous-mêmes ce qu\u2019eux seuls savent nous dire, mieux que nous-mêmes ne pourrions le faire», il précise aussi que Gabrielle Roy «n\u2019a jamais séparé son œuvre de sa vie, faisant de celle-ci l\u2019une des matières privilégiées de celle-là».C\u2019est bien la vie de la petite institutrice manitobaine devenue romancière célèbre et adulée qui défile comme dans un film tout au long de cet album souvenir.Sa vie, depuis sa naissance à Saint-Boniface en 1909, mais éclairée par l\u2019aura de son œuvre, dont il nous prend le goût de la lire ou de la relire.Peu de textes.Une fois passée la présentation, François Ricard laisse agir les images, ou presque.Quelques commentaires ici et là pour servir de points de repère suffisent.Parlent d\u2019eux-mêmes les quelque 160 documents d\u2019archives, extraits de manuscrits.illustrations de toutes sortes, dont surtout des photos, plusieurs inédites.Parcours condensé On voit sa famille nombreuse à Saint-Boniface, où elle est née, rue Descham-bault.Rue Deschambault qui deviendra le titre d\u2019un de ses livres, en 1955, et dont la traduction anglaise obtiendra le Prix du Gouverneur général.Ce recueil de nouvelles, qui met en scène la même narratrice au sein de sa famille, entame le cycle manitobain de l\u2019auteure, qui verra son aboutissement avec la publication posthume de son autobiographie, La détresse et l\u2019enchantement.Au passage, on remarque la délicate constitution de la dernière de la famille, qui, enfant, manquait souvent l\u2019école pour cause de maladie et que son père surnommait «La Petite Cuba, Hemingway, Sartre, Fidel et le Che par Paul Ohl Page F 3 Misère».tenant compte aussi du caractère plutôt difficile de la fillette.On la voit faire ses débuts au théâtre, elle qui voulait devenir comédienne.On la retrouve enseignante, dans les années 1930, une expérience qui durera huit ans et qui l\u2019inspirera dans plusieurs ouvrages : La petite poule d\u2019eau (1950), Ces enfants de ma vie {1^77), La détresse et l\u2019enchantement (1984, tous chez Boréal).On la suit en 1937 lors de son premier séjour en Europe, grâce au pécule amassé par son travail d\u2019enseignante.Séjour auquel elle doit mettre fin en 1939 à cause de l\u2019imminence de la guerre.Elle était partie avec l\u2019intention de faire des études en art dramatique ; entretemps, elle a découvert sa véritable vocation.Elle revient avec VOIR PAGE F 5 ROY Une certaine histoire de la censure littéraire Page F 8 F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 DÉCEMBRE 2014 LA VITRINE DES BEAUX LIVRES L'INTEGRALE 1951-1953 BANDE DESSINEE UDERZO l\u2019intégrale 1951-1953 Alain Duchêne et Philippe Cauvin Editions Albert René Paris, 2014, 424 pages noire de soleil car le forget POESIE NOIRE DE SOLEIL Carole Forget Le Temps volé Montréal, 2014, 44 pages CINEMA LE MAKING OE STAR WARS /.W.Rinzler Akileos Talence, 2014, 362 pages C\u2019est à la page 23 que l\u2019on prend conscience du truc : Albert Uderzo, géniteur, avec René Goscinny, du célébré Astérix, a finalement toujours eu en tête \u2014 et au bout de ses crayons \u2014 le personnage de bande dessinée qui a fait sa renommée.En 1951, huit ans avant sa naissance, Astérix, mais également ses potes, Obélix, Agecanonix.étaient déjà bien présents, en traits du moins, dans Belloy, Chevalier sans armure, publié par épisodes dans le journal Lm Wallonie cette année-là.Quelque chose de gros était en train d\u2019être façonné, et le tome II de cette intégrale permet une nouvelle fois de s\u2019en imprégner.En couvrant la période allant de 1951 à 1953, Duchêne et Cauvin plongent ici dans une époque dense de la vie de ce créateur en rappelant non seulement Belloy à notre bon souvenir, mais également Oumpah-Pah l\u2019Indien, Jehan Pistolet le corsaire prodigieux, ainsi que ce passé «alimentaire» qu\u2019Uderzo a partagé avec René dans la série «Politesse», publiée dans les pages de l\u2019hebdo illustré Les Bonnes Soirées.Une commande à la tonalité morale qui tranche avec le reste et qui du coup, avec la distance, fait aujourd\u2019hui beaucoup rire.Fabien Deglise ALBUM PETITE ENFANCE COULEURS Francesco Pittau et Bernadette Gervais Albin Michel Paris, 2014, 42 pages COULEURS Les livres publiés au Temps volé sont si beaux qu\u2019on s\u2019étonne qu\u2019on puisse encore nous offrir du papier si intense, une couverture à la si belle tranche effdochée et ces rabats d\u2019un aussi faste luxe.Presque confidentiel, ce tirage, à 60 exem- , plaires seulement, propose des livres numérotés et signés.A 32 $ chacun, on ne saurait s\u2019en passer.Noire de soleil de Carole Eorget est écrit sous la lumière incandescente d\u2019Albert Camus (celle de Noces précisément).Le recueil reproduit, en son début, le premier paragraphe des Noces à Bipassa et en cite un extrait dans presque chaque poème.Lyrisme heureux que cet appel à la sensation d\u2019être.«Largesse gestuelle d\u2019une alliance ravivée / enjouée et grave /pour un exil nu», nous propose la poète dans son désir d\u2019atteindre, comme le dit Camus, «l\u2019odeur des absinthes, la mer cuirassée d\u2019argent, le ciel bleu écru ».Une adresse à l\u2019auteur algérien peut alors s\u2019instaurer, poursuivre l\u2019enchantement: «Mon amérique infiltrée / de france d\u2019algérie d\u2019espagne, comme l\u2019écrivain / qui naît toujours de frontières inquiètes.//Baptismale./ Une parole peut parfois remplacer le père la mère.» Hugues Corriveau ékÀM REVUE 6 MOIS Le XXI'^ siècle EN IMAGES Numéro 8 Automne 2014 / Hiver 2015 «L\u2019Empire représente l\u2019Amérique.C\u2019est le gangstérisme de l\u2019Administration Nixon, avec ses sbires.» Cette assertion n\u2019émane pas d\u2019une thèse de doctorat consacrée au film La guerre des étoiles {Star Wars', 1977), mais du réalisateur George Lucas, avant même le premier coup de manivelle d\u2019un film qui allait «à jamais changer la face du cinéma de divertissement», dixit le cinéaste Peter Jackson {Le seigneur des anneaux) dans sa préface de l\u2019ouvrage Le making of Star Wars.Bref, quoi qu\u2019on pense de l\u2019immensément populaire saga intergalactique sur le point d\u2019être ressuscitée par J.J.Abrams (qui a «revampé» tout récemment Star Trek), elle est la résultante d\u2019une réflexion réelle de la part de son créateur.Ce dont rend compte ce fort beau livre qui, en réunissant une somme incroyable de documents d\u2019archives (notes manuscrites préliminaires, premiers traitements scénaristiques, entretiens d\u2019époque avec tous les artisans, dessins techniques, illustrations commandées à des artistes, photos de tournage, etc.), s\u2019impose d\u2019office comme le fin mot quant au film original.Par l\u2019auteur du tout aussi foisonnant Le making of de L\u2019Empire contre-attaque.François Lévesque ROMAN SHERLOCK HOLMES l\u2019intégrale illustrée Arthur Conan Boyle Caractère Montréal, 2014, 936 pages SHERLOCK HOLMES Le titre dit tout.Ou presque.Il ne manque que les éléphants qui tapissent les pages de ce livre-jeu, qui risque fort de plaire énormément aux tout-petits en plein apprentissage des couleurs, primaires et complémentaires.Jeu de mémoire, rabats aux répliques rigolotes, films transparents qui transforment les couleurs et motifs découpés dans ces pages heureusement fort robustes rendent cet ouvrage « éducatif» fort amusant.Un bouquin qui fait rêver au jour où les vrais pachydermes, «les petits éléphants gris [qui] s\u2019ennuient », selon l\u2019auteur Lrancesco Pittau, arboreront les couleurs de l\u2019arc-en-ciel.Amélie Gaudreau La revue 6 mois, avec ses deux numéros annuels de 300 pages consacrées entièrement, sans publicité, aux photoreportages et à quelques textes les éclairant, arrive à briller dans un monde saturé d\u2019images.Et à rappeler qu\u2019il y a en photoreportage un art, un métier, une flamme.Le dernier numéro s\u2019attaque à un sujet polémique : Israël.Regard sur les ultraorthodoxes par Oded Balilty, sur les femmes soldâtes de Tsahal par Rachel Papo, et plus encore.Pour compléter le tout, des voyages visuels de Patrick Willocq chez les « wa-lés », ces reines mères des Pygmées, ou en terre ex-communiste au début des années 1990, par Eberhard Crames.Entre autres.Eascinant, comme à chaque numéro, et essentiel.Catherine Lalonde Sur deux colonnes, dans une grosse brique imprimée en caractères petits mais lisibles, tout tient, tout est là : le canon des œuvres consacrées par sir Arthur Conan Doyle aux aventures du détective Sherlock Holmes.Ce sont quatre romans et cinquante-six nouvelles.Dans l\u2019univers des détectives, ce personnage, depuis sa création en 1887 avec Une étude en rouge, continue d\u2019occuper une place à part.En attendant la prochaine fournée de la plus récente incarnation télévisuelle du personnage par l\u2019acteur anglais Benedict Cumberbatch, pourquoi ne pas replonger le nez dans la vérité tabulée des aventures originales ?De toutes les aventures originales ?Jean-François Nadeau GRANDS PERSONNAGES Laurent Lemire P Le siècle d\u2019Albert EINSTEIN Nelson Mandela Jack Lang Jean Lopez Lasha Otkhmezuri KENNED JOUKOV L homme qui a vaincu Hitler Frederic Martinez PERRIN ROBERT SERVICE /trotski 4 Ils étaient sept hommes en guerre Marc Ferro Alain Frerejean Churchill ^\u2018Staline Les generaux allemands parlent Basil H.Liddell Hart CONSDE À J La Première m Guerre mondiale ^ John Keegan m HITL SEBASTIAN HAFFNER Preface de Jean Lopez i [¦ PERRIN PERR N GRANDS LECTEURS PERR N AUX ED T ONS LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 DÉCEMBRE 2014 F 3 BEAUX LIVRES ROBERT LAFFONT Des lettres de Verlaine se retrouvent aussi dans ce livre.Encres violettes et enveloppes parfumées Dans le fouillis de la petite histoire dorment les meilleures histoires GUYLAINE MASSOUTRE Toutes les lettres reproduites dans ce livre, La boîte à lettres, proviennent du musée Lettres et manuscrits, situé sur le boulevard Saint-Germain, à Paris.Privé, il rassemble 136 000 documents, lettres, dessins, partitions musicales, éditions rares et originales.S\u2019y ajoutent des documents scientifiques, des mots d\u2019hommes d\u2019Etat et même de monarques.Bien sûr, ce ne sont pas des pièces majeures, rassemblées à la Bibliothèque nationale de France ou à l\u2019Institut des textes modernes où travaillent les chercheurs.Mais ce sont des objets de curiosité, de vie quotidienne, les humanités simples et les manies de collectionneurs.Des traces de grands hommes, rares étant les femmes, au demeurant.Voyez Dumas, Descartes, La Rochefoucauld, les encyclopédistes ennemis \u2014 Voltaire, Rousseau, Diderot \u2014, Sade, les grands romantiques \u2014 Goethe, Chateaubriand, Stendhal, Nerval, Musset \u2014, Gautier et son ami Baudelaire, les réalistes Flaubert, Goncourt, Verne, Tolstoï et Zola, l\u2019alcoolique Verlaine côtoyant les distingués Proust et Cocteau, Apollinaire narguant Céline, Gary devant Saint-Exupéry, et Camus.Voici Trotski, Gandhi, Churchill, Roosevelt et de Gaulle couchés ensemble.Papier, tampons et plumes Cette collection fait l\u2019objet d\u2019expositions et d\u2019émissions radio diffusées à France Culture.Cécile Guilbert en a retenu 34 pièces, des noms connus de- visant de choses oubliées; car la correspondance, cet art perdu, touche aux soucis intimes, aux distances jadis infranchissables, aux mondanités élégantes, aux nouvelles commentées, à l\u2019art de la conversation sur des riens qui se prolongent.Il y a un cérémonial de la lettre qui relève de codes anciens.Aussi l\u2019édition de cet ouvrage respecte-t-elle la vieille orthographe, les tournures incongrues, les graphies propres, le ton diffamatoire, le libelle, la confidence.Tweet, inconnu! Des tampons et des plumes, des encriers.Guilbert préface chaque lettre.Maupassant le potache, le flamboyant Barbey, l\u2019amoureux Gary, et Marcel à la guerre, c\u2019est Proust, l\u2019auteur de cent mille lettres dont ce n\u2019est rien qu\u2019une, mais quelle lettre, à son frère, le «cher petit Robert» ! La rouge Louise Michel, avec une balle logée dans la tête.Voltaire à Postdam, Magritte à l\u2019alité Joe Bousquet, l\u2019exécution de Louis XV, vilaine affaire pu-l^lique, si sauvage, ils ont vécu.A côté.Piaf piaffe d\u2019amour pour son «adoré».Ils gribouillent tous azimuts, drôles sans le vouloir, sensationnels comme la une d\u2019un journal people.Immortelle, cette vie des hommes, même quand elle n\u2019a rien d\u2019illustre, s\u2019illustre dans cette animation du quotidien.Collaboratrice Le Devoir LA BOÎTE À LETTRES Les plus belles lettres MANUSCRITES DE VOLTAIRE À Edith Piaf Réunies par Cécile Guilbert Robert Laffont/France Culture Paris, 2014,221 pages N L\u2019acquisition Traduit de l\u2019anglais (Canada) par Paule Noyart « Linda Spalding n\u2019a pas peur des ombres, des silences et des cris.Et même si le récit se déroule voilà près de deux siècles, il m\u2019a semblé d\u2019une terrible actualité.[.] L\u2019acquisition est un grand roman.» Jean Barbe, Le Journal de Montréal LITTERATURE QUEBECOISE Un paradis sous les étoiles Paul Ohl fait revivre les prémisses de la révolution cubaine CHRISTIAN DESMEULES En 1949, Jean-Paul Sartre a fait une visite éclair à Cuba.L\u2019auteur de L\u2019être et le néant filait le parfait «amour contingent» avec Dolorès Va-netti, journaliste franco-américaine rencontrée quelques années plus tôt \u2014 peut-être la plus grande passion de sa vie.Un souper chez Hemingway, qu\u2019il n\u2019appréciait pas vraiment, viendra mettre un terme à cette visite mal préparée qui va lui laisser un souvenir plutôt amer.«C\u2019est une belle de nuit, très louche, probablement vérolée», écrira-t-il en parlant de l\u2019île des Antilles.C\u2019est un second séjour plus heureux dans l\u2019île, en 1960, cette fois en compagnie de Simone de Beauvoir, qui va lui faire appuyer sans réserve la révolution.Il va finir par rompre avec Castro dix ans plus tard, en réaction à la répression par le régime castriste de certains intellectuels et des homosexuels en général, devenus à ses yeux «les Juifs de Çuba ».A la même époque, c\u2019est un Ernest Hemingway bouffi, imbibé d\u2019alcool et de doutes, que l\u2019on trouve retranché dans son domaine de la Finca Vigia, à une dizaine de kilomètres de La Havane.Il n\u2019a pas encore pondu Le vieil homme et la mer, son chef-d\u2019œuvre, pas encore reçu le prix Nobel.Mais ces années fertiles se trouvent au cœur du huitième roman de Paul Ohl, Les fantômes de la Sierra Maestra.Auteur de plusieurs romans historiques, l\u2019écrivain de 74 ans a entre autres trempé sa plume dans le Japon du XVIT siècle {Katana, Stanké), l\u2019Amérique des conquistadors (Soleil noir, Stanké) et l\u2019Afrique de l\u2019esclavagisme (Black: les chaînes de Corée, Libre Expression).Portrait de famille Bien sûr, Paul Ohl n\u2019oublie pas ici l\u2019essentiel: Alejandro Castro Ruz, alors jeune avocat impliqué politiquement, que l\u2019on retrouve avec quelques compagnons à la veille du désastre de l\u2019attaque de la caserne de Moncada le 26 juillet 1953.Avant sa rencontre au Mexique avec Ernesto « Che » Guevara, avant le AGFNCF FRANCF-PRFSSF La Finca Vigia, la villa d\u2019Ernest Hemingway située à une dizaine de kilomètres de La Havane.débarquement catastrophique du Granma sur les côtes de VOriente cubain et les mois de guérilla dans la Sierra Maestra.Un kaléidoscope de personnages: J.Edgar Hoover, patron du FBI, fer de lance du maccarthysme.Meyer Lansky, associé de Lucky Luciano et patron de la mafia cubaine qui était à la tête d\u2019hôtels (dont le fameux hôtel Nacional), de casinos, de bars et de maisons de passe.Mafieux, politiciens, journalistes étrangers, agents de la CIA: autant d\u2019acteurs de l\u2019Histoire qui étaient au service de leurs propres intérêts et de l\u2019impérialisme américain.Ce sont les prémisses de la révolution, en somme, qui nous mènent jusqu\u2019à la fuite de Batista, parti chercher asile à Saint-Domingue chez son ami Trujillo en emportant avec lui 800 millions de dollars du trésor cubain.Tout ce qui grenouillait à La Havane, le bordel des Amériques, à la fois paradis et enfer qui a toujours balancé «entre la splendeur et l\u2019abandon».Avec Les fantômes de la Sierra Maestra, Paul Ohl nous P 0GaspaniTE Devoir 1ALMARÈS Du 24 au 30 uovembre 2014 \t\t \t\t Romans québécois\t\t ï| Les héritiers du fleuve \u2022 Tome 4 1931-1941\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 1/2\t â Les années de plomb \u2022 Tome 4 Amours de guerre\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t3/2 3 Violence à l'origine\tMartin Michaud/Goélette\t4/4 4 Le gazon.toujours plus vert chez le voisin?\tAmélie Dubois/Les Éditeurs réunis\t2/4 S La veuve du boulanger\tDenis Monette/Logiques\t6/11 6 Lit double \u2022 Tome 3\tJanette Bertrand/Libre Expression\t5/7 7 Survivre! Survivre!\tMichel Tremblay/Leméac\t8/4 8 Malphas \u2022 Tome 4 Grande Liquidation\tPatrick Senécal/Alire\t9/11 9l La vie sucrée de Juliette Gagnon \u2022 Tome 2\tNathalie Roy/Libre Expression\t7/4 Moi Dix petits hommes blancs\tJean-Jacques Pelletier/Hurtubise\t10/3 Romans étrangers\t\t Il Le siècle \u2022 Tome 3 Aux portes de l\u2019éternité\tKen Follett/Robert Laffont\t1/9 1 2l Terrible trafic\tKathy Reichs/Robert Laffont\t2/6 3 Cher John\tNicholas Sparks/Michel Lafon\t5/3 4 Une main encombrante\tHenning Mankell/Seuil\t3/5 1 5l Central Park\tGuillaume Musso/XO\t-/I 6 Georgian \u2022 Tome 3 Si vous m\u2019embrassez\tSylvia Day/Flammarion Ouébec\t4/4 7 Arrêtez-moi\tLisa Gardner/Albin Michel\t6/6 8 Les brumes du Caire\tRosie Thomas/Guy Saint-Jean\t-/I 9l Le royaume\tEmmanuel Carrère/POL\t-/I Moi Les neuf cercles\tRoger Jon Ellory/Sonatine\t7/6 Essais québécois\t\t Il Jean-François Lépine, sur la ligne de feu\tJean-François Lépine/Libre Expression\t1/6 1 2l Tenir tête\tGabriel Nadeau-Dubois/Lux\t9/2 3 Les acteurs ne savent pas mourir\tAlain Vadeboncoeur/Lux\t3/8 4 Une histoire philosophique de la pédagogie \u2022 Tome 1\tNormand Baillargeon/Poète de brousse\t2/2 3 Confessions post-référendaires.Les acteurs.\tChantal Hébert | Jean Lapierre/Homme\t6/13 6 Ici était Radio-Canada\tAlain Saulnier/Boréal\t5/4 7 Nos amis, les politiciens\tVincent Marissal/La Presse\t7/4 8 Chroniques des années molles\tNormand Baillargeon/Leméac\t4/2 9l De remarquables oubliés \u2022 Tome 2 Ils ont couru l\u2019Amérique\tSerge Bouchard | Marie-Christine Lévesque/Lux\t-/I Moi Libres d\u2019apprendre.Plaidoyers pour la gratuité scolaire\tCollectif/Écosociété\t-/I Essais étrangers\t\t Il L\u2019État islamique\tSamuel Laurent/Seuil\t-/I 2 Les âmes blessées\tBoris Cyrulnik/Ddile Jacob\t8/5 3 Y a-t-il un grand architecte dans l\u2019univers?\tStephen Hawking/Ddile Jacob\t2/3 4 Le grand mythe du cholestérol\tStephen T.Sinatra/Édito\t1/9 1 Le capital au XXP siècle\tThomas Piketty/Seuil\t7/29 6 Soeurs volées\tEmmanuelle Walter/Lux\t3/2 7 Une brève histoire de l\u2019économie mondiale\tRobert C.Allen/Boréal\t-/I 8 Nouvelles guerres.L\u2019état du monde 2015\tCollectif/La Découverte\t6/8 9l Llndien malcommode.Un portrait inattendu des.\tThomas King | Daniel Poliquin/Boréal\t-/I Mol Guerriers de l\u2019impossible.L\u2019argent, les armes.\tSamantha Nutt/Boréal\t5/7 514 524-5558 lemeacOlemeac.com La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d'infoimation et d'anaiyse SaspanI sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimarès est extrait de Sasisnl et est constitué des reievés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet Sasparil.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite.offre une fascinante reconstitution d\u2019un moment charnière de l\u2019histoire de Cuba.Et à travers les dialogues, les réflexions et les doutes de chacun, mettant la littérature au cœur même de cette histoire \u2014 Castro et Guevara avaient tous les deux lu Pour qui sonne le glas, le roman qu\u2019Hemingway a consacré à la guerre d\u2019Espagne \u2014, il donne aussi une dimension humaine à toute cette époque.Ohl a mis tout son talent dans ce roman colossal à la maîtrise impeccable.Il lui a insufflé aussi \u2014 c\u2019est l\u2019évidence \u2014 l\u2019amour et la passion qu\u2019il voue à la plus grande île des Antilles, de même qu\u2019à son peuple et aux premières années de sa révolution qui a malgré tout «incarné un idéal insensé et le destin héroïque d\u2019un petit peuple tenu en otage par la plus grande puissance économique et militaire du monde».Collaborateur Le Devoir LES EANTÔMES DE LA SIERRA MAESTRA Paul Ohl Libre Expression Montréal, 2014, 760 pages STEPHANE E R N n'a jamais aussi bien porté son nom ! II Iwtéphane pW Bern Sifcras (l'Histoire ALBIN MICHEL F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 DECEMBRE 2014 BEAÜX LIVRES Le jardinier de Yalta Christian Desmeules Avec ses ruelles en escaliers, son léger parfum d\u2019abandon, ses chats galeux planqués un peu partout, ses cyprès, ses buissons de laurier et ses palmiers transplantés, avec ses petites vieilles en fourrure qui promènent leur chien sur la promenade du bord de mer \u2014 on se croirait presque par moments dans la célèbre nouvelle de Tchékhov \u2014, le charme de Yalta opère toujours.Aujourd\u2019hui que cette perle un peu endormie de la mer Noire est revenue dans le giron de l\u2019empire, difficile de trouver quelqu\u2019un qui, de Bala-klava à Simferopol, ne se résigne pas à «l\u2019intervention» de l\u2019armée russe en mars dernier et au rattachement de la péninsule à la fédération russe.La question soulève peu de débats.Le geste et la manière non plus.En dépit des prix qui ont doublé, des pannes d\u2019électricité programmées et de la quasi-disparition des touristes étrangers de cette station balnéaire de la mer Noire.La transition semble couler comme une évidence ou un simple détail qu\u2019on aurait corrigé dans un manuel d\u2019histoire.L\u2019air pur, le calme, le ressac infini, l\u2019éternité.Certains ont perdu, d\u2019autres y ont gagné quelque chose.Moscou est loin et le soleil brille encore.La Crimée vous attend.L\u2019histoire en marche Une histoire qui s\u2019écrit et des événements qui pourront faire l\u2019objet, qui sait, d\u2019un nouveau chapitre de la prochaine édition de la colossale Histoire de la Russie.Des origines à nos jours, de l\u2019historien américain Nicholas V.Riasanovsky (1923-2011).Un ouvrage que l\u2019on vient de rééditer en lui ajoutant une substantielle postface de la soviétologue Françoise Thom, qui couvre les années 1990 et 2000, correspondant aux années Eltsine et Poutine.L\u2019histoire littéraire n\u2019est pas non plus en reste.Tolstoï a 26 ans lorsqu\u2019il arrive à Sébastopol, tout près d\u2019ici, après avoir été posté trois ans dans le Caucase à ne pas faire grand-chose, hormis chasser, boire, taquiner les belles Tchétchènes et noircir un peu de papier.L\u2019année 1854 sera son baptême de feu et de sang.La guerre de Crimée aura fait 65 000 morts du côté russe, la \"iiji NIKOLAJ POTANIN Yalta, cette perle un peu endormie de la mer Noire, aujourd\u2019hui revenue dans le giron de l\u2019empire moitié seulement du côté de l\u2019Empire ottoman et de ses alliés (français et britanniques).Une boucherie «moderne», marquée par la première utilisation significative du télégraphe en temps de guerre.Tolstoï va vite digérer ces horreurs, le temps d\u2019en nourrir presque en temps réel ses trois Récits de Sébastopol.Médecin à la santé fragile, nouvelliste et dramaturge immense, Tchékhov s\u2019était fait construire en 1899 à Yalta une jolie villa dans les hauteurs, surnommée la Datcha blanche.11 y a écrit Les trois sœurs et La cerisaie.Après sa mort \u2014 emporté par la tuberculose en 1905 à Badenweiler, en Allemagne, il avait 44 ans \u2014, la maison a été parfaitement conservée par sa sœur.Tchékhov faisait venir de Londres sur catalogue les graines qui ont fini par donner vie au magnifique jardin de sa villa blanche, aujourd\u2019hui entourée de bosquets de bambous, de rosiers, de figuiers, de cèdres.C\u2019est aujourd\u2019hui un bijou de maison-musée, où comme partout en Russie de vieilles gardiennes promènent d\u2019une pièce à l\u2019autre le visiteur d\u2019une main toujours ferme.Vagues à Tâme russe Autre médecin, autre siècle.Lévesque éditeur félicite Étienne Beaulieu lauréat du Grand prix du livre de la Ville de Sherbrooke 2014 catégorie «création littéraire» pour son récit Trop de lumière pour Samuel Gaska Véronique Bossé finaliste au Grand Prix littéraire Archambault 2015 pour son recueil de nouvelles Vestiges Christine O'Doherty Mention d'excellence 2014 de la Société des écrivains francophones d'Amérique pour son roman Le pont de l'île L evesque éditeur DISTRIBUTION : DIMEDIA INC.Courriel : general@dimedia.qc.ca Site Internet : www.dimedia.qc.ca mais c\u2019est un peu le même patient que l\u2019on retrouve dans les Histoires d\u2019un médecin russe de Maxime Ossipov (aussi auteur de Ma province, Verdier, 2011).Lui-même médecin, Ossipov se penche au chevet d\u2019une âme russe plutôt mal en point, tel un animal blessé qui s\u2019accroche aux boursouflures de,son ancienne grandeur.A travers sept longues nouvelles empreintes d\u2019humanité, l\u2019écrivain promène un regard lucide et désabusé sur la réalité russe.Portraits de médecins et de patients, d\u2019immigrants partis tenter leur chance aux Etats-Unis, indices du retour du religieux.Des situations critiques « ordinaires», comme cette jeune femme morte après avoir accouché du mauvais côté d\u2019une voie ferrée ou ce Tadjik battu à coup de bâton de baseball pour le plaisir de célébrer une victoire au foot, flottant entre la vie et la mort dans un hôpital de banlieue.De nombreuses scènes poignantes de la vie de province où le gris est la teinte qui prédomine.Et cette Russie centrale dont on s\u2019éprend, écrit Ossipov, «aussi facilement qu\u2019une femme tombe amoureuse d\u2019un perdant».Des personnages souvent hantés par le passé soviétique, jamais loin sous la surface du présent.Habités par de vieux atavismes familiaux ou nationaux dont ils ont peine à se libérer.«Il fut un temps où il lui arrivait de réfléchir sur le bien et le mal; mais au fil des ans, il a fini par s\u2019habituer à la vie ainsi qu\u2019à lui-méme.Comme tout le monde, il s\u2019efforce de ne pas avoir d\u2019ennuis.» Emigrer?Ce n\u2019est pas la solution à tous les maux: «Lorsqu\u2019on émigre, ce n\u2019est pas la patrie qu\u2019on perd mais l\u2019étranger \u2014 tel qu\u2019on le rêvait.» Une forte dose de fatalisme imprègne les histoires de Maxime Ossipov.Comme c\u2019est presque toujours le cas, d\u2019ailleurs, chez Tchékhov.De quoi nous donner l\u2019envie de cultiver un jardin à la manière de Candide.Regarder le soleil accomplir son demi-cercle au-dessus de la mer Noire, écouter les vagues venues mourir l\u2019une après l\u2019autre sur la plage de galets.Attendre que l\u2019histoire passe.Ou repasse.cdesmeules@ledevoir.corn HI3TOIRES D\u2019UN MEDECIN RUSSE Maxime Ossipov Traduit du russe par Eléna Rolland Verdier Paris, 2014, 260 pages HISTOIRE DE LA RUSSIE Des origines à nos jours -Nouvelle édition Nicholas V Riasanovsky Traduit de l\u2019anglais par André Berelowitch Robert Laffont Paris, 2014, 1024 pages V Une enfance mal fermée Calepins de l\u2019année 2013 « C'est toujours avec une curiosité intellectuelle inégalée, un bonheur profond de lecture qu\u2019on ouvre un livre de cet auteur.On ne résiste pas à la lucidité grave ou joyeuse de son regard s\u2019attardant sur le monde [.].» Dominique Blondeau, Ma page littéraire La Vitrine aux NOUVELLES BIENVENUE AUX DAMES Collectif VLB Montréal, 2014, 208 pages Repère historiquement viril, la taverne est l\u2019un de ces mystères remplis de nostalgie aimée pour \u2014 et malgré \u2014 son odeur reconnaissable entre toutes, son décor rabouté, tout croche, toujours daté, et ses fantômes.C\u2019était une belle idée que de la laisser à 11 mâles alpha d\u2019auteurs, qui y ont campé chacun leurs histoires pour le recueil Bienvenue aux dames.Taverne emboucanée (avant la loi antitabac, une tragédie explorée par Edouard H.Bond), lieu où les esprits s\u2019échauffent (William S.Messier), célébration du bon vieil antre en voie de disparition 0ean-Paul Daoust), ce collectif utilise ce thème rempli de potentiel comme théâtre, bien que parfois il ne fasse que l\u2019effleurer, comme s\u2019il avait été oublié.Alors que la taverne lie les univers bigarrés des hommes ordinaires, elle est aussi remplie de petits mondes éparpillés, assis sans se regarder.Si la voix forte de Fabien Cloutier (avec son duo de poqués qui a un plan foireux) réussit à attirer l\u2019attention.Bienvenue aux dames ressemble à un lundi trop tranquille à la brassette du coin, d\u2019où on repart en laissant une couple de gorgées dans sa grosse parce qu\u2019on n\u2019arrive pas à trouver ce qu\u2019on est venu faire là.Èmïlie Folie-Boivin RenéPagtau Lettres de RinaLasnier à un ami CORRESPONDANCE LETTRES DE RINA LASNIER A UN AMI René Pageau Médiaspaul Montréal, 2014, 162 pages «Deux choses paraissent caractériser surtout sa vie : sa foi catholique et sa foi dans la poésie», écrivent les Biron, Dumont et Nardout-L^arge, au sujet de Rina Lasnier (1910-1997), dans leur Histoire de la littérature québécoise (Boréal, 2007).Ces deux fidélités, si intimement liées, chez cette écrivaine, qu\u2019elles n\u2019en sont souvent qu\u2019une, s\u2019expriment presque à toutes les pages de ce recueil de lettres adressées, de 1961 à 1989, à son ami René Pageau, poète et clerc de Saint-Viateur.Lasnier disait avoir choisi le célibat par «vocation poétique».Elle sera, en effet, poète à temps plein, comme en témoignent ces lettres, qui parlent rarement d\u2019autre chose.«L\u2019écriture pour elle n\u2019est pas une carrière à réussir, note Pageau, mais un amour à vivre.» Joliettaine d\u2019adoption, amie des clercs de la région, notamment du père Gustave Lamarche dont elle admire la poésie, Lasnier, dans ses missives, manifeste souvent son conservatisme (elle n\u2019aime ni la gauche ni l\u2019œuvre d\u2019Hubert Aquin), mais redit surtout, sans cesse, que la poésie «n\u2019a jamais de repos du moins si elle est giration de l\u2019âme vers sa source et non simple effervescence du sentiment».Louis Cornellier REEDITION PLANÈTE STREET ART Garry Hunter Hugo & de Paris, 2014, 128 pages.Ça relève presque de l\u2019évidence : ce qui a fait passer le graffiti, cette espèce de vandalisme incrusté à la peinture dans le béton des villes, au rang du «Street Art», ce serait l\u2019évolution sociale de nos sociétés modernes où féducation est désormais accessible à un grand nombre, y compris aux rebelles.Garry Hunter, auteur de ce bouquin, le dit : là où le graffiteur, en manque de lettres, frappait sans doute pour nuire et détruire, l\u2019artiste de rue, plus éduqué que son ancêtre adepte du tag, manie désormais l\u2019aérosol pour raconter, pour revendiquer, et ce, en modifiant habilement la grammaire urbaine afin d\u2019en faire parler les failles et les contradictions.Et une petite incursion dans l\u2019univers de 30 de ces artistes de la rue à travers le monde peut facilement soutenir cette thèse.Dans ce catalogue, on croise Banksy \u2014 maître incontesté du genre \u2014, Blu, Blek le rat, Toothfish, Invader, mais pas le Montréalais Roadsworth \u2014 dommage.Le tout avec un petit bémol : la traduction de ce bouquin dont la version date de 2012 aurait gagné à être mise à jour pour inclure quelques autres belles pièces des corpus sauvages de ces artistes produites depuis.Fabien Deglise m.^ :¦ >, *7., MATHIEU LAPOINTE Satiété de développement des entreprises tulturelles 514 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec H NETfOYER HONTREAl LES CAMPAGNES DE MORALITÉ PUBLIQUE,1940-1954 .SEPTENTRION.QC.CA LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC LE DEVOIR, LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 DECEMBRE 2014 F 5 BEAUX LlVRiS La face cachée de la perfection Danielle ^\u20191 Laurin jrci Voici une femme parfaite.En apparence.Mais qui étouffe sous la pression sociale.Qui se fissure à l\u2019intérieur.Qui n\u2019en peut plus de cacher la vérité, qui ne se résigne pas non plus à la dévoiler, de peur d\u2019être montrée du doigt.De peur de se voir elle-même en face ?Une femme rongée par la culpabilité: c\u2019est la figure centrale d\u2019Une mère exemplaire, premier roman de Valérie Carreau.L\u2019auteure de 34 ans a signé il y a quatre ans un recueil de nouvelles, La huitième gorgée, qui déjà mettait en valeur des personnages féminins tout en mettant en question leur complexité, leurs contradictions, leurs malaises, leurs besoins.Quvrant Une mère exceptionnelle, on se croirait revenus dans les années 1950.D\u2019où sort cette Catherine entièrement dévouée à sa famille, soucieuse avant tout du bien-être et de Petite bio Née en 1980, à La Sarre en Abitibi, Valérie Carreau habite la région montréalaise.Après une formation en journalisme, elle poursuit des études en littérature à l\u2019UQAM.Elle est mère de deux filles.La perte d\u2019un enfant d\u2019un mois lui a en outre inspiré la nouvelle De tout cœur, qu\u2019on retrouve dans son recueil La huitième gorgée (Marchand de feuilles), paru en 2010.l\u2019alimentation de ses deux petites filles et de son mari vendeur d\u2019assurances?Toujours à faire reluire comme un sou neuf sa grande demeure cossue, elle est perfectionniste jusqu\u2019au bout des ongles, pour ne pas dire maniaque, en ce qui concerne tous les petits détails de la vie quotidienne.Pourtant, elle n\u2019a pas toujours été l\u2019incarnation de la femme traditionnelle à la maison.Il fut un temps où elle avait une «florissante carrière à /\u2019Antenne, un magazine d\u2019in-térét public bien coté».Mais c\u2019était avant.Avant de devenir mère.Et qu\u2019elle se fixe comme objectif d\u2019être en tout «la meilleure mère possible».Au diable les tailleurs bien coupés, le journalisme, les conversations stimulantes avec les collègues.C\u2019est son choix, et malgré quelques passages à vide où son ancienne vie lui manque, elle est fière de sa décision.Entre-temps, une petite Marie s\u2019est ajoutée à la petite Sarah.Puis il y a eu Philippe.Qui n\u2019est plus là.Mort noyé, à un an, sous les yeux de sa maman, dans la piscine familiale.La mort d\u2019un enfant, pire épreuve qui soit, dit-on.Mais malgré sa douleur immense, ses insomnies récurrentes, Catherine n\u2019a pas baissé les bras.Elle continue d\u2019assurer, de jouer la femme forte, la mère exemplaire.Qn la félicite d\u2019ailleurs pour cet exploit, après une si dure épreuve, n\u2019est-ce pas?Elle cuisine à la chaîne des desserts exquis, récure la maison à répétition.Le temps des Eêtes venu, elle décore l\u2019intérieur et l\u2019extérieur avec soin, choisit les cadeaux qu\u2019il faut pour chacun, confectionne un menu en grand.Elle enfouit son chagrin sous ses tâches ménagères et i ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Une femme rongée par la culpabilité : c\u2019est la figure centrale d\u2019Une mère exemplaire, premier roman de l\u2019auteure Valérie Carreau.garde tout en dedans, pour elle.Le mari s\u2019est éloigné petit à petit; un fossé et bientôt un mur se sont érigés dans le couple.Quant à l\u2019amie Hélène, qui tente désespérément d\u2019avoir un enfant, tout à ses préoccupations, elle est loin de se douter que Catherine s\u2019enfonce intérieurement dans le néant.Le secret Bien sûr, il y a ce deuil, terrible.Mais pas seulement.Et c\u2019est dans ce «pas seulement» que se situe le véritable intérêt du roman, sa force, son mystère.C\u2019est ce «pas seulement» qui décide Catherine à vouloir enfin déménager, à vouloir quitter cette maison maudite avec sa piscine meurtrière.Il y a cette phrase leitmotiv: «fai tout fait pour le sauver.» Il y a cette sentence jetée à la figure de Catherine: «Avec moi, il n\u2019y a aucun risque.» Il y a anguille sous roche.Autrement dit, un secret, constamment balayé sous le tapis.Que personne ne doit savoir.Mais voilà, quelqu\u2019un a tout vu.Quelqu\u2019une, en fait.Une mère, elle aussi.Qui vit enfermée depuis des années avec le même genre de secret.Et qui s\u2019en libère enfin.Qui souhaiterait que Catherine fasse la même chose.Qui lui écrit des lettres, restées sans réponses, reçues comme une menace, un affront, dans l\u2019affolement.Pas question pour Catherine de laisser tomber son masque social, sa façade de mère exceptionnelle.Pas question de laisser parler sa vulnérabilité, de peur de perdre totalement pied.Continuer à s\u2019étourdir dans le ménage, le récurage, la préparation des repas.Ne pas penser, ne pas revivre continuellement à rebours le drame, les gestes qu\u2019il aurait fallu poser.S\u2019oublier S\u2019activer en vue du déménagement.Croire au recommencement.Regarder vers l\u2019avenir.Retomber enceinte à nouveau.Voilà les éléments de la solution, se dit Catherine.Jusqu\u2019à quand?Admirablement construit, ce roman.D\u2019une froideur qui glace, en apparence.D\u2019une minutie sur les détails de la vie routinière qui lasse, en apparence.Pour mieux nous attendre au détour.Le récit fonctionne en boucle : la fin renvoie au début.Entre les deux, on prend conscience des couches enfouies sous le vernis.Et quand on referme le livre, alors que tout semble vouloir s\u2019arranger pour le mieux, on demeure avec le doute.Suffit-il de faire comme si de rien n\u2019était, de regarder ailleurs, pour se libérer du poids de la culpabilité et se reconstruire ?UNE MÈRE EXCEPTIONNELLE Valérie Carreau Marchand de feuilles Montréal, 2014, 200 pages ROY SUITE DE LA PAGE E 1 la ferme intention de se consacrer à l\u2019écriture.Installée à Montréal, elle gagne sa vie comme journaliste pigiste.Et elle publie de courts textes de fiction, dont La conversion des O\u2019Connor, dans La Revue moderne.Une reproduction partielle de cette nouvelle dite humoristique permet de saisir son point de vue féministe, plutôt avant-gardiste en 1939 : la mère a quitté le foyer, laissant le père et les grands enfants totalement désorganisés.Une note les attend: «fen ai assez des O\u2019Connor, de toute la bande.A moi la liberté ! » Retraites d\u2019écriture Voici Gabrielle Roy en 1943, auprès de ses soeurs, à Winnipeg, peu après le décès de leur mère.Période de deuil qu\u2019on retrouvera évoquée dans le texte Le temps qui m\u2019a manqué, écrit par l\u2019auteure peu avant sa mort, alors qu\u2019elle ambitionnait de poursuivre son autobiographie.Qn la découvre dans le quartier ouvrier de Saint-Henri, lieu de prédilection de son premier roman.Bonheur d\u2019occasion, paru en 1945.Jusque-là à peu près inconnue, elle devient une célébrité : couronné par le Prix du Gouverneur général, traduit en anglais dans la foulée, ce livre lui vaut d\u2019être reçue solennellement à la Société royale du Canada et obtient, en 1947, le Eemina, faisant de Gabrielle Roy la première lauréate canadienne, voire étrangère, honorée par le jury uniquement féminin de cette récompense littéraire française.11 faudra attendre 35 ans avant qu\u2019Anne Hébert obtienne à son tour le prix.Puis, en 2006, ce sera le tour de Nancy Huston.Après le tourbillon médiatique, Gabrielle Roy recherche ri \u2022: m ' miy Petits ^ oiseaux Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle « Un roman d\u2019une infinie douceur, subtii éioge de ia différence, où ia solitude ouvre ies portes d\u2019un monde préservé des tumuites, un pays où résonnent ia prosodie des histoires et des chants d\u2019oiseaux mais aussi ia petite musique des mots oubiiés.» Patrick Beaumont, La Gazette la paix à Québec, puis à Saint-Boniface, où elle a le coup de foudre pour celui qui deviendra, trois mois plus tard, son mari: Marcel Cadotte.Avec lui, elle part pour la Prance, où le couple vivra trois années.Plusieurs excursions et moments de détente à l\u2019horizon, comme en témoignent les photos où on la voit amoureuse, comblée.Suivront plusieurs voyages, seule ou en couple.Plusieurs retraites d\u2019écriture aussi, dont certaines à Port-au-Persil, dans Charlevoix, où elle jettera les premières lignes de Rue Deschambault.Et où Jean Paul Lemieux fera d\u2019elle un portrait mémorable en 1953.Quatre ans plus tard, toujours dans Charlevoix, elle acquiert une petite maison à Petite-Ri-vière-Saint-Erançois, où elle passera tous ses étés, pour écrire, jusqu\u2019à sa mort en 1983.Depuis 1994, des écrivains québécois y séjournent à leur tour l\u2019été, grâce à la bourse Gabrielle-Roy.De présentation fort soignée, le condensé souvenir qu\u2019offre cet Album Gabrielle Roy non seulement pourra servir d\u2019introduction à qui ignore à peu près tout de la vie de cette grande écrivaine du XX® siècle, mais s\u2019avérera un excellent complément à son autobiographie, de même qu\u2019à la biographie Gabrielle Roy.Une vie (Boréal), de Erançois Ricard, parue en 1996.Collaboratrice Le Devoir ALBUM GABRIELLE ROY François Ricard Boréal Montréal, 2014, 154 pages Cru 514 524-5558 lemeac@lemeac.com « J\u2019ai eu un grand coup de cœur.[.] C\u2019est écrit avec un dépouillement, avec une force, avec une économie de mots [.].C\u2019est magnifique [.].[.] Il faut lire Nefertari Bélizaire.» Sophie Fauché, Culture club So
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