Le devoir, 6 janvier 2015, Cahier A
[" Nathalie Normandeau fait ses débuts à la radio Page A 3 Le Collège des médecins freine la surfacturation Page A 3 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C V N\u201c 3 0 0 LE DEVOIR, LE MARDI 6 JANVIER 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ Les « OUBLIÉS des oubliés » en Aerique JONATHAN BOULET-GROULX La douche et le savonnage, première étape vers la dignité dans un centre pour malades mentaux de la Côte d\u2019ivoire.Des bénévoles de l\u2019extérieur ou d\u2019anciens patients accompagnent les plus vulnérables dans leur rituel d\u2019hygiène.Libérer les malades mentaux de leurs chaînes SARAH R.CHAMPAGNE Grégoire Ahongbonon transporte une chaîne de métal dans ses valises.Elle a servi à enchaîner une personne aux prises avec la maladie mentale en Côte d\u2019ivoire, son pays d\u2019adoption.Il l\u2019apporte avec lui en voyage, au cas où il aurait la chance de la déposer sur le bureau de décideurs.Au cas où les pièces de métal changeraient les mentalités comme lui-même s\u2019y affaire.«En Afrique, les malades mentaux sont considérés comme possédés, frappés de la malédiction des sorciers, et tout le monde a peur d\u2019eux», dé-nonce-t-il lors d\u2019un entretien accordé pendant un récent passage au Québec.Il n\u2019est ainsi pas rare que leur famille prenne les moyens de les immobiliser par des chaînes ou des troncs d\u2019arbre.Quand ils sont tout simplement abandon- nés, on les croise nus, mangeant dans les ordures, raconte Grégoire.Attablé dans un banal restaurant du quartier Ahuntsic à Montréal, M.Ahongbonon avoue sans gêne: «Moi aussi, f avais peur des malades mentaux.» En quelques années, il est néanmoins passé de réparateur de pneus à raccommodeur de vies.Il a fondé l\u2019Association Saint-Camille-de- VOIR PAGE A 8 : MALADES Aujourd\u2019hui .J\t¦> m.- Le monde > Le Liban, débordé par un afflux de réfugiés, a décidé d\u2019imposer des visas aux Syriens.Page A 5 Économie > Le prix du baril de pétrole entraîne les marchés dans sa chute.Page B1 Avis légaux.Décès.Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku.B5 B4 B6 B6 B4 B5 % CHRIS GARDNER ASSOCIATED PRESS Près de 5000 cas du virus de l\u2019influenza A ont été confirmés au Québec depuis novembre.Ci-dessus, une fillette reçoit un vaccin intranasal contre la grippe.Saison record de grippe Les urgences sont toujours surchargées et l\u2019inefficacité relative du vaccin semble se confirmer AMELIE DAOUST-BOISVERT La situation demeure difficile dans les urgences du Québec, notamment en raison d\u2019une saison record de grippe.Près de 5000 cas confirmés du virus de l\u2019influenza A ont été répertoriés depuis le début de novembre.Le Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) a en outre détecté des mutations du virus H3N2 qui pourraient être responsables d\u2019une relative inefficacité du vaccin.Avec 1800 cas confirmés pour la seule semaine s\u2019étant terminée le 27 décembre, on com- prend pourquoi les urgences de la province ont été éprouvées pendant le congé des Eêtes.Ces statistiques ne sont que la pointe visible de l\u2019iceberg, puisque beaucoup de malades se soignent à la maison sans que leur cas soit confirmé.Avec une proportion de tests positifs à l\u2019in-fiuenza de 38%, nous sommes devant une situation «exceptionnelle», rapporte Hugues Charest, conseiller scientifique au LSPQ.Il qualifie de «fulgurante» l\u2019augmentation du nombre de cas de semaine en semaine.voir PAGE A 8 : GRIPPE Politique ÉNERGÉTIQUE Silence à Québec La composition de la première table de consultation, qui doit siéger en janvier, n\u2019est toujours pas connue ALEXANDRE SHIELDS A quelques jours du début des travaux en vue de l\u2019élaboration de la future politique énergétique du Québec, le gouvernement Couillard n\u2019est toujours pas en mesure de préciser les noms des experts qui siégeront à la table, ni la date des consultations publiques.L\u2019exercice n\u2019en revêt pas moins un caractère déterminant, puisqu\u2019il servira à établir les grandes orientations de la province en matière de développement énergétique, et ce, pour au moins la prochaine décennie.En prévision du dépôt à l\u2019automne de la politique énergétique 2016-2025, le gouvernement a décidé d\u2019organiser trois tables rondes réunissant chacune des experts «du Québec et de l\u2019étranger», choisis «selon leurs champs d\u2019expertise» liés aux trois thématiques de la démarche.Selon les informations diffusées pendant le te,mps des Eêtes via le site du ministère de l\u2019Energie et des Ressources naturelles, la première table ronde doit se tenir dès ce mois-ci.Elle portera sur l\u2019efficacité et les innovations énergétiques.Bien que cela signifie que ce premier exercice doit avoir lieu dans quelques jours, ni le ca- VOIR PAGE A 8 : SILENCE Cour pénale INTERNATIQNALE L\u2019adhésion de la Palestine semble acquise n\u2019en déplaise à Ottawa MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Le Canada ne voulait rien çavoir d\u2019une Palestine reconnue comme Etat à l\u2019QNU.Le ministre des Affaires étrangères s\u2019oppose tout aussi farouchement à ce que la Palestine rejoigne la Cour pénale internationale.Un «développement inquiétant et dangereux» qui n\u2019est rien de plus qu\u2019une « décision provocatrice» à l\u2019endroit d\u2019Israël, a déclaré le ministre John Baird, en réponse à la démarche palestinienne, qui, selon les experts, pourrait bien être couronnée de succès.Déboutée par le Conseil de sécurité des Nations unies la semaine dernière \u2014 qui a rejeté la résolution palestinienne réclamant un terme au conflit et à l\u2019occupation israélienne de ses territoires \u2014 l\u2019Autorité palestinienne (AP) s\u2019est tournée, notamment, vers la Cour pénale internationale (CPI).LAP veut rejoindre le tribunal et ainsi pouvoir y réclamer des enquêtes sur les crimes \u2014 qu\u2019elle qualifie de crimes, de guerre \u2014 commis sur son territoire par l\u2019État hébreu.VOIR PAGE A 8 : PALESTINE Lire aussi > Washington s\u2019oppose au gel de fonds destinés à l\u2019Autorité palestinienne.Page A 5 77831303443102 A 2 LE DEVOIR, LE MARDI 6 JANVIER 2015 ACTUALITES COMPRESSIONS La CSN prédit une « rupture » en 2015 LIA LEVESQUE Loin de s\u2019essouffler, les manifestations en tous genres contre le gouvernement de Pliilippe Couillard vont reprendre de plus belle en 2015, prévient la CSN.Le président de la centrale syndicale, Jacques I^étourneau, a rencontré la presse, lundi à Montréal, pour faire son bilan de l\u2019année 2014 et annoncer ce qui s\u2019en vient en 2015.Et le sujet incontournable, pour la CSN, sera la négociation dans les secteurs public et parapublic.Quelque 170 000 membres de la CSN seront directement tou- « On est sur le bord de la rupture.C\u2019est en train de craquer dans les milieux de travail.» chés par la négociation dans les secteurs public et parapublic.Les contrats de travail viendront à échéance le 31 mars prochain et les négociations s\u2019annoncent ardues, avec des offres patronales de gel pendant deux ans, suivi d\u2019augmentations successives de 1% pendant trois ans.« En train de craquer» M.Létourneau revient d\u2019une tournée du Québec et assure que, loin de s\u2019essouffler après les nombreuses manifestations en 2014, la mobilisation sera encore plus forte en 2015.«On est sur le bord de la rupture.C\u2019est en train de craquer dans les milieux de travail, particulièrement en santé.Non seulement il n\u2019y a aucune reconnaissance de la part du gouvernement par rapport aux demandes salariales, mais, en plus, on y va avec des réformes par-dessus des réformes bureaucratiques \u2014 que ce soit la révision de la carte des commissions scolaires ou encore le projet de loi 10 qui va nous lancer encore une fois dans un processus de mégafusions en santé.Les travailleurs, un peu partout à travers le Québec, en ont \u201cras-le-pompon \u201d des politiques du gouvernement actuel», a dit le président de la CSN.Il ne croit pas que les citoyens et les syndiqués soient résignés.«C\u2019est clair que le monde est prêt à se mobiliser et c\u2019est clair qu\u2019à la CSN on va tout faire pour que cette mobilisation-là porte fruit», a averti M.Létourneau.Comme d\u2019autres organisations syndicales, la CSN estime que le gouvernement va trop loin et trop vite avec son objectif de revenir à l\u2019équilibre budgétaire dés l\u2019exer-cicp 2015-2016.A son avis, le Québec vit pratiquement à l\u2019ére des compres-sions budgétaires depuis l\u2019époque de Lucien Boudiard, à la fin de la décennie 1990, et du retour forcé à l\u2019équilibre budgétaire.Il croit que l\u2019opinion publique est en train de changer.«Une famille de la classe moyenne qui est coupée à gauche, coupée à droite, qui va devoir payer plus cher pour envoyer ses enfants au CPE, eh bien, c\u2019est une famille [.] qui comprend que c\u2019est un gouvernement qui ne travaille pas du tout dans le sens de ses intérêts», a-t-il dit.La Presse canadienne Lire aussi > Là où ça craque.Un éditorial de Josée Boileau.Page A 6 Le ministre Fantino est rétrogradé Stephen Harper dirige désormais le cabinet le plus gros de l\u2019histoire du Canada HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Après l\u2019avoir dirigé, Julian Fantino devient en quelque sorte le client du ministère des Anciens Combattants.Celui qui cumulait les blessures de guerre politique s\u2019est fait montrer la porte lundi par le premier ministre.Il est rétrogradé au poste de ministre associé à la Défense, tandis qu\u2019Erin O\u2019Toole le remplace.Bien que salué par l\u2019opposition, ce changement porte à 40 le nombre de ministres dans le cabinet Harper, le plus gros de toute l\u2019histoire du Canada.Désormais, un élu conservateur sur quatre (40 sur 163) est ministre, avec la prime salariale qui vient avec le poste.L\u2019ancien record, de 39 ministres, était détenu ex æquo par M.Harper, Paul Martin et Brian Mulroney.C\u2019est le propre des premiers ministres récents d\u2019augmenter la taille de leur cabinet à mesure qu\u2019ils s\u2019incrustent au pouvoir.Jean Chrétien avait 31 ministres en 1994, mais 38 en 2002.Pierre Elliott Trudeau en avait 29 en 1969, mais 37 en 1984.Stephen Harper lui-même a amorcé son règne avec 32 ministres.Un député fédéral touche un salaire de 163 700$ (le double pour le premier ministre).Un ministre d\u2019Etat touche 58 700$ de plus et un ministre de plein droit, 78 300$ de plus.Sur les 40 membres du cabinet Harper, un est premier ministre, 26 sont minisjres et 13 sont ministres d\u2019Etat, pour des primes salariales annuelles totalisant 2,96 millions.«Pour quelqu\u2019un qui a toujours prêché la réduction des dépenses de l\u2019État, M.Harper est VOUS ETES ABONNE AU DEVOIR?L\u2019accès complet au contenu de l\u2019application est inclus dans votre abonnement.MÉTÉO-6 -C MONTRÉAL ^ DEVOIR ans 1 civile ; adieu à Lac-¦ ^ jp Mégantic 1 VVU\" ^'.1 ¦ Le destin croisé des trois Dubaï Et pourquoi pas un ^TGV Québec- Windsor pour 2015?Vous devez maintenant vous connecter à l\u2019aide des informations de votre profil en ligne pour y accéder.Vous n\u2019avez pas encore de profil en ligne?Créez-le sans tarder www.ledevoir.com/profil/creer-votre-profil LE DEVOIR SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Stephen Harper a muté Julian Fantino des Anciens Combattants vers la Défense, où il sera désormais ministre associé.J\u2019ai été guidé par la conviction profonde que le gouvernement doit soutenir ceux qui ont servi et continuent de servir leur pays )) Julian Fantino, ex-ministre des Anciens Combattants en train de prouver encore une fois qu\u2019il sait parler de ces choses, mais qu\u2019il ne sait pas livrer la marchandise», a commencé le chef du NPD, Thomas Mulcair.Bourdes Julian Fantino était devenu un véritable boulet pour le gouvernement conservateur.L\u2019ancien chef de police de Toronto, réputé pour son caractère abrasif, avait eu plus que sa part de mauvaise presse.En janvier dernier, il avait été pris à partie par un groupe d\u2019anciens combattants âgés lui reprochant la fermeture de neuf bureaux locaux d\u2019Anciens Combattants.11 s\u2019était présenté avec 70 minutes de retard à la rencontre et avait sermonné un des anciens combattants, qui avait eu le malheur de pointer le doigt en sa direction.En mai, il avait fui devant les caméras l\u2019épouse d\u2019un ancien combattant qui réclamait un entretien.Au-delà de ces pépins d\u2019image, il y avait aussi le fond.Anciens Combattants a été critiqué en novembre par le vérificateur général du Canada parce qu\u2019il complique inutilement les procédures pour obtenir de l\u2019aide en santé mentale.En prévision de ce rapport accablant, M.Fantino avait débloqué un fonds de 200 millions.Le communiqué de presse laissait entendre que la somme serait versée sur six ans.Les fonctionnaires ont dû reconnaître par la suite que seulement 19 millions le seraient, les 88% restants étant réservés pour le reste de l\u2019existence des anciens combattants, soit environ 50 ans.La colère des anciens combattants s\u2019est accrue lorsqu\u2019il a été révélé que, au cours des sept dernières années (soit avant l\u2019arrivée de M.Fantino), le ministère a retourné au fonds consolidé un milliard de dollars inutilisés.M.Fantino, 72 ans, ne quitte pas pour autant le cabinet.Et, bien que ses fonctions soient de moindre envergure, il ne renonce pas à sa prime de 78 300$.11 redevient ministre associé à la Défense, fonction qu\u2019il qvait occupée en 2011-2012.A l\u2019époque, il était responsable des contrats d\u2019approvisionnement, dont celui des avions de chasse F-35.Cette fois, son rôle aura trait à la souveraineté dans l\u2019Arctique et à la sécurité des technologies de l\u2019information et du renseignement étranger, rôle qui n\u2019existait pas auparavant.«Pas d\u2019empathie» Thomas Mulcair s\u2019est dit «pantois» devant l\u2019entêtement du premier ministre à le conserver.«C\u2019est un mystère pour nous qu\u2019il soit encore là», a-t-il résumé, en rappelant les «déclarations trompeuses » du ministre à propos du coût des F-35.Le libéral Marc Garneau a salué ce remaniement car, à son avis, M.Fantino «est un homme qui n\u2019a pas d\u2019empathie ou d\u2019atome crochu avec les anciens combattants, il ne les traite pas avec respect».Sur sa page Facebook, M.Fantino a exprimé sa reconnaissance envers les anciens combattants.«J\u2019ai été guidé par la conviction profonde que le gouvernement doit soutenir ceux qui ont servi et continuent de servir leur pays.Sous la gouverne du premier ministre Harper, je peux dire avec confiance que nous avons entièrement respecté ce principe.» 11 est remplacé par Erin QToole, un député ontarien élu en 2012 lors de l\u2019élection partielle ayant suivi le départ de Bev Qda.M.Q\u2019Toole a servi dans l\u2019aviation royale canadienne, avant de passer au droit Le Devoir 1 f JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a annoncé les résultats du programme lors d\u2019un point de presse tenu à l\u2019aéroport Montréal-Trudeau.Les Canadiens dénoncent, le Canada expulse La publication de la liste des personnes recherchées aurait permis le renvoi de 51 non-résidants GUILLAUME BOURGAULT-COTE AUX yeux du gouvernement conservateur, ce sont des «résultats spectaculaires » : en trois ans et demi, le programme des personnes recherchées par l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a permis de repérer 59 criminels et d\u2019en expulser 51, s\u2019est félicité lundi le ministre Steven Blaney.Ces expulsions auraient été rendues possibles grâce à la collaboration des Canadiens, a soutenu le ministre de la Sécurité publique lors d\u2019une conférence de presse tenue à Montréal.Depuis 2011, l\u2019ASFC publie une liste de non-résidants recherchés pour différents crimes et sollicite l\u2019aide de la population pour les retrouver.«Depuis sa création, ce programme joue un rôle inestimable pour faire en sorte que les Canadiens deviennent des partenaires afin de maintenir la sécurité dans nos collectivités», estime Steven Blaney.Selon lui, les Canadiens souhaitent «collaborer avec les agences d\u2019application des lois pour faire en sorte que des criminels dangereux soient expulsés du pays».L\u2019ASFC calcule que 280 appels ont été reçus sur la ligne spéciale depuis 2011.Impossible toutefois de savoir la valeur réelle des informations transmises par la population.L\u2019agence «ne peut pas formuler d\u2019hypothèses sur le nombre de cas qui auraient été réglés sans l\u2019aide du public», dit-elle.Le ministre Blaney a indiqué que la «ligne contribue à identifier les individus recherchés, mais aussi d\u2019autres qui représentent une menace» \u2014 laissant entendre que le programme sert plus largement qu\u2019aux seules fins initiales.Des responsables de l\u2019ASFC ont précisé que les gens expulsés étaient recherchés pour des «cas sérieux de criminalité, de crimes de guerre ou de terrorisme».Informations personnelles Le programme a été mis en place par le gouvernement en juillet 2011.L\u2019an dernier, le Commissariat à la protection de la vie privée avait retenu une plainte concernant la divulgation d\u2019informations personnelles dans le site du programme.L\u2019ASFC s\u2019était alors engagée à modifier ses procédures d\u2019affichage et à réduire la quantité d\u2019informations divulguées.Par ailleurs, le gouvernement a aussi dévoilé lundi que 150 Américains reconnus coupables de crimes sexuels se sont vu refuser l\u2019entrée au Canada grâce à un récent partenariat avec le Service des dpuanes et de la protection des frontières des Etats-Unis.Le Devoir LE DEVOIR, LE MARDI 6 JANVIER 2015 A 3 ACTUALITES Nathalie Normandeau reçoit des roses pour ses débuts à la radio ISABELLE PORTER à Québec Moins d\u2019un an après son témoignage devant la commission Charbonneau, l\u2019ex-minis-tre Nathalie Normandeau a fait ses débuts à la radio à Québec en évoquant brièvement cet épisode et en prévenant qu\u2019elle n\u2019avait plus rien à ajouter là-dessus.M™® Normandeau coanime avec Eric Du-haime, depuis lundi, une émission quotidienne sur l\u2019heure du midi à la station du FM-93.« Tout ce que j\u2019avais à dire a été dit J\u2019ai toujours fait mon travail de façon impeccable, intègre, honnête», a-t-elle rétorqué aux questions de son collègue, en début d\u2019émission.« Je suis allée, j\u2019ai répondu aux questions pendant plusieurs heures.Alors, aujourd\u2019hui, je te regarde dans les yeux.Éric Duhaime, je te dis que tout ce que j\u2019avais à dire a été dit.J\u2019ai toujours fait mon travail de façon impeccable, de façon intègre, de façon honnête.[.] Aujourd\u2019hui, je t\u2019annonce qu\u2019on passe à un autre appel On tourne la page.» Moqueur, Duhaime avait fait allusion au sketch du Bye Bye dans lequel elle et d\u2019autres témoins chantaient «Bande de tata.tatata-tas.», sur l\u2019air de la chanson d\u2019Alex Nevsky.«Nat, je vais te poser la question que tous les Québécois se demandent.Est-ce que vous nous prenez tous pour des tatas ?» M™® Normandeau a commencé par dire qu\u2019elle avait «adoré» le Bye Bye et que celle qui l\u2019imitait \u2014 la comédienne Hélène Bourgeois-Leclerc \u2014 était «absolument excellente ».Elle a ensuite dit à Éric Duhaime qu\u2019elle ne le prenait pas pour «un tata».«Est-ce que tu crois vraiment.Éric Duhaime, que j\u2019aurais accepté le métier d\u2019animatrice de radio avec toi si j\u2019avais quelque chose à me reprocher?Poser la question, c\u2019est y répondre.» Appel à Zambito Après s\u2019être dit «rassuré» par ses propos.Éric Duhaime lui a fait parvenir des roses en studio, en guise de clin d\u2019œil au témoignage de Lino Zambito, ce qui a beaucoup fait rire l\u2019ancienne ministre.Il a ensuite appelé Lino Zambito lui-même en lui lançant qu\u2019il l\u2019avait toujours soupçonné d\u2019avoir envoyé les fleurs non pas pour obtenir des contrats, mais pour «draguer» la ministre.M.Zambito a ensuite répondu ceci: «Écoutez, le monde se fait bien des idées, mais c\u2019était vraiment une petite attention pour son anniversaire.Puis, aujourd\u2019hui, je pense qu\u2019on en a parlé en long et en large et qu\u2019il faut passer à autre chose.» Enfin, M™® Normandeau a offert de donner les roses qu\u2019elle avait reçues aux auditeurs qui se présenteraient à la station.L\u2019échange concernant la commission Charbonneau et la corruption dans les contrats publics s\u2019est terminé environ 15 minutes après le début de l\u2019émission.Par la suite, les deux coanimateurs se sont entretenus avec le chroniqueur Mario Dumont, puis ils ont interrogé le chef syndical Daniel Boyer.Ancienne ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau a toujours dit qu\u2019elle n\u2019avait pas cédé aux pressions des firmes d\u2019ingénieurs qui finançaient illégalement son parti et qu\u2019elle avait construit «un mur» la protégeant de toute influence.Elle a toutefois déclaré à la commission que son chef de cabinet, Bruno Lortie, n\u2019avait «peut-être» pas fait preuve de la même prudence à l\u2019époque.L\u2019émission Normandeau-Duhaime apparaît dans un contexte de vive concurrence entre les radios d\u2019opinion de la capitale.Le Devoir Après s\u2019être dit «rassuré» par ses propos, Éric Duhaime lui a fait parvenir des roses en studio JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ex-ministre Nathalie Normandeau avait dû témoigner à la commission Charbonneau.Michel David La chronique sera de retour jeudi » *\tV, - ;'c\t%\t\u2022 JACQUES NADEAU : Les sels de déglaçage perdent en efficacité lorsque le mercure descend sous les -10 degrés La Ville a donc utilisé la pierre concassée lundi.Les trottoirs glacés expédient plusieurs Montréalais à - - Le froid intense retarde les opérations de déglaçage JEANNE CORRIVEAU Alors que les trottoirs s\u2019étaient transformés en patinoires, expédiant plusieurs piétons dans les services d\u2019urgence des hôpitaux, la Ville de Montréal s\u2019est affairée, lundi, à les déglacer.Mais les opérations d\u2019épandage d\u2019abrasifs et de fondants ont connu un succès limité, compte tenu du froid qui persiste.Le verglas et le vent ont également entraîné la chute de nombreuses branches un peu partout sur le territoire, sans toutefois causer autant de dégâts qu\u2019en 1998.«Les écarts de température ainsi que la combinaison de neige, de pluie et verglas ont complexifié les opérations pour les employés», a indiqué le porte-parole de la Ville de Montréal, Philippe Sabourin.Les sels de déglapge perdent beaucoup d\u2019efficacité en bas de -10 degrés Celsius, a-t-il précisé.«Il a fallu changer notre stratégie.À des températures comme ce matin, à -15 degrés, on a dû utiliser 90 % de pierre concassée et 10% de fondants», a-t-il expliqué.Sur le territoire des 19 arrondissements, 90 chenillettes ont été mobilisées afin de poursuivre l\u2019épandage d\u2019abrasifs au cours des prochaines journées, d\u2019autant que d\u2019autres nuits froides, avec un mercure oscillant autour de -20 ° C, sont prévues d\u2019ici la fin de la semaine.Le maire Denis Coderre a pressé les Montréalais de faire preuve de patience.«Il y a eu une fluctuation [de température] de 20 degrés, si ce n\u2019est pas plus.Je demande aux gens d\u2019être patients.[.] On travaille tous ensemble.» Parallèlement aux opérations de déglaçage, la Ville a poursuivi le déneigement et le chargement de la neige.Piétons blessés Déjà aux prises avec une recrudescence des cas de grippe, les hôpitaux montréa- {{La Ville tente de sécuriser autant que possible les trottoirs [.].C\u2019est la responsabilité de tout k monde de prendre les bonnes décisions.}} Tarek Razek, Hôpital général de Montréal lais ont dû composer avec une hausse du nombre de piétons blessés à la suite d\u2019une vilaine chufe sur les trottoirs glissants.A l\u2019Hôpital général de Montréal, le directeur du programme de traumatologie, le D\"^ Tarek Razek, a dénombré une quarantaine de cas de blessure importante liés aux chutes sur les trottoirs, de dimanche à lundi.Commotions cérébrales, côtes fracturées et hanches brisées font partie des blessures importantes répertoriées.Les fractures d\u2019une côte peuvent avoir des effets dévastateurs pour les personnes âgées, en réduisant la capacité pulmonaire des patients et en entraînant une pneumonie, a rappelé le D\"^ Razek.«Il y a une mortalité qui peut y être associée», a-t-il dit.Selon lui, ces blessures peuvent être évitées: «Les jeunes prennent trop de risques et les personnes âgées, qui en prennent aussi, ne s\u2019aperçoivent pas du danger.En voulant sortir pour prendre l\u2019air, on omet de prendre les bonnes hottes», soutient le D\"^ Razek.Il s\u2019est toutefois gardé de jeter la pierre à la Ville de Montréal.«Selon moi, c\u2019est une responsabilité partagée.La Ville tente de sécuriser autant que possible les trottoirs, mais ce n\u2019est pas possible de le faire rapidement dans toutes les petites rues et ruelles.C\u2019est la responsabilité de tout le monde de prendre les bonnes décisions.C\u2019est triste, parce que c\u2019est évitable et que, dans certains cas, les séquelles sont vraiment majeures.» D\u2019autres hôpitaux ont également accueilli des piétons blessés.Lundi midi, les trois établissements du CHUM avaient enregistré près de 25 cas.Arbres endommagés Le verglas et le vent ont par ailleurs provoqué de nombreuses chutes de branches.L\u2019arrondissement de Rose-mont-La Petite-Patrie dit avoir reçu 80 requêtes pour des interventions en rapport avec des branches tombées, mais aucun arbre n\u2019a été couché au sol, a indiqué France Lebrun, chargée de communication à l\u2019arrondissement.Le Service des parcs de la Ville n\u2019a pas été en mesure de préciser le nombre d\u2019arbres endommagés, car il est trop tôt pour dresser un bilan, mais il a cependant indiqué que Lachine, Rosemont, Le Plateau-Mont-Royal et Mer-cier-Hochelaga-Maisonneuve étaient les arrondissements les plus touchés.La Ville assure que les dommages ne sont pas suffisamment importants pour avoir des impacts sur la santé des arbres.Si les trottoirs sont glacés, la majorité des patinoires extérieures ne sont pas encore prêtes à accueillir des patineurs.Plusieurs arrondissements ont toutefois promis que celles-ci seraient ouvertes dans les prochains jours.Le Devoir Le Collège des médecins s\u2019attaque à la surfacturation DAPHNÉE HACKER-B.La refonte du code de déontologie, qui entrera en vigueur ce mercredi, permettra de freiner les frais excessifs et la facturation illégale que certains médecins imposent à leurs patients, affirme le Collège des médecins.Un regroupement de patients floués doute toutefois que ces mesures suffisent à mettre un terme définitif aux abus.La révision du code de déontologie est marquée par les questions d\u2019accessibilité aux soins et de frais accessoires, de plus en plus courants dans un système pourtant universel et public.Le ton du document est plutôt clair : il ne faut pas confondre les affaires et les soins.Ainsi, le Collège souhaite enrayer des pratiques comme celles de cliniques privées qui priorisaient les patients payants pour des examens de laboratoire, ou encore de coopératives de santé qui demandaient le paiement d\u2019une cotisation annuelle pour garantir l\u2019accès à un médecin.«Nous avons établi que le seul et unique critère qui permet de voir un médecin, c\u2019est la condition médicale, et non pas le fait d\u2019avoir fourni de l\u2019argent ou payé un service quelconque», déclare le docteur Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins.La question des frais accessoires «Nous sommes satisfaits de plusieurs points de la révision du code, mais celui qui nous déçoit sérieusement est l\u2019article concernant les frais accessoires, le Collège ne va pas assez loin», fait de son côté valoir M® Bruno Grenier.Le cabinet du juriste.Grenier Verbauwhede Avocats, représente Philippe Léveillé, un patient ayant déposé un recours collectif après s\u2019être vu imposer des frais excessifs par son médecin.Une disposition juridique, mise en place au même moment que la création de la Régie de l\u2019assurance-maladie du Québec (RAMQ), en 1969, autorise un médecin à facturer les médicaments ou agents anesthésiants qui ne sont pas couverts par le régime.Or, selon M® Grenier, certains praticiens ont abusé de ce droit et plusieurs situations ont laissé voir que des fournitures pouvaient être facturées jusqu\u2019à 10 fois plus cher que leur valeur.Selon le Collège des médecins, le nouvel article 76 permet de mieux encadrer cette pratique, en déclarant que « [le médecin] ne peut, en outre, réclamer des montants disproportionnés en paiement de fournitures médicales».M® Grenier estime que la formule « montant disproportionné » laisse trop de place à l\u2019interprétation, donc éventuellement à de nouveaux abus.«Des patients seront encore pris à devoir porter plainte en déontologie, et c\u2019est un processus long et décourageant», déplore-t-il.Selon le juriste, si le Collège des médecins veut réellement protéger le public, il devrait clarifier cet article en se basant sur la loi sur la RAMQ, qui indique que le médecin peut facturer seulement le coût des médicaments.M® Grenier salue toutefois un nouvel article du code qui stipule que les factures remises aux patients doivent être claires et détaillées, et non plus ambiguës, comme cela se produisait trop souvent.Ce processus permettra de faciliter les réclamations aux assureurs privés.À Québec de jouer Le secrétaire du Collège, le D'^ Bernard, estime pour sa part que l\u2019ordre professionnel a un pouvoir limité et qu\u2019il est temps que Québec adopte des directives claires, assorties de mesures dissuasives pour les contrevenants.«Il est temps de se questionner à nouveau sur ce que couvre le régime, et cette décision revient à Québec, et non au Collège», affirmœt-il.«Si le Collège ne modifie pas son approche afin d\u2019enrayer la sur facturation, il est possible que nous le poursuivions, à l\u2019instar de la RAMQ et du ministre de la Santé», a avancé M® Grenier.Ce dernier indique que son cabinet prendra sa décision finale avant le 31 janvier.Par ailleurs, plusieurs autres articles ont été actualisés dans le Code de déontologie.La section relative à la qualité de la relation professionnelle a été modifiée pour tenir compte de la préservation du secret professionnel lorsque les médecins utilisent les réseaux sociaux et Internet.Par exemple, un praticien devra demander la permission à son patient avant de partager des informations sur son intervention à des paires via un site Web.Le Devoir {{ Nous avons établi que le seul et unique critère qui permet de voir un médecin, c\u2019est la condition médicale, et non pas le fait d\u2019avoir fourni de l\u2019argent D'Yves Robert, Collège des médecins 1433 A 4 LE DEVOIR LE MARDI 6 JANVIER 2015 ACTUALITES Laval : le maire Demers met en cause les avocats de ses adversaires DAPHNÉE HACKER-B.Outré que ses adversaires portent officiellement en appel la cause sur son éligibilité, le maire de Laval, Marc Demers, a prêté lundi des intentions vengeresses aux deux avocats du candidat défait, Jacques Foucher.C\u2019est juste avant Noel, le 23 décembre dernier, que les juristes Charles Caza et Rino Soucy ont interjeté appel de la décision rendue quelques jours plus tôt par la juge Danielle Turcotte, qui a déclaré que M.Demers était apte à siéger.«Cest déplorable, c\u2019est réellement de l\u2019acharnement », a lancé, à l\u2019autre bout du fil, le maire Demers.Sans aucune preuve à l\u2019appui, M.Demers a déclaré au Devoir qu\u2019il «doute sérieusement» que les deux avocats offrent leurs services juridiques gratuitement, comme ils le font valoir depuis le début.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les adversaires de Marc Demers contestent son éligibilité.«J\u2019émets avec prudence des doutes sur le fait qu\u2019ils offrent réellement des services pro bono, poursuit-il.Je trouve leur comportement bizarre: avant même que le jugement ne soit tombé, leur client affirmait qu\u2019ils iraient en appel; la moindre des^ choses est de lire le jugement.» Evasif, M.Demers a avancé que «des gens ont intérêt à vouloir {\\]e sortir de la mairie», ajoutant que la Ville de Laval intenterait bientôt des poursuites visant à récupérer des sommes perdues dans des affaires de corruption sous le régne de l\u2019ex-maire Gilles Vaillancourt.Les avocats répliquent M® Rino Soucy s\u2019est défendu d\u2019agir pour servir d\u2019autres intérêts que celui du droit.«Nos services sont gratuits, car cette cause nous tient à cœur», a-t-il tonné.Il a aussi démenti que son client ait déclaré qu\u2019il interjetterait appel avant même que le jugement ne soit tombé.N\u2019empêche, selon les dires de plusieurs journalistes présents durant les audiences, leur client, M.Foucher, aurait tenu de tels propos.«Je ne comprends pas toutes ces insinuations de M.Demers.On ne fait pas des centaines de cas pro bono, mais la question d\u2019éligibilité soulevée dans cette cause nous intéresse au niveau du droit municipal, et ça s\u2019arrête là», tranche-t-il.Le Devoir Trois autres accusés de Boisbriand devant lejuge Un système d\u2019attribution de contrats aurait impliqué les firmes Roche, Triax et l\u2019ex-maire Poirier BRIAN MYLES La justice poursuit sa lente marche dans le dossier de Boisbriand.Prés de cinq ans après leur arrestation, trois accusés (France Michaud, Rosaire Fontaine et Robert Poirier) subissent enfin leur procès à Saint-Jérôme.La Couronne a l\u2019intention de faire entendre une vingtaine de témoins lors de ce procès qui devrait durer environ cinq semaines, devant le juge Normand Bonin.L\u2019ancienne vice-présidente de Roche, France Michaud, l\u2019ancien employé de Triax, Rosaire Fontaine, et l\u2019ex-maire de Boisbriand, Robert Poirier, sont accusés notamment de fraude, de complot et d\u2019abus de confiance.Gilles Cloutier, organisateur d\u2019élections clés en main, qui collabore avec la police, devrait témoigner dès mardi.M.Cloutier est un témoin à risque.Il s\u2019est paijuré devant la commission Char-bonneau, en affirmant faussement qu\u2019il était le propriétaire d\u2019une résidence d\u2019été dans Charlevoix qu\u2019il mettait à la disposition des élus de la couronne nord (il en était en fait le locataire).Lundi, la greffière de la Ville de Boisbriand, Lucie Mongeau, a expliqué en détail les règles d\u2019attribution des contrats dans cette municipalité montrée du doigt pour de nombreuses irrégularités.Une des coaccusés, l\u2019ex-mairesse Sylvie Saint-Jean, a plaidé coupable en mars dernier, en échange d\u2019une peine de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité.M®® Saint-Jean avait admis sa participation à un «système frauduleux » dans l\u2019octroi des contrats publics, au bénéfice des firmes de génie-conseil Roche, Triax (avalé par BPR) et Séguin (rebaptisé Génius).Partage de contrats Les faits admis par M®® Saint-Jean ne constituent pas une preuve contre les coaccusés, mais ils donnent un aperçu de la théorie de la poursuite dans ce dossier.Dès les années 2000, Robert Poirier aurait mis en place un système de partage de contrats entre Roche, Triax et Séguin.M.Poirier a été maire de Boisbriand de novembre 1998 jusqu\u2019à sa démission, en juillet 2005.Sylvie Saint-Jean l\u2019a remplacé jusqu\u2019en 2009.Elle aurait perpétué le système mis en place par ses prédécesseurs.En début de procès, la procureure Nicole Martineau a passé en revue des contrats de 25 000$ à 100 000$ accordés ^ur invitation en 2004, principalement à Roche.A tous les coups, le comité de sélection était formé de feu Jean-Guy Gagnon (un organisateur politique de Robert Poirier), Michel Théroux (un proche de Gagnon) et Marc-André Lemire (procureur à la Cour municipale).Trois autres coaccusés (les entrepreneurs Lino et Giuseppe Zambito et l\u2019ex-conseiller municipal Claude Brière) doivent subir un procès séparé à une date ultérieure dans cette histoire.Le Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR L\u2019ex-maire Robert Poirier, photographié en 2005 SOURCE CYNTHIA HARVEY Les maudites crazy carpets Cadeau de fin d\u2019année des journalistes du Devoir, la série Instantanés vous propose des textes de fiction inspirés par des photos d\u2019archives du temps des Fêtes envoyées par des lecteurs à la rédaction.En guise de clôture, un texte d\u2019Eric Desrosiers et un cliché de Cynthia Harvey.ÉRIC DESROSIERS Ça, c\u2019est moi devant notre maison aux Es-coumins.On ne peut pas voir, mais je suis en pyjama sous mon habit de neige.On adorait ça, mes sœurs et moi, pouvoir rester toute la journée en pyjama et, comme ma mère avait hâte qu\u2019on sorte de la maison, elle nous a laissés faire.La fille derrière, c\u2019est ma plus grande sœur, Cathy.La mitaine rouge devant, c\u2019est mon autre sœur, Cynthia.On est sortis pour glisser en crazy carpets.J\u2019hais les crazy carpets.Il n\u2019y a pas moyen de rester assis là-dessus, ni de contrôler ça.Il faut aussi se méfier de leurs rebords quand on tombe, ou que le vent prend dedans, parce que le froid les rend coupants.Mon oncle nous a donné un beau skidoo jaune (pas un vrai, un en plastique), mais on l\u2019a cassé le premier jour en faisant des jumps avec et il traîne, depuis ce temps-là, à côté de la porte du garage.Alors, on n\u2019a pas d\u2019autre choix que de prendre les maudites crazy carpets.Je n\u2019aime pas mes bottes non plus.Moi, je voulus des botte^ lunaires, comme celles de mon ami Éric \u2014 pas Éric Goulet, ni Éric St-Hilaire, mais Éric Larçen (presque la moitié de mes amis s\u2019appellent Éric).Mes parents m\u2019ont donné les anciennes bottes de Cynthia à la place.Ils disent qu\u2019elles sont bien mieux parce qu\u2019elles sont en vrais poils d\u2019ours, mais ça m\u2019étonnerait qu\u2019il y ait de§ ours de cette couleur-là.Éric (Larsen) est mon meilleur ami.Il habite à côté de chez nous, sur la rue des Pilotes.Il a les cheveux très très blonds et les yeux très très bleus.Il dit que son père est un vrai Viking, mais il paraît que c\u2019est juste un monsieur qui est débarqué un jour d\u2019un bateau et qui n\u2019a plus voulu repartir.Avec Éric, on aime jouer à la guerre sur le terrain entre nos deux maisons, mais des fois on préfère jouer à la guerre dans la forêt en arrière de chez nous.On pouvait jouer tous les jours avant qu\u2019on commence à aller à l\u2019école.Moi, j\u2019aimais mieux dans ce temps-là.De toute façon, je ne veux pas devenir une maîtresse d\u2019école quand je serai grand.Je veux devenir soldat, pour avoir une vraie mitraillette, ou clown, pour savoir jongler et lancer des tartes à la crème.Mais mes parents disent qu\u2019il faut que j\u2019aille à l\u2019école quand même.On ne voit pas ma mère sur la photo, mais elle est derrière la fenêtre qui est derrière l\u2019arbre.Elle a beaucoup de ménage à faire, parce qu\u2019on recevait la famille pour Noel l\u2019autre soir, mais elle regarde quand même dehors, de temps en temps.C\u2019est à cause de la rue.Il n\u2019y a pas beaucoup d\u2019autos qui y passent, mais comme notre glissade se rend jusqu\u2019à l\u2019asphalte, il faut quand même faire attention et regarder à gauche, puis à droite, puis encore à gauche, quand on arrive en bas.Quand on lève les yeux, on voit le fleuve.On y va souvent pour jouer à la guerre, jeter des cailloux dans l\u2019eau, chercher des anguilles mortes ou juste regarder les bateaux prendre et débarquer leurs pilotes.L\u2019hiver, c\u2019est encore plus beau, même si le vent froid pique le nez, avec la neige blanche qui couvre tout, les craquements effrayants, de la glace et le ciel qui a la couleur des yeux d\u2019Éric Larsen.L\u2019autre personne, qu\u2019on ne voit pas non plus sur la photo, mais à qui je souris, est mon père.Il était en train de sortir un sac de poubelles (qu\u2019on aperçoit en haut de l\u2019escalier), quand il nous a vus jouer dehors.Il a tout laissé tomber pour aller chercher son appareil photo.Mon père est tout le temps en train de nous prendre en photo, de nous filmer avec la caméra Super 8 et de nous enregistrer sur le magnétophone à cassettes «pour nous faire des souvenirs», comme il dit.Ma mère dit qu\u2019il a la «noce talgie anti-cipée».Je sais c\u2019est quoi une noce (c\u2019est une sorte de mariage), mais je ne comprends pas le reste de l\u2019expression.En tout cas, je ne sais pas si c\u2019est à cause de ça, mais il ne m\u2019a pas dit ce qu\u2019il voyait, à ce moment-là, dans son appareil photo, c\u2019est-à-dire Cathy qui arrivait à pleine vitesse sur sa crazy carpet juste derrière moi.Elle jure qu\u2019elle a essayé de m\u2019éviter mais qu\u2019elle ne contrôlait plus rien, mais je ne la crois pas complètement.Ç\u2019a cogné si fort que j\u2019ai revolé dans les airs et que j\u2019ai perdu une botte.Cynthia est partie à rire.J\u2019étais tellement fru que je lui ai envoyé ma crazy carpet dans la face.Ça lui a fendu la lèvre d\u2019en haut et elle s\u2019est mise à pleurer et à saigner partout.Ma mère est sortie dehors et a crié à mon père de faire quelque chose au lieu de continuer à prendre des photos.Je ne sais pas si c\u2019est le genre de souvenirs qu\u2019il voulait, mais on ne me sortira pas de la tête que les crazy carpets, c\u2019est super poche.Le Devoir Découvrir > Des textes inédits de ia série Instantanés dans un livre électronique publié par Le Devoir.En vente à bitly/instantanes D AirAsia: les autorités ordonnent des suspensions Pangkalan Bun \u2014 Les autorités indonésiennes ont ordonné lundi la suspension de responsables de la navigation aérienne, dans le cadre de l\u2019enquête sur l\u2019écrasement de l\u2019avion d\u2019AirAsia en mer de Java.Les autorités soupçonnent la compagnie d\u2019avoir fait emprunter à l\u2019avion un couloir de vol sans permission, et le ministère des Transports a maintenant ordonné aux responsables d\u2019aéroport et de la navigation aérienne de «suspendre le personnel impliqué» dans les activités du vol QZ8501, a déclaré le directeur général des Transports, Djoko Muijat-modjo.Cette décision intervient au neuvième jour des opérations de recherche menées avec l\u2019aide d\u2019autres pays et étendues lundi pour retrouver des victimes et l\u2019épave de l\u2019Airbus A320-200 qui s\u2019est abîmé en mer le 28 décembre.Les équipes de recherche ont repêché lundi trois nouveaux corps, portant le total à 37, sur les 162 personnes à bord de l\u2019appareil qui avait décollé de la ville indonésienne de Surabaya pour Singapour, avant de disparaître des écrans radars.Agence France-Presse Messages haineux à Dalhousie : les étudiants suspendus La direction de l\u2019Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, a annoncé lundi la suspension de 13 étudiants de quatrième année en médecine dentaire, soupçonnés d\u2019avoir écrit sur Facebook des messages menaçants et méprisants envers les femmes.Dans un communiqué, le président de l\u2019université, Richard Florizone, écrit que ces suspensions sont nécessaires afin d\u2019assurer un environnement approprié aux autres étudiants et aux patients qui fréquentent la clinique publique de médecine dentaire.«Les commentaires publiés sur Facebook par un groupe d\u2019étudiants de quatrième année en médecine dentaire étaient profondément insultants, dégradants envers les femmes et totalement inacceptables.Ce comportement ne sera pas toléré à l\u2019Université Dalhousie», a indiqué le président Florizone, lors d\u2019une conférence de presse tenue lundi matin.D\u2019après des informations divulguées par le réseau anglais de Radio-Canada, la page Facebook s\u2019adressant aux étudiants de sexe masculin en médecine dentaire leur demandait de voter pour l\u2019étudiante avec qui ils aimeraient avoir un rapport sexuel violent {«hate sex») et faisait des blagues sur l\u2019utilisation de chloroforme sur des femmes.Sur une autre page, on voyait une femme en bikini au-dessus de la légende suivante : «Tirez votre coup jusqu\u2019à ce que le stress soit évacué ou que la femme ait perdu conscience.» La Presse canadienne L\u2019autoroute 50 baptisée «Papineau»?La Commission de toponymie du Québec se penchera le mois prochain sur une proposition visant à baptiser l\u2019autoroute 50 du nom de Louis-Joseph Papineau, l\u2019ex-politicien et intellectuel.Terminée en 2012, après des décennies de construction par trpnçons, l\u2019autoroute relie Mirabel et Gatineau.A l\u2019origine de la demande, la Société historique Louis-Joseph-Papineau fait notamment valoir que Papineau fut une «figure politique de toute première importance dans l\u2019Outaouais».N\u2019importe qui peut faire des suggestions de nom à la Commission, qui évalue chaque demande et en soumet certaines à des consultations plus larges.La mémoire de Louis-Joseph Papineau, fils de Joseph et grand-père d\u2019Henri Bourassa, est déjà honorée par des dizaines de monuments ou de noms de rue à travers le Québec.Le Devoir GIF : Michaëlle Jean en poste Paris \u2014 Michaelle Jean, première femme et première personne non africaine nommée à la tête de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIE), a officiellement pris lundi ses fonctions de secrétaire générale.La cérémonie de passation avec son prédécesseur, Abdou Diouf, s\u2019est déroulée au siège de rOIÉ, à Paris.M™® Jean avait été désignée, le 30 novembre dernier, par les chefs d\u2019Etat et de gouvernement de l\u2019OIF lors du 15® Sommet de la Francophonie tenu à Dakar (Sénégal), pour un mandat de quatre ans.Agence France-Presse JACQUES NADEAU LE DEVOIR 176* canne à ponunean d\u2019or Grande tradition maritime, la 176® cérémonie de la canne à pommeau d\u2019or s\u2019est déroulée lundi matin, dans un froid mordant, au port de Montréal.C\u2019est le capitaine Anuj Kararia, le commandant de nationalité indienne du navire Valencia Express, qui a reçu les honneurs.Ce dernier a été encensé pour avoir été le premier à entrer au port montréalais en 2015.Son arrivée souligne que le port est ouvert toute l\u2019année aux bateaux transocéaniques. LE DEVOIR, LE MARDI 6 JANVIER 2015 A 5 LE MONDE ETATS-UNIS Début du procès de l\u2019accusé des attentats de Boston BRIGITTE DUSSEAU à Boston ' ' 1 risque la peine de mort.Vingt mois après le carnage ( U double attentat du marathon ( e Boston, le procès de son seul accusé s\u2019est ouvert lundi au tribunal fédéral par la sélection des jurés.DjokharTsar-naev, 21 ans, jeune musulman d\u2019origine tchétchène, naturalisé américain en 2012, risque la peine capitale pour ces attentats, les plus gravqs depuis le 11-Septembre aux Etats-Unis.Vêtu d\u2019une chemise, d\u2019un pull sombre et d\u2019un pantalon clair, tignasse rebelle et petite barbe, il est apparu lundi au tribunal, face à un premier groupe de 200 à 250 jurés potentiels.Le juge George O\u2019Toole leur a notamment expliqué que, s\u2019ils étaient retenus, ce serait à eux de décider entre prison à vie et peine de mort pour Tsarnaev.Encadré de ses cinq avocats, allure adolescente, l\u2019accusé a écouté avec attention, parfois agité, regardant par terre, les mains souvent nouées.«Ce dont vous avez besoin est un engagement envers la justice», a déclaré le juge aux jurés, insistant sur la nécessité de composer un «jury vrai, honnête et impartial».Il leur a ordonné de ne parler à personne de l\u2019affaire, de ne pas lire les journaux, de ne pas aller sur Google ou sur les réseaux sociaux.Les jurés devaient ensuite remplir un questionnaire, pour commencer le processus de sélection, qui conduira à un jury de 12 personnes et 6 suppléants.Le juge a précisé que le procès en tant que tel devrait com- mencer le 26 janvier et durer de trois à quatre mois.Tsarnaev est accusé d\u2019avoir déposé, avec son frère aîné décédé quatre jours plus tard, deux bombes artisanales qui ont explosé près de la ligne d\u2019arrivée du marathon de Boston, le 15 avril 2013.Trois personnes avaient été tuées, dont un enfant de 8 ans, et 264 blessées, parmi les dizaines de milliers de personnes venues encourager les coureurs.Le marathon avait traumatisé la ville de 646 000 habitants, et la défense de Tsarnaev avait de-mandé en vain ces derniers mois que le procès ait lieu ailleurs.Elle avait fait valoir que des milliers de Bostoniens avaient entendu parler de près ou de loin des attentats et qu\u2019il serait impossible de composer à Boston un jury impartial.Le juge George OToole a refusé, mais la sélection des jurés promet d\u2019être fastidieuse: un total de 1200 jurés potentiels ont été convoqués au tribunal.Lundi, deux groupes de 200 à 250 personnes, l\u2019un le matin, l\u2019autre l\u2019après-midi, devaient écouter les instructions du juge et remplir le questionnaire.Le scénario sera le même mardi et mercredi.Le procès sera ensuite ajourné jusqu\u2019à la fin de la semaine prochaine et le processus d\u2019élimination commencera, sur la base des questionnaires.Si Tsarnaev est reconnu coupable, le même jury devra, à l\u2019unanimité, décider entre peine de mort et réclusion à perpétuité.Tous les jurés doivent donc être ouverts à la possibilité de la peine capitale.Agence France-Presse AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019attentat de 2012 a traumatisé Boston.ISRAEL Washington s\u2019oppose an gel des taxes pour les Palestiniens Le gel par Israël de fonds destinés à l\u2019Autorité palestinienne suscitç de fortes réactions tant aux Etats-Unis qu\u2019en Israël même.Peu après le président israélien, ce sont les Etats-Unis qui ont dit lundi être opposés au gel par Israël de plus de 140 millions de dollars de taxes collectés pour le compte de l\u2019Autorité palestinienne.Le gel de ces taxes, qui représentent près de la moitié du budget palestinien, «est une décision qui exacerbe les tensions», a déclaré Jennifer Psaki, pqrte-parole du département d\u2019Etat, lors de son point de presse quotidien.«Nous voulons éviter une escalade», a-t-elle ajouté.Israël a gelé dès samedi le versement de ces taxes collectées pour le compte des Palestiniens et qui leur sont reversées chaque mois, en réponse à l\u2019offensive diplomatique des Palestiniens à l\u2019ONU.Ceux-ci ont formulé une demande d\u2019adhésion à la Cour pénale internationale (CPI), dans le but avoué d\u2019y citer des responsables israéliens.Le secrétaire d\u2019Etat américain, John Kerry, artisan de la reprise du processus de paix israélo-palestinien entre juillet 2013 et avril dernier, s\u2019est entretenu avec le premier ministre israélien.Benjamin Nétanyahou ce week-end, tandis que des diplomates américains sont en contact avec les dirigeants palestiniens, a encore expliqué Jennifer Psaki.Un geste inutile Le président israélien, Reu-ven Rivlin, a affirmé lundi qu\u2019il était opposé au gel.«Geler les taxes ne peut être utile ni pour Israël ni pour les Palestiniens, a déclaré M.Rivlin lors d\u2019une rencontre avec des ambassadeurs en poste en Israël.Les sanctions contre l\u2019Autorité palestinienne doivent être en accord avec les intérêts israéliens et ce gel des taxes ne l\u2019est pas», a-t-il qjouté.L\u2019Etat hébreu a déjà utilisé ce moyen de pression, notamment en avril lors de la réconciliation palestinienne entre le Latah du président Mahmoud Abbas et le Hamas, qui rechigne à rendre les clés du pouvoir à Gaza.Agence France-Presse REEUGIES Débordé, le Liban impose des visas aux Syriens SARA HUSSEIN RITA DAOU à Beyrouth Le Liban, déstabilisé par l\u2019afflux de réfugiés, a commencé lundi à limiter l\u2019entrée des Syriens en leur imposant des visas, une mesure sans précédent qui va compliquer encore la tâche de ceux qui veulent fuir la guerre.Ces visas sont les premiers dans l\u2019histoire des deux pays, dont les ressortissants avaient toujours librement traversé la frontière depuis leur indépendance, dans les années 1940.«Aujourd\u2019hui, les Syriens arrivant aux frontières ont commencé à présenter des documents afin d\u2019entrer» dans le pays, a annoncé un responsable de la Sûreté générale libanaise.Six catégories de visas et deux catégories de permis de séjour sont octroyées à la frontière.Le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, avait expliqué samedi que leur mise en place visait à empêcher les Syriens de se réfugier au Liban.Plus de 1 million Depuis le début du conflit en Syrie il y a près de quatre ans, plus de 1,1 million de Syriens ont trouvé refuge au Liban, pays de 4 millions d\u2019habitants, selon le Haut Commissariat de rONU pour les réfugiés (HCR).Ce chiffre est probablement supérieur, car de nombreux Syriens ne seraient pas enregistrés.Cet afflux de réfugiés met à 4 r\u2018f( ¦m Æ.1 V- f 1=- HUSSEIN MALLA AGENCE FRANCE-PRESSE Des réfugiés syriens dans un camp près de Deir Zannoun, dans la vallée de la Bekaa rude épreuve les fragiles infrastructures et l\u2019opinion publique libanaises, notamment avec la dégradation de la sécurité dans des zones comme Aarsal, ville frontalière de l\u2019est du pays abritant des dizaines de milliers de réfugiés.Le gouvernement libanais tire la sonnette d\u2019alarme depuis des mois, en avertissant la communauté internationale qu\u2019il ne parvient plus à faire face à l\u2019arrivée massive de Syriens.En octobre, M.Derbas avait déclaré que son pays «ne reçoit plus of ficiellement les déplacés syriens», sauf exceptionnellement pour des raisons humanitaires.Khalil Jebara, conseiller du ministre de l\u2019Intérieur, a précisé que son pays continuerait de faire des exceptions pour des motifs humanitaires, mais qu\u2019il était nécessaire de limiter les nouvelles arrivées.«Nous respectons nos obligations internationales, nous n\u2019expulserons personne et il y a aura des exceptions humanitaire, a-t-il souligné.Mais il est grand temps de réguler l\u2019entrée des Syriens.Leur présence entraîne un lourd fardeau sécuritaire, économique et social, une pression que les infrastructures ne peuvent plus supporter.» Contrairement à la Jordanie et à la Turquie, le Liban n\u2019a pas créé de camps et les réfugiés sont dispersés dans le pays.Selon Lina Khatib, du Centre de recherche Carnegie pour le Moyen-Orient, la création de visas est la conséquence de l\u2019échec du Liban à mettre en place une politique de gestion des réfugiés dès le début du conflit.La polarisation du Liban entre les partisans du régime syrien, dont le puissant mouvement chiite Hezbollah, et ceux de la rébellion syrienne complique tout consensus sur le sort des réfugiés.Agence France-Presse TUNISIE Habib Essid est chargé de former le gouvernement INES BEL AIBA KAOUTHER LARBI à Tunis Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a chargé lundi l\u2019ex-ministre de l\u2019Intérieur, Habib Essid, qui a occupé plusieurs postes sous le dictateur déchu Ben Ali, de former un gouvernement destiné à stabiliser la démocratie naissante.«À partir d\u2019aujourd\u2019hui, nous commencerons les consultations avec les partis politiques et la société civile et nous essayerons dans la mesure du possible de terminer ces consultations au plus vite afin que la Tunisie dépasse cette période de transition le plus rapidement possible», a déclaré M.Essid.M.Essid, 65 ans, dont le nom circulait avec insistance, a été choisi conformément à la Constitution par le parti majoritaire à l\u2019Assemblée, Nidaa Tonnés.Le vice-président du parti, Mohamed Ennaceur, a justifié ce choix d\u2019une personnalité indépendante ne faisant pas partie de Nidaa Tounès par les compétences et l\u2019expérience de M.Essid, notamment en matière de sécurité.M.Ennaceur a toutefois reconnu que cette nomination avait provoqué des remous au sein de son parti, dont certains auraient préféré que le futur chef du gouvernement soit issu de leurs rangs.M.Essid a été ministre de l\u2019Intérieur en 2011 dans le gouvernement de M.Caïd Essebsi, HASSENE DRIDI AGENCE FRANCE-PRESSE Le président Béji Caïd Essesbi (à droite) en compagnie de son premier ministre, Habib Essid alors premier ministre, après la révolution qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali, mais aussi conseiller en charge des affaires sécuritaires auprès de son successeur, l\u2019islamiste Hamadi Jebali.M.Essid a un mois \u2014 un délai renouvelable une seule fois \u2014 pour former et présenter son équipe, qui doit obtenir la confiance de l\u2019Assemblée.Il devra s\u2019appuyer sur une coalition, Nidaa Tounès ne disposant pas de la majorité absolue, avec 86 sièges sur 217.Coopération Le parti islamiste Ennahda, deuxième force politique du pays (69 sièges), a indiqué être prêt à coopérer pleine- ment avec M.Essid.«Nous avions une position de principe avant les élections, selon laquelle nous sommes pour un gouvernement d\u2019union nationale.Si le chef du gouvernement désigné nous faisait une proposition en ce sens, nous serions ravis d\u2019en discuter», a déclaré le porte-parole d\u2019En-nahda, Zied Ladhari.Si M.Essid a été qualifié par certains, comme le magazine Leaders, de personnalité consensuelle, des Tunisiens se sont dit déçus par sa désignation, redoutant une approche axée sur le sécuritaire et déplorant ses liens avec l\u2019ancien régime.Agence France-Presse FRANCE Le bébé rom est finalement inhumé Champlan \u2014 Le bébé rom décédé fin décembre dont une commune de la banlieue de Paris avait refusé l\u2019inhumation a été enterré lundi dans une ville voisine, alors que le président, Erançois Hollande, s\u2019est associé à l\u2019indignation provoquée par cette affaire.L\u2019inhumation du petit cercueil blanc a eu lieu au cimetière de Wissous, à sept kilomètres de Champlan, où vit la famille de l\u2019enfant, après une cérémonie religieuse dans une église catholique.Le président Hollande s\u2019est associé lundi matin à l\u2019émotion suscitée par l\u2019affaire révélée samedi, disant refuser que la Erance «s\u2019en [prenne] à l\u2019autre comme ça s\u2019est passé dans un cimetière».Le premier ministre, Manuel Valls, avait évoqué dimanche «une injure à ce qu\u2019est la France».La justice a ouvert lundi une enquête pour discrimination, afin de «déterminer les conditions dans lesquelles le refus d\u2019inhumer aurait été opposé à la famille», a qnnoncé le procureur d\u2019Evry, Eric Lallement.La petite Maria Erancesca, âgée de deux mois et demi, est décédée de mort subite du nourrisson, dans la nuit du 25 au 26 décembre, dans le bidonville où elle vivait avec sa famille à Chantran, en bordure des pistes de l\u2019aéroport d\u2019Orly.Agence France-Presse Boko Haram inquiète le Niger N iamey \u2014 Le drapeau noir des islamistes nigérians de Boko Haram, qui contrôle de plus en plus de territoires dans le nord-est du Nigeria, est visible depuis le Niger par-delà la frontière, s\u2019est alarmé lundi un maire de la région nigérienne de Diffa.«On peut apercevoir le drapeau noir des djihadistes flotter de l\u2019autre côté» de la frontière, a déclaré le maire de Diffa, Hankaraou Biri Kas- soum, joint au téléphone.«Presque tous les villages, toutes les grandes villes du Nigeria proches du Niger sont à présent sous le contrôle de Boko Haram, nous vivons dans la peur d\u2019éventuelles attaques des islamistes», s\u2019est alarmé le maire de Diffa.Le groupe a pris samedi le contrôle d\u2019une base militaire près de Baga et de plusieurs localités voisines dans l\u2019extrême nord-est du Nigeria, le long des rives du lac Tchad, à cheval entre le Nigeria, le Tchad et le Niger.Agence France-Presse Congédié ?I 1\tVoyez ® François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.f Vieux Montréal 514.845.5545 A 6 LE DEVOIR LE MARDI 6 JANVIER 2015 EDITORIAL LA GRECE SELON MERKEL En dehors de l\u2019euro ! Le chat allemand est sorti du sac de nœuds européens.La chancelière Angela Merkel estime en effet que, si les Grecs portent la gauche au pouvoir, alors ils devront abandonner l\u2019euro.Le fin mot de cette histoire?La théorie de la chaîne et sa logique des intérêts ont renvoyé la théorie de l\u2019effet domino au rang de légende.On s\u2019explique.S Serge Truffaut elon les confidences recueillies par l\u2019hebdomadaire allemand Der Spiegel, Merkel a la certitude que, si la gauche qualifiée de radicale par les médias dominants récolte la majorité des sièges lors des élections législatives à la fin du présent mois, alors la Grèce sera condamnée à remplacer l\u2019euro par la drachme, soit sa monnaie antérieure.Merkel ainsi que son ministre des Finances, Wolfgang Schauble, «jugent supportable une sortie du pays de la monnaie unique en raison des progrès accomplis par la zone euro depuis le sommet de la crise, en 2012.».En agissant de la sorte, Merkel s\u2019est posée en chef d\u2019orchestre de la fronde conçue pour freiner l\u2019avancée de Syriza et de son chef, Alexis Tsipras, ou, inversement, comme l\u2019avocat du premier ministre sortant, le conservateur Antonis Samaras.Tout un chacun aura noté que la citoyenne allemande Merkel s\u2019est imposée dans les rapports de force qui se poursuivent sur l\u2019échiquier politique grec.Et d\u2019une.Et de deux: personne ne sera étonné d\u2019apprendre que le programme de Samaras est, au fond, une copie conforme des désirs qui I\tV habitent Merkel et Schauble, soit l\u2019observation \\\tdirectives composées par la troïka formée V j par la Banque centrale européenne (BCE), le FMI et rUnion européenne.Bien.11 y a deux ans de cela, lorsque la sortie de la Grèce de la zone euro était évoquée, Merkel criait à hue et à dia.11 était d\u2019autant moins question d\u2019envisager cette éventualité qu\u2019on craignait comme la peste l\u2019effet domino.Berlin avait alors la certitude que, si la Grèce sortait, le Portugal et l\u2019Irlande suivraient, après quoi l\u2019euro imploserait.Depuis lors, les banques allemandes, françaises et autres ont réduit leurs investissements en Grèce, un mécanisme européen de stabilité (MES) et l\u2019IInion bancaire ont été mis en place.Bref, l\u2019euro a été renforcé.À telle enseigne d\u2019ailleurs que, au sein des cercles du pouvoir, la théorie de la chaîne a succédé à l\u2019effet domino.Mais.Mais encore ?Le souhait que le maillon faible, en l\u2019occurrence la Grèce, quitte la zone euro a remplacé la hantise découlant de son départ plausible pour la bonne et «capitale» raison que l\u2019euro en serait renforcé.Après avoir enregistré une contraction très prononcée de 25% du PIB dans la foulée de réformes économiques brutales, voilà qu\u2019une embellie a été constatée en 20i4.De ce pataquès socio-économique, il faut retenir qu\u2019entre 2008 et 20i4 des augmentations très, très marquées de suicidés, de pauvres, de prostitués et d\u2019autres abîmés ont été constatées.En fait, en exprimant le désir que l\u2019on sait, il faut reconnaître à Merkel un sens des réalités économiques en général et de l\u2019intérêt allemand en particulier.C\u2019est tout simple: l\u2019industrie touristique, si vitale à la Grèce, a pour Dieu financier une monnaie faible, si contraire, elle, à la machine-outil allemande qui adore la monnaie forte, le produit à forte valeur ajoutée étant son mantra « capitaliste ».On tient à souligner que le programme de la gauche dite radicale consiste pour l\u2019essentiel à renégocier les ententes imposées \u2014 il n\u2019y a pas d\u2019autre mot \u2014 par la troïka afin de consacrer 12 milliards, et seulement 12 milliards, à une hausse du salaire minimum et à la lutte contre un chômage abyssal.À vrai dire, ce programme dérange parce qu\u2019il est humain, trop humain.CONTESTATION SYNDICALE Là où ça craque e Québec commence l\u2019année dans un drôle d\u2019état, soufflé par les vents d\u2019austérité qui viennent du gouvernement mais dont on ne sait trop encore s\u2019ils nourriront les feux de la révolte ou s\u2019ils les éteindront.Longtemps tributaire de la comparaison avec les décennies 60 et 70, la mobilisation de masse au Québec a maintenant un repère contemporain : le printemps étudiant de 2042.C\u2019est ce à quoi on pense quand les mouvements sociaux et syndicaux annoncent un printemps chaud, comme l\u2019ont fait ces derniers jours la CSQ, la FTQ et la CSN lors de leurs rencontres de presse en début d\u2019année.Bien malin toutefois serait celui qui pourrait assurer que les rues seront envahies de façon si durable en 2045 que le gouvernement libéral en sera ébranlé.Après tout, le discours sur l\u2019austérité a ceci de particulier que, en soi, il plaît.«La FTQ ne s\u2019oppose pas au retour à l\u2019équilibre budgétaire», disait d\u2019entrée de jeu, dimanche, le président de la centrale, Daniel Boyer (en plaidant toutefois pour en ralentir le rythme).Et le gouvernement sait bien que, dans la somme des mesures qu\u2019il a lancées tout au long de l\u2019automne, chacun peut piger ce qui lui apparaîtra utile pour rétablir le si précieux équilibre.La lutte étudiante se déroulait certes sur un fond de mécontentement contre le gouvernement Charest, mais sa cible était claire : contre la hausse des droits de scolarité.Cette fois, les motifs d\u2019opposition sont dispersés, et la toile de fond sera les négociations dans le secteur public.Le gouvernement aura beau jeu d\u2019opposer les demandes syndicales au bien-être du contribuable (et non pas du citoyen, qui pourrait, lui, se poser des questions !).Néanmoins, il faut s\u2019arrêter sur le message transmis par les trois chefs syndicaux.Ce dont ils nous parlent, c\u2019est de l\u2019exaspération dans les milieux touchés par les annonces du gouvernement Couillard, qui, on le sait bien sur le terrain, tiennent davantage du remue-ménage que du grand ménage salvateur dont rêve la population.« C\u2019est en train de craquer dans les milieux de travail», dit le président de la CSN, Jacques Létourneau.Pas de reconnaissance pour les employés (ce qu\u2019accentuent les demandes implacables faites par Québec en vue des négos), mais des réformes de structure qui vont, encore, mobiliser temps et énergie, susciter l\u2019insécurité, ralentir 1^ productivité, donc rajouter au mantra sur les défaillances de l\u2019État.Qr il faut garder en tête que, au-delà des chiffres, le discours sur l\u2019austérité est d\u2019abord un construit politique qui a une visée : vider l\u2019État de son sens, en démontrer l\u2019impertinence.Car, si ce n\u2019était que d\u2019argent, on prendrait le temps de faire les choses correctement.Comme les centrales, il faut donc s\u2019inquiéter de la grande bousculade actuelle : pas seulement pour leurs membres, mais pour ce qu\u2019il est en voie de rester de l\u2019État, donc de nous.et Josée Boileau LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET antre rnomem je Pi£T£T(Qyf RASSi?m \\ y LETTRES D\u2019abord la rémunération Monsieur le premier ministre Philippe Couillard, Permettez-moi la suggestion suivante : couper pour un temps non pas dans les services, ni dans les postes, mais clans toutes les rémunérations venant de l\u2019État.En commençant immédiatement par celles des hauts dirigeants eux-mêmes de votre gouvernement.Les rémunérations représentent les (rois quarts des dépenses budgétaires de l\u2019État, qui atteindront bientôt les fOO milliards de dollars.En les réduisant universellement de 5%, ce qui revient à 2,5% dans la plupart des cas après impôts, votre objectif serait atteint et même un peu dépassé.Simplement.Le temps qu\u2019il faudra pour retrouver l\u2019équilibre budgétaire recherché.En se rappelant que l\u2019avait déjà fait le gouvernement de René Lévesque : n\u2019était-ce pas temporairement, autant que de 20%, ainsi que la régression permanente d\u2019un échelon dans les grilles de rémunération?Pas de coupes sauvages de services.Pas de mises à pied cruelles des salariés les moins protégés (n\u2019oublions pas que les pires drames d\u2019une personne ou d\u2019une famille sont la perte d\u2019un être cher ou d\u2019un emploi).Pas de ces milliers d\u2019instances administratives où on passe plus de temps à la gestion démotivante des mises à pied et autres coupes qu\u2019en travail constructif et rigoureux.N\u2019acceptons qu\u2019un seul lieu de véritables combats et débats, celui, démocraticiue, de l\u2019Assemblée nationale.Pas celui de la rue dont sortiraient vainqueurs, après capitulations à la pièce de l\u2019État, les groupes d\u2019intérêt les plus puissants et les plus menaçants.La haute direction de l\u2019IIniversité Laval vient de donner le ton en appliquant une coupe de 3% à sa propre rémunération.Vous pourriez vous en inspirer en réduisant immédiatement celle de tous les hauts dirigeants de votre gouvernement.Geste simple, concret, symboliquement fort, qui ne réduirait personne à la pauvreté mais diminuerait l\u2019âpreté des affrontements, qui ne font que commencer.Hubert Laforge Professeur, doyen (UL) et recteur (UQAC) à la retraite Québec, le 5 janvier 2015 Donner dn ponvoir an français ! Au Québec, il faut s\u2019en désoler, on donne de plus en plus de pouvoir à l\u2019anglais, prétextant qu\u2019elle est la langue dominante dans le monde.Qu lui attribue un pouvoir d\u2019attraction, voire de séduction.Par exemple, sur le plan de la chanson, on constate, depuis une quinzaine d\u2019années, un nombre incessant d\u2019auteurs-compositeurs de langue française qui créent des albums en anglais.Et, pour des albums francophones, on choisit même parfois des titres en anglais pour des chansons écrites en français.Un titre en anglais, ça accroche plus qu\u2019en français?Sur le plan sportif, de nombreuses compétitions se déroulant au Québec portent des noms en anglais.Pourtant, le français est la cinquième langue parlée dans le monde avec ses quelque 274 millions de locuteurs.Ce n\u2019est pas rien ! Le français serait même en progression sur tous les continents.Mais force est de constater qu\u2019au Québec cette langue tend à régresser.Qu le constate de visu à Montréal, mais aussi une tendance se dessine dans les régions également.11 s\u2019agirait peut-être de donner plus de pouvoir de séduction au français sur notre territoire, question de montrer à la face du monde que nous sommes fiers d\u2019être des francophones d\u2019Amérique.Faudrait peut-être mettre l\u2019accent là-dessus ! Yvan Giguère Saguenay, le 4 janvier 2015 Le français: qualité ou quantité ?Entre Noël et le jour de l\u2019An, Victor-Lévy Beaulieu s\u2019en est pris au «désastre qu\u2019est devenue notre langue» dans Face-book.Le délabrement de l\u2019orthographe et le laisser-aller arrogant dans la manière d\u2019écrire, l\u2019écrivain n\u2019en peut plus.Aussi a-t-il décidé de bannir de sa page Facebook tous ceux qui écrivent «comme on défèque», «assassins de notre langue, donc du pays à faire ».Comme d\u2019habitude quand on entrouvre cette vanne, les commentaires se précipitent et gonflent en un flot de surenchères compensatoires contre l\u2019abâtardissement du français québécois et l\u2019indignité de ses locuteurs.L\u2019exagération est telle et si répétitive qu\u2019elle répond sûrement à un besoin profond.Si on se fait tant aller le clapet sur la qualité, c\u2019est en effet pour mieux se dissimuler le gros problème de quantité qu\u2019on a.Soigner sa langue écrite est bien sûr nécessaire, mais de là à inverser les priorités ! Au Québec, ce n\u2019est pas le français qu\u2019on assassine, mais ses usagers: ce n\u2019est pas surtout la qualité de l\u2019usage qui fait problème, c\u2019est carrément sa quantité (nombre de locuteurs et fréquence d\u2019utilisation).Pourquoi faire diversion en montant au créneau contre les massacreurs de l\u2019orthographe?Pourquoi s\u2019attarder au négligé des uniformes pendant qu\u2019on décime les troupes ?L\u2019indignation est ici mal placée.Et elle cache un défaitisme foncier.Son message : tant qu\u2019à mourir, mourons tirés à quatre épingles et montrons au vainqueur historique le beau parti qu\u2019il est en train d\u2019assassiner.Richard Gervais Sainte-Anne-des-Monts, le 2 janvier 2015 LIBRE OPINION Fluoration : distiller le doute dans les esprits YV BONNIER VIGER Médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive, professeur-directeur du Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval Il est malheureux de constater que des personnages comme Gilles Parent se servent de nos journaux pour tromper sciemment la population avec des propos mensongers concernant la fluoration de l\u2019eau potable (« Fluoration : faire confiance aux autorités de la santé ?», Le Devoir, 3i décembre 2044).Je suis médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive, associé du Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, et j\u2019ai toute la formation nécessaire pour prescrire aux municipalités l\u2019ajustement des concen- trations de fluor dans l\u2019eau potable pour prévenir la carie dentaire.Gilles Parent le sait très bien puisque nous avons débattu de cette question devant le conseil municipal de Sainte-Marie de Beauce, en juin 2009.11 le sait très bien aussi puisque nous nous sommes rencontrés en commission parlementaire sur cette question, en avril 2013.Ses allégations de non-compétence et de non-imputabilité sont franchement mensongères.Comme tout médecin, je peux être poursuivi par mon ordre professionnel si je prescris un examen ou un traitement qui ne fait pas l\u2019objet d\u2019un consensus scientifique.Je suis donc tout à fait responsable de ma prescription.11 n\u2019y a aucune controverse scientifique sur l\u2019efficacité et l\u2019efficience de l\u2019optimisation des niveaux de fluorure dans l\u2019eau potable des réseaux municipaux.Le médecin qui prescrit un traitement à son patient ne peut pas grand-chose si ce patient décide d\u2019en faire fi.11 en est de même lorsque le patient est une communauté ou une collectivité.Les spécialistes en santé publique et médecine préventive ou les spécialistes en médecine du travail sont souvent confrontés au fait que, même si certaines personnes sont prêtes à mettre en œuvre le traitement prescrit, c\u2019est la décision collective qui prévaut.Dans le cas de la fluoration de l\u2019eau potable, cette mesure préventive est pourtant l\u2019une des plus efficaces qui soient, avec un rendement d\u2019environ 80 dollars pour chaque dollar investi.Mais le lobby des fabricants du doute est bien puissant et n\u2019hésite pas à utiliser le mensonge pour distiller le doute dans les esprits.Nous en avons encore une brillante démonstration. LE DEVOIR LE MARDI 6 JANVIER 2015 A 7 IDEES Quelques résolutions suggérées à PKP pour la nouvelle année JACQUES RIVET Ph.D., professeur titulaire, Département d\u2019information et de communication de l\u2019Université Laval a fin de l\u2019année 2014 aura permis à l\u2019actionnaire majoritaire de Québécor, Pierre Karl Péladeau, de prendre un engagement solennel auprès du grand public.En effet, le mercredi 8 octobre, ce dernier a fait la déclaration suivante: «Je ferai également, au moment opportun, une déclaration sur l\u2019honneur, dans laquelle je m\u2019engagerai solennellement à ne jamais intervenir dans le contenu éditorial des médias d\u2019information de quelque manière que ce soit», a-t-il proclamé.11 venait de répondre aux journalistes qui l\u2019interrogeaient sur ses intentions, à la suite de la motion de la CAQ, acceptée par la majorité des députés de l\u2019Assemblée nationale, «d\u2019étendre les dispositions du code d\u2019éthique pour empêcher un député de contrôler une entreprise médiatique», après les avoir informés qu\u2019il allait mettre ses avoirs dans une fiducie sans droit de regard, dans l\u2019éventualité, alors très hjqiothétique, où il deviendrait le chef du PQ.La proposition que j\u2019ai présentée dans ce journal («PKP pourrait faire oeuvre utile».Le Devoir, 10 octobre 2014), à savoir que PKP devrait signer un contrat d\u2019indépendance journalistique avec les éditeurs de ses médias, m\u2019apparaît toujours d\u2019une grande nécessité pour rendre plus crédible son engagement de nonintervention «dans le contenu éditorial des médias d\u2019information de quelque manière que ce soit».En outre, la crédibilité de cet engagement verbal serait amplement rehaussée «s\u2019il passait aux actes», copime on dit communément.À cette fin, je lui suggérerai m Pierre Karl Péladeau pourrait notamment créer le poste d\u2019« éditeur public » au sein de ses publications.JACQUES NADEAU LE DEVOIR de prendre les résolutions suivantes, en ce début de l\u2019année 2015.1.\tLa création d\u2019une fonction d\u2019« éditeur public » {public editor) pour l\u2019ensemble de ses médias, innovation éditoriale introduite par le New York Times dans sa politique rédactionnelle en décembre 2003, laquelle fut suivie par plusieurs autres quotidiens, dont le Toronto Star, au Canada.Le rôle de l\u2019éditeur public est de veiller à l\u2019application de l\u2019éthique journalistique au sein du journal dont il est l\u2019employé.11 entretient, de par cette responsabilité, des liens étroits avec le grand public, particulièrement à la faveur d\u2019une chronique régulière publiée en bonne place dans le journal.En raison du dilemme éthique et déontologique auquel pourrait être confronté le député de Saint-Jérôme, adve-nant qu\u2019il soit un jour le chef du Parti québécois, l\u2019éditeur public pourrait assumer en sus une tâche spéciale en vue d\u2019être une sorte de «fiduciaire médiateur» pour l\u2019aider à y faire face.2.\tAinsi, dans sa déclaration d\u2019honneur, PKP s\u2019engagerait auprès de l\u2019éditeur public à respecter l\u2019indépendance journalistique de ses éditeurs.L\u2019éditeur public agirait alors en tant que témoin de son engagement au nom du principe de l\u2019information sur l\u2019information, principe découlant du droit du public à l\u2019information autant sur les affaires publiques que sur le fonctionnement éthique in- terne d\u2019une grande entreprise médiatique.3.\tEnfin, le député de Saint-Jérôme reconnaîtrait à l\u2019éditeur public le droit et le devoir d\u2019évaluer, au moins annuellement, l\u2019application concrète du contrat d\u2019indépendance journalistique qu\u2019il aurait signé avec ses éditeurs.De plus, PKP serait d\u2019accord pour que l\u2019éditeur public rende publique cette évaluation, ainsi que toute opinion que ses éditeurs auraient exprimée ou vou- draient exprimer à ce sujet.La conception des présentes résolutions que devrait prendre, à notre avis, PKP en 2015 repose sur certains principes éthiques de la communication publique ayant trait à la question de la transparence du fonctionnement interne des médias.Mais elles n\u2019ont pas été conçues en postulant que ce dernier pourrait se livrer à une tentative quelconque d\u2019ingérence dans la gestion journalistique de ses médias, spécialement à la suite de ladite déclaration d\u2019honneur de sa part.Ces résolutions sont imprégnées d\u2019une philosophie civique concernant l\u2019éducation citoyenne à l\u2019information de presse du grand public.Pas un ombudsman À ce propos, l\u2019éditeur public se distingue grandement de l\u2019ombudsman de presse.Ce dernier est surtout un redresseur de torts, alors que le premier est un «enseignant en journalisme pour grand public».Lorsque le public s\u2019adresse à un ombudsman de presse, il postule le plus souvent qu\u2019il y a eu erreur, iniquité ou même malversation.Alors que, lorsqu\u2019il sollicite la réaction de l\u2019éditeur public, il est avant tout un demandeur de justifications et d\u2019explications.C\u2019est à tout le moins la conclusion que je tire de l\u2019observation attentive du comportement des trois public editors que le New York Times a eus au sein de sa rédaction depuis l\u2019entrée en fonction du premier à occuper le poste, le journaliste Daniel Okrent (2003-2005).Telle serait aussi la philosophie civique qui devrait inspirer le comportement journalistique de l\u2019éditeur public que PKP aurait pris la résolution de créer au sein de son empire médiatique, avec la particularité d\u2019assumer aussi un rôle de « fiduciaire médiateur » entre lui-même et ses éditeurs quant à leur indépendance journalistique.PAYSAGE ET PATRIMOINE La nostalgie du paradis perdu C YVES HEBERT Historien e n\u2019est pas d\u2019hier que le passé inspire les créateurs.Déjà au début du XVI® siè-cle, Michel-Ange prend exemple sur la sculpture gréco-romaine antique pour réaliser son fameux David.Ce n\u2019est toutefois qu\u2019au lendemain de la Révolution tranquille qu\u2019on se forge une idée du patrimoine en Occident.Dès lors, les traces du passé cessent d\u2019être considérées comme quantité négligeable : elles deviennent une source d\u2019inspiration pour les artistes.L\u2019intérêt pour les vestiges des civilisations de l\u2019Antiquité émerge à l\u2019époque de la Renaissance.Les découvertes archéologiques piquent la curiosité des humanistes, des peintres, des poètes.Les ruines qui témoignent de la splendeur de Rome émeuvent les artistes florentins [.].À partir du XAIIL siècle, les ruines, les châteaux et les cathédrales font partie intégrante de la peinture de paysage.Les découvertes archéologiques, notamment celle de Pompéi en 1749, font mousser l\u2019attrait pour les traces du passé.Les peintres et les dessinateurs contribuent à documenter ces découvertes [.].Au XIK® siècle, les sensibilités se transforment et le regard porté sur les bâtiments anciens démontre qu\u2019une vision romantique commence à imprégner les arts et les lettres en Europe.Avec les années, les ruines deviennent un genre esthétique.Eprouvant un sentiment de nostalgie du paradis perdu, les créateurs idéalisent le passé dans des scènes bibliques, pastorales ou historiques.La représentation de châteaux lointains abandonnés ou d\u2019églises gothiques ensevelies sous la végétation témoigne de l\u2019attrait pour le Moyen Age.Même Victor Hugo déplore la destruction des châteaux et des abbayes, dans son poème La bande noire, en 1823.Le Québec n\u2019échappe pas à cette idéalisation de l\u2019époque médiévale.C\u2019est en s\u2019inspirant de cette péripde que l\u2019architecte Eugène-Etienne Taché dessine les plans du manège militaire, de l\u2019hôtel du Parlement et du palais de justice de Québec (qui abrite aujourd\u2019hui les bureaux du ministère des Pinances).Les charmes du pays Avant d\u2019être intégré à la notion de patrimoine, le paysage a été une source d\u2019inspiration importante chez les artistes peintres.Considéré comme le premier peintre paysagiste d\u2019origine canadienne-française, Joseph Légaré (1795-1855) s\u2019inspire d\u2019une période-charnière de l\u2019histoire canadienne pour réaliser en 1840 Paysage au monument à Wolfe.Influencé par le courant romantique, Lucius Q\u2019Brien (1832-1899) peint l\u2019œuvre Lever de soleil sur le Saguenay, cap Trinité, qui Des Idées EN REVUES Chaque mardi.Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019une revue afin qu\u2019ils présentent leur perspective sur un sujet qui les préoccupe ou dont ils traitent dans les pages d\u2019un des derniers numéros de leur publication.Cette semaine, un texte du dernier numéro du magazine Continuité (hiver 2015).n\u2019est pas étrangère à la transmission de ce sentiment de nostalgie du paradis perdu.Chantre de l\u2019îîe d\u2019Qrléans, le peintre Horatio Walker (1858-1938) ne cesse de rappeler l\u2019héritage traditionnel et rural de la société canadienne-française.Avec les années, la relation entre les créateurs et le patrimoine naturel ne cessera de grandir.Nombreux sont ceux qui trouvent matière à création dans la maison traditionnelle canadienne-française, ou maison québécoise.Impossible de quantifier le nombre de tableaux, d\u2019écrits ou de chansons qui exploitent ce thème.Le peintre Cornelius Krie-ghoff (1815-1872) en tire largement parti.Herbert Raine (1875-1951), lui, dessine des maisons sur le point d\u2019être démolies à Montréal, tandis que le peintre Alexander Young Jackson (1882-1974) tombe amoureux des vieilles demeures de la région de Saint-Jean-Port-Joli et des environs.Dans la création musicale, la maison occupe une place importante : elle fait référence à la vie familiale et à la notion du «bon vieux temps».Pensons à la chanson Nos vieilles maisons, interprétée par Muriel Millard en 1966.En littérature, le thème de la vieille maison est souvent abordé.L\u2019écrivaine Madeleine Quellette-Mi-chalska s\u2019inspire par exemple de la maison Tresler, à Vau-dreuil-Dorion, pour écrire son roman historique La maison Tresler ou Le 8\u201d jour d\u2019Amérique, paru en 1984 [.].En milieu urbain, les créateurs tirent leur inspiration de multiples sources.À Québec, les fortifications, le Château Erontenac et le cap Diamant inspirent plusieurs peintres et photographes, tel Eugen Kedl (1933-2008).Mais les indus- tries abandonnées fascinent aussi.Le peintre Adrien Hébert (1890-1967) est Lun des premiers à représenter des installations industrielles et des silos à grain.Aujourd\u2019hui, la peintre Julie Saint-Arnaud s\u2019inspire du vieillissement de la ville et des traces laissées par le temps sur les édifices industriels pour créer des peintures à l\u2019encaustique [.].Sur les lieux mêmes Les créateurs ne se contentent pas de représenter des éléments du patrimoine, ils investissent aussi des lieux chargés d\u2019histoire pour concevoir et présenter des œuvres.Par exemple, le parcours théâtral Où tu vas quand tu dors en marchant?se déroule dans divers lieux de la basse ville de Québec, qui servent aussi d\u2019inspiration pour les spectacles et les installations.À Montréal, de nombreux artistes se sont approprié le patrimoine industriel pour constituer des lieux de création.C\u2019est le cas de la compagnie de théâtre Carbone 14, qui a fondé l\u2019Usine C dans l\u2019ancienne fabrique de confiture de la société Alphonse Raymond, construite en 1913.Les petits villages en région ont également un fort potentiel attractif Depuis 2013, les Rencontres de création de Na-tashquan permettent à une vingtaine de créateurs en arts visuels, en chanson et en littérature de concevoir des œuvres qui s\u2019inspirent du patrimoine matériel et immatériel de Natashquan.L\u2019un des instigateurs de cette initiative, Guillaume Hubermont, raconte que des artistes comme le chanteur Louis-Philippe Gingras présentent leur spectacle dans une vieille grange retapée.Des objets comme matériaux La relation entre les arts et le patrimoine se resserre lorsque les créateurs utilisent des objets ou des artéfacts dans leurs œuvres.Sandra Picken Roberts emploie des tuiles d\u2019ardoise provenant de vieilles granges et de maisons.S\u2019inspirant des œuvres de Pre-derick Simpson Coburn (1871-1960), elle reproduit sur ces tuiles des scènes rurales de la région de Melbourne et de la rivière Saint-Prançois, en Es-trie.Elle rassemble parfois une œuvre sur ardoise et de petits objets anciens dans de grands tableaux.Selon l\u2019artiste, incorporer des artéfacts dans un tableau permet de dépeindre dans plusieurs dimensions l\u2019histoire d\u2019un lieu.L\u2019artiste Jean Gaudreau, pour sa part, intègre des fragments de cuivre provenant du toit du Château Erontenac dans des œuvres abstraites combinant huile, acrylique, encaustique et peinture industrielle [.].En somme, que le créateur soit muni d\u2019un pinceau, d\u2019une machine à écrire ou d\u2019un logiciel de modélisation, le patrimoine agit comme catalyseur de l\u2019inventivité.Et permet de faire du neuf.avec du vieux.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine RobitaiUe (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste); information générale : Isabelle Paré {chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Philippe OrfaU (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel V>?c-AA(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter)-, Véronique Chagnon et Louis Gagné (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane BaiUargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), JuHe Carpentier (pupitre)-, information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins, Eric Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettino-ParazelU {reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives)-, section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie EoUe-Boivin (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Erappier, Benoît Munger, Philippe Papineau et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Elorence Sara G.Eerraris (assistants) ; correction : Andréanne Bédard,^Christine Dumazet et Michèle Malenfant ,\u2022 soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire) ; Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noel (Québec).PUBOClTE Edith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel EUmam, Nathalie Jobin {par intérim), Claire Paquet, et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais {coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald EiUon, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Olivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie EiUon, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette BéUveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Elorentina Draghici, CéUne Euroy et Véronique Pagé. A 8 LE DEVOIR, LE MARDI 6 JANVIER 2015 ACTUALITES SILENCE SUITE DE LA PAGE 1 binet du ministre Pierre Arcand, ni les communications du ministère n\u2019ont été en mesure de donner des précisions au Devoir lundi.Il n\u2019a donc pas été possible de connaître les noms des experts choisis par le gouvernement Couil-lard pour cette table ronde, ni la date et le lieu de celle-ci.Même chose pour les deux autres tables à venir.Celle portant sur les «énergies renouvelables» se tiendra en mars.La dernière, concernant les «hydrocarbures fossiles», aura lieu en mai.«Toutes les informations relatives aux participations des experts à ces tables ne sont pas confirmées.Dès que ce sera le cas, nous rendrons la liste publique», a répondu l\u2019attachée de presse du ministre Arcand, Véronique Normandin.Même chose pour les dates.Les informations concernant la première table ronde devraient être publiées «très prochainement», a-t-elle ajouté.Chaque table d\u2019experts se réunira pendant une seule journée.Le public pourra «observer les discussions», à condition de s\u2019inscrire à l\u2019avance.Chaque table sera suivie, le soir même, d\u2019une consultation publique.Les gens qui s\u2019inscrivent au préalable, en ligne, pourront alors prendre la parole pour une durée maximale de cinq minutes.Le site du ministère consacré à cette dé- marche «rigoureuse, rassembleuse et ambitieuse» précise que les citoyens pourront aussi s\u2019exprimer en publiant des commentaires sur le blogue du site, et ce, dès le 21 janvier.Sur Twitter, lundi, le ministre Arcand a aussi invité les Québécois à s\u2019inscrire afin de «faire des suggestions» en vue de la future politique énergétique.Démarches complémentaires En plus des tables rondes d\u2019experts, le gouvernement entend inclure des «démarches complémentaires» relatives au processus, dont l\u2019évaluation environnementale stratégique sur les hydrocarbures et celle sur Anticosti.Ces études sont dirigées par un comité présidé par des représentants du gouvernement, qui doivent s\u2019assurer de \\«objectivité» de la démarche.Dans ce cas, la consultation publique doit se limiter à une consultation en ligne, à la toute fin du processus.Le gouvernement a aussi mandaté l\u2019an dernier un groupe de travail formé des «principaux acteurs de l\u2019industrie» éolienne, dans le but de «dégager une vision d\u2019avenir» pour ce secteur, alors que l\u2019achat d\u2019énergie qui en découle se fait à perte pour le Québec.Avant le retour des libéraux au pouvoir, la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec avait d\u2019ailleurs recommandé de mettre un frein au développement de la filière éolienne, mais aussi aux projets hydroélectriques.Ces,projets font perdre des milliards de dollars à l\u2019Etat.Au total, les pertes dues à tous les moyens de production d\u2019électricité mis en ser- vice depuis 2008 s\u2019élèvent à 1,2 milliard de dollars par année.La facture doit atteindre deux milliards en 2025.La Commission recommandait notamment de stopper les travaux sur la rivière Romaine, un mégaprojet hydroélectrique de 6,5 milliards de dollars.Le rapport de 310 pages concluait aussi à la nécessité de revoir en profondeur notre façon de consommer l\u2019énergie.Un tel changement passerait par une réduction draconienne de notre dépendance aux sources d\u2019énergie fossiles.Bref, cette Commission proposait rien de moins qu\u2019un virage radical pour le développement énergétique du Québec.Mais le rapport en question, dévoilé par Le Devoir quelques jours avant le déclenchement des élections l\u2019an dernier, a rapidement été tabletté.Pourtant, pour en venir à ces conclusions, la Commission sur les enjeux énergétiques mise sur pied par le Parti québécois (en vue d\u2019élaborer la politique énergétique 2016-2025) avait mené plusieurs consultations.En fait, elle avait reçu plus de 460 mémoires, en plus de tenir 47 séances publiques de consultations et diverses rencontres avec des experts universitaires et des représentants d\u2019organismes publics.En relançant la réflexion sur l\u2019avenir énergétique, le gouvernement Couillard reprend maintenant en partie depuis le début le travail effectué en 2013 par la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec.Le Devoir MALADES SUITE DE LA PAGE 1 Lellis, qui héberge, soigne et réhabilite les malades mentaux dans 16 centres dispersés en Côte d\u2019ivoire, au Bénin et bientôt au Burkina Easo et au Togo.L\u2019homme de 62 ans est très sensible à leur fragilité, à cette sensation d\u2019avoir les pieds au bord d\u2019un abîme sans cesse renouvelé.C\u2019est qu\u2019il a connu la dégringolade, de la fortune \u2014 «J\u2019avais une voiture, quatre taxis et beaucoup d\u2019amis» \u2014 à sa perte: «J\u2019ai tout perdu, mes amis sont partis.Je songeais au suicide.» Après son propre retour à la vie, il a d\u2019abord pris soin des malades laissés pour compte dans un hôpital de Bouaké, au centre de la Côte d\u2019ivoire.En ayant de plus en plus contact avec la maladie mentale, son action s\u2019oriente progressivement vers eux, car il constate vite qu\u2019ils sont les «oubliés des oubliés».En 1994, il voit pour la première fois un homme enchaîné qui le marque à jamais.Une dame le conduit dans son village.Le père de la femme se met à crier en les voyant débarquer: «Pourquoi tu l\u2019as amené ici, ce n\u2019est pas la peine, il est déjà pourri», se souvient Grégoire en mimant un air perplexe.Il ne comprend pas comment un homme peut être pourri, jusqu\u2019à ce qu\u2019il ouvre la porte d\u2019une pièce : «Il y avait un jeune bloqué au sol, les deux pieds pris dans un tronc et les deux bras attachés avec du fil de fer.Il y avait des asticots partout.Il était pourri, littéralement.» S\u2019il réussit à le libérer grâce aux cisailles d\u2019un ferrailleur, l\u2019homme meurt quelques jours plus tard.«Mais, au moins, il est mort dignement», se console-t-il.Maintenant que ce qu\u2019il appelle la Providence est revenu, il réussit à garder les portes de la Saint-Camille grand ouvertes pour près d\u2019un millier de personnes, hommes ou femmes.Le fondateur de l\u2019association était au Québec pour deux semaines afin de sceller un partenariat avec l\u2019organisme Cuso International.Un organisme québécois l\u2019épaule aussi depuis 2001, Les Amis de la Saint-Camille.Il s\u2019est aussi rendu à Washington, à l\u2019invitation de Cusq, pour élargir son réseau de partenaires aux Etats-Unis.JONATHAN BOULET-GROULX Grégoire Ahongbonon est passé de réparateur de pneus à raccommodeur de vies.C\u2019est que les subventions sont rares dans le domaine de la santé mentale.Malgré une reconnaissance internationale, la seule aide gouvernementale que l\u2019association reçoit a d\u2019ailleurs dû être arrachée : «Au Bénin, fai refusé de payer l\u2019électricité et l\u2019eau pour un des centres.Quand ils sont venus pour tout couper trois mois plus tard, fai demandé aux 200 malades de descendre sur la route.On ne paie plus rien depuis.» Reprendre confiance Drôle de manière de mettre les malades à contribution.C\u2019est néanmoins leur contribution qui est le plus valorisée à l\u2019intérieur des centres.L\u2019hébergement et la réhabilitation fonctionnent sur le modèle des «pairs aidants».La plupart des employés sont en fait des malades «guéris», ou du moins stabilisés, qui se penchent sur les «nouveaux» pour les aider à sortir de leur psychose.«Quand les malades découvrent que celui qui s\u2019occupe d\u2019eux fut aussi à leur place, ils retrouvent l\u2019espoir.C\u2019est plus facile de les récupérer», insiste Grégoire.Les malades prennent les médicaments correspondant à leur état, malgré le coût prohibitif des petites pilules.«Mais, quel que soit le nombre de médicaments, tant que l\u2019individu ne retrouve pas cette confiance perdue, ça ne va rien donner.» Quand leur état est stabilisé, ils peuvent passer d\u2019un centre d\u2019hébergement à un centre de travail, une reconnaissance de l\u2019amélioration.Ils y apprennent de petits métiers, la boulangerie ou la couture, par exemple.Au Bénin, les personnes qui proviennent d\u2019un milieu rural mettent aussi la main à la terre dans une grande ferme.Les rudiments de l\u2019agriculture et de l\u2019élevage sont enseignés, ce qui permet du même coup de nourrir les nombreuses bouches de la Saint-Camille.La boucle se boucle quand les patients réussissent à réintégrer leur famille, qui doit dépasser ses peurs et ses croyances.Cette façon de remettre les personnes en mouvement étonne et pourrait servir de modèle ailleurs.Des patients français, après avoir regardé un reportage sur l\u2019association, ont fait part de leur surprise à M.Ahongbonon: «Ils m\u2019ont dit: \u201cRegardez, en Afrique, ils travaillent! Nous, on nous paie pour ne pas déranger.\u201d » Il sait malgré tout qu\u2019il ne peut réchapper tout le monde.Il est d\u2019ailleurs loin du preacher expansif qui s\u2019autoproclame sauveur d\u2019âmes, même s\u2019il affirme une foi convaincue.Il y a aussi la lenteur des mots qu\u2019il pèse, le «h» qu\u2019il aspire en répétant le mot «honte», comme s\u2019il voulait le ravaler pour toujours, son impatience devant l\u2019inaction.Tout indique qu\u2019il est écrasé lui aussi devant l\u2019ampleur de la tâche.Mais il repousse la fatigue en terminant son repas, juste avant de repartir vers la Côte d\u2019ivoire : «Tant qu\u2019il y aura un homme enchaîné, c\u2019est toute l\u2019humanité qui est enchaînée.Ce n\u2019est plus possible de l\u2019accepter.» Le Devoir TN Lire aussi > Une gaierie de photos sur le \u201d site Web et l\u2019application tablette du Devoir GRIPPE SUITE DE LA PAGE 1 La grippe a frappé en avance cette année.Lan dernier, moins d\u2019une centaine de cas avaient été confirmés pendant la semaine de Noël.Le pic d\u2019activité grippale était survenu en février, avec environ 700 cas par semaine, soit deux fois moins que ce qui est observé actuellement.Dimanche, Info-Santé a reçu 5226 appels, dont le quart concernaient des symptômes respiratoires et la grippe, indique le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).Il est toujours trop tôt pour déterminer si le pic d\u2019activité grippale a été atteint.Et, malgré le fort achalandage des urgences, Québec ne compte pas ouvrir de cliniques de grippe pour l\u2019instant.«La situation dans le réseau est plutôt maîtrisée, compte tenu du niveau d\u2019achalandage élevé, et on y observe une très grande collaboration», dit la responsable des communications du MSSS, Marie-Claude Laçasse.«Nous demeurons à l\u2019écoute des recommandations des agences quant à la nécessité d\u2019ouvrir des cliniques de grippe», ajoute-t-elle.Vaccin moins efficace Pour Hugues Charest, la situation, bien qu\u2019exceptionnelle, est calquée sur celle qui prévalait en 2012-2013.Tout comme cette année-là, le Laboratoire de santé publique du Québec a été en mesure de confirmer que la souche d\u2019influenza H3N2 actuellement en circulation, qui est responsable de la majorité des cas de grippe, a muté.Cela signifie que le virus diffère, dans une certaine mesure, de la souche contenue dans le vaccin.Selon le LSPQ, cela «compromettrait l\u2019efficacité du vaccin envers ce sous-type», écrit le laboratoire dans son plus récent bulletin d\u2019information.«En 2012-2013, nous avions une efficacité de 45 % pour le vaccin.C\u2019est faible.Et on ne s\u2019attend même pas à ce niveau pour cette année, dit M.Charest.En voyant le nombre de cas, on se doute que c\u2019est moins efficace qu\u2019à l\u2019habitude.» C\u2019est à la mi-janvier qu\u2019on devrait connaître l\u2019efficacité réelle du vaccin cette année.«La vaccination, même si elle ne prévient pas complètement la maladie, demeure malgré tout le moyen à privilégier pour se protéger contre la grippe», préconise le MSSS.Le vaccin confère tout de même une certaine immunité.Urgences sous pression Lundi, la situation restait difficile dans les urgences du Québec: le taux d\u2019occupation des civières atteignait 152% en Montérégie, contre 220% dans Lanaudière, 135% dans les Lauren-tides et 153% en Outaouais.Dans la région de Québec, le taux d\u2019occupation des civières dépassait de près d\u2019une centaine de patients le nombre des places habituellement disponibles.Le 30 décembre, 2900 patients se sont présentés dans les urgences montréalaises, du ja- mais vu, selon le D'^ Jacques Ricard, directeur des services généraux, des maladies chroniques et de la première ligne à l\u2019Agence de la santé de Montréal.Avec 1852 patients inscrits en 24 heures lundi, l\u2019achalandage est demeuré très important.Le taux d\u2019occupation des civières était toujours de 126%.Malgré tout, à Montréal, on estime que la situation est maîtrisée.«Les conséquences sont moins importantes que les années précédentes », estime le D*^ Ricard.Il évoque en ce sens le nombre des patients sur civière depuis plus de 48 heures.Ils étaient 120 dimanche, «mais, il y a deux ans, ils étaient 178, soutient le D\"^ Ricard.Les établissements ont été capables d\u2019absorber l\u2019achalandage.» Des lits ont été ouverts, des effectifs ajoutés.Aussi, les centres d\u2019hébergement et de réadaptation ont admis des patients qui sortaient de l\u2019hôpital même les jours fériés, pour libérer des lits.«Tout le monde a mis l\u2019épaule à la roue.Une chance!», se félicite le D'^ Ricard.Il ne croit pas qu\u2019il soit nécessaire d\u2019ouvrir des cliniques de grippe pour l\u2019instant, malgré la situation exceptionnelle.«On est satisfait de ce qui a été mis en place, mais on continue à suivre la situation de près.» Il demande aux malades d\u2019éviter l\u2019urgence lorsque cela est possible, en se soignant à la maison, en consultant Info-Santé et en se présentant dans une clinique sans rendez-vous, au besoin.Le Devoir SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE La demande d\u2019adhésion de la Palestine à la Cour pénale internationale constitue un «développement inquiétant et dangereux», aux yeux de John Baird.PALESTINE SUITE DE LA PAGE 1 Une démarche vivement critiquée par Israël, les Etats-Unis et maintenant Ottawa.« Une décision aussi provocatrice ne fait que diviser davantage les Palestiniens et les Israéliens et elle sera lourde de conséquences fâcheuses», a déploré le ministre canadien John Baird dans un communiqué diffusé, alors que l\u2019AP déposait sa demande vendredi dernier.«L\u2019Autorité palestinienne peut toujours revenir sur sa décision et plutôt choisir de s\u2019engager de nouveau à trouver une solution diplomatique.Nous sommes d\u2019avis qu\u2019il s\u2019agit du seul moyen d\u2019assurer une paix juste et durable.» Des propos qui reprennent le discours des Etats-Unis, dont une porte-parole a dénoncé une «escalade contre-productive».Ottawa, qui s\u2019est opppsé à la reconnaissance de la Palestine comme Etat à l\u2019ONU, rejette tout geste unilatéral de l\u2019AP en ce sens.Et la démarche palestinienne auprès de la CPI n\u2019est rien de plus qu\u2019une nouvelle tentative de se déclarer un Etat, argue-t-on en coulisses.«Le statut d\u2019État ne viendra seulement que par le biais d\u2019une solution négociée par les deux parties», a fait valoir une source gouvernementde au Devoir.Place à l\u2019adhésion, et à une enquête ?De l\u2019avis d\u2019experts en droit international, puisque la Palestine a été reconnue comme Etat observateur par l\u2019ONU en 2012, tout indique que son adhésion auprès de la CPI se fera sans embûches.Une première demande d\u2019enquête auprès du tribunal de La Haye était restée lettre niorte en 2009, car elle ne provenait pas d\u2019un Etat.Mais la Palestine serait accueillie autrement aujourd\u2019hui, prédisent les observateurs \u2014 de même que des sources gouvernementales.D\u2019aufant plus qu\u2019il n\u2019existe pas de précédent oû un Etat s\u2019est vu refuser de rejoindre la CPI, relate Eannie Lafontaine, directrice de la Chaire de recherche du Canada sur la justice internationale pénale et les droits fondamentaux de l\u2019Université Laval.En déposant sa demande d\u2019adhésion à la CPI, l\u2019Autorité palestinienne a en outre réclamé que le tribunal enquête sur les événements survenus l\u2019été dernier lors du conflit dans la bande de Gaza.Une décision sur cette seconde requête pourrait venir «assez rapidement», selon M™® Lafontaine.La procureure de la CPI «pourrait, dans les mois qui suivent, décider d\u2019ouvrir une enquête formelle».Il pourrait s\u2019écouler ensuite des mois ou des années avant l\u2019éventuel dépôt d\u2019accusations.Tout dépend de la collaboration dont bénéficiera la CPI, explique M™® Lafontaine, qui a notamment œuvré au Haut Commissariat des droits de l\u2019homme de l\u2019ONU avec Louise Arbour.Les enquêteurs de la CPI pourront-ils aisément entrer dans les territoires visés ?Auront-ils facilement accès aux informations réclamées?«La cour a été créée par des États, et donc le fonctionnement dépend d\u2019eux.[.] Dès que des États ne sont pas derrière elle, sa force de frappe est très limitée.» Mais l\u2019adhésion de la Palestine à la CPI «met à Tavant-plan la question de l\u2019impunité pour crimes de guerre», note Eannie Lafontaine.La cour agit uniquement lorsque les autorités nationales ne le font pas.«Donc, ça force un peu la main aux autorités nationales de tenir des procès.» Un avis partagé par Simon Eoreman, avocat et spécialiste lui aussi en droit international.«La justice n\u2019est pas un remède-miracle qui résout tous les problèmes», mais, «dans l\u2019ordre international [.], elle est censée avoir un effet dissuasif», a fait valoir ce membre d\u2019Amnistie internationale lors d\u2019une entrevue avec la radio française REI.Puisque la CPI impose des condamnations judiciaires, des peines de prison, «on peut donc espérer que la crainte de voir un jour des dirigeants politiques israéliens ou palestiniens être obligés de rendre des comptes de manière très concrète puisse avoir un effet très dissuasif [.] Cela pourrait empêcher que les conflits ne dégénèrent à l\u2019avenir», a présagé M.Eoreman.Israël n\u2019a pas adhéré à la Cour pénale internationale.Si la Palestine s\u2019y joint, tout crime commis sur son territoire \u2014 par des Israéliens ou des Palestiniens \u2014 pourrait faire l\u2019olpjet d\u2019une enquête de la CPI.Mais, puisque l\u2019État hébreu a refusé de s\u2019y affilier, il est peu probable que son gouvernement y fasse appel, selon M®® Lafontaine.Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com CO sur 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correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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