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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2015-04-11, Collections de BAnQ.

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[" UNVERSTES RECHERCHE CAHIER THEMATIQUE H > LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 Une étude novatrice sur l\u2019arthrose du genou Page H 5 /A\u2019\tx\": '-tf Jk / ^ y H Mieux prévoir l\u2019arrivée des pollens PageH6 % Le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, est surpris de constater l\u2019impact et les conséquences de certaines croyances, notamment à l\u2019encontre des vaccins.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Débat sur la vaccination Le scientifique en chef en appelle aux chercheurs CLAUDE LAFLEUR Rémi Quirion, le scientifique en chef du Québec, est pour le moins étonné par la récente réapparition de la rougeole au Québec: «On se dit \u201cWowü! \u201d, puisque c\u2019était une maladie disparue, comme la tuberculose, mais là, elle réapparaît à cause de certaines croyances», déclare-t-il.Comme tout le monde, M.Quirion est surpris de constater l\u2019impact et les conséquences de certaines croyances, notamment à l\u2019encontre des vaccins.Il rappelle que, à la suite de la mise au point de cette formidable arme pour prévenir les maladies, la médecine croyait qu\u2019on viendrait à bout des maladies infectieuses les unes après les autres.Mais voilà que des infections comme la rougeole et la tuberculose \u2014 qu\u2019on croyait pratiquement éradiquées \u2014 refont leur apparition.«La rougeole, ce n\u2019est pas rien, dit-il, c\u2019est une maladie mortelle.on peut vraiment en mourir! Et, lorsque je vois des parents qui refusent de faire vacciner leur enfant, là, je me questionne.» Au temps de la polio et de la tuberculose Rémi Quirion occupe la fonction de scientifique en chef du Québec depuis l\u2019instauration de celle-ci, en septembre 2011.A ce titre, il préside les conseils d\u2019administration des trois Fonds de recherche du Québec, en plus de conseiller le gouvernement en matière de développement de la recherche et de la science.«J\u2019ai eu à travailler sur différents dossiers, explique-t-il, notamment sur la stratégie maritime, le Nord, l\u2019aluminium, etc.Je fais cela en partenariat avec mes collègues des universités; souvent, on organise des forums et, à la suite des recommandations d\u2019un forum, je vais un peu plus loin avec le politique.» Détenteur d\u2019un doctorat en pharmacologie.Rémi Quirion a été professeur titulaire de psychiatrie à l\u2019Université McGill et directeur scientifique du Centre de recherche de l\u2019Institut Douglas.Comme chercheur, ses travaux ont porté sur la maladie d\u2019Alzheimer, la dépression et la mémoire, ainsi que sur la douleur et la tolérance aux opiacés.Il se dit surpris par le courant antimédecine qui existe encore de nos jours.En boutade, il lance: «Certaines personnes considèrent que les médicaments sont néfastes pour la santé, que ce sont même des poisons.Mais enlevez les antihypertenseurs et les anticholestérols et on va tous recommencer à mourir dans la soixantaine!» Pour lui, il est indéniable que les vaccins et les antibiotiques marquent un formidable progrès dans l\u2019amélioration de la santé.Hélas, bon nombre d\u2019entre nous ont oublié ce qu\u2019était la vie avant leur apparition.Ainsi, seuls les plus âgés d\u2019entre nous peuvent encore se rappeler l\u2019époque, dans la première moitié du XX® siècle, où la polio était l\u2019une des maladies les plus meurtrières, surtout chez les enfants.C\u2019est ainsi que la mise au point du premier vaccin permettant de nous immuniser contre elle, par Jonas Salk, en 1954, a été rien de moins qu\u2019une délivrance.Salk n\u2019a d\u2019ailleurs jamais breveté son vaccin, afin d\u2019en permettre une plus large diffusion.Ce vaccin (ainsi que celui inventé par Albert Sabin en 1962) a été, de fait, si efficace que, en l\u2019espace de deux générations, on a totalement oublié la terreur de contracter la polio.Même chose pour la tuberculose, une maladie infectieuse contagieuse qui semait la terreur chaque fois qu\u2019une personne, souvent jeune, développait une infection pulmonaire \u2014 la fameuse crainte de se retrouver en sanatorium! Combien de destins bouleversés pour des jeunes cloués au lit pendant des mois, voire des années.Il a fallu des décennies d\u2019intenses recherches pour finalement concevoir des vaccins et des antibiotiques efficaces pour la contrer, dans les années 1950.Mais la tuberculose tue encore près de deux millions de personnes par année, alors que les vaccins sont particulièrement efficaces chez les nouveau-nés et les enfants.à condition, bien entendu, de les leur administrer.«Si on rejette l\u2019ensemble des vaccins en disant qu\u2019ils sont dangereux, ça n\u2019a pas de sens, de déplorer Rémi Quirion.Il faut donc trouver le moyen de contrer les croyances en expliquant mieux les faits.» Un appel à tous Comment donc devrait-on s\u2019y prendre ?C\u2019est la question à laquelle réfléchit actuellement notre scientifique en chef: comment faire en sorte qu\u2019un peu tout le monde comprenne bien de quoi on parle ?«La science, c\u2019est quelque chose de complexe, pose Rémi Quirion.Par exemple, les gens ne comprennent pas comment il se fait que certaines années le vaccin contre la grippe soit très efficace, mais beaucoup moins d\u2019autres années.Il faut savoir que le virus de la grippe se transforme d\u2019une année à l\u2019autre.Mais ce n\u2019est pas le cas du virus de la rougeole, qui, lui, demeure très stable.Par conséquent, les vaccins contre cette maladie sont très, très efficaces.Il ne faut donc pas tout mettre dans le même panier, tout rejeter d\u2019un bloc!», lance-t-il.Par conséquent, M.(Quirion réfléchit sur les meilleures façons de rejoindre le grand public pour expliquer comment fonctionne la science.Il souhaite entre autres que nos chercheurs aillent davantage à la rencontre de monsieur et madame Tout-le-monde.«Nous avons la chance au Québec d\u2019avoir de très bons chercheurs, des gens qui s\u2019y connaissent dans le domaine des vaccins et qui pourraient expliquer la méthode scientifique», dit-il.«Il faut peut-être expliquer un peu différemment la science, poursuit-il, même si nous, nous n\u2019avons pas de solutions magiques.» Et, comme il le fait dans sa fonction de conseiller du gouvernement.Rémi Quirion envisage de mener une consultation auprès de ceux et celles intéressés par la communication scientifique, afin de voir quelles pourraient bien être les meilleures façons de rejoindre le grand public.«Ce que nous pensons faire au cours des prochains mois, c\u2019est d\u2019organiser un genre de forum où on inviterait des chercheurs, des communicateurs scientifiques et des gens du public pour discuter avec nous de ce vers quoi on devrait aller, de ce qu\u2019on pourrait faire pour mieux informer les gens», pose-t-il.Avis aux intéressés! Collaborateur Le Devoir H 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 RECHERCHE L\u2019approche directive jouerait contre ia vaccination De nombreuses informations plus ou moins fiables et rumeurs sur les vaccins circulent dans les médias sociaux.Cela crée de l\u2019inquiétude chez des parents d\u2019un enfant en âge d\u2019être vacciné.Faut-il s\u2019en inquiéter, alors qu\u2019on voit d\u2019ailleurs plusieurs cas de rougeole dans Lanau-dière depuis quelques mois ?D\u2019un point de vue historique, la crainte des vaccins est-elle nouvelle ?Des experts se prononcent.MARTINE LETARTE Qui n\u2019a pas entendu parler de la possibilité que les nombreux cas d\u2019autisme aujourd\u2019hui soient liés à la vaccination?Pourtant, cette idée est basée sur une seule étude scientifique, publiée dans The Lancet en 1998, puis déclarée frauduleuse.L\u2019auteur de l\u2019article a été radié de la médecine.Le doute semé, l\u2019information continue toutefois de circuler.«Les rumeurs se répandent comme une traînée de poudre sur les médias sociaux, souvent par des gens qui se disent spécialistes et qui ne le sont pas, affirme Robert Gagnon, professeur spécialisé en histoire de la médecine, des sciences et de la technologie à l\u2019UQAM.Ils répandent des rumeurs antivaccin ou des faussetés qui confortent leurs préjugés.» Environ le tiers des parents hésiteraient à faire vacciner leur enfant, affirme Maryse Guay, professeure titulaire au Département des sciences de la santé communautaire de rUniversité de Sherbrooke.«Cette hésitation est un phénomène relativement nouveau, encore peu étudié, mais on sait qu\u2019une bonne proportion des parents hésitants décident finalement de faire vacciner leur enfant», précise-t-elle.Le taux de vaccination complète chez les enfants québécois âgés de deux ans se situe entre 80 et 85%.Il y a toutefois un danger si les parents hésitent trop longtemps ou retardent le moment de la vaccination.«Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019on demande aux parents dé faire vacciner leur enfant très tôt; les enfants ont besoin d\u2019étre protégés à ce moment-là, dit-elle.Par exemple, c\u2019est important que les enfants soient vaccinés contre la coqueluche dès l\u2019âge de deux mois, sinon on met la santé de l\u2019enfant en jeu, parce que la mère ne transmet pratiquement aucun anticorps contre cette maladie.» Autre temps, autres réalités Le mouvement antivaccin n\u2019est pas nouveau, toutefois.Le premier vaccin a été mis au point en 1796 par Edward Jenner.«C\u2019était un vaccin contre la variole, et on a commencé à le donner au XIX\u201d siècle un peu partout, notamment au Canada», raconte Robert Gagnon.Rapidement, des médecins se sont opposés aux vaccins.La Ligue universelle des anti-vaccinateurs, fondée en Belgique, était très active et tenait des congrès internationaux.«Les vaccins de l\u2019époque n\u2019avaient rien à voir avec ceux d\u2019aujourd\u2019hui, explique Robert Gagnon.On ne connaissait pas les microbes et on faisait des vaccins sans méthodes antiseptiques.On pouvait transmettre toutes sortes de maladies par les vaccins.» La vaccination obligatoire a causé de violentes contesta- tions lors de l\u2019épidémie de variole survenue à Montréal en 1885, raconte l\u2019historien, qui est membre du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie.«Il y a eu des émeutes, pré-cise-f il.Les journaux anglophones qualifiaient les Canadiens français de gens ignorants et insalubres.La population était divisée.Il y avait des raisons idéologiques, mais aussi un contexte économique.Il fallait obligatoirement déclarer les personnes infectées dans la population et on sortait leurs biens de leur maison pour les brûler.Or les Canadiens français étaient plus pauvres que les Canadiens anglais.» Différentes raisons Aujourd\u2019hui, si certains parents ne sentent pas l\u2019urgence de faire vacciner leur enfant, c\u2019est probablement en partie parce que la vaccination est un succès.«La population et les professionnels de la santé ici ne voient plus plusieurs des maladies contre lesquelles on vaccine, explique Maryse Guay, qui fait partie du Comité sur l\u2019immunisation du Québec.On a vu récemment plusieurs cas de rougeole dans Lanaudière, mais, à part cette épidémie qui a éclos dans un groupe qui refuse la vaccination pour des raisons religieuses, on n\u2019en voit presque plus.La polio a pratiquement été éliminée des Amériques.Mais on peut tout de même être ÎISI GREC KELLER/IDAHO PRESS-TRIBUNE/ASSOCIATED PRESS L\u2019article publié dans The Lancet en 1998 et faisant le lien entre la vaccination et l\u2019autisme s\u2019est avéré frauduleux.exposé à des cas; on ne peut pas toujours être dans sa bulle.» D\u2019autres parents ont peur d\u2019une conspiration de l\u2019industrie pharmaceutique ou encore craignent d\u2019être contaminés.«Des erreurs ont laissé des traces dans la population, comme la production d\u2019un mauvais lot de vaccins BCG contre la tuberculose en 1929, qui a rendu des gens malades», raconte M.Gagnon.Il n\u2019y a pas de profil typique non plus des parents qui hésitent à faire vacciner leurs enfants.«On sait, par contre, que les gens les moins vaccinés ont un statut socioéconomique plus faible, mais ce n\u2019est pas nécessairement parce qu\u2019ils sont plus hésitants, indique M\u201c® Guay.Ils ont plus de barrières, de la difficulté à prendre des rendez-vous, etc.Certaines études qualitatives ont montré, toutefois.un profil de parents hésitants plus axés sur la nature, qui ne veulent pas faire entrer de produits chimiques dans le corps de leur enfant, et certains parmi eux sont relativement éduqués.Mais il n\u2019y a pas d\u2019études qui montrent que plus un parent est éduqué, plus il est hésitant.En fait, il n\u2019y a pas vraiment eu d\u2019études approfondies sur le phénomène d\u2019hésitation au Québec et au Canada.» Stratégies à développer Il n\u2019y a pas non plus de stratégies développées pour sensibiliser les parents hésitants à faire vacciner leur enfant.«On demande aux gens d\u2019être à l\u2019écoute des hésitants et d\u2019éviter l\u2019approche très directive, puisqu\u2019elle joue souvent en défaveur de la vaccination, explique M\u201c® Guay.Il faut tenter de comprendre la position de ces hésitants et essayer de les ame- ner à comprendre que, avec les vaccins, on veut seulement assurer la santé de leur enfant.» Le défi, toutefois, est de bien faire comprendre la question des probabilités.«Les probabilités d\u2019avoir une protection versus un malaise après un vaccin ne sont pas comparables, affirme M\u201c® Guay.Mais bien des gens comprennent mal le concept; s\u2019ils le comprenaient bien, ils arrêteraient d\u2019acheter des billets de loterie et Loto-Québec ne ferait plus d\u2019argent! » «Je suis convaincu, par contre, que si le Québec vivait une épidémie sérieuse ici, qu\u2019on voyait des gens mourir comme on en a vu en Afrique avec Ebola et qu\u2019un vaccin pourrait permettre de s\u2019en sortir, tous iraient se faire vacciner», croit Robert Gagnon.Collaboratrice Le Devoir APPARITION DE LA ROUGEOLE DANS LANAUDIERE La Santé publique suit la situation de près La Santé publique de Lanaudière fait des pieds et des mains pour mettre fin à l\u2019apparition de la rougeole, dont les cas se sont multipliés depuis le début de février.Retour sur une maladie qui a fait beaucoup jaser ces derniers temps.THIERRY HAROUN L e 2 avril, le Centre intégré de santé et de services so- ciaux (CISSS) de Lanaudière a émis un communiqué pour informer la population que certaines personnes ayant fré- quenté l\u2019urgence du Centre hospitalier de Lanaudière, entre le 13 et le 17 mars, ont pu être en contact avec une per- LE GENIE APPLIQUE A LA SANTE AU-DELA DE LA RECHERCHE, DES RÉSULTATS CONCRETS DES DOMAINES EN PLEIN ESSOR \u2022\tBIOMATÉRIAUX \u2022\tIMAGERIE \u2022\tIMPLANTS ENDOVASCULAIRES \u2022\tROBOTIQUE \u2022\tORTHOPÉDIE \u2022\tSANTÉ ET SÉCURITÉ DU TRAVAIL \u2022\tTECHNOLOGIE INTRA-AURICULAIRE \u2022\tTRAUMATOLOGIE SPINALE www.etsmtl.ca LETS est une constituante du réseau de l'Université du Québec technologie Le génie pour l'industrie supérieure sonne atteinte de la rougeole.Et que ces personnes, au nombre de 376, ont rapidement été identifiées et contactées par le personnel.«Il est important de souligner que la personne atteinte est un cas lié épidémiologiquement à l\u2019éclosion qui sévit dans la région depuis le début de février.» Si le président-directeur général du CISSS, Daniel Castonguay, a tenu à dire que son organisme « est soucieux de limiter la propagation de cette maladie très contagieuse», le communiqué a aussi rappelé que les symptômes de la rougeole sont les suivants : une fièvre de 38,3 ° C, conjuguée à une toux ou à un écoulement du nez ou à une conjonctivite (yeux rouges et sensibles à la lumière), de même que des rougeurs sur la peau, qui commencent à la figure puis s\u2019étendent sur tout le corps, de trois à cinq jours après le début des symptômes.Peu avant la publication de ce communiqué, la directrice régionale de la Santé publique, la D\" Muriel Lafarge, a confirmé, en entrevue au Devoir, que le nombre de cas de rougeole dans sa région s\u2019établissait à 159, y compris ce dernier cas déclaré à l\u2019urgence.Elle indique que, avant ce cas, «on s\u2019en allait vers la fin de l\u2019éclosion, mais, avec cette nouvelle situation, on demeure vigilant».M\u201d® Lafarge rappelle que tout a débuté dans les premiers jours de février, alors qu\u2019un «cas a été déclaré à la Direction de la santé publique de Lanaudière.C\u2019était une personne [de la communauté de la Mission de l\u2019Esprit-Saint, située non loin de Joliette] qui était allée dans les parcs d\u2019attraction de Disney en Californie.Et que, à cette époque, il y avait un début d\u2019éclosion issue de ce parc.A partir de là, l\u2019éclosion a débuté.L\u2019éclosion est due principalement au fait que nous sommes en présence d\u2019une communauté dont les membres ne sont pas vaccinés, la plupart d\u2019entre eux ne sont pas vaccinés.C\u2019est une communauté qui n\u2019accueille pas la vaccination.» Est-ce que tous les cas, soit les 159, concernent exclusivement les gens de la Mission de l\u2019Esprit-Saint?La D\"^® Lafarge n\u2019a pas été en mesure de répondre à cette question, indiquant «qu\u2019on est présentement en enquête épidémiologique ».A cette question, Gaston De Serres, spécialiste de la rougeole et médecin épidémiologiste à l\u2019Institut national de la santé publique du Québec, a repris la balle au bond en faisant valoir que «la très très grande majorité [des cas] appartiennent à cette communauté ».Chronologie Dans les faits, la chronologie de cette éclosion s\u2019est dessinée ainsi.Le 3 février, la Direction de la santé publique (DSP) publie un communiqué qui indique que, depuis le début de l\u2019année, huit cas suspects de rougeole (fièvre élevée, toux, conjonctivite et éruption cutanée) lui ont été rapportés.«L\u2019enquête a révélé que ces cas sont liés et qu\u2019ils résident dans la région de Lanaudière.» Le 11 février, la DSP rapporte, toujours par voie de communiqué, que «les résultats de tests de laboratoire qui étaient attendus depuis quelques jours confirment que les cas suspects sont bien des cas de rougeole».«Jusqu\u2019à présent, dix cas de rougeole», lit-on, lui avaient été rapportés, précisant que ces derniers «ne sont pas vaccinés contre la rougeole, qu\u2019ils sont tous liés et qu\u2019ils résident dans la région de Lanaudière».Et c\u2019est à ce moment-là que la DSP note que, selon VOIR PAGE H 5 : SANTÉ LA RECHERCHE DANS TOUTE SA DIVERSITE *\tROBERT LACROIX-LOUIS MAHEU 1 LES grandes m N 10 pressé réussite éducative de l\u2019imtrigrat'\"'' des élèves issus nouvfx et Bvi Les Presses de l'Université de Montréal www.pum.umontreal.ca DISPONIBLES EN C/>0/ DU PRIX DU /O PAPIER VERSION NUMÉRIQUE A LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 H 3 RECHERCHE JACQUES NADEAU LE DEVOIR V Tous les pouvoirs publics se sont désengagés du développement de nouveaux vaccins et nous sommes donc dans une économie de marché, admet le chercheur Philippe de Wals.Les réponses de la science anx antivaccins Philippe de Wals est médecin clinicien et enseignant au Département de médecine sociale et préventive de l\u2019Université Laval.Une expérience de 40 ans, qui l\u2019a conduit à mener de nombreux travaux de recherche sur les vaccins.Pas de doute, selon lui, «les vaccins sauvent énormément plus de vies qu\u2019ils n\u2019en brisent».En entrevue au Devoir, il démonte un à un les arguments que les antivaccins avancent régulièrement pour défendre leur position.HELENE ROULOT-GANZMANN Vacciner un enfant contre la rougeole peut le rendre autiste.«Nous sommes ici face à l\u2019une des plus grandes escroqueries de l\u2019histoire ! » Philippe de Wals balaie du revers de la main ce premier argument, affirmant qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une affaire montée de toutes pièces par un médecin britannique, sur la base d\u2019une mauvaise étude conduite de manière non éthique.«Les coauteurs se sont rétractés depuis et le médecin a perdu son permis de pratique, ajoute-t-il.Mais il s\u2019est réfugié aux Etats-Unis, où il continue à s\u2019exprimer sur des sites antivaccinalistes, généralement entretenus par des parents d\u2019enfants autistes.» Quant aux études scientifiques sérieuses, aucune, selon lui, n\u2019a mis en évidence un lien possible entre la vaccination contre la rougeole et l\u2019autisme.La vaccination contre la grippe a déjà causé certaines épidémies par le passé.Ce vaccin peut provoquer des réactions de nature allergique, admet le chercheur, qui ajoute que, globalement, le vaccin contre l\u2019influenza saisonnière Philippe est sécuritaire.«On a un peu plus de de Wals problèmes avec les vaccins pandémiques, concède-t-il.Après la vaccination à grande échelle contre la grippe A HlNl en 2009, nous avons pu mettre en évidence un très faible risque de syndrome de Guillain-Barré, une paralysie qui intervient essentiellement chez les personnes âgées.» Ce syndrome est transitoire et réversible.Il peut être grave, mais, avec le traitement actuel, le taux de mortalité est extrêmement faible.Quant au risque, il était d\u2019un à deux cas par million de doses, ce qui signifie, pour le Québec, entre quatre et huit cas.«Bref on doit plutôt parler d\u2019accidents que d\u2019épidémie, et, quoi qu\u2019il en soit, les bénéfices du vaccin sont supérieurs aux désavantages.» Les maladies infantiles renforcent le système immunitaire, alors que le vaccin l\u2019épuise.«La vaccination n\u2019épuise rien du tout, à part peut-être les scientifiques qui doivent sans cesse répondre à ce genre d\u2019argument!», ironise M.de Wals, condamnant du même coup ceux qui pensent que faire une méningite, une polio, une encéphalite à la suite d\u2019une rougeole ou encore mourir à la suite d\u2019une coqueluche sont de bonnes choses.«Si on part du principe qu\u2019il faut accepter la morbidité et les séquelles des maladies, alors autant arrêter tout de suite de se soigner!», conclut-il.Un nourrisson est trop faible pour recevoir un vaccin.«Ce n\u2019est jamais très gai de recevoir un vaccin.mais, en fait, ce n\u2019est surtout pas gai pour les parents, qui réagissent souvent plus que leur nourrisson, répond le clinicien.Oui, les enfants pleurent, mais de là à dire qu\u2019ils vont rester traumatisés.» Selon lui, tout est fait aujourd\u2019hui pour minimiser les effets secondaires, la douleur et l\u2019angoisse, en utilisant notamment les vaccins combinés, qui réduisent le nombre d\u2019injections.«Mais le risque, pour de nombreuses maladies, c\u2019est dès le très jeune âge.Et, quoi qu\u2019il en soit, on donne un vaccin lorsqu\u2019on sait que le système immunitaire est assez mature pour le recevoir.» On trouve de l\u2019aluminium et du mercure dans les vaccins.Vrai, répond Philippe de Wals, qui souligne cependant que toutes les études ont démontré que les doses sont tellement faibles que ce n\u2019est pas une source de problème.«Comme le dit l\u2019adage, ce n\u2019est pas la substance qui fait le poison mais la dose, commente-t-il.On ne trouve cependant presque plus de mercure dans les vaccins.Beaucoup de compagnies Vont retiré, non pas parce que c\u2019était toxique, mais pour avoir la paix!» Il est inutile de vacciner contre une maladie qui n\u2019existe plus.La seule maladie qui n\u2019existe vraiment plus, c\u2019est la variole, et ça fait plusieurs décennies qu\u2019on ne vaccine plus, rappelle le médecin.«La rougeole est loin d\u2019avoir disparu, les gens de Lanaudière en savent quelque chose.La polio continue à sévir, la coqueluche, il y en a encore, énumère-t-il.Et il suffirait qu\u2019on arrête de vacciner pour que ça revienne en force et que ça cause des catastrophes.On l\u2019a vu au Royaume-Uni, lorsqu\u2019à été stoppée la vaccination contre la coqueluche, il y a eu une recrudescence de la maladie, qui a tué des dizaines d\u2019enfants.» Certains vaccins n\u2019ont pas subi tous les tests nécessaires avant d\u2019étre inoculés.Il y a une limite à ce qu\u2019on peut faire via des études expérimentales, d\u2019autant plus que, dans le cas d\u2019une pandémie, par exemple, il faut agir vite, reconnaît M.de Wals.«Lorsqu\u2019un vaccin est mis sur le marché, les tests de sécurité ont été faits sur quelques milliers, dizaines de milliers, voire centaines de milliers d\u2019individus, explique-t-il.Mais, pour mettre en évidence des effets de l\u2019ordre d\u2019un cas par million de doses, on n\u2019a pas d\u2019autre possibilité que de vacciner à large échelle et d\u2019observer ce qui se passe dans le cadre des études postmarketing que les chercheurs mènent avec les compagnies pharmaceutiques et les pouvoirs publics.» Nous sommes face à un complot des compagnies pharmaceutiques, qui, avec l\u2019aval des gouvernements, veulent accroître leurs profits.Tous les pouvoirs publics se sont désengagés du développement de nouveaux vaccins et nous sommes donc dans une économie de marché, admet le chercheur.Il est donc, selon lui, normal que les compagnies pharmaceutiques essaient de récupérer leur mise.«D\u2019autant plus que c\u2019est un business à haut risque, assure-f il.B y a eu de véritables fiascos pour certaines compagnies, raison pour laquelle il y a très peu de joueurs sur le marché.Quant aux pouvoirs publics, ils sont, au contraire, très vigilants, poursuit-il.Non seulement ils n\u2019hésitent pas à retirer une homologation lorsqu\u2019un risque apparaît, mais, en plus, ils négocient dur pour que le vaccin soit le moins cher possible.Bref, on peut toujours voir des complotistes partout.mais, en l\u2019occurrence, j\u2019attends encore celui qui pourra m\u2019apporter un début d\u2019élément de preuve.» Collaboratrice Le Devoir \\\\ H 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 RECHERCHE Des vaccins administrés pins efficacement REGINALD HARVEY Une équipe multidisciplinaire de chercheurs en provenance de trois universités et du CHU de Québec s\u2019attaque présentement à la tâche de préparer des vaccins susceptibles de mieux prévenir les virus respiratoires chez les gens du troisième âge.Des membres de ce groupe scientifique travaillent en même temps â développer une méthode de formulation et d\u2019administration qui rendra ces vaccins plus efficaces ; il est question dans ce cas d\u2019un injec-teur sans aiguille.Ce projet global est codirigé par l\u2019Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill OR-CUSM) et le CHU de Québec; l\u2019Université de Sherbrooke, l\u2019Université Laval et l\u2019Université McGill collaborent â cette recherche financée â la hauteur de 12,3 millions dç dollars par le ministère des Finances et de l\u2019Economie et par la société Medicago.Martin Brouillette, professeur â la Faculté de génie de l\u2019Université de Sherbrooke, se penche principalement sur la méthode d\u2019administration du vaccin au moyen de l\u2019injecteur qu\u2019il a conçu.11 cerne un des aspects de la problématique en cause: «En fait, on forme une équipe de personnes qui développe des vaccins pour prémunir les personnes âgées contre certaines maladies respiratoires; c\u2019est là un problème important, ici au Québec et partout ailleurs.» Dans les faits, il existe certains virus, tels que l\u2019influenza, le VRS (virus respiratoire syncytial) ou encore le MPV (métapneumovirus), qui causent de pareilles maladies plutôt répandues; ils représentent une cause majeure d\u2019hospitalisation, entraînent de l\u2019inconfort et provoquent même, dans certains cas, le décès.Meilleure protection et technologie de pointe M.Brouillette explique de quelle façon l\u2019in-jecteur qu\u2019il a mis au point sera susceptible de rendre la vaccination plus efficace, en utilisant cette comparaison: «En y pensant bien, si on voulait protéger le Canada contre une invasion, on placerait les armées à la frontière.Il en va de même pour le système immunitaire: les cellules qui sont susceptibles de détecter les infections et de les combattre sont situées à la frontière du JACQUES NADEAU LE DEVOIR Avec Tutilisation d\u2019un injecteur sans aiguille, les jeunes enfants pourraient y gagner tout autant, sinon davantage, que les gens âgés ; on leur épargnerait bien des pleurs.corps humain; notre injecteur sert donc à injecter des vaccins très peu profondément dans la peau, là où se trouverait en théorie la plus grande réponse immunitaire.» En utilisant un tel appareil, «il est permis soit de diminuer la dose du vaccin, soit, chez les personnes âgées, d\u2019obtenir une meilleure réponse à la vaccination plutôt qu\u2019un résultat plus faible, comme c\u2019est normalement le cas chez celles-ci; on peut de la sorte obtenir une protection plus adéquate chez ces personnes».11 se tourne vers la technologie qui a été développée et fournit ces explications â ce sujet: «Premièrement, le vaccin est formulé sous forme de poudre microscopique, et il est intéressant de retenir que cette formulation-là rend la poudre stable à la température ambiante, de sorte que le vaccin n\u2019a pas besoin d\u2019être conservé au réfrigérateur pour conserver son efficacité.» 11 en va autrement pour les vaccins sous forme liquide qui doivent être gardés au froid.11 dégage un autre aspect avantageux de cette nouvelle façon de procéder â la vaccination : « On se retrouve avec cette poudre et il reste à déterminer ce qu\u2019on fait avec elle.On dispose d\u2019un appareil qui se présente comme un canon miniature et qui est de la grosseur d\u2019un crayon.Il s\u2019agit de l\u2019injecteur lui-même qui projette cette poudre-là ou une autre à haute vitesse vers la peau; à la phase cruciale de l\u2019opération, les particules pénètrent celle-ci un peu de la même façon qu\u2019un tire-pois le fait dans un bol dejello.» Et qu\u2019en est-il des effets ressentis par le sujet vacciné?«Ça se fait sans douleur, parce que l\u2019injection est si peu profonde qu\u2019on n\u2019excite pas les cellules de la douleur qui sont situées plus profondément dans la peau; la sensation éprouvée correspond quelque peu à recevoir une \u201cpichenotte \u201d.» A ce compte-lâ, les jeunes enfants pourraient y gagner tout autant, sinon davantage, que les gens âgés; on leur épargnerait bien des pleurs.Des tests concluants ont déjà été effectués chez les humains â propos de cette douleur et de la réaction locale sur la peau ; ils se sont avérés positifs.Pour l\u2019instant, l\u2019injecteur fonctionne, et il reste â le commercialiser, comme le laisse savoir Martin Brouillette: «Actuellement, on a effectué des démarches avec divers partenaires dans le but de nous livrer à des essais en utilisant différents vaccins.» L\u2019utilisation de l\u2019injecteur pourrait éventuellement s\u2019étendre â d\u2019autres types de vaccins que ceux qui font l\u2019objet de la recherche dans le cadre du projet actuel; il pourrait devenir un outil â usage élargi dans le domaine de la prévention en santé.Retour sur les travaux en cours Le professeur considère que des sommes importantes ont été consenties (12,3 millions) pour conduire la recherche actuelle entre les trois partenaires universitaires et la compagnie Medicago : « Une grosse partie du projet est axée sur le développement des vaccins eux-mêmes.Comme ceux-ci sont destinés à l\u2019usage chez des personnes âgées, on doit valider qu\u2019ils vont fonctionner sur des animaux d\u2019âge avancé, ce qui s\u2019avère plutôt rare et ce dont s\u2019occupent les gens du côté de McGill.Les chercheurs de Laval, pour leur part, interviennent sur les virus.» Et qu\u2019en est-il de la participation de l\u2019Université de Sherbrooke?«On effectue les tests de formulation et de l\u2019injecteur.On doit trouver une façon de mettre en poudre microscopique le vaccin qui est fabriqué sous forme liquide; on dispose d\u2019un procédé pour y arriver, mais on doit l\u2019ajuster à chacun des vaccins pour en préserver l\u2019efficacité.» Quant â l\u2019échéancier de réalisation, il s\u2019échelonne sur plusieurs années : « C\u2019est un projet de quatre ans.A la fin, on devrait avoir un vaccin fonctionnel pour la lutte contre l\u2019influenza chez les personnes âgées et être pas mal avancé quant à celui visant à prévenir le pneumovirus.» Collaborateur Le Devoir VACCINATION CONTRE LE VPH Les jeunes Canadiennes et leurs parents sont peu informés EMILIE CORRIVEAU Chaque année depuis 2007, des milliers de filles et de jeunes femmes sont vaccinées au Canada contre le virus du papillome humain (VPH).Que savent-elles de cette affection et du vaccin qu\u2019on leur administre pour les en protéger ?Bien peu de choses, révèlent les résultats préliminaires de l\u2019étude intitulée Discours sur la vaccination contre le VPH: impact sur les corps et les subjectivités des jeunes au Canada, dirigée par M\u201c® Geneviève Rail, professeure â l\u2019Université Concordia et directrice de l\u2019insdtut Simone-De Beauvoir.S\u2019intéressant aux questions sociologiques et culturelles qui touchent la santé des femmes depuis plus d\u2019une vingtaine d\u2019années, M\u201c® Rail a, au cours de sa carrière, mené des travaux de recherche sur toutes sortes de sujets.Elle s\u2019est particulièrement consacrée â l\u2019étude des discours dominants sur l\u2019image corporelle, l\u2019obésité, la santé et l\u2019activité physique des femmes.Intriguée par la vaste campagne de vaccination contre le VPH qui a suivi l\u2019homologation du Gardasil (vaccin développé par la société pharma- ceutique Merck) au Canada â l\u2019été 2006, elle a, en 2011, commencé â fouiller la question.Aussi, après avoir obtenu le soutien des Instituts de recherche en santé du Canada et l\u2019appui d\u2019Abby Lippman, professeure émérite de l\u2019Université McGill, M\u201c® Rail a entamé la réalisation d\u2019une étude pan-canadienne portant sur le déploiement des discours sur la vaccination contre le VPH et son impact sur les jeunes Canadiennes.Menée en collaboration avec une dizaine de collègues canadiennes, son enquête comprend des conversations avec des jeunes filles de 12 â 16 ans provenant de quatre provinces, soit la Colombie-Britannique, le Manitoba, l\u2019Qu-tario et le Québec, ainsi qu\u2019avec certains des adultes avec lesquels elles interagissent, comme leurs parents, leurs enseignants, des infirmières et des médecins.«Nous avons veillé à obtenir des entretiens avec des gens qui provenaient d\u2019univers sociodémographiques différents.Nous voulions entendre des personnes issues de diverses communautés culturelles, des jeunes qui proviennent des minorités sexuelles, des parents immigrants, etc.Nous souhaitions que notre échantillon soit le plus diversifié possible, de façon à fouiller en profondeur la question», commente M\u201c®Rail.Résultats préliminaires Bien que la chercheure en soit encore â colliger les données, les résultats préliminaires qu\u2019elle a obtenus soulèvent déjà d\u2019importantes questions.Par exemple, la très grande majorité des jeunes vaccinées ayant été interrogées n\u2019avaient aucune idée de ce qu\u2019est le VPH.«On a entendu toutes sortes de choses! Pour certaines, le papillome humain, c\u2019était un virus transmis par des piqûres de papillons dangereux! Pour d\u2019autres, il s\u2019agissait plutôt du virus responsable du cancer du colon (confondu avec cancer du col).Certaines ont relevé que ça concernait les parties génitales ou les infections transmises sexuellement, mais leur compréhension du VPH était, de façon générale, assez floue», note la chercheure.Leurs parents, qui pour la plupart étaient un peu mieux informés, n\u2019étaient pas pour autant bien au fait de ce qu\u2019est réellement le VPH.Plusieurs ne savaient pas, par exemple, qu\u2019il existe plus de 100 types de VPH, ni que dans 90% des cas, une fois contracté, le VPH disparaît naturellement du corps dans les deux ans qui suivent l\u2019infection.La plupart ne savaient pas non plus que, bien que certains types de VPH soient associés au cancer, il est très rare que celui-ci se développe comme suite directe d\u2019une infection au VPH.«Au Canada, il y a relativement très peu de décès dus au cancer du col de l\u2019utérus, et le dispendieux vaccin anti-VPH ne va pas changer grand-chose à la situation, ajoute M\u201c®RaiL/e sais que nos professionnels de la santé agissent de bonne foi, mais il y a tant à faire en santé publique; les trop maigres ressources ne devraient pas être détournées des vraies priorités.» Innocuité et efficacité Dans le même esprit, lors de leurs entretiens avec les chercheures, la très grande majorité des filles et des jeunes femmes approchées ne connaissaient pas les effets secondaires pouvant être engendrés par le vaccin contre le VPH.De plus, elles ont presque toutes affirmé qu\u2019elles étaient désormais pleinement protégées du VPH puisqu\u2019elles avaient QUATRE DOMAINES DE RECHERCHE STRATEGIQUES À L\u2019UNIVERSITÉ BUSHOP\u2019S ?Changements climatiques et environnementaux Santé psychologique et bien-être Astrophysique stellaire et relativité Création des identités sociales et culturelles ubishops.ca/research JOHN AMIS ASSOCIATED PRESS La très grande majorité des jeunes vaccinées ayant été interrogées pour i\u2019étude de M\u201c® Raii n\u2019avaient aucune idée de ce qu\u2019est ie VPH.reçu le vaccin.« On ne dit pas aux filles qui se font vacciner, ni à leurs parents d\u2019ailleurs, que le vaccin est, d\u2019après ce qu\u2019on en sait aujourd\u2019hui, effectif pour une période limitée: des études parlent de cinq à sept ans.Ça signifie qu\u2019il y a de bonnes chances que la petite fille qui se fait vacciner à 12 ans ne soit plus protégée lorsqu\u2019elle atteindra 19 ans, malgré ce qu\u2019elle croit», signale M^^Rail.«On ne leur parle pas non plus des effets secondaires potentiels, poursuit la chercheure.Pourtant, lors des essais cliniques du vaccin, certains effets secondaires graves ont été dénombrés.Mais, comme il y a un nombre extrêmement limité d\u2019individus à qui ça arrive, on n\u2019en parle pratiquement jamais.Par exemple, au Québec, dans les brochures envoyées aux parents pour les informer du vaccin, il n\u2019est pas question de ces effets secondaires-là.On mentionne les rougeurs au bras et de petites choses comme ça.Le résultat, c\u2019est que c\u2019est ça qui est retenu par la majorité des enfants, de leurs parents et du personnel médical aussi!» Sur les plans éthique et social, ces constats s\u2019avèrent préoccupants.Ils révèlent que la majorité des jeunes femmes et des parents consentent â la vaccination juvénile et presque exclusivement féminine contre le VPH sans être correctement informés.«Ce que ça met en évidence, indique la chercheure, c\u2019est que le discours biomédical qui met l\u2019accent sur l\u2019efficacité et l\u2019innocuité du vaccin a tout à fait été intégré par l\u2019ensemble de nos participants.On note peu de remises en question de la médecine actuelle.Egalement, nos résultats démontrent que les gens font en majorité confiance à la Santé publique, aux établissements de santé et aux médecins.Donc, s\u2019ils se font dire par les professionnels de la Santé publique qui organisent les campagnes de vaccination que tout est beau, la plupart ne vont tout simplement pas se poser de questions ! » Qr, au terme de leur entretien avec M\u201c® Rail et ses collègues, plusieurs participants de l\u2019étude se sont montrés inquiets de constater qu\u2019ils avaient finalement été très peu informés sur le VPH et son vaccin.«Les gens avaient beaucoup d\u2019interrogations.Ça ne veut pas dire qu\u2019ils auraient nécessairement agi autrement s\u2019ils avaient disposé des informations qu\u2019on leur a transmises, mais ils auraient au moins apprécié savoir ces choses», relève la chercheure.Collaboratrice Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 H 5 RECHERCHE Une étude novatrice snr l\u2019arthrose dn genon PIERRE VALLEE Selon l\u2019Alliance de l\u2019arthrite du Canada (AAC), environ 4,4 millions de Canadiens souffrent d\u2019une forme plus ou moins sévère de l\u2019arthrose du genou.De plus, l\u2019AAC estime que les coûts directs et indirects liés à cette maladie s\u2019élèvent à 27 milliards de dollars par année et que, d\u2019ici 2040, si rien n\u2019est fait, le fardeau financier de cette maladie représentera une somme totalisant 1445,5 milliards de dollars.Des chiffres à faire frémir.C\u2019est du moins l\u2019effet qu\u2019ils ont eu sur Nicola Hagemeister, professeure et chercheure au Laboratoire de recherche en imagprie et orthopédie (LIO) de l\u2019École,de technologie supérieure (ÉTS), affilié au Centre de recherche du Centre hospitalier de l\u2019Université de Montréal (CRCHUM).C\u2019est la raison pour laquelle elle entreprend une vaste étude portant sur la prise en charge de l\u2019arthrose du genou et menée auprès de patients atteints de cette maladie et de leurs médecins traitants.La pratique courante Que fait une personne lorsqu\u2019elle a véritablement mal au genou?Elle se résout à consulter un médecin.«L\u2019omnipraticien va commander une radiographie pour établir le diagnostic, raconte Hagemeister, et il y a ensuite de fortes chances qu\u2019il va recommander le patient à un orthopédiste, qui lui va commander un examen IRM.Si l\u2019arthrose du genou est grave, la seule solution est souvent l\u2019arthroplas-tie.Mais, dans les cas qui ne nécessitent pas une intervention chirurgicale, l\u2019orthopédiste va retourner le patient chez l\u2019omnipraticien.Ce va-et-vient PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019Université de Montréal (CRCHUM) entreprend une vaste étude portant sur la prise en charge de l\u2019arthrose du genou et menée auprès de patients atteints de cette maladie et de leurs médecins traitants.est cause de frustration pour le patient, mais aussi pour l\u2019omnipraticien, qui dispose de peu d\u2019outils pour prendre en charge l\u2019arthrose du genou, surtout si celle-ci a été diagnostiquée à un stade précoce.» Une nouvelle approche Que faire alors ?C\u2019est exactement la question que se sont posée les chercheurs du LIQ sous la direction de Jacques A.de Guise.«Il nous est apparu évident qu\u2019une mesure cinématique précise serait utile pour les maladies du genou», explique M\u201d® Hagemeister.Les chercheurs ont donc mis au point une technologie et un dispositif permettant de faire une graphie de la cinématique du genou (GCG).11 s\u2019agit d\u2019un petit harnais circulaire, muni de capteurs de mouvement optiques et relié à un ordinateur, qu\u2019on fixe au- tour du genou du patient.Ce dernier, placé sur un tapis roulant, exécute ensuite des pas de marche et les capteurs optiques enregistrent ensuite en 3D les mouvements de l\u2019articulation.«Lorsque votre genou bouge, votre peau bouge aussi, ce qui peut induire des erreurs de lecture.La beauté de cette technologie, c\u2019est que les sites de L\u2019étude que mène M\u201c® Hagemeister tentera de démontrer la validité de la graphie cinématique du genou placement des capteurs ont été choisis pour éviter le mouvement de la peau, ce qui donne une lecture très précise du mouvement de l\u2019articulation, de l\u2019ordre millimétrique.» L\u2019ordinateur traduit ensuite ces données en images 3D sur son écran.«De plus, cette technologie permet de produire automatiquement un rapport qui identifie les déficits biomécaniques reconnaissables, ainsi que les facteurs biomécaniques à risque pour l\u2019arthrose du genou.» Aujourd\u2019hui, cette technologie de la graphie cinématique du genou développée par le LIQ est commercialisée sous le nom de KneeKG par l\u2019entreprise privée Emovi inc., une entreprise québécoise qui a acheté la licence.Certaines cliniques médicales privées québécoises l\u2019utilisent déjà dans le cadre du programme «Mon arthrose, je m\u2019en occupe».Ce programme, en plus de se servir de la technologie de la graphie cinématique du genou, propose une prise en charge médicale multidisciplinaire qui comprend un programme d\u2019exercice personnalisé, sous la supervision de thérapeutes.L\u2019étude de M\u201c® Hagemeister L\u2019étude que mène M\u201c® Hagemeister, avec le concours de ses deux codirectrices, Nathalie Bureau et Manon Choinière, du CRCHUM, tentera de démontrer la validité de la graphie cinématique du genou et de la prise en charge multidisciplinaire de la maladie.(Je sont 2000 patients atteints de l\u2019arthrose du genou, recrutés parmi la clientèle des 75 groupes de médecine familiale (GME) du Québec, qui participeront ainsi que leurs médecins traitants, à cette étude d\u2019une durée de quatre ans.Trois cohortes seront formées.La première passera une GCG au début et à la fin de l\u2019étude, mais sa prise en charge sera celle de la pra- tique courante.La seconde cohorte passera les mêmes examens, mais la prise en charge sera multidisciplinaire telle que proposée par le programme «Mon arthrose, je m\u2019en occupe».La troisième cohorte passera les examens GCG, mais il n\u2019y aura pas de prise en charge médicale.«La troisième cohorte servira uniquement à établir l\u2019efficacité et la précision de la technologie.La première et la deuxième cohortes nous permettront d\u2019identifier les avantages et les désavantages des deux types de prise en charge médicale.Est-ce que la prise en charge multidisciplinaire offre de meilleurs résultats ?Est-ce que le patient souffre moins ?A-t-il besoin de moins de médicaments?Est-il satisfait de cette nouvelle approche ?Est-ce que le médecin trouve cette technologie utile?» Au final, cette étude permettra, selon M\u201d® Hagemeister, de produire «une analyse coûts-bénéfices de cette technologie et de déterminer si son introduction à une plus grande échelle dans le système de santé au Québec est utile ou non.C\u2019est une technologie qu\u2019on peut facilement déployer sur l\u2019ensemble du territoire québécois, mais la véritable question est: doit-on le faire?Lorsqu\u2019on introduit une nouvelle technologie, surtout dans le milieu des soins de santé, on suppose que cette nouvelle technologie apportera des bénéfices.Ce que notre équipe propose plutôt, c\u2019est de carrément mesurer les bénéfices de cette nouvelle technologie.» D\u2019ailleurs, M\u201c® Hagemeister croit que l\u2019approche qu\u2019elle préconise avec cette étude pourrait devenir un cadre de recherche pour l\u2019introduction de toute nouvelle technologie.Collaborateur Le Devoir SANTE SUITE DE LA PAGE H 2 l\u2019enquête épidémiologique, le premier cas a contracté le virus lors d\u2019une visite dans un parc en Californie.Qr, deux jours plus tard, La Presse a révélé que c\u2019est une famille appartenant au mouvement spirituel de la Mission de l\u2019Esprit-Saint, dont plusieurs membres refusent les vaccins, qui a rapporté la rougeole au Québec après une visite à Disneyland, au cours de la période des Eêtes.Le lendemain, le premier ministre, Philippe Couillard, a réagi en rappelant «que la rougeole est une maladie bénigne la plupart du temps, heureusement, mais elle peut avoir des complications très graves, y compris des complications cérébrales très graves pour les enfants.Alors, omettre cette vaccination, même si les tribunaux reconnaissent que les gens sont souverains dans leur décision, ça m\u2019appa- Le 12 mars, la DSP a publié un communiqué qui confirmait 119 cas.Trois jours plus tard, 136 cas étaient rapportés.raît un très mauvais choix pour les familles.» Dès lors, les cas explosent.Le 23 février, les médias rapportaient 19 cas, le 28, on atteint 32 cas, et le 11 mars, on en était à 80 cas.Le lendemain, la DSP a publié un communiqué qui confirmait 119 cas.Trois jours plus tard, 136 cas étaient rapportés dans Le Devoir, alors que Philippe Couillard lançait à nouveau «un appel à la responsabilité» des parents, les invitant à faire vacciner leur enfant.«Je préfère redire aux parents de faire preuve de responsabilité.» Et enfin, en date du 2 avril, 159 cas ont été rapportés.Suivi serré Cela dit, la D\"^® Muriel Lafarge assure que son établissement de santé suit la situation de près.«Et on répète le même message: faites-vous vacciner.» «C\u2019est une maladie qu\u2019on peut contenir, pour autant que les gens acceptent de se faire vacciner», a renchéri, de son côté, Gaston De Serres.Collaborateur Le Devoir HO-THE U.S CENTRES EOR DISEASES CONTROL AND PREVENTION/PC Seule la vaccination permet de lutter contre la rougeole UL Unis, nos cerveaux sont en mode CAMPUS HUMA N Nous ne faisons pas que former des leaders.| Nous mobilisons les talents de notre communauté autour des grands défis de société.\t^ L\u2019excellence de nos actions de recherche et de création est porteuse de solutions durables pour un monde meilleur.^\tm Co-innover,\t| i c\u2019est dépasser ses limites ulavai.ca/cerveaux ¦ UNIVERSITE lAVAL Ville de Québec 7754 H 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AVRIL 2015 RECHERCHE ALLERGIES PRINTANIERES Mieux prévoir l\u2019arrivée des pollens Quand séviront les allergies printanières ?Plusieurs personnes qui en souffrent souhaiteraient bien disposer de prévisions précises et fiables pour se préparer au jour où les aléas de la pollinisation les toucheront.Au Québec, le suivi s\u2019avère assurément moins serré que dans certains pays européens.Il n\u2019empêche qu\u2019ici quelques chercheurs universitaires travaillent actuellement à bien mesurer, voire à prédire avec justesse, la quantité de pollen dans l\u2019air et ses effets.ETIENNE PLAMONDON EMOND Elisabeth Levac, professeure à FUniversité Bishop\u2019s, est l\u2019une d\u2019eux.La chercheure braquait déjà ses microscopes sur le pollen dans ses travaux sur les carottes de sédiments marins.Mais, comme elle souffre d\u2019une allergie printanière, elle a aussi commencé à regarder et analyser le pollen présent dans l\u2019air entre les mois d\u2019avril et de septembre.D\u2019ici quelques semaines, M\u201d® Levac grimpera sur l\u2019un des toits du campus de l\u2019Université Bishop\u2019s, dans l\u2019arrondissement de Lennoxville, à Sherbrooke, pour poser son échantillonneur.Son appareil aspirera l\u2019air au rythme de la respiration humaine et fera adhérer à un ruban le pollen qu\u2019il contient.Levac examinera ensuite le tout sous un microscope pour identifier le genre des grains de pollen présents et les compter.Depuis 2006, elle réalise ainsi un suivi des concentrations du pollen des érables, des bouleaux, des pins, des chênes, de l\u2019herbe à poux et de bien d\u2019autres plantes, dans l\u2019air sherbroo-kois.Un calendrier de ces différentes concentrations selon les semaines et les saisons de l\u2019année est accessible via le Web.Son objectif: améliorer la qualité de vie des personnes sont frant, comme elle, d\u2019une allergie saisonnière, en leur permettant de mieux identifier l\u2019arbre ou la floraison qui se cache probablement derrière leurs troubles.«En général, les gens ne sont pas allergiques à tous les types d\u2019arbres, mais à seulement un ou deux, précise-t-elle à l\u2019autre bout du fil.L\u2019idée, c\u2019est de pouvoir rendre les données disponibles.Les personnes allergiques pourraient aller les consulter tous les jours.Si j\u2019ai des problèmes aujourd\u2019hui et qu\u2019il y a beaucoup de pollen d\u2019herbe, par exemple, on peut penser que c\u2019est l\u2019herbe qui me dérange.» Des entreprises ayant un objectif commercial fournissent déjà des prévisions à certains médias, mais elles ne livrent leurs données que moyennant certains frais.«Je ne suis pas certaine qu\u2019ils ont un appareil à Sherbrooke pour faire le suivi de la concentration de pollen, signale par contre la chercheure, en parlant de certains indices diffusés dans des bulletins météo.Des fois, leurs prévisions vont donner certaines choses, et puis moi, je détecte autre chose surplace.» Comme sa démarche n\u2019est amorcée que depuis quelques années, M\u201d® Levac ne peut pas encore émettre des prévisions au jour près tant que la floraison d\u2019un arbre n\u2019est pas commencée.En collaboration avec la professeure Lourdes Zubieta, elle va examiner, à partir de cet été, la corrélation entre les concentrations de pollen dans l\u2019air et le nombre des visites ou des consultations faites pour des problèmes médicaux mineurs reliés aux allergies dans les urgences de Sherbrooke.En Europe, de solides réseaux de recherche, parfois financés par des administrations publiques, permettent un suivi serré dans une multitude de régions.Au Canada, la situation demeure tout autre et les petites villes possèdent moins d\u2019informa-tiops solides à ce sujet.A Montréal, l\u2019évaluation du pollen fait l\u2019objet d\u2019un suivi rigoureux grâce à un échantillonneur posé depuis longtemps sur le toit du pavillon de l\u2019Université de Montréal abritant le Département de géographie, rue Côte-Sainte-Catherine.Paul Comtois, professeur de l\u2019Université de Montréal, travaille depuis une trentaine d\u2019années à peaufiner un calendrier pollinique similaire à l\u2019initiative de M\u201c® Levac, à Sherbrooke.Ses données fournissent aujourd\u2019hui une vue d\u2019ensemble sur plusieurs années, ce qui permet une évaluation plus claire de la situation et une anticipation plus efficace, voire l\u2019observation des effets des changements climatiques.Mais de nouvelles façons de faire sont actuellement expérimentées pour en arriver à une meilleure précision.M.Comtois et l\u2019un de ses étudiants au doctorat, Alain Robichaud, travaillent entre autres sur des modèles de dispersion.En se basant sur des cartes de la végétation et la floraison de certains arbres au cours des dernières années, les chercheurs tentent de modéliser les émissions d\u2019allergènes et d\u2019établir des cartes des nuages de pollen.Alors que les prévisions sont actuellement dépendantes des sites de mesures, les modèles de dispersion pourraient bientôt permettre aux prédictions de couvrir l\u2019ensemble de l\u2019Amérique du Nord.«À ce mo-ment-là, on peut n\u2019avoir que quelques stations pour vérifier le compte, mais ça permet d\u2019avoir une estimation assez précise \u2014 en tout cas, en ce qui concerne le bouleau jusqu\u2019à maintenant \u2014 des concentrations qu\u2019on a dans l\u2019air», explique M.Comtois.Depuis quelques années, ils testent la fiabilité de ces modèles.M.Comtois précise que «le but ultime, c\u2019est de voir s\u2019il y a certains endroits où le nuage de pollen se juxtapose à un nuage de pollution chimique et de voir l\u2019effet de leur synergie sur la santé».Le raffinement de l\u2019analyse des échantillons prélevés dans l\u2019air demeure tout de même une préoccupation.Lorsqu\u2019une grande quantité de grains de pollen est détectée, on peut souvent observer en parallèle une répercussion sur la santé des personnes allergiques.En revanche, l\u2019apparition de symptômes a parfois été constatée alors qu\u2019un nombre plutôt faible de grains de pollen était recueilli dans les échantillons.La raison : des particules plus petites, parfois issues de grains de pollen brisés, se répandaient avec un effet tout aussi lourd sur la santé.«Maintenant, on cherche des mesures biochimiques, voire génétiques, pour mesurer directement les allergènes plutôt que le pollen, explique M.Comtois.Il y a un lien plus étroit à ce mo-ment-là entre la mesure qui est faite dans l\u2019atmosphère et les symptômes d\u2019allergie.» Ce n\u2019est pas tant la manière de détecter chimiquement les allergènes qui pose problème, mais plutôt la façon de les prélever dans l\u2019atmosphère à travers cette démarche toujours à l\u2019étape expérimentale.«C\u2019est plus difficile d\u2019échantillonner des molécules qu\u2019une particule, qui est beaucoup plus grosse», indique-fil.M.Comtois poursuit aussi des travaux pour mieux mesurer les spores de champignon, présentes massivement dans l\u2019air à la fin de l\u2019été et au début de l\u2019automne.«Les spores de champignon sont plus petites que les grains de pollen.Ils peuvent donc pénétrer plus loin dans le système respiratoire et causer des allergies, mais aussi des problèmes d\u2019asthme ou d\u2019autres problèmes respiratoires potentiellement plus graves que des allergies», explique-t-il.Dans ce cas-ci, ce n\u2019est pas tant la prise d\u2019échantillons qui se révèle complexe, mais plutôt l\u2019identification des champignons en cause, une fois l\u2019échantillon récupéré.«Juste dans les LOUIS-GILLES FRANCŒUR Depuis 2006, Elisabeth Levac réalise un suivi des concentrations du pollen des érables, des bouleaux, des pins, des chênes, de l\u2019herbe à poux et de bien d\u2019autres plantes, dans l\u2019air sherbrookois.moisissures, il y a 80 000 espèces de champignons, dit-il.Souvent, les méthodes établies se font à partir d\u2019une culture, de la couleur de la culture ou de sa forme.Quand on a uniquement les spores, c\u2019est beaucoup plus dur de les identifier.» Collaborateur Le Devoir mm i B Regards croisés sur la recherche NOS CHERCHEURS SE DÉVOILENT D\u2019UNE FAÇON INÉDITE! ON A DU JEU.DES ARTS ET DE LA T E C H N O C U LT U R E ENSEMBLE, REPENSONS LE MONDE CONCORDI A.CA CENTRE DE RECHERCHE TAC (TECHNOCULTURE, ART ET JEUX) ^Concordia 7 VIDEOS à découvrir sur le Web USherbrooke.ca/regards UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE Voir au futur "]
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