Le devoir, 3 janvier 2015, Cahier A
[" Les Terres du Couchant, un inédit tout en géographie imaginaire signé Julien Gracq Cahier Culture et Livres Découvrir le meilleur de Cuba par la voie des mers Cahier Plaisirs w w w .1 e (1 e V 0 i r.c 0 111 LE DEVOIR Vol.C V 2 9 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 JANVIER 2015 2,83 $+taxes=3,25 $ Le Québec, maître brasseur RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR André Trudel, Luc Bellerive et Isaac Tremblay dans Tusine d\u2019embouteillage du Trou du Diable, à Shawinigan.Le deuxième boom des microbrasseries En 10 ans, le nombre de microbrasseries a explosé au Québec.Des îles-de-la-Madeleine à la Beauce, elles se multiplient à un rythme impressionnant.Portrait d\u2019une nouvelle génération de brasseurs.ISABELLE PORTER ^ Shawinigan, Tancienne usine de coton A abrite depuis deux ans les grandes cuves du Trou du Diable.Dans cette ville à l\u2019économie morose, le succès de la microbrasserie prouve que tout est possible.«On est tous des enfants de gens qui travaillaient dans les papetières, qui n\u2019avaient pas le profil d\u2019entrepreneurs», explique l\u2019un des fondateurs, Isaac Tremblay.«On s\u2019est dit que personne n\u2019allait nous donner de job alors on a créé les nôtres.» L\u2019aventure du Trou du Diable a débuté en 2005 avec l\u2019ouverture d\u2019un pub artisanal.Neuf ans plus tard, l\u2019entreprise embouteille 7500 hectolitres par an et vend jusqu\u2019au Brésil.A l\u2019international, les prix pleuvent sur la compagnie.L\u2019engouement pour les «micros» touche tout le Québec.Depuis l\u2019arrivée de la brasserie Saint- VOIR PAGE A 8 : BRASSEUR Dossier > La bataille des tablettes Les microbrasseurs veulent accroître leurs parts de marché au Québec Pages A 4 Une bière par quartier?Cultiver le sentiment d\u2019appartenance Page A 5 Une histoire de noms Page A 5 fé Suzanne Lapointe 1934-2015 La « démone du midi » n\u2019est plus TELE QUEBEC Suzanne Lapointe avait entrepris sa carrière à la télévision en 1959.FRANÇOIS LEVESQUE Son rire tout en cascade et en gloussements a marqué l\u2019imaginaire québécois.Décédée vendredi à l\u2019âge de 80 ans des suites d\u2019un cancer des ganglions, Suzanne Lapointe laisse le souvenir d\u2019une femme heureuse et, aux dires de plusieurs, douée pour le bonheur.Après une carrière à la télévision s\u2019étant étalée sur 40 ans, entre autres à la barre de l\u2019émission Les démons du midi, avec son complice Gilles Latulippe, elle s\u2019était retirée à la campagne.Depuis quelques années, elle souffrait de la maladie d\u2019Alzheimer.Deuxième d\u2019une famille de six enfants, Suzanne Lapointe vient au monde à Montréal le 16 mai 1934 et reçoit une excellente éducation auprès des soeurs du couvent Notre-Dame-des- Anges.Pendant son cours classique au collège Basile-Moreau, elle est nommée présidente des Jeunesses étudiantes catholiques de l\u2019établissement.Elle dira plus tard avoir aimé la vie de pensionnaire.Nièce de la chanteuse Marthe Lapointe, elle nourrit elle aussi des velléités lyriques et étudie le chant à cette fin, d\u2019abord auprès de sa tante, puis au Conservatoire de musique de Montréal.Sa formation à peine terminée, elle décroche son premier engagement: un second rôle dans Le bourgeois gentilhomme que la Comédie française présente en tournée nord-américaine.Ces débuts prestigieux lui font parcourir le Canada et les Etats-Unis.Sitôt après, en 1960, le Conseil des arts du Canada lui accorde VOIR PAGE A 8 : LAPOINTE MIGRANTS CLANDESTINS Le « bateau fantôme », nouvelle ruse des trafiquants LAURA PELLETIER Pour la seconde fois en moins d\u2019une semaine, la marine italienne a évité le pire en portant secours à plusieurs centaines de migrants clandestins abandonnés à leur sort à bord d\u2019un navire sans équipage, cette fois au large de la Calabre.Un autre sauvetage qui met en lumière la nouvelle tactique des trafiquants pour profiter du flux migratoire incessant vers l\u2019Europe, celle des «bateaux fantômes».LEzadeen, un bâtiment de 73 mètres de long immatriculé en Sierra Leone, a été repéré jeudi soir, apparemment en difficulté, à quelque 150 km de la ville de Crotone, en Calabre.Les autorités maritimes ont aussitôt contacté le navire.Aucun des quelque 450 passagers n\u2019a d\u2019abord répondu à l\u2019appel.Puis, une femme s\u2019est manifestée et a réussi à expliquer la situation par radio.«Nous sommes seuls, il n\u2019y a personne, aidez-nous», a-t-elle lancé, selon le capitaine Eilippo Marini, un porte-parole de la marine italienne.VOIR PAGE A 8 : MIGRANTS Aujourd\u2019hui Économie > L\u2019économie québécoise en 2015.Entre optimisme et austérité.Page C1 Actuaiités > Harcèiement sexuei.Des campagnes pour encourager la dénonciation.Page A 3 Cuiture > Bye Bye 2014.De la glace avec ça?Page C 7 Avis légaux.C\t4 Décès.C\t7 Météo.C\t5 Mots croisés.D 4 Petites annonces.C 7 .\tSudoku.D4 m FABRIQUE AU QUEBEC 6erti/ie^% SOLAIRES, TRANSLUCIDES, OPAQUES ESTIMATION GRATUITE .\t»s:1 855 770-8677 STORES HORIZONTAUX TEINTURE TOILES SOLAIRES ?STORES DE VOILAGE PANNEAUX COULISSANTS' STORES VERTICAUX \u2022 STORES MOTORISÉS \u2022 STORES DE VERRIÈRES \u2022 STORES ROMAINS ^ DE INSTALLATION ou GRATUITE ESTIMATION GRATUITE MONTREAL 514 231 8677 QUÉBEC 418 654 8677 TROIS-RIV.819 696 8677 LAVAL\t450\t627\t3716 LONGUEUIL 450 445 9829 REPENTIGNY 450 585 7577 TERREBONNE 450 437 4666 ST-SAUVEUR 450 227 7377 BROMONT 450 534 3477 U Artisan du Store Claude Bouchard Saint-Jérome, Sainte-Agathe, Mont-Tremblant, Dmmmondville, Belœil, Deschambault, Berthierville, Joliette, Boisbriand, St-Bruno, Chambly, Candiac, Magog BROMONT 77831303447901 A 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE JANVIER 2015 ACTUALITES Un nouvel Agenda s\u2019annonce ! Les débuts d\u2019année sont propices au changement, et ce sera aussi vrai pour Le Devoir.Vous trouverez dans cette édition la dernière version de L\u2019Agenda tel que vous le connaissez depuis sa création il y a 15 ans.Développements technologiques obligent, la manière d\u2019aller chercher de l\u2019information sur les activités culturelles à l\u2019affiche s\u2019est beaucoup modifiée depuis ce temps et, vous le savez, les défis financiers qui sont les nôtres depuis quelque temps obligent à des adaptations.Nous avons donc décidé de revoir notre offre et de concocter une version plus adaptée au^ besoins des lecteurs d\u2019aujourd\u2019hui.À compter de la semaine prochaine, L\u2019Agenda du Devoir adoptera donc une nouvelle formule sous une forme plus dynamique : il deviendra un «guide des écrans», inséré dans le cahier Culture du week-end.Facile à consulter, il rassemblera les suggestions de nos journalistes et de nos collaborateurs pour les émissions de télévision de même que les films présentés à la télévision et au cinéma, histoire de mettre en valeur le meilleur de ce qui est diffusé sur nos petits et grands écrans.Par ailleurs, chaque jour, nos lecteurs continueront de retrouver les horaires détaillés des films en salle et à la télévision, de même que leur description, sur notre site Web (LeDevoir.com) et l\u2019application tablette du Devoir, et la grille-horaire télé quotidienne dans le journal papier.C\u2019est donc un rendez-vous, à suivre dès samedi prochain ! Josée Boileau Rédactrice en chef TELEVISION Lesfilmsavoir SAMEDI Im piIMNCHE LUNDI AVOIR SUR LES ECRANS DIMANCHE 31 AOUT MABÜIZ SEPTEMBRE\t¦ r\tk blML I AlctiKCiiavi ne\titorvutlckhunienuun vj «i niiu iHrm LUNDI1\u201cSEPTEMBRE ck -pkm MT ur t«r< Instantanés LEDEMim 30 journalistes inspirés par 30 photos envoyées par des lecteurs.20 textes inédits.1,99$ En vente au cours des prochains jours sur iBooks LE DEVOIR UBRE DE PENSER LE DEVOIR, LES SAMEDI S ET DIMANCHE 4 JANVIER 2015 A 3 ACTUALITES CSQ Un hiver déterminant ponr le « modèle qnébécois » LAURA PELLETIER La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) compte poursuivre ses pressions durant l\u2019hiver 2015 pour freiner les réformes et projets de loi du gouvernement libéral dans leur forme actuelle.Reprenant une expression associée aux années 1945 à 1960, la présidente de la CSQ, Louise Chabot, a déclaré vendredi que le Québec est menacé de replonger dans une «grande noirceur».Chabot prévient que «Vannée risque d\u2019être le théâtre de confrontations sociales importantes si le gouvernement ne se ressaisit pas rapidement pour rétablir un véritable dialogue avec sa population et ses employés».Elle admet avoir tout un défi «d\u2019information et de mobilisation » pour la prochaine année.La présidente dénonce surtout les mesures gouvernementales proposées dans les secteurs de l\u2019éducation, de la santé et de la petite enfance, comme les réductions du financement des cégeps et des universités, l\u2019abolition des agences régionales de santé et la modulation selon le revenu familial du tarif des garderies subventionnées.Ces réformes «s\u2019attaquent profondément» au modèle social adopté au Québec depuis la Révolution tranquille, estime-t-elle.«On s\u2019est doté au Québec d\u2019une gamme de services au nom du bien commun.Si les réformes en éducation et en santé sont adoptées, ce sera un recul de 10, 15, 20 ans en arrière», déplore Chabot.Le changement des tarifs en garderie effritera lui aussi le «modèle québécois», selon elle.«C\u2019est dommage parce que les services éducatif à la petite enfance sont un projet de société dont on doit être fier.C\u2019est un service qui doit être accessible à tous.» Dialogue difficile Chabot affirme que sa centrale syndicale a «beaucoup de difficulté» à rencontrer le ministre responsable de l\u2019Administration gouvernementale et de la Révision permanente des pro-grarqmes, Martin Coiteux.Quant au ministre de l\u2019Éducation, Yves Bolduc, elle le trouve «très disponible», mais «ne se sent pas entendue».«On n\u2019a pas de propositions concrètes.On nous laisse dans l\u2019incertitude.» La présidente affirme avoir peu d\u2019information sur les réformes et projets de loi proposés avant leur dépôt.«Le ministre Barrette n\u2019a jamais voulu donner de précisions avant le dépôt de son projet de loi.Même chose pour le ministre de l\u2019Education.On en sait très peu sur ce qui b MICHAEL MONNIER LE DEVOIR La CSQ dénonce le peu d\u2019informations transmises par les ministères à propos des réformes à venir, entre autres celle touchant le milieu de la santé.sera déposé [au printemps].Est-ce que c\u2019est la crainte d\u2019être influencé [par ceux qui seraient consultés] ?» se questionne-t-elle.En réaction aux inquiétudes de la CSQ en matière d\u2019éducation, la porte-parole du ministre de la Santé, Yasmine Adbelfadel, indique que ce dernier «veut rencontrer tous les intervenants avant de rédiger et déposer son projet de loi durant le printemps 2015».L\u2019heure n\u2019est pas encore aux compromis, mais plutôt aux discussions, ajoute-t-elle.La porte-parole du ministre de la Santé, Joanne Beauvais, assure que le ministre «a rencontré plusieurs acteurs» du milieu pour récolter différentes informations avant de mettre sur pied son projet de loi.Ces dialogues étaient toutefois limités en raison des règles parlementaires qui ne permettent pas de dévoiler tous les détails d\u2019un projet de loi avant son dépôt.«Plusieurs leaders syndicaux» ont affirmé au ministre Barrette craindre surtout «les changements d\u2019affiliation » pouvant être engendrés par «des fusions d\u2019établissements » amenées par le projet de loi 10, tient à préciser Beauvais.Le cabinet du ministère des Einances n\u2019a pas donné suite aux appels du Devoir.La CSQ compte plus de 200 000 membres, dont près de 130 000 travaillent dans le domaine de l\u2019éducation.La CSQ est aussi présente dans des domaines tels que la santé, la petite enfance, les services sociaux et la culture.Le Devoir DLire aussi > De controverse en controverse.Un texte sur les mauvaises notes attribuées au ministre Bolduc.Page B 3 La fuite n\u2019est pas colmatée chez Suncor à Rimouski Le transfert d\u2019essence se poursuit après le déversement de pétrole dans un bassin de rétention au terminal de Suncor à Rimouski.Jeudi soir, vers 18 h, les autorités ont été avisées d\u2019une fuite à la valve d\u2019entrée d\u2019un réservoir qui contient deux millions de litres d\u2019essence régulière.La fuite est maîtrisée depuis le milieu de la nuit, mais n\u2019est toujours pas colmatée.Une trentaine de pompiers et une équipe d\u2019Urgence-Environnement sont sur place.Pour le moment, des équipes de Suncor et d\u2019Urgence-Environnement ont transféré 1,4 million de litres dans des camions-citernes.L\u2019opération de transfert a débuté vers 20 h jeudi et devrait être terminée en début d\u2019après-midi.La Sûreté du Québec a érigé un périmètre de 300 mètres pour protéger le secteur.Personne n\u2019a été incommodé jusqu\u2019à,maintenant.Le maire de Rimouski, Éric Porest, invite les gens qui éprouveraient quelque malaise en raison des vapeurs d\u2019essence ou qui ont été incommodés à cause de cette fuite d\u2019entrer en contact avec les infirmières du service Info-Santé en composant le 8-1-1.La Presse eanadienne BILAN OPERATION NEZ ROUGE 2014 Plus de 76 000 raccompagnements Québec \u2014 L\u2019Qpération Nez rouge trace un bilan positif de sa 31® édition, qui a pris fin le 31 décembre.Plus de 76 000 raccompagnements ont été effectués un peu partout au pays.Le service était offert dans 99 régions canadiennes, dont 61 endroits au Québec, qui décroche d\u2019ailleurs la première place avec 55 433 demandes, suivi de la Colombie-Britannique et de l\u2019Qntario avec respectivement 7623 et 4474 sollicitations.Plus de 52 000 personnes se sont portées bénévoles.Il s\u2019agit d\u2019une augmentation de 14% en un an.L\u2019opération note une croissance du nombre de retours à la maison en toute sécurité de 10%, pour un total de 2053 par soir, en 2014, en dépit du fait qu\u2019elle ait commencé ses activités une semaine plus tard qu\u2019en 2013.Cette hausse est calculée sur le nombre moyen d\u2019appels auxquels Nez rouge a répondu chaque soir.En 2013, Nez rouge avait enregistré 82 000 raccompagnements, soit 1850 appels par soir.La Presse eanadienne HARCELEMENT SEXUEL DANS LES UNIVERSITES Des campagnes qui visent à accroître le nombre de dénonciations CAROLINE MONTPETIT Ces agressions n\u2019avaient pas été dénoncées.Aujourd\u2019hui, elles le sont.Avec la campagne «Agression non dénoncée», lancée sur les réseaux sociaux, les dénonciations ont en fait fusé de partout: du Parlement du Canada à Qttawa au milieu des artistes, en passant par les hauts fonctionnaires, dont la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dephêne, les journalistes et les étudiants.À rUQAM, l\u2019affaire a pris des proportions considérables lorsque des étudiants ont placardé les portes des bureaux de trois professeurs d\u2019autocollants dénonçant des comportements de harcèlement sexuel.Ces professeurs n\u2019avaient pas été jusque-là visés par des plaintes formelles au bureau d\u2019intervention et de prévention en matière de harcèlement.«Celles qui ont posé ces actes ne croyaient pas en notre système», avance Dominique Jarvis, directrice du bureau d\u2019intervention et de prévention du harcèlement de l\u2019UQAM.Au cours du même mois de novembre, cependant, les plaintes pour harcèlement ont doublé aux instances concernées de l\u2019UQAM.«Le nombre de consultations a doublé.Les gens demandent de l\u2019information.Mais nous n\u2019avons pas beaucoup de plaintes concernant le harcèlement sexuel.Nous avons beaucoup plus de demandes concernant le harcèlement psychologique et les conflits de civilité», dit-elle.À titre de comparaison, en novembre-décembre 2013, le bureau avait reçu 13 demandes de consultation, dont aucune n\u2019avait trait au harcèlement sexuel.Cette année, au cours des mêmes mois, 42 nouvelles demandes ont été déposées, dont sept relatives à du harcèlement sexuel.«Les personnes dont les bureaux ont été placardés n\u2019ont pas nécessairement fait l\u2019objet de plaintes.Mais l\u2019incident a donné de la visibilité au bureau », poursuit-elle.Des professeurs dont les portes de bureau ont été tapissées d\u2019autocollants ont pour leur part porté plainte pour atteinte à la réputation.Pour sa part, l\u2019Université de Montréal lançait il y a quelques jours la campagne «Sans oui, c\u2019est non ! », qui s\u2019attaquait directement à la notion de consentement lors de rapports sexuels.Au cours des deux dernières années, le bureau d\u2019intervention et de prévention de harcèlement de l\u2019Université de Montréal a reçu environ 25 signalements de harcèlement.Du lot, moins de dix signalements se transforment en plaintes formelles.Les viols, quant à eux, représentent «moins d\u2019un cas par année», dit Louise Béliveau, vice-rectrice aux affaires étu- a.Cela nous est arrivé de congédier des personnes, si les faits étaient extrêmement graves et répétés )) Dominique Jarvis, directrice du bureau d\u2019intervention et de prévention du harcèie-ment de i\u2019UQAM diantes et au développement durable.«En moyenne, il y a deux fois plus de signalements pour harcèlement sexuel entre des étudiants qu\u2019entre un membre du personnel enseignant et unftudiant», relève M\u201c® Béliveau.A rUQAM aussi, on constate que les plaintes traitant de harcèlement entre les étudiants sont plus nombreuses que les plaintes concernant une inconduite d\u2019un membre du personnel.Dans certains cas, il peut y avoir aussi plusieurs plaintes touchant le même individu.Les plaintes peuvent aller des propos déplacés, des regards insistants, à des faits beaucoup plus graves.«Cela nous est arrivé de congédier des personnes si les faits étaient extrêmement graves et si les faits étaient répétés», dit M\u201c® Jarvis.Pas de politique claire A l\u2019heure actuelle, il n\u2019y a pas de politique claire interdisant les rapports sexuels entre professeurs et étudiants.Le seul frein à ces relations se trouve dans la politique concernant le conflit d\u2019intérêt.M\u201c® Jarvis dit d\u2019ailleurs que l\u2019université souhaite réviser ses politiques pour pouvoir encadrer les cas problématiques, particulièrement aux deuxième et troisième cycles d\u2019études.«Dans les universités américaines, [les rapports sexuels] sont interdits jusqu\u2019à deux ans après que le professeur ait été en position d\u2019autorité auprès de l\u2019étudiant.» À l\u2019Université de Montréal, M\u201c® Béliveau n\u2019a pas en mémoire de cas récents de congédiement ou de suspension d\u2019un membre du personnel pour harcèlement sexuel.Lorsque des étudiants sont trouvés coupables de harcèlement, il peut arriver qu\u2019on leur limite l\u2019accès au campus, ce qui compromet la bonne marche de leurs études, dit-elle.Dans les deux universités, on voit d\u2019un bon œil la montée de la sensibilisation au harcèlement sexuel chez les étudiants.«On remarque que quand une personne dit à voix haute ce qui se passe, c\u2019est plus facile pour les autres femmes de s\u2019approprier» la revendication, dit M\u201c® Jarvis.Déjà en 2013, les autorités de l\u2019UQAM avaient été saisies de plaintes concernant des chansons grivoises et des costumes jugés sexistes utilisés lors de l\u2019initiadon des étudiants en communication.Par conséquent, l\u2019université avait lancé une campagne dès l\u2019automne \u2014 deux semaines avant l\u2019incident du placardage \u2014, incitant au respect.M\u201c® Béliveau précise que la campagne contre le harcèlement sexuel de l\u2019Université de Montréal vise à inciter les victimes à faire un signalement si elles se sentent harcelées.«On veut qu\u2019elles sachent comment dénoncer si elles ont un problème», dit-elle, ajoutant que plusieius cas de harcèlement demeurent sans doute encore présentement sous silence.«C\u2019estpossible que les victimes aient la perception qu\u2019elles ne peuvent pas porter plainte», concède-t-elle.Propice aux fêtes bien arrosées, le milieu universitaire doit être particulièrement vigilant quant aux débordements autoiu de la question du consentement.À lier au harcèlement Au Groupe d\u2019aide et d\u2019information sur le harcèlement sexuel au travail, qui existe depuis 34 ans, on dit recevoir quelque 6000 demandes de soutien par année, provenant de tous les milieux de la société.Encore une fois, la notion de consentement est intimement liée au concept de harcèlement.Le consentement peut être verbal ou non verbal, souligne Samia Bellucci, criminologue pour le groupe d\u2019aide.Le non-consentement peut prendre la forme de refus répétés à des invitations, «ou même quand quelqu\u2019un fige sans nécessairement prononcer» le «non», dit-elle.Dans certains cas, une victime peut avoir été consentante à embrasser son agresseur mais pas nécessairement à subir des actes de violence.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui aurait été observé chez certaines victimes de Jian Gho-meshi, qui aurait entraîné ses victimes dans des relations sadomasochistes.Dans les cas qui se retrouvent devant les tribunaux, il faut établir une prépondérance de preuve plutôt qu\u2019une preuve hors de tout doute.Il est parfois difficile pour la victime de prouver le non-consentement, dit-elle.« C\u2019est la version la plus crédible des deux qui va être retenue», dit Mme Bellucci.D Le Devoir Lire aussi > L\u2019année du ras-ie-boi.Un éditorial de Josée Boileau.Page B 4 A 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 JANVIER 2015 A 5 LE QUEBEC.MAITRE BRASSEDR f m A ) l Certains brasseurs recourent à de vieux barils de bois pour donner un goût particulier à leurs bières.Ici, ceux du Trou du diable, à Shawinigan.Ci-dessous: une microbiologiste à l\u2019œuvre dans le laboratoire du contrôle de la qualité.À droite: une bière du broue-pub.La bataille des tablettes Les bières microbrassées coulent à flot, mais y a-t-il assez de place pour tout le monde sur les étagères ?TEXTES: ISABELLE PORTER \u2022 PHOTOS: RENAUD PHILIPPE 9 Une bière par quartier 'i Dans les grandes villes, les microbrasseries cultivent un sentiment d\u2019appartenance aux divers secteurs urbains Actuellement, les bières des microbrasseries occupent 7,1% du marché au Québec, et leur association veut faire grimper cette part au double.Mais est-ce même possible?Depuis 2002, le nombre de microbrasseries au Québec est passé de 31 à 119.Le nombre de permis livrés par la Régie, lui, a presque triplé en dix ans, et les nouveaux projets continuent de se multiplier.La question est maintenant de savoir s\u2019il y a de la place pour tout le monde sur les tablettes.Le directeur général de l\u2019Association des microbrasseries du Québec (AMBQ), Jean-Pierre Tremblay, est inquiet.«L\u2019endroit où les microhrasseries sont les plus fortes est un marché à la baisse», dit-il.Actuellement, 86% de la bière qui se boit au Québec est consommée à domicile.Or la progression des microbrasseries se fait essentiellement dans la consommation sur place, dans ce qu\u2019on appelle les broue-pubs.L\u2019AMBQ représente à la fois les petites microbrasseries comme A l\u2019abri de la tempête et les grandes et plus anciennes comme Brasseurs du Nord (Boréale) et Brasseurs RJ (Belle Gueule).Avec la prévention contre l\u2019alcool au volant, les lois sur la cigarette et les changements de mœurs, le marché de la consommation à domicile est celui qui croît le plus.Or les grandes multinationales de la bière exercent un contrôle serré sur les tablettes des chaînes de dépanneurs et de supermarchés, ajoute-t-il.Le marché est désormais dominé par trois groupes : Labatt, Molson et Sapporo, qui regroupe de nombreuses bières importées, et les groupes Sleeman et Unibroue.Dans ce contexte, le petit dépanneur de région qui veut vendre de la Charlevoix ou de la Dunham peut rarement offrir les Les multinationales exercent un contrôle serré sur les rayons des chaînes de dépanneurs et de supermarchés bières locales en raison d\u2019ententes d\u2019exclusivité conclues au siège social.«Avant, le pouvoir décisionnel appartenait à l\u2019épicier de la place, mais aujourd\u2019hui, ce n\u2019est plus le cas», déplore M.Tremblay.Les groupes Metro et Sobeys ne cachent pas l\u2019existence de telles ententes.Impossible toutefois de savoir quelle part exactement est réservée aux grandes bannières sur les étagères et dans les réfrigérateurs.Chose certaine, ils commencent à prendre plus au sérieux les nouvelles microbrasseries.IGA vient de s\u2019associer à l\u2019expert en bières Philippe Wouters pour initier ses clients à la dégustation de bières plus complexes.Du côté de Metro, on vient de créer une section spéciale pour les bières artisanales.Quant aux chaînes de dépanneurs, on y sent moins d\u2019ouverture.Couche-Tard plaide que ses ententes avec «les trois brasseurs majeurs» (Molson, Labatt et Slee-man-Unibroue) répondent de façon «globale» à la clientèle.«Nous complétons cette offre avec les produits de RJ, Brasseurs du Nord et Brasserie McAus-lan pour les produits plus nichés que recherche une partie de notre clientèle», ajoute-t-on, avant de préciser que l\u2019espace restant est trop limité pour élargir l\u2019offre.Les microbrasseries s\u2019en tirent beaucoup mieux à l\u2019extérieur des chaînes, chez les dépanneurs et épiciers dits indépendants.D\u2019ailleurs, les dépanneurs indépendants sont devenus pour elles des alliés naturels, explique M.Tremblay.Pourquoi?Parce que les grandes chaînes de dépanneurs négocient avec les Molson de ce monde des prix extrêmement agressifs que les indépendants n\u2019arrivent souvent pas à concurrencer.«Là où ils peuvent se reprendre, c\u2019est avec les microbrasseries, où la marge bénéficiaire a plus d\u2019allure.» Les microbrasseries peuvent aussi compter sur les épiciers indépendants qui sont associés à une bannière, mais ont plus de contrôle sur ce qu\u2019ils vendent.Chez IGA, ils comptent encore pour la majorité des établissements.Ces succursales ont d\u2019ailleurs été les premières à ouvrir les portes de Metro et d\u2019IGA aux nouvelles microbrasseries ces dernières années.Chez le Trou du diable à Shawinigan, par exemple, la demande de ces indépendants est si forte qu\u2019on peine à y répondre, selon Isaac Tremblay.En même temps, la petite entreprise a été forcée de retirer ses fûts d\u2019un restaurant local parce que Molson-Coors avait requis l\u2019exclusivité.Les grandes brasseries mènent-elles la lutte aux petites?Indirectement, dit Jean-Pierre Tremblay: «Elles peuvent avoir de la difficulté à aller chercher des parts de marché de l\u2019une à l\u2019autre, alors elles se tournent vers qui?Le secteur des microbrasseries.Ce qui risque d\u2019arriver, c\u2019est que les microbrasseries doivent se battre l\u2019une contre l\u2019autre, et ça, c\u2019est pas bon.» La réglementation Pendant ce temps, le gouvernement Couil-lard envisage sérieusement de changer la réglementation sur les microbrasseries.On voudrait par exemple permettre aux gens d\u2019acheter de la bière pour emporter dans les pubs artisanaux.Les règles qui encadrent le commerce de la bière datent de l\u2019époque de la Prohibition, note Jean-Pierre Tremblay.L\u2019association aimerait aussi convaincre le gouvernement d\u2019intervenir pour donner plus de place aux bières locales sur les tablettes, mais la cause est loin de faire consensus.Paradoxalement, les microbrasseries ont besoin des compagnies Labatt et Molson.Il faut que ces dernières aillent suffisamment bien pour conserver leurs usines au Québec, remarque Luc Bellerive, du Trou du diable.«Si des usines finissaient par fermer, on aurait de la misère à s\u2019approvisionner en malt, en bouteilles, en carton.La production des grands brasseurs au Québec n\u2019est plus aussi importante qu\u2019avant.Même nous, ça nous inquiète.» Le Devoir 1000 emplois directs dans l\u2019industrie brassicole au Québec, pour 43 000 emplois indirects, selon l\u2019Association des microbrasseries du Québec (AMBQ).117 permis de brasseurs émis en 2014 par la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec, pour 96 permis en 2012 et 39 en 2002, incluant les petits brasseurs qui embouteillent et les broue-pubs, ou brasseurs artisanaux.7,1% des parts de marché pour les microbrasseries et broue-pubs au Québec, contre 63,2 % pour les grandes brasseries basées ici (Molson-Coors, Labatt, Sleeman-Unibroue) et 15,7 % pour celles basées dans le reste du Canada, d\u2019après l\u2019AMBQ.La queue de la comète du boom des micros touche surtout les quartiers des grandes villes.Au rythme où vont les choses, chaque quartier de Montréal et de Québec devrait finir par avoir sa microbrasserie et sa bière locale.Pendant des années, Québec ne comptait que deux brasseries artisanales : l\u2019Inox et la Barberie.Or, en cinq ans, on en a vu pousser dans Saint-Roch, dans Limoilou, à Sainte-Foy, Vanier et Lac-Beauport.Et ce n\u2019est pas tout: un nouvel établissement doit ouvrir dans Saint-Sauveur l\u2019été prochain : la Griendel.Pour l\u2019un de ses cofondateurs, Martin Parrot, «la vie urbaine dans les quartiers se décline de la même façon que dans un village.[.] On voulait faire un bar de quartier.Dans Saint-Roch, il y avait déjà la Korrigane et la Barberie, mais il n\u2019y avait rien dans Saint-Sauveur».Pourquoi un bar de quartier?«Quand tu arrives quelque part, la meilleure place où prendre le pouls du quartier, c\u2019est dans les petits cafés et les petits bars.Ce sont des endroits avec de belles ambiances, où la clientèle n\u2019est pas anonyme.» Montréal, longtemps réputée pour des brasseries comme le Cheval Blanc et Dieu du ciel!, a vu les fûts artisanaux se multiplier ces dernières années Quant à la fabrication de bière, c\u2019est une exploration perpétuelle.« C\u2019est un vrai trip de sorcier, de fabricant de potions magiques», lance-t-il.Le jeune brasseur est même en train de boucler un documentaire sur les microbrasseries du Québec.« Ces endroits-là deviennent des poumons sociaux pour les gens de tous les âges.C\u2019est vraiment beau à voir.» À Montréal, c\u2019est la même chose.Longtemps réputée pour les microbrasseries comme le Cheval Blanc et Dieu du ciel!, la métropole a vu les fûts artisanaux se multiplier ces dernières années.C\u2019est le cas de la Succursale, qui a ouvert ses portes en mai 2011, rue Masson.Pour le copropriétaire Jean-Philippe Lalonde, le métier est un véritable mode de vie.«Je voulais vendre des produits à des gens que je connais, résume-t-il.C\u2019est le fun de voir les gens qui apprécient ton produit sur ton lieu de travail.» Comme plusieurs, il a fait ses classes chez McAuslan avant de se lancer en affaires.Avant cela, il avait étudié en musique, et la fabrication de bière était un passe-temps depuis la fin de l\u2019adolescence.Avec les années, celui-ci est devenu une passion qu\u2019il s\u2019évertue à transmettre.La Succursale cultive d\u2019ailleurs le goût de ses clients en organisant des visites dans d\u2019autres microbrasseries du Québec.Sinon, le choix du secteur Masson s\u2019est Un appareil dans l\u2019usine d\u2019embouteillage du Trou du diable.Apparue d\u2019abord sous la forme d\u2019un broue-pub en 2005, la coopérative a lancé son industrie il y a deux ans.Elle emploie aujourd\u2019hui 75 personnes.{,{.Depuis cinq, six ans, les gens sont beaucoup plus sensibles à l\u2019achat local, aux emplois locaux.Les microbrasseries s\u2019inscrivent parfaitement dans ce courant-là.)) Sébastien Gagnon, fondateur de la Dunham, à Chambly fait un peu par hasard.«On cherchait un quartier périphérique où il n\u2019y avait pas trop de bars et où ce serait possible de développer une clientèle», dit-il.Le hic : les terrains Tous le disent: ce n\u2019est pas facile de trouver un emplacement sur Î\u2019île.La Dunham, par exemple, se serait peut-être établie à Montréal, n\u2019eût été le manque de terrains zonés industriels, explique son fondateur, Sébastien Gagnon.Finalement, l\u2019entreprise a misé sur Chambly en rachetant l\u2019ancienne microbrasserie Brasseurs et frères.Contrairement à la Succursale, la Dunham n\u2019a pas de broue-pub et possède son usine d\u2019embouteillage.«Ça prend beaucoup d\u2019huile de bras pour arriver à mettre une caisse sur une étagère d\u2019épicerie, dit-il.C\u2019est quasiment de l\u2019artisanat.Je pense que personne ne fait ça pour l\u2019argent.On est capable de vivre décemment, mais si tu ne tripes pas là-dessus, ça ne marchera pas.» Dès 2004, Sébastien Gagnon avait ouvert à Montréal un bistro spécialisé dans les microbrasseries du Québec, le Vices & Versa.«On a fêté notre 10^ anniversaire en février 2004.Je pense que ça suit une mouvance d\u2019achat local.Il y a aussi une grosse influence des États-Unis et du Vermont, où les miçrobrasseries sont très développées.» À ses yeux, l\u2019engouement pour la bière des micros découle d\u2019une véritable mentalité.«Depuis cinq, six ans, de plus en plus de gens s\u2019intéressent à ça.Ils sont beaucoup plus sensibles à l\u2019achat local, aux emplois locaux.Les microbrasseries s\u2019inscrivent parfaitement dans ce courant-là.» Le Devoir Une histoire de noms À l\u2019abri de la tempête, îles de la Madeleine n était des fans de Jim et ^\\J Bertrand, et ils ont un album qui s\u2019appelle A l\u2019abri de la tempête qui nous inspirait.C\u2019était un album de voyages et de bord de mer, raconte Jean-Sébastien Bernier.On a eu beaucoup de misère, au^début, à trouver un local aux îles.On a fini par trouver une ancienne usine de transformation de poisson qui était abandonnée en bordure de la mer et bien battue par les éléments.Le premier hiver qu\u2019on a passé là a été très dur.Il fallait venir en raquettes parce que le chemin n\u2019était pas ouvert.On couchait dans ce bâtiment à moitié isolé.C\u2019était notre abri de la tempête, alors ça s\u2019est placé comme ça.» Pit Caribou, Percé TDft Caribou, c\u2019était un personnage des Belles histoires des pays d\u2019en haut.J\u2019ai toujours été un fan de cette émission-là.Quand j\u2019étais petit, ma mère écoutait ça, mon grand-père aussi.Ça marqué mon enfance.Rit Caribou, c\u2019était l\u2019alcoolique du village, le pantin de Séraphin», raconte Francis Joncas.L\u2019étiquette de la bière représente toutefois un vieux pêcheur qui n\u2019a rien à voir avec le personnage.Certains pensent que c\u2019est le visage d\u2019un «vieux voyageur» qui a aidé Francis Joncas à financer l\u2019entreprise au début.Or, c\u2019est plutôt le visage d\u2019un vieux pêcheur du coin.Si jeune soit-elle, la Pit Caribou a déjà ses propres légendes.GUILLAUME D CYR Le copropriétaire de Pit Caribou, Francis Joncas, dans son espace de travail à Percé.\u2014 mm PHaw'mga''j handshake La Shawinigan Handshake réfère à l\u2019altercation entre le plus connu des Shawiniganais et le manifestant Bill Clennett.Le Trou du diable, Shawinigan Le Trou du diable (TDD) réfère à une formation géologique de la région, une sorte de cuve au fond des chutes de Shawinigan.La légende raconte que le diable y réside.Les noms des bières du TDD sont aussi associés à toutes sortes d\u2019histoires.C\u2019est le cas de la Bu-teuse, qui rend hommage à un prêtre mort dans les chutes au XVIL siècle, Jacques Buteux.Dans l\u2019histoire plus récente, la Shawinigan Handshake réfère à l\u2019altercation entre le plus connu des Shawiniganais et le manifestant Bill Clennett.Kruhnen, Blainville Les nouvelles micros ne sont pas nécessairement enracinées dans le patrimoine québécois.A Blainville, Ovi Bercan, Roumain d\u2019origine, embouteille une bière québécoise et.transylvanienne.Le mot Kruhnen réfère à l\u2019ancien nom de la ville fortifiée où il a grandi en Roumanie.«Je mets dans mes bières une épice secrète qui vient de Transylvanie.» Leurs noms se rapportent au monde de Dracula et aux légendes de dragons des Car-pates.Ironiquement, les bières en Roumanie sont des lagers de type allemand, alors que M.Bercan produit plutôt des aies à la manière belge, anglaise ou américaine. A 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE JANVIER 2015 ACTUALITES La bataille contre Ebola est loin d\u2019être terminée, dit l\u2019ONU De nouveaux remèdes continuent toutefois d\u2019être développés Accra \u2014 L\u2019Afrique de l\u2019Ouest est loin d\u2019être débarrassée d\u2019Ebola, a déclaré vendredi le chef sortant de la Mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola (UN-MEER), Anthony Banbury.Il invite donc la communauté internationale à poursuivre ses efforts contre l\u2019épidémie.«Je pense que la mobilisation a porté ses fruits, mais nous avons encore un long chemin à parcourir [.] il s\u2019agit d\u2019un combat très difficile et nous ne savons pas ce que l\u2019avenir nous réserve», a déclaré en conférence de presse dans la capitale ghanéenne celui qui cédera samedi sa place au Mauritanien Ismail Ould Cheikh Ahmed.«Ce qui m\u2019inquiète surtout, c\u2019est quand nous allons atteindre des chiffres plus bas \u2014 ce qui devrait arriver assez tôt en 2015, j\u2019en suis convaincu.Mais deux cas par-ci et trois cas par-là, cela reste une menace préoccupante pour n\u2019importe quelle communauté ou n\u2019importe quel pays», a-t-il souligné, appelant la communauté internationale à ne pas se détourner de l\u2019Ebola jusqu\u2019à ce que l\u2019épidémie soit entièrement éradiquée.L\u2019UNMEER a été créée pour piloter la lutte contre l\u2019épidémie dans les trois pays les plus touchés (Liberia, Sierra Leone et Guinée).Il s\u2019agit de la première mission de terrain de l\u2019ONU consacrée spécifiquement à une crise de santé publique.Le sang d\u2019un médecin guéri comme remède Les recherches pour trouver un nouveau remède contre l\u2019épidémie se poursuivent.Le sang de Eabrizio Pulvirenti, médecin italien qui avait contracté le virus Ebola et a été déclaré guéri vendredi, sera utilisé pour fabriquer du plasma et soigner d\u2019autres malades en Afrique de l\u2019Ouest.«Nous produirons avec le sang de Fabrizio Pulvirenti le plasma nécessaire» contenant des anticorps «qui sera utilisé Fabrizio Pulvirenti en Afrique pour d\u2019autres malades d\u2019Ebola», a annoncé devant la presse le directeur scientifique de l\u2019hôpital Spallanzani, Giuseppe Ippolito.Les quatre médicaments expérimentaux utilisés pour soigner le médecin italien seront rendus publics fin janvier, à l\u2019issue d\u2019une procédure harmonisée avec l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), a précisé M.Ippolito.Eabrizio Pulvirenti avait contracté le virus Ebola fin novembre en Afrique de l\u2019Ouest et doit quitter l\u2019hôpital Spallanzani vendredi.«Il y a un peu plus d\u2019un mois, le 25 novembre, on s\u2019interrogeait sur l\u2019avenir de cet extraordinaire médecin.On a passé entre-temps des moments difficiles et aujourd\u2019hui nous pouvons annoncer officiellement, avec satisfaction et orgueil, la guérison du patient», a annoncé Valerio Eabio Alberti, le responsable de rhôpital.Eabrizio Pulvirenti travaillait depuis octobre pour l\u2019ONG italienne Emergency à Lakka, en Sierra Leone, quand il a contracté la maladie.«Je remercie chacun des médecins qui se sont occupés de moi, ils ont fait un travail incroyable», a-t-il déclaré au cours de la même conférence de presse à laquelle assistaient également la présidente d\u2019Emergency, Cecilia Strada, et la ministre italienne de la Santé, Beatrice Lorenzin.Il a affirmé son intention de retourner en Sierra Leone.Une infirmière britannique qui a contracté l\u2019Ebola lors d\u2019une mission humanitaire en Sierra Leone avait elle aussi reçu un traitement antiviral expérimental ainsi que du plasma sanguin prélevé sur un malade guéri de cette fièvre hémorragique.L\u2019Ebola a fait en un an au moins 7890 morts sur un total de 20 171 cas enregistrés dans les trois pays les plus touchés, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, selon un dernier bilan.Agence France-Presse Procès de Nortel : le contrôleur canadien interjettera appel Toronto \u2014 Le contrôleur canadien de Nortel Networks interjettera appel de l\u2019entente sur la distribution des actifs de l\u2019entreprise en faillite, approuvée par une cour américaine le mois dernier, qui a entraîné le versement de la majorité de ses revenus restants aux créanciers.L\u2019appel a été déposé mercredi à une cour de la faillite de l\u2019État du Delaware, aux États-Unis.Les raisons n\u2019ont pas été clairement énoncées, mais le contrôleur s\u2019était plaint d\u2019avoir été exclu des procédures.Le mois dernier, le juge américain Kevin Gross a donné son approbation à l\u2019entente signée entre les différentes parties en juillet dernier concernant le droit, pour les détenteurs d\u2019obligations \u2014 représentant quelque 4 milliards de dollars \u2014, d\u2019obtenir des intérêts après la faillite.Le montant de l\u2019entente était bien en dessous de l\u2019objectif de 1,6 milliard que prévoyait le contrat initial, mais bien au-delà des 90 millions suggérés par le contrôleur canadien.En août dernier, le juge Erank Newbould, de la Cour supérieure de justice de l\u2019Ontario, avait statué que les investisseurs n\u2019avaient pas le droit de récolter les intérêts d\u2019une entreprise qui s\u2019était placée sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers., D\u2019autres tribunaux aux États-Unis, en Europe et au Canada doivent trancher prochainement sur le partage des 7,3 milliards restants de l\u2019entreprise, qui avait récolté ce montant en vendant ses brevets, notamment.Le contrôleur canadien jugeait qu\u2019il avait le titre de propriété sur les brevets de Nortel et sur ses filiales.La Presse canadienne O MARIE SURPRENANT L\u2019éclipse des jours Cadeau de fin d\u2019année des journalistes du Devoir, la série Instantanés propose des textes de fiction inspirés par des photos d\u2019archives du temps des Fêtes envoyées par des lecteurs à la rédaction.Aujourd\u2019hui, un texte de Jessica Nadeau et un cliché de Marie Surprenant.JESSICA NADEAU Chez les Surprenant, la vie était un long fleuve tranquille.Tous les matins, William se rendait à l\u2019imprimerie que son père lui avait léguée.Sa femme.Délima, rêvait d\u2019avoir plusieurs enfants.Il y eut tout d\u2019abord Madeleine qui, tous les soirs, sautait au cou de son père pour humer à s\u2019en étourdir l\u2019odeur d\u2019encre fraîche qui lui collait à la peau.Puis il y eut Hector, qui deviendrait curé; c\u2019était écrit dans le ciel.Il y eut encore Henriette, Paul et Rose.À la vue de ce bonheur paisible, on leur répétait souvent d\u2019en profiter, car le temps passait si vite.«Oui, bien sûr», répondait machinalement William.«Oui, oui», répétait en écho sa tendre épouse.Et le temps, qui avait atteint sa vitesse de croisière, filait sans que l\u2019on y prenne garde.Si bien qu\u2019un jour, lorsqu\u2019un lundi de juillet décida de ne pas se présenter comme à son habitude, personne ne le remarqua.Tout au plus, William Surprenant trouva le travail un peu moins fatigant cette semaine-là.L\u2019année suivante, ce fut un mercredi de février qui décida de prendre congé.Encore une fois, personne ne s\u2019en avisa.Mais le lendemain, lorsque Délima voulut servir, comme tous les jeudis, les restes du pot-au-feu, elle réalisa qu\u2019elle n\u2019avait pas cuisiné la veille.«Étrange», nota-t-elle tout en continuant d\u2019astiquer l\u2019argenterie.Plusieurs jours refusèrent encore de se présenter, fuyant la maison des Surprenant comme un jeune polisson le maître d\u2019école.Puis vint un jour où ce fut une semaine, puis un mois au grand complet qui disparurent sans laisser de traces.La première à s\u2019insurger fut Madeleine, qui manqua son 16® anniversaire et vit ainsi s\u2019envoler ^es rêves de trouver un mari.À l\u2019imprimerie, William perdait des commandes pendant que Délima se plaignait d\u2019avoir pris autant de retard dans les tâches ménagères.Même Hector, d\u2019un tempérament si calme, commençait à s\u2019énerver.Il avait déjà manqué 58 jours de prière et craignait, avec raison, que Dieu ne lui fasse payer ces absences.Chez les Surprenant, le bonheur faisait place à l\u2019angoisse.Le coup de grâce arriva avec l\u2019entrée à l\u2019école de la petite Rose, qui venait tout juste de sortir du berceau.«Il faut faire quelque chose!», implora Délima au bord des larmes.On tenta différentes stratégies.La veille d\u2019un important rendez-vous, William resta éveillé toute la nuit pour attraper le jour s\u2019il tentait de fuir.À son tour.Délima garda la maison dans l\u2019obscurité totale pendant toute une semaine, espérant que les jours auraient envie de s\u2019attarder après une si longue nuit.Madeleine, pragmatique, demanda à son père d\u2019imprimer un calendrier.Si l\u2019on pouvait fixer le temps sur papier, celui-ci ne pourrait plus se dérober, arguait-elle.Après maintes discussions, on choisit d\u2019y ajouter l\u2019image d\u2019une jeune femme, estimant qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un appât de choix pour le temps, qui pourrait s\u2019amuser à y faire des ravages.Le stratagème fonctionna pendant un certain temps, mais bientôt le temps se remit à faire des caprices.William imprima un second, puis un troisième calendrier.Bientôt, les murs de la maison en furent couverts.Mais les jours continuaient de faire l\u2019école buissonnière.La panique gagna les Surprenant, qui craignaient, à ce italics rythme-là, de se réveiller au cimetière.«Mais que faire, mais que faire?», demandaient-ils à tous les vents.L\u2019année 1906 fut la plus courte de toutes dans la maison des Surprenant.On manqua même les festivités de Noël.Tous étaient affligés, à l\u2019exception de la petite Rose qui, n\u2019ayant pas encore la notion du temps, débordait d\u2019enthousiasme dans l\u2019attente de la fête du Nouvel An.«On mettra des fleurs partout!», s\u2019emballait-elle en courant d\u2019une pièce à l\u2019autre.«Je mettrai ma plus belle robe et l\u2019on mangera du gâteau.Et même des fruits frais s\u2019il en reste au magasin de M\u201d'^ Sullivan.Oh ! Ce sera la plus belle des fêtes!» Son enthousiasme était contagieux et toute la famille se mit de la partie pour préparer un Nouvel An digne de ce nom.Délima osa enfin sortir l\u2019argenterie qu\u2019elle astiquait religieusement toutes les semaines.William, grisé par cette frénésie nouvelle qui régnait dans la maison, se permit la plus belle des fantaisies: il commanda un portrait de famille.Lorsque les Surprenant prirent la pose, la magie opéra.On ne pouvait empêcher les jours de filer, mais on pouvait éviter qu\u2019ils ne disparaissent à jamais en créant un souvenir qui serait transmis et réinventé de génération en génération pendant plus de 100 ans.Le Devoir Le cancer souvent dû à un « manque de chance » Miami \u2014 Le cancer est souvent dû à un «manque de chance» qui voit des mutations aléatoires se produire dans le processus de division des cellules, plutôt qu\u2019à des causes génétiques ou à un environnement défavorable, selon des chercheurs américains jeudi.Cette étude parue dans le magazine Science du 2 janvier, menée par des scientifiques de l\u2019Université Johns Hopkins, est basée sur un modèle statistique prenant en compte une grande variété de cancers.Elle ne prend toutefois pas en compte le cancer du sein, le plus fréquent chez les femmes, ni celui de la prostate, le «De nombreuses formes de cancer sont largement dues à un manque de chance, à une mutation d\u2019un gène qui provoquera un cancer)!} Bert Vogelstein, professeur d\u2019oncologie deuxième chez les hommes après le cancer de la peau.Sur les cancers chez les adultes pris en compte, environ les deux tiers peuvent être expliqués par des mutations génétiques aléatoires qui permettent aux tumeurs de Membre O.P.Q.et R.C.P.O.S.S.Psychologue clinicienne Adultes \u2022 Couples 25 ANS d\u2019expérience ennemi 514*861 *0630 Vieux-Montréal Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 grossir, et un tiers sont le fruit de facteurs génétiques ou d\u2019un environnement défavorable.« Cette étude montre que vous pouvez accroître vos risques d\u2019avoir un cancer en fumant ou avec d\u2019autres mauvaises habitudes de vie», souligne l\u2019un des auteurs de cette recherche, Bert Vogelstein, professeur d\u2019oncologie à l\u2019Université de médecine Johns Hopkins.«Malgré tout, de nombreuses formes de cancer sont largement dues à un manque de chance, à une mutation d\u2019un gène qui provoquera un cancer, sans aucune relation avec le mode de vie ou des facteurs héréditaires», ajoute-t-il.Et selon lui les personnes qui vivent longtemps tout en fumant ou en s\u2019exposant au soleil sans protections particulières, sans avoir de cancer, n\u2019ont pas forcément de «bons gènes»: «La vérité est que la plupart d\u2019entre eux ont simplement beaucoup de chance», dit encore M.Vogelstein.Pour cette étude, les chercheurs se sont penchés sur le processus naturel de renouvellement des cellules dans le corps humain.Celui-ci permet au corps de remplacer les cellules lorsqu\u2019elles meurent dans les différents organes.Depuis longtemps les chercheurs ont compris que des cancers pouvaient survenir quand les cellules souches commettaient de petites erreurs, des mutations.Mais cette nouvelle étude est la première à tenter de comprendre la proportion de cancers déclenchés par ce processus, par rapport à ceux dus à la génétique ou à un environnement défavorable.« Changer nos habitudes de vie sera très utile pour éviter certaines formes de cancer, mais ne sera guère efficace pour d\u2019autres», note Cristian Tomasetti, biomathématicien et maître-assistant d\u2019oncologie à Johns Hopkins.« On devrait mobiliser davantage de ressources pour trouver des moyens de détecter ces types de cancers aléatoires à un stade précoce, soignable», conclut-il.Agence France-Presse LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE JANVIER 2015 A 7 ACTUALITES L\u2019appel du ventre Cadeau de fin d\u2019année des journalistes du Devoir, la série Instantanés propose des textes de fiction inspirés par des photos d\u2019archives du temps des Fêtes envoyées par des lecteurs à la rédaction.Aujourd\u2019hui, un texte de Lisa-Marie Gervais et un cliché de Henri Prévost.LISA-MARIE GERVAIS Tout a commencé quand je l\u2019ai traité de «nouille».Le petit Henri, haut comme trois pommes, s\u2019est mis à hurler et à faire une crise de bacon.Faut dire qu\u2019il était un peu soupe au lait et qu\u2019il venait de se faire royalement rouler dans la farine.Je lui avais échangé le catalogue Eaton de Noël (pour zieuter les pyjamas sexy et les brassières) contre un livre de recettes de sœur Berthe que maman avait acheté pour une bouchée de pain.C\u2019était tout ce qu\u2019il méritait.Lui qui nous raconte toujours des salades.Toujours est-il que ses cris ont alerté mononcle Eugène, qui s\u2019est approché dç nous à grandes enjambées.A voir sa tête de chou-fleur et ses yeux sortis des orbites, j\u2019ai compris que les carottes étaient cuites.Je l\u2019avoue, je n\u2019avais pas seulement insulté le petit Henri.Je lui avais donné une de ces châtaignes au visage et ça lui avait fait une grosse prune.Un peu plus et il avait un œil au beurre noir.«J\u2019ai rien fait», que j\u2019ai lancé à mon oncle, qui était visiblement furieux.\u2014 Me prends-tu pour un jambon?Va dans ta chambre tout de suite.Tu n\u2019auras pas de dessert ce soir.w HENRI PREVOST Ltaiv^s Le soir venu, on avait eu pitié de moi et on m\u2019avait réintégré dans le party.J\u2019avais évité de justesse de passer en dessous de la table, ce qui aurait été un grand malheur pour le gourmand que je suis.N\u2019empêche, j\u2019étais un peu penaud de m\u2019être ainsi fait punir et je marchais sur des œufs.Mais mon malaise fut vite dissipé et tout se remit à baigner dans l\u2019huile.Dans la salle à manger du sous-sol, tout le gratin de la famille de maman était là.Tonton Gaston, tatie Lucie, mamie et papy, et tous mes cousins et cousines.Sur la table, un festin de Noël qui mettait l\u2019eau à la bouche et que je dévorais des yeux: des cipailles, des atocas, de l\u2019aspic de volaille, un ragoût de pattes de cochon dans sa sauce brune et du bon pain de ménage.Assise à côté de moi, Margot n\u2019était pas dans son assiette.«Tu veux ma photo, banane?», m\u2019a-t-elle dit alors que je la fixais intensément.Je me sentais si ravigoté par toutes ces victuailles que, pour qu\u2019elle arrête de faire du boudin, je l\u2019ai demandée en mariage entre deux bouchées de dinde.Elle m\u2019a regardé avec un air mi-figue, mi-raisin et elle a dit oui.Mais notre idylle ne dura qu\u2019un instant.J\u2019ai laissé tomber mes velléités de convoler en justes noces avec elle quand j\u2019ai vu apparaître la Fée des étoiles \u2014 le père Noël ayant été invité à souper chez nos voisins les Boulanger, nous avait-on expliqué.Elle avait de longs cheveux couleur caramel, des yeux noisette, de la peau douce comme de la meringue et une petite bouche en forme de cerise au marasquin.«Allô mon petit cœur en sucre d\u2019orge!», qu\u2019elle m\u2019avait dit en me tendant un immense plateau de gâteries.Du fudge, des oranges confites, des carrés aux ananas, des beignes au miel et de la réglisse noire, et des bonbons ronds à la menthe blanche Mais je n\u2019avais d\u2019yeux que pour la Fée des étoiles et ses belles Joues en gâteau des anges dont Je n\u2019aurais fait qu\u2019une bouchée }} striés de lignes rouges, des «gosses de barbier», comme les appelait mononcle Eugène.Au centre du grand plateau trônait une belle bûche à la crème glacée, nappée d\u2019une épaisse couche de glaçage vanille et chocolat et de crème fouettée.Mais je n\u2019avais d\u2019yeux que pour la Fée des étoiles et ses belles joues en gâteau des anges dont je n\u2019aurais fait qu\u2019une bouchée.C\u2019était ma cousine Alice, dont j\u2019avais entendu dire qu\u2019elle avait une brioche dans le four et que c\u2019était donc eflrayant pour une jeune fille de 16 ans.Moi, je n\u2019avais qu\u2019une envie devant sa savoureuse beauté : aller aux fraises avec elle pour l\u2019éternité.Ça devait être ça, l\u2019appel du ventre.Le ventre affamé que j\u2019étais n\u2019avait point d\u2019oreilles pour entendre les pleurs de Margot, que je venais de laisser tomber comme un poireau.«Tes rien qu\u2019un gros concombre», m\u2019avait-elle lancé, en larmes.Peut-être.Mais moi, j\u2019étais rouge comme une tomate et la patate me débattait dans ma poitrine de petit poulet.Devant la grâce \u2014 et non la graisse ! \u2014 de ma fée-cousine, je fondais comme de la guimauve dans des carrés au Rice Krispies.Du haut de mes six ans, je n\u2019avais cure de faire chou blanc ou d\u2019être le dindon de la farce.J\u2019avais désormais un nouvel appétit de vivre.Et c\u2019est dans mon bonheur rose nanane qui donnait à mon existence du piquant que je croquais à belles dents.D\u2019autant plus qu\u2019Alice, ça rimait avec pain d\u2019épice.Le Devoir AirAsia : des parties de l\u2019avion trouvées Deux «grandes parties» de l\u2019avion d\u2019AirAsia qui s\u2019est abîmé dimanche en mer de Java, en Indonésie, ont été retrouvées, a indiqué samedi (heure locale) le chef de l\u2019Agence nationale de recherches et de secours, Bambang Soelistyo.«Avec la découverte d\u2019une traînée de carburant et de deux grandes parties d\u2019avion, je peux vous assurer que ce sont des parties de l\u2019avion d\u2019AirAsia que nous recherchons», a-t-il déclaré lors d\u2019une conférence de presse à Jakarta.Vendredi, après près d\u2019une semaine de recherches pour les victimes du vol 8501 d\u2019Air Asia, les équipes de secours combattant les pluies de mousson ont fait d\u2019importantes avancées, triplant le nombre de corps retirés de la mer de Java.l3es 30 corps rapatriés jusqu\u2019à maintenant, 21 l\u2019ont été vendredi, dont plusieurs par la marine américaine, selon les autorités.Des navires de l\u2019Indonésie, de la.Malaisie, de Singapour et des Etats-Unis parcourent aussi le secteur pour tenter de retracer l\u2019épave et les boîtes noires.Les conditions météorologiques difficiles, qui ont compliqué les recherches au cours des derniers jours, demeurent une source d\u2019inquiétudes.La pluie, les forts vents et des vagues allant jusqu\u2019à quatre mètres devaient persister jusqu\u2019à dimanche.Les forts courants ont aussi déplacé les débris.Les équipes de recherche ont rapatrié 30 corps d e victimes de l\u2019écrasement du vol d\u2019AirAsia, et un responsable des forces navales indonésiennes a indiqué vendredi que cinq de ces victimes ont été retrouvées encore piégées dans leur siège.11 y avait 162 passagers et membres d\u2019équipage à bord de l\u2019avion s\u2019étant abîmé en mer dimanche, à mi-parcours d\u2019un trajet entre l\u2019Indonésie et Singapour.Quatre victimes de l\u2019écrasement ont été identifiées et rapatriées à leur famille.Avec Agence France-Presse Associated Press La v.-p.du Bloc québécois part À quelques mois des élections fédérales, la vice-présidente du Bloc québécois a décidé, à son tour, de quitter la formation politique.Annie Lessard a fait parvenir sa lettre de démission mardi.Elle n\u2019était plus à l\u2019aise avec le mode de fonctionnement du parti mené par Mario Beau-lieu.Depuis son élection à la tête du Bloc le 14 juin, le chef a vu les députés André Bellavance et Jean-François Fortin quitter son équipe, alors que Claude Patty a pris la décision de ne pas se présenter à la fin de son mandat 11 ne reste donc que deux députés bloquistes à la Chambre des communes à Ottawa.L\u2019un d\u2019eux, Louis Plamondon, n\u2019est pas surpris de son départ «On voyait son essoufflement.[.] Elle pensait que c\u2019était au conseil d\u2019administration d\u2019apporter des idées.En fait, ce sont l\u2019entourage du chef et les permanents du parti qui élaborent les stratégies et qui les présentent au conseil d\u2019administration.» La Presse canadienne I r Ecologique, biologique et carboneutre Complètement rénové en 2014 Hôtel du Vieux-Québec L'hôtel boutique le mieux répertorié dans le Vieux-Québec VOUS invite à découvrir le Tournebroche, le nouveau restaurant du\t| Chef 5 diamants caa/aaa Stéphane Roth St.Denis & Duluth 514-844-1919 Sherbrooke O & Bishop 514-985-0015 7\tS\tY\t7\tS ^\tÀ\t^ ly E3 www.georgeslaoun.com A tauréat de l\u2019édition 2010 des Prix Arts-Affa/res de Montréal CATÉGORIE PME un examen de la vue GEORGES LAOUN OPTICIEN du 2 au 31 janvier Appelez nous pour un examen de la vue Boutique de Saint-Denis ouvertes les dimanches de janvier (13 h à 17 h) II «flTirAli.-'^'
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