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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2014-12-27, Collections de BAnQ.

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[" K Sciences : quand la lumière des villes menace les animaux Page b 6 Saga du Sénat : le deuxième acte commence ce printemps Page b 2 Équilibre budgétaire: regain de vie dans le dernier droit Page b 3 PERSPECTIVES CAHIER B > LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 DÉCEMBRE 2014 Fédéral 2015 : la lutte contre le terrorisme JACQUES NADEAU LE DEVOIR ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Le dernier sondage Léger-Le Devoir montre que seulement 16 % des répondants s\u2019attendent à ce que le gouvernement de Philippe Couillard et son ministre Carlos Leitâo remplissent l\u2019objectif de renouer avec l\u2019équilibre budgétaire l\u2019an prochain.L\u2019année charnière dn gonvemement Conillard Pour le gouvernement libéral, 2014 peut être vue comme une année de transition.Les coupes paramétriques associées à un alourdissement bien réel du fardeau fiscal des Québécois ont marqué une année où Philippe Couillard a manqué à certains de ses engagements électoraux, au premier chef, la promesse de limiter l\u2019augmentation du tarif des services de garde à la simple indexation.Mais c\u2019est en 2015 que son gouvernement donnera sa pleine mesure.Pour le meilleur et pour le pire.ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Neuf mois après son élection, le gouvernement Couillard «est là où il voulait être», livre au Deyofr Jean-Marc Fournier, un des trois membres du Comité des priorités, avec le premier ministre et la vice-première ministre.Lise Thériault.La mise à jour économique et financière, dévoilée en décembre par le ministre des Finances, Carlos Leitâo, a confirmé que l\u2019atteinte du déficit zéro en 2015-2016 est possible, même s\u2019il faut trouver encore un milliard pour y arriver.Mais la grande majorité des Québécois ne croit plus les libéraux.Le dernier sondage Léger-Le Devoir de la mi-décembre montre que seulement 16% des répondants s\u2019attendent à ce que le gouvernement Couillard remplisse son objectif de renouer avec l\u2019équilibre budgétaire l\u2019an prochain.Les Québécois sont même assez partagés sur cette volonté d\u2019en faire une priorité: 46% sont pour alors que 38% sont contre.En mai dernier, seulement 14% d\u2019entre eux souhaitaient que le gouvernement reporte à plus tard son tour de force.Il faut dire que la crédibilité du gouvernement libéral et du premier ministre en a pris pour son rhume depuis l\u2019élection.Philippe Couillard a reconnu que la modulation du tarif des services de garde avait soulevé un problème de «perception», le fin mot, pourtant, en politique.Le demi-milliard en hausses de taxes, appliquées de façon subtile mais réelle, ajouté aux augmentations des taxes foncières auxquelles a contribué forcément la coupe de 300 millions dans les transferts de Québec aux municipalités, a aussi engendré un problème de perception entre ce que le chef libéral a promis en campagne électorale \u2014 aucune hausse de taxes ou d\u2019impôt \u2014 et ce qu\u2019il s\u2019est résigné à faire.Qui plus est, c\u2019est en 2015 que, pour l\u2019essentiel, le portefeuille des contribuables sera touché.Et que les répercussions des compressions se feront sentir de plein fouet.C\u2019est le cas de la VOIR PAGE B 3 : CHARNIÈRE HELENE BUZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Il y a eu Saint-Jean-sur-Richelieu, puis Qttawa, et la prise d\u2019otages à Sydney, en Australie, n\u2019aura qu\u2019accentué le sentiment d\u2019urgence.Il ne fait aucun doute que la prochaine session parlementaire en janvier 2015 sera placée sous le signe de la lutte contre le terrorisme en sol canadien.Le gouvernement conservateur entend en faire sa principale priorité, ex aequo avec l\u2019atteinte de l\u2019équilibre budgétaire.«Ce sera une nouvelle législation qui consolidera notre habileté à combattre le terrorisme», a expliqué le leader en Chambre du gouvernement, Peter Van Loan, au moment de faire le bilan de la session, à la mi-décembre.«Cela sera déposé l\u2019an prochain [2015].C\u2019est une priorité importante pour le gouvernement.Nous avons été capables d\u2019établir, avec l\u2019aide de certains événements récents, les failles que nous pouvons refermer pour assurer davantage la sécurité des Canadiens.» Dès le lendemain de la fusillade sur la colline parlementaire, qui s\u2019est soldée par la mort du caporal Nathan Cirillo, l\u2019hospitalisation du gardien de sécurité Samearn Son (qui a obtenu son congé depuis) et le décès du tireur fou Michael Zehaf-Bibeau, le gouvernement a indiqué son intention de légiférer davantage contre le terrorisme.En ce sens, les choses ne sont pas bien différentes de ce qui s\u2019était passé en 2001, après les attentats new-yorkais du 11-Septembre.Dans les semaines qui avaient suivi, Qttawa avait déposé plusieurs projets de loi pour punir plus sévèrement les auteurs d\u2019attaques terroristes.Le gouvernent libéral de Jean Chrétien avait notamment accordé aux forces policières deux outils extraordinaires : le pouvoir de procéder à des détentions préventives et de mener des interrogatoires aux fins d\u2019enquête.Ces interrogatoires consistent à obliger quelqu\u2019un à parler à la police pour communiquer toute information en sa possession (souvent à propos d\u2019autrui), même si personne n\u2019est accusé de quoi que ce soit et qu\u2019aucun crime n\u2019a encore été commis.Ces outils avaient été si fortement critiqués (même par le Sénat libéral) qu\u2019ils devaient expirer cinq ans plus tard.Eorts de leur majorité, les conservateurs les ont ravivés de manière permanente.Mais ce n\u2019est plus suffisant, semble-t-il.Une des idées avec lesquelles jongle le ministre de la Justice, Peter MacKay, est de renforcer les dispositions portant sur les «engagements à ne pas troubler l\u2019ordre public».L\u2019article 810.01 du Code criminel permet à «quiconque a des motifs raisonnables de craindre qu\u2019une personne commettra [.] une infraction de terrorisme peut, avec le consentement du procureur général, déposer une dénonciation devant un juge».Le juge qui reçoit cette dénonciation fait comparaître les parties et peut exiger de la personne soupçonnée qu\u2019elle signe un engagement à ne pas troubler l\u2019ordre public de 12, voire 24 mois.Cet engagement peut être assorti de conditions telles que participer à un traitement, porter un dispositif de surveillance à distance, rester dans une région donnée, s\u2019abstenir de consommer de l\u2019alcool ou des drogues, remettre ses armes aux autorités.Que pourrait-il être exigé de plus?«Nous examinons toutes ces dispositions du Code criminel», a seulement déclaré M.MacKay dès le 23 octoljre.Rappelons que Martin Couture-Rouleau faisait l\u2019objet d\u2019une surveillance policière à Saint-Jean-sur-Richelieu après avoir été dénoncé par sa propre famille.Ses rencontres fréquentes avec les policiers ne l\u2019ont pas empêché un beau matin d\u2019enfoncer l\u2019accélérateur pour rouler vers trois militaires, dont un, Patrice Vincent, y a laissé la vie.La Gendarmerie royale du Canada s\u2019est bien défendue d\u2019avoir manqué à ses obligations.«Quand une personne planifie seule un acte, qu\u2019il n\u2019y a pas de préparation manifeste et qu\u2019elle utilise un véhicule comme arme, les indications sont plus difficiles à détecter, avait fait valoir la porte-parole Martine Eontaine.Ce n\u2019est pas un crime de conduire une voiture ou d\u2019être dans un stationnement.» Surveiller Internet Autre option qu\u2019envisage le gouvernement: criminaliser la tenue sur les réseaux sociaux de certains propos «glorifiant» les actes terroristes.Le ministre MacKay a expliqué qu\u2019il étudiait notamment le modèle britannique.En Grande-Bretagne, le Terrorism Act de 2006 stipule qu\u2019il est VOIR PAGE B 3 : LUTTE B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 DECEMBRE 2014 PERSPECTIVES SAGA DU SENAT Deuxième acte dès ce printemps MARIE VASTER Correspondante parlementaire à Ottawa Les projecteurs s\u2019étaient éteints depuis un an et les caméras avaient abandonné le foyer de la chambre haute et ses sénateurs.Mais la saga du Sénat fera rapidement de nouveau les manchettes des bulletins de nouvelles, alors que son second chapitre s\u2019ouvrira sur deux fronts ce printemps.Les protagonistes du scandale de 2013 se retrouveront devant les tribunaux, tandis qu\u2019au Parlement les sénateurs recevront les conclusions du rapport du vérificateur général sur leurs propres comptes de dépenses.Le sénateur Mike Duffy aura fait le plus parler de lui, au fil des mois de scandale à Ottawa.Cette recrue de Stephen Harper, qui avait parcouru le pays pour vanter le programme du gouvernement et son premier ministre, est devenue son pire cauchemar en 2013.La facture refilée à tort aux contribuables canadiens n\u2019était pas la plus salée, si on la compare à celles de ses collègues fautifs.Mais le stratagème mis en place par l\u2019ancien chef de cabinet du premier ministre, Nigel Wright, et des sénateurs conservateurs influents a secoué la capitale fédérale et le pays, lorsqu\u2019elle a été révélée au grand jour par la GRC.Tout comme ce chèque de 90 000$ remis par M.Wright au sénateur Duffy pour qu\u2019il rembourse la chambre haute.Le « Duffygate » sera d\u2019ailleurs le premier à reprendre l\u2019affiche ce printemps, lorsque le sénateur subira son procès pour fraude, abus de confiance et corruption, à compter du 7 avril et jusqu\u2019à la mi-juin.Quarante et un jours d\u2019audiences pour éplucher les 31 chefs d\u2019accusation déposés contre le sénateur en juillet dernier.Huit semaines au cours desquelles Mike Duffy plaidera une fois de plus, haut et fort, qu\u2019il n\u2019a rien fait de mal, que le premier ministre était bien d\u2019accord, mais que Nigel Wright l\u2019a forcé à accepter de rembourser le Sénat avec ce chèque-cadeau de 90 000$.Une idée du chef de cabinet de M.Harper, connue de l\u2019avocat du premier ministre et du Parti conservateur, en échange de laquelle Mike Duffy aurait droit à un rapport plus clément du Sénat à son endroit, allègue-t-il également.Ses témoignages promettent d\u2019être explosifs.Les éléments de preuve annoncés par son avocat aussi.Reste à voir si le premier ministre ira à la barre des témoins.L\u2019avocat de Mike Duffy a indiqué cet automne qu\u2019il envisage «tout témoin potentiel, à ce moment-ci.Il est trop tôt pour écarter quoi que ce soit».Stephen Harper \u2014 qui a maintes fois soutenu qu\u2019il ne connaissait rien de l\u2019entente entre MM.Wright et Duffy \u2014 pourrait cependant aisément refuser, en invoquant le privilège parlementaire qui l\u2019exempte de comparaître comme témoin lorsque la Chambre siège.Des procès jusqu\u2019en septembre Avant même la fin du procès de Mike Duffy s\u2019entamera celui de Patrick Brazeau.La cause du sénateur québécois, accusé de fraude et d\u2019abus de confiance et plaidant son innocence lui aussi, sera en cour à compter du l®Quin, pour une durée de 12 jours.Cette autre recrue de Stephen Harper fait par ailleurs face à des accusations de voies de fait et d\u2019agression sexuelle.Son procès dans cette affaire se tiendra à la fin mars, à Gatineau, et sera suivi d\u2019un autre procès pour une seconde affaire qui a valu au sénateur des accusations de voies de fait sur un homme et une femme, de menaces de mort, de possession de cocaïne et de bris de conditions.Quant à l\u2019ancien sénateur libéral Mac Harb, il plaidera non coupable lorsque sa cause se retrouvera devant les tribunaux, à compter du 10 août, pour s\u2019étirer pendant quatre semaines.La GRC a accusé M.Harb tout comme M.Brazeau, le même jour en février dernier, de fraude et d\u2019abus de confiance.La police fédérale poursuit en outre son enquête sur la sénatrice conservatrice Pamela Wallin.Dans des documents de cour, la GRC alléguait à l\u2019automne 2013 qu\u2019elle la soupçonne aussi de fraude et d\u2019abus de confiance.Ce sera toutefois à Stephen Harper de décider si toutes ces démêlées feront les manchettes avant les prochaines élections fédérales, prévues \u2014 selon la loi sur les élections à date fixe qu\u2019a fait adopter M.Harper \u2014 en octobre 2015.Mais, même si le premier ministre déclenchait une campagne électorale précipitée dès le dépôt de son prochain budget cet hiver, il n\u2019échappera pas pour autant à l\u2019ombre du Sénat.D\u2019autres ennuis dès le mois de mars?A la suite du scandale sur les dépenses des quatre sénateurs, le vérificateur général a entamé une étude exhaustive des déclarations de tous leurs collègues, sans exception.Les parlementaires s\u2019attendent au pire, les rumeurs voulant que peu d\u2019entre eux seront épargnés.Et le vérificateur, Michael Ferguson, a promis de donner des noms dans son rapport attendu au mois de mars.Le nouveau président du Sénat, Pierre Claude Nolin, a prédit fin novembre, en entrevue avec Le Devoir, que «tout le monde va passer dans le tordeur», mais que ce seront surtout des erreurs administratives, des réclamations en double ou des dépenses mal attribuées.Mais, si on apprend que d\u2019autres ont fraudé ou exagéré volontairement leurs comptes de dépenses, ils seront suspendus comme leurs collègues.« On prendra les actions nécessaires en temps et lieu.Je vous le garantis», a promis le sénateur Nolin.Le Devoir ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE Mike Duffy subira son procès pour fraude, abus de confiance et corruption, à compter du 7 avrii.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Patrick Brazeau, accusé de fraude et d\u2019abus de confiance, sera en cour à compter du 1®'' juin.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Mac Harb piaidera non coupabie devant ies tribunaux, à compter du 10 août SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE La poiice fédéraie poursuit son enquête sur ia sénatrice conservatrice Pameia Waiiin.St.Louis, dans l\u2019ombre de Ferguson Les émeutes qui ont eu lieu dans la banlieue de St.Louis «tuent le message de dynamisme» que veut transmettre la région.La renaissance économique de la ville du Midwest incarne celle des Etats-Unis.VALÈRE GOGNIAT Froide matinée de décembre.La terre gelée craque sous les pas.Au détour çle Canfield Drive, au cœur de Ferguson, dans l\u2019Etat du Missouri, les animaux en peluche s\u2019amoncellent sous une fine pluie d\u2019hiver.11 y a aussi des casquettes, des fleurs et des bougies empilées sur le trottoir.Et un portrait de Michael Brown.C\u2019est ici qu\u2019est tombé l\u2019Afro-Américain de 18 ans, en août dernier, sous les balles d\u2019un policier blanc.Entraînant le pays dans une série de manifestations pour lutter contre la discrimination raciale.Fin novembre, un grand jury a décidé d\u2019acquitter l\u2019agent de police, plongeant la région de St.Louis dans une nouvelle vague de violences.L\u2019heure des comptes.Au total, 80 magasins ont été endommagés dont 12 complètement incendiés dans la ville de Ferguson.Sur l\u2019avenue West Florissant, certains déchets fument encore, une odeur âcre persiste.Pourtant, on pense reconstruction.La population se demande qui touchera une partie du million de dollars mis à disposition par six banques, l\u2019association de promotion économique (St.Louis Economie Development Partnershjp), la chambre de commerce régionale et l\u2019Etat du Missouri.Qfficiellement, sous forme de prêt.«Mais il s\u2019agira vraisemblablement de dons», confie Katy Jamboretz, porte-parole du St.Louis Economie Development Partnership, en allant à la rencontre des petits entrepreneurs de Ferguson.L\u2019argent servira entre autres à reconstruire la vitrine du gym de Briant Mitchell.11 facilitera les fins de mois du propriétaire de Ferguson\u2019s Burger, Charles Davis.Et empêchera Qlaide Hassan de mettre la clé de la buanderie Ferguson sous la porte.Au total, 350000 dollars ont déjà été distribués.Le comté de St.Louis, dont Ferguson est l\u2019une des 91 juridictions, se pose une autre question : quel sera l\u2019impact économique de ces émeutes ?Les inscriptions dans les universités des environs auraient chuté.L\u2019extraordinaire City Museum déplore une sévère baisse du nombre de visites.Soir après soir, les bars du centre-ville sont déserts.«Certains établissements doivent encaisser une chute de 60% de leur fréquentation», note Doug Woodruff Attablé dans un restaurant du centre-ville, le président de Downtown STL Inc., dont la mission JEEE ROBERSON ASSOCIATED PRESS Un musicien jouait des airs de Noëi sur i\u2019avenue West Fiorissant, ii y a queiques semaines.Piusieurs commerces de cette avenue ont été grandement endommagés par des émeutes.bars sportifs anonymes et de lofts spacieux et bon marché.est de dynamiser le centre-ville, picore un burger.«Les médias ont été durs avec nous.Ils ont donné l\u2019impression que le cœur de la cité brûlait alors qu\u2019il n\u2019y a eu qu\u2019un ou deux incidents», re-grette-t-il.Calfeutrés dans leur banlieue, les 2,8 millions d\u2019habitants du grand St.Louis ne mettent plus les pieds au centre-ville de peur de se faire agresser.«Personne ne se rend compte à quel point le centre-ville est en train de souffrir», peste Doug Woodruff «C\u2019est vrai, avant, St.Louis n\u2019était connu que pour son Arche et son équipe de base-bail [St.Louis Cardinals].Maintenant, les choses ont un peu changé», commente le maire de Ferguson, James Knowles.[.] H parle des fusils Sig Sauer qu\u2019il utilise pour aller chasser.James Knowles se rend bien compte de l\u2019impact économique qu\u2019ont les événements survenus dans «sa» ville.Mais que dire de plus?«En ce qui concerne Ferguson, nous savons que nous aurons une chute significative de nos revenus.Oui, la région va aussi en pâtir.Mais les médias ont donné une mauvaise image de St.Louis sans prendre en compte le contexte», déplore-t-il.Depuis 1950, le nombre d\u2019habitants de la ville de St.Louis a dégringolé de 850000 à 320000.Nostalgiques, ses habitants racontent volontiers la «grande époque», lorsqu\u2019on l\u2019appelait «The Shoe Capital», au début du XX® siècle.Lorsque les fabricants de chaussures avaient colonisé la grande avenue Washington.Un boulevard qui se résume aujourd\u2019hui à une suite de Raviver l\u2019économie de la région Certains géants locaux comme Monsanto, Boeing ou Emerson continuent d\u2019investir dans la région.Ce qui permet au chômage (6,2%) de ne pas trop dépasser la moyenne nationale (5,8%).Idem pour l\u2019indice de pauvreté (le Missouri se trouve au 25® rang sur les 50 Etats américains) .Gu celui du revenu moyen, lui aussi ancré autour de la moyenne nationale.«Qu\u2019il s\u2019agisse des prix de l\u2019immobilier, de l\u2019emploi ou de la croissance de notre économie, St.Louis se trouve toujours dans la moyenne américaine, commente Rodney Crim, président du St.Louis Economie Development Partnership.Les bas ne sont jamais trop bas, ni les hauts trop hauts.» Les habitants, pourtant, se souviennent plus volontiers des mauvaises nouvelles.Comme le départ de Chrysler, qui a laissé un désert à l\u2019ouest de la ville en fermant plusieurs chaînes de montage.Gu la mésaventure d\u2019Anheuser-Busch, ce géant de la bière traditionnellement ancré dans la région et abreuvant St.Louis de Budwei-ser, racheté 52 milliards de dollars en 2008 par le belgo-brésilien Inbev.11 a été mis en pièces.Chacun a sa propre anecdote sur ce rachat.Mais c\u2019est lorsque la tenancière d\u2019un bar local annonce qü\u2019«ici, il n\u2019y a plus de Budweiser à la pression» quç l\u2019on prend conscience du changement.A St.Louis comme ailleurs aux Etats-Unis, la «vieille» économie industrielle tend à disparaître.Mais un vivier de jeunes entreprises ultra-énergiques est en train de reconquérir les espaces industriels abandonnés.Elles dopent une économie nationale qui se porte de mieux en mieux.En 2014, 222 millions de dollars ont été injectés par des investisseurs dans les jeunes entreprises de la région.Une hausse de 24% en comparaison avec 2013.Et même si les événements de Ferguson «tuent le message de dynamisme que Saint-Louis s\u2019évertue à transmettre depuis des années», Dennis Lower garde confiance.Depuis son bureau qui surplombe un gigantesque chantier, dans la banlieue ouest de St.Louis, l\u2019homme distingué et tiré à quatre épingles pilote Cortex.L\u2019un des plus importants des vingt incubateurs d\u2019entreprises présents dans la région.Ce projet devisé à 2 milliards de dollars a été lancé par les universités de la région et recouvre 200 acres \u2014 150 terrains de football.11 chapeaute 90 jeunes entreprises.«Notre objectif est d\u2019établir St.Louis comme un \u201chub\u201d technologique reconnu aux Etats-Unis comme à l\u2019étranger», explique Dennis Lower.Ses arguments ?Le bas coût de la vie, l\u2019accès aux talents issus des universités et une situation géographique idéale \u2014 en plein cœur des Etats-Unis.Ce dernier point, Dennis Wilmsmeyer le constate tous les jours depuis son bureau.En voyant les 2500 barges passer sur le Mississippi chaque année, faisant transiter trois millions de tonnes d\u2019asphalte, de maïs, de soja, de sable, d\u2019acier,, etc.«La position de St.Louis est unique aux Etats-Unis, estime le patron de 1\u2019America\u2019s Central Port.Oléoducs, chemins de fer, routes et fleuve.Tout est réuni ici, aucune autre ville du pays ne jouit d\u2019une aussi bonne situation.» Depuis quelques années, la ville met les bouchées doubles pour développer son port.Un quai d\u2019un coût de 15 millions de dollars est en construction.La région se rêve désormais en carrefour du fret américain.L\u2019aéroport Lambert \u2014 oû le nombre de départs quotidiens est passé de 600 au début des années 2000 à 229 aujourd\u2019hui \u2014 entend mettre ses terminaux désertés à contribution.Du patron du port au marchand de burgers, les habitants de St.Louis espèrent la même chose : que la mort de Michael Brown permette une réflexion globale sur les questions de discrimination et fasse de St.Louis une référence nationale dans ce domaine.Pour qu\u2019on parle un peu moins de son Arche et de son équipe de baseball.Et davantage de ses qualités d\u2019intégration.La route sera longue : mardi, un Noir de 18 ans a à nopveau été tué par un agent de police à Berkeley.A huit kilomètres au nord de Canfield Drive.Le Temps LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 DECEMBRE 2014 B 3 PERSPECTIVES EQUILIBRE BUDGETAIRE Regain de vie dans le dernier droit L\u2019année 2014 aura été à la fois très décevante et étonnamment réjouissante pour l\u2019économie du Québec.Plusieurs questions demeurent en suspens, mais les récentes bonnes nouvelles laissent croire que 2015 fera le bonheur des entreprises et des ménages dans ce dernier droit vers l\u2019équilibre budgétaire.KARL RETTINO-PARAZELLI Ly heure de vérité approche pour le gouver-' nement de Philippe Couillard.Il devrait déposer ce printemps un budget équilibré, en route vers le retour à l\u2019encre noire au terme du prochain exercice financier, en mars 2016.Le ministre des Finances, Carlos Leitâo, affirme qu\u2019on y est presque, mais il sait que les 12 prochains mois seront déterminants s\u2019il veut ultérieurement crier victoire.Heureusement pour les contribuables et lui, certains indicateurs économiques sont désormais au vert et permettent de tourner la page sur une année mi-figue, mi-raisin.Tous les économistes interrogés s\u2019entendent pour dire que 2014 aura été une année très «inégale» au Québec: pas de croissance de l\u2019emploi, mais une reprise vigoureuse des exportations grâce au regain de vie américain.Leur valeur a progressé de 7,7% depuis le début de l\u2019année, une augmentation qui a dépassé les attentes de nombreux observateurs.«Les exportations ont vraiment été la composante-clé, le moteur de la croissance économique québécoise en 2014, explique l\u2019économiste en chef adjoint de la Banque Laurentienne, Sébastien Lavoie.Et ça va continuer sur cette lancée en 2015», prédit-il.La hausse des exportations est d\u2019autant plus réjouissante qu\u2019elle n\u2019est pas le fait d\u2019un seul produit ou d\u2019un secteur en particulier, souligne l\u2019économiste principal de la Banque Royale, Robert Hogue.«Le secteur extérieur du Québec se comporte beaucoup mieux que ce qu\u2019on attendait, c\u2019est très encourageant, affirme-t-il.On espère maintenant que cette tendance s\u2019élargira à travers l\u2019économie intérieure.» Ernploi stagnant A l\u2019opposé, la création d\u2019emplois a stagné par rapport à l\u2019an dernier et les postes créés ont surtout été des emplois à temps partiel.Pendant ce temps, la croissance économique a atteint 1,5% ou 1,6% en 2014, selon les estimations, ce qui est en deçà de la prévision de 1,8% qui figurait dans le budget Leitâo de juin.«La situation de l\u2019emploi a été particulièrement morose en 2014.On ne pourra pas faire pire, dans un contexte de croissance généralisée en Amérique du Nord», juge M.Hogue.«La paralysie de l\u2019emploi s\u2019explique par le niveau de la profitabilité des entreprises québécoises.Il y a une croissance des profits des entreprises au Québec depuis seulement deux trimestres, alors qu\u2019on était en baisse depuis 2012, observe l\u2019économiste et stratège en chef de la Banque Nationale, Stéfane Marion.S\u2019il n\u2019y a pas de profits, c\u2019est difficile d\u2019avoir de la création d\u2019emplois.» «Si on a réussi à obtenir de la croissance économique sans croissance de l\u2019emploi, ça veut dire que les entreprises ont réussi à réaliser des gains de productivité », fait néanmoins remarquer M.Lavoie.Elles ont fait «plus avec autant», illustre-t-il.Une accélération du secteur manufacturier est en cours, les ventes ayant connu une hausse de près de 7\u201c JACQUES NADEAU LE DEVOIR pour les neuf premiers mois de 2014.Astres alignés?Si 2014 n\u2019a pas répondu à toutes les attentes, 2015 pourrait réserver de,belles surprises, prédisent les économistes.A propos de la croissance économique, d\u2019abord, pas de grand bond en avant : les observateurs calquent leur prédiction sur celle du gouvernement, soit entre 1,9% et 2%.«C\u2019est une amélioration, mais on n\u2019atteindra pas une vitesse qui va épater tout le monde», précise Robert Hogue.Cela dit, les astres semblent s\u2019aligner favorablement, observe Sébastien Lavoie.«Ce qui est très intéressant pour le Québec en 2015, c\u2019est que le portrait économique global est de plus en plus favorable.Il faut remonter à 1997-1998 pour trouver une période où on constate à la fois un raffermissement de la demande américaine, un recul du prix du pétrole et une dépréciation modérée de la devise», note-t-il.A son avis, cette combinaison gagnante devrait donner un «souffle nouveau» à l\u2019économie québécoise.Les exportations internationales du Québec pourront continuer à profiter de l\u2019accélération de l\u2019économie américaine, tandis que les ménages québécois et le secteur manu- facturier devraient bénéficier de la baisse du prix du pétrole.«Une accélération du secteur manufacturier du Québec est déjà en cours [avec des ventes en hausse de près de 7 % pour les neuf premiers mois de 2014] et nous nous attendons à ce que la vague gagne ensuite les investissements des entreprises et le marché de l\u2019emploi en 2015», a d\u2019ailleurs écrit M.Hogue dans une note économique publiée en décembre.Garder l\u2019équilibre La croissance sera donc modérée, mais sera bel et bien au rendez-vous en 2015.Reste maintenant à savoir quels impacts auront les dernières mesures mises en place par le gouvernement Couillard pour rétablir l\u2019équilibre budgétaire.En imposant par exemple up gel salarial de deux ans aux employés de l\u2019État, Québec plomberait-il le pouvoir d\u2019achat d\u2019un demi-mil-lion de travailleurs au point de fragiliser l\u2019économie, comme le prétend le chef de la Coalition avenir Québec, Erançois Legault?«Le resserrement des dépenses représente une contrainte pour l\u2019activité économique, mais si des progrès sont visibles, ça devrait aider la confiance des entreprises et des consommateurs, croit Robert Hogue.On voit enfin le bout du tunnel.» Il ajoute que le déficit auquel fait actuellement face le Québec est structurel.Les entreprises et les contribuables devront sans doute se serrer de nouveau la ceinture en 2015, puis «souffler un peu » à partir de 2016.Mais, une fois l\u2019équilibre atteint, le défi sera de le maintenir.Malgré les incertitudes et les craintes, Stéfane Marion, de la Banque Nation^e, croit que Québec a fait le bon choix.«Aux Etats-Unis, ça va mieux.Le prix du pétrole est en baisse.Donc, s\u2019il y a un moment idéal pour équilibrer les finances publiques une fois pour toutes et se débarrasser du déficit structurel, c\u2019est bien maintenant», lance-t-il.Pour y parvenir, le gouvernement doit, selon lui, profiter de l\u2019exercice de révision de la fiscalité pour pallier le manque de compétitivité fiscale des entreprises québécoises.Un «coup de pouce» urgent et nécessaire pour la santé économique du Québec, laisse-t-il entendre.Le Devoir CHARNIERE SUITE DE LA PAGE B 1 réduction des effectifs de l\u2019État en vue de retrancher près de 700 millions dans les dépenses publiques : le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a beau avoir claqué des doigts, encore faut-il que la machine remplisse la commande.En campagne électorale, Philippe Couillard promettait de faire du Parti libéral du Québec un véritable parti des régions : qu\u2019il ait choisi Rober-val comme circonscription se voulait un message fort en ce sens.Or son gouvernement a éliminé la moitié du budget de fonctionnement des Centres locaux de développement (CLD), tout en abolissant les Conférences régionales des élus (CRE).Considéré en région comme un pôle de développement, le réseau des cégeps n\u2019est pas épargné par les coupes.Le gouvernement a emprunté la voie la plus facile puisque les CLD, tout comme les Corporations de développement économique et communautaire (CDEC), également touchées, sont des organismes autonomes.Pas besoin de s\u2019empêtrer avec la sécurité d\u2019emploi : elle n\u2019existe pas.Les économies sont nettes et immédiates \u2014 40 millions pour les CLD \u2014, mais elles auront des effets délétères sur la création d\u2019emploi en région, clament les critiques.Les groupes visés par les coupes du gouvernement {{Plus le temps va passer, plus [l\u2019objectif du déficit zéro] va nous amener à faire des choix Judicieux )) Jean-Marc Fournier Couillard se font entendre.Ils «vont évidemment avoir une réaction plus directe, tout à fait humaine et normale.Est-ce que le gouvernement devrait s\u2019empêcher de prendre des décisions parce qu\u2019il y a un groupe qui va être touché ?La réponse, [c\u2019est non], ce serait impossible d\u2019atteindre l\u2019équilibre », fait valoir Jean-Marc Pournier.«Il faut savoir écouter le silence», avance le ministre, qui dit avoir beaucoup aimé le film Le Lauréat {The Graduate), dont The Sound of Silence est une des chansons thèmes et qui raconte l\u2019histoire d\u2019un étudiant opportuniste qui succombe aux charmes de la mère pour ensuite séduire de la fille.Le silence, c\u2019est celui des contribuables ordinaires qui appuient l\u2019objectif du gouvernement.«Ils vont travailler, ils partent tôt le matin, ils reviennent chez eux.Leur vie, ils la vivent; ils ne s\u2019intéressent pas à ça, analyse le ministre.Il faut écouter ceux qui parlent et ceux qui ne parlent pas.» N\u2019empêche que le gouvernement a fait marche arrière à quelques reprises.Les crédits d\u2019impôt aux entreprises seront amputés, mais de 400 millions au lieu de plus de 900 millions, son intention initiale.Le milieu des affaires l\u2019a convaincu qu\u2019il était en voie de jeter le bébé avec l\u2019eau du bain.De même, l\u2019abolition des subventions au magazine de culture scientifique Les Débrouillards, aux Expo-sciences et à l\u2019Agence Science-Presse a été stoppée, pour cause d\u2019ineptie politique, le gouvernement se rendant compte qu\u2019il avait soulevé un tollé pour une économiç insignifiante de 650 000$.A peine le double du coût de rénovation des bureaux du ministre délégué, Jean D\u2019Amour, a fait malicieusement remarquer le chroniqueur économique René Vézina.Mais pour l\u2019essentiel \u2014 l\u2019objectif du déficit zéro en 2015-2016, mais aussi l\u2019assainissement des finances publiques à long terme \u2014, le gouvernement Couillard ne cédera pas.Moins précipitées, ses prochaines décisions seront toutefois plus judicieuses, prédit Jean-Marc Pournier.«Plus le temps va passer, plus cela va nous amener à faire des choix judicieux», croit-il.«Est-ce que l\u2019année prochaine sera plus facile ?Elle va certainement nous amener à prendre des décisions plus réfléchies que celles qu\u2019on a prises au mois de mai 2014.» À la Coalition avenir Québec, on constate que la colère monte au sein de la classe moyenne; c\u2019est ce que montrent les sondages internes du parti.«Le contribuable a l\u2019impression qu\u2019il lui en coûte davantage et qu\u2019il a moins de services», observe-t-on.«Ce n\u2019est pas seulement l\u2019austérité.Les Québécois ont le sentiment qu\u2019ils s\u2019appauvrissent d\u2019année en année.C\u2019est un cocktail possiblement explosif pour les libéraux.» Pas d\u2019avantages tangibles Pour les stratèges libéraux, que la grande majorité des électeurs ne croie pas possible l\u2019atteinte du déficit zéro l\u2019an prochain est une carte dans leur jeu.Ils seront agréablement surpris, ce qui procurera à leur chef la même aura que Paul Martin et Lucien Bouchard dans le passé.Le temps joue pour le gouvernement libéral, fait-on valoir.Or, l\u2019équilibre budgétaire, en soi, n\u2019apporte pas d\u2019avantages tangibles pour monsieur et madame Tout-le-monde : il reste théorique.Après avoir assaini les finances publiques, Ottawa disposait d\u2019importantes marges de manœuvre dont il s\u2019était servi pour relever les dépenses sociales et baisser les impôts.Lucien Bouchard avait mis sur pied les services de garde à 5$.Philippe Couillard promet d\u2019alléger éventuellement le fardeau fiscal.après l\u2019avoir alourdi.Et puis, il y a ce désagréable sentiment selon lequel tous ne sont pas égaux devant l\u2019austérité: les élus gardent leur régime de retraite cinq étoiles, les petits ministres, leurs bureaux clinquants.Bombardier, son paradis fiscal.Et Yves Bolduc, sa prime.Le Devoir LUTTE SUITE DE LA PAGE B 1 criminel «de publier des encouragements directs ou indirects à la perpétration, préparation ou instigation d\u2019actes terroristes».«Les déclarations qui glorifient la perpétration ou la préparation (que ce soit dans le passé, le futur ou de manière générale) de tels actes ou crimes» sont considérées comme des encouragements.Il est aussi écrit que les déclarations interdites sont celles pouvant être comprises par le public comme «l\u2019invitant à imiter les actes glorifiés».Selon des rumeurs ayant circulé à Ottawa, le gouvernement songerait à modifier les dispositions actuelles sur le discours haineux afin de rendre illégal le fait de dire en ligne que les actes terroristes sont justifiés.L\u2019idée de criminaliser la pensée ne passe pas comme lettre à la poste.Même le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a émis des réserves, dans une entrevue accordée au Ottawa Citizen.«Gérer les loups solitaires, évidemment, c\u2019est très difficile», a-t-il reconnu tout en ajoutant: «Je suis un très grand défenseur, un très grand défenseur de la liberté sur Internet.Alors je pense que les difficultés que nous avons à nous attaquer à ce problème s\u2019expliquent par la robustesse de notre attachement à la liberté sur Internet.» Cette idée a aussi été accueillie avec circonspection par les commissaires canadiens à l\u2019information et à la protection de la vie privée de toutes les provinces du Canada.«La réaction à ces événements doit être posée et proportionnelle, et conçue de manière à préserver nos valeurs démocratiques fondamentales», ont-ils écrit dans une déclaration commune.Le commissaire fédéral à la protection de la vie privée, Daniel Therrien, avait rappelé au Devoir la réaction aux attentats du 11 septembre 2001.«Les outils ont été grandement accrus en 2001, et avant de les augmenter de nouveau, il y a une démonstration à faire que ces outils ne sont pas suffisants à l\u2019heure actuelle.» La France pour modèle Enfin, le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a indiqué en comité parlementaire que son gouvernement était également inspiré par les récentes mesures antiterroristes adoptées en Erance.La loi française s\u2019attaque aux «loups solitaires» en adoptant pour eux des critères différents.Pour que l\u2019étiquette «terroriste» soit appliquée à un individu, il faudra être en présence de deux éléments : que l\u2019individu détienne des objets ou substances dangereuses et qu\u2019il ait effectué du repérage, participé à une formation de maniement d\u2019armes ou consulté des sites Internet appelant au terrorisme.La loi française permettra aux autorités de demander le blocage de sites faisant l\u2019apologie du terrorisme.Elle permettra aussi d\u2019interdire la sortie de territoire de certains individus soupçonnés de vouloir aller se battre à l\u2019étranger.Le ministre avait toutefois été incapable de dire aux journalistes laquelle de ces mesures l\u2019inspirait.Le Devoir B 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 DECEMBRE 2014 EDITORIAL ABOLITION DE L\u2019AIEQ Ratatinement, II Encore une économie de bout de chandelle dirigée contre le savoir et la spécificité du Québec.Après les Expo-sciences et autres Débrouillards \u2014 dont les petites subventions ont finalement été rétablies \u2014 voilà que le gouvernement Couillard aurait décidé d\u2019abolir le financement de l\u2019Association internationale des études québécoises (AIEQ).Une décision déplorable, compte tenu des petits montants en jeu ; un choix qu\u2019on a peine à s\u2019expliquer autrement que par un projet délibéré de ratatinement.S Antoine Robitaille elon ce que des sources sûres ont confié au Devoir, l\u2019AIEQ devra fermer ses portes au plus tard le 31 mars prochain.Le Conseil du trésor, récemment, aurait fait tomber le couperet.Comme dans le cas des Expo-sciences et des Débrouillards, le gouvernement doit, selon nous, faire marche arrière.D\u2019abord parce que l\u2019AIEQ a une mission de rayonnement importante.Elle encourage et soutient «les activités de recherche, comme des cours, des colloques et des publications, qui aident à mieux faire comprendre le Québec».Elle «met en réseau» quelque 3000 chercheurs dans 82 pays «qui se consacrent à l\u2019étude du Québec» et les aide à «collaborer et échanger».L\u2019AIEQ met en lien des passionnés du Québec comme l\u2019Allemand Ingo Kolboom, de Dresde.En lui remettant l\u2019Ordre national du Québec en 2005, Jean Charest vanta son «leadership exemplaire», lequel a «incité des chercheurs des cinq continents à approfondir leurs connaissances » sur le Québec.Pour une petite nation au statut périphérique comme la nôtre, aider ceux qui s\u2019intéressent à nous est essentiel.Et on y gagne, le regard étranger nous permettant en bout de course de mieux nous comprendre.L\u2019objectif est noble.Et ça ne coûte pas très cher: 160 000dollars, auxquels s\u2019ajoute le salaire d\u2019un fonctionnaire du ministère des Relations internationales.De plus, l\u2019AIEQ fait dans l\u2019autofinancement: elle perçoit aussi des cotisations auprès de ses quelque 3000 membres à travers le monde, ce qui permet d\u2019amasser plus de 100 000$.Aux compressions mesquines, rétorquons avec des comparaisons volontairement spécieuses : l\u2019AÎEQ coûte assurément moins, à l\u2019État québécois, que les travaux dans les bureaux des ministres Jean D\u2019Amour (278 000$) et Erancine Charbonneau (173 3fj5$).Une autre?L\u2019AIEQ est beaucoup moins lourde, pour l\u2019État, que les nombreux faux «sous-ministres adjoints» égarés dans la haute fonction publique du Québec ; souvent des anciens attachés politiques convertis en administrateurs d\u2019État et tablettés.II y a là, comme dirait Loto-Québec, des «gagnants à vie».En fouillant dans cette strate administrative de sinécure, le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, pourrait trouver des économies équivalant à plusieurs fois le maigre budget de l\u2019AIEQ.«Il n\u2019y a pas de petites économies», rétorquera-t-on.Principe sain, en effet.Mais, depuis le début de l\u2019exercice de révision des dépenses, toutefois, on perçoit cette tentation du gouvernement ultrafédéraliste de Philippe Couillard: sous couvert d\u2019efforts de compression, on tente de cibler des deniers consacrés à la spécificité du Québec.La toute première décision du ministre de l\u2019Éducation, Yves Bolduc?Annuler la création de quatre chaires d\u2019études sur le Québec (alors que ce domaine est sous-finançé dans nos universités).A cette décision du ministre de l\u2019Éducation, le projet d\u2019abolir l\u2019AIEQ semble tristement complémentaire ! S\u2019inscrirait-elle dans un même dessein de ratatiner la présence internationale du Québec?Après tout, ce gouvernement a sérieusement songé, début septembre, à transformer le ministère des Relations internationales en simple secrétariat.Au gouvernement, plusieurs estiment peut-être que le Québec, simple province, doit se laisser représenter par Ottawa à l\u2019international.A lui de se charger du rayonnement.Si oui, ceux-là \u2014 dont M.Coiteux?\u2014 trahissent une tradition issue du Parti libéral du Québec, dont les Lesage, Gérin-Lajoie, Pelletier et Charest, entre autres, se sont fait les champions.Même M.Couillard, dans son premier discours d\u2019ouverture, affirma ceci : «Nous continuerons [.] à développer les relations internationales du Québec en répétant, comme d\u2019autres avant nous, que ce qui est de compétence québécoise ici l\u2019est aussi partout.» S\u2019en souvient-il ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Qn autre momem de 2^ lî Jfu m 5 EitRCaK A ù*iiNdTr£ LETTRES Les cartes-cadeaux du gouvernement Couillard Pendant toute l\u2019année, vous pourrez prohter de la « générosité » du gouvernement en bénéhciant de différentes cartes qui vous seront offertes.Je vous en présente quelques-unes.La Carte-confusion du ministre Bolduc.Celle-ci, munie d\u2019une puce pédagogique, vous permettra de connaître le code secret pour interpréter sa pensée.Nous en aurons bien besoin pour saisir les subtihtés de sa future politique de l\u2019école du XXI® siècle basée sur l\u2019école, la classe, l\u2019élève, etc.Tout cela dans un nouvel environnement scolaire oû il y aurait une augmentation du nombre d\u2019élèves par classe, une intégration sauvage des élèves en difhculté ou en trouble d\u2019apprentissage : une vraie médecine pédagogue de brousse.Le ministre Barrette, quant à lui, nous proposera deux cartes.Une Carte-santé réservée au secteur privé et, pour les autres patients plus malades ou plus pauvres, une Carte d\u2019hôpital qui donnera accès à toutes les salles d\u2019attente du système pubhc.Fait à noter, un café sera offert après chaque tranche de dix heures d\u2019attente: il faut bien démontrer un peu d\u2019humanité dans un monde oû tout se calcule en valeur de tasse de café.De son côté, le Conseil du tiésor nous lan- cera dans une grande course pour faire fructifier son trésor.Sa Carte-gratteux permettra de connaître tout le répertoire des services publics coupés et leurs équivalents privés qui prendront la relève à vos frais.De plus, en ajoutant un dollar, vous pourrez relire toutes les promesses électorales de la dernière campagne et les raisons pour lesquelles elles sont demeurées au stade de promesses.J\u2019aurais pu vous parler de la Carte-famille pour les services de garde, une carte de dimensions variables selon la grosseur du revenu des parents, ou de la Carte-vieillesse qui permet au gouvernement de fouiller dans vos régimes de retraite.Je m\u2019arrête là en vous présentant la Carte-fidélité Couillard.Celle-ci veut souh^er la persévérance de la classe moyenne ainsi que la générosité des employés du secteur pubhc, qui donnent sans compter depuis de nombreuses qnnées poin rétablir les finances pubhques.A tous ces gens précieux, le premier ministre leur promet qu\u2019ils pomront continuer à participer à l\u2019œuvre gigantesque de redressement et qu\u2019il lein sera fidèle jusqu\u2019à l\u2019épuisement de leins ressomces financières.Marcel Perron Neuville, le 25 décembre 2014 Merci Madame Tisseyre En 1957, la parenté se réunissait le dimanche chez tante Bernadette, une des premières du village à avoir «une télévision», poin regarder l\u2019émission de Michelle Tisseyre.Elle présentait ce soir-là une troupe de ballet.Sur un plan de tutu, un de mes oncles a soupiré d\u2019un air grognon,: «Ç\u2019a-tu de l\u2019allure! On lui voit le diâble.» A dix ans, ce fut une de mes rares initiations artistiques.Merci Madame Tisseyre et Radio-Canada, à Music-Hall et moult émissions, d\u2019avoir ouvert nos yeux caverneux sin d\u2019autres bassins que ceux des bénitiers, de nous avoir initiés avec une telle ^âce à l\u2019univers chantant et enchantem du diable.Pascal Barrette Ottawa, le 23 décembre 2014 L\u2019amour chez les chrétiens J\u2019ai lu l\u2019article du jeune prêtre Eélix Roberge, 29 ans, intitulé Démodé, Noël?Avec sérénité, il rappelle que le Christ, qui prend la condition humaine, choisit l\u2019aspect de petit enfant, fragile, vulnérable, pauvre.Voilà oû se porte le regard du Créatem à l\u2019occasion de Noël.Un chrétien se tourne vers les miséreux, vers les petits.On est peu porté à cette tendance.Mais c\u2019est là que grandit l\u2019amour, le bonheur! Amour aux peuples de la terre ! Amoin aux plus souffrants ! Ils ont la préférence du Christ.Ils reçoivent de Lui le bonheur ! Jean-Marc Labrèche Le 24 décembre 2014 REVUE DE PRESSE Trudeau, ce héros mythologique GUILLAUME BOURGAULT-COTE Voilà le scénario : un jeune guerrier apparaît, souvent issu de la noblesse, toujours promis à de grandes choses.Au départ, il refuse toutefois l\u2019appel de l\u2019aventure.Mais, coup de théâtre (arrangé avec le gars des vues), il finit par céder et accepter son destin de leader.On parle de Luke Skywalker {La guerre des étoiles) ?Du Roi Lion?Non: de Justin Trudeau.Selon Michael Den Tandt {National Post), le personnage \u2014 ou la marque \u2014 Trudeau a été ainsi dessiné pour répondre à tous les archétypes de l\u2019héroïsme tel que conçu par Hollywood.Le geme de modèle classique qu\u2019on retrouve partout dans notre culture populaire, que ce soit par les films, la littérature, la politique.Un mythe à la manière de la description qu\u2019en faisait l\u2019auteur Joseph Campbell en 1949, dans son essai Le héros aux mille et un visages.Selon Den Tandt, ce que plusieurs estiment être une faiblesse chez Trudeau \u2014 l\u2019absence de pohtiques énoncées à ce jour \u2014 lui servira plutôt.Les hbéraux pourront se positionner en fonction de ce que leurs adversaires ont déjà dit, se présentant ainsi comme plus justes que les conservateurs et plus réahstes que les néodémocrates.Mais il sera surtout intrigant de voir comment Trudeau composera avec les contours du personnage qu\u2019on a créé autour de lui, écrit le chroniqueur.Cette image du jeune héros intrépide (rappelons-nous son combat de boxe) appelé à un destin de grandeur crée envers lui des attentes que Stephen Harper et Thomas Mulcair n\u2019ont pas.De Trudeau, on s\u2019attend à ce qu\u2019il soit honorable, fort, noble et droit, dit Den Tandt.Un héros, quoi.Le chef libéral a passé sa vie dans l\u2019œil du public, mais il sera la cible d\u2019une attention inédite en 2015.Tous seront à l\u2019affût de la moindre preuve révélant que son personnage n\u2019est qu\u2019un personnage, justement.Les sondages montrent que, si Trudeau ne fait pas d\u2019erreurs majeures, il gagnera les élections, écrit Michael Den Tandt.A lui, donc, de relever le défi.En somme, il contrôle son destin.Dans le Toronto Star, Richard Gwyn écrit lui aussi qu\u2019il appartient à Trudeau de gagner ou de perdre les élections.La population l\u2019aime, bien davantage que Harper ou Mulcair.Ces derniers ont pourtant des qualités que Trudeau n\u2019a pas, mais ils ne touchent pas le pubhc de la même façon, note Gwyn.Le charme de Trudeau lui a permis de se tirer de tous les faux pas jusqu\u2019ici.Et ce qui aurait été un désavantage il n\u2019y a pas si longtemps \u2014 le contenu creux \u2014 est plutôt un avantage de nos jours: le scepticisme de la population à l\u2019égard des politiciens est si profond et si généralisé que moins ils en disent, mieux c\u2019est, soutient le chroniqueur.Les beaux gaffeurs Chaque année politique amène son lot de commentaires aussitôt dits, aussitôt regrettés.Et 2014 fut particulièrement fertile en la matière, a relevé Tim Harper dans le Toronto Star cette semaine.Il a concocté sa liste des pires sottises énoncées.On y refrouve les propos de Peter Goldring, qui a révélé qu\u2019il porte en tout temps une «protection» sur lui \u2014 une caméra dissimulée \u2014 pour pouvoir se défendre en cas d\u2019allégations de harcèlement sexuel.Il y a également ceux de Justin Trudeau, qui s\u2019est demandé cet automne: «Pourquoi ne parlons-nous pas davantage de l\u2019aide humanitaire que le Canada peut et doit offrir, plutôt que de sortir le CF-18 pour montrer combien il est gros ?» Suivent Charmaine Borg, qui, en échange d\u2019un don de 1000$, a promis de dire devant les parlementaires une réplique de Star Trek (elle porte le même nom que certains personnages de cet univers) ; Dean Del Mastro, qui a réfuté un jugement de la cour le reconnaissant coupable de violation de la Loi électorale, avant de démissionner; le manque de respect du ministre Julian Eantino devant les anciens combattants qu\u2019il représente ; à peu près toutes les interventions du secrétaire parlementaire du premier ministre, Paul Calandra; et Mark Adler, qui a été vu et entendu en train de supplier un adjoint du premier ministre pour être sur une photo avec Stephen Harper au mur des Lamentations: «C\u2019est la réélection » assurée, plaidait-il, estimant qu\u2019il aurait là une «photo à un million de dollars».Tout ce beau monde s\u2019est excusé, note Tim Harper, mais les excuses ont toujours été plus discrètes que les affirmations initiales.Charte A pareille date l\u2019an dernier, le Parti québécois avait distribué à ses militants un document offrant des réponses toutes prêtes aux questions sur la charte de la laïcité qui ne manqueraient pas de surgir autour de la dinde.Le temps des Pètes 2014 a d\u2019autres thèmes de conversation.mais celui de la charte n\u2019est pas tout à fait disparu de l\u2019écran radar, se désolait le Globe and Mail en éditorial, il y a une dizaine de jours.C\u2019est que la promesse du candidat à la direction du PQ, Bernard Drainvihe, d\u2019accoucher d\u2019un projet de charte 2.0 sidère le Globe: n\u2019a-t-il rien appris ni compris de la défaite du PQ aux élections d\u2019avril?, demande-t-on.Il promet une charte plus «souple», mais il s\u2019agit néanmoins d\u2019un projet qui a été un «désastre politique», remarque le Globe, qui a souvent qualifié la charte de «xénophobe».Que quelqu\u2019un veuille relancer un tel débat au sein du PQ montre bien la curieuse dynamique interne qui anime ce parti un brin autodestructeur, pense le Globe.Peut-être Drain-ville cherche-t-il à se démarquer de Pierre Karl Péladeau ou de Jean-Prançois Lisée dans la course au leadership?Chose certaine, il joue un jeu dangereux, suggère le journal.Le Globe rappelle que le Québec a perdu 13 000 citoyens au profit du ROC en 2013, soit les pertes mi^atoires les plus importantes depuis 1998.Différentes raisons peuvent expliquer cela, mais le quotidien pense que la division causée par le débat sur la charte n\u2019est pas étrangère au phénomène.Quoi qu\u2019il en soit, il y a là une bonne nouvelle, pense-t-on : que Drainvihe parle de la charte ou que Péladeau parle de la souveraineté, c\u2019est du bonbon pour les fédéralistes.Sur Twitter: ©gbcote Le Devoir Les articles originaux sont liés aux versions numériques. LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 DECEMBRE 2014 B 5 IDEES Uaj H HASSENE DIBRI ASSOCIATED PRESS Des partisans du nouveau président, le 22 décembre L\u2019énigmatique modèle tunisien Ne semble pas s\u2019appliquer ici la prophétie selon laquelle le monde arabe doit choisir entre théocratie et dictature HAROUN BOUAZZI Militant pour les droits de la personne et cofondateur du Collectif tunisien au Canada oint de départ du Printemps arabe, la Tunisie a vécu une révolution presque tranquille : 308 morts.Après une instabilité relative, une assemblée constituante dominée par les islamistes est élue.Trois ans plus tard, une nouvelle Constitution est écrite et votée, sur laquelle la deuxième République tunisienne sera construite.On y trouve le caractère civil de TÉtat, Tégalité homme-femme, la protection de la liberté de conscience et de Tintégrité physique des citoyens, la souveraineté de TEtat sur les ressources naturelles.Aucune mention de la charia.L\u2019alternance pacifique au pouvoir s\u2019est réalisée par les élections législatives du 26 octobre, qui ont mis le parti islamiste Ennahda en deuxième position, et par l\u2019élection présidentielle du 21 décembre, remportée par M.Essebsi et écartant le président sortant, M.Marzouki.Comment la Tunisie a-t-elle pu échapper à la prophétie qui dit le monde arabe condamné à choisir entre deux modèles libertiddes, la théocratie et la dictature?Au-delà des théories réductrices qui voient maintenant en Tunisie le triomphe d\u2019un « camp laïque » sur un « camp islamiste», quelle est la recette du succès de ce petit pays arabo-musulman de l\u2019Afrique du Nord?Les ingérences des pays étrangers sont restées limitées.Par ailleurs, la dictature tuni- sienne était bâtie sur une alliance entre deux pouvoirs distincts: d\u2019une part, la police, principale force de répression, et d\u2019autre part, la famille et les proches de Ben Ali, qui formaient la force politico-économique.Moyennant une certaine immunité pour ses crimes passés, la police était prête à laisser faire les changements démocratiques qui s\u2019opéraient.A titre de comparaison, en Algérie, en Egypte, en Syrie, la concentration de tous les pouvoirs aux mains des militaires rend beaucoup plus difficile la victoire d\u2019une révolution.Le choix judicieux du mode de scrutin proportionnel, au lendemain de la Révolution en Tunisie, a permis d\u2019éviter l\u2019hégémonie d\u2019un parti et a imposé le dialogue national entre tous les courants politiques qui constituent la mosaïque tuni- sienne.Défaite aux dernières\t9^ choix doit etre élections, la gauche devra\tlu et com- ^\t,\tpris dans rester mobilisée\tla conti- nuité de l\u2019Histoire.L\u2019histoire de la Tunisie comporte depuis toujours la mise en pratique de principes progressistes, nommés communément universels et trop souvent perçus comme essentiellement occidentaux.Trois exemples parmi beaucoup: la Tunisie abolit l\u2019esclavage en 1846, avant la Erance (1848) et les États-Unis (1863).En 1956, la femme tunisienne obtient le droit au divorce par consentement mutuel, avant l\u2019Espagne (1981) et l\u2019Italie (1987).En 1957, elle obtient le plein droit de vote, avant le Portugal (1974) ou la Suisse (1990).Depuis le XIX® siècle, la Tunisie n\u2019a cessé de se doter d\u2019institutions: dès 1861, la première Constitution du monde arabe ; en 1946, le premier syndicat ouvrier arabe et africain ; en 1977, la première Ligue des droits de l\u2019homme arabe et africaine.C\u2019est avec 55% des voix que Béji Caïd Essebsi, chef de Nida Tounes, a été élu dimanche dernier.L\u2019époque de l\u2019homme providentiel élu avec plus de 90% des voix est révolue, mais beaucoup reste à faire pour préserver cette démocratie naissante.La Erance, premier partenaire économique de la Tunisie, vit des difficultés structurelles.La guerre civile en Libye a déjà poussé un million de Libyens à s\u2019installer en Tunisie.Les armes en circulation dans les pays voisins augmentent les risques sécuritaires.Sans compter que les Tunisiens n\u2019ont plus que deux options politiques conservatrices de droite: les islamistes d\u2019En-nahda et les proches de l\u2019ancien régime de Nida.La gauche, décimée aux dernières élections, devra se réorganiser et la société civile devra rester mobilisée.Pour garantir un minimum de justice sociale et de stabilité, il faudra investir dans les régions délaissées et pratiquer une politique sociale.Il faudra diversifier les investissements étrangers et instaurer des politiques de lutte contre l\u2019évasion fiscale et la corruption.L\u2019aspect sécuritaire devra être abordé localement, à travers une lutte contre le terrorisme qui soit respectueuse des droits de la personne, et régionalement, pour contribuer aux efforts diplomatiques de stabilisation de la Libye.Tout cela prendra des années, et des reculs sont à prévoir.Pour l\u2019instant, les Tunisiens continuent à écrire l\u2019Histoire à leur manière et à leur r5dhme.La Réplique > Société de transport de Montréal Voir les défis de demain avec un regard neuf PHILIPPE SCHNOBB Président du conseil d'administration, Société de transport de Montréal ai pris connaissance de la lettre pu-bliée le 23 décembre, en vos pages, à propos du départ du directeur général de la STM, Cari Desrosiers.Rappelons d\u2019abord que, sans aucune _______ pression extérieure, le conseil d\u2019administration de la STM a appuyé unanimement ma recommandation de mettre un terme au contrat du directeur général.Le conseil a pris en considération le fait que 2015 sera une année-charnière pour la STM.L\u2019entreprise doit mettre à jour son plan stratégique.Ce plan sera la toile de fond de toute l\u2019action des 10 prochaines années.Nous sommes d\u2019avis qu\u2019il est préférable d\u2019entreprendre cette démarche avec un regard neuf, ce qui passe nécessairement par une direction générale renouvelée.C\u2019est une décision qui a été prise après une longue réflexion, basée sur la pérennité de l\u2019entreprise.Nous reconnaissons fapport de M.Desro- Le déclencheur « Cette décision cynique, geste de basse politique digne d\u2019un temps qu\u2019on croyait révolu, nous laisse un goût amer.Surtout, son congédiement met en péril tous les progrès qui ont été accomplis sous sa gouverne par la STM depuis plusieurs années.» \u2014Jean-François Myre, «Congédiement de Cari Desrosiers: les employés de la STM ne comprennent pas la décision».Le Devoir, 23 décembre.siers, qui a été à femploi de la STM pendant près de 31 ans.J\u2019ai reconnu ce fait publiquement et j\u2019ai voulu que le départ du directeur général se fasse de manière civilisée, et tout a été fait pour que les employés puissent venir le saluer.L\u2019auteur de la lettre indique que ce départ «met en péril tous les progrès qui ont été accomplis par la STM depuis plusieurs années».Il annonce des temps sombres pour les clients.Soyons clairs: les progrès accomplis ces dernières années ne sont pas le fruit du travail d\u2019une seule personne.J\u2019ai souligné la semaine dernière que la STM est une entreprise forte et performante grâce à la compétence de ses 9400 employés.Prétendre que tout peut changer du jour au lendemain à cause du départ d\u2019une seule personne est un commentaire irrespectueux pour ceux et celles qui contribuent chaque jour à faire de la STM une des meilleures sociétés de transport.Les artisans de la STM ont toute ma confiance et c\u2019est avec eux et avec les clients que nous entreprendrons en 2015 la nécessaire réflexion sur ce que sera la STM des 10 prochaines années.Ce sera d\u2019ailleurs le mandat principal confié à la nouvelle direction générale qui sera choisie à la suite d\u2019un processus de sélection qui sera enclenché dès janvier.J\u2019aurais aimé adresser cette réplique à l\u2019auteur de la lettre publiée en vos pages, mais personne à la STM ne porte ce nom.Je crois important de rétablir ces faits même s\u2019ils sont le fruit d\u2019une lettre écrite sous un pseudonyme.Joyeuses Eêtes! Bans nos forêts David Desjardins Les lumières multicolores à la devanture des boutiques, celles entortillées en rubans incandescents sur le fer forgé des balcons.Le sapin dans un coin du salon, attendant qu\u2019on lui installe ses ornements le lendemain.La musique de Bing Crosby, la bande sonore de Charlie Brown, usées comme un vieux cardigan dont on refuserait de se départir, ses mailles évasées recelant mille souvenirs.C\u2019était juste avant Noël.A la Buvette Scott, les gars derrière le comptoir farfouillaient dans les piles de disques vinyle, s\u2019essayant à tous les mariages, même abominables.Les Stones et Kurt Vile, d\u2019accord.Mais Plume tout juste après?Leur enthousiasme était beau à voir.De nouveaux proprios d\u2019un resto de quartier tout neuf, juste assez bancal pour qu\u2019on l\u2019aime tout de suite.On s\u2019est assis au comptoir, un nouvel ami et moi, on a beaucoup parlé de vélo, de courses, d\u2019entraînement: passion commune.On s\u2019est un peu raconté nos vies, et puis je lui ai demandé, avec toute l\u2019indélicatesse dont je suis capable: fas pas de blonde, toi?Son regard s\u2019est voilé.Pendant le reste de la soirée, il m\u2019a raconté une passion dévorante partie en vrille, comme un avion qui perd une aile.Un bonheur qu\u2019il n\u2019imaginait pas, la douleur non plus.Je n\u2019ai rien trouvé d\u2019intelligent à dire.Je lui ai parlé du temps, son ennemi d\u2019aujourd\u2019hui, son allié de demain.Des choses qu\u2019on entend sans les écouter quand on a si mal.Le lendemain matin, je me suis levé avant le soleil.La neige tombait doucement sur la rue noire, semée de déglaçant.A son contact, elle crépitait.J\u2019ai pris les journaux, les ai parcourus, puis j\u2019ai lu quelques pages dfUn bonheur parfait, de James Salter.Ne vous fiez pas au titre ragnagna, dont on dirait qu\u2019il est celui d\u2019un roman de Marc Levy.Salter est un orfèvre de la vie ordinaire.Cette vie qui se dérobe sous nos yeux, les amours qui dérivent lentement.H est un fabuleux styliste qui utilise la beauté du geste pour entrer dans la tête de ses personnages et imager ce qui les taraude.Ces pensées qui nous hantent, ces réalités dont les détails nous éludent.A propos du couple au cœur de son roman, Salter écrit.* «Leur vie est mystérieuse.Pareille à une forêt.De loin, elle semble posséder une unité, on peut l\u2019embrasser du regard, la décrire, mais, de près, elle commence à se diviser en fragments d\u2019ombre et de lumière, sa densité vous aveugle.[.] Et toute cette texture solidaire est une illusion.En réalité, il existe deux sortes de vie: celle que les gens croient que vous menez, et l\u2019autre.Et c\u2019est l\u2019autre qui pose des problèmes, et que nous désirons ardemment voir.» Ce n\u2019est pas par voyeurisme, ajouterais-je, autant que par simple besoin de ne pas être seul au milieu de l\u2019opacité de sa propre forêt.De savoir que toutes les autres familles, tous les autres couples, tous les individus nagent en plein mystère.Et que, contrairement à ce que disait le poète, chaque homme est une île.C\u2019est un peu ce que me disait un autre ami, une semaine après le premier.On ne sait rien des autres, même pas ceux qui partagent notre existence.Je connais celui-là depuis le tout début de fadolescence.Son couple a duré la moitié de nos vies.Inutile d\u2019entrer dans les détails, qui ne seraient qu\u2019impudeur.Lisez le roman de Salter, qui, bien qu\u2019écrit l\u2019année où nous sommes nés, en raconte tous les détails.C\u2019est sa détresse, ou enfin son désarroi, qui m\u2019a touché.Comme chez mon autre ami.Leur impression à tous les deux d\u2019avoir perdu pied, de chercher encore l\u2019équilibre et d\u2019avoir le sentiment qu\u2019ils ne le retrouveront pas.Deux gars brillants, qui aiment la vie, emmurés dans la tristesse.Et puis, il y avait leur regard.Cette manière de me dire que mon bonheur à moi m\u2019interdit de comprendre leur malheur.Ce n\u2019est pas faux.Parce qu\u2019on oublie la douleur de cette brûlure qui vous fait arpenter la ville comme un fantôme, et ce sentiment d\u2019être soudainement un étranger, touriste dans sa propre vie, où même les amis, tiraillés, deviennent fuyants comme des étrangers.Salter écrit: «La vie, c\u2019est le temps qu\u2019il fait, les repas.Des déjeuners sur une nappe à carreaux bleus où quelqu\u2019un a renversé du sel.» Tout est banal.Y compris la passion, la trahison.On a envie de s\u2019en révolter, de brûler la nappe.De ne pas le croire.C\u2019est ce déni qui nous permet de nous envoler et provoque du coup cette terreur quand on nous coupe les ailes.Alors on s\u2019écrase.On se relève péniblement.La vie reprend ses droits, comme la jungle, toujours aussi dense.On se guérit un peu en racontant sa chute.On en fait des récits pour les amis.Des romans.Des chansons.Autant de rappels de la précarité de ce qu\u2019on aime, de la complexité des choses.Autant de ponts que nous jetons entre nos îles de solitude.Des lumières dans nos forêts.ddesjardins@ledevoir.corn L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idees), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste), informatioii générale : Isabelle Paré (chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Philippe Orfali (reporters), information politique Marco Fortier (chef de division), Michel Da'vid(chroniqueur), Hélene Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirmo et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires à Quebec), Jeanne Cornveau et Brian Myles (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Véronique Chagnon et Louis Gagné (pupitre) information culturelle Catherine Lalonde 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(commis) DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montreal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Edith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlene Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Nathalie Jobin (par interim), Claire Paquet, et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amélie Maltais (coordonnatrice), Laurence Hémond (secretaire) PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Olivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientele), Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Bnsebois, Isabelle Sanchez ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Florentma Draghici, Céline Furoy et Véronique Pagé B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 DECEMBRE 2014 SCIENCES JOEL SAGET AGENCE ERANCE-PRESSE Les puissants faisceaux qui balaient le ciel sont meurtriers pour les oiseaux, car la lumière et l\u2019éblouissement dérèglent leur sens de l\u2019orientation.Par exemple, après certaines nuits brumeuses, de nombreux oiseaux sont trouvés morts au pied de la tour Eiffel.ENVIRONNEMENT URBAIN Quand la lumière menace les animaux Omniprésent et de plus en plus intense, l\u2019éclairage urbain perturbe la faune des villes, même si quelques espèces semblent au contraire en tirer profit.Les spécialistes s\u2019inquiètent des conséquences à long terme.DENIS DELBECQ Depuis l\u2019installation des premiers éclairages publics dans les rues de Paris au début du XIX® siècle, l\u2019humanité a entrepris de combattre ses peurs nocturnes avec des candélabres et réverbères, de sculpter ombres et lumières sur ses monuments à l\u2019aide de puissants projecteurs et d\u2019allécher les promeneurs du soir en illuminant les vitrines.Un hain de lumière permanent qui perturbe le sommeil des humains et la vie de centaines d\u2019espèces luci-fuges, celles qui vivent là où il n\u2019y, a pas de lumière.A Paris, par exemple, la chouette hulotte est en forte régression.«Plusieurs raisons expliquent la diminution de sa population, souligne l\u2019ornithologue Jean-Philippe Sihlet, directeur du patrimoine naturel au Muséum national d\u2019histoire naturelle et auteur d\u2019une imposante étude bibliographique sur les conséquences de la pollution lumineuse sur la biodiversité.Il y a de moins en moins de vieux arbres creux, les petits rongeurs qui composent son menu sont moins fréquents et il est presque impossible de trouver de l\u2019obscurité dans Paris: il ne reste que quelques grands parcs et cimetières où la chouette peut chasser dans le noir d\u2019un cadre naturel.» Parmi les espèces victimes de la lumière nocturne, les insectes sont les plus visibles : à partir du printemps, le moindre lampadaire est enveloppé d\u2019une nuée de bestioles.Beaucoup meurent en se brûlant ou parce qu\u2019elles épuisent leurs forces à virevolter au lieu de se nourrir.« On peut parfois ramasser des centaines de kilos d\u2019insectes morts autour d\u2019un réverbère, constate Jean-Philippe Sihlet.Quand on sait que les populations de nombreuses espèces de libellules, de papillons diurnes ou de coléoptères sont en chute libre, l\u2019éclairage public entraîne une véritable hécatombe, qui s\u2019ajoute aux autres perturbations telles que la disparition des habitats, les pesticides et les collisions routières.» Les oiseaux sont aussi victimes de notre soif de lumières nocturnes.La plupart des migrateurs volent de nuit.Le halo qui recouvre les ciels urbains empêche certaines espèces de s\u2019orienter avec les étoiles.Et les lumières sont de dangereux pièges, à l\u2019instar des tours illuminées où les oiseaux s\u2019écrasent contre les vitrages.«La lumière et l\u2019éblouissement dérèglent leur sens de l\u2019orientation, précise Jean-Philippe Sihlet.C\u2019est encore plus marqué quand la visibilité et mauvaise.» Les puissants faisceaux qui balaient le ciel pour marquer la présence d\u2019une boîte de nuit sont eux aussi meurtriers.«Certaines nuits brumeuses, on ramasse de nombreux oiseaux morts au pied de la tour Eiffel.» Ils sont victimes du puissant phare installé en haut du monument pour célébrer l\u2019an 2000, si puissant qu\u2019il est visible à 80 kilomètres à la ronde.« C\u2019est d\u2019ailleurs avec la construction des premiers phares maritimes qu\u2019on a découvert l\u2019impact de ces lumières sur les oiseaux.» Certaines espèces semblent s\u2019être adaptées à l\u2019éclairage urbain.Ainsi, le moineau domestique tire un grand profit de certains réverbères : il niche au chaud, tout en disposant d\u2019un garde-manger bien rempli, avec les insectes qui virevoltent toute la nuit autour de son nid.Mais le cycle naturel de l\u2019animal est profondément perturbé.«En ville, le moineau se reproduit pratiquement toute l\u2019année.Quelles conséquences cela aura-t-il à terme ?, s\u2019interroge Jean-Philippe Sihlet.Désormais, on entend les merles chanter dès décembre, comme si le printemps était arrivé.» Le merle citadin, justement, vient de faire l\u2019objet d\u2019une longue étude à Leipzig, en Allemagne.Parfaitement adapté au cadre urbain, l\u2019animal déborde d\u2019activité nocturne, ont montré les chercheurs: il se lève jusqu\u2019à cinq heures plus tôt que ceux qui vivent dans des forêts obscures et se couche jusqu\u2019à une heure plus tard.Et si le bruit urbain explique en partie ce phénomène, la lumière nocturne joue un rôle essentiel, puisque les différences de comportement diminuent au fur et à mesure que les jours rallongent au printemps.Le merle ne profiterait-il pas de ces heures supplémentaires pour mieux se nourrir?Rien ne permet de l\u2019affirmer, montrent les chercheurs allemands, après avoir pesé leurs oiseaux.«On peut imaginer qu\u2019une espèce puisse temporairement profiter de l\u2019éclairage nocturne.«La solution la plus efficace est d\u2019éteindre la lumière! Une partie des réverbères peuvent être éteints, tout comme les vitrines.yy Jean-Philippe Siblet, ornithologue Mais l\u2019artificialisation de l\u2019environnement ne peut que créer des problèmes à long terme, insiste Jean-Philippe Siblet.Dans un premier temps, le prédateur peut profiter de la situation puisqu\u2019il voit mieux ses proies.Mais, à force de chasser, il finit par moins se reproduire et donc être à son tour menacé.» Le renard, animal nocturne s\u2019il en est, a fini par s\u2019adapter à la présence de lumière nocturne.«À tel point qu\u2019il n\u2019est pas rare d\u2019en rencontrer en plein jour dans les rues de Genève, en train de fouiller les poubelles.Mais, à long terme, le renard pâtira de cette adaptation, ne serait-ce que parce que les humains tenteront de s\u2019en débarrasser.» Mais alors, comment limiter les dégâts pour la bio diversité urbaine, déjà menacée par toutes sortes d\u2019agressions?«La solution la plus efficace est d\u2019éteindre la lumière !, avertit Jean-Philippe Siblet.Une partie des réverbères peuvent être éteints, tout comme les vitrines.De plus, on peut revoir la conception des lampadaires pour qu\u2019ils éclairent le sol et supprimer ces boules qui éclairent autant le ciel que les trottoirs.» De même, certains types de lampe sont moins néfastes que d\u2019autres en raison de la couleur de leur lumière.Projecteurs au sodium ou éclairages à LED peuvent ainsi avantageusement remplacer les lampes à vapeur de mercure utilisées depuis des décennies.«Ces solutions apportent un double bénéfice, puisqu\u2019un éclairage optimisé consomme moins d\u2019énergie, rappelle Jean-Philippe Siblet.Il est essentiel de faire cet effort pour préserver la biodiversité en ville.Car, à force de vivre sans nature, les humains finissent par s\u2019en passer.Un des étudiants du muséum vient de montrer que, à force de vivre déconnecté de la nature, on finit par ne plus vouloir payer pour préserver ce qui en reste sur la planète.» Le Temps Nos os sont moins denses que jadis PAULINE GRAVEL La densité des os de nos jambes est 20% moindre que celle de nos ancêtres qui vivaient avant l\u2019avènement de l\u2019agriculture, ont découvert des chercheurs, qui attribuent cette fragilisation de notre squelette à la plus grande sédentarité et aux changements alimentaires associés à ce mode de subsistance.Les auteurs d\u2019une étude publiée dans les Proceedings of National Academy of Sciences (PNAS) ont fait cette observation après avoir mesuré par scanneur et comparé la densité osseuse de la partie spongieuse des os de 59 humains modernes, de 229 primates, tels Faire beaucoup d\u2019exercice physique dès le plus jeune âge contribuerait à l\u2019acquisition d\u2019une résistance osseuse maximale vers 30 ans que des chimpanzés, ainsi que des ossements fossilisés d\u2019hominidés, dont Australopithecus africanus (-3,3 à -2,1 millions d\u2019années), Paranthropus robus-tus (-1,2 million d\u2019années) et des Néandertaliens (-250 000 à -28 000 ans).Les scientifiques ont ainsi remarqué que la densité des os spongieux, particulièrement au niveau des articulations des membres inférieurs (hanches, genoux et chevilles), des humains modernes récents était significativement plus faible que celle que présentaient les autres hominidés ayant vécu de la chasse et de la cueillette, deux activités impliquant une activité physique beaucoup plus exigeante et plus constante.«Ce changement anatomique tardif dans notre évolution paraît bien avoir résulté de la transition d\u2019une vie nomade de chasseurs-cueilleurs à un mode de subsistance plus sédentaire », concluent les chercheurs.«La quantité de céréales cultivées dans le régime alimentaire des agriculteurs ainsi que de possibles carences de calcium pourraient avoir contribué à réduire la masse osseuse, mais il apparaît toutefois plus probable que l\u2019aspect biomécanique de l\u2019abandon des activités de chasse et de cueillette ait joué un plus grand rôle», précise Timothy Ryan, professeur adjoint d\u2019anthropologie à l\u2019Université de la Pennsylvanie et coauteur de cette découverte.Dangereuse sédentarisation Au cours des sept millions d\u2019années d\u2019évolution, les hominidés ont développé des adaptations leur permettant de déployer les efforts physiques nécessaires à leur survie.«Or, depuis seulement une centaine d\u2019années, les humains contemporains sont devenus dangereusement sédentaires.Ils vivent dans un environnement culturel et technologique incompatible avec leur adaptation résultant de l\u2019évolution, souligne Colin Shaw, professeur à l\u2019Université de Cambridge, au Royaume-Uni.Nous n\u2019avons pas évolué pour être assis dans une voiture ou derrière un bureau.» La suite de leur recherche visera à identifier les différents types de mouvements du corps qui ont permis à nos ancêtres de se doter d\u2019une solidité osseuse supérieure à la nôtre.Les chercheurs affirment que faire beaucoup d\u2019exercice physique dès le plus jeune âge contribuerait à l\u2019acquisition d\u2019une résistance osseuse maximale vers 30 ans, ce qui permettrait de maintenir une bonne densité osseuse malgré l\u2019affaiblissement inévitable des os qui se produit avec l\u2019âge.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir ISTOCK La densité des os spongieux des humains modernes récents serait significativement plus faible que celle que présentaient les autres hominidés ayant vécu de la chasse et de la cueillette.Le gras et l\u2019obésité, ennemis du fœtus PAULINE GRAVEL On connaissait déjà les effets délétères du régime alimentaire occidental sur le système cardiovasculaire.Voici qu\u2019une nouvelle étude montre que l\u2019obésité de la mère et un régime alimentaire riche en gras durant sa grossesse compromettent le développement des cellules souches hématopoïétiques du foetus, qui seront responsables de la production de ses cellules sanguines et de ses cellules immunitaires tout au long de sa vie.Dans un premier temps, les chercheurs de l\u2019Oregon Health & Science University ont soumis des souris à un régime alimentaire riche en gras et en sucre, semblable à celui qu\u2019adoptent maintes jeunes femmes en âge de procréer.Ils ont alors observé que la surnutrition des fe- melles enceintes engendrait une réduction significative de la taille du foie des foetus.En poussant plus loin leurs recherches, ils ont découvert que l\u2019obésité maternelle et un régime alimentaire riche en gras nuisaient à la croissance et à l\u2019expansion des cellules souches hématopoïétiques dans le foie des foetus et, par ricochet, perturbaient le développement du système immunitaire du foetus.Selon les auteurs de l\u2019étude, publiée dans Molecular Metabolism, cette découverte apporte peut-être un élément de réponse à l\u2019augmentation actuelle des maladies immunitaires et des allergies chez les enfants.Les chercheurs espèrent maintenant vérifier si l\u2019adoption d\u2019un meilleur régime alimentaire peut prévenir ces effets néfastes.Le Devoir "]
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