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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2015-01-24, Collections de BAnQ.

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[" LIVRES CAHIER F > LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JANVIER 2015 W^- COLLAGE TIFFET Le roman québécois a-t-il besoin d\u2019une révolution pas tranquille ?Pour l\u2019essayiste Isabelle Daunais, notre littérature est marquée par l\u2019idylle Pourquoi n\u2019y a-t-il pas un auteur québécois inscrit dans la «grande bibliothèque mondiale des livres inoubliables»?L\u2019essayiste Isabelle Daunais a écarté les raisons sociologiques \u2014 le Québec a une jeune littérature, petite comme son lectorat, francophone.\u2014 pour se pencher sur le cœur même du roman québécois, dont l\u2019immense singularité serait de raconter, depuis ses origines «le récit d\u2019un paradis jamais perdu».Plongée dans sa pensée, à travers Le roman sans aventure.CATHERINE LALONDE Après analyse d\u2019œuvres phares \u2014 Les Anciens Canadiens, Maria Chapdelaine, Bonheur d\u2019occasion, Une saison dans la vie d\u2019Emmanuel, Le nez qui voque, les canons, quoi, jusqu\u2019aux années 80, \u2014 Isabelle Daunais ose nommer le roman québécois comme un «roman sans aventure».Dans nos livres, en quelque sorte, le confort est la difference.Et ce serait peut-être une piste pour dire pourquoi les Gabrielle Roy, Anne Hébert, Hubert Aquin, Réjean Du-charme, Marie-Claire Blais ou Victor-Lévy Beaulieu, talentueux à n\u2019en pas douter, n\u2019ont pas marqué la grande histoire des lettres.Pourquoi ils n\u2019y font pas figure définitive, de la même manière qu\u2019on voit un avant et un après Balzac, Proust, Kafka, Garcia Marquez.«L\u2019idée a émergé d\u2019une longue réflexion, explique-t-elle au Devoir, dans son bureau de McGill où elle exerce comme professeure de littérature française.D\u2019une réflexion sur ce que fait le roman, sur la façon dont il est un art de la longueur du temps qui explore l\u2019existence dans ses grandes transformations, je me suis demandé ce que le roman québécois montrait comme transformations.Et je me suis rendu compte qu\u2019il n\u2019y en avait pas, ou très peu.C\u2019est sans doute rare, et c\u2019est peut-être pour ça que c\u2019est un roman qui n\u2019est pas synchrone avec le «grand contexte»», dit-elle, en empruntant le terme de Milan Kundera.Oubliez les rebonds et péripéties façon Jules Verne.Pour Isabelle Daunais, qui a écrit déjà sur les frontières entre le personnage réaliste et ses fictions ou sur la mémoire du genre, l\u2019aventure, c\u2019est quelque chose qui arrive par-devers nous.«Elle survient: on peut la vouloir, la désirer, essayer de la provoquer; la vraie aventure se produit quand on ne l\u2019attend pas; ou si on attend quelque chose et qu\u2019autre chose que ce qu\u2019on avait cru, espéré ou craint se produit».Ainsi, A la recherche du temps perdu, de Proust, est roman d\u2019aventure.«On assiste à une transformation majeure du narrateur, qui, au terme de son expérience de perception du monde et des sensibilités, finit par découvrir une tout autre façon d\u2019observer la réalité.Cette découverte a marqué beaucoup de lecteurs.C\u2019est devenu un repère dans notre imaginaire.» PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019essayiste québécoise Isabelle Daunais La transformation, donc, n\u2019a pas à être spectaculaire sur le plan de l\u2019action, ni socialement ou historiquement profonde, mais juste suffisamment marquée pour qu\u2019on la garde en mémoire.«Le roman québécois n\u2019a pratiquement encore rien inscrit dans une sorte de répertoire mondial des grandes expériences.Mais ça ne veut pas dire qu\u2019il ne s\u2019inscrit pas dans notre répertoire québécois des expériences.» Une société trop tranquille ?A cette aventure, elle oppose Vidylle, un autre concept de Kundera {L\u2019art du roman) : l\u2019expérience de vivre et d\u2019exister dans un monde abrité.Un terme, écrit-elle, qui ne désigne pas «un univers pur et merveilleux, expurgé de tout souci, de toute adversité ou de tout malheur, mais, plus modestement et plus concrètement \u2014 et à la fois plus terriblement \u2014, l\u2019état d\u2019un monde pacifié, d\u2019un monde sans combat, d\u2019un monde qui se refuse à l\u2019adversité».Nous faudrait-il une révolution pas tranquille pour que le roman québécois perce?Isabelle Daunais refuse de muer sa recherche en recette.«Ça suppose qu\u2019il faut à tout prix de l\u2019aventure.Vraiment?» Elle écrit pourtant dans son essai qu\u2019il «n\u2019y a rien de très excitant ni de très mobilisant à vivre dans un monde idyllique, en particulier lorsqu\u2019il est un hasard de l\u2019Histoire, qu\u2019il a été donné d\u2019entrée de jeu et que rien, du moins jusqu\u2019à nouvel ordre, ne le menace.Il est beaucoup plus valorisant et beaucoup plus structurant d\u2019avoir à se battre contre quelque chose, d\u2019éprouver le sentiment de l\u2019adversité, de lutter contre des forces qui nous emportent [.!».De vive voix, elle précise que l\u2019aventure nous est présentée comme désirable.«Mais la littérature québécoise doit être ce qu\u2019elle est, parler de ce qui est, et si notre existence est celle de l\u2019idylle.C\u2019est un état de fait.J\u2019ai découvert pendant ma recherche cette force de résistance de l\u2019idylle.Elle s\u2019adapte: dans les années 40-50, à l\u2019industrialisation, elle passe en ville sans trop de difficultés et démontre qu\u2019elle n\u2019est pas propre au terroir; elle résiste aussi à la Révolution tranquille.Sera-t-elle résiliente à la mondialisation ?C\u2019est ce qu\u2019on verra.» Cette résilience, cette résurgence pourrait être la marque d\u2019une caractéristique profonde.« C\u2019est dans le roman de la Révolution tranquille que ça m\u2019a le plus frappé \u2014 le contraste entre le bouillonnement public, les discours où on dit que tout change et les romans de l\u2019époque, avec des personnages qui se planquent, qui vont dans le fond des bois, qui restent dans leur chambre.» limites imaginaires N\u2019est-ce pas dévaloriser l\u2019imagination que d\u2019associer autant un contexte à sa littérature ?«La vraie aventure relève aussi de l\u2019expérience vécue, pousse Daunais.Pour que des œuvres restent, nous hantent et nous happent, elles doivent à mon sens renvoyer à une expérience concrète du monde, à une expérience que chacun peut percevoir autour de lui et en lui.Don Quichotte, par exemple, fait la grande expérience de la fin du monde merveilleux, exprimée de manière très précise.L\u2019imagination débridée peut inventer mille et une aventures: si elles ne sont pas ancrées, elles entrent moins dans cette catégorie.» Isabelle Daunais termine son analyse autour des années 1980.Exit donc la littérature migrante.Et ne fait qu\u2019un passage très rapide sur la littérature « dénationalisée » (Gaétan Soucy, VOIR PAGE F 2 IDYLLE « Clara B.-Turcotte, demoiselle-cactus Page F 3 Une petite histoire de Taccent québécois Page F 6 La biblio de la villa des Papyrus passée aux rayons X L\u2019éruption du Vésuve, en 79, n\u2019a pas entièrement détruit la bibliothèque de la villa dite des Papyrus, à Herculanum.Des rouleaux carbonisés \u2014 certains parlent de 1800 artefacts \u2014 ont été retrouvés il y a 260 ans, lors des fouilles commandées par Charles de Bourbon.Personne à ce jour n\u2019était arrivé à dérouler les papyrus.Ce geste les détruirait.L\u2019European Synchroton Radiation Eacility de Grenoble a commencé à soumettre les reliques au rayonnement synchroton : l\u2019exercice permet de repérer le relief de l\u2019encre.Assez, du moins, pour y reconnaître 22 des 24 lettres de l\u2019alphabet grec.Résultat?La seule bibliothèque restée « entière » depuis l\u2019Antiquité \u2014 celle de Pison, beau-père de Jules César \u2014 est en voie d\u2019être déchiffrée.Le Devoir Il I ' M \\\t! WIKIMEDIA/BOBAK Reconstitution de la villa des Papyrus à Pacific Palisades, quartier de Los Angeles, en Carlifornie m WIKIMEDIA/VELVET Vue d\u2019ensemble du site d\u2019Herculamun (en direction du Vésuve) F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JANVIER 2015 LIVRES La Vitrine RECIT AUTOBIOGRAPHIQUE LA PASSION DE KARLO Jean Forest Triptyque Montréal, 2015, 194 pages Ce réçit autobiographique est une histoire d\u2019amour et d\u2019horreur.A 46 ans, Jean Forest, professeur de littérature à l\u2019Université de Sherbrooke et père de deux adolescentes, décide, avec sa conjointe âgée de 39 ans, d\u2019avoir un autre enfant.Né en 1988, il s\u2019appellera Karl-Philippe Bayard, ou Karlo, et sera parfait: bébé facile, enfant sociable et bon à l\u2019école, étudiant universitaire brillant.Or, en septembre 2011, Karlo se suicide.Que s\u2019est-il passé ?Forest, dans un style télégraphique et une construction s\u2019apparentant à un rapport d\u2019enquête, raconte la vie de son fils.Son flegme était étonnant, c\u2019est vrai, mais tout allait si bien.L\u2019enquête rétrospective permettra toutefois de découvrir que, depuis 2009, I^rlo vivait dans le mensonge : il n\u2019y a pas eu de stage à Vancouver, il n\u2019étudie plus à l\u2019université, il vit isolé dans une petite chambre d\u2019étudiant.Personne, ni ses parents ni ses amis, ne s\u2019en est rendu compte ! «Karlo, une sorte ^Étranger, un Meursault radical», écrit son père, dévasté.On pense aussi au personnage de L\u2019adversaire, d\u2019Emmanuel Carrère.C\u2019est troublant.Les récits de voyage père-fils en Europe sont longuets, le style descriptif de Forest peut agacer, mais l\u2019ensemble s\u2019avère bouleversant.Louis Cornellier ESSAI Le cheval au service de la villa LE CHEVAL AU SERVICE DE LA VILLE Olivier Linot et Daniel Simon Préface de Marie Hélène Poitras Ecosociété Montréal, 2014, 100 pages L\u2019expérience racontée dans ce livre est étonnante et charmante.Petite commune de Normandie, Trouville-sur-Mer (5500 habitants) , en 2000, a réintroduit le cheval en ville.Il ne s\u2019agissait pas de proposer de folkloriques tours de calèche, mais de faire appel aux services d\u2019un cheval pour les travaux publics (ramassage des ordures, récupération du verre recyclable, arrosage des jardinières, tonte du gazon) et pour le transport, scolaire ou autre.L\u2019arrivée dans la ville de Festival de Mai, un cheval réformé d\u2019Euro Disney, a été un succès.Les enfants et les employés municipaux en raffolent, et les bénéfices économiques, écologiques et sociaux sont au rendez-vous.Plusieurs municipalités françaises, depuis, ont instauré un tel service hippomobile, parfois assuré par un âne.Les auteurs insistent: l\u2019affaire dépasse le romantisme ; le cheval en ville doit être considéré «comme un service efficpice et moderne, parfaitement adapté au milieu urbain actuel».A quand une municipalité québécoise assez audacieuse pour tenter le coup?Louis Cornellier ReLatioNS Contrôle social 2.0 REVUE RELATIONS Contrôle social 2.0 Numéro 776 Février 2015 Ce numéro de la revue Relations a été pensé en amont du drame â Charlie Hebdo, mais le sujet tombe â point nommé.Comment résister, lorsqu\u2019on se sent menacé, â la tentation du contrôle â outrance ?Les articles du dossier principal, sur le nouveau contrôle social, touchent aussi â cette question.Et â celles de la dérive sécuritaire, des nouveaux habits de Big Brother, de l\u2019industrie des données personnelles, du cybercapitalisme, du contrôle religieux et de celui fait au nom de la liberté.Entre autres.Catherine Lalonde Lumières russes Christian Desmeules ordé d\u2019épinettes enneigées, de bouleaux et d\u2019essaims de petites maisons en bois qui semblent abandonnées, le train file sur les rails vers la mer Baltique.Mais la plupart du temps, â vrai dire, le train ne «file» pas du tout.Prendre un train en Russie, c\u2019est encore voyager dans une capsule où le temps n\u2019a pas tout â fait prise.Parfait pour lire, pour dormir, pour s\u2019évader.Tandis qu\u2019une lumière oblique s\u2019étend sur la Neva, â Saint-Pétersbourg, â la hauteur du 59® parallèle, plus au nord encore que Kuujjuaq, il est facile de se rapprocher en pensée du XVIIF siècle et de l\u2019époque des Lumières.L\u2019époque des philosophes français et de la construction de l\u2019ancienne capitale, sortie de marais puants et des rêves fous de Pierre FL Celle aussi du despotisme éclairé, une forme d\u2019absolutisme teintée de « principes » cherchant â moderniser rapidement la société.Catherine II, qui s\u2019était entichée des philosophes et de la philosophie, avait proposé â Diderot en 1762 d\u2019imprimer son Encyclopédie en Russie.Diderot aurait plutôt souhaité faire une nouvelle édition «russe».Trop dangereux pour le peuple, l\u2019Encyclopédie, mais l\u2019impératrice offrira â l\u2019auteur de Jacques le fataliste, prix de consolation, de lui acheter en viager ses archives et sa bibliothèque.Ainsi, en 1786, deux ans après la mort de Diderot, tous ses livres viendront enrichir les collections de l\u2019Ermitage déjà riches de l\u2019importante bibliothèque de Voltaire (près de 7000 volumes, dont 2000 annotés de sa main), acquise après la mort de l\u2019auteur de Candide.Mais tout ce qui brille n\u2019est pas or, et les Lumières auront éclairé bien peu de choses: le servage, par exemple, jamais remis en question par Catherine II, s\u2019est au contraire étendu sous son règne.Les deux collections \u2014 celles de Voltaire et de Diderot \u2014 se trouvent encore ici, enfouies quelque part dans la Bibliothèque nationale de Russie, â deux pas de la Perspective Nevsky, encore et toujours artère jugulaire de la ville.Mais c\u2019est un parcours du combattant pour espérer y jeter un coup d\u2019œil.D\u2019un absolutisme, l\u2019autre De la Russie impériale â celle de Poutine \u2014 qui est aussi celle de 140 millions de Russes, qu\u2019ils le veulent ou non \u2014, il n\u2019y a qu\u2019un pas.L\u2019absolutisme est ici la constante, englués qu\u2019ils sont tous dans vieNt De paRaitRe Dossier Contrôle social 2.0 NUMÉRO 776 \u2022 FÉVRIER 2015 Les auteurs : Emiliano Arpin-Simonetti, Dominique Boisvert, Éric Gagnon, Suzanne Jacob, Stéphane Leman-Langlois, Raymond Lemieux, Maxime Ouellet, Jean-Claude Ravet, Maureen Webb.À lire aussi : le Carnet de Marie-Andrée Lamontagne, la poésie de Paul Chamberland, une analyse du rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec.Artiste invité: Jean-Pierre Rivet BlENVENUEÀlASOWtLANCEMENn lundi 26 JANVIER, DE 19 H A 21 H 30 DÉTAILS À Sommaire détaillé et abonnement en ligne: www.revuerelations.qc.ca qui veut une société imtt Contrôle social 2.0 Les nouveaux habits de Bij Brother Cybercapitalisme et totalitarisme Le contrôle au nom de la liberté Le biopouvoir et l'utilitarisme Désactiver la servitude volontaire Maîtriser notre énereie, I enjeu du XXI' siècl.6 NUMÉROS PAR ANNÉE, 48 PAGES Un an : 40 $ Deux ans : 70 $ À l'étranger (un an) : 55 $ Étudiant: 25 $ (sur justificatif) Abonnement de soutien : 100 $ (un an) 514-397-8670 | abonnement@sodep.qc.ca SODEP (revue RELATIONS) C.P.160, suce.Place d'Armes Montréal, Québec H2Y 3E9 EN VENTE DANS LES KIOSQUES ET LIBRAIRIES 7,00 $ + TAXES Oui, je désire un abonnement de.NOM _______________________ an(s), au montant de ADRESSE CODE POSTAL TELEPHONE ( .) Je paie par chèque à l'ordre de: SODEP (revue Relations) EU MasterCard ou Visa EE NUMERO DE LA CARTE EXPIRATION I I SIGNATURE_____________ YURI KADOBNOV AGENCE ERANCE PRESSE Écrivain et homme politique, leader depuis des années d\u2019un groupuscule extrémiste, le Parti national-bolchevique, Edward Limonov est un provocateur-né.un système de corruption d\u2019une telle ampleur qu\u2019il apparaît presque sans issue.Il est plus discret que Catherine II, certes, mais aux yeux de certains analystes, le président russe pourrait bien être l\u2019homme le plus riche d\u2019Europe.Un secret de Polichinelle ?Pas pour tous les Russes, semble-t-il, qui continuent â lui créditer un massif appui populaire tout en continuant â se laisser dépouiller.On pourrait s\u2019interroger sur l\u2019absence de pragmatisme dans la politique russe, un phénomène qui engendre â répétition depuis 150 ans radicalisme et exclusions, â la source de myriades de formations électorales.Le purisme idéologique commun â de nombreux personnages de Dostoïevski a peut-être fait tache.Cette paralysie «structurelle» s\u2019ajoute â l\u2019apathie chronique des Russes envers la politique, mélange complexe de cynisme envers leurs dirigeants, de fatalisme et d\u2019euphorie consumériste post-soviétique.Cette absence de pragmatisme semble s\u2019incarner parfaitement, tenez, dans la figure d\u2019Edward Limonov, une sorte d\u2019anarchiste de droite individualiste, façon Max Stirner plutôt que Kropotkine.Ecrivain et homme politique, leader depuis des années d\u2019un groupuscule extrémiste, le Parti national-bolchevique, Limonov est un provocateur-né.Fasciste, punk, anarchiste, conservateur?Toutes ces réponses semblent bonnes.Mais il suffit de lire en rafale quelques-uns de ses romans (Le poète russe préfère les grands nègres ou Journal d\u2019un raté, Ramsay et Albin Michel) pour s\u2019apercevoir qu\u2019il porte avant tout un intérêt démesuré â sa propre personne.Une sorte de culte de la personnalité soft et sans trop de conséquences.Culte du moi Né en 1943 dans une bourgade industrielle près de Nijni Novgorod, le «Citron» semble avoir eu mille vies.Le Limonov d\u2019Emmanuel Carrère (P.O.L), prix Médicis 2011, a contribué â le ressusciter en France et â le faire connaître ailleurs, lui qui avait vu sa réputation ternie après avoir été aperçu aux côtés de Radovan Karadzic tandis que les miliciens serbes assiégeaient Sarajevo.Mais il serait dommage de réduire Limonov â une figure d\u2019opposition politique (et morale).Car c\u2019est un écrivain.Un vrai.Immoral, impossible â javelliser, qui continue et devrait continuer â faire ce qu\u2019il sait faire de mieux: de la littérature.Le voici de retour avec Le livre de Veau, une sorte d\u2019autobiographie fragmentée écrite en prison après qu\u2019il eut été accusé en 2002 d\u2019avoir préparé une invasion armée du Kazakhstan pour la défense de la population russophone.Un livre dans lequel Carrère a très largement puisé pour réaliser son portrait.«Dès le plus jeune âge, fai joué les Don Juan ou les Casanova tout en envisageant une carrière de soldat et de révolutionnaire à l\u2019image de Bakounine et de Che Guevara », avoue cet imprécateur dostoïevskien au karma d\u2019antihéros, «né pour les guerres et les révolutions».Limonov honore régulièrement une vieille promesse qu\u2019il s\u2019était faite : celle de se baigner dans toutes les eaux qu\u2019il rencontrerait.Lacs, rivières, baignoires, fontaines publiques, mers et océans servent ainsi de fil conducteur â ce recueil de récits aquatiques où deux motifs se distinguent surtout: les femmes et la guerre.Transnistrie, Serbie, Crimée, Tadjikistan ou New York, les bords de la Seine (il a vécu 14 ans â Paris) ou Venice Beach, en Californie, l\u2019écrivain a beaucoup bougé.Il a dans Le livre de l\u2019eau sa dégaine habituelle, â la fois franche et mythomane, sans trop d\u2019effets de style, tout en se donnant parfois des airs de vieux sage qui récite son mantra: «Choyez votre mégalomanie! Cultivez ce qui vous distingue des autres.Évitez la contagion de l\u2019ennui.» Il est plus que fidèle â sa philosophie: «Écoutez, il existe une morale, il y a dans le monde des gens raisonnables, il y a des bureaux et des banques, il y a des lits, dans les lits dorment des hommes et des femmes raisonnables.» Il est facile de savoir, en le lisant, de quel côté se trouve Limonov.Pour éclairer son chemin aux lumières de la raison, il faudra chercher ailleurs.cdesmeules@ledevoir.corn LE LIVRE DE LEAU Edward Limonov Traduit du russe par Michel Secinski Bartillat Paris, 2014, 300 pages IDYLLE SUITE DE LA PAGE F 1 Nicolas Dickner, Ying Chen, etc.) et ses personnages venus d\u2019ailleurs ou voyageurs.« Pour cet essai, j\u2019ai pris quelques grands livres repères pour chaque période.C\u2019est assez facile jusqu\u2019aux années 1980, les œpvres sont bien marquées.A partir de lâ, il est plus difficile de nommer le livre décisif, représentatif.On n\u2019a pas de recul.» Daunais se risque hors de son champ.«J\u2019ai le sentiment qu\u2019en poésie québécoise, on sent parfois très fort la transformation.Peut-être parce que ce n\u2019est pas la même forme.Le langage peut y être transformé à un point tel que l\u2019expérience devient collective.Ce n\u2019est pas juste une identification de soi à ce qui arrive ou n\u2019arrive pas; il y a un déplacement.Ça présuppose de sortir de soi, et conséquemment d\u2019entrer dans un ensemble plus vaste.» ISABELLE DALNAIS LE ROMAN SANS AVENTURE Le Devoir LE ROMAN SANS AVENTURE Isabelle Daunais Boréal Montréal, 2015, 222pages «Si le roman est sans valeur pour le grand contexte, s\u2019il ne constitue un repère pour personne sauf ses lecteurs natifs, c\u2019est parce que l\u2019expérience du monde dont il rend compte est étrangère aux autres lecteurs, qu\u2019elle ne correspond pour eux à rien de connu et, surtout, à rien de ce qu\u2019il leur est possible ni même désirable de connaître.Cette expérience, c\u2019est celle de l\u2019absence d\u2019aventure ou de l\u2019impossibilité de l\u2019aventure.Par aventure, je ne veux pas dire l\u2019action et les péripéties propres à tout roman, et dont le roman québécois n\u2019est pas moins pourvu qu\u2019un autre, non plus que les quêtes et conquêtes de toutes sortes qu\u2019entreprennent ses personnages, mais le fait pour ces derniers d\u2019être emportés dans une situation existentielle qui les dépasse et les transforme, et, par cette expérience, de révéler un aspect jusque-là inédit ou inexploré du monde.Tous les grands romans racontent une aventure, lancent dans le monde des personnages qui en rapportent une perception ou une compréhension nouvelle par laquelle ce monde, par la suite, ne peut plus être vu de la même façon.[.] Or, dans le cas du roman québécois, aucune question, aucun événement n\u2019ébranle assez le monde où vivent les personnages pour leur offrir, au sens fort du terme, une aventure.» Extrait du Roman sans aventure LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 JANVIER 2015 LITTEUTURE Big bang intérieur Demoiselles-cactus ou le regard implacable d\u2019une Minifée cernée, compulsive et asociale Danielle Laurin Ça pique, ça hérisse, c\u2019est abrasif.C\u2019est cruel et désespéré.Cynique, à la limite.Mais inventif, ludique, par ailleurs.C\u2019est le premier roman, fulgurant, de Clara Brunet-Turcotte, bientôt 30 ans.Voici quelqu\u2019un qui s\u2019approprie sans ambages son propre langage.Quelqu\u2019un qui ouvre les vannes de son univers intérieur et de son imaginaire comme on s\u2019ouvre les veines sur la page.Bien sûr, on pourrait, par certains aspects, comparer.Citer des noms: Josée Yvon, Nelly Arcan, Virginie Despentes, Marie Sissi-Labrèche, d\u2019autres encore.Il y a bien, dans Demoiselles-cactus, du cru dans le dit \u2014 mais pas de cul.De la violence, oui.Du corps malmené, en masse.Il y a aussi ce refus de se taire, cette rage, cette extralucidité devant l\u2019hypocrisie sociale, les systèmes de domination, le monde du paraître, la féminité bafouée.Il y a par-dessus tout, chez l\u2019alter ego romanesque de Clara Brunet-Turcotte, un refus de grandir, dans tous les sens du terme, qui englobe tout ce qui précède.Un refus maladif, obsessionnel, déjà présent dans le recueil de poèmes de l\u2019auteure.Mes sœurs siamoises, paru en 2013 (La courte échelle).Aucun préambule dans Demoiselles-cactus, dès les premières phrases on y est tout de suite.«En ce moment, je vérifie dans le miroir des «Je suis peut-être encore en voie de disparition, il y a de Pespoir» ROMAN JEUNESSE Les malheurs de Clara AMELIE GAUDREAU Ardu : c\u2019est le mot qui vient à l\u2019esprit à la lecture des premières pages de ce roman jeunesse du poète Roger Des Roches.Il reste malheureusement en tête si on persiste à découvrir les états d\u2019âme d\u2019une adolescente profondément malheureuse, et avec raison.Car les malheurs de la jeune Clara ne sont pas des problèmes «ordinaires» d\u2019adolescente de 17 ans.En moins d\u2019un an, elle a perdu son premier amour, son père et ses grands-parents sont décédés, et sa mère sombre dans une dépression profonde, au seuil de la folie.Les propos décousus de l\u2019adolescente, toujours à la limite de la schizophrénie, laissent croire qu\u2019elle-même n\u2019est pas très loin de ce seuil dangereux.C\u2019est du moins ce qui ressort de ce récit à la première personne prenant la forme de lettres adressées à «Mondieu-quinexistepas», aux disparus, de corps et d\u2019esprit, à Nicolas l\u2019ex-amoureux, ou directement à la Boîtàmémoire, coffre où l\u2019adolescente conserve ses écrits et d\u2019autres «folles folies».Verbe cœur Entre les retours en arrière vers des époques plus heureuses, passées auprès de ses grands-parents et surtout de son ami de cœur \u2014 qui l\u2019a laissée après lui avoir fait connaître les premiers grands frissons \u2014, la jeune fille amatrice de vêtements et de musiques sombres raconte son existence triste avec sa «maman-zombie».Celle-ci finit à l\u2019hôpital psychiatrique, et Clara, sans elle, erre dans la grande maison familiale.On se demande à qui peut s\u2019adresser ce «roman jeunesse » à la prose poétique exigeante, même pour des lecteurs expérimentés, surchargé de parenthèses, de digressions et de dialogues intérieurs qui s\u2019entremêlent.Il reste quelques passages lumineux et vibrants, essentiellement des moments heureux de la relation amoureuse de l\u2019héroïne, qui valent vraiment le détour et savent interpeller.Des Roches, conclut-on, s\u2019est vraiseml^lablement trompé de public.A cet égard.Le verbe cœur (La Courte Echelle), un recueil de poèmes pour ados publié en 2002 et abordant la même relation amoureuse, cette fois du point de vue du jeune homme, s\u2019avère sans doute plus intéressant pour les jeunes lecteurs romantiques.Le Devoir A \\\tf BOITAMEMOIRE Roger Des Roches La Courte Echelle Montréal, 2014,122pages toilettes si on voit encore mes côtes, et je touche le petit creux de ma poitrine.Il me semble un peu moins profond que d'habitude.Il ne me vient pas à Vesprit qu\u2019il est étrange de lever son t-shirt dans un lieu public.» Pas de cachettes, pas de chichis, pas de compromis, c\u2019est frontal, presque clinique.Ça le restera.On alternera entre un récit au présent et des retours dans le passé.Tandis que la narra-trice-héroine.Mélisse, 25 ans, assiste à une réunion de groupe thérapeutique pour les troubles de l\u2019alimentation \u2014 autant dire «un groupe de fuckés» \u2014, elle revisite le parcours qu\u2019elle a suivi jusqu\u2019ici.On mesure toute l\u2019ampleur de sa détresse présente, passée.Elle se voit telle qu\u2019elle est.«Malgré mes 25 ans, j\u2019ai l\u2019air d\u2019une toute jeune fille; avec mes cheveux courts en bataille, je ressemble à une Minifée cernée.» Elle se sait égoïste, centrée sur elle-même.Depuis qu\u2019elle est petite qu\u2019on le lui dit, elle qui a fait sa première dépression à neuf ans, a connu l\u2019enfermement.Depuis très jeune aussi, elle est habitée par un sentiment de culpabilité.«Je pense toujours que tout est de ma faute, et malheureusement, j\u2019ai souvent raison, même si par habitude je finis par accuser la maladie mentale.» Elle est comme ça.Mélisse, et puis c\u2019est tout.Asociale, dégoûtée des autres.Et d\u2019elle-même.Prisonnière de sa cage de verre.Invisible, le plus souvent, pour les autres, ce qui correspond bien à son désir de disparaître.«Je réfléchis souvent à ceci: je ne serai jamais assez mince pour repousser tous les vieux dégueulasses.» f- .\tV-.-.V, ^\t.j*r-
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