Le devoir, 10 janvier 2015, Cahier E
[" Du ballet à la télé pour inaugurer notre Guide des écrans PagesEsàEs Paul Thomas Anderson frappe dans le mille avec Vice caché Page e 12 CULTURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JANVIER 2015 HELENE BOUEEARD ET STEPHANE BOURGEOIS Parmi la distribution, on compte Lise Castonguay et Eve Landry, qui illustrent ici Tesprit grinçant de la pièce Dans la république du bonheur de Martin Crimp.Noël sans fin Refusant la fin des Fêtes, Christian Lapointe orchestre le plus contemporain des réveillons ALEXANDRE CADIEUX A la fois athée et fort critique envers la société de consommation, il confie ne jamais succomber à la magie des Fêtes©.Pourtant, Christian Lapointe s\u2019est rigoureusement imposé de longues semaines d\u2019organisation en vue d\u2019un réveillon dont la tenue s\u2019étirera jusqu\u2019à la fin du mois de février.Son père Noël à lui: Martin Crimp, qui lui a donné le plus beau des joujoux.il faut le voir et l\u2019entendre, Lapointe, parler de son cadeau: Dans la république du bonheur, pièce créée au Royal Court Theatre de Londres en décembre 2012 et écrite par l\u2019une des voix majeures de la scène contemporaine.« Quelle partition incroyable! Je lis beaucoup, je guette toujours les nouveautés, et selon moi Crimp confirme ici qu\u2019il est la grande voix dramatique de notre époque», affirmait-il à deux semaines de la première du spectacle coproduit par le Trident et le Théâtre Blanc, dont il partage la direction artistique avec le scénographe Jean Hazel.De l\u2019auteur britannique né en 1956, le public montréalais a déjà pu entendre notamment Le traitement, dans une mise en scène de Claude Poissant (Théâtre PàP et Festival TransAmé-riques, 2005), ainsi que La ville, telle que se la figurèrent Denis Marleau et Stéphanie Jasmin, l\u2019hiver dernier (UBU et Espace Go).Sa pièce la plus mondialement connue.Atteintes à sa vie {Attempts on Her Life, 1997), témoigne notamment de son goût pour les structures dramatiques inusitées, l\u2019enchaînement de répliques non distribuées à des personnages précis y formant une courtepointe de témoignages contradictoires.Sorte de synthèse d\u2019une démarche d\u2019écriture amorcée au début des années 80, Dans la république du bonheur s\u2019ouvre sur une scène classique : la réunion de famille qui tourne au vinaigre, conflits personnels et générationnels à la clé, fête sans joie évidemment interrompue par l\u2019irruption d\u2019un invité «surprise».«C\u2019est prati- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Christian Lapointe voit dans les trois actes de la pièce des incarnations on ne peut plus actuelles des grandes pensées théâtrales que sont celles de Stanislavski, de Brecht et d\u2019Artaud.quement du boulevard, le premier tiers, divertissant à Vos et empruntant les codes de la culture populaire pour ensuite les détourner et opérer des glissements qui nous obligent à nous distancier de ces personnages-là auxquels on aurait d\u2019abord pu s\u2019identifier», analyse Lapointe.11 n\u2019hésite pas à voir dans les trois actes de la pièce des incarnations on ne peut plus actuelles des grandes pensées théâtrales que sont celles de Stanis- lavski, de Brecht et d\u2019Artaud, respectivement.Torsions formelles, glissements d\u2019une forme narrative à une autre, renversements qui obligent le spectateur à modifier son regard sur l\u2019objet présenté : on n\u2019a qu\u2019à penser à son récent travail sur Marguerite Duras, L\u2019homme Atlantique (et La maladie de la mort), pour comprendre VOIR PAGE E 3 : NOËL Peser sur delete «Elle trouve chacun d\u2019vous abject.Mais c\u2019est plus profond qu\u2019ça, c\u2019est plus profond qu\u2019ça, ça va bin plus profond qu\u2019ça parce que ça l\u2019affecte physiquement\u2014 affecte sa peau \u2014 même maintenant\u2014dehors dans l\u2019char \u2014 faut qu\u2019a s\u2019crème.C\u2019est psychosomatique.Vous affectez \u2014 oui \u2014 c\u2019est vrai \u2014 sa capacité à respirer.Et c\u2019est toi Peg, c\u2019est toi Terry \u2014 ok on va commencer là \u2014 parce que vous êtes tellement vieux tous les deux elle vous haït.Ok?Elle haït cette cette cette odeur qu\u2019est la vôtre \u2014 elle dit qu\u2019vous sentez tous les deux comme d\u2019Ia carpet rance pis humide pis souhaite que vous creviez.Horrible.Je sais.Et pas seulement qu\u2019vous creviez mais elle aimerait vous deleter.J\u2019aimerais les sélectionner \u2014 c\u2019est c\u2019qu\u2019à dit en fait\u2014pis peser sur delete \u2014j\u2019veux \u2014 oui \u2014 les deleter de façon permanente pas juste eux mais chacune de leurs cellules, chaque souvenir.C\u2019est pas comme si j\u2019m\u2019en sacre pas du p\u2019tit magasin où ils achètent leurs bonbons, dla vieille devise monétaire passée date avec laquelle ils s\u2019acharnent à tout calculer encore?So, on s\u2019en sacre tu que Peg à cinq ans s\u2019est coupé l\u2019genoux en sautant pis qu\u2019elle en garde encore aujourd\u2019hui les marques \u2014 pis quTerry se souvienne du galop des calèches ou du signaleur qui fermait la clôture à mitaine, so fucking what, so fucking what, qu\u2019elle dit.» Extrait de Dans la république du bonheur de Martin Crimp E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JANVIER 2015 CULTURE Sous les pavés, la peur y Odile Tremblay i A cette France-là, qui représente aussi l\u2019Occident en entier, unique tout de même; à cette France à la veine pamphlétaire et satirique jamais jugulée ; à cette France aux anciennes colonies venues colorer sa population, on a envie de souhaiter: «Bon courage ! » Comme ils disent là-has: «Bonne continuation!» Mais continuer quoi?Parce qu\u2019après le choc, qui nous a laissés comme orphelins, frappés, sonnés, on sent se profiler dans les contours de cette France, plus encore qu\u2019ailleurs, des lendemains de vertige.Car il y a eu un avant et il y aura un après.C\u2019est entendu.Charlie Hebdo perpétuera sa mission d\u2019irrévérence, pour ne pas plier, soutenu par des dons venus de partout \u2014 un tirage d\u2019un million d\u2019exemplaires prévu la semaine prochaine avec recettes versées aux familles des victimes.Saigné à mort pourtant, l\u2019hehdo satiriste, et de quels talents ! Debout, mais hlessé au cœur.On a songé: Paris, la France ne seront plus les mêmes, ni le monde.Le 11-Septemhre des artistes, des médias, c\u2019était ce mercredi, un 7 janvier 2015.Méchant début d\u2019année ! La tête pleine de dessins tirés de caricatures ou de bandes dessinées signées par les futurs assassinés de Charlie Hebdo, on a d\u2019abord perdu nos mots.Retrouvant plutôt les traits du Grand Duduche, du beauf imaginé par le lunatique Cabu, ceux du Roi des cons, trempés dans l\u2019encre acide de Wolinski, d\u2019autres coups de crayon grinçants portés par leurs compagnons caricaturistes mis à mort.On a arboré des écriteaux «Je suis Charlie » comme bien des citoyens et journalistes du monde et dans toutes les langues de la terre.On a pensé aux caricatures de Mahomet qui poussaient le bouchon, aux menaces de représailles islamistes, prises au sérieux chez Charlie Hebdo mais pas tant que ça.Rien de plus irréel qu\u2019une fatwa, même quand les escortes policières vous collent au derrière.Mortes, elles aussi.Et si tout était simple, on aurait moins de mal à le digérer.On lit des blogues haineux envers la communauté musulmane, on voit les manœuvres de récupération de Marine Le Pen, et on a peur.Les attentats de mercredi, qui soulèvent avec raison l\u2019indignation générale, avalisent aussi les pires discours antiislam de l\u2019extrême droite et du Front national.Ils sont près de cinq millions de musulmans en France, dont un tiers de pratiquants.Des extrémistes assassins, combien au juste?Quelques centaines ?Un millier ?Mais comment trier?Les imams français se désolidarisent de l\u2019attentat, et pour cause! Déjà, des mosquées sont la cible d\u2019attaques en France.Les délits de faciès devraient augmenter de façon JESUIS Q FREDERICK FLORIN AGENCE FRANCE-PRESSE Minute de silence, jeudi, à Strasbourg, à la mémoire des victimes de l\u2019attentat meurtrier contre Charlie Hebdo.À cette France-là, révoltée, endeuillée, effrayée, divisée, on souhaite en plus du courage, une dose énorme de sagesse.exponentielle.«Mohammed, vos papiers ! » Quand les digues sautent Cette France de l\u2019après-deuil va devoir accroître la surveillance des réseaux potentiellement fondamentalistes, traquer les jeunes en embrigadement devant l\u2019ordinateur, laire pres- sion sur la communauté musulmane entière.La peur de l\u2019autre ira croissant, cet autre fût-il né de parents français de souche, comme on dit, mais parti égorger des innocents au nom du groupe Etat islamiste, par besoin d\u2019appuyer une cause.N\u2019importe laquelle, dans notre monde trop matérialiste pour sa 3 CHOREGRAPHES EUROPEENS A  DÉCOUVRIR \u2018\u2022'Jt' \u2018 cl tr SAISON 2014 2015 VANCOUVER SICOGECO Métroi icol BALLET BC Petite Cérémonie Medhi Walerski A.U.R.A.Jacopo Godani Waiking Mod ohan loger 22 - 24 JAN 2015 20 H THÉÂTRE MAISONNEUVE BILLETS A PARTIR DE 34$ DANSEDANSE.CA placedesarts.com LINACRUZ IMAGINARIUM, N LES ANIMAUX! 21,22, 23 JANVIER 20 H S NOURRIR INTERPRETES \u2019\u2019 V PROFITEZ DU FORFAIT 4 BILLETS.ET PLUS ! L /\u2022 ) SYLVAIN ÉMARD DÀNSE CE N\u2019EST PAS LA FIN DU MONDE 28,29, 30 JANVIER 20 H 31JANVIER16H Lina Cruz Tanya Crowder, Danielle Davidson.Jean-François Duke Catherine Larocque, Fabien Fiche MEZZO-SOPRANO\tGhislaine Deschambault MUSIOUE/INTERPRETATION\tPhilippe Noireaut ÉCLAIRAGES\tChristophe Nicolas CHOREGRAPHIE INTERPRÈTES MUSIQUE ORIGINALE Sylvain Emard Adam Barruch, Dylan Crossman, Mark Medrano*, Laurence Ramsay Manuel Roque, Neil Sochasky.Georges-Nicolas Tremblay Martin Tétreault CONSEILLERE ARTISTIOUE Ginelle Chagnon ECLAIRAGES SCÉNOGRAPHIE André Rioux Richard Lacroix * Mark Medrano reprend le rôle créé pour Justin Gionet DYLAN CROSSMAN JUSTIN GIONET MANUEL ROQUE, G E O R G ES \u2022 N I CO LA S TREMBLAY PHOTO / VALERIE SIMMONS BILLETTERIE / 514 525.1500 840, RUE CHERRIER MONTRÉAL AGORA DE LA DANSE WWW.AGORADANSE.COM soif d\u2019absolu.Misère ! A cette France-là, révoltée, endeuillée, effrayée, divisée, on souhaite en plus du courage, une dose énorme de sagessç.La France est déjà un Etat laïque.Renforcer les mesures policières, il le faudra.Mais le profilage, ça peut mener loin.Les pulsions de lynchage aussi.La France est le pays de ces cinq millions de musulmans et le vivre-ensemble implique toujours des compromis.Sinon, que faire?Les spectres des horreurs perpétrées contre les Juifs sous Vichy sortent de l\u2019ombre.Plus jamais ça, disaient-ils, mais cette colère.Entre rage, douleur, besoin d\u2019autoprotection, la gauche elle-même se divise sur la question de l\u2019islam, ébranlée par les actes du commando de la mort, mais crispée de voir Marine Le Pen, à la tête du Front national, vouloir participer à la marche républicaine de dimanche, en criant avec les endeuillés de Charlie Hebdo: «Même combat!» Pas la bienvenue, sur ces pavés parisiens là, la dame.Mais toutes les digues ont sauté.S\u2019ouvre plus béante qu\u2019avant la fracture sociale.Entre extrémistes et modérés de droite comme de gauche, athées, chrétiens, musulmans, alouette.On a visité des banlieues françaises qui sont de vrais ghettos, des barils de poudre.On a vu dans le Midi le racisme s\u2019étendre en nappe d\u2019huile.La France enfante aussi sur le flanc droit un maire comme celui de Champlan, qui refusait d\u2019inhumer un bébé rom.Et des enfants de la gauche qui protestent: «Touche pas à mon pote!» Tous les courants cohabitent.Sous le vent de révolte, la tentation est grande de se ruer à bras raccourcis sur Allah, son prophète et ses croyants, au lieu de chercher la cohabitation, si imparfaite, si difficile, à travers des codes de société souvent opposés, des mentalités qui se scandalisent l\u2019une l\u2019autre.Cette attaque sauvage autant qu\u2019annoncée de fondamentalistes armés contre les valeurs d\u2019impertinence française et de liberté de presse égare les esprits.Comme un mauvais vent.Tout ça, dans un Occident entier en mutation accélérée.Au Québec aussi, la crise de la charte des valeurs révélait ces peurs-là.Les sociétés traditionnelles se dissolvent sous le poids du métissage et de l\u2019immigration.Menace ?Ou avenir d\u2019ouverture au monde dans la mixité ?Deux camps s\u2019affrontent.Demain est en marche avec son poids de tension.Et soudain, cette tuerie.Mercredi, jour des attentats contre Charlie Hebdo, sortait à Paris le dernier roman de Michel Houellebecq : Soumission.Sa trame se situe en 2022, avec un président musulman à la tête de l\u2019Hexagone, instaurant le voile et la polygamie.L\u2019hirsute grand écrivain français est un électron libre qu\u2019on aime lire, applaudissant à ses fulgurances, faute d\u2019avaliser toujours ses idées.Et si le radar de l\u2019auteur des Particules élémentaires s\u2019était cette fois brouillé?Ce n\u2019est pas l\u2019élection d\u2019un président issu de l\u2019islam qui se profile à moyen terme en France, c\u2019est celle d\u2019une tête d\u2019Etat issue du Front national.Houellebecq a un drôle de sens du timing, observe parfois les choses la tête en bas, mais possède le pif pour comprendre quand ça sent le roussi.otremblay@ledevoir.com REQUIEM(S) KING LEAK 'HŸGIÈNrSOCIALE *J O O \u2019i.l.lüilJ.llhiJ.llk DU 13 AU 17 JANVIER 2015 A19 H MISE EN SCÈNE HANNA ABD EL NOUR PRODUCTION URD/VOLTE21 BILLETTERIE 514 521 4191 ESPACELIBRE QC CA / 1945 RUE FULLUM URD V _____________________ THÉATRC\t5s»50 jDumg^' LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JANVIER 2015 E 3 CULTURE>SPECTACLE Dave St-Pierre frotte sa danse à la musique classique Des extraits de Foudres pour fêter les 25 ans de l\u2019Ensemble Caprice FREDERIQUE DOYON Il y a un an, le chorégraphe Dave St-Pierre se vidait le cœur.«Pas d\u2019argent, pas de show», clamait-il sur sa page Facehook, menaçant de ne plus présenter ses spectacles à Montréal dans les conditions de sous-paiement chronique qui caractérisaient selon lui la scène d\u2019ici.Le voici courtisé par l\u2019En-semhle Caprice, pour qui il reprend des extraits de son petit mais fulgurant corpus chorégraphique, avec une distribution réduite à 11 danseurs \u2014 sur la vingtaine qu\u2019il privilégie hahituellement.il n\u2019y a que les fous qui ne changent pas d\u2019idée.D\u2019autant que l\u2019incident est derrière lui et qu\u2019il est rendu ailleurs.« Créer sur la musique live, tous les chorégraphes en révent, mais c\u2019est cher, confie au Devoir celui qui privilégie des chansons et musiques plus contemporaines exaltant l\u2019émotion.Je suis loin d\u2019étre un spécialiste du classique.Mais je me suis dit: essayons et voyons si autre chose en sort.» Récemment en lice pour un prix Opus, l\u2019Ensemhle Caprice revisite les répertoires surtout baroques, mais aussi classiques, et interprète les créations plus contemporaines de son chef, Matthias Maute, toujours avec des instruments d\u2019époque.Pour le concert saluant ses 25 ans, Dave St-Pierre propose des segments de Foudres, dernier volet de sa trilogie sur les utopies amoureuses, pas encore vu à Montréal, sur la 2'- Symphonie de Beethoven interprétée par les 35 musiciens de l\u2019orchestre.Des morceaux dé Un peu de tendresse, bordel de merde ! s\u2019articuleront autour de la Sérénade pour vents Nachtmusik en do mineur, K.388 de Mozart.La symbiose avec Caprice est telle qu\u2019un autre projet de collaboration, à la distribution plus modeste et destiné à la tournée, est en germe.Une étude 101 «C\u2019est fascinant de voir combien ça marche bien ensemble, notre approche et ses chorégraphies, indique Matthias Maute, flûtiste et directeur artistique de l\u2019ensemble musical.La musique classique est tellement codifiée que c\u2019est facile de perdre le lien avec nous-mêmes, avec l\u2019humain, le cœur qui bat.Or Dave est à mes yeux quelqu\u2019un qui met toujours en relation les arts et la vie.» Pour lui, la grande DEAR DEER La symbiose avec Caprice est teiie qu\u2019un autre projet de coiiaboration avec Dave St-Pierre, à ia distribution pius modeste et destiné à ia tournée, est en germe.liberté de la danse de St-Pierre s\u2019allie fort bien aux phrasés clairs et mesurés du classique, il qualifie la rencontre artistique de «grand moment» dans la vie de l\u2019ensemble.«Avec Beethoven, f essaie différentes façons de remanipuler la chorégraphie [Foudres] pour l\u2019adapter à la musique classique, explique le chorégraphe.C\u2019est un peu comme une étude 25 fois Caprice 101 sur \u201cquel mouvement fonctionne avec quel genre musical\u201d.» Sceptique au début, il juge finalement que «ça colle».Au fond, il y a une forme de romantisme trash dans le travail de Dave St-Pierre.On y trouvera la même fougue chorégraphique, mais dans une forme plus épurée de ces éléments théâtraux.«Ça ne va pas se perdre dans ce que je fais habituellement: le déjanté, la nudité, le too much.J\u2019avais besoin de retrouver un peu c\u2019est quoi la gestuelle propre à la compagnie.Même si c\u2019est difficile d\u2019aller ailleurs, de ne pas aller vers mes forces.Je ne suis pas si bon chorégraphe.Moi, ce que je sais faire, c\u2019est le plus grand que nature.» Sacré enfant terrible de la danse québécoise avec sa puissante Pornographie des âmes (2004), Dave St-Pierre récidivait deux ans plus tard avec Un peu de tendresse, bordel de merde!, coproduit par un festival à Munich, puis accueilli au Festival TransAmé-riques quelques mois plus tard.Depuis, il a travaillé pour Ip Cirque du Soleil, le Cirque Eloize, a épaulé plusieurs artistes émergents (Mandata Fondé en 1990 par le flûtiste Matthias Maute, l\u2019Ensemble Caprice est reconnu pour l\u2019audace qu\u2019il insuffle au répertoire surtout baroque.Son chef avait envie d\u2019une «petite folie» pour fêter les 25 ans de l\u2019organisme.Touche-à-tout, allant des musiques plus classiques aux créations de son dirigeant, l\u2019Ensemble est le premier à Montréal à offrir l\u2019œuvre intégrale de Beethoven avec des instruments d\u2019époque.Sa discographie compte une trentaine d\u2019albums dont certains primés, comme Gloria ! Vivaldi et ses anges, paru chez Analekta et coiffé d\u2019un prix Juno en 2009.11 a aussi remporté trois prix Opus et tourne largement à l\u2019étranger.PHOTO BILL BLACKSTONE Situ, Virgine Brunelle, Philippe Boutin) et a créé Foudres à Lyon en 2012.Après sa série de pièces de très grands groupes, il s\u2019apprête à lancer Fake, quatuor autour de la figure du fan, à Lyon en février.Suivra la mise en scène de Macbeth au Schauspiel Frankfurt en avril, une première expérience de travail à partir d\u2019un texte déjà écrit \u2014 et pas le moindre.Ce qui confirme son envie d\u2019essayer d\u2019autres formes.Après quoi, il souhaite un temps d\u2019arrêt pour digérer un peu tout ce qu\u2019il a vécu depuis 15 ans.Mais en sera-t-il capable?Collaboratrice Le Devoir CONCERT DU 25\" ANNIVERSAIRE DE L\u2019ENSEMBLE CAPRICE Avec le chorégraphe Dave St-Pierre, le 17janvier à la salle Pierre-Mercure.NOËL SUITE DE LA PAGE E 1 que Christian Lapointe œuvre ici en terrain connu.«On m\u2019a souvent taxé d\u2019hermétisme», rappelle l\u2019exigeant créateur, notamment auteur et metteur en scène d\u2019un « cycle de la disparition» comprenant entre autres les pièces C.H.S., Trans (e) et Sepsis.«Mais Dans la république.est d\u2019une grande limpidité.Crimp a eu la brillante idée de rendre le tout très accessible, ce qui témoigne d\u2019un art et d\u2019une maîtrise terribles.» Alchimie puissante Et ce tout, comment le définir?«De quoi ça parle ?Mais de tout, justement! Il ne néglige rien, ne rate aucune cible; en explorant les mécanismes de notre recherche du bonheur, il nous met devant notre propre incapacité à toucher à des absolus que la société ne cesse de nous promettre.Lors des répétitions, à force d\u2019entendre les mots, fai réalisé avec quelle justesse il dépeint toutes les frictions entre la nécessité du vivre-ensemble et notre besoin incommensurable d\u2019amour et de reconnaissance individuelle.» Après quatre semaines de représentations à Québec, la production quittera le Trident pour venir occuper la Cinquième salle durant deux semaines.Le Grand Théâtre, la Place des Arts.est-ce l\u2019institutionnalisation de Christian Lapointe?«La patience que ça m\u2019a prise avant de pouvoir accéder à ces plateaux-là, c\u2019est garant d\u2019une chose: si on m\u2019invite, c\u2019est pour que je sois moi-même et non pas pour remplir des commandes institutionnelles.» 11 ne tarit pas d\u2019éloges à l\u2019égard d\u2019Anne-Marie Olivier, directrice artistique du Trident, qui crée selon lui un certain précédent en permettant la présentation d\u2019une pièce étrangère à la fois si récente et si politique sur la scène d\u2019un grand théâtre à saison.«Chose certaine, ce projet me rapproche des racines de mon art, me permet de redécouvrir ce qui me lie profondément au théâtre, et ce, malgré mon intérêt et mes détours par les autres langages artistiques.Explorer cette alchimie puissante qui se produit quand la parole d\u2019un grand auteur sort de la bouche d\u2019un acteur me fait comprendre pourquoi, au Moyen Age, on refusait de les enterrer l\u2019un comme l\u2019autre en terre chrétienne.» Collaborateur Le Devoir DANS LA RÉPUBLIQUE DU BONHEUR Texte: Martin Crimp, traduit de l\u2019anglais par Philippe Djian.Adaptation et mise en scène: Christian Lapointe.Une coproduction du Théâtre Blanc et du Théâtre du Trident présentée au Trident du 13 janvier au 7 février et à la 5\u201d salle de la Place des Arts du 19 au 28 février.EN COLLABORATION AVEC # Raoio-canaDa PEDRO RUIZ LE DE [Crimp] ne rate aucune cible; en explorant les mécanismes de notre recherche du bonheur, il nous met devant notre propre incapacité à toucher à des absolus que la société ne cesse de nous promettre)!} Le metteur en scène Christian Lapointe n E PRESENTATION DE ?» SNC*LAVAUN DES MARDI ! ERIC-EMMANUEL SCHMITT D\u2019APRÈS LE JOURNAL D\u2019ANNE FRANK MlSb bN SUbNb LORRAINE PINTAL AVEC MYLÈNE ST-SAUVEUR+ PAUL DOUCET SEBAST EN DODGE+ BENO T DROU N-GERMA N JACQUES GIRARD + MARIE-FRANCE LAMBERT KAS A MAL NOWSKA +SOPH E PRESENT MARIE-HELENE THIBAULT JSURNA dANNEs^ FRANK ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE BETHZAIDA THOMAS PRODUCTION SPECTRA MUSIQUE EN COLLABORATION AVEC LE TNM + DIDIER MORISSONNEAU artv TNM.QC.CA Théâtre du Nouveau ^Monde E 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JANVIER 2015 CULTURE.MUSIQUE Rara Soley : la fierté des racines Le groupe montréalais porte bien haut le rara et plusieurs autres rythmes haïtiens YVES BERNARD Comme les organisateurs de la Maison d\u2019Haïti et de laTohu l\u2019affirment, ce sont les histoires d\u2019un tremblement de cœur: le 12 janvier 2010, il y aura cinq ans ce lundi, le terrible séisme bouleversait tout un pays.Aujourd\u2019hui, on se rappelle et on attaque l\u2019avenir en proposant Ayiti la!, un événement multidisciplinaire qui regroupe plus de quarante artistes et organismes qui rencontrent des publics de tous âges à la Tohu du 10 au 12 janvier.Parmi les créateurs présents, il est un groupe, Rara Soley, qui porte bien haut les racines haïtiennes.Le groupe montréalais a remporté trois prix au plus récent gala des Syli d\u2019or: le syli de bronze, en plus des deux prix internationaux offerts par Mon-domix et Afropop Worldwide.Troupe de percussions, de chants et de danses, Rara Soley projette la puissance des tambours hypnotiques, le rara carnavalesque, le fond vaudou et les cadences de feu qui se confondent avec la vok des ancêtres et le cri d\u2019une résistance qui aussi est portée par les vok qui se répondent: une heureuse réussite en cette période trouble pour la libre parole.«On fait une bonne partie des rythmes vaudous.Cest notre héritage, une partie de nous et de notre culture.On veut le promouvoir, contribuer à briser les préjugés et ramener les jeunes à leurs racines: les jeunes de la communauté, mais aussi ceux qui viennent de pays comme l\u2019Amérique latine et même de l\u2019Afrique.Ils nous disent se reconnaître à travers nos rythmes», explique Laurie-Rose Dauphin, chanteuse, musicienne et membre d\u2019une formidable famille montréalaise de création inspirée par sa mère Monique et son oncle Roro D\u2019Haïti, entre autres.Pour les artistes de Rara l \"\\ PRODUCTIONS NUITS D AFRIQUE Le groupe montréalais Rara Soley, qui porte bien haut les racines haïtiennes, a remporté trois prix au plus récent gala des Syli d\u2019or : le syli de bronze, en plus des deux prix internationaux offerts par Mondomix et Afropop Worldwide.Soley, les r3dhmiques sont également associées à des gestes de libération.Laurie-Rose en rajoute: «On est très engagés.par rapport à des causes qui nous tiennent à cœur, comme celles des autochtones.» L\u2019artiste voit dans le rara que « On fait une bonne partie des rythmes vaudous.C\u2019est notre héritage, une partie de nous et de notre culture.» on dénonce beaucoup et on chante pour les plus pauvres.C\u2019est sûr qu\u2019on chante pour Haïti, mais des fois, on met des petits slogans dans nos messages le groupe interprète le legs des Taïnos et des Arawaks, qui ont d\u2019abord peuplé Haïti.Avec ces nations, Rara Soley partage également un goût marqué pour la spiritualité: «On ne peut jouer la musique traditionnelle haïtienne sans avoir un côté spirituel.C\u2019est aussi très important pour nous parce qu\u2019on est très conscients que c\u2019est ce qui nous a retirés de l\u2019esclavage.Les gens qui ont mené les batailles pour l\u2019indépendance du pays faisaient des cérémonies spirituelles.Alors, dans nos performances, on représente toujours les éléments de la nature».raconte Laurie-Rose Dauphin.Sous la direction du maestro percussionniste Ronald Na-zaire, un ancien du groupe Kanpech, Rara Soley se présente avec ses trompettes sans piston, ses bambous, ses ra-cleurs, ses calebasses et autres tambours, y compris le roulèr de La Réunion.On résume la scène en deux mots : Ayibobo, respect! Collaborateur Le Devoir RARA SOLEY A AYITI LA! Le groupe montréalais se produira samedi avec les jeunes d\u2019AREJ-AEEHQ, Nocholson Degraff et Josiane Deluy au slam; Natacha Ononat au texte; Patrick Pascal, Queen Ziyah, Dreambelievers, Sika et Sylphir au chant, la troupe Mapou Ginen et le peintre Ma-liciouz, et lundi en fin d\u2019après-midi dans le cadre de la commémoration du 5\" anniversaire du séisme en Haiti.ESSEEWLLAMS CELIh\u20ac BOK^IIER ^ [XNY BOUDREAULT ^ M/GALIE LÉPINE-BLCNDDkU ^ JEAN-K)ÏSE MARTIN ^ ÉRIC ROBIDOUX PAUL LEFEBVRE ADAPTAT ON SŒN QUE 5, M SE EN SCENE SERGE DEK>NCOUlT UNE PRODUCT ON Faites vite! Les billets s\u2019envolent rapidement! D\u2019ESPACE GO THEATRE ESPACE GO ^transat Hydro .Québec PARTENAIRE DE SAISON 4890, BOUE.SAINT-LAURENT, MONTREAL BILLETTE RIE : 514 845-4890 ESPACEGO.COM Histoires d\u2019un tremblement de cœur Ayiti la ! offre une programmation diversifiée divisée en trois journées.Ce samedi, on propose le vernissage Casque noir/Kas nwa kif et an Ayiti, de même que la soirée Ayiti en scène, alors que le lendemain est consacré à des conférences, des tables rondes et des projections de film.Enfin, la journée du lundi en est une de commémoration, avec entre autres des témoignages, une cérémonie souvenir et des spectacles, dont ceux de Wesli (notre photo) et de Jenny Salgado.AYITI LA! À la Tohu du samedi 10 janvier au lundi 12 janvier.Renseignements: 514 376-TOHU JOSE BERTOLINO Ou 13 au 31 \\m\\v{ à La Licorne rar/g de François 4rcbafflbault et EmmemeWe Idéation, collage et mise en scène Ae Ciee\\\\\\e.t Âvec Benoît Dagenais, Muriel Bu\\\\\\, Maxim Gaudette et Johanne HaherWir Concepteurs et collaborateurs : Nicolas Basque, Stéphanie Capistran-Lalonde, CaroWneTerXaud, Marie-Aube Saint-Amanü Duplessis, Caroline Turcot, Julie MaltéeAJénnt Billetterie : (514) 523-2246 / ttieatrelalicorne.cuin Cens*// ëas arts et ées lettres Québec H ta CONSEIL I Onseil des Art.Canada Ceuncil\tDES ARTS ,\tMontréal® Gros lot de la rentrée AMELIE GAUDREAU Le Devoir Voici un premier lot de suggestions glanées dans la grande marmite de la rentrée télé.Le voyage de la vie, c\u2019est la «Cadillac» du documentaire animalier.Cette production de National Geographic raconte les âges de la vie des animaux en six épisodes.Magie, beauté, violence et survivance.(Explora samedi 19 h) Toujours à Explora, on note le retour du magazine maritime Océania, toujours animé par Boucar Diouf.Cette troisième saison s\u2019ouvre avec un reportage d\u2019ici sur une espèce dont on a beaucoup entendu parler cet automne : nos pauvres bélugas.TEO tient encore le fort de la musique émergente avec la troisième saison d\u2019Arrière-scène, (notre photo) série documentaire consacrée aux particularités de l\u2019industrie musicale d\u2019ici, (vendredi 20 h) f Le cheval de Troie du Kremlin du documentariste québécois Jean Bergeron se penche sur les motivations politiques et surtout économiques de l\u2019implication de la Russie dans le conflit en Ukraine.(RDI, mardi, 20 h) La revanche des jeux vidéo de Doina Harap et lolande Cadrin-Rossignol (l\u2019équipe derrière un triptyque documentaire fort intéressant sur la vie en solo) présente la face plus lumineuse de ces jeux en mettant l\u2019accent sur leurs vertus d\u2019éducation, autant chez les jeunes que chez les professionnels, qui peuvent même servir d\u2019outils de recherche scientifique de pointe.(Canal D, dimanche, 19 h) Les deux guerres d\u2019Alan Turing, un film du documentariste et animateur français Denis van Waere-beke, est un très bon complément au film The Imitation Game consacré à ce héros méconnu de la Seconde Guerre mondiale, qui a réussi à développer une machine assez puissante pour décoder les messages transmis par l\u2019Enigma des nazis.(TVS, lundi 22 h) Et chez nos voisins du Sud Togetherness, c\u2019est la vie d\u2019une famille dysfonctionnelle dans la caméra des frères Duplass, dignes représentants d\u2019un cinéma indépendant américain décalé qui flirte avec l\u2019absurde et une esthétique un peu fauchée (Bagheads, Jeff Who Lives at Home).Cette fratrie s\u2019ajoute aux autres joueurs influents du 7® art qui font le saut vers le petit écran.(HBO Canada, dimanche, 21 h) Autre tendance forte à la télévision américaine : les séries inspirées ou reprenant des films d\u2019auteur à succès.La recette a fait merveille pour Fargo à EX l\u2019an dernier.On en souhaite autant pour 12 Monkeys, qui s\u2019inspire du thriller de science-fiction de Terry Gilliam, lui-même inspiré de La jetée de Chris Marker.(Showcase, vendredi, 22 h) LE GUIDE DES ECRANS 3 LE DEVOIR SEMAINE DU 10 AU 16 JANVIER 2015 s ICI ARTV TELEVISION L\u2019école de la vie sur le mode du ballet Incursion en six épisodes dans le quotidien de sept finissants de l\u2019École supérieure de ballet FREDERIQUE DOYON Collaboratrice, Le Devoir Apprivoiser le ballet au XXP siècle: tel pourrait être le titre de cette très chouette série qui prend l\u2019affiche à Artv.Danser lève le voile sur l\u2019exigeant par-çours de sept apprentis danseurs de l\u2019École supérieure de ballet contemporain, en route vers leur diplôme.Tous ceux qui croyaient le ballet ringard changeront d\u2019avis en suivant ce stimulant documentaire en six épisodes.On y trouve plutôt une formidable école de la vie, alors que les sept finissants encaissent cinq heures de danse quotidienne en plus du cursus collégial ordinaire.Pas étonnant que les intervenants professionnels qui participent aussi activement au documentaire répètent si souvent qu\u2019il s\u2019agit du «métier le plus difficile au monde» ! Car le corps est à la fois l\u2019outil et la finalité de l\u2019art dansant.Si la maîtrise du corps et de la technique est bien sûr au cœur du propos, c\u2019est aussi et surtout l\u2019adulte en devenir, la construction de son identité, de son estime de soi, la maîtrise de ses émotions, son désir d\u2019excellence et sa capacité à accepter la critique qui se révèlent à travers les épisodes.La série les suit au plus près, pendant leur dernière année d\u2019études.On les trouve à la veille de l\u2019examen de fin de session d\u2019automne.Nervosité, espoirs, déceptions se dévoilent à travers leurs témoignages, les efforts fournis en classe et les commentaires des professeurs et dirigeants de l\u2019école.Claudia qui se questionne toujours sur ses qualités.Saskia la rebelle.Pier-Loup et Nicholas, les danseurs-nés.Maryline la perfectionniste.Paco le néophyte qui ne connaissait que les danses de rue, du Mexique avant d\u2019intégrer les rangs de l\u2019École deux ans plus tôt.Kenndy, petite, mais grandie par sa danse.On entre vraiment dans leur univers intime et quotidien (les classes, les conversations, l\u2019amitié qui les unit \u2014 et parfois les rivalités), ponctué de brèves mises en scène qui soulignent le caractère propre à chacun.Le tout est savamment rythmé de musiques actuelles (Cœur de pirate.Les sœurs Boulay, Panny Bloom, Malajube).Les commentairçs des professeurs et de la directrice de l\u2019École \u2014 l\u2019ex-étoile des Grands Ballets canadiens Anik Bissonnette \u2014\touvrent une brèche humaine sur un univers habituellement reconnu pour sa folle intransigeance.Y aurait-il derrière ce documentaire l\u2019intention de redorer une image souvent ternie par de ponctuelles histoires de harcèlement psychologique dans un contexte dominé par la quête d\u2019excellence \u2014\tparfois à tout prix ?Chose certaine, l\u2019arrivép de M\u201c® Bissonnette à la direction de l\u2019École (dont les finissants-vedettes de la série forment d\u2019ailleurs sa première cohorte) semble avoir mis un baume sur les plaies de l\u2019institution.La directrice tire d\u2019ailleurs fierté de voir l\u2019un de ses danseurs, Pier-Loup, en fin de parcours, accéder au titre d\u2019apprenti pour les Grands Ballets.Car les relations entre les deux institutions \u2014 bien qu\u2019elles partagent la même fondatrice, Éudmilla Chiriaeff \u2014 ont longtemps été tendues, peu enclines qu\u2019elles étaient à échanger leurs expertises.ICI ARTV On suit ainsi les sept finissants jusqu\u2019à la fin du cursus scolaire et à leur diploma-tion.Certains auront déjà mis la main sur des contrats, l\u2019un aux Grands Ballets canadiens, d\u2019autres au Ballet BC, au Rub-berbanddance Group inervé de danses urbaines, aux pétillants Ballets jazz de Montréal ou au sein de la compagnie contemporaine Cas public, preuve que la formation en ballet mène à tous les styles.Ceux qui restent envisagent l\u2019avenir ouvert avec un mélange d\u2019excitation et d\u2019appréhension.La dynamique réalisation de Christian Lalumière {Le négociateur.Les pieds dans la marge) sait mettre en valeur autant la danse que l\u2019humain qui l\u2019incarne.Au point où, finalement, le ballet, c\u2019est très cool.Danser Artv, mercredi 14 janvier à 19 h.En rediffusion jeudi 15 janvier à 16h, dimanche 18 janvier à 22 h, iundi 19 janvier à 9 h 30 et à 15h.Charlie Hebdo ¦ ¦ ^ aux enfants STEPHANE BAILLARGEON Le Devoir Cette nouvelle chandelle ne proposera qu\u2019une seule et unique chose : des trouvailles médiatiques.Surtout des liens vers des sites intéressants, divertissants, éclairants, intrigants, intelligents ou déconnants, parfois même tout en même temps.Surtout des propositions entoilées, mais pas uniquement.Pas juste du Web, quoi.L\u2019idée est aussi de coller autant que possible à l\u2019actualité, là encore sans en faire un impératif catégorique.Beaucoup de Web, beaucoup de présent, oui, mais pas seulement.11 faut casser la glace en respectant les deux balises maîtresses, tuerie de Charlie oblige.LES Sélection de spectacles > Actualité des arts de la scène > Espace de réflexion > Transfert de passion PAIITENAIIIE PRINCIPAL Québec! VILLE DE Québec muaicaction Canada l*! rideau-inc.qc.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JANVIER 2015 E 11 CULTURE»MEDIAS < JACQUES NADEAU LE DEVOIR UObservatoire de la culture a publié en septembre un bilan statistique établissant qu\u2019entre 2009 et 2013, un spectateur sur dix de tous les spectacles au Québec détenait un billet de faveur.Autoportrait en pique-assiette À propos des cadeaux aux prolos de l\u2019info STEPHANE BAILLARGEON Jtt aime bien la danse et ^ elle me le rend bien.Chaque année, je reçois une bonne dizaine d\u2019invitations à des spectacles.J\u2019en accepte une grosse moitié.Pourtant, la dernière fois que j\u2019ai écrit sur le sujet, sur des chorégraphes en fait, c\u2019était à l\u2019époque des Entrevues du lundi, des plages pleines que Le Devoir ne publie plus depuis à peu près cinq ans.Ethiquement, je semble donc en faute.Comme tous mes collègues ou presque qui assistent aux premières en même temps que moi, y compris mes patrons et mes collègues des autres médias qui ne couvrent pas la danse.Et il y en a beaucoup.Combien, au fait?Un généreux et gentil diffuseur de spectacles ouvre son jeu: les soirs de première, dans une grande salle, les représentants des médias occupent «moins de 10%» des places.L\u2019Observatoire de la culture a publié en septembre un bilan statistique établissant qu\u2019entre 2009 et 2013, un spectateur sur dix (entre 11,3% et 12% précisément) de tous les spectacles au Québec (pas seulement les soirs de première) détenait un billet de faveur.Un sur dix.Les journalistes sont du lot de ces invités à l\u2019œil qui varient en nombre d\u2019un type de spectacle à l\u2019autre.En danse, le taux de billets de faveur gonfle à 14% en 2013.«On vous invite pour vous intéresser à la danse contemporaine, dit le distributeur de billets plus ou moins automatique, en réclamant de la discrétion.Pour vous permettre de mieux la connaître, de l'apprécier davantage, d'en discuter entre journalistes ou d'en témoigner éventuellement parce que, comme généralistes, vous pouvez être appelés à en parler ou à Qui autorise quoi De 11,3 à 12% des spectateurs détiennent un billet de faveur dans les salles québécoises, tous spectacles confondus, soir de première ou pas.faire référence à un spectacle en particulier dans un article, dans une chronique radio, ou toute autre tribune.Aussi, si plus de journalistes parlent de danse, de différentes façons, à différentes occasions, la danse ne sera plus perçue comme réservée aux seuls spécialistes et aux initiés.C'est une perception que nous aimerions changer, car le public est probablement plus ouvert qu'on ne le croie.» Bonus-malus Bien dit et bien noté.Reste le problème éthique qui ne s\u2019en pose pas moins, même si le (petit) tabou des billets gratuits ne taraude pas la profession.Le cas de conscience affleure à peine, même aux lancements de saison, comme en cette rentrée hivernale.Au cours des prochaines semaines, les reporters plus ou moins ordinaires seront constamment soumis à la tentation de ces bonus-malus.L\u2019article 9 d) du code de déontologie de la Eédération professionnelle des journalistes du Québec (EPJQ) précise que les «cadeaux et gratifications ne sont acceptables que lorsqu'ils servent directement l'accomplissement du travail journalistique: livres, disques, billets gratuits dans le cas des critiques en arts et spectacles, certains objets dans le cas du journalisme de consommation.etc.» Le guide prévoit même le sort de ces avantages : «Après usage, lorsque leur nature s'y prête, ces objets devraient être remis à des organismes communautaires ou publics, sauf s'ils demeurent utiles comme outils de référence.» Très bien.Bravo.La Presse respecte ces normes à la lettre.Radio-Canada aussi.Par contre, la EPJQ elle-même paraît en porte-à-faux, par exemple, avec une nouvelle clause qui permet à tous ses membres sans exception d\u2019entrer gratuitement dans tous les musées du Québec.Après tout, la carte de presse permet déjà de sauter le guichet des musées étrangers.«L'accès gratuit aux musées est effectivement un avantage pour les membres de la FPJQ, qui a été soupesé par le C.A., explique Caroline Locher, directrice générale de la Eédération.Il a été jugé que cet avantage permettrait aux journalistes de mieux exercer leur métier.Lorsqu'un journaliste est cultivé, la qualité globale de l'information augmente, et le citoyen est mieux informé.Les musées contribuent de façon importante à la culture générale de la société.La facilité d'accès à la culture est donc un atout pour l'information en général.L'accès aux musées est d'ailleurs donné à d'autres groupes, à ma connaissance, comme des milieux scolaires ou des professeurs; il n'est pas réservé aux journalistes.Les membres de la FPJQ qui reçoivent ce privilège doivent en échange adhérer au guide de déontologie des meilleures pratiques journalistiques.Il ne s'agit pas d'un cadeau, mais d'un outil pour perfectionner leur métier.» Uintérêt partagé Ce qui vaut pour les musées pourrait donc valoir pour les spectacles.C\u2019est vrai aussi que je ne suis pas un journaliste plus bête parce que je vois cinq ou six shows de chaussons par année.En plus, les salles sont souvent au tiers vides, alors pourquoi ne pas les occuper, y compris par des journalistes de médias plus pauvres.Les critiques répètent en plus qu\u2019ils ne se laissent pas influencer par la gratuité des billets.Certainement! Et la qualité de leurs coups de massue intermittents le prouve assez.«Nous offrons des billets les soirs de première, entre autres, pour permettre aux différents intervenants des médias (chefs de pupitre, recherchistes, chroniqueurs, journalistes) de connaître notre vision, le travail des metteurs en scène et des artistes à long terme et, bien sûr, d'assurer le rayonnement médiatique de l'événement», expliquent par courriel Loui Maufette et Annie Gascon, du service des communications du Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal.En fait, les porte-parole du théâtre se plaignent plutôt du problème inverse : il semble de plus en plus difficile d\u2019intéresser les journalistes à cette discipline multimillénaire, comme à d\u2019autres, dont la danse, billets gratuits ou pas.« Cela dit, plusieurs vous diront que l'espace réservé au théâtre dans les médias se réduit comme peau de chagrin, surtout à la radio et à la télévision, comme en témoigne une récente analyse publiée.Nous devons donc autour de la première créer un momentum afin de rejoindre entre 15 000 et 20 000 spectateurs par spectacle.Et ce ne sont pas tous les médias qui acceptent de s'intéresser au théâtre, car il est perçu trop souvent comme un objet non populaire.Paradoxalement, avec l'arrivée des médias sociaux et le nombre infini de blogueurs qui participent à la rumeur, la première média s'avère de la plus haute importance.» Le Devoir Le Devoir.Les journalistes et les collaborateurs réguliers remplissent des formulaires de déclarations éthiques soumis à un fiduciaire.La convention collective précise que, «dans le cas de voyages accomplis gratuitement, il est fait mention [.] que l'auteur était invité».Une autre clause ajoute: «sauf s'il s'agit d'objets de valeur insignifiante ou symbolique, les cadeaux doivent être refusés».Il n\u2019existe par contre aucune règle précise concernant les billets de spectacle, disques ou livres reçus par les journalistes, qui en disposent donc à leur guise.ICI Radio-Canada.Le diffuseur n\u2019accepte pas les voyages payés, point à la ligne.La politique interne explique que «les journalistes doivent se garder d'accepter les cadeaux d'une valeur non négligeable».Le code ajoute que, «cependant, ils peuvent accepter les billets d'entrée pour couvrir des manifestations ou des représentations» et même que «la présente politique ne considère pas ceux-ci comme des cadeaux».The New York Times.Le code est d\u2019une rigidité extrême.«Les membres du personnel ne peuvent accepter de cadeaux, de billets, de rabais, de remboursements ou d'autres avantages fournis par des personnes ou des organismes couverts ou susceptibles d'être couverts par le NYT, dit le texte.Des exceptions nominales peuvent s'appliquer pour des bibelots d'une valeur de 25$ ou moins, comme une tasse ou une casquette.» lœ journal exige que les autres cadeaux soient retournés et fournit à ses employés un modèle de lettre, avec ses formules de politesse bien tournées.Il est cependant précisé que les journalistes peuvent accepter l\u2019entrée gratuite dans les musées puisque cet avantage s\u2019applique à tous les employés de la compagnie en vertu d\u2019ententes passées entre la Eondation du Times et différents organismes culturels, dont les musées.CINEMA Un portrait nuancé de Luther King Ava DuVernay plonge au cœur de la bataille pour les droits civiques des Noirs SELMA Réalisation : Ava DuVernay.Scénariste: Paul Webb.Avec David Oyelowo, Carmen Ejogo, Tim Roth, Cuba Gooding Jr, Torn Wilkinson, Oprah Winfrey.États-Unis, 2014, 127 minutes.ODILE TREMBLAY Alors que les événements de Eerguson, de Cleveland et de New York remettent en cause les méthodes des policiers blancs, exacerbant la communauté noire et semant la mort des deux côtés, ce film sur Martin Luther King tombe à point nommé.Il éclaire les racines profondes des injustices raciales au royaume de la démocratie.Il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019une biographie de Luther King, mais d\u2019un segment de sa vie, au milieu des années 1960, avec bond en avant montrant l\u2019obtention de son prix Nobel de la paix en 1967, succédant à sa lutte pour l\u2019obtention du droit de vote sans entraves pour les Noirs (les tracasseries rendaient leur vote impossible dans certains Etats, comme l\u2019Alabama).En mars 1965, la marche entre Selma et Montgomery, en Alabama, pour l\u2019obtention de droits égaux est au cœur du film, à la veille du cinquantième anniversaire de cette manifestation qui modifia le cours de l\u2019histoire américaine.Le scénario, écrit par le Britannique Paul Webb, traînait dans ses tiroirs depuis 2007.Plusieurs cinéastes avaient été pressentis (dont Spike Lee et Lee Daniels).C\u2019est finalement l\u2019Afro-Amé-ricaine Ava DuVernay qui le dirige, plutôt bien que mal.Dans cette coproduction avec la Grande-Bretagne, les acteurs anglais comme David Oyelowo (Luther King), Tim Roth (le férocement raciste gouverneur de l\u2019Alabama George Wallace) et Torn Wilkinson (le président Lyndon B.Johnson) dominent la distribution, sans être empêtrés dans des considérations patriotiques, donc riches d\u2019un recul porteur de nuances.Ce genre de productions est généralement accroché au train d\u2019une morale civique bien lourde.Selma joue la note, mais avec plus de force et de nuances que plusieurs biographies filmées, avec l\u2019appui d\u2019une caméra tantôt conventionnelle, tantôt inventive.Des personnages puissants dessinent les facettes prismatiques de l\u2019Amérique pour le meilleur et pour le pire.Lyndon B.Johnson n\u2019y est pas présenté sous son meilleur jour, mettant des bâtons dans les roues de Luther King et longtemps pleutre en matière de droits civiques, avant de promulguer une loi d\u2019équité, après les victoires du champion de la cause noire.Ava DuVernay a réussi à traduire les tensions derrière cette marche historique pour le droit de vote, même au sein des troupes pacifistes de King, où ses stratégies étaient remises en cause.Ce n\u2019est pas une hagiographie du célèbre leader noir.Cet homme charismatique et convaincu est présenté avec ses peurs, ses conflits intérieurs, ses infidélités conjugales, mais aussi son intériorité, sa spiritualité, son courage, sa dignité, ses dons d\u2019orateur.David Oyelowo le campe dans sa complexité et son humanité, tout en nuances.Tim Roth est formidable en «vilain».Son George Wallace plonge jusqu\u2019au vertige dans la face noire de l\u2019être humain.Un affrontement entre le gouverneur de l\u2019Alabama et le président Johnson donne lieu au grand duel d\u2019acteurs Roth/Wilkinson.Les scènes d\u2019affrontement sont remarquables, avec une pulsion, une violence dont la caméra traque l\u2019énergie meurtrière.Les passages intimes mettant en scène Luther King et son épouse (la Britannique Carmen Ejogo, plus convenue) sortent moins du lot, mais permettent de mieux démystifier l\u2019homme derrière le héros.Oprah Winfrey joue la brûlante activiste Anne Lee Cooper avec une vraie flamme.Elle est aussi une des productrices de Selma.Ce film se révèle moins manichéen que bien d\u2019autres, à l\u2019heure de présenter des visages de l\u2019Amérique que plusieurs de ses citoyens n\u2019ont pas nécessairement envie de voir.Mais succédant aux œuvres engagées de Spike Lee, à 12 Years a Slave de Steve McQueen et, à plus faible échelle, à The Butler {Le majordome) de Lee Daniels, Selma apporte un angle intéressant au parcours de la communauté noire en Amérique, de mieux en mieux éclairé au cinéma.Le Devoir PARAMOUNT PICTURES Le comédien David Oyelowo campe Martin Luther King dans sa complexité et son humanité, tout en nuances.aNDMINATIDNS aux GDLDEN GLDBES® - DDNT- MEILLEUR FILM ^ ?THE INDEPENDENT «UN DES MEILLEURS ^FILMS DE L\u2019ANNÉE» *\tNEWïORKiiîOBSERVER .\tBENEDICT\tKEIRA CUMBERBATCH KNIGHTLEY % le jeu de ¦%»L \u2019 IMITATION Version française de The Imitation Game D\u2019APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE CRemsdan I MAINTENANT AU CINËMA | E 12 LE DEVOIR LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JANVIER 2015 SCINEMA Vice caché et vertu évidente Paul Thomas Anderson frappe dans le mille en conjurant le souvenir de films noirs marquants VICE CACHE (V.OA AVEC S.-T.F.D\u2019INHERENT VICE) ?Scénario et réalisation : Paul Thomas Anderson.Avec Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Katherine Waterston.États-Unis, 2014, 149 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Il est des cinéastes dont la sortie de chaque nouveau fdm constitue, pour les cinéphiles, un événement.Avec Boogie Nights puis Magnolia, ses deuxième et troisième longs métrages, Paul Thomas Anderson est entré dans ce club sélect.Parus ensuite.Ivre d\u2019amour, Il y aura du sang et Le maître vinrent, successivement, confirmer, asseoir puis blinder sa réputation.C\u2019est dire que Vice caché, le plus récent opus du réalisateur, arrive à un stade où ce dernier n\u2019a plus rien à prouver.Il en résulte une oeuvre savamment conçue, comme de coutume, mais joyeusement détendue, ce qui n\u2019est pas plus mal.Remarquez, tant le contexte de Vice caché que son protagoniste invitaient, voire commandaient, un certain relâchement dans la posture.En effet, campée dans le Los Angeles «peace and love» de 1970, l\u2019intrigue met en scène un détective privé bien particulier: Larry «Doc» Sportello, un adepte de l\u2019herbe qui a l\u2019habitude de voir les réponses à ses questions prendre forme dans les volutes bleutées des joints qu\u2019il fume à la chaîne.Si l\u2019on s\u2019attache autant à cet antihéros débonnaire, c\u2019est que, loin d\u2019être irrévérencieux, «Doc» est parfaitement sincère.Aussi éthérée que soit sa conscience, il a le cœur \u2014 et les valeurs \u2014 à la bonne place.l WARNER BROS PICTURES Campée dans le Los Angeles «peace and love» de 1970, l\u2019intrigue met en scène un détective privé bien particulier: Larry «Doc» Sportello, interprété par un Joaquin Phoenix fabuleusement naturel (à droite), ici avec Benicio del Toro.En dépit de son humour tantôt équivoque, tantôt surréaliste, Vice caché est d\u2019abord et avant tout un film noir.Un film noir, la cinéphilie de son réalisateur aidant, conscient du genre et des monuments qui le parsèment, à commencer par Le faucon maltais de John Huston et Chinatown de Roman Polanski, dotés eux aussi de scénarios brillamment alambiqués.Comme le veut la convention, tout débute par la visite d\u2019une femme (potentiellement «fatale») chez le privé.Quelque sombre affaire se trame, craint- elle.Et de fait, plus le détective enquête, moins il progresse et plus il apparaît évident que des forces obscures ourdissent dans l\u2019ombre un vaste complot.Dans Chinatown comme dans Vice caché, un riche développeur se trouve au centre de la magouille.Dans le premier, on vise le Psychédéliquement vôtre Le détective privé Larry «Doc» Sportello est une création du romancier américain Thomas Pyn-chon.Lauréat du prestigieux National Book Award, Pynchon se distingue par une prose accessible au service d\u2019intrigues particulièrement denses.Un hippie au regard perpétuellement embrumé par le pot, « Doc », voit le monde ainsi : «Parfois dans la grisaille, la vue s\u2019illuminait, ordinairement quand il fumait de l\u2019herbe, comme si le bouton de contraste de la Création avait été tripoté juste assez pour conférer à toutes choses un vague rayonnement, des pourtours de lumière, et une promesse que la soirée allait d\u2019une manière ou d\u2019une autre virer à l\u2019épopée [.] Les perroquets de sa chemise commençaient maintenant à s\u2019agiter et à battre des ailes, à glousser, voire à parler, encore que ça venait peut-être de la fumette.» \u2014 Extrait de Vice caché (Points).contrôle de l\u2019eau potable.Dans le second, on parle plutôt d\u2019importation massive d\u2019héroïne.Mais voilà, ici comme là, tout cela n\u2019est qu\u2019un \u2014 splendide \u2014 leurre narratif l\u2019essentiel résidant ailleurs, dans l\u2019intimité ,des personnages, il s\u2019avère.A l\u2019instar de Chinatown, Vice caché passe ainsi du macro, volontairement abstrus, au micro, étonnamment simple, en revenant à la cellule familiale lors du dénouement, désespéré et cynique chez Polanski, empreint d\u2019un espoir circonspect chez Anderson.Presque un pastiche Au rayon de la réalisation, l\u2019auteur, on l\u2019a précisé d\u2019office, délaisse momentanément le ton solennel de ses précédents films.Le maître et II y aura du sang, et revient à l\u2019impudence jouissive de Boogie Nights.La technique demeure, elle, éblouissante, qu\u2019il s\u2019agisse des cadrages chargés de sens ou des plans-séquences non ostentatoires.Autre constante: la direction d\u2019acteurs impeccable.Dominée par un Joaquin Phoenix fabuleusement naturel, la distribution est en outre bigarrée à souhait Üosh Brolin, Martin Short, Reese Witherspoon, Eric Roberts, Owen Wilson, Jena Malone, Benicio delToro, etc.).Sur le plan purement esthétique, Vice caché se rapproche du pastiche, avec son gros grain, sa palette rouillée et ses reflets dans la lentille, entre autres ef fets conjurateurs du cinéma des années 1970.On pense souvenf facture aidanf à l\u2019excellent Le privé de Robert Altman (idole d\u2019Anderson), dans lequel le personnage de Philip Marlowe (Le faucon maltais-, tiens.) existe désormais dans la Californie «sous influence» des années 1970 (.etre-tiens).On l\u2019aura compris, Paul Thomas Anderson multiplie à loisir les hommages et les références, souvent de manière détournée, histoire d\u2019ajouter une couche d\u2019humour distanciée à l\u2019ensemble, et ce, pour le plus grand bonheur du cinéphile averti.La production se tenant parfaitement sans cela, le spectateur du dimanche n\u2019en pâtit nullement.Au final, malgré son apparente légèreté par rapport à ceux qui l\u2019ont précédé.Vice caché s\u2019impose çomme un film de substance.A consommer (ou inhaler, comme dirait «Doc») sans modération.Le Devoir À l\u2019heure du chacun pour soi Les frères Dardenne proposent une fable sociale sur la déshumanisation du monde de l\u2019entreprise DEUX JOURS, UNE NUIT ?Réalisation et scénario : Jean-Pierre et Luc Dardenne.Avec Marion Cotillard, Fabrizio Rongione.Image: Alain Marcoen.Montage: Marie-Hélène Dozo.2014, 95 minutes.ODILE TREMBLAY Ce fdm passera aux annales cannoises comme celui de la fratrie belge Dardenne que le jury n\u2019aura pas primé lors de son passage en compétition.Port dans le passé de deux palmes d\u2019or, d\u2019un prix de mise en scène, d\u2019un Grand Prix du jury, d\u2019un prix de scénario et d\u2019un prix d\u2019interprétation masculine, leur cinéma social issu du documentaire, propulsé sur la Croisette, est un des plus percutants de l\u2019Europe, aux côtés de celui des Britanniques Ken Loach et Mike Leigh.Deux jours, une nuit, dans le droit fil de l\u2019œuvre des Dardenne, avec de nombreux plans-séquences, pas de musique ajoutée et une caméra au corps à corps avec r^/y VI METROPOLE EILMS Marion Cotillard et Fabrizio Rongione dans Deux jours, une nuit les interprètes, en bouleverse plusieurs, sans être leur meilleur fdm pour autant.Répétitif par essence, puisqu\u2019il aborde les démarches d\u2019une ouvrière (Cotillard) auprès de ses confrères pour obtenir leur vote.Après un congé de maladie, elle a été remerciée de ses bons services.Aux autres, le patron a offert une alternative : soit ils empochent chacun une prime de 1000 euros, soit elle retrouve son poste.Un premier vote l\u2019a envoyée paître, mais un deuxième scrutin est en vue.Il lui reste une fin de semaine pour convaincre un à un les tenants de la prime de virer capot et de voter pour sa réintégration, au nom de la solidarité, qui bat de l\u2019aile en pleine crise économique, et en ayant l\u2019impression humiliante de quémander des voix à de pauvres EXC3NTRIS DEUX JOURS, UNE NUIT -JEAN-PIERRE ET LUC DARDENNE- 95 MIN.BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL ET AUSSI A L\u2019AFFICHE; LE JEU DE L\u2019IMITATION (THE IMITATION GAME) (v.o.stf.) - MORTEN TYLDUM FOXCATCHER (v.o.stf.) - BENNETT MILLER PRIX DE LA MISE EN SCÈNE - CANNES 2014 WILD (v.o.stf.) - JEAN-MARC VALLÉE D\u2019OÙ JE VIENS -CLAUDE DEMERS gens manipulés qui tirent le diable par la queue.Les Dardenne ont longtemps privilégié des acteurs peu connus ou non professionnels, finissant par leur apporter parfois la gloire,, comme Olivier Gourmet et Emilie Dequenne.Depuis leur précédent Le gamin au vélo (avec Cécile de France), le duo ne résiste pas au plaisir de faire participer des stars à leur cinéma si éloigné des feux de la rampe.Ignorée à Cannes, majs primée pour ce rôle aux Etats-Unis par la National Society of Film Critics, Marion Cotillard incarne donc sous leur gouverne une femme ordinaire au sortir d\u2019une dépression, pas trop solide sur ses jambes, qui apprend à se battre, prend des coups, se relève, et retrouve l\u2019estime d\u2019elle-même.Le tout aux côtés d\u2019un mari qui l\u2019appuie (Fabrizio Rongione, un habitué du cinéma des Dardenne, dans un rôle assez ingrat de faire-valoir.) Tout repose donc sur les épaules de Marion Cotillard, ici d\u2019autant plus méritante qu\u2019elle ne peut livrer de morceaux de bravoure qu\u2019en creux, plaidant sa cause sans appuyer et entre deux pleurs.Deux jours, une nuit se présente comme une fable sociale sur la déshumanisation du monde de l\u2019entreprise, à l\u2019heure des compressions sauvages et du chacun pour soi.Collé aux enjeux essentiels, avec un scénario minimaliste, ce film maigre finit par of frir une panoplie de réactions humaines: cupidité, générosité, avec toutes les nuances de gris au milieu.La dynamique de Deux jours, une nuit repose sur une spirale de répétitions avec variations parfois infimes, qui peuvent lasser ou fasciner, selon la disposition d\u2019esprit du spectateur.Le film ne peut complètement échapper à une forme de démonstration du pouvoir de l\u2019entraide et de la prise en charge de son propre destin, même si tout se joue souvent sur un regard, un dos tourné, une hésitation dans la voix.Le dénouement, tout en demi-teintes, lui offre une échappée de lumière, mais un peu plus de dynamisme aurait aidé Deux jours, une nuit à gagner tout son poids d\u2019émotion et sa charge implosive.Le Devoir ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM Littérature, arts et société LE MARCHE DES RITUELS Entretien avec I ethnoloQue MARTINE ROBERGE ALAIN ROY LE DILEMME DES INCROYANTS MATHIEU BÉLISLE LA RELIGION PROSAÏQUE BENOIT AQUIN RITUELS D\u2019HAÏTI cahier critique XAVIER DOLAN LOUIS HAMELIN ALEXANDRE JARDIN CATHERINE MAVRIKAMS PATRICK MODIANO JAME-S'^SALTER Fiction ÉRIC DUPONT En traduction KATHLEEN WINTER Abonnez-vous en ligne : www.inconvenient.ca "]
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