Le devoir, 19 janvier 2015, Cahier A
[" Sexe, tramway et désir : Serge Denoncourt à la rencontre de Tennessee Williams Page B 8 Réforme des services de garde : la FTQ dénonce un «virage commercial» Page A 3 www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR VoL.CVI N\u201c 8 LE DEVOIR, LE LUNDI 19 JANVIER 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ U JACQUES NADEAU LE DEVOIR Plus de 200 personnes ont manifesté dimanche après-midi à Montréal pour dénoncer les actions de Boko Haram au Nigeria et au Cameroun ainsi que le silence de l\u2019Occident devant les exactions commises par cette secte djihadiste.Une manifestation similaire s\u2019est déroulée à Paris.Boko Haram frappe le Cameroun Des Africains de Montréal se mobilisent alors que le groupe islamiste cumule raids et enlèvements PHILIPPE ORFALI Si le monde entier scande «Je suis Charlie», ne pourrait-il pas faire de même, rien qu\u2019un tout petit peu, pour l\u2019Afrique?Cette délicate question, évoquée du bout des lèvres depuis les attentats terroristes de Paris, a refait surface, dimanche, alors que le groupe terroriste islamiste Boko Haram commettait de nouvelles exactions, cette fois au Cameroun.Pendant qu\u2019à Montréal quçlque 200 personnes se rassemblaient place Emilie-Gamelin, près de 5000 personnes envahissaient la place du Trocadéro, à Paris, dans le but d\u2019inciter les gouvernements africains et occidentaux à intervenir afin de contrer le groupe terroriste.Car le silence des gouvernements dérange, et pas seulemept en Occident.Nombreux ont été les chefs d\u2019Etat du continent noir à participer à la marche de Paris en solidarité avec les victimes de Charlie Hebdo.«Mais où étaient-ils quand 2000 personnes se faisaient tuer en Afrique?», lance Muriel Koucoï, d\u2019origine bé- VOIR PAGE A 8 : CAMEROUN Transport collectif en régions Des municipalités prennent le relais d\u2019Orléans Express PHILIPPE OREALI Maintes régions du Québec se trouvent plus éloignées que jamais des grands centres avec la disparition, dimanche, de douzaines de trajets assurés depuis près d\u2019un demi-siècle par les autocars d\u2019Orléans Express.Mais alors que l\u2019entreprise privée se désengage de certains secteurs, le milieu municipal prend le relais.En Mauricie et en Gaspésie, deux projets-pi-lotes d\u2019une durée d\u2019un an viennent de voir le jour.La Ré^ie intermunicipale de transport Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine (REGIM) et l\u2019organisme Transport collectif du Haut-Saint-Maurice ont en effet décidé d\u2019offrir un nouveau service de liaison par navettes ou par autocar pour leurs populations.Ces initiatives résultent de la décision d\u2019Orléans Express de réduire son offre de services en région.Si la liaison Montréal-Québec \u2014 la plus lucrative du réseau d\u2019autocars \u2014 VOIR PAGE A 8 : TRANSPORT Aujourd\u2019hui Actualités > Montérégie.Une enquête sera menée sur l\u2019eau potable contaminée au diesel à Longueuil.Page A 4 Société > L\u2019empathie décryptée.Sans stress, les individus sont plus sensibles à la douleur.Page A 5 Sur la route > L\u2019auto-robot: delà fiction à l\u2019autoroute 10.Page B 5 Avis légaux.Décès.Météo Mots croisés Petites annonces.Sudoku.B2 B6 B5 B5 B6 B2 P*INT CHAUD Charlie Hebdo, dernier rempart de nos libertés Si l\u2019on n\u2019a plus le droit de blasphémer, où cela s\u2019arrêtera-t-il ?demande la philosophe française Elisabeth Badinter CHRISTIAN RIOUX Correspondant à Paris En 2007, lors du procès intenté par des organisations, musulmanes à Charlie Hebdo, la philosophe Elisabeth Badinter fit partie des rares intellectuels à oser défendre l\u2019hebdomadaire satirique.Dès cette époque, on entendait murmurer, comme aujourd\u2019hui, que Charlie Hebdo l\u2019avait bien cherché.Bref, qu\u2019il y avait des limites à la liberté d\u2019expression.«A l\u2019époque, j\u2019avais été terriblement frappée d\u2019entendre autant d\u2019hommes politiques condamner Charlie Hebdo, dit-elle.A gauche comme à droite, on traitait les caricaturistes d\u2019irresponsables.Moi, en toute naïveté, vivant dans ma bulle du XVHF siècle avec Voltaire, je me suis dit que les politiques étaient devenus fous.C\u2019est là que fai, compris qu\u2019on était vraiment seuls.» Elisabeth Badinter n\u2019en revenait tout simplement pas, que dans le pays de Voltaire, Charlie Hebdo se retrouve seul devant les tribunaux.VOIR PAGE A 8 : LIBERTÉS Lire aussi > Cachez cette «une».Une chronique de Erançois Brousseau.Page B 1 Lire aussi > Attentats de Paris.Charlie Hebdo « défend la liberté de conscience ».Page A 4 ERIC PIERMONT AGENCE ERANCE-PRESSE En 2007, Elisabeth Badinter fit partie des rares intellectuels à oser défendre Thebdomadaire satirique.77831303442404 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 19 JANVIER 2015 ACTUALITES BOUTIQUE ENERGETIQUE Les gains en efficacité s\u2019annoncent coûteux PIERRE SAINT-ARNAUD Le Québec aura du mal à enregistrer des gains significatifs en matière d\u2019efficacité énergétique et les propositions pour y arriver risquent de se heurter à une certaine résistance en raison des coûts qu\u2019elles impliquent.C\u2019est ce que reconnut le gouvernement Couillard dans le premier des trois documents devant servir à orienter la discussion en vue d\u2019élaborer sa nouvelle politique énergétique qui sera rendu public lundi et dont La Presse canadienne a obtenu copie.«Dans la majorité des secteurs d\u2019activité, les gains en efficacité énergétique les plus aisés ont été réalisés.Le potentiel pour une plus grande efficacité énergétique demeure énorme, mais les prochains gains seront plus onéreux», peut-on lire dans le sommaire du document de 69 pages intitulé «Politique énergétique 2016-2025, efficacité et innovation énergétiques».Le document suggère des pistes de discussion afin d\u2019obtenir des gains en matière d\u2019efficacité énergétique dans les secteurs industriel, du transport, résidentiel et commercial et institutionnel.On propose notamment l\u2019émission «d\u2019obligations vertes» pour soutenir le financement et des mesures qui auraient une incidence directe sur les tarifs, telles «légiférer pour rendre obligatoires certaines pratiques comme l\u2019inspection et la cotation énergétiques des bâtiments ou la facturation des consommateurs en fonction des périodes de grande demande».Usines vertes Dans le secteur industriel, on souligne que «l\u2019efficacité énergétique est perçue comme une démarche contraignante, longue et incertaine, voire intangible et qui ne génère pas de revenus sur de courtes périodes».Or, il s\u2019agit là du secteur qui consomme le plus d\u2019énergie au Québec.Une des avenues envisagées serait «d\u2019exiger l\u2019écoconditionnalité en matière d\u2019efficacité et d\u2019innovation énergétiques lors de l\u2019implantation de nouvelles usines».Le document demeure discret sur les gestes à faire quant aux industries existantes et s\u2019interroge même sur les conséquences potentiellement négatives de l\u2019introduction de la bourse du carbone: «Il pourrait être moins coûteux pour certaines entreprises d\u2019acheter des crédits carbone à l\u2019étranger plutôt que d\u2019investir dans l\u2019amélioration de leur propre efficacité énergétique.» Le secteur du transport est à la fois le plus important utilisateur de produits pétroliers et le secteur où la consommation énergétique est en plus forte augmentation.Les pistes de discussions portent prioritairement sur les carburants de remplacement et la transition vers leur utilisation.On songe à «légiférer pour rendre obligatoires certaines pratiques comme l\u2019inspection énergétique des véhicules usagés.» La première table d\u2019experts portant sur l\u2019efficacité énergétique et l\u2019innovation aura lieu le 13 février à Montréal et sera suivie d\u2019une consultation publique.L\u2019identité des experts, provenant du Québec et d\u2019ailleurs dans le monde, reste à confirmer.La Presse canadienne Montréal aura cinq nouvelles rues piétonnes Projet Montréal accuse Denis Coderre de récupérer à son compte les projets des arrondissements JEANNE CORRIVEAU Cinq nouvelles rues piétonnes ou partagées verront le jour cette année à Montréal.En faisant cette annonce dimanche, le maire Denis Coderre s\u2019est fait reprocher par l\u2019opposition à l\u2019hôtel de ville d\u2019avoir récupéré à son compte des projets émanant des arrondissements.Le maire Denis Coderre avait convoqué les médias dimanche matin pour dévoiler le plan de son administration pour accorder plus de place aux piétons.À la suite d\u2019un appel de projets lancé en septembre 2014, l\u2019administration dit avoir reçu des arrondissements dix projets de piéton-nisation.Cinq ont été retenus et seront réalisés en 2015 avec une contribution de la ville-centre de 500 000$.« C\u2019est une vision nouvelle que nous proposons», a dit le maire.«Ce programme mise sur le formidable potentiel que représentent nos rues locales.» Les concepts de piétonni- a Rosemont-La Petite-Patrie recevra 80 000$ pour un projet qui risque de lui coûter 1,5 million François Croteau, maire de Rosemont-La Petite-Patrie sation devront être peaufinés au cours des prochains mois car, dans certains cas, comme dans la rue De Castelnau, un accès limité des voitures pourrait être autorisé, a indiqué Marie-Hélène Armand, conseillère en aménagement à la Direction des transports de la Ville.Cinq arrondissements Trois projets devraient se concrétiser dès le début de l\u2019été, dont l\u2019aménagement de la place Simon-Valois qui sera prolongée dans la rue Ontario, entre la rue Valois et l\u2019avenue Bourbonnière, dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.Mais la fermeture de ce segment de rue à la circulation automobile sera saisonnière.La place De Castelnau, entre les rues De Gaspé et l\u2019avenue Henri-Julien, dans l\u2019arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, sera aussi transformée en espace piéton pour l\u2019été 2015, tout comme l\u2019avenue Park-Stanley, entre la rue Berri et l\u2019avenue Durham, dans l\u2019arrondissement Ahuntsic-Cartierville.Les deux autres projets ne se réaliseront qu\u2019à l\u2019automne.Il s\u2019agit des abords de la station de métro Beaubien dans Rosemont-La Petite-Patrie \u2014 soit la rue Beaubien, entre les rues Saint-Denis et Boyer \u2014 et de l\u2019aménagement en espace piéton d\u2019une partie de la rue Stanislas dans l\u2019arrondissement de Saint-Laurent.L\u2019administration a présenté le projet de la rue Beaubien comme une voie partagée où piétons, vélos et autobus cohabiteront, mais où la voiture serait bannie.Or, selon le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, Erançois Croteau, les voitures pourront continuer de circuler sur cette voie.« Ça ne sera pas une rue piétonne.Ça va être une voie partagée.Si le maire Coderre avait pris la peine d\u2019étudier les dossiers et au lieu de faire une annonce précipitée le jour de notre congrès extraordinaire pour tenter de voler la vedette dans les médias, il aurait fait une vraie annonce, constructive, avec les arrondissements», a commenté M.Croteau.« Ce n\u2019est pas un projet de Denis Coderre, c\u2019est un projet de Rose-mont-La Petite-Patrie fait par les employés de l\u2019arrondissement et un engagement électoral de Projet Montréal qu\u2019il tente de se réapproprier aujourd\u2019hui.» Erançois Croteau a tout de même salué la volonté du maire Coderre de faire plus de place aux piétons à Montréal.«Il ne faut pas penser que c\u2019est une annonce importante.On parle de cinq projets avec un investissement de 500 000$.Mais Rosemont-La Petite-Patrie recevra 80 000$ pour un projet qui risque de lui coûter 1,5 million.C\u2019est avant tout un effet de toge de la part du maire.» D\u2019autres projets à venir «Ce qu\u2019on est en train de faire, c\u2019est d\u2019aménager un milieu de vie qui nous permet vraiment de mettre l\u2019accent sur les piétons», a fait valoir le maire Coderre, qui promet d\u2019autres projets de plus grande envergure à l\u2019avenir.Il a notamment évoqué le réaménagement de la rue Sainte-Catherine, la création de promenades urbaines \u2014 promises dans le cadre du 375® anniversaire de Montréal \u2014 et la revitalisation de la rue McGill College.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Luc Ferrandez posera sa candidature si le parti n\u2019arrive pas à recruter de meilleurs chefs potentiels.PROJET MONTRÉAL Ferrandez aux commandes jusqu\u2019en 2016 JEANNE CORRIVEAU Projet Montréal attendra à 2016, soit un an avant l\u2019échéancier électoral, pour se choisir un nouveau chef.D\u2019ici là, le parti entend redéfinir ses priorités en vue des élections de l\u2019automne 2017.Celui qui occupe la chefferie par intérim, Luc Eerrandez, n\u2019écarte pas l\u2019idée de se lancer dans la course.Réunis en congrès extraordinaire au Centre culturel et sportif de l\u2019Est dimanche, les militants de Projet Montréal ont modifié les statuts du parti afin de prolonger le mandat de Luc Eerrandez à la tête du parti.Le parti souhaitait s\u2019accorder une plus grande flexibilité pour lancer une course à la chefferie au moment jugé opportun et non dans les six mois suivant la démission de l\u2019ancien chef, comme le prévoyaient les règles auparavant.Ils ont aussi modifié le nom Philipe Tomlinson dans Outremont Projet Montréal a présenté son candidat à l\u2019élection partielle qui aura lieu dans le district Robert-Bourassa d\u2019Outremont le 22 mars prochain.Il s\u2019agit de Philipe Tomlinson, diplômé en gestion et développement durable à HEC Montréal.Candidat dans le district de Joseph-Beaubien lors du scrutin du 3 novembre 2013, M.Tomlinson avait perdu par 11 voix contre Céline Eorget.Depuis un an, il occupe les fonctions d\u2019attaché politique pour Projet Montréal dans Outremont où le parti compte une élue, Mindy Poliak.La mairesse d\u2019Outremont, Marie Cinq-Mars, du parti Conservons Outremont, a lancé dans la mêlée Christine Gélinas-Elie.De son côté, le maire Denis Coderre a fait savoir qu\u2019il présentera aussi un candidat.Congédié ?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 dq parti pour retirer le suffixe « Equipe Bergeron » qui avait été ajouté lors de la campagne électorale de 2013.Rappelons que l\u2019ancien chef et cofondateur du parti, Richard Bergeron, a quitté Projet Montréal en octobre dernier pour se joindre au comité exécutif de Denis Coderre.Luc Eerrandez croit par ailleurs que Projet Montréal a besoin de revoir ses priorités.«Je pense qu\u2019il faut réinventer le parti.[.] Il n\u2019est pas question de renier ce que nous avons fait, mais il faut aller plus loin», a-t-il dit aux militants.Depuis sa création.Projet Montréal a beaucoup misé sur les projets tels le tramway, l\u2019Entrée maritime et les mesures d\u2019apaisement de la circulation, a rappelé Luc Eerrandez.Il doit désormais mettre l\u2019accent sur le développement économique, l\u2019habitation et le commerce «quartier par quartier», croit le chef par intérim.M.Eerrandez a profité du congrès pour décocher quelques flèches au maire Coderre qu\u2019il a décrit comme «un Résultats des tirages du : 2015-01 -17 09 15 21 2Z 35 40 Prochain gros lot (approx )\t5 000 000 $ 28172186-05 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ U 19 26 2Z 45 41 9568425 Résultats des tirages du : 2015-01 -16 ^ Résultats complets sur lotoquebec.com Prochain gros lot (approx) :21 000 000 $ 1118161 En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto Quebec cette derniere a priorité homme à la redoutable efficacité médiatique qui n\u2019a pas peur de se contredire»: «La ville que M.Coderre propose, c\u2019est un syndic de condominiums.C\u2019est une entreprise qui répond aux besoins individuels en fonction du \u201chourramètre\u201d alors que nous, nous voulons définir une culture, un habitat.» Ferrandez dans la course?La course à la chefferie pourrait donc être lancée dans un an et demi.M.Eerrandez a dit souhaiter que Projet Montréal attire des candidats extérieurs au parti pour la chefferie.Il n\u2019écarte pas l\u2019idée d\u2019être lui-même candidat.« Je verrai.J\u2019ai bon espoir qu\u2019on attire des candidats meilleurs que moi.Si ce n\u2019est pas le cas, je serai candidat», a-t-il déclaré à l\u2019issue du congrès.Dans l\u2019assistance, un membre du parti se faisait discret: Guillaume Eavreau Bergeron, 31 ans, le fils de l\u2019ancien chef Richard Bergeron.Membre de Projet Montréal depuis ses débuts, il a dit respecter le choix de son père d\u2019accepter un poste dans l\u2019administration Coderre.«Je le vois serein avec sa décision et je m\u2019en réjouis», a-t-il dit.«Les projets le passionnent.N\u2019oubliez pas que mon père a commencé en politique pour les projets, pour que la ville change.» Guillaume Eavreau Bergeron dit ne pas être encore prêt à faire de la «politique active» et solliciter un poste électif.Il songe encore moins à la chefferie de Projet Montréal, a-t-il affirmé.Le Devoir CUSM Arthur Porter sera extradé au Canada LOUIS CLOUTIER ALAIN MARTINEAU Le Panama a accepté d\u2019extrader Arthur Porter vers le Canada, a confirmé une source sûre à La Presse canadienne.Parlant sous le couvert de l\u2019anonymat, cette source a précisé que l\u2019ancien directeur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), soupçonné de fraudes, pourrait toutefois tenter de retarder son extradition, comme il l\u2019a fait dans le passé.Arthur Porter aurait néanmoins épuisé tous ses recours, et son retour au Canada ne serait qu\u2019une question de temps.Aucune date n\u2019a encore été fixée.Des policiers se rendront au Panama pour conduire Porter dans une prison montréalaise, en détention préventive.Pour le cri-minaliste Jean-Pierre Rancourt, le suspect aura de la difficulté à profiter de liberté dans l\u2019attente d\u2019un éventuel procès.«Ce sont des policiers québécois qui iront le chercher comme on l\u2019a fait dans le cas de [Luka Rocco] Magnotta» a indiqué M® Rancourt.Il comparaîtra, comme le veut la procédure, mais il serait surprenant qu\u2019il obtienne un cautionnement compte tenu du fait qu\u2019il n\u2019est pas revenu de lui-même.«Il y aurait un risque qu\u2019il tente de s\u2019esquiver» a analysé l\u2019avocat québécois, joint par La Presse canadienne.Cancer Arthur Porter a été arrêté avec sa femme dans le principal aéroport du Panama en mai 2013.Alors que Pamela Porter est revenue au Canada et a fait face à la justice, M.Porter est demeuré détenu dans une prison panaméenne, et ce, même s\u2019il combat, selon ses dires, un cancer.Il avait réussi à contester son extradition à quelques reprises.Mais ses dernières démarches auraient échoué cette semaine.D\u2019après la poursuite, Arthur Porter et l\u2019un de ses aides au CUSM, Yanai Elbaz, auraient obtenu plus de 22 millions de dollars en pots-de-vin versés par d\u2019anciens dirigeants de SNC-Lavalin pour obtenir le contrat du nouvel hôpital anglophone de Montréal.La Presse canadienne Arthur Porter LE DEVOIR, LE LUNDI 19 JANVIER 2015 A3 ACTUALITES Le dérisoire Jean-François Nadeau r\\ Pour rappeler que la société n\u2019évolue jamais d\u2019un seul tenant, l\u2019ex-felquiste Francis Simard, décédé il y a quelques jours, m\u2019avait raconté l\u2019histoire d\u2019une militante souffrant soudain d\u2019une vaginite en Gaspésie.Nous sommes en 1969.La jeune femme fréquente un groupe qui se trouve à la Maison du pêcheur à Percé, fantasme communautaire de jeunes révolutionnaires qui souhaitent créer des lieux semblables dans toutes les régions.Une simple vaginite l\u2019accable et lui rend l\u2019existence pénible.Elle est donc conduite tout bonnement chez le médecin du coin.Or ce médecin, plutôt que de s\u2019empresser de la soigner, prend le temps de l\u2019engueuler parce qu\u2019il constate qu\u2019elle n\u2019est pas vierge ! «C\u2019était ça aussi, le Québec», me dira Simard afin de moduler les regards que l\u2019on jette a posteriori sur les élans d\u2019une époque dont on n\u2019arrive plus à voir, à mesure que le temps passe, qu\u2019une image trop lisse.J\u2019ai songé à cette histoire en lisant, dans La Tribune, un article que le journaliste Luc Laro-chelle a consacré au cas de Raif Badawi, ce blo-gueur condamné en Arabie Saoudite et dont la famille est réfugiée dans les Cantons de l\u2019Est.Badawi a été condamné, je le rappelle, à dix ans de prison, à mille coups de fouet et à l\u2019équivalent de 300 000$ d\u2019amende pour ses opinions.Le malheureux a commencé à recevoir ses rations de coups, à raison de cinquante à la fois.Larochelle souhaitait connaître l\u2019effet d\u2019un pareil châtiment sur la santé d\u2019un individu.Il a demandé un avis à un spécialiste, le Marc Dauphin, médecin de guerre, habitué du pire en Afghanistan et dans d\u2019autres théâtres sanglants.Qu\u2019est-ce qui arrive lorsqu\u2019un homme reçoit cinquante coups de fouet?Le médecin n\u2019hésite pas : «Le fouet cause des plaies dangereuses.Pauvre homme, ils vont le tuer.» Le journaliste insiste encore un peu pour en avoir le cœur bien net.Vous êtes bien sûr du pire, docteur?Hélas oui, dit-il.Après avoir connu une brillante carrière de médecin militaire, le Dauphin est devenu la figure de proue des conservateurs de Stephen Harper dans cette région.Ce brave docteur, qui est aussi l\u2019auteur d\u2019un roman publié chez Libre Expression, n\u2019a pas tardé à sentir qu\u2019il s\u2019était autopeluredebananisé au sujet de Raif Badawi.Docteur, si vous êtes à ce point convaincu qu\u2019un drame cruel se joue pour cet homme, pourquoi n\u2019appelez-vous pas votre chef, qui est aussi premier ministre, afin qu\u2019il fasse enfin pression en faveur de sa libération ?C\u2019est là où l\u2019affaire devient vraiment intéressante.Le D\"^ Dauphin ravale pour ainsi dire ses paroles.11 rappelle, quelques heures plus tard le journaliste et lui raconte que, vérification faite, ce n\u2019est pas si grave.«Heureusement, ils n\u2019utilisent pas un fouet de cuir, mais plutôt des baguettes de bambou.Je dis \u201cheureusemenf, car ils seraient abrs certains de tuer M.Badawi.» Cela reste tout de même une «flagrante atteinte à la dignité humaine», glisse le docteur en douceur.De là à faire pression?Les médecins d\u2019hier, comme ceux d\u2019aujourd\u2019hui, charrient un lot de convictions politiques et morales qui n\u2019ont pas de liens évidents avec les vertus humanistes qu\u2019affiche pourtant leur profession.Le médecin étale sa confiture en même temps qu\u2019il administre sa médecine, ce qui permet, depuis bien avant Molière, de voir à travers ces personnages souvent gonflés d\u2019eux-mêmes quelques contradictions dont souffrent les nations.11 en était de même il y a quelques jours avec les politiciens des quarante-quatre pays qui se sont sentis obligés de marcher à Paris afin d\u2019ho-norer les morts de Charjie Hebdo et de saluer la vie de la presse.Pour l\u2019Egypte, la Russie, la Turquie, l\u2019Algérie, la Jordanie et les Emirats arabes unis, pour ne nommer que ces pays-là, c\u2019était peut-être en faire un peu trop, sachant qu\u2019ils sont des pourfendeurs multirécidivistes de la liberté d\u2019expression, toujours en queue du tableau de déshonneur dressé par Reporters sans frontières.Affirmer l\u2019importance de principes et les piétiner par ailleurs dans une marche ou en vue de soutenir une candidature politique, c\u2019est là un trait hélas largement partagé de l\u2019humanité à toutes les époques.L\u2019«aventurier» Frédéric Dion est rentré d\u2019une «spectaculaire odyssée».Ce sont les mots d\u2019un des communiqués dont il a abreuvé les salles de rédaction.11 revient du pôle Sud, là où la blancheur immaculée des neiges constitue sans doute un fond d\u2019écran idéal pour projeter l\u2019image de la célébrité.La neige apparaît toujours fabuleuse dès lors qu\u2019on fait croire qu\u2019elle est le dernier lieu de la virginité perdue du monde.Frédéric Dion «est devenu la première personne à rejoindre le centre de l\u2019Antarctique à skis en solitaire».S\u2019il est le premier, fallait-il préciser qu\u2019il a accompli cela «en un temps record»^ Grâce à lui et aux autres Bernard Voyer de la terre, la piste étroite du «moi» en mène désormais de plus en plus large.En 1911, le pôle Sud devient célèbre à la suite d\u2019une première expédition menée à bien par l\u2019explorateur norvégien Amundsen.Un siècle plus tard, à force de se filmer lui-même jour après jour et de lancer des communiqués à tout vent, Frédéric Dion a réussi mieux encore : il a fait la découverte d\u2019un monde qui a besoin de se faire croire, entre deux bulletins de météo, qu\u2019il possède encore des héros, même s\u2019il faut pour cela surdimensionner des qualités et des exploits.Voici arrivé le temps d\u2019un monde qui ne sait mesurer son humanité qu\u2019à force de médiatiser ses records dérisoires.jfn ©ledevoir.com GARDERIES La FTQ dénonce nn « virage commercial » PHILIPPE ORFALI Contesté de toutes parts, le projet de loi sur l\u2019optimisation des services de garde éducatifs à l\u2019enfance subventionnés devrait carrément être retiré par le gouvernement Couillard afin d\u2019être remanié dans son entièreté, croit la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).Sorti plutôt malmené des premières journées d\u2019audiences tenues la semaine dernière devant une commission parlementaire, le projet de loi 27 fera l\u2019objet d\u2019une ultime journée d\u2019études en présence de témoins, lundi, à l\u2019Assemblée nationale.Et comme la Coalition avenir Québec et des organismes communautaires avant elle, la FTQ réclame le retrait pur et simple du projet de loi, notamment en raison du «virage commercial» que représenterait son adoption et de la «chasse» aux parents qui en résulterait.« [Le projet de loi] relève essentiellement de considérations financières.Les besoins des enfants et des parents, de même que la qualité des services éducatifs offerts sont, au mieux, secondaires, sinon absents de l\u2019exercice en cours.Quant au développement du réseau [public], on assiste plutôt à une dérive vers la commercialisation des services de garde», affirme la FTQ dans son mémoire qui doit être déposé lundi soir à l\u2019Assemblée nationale, et dont Le Devoir a obtenu copie.Présenté en novembre par la ministre de la Fa- «Il y a toutes sortes de raisons tout à fait valables qui pourraient expliquer pourquoi un parent n\u2019enverrait pas son enfant à la garderie cinq Jours )) Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ mille, le projet de loi 27 est censé faire le ménage dans le réseau de garderies subventionnées, en s\u2019attaquant aux milliers de «places fantômes», des places accordées, mais qui ne sont pas occupées cinq jours sur cinq.Selon la Commission de révision permanente des programmes, Québec verserait 280 millions par an en subventions pour des places allouées à des enfants absents.En vertu de la première ébauche du projet de loi, les parents coupables s\u2019exposent à une amende de 3500$.Les propriétaires de garderies fautifs se verraient infliger des amendes bien inférieures, allant de 200$ à 1000$.Même si elle s\u2019y était engagée devant la grogne générale, la ministre Francine Charbonneau n\u2019a toujours pas revu ces montants à la baisse.À la hâte En entrevue, le secrétaire général du sjmdicat, Serge Cadieux, affirme ne pas comprendre la stratégie de la ministre.Le gouvernement a voulu a^ à la hâte en présentant le projet de loi, et aurait mieux fait de prendre le pouls du milieu avant d\u2019y aller de propositions aussi draconiennes, fait-il valoir.«Il y a toutes sortes de raisons tout à fait valables qui pourraient expliquer pourquoi un parent n\u2019enverrait pas son enfant à la garderie cinq jours», expbque-t-il.La FTQ enjoint aussi au gouvernement d\u2019établir un moratoire sur la délivrance de permis à des garderies commerciales non subventionnées, «jusqu\u2019à ce que les places à contribution réduite déjà attribuées par le ministère soient effectivement créées».L\u2019explosion du nombre de garderies non subventionnées, ces dernières années, menace de ramener le Québec 25 ans en arrière selon M.Cadieux.«Ça fait l\u2019affaire [de M\u201c® Charbonneau] qu\u2019il y ait de plus en plus de gardiennes qui s\u2019occupent des enfants, au lieu d\u2019éducateurs et d\u2019éducatrices qui vont stimuler les enfants et les préparer à réussir.» Le Devoir NASSER NASSER AGENCE ERANCE-PRESSE Baird accueilli en Palestine par des manifestants.et des oeufs Le minisfre canadien des Affaires éfrangères, John Baird, s\u2019est fait lancer des œufs et des souliers alors que son convoi quittait dimanche la ville de Ramallah, en Cisjordanie, un incident provoqué par la position perçue comme pro-lsraël du Canada.John Baird rencontrait à femallah son homologue palestinien, Riad al-M^, dans le cadre de sa visite de quatre jours en Israël et dans les territoires palestiniens.Des dizaines de manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Baird, vous n\u2019êtes pas le bienvenu en Palestine».Le ministre n\u2019a été atteint par aucun objet M.Baird a minimisé l\u2019importance de cet événement «Nous adoptons une position forte en appuyant seulement le seul pays démocratique dans la région, a-t-il expbqué.Nous croyons que, sur le plan du processus de paix, le progrès se fait mieux à la table de négociations que par les actions unilatérales contre l\u2019autre partie.Nous sommes fiers de cette position, nous croyons que c\u2019est la meilleure et nous ne nous en excusons pas.» Dans un communiqué, John Baird a qualifié l\u2019entretien avec son homologue de «cordial et constructif», ajoutant que les échanges ont été «francs et candides, malgré les divergences d\u2019opinion».LANGUES OEEICIELLES Fraser demande un bureau pour les anglophones du Québec GIUSEPPE VALIANTE Le gouvernement du Québec a rejeté une nouvelle demande du commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, de faire plus pour mieux servir la communauté anglophone minoritaire de la province.En entrevue à La Presse canadienne, Graham Fraser a dit avoir rencontré les trois libéraux anglophones du gouvernement provincial et a dit qu\u2019il n\u2019avait reçu «aucune indication» montrant que le gouvernement compte créer un bureau pour les affaires anglophones qui aurait comme tâche de s\u2019occuper des préoccupations des 600 000 Québécois de langue anglaise.Des groupes communautaires ne sont pas surpris de la réaction du gouvernement libéral, dont les actions et les paroles ne sont pas conséquentes, croient-ils.Contrairement à leurs prédécesseurs au gouvernement, les bbéraux admettent l\u2019importance des anglophones dans la province.Mais des membres de cette minorité affirment que le contrôle local des institutions au cœur de leur communauté s\u2019érode lentement, tout comme leur influence sur les pobtiques pubbques \u2014 peu importe le parti au pouvoir.«La communauté anglophone a un problème avec les gouvernements successifs, a mentionné M.Fraser.Elle tend à être tenue pour acquise, peu importe le gouvernement.Il en résulte une influence limitée auprès de Québec.» Pas de continuité Le gouvernement bbéral considère que ses frois députés anglophones \u2014 la minisfre de l\u2019Immigration, Kathleen Weil, le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, et l\u2019assistant parlementaire du premier minisfre, David Birn-baum \u2014 représentent suffisamment la communauté anglophone du Québec.Mais M.Fraser et les groupes d\u2019intérêts anglophones ne sont pas d\u2019accord.Sylvia Martin-Laforge, directrice générale du lobby Quebec Community Action Network, affirme pour sa part que ce n\u2019est «absolument pas» assez.Bien que son groupe ait accès à des politiciens, elle plaide le «La communauté anglophone a un problème avec les gouvernements successifs» fait que les groupes anglophones devraient avoir un accès direct à la bureaucratie.«Ce dont nous avons besoin, c\u2019est de conseillers à l\u2019intérieur, dit-elle.Quelqu\u2019un dont le travail est de travailler avec moi, au sein du gouvernement provincial.» M\u201c® Martin-Laforge est particu-bèrement inquiète du projet de loi 10 sur la réforme de la gouvernance des hôpitaux.Cette mesure est censée économiser ,des milbons de dollars à l\u2019Etat, croit le ministre Gaétan Barrette.Mais le fait de centraliser la gouvernance des hôpitaux et des écoles \u2014 les piliers de l\u2019identité et de la culture de la communauté anglophone \u2014 est facilement perçu par la communauté anglophone comme une menace.«La communauté a bâti chacune de ces institutions, fait valoir M\u201c® Martin-Laforge.Nous avons acheté les terrains, construit les édifices, nous avons fait tout le travail.Si nous n\u2019avons pas d\u2019institutions, nous n\u2019avons rien.» (Jette position n\u2019a pas l\u2019assentiment de David Birnbaum.Le député de D\u2019Arcy-McGee, un ancien dirigeant de l\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec, ne croit pas qu\u2019un bureau d\u2019affaires anglophones soit la solution.Amendements 11 ajoute aussi que le projet de loi 10 est toujours en cours de révision et que la communauté anglophone doit être patiente, car il a passé des heures à travailler sur des changements à faire à la loi.11 faut que les gens fassent la distinction entre le Parti québécois et le Parti libéral, dit-il, car son gouvernement «comprend que le Québec anglophone est un allié».L\u2019attachée de presse de l\u2019aile parlementaire du Parti québécois.Automne Yaccarini, abonde dans le même sens que le député de D\u2019Arcy-McGee.«La création d\u2019un bureau des affaires anglophones n\u2019est pas nécessaire.Les droits linguistiques de la communauté anglophone du Québec sont très bien protégés.Et j\u2019ajouterais que notre gouvernement avait un ministre dédié aux relations avec la communauté anglophone », a affirmé Mme Yaccarini.La Presse eanadienne A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 19 JANVIER 2015 ACTUALITES EAU CONTAMINEE Une enquête sera ouverte à Longueuil Les maires des villes de Longueuil, Boucherville et Saint-Bruno-de-Montarville ont assuré qu\u2019une enquête serait menée sur la contamination de leur eau potable, la semaine dernière, qui avait empêché les citoyens de consommer l\u2019eau de leur robinet pendant près de 36 heures.En conférence de presse conjointe, dimanche, Caroline St-Hilaire, Jean Martel et Martin Murray ont souligné que plusieurs questions restaient encore sans réponse et qu\u2019il était nécessaire de faire la lumière sur les événements, qui ont été causés à l\u2019origine par un bris dans une station de pompage de Longueuil.M\u201c® St-Hilaire a indiqué que les résultats de l\u2019enquête seraient rendus publics dès qu\u2019ils seraient connus.La mairesse, dont la gestion de la crise a été critiquée dans certains médias, a signalé qu\u2019il valait mieux attendre les conclusions de l\u2019enquête avant de condamner qui que ce soit.Elle a ajouté qu\u2019elle était prête à «prendre le blâme» s\u2019il s\u2019avérait qu\u2019elle aurait pu agir autrement.Selon elle, «dans les circonstances», la situation a été généralement bien été maîtrisée, sauf pour les 24 premières heures, pendant lesquelles la distribution d\u2019eau avait été plus laborieuse.Le maire de Boucherville Jean Martel a insisté sur l\u2019importance d\u2019éclaircir la séquence des événements.11 a martelé qu\u2019il ne comprenait pas pourquoi on avait pubbé un avis de non-consommation jeudi matin, alors que les problèmes étaient connus depuis la veille.«Dans le doute, il faut s\u2019abstenir.A quel moment décide-t-on qu\u2019un avis peut être émis ?», a-t-il remarqué.Fin de la distribution Les élus ont d\u2019ailleurs annoncé que la distribution d\u2019eau dans les centres d\u2019approvisionnement était maintenant terminée, même si les résidants peuvent encore remplir leurs bouteilles dans les casernes de pompiers.Le nettoyage des réserves d\u2019eau se poursuivait encore dimanche pour s\u2019assurer que tous les contaminants sont disparus.Des échantillons d\u2019eau sont encore testés par mesure de précaution, a tenu à préciser la mairesse St-Hilaire.Une autre enquête a été ouverte à la suite du déversement de diesel, car celui-ci s\u2019est répandu dans le fleuve et on aurait beaucoup trop tardé à aviser Urgence-Environnement.La Presse eanadienne 48 cégeps du Québec ont inscrit des déficits Le quart des cégeps se sont retrouvés en déficit l\u2019an dernier, mais la situation risque d\u2019être encore plus précaire cette année, selon le président-directeur général de la Eédération des cégeps du Québec.Jean Beauchesne a confirmé que 12 établissements sur 48 avaient terminé l\u2019année dans le rouge pour l\u2019exercice financier se terminant le 30 juin 2044.En vertu de la Loi provinciale sur les collèges d\u2019enseignement général et professionnel, les cégeps ne peuvent pas enregistrer de déficits.Or, selon M.Beauchesne, ces difficultés financières s\u2019expliquent par une vague de compressions imposées aux cégeps depuis 2040.11 est inévitable, selon lui, que d\u2019autres établissements soient en déficit cette année puisque leius budgets ont encore été amputés deux fois, «coup sur coup ».La Presse eanadienne Maltraitance des aînés: nne loi réclamée Le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU) déplore le «retard» que met le gouvernement québécois à présenter un projet de loi poiu contrer la maltraitance envers les aînés dans tous les établissements publics et privés du Québec.Le RPCU s\u2019interroge siu ï«inaction» du gouvernement poiu venir en aide aux aînés en détresse, alors qu\u2019il se prépare à présenter un projet de loi contre la cruauté envers les animaux.Pierre Blain, directeiu général du RPCU, suggère le dépôt d\u2019un projet de loi et un plan s\u2019inspirant du contenu du projet qu\u2019avait soumis la députée libérale Mar^erite Blais, en octobre 2043, à l\u2019Assemblée nationale.«Nous n\u2019avons rien contre les animaux, a martelé M.Blain, mais on estime que les êtres humains doivent bénéficier au moins de la même considération de ce gouvernement et de la société en général.», a-t-il ajouté.La Presse eanadienne L\u2019ARC veut répliquer aux médias L\u2019Agence du revenu du Canada (ARC) veut remettre les pendules à l\u2019heiue lorsque des articles de joiunaux ne lui semblent pas exacts.Un dociunent obtenu par La Presse canadienne indique que l\u2019Agence prévoit mettre siu pied une page Web poiu réfuter les articles journalistiques qu\u2019elle considère comme fautife.Les responsables ont soumis l\u2019idée au commissaire de l\u2019ARC, Andrew Treusch, en août 2044, dans une note obtenue en vertu de la Loi siu l\u2019accès à l\u2019information.«Cette note d\u2019information vise à faire le suivi d\u2019une discussion avec votre bureau, sur des actions qui pourraient être prises pour faire passer notre message positif dans les cas où la couverture médiatique ne reflète pas le contenu que nous avons fourni», dit la note.L\u2019agence voit l\u2019avantage de publier des faits et des informations, «tant de manière générale que dans des cas où nous rencontrons des difficultés à générer la reprise par les médias de cette information et à obtenir une couverture équilibrée».La Presse eanadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019accord de libre-échange signé avec l\u2019Union européenne devrait faire exploser les échanges entre les ports de Montréal (notre photo) et d\u2019Anvers.Philippe Couillard y a promis, dimanche, le dévoilement des détails de sa stratégie maritime.PHILIPPE COUILLARD EN BELGIQUE Une stratégie maritime d\u2019ici juin JULIEN ARSENAULT à Anvers Même si plusieurs aspects de la Stratégie maritime demeurent encore nébuleux, les détails entourant cet engagement électoral seront connus d\u2019ici le mois de juin, a annoncé dimanche le premier ministre Philippe Couillard.Le dossier a été au cœur de la première journée de M.Couillard en Belgique, où il a visité le port d\u2019Anvers, le premier en Europe au chapitre du trafic commercial maritime avec l\u2019Amérique du Nord en plus d\u2019être le principal partenaire du port de Montréal.«[Ce partenariat] va être appelé à se développer à cause [de l\u2019accord] de libre-échange avec l\u2019Europe et de l\u2019élargissement du canal de Panama», a-t-il dit, entouré du président de l\u2019autorité portuaire d\u2019Anvers, Marc Van Peel et le vice-président des opérations du Port de Montréal, Daniel Dagenais.Chaque année, plus d\u2019un conteneur sur cinq manutentionnés au port de Montréal a pour origine ou destination le port d\u2019Anvers, une proportion qui pourrait être appelée à doubler, ont-ils laissé entendre, même s\u2019il n\u2019a pas été possible d\u2019avoir de précisions quant à l\u2019atteinte de cet objectif.« C\u2019est certain qu\u2019on peut [.] doubler, a affirmé M.Van Peel.Mais le laps de temps, je ne sais vraiment pas.» Selon lui, le Port de Montréal a un avantage unique, soit celui d\u2019être situé «à l\u2019intérieur» du continent nord-américain, ce qui permet aux transporteurs de conteneurs de se rendre facilement près des Grands Lacs en empruntant le fleuve.D\u2019après ce qu\u2019a laissé entendre M.Dagenais, les 4800 emplois directs et 48 500 autres postes indirects générés par le port de Montréal pourraient doubler si les échanges avec «Il y aura toujours du pétrole qui sera acheminé au Québec par voie maritime, [Le transport pétrolier] va augmenter si l\u2019exportation de pétrole augmente chez nous.)) Philippe Couillard, premier ministre du Québec les installations d\u2019Anvers \u2014 qui générerait 65 000 emplois directs \u2014 devaient prendre de la vigueur.« Une analyse est en train d\u2019être effectuée [par Montréal et Anvers] pour identifier les marchandises [qui seront dédouanées] l\u2019entrée en vigueur de l\u2019accord de libre-échange», a souligné M.Couillard.En 2044, quelque trois millions de tonnes de marchandises devraient avoir transité par le corridor entre la métropole et Anvers, selon le vice-président des opérations du port de Montréal.En dépit des importantes installations pétrolières visibles dans le port d\u2019Anvers, M.Couillard a affirmé qu\u2019une augmentation des échanges avec Montréal ne se traduirait pas nécessairement pas une hausse du transport pétrolier sur le Saint-Laurent.«Il y aura toujours du pétrole qui sera acheminé au Québec par voie maritime, a-t-il observé.[Le transport pétrolier] va augmenter si l\u2019exportation de pétrole augmente chez nous.Il n\u2019y a pas que le pétrole, ce n\u2019est qu\u2019un élément [des exportations].» Pas d\u2019entente En dépit du fait que la Stratégie maritime n\u2019en soit qu\u2019à ses balbutiements, M.Couillard s\u2019est défendu d\u2019en faire la promotion prématurément, puisque aucune entente officielle relativement à cet engagement n\u2019a été signée de- puis le début de sa mission européenne.Questionné, le premier ministre a affirmé que cette stratégie avait été mise en avant depuis «plusieurs mois» et qu\u2019il faisait la même chose avec sa nouvelle version du Plan Nord.Au cours de la campagne électorale, M.Couillard avait fait miroiter des investissements de plus de 7 milliards ainsi que 30 000 emplois sur 45 ans en dévoilant sa Stratégie maritime.Par ailleurs, l\u2019important déploiement policier et militaire en Belgique survenu dans la foulée des attentats terroristes déjoués aurait pu modifier le segment belge de la mission du premier ministre, qui doit notamment rencontrer lundi le vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Belgique, Didier Reynders.«On se demandait si la rencontre [.] pourrait se tenir, a confié M.Couillard.Ce sont les Belges qui nous ont dit qu\u2019elle devait avoir lieu, pour montrer à la population que la vie continue et qu\u2019on ne change pas notre façon de vivre en raison des événements des derniers jours.» M.Couillard a également confirmé qu\u2019il n\u2019avait pas sollicité de rencontre avec le premier ministre de la Belgique \u2014 le deuxième partenaire du Québec, derrière la Prance, dans la francophonie.La Presse eanadienne CharUe Hebdo « défend la liberté de conscience » Le rédacteur en chef, Gérard Biard, s\u2019explique après la dernière caricature de Mahomet Dans une entrevue accordée à la chaîne de télévision américaine NBC News et diffusée partiellement dimanche 48 janvier, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, Gérard Biard, a défendu la caricature controversée du prophète Mahomet publiée en une de l\u2019hebdomadaire satirique du mercredi 44 janvier.11 a notamment affirmé que les caricatures contribuent à défendre la «liberté d\u2019expression » et la «liberté de conscience», qui «ne doi-ver(tpas être un discours politique ».A noter que tout au long de l\u2019entrevue, l\u2019expression «liberté de conscience», employée par M.Biard, a été traduite par le journaliste américain par «liberté de religion» («freedom of religion»).Hors de la politique Gérard Biard répondait aux questions de NBC, qui lui avait demandé ce qu\u2019il pensait des déclarations du pape 4'rançois à ce sujet.Le chef de l\u2019Eglise catholique a condamné ceux qui tuent au nom de Dieu, tout en ajoutant qu\u2019il y avait des limites à la liberté d\u2019expression et qu\u2019on ne pouvait insulter ou moquer les religions.Le rédacteur en chef a alors déclaré (selon ses mots en français.MARTIN BUREAU LA PRESSE CANADIENNE Les propos de Gérard Biard sur la « liberté de conscience » ont été traduits par « liberté de religion » par le journaliste de la NBC.et non ceux de la traduction) : «À chaque fois que nous dessinons Mahomet, à chaque fois que nous dessinons un prophète, à chaque fois que nous dessinons Dieu, nous défendons la liberté de conscience, nous disons que Dieu ne doit pas être un personnage politique, il ne doit pas être un personnage public, il doit être un personnage intime [.] Ce que nous défendons, c\u2019est la liberté d\u2019expression et c\u2019est la liberté de conscience, qui ne doivent pas être un discours politique [.] Si la foi, si le discours religieux descend de la politique, il devient un discours totalitaire [.], c\u2019est de ça que nous préserve la laïcité.» De nombreux pays musulmans en colère La caricature de la couverture de Charlie Hebdo a suscité la colère dans plusieurs pays musulmans.Ainsi au Niger, dix personnes ont été tuées et des églises ont été incendiées vendredi et samedi lors de manifestations contre la dernière publication du magazine.Le dessin de la page couverture faisait suite à la tuerie perpétrée par deux djiha-distes au siège de l\u2019hebdomadaire le 7 janvier et qui a fait douze morts.Les pays européens sur le qui-vive ont renforcé leurs mesures de sécurité afin de prévenir toute répétition des attentats de Paris, qui ont fait dix-sept morts au total.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Monde LE DEVOIR, LE LUNDI 19 JANVIER 2015 A5 SOCIETE #CHRONIQUEFD Après l\u2019horreur, l\u2019abus Fabien Deglise Cy était aussi prévisible que la condamnation de la une du dernier Charlie Hebdo par des courants religieux obscurantistes.Après l\u2019attentat de Paris, le 7 janvier dernier, le monde occidental tombe une énième fois dans l\u2019absurde de la tentation sécuritaire et liber ticide qui suit généralement ce genre de drame.Lois pour faciliter les interpellations.Lois pour généraliser la surveillance des citoyens.Lois pour donner plus de pouvoir à ceux qui en ont déjà un peu trop.Lois pour inscrire ces mesures, paradoxalement, à l\u2019écart des instances de surveillance du bon fonctionnement de la dé-ipocratie.la recette appliquée par quelques Etats, que l\u2019on dit pourtant éclairés, depuis 2001 dans la foulée d\u2019actes terroristes retentissants est plus que connue.Sauf que, tout comme le carnage à la kalachnikov perpétré par deux fanatiques dans une salle de rédaction, lors d\u2019une réunion de p\u2019tits comiques à la plume, ces mesures devraient aussi être sévèrement condamnées et vertement combattues.La fin ne justifiant certainement pas ces moyens.L\u2019attaque des bureaux de Charlie Hebdo, tout comme d\u2019ailleurs celle des loups solitaires qui ont frappé, avec le même fanatisme aveuglant, à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa l\u2019an dernier, confirme d\u2019ailleurs tout le grotesque du projet.La dernière décenqie a été celle en effet de la sursécurisation des Etats, celle du renforcement des lois pour contrer le terrorisme, les dérives sectaires et extrémistes, sursécurisation qui a sournoisement créé un environnement social où tout le monde est désormais surveillé, soupçonné dans l\u2019espoir de détecter rapidement les pommes pourries qui décideraient de passer à l\u2019acte.Or, cette surveillance institutionnalisée, orchestrée avec la complicité des Eacebook, Google, Apple de ce monde, comme l\u2019ont mis en lumière les révélations d\u2019Edward Snowden, n\u2019a pas permis d\u2019éviter ni de prévenir ces drames.Et ce, tout en forçant désormais les citoyens à composer avec des cadres légaux salement intrusifs dans leur intimité et qui, aujourd\u2019hui, érodent les fondements de la démocratie et portent atteinte aux libertés civiles et d\u2019expression, autant, voire bien plus, que des extrémistes engagés dans une guerre sainte sur un territoire dont ils ne comprennent visiblement ni les codes culturels ni les codes sociaux.On ne le dira pourtant jamais assez.Les lois pour contenir les extrémistes à tendance meurtrière, pour prévenir les attentats et punir les crimes sont déjà bien nombreuses et généralement très efficaces dans tous ces pays qui, dans la foulée d\u2019attentats à forte valeur symbolique, reprennent pourtant immanquablement ce chemin du repli et de l\u2019hyper-protection, le tout dans une quête d\u2019un équilibre entre contrôle et liberté que l\u2019on dit précaire, mais qui semble surtout perdu depuis belle lurette.Sous le signe de la sécurité Au Canada, la reprise des travaux parlementaires, à la fin du mois de janvier, devrait être placée sous le signe de la sécurité, révélait la CBC la semaine dernière, avec par exemple une volonté affichée du gouvernement de faciliter le partage d\u2019informations personnelles entre ministères et organismes fédéraux, de faciliter les arrestations ou encore de rendre moins contraignante, juridiquement s\u2019entend, l\u2019intrusion dans des équipements électroniques personnels.En Grande-Bretagne, la tonalité est la même.Le premier ministre, David Cameron, ayant évoqué son envie de rendre illégal le cryptage de données numériques, ce truc vaguement mathématique qui permet à deux personnes de communiquer sans qu\u2019une tierce personne puisse suivre discrètement l\u2019échange.11 pourrait d\u2019ailleurs être obligé de rebrousser chemin.Un rapport secret américain, sorti de l\u2019ombre incidemment la semaine dernière, indique en effet que le chiffrement de données est aussi une façon pour les compagnies du monde civilisé de se prémunir contre le piratage informatique en provenance de la Chine et de la Russie \u2014 entre autres \u2014 et qu\u2019il vaudrait mieux, au lieu de chercher à vivre sans cryptage de l\u2019environnement numérique, en faire bien plus et plus vite.On le voit.Le ridicule semble bien accompagner cette inclination hjqjer-sécuritaire post-attentat qui, pas seulement sur la question du cryptage, se joue généralement en total décalage avec les faits.Le terrorisme est spectaculaire, c\u2019est vrai, mais il est aussi en diminution dans les pays européens comme en Amérique du Nord, indiquent les statistiques sur le sujet.Pis, selon Interpol, en 2012, 2,7% des 219 attentats commis ou envisagés avaient une motivation religieuse.En 2013?0%, selon ce même Interpol.Ça met la menace du barbu en perspective.Au Canada, un Amérindien, qui ne semble pas être dans les priorités du fédéral, a finalement bien plus de risques de mourir de malnutrition, dans une réserve sans eau courante ni électricité, que d\u2019une attaque terroriste, contre laquelle pourtant le fédéral investit temps, énergie et fonds publics.Les autres sont plus à risque sur les routes ou devant des maladies chroniques, preuve finalement que la menace terroriste fait, oui, partie de la réalité, mais de la réalité d\u2019une stratégie politique, évidemment.Sur Twitter ©FabienDeglise L\u2019empathie décryptée Sans stress, les individus sont plus sensibles à la douleur de l\u2019autre PAULINE GRAVEL Selon une nouvelle étude réalisée à l\u2019Université McGill, c\u2019est le stress vécu en présence de personnes étrangères qui limite l\u2019empathie que nous éprouvons à leur égard, favoriser des activités de coopération avec un inconnu suffirait à éliminer ce stress et à permettre l\u2019expression d\u2019un sentiment d\u2019empathie.11 a souvent été démontré que l\u2019empathie que l\u2019on éprouve pour une personne est d\u2019autant plus élevée que cette personne est proche de nous.Ainsi, l\u2019empathie éprouvée envers un parent sera plus spontanée et plus grande que celle pour un ami.Elle sera encore moindre envers un étranger qui nous ressemble que pour un ami, et négligeable à l\u2019égard d\u2019un total inconnu.Jeffrey Mogil, professeur au Département de psychologie de l\u2019Université McGill, s\u2019est intéressé à l\u2019empathie suscitée par la douleur d\u2019autrui.Son équipe a estimé le degré d\u2019empathie éprouvé par des souris et des humains en mesurant leur réaction à un stimulus douloureux.Si la souris ou la personne montrait de l\u2019empathie à l\u2019égard de la congénère ou de la personne en présence de laquelle on l\u2019avait placée, la souris manifestait une plus grande réaction à la stimulation douloureuse qu\u2019on lui infligeait et la personne évaluait sa douleur comme plus intense que lorsqu\u2019elles (les souris et les personnes) étaient seules au moment de subir le stimulus douloureux.En fait, «si vous éprouvez de l\u2019empathie pour la personne en face de vous, la douleur que ressent cette dernière s\u2019ajoutera à votre propre douleur, c\u2019est pourquoi vous jugerez votre douleur plus élevée que quand vous êtes seul », explique M.Mogil, qui a publié ces résultats dans le dernier numéro de la revue Current Biology.Les chercheurs avaient déjà observé que les souris en compagnie d\u2019une congénère avec laquelle elles cohabitaient depuis quelque temps manifestaient une plus grande réaction à un stimulus douloureux que lorsqu\u2019elles étaient seules dans leur cage, ou en présence d\u2019une souris inconnue.Cette fois, l\u2019équipe de McGill a démontré que, lorsqu\u2019on administre aux souris une drogue qui bloque la réponse au stress, celles-ci ressentent une plus grande douleur en présence d\u2019une congénère inconnue qui souf fre que si elles sont seules dans leur cage.«Ces souris éprouvent donc de l\u2019empathie envers une souris étrangère, et ce, aussi longtemps qu\u2019on prévient la réponse au stress», résume M.Mogil.L\u2019humain et l\u2019étranger Son équipe a alors voulu savoir si le même phénomène s\u2019observait chez l\u2019humain.Avant de procéder aux stimulations douloureuses, les chercheurs ont administré à des étudiants universitaires au premier cycle la même drogue, en l\u2019occurrence le métyrapone, qui bloque la synthèse de l\u2019hormone de stress, le cortisol.Mis en présence d\u2019un étranger qui expérimentait lui aussi une douleur, ces étudiants ont évalué leur a.Nos interactions sociales ne sont pas aussi complexes qu\u2019on le prétend yy Jeffrey Mogil douleur comme plus intense que lorsqu\u2019ils étaient seuls.Tout comme chez les souris, la disparition du stress leur permettait d\u2019éprouver de l\u2019empathie à l\u2019égard d\u2019un inconnu.Les scientifiques ont ensuite tenté de réduire le stress par une autre stratégie.Ils ont invité deux participants qui ne s\u2019étaient jamais rencontrés à jouer ensemble à un jeu vidéo (Rock Band).Une séance de jeu d\u2019une durée d\u2019à peine 15 minutes a suffi pour diminuer leur niveau salivaire de cortisol et pour développer une empathie l\u2019un pour l\u2019autre, comme l\u2019a révélé leur surévaluation du stimulus douloureux.«Il faut diminuer le niveau de stress chez les personnes qu\u2019on voudrait voir fraterniser.Et les façons d\u2019y arriver peuvent être très simples.Si on veut que les personnes travaillent ensemble et en harmonie, il faut que ces personnes soient sensibles aux sentiments des autres, et pour y parvenir, il faut faire en sorte qu\u2019elles se sentent le plus rapidement possible à l\u2019aise entre elles», affirme le chercheur, qui fait également remarquer que sa découverte devrait avoir des conséquences sur les expérimentations animales et humaines.«Les chercheurs n\u2019ont pas réalisé que les participants et les animaux de leurs expériences vivent beaucoup plus de stress qu\u2019ils ne le croient, et que ce stress peut biaiser les résultats de leurs expériences», dit-il.Pour Jeffrey Mogil, le fait que le comportement empathique s\u2019exprime autant chez les souris que chez les humains suggère que l\u2019empathie est innée et que les mécanismes qui la sous-tendent sont les mêmes chez les souris et chez les humains.« Cette découverte est surprenante, car nombreux sont ceux qui croient que seuls les humains peuvent éprouver de l\u2019empathie.Or elle montre que nos interactions sociales ne sont pas aussi complexes qu\u2019on le prétend», lance-t-il.Le Devoir ANN K MH DK CARUFEL LE DEVO R Repu après un repas imaginaire Une molécule permettrait de tromper l\u2019impression de satiété Une pilule administrée à des souris les a fait maigrir, selon des recherches auxquelles ont participé des biologistes de l\u2019EPFL.Cette approche ouvre la voie à de nouvelles thérapies pour comprendre et lutter contre l\u2019ohésité.EABIEN GOUBET VOUS le prendrez goût bacon ou brownie, votre repas imaginaire?Des scientifiques américain^, en collaboration avec des biologistes de l\u2019École polytechnique fédérale de Lausanne (EPEL), viennent de constater qu\u2019une molécule est capable de faire croire à l\u2019organisme qu\u2019il a déjà consommé un repas, ce qui lui fait dépenser des calories.Une méthode qui pourrait à terme aider à lutter contre l\u2019obésité.Réalisés sur des souris, leurs travaux viennent d\u2019être publiés dans la revue Nature Medicine.Ils démontrent que la simple prise orale d\u2019une substance, la fexaramine, peut réduire la masse graisseuse des rongeurs de manière spectaculaire et réguler les taux de sucre et de cholestérol, sans effet secondaire néfaste.Que se passe-t-il lorsqu\u2019on avale un repas un peu trop conséquent?Dès les premières bouchées de toast au foie gras, c\u2019est le branle-bas de combat dans l\u2019organisme, qui brûle des graisses \u2014 et donc des calories \u2014 pour faire de la place à la charge calorique à venir.S\u2019ensuit une multitude d\u2019activations biologiques qui vont conduire à la digestion, au transfert des nutriments dans le sang, à l\u2019augmentation du débit sanguin, ou encore q l\u2019irrésistible besoin de faire une petite sieste.À l\u2019origine de tous ces phénomènes se trouve une sorte d\u2019« interrupteur moléculaire», la protéine EXR, un récepteur moléculaire dans les cellules.En conditions naturelles, ce sont nos acides biliaires qui «appuient» sur cet interrupteur.Leur production est déclenchée par l\u2019arrivée du bol alimentaire.Puis, une fois parvenus dans l\u2019intestin, ils se fixent sur le récepteur EXR.La fexaramine, substance synthétique, a la particularité de «mimer» ces acides biliaires.Mais contrairement à ces derniers, sé- crétés en même temps qu\u2019un repas, elle peut être ingérée sous forme de pilule, indépendamment de toute prise alimentaire.«La fexaramine agit comme un repas imaginaire», a déclaré dans un communiqué l\u2019auteur principal de l\u2019étude.Ronald Evans, de l\u2019Institut Salk pour les études biologiques, en Californie.«Elle envoie les mêmes signaux [à l\u2019organisme], les calories en moins.C\u2019est comme un repas, mais sans le repas.» Un poids réduit de 20% En administrant de la seule fexaramine par voie orale à des souris pendant cinq semaines, les chercheurs ont constaté un éventail de conséquences intéressantes.Tout d\u2019abord, sur le poids : les animaux traités pesaient à terme environ 20% de moins que les animaux «contrôle», une différence principalement expliquée par la masse graisseuse elle aussi moins élevée.Ronald Evans et son équipe ont également constaté que les animaux traités à la fexaramine présentaient des taux de sucre et de cholestérol beaucoup plus faibles.Ils consommaient par ailleurs plus d\u2019énergie que les souris contrôle, brûlant plus d\u2019oxygène et se déplaçant plus volontiers.Enfin, leur température corporelle était légèrement plus élevée, preuve que leur métabolisme s\u2019était accéléré.Observation intéressante, la prise de fexaramine a eu des effets sur les deux types de graisse présents dans l\u2019organisme des souris.Comme la plupart des rongeurs, celles-ci possèdent en effet de la graisse blanche et de la graisse brune.La première stocke les lipides, la seconde les brûle afin de produire de la chaleur et ainsi réguler la température.Autrement dit, la graisse brune est une graisse.qui fait perdre du poids.Ronald Èvans a observé que la fexaramine semblait avoir transformé une partie de la graisse blanche en graisse brune.Une piste que l\u2019industrie pharmaceutique suit de près depuis plusieurs années, dans le but de maîtriser ce processus.Pour le professeur Bernard Thorens, du Cen- tre intégratif de génomique à l\u2019Université de Lausanne, «l\u2019intérêt de ces travaux réside surtout dans la mise au point d\u2019activateurs ciblés de EXR».Car la fexaramine ne traverse que très difficilement la paroi intestinale, ce qui fait qu\u2019une fois ingérée oralement, elle ne se retrouve pas dans le sang et ne voyage pas dans tout l\u2019organisme.Résultat, les effets secondaires potentiels sur les autres organes demeurent limités.Cette piste devrait intéresser l\u2019industrie pharmaceutique, qui doit régulièrement rappeler ses produits en raison des effets adverses.En 1997 par exemple, le «fen-phen», une combinaison de deux molécules anti-obésité, avait dû être retiré de la vente par les autorités américaines en raison de l\u2019hypertension pulmonaire fatale qu\u2019elle pouvait provoquer.Plus récemment, la pilule anti-obésité Alli, du laboratoire britannique GSK, a disparu des pharmacies en Prance en 2012, notamment à cause de ses effets indésirables (douleurs abdominales, hépatites).Sans oublier le funeste Mediator, au cœur d\u2019un scandale sanitaire en Prance en 2009.Largement prescrit comme coupe-faim aux patients en surpoids, il entraînait des maladies cardiaques mortelles, ce qui a conduit les laboratoires Servier à cesser sa commercialisation.La fexaramine, pilule de l\u2019espoir pour en finir avec les kilos superflus ?Ce serait conclure un peu rapidement.11 faudra d\u2019abord prouver qu\u2019elle fonctionne bien, et sans danger, chez l\u2019homme.«Notre étude constitue une nouvelle approche thérapeutique qui ouvre la voie à de nouveaux médicaments destinés à combattre l\u2019obésité, déclare Alessia Perino, de l\u2019EPPL, qui a participé à ces recherches avec Ronald Evans.Les débuts sont prometteurs, mais nous n\u2019avons pour l\u2019instant aucune idée de la tolérance d\u2019un tel traitement chez l\u2019être humain.» Et quand bien même elle fonctionnerait chez l\u2019être humain, rien ne garantit qu\u2019elle soignerait les obèses.Sans approche psychologique et émotionnelle, il demeure bien difficile de se débarrasser de dizaines de kilos.Le Temps A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 19 JANVIER 2015 EDITORIAL Antoine Robitaille GAINS ET RISQUES DE L\u2019INTELLIGENCE ARTIFICIELLE La bombe « i » Cette fois, ce n\u2019est pas Hollywood qui s\u2019amuse à imaginer des catastrophes liées au développement des intelligences artificielles.Ce sont plutôt, dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, des scientifiques et des entrepreneurs technologiques de haut niveau, de grande renommée, qui émettent des mises en garde et suggèrent un programme de recherche détaillé afin d\u2019éviter l\u2019éclatement de ce qu\u2019on pourrait qualifier de bombe «i» \u2014 pour intelligence.Remarquable effort de lucidité qui devrait déclencher un débat dans nos démocraties, des projets de recherche.et de réglementation.ous devons nous assurer que nos systèmes d\u2019intelligence artificielle fassent ce que nous voulons qu\u2019ils fassent.» La phrase se trouve au cœur d\u2019une lettre ouverte étonnante publiée la semaine dernière sur le site The Future of Life Institute, «Research Priorities for Robust and Beneficial Artificial Intelligence».La phrase ci-dessus est moins anodine qu\u2019il n\u2019y paraît.Car l\u2019idée sous-jacente ici est que ces mêmes systèmes, de plus en plus autonomes, pourraient un jour désobéir à leurs programmateurs! L\u2019imaginaire de la science-fiction a depuis longtemps suggéré des scénarios dystopiques de dérapage.Il y a là presque un genre.Dans la tradition de Frankenstein, la création se retourne contre le créateur : il y eut entre autres l\u2019ordinateur Hal 9000 dans 2001, l\u2019Odyssée de l\u2019espace, lequel résiste aux commandes que les humains lui donnent.Dans la série Terminator, le réseau Skynet prend le contrôle de l\u2019univers.Dans Transcendance aussi, l\u2019informatique devient une sorte de superpuissance hostile aux humains.Dans Her, un homme s\u2019éprend d\u2019un ordinateur qui simule le sentiment amoureux.Artificial intelligence, de Spielberg, explore les malaises qui pourraient découler de la cohabitation de robots et d\u2019humains.Etc.On pourrait penser que les signataires de la lettre sont des technophobes hostiles à tout développement.Pourtant, on y retrouve, entre autres, le célèbre physicien Stephen Hawking, l\u2019entrepreneur Elon Musk (Pajqjal, Tesla, SpaceX), le chercheur Eric Hor-vitz (Microsoft) et le philosophe Nick Bostrom (Oxford).Parmi les autres à l\u2019avoir contresignée, il y a nombre d\u2019ingénieurs des fameuses « GAFA», entreprises dominantes de notre cyberépoque : Google, Apple, Facebook, Amazon, etc.Le Future of Life Institute a lui-même été créé par Jaan Tallinn, cofondateur d\u2019un autre de ces géants : Skype.Des Québécois ont ajouté leur nom : notamment Denis Poussart, professeur émérite de l\u2019Université Laval, et Michel Simard, du Conseil national de recherches Canada.Qu\u2019entend-on par intelligence artificielle?Certaines formes primitives sont déjà intégrées à notre vie.Aux échecs, nous n\u2019arrivons plus à battre l\u2019ordinateur.Nous avons pris l\u2019habitude de répondre à des machines à reconnaissance vocale; d\u2019écouter nos téléphones ou notre GPS nous donner des indications.Nous nous informons à partir de traductions (certes bien imparfaites) proposées par Google.Nous donnons des commandes à notre iPhone grâce au logiciel Siri, qui nous répond.La firme Stats Monkey propose les services de journalistes robots aptes à rédiger des dépêches sportives ou financières.Qn nous promet pour bientôt l\u2019avènement de voitures qui se conduisent seules.Etc.Les signataires de la lettre estiment que l\u2019intelligence artificielle pourrait beaucoup apporter à la société.Notamment «abolir la pauvreté dans le monde et le chômage», ce qui «n\u2019est pas peu dire», souli-gnent-ils, mais c\u2019est sans doute une utopie.Si elle est mal utilisée cependant, le pire est à craindre.Elle serait «potentiellement plus dangereuse que l\u2019arme nucléaire», selon la comparaison suggérée par Musk.Ce dernier a d\u2019ailleurs décidé de consacrer 10 millions de dollars aux recherches «responsables» dans le domaine de l\u2019intelligence artificielle.(Les formulaires seront disponibles ce lundi.) Musk renvoyait récemment à un passage du dernier essai de Nick Bostrom, Superintelligence: Paths, Dangers, Strategies (Qx-ford, 2014).Philosophe technophile, ancien militant transhumaniste, Bostrom, en conclusion de son livre, écrit que face à la perspective d\u2019une «explosion de l\u2019intelligence», «nous, les humains, sommes pareils à de petits enfants jouant avec une bombe».Certains ont répliqué à la lettre de Hawking et Musk.Le célèbre Ray Kurzweiî, ancien du MIT qui travaille avec Google depuis 2012, en a dénoncé les inquiétudes dystopiques.Se disant «optimiste», ce dernier estime qu\u2019en 2029, un ordinateur de 1000$ sera aussi «puissant» qu\u2019un cerveau humain; cela nous laisserait amplement de temps pour développer des lignes de conduite éthiques face à l\u2019émergence d\u2019une intelligence artificielle forte.Vraiment?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET £N SOUiTÈ n n n n n r n n n n n a n fx n n n a n n a non n n r AuÈEtifrÊ PtTn5 LETTRES Arrêtons la main dn bonrrean L\u2019automne dernier, à l\u2019occasion de Livres comme l\u2019Air, événement visant à souligner la Journée internationale des écrivains emprisonnés, j\u2019ai rencontré la femme et les enfants de Raif Badawi.Réfugiés au Québec depuis octobre 2013, ils espèrent le revoir dans l\u2019angoisse.Badawi a été condamné par la justice saoudienne pour la création du site Internet «Libérez les libéraux saoudiens».Selon les plaignants, certains articles de son site auraient insulté l\u2019islam et ridiculisé la Commission saoudienne pour la promotion de la vertu et la prévention du vice.Il croupit en prison depuis juin 2012.Bien que l\u2019attentat contre Charlie Hebdo occupe tout l\u2019espace médiatique, l\u2019enjeu entre Charlie et Raif est le même.C\u2019est la liberté d\u2019expression qui est attaquée, et de façon barbare.Seules les armes diffèrent: pour Raif, c\u2019est le fouet.Vendredi dernier, Raif a reçu devant public 50 coups de fouet.La justice saoudienne lui en impose 1000, soit 50 par semaine pendant 20 semaines.Je ne peux m\u2019imaginer la douleur d\u2019un coup de fouet, mais je peux facilement comprendre que 1000 coups de fouet constituent en réalité une lente exécution.Tout dernièrement, John Baird, ministre des Affaires étrangères, a finalement pris position dans le dossier en lançant un appel à la clémence.J\u2019invite tous les politiciens, tant fédéraux que provinciaux, à prendre position publiquement et à utiliser tous les leviers diplomatiques à leur disposition afin de libérer Raif.Nous avons accueilli sa famille et il est de notre responsabilité de ne pas demeurer silencieux.Rendons ce père à ses enfants.Richard Dallaire, travailleur social et écrivain Le 15 janvier 2015 Appel à la neutralité politique de l\u2019État Qutre la nécessaire neutralité religieuse des employés de l\u2019État, il existe la neutralité politique.Elle existait pour les conseillers en communication (Syndicats des professionnels du gouvernement du Québec), jusqu\u2019à ce que Charest les place sous la gouverne du ministère du Conseil exécutif.Depuis, des conseillers en communication font une partie du travail du cabinet en planifiant des activités et en offrant des services-conseils.Pourquoi cette indépendance et neutralité politique n\u2019est-elle jamais à l\u2019ordre du jour ?Simplement, parce qu\u2019elle fait l\u2019affaire des partis et des gouvernements qui profitent d\u2019une main-d\u2019œuvre professionnelle.Voilà un détournement de fonds publics au profit des ca- binets ministériels.Par ailleurs, le gouvernement libéral sç plaint du nombre d\u2019employés de l\u2019État, mais il n\u2019ose dire combien de ses militants travaillant dans des cabinets ministériels sont devenus des employés de l\u2019État après une défaite électorale.Lilie Desjardins Le 16 janvier 2015 Impair regrettable Même si Pierre Karl Péladeau allègue que le bottin du Collège des médecins contient une base de données accessibles en ligne par le grand public, on peut se demander si le fait d\u2019avoir divulgué les coordonnées personnelles du premier ministre Couillard sur sa page Facebook est unç information pertinente.A mon sens, personne n\u2019ira consulter ce bottin s\u2019il désire rejoindre le premier ministre, il s\u2019adressera tout simplement à son cabinet à l\u2019Assemblée nationale.M.Couillard n\u2019exerce plus la profession de médecin, il fait partie du personnel politique et c\u2019est à ce titre que tout citoyen doit communiquer avec lui s\u2019il le désire.PKP incarne, en tant que novice dans la vie publique, une certaine «candeur» qu\u2019il devra peaufiner s\u2019il désire éviter certains impairs regrettables qui pourraient lui nuire sur le chemin qu\u2019il a choisi d\u2019emprunter.Henri Marineau Québec, le 15 janvier 2015 LIBRE OPINION GRC : autre soufflet suprême pour le gouvernement Harper ALAIN-ROBERT NADEAU Avocat et docteur en droit constitutionnel * Vendredi, la Cour suprême du Canada a rendu deux décisions importantes en matière de liberté d\u2019association.La première affaire visait à déterminer si la prohibition qui est faite aux membres de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de se syndiquer violait la liberté d\u2019association.La seconde affaire, bien qu\u2019elle implique aussi les membres de la GRC, a une portée beaucoup plus vaste et est susceptible d\u2019avoir des répercus-sion§ sur tous les fonctionnaires et salariés de l\u2019État ainsi que sur la capacité des gouvernements de gérer les finances publiques.La question qui se posait?La liberté d\u2019association empêche-t-elle un gouvernement de modifier unilatéralement les conditions de travail et les bénéficçs \u2014 actuels ou futurs \u2014 des salariés de l\u2019État dans un contexte de crise économique ?Si c\u2019est sans grande surprise que la Cour suprême a répondu par la négative à cette deuxième question, sa conclusion voulant que la prohibition qui est faite aux membres de la GRC de se syndiquer soit inconstitutionnelle, dans une proportion de six juges contre un, à de quoi surprendre.En 2010, le gouvernement avait soumis une loi sur les relations de travail au Parlement afin de permettre aux membres de la GRC de se syndiquer.Le projet de loi est mort au feuilleton au déclenchement de la 42® élection fédérale.Un nouveau projet de loi a été soumis et adopté par le Parlement au mois de juin 2013, lequel, s\u2019appuyant sur l\u2019arrêt Fraser (2011), visait essentiellement à modifier la Éoi sur la GRC, tout en maintenant l\u2019interdiction faite aux membres de se syndiquer.Inutile de préciser que c\u2019est là un autre soufflet de la part de la Cour suprême pour le gouvernement Harper.Retour à la planche à dessin La liberté d\u2019association est un droit fondamental reconnu tant par la Charte canadienne des droits et libertés que par la Convention n° 98 sur le droit d\u2019organisation et de négociation collective, 1949.Cette décision se conforme davantage à l\u2019approche large et libérale que la Cour a adoptée en interprétant les garanties constitutionnelles.Elle réaffirme le principe établi dans l\u2019arrêt Health Services (2007) et annule celui proposé dans l\u2019arrêt Delisle (1999) \u2014 dans lequel elle avait maintenu les dispositions législatives qui excluaient les membres de la GRC du régime de négociation collective.La première conséquence de cette décision La liberté d\u2019association est un droit fondamental est que le gouvernement devra retourner à la planche à dessin et proposer, comme il l\u2019avait fait en 2010, une loi sur les relations de travail afin que les membres de la GRC puissent, s\u2019ils le souhaitent, former un syndicat et négocier collectivement.La seconde conséquence, et cela bien que la Cour prenne garde de ne pas imposer un régime particulier de relations de travail, est de valoriser le « modèle Wagner », c\u2019est-à-dire le modèle des relations de travail adopté dans la plupart des pays occidentaux, dont le Canada et le Québec.reconnu par la Charte canadienne des droits Valorisation du « modèle Wagner» Nom apposé à la loi sur les relations de travail adoptée par le président Roosevelt dans la foulée du «New Deal», le modèle Wagner signifie essentiellement trois choses : a) la règle du majoritarisme et de l\u2019exclusivité, c\u2019est-à-dire que l\u2019association de salariés dans une unité de négociation déterminée qui obtient la majorité des suffrages représentera la totalité de ces salariés auprès de l\u2019employeur ; b) une fois que l\u2019unité de négociation et l\u2019association de salariés sont reconnues par un organisme judiciaire indépendant, cette association devient le syndicat chargé de représenter tous les salariés et de négocier collectivement les conditions de travail ; c) en cas d\u2019impasse dans la négociation collective, le différend entre les parties est soumis à l\u2019arbitrage dont la décision sera obligatoire pour les parties.La valse-hésitation de la Cour suprême au sujet de l\u2019interprétation de la liberté d\u2019association, et en particulier en ce qui a trait à cette interdiction faite aux membres de la GRC de se syndiquer, devenait de plus en plus difficile à soutenir.En ce sens, la conclusion de la Cour ne saurait étonner.Par ailleurs, dans la seconde affaire, il faut nous réjouir de la conclusion de la Cour, car elle préserve la liberté de nos gouvernements d\u2019assurer une saine gestion des finances publiques (et cela, malgré le fait que certains pourraient y voir, à tort, une licence à l\u2019imposition de mesures d\u2019austérité).La capacité des gens élqs par la population de gérer le budget de l\u2019État est un principe constitutionnel fondamental qui a consacré en Angleterre par le Bill of Rights (1689) et, faut-il se le rappeler il est aussi à l\u2019origine de la révolution des États-Unis.*Hauteur a été conseiller constitutionnel principal à la GRC, à Ottawa et, à ce titre, il a participé à l\u2019élaboration de la stratégie gouvernementale et à la rédaction des deux projets de lois. LE DEVOIR LE LUNDI 19 JANVIER 2015 A 7 IDEES 50® ANNIVERSAIRE DE LA VISITE D\u2019HERGÉ À MONTRÉAL Tintin et une représentation du monde empreinte d\u2019humanisme et d\u2019empathie RAOUL DELCORDE Ambassadeur de Belgique au Canada, l\u2019auteur s\u2019exprime à titre personnel.intin voyage beaucoup, il est T avide de découvrir le monde et les populations qui y vivent.C\u2019est un journaliste et un anthropologue à la fois, avec un réel intérêt pour d\u2019autres cultures, une volonté d\u2019être présent sur tous les points chauds de la planète, dans les zones de conflit, où il jouera souvent le rôle de médiateur et même d\u2019artisan de pak.C\u2019est le héros d\u2019une fiction, mais il plonge immédiatement dans la réalité.Celle-ci commence avec Tintin au pays des Soviets, description sans complaisance de l\u2019URSS à la fin des années 1920.11 y aura ensuite Tintin en Amérique où Hergé présentera, d\u2019une manière amusante, les excès du capitalisme sauvage et ses relations avec la mafia.Dans Tintin au Congo apparaît une forme de paternalisme édulcoré.D\u2019autres sujets suivront, en relation avec l\u2019actualité internationale : le trafic de stupéfiants dans Tintin et le lotus bleu et Tintin et les cigares du pharaon, la politique expansionniste du Japon et ses effets désastreux sur la Chine (Le lotus bleu, à nouveau), le trafic d\u2019esclaves {Coke en stock), l\u2019Anschluss {Tintin et le sceptre d\u2019Ottokar).Alors que les trois premiers albums de Tintin sont marqués par une vision dichotomique du monde (Tintin incarnant une Europe qui se veut la référence de civilisation), Le lotus bleu marque un véritable tournant.Tintin rompt avec les clichés sur des cultures étrangères qu\u2019il ne connaît pas.Lorsque Tintin sauve Tchang de la noyade, on assiste pour la première fois à un échange véritable entre Tintin et un autochtone.Et cela est vrai aussi de l\u2019attitude du jeune Chinois, qui se défait des préjugés qu\u2019il pouvait avoir à l\u2019égard du jeune Européen en face de lui.11 y a cette scène où Tintin décrit à Tchang les stéréotypes sur les Chinois et constate: «les peuples se connaissent mal».L\u2019amitié entre le Belge et le Chinois naît du fait que Tintin et Tchang ont réussi à dépasser les préjugés ethnocentriques.Respect des cultures Avec Le lotus bleu, Tintin cesse d\u2019incarner l\u2019Europe et sa prétendue mission civilisatrice.11 reste, bien évidemment, Tintin l\u2019Européen, mais Hergé va désormais s\u2019intéresser non pas tant au personnage lui-même qu\u2019au monde dans lequel il va se déployer.Dans Le sceptre d\u2019Ottokar, Tintin va jusqu\u2019à s\u2019engager dans la défense d\u2019un petit pays menacé d\u2019annexion par les visées expansionnistes du pays voisin, la Syldavie, dirigé par le général Müsstler, amalgame de Mussolini et d\u2019Hitler.Tintin non seulement respecte les autres cultures, mais veut aussi les faire respecter.C\u2019est pour cela aussi qu\u2019il promet au grand Inca, dans Le temple du soleil, de respecter l\u2019isolement de ce lieu inconnu du reste du monde, où LE PROFESSEUR FAN SE IL flAIt PfiiSONNICR DANS UNL Pnpf'çntRw l'ryqMU tw preifM Yvna Dc/ô ! JEAN-PIERRE MULLER AGENCE ERANCE-PRESSE Pour le personnage du jeune Tchang, dans Le lotus bleu, Hergé s\u2019est inspiré de Tchang Tchong-Jen, sculpteur et peintre décédé en octobre 1998, en France, à l\u2019âge de 93 ans.En janvier de la même année, on l\u2019avait photographié au festival de hande dessinée d\u2019Angoulême.s\u2019épanouit une société heureuse, vivant en autarcie, que quelques explorateurs avaient tenté de pénétrer.Mais le respect de l\u2019étranger commence dans notre propre pays, comme l\u2019illustre le sort des Tziganes dans Les bijoux de la Casta-fiore.Tintin avait critiqué en Amérique l\u2019exclusion dont étaient victimes les Indiens, parqués dans des réserves.Mais les Tziganes qui sont parqués non loin du château de Moulinsart n\u2019ont pas un sort plus enviable que celui des Indiens d\u2019Amérique ; Tintin va ainsi dénoncer les mesures d\u2019exclusion qu\u2019une bureaucratie inhumaine inflige à des groupes d\u2019individus qui sont pourtant nés en Europe.La «quête de l\u2019étranger» commence à notre porte.11 faut savoir se défaire des préjugés, qui assimilent les Tziganes à des filous alors que c\u2019est une pie qui a volé l\u2019émeraude de la Castafiore.Regard désabusé sur les dérives absolutistes Avec le cycle des coups d\u2019Etat qui ponctue l\u2019histoire de l\u2019Amérique latine, Hergé jette un regard désabusé sur les dérives absolutistes qui font alterner au pouvoir le général Alcazar et le général Tapioca, dans Tintin et les Pica-ros.Tintin, dans ce (quasi) ultime album, ne se fait guère d\u2019illusion sur sa capacité à modifier une situation, mais il est encore capable de venir en aide à des amis victimes de l\u2019arbitraire du général Tapioca.Tintin est devenu progressivement un défenseur des droits de l\u2019homme, au bout d\u2019un long voyage sur quatre continents qui ont modifié son regard sur le monde.11 a su se détacher d\u2019une conception ethnocentrique du monde et, d\u2019album en album, on suit la quête intérieure du héros qui se réalise au contact des autres, de l\u2019Autre.De ce point de vue, on peut dire, à l\u2019instar de Philippe Goddin, qu\u2019avec Le lotus bleu c\u2019est «un Tintin différent qui est revenu de son périple en Extrême-Orient, un Tintin capable d\u2019émotion».respectueux des autres et de leur culture, et qui nourrira l\u2019inspiration de tous les albums qui suivront.Belgitude Tintin est immergé dans la réalité de son temps et réagit avec le pragmatisme belge qui le caractérise.Mais on peut aussi trouver en lui une grande empathie avec les autres, une générosité inspirée par le mouvement scout, et aussi une philosophie non violente (la plupart du temps.).Tintin est courageux, hdèle en amitié et il viendra toujours en aide aux plus faibles : que ce soient les Indiens les plus démunis dans une société sud-américaine où ils étaient souvent méprisés, l\u2019orphelin chinois, la petite gitane qui est rejetée par la bonne société.Tintin est profondément belge dans sa manière de ne pas se prendre au sérieux, de ne pas se lancer dans de grands discours moralisateurs ou politiques.(Jette simplicité et cette générosité lui attireront des millions de lecteurs.La lisibilité de Tintin est renforcée par la fameuse ligne claire, le trait précis qui fait ressortir la richesse des couleurs.Dans le même temps que cette œuvre, nourrie par ces valeurs humaines, a été créée, Hergé a démontré un intérêt constant pour les situations drôles, les personnages déroutants et amusants, les événements les plus inattendus, les jeux de langage (et les Belges qui parlent le français et le néerlandais savourent sans doute plus que d\u2019autres les jeux de mots du dessinateur).Comme le disait l\u2019ancien ministre Hubert Védrine, «le monde des derniers albums d\u2019Hergé annonce les Européens actuels qui voudraient vivre dans une ère post-tragique et post-historique» et c\u2019est la raison pour laquelle il est resté si profondément populaire d\u2019une génération à l\u2019autre, porteur de valeurs universelles plus que tout autre héros de bande dessinée.L\u2019humour : contrepoids vital de la religion JULIE GRENON-MORIN Doctorante en études littéraires sur les humoristes québécois, UQAM n écho aux attentats contre le journal satirique Charlie Hebdo, j\u2019essaierai ici h' de compléter le point de vue de Mira Ealardeau dans Le Devoir du 8 jan-J vier 2015.Les humoristes et les caricaturistes sont des acteurs de premier plan dans notre société.Par leurs opinions, leurs dessins et leurs discours, ils sont, pour utiliser un heu commun, les miroirs de la société.11 semble que le Québec échappe aux fortes pressions religieuses, à tout le moins plus qu\u2019en Erance.Si elle n\u2019est pas modérée, la religion, formée d\u2019institutions multiples, agit comme une chape de plomb qui anéantit la pensée critique individuelle au détriment du dogme, parfois pure invention de ses sbires.Pour faire un peu d\u2019histoire et pour compléter le point de vue de M\u201c® Pa-lardeau, déjà, au Moyen âge, les fous engagés auprès des puissants jouaient un rôle de catalyseur.A l\u2019époque médiévale, souvent dépeinte à grands traits comme une période de terreur et d\u2019omniprésence du catholicisme, on constate que les bouffons, les ancêtres de nos humoristes actuels, jouissaient pourtant d\u2019une liberté d\u2019expression insoupçonnée, ce dont font preuve les fabliaux.Plus tard, l\u2019humour parfois grinçant de Molière ne manquait pas de critiquer les mœurs de la société L\u2019humour sait abattre les barrières, piétiner l\u2019obscurantisme, voire changer les mentalités pendant les grandes heures de la Erance sous Louis XIV.On doit aux humoristes de ces temps révolus, entre autres choses, la pérennité de l\u2019humour qui parvient aujourd\u2019hui encore jusqu\u2019à nous.Charlie Hebdo est un phare Pace aux événements tragiques de Paris, il semble donc normal que le discours humoristique se fasse entendre plus que jamais.Plus l\u2019époque est noire, brutale, plus la rigolade est de mise.L\u2019humour sait abattre les barrières, piétiner l\u2019obscurantisme, voire changer les mentalités.La tâche n\u2019est pas mince.Si nous venions à apprendre un jour que les humoristes ne peuvent plus dire ce qu\u2019ils pensent, alors nous saurions que la partie est perdue.Charlie Hebdo, ainsi que toutes les formes d\u2019humour, est donc un phare, à la fois complexe et décrié, mais bel et bien nécessaire.Bien sûr, tout est dans la façon de dire, mais n\u2019entrons pas dans ce débat.Les humoristes, et plus particulièrement les stand-up comics tant idolâtrés au Québec, sont des railleurs par excellence, et ce, même en temps de polémique.Ensemble, unis, ils ont le pouvoir de faire basculer bien des choses.C\u2019est leur en demander beaucoup, mais ils ont la capacité de ramollir et de désamorcer la portée du message de bien des radicaux, peu importe leur camp.11 faut donc user encore plus de l\u2019espace de liberté d\u2019expression qui nous est alloué dans les pays dits libres.Heureusement, à l\u2019exception des at- tentats du 11-Septembre, jamais les extrémistes musulmans n\u2019ont été aussi critiqués qu\u2019en cette période post-Charlie Hebdo.Suspects aux yeux des radicaux La religion sans modération n\u2019entend pas à rire.Qn ne peut qu\u2019y voir un ratage, un gâchis.D\u2019ailleurs, l\u2019une des caricatures de Charb, que les intégristes avaient sur leur liste de personnes à éliminer, montre un imam qui tend une feuille sur laquelle est inscrit en arabe et en français: «Rire tue», à la façon des mises en garde sur les paquets de cigarettes.Ce double message était, dans le cas des caricaturistes, prémonitoire.Le rire et l\u2019humour sont, pour les radicaux, suspects, calomnieux.En tant que citoyens, nous devons nous méfier des dérapages qui ne permettent pas l\u2019humour : ils sont un excellent indicateur d\u2019une inculture ambiante.Une phrase en exergue au Gai savoir de Eriedrich Nietzsche et que l\u2019auteur avait inscrit au-dessus de sa porte, exprime bien la déroute des pratiquants intégristes de la religion: «J\u2019habite ma propre demeure/Jamais je n\u2019ai imité personne,/Et je me ris de tous les maîtres/Qui ne se moquent pas d\u2019eux-mêmes.» La rehgion pratiquée dans ses extrêmes annihile la particularité humaine et l\u2019individualité de chacun, l\u2019humour en étant partie prenante.11 permet le détachement, de soi et d\u2019une société, nécessaire à un bon fonctionnement : une certaine forme de retrait pour permettre à la pensée d\u2019éclore.L\u2019humour permet à l\u2019individualité de mieux s\u2019affirmer.La rehgion, à cause de ses codes, tout le contraire.Pour un journalisme scientifique solide JOSEE NADIA DROUIN PASCAL LAPOINTE Agence Science-Presse PIERRE SORMANY RAYMOND LEMIEUX Québec Science EÉLIX MALTAIS ISABELLE VAILLANCOURT Publications BLD b n novembre, fapparition au Québec d\u2019un panneau publicitaire climato-sceptique a entraîné une contre-attaque de l\u2019Association des communicateurs scientifiques, décidée à ne pas laisser ce genre de mensonge prendre racine ici.L\u2019association a produit, à ses frais, des panneaux destinés à rétablir les faits.Cette réaction rappelle combien il est important d\u2019avoir, sur la place publique, une information scientihque solide.Mais elle rappelle aussi combien la bataille est inégale.lœ journahsme scientihque, en particulier, n\u2019a jamais été aussi fragile au Québec.Après avoir connu une période de croissance des années 1960 jusqu\u2019aux années 1980, on assiste à un lent recul : les magazines spécialisés ont fermé les uns après les autres {Eorêt Conservation, Pranc Vert, Astronomie Québec, L\u2019Enjeu, etc.) ; Québec Science a réduit sa périodicité; les pages Science ont disparu des quotidiens.Et le mois dernier, l\u2019Agence Science-Presse a failli disparaître, dans la foulée des compressions en vulgarisation scientifique un moment annoncées par le ministère de l\u2019Économie, de l\u2019Innovation et des Exportations.Indépendance indispensable Ce recul est en partie hé à la crise des médias en général : ceux-ci réduisent leurs budgets, et le journahsme scientifique n\u2019est pas leur priorité.Ce recul est également hé à la croissance des relations publiques en science : les efforts qui, jadis, auraient été consacrés à renforcer le journahsme scientifique sont désormais dirigés vers des initiatives servant à faire la promotion de l\u2019image des compagnies ou des institutions, comme les universités.Qr, on ne saurait trop insister sur l\u2019importance de préserver un réseau de journalistes qui soit indépendant des institutions, des compagnies et des groupes d\u2019intérêt.De plus, un journahsme scientifique solide, et en français, est primordial, à l\u2019heure où le citoyen peut trouver sur Internet le pire comme le meilleur.En dehors de Radio-Canada, trois acteurs subsistent au Québec: Québec Science, l\u2019Agence Science-Presse et \u2014 pour les jeunes \u2014 les publications BLD, qui éditent Les Débrouillards, Les Explorateurs et Curium.Tous sont fragiles, à des degrés divers, et si un de ces trois acteurs disparaît, les deux autres s\u2019en ressentiront.Mais surtout, c\u2019est la qualité de l\u2019information spécifique au Québec qui souffrirait de la disparition d\u2019un ou l\u2019autre de ces acteurs parce que: son lectorat s\u2019éparpillera en bonne partie vers les médias ou des sites français ou américains, appauvrissant l\u2019information produite au Québec et en français ; les grands médias (quotidiens, radio et télévision) s\u2019appuient souvent sur le travail des magazines et de l\u2019agence pour traiter des questions scientifiques ; la disparition d\u2019un des trois diminuera donc le rayonnement de la science québécoise dans la francophonie ; cela fera un débouché de moins pour la relève en journahsme scientifique, contribuant à décourager les jeunes professionnels de s\u2019investir dans ce secteur.Si l\u2019on veut soutenir le journahsme scientifique, il faut accepter d\u2019y investir.Le Québec a la chance unique de posséder depuis plus de trente ans trois véritables institutions d\u2019information et d\u2019éducation scientifiques fort populaires : un magazine grand public, une agence de presse et trois magazines jeunesse.Piliers de la culture scientifique québécoise, ces médias doivent être considérés par le gouvernement québécois comme des éléments-clés de toute politique de recherche et d\u2019éducation scientifique et, à çe titre, ils doivent continuer à être aidés par l\u2019État, par des mécènes et par tous ceux qui ont à cœur le rayonnement de l\u2019information scientifique et le développement social et économique de notre société.Si on veut soutenir le journalisme scientifique au Québec, il faut accepter d\u2019y investir L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l\u2019information), PiXAovcvç.Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste) ,Ja.cqu.&s Nadeau (photographe), Michael Monnier et Olivier Zuida (recherchistes photos), information générale : Isabelle Pare {chef de division), Lisa-Mane Gervais (education, Alexandre Shields (environnement) ,Pirciç]iç.Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion (sports), Bnan Myles, Jessica Nadeau, Philippe Orfah et Karl Rettino-ParazeUi (reporters), information politique Marco Fortier (chef de division), Michel T>av\\A(chroniqueur), Helene Buzzeth et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cinno et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau (affaires municipales, JVIontreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Juhe Carpentier (pupitre), information culturelle Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane Baillargeon (médias), François Levesque et Carohne ls/ioTvXT)QXit(reporters), Benoît Munger et Philippe Papineauinformation économique Gerard Berube (chef de division), François Desjardins et Enc Desrosiers {reporters), Gerald DaUaire (pupitre), information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), Guy Taillefer (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editonale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Fredenc Legare-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferrans et Corahe Mensa (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michele Malenfant, soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (JSLontreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBLICITE Edith Caron (adjointe), Jean de BiUy, Jean-Erançois Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Claire Paquet, Chantal RamviUe et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais {coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn, et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnateur du service a la clientèle), Manon Blanchette, Nathahe Eihon, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Kevin Mclùssock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE LUNDI 19 JANVIER 2015 ACTUALITES CAMEROUN SUITE DE LA PAGE 1 ninoise, qui participait à la vigile organisée à Montréal par un collectif de membres de la diaspora africaine.«On a besoin d\u2019aide, c\u2019est vrai.Mais nous-mêmes, nous ne nous mobilisons pas en Afrique, ajoute la jeune femme.Ça m\u2019a fait réagir de voir le continent se mobiliser pour Charlie.Loin de moi l\u2019idée de minimiser ce drame, mais avant d\u2019aller balayer la cour du voisin, on doit s\u2019occuper de nous-mêmes.» Des propos qui trouvaient écho chez de nombreux manifestants, d\u2019origine africaine et canadienne, dans la foule présente dimanche après-midi.«Ce sont des innocents, des gens qui ne peuvent se défendre.Principalement des filles et des mères qui sont victimes de cette barbarie, le tout pour une raison dite religieuse.Cette mobilisation, c\u2019est un début.On es- père que ça amènera les pouvoirs publics à intervenir », confiait Elias Gbeha, originaire lui aussi du Bénin.Ginette Houle, elle, n\u2019était pas sortie manifester depuis près de 35 ans.Mais le fait que de nombreuses victimes de Boko Haram soient des femmes et des enfants l\u2019interpelle particulièrement.«Assez, c\u2019est assez.On veut que la communauté internationale agisse, que notre gouvernement agisse.Il faut faire quelque chose.» Nouveau raid meurtrier Pendant ce temps, Boko Haram a lancé dimanche dans l\u2019extrême nord du Cameroun un nouveau raid meurtrier, enlevant une soixantaine de personnes, alors même que l\u2019armée tchadienne se déploie dans cette zone avec l\u2019objectif de stopper les attaques du groupe islamiste nigérian.«Des combattants de Boko Haram ont fait irruption [dimanche matin] dans deux villages de la zone de Tourou, dans l\u2019arrondissement de Mo- KK Cette mobilisation, c\u2019est un début.On espère que ça amènera les pouvoirs publics à intervenir, yy Elias Gbeha, manifestant originaire du Bénin kolo.Ils ont incendié les concessions et sont repartis avec une soixantaine de personnes.La plupart de ces personnes sont des femmes et des enfants», a affirmé à l\u2019AFP un officier de policier basé dans la zone, précisant que «l\u2019attaque a fait des morts» sans pouvoir donner de chiffres précis.11 s\u2019agit du plus important rapt perpétré dans la région camerounaise de l\u2019extrême nord par les insurgés islamistes nigérians, dont les incursions dans ce secteur sont récurrentes depuis des mois.Beaucoup d\u2019habitants de la zone, de même que la plupart de policiers et gendarmes en poste dans les localités proches de la frontière, ont fui plus à l\u2019intérieur des terres afin d\u2019échapper à ces raids.Boko Haram avait lancé lundi dernier une offensive contre une base militaire camerounaise à Kolofata, également dans l\u2019extrême nord du pays.Cette attaque semble avoir été un des déclencheurs de l\u2019intervention du Tchad, qui a demandé aux pays d\u2019Afrique centrale de former une large coalition pour lutter contre le groupe islamiste.Des «crimes contre l\u2019humanité » La nouvelle attaque de Boko Haram dimanche intervient alors que le Tchad a com- mencé à déployer ses troupes au Cameroun, affichant aussi sa volonté de reprendre Baga.Située dans le nord-est du Nigeria, cette ville stratégique sur les rives du lac Tchad, est tombée aux mains du groupe islamiste début janvier.Des témoignages glaçants sur les exactions perpétrées par Boko Haram ont horrifié la communauté internationale.Le président français, François Hqllande, et le secrétaire d\u2019Etat américain, John Kerry, ont dénoncé des «crimes contre l\u2019humanité».Selon Amnesty International, l\u2019attaque de Baga est «la plus grande et la plus destructrice» jamais perpétrée par Boko Haram depuis le début de son insurrection en 2009.Celle-ci a fait plus de 13 000 morts et 1,5 million de déplacés.Baga abritait un temps le quartier général d\u2019une force armée régionale regroupant des détachements nigérians, tchadiens et nigériens.Mais Tchadiens et Nigériens s\u2019étaient retirés bien avant l\u2019attaque, et la force régionale est en réalité peu active.Samedi, un convoi de 400 véhicules militaires tchadiens, accompagné d\u2019hélicoptères de combat, a pénétré au Cameroun, le président Idriss Deby soulignant que ces troupes devaient être «opérationnelles» dès ce dimanche.«Nous avons pour mission de traquer Boko Haram.Nous avons tout ce qu\u2019il faut comme moyens», a assuré le colonel Djerou à l\u2019AFP.Le Nigeria, qui n\u2019arrive pas à stopper seul Boko Haram, a exprimé samedi un soutien conditionnel à la perspective de l\u2019arrivée de soldats tchadiens sur son territoire.«Tout soutien à nos opérations sera bienvenu, mais il doit se conformer à nos propres opérations en cours étant donné qu\u2019il s\u2019agit du territoire nigérian », a déclaré Chris Olukolade, porte-parole de l\u2019armée nigériane.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir TRANSPORT SUITE DE LA PAGE 1 est maintenue dans son intégrité, avec 17 départs quotidiens, les liens entre Montréal et les régions de la Montérégie, du Centre-du-Québec, de la Mauricie, de Québec, de Chau-dière-Appalaqhes, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine ont été réduits afin de ramener Orléans Express vers la rentabilité.Cette décision a reçu l\u2019aval de la Commission des transports du Québec en dépit des cris d\u2019indignation qui se sont élevés dans le monde municipal.En Mauricie, le service d\u2019Orléans Express entre La Tuque et Trois-Rivières a été interrompu entièrement.Dans la péninsule gaspésienne, le nombre d\u2019arrêts passe quant à lui de 44 à 7 dans la partie nord, pendant qu\u2019il est réduit de 47 à 8 au sud.Percé, Bonaventure et New Richmond comptent parmi les municipalités qui n\u2019ont plus de points de service d\u2019autocars Orléans Express.La compagnie d\u2019autocars du groupe Keolis Canada a aussi fait connaître son intention de mettre fin à son service à l\u2019est de Rimouski, d\u2019ici la fin de 2015, lors des audiences de la Commission des transports.Québec et les villes en renfort En Mauricie, la disparition de la ligne La Tuque-Trois-Rivières sera ainsi contrée par un nouveau service de transport de passagers par autobus qui sera offert entre La Tuque, Shawi-nigan et Trois-Rivières.Ce service sera financé avec l\u2019aide de 140 000$ versée par le ministère des Transports du Québec à Ville de La Tuque.Les adultes paieront 30$ pour le trajet, les étudiants et les aînés bénéficiant d\u2019un rabais de 5$ sur le prix du billet.Le service sera offert quatre jours par semaine, soit les mardis, mercredis, vendredis et Orléans Exp JACQUES NADEAU LE DEVOIR Orléans Express a diminué son offre de services en régions afin de réduire ses pertes financières.dimanche.Après un départ de La Tuque, l\u2019autocar s\u2019arrêtera à Grand-Mère, à Shawinigan et à Trois-Rivières.L\u2019horaire a été conçu en fonction des concordances avec les liaisons vers Québec et Montréal, selon le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.«C\u2019était important pour nous de ne pas laisser tomber nos citoyens qui ont besoin d\u2019un service de transport entre La Tuque, Shawinigan et Trois-Rivières pour recevoir des soins de santé ou encore pour se déplacer, dit-il.[Les] étudiants sont nombreux à utiliser ce service presque toutes les fins de semaine.» Si l\u2019expérience s\u2019avère concluante, le service pourrait être renouvelé pour une période de trois ans, croit le conseiller municipal André Mercier, vice-président de Transport collectif du Haut St-Maurice.«Pour y arriver, il faut que les gens utilisent le service et prouvent que c\u2019est réellement un besoin chez nous», souligne-t-il.En Gaspésie, les nouvelles navettes devront être réservées 24 heures à l\u2019avance, au coût de 3 $.Le REGIM assure aux clients qu\u2019ils vont les déposer quinze minutes avant le départ de l\u2019au- Pour y arriver, il faut que les gens utilisent le service et prouvent que c\u2019est réellement un besoin chez nous yy Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin tocar, et qu\u2019une navette les attendra à leur retour, pour les ramener à bon port.Le REGIM évalue qu\u2019au moins 23 000 embarquements par année étaient enregistrés aux arrêts qui ont disparu de la carte d\u2019Qrléans Express dans la région.Rappelons qu\u2019Qrléans Express plaidait l\u2019automne dernier devant la Commission des transports du Québec que ses pertes financières menaçaient l\u2019existence même de l\u2019entreprise, «si aucune action n\u2019était posée», après avoir accumulé un déficit de 5 millions de dollars en 2013.Des pertes qui s\u2019expliquent par les baisses progressives de l\u2019achalandage enregistrées depuis 2008, résultat des habitudes changeantes des voyageurs, qui sont de plus en plus nombreux à miser sur la voiture, les réseaux sociaux, les sites Internet de covoiturage et les services de déplacements publics pour assurer leurs transports d\u2019une région à l\u2019autre du Québec.La Commission des transports du Québec a précisé dans sa décision que Keolis Canada aura à comparaître à nouveau devant elle l\u2019an prochain, afin «de procéder à une nouvelle analyse de la situation», suivant la mise en place du service modifié.Avec La Presse canadienne Le Devoir LIBERTÉS SUITE DE LA PAGE 1 Car, dit-elle «en France, on publie des caricatures depuis toujours.C\u2019est notre tradition ».Sitôt terminée la gigantesque manifestation du 11 janvier, en France comme au Québec, les mêmes murmures se sont remis à monter.La liberté d\u2019expression n\u2019avait-elle pas des limites ?Et Charlie n\u2019avait-il pas exagéré ?« C\u2019est là que je me suis dit qu\u2019on n\u2019avait vraiment rien compris, dit la philosophe.Car, dans une société démocratique et républicaine, on a le droit de blasphémer.» Pas de limite pour les idées Selon la spécialiste des Lumières, «la liberté d\u2019expression ne doit connaître aucune limite lorsqu\u2019il s\u2019agit des idées.Il est évidemment interdit d\u2019attaquer et d\u2019insulter des personnes.Mais lorsqu\u2019il s\u2019agit des idées, des idéologies, donc des religions, tout doit être permis.On peut donc se moquer de Mahomet comme du Christ, et Dieu sait que, pour ce dernier, on ne s\u2019en prive pas.» Pour Elisabeth Badinter, les caricaturistes ont fait la même chose que Voltaire à son époque.Ils ont traité l\u2019islam comme n\u2019importe quelle religion.Jamais Charlie Hebdo n\u2019a ridiculisé l\u2019ensemble des musulmans, comme l\u2019ont reconnu les juges en 2007 en acquittant le journal.Ils n\u2019ont jamais non plus ri d\u2019un génocide, comme le fait régulièrement avec la Shoah un humoriste comme Dieudonné, plusieurs fois condamné pour antisémitisme., «Ce qu\u2019il faut expliquer continuellement, dit Elisabeth Badinter, c\u2019est que les caricatures peuvent être cruelles, ressenties comme insultantes ou même agressives.Mais, en République, il faut apprendre à supporter même ce qui ne nous fait pas plaisir.Sinon, où cela s\u2019arrêtera-t-il?» Élisabeth Badinter a évidemment constaté la censure qui s\u2019est abattue sur ces mêmes caricatures dans le monde anglo-saxon, où pratiquement aucun média ne les a publiées.La.semaine dernière, la journaliste Caroline Fourest a même été bâillonnée sur Sky News lorsqu\u2019elle a brandi le dernier numéro de Charlie Hebdo.«Finalement, il n\u2019y a pas tellement de pays où on a le droit de blasphémer, déplore la philosophe.Les médias anglophones sont plus communautaristes que voltairiens.Pour eux, la communauté est sacrée.Quitte^ à céder au chantage, on ne doit pas la choquer.A nouveau, je voudrais savoir où ça s\u2019arrête.» Et les salafistes?Au fond, ce qui surprend le plus la philosophe dans les récents événements, c\u2019est la rapidité avec laquelle, depuis 2007, on est passé de la menace au meurtre.«La haine est montée tellement vite.Il y a là quelque chose que nous n\u2019avons pas compris.Car, il faut être lucide, ces assassins sont aussi de jeunes convertis qui habitent la Creuse et qui viennent d\u2019honnêtes familles françaises.Ça, je n\u2019y croyais pas.» Élisabeth Badinter est aussi préoccupée de ce qui se passe dans certaines écoles de banlieue, où des élèves ont boycotté la minute de silence qui a suivi les attentats.«Lorsque des enfants s\u2019opposent à ce point à la loi commune en refusant de chanter la Marseillaise, ils font un geste de solidarité avec leurs parents.C\u2019est donc que, chez eux, on pense exactement le contraire de la communauté nationale.» La philosophe s\u2019inquiète de plus qu\u2019on n\u2019ait pratiquement pas prononcé le mot salafisme depuis deux semaines.Qr, dit-elle, l\u2019intégrisme musulman est le terreau sur lequel se développe la violence.«Les salafistes ne sont évidemment pas tous des terroristes en puissance.Mais ils sont l\u2019intermédiaire entre une religion musulmane qui s\u2019accorde avec la Répu- blique et ceuy qui franchissent le pas vers le terrorisme.» À Chanteloup-les-Vignes, où la crèche laïque Baby-Loup a été persécutée par les islamistes avant de déménager, ce sont les salafistes qui avaient pris le contrôle de la nouvelle mosquée.Pour combattre ces,idées, il eût fallu d\u2019abord ne rien céder, estime Élisabeth Badinter.Qr, dit-elle, «nous avons beaucoup cédé.» La philosophe situe le début de cette capitulation à Creil, en 1989, quand deux jeunes filles s\u2019étalent présentées voilées devant leur collège.La direction, qui avait jugé cette marque religieuse incompatible avec un établissement Jaïque, avait été désavouée par le ministre de l\u2019Éducation, Lionel Jospin.Avec Régis Dqbray, Alain Finkielkraut et Catherine Kintzler, Élisabeth Badinter avait signé une lettre ouverte pour soutenir les professeurs.La gauche coupable «Je peux vous dire qu\u2019à l\u2019époque, la gauche nous a vomi dessus parce qu\u2019elle était communautariste et croyait que nous étions des intolérants racistes.A l\u2019époque, on ne disait pas encore islamophobe.C\u2019est la gauche, qui s\u2019était pourtant battue pour la laïcité, qui a mis la première le genou en terre au nom de la tolérance.Je pense qu\u2019il y a beaucoup de mauvaise conscience dans cette attitude.Si des intégristes catholiques avaient brandi des croix dans les écoles, il n\u2019y aurait pas eu la fçtême pudeur.» Ce faisant, Élisabeth Badinter n\u2019hésite pas à reconnaître que la gauche a fait un énorme «cadeau » au Front national.« C\u2019est Marine Le Pen qui s\u2019est emparée de ce thème qui appartenait traditionnellement à la gauche.Jamais son père n\u2019en avait parlé.» Depuis, la philosophe constate le développement d\u2019un nouvel antisémitisme dans les banlieues françaises.Une réalité attestée par plusieurs enquêtes.« C\u2019est la première fois depuis la guerre qu\u2019on entend \u201cmort aux Juijs\u201d dans des manifestations», comme ce fut le cas à Sarcelles et à Paris en juillet defnier.Aujourd\u2019hui, selon Élisabeth Badinter, la mauvaise conscience à l\u2019égard des musulmans est telle qu\u2019on les a transformés en intouchables.«Dès qu\u2019on s\u2019interroge sur l\u2019islam, on est immédiatement taxé d\u2019islamophobe, de raciste et de salaud.Les seuls qui peuvent parler, ce sont des hommes et des femmes originaires des pays musulmans.Eux, on ne peut pas les traiter de racistes.Et encore.» Mais les gigantesques manifestations qui ont suivi l\u2019attentat ne lui redonnent-elles pas espoirs?«Oui, ça fait du bien.Il est rare de se sentir une patrie comme ce fut le cas ce jour-là.Je m\u2019attends à un sursaut.Mais il faut du temps pour que les écoles et les professeurs fassent mieux leur travail.J\u2019ai peur que d\u2019ici là, le soufflé soit retombé.» Le Devoir Élisabeth Badinter en cinq dates 1944 L\u2019arrière-petite-fille d\u2019Édouard Vaillant, député socialiste et communard, naît à Bou-logne-Billancour t.1972 Elle est agrégée de philosophie.1980 L\u2019amour en plus, une histoire de l\u2019amour maternel, l\u2019impose comme une des voix majeures du féminisme français.1989 Elle sigqe avec Régis Debray, Alain Finkielkraut, Élisabeth de Fontenay et Catherine Kintzler le manifeste intitulé Eoulard islamique: «Projs, ne capitulons pas !».2003 Dans Eausse route, elle fustige un féminisme victimaire.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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