Le devoir, 29 janvier 2015, Cahier A
[" Les Québécois seront présents en force à la 65'^ édition de la Berlinale Page B 8 Langue d\u2019affichage: un juge réaffirme la pertinence de la loi 101 Page A 3 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.C V I 1 7 LE DEVOIR, LE JEUDI 29 JANVIER 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ 62 MILLIONS d\u2019enfants TOUCHÉS PAR LES CONFLITS ARMÉS û BULENT KILIC AGENCE ERANCE-PRESSE Un combattant kurde et son fils marchent dans une rue de la ville syrienne de Kobané, libérée du joug du groupe terroriste Etat islamique.Une « nouvelle génération » de crises humanitaires Le Fonds des Nations unies pour l\u2019enfance demande une somme record de 3,1 milliards ISABELLE PARE Le monde fait face à une « nouvelle génération» de crises humanitaires, celles provoquées par les conflits armés projetant des millions d\u2019enfants en situation d\u2019urgence.En 2015, rUNICEF évalue à 62 millions le nombre d\u2019enfants dont la santé sera menacée par l\u2019instabilité politique, notamment dans les territoires tombés sous le contrôle des groupes armés terroristes Etat islamique (El) et Boko Haram.Compte tenu de la gravité de la situation, le Fonds des Nations unies pour l\u2019enfance a lancé mardi un appel record au financement, fixant à 3,1 milliards $US le montant jugé nécessaire pour venir en aide à quelque 60 millions d\u2019enfants considérés en situation de danger dans le monde.Ce montant représente un bond de un milliard par rapport à l\u2019appel lancé en 2014 pour venir en aide aux enfants les plus à risque de la planète.L\u2019aide humanitaire, autrefois associée surtout aux catastrophes naturelles et aux famines, se voit de plus en plus confrontée à «une nouvelle génération» de crises précipitées par les conflits et les fractures sociales, provoquant le déplacement de millions d\u2019enfants et de leurs familles, a souligné mercredi David Morley, directeur d\u2019UNICEF au Canada.«Si de façon générale, la situation des enfants s'améliore dans le monde, elles continuent par contre de s'aggraver dans les zones de conflits, notamment dans la région syrienne, au Nigeria et en République centrafricaine.» VOIR PAGE A 8 : UNICEF DÉBAT DU PQ Pleins feux sur le passé antisyndical dePKP MARCO BELAIR-CIRINO Le grand favori des sondages, Pierre Karl Pé-ladeau, s\u2019est retrouvé sur la sellette, mercredi midi, lors du premier débat des cinq candidats à la direction du Parti québécois.L\u2019actionnaire de contrôle de Québécor a notamment dû se défendre d\u2019avoir prôné il y a cinq ans un rééquilibrage de la législation en matière de relations de travail au détriment des syndicats.Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a poliment interpellé «[son] ami Pierre Karl» sur son passé antisyndical.Il lui a demandé si sa «pensée a évolué» depuis la publication d\u2019une lettre d\u2019opinion dans laquelle il dénonçait un déséquilibre des forces favorisant indûment les organisations syndicales au Québec (janvier 2010).«Tu remettais en cause les cotisations obligatoires syndicales.Tu remettais en cause l'imposition de prestations qu'on pouvait recevoir lors de conflits [de travail].Tu remettais aussi en cause la formule Rand.Tu n'as pas plaidé non plus pour la modernisation de la loi anti-'scabs\"», a mitraillé l\u2019ancien ministre délégué aux Affaires intergouvemementales canadiennes.«Comme ce sont toutes des mesures que le Parti québécois et René Lévesque ont mises en œuvre et que tu souhaites diriger le Parti québécois, f aimerais savoir si ta pensée a évolué ?», a-t-il poursuivi, s\u2019attirant les applaudissements de dizaines d\u2019étudiants de l\u2019Université de Montréal.Il s\u2019agit d\u2019une prise de position pouvant «susciter un débat», a convenu M.Péladeau, qui était en duplex depuis Baie-Comeau.«Lorsque j'ai émis cette opinion, fêtais dans une situation bien différente», a fait valoir l\u2019ancien grand patron du Journal de Québec et du Journal de Montréal, qui ont tour à tour connu de longs lockouts.Pierre Céré a sauté dans la mêlée, reprochant quant à lui aux anciens ministres Bernard Drain-ville, Martine Ouellet et Alexandre Cloutier d\u2019avoir fait fi du programme social-démocrate du VOIR PAGE A 8 : DEBAT Lire aussi > Le taion d\u2019Achiiie.Une chronique de Michel David.Page A 3 Aujourd\u2019hui Actualités > Espionnage informatique.Le Canada au cœur d\u2019un nouveau scandale.Page A 5 Actualités > Projet Énergie Est.Une étude indépendante montre des failles de sécurité.Page A 3 Actualités > Laïcité.L\u2019ex-candidate du PQ Louise Mailloux lance une contre-poursuite pour diffamation contre la militante anti-charte Dalila Awada.Page A 5 Avis légiiux.Décès.Météo Mots croisés.Petites iinnonces Sudoku.B4 A4 B6 B6 A4 B3 Warhol 102, Caravage 0 Pourquoi les superriches de la planète délaissent les maîtres anciens au profit des artistes contemporains STEPHANE BAILLARGEON C% est la bataille des maîtres.Une nou-^ velle querelle des Anciens et des (hyper) modernes.Et les vieux en mangent toute une.Dans un coin \u2014 lequel, le droit?\u2014 Garçon pelant un fruit (1592), une des premières œuvres de Caravage, mort il y a quatre siècles exactement.L\u2019huile sur toile était en vente à New York mercredi après-midi.Sa valeur estimée : entre 3 et 5 millions.Elle n\u2019a pas trouvé preneur en moins d\u2019une minute de basses mises.L\u2019encan Master Paintings de Christie\u2019s proposait 54 œuvres, et les deux tiers (32) n\u2019ont pas changé de main.Dans le lot des refusés : Peter Brueghel, Canaletto, Rombouts.La vente des trésors a rapporté 11,4 de millions, moins du quart escompté.La routine habituelle quoi.Bon an mal an, cette portion historique du marché de l\u2019art ne représente plus qu\u2019un dixième des enchères mondiales.Le reste se retrouve dans l\u2019autre coin \u2014 le gauche alors?Ne s\u2019y concentrent que des maîtres modernes et contemporains, de plus en plus récents en fait.Andy Warhol, grand fournisseur d\u2019images colorées reproduites en série, domine le peloton de tête avec Jeff Koons et quelques autres gros noms nés au XX® siècle.Son Triple Elvis, triptyque sérigraphié, s\u2019est vendu 102 millions aux enchères, en novembre, toujours chez Christie\u2019s, à New York.On répète: plus de 100 millions.CHRISTIE\u2019S Garçon pelant un fruit, Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit Caravage (1592).Cette toile du maître baroque italien, estimée à entre 3 et 5 millions, n\u2019a pas trouvé preneur mercredi.Ses Four Marions de 1966, représentant des Brando, ont fait résonner le marteau à 86 millions.Pour mémoire, ces sérigraphies d\u2019Andy Warhol (1928-1987) se vendaient quelques milliers de tomates dans les années 1960.VOIR PAGE A 8 : ART L\u2019appui de Montréal à un déjenner religieux dérange JEANNE CORRIVEAU Alors que le maire Denis Coderre recevait, mercredi à l\u2019hôtel de ville, près d\u2019une vingtaine de leaders spirituels de diverses confess-kions, des élus se questionnent sur l\u2019appui accordé par la Ville de Montréal à un événement à caractère religieux qui réunira des gens d\u2019affaires au printemps.Le 2 avril prochain, des dirigeants d\u2019entreprises et «chefs de file» se retrouveront à l\u2019hôtel Reine Elizabeth pour un «Déjeuner fraternité et prière».L\u2019événement est organisé par la Fondation A.D.V.dirigée par l\u2019homme d\u2019affaires J.-Robert Ouimet, président du conseil d\u2019administration de Holding O.C.B.(Ouimet-Cordon Bleu), un chef d\u2019entreprise qui n\u2019a jamais caché sa foi catholique.La journée débutera avec un «partage de la parole de Dieu» qu\u2019animera le cardinal Gérald C.Lacroix, archevêque de Québec.Un déjeuner suivra avec des prières, prononcées par iDuis Roquet, président du CA d\u2019investissement Québec, et par Thomas d\u2019Aquino, président du CA du Musée des beaux-arts du Canada.Les participants auront aussi droit aux témoignages personnels de David Johnston, gouverneur général du Canada, et de Paul Desmarais fils, président du VOIR PAGE A 8 : MONTRÉAL 77831303445505 A 2 LE DEVOIR, LE JEUDI 29 JANVIER 2015 ACTUALITES PROCES DE GILLES CLOUTIER La Commission épargnée en échange d\u2019informations BRIAN MYLES Nouveau revirement au procès pour fraude dans Boisbriand.La défense a retiré de ses requêtes toutes les allégations préjudiciables à la pro-cureure en chef de la commission Charbonneau, Sonia Le-Bel, en échange de la communication de renseignements additionnels sur les parjures du témoin-vedette Gilles Cloutier.L\u2019organisateur d\u2019élections clés en main, principal témoin de la Couronne dans le procès pour fraude de Rosaire Fontaine, Robert Poirier et France Michaud, reviendra finalement pour son contre-interrogatoire lundi.M.Cloutier a été mis en arrestation, le 2 septembre dernier, pour une quinzaine de parjures.Sa comparution a été reportée.Dans deux requêtes fracassantes, la défense alléguait que M® LeBel et deux enquêteurs de la commission (Eric Roy et Stéphan Cloutier) avaient été impliqués de près «dans la gestion [des] affirmations mensongères» de M.Cloutier.Crédibilité ébranlée Dans un premier temps, les procureurs de la commission Charbonneau ont fait valoir que ces affirmations étaient fausses, mal fondées ou citées hors contexte.M® LeBel était présente, mercredi, au palais de justice de Saint-Jérôme, et elle était prête à témoigner pour rétablir son intégrité.M® LeBel et l\u2019enquêteur Roy ont finalement produit des déclarations assermentées, permettant de clore cet épisode houleux.En échange de ces informations supplémentaires, la défense a biffé de ses requêtes tout ce qui a trait aux interventions de Sonia LeBel auprès de Gilles Cloutier.La crédibilité de Gilles Cloutier reste à son plus bas.Le juge Normand Bonin a cependant annoncé ses couleurs : le procès se poursuivra en dépit des errements de M.Cloutier.Le juge a fermé la porte à la présentation d\u2019une requête en abus de procédures de la défense, au grand dam des avocats.«Je ne permettrai pas les parties de pêche, a-t-il dit.Venir plaider l\u2019abus de procédures à ce stade-ci, ce serait étonnant.» Le Devoir Les criminels psychopathes ne modifient pas leur comportement même s\u2019il mène à une punition.ÉTUDE Les criminels psychopathes ne réagissent pas à la punition PAULINE GRAVEL Une nouvelle étude réalisée à l\u2019Université de Montréal et au King\u2019s College de Londres indique que le cerveau des criminels psychopathes est réfractaire à la punition.Elle montre ainsi que le gouvernement Harper fait fausse route en choisissant d\u2019accroître les peines d\u2019emprisonnement des criminels plutôt que leur réadaptation.Les criminels psychopathes, qui comptent pour 20% des détenus dans les pénitenciers canadiens, se distinguent des autres criminels par leur manque d\u2019empathie et par le fait qu\u2019ils ne se sentent pas responsables de leurs actes.Ils récidivent beaucoup plus souvent.Quant aux autres criminels, «ils voient des menaces partout Quand ils s\u2019engagent dans une agression, ils sont très émotijs parce qu\u2019ils se sentent très menacés, contrairement aux psychopathes qui n\u2019ont pas peur des autres», souligne Sheilagh Hodgins, profes-seure à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal.En collaboration avec des collègues anglais, M\u201c® Hodgins a réalisé trois études, dans lesquelles elle comparait la structure et l\u2019activité du cerveau de criminels violents et psychopathes, à celui de criminels avec trouble de la personnalité antisociale et d\u2019hommes n\u2019ayant jamais commis de crime.Dans une première étude, l\u2019équipe de chercheurs a découvert que le volume de matière grise \u2014 qui traite l\u2019information \u2014 dans des régions associées à l\u2019empathie, au raisonnement moral et au traitement des émotions so- ciales, telles que la culpabilité, était moindre dans le cerveau des criminels psychopathes que dans celui des autres criminels et des témoins.Dans un autre article, les scientifiques ont remarqué que les fibres blanches reliant le système lim-bique, qui traite les émotions, et une région du cortex préfrontal, qui sert à contrôler les émotions, étaient «moins bien organisées chez les psychopathes, et qu\u2019elles transmettaient moins bien les messages».Récompense La troisième étude, dont les résultats étaient publiés mercredi dans The Lancet, a consisté à enregistrer l\u2019activité «On a l\u2019impression qu\u2019ils n\u2019enregistrent pas le message, qu\u2019ils ne tirent pas de leçon des punitions» cérébrale des participants pendant qu\u2019ils exécutaient une tâche visant à évaluer leur capacité à modifier leur comportement après une punition.Alors qu\u2019ils étaient dans un scanneur, les sujets devaient cliquer sur une des deux photos (celle d\u2019un téléphone et d\u2019un animal) qui leur étaient présentées.Au cours des premiers essais, les sujets recevaient des points quand ils choisissaient l\u2019animal.Puis, soudainement, on leur enlevait des points quand ils cliquaient sur l\u2019animal et on les récompensait quand ils optaient pour le téléphone.«Les participants s\u2019attendaient à une récompense, mais ils ont reçu une pu- U nition.En principe, cette information devait les inciter à changer de comportement», explique la chercheuse.Or, contrairement aux autres criminels et aux sujets contrôles, les psychopathes échouaient à décoder cette information.De plus, cette situation activait chez eux des régions cérébrales complètement différentes de chez les autres participants de l\u2019étude.«Le patron d\u2019activation particulier des psychopathes montre qu\u2019ils traitent l\u2019information très différemment On a l\u2019impression qu\u2019ils n\u2019enregistrent pas le message, qu\u2019ils ne tirent pas de leçon des punitions», fait remarquer la psychologue avant d\u2019ajouter que les enfants ayant des problèmes de comportement et un manque d\u2019empathie ne répondent pas non plus aux punitions infligées par leurs parents et leurs enseignants, contrairement aux autres enfants présentant des troubles comportementaux mais qui font preuve d\u2019empathie.«Les enfants manquant d\u2019empathie apprennent des récompenses, mais pas des punitions.Avec eux, il faut donc user de renforcement positif le plus possible», avance M\u201c® Hodgins.«Nos recherches visent à comprendre pourquoi et dans quelles circonstances les psychopathes sont réfractaires aux punitions \u2014 ils ont tout de même appris à ne pas marcher devant un autobus.Nos observations devraient aider à concevoir des interventions correctives qui soient plus appropriées.Mais surtout, il faut intervenir dès l\u2019enfance alors que l\u2019on peut modifier la structure et le fonctionnement cerveau», affirme-t-elle.Le Devoir Certains criminels méritent une vie en prison, juge Trudeau HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Le chef libéral Justin Trudeau ne s\u2019insurge pas contre la volonté du gouvernement conservateur de retirer aux personnes condamnées pour meurtre la possibility d\u2019un jour sortir de prison.A son avis, les crimes les plus odieux devraient être punis d\u2019une peine proportionnelle.«Le Parti libéral et les Canadiens s\u2019attendent à ce que quelqu\u2019un qui est condamné pour un crime sérieux ait des conséquences sérieuses.Nous allons regarder le projet de loi quand il sera déposé, mais les gens s\u2019attendent à ce que des gens comme Clifford Oison et Paul Bernardo ne soient libérés sous aucune condition», a déclaré M.Trudeau.Le gouvernement avait indiqué, dans le dernier discours du Trône, son intention de faire en sorte que l\u2019emprisonnement à perpétuité signifie rester en prison jusqu\u2019à ce que mort s\u2019ensuive.Le premier ministre est revenu à la charge avec cette promesse dimanche.Tout indique qu\u2019un projet de loi sera déposé d\u2019ici juin, juste à temps pour les élections.Les cas Oison et Bernardo cités par Justin Trudeau sont mal choisis, car tous deux ont été déclarés «délinquants dangereux».Cette étiquette permet d\u2019imposer une peine à durée indéterminée.Le tueur en série Clifford Oison est mort derrière les barreaux en 2011, après 30 ans d\u2019incarcération.Ses deux demandes de libération conditionnelle lui avaient été refusées.Le violeur et assassin Bernardo est en prison depuis 20 ans.Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mul-cair, a évoqué cette disposition pour expliquer sa tiédeur devant l\u2019initiative à venir.«Je vais attendre de voir le texte de leur loi, mais les dispositions existent déjà.Trop souvent, depuis qu\u2019ils sont là, les conservateurs ont eu tendance, pour des raisons purement politiques, à ériger un homme de paille qu\u2019ils vont faire tomber eux-mémes.» Comme aux États-Unis Un prisonnier condamné à la prison à vie devient admissible à une demande de libération conditionnelle après 25 ans d\u2019incarcération.Toutes ne sont pas accordées.Même libéré, le prisonnier restera toujours soumis à des conditions et à une surveillance.Contrairement à l\u2019idée reçue, les personnes condamnées pour meurtre au premier degré croupissent longtemps derrière « [Le projet conservateur] m\u2019apparaît non nécessaire, cruel etpossibkment contraire à nos normes constitutbnneUesyy Claire L\u2019Heureux-Dubé les barreaux.Selon une étude datée de 2005 préparée pour le ministère de la Sécurité publique, la durée moyenne d\u2019incarcération pour ce^ gens est de 28,4 ans.Seuls les Etats-Unis ont une moyenne plus élevée, à 29 ans.On y apprend que la moyenne d\u2019incarcération dans 16 pays étudiés était alors de 14,3 ans.Seuls le Japon (21,5) et l\u2019Autriche (20) avaient une moyenne supérieure à 20 ans.IJne étude de 2012 du Service correctionnel du Canada, menée auprès de 1129 condamnés à perpétuité et remis en liberté entre 1995 et 2005, a démontré que seulement 3,5% d\u2019entre eux ont commis une nouvelle infraction.L\u2019ancienne juge de la Cour suprême du Canada Claire L\u2019Heureux-Dubé s\u2019interroge sur l\u2019idée conservatrice.«Elle m\u2019apparaît non nécessaire, cruelle et possiblement contraire à nos normes constitutionnelles», écrit-elle au Devoir.La Charte des droits et libertés protège les Canadiens contre «tous traitements ou peines cruels et inusités».L\u2019avocate Suzanne Costom, de la section du droit pénal de l\u2019Association du Barreau du Canada, partage cet avis.Elle rappelle que déjà les conservateurs ont aboli la possibilité de demander une libération après 15 ans et instauré des peines consécutives en cas de meurtres multiples.Le premier à avoir goûté à cette médecine a été Justin Bourque, qui ne sera admissible à une libération conditionnelle que dans 75 ans pour avoir tué trois agents de la GRC à Moncton.«Rien de tout cela n\u2019a encore été contesté devant les tribunaux, mais quelqu\u2019un le fera, c\u2019est certain», prédit M\u201c® Costom.Bon an, mal an, moins de 4% des nouveaux arrivants dans les prisons fédérales y sont pour des meurtres au premier degré.Un prisonnier coûte 118 000$ par an, contre 35 000$ en liberté surveillée.Le Devoir PALAIS DE JUSTICE DE MONTREAL Vendredi le 30 janvier 2015, salle 2.08, à 9h00 REQUETE EN « POURSUITE-BAILLON » CONTRE LOTO-QUÉBEC ET SOCIÉTÉ DU JEU VIRTUEL DU QUÉBEC INC.St.Denis & Duluth 514-844-1919 Sherbrooke O & Bishop 514-985-0015 lËiD www.georgeslaoun.com ?\t^\ty\t7^ Z\tA\ti\tZ un examen de la vue % CATEGORIE PME GEORGES LAOUN OPTICIEN du 2 au 31 janvier Appelez nous pour un examen de la vue Boutique de Saint-Denis ouvertes les dimanches de janvier (13 h à 17 h) JUSTICE PUBLIQUE .( mm Pierre Martel - André Boyer LE DEVOIR, LE JEUDI 29 JANVIER 2015 A 3 ACTUALITES Le grand favori dans la course a patiné comme il le fait depuis des mois Le talon d\u2019Achille Michel David n février 2011, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, siégeait à la commission parlementaire qui s\u2019était saisie du projet de loi 399 présenté par son collègue de Beauharnois, Guy Leclair, qui visait à moderniser les dispositions du Code du travail relatives aux briseurs de grève pour tenir compte des nouvelles technologies, notamment Internet, qui permettaient de les contourner.Comme tous ceux qui y ont assisté, M.Cloutier n\u2019a certainement pas oublié la comparution de Pierre Karl Péladeau.Cela faisait deux ans que les journalistes du Journal de Montréal étaient en lockout et le grand patron de Québécor sentait bien qu\u2019ils étaient à bout de souffle.Soit, le lockout était un «geste violent», mais il était essentiel à la création de la richesse, avait-il expliqué.Si la loi était modifiée, les entrepreneurs prendraient peur et les pertes d\u2019emplois se multiplieraient.Un an plus tôt, Péladeau avait profité d\u2019une grande rencontre des décideurs économiques convoquée par le gouvernement Charest pour publier dans ses journaux une lettre incendiaire contre les syndicats, dont les privilèges exorbitants empêchaient les entreprises québécoises d\u2019être concurrentielles.Il remettait en question aussi bien la formule Rand que la non-imposition des prestations que les travailleurs reçoivent de leur syndicat lors d\u2019un conflit de travail.Les représentants patronaux présents à Lévis ce jour-là semblaient sincèrement se demander quelle mouche l\u2019avait piqué.Mercredi, à l\u2019occasion du débat entre les candidats à la succession de Pauline Marois organisé par les associations étudiantes de l\u2019Université de Montréal, M.Cloutier, lui-même favorable à une modernisation de la loi antibriseurs de grève adoptée par le gouvernement de René Lévesque, tout comme les trois autres adversaires de M.Péladeau, a demandé à ce dernier si sa pensée avait évolué depuis.Le grand favori dans la course a patiné comme il le fait depuis des mois dès qu\u2019on lui pose une question portant sur autre chose que la pluie et le beau temps.Lors des points de presse qui ont suivi le débat, aucun de ses rivaux n\u2019a voulu remettre ouvertement en question son étonnante conversion au modèle québécois et aux vertus du syndicalisme, mais le doute sur la sincérité de ses nouvelles convictions sociales-démocrates apparaît clairement comme son talon d\u2019Achille.Après avoir d\u2019abord déclaré forfait sous prétexte d\u2019une tournée en région, M.Péladeau a compris qu\u2019il serait délicat de bouder ce premier débat, tenu au surplus dans son aima mater.Au départ, son image vidéo devait être projetée sur l\u2019écran géant installé dans la salle, mais il n\u2019était pas question pour ses adversaires d\u2019avoir l\u2019air d\u2019une bande de Lilliputiens donnant la réplique à Gulliver.Faute d\u2019un écran de taille moyenne, il est finalement apparu sur un téléviseur trop petit pour qu\u2019on puisse le voir correctement à moins d\u2019être collé dessus.En revanche, le son en provenance de la Côte-Nord était tout à fait adéquat.On ne peut pas tenir rigueur à M.Péladeau d\u2019avoir été incapable de capter les signaux du modérateur qui lui demandait de conclure, mais tout le monde a pu constater qu\u2019il s\u2019appliquait à passer systématiquement à côté des questions.En toute justice pour PKP, tous les autres candidats, à l\u2019exception de Martine Ouellet, ont évité aussi soigneusement que lui de se prononcer sur la troublante disproportion entre le financement accordé aux universités de langue anglaise (29%) et le poids démographique des anglophones (moins de 10%).M\u201c® Ouellet a simplement dit qu\u2019il faudrait «améliorer l\u2019équilibre du financement».En sa qualité de meneur, M.Péladeau doit s\u2019attendre à être la cible de toutes les attaques au cours des prochaines semaines.Le flou sur son échéancier référendaire ,sera difficile à entretenir débat après débat.À moins que la direction du parti ne décide de le tirer d\u2019embarras en limitant le nombre de confrontations sous le douteux prétexte que le PQ n\u2019a pas suf fisamment d\u2019argent.Bernard Drainville a profité de cette première passe d\u2019armes pour mieux ajuster son discours à l\u2019humeur des militants.Jusqu\u2019à présent, il soutenait qu\u2019un gouvernement péquiste ne pourrait tout simplement pas être prêt à tenir un référendum avant un deuxième mandat.Il envisage maintenant \u2014 sans grande conviction, il est vrai \u2014 qu\u2019il puisse le faire dès le premier mandat.S\u2019il faut désigner un vainqueur, la palme revient à Alexandre Cloutier, qui semblait le mieux préparé.Maintenant que Jean-Prançois Lisée n\u2019est plus là pour jouer les iconoclastes, il faudra garder un œil sur Pierre Céré.Il sait qu\u2019il n\u2019a aucune chance de l\u2019emporter et il n\u2019a jamais siégé à l\u2019Assemblée nationale.Il aura beau jeu de reprocher aux autres les reniements et les promesses brisées par le gouvernement dont ils faisaient partie, sans avoir à se soucier lui-même du lendemain.mdavid@ledevoir.com Un juge réafBrme la pertinence de la loi 101 Un groupe de commerçants qui souhaitent afficher en anglais portera sa cause en appel KARL RETTINO-PARAZELLI Malgré les années qui passent, la loi 101 est toujours nécessaire pour protéger le français au Québec, confirme un jugement de la Cour du Québec rendu mercredi au sujet de la langue d\u2019affichage.Le juge Salvatore Mascia n\u2019a pas adhéré aux arguments des 24 commerçants anglophones qui contestaient des amendes reçues pour avoir enfreint les règles d\u2019affichage en vigueur au Québec.Rangés derrière l\u2019avocat montréalais Brent Tyler, un ancien président d\u2019Alliance Québec qui a porté cinq causes concernant la Charte de la langue française jusqu\u2019en Cour suprême, ils ont tenté de démontrer que le français n\u2019est plus menacé au Québec et que les limites imposées par la loi 101 briment donc leur liberté d\u2019expression.«La langue française est encore trop fragile pour se développer sans l\u2019aide du gouvernement québécois», leur a répondu le juge Mascia dans son jugement de 69 pages.Autrement dit, la défense n\u2019est pas parvenue à démontrer que la situation du français a suffisamment changé au Québec au cours des dernières décennies pour justifier un relâchement des règles en vigueur.Les entreprises concernées ont été reconnues coupables d\u2019avoir violé la loi 101 et devront verser des amendes variant entre 250$ et 500$.En 1988, deux jugements rendus par la Cour suprême ont conclu que l\u2019affichage exclusif du français dans l\u2019espace public, comme prévu dans la première mouture de la Charte de la langue française de 1977, violait la liberté d\u2019expression.La plus haute cour du pays avait toutefois ouvert la porte à la «nette prédominance» du français, un changement qui s\u2019est traduit par une modification législative en 1993.Deux visions Lors du procès qui a pris son envol en mai 2014, les deux parties ont présenté leur diagnostic de l\u2019état du français au Québec en appelant des démographes à la barre.Par la bouche de Calvin Veltman, la défense a avancé que le français n\u2019est plus vulnérable puisqu\u2019il est dominant dans la région métropolitaine de Montréal.À l\u2019opposé, l\u2019expert du gouvernement du Québec, Marc Termotte, a insisté sur le déclin du français observé sur l\u2019île de Montréal, notamment en raison du faible taux de natalité et de l\u2019afflux annuel d\u2019environ 50 000 immigrants.Le juge Mascia a souligné que le statut majoritaire des francophones au Québec ne doit pas faire oublier la prédominance de l\u2019anglais en Amérique du Nord.Il a en outre noté l\u2019importante «valeur symbolique» de la prédominance du français dans l\u2019affichage, un argument auquel n\u2019adhère pas M.Tyler.«Il n\u2019y a aucun article de littérature scientifique dans le monde occidental qui établit un lien entre la langue d\u2019affichage et les facteurs démographiques», a-fil expliqué en entrevue au Devoir.«Pour mes clients, c\u2019est décevant, mais j\u2019ai accumulé assez d\u2019expérience pour savoir qu\u2019un jugement de première instance est intéressant, mais que ce n\u2019est pas le dernier mot.» Il entend donc porter la cause en appel et poursuivre ce qu\u2019il compare à un match de baseball.«Nous avons seulement atteint le premier but.Mais nous ne sommes pas retirés», illustre-t-il.Le Devoir % Les groupes pro-vie seraient derrière 22 centres d\u2019aide à la grossesse au Québec.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les centres « anti-choix » prolifèrent Les établissements d\u2019aide à la grossesse affiliés au lobby pro-vie ont triplé depuis 10 ans KARL RETTINO-PARAZELLI Le nombre de centres d\u2019aide à la grossesse soupçonnés d\u2019être «anti-choix» a triplé depuis 10 ans au Québec, passant de 5 à 15, soutient un rapport de la Eédération du Québec pour le planning des naissances (EQPN) dévoilé mercredi.Le regroupement féministe en faveur du libre-choix y voit la manifestation de nouvelles méthodes insidieuses employées par les groupes pro-vie pour faire passer leur message.Cette nouvelle statistique s\u2019appuie sur les dates d\u2019enregistrement des centres au registre des entreprises du Québec.Il y a cinq ans, l\u2019Association canadienne pour la liberté de choix avait recensé près de 170 centres d\u2019aide pro-vie au Canada, dont près de 22 au Québec.Les centres dans la mire de la EQPN sont ceux qui affichent une façade neutre, mais qui prodiguent des conseils teintés par leur position anti-avortement.La fédération appuie ses chiffres sur un rapport qu\u2019elle a commandé à une équipe de chercheurs de mQAM.Ceux-ci ont surtout montré du doigt l\u2019Alliance ressources grossesse (ARG), qui regroupe plusieurs centres établis à travers la province.L\u2019ARG serait liée aux pro-vie puisqu\u2019elle affiche sur son site Internet une ligne téléphonique financée par l\u2019association Campagne Québec-Vie.Le lien entretenu entre les centres d\u2019aide à la grossesse et les réseaux anti-choix «est pour le moins discret, et souvent invisible», note l\u2019étude de l\u2019UQAM, mais les conséquences pour les femmes sont bien concrètes, affirme la professeure Audrey Gonin.«C\u2019est préoccupant parce qu\u2019une femme qui se fait dire que l\u2019avortement cause le cancer du a.Une femme qui se fait dire que l\u2019avortement cause le cancer du sein ou que ça rend alcoolique, alors que c\u2019est faux, ça crée évidemment des inquiétudes injustifiées )) Audrey Gonin, UQAM sein ou que ça rend alcoolique, alors que c\u2019est faux, ça crée évidemment des inquiétudes injustifiées.Tous ces éléments sont contredits par l\u2019Institut national de santé publique du Québec, qui est très clair sur le fait que l\u2019avortement est une pratique sécuritaire», explique-t-elle.De l\u2019aide contre l\u2019aide Selon les constatations des chercheurs, les centres associés au mouvement pro-vie privilégient trois approches: ils «humanisent» l\u2019embryon ou le fœtus, décrivent le fait d\u2019être mère comme étant «naturel» et mettent les femmes en garde contre les supposées conséquences physiques et psychologiques de l\u2019avortement.L\u2019Alliance ressources grossesse ne nous a pas rappelés mercredi.La EQPN dénonce également les méthodes utilisées par les cen- tres qu\u2019elle associe au mouvement pro-vie pour attirer l\u2019œil des femmes enceintes à la recherche de soutien.Elle a constaté que leurs sites Internet apparaissent souvent en tête de liste lorsqu\u2019on entre des mots-clés liés à la grossesse ou à l\u2019avortement.«C\u2019est vraiment très difficile de reconnaître les ressources pro-choix et anti-choix parce que le langage utilisé est souvent le même.[.] By a une mise en scène qui donne une fausse crédibilité à ces groupes», indique la coordonnatrice générale de la EQPN, Sophie de Cordes.Elle ajoute que le discours antichoix au Québec évolue différemment de celui qu\u2019on entend en Amérique du Nord: ici, on tente d\u2019influencer les femmes plutôt que de miser exclusivement sur la protection du fœtus, estime-t-elle.Pour répondre à cette tendance, la EQPN a mis en ligne mercredi un outil qui permettra à son avis aux femmes enceintes de repérer les centres «anti-choix».Par le passé, la fédération a réclamé la création d\u2019une certification pour les centres d\u2019aide à la grossesse, à l\u2019instar de ce qui existe par exemple pour les résidences privées pour personnes âgées.Elle a mis cette idée de côté par la suite, la jugeant coûteuse et trop complexe à mettre en application, et demande maintenant au gouvernement provincial de créer une plateforme contenant des informations «justes et précises sur le libre choix, la grossesse et l\u2019avortement».La EQPN propose aussi à Québec de former les intervenants sociaux pour qu\u2019ils puissent «assurer une référence adéquate de leur clientèle».Le Devoir ENERGIE EST Des fuites indétectables seraient possibles PIERRE SAINT-ARNAUD Une première étude environnementale indépendante réalisée au Québec vient soulever des craintes quant à la possibilité d\u2019un déversement de pétrole loqrd provenant du futur oléoduc Energie Est de TransCanada.Qn y apprend que les systèmes de surveillance prévus par TransCanada ne pourraient détecter une fuite dont le débit serait de moins de 1,5% du débit total de l\u2019oléoduc.Qr, une fuite de 1,5% du débit représenterait pas moins de 2,6 millions de litres par jour.Bien que l\u2019étude ait été faite à la demande de la MRC d\u2019Autray \u2014 qui regroupe notamment les municipalités de Ber thierville, Lano-raie, Lavaltrie et Saint-Gabriel-de-Brandon \u2014, ses conclusions s\u2019appliquent à la quasi-totalité des municipalités où passera l\u2019oléoduc.Les deux firmes ayant réalisé l\u2019étude, J.Harvey Consultant et ECQgestion-solutions, estiment qu\u2019il pourrait s\u2019écouler plusieurs semaines avant de détecter une fuite dont le débit serait moins de 1,5% du débit total.Sans surprise, le rapport recommande donc à la MRC d\u2019exiger un système de détection des fuites sous le seuil de 1,5%.Sources d\u2019inquiétudes Par ailleurs, le document souligne que la société pétrolière invoque le secret professionnel à valeur commerciale pour ne pas dévoiler les produits qu\u2019elle utilise comme diluants pour permettre au pétrole lourd de circuler dans l\u2019oléoduc.Toutefois, certains de ces diluants sont hautement toxiques et ont déjà été identifiés comme étant la cause de problèmes de santé très graves lors de déversements.Parmi les autres sources d\u2019inquiétude, l\u2019évaluation note qu\u2019un déversement dans un marais ou une tourbière de pétrole particulièrement lourd tiré des sables bitumineux pourrait se traduire par une pollution chronique de ces milieux.Les auteurs de l\u2019évaluation ajoutent que la MRC devrait exiger des clapets antiretour dans les sections en pente de l\u2019oléoduc pour empêcher un reflux qui aggraverait un déversement en cas de rupture.La MRC d\u2019Autray rendra publique la semaine prochaine sa position quant aux recommandations du rap-porfi qui doit servir à alimenter ses démarches devant l\u2019Qffice national de l\u2019énergie, qui aura le dernier mot sur le projet Energie Est.La Presse eanadienne 2,6 millions Le nombre de litres par jour qui pourraient se déverser sans être détectés par TransCanada A 4 LE DEVOIR LE JEUDI 29 JANVIER 2015 ACTUALITES LAC-MEGANnC Anxiété et dépression après la tragédie AMELIE DAOUST-BOISVERT Dépression, anxiété, consommation excessive d\u2019alcool: la tragédie de Lac-Mégantic a affecté la santé des personnes touchées par le drame, constate la Direction de la santé publique de l\u2019Estrie.La moitié des citoyens exposés de très près à la catastrophe a souffert de symptômes dépressifs dans l\u2019année suivante.« C\u2019est deux fois plus que les personnes qui n\u2019ont pas été affectées par l\u2019événement», indique la directrice de la Santé publique de l\u2019Estrie, la Mélissa Généreux.Les premiers résultats de l\u2019enquête de santé publique, dévoilés mercredi, révèlent que les trois quarts des habitants de la MRC du Granit ont subi les contrecoups de la tragédie, soit des pertes humaines, matérielles ou un stress négatif.A Lac-Mégantic même, cette proportion grimpe à 95%, et 47% ont carrément cumulé les trois.Parmi les gens exposés de façon intense, on observe aussi un taux de troubles anxieux de 13%, contre 4% chez les personnes non touchées.Et ce sont 12% des personnes ayant vécu les contrecoups de l\u2019événement qui vivent aussi avec un sentiment d\u2019insécurité par rapport à leur quartier.Le train fantôme les hante encore.Conséquences à long terme Les chercheurs observent également une consommation excessive d\u2019alcool chez 17% des personnes exposées de près à la tragédie, contre 4% chez les personnes non exposées.C\u2019est aussi 20% des personnes touchées de très près qui ont rap- P JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les personnes touchées par le drame peuvent cependant compter siu- un réseau tissé serré: 81 % d\u2019entre eux déclarent un sentiment d\u2019appartenance à leur communauté, contre 55 %o pour les autres Estriens.porté consommer des sédatifs ou des tranquillisants.Les citoyens de Lac-Mégan-tic peuvent toutefois compter sur une communauté tissée plus serrée, constatent les chercheurs.En effet, 81 % disent ressentir un sentiment d\u2019appartenance à leur communauté, contre 55% pour les autres Estriens.Parmi les personnes les plus touchées, 31% avaient consulté un psychologue ou un travailleur social dans les 12 derniers mois.Pour en arriver à ces constats, les chercheurs ont interrogé plus de 8700 Estriens de plus de 18 ans, dont 811 résidants de la MRC du Granit, où se trouve Lac-Mégantic, un an après l\u2019explosion du train de la MMA en plein centre-ville.Les effets de la tragédie de Lac-Mégantic pourraient se faire sentir pendant de nombreuses années encore, estime la chercheuse à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi Danielle Maltais.«Les conséquences des catastrophes causées par la négligence humaine perdurent généralement plus longtemps que celles qui résultent de catastrophes naturelles», explique celle qui a par le passé étudié les suites du déluge au Saguenay, par exemple.Ses études sur cet événement de 1996 ont aussi montré que les conséquences psychologiques se font sentir à plus long terme que les séquelles physiques.L\u2019équipe de chercheurs mise sur pied à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic espère documenter ses conséquences plus en profondeur, et attend des réponses à des demandes de financement faites aux ministères de la Santé, de la Sécurité publique et des Affaires municipales.La D\"^® Généreux plaide aussi pour le maintien des ressources d\u2019aide mises en place.«Les besoins sont toujours là, il ne faut pas baisser les bras», dit-elle.«Il y a encore des effets persistants sur la santé.On doit maintenir les services psychosociaux, mais aussi continuer à suivre l\u2019évolution de la situation en répétant l\u2019enquête sur quelques années.» Le Devoir Ottawa n\u2019en fait pas encore assez, avertit le EST Nouvel avertissement pour le gouvernement fédéral, qui a fait des efforts pour pallier les lacunes en matière de sécurité ferroviaire après la tragédie de Lac-Mégantic mais qui doit encore en faire plus, prévient le Bureau de sécurité des transports.Soit, Transports Canada a resserré les règles pour les ferroviaires qui veulent immobiliser un train sans surveillance sur une voie.Et Ottawa a promis d\u2019engager davantage de vérificateurs pour surveiller les systèmes de gestion de sécurité (SGS) des compagnies tous les trois à cinq ans.Mais le ministère des Transports doit s\u2019assurer que ces vé^cations sont faites en profondeur et qu\u2019elles évaluent tous les aspects des SGS.«Pour s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y a rien qui est laissé au hasard», a expliqué au Devoir l\u2019administrateur en chef des opérations du BST, Jean Laporte.La ministre des Transports Lisa Raitt a affirmé que son ministère «a fait beaucoup de travail» pour répondre aux recommandations formulées par le BST à la suite de son enquête sur Lac-Mégan-tic.«La surveillance de la sécurité est très importante, a-t-elle fait valoir.Le ministère le sait, ils ont travaillé là-dessus, et ils vont continuer de travailler là-dessus.» Le BST promet de faire le suivi avec Transports Canada «pour s\u2019assurer que les actions sont prises le plus rapidement possible».«Il y a quand même un bon départ.Ûya beaucoup de choses qui sont amorcées», a reconnu M.Laporte.Mais certaines mesures étaient temporaires et il veut qu\u2019elles soient reconduites de façon permanente.«Et là où il y a des lacunes, qu\u2019on revisite ces questions pour prendre les mesures additionnelles nécessaires», a-t-il affirmé.Marie Vastel Normandeau à un cocktail.pour Morasse Un cocktail de financement auquel participeront Nathalie Normandeau et Eric Du- haime a été organisé en soutien à Jean-François Morasse, qui poursuit Gabriel Nadeau-Dubois en Cour suprême.Selon la page Facebook de l\u2019événement, le grand public est convié à cette soirée qui aura lieu le 4 février prochain, au pub l\u2019Ozone à Québec.Le coût d\u2019entrée de 20$ comprend une consommation ainsi que de la nourriture, et des dons supplémentaires à la Fondation 1625, qui est derrière les recours en justice intentés par M.Morasse, y seront sollicités.Rappelons que M.Nadeau-Dubois a été récemment acquitté en Cour d\u2019appel de sa condamnation pour outrage au tribunal en lien avec des événements qui se sont déroulés pendant la grève étudiante au printemps 2012.M.Morasse a décidé de porter le verdict en Cour suprême.Le Devoir Harper accusé de se servir de la guerre comme publicité MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Thomas Mulcair accuse Stephen Harper de se servir de «sa guerre en Irak» pour marquer des points politiques.Le bureau du premier ministre a concocté une vidéo à caractère militaire qui répertorie les discours dp M.Harper contre le groupe Etat islamique.De la pure propagande, selon le chef du NPD.Le premier ministre diffuse sur Internet depuis un an des résumés vidéo hebdomadaires de ses activités, intitulés 24 SEPT.Rencontres bilatérales, négociations de libre-échange, dépôts de projets de loi.La capsule de cette semaine n\u2019a toutefois rien d\u2019un compterendu habituel.L\u2019extrait mis en ligne mercredi rassemble plutôt des allocutions des derniers mois de Stephen Harper, illustrées par des photographies de navires, d\u2019avions de chasse, d\u2019hélicoptères, des scènes du premier ministre avec des soldats ou du sergent d\u2019armes Kevin Vickers après la fusillade au parlement.Accompagné d\u2019ime musique wa-gnérienne digne d\u2019un film de guerre hollywoodien, l\u2019enregistrement reprend des extraits du premier ministre aux Communes annonçant la mission canadienne en Irak.Son discours à la nation, le soir de l\u2019attentat au parlement, y est également repris.De même que ses commentaires après la fusillade à Charlie Hebdo.«Nous ne serons pas intimidés.Le Canada ne sera jamais intimidé», conclut le premier ministre, au terme de la vidéo de trois minutes ponctuée aussi d\u2019images de drapeaux canadiens, des vigiles pour les soldats tués à Ottawa et à Saint-Jean-sur-Richelieu, et de troupes en guerre au Moyen-Orient « C\u2019est terrible que Stephen Harper soit en train d\u2019utiliser l\u2019argent des contribuables pour faire de la propagande pour sa gang.C\u2019est une honte», a scandé Thomas Mulcair.Une stratégie électoraliste, selon lui, qui permet du même coup au premier ministre d\u2019éviter d\u2019expliquer pourquoi il a affirmé que les troupes canadiennes n\u2019iraient pas en zone de combat et qu\u2019elles n\u2019identifieraient pas de cibles pour les bombardements de la coalition alors que la Défense a révélé le contraire récemment.« Ce sont des effets de toge pour sa base réformiste», a accusé le chef néodémocrate.Mardi, le directeur des communications du Parti conservateur, Cory Hann, a envoyé une lettre à ses militants déplorant C\u2019est terribk que Stephen Harper soit en train d\u2019utiliser l\u2019argent des contribuables pour faire de la propagande poursagangyy Thomas Mulcair, NPD que Justin Trudeau se soit opposé à la mission militaire et invitant ses partisans à donner leur appui au parti \u2014 et leurs coordonnées en vue de l\u2019élection.Le ton monte aux Communes Stephen Harper a en outre haussé d\u2019un cran ses attaques en réponse aux questions de l\u2019opposition sur la nature du travail des soldats en Irak.«Je sais que l\u2019opposition pense que c\u2019est une chose terrible qu\u2019on tienne tête aux djihadistes.Je sais qu\u2019ils pensent que c\u2019est une chose terrible que certains de ces djihadistes aient été tués quand ils ont tiré sur l\u2019armée canadienne», leur a lancé le premier ministre.Les néodémocrates et les libéraux ont demandé au président de la Chambre de reconnaître que leur privilège de parlementaire a été brimé car le premier ministre a, disent-ils, induit la Chambre en erreur quant à la teneur de la mission militaire.Le président Andrew Scheer a pris la chose en délibéré.L\u2019opposition a en outre déploré que les conservateurs ne révèlent pas le coût estimé de la mission.Le ministre de la Défense a refusé d\u2019avancer un chiffre, en réponse aux questions écrites du NPD et du PLC.« Une estimation des coûts est une activité dynamique qui évolue à mesure que se précisent la planification et les besoins opérationnels.Pour cette raison, toute estimation donnée serait inexacte», a indiqué le ministre Rob Nicholson, dans sa réponse déposée lundi.«La transparence et l\u2019ouverture sont importantes surtout quand on parle d\u2019un enjeu aussi important que d\u2019être en guerre», a reproché le chef libéral Justin Trudeau.Le Devoir Téléphone : Télécopieur : 514 985-3322 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesannonces@ledevoir.com I > N > D > E >X REGROUPEMENTS DE RUBRIQUES 100* 199\tIMMOBILIER RÉSIDENTIEL \t100 \u2022 150 Achat vente échangé 160 * 199 Location 200 \u2022 299\tIMMOBILIER COMMERCIAL 200 \u2022 250 Achat vente échangé 251 \u2022 299 Location 300 \u2022 399\tMARCHANDISES 400 \u2022 499\tOFFRES D'EMPLOI 500 \u2022 599\tPROPOSITIONS D'AFFAIRES ET DE SERVICES 600 \u2022 699\tVÉHICULES LES PETITES ANNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l\u2019edition du lendemain Telephone 514-985-3322 Telecopieur 514-985-3340 petitesannonces@ledevoir.com Conditions de paiement cartes de credit APPARTEMENTS ET LOGEMENTS A LOUER APPARTEMENTS ET LOGEMENTS A LOUER PROMO EN COURS AU VILLAGE OLYMPIQUE 11/2: $785 I 31/2: $950 I 41/2: $1175 I 5V2: $2500 Metro Assomption/Viau, Stationnement int disp, Tout inclus, Grands balcons avec superbe vue, Piscine int, Gym, Restaurants, Magasins 514-252-8037 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Quebec rappelle que lorsqu un logement est offert en lo cation (ou sous location) toute per sonne disposée a payer le loyer et a respecter le bail doit etre traitée en pleine égalité sans distinction exclusion ou preference fondée sur la race la couleur le sexe la gros sesse I orientation sexuelle I état civil I age du locataire ou de ses enfants la religion les convictions politiques la langue I origine ethni que ou nationale la condition so ciale le handicap ou I utilisation d un moyen pour pallier ce handi cap OUTREMONT-190 Willowdale 3 1/2 rénovés près metro UdeM Chauffes eau ch poele/frigo asc 514 738 5663-514 735-5331 OUTREMONT-5 Vincent d Indy 112 312 412 rénovés près metro UdeM Poele/frigo Chauffe eau chaude Ascenceur 514 737-8055\t514 735-5331 HORS FRONTIERES EUROPE A LOUER PARIS VII-XV Champ-de-Mars Site exceptionnel 2 1/2 rénové 08 Tt équipé très ensoleille Sur jardin Sem/mois 514 272 1803 HORS FRONTIERES EUROPE A LOUER PROVENCE Vallee du Rhone Maison de village dans le quartier medieval de Nyons 2 c c 2 s de b Toute equipee Terrasse ensoleillee Internet www bonnevisite 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(Québec) J4J 2H8 450 677-5203 cfgrandnioniiieal coin Les funérailles suivront a 14 h en l\u2019eglise Notre-Dame du Sacré-Cœur 5811, rue Auteuil Brossard, QC, J4Z1M9 LE DEVOIR LE JEUDI 29 JANVIER 2015 A 5 ACTUALITES ESPIONNAGE Le Canada au cœur d\u2019un nouveau scandale JIM BRONSKILL à Ottawa L> agence canadienne char-' gée de l\u2019espionnage informatique défend son rôle dans la chasse aux extrémistes après qu\u2019un reportage eut révélé qu\u2019elle parcourait chaque jour des millions de vidéos et de documents téléchargés à travers le monde grâce à des services de partage en ligne.Les détails du projet du Centre de la sécurité des télécommunications (CST), baptisé Levitation, sont révélés dans une présentation PowerPoint datant de 2012 et obtenue par l\u2019ancien espion de la NSA Edward Snowden, selon le réseau anglais de Radio-Canada.La CBC a analysé le document en collaboration avec le site d\u2019information américain The Intercept, qui l\u2019a obtenu de M.Snowden.Le CST emploie des mathématiciens, des cryptographes, des linguistes et des experts en logiciels avec pour objectif d\u2019obtenir des secrets étrangers et de protéger ceux du Canada des espions d\u2019autres nations.Sites gratuits visés Le document indique que dans le cadre du projet Levitation, les analystes du CST peuvent accéder chaque jour à de l\u2019information sur environ de fO à i5 millions de téléchargements ou de téléversements de fichiers sur des sites gratuits comme Megaupload et Rapidshare.Les extrémistes utilisent généralement des sites de télé- chargement gratuits pour distribuer du matériel de formation, tandis qu\u2019al-Qaïda les emploie pour partager de la propagande djihadiste, selon le document.Le CST trouverait ainsi environ 350 «événements de téléchargement d\u2019intérêt» par mois.Le document donne en exemple un document sur la fabrication d\u2019une bombe à gaz.Un défenseur de la vie privée a exprimé son inquiétude devant le reportage de la CBC.«Le CST espionne clairement les activités en ligne de millions de gens innocents, dont des Canadiens, bien que le gouvernement nous ait plus d\u2019une fois assurés du contraire», a déploré le porte-parole d\u2019Open-Media.ca, David Christopher.«Les internautes qui se conforment aux lois et qui utilisent des services d\u2019hébergement de documents populaires se retrouvent sous le microscope du gouvernement.» Le CST défend ses méthodes, affirmant qu\u2019elles contribuent à la lutte contre le terrorisme.11 rappelle que l\u2019agence est autorisée à récupérer et à analyser les métadonnées, mais pas le contenu des fichiers.Les défenseurs de la vie privée ont cependant indiqué que les métadonnées pouvaient en révéler beaucoup sur les comportements des gens en ligne.Le CST assure malgré tout qu\u2019il prend des mesures pour protéger la vie privée des Canadiens lorsqu\u2019il tombe sur leurs informations.La Presse eanadienne IMMIGRATION Les libéraux invités à préciser les « valeurs communes » ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CD PD J) craint que le gouvernement Couillard renforce le malaise de la population à l\u2019égard de l\u2019immigration, voire qu\u2019il lui confère un caractère normal.Le document diffusé par le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (jVllDl) en vue de la consultation sur la nouvelle politique québécoise en matière d\u2019immigration, consultation qui s\u2019est amorcée mercredi en commission parlementaire avec la ministre Kathleen Weil, fait état des «inquiétudes légitimes exprimées par la population à l\u2019égard de l\u2019adhésion aux valeurs communes » de la part des immigrants.«La Commission craint qu\u2019une prise en compte de ce malaise sous l\u2019angle des \u201cvaleurs communes\u201d \u2014 je mets toujours des guillemets \u2014 risque de le renforcer plutôt que de le combattre.En effet, ces «valeurs communes » ne sont pas bien définies», a affirmé le président de la CDPDJ, Jacques Frémont, en livrant une analyse du document.Mal définir les valeurs communes \u2014 s\u2019agit-il des valeurs démocratiques ou encore des valeurs du groupe majoritaire ?\u2014 «risque d\u2019instiller une incompréhension dans la population», a-t-il prévenu.«Cela pourrait créer des attentes déraisonnables à l\u2019égard du processus d\u2019intégration des immigrants.Mal définir les valeurs communes pourrait entretenir certaines aspirations envers un modèle assimilationniste refusant et niant les différences.» La CDPDJ est d\u2019avis que la nouvelle politique devrait plutôt se référer au respect des valeurs démocratiques telles qu\u2019énoncées dans la Charte québécoise des droits et libertés comme l\u2019égalité entre l\u2019homme et la femme, la primauté du droit et la liberté d\u2019expression.Atténuer le «malaise» Jacques Frémont estime aussi que le document «semble banaliser ce malaise» quand on souligne qu\u2019il n\u2019est pas propre au Québec et que les débats sur l\u2019immigration «y demeurent généralement plus pacifiques et moins virulents qu\u2019ailleurs ».11 ne faut pas donner à ce malaise «un caractère normal, voire mineur» mais plutôt comprendre son origine et les mécanismes qui le perpétuent pour ensuite agir concrètement «afin d\u2019atténuer les effets possiblement discrim in a toires de ces craintes» par l\u2019éducation et des campagnes de sensibilisation, a-t-il plaidé.Le Devoir F(î-igo JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les bénéficiaires qui voyagent pins de deux semaines sont souvent des immigrants dont ies proches restés ià-bas paient ie biiiet d\u2019avion, dit Geneviève Guernier, du Front commun des personnes assistées sociaies.Aide sociale : les nouvelles restrictions visent plus de 16 500 personnes Des organismes d\u2019aide dénoncent les préjugés exploités par les libéraux ISABELLE PORTER à Québec Les quelque f 6 500 Québécois qui risquent d\u2019être touchés par les nouvelles coupes à l\u2019aide sociale n\u2019ont rien des profiteurs qu\u2019imaginent certains, plaident les groupes sociaux actifs dans le domaine.«Chaque fois qu\u2019on modifie les règles pour attraper du monde, ça touche des gens dans des situations impossibles et qui vont s\u2019appauvrir davantage», déplore Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.Au Front commun des personnes assistées sociales, on reproche carrément au gouvernement d\u2019alimenter les préjugés.« On laisse planer que les personnes assistées sociales fraudent et font la belle vie», dénonce la coordonnatrice Geneviève Guernier.Le ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, dévoilait mercredi de nouvelles règles pour le programme d\u2019aide sociale qui devraient toucher f 6 570 personnes (3,7 % de l\u2019ensemble des prestataires).Cinq sous-groupes sont ciblés : les bénéficiaires qui voyagent, ceux qui ne déclarent pas tous leurs revenus, ceux qui possèdent une propriété, les gens qui font des cures de désintoxication et ceux qui prennent plusieurs colocataires pour arrondir les fins de mois.En conférence de presse, le ministre a dit vouloir s\u2019assurer qu\u2019on n\u2019avantage pas certains groupes de «manière indue».11 a dit aussi vouloir regagner la confiance des non-prestataires qui estiment que le programme est trop généreux vis-à-vis de ces personnes.«Ce n\u2019est pas la course aux fraudeurs», a-t-il dit en expliquant qu\u2019il voulait «resserrer» cer- «On laisse planer que les personnes assistées sociales [.font la belle vie» tains éléments qui «nuisent à l\u2019intégrité et à l\u2019image du programme».Interrogé sur cet argument, M.Petitclerc rétorque qu\u2019il y a probablement des abus là «comme ailleurs» dans la société et qu\u2019ils sont «exceptionnels» dans le cas des assistés sociaux, ne serait-ce que parce que le système est déjà «hyper-contrôlé».Désintoxication La mesure susceptible de toucher le plus de gens est celle qui concerne les bénéficiaires qui font des séjours en centre de désintoxication.Plus de 6400 ont bénéficié de cette aide qui, une fois réduite, permettrait d\u2019économiser 6,i millions de dollars.Qr, à l\u2019Association des centres d\u2019intervention en dépendance (AQCID), on craint que cela n\u2019aggrave l\u2019itinérance.En réduisant la marge de manœuvre financière de ces personnes, on risque de limiter leur capacité à améliorer leur sort, croit le directeur, Vincent Marcoux.Environ la moitié des 43 000 personnes qui séjournent dans ces centres sont sans domicile.M.Petitclerc tient le même raisonnement concernant les coupes aux prestations des propriétaires (434 personnes touchées, 2,2 millions en économies).«La réalité sur le terrain nous montre que ce sont les gens qui ont un minimum d\u2019actifs qui rebondissent le mieux.» Guernier soiiligne quant à elle que ceux qui voyagent plus de deux semaines sont la plupart du temps des immigrants à qui lerus familles payent des billets d\u2019avion pour venir visiter des proches malades à l\u2019étranger.Cette mesrue censée dégager 4,8 million toucherait environ 460 personnes.Le Devoir .] La juge Charbonneau demande une prolongation Le gouvernement a reçu une deuxième demande de prolongation du mandat de la commission Charbonneau, a déclaré mercredi la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.Vallée n\u2019a pas révélé le contenu de la lettre transmise par la présidente de la commission d\u2019enquête sur l\u2019industrie de la construction, la juge France Charbonneau.Un porte-parole de la commission, Richard Bourdon, a affirmé que la lettre avait été déposée lundi au bureau du premier ministre Philippe Couillard.M.Borudon a indiqué qu\u2019il revenait au gouvernement de décider si les détails de cette demande peuvent être rendus publics.Au cabinet de Vallée, la porte-parole Jo-lyane Pronovost n\u2019a pas donné plus de précisions sur la durée ou les motifs de la requête.La demande pourrait porter sur une prolongation du mandat de sept mois.En mars 2043, le précé- dent gouvernement péquiste avait accordé une première prolongation de 48 mois, jusqu\u2019au 49 avril 2045.Le décret initial du gouvernement libéral prévoyait un dépôt du rapport final le 49 octobre 2043.«On va étudier la demande, on va la regarder», a dit la ministre Vallée.Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a affirmé que le sujet n\u2019avait pas été abordé au Conseil des ministres.«Il faut pouvoir entendre \u2014 moi je ne les ai pas entendues \u2014 les raisons.C\u2019est nouveau de ce matin.Mais ma présomption, j\u2019ai confiance en la commission, c\u2019est qu\u2019ils ont de bonnes raisons pour le faire.» La Presse eanadienne Lire aussi > Déiais risqué.Un éditorial de Josée Boileau.Page A 6 SECURITE NATIONALE Les espions en ligne du gouvernement inquiètent les Canadiens EABIEN DEGLISE Alors qu\u2019Qttawa se prépare à modifier certaines lois au nom de la sécurité nationale et de la lutte contre les extrémismes, une majorité de Canadiens envoie un message clair au gouvernement: la quête de la loi et de l\u2019ordre ne doit pas se faire au mépris de la vie privée des citoyens, indique un sondage national mené à la fin de l\u2019année dernière pour le compte du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.Sondage qui, plus d\u2019un an après les révélations de l\u2019ex-espion de la NSA Edward Snowden, met en lumière des préoccupations croissantes au pays face aux intrusions de toutes sortes dans l\u2019intimité des gens.Le document a été dévoilé mercredi, à l\u2019occasion de la Journée de la protection des données.En substance, 57% des répondants y font part de leur inconfort face à la collecte de renseignements personnels par des ministères et organismes gouvernementaux auprès de compagnies de télécommunication, et ce, sans mandat judiciaire.Pis, 78% des 4520 personnes passées à la question, entre le 24 octobre et 40 novembre derniers, d\u2019un océan à l\u2019autre, se disent également très inquiets par l\u2019utilisa-tion par le gouvernemenfi à des fins de surveillance, de données personnelles en ligne les concernant.Ce niveau de préoccupation est en croissance au pays depuis 2042, soulignent les auteurs du sondage.Touche pas à mes courriels «Les Canadiens acceptent que le gouvernement prenne des mesures pour assurer leur sécurité, a indiqué en entrevue au Devoir Daniel Therrien, commissaire fédéral à la protection de la vie privée.Ils sont même prêts à accepter certains mécanismes, par exemple la collecte de données aux frontières et le partage de ces données avec des organismes fédéraux, mais ils ne veulent pas que leurs communications personnelles se retrouvent sous le regard du gouvernement Le message est donc clair.» Les révélations des dernières années sru des systèmes de siu-veillance institutiojmalisée, orchestrés par les Etats avec la complicité des géants du numérique, dont Google, Apple, IBM, Microsoft, Facebook font partie, mais également les cas de piratage de bases de données de grandes chaînes du commerce de détail, ont visiblement échaudé les Canadiens qui désormais sont plus réticents qu\u2019avant à communiquer des renseignements personnels avec des organisations publiques ou privées.Huit répondants sru dix l\u2019avouent.73% des gens estiment par aillerus que leur intimité est désormais moins bien protégée qu\u2019il y a 10 ans lors de lerus activités quoddieimes.Une proportion qui «est la plus élevée depuis que [le commissariat] a commencé» à sonder le cœur et l\u2019âme des Canadiens sru ce sujefi en 2005, peut-on lire.Le Québec dans le noir Enfin, dans l\u2019aimée qui a précédé l\u2019envoi du coup de sonde, la moitié des Canadiens avait vu, lu ou entendu parler d\u2019acdvi-tés de surveillance et de collecte de renseignements aux fins de la sécurité nationale, indique le document.Cette sensibilité est significativement bien moindre au Québec, où un tiers des répondants a avoué une sensibilité poru ce sujefi contre 54% en Qntario et 58% en Colombie-Britannique.Une disparité que ne s\u2019explique pas le Commissaire.«En matière de protection de la vie privée, il y a un travail constant d\u2019information et d\u2019éducation à faire, dit-il.Au Québec, comme dans les autres provinces».Le Devoir POURSUITE EN DIEEAMATION Louise Mailloux réclame 68 000 $ à Dalila Awada LISA-MARIE GERVAIS Poursuivie pour diffamation par Dalila Awada, Louise Mailloux non seulement demande que soit retirée cette charge contre elle, mais réplique en réclamant 68 000$, estimant que c\u2019est elle qui a été diffamée.Dans le document de la défense déposé mercredi et dont Le Devoir a obtenu copie, elle nie ou elle doute de la conformité de certaines allégations de M\u201c® Awada, une jeune militante féministe anti-charte connue du public, qui en mai dernier avait lancé une poursuite et réclamé 420 000$ en dommages moraux et punitifs.Selon M\u201c® Mailloux, enseignante de philosophie et ancienne candidate du Parti québécois, cette poursuite et la façon dont elle a été reprise sur la place publique et dans les médias ont fait d\u2019elle une persona non grata, ce qui l\u2019a privée de revenus.Elle allègue qu\u2019elle ne publie plus autant d\u2019articles et qu\u2019elle est moins invitée à des débats et des émissions de radio ou de télévision qu\u2019aupara-vant.Cette poursuite l\u2019aurait aussi grandement affectée émotivement, l\u2019empêchant de prendre la parole en public et lui causant stress et insomnie, d\u2019où les 68 000$ réclamés (53 000 $ pour diffamation et perte de revenus et 45 000 $ en dommages punitifs.) Dans sa défense, Louise Mailloux soutient que Dalila Awada n\u2019a pas bien assumé les conséquences de ses prises de position publiques dans le débat sur la charte de la laïcité.Selon la philosophe, l\u2019attaque en cour perpétrée à son endroit en est la preuve, et c\u2019est là une tentative de bâillon.«Malheureusement, plutôt que d\u2019accepter les contrecoups inhérents à sa prise de position publique, [Dalila Awada] a choisi d\u2019intenter une poursuite abusive contre la défenderesse Mailloux afin de la discréditer dans l\u2019opinion publique dans le but de la bâillonner», peut-on lire dans son document de défense et sa demande reconventionnelle.Réputation salie La militante laïque intente donc une poursuite pour diffamation, estimant que sa réputation a été salie dans les médias, en grande partie par l\u2019avocate de M\u201c® Awada, Anne-France Gold-water, qui a donné plusieurs entrevues sur le sujet à des émissions de télévision, à Télé-Québec et à Radio-Canada notamment.«[.] des propos énoncés par [M® Goldwater] lors des entrevues qu\u2019elle a accordées aux médias portent atteinte à la réputation de la défenderesse Mailloux, en donnant notamment l\u2019impression que celle-ci aurait qualifié la demanderesse de terroriste», souligne la requête.Défendue par Patrick ÔuelleL du cabinet Woods, M\u201c® Mailloux n\u2019est pas la seule à êùe visée par la poursuite de M\u201c® Awada: Philippe Magnan et la Société des amis de vigile.net le sont aussi.Toutefois, selon ses dires, son nom est le seul à être repris par les médias pour désigner la poursuite, ce qui nuit à sa réputation et à son image, fait-elle valoir.M\u201c® Mailloux croit également que c\u2019est pour cette raison qu\u2019elle est devenue persona non grata dans les médias et qu\u2019elle n\u2019a par conséquent plus été invitée pour commenter des sujets d\u2019actualité ayant trait à la laïcité, comme les attentats à la rédaction de Charlie Hebdo et ceux perpéùés au parlement d\u2019Qttawa et à Saint-Jean-sur-Richelieu.Le Devoir A 6 LE DEVOIR LE JEUDI 29 JANVIER 2015 EDITORIAL COMMISSION CHARBONNEAU Délai risqué La demande de la juge France Charbonneau de prolonger une nouvelle fois le mandat de la célèbre commission qu\u2019elle dirige a vraiment déconcerté.La commission voit ce délai comme une chance, mais c\u2019est un gros risque à sa crédibilité qu\u2019elle vient de prendre.0 ^ « Josée Boileau fficiellement, le gouvernement fait bonne figure, et l\u2019opposition aussi: pour avoir un rapport de qualité, prenons le temps qu\u2019il faudra, disent-ils.Le délai de sept mois demandé par la commission Charbonneau afin de remettre son rapport en novembre prochain plutôt qu\u2019au printemps a donc toutes les chances d\u2019êjtre accordé.À quoi cela servira-t-il?La juge France Charbonneau ne s\u2019est pas montrée très loquace dans sa requête au gouvernement, mais elle a déjà eu l\u2019occasion d\u2019exposer son approche dans son rapport d\u2019étape d\u2019il y a un an.Elle y écrivait alors qu\u2019il n\u2019était pas question d\u2019analyser à mesure : «l\u2019appréciation de la valeur probante des témoignages et des documents [.] ne peut avoir lieu qu\u2019à la toute fin des audiences de la Commission».Résultat des courses, il faut maintenant rassembler d\u2019un coup tout un casse-tête: 1400 personnes rencontrées, en et hors audiences, et des milliers de documents déposés.Or tous ces morceaux ne se valent pas.Au fil des audiences, même le grand public pouvait comprendre que des témoins étaient trop longuement, ou inutilement, interrogés.Des juristes ont bien décortiqué cette faille de la commission.Cette semaine, on apprend en plus que la qualité d\u2019un témoin vedette comme Gilles Cloutier, organisateur d\u2019élections clés en main, serait douteuse puisque des plaintes de parjure, notamment de la part de la commission Charbonneau, ont été déposées à son endroit! Faute d\u2019avoir fait le ménage à mesure, il faut maintenant que la commission fasse le tri de ses interlocuteurs.Cela complexifie un processus déjà lourd.Autre défi particulier à la commission Charbonneau, que sa présidente avait souligné dans son rapport de janvier 2014 : celle-ci se déroulait en même temps que les élus se penchaient eux aussi sur les problèmes de corruption et de collusion.Depuis la création de la commission en octobre 2011, «au moins dix lois ont été adoptées sur des matières relevant [de son] mandat, entraînant une soixantaine de modifications à des lois en vigueur», écrivait-elle.La commission n\u2019est plus dans le même vacuum législatif que lorsqu\u2019elle a été créée.Pour être pertinentes, ses recommandations doivent en tenir compte : autre grand tri à faire.Mais la pertinence n\u2019est pas qu\u2019affaire de contenu : c\u2019est aussi d\u2019arriver au bon moment et cela, la présidente semble le sous-estimer.La commission Charbonneau a été mise en place après des mois de pression auprès du gouvernement de Jean Charest.Le scepticisme à l\u2019égard des institutions était devenu intenable.La confiance que la population avait mise dans le journalisme d\u2019enquête et des révélateurs de scandales comme Jacques Du-chesneau s\u2019est aussitôt transportée sur madame Charbonneau et l\u2019ancien vérificateur général Renaud Lachance, commissaire à ses côtés.Leur crédibilité était telle que les gens ont passé outre les moments plus faibles des audiences et ont soutenu sans réserve une première prolongation de mandat.Le nouveau délai vient écorcher cette image : c\u2019est qu\u2019elle coûte cher cette commission, constatons-nous soudain! Du coup, en novembre, le rapport ne sera plus lu per se, mais en se demandant si nous en avons eu pour notre argent, si la commission a su s\u2019organiser.Si en plus ses recommandations ne sont pas spectaculaires, elle n\u2019aura l\u2019air que timorée et décalée.Après tout, plus d\u2019un an aura passé depuis la fin des audiences.Ca.justice peut avoir le pas lent mais pas se traîner les pieds, et c\u2019est bien l\u2019impression que donne cette prolongation.LES KOCH À L\u2019ASSAUT DE LA PRÉSIDENCE Près d\u2019un milliard ! ttention les yeux, le chiffre est gros, très, très gros : 300, et seulement 300 conservateurs amenés par les frères Charles G.et David H.Koch, à la tête de la plus grosse fortune privée des Etats-Unis, ont confectionné une cagnotte de 900 millions qui sera dépensée lors de la campagne présidentielle de 2016 et des lé- A Serge Truffaut gislatives qui se tiendront simultanément.Selon les chiffres révélés par le New York Times, le combat pour la Maison-Blanche s\u2019annonce, financièrement causant, le plus dispendieux, et de loin, de l\u2019histoire récente.À bien des égards, cette somme est très troublante.Un, ce petit contingent de conservateurs purs et durs s\u2019est doté d\u2019une force de frappe pécuniairement équivalente, à quelques dollars près, à celles que les partis républicain et démocrate entendent consacrer à la guerre pour le siège de président.Deux, les Koch ont un ascendant puissant sur le Parti républicain sans en être membres.Si puissant d\u2019ailleurs que, selon l\u2019enquête du New York Times, ils ont désormais plus d\u2019influence que les consultants et les conseillers politiques.Bref, ils sont faiseurs de rois.L\u2019ascension des Koch, plus exactement les variables qui la singularisent, a ceci de périlleux qu\u2019elle pose un sacré défi à la démocratie, à l\u2019exercice de celle-ci.Il se trouve en effej que leur haine de tout ce qui ressemble de près ou de loin à l\u2019État, à ce qui est donc de la sphère publique, est si trempée que tout a été fait pour camoufler les identités et les montants alloués par ces conservateurs qui sont avant tout des avocats des thèses des libertariens, dont certains proposent jusqu\u2019à la privatisation de l\u2019air qu\u2019on respire.Toujours est-il que pour échapper à la loupe de l\u2019État, ils ont usé des fondations sans but lucratif comme paravents à leurs petites besognes.Lors du rassemblement de ce contingent de 300 personnes tenu la fin de semaine dernière à Palm Springs en Californie, ceux-ci avaient invité les plus libertariens des candidats à la présidence.Tous, on l\u2019aura deviné, sont des sénateurs républicains.Il s\u2019agit de Rand Paul du Kentucky, Ted Cruz du Texas, Marco Rubio de Floride ainsi que le gouverneur Scott Walker du Wisconsin.Tous, on s\u2019en doute, font campagne sur les thèmes de la baisse prononcée des impôts, la déréglementation tous azimuts et la suppression du plus grand nombre de services publics.Des assauts d\u2019ores et déjà menés par cet aréopage de fous furieux de la loi qui est au fond la loi de la jungle, la loi du combat de chacun contre tous, il faut espérer qu\u2019elle ait l\u2019un des effets constatés lors des dernières législatives : dans les États où les Hispaniques et les femmes étaient en nombre, les protégés des frères Koch ont mordu la poussière.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET tA CoMMiîîlotJ\tPfAtAMPf UNÊ\tPf TMo\u2019iL.- LETTRES Le sens des mots On trouve dans les médias des «éléments de langage» toujours surprenants et quand ils sont répétés souvent, ils passent dans le langage courant avec leur nouveau sens ou des applications inattendues.C\u2019est ainsi que Bouchard et Couillard, deux linguistes reconnus, affirment que les « intégristes » ne sont pas des « terroristes».Cela répété assez souvent peut amener à croire que les intégristes sont tout simplement des gens qui.s\u2019intégrent bien dans une société, alors que les terroristes, eux, ce sont ceux qui désintè-^ent cette même société.Intégristes toujours, mais terroristes un jour.Dans un autre ordre d\u2019idées où, en général, on ne fait pas dans la nuance, on apprend que les soldats canadiens ne participent plus à des « combats » au sol en Irak, mais bien à des «altercations» au sol.J\u2019entends d\u2019ici les ennemis qui crient «Messieurs les Canadiens, tirez les premiers» et nos soldats qui répondent par des gros mots alors qu\u2019en guerre, la règle c\u2019est «violence verbale tolérance zéro».II est vrai qu\u2019il y a des mots qui peuvent blesser et que le ministère de la Défense (en bon français : « de la Guerre ») avait promis que nos soldats ne participeraient pas à des combats au sol.II suffit donc de changer le sens des mots et le tour est joué.La prochaine étape, en poussant encore plus loin, sera de dire que nos soldats participent à un «débat démocra- tique » au sol.C\u2019est vrai que les politiciens ont du mal à départager le vrai du faux et ils ont tendance à minimiser les maux en les affublant de mots dont le sens a été tordu.Et que dire de la querelle dans certains pays où il ne faut surtout pas dire que l\u2019on mène une politique de «ri^eur», mais plutôt une politique d\u2019« austérité » ?Cela n\u2019améliore pas la situation, mais ça paraît moîns austère et la pîlule est aussî dure à avaler.Ah, les maux engendrés par des mots ! On est loîn d\u2019être sorti de la langue de boîs! Thomas Déri Saint-Lambert, le 27janvier 2015 Jean-François s\u2019enlise Je me suis presque étouffé dans mon café en entendant la nouvelle.Encore que venant de ce politicien qui n\u2019en est peut-être pas vraiment un, plus rien ne surprend.Le fin stratège, l\u2019homme derrière Parizeau à la veille du référendum le plus probant de notre histoire, celui-là même qui se drape dans la vertu de l\u2019intégrité depuis le début de cette «précampagne», jette l\u2019éponge et s\u2019avoue vaincu devant celui par qui la campagne de Pauline Ma-rois s\u2019est mise à dérailler aux dernières élections.Au triste lendemain de veille, Jean-François Lisée (qui n\u2019est quand même pas le dernier des cancres) n\u2019était-il pas le pre- mier à clamer haut et fort qu\u2019il fallait désormais éviter un couronnement, qu\u2019une véritable course devait s\u2019engager, qu\u2019il fallait tout rebrasser, que des débats fondamentaux devaient avoir lieu et qu\u2019il ne fallait surtout pas céder à la tentation du sauveur à la venue du magnat de la presse écrite ?N\u2019était-il pas le premier à exiger que ce dernier clarifie sa position quant à ses actions au sein de l\u2019entreprise Québécor ?Et n\u2019étions-nous pas nombreux (quoi qu\u2019il en pense !) à piaffer d\u2019impatience à l\u2019idée de le voir en découdre ouvertement avec celui vers qui il avait aligné ses premières salves ?Sauf que ce « sain combat» n\u2019aura pas lieu (pas avec lui du moins).Monsieur retire ses billes et déclare le vainqueur.Jean-François Lisée se targue d\u2019être réaliste et lucide et continue de tirer sur les ficelles de l\u2019intégrité en affirmant ne pas être là pour se faire plaisir.Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il quitte le navire avant même le début officiel de la course en envoyant le message sans équivoque que Pierre Karl Péladeau sera LÉ principal adversaire de Philippe Couillard aux prochaines élections, affaiblissant, du coup, les quatre autres candidats en lice.Que reste-t-il du stratège chez cet homme qui s\u2019enlise dans la vertu [.] qui tire sm tout,ce qui bouge avant de déclarer forfait?A qui donc fait-il plaisir, sinon à lui-même?Robert Campeau Montréal, le 25 janvier 2015 LIBRE OPINION La théologie, une faculté anachronique YVES GINGRAS Professeur au Département d\u2019histoire de l\u2019UQAM Deux étudiantes en études du religieux déploraient dans Le Devoir du 23 janvier la fermeture annoncée de la Faculté de théologie et d\u2019études religieuses de l\u2019Université de Sherbrooke.Qu peut bien sûr déplorer que les universités soient soumises à des compressions budgétaires de la part d\u2019un gouvernement obsédé par le déficit et qui ne sait pas distinguer les dépenses et les investissements.Mais la critique de cette vision utilitariste ne doit pas servir à faire la promotion d\u2019un discours anachronique sur le statut de la théologie au sein des universités québécoises.En effet, les auteurs nous disent qu\u2019une faculté est un pilier constitutif de l\u2019université qui permet l\u2019étude d\u2019une discipline et de ses dérivés, son rayonnement académique et public.Ils confondent ici département et faculté et semblent ignorer que l\u2019existence de facultés de théologie (auxquelles on a récemment ajouté les termes « études » ou « sciences des religions » pour faire moins anacljronique) n\u2019avait de sens que lorsque l\u2019Église catholique contrôlait l\u2019enseignement universitaire et séparait radicalement cette faculté de celle de philosophie et des autres sciences sociales de façon à en contrôler les enseignants et les enseignements.Plus grave encore est leur affirmation que la théologie est «irréductible» aux sciences sociales, ce qui justifie son autonomie en tant que faculté.Qr, s\u2019il est un mouvement qui a marqué la fin du XIX® et le début du XX® siècle, c\u2019est bien celui de l\u2019historicisation du phénomène religieux et le rejet explicite de toute explication transcendante comme antiscientifique.La théologie étant «la science de Dieu », il est clair qu\u2019elle présuppose son existence alors que du point de vue des sciences sociales, la croyance en Dieu est un phénomène historique et social comme les autres.Rappelons seulement ici Alfred Loisy, grand historien français du catholicisme, prêtre excommunié par Rome en 1908, qui affirmait, en 1909, dans sa leçon inaugurale à la Chaire d\u2019histoire des religions du Collège de France, que «la science des religions ne peut servir aucune théologie particulière, et les théologies particulières sont incompatibles avec la science des religions», car «elles imposeraient à celle-ci des conclusions qui souvent contrediraient ses résultats acquis, et toujours gêneraient le travail de ses recherches».Qn ne peut donc plus confondre la dimension religieuse d\u2019un fait social \u2014 qu\u2019il faut en effet étudier à l\u2019université \u2014 avec ce qui relève de la théologie qui, par définition, est dogmatique, ces facultés étant d\u2019ailleurs canoniques, c\u2019est-à-dire reconnues par Rome.A cette confusion intellectuelle sur la nature du phénomène religieux dans nos sociétés s\u2019ajoute finalement une sorte de désinformation, car les enseignements et les programmes sur les diverses religions n\u2019ont pas besoin d\u2019une faculté autonome pour exister.Il n\u2019y a pas de faculté de physique, de chimie ou de sociologie, mais bien des départements qui font avancer les connaissances dans leurs disciplines.Le fait est que l\u2019existence d\u2019une « faculté de théologie » constitue un anachronisme au sein de nos universités, un vestige d\u2019un passé clérical, et il est grand temps d\u2019y mettre fin, même si cela doit se faire dans le déplorable contexte des restrictions budgétaires.Cela permettra de cesser de jouer sur les mots et d\u2019étudier le phénomène religieux de façon rigoureuse et dans toutes ses dimensions (historique, sociologique, psychologique, etc.) et de laisser la théologie aux institutions religieuses et à leurs prêtres, révérends, imams et autres porte-parole des divers dieux qu\u2019ils disent représenter.La question de fond n\u2019est donc pas ici «futilitarisme» ou les «vraies affaires», mais bien celle de la spécificité du discours théologique au sein d\u2019une université laïque. LE DEVOIR, LE JEUDI 29 JANVIER 2015 A 7 IDEES SAGUENAY Assez de la « démocrature » de Jean Tremblay! MICHEL ROCHE Professeur de science politique à l\u2019UQAC e Québec entier le connaît pour sa croisade religieuse visant à préserver la prière au conseil municipal.Il le connaît aussi pour les multiples leçons sur les tremblements de terre, les orages, les tornades et autres catastrophes que ce notaire de formation a données à la télévision communautaire locale et qui ont tant fait rire l\u2019auditoire de l\u2019émission Infoman.Ce n\u2019est pas pour rien que ce personnage caricatural a été récupéré par Serge Chapleau pour enrichir l\u2019entourage de son Gérard D.Laflaque.On le connaît cependant un peu moins pour sa manière révoltante d\u2019exercer le pouvoir.En ce domaine, le maire de Saguenay n\u2019est pas drôle du tout.Le chantage et l\u2019intimidation font partie de son arsenal.Le contrôle qu\u2019il exerce sur le conseil municipal lui permet de bafouer les règles les plus élémentaires de la démocratie, trop souvent perçue comme un régime dans lequel l\u2019élu obtenant la majorité peut faire ce qu\u2019il veut pour la durée de son mandat.Mais la démocratie ne saurait se confondre avec la tyrannie de la majorité : elle implique le respect des règles, des procédures et des conventions établies.La minorité possède des droits que la majorité ne peut lui nier.Dans un grand centre comme Montréal, une attitude semblable à celle de Jean Tremblay aurait été vivement dénoncée.Jésus et les autorités civiles Jusqu\u2019à récemment, pratiquement personne n\u2019osait contredire le maire pendant les séances du conseil.On se rappelle qu\u2019il avait déposé un rapport à la commission Bouchard-Taylor, payé par la municipalité et exprimant officiellement la position de notre ville, sans débats préalables ni adoption formelle par le conseil.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, est accusé de museler l\u2019opposition.Parmi les positions contenues dans le rapport figurent une critique du droit à l\u2019avortement et une opposition ferme à la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État.Voilà un exemple où un élu se sert des fonds publics et de sa fonction pour transmettre ses propres opinions.En principe, un tel geste est illégal.Mais personne, dans son entourage, n\u2019a osé le contredire quand il a prétendu avoir obtenu l\u2019approbation verbale des membres du conseil.Depuis novembre 2013, Jean Tremblay doit composer avec une opposition qui pose des questions \u2014 sans toujours obtenir de réponses \u2014 et qui donne un autre point de vue sur ce qui se passe à l\u2019hôtel de ville.Elle çst incarnée par deux femmes de l\u2019Équipe du Renouveau démocratique (ERD) et par une conseillère indépendante qui s\u2019y est retrouvée sans l\u2019avoir cherché.Le mépris, les insultes, les quolibets qu\u2019elles subissent de la part du maire dépassent le niveau du tolérable dans une société évoluée.Jean Tremblay réplique avec dédain à quiconque soulève la mqindre critique.À la réunion du 16 décembre dernier, le conseil devait adopter le budget de la ville, d\u2019un montant de 300 millions de dollars.Tout ce que les membres du conseil avaient en main consistait en un résumé, ne comportant aucun des indispensables détails.Mais ce qui est beaucoup plus grave réside dans le fait qu\u2019ils n\u2019ont reçu ces données incomplètes qu\u2019au moment même où le budget devait être adopté.En principe, de telles informations auraient dû être disponibles deux semaines avant son adoption, de manière à permettre aux conseillers et conseillères de prendre une décision éclairée.Mais le maire juge cette procédure inutile.Lort de sa majorité, son budget a été adopté sans difficulté.Ayant dénoncé la manoeuvre, les conseillères de l\u2019opposition ont été grossièrement rabrouées par le maire.Il a d\u2019ailleurs affirmé au cours de la même assemblée que tout le travail effectué par l\u2019opposition avait été totalement inutile.Il se comporte de la même manière avec les citoyens et citoyennes qui posent des questions embêtantes ou critiquent ses manières.Sa conception des rapports entre l\u2019autorité et le peuple est limpide: «Le Christ, qui est notre chef là, qui est celui qui a créé la religion catholique, Vavez-vous déjà vu critiquer les autorités civiles ?Jamais.» Contrarié par une opposition qui révèle au public les Mies de son ad- ministration et qui diffuse un peu de lumière dans notre petite noirceur municipale, Jean Tremblay a décidé de lui couper les vivres.«Non, pas une cenne pour l\u2019opposition.J\u2019aurais eu le droit de leur en donner, mais ça ne me le dit pas.» (Entrevue accordée à Paul Arcand, 17 décembre 2014) La Loi sur les cités et villes permet à l\u2019opposition d\u2019obtenir l\u2019équivalent de la moitié des ressources consacrées au cabinet du maire.Les élues de l\u2019ERD ont donc profité des dispositions de la loi pour embaucher trois personnes qui les ont épaulées efficacement au cours de la dernière année.Pour priver l\u2019ERD de ces précieuses ressources, le maire a procédé à la dissolution de son propre cabinet.Dépourvue de locaux et d\u2019agents de recherche, l\u2019opposition se retrouve ainsi considérablement affaiblie, alors que le maire peut encore compter sur l\u2019appareil municipal.Les membres de son cabinet ont d\u2019ailleurs réussi à intégrer la fonction publique de Saguenay (qui en ressortira plus politisée que jamais), en évitant les concours normalement imposés aux personnes qui posent leur candidature.Opposants isolés Plus de 36% des votants ont appuyé le candidat de l\u2019ERD à la mairie en novembre 2013.Du côté des conseillers, les appuis à ce parti représentent 25% des suffrages exprimés.En comptant les votes obtenus par d\u2019autres conseillers et candidats opposés au maire, le taux réel est plus élevé.Beaucoup plus que «les quatre ou cinq, toujours les mêmes», maladroitement évoqués à l\u2019émission de fin d\u2019année à\u2019Info-man.Suffisamment, à tout le moins, pour démontrer que Jean Tremblay et son équipe ne font pas l\u2019unanimité, encore moins avec tout ce qui s\u2019est passé au cours des derniers mois.Mais cette forte minorité d\u2019opposants se sent terriblement isolée.Elle aimerait bien que l\u2019État et ses institutions répondent à ses appels et s\u2019intéressent à ce qui se passe réellement au royaume de celui qui joue à la fois le rôle de roitelet et de bouffon.La réplique > Intelligence artieicielle Non, il ne faut pas craindre une « bombe \u201c i \u201d » XAVIER BOUTHILLIER Etudiant au doctorat en intelligence artificielle à l\u2019Université de Montréal MARC-ÉLIE LAPOINTE Professeur de mathématiques au Collège de Maisonneuve ans son éditorial du 19 janvier, Antoine Robitaille nous mettait en garde contre «la bombe \u201ci\u201d », voulant ainsi faire référence au grand danger potentiel de l\u2019intelligence artificielle.Il cite Lion Musk disant qu\u2019elle serait potentiellement plus dangereuse que la bombe nucléaire.En mettant l\u2019accent sur les dangers destructeurs de l\u2019intelligence artificielle sans vraiment comprendre l\u2019avis des spécialistes selon lesquels ce n\u2019est pas une préoccupation réaliste, à notre avis, l\u2019auteur fait erreur.Avec tout le respect que nous devons à Stepen Hawking et Lion Musk, ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019est spécialiste en intelligence artificielle.Or, tout le tapage médiatique se limite présentement à leur avis.Selon nous, l\u2019appui à la lettre du Euture of Life Institute (ELI) de certains professeurs et chercheurs les plus reconnus dans ce domaine est bien plus significatif.Nous pensons entre autres à Peter Norvig, référence dans le domaine de riA ou encore à Geoflrey Hinton, Yann LeCun et Yoshua Bengio, figures importantes du deep learning (apprentissage de représentation profonde).Dans une entrevue sur le site du magasine américain Popular Science, Bart Selman, un professeur de science computationnelle à Cornell, précisait que le but de la lettre du ELI était de répondre à l\u2019hystérie au sein des médias qui a fait suite aux déclarations de Musk et de Hawking.Selon Selman, «le problème est que les médias adoptent une vision extrême de l\u2019intelligence artificielle où celle-ci viendrait à dominer le monde.On essaie de leur montrer que, oui, c\u2019est une vision que l\u2019on peut avoir, mais qu\u2019en fait ce n\u2019est pas une grande préoccupation pour nous [les spécialistes de l\u2019intelligence artificielle] ».Se préoccuper aujourd\u2019hui des dangers d\u2019une intelligence artificielle dans le style de Skynet est un peu comme si les frères Wright lors de leur premier vol en avion s\u2019étaient préoccupé de l\u2019utilisation par l\u2019armée d\u2019avions télécorqmandés (drones) pour tuer des civils, ou si les Égyptiens Le déclencheur «Cette fois, ce n\u2019est pas Hollywood qui s\u2019amuse à imaginer des catastrophes liées au développement des intelligences artificielles.Ce sont plutôt, dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière, des scientifiques et des entrepreneurs technologiques de haut niveau, de grande renommée, qui émettent des mises en garde et suggèrent un programme de recherche détaillé afin d\u2019éviter l\u2019éclatement de ce qu\u2019on pourrait qualifier de bombe \u201ci \u201d\u2014pour intelligence.» \u2014 Antoine Robitaille, Le Devoir, 19 janvier 2015 de l\u2019Égypte antique s\u2019étaient inquiété des dangers de l\u2019industrialisation.Comme le dit le proverbe : «Les prédictions sont hasardeuses, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit du futur.» Et ajoutons surtout lorsque l\u2019on parle de l\u2019intelligence artificielle.L\u2019optimisme tue le progrès Lait ironique, l\u2019optimisme dont fait preuve la société face à l\u2019intelligence artificielle a plusieurs fois été un frein important à son développement.En effet, les avancées ont rarement été à la hauteur des attentes avant les années 2000.La déception généralisée engendra donc un arrêt massif des subventions à la recherche, à deux reprises depuis 1950, des périodes que l\u2019on nomme «les hivers de l\u2019intelligence artificielle».Or, l\u2019optimisme est présentement exacerbé du fait que plusieurs percées significqtives ont vu le jour durant les dernières années.Évidemment, il est indéniable que la nouvelle génération de modèles d\u2019IA sont de puissants outils, autrement les grandes compagnies de l\u2019informatique n\u2019y auraient pas investi des milliards.Cela ne veut pas dire qu\u2019une conscience superintelligente est sur le point d\u2019en émerger.En effet, le cerveau biologique est d\u2019une complexité désarmante et les présents modèles mathématiques qui s\u2019en inspirent n\u2019en sont qu\u2019une grossière caricature.Cette comparaison permet d\u2019apprécier l\u2019ampleur de la tâche qui attend les chercheurs avant de pouvoir s\u2019approcher le moindrement d\u2019un système artificiel doté d\u2019une intelligence similaire à celle de l\u2019être humain.En entrevue à Radio-Canada, le chercheur à l\u2019Université de Montréal Yoshua Bengio estime en effet que les scénarios dont parlent les médias relèvent de la science-fiction.«Les meilleurs algorithmes qu\u2019on a aujourd\u2019hui sont encore à un niveau d\u2019intelligence très, très primitive.» Le jour même que la parution de l\u2019article «La bombe \u201ci\u201d», des journalistes scientifiques publiaient dans les pages d\u2019opinions du Devoir une lettre faisant la promotion d\u2019un journalisme scientifique solide.Le Devoir aurait dû faire preuve d\u2019une meilleure connaissance scientifique en ne participant pas à l\u2019hystérie entourant l\u2019intelligence artificielle.Nous ne voulons pas dire par là que les appels au danger de la superintelligence ne devraient pas être entendus ou ignorés par les médias.Seulement, ceux-ci devraient s\u2019informer auprès des vrais spécialistes du domaine afin de savoir ce qu\u2019il en est vraiment et pourraient ainsi recentrer le débat sur un risque réel et actuel ; c\u2019est-à-dire celui de l\u2019utilisation de ces outils à des fins malhonnêtes tels que la Iraude ou le non-respect de la vie privée.Oui, il y a des inquiétudes quant à la sécurité liées à la part grandissante que prend l\u2019informatique (et l\u2019intelligence artificielle) dans nos vies.Mais il faut se préoccuper bien plus des règles comme celles entourant les futurs «Google cars», comme mentionné dans un autre article du Devoir, que de scénarios dignes de la science-fiction.Réponse de l\u2019éditorialiste En démocratie, les spécialistes d\u2019un domaine ne sont pas les seuls autorisés à exprimer des inquiétudes quant à certains développements dans ce même domaine.Dans le passé, la foi aveugle à leur égard nous a empêchés d\u2019appliquer d\u2019un sain principe de précaution.Avec des conséquences funestes.Dans leur critique un brin condescendante, Bouthiller et Lapointe taisent le fait que je citais un autre signataire de la lettre du ELI, Nick Bostrom.Profondément technophile, celui-ci, au terme d\u2019un essai étoffé consacré à l\u2019intelligence artificielle {Superintelligence, Oxford, 2014), décrit l\u2019humanité, face à elle, comme un enfant qui manipule une bombe.Les experts ne s\u2019entendent donc même pas.Eaudrait-il cacher ce fait?Antoine Robitaille DENEIGEMENT De nos méthodes salées JEAN TANGUAY Membre de l\u2019Ordre des ingénieurs de 1991 à 2008 En réaction au texte « Le déneigement, la bête noire de Montréal», Pierre Campeau, Le Devoir, 24 janvier 2015 ^^^=1 ai oeuvré au sein du ministère des J*) Transports du Québec pendant cinq ans.Mes fonctions ont été d\u2019intégrer dans les décisions relatives aux opérations de déneigement et de déglaçage des routes des données prove-nant de stations météoroutières.Il ne fait aucun doute dans mon esprit que le Québec (villes et MTQ), sans être en tête de peloton, se compare favorablement, en matière d\u2019effi,cacité, aux autres provinces du Canada, aux États du nord des États-Unis ou aux pays d\u2019Europe, d\u2019Amérique du Sud et d\u2019Asie.Peut-on faire mieux?Certainement! Il est possible qu\u2019à Montréal, les problèmes d\u2019entretien soient en partie liés à la cohérence des méthodes.En ce sens, M.Campeau tient peut-être une piste.Je suis totalement en désaccord toutefois lorsqu\u2019il affirme que la métropole n\u2019a pas besoin d\u2019une politique.Malheureusement, tout ne se résume pas à synchroniser les actions dans le cadre d\u2019une méthode unique.C\u2019est ce qu\u2019une grande partie de la population et de nos politiciens est portée à croire, faute de compréhension réelle des difficultés avec lesquelles sont aux prises ceux qui entretiennent nos voies de circulation.Sans la définition d\u2019une politique claire, personne ne s\u2019entendra sur la définition des priorités en fonction des situations (quantité et type de précipitation, tempêtes, verglas, temps Iroid, circulation, urgences, etc.), mais surtout, sur le niveau de qualité (techniquement appelé «niveau de service») qu\u2019est prêt à payer le contribuable.Sans une politique claire, les administrations sont condamnées à gérer les efforts d\u2019entretien d\u2019hiver en réagissant constamment aux plaintes.Quels délais de remise à niveau du réseau sont acceptables ?Quelles sont les artères sur lesquelles, lors d\u2019événements météorologiques hivernaux difficiles, les efforts doivent être concentrés et celles où l\u2019on peut tolérer certaines accumulations ?Comment accompagne-t-on les citoyens dans les situations hivernales difficiles afin qu\u2019ils puissent adapter leurs déplacements ?Voilà quelques questions qu\u2019une administration responsable doit se poser pour établir les bases d\u2019une politique d\u2019entretien hivernal.270$ par véhicule par an Ne nous enfouissons pas la tête dans la neige! Comme il est tout à fait illusoire (et onéreux) de tenter d\u2019avoir un réseau parfaitement libre de glace et de neige 12 mois par année, il apparaît donc raisonnable que chaque administration responsable établisse, avec et pour les contribuables, les niveaux de service qu\u2019ils sont prêts à s\u2019offrir.Pour le reste, c\u2019est-à-dire exécuter les opérations, ça relève du domaine de l\u2019ingénierie, de la gestion des contrats et des ressources humaines.Quant au sel, il faut en parler.Le réseau routier sous la responsabilité du MTQ (30 000 km) a coûté en 2011 quelque 220 millions en matériaux et opérations d\u2019entretien d\u2019hiver.Du point de vue de l\u2019usager, cela équivaut à quelque 44$ par année pour que chaque véhicule immatriculé au Québec (environ cinq millions de véhicules) ait accès au réseau.Presque une aubaine, me direz-vous! Le Droit, en 2011, indiquait cependant que le coût du sel, incluant les dommages aux infrastructures routières et à la végétation, atteindrait un peu plus de 900$/tonne (St-Pierre, 2011).C\u2019est environ 1,5 million de tonnes de sels de voirie qui sont épandues annuellement au Québec (Morin et Perchanok, 1999).Sur mon ardoise, je lis 1,35 milliard de dollars par année.La facture annuelle grimpe donc à 270$/année/véhicule.Nous sommes à compléter, à grands coups de milliards, la rénovation de nos infrastructures.Elles nous auront duré, pour la plupart, à peine 40 ans.Le sel que l\u2019on utilise en trop grande quantité (je l\u2019affirme) sur nos routes est le principal facteur de détérioration accélérée.Si cela perdure, nous devrons tout reconstruire vers 2050.Comme je suis né en 1965 et que je souhaite mourir au-delà de mes 85 ans, j\u2019aurai peut-être « l\u2019opportunité » de circuler sur des ponts qu\u2019on aura reconstruits trois fois durant ma propre existence.Les Romains s\u2019en tapent les cuisses.M: -mw- ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Une politique claire de déneigement est nécessaire.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagné (adjoints à la direction de l\u2019information).Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michaël Monnier et Olivier Zuida (recherchistes photos); Infor-mation générale : Isabelle Paré {chef de division), Lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Brian Myles, Jessica Nadeau, Philippe Orfali et Karl Rettino-Parazelli (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel 'D2AJ\\à.(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau (affaires municipales, (Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter)', Julie Carpentier (pupitre)', information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane Baillargeon (médias), François Lévesque et Caroline 'M.ontpet\\t(reporters), Benoît Munger et Philippe 'Pa.pineaxx(pupitre)', information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins et Eric Desrosiers {reporters), Gérald Dallaire (pupitre); information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Guy Taillefer (reporter), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives J, Sophie Chartier et Jean-Frédéric Légaré-Tremblay (pupitre)', section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs)', équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Frappier et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle Caillou, Justine Daneau, Florence Sara G.Ferraris et Coralie Mensa (assistants) ; correction : Andréanne Bédard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michèle Malenfant ; soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire)', Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Manon Derome ((Montréal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBLICITÉ Édith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-François Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais {coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Morin, et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service à la clientèle), Manon Blanchette, Marie-Lune Houde-Brisebois, Nathalie Eilion et Kevin McKissock.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Florentina Draghici et Xavier Pigeon (par intérim). A 8 LE DEVOIR LE JEUDI 29 JANVIER 2015 ACTUALITES DEBAT SUITE DE LA PAGE 1 PQ une fois au pouvoir.«Je suis tout à fait à l\u2019aise qu\u2019on rappelle votre passé, Monsieur Péladeau, mais je réitère qu\u2019on doit aussi rappeler le passé parlementaire de certains d\u2019entre nous ici», a dit l\u2019ex-porte-parole du Conseil national des chômeurs et chômeuses (2005-2014).«Quand on est parlementaires et on est au pouvoir, on respecte les engagements qu\u2019on a pris devant la population», a-t-il poursuivi.«Parler de la souveraineté» Pierre Karl Péladeau a aussi été appelé à préciser \u2014 mais cette fois-ci par le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville \u2014 s\u2019il compte tenir un référendum sur l\u2019indépendance du Québec dans un premier mandat.PKP est demeuré évasif.Il a demandé si des doutes subsistaient sur l\u2019authenticité de son engagement souverainiste.«Lorsque j\u2019ai décidé de faire le saut en politique et que fai annoncé ma candidature, tous et toutes peuvent comprendre avec moi qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019ambiguïté [sur mon objectif politique]./\u2019«t été clair et précis, fai fait ce choix pour faire du Québec un pays», a-t-il déclaré.Les électeurs québécois sauront si Pierre Karl Péladeau proposera de tenir un référendum \u2014 ou non \u2014 dans un premier mandat, et ce, avant de se rendre aux urnes, à l\u2019automne 2018, a assuré un membre de sa garde rapprochée dans un entretien avec Le Devoir M.Péladeau s\u2019en était tenu pendant le débat à promettre de «parler de la souveraineté » pendant trois ans et demi afin à\u2019«extirper les citoyens de l\u2019ignorance».«L\u2019inquiétude, la crainte, la peur sont des véhicules qui sont constamment utilisés pour nier le droit des peuples à l\u2019autodétermination.[Mais] c\u2019est terminé de nous faire peur^avec le Bonhomme Sept Heures», a-t-il dit.À ses yeux, le PQ a connu un «dérapage rapide» lors la dernière campagne électorale en raison notamment de la difficulté des ténors du parti à faire la promotion du projet de pays du Québec.Au printemps 2014, «nous n\u2019étions pas nécessairement prêts à en parler», a-t-il reconnu, se disant toutefois «très optimiste» pour l\u2019avenir du mouvement indépendantiste québécois.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pierre Céré, Alexandre Cloutier, Pierre Karl Péladeau, Bernard Drainville et Martine Ouellet avaient rendez-vous mercredi dans une salle de classe de l\u2019Université de Montréal.La députée de Vachon, Martine Ouellet, a insisté mercredi sur la nécessité d\u2019établir une démarche «claire», «structurée» et «transparente» menant au prochain référendum sur l\u2019indépendance du Québec.«L\u2019indépendance, ça ne se fera pas par une personne, ça va se faire par le peuple du Québec», a-t-elle plaidé.Là seule candidate à la succession de Pauline Marois a dit s\u2019inscrire dans V«école de Jacques Parizeau», qui avait promis la tenue d\u2019un référendum avant le scrutin de 1994.Les Québécois ont passé à un cheveu de voir naître le pays du Québec, a-t-elle rappelé.« [L\u2019ancien premier ministre Jacques Parizeau] nous a mené à un référendum dans le mandat.On se l\u2019est fait voler, mais il était gagnant», a-t-elle lancé devant un parterre de quelque 600 personnes.De son côté, Alexandre Cloutier promet de tenir un référendum dans un premier mandat, mais seulement si un million de Québécois, ou plus, le lui demandent en apposant leur signature dans un registre officiel.«Le but, ce n\u2019est pas juste d\u2019avoir une consultation populaire, Iç but, c\u2019est de gagner», a soutenu M.Cloutier.À l\u2019instar de M\u201c® Ouellet, il a appelé les membres du PQ à ne «pas crDt[re] en un sauveur» pour créer le pays du Québec.Le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, a déploré le «manque de clarté» du calendrier référendaire de Pierre Karl Péladeau, mais également celui d\u2019Alexandre Cloutier.«Il va falloir être clair avec les Québécois.La dernière fois, on n\u2019a pas été clairs [et] on a vu ce qui est arrivé», a fait valoir M.Drainville, pointant la défaite cuisante du 7 avril 2014.Selon lui, le PQ a le devoir d\u2019indiquer clairement, avant les prochaines élections générales, s\u2019il tiendra un référendum sur l\u2019indépendance du Québec une fois au pouvoir.Oui ou non.«En 2018, il faut souhaiter que les appuis soient suffisamment élevés pour qu\u2019on puisse annoncer un référendum.Si les appuis ne sont pas suffisamment élevés, à ce moment-là, il faut être clair avec les Québécois et leur dire \u201cOn n\u2019a pas les chiffres, il n\u2019y en aura pas de référendum \u201d», a ajouté M.Drainville.Les cinq candidats à la chefferie du PQ ont tous répondu à l\u2019invitation de l\u2019Association des jeunes péquistes de l\u2019Université de Montréal (AJPUM) et du Mouvement des étudiants souverainistes de l\u2019Université de Montréal (MESUM).Le Devoir UNICEF SUITE DE LA PAGE 1 La Syrie et les pays limitrophes sont plongés au cœur de la plus grave crise humanitaire recensée depuis des décennies, ajoute M.Morley.Une crise qui a entraîné depuis 2011 le déplacement de 11 millions de personnes, dont 50% d\u2019enfants.Plus d\u2019un million de Syriens n\u2019ont plus accès à l\u2019eau potable, 60% des hôpitaux ont été détruits, ainsi que 20% des écoles.«Une génération entière d\u2019enfants est en danger.Avant la crise, les enfants syriens ne présentaient pas de problèmes de malnutrition.Depuis que les écoles sont devenues la cible d\u2019attaques, l\u2019accès à l\u2019éducation est interrompu», ajoute le porte-parole de l\u2019organisme.Écoles et hôpitaux détruits Quelque 80 attaques armées contre des écoles et 200 contre des hôpitaux ont été dénombrés par rUNICEF en Syrie, en plus de 1220 violations graves aux droits des enfants.Plus de 1,7 million d\u2019enfants ont trouvé refuge dans la sous-région syrienne (en Irak, en Jordanie, au Liban et en Turquie), dont 223 000 dans des camps du nord de l\u2019Irak, déjà surpeuplés par 5,2 millions d\u2019ira- kiens victimes des combats opposant l\u2019armée nationale au groupe armé EL Dans des «Espaces d\u2019accueil des enfants» mis sur pied dans les camps de déplacés syriens, affirme David Morley, les travailleurs humanitaires disent observer dans les dessins des enfants les images les plus sombres et les plus noires.L\u2019UNICEF tente de poursuivre la scolarisation des enfants déplacés par le biais de programmes à distance diffusés à la radio, comme cela s\u2019est fait dans les pays frappés par l\u2019Ebola l\u2019an dernier.Lors d\u2019une mission en Irak, rappelle M.Morley, il a pu constater les ravages entraînés par l\u2019arrêt forcé de la scolarisation.«J\u2019y ai croisé une fillette réfugiée de 12 ans tenant des livres entre ses mains.Je lui ai demandé ce qu\u2019elle lisait, et elle m\u2019a dit qu\u2019elle n\u2019en avait aucune idée.Après quatre ans sans accès à l\u2019école, elle n\u2019arrivait plus à lire.Quel genre d\u2019avenir cela laisse-t-il présager pour cet enfant?» L\u2019autre point chaud du globe se trouve en Afrique, où les insurrections et altercations ont entraîné le déracinement de 2,7 millions de personnes.Au Nigeria, la terreur djihadiste semée par Boko Haram a fait fuir du pays 1,5 million de personnes, dont une majorité de femmes et d\u2019enfants, et frappé 7,3 millions d\u2019enfants.«Nous n\u2019avons pas le portrait exact de la situation, car certains territoires sont hors d\u2019atteinte.Mais les réfugiés témoignent de l\u2019atrocité des en- lèvements et des attaques menées contre les écoles qui font de cette région une des plus préoccupantes du globe pour les enfants», insiste David Morley.Ailleurs en Afrique, l\u2019exode et un état de malnutrition chronique affectent 2 millions d\u2019enfants de moins de cinq ans en République démocratique du Congo (RDC).Au Soudan du Sud, le regain de violence frappe aussi de plein fouet les enfants, dont plus de 12 000 ont été recrutés comme soldats.Toutefois, l\u2019UNICEF a pu confirmer mercredi la libération prochaine de 3000 d\u2019entre eux, âgés de 11 à 17 ans, recrutés par une faction de l\u2019Armée démocratique du Soudan du Sud.En Afrique de l\u2019Ouest, 500 millions de dollars sont aussi requis pour juguler l\u2019épidémie d\u2019Ebola et venir en aide aux 16 000 orphelins qu\u2019a faits la maladie.Compte tenu du contexte économique difficile que connaît l\u2019Occident, une ombre plane sur l\u2019ambitieux objectif de financement que s\u2019est fixé de l\u2019UNICEF, assuré aux deux tiers par la contribution des États.«Trois milliards, c\u2019est beaucoup, convient M.Morley, mais il faut mettre cela en perspective.C\u2019est moins que le budget de la Ville de Montréal pour subvenir aux besoins d\u2019enfants en danger sur toute la planète.» Le Devoir MONTREAL SUITE DE LA PAGE 1 conseil et cochef de la direction de Power Corporation.«Ces rencontres se déroulent dans la plus grande simplicité, sans table d\u2019honneur et sans aucun applaudissement.Elles sont un témoignage discret de la confiance que nous avons en Dieu, Notre Père, notre meilleur Ami, notre Ami le plus fidèle», souligne le dépliant d\u2019invitation.Un logo qui dérange L\u2019événement s\u2019appuie sur une tradition qui remonte à 1971.Au fil des ans, ces déjeuners ont notamment été coprésidés par les exmaires Jean Drapeau et Gérald Tremblay.«En l\u2019absence de Denis Coderre», le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, sera présent le 2 avril prochain.L\u2019invitation, qui a été envoyée aux élus municipaux, arbore le logo de la Ville de Montréal, ce qui dérange plusieurs d\u2019entre eux.«On est censé avoir une séparation entre l\u2019Eglise et l\u2019Etat dans notre système démocratique», estime le conseiller de Projet Montréal Alex Norris.«Il est totalement inapproprié que le logo de la Ville soit utilisé pour promouvoir un événement à caractère religieux.Tout INVITATION Dejeuners Fraternité et Prière des chefs de file Jeudi, le 2 avril 2015 Hotel Le Reine Elizabeth Le Grand So/on Préprogramme : Programme régulier : 7 h 00 à 10 h 00 Montréal élu a le droit de participer à une activité religieuse et d\u2019afficher sa foi à titre personnel, mais pas au nom de la municipalité», dit-il.Au cabinet de Denis Coderre, on signale que la Ville de Montréal ne verse pas de contribution financière pour cet événement, mais qu\u2019on ne voyait pas d\u2019inconvénient à ce que son logo soit utilisé.L\u2019association entre la Ville et la fondation s\u2019inscrit dans une tradition qui remonte à plusieurs décennies, a-t-on fait valoir.«L\u2019utilisation du logo a été autorisée parce que M.Desrochers participe à la rencontre, mais il n\u2019y a pas de financement par la \\\\ On est censé avoir une séparation entre l\u2019Église et l\u2019État dans notre système démocratique vv Le conseiller de Projet Montréal Alex Norris Ville de Montréal», a expliqué Catherine Maurice, attachée de presse du maire Coderre.«Ce n\u2019est pas une commandite», confirme Lorraine Felton, une bénévole de la Fondation AD.V, au sujet du logo de la Ville de Montréal.«La Ville nous a donné l\u2019autorisation [d\u2019utiliser le logo], mais [l\u2019événement] n\u2019a rien à voir avec la Ville de Mofitréal», a-t-elle reconnu.À l\u2019instar d\u2019Alex Norris, la conseillère indépendante d\u2019Outremont, Céline Forget, trouve inapproprié que la Ville soit associée à l\u2019événement.Selon elle, la présence du logo de la Ville prête à confusion, d\u2019autant que l\u2019invitation n\u2019explique pas clairement le rôle joué par la Ville ni ce qu\u2019est la Fondation AD.V.«Je trouve qu\u2019une ville doit faire attention à l\u2019utilisation de son logo.E ne s\u2019agit pas nécessairement d\u2019une mauvaise fondation, mais ça n\u2019a rien à voir avec la Ville de Montréal.» Symbole Cette controverse survient alors qu\u2019en début d\u2019après-midi, mercredi, le maire Coderre accueillait à l\u2019hôtel de ville une vingtaine de leaders religieux représentant les confessions chrétienne, musulmane, juive et sikhe.Le maire a soutenu que dans la foulée des gestes de violence commis en France, notamment à Charlie Hebdo, il importait de présenter un front uni pour dénoncer l\u2019intégrisme et le fanatisme.«C\u2019est un symbole très important», a-t-il dit à l\u2019issue de la rencontre.Un comité informel sera mis sur pied pour maintenir la communication entre la Ville et les leaders religieux et deux ou trois rencontres auront lieu chaque année, a expliqué M.Coderre.Montréal n\u2019est pas à l\u2019abri des attentats, a reconnu le maire.«Mais on n\u2019est pas en mode panique.On est en mode communication et ouverture», a-t-il affirmé.Le Devoir ART SUITE DE LA PAGE 1 Bref, Warhol est maintenant 20 fois plus cher que Caravage ou Brueghel, qui ne se vendent même pas.Franchement, que se passe-t-il ?Stase et flux «On observe une tendance lourde à aller vers l\u2019art actuel: ça pourrait ne pas durer, mais c\u2019est très marqué pour l\u2019instant», dit Christine Bernier, professeure d\u2019histoire de l\u2019art à l\u2019Université de Montréal.Spécialiste du marché de l\u2019art, elle a passé l\u2019automne à examiner finement les mouvements pour un cours sur l\u2019économie de la culture.La professeure Bernier cite son collègue néerlandais Olav Velthuis, qui parle d\u2019un marché contemporain écartelé entre la stase et les flux.«Au fond, c\u2019est un marché qui est toujours le même et qui vit quelque chose de complètement nouveau», dit-elle en proposant une poignée d\u2019éléments pour expliquer la popularité impériale du contemporain par rapport à l\u2019ancien.L\u2019ostentation et l\u2019Imitation.«Les nouveaux hy-perriches de la scène globale prennent beaucoup plus de place qu\u2019avant.Les collectionneurs d\u2019autrefois se faisaient discrets.Maintenant, on les voit partout et ils vont tous vers l\u2019art contemporain.C\u2019est une mode.Ça fait partie de l\u2019émulation par les pairs, du prestige d\u2019un groupe restreint.» La consommation.«Les foires d\u2019art organisent maintenant ce marché contemporain.C\u2019est Art Basel, avec ses satellites à Miami et maintenant Hong Kong et sa fondation pour les artistes des pays émergents.Les foires se substituent aux musées et les riches qui vont aux foires vont consommer le top niveau de l\u2019art contemporain mondial.» La peopollsatlon.«Le monde des collectionneurs est en train d\u2019imiter le monde des stars du cinéma et du spectacle.Les vedettes comme Madonna collectionnent de l\u2019art contemporain, ce qui renforce le désir des riches inconnus d\u2019avoir aussi leurs collections.» Le branding.«L\u2019art contemporain s\u2019insère dans la consommation.Vuitton a employé Takashi Nurakami pour repenser ses sacs à main.Les sphères s\u2019interpénétrent et ça ne sert à rien de parler de Rembrandt dans ce contexte.» Mme Bernier résume finalement sa perspective par cette formule lapidaire : «Le marché de l\u2019art reste un marché élitiste.Avant, l\u2019élite se distinguait par la culture.Maintenant, elle y arrive par l\u2019économie et les riches en moyens se tournent vers l\u2019art contemporain pour s\u2019affirmer.» Les prix eux-mêmes semblent donner valeur en soi.Dans ce système des beaux objets, les œuvres contemporaines produisent un message de prestige à destination des hôtes et du monde.«Ce qui fait la manchette, c\u2019est toujours l\u2019encan», remarque la professeure.Et ici ?Tania Poggione, directrice du bureau de Montréal de la maison des ventes aux enchères Heffel, ne s\u2019en plaint certainement pas tout en distinguant nettement le marché international du marché canadien.«Il faut bien les différencier, dit-elle.Sur le marché mondial, les collectionneurs veulent des noms connus par tout le monde, Picasso ou Warhol.Le Caravage, moins.Je ne juge pas, je constate.La tendance est là.» Et au pays?«Sur le marché national, disons que nos maîtres du XDC siècle, comme Plamondon ou Krieghoff sont très bien établis.Les artistes modernes ont aussi vraiment la cote, Riopelle ou Harris qui se vendent entre let 2 millions.» Elle fournit des preuves.Paul Kane (1810-1871) domine le palmarès des ventes d\u2019art canadien avec 5 millions, frais de vente compris, un record de 2002.Lawren Stewart Harris (1885-1970) occupe six des dix premières places.Riopelle et Lemieux y sont comme Carr et Thomson.Les contemporains canadiens, eux, ne se retrouvent pas dans le lot de la revente, aux encans.Ils se contentent des ventes primaires, en galerie, sauf le photographe Jeff Wall, second dans la liste après Kane, avec Dead Troops Talk (1986) vendu pour 3,6 millions.Le prix semble raisonnable, surtout par rapport aux quelque 170 millions payés pour un Francis Bacon il y a deux ans.«Certains vont se faire avoir, dit la professeure.Mais les riches ont tellement d\u2019argent.Et les plus grands acheteurs finissent par construire des musées pour exposer leurs œuvres exceptionnelles, comme Bernard Arnault dans le bois de Boulogne à Paris.On revient aux collections privées de la Renaissance.» Comme au temps des Borghese de Rome, quoi.La richissime et puissante famille commandait des œuvres à Michelangelo Merisi da Caravaggio qui habitait tout près de son palais, «dans un logement misérable» dit la chronique.Le Devoir Rectificatif Le texte intitulé «Les entreprises dorment sur une montagne de liquidités», signé par Gérard Bérubé et publié en page B 3 de l\u2019édition du 28 janvier, comportait une erreur en sous-titre.Il aurait fallu lire que l\u2019étude citée a été réalisée par riRIS et non par l\u2019INRS.Nos excuses.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GO sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel Par télécopieur redaction@ledevoir.com 514 985-3360 Publicité Au téléphone Extérieur de Montréal (sans frais) Par télécopieur 514 985-3399 1 800 363-0305 514 985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone\t514\t985-3344 Par courriel\tavisdev@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514\t985-3322 Par télécopieur\t514\t985-3340 Abonnements (lundi à vendredi, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par courriel agenda@ledevoir.com Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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