Le devoir, 11 avril 2015, Cahier E
[" La série télé Game of Thrones de HBO reprend du service! Pagee6 Le film Traquée, une métaphore de Tinconscient collectif Page E12 CÜITURE CAHIER E .LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 PEDRO RUIZ LE DEVOIR Portées par le poids de la colère, Léane Labrèche-Dor, Eve Landry, Debbie Lyncb-Wbite, Alice Pascual et Catherine Trudeau chargent et dénoncent dans ce J\u2019accuse inquisiteur.J,Chefs daccusation Avec J\u2019accuse^ l\u2019auteure dramatique Annick Lefebvre présente cinq chants pour autant d\u2019alouettes en colère f PEDRO RUIZ LE DEVOIR Annick Lefebvre, auteure de la pièce J\u2019accuse ALEXANDRE CADIEUX eur réquisitoire semble avoir peu à voiy avec la colère d\u2019Emile Zola et son brûlot contre l\u2019injustice flagrante dont fut victime Alfred Dreyfus.Pourtant, du J\u2019Accuse.! de 1898 à ce J\u2019accuse de 2015, il y a le poids de la colère, l\u2019impé-rativité de la prise de parole et le soupçon de mauvaise foi nécessaire pour faire image et rompre avec le consensus.Empoignant les mots d\u2019Annick Lefebvre, les comédiennes Léane Labrèche-Dor, Eve Landry, Debbie Lynch-White, Alice Pascual et Catherine Trudeau chargent et dénoncent Le tribunal officiera au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, sous la juridiction du metteur en scène Sylvain Bélanger.Et les procureures en place ciblent large: des avocates carriéristes aux «penseurs idéalistes de gauche du Devoir», A\u2019«Isa-helle-Boulay-la-matante-suave » au sempiternel et immuable pot-pourri chansonnier de la Saint-Jean-Baptiste, tout y passe, avec en toile de fond les doutes, les petites lâchetés et les pieux mensonges de tout un chacun.Cette femme dont chaque monologue évoquerait une facette, serait-ce l\u2019auteure elle-même?suggèrent les signes autoréférentiels plus ou moins subtils saupoudrés ici et là dans le texte.« Ça fait partie du jeu de l\u2019écriture que d\u2019explorer cette frontière entre ce à quoi j\u2019adhère et ce à quoi je n\u2019adhère pas, entre ce que f accuse pour vrai et des discours qui au contraire m\u2019oppressent, clarifie l\u2019auteure, remarquée en 2013 pour sa pièce Ce samedi il pleuvait.Si je m\u2019apprête à porter un jugement sur une fan d\u2019Isabelle Boulay et sur sa manière d\u2019agir, par souci de justice je dois me mettre moi aussi la tête sur le billot.D\u2019où Vidée de dévoiler aussi en douce quelques vérités peu glorieuses sur ma propre vie.» Sus au consensus «On sait quand même à qui on parle, à qui on s\u2019adresse, quand on écrit du théâtre au Québec.Ce serait facile de créer un show qui ferait consensus d\u2019un bout à l\u2019autre chez ce pu-blic-là, ce qui reviendrait à me déresponsabiliser», enchaîne-t-elle.Lefebvre cite comme exemple le segment mettant en scène « Celle qui agresse», propriétaire d\u2019une PME, interprétée par Catherine Trudeau et dont on ne saurait qualifier le discours de social-démocrate : « Un point de vue comme le sien, je l\u2019entends dans la rue ou dans mes partys de famille.Dès lors, il a complètement sa place sur une scène, surtout dans un spectacle qui cherche à soulever des enjeux sociaux.Mon travail, c\u2019est de faire comprendre quel est le chemin qui la mène à dire ça, les raisons pour lesquelles certaines pensées inavouables surgissent tout à coup, débordent.» Léane Labrèche-Dor, qui a hérité du rôle plus en douceur de « Celle qui aime », loue le travail de Sylvain Bélanger en ce sens.«Un personnage comme celui de Catherine, ce serait tellement facile d\u2019en faire un pastiche, une matante niaiseuse de comédie qui correspondrait à tous les clichés qu\u2019on a dans nos têtes et dont on pourrait rire.Le vrai défi, c\u2019est de l\u2019incarner dans le corps et dans la voix d\u2019une femme sensée, pour qui on pourrait avoir, malgré tout, de la compassion.Et ça, Sylvain Va parfaitement compris.» Incarner avec justesse les paradoxes plutôt que de les balayer du revers de la main demeure, selon les deux créatrices, la meilleure option pour éviter le prêt-à-penser.«Il revient ensuite à chacun de faire son propre cheminement, son examen de conscience personnel», explique la jeune comédienne que l\u2019on a pu voir dans Les muses orphelines chez Du-ceppe en 2013 ainsi qu\u2019au sein de l\u2019équipe de SNL Québec, sur les ondes de Télé-Québec jusqu\u2019à tout récemment.Parler, même à soi Les déversements qu\u2019elle a composés sont-ils, selon Annick Lefebvre, des accès au flux de conscience ou de véritables prises de parole ?«Elles parlent.Après avoir trop longtemps accumulé, ç\u2019a explosé, quitte à dire des choses qui dépassent la pensée.Elles le font par instinct de survie, d\u2019ailleurs.Ce n\u2019est pas un monologue intérieur, ça s\u2019adresse à quelqu\u2019un, même si ce n\u2019est pas toujours précisé à qui.» Réfléchissant tout haut à son propre personnage, Labrèche-Dor nuance ainsi: «Un monologue intérieur, ça peut aussi être adressé, dans la mesure où tu as un interlocuteur quand tu parles dans ta tête, c\u2019est toi.Je le fais dans la vie, et je ne pense pas que ça fait de moi quelqu\u2019un VOIR PAGE E 3 : ACCUSATION E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 CULTURE Si les Dardenne m\u2019étaient contés.Odile Tremblay / \u2022V.à Un critique de cinéma belge m\u2019avait, en début d\u2019année, évoqué «l'effet Rosetta», une expression si familière dans son cercle que tout commentaire lui semblait superflu.Mais pour une oreille étrangère, des précisions s\u2019imposaient Rappelons que Luc et Jean-Pierre Dardenne, illustre fratrie wallonne issue du documentaire, derrière une première fiction remarquable {La promesse) y avaient remporté en 1999 à Cannes la Palme d\u2019or avec Rosetta^ chronique sociale d\u2019une chômeuse en lutte pour retrouver sa place au soleil, en plus du prix d\u2019interprétation féminine aux mains de la débutante Emilie Dequenne.Emoi à Bruxelles comme à Seraing, ville natale des cinéastes.L\u2019honneur avait rejailli sur toute la Belgique, de Bruges à Liège et d\u2019Anvers à Charleroi, Wallons et Elamands flattés, une fois n\u2019est pas coutume, dans le même sens du poil.Et les habitants du plat pays, fussent-ils irréductibles amateurs des comédies grasses et d\u2019un Hollywood pures cascades, de faire la file pour découvrir la perle.Sauf qu\u2019en salles obscures, le grand public, déconcerté par une œuvre à ses yeux misérabiliste, lente et suintant l\u2019ennui blême, conclut que ce type de films pouvait séduire des sphères d\u2019intellos cinéphiles, mais n\u2019était décidément pas sa tasse de thé.Lorsque les Dardenne récoltèrent leur seconde Palme d\u2019or en 2005, pour L'enfant, et plusieurs lauriers pour l\u2019un ou l\u2019autre de leurs films à Cannes comme ailleurs, leurs compatriotes crurent en général plus sage de rester au foyer.Ce qui n\u2019empêcha pas les Dardenne de voir leurs œuvres primées en Belgique par leurs pairs, ni de s\u2019appuyer sur un noyau d\u2019admirateurs au pays, mais sans les recettes au guichet à la maison.Le journaliste reliait la désaffection du public belge à cet «effet Rosetta», Palme qui, au lieu d\u2019avoir réconcilié les spectateurs avec leurs films, les en aurait paradoxalement éloignés.On peut établir des liens avec nos productions québécoises, souvent primées à l\u2019étranger et boudées à domicile.La poursuite collective du divertissement à tout prix élargit le fossé entre le succès populaire et la consécration ciné-philique à l\u2019échelle planétaire.Là comme ailleurs.C\u2019est entendu.On s\u2019en désole en souhaitant longue vie aux cinéastes qui cassent les moules.Précieux aventuriers des terres peu fréquentées.Sous leurs films On gagne à les lire aussi.Rarement carnet de bord ne m\u2019est apparu plus inspirant que celui de Luc Dardenne, Au dos de nos images II, 2005-2014 (j\u2019avais raté le tome I), récemment publié au Seuil.Sont ajoutés les scénarios du Gamin au vélo et de Deux jours, une nuit, les plus récents films des frères belges, dont on aura d\u2019abord suivi les tâtonnements créatifs.Ce petit journal aborde au fil des jours ou des semaines les réflexions, les lectures, les affres, les doutes, l\u2019éthique, la quête de sens posé sur une œuvre commune.Et leur voie MICHEL GANGNE ARCHIVES AGENCE ERANCE-PRESSE Luc et Jean-Pierre Dardenne, illustre fratrie wallonne issue du documentaire, avaient remporté en 1999 à Cannes la Palme d\u2019or avec Rosetta, chronique sociale d\u2019une chômeuse en lutte pour retrouver sa place au soleil.cinématographique s\u2019en trouve soudain éclairée.«L'art est peut-être le geste par lequel la vie se vide de sa force, de sa violence pour atteindre un état heureux et partagé de faiblesse humaine», écrit Luc Dardenne.Il sent qu\u2019à notre époque, l\u2019espoir d\u2019une vie meilleure se réfugie provisoirement dans l\u2019art, écarte cette pensée comme trop facile, mais elle persiste à flotter.Aux voix belges qui les accusent de tromper le public en lui laissant croire que le cinéma national se résume à leurs portraits de la misère noire, Luc Dardenne répond à juste titre que toutes les tendances peu- vent coexister en création.«Il n'y a jamais une chose intense qui empêche d'autres choses intenses de se manifester » Suffit d\u2019imposer d\u2019autres œuvres puissantes, allons donc ! Certaines de ses réflexions pourraient émaner d\u2019un cinéaste québécois: «Comment sortir de notre obsession du père ?Elle nous a nourris mais je sens qu'elle va nous ensevelir» Lire Au dos de nos images, c\u2019est constater à quel point ces deux homrnes ne font parfois qu\u2019un seul.A un mois du Eesti-val de Cannes, où une autre fratrie, celle des Coen, présidera le jury de la compétition, ces liens de quasi-gémellité chez certains frères cinéastes paraissent vraiment troublants.Au fil de ces pages, Luc Dardenne parle à peine de sa compagne et constamment de Jean-Pierre, partageant avec lui, semble-t-il, un même espace psychique où nul autre mortel n\u2019a accès.Cette lecture offre pourtant une clé pour ouvrir leur porte.Allez, on y entre.Ils ne voyagent pas seuls, les frères Dardenne, souvent en compagnie de grands écrivains : Tchékhov, Proust, Roland Barthes, etc., ici largement cités, ainsi qu\u2019au contact des films de Bergman, de Eritz Lang, d\u2019Hitchcock, de Rossellini, revus et commentés avec passion.Et comment ne pas saluer la féconde démarche créatrice de ceux qui s\u2019abreuvent aux meilleures sources pour raffiner leur style et leur pensée ?Que serait toutefois un regard, fût-il double, sans son poids de doutes?«Nous sommes-nous déjà représenté une fiction, un univers imaginé, sans entrer dans le malheur?se demande Luc Dardenne, en écho angoissé aux propos de leurs détracteurs.Ne sommes-nous pas comme ce comédien vif et drôle dans la vie devenant triste et figé dès qu'il monte sur scène ?» Allons donc! Si les frères belges laissent à d\u2019autres le soin de tourner des comédies, c\u2019est que leurs quatre yeux sont faits pour voir ailleurs.«Dans la comédie on rit de l'homme qui tombe, pas de l'homme qui se fait mal en tombant.Pas d'identification.De la distance.» Eux cherchent autre chose, plus loin, plus proche, sans cette distance qu\u2019ils souhaitent abolie.Et laissez-les chercher.Pour mieux nous faire savourer au passage les envolées lyriques de Luc Dardenne: «L'image cinématographique est fille de l'eau [.].Elle reste couchée, le corps en contact avec son humidité d'origine, un peu dans l'ombre.Eille de la nuit.» Qui dit mieux?Effet Rosetta ou pas, leur cinéma appartient à un monde en péril.Leur prose aussi.otremblay@ledevoir.com CENTRE NATIONAL DES ARTS NATIONAL ARTS CENTRE Le Canada en scène.Canada\u2019s stage.du 05 au S3 MAI SOIS Robert Lepage \u2022 Luc Picard \u2022 Evelyne de la Cheneliere \u2022 Shakespeare \u2022 Sophie Desmarais Joël Pommerat \u2022 David Boutin \u2022 Ingmar Bergman \u2022 Olivier Kemeid \u2022 Jean Marc Dalpé Joël Beddows \u2022 Suzanne Lebeau \u2022 Denis Marleau \u2022 Estelle Clareton Catherine Vidal \u2022 Denis Bernard \u2022 Patrice Desbiens.EXPLOREZ LA SAISON 2015-2016 DU THÉÂTRE FRANÇAIS DESUZ^^EW TEXTE, SCENOGRAPHIE ET MISE EN SCÈNE MARC LAINÉ PIERRE-YVES CARDINAL ^ MARIE-SOPHIE FERDVKE ^ SYLVIE LÉONARD THEATRE FRANÇAIS UNE CREATION DE LA BOUTIQUE OBSCURE ^ ESPACE GO Sc LES MUS C ENS DE MORIARTY y^i^^Brigitte HAENTJENS 613 947-7000 x620 cna-nac.ca/tf THEATRE ESPACE GO 4890, BOUL.SAINT-LAURE NT, MONTRÉAL Bl LLETTERIE : 514 845-4890 ESPACEGO.COM ^transat Conseil des Arts du Canada PARTENAIRE DE SAISON LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 E 3 CULTURE>CINEMA Jeune révolutionnaire bonrgeois recherche identité Avec Corbo, le réalisateur Mathieu Denis sonde les racines de la révolte MANON DUMAIS Quatre ans après le radical Laurentie, réalisé avec Simon Lavoie, Mathieu Denis revient en force avec Corbo, drame historique tourné à hauteur de jeune révolutioimaire.Né d\u2019une mère québécoise (Marie Brassard) et d\u2019un père italien (Tony Nardi), résidant à Mont-Royal, Jean Corbo (Anthony Therrien) fréquente un collège privé où il fait son cours classique.Avec son frère aîné Gean-François Pro-novost), il discute de l\u2019avenir du Québec.Le 14 juillet 1966, alors qu\u2019il dépose une bombe à l\u2019usine Dominion Textile, il entre tragiquement dans l\u2019histoire.Il n\u2019avait que 16 ans.Marqué à vif par le récit de ce jeune felquiste que lui avait raconté son père dans sa jeunesse, le cinéaste Mathieu Denis se défend d\u2019avoir voulu faire l\u2019apologie du terrorisme, pas plus qu\u2019il voulait faire de Corbo une figure romantique à la Che Guevara.«Je voulais parler du monde dans lequel on vit, explique le réalisateur.Dans le cas de cet Italo-Québécois qui cherche à comprendre qui il est, on plonge dans la quête identitaire du Québec d\u2019aujourd\u2019hui.» Corbo raconte les derniers mois de la courte existence de ce révolutionnaire issu de la classe bourgeoise alors qu\u2019il s\u2019adapte difficilement à son nouveau collège, essuie les moqueries de ses camarades qui le traitent de « Wop » et découvre l\u2019existence d\u2019une cellule felquiste à laquelle appartiennent deux jeunes de son âge issus de, la classe ouvrière (Antoine L\u2019Ecuyer et Karelle Tremblay).«Je voulais qu\u2019on comprenne l\u2019époque sans que le film dicte au spectateur sa façon de penser, poursuit-il.Il existe une complexité dans ces groupes-là; ce ne sont pas tous des jusqu\u2019au-boutistes comme Mathieu [Francis Ducharme].» Portant le film sur ses épaules.Anthony Therrien, qu\u2019on a notamment pu voir dans Le torrent, magnifique adaptation du récit d\u2019Anne Hébert par Simon Lavoie, a voulu dévoiler l\u2019être humain derrière l\u2019idéaliste.« C\u2019était un honneur de rendre hommage à la fougue et à la jeunesse de Jean Corbo.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Après Laurentie, le réalisateur Mathieu Denis revisite l\u2019histoire récente du Québec dans Corbo, quête identitaire où le jeune comédien Anthony Therrien campe le rôle du jeune felquiste tué par l\u2019explosion de sa propre homhe.Les uns diront que c\u2019était un fou furieux se battant peine perdue pour des idéologies, les autres diront que c\u2019était un héros se battant pour l\u2019indépendance nationale comme tout Québécois devrait le faire.Sans nécessairement être l\u2019un ou l\u2019autre, Jean est un bel exemple de détermination.» L\u2019histoire bégaie Faisant revivre un Québec marqué par de nombreuses grèves et par l\u2019austérité, Mathieu Denis tend pour ainsi dire un miroir du Québec d\u2019aujourd\u2019hui.«Le destin du Québec demeure toujours en suspens, avance le réalisateur.On a dit non deux fois à l\u2019idée d\u2019être un pays sans mener la réflexion pour savoir qui nous sommes vraiment.On se définit beaucoup par la négative: ni Québécois ni Canadien.On n\u2019apprend pas de notre histoire.En fait, on ne s\u2019en souvient pas du tout.Si on ne connaît pas notre histoire, on est condamné à la répéter.» Si l\u2019histoire se répète, que reste-t-il des Jean Corbo de l\u2019époque?«Les gens ont peur de s\u2019engager, constate Anthony Therrien.Dans ses idéologies et dans sa détermination, Jean Corbo existe encore dans chaque étudiant qui manifeste dans la rue.J\u2019espère que les gens n\u2019utiliseront pas la violence comme moyen de persuasion.Avec tout ce qui se passe dans le monde, comme le récent massacre au Kenya, je crois qu\u2019il y a déjà assez de violence.» Appartenant à une génération apolitique, Mathieu Denis s\u2019interroge pourtant sur la mollesse de l\u2019engagement de ses concitoyens.Bien qu\u2019il n\u2019idéalise pas les actes du FLQ, force lui est de reconnaître la conviction que les felquistes qu\u2019il a rencontrés au cours de ses recherches avaient de pouvoir changer le monde.«Ils avaient le sentiment d\u2019avoir prise sur le monde où ils vivaient, et collectivement.Aujourd\u2019hui, on a l\u2019impression qu\u2019on n\u2019a plus prise sur le monde.On est résignés, on se laisse porter.Ce ne peut être que néfaste.Qu\u2019est-ce qui fait qu\u2019on a changé à ce point-là ?» Ayant présenté Corbo dans différentes villes canadiennes, à des publics hostiles à l\u2019idée de voir un film sur un felquiste, Mathieu Denis a pu constater que les spectateurs changeaient de point de vue après la projection.En cette époque où des jeunes d\u2019ici et d\u2019ailleurs s\u2019engagent dans des groupes fondamentalistes religieux, le cinéaste voit dans cette ouverture d\u2019esprit un début de solution à ce problème grandissant.«La question que l\u2019on doit se poser, c\u2019est qu\u2019est-ce qui amène un jeune de 18 ans à adhérer à une idéologie aussi rétrograde, aussi violente?On devrait se poser des questions sur ce monde individualiste et matérialiste qu\u2019on leur offre.Je comprends que certains refusent ce monde vain, mais le problème, c\u2019est qu\u2019il n\u2019existe aucune autre option.Il faut essayer de comprendre la manière de penser de ces jeunes-là, de ne pas croire qu\u2019ils ne sont que des têtes brûlées influençables.On a accusé Jean Corbo d\u2019être ainsi, mais mes recherches m\u2019ont prouvé que ce n\u2019était pas que ça.Si l\u2019on ne cherche pas à comprendre pourquoi des jeunes posent certains gestes, l\u2019histoire ne fera que se répéter.» Collaboratrice Le Devoir Corbo prendra l\u2019affiche le 17 avril.ACCUSATION SUITE DE LA PAGE E 1 de trop débile.Ça revient à penser en mots plutôt qu\u2019en images, à essayer de se comprendre, de se convaincre soi-même.» Selon elle, le monologue de « Celle qui aime » constituerait l\u2019amorce d\u2019une déclaration destinée à quelqu\u2019un qui ne l\u2019entendra jamais.Le temps file, et déjà il faut libérer Annick Lefebvre, très occupée ce printemps.Le soir de notre rencontre, elle participait au dévoilement de la programmation du Jamais lu, où elle présentera un Show du non-exil concocté en duo avec Qlivier Sylvestre.Le lendemain, elle s\u2019envolait pour la France afin d\u2019assister aux représentations de La machine à révolte, texte pour ados commandé là-bas par deux centres dramatiques nationaux.La protégée d\u2019Qlivier Choinière, qui a choisi de partager avec elle l\u2019importante bourse associée au prestigieux prix Siminovitch que PEDRO RUIZ LE DEVOIR l\u2019auteur de Félicité s\u2019est vu accorder en octobre dernier, sera de retour à temps pour le début des audiences publiques, ce mardi soir qui vient, au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.Collaborateur Le Devoir J\u2019ACCUSE Texte d\u2019Annick Lefebvre publié chez Dramaturges éditeurs.Mise en scène: Sylvain Bélanger.Une production du Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui présentée du 14 avril au 9 mai.CENTRE DU THEATRE D'AUJOURD'HUI -3900 RUE ST-DENIS MTL QC H2W2M2 514 282-3900 CTD'A O iû S ^ Z g m > P C à O rill PARTENAIRES DE SAISON LE DEVOIR BMO Groupe financier CoRMUdaiAiti OnadaCoundI\tDE MONTRÉAL du Canada\tfer the Arts\t».^ E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 CULTURE'THEATRE } fi lÊ^Bk ^ It 1 mm i^«-:''ï#' .v^- \\ PEDRO RUIZ LE DEVOIR Dans cette scène tirée du Travesties monté par Jacob Tierney, figurent les personnages de Gwendolen (Anne Cassar), d\u2019Henry Carr (Greg Ellwand) et de James Joyce (Jon Lachlan Stewart).Du theatre pétillant comme du champagne Jacob Tierney pose la caméra pour s\u2019attaquer à un classique de Stoppard JEROME DELGADO Affable, énergique, moulin à paroles, y compris dans un français qu\u2019il maîtrise tout de même assez bien, Jacob Tierney n\u2019a visiblement peur de rien.A 35 ans, acteur accompli et cinéaste attendu, il pourra désormais se présenter comme homme de théâtre.Invité par le Centre Segal, Tierney s\u2019est attaqué, pour sa première mise en scène avec des personnages en chair et en os, à un monument de la dramaturgie anglo-saxonne.Travesties (Parodies), de Torn Stoppard.Un peu effrayé par ce baptême ?Du tout, dit celui qui a accepté avec grand plaisir l\u2019invitation de Lisa Rubin, la directrice artistique du Segal.«Travesties, je ne connaissais pas.Un peu, mais pas bien.C\u2019est une redécouverte.Mais dès qu\u2019on m\u2019a dit Stoppard, je ne pouvais pas dire non.N\u2019importe quoi, n\u2019importe quel Stoppard.Quand j\u2019ai su que c\u2019éteît Travesties, j\u2019ai dit oui, évidemment.Un gros oui», confie Tierney.Primée d\u2019un Tony Award en 1976, Travesties est une comédie phare de la postmodernité littéraire.Audacieux, l\u2019auteur recycle des personnages réels et s\u2019approprie The Importance of Being Earnest (L\u2019importance d\u2019étre constant), d\u2019Oscar Wilde, pièce créée à Londres en 1895.Né en 1937 dans la défunte Tchécoslovaquie, Torn Stoppard est un auteur britannique réputé et souvent honoré, y compris aux Oscar pour le scénario de Shakespeare in Love, en 1999.Jacob Tierney ne tarit pas d\u2019éloges à son égard.11 faut dire que l\u2019écriture de Stoppard sied bien à son pro- ^ TOUT CE QUI N\u2019EST PAS SEC Une création du Théâtre de Quat\u2019Sous et du Théâtre SDF (Sans Domicile Fixe) pre style verbomoteur.«Stoppard écrit à un niveau.Il n\u2019a pas d\u2019égal, je dirais.Sa langue est extraordinaire, son sens de l\u2019humour, bouleversant.Et ses ambitions sont énormes.Il s\u2019intéresse à l\u2019histoire, à l\u2019art, à la littérature, toutes des choses qui m\u2019intéressent.Mais avant tout, il aime la comédie.La même chose pour moi.J\u2019adore faire rire, f adore rire.C\u2019est comme travailler avec du champagne.» Six ans après le beau succès de The Trotsky, qui l\u2019a révélé comme un cinéaste vif et pun-ché, et deux semaines avant la sortie de son quatrième long métrage, Preggoland, Jacob Tierney saute donc dans l\u2019arène du spectacle vivant, sans caméras, sans reprises, devant public.Son expérience d\u2019acteur l\u2019aide dans cette transition, certes, mais il assure être demeuré le même.11 nie par contre l\u2019idée qu\u2019il travaillerait pour les planches comme il le fait pour l\u2019écran.«Je fais du théâtre, je ne cou- perais pas ça en 80 scènes.Ce sont deux scènes.C\u2019est comme ça que ça marche.Un long plan-séquence ?Non, je ne veux pas faire L\u2019arche russe [le film à un seul plan d\u2019Alexander So-kourov].Ça ne m\u2019intéresse pas», dit-il, avant d\u2019admettre que les déplacements latéraux du décor correspondent à des mouvements de caméra.Autrement, signale le fils du producteur Kevin Tierney, les défis sont identiques.Raconter une histoire, faire vibrer la langue, assumer les anachronismes (comme dans The Trotsky), jongler avec des personnages réels.Dada, Joyce, Lénine et cie Dans Travesties, le personnage central, un consul britannique vieillissant, réunit, à travers ses souvenirs (et son imaginaire), James Joyce, Tristan Tzara et Lénine, à une époque pleine de bouleversements.Le gros de la pièce se déroule en 1917, dans un salon dominé par une impression- JUSQU\u2019AU 12 AVRIL 2015 théAtre Texte Simon Lacroix Mise en scène Charles Dauphinais '\"T m yii'f ¦ VT- f- ''t - DERNIERES REPRÉSENTATIONS n avril 16 h +12 avril 15 h Élli 1 \", ' il 1 Grands partenaires Bell GC Hydro K Québec MON VOYAGE EN AMÉRIQUE Avec Kim Yaroshevskaya 23avril19h30 Kim Yaroshevskaya nous raconte sa venue en Amérique et queiques autres histoires iiées à sa riche carrière de comédienne.Une rencontre intime qui vous fera battre ie cœur.Texte: BENOÎT DROUIN-GERMAIN Mise en scène : DANIEL BRIËRE et BENOÎT DROUIN-GERMAIN Avec SONIA CORDEAU, MARIE-PIER LABRECQUE, CHRISTOPHE PAYEUR, MATHIEU QUESNEL UNE PRODUCTION DU NOUVEAU THÉÂTRE EXPÉRIMENTAL Vidéos des candidats sur ludimagni.ca Événement web en direct le mardi 14 avril à 20h I 514 521-4191 - 1945, rue Fullum nante bibliothèque.Avec ironie et absurdité, Stoppard fait du mensonge son thème principal.Le consul se donne le beau rôle.Tout ça à travers un flux de paroles, avec des échanges en russe, en français, en italien, en allemand, en espagnol.Paroles qu\u2019il faudra boire, comme du champagne.«Les personnages n\u2019arrêtent pas de boire, note Tierney.En fait, ça parle, ça boit, ça chante.On a un strip-tease, on a de la poésie, on a tout.C\u2019est un vaudeville.Ce que j\u2019adore de cette pièce, c\u2019est que c\u2019est toute une farce.» Et c\u2019est audacieux à l\u2019image d\u2019un passage où quatre personnages récitent un limerick de quatre pages.Propre à la littérature anglo-saxonne, un limerick est un poème humoristique, souvent grivois et toujours très saccadé.Pour bien saisir tous ces mots, le metteur en scène avertit le public francophone: il faut bien maîtriser la langue de Stoppard \u2014 et de Shakespeare, de Joyce, de Wilde, de Robbie Burns, de Gilbert et Sullivan, tous cités dans la pièce.«Honnêtement, dit-il, avec Stoppard, il faut comprendre la langue.It\u2019s so serious.Je connais des anglophones très intelligents qui [fuient].Moi, j\u2019adore.» C\u2019est Greg Ellwand, l\u2019acteur qui incarne Henry Carr, le personnage du consul, qui a eu le plus de travail.11 parle tout le temps, à ce qu\u2019il paraît.Ceux qui personnifient Lénine et sa femme, Daniel Lillford et Ellen David, auront eu à mémoriser du russe, phonétiquement.«Comme Dimitri [Marine, à la conception sonore] est russe, il a pu les aider», précise encore Tierney.Jacob Tierney n\u2019a aucune idée du jour où il reviendra à la mise en scène au théâtre.Mais il sait qu\u2019il en a eu la piqûre.«Je suis tellement content d\u2019avoir eu cette occasion.Même si les gens n\u2019aiment pas, au moins j\u2019aurai essayé.J\u2019ai fait quelque chose qui m\u2019a plu, qui a plu aux comédiens.On s\u2019amuse, on rit beaucoup, on discute sur le texte.Il n\u2019y a rien que je n\u2019aime pas.» D\u2019autant plus si ça venait avec du champagne.Collaborateur Le Devoir TRAVESTIES Texte: Ton Stoppard Mise en scène: Jacob Tierney Au Centre Segal des arts de la scène, du 12 avril au 3 mai SAISON 2014-2015 DU14AVR L LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 E 5 CULTURE>DANSE EIFMAN BALLET THEATRE Anna Karénine revue par le Béjart des ballets russes Venu à Montréal une première fois en 2005 avec La Gisèle rouge, l\u2019Eifman Ballet Théâtre de Saint-Pétersbourg est à nouveau invité par les Grands Ballets canadiens.La troupe connue pour avoir renouvelé le ballet russe livre cette fois Anna Karenina, inspiré du célèbre roman de Tolstoï.Boris Eifman exclut ici tout enjeu politique ou social de la tragédie FREDERIQUE DOYON J> essaie de danser au plus près du roman, confiait au Devoir, dans un échange de courriels, la danseuse principale Maria Abashova, qui incarnait son premier grand rôle pour la troupe lors de la création du ballet en 2005.Anna Karénine est mon œuvre préférée.L\u2019image d\u2019Anna m\u2019est incroyablement proche.En tant que femme, je comprends parfaitement le dilemme de cette héroïne.» Boris Eifman est un des chorégraphes les plus populaires de la Russie.Depuis la fondation de sa troupe en 1977 (d\u2019abord sous le nom de Leningrad New Ballet), il a développé un style bien à lui, forme de néoclassicisme expressionniste rompant volontairement avec l\u2019académisme du ballet russe.Sa danse se libère de certains codes pour se consacrer totalement à l\u2019émotion des personnages de ses ballets narratifs.Il adore revisiter des oeuvres littéraires pour en tirer des psychodrames intenses.Avant Awwa Karenina, il l\u2019a fait notamment pour Thérèse Raquin (Zola), Eugène Onéguine (Pouchkine), La mouette (Tchékhov) et Up and Down, qui s\u2019inspire des personnages du roman Tendre est la nuit de Francis Scott Fitzgerald.Après Gisèle, la passion d\u2019Anna Créé en 2005, Anna Karenina se concentre sur le triangle amoureux du feuilleton publié vers 1877, puis devenu roman.Anna est déchirée entre son époux Karénine et son amant Vronsky, qu\u2019elle finira par choisir envers et contre toutes les conventions, ce qui ne l\u2019empêchera pas de se suicider.L\u2019œuvre met en scène «la catastrophe engendrée par une personnalité totalement soumise à une attraction sensuelle et pathologique qui rejette toute norme morale», selon les propos du chorégraphe, rapportés dans le programme du spectacle.N\u2019attendez donc pas le récit d\u2019une femme en quête de liberté, défiant les codes de la noblesse russe à la fin du XIX® siècle.Car Boris Eifman exclut ici tout enjeu politique ou social de la tragédie.«Anna est dans une situation de choix moral entre le devoir d\u2019une mère et le plaisir charnel, entre la raison et l\u2019émotion.» Celui qui a longtemps pourfendu la rigidité soviétique jouit depuis ).8 ans d\u2019un total soutien de l\u2019État et de sa ville, Saint-Pétersbourg.C\u2019est avec La Gisèle rouge en 1997 qu\u2019il gagne finalement une reconnaissance en son propre pays : le Théâtre du Bolchoï lui ouvre alors ses portes et lui consacre une rétrospective de ses ballets en 2001.Il devient aussi un abonné des tournées américaines à cette période.Présentée à Montréal en 2005, La Gisèle rouge racontait la descente aux enfers d\u2019une étoile russe, Olga Spessivtseva, en croisant le récit de son amour fatal, parce qu\u2019inassouvi, à celui de l\u2019héroïne de Gisèle, archétype du ballet romantique.Je me rappelle la précision technique de la troupe et la rare intensité du ballet dont le déploiement éblouissant à la Broadway finissait toutefois par lasser.Si on classe souvent Boris Eifman parmi les Maurice Béjart et Roland Petit de l\u2019histoire de la danse au XX® siècle, reconnaissant sa verve gestuelle, son style flamboyant et son utilisation dynamique de l\u2019espace, plusieurs soulignent aussi son essoufflement créatif.Le Ballet Eifman vise moins la danse que l\u2019expérience scénique, soulignait un critique londonien en 2012.Or le chorégraphe se fait un devoir de créer annuellement une nouvelle œuvre à dimension psychologique, car il estime que l\u2019art du ballet narratif est en train de se perdre en Russie.«C\u2019est le prix à payer pour s\u2019être incessamment voué à l\u2019abstraction chorégraphique.» Collaboratrice Le Devoir ANNA KARENINA De l\u2019Eifman Ballet Théâtre, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts du 15 au 18 avril.PHOTOS G.GALINDO «Anna est dans une situation de choix morai entre ie devoir d\u2019une mère et ie piaisir charnei, entre ia raison et i\u2019émotion», estime ie chorégraphe Boris Eifman.Le spectacie Anna Karenina a été créé en 2005.Leçon de maître bis Danse à la carte, qui offre des cours de haut calibre aux danseurs professionnels d\u2019ici, a of ficiellement vu le jour la semaine dernière, quoique officieusement active depuis un an.Piloté par l\u2019ex-soliste des Grands Ballets canadiens lisa Davies, l\u2019organisme vient bonifier l\u2019offre plutôt pauvre de leçons de maître à Montréal, pourtant réputée comme capi- tale de danse.Le pari est gagné puisque plus de 3000 participants ont pris part à l\u2019une des 250 leçons et à la dizaine d\u2019ateliers.lisa Davies a également pris la tête de TransFor- mation Danse, stage intensif de danse contemporaine fondé par David Presseault et Catherine Vian et tenu annuellement pendant le Festival TransAmé-riques et l\u2019OFFta depuis 2007.ARKADI ZAIDES TEL AVIV ARCHIVE Un acte politique et de courage qui nous transperce 24 + 25 + 26 MAI PDA-CINQUIÈME SALLE BENOIT LACHAMBRE -I- FABRICE RAMALINGOM MONTRÉAL + MONTPELLIER HYPERTERR Un duo charnel de deux chorégraphes consacrés 28 + 29 + 30 MAI USINE C FESTIVAL TRANSAMERIQUES 21 MAI AU 04 JUIN DANSE + THÉÂTRE ALAIN PLATEL GAND TAUBERBACH Le fracassant retour à Montréal des ballets C de la B 29 + 30 + 31 MAI + 1 JUIN MONUMENT-NATIONAL TIAGO RODRIGUES LISBONNE BY HE La preuve éclatante du pouvoir de l'art contre l'amnésie collective 29 + 30 + 31 MAI PDA - CINQUIÈME SALLE En français DANIEL LEVEILLE MONTRÉAL SOLITUDES DUO Une œuvre romantique, sensuelle et étonnamment drôle 26 + 27 + 28 MAI AGORA DE LA DANSE RICHARD MAXWELL NEW YORK ISOLDE Un humour d'avant-garde raffiné et décalé 2 + 3 + 4JUIN MAISON THÉÂTRE + UN PUISSANT BATAILLON D\u2019ARTISTES AU #FTA2015 EUN-ME AHN + NINI BÉLANGER + SOPHIE CADIEUX + JENNIEER CASTLE + OLIVIER CHOINIÈRE + GUILLAUME CORBEIL + ÈVE-CHEMS DE BROUWER + DANIEL EISH + STÉPHANE GLADYSZEWSKI + MIGUEL GUTIERREZ + AME HENDERSON + ANGELA KONRAD + EVELYNE DE LA CHENELIÈRE + CHRISTIAN LAPOINTE + JEAN-SÉBASTIEN LOURDAIS + MARLENE MONTEIRO EREITAS + MANUEL ROQUE + NADIA ROSS + ERANÇOIS TANGUY + MICHAEL THALHEIMER + DRIES VERHOEVEN FORFAITS DE 4, 8 ET 12 SPECTACLES ET BILLETS EN VENTE 514-844-3822 1-866-984-3822 fta.qc.ca LA E 6 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 CULTURE'TELEVISION PHOTOS HBO Uépopée sanguinolente de Game of Thrones multiplie éviscérations et massacres avec plus de 456 morts recensés en quatre saisons au petit écran.Décrypter les règles du jeu des trônes Comment et où se tourne Game of Thrones, série la plus populaire du monde STEPHANE BAILLARGEON Encore plus d\u2019éviscérations.Toujours plus de massacres.Comme un tableau vivant de Jérôme Bosch.Ou un croisement entre Le seigneur des anneaux et Les Soprano, ou entre Dynastie et Shakespeare.Des rois et des reines à profusion, trois dragons, un nain et un tas de prétendants au trône de fer plus roués que Richard III.La série mondiale de la décennie reprend du service ce dimanche pour une cinquième saison.Voici quelques pistes \u2014 huit en tout, autant que les saisons prévues \u2014 pour s\u2019y retrouver ou s\u2019y préparer.Un livre.La série télé de HBO, diffusée depuis 2011, est une adaptation des romans de George R.R.Martin publiés depuis 1996.L\u2019histoire se situe dans un Moyen Age irréel sur des continents fictifs où sept maisons se disputent le Trône de fer (c\u2019est le titre dp l\u2019adaptation française diffusée ici par Super Ecran et AddikTV).Avec la cinquième saison, la production rattrape le dernier volume publié.Cette manne sera épuisée avant la fin de la prochaine saison, alors que le plan de tournage en prévoit huit.Les producteurs ont annoncé qu\u2019ils travailleraient ensuite à partir de canevas fournis par le romancier, qui devancera ainsi à l\u2019écran sa vision littéraire prévue s\u2019étendre sur sept volumes.Bref, la série va bientôt «spoiler» les livres.Des encyclopédies.L\u2019univers imaginé par le romancier et les scénaristes David Benioff et D.B.Weiss est tellement riche et complexe qu\u2019il a engendré des encyclopédies complètes, des wikis, en plusieurs langues, dont l\u2019allemand, le turc et le néerlandais.Celle en français, baptisée La garde de nuit, comporte déjà plus de 6340 articles proposant des portraits des personnages, des royaumes et des sociétés en lutte, de leur climatologie comme de leurs armes.Un documentaire.Comment se fabrique une série capable de susciter les passions mondiales ?Avec beaucoup, beaucoup de moyens, évidemment.Ils sont mis en évidence dans le documentaire A Day in the Life, disponible en ligne sur le site du diffuseur HBO.On y suit le tournage de la cinquième saison pendant 240 jours (et plusieurs nuits) sur quelque 150 plateaux répartis dans cinq pays.Les équipes emploient plus de 1000 techniciens, 166 acteurs principaux et environ 5000 figurants.Quand la compagnie de production a fait un appel pour trouver 600 durants pour des scènes tournées en Andalousie pour la cinquième saison, elle a reçu 86 000 candidatures, hbocanada.com Des retombées.La série s\u2019ancre dans la ville croate de Dubrovnik, en Irlande du Nord, en Islande, à Malte et maintenant en Espagne, où le palais de l\u2019Alhambra de Grenade, la plus majestueuse acropole médiévale, a été fermé aux touristes pour quelques jours.Le désagrément sera largement compensé par les hordes de nouveaux visiteurs qui viendront à la rencontre des lieux phares de la série.Le maire de Dubrovnik, transformée en King\u2019s Landing, a indiqué que la moitié des 10% de croissance annuelle du chiffre d\u2019affaires du secteur touristique était attribuable aux fans en pèlerinage.Une synthèse.Quatre saisons du Trône de fer en quatre minutes : c\u2019est le défi relevé haut la main par le site du journal Le Monde, en français ou en anglais, s\u2019il vous plaît, la synthèse ayant tout pour faire le tour du monde, comme la production télé elle-même.Le tour de force utilise des cartes et des explications en voix hors champ, mais pas d\u2019extraits de la série qui auraient alourdi et allongé la proposition.Le résultat serré fait comprendre les forces en présence, les enjeux et les principaux rebondissements de cette course sanglante au pouvoir suprême.lemonde.fr/pixels Des morts.Un slogan célèbre de la série annonce «Valar Morghulis» en haut valérien, langue imaginée de ce monde inventé.Ce qui veut dire : tous les hommes doivent mourir.Il en meurt effectivement beaucoup, le meurtre, y compris et surtout de personnages centraux, fournissant une très riche matière à surprises à cette complexe machine narrative.Il y en a donc beaucoup, mais combien ?Le Washington Post a recensé tous les morts des premières saisons pour arriver à un grand total de 456.La quatrième saison s\u2019avère la plus létale avec 182 meurtres.Les fans savent que les noces peuvent être sanglantes.Les plus importantes disparitions pour l\u2019intrigue ont droit à un rappel détaillé du moyen employé pour le trépas (le feu, l\u2019épée, un animal, les mains nues, etc.).La classification cartographie et classifie aussi les lieux les plus mortels.King\u2019s Landing remportant la triste palme avec 117 exécutions.En prime, un blogue du très sérieux journal propose une liste des dix morts les plus spectaculaires (ou choquantes) jusqu\u2019ici, washington-post.com/graphics/entertainment Des nus.La série est souvent accusée de racolage par le sexe, avec une forte propension à déshabiller les belles jeunes femmes qui défendent par ailleurs des rôles puissants dans un univers macho et patriarcal.La critique Sam Moore de Yahoo TV a carrément parlé d\u2019une série sexiste «malgré des personnages forts comme ceux de Cersei, Daenerys et Arya».L\u2019écrivaine britannique Danielle Henderson trouve la production infréquentable, surtout depuis la scène de viol de la dernière saison.Le prince Jaime Lannister violait sa sœur la reine régente Cersei devant le corps de leur enfant mort (vous avez bien lu).Les créateurs ont été obligés de défendre leur choix.«C\u2019est une série télé avec un scénario qui parle de deux personnes qui ont une relation dysfonctionnelle.Ce n\u2019est pas sain», a expliqué le comédien danois Nikolaj Coster-Waldau, qui interprète Jaime Lannister.Des philosophies.Est-ce seulement une série réactionnaire ?Il y a beaucoup de marginaux dans cette production.Le personnage central est un nain, Tyrion Lannister, magnifiquement joué par Peter Dinklage.Qn y croise aussi l\u2019eunuque Varys et l\u2019aveugle Targaryen, mais aussi un colosse niais (Hodor) et une androgyne soldate (Brienne).La philosophe Sandra Laugier, fan de la production, y voit une fiction «transgénérationnelle, transgenre et grand public» aux indéniables qualités pédagogiques.Un autre philosophe, Thibault de Saint-Maïuice, y observe un monde sartrien où chacun peut se réinventer en niant sa condition originelle.Pablo Iglesias, leader espagnol du mouvement Podemos, a consacré un essai aux leçons politiques de Juego de tronos intitulé Ganar o morir (Gagner ou mourir).The Guardian a même proposé une étonnante perspective marxiste sur ce monde fantaisiste qui concentrerait la crise du féodalisme avant la poussée du capitalisme, avec en toile de fond une féroce lutte des classes.Dans ce cas, la maison Lannister serait menacée parce qu\u2019elle est très endettée après avoir épuisé les ressources de ses mines d\u2019or.Selon ce modèle, le pouvoir des marchands ne pourra que s\u2019affermir.Le problème, c\u2019est qu\u2019on ne les voit pas dans le portrait général brossé jusqu\u2019ici.Le Devoir 2015.2016 CRÉATEUR DU MOUVEMENT BALLET NATIONAL DU CANADA\tDADA MASILO William Forsythe, Marco Goecke, Wayne McGregor DANCE FACTORY JOHANNESBURG PPS DANSE Jeff Hall + Pierre-Paul Savoie\tLA OTRA ORILLA HOFESH SHECHTER COMPANY Hofesh Shechfer\tCOMPAGNIE MARIE CHOUINARD JOSÉ NAVAS / COMPAGNIE FLAK\t^houlnard José Navas\t^O PAULO COMPANHIA DE DANÇA BJM - LES BALLETS JAZZ DE MONTRÉAL Édouard Lock, Jomar Mesqulta, Nacho Duato Itzik Gallll, Andonis Fonladakis, Rodrigo Pederneiras LE CARRÉ DES LOMBES / OSM Danièle Desnoyers ABONNEMENTS DISPONIBLES DÈS AUJOURD\u2019HUI 4 SPECTACLES À PARTIR DE 118 $ DANSEDANSE.CA placedesarts.com % % tar # # w q: Hydro Québec GRAND PARTENAIRE ?t# # % # i 1SJ>® ISIB-'* mocxA I TEXTE.MISE EH SCEHE ET IHTERPRETATIOH vV ROBERT LEPAGE Théâtre du Nouveau ^Monde ICI wfc RaDio-canaoa E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 CULTURE >MÜ SI PE La diversité culturelle dans toutes ses gammes Blues universel, world jazz, afro-électro, chansons du monde et flamenco à découvrir YVES BERNARD AU Québec, les artistes de la diversité culturelle créent environ un disque par semaine.Certains profitent d\u2019une structure organisée, alors que d\u2019autres, faute de moyens, décalent les lancements de leur album ou s\u2019en remettent davantage aux réseaux sociaux pour assurer leur promotion.En voici sept qui méritent une écoute.Ils sont indépendants, bien différents les uns des autres, et ont tous fait paraître un disque depuis le début de 2015.Pour une Cécile Doo-Kingué qui parvient à accéder à un réseau de diffusion relativement plus large, d\u2019autres se battent avec persévérance dans l\u2019underground.Ils sont parfois repérés par des diffuseurs, des promoteurs ou, plus rarement, des labels internationaux, mais ils doivent être patients.Pour chacun des disques présentés ici, nous indiquons de quelle façon les trouver.Bonne écoute ! Cécile Doo-Kingué, Anybody Listening - Part 1: Monoiogues (Indépendant, cdkmusik.com/ musik, iTunes, Amazon, cdbaby) Pour son troisième album, la chanteuse-guitariste Cécile Doo-Kingué propose un disque acoustique et dénudé : le premier d\u2019une trilogie sur les racines musicales et tous les aspects de la vie.Son blues est plus universel et ouvert que formel, sa parole est sociale, sa voix, mélodieuse, et sa guitare, très souple, avec ou sans bottleneck.Dans sa musique, il y a aussi l\u2019Afrique, subtilement intégrée par l\u2019héritage, et la citoyenne du monde rassembleuse et dénonciatrice.Une artiste aux mille talents.Mehdi Nabti Pulsar 4, Muitipie Worids (F-IRE, iTunes, Amazon et autres plateformes numériques) Le prolifique compositeur-saxophoniste Mehdi Nabti vient de signer avec le label de jazz anglais F-IRE, qui lance cette compil\u2019 de presque tous les titres à'Artistes en résidence et de Temps composés, les deux disques de Mehdi Nabti Pulsar 4.C\u2019est un excellent groupe à la pulsion rythmique intense, qui offre un world jazz sauvage empreint de transes des confréries maghrébines, mais aussi de l\u2019Europe traditionnelle autant que très contemporaine, là où les temps se confondent de l\u2019Antiquité à la science-fiction.AfriKeleKtro, AfriKeieKtro EP, (Indépendant, www.afrikelektro.com, iTunes, cdbaby) Appuyé par DAM, le trio AfriKeleKtro est partie prenante de l\u2019afro-électro, un courant très créatif en ce moment.Ici, Lionel Kizaba, le chanteur-batteur-percussion-niste venu de la RDC, mène les destinées du groupe en puisant dans ses inspirations pour le moins éclectiques, de Daft Punk à Fêla et à la musique du Kassai.Mais les deux autres partenaires sont aussi très présents : le clavié-riste Vergil Sharkya fait plonger le groupe dans l\u2019électro et le guitariste Chris Hamel Burrage joue plus funky.La musique est accrocheuse et explosive.Orkestar Kriminal, Tummei (Sainte Cécile, www.mediafire.corn) Les membres d\u2019Orkestar Kriminal ont enregistré à l\u2019ancienne, au studio Hotel2Tango, en temps réel sur ruban 14 de pouce, le tuba placé dans un coin, la voix en avant et les autres instruments disposés selon la force sonore.Punks avant la lettre, l\u2019octuor Orkestar Kriminal interprète un répertoire international de chansons de voyous des années 1920 et 1930, souvent sous l\u2019angle du gagne-petit.C\u2019est la fanfare rapide à la guitare électrique, les instruments qui répondçnt, la plainte dramatique et les jeux gutturaux.A la fois excitant et larmoyant ! Matching Keys, Momentum (Indépendant, www.matchingkeys.com, iTunes) Figure de la musique celtique dans la capitale, Matching Keys offre depuis une décennie des pièces instrumentales composées par les membres du groupe, de même que des pièces traditionnelles généralement tirées des archives, pas encore enregistrées et interprétées en anglais par Bill Vincent, le chanteur à la voix grave et élégante.Il chante l\u2019amour, la vie des bûcherons, des draveurs et des marins, dont quelques-uns ont « échoué » au Québec.Heureusement pour eux, leur histoire est portée par de très bons musiciens dans Matching Keys.Francis Leclerc, Roots Crossing (Indépendant, francisleclerc.bandcamp.com) La souche commune des titres de Francis Leclerc, compositeur-guitariste, est le flamenco, qu\u2019il a longtemps appris dans sa forme la plus trad.Mais sa formation classique ou une intention plus folk expliquent sans doute le caractère plus suave des pièces qu\u2019il interprète ici avec sensibilité.Un répertoire instrumental qu\u2019il livre avec violoncelle, basse électrique, percussions ou harmonica.Au menu: six créations et deux versions de titres de Desjardins.Un disque bellement relaxant et tout en finesse.Carina Lorenzo, Ahora (Indépendant et en version bonifiée sur iTunes) Française de souche espagnole, Carina Lorenzo a commencé le flamenco à l\u2019âge de sept ans.Avec le temps, elle a créé une chanson populaire très inspirée par la rumba flamenca et le flamenco-fusion, quelque part entre les Gypsy Kings et Ketama.La voix graveleuse, elle navigue en espagnol entre rumba bluesy, parfois funky, plus percussive ou aérienne, et la ballade romantique.Francis bec erc Rûols Cross ng m CECILE DOO KINGUE La chanteuse-guitariste Cécile Doo-Kingué propose un troisième album acoustique, ancré dans ses racines africaines, mais porteur d\u2019une voix sociale engagée.4 Collaborateur\tjessicadanielle cohen Le Devoir Le groupe Orkestar Kriminal interprète un repertoire de chansons de voyous des années 1920 et 1930.MARIA MUNOZ ET PEP RAMIS MAL PELO (CATALOGNE] LE CINQUIÈME HIVER 29, 30 AVRIL, MAI 20 H «Cette danse-là est faite pour ré-enchanter le monde.» Thomas Hahn, Dansercanalhistorique corn DIRECTION ET INTERPRETATION COLLABORATION ARTISTIQUE COLLABORATION MUSICALE TEXTE VIDEO Maria Munoz et Pep Ramis Léo Castro et Vincent Dunoyer Alla Sellami, Nino De Elche et Israel Galvan Erri De Luca Xavier Perez-Fromzero et Léo Castro BILLETTERIE / 514 525 1500 840, RUE CHERRIER MONTREAL WWW AGORADANSE COM AGORA DE LA DANSE Votre temps est precieux.\t^ Pour nous, il n'a pas de prix ! « Devenez bénévole pour la SP Ce n'est pas seulement parce que je suis atteinte de SP que je donne du temps.C'est aussi pour rencontrer des gens comme vous ! Marie-Josée Richard www.scleroseenpiaques.ca/qc Société canadienne de la sclerose en plaques SP Division du Québec (514) 849-7591 ALAN LAKE FACTORI(E) 2014 2015 Place des Arts QUEBEC RAVAGES Alan Lake 14-18 AVRIL 2015 20 H CINQUIÈME SALLE BILLETS 33 $ 30 ANS ET MOINS ; 20 % DE RÉDUCTION DANSEDANSE.CA placëaësarts.com LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 E 9 CULTURE >MÜ SI PE Valentina Lisitsa, martyre de la liberté d\u2019expression ?CHRISTOPHE HUSS La direction de TOr-chestre symphonique de Toronto a provoqué une commotion cette semaine en évinçant la pianiste ukrainienne Valentina Lisitsa du concert qu\u2019elle devait donner en raison de son soutien musclé, affiché sur les réseaux sociaux, aux séparatistes prorusses.Cette décision crée un précédent inquiétant.On comprend aisément, à voir ce noble concept partir un peu partout en capilotade, que «Je suis Charlie», c\u2019est surtout bon pour les autres.La liberté d\u2019expression trouve vite ses limites quand elle heurte des minorités.L\u2019Orchestre symphonique de Toronto (OST), en virant Lisitsa des concerts pour lesquels elle avait été engagée, mercredi et jeudi, vient d\u2019associer une sanction artistique à un délit d\u2019opinion.L\u2019ad- Valentina Lisitsa sera payée pour ne pas jouer.Du coup, Stewart Goodyear et le public apparaissent comme les vrais dindons de la farce.ministration de l\u2019orchestre semble avoir fléchi devant le lobby ukrainien de la Ville reine, qui, en mai 2014, avait, sans succès, essayé d\u2019empêcher le concert de Vladimir Spivakov et des Virtuoses de Moscou.Ricochet Non content d\u2019annoncer le remplacement de Lisitsa par le Canadien Stewart Goodyear, rOST, mené par un nouveau président et chef de la direction, Jeff Melanson, a, 24 heures plus tard, laissé tomber Goodyear et carrément biffé le ^ Concerto de Rachmaninov du programme.Lisitsa sera donc payée pour ne pas jouer.Du coup, Goodyear et le public apparaissent comme les vrais dindons de la farce.Le remplaçant, qui avait déjà répété avec orchestre, s\u2019est plaint sur sa page officielle Facebook d\u2019intimidations de la part des partisans de Lisitsa: «Her attitude, and the moh-like behavior of her devotees, censored Rachmaninoffs Second Concerto.» La censure : des précédents Ces dernières années, plusieurs affaires d\u2019artistes bannis pour leurs opinions ont été médiatisées.A commencer par celle du chanteur Evgueny Nikitin, qui a claqué la porte du Festival de Bayreuth en 2012 après que les médias allemands eurent révélé la croix gammée tatouée sur sa poitrine {«erreur de jeunesse», plaida cet ex-joueur de heavy métal), et celle de la soprano géorgienne Tamar Iveri, virée des opéras de Bruxelles et de Sidney \u2014 et à la carrière brisée \u2014 pour des propos jugés homophobes.Le pianiste turc Fazil Say a été réduit au silence dans son pays et condamné à 10 mois de prison avec sursis pour «insulte aux valeurs religieuses d\u2019une partie de la population».Il y eut aussi, au Met de New York, l\u2019annulation de la diffusion de l\u2019opéra The Death of Klinghoffer de John Adams, une censure obtenue par la «Ligue antidiffamation», prétextant que cet opéra peut représenter «la justification implicite du terrorisme par la juxtaposition de la souffrance palestinienne et juive» (sic).Plus cocasse mais non moins inquiétante, en octobre 2014, la déprogrammation de Carmen de Bizet de l\u2019Opéra de Perth pour apologie du tabac! La chose irritait le commanditaire principal de l\u2019institution, un organisme prônant les saines habitudes de vie.Même le premier ministre australien.Tony Abbott, dénonça alors «la folie du politiquement correct».Alors que le lynchage de Tamar Iveri par l\u2019Opera Australia a été largement soutenu par nombre de médias, et même par The Guardian de Londres \u2014 « Tamar Iveri: bravo to sacking of the gay-bashing diva» \u2014, l\u2019incident de Toronto finit par se retourner contre rOST.Il ouvre surtout la perspective d\u2019un grand n\u2019importe quoi, puisque l\u2019institution cède aux injonctions d\u2019un groupe de pression sur un sujet, le 2^ Concerto de Rachmaninov, qui a peu à voir avec la situation à Donetsk.Quelles normes?Les décisions de l\u2019OST et de son équipe soulèvent plusieurs questions cruciales.Qu\u2019est-ce qui détermine le poids d\u2019un groupe de pression?Si demain émergeait un pianiste tibétain pro-dalai lama, verrait-il sa carrière éradiquée par des soulèvements de mélomanes chinois offensés ?Si, aujourd\u2019hui, exprimer une défiance envers le présent gouvernement ukrainien et un soutien à Vladimir Poutine suffit pour subir la censure au Canada, quelle sera l\u2019étape suivante?Suffira-t-il, à un stade ultérieur, d\u2019être Russe QUATUOR BOZZINI ENSEMBL?SUPERMUSIQUE - KIM MYHR MUSIQUES NOUVELLES - ¥ ' ' V ' LES 10 ANS DU SALON QB 23 AVRIL.20 H\t- VIVIER POUR CONSULTER LA PROGRAMMATION ET ACHETER VOS BILLETS, VISITEZ FESTIVALMNM.CA qbB Québec! pour être sur la sellette à Toronto ?La question concerne même l\u2019OSM qui se produira en janvier 2015 au Roy Thomson Hall avec la pianiste russe Yulianna Avedeeva.Toronto peut-elle se priver de la venue d\u2019artistes du calibre du chef Valery Gergiev ou du pianiste Denis Matsuev, autant d\u2019artistes étroitement associés à Vladimir Poutine ?Dans cet aréopage-là, Lisitsa est moins qu\u2019un second couteau.Y a-t-il un niveau de génie artistique qui rend tolérable une position politique qui déplaît?Une vraie responsabilité éthique incombe aux directions artistiques des orchestres.Mais qui l\u2019exerce vraiment?Coup de pub 2.0 Selon les informations obtenues par Le Devoir, la question de savoir si les tweets de Lisitsa tenaient de l\u2019opinion ou de l\u2019incitation à la haine avait été posée dès septembre 2014 par la direction de l\u2019OST au gouvernement canadien, information que refuse de confirmer l\u2019orchestre.En délivrant un visa à la pianiste, le gouvernement a tranché.En outrepassant cette décision par la censure, POST se place dans une situation intenable.Le Philharmonique de Calgary, pour sa part, maintient son invitation à Lisitsa pour un concert prévu en juin 2015.Avec un aplomb impressionnant, Valentina Lisitsa, virtuose du Web 2.0 et des médias sociaux, sort victorieuse de l\u2019affrontement.La pianiste avait déjà excellé en la matière en devenant la « YouTube pianist».Le buzz, monté en épingle en septembre 2011, qui coïncidait avec un changement d\u2019agence artistique, a abouti trois mois plus tard à un contrat de disques avec Decca.Tout le monde se demandait, à l\u2019époque, comment cette quasi-inconnue avait, par génération spontanée, engendré 44 millions de vues, écrabouillant Lang Lang sur YouTube.Assurément, aujourd\u2019hui, les ventes de ses disques n\u2019ont aucune corrélation avec ces sommets.Lisitsa, qui tweette tellement qu\u2019on se demande d\u2019ailleurs quand elle travaille son piano, savait fort bien le tollé qu\u2019elle engendrerait d\u2019une manière ou d\u2019une autre dans l\u2019une des villes les plus ukrainiennes du monde en brassant de peu subtils parallèles entre les Ukrainiens et les nazis 4» SAISON 2014*2015 GILBER FRANÇOIS Valentina Lisitsa, portée aux nues sur YouTube en 2011, est redevenue la coqueluche des réseaux sociaux dans la foulée de sa controversée éviction par l\u2019Orchestre symphonique de Toronto.ou en usant de termes tels Untermensch (sous-homme).Opinion ou provocation?Pour Valentina Lisitsa, c\u2019est un succès sur toute la ligne, résumé dans l\u2019interrogation «tweettesque» «©CBCNews ©PnPCBC Who is Valentina Lisitsa and why does the ©TorontoSymphony want to sanction her?».Près de quatre ans après 2011, on reparle enfin d\u2019elle.Et en plus, comme d\u2019une martyre sacrifiée sur l\u2019autel de la liberté d\u2019expression ! Il y a des positions.Mais il y a surtout leur ton.Et, finalement, la hauteur de ce dernier est fort peu éloignée du fracas sans âme qui caractérise généralement l\u2019art de cette pianiste.Le Devoir Bourg ourgie QUATUOR MODIGLIANI Mercredi 15 avril \u2022 19h30 Quatuors à cordes de MOZART, SAINT-SAËNS et RAVEL « Une énergie à toute épreuve, une sonorité d\u2019ensemble hautement personnelle, un lyrisme souple et naturel et un sens des couleurs admirable » c/oss/co 2014 LA FONDATION ARTEMUSICA PRESENTE JARDINS ANGLAIS ELGAR VAUGHAN WILLIAMS ORCHESTRE METROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SEGUIN BILLETS A 00$ PARTIR DE SOCAN ïJîîtVrî étmnx l-Scen«Mus,c.l« Maison symphonique de Montréal 17 avril, 19 h 30 YANNICK NÉZET-5ÉGUIN CHEF STEPHANE TETREAULT VIOLONCELLE Conseil des arts de Montréal en tournée RIVIERE-DE5-PRAIRIE5 16 avrl MERCIER-HOCHELAGA-MAISONNEUVE\t^ 19avrl PIERREFONDS OTTAWA 20 avril TORONTO 24 avril ENSEMBLE TRIOSPHERE Jeudi 16 avril \u2022 18h NightFUght Café, un spectacle inspiré par le jazz, la musique électroacoustique et la musique du monde Une heure forte en émotions ' LOVE SONGS Vendredi 17 avril \u2022 20h Ana SOKOLOVIC, Love Songs, opéra pour voix seule Kristin Hoff, mezzo-soprano Dans Love Songs, Kristin Hoff chante «Je t\u2019aime» en 100 langues' Une performance unique ' AIR ANCIEN ET SOUFFLE NOUVEAU Vendredi 24 avril \u2022 18h30 Musiciens de l\u2019OSM David MASLANKA Quintette pour instruments à vent n° 3 RAVEL Le tombeau de Couperin NIELSEN Quintette à vent Un bouquet de couleurs, de rythmes et de poésie avec des œuvres pour vents CANTATES DE BACH Dimanche 26 avril \u2022 14h Cappella Antica McGill Hank Knox, chef J.S.BACH Cantates BWV 87,103,128 et 176 Dernier concert de l\u2019an 1 de l\u2019intégrale des cantates de Bach BRISES D\u2019ORIENT Mercredi 29 avril \u2022 19h30 Quatuor Cambini-Paris Félicien DAVID Quatuors n°\" 1 et 4 DEBUSSY Quatuor à cordes Concert présente en lien avec [exposition Merveilles et mirages de l\u2019orientalisme MUSEE DES BEAUX ARTS MONTRÉAL Presents par ARTE MUSICA E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 CULTURE>DE VISU Flâneurs urbains dans les interstices de la ville LE FLANE,UR: ART + URBANITE CRITIQUE Commissaire: Guillaume B.Turenne Avec Arnaud Grégoire, Fanny Latreille et Jean-Philippe Luckhurst-Cartier A VEspace projet, jusqu\u2019au 19 avril NICOLAS MAVRIKAKIS ai toujours été étonné de voir ces panneaux que l\u2019on peut retrouver un peu partout dans nos villes occidentales et qui interdisent \u2014 oh! grand crime s\u2019il en est un ! \u2014 le flâ-nage.Oui, vous avez bien lu, le flânage, fléau de notre monde contemporain.Ne trouvez-vous pas que cela sonne un peu comme si le rêveur ou le poète était interdit dans nos cités?Mais est-ce si faux?Cette prohibition qui vise bien sûr les vendeurs de drogue, les prostitués, ainsi que les méchants et malodorants itinérants permet aussi de se débarrasser facilement d\u2019adolescents qui traînent dans un centre commercial ou devant un dépanneur, en train de « bummer » et qui pourraient faire fuir le respectable citoyen travailleur qui, lui, ne gaspille pas son temps et achète quelques produits avec de l\u2019argent honnêtement gagné.Et si le flânage était une manière de lutter contre la logique capitaliste de la rentabilité et de la productivité à tous crins?Flâneur urbain C\u2019est de ce sujet passionnant du flâneur que le commissaire Guillaume B.Turenne a décidé de traiter dans son expo présentée ces jours-ci.En 2013, il a terminé une maîtrise en histoire de l\u2019art à l\u2019UQAM qui portait justement sur ce sujet, maîtrise qui avait le sous-titre suivant: «Exploration et expérimentation de l\u2019espace urbain à travers les pratiques artistiques de Spurse, Jean-François Prost, Jean-Maxime Dufresne et Virginie Laganière».Un mémoire qui réunissait des idées et des informations d\u2019une grande pertinence.Dans le texte de présentation de son expo, B.Turenne explique comment, «pour le philosophe Henri Lefebvre (Ta production de l\u2019es-paccy), nous vivons dans un espace produit, qui agit à la fois comme marchandise à vendre, [.] comme moyen de contrôle, d\u2019aliénation et de domination [.] qui ne peut être totalement coptrôlable ».A l\u2019Espace projet, B.Turenne a réuni le travail de trois jeunes artistes qui mettent en scène ce désir de s\u2019approprier l\u2019espace urbain afin de faire «surgir un potentiel de résistance».Des espaces hétéroclites Pour son installation intitulée Flâner Saint-Laurent où Crémazie, Jean-Philippe Luckhurst-Cartier s\u2019est fait filmer parcourant un tronçon du boulevard Saint-Laurent.Il ne nous fait pas visiter la Main qui passe dans la Petite Italie, dans le Mile-End ou qui borde Pour éviter de croiser quelqu'un de visiblement éméché PHOTOS LUDMILA STECKELBERG Jean-Philippe Luckhurst-Cartier, Fannie Latreille et Arnaud Grégoire jettent trois regards lucides sur la notion de flânage urbain à l\u2019Espace projet.le quartier Milton/Parc.Ce n\u2019est pas la Main branchée, au look pittoresque propret ou qui lentement se « disneyifie » qu\u2019il nous montre.Non, il a parcouru le boulevard Saint-Laurent dans sa partie nord, près de l\u2019autoroute Métropolitaine.Un coin où se mélangent des non-lieux, comme le Burger King ou un petit centre commercial au parking totalement bétonné, avec des espaces ayant plus d\u2019identité et de caractère.Luckhurst-Cartier nous fait découvrir des espaces hétéroclites en faisant le tour de plusieurs commerces et immeu- bles.Il va à la boulangerie sal-vadorienne La Providencia manger pour la première fois un tamal (pour 2,75$), se rend dans un Tim Hortons prendre un café et un beignet (pour 2,69$), achète dans un Jean Coutu une paire de semelles Comfort (pour 4,58$).Ces semelles sont d\u2019ailleurs clouées au mur avec d\u2019autres éléments liés à ce parcours : cartes d\u2019af-faires des différents commerces visités, factures des produits achetés, mais aussi photos floues des gens qui passaient par là et que l\u2019artiste présente comme des flâneurs.Il y a dans cette installation quelque chose de l\u2019enquête anthropologique et de l\u2019étude sociale.Pour conclure ce parcours de la Main, le dimanche 12 avril, de 14 h à 16 h, Luckhurst-Cartier fera une visite guidée de cette section du boulevard Saint-Laurent, à quelques enjambées de la galerie où il expose.Toujours dans cette expo, vous trouverez le travail de Eanny Latreille qui, dans sa vidéo La rue la nuit, traite du fait que les femmes se sentent moins que les hommes en droit de déambuler à leur guise dans nos villes, en parti- culier le soir venu.La semaine dernière, l\u2019artiste tenait d\u2019ailleurs une séance d\u2019autodéfense au parc Jarry.Enfin, les peintures d\u2019Arnaud Grégoire complètent cette expo.Il y traite, entre autres, du fait que bien des quartiers se trouvent totalement transformés à travers la construction de condominiums et la «réduction de l\u2019espace urbain à sa seule valeur marchande».Lors de votre visite, vous pourrez poursuivre votre réflexion sur le flâneur en vous plongeant dans plusieurs livres que le commissaire de l\u2019expo a laissés à votre disposition à l\u2019entrée de la galerie.Vous y trouverez l\u2019ouvrage de Walter Benjamin sur Charles Baudelaire (un des premiers à avoir donné ses lettres de noblesse au flâneur), mais aussi Wanderlust.A History of Walking de Rebecca Sol-nit, Marcher, créer de Thierry Davila, L\u2019art de se promener de Karl Gottlob Schelle.Signalons que le dimanche 19 avril, à partir de 14 h, le commissaire de l\u2019expo, B.Turenne, discutera avec l\u2019artiste Arnaud Grégoire.Collaborateur Le Devoir CENTRE ARTICULE Austérité à la sauce néerlandaise CUTS MAKE THE COUNTRY BETTER Edith Brunette et François Lemieux Centre Articule (262, rue Fair-mount Ouest) jusqu\u2019au 12 avril JÉRÔME DELGADO La salle du centre Articule, en apparence dépouillée de tout contenu artistique, respire l\u2019air ambiant, celui de la morosité financière.Le long mur sur lequel les yeux des visiteurs s\u2019arrêtent d\u2019abord affiche quand même des grands titres, tels que «Vulnérabilité», «L\u2019argent», «Stratégies», «Lobbying» et d\u2019autres références à un monde en crise, ou du moins en conflit, en éternelle négociation.Sous ces titres, il y a bien quelques feuilles, d\u2019un jaune \\ Hydro L Québec présente Le Trio Bessette, Dyachkov et Aldrich Piano MuSS Série Dominica Piano Violoncelle Clarinette Dimanche le 12 avril 5 Brahms Muczynski |r=^| SALLE = llnll BOURGIE il NATIONALE 1380 Sherbrooks 0.514-285-2000 loi âpre, qu\u2019il faudra bien lire.Le rapide balayage qu\u2019effectue l\u2019œil permet de découvrir trois postes vidéo.Puis c\u2019est tout.L\u2019heure est grave, ça se sent : l\u2019exposition Cuts Make the Country Better parle, avec cynisme, de cette vogue pour les mesures d\u2019austérité.L\u2019expo découle d\u2019un séjour aux Pays-Bas des artistes Édith Brunette et Erançois Lemieux.Le titre de ce projet au parfum documentaire reprend Uni cg vqirNiNt\tCi t b rLM M G 124^ saison 2015-2016 SALLE POLLACK 555, rue Sherbrooke Ouest Le dimanche à 15 h 30 13 sept.PHILIPPE SLY.baiyton-basse 4 oct.ALBAN GERHARDT violoncelle 25 oct.PAVEL HAAS QUARTET cordes 15 nov.FAURÉ QUARTET piano et cordes 6\tdéc.JAYSQN GILLHAM, piano 7\tfév.JULIAN RACHLIN, violon, alto 28 fév.CALIDQRE STRING QUARTET, cordes 20 mars ESCHER STRING QUARTET cordes 10 avril ANDRÉ LAPLANTE, piano 1- mai SETZER-FINCKEL-WU HAN TRIQ, cordes Abonnement 250$ Etudiants (26 ans) 80$ Billet 40$\tBillet 20$ Non remboursable/Taxes incluses LMMC 514-932-6796 lmmc@qc.aibn.com www.lmmc.ca une citation du premier ministre néerlandais.Mark Rutte, qui défendait ainsi les coupes que son gouvernement imposait au milieu culturel.« Cuts make the country better.» Même la Eondation Mondrian, phare national, a vu son budget réduit de moitié, obligeant à fusionner le fonds art avec le fonds architecture.Ne veut-on pas réunir ici la Cinémathèque québécoise et Bibliothèque et Archives nationales ?Une coupure de presse, en format surdimensionné, rend compte de la situation par un long texte.À lire en anglais et dans un français plus que douteux.On devine qu\u2019ici, faute de moyens, on a eu recours à la traduction automatique.Il s\u2019agit peut-être de révéler par là, mais de manière maladroite, l\u2019état de pauvreté dans lequel vivent les travailleurs culturels.En faisant cas de l\u2019austérité néerlandaise.Brunette et Lemieux semblent s\u2019adresser à nos propres gouvernements.L\u2019affirmation voulant que les coupes rendent le pays meilleur peut, il est vrai, sembler tout droit sortie de la bouche d\u2019un Stephen Harper ou d\u2019un Philippe Couillard.Quelque part, la situation ici est la même que là-bas.L\u2019austérité est un bébé de la mondialisation.Les mots pour le dire La question de la langue semble secondaire dans ce projet, où l\u2019anglais apparaît plus que naturel, une évidence universelle.Pourtant, elle est au cœur de l\u2019expo, cette question langa- COLLECTIF FUCKING GOOD ART Rob Hamelijnck et Nienke Terpsma, du collectif Fucking Good Art, brandissent le gros titre «Cuts make the country better».gière.Les énoncés sur les feuilles jaunes épinglées au mur passent de l\u2019anglais au français (lisible, cette fois).Les vidéos consistent en une série de témoignages d\u2019artistes et de travailleurs culturels néerlandais qui s\u2019expriment tous dans un anglais parfois impeccable.Les sous-titres français relaient l\u2019info.À leur écoute, on constate que les mots au mur sont des extraits des vidéos.De l\u2019oralité à l\u2019écrit, de l\u2019écoute à la lecture, la situation de la culture et la dénonciation de ses coupes (ou «coupures», comme on le lit parfois) sont un message qui doit circuler, qui gagne à être répété.Cuts Make the Country Better est une expo évolutive, qui s\u2019est développée au cours des semaines à travers des projections spéciales, des discussions improvisées ou la publication d\u2019une revue.Cette nature très liée à l\u2019échange d\u2019idées et basée sur des rencontres explique aussi l\u2019état dépouillé de la salle d\u2019Articule.Sans la présence d\u2019acteurs, la chose est aride, voire moins enrichissante.L\u2019incontournable présence des mots agit comme une métaphore, exprime, mieux que tout autre type d\u2019art, l\u2019importance de la culture et de sa fonction ras-sembleuse.Edith Brunette le sait bien, elle qui est un peu devenue le porte-voix d\u2019un art contemporain politisé et très vo-lubile \u2014 elle était de l\u2019expo Le désordre des choses, à la Galerie de rUQAM au début de 2015.Collaborateur Le Devoir SOLDE DE PIANOS -20® anniversaire- À L\u2019ÉCOLE DE MUSIQUE VINCENT-D\u2019INDY UN CHOIX PARMI PLUS DE 60 MODELES DE PIANOS DROITS ET A QUEUE PIANOS NEUFS À PARTIR DE 1 995$ \u2022 PIANOS USAGES EGALEMENT DISPONIBLES DU 10 AU 12 AVRIL 2015 628, CHEMIN DE LA CÔTE SAINTE-CATHERINE, OUTREMONT Ouvert vendredi de 9h à 21 h ainsi que samedi et dimanche de 9h àl7h PRENEZ RENDEZ-VOUS DÈS MAINTENANT AVEC NOS EXPERTS 514 380-3113 OU 1 877 371-2323 \u2022 infopiano@archambault.quebecor.eom VINCENT D INDY ARCHAMBAULT LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 E 11 IDEVISD EXPOLAROÏD Eloge de la modération photographique FABIEN DEGLISE Trop de photos, dans l\u2019abondance qu\u2019offre désormais le numérique, tue la photo ! C\u2019est en tout cas ce que croient les fondateurs du Mois du polaroïd et du film instantané qui, pour une troisième année de suite, veulent ramener ce procédé photo^aphique, et la modération qu\u2019il impose, au bon souvenir du présent Expo-laroïd \u2014 c\u2019est le nom donné à l\u2019événement \u2014 se tient durant tout le mois d\u2019avril dans une soixantaine de galeries et centres culturels à travers le monde, dont trois au Québec.Le retour de l\u2019instantané «Le polaroïd n\u2019est pas mort et il n\u2019a pas dit son dernier mot», lance à l\u2019autre bout du fil l\u2019artiste-photographe Jean Beaudoin.L\u2019homme est porte-parole de l\u2019Expolaroïd pour le Canada.Il participe à l\u2019expo Les irréductibles pola-graphes au Centre culturel Pierre-Gobeil de Sherbrooke.«Mieux, on assiste actuellement à l\u2019avènement d\u2019une nouvelle génération qui s\u2019approprie ces appareils instantanés», tout comme la créativité qu\u2019elle permet d\u2019imprimer dans l\u2019instant, d\u2019un simple tirage de languette.Malgré une production de films instantanés arrêtée en plein déclin par Polaroïd en 2008, cette technique photographique est loin d\u2019être arrivée au bout de son rouleau et de son film-pack, révèle l\u2019Expo-laroïd, qui fait entrer dans le même cadre en la fédérant durant un mois la production artistique instantanée de 150 photographes de 35 villes à travers le monde.Nantes, en Erance, d\u2019où le mouvement est parti en 2013, est forcément sur la liste, tout comme Barcelone, Paris, New York, Montréal, Sherbrooke, Magog.«Il y a un regain pour le polaroïd en ce moment», résume Marie-Josée Rousseau, de la galerie d\u2019art photo La Casti-glione à Montréal, qui se rallie à l\u2019événement international avec l\u2019expo collective L\u2019état des choses.instantanées.La pro- position affiche les univers ar-gentiques de Noémie Da Silva, d\u2019Alain Pratte ou de Catherine Tremblay \u2014 pour ne citer qu\u2019eux.«Le numérique nous a fait entrer dans l\u2019abondance des images.L\u2019instantané, lui, impose un autre rythme», une autre forme de narration.Second souffle vintage Les cartouches de films instantanés désormais entrées dans la marge par l\u2019entremise de l\u2019Impossible Project \u2014 11 employés de Polaroïd qui ont racheté les machines pour relancer la production en 2010 \u2014 y sont pn peu pour quelque chose.A 30$ environ pour huit clichés, la frénésie de la prise de vue que permet un appareil photo enchâssé dans un téléphone dit intelligent n\u2019a forcément pas sa place ici.«Cela apporte quelque chose de plus à la photographie, dit Jean Beaudoin.Ça remet les mains en contact avec un appareil photo tout en rapprochant le photographe de l\u2019essence même de la photo», dont nous éloigneraient nos vies numériques, selon lui, dans un paradoxe savoureux : ces vies n\u2019ont en effet jamais autant fait de place à l\u2019image dans la communication.Ce culte de la photo n\u2019est d\u2019ailleurs pas étranger au renouveau du polaroïd, estiment les créateurs de l\u2019événement, qui voient dans les «communautés du Web» et le «retour de la mode vintage» les nouveaux carburants de la photographie alternative.«Il existe un véritable engouement pour les applications smartphone capables de réaliser des photographies de type Polaroïd ou Lomogra-phique, écrivent-ils sur le site de l\u2019événement {expolaroid.com).Cette esthétique alternative (re)devient populaire, comme elle pouvait l\u2019étre à l\u2019époque de la création des premiers appareils photographiques instantanés (les années 70-80) », redonnant par le fait même un second souffle à un procédé qui reprend des couleurs pendant un mois, et peut-être plus longtemps, la photographie sachant très bien déjouer la mort en rendant les choses éternelles.Le Devoir Jean Beaudoin Pola-266 sera partie intégrante d\u2019Expolaroïd 2015, qui a pour thème la ville de New York.JEAN BEAUDOIN {{Le polaroïd n\u2019est pas mort et il n\u2019a pas dit son dernier mot.Mieux, on assiste actuellement à l\u2019avènement d\u2019une nouvelle génération qui s\u2019approprie ces appareils instantanésyy Jean Beaudoin Pola-211 a été présentée dans le cadre de l\u2019événement Polaroïd 2014 qui portait sur les foires agricoles.PAPIER 15 FOIRE D'ART CONTEMPORAIN D'ŒUVRES SUR PAPIER CONTEMPORARY ART FAIR OF WORKS ON PAPER Présente par BMNÛUE IWIOMW-E GESTION PRIVÉE 1859 24 - 26 avril Complexe de Gaspé, 5445 de Gaspé Montréal - Québec - Canada papiermontreal.com Partenaires majeurs Navettes gratuites ® Métro Laurier ® Métro Place-des-arts ALLIED Domtar Montréal® CANADIANART LE DEVOIR\tles affaires LJbr« de penser Produit par I Association des galeries d art contemporain E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 CULTURE >CINEMA METROPOLE EILMS Souvent métaphore de l\u2019inconscient collectif, le film d\u2019horreur Traquée n\u2019échappe pas à la règle, surfant sur la menace des infections transmissibles sexuellement.L\u2019horreur nue Le film Traquée fait peur tout en mettant en relief une hantise bien américaine TRAQUEE (V.E.DE IT EOLLOWS) Réalisation : David Robert Mitchell.Avec Maika Monroe, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto.Etats-Unis, 2015,100 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Les films d\u2019horreur, bons ou mauvais, se révèlent souvent plus intéressants pour ce qu\u2019ils cachent que pour ce qu\u2019ils montrent.Il n\u2019est pas question ici de ces détails sanguinolents qu\u2019un cinéaste choisit de suggérer hors champ plutôt que d\u2019exhiber à la caméra, mais bien du propos sous-jacent, fût-il réfléchi ou involontaire.Le drame d\u2019horreur Traquée constitue la plus récente illustration qu\u2019un film d\u2019horreur est rarement «juste un film d\u2019horreur».Après avoir été droguée par Greg, un garçon qu\u2019elle fréquente depuis peu, Jay se réveille dans un immeuble désaffecté.Derrière elle, Greg promet qu\u2019il ne lui fera rien, puis il entame un étrange monologue.Il prévient Jay qu\u2019il lui a «passé» «quelque chose», que «ce» sera bientôt là, que «ça» peut prendre l\u2019apparence de n\u2019importe qui, d\u2019un proche ou d\u2019un inconnu marchant droit vers elle, que «ce» n\u2019est pas rapide, mais que «ça» la retrouvera inlassablement et qu\u2019elle devra à son tour le «passer» à quelqu\u2019un d\u2019autre en faisant l\u2019amour, faute de quoi.Et voilà que s\u2019avance vers Jay une femme nue, pas exactement spectrale, mais n\u2019appartenant de toute évidence plus au genre humain.Sa simple présence, dans ce contexte, après ces paroles, est terrifiante.«C\u2019est» primitif, dérangeant.Les frissons ne font en l\u2019occurrence que commencer.Certes, l\u2019effroi s\u2019émousse à la fin faute d\u2019un dénouement à la hauteur du concept, mais les trois quarts du film fonctionnent fich-trement bien pour qui prend plaisir à courtiser l\u2019insomnie.Surtout, ce bémol ne parvient pas à distraire de ce qui grouille sous la surface horrifique du film de David Robert Mitchell.Le danger criant des ITS (infections transmissibles sexuellement) auprès d\u2019une génération qui se croit immune avec cette entité qui se transmet par le sexe (DTS?démon transmis sexuellement?), voire le rendez-vous galant qui se meut en viol au début: les métaphores de Traquée ne sont pas subtiles, mais elles n\u2019en sont pas moins puissantes, car évoquées avec force simplicité à l\u2019image.On le disait, avec ses préoccupations souterraines de leur temps.Traquée honore cette longue tradition du film d\u2019horreur comme agent révélateur du Zeitgeist.Sociologie de Thorreur Sur le plan sociologique, en effet, le cinéma d\u2019épouvante n\u2019a pas son pareil pour rendre compte de l\u2019état d\u2019esprit d\u2019une société à un moment X.Les Etats-Unis sont évidemment les plus portés sur l\u2019auto (psych) analyse, en témoigne leur abondante production.L\u2019invasion des profanateurs (1956) avec ces Américains moyens remplacés par des doubles extraterrestres en pleine hystérie communiste, La nuit des morts-vivants (1968) et cet ultime survivant noir tiré à bout portant par l\u2019armée pendant que le pays vibre au rythme du mouvement pour les droits civiques.Les femmes de Stepford (1975) auxquelles les chers maris substituent des clones robots plus obéissants venant rappeler la fragilité des acquis féministes.Même lorsqu\u2019il demeure au ras des pâquerettes, par exemple dans Vendredi 13 (1980), où un tueur masqué massacre un groupe d\u2019adolescents libidineux alors que le conservatisme reprenait ses droits après les « écarts » du Peace & Love et de l\u2019amour libre, le film d\u2019horreur finit généralement par exprimer beaucoup plus que ce qui est écrit dans le scénario.Et c\u2019est justement parce qu\u2019à un niveau subconscient il évoque des enjeux vécus ou ressentis «ici et maintenant» qu\u2019il résonne auprès d\u2019autant de monde.Le retour du refoulé Paradoxalement, Traquée est, pour toute sa ARCHIVES LE DEVOIR Les États-Unis sont les plus portés sur l\u2019auto(psych)analyse, en témoigne leur abondante production cinématographique, dont La nuit des morts-vivants (1968) et cet ultime survivant noir tiré à bout portant par l\u2019armée pendant que le pays vibre au r5dhme du mouvement pour les droits civiques contemporanéité thématique, une œuvre nostalgique.Agé de 40 ans, le réalisateur David Robert Mitchell aligne les références aux films d\u2019horreur des années 1970-1980 sur fond sonore évoquant ouvertement la musique de John Carpenter, cinéaste et compositeur cultes de cette période, celle de son enfance.Loin de déséquilibrer le film, cette dichotomie l\u2019enrichit, au contraire.Ainsi assiste-t-on, en quelque sorte, à un retour du refoulé cinématographique.Manifestement, David Robert Mitchell a été marqué par la scène de la baignoire dans Shining (1980), celle où une ravissante nymphe sort du bain pour enlacer Jack Nicholson qui, après avoir embrassé la belle apparition, se rend compte qu\u2019il étreint une vieille femme cadavérique aux chairs rendues putrides par un séjour prolongé dans l\u2019eau.Dans un « accusé de régression » stupéfiant.Traquée révèle que, 35 ans plus tard, la simple vue d\u2019un corps nu, même jeune et beau, suffit désormais à générer de la peur.Pratiquement bannie du cinéma américain à partir de l\u2019ère Reagan après avoir été relativement banalisée, un peu comme en Erance, durant les années 1970, la nudité a été tellement occultée à Hollywood qu\u2019elle a de fait fini par devenir cela, occulte, effrayante.Eace à elle dans le film de David Robert Mitchell, un film inspiré par un cauchemar récurrent de son enfance, tiens donc, même les arrnes à feu sont inutiles.Quand on sait qu\u2019aux États-Unis une production standard peut recevoir un visa « Général » en filmant des fusillades mais se voir sanctionnée d\u2019une cote « 17 ans et plus» si elle s\u2019avise de montrer des fesses et des seins, un tel parti pris dramatique n\u2019est pas banal.La peur incarnée Que cela découle d\u2019une réflexion consciente de la part de David Robert Mitchell importe peu : ces considérations se manifestent parfois en dehors de la volonté de l\u2019auteur qui, c\u2019est inhérent à sa nature d\u2019artiste, capte à son insu tout ce que l\u2019on rejette collectivement dans l\u2019air.Cela vaut pour le cinéma d\u2019horreur, qui confronte ni plus ni moins le public à ses craintes et obsessions du moment.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui explique la pérennité d\u2019un genre que les gens devraient logiquement fuir, mais vers lequel ils reviennent en masse, inlassablement.Pour affronter la peur, pour l\u2019exorciser, sans danger, parce que c\u2019est juste un film, «juste un film d\u2019horreur».Le Devoir ARCHIVES LE DEVOIR Shining (1980), avec Jack Nicholson MGM L\u2019invasion des profanateurs (1956), avec ces Américains moyens remplacés par des doubles extraterrestres en pleine hystérie communiste. LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 E 13 CULTURE-CINEMA Mièvre virée en Amérique UEXTEÎAVAGANT VOYAGE DU JEUNE ET PRODIGIEUX T.S.SPIVET (V.F, DE The Young and Prodigious T, S.Spivet) ?Réalisation : Jean-Pierre Jeunet.Scénario: Jean-Pierre Jeunet, Guillaume Laurant, d\u2019après le roman de Reif Larsen.Avec Kyle Catlett, Helena Bonham Carter, Callum Keith Rennie, Niamh Wilson, Judy Davis, Robert Mallet, Dominique Binon.Image: Thomas Hardmeier.Musique: Denis Sanacore.Montage: Hervé Schneid.France-Canada, 2013, 106 minutes.odile tremblay Ly extravagant voyage du \u2019 jeune et prodigieux T.S.Spivet, tourné en anglais, est pour le père d\u2019Amélie Poulain le film de bien des premières.Premier film en partie canadien, puisqu\u2019il fut tourné à Montréal et en Alberta.Premier film en 3D (mais il se voit aussi en 2D).Premier film sans son directeur photo attitré : Bruno Delbonnel (remplacé par Thomas Hardmeier).Il est aussi le seul de ses films qui n\u2019ait pas atteint le million de spectateurs en France lors de sa sortie en 2013.Même échec public aux Etats-Unis.Au Québec, il fit longtemps antichambre avant de prendre l\u2019affiche.Pour ceux qui aiment le délire visuel et l\u2019inventivité stylistique, cette adaptation d\u2019un roman du jeune Américain Reif Larsen peut constituer un divertissement.Les décors grouillent de détails délirants et certains gags visuels sont drôles, mais on dirait du Wes Anderson en beaucoup moins bien, et L\u2019extravagant voyage.ne lève pas, faute surtout de trouver sa cadence.Le type de cinéma auquel Jeunet est abonné jongle avec le conte merveilleux et exige é ^ O ^ FILMS SEVILLE Le type de cinéma auquel Jean-Pierre Jeunet est abonné jongle avec le conte merveilleux et exige une pulsion renouvelée.Or des longueurs d\u2019un bout à l\u2019autre de sa trajectoire l\u2019étiolent.une pulsion renouvelée.Or des longueurs d\u2019un bout à l\u2019autre de sa trajectoire l\u2019étiolent.Par ailleurs, le jeune Américain Kyle Catlett manque de charisme et le fdm ne peut reposer sur ses frêles épaules.Il faut dire que Jeunet sombre dans le cliché américain nostalgique avec ferme dans la prairie \u2014 comme une visite à travers les tableaux de genre de Grant Wood.Ajoutez le périple clandestin en train, à l\u2019instar des bobos durant la Grande Crise.Toute cette imagerie \u2014 dont les stands à bot dogs façon fifties et les talk-shows télévisés débiles \u2014 revue à travers le fantasme européen des grands espaces sent le réchauffé.L\u2019histoire est celle d\u2019un enfant de dix ans, T.S.Spivet (Catlett), élevé dans une ferme du Montana par une mère entomologiste (Helena Bonham Carter, sur le pilote automatique) et un père se prenant pour un cow-boy du XIX® siècle (Callum Keith Rennie, très faiblard), aux côtés d\u2019une sœur ado (Niamh Wilson, tonique) qui rêve de devenir Miss America.Un secret de famille alourdit l\u2019atmosphère tandis que le jeune garçon, génie inventeur, a mis au point une mécanique de mouvement perpétuel.Or les huiles du Smithsonian à Washington veulent lui décerner leur grand prix.lœ voici donc en route, avec rencontres furtives, désillusions et révélation tire-larmes durant son discours sur une tragédie familiale.Sa voix hors champ alourdit le périple et la matérialisation de ses pensées sent vite le procédé.La grande actrice australienne Judy Davis, dans sa composition drôle et hystérique de la vilaine directrice du Smithsonian toujours au bord de la crise de nerfs, est le radeau qui sauve la distribution du naufrage.Quant au dénouement, mièvre et convenu (il n\u2019est de bonheur qu\u2019au foyer), il paraît plus hollywoodien que nature.Le Devoir Quand les X et les hipsters croisent le fer WHILE WE\u2019RE YOUNG ?Comédie dramatique de Noah Baumbach.Avec Ben Stiller, Naomi Watts, Adam Driver, Amanda Seyfried.Etats-Unis, 2014, 97 minutes.ANDRÉ LAVOIE Le cinéma de Noah Baumbach ressemble, en apparence, à celui de Woody Allen: souvent autobiographique, ancré dans le paysage new-yorkais, porté par un humour délicat et peuplé de personnages à l\u2019équilibre psychologique parfois instable.Il s\u2019en démarque tout de même grâce à l\u2019âge du cinéaste, fier représentant de la génération X prêt à étaler ses blessures d\u2019enfance {The Squid and the Whale), son rapport névrotique avec Los Angeles {Greenberg) ou sa vision forcément biaisée, mais attendrissante, de la jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui {Frances Ha).Il pousse un cran plus loin cette réflexion dans While We\u2019re Young, la livrant sur un ton léger (citant tout de même le dramaturge norvégien Henrik Ibsen avec une pertinence incontestable), opposant deux duos si contrastés que la démonstration apparaît claire comme du cristal.En effet, il s\u2019agit d\u2019un choc à la fois culturel et générationnel, suscitant d\u2019abord sa large part de sourires, qui cèdent peu à peu la place à un affrontement subtil entre créateurs aux ambitions irréconciliables.Josh (Ben Stiller, drôle sans excès) ressemble à s\u2019y méprendre au personnage docu-mentariste joué par Allen dans Crimes and Misdemeanors : il s\u2019échine sur le même film depuis des années, refuse les compromis et compose aussi mal avec le succès qu\u2019avec l\u2019échec, ce que sa compagne Cornelia (Naomi Watts, on oublie qu\u2019elle peut être rigolote), productrice, n\u2019arrive pas à corriger.Ce couple, englué dans la routine et vivant mal les pressions de leurs amis devenus parents, subit un électro- choc lorsqu\u2019il fait la connaissance de la quintessence du tandem hipster.Jamie (Adam Driver, une gueule singulière) et Darby (Amanda Seyfried, parfaite en jeune fille en fleur) vivent entourés de disques en vinyle, de cassettes VHS, de dactylos et autres reliquats des années 1980, une décennie où leurs parents n\u2019étaient sans doute pas encore ensemble.Les réseaux sociaux?Connaissent pas.Darby préfère concocter sa propre crème glacée tandis que Jamie aspire lui aussi à devenir documentaliste.La rencontre semblait fortuite, et cette amitié naissante a d\u2019abord des allures de cure de jouvence, entre les cours de danse hip-hop, une nouvelle tenue vestimentaire, ou encore une séance intense avec un shaman.Mais la cure vire peu à peu au cauchemar, celui où les masques tombent, avec fracas, le Lincoln Center devenant le théâtre d\u2019un affrontement entre deux visions de l\u2019intégrité artistique sous le regard embarrassé d\u2019un documentariste célèbre, le beau-père de Josh, ombre écrasante.While We\u2019re Young s\u2019affiche comme le film le plus accessible (certains diront commercial) REMSTAR D\u2019abord rafraîchissante, la rencontre fortuite entre la génération X et les hipsters tourne lentement au cauchemar.de Noah Baumbach, où l\u2019on reconnaît son sens aiguisé des dialogues teintés d\u2019ironie, une habileté remarquable dans l\u2019art d\u2019entrelacer les images du quotidien des deux couples pour en souligner les écarts et les écueils, et cette constante facilité à illustrer un New York ni beau ni laid, capté dans toute sa vibrante authenticité.H s\u2019agit en somme d\u2019une comédie réjouissante et rassem-bleuse, permettant aux X et aux hipsters de croiser le fer, et à nous d\u2019admirer le combat avec un heureux mélange de dérision et de nostalgie.Collaborateur Le Devoir EXC3NTRIS IPLir 4 f LE PROFIL AMINA (V.0.STF)- SOPHIE DESRAPE - 83 MIN.SÉLECTION FESTIVAL DE SUNDANCE 2015 BILLETTERIE : 514 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL \t NOIR (NWA) -YVES-CHRISTIAN FOURNIER\t DES ÉTOILES (v.o.stf.) - DYANA GAYE\tB*! MARINONI: LE FEU DE LA PASSION -TONYGIRARDIN\tB*! LA PASSION D\u2019AUGUSTINE -LÉAPOOL\tB»! LE PRIX À PAYER (v.o.stf.) - HAROLD CROOKS\tB*! ET AUSSI DE NOMBREUX TITRES SUR CINEMAEXCENTRIS.COM m ?«OLIVIERASSAYASSE LIVRE À UNE BRILLANTE RÉFLEXION SUR LE MÉTIER D\u2019ACTRICE ET LE TEMPS QUI PASSE.» TÉLÉ/JOURS\t¦ ?_ « ASSAYAS SIGNE L\u2019UN DE SES MEILLEURS FILMS AVEC CÉTTE REFLEXION SUR L\u2019ART DU COMÉDIEN.PORTÉE PAR UNE SUBLIME JULIETTE BINOCHE.» A^OIR-ALIRE.COM y GAGHANT D\u2019UN CESAR MEILLEURE ACTRICE DE SOUTIEN - KRISTEN STEWART SILS MARIA UN FILM DE OLIVIER ASSAYAS PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE 5 metropol e fi Ims.comJ LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 E 14 ICIffEMA ©THEATRE OUTREMONT LES MAITRES DU theatreoutremoiit.ca ^deVépliSneCapoin\" 514495-9944 Le lundi 13 avril I 16 h et 19 h 30 FILMS SEVILLE Les échappatoires sont absentes du film, ce qui l\u2019appesantit, comme certaines scènes de violence parfois gratuites.Noir, c\u2019est noir NOIR ?Réalisation: Yves Christian Fournier.Scénario: Jean-Hervé Désiré.Avec Salim Kechiouche, Julie Djiézion, Jade-Mariuka Robitaille, Kémy St-Éloy, Ephraim Ndombasi, Maxime Dumontier.Image: Jessica Lee-Gagné.Musique: Patrick Lavoie.Montage: Mathieu Bou-chard-Malo.109 minutes.ODILE TREMBLAY On attendait beaucoup du second long métrage d\u2019Yves Christian Fournier après son excellent Tout est parfait en 2008 sur le suicide des jeunes.Et si le résultat laisse perplexe, le cinéaste s\u2019est du moins armé de courage pour sortir d\u2019une forme d\u2019ethnocentrisme dans lequel s\u2019enlise souvent le cinéma québécois.Il y avait eu avant ce NOIR le Bumrush de Michel Jetté et, plus étroitement collé au même thème.Sortie 67de Jephté Bas-tien, sans compter quelques documentaires, dont celui de Magnus Isacsson, Ma vie réelle.Chaque fois l\u2019aventure comporte un lot de risques et d\u2019écueils.Ici, le film peine à relever les défis posés et à créer l\u2019identification du spectateur.NOIR trouve son cadre dans un quartier chaud de Montréal où les gangs de rue, surtout issus des communautés noires, font la loi dans la violence et l\u2019intimidation.Prostitution, luttes pour le contrôle de la drogue, viols, gangstérisme en tous genres, règlements de comptes sanglants, c\u2019est d\u2019une jeunesse, consentante ou pas, prise dans les rets d\u2019organisations criminelles, qu\u2019il est question aussi.L\u2019image est parfois trop sombre, mais la caméra de Jessica Lee-Gagné demeure solide, collée aux personnages, tout en ouvrant sur un Montréal de la zone rarement montré.Ajoutez une musique formidable, en partie composée par Patrick Lavoie.Le film n\u2019a pas reçu le budget pour nourrir ses ambitions, on le sent, mais le bât blesse surtout ailleurs.Le scénario de Jean-Hervé Désiré s\u2019égare à travers la multiplicité des personnages.On cherche en vain une ligne dramatique solide.Il manque de comédiens noirs au Québec, surtout chez les jeunes, si bien que, pour des premiers rôles, des nouveaux venus, choisis par un casting sauvage, sautent dans l\u2019arène sans filet.A côté d\u2019un acteur français comme Salim Kechiouche, vu entre autres dans Ce que le jour doit à la nuit d\u2019Alexandre Arcady et La vie d\u2019Adèle d\u2019Abdellatif Kechiche, les autres interprètes paraissent bien amateurs.Kechiouche incarne avec force Kadhafi, un rappeur venu d\u2019Algérie, bègue, criminel repenti qui, sortant de prison, voudrait se ranger pour s\u2019occuper de sa famille, mais peine à sortir des griffes des gangs de rue et de l\u2019argent du crime vite fait.Une des scènes les plus puissantes du film sera d\u2019ailleurs le rap qu\u2019il entonne, mais le hip-hop aurait gagné à ponctuer NOIR depuis le début, en lui offrant une respiration.Parmi les rôles vedettes, il y a celui de l\u2019adolescent Dickens (le débutant Kémy St-Eloy), qui voudrait bien incorporer le gang criminel de son grand frère, mais que ce dernier humilie et torture en des rites initiatiques d\u2019une infinie cruauté.Aussi la danseuse Suzie Qade-Mariuka Robitaille), qui s\u2019entiche d\u2019un gangster, et Fleur Qulie Djiézion), engluée dans une relation malsaine avec le père de son enfant.Autour d\u2019eux, une faune surtout malfaisante, car les échappatoires sont absentes du film, ce qui l\u2019appesantit, comme certaines scènes de violence parfois gratuites.Toutefois, la présence de Maxime Dumontier (acteur de Tout est parfait) en policier blanc qui fait du profilage racial et emmerde les jeunes pour un oui ou pour un non aide à cerner des causes sociales pour ce baril de poudre.Entre rêves et désespoirs d\u2019un univers suffoquant dans son cercle infernal, Yves Christian Fournier a du moins ouvert la porte sur des réalités devant lesquelles bien des Montréalais se voilent la face, alors qu\u2019elles s\u2019épanouissent à deux pas de chez eux.Le Devoir ?\t« Mon coup de cœur « Une comédie décapante.y> pour 2015.d Odile Tremblay, Le Devoir George Privet ^ AM Internationale Filmfestspiele Berlin Forum TRIBECA INTERNATIONAL FILM ' FESTIVAL Mention spéciale du Jury i Meilleur scenario L'ENLEVEMENT K MICHEL UN FILM DE GUILLAUME NICLOUX FuD PRESENTEMENT A L'AFFICHE pCINEPLEX DIVERTISSEMENT-! I QUARTIER LATIN | LE CLAP CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINEMAS version française avec sous-titres anglais rCINÉMA DU PARCl I 3575 Du Parc 514-281-1900 | LE DEVOIR métropole INVITENT 100 PERSONNES À LA PREMIÈRE DE « UN HOMMAGE A LA BEAUTE DE LA PLANETE » Telerama GAGNANT D\u2019UN CÉSAR\tEN NOMINATION AUX OSCARS MEILLEUR DOCUMENTAIRE\tMEILLEUR DOCUMENTAIRE LE SEL DE LA TERRE Un voyage avec Sebastiâo Salgado unfiirndeWim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado LE MARDI 21 AVRIL A19H AU CINEMA BEAUBIEN (2596 rue Beaubien E ) PARTICIPER, VISITEZ LE concoursmetropolefilms.com La promotion aura heu sur le site web du 10 au 13 avril inclusivement et le tirage se fera le 14 avril 2015 50 gagnants recevront par la poste une invitation pour deux personnes Reglements disponibles chez Annexe Communications AU CINÉMA LE 24 AVRIL I s metropolefilms com1 La tête dans les nuages SILS MARIA ?1/2 Drame d\u2019Olivier Assayas.Avec Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloe Grace Moretz et Lars Eidinger.France-Suisse-Allemagne, 2014, 124 minutes.MANON DUMAIS La mise en abyme, Olivier Assayas connaît bien.Ainsi, en 1985, il coécrit le scénario de Rendez-vous d\u2019André Téchiné où il s\u2019intéresse à une jeune actrice sur le point d\u2019incarner la Juliette de Shakespeare.Celle qui tient le rôle n\u2019est nulle autre que Juliette Binoche qui, à 20 ans, crève déjà l\u2019écran.Après s\u2019être retrouvés en 2007 pour L\u2019heure d\u2019été, déroutante chronique familiale doublée d\u2019une solide réflexion sur la transmission, Binoche et Assayas convient le spectateur à un rendez-vous dans les Alpes, lequel sera le théâtre d\u2019une réflexion sur le métier d\u2019actrice.S\u2019étant rendue à Zurich avec son assistante (Kristen Ste-vrart, étonnamment lauréate d\u2019un César pour ce rôle) afin d\u2019y rendre hommage à son mentor, l\u2019actrice de théâtre Maria Enders (Binoche, moins inspirée qu\u2019à l\u2019accoutumée) se voit offrir par un metteur en scène (Lars Eidinger) de rejouer dans la pièce ayant lancé sa carrière 20 ans plus tôt.Cette fois, elle y interprétera le rôle d\u2019une femme mûre poussée au suicide par une jeune intrigante.Pour incarner le rôle que Maria a tenu à 18 ans, le metteur en scène a jeté son dévolu sur une actrice de cinéma célèbre pour ses frasques (Chloe Grace Moretz, piquante à souhait).Bien qu\u2019il emprunte à Persona et à La répétition de Bergman, ainsi qu\u2019à AU About Eve de Mankievricz, Olivier Assayas ne parvient pas à surpasser ses modèles, pas même à les égaler.Alors qu\u2019il livrait dans Irma Vep une réflexion sur le cinéma et ses rouages qui ne manquait pas de mordant ni de créativité, le cinéaste signe ici une réflexion verbeuse, statique et léthargique sur le jeu d\u2019acteur à travers la fascination d\u2019une actrice émérite obsédée par son âge pour une débutante ambitieuse ac-cro aux réseaux sociaux.Truffé de longueurs risquant d\u2019en assommer plus d\u2019un, Sils Maria comporte malgré tout quelques moments de grâce hypnotique lorsqu\u2019Assayas se perd en contemplation devant le serpent de nuages glissant majestueusement dans la vallée de l\u2019Engadine, jolie métaphore du passage inéluctable du temps.Collaboratrice Le Devoir METROPOLE FILMS Assayas signe une réflexion verbeuse et statique sur le jeu d\u2019acteur qui passe par la fascination d\u2019une actrice (Binoche) obsédée par son âge pour une débutante ambitieuse.Official Selection 2015 sundance OFFICIAL é^ECtlON \\ hotpocs J 9ni ci OUTS^KEN OUTSTANDING |E /\t/X, ^ - ^ « Troublant, fâÀcInant » ^ ^ - Patrick\tU Presse « Moderjier& Romantiquq^» Le Devoir UN FILM DE v DERASP PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE ! "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.