Le devoir, 28 mars 2015, Cahier J
[" MUSEES COLLECTION PERMANENTE CAHIER THÉMATIQUE J > LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 Musée de la civilisation de Québec : place au patrimoine l\u2019immatériel Page J2 Musée des beaux-arts de Sherbrooke au cœur de sa collectivité Page J 4 h V i COURTOISIE MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTREAL La Sultane, de la photographe marocaine Lalla Essaydi, fait partie des nouvelles acquisitions du MBAM.Musée des beaux-arts de Montréal L\u2019expansion d\u2019une collection sans frontières Riche de 41 000 œuvres, la collection permanente du MBAM ne cesse de s\u2019élargir ETIENNE PLAMONDON ÉMOND Nathalie Bondil mime la combativité à l\u2019aide de gestes vifs.«On est des chasseurs», répète la dynamique directrice et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) pour illustrer de quelle façon son établissement en arrive à enrichir sa collection permanente.Volubile et souriante, elle se passionne manifestement pour le «jeu» de l\u2019acquisition d\u2019œuvres pour le MBAM.La compétition s\u2019accentue sur la scène internationale.Les pays émergents sont désormais dans la course et le prix des œuvres modernes grimpe.«Il ne faut pas aller chercher ce que tout le monde cherche.Quand on n\u2019a pas les moyens, il faut être malin.» Le MBAM a franchi le cap des 40 000 œuvres en 2013.Mais plusieurs de ses maillons peuvent encore être renforcés, selon l\u2019énergique directrice.L\u2019établissement de la rue Sherbrooke ratisse large, car il possède aujourd\u2019hui une collection muséale encyclopédique unique au Canada.«Elle n\u2019a pas de frontières», dit M\u201c® Bondil, rencontrée au centre administratif du MBAM.Comme le mandat du musée n\u2019a pas été défini lors de sa fondation, vers 1860, ses murs se sont ouverts aux beaux-arts, aux arts décoratifs, au design et à l\u2019archéologie, au fil des ans.Aujourd\u2019hui, la collection compte autant des tableaux du Greco, de Daumier, de Matisse qu\u2019une statue ég}^)-tienne, une toile de Serge Le-moyne ou une lampe de Tiffany.«Je considère que c\u2019est une force et qu\u2019il faut pousser la collection dans différents axes», persiste la directrice.Lorsqu\u2019on lui demande si elle considère une récente acquisition comme plus importante que les au-tres, elle assure qu\u2019elle les aime toutes.«Il y a une grande gourmandise là-dedans», admet-elle.La veille de l\u2019entrevue avec Le Devoir, M\u201c® Bondil et son équipe venaient de réaliser l\u2019acquisition du tableau L\u2019Automne, peint par Nicolas Lancret entre 1725 et 1730.Cette toile viendra justement combler un jalon de l\u2019histoire de l\u2019art pour l\u2019instant moins étoffé dans la collection en art international.Ce segment Le MBAM a franchi le cap des 40 000 œuvres en 2013.Mais plusieurs de ses maillons peuvent encore être renforcés.fera son nid dans le futur pavillon pour la paix Michal-et-Renata-Hornstein, le cinquième bâtiment, dont l\u2019ouverture est prévue en 2017.Cette expansion a été rendue possible grâce au don de quelque 75 tableaux de maîtres anciens par la famille Horn-stein, en 2012.Car, outre les achats, il y a les dons.«On a des armes de persuasion sympathique », illustre M\u201c® Bondil.Avec les mécènes dont les intérêts convergent, le MBAM tisse des relations sous le signe de la patience et de l\u2019écoute.«Il faut comprendre ce qui va motiver la personne à donner.Ce n\u2019est pas de la manipulation, c\u2019est vraiment de respecter ce qu\u2019elle a en tête.Et ça marche.» Et pas seulement avec les collectionneurs.Le 18 mars dernier, le MBAM a inauguré, au niveau S2 du pavillon Jean-Noël-Desmarais, la sculpture Au Carnaval, composée de trois statues monumentales réalisées par Jim Dine.L\u2019artiste, dont certaines œuvres étaient déjà mises en valeur par le MBAM, s\u2019était lié d\u2019amitié avec l\u2019établissement et a décidé de lui faire ce cadeau.«Quand on montre de l\u2019intérêt pour les oeuvres, on les bichonne, on les explique, on fait des guides sur elles, on leur apporte des accompagnements pédagogiques, sonores ou musicaux, les collectionneurs sont ravis.» Durant les dernières années, M\u201c® Bondil a voulu envoyer un signal fort comme quoi l\u2019établissement prenait soin de toutes ses collections, aussi variées soient-elles.En prévision de l\u2019ouverture du pavillon d\u2019art québécois et canadien Claire-et-Marc-Bourgie en 2011, M\u201c® Bondil n\u2019a pas limité les travaux aux 600 œuvres concernées.Elle a plutôt lancé un vaste redéploiement de toute la collection permanente dans les ailes d\u2019exposition.Le tourbillon a déplacé environ 4000 œuvres au total.Tout a bougé, sauf la salle dédiée à l\u2019archéologie gréco-romaine.En 2011, la proportion de la collection permanente exposée au public a presque doublé.Certaines présentations se sont élargies, comme celle dédiée aux arts décoratifs.Deux nouveaux catalogues ont été VOIR PAGE J 6 : COLLECTION J 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 MUSEES Musée de la civilisation de Québec Place au patrimoine immatériel On a longtemps réduit les musées à des lieux permettant la conservation d\u2019une panoplie d\u2019objets à deux ou trois dimensions.Mais la parole, la musique et le geste sont aussi des manifestations vivantes de notre patrimoine.Depuis quelques années, le Musée de la civilisation de Québec (MCQ) déploie des efforts soutenus pour mettre en valeur ce riche patrimoine immatériel, tout en démontrant une sensibilité accrue à conserver dans ses collections les traces contemporaines de notre patrimoine en train de se faire.BENOIT ROSE Il est vrai que traditionnellement, comme nous l\u2019explique le directeur général du MCQ, Michel Côté, les musées se sont intéressés à une part non négligeable du patrimoine immatériel en documentant les objets de leurs collections.Par exemple, il est parfois pertinent d\u2019enrichir le contact entre le visiteur et un objet conservé en faisant entendre la parole de celui qui l\u2019a fabriqué, de ceux qui l\u2019ont utilisé à une époque donnée ou du collectionneur passionné qui peut mieux vous faire saisir ce que vous observez.Ces paroles instructives font régulièrement partie des éléments collectés par les établissements.Mais, au-delà de cela, poursuit le directeur, il y a une variété de formes d\u2019expression de grande valeur qui méritent aussi d\u2019être conservées et qui intéressent beaucoup le musée de société qu\u2019est le MCQ, par les temps qui courent.« Je pense au spectacle vivant, qui est une forme d\u2019expression extrêmement importante pour une société, de dire M.Côté.Peu de lieux gardent la mémoire et les traces d\u2019un art qui est souvent éphémère, puisque c\u2019est un art de représentation.» Par exemple, l\u2019exposition Corps rebelles invite présentement le public à «comprendre comment la danse (le mouvement) incarne la relation de l\u2019individu avec son environnement et la société».Cette exposition constitue un exercice visant à représenter le patrimoine de la danse contemporaine sous une forme muséale et ainsi à s\u2019assurer que la société en conserve la mémoire, du moins certaines de ses traces essentielles qui pourraient bien disparaître autrement, croit le directeur.Sur place, c\u2019est évidemment en partie par des captations audiovisuelles qu\u2019on peut préserver et démystifier la danse, mais également à travers un atelier immersif créé par le studio Moment Factory.« On invite les gens à danser, à refaire Joe, de Jean-Pierre Perreault, à recréer un certain nombre de mouvements.Il y a un côté participatif important», note M.Côté, qui se traduit aussi par la rencontre in situ avec des chorégraphes.Dans le cadre de sa démarche portant sur le spectacle vivant, le MCQ vient aussi de mettre la main sur des éléments provenant du Théâtre de Sable, une troupe québécoise de marionnettistes, marquante et d\u2019envergure internationale, résume M.Côté.«Il y a des gens comme Robert Lepage qui ont appris à y travailler au début de leur carrière.On vient de collecter l\u2019ensemble des travaux du Théâtre de Sable, marionnettes comprises, mais aussi toutes les vidéos et toute la préparation des spectacles, ce qui fait qu\u2019on pourrait les recréer totalement», affirme le directeur, qui avoue en rêver.On connaît le souci Important que porte son établissement à la sauvegarde, dans ses collections, de traces de musiques anciennes, pouvant dater par exemple de la Nouvelle-France, mais le musée porte aussi une attention particulière au vaste patrimoine de la chanson.«On est en train de collecter beaucoup d\u2019objets qui montrent la valeur et l\u2019importance de la chanson québécoise et francophone.Ça va d\u2019Alys Robi à Claude Léveillée, en passant par Dédé Fortin.» Rappelons que le fidèle piano à queue de Lévell-lée ainsi que près de 150 objets témoignant du travail de l\u2019auteur-composlteur-lnterprète décédé sont venus rejoindre les collections du MCQ à l\u2019été 2012.D\u2019autres planistes que lui peuvent désormais faire résonner ses touches, ses notes et son âme quand l\u2019occasion s\u2019y prête.Encyclopédique et contemporain Les collections du MCQ sont nécessairement pluridisciplinaires, puisque le musée a pour mandat complexe d\u2019expliquer la société.Il mobilise donc tant l\u2019anthropologie, la sociologie que l\u2019histoire, pour ne nommer que quelques disciplines fréquentées, afin de développer sa lecture du monde.«Nos collections sont larges et encyclopédiques», de dire M.Côté.«A l\u2019heure actuelle, l\u2019un de nos enjeux est aussi de nous intéresser au contemporain.Parce que le musée doit, bien sûr, garder des traces du passé, mais, pour nous, le patrimoine, c\u2019est aussi le patrimoine qui se fait, et on a fait de grands efforts au cours des dernières années pour accentuer notre démarche contemporaine.» Il souligne que, au chapitre des cultures populaires, le musée a récemment pu développer \u2014 avec l\u2019aide des citoyens \u2014 sa collection de jeux vidéo, un univers âgé d\u2019une quarantaine d\u2019années au Québec.« C\u2019est important de garder des traces de l\u2019évolution de ces AMELIE BRETON PERSPECTIVES L\u2019atlas Theatrum orbis terrarum de Willem Janszoon Blaeu (1571-1638) jeux, tant sur le plan technologique que sur les plans de la forme et de l\u2019impact.» Concepteur du vélo Bixi, du mobilier urbain du Quartier international de Montréal et de l\u2019ensemble du mobilier destiné au public à la Grande Bibliothèque de Montréal, le designer industriel Michel Dallaire a, pour sa part, fait don d\u2019un corpus de 130 pièces significatives en 2013, souhaitant ainsi «laisser une trace qui servira de référence à des chercheurs, des étudiants» et contribuer à sa façon à l\u2019évolution de la profession.M.Côté croit qu\u2019une telle collection aussi richement documentée permet «de découvrir et de comprendre le processus d\u2019idéation, de création et de réalisation du grand créateur, [qui] s\u2019intéresse à la dimension poétique de l\u2019objet, aux évocations sensorielles et aux plaisirs qu\u2019il procure».L\u2019établissement prévoit certainement faire encore appel aux citoyens pour enrichir certains pans de ses collections.La préparation d\u2019une exposition est généralement l\u2019occasion de faire le point sur certaines d\u2019entre elles pour mieux les développer.«On prépare une exposition sur les mouvements sociaux dans le monde \u2014 tel Occupy Wall Street \u2014 qui s\u2019appelle pour le moment Turbulence.Ça nous a permis de faire des acquisitions chez les mouvements sociaux au Québec, notamment en lien avec le Printemps érable de 2012.On a entré dans nos collections non seulement des carrés rouges ayant appartenu aux leaders étudiants, mais aussi des pancartes et des affiches fabriquées alors par des étudiants en architecture, en graphisme, etc.» Aujourd\u2019hui, les réserves du MCQ sont bien pleines et il faut les réaménager et les agrandir.«Mais on ne veut pas faire juste des réserves, on veut que ce soit un véritable centre d\u2019études sur les collections, où l\u2019on pourra parfois recevoir des groupes d\u2019étudiants et où les chercheurs pourraient avoir accès à des salles de consultation, avance M.Côté.Notre lien avec le monde universitaire est aussi extrêmement important.» Collaborateur Le Devoir Musée national des beaux-arts du Québec Le MNBAQ double ses surfaces d\u2019exposition REGINALD HARVEY Branle-bas de redéploiement au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) : le pavillon Pierre-Lassonde, actuellement en chantier, doublera presque la superficie de cet espace muséal à son ouverture dans la Grande-Allée, en 2016.Fiche technique et impacts sur les collections.Rapidement esquissé, le portrait du projet en cours de réalisation se présente comme suit: «Le nouvel édifice ajoutera quelque 14 900 mètres carrés aux 16 690 mètres carrés de superficie utilisable que compte actuellement l\u2019établissement, soit un accroissement de plus de 89%.A l\u2019issue des travaux d\u2019agrandissement, les surfaces d\u2019exposition auront augmenté de près de 85%.Des espaces fonctionnels (ateliers, zones de préparation, etc.) seront aussi aménagés.Une nouvelle aire d\u2019accueil pour les visiteurs, un café, un amphithéâtre â sièges fixes et des espaces locatifs viendront bonifier la construction.» Directrice et conservatrice MNBAQ JEAN-GUY KEROUAC Dominique Blain, Monuments, 1997-1998, émulsions sur film marouflées sur toile, bois et corde (sculpture avec poutres) en chef du Musée, Line Ouel-let dresse cet inventaire d\u2019un ensemble architectural qui se veut «la mémoire vivante de l\u2019art et des artistes québécois» : «Son mandat, c\u2019est vraiment de créer, de documenter et de diffuser la collection de référence pour l\u2019art du Québec, des origines ou de la fondation jusqu\u2019à nos jours.» Elle fait démarrer sa description au XVIF siècle : «On a toute cette collection initiale sur les arts de la Nouvelle-France, mais on possède aussi des oeuvres de la période qui va suivre après la Conquête et avec le déploiement majeur qui s\u2019est passé au XIX''siècle.» Une collection de 37 000 œuvres Elle fournit des détails sur cette période, avant de passer à d\u2019autres dates-charnières dans le temps: «Bien sûr, on conserve également le passage avec la photographie et, par la suite, on se dirige vers les premiers mouvements de la modernité avec le tournant du siècle jusqu\u2019au XX\".» Font leur apparition entre les murs toute la gamme des trésors de ce siècle de même que celle du XXL siècle jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Elle résume : « C\u2019est une collection qui se compose en tout de 37 000 oeuvres et la portion sur l\u2019art contemporain se situe autour de 9000 numéros; celle-ci sera valorisée avec le nouveau pavillon Pierre-Lassonde.» Deux autres collections prendront le chemin de ces nouveaux aménagements: « Celle des arts décoratifs et de design et de l\u2019art contemporain, et celle de l\u2019art inuit qui prenait place dans l\u2019un des trois pavillons qui existent actuellement.» Le complexe muséal s\u2019articule autour des pavillons Central, Gérard-Morisset et Charles-Baillairgé.La directrice élabore au sujet de cet art inuit, dont les œuvres totalisent autour de 2600 pièces et figurent comme la 4® collection en importance au Canada: «Cet art remonte après 1950 et s\u2019est développé au contact des blancs.Il existait auparavant sous la forme de très petites pièces, puisqu\u2019il possédait des fonctions spirituelles et ludiques, mais essentiellement pour un peuple qui était nomade.C\u2019est au contact des blancs que les artistes inuits ont vu qu\u2019il y avait un véritable intérêt pour leurs créations; beaucoup d\u2019échanges ont alors eu lieu, si bien qu\u2019ils se sont mis â créer des ateliers, de sorte que cet art est maintenant devenu une partie intégrante de l\u2019économie du Nord.» Un redéploiement global Retour vers les bâtiments qui abritent le musée : les trois pavillons sont associés au redéploiement et sont de la sorte axés sur des périodes spécifiques des collections.Line Ouellet guide le visiteur : « Une première phase de ce dernier s\u2019est déroulée l\u2019an dernier autour de l\u2019art moderne et de quatre corpus majeurs et de quatre artistes très importants de cet art, qui sont Jean-Paul Lemieux, Alfred Pellan, Jean-Paul Riopelle et Fernand Leduc.Dans le pavillon de la prison qui porte le nom de son concepteur, Charles Baillairgé, qui est un espace splendide tout en pierres â l\u2019extérieur et en briques rouges â l\u2019intérieur, il y a quatre très belles salles et chacune d\u2019elles est consacrée â l\u2019un de ces artistes.» Elle fournit ces informations au sujet de la deuxième phase : «Grâce â l\u2019accroissement de la surface offerte par le pavillon Pierre-Lassonde, il est non seulement possible d\u2019exposer l\u2019art contemporain, l\u2019art inuit et les arts décoratifs et de design, mais on pourra également déployer toute la collection historique.Voilà le grand projet qui va nous occuper pendant les VOIR PAGE J 3 : MNBAQ LE CHATEAU DUFRESNE TEMOIN D\u2019UNE CITÉ MODERNE ; MAISONNEUVE UNE NOUVELLE EXPOSITION SUR L\u2019HISTOIRE DE LA FAMILLE DUFRESNE ET DE L\u2019UN DES JOYAUX DE LA PITTSDURGH DU CANADA ADMIREZ AUSSI UNE DES COLLECTIONS D\u2019OBJETS ROYAUX ET IMPÉRIAUX LES PLUS PRESTIGIEUSES HORS DE FRANCE ! 2929, AVENUE JEANNE-D\u2019ARC, MONTRÉAL MÉTRO PIE-IX STATIONNEMENT GRATUIT INFO; 514 259-9201 WWW.DUFRESNE-NINCHERI.CA Montréal! (Duébec ! I^AGNUS POIRIER ® PAUL DUCHARME PHQT06IIAPHE/TKNL LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 J O MUSEES Le Château Dufresne-Nincheri Un étonnant petit mnsée CLAUDE LAFLEUR \\ A l\u2019angle des rues Sherbrooke et Pie-K, dans Test de la ville, se trouve un étonnant petit musée.D\u2019abord par son apparence extérieure: une reproduction du Petit Trianon de Versailles, l\u2019édifice inauguré par Louis XV en 1769, puis offert par Louis XVI à sa jeune épouse, Marie-Antoinette.Rue Sherbrooke, il s\u2019agit de l\u2019ancienne résidence des frères Oscar et Marius Dufresne, construite entre 1916 et 1918, qu\u2019on appelle à présent le Château Dufresne.Visiter cette demeure, c\u2019est se plonger dans une capsule de temps.«C\u2019est la seule maison des années 1920 dont on a conservé intégralement les intérieurs et le mobilier d\u2019origine», indique Paul Labonne, directeur général du Musée Dufresne-Nincheri.«C\u2019est vraiment une expérience unique, poursuit-il.On y découvre l\u2019époque où la bourgeoisie canadienne-française désirait s\u2019affirmer dans un Montréal encore très anglophone.Et cette bourgeoisie s\u2019est inspirée de ce qui se faisait de mieux en France, entre autres le Petit Trianon de Versailles.» Le Château Dufresne nous permet ainsi de visiter une vingtaine de pièces meublées selon différents styles : beaux-arts, élisabéthain, Louis XV, Louis XVI, Renaissance, etc.En outre, le maître verrier et fresquiste Guido Nincheri a peint des toiles spécifiques correspondant au style de chaque pièce.La renaissance du Musée Au cours de la dernière année, ce musée est devenu un «complexe muséal» avec l\u2019ajout de l\u2019atelier de vitrail de Guido Nincheri (prononcer «nin-keri»).«L\u2019année 2014 a été pour nous emballante, déclare Paul Labonne, puisque nous Photographie d\u2019un salon turc avons changé de nom pour devenir le Musée Dufresne-Nincheri.Nous avons en effet acquis l\u2019atelier de celui qui a justement décoré le Château Dufresne.Nous avons inauguré les deux lieux en décembre.» Par le fait même, le Château présente une nouvelle exposition permanente qui table sur la collection mobilière de la famille Dufresne et â laquelle se jouxtent 47 trésors de la collection Bothuri-Bédard.Alexandre de Bothuri possède l\u2019une des plus importantes collections royales et impériales â l\u2019extérieur de la France, indique M.Labonne, soit plus de 3000 objets et tableaux.Le Musée Dufresne présente 47 de ces objets chargés d\u2019histoire, dont certains auraient appartenu â Jeanne d\u2019Arc, â Louis XV, â Marie-Antoinette, â Napoléon et Joséphine, etc.«Les Dufresne collectionnaient des copies d\u2019objets liés à Napoléon, indique M.Labonne.Mais, ce qui est fantastique, c\u2019est que, grâce â la collection Bothuri-Bédard, nous avons maintenant des originaux.Souvent, nous jouons la copie et l\u2019original! Par exemple, nous avons des pièces de vaisselle qui sont des copies et que nous juxtaposons aux 36 assiettes ayant appartenu â l\u2019empereur lui-méme.» Dans ce dernier cas, il s\u2019agit d\u2019assiettes qui ont servi â recevoir les plus grands d\u2019Europe, ajoute-t-il.Pour le directeur du musée, la pièce de résistance de l\u2019exposition est le sucrier de Napoléon.«C\u2019est vraiment une oeuvre magnifique, dit-il.avec deux vues d\u2019Égypte, alors que Napoléon s\u2019y est fait représenter en Apollon.Et quatre tortues supportent le sucrier.C\u2019est vraiment une pièce d\u2019art exceptionnelle.» De surprenants objets Alexandre de Bothuri est un personnage pour le moins étonnant.«Je suis historien et ma passion a toujours été de collectionner», dit-il.Il ajoute que, durant la Seconde Guerre mondiale, son père avait accumulé de très belles collections, «mais qui lui ont été volées et pillées par les collaborateurs â la fin de la guerre».M.de Bothuri prétend avoir le don de savoir â qui a appartenu un objet précieux, simplement en le touchant, «ce qui est vraiment formidable pour un collectionneur».PAUL DUCHARME PHOTOGRAPHIE lance-t-il en riant.Ce don lui aurait ainsi permis d\u2019acquérir le fameux sucrier de Napoléon.«En 1992, les quatre sucriers de l\u2019empereur sont réapparus sur le marché et ont été offerts aux enchères, raconte-t-il.Je m\u2019y suis donc rendu.» La veille de l\u2019encan, on lui permet même de toucher les quatre sucriers.«Or, curieusement, l\u2019un d\u2019eux me brûle la main, dit-il.\u201cC\u2019est bizarre \u201d, me dis-je.» Le lendemain, il participe â l\u2019encan et, rap-porte-t-il, «au moment de la mise en vente, les lumières dans la salle se sont mises â clignoter.\u201cTiens, me dis-je, mes esprits sont lâ ! \u201d S\u2019installe alors un silence de mort, les téléphones ne marchent plus, les gens sont complètement gelés.de sorte que j\u2019ai pu me procurer l\u2019objet au prix de base.C\u2019est â ce moment-lâ que je me suis rendu compte que j\u2019avais un don!» Une autre pièce encore plus surprenante est la « croix de Jeanne d\u2019Arc ayant appartenu â l\u2019impératrice Joséphine».Selon ce que dit M.de Bothuri, il se l\u2019est procurée d\u2019une façon tout aussi inusitée.Il raconte que cette croix est un jour apparue.sur eBay! «Moi, je connaissais très bien cette fameuse croix et, évidemment, je l\u2019ai obtenue», dit-il fièrement.Il rapporte que celle-ci aurait été découverte par des Anglais, qui l\u2019auraient trouvée dans une boîte métallique cachée au fond d\u2019une bibliothèque.pour finalement la mettre en vente sur eBay, mais «sans savoir ce qu\u2019ils avaient véritablement en main», déclare-t-il.«Un mariage époustouflant! » C\u2019est ainsi qu\u2019Alexanc^re de Bothuri et son épouse, Elaine Bédard (mannequin et animatrice télé bien connue), ont décidé d\u2019aider le Château Dufresne en prêtant pendant cinq ans leurs précieux objets.Ils donnent de la sorte un bon coup de pouce â la renaissance du Musée.«Je me suis dit que cette \u201cbelle au bois dormant \u201d avait besoin d\u2019ètre réveillée, lance joliment le collectionneur.C\u2019est pourquoi nous avons confié nos objets historiques français â ce Château.» «Et, tout de suite, nous avons compris qu\u2019il serait extraordinaire de mettre en parallèle les copies des frères Dufresne avec les originaux, enchaîne Paul Labonne.Ét ce mariage est époustouflant ! » «Et, vous savez, Paul, avec un tout petit budget, fait des miracles !», de renchérir M.de Bothuri.Collaborateur Le Devoir Studio Nincheri En visite chez l\u2019artiste qui a peint le Château CLAUDE LAFLEUR En décembre dernier, la Société du Château Dufresne a fait l\u2019acquisition du studio de l\u2019artiste italo-canadien Guido Nincheri.C\u2019est dire que, désormais, on peut visiter deux lieux étonnamment complémentaires : le château des bourgeois Dufresne et le studio d\u2019un grand artiste.«Nous avons acheté le plus ancien atelier de vitrail du Québec, relate Paul Labonne, directeur général du Musée Dufresne-Nincheri.Or Guido Nincheri a décoré le Château et l\u2019immeuble où se trouve son studio abritait, au deuxième étage, les bureaux des entreprises des frères Dufresne.» Entrepreneurs, artisans et artistes Ces derniers étaient de fiers et prospères entrepreneurs au début du XX® siècle.Ingénieur et architecte, Marius Dufresne a entre autres exécuté les plans des plus beaux bâtiments de la Cité de Maisonneuve.Avec son frère Oscar, il fonde Dufresne Construction Co., puis Dufresne Engineering Co.Cette dernière entreprise a entre autres construit les ponts Sainte-Anne, Pie-IX et Viau, en plus de participer â la construction du pont Jacques-Cartier.«Les Dufresne étaient également des mécènes qui ont beaucoup encouragé des artistes tels qu\u2019Alfred Lalïberté, Alfred Faneuf et Guido Nincheri, ajoute Paul Labonne.Ils ont ainsi prêté le rez-de-chaussée du 1832, boulevard Pie-IX â Guido, afin que celui-ci y aménage son atelier de vitrail.Én échange, l\u2019artiste peint leur château.» Ironiquement, les deux frères sont décédés â l\u2019âge de 61 ans, l\u2019un en 1936 et l\u2019autre en 1945.Pour sa part, Guido Nincheri est peut-être l\u2019artiste qui a produit le plus grand nombre d\u2019œuvres religieuses au Canada durant le XX® siècle.Il a notamment peint l\u2019intérieur de nombreuses églises, dont Saint-Michel-Archange, l\u2019étonnante église de la rue Saint-Urbain (angle Saint-Via-teur) qui ressemble â une sorte de minaret.Il a œuvré dans quelque 200 bâtiments, surtout des églises, partout au Canada et en Nouvelle-Angleterre.En effet, â partir de 1952, l\u2019artiste s\u2019instâle â Providence (Rhode Island) afin de conquérir le marché américain.Une capsule de temps «Au Studio Nincheri, nous avons toutes les maquettes de ce qu\u2019il a fait, raconte Paul Labonne.Nous avons entre autres les travaux préparatoires des œuvres destinées aux églises et au Château Dufresne.On montre donc les esquisses qu\u2019il avait prévu faire pour le Château.C\u2019est formidable, puisque vous pouvez voir comment il se préparait, puis voir au Château le résultat final!» Le studio ayant fonctionné jusqu\u2019en 1996, tout le matériel est resté sur place, relate M.Labonne, alors que la famille Nincheri a en outre fait don des œuvres d\u2019art qui s\u2019y trouvaient.C\u2019est ainsi qu\u2019au deuxième étage on a reconstitué l\u2019intérieur du salon de Guido Nincheri â Providence.C\u2019est comme une capsule de temps de la première moitié du XX® siècle.«Jamais je n\u2019aurais pensé un jour qu\u2019on aurait réuni tout ça, déclare avec émerveillement Paul Labonne, le studio de l\u2019artiste qui complète si merveilleusement bien le château des frères Dufresne!» Il souligne enfin que, lorsqu\u2019on achète un billet pour visiter l\u2019un ou l\u2019autre de ces lieux, distants de seulement 15 minutes de marche l\u2019un de l\u2019autre, on dispose d\u2019un mois pour visiter le second.Collaborateur Le Devoir MNBAQ SUITE DE LA PAGE J 2 projet qui va nous occuper pendant les trois ou quatre prochaines années.On planche lâ-dessus depuis déjà quatre ans et il faut comprendre qu\u2019il en est ainsi en raison du grand nombre d\u2019œuvres dont on dispose et de la surface totale du musée qui va faire plus de trois kilomètres avec l\u2019ajout du nouveau pavillon.» De ce vaste parcours qu\u2019elle qualifie de magnifique, elle dit encore que c\u2019est une promenade qui marie l\u2019art, l\u2019architecture et la nature puisque le musée loge dans le parc de prestige des Champs-de-Ba-taille, aussi appelé plaines d\u2019Abraham.Le pavillon initial Gérard-Morisset de 1933 avec la colonnade beaux-arts héritera donc de tout le redéploiement de la collection historique d\u2019avant 1960.Un enrichissement continu Le Musée national regorge déjà d\u2019une multitude de pièces d\u2019art témoignant de la vie artistique québécoise sous ses di- verses facettes.Dans la foulée de l\u2019expansion en cours, sa direction caresse-t-elle de nouveaux projets, l\u2019acquisition d\u2019autres œuvres ?Line Ouellet apporte cet éclairage: «Tous les musées sont toujours actifs sur ce plan parce qu\u2019une collection c\u2019est vivant.» Elle assure que «c\u2019est la beauté d\u2019une collection que de vivre de toutes sortes de façons: elle vit parce qu\u2019on l\u2019expose, qu\u2019on la prête, etc., et aussi par les ajouts qu\u2019on y apporte, ce qui crée de nouveaux dialogues et ce qui sert de plus â éclairer la démarche d\u2019un artiste sous un angle différent».î Elle lève le voile sur le fait que «la portion de ce que tous les musées montrent dans leurs salles, c\u2019est un peu la pointe visible de l\u2019iceberg.On aura bien compris qu\u2019on a toujours beaucoup plus de pièces en réserve que ce qu\u2019on expose.En même temps, c\u2019est la beauté de la chose parce qu\u2019on peut constamment se renouveler et faire de nouvelles propositions.» Une fois sa superficie pratiquement doublée, le MNBAQ sera bien servi dans ce sens-lâ.Collaborateur Le Devoir COURTOISIE MUSEE NATIONAL DES BEAUX ARTS DU QUEBEC Directrice et conservatrice en chef du MNBAQ, Line Ouellet De l\u2019historique au contemporain Espaces & Paysages La collection permanente du Musée MUSEE DES BEAUX-ARTS DE SHERBROOKE « 241, rue Dufferin, au centre-ville de Sherbrooke T 819 821-2115 | vwvw mbas qc ca | Q etCommunleaaons J 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 MUSEES Musée des beaux-arts de Sherbrooke Un établissement muséal inscrit au cœur de sa collectivité Il s\u2019agit de parler avec la directrice du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, Cécile Gélinas, pour se convaincre que cet établissement muséal des Cantons-de-l\u2019Est est inscrit au cœur de sa collectivité.Découverte d\u2019un musée qui allie art, éducation et collection.t THIERRY HAROUN Notre mission est de faire la promotion et la conservation du patrimoine artistique des Cantons-de-l\u2019Est.Il est d\u2019ailleurs très riche, ce patrimoine.Depuis le XIX*\u2019 siècle, cette région est un repère pour beaucoup d\u2019artistes d\u2019ici et d\u2019ailleurs», note Cécile Gélinas, qui rappelle au passage que le territoire dont elle parle est celui des Cantons-de-l\u2019Est dit «historique», qui s\u2019étend de la rivière Chaudière à la rivière Richelieu.Et les artistes de grande réputation issus de cette région, dit-elle, sont nombreux, comme Armand Vaillancourt, Charles Daudelin ou encore Michel Goulet.«Michel Goulet a été élevé à 200 pas de notre musée !» Fondé en 1982 par un groupe d\u2019amateurs d\u2019art, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke est le principal acteur sur le plan de la conservation et de la diffusion des arts visuels dans les Can-tons-de-l\u2019Est.Comptant trois salles, il présente une dizaine d\u2019expositions par année.Il occupe d\u2019ailleurs, depuis 1996, un édifice historique datant du XIX® siècle, soit l\u2019ancien siège social de l\u2019Éastern Townships Bank, situé au centre-ville de Sherbrooke.Un édifice qui a donc troqué la conservation des billets de banque contre celle des œuvres.Et la collection du Musée est riche de 5200 œuvres des XIX®, XX® et XXI® siècles produites par 920 artistes, dont 60% sont originaires des Cantons-de-l\u2019Est, les autres étant canadiens ou américains.Sculptures, photographies, peintures, bref, «tous les médias sont représentés dans notre collection», assure Cécile Gélinas, qui tenait à mentionner une collection toute particulière, soit celle de l\u2019artiste peintre Frederick Simpson Coburn (1871-1960), natif de Melbourne, toujours dans les Cantons-de-l\u2019Est.Des nus Une collection qui compte quelque 700 œuvres de l\u2019artiste, dont son fonds d\u2019atelier, qui a été remis au Musée par sa famille, dans les années 1990.«Quand on parle du fonds d\u2019atelier, ça veut dire que nous avons ses dessins, ses croquis, ses tubes, ses pinceaux, ses chevalets et ses carnets.Coburn a été célèbre pour ses magnifiques scènes d\u2019hiver et ses travaux illustrant les bûcherons.Il a bien vécu.Il a beaucoup vendu.Et nous avons aussi un volet COURTOISIE MUSEE DES BEAUX-ARTS DE SHERBROOKE Frederick Simpson Coburn, Non titré, 1892, fusain sur papier.Collection Newlands Coburn.Photographie Réal Bergeron.d\u2019œuvres plus méconnues, soit était, vous savez, un grand du portraitiste qu\u2019il était.Il portraitiste.Nous avons des nus, entre autres», souligne la directrice de ce Musée, qui est ouvert à l\u2019année et emploie sept personnes.Des salons On notera également que le Musée organise, depuis quelques années, le Salon du printemps des artistes des Can-tons-de-l\u2019Est.«Nous y invitons une vingtaine d\u2019artistes de la région.Et, toutes les fois, on se demande si on a fait le tour de tous les artistes.Eh bien non, on en découvre tout le temps.C\u2019est extraordinaire! Et je peux vous dire que, du moment qu\u2019un artiste est invité, il devient un ami du Musée.On sent que cette initiative les touche puisque ça les fait connaître», fait valoir M\u201c® Gélinas, qui souligne que ces activités «créent un sentiment d\u2019appartenance avec le Musée».Des élèves Justement, dans le cadre de cette approche qui vise à créer des liens avec son milieu, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke mise sur l\u2019éducation des jeunes, du niveau primaire au postsecondaire, avec une programmation variée et des visites adaptées aux clientèles scolaires.Chaque visite peut être complétée par un atelier conçu en fonction des expositions temporaires en cours, ce qui favorise ainsi la découverte.«L\u2019éducation est une priorité pour nous.Du moment qu\u2019un professeur met les pieds dans notre Musée, il y revient tout le temps.On fait d\u2019ailleurs affaire avec les repré- sentants culturels de la Commission scolaire [de la Région-de-Sherbrooke].Les élèves apprennent tellement ici.Ils découvrent des choses.On leur donne l\u2019occasion de s\u2019initier à l\u2019art avec de vraies œuvres.On les fait travailler en atelier avec du vrai matériel d\u2019artiste.» Plus encore, dit-elle, «il y a des écoles qui achètent des memberships du Musée à leurs élèves.C\u2019est tout de même important comme initiative.Cela permet de maintenir un lien avec les élèves qui viennent ici n\u2019importe quand.» Et qui dit membership dit financement.«En effet, le financement du Musée, c\u2019est un enjeu.C\u2019est difficile, mais le Musée tout comme sa fondation organisent des activités de financement», note M\u201c® Gélinas, rappelant que le plus récent encan d\u2019œuvres d\u2019art, qui porte le nom de Salon des beaux-arts, a recueilli 86 500$.«C\u2019était la vingt-huitième édition!» Et des.estampes Et qui passe au Musée ces jours-ci aura l\u2019occasion de voir l\u2019exposition Estampes inuits.Inspiration japonaise.« Cette exposition itinérante est organisée en collaboration avec le Musée canadien de l\u2019histoire.D\u2019ailleurs, depuis que le Musée existe, nous avons très peu exposé de l\u2019art inuit.C\u2019est une découverte pour notre clientèle, qui semble beaucoup l\u2019apprécier», remarque M\u201c® Gélinas.Collaborateur Le Devoir Centre canadien d\u2019architecture S\u2019affranchir des frontières Photographies, dessins, estampes, archives, études conceptuelles, dessins, plans et maquettes : autant de pièces qui constituent la collection permanente du Centre canadien d\u2019architecture (CCA).Des trésors le plus souvent méconnus du grand public, dont certains datent du XV® siècle.Une collection riche que le Centre essaie de rendre visible le plus largement possible par l\u2019organisation d\u2019expositions temporaires, par le prêt de sa collection à des expositions itinérantes ici ou à l\u2019étranger, ainsi que par la numérisation d\u2019une partie de ses documents.LUDIVINE MAGGI T?nviron 30% de notre collection perma-11/ nente est numérisée et accessible sur le site Internet du Centre, explique la conservatrice en chef du CCA, Giovanna Borasi.Notre but n\u2019est pas de la numériser dans son intégralité, mais de le faire de façon plus ciblée et plus cohérente pour donner un aperçu, un échantillon du travail d\u2019un architecte.» Comme le souligne M\u201c® Borasi, la numérisation apporte un aspect visuel supplémentaire aux internautes, car toutes les informations de la collection perma- nente sont déjà répertoriées dans le catalogue en ligne.Même si la collection permanente n\u2019est pas présentée aux visiteurs comme dans un musée traditionnel où ils déambuleraient à leur gré, ils peuvent la consulter sur Internet de chez eux, sur rendez-vous ou en avoir un aperçu lors d\u2019expositions organisées par le CCA ou par d\u2019autres musées.En ce moment, l\u2019exposition Merveilles et mirages de l\u2019orientalisme, au Musée des beaux-arts de Montréal, présente trois livres et une photographie de la collection permanente.«Ce prêt permet de toucher un autre public, de MUSEE DE LA CIVILISATION À Québec Aux limites de l\u2019installation et de l\u2019oeuvre, l\u2019exposition démystifie la danse contemporaine.Découvrez le langage du corps en mouvement et ses inspirations.Et pour rendre l\u2019expérience encore plus vivante, rencontrez des chorégraphes et dansez dans un studio unique créé par la célèbre firme Moment Factory! If Presentee par Avec la participation MUSEE DE LA \\ CIVILISATION \\ ALCQ Québec SS nncq.org Les Musees de la civilisation sont subventionnes par le ministère de la Culture et des Communications ne pas rester isolé, car notre public est très ciblé, assure la conservatrice.Le prêt d\u2019objets dans un autre lieu donne à voir la qualité de notre collection, tout en renforçant notre visibilité.» En effet, bien que la collection permanente soit davantage constituée pour être étudiée et utilisée dans le cadre de recherches, le CCA entend bien garantir son accessibilité au grand public.De la Renaissance à Autocad A ce jour, la collection comprend plus d\u2019un demi-million de pièces qui reflètent la vision du CCA.«Le Centre n\u2019acquiert pas des archives, des dessins ou des photographies d\u2019architectes pour documenter leur travail final, souligne la conservatrice en chef.Ce que nous voulons, c\u2019est documenter un processus d\u2019idéation qu\u2019un auteur, que ce soit un architecte, un écrivain ou un dessinateur, a dans le développement d\u2019une pensée architecturale.» De l\u2019objet précieux de la Renaissance au fichier Autocad (un logiciel de dessin assisté par ordinateur qu\u2019utilisent les architectes), le Centre canadien d\u2019architecture se demande toujours quel matériel illustrerait le mieux ce qui se cache derrière une pensée architecturale.Une ligne directrice à l\u2019origine de la diversité de la collection permanente.«Par exemple, vous trouverez des archives rassemblant toutes les communications d\u2019un architecte, comme celles concernant la logistique d\u2019une construction, les matériaux ou encore ses échanges d\u2019idées», avance Giovanna Borasi.Une collection permanente plurielle constituée grâce aux diverses donations reçues par le CCA.Cependant, tout n\u2019a pas son droit d\u2019entrée au CCA.Un choix s\u2019impose selon la ligne directrice que se donne le Centre, comme le précise M\u201c® Borasi.«Le CCA s\u2019intéresse à une architecture porteuse d\u2019idées.Les archives que nous cherchons viennent documenter et expliquer ces idées.Pour donner un exemple, nous ne voulons pas de maquettes faites pour une exposition, mais seulement des maquettes qui ont aidé l\u2019architecte dans sa réflexion sur le volume ou les matériaux.» Du papier au numérique La collection permanente agit comme le miroir d\u2019une époque et de l\u2019évolution de la pratique architecturale.Actuellement, le plus grand défi du CCA réside dans l\u2019exploration des années 1990.Avec l\u2019avènement de l\u2019utilisation d\u2019ordinateurs et de logiciels tridimensionnels, cette période marque un véritable tournant dans la pensée architecturale.Pour le CCA, il s\u2019agit alors de préserver et de donner l\u2019accès aux fichiers issus de ces logiciels.« Cela nécessite un énorme travail de recherche, car ces logiciels étaient parfois programmés par les architectes eux-mêmes», avance la conservatrice en chef.En plus des défis informatiques qu\u2019il faut relever, le CCA doit aussi composer avec sa volonté d\u2019acquérir les œuvres complètes des architectes des années 1990.«Récemment, nous avons reçu une partie des archives de l\u2019architecte portugais Alvaro Siza, assure M\u201c® Borasi.Il est important pour nous qu\u2019il n\u2019y ait pas tout au Canada en raison du lien de l\u2019architecte avec le Portugal.Nous avons donc établi une collaboration avec la Fundaçâo Gulbenkian et la Fundaçâo de Serralves afin d\u2019établir un réseau d\u2019archives à une échelle internationale et de partager la connaissance avec ces établissements.» Gardien de l\u2019architecture internationale Reconnu pour son rayonnement et sa collection permanente au niveau international, le CCA fait figure de gardien de la pensée et du travail des architectes.«C\u2019est important pour un architecte ayant travaillé dans le monde entier de savoir que, après sa mort, son œuvre sera mise en valeur dans un lieu renommé comme le CCA», convient la conservatrice.D\u2019après M\u201c® Borasi, le Centre a acquis une réputation internationale grâce à un travail de longue haleine.«Dans les premières années du CCA, des efforts ont été faits pour bâtir une collection internationale.» Une réputation qui a permis au Centre de faire voyager ses expositions, comme celles intitulées Archéologie du numérique et Archéologie du numérique: environnements virtuels, objets interactifs, à l\u2019École d\u2019architecture de rUniversité Yale, à New Haven (Connecticut), ou Architecture en uniforme: projeter et construire pour la Seconde Guerre mondiale, au Musée national d\u2019art du XXI® siècle de Rome, présentée jusqu\u2019au 3 mai 2015.Selon Mm® Borasi, «quand nos expositions voyagent, c\u2019est aussi notre lecture de la collection qui s\u2019exporte».Le caractère international des expositions incite le Centre à se poser des questions qui dépassent les frontières québécoises et canadiennes.La conservatrice en chef du CCA soutient que, lorsqu\u2019une exposition est montée, le Centre met toujours en évidence une idée qui peut être intéressante hors de Montréal.«Nous parlons aussi bien au public d\u2019ici que d\u2019ailleurs.» Collaboratrice Le Devoir 'ffi?WB mw PIERRE JEANNERET Pierre Jeanneret, architecte.Maisons gouvernementales à deux étages, à Chandigarh, en Inde, en 1956. LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 J 5 MUSEES Musée McCord \u2014 Musée Stewart Une riche collection en histoire sociale PIERRE VALLÉE Le Musée McCord, aujourd\u2019hui regroupé avec le Musée Stewart, possède dans ses voûtes l\u2019une des plus importantes collections permanentes d\u2019histoire sociale en Amérique du Nord.En effet, ce sont 1 445 000 artéfacts qui y trouvent refuge et échappent ainsi aux ravages du temps.«La collection permanente du Musée McCord de la rue Sherbrooke contient des artéfacts datant du XW siècle et allant jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, explique Christian Vachon, chef de la gestion des collections, tandis que celle du Musée Stewart, sur Vile Sainte-Hélène, contient des artéfacts à partir du XVIIL siècle et remontant jusqu\u2019au début de la colonisation.McCord documente surtout le comment-vivre de notre société, une fois cette dernière bien installée ici, tandis que Stewart documente plutôt la période de l\u2019exploration et de la découverte des nouveaux mondes.Les deux collections sont donc complémentaires, celle de McCord prenant en quelque sorte le relais de celle de Stewart.» Les deux collections, qui au fond n\u2019en font qu\u2019une, sont divisées par thématiques.Ainsi, à McCord, on trouve les collections portant sur les peintures, estampes et dessins, les costumes et textiles, l\u2019ethnologie et l\u2019archéologie, les arts décoratifs, les archives textuelles et les archives photographiques.«Au Musée Stewart, on y trouve une collection d\u2019armes, allant de l\u2019épée à l\u2019arme à feu, une collection de costumes militaires et une collection d\u2019objets scientifiques, dont notamment des cartes géographiques et des globes terrestres.» Faits saillants Ces collections permanentes, en plus de documenter des pans de l\u2019histoire sociale, contiennent aussi certaines perles, souvent méconnues, mais qui méritent d\u2019être soulignées.Ainsi, les archives photographiques, riches de 1 300 000 clichés, contiennent la totalité des archives photographiques du photographe montréalais William Notman.« C\u2019est dans la collection de peintures, estampes et dessins qu\u2019on retrouve notre collection de caricatures éditoriales.Notre plus ancienne caricature est une caricature du général Wolfe, réalisée par un de ses officiers, en 1759.Notre collection de caricatures couvre deux siècles et demi d\u2019histoire.Les C\u2019est la plus importante collection au pays de costumes et textiles fabriqués et portés au Canada caricaturistes contemporains, comme Chapleau, Garnotte et Aislin, en font aussi partie.» La collection de costumes et textiles, comme son nom l\u2019indique, s\u2019intéresse à ce qu\u2019on portait.«C\u2019est la plus importante collection au pays de costumes et textiles fabriqués et portés au Canada.Elle contient aussi une collection de vêtements de sport ainsi qu\u2019une imposante collection de robes de mariée.» La collection des arts décoratifs contient du mobilier ainsi que divers objets, dont de la vaisselle et de la céramique.«On y trouve aussi la plus importante collection de jouets canadiens au Canada.» La collection d\u2019ethnologie et archéologie se concentre sur des artéfacts en provenance des Premières Nations.« C\u2019est la plus importante au pays et elle contient à la fois des artéfacts autochtones comme des artéfacts inuits.» Acquisition Fait étonnant, malgré l\u2019importance des collections per-manentes des Musées McCord et Stewart, l\u2019établissement muséal ne dispose d\u2019aucun budget d\u2019acquisition.«Toutes les acquisitions que nous faisons nous proviennent de personnes qui nous donnent des objets.Ces personnes, souvent à la suite d\u2019une de nos expositions, nous contactent pour nous offrir des objets qu\u2019elles ont en leur possession.» Malgré ce bel élan de générosité, le Musée n\u2019accepte pas tout.«On fait d\u2019abord un tri dans les objets et c\u2019est un comité d\u2019experts qui décide si l\u2019objet vaut la peine de figurer dans l\u2019une de nos collections.Il faut évidemment que l\u2019objet en question ait un lien historique et possède une valeur historique qu\u2019on peut valider et ensuite documenter.» Malgré ce tri, l\u2019établissement muséal acquiert entre 10 000 et 15 000 artéfacts par année.* P PHOTOS MUSEE MCCORD William Notman, vue de Montréal depuis la Douane en direction est, vers 1878 Gestion des collections permanentes Une si imposante collection permanente exige évidemment une gestion assez complexe.«Nous consacrons 35 % du budget du Musée à la gestion de nos collections permanentes.Outre le processus d\u2019acquisition, il faut documenter et cataloguer les artéfacts, faire la mise en réserve et ensuite numériser les artéfacts, ce qui nous permet de rendre certains de nos artéfacts disponibles via notre site Internet.Finalement, il faut les restaurer lorsque cela est nécessaire.» L\u2019entreposage en voûte nécessite de prendre des précautions.«Les artéfacts sont entreposés dans des conditions climatiques particulières, selon les principaux matériaux qui composent l\u2019artéfact.» Le service de gestion des collections permanentes est aussi responsable du prêt des artéfacts pour les expositions.«À l\u2019interne, c\u2019est le service des expositions qui nous fait la demande pour obtenir les artéfacts nécessaires à l\u2019exposition.On sort alors l\u2019artéfact de la voûte et on le place ensuite dans^une salle de prémontage.À l\u2019externe, ce sont d\u2019autres musées qui font la demande, mais c\u2019est notre service de gestion qui évalue les conditions dans lesquelles l\u2019artéfact sera exposé, et nous assurons la logistique de son transfert.» Dans les deux cas, par contre, on ne peut pas prêter n\u2019importe quoi n\u2019importe quand.«Par exemple, une aquarelle datant de 150 ans, si elle a été exposée à une lumière de 50 Quatre figures de l'art moderne au Québec PELLAI'ïi f fl ¦ iür - Fernand^ U tiEDUC L ^TèartlPau Musée national MNBAQ des beaux-arts .ORG du Québec\t\"s Partenaire des activités a\" Hydro I.Québec Delta QUÉBEC Québec 1 3S expositions Quatre figures de l'art moderne au Québec ont bénéfioié d'une oontribution sière du ministère de la Culture et des Communioations \u2022 Jean Paul Lemieux, Les Ursulines étail), 1951.Huile sur toile, 61 x 76 om.Coll.MNBAQ, aohat lors du oonoours artistique de la de Québeo en 1951 \u2022 Jean Paul Lemieux, 1979.Photo: Jean-Marie Villeneuve \u2022 Alfred Pellan, is ultra-violets (détail), 1947.Huile, feuille d'or et peinture fluoresoente sur toile, 208 x 167,3 I.MNBAQ.© Suooession Alfred Pellan / SQDRAC (2014) \u2022 Alfred Pellan, 1968.Photo: André Fernand Leduo, Jaune (détail), 1962.Huile sur toile, 162,4 x 129,8 om.Promesse de don de © Fernand Leduo / SQDRAC (2014) \u2022 Fernand Leduc, 1987.Photo: Riohard-Max Tremblay \u2022 il Rio pelle.Poussière de so/e/7 (détail), 1954.Huile sur toile, 245,2 x 345,3 om.Coll.MNBAQ.ooession Jean-Paul Riopelle/SQDRAC (2014) \u2022 Jean-Pau/R/ope//e, 1978.Photo: Basil Zarov lux pendant six mois, doit être ensuite remisée dans le noir pendant 5 à 10 ans, si nous voulons assurer sa conservation.Tant qu\u2019elle est au repos, cette aquarelle ne pourra pas être prêtée.» Faute d\u2019espace d\u2019exposition, seulement 1% de la collection permanente peut être exposée à un moment donné.«Par contre, le Musée McCord comme le Musée Stewart sont des établissements muséaux de recherche.Cela veut dire que les chercheurs, historiens et étudiants ont accès à la collection permanente.Il suffit qu\u2019ils en fassent la demande et nous serons heureux de les accompagner dans la voûte vers l\u2019artéfact qu\u2019ils veulent consulter.» Collaborateur Le Devoir Chandail de hockey, 1943-1953, don de la succession de Maurice Richard EXPOSITION I 25 FÉVRIER AU NOVEMBRE 2015 D\u2019ARTAGNAN AL CAPONE AU LES AUTRES ARMES & LÉGENDES MUSEE-STEWARTORG ^ ^ Parc Jean-Drapeau GaUimafd Musée STEWART Museurri ¦ ¦ ¦ ÎLE SAINTE-HÉLÈNE J 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 MARS 2015 MUSEES COLLECTION SUITE DE LA PAGE J 1 publiés \u2014 un sur l\u2019art québécois et canadien et l\u2019autre sur l\u2019art décoratif et le design \u2014 alors que deux autres tomes devraient paraître bientôt.Depuis son arrivée à la tête du MBAM, en 2007, Nathalie Bondil s\u2019est aussi entourée de conservateurs et de consultants spécialisés dans les domaines négligés au cours des dernières décennies, comme l\u2019art asiatique, l\u2019art précolombien, la photographie, l\u2019art inuit ou le design et l\u2019art décoratif des XVIIP et XIX® siècle.« Quand vous voulez développer une collection, il vous faut un expert, parce que c\u2019est cet expert qui va trouver les œuvres et qui va convaincre les collectionneurs», insiste M\u201c® Bondil.Ces spécialistes avisés ont même retracé des objets de valeur.parmi les possessions de l\u2019établissement.Un fauteuil impérial chinois du XVII® siècle, oublié dans la collection, a récemment été redécouvert.Il est actuellement restauré, en collaboration avec le réputé musée Getty de Los Angeles.«Les cultures du monde vont vraiment être mises à l\u2019honneur La collection permanente du MBAM a «plus à dire que ce que les historiens de l\u2019art peuvent en dire» dans les années qui viennent», assure d\u2019ailleurs M\u201c® Bondil.Le chambardement qui accompagnera l\u2019ouverture du pavillon de la paix Michal-et-Renata-Hornstein permettra d\u2019ouvrir une aile pour mieux valoriser ce segment autrefois nommé «cultures anciennes », qui réunit entre autres l\u2019art africain, asiatique, moyen-oriental et précolombien.Le musée y ajoutera des créations contemporaines en provenance des quatre coins du globe, comme en fait foi le récent achat, parallèlement à l\u2019exposition temporaire Merveilles et mirage de l\u2019orientalisme, de photographies de Yasmina Bouziane, Lalla Es-saydi et Majida Khattari, des artistes marocaines actuelles.«Je vois l\u2019occasion d\u2019ouvrir le musée vers d\u2019autres enjeux, comme l\u2019immigration, l\u2019intégration et l\u2019ouverture au monde», indique M\u201c®Bondil.La collection permanente du MBAM a «plus à dire que ce que les historiens de l\u2019art peuvent en dire», précise-t-elle.Sa diversité constitue la base des activifés éducatives, dont le projet EducArt.A travers 17 écoles secondaires du Québec, ce programme développera pour 2017 du contenu sur 17 thématiques différentes.Une plateforme nu- mérique à des fins scolaires sera conçue en rapport avec ce regard posé sur la collection, à travers le prisme d\u2019enjeux de société.Une démarche similaire est déjà amorcée autour des questions sur l\u2019apparence et les critères de beauté corporelle.«Ce qui est magnifique, c\u2019est que cette collection est tellement profonde et tellement large qu\u2019elle donne une distance critique par rapport à Accès payant des images dont on est abreuvé sans arrêt.C\u2019est pour ça qu\u2019elle est si importante.» M\u201c® Bondil rappelle que, au-delà des flamboyantes expositions temporaires à succès, c\u2019est la collection permanente «qui va rester».«C\u2019est le cœur du réacteur.C\u2019est ce qui justifie tout.C\u2019est ce qui définit le Musée», souligne-t-elle.Collaborateur Le Devoir Depuis le V avril 2014, il faut payer pour visiter la collection permanente du MBAM.L\u2019entrée coûte désormais 12$,mais elle demeure gratuite le dernier dimanche de chaque mois et en tout temps pour les jeunes de moins de 31 ans.DE L\u2019ARCHEOLOGIE A L\u2019ART CONTEMPORAIN, TANT D\u2019OCCASIONS DE VISITER LA COLLECTION DU MUSÉE ! ART QUÉBÉCOIS ET CANADIEN f ' ART INTERNATIONAL \"\" ANCIEN I ET MODERNE ART CONTEMPORAIN INTERNATIONAL ARCHEOLOGIE ET CULTURES DU MONDE Présentant plus de 4 000 œuvres réparties dans 4 pavillons, la collection du MBAM est l\u2019une des plus importantes au Canada.Impressionnante par son ampleur et sa diversité, elle regorge d\u2019oeuvres exceptionnelles des plus grands artistes de tous les courants tels Rodin, Matisse, Renoir, Picasso, Riopelle, Tiffany, Basquiat, Chihuly, Thomson, Rembrandt, Pellan et Borduas.Parcours thématiques, activités familles, visites guidées, films, conférences et concerts, venez (re)découvrir la collection ! M MUSÉE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL MBAM.QCCA O O 0 Youoms DEVENEZ Visitez gratuitement et en priorité d'accès toutes nos expositions et notre collection, en plus de profiter d'une foule d'avantages ! mbam.qc.ca/vip © Successions Jean-Paul Riopelle, Serge Lemoyne et Jean McEwen / SODRAC (2015) Art québécois et canadien + art international ancien et moderne + arts décoratifs et design : photos Marc Cramer.Art contemporain international : photo MBAM, Denis Farley.Archéologie et cultures du monde : photo MBAM, Christine Guest "]
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