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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-04-07, Collections de BAnQ.

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rapidement pour mettre de la pression sur le gouvernement fédéral.«En prenant trop de retard par rapport au reste de la planète, nous risquons de freiner la compétitivité du pays au sein d\u2019une économie mondiale de plus en plus consciente de l\u2019impératif de décarbonisation», souligne le rapport entériné par les commissaires et le comité consultatif de l\u2019organisation.Ce dernier est notamment composé du chef de la direction de la Fondation Davi^-Suzuki, Peter Robinson, du p.-d.g.de Suncor Energie, Steve Williams, et d\u2019anciens premiers ministres, comme Paul Martin et Jean Charest.Écofiscalité Cette étude consacrée à la tarification du carbone est la première d\u2019une série de rapports promis par la Commission pour convaincre les décideurs de tous les ordres de gouvernement d\u2019intégrer l\u2019écofiscalité à leurs politiques, un concept récemment vanté par des experts de la commission Godbout.Le document, intitulé La voie à suivre, recommande aux provinces de mettre en oeuvre des politiques de tarification du carbone contraignantes, dont le champ d\u2019application soit le plus large possible.La coordination interprovinciale \u2014 et éventuellement internationale \u2014 de ces politiques sera nécessaire à long terme pour assurer leur efficacité, conclut le rapport, mais rien ne sert d\u2019attendre.«L\u2019histoire est remplie d\u2019exemples où les provinces canadiennes ont adopté des politiques divergentes.En élaborant dès maintenant des politiques efficaces, les provinces pourront accomplir des progrès décisijs pour atteindre des objectijs ambitieux.La coordination de VOIR PAGE A 8 : CARBONE Yémen Désastre humanitaire en vue K I J a MOHAMMED HUWAIS AGENCE ERANCE-PRESSE De nouveaux combats dans le sud du Yémen entre rebelles chiites et partisans du président soutenus par l\u2019Arabie Saoudite ont fait plus de 140 morts ces dernières 24 heures, alors que la Croix-Rouge était toujours dans l\u2019impossibilité d\u2019acheminer une aide humanitaire.Page B1 L\u2019ASSE regarde vers l\u2019avant Malgré la démission de son exécutif, l\u2019association étudiante réitère son appel à la grève sociale KARL RETTINO-PARAZELLI La démission retentissante, cette fin de semaine, des membres de son exécutif n\u2019ébranle pas la confiance de l\u2019Associatiop pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), qui appelle à poursuivre la lutte contre {\u2019«austérité».Une lutte qui pourrait s\u2019échelonner jusqu\u2019à l\u2019automne, soutient la porte-parole intérimaire de l\u2019association lors d\u2019une entrevue avec Le Devoir.«Je pense que l\u2019ASSE sort plus forte.A l\u2019interne, il y a un sentiment d\u2019union rarement vu récemment.Je suis triste qu\u2019on dise qu\u2019il y a eu des chicanes internes, comme si c\u2019était négatif», a affirmé lundi Hind Fazazi, au lendemain du congrès mouvementé de l\u2019association étudiante qui s\u2019est déroulé ce week-end à Salaberry-de-Vallejdïeld.Les tiraillements internes ont débuté la semaine dernière, lorsque l\u2019exécutif de l\u2019association a publié un texte de réflexion proposant un «repli stratégique».Les signataires de la lettre ont soulevé la possibilité de suspendre le mouvement de grève en cours pour poursuivre la lutte à l\u2019automne prochain, aux côtés des syndicats de la fonction publique.Cette prise de position a suscité la grogne de plusieurs militants, qui auraient préféré que cette idép soit débattue au sein des instances de l\u2019ASSE avant de surgir sur la place publique.Samedi, tous les membres de l\u2019exécutif ont choisi de dérqissionner, y compris la porte-parole de l\u2019ASSE, Camille Godbout.Les militants réunis en congrès ont malgré tout choisi de les destituer «symboliquement» par la suite.« C\u2019était pas trop une lettre de réflexion.Ça sonnait appel, ça sonnait mot d\u2019ordre.Ça n\u2019a pas du tout été apprécié par les assos, qui voulaient choisir ce qu\u2019elles allaient faire le 4 et le 5 [avril] », raconte Fazazi, une étudiante en philosophie à l\u2019Université de Montréal, qui a VOIR PAGE A 8 : ÉTUDIANTS Lire aussi > Éviction brutaie.Un éditorial de Josée Boileau.Page A 6 Aujourd\u2019hui Actualités > Aide médicale à mourir.Toujours pas de consultations en vue à Ottawa.Page A 3 Actualités > Procès pour gangstérisme.Début de l\u2019enquête préliminaire de l\u2019ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt.Page A 4 Idées > Manifeste pour un élan global.Laure Waridel, Dominic Champagne et plus de 200 citoyens se mobilisent pour une «grande transition écologique de notre économie».Page A 7 7\t.^___.__________ Avis légaux.Décès.Météo Mots croisés Petites annonces.Sudoku.B2 B6 B5 B5 .B6 .B2 P*INT CHAUD Les aveux de la Dame de fer JESSICA NADEAU Monique Jérôme-Forget n\u2019est pas du genre à avoif des regrets.Et pourtant.A 74 ans, elle croit qu\u2019elle aurait dû se lancer en politique plus jeune et «viser le sommet» pour devenir première ministre.Mais elle n\u2019a pas osé car elle était une femme.« J\u2019ai adoré faire de la politique, alors f aurais adoré être première ministre et gérer l\u2019ensemble du gouvernement», lance Monique Jérôme-Forget, confortablement installée dans un large fauteuil jaune, dans son appartement décoré de meubles et d\u2019objets d\u2019art issus des quatre coins de la planète.«Si j\u2019avais été un homme, j\u2019y aurais sûrement pensé.» Son surnom était «la Dame de fer».C\u2019est elle qui tenait les cordons de la bourse \u2014 ou de la sacoche, selon l\u2019image qu\u2019elle aimait employer \u2014 du gouvernement Charest.Elle combinait les plus hautes fonctions, à la fois présidente du Conseil du trésor et ministre des Finances.Elle était considérée VOIR PAGE A 8 : DAME PEDRO RIUZ LE DEVOIR Monique Jérôme-Forget a cumulé les fonctions de présidente du Conseil du trésor et de ministre des Finances au sein du gouvernement Charest 77831303443115 A 2 LE DEVOIR, LE MARDI 7 AVRIL 2015 ACTUALITES Pleins feux sur le procès de la décennie à Ottawa Pendant les 41 jours d\u2019audiences, les témoignages de Mike Duffy et des proches du premier ministre s\u2019affronteront MARIE VASTER Correspondante parlementaire à Ottawa Plusieurs le qualifient de plus important procès de la dernière décennie sur la scène politique.Dans un camp : un journaliste-vedette du Canada anglais, devenu un sénateur conservateur-vedette et l\u2019un des plus grands atouts du financement de son parti.Dans le camp adverse: un Parti conservateur avec, dans sa mire, un nouveau mandat dans quelques mois, qui espère que les révélations du sénateur déchu ne l\u2019éclabousseront pas trop.Et la question qui sera sur toutes les lèvres, au fil des 41 jours d\u2019audiences pour le procès de Mike Dufly qui débute ce mardi : que savait le premier ministre de ce fameux chèque de 90 000$ que son ancien chef de cabinet, Nigel Wright, a remis au sénateur ?Et qui a eu l\u2019idée fatidique de voir M.Wright rembourser les dépenses de M.Dufly ?Tous les yeux seront rivés sur les témoignages de ces deux hommes, au cours des huit semaines d\u2019audiences.Mike Duffy s\u2019est fait discret depuis plus d\u2019un an.Personne ne l\u2019a vu ou entendu depuis que la Chambre haute l\u2019a suspendu, à l\u2019automne 2013.Idem pour Nigel Wright, qui est reparti travailler à Londres sans jamais expliquer publiquement ce qui s\u2019était passé entre lui et le sénateur, ainsi que dans l\u2019enceinte du bureau du premier ministre au fil des mois qui ont précédé sa décision de mettre un terme à toute cette affaire et de verser lui-méme un chèque de 90 000$ à Mike Dufly.S\u2019affronteront, au palais de justice d\u2019Ottawa, deux versions d\u2019une saga qui a monopolisé la scène politique il y a deux ans.La version de la GRC Au terme de son enquête ayant duré un an et demi, la Gendarmerie royale du Canada a déposé l\u2019été dernier 31 chefs d\u2019accusation de fraude, d\u2019abus de confiance et de corruption contre le sénateur.Au fà ¥ 9 FRED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE Le sénateur conservateur suspendu Mike Duffy a été accusé, en juillet 2014, de 31 chefs de fraude, d\u2019abus de confiance et de corruption.fil de ses travaux, la GRC a mené des dizaines d\u2019entrevues et épluché des milliers de courriels.Verdict: l\u2019ancienne avocate de Mike Duffy, Janice Payne, semble avoir fait pression pendant des mois sur le bureau du premier ministre (BPM) pour s\u2019assurer que son client n\u2019ait pas à rembourser lui-même la facture qui lui était réclamée.Et Mike Duffy devait aussi être exonéré après les deux enquêtes sur ses comptes de dépenses.Les échanges étaient si fréquents que le sénateur et son avocate en sont venus à exaspérer leurs interlocuteurs.Des documents déposés en cour par la GRC citent également une douzaine de noms mêlés aux discussions, tant des employés du BPM que des sénateurs conservateurs qui siégeaient au comité de régie in-terne qui enquêtait sur M.Duffy.Le BPM discutait avec les sénateurs David Tka-chuk, Marjory LeBreton et Ca- rolyn Stewart-Olsen pour qu\u2019un rapport du Sénat soit plus clément à l\u2019endroit de M.Duffy, puisque ce dernier aurait remboursé les allocations injustement réclamées.Le sénateur Irving Gerstein, de son côté, a appelé un «contact» chez Deloitte pour s\u2019assurer que la firme cesse ses vérifications.Le sénateur Tkachuk a conseillé à Mike Duffy d\u2019écrire à Deloitte pour réclamer la même chose.La GRC a enfin révélé que, au départ, c\u2019est le Parti conservateur qui devait payer la dette de Mike Duffy, lorsque la formation anticipait une facture de 32 000$.Lorsque la dette a bondi à 90 000$, le sénateur Gerstein \u2014 le président du fonds du Parti conservateur \u2014 a changé d\u2019avis.Il fallait un nouveau bailleur de fonds.M.Wright a pris les choses en main.La version de Mike Duffys Expulsé du caucus conservateur en mai 2013, puis du Sénat en octobre suivant.Mike Duffy a rapidement tourné le dos au premier ministre qui l\u2019a nommé à la Chambre haute en 2008.Dans deux discours prononcés au Sénat, fin octobre 2013, M.Duffy a plaidé que Stephen Harper l\u2019avait sommé de rembourser même s\u2019il n\u2019avait pas enfreint les règles.«Il n\u2019est pas question de ce que tu as fait; il est question de la perception de ce que tu as fait.» Une nuance «inexplicable à notre base», lui aurait dit le premier ministre.M.Wright lui aurait dit de ne pas s\u2019en faire, qu\u2019il allait rembourser.«Cette fraude monstrueuse était une création du BPM, du début à la fin», avait lancé le sénateur.M.Duffy aurait résisté, mais il aurait été forcé par M.Wright d\u2019accepter le stratagème.Le sénateur et son avocat, Donald Bayne, martèlent que le Sénat avait donné le feu vert à ses comptes de dépenses.La sénatrice LeBreton lui aurait indiqué qu\u2019ils étaient «parfai- tement valides», alors que M.Wright lui aurait confirmé qu\u2019il a «respecté toutes les règles».Mais lorsque M.Duffy a fait les manchettes un peu trop longtemps, le ton a changé.Ces révélations n\u2019étaient «que la pointe visible de l\u2019iceberg», prévenait M® Bayne, qui pourrait arriver en cour muni de nouvelles allégations.Plusieurs s\u2019attendent à ce que Mike Duffy ait bien préparé son coup, visiblement décidé à ne pas sombrer seul.Que savait Harper?Le premier ministre a toujours martelé qu\u2019il ne savait pas que M.Duffy n\u2019avait pas remboursé sa dette lui-même.La GRC a en effet statué que M.Wright «a, sans le consentement écrit du chef du gouvernement», versé le chèque de 90 000$.Mais certaines déclarations de ses employés, dans les courriels de la GRC, n\u2019ont toujours pas été expliquées.En février 2013, quand le PC devait rembourser la dette de M.Duffy, Nigel Wright a écrit qu\u2019il voulait «parler au PM avant que tout soit considéré comme final».Puis, il a écrit «tout est OKpour le PM».Au mois de mai, après qu\u2019il fut révélé que M.Wright avait payé, ce dernier écrit que «le PM sait, en termes généraux seulement, que fai personnellement aidé Duffy quand je l\u2019ai convaincu d\u2019accepter de rembourser les dépenses».M.Wright a en outre avisé au moins deux autres proches du premier ministre, au mois de mars, qu\u2019il paierait lui-même la facture de Mike Duffy.Le premier ministre a d\u2019abord dit regretter la démission de son chef de cabinet, lorsque le scandale a éclaté.Une fois que les documents de la GRC sont devenus publics, il a affirmé avoir limogé M.Wright.Que reproche-t-on à Duffy?Nomrné sénateur de l\u2019île-du-Prince-Edouard par Stephen Harper, M.Duffy plaidait au Sénat qu\u2019il habitait la province insulaire.Ce qui lui permettait de réclamer une indemnité de logement, puisque sa résidence principale se trouvait à plus de 100 km d\u2019Ottawa.Or la GRC a constaté que, lorsque le sénateur disait retpurner à son chalet de l\u2019î.-P-É., il résidait en fait dans des hôtels de Charlottetown.Souffrant de problèmes cardiaques, M.Duffy a rétorqué que la route vers sa résidence n\u2019était pas déneigée en hiver et qu\u2019il ne voulait pas s\u2019isoler et s\u2019éloigner de l\u2019hôpital.M.Duffy fait de surcroît face à des accusations de fraude et d\u2019abus de confiance en raison d\u2019autres demandes de remboursement «qui n\u2019avaient rien à voir avec ses activités au Sénat», selon la GRC.Un contrat de consultant de 65 000$ \u2014 qui n\u2019aurait pas produit de grands résultats \u2014 octroyé à un ami du sénateur en pigeant dans son budget du Sénat lui a valu une autre série d\u2019accusations.Le Devoir Cet ete, vivez une experience culturelle enrichissante! '^onipensation financ(èr6 Familles d accueil recherchées pour étudiants étrangers à Québec SEJOURS ' semain 'lUW.Ateliers pour auteurs-compositeurs-interprètes Avec Luc De Larochellière et Andréanne Alain Du14au20juin Écriture Avec Marc Chabot Du 5 au 11 juillet interprétation Avec Marie-Claire Séguin et Jean-Luc Éthier Du 5 au 11 juillet LE CAMP CHANSON DE PETITE-VALLÉE, c'est aussi 5 séjours destinés aux7à17ans Accueillez un étudiant au moment qui vous convient le mieux entre le 29 juin et le 7 août prochain Certains programmes sont aussi www.campchanson.com / 418-393-2592 DEPUIS 1983 CAMPS D\u2019IMMERSION EN ANGLAIS Pour étudiants de 7 à 17 ans\tPour information: Centre-ville de Montréal et Toronto à Toronto: (416) 921-6998 Camp de jour et résidence\tà Montréal: (514) 531-4193 WWW.m wsca m ps.corn\toffice© mwsca m ps.corn Edu~inter Vive le français! 418 254-6389 hebergement(S)edu-inter.net Louise up;;\u201d DANSE (jm-fUNKY.HIPHOP.MOOERNE.LATIN.ETC.) ^\t.THEATRE COMEDIEMUSlCfiâ^ ATELIERS^' (MAQUILLAGE.COSTUMES.DECORS.ACCESSOIRES) , SPECTACLE GRATUITUEVANTPARENTSETAMIS! ' .i\tN mini-stage intensif du 25 AU 27 JUIN 2015 www.louiselapierredanse.ca 514.521.3456 Gérard Deltell fait le saut chez les conservateurs PHILIPPE ORFALI La rumeur circule depuis des mois, ce serait désormais chose faite : le député Gérard Deltell doit confirmer mardi qu\u2019il quitte la Coalition avenir Québec (CAQ) pour joindre les rangs du Parti conservateur de Stephen Harper.«Demain, je vais faire le point sur mon avenir politique», a écrit le député caquiste de Chauveau, lundi après-midi, sur Twitter.Quelques minutes plus tard, son équipe a convoqué la presse à 9h30, mardi matin.M.Deltell n\u2019a pas offert davantage de détails, mais M.Deltell annoncera qu\u2019il fera le saut en politique fédérale, avec le Parti conservateur du Canada, selon les informations du Devoir.M.Deltell lorgnerait la circonscription de Louis-Saint-Laurent, à Québec, actuellement représenté à la Chambre des com-munes par la néodémocrate Alexandrine Latendresse.La jeune femme, qui avait battu l\u2019ex-ministre Josée Verner aux élections fédérales de 2011, a déjà annoncé qu\u2019elle ne serait Le député lorgnerait la circonscription de Louis-Saint-Laurent, à Québec pas candidate aux élections prévues en octobre prochain.Voilà de nombreux mois que le flirt entre les conservateurs et M.Deltell se poursuit Ln janvier, lorsqu\u2019interrogé au sujet de rumeurs l\u2019envoyant à Ottawa, l\u2019homme de 50 ans avait dit être «en réflexion», même s\u2019il «ne cherchait pas de'ph».Ce qui avait mené le chef caquiste, Lrançois Legault, à demander au député de lever l\u2019incertitude sur son avenir politique «le plus tôt possible».«Ça ne sera pas infini.Il y a des élections cet automne.Il va devoir prendre sa décision», avait dit le chef de la CAQ.Rappelons que M.Deltell a été élu pour la première fois en 2008 sous la bannière de l\u2019ADQ.Ln 2009, il est devenu chef de ce parti, jusqu\u2019à sa fusion avec la CAQ en 2012.Il a été réélu en 2012 et en 2014.Il est actuellement porte-parole de la CAQ en matière d\u2019énergie et de ressources naturelles et pour la région de Québec.Avant de se lancer en politique, il avait été journaliste pour TQS, Radio-Canada et TVA Le Devoir Pour annoncer, communiquez avec Evelyne De Varennes au 514.985.3454 ou edevarennes@ledevoir.com Congédié ?iL François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 LE DEVOIR, LE MARDI 7 AVRIL 2015 A 3 ACTUALITES La grenouille Jean-François Nadeau Le commandant Cousteau, avec ses pattes de grenouille et sa tuque rouge, ne plonge plus depuis longtemps au fond des choses en nous donnant du coup l\u2019impression, par la magie des images, que nous l\u2019accompagnons.La Calypso, son célèbre vaisseau, carcasse blessée, squelette rouillé, est à sec sur un quai de la marine nationale française.La Calypso gît dans un hangar, éventrée, prostrée dans la poussière de l\u2019oubli, en attendant que quelqu\u2019un s\u2019intéresse à redresser son symbole.Fini aussi depuis belle lurette Le Royaume des animaux, la populaire émission de la Mutuelle d\u2019Omaha dont la musique grandiloquente soulignait la valeur prêtée à l\u2019animateur Marlin Perkins, un directeur de zoo à l\u2019allure d\u2019un parfait vendeur d\u2019assurances.Nous estimons ceux qui, tels Cousteau et Perkins, nous aident à voir la vie des animaux aquatiques ou terrestres.Nous regardons à travers leurs yeux des existences fragiles, comme si elles ressemblaient forcément aux nôtres, y cherchant volontiers notre reflet dans ce que nous supposons être des colères, des craintes, de la tristesse ou de la joie.Ainsi voyons-nous dans les animaux des images de notre propre expérience, au nom d\u2019un sentiment d\u2019une communauté de destin et de dangers, du moins le temps que dure une émission de télévision.Nous aimons que le monde ressemble tout entier à l\u2019image que se font les humains d\u2019eux-mêmes, ce qu\u2019avait bien compris Jean de La Fontaine en s\u2019enjouant dans des fables, tout comme avant lui Esope et d\u2019autres.Les ressemblances animalières comptent bien entendu beaucoup de vrai, mais d\u2019abord et avant tout du côté du banal, c\u2019est-à-dire du plus petit commun dénorninateur entre tous les vivants.En Equateur, dans la forêt andine, on vient d\u2019annoncer la découverte d\u2019une espèce de grenouille baptisée Pristimantis mutabilis.Cette petite grenouille verte serait capable de faire disparaître, en quelques minutes seulement, les diverses rugosités de sa peau pour se révéler ensuite sous un aspect parfaitement lisse.Bien sûr, il n\u2019y a pas que chez les grenouilles des Andes où le fait de pouvoir confondre l\u2019autre grâce à son allure changeante offre quelques avantages.Pour la majorité des vivants, il suffit qu\u2019une apparence varie pour que tous ou presque soient trompés.Les humains victimes de pareilles illusions projetées par leurs semblables s\u2019excusent d\u2019avoir été dupes en les accusant après coup d\u2019user de subterfuges pour servir des grenouillages.Tenez, je me suis beaucoup inquiété, pour ma part, de voir autant de gen§ applaudir le départ précipité du ministre de l\u2019Éducation Yves Bol-duc.Le premier ministre avait pourtant dit et répété qu\u2019il appuyait parfaitement ses objectifs.Seules ses maladresses lui nuisaient donc et son remplaçant ne pouvait en conséquence que servir à nourrir l\u2019illusion.Comment croire un seul instant en effet que le nouveau ministre, François Blais, pouvait appartenir à une autre espèce politique que celle dont son règne dépend ?Sa pensée a beau être mieux structurée que celle de son prédécesseur, elle ne l\u2019en distingue pas pour autant sur le fond, comme on a bien pu le voir à l\u2019occasion de sa sortie radiophonique remarquée, digne d\u2019un épisode de la téléréalité Survivor: éliminez deux ou trois étudiants par jour, suggérait-il, histoire d\u2019impressionner.En ce lieu au ton venimeux, le ministre parlait comme s\u2019il était chez lui.Tout son sens social s\u2019est donné d\u2019un coup à entendre du haut d\u2019un paternalisme de bas étage.Du côté étudiant, il faut dire qu\u2019on aime beaucoup jouer aussi à la grenouille, du moins le type de celle qui aime se voir en bœuf.Les étudiants rejouent volontiers la même pièce qu\u2019en 2012, avec le même soutien scénique d\u2019une partie de la population, sans néanmoins tenir compte des changements de décor et de lieu, trop épris qu\u2019ils sont d\u2019un sentiment de nostalgie à l\u2019égard de mobilisations passées qui n\u2019en furent pas moins incapables d\u2019accoucher d\u2019une politique durable.Pour en arriver à soulager ceux qui souffrent injustement des politiques d\u2019austérité, a-t-on seulement pris conscience des leçons qu\u2019offrent les échecs d\u2019hier pour l\u2019action d\u2019aujourd\u2019hui?Nombre de bannières des protestataires peuvent hélas laisser croire que non.Nous voici devant des calicots éloquents placés en tête des cortèges des protestataires : « Fuck toute» et «Mangez toute de la marde».L\u2019ennemi du mouvement étudiant serait donc la totalité ?Celle qui, sociale, récuse toute division?Celle qui, économique, refuse toute gratuité ?Celle qui, symbolique, interdit toute magie à l\u2019existence?Le monde visible serait une création d\u2019un esprit foncièrement malin, une grande prison que nous partageons mais que seuls les initiés de pareils cortèges connaissent dans sa vérité?A l\u2019austérité autoproclamée et son arrogance, il faut savoir opposer la vigueur d\u2019une pensée qui tient à tout autre chose qu\u2019un tel nihilisme facile qui n\u2019arrange rien.La mise en échec des revendications du printemps 2012 réclame une prise de conscience en faveur d\u2019un engagement social accru pas seulement du côté de la rue.Le néant vers lequel s\u2019oriente une partie de la protestation actuelle résulte paradoxalement de ce que les étudiants dénoncent parfaitement à raison : un manque d\u2019éducation digne de ce nom.Ne nous restera-t-il bientôt que des crapauds pour chanter la liberté ?jfn@ledevoir.com * FRED DUFOUR AGENCE FRANCE-PRESSE Il y a deux mois, la Cour suprême a donné 12 mois à Ottawa pour agir et modifier ses lois.Le gouvernement a alors promis de «vastes consultations».AIDE MÉDICALE À MOURIR Les considtations promises se font attendre HELENE BUZZETTI Correspondante parlementaire à Ottawa Cela a fait deux mois, lundi, que la Cour suprême du Canada a rendu sa décision historique autorisant l\u2019aide médicale à mourir.Le tribunal n\u2019a donné que 12 mois à Ottawa pour agir et modifier ses lois.Pourtant, le gouvernement conservateur n\u2019a encore rien amorcé.Les «vastes consultations» promises se font toujours attendre.«Non, les consultations n\u2019ont pas encore commencé», confirme au Devoir une source gouvernementale.Elles ne sont pas sur le point de débuter non plus, indique-t-on.Pourtant, le temps presse.Le 6 février dernier, dans un avis unanime signé «La Cour», les neuf juges ont statué que la criminalisation de l\u2019aide médicale à mourir brimait le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité garanti par la Charte des droits et libertés.Les juges ont décrété que cette aide devrait être légale si elle était prodiguée par un médecin à des adultes capables de consentir et atteints de problèmes de santé irrémédiables leur causant des souffrances persistantes et intolérables.Les deux articles du Code criminel interdisant cette aide à mourir (14 et 241#b) ont été invalidés, mais avec un sursis de 12 mois.Pour toute réponse à ce jugement coup-de-poing, le gouvernement conservateur a indiqué qu\u2019il lancerait de «vastes consultations» sur la question.Quelques jours plus tard, le secrétaire parlementaire du ministre de la Justice, Bob Dechert, expliquait même que ces consultations permettraient de rejoindre «des dizaines de milliers, peut-être même des centaines de milliers» de personnes, probablement par Internet, par la poste, voire par des rencontres publiques.Pas un mot n\u2019a filtré depuis.Il ne reste que huit semaines de travaux parlementaires avant que la Chambre des communes n\u2019entame son congé estival.Elle ne sera pas convoquée à l\u2019automne avant le scrutin du 19 octobre.Cette inertie inquiète mais n\u2019étonne pas le neurochirurgien Georges L\u2019Espérance.M.L\u2019Espérance est le nouveau président de l\u2019Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité (AQDMD).L\u2019AQDMD était l\u2019une des intervenantes dans la cause devant la Cour suprême.M.L\u2019Espérance estime que les troupes de Stephen Harper ne veulent pas se mouiller avec cette question délicate.«Ce n\u2019est pas surprenant.A mon avis, le gouvernement conservateur ne voudra pas du tout aller là-dedans.Et les élections s\u2019en viennent, alors raison de plus pour ne pas y aller», dit-il au Devoir.En faire le moins possible Paradoxalement, M.L\u2019Espérance souhaite que le gouvernement fédéral en fasse le moins possible.C\u2019est-à-dire qu\u2019il se limite à dire clairement qu\u2019il ne fera plus appliquer les articles 14 et 241 b) du Code criminel.Le premier article stipule que «nul n\u2019a le droit de consentir à ce que la mort lui soit infligée» et le second prévoit qu\u2019aider quelqu\u2019un à se donner la mort est passible d\u2019une peine de 14 ans d\u2019emprisonnement.M.L\u2019Espérance, au nom de l\u2019AQDMD, souhaite qu\u2019Ottawa envoie ce message puis invite chacune des provinces à se doter du cadre médical de son choix pour baliser l\u2019aide à mourir.Ce besoin de clarté se fait sentir au Québec aussi, soulignent M.L\u2019Espérance ainsi qu\u2019Hé-lène Bolduc, sa prédécesseure à l\u2019AQDMD.Le Québec s\u2019est certes doté d\u2019une loi sur les soins en fin de vie, mais cette loi doit entrer en vigueur au plus tard le 15 décembre prochain, alors que ne sera pas encore écoulé le sursis accordé par la Cour suprême.En théorie, donc, des mises en accusation pourraient survenir.Québec a indiqué vendredi que cet échéancier tenait toujours.Aucun contact n\u2019a eu lieu entre Québec et Ottawa sur cette question depuis que la Cour suprême a rendu sa décision.Aller plus loin En février, le Parti libéral de Justin Trudeau avait tenté de forcer la main du gouvernement conservateur en faisant voter une résolution demandant la mise sur pied d\u2019un comité parlementaire devant se pencher sur l\u2019aide médicale à mourir.Ce comité aurait eu l\u2019obligation de terminer ses travaux avant le 31 juillet.Les conservateurs ont, seuls, voté contre cette résolution.Depuis, ils n\u2019ont rien laissé filtrer sur le chemin qu\u2019ils entendent prendre pour répondre au jugement.Ottawa pourrait simplement ne plus feire respecter les deux articles du Code criminel dans les cas spécifiés par la Cour suprême, en laissant aux provinces la tâche d\u2019encadrer cette nouvelle pratique médicale.Ou il pourrait concocter ses propres balises.À l\u2019AQDMD, on indique ne pas vouloir s\u2019asseoir sur ses lauriers.Car si Québec s\u2019est doté d\u2019une loi, il ne va pas aussi loin que ce que prévoit le jugement de la Cour suprême.En effet, la loi québécoise ne permettra l\u2019aide à mourir que pour les personnes en fin de vie qui sont incapables de se donner la mort elles-mêmes.Le jugement, lui, ne prévoit pas de telles conditions.Un malade chronique ou une personne handicapée qui remplit les conditions établies pourrait se qualifier même s\u2019il pouvait vivre encore très longtemps malgré sa maladie ou son handicap.Une personne pourrait aussi, selon la cour, réclamer de l\u2019aide médicale plutôt que d\u2019avoir à se suicider.Le Devoir Le PQ est à la « dérive », réitère Jacques Parizeau LIA LEVESQUE L> ancien premier ministre Jacques Parizeau ' porte, encore une fois, un jugement sévère sur le Parti québécois.Dans une entrevue de près d\u2019une heure accordée à l\u2019animateur et journaliste Michel La-combe, de Radio-Canada, qui a été réalisée en février dernier et qui a été diffusée lundi, l\u2019ancien chef péquiste affirme que les péquistes «n\u2019ont pas l\u2019air de croire en eux, alors, comment voulez-vous que les gens croient en eux?» Dans la même veine, M.Parizeau réitère l\u2019expression «champ de ruines» qu\u2019il avait utilisée lors d\u2019une allocution prononcée en septembre 2014, lorsqu\u2019il avait dit que les souverainistes se retrouvaient devant un «champ de ruines» et que le parti était à la «dérive» avec ses sempiternels débats sur l\u2019échéancier et le moment propice pour tenir un référendum.Il qualifie encore une fois ces discussions de «byzantines» et croit qu\u2019il faut revenir à l\u2019essentiel: la souveraineté du Québec et son utilité.M.Parizeau affirme que ces débats sur les modalités ont « démoli graduellement » le Parti québécois et lui ont fait perdre son âme.Tout n\u2019est pas perdu Il affirme cependant que tout n\u2019est pas nécessairement perdu pour le PQ, mais qu\u2019il lui faudra retisser des liens et mieux faire comprendre son message sur la souveraineté.Pour ce qui est de l\u2019avenir du Québec, il mise JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jacques Parizeau affirme que les péquistes «n\u2019ont pas l\u2019air de croire en eux, alors, comment voulez-vous que les gens croient en eux?» essentiellement sur les citoyens âgés dans la trentaine et la quarantaine, affirmant que ceux-ci ont l\u2019habitude de la réussite.«Ils sont collectivement très ambitieux.Ils ne sont pas des losers; ils ont pris l\u2019habitude du succès et de réussir.» M.Parizeau dénonce également la lutte tous azimuts pour l\u2019équilibre budgétaire, affirmant qu\u2019on sabre trop et partout.«Il y a une fixation sur le déficit zéro.Plus que ça, pour moi c\u2019est religieux», lance-t-il en boutade.Il critique le fait c{\\x\u2019«on dépense 100 milliards de dollars par an au Québec, qu\u2019il y a un déficit de 1,5 milliard et qu\u2019on va se cacher», comme si cela était un drame.Il faut tenir compte du contexte économique, dit-il, et prendre simplement «des mesures de correction», le cas échéant.«Pas besoin de provoquer un psychodrame comme on voit au Québec à l\u2019heure actuelle», s\u2019est exclamé celui qui a aussi été ministre des Finances pendant huit années.M.Parizeau dénonce la situation actuelle au Québec, la résumant ainsi: «Faut couper, faut couper, et on ne fait rien d\u2019autre.» Il prône une relance économique qui passerait notamment par les petites et moyennes entreprises, qu\u2019il faudrait inciter à faire davantage d\u2019innovation et à se moderniser.Cours d\u2019histoire massacrés L\u2019ancien premier ministre péquiste déplore aussi ce qu\u2019il est advenu des cours d\u2019histoire à l\u2019école.«On a eu tort de massacrer les cours d\u2019histoire» et de ne pas donner davantage de cours dans des disciplines comme la géographie, qui «ouvraient l\u2019esprit», affirme-t-il.Cette entrevue a été diffusée à l\u2019émission Le 2E, à ICI Radio-Canada Première, qui propose des entrevues de fond avec des personnalités issues des milieux politiques, de l\u2019économie, de la culture et d\u2019autres sphères d\u2019activité.La Presse canadienne A 4 LE DEVOIR LE MARDI 7 AVRIL 2015 ACTUALITES L\u2019enquête préliminaire de l\u2019ex-maire de Laval débute 36 coaccusés font face à la justice en rapport avec des allégations de collusion et de corruption PHILIPPE ORFALI Près de deux ans après leur spectaculaire arrestation, l\u2019ancien maire de Laval, Gilles Vaillancourt, et ses 35 coaccusés subiront enfin leur enquête préliminaire, dès mardi et au cours des deux prochains mois, en vue de ce qui s\u2019annonce comme l\u2019un des plus grands procès pour corruption de l\u2019histoire du Québec.Arrêtées par l\u2019escouade Marteau de rUnité permanente anticorruption (UPAC) en mai 2013, ces 36 personnes doivent entendre, au cours des huit prochaines semaines, les preuves qu\u2019ont recueillies contre eux les forces de l\u2019ordre au cours de l\u2019opération «Honorer».Ces 36 anciens membres haut placés de l\u2019administration lavalloise \u2014 ingénieurs, avocats et entrepreneurs \u2014 sont accusés d\u2019avoir pris part à un vaste réseau de corruption, de fraude et de collusion qui aurait notamment contrôlé l\u2019attribution des contrats publics à Laval, de 1996 à 2010.Un 37® suspect, l\u2019ingénieur Robert Cloutier, est mort, à 76 ans, en mars 2014.Gilles Vaillancourt, qui a régné sur la ville pendant près de 23 ans, fait face aux accusations les plus graves.11 est accusé d\u2019avoir dirigé un réseau de gangstérisme qui comprenait aussi l\u2019ex-directeur général de la Ville, Claude Asselin, et l\u2019exdirecteur de l\u2019ingénierie, Claude Déguisé.MM.Asselin et Déguisé sont eux aussi accusés de gangstérisme en rapport avec ce système, dans lequel des entrepreneurs et des ingénieurs se partageaient les contrats publics en échange de ristournes de 2%.Les trois JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ancien maire de Lavai, Giiies Vaiiiancourt, est accusé d\u2019avoir dirigé un réseau de gangstérisme.hommes font aussi face à des accusations d\u2019abus de confiance et de fraude.Plusieurs visages désormais bien connus du grand public, grâce aux audiences publiques de la commission Charbon-neau, sont également accusés.C\u2019est le cas de Tony Accurso, ex-entrepreneur en construction, et de Rosaire Sauriol, exvice-président de la firme de génie-conseil Dessau.Idem pour le frère du maire, Guy Vaillancourt, et l\u2019avocat Jean Bertrand, ex-agent officiel du parti PRO des Lavallois, la formation politique de M.Vaillancourt.11 aura fallu plus de deux ans pour que se tienne cette enquête préliminaire, notam- ment en raison de conflits d\u2019horaires entre les avocats des 36 coaccusés.Cause complexe La cause des présumés membres du cartel des entrepreneurs et des ingénieurs de Laval est complexe, la preuve faisant quelque 90 gigaoctets.Au cours de l\u2019enquête qui a duré trois ans, les policiers auraient rencontré pas moins de 150 témoins et effectué quelque 70 perquisitions.Aucun procès d\u2019envergure ayant eu lieu au Québec n\u2019aurait regroupé autant d\u2019accusés jusqu\u2019à maintenant.Pas moins d\u2019une trentaine d\u2019avocats sont présents dans ce dossier, du côté des accusés.tandis que le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a dépêché trois de ses procureurs pour s\u2019occuper du dossier.M.Vaillancourt et ses coaccusés pourraient devoir attendre près d\u2019un an avant l\u2019ouverture de leur procès pour corruption, notamment compte tenu de la difficulté de trouver des périodes où tous leurs avocats sont disponibles.M.Vaillancourt avait clamé son innocence au moment de son arrestation.«J\u2019aurais beaucoup d\u2019arguments à faire valoir au moment opportun », avait-il alors déclaré.Le Devoir Travaux à l\u2019échangeur Turcot Une autre phase d\u2019importants travaux a été entreprise ce lundi par les ouvriers du ministère des Transports du Québec au très achalandé échangeur Turcot, dans le sud-ouest de Montréal.11 s\u2019agit de travaux d\u2019entretien et de réfection de bretelles de l\u2019échangeur qui sont effectués afin d\u2019assurer la sécurité et la fonctionnalité de l\u2019infrastructure.Les interventions nécessiteront la fermeture de deux bretelles.Ainsi, de 23 heures lundi jusqu\u2019au début du mois de juillet, il y aura fermeture complète de la bretelle menant de l\u2019autoroute 20 en direction est vers l\u2019autoroute 15 en direction nord.De 21 h 30 mardi jusqu\u2019au début de juillet, la bretelle menant de l\u2019autoroute 720 en direction ouest à l\u2019autoroute 15 en direction sud sera complètement fermée à son tour.La Presse eanadienne Fukushima: radioactivité sur 111e de Vancouver Victoria \u2014 De la radioactivité libérée par le réacteur nucléaire de Fukushima, endommagé lors du tsunami ayant frappé le Japon il y a quatre ans, a été détectée sur les rives de l\u2019île de Vancouver.Selon des scientifiques, c\u2019est la première fois que cette radiation atteint l\u2019Amérique du Nord.Des traces de césium 134 \u2014 un isotope radioactif \u2014 ont été recueillies à Uclue-let, à environ 315km à l\u2019ouest de Victoria.Un spécialiste de la chimie océano^aphique de l\u2019Université de Victoria, Jay Cullen, a affirmé que cette quantité de radioactivité est minuscule et ne menace pas la santé humaine ou l\u2019écosystème de l\u2019océan.La Presse eanadienne «1 YANA PASKOVA AGENCE ERANCE-PRESSE La confiance des entreprises envers la croissance de leurs ventes futures, de leurs investissements et de leurs embauches est ébranlée.Les prix du pétrole plongent et plombent les perspectives des entreprises ANDY BLATCHFORD à Ottawa Le plongeon des prix du pétrole brut a miné la confiance des entreprises envers la croissance de leurs ventes futures, de leurs investissements et de leurs embauches, révèle la plus récente édition de l\u2019enquête de la Banque du Canada sur les perspectives des sociétés.Dévoilé lundi, le sondage trimestriel qu\u2019a réalisé la banque auprès de 100 hauts dirigeants d\u2019entreprise permet de croire que la baisse des prix du pétrole a réduit les prévisions de ventes de plusieurs entreprises, même à l\u2019extérieur du secteur de l\u2019énergie.«Les entreprises qui anticipent une nette diminution du volume de leurs ventes sont plus nombreuses que lors des enquêtes précédentes», indique le document.L\u2019enquête, réalisée entre le 17 février et le 12 mars, a aussi mis au jour des attentes réduites en ce qui a trait aux investissements dans les machines et l\u2019équipement pour l\u2019année à venir \u2014 particulière- ment chez les entreprises productrices de biens et celles plus durement touchées par la baisse des prix du pétrole.Perspectives d\u2019embauche Les perspectives d\u2019em-bauche ont aussi reculé à leur plus faible niveau depuis 2009, bien qu\u2019elles restent positives.«L\u2019affaiblissement des intentions d\u2019embauche touche la plupart des secteurs et régions, mais elle concerne plus particulièrement les entreprises liées au secteur de l\u2019énergie, qui comptent réduire leurs effectif en raison du niveau plus bas des prix du pétrole», précise le rapport.Les attentes pour l\u2019embauche, les ventes et les investissements étaient plus élevées dans le sondage fait en janvier par la banque, qui avait été réalisé du 17 novembre au 11 décembre, pendant que plongeaient les cours du pétrole.Depuis, les prix du brut sont restés faibles.11 s\u2019agit de la première enquête de la banque centrale sur les perspectives des entreprises depuis que son gouverneur, Stephen Poloz, a pris les marchés par surprise en jan- vier en annonçant une réduction de son taux directeur.11 avait alors qualifié sa décision A\u2019« assurance » contre l\u2019impact économique attendu de la chute des prix du pétrole.Le pétrole brut s\u2019échange actuellement aux environs de 50$US le baril à la Bourse des matières premières de New York, comparativement à un sommet d\u2019environ 107 $US atteint l\u2019été dernier.Coûts de production L\u2019enquête a en outre révélé qu\u2019un nombre croissant de sociétés s\u2019attendaient à voir diminuer leurs coûts de production en raison de la baisse des prix du pétrole \u2014 même si certains estiment que la faiblesse du dollar canadien va partiellement contrebalancer ces gains.Selon la Banque du Canada, un plus grand nombre d\u2019entreprises prévoient que la récente dépréciation du dollar canadien fera grimper les prix de leurs extrants un peu plus rapidement au cours des 12 prochains mois.La Presse eanadienne La thèse de l\u2019innocence de Maher Arar en ralliait plusieurs à la CIA ALEXANDER PANETTA Un ancien espion a décrit le débat qui avait fait rage au sein de l\u2019Agence centrale de renseignement américaine (CIA) concernant l\u2019arrestation, l\u2019extradition et la torture du Canadien Maher Arar.Plusieurs de ses collègues auraient exprimé des réserves quant aux actions de la CIA, parce qu\u2019ils étaient convaincus qu\u2019ils punissaient un homme innocent.Le compte rendu de John Ki-riakou, ancien agent de la CIA, jette un nouvel éclairage sur les événements survenus en 2002-2003 qui ont donné lieu, au Canada, à une enquête publique et à un dédommagement de 10,5 millions de la part du gou-yernement canadien.Aux Etats-Unis, des poursuites ont été intentées, mais elles n\u2019ont jamais abouti.Ce rare aperçu des discussions qui se sont déroulées au sein de la CIA concernant le sort de Maher Arar a été donné au cours d\u2019une entrevue ayant eu lieu dans la maison de John Kiriakou, à Arlington (Virginie).L\u2019ex-agent a décrit comment, après avoir été le responsable des opérations de contre-terrorisme au Pakistan, après le 11 septembre 2001, il est devenu le premier employé de l\u2019agence à remettre publiquement en question la torture.En février dernier, John Kiriakou est sorti de prison, où il avait passé deux ans après avoir été le premier agent à révéler à la presse des méthodes secrètes de la CIA.Le rôle de la CIA dans les événements survenus en 2002-2003 n\u2019a jamais été examiné publiquement, car il n\u2019entrait pas dans les limites du mandat de l\u2019enquête publique canadienne sur le traitement réservé à Maher Arar.Au cours de l\u2019entrevue, M.Kiriakou a refusé de discuter de ses relations avec les services secrets canadiens, mais il a accepté de discuter du cas de Maher Arar.Dégoût L\u2019ex-espion américain a exprimé son dégoût quant au rôle de son pays dans l\u2019expulsion de l\u2019ingénieur canadien, né en Syrie, vers son pays natal, où il a été torturé.11 s\u2019est aussi dit écœuré par l\u2019absence d\u2019excuses américaines à M.Arar.John Kiriakou a aussi décrit la dynamique à l\u2019œuvre au sein de la CIA au début de l\u2019affaire Arar.Une agente de moyen à haut rang \u2014 qu\u2019il a refusé d\u2019identifier \u2014 aurait fait fi à répétition des objections de ses subordonnés et insisté pour aller de l\u2019avant avec l\u2019extradition et l\u2019arrestation.M.Arar a été arrêté à l\u2019aéroport John-E-Kennedy de New York en septembre 2002, à l\u2019occasion d\u2019une escale de retour vers le Canada, pour être extradé dans une prison syrienne, où il a été torturé à plusieurs reprises durant son année de détention.«Comme vous avez pu le voir dans le film Zero Dark Thirty, il y a certaines personnes au sein de la CIA qui ont insisté pour aller de l\u2019avant», a résumé John Kiriakou en entrevue.11 a toutefois refusé de dire si l\u2019^ente en question est celle qui a inspiré le personnage principal du film et qui a été nommée par certains médias et dans une enquête du Sénat américain sur la torture et l\u2019extradition injustifiées d\u2019un autre homme innocent, Khaled el-Masri.LA CIA a refusé de commenter les révélations de son ancien agent, tout comme Maher Arar.La Presse eanadienne Le SCRS partage des renseignements au-delà du réseau des « Five Eyes » JIM BRONSKILL à Ottawa Un document interne du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) révèle la présence d\u2019un système d\u2019échange de renseignements sur l\u2019implication de présumés extrémistes à l\u2019étranger avec divers partenaires, qui va au-delà du réseau habituel des «Eive Eyes».Le Canada partage déjà des informations, avec quatre autres pays \u2014 les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l\u2019Australie et la Nouvelle-Zélande \u2014 mais il a aussi conclu des partenariats «non traditionnels» sur cet enjeu.La note interne, intitulée S\u2019attaquer à la menace du déplacement des terroristes, a été obtenue par La Presse canadienne en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information.Plusieurs données ont été caviardées dans le document de cinq pages.Selon la note interne, le SCRS doit disposer «prioritairement» d\u2019informations sur ce phénomène.« Obtenir les informations pertinentes sur cette menace pour conseiller le gouvernement nécessite des enquêtes approfondies au pays et à l\u2019étranger, étant donné les éléments nationaux et interna- Les informations portent sur l\u2019implication de présumés extrémistes à l\u2019étranger tionaux qu\u2019elles comportent», a-t-on écrit.Le SCRS a cependant remarqué que les alliés habituels du Canada avaient plutôt renforcé leurs ressources déjà existantes, au lieu de créer des liens avec d\u2019autres pays.Le Canada, quant à lui, ferait face à des «défis opérationnels et à des pressions sur les ressources» causés par des facteurs ayant été censurés dans le document.La note a été rédigée en septembre, un mois avant les attaques perpétrées au Monument commémoratif de guerre du Canada et au Parlement, à Qttawa.Les événements survenus en octobre ont amené le gouvernement Harper à pro-poser un nouveau projet de loi antiterroriste afin de mieux cibler les présumés extrémistes qui vont se battre à l\u2019étranger.Les nouvelles mesures permettraient aussi de déléguer de nouveaux pouvoirs au SCRS pour qu\u2019il puisse obtenir un mandat afin d\u2019enquêter dans d\u2019autres pays.Le SCRS craint que les extrémistes qui se rendent en Irak et en Sjnie ne reviennent au Canada pour perpétrer des attentats terroristes.La Presse eanadienne Devenez un Ami du Devoir et soutenez le seul journal indépendant québécois.Faites un don.www.lesamisdudevoir.com A) Les Amis du Devoir LE DEVOIR, LE MARDI 7 AVRIL 2015 A 5 SOCIETE #CHRONIQUEFD Nordicité Fabien Deglise Parlons peu, mais parlons météo ! 11 a encore fait froid dans les derniers jours, particulièrement dans quelques régions habitées mais éloignées du nombril du Québec \u2014 ça, c\u2019est Montréal \u2014 où le mercure a figé sous les moins 8 en plein avril.Sans le sournois facteur vent! Hiver persistant: cette année, Pâques n\u2019a pas eu d\u2019autre choix que d\u2019être placé sous le signe du chocolat congelé, mais également des soupirs de circonstance face au jardin de givre qui s\u2019éternise.Ç\u2019a pesté entre l\u2019agneau et les «pilées», ç\u2019a ronchonné, ç\u2019a déploré le retard dans la «préparation du terrain», X«ouverture de la piscine», le «rangement de bottes et de tapis», alors que, normalement, cette conjoncture météorologique aurait dû rendre tout le monde heureux.C\u2019est pas nous, c\u2019est The Economist qui l\u2019a dit la semaine dernière en dévoilant les résultats d\u2019un sondage européen sur le bonheur, cette abstraction qui rend profondément malheureux ceux et celles qui cherchent désespérément à l\u2019atteindre.Dans 14 pays, on a demandé aux gens d\u2019évaluer leru niveau de bonheur.Résultats?Ce sont les Danois qui semblent être les plus convaincus de nager dedans, suivi, avec des autoévaluations similaires, par leurs voisins de la Finlande, de la Suède et de la Norvège.Les Pays-Bas emboîtent le pas, pas très loin de la Belgique, de l\u2019Irlande et de l\u2019Allemagne, où là-bas aussi la confiance règne, forçant du coup la question : peut-on dire que la nordicité, les climats rigoureux offrant des saisons au contraste marqué, dans des sociétés riches et confortables, s\u2019entend, est favorable au bonheur?Sans doute un peu, mais à condition, bien sûr, de ne pas chercher en permanence à se convaincre du contraire.Nier la nordicité Un doute ?Regardez ici, où l\u2019hiver ramène chaque année non pas le bonheur, mais plutôt un sport national étonnant qui consiste à nier la nordicité dans laquelle ce froid s\u2019inscrit.Exception faite des deux semaines entourant Noël, où là ce n\u2019est pas le froid et la neige qui font râler, mais son absence.Quand on cherche le verre à moitié Froidure de\tvide.\u201e ,\tFroidure de l\u2019air et obstina- 1 air et\ttion de la neige sont depuis riKorlnorlrin Aa des lunes taxées d\u2019être les iç-oDsnnanon ae\tnordicité d\u2019ici.A la neige sont tort, sans doute, puisque les principales sources de la dé-depuis des\tprime hivernale collective .\t,\tsont bien sûr ailleurs et se lunes taxées\tprésentent sous des formes J» A, I\tperfides, qu\u2019il serait peut-être temps d\u2019éradiquer.Pour ces-irritants de la ser de subir la condition nordique et à l\u2019avenir se mettre à nordicité d\u2019ici la vivre, peut-être jusqu\u2019à ce point de bonheur auquel les Danois sont arrivés.Des pistes de solution?Ça pourrait commencer par les bulletins de météo et lerus présentateurs qui, à partir du 15 octobre, exposent la chute prévisible des températures toujours accompagnée, ou presque, de ce petit commentaire désolé, entre fatalité contestataire et impuissance victimisante.Et que dire de l\u2019arrivée d\u2019une tempête de neige qui, au lieu d\u2019annoncer la préparation des terrains de jeu hivernaux, trouve plutôt dans l\u2019espace médiatique cette tonalité qui attise la peru et la calamité.La chute de neige comme une surprise à laquelle personne n\u2019était préparé : dans un pays qui, depuis plus de quatre siècles, a la nordicité dans l\u2019ADN, il y a là un certain ridicule qui ne peut laisser de glace.En ville, l\u2019hiver trouve également son carburant à mauvaise humeur dans la négligence de quelques urbains qui profitent de la neige pour exprimer leur incivilité de manière délétère pour tous, en laissant traîner ici la crotte d\u2019un chien \u2014 qui fatalement remonte à la surface à chaque redoux \u2014 le contenu mal scellé de son sac à ordures, ce papier gras qui congèle dans un tout qui forcément façonne, dans ce temps de l\u2019année, un environnement à cheval entre la ruelle glauque et la décharge publique sous la neige.Pas très bons pour le moral, et pas seulement celui des esthètes.L\u2019hiver comme excuse au relâchement.L\u2019hiver comme justification de l\u2019à-peu-près.L\u2019équation a un petit quelque chose de triste que les environnements surchauffés de la nordicité d\u2019ici ne peuvent que venir renforcer d\u2019ailleurs.Le lien?11 est presque évident: durant les mois d\u2019hiver, y compris ceux qui persistent dans le temps, l\u2019humain passe en effet ses journées entre des températures extérieures très basses et des températures intérieures cherchant à reproduire un climat cubain pour mieux nier le réel.L\u2019humidité en moins.Quand il fait moins 15 dehors, il peut faire plus 28 ou 29 dedans.Qr une masse d\u2019air froid et une masse d\u2019air chaud, en se rencontrant, forment ce qu\u2019on appelle en météorologie une dépression.Ramené à l\u2019échelle humaine, par temps froid, ceci explique sans doute un peu cela et convoque au passage non pas l\u2019urgence d\u2019un printemps pour s\u2019en sortir, mais bien un esprit Scandinave, à apprivoiser, à cultiver, pour donner à l\u2019inéluctable de la nordicité la tonalité qui devrait normalement lui revenir.Sur Twitter: ©FabienDeglise T t PEDRO RUIZ LE DEVOIR Chez Camélia Sinensis, on a bloqué le réseau sans fil il y a de cela cinq ans, afin que les clients puissent savourer pleinement l\u2019expérience d\u2019une dégustation de thé dans un lieu calme.Selfie, ordi et wifî, c\u2019est fini ! Un interdit qui transforme l\u2019ambiance de cafés et de restes EMILIE EOLIE-BOIVIN AU Félix, sur la plaza Saint-Hubert, les gens doivent délaisser leur téléphone cellulaire pour profiter pleinement de l\u2019univeçs théâtral de ce club privé unique à Montréal.À l\u2019accueil, de jeunes femmes rangent soigneusement leurs appareils dans une pochette et verrouillent le tout dans un meuble à tiroirs.Elles le reprendront à leur départ, après avoir expérimenté l\u2019appartement-bar du Félix et de sa piste de danse au second étage.Les lieux sont déstabilisants, et la soirée «sans téléphone» l\u2019est encore plus pour certains visiteurs.François Dussault, copropriétaire du bar, ne s\u2019attendait pas à ce que des clients, une fois privés de leur béquille technologique, aient une réaction aussi forte.«Un certain pourcentage des clients angoissent fort.Des gens qui, au bout de 20 minutes, demandent à le ravoir parce qu\u2019ils ne se sentent pas bien.On les calme, on s\u2019assoit [sic] avec eux.Bonne chance à tous ceux qui vont vouloir se lancer dans ce genre d\u2019entreprise, car c\u2019est de la gestion en c.», reconnaît le propriétaire de l\u2019établissement, ouvert au début de l\u2019année.Quand les gens arrivent dans une soirée avant leur groupe d\u2019amis, le téléphone cellulaire vient d\u2019habitude masquer la solitude jusqu\u2019à leur arrivée.Mais pas ici.Pour aider les gens à apprivoiser l\u2019univers du bar, l\u2019équipe va discuter avec eux, afin qu\u2019ils se sentent un peu comme à la maison.«Ici, c\u2019est une expérience collective plutôt qu\u2019individuelle, dit François Dussault.Tu le sens dès que tu entres dans la pièce et qu\u2019il y a 200 personnes sans cellulaire.Tu sens que le monde a décroché.» Ces derniers raccrochent toutefois très vite, une fois le last call arrivé.Une file d\u2019impatients se forme alors à l\u2019accueil.Dans le salon du bar, il n\u2019y a plus un bruit et les fêtards sont rivés à l\u2019écran lumineux, curieux de voir ce qu\u2019ils ont pu rater pendant qu\u2019ils étaient occupés à vivre.«Le Fé- lix représente la résistance.Et c\u2019est totalement assumé.» Pour le trip Le chef propriétaire de Tripes & Caviar, à Verdun, avoue quant à lui que, dans son restaurant, il n\u2019irait pas jusqu\u2019à interdire à ses clients de garder leur téléphone en poche.«Il faut comprendre qu\u2019à Montréal c\u2019est un milieu compétitif pour un bar ou un resto.Je comprends qu\u2019on veuille avoir une identité, mais il ne faut pas se tirer dans le pied en voulant être un peu marginal», dit Jean-Michel Leblond, qui dit comprendre tout à fait la vision du bar Félix.Si le restaurant Tripes & Caviar suggère fortement aux clients de ne pas utiliser leur téléphone cellulaire {«Les gens pensent que c\u2019est la politique de la maison, mais en réalité les murs de la bâtisse historique sont juste tellement épais que les ondes n\u2019entrent pas !»), cette politique « sans cellulaire » est toutefois la règle dans leur food-club, lors de soirées-événements gastronomiques et thématiques organisées sporadiquement depuis plus de quatre ans.«La première fois que nous avons tenu cet événement, nous avions hâte de présenter le menu d\u2019abats sur lequel on avait travaillé très fort.Quand on a présenté les plats, tout le monde était rivé à son téléphone, en train de prendre des photos», se souvient le chef.Agacé, il a demandé aux gens de le ranger.«Tout de suite, ils étaient beaucoup plus concentrés sur l\u2019expérience et le moment présent.» La règle est donc restée et, depuis, le resto demande aux membres de laisser leur téléphone ainsi que leur montre à l\u2019entrée.«On a étendu cette règle à la montre, car elle aussi brisait le rythme de la soirée.On veut vraiment prendre possession de l\u2019attention des gens pendant trois ou quatre heures, comme si le temps s\u2019était arrêté.» Ces soirées ne laissent aucune trace sru les réseaux sociaux, aucune photo, que des souvenirs, ce qui permet au resto de contrôler l\u2019image de marque du food-club et de l\u2019empêcher de croître trop rapide- ment pour devenir la coqueluche du mois.Une certaine clientèle revient au food-club justement parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un des rares endroits où on oblige les clients à se priver de leur fix techno.«Ça déstabilise les gens de manière positive, c\u2019est une thérapie», dit M.Leblond.Bulle de thé Dans un café, on s\u2019attend à voir des rangées de pigistes, les yeux rivés sur l\u2019écran bleuté de leur ordinateur, et des gens faisant défiler les pages, tête baissée sur leur téléphone.Une chose qui n\u2019arrive plus au salon de thé Camélia Sinensis depuis qu\u2019on a décidé d\u2019y bloquer le réseau sans fd, il y a plus de cinq ans.« On l\u2019a enlevé pour remettre l\u2019accent sur la dégustation de thé.On l\u2019avait au début, mais les ordinateurs ouverts et les gens \u201cplogués \u201d sur leurs écouteurs changeaient complètement l\u2019ambiance de la place», explique François Marchand, l\u2019un des copropriétaires-dégustateurs du salon du Quartier latin.L\u2019idée est inspirée de celle adoptée par un salon de thé à Prague.L\u2019absence de téléphone a changé les lieux: c\u2019est paisible, feutré, les gens discutent à voix basse.«On s\u2019attendait à ce que la réaction soit négative, mais ce fut tout le contraire.» Avec les années, les clients se sont habitués à cette tranquillité.Elle fait désormais partie de la réputation de la maison.«En 10 ans, c\u2019est arrivé au maximum cinq fois que des gens partent ailleurs pour travailler sur leur ordi.Et ça va, je le comprends.» Si des gens choisissent de venir dans ce salon qui donne l\u2019impression d\u2019être dans une bulle protégée de l\u2019agitation du centre-ville, c\u2019est pour être «complètement là» et prendre une pause.Une vraie pause.«Le fait qu\u2019on nous dit de ne pas utiliser notre téléphone nous amène à faire d\u2019autres choix, explique François Marchand.Ça permet de prendre le temps de converser et de goûter.Ça remet les choses en perspective.» Le Devoir Llnformâtique, un bastion encore masculin L> informatique, c\u2019est «un» ordinateur, «un» ' logiciel, «un» écran, «un» algorithme, «un» clavier, et tout cela fonctionne plus facilement avec.«une» souris.Les formations d\u2019informatique demeurent un univers où le masculin l\u2019emporte largement.Ce qui n\u2019empêche pas les «geekettes», comme les suffragettes de l\u2019époque, de baliser le chemin vers l\u2019égalité.Quelques jeunes femmes témoignent de leur quotidien au Monde.Ingénieure en informatique, Marion X., 24 ans, se souvient de cette bataille quotidienne contre les rumeurs d\u2019illégitimité qu\u2019elle a dû mener.Entrée dans une école d\u2019ingénieurs, elle ne compte plus les petites phrases insinuant que les femmes ne sont «là que pour les quotas».«Mais ce sont finalement ces remarques qui m\u2019ont donné la force et le courage de ne pas baisser les bras, comme une mission personnelle pour leur prouver que je suis aussi capable qu\u2019eux.» Le sexisme de certains peut ainsi renforcer la motivation.Poru la jeune femme, évoluer dans un milieu encore majoritairement masculin a aussi ses avantages, comme celui «d\u2019être entourée de personnes attentionnées et d\u2019avoir plus facilement de l\u2019aide.En définitive, c\u2019est une chance réelle.» Margaux L., 20 ans, étudiante en informatique, raconte : «C\u2019est un domaine encore un peu machiste.Si fai de bonnes notes ou si je suis acceptée dans une filière sélective, c\u2019est parce que je suis une fille.Autrement dit, si je suis là, ce n\u2019est pas parce que je suis travailleuse ou bonne élève, mais parce que j\u2019ai un chromosome X de plus!», grince la future informaticienne.Mais quand sonne l\u2019heure de rendre sa copie, hommes et femmes sont traités sur un pied d\u2019égalité: «Mon apprentissage est le même que celui d\u2019un garçon.Je remercie mes professeurs de ne pas faire de différence.» Blagues salaces au quotidien Même expérience pour Philippine L., en deuxième année de BTS informatique : «Mes camarades sont tous gentils et avenants avec moi.» Malgré tout, elle déplore la lourdeur et les limites dialectiques de ses compères : «Leurs conversations sont principalement orientées vers le sexe et les jeux vidéo.C\u2019est parfois pesant», concède-t-elle, d\u2019une litote.«Les blagues sexistes rythmaient mon quotidien, reconnaît Marion X J\u2019ai fini par prendre l\u2019initiative de les lancer pour en contrôler le contenu.» Nais A, élève à Paris, goûte avec plus de plaisir son virage vers l\u2019univers geek.Dans sa première vie étudiante, à l\u2019école de communication, «pas moyen de passer une journée sans se sentir jugée sur sa façon de s\u2019habiller ».Cela comptant peu chez les apprentis codeurs.Nais se sent comme dans une oasis : « C\u2019est toujours avec le sourire que je viens à l\u2019école, et f en pars difficilement.» Marion D.a intégré une école d\u2019informatique en septembre et suit avec quatre autres filles un cursus essentiellement masculin.Elle dit n\u2019être confrontée à «aucun préjugé, ni propos sexiste».«Ça s\u2019améliore», me-sure-t-elle.Doucement.Le Monde A 6 LE DEVOIR LE MARDI 7 AVRIL 2015 EDITORIAL Josée Boileau ASSE Éviction brutale À la guerre comme à la guerre, l\u2019Association pour une solidarité syndicale étudiante veut préserver une mobilisation forte et n\u2019a pas hésité, pour ce faire, à destituer un exécutif qui avait émis un doute sur la stratégie à tenir.Tant d\u2019intransigeance est pourtant la pire voie à suivre.1 faut faire fi des obstacles quand on veut changer le monde, sortir des ornières, secouer le conformisme ambiant.Cela, en soi, amène son lot d\u2019incompréhension dans le grand public et les médias sont les premiers dépassés dès lors que l\u2019on sort des modèles habituels.Québec solidaire en a été un exemple patent: son système de co-chefs a été d\u2019abord moqué avant d\u2019être, si ce n\u2019est compris, au moins accepté.C\u2019est dire combien une organisation qomme l\u2019Association pour une solidarité sjmdicale étudiante (ASSE), fondée sur la démocratie directe, qui récuse le concept de leader au profit de celui de porte-parole, peut dérouter.C\u2019est dire aussi l\u2019agacement de TASSÉ devant l\u2019incompréhension constamment manifestée envers ses structures et le fait que ses revendications passent toujours au second rang dans la sphère médiatique.Un exemple, tout simple : la démission-destitution de l\u2019exécutif de TASSÉ au cours de son congrès tenu en fin de semaine a été beaucoup présentée comme un schisme entre radicaux et modérés.Mais Tenjeu était ailleurs : c\u2019est plutôt le fonctionnement particulier de la démocratie directe qui était en cause.L\u2019exécutif démissionnaire, en faisant circuler un texte de réflexion sur la pertinence de la grève printanière, contrevenait-il ainsi à des mandats précédemment donnés?L\u2019impression que l\u2019opinion de la base était court-circuitée aura mené au clash de la fin de semaine.Hind Fazazi, porte-parole de TASSÉ au cours des dernières 24 heures, n\u2019est ni plus ni moins radicale que ne Tétait Camille Godbout quand elle occupait les mêmes fonctions.Mais explication n\u2019est pas raison, et TASSÉ ne sort pas grandie de ce congrès.En réglant ses comptes internes, elle est tombée dans un écueil que la gauche connaît bien et que la droite sait si soigneusement éviter: la division entre pairs.La force des convictions ne doit pas rendre imperméable à l\u2019indulgence et aux compromis.Admettons (même si cqla mériterait discussion) que, dans le fonctionnement de TASSÉ, la lettre de l\u2019ancien exécutif, qui se questionnait sur la poursuite de la grève, ait été une erreur, que cela aurait dû plutôt être amené au congrès en fin de semaine : y avait-il là pour autant matière à condamnation sans appel, à destitution à faire absolument pour le symbole?Quelle brutalité pour des étudiants qui s\u2019étaient jusque-là dévoués sans faillir pour une cause impopulaire et difficile à défendre.Leur fallait-il vraiment subir en plus un congrès «dur», comme Ta qualifié M\u201c® Fazazi?Pire encore, TASSÉ a refusé de dénoncer les insultes et la violence exercées par des manifestants à l\u2019encontre de membres de son ancien exécutif lors de la grande marche organisée jeudi dernier.11 n\u2019en a même pas été question au congrès, au prétexte que «les gens qui sont dans la rue sont là en leur propre nom».Éas fort: cette responsabilité individuelle est exactement celle dont se réclament les étudiants qui ne veulent pas respecter les mandats de grève pris collectivement! Les compromis font pourtant partie de la lutte.En 2012, le Printemps érable avait été remarquable parce qu\u2019il y avait eu front commun entre les trois grandes associations étudiantes, pourtant bien différentes, et parce que les tensions internes qui existaient n\u2019avaient pas pris le dessus.L\u2019idéal piétine si la tactique ne suit pas.Les préoccupations exprimées en 2015 sont légitimes, mais, pour qu\u2019elles aboutissent à quelque chose, il faudrait multiplier les alliés plutôt que les ennemis ! Que les votes de grève soient reconduits ou pas, les événements de la fin de semaine laissent un goût amer.Le gouvernement sera le premier à s\u2019en réjouir.MYANMAR Un tout petit pas n petit pas potentiellement important a été franchi au Myanmar (Birmanie) la semaine dernière, avec la conclusion d\u2019un accord préliminaire de cessez-le-feu entre les généraux qui tiennent le pouvoir et les représentants des sept principales minorités ethniques du pays.Peut-on y croire ?Ée Myanmar vit depuis 60 ans en état de guerre civile.11 est une fausse fédération dans laquelle la majorité d\u2019ethnie birmane s\u2019impose par répression militaire à la constellation des minorités qui l\u2019encerclent \u2014 chan, karen, ka-chin.Aussi, l\u2019accord signé à Rangoon contient une lueur d\u2019espoir dans la mesure oû il étale par le menu les conditions non seulement d\u2019un éventuel cessez-le-feu entre l\u2019armée et les guéril-, las, mais aussi d\u2019un dialogue politique censé conduire à la création d\u2019une fédération au sein ^ ^ ^ de laquelle les sept « États ethniques » dispose-^ Æst « T raient d\u2019une véritable autonomie.Tout cela est très fragile.Fragile, en fait, comme l\u2019accord sur le nucléaire conclu jeudi, dans Témoi général, entre l\u2019Iran et les grandes puissances.D\u2019autant plus que, comme encore au Moyen-Qrient, il survient dans un climat de violence qui ne donne pas de signe de répit.L\u2019ouverture des généraux serait plus crédible, en effet, si, pendant qu\u2019on fignolait l\u2019accord, l\u2019armée n\u2019avait déployé sur le terrain son artillerie et ses avions de combat dans une démonstration de force que le pays n\u2019avait apparemment pa§ vue depuis des décennies.À souffler ainsi le chaud et le froid, le régime du président Thein Sein poursuit la même politique d\u2019ambivalence calculée qu\u2019il applique depuis la reconfiguration de la dictature militaire en pseudo-démocratie électorale, fin 2011, et la libération d\u2019Aung San Suu Kyi, figure de proue du mouvement d\u2019opposition démocratique.Une duplicité qui ne dupe personne, par laquelle la clique militaire tient le pouvoir en le parant d\u2019institutions civiles \u2014 mais dont les États-Unis, pour ne nommer qu\u2019eux, s\u2019accommodent au nom de considérations géostratégiques qui ont beaucoup à voir avec la volonté d\u2019endiguer l\u2019influence de la Chine.La fin des violences ethniques au Myanmar passe nécessairement par une profonde redéfinition des rapports communautaires.Elle passe aussi, par ailleurs, par une décriminalisation de l\u2019économie polluée par le trafic de drogue.C\u2019est par instinct de préservation que le régime, hier encore considéré comme Tun des plus fermés du monde, laisse depuis quatre ans la société birmane respirer plus librement, « libéralise » l\u2019économie, prétend tendre la main aux minorités et met en œuvre des réformes politiques superficielles.Rien ne changera vraiment sans pressions internationales additionnelles.Pour l\u2019instant, TQccident choisit la complaisance.Guy Taillefer LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET REPRISE LETTRES Manifestation étndiante : des médias biaisés À l\u2019occasion de la manifestation étudiante, jeudi à Québec, Naomie Tremblay a été blessée.L\u2019événement est choquant.Cependant, les médias ont mis l\u2019accent sur le fait avec une insistance assez, voire trop, forte.Les bulletins de nouvelles l\u2019interviewaient, Mario Dumont lui a consacré 15 grosses minutes, l\u2019émission 24-60, on s\u2019y attendait.Ta aussi interviewée et les journaux sont revenus sur la question en donnant la première page à la photo de Naomie.Comment se fait-il que tout ce monde n\u2019a pas parlé de la manifestation au parcours non connu, de la provocation des étudiants qui s\u2019approchent très près de la police et montrent clairement qu\u2019ils seront assez violents pour se faire voir par la population ?Qu\u2019ils ne reculeront pas, sachant que la police sera forcée d\u2019intervenir.Ils obligent en effet la police à agir pour un minimum d\u2019ordre et ainsi empêcher le désordre qui deviendrait incontrôlable.Si Naomie s\u2019est retrouvée en première ligne, c\u2019est parce que ses collègues s\u2019étaient reculés.Alors, pourquoi, devant la menace imminente, n\u2019a-t-elle pas imité ses collègues ?La teneur des médias télévisés ne parle que du volet de la blessée comme si elle était simplement non responsable de ce qui lui est malheureusement arrivé.Toutes ces interventions sentent le parti pris biaisé qui suscitera d\u2019autres af-frontementç.Raymond Ethier Le 2 avril 2015 Lutte contre le groupe El: de l\u2019argent mal alloué L\u2019opération militaire menée contre l\u2019État islamique se prolonge d\u2019un an et le coût différentiel de cette mission est estimé à 406 millions de dollars {Le Devoir, 2 avril 2015), argent que le gouvernement aurait fortement avantage à mieux utiliser.Le gouvernement tente de lutter contre la violence faite en Irak et en Syrie et il délaisse le Canada.La criminalité est punie de plus en plus sévèrement par la loi.On aurait plutôt avantage à miser sur la réinsertion, qui perd de plus en plus d\u2019importance, si on ne veut pas que le pays connaisse une hausse de, sa criminalité, comme dans les pays de l\u2019État islamique.Bien entendu, la réinsertion sociale a un coût et c\u2019est justement dans ce domaine que le gouvernement devrait investir pour aider le bon fonctionnement du pays.11 faut s\u2019aider soi-même avant d\u2019aider les autres.De plus, ce n\u2019est pas en mettant en danger nos 6p0 militaires présents dans les pays de l\u2019État islamique que la situation va se calmer.Au Canada, des tonnes de familles attendent lem retom sans savoir s\u2019ils reviendront vraiment.Mettre en danger tous ces militaires n\u2019aide pas le fait que le groupe extrémiste fait plusieurs victimes.Malgré Ja présence du Canada en Irak et en Syrie, l\u2019État islamique continue ses attaques et plusiems Canadiens y sont exposés.En investissant pour contrer l\u2019État islamique et en y envoyant plusieurs soldats, le gouvernement nuit à son propre pays pour essayer d\u2019en aider d\u2019autres.Marie-Eve Parent-Gravel Le 2 avril 2015 Des trains qui brûlent d\u2019envie de rouler Les mesures prises par le Canadien National pour éviter d\u2019autres accidents de train contenant des matières dangereuses («Le Canadien National ralentira aux abords des villes».Le Devoir, 2 avril 2015) sont largement insuffisantes pour atteindre ce but.Ces mesures, qui s\u2019appliquent seulement aux régions métropolitaines de recensement au Canada, ne seront donc mises en place que dans six agglomérations au Québec.Ce ne sont pas toutes les villes qui bénéficieront de ces renforcements de sécurité, et on peut donc en conclure que beaucoup de Québécois continueront à vivre près de trains qui roulent trop vite.Selon ce que le CN affirme, la majorité de ces nouvelles mesures «excèdent les minimums requis».Toutefois, cette formulation laisse à désirer.Comment peut-on seulement avoir pour objectif d\u2019obtenir un peu plus que la note de passage en matière de sécurité ferroviaire?Dans des cas semblables, viser le maximum s\u2019impose.Tout cela amène à se demander si le Canadien National souhaite vraiment éradiquer les accidents de train.S\u2019il hésite encore, qu\u2019il regarde combien Montreal, Maine & Atlantic et Irving Hill doivent à leurs créanciers à la suite de l\u2019accident de Lac-Mégantic.Jade Bélisle, étudiante en sciences de la nature au Cégep régional de Lanaudière à Joliette Le 2 avril 2015 LIBRE OPINION Une Union eurasienne est née MATHIEU JACQUES Avocat maître en droit de l\u2019Université McGill L\u2019auteur était un observateur électoral, lors des élections parlementaires ukrainiennes tenues en octobre 2014, pour l\u2019OSCE Peu de médias occidentaux ou canadiens l\u2019ont souligné, mais Tannée 2015 est une année cruciale pour l\u2019intégration de l\u2019ancien espace soviétique, oû la Fédération de Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l\u2019Arménie et le Kirghizistan se sont unis pour fonder, le l®Qanvier 2015, l\u2019Union eurasienne.Il s\u2019agit là d\u2019un développement majeur pour toute la région, qui semble avoir été totalement éclipsé par la guerre qui fait rage en Ukraine.Largement inspirée de l\u2019Union européenne, cette Union eurasienne, qui regroupe 183 millions d\u2019individus et couvre près de 15% de la surface terrestre, montre bien que la Russie non seulement cherche, mais a réussi à constituer son propre bloc économique.Avec un PIB de 4000 milliards de dollars, TUnion eurasienne est appelée à devenir un parte- naire incontournable à cheval entre TEu-rope et TAsie et sera certainement une superpuissance énergétique.Ce projet d\u2019abord et avant tout économique a été conçu dans un esprit de multilatéralisme oû chacune des langues des États membres a un statut de langue officielle de TUnion.Ses institutions, plutôt que d\u2019être concentrées en Russie, sont partagées parmi les membres.En effet, si la Commission eurasienne se trouve à Moscou, le siège de la banque de développement est à Almaty et la cour eurasienne se trouve à Minsk.Les observateurs occidentaux qui voient la crise en Ukraine comme un retour en force de la Russie manquent de perspective.Les crises vont et viennent dans cette région et la situation en Ukraine est appelée à se «geler» de manière similaire à ce qu\u2019on peut observer en Géorgie, dans le cas de TQssé-fie du sud et de TAbkhazie, ou encore en Arménie, avec la région du Haut-Karabagh.Cette union est l\u2019initiative d\u2019intégration la plus sérieuse depuis la chute de l\u2019URSS Cette Union, qui permettra la libre circulation des biens, des personnes, des capitaux et des services, est l\u2019initiative d\u2019intégration la plus sérieuse jamais entreprise depuis la chute de TUnion soviétique et est appelée à s\u2019étendre davantage aux anciens États de l\u2019URSS.Le traité fondateur de cette union ouvre la voie à une monnaie commune.C\u2019est la fin des organisations purement symboliques comme la Communauté des États indépendants, qui a succédé à l\u2019Union soviétique et qui, en près de 24 ans d\u2019existence, n\u2019a pratiquement aucune réalisation à son actif.Vladimir Poutine déclarait en 2005 que la chute de TUnion soviétique était la plus grande catastrophe géopolitique du XX® siècle.L\u2019Qccident a intérêt à en prendre acte, car nous sentirons certainement l\u2019effet de ce grand mouvement dans les années à venir. LE DEVOIR LE MARDI 7 AVRIL 2015 A 7 IDEES Manifeste pour un élan global Un collectif de Québécois issus de tous les horizons lance, ce mardi 7 avril, un mouvement d\u2019objecteurs de conscience opposés à l\u2019invasion pétrolière de notre territoire et à la destruction du climat au bénéfice de quelques-uns.Au-delà de 200 citoyens se mobilisent en faveur d\u2019une «grande transition écologique de notre économie».*TEXTE COLLECTIE Une noirceur nouvelle se répand sur le Québec.EUe a franchi les portes de notre pays.La pensée unique revient en force et s\u2019empare de notre démocratie, elle impose une vision du monde qui colo-nise notre espérance.Nous nous dressons devant elle.Nous refusons.La science est muselée chaque jour davantage.Le dogme de l\u2019argent, de la croissance à tout prix et de ses impératifs s\u2019empare de la raison.La parole citoyenne ploie trop souvent sous le poids de la propagande d\u2019intérêts puissants qui s\u2019approprient le bien commun.Les signaux d\u2019alarme se multiplient.La survie même de notre espèce est mise en cause.Les populations d\u2019espèces sauvages de notre planète ont diminué de moitié en 40 ans.Les océans s\u2019acidifient.Les concentrations de gaz à effet de serre dans l\u2019atmosphère ont atteint un seuil qui nous rapproche de l\u2019irréversible.La science est claire : pour éviter un dérèglement irréversible de notre climat, l\u2019essentiel des réserves de combustibles fossiles doivent demeurer enfouies dans le sol.Extraire le pétrole à notre tour devient carrément immoral dans ces circonstances.Quel est ce monde où la création de richesses s\u2019appuie sur l\u2019éradication de la vie?Nous sommes les dernières générations à pouvoir empêcher l\u2019irréparable.Nous ne serons pas com-plice,s de l\u2019implacable destruction de notre avenir.A ce stade de notre histoire, notre inaction est devenue le sjmiptôme de notre échec moral.Rien de ceci ne se fait, ne se fera en notre nom.Dissidence Devant l\u2019urgence, nous inscrivons notre dissidence.Nous nous déclarons objectrices et objecteurs de conscience.Nous retirons notre confiance aux gouvernements qui endossent le pillage du bien commun au profit de l\u2019enrichissement de quelques-uns.Nous avons le devoir de résister à l\u2019invasion systématique de notre territoire par les pétrolières et par de puissants intérêts financiers.Le Québec a fondé sa modernité sur des valeurs fondamentales, dont l\u2019énergie propre et le partage des richesses.C\u2019est ce que nous sommes.C\u2019est ce que nous voulons être.Nous exigeons le respect de cette identité.De chaque côté du Saint-Laurent, soyons celles et ceux qui éclairent le chemin et agissons.En conséquence : Nous exigeons la fin des projets d\u2019exploration et d\u2019exploitation d\u2019hydrocarbures en sol québécois; nous refusons tout passage de pétrole à des fins d\u2019exportation sur notre territoire, que ce soit par train, oléoduc ou navire-citerne; nous exigeons l\u2019adoption par le gouverne- SOURCE GREMM Les signaux d\u2019alarme se multiplient.La survie même de notre espèce est mise en cause.Les populations d\u2019espèces sauvages de notre planète ont diminué de moitié en 40 ans.ment du Québec d\u2019un plan crédible pour réduire notre consommation de pétrole de 50% d\u2019ici 2030 et atteindre la neutralité carbone pour 2050; nous exigeons que la Caisse de dépôt et placement du Québec désinvestisse le secteur des combustibles fossiles.Nous demandons aux autres gestionnaires de fonds d\u2019investissement dont les capitaux proviennent de citoyennes et citoyens d\u2019en faire autant.Nous agirons aussi individuellement.L\u2019argent de nos retraites ne doit pas appauvrir nos enfants.Il doit servir à assurer leur avenir; Consommer moins nous nous engageons à consommer moins, à produire mieux et à contribuer à la construction d\u2019une économie qui permettra l\u2019amélioration du bien-être humain et de l\u2019équité sociale tout en protégeant l\u2019environnement; nous avons tout ce qu\u2019il faut pour écologiser et humaniser notre économie.Pour entamer la transition, mobilisons talents et ressources pour la préservation de la planète et l\u2019épanouissement des humains qui l\u2019habitent.Créons ensemble un autre modèle en misant sur l\u2019avenir; nous sommes de plus en plus nombreux à porter la voix du changement.Restons solidaires, au-delà de toutes frontières.Participons à l\u2019éveil démocratique, à ce nouvel élan bâtissem et créatem qui se porte à la défense du bien commun, de l\u2019intérêt général, et qui milite sous de multiples formes avec coinage pour la suite de notre monde.Des solutions Les solutions existent.Nous avons les moyens technologiques et humains qui permettent de lancer un vaste chantier de développement véritablement durable, viable, juste et équitable.Nous avons le devoir de devenir les leaders de ce nouvel élan global qui marquera le XXL siècle.Le Québec a fait maintes fois la preuve de sa capacité à mener de grands changements, avec audace, sérieux et ingéniosité.Nos révolutions sont tranquilles, mais ce sont de vraies révolutions.Elles peuvent inspirer le monde entier.Dans chaque ville et chaque village, avançons la tête haute.Comme dans la chanson de Vigneaulf roulons comme baril de poudre, passons comme glace en débâcle.Ensemble, semons l\u2019espoir.Honorons la mémoire de nos frères et de nos sœurs disparus lors de la tragédie de Lac-Mégantic.Apportons notre soutien aux Premières Nations dans leurs luttes pour protéger leurs territoires.Protégeons nos enfants, nos petits-enfants et ceux et celles qui suivront.Aujourd\u2019hui, nous proclamons notre droit de vivre dans un environnement sain et sécuritaire.Nous nous interposerons par tous les moyens de résistance pacifique dont nous disposons.Nous ne nous battons pas pour la nature.Nous sommes la nature.Nous sommes la nature qui reprend ses droits.Rien n\u2019arrêtera notre élan.* Quelques-uns de ceux qui ont signé ce texte: Camil Bouchard Dominic Champagne Jérôme Dupras pour Les Cowboys Fringants Karel Mayrand Gabriel Nadeau-Dubois Eric Pineault Annie Roy Laure Waridel lA Lire aussi > Le texte compiet du manifeste \" sur l\u2019application tablette et le site Web du Devoir L\u2019utopie romantique des startups américaines ELAVIE RALAIS es termes «économie du L partage», «consommation collaborative» et «économie collaborative » sont tous apparus au cours des années ^^=1 2000, alors que s\u2019effectuait une prise de conscience quant aux dommages sociaux et environnementaux causés par le modèle de consommation occidental.Parallèlement, les technologies numériques favorisent l\u2019émergence de marchés pair-à-pair facilitant les transactions entre individus, notamment grâce à des systèmes de réputation permettant d\u2019assurer la qualité des biens vendus ou échangés.Depuis l\u2019apparition des géants Airbnb (évaluée à 13 milliards de dollars), Uber (évaluée à 18 milliards), Lyft et autres startups à croissance exponentielle, il ne s\u2019agit cependant plus uniquement de proposer des outils qui simplifient la vie du consommateur, mais bien de révolutionner l\u2019économie, le travail et la consommation \u2014 rien de moins.«Je veux que l\u2019économie du partage devienne le modèle économique dominant dans le monde, en raison des avantages sociaux et économiques qu\u2019elle comporte, et de la distribution des richesses, du contrôle et du pouvoir qu\u2019elle représente.Elle a la possibilité d\u2019améliorer le monde», déclarait en 2013 Des Idées EN REVUES Chaque mardi.Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique afin qu\u2019ils présentent leur perspective sur un sujet qui les préoccupe ou dont ils traitent dans les pages de leur publication.Cette semaine, un extrait du dernier numéro de la revue Nouveau Projet nouveauprojet.com/magazine Douglas Atkin, «chef global de communauté» chez Airbnb.Changer le monde, raviver des communautés, redonner le pouvoir aux individus.Telle est la mission que se donnent les chantres de l\u2019éco- nomie du partage, reprenant un vocabulaire habituellement réservé aux militants progressistes.L\u2019utilisation répétitive de mots chargés d\u2019une forte valeur affective vise à rallier les foules autour d\u2019un objectif commun auquel nul ne peut s\u2019opposer (personne n\u2019oserait se dire contre le partage, la solidarité).De même, l\u2019insistance mise sur la «confiance» suscite chez l\u2019usager le sentiment de participer à un effort collectif louable.En réalité, cette supposée confiance repose sur un intransigeant système de «réputation» qui permet aux usagers de noter la performance de leurs hôtes, chauffeurs ou autres prestataires de services, et qui laisse finalement bien peu de place à la confiance accordée à l\u2019aveugle.[.] «La vieille économie a échoué, clamait Atkin à la conférence LeWeb tenue en 2013.La plupart des gens ne profitent pas de l\u2019indépendance économique et du bonheur que la production de masse et la société de consommation avaient promis.En partie parce que le vieux système centralise la production, la richesse et le contrôle.» Les startups de l\u2019économie du partage se proposent donc de révolutionner l\u2019économie grâce à un nouveau modèle promettant à tous équité et indépendance.Sauf que ce modèle ne s\u2019attaque en rien aux racines des inégalités de richesse et de production.Airbnb, Lyft et les autres sont de purs produits du capitalisme spéculatif, financés grâce à du capital-risque et ultimement contrôlés par leurs investisseurs, qui se partageront les profits réalisés grâce au labeur des usagers.Ces compagnies proposent simplement un système visant à pallier de manière superficielle les effets du ralentissement de l\u2019économie et de l\u2019augmentation des inégalités sociales, créant la douce illusion qu\u2019il est possible \u2014 moyennant quelques heures de travail en plus \u2014 d\u2019accéder à un niveau de vie rendu inatteignable.[.] Avec le temps, cette «nouvelle» économie finit par se confondre avec la «vieille» économie tant décriée.Ainsi, Zipcar, l\u2019équivalent américain de notre Communauto, a été achetée par le locateur de voitures Avis en 2013; des chambres d\u2019hôtel sont maintenant disponibles sur Airbnb ; et Uber est adoptée massivement par des chauffeurs de taxi traditionnels.Ces quelques exemples démontrent que si ces startups et autres entreprises des technologies numériques peuvent contribuer à favoriser le partage des ressources et la justice sociale, elles ne peuvent le faire sans être encadrées par des politiques publiques et une planification urbaine éclairée.Le mouvement du partage n\u2019est pas seulement économique \u2014 il est aussi politique.Des commentaires ou des suggestions ?Ecrivez à arobitaille@ledevoir.com ou à gtaillefer@ledevoir.com.Voyage à venir en Algérie John R.MacArthur epuis toujours, je rêve de voyager à Oran et à Alger afin de mieux apprécier l\u2019œuvre d\u2019Albert Camus.Héros non seulement philosophique.Camus reste aussi pour moi l\u2019incarnation d\u2019une certaine idée que je conserve depuis ma jeunesse sur la possibilité d\u2019un journalisme à la fois littéraire et idéaliste.Lors de sa vie trop courte, cet enfant de la classe ouvrière, dont la mère était illettrée, a élargi les esprits de millions de lecteurs avec ses romans, mais il a également donné à des milliers de journalistes moins doués que lui l\u2019espoir que quelque part, enfoui dans le petit train-train quotidien de leur boulot, il pourrait se trouver quelque chose de plus édifiant qu\u2019un compte reqdu exact ou qu\u2019un fait divers amusant.Évidemmenf on peut s\u2019inspirer des écrits de Camus sans se soucier de ses racines.Mais ma curiosité journalistique ainsi que mes inclinations touristiques voudraient que je me rende au berceau du saint patron des éditorialistes engagés pour me tremper dans la chaleur intense, le soleil brûlant et la plage déserte décrits dans L\u2019étranger.Là-bas, en Algérie, je rencontrerais les ombres de vraies personnes évoquées dans Le premier homme.Je croiserais à Oran une version du D\"^ Rieux, implacable adversaire du mal universel dans La peste.Et dans les rues de Belcourt, à Alger, je respirerais l\u2019air qui a permis, contre toute attente, au grand esprit du petit Albert de fleurir, malgré la pauvreté, sous l\u2019œil bienveillant d\u2019un enseignant sage qui a pu servir de père pour un gamin qui avait perdu le sien dans la Grande Guerre.Sauf cette invitation, reçue en 1998, à participer à une mission anticensure à Alger pour une organisation de presse, je n\u2019ai jamais eu l\u2019occq-sion de mettre les pieds au Maghreb.À l\u2019époque, l\u2019Algérie était en pleine guerre civile entre le gouvernement militaire et les rebelles islamistes, et je ne voyais pas d\u2019intérêt à fairç l\u2019aller-retour de l\u2019aéroport à l\u2019hôtel en blindé.À quoi bon me présenter sur les lieux sacrés de Camus sans pouvoir me promener dans les rues et plonger dans la Méditerranée ?Toutefois, ce rêve d\u2019un Camus retrouvé en Afrique du Nord m\u2019est resté dans le ventre, alors que j\u2019étais ignorant du monde maghrébin, à part des rencontres de routine avec les commerçants algériens à Paris et quelques conversations pas très agréables apTunnel, un bar défunt du boulevard Exelmans.À vrai dire, mon rêve camusien a peu de rapport avec l\u2019Algérie actuelle, et même aucun avec l\u2019Algérie pied-noir de Camus.Un choc Or mon séjour dans l\u2019Algérie de fiction camu-sienne a été rudement bousculé ces derniers jours.Ayant récemment relu L\u2019étranger, j\u2019ai lu à la suite Meursault, contre-enquête, le roman de Kamel DaoucJ sorti l\u2019année dernière en Erance (en juin aux Etats-Unis), et voilà que je ne peux plus rêver de la même façon.Daoud offre une révision de L\u2019étranger du point de vue arabe qui a bouleversé mes images fixes et rend impossible mon éventuel voyage à l\u2019ancienne colonie française, du moins pas ,dans un état d\u2019ignorance béate de l\u2019Autre arabe.A travers son narrateur, Haroun, frère de la victime abattue sur la plage par Meursault, Daoud fait son propre rêve, donnant à « l\u2019Arabe » un nom.Moussa, et une personnalité que Camus n\u2019a pas forcément voulu envisager.Dans L\u2019étranger, l\u2019Arabe est un symbole qui menace, mais qui n\u2019agit pas vraiment; il sert de tabula rasa pour refléter un dilemme largement occidental qui a abouti au quasi-suicide de Meursault.Plus surprenant encore, on ne trouve pas de rancune anticolonialiste chez Daoud, pas de clichés tiers-mondistes.Guylaine Massoutre soutient dans Le Devoir que «la force du roman, c\u2019est de n\u2019être ni une revanche ni l\u2019histoire d\u2019un martyr.on y lit une colère géante, à la mesure de l\u2019absence d\u2019empathie, de l\u2019effacement de la victime, de \u201cla nonchalance majestueuse\u201d du criminel Meursault».Comme Camus, Daoud est journaliste, chroniqueur au Quotidien d\u2019Oran, laïque et méprisant envers des islamistes en guerre contre la tolérance et la liberté.Il a dernièrement expliqué au New Yorker qu\u2019il a «écrit un roman parce que, pour une fois, j\u2019ai pu mettre un petit peu de distance entre moi et le journalisme».La conséquence en est une fatwa ordonnée par un imam radical, offensé par la politique trop libérale de Daoud et par son protagoniste, qui aime les femmes et l\u2019alcool.«Ce sont des amoureux de la mort, pas de la vie», déclare Daoud.Camus, lui aussi, aimait les femmes et la liberté.Mais Daoud révèle peut-être un conflit caché du Prix Nobel.D\u2019après Haroun, le meurtre commis par Meursault «semble celui d\u2019un amant déçu par une terre qu\u2019il ne peut posséder.Comme il a dû souffrir, le pauvre.Etre l\u2019enfant d\u2019un lieu qui ne vous a pas donné naissance.» Si jamais je voyage en Algérie, ce sera en compagnie d\u2019Haroun ainsi que de Meursault.John R.MacArthur est éditeur ù\u2019Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient au début de chaque mois.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l\u2019information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Ohvier Zuida (recher-chistes photos), information générale : Isabelle Pare (chef de division), Lisa-Mane Gervais (education), Alexandre Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion (sports), Bnan Myles, Jessica Nadeau, Phihppe Orfah et Karl Rettino-Parazelli (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel V>?isr\\.A(chroniqueur), Helene Buzzetti et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cinno et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Juhe Carpentier (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaïUargeon (médias), François Levesque et Carohne ls/ioTvXp)QXit(reporters), Benoît Munger et Philippe Vwpm&aM(pupitre), information économique : Gerard Berube (chef de division), François Desjardins et Enc Desrosiers (reporters), Gerald Dallaire (pupitre), information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Fredenc Legare-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Loïc Hamon (cahiers spéciaux), équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle CaïUou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferrans et Corahe Mensa (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Mehsande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais (coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientèle), Manon Blanchette, Mane-Lune Houde-Bnsebois, Nathahe Eihon et Kevm McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE MARDI 7 AVRIL 2015 ACTUALITES ÉTUDIANTS SUITE DE LA PAGE 1 été nommée temporairement pour remplacer Godbout à titre de porte-parole.Elle quittera ce poste dès mardi.Dans le plan d\u2019action adopté lors du congrès, l\u2019association souligne que «la diversité d\u2019opinions et une conflictualité constructive sont valorisées au sein de l\u2019ASSE.[.] Toutefois, le ton et le momentum de publication du dernier texte n\u2019ont pas été appréciés.» Les membres ont d\u2019ailleurs adopté une motion condamnant ce qu\u2019ils qualifient d\u2019agissements «contraires aux structures de démocratie directe».La porte-parole, Hind Fazazi, refuse foutefois de parler d\u2019une crise au sein de LASSÉ.« Je ne pense pas que c\u2019est une bonne analyse de dire qu\u2019il y avait une chicane à l\u2019interne.Il y avait une saine dissension et je pense que c\u2019est important de souligner que l\u2019ASSE est unie, même si elle n\u2019est pas homogène.» Sur sa page Facebook, l\u2019ancienne secrétaire aux relations internes du conseil exécutif, Virginie Mikaelian, a pourtant dénoncé la teneur des échanges qui ont précédé son départ.Dans un long message, elle déplore «cette mauvaise foi qui déshumanise complètement ceux et celles qui se donnent corps et âme au sein des structures de l\u2019ASSE.Celle qui invisibilise notre travail.Celle qui nourrit la haine que j\u2019ai lue toute la semaine dans vos différentes conversations Eacebook.» Un conseil exécutif intérimaire sera élu jeudi, lors d\u2019un conseil central extraordinaire, et un tout nouvel exécutif entrera en poste à la suite du congrès annuel, les 25 et 26 avril prochains.Nouvel appel à la mobilisation Entre-temps, LASSÉ entend poursuivre la lutte de plus belle.Au cours de la fin de semaine, elle a réitéré son appel à la grève, tout en précisant que sont les associations membres qui décideront de la suite des choses.Plusieurs d\u2019entre elles devront décider ce mardi si elles reconduisent ou non leur mandat de grève.Plusieurs rassemblements sont prévus au cours des prochaines semaines, à commen- ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Maxence L.Valade, attaché de presse intérimaire de i\u2019ASSÉ, en compagnie de ia porte-paroie intérimaire de i\u2019association étudiante, Hind Fazazi.Un conseii exécutif intérimaire sera éiu jeudi.Un tout nouvei exécutif entrera en fonction à ia fin du mois.cer par une manifestation «action-climat» le 11 avril et une «grève sociale» le 1®\u201c^ mai.D\u2019autres événements visant à mettre de Lavant plusieurs revendications différenfes sont prévus jusqu\u2019au mois d\u2019août.L\u2019ASSÉ a également annoncé son intention de perturber le congrès du Parti libéral du Québec en juin.Sur le fond, toutefois, rien ne change.La lutte contre les mesures à\u2019« austérité » du gouvernement Couillard, notamment en santé et en éducation, et l\u2019exploitation des hydrocarbures sont toujours dans la mire des étudiants.«La lutte contre les mesures d\u2019austérité, ça nous étonnerait que ce soit une lutte de courte durée, souligne Fazazi.On pense que c\u2019est une lutte qui va s\u2019échelonner dans le temps.[.] C\u2019est sûr qu\u2019à l\u2019automne on va être encore là.» Mais comment espérer des gains concrets avec une liste de revendications aussi longue ?«Dites-vous bien que l\u2019esprit de cette grève-ci n\u2019est pas celui d\u2019une grève étudiante.C\u2019est tout à fait Grève générale illimitée en sciences hnmaines à l\u2019UQAM Piqués au vif par les menaces d\u2019expulsion qui pèsent contre neuf étudiants de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), les membres de l\u2019Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH) de l\u2019établissement ont déclenché lundi une grève générale d\u2019une durée illimitée.Près de 700 des 5200 membres en règle de l\u2019AFESH ont participé à l\u2019assemblée générale de grève qui s\u2019est tenue lundi dans une église du Plateau-Mont-Royal.Le vote tenu lundi a pour effet de prolonger pour une durée «illimitée» le mandat de grève que détenait déjà l\u2019AFESH.Qutre les menaces d\u2019expulsion prononcées par le conseil exécutif de l\u2019établissement envers neuf étudiants au cours des dernières semaines, les étudiants dénoncent l\u2019austérité, les hydrocarbures et le recours aux injonctions.L\u2019AFESH souhaite aussi limiter les pouvoirs des gardiens de sécruité de l\u2019établissement en les empêchant de séquestrer, toucher et menotter des étudiants.Les étudiants en sciences humaines invitent maintenant leurs collègues des autres facultés à leur emboîter le pas.Peu après la fin de l\u2019assemblée, vers 20 h, une manifestation ayant rassemblé plusierus dizaines de persoimes a eu lieu au centre-ville.La police a fait usage d\u2019irritants chimiques aux environs de 20 h 45 poru disperser la foule.Philippe Orfali différent de ce qui s\u2019est passé en 2012.C\u2019est une grève qui se veut sociale, insiste la porte-parole.Ce n\u2019est pas de réclamer l\u2019abolition de la hausse des droits de scolarité de 1625$ [comme en 2012], d\u2019atteindre l\u2019objectif et d\u2019arrêter de faire la grève.C\u2019est quelque chose de dynamique.Nous sommes attentifs aux négociations des syndicats et nous sommes sensibles au pouls.Nous ne sommes pas aveugles.» Le Devoir CARBONE JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le Québec participe depuis 2013 à un système de piafonnement et d\u2019échange de droits d\u2019émission avec ia Caiifornie.SUITE DE LA PAGE 1 leurs différentes politiques est un enjeu moins pressant», précise-t-on dans le document d\u2019une cinquantaine de pages.«La façon de faire la plus efficace, ce serait probablement d\u2019avoir un seul marché du carbone nord-américain, mais on ne voit pas les planètes s\u2019aligner dans un avenir rapproché, fait remarquer le commissaire et professeur au Département d\u2019économie appliquée d\u2019HEC Montréal, Paul Lanoie.Je pense qu\u2019on va apprendre à marcher en le faisant et, au fur et à mesure que des provinces auront pris des décisions, on pourra trouver la façon de coordonner les différentes politiques.» Suivre l\u2019exemple A l\u2019heure actuelle, trois provinces canadiennes ont mis en place une politique de tarification du carbone.La Colombie-Britannique mise depuis 2008 sur une taxe carbone, le Québec est participe depuis 2013 à un système de plafonnement et d\u2019échange de droits d\u2019émission (SPEDE) avec la Californie, alors que l\u2019Alberta privilégie depuis 2007 un système hybride.Ce dernier est toutefois jugé beaucoup moins efficace que les deux premiers.À ces trois provinces devrait bientôt s\u2019ajouter LQntario, qui pencherait en faveur du SPEDE.La province en fera l\u2019annonce le 13 avril, lors du sommet interprovincial qui aura lieu à Québec, selon ce que rapportait le Globe and Mail la semaine dernière.Le ministre québécois de l\u2019Environnement, David Heurtel, n\u2019a toutefois pas confirmé la nouvelle.La Commission sur Lécosfiscalité ne penche pas en faveur d\u2019un système ou d\u2019un autre, mais elle en décrit les forces et les faiblesses.La taxe carbone a l\u2019avantage d\u2019être un système simple qui rend la vie plus facile aux entreprises, grâce à un prix fixe associé aux émissions de carbone.En revanche, l\u2019ampleur de la réduction des émissions de GES n\u2019est pas garantie et le mot « taxe » peut rendre cette option moins attrayante aux yeux de la population.De son côté, le SPEDÊ permet aux entreprises qui excèdent la quantité maximale d\u2019émissions permises d\u2019acheter des « droits de polluer » et aux entreprises qui en émettent moins de vendre les droits non utilisés.La quantité de réduction des émissions est ainsi plus prévisible, mais la fluctuation du prix carbone peut devenir un irritant pour les entreprises.Peu importe le système privilégié, la Commission plaide en faveur d\u2019un prix uniforme pour toutes les émissions de carbone, quelles que soient leurs sources, afin d\u2019éviter des problèmes de compétitivité interprovinciale.A titre de comparaison, le prix de chaque tonne de carbone est actuellement de 30$ en Colombie-Britannique, contre environ 15$ au Québec.Les auteurs insistent également sur l\u2019importance d\u2019adopter des politiques adaptées à la réalité de chaque province et de permettre à tous les gouvernements de profiter à leur guise des revenus générés par la tarification du carbone.La Colombie-Britannique, par exemple, a choisi d\u2019utiliser le montant de 1,2 milliard qu\u2019elle génère chaque année avec sa taxe carbone pour réduire l\u2019impôt des sociétés et des particuliers, tandis que le Québec a préféré verser dans un fonds vert ses quelque 425 millions accumulés par année.11 s\u2019agit d\u2019un argument de vente que les provinces hésitantes doivent utiliser à leur compte, estime le professeur Lanoie.« C\u2019est l\u2019histoire de toutes les taxes écologiques.Une nouvelle tarification ou une nouvelle taxe sont beaucoup mieux acceptées si on sait où vont les revenus.C\u2019est un message que l\u2019OCDE nous envoie depuis longtemps.» Le membre du Groupe d\u2019études et de recherche sur le management et l\u2019environnement (GERME) est par ailleurs optimiste quant à la naissance d\u2019un mouvement pancanadien de tarification du carbone.«Pour l\u2019instant, plusieurs provinces sont en observation, elles regardent le jeu d\u2019échecs se dessiner et verront comment se lancer à leur tour, dit-il.L\u2019an dernier, au Conseil de la fédération, les 10 premiers ministres provinciaux ont conclu qu\u2019il fallait mettre une tarification sur le carbone.Je pense que c\u2019est donc une question de temps avant que tout le monde n\u2019embarque.» Le Devoir DAME SUITE DE LA PAGE 1 comme une femme forte, une femme que rien ne pouvait arrêter.Et pourtant, elle s\u2019est elle-même limitée dans son choix de carrière, craignanf en tant que femme, de ne pas être à la hauteur.«J\u2019ai été approchée un grand nombre de fois pour faire de la politique, mais je refusais toujours, car je pensais que je n\u2019étais pas prête, ce qui est un symptôme typiquement féminin.» Issue de la haute fonction publique, elle est arrivée en politique à l\u2019âge de 58 ans.C\u2019est Jean Charest qui a réussi à la convaincre de faire le saut.Aujourd\u2019hui, avec le recul, elle regrette d\u2019avoir tant tardé.«J\u2019aurais dû aller plus tôt en politique.Si je l\u2019avais fait, peut-être que j\u2019aurais eu l\u2019ambition de devenir première ministre.Et la raison pour laquelle je pousse les femmes à aller le plus loin possible, c\u2019est que moi, je ne l\u2019ai pas visé, le numéro un.» Elle s\u2019arrête un instant, le temps de bien saisir l\u2019ampleur de ce qu\u2019elle vient de dire.Et elle répète, avec une pointe de déception dans la voix: «Je n\u2019ai pas visé le numéro un.» Pauline Marois Lorsque l\u2019occasion s\u2019est présentée de se lancer à la course au leadership du Parti libéral du Québec, en 2012, elle avait quitté la politique depuis plus de trois ans déjà et elle menait une vie qui lui plaisait, passant ses hivers dans sa maison de Merida, au Mexique, avec son mari, siégeant à divers conseils d\u2019administration et voyageant à travers le monde.11 n\u2019était alors pas question de revenir.«Le train était passé.Il aurait fallu recommencer les rencontres dans les sous-sols d\u2019église.Non, non », dit-elle en balayant l\u2019air de sa main, comme pour chasser un mauvais souvenir.Au même moment, Pauline Marois est arrivée au pouvoir.Elle La appelée poru la féliciter.Elle lui a également envoyé un mot lorsqu\u2019elle s\u2019est fait battre, 18 mois plus tard.«Je savais qu\u2019elle avait un appartement au Mexique.Je lui ai dit: \u201cNe t\u2019inquiète pas, Pauline, le Mexique a de grandes vertus, j\u2019en sais quelque chose\u201d.» Monique Jérôme-Forget en cinq dates 8 août 1940 Naissance à Montréal dans une famille modeste Juin 1977 Qbtention d\u2019un doctorat en psychologie de l\u2019Université McGill 1991 Nommée présidente de Dans son autobiographie qui vient de paraître, Monique Jérôme-Forget ajoute sa voix à celles de nombreuses femmes qui ont dénoncé sur les réseaux sociaux une #AgressionNonDénon-cée dans la foulée de l\u2019affaire Jian Ghomeshi.Pour la première fois, elle parle publiquement de cet homme impor-tant qui s\u2019était jeté sur elle, l\u2019ayant tripotée et embrassée goulûment à la fin d\u2019un entretien privé dans son bureau, alors qu\u2019elle était la présidente de la ()SST.Plus de 30 ans plus tard, elle grimace encore en évoquant cette scène.«C\u2019était ma parole contre la sienne.l\u2019Institut de recherche en politiques publiques Novembre 1998 Élue députée libérale dans Marguerite-Bourgeoys Avril 2009 Démission après l\u2019adoption du budget C\u2019était un illustre personnage.Et plusieurs personnes auraient préféré le croire, lui.» Bien qu\u2019il soit aujorud\u2019hui décédé, elle refuse toujours de le nommer, par respect pour ses enfants.MONIQUE JÉRÔME-FORGET Manifestations La relationniste qui s\u2019occupe du livre de Mo-ifique Jérôme-Forget arrive en retard.Elle évoque les manifestations au centre-ville.«Ah oui, les manifestants», lance l\u2019ancienne ministre en soupiranf jetant un coup d\u2019œil par la fenêtre pour voir s\u2019ils étaient en vue.«Ce matin, fêtais au conseil d\u2019administration de la Banque du Canada.J\u2019étais la seule du Québec.Tout le monde riait de moi, on me disait: «Monique, ta gang est encore dans la rue».Est-ce que ça fait partie maintenant de notre couleur locale ?Est-ce que ça va faire partie de nos gènes ?Je ne sais pas.» Sans grande surprise, Monique Jérôme-Forget est d\u2019accord avec les politiques d\u2019austérité du gouvernement Couillard.Mais elle n\u2019aime pas le mot, préférant parler d\u2019une «approche rationnelle».Elle croit que le Québec n\u2019a plus les moyens de se payer des programmes comme celui des garderies à 7$ et qu\u2019il est temps de revoir le «généreux» programme d\u2019assurance parentale.11 faut aussi s\u2019attaquer «aux vaches sacrées» telles que la santé, dont le rythme de croissance ne cesse d\u2019augmenter.«Il faut poser des gestes, même en santé.Si on continue de même, on va avoir juste un gros hôpital et rien d\u2019autre.» Devant la réforme proposée par le miifistre de la Santé, Gaétan Barrette, elle ne peut s\u2019empêcher de lui souhaiter bonne chance.«En santé, c\u2019est plein de prima donna, lance-t-elle sans ménagement.Il centralise beaucoup de décisions, et c\u2019est telle- ment compliqué, la santé, je n\u2019aurais pas été dans cette direction.Mais je ne peux pas le critiquer, parce qu\u2019il y a tellement de monde qui a essayé, il est temps d\u2019essayer autre chose.» Moifique Jérôme-Forget, qui doit son surnom de Dame de fer à l\u2019ancienne première miifistre britannique, Margaret Thatcher, estime que cette dernière «a sauvé» son pays par ses politiques.Mais «elle n\u2019a pas su céder sa place, de sorte qu\u2019elle s\u2019est fait jeter dehors par son parti».Elle concède que Jean (Jharest a lui aussi «raté sa sortie», bien qu\u2019il Lait fait «avec élégance», dans le contexte.«Moi, je suis trop fière pour me faire battre, mais lui, c\u2019est un bagarreur, il est allé jusqu\u2019au bout » Elle déplore que Jean Charest n\u2019ait jamais réussi à se faire aimer comme Lucien Bouchard ou René Lévesque.« C\u2019est difficile d\u2019être chef libéral et de se faire aimer.» Le Devoir MOJilQUE JEROME-FORGET Brigitte Pilote Libre expression Montréal, 2015, 216 pages LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D 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