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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-01-17, Collections de BAnQ.

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[" Rentrée Rttéraire CAHIER F » LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 JANVIER 2015 I Monique Prouix Hobe Ch ^^^rick Roy / / Qr Ve A ev/^, «n/f Trouvailles et retrouvailles De quelques lectures hivernales.SA il reste de grands froids encore à affronter, déjà la luminosité ^ regagne, jour après jour, du terrain sur la saison morte.La rentrée littéraire arrive à pic dans ce regain.Revoilà des livres, des histoires, des réflexions, des merveilles quelquefois où se blottir.Le Devoir, dans cette marée hivernale, cherche pour ses lecteurs des trouvailles et retrouvailles.Parmi ces plumes jeunes ou méconnues qui se révéleront peut-être, Féquipe du cahier Livres, dans les attentes créées par les éditeurs québécois, surveillera avec curiosité Farrivée de Loccupation des jours (Druide) d\u2019Annie Perreault, L\u2019homme qui a vu l\u2019ours (Le Quartanier) de Patrick Roy, Tas-d\u2019roches (Druide) du collègue Gabriel Marcoux-Chabot et Demoiselles-cactus (Leméac) de Clara B.-Turcotte.Et chez les vétérans, qui seront retrouvés, lus dans leurs nouveaux atours, avec fidélité?Nommons Monique Proulx, qui revient avec Ce qu\u2019il reste de moi (Boréal), Jacques Poulin avec Un jukebox dans la \\ tête (Leméac) et Robert Lalonde avec A l\u2019état sauvage (Boréal).Quelles seront les heureuses surprises qui s\u2019imposeront?Il n\u2019y a, par bonheur, qu\u2019une manière de le découvrir: c\u2019est de lire, encore et encore.Le Devoir Entrevue avec Eleanor Catton, jeune comète littéraire Page F 2 Un faux Rockefeller, vraiment caméléon Page F 5 Les essais de la rentrée Page F 6 F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 JANVIER 2015 mnU LITTERAIRE Une étoile est née ?Entrevue avec Eleanor Catton, jeune comète de la littérature DANIELLE LAURIN Avec son deuxième roman tout juste traduit en français, Les luminaires, elle était en 2013, à l\u2019âge de 28 ans, la plus jeune lauréate du prestigieux prix Man Booker, sorte de Concourt du Commonwealth.«Je me sentais comme un chevreuil aveuglé par les phares d\u2019une voiture», s\u2019exprime, encore sous le choc, Eleanor Catton.Vendu à un demi-million d\u2019exemplaires en anglais, ce roman hors norme de près de mille pages transporte le lecteur en Nouvelle-Zélande au XIX® siècle, en pleine ruée vers l\u2019or.En cours de traduction dans plus d\u2019une vingtaine de pays et en développement pour une série télé britannique, le livre a aussi valu à l\u2019auteure néo-zélandaise née à London, Ontario, un prix du Gouverneur général.«Je pense que ça montre que la littérature canadienne n\u2019a pas nécessairement à porter sur le Canada, c\u2019est plus ouvert que ça», dit la longue jeune femme au regard allumé rencontrée le mois dernier à Paris, où elle était de passage.Eille d\u2019un prof de philo et d\u2019une bibliothécaire, elle a quitté le Canada à six ans, après avoir jeté sur le papier ses premiers poèmes, ses premières histoires.«J\u2019ai commencé à écrire en français, du fait que mes parents m\u2019avaient inscrite en école d\u2019immersion.Mais je ne peux plus relire ce que j\u2019ai écrit, hélas, puisque je ne maîtrise plus la langue.» C\u2019est dans le cadre de ses études universitaires en écriture créative qu\u2019elle vient à bout de son premier roman, La répétition, qui relate l\u2019histoire d\u2019un scandale sexuel dans une école secondaire vue par plusieurs protagonistes.Paru en 2008 et tra- ROBERT CATTO Eleanor Catton aura mis cinq ans à achever son deuxième roman.Pas question pour elle de patauger dans les mêmes plates-bandes.duit trois ans plus tard en français, l\u2019ouvrage obtient plusieurs récompenses, en plus de figurer en Erance sur la liste du Médicis.Un lieu très précis Eleanor Catton aura mis cinq ans à achever son deuxième roman.Pas question pour elle de patauger dans les mêmes plates-bandes.«Mon premier livre ne se passait nulle part en particulier, c\u2019était une sorte d\u2019expérience théâtrale dont une grande partie évoluait sur scène: nous ne sommes pas vraiment certains si nous assistons à un événement réel ou à une vision qui a été mise en scène après les faits.Avec mon nouveau roman, ça me semblait nécessaire de voir si je pouvais écrire quelque chose qui se situe dans un lieu précis.» La Nouvelle-Zélande, donc, parce que c\u2019est le pays qu\u2019elle connaît le mieux.Et comme elle était déjà intéressée par l\u2019histoire du pays, la ruée vers l\u2019or des années 1860 lui a paru tout indiquée.«J\u2019aimais cette idée de la promesse d\u2019une vie meilleure, qui me semble tellement romantique.» En 1864, un jeune Ecossais ruiné déterminé à faire fortune, Walter Moody, débarque en pleine tempête sur la côte\t\u20ac ouest du pays après unç\t¦ traversée houleuse.A l\u2019hôtel, il tombe sur une réunion secrète tenue\tLuminaires par douze hommes, qui ' ' .tentent d\u2019éclaircir des\t\"\u2018° faits étranges survenus récemment dans la communauté : la même nuit, un riche prospecteur a disparu, une jeune prostituée opiomane a frôlé la mort et un ivrogne a été retrouvé sans vie avec une immense fortune à ses côtés.Moody sera happé par ce qu\u2019il entend et se L verra dès lors pris au milieu de mystères vertigineux à élucider.Il ne sera pas long à constater qu\u2019entrent en ligne de compte la cupidité, la jalousie, la conspiration, la corruption.et la peur.Il s\u2019avérera que tout le monde ment, que chacun a un secret à cacher.«C\u2019est le maté- riel parfait pour nourrir une intrigue policière, ce qui était mon intention dès le début», précise la romancière.L\u2019inexplicable Une intrigue à multiples ressorts, Les luminaires, certes, foisonnante et complexe, mais aussi un roman d\u2019aventures rendu dans un style victorien qui colle à l\u2019époque évoquée.Ouvrage ambitieux, dans sa structure même, qui emprunte à l\u2019astrologie, alors que les comportements et les caractères des quelque 20 personnages conviés dans cette histoire d\u2019eldorado plein de dangers semblent dictés par le mouvement des objets célestes.S\u2019invitent aussi des fantômes.En cours de route, le spiritisme prend de plus en plus de place, au détriment de la logique.Comment, alors, démêler tout cela?«J\u2019ai toujours voulu écrire un suspense qui aurait deux explications à la fin: l\u2019une supranaturelle et l\u2019autre, non.Je vois ça comme une sorte de test pour le lecteur, sur ce qu\u2019il veut croire ou non.Plusieurs lecteurs que j\u2019ai rencontrés optent pour l\u2019explication supranaturelle des événements, ce qui est impossible.D\u2019autres préfèrent de loin la version logique, plus raisonnable.» Pas question pour Eleanor Catton de trancher.«C\u2019est une des choses que j\u2019aime à propos de la fiction: quand il y a assez de place pour que le lecteur puisse se faire sa propre idée, interpréter les événements dans un certain sens, bref, faire sien le livre, vraiment.» Collaboratrice Le Devoir LES LUMINAIRES Eleanor Catton Alto Québec, 2015, 892pages Coup d\u2019œil sur les livres jeunesse AMELIE GAUDREAU La rentrée en littérature jeunesse ne se résume bien sûr pas à cette demi-douzaine de titres.Mais il y a fort à parier qu\u2019ils se distingueront dans le lot impressionnant des publications offertes aux enfants et adolescents d\u2019ici.C\u2019est du moins ce qu\u2019on leur souhaite.Pour les apprentis lecteurs La petite pieuvre qui vouiait jouer du piano, de Wajdi Mouawad, illustrations de Stéphane Jo-risch, La Bagnole, sortie en mars.Le dramaturge derrière les succès théâtraux Incendies et Forêts s\u2019était déjà lancé en littérature jeunesse avec deux récits s\u2019adressant aux adolescents qui abordaient des sujets pas ce qu\u2019il y a de plus légers.Le revoici avec un conte qui ne risque pas de provoquer des cauchemars, celui d\u2019une jeune pieuvre aventureuse qui apprend le piano dans une baleine.Le sourire en fuite, de Julie Tétreault, illustrations de Ninon Pelletier, Québec Amérique, sortie en mars.Julie Tétreault était une éducatrice atteinte de fibrose kystique.Deux ans avant son décès en 2013, elle avait réalisé son rêve de publier un ouvrage destiné aux enfants et a pu faire la tournée des salons du livre pour rencontrer des jeunes lecteurs.Québec Amérique publie cet hiver son deuxième livre, l\u2019histoire d\u2019un garçon qui cherche désespérément quelque chose qu\u2019il a perdu depuis un certain temps: le sourire.Les ennuis de Lapinette, de Cathon, Comme des géants, sortie en avril.La toute jeune maison d\u2019édition Comme des géants a montré en à peine un an qu\u2019elle pouvait offrir des albums pour les tout-petits qui sortent de l\u2019ordinaire et savent faire sourire les très grands.Ce qui risque de se produire avec ce premier titre jeunesse de la bédéiste Cathon {La liste des choses qui existent, La Pastèque), qui raconte les mésaventures d\u2019une lapine un peu étourdie.Pour les lecteurs assumés et les nostalgiques Dessine-moi un Martien, de Denis Côté, Soulières éditeur, sortie en février.L\u2019un des pionniers du roman jeunesse québécois, et tout particulièrement de science-fiction (la série des Inactijs, La Courte Echelle, Hockeyeurs cybernétiques, Soulières), fera plaisir aux très grands enfants qui ont grandi avec les aventures de Martin le malin, une série de bandes dessinées du Néerlandais Josef Hans Koeleman très populaire dans les années 50 et 60, et probablement aux plus jeunes, à qui ils pourront faire découvrir cet univers.Côté a retravaillé et recomposé les images du tome VI de cette collection, intitulé Les Martiens atterrissent, pour concocter une rencontre entre l\u2019auteur et son personnage.Pour les grands Casting: Victor, de Simon Boulerice, Chariotte, de Chloé Varin, et Victoria, de Stéphanie Lapointe, éditions de la Bagnole, sortie le 18 mars.Plutôt que d\u2019offrir une série plus ou moins interminable de titres racontant les aventures de mêmes personnages, ce nouveau projet intitulé Casting présente le point de vue de trois personnages d\u2019une même histoire sise dans le monde merveilleux du cinéma.On a fait appel à deux vedettes montantes de la littérature jeunesse et à une chanteuse-actrice pour épouser le point de vue de ce triangle amoureux et cinématographique.Le Devoir éditeur Andrée Ferretti Pures et dures DB Egalement disponibles en version numérique www.editionsxyz.com Serge Ouaknine Le tao du tagueur L'hiver XYZ Disponibles en librairie dès le 29 janvier BANDE DESSINEE Constructions et déconstructions Quelques «chevaliers de l\u2019obscurantisme», comme dirait l\u2019autre, cherchent à détruire.Le monde du dessin, lui, va continuer à construire ce prochain printemps : à construire des histoires de villes, des récits improbables dans des réalités parallèles, des dessins qui font rire et qui dérangent, et même des balades dans l\u2019univers de la solidarité et de la collaboration entre humains.Morceaux choisis.EABIEN DEGLISE Revoir Paris (Casterman) de Benoît Peeters et Erançois Schuiten.Petite pause des Cités obscures, ce vaste projet éditorial qui les anime depuis des années.Les auteurs plongent ici dans un autre monde utopique, mais aussi dans un Paris du futur colonisé de nouveau par d\u2019anciens Terriens.Nous sommes en février 2156 en compagnie de Kârinh, qui découvre une ville dont elle ne pouvait que rêver jusque-là.Le bouquin, à la rigueur graphique de circonstance, s\u2019inscrit en marge d\u2019une exposition portant le même nom, sur les visions de Paris à travers le temps, et présentée à la Cité de l\u2019architecture et du patrimoine de Paris depuis novembre et jusqu\u2019en mars 2015.La nouveiie encyciopédie de Masse, tome II (Glénat).Œuvre de référence, cette brique rassemble des dessins d\u2019humour et de presse publiés dans les années 70 et 80 dans Actuel, L\u2019Écho des savanes.Fluide glacial, Hara-Kiri, Charlie mensuel.Métal hurlant.Un retour en arrière qui tombe pile dans la triste actualité du moment pour mesurer le chemin parcouru, mais également pour s\u2019exposer à des inédits et quelques planches revisitées, à l\u2019aune du présent, par leur auteur.Uchronie(s) - New Delhi, tome III (Glénat), de Corbey-ran et Defali.On est dans le deuxième cycle de cette ambitieuse série de science-fiction qui avait déjà distillé trois trilogies (New Byzance, New Harlem et New York) remarquées.Ce chapitre, qui se joue dans une autre dimension de New Delhi, termine un premier segment de cette aventure dans le monde SOURCE POW POW Illustration tirée de Capharnaüm, de Lewis Trondheim des réalités parallèles et des voyages improbables dans l\u2019espace et le temps.Capharnaüm (Pow Pow), de Lewis Trondheim.Exercice de coédition entre L\u2019Association en Erance et Pow Pow au Québec, ce bouquin, signé par un grand de la bédé contemporaine \u2014 on lui doit la série Donjon ou encore Ralph Az-ham et les Lapinot \u2014, passe par un justicier masqué, Willard Watte, pour se questionner sur la réalité et ses représentations.Il paraît que le projet narratif contenait 5000 pages.Il a été réduit à 270.Esprit trop cartésien s\u2019abstenir.100 maisons.La cité des abeiiies (Delcourt), de Delphine Le Lay, Marion Boe et Alexis Horellou.Voilà une série intéressante qui propose de visiter en bédé les histoires singulières que peuvent parfois cacher le béton, les poutres ou le bois de certaines maisons.Ici, il est question d\u2019architecture et de solidarité avec cette Cité des abeilles née dans les années 50 à Quimper, en Erance.Il y avait crise du logement.Des humains se sont unis pour se construire des maisons les uns pour les autres.Inspirant.Le Devoir F 3 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 JANVIER 2015 RENTREE LITTERAIRE TROUVAILLES ET RETROUVAILLES Fictions québécoises: survol d\u2019hiver Jacques Poulin, Robert La-londe, Monique Proulx, Sergio Kokis, Abla Farhoud : plusieurs auteurs reconnus s\u2019invitent à la rentrée littéraire d\u2019hiver.Mais que serait notre littérature sans l\u2019arrivée en force de nouvelles plumes.DANIELLE LAURIN Jacques Poulin nous revient en février avec une fragile histoire d\u2019amour, Un jukebox dans la tête (Leméac).On y retrouve son alter ego écrivain, Jack Waterman, face à une jolie jeune femme rousse malmenée par la vie qui lui déclare: «J'ai lu tous vos livres et.je vous ai fait une petite place dans mon cœur.» Dès janvier, Robert Lalonde met lui aussj en scène un écrivain dans A l'état sauvage, mais pour s\u2019interroger sur les différents types de relations que les hommes peuvent établir entre eux (Boréal).Sergio Kokis propose un récit.Le sortilège des chemins, qui invite à rompre les amarres, à prendre la route à pied pour rêver et mieux se retrouver (Lévesque).Suivra chez le même éditeur Parenthèses, un recueil de nouvelles de notre collaboratrice Lise Gauvin: «Chacune des dix-sept nouvelles est une séquence arrachée à la vie passante, une parenthèse extraite d'un quotidien scruté avec un regard d'une précision toute clinicienne», précise l\u2019éditeur.Autre recueil à venir en février, par Jean-François Chas-say, sous le signe de l\u2019étrangeté : Requiem pour un couple épuisant et autres nouvelles (Leméac).Le même auteur dirige en mars un ouvrage collectif, Un début de siècle.Essais sur la littérature, auquel collaborent notamment Samuel Archibald, Jean-Simon DesRo-chers, Nicolas Dickner, Olga Duhamel, Alain Farah, Karo-line Georges, Marie Hélène Poitras (Le Quartanier).C\u2019est en mars toujours que Nicolas Dickner, qui avait récolté une flopée de prix pour son surprenant Nikolski, publie Six degrés de liberté (Alto).Au même moment, l\u2019auteur de La maison des pluies, Pierre Samson, Grand Prix du livre de Montréal 2013, annonce un nouveau roman (Herbes rouges).Il faudra attendre avril pour renouer avec Monique Proulx, qui revisite, dans Ce qu'il reste de moi, l\u2019histoire de Montréal (Boréal).Jean Bédard, lui, poursuit sous forme de fable son plaidoyer pour le respect de notre terre dans Le chant de la terre blanche (VLB).Puis, en mai, Abla Farhoud revient sur sa jeunesse, à partir de son arrivée au Canada à l\u2019âge de six ans jusqu\u2019à son retour au Liban.La chèvre de montagne paraît en même temps que la réédition de son roman précédent.Splendide solitude (VLB etTypo).Curiosités Blues nègre dans une chambre rose : c\u2019est le titre du nouveau roman de la dramaturge Jennifer Tremblay, à paraître en janvier (VLB).L\u2019auteure de La liste (La Bagnole) collabore aussi, aux côtés d\u2019Aline Apos-tolska, de Marie-Christine Bernard, de Geneviève Lefebvre et d\u2019autres, au collectif Quand Marie relevait son jupon.Histoires libertines inspirées d'un autre temps, disponible en avril (VLB).Un homme se sauve de son passé dans une cabane de Charlevoix.Qu\u2019a-t-il à cacher?La liberté des détours, huitième ouvrage de Mathieu Blais par ailleurs poète, sera en librairie sous peu.Février verra s\u2019amener Alain Poissant, auteur du Sort de Bonté III, finaliste au Prix des libraires 2014: Tes où Célestin s\u2019intéresse au destin d\u2019un cultivateur de Napier ville devenu patriote dans les années 1837-1838 (Sémaphore).En mars, c\u2019est la manne.Le collègue Gabriel Marcoux-Cha-bot entremêle français, vieux français, parler québécois, chiac et innu dans Tas-d'roches, qui se veut, selon l\u2019auteur, «la chronique extraordinaire et véridique d'un village où le ciel est plus clair qu'ailleurs, les femmes plus belles et les 4 Dès janvier, Robert Lalonde met en scène un écrivain dans À Vétat sauvage.JACQUES GRENIER LE DEVOIR ETIENNE BOUCHER Dans son roman Tas-d'roches, Gabriel Marcoux-Chabot mêle français, vieux français parler québécois, chiac et innu.À paraître en mars.hommes plus larges et plus forts» (Druide).Finaliste au Prix littéraire des collégiens pour La respiration du monde en 2011, Marie-Pascale Hugio nous conduit tour à tour, dans La fille d'Ulysse, sur une île féerique au milieu des mers du Sud et sur un continent formé par des tonnes de déchets où les habitants vivent dans des conteneurs (Leméac).Marie Christine Bernard, Prix France-Québec 2009 pour Mademoiselle Personne (Hurtu-bise), raconte l\u2019histoire d\u2019une lignée de femmes autochtones dans Matisiwin (Stanké).Patrick Nicol propose La nageuse au milieu du lac, où un homme revient sur les dernières années de sa mère devenue son enfant (Le Quartanier).Et après La ballade de Nicolas Jones, Patrick Roy lance L'homme qui a vu l'ours, qui nous plonge dans le dur monde de la lutte (Le Quartanier).«Et si les gens que nous prétendons connaître par cœur n'étaient en réalité qu'une pâle copie de ce qu'ils projettent?» C\u2019est ce que demande, dans son recueil de nouvelles Sors de ce corps, l\u2019auteur du désopilant et décalé roman Quelques jours à vivre, François Leblanc CFrip-tyque).Avec L'accoucheur en cuissardes, Jean Désy se lance dans des histoires marquées par ses expériences comme médecin sur la Côte-Nord, autour de Québec, au Nunavik et à la Baie-James (XYZ).En avril, des nouvelles de Christiane La-haie, sous le titre Vous avez choisi Limoges, inspirées par une résidence d\u2019écriture dans le Limousin (Lévesque).Premiers romans Née à Montréal en 1985, la très prometteuse Clara Brunet-Turcotte, dans Les demoiselles-cactus, lancé en janvier, met en MICHAEL MONNIER LE DEVOIR En mai, Abla Farhoud revient sur sa jeunesse, à partir de son arrivée au Canada à l\u2019âge de six ans jusqu\u2019à son retour au Liban.scène une «experte en matière de vomissement» âgée de 25 ans : aussi bien dire qu\u2019elle en est à son «quart de vie en crise» (Leméac).Paraît aussi ce mois-ci, de Sophie Bérubé, Car la nuit est longue, avec en son cœur une histoire de viol (David) .On surveille de plus Banquette arrière, hommage au plaisir de lire signé Claude Brise-bois (Druide), et Le repaire des solitudes, recueil de nouvelles au style incisif sous la plume de Danny Émond (Boréal).En février, Annie Perreault, lauréate du Grand Prix littéraire Radio-Canada en « nouvelles » en 2000, propose, dans L'occupation des jours,^ une soixantaine de textes qui s\u2019interrogent «sur la manière dont on occupe les espaces vacants dans nos vies et sur les différentes manières dont on comble ce vide» (Druide).On découvrira aussi, d\u2019Élyse-Andrée Héroux, Bouge pas, où JEREMIE BERTRAND La prometteuse Clara Brunet-Turcotte, dans Les demoiselles-cactus, lancé en janvier, met en scène une « experte en matière de vomissement».une adjointe éditoriale pète les plombs puis réinvente sa vie (Québec Amérique).Viendra en mars, de Dominique Scali, A la recherche de New Babylon, avec au centre une ville qui n\u2019existe pas, où «il n'est pas question de fuir la mort, mais de choisir son arène» (La Peuplade).Suivra Un bus pour Tokyo du poète Jean-Sébastien Huot (Herbes rouges).C\u2019est en avril que le poète et slameur David Goudreault, premier Québécois à remporter la Coupe du monde de poésie à Paris en 2011, publie Im, bête à sa mère, drame familial vécu par un homme seul (Stanké).Puis, la comédienne et chroniqueuse télé Valérie Chevalier lance Tu peux toujours courir, où il est question d\u2019amitié entre deux jeunes femmes dans la vingtaine (Hurtubise).Collaboratrice Le Devoir À PARAÎTRE CET HIVER Femme après le cloître Andréa Richard Le Québec dans la Grande Guerre Collectif Une histoire de la politesse au Québec Collectif La Guerre de Sept Ans, 1756-1763 Edmond Dziembowski Charivari et justice populaire au Québec René Hardy Brève histoire des Patriotes Gilles Laporte SEPTENTRION.QC.CA LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC POESIE Dans les traces du poème Pour se réchauffer le cœur, des textes vivifiants nous attendent HUGUES CORRIVEAU Le corps encaisse de Roger Des Roches, prix Atha-nase-David 2013, qui ouvre la saison nouvelle aux Herbes rouges, fouille le vieillissement et la survie, recomptant les désirs.Des poèmes en prose d\u2019Alain Bernard Marchand, Comptines, proposent les textes du fils immergé dans la langue maternelle.Suivront La carte des feux de René Lapierre et, de Stéphane D\u2019Amour, une vision A demeure.Kim Doré, la vigilante éditrice des Poètes de brousse, nous incite à revisiter les textes échevelés de Jean-Paul Daoust dans ses Odes radiophoniques HL On ira aussi y voir Lumière en terre noire d\u2019Emmanuel Simard.Au Noroît, un premier titre de Monique Adam, Parures de la disgrâce, intrigue.Quant à Guy Cloutier, il nous indique, sous un titre des plus envoûtants, que Les chiens fous pleurent la nuit, alors que Jean Royer nous convie, avec Avant l'autre nuit, à la mort sans doute, à une réflexion attentive.Comme pour lui répondre, dans la collection «Initiale», Geneviève Gosselin nous assure que L'aube viendra.France Mongeau, dont on a eu le privilège et le bonheur de lire quelques très beaux extraits en revue, fouillera le drame des Heures réversibles.On entendra aussi VHallali de Jean Chapdelaine Gagnon et nous apprendrons à Mesurer les combles avec Emmanuelle Tremblay.En mai prochain, nous retrouverons Paul Chanel Malenfant dans la collection « Chemins de traverse » avec D'iiin genre l'autre.Aux Ecrits des Forges, 13 titres, dont la réimpression de Koréphilie, de Pilles missiles, d'Androgynes noires, de L'in-fante-asile et d\u2019autres textes de Josée Yvon.Heureuse nouvelle s\u2019il en est une.Toujours aux Écrits des Forges, Jean-Noél Pontbriand nous donnera accès à ses Naissances, alors qu\u2019on pourra saisir VEmpreinte mélancolique de poètes et d\u2019artistes dans un projet estampe-poésie en partenariat avec la Biennale internationale d\u2019estampe contemporaine de Trois-Rivières.A l\u2019Hexagone, on a pris une très belle initiative, à savoir republier Quand j'parV pour parler de Jean Narrache au moment où Richard Foisy publie un essai intitulé Un poète et son double: Jean Narrache - Émile Codère.Martin Thibault envisagera La mesure du possible, celle du trait des visages, de nos identités.La peau des corneilles de Mireille Gagné «décortique cette mince frontière dans l'homme entre la proie et le prédateur», pendant que Geneviève Boudreau va au Nord où Le regard est une longue montée et qu\u2019un premier recueil capte notre curiosité quand Chloé Savoie-Bernard nous ouvre son Royaume Scotch Tape.Chez Triptyque, Michaèl La Chance interroge les Crapau-dines et pénètre dans les arcanes de «l'étoffe rouge du langage».Le très beau titre de Marie-Hélène Montpetit, Le cœur sauvage de mon nom, se donne comme une avancée dans le désir et le sentiment.Après une longue absence en poésie revient André Marquis avec A la surface agitée des eaux, confrontant la maladie d\u2019Alzheimer.Nous y attendons, on ne sait trop quand et avec impatience.Les chaux de Joèl Des Rosiers.Chez Planète rebelle, un seul recueil d\u2019Yves^ Gagnon, poète et horticulteur, Écorchis.Au Quartanier, nous découvrirons Jieux de Mathieu Boily, dont on ne sait rien.Au Lézard amoureux, Jean-François Dowd nous convie dans sa Vie â l'étourdie, alors que Valérie Forgues passe Une robe pour la chasse et que Jacques Boulerice s\u2019attarde à L'invention des Pètes.À la Peuplade, Sébastien Dulude essaie de comprendre comment est Ouvert l'hiver.Chez David, nous surveillerons Le son friable de l\u2019étreinte de Marie-Belle Ouellet, qui est fascinée par les chemins de la lumière.Collaborateur Le Devoir P\tGaspard'LE DEVOIR 1 ALMARÈS Du 5 au II jauvier 2015 ^\tCLASSEMENT AUTEUR/EDITEUR Romans québécois 1 Les héritiers du fleuve \u2022 Tome 4 1931-1941 Louise Trembiay-D\u2019&siambre/Guy Saint-Jean\t1/6 2 Le gazon.toujours pius vert chez ie voisin?Améiie Dubois/Les Éditeurs réunis 2/8 -/I 4 Violence à l\u2019origine\tMartin Michaud/Goélette\t3/8 5 La veuve du boulanger\tDenis Monette/Logiques\t4/15 6 Les années de plomb \u2022 Tome 4 Amours de guerre\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t6/6 7 Lit double \u2022 Tome 3\tJanette Bertrand/Libre expression\t5/11 8 La vie sucrée de Juliette Gagnon \u2022 Tome 2 Camisole en.\tNathalie Roy/Libre expression\t8/8 9 Malphas \u2022 Tome 4 Grande Liquidation\tPatrick Senécal/Alire\t7/15 10 Les héritiers du fleuve \u2022 Tome 31918-1929\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean\t-/I Romans étrangers\t\t 1 L\u2019affaire Cendrillon\tMary Higgins Clari( | Alafair Buri(e/Albin Michel\t1/4 2 Le siècle \u2022 Tome 3 Aux portes de l\u2019éternité\tKen Follett/Robert Laffont\t2/13 3 Terrible trafic\tKathy Reichs/Robert Laffont\t3/1D 4 Les neuf cercles\tRoger Jon Ellory/Sonatine\t4/1D 5 Cher John\tNicholas Sparks/Michel Lafon\t5/7 6 Sur tous les fronts \u2022 Tome 1\tTorn Clancy/Albin Michel\t-/I 7 Arrêtez-moi\tUsa Gardner/Albin Michel\t6/1D 8 Une main encombrante\tHenning Mankell/Seuil\t8/9 9 Georgian \u2022 Tome 3 Si vous m\u2019embrassez\tSylvia Day/Flammarion Québec\t1D/2 10 Central Park\tGuillaume Musso/XQ\t7/5 Essais québécois\t\t 1 Jean-François Lépine, sur la ligne de feu\tJean-François Lépine/Libre Expression\t1/1D 2 Les acteurs ne savent pas mourir\tAlain Vadeboncoeur/Lux\t2/12 3 Confessions post-référendaires.Les acteurs politiques de.\tChantal Hébert | Jean Lapierre/Homme\t3/17 4 Métier critique\tCatherine Voyer-Léger/Septentrion\t-/I 5 Chroniques des années molles\tNormand Baillargeon/Leméac\t4/6 6 Le prochain virage\tFrançois Tanguay | Steven Guilbeault/Druide\t-/I 7 De remarquables oubliés \u2022 Tome 2 Ils ont couru l\u2019Amérique Serge Bouchard | Marie-Christine Lévesque/Lux\t\t5/5 8 Une histoire philosophique de la pédagogie \u2022 Tome 1 De.\tNormand Baillargeon/Poète de brousse\t8/6 9 Nos amis, les politiciens\tVincent Marissal/La Presse\t7/8 10 La nordicité du Québec.Entretiens avec Louis-Edmond.\tD.Chartier | J.Désy | L-E.Hamelin/PUQ\t-/I '?'Essais étrangers\t\t 1 Nouvelles guerres.L\u2019état du monde 2015\tCollectif/La Découverte\t7/12 2 Le capital au XXI' siècle\tThomas Piketty/Seuil\t1/33 3 L\u2019État islamique\tSamuel Laurent/Seuil\t4/5 4 Le suicide français\tÉric Zemmour/Albin Michel\t-/I 5 Y a-t-il un grand architecte dans l\u2019univers?\tStephen Hawking/Qdile Jacob\t2/7 6 Les âmes blessées\tBoris Cyrulnik/Qdile Jacob\t5/9 7 Sœurs volées\tEmmanuelle Walter/Lux\t1D/6 8 Commun.Essai sur la révolution du XXI' siècle\tPierre Dardot | Christian Laval/La Découverte\t-/I 9 Marie de Magdala\tPatrick Banon/Michel Lafon\t3/4 10 Plaidoyer pour les animaux\tMatthieu Ricard/Allary éditions\t6/3 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Ssspsnl sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de Sasparil et est constitue des releves de caisse de 260 points de vente La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Sasparil © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 JANVIER 2015 RENTREE LITTERAIRE Littérature sous tension GUYLAINE MASSOUTRE Cet hiver, 353 romans français sont au programme des lancements.Un seul a failli les effacer tous, bombe littéraire tout désespérant qu\u2019il soit.Soumission, de Houelle-becq, faisait les unes avant les événements que l\u2019on sait.Les romanciers parlaient pourtant autrement du monde.Sous le signe d\u2019une mobilisation générale, la rentrée littéraire fait signe aux esprits épris de la liberté d\u2019expression.Sur quoi les écrivains se penchaient-ils ?Qu\u2019avait-on imprimé, quels étaient les choix des éditeurs ?Après avoir survolé les communiqués, voici un aperçu.Chronique d\u2019une ancienne vague, si libre à son époque, Anne Wiazemsky lance Un an après (Gallimard).Cette histoire d\u2019amour et d\u2019années inventives suit Une année studieuse.En février 1968, le couple Wiazemsky-Jean-Luc Godard s\u2019installe; la narratrice raconte comment leur mariage s\u2019étiole, jusqu\u2019à leur séparation en 1969.Jeunesse, voyages, idéaux révolutionnaires et cinéma courent sous cette plume vive d\u2019une génération dont les rêves se sont effondrés.Paris se soucie des Antilles.Chez Actes Sud, on vous recommande Laurent Gaudé, un écrivain vraiment excellent.Danser les ombres se passe à Haiti, et Port-au-Prince y est cette ville sous les décombres qu\u2019un séisme a détruite.Comment la jeune Lucine y rebâtira-t-elle sa vie ?Car s\u2019il y eut peur, il y euf surtout une catastrophe.A noter qu\u2019on réédite un classique des années 50, Fille d'Haïti de Marie Vieux-Chauvet, chez Zellige, maison où l\u2019essai de Fouad Laroui, D\u2019un pays sans frontières, répond à la question «Ya-t-il une littérature de l\u2019exil, une littérature de l\u2019immigration ?».Autre surprise, au Seuil.L\u2019ancêtre en solitude, écrit à quatre mains par Simone Schwarz-Bart et André Schwarz-Bart, revient sur l\u2019esclavage.Trois générations de femmes guadeloupéennes y livrent douleurs et rires incomparables, joyaux de la littérature caribéenne.On se souviendra qu\u2019André Schwarz-Bart, mort en 2006, est l\u2019auteur du Dernier des Justes (Seuil), un livre de référence sur la Shoah.Et que sa femme guadeloupéenne, Simone, a écrit, outre le magnifique Pluie et vent sur Télumée Miracle (Seuil), une encyclopédie en sept volumes.Hommage à la femme noire (Consulaires).Celui dont on parle Soumission de Michei N i MIGUEL MEDINA AGENCE FRANCE PRESSE Soumission de Michel Houellebecq, chez Flammarion, est bien sûr incontournable.La tuerie à Charlie Hebdo a mis fin à une réunion dont l\u2019objet était le mauvais goût de ce livre.Houellebecq, chez Elamma-rion, est bien sûr incontournable.La tuerie à Charlie Hebdo a mis fin à une réunion dont l\u2019objet était le mauvais goût de ce livre.Sa diffusion suspendue en plein vol, il semble avoir complètement raté ce qu\u2019il anticipait, soit l\u2019avenir d\u2019une Erance couchée sous une invasion musulmane, renonçant à sa culture, à son histoire et à sa personnalité.Ce Houellebecq avait déjà fait jaser par ce qu\u2019il charrie de pire, des traits lourdement appuyés en caricature de la réalité.A lui opposer, du coup, chez P.O.L, Jean Rolin, Les événements, dans lequel l\u2019auteur raconte une guerre civile en Erance où la violence serait celle de l\u2019Ukraine ac- DOMAINE PUBLIC Dans Un an après, Anne Wiazemsl^ revisite sa jeunesse, la France de 68 et son mariage avec Jean-Luc Godard.LOÏC VEN AN CE AGENCE FRANCE PRESSE Chez Actes Sud, on vous recommande Laurent Gaudé, un écrivain vraiment excellent qui fait paraître Danser les ombres.tuelle et de l\u2019ex-Yougoslavie.Tribulations, excès qu\u2019on dit burlesques, imaginations obsédées : qui voudra comparer ces deux ravages ne s\u2019ennuiera pas.Chez Verticales, maison imprévisible \u2014 refuge des écritures distinctes ?\u2014, il y a Phi-lippe Adam avec Les impudiques; un beau titre de Claire Fercak, Histoires naturelles de l\u2019oubli; d\u2019Hugues Jallon, La conquête des cœurs et des esprits ainsi que L\u2019enfance politique de Noémi Lefebvre.Intermède.Pour rester dans les civilisations en priorité, promenons-nous entre art et confidences avec Yannick Haenel.De ses quatre ans de vie à Florence, il donne Je cherche l\u2019Italie, à L\u2019Infini.Dans un autre état d\u2019esprit, au Sentiment géographique, Roger Grenier compose Paris ma grand\u2019ville.Ils seront là aussi Dans la Blanche, où le registre est universel : Patrick Au-tréaux avec Les irréguliers, Salim Bachi avec Le consul, Jean Mattern avec Septembre.Saluons aussi le tendre, drôle et savant Wallon Grégoire Polet, qui lance Barcelona !.Seconde bordée, un vrai choix de bibliomane, entre Na-thacha Appanah et En attendant demain, Michel Crépu et Un jour, Florence Delay et La vie comme au théâtre, Marie Didier et Ils ne Vont jamais su, Gabriel Matzneff et Mais la musique soudain s\u2019est tue, et le plus illustre Philippe Sellers avec L\u2019école du mystère.Pas de saison creuse, réelle diversité: Muriel Barbery, La vie des elfes; Olivier Barrot, Mit-teleuropa; Antoine Bello, Les producteurs; Ananda Devi, L\u2019ambassadeur triste; Marc Du-gain.L\u2019emprise, tome IL Quant à François Garde, le dernier prix France-Québec, dont nous avions aimé le récit anthropologique aux mers australes, il signe La baleine dans tous ses états.Au Seuil, deux Belges reprennent place: Charly Del-wart, avec Chut, ou la crise grecque vue par une adolescente qui bombe des slogans sur les murs d\u2019Athènes, et Patrice Pluyette, un poète tendre en fiction, avec La fourmi assassine.Mais l\u2019actualité bousculera certainement les programmes éditoriaux.Il faudra surveiller ces publications sur les banlieues, les jeunes, les radicaux, les islamistes, les attentats.vrais ou faux.Parions que certains manuscrits trouveront une grâce inattendue auprès des lecteurs professionnels.Collaboratrice Le Devoir Marées d\u2019hiver Des traductions en grand nombre, venues du monde entier CHRISTIAN DESMEULES Pour être honnête, ce n\u2019est peut-être pas le moment que l\u2019on préfère.Mais la rentrée littéraire d\u2019hiver est une sortie de secours qui arrive à point, après des jours à gratter avec une inquiétude croissante les fonds de tiroirs.Pour le critique, cette rentrée est un soulagement commode en forme de tabula rasa et de fuite en avant.Et le nouveau flot des livres qui s\u2019annoncent déjà ne laisse pas le temps, par bonheur, de s\u2019apitoyer.Prenez tout de suite une grande respiration avant de plonger.Prêts ?Russell Banks revient avec Un membre permanent de la famille (Actes Sud).Douze nouvelles que l\u2019auteur de De beaux lendemains (Actes Sud) habite de couples qui divorcent, de femmes noires traquées par des pit-bulls, de mythomanes qui prennent des otages.Rachel Kushner, dans Les lance-flammes (Stock), roman prometteur, donne vie à une jeune passionnée d\u2019art contemporain et de moto dans le New York des années 1970 et l\u2019Italie des années de plomb.Au bord du monde, de Brian Hart (Seuil), dessine un univers brutal et poétique aux confins de l\u2019Ouest américain en 1886, tandis que Les luminaires d\u2019Elea-nor Catton (Alto), la plus jeune lauréate de l\u2019important prix Man Booker, nous transporte au long de ses 1000 pages au cœur d\u2019un village de chercheurs d\u2019or en Nouvelle-Zélande en 1866 dire notre entrevue en page F 2).Aussi: A parts égales, de Joanna Trollope (Fides).LES UNCE FUHHES Géants et héros Avec Le géant enfoui (Fides), Kazuo Ishiguro, l\u2019auteur des Vestiges du jour (Booker Prize 1989), revisite les thèmes shakespeariens qui traversent toute son œuvre.Will Self, dans Parapluie (L\u2019Olivier), aborde un siècle d\u2019histoire populaire et intime.Avec Une vie après l\u2019autre (Grasset), Kate Atkinson jouera des variations sur les destins possibles d\u2019une femme et ses répercussions sur sa famille et sur l\u2019histoire.Aussi : Voluptés de Marianne RACHEL KUSHNER Apostolides (La Peuplade), Pauvres petits chagrins de Miriam Toews (Boréal), ainsi que Mes propres appareils de Corey Frost et Stripmalling de Jon Paul Fio-rentino, tous deux à paraître au Quartanier.Dans Bruxelles piano-bar, de Juan Carlos Mondragôn (Seuil), un journaliste culturel de Montevideo décide de résister à la violence sociale endémique et à la mort récente de son père en mettant au point deux stratégies : s\u2019installer mentalement à Bruxelles et boire du champagne en solitaire.Avec Glose (Tripode), on nous promet un livre inclassable de l\u2019Argentin Juan José Saer.Et deux poids lourds des lettres latino-américaines, mort ou vivant: Adam en Éden de Carlos Fuentes (Gallimard), « mexicomedia STRPMALLNG Mexique contemporain rongé par le fléau de la drogue et de la corruption, et Un héros discret (Gallimard) du nobé-lisé Mario Vargas Llosa, centré pour sa part sur le Pérou contemporain.Dans Am bord des fleuves qui vont (Bour-gois).Antonio Lobo Antunes campe un homme atteint d\u2019un cancer avancé qui se remémore son passé sur son lit d\u2019hôpital, espérant trouver dans ses souvenirs la force de lutter contre le mal qui le ronge.Dans Prends garde (Liana Levi), un livre écrit à quatre mains avec la journaliste parlementaire Luciana Castellina, figure de la gauche italienne, Milena Agus raconte le lynchage des quatre sœurs Porro dans les Pouilles en 1946.La fin de l\u2019autre monde (Notabilia), le premier roman de Filippo qui décrit la déperdition du d\u2019Angelo, et Trois fois dès l\u2019aube (Gallimard) d\u2019Alessandro Baricco attirent également l\u2019attention.Plus tard, avec L\u2019histoire dirène (Gallimard), Erri de Luca nous revient avec un recueil de trois nouvelles qui ont un lien avec la mer.Migrants On attend aussi Emir Kusturica, le cinéaste franco-serbe A Underground, avec Étranger dans le mariage (Lattès), un recueil de six nouvelles campées dans la Yougoslavie des années 1970 jusqu\u2019à son éclatement, à sa manière, entre le réalisme et la fantaisie.Avec Infidélités (Boréal), Josif Novakovich proposera des nouvelles qui embrassent tout un siècle, de l\u2019attentat de Sarajevo en 1914 jusqu\u2019aux tribulations des immigrants de l\u2019ex-Yougoslavie daps l\u2019Amérique contemporaine.Egalement à surveiller: Perversion (Noir sur Blanc), de l\u2019Ukrainien Yuri Andrukhovych.Avec Voici les noms (Actes Sud), le Néerlandais Tommy Wieringa va nous jouer un air presque trop connu, alors que des passeurs envoient un groupe de migrants vers une mort certaine.Aussi: Vilnius Poker, du Lituanien Ri-cardas Gavelis (Monsieur Toussaint Lou-verture), un récit politique, paranoïaque et surréaliste racontant l\u2019histoire d\u2019un bibliothécaire chargé de référencer les œuvres mises à l\u2019index.Aussi : Americanah (Gallimard) , de la Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, une histoire d\u2019amour sur fond d\u2019exil et de racisme écartelée sur trois continents.Enfin, après nous avoir donné Contre l\u2019art en 2013, le Norvégien Tomas Espedal poursuit avec Contre la nature: les carnets (Actes Sud), une réflexion sur le travail d\u2019écriture et la vie d\u2019écrivain.Collaborateur Le Devoir F 5 LE DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 JANVIER 2015 RENTREE LITTERAIRE Le gendre de Superman Louis Hamelin « a fiction littéraire, observe Torn McGuane dans une entrevue parue dans un quotidien de Bozeman, au Montana, est comme la musique de chambre.c\u2019est, de plus en plus, un monde de spécialistes \\a connoisseur world].» Comme un écho western à Philip Roth affirmant, dès les années 1990, que le vrai lecteur \u2014 celui qui, après avoir mis les enfants au lit, sait éviter «le piège de la télévision, et [ne s\u2019arrête] pas toutes les cinq minutes pour faire des achats sur le Net ou parlçr au téléphone» \u2014 est, aux Etats-Unis, une espèce en voie de disparition.Roth mettait même un chiffre sur ce dernier carré de liseurs sérieux: environ 15 000.Alors, imaginez au Québec.Le lectorat du romancier de talent va finir par être constitué exclusivement de collègues et d\u2019universitaires.Pour rejoindre le grand public, il faut écrire une saga en huit tomes qui se passe à Saint-Léon-d\u2019Alma.La fiction a cessé d\u2019être l\u2019apanage des créateurs et des raconteurs, elle infiltre désormais la trame des jours, la Toile des amours, elle contamine le cœur du quotidien.Les téléréalités sont scénarisées, les courtiers de Wall Street jonglent avec d\u2019énormes bulles de richesse fictive, et bien malin qui pourrait discerner le dernier coup de pub du bon vieux Réel.Devenez votre propre personnage ! Univers parallèles et mondes inventés s\u2019affranchissent des territoires balisés de l\u2019Imaginaire, la fiction descend dans la rue.Prenez Walter Kirn.Il est l\u2019ex-gendre de Thomas McGuane, et sa belle-mère fut la blonde de Superman, des faits que je mentionne seulement en passant, pour le simple plaisir de pipeler.Auteur de plusieurs JOHN TLUMACKI LA PRESSE CANADIENNE Clark Rockefeller a tout de l\u2019oxymoron sur pattes : une fiction en chair et en os.Les avatars de l\u2019identité et de la crédulité sont inscrits, depuis Don Quichotte, dans l\u2019ADN du genre romanesque , , plutôt que 1 inverse, bouquins, dont des ouvrages alors il faut admettre que la Quand un zigoto qui se prétend financier de haut vol et collectionneur d\u2019art vous refile l\u2019addition au resto, à vous l\u2019honnête tâcheron des lettres, est-ce que ça ne devrait pas vous mettre un tout petit peu la puce à l\u2019oreille ?D\u2019une certaine manière, cette histoire est aussi celle d\u2019un fantasme d\u2019écrivain réalisé.Kirn est un auteur et reporter toujours partant pour un bon sujet.Ça lui donne la bougeotte.Et voici qu\u2019on lui propose de traverser le continent avec un setter infirme qu\u2019un rejeton Rockefeller a adopté via Internet.Après un tel départ, toute invention littéraire paraîtrait redondante.Son Rockefeller ne le décevra pas.Le bonhomme a tout de l\u2019oxymoron sur pattes : une fiction en chair et en os.Caméléon de génie Les avatars de l\u2019identité et de la crédulité sont inscrits, depuis Don Quichotte, dans l\u2019ADN du genre romanesque, et si l\u2019on accepte de considérer un instant la filouterie comme un des beaux-arts, voire un sous-genre littéraire dans lequel la vie mime l\u2019écrit de non-fiction et quelques romans \u2014 deux furent adaptés pour le cinéma \u2014, il vivait, comme son beau-papa, dans un ranch dans les collines du Montana et gagnait raisonnablement bien sa croûte en écrivant pour des magazines et des suppléments littéraires de New York lorsque sa trajectoire croisa celle d\u2019un certain Clark Rockefeller.Nom magique.Kirn est un homme intelligent, diplômé de Princeton et d\u2019Oxford.Mauvais sang ne saurait mentir, son dernier livre traduit en français, est construit autour d\u2019une question : comment un escroc, fût-il brillant, peut-il enfirouaper à ce point un type intelligent?marque du génie authentique peut se rencontrer là comme ailleurs.Des fripons de haute volée traduisent leur mythomanie en actes.Quelque part entre facteur et l\u2019espion, entre narcissisme et illusion, le virtuose du changement de peau et de la mue identitaire est un héros pour notre temps épris de virtualité.Lisant Kirn, j\u2019ai songé à Piel Petjo Maltais, ce faux Indien micmac né à East Angus et qui, dans les années 1970, sera successivement gourou de secte écologiste et chargé d\u2019af faires d\u2019obscurs cheiks saoudiens, logé princièrement dans le meilleur hôtel de Paris.Maltais, dans son genre, était un génie.Clark Rockefel- Olivier Nkulu Kabamba L\u2019EUTHANASIE admise en Soins palliatifs Défis humains pour les médecins Olivier Nkulu Kabamba L\u2019ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL À L'EUTHANASIE Ouvertures et fermetures Olivier Nkulu Kabamba est docteur en bioéthique de l'Université de Montréal au Programme des sciences humaines appliquées où il est chargé de cours.1er, tel qu\u2019il ressort du récit de sa dupe, semble posséder un talent plus limité.Il a le défaut des fils de famille, qui est de trop se fier au nom, d\u2019emprunt dans son cas.Qu\u2019importe, puisque le bagout compense et que le gogo marche.Lorsque, dix ans après leur première rencontre, ce caméléon obsédé d\u2019ascension sociale, qui se nomme en réalité Christian Gerhartsreiter, sera convaincu de meurtre et démasqué, on découvrira, sous ses multiples incarnations, un immigré allemand dont le projet de jeunesse fut de se fondre dans le décor de carton-pâte du Rêve américain.Le mimétisme plutôt que la métamorphose.«Jamais il n\u2019avait eu une idée personnelle, ni s\u2019agissant de sa façon de parler ou de se vêtir, ni de la série de science-fiction qui l\u2019obséderait, ni de la meilleure façon de dissimuler un meurtre.C\u2019était un impeccable imitateur, travaillant à plein temps.» Un fascinant biovore se nourrissant des existences ambiantes.D\u2019autres auteurs ont signé des ouvrages sur ce célèbre imposteur, mais aucun ne l\u2019a fait, comme Kirn, du point de vue du pigeon.La question reste posée: comment un homme intelligent devient-il un arnaqué aussi naïf et consentant?De son propre aveu, Kirn, en plus d\u2019être un écrivain en quête de sujets, ne s\u2019est pas montré complètement insensi- ble à l\u2019aura émanant du nom.Candidement, il reconnaît avoîr vu dans cette relation la possibilité d\u2019améliorer sa position de petit gars de l\u2019Ivy League soi-disant tenu à distance par la classe supérieure pour cause d\u2019enfance mal dégrossie au Minnesota.Intime d\u2019un Rockefçller, Kirn tenait sa vengeance.A Livingston, Montana, comme dans le Paris de Monsieur Proust, qu\u2019est-ce qu\u2019on ne ferait pas pour humer quelques atomes du même air que la noblesse, qui est de sang dans la vieille Europe et de pétrole en Amérique ?Sur le mobile jamais élucidé du crime, la thèse avancée par Kirn, qui fait de son faux Rockefeller, plutôt qu\u2019un harceleur sexuel éconduit ou un banal psychopathe, un lointain émule de Raskolnikov, est audacieuse: «[.] Clark, comme j\u2019en avais acquis la conviction, avait tué pour la littérature.Pour y prendre sa place.» Dont acte.MAUVAIS SANG NE SAURAIT MENTIR Walter Kirn Traduit de l\u2019anglais par Eric Chédaille Christian Bourgois Paris, 2015, 265 pages D Voir > Le documentaire de Jacques Godbout L\u2019affaire Norman William (allas Plel Petjo Maltais) sur le site Web du Devoir.Un hiver presque calme MICHEL BELAIR L?hiver s\u2019annonce plutôt > calme dans le secteur très large de la littérature policière.Même si le polar est encore et toujours la vache à lait de la grande majorité des maisons françaises et que l\u2019on en publie à la tonne, les éditeurs québécois se montrent, eux, encore frileux.Le paysage a quand même beaucoup changé depuis quelques années.Libre expression, par exemple, s\u2019est donné une collection consacrée exclusivement aux polars, thrillers et compagnie, «Expression Noire», qui carbure depuis à haut régime.D\u2019autres éditeurs \u2014 Goélette, Druide et même Marchand de feuilles, Hurtublse et Leméac \u2014 se sont récemment convertis au polar avec des résultats fort Intéressants.Mais tout ce beau monde semble succomber aux caprices de la température et se recroqueviller poqr faire face à l\u2019hiver.A peine publiera-t-on un nouveau Hervé Gagnon (fesse, en mars, une deuxième enquête du journaliste Joseph Laflamme dans le Montréal du début du XX® siècle) chez Expression Noire.Chez Alire, on note une nouvelle cuvée pour Maxime Houde en avril (La misère des laissés pour compte).Alors que, chez Druide, on poursuit avec Voleurs d\u2019enfants, en février, la série de «polars moyenâgeux» de Maryse Rouy, et on attend L\u2019encre mauve, en mars, un premier polar de Fiorence Meney.Aux éditions Goélette, on lance coup sur coup en janvier, sous l\u2019étiquette Coup d\u2019œil, deux enquêtes de l\u2019agente fédérale De rares surprises Gaiimeister annonce une toute nouveiie coiiection, «Néo-Noir», qui accueillera des plumes états-uniennes poursuivant la tradition du roman noir.En attendant, f éditeur propose, début mars, de Craig Johnson, Tous les démons sont ici.Beiie surprise chez Fiamma-rion, en mars toujours, qui accueille un tout nouveau Fred Vargas, alors que l\u2019auteure a grandi au sein de la maison Viviane Hamy: Temps glaciaires.Une sorte de suite de Sher-iock Hoimes, après le retour d\u2019Hercule Poirot: Moriarty d\u2019Anthony Horrowitz, chez Calmann-Lévy.D^JEU RUCIVERBIST Kristen Vale, de la série Le secret de Dieu : Le message des templiers et Le trésor enfoui d\u2019Yves Laiiberté, de même que Le cruciverbiste de Ci aire Cook, avec Emma Clarke qui mène l\u2019enquête.Et puis c\u2019est le calme.Des cousins occupés Outre-Atlantique, par contre, on ne chômera pas durant les mois d\u2019hiver puisque la plupart des grandes pointures seront au rendez-vous avec des nouveautés.En février, James Lee Burke publie Dieux de la pluie chez Rivages et Andrea Camiiieri, Le toutamoi aux éditions Métailié, une première chez cet éditeur.Chez Calmann-Lévy, trois «grosses» sorties: en mars-avril, Lawrence Biock propose La musique et la nuit, un recueil de 11 nouvelles mettant en vedette Matt Scudder dans un New York qui se transforme tout au long des années 1970.En mars.Donna Leon poursuit son exploration de la condition humaine avec Le garçon qui ne parlait pas et Roger Smith revient avec son écriture si brutalement particulière dans Pièges et sacrifices.Pendant ce temps, chez Métailié, Arnaidur indridason raconte la toute première enquête de son commissaire Erlendur dans Les nuits de Reykjavik.Plus loin, en avril, signalons un nouveau Phiiippe Kerr, Les ombres de Katyn, au Masque.Puis, en mai, on verra arriver un tout nouveau Jo Nesbp, Du sang sur la neige, chez Gallimard, et en juin, chez Sonatine, le tout premier roman de R.J.Eiiory, Papillon de nuit, enfin traduit en français.Collaborateur Le Devoir Toutes ces descriptions, significations et opinions, livrées en genre peu conventionnel, composent autant d\u2019éléments d\u2019une théorie des pays froids, en l\u2019occurrence celui du Québec.- Louis-Edmond Hamelin Daniel Chartier et Jean Désy LA NORDICITE DU QUEBEC Entretiens avec LOUIS-EDMOND HAMELIN Presses de l'Université du Québec LA\t: DU QUEBEC Entretiens avec Louis-Edmond Hamelin Daniel Chartier et Jean Désy Avec 16 phctcgraphies de Rcbert Fréchette 152 pages PAPIER 1899$ PDF Iepub On a tous besoin de savoir POUR AGIR Plus de 1 400 livres à feuilleter 2299 F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 JANVIER 2015 RENTREE LITTERAIRE ESSAIS QUEBECOIS Des Inmières dans l\u2019austérité LOUIS CORNELLIER Philippe Couillard, dit-on, aime les essais.Lira-t-il, en avril.L\u2019assaut contre les retraites.Discours catastrophistes, réformes réactionnaires et droit à une retraite décente, un collectif dirigé par Normand Baillargeon chez M éditeur?On le souhaite.Ancien étudiant en philosophie, Pierre Karl Péladeau serait, lui aussi, semble-t-il, un lecteur d\u2019essais.Il n\u2019est pas sûr, cependant, qu\u2019il appréciera\tau Journal de Montréal.Enjeux d\u2019un conflit de travail, un ouvrage, aussi chez M éditeur, dans lequel deux anciens journalistes de ce quotidien exposeront «les méthodes» du magnat de la presse.Les candidats à la chefferie du Parti québécois et les militants de cette formation politique voudront lire Le Parti québécois, un essai de Philippe Bernier Arcand aux éditions Poètes de brousse, qui analysera la nature du nationalisme péquiste.Aux éditions Fides, Danic Parenteau plaidera pour L\u2019indépendance par la république.Chez Lux, l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socioéconomiques 0RIS) proposera Dépossession.Une histoire économique du Québec contemporain.1 -Les ressources.Éducation et santé Dans le domaine de la santé, deux titres retiennent l\u2019attention aux Presses de l\u2019Université Laval (PUL) : Chroniques impertinentes d\u2019un médecin de famille, de Bertrand Savoie, et Remèdes mortels et crime organisé.Comment l\u2019industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé, un livre du chercheur danois Peter Gotzsche, JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Etant un ancien étudiant en philosophie, Pierre Karl Péladeau serait un lecteur assidu d\u2019essais.Il risque pourtant peu d\u2019apprécier Lockout au Journal de Montréal.Enjeux d\u2019un conflit de travail.traduit par Fernand Turcotte.En éducation, quatre essais nourriront la réflexion.Chez Stanké, dans Péril scolaire, la chroniqueuse Tania Longpré identifiera «les 10 maux de l\u2019éducation au Québec».Aux PUL, le sociologue Jacques Roy jettera un Regard sur les cégé-piens et la réussite scolaire.Aux éditions Multimondes, le trio Demers-Ethier-Lefrançois se penchera sur Les fondements de l\u2019éducation.Patrick Doucet, aux éditions Liber, expliquera Comment l\u2019éducation sexuelle peut rendre plus intelligent, dans un essai sur l\u2019homosexualité.Société Chez VLB, dans La dictature 4u bonheur, Marie-Claude Elie-Morin critiquera l\u2019idéologie de la pensée positive.Aux éditions Nota bene, le psychologue Nicolas Lévesque signera Le peuple et l\u2019opium, un essai sur l\u2019exploitation de nos dépendances affectives.Aux éditions Liber, dans La société de l\u2019amélioration, Nicolas Le Dévédec réfléchira sur notre passion de la performance.Chez Lux, le journaliste Hugo Meunier livrera les fruits d\u2019une enquête dans Walmart.Journal d\u2019un associé.Commq d\u2019habitude, les éditions Ecosociété nous inviteront à penser à gauche.Y seront publiés À la croisée des siècles.Réflexions sur la gauche québécoise, de Charles Gagnon, Le néolibre-échange.L\u2019hypercollusion business-poli-tique, de Jacques B.Gélinas, Le renouveau du syndicalisme, sous la direction du trio Fortier- Philippe Muray dans La conjuration du Tertiaire.Isabelle Boisclair, Lucie Jou-bert et Lori Saint-Martin, aux éditions du Remue-ménage, feront Mines de rien, en regroupant des chroniques féministes.Crevier-Trépanier, et une histoire de Québec Presse.Un journal libre et engagé (1969-74), de Jacques Keable.Le catholicisme de gauche se retrouvera, aux éditions Novalis, dans Guy Paiement, prophète du pays réd, un recueil des meilleurs textes de ce jésuite engagé.Littérature Au Boréal, dans Le roman sans aventure, Isabelle Dau-nais se demandera pourquoi le roman québécois est si peu lu et reconnu à l\u2019étranger et Robert Melançon plaidera Pour une poésie impure.Chez VLB, Richard Foisy proposera Un poète et son double, une biographie de Jean Narrache-Emile Coderre.Aux PUL, François-Emmanuel Boucher fera une lecture de Histoire Chez VLB est attendue Une histoire du RIN, de Claude Cardinal.Au Boréal, Jean-Philippe Warren racontera la vie d\u2019Honoré Beaugrand dans La plume et l\u2019épée (1848-1906).Chez Hurtu-bise, Peter Gossage et J.1.Little lanceront Une histoire du Québec: entre tradition et modernité.An Remue-ménage, Elise Detel-lier signe Mises au jeu.Les sports féminins à Montréal, 1919-1961.Chez Lux, deux titres importants: Renégats.Les Canadiens engagés dans la guerre civile espagnole, de Michael Petrou, et Nègres noirs, nègres blancs.Race, sexe et politique dans les années 1960 à Montréal, de David Austin.Aux éditions Libre Expression, dans le genre biographique, Claude Gravel suivra Raymond Gravel.Entre le doute et l\u2019espoir.Aux éditions Fides, le géographe Normand Cazelais reviendra sur son parcours dans Chronique d\u2019une vie sur deux millénaires.Au Septentrion, parmi plusieurs titres, retenons Charivari et justice populaire au Québec, de René Hardy, Brève histoire des patriotes, de Gilles UiMilOUlICCi SSESSION Comment l\u2019éducation sexuelle peut rendre plus intelligent Qritnlnfiwisrxoflîfirfèffatoji/nèir Patrick Doucet UINW LONGPRÉ PÉÇIL SCOLAIRE de l\u2019e'ducoticiT QU Ûuébec Laporte, et Une histoire de la politesse au Québec, sous la direction de Laurent Turcot et Thierry Nootens.Philosophie et science Aux éditions Mémoire d\u2019encrier, l\u2019anthropologue Gilles Bibeau établira une Généalogie de la violence.Chez VLB, Paul Cham-berland nous invitera à Accueillir la vie nue face à l\u2019extrême qui vient.Dans Derniers tabous, aux éditions Nota bene, Robert Hébert mènera une réflexion sur notre époque.Aux PUL se poursuivra la publication des œuvres de Charles De Koninck, avec Le dilemme de la constitution.Aux Herbes rouges, Michel Morin nous invitera à Etre et ne pas être.L\u2019œuvre de Morin n\u2019est pas facile.Simon Nadeau la présentera dans Le philosophe contrebandier.L\u2019économiste Louis Gill, chez M éditeur, critiquera une icône de la gauche québécoise dans Autopsie d\u2019un mythe.Réflexions sur la pensée politique de Jean-Marc Piotte.En science, aux éditions Multimondes, la physicienne Pauline Gagnon lancera Qu\u2019est-ce que le boson de Higgs mange en hiver et autres détails essentiels.Ce sera simple, dit-on.On a hâte de voir.Collaborateur Le Devoir PHILOSOPHIE Réfléchir sur le bonheur, le nihilisme et la démocratie RENAUD LUSSIER Parmi les essais européens à surveiller cet hiver, notons d\u2019abord celui du philosophe François Guery qui trace une histoire du nihilisme, dans ses dimensions politiques, littéraires et philosophiques, depuis les mouvements anti-tsaristes de la Russie du XIX® siècle jusqu\u2019aux attentats terroristes d\u2019aujourd\u2019hui, avec Archéologie du nihilisme: de Dostoïevski aux djihadistes (Grasset).En réponse aux obscurantismes, aux fanatismes et aux aliénations de toutes sortes, Michel Lacroix en appelle à la raison, à la liberté, à l\u2019éducation et à l\u2019esprit dans Ma philosophie de l\u2019homme (Robert Laffont).De son côté, Robert Misrahi interroge à nouveau la notion de liberté, celle qui mène à l\u2019action et à la création, dans La liberté ou le pouvoir de créer (Autrement).Bien connue pour sa défense de l\u2019éducation et de l\u2019enseignement des humanités exposée dans Les émotions démocratiques: comment former le citoyen du )OCP siècle ?(Climats, 2011), la philosophe américaine Martha Nussbaum fait paraître, toujours chez Climats, L\u2019art d\u2019étre juste.Chez Gallimard, on pourra lire deux ouvrages du philosophe et sociologue allemand Axel Honneth, représentant de la troisième génération de l\u2019École de Francfort: Les pathologies de la raison, deuxième tome de Ce que social veut dire, et Le droit de la liberté : esquisse d\u2019une éthicité démocratique.Au Seuil, Corine Pelluchon et Les nourritures.Philosophie du corps politique invitent à penser notre rapport au monde et à la nature en nous intéressant à l\u2019écologie, à l\u2019alimentation, aux problèmes de la faim et de la malnutrition dans une perspective phénoménologique.Réflexions sur le bonheur en compagnie d\u2019Alain Badiou, pour qui la philosophie peut bel et bien contribuer à rendre heureux (Métaphysique du bonheur réel, PUF).Autre perspective de Roger-Pol Droit: La philosophie ne fait pas le bonheur.et c\u2019est tant mieux! (Flammarion).Remontant aux préceptes des philosophes sceptiques de l\u2019Antiquité comme Pyrrhon et Sextus Empiricus, Alexandre Lacroix, directeur de la rédaction de Philosophie Magazine, présente chez Flammarion un «éloge de la pensée suspendue» dans Comment rtn tu, M.Le sémiologue français Roland Barthes vivre lorsqu\u2019on ne croit en rien?Le spécialiste de la philosophie grecque Jean-François Mattéi, disparu en 2014, laisse derrière lui son «testamentphilosophique» où, à l\u2019aide de Camus et de Platon, il bat en brèche «les idéologies de la mort de l\u2019homme» (L\u2019homme dévasté.Grasset) .Aux PUF, Une histoire personnelle de la philosophie.La pensée antique de Mattéi convie le lecteur à un voyage initiatique aux sources de la pensée occidentale.Il sera aussi question d\u2019héritage, celui d\u2019Avicenne et d\u2019Averroès notamment, avec Ali Benmakhlouf, rappelant que lire les philosophes arabes c\u2019est «aller à rebours des pré- AGENCE ERANCE-PRESSE jugés faisant de l\u2019Islam une entité figée, pour découvrir comment ces penseurs ont su ménager, au contraire, des accès multiples à la vérité» (Pourquoi lire les philosophes arabes.Albin Michel).Signalons, en terminant, deux biographies à paraître : Herbert Marcuse: les vertus de l\u2019obstination (Autrement) de Claude Dupuydenus et Roland Barthes (Seuil) de Tiphaine Samoyault, ouvrage attendu qui arrive au moment où l\u2019on s\u2019apprête à souligner le centenaire de la naissance du philosophe français.Collaborateur Le Devoir ESSAIS ETRANGERS Du sang et des idées Des livres sur les maux et les défis de notre temps MICHEL LAPIERRE Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, l\u2019islamisme radical n\u2019a jamais fait autant parler de lui.Dans Le califat du sang (Grasset), l\u2019historien français Alexandre Adler se (jemande à propos du groupe armé État islamique, qui sévit en Irak et en Syrie, «si nous assistons à la naissance d\u2019une plateforme insurrectionnelle à l\u2019échelle d\u2019un continent ou bien au contraire au dernier spasme d\u2019un mouvement meurtrier».Lettres aux escrocs de l\u2019islamophobie qui font le jeu des pommunautaristes et des racistes (lœs Échappés) sera un livre marqué à jamais par l\u2019assassinat récent de son auteur.Charb, directeur de Charlie Hebdo, y dénonce les gens qui se servent du terme « islamophobie » pour amalgamer les antiracistes affirmés qui, comme lui, critiquent une religion et ceux qui, au nom du communautarisme ou par racisme, détestent les adeptes de cette religion «parce qu\u2019ils sont d\u2019origines étrangères».De son côté.Noam Chomsky, selon son habitude, interprète les choses d\u2019un point de vue inusité en opposant, de 1945 à nos jours, le terrorisme des faibles, pratiqué par l\u2019islamisme radical, à celui des puissants, beaucoup plus efficace.Il le fait dans un essai au titre provocateur : Le terrorisme occidental ^\u2019Hiroshima à la guerre des drones (Écosociété).Quant à l\u2019islamologue et psychanalyste Malek Chebel, il explore, dans Inconscient de l\u2019Islam (CNRS), les paradoxes profonds d\u2019une civilisation encore méconnue.Dans un registre différent, La revanche du nationalisme, du politologue Pierre-André Ta-guleff (PUF), scrute l\u2019émergence en Europe d\u2019un populisme identitaire depuis le milieu des années 1980.Chez les écrivains, des ouvrages témoignent de préoccupations socio-politiques.Dans Brut (Lux), Nancy Huston, Française d\u2019adoption, dialogue avec NaomI Klein sur «la ruée vers l\u2019horreur» écologique associée aux sables bitumineux de son Alberta natale.La parole contraire (Gallimard), d\u2019ErrI De Luca, autre militant environnementaliste, dénonce la construction de la ligne TGV Lyon-Turin.Dans l\u2019essai Les barbares (Gallimard aussi), Alessandro Baricco s\u2019interroge sur l\u2019assaut de la culture par les nouvelles technologies.Publié pour le centenaire du génocide arménien commis par l\u2019Empire ottoman au cours de la Première À surveiller La révolution du \u2022\"sr™™\u2019*'\tféminin, Camille ¦\"rts-rir\tFroidevaux-Mette- .rie (Gallimard).Une révolution réussie qui aurait changé autant les hommes que les femmes.La Grande Crise.Comment en sortir\t\u201c*\"\u2022 autrement, James K.Galbraith, (Seuil).Il faudrait oublier le retour à la forte croissance et miser sur une tempérance économique d\u2019esprit écologique et social.Cs*w^l GALBRAITH La possibilité du cosmopolitisme.Burqa, droits de l\u2019homme et vivre-ensemble, Constan-tin Languille (Galli-mard).L\u2019approche juridique ne pourrait, à elle seule, mener à l\u2019idéal cosmopolite.Changer les esprits demeurerait nécessaire.Guerre mondiale.Arméniens, histoire et mémoire d\u2019un peuple dominé, de Gaïdz MInasslan (CNRS), traite d\u2019une tragédie dont l\u2019authenticité reste contestée en Turquie.Luc Ferry, intellectuel et ancien ministre français, s\u2019en prend notamment à ce négationnisme dans ses Chroniques du temps présent (Plon), parues dans Le Eigaro de 2011 à 2014 et portant sur des questions politiques, culturelles et morales.Encore aujourd\u2019hui, un peuple se trouve confronté à une grande puissance, en l\u2019occurrence la Russie, comme le souligne Ukraine.Le réveil d\u2019une nation, d\u2019Alain Gulllemoles (Petits matins).Mais on trouvera peut-être une réflexion poreuse d\u2019espoir en lisant Tout et rien d\u2019autre (Climats), entretien inédit de Susan Sontag, militante pacifiste, essayiste et romancière américaine pour qui éviter la compartimentation intellectuelle permet déjà d\u2019éloigner le germe d\u2019une tragédie.Collaborateur Le Devoir "]
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